Une si longue lettre MOHAMMED LAHMAIDI
UNE SI LONGUE LETTRE
Mariama-Ba
I. Contexte historique
Après l’indépendance, les pays africains dont le Sénégal fait partie, connaîtraient des
mutations socioculturelles suite à la confrontation de deux cultures différentes. C’est ainsi, on
assistait à cet époque à l’émergence de plusieurs dichotomies telles que la modernité et les
traditions, l’éducation et la place de la femme dans une société patriarcale.
Dans ce contexte, vient l’ouvrage Une si longue lettre de l’écrivaine sénégalaise
Mariama Bâ, apparut dans une époque de la littérature africaine contemporaine connaissait
une grande évolution tant au niveau de la forme qu’au niveau du fond. En effet, le roman
adopte une nouvelle forme et traite des sujets considérés comme des tabous dans la société
tels que la condition de la femme et la question de la polygamie. L’œuvre qui a été honoré par
le prix Noma en 1980 est devenu comme une référence de la littérature féministe africaine.
II. Présentation de l’auteur
Mariama Bâ est née en 1929 au Sénégal et morte en 1981 suite à une
maladie. Orpheline de mère, vit avec ses grands-parents musulmans et traditionnels qui
étaient contre sa scolarité. Grâce à son père qui était ministre de la santé sénégalais, elle
poursuivit son étude au moment où la femme sénégalaise de l’époque était privée du droit de
l’éducation. L’auteure étudiait à l'école française et puis à l'école normale de Rufisque. Elle
travaillait, ensuite en tant que institutrice et inspectrice dans l’enseignement.
Elle s’est mariée avec le député Obèye Diop avec lequel avait eu neuf enfants. Mais cette
longue durée du mariage se termina par le divorce. Cette situation poussait Marima à
s’engager dans le mouvement féministe qui défend la cause de la femme et revendique les
droits de l’éducation et de l’égalité. Elle écrit également des articles concernant les droits de
la femme avant de publier en 1979 son premier roman intitulée « Une si longue lettre ». Son
deuxième roman « Un chant écarlate » n’apparut qu’après sa mort en 1981.
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Une si longue lettre MOHAMMED LAHMAIDI
III. Genre de l’œuvre
Le roman Une si longue lettre est un roman épistolaire composé des lettres écrites par
une seule émettrice, Ramatoulaye Fall qui s’adresse à son amie intime Aïssatou. A l’intérieur
de cette forme, on voit une dominance du récit de la narratrice qui relate son histoire
personnelle ainsi que celle de son amie. Le roman contient une touche autobiographique
puisque l’auteure elle aussi vit une situation pareille en tant que divorcée et mère de neuf
enfants.
IV. Les personnages principaux
Ramatoulaye Fall : la narratrice, mère de douze enfants, épouse de Modou Fall.
Modou Fall : le mari de Ramatoulaye, travaille en tant syndicaliste
Aïssatou Bâ : la première épouse du Mawdo Bâ et amie de Ramatoulaye.
Tamsir, le frère du Modou Fall.
Mawdo Bâ : le mari d'Aïssatou et de Nabou, médecin et ami de Moudo Fall
Nabou : la deuxième épouse de Mawdo Bâ.
Nabou : la mère de Mawdo Bâ.
Binetou : la deuxième épouse de Modou Fall et amie de Daba.
Daouda Dieng : le premier prétendant de Ramatoulaye.
V. Résumé de l’œuvre
Suite au décès récent de son mari Modou Fall à cause d’une une crise cardiaque,
Ramatoulaye envoie une longue lettre à son amie intime Aissatou pour lui informer de tous
les événements des funérailles du défunt et évoquer les souvenirs d’enfance, de la jeunesse et
du mariage. La narratrice profite des jours du deuil pour nous raconter son histoire et
l’histoire de son amie. En fait, les deux amies ont été victimes de la polygamie. Après vingt-
cinq ans du mariage et douze enfants, Modou avait épousé une jeune fille qui était l’amie de
sa fille. Et Mawdo, le mari du Aissatou avait également épousé une jeune fille imposée par sa
mère qui méprisait Aissatou et pensait que cette dernière ne méritait pas son fils à cause de sa
classe inférieure (bijoutière).
Cependant, la réaction des deux amies vis-via de ce deuxième mariage était différente.
Si Ramatoulaye décida d’accepter cette polygamie forcée par la religion et par les traditions et
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occuper de ses enfants. Son amie Aissatou, à l’inverse, refusa de continuer avec son mari, se
divorça et quitta le pays pour inaugurer une nouvelle vie en France.
Dans cette lettre de confidence, Ramatoulaye gênée par la présence de son coépouse,
Binetou, exprime ses émotions d’angoisse et de regret en évoquant les premières années du
mariage. La narratrice raconte comment elle s’est épousé Modou avec amour en s’opposant à
sa famille qui préférait Daoud Deing, médecin à la Polyclinique. La même chose
pour son ami Aissatou qui épousa Mawdou malgré l’opposition de sa mère
Nabou. Les deux amies considéraient ce deuxième mariage comme une
sorte de trahison de l’amour, de la responsabilité envers la famille et ne rien ne peut
justifier cette décision malhonnête après tant d’années de la vie conjugale. Comment, Modou
ose-t-il rejeter sa famille et gaspiller toute sa fortune et même s’endetter auprès de la banque
pour financer les dépenses de la petite Binetou qui recevait chaque mois une somme d’argent
et celles de sa mère qui a été envoyée à la Mecque. Alors que son premier amour ainsi que ses
enfants vivent dans des conditions économiques défavorables et que Ramatoulaye seule ne
peut pas supporter les exigences croissantes de ces enfants qui souffrent dans les transports en
commun. Ce qui pousse son ami Aissatou de lui offrir une voiture, un geste qui exprime
vraiment les sens réel de l’amitié.
Malgré les douleurs et les souffrances causées par cette trahison, Ramatoulaye restait
fidèle à son mari puisqu’elle refusa la demande du mariage du frère de son mari , Tasmir. Elle
a refusé également d’être coépouse de l’ancien Daouda Deing car elle ne voulait pas être
source de malheur pour une autre femme.
Dans les derniers chapitres du roman, Ramatoulaye nous informe sur ses enfants avec
eux avait des problèmes d’éducation. Ces filles fascinées par la mode, fument et s’habillent
contrairement à la coutume ; l’un de ces enfants fut cassé le bras lors d’un accident avec un
cyclomoteur et l’autre avait des conflits avec son professeur et le pire s’était sa fille Aïssatou,
qui tombait enceinte du Ibrahima Sall. Cependant, la mère qui est assistée par sa fidèle amie
et sa fille Daba, montre l’éprouve d’un esprit très ouvert et d’un cœur tendre à résoudre tous
les problèmes et à commencer une nouvelle vie pleine de bon bonheur et d'espoir.
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