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LDes socIaLIsTes

hebdo

N° 436 • Samedi 17 février 2007 • 1,5 €

Un pacte d’honneur et de confiance

Les 100 propositions pour changer la France

• Samedi 17 février 2007 • 1,5 € Un pacte d’honneur et de confiance Les 100

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Les rendez-vous DU PARTI

7 mars « Alors viendra le temps des femmes…»
7 mars
« Alors viendra
le temps
des femmes…»

Mercredi 7 mars au Zénith de Dijon, un meeting rassemblera autour de Ségolène Royal des femmes qui viendront expliquer pourquoi elles la soutiennent, femmes engagées, femmes impliquées, femmes concernées, femmes chef d’État.

Venez nombreux–ses à cette rencontre, qui aura lieu à partir de 17h avec Ségolène Royal.

Des transports sont organisés depuis les fédérations environnantes. Un TGV fait l’aller-retour depuis Paris.

Renseignements : femmes@parti-socialiste.fr

« Alors viendra le temps des femmes… » :

discours de Ségolène Royal à Frangy-en-Bresse, août 2006

Créez un blog pour Ségolène Royal !

Le Mouvement des jeunes socialistes vous propose de participer au maillage de la toile socialiste en créant un blog dédié à la can- didate du PS. C’est l’opération « Ton blog pour Ségolène ». Bonne campagne !

Pour en savoir plus, connectez-vous sur www.lesjeunespoursegolene.net

aGenDa Du ParTi

Mardi 20 février Grand meeting de campagne à Rennes (35).

Samedi 24 février « La jeunesse résiste, la jeunesse s’explique » Film et débat contre l’extrême droite et Jean-Marie Le Pen à Lille, organisé par le MJS (www.mjs.org).

Jeudi 1er mars Grand meeting de campagne à Mont-de-Marsan (40).

Mercredi 7 mars Rencontre Femmes à Dijon (21) en présence de Ségolène Royal.

Mercredi 14 mars Grand meeting de campagne à Clermont-Ferrand (63).

Jeudi 22 mars Grand meeting de campagne à Marseille (13).

Jeudi 29 mars Grand meeting de campagne à Limoges (87).

Mardi 3 avril Grand meeting de campagne à Metz (57).

Jeudi 5 avril Grand meeting de campagne à Bordeaux (33).

L’hebdo des socialistes 10, rue de Solferino 75333 Paris Cedex 07 • Tél. : 01 45 56 78 61 Fax: 01 45 56 76 83

(Pour obtenir vos correspondants, composez d’abord le 01.45.56)

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Maurice Braud • DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : Thomas Colognac • RÉDACTEUR EN CHEF: Alain Herbeth (77.16) • RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE: Ariane Gil

(77.92) RÉDACTION: Bruno Tranchant (77.33) Pierre Kanuty (76.00) Fanny Costes (76.27). Ont collaboré à ce numéro :Ariane Vincent; Damien Ranger • SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Éric Lamien (76.27) MAQUETTE: Christine Lovinger, Pascale Lecomte (78.92) • PHOTO : Philippe Grangeaud (76.27)• SECRÉTARIAT: Odile Fée (78.61) • COMPTABILITÉ : Michèle Boucher (79.04) SECRÉTAIRE À LA RÉDACTION-ABONNEMENT : Sabine Sebah (78-57) • FLASHAGE ET IMPRESSION : PGE - (94) Saint-Mandé • ROUTAGE : Routex - 91080 Courcouronnes. N° commission paritaire : 0109 P 11 223 – “L’hebdo des socialistes”est édité par Solfé Communications. Ce numéro a été tiré à 235500 exemplaires. Un encart « carton d’invitation» est joint à l’Hebdo pour les adhérents de l’Île-de-France.

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

ÉDITO

Tout commence maintenant

■ ÉDITO Tout commence maintenant ■ sommaire François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste Les 100

sommaire

François

Hollande,

premier secrétaire du Parti socialiste

Les 100 propositions

L’économie

p.6

Le pouvoir d’achat

p.9

L’emploi

p.12

L’éducation

p.15

La santé

p.18

La sécurité

p.20

L’environnement

p.24

Les institutions

p.27

L’international

p.30

Extraits du discours de François Hollande

p.36

L e dimanche 11 février restera comme le point de départ de la campagne présidentielle. Ségolène Royal aura, par son discours, marqué les esprits

et fixé la donne. Son pacte présidentiel est désor- mais au cœur du débat. Et c’est autour de ses propo- sitions que l’élection doit se faire. Notre pays réclame un choix digne de son passé, à la hauteur des défis d’aujourd’hui et qui prépare notre destin commun. C’est l’enjeu : voter en connaissance de cause, ne pas se laisser abuser par une nouvelle mystification comme en 1995, ne pas se laisser impo- ser un malentendu cruel comme en 2002, mais avoir un affrontement clair entre la gauche et la droite. Nous sommes devant un candidat de la droite dure qui, tout en citant Blum et Jaurès, veut en finir avec le modèle social français. Nous devons mener une campagne fondée sur la clarté, bilan contre bilan, projet contre projet. La clarté, c’est d’abord rappeler que la continuité a son candidat, c’est Nicolas Sarkozy. Il est comptable du bilan du gouvernement depuis 2002 : réforme

des retraites de Raffarin, plan sur l’assurance mala- die de Douste-Blazy, loi sur l’école de Fillon, CPE, pri-

Nicolas Sarkozy sait

vatisation de GDF de Breton

que, sur son bilan, comme sur son projet, il ne peut être élu. Alors, il mène une campagne de confusion pour gommer les clivages, pour réveiller les peurs et pour discréditer l’adversaire. Le changement n’a qu’une candidate, Ségolène Royal. Elle est la seule à porter un projet alternatif à

la droite, la seule qui puisse être présente au second tour, la seule qui incarne l’espérance. À chacun maintenant de mener la bataille de la conviction autour des 100 propositions de Ségolène Royal. Nous devons être partout ses porte-parole auprès des Français et mettre l’espoir du côté du changement et de la gauche.

3

■ ■

4 4

LES 100 PROPOSITIONS

T out devait se jouer le dimanche 11 février à Villepinte. C’est ce que répétaient sans fin les médias. C’était aussi une inquiétude qui perçait ici et là dans le pays.

Dans les jours qui ont précédé, la pression n’a cessé de monter. Les amis de Nicolas Sarkozy se

répandaient dans le tout Paris. Le match était déjà

« plié » avant d’avoir commencé. La belle dame en

blanc allait faire « pschiiiit » puisqu’elle n’était que le « clone de Bécassine »… En venant massivement sans que rien n’ait été anticipé, les presque 20 000 militants et sym-

pathisants présents ont été les premiers à contredire la rumeur. Et puis Ségolène est inter- venue pendant deux heures pour exposer sa

vision, son projet. Émouvante et rassurante, elle

a trouvé le ton juste pour exprimer une vision

personnelle qui s’inscrit dans la longue chaîne des socialistes qui ont compté. Elle n’a pas eu besoin de citer Jaurès, Blum et Mitterrand pour marquer une continuité évidente. Elle n’a pas eu

besoin de sous-titrer ses propositions parce qu’elles sont clairement de gauche. Elle n’a pas eu besoin d’emprunter à d’autres cultures poli- tiques puisque même Nicolas Sarkozy a désor- mais honte d’être un homme de droite… Ségolène Royal a proposé un « pacte d’honneur et de confiance » au pays. Là où Nicolas Sarkozy n’a cessé d’opposer les Français les uns aux autres, d’exacerber les concurrences ou de jouer des peurs, Ségolène fédère. Elle offre une perspective commune à tous parce que « la France a besoin de tous les siens, de ceux qui vont bien comme de ceux qui décrochent ou qui ont peur de décrocher ». Elle ne s’est dérobée devant aucune de ses res-

ponsabilités. Elle n’a flatté aucune clientèle parce que si « tout est possible », tout n’est pas souhaitable. Elle a défendu ce qui fonde son

engagement : plus juste, la France sera plus

forte.

Colognac Plus juste, l

Thomas

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

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a France sera plus forte

LA PRÉSIDENTE DE LA CONFIANCE RETROUVÉE

Nous avons les moyens de relancer la croissance

■ ■

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Je veux

Comment augmenter les bas salaires si les entrepri- ses ferment ? Comment augmenter les petites retraites si les déficits se creusent ? Comment aug- menter l’effort pour l’édu- cation et la santé lorsque la dette explose ?

J ’ai décidé de vous parler en

premier de notre situation

économique et, en particu-

lier, du problème de la dette. La dette publique est devenue insoutenable. Elle représente 64 % du PIB et 18 000 euros par Français. Les intérêts qu’elle génère sont devenus à eux seuls la 2e dépense du budget de la nation. Le déficit des comptes sociaux a triplé. La sécurité sociale est grevée par plus de 80 milliards de déficit cumulé. Notre appareil productif est affaibli. Notre commerce extérieur affiche un déficit de 30 milliards d’eu- ros. La production industrielle stagne et l’investissement productif des entreprises ne décolle pas. Voilà la France qu’ils nous laissent. Voilà l’état des lieux au sortir de la période qui s’achève. Et c’est à vous, c’est à moi, c’est à tous les Français qui nous rejoin- dront, qu’il appartient de rele- ver le pays.

Je suis convaincue qu’il faut changer, de toute urgence, notre façon même de conce- voir la création de valeurs et de richesses. Je suis convaincue qu’un déve- loppement durable repose aujourd’hui sur trois piliers (économique, social, environ- nemental) et que la défail- lance d’un seul peut faire crou- ler le tout. Nous sommes la cinquième puissance économique mon- diale. Nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent, prennent des ris- ques et travaillent dur. Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce

réconcilier les Français avec l’entreprise pour sortir la France des

déficits et accomplir les progrès sociaux dont nous

avons besoin.

rang que si nous recréons notre capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés et à créer ce vrai dialo- gue social qui reste, en France, si terriblement archaïque. L’inventivité des entrepreneurs doit être reconnue. Mais la dignité du travail doit être res- pectée et même remise à

«
«

Paroles de militants

Elle a donné sa parole au peuple et plus rien ne sera comme avant »

Michèle et Annie, Corrèze

« On est requinquées ! Elle est époustouflante, on a eu du concret. Je me demande ce que pourront bien dire tous ceux qui disent qu’elle n’a rien à proposer

L’école, la santé, les services publics, l’allocation pour

intelligente et même

le respect de la future opposition ! Elle a tout balayé. Elle a donné la parole au peuple et plus rien ne sera comme avant. Elle a une vraie volonté et du caractère, il faut que les médias arrêtent de la faire passer pour une nunuche ! »

les jeunes, une décentralisation

L’HEBDO L’HEBDO DES DES SOCIALISTES SOCIALISTES 17 17 FÉVRIER FÉVRIER 2007 2007

l’honneur. Je m’engage à tout faire pour qu’un nouvel essor soit donné à la démocratie

l’honneur. Je m’engage à tout faire pour qu’un nouvel essor soit donné à la démocratie sociale et au dialogue social constructif qui va avec. Et je m’engage, en même temps, à soutenir l’effort des entrepri- ses innovantes et créatrices d’emplois. C’est ce que j’ap- pelle les cercles vertueux. Nous avons les moyens de relancer la croissance et la machine économique. Je veux réconcilier les Français avec l’entreprise pour sortir la France des déficits et accom- plir les progrès sociaux dont nous avons besoin. J’en ai pris une claire cons- cience tout au long de ces

semaines passées à écouter et observer : nous sommes un pays d’excellence technologi- que où pas un jour ne passe sans que des hommes et des femmes se lancent pour don- ner corps à un projet créateur d’activité, de valeur et d’emploi. Je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque qu’ils prennent et qui permet de créer, chaque année, les emplois que la mondialisation financière déplace. Je sais gré à ces PME de moins de 250 salariés qui sont plus de deux millions en France et qui sont nos premières créatrices d’emplois. Et je m’engage aujourd’hui,

Les propositions

1 Augmentation du budget de la recherche de 10 % par an.

2 Pour réduire les risques de délocalisations et mettre en place une politique indus- trielle : création d’une Agence nationale de réindustrialisation.

3 Soutien aux PME avec la création de fonds publics régionaux de participation, en leur réservant une part dans les marchés publics.

4 Priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires.

■ ■

7 7

5 Sécurisation du parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d’entreprises (simplifications), en généralisant les ateliers de la création, en améliorant la protection sociale des entrepreneurs, et en mettant en place un mécanisme de cautionnement mutuel.

6 Réforme de l’État :

un euro dépensé doit être un euro utile. Une décentralisation abou- tie. Des services publics de qualité présents sur tout le territoire et accessibles par l’internet.

LA PRÉSIDENTE DE LA CONFIANCE RETROUVÉE

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devant vous, à tout faire pour soutenir leur effort et pour créer l’environnement dont elles ont besoin et qu’elles méritent.

Innovation et recherche

Je m’engage à faire de la recherche et de l’innovation une des priorités majeures de mon mandat. Je m’engage à augmenter le budget national de recherche-développement de 10 % par an. Sur les 65 mil- liards d’aides aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche et l’innovation, je m’engage à porter cette part à 15 %. Par des mesures fiscales,

je m’engage à encourager les entreprises à innover et à faci- liter leur accès aux finance- ments bancaires. L’État soutiendra les pôles de compétitivité qui associent laboratoires et entreprises dans des réseaux d’excellence. Il soutiendra les porteurs de projets, partout où ils se trou- veront, en généralisant les Ateliers de la création. Je m’engage à ce que les

entrepreneurs qui garantis- sent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine propre soient sécurisés par un mécanisme de caution mutuelle.

Réforme de l’État

Les Français aspirent à voir l’État réformer profondément sa gestion pour dégager des économies et donc des mar- ges d’action. Nous avons un État qui est devenu beaucoup trop lourd. Il faut soulager des administrations centrales qui s’épuisent à gérer des person- nels répartis sur le territoire et des crédits de toutes sortes. Il

faut en finir avec cette lour- deur de l’État central qui

Ensemble,

nous allons

donner un coup de jeune à cet État colbertiste,

jacobin, centralisé à l’excès, croulant

sous le poids des ans

«
«

Paroles de militants

La digne héritière de François Mitterrand »

Brigitte Bossu, Louvres (Val-d’Oise)

Le « pacte présidentiel » fait honneur à la gauche. À Villepinte, Ségolène Royal s’est inscrite en digne héri- tière de François Mitterrand en faisant des propositions que le peuple de gauche attend depuis cinq ans. Le SMIC à 1 500 euros, la revalorisation pour les petites retraites, la prime de rentrée scolaire sont des proposi- tions que seule la gauche est capable de faire.

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

engendre toujours plus de textes législatifs ou réglemen- taires – et des textes qui, bien souvent, sont à la fois illisibles et inutiles. Les fonctionnaires en sont les premières victimes lorsqu’ils s’épuisent en réunions stériles au lieu de donner l’impulsion et la créativité dont ils sont porteurs et qui sont leur vraie vocation. Face à cette situation, face à ce gaspillage d’énergie et de substance, je propose de limi- ter le nombre de ministères, d’en finir avec l’inflation régle- mentaire qui nous caractérise trop souvent, d’expérimenter à chaque fois pour réformer vraiment, d’engager une nou- velle étape de la régionalisa- tion, en mettant fin à la rui- neuse superposition des com- pétences. L’État garantira par un fond de « péréquation » l’égalité en- tre les régions qui bénéficie- ront pour remplir de nouvel- les missions, d’un transfert de ressources. Et tant pis pour ce vieux jacobinisme qui est l’un des démons les plus malins de ce pays ! Ensemble, nous allons donner un coup de jeune à cet État colbertiste, jacobin, centralisé à l’excès, croulant sous le poids des ans, des bureaucra- ties inutiles et des réglemen- tations trop complexes. Ensemble, nous allons mettre l’État à l’heure de ce désir d’autonomie, de responsabi- lité civique et de liberté que j’ai senti monter d’un bout à l’autre de la France.

LA PRÉSIDENTE DU POUVOIR D’ACHAT GARANTI

LA PRÉSIDENTE DU POUVOIR D’ACHAT GARANTI ■ Un pouvoir d’achat garanti, un logement sécurisé La vie

Un pouvoir d’achat garanti, un logement sécurisé

La vie chère est une réalité vécue par une grande majorité de Français et pas seulement les plus modes- tes. Les salaires stagnent, les pensions s’amenuisent, les prestations sociales ne compensent pas les aléas de la vie. L’accès de tous à un logement de qualité est devenu difficile pour de nombreuses familles.

J e propose un pacte prési- dentiel pour le pouvoir d’achat garanti et la sécu-

rité du logement tout au long de la vie. Je propose, parce que vous

avez été nombreux à me dire que les chiffres officiels de la hausse des prix sont inférieurs à la réalité, une réforme de l’indice des prix. Nous utilise- rons des indices de prix diffé- rents, tenant compte de la réa- lité des dépenses des ména- ges pour revaloriser les retrai- tes, le SMIC et les minima sociaux.

Entrée dans la vie active

Je m’engage à une hausse du SMIC à 1 500 euros par mois et à une hausse des bas salaires, au-dessus du SMIC, qui sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007 dans le

cadre de la conférence sur les salaires. Je m’engage, pour les jeunes sans ressources et qui vivent, de plus en plus nombreux, dans la précarité, à créer une allocation d’autonomie et d’entrée dans la vie active ; cette allocation leur sera ver- sée en contrepartie d’une obli- gation de formation sérieuse, d’une recherche active d’em- ploi et, pour les étudiants, d’heures de soutien scolaire auprès d’élèves en difficulté. Je mettrai en place un plan de rattrapage pour les petites retraites, avec une hausse immédiate de 5 % intervenant dès 2007. Le minimum vieil-

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LA PRÉSIDENTE DU POUVOIR D’ACHAT GARANTI

lesse sera versé mensuelle- ment et les retraites de la sécurité sociale seront payées au 1er de chaque mois, pour éviter les découverts. Nous procéderons aussi, dès 2007, à une augmentation de 5 % de l’allocation adulte handicapé.

Logement

Le logement est la condition première d’une vie de famille sécurisée. Et les inégalités criantes dans ce domaine doi- vent se réduire si l’on veut aider les familles à être ces lieux d’éducation et d’épa- nouissement des enfants qu’elles doivent être.

10 Il y a les sans domicile fixe, naturellement, pour lesquels des solutions d’urgence doi- vent être trouvées : je propose de faire obligation à chaque ville de créer une place d’hé- bergement d’urgence pour 1 000 habitants ; je propose une politique d’accompagne- ment humain permettant à

Les scandales

les plus criants ne doivent pas occulter

le fait que la crise du logement frappe aussi celles et ceux qui travaillent et qui font des efforts pour

payer leur loyer.

ceux qui ont basculé, travail- leurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccro- cher à une utilité sociale ; et je rends hommage au travail des associations qui jouent un si grand rôle pour réinsérer ces gens dans l’activité et dans

l’emploi. Mais l’urgence ne doit pas faire oublier les autres problè- mes de fond. Les scandales les plus criants ne doivent pas occulter le fait que la crise du logement frappe aussi celles et ceux qui travaillent et qui font des efforts pour payer leur loyer. Je propose quatre

Paroles de militants

On a un bon programme, une excellente candidate et des militants déterminés »

«

une excellente candidate et des militants déterminés » « Jérôme Delb, 26 ans, étudiant en architecture,

Jérôme Delb, 26 ans, étudiant en architecture, Eure-et-Loir

« C’était bien, je suis encore plus motivé. Quoiqu’en disent les médias et autres humoristes, on a un bon programme, une excellente candidate et des militants nombreux et déterminés. En nous mobilisant à fond, j’ai l’impression que rien ne pourra nous arrêter. Je m’intéresse particulièrement à la question du loge- ment, je trouve que ce qu’elle propose peut nous sor- tir de la crise. Le service public de la caution est une idée très intéressante. »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

» L’ HEBDO DES SOCIALISTES ■ 17 FÉVRIER 2007 mesures concrètes, bien connues de ceux qui

mesures concrètes, bien connues de ceux qui se bat- tent sur ce problème et que j’ai également rencontrés dans le cadre de ces débats participatifs :

La construction des 120 000 logements sociaux dont nous avons besoin et qui, faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’État se substi- tuera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en lançant lui- même les programmes de logement nécessaires. Il faut cela pour que le droit opposa- ble au logement ne soit pas une promesse électorale ou un vain mot. Il faut cela pour que l’amélio- ration de la situation des plus démunis ne produise pas l’ag- gravation de la situation de ceux qui paient leur loyer. Pour cela, je propose la création d’un service public de la cau-

 

Les propositions

 

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Augmentation des salaires.

limitant à 25 % le montant

Le SMIC à 1 500 euros, le plus tôt possible dans la législature.

des dépenses de logement pour les ménages modestes.

Construction de 120 000

Conférence nationale sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux en juin 2007. Cette conférence sera ensuite annuelle afin de tirer vers le haut tous les salaires.

logements sociaux par an.

Substitution de l’État aux maires qui n’appliquent pas la loi SRU.

Création d’un service public de la caution.

Conditionnement des avantages fiscaux à une modération des loyers.

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Revalorisation immédiate de 5 % des petites retraites.

Acquisition-réquisition des logements vacants

-

Versement mensualisé du minimum vieillesse.

spéculatifs.

Extension des prêts

tion permettant d’assurer les

-

Paiement des retraites de la sécurité sociale rétabli au 1er jour de chaque mois.

à taux zéro.

impayés de loyer et d’éviter les expulsions.

Dans le logement social, les locataires qui ont payé pendant 15 ans leur loyer

La mise en location des

 

nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoc- cupés depuis plus de deux ans

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Revalorisation immédiate de 5 % des allocations aux personnes en situation de handicap.

pourront accéder à la propriété.

et la possibilité existera pour les communes de procéder à des acquisitions-réquisitions.

10 Doublement de l’allocation de rentrée scolaire.

L’accès à la propriété sera

 

favorisé et encouragé par l’ex- tension des prêts gratuits. Aujourd’hui, les Français aspi- rent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que ceux, notam- ment, qui ont fait l’effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la pro- priété. Enfin, avec les régions, l’État aidera à la mise en place d’un programme de logement pour les étudiants et les jeu- nes travailleurs.

11 Réduction des coûts bancaires.

 

Plafonnement des agios et des pénalités liées aux incidents de paiement.

Création d’un service universel bancaire de base, favorisant les prêts sociaux et le micro-crédit.

- Sanction financière pour les

Réglementation de la publicité pour les prêts à la consommation.

communes qui ne créent pas d’hébergement d’urgence. 13 Mettre en place plusieurs indices des prix reflétant

12

Une sécurité logement

la dépense des ménages (minima sociaux, SMIC,

tout au long de la vie.

-

« Bouclier logement

»

retraites).

11

LA PRÉSIDENTE DU TRAVAIL POUR TOUS

Du travail pour tous, un métier pour chacun

Le chômage ne baisse pas, sauf dans les statistiques officielles. La précarité se répand, le nombre de rmistes a augmenté de plus de 250 000 depuis 2002. 70 % des embau- ches se font avec des CDD et de l’intérim. Et com- ment travailler plus quand

tant de jeunes et de

12 moins jeunes voudraient travailler tous ?

L e règne sans frein du pro- fit financier est intoléra- ble pour l’intérêt général.

Il est insupportable à ceux qui

vivent de leur travail et il est dramatique pour ceux qui n’arrivent pas à en vivre. C’est ce cri de colère que j’en- tends monter de la France qui travaille et de celle qui aime- rait travailler. Colère contre les délocalisations qui dévorent l’emploi. Colère contre le fait que 23 % des jeunes sont sans emploi,

que l’âge du premier emploi n’en finit pas de reculer et que la précarité des contrats se généralise. Colère quand la moitié des salariés du privé touche moins de 1 400 euros par mois, que 4 millions de salariés sont

Le règne

sans frein du profit financier est insup- portable à ceux qui

vivent de leur travail et il est dramatique pour ceux qui n’arrivent pas à en vivre.

payés au SMIC au bout de 20 à 30 ans de travail. Je m’engage à une hausse du SMIC à 1 500 euros par mois et à une hausse des bas salaires, au-dessus du SMIC, qui sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007 dans le

qui sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007 dans le L’ HEBDO DES SOCIALISTES

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

cadre de la conférence sur les salaires. Pour que cette augmentation puisse se faire rapidement, et sans pénaliser les petites entreprises, je m’engage à mettre en place un plan mas- sif de formation profession- nelle débouchant sur un sys- tème gagnant-gagnant : le salarié sera mieux payé, mieux qualifié et l’entreprise plus performante. Je serai, aussi, la présidente du travail pour tous et d’un métier pour chacun.

Pas un jeune au chômage plus de six mois

Je réhabiliterai la valeur tra- vail. Et d’abord, j’engagerai une lutte sans merci contre le chô- mage des jeunes, un des plus élevés d’Europe et l’une des sources du découragement, de la révolte contre l’absence de futur et, à la fin, de la délin- quance. Tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et univer- sitaire avec un diplôme : c’est le contrat qu’il faut passer entre la nation et son école. Pour les 190 000 jeunes qui sortent de l’école ou de l’uni- versité sans aucune qualifica- tion, je reprends la proposition de Jacques Delors d’ouvrir un chantier d’intérêt national. Aucun jeune, diplômé ou quali- fié, ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu’une formation ou un contrat ne lui soit proposé – c’est un droit pour lui et un devoir pour

Les Propositions

 

Lutter contre la précarité

Favoriser le retour à l’emploi

14 Aides publiques aux entreprises conditionnées à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels. Remboursement en cas de délocalisation.

19 Création d’un revenu de soli- darité active (RSA) permet- tant l’amélioration d’un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima social reprenant le travail.

20 Validation systématique des acquis de l’expérience pro-

15 Modulation des exonéra- tions de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail. Abrogation du CNE.

fessionnelle et reconnais- sance d’un droit individuel à la formation et à la recon- version inversement propor- tionnel à la durée des étu- des.

16 Développement de la négociation collective à tous les niveaux, notamment sur les questions d’organisation et de conditions de travail, de pénibilité, de temps partiel subi. Sur les

21 Instauration d’une sécurité sociale professionnelle per- mettant à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer un contrat de droits et devoirs comportant

35

heures : ouverture de négo-

une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du der- nier salaire net perçu, une formation qualifiante et une aide personnalisée à la recherche d’emploi.

ciations pour consolider cet acquis et supprimer ses effets négatifs pour les ouvriers et les employés.

Sécuriser l’entrée des jeunes dans la vie active

17 Création d’un droit au premier emploi des jeunes. Au-delà de six mois de chômage, accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouverture de 500 000 emplois-tremplins aux jeunes,

 

18 Prêt à taux zéro de

10

000 euros en faveur de

chaque jeune pour l’aider à construire un projet.

 

13

LA PRÉSIDENTE DU TRAVAIL POUR TOUS

nous. Tout jeune doit pouvoir bénéficier d’une possibilité

d’insertion. Je propose, à cet effet, de généraliser les bour- ses et les emplois-tremplins que les régions ont mis en place, avec un objectif de

500 000 emplois-tremplins.

Premiers projets de vie

L’État ouvrira, enfin, un nou- veau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d’un prêt gratuit de 10 000 euros pour lui permettre de construire son premier projet de vie. Je le dis solennellement à tou- tes celles et tous ceux qui

14 doutent, qui rencontrent plus de portes fermées que de mains tendues : la France a besoin de vos talents et de votre énergie ; les entrepri- ses et les services publics ont un devoir à remplir à l’égard d’une génération qui repré- sente aussi leur avenir. Je leur dis aussi qu’à leur âge, on a le droit à l’erreur, que la peur de l’échec ne doit pas paralyser, qu’on apprend et qu’on se renforce aussi dans

Tout jeune

doit pouvoir sortir du

système scolaire et universitaire avec un diplôme : c’est le contrat qu’il faut passer entre la Nation

et son école.

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

Paroles de militants

Un discours de présidente »

«
«

Claudine, 64 ans, retraitée de l’éducation nationale

« Aujourd’hui, elle a vraiment prononcé un dis- cours de présidente. C’était magnifique, j’en fris- sonne encore. Sur l’école, l’éducation et la famille, elle a été juste. Et j’ai été très attentive à ses propositions sur l’Europe. Beaucoup de gens l’attendaient. C’est un très bon début. Elle devrait encore développer ce point. C’était un vrai dis- cours de gauche, très convaincant. Elle a acquis un ton très agréable. Juste. Tout en gardant son rythme particulier. »

les difficultés que l’on rencon- tre : vous devez croire en vous car la France aime ses enfants, tous ses enfants et n’est elle-

même que lorsqu’elle lutte contre toutes les formes de discrimination.

Un revenu de solidarité active

Dans l’intérêt des entreprises comme des salariés, dans l’in- térêt de la France, je créerai la sécurité sociale profession- nelle qui garantira, contre une formation et une recherche

active d’emploi, une rémuné- ration égale à 90 % du dernier salaire perçu afin de permet- tre, sans drame, la mutation des emplois. Et pour encourager, enfin, le passage du RMI au travail, je donnerai raison à ceux qui, comme l’association Emmaüs, demandent depuis longtemps la création d’un revenu de soli- darité active qui garantira les prestations en un mécanisme unique, durable, et garantis- sant que quelqu’un qui retrouve un travail ne puisse plus voir ses revenus baisser.

unique, durable, et garantis- sant que quelqu’un qui retrouve un travail ne puisse plus voir ses

LA PRÉSIDENTE DE LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE ET CULTURELLE

L’école, cœur battant de la République

Aujourd’hui, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification. L’école doit tenir sa promesse républicaine d’égalité scolaire.

C’ est l’éducation qui

tient tout l’édifice.

C’est pourquoi, avec

moi, l’éducation sera au cœur de tout et en avant de tout ! L’école est le cœur battant de la République. L’école est le lieu

où se transmettent les savoirs et les valeurs républicaines. L’école est le creuset où se for- ment les futurs citoyens. Et l’école, vous me l’avez égale- ment dit, traverse une crise profonde. J’ai entendu le signal d’alarme que lancent beaucoup de parents : l’école tiendra-t-elle demain sa promesse d’égalité des chances ? J’ai entendu le message des enseignants, en première ligne dans ce combat pour l’égalité et, donc, la citoyenneté : face aux diffi- cultés qui s’accumulent, aux violences, aux incivilités qui angoissent, face aux coupes sombres dans les budgets et les emplois, face à un pouvoir d’achat qui semble baisser, et alors que croissent les difficul-

qui semble baisser, et alors que croissent les difficul- “ L’école est le lieu où se

L’école est le lieu où se transmettent les savoirs et les valeurs républicaines.

L’école est le creuset où se forment les futurs citoyens.

tés du métier, comment ne pas être tenté, parfois, de baisser les bras ? À ces enseignants qui se bat- tent en première ligne sur le front de la citoyenneté de demain, je veux dire ceci. Vous

serez soutenus, encouragés par la République dans votre mission. Votre place sera mieux reconnue, vos filières de formation encore améliorées si vous en sentez le besoin. Votre droit à l’innovation et à

■ ■

15 15

LA PRÉSIDENTE DE LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE ET CULTURELLE

Paroles de militants

« «
«
«

« L’éducation, c’est par là que tout doit commencer »

Halim, Le Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis)

J’ai été très touché par son dis- cours. Ségolène Royal donne à la

politique ses lettres de noblesse. Ce qui m’a marqué, c’est cette phrase :

L’éducation, l’éducation et encore

l’éducation. » Pour moi aussi, c’est par là que tout doit commencer. »

Soutien scolaire gratuit

Nous créerons un service public d’accueil de la petite enfance. L’obligation scolaire sera fixée à 3 ans et les chan- ces scolaires des enfants en seront accrues. Collège et école devant assurer en leur sein, ou dans les quartiers, le soutien scolaire gratuit, nous confierons cette nouvelle mis- sion, comme vous l’avez pro- posé dans plusieurs débats participatifs, à un corps nou- veau de répétiteurs dont la mise en place sera discutée avec l’équipe pédagogique, les associations de parents d’élè- ves et les élus. La carte scolaire favorisera la

mixité sociale, au lieu de consolider les ghettos. Elle sera redécoupée pour que les secteurs soient plus hétérogè- nes et que chaque famille ait le choix entre plusieurs éta- blissements. Les gros collèges

choix entre plusieurs éta- blissements. Les gros collèges seront divisés pour ne pas dépasser 600 élèves.

seront divisés pour ne pas dépasser 600 élèves. Ayant eu à nouveau confirmation des brutalités et violences subies par les élèves et les ensei- gnants, je m’engage pour la création d’un nouveau métier

16 l’expérimentation du travail en équipe sera pleinement reconnu sans que vous ayez à craindre les inspections un peu trop rigides.

Paroles de militants

les inspections un peu trop rigides. Paroles de militants « Elle donne un sentiment de grande

« Elle donne un sentiment de grande cohérence »

Jean-Jacques Richard, 62 ans, retraité, Paris

« Notre candidate a été excellente, mais à vrai dire, je m’y attendais. Sa manière de procéder, bien que décriée, est très bonne : après la phase d’écoute, la phase de proposition. Je fais partie de ceux qui n’ont jamais cru au trou d’air. Elle a eu raison de ne pas aller dans la gesticulation. Elle donne un senti- ment de grande cohérence. Nous pouvons être fiers de notre candidate. »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

afin de renforcer la discipline et développer massivement le sport et la culture qui sont

afin de renforcer la discipline et développer massivement le sport et la culture qui sont les meilleurs remparts contre l’agressivité. L’échec scolaire étant aggravé par la détresse financière, sociale et éducative des famil- les, je créerai des emplois- parents dans les quartiers comme l’a proposé l’associa- tion ACLEFEU et je généralise- rai les écoles de parents. L’allocation de rentrée scolaire sera doublée dès 2007 afin que soit pleinement garantie la gratuité scolaire. La société de la connaissance exigeant un investissement massif dans l’université et la recherche, je veillerai à renforcer l’autono- mie des universités dans le cadre national et je les encou- ragerai à se regrouper entre régions pour atteindre une taille comparable à celle des grandes universités du monde.

Les propositions

Reconnaître la mission fondamentale des enseignants

22

Organisation d’états généraux des enseignants, pour améliorer

leurs conditions de travail dans l’école,assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire.

S’attaquer à l’échec scolaire à la racine

23

Service public de la petite enfance et scolarisation obligatoire dès

3 ans. Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.

Réaliser la promesse républicaine d’égalité scolaire

24 Soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.

25 17 élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP. Dotation aux éta-

blissements de 25 % de plus que la dotation ordinaire, par élève en dif- ficulté.

26

Révision de la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires,

assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation priori- taire.

27 Renforcement de la présence adulte dans les établissements.

28 Implantation des classes préparatoires aux grandes écoles dans les

quartiers qui en sont dépourvus.

Épauler les parents en difficulté

29

Emplois-parents permettant la généralisation d’« écoles des

parents » et des consultations de médiation familiale pour les aider à

conforter leur autorité.

Donner à notre université les moyens de l’excellence

30

Adoption d’une loi de programmation qui porte, en cinq ans, la

dépense par étudiant au même niveau que la moyenne des pays de

l’OCDE. Renforcement de l’autonomie des universités dans le cadre national.

31

Création d’un service public d’orientation pour que les jeunes

soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.

32

Création d’une allocation autonomie pour les jeunes sous condi-

tion de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l’entrée

dans la vie active.

33

Engagement du chantier national proposé par le Conseil de l’em-

ploi, des revenus et de la cohésion sociale.

La culture, levier de la réussite scolaire

34 Soutien à la création et à l’emploi culturels.

35 Inscription de l’éducation et de la pratique artistiques à tous les

niveaux, de la maternelle à l’université.

17

18

LA PRÉSIDENTE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

L’égalité devant les soins

La droite a fragilisé notre sécurité sociale en laissant se creuser les déficits, en votant une réforme des retraites injuste, en multi- pliant les franchises pour les soins et en déstabili- sant l’hôpital public.

E st-il normal, est-il accep- table, qu’il n’y ait prati-

quement plus, en France,

de structures de santé de proximité ? Non, cela n’est pas normal. Non, cela n’est pas

acceptable. Oui, vous êtes nombreux, très nombreux, à vivre cet état de fait comme

une violence faite aux plus fai- bles, une brutalité terrible à l’endroit des plus modestes. Et c’est pourquoi, après vous avoir écoutés, je souhaite met- tre en oeuvre une politique de santé publique notamment axée sur la création d’une nou- velle génération de dispensai- res en milieu rural et dans les quartiers urbains sensibles.

J’ai entendu aussi les graves problèmes de santé des jeu- nes. Et ce désarroi me paraît totalement inconcevable dans un pays comme le nôtre. Je propose la gratuité totale des soins pour les moins de

Paroles de militants

totale des soins pour les moins de Paroles de militants « Une dynamique est enclenchée »

« Une dynamique est enclenchée »

Tristan, étudiant, 23 ans, Rennes (Ille-et-Vilaine)

« C’était un discours en phase avec les

aspirations des gens. Beaucoup de propositions ont retenu mon attention :

l’allocation d’autonomie et tout ce qui est relatif au droit à la santé pour tous, notamment pour les jeunes jusqu’à 25 ans. Au-delà de ça, il y avait du monde. Et ça montre qu’une dynami- que est enclenchée. Elle va continuer jusqu’au 22 avril. »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

» L’ HEBDO DES SOCIALISTES ■ 17 FÉVRIER 2007 16 ans. Je propose la mise en

16 ans. Je propose la mise en œuvre d’une carte santé jeune 16-25 ans. Je souhaite que la contraception soit gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans afin de lutter contre les grossesses précoces. Je propose de renforcer les moyens de la médecine sco- laire et universitaire. Toutes ces actions entraîneront des économies dans les dépenses de santé car la prévention dès le plus jeune âge est très effi- cace.

Structures de proximité

J’ai parlé aussi de cette autre forme de violence, de cette violence douce et à peine visi- ble, qu’est l’inégalité devant l’accès aux soins. Est-il normal que des quartiers entiers, des zones rurales, n’aient plus de médecin généraliste ? Est-il normal que trouver une prise

“ Est-il normal, est-il acceptable, qu’il n’y ait pratiquement plus, en France, de structures de

Est-il normal, est-il acceptable,

qu’il n’y ait pratiquement plus, en France, de structures de santé de proximité ? Non, cela n’est pas normal ! Non, cela n’est pas

acceptable.

en charge pour une personne âgée dépendante relève sou- vent de l’exploit ? Est-il nor- mal, est-il acceptable, qu’il n’y ait pratiquement plus, en France, de structures de santé de proximité ? Non, cela n’est pas normal ! Non, cela n’est pas acceptable. Oui, vous êtes nombreux, très nombreux, à vivre cet état de fait comme une violence faite aux plus faibles, une brutalité terrible à l’endroit des plus modestes.

Les propositions

La santé pour tous

36

Mise en œuvre d’un grand plan de prévention et de recherche

des maladies graves (cancer, sida, maladie d’Alzheimer, maladies orphelines).

37

Financement pérenne de l’hôpital public, de manière à lui per-

mettre de faire face à toutes ses missions en veillant à l’égalité ter-

ritoriale d’accès aux soins.

38 Ouverture de dispensaires, notamment dans les zones rurales.

39 Carte santé jeune 16-25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une

consultation par semestre. Contraception gratuite pour les jeunes

femmes de moins de 25 ans.

40

Renforcement des moyens de la médecine scolaire et universi-

taire, et de la médecine du travail.

41 Sanction des refus de soins aux bénéficiaires de la CMU.

42 Adaptation des conditions d’attribution de l’allocation adultes

handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain.

43

Lutte contre l’obésité, fondée sur une détection précoce.

44 Rétablissement des moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière, pour des raisons de dignité et de santé publique.

45 Renforcement de l’indépendance de la médecine du travail.

46 Promotion de médicaments génériques moins coûteux pour les

pays en voie de développement.

Sécuriser les retraites

47

Ouverture d’une large négociation portant notamment sur :

- la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC,

- la revalorisation des petites retraites,

- la prise en compte du travail pénible et des charges de famille,

- l’augmentation de l’emploi des seniors,

- le mode de financement des régimes spéciaux,

- la remise à niveau du fonds de réserve des retraites.

Dépendance et personnes âgées

48 Développement du maintien à domicile des personnes âgées.

49 Augmentation du nombre de places dans les structures d’ac-

cueil existantes.

19

LA PRÉSIDENTE DE LA LUTTE CONTRE TOUTES LES FORMES DE VIOLENCES

20

DE LA LUTTE CONTRE TOUTES LES FORMES DE VIOLENCES ■ 20 Lutter contre toutes les formes

Lutter contre toutes les formes de violence

Le droit à la sécurité et la justice est un droit fondamental. Les violences, notamment les atteintes aux personnes, n’ont cessé d’augmenter depuis 2002. Il faut être lucide et implacable contre toutes les délinquances et avec toutes les causes des violences.

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

D epuis cinq ans, la vio-

lence à l’encontre des

personnes n’a cessé

d’augmenter. Quatre millions de personnes ont été agressées verbalement ou physiquement dans la seule année 2005. Le nombre de mineurs mis en cause pour des actes d’attein- tes aux personnes a augmenté de 32 % depuis 2002, et de 83 % en huit ans. Plus rien ne semble

être épargné par cette épidé- mie de violence : ni l’école, ni les familles, ni les jeunes.

Violences faites

aux femmes

Le thème des violences qui frappent les femmes est revenu dans nos débats avec une terrible insistance. Une femme sur dix est victime de

violences conjugales. En 2004, chaque semaine, trois femmes ont été tuées par leur conjoint. Les violences, abandons, mau- vais traitements d’enfants ont augmenté de 34 % depuis 2002. Je veux vous le dire aujourd’hui : la première loi votée par le prochain Parlement sera une loi efficace contre les violences faites aux femmes.

Violence dans les quartiers

Il y a la violence dans les quar- tiers. Où en sont-ils, les quar- tiers, un an après les émeutes ? Est-ce parce qu’on les entend moins, est-ce parce que la machine à images a cessé de s’intéresser à eux et de concen- trer sur eux son faisceau de lumière, que le problème est résolu ? Quelles réponses ont été données aux appels à la justice, à l’égalité des chances, à la sécurité, qui se sont expri- més, aussi, avec une telle exas- pération ? A-t-on porté remède au précariat ? à l’insécurité sociale ? aux discriminations ? à la désertion des services publics ? au chômage des jeu- nes ? Non, hélas. Rien, ou pres- que rien, n’a été fait. Or chacun sait que, si rien n’est fait, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ce que la France a connu hier ne sera rien en comparaison de ce qu’elle connaîtra demain. Il y aura des émeutes d’une violence extrême, et qui ne seront plus limitées aux seuls quartiers dits sensibles. Il y aura des ges-

Paroles de militants

« a
«
a

« J’ai été touché par les propos sur les jeunes des banlieues »

Mohammed, salarié dans le secteur informatique

J’ai été touché par les propos sur les jeunes des

banlieues. Après les émeutes, effectivement, on n’a rien vu aboutir. Elle a l’intention de prendre les cho- ses en main. Elle a mis l’accent sur l’éducation à plu- sieurs reprises, et je trouve que c’est très bien de pré- voir la mixité tout en permettant aux gens de faire un choix, et en les préservant de la ghettoïsation.

Elle est consciente des crises qui affectent le monde,et elle

su faire part de sa conception du monde et du rôle de

France. Elle a notamment très bien analysé une « certaine agressivité » des entrepreneurs des pays émergents. »

Où en sont-ils, les quartiers, un an après les émeutes ?

Est-ce parce que la machine à images

a cessé de s’intéresser à eux que le problème est résolu ?

tes de désespoir radical, des actes de nihilisme sans pareil, qui laisseront les pouvoirs publics sans ressources et sans voix. La France entrera en crise. Et c’est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera de craquer. Il y a urgence. J’ai la ferme volonté d’empoigner ce problème à bras-le-corps. La bataille pour l’emploi des jeu- nes de quartier doit se gagner.

Le malaise des jeunes

Il faut aussi entendre le malaise que cette violence exprime, y remédier sur la lon-

gue durée, ne pas traiter les délinquants comme des sauva- ges ou des barbares. Je ne veux pas de cette société toujours plus violente où, comme me l’a dit l’un d’entre vous lors d’un débat : « Une bonne partie des violences est engendrée par le manque de considération envers certains jeunes. Ils ne se sentent pas utiles à la nation et ont, de ce fait, l’impression que la nation ne fait rien pour eux, et donc, qu’ils ne lui doivent rien. » Je ne veux pas de cette société du « tous contre tous », cette société du « chacun pour soi ».

21

LA PRÉSIDENTE DE LA LUTTE CONTRE TOUTES LES FORMES DE VIOLENCES

22

Les propositions

Lutter résolument contre les violences

 

50

Rétablissement de la civilité :

- Programmes d’éducation au respect de l’autre pour apprendre aux enfants à gérer les conflits par la parole plutôt que par la violence.

- Garantir à chacun de voyager sans crainte dans les transports en commun.

- Des gardiens dans tous les immeubles sociaux.

51

Lutte contre les violences

scolaires en renforçant

la présence des adultes dans les établissements

:

- Recrutement de surveillants des collèges.

- Attribution à chaque établissement d’une infirmière scolaire et d’une assistante sociale à temps plein.

52

Fermeté face aux mineurs

violents

:

 

- Mise en place d’une politique de prévention précoce de la violence : encadrement édu- catif renforcé, mise en place de tuteurs référents.

- Développement de brigades des mineurs dans chaque commissariat des grandes zones urbaines.

- Sanctions fermes et rapides. Plan d’urgence pour la justice des mineurs (recrutement de juges des enfants, d’éducateurs, de greffiers).

- Suppression des peines de prison pour les mineurs en

Je veux réaliser,

pour chaque enfant né ici, ce que j’ai voulu pour mes propres enfants. Je veux

une nouvelle donne avec tous les jeunes

de France.

Je veux que la France aime sa

jeunesse et exerce sur elle une juste autorité pour lui permet- tre de grandir. Je ne veux pas,

moi, d’un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une charge, voire une menace ou un danger. Car une société qui a peur de sa jeu-

nesse est une société qui n’a plus confiance en elle et qui

manque à son devoir d’hospita- lité à l’égard de la génération

suivante. Je veux une société qui fait confiance aux jeunes. Je pense qu’un ordre n’est pas

confiance aux jeunes. Je pense qu’un ordre n’est pas juste, qui considère les enfants de la

juste, qui considère les enfants de la République inégaux en droits tout en leur imposant les mêmes devoirs. Je crois qu’un pays est malade quand, ressus- citant le fantasme du XIX e siècle des fameuses « classes dange- reuses », il devient sourd au cri de souffrance qui monte, qu’on

Paroles de militants

au cri de souffrance qui monte, qu’on Paroles de militants « Une vraie personnalité, digne de

« Une vraie personnalité, digne de Jaurès, de Mendès-France, de Mitterrand »

Marc Wluczka, élu du 20 e arrondissement de Paris

« Il y avait une vraie attente ces jours-ci. Le programme que la candidate a présenté y a répondu. La tendance est inversée, à moins que TF1 et compagnie ne le présentent

encore à leur façon

Ce n’était pas une réunion de supporters, mais un vrai moment d’écoute. Je pense qu’on a un vrai projet, un dis- cours de présidentiable, et une vraie personnalité, digne de Jaurès, de Mendès-France, de Mitterrand : une vraie substance ! »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

le veuille ou non, des quartiers difficiles ou sensibles. Réussir l’école Et je ne peux

le veuille ou non, des quartiers difficiles ou sensibles.

Réussir l’école

Et je ne peux pas me résoudre à cette souffrance. Je ne peux pas imaginer qu’il suffise d’envoyer des bataillons de police ou de gendarmerie. Je ne peux pas me faire à l’idée qu’il y ait deux jeunesses : l’une qui serait vouée à la réussite et l’autre condamnée à l’échec ou, pire, à la violence brute parce qu’au départ il n’y a pas les mêmes chances et qu’on n’a pas su encadrer à temps les enfants et les faire réussir à l’école. Je sais que je réussirai à trouver des solutions et à empêcher de nouvelles explosions. Parce qu’au plus profond de moi, si je suis présidente de la République, je veux réaliser, pour chaque enfant né ici, ce que j’ai voulu pour mes propres enfants. Je veux une nouvelle donne avec tous les jeunes de France. »

Les propositions

 

dehors des cas d’atteintes graves aux personnes ; déve- loppement des centres éduca- tifs renforcés, si besoin avec un encadrement militaire.

57 Accès à la justice des plus modestes facilité par le renforcement de l’aide juridictionnelle et des maisons de la justice et du droit.

53

Adoption d’une loi cadre

-

Mise en place d’un service public d’aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes.

sur les violences conjugales prenant en compte tous les aspects permettant d’éradiquer ce fléau.

 

58 Protéger les citoyens :

- Présence d’un avocat dès

54 Création d’une nouvelle police de quartier pour mieux

la première heure de garde

assurer la sécurité quotidienne :

à

vue.

- Encadrement strict du recours

- Priorité aux renforcements quantitatifs et qualitatifs des zones sensibles.

à

la détention provisoire

en imposant notamment

 

des délais butoirs.

- Affectation des policiers expérimentés, bénéficiant d’une réelle différenciation de rémunération, dans les secteurs plus difficiles (avantages de carrières, aides au logement, etc.)

- Renforcement des alternatives à la prison préventive.

- Réinsertion des détenus.

- Organe indépendant de contrôle des prisons.

55

Aide aux victimes :

59 Rendre la justice impartiale

- Modernisation du dépôt de plainte : amélioration de l’ac- cueil dans les commissariats par la mise en place de tra- vailleurs sociaux de la police nationale, possibilité de déposer plainte via l’internet.

et efficace :

- Modification de la composition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour garantir son pluralisme et l’équilibre entre magistrats et

 

non-magistrats.

- Avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l’heure suivant le dépôt de plainte.

- Organisation judiciaire en fonction des besoins et de la démographie de la population.

Répondre au besoin de justice

- Réforme de la justice

 

du travail après

56

Doublement du budget

de la justice pour la rendre plus rapide et respectueuse des droits.

consultation des acteurs concernés.

- Possibilité de conduire des « actions de groupe ».

23

LA PRÉSIDENTE DE L’EXCELLENCE ENVIRONNEMENTALE

Choisir l’excellence environnementale

24

Choisir l’excellence environnementale ■ 24 L’ HEBDO DES SOCIALISTES ■ 17 FÉVRIER 2007 Le

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

Le réchauffement planétaire est une menace sur le monde et sur la paix : déplacement massif de populations, accès à l’eau potable. Il faut faire du défi environnemental une grande cause nationale pour la France.

C ’est sur les jeunes aussi que je compte pour pro- téger la planète car c’est

pour vous et la génération qui vient que nous devons agir. Je veux faire de la France le pays de l’excellence environne- mentale. C’est pour moi une conviction profonde et ancienne qui remonte à mon enfance rurale et consolidée dans mon action de ministre

Paroles de militants

« C’est un pacte gagnant-

Joëlle Lamouroux, Denguin (Pyrénées-

Le défi

environnemental doit être vu comme

une chance.

À condition d’anticiper plutôt que de subir

les mutations.

de l’Environnement. Vous ne voulez plus, et moi non plus, de cette irresponsabilité qui détruit la planète, qui laisse la biodiversité s’épuiser, qui ne prépare pas l’après-pétrole. Vous m’avez fait part de vos alarmes. Vous avez raison.

100 000 emplois à créer

« J’engagerai la France dans la voie de l’excellence environ- nementale comme cela n’a jamais été fait. 100 000 emplois non délocalisables peuvent être créés. Un inves- tissement massif dans l’envi- ronnement conduira à déve- lopper de nouveaux métiers,

gagnants

atlantiques)

« Tout le monde était en attente. Mais là, on est rassurés, très, très contents ! Elle a amorcé sa campagne avec des idées for- tes : les jeunes, les PME-PMI, la revalori- sation des salaires, elle n’a surtout pas

oublié l’écologie

Elle est sociale et ferme

à la fois. C’est un pacte gagnant-gagnant.

On est ravigotés ! En confiance ! On sait

que ce sera difficile, mais on la sent prête

à aller à la victoire ».

Les propositions

 

60

Préparation de l’après-pétrole :

Vice-Premier ministre chargé du développement durable

Soutien massif aux énergies renouvelables pour atteindre 20 % de la consommation en 2020, ce qui permettra de créer 70 000 emplois et de réduire la part du nucléaire.

dont la compétence sera élargie à l’aménagement du territoire.

Transformation du Conseil économique et social en Conseil économique, social

Pôle public de l’énergie entre EDF et GDF.

et environnemental.

61 Lutte contre le changement climatique :

64 Création d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME).

Généralisation de l’isolation et des économies d’énergie dans le logement, ce qui permettra de créer

65 Promotion d’une agriculture qui assure une alimentation de qualité, respectueuse de

 

80

000 emplois.

l’environnement.

Prélèvement exceptionnel sur les superprofits des socié- tés pétrolières,

66 Moratoire sur les essais d’OGM en plein champ.

pour développer les transports collectifs.

67 Prévention de l’impact des

Appliquer le principe pollueur-payeur.

 

pollutions sur la santé :

Inciter fiscalement

Éco-redevance pour décourager le transport par camion et transférer le fret vers le rail.

les industries qui s’engagent à éliminer les composés toxiques au-delà des contraintes imposées par le règlement européen

62

Développement de la valeur ajoutée environnementale :

REACH.

Programme national

Conditionnement des nouveaux permis de construire à l’adoption d’objectifs HQE (Haute qualité environnementale).

de réduction de l’utilisation des pesticides.

Atteindre l’objectif de zéro déchet industriel d’ici 2012.

Encouragement des éco-industries par une TVA tendant vers zéro.

68

Promotion d’une « PAC mondiale » pour organiser les marchés de manière plus équilibrée

63

Mobilisation de la société au service de l’excellence

et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement.

environnementale :

■ ■

25 25

LA PRÉSIDENTE DE L’EXCELLENCE ENVIRONNEMENTALE

■ LA PRÉSIDENTE DE L’EXCELLENCE ENVIRONNEMENTALE pesticides. Je veux redonner aux agriculteurs la fierté de leur

pesticides. Je veux redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier. Il faut produire autrement : la qualité doit pri- mer sur la quantité ; l’environ-

nement doit être respecté et les paysages préservés et ceux qui font ces efforts doivent recevoir davantage d’aide car ils agissent pour l’intérêt géné- ral. Je proposerai à nos parte- naires une refondation de la politique agricole commune pour réorienter les aides vers le développement rural, en modulant les primes et en

Je veux redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier. Il faut produire autrement :

la qualité doit primer sur la quantité ; l’envi- ronnement doit être respecté et les pay- sages préservés et ceux qui font ces efforts doivent rece- voir davantage d’aide car ils agissent pour

l’intérêt général.

de nouvelles compétences, Dans le domaine du bâtiment, des transports, de l’agricul- ture, l’essor des écoproduits et des écoprocédés sera un moteur de l’activité et de la croissance durables. Tout comme les biocarburants peu- vent créer de nouveaux emplois. Le défi environne- mental doit être vu comme une chance. À condition d’an- ticiper plutôt que de subir les mutations. Là aussi, il y a deux logiques : celle du laisser- faire, du libéralisme, qui vise le profit immédiat et nous pré- pare au pire. Ou celle de la volonté, qui relève les défis, pour laisser à nos enfants une

planète vivable et qui appli- que le principe pollueur- payeur et empêche la destruc- tion de biens collectifs publics.

26

Aider le développement rural Nous pouvons surmonter la crise de confiance entre nos concitoyens et leur agricul- ture, née des crises alimentai- res et des abus d’engrais et de

«
«

Paroles de militants

assurant leur transparence. Cette réorientation de la PAC doit permettre à l’Europe de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre dignement de leur travail tout en mainte- nant nos identités rurales vivantes. De nouveaux em- plois et une nouvelle fierté rurale seront développés grâce aux biocarburants et à la valo- risation de la biomasse, au développement de la filière bois et de la bioconstruction.

Elle amène la mobilisation, l’unité »

Jean-Pierre, retraité de la Poste, Isère

« Quand j’ai su qu’on pouvait venir, j’ai sauté dans un train. Je suis un militant de Ségolène, un militant de l’année dernière. Dans les années 70, j’étais au PCF, aujourd’hui, la société a évolué. On n’est plus seulement dans le combat des ouvriers contre le capital, il faut aussi tenir compte du monde qui nous entoure. Elle réussit à fédérer tout ça, elle amène la mobilisation, l’unité. J’avais l’impression d’entendre Mitterrand. C’est sa fille spirituelle. »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

LA PRÉSIDENTE D’UNE RÉPUBLIQUE NOUVELLE

Redonner sens à la démocratie

Trop de citoyens se sont éloignés de la politique et réfugiés dans l’abstention parce qu’ils avaient le sentiment, souvent justifié, qu’ils n’étaient ni écoutés ni considérés. La démocratie française a besoin d’eux. Nous devons construire ensemble une République nouvelle.

P our mettre en œuvre tou- tes les réformes, nous avons besoin d’institu-

tions impartiales, qui fonc- tionnement et qui répondent aux besoins de notre temps. C’est pourquoi je vous propose une République nouvelle. Du côté du Parlement et de la démocratie représentative, le mandat unique sera instauré, le Sénat sera réformé, le pou- voir de contrôle du Parlement sera renforcé et l’article 49.3 supprimé.

Référendum

Je veux aussi que l’opposition soit respectée même si cela n’a guère été le cas au cours de ces cinq dernières années. Pour rééquilibrer le rôle de la majorité et de l’opposition, et pour permettre un dialogue constructif au sein du pays, la présidence de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale sera confiée à un

des finances de l’Assemblée Nationale sera confiée à un député de l’opposition. Démocratie participative : les

député de l’opposition. Démocratie participative : les citoyens pourront faire exami- ner par le Parlement une pro- position de loi qui aura recueilli un million de signatu- res. Le développement des jurys de citoyens et des bud- gets participatifs sera encou- ragé et le référendum d’initia- tive populaire instauré. Démocratie sociale : pour faciliter le développement d’un syndicalisme beaucoup plus représentatif, un crédit d’impôt sera accordé pour les cotisations syndicales. La représentativité sera fondée sur l’élection et le principe

Le mandat

unique sera instauré,

le Sénat sera réformé, le pouvoir de contrôle du Parlement sera ren-

forcé et l’article 49.3

supprimé.

majoritaire sera mis en œuvre pour les accords sociaux. Je veux que la France se modernise dans la qualité de ses relations sociales. Tout le monde doit y gagner, entrepri- ses, salariés et avec eux le pays tout entier, dans une logique

27

LA PRÉSIDENTE D’UNE RÉPUBLIQUE NOUVELLE

Les propositions

Démocratiser les institutions

69 Non-cumul des mandats pour les parlementaires.

70 Introduction d’une part de proportionnelle pour l’élec- tion des députés et modifi- cation du mode de scrutin pour l’élection des séna- teurs.

Revalorisation du Parlement :

71 suppression du vote bloqué et du 49-3 pour les lois ordinaires. Présidence des commissions des finances

28 confiée à un parlementaire de l’opposition.

72 Suppression du droit de veto du Sénat en matière constitutionnelle.

73 Introduction de la démocra- tie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs, propositions de loi d’initiative

citoyenne

).

74 Intégration à la Constitution d’une charte de la laïcité et défense de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.

75 Droit de vote aux élections locales pour les étrangers séjournant régulièrement en France depuis plus de cinq ans.

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

ans. L’ HEBDO DES SOCIALISTES ■ 17 FÉVRIER 2007 de cercle vertueux qui mette fin aux

de cercle vertueux qui mette fin aux logiques d’affronte-

ments et qui favorise les com- promis sociaux qui nous per- mettront d’être plus forts.

Dans les six mois qui suivront l’élection présidentielle, je consulterai le peuple français sur ces propositions de réfor-

mes démocratiques de nos institutions.

Continuité territoriale

Je me suis rendue à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et je n’oublie pas

les autres collectivités d’outre-

L’histoire des

collectivités d’outre-mer n’est pas périphérique :

c’est notre histoire commune.

mer dont la culture, me le rap- pelait Aimé Césaire, est aussi la nôtre. Je veux une République de la reconnaissance et de la res- ponsabilité. Et des politiques publiques qui tiennent compte de leur identité, de leur diversité et des problè-

Paroles de militants

«

«
«

Je me sens complètement représenté »

Jean-François, Pau (Pyrénées-atlantiques)

Elle a montré qu’elle avait l’étoffe. Elle a été brillante sur les questions économiques et sociales. Elle a la vision internationale qu’on souhaitait entendre. Elle propose un projet socialiste. Je n’avais pas voté pour elle, mais je me sens complètement représenté. »

Les propositions

Revivifier la démocratie sociale

76 Concertation systématique et négociation préalable à toute réforme en matière sociale, en fondant la représentati- vité des organisations sur l’élection et en généralisant le principe de l’accord majoritaire pour la valida- tion des accords collectifs.

83 Enseignement sur l’outre-

mer dans les programmes scolaires, notamment sur l’histoire de l’esclavage.

84 Application à l’outre-mer des principes de l’excellence environnementale et notamment de la protec- tion de la biodiversité.

Lutter

contre les discriminations

 

77 Promotion d’un syndica-

85

mes de la continuité territo- riale. L’histoire des collectivités d’outre-mer n’est pas périphé-

lisme de masse par un finan- cement public transparent. Crédit d’impôt pour les coti- sations syndicales.

Respect de l’égalité hom- mes-femmes, notamment au travail

:

- Élaboration d’une charte pour l’égalité d’accès et l’égalité de traitement, ouverte

rique : c’est notre histoire commune. L’esclavage et la

78 Service civique pour les jeunes.

à l’adhésion des entreprises et des services publics.

colonisation en font partie et doivent trouver toute leur place dans nos programmes

Protéger le pluralisme des médias

- Engagement de l’État pour une promotion égale des femmes et des hommes pour

scolaires ainsi que les grandes

79 Haute Autorité du pluralisme

3/5es.

les emplois de responsabilité.

œuvres littéraires et histori- ques.

des médias dont les membres seront désignés par le

86

Moyens renforcés pour la

Je veux lutter farouchement contre les discriminations et les humiliations. Je veux une

Parlement à une majorité des

Haute Autorité de lutte contre les discriminations (HALDE).

France qui s’accepte telle qu’elle est devenue et qui

80 Renforcement des mesures anti-concentration.

86

Égalité des droits pour les

considère même que c’est une chance d’être désormais ains :i riche d’histoires diverses, colo- rée, métissée. Du fond du

81 Taxation des recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l’au- diovisuel public.

couples de même sexe

cœur, je vous le redis : la France a besoin de vous ; vous êtes la chance de la France ; je veux

Outre-mer : assurer l’égalité, respecter la diversité

 

une France qui vous écoute, une France qui vous com- prenne et une France qui, en même temps, soit exigeante envers vous.

82

Continuité territoriale garantie en imposant aux compagnies aériennes des obligations renforcées de service public.

29

LA PRÉSIDENTE D’UNE FRANCE FORTE

Élever la voix de la France

■ ■

30 30

L’Europe est en panne et la voix de la France dans le monde est affaiblie. Or le monde a besoin de l’Europe, d’une Europe qui protège ses citoyens et où la France joue un rôle moteur.

L ’Europe doit rester la

grande ambition et la

grande réalisation du

XXIE siècle. Je ne veux pas d’une Europe qui ne serait qu’une zone de libre-échange adossée à l’OTAN. Je veux encore moins d’une « Europe de tous contre tous » où le dumping fiscal et social rem- place la solidarité, et dans laquelle la concurrence sert de projet de société. L’Europe que je veux doit élever le niveau de tous les pays et de chaque individu, et non l’abaisser. L’Europe doit se fixer comme objectif une croissance dyna- mique et créatrice d’emplois. En Europe, comme en France, la croissance naîtra de l’inves- tissement dans la recherche, dans l’innovation, dans les énergies renouvelables, dans les transports. Pour réussir cela, les outils actuels ne sont pas adaptés. La croissance et l’emploi doi- vent être inscrits dans les sta- tuts de la Banque centrale

européenne. Il faut mettre en place « un gouvernement économique de la zone euro » pour une politique de crois- sance coordonnée. Le Pacte de stabilité ne doit pas servir à freiner la crois- sance mais à la stimuler. Je propose de sortir du chiffrage du déficit les dépenses consa- crées à la recherche et à l’inno- vation. Nous accumulons un retard très inquiétant qui ris- que d’être ravageur, face à l’Inde et à la Chine. Je veux une Europe qui pro- tège ses citoyens et les aide à tirer profit de la mondialisa- tion. Il n’est pas supportable de voir des entreprises qui font des bénéfices délocaliser leur pro- duction. L’Europe doit se proté-

ger et nous protéger. Avec moi, elle fera reconnaître le respect des normes sociales et envi- ronnementales dans toutes les négociations de l’OMC. La concurrence déloyale est encore moins supportable à l’intérieur de l’Europe. Je pro- poserai l’instauration de taux planchers en matière d’impôt sur les sociétés pour freiner les délocalisations fiscales. De même, je proposerai à nos par- tenaires la négociation d’un protocole social pour renforcer les droits des travailleurs.

Réorienter le codéveloppement

L’Europe devra s’atteler au dia- logue avec la Méditerranée et mettre enfin en place des poli-

Paroles de militants

« Elle n’a pas reculé sur ses idées»

Claudine et Jacques, cadres juridiques, Antony (Hauts-de-Seine)

lés
lés

« C’est notre premier meeting. Nous sommes venus parce que sinon TF1 aurait encore dit n’importe quoi. On est écoeuré par la présentation qu’en font les

médias : elle serait en péril, ses conseillers sont brouil-

Il y avait beaucoup de monde, un sérieux et une

écoute impressionnants. La candidate a offert un dis- cours très plein. Elle n’a pas reculé sur les idées qu’on lui reprochait, tant mieux, ce sont des idées de bon sens. Elle s’est montrée courageuse sur la Russie, très intéressante sur l’Afrique. Elle a montré le rôle de l’édu- cation, la force de la jeunesse, et surtout elle a montré qu’elle tiendrait. Ça va être un raz-de-marée ! »

L’HEBDO L’HEBDO DES DES SOCIALISTES SOCIALISTES ■ ■ 17 17 FÉVRIER FÉVRIER 2007 2007

tiques de codéveloppement. “ C’est la meilleur e f açon d’endi- guer l’immigration illégale et

tiques de codéveloppement. C’est la meilleure façon d’endi- guer l’immigration illégale et de lutter contre les mafias qui l’organisent. Décourager les migrations de la misère, c’est soutenir le développement des pays pauvres, en réduisant l’écart entre Nord et Sud. Le codéveloppement sera donc mon objectif. L’aide publique sera radicalement réformée et réorientée vers les circuits courts, la santé, l’éducation, l’énergie solaire, les associa-

Je ne veux pas d’une Europe

qui ne serait qu’une zone de libre échange adossée

à l’OTAN.

tions de femmes, le microcré- dit, comme je l’ai vu au Sénégal, et cessera d’alimenter les gouvernements corrompus. Cela me conduit à vous dire

comment je conçois le rôle de la France dans le monde et la façon dont j’entends lui faire tenir son rang. Les fins de la politique de la France, si je suis élue, seront simples et fidèles à notre voca- tion la plus haute : la paix, bien sûr ; la sécurité pour les États ; mais aussi la justice pour les peuples et le dévelop- pement pour tous. La paix ? Elle n’est possible que fondée sur l’équilibre d’un monde multipolaire.

■ ■

31 31

LA PRÉSIDENTE D’UNE FRANCE FORTE

C’est pourquoi tous les efforts visant à faire redémarrer l’Europe et à en faire une puis- sance politique seront pour- suivis avec une ardeur particu- lière. Et c’est pourquoi la France pèsera de tout son poids pour que soit respecté le droit international. Celui-ci existe. Il n’est besoin que de l’appliquer. Nous réclamerons de nos meilleurs amis que les résolutions du Conseil de Sécurité soient mises en œuvre, que les grands traités du désarmement, de l’environ- nement, soient respectés. Veiller à la sécurité de tous, c’est aussi donner l’exemple. Et c’est pourquoi nous conti-

32 nuerons à déployer, s’il le faut, des forces au service du droit, en Afrique comme au Proche- Orient. La justice pour les peuples exige que nous parlions fer- mement, en toutes circons- tances, devant nos alliés, nos amis et en agissant dans tou- tes les instances où se bâtit aujourd’hui la justice interna- tionale.

où se bâtit aujourd’hui la justice interna- tionale. Le développement implique que la France, qui fut

Le développement implique que la France, qui fut l’une des premières à plaider pour l’aide publique, ne se paie pas de mots. Nous sommes tous terrible- ment en retard sur nos engage-

ments à l’égard des pays défa- vorisés. Il faudra redoubler d’efforts.

Préférences

pour l’Afrique

Le réalisme, c’est aussi choisir des priorités. Nous regarde- rons d’abord devant notre porte, et je vais vous surpren- dre : notre porte, c’est l’Afrique. L’Afrique est notre voisine. De quoi souffre l’Afrique ? D’une économie mondiale absolu- ment débridée, qui ne laisse aucune chance à des produc- tions agricoles fragiles et inca- pables de rivaliser avec les politiques de pays bardés d’atouts financiers et techno-

Paroles de militants

«
«

Je suis sûr de sa capacité à faire entendre la voix de la France dans le monde »

Georges, militant depuis 1957

« Je suis au Parti socialiste depuis 50 ans. Je suis un militant de base. Après ce discours, je me sens fier. Ce qui m’a le plus marqué dans ses propos, c’est sa façon d’aborder la jeunesse. Et la partie dédiée à l’international m’a rassuré. Je suis sûr maintenant de sa capacité à faire entendre la voix de la France dans le monde. »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

logiques. Un peu de bon sens, un peu de justice, recomman- deraient que l’on remette un peu d’ordre sur les marchés, que des avantages soient lais- sés aux pays les plus pauvres, que des préférences – il faut le dire – soient accordées par l’Europe à l’Afrique, quitte pour celle-ci, en échange, à savoir orienter ses achats vers l’Europe. Organisons, de l’Europe vers l’Afrique et de l’Afrique vers l’Europe, des relations favorisées et équita- bles. Il ne s’agira pas de mani- festations éphémères, de céré- monies d’un jour, de tournées à bride abattue mais d’un effort opiniâtre, sur un pied d’égalité, avec les Africains, dirigeants ou non. Nos voisins, c’est aussi, bien

Décourager

les migrations de la misère, c’est soutenir

le développement des pays pauvres, en réduisant l’écart entre

Nord et Sud.

sûr, le Proche-Orient et le Moyen-Orient. On plaidera pour des conférences. Je dis oui, naturellement. Mais je plaiderai surtout pour le réa- lisme et l’ambition. La paix au Proche-Orient suppose deux aspirations indissociables et également impérieuses : celle de la justice, celle de la sécu- rité. Il faut rendre justice aux Palestiniens. Mais il faut garantir la sécurité d’Israël et

Les Propositions

Redonner un nouveau souffle à l’Europe

94

Inscription de notre effort de défense dans une politi-

88 Construction d’une Europe plus protectrice et plus en phase avec les besoins de ses citoyens. Politiques communes ambitieuses sur les enjeux majeurs recherche-innovation, énergie, environnement. Directive cadre préservant le développement de services publics de qualité.

:

que européenne de sécurité.

La France active pour la paix dans le monde

95 Maîtrise de la mondialisa- tion en oeuvrant à une plus grande transparence et efficacité des instruments de régulation : nouvelles hiérarchies des normes à l’OMC garantissant le res-

89 Inscription dans les statuts de la Banque centrale européenne d’objectifs de croissance et d’emploi ; création d’un gouverne- ment de la zone euro.

 

pect des normes sociales et environnementales

; réforme du FMI et de la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement

90 Protocole social tirant vers le haut le niveau de vie et la protection sociale dans tous les pays européens.

humain ; taxe sur les flux financiers de type Tobin.

96 Véritable politique de codéveloppement en

91 Négociation d’un traité institutionnel soumis à référendum pour que l’Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace.

 

favorisant les projets concrets et en associant directement les bénéficiaires.

 

97 Relance de la coopération euroméditerranéenne.

Immigration

92 Lancement avec nos parte- naires européens d’une ini- tiative pour une conférence internationale de paix et de sécurité au Proche-Orient.

98 Visa permettant des allers et retours multiples sur plusieurs années.

99 Rétablissement de la règle des dix ans comme critère de régularisation.

Assurer la sécurité de la France

100 Régularisation des

93

Dotation pour notre défense nationale de moyens à la hauteur des ris- ques nouveaux auxquels nous sommes confrontés. Préservation de notre capa- cité de dissuasion nucléaire.

 

sans-papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France, la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d’un contrat de travail.

33

LA PRÉSIDENTE D’UNE FRANCE FORTE

Paroles de militants

«

LA PRÉSIDENTE D’UNE FRANCE FORTE Paroles de militants « Elle a mis la barre très haut

Elle a mis la barre très haut »

Stéphane, Morlaàs (Pyrénées-atlantiques)

« J’ai le sentiment que nous avons le leader qu’il nous fallait. Elle a mis la barre très haut. On voit les perspectives se dessiner derrière chacun de ses thè- mes de campagne. On est passé de l’autre côté de la colline ! »

La démocratie, un bien commun

Nos partenaires ce sont bien sûr les autres membres per- manents du Conseil de sécu- rité : Chine, Russie, États-Unis. À nous de savoir comment tra- vailler au mieux avec eux. La Chine est autre chose qu’un géant économique. Ce sera bientôt un géant politique. Je voudrais que la France fût l’une des premières à percevoir cette montée en puissance de la Chine, et qu’elle en tire tou-

tes les conséquences. Mais je voudrais aussi qu’elle soit à la pointe de la vigilance sur le non-respect des droits humains en Chine. La démo- cratie est un bien commun. La démocratie, ce ne sont pas des valeurs réservées aux uns et interdites aux autres.

Autre réalité : la Russie. Des liens séculaires, et très forts, nous unissent à la Russie. La Russie appartient de plein droit, j’en suis intimement convaincue, à l’espace de la civilisation européenne. Raison de plus pour lui tenir, à elle aussi, le langage de la vérité. Raison de plus, comme l’Allemagne nous en donne

l’exemple, pour trouver le ton juste, lui dire ce qui ne va pas, lui manifester, sans chipota- ges, notre conviction qu’elle est européenne mais que, jus- tement parce qu’elle est euro- péenne, un certain nombre de valeurs s’imposent à elle. L’Europe a besoin de la Russie et la Russie a besoin de l’Europe. Je serai la présidente de ce lien renforcé. Et je serai, aussi, une prési- dente intraitable quand il s’agira de dénoncer les abus de droit, les entorses aux droits de l’homme, voire les crimes de guerre en Tchétchénie ou l’assassinat, en plein Moscou, de la femme d’exception, honneur de sa profession, que fut la journa- liste Anna Politkovskaïa. Je rêve d’une France qui retrouve sa vocation qui est de parler à tous et de le faire au nom de l’Universel et de ses valeurs. Cette France, nous allons la réaliser, cette France qui, sur la scène du monde aussi, travaillera à instaurer un ordre juste.

la vie de tous ses citoyens. L’objectif n’est pas inaccessi- ble. La France, au sein de l’Europe, a l’autorité néces- saire pour rappeler les princi- pes. Voyez, au Liban, notre par- ticipation à l’effort de la FINUL. Persévérons. Et, avec les autres, renouons le dialogue avant

34 qu’il ne soit trop tard. Je pense à la Syrie et même à l’Iran Je me suis prononcée pour la plus grande fermeté vis-à-vis du régime iranien en place et de ses provocations répétées ; mais cela ne me dissuadera jamais de maintenir le dialo- gue avec une population qui espère et croit en nous.

Paroles de militants

«

qui espèr e et croit en nous. Paroles de militants « Georges, militant socialiste Elle a

Georges, militant socialiste

Elle a un charisme différent »

« La famille socialiste est ressoudée. Elle est ferme et forte. Elle a un charisme différent de celui auquel nous ont habitué nos hommes poli- tiques. Les femmes vont prendre le pouvoir, mais elles vont surtout le partager, nous les hommes, on n’est plus dans le coup ! Sarko, il a disparu, il est enterré dans un ranch au Texas ! »

L’HEBDO DES SOCIALISTES 17 FÉVRIER 2007

La Présidente nouvelle

dune

République

La et Présidente

Trop de citoyens se sont éloignés de la politique parce

France forte en Europe

dune

qu’ils avaient le sentiment qu’ils

considérés. La démocratie française a besoin d’eux et

nous devons donc construire

n’étaient ni écoutés ni

nouvelle qui ne se contente

active pour la

ensemble une République

mais en fasse une réalité pour tous.

pas daffirmer

C’est

paix dans

des principes,

pourquoi, je des

le monde

propose

Le non-cumul

:

L’Europe est en panne et la voix de la France dans le

L’introduction d’une part de

mandats

pour les parlementaires. proportionnelle à

monde

l’Assemblée

est affaiblie. Or le monde a

de

la France

La réforme du nationale.

fondé sur le droit

pour construire un ordre international juste,

besoin de l’Europe et

sénateurs.

mode de

des peuples,

sauvegarde

scrutin pour l’élection des

Le

de la

droit de vote pour

la démocratie,

C’est pourquoi,

planète et la solidarité.

séjournant régulièrement

la

les élections locales aux étrangers

je propose

Une Europe de

Lexamen obligatoire par le

:

en France

l’environnement.

la recherche, de l’énergie et

depuis plus de

proposition de loi signée par un million

Parlement de toute

L’inscription

5 ans.

Le droit de saisine par

de

dans les statuts

européenne

constitutionnel.

de pétitionnaires.

de l’objectif

les citoyens du Conseil

de la

création

Banque centrale

dun gouvernement

La

croissance-emploi

démocratie participative

Un protocole social

publiques (jurys citoyens,

de la

et la

vie et

zone euro.

dans toutes

la protection

pour tirer

La protection du pluralisme

les collectivités

budgets participatifs,).

vers

européens.

le haut

sociale

le niveau

dans tous

autorité élue par

Un traité

de

des médias par une haute

les pays

3/5ème.

le Parlement à

institutionnel soumis

lEurope fonctionne

une majorité des

La

à référendum pour que

représentativité

plus efficace.

de manière

et le principe majoritaire

des syndicats fondée sur lélection

plus démocratique et

Une

initiative européenne pour

La présence

pour

Une

les accords

de salariés

défense nationale à

d’administration des entreprises.

la paix au Proche-Orient.

élus dans les

sociaux.

nouveaux auxquels nous sommes confrontés

Le respect de

la hauteur

conseils

relance

des risques

de l’Europe de la défense.

la loi

dune charte pour

de 1905

NE PAS JETER SUR LA VOIE PUBLIQUE. PGE 94160 SANIT-MANDÉ / PHOTOS : PHILIPPE GRANGEAUD - PARTI SOCIALISTE - DR

Le

sur la laïcité

co-développement avec

les services

en traduire les principes

et la

la mise

et l’adoption

des publics.

L’égalité

en place dune

les pays du Sud permettant

dans tous

Une

droits pour

immigration partagée.

coopération euro-méditerranéenne

Un service civique

les couples de

La garantie

pour les jeunes.

même sexe.

de la

accrue.

mers.

continuité territoriale

avec

les outre-

Retrouvez les

de 100 Ségolène

propositions

Royal

sur les sites internet

www.parti-socialiste.fr

www.desirsdavenir.org

Le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal Ce que vous m’avez dit, je l’ai entendu. La
Le Pacte
Présidentiel
de Ségolène Royal
Ce que vous m’avez dit,
je l’ai entendu.
La du Présidente
Ce que je savais,
l’avez le confirmé.
Aujourd’hui
propose
Pacte que
vous vous propositions
Présidentiel
je : 100
pour
travail tous
la France réalise le progrès pour
tous et
en place un ordre juste.
pour mettre
le respect pour chacun et
pour
Le
chômage
ne
baisse
sauf
les
précarité
s’étend,
le
❏ ❏ ❏ ❏ statistiques ❏ ❏ nombre 250 se tous. Revaloriser
à officielles, fonction une de une d’un
Rmistes
a
plus
de
la augmenté emploi. 70 la aides : pas,
6 de depuis à
000
2002.
%
des
à pour de embauches dans contrats contrat aidé
font
sous
la
forme
de
CDD
ou
d’intérim.
le
travail,
c’est
travailler
C’est
pourquoi,
je
propose
Un
accès
à
formation,
un
emploi
ou
un
tutorat
rémunérés
chaque
jeune
au
chômage
depuis
mois
et
création
de
500
emplois
tremplins.
Une
sécurité
sociale
professionnelle
que
tout
plus
000
débats
participatifs
salarié
licencié
la tiers immédiatement pour dégage en
ait
et
sur
Internet,
êtes
plus
comportant
rémunération
égale
90
%
de
son
Le Pacte Présidentiel
millions
être
venus.
aussi
écouté
salaire
antérieur,
une
formation
qualifiante
et
une
aide
de Ségolène Royal
partenaires
sociaux
rencontré
les la
personnalisée
le
conduisant
plus
possible
vers
un
nouvel
associations.
un rapidement cotisations 000 faire
La
modulation
des
exonérations
de
voulu
à que de
citoyens
reprennent
sociales
en
de
nature
des
de
de leur
parole
pour
que
je
puisse
porter
travail,
la
suppression
du
CNE
pour
du
CDI
la
5 supportez les vous
vous
ne
plus
que
l’on
règle.
3 voix rédige, les aussi elles que Dans J’ai Les Ce
dans
l’ombre,
des
programmes
Le
conditionnement
des
publiques
aux
entreprises
l’engagement
de
ne
pas
licencier
vite
oubliés
qu’ils
écrits.
quand
l’entreprise
des
profits
substantiels
et
promesses
doivent
tenues,
le délocalisation. d’abord
le
remboursement
cas
de
: doivent
être
crédibles.
Un
revenu
de
solidarité
active
garantissant
une
amélioration
de
ses
ressources
à
tout
Pacte
Présidentiel,
en c’est et J’ai sont être
ensemble
bénéficiaire
minima
de 10 000 euros à chaque jeune
sociaux
retrouvant
un
travail.
nous
le
mettrons
œuvre.
Un
prêt
taux
zéro
Plus juste, la
plus forte.
France sera
pour l’aider
à construire son premier projet de vie.
Cette parole,
gardez-la
et avançons.
Plus juste,
sera plus forte
la France

Tous sur le pont Les samedis 17 et 24 février

la France Tous sur le pont Les samedis 17 et 24 février Tir é à 10

Tiré à 10 millions d’exemplaires.

Le premier tract

sur les

100 propositions

de Ségolène

Royal est arrivé dans toutes les fédérations.

L e premier tract sur les 100 propositions de Ségolène Royal est arrivé dans toutes les

35

« Nicolas Sarkozy, c’est la continuité en pire »

« Nicolas Sarkozy, c’est la continuité en pire » “ Au « travailler plus » de

Au « travailler plus »

de Nicolas Sarkozy, il faudra opposer le « travailler tous » de Ségolène Royal.

«L e 6 mai prochain, nos concitoyens vont avoir à choi-

sir entre la continuité et le changement. La continuité, elle a son candidat, c’est Nicolas Sarkozy. Il est dans

ce scrutin le quasi sortant, il

a gouverné le pays depuis

2002 comme ministre

d’État, il est soutenu dans cette campagne par les

36 deux Premiers ministres de

aux chômeurs qui attendent un emploi de travailler plus pour gagner plus, aux sala- riés délocalisés qu’il faut tra- vailler plus pour gagner plus, aux salariés à temps partiel qu’ils peuvent demain travailler à temps complet, ou à ceux qui font les 3-8, le travail de nuit, qu’il faut travailler encore plus pour gagner plus. Il faudra également opposer à la précarité de Nicolas Sarkozy, les sécurités de Ségolène Royal. Pour nous, le CNE ne peut pas être le contrat de droit commun des salariés français, le CPE ne peut pas être l’horizon des jeunes qui veulent entrer sur le marché du travail. De la même manière, nous devons opposer à la baisse

d’impôts pour les plus favo- risés de Nicolas Sarkozy, la réussite pour tous. Baisse d’impôts, oui, mais pour qui ? Il propose la suppression de l’impôt sur la fortune à tra- vers un bouclier fiscal à 50 %, c’est la baisse, voire la suppression de l’impôt sur les succes- sions, c’est la baisse de l’impôt sur les revenus pour les plus favorisés. Mais rien sur la fiscalité

qui pèse sur le plus grand nombre. Cette politi- que fiscale ne vise pas ceux qui se lèvent tôt le matin ou ceux qui se couchent tôt le soir, mais tout simplement ceux qui s’enrichissent en dor- mant.

Extraits du discours de François Hollande à Villepinte

la législature qui s’achève. Il

porte le bilan de la majorité depuis 2002. Il n’y a pas

d’autre candidat sortant que lui. Nicolas Sarkozy,

c’est la continuité en pire.

Il y a quelque imposture à

vouloir citer Jaurès quand on veut remettre en cause le droit de grève des sala-

riés dans notre pays – Jaurès, lui, s’est battu à

Carmaux pour arracher ce droit. Il y a de l’im- posture à citer Blum quand on veut mettre en cause les 35 heures – Blum, lui, a fait les 40 heu- res et les congés payés. Et il y a du cynisme à vouloir citer François Mitterrand et remettre en cause la retraite à 60 ans et l’impôt sur les grandes fortunes. Et il

y a de la mystification à parler des travailleurs

et des travailleuses quand, depuis cinq ans, avec

cette majorité, la précarité s’est étendue. Dans cette campagne, il faudra opposer, confron- ter les projets. Au « travailler plus » de Nicolas Sarkozy, il faudra opposer le « travailler tous » de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy devra aller dire