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La Bioéthique

SOMMAIRE

Introduction......................................................................................................................

I/ LA BIOETHIQUE..........................................................................................................

1) Qu’est ce que la bioéthique ?...............................................................................


2) La nécessité de la bioéthique...............................................................................
3) Le comité consultatif national d’éthique...............................................................

II/ LES GRANDES LOIS DE BIOETHIQUES.................................................................

1) Les lois de bioéthique de 1994.............................................................................


2) La loi de bioéthique de 2004................................................................................

III/ LA BIOETHIQUE EN QUESTION.............................................................................

1) Pour ou contre le clonage thérapeutique.............................................................


2) La condition juridique de l’embryon......................................................................
3) La brevetabilité du vivant et du génome humain..................................................

Les progrès scientifiques dans le domaine des sciences de la vie posent


de délicates questions éthiques : clonage thérapeutique ou reproductif,
recherche sur l’embryon, brevetabilité du vivant et du génome humain…
Elles ont fait l’objet en France des lois de bioéthique de 1994 et 2004.
Les progrès scientifiques et médicaux font émerger de nouveaux risques
et de nouvelles dérives : eugénisme, discriminations génétiques, offre de
services de "mères porteuses", trafics d'organes, cliniques spécialisées
dans l'euthanasie, …
Au cours des années 1980, des questions sur les conséquences sociales,
culturelles, morales et juridiques, se sont développées dans les pays les
plus avancés, à cause de projets scientifiques en matière de procréation
et de recherche notamment. Le débat est régulièrement relancé par des
annonces surprenantes et aussitôt contestées, de certaines sectes, sur de
prétendus clonages humains par exemple.
Les premières lois de bioéthique ont été adoptées en France en 1988
avec la loi Huriet puis en 1994 avec l’adoption de trois lois marquant le
poids, de plus en plus important, que la bioéthique prend dans la société.
Ces trois lois prévoyaient une révision, qui a finalement abouti avec
l’adoption de la loi relative à la bioéthique du 6 août 2004.
I/ LA BIOETHIQUE

1) Qu’est ce que la bioéthique ?

La bioéthique est l’ensemble des réflexions, recherches et pratiques cherchant à


résoudre des questions morales suscitées par l'avancement des sciences et des
techniques biomédicales et proposant une limite aux interventions de l'Homme dans
le domaine des sciences de la vie. Avec les progrès de la technique et le
développement des connaissances en biologie et en médecine, des problèmes
éthiques se posent de plus en plus fréquemment sur la nécessité de certains gestes
thérapeutiques ou l'opportunité de poursuivre certaines recherches appliquées.
Etymologiquement parlant, la bioéthique signifie l’éthique du vivant (« bios » en grec
signifie la vie et « ethos » signifie les mœurs)

La bioéthique a réellement pris toute son ampleur avec, en 1988, la loi Huriet
Sérusclat relative à la protection des personnes qui se prêtent à des recherches
biomédicales.

En médecine, ces problèmes se posent avec force dans des domaines très variés :

la procréation artificielle (qui peut bénéficier de cette technique et par quels


moyens ?),
la réanimation des prématurés (à partir de quel âge faut-il tenter de sauver
un prématuré et quelle qualité de vie lui assurer ou lui refuser ?),
l'avortement thérapeutique (dans quelles conditions un médecin peut-il
proposer cette intervention ?),
les thérapies géniques (jusqu'où autoriser les modifications du patrimoine
génétique ?),
l'acharnement thérapeutique (jusqu'où poursuivre le maintien en survie
artificielle de personnes en coma dépassé ?)
l'euthanasie (a-t-on le droit de mettre fin à la vie d'une personne souffrante et
condamnée ?).

Dans le domaine de la biologie, il est aussi naturel de s'interroger sur le bien-fondé


de certaines recherches effectuées sur des virus extrêmement puissant, contre
lesquels il n'existe, aujourd'hui, aucun traitement, compte tenu des risques de
contamination de la population.

⇒ Est-il possible, et dans quelles conditions, d’intégrer dans la nature des


organismes génétiquement modifiés sans être totalement certains des
conséquences à long terme d'un tel geste sur la faune et la flore, ou même sur
la santé des hommes ?
⇒ Est-il acceptable de faire des recherches et des manipulations très poussées
sur les embryons humains ?
⇒ De qui les banques d'embryons sont-elles la propriété,
⇒ L'embryon est-il considéré comme étant un individu avec un minimum de
droits ?
Autant de questions et d'interrogations auxquelles il est très difficile de répondre de
façon univoque et certaine. Tâche d'autant plus difficile que certains de ces
développements sont trop récents pour que notre jugement ne soit pas influencé par
notre peur de la nouveauté ou simplement par des règles morales qui ne valent,
peut-être, que pour notre époque.

2) La nécessité de la bioéthique

Les problèmes liés à l’avancement du progrès dans le domaine de la médecine et de


la biologie ont ouvert le débats quant à la nécessité de mettre en place des lois pour
éviter les dérives des techniques médicales et biologiques, encadrer les
découvertes, les avancées et évidemment de protéger l’être humain. En effet toutes
ces avancées posent des problèmes qui mettent en jeu la définition même de la
personne humaine.
Ces questions nouvelles ne doivent pas rester aux mains des seuls experts, mais
devenir l’affaire de la société toute entière.

3) Le comité consultatif national d’éthique

Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé a


été créé par un décret du Président de la République française le 23 février 1983.
Relevant auparavant de la loi du 29 juillet 1994, il est désormais inscrit dans la loi du
6 août 2004. Sa mission est de "donner des avis sur les problèmes éthiques et les
questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines
de la biologie, de la médecine et de la santé".
Le Comité consultatif national d'éthique est une autorité indépendante qui se
compose du Président, nommé par le Président de la République, du Président
d'honneur et de 39 membres : 5 personnalités appartenant aux principales familles
philosophiques et spirituelles et désignées par le Président de la République - 19
personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence et de leur intérêt pour
les problèmes d'éthique - 15 personnalités appartenant au secteur de la recherche.
L'instruction des dossiers est faite par la section technique qui comprend 12
membres désignés par l'ensemble du Comité sur proposition de son Président : 4
sont issus du groupe des personnalités qualifiées pour leur compétence pour les
problèmes d'éthique, et 8 font partie des personnalités du secteur de la recherche.

Organisme strictement consultatif, le Comité consultatif national d'éthique peut être


saisi par les Présidents des Assemblées parlementaires, les membres du
gouvernement, un établissement d'enseignement supérieur, un établissement public
ou une fondation reconnue d'utilité publique ayant pour activité principale la
recherche, le développement technologique ou la promotion et la protection de la
santé. Mais il est également prévu que le Comité puisse se saisir de questions
posées par des personnes autres que ci-dessus ou par un de ces membres.
Chaque question est instruite par un groupe de travail, composé de membres du
Comité qui peuvent faire appel à des experts extérieurs. Le dossier est examiné par
la section technique qui décide ensuite de son examen par le Comité réuni en
session plénière. Un rapport définitif est rédigé accompagné le plus souvent d'avis et
de recommandations.

Le Comité consultatif national d'éthique diffuse ses travaux par :


- une conférence publique annuelle qui est organisée par le Comité sur les
problèmes d'éthique dans le domaine des sciences de la vie et de la santé
- des conférences de presse qui sont organisées lorsqu'un avis est adopté par le
Comité.
- une revue trimestrielle "Les Cahiers du Comité". Les Cahiers du Comité publient le
texte intégral des avis, des recommandations et des rapports du Comité. Construite
sur le thème de l'avis le plus récemment adopté, une première rubrique diffuse des
documents officiels, des contributions d'experts, des études sur les réglementations
à l'étranger, des libres propos de personnalités extérieures au Comité. Une autre
rubrique est consacrée aux actualités du Comité et aux activités de ses membres.
- par Internet où tous les avis et rapports sont disponibles en français et en anglais.

II/ LES GRANDES LOIS DE BIOETHIQUES

1) Les lois de bioéthique de 1994

Ces lois, promulguées en juillet 1994, sont au nombre de trois :


• la loi n° 94-548 du 1er juillet 1994 relative au traitement des données nominatives
ayant pour fin la recherche dans le domaine de la santé et modifiant la loi n° 78-17
du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ;
• la loi n° 94-653 du 29 juillet 1994 relative au respect du corps humain :

 Garantit la primauté de la personne,


 Interdit toute atteinte à la dignité,
 Assure le respect dès le commencement de la vie sauf nécessité
thérapeutique.

• la loi n° 94-654 du 29 juillet 1994 relative au don et à l'utilisation des éléments et


produits du corps humain, à l'assistance médicale à la procréation et au diagnostic
prénatal ; elle encadre les activités de prélèvement de greffe d’organe, de tissus et
cellules d’origine humaine, sur des personnes vivantes et décédées.
Son réexamen doit de faire dans les 5 ans après sa mise en application par l’office
parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST).

Les lois de bioéthique de 1994 recouvraient "à la fois l'affirmation des principes
généraux de protection de la personne humaine qui ont été introduits notamment
dans le Code civil, les règles d'organisation de secteurs d'activités médicales en
plein développement tels que ceux de l'assistance médicale à la procréation ou de
greffes ainsi que des dispositions relevant du domaine de la santé publique ou de la
protection des personnes se prêtant à des recherches médicales"

2) La loi de bioéthique de 2004

La révision des lois de bioéthique de 1994 est intervenue par la loi n° 2004-800 du 6
août 2004 relative à la bioéthique.

Le long parcours de la loi de bioéthique du 6 août 2004 :


• 29 juillet 1994 : promulgation des deux lois de bioéthique n° 1994-653 et 1994-654.
• 20 juin 2001 : dépôt au Parlement du projet de loi relatif à la bioéthique.
• 22 janvier 2002 : première lecture à l’Assemblée nationale.
• 30 janvier 2003 : première lecture au Sénat.
• 11 décembre 2003 : deuxième lecture à l’Assemblée nationale.
• 8 juin 2004 : deuxième lecture au Sénat.
• 8 juillet 2004 : commission mixte paritaire et adoption du projet de loi.
• 29 juillet 2004 : décision du Conseil constitutionnel.
• 6 août 2004 : promulgation de la loi n° 2004-800 du 6 août 2004 relative à la
bioéthique.

Les principales dispositions de la loi :

- Le clonage, reproductif ou thérapeutique, est interdit. L’article 21 de la loi


(nouveau troisième alinéa de l’article 16-4 du Code civil) est ainsi rédigé : "Est
interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement
identique à une autre personne vivante ou décédée". Le clonage reproductif
constitue désormais un "crime contre l’espèce humaine", puni de 30 ans de réclusion
criminelle et de 7,5 millions d’euros d’amende.

- La recherche sur l’embryon et les cellules embryonnaires est en principe


interdite. La loi dispose ainsi : "La conception in vitro d'embryon ou la constitution par
clonage d'embryon humain à des fins de recherche est interdite" ; "Un embryon
humain ne peut être ni conçu, ni constitué par clonage, ni utilisé, à des fins
commerciales ou industrielles" ; "Est également interdite toute constitution par
clonage d'un embryon humain à des fins thérapeutiques" ; "La recherche sur
l'embryon humain est interdite".

- Par dérogation, les recherches peuvent être autorisées sur l'embryon et les
cellules embryonnaires, pour une période limitée à cinq ans, "lorsqu'elles sont
susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à la condition
de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d'efficacité comparable,
en l'état des connaissances scientifiques". Ne peuvent être concernés que les
"embryons conçus in vitro dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation
qui ne font plus l'objet d'un projet parental" (embryons dits "surnuméraires").

- Par dérogation, "le diagnostic biologique [préimplantatoire] effectué à partir de


cellules prélevées sur l'embryon in vitro peut également être autorisé, à titre
expérimental", pour guérir un enfant atteint d’une maladie génétique incurable grâce
à la naissance d’un enfant indemne (bébés dits "du double espoir" ou "bébés-
médicaments").

- Le cercle des personnes pouvant procéder à un don d’organe pour une greffe
est élargi. Outre le père et la mère du receveur, "peuvent être autorisés à se prêter à
un prélèvement d'organe dans l'intérêt thérapeutique direct d'un receveur son
conjoint, ses frères ou sœurs, ses fils ou filles, ses grands-parents, ses oncles ou
tantes, ses cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint de son
père ou de sa mère", et "toute personne apportant la preuve d'une vie commune d'au
moins deux ans avec le receveur".
- Une Agence de la biomédecine est créée. Etablissement public administratif de
l’Etat, placé auprès du ministre de la Santé, elle est compétente dans les domaines
de la greffe, de la reproduction, de l'embryologie et de la génétique humaine. Elle a
notamment pour missions de participer à l’élaboration et à l’application de la
réglementation et des règles de bonne pratique ; de suivre, d'évaluer et de contrôler
les activités médicales et biologiques relevant de sa compétence ; d’agréer les
praticiens et les protocoles de recherche.

III/ LA BIOETHIQUE EN QUESTION

1) Pour ou contre le clonage thérapeutique

Partisans et adversaires du clonage thérapeutique s'affrontent sur l'utilité ou non de


mettre au point des thérapies utilisant des cellules souches embryonnaires pour
soigner, à terme, des affections actuellement incurables. Les uns invoquent le devoir
de lutter contre la souffrance des malades et entendent préserver le développement
de la recherche, en particulier sur les performances respectives des cellules souches
adultes et embryonnaires. Les autres, attachés avant tout à protéger l'embryon,
objectent qu'il existe des alternatives à l'utilisation des cellules embryonnaires,
évoquent le risque de voir se développer un "marché des ovules" et font valoir que le
clonage thérapeutique constitue le premier pas vers le clonage reproductif que tous
s'accordent à condamner.

2) La condition juridique de l’embryon

Considéré traditionnellement en droit civil, comme une "personne conditionnelle",


c'est-à-dire susceptible de bénéficier d'une protection juridique proche de celle
reconnue aux personnes à condition de naître vivant et viable, sa dimension
biologique a été prise en compte par la loi Veil sur l'interruption volontaire de
grossesse de 1975 et les lois de bioéthique de 1994. Dans le débat actuel, il n'est
pas perçu comme une personne ni comme une chose, puisque les atteintes à
l'embryon sont tolérées uniquement dans l'intérêt médical d'autrui, mais comme un
être vivant que le droit pourrait consacrer comme "personne humaine potentielle". Se
pose alors la question de la condition juridique des embryons surnuméraires qui ne
feront pas tous l'objet d'un projet parental, et qui ne peuvent donc pas être
considérés comme des êtres humains en devenir.

3) La brevetabilité du vivant et du génome humain

Le débat sur la brevetabilité des gènes humains et du vivant, soulevé par la


rédaction de l'article 5 de la directive européenne 98/44/CE du 6 juillet 1998, n'est
pas moins complexe. Il porte notamment sur l'interprétation de la frontière entre
"découverte" et "invention", qui conditionne la recevabilité des brevets de séquence,
sur le format des brevets à établir, sur la légitimité des brevets de gènes au regard
du statut non patrimonial du corps humain et de ses éléments, et sur l'application de
la notion de patrimoine commun de l'humanité au génome humain. Au-delà des
aspects techniques de la discussion, c'est la définition de l'humanité et les menaces
de réification que font peser sur elle les biotechnologies qui sont en question.
Bibliographie

Sites Internet

- http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2003/sem02/mag1219/sa_7304_bioe
thique_genetique_loi.htm
- http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/bioethique/index.shtml
- http://www.coe.int/T/F/Affaires_juridiques/Coop%C3%A9ration_juridique/Bio%
C3%A9thique/
- http://www.philagora.eu/educatif/index.php/Cours_de_philosophie/La_bioethiq
ue

Ouvrages

- Dominique Lecourt et Axel Kahn : « Bioéthique et liberté » / P.U.F.


- « Bioéthique : les questions » / Éditorial
- Gilbert Hottois : « Qu'est-ce que la bioéthique? » / Collection Chemins
philosophiques