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HISTOIRE DU MARCHAND DE SABLE par Enid BLYTON
«LE marchand de sable va passer... » C'est le moment le plus délicieux de la journée, celui des histoires que conte grand-mère avant que les enfants se couchent. Des histoires peuplées de lutins malicieux, de petites fées ravissantes, de jouets qui s'animent la nuit, s'amusent ou se disputent et vivent leurs aventures... Tandis que grand-mère raconte, les yeux se ferment sous la pluie de sable, et les enfants vont au lit sans regret, sûrs de retrouver dans leurs rêves lutins, fées et jouets des belles

histoires.

Ce livre porte le label MINIROSE, c'est-à-dire qu'il intéresse les enfants dès qu'ils savent lire, et qu'il peut aussi bien leur être lu à haute voix.

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DU MÊME AUTEUR dans la même série dans la Bibliothèque Rose 1. Bonjour les Amis ! 2. Histoire de la lune bleue 3. Histoires de la boite de couleurs 4. Histoires de la cabane à outils 5. Histoires de la maison de poupées 6. Histoires de la pipe en terre 7. Histoires de la ruche à miel 8. Histoires de la veille Horloge 9. Histoires des ciseaux d'argent 10. Histoires des quatre Saisons 11. Histoires des trois loups de mer 12. Histoires du bout du banc 13. Histoires du cheval à bascule 14. Histoires du coffre à jouets 15. Histoires du coin du feu 16. Histoires du fauteuil à bascule 17. Histoires du grenier de grand-mère 18. Histoires du marchand de sable 19. Histoires du sac à malices 20. Histoires du sapin de noël

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ENID BLYTON HISTOIRE DU MARCHAND DE SABLE ILLUSTRATIONS DE PATRICE HARISPE HACHETTE 4 .

5.HACHETTE TABLE PROLOGUE 1. 4. 6 8 28 38 51 59 70 82 92 101 FINETTE. LE CANARI BOUTON D'OR MATHURIN N'EST PAS GENTIL QUI METTRA LA MUSELIERE AU CHAT ? LE CHIEN QUI CREUSAIT DES TROUS LA FEE DE L'ARBRE DE NOËL LE LUTIN AUX CHAUSSETTES TROUEES ANNETTE ET LA FEE AUBEPINE 5 . 7. 6. LE FERMIER QUI NE CROYAIT PAS AUX FEES 3. 8. LA GRENOUILLE SAUTEUSE 2. 9.

c’est le moment le plus délicieux de la journée. assis sur leurs tâtons. Tous l'entourent. sentant bon le savon et l'eau de Cologne. Alors Olivier» Yvette et les jumeaux Marie-Claire et Stéphane accourent en pyjama» les cheveux bien brossés. 6 . celui des histoires que conte grand-mère. les enfants poussent ton grand fauteuil près du feu et» l'été. dit maman. les yeux grands ouverts dans l'attente du récit. devant la fenêtre ouverte sur le jardin. L'hiver. Avant le passage du marchand de sable.Prologue « Le marchand de sable va bientôt passer ».

parfois. lorsqu'ils sont couchés et endormis. lutins. portent leurs noms. leurs jouets s'animent. Et tous les quatre imaginent que. « Le marchand de sable est là! crie maman.Elles sont si belles les histoires de grand-mère ! Olivier. vont venir cette nuit les visiter dans leur sommeil.. des lutins malicieux et des petites fées ravissantes qui viennent jouer avec les enfants.. 7 . qui peuplent les histoires de grand-mère. fées et jouets. Marie-Claire et Stéphane obéissent sans se faire prier. Yvette. Yvette. s'amusent ou se disputent et vivent leurs aventures. Marie-Claire et Stéphane y rencontrent des petits garçons et des petites filles comme eux et qui. Ils savent qu'enfants. Tout le monde au lit! » Olivier.

Un ressort lui permettait de faire des bonds énormes. la grenouille sauteuse FIFINETTE était une petite grenouille verte en matière plastique. Ce 8 . Elle montait souvent si haut en l'air que les autres jouets de la maison sursautaient de frayeur.1 Fifinette.

comme c'était une petite grenouille timide» ils la prenaient pour une sotte* La nuit. ils ne lui permettaient pas de se joindre à leurs jeux. Essayez de vous habituer à me voir sauter. Elle était triste et se sentait très seule» dans un coin de la salle de jeux. mais elle était incapable de marcher et de courir comme eux. quand elle regardait les autres jouer à cache-cache ou à la balle sans die. » Les jouets la trouvaient stupide. Elle avait une couronne d'or sur ses boucles blondes. C'était une poupée habillée en fée. Elle avait dans sa main droite une petite 9 . Elle ne pouvait se déplacer que par sauts et par bonds. disaitelle aux jouets furieux. Je ne peux pas m'en empêcher. Et. des ailes argentées et une robe de gaze transparente qui ondulait autour d'elle. « Excusez-moi de vous effrayer.n'était pas pour leur faire peur. La poupée Roselyne était certainement la reine des jouets.

Un jour. Il fait délicieusement bon et nous nous amuserons bien. le gentil lutin qui habitait dans un creux du vieux pommier sous la fenêtre de la salle de jeux.baguette d'argent dont die ne se séparait jamais. Tous les jouets l'admiraient et l'aimaient. Une nuit. un beau clair de lune brillait sur le jardin et Silvère. Mais elle n'osait même pas la regarder. Fifinette se contentait donc de la regarder de loin. mais la poupée-fée ne tournait même pas la tête de son côté. un jour. dans l'espoir que Roselyne. la petite grenouille encore plus que les autres. Fifinette avait sauté si haut et était retombée si près d'elle que Roselyne avait tressailli et poussé des cris de frayeur. sortit de sa demeure et appela les jouets. lui sourirait. Descendez vite. « Venez danser dans le jardin au clair de la lune. » 10 . Elle ne lui avait jamais pardonne. cria-t-il.

Elle leva la tête et vit un étrange oiseau aux ailes d'argent qui avait la taille d'un aigle. Elle ne disait rien. C'était un avion qui se mit à tournoyer au-dessus de la pelouse. La petite grenouille se percha sur la branche d'un rosier. Bile regardait les autres» les entendait chanter et rire. Seule.L'un après l'autre. Alors ils se mirent à danser au clair de lune. sauf Fifinette à qui personne ne tendit la main pour entrer dans la ronde. la petite grenouille l'entendit. mais elle était bien malheureuse de ne pas avoir la permission de jouer avec eux. Les jouets s'amusaient de si bon cœur qu'ils ne firent pas attention à un bruit étrange qui résonnait dans le ciel. Ils s'accrochèrent aux branches du pommier et bientôt se retrouvèrent tous sur l'herbe. assis dans la carlingue. mais ce n'était pas un aigle. se pencha au-dehors et Fifinette trembla 11 . les jouets enjambèrent la fenêtre. Tous. Le pilote.

d'épouvante car elle avait reconnu Casimir. « Je me demande ce qu'il vient faire ici cette nuit» pensa Fifinette. tout le monde le craignait et fuyait à son approche. le méchant lutin qui habitait la Lande aux Ronces. Brusquement» l'avion piqua du nez 12 . j'en suis sûre. Fées et jouets. Rien de bon. » La petite grenouille ne se trompait pas. très loin de là C'était un personnage sournois qui ne pensait qu'à jouer de mauvais tours.

« Méchant Casimir! Rends-nous Roselyne tout de suite ! Sinon nous appellerons le gendarme et il te mettra en prison. Dans les airs. restaient cloués sur place. » Le lutin ne fit que rire de cette menace. courut vers Roselyne» l'arracha à l'ours en peluche et au clown qui la tenaient par la main et l'entraîna en direction de l'avion. La pauvre poupée affolée poussait des cris perçants. il ne craignait rien. y monta et. paralysés par la surprise et l'épouvante. Alors les jouets comprirent ce qui s'était passé et hurlèrent.et se posa sur la pelouse près des jouets qui dansaient Casimir sauta à terre. Casimir jeta Roselyne dans l'avion. 13 . « Au secours! Au secours! Venez à mon aide! » Les jouets. sans perdre une minute» remit aussitôt le moteur en marche* L'avion s'éleva dans les airs.

l'ours en peluche qui était très grand» essaya de saisir la queue de r avion mais il ne put l'atteindre. Fifinette voulut tenter sa chance. Elle s'éleva très haut dans les airs» tendit ses pattes de devant vers l'avion. Elle allait sauter le plus haut possible. Il était désespéré. « Ah! Ah! Me mettre "en prison! Attrapez-moi d'abord! Je n'ai pas peur de votre gendarme. « Qu'allons-nous faire? cria-t-il aux autres jouets. Cet horrible Casimir va emporter Roselyne. Pour narguer les jouets» il descendit encore un peu plus bas. et réussit à 14 . Nous ne pouvons rien faire pour elle! — Ah! Ah! » s'esclaffa le lutin.Il tournoya au-dessus des jouets et se pencha pour se moquer d'eux. juste au-dessus de leur tête. Martin. A ce moment. Peut-être retomberait-elle dans l'avion? Aussitôt pensé» aussitôt fait. Il n'a pas d'avion! » A la grande colère des jouets» il volait très bas.

Elle leur fit signe de ne rien dire* Casimir ne devait pas se douter de sa présence. Le lutin reprit de la hauteur et accéléra la vitesse. Le lutin ne s'était aperçu de rien. Ainsi.s'accrocher à une aile» Elle avança peu à peu et atteignit la carlingue. ils regardaient la courageuse grenouille. Les jouets restaient muets d'étonnement Bouche bée. elle pourrait plus facilement venir au secours de la pauvre poupée. Il voulait arriver à la 15 .

Elle était si heureuse d'avoir cette occasion de rendre service à Roselyne qu'elle admirait tant! Enfin le lutin arriva à la Lande aux Ronces. Puis je reviendrai te chercher. la grenouille sauta sur le siège près de la poupée. cette jolie poupée préparerait ses repas et repriserait ses chaussettes. désormais. Le froid était très vif là-haut. Celle-ci 16 . ordonna-t-il. et se réjouissait à L’idée que. La grenouille était accrochée à l'aile de l'avion.Lande aux Ronces avant le lever du soleil. Il avait l'intention d'épouser Roselyne dès son arrivée. » II courut vers la maison. Je vais ouvrir la porte. Dès qu'il eut tourné les talons. « Attends-moi une minute. Le lutin mit pied à terre et se tourna vers la malheureuse poupée qui tremblait de froid et de peur. mais peu lui importait. L'avion descendit et se posa dans le champ devant la maison de Casimir.

« Chut! dit-elle. la grenouille sauteuse. Le lutin avait arrêté le moteur et r appareil ne pouvait repartir. descendons et grimpe sur mon dos. tourne cette manivelle et l’avion montera dans les airs. Je suis venue à ton secours.allait pousser un cri de frayeur. 17 . « Impossible! s'écria-t-elle en sautillant sur son siège. Regarde. Ecoute. Roselyne.» Fifinette tourna la manivelle. mais l'avion ne bougea pas. Ce n'est que moi. quand Fifinette lui fit signe de se taire. Elle ne savait pas piloter un avion et avait peur de provoquer un accident si elle appuyait à l'aveuglette sur un des boutons. Fifinette était au désespoir. Crois-tu que nous pourrons retourner chez nous dans cet avion? — Oh! Fifinette. Je ne peux pas le mettre en marche. Fifinette. que je suis heureuse de te voir! murmura la pauvre poupée entre deux sanglots.

Je ne peux ni marcher ni courir. dit la grenouille. Ce méchant lutin ne pourra pas se lancer à notre poursuite. tu le sais. Fifinette 18 . Je vais sauter très haut. Tu es la grenouille la plus courageuse du monde. — Je n'aurai pas peur. mais si tu me tiens bien. Elle décrocha la manivelle et la saisit entre ses dents car elle n'osait la jeter de peur que le lutin ne la retrouve. La poupée grimpa sur son dos et lui passa les bras autour du cou. « N'aie pas peur. Quand elles auraient quitté la Lande aux Ronces. — Excellente idée! » approuva la grenouille. promit Roselyne en se cramponnant à son cou. elle la lancerait dans un buisson. conseilla la poupée.Je me mettrai à sauter et nous pourrons peut-être nous enfuir de cette façon. — Enlève la manivelle de l'avion. tu ne risques rien. la plus intelligente et la plus belle! » En entendant ces paroles.

Elle jeta un regard derrière elle pour s'assurer que. Quand il s'aperçut que la manivelle 19 . elle recommença. Fifinette ne perdit pas une minute.se rengorgea. Sans s'arrêter. Casimir ne les suivait pas. Chaque bond l'éloignait un peu plus du lutin qui était monté dans son avion pour les rattraper. Hélas! Le lutin sortait de la maison et prenait ses jambes à son cou car il avait vu Roselyne descendre de l'avion. Elle bondit dans les airs et retomba sur le sol quelques mètres plus loin.

la grenouille entendait derrière elle le bruit d'un moteur de voiture. La voiture était en miettes. au comble de la fureur. Du poing. Casimir. constata que sa voiture était hors d'usage et courut 20 . Boum ! Un grand fracas retentit. il menaça la grenouille et la poupée. -quelques minutes plus tard.avait disparu. nous sommes perdues! » Avec l'énergie du désespoir. mit pied à terre. elle bondit de plus en plus haut et de plus en plus loin. Derrière elle. Il redescendit aussitôt et courut vers son garage. Il ouvrit les portes et. S'il nous poursuit en voiture. Casimir appuyait de toutes ses forces sur l'accélérateur. affolée. il fut pris d'un accès de rage. qui n'était pas blessé. Fifinette tourna la tête pour voir ce qui se passait. « Oh! pensa-t-elle. Le lutin avait pris un virage à une telle vitesse qu'il était allé s'écraser contre un arbre.

» Le lutin alla chercher sa bicyclette que Casimir se dépêcha d'enfourcher. Un lutin. Au milieu de la rue. Il se mit à pédaler avec rage. répondit à son appel et lui demanda ce qu'il voulait. le lutin signalait sa présence en faisant retentir son timbre. vite. Fifinette entra dans un village. « Prête-moi ta bicyclette. Vite. Il faut que je rattrape une grenouille qui m'a volé ce qui m'appartient. il leva son 21 . Derrière elles. « Il a une bicyclette maintenant! cria la poupée à Fifinette. Soudain. encore plus vite! » La grenouille sautait aussi haut qu'elle le pouvait. encore à moitié endormi.frapper à coups redoublés à la porte d'une maisonnette. mais la poupée était lourde et la grenouille se demandait si elle atteindrait jamais la maison. ordonna Casimir. se tenait un gendarme en uniforme rouge.

avec un effort désespéré. Elle était à l'autre extrémité du village avant que le gendarme furieux se fût rendu compte de ce qui se passait. Fifinette sauta pardessus sa tête. il se retourna et leva son bâton blanc pour arrêter ce cycliste. Mais. 22 .bâton blanc pour ordonner à la grénouille et à la poupée de s'arrêter. Puis il entendit le timbre de Casimir.

ne voulait ni ne pouvait ralentir. le gendarme se releva et se précipita vers le lutin. Quand elle apprit que le lutin avait renversé le gendarme. Furieux. lancé à vive allure.Mais le lutin. les roues de la bicyclette dérapèrent. mais ne ralentissait pas son allure. La poupée lui décrivait ce qui se passait derrière elles. Je t'arrête pour m'avoir renversé. Le gendarme se lança à sa poursuite et tous deux galopaient de toute la vitesse de leurs jambes. Fifinette avait une bonne avance maintenant. Il se dirigea tout droit vers le gendarme et l'envoya rouler à terre. » Mais le lutin s'était déjà esquivé et dévalait la rue pour rattraper les fugitifs. La bicyclette alla heurter un mur. Pan! Le lutin perdit l'équilibre. « Pourquoi n'as-tu pas obéi à mes ordres? cria-t-il. la grenouille rit si fort qu'elle eut un 23 . et il tomba la tête la première dans la mare aux canards.

Pendant deux heures. Fifinette reprit sa course rapide tandis que derrière elle couraient le lutin et le gendarme hors d'haleine. » Bientôt remise de son point de côté. Ce n'est pas drôle du tout. Fifinette. elle 24 . Elle était maintenant sûre que Casimir ne pourrait la rejoindre. Saute. dépêchetoi. son inquiétude s'apaisait donc. « Ne ris pas! supplia Roselyne.point de côté et fut obligée de se reposer quelques secondes.

Ils félicitèrent la courageuse grenouille et lui demandèrent pardon d'avoir 25 . Tous les jouets poussèrent des cris de joie et applaudirent. La grenouille entra d'un bondi par la fenêtre et la poupée glissa de son dos. car ils pensaient ne plus jamais revoir Roselyne et Fifinette devenues les esclaves de Casimir.continua à sauter et atteignit enfin la pelouse où les jouets dansaient avant l'arrivée du lutin. Ils étaient rentrés tristement dans la salle de jeux.

il tomba dans la boîte que l'ours referma aussitôt en posant le couvercle dessus. qui avait grimpé le long du pommier. C’était le lutin qui courait. la grenouille fit. Martin. trois fois le tour de la salle. à petits bonds. Alors.été si méchants avec elle. fou de rage. eut une inspiration. Folle de bonheur. toujours poursuivi par le gendarme. arriva à son tour. Martin lui fit un grand salut et lui tendit la boîte qu'il avait attachée avec une ficelle. Fours en peluche. Roselyne se jeta à son cou et s l'embrassa pour la remercier. Casimir franchit d'un bond la fenêtre. Soudain des cris retentirent dehors. 26 . Il poussa une grande boîte vide sous la fenêtre et se posta à côté. le couvercle dans les mains. Casimir. Quand le gendarme. avait l'intention de s'introduire dans la salle de jeux pour donner une bonne correction à Fifinette et pour reprendre la poupée.

« Voici votre prisonnier, déclara-t-il. Emmenez-le. Il fait tant de bruit qu'il , nous casse les oreilles. » Très surpris, le gendarme prit la boite» remercia poliment Tours et redescendit en s'accrochant aux branches du pommier. Alors les jouets s'assirent en tond et rirent de bon cœur de la déconvenue de Casimir. Mais c'était Fifinette, la petite grenouille verte, qui riait le plus fort.

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II Le fermier qui ne croyait pas aux fées
LE FERMIER NICOLAS ne croyait pas aux fées. Si vous l'aviez entendu s'esclaffer chaque fois qu'on parlait d'elles! Son rire vous perçait le tympan. Vous avez sans doute entendu dire

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que, seuls, ceux qui croient aux petites créatures du monde fantastique ont le privilège de les voir. Ceux qui refusent d'y croire ne les voient jamais, même lorsqu'elles sont sous leur nez. Et, souvent, les fées se plaisent à leur jouer de mauvais tours pour les punir de leur incrédulité. Nicolas ne croyait qu'aux chevaux, aux vaches, aux moutons, aux êtres qui n'ont rien de féerique. Quand quelqu'un lui disait que les dragons, ça existe, comme les licornes, les sorcières et les lutins, il éclatait d'un rire bruyant et répliquait qu'il fallait être bien sot pour y croire. Les fées qui l'entendaient prononcer de telles paroles riaient aussi. Cela leur paraissait si drôle qu'on pût nier leur existence! Elles savaient bien, elles, qu'elles existaient Le fermier Nicolas possédait un champ où poussaient de magnifiques champignons. Son voisin de droite,

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…les fées organisèrent un grand bal dans le champ de la Mère Pétronille. 30 .

de girolles.Isidore. en avait un aussi et sa voisine de gauche. tous les trois se levaient à l'aube et faisaient d'abondantes récoltes de bolets. Il y avait eu aussi toutes sortes de jeux et un délicieux festin avec des tartes aux mûres que les fées réussissent si bien. Ils allaient les vendre au marché de la ville et gagnaient ainsi beaucoup d'argent. des valses. en avait également un. C'était un grand bal et l'orchestre des sauterelles avait été engagé pour jouer des rondes. La fête avait été si animée que les fées n'avaient pas entendu le chant du coq et furent très étonnées de voir poindre le jour. Une nuit. et surtout des farandoles. les fées organisèrent un bal dans le champ de la Mère Pétronille. En automne. Elles auraient mieux fait de rentrer 31 . d'oronges et de mousserons. des sarabandes et des bourrées. la danse préférée des fées que les sauterelles connaissent par cœur. la Mère Pétronille.

accompagnée de grêlons gros comme des billes. au moment où elles se dispersaient. « Oh! mes amies! cria la fée Capucine. Et voilà que des lumières commençaient à briller dans les fermes. Les pauvres fées auraient été trempées si elles avaient quitté leur abri. 32 . se mit à tomber. un grand panier au bras. Elles espéraient que Forage ne durerait pas trop longtemps. Fermiers et fermières se préparaient à aller à la cueillette des champignons. Elles se blottirent sous leurs parasols en serrant leurs robes de gaze autour d'elles afin de les protéger de la pluie. Les fées coururent s'abriter sous les champignons qui avaient poussé pendant la nuit. Une pluie diluvienne. un orage éclata. Mais ce vœu ne fut pas exaucé.plus tôt au logis car. Des trombes d'eau et de grêlons s'abattirent sur les champs. Alors que feraient les fées? La Mère Pétronille sortit de chez elle.

Mais. blotties sous ses champignons. » Les fées traversèrent à toute vitesse le champ. quelques minutes plus tard. Courons-nous cacher dans l'autre champ. lui aussi.Il faut que nous partions avant l'arrivée de la Mère Pétronille. Nicolas ouvrait la porte de sa ferme pour aller. 33 . et se réfugièrent sous les champignons de Nicolas. à la cueillette de ses champignons. malgré la pluie. celui du fermier Nicolas. Elle croit aux fées et elle nous verra.

nous ne nous mouillerons pas» protesta la fée Coccinelle. Nous serons trempées jusqu'aux os. Nous 34 . Il faut pourtant que nous retournions dans nos demeures. nous attraperons de gros rhumes. gémit la fée Myosotis. Combien de temps serons-nous obligées de rester au lit? — Non. Que faire à présent? Il n'y a pas d'autres champignons pour nous abriter de cette pluie torrentielle.« Nous n'avons pas de chance ce matin.

Quand il entra dans son champ. toutes se dirigèrent vers le petit bois où elles habitaient dans le creux des arbres. Il vit seulement une rangée de gros champignons qui déambulaient sous la pluie. Quant au fermier Nicolas. son panier au bras.. les yeux écarquillés.. il les croisa mais. il ne nous verra pas puisqu'il ne croit pas aux fées. Nous arriverons ainsi chez nous sans avoir reçu une goutte d'eau. Nicolas les croisa. oui. Ce sera très drôle! » Les fées répondirent par des éclats de rire. bien entendu. Chacune d'elles cueillit un champignon et. fi les regarda bouche bée.avons un moyen de nous protéger de la pluie. le tenant au-dessus de leurs têtes bouclées. Que chacune de nous coupe la tige du champignon qui l'abrite et le tienne audessus de sa tête comme les êtres humains tiennent leur parapluie. Puis il poussa un cri 35 . il ne les vit pas puisqu'il ne croyait pas aux fées.

si vous préférez croire que des champignons peuvent se promener tout seuls. — Je ne crois pas aux fées! hurla Nicolas. » Nicolas regarda les champignons qui s'éloignaient en se dandinant. Une seconde. il fut tenté de croire aux fées et. « Oh ! Oh! Je deviens fou! Je vois des champignons qui marchent Oh! Que vais-je devenir? — Ne dites pas de bêtises! s'écrièrent la Mère Pétronille et le fermier Isidore. Mais il me semble qu'il est plus facile d'admettre l'existence des fées. Les fées n'existent pas. pendant cette seconde. déclara la Mère Pétronille d'un ton moqueur. Ce ne sont que les fées qui se sont fait des parapluies avec vos champignons.de frayeur et retourna en courant dans sa ferme. il entrevit un minois espiègle qui riait de lui sous un champignon et il surprit le scintillement 36 . — Eh bien. à votre guise.

. Mais cela ne dura que l'espace d'une seconde.de deux ailes argentées. ou bien je ne suis pas encore tout à fait réveillé.. j'aime mieux croire que les champignons ont des jambes! » Ce jour-là. Nicolas perdit tous ses champignons qui disparurent dans le bois. grommela-t-il. Et si vous aviez entendu les éclats de rire des fées! Nicolas se demanda pourquoi les hirondelles pépiaient si fort. « Seuls les sots croient aux fées. Ce matin. il y a quelque chose qui ne va pas dans mes yeux. 37 . Les fées n'existent pas.

Le canari était d'un si beau jaune que les petites filles l'avaient appelé Bouton d'Or. elles nettoyaient sa 38 . deux petites filles. Martine et Sophie.III Le canari Bouton d'Or PARMI leurs cadeaux de Noël. Tous les matins. avaient reçu un canari dans une jolie cage. Elles l'aimaient beaucoup.

remplissaient d'eau sa petite baignoire et de grains sa mangeoire. Bouton d'Or était le plus choyé des canaris.cage. selon la saison. Jouets ! Laissezmoi sortir! » Mais ils refusaient Bouton d'Or 39 . Elles lui donnaient des feuilles de salade et. la nuit. Sa cage était suspendue dans la salle de jeux et. la poupée aux boucles blondes. Je veux remonter la boite à musique et battre la mesure avec mes ailes. « Ouvrez la porte de ma cage et laissezmoi sortir ! suppliait-il chaque nuit Je veux danser avec Rosette. des morceaux de pomme ou des cerises. le canari voyait les jouets prendre vie et s'amuser ensemble. Je veux voyager dans le grand train. D passait alors son bec entre deux barreaux de sa cage et fixait sur eux ses yeux noirs brillants comme du jais. Il aurait tant voulu participer aux jeux des poupées et des animaux en peluche qui riaient de si bon cœur.

« Pourquoi Bouton d'Or ne viendrait-il pas s'amuser avec nous? interrogea-t-il. entre oiseaux» on se comprend.pourrait s'enfuir par la fenêtre de la salle de jeux et Martine et Sophie auraient beaucoup de chagrin. Quand le petit oiseau. J'aimerais qu'il soit mon ami. Je suis un oiseau comme lui» nous aurions de longues conversations ensemble car. comme toutes les nuits» interpella les jouets pour leur demander d'ouvrir la porte de sa cage» Coin-Coin intercéda en sa faveur. Mais. C'était un canard vert nommé Coin-Coin. un jour. Ce pauvre canari est toujours enfermé dans sa cage et n'a jamais un moment de plaisir. un nouveau jouet entra dans la salle de jeux. qui se prit tout de suite d'amitié pour le canari. Ils secouaient donc la tête et faisaient la sourde oreille aux supplications du canari. 40 .

— Entendu. Coin-Coin. déclara Bouton d'Or. — La porte et la fenêtre sont fermées. je regagnerai ma cage.— Oui» oui. Je suis si seul là-dedans! Et tu es un si bel oiseau! Je voudrais te voir de plus près. fit remarquer Rosette. se hâta d'approuver Bouton d'Or. Je ne vois pas pourquoi nous n'accorderions pas au canari quelques heures de liberté. Quand le soleil se lèvera. Mais n'oublie pas qu'à l'aube tu retourneras chez toi. la grande poupée brune. il n'aurait pas le moyen de quitter la pièce. décida Margot. Ouvre la porte de ma cage. Je veux seulement m'amuser un peu. il grimpa jusqu'à la cage et l'ouvrit Bouton d'Or 41 . Promis? » Le canari promit tout ce que l'on voulut Le clown lança une corde qui passa entre deux barreaux. Nous allons ouvrir ta cage. la poupée aux boucles blondes. — Je ne veux pas m'enfuir. Même s'il en avait envie.

sortit aussitôt et. Il dansait très bien. le train mécanique offrit de remmener en voyage. au comble de la joie. vola autour de la pièce pour se dégourdir les ailes. il était si léger! Quand la boîte à musique se tut. Les jouets mirent en marche la botte à musique et Bouton d'Or passa son aile autour de la taille de Rosette et l'entraîna dans une danse folle. Le canari ne demandait que cela. Il était heureux comme un roi. Il prit la place du mécanicien et il Conduisit si vite que le train ne vit pas 42 .

déployant ses ailes. Bouton d'Or. il s'était envolé avant l'accident Puis les jouets firent une partie de cachecache. Les jouets tombèrent les uns sur les autres. avait vu que la locomotive se dirigeait tout droit vers la chaise et. ils n'étaient pas très contents. lui. Le canari y prit un grand 43 .où il allait et se heurta à une chaise. Us avaient tous des bosses.

plaisir parce qu'il pouvait se cacher en haut des rideaux. « Il est temps que tu rentres dans ta cage. répliqua Bouton d'Or. Je ne veux pas être enfermé pendant des heures et des heures. Enfin. — Jamais de la vie. Non. je vais rester ici et je volerai de tous les côtés. — Il faut tenir ses promesses. vexé parce que Bouton d'Or 44 . dit lé méchant canari. — Tant pis. à des endroits où les jouets ne pensaient pas à le chercher et il fut le seul à ne pas être attrapé. Tu t'es bien amusé. — Mais tu as promis. ordonna Margot. le clown va fermer la porte. Bouton d'Or. dit CoinCoin. en haut de l'horloge ou du placard. n'est-ce pas? Sois gentil» remonte chez toi. crièrent les jouets. Jamais il ne s'était autant amusé. le chant du coq annonça que l'heure était venue pour les jouets de retourner dormir dans leur placard.

« II faut trouver un moyen. Si nous le laissons en liberté.lui avait à peine adressé la parole au cours de la nuit. il s'enfuira dès que quelqu'un ouvrira la porte. Quand il sera en train de se régaler. Retourne tout de suite dam ta cage* » Le canari refusa tout net Dès qu'un jouet s'approchait de lui. proposa-t-il. Tu devrais avoir honte. nous sortirons tous et nous fermerons la porte. « Mettons des gâteaux sur la table de la maison de poupée et disons que nous allons déjeuner. dit Margot au désespoir. 45 . Que faire? » Ils chuchotaient ensemble. Il restera enfermé dans la maison de poupée.tire-d'aile. Et le chat l'attrapera. U s'envolait à . — Excellente idéel » approuvèrent les jouets. H doit avoir faim puisqu'il n'a rien mangé depuis hier soir. Bouton d'Or voudra se joindre à nous. Enfin le clown eut une idée.

des verres. — Je viens.Us entrèrent dans la salle à manger de la maison de poupée. s'abattit devant la porte de la maison de poupée et hop! d'un petit saut fut à l'intérieur. « Que faites-vous? cria Bouton d'Or du haut d'un candélabre. le clown bourra de papier le tuyau de la cheminée afin que Bouton d'Or ne pût s'enfuir par-là. Le canari se percha sur une chaise et Rosette posa un biscuit sur son assiette. Enfin il resta seul. Il se mit à le becqueter et ne remarqua pas que les jouets sortaient les uns après les autres. Il ouvrit les ailes. Sut la table! ils disposèrent des assiettes. 46 . des cuillers. — Nous préparons notre déjeuner. Margot alla chercher des petits gâteaux et des bonbons dans la confiserie en miniature. répondit le clown. Rosette s'assura que les fenêtres étaient bien closes. je viens! » cria le canari.

supplia-t-il. tu t'enfuirais de nouveau.Pan! Le canari sursauta de frayeur. Il était prisonnier. — Non. — Non. « Ouvrez! Ouvrez! cria-t-il. — Je promets de retourner tout de 47 . La porte de la maison de poupée s'était refermée. si nous ouvrions la porte. Tu resteras où tu es! — Laissez-moi retourner dans ma cage. répondirent les jouets.

Quelques heures plus tard.suite dans ma cage. » Les jouets reprirent leur place dans leur placard et s'endormirent Le canari s'installa dans un fauteuil et ferma aussi tes yeux. Martine et Sophie entrèrent dans la salle de jeux et la première chose qu'elles virent fut 48 . Tu avais déjà promis et tu n'as pas tenu parole. affirma Bouton d'Or qui donnait des coups de bec dans la porte. répliqua le clown. — Nous ne te croyons pas.

Il n'a pas pu venir là tout seul.la porte ouverte de la cage. par la fenêtre de la maison de poupée. avec précaution. « Ecoute ! s'écria Sophie stupéfaite. « Il est là-dedans! constata Sophie. virent Bouton d'Or qui sautillait dans la salle à manger. » Les petites filles ouvrirent la porte. Elles s'agenouillèrent et. passa la main à l'intérieur et saisit Bouton d'Or en prenant soin de ne pas serrer trop fort 49 . déclara Martine. Entends-tu Bouton d'Or qui nous appelle? Où est-il? — Ses cris viennent de la maison de poupée ». Comment est-il entré? C'est extraordinaire. Quel chagrin pour elles ! « Bouton d'Or s'est envolé! Où peut-il bien être? » Bouton d'Or entendit son nom et sautilla dans la maison de poupée en pépiant très fort. Sophie.

Elle ne se trompait pas. Tous les trois riaient du bon tour qu'ils avaient joué à Bouton d'Or. 50 . Elles ont un drôle d'air: On dirait qu'elles rient sous cape. le petit oiseau était dans sa cage où il chantait à gorge déployée. Le clown aussi. « Regardé Rosette et Margot! s'écria Martine.pour ne pas lui faire de mat Deux secondes plus tard. — Ils pourraient peut-être nous dire comment Bouton d'Or est entré dans la maison de poupée ». fit remarquer Sophie.

Pavait trouvée dans un cornet de bonbons suspendu à l'arbre de Noël et l'avait donnée à Toinette qui était sa poupée préférée. la poupée brune» avait une jolie broche verte.IV Mathurin n'est pais gentil TOINETTE. 51 . sa petite maîtresse. Sylvie.

le matelot mécanique. j'ai vu Mathurin qui ramassait quelque chose de vert. un jour. qui habitait un trou dans le mur. leur raconta ce qu'elle savait « Hier. elle la perdit Elle en eut un grand chagrin* « Elle est sûrement dans la salle de jeux.Toinette aimait beaucoup sa broche et elle en était très fière. Tous. Mais. Je ne suis pas sortie depuis dimanche dérider. dit-elle aux autres jouets. dit-elle. mais ils en comprirent la raison quand Trottinette» la petite souris grise. Nous la trouverons si nous la cherchons bien! » Tous se mirent donc à chercher partout. 52 . Il déclara qu'il n'avait pas de temps à perdre et resta dans son coin à lire un des livres d'histoire de Sylvie. Elle la mettait le dimanche sur sa robe rosé. Son refus d'aider à chercher la broche de Toinette étonna les jouets. excepté Mathurin. Sylvie était chez sa grand-mère.

La broche n'était nulle part. C'était exaspérant. C'est pour cela que tu ne voulais pas nous aider à la chercher.Ce doit être la broche. Rends-la-moi! » Mais Mathurin ne voulut rien entendre. répondit le matelot. Rends-la tout de suite. Ils soulevèrent le tapis et les coussins. Je l'ai cachée dans un endroit où vous ne la trouverez jamais. Je la garde! Méchant Mathurin! gémit Toinette. Alors les jouets reprirent leurs recherches. » Les jouets coururent aussitôt vers le matelot. Il l'a sûrement cachée quelque part. fou de rage. — Non. Sylvie me l'a donnée. cria Martin. « Trottinette affirme que tu as trouvé la broche. Cette broche ne t'appartient pas. mais leurs efforts restèrent vains. 53 . Les jouets se réunirent le plus loin possible du matelot pour dresser un plan. explorèrent tous les coins du placard.

quand vous serez tous endormis. » 54 . « Il ne pourra plus se remonter et se promener dans le salle de jeux.Mais ils ne savaient pas ce qu'ils devaient faire et personne n'avait d'idée. il nous dira sans doute ou il a caché ma broche. Trottinette. Moi. Voulez-vous savoir ce que c'est? — Oh! oui. se joignit à eux. crièrent les autres. Pour que nous lui rendions sa clé. A l'aube. Tu es très intelligente. — Voilà. je sortirai tout doucement de mon trou. Soudain Trottinette» la petite souris grise. Trottinette. reprit la petite souris. fit remarquer Toinette. dit-elle. j'ai pensé à quelque chose. «Je vous ai entendu parler de ce méchant Mathurin. je m'approcherai de Mathurin et je prendrai la clé qui est accrochée à sa jambe droite. » Les jouets déclarèrent que son idée était excellente.

quand les jouets eurent regagné leur place dans le placard. La clé avait disparu. 55 . La clé se détacha aussitôt La souris. D'abord Mathurin ne s'en aperçut pas. quand Sylvie fat couchée. Trottinette sortit de son trou et.A l'aube. les jouets reprirent vie et leur premier soin fut de regarder la jambe droite du matelot. Mais quand il eut envie de se promener et se pencha pour se remonter. l'emporta dans sa demeure. toute joyeuse. il poussa un cri de désespoir. sans bruit» courut vers le matelot endormi. Elle prit la clé entre ses dents et tira. Le soir.

— Pourquoi t'aiderions-nous? interrogea Toinette. répondit Martin en toute sincérité. Personne ne lui répondit « Vous pourriez m'aider à la chercher. Tu as refusé de m'aider à chercher ma broche. C'est toi qui l'as 56 . Il interpella les jouets.Sa clé! Où était sa clé? Sans elle. grommela Mathurin. « Ma clé! Avez-vous pris ma clé? — Pas un jouet ne l'a touchée. — Alors qu'est-elle devenue? » demanda Mathurin en regardant de tous les côtés. il ne pouvait faire un pas.

répliqua Trottinette à la grande surprise du matelot. Tu peux attendre. Mais je ne te la donne pas tout de suite parce qu'elle sert de jouet à mes souriceaux. Tu 57 . » La broche était en effet dans le sucrier. — C'est moi qui l’ai. l'épingla à son corsage. C'est là que je l'ai cachée. les jouets entamèrent une bruyante partie de quatre coins. Elle était si heureuse de l'avoir retrouvée! Puis les jouets appelèrent Trottinette. » Mathurin prit un air boudeur. avoua-t-il. Toinette la prit et» bien que ce ne fût pas dimanche. Sans plus s'occuper de lui. Tu peux lui montrer où est sa clé. Dis-moi où tu l’as cachée et nous te dirons peut-être où est ta clé. « Mathurin nous a dit où était la broche.ramassée. Enfin il n'y put plus tenir. déclara Toinette. « Vous trouverez la broche de Toinette dans le sucrier du service à thé de poupée.

Les jouets l'invitèrent à faire avec eux une partie de cache-cache. » Les jouets lui pardonnèrent Trottinette alla chercher la clé qu'elle accrocha à la jambe droite de Mathurin. sanglota-t-il. C'est bien ton tour! » Mathurin ne put s'empêcher de fondre eh larmes. Je vous demande pardon. Je ne recommencerai plus. 58 .as fait attendre Toinette. Et ils s'amusèrent tous gaiement jusqu'au matin. « Je regrette d'avoir été si méchant. Il se remonta et fit le tour de la salle de jeux.

V Qui mettra la muselière an chat? LE GROS CHAT GRIS aux yeux verts était si câlin qu'on l'appelait Joli-Cœur. les jours de soleil. Il aimait. grimper sur le mur du jardin de ses maîtres et guetter les oiseaux qui volaient dans les arbres. 59 .

« Groupons-nous pour former un comité de défense. 60 . aussi.Les oiseaux détestaient Joli-Cœur qu'ils avaient surnommé le Tigre. frétillant et pénétré de son importance. La mésange versait de grosses larmes parce que la veille Joli-Cœur avait attrapé un de ses oisillons qui s'exerçait à voler. et le rougegorge regrettait d'avoir arboré son plus beau gilet rouge. il se jetait sur lui et le dévorait Alors le père et la mère étaient très malheureux. décidèrent fauvette. Le chat gris était un chasseur si habile et si leste! Chaque fois qu'un oisillon aux ailes encore maladroites passait à sa portée. Le moineau était là. A nous tous. rouge-gorge et merle. mésange. nous pourrons peut-être trouver le moyen de nous protéger nous et nos petits des griffes cruelles de Joli-Cœur. Le loriot et la pie avaient quitté leur nid pour assister à la séance. » Ils se réunirent donc.

— Chaque matin. commença le merle en ouvrant tout grand son bec orange. protesta la fauvette. reprit le merle. À cause de lui. nous n'avons plus le cœur à chanter et à jouer. allons renverser sa 61 . « Silence! » ordonna le merle qui leva une de ses pattes. nous sommes rassemblés pour parler de cet horrible chat que ses maîtres appellent JoliCœur et que nous avons surnommé le Tigre. Il nous tue. Il faut le mettre hors d'état de nuire. Tous se turent « Le Tigre nous fait la vie dure. » Aussitôt les oiseaux se mirent à jacasser tous à la fois en battant des ailes. nous et nos petits. Comment? Quelqu'un a-t-il une idée? — Fondons tous sur lui pour le cribler de coups de bec» proposa le rouge-gorge.« Mes amis. — Il serait fou de rage et nous tuerait tous.

« Pourquoi ne pas. — Silence! Silence! intervint sévèrement le merle.soucoupe de lait. Pourquoi ne pas.. Nous ne sommes pas Ici pour nous disputer! 62 . Puis ils ouvrirent le bec au même moment. fit remarquer le loriot.. — Ce ne serait pas un bon moyen. « Laisse-moi parier! cria-t-il.» Ils s'interrompirent et se défièrent du regard. cria la mésange. « Pourquoi.. » Le pinson donna un coup de bec au moineau. » II y eut un silence.. Le moineau donna un coup de bec au pinson. « Tais-toi et laisse-moi parier ». Puis le moineau et le pinson prirent la parole en même temps.. ordonna-t-il. Il serait affamé et aurait encore plus envie de nous manger.

— Mon idée est très bonne. Dans le hangar aux outils. affirma le pinson.. — Voyez-vous. si le chat portait une muselière. cria le moineau furieux. Pourquoi ne pas museler le chat? — C'était mon idée. il ne pourrait pas nous manger. il y a une vieille muselière qui a appartenu à un chien. expliqua le pinson sans écouter le moineau. Nous pourrions 63 .. C’était ce que j'allais dire.

déclara le pinson. Le moineau cacha sa tête sous son aile dans l'espoir de passer inaperçu. balbutia enfin le pinson. « Euh. C'est moi qui ai eu cette idée. Euh.. Oui. Le pinson eut si peur qu'il en perdit presque l'équilibre. — Ce n'est pas vrai.. « Voyons. assura le moineau en colère et il essaya d'arracher une plume à l'aile du pinson. — J'y ai pensé le premier.nous en emparer et nous en servir pour museler le chat — Excellente idée. voyons! insista le merle. — A mon avis. Personne ne tenait à se charger de la besogne.. déclara fermement la pie. L'idée n'était pas de moi mais 64 . Personne ne répondit. — Qui mettra la muselière au chat?» demanda le rouge-gorge. approuva le merle. Il faut que quelqu'un se dévoue.. c'est celui qui a eu l'idée le premier ». il faut museler le chat.

Moineau. 65 . mieux cela vaudra. « Ecoute. cria-t-il. « Viens. pinson. » Le moineau s'envola et revint avec la muselière en fil de fer dans son bec. cette idée. parce que tu ne veux pas mettre la muselière au Tigre. répéta le merle. cria-t-il avec colère. Je n'en veux plus. Tu as affirmé que c'était toi qui l'avais eue le premier. Plus tôt le Tigre sera muselé. pinson. j'aurais pu ne rien dire. Né malin. Il Ta revendiquée luimême. Vous musellerez le chat tous les deux. — Nous ne sommes pas ici pour nous disputer. va chercher la muselière dans le hangar aux outils. » Le moineau sortit sa tête de son aile. Moi. le ne suis pas un froussard comme toi! » Le pinson tremblait de frayeur. vous l'avez entendu. reprit le moineau. il avait trouvé un moyen de jouer un mauvais tour au pinson. « Tu dis que c'était mon idée. Mais je te la laisse.du moineau.

La muselière est prête. Laisse-toi tomber sur son dos et tienslui le cou. Tenir le Tigre! Oh! Oh! Oh! A cette pensée. Tu le tiendras et moi je lui passerai la muselière. Viens vite!» Le pinson crut qu'il allait s'évanouir. son sang se glaçait dans ses veines. « Dépêchons-nous! insista le moineau. mais je ne veux pas museler le chat tout seul. Le Tigre prend son bain de soleil sur le mur. Dès qu'il sera 66 .

le moineau était tout seul. dépêche-toi de l'immobiliser ». proposa-til. bientôt il était loin du moineau et de la muselière. j'ai tout 67 . Il faut que j'aille la rejoindre ». « Froussard! Froussard! » crièrent tous les oiseaux. Il déploya ses ailes et s'envola en pépiant. petit moineau. Toi. Cela m'est égal. Quelques minutes plus tard. Ma femme m'attend. je glisserai la muselière pardessus sa tête.immobile. Soudain une voix retentit et il frissonna de frayeur. répliqua le merle et il s'enfuit de toute la vitesse de ses ailes. crièrent les autres oiseaux au pinson mourant d'épouvanté. il poussait de petits cris de joie. N'importe qui. Le moineau était bien content « Que quelqu'un le remplace. « Eh là-bas. Le pinson n'osait pas. — Oui. enchanté de sa ruse. merle? — Je n'ai pas le temps.

Tous ces oiseaux sont des froussards. JoliCœur eut un bâillement qui montra ses dents aiguës. déclara le chat Joli-Cœur. 68 . surnommé le Tigre. excepté tôt Montre-leur que tu as du courage. Viens donc me la mettre! » Mais le moineau était déjà parti.entendu. Je te promets de rester immobile pendant que tu me passeras la muselière.

« Beaucoup de bruit pour rien. Je vais voir si j'ai du poisson dans ma pâtée. grommela-t-il. 69 . » Avez-vous entendu les pinsons gazouiller et les moineaux pépier quand ils se rassemblent dans les arbres? Savez-vous de quoi ils parlent? Du jour où ils ont été prêts à museler le chat Joli-Cœur surnommé le Tigre. Quels froussards! Jamais ils n'oseront s'attaquer à moi.

Gamin était toujours prêt à participer à n'importe quel jeu. si espiègle.VI Le chien qui creusait des trous JEAN-CLAUDE et Catherine avaient un jeune chien si joueur. C'était un épagneul couleur feu aux longs poils soyeux. Si Catherine et Jean-Claude avaient 70 . qu'ils l'avaient appelé Gamin.

riaient de les voir jouer ensemble. Veux-tu te sauver! Moi qui venais de planter mes dahlias! » Gamin s'enfuit mais. il recommença. il était aussi adroit à les retrouver dans leur cachette qu'à se blottir lui-même sous un buisson ou dans le creux d'un arbre pour échapper aux recherches. M. leurs parents. si les enfants préféraient se promener.envie de jouer à cache-cache. dès que M. Carpentier surprit Gamin en train de creuser dans ses platesbandes. et Mme Carpentier. Jusqu'au jour où M. il les escortait en bondissant autour d'eux. Ils déclaraient que Gamin était « un bon petit chien ». Rien ne lui plaisait autant que de courir après un ballon. Jean-Claude et Catherine aimaient beaucoup Gamin. « Vaurien! cria-t-il. Et. Carpentier eut tourné les talons. 71 .

On le comprend bien ! Il y eut une semaine terrible où Gamin s'en donna à cœur joie. Il semait. Il passait/son temps à creuser dans le jardin. M. quand il aurait faim. 72 . plantait et soignait avec amour les pensées. à la recherche d'un os particulièrement succulent qu'il avait mis en réserve il ne savait plus où. les géraniums. les tulipes. les giroflées. il irait les déterrer pour les ronger. Il aimait son jardin et y passait tous ses moments de loisir. Ainsi. il oubliait l'endroit où il les avait mis. il était obligé de creuser de tous les côtés dans l'espoir de les retrouver. Par malheur.Il avait brusquement imaginé que ce serait une bonne idée d'enterrer les os qu'il ne pouvait manger. Carpentier n'approuvait pas du tout ce genre d'exercice car c'était lui qui cultivait son jardin. les glaïeuls. sa mémoire n'était pas très bonne. les myosotis. Il n'était donc pas content que Gamin vint tout saccager.

Il déracina trois belles pensées mauves» fit des ravages dans le carré de tulipes rouges. que son os se trouvait sou? Le plus beau rosier du jardin. Il faut nous débarrasser de Gamin. M. sa petite tête de chien. et il déracina le rosier. Carpentier perdit patience et prit une affreuse décision. il s'était mis dans la tête. Alors. Pis encore.cinq minutes ce qui m'a 73 . Je ne peux pas passer mon temps à travailler pour que ce chien vienne détruire en .

Carpentier en colère. Il l'a bel et bien déraciné. la semaine prochaine il ira chez le laitier. peu m'importe! riposta M. le plus affectueux du monde! Comment vivre sans lui? « Je t'en supplie. Si vous deux. Il n'a pas fait exprès de déraciner le rosier. papa. mais un soir. ils constatèrent 74 . — Que ce soit exprès ou non. » Quel chagrin pour Jean-Claude et Catherine! Ils pâlirent de frayeur. ne donne pas Gamin! implora Catherine. Donner Gamin au laitier! Comment papa pourrait-il faire une chose pareille ! Ils aimaient Gamin. les yeux pleins de larmes. Jean-Claude et Catherine! vous ne pouvez lui apprendre à se tenir tranquille» je le donnerai au laitier. S'il fait d'autres dégâts. C'était le chien le plus gentil. » Les enfants sermonnèrent Gamin et le surveillèrent de leur mieux. Il a envie d'avoir un chien» il me l'a dit. en rentrant de l'école.demandé des heures de travail.

que Gamin avait creusé un énorme trou au milieu des pois de senteur qui commençaient à fleurir. M. La nuit. « Lundi. donne-le au laitier. Je ne peux pas passer mon temps à faire pousser des plantes que Gamin déracine en cinq minutes. ils 75 . Carpentier corrigea Gamin et s'adressa à sa femme. Quand papa parlait sur ce ton. Je ne veux plus le voir. Mais ils étaient très malheureux. sa décision était irrévocable. ordonna-t-il. » Les enfants n'osèrent plus rien dire.

» . Ils aimaient tant Gamin. Je vais peut-être retrouver mon os. « C'est l'occasion ou jamais de creuser. 76 . Carpentier sortit sa voiture pour emmener sa famille au bord de la mer. dût-il creuser un trou aussi profond qu'un puits. le rosier» les pois de senteur. Quel malheur qu'il ait pris l'habitude de ravager le jardin de papa! Les pensées. Sous un vieux lilas. Il alla dans le jardin. Il était sûr que son os était là et il se promettait de le déterrer. il avisa un coin qu'il n'avait jamais exploré. le compagnon inséparable de leurs jeux. c'était trop! Il devait partir. Le dimanche.pleuraient. Gamin resta à la maison. le visage caché dans l'oreiller. Il se mit à creuser avec frénésie. M. Il s'escrima de ses deux pattes de devant. se dit-il-dans son cerveau de petit chien.

Haletant. Enfin l'os! Gamin redoubla d'efforts. furieux. la langue pendante. C'est ainsi que le trouvèrent les parents et les enfants au retour de leur excursion. Carpentier. les graines. La cavité s'agrandissait. Mais dans le sol tout pousse et tout grandit. les racines. Quel gros os ! Gamin ne se rappelait pas avoir enterré un os si gros. Pourquoi pas les os? Il y aurait beaucoup à ronger. de peur de recevoir une correction. 77 . Quel régal! Gamin se pourléchait déjà. « Ce chien a encore creusé! » s'écria M. M. Il se coucha. Carpentier se pencha sur le trou et garda la tête baissée. Gamin décida de s'accorder quelques instants de repos. les oignons. Il courut vers le lilas et Gamin s'enfuit.La terre volait de tous côtés. il s'escrima de plus belle sans parvenir à retirer de sa cachette cet os trop gros et trop lourd.

Gamin n'a pu le déterrer tout à fait. Vite. Gamin en a sorti un coin. Oh ! papa. désolée que Gamin' se fût si mal conduit. papa. mais il était trop grand et trop lourd pour lui. C'est un vieux coffret.« Y a-t-il un os ? demanda Catherine. dégageons-le. » 78 . — Qu'est-ce que cela peut bien être? demanda Jean-Claude intrigué. ce n'est pas un os.

de bracelets. Carpentier! Pourquoi. de broches de diamants. Carpentier ne se trompait pas. il souleva le coffret. mes enfants.Son père partageait son étonnement et sa curiosité.» M. Puis avec l'aide de JeanClaude.. rouge d'émotion. Il porta le coffret dans la maison et l'ouvrit. Il avait été volé par un domestique et on ne l'avait jamais retrouvé. Il était plein de colliers. de perles. Tous restèrent ébahis. répondit le père. M. d'émeraudes. Le voleur a dû l'enterrer dans le jardin et ne jamais avoir une occasion propice pour le reprendre. Il alla chercher une pelle et agrandit le trou. Carpentier déclara qu'il garderait les plus beaux 79 . de saphirs. « Oh! Notre nom est écrit dessus! s'écria Catherine. je crois que c'est le coffret à bijoux de votre arrière-grand-mère qui habitait cette maison et s'appelait aussi Carpentier. Qu'est-ce que cela veut dire? — Mes enfants.

caressé et reçut des morceaux de sucre et des biscuits qu'il croqua sans savoir ce qui lui valait tant de gâteries. « Tu ne le donneras pas au laitier. il fut félicité. n'estce pas. répondit 80 . Mais M. Gamin lui avait rendu un grand service en creusant dans le jardin. au cas oh son maître serait encore fâché contre lui. Quel plaisir de trouver un tel trésor caché pendant tant d'années! Personne ne pensait à Gamin qui. Oh ! non. avait découvert le coffret. Au lieu d'être grondé. Les enfants applaudirent Leur mère les imita. Carpentier ne l'était plus. papa? demanda Catherine en serrant l'épagneul dans ses bras. par hasard. Le petit chien entendit les exclamations et voulut savoir ce qui arrivait II passa la tête dans l'ouverture de la porte et dit « Ouah ! Ouah ! » tout bas.bijoux pour sa femme et pour Catherine et vendrait peut-être les autres. — Il n'en est plus question.

dit son père. — Ouah ! Ouah! » approuva joyeusement Gamin. Je pourrai même payer un jardinier afin de réparer les dégâts. Qu'en pensez-vous? 81 . s'il déracine encore des plantes» . chose bizarre. Mme Carpentier croit plutôt qu'il est devenu tout à coup un chien sage et raisonnable. il n'avait plus besoin de creuser. C'est un bon petit chien. Et. plus jamais il ne déracina une seule plante dans le jardin. puisqu'il l'avait trouvé. Et d'ailleurs.j'aurai assez d'argent maintenant pour en acheter d'autres. Catherine prétend qu'il cherchait partout le trésor et que.

82 . Quelque chose de très joli. maman? demanda Isabelle. j'espère. Quelle joie! « Que mettras-tu en haut de l'arbre. ils auraient un bel arbre de Noël. Cette année.VII La fée de l'arbre de Noël ISABELLE et Eric étaient très contents.

M. » Ce jour-là. des sacs de bonbons garnirent les branches ainsi que des bougies rosés. Ils choisirent la plus jolie poupée que Ton puisse imaginer. le père et la mère. allèrent acheter le sapin et tout ce qu'il fallait pour le garnir. jaunes. Ce sera un très bel arbre de Noël avec des quantités de bougies de toutes les couleurs et beaucoup de jouets. et Mme Dufour. lui mit des ailes d'argent et la plaça tout en haut de l'arbre. 83 . Quand leur travail fut achevé et que la poupée-fée domina le tout. les jouets sortirent de leur placard pour contempler le sapin de Noël. Des jouets. bleues. M. Dès qu'ils eurent quitté la salle de jeux. et Mme Dufour reculèrent d'un pas pour: admirer leur œuvre et se déclarèrent satisfaits.— Une petite poupée habillée en fée» répondit la mère. vertes. Mme Dufour lui fit une ravissante robe de gaze rosé.

Nous n'avons pas le temps de la porter à l'atelier du Père Noël pour qu'il la recolle. Tours en peluche. une chose terrible arriva. à sa grande frayeur. Personne ne pouvait la secourir. Quel malheur! « Qu'allons-nous faire? demanda Martin. elle sentit qu'elle tombait « Au secours! Au secours! » cria-t-elle. Elle glissa entre les branches du sapin de Noël et frappa le parquet avec un bruit sourd. avec sa robe de gaze rosé et ses ailes argentées. Mais» soudain. Bleuette et Rosette. La poupée-fée n'avait pas été assez bien fixée au sommet de l'arbre et. C'est 84 .Jamais ils n'avaient rien vu d'aussi joli Ce qui les enchantait surtout. Les jouets se précipitèrent pour là relever. les poupées d'Isabelle. ne se lassaient pas de la regarder. Hélas ! Ses deux jolies petites jambes étaient cassées. c'était la poupée-fée.

Aprèsdemain. proposa le clown. » Ils appelèrent donc la fée Séraphine. — Demandons conseil à la fée qui habite sous la fenêtre de la salle de jeux. Elle arriva en dansant et regarda la pauvre poupée cassée qui pleurait. et c'est demain soir qu'Eric et Isabelle reçoivent leurs petits amis autour du sapin. Elle sait tant de choses! Elle seule peut nous aider. elle sera complètement guérie. allongée sur le parquet « Je vais la porter chez le lutin Prosper.loin et il est très occupé en ce moment Nous ne serions pas revenus avant trois ou quatre jours. Ce sera trop tard. II est si adroit. — Après-demain! crièrent les jouets consternés. déclara Séraphine. Quelle déception pour les enfants! Ils voulaient tant avoir une poupée habillée 85 .

Cette année ils auraient un bel arbre de Noël Quelle joie ! 86 .

de l'arbre? Tu as des ailes argentées comme elle et ta robe est en gaze rosé. » 87 . Tu assisterais aux jeux des enfants et je suis sûr que tu t'amuserais beaucoup. « Pourquoi ne prendrais-tu pas la place de la poupée en haut. Mais Coin-Coin.en fée. le canard jaune. puisque les fées ne craignent pas le froid de l'hiver. eut une idée. Il se tourna vers Séraphine. demain soir! » Tous se regardaient avec désespoir. au sommet de leur arbre de Noël.

Séraphine fut bientôt gagnée par leur gaieté. Oui» je peux bien faire cela pour vous. J'aime les petits garçons et tes petites filles. Ce sera agréable de les voir danser autour de l'arbre et recevoir leurs cadeaux. Savez-vous ce qu'elle fit. Je Tais porter cette pauvre poupée chez le lutin Prosper. les petits amis d'Eric et d'Isabelle arrivèrent et. Vers cinq heures. » Elle tint sa promesse et fut de retour en temps voulu. « Pourquoi pas? dit-elle enfin. Qu'elle était belle! Les jouets félicitèrent Coin-Coin de son heureuse idée. se plaça entre un petit garçon et une petite fille dont elle prit la main et entraîna tous les 88 . quand les grandes personnes se retirèrent dans le salon pour parler tranquillement? Elle s'envola de l'arbre.La fée réfléchit pendant un moment. en voyant cette jolie fée aux ailes d'argent. ils poussèrent des cris d'admiration. puis je reviendrai prendre sa place en haut du sapin.

en chantant une chanson magique d'une voix cristalline. « Maman! s'écria Isabelle. d'un coup d'aile. dit Isabelle à Eric. quand 89 . Les enfants furent surpris et enchantés. « Eh bien. « Tu as de la chance d'avoir une si jolie poupée. Ce n'est pas une poupée. mais des poupées qui dansent et qui chantent. La poupée-fée est descendue pour danser et chanter avec nous. " — C'est une vraie fée! s'exclama une autre petite fille. et personne ne voulut croire qu'elle disait la vérité. on entendit les parents qui revenaient et. dit une petite fille à Isabelle. J'en ai une qui marche et qui parle. » À ce moment. Séraphine remonta au sommet de l'arbre. — Allons donc! » répliqua sa mère.enfants dans une ronde joyeuse autour du sapin. je n'en ai jamais vu.

Quelle surprise pour elle » Mais. Séraphine dît au revoir à tout le monde. dans la nuit. la poupée revint de l'atelier du lutin Prosper. 90 .maman dégarnira F arbre et enlèvera la poupée. Les jouets l'aidèrent à remonter en haut de Parère et l’y fixèrent solidement. ses jambes si habilement recollées qu'on ne voyait plus de traces de leurs blessures. elle s'apercevra que c'est une vraie fée.

Le lendemain. Une poupée.« Je me suis bien amusée. déclara Eric.» Il ne se trompait pas. n'est-ce pas? 91 . est incapable de danser et de chanter! — Alors. c'était une vraie fée. Isabelle. soupira Isabelle. — Quelle sottise ! protesta Mme Dufour en riant Je ne comprends pas pourquoi tu f obstines à répéter cette histoire stupide. Eric et Isabelle demandèrent à leur mère de décrocher la poupée-fée. les enfants étaient si étonnés! J'ai bien ri. Je me demande comment elle s'est transformée en vrai fée. Quand je sois descendue pour danser avec eux. Ils étaient si sûrs que c'était une vraie fée. hier après-midi. Quelle déception ! « Ce n'est qu'une poupée. après tout. déclara-telle. » Elle retourna chez elle. C'est la seule explication. même habillée en fée.

il courait à la boulangerie.VIII Le lutin aux chaussettes trouées FULBERT était un lutin aux yeux scintillants et au joyeux sourire. Si quelqu'un avait oublié d'acheter son pain. toujours prêt à rendre service aux autres. Il était travailleur. généreux. Quand Mère 92 .

— Un jour. le n'enlève pas mes souliers dans la rue. il s'était mis à sa recherche et l'avait rapporté en triomphe. son ami et voisin. il aidait le petit berger à rentrer ses moutons. Pourquoi ne les raccommodes-tu pas? — Ce n'est pas la peine/répondait Fulbert en riant. C'est peut-être parce qu'il s'occupait tant des autres qu'il n'avait jamais le temps de raccommoder ses Chaussettes. Tu n'as jamais une tache sur toi. ' « Fulbert r s'écriaitil. Personne ne les voit. le lui reprochait tous les soirs quand Fulbert enlevait ses souliers devant lui et qu'il voyait les trous de ses chaussettes par oh passaient ses orteils et ses talons.Pélagie avait perdu son chat. Et les gens verront tes orteils sortir par les trous de 93 . la fermière à ramasser les œufs de ses poules. tu y seras peut-être obligé. Tu n'as pas honte? Porter des chaussettes dans cet état! Tu es pourtant coquet. Filibert. ripostait Filibert.

Le petit prince Florestan jouait dans le jardin en poussant des cris de joie. Un samedi après-midi. Ils virent que le petit 94 . Filibert et lui décidèrent de profiter du beau temps pour faire une promenade. répliquait Fulbert d'un ton solennel. Les deux lutins se hâtèrent d'ouvrir la porte du jardin et de courir vers les lieux de l'accident. Ils firent le tour du palais royal. — Ne t’inquiète pas. jamais je n'enlèverai mes souliers dans la rue et jamais personne ne verra que mes chaussettes sont trouées. tu entends.tes chaussettes et tu ne sauras plus où te cacher! J'espère que je ne serai pas avec toi ce jour-là. » Et le lutin joyeux continuait à se pavaner dans les rues avec des trous dans ses chaussettes… jusqu'au jour où ce fut la catastrophe. Soudain ils entendirent un bruit de chute et des sanglots. Jamais.

Filibert ramassa la roue. » Fulbert pensa d'abord que c'était Mie excellente idée. Fulbert releva le petit prince et lui essuya le front.prince était tombé de sa petite voiture mécanique et s'était heurté le front L'automobile avait perdu une de ses roues qui gisait dans l'allée. répondit Florestan. déclara Fulbert toujours prêt à venir en aide aux autres. Dépêche-toi. il me sera facile de remettre la roue à sa place. ils te serviront à toper sur la roue. En voyant que sa belle voiture n'avait plus que trois roues. Je ne pourrai plus me promener. Mon auto ne roulera plus. Tu as de gros souliers. mais je sais ce que tu peux faire. lutin. enlève-les. — Je n'ai pas la permission d'avoir un marteau. — Si tu as un marteau. te petit prince se remit à pleurer. puis il se rappela qu'il avait un grand trou rond à 95 . « Que vais-je faire? gémit-il.

Je vais essayer avec une pierre. je ne peux pas me servir de mes souliers. Florestan fondit de nouveau en 96 . le petit prince les verrait Que penserait-il? Qui sait s'il ne dirait pas au roi et à la reine que le lutin Fulbert ne raccommodait pas ses chaussettes? « Non. » II ramassa âne pierre et se mit à frapper sur la roue.chacune de ses chaussettes et que. dit-il. Mais la pierre vola en éclats et un des morceaux érafla la joue du petit prince. s'il enlevait ses souliers.

à la grande consternation des deux lutins.larmes. tapa sur la roue avec son soulier et. Moi aussi. cinq minutes plus 97 . Ne pleure pas» petit prince. j'ai de gros souliers et je vais te la remettre en place. « Pourquoi n'as-tu pas enlevé tes souliers quand le petit prince f en a prié? demanda Filibert à Fulbert» oubliant que les chaussettes de son ami étaient trouées. ta roue. » Il se hâta de se déchausser.

Elle portait une robe en gaze d'argent brodée de perles. Permets-tu que je l'invite à goûter? » Alors. maman! un gentil lutin a réparé mon auto.tard. Mais celui-ci Ta fait » Pauvre Fulbert! Tout déconfit et rouge comme une écrevisse. conclut-il en prenant la main de Filibert Pas l'autre. « Maman. Il n'est pas complaisant. les lutins virent sortir du palais une dame si belle que ce ne pouvait être que la Reine des Fées. à leur grande surprise. il s'enfuit du jardin royal en courant aussi vite qu'il 98 . les dégâts étaient réparés. « Je veux que ce lutin vienne goûter avec moi. II n'a pas voulu enlever son soulier pour taper sur ma roue. Florestan tout heureux sauta dans sa voiture et courut vers le palais en poussant des cris de joie. Elle embrassa le petit prince Florestan et il lui raconta ce qui s'était passé.

Il suivit le petit prince Florestan dans une salle à manger rouge et denrée et se régala de glaces et de gâteaux comme il n'en avait encore jamais mangé. Quant à Filibert. En retournant chez lui.le put. vous l'avez déjà deviné. il était si fier et si heureux d'être invité à goûter au palais qu'il en avait le souffle coupé. il s'arrêta chez Fulbert pour lui raconter ce qu'il avait vu. Et que faisait Fulbert? Le savez-vous? Oui. 99 .

« Ne me gronde pas. Comme j'ai eu honte de ne pouvoir aider le prince Florestan ! » Deux grosses larmes coulèrent sur ses joues. et il tirait l'aiguille.Il était assis sut un tabouret entouré de neuf paires de chaussettes trouées et de pelotons de laine de diverses couleurs. il a toujours raccommodé ses chaussettes. Je n'ai pas pu enlever mon soulier pour réparer cette roue. Qu'aurait dit le petit prince s'il avait vu les trous de mes chaussettes ? Il P aurait sans doute répété à sa mère. Filibert. supplia-til. 100 . la Reine des Fées. Pauvre Fulbert! Mais depuis ce jourlà. quand il vit son ami.

On pouvait y faire du feu avec des petits morceaux de bois ou de charbon. Annette avait reçu de sa marraine un joli petit fourneau de poupée. Il y avait un four pour cuire les rôtis et les gâteaux et» sur le dessus.IX ANNETTE ET LA FEE AUBEPINE POUR sa fête. la place de mettre une marmite et deux 101 .

casseroles. — Mais. mais sa maman ne le lui permit pas. Elle se résigna et jouait dans le jardin avec son fourneau. Annette ! Annette ! Ne veux-tu pas 102 . Annette était très contente d'avoir un si beau petit fourneau. maman. protesta Annette qui avait envie de pleurer. Annette. quand elle entendit une petite voix qui l'appelait. Tu es encore trop petite. « Non. Elle aurait voulu y allumer du feu. Tu pourrais te brûler. j'ai presque quatre ans. ce ne sera pas amusant » Mais sa mère resta inflexible et Annette n'eut pas la permission d'allumer du feu. dit-elle. Et. elle préparait pour ses poupées un repas où les herbes remplaçaient les légumes et où les groseilles blanches faisaient figure de pommes de terre. ses marmites et ses casseroles. Un jour. si je ne peux pas faire cuire des choses.

me prêter ton fourneau pour la soirée? Le mien est en réparation dans l'atelier du lutin Onésime et, ce soir, j'ai invité des amies à dîner. Il faut absolument que je leur serve quelque chose de bon. En me le prêtant, tu me rendrais un grand service. Je suis la fée Aubépine. » Annette se retourna pour voir qui lui parlait. Elle vit une petite fée» a peu près de la taille de sa poupée, qui la regardait, à demi cachée derrière un rosier. « Oh! s'écria la petite fille, enchantée. C'est la première fois que je vois une fée. Viens que je te regarde de plus près. » La fée Aubépine sortit de sa cachette. Elle était ravissante dans sa robe blanc et rosé, avec une guirlande de fleurs d'aubépine sur ses cheveux blonds tout bouclés. « Acceptes-tu de me prêter ton petit fourneau? demanda-t-elle. Je t’en prie, dis oui.
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— Avec plaisir, répondit Annette. Y allumeras-tu du feu? Maman ne m'en donne pas la permission. — Cela me m'étonne pas, fit remarquer la fée. Tu es encore une petite fille. Tu pourrais te brûler. — Faudra-t-il que je le laisse ici, dans le jardin? interrogea Annette. — Oui, s'il te plaît, répliqua Aubépine. Je serai très bien ici pour tout préparer. Nous dînerons dehors. J'habite derrière ces rosés trémières, je ne suis pas loin de chez moi.
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— Me permettras-tu de venir te voir faire la cuisine? demanda Annette. Je n'ai jamais vu mon fourneau allumé. — Viens ce soir après le dîner, proposa la fée. Je commencerai mes préparatifs à neuf heures. Nous, les fées, nous dînons à minuit, jamais plus tôt. » Pour une fois, Annette monta se coucher sans se faire prier. A neuf heures, elle se lèverait, enfilerait sa robe de chambre bleue, mettrait ses pantoufles et sans bruit descendrait dans le jardin. Elle était trop émue pour s'endormir. Enfin la grande horloge du vestibule sonna neuf coups. Alors Annette se leva et sortit sur la pointe des pieds. Une odeur délicieuse de pâtisserie la guida vers la petite cuisinière. La fée était déjà à l'œuvre. Des gâteaux se doraient dans le four. La fée remuait des sauces, pétrissait des pâtes. Elle avait rassemblé des quantités de mûres, de noisettes, de petits champignons,
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c'était la boisson habituelle des fées. Le matin. à l'aube. Regarde. « Le petit fourneau chauffe très bien. Aubépine avait rempli de rosée une cruche de cristal. — Je ne peux pas f expliquer. Mais tu as été très gentille de me 106 . Je peux seulement te dire que j'ai ajouté aux champignons un rayon de lune pour les rendre plus savoureux. Les fées se nourrissent de choses que les êtres humains ne connaissent pas. Et je vais faire aussi un gâteau de miel et une crème dont moi seule ai le secret. — Quel genre de ragoût est-ce? demanda Annette. murmura Annette.d'herbes aromatiques et de baies qu’Annette voyait pour la première fois. Il sera excellent. mon ragoût mijote tout doucement. — C'est impossible. ditelle en soulevant le couvercle d'une casserole. Nous dînons trop tard pour une petite fille comme toi. — J'aimerais bien que tu m'invites.

sur des assiettes. de gâteau. Mes amies ne mangeront pas tout II restera sûrement un peu de ragoût. Annette. et elle s'en alla en courant. de crème. Bonne nuit! — Au revoir.prêter ton fourneau. je nettoierai ton fourneau. Tu as sommeil. Et je laverai les casseroles. J'aimerais que tu goûtes aux bonnes choses que je prépare. fée Aubépine ». Ecoute. dit Annette. Je les laisserai dans le four. Tu bâilles. Tout sera propre et brillant Va vite te coucher maintenant. 107 .

Annette se régala. la noisette et le jasmin. Quel bonheur ce serait si la fée Aubépine invitait encore ses amies et venait lui emprunter son petit fourneau ! 108 . Annette trouva un peu de ragoût au rayon de lune. Annette découvrit une tranche de gâteau doré qui sentait le miel. dès qu'elle fut levée. Dans un petit plat bleu. un bol contenait une crème au goût exquis et. à côté. elle se hâta d'aller voir ce que la fée avait laissé dans le four de la cuisinière* Aubépine avait tenu parole.Le lendemain matin.

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