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Sommaire Analyse critique de l'unité de traitement des effluents d'élevage de la société 3E I.

Sommaire

Analyse critique de l'unité de traitement des effluents d'élevage de la société 3E

I.

Présentation générale.

II.

Etude d'impacts.

 

II.1.

Les risques sanitaires.

II.1.1. Les effets sur la santé humaine. II.1.2. Les effets sur la faune et la flore.

II.1.3. La pollution du Gabas et des terres agricoles.

II.2.

Les Dangers.

II.2.1. Du méthane. II.2.2. Sur l'environnement extérieur.

II.2.3. Du barrage sur le Gabas. II.2.4. De l'insuffisance de surveillance.

II.3.

Le cadre de vie.

II.3.1. L'épandage. II.3.2. Les nuisances olfactives.

II.3.3. Le bruit. II.3.4. Les nuisibles. II.3.5. La valeur immobilière. II.3.6. Le sentier de randonnée.

III.

Conclusions.

 

I. Présentation générale.

Après deux tentatives en 2004 et 2006, la Sarl 3E a redéposé, auprès de M. le Préfet des Pyrénées- Atlantiques, un dossier de demande d'autorisation de traiter des effluents d’élevages et autres déchets organiques en provenance des industries agroalimentaires sur la commune d'Escoubès. Sa présentation étant soumise à la réglementation sur les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) une procédure d'enquête publique a été ouverte en la Mairie d'Escoubès du 17 au 23 février 2012.

La société 3E (Elevage Energie Environnement) regroupe vingt-et-un agriculteurs répartis sur les communes de Barinque, Escoubès, Higuères-Souye, Lalonquette, Lasclaveries, Lombia, Maucor, Riupeyrous et Sévignacq.

Il s’agirait de la construction dans un vallon de la commune d’Escoubès (64160) de bâtiments et aires de circulations, d'une surface totale de 3 866 m2, à quelques dizaines de mètres de la rivière le Gabas. Elle

permettrait la création d'une activité de traitement d’effluents d’élevages, de boues de stations d’épuration,

de boues grasses, de cadavres et de sous-produits d’animaux, de sang de volailles, etc

matières premières serait assuré par camions. Cette usine aurait une capacité annuelle de traitement de 80 000 m3 et utiliserait la méthanisation pour produire du biogaz. La combustion de ce dernier dans des cogénérateurs fournirait de l'électricité vendue à EDF et des thermies autoconsommées par l'installation. La fraction solide en sortie du digesteur de méthanisation servirait à la fabrication d’engrais et amendements organiques. L’ensemble des autres effluents serait traité avant rejet dans le Gabas pour un volume annuel de 73 368 m3 environ (dossier p.4).

Le transport de ces

Après avoir analysé les données décrites dans le dossier déposé en Mairie le collectif 3S ne peut accepter qu'une telle usine soit implantée sur le site choisi par 3E. Des risques nombreux et graves subsistent pour la santé, la sécurité, la sérénité des citoyens mais aussi pour l'environnement, la faune et la flore. Ces dangers sont hélas bien réels. En effet de multiples accidents survenus dans des unités similaires en France et en Europe démontrent qu'ils ne doivent pas être minimisés.

II. Etude d'impacts.

II.1. Les risques sanitaires.

II.1.1. Les effets sur la santé humaine.

L'exploitation de cette unité conduirait à produire des émissions de gaz toxiques mais également des rejets de germes pathogènes contenus dans les matières organiques et susceptibles d'être véhiculés par la faune locale et principalement par les nuisibles tels que les rongeurs, les mouches, … Leur nocivité en serait éminemment dangereuse pour les personnes vivant ou se déplaçant à proximité de cette usine. Le camionnage intense choisi comme mode d'enlèvement des matières premières induirait également une anormale augmentation de la pollution atmosphérique.

- les gaz toxiques :

Lors de la fermentation anaérobie au sein du digesteur de méthanisation du méthane et du sulfure d'hydrogène sont produits :

Le méthane (CH 4 - 2 200 t/an dossier p.134) est un gaz incolore et inodore. Il est considéré comme très dangereux en fortes concentrations car pouvant provoquer l'asphyxie. Ce gaz constitue un risque lorsqu'il se trouve dans un espace clos dans lequel il peut s'accumuler

Le sulfure d'hydrogène (H 2 S - 1,3 t/an dossier p.134) est responsable de l'odeur désagréable d'œuf pourri. Il est considéré comme un poison à large spectre très dangereux. L'inhalation de ce gaz, même en quantité relativement faible, peut entraîner vertiges, perte de connaissance et provoquer la mort juste après quelques mouvements respiratoires. L'exposition à des concentrations inférieures peut avoir comme conséquence des irritations des yeux, de la gorge, une toux douloureuse, un souffle court.

Les rejets atmosphériques, en sortie de la cheminée (hauteur 15 m) des cogénérateurs, sont extrêmement importants :

Les oxydes d'azote (NO x 21,2 t/an dossier p.134)) sont des puissants gaz à effet de serre et très toxiques. On y retrouve principalement le monoxyde d'azote NO et le dioxyde d'azote NO 2 , deux gaz odorants et toxiques à faible dose. Ces molécules pénètrent facilement dans les poumons et affectent la respiration provoquant des problèmes chez les asthmatiques en particulier chez les enfants.

Le monoxyde de carbone (CO 51,7 t/an dossier p.134)) est un gaz incolore, inodore et très toxique pour l'homme. il est la cause d’intoxications domestiques extrêmement fréquentes, voire mortelles.

Le dioxyde de soufre (SO 2 2,5 t/an dossier p.134)) est un gaz incolore, dense et toxique, dont l'inhalation est fortement irritante.

- les germes pathogènes :

Parmi les germes pathogènes présents dans les matières premières utilisées on trouve les bactéries, les virus et les parasites qui ont le pouvoir d'être disséminées et de transmettre des maladies :

Les bactéries :

les salmonelles responsables de fièvres typhoïdes, les shigelles provoquant des entérocolites inflammatoires fébriles, les escherichia coli impliquées dans de graves infections intestinales, le baccilus anthracis apportant la maladie du charbon.

Les virus :

virus de l'hépatite A (HAV), virus de l'hépatite E (HEV), les enterovirus comme les poliovirus, les echovirus, les rotavirus.

Les parasites :

Les helminthes comme le fasciola hepatica responsable de la douve du foie, le ténia, Les protozoaires comme la toxoplasma gondii.

Le rapport de la directive européenne 1774/2002/EC conclut page 36 "l’efficacité de la méthanisation contre les pathogènes ne se limite pas à des simples considérations de températures. En effet, d’autres entrent en jeu et notamment la grande variété de procédé de digestion anaérobie qui créée de nombreux cas particuliers. Cette grande diversité rend difficile l’obtention de résultats généralisables."

- La pollution atmosphérique et CO 2 :

Aujourd’hui on connait bien les effets néfastes sur la santé de la pollution automobile. Cette aggravation très significative du nombre de camions (1 camion supplémentaire toutes les 6 minutes dossier p.7 : 'Le trafic supplémentaire généré sera de 50 à 54 allers retours par jour') produirait une surabondance de polluants comme les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone, des composés organiques volatils, particules fines en suspension, l'ozone troposphérique. Nous avons donc là de bonnes raisons de nous inquiéter surtout pour les plus fragiles, les malades, les jeunes, les personnes âgées. Surtout que dans ce beau vallon y stagnent très souvent, pendant une bonne partie de l'année, brumes et brouillards ce qui ne favorise pas une dispersion correcte des agents de pollution.

Mais chose aggravante l'usine rejetterait, comme gaz à effet de serre, une quantité énorme de CO 2 (plus de 10 000 t/an dossier p.6) alors que le biogaz n'en contient qu'un tiers (3 000 t/an dossier p.99) ! Considérée comme nulle, par arrêté de mars 2008, cette importante masse échapperait de surcroît au système d'échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre.

II.1.2. Les effets sur la faune et la flore.

- Les pluies acides :

Le dioxyde d'azote est un polluant majeur de l'atmosphère terrestre. A ce titre une concentration de la production NO 2 (21,2 t/an dossier p.134) émises par l'usine viendrait accroître la présence d'acide nitrique dans les pluies acides, où ce dernier se forme par hydratation du NO 2 . L'oxydation du dioxyde de soufre SO 2 (2,5 t/an dossier p.134)), le plus souvent en présence aussi de NO 2 , conduit au trioxyde de soufre SO 3 et à l'acide sulfurique H 2 SO 4 , d'où la formation également de pluies acides. Portés par les vents dominants, les acides transportés dans l'atmosphère circulent sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. L'acidification de certaines eaux de surface comme les lacs et l'acidification des océans en sont aussi des conséquences.

L'acidification des précipitations a des conséquences sur les forêts, la santé humaine, les bâtiments mais affecte aussi de nombreuses espèces animales et végétales. La flore est affaiblie, résiste moins bien aux maladies et aux hivers rigoureux. La base de la chaîne

alimentaire est donc touchée, ainsi que tous les animaux qui en dépendent. Les oiseaux et les mammifères, notamment aquatiques et les herbivores, sont indirectement affectés par des changements dans la qualité et la quantité de leurs ressources en nourriture.

- Les maladies :

Bon nombre d'animaux sauvages et domestiques (d'élevage ou de compagnie) pourront être affectés par les différentes émissions de l'usine. Certaines maladies s'en suivront causées par exemple par des souches de salmonelles résistantes, résultant de l'utilisation notamment d'antimicrobiens dans l'élevage animal.

Actuellement en Allemagne, de fortes inquiétudes apparaissent suite à un rapport entre le botulisme chronique et les digestats de la méthanisation ; ce procédé est en effet favorable au développement de la bactérie qui produit la toxine botulique, plus puissant poison connu (40 000 000 de fois plus que le cyanure). Des milliers de vaches sont ainsi frappées et meurent d'après un article du quotidien suisse Le Matin du 06 octobre 2011.

Déjà en octobre 2002, l'AFSSA se préoccupait de l'émergence préoccupante du botulisme chez l'animal et sa transmission à l'homme après consommations d'aliments contenant la toxine.

II.1.3. La pollution du Gabas et des terres agricoles.

- Les rejets dans le Gabas :

Ne seront pas à négliger les rejets aqueux en sortie de BRM (Bioréacteur à Membrane) évalués par 3E à plus de 68 000 m 3 (dossier p.95) et contenant des produits comme le trioxyde de soufre, l’azote organique et l’azote ammoniacal, du potassium, des phosphates, des matières en suspension, etcEvaluer à plusieurs centaines de kilogrammes ils limiteront la pénétration de la lumière dans l’eau du Gabas, diminueront la teneur en oxygène et entraîneront une prolifération d’algues et de plantes aquatiques pouvant aboutir à des phénomènes d’eutrophisation affectant durablement la faune et la flore déjà bien éprouvées.

La pollution fortuite n'est certainement pas à exclure ; le 28 janvier dernier la rivière le Lié a été polluée par le déversement accidentel de 50 m 3 d'effluents provenant de l'usine de méthanisation Géotexia située à St-Gilles-du-Mené (Côtes-d'Armor), après seulement quelques mois de fonctionnement. L'association de défense des habitants a aussitôt adressé un dépôt de plainte auprès du procureur de la République. Rappelons ici encore que l’écrevisse à pattes blanches et l’urodèle d’Europe (salamandre) sont protégées et sont bien présentes dans le Gabas.

Lors d'intervention des services de secours, en cas d'incendie notamment, qu'adviendra-t-il des tonnes d'eau déversées sur l'usine ? Si ce n'est leur écoulement dans le Gabas !

- Les terres agricoles fragilisées :

De nombreux agriculteurs riverains du Gabas y effectuent des pompages pour arroser leurs cultures. Une récente station de pompage vient d'être édifiée à moins de 100 m du site de 3E. Aussi l'eau tant soit peu polluée du Gabas pourrait avoir pour conséquence de favoriser un appauvrissement de la qualité agricole des terres.

Le rapport de la FAO en novembre 2011, signale 'Sur tous les continents de vastes zones sont touchées par la dégradation des terres, … dans le bassin méditerranéen. … perte de qualité

des sols … une dégradation des plans d'eau … l'accumulation excessive de substances comme l'azote et le phosphore. …'.

II.2. Les Dangers.

II.2.1. Du méthane.

- L'incendie.

Le méthane est un gaz hautement inflammable. Il s'enflamme rapidement dans l'air en présence d'une source d'électricité statique, d'une étincelle, d'une flamme nue ou d'une autre source d'ignition ou d'inflammation.

Le 13/09/2010 à 12H00, après de nombreux incidents depuis 2008, un incendie se déclare à l'usine de méthanisation AMETYST de Montpellier : arrivée de 50 pompiers 10 minutes après. A Escoubès l'intervention du SDIS aura lieu assurément bien plus tard et avec certainement moins de moyens.

- L'explosion.

L’explosion de l'installation est parfaitement plausible avec toutes les conséquences imaginables avec bien sûr le déversement de milliers de m3 de déchets dans le Gabas !

Le 5 novembre 2005, en Allemagne, à Rhadereistedt, une émanation de sulfure d’hydrogène (H 2 S) tue 3 employés et un conducteur de camion venu décharger des déchets issus d’un abattoir. Une personne sérieusement intoxiquée est hospitalisée. Le drame se produit alors que le chargement du camion est déchargé à l’intérieur d’un hall fermé pour limiter les nuisances olfactives.

Le 16 décembre 2007, toujours en Allemagne, à Daugendorf, une unité de méthanisation a été détruite par l'explosion de son digesteur. La biomasse a été projetée à plus de 200 m et les bâtiments ont été très sérieusement endommagés.

- Les fuites.

Ne sont pas à exclure des fuites de produit chimiques comme le méthane, mais aussi l’H 2 S, le monoxyde et le dioxyde de carbone,… qui entraineraient pollution des sols, de l'air et du … Gabas.

II.2.2. Sur l'environnement extérieur.

- L'accroissement de l'insécurité routière.

Pour approvisionner l'usine, un camion circulera toutes les 6 minutes durant la journée sur les CD42 et CD43 (dossier p.7 : 'Le trafic supplémentaire généré sera de 50 à 54 allers retours par jour'). L’accroissement significatif de ce trafic engendrera donc une aggravation très importante de l'insécurité routière pour tous les usagers. Et principalement pour les populations des communes traversées : Barinque, Carrère, Coslédaà-Lube-Boast, Escoubès, Higuères-Souye, Lasclaveries, Maucor, Morlaàs, Riupeyrous, St Jammes, St Laurent- Bretagne, Sévignacq,

- La problématique du croisement des camions.

L’étroitesse des voies de circulation sur les CD42 et CD43 rende déjà

croisements de véhicules à gabarit important comme les camions. Cette source de sérieux

problématiques les

dangers serait donc plus que décuplée. Les enfants empruntant les bus scolaires connaîtront des frayeurs quotidiennement.

- La dégradation des chaussées.

Elle sera amplifiée et accélérée, source supplémentaire de danger pour les enfants, les bus scolaires, les agriculteurs, les facteurs, les commerçants itinérants, les cyclotouristes, etc. …

II.2.3. Du barrage sur le Gabas.

La rareté des accidents ne doit pas conduire à penser que le risque de rupture de la digue du barrage est négligeable. La rupture de la digue entraînerait la formation d'une onde de submersion se traduisant par une élévation brutale du niveau de l'eau à l'aval. L'usine est concernée car située dans les zones menacées par un tel accident.

II.2.4. De l'insuffisance de surveillance.

La sécurité d'une telle unité, dangereuse par nature, impose impérativement une présence 24H/24 de personnel compétent comme à Lacq où est également exploité le méthane. Or si pendant la journée un responsable et son assistant serait en poste, durant la nuit et le week- end aucune présence ne serait assurée sur le site. La surveillance du site ne serait alors garantie que par la mise en œuvre de systèmes de surveillance automatique (avec consignes d’alerte et procédures d’arrêt d’urgence), gérés par des sociétés extérieures par télétransmission. Ces systèmes seraient cependant très vite mis en défaut par des dysfonctionnements divers des liaisons Internet (dossier p.91). Les catastrophes arrivent souvent malheureusement par un enchaînement d'incidents qui paraissent insignifiants dès le début. Outre l'engagement de formations adaptées et continues, la société 3E devrait garantir également une stabilité d'emploi à son personnel, faute de quoi un turnover trop important mettrait en péril la sécurité et le bon fonctionnement de l'activité.

II.3. Le Cadre de vie.

II.3.1. L'épandage.

Pour un agriculteur associé à 3E faire traiter ses effluents ne signifie pas pour autant interdiction d'épandre le surplus produit sur son exploitation ! Et sur Escoubès les agriculteurs adhérents de ce projet se comptant sur les doigts d'une seule main, la grande majorité des autres continuera donc d'épandre sur les champs. Les 21 agriculteurs de 3E produisent actuellement un volume d’effluents très nettement inférieur à celui engendré par l’ensemble des nombreuses autres exploitations installées sur les deux cantons. Aussi, vouloir prétendre, par cette réalisation, éliminer de nombreux épandages de déjections animales sur les Pays de Morlaàs et de Thèze n'est qu'un leurre. Et 3E le sait bien !

II.3.2. Les nuisances olfactives.

Les nuisances olfactives, l'un des principaux arguments des défenseurs du projet, seront donc toujours présentes, malgré les efforts déployés afin d’en minimiser les désagréments. Présentée comme la solution miraculeuse d’élimination des nuisances olfactives cette usine ne supprimera aucunement les odeurs émanant des installations d’élevages qui font le quotidien des habitants d’Escoubès depuis des décennies. Bien au contraire tous les riverains d'installations de méthanisation sont unanimes pour dire que ce type d'usine dégage des odeurs nauséabondes ; à Buchères (Aude) la société DISLAUB, après mobilisation des riverains, a tout simplement masqué les odeurs par la diffusion de parfums chimiques. Bravo le progrès !

II.3.3. Le bruit.

Dans ce vallon tranquille seulement quelques bruits ponctuels viennent tinter aux oreilles des habitants installés en hauteur sur les deux coteaux surplombant la rivière. Ils sont émis par l'exploitation agricole située en face du site retenu par 3E. A la saison de chasse quelques coups de feu raisonnent tandis que les aboiements des chiens se font entendre. Mais avec la venue de cette unité ce serait un bruit continu et persistant 24H/24. Et cela deviendrait insupportable aux Escoubésien-ne-s.

II.3.4. Les nuisibles.

Les stockages d'approvisionnement en matière organique (cadavres et sous-produits d'animaux, …), les produits issus des digestats, génèreraient des myriades de mouches mais aussi une prolifération de nuisibles comme certaines catégories de rongeurs.

II.3.5. La valeur immobilière.

Avec l'installation de l'usine ce serait bien évidemment la désaffection et la dépréciation des biens immobiliers à Escoubès car qui voudrait acheter dans cette commune.

II.3.6. Le sentier de randonnée.

Situé à une centaine de mètres de l'usine projetée, il serait déserté, ainsi que son aire de pique- nique. Les promeneurs soucieux de ne pas s'exposer aux diverses nuisances occasionnées par cette station préféreront ne pas l'emprunter. Un investissement public gâché !

III. Conclusions.

Cette idyllique station d'épuration vantée par la société 3E n'est en fait aucunement écologique. La justification d'une préservation environnementale améliorée est un leurre. Ce projet est avant tout destructeur de l’environnement contrairement aux arguments avancés par 3E. Alors même que nous entrons dans une période irréversible de raréfaction d'énergie fossile et d’augmentation des coûts liés à ce type d’énergie, étrangement ce projet s’appuie principalement sur le camionnage pour permettre aux industriels du secteur agroalimentaire régional d’éliminer commodément leurs déchets.

De nombreuses inexactitudes émaillent le dossier qui est une version 2006 mal relookée. Certains volumes de déjections mentionnés dans le dossier n’existent plus ou sont conditionnés par la création de l’unité de traitement. La taxe professionnelle mentionnée (dossier p.208) n'existe pas plus remplacée par la Contribution économique territoriale. Comment la société 3E peut-elle convaincre les Escoubésien-ne-s d'adhérer à un tel projet quand, à 25 km de chez eux, Eneria et Covabio proposent déjà aux agriculteurs de signer des contrats de traitement de leurs effluents pour un coût cinq fois moins cher ? Et sans subvention publique contrairement à 3E (≈ 4 millions € sur 11 millions € d'investissement). Cherchez l'erreur !

Bien sûr 3E veut rassurer les Escoubèsien-ne-s en écrivant que toutes les mesures nécessaires à une sécurité optimale seront prises. Le collectif 3S recommande plutôt comme alternative la création de bien plus petites unités de traitement semi-collectives (regroupement de 2,3 voire 4 agriculteurs) sur les lieux même de productions des effluents agricoles ; la réalisation d'un tel projet pilote à taille humaine sur la commune d'Escoubès, appuyée par les collectivités territoriales, serait accueillie favorablement par l'ensemble de la population.

Mais si de telles usines devaient malgré tout se construire, le collectif 3S préconise que leurs implantations se fassent hors des vallons où coulent des cours d'eau. Les rejets aqueux seraient alors obligatoirement déversés dans une (ou plusieurs) retenue-réservoir créée à l'image des retenues

collinaires, de volume équivalent au volume annuel produit, soit environ 70 000 m 3 pour 3E (emprise au sol autour d'un hectare). Plusieurs avantages en découleraient :

- élimination du risque de pollution de cours d'eau, accidentelle ou suite à de mauvais contrôles.

- vérification à posteriori de la qualité des eaux rejetées et possibilité de réaliser un traitement approprié pour les dépolluer.

- valorisation de cette ressource hydrique, en cas de conformité qualitative, dans le domaine de l'irrigation des cultures (maïs 1000m3/ha => 70 ha) sur des terres dont l'accès à l'eau est rendu précisément difficile de par leur éloignement d'un cours d'eau. Ainsi elle permettrait aux agriculteurs dont les terres sont proches de l'usine de se prémunir en partie de l'aléa climatique.

- utilisation possible en cas d'incendie de l'usine.

Il serait absolument plus prudent d'installer une telle usine très loin d'une rivière et des habitations.

Ce projet qui paraissait séduisant au départ, de par sa terminologie "d'énergie renouvelable", s'avère être conçu comme un projet industriel de gestion d’intérêts économiques particuliers contraire à l’intérêt général et aux souhaits de la grande majorité des habitants de la commune d’Escoubès.

Cette solution nous apparaît donc dangereuse écologiquement et financièrement.

Le collectif 3S confirme fermement son opposition à ce projet.