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Y2 55085

Paris

1834

Lamotte-Fouquë~ Friedrich de

Ondine

Conte

'S~Ë~S~Ë~S~

OEUVRES

CM M"' ï.A B&BOKKEMABRM.B

DE MONTOLIEU.

TOMEXVH.

ENVtSNTB.

SM~Mjt de Madame de JMa~M~M. Mc<no:tetd'H<'e ttunc

t'~ngtais

de madame 1Et'*n

~"UvKAMOH.m«M,ou

qualité,

FeKttMettc

Httyfy; 5 vo).

traduit de

n).t2, avec de jolies ~e't

S~~ preste

ao *t.

Collection de N<tU~et!«.T<'n!C6 get

TnMe 9.Con<enent ~a/oM

<«.

P<<~

Reti'

Phitoenphieet

giot),Aa~cd"tee«rUav{d Hume,

ttet). –'LeJ~une

Ct«tt'me

outaJeutteMorave.–LaveittcdfNoë),

L'VKAHON. c~~Mtoa Le MonMt~re de

Goethe, vol. in-tx, 6g.,

M.C'aqNottvdtet:

t'HtMe-

QtM~r,

eaecdotc <ur

Pean. –LM8ouve<nr< t(~E))!!c,

Ma'tc de l'allemand.-

eaiot Jottph, imité de

3 fr.

Tome <o. Contenant ta Rencontreau

C<tf~~aao,

ou te<Quatfc Feotm~ tra-

duit de l'allemand da 8asilo Namdnhf, t

)Tot.in.t2,6gttte,

3 fr.

~M/~M OMt'M~M de Madame DE MottTO~tBU, dont il r~M MM ~<~ MOM~ed'exemplaires non f~Mp~m~.

CoH.tf«M~<M,OH te Muet

supposé, MOMveHoimitée de

3 ff.

t'aHemnntt de M. KraMc t vn). m-ta, 6gure,

tatttp;a~t').ta-ta, 1

f~cHte~j',

ou r0netc,!m~d

dame Ptchter, t vot in-t2,6gt))Tta,

A<-<Chevaliers <~s/a CM<

~Mfom~fM,tfad<ttt de t'aHemandd'AMgQBte Lafon-

6ff.

do t'aHemand de m«<

6 fr.

OMto ChAteau de Mom-

Hn't'er, <u!vtdu Château dM Cteh et la

de

8upeMHt:«o

et

nouvelle tuit'e~ traduit., de t'aHonand de Henri

3 (r.

Ltsëty, Ct~tren, t vot. in-12, figure, uttte

~<MC~-e~-PM ~K~,

La Rose de Jéricho,

jF«f<M'~en

t vot. :n-tB

Prisonnier, traduit HbMmcnt

5<

et 0) Italie, rnr

de t'aOfn'and de madame de LamoMe.FcMqNé; t ~«t.

)0-!9,S~«re,

:M<e do PaUttnnod avec la

~gtnecotottëc;

~~enta~Me. dxnt te Tym)

tntda'ne

de t'.tttcmand, vot. in.8'.

de LaRecke, n~c comteoM

do Mëdcm; ttn'htit

M t<.

UtH.KAXS, tMPMMEMEM):UAStt.O~KT-mn

ONDINE,

CONTE.

E)K~tt!t ~c C'<i~t)tM«!) 9<t7!L.9e'~<m<~<t<<Kt«nJ,

PARMADAMELA BAMKNB

ISABELLE DE MONTOLIEU.

KOt'VELt.B EHtTtCK, ORtfÉB DE ftOMttB.

Si r<tt)-<t' \ne mV)«) contt,

J'y y ptendtti' on plaisir extromt. t.* mnnttc est vi<'<«, dit-on; je teeroit «'pex~ont H tt: h«t entu'or roror comme ttn pnfmt. 1.a FottfttXB.

PARIS.

AlITIIUS IiERTItAND,LII3ItAIIiE,

ARTiHUS

BERTRAND,

UBRAJRE,

tttB

UACTBFECtM.B,

N*

a5,

't"'H)itu*vtt«;t<tTMM!tOM)WMe<tt*)'Hetttttt)))tttWfM)Ht.

<M4.

(" ) Jauce que}~n eueà ce sujetoiïn- rait plusd'intérêtet t'épondra~

jus~cmcHt

c~

cMo""

au

f~

MADAME,

but.

<MMO(tM)

~e ct~b~t.

A. mon arrivée en AUcmagnc~ toutes les personnes à qui je partai de la lit- térature allemande, sans en excepter r une scu!e, me demandèrent si je cun- naissais 0/t~<?~ toutes me t~moignë- rcut leur étonnement de ce que )o n'avàM pas !a ce charmant ouvrage,

et me supplièrent de le lire. J'etaM trop occupe de travaux sérieux pour donner même quelques instans a ht lecture d'un roman. Enfin une jeune

personne~ belle aimable et spintucUc~

( m)

me donna ouvrage, en exigeant que je le tusse. Peu d'heures après, je cou- rus !a remercier des mompns de!ic!fux nue son livre venait de me fairé pa&ser. EUG me conjura de te traduire mat*

~rc t'ckquencc de ses beaux yeux pt de son charmant sourire, je u~osat pas céder a sesinstances. Ondine est un ouvrage déUc~t, plein de ces gr&cns qnc les Grâces seules peuvent reproduire dans une langue c'est donc naturellement a

étrangère~ vous~Madame, qu'il appartient de faire connaître Ondine au public français, vous tui conserverezson char-

parce que charme Indeunissahie comme

me, ce cette fleur d'innocence qui embellit !a

beauté même. Vous jugerez vous-même,

Madame, combien cet ouvrage est di- ~nedc vous; il a cette fraîcheur et cet

air aimable de jeunesse

nn auteur dont Famo

sentimensnaits qui

premiers âges du

qui annoncent

virginale aime les

nous reportent aux monde, et se plaît à

(<v)

vivre au milieu des fictions qui char-

ment les peuples ea<an{:. Une imagina- tion fiante et féconde a répandu des

Hcms nonveHes et (les ~<acns ptquant.es sut- une fab~ dont rot'~tnnuté sait à la fuis excit-cr la cunoske et la &aHs-

~aire, elle a crée un p~ys enchanté

qnc ron ne conuai~m!. pas encore, et des chcs mpivcu!pux dont les n;mtM 0

nous ctaMMt c~atentcnt inconnues. Je

ne crois pas que Fon puisse trouver rien de plus hais et de plus gracieux que les dcsctipUons de ces lieux fantasti- ques où l'on voit (t~urcr des person- nages que l'on est force d'aimer. Je ne

doute pas, Madame~ que ces tableaux, copies fidèlement par une main aussi

habile que la vôtre, ne puissent plaire

en France. Le conte d'c

est trop

joli pour n'être pas apprécie partout, et le succM qu'il a obtenu en AHc-

magnc est ttop général et trop soutenn pour n~tt'e pas mérité. Ce serait donc un véritable service que vous rendriox

(

v )

aux Français, si vous vouliez leur faire connaître une production d'un homme

d'esprit, leur compatriote par sa nais- sance. Les lecteurs capables d'apprécier OM~M6'seront d'autant plus agréable-

nient surpr!s qu'ils croiront lire un conte otdina!rc ou une espèce de petit

roman, et qu'Us trouveront, au con-

traire, un ouvrage tout remp!i de poé- sie, si l'on fait consister la poésie moins dans les vers, qui sont scu!ement sa

forme naturelle, que dans des pensées, des sentimens et des images d'un ordre

ptus ctcvc que les images, les sentimens et les pensées ordinaires. Je ne saurais dissimuler que la tra-

duction d'O/M~c présente des dinicu!- tés. La langue aHemando et la fran-

çaise sont si dincrentes, leur génie si oppose, qu'il est souvent impossible de reudrc ndc!ement eu français les pen-

sées d'un auteur a!!cmand, quoiqu'cnes n'aient rien d'obscur ~cn eties" mêmes. La difficulté augmente encore lorsque,

( Y')

c~mme le baron de Lamoite~Fouque, un auteur sait reproduire, non-seule- ment par la couleur de ses idées, mais même par celle de son style et. dans ses tocMtions les temps anciens qui lui ont fourni le sujet de son livre. Lf

sh!c de LamoUc-Fouqué porte le ca- chet des siècles merveiUeux de la cho< \atcr!c~ en sorte que ron ne sait trop comment il se fait que l'on reconnaisse

la voix des siècles depuis long-temps écoulés, dans le langage délicat et châ- tie d'un homme de nos jours. Scra-t-it

possihtf de reproduire en français, dans chaque phrase et dans le tour que prend chaque pensée, cet air antique et na- tional qui donne une couleur si udcte aux mœurs, aux id~cs et aux actions de.< chevaliers allemands et de leurs contem-

porains ? ït se présente une autre dlUtcuttë le public français aimera-t-il le mervei!!eux

d'OM<&ne?Les progrès de la pliiioso- phie, les intercts de la politique~ la

(~)

succcsston rapide de tant d'cvenemcns

trop rceh~ ont

veilles; on est desabuséde tout; et un

peuple blasé n'est plus capable de se plaire aux fictions.

etetnt le goût des me~

Oh heureux tempsque celuide ces hb!«,

Met bftMO <Mmcn<, dei etpfitefamiliers, Des tatfadetB, aut mortelstecouraMn On écoutait tom MBfaits admirables

Dan<eon ch~tefu, pt&s d'un large!bycr Le pète et t'oncle, et la mèreet la Oie, Et tes voisineet toute la famille, OuvraientPottitteà monsieur PaMm&ater, Qui leur taiMitdMcontesde eorcier. On a bonai tes d~mcMet les fées; Souela raisontfe g'ace) <{tounte~ Livrent nos coeaMà l'insipidité( Le ra!tonneftristement a'acctëtJttei On court, hélas après la ~rit~ Ah cfoy<z-mot, l'erreur a Ma mérite.

VoLTAtRe.

La nouveauté du merveilleux créé

par LamoUc-Fouque donnera peut-être à ses fictions un mérite que le mer- veilleux n'a plus aux yeux des lecteurs

français; peut-ctre son charme, jusqu'à

( vm

)

présent inconnu, saura captiver les es- prits rebelles, et leur plaire comme les illusions d'un songe agréable. J'ose Fes- pérer, et j'ose même le prédire, si vous consentez. Madame, à être l'enchante- resse qui opérera ce miracle. J'ai rhonncur d'être, avecun profond respect,

MADAME,y

Votre très-humble et très-

obéissant serviteur,

MONNARD.

t~MQttM)

cAodMo.cJHooMu~.

MONSIEUR~

J'aurais bicn des choses à vous dire

sur la lettre trop oMtgcante que vous avez Hcn voulu joindrc à l'envoi du

(

)

joti conte de M. 'de Lamottc-Fouquë. Vous ignoriez, peut-être, que vousl'a- dressiez. à une bonne grand'mere de passé soixante ans, et que s'il est vrai

qu'un public trop indulgent a bien voulu

trouver autrefois

quelque grâce et quel-

style,

il

est plus

que fraîcheur dans mon

vrai encore que je ne dois plus y pré- tendre, et que !c règne de l'enchante- resse (comme vous me nommezen plai- santant ) est fini depuis long-temps. Je sens que, d'âpres cette conviction, je devrais cesser décrire mais j'en ai Fha- bitude, et c'est à Ja fois une occupa- tion et un délassement agréable, aux- quels je me laisse entraîner. J'ai donc suivi votre conseil, et jo traduis votre C~M~/ïe, mais avec une di(tictute qui s'augmente a chaque page, et qui m'a fait repentir plus d'une fois de l'avoir entrepris. Ah! qu'elle avait bien raison, cette cnarmantc jnunc personne, que j'ai reconnue d'abord, au portrait que

vous en tracez, pour celle qui a depuis

(~)

acquis le droit de tout obtenir de son heureux époux~ qu'elle avait bien rai- son de lui demanderde traduire Ondine!

ÎPauteur et les

a se pïaindre a ln fois, et de votre re- fus et de ce que vous avez eu Fidec de me conHer ce travail. Je comprends

qu'H ne devait pas interrompre des oc- cupations plus utiles, et que vous avez pensé qu'un petit conte était du do- maine (l'une femme; mais cette femme

lecteurs français auront

est agce~ sait très-imparfaitement ralte- mand, et je crois que vous auriez miMc fois mieux réussi qu'eue à faire goûter ce charmant ouvrage aux lecteurs fran- cais. Un professeur de vingt cinq ans,t plein d'âme et de feu, sachant éga!c- ment bien la langue qu'H traduit et

M. Monnard, qui vient d'être nomm<!a la chaire de professeur de littérature a t'aca- <!cnne de ï.ansanne, a obtenu aussi la ptu:t doucc récompense <tcson mérite et de ses ta- tens, tcc(rm' et la tnam de M~cde Schcibter~ de Francfort.

( xr)

cette qu'il écrit, heureux cpoux d'une femme (lui n'a pas besoin d'être uu génie élémentaire pour inspirer cetui qui trace a côte d'e!le l'histotre et le

portrait d'un être adorah!c, ne pouva!t, et )~n suis convautcuc, mauquer de reus"

sir. Pour

coup de ne pouvoir lire ~MC

m on compte je regrette beau-

tra-

duite par vous, j'aurais sans donte mieux senti ce cA~r//M dont tous les Alle- ntands me parlent sans cesse, et dont

)'avouc que jo n'ai pas été frappée. Peut-être dois-je l'attribuer à mon igno- rance du genit: de la langue allemande, oit je ne suis encore qu'une écotietc, sans doute aussi à ce genre de tner- \ciHcux que je n'ai aimé que dans mon

enfance, et qui m'a paru

nuire essentiellement à l'ictcrct d'un

ouvrage.

depuis,y

Rien n'ctt henuque le tf", le vret<eu!e!t<'Imab)e.

Un coûtee peut sans dout.* ren~r- met de ~randcj et h I!c3 \'<.rtte~~ 'aiitis

(

)

celui-ci me semble être seulement le jeu d'une imagination brillante, il est vrai, et qui excite la curiosité. J'avoue-

rai cependant que, mâture le merveil.

pr6te

nM traduction à qucîqucs-uucs de mes amies; presque toutes m'ont dit en me

la rendant « Je n'aime pas ce genre,

mais je n'ai pu quitter cette lecture; elle m'a ejnttaînce en dépit de mon

goût.)) Co!a tient) sans doute, n J'heu-

rcux developpfment de r~me et du beau caractère de Ja )f'une Ondinp. On l'aime tendrement, on partage ses sentimens,

ses peiner serrent Je cœur, cette in- nocence, cette simplicité si touchante attachent le lecteur, et je voudrais bien

en conserver la bcite empreinte.

!cux, il y a assez d'tntërct. J'ai

Maie de la pa)<tt<* e~~notr O~RubtW 't'était Mfcout'tm,

Tottjourttebtttittde~~r.xttxa T<UtHla fmîche'tt <:c! ~.(ute

*Ccs vers, trop médiocres pour <!nc cit~ de nouveau se trouvent déjà dans la préface

( xm)

Et e't~t te'wtdea traducteurs.

Ou seot cea grâces fugtt~c:

Dont le génie a le e<'cret9 Ftaca, toMehamee ou naïves,

ït!e6M!qMed~<MMu)t<Mit;i

Mais teaf ekatme t!cm <ÏM pmticp f On n'eMsaiait jamais t'e~prit

C'eettatOMqttiMCotnt me qu'on la Jëtrobe o ta tige i Et si de <'e<traits cttchnntct«<,

~nm la main des mutâtes, On retrû'«e encor quelques troeps C~Mt qt~t! reste un patfttn) de ne'<rf

i'otout ça paMtifent !« Gr~ce'

J'aimerais fort avoir conserve a votre

Ondine assez de ce doux parfum pour r

'elle

me eUe a fait celle des romands

mais ;c n'ose l'espérer. Comme vous le

dites très-bien,

dit avant nous dans les vers charmans

Fa

fit la conquête des Français com-

et comme Voltaire

de la Sylphide, une de mes Nouvelles, tra- duite de l'anglais de M'"c la duchesse de De- vonshire mais ils y ont été changés et Jënam-

fés, et l'a-ptopoa me les ayant rappelés, je n~ai pas été fAchced~avotr une occasion de les don- ner tels qu'ils ont été faits.

<(-

( ~Y

)

quo vous citez-, le goût du merveilleux.

est totalement passé de mode en France peut-être sunirait-H de ce mot tout-

puissant sur tes Français, la mode, pour

en donner l'explication. Je crois cepen- dant, comme vous, que les grands éve- ncmens et la politique y ont bien au- tant contribue on n'a plus besoin de chercher dans des contes des ëvcnc-

mens hors de toute vraisemblance on les trouve dans l'histoire de ce siècle, yechauQcs de l'éclat de la vérité. Les romans metne u'ont. plus de vogue; à peine ose-t-on avouer qu'on en lit, et il y a une sorte de ridicule à en écrire. Nous irions trop loio si nous voulions

rechercher si l'on a tort ou raison et si un roman bien écrit, bien intéres- sant, qui, loin de blesser la morale, en

réveille les principes~ qui présente la vertu sous des couleurs aimables, et rend

le \ice odieux, est une lecture plus dan- gereuse que biend~autres. Il ne s'agit pas ici de roman O~f/~e n'en est pas

( XV)

un c'est plutôt comme vous le dites très-bien une espèce de petit poème qui nous présente des êtres dont nous n'avionsnuiïe idée, et dont la sii)gui.-t. rite peut exciter la curiosité: il donnera aux Français Fidec d'un genre qui leur

est inconnu, et, sans aucun doute, le ptaisir de critiquer le gpnro allemand ft ce vague cet enthousiasme qu'ils

ne peuvent pas comprendre. J'ai vu Je tentps où les Français aimaient assezles contes.Ceux de Voltaire, la ~c~e fan-

tasque de J.-J. Rousseau, ~oM et Z/7pMc, d'autres plus modetnés on- core, dont les noms et les auteurs ont

échappe a ma mémoire; mon conte d'~M, ou les y~MM/M même, tous ont eu tour à tour plus ou moins de

succès, mais tous ont trouvé des tec- tcurs et des amateurs. 0/ïe en trou-

vera

peut'.etreaussi; je ne crois pas dn moins qu'eue ennuie, et c'est là le p!ns grand des torts.

To<)t)<'<ym< eunt t'OHB~Lorttegcmt cnnnyem.

( XVt)

Le reproche !o plus )uste que Fon pourra faire à ce petit ouvrage ce sera d<*n'avoir aucun but marqué. Un conte doit être moral, ou critique, ou auc~oriquc, et {<? n'ai rien trouvé de parcit dans celui de M. de Lamotte-

Fouqué. Peut-être que je me trompe, et que je n~n pas su !o découvrir. Ayez la honte, dans ce cas-là, de m~ec!a! tpr, Monsieur; de mo dire quel petit avoir été le but de l'auteur dans cette

singulière production, et de me don- ner en même temps quelques détail sur lui et sur ses ouvrages, qui ont tous, me dit-on le caractère d'origi- nalité tudesque. Certes~ ce baron n~a

de français que son nom, et il est de- venu allemand de bien bonne toi.

Pardon Monsieur, de la nooveue occupation que je vous demande, sans aucun droit pour l'obtenir, mais vous avez désire que je traduisisse Ondine, c'était me promettre de vous y intéresser, de me dire avec francliissesi sou cos-

( XVtt )

tumc français ne la défigure pas trop;

et si j'ose présenter aux Parisiens cette jeune étrangère) eUe ne so mettra en route qu'avec votre approbation et sons

vos auspices. Recevez

punr moi, l'assurance de toute la t'<

Monsieur, pour elle et

ooonai~ancc de V. T. S.

t~BKuE DEMONTOUEU,

'MHOMM<

oM~"

<~c ~ot~f~.

MADAME~

Le baron Je LaïnoMe-Fouque, ma- ior au service de Prusse et chevalier

appatt!ent a une ia-

de Saint

Jcau

nu!!e irançaise étabtie pn Atlemagne

tiepms

nts du ceichrc ancrai prussteïi du même nom, qui fut ami du grand Fr~denc.

troM générations. Il est: pctit-

( XV!ït

)

Comme d'autres poètes modernes et. an.

ciens, il a con(luis des lauricrs immor~ tels avec son épée et sa lyre. Quoique son nom soit resté français, la tournure de son esprit et de ses scnttmens !m ont assuré une place parmi )cs bardes

modernes dont FAUcmagne est si <n'rp.

Dans sa jeunesse il nt une campagne avec son matheureux ami Henri de K!c!st,

serait avec distinction dans la cavalerie

en quaHte de lieutenant. La

campagne terre ou il vécut paisiblement, p.'rta- ses loisirs entre l~amitte, ramonr

geant

et les muscs, jusqu'au moment ou le

loi appcia

U servit contre la France, dans les vo.

lontaires, avec le grade de lieutenant;

puis

le régiment des cuirassiers de Brande-

bourg. Il composa dans les camps plu.

sieurs chanson!! nationales et guerrières.

A la bataille de Lutzen, il eut un che-

v.d tué sous lui, et il se trouva ensuite

prussienne,

étant finie, il se retira dans une

tous ses sujets aux armes.

avec le grade de capitaine, dans

( xtx)

à toutes Ïcs affaires importantes. Apn's avoir fait une maladie, il prit part a

Ja bataille de

qui se donnèrent jusqu'au Rhin. Les suites

à toutes ccHcs

Leipsiket

de ses fatigues corporelles le forcèrent

à demander danssa terre.

Il se fit d'abord connaître comme

poète sous le nom de ~~w,

son congé et a se retirer

1 et

du

lui-

se rapprochent

son talent poe-

ses premiers ouvrages

génie de la poésie espagnole. It dit

même devoir à son ami Auguste Schic-

~et la direction <pe prit

poète cc!ebre qu'il

tique c'est aussi à ce

dédia ses premiers pocmcs dramatiques,

on retrouve la délica-

du Midi. On lui doit

dans lesquels

tesse de sentiment, le ton et les cou-

leurs de la

poésie aussi la traduction d'une tragédie de

Cervantes (TVM~~c/a). A peu près dans

ces ouvrages,

c'est à- dire vers i8o5, il publia aussi

~w< roman en deux parties, que Jean Paul appelle une brillante aurore 1~

le temps où il fit paraître

(

)

tfo~?<~Mnoblec&d~/tcr C~t~M~ et ~~f

belle </M~c~f j5~'e~M<?; des ou- vragesdtamattques~ et un prologue pour !a ccremonie funèbre de Schi!!er( tt i~ ce prologue en commun avec une dame

d'un tatcnt distingue). Cependant le caractère de son ta!en!. scntb!ait le porter plus naturellement. vers les traditions de la mythologie dit Nord et vers l'imitationde la poésie des anciens Allemands. H y trouva une source féconde de fictions et de

poésie, et c'est Ïa que son talent s'est montre dans toute sa force et dans toute son origi- nalité. La tradi tion scandinavedu chant

des ~~<?/KK~/z lui <burn!tle sujet d'un poème dramatique en trots parties, inti- tutë le ~o~ du ~Vo~. La famille des ~~M~g~M joue, comme1*00 sait, dans l'histoire héroïque du Nord, !c n~mc ru!e que la famille des Laius dans Fhis- toirc héroïque de la Grèce. Dans la

première partie de ce poème rempli df merveilles, S!gourd, roi des Pays-B:

( XXÏ )

tue un ennemi qu~ change en dragon, veille auprès de ses trésors. Ïi pénètre dans un château Jt~nt rentrée est dé" fendue par des Sa~hmes~et i! enlevé la tytani<te ~ynh!!dis pour Fepousey. Une prophète !ut pfom~t deux ~mmps, et lui annoncelameMOtt prénMtar~e. La reine BtynbMM lui fait oublier son

amour au moyen d'un breuvage enchan" té et lujtdoBBe cnmanagesa 6i!eGu"

dtuna~ parce q~etie destine Brynhildis

a son fils Guona~ Gunna~dne pouvant pas pénétrer lui-méme dans te château entouré de flammes, engage S~gourd à

y pénétrer a sa place, en prenant sa figure, et à enlever pour lui !a beMc

BjrynhMdM~ccqMBStgourdexécute. Mais re~ du bteu~age eNchante ayant cesse, ii~er~ppeÏt~ son ancien amour,et con~ fie à sa femme que c'est lui qui, sous

!a SguM de Gunaa~d, a enlevé Bryn~ hiMis. GtUdMmaen instruit celle-ci, qui, irritée, engage un frère de Gunnard à

assassiner S!gonrdpendant son sommeil.

( XXtt)

Les meurtriers meurent à leur tour, et toute la maison des Nibeïungcn marche

vers sa ruine.

Tel est, en abrège,

Je sujet de la premièrepartie du poème les deux autres rentcrment l'histoire de la ruine de cette famille crimtneHe et

infortunée. Lamotte~Fouqué a ~nt que!-

ques tragédies:M,ror~

bards; ~<w~ J6~~r< Le choix de ce dernier su)e~est malheureux.L'amour

de la 6Uc do Charlemagne est un char- mant sujet pour une romance ou uu

petit poème, mais ne peut nullement remplir le cadre d'un assez !ong dr~tne.

Aussi M. de Lamottc<'Pouque~qui a montre dans le choixde son cadre moins de discernement que MM. Lorrando et

j~ow-

( voyez ~f~M~acA des Muses) MiHe-'

voye~ s'est vu oblige d~aMonger sa fable

inventant des personnages et des scènes qui ne s~y rattachent pas. Je ne puis rien vous dire, Madame, tTune tragédie nouvelle, /<?P<~M<~<~t pubitce seulement à la fin de l'année

en

( XXHÏ)

dernière; quoique je la possède, nMS

cccupations ne m'ont pas permis

jusque

Dans un roman

de chevalerie où il y a du merveil- leux, ~MM<?~M w<ï~Mc, l'auteur a su

tisser une fable a la manière dé l'Arioste ce qui en rend ranalyse impossible. Les mœurs, les idées tes sentimèns, les couleurs du Nord et du Midi, y sont

présent de la lire.

agréablement contrastes et nuancés; les personnages de ce roman, en conser- vant toute l'individualité nécessaire pour les rendre interessans, nous offrent des caractères généraux bien dessinés. –<

On ne peut qu'indiquer quelques vrages périodiques de l'auteur tels que les ~fMM~r.~&M<MMc~des ~<!<&- tions et des légendes, l'MM~c~ des

ou~

J9<tWM.Dans ces recueils publiés

par

M. de Lamotte-Foùquë, et dans une foule d'autres dont il n'est pas l'éditeur,

on trouve un très grand nombre de contes et de fictions sortis de sa plu-

m~ et, malgré leur nombre, on y re-

( XXtv)

connant presque toujours le cachet du

talent original de Fauteur.

O~M<?

~ait partie d~unrecueil de quatre contes

intimes les Saisons, et en est le pre- j~Mf caMcr, celui du pn~temps. Ces

quatre coatis ont quelque chose de très- femarquaMe. L'auteur a su peindre dans chacun d'eux la saison dont il est pour

ainsi dire fcmMeme. Descriptions, Ncc-

nes, fables caractères, moeurs, person-

nageS) ~ppt

est aMorfi à Ïa saison

que

peint. Ït a voulu en même.temps

l'auteur

uous danner uo symbote de la sncce$- sion ~s di~rcns âges de l'homme, ainsi que des mcauMet des idées dom!" Dantesdans les diScrens. âges de la ci- ~Ms~tion.En ï8i5y M. de LanMtte- Fouque pu~~ia une ~pop~oMmantiquc

( Coro~M) en trois livres, dont chacun (~t

<:ompos~dedouze, chants,Elleest écriteen

octaves, et <e B~pproche~ppnr te gcare, de la poésie meridiopaÏe, et, pour la

Un

reman qui a paru en ï8l6, sou~ titre

iorme, du poème de FArioste.

( XXV)

t~/MOM~<~MM T~ OM~~OM~(Sangernebe), est fondd sur une tradition provençale dont le sujet est fort intéressant c'est l'amour d~untroubadour pour une belle dame~ amour si pur~ que le trouba-

dour ne veut qu'aimer la dame, et de- mande, ~pur uniqueprix de sa tendresse et de sa constance~ d'obtenir d*eHe,de loin à loin, quelquesve~ards bienveil- lans. H semble que sa passion trouve

en eUe-mémcsa reco~upensp~ et que son principe soit en même t~mps son but.

Cependant le troubadour entreprendpour

sa dame

ieux, sources de beaucoup d'aventures, et il finit même par sacrifier sa v!e celle qu*tt aime. La dame de ses pen- ses a un enfant malade, et le trouba- dour, pour obtenir sa guerison~ fait vœu de monter au sommet d~unc montagne

merveilleuse, ou l'on ne peut parvenir qu'au péril de sa vie. Le troubadour accomptit son vœu ce dévouement de- vient la cause de sa mort, et rend !a

toutes sortes de travaux perM*

(XXVÏ )

vie a Fcn&nt de sa dame. -–A la 8n de t8t6, un ami de M. Lamotte-Fou-

quc, M. François Hom, avantageuse" ment connu par plusieurs traductions

agréables, publia un nouveau po~me hë" roïque que son ami lui avait confier sur

la naissance et

~M~~c. L'editenr place cet ouvrage sur

la ntcme tigne

jeunesse de Char-

le Héros du Nord,

que

~ÏMC~M magique et Ondine.

J*aur&M désiré, Madame, pouvoir vous donner une notice plus intéressaote et

.detaiHée sur les ouvrages do l'aMr

plus

teur d~O~~c; mais, comme )e ne les

ai pas tous dans ma bibliothèque, ni

à ma disposition, j'ai pensé qu'it valait

mieux n'en

analyser aucun en détaiL

Le sentiment religieux, une noblesse

d~âme chevaleresque, une galanterie dé- licate, un sens exquis pour tout ce qui

est vraiment poétique, forment les prin-

caractères de l'esprit du baron

cipaux

de

Lamotte-Fouque. « La pureté du

« sentiment religieux, dit un critique

( xxvn )

<t aMemand, le place a coté de Klop*

« stock; son génie vaste et pro~oad~ la

vigueur de son

et son h&bMeté

esprit,

« à pemdre avec la même vérité les an-

« tiques ooex'veiHesdes coatrées glaciales

? et les scènes gracieuses des pays mé-

« ridionaux, lui assurent un

« norab!o parmi Ïes poètes les plus di<

ho-

rang

« stmgues. ? Il ne me reste qu'à ajouter un mot touchant le merveilleuxde M. Lamotte- Fouque. Cet auteur a créé un merveil- ieux analogue au temps ou vivaientles ~eros dont il chante l'amour et la gloire. Ce m~ryeUleux a souvent, comme dans P~MM~M magique et dans Ondine, quel- que chose de vague; les formessous les-

quelles il se montre sont indéterminées~

a peu près comme l'on peint des figures aériennes, dont une partie du corps se confond avec les nuages. Vous croyez

les saisir, et elles vous échappent; ce qu'eues ont de surnaturel est quelque

chose de si ~ger, de si vaporcux, qu'iit

xx~riH)

est difficilede découvriren quoi il con" siste~Ces formes indécises peuvent plaire aun Allemands; ils aiment asse~!e vague en littérature, et il faut convenir que te vague a meilleure grâce dans la lit- térature allemande que dans toute autre. L'csprit d'une nation et le caractère de

ses idées se peignent dans sa langue or, la langue allemandeexcelle à rendre ces sentimens et ces émotions vagues et mystérieusesque la nature nous donne qucÏquetbis~ et ces idées que Foo sent, pour ainsi dire~ mieux qu'on ne peut

en rendre compte. La langue française, au contraire, est précise, positive; elle ne peut exprimer que des idées dont les contours sont bien tracés~ et des sentimens dont l'analyse est facile c'est pour cela que la littératureet!e goût fran- çaisrejettent le vagueque Ja titteraturect

le goût des AUemondsne réprouvent pas. La carrière littéraire de M. de La~ motte- Fouquë est sans doute bien loin d'être terminée cet auteursi fécond n'est

( xxtx)

encore que dans sa quarantième année

(i) est né en 777). Espérons que Fau-

teur d~M~c fera encore

tesdëUces de FAUemagne, comme vous,

Madame,

la France par vosécrits.

long-temps

charmprpz.encore long-temps

J'ai l'honneur d'êtreavec !e plus pro-

tbnd respect,

MADAME

Votre très-humble et trea- obéissant serviteur,

MONJ~ARD.

ONDtNE,

CONTE.

OND1NE,

CONTE.

CHAPITREPREMIER.

An!vcc du C)eta)ip)r ftnx le p~cheor.

Ir. y avait une fois en Aucmagne un bon vieillard connu sous le nom du vieux Ul- rich le pêcheur; il était marié depuis bien

long-temps et sa bonne compagne se nom mait Marthe. Ulrich gagnait sa vie en p<8- chant, dans un lac qui touchait a sa cabane, des poissons qu'il allait vendre dans une ville

impériale peu distante de sa demeure, et il en rapportait ce qui était nécessaire pour l'en- tretien de son modeste ménage, tts habitaient une petJte contrée délicieuse c'était une pres- qu'uc formée par une langue de terre qui s'é- tendait au loin dans un grand lac, et qui était couverte de frais gazons ~etde quelques beaux arbres. On aurait dit que l'eau et la terre s'é-

taient parées pour se visiter mutuellement.

Cette jolie prairie, émaHiéûde fleurs, semblait

ï

2

OKtMKE.

s'étatcr avec p!aisir au milieu des flots azurés.

qui paraissaient h tout' tour l'enlacer avec dé.

ticc. Quant à des créatures humaines, il

n'yy

en avait point d'autres, dans cette charmante presqn'ne, quota <ami)tedu pêcheur, dont !a chaumière était p!accc nu milieu do la prairie,

nous les arbres qui l'ombrageaient. Derrière te promontoire s'étendait une grande forêt trfs-tou~ïucct sauvage; elle inspirait trop de

terreur ponr qu'on osât la traverser sans la plus absoluo nécessité. Cette terreur était fon- d<!oncn-scutentcnt sur l'obscurité qui y ré-

gnait, sur les chemins dégrades et dangereux, mais aussi sur ce qu'on prétendait qn'c!!c était rcmp!ic d'esprits bizarres et mattaisans, qui hCfaisaient un jeu d'cNraycr t(;s gens assez té-

meraires pour y passer. Le pieux Ulrich ce- pendant la traversait souvent sans encombre, 1

lorsqu'il allait vendre ses poissons à !a ville, sitnpo de l'autre côté de la for<jt. H n'éprou- vait aucune frayeur en faisant ce trajut, parce

que son coeur plein do dévotion no récitait que des sentimens vertueux, et que, des qu'il entrait sous ces ombragos cnsorcelés, it en-

tonnait, avec une voix sonore et avec com-

ponctxon, quelque cantique sacré.

Un soir cependant qn'H était occupé do-

OKt)!KË.

5

vant sa porte à raccommoder ses iMets, il fut

saisi d'une frayeur subite, en croyant entendre te trot d'un cheval dont le bruit s'approchait

de lui. Tout ce qu'on racontait des

de la forêt, tout ce qu'il en avait rêvé dans

des nuits orageuses~ se présenta tout-à-coup li son esprit, surtout l'image d'un grand homme blanc comme la ne!ge, d'une hauteur g!gan-

mystères

tesquc. qui secouait, dit-on, la tête d'une

manière singulière et très efFrayanto. Cet être extraordinaire était un des habitons do la fo-

ret. Ulrich ne l'avait, il est vrai, jamais vu; il en entendait parler à la ville avec un grand effroi à ceux qui lui en demandaient des nou- velles. En tournant les yeux du côté où il

entendait du bruit,

il crut voir la tête mobile

de l'homme blanc à travers les arbres; cepen-

dant il se rassura bientôt, en pensant que,

puisqu'it ne lui était rien arrivé de fâcheux en traversant le bois, tes mauvais génies auraient

encore moins do pouvoir sur cette plage dé- couverte en mcme temps il récita de tout

son cœur un passage des saintes Ecritures, ce qui lui rendit tout son courage; et bientôt il

se prit à rire en s'apercevant de son erreur. L'homme blanc qu'il avait cru voir n'était

autre chose qu'un ruisseau qu'il connaissait

4

0KB!Nt!.

-très-bien, qui sortait de ta forêt en cascade ccumantc, et se jetait dans le lac; h) bruit qu'il avait. entenduétait causé par un cavalier riche- ment vctu, qui s'avançait au travers des arbres vers la cabane. Un manteau d'écarlate brodé d'hermine descendait do ses épaules sur un

justaucorps bleu brodé on or; sur sa toque de velours bleu se ba!ançatent de belles plumes

à son baudrier brodé pendait une superbe épee richement ornée. Le beau coursier qui

le portait éta!t d'une taille plus étcgante que ne le sont ordinairement les chevaux de ba-

ta!He. H marchait si légèrement sur le gazon que !cs fleurs paraissaient h peine foulées. Le vieux pécheur, tout-à-fait rassuré, scn-

tatt bien que cette agréable apparition n'avait rien de dangereux; mais, intimidé d'une si brillante visite, il resta en silence auprès deses

filets. Cependant l'étranger s'approcha de lui s'arrêta, et lui demanda s'il pourrait trouver durant la nuit, dans cette chaunucro, un asile pour lui et sa monture.

Le vieux L'trtch ôta son bonnet, et repondtt

respectueusement «Quanta votre chcvat, monseigneur, )c ne puis lui donner une meH- tcurc écur!o que cet endroit couvert de feuil- tagc, ni de meilleure nourriture que cette

ONMNE.

5 r~,

bette herbe; mais vous, seigneur chevalier., je vous recevrai volontiers dans mon hum- bte demeure, et je tous offrirai une couche et on repas a usa! bons que les miens. n

Le chevalier, satisfait, descendit de che~ va!: le bon vieillard lui a!da h ôtcr au bol animal sa seue et sa bride, et le laissa errer

en liberté sur le gazon Hcuri. Puis te cheva-

lier dit à son hôte

vieillard, vous n'auricz pas voulu me donner

l'hospitalité vous auriez eu de la peine à vous débarrasser aujourd'hui de votre hôte, car je vois devant moi un grand lac qui me barre le chemin, et le ciel sait que je n'ai nulle envie de rentrera nuit tombante danscette singulière foret.–N'en partez pas, a lui dit Ulrich en posant le doigt sur sa bouche; et il introduisit le chevalier dans sa cabane.

Près du foyer, où pétillait une petite flamme qui cctairait à peine une chambre meublée

de quelques sièges de bois et d'une tabtc, mais propre et bien rangée, était assise, dans un grand fauteuil de paille, la vieine femme du pécheur. A l'aspect d'un hôte aussi distingue, elle se tova pour le saluer cordial- ment, et reprit aussitôt sa ptacc sans offrir

son fauteuil i'ctranger. tjtrich sourit, et dit

a Quand mémo, bon

ONDÏKE.

Ne soyez pas fïchc, seigneur, si ma femme

ne vous ouro pas le siège le plus commode;

vous des jeune, et chez les

il est d'habitude que ks vieillards soient tes

mieux assis.

-A quoi penses'tn, mon bon ami, de dire une chose aussi inutile? reprit la bonne Mar-

the. Ce seigneur est un honnête homme on voit cela sur son visage comment un jeune ca-

vancraussi beau, aussi hicnné, aurait-!H'idëede prendre la place d'une pauvre vieille femme? Asseyez-vous, seigneur; voilà encore une pe- ttte escabelle seulement un des pieds n'est pas tres-sotidc; prônez garde, ne faites pas trop de mouvemens. » Le chcvancr avança t'cscaboue auprès du

pauvres gens, e

feu et s'y ptaça avec précaution. It com- mença à causer amïcatcment avec te vieux couple; il lui semblait qu'il était leur fils, et 'tu'i! revenait les visiter après une tongue ab-

sence, tant il se sentait attiré par leur bonté et

texr simptichc. tcur partait avec confiance,

et faisait nu vifluard questions sur questions sur !a<orctmcrvei!!cuîtc,et si voisine de teurdc-

tncure