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Le 23 janvier 2012 Pat Martin, député Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions

Le 23 janvier 2012

Pat Martin, député Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires (OGGO) Bureau d’Ottawa, Colline du Parlement Pièce 629-C, Chambre des communes Ottawa (Ontario) Canada K1A 0A6

Monsieur le Député,

Je m’appelle Donald Powell et je suis propriétaire d’une compagnie, TPG Technology Consulting Ltd., qui fournit des services professionnels en informatique au gouvernement fédéral ainsi qu’à d’autres clients. Par la présente, j’aimerais porter à votre attention les points suivants :

les diverses expériences que j’ai eues avec Intégrité du secteur public Canada (ISPC);

une plainte que j’ai soumise à ISPC au sujet d’un marché public de grande envergure;

mes préoccupations au sujet du fonctionnement continu d’ISPC et du rôle de la surveillance exercée par les parlementaires pour s’assurer qu’ISPC s’acquitte de son mandat;

une demande d’aide de la part du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires pour que celui-ci voie à ce qu’ISPC s’occupe de notre plainte actuelle conformément à son mandat. En particulier, je demande que votre comité examine le processus suivi par ISPC et le délai de réponse à ma plainte.

Couverture médiatique récente

Pour commencer, je voudrais commenter plusieurs articles parus dans les médias au sujet d’ISPC et du nouveau commissaire à l’intégrité du secteur public, Mario Dion.

Le premier article pertinent est intitulé « Parliamentary watchdogs appeal for more oversight » et est paru dans l’Ottawa Citizen le 21 décembre 2011. Cet article souligne que sept mandataires du Parlement demandaient que ce dernier améliore sa surveillance de leur rendement. On y rapporte cette citation de vous : « Nous avons dormi aux commandes ». L’article porte la signature de Kathryn May.

Par la suite, un éditorial paru le 24 décembre 2011 dans l’Ottawa Citizen et intitulé « Watching the Watchers » a appuyé l’idée d’un « mécanisme de reddition de comptes rigoureux et cohérent » [TRADUCTION] pour les organisations jouant un rôle de surveillance.

Est également paru le 21 décembre 2011, sous la plume de Meagan Fitzpatrick, un article de la CBC intitulé « Whistleblower watchdog hints he’s found wrongdoing ». Cet article faisait référence à un segment de l’émission de la CBC Power and Politics dans lequel apparaît Mario Dion. L’animateur de l’émission était Evan Soloman. M. Dion a alors affirmé au public canadien qu’ISPC allait dorénavant fonctionner de manière appropriée et que « nous sommes tenus d’avoir des résultats » [traduction].

Un autre article de Kathryn May dans l’Ottawa Citizen était intitulé « Public Sector Integrity Commissioner nominee fights familiar doubts ». Cet article rapporte que M. Dion a assuré votre Comité parlementaire qu’« il avait l’indépendance et le courage [nécessaires] pour enquêter sur des actes répréhensibles qui auraient pu avoir été commis par ses anciens collègues de la fonction publique. » [traduction]

887 Richmond Road • Suite 100 • Ottawa • Ontario • K2A 0G8 • Voice: (613) 798·7647 • Fax (613) 798-7326

Expérience antérieure avec ISPC J’ai déposé une première plainte auprès d’ISPC en avril 2007. Celle-ci

Expérience antérieure avec ISPC

J’ai déposé une première plainte auprès d’ISPC en avril 2007. Celle-ci portait sur de graves irrégularités dans un marché public du gouvernement fédéral d’une valeur de 428 millions de dollars qui a eu lieu en 2006, peu après que les conservateurs ont été portés au pouvoir. On désigne ce marché par le sigle IST.

Ma compagnie, TPG Technology Consulting Ltd. a perdu ce marché de grande envergure au bénéfice de la société montréalaise CGI même si nous avions proposé un prix beaucoup plus faible. Le ministre de TPSGC à l’époque, le sénateur non élu Michael Fortier, a eu par le passé une relation d’affaires importante avec CGI. On compte de nombreuses irrégularités documentées concernant le processus d’évaluation de ce marché public.

M. Fortier a témoigné devant le Comité des opérations le 24 avril 2007 au sujet du marché public IST. À 17 h durant la réunion, Mme Peggy Nash demande à M. Fortier d’appuyer une enquête d’ISPC au sujet du marché public IST. M. Fortier a refusé d’appuyer une enquête d’ISPC et a justifié son refus en disant qu’il n’avait pas participé à l’évaluation.

Le 10 avril 2008, M. Fortier a témoigné de nouveau devant le Comité des opérations. À 9 h 30, M. Charlie Angus lui a posé une question sur son refus d’appuyer un examen indépendant du marché public IST. M Fortier a répondu qu’aucun examen n’était nécessaire parce que le sous-ministre de TPSGC avait donné l’assurance que ce marché avait été traité de manière appropriée.

Vous vous souvenez sans doute que Christine Ouimet a été la première commissaire d’ISPC. Elle n’a trouvé aucun acte répréhensible pour les 228 plaintes qui ont été déposées, dont deux par moi-même. À cette époque, ISPC avait refusé d’enquêter sur ma plainte parce que nous avions également déposé une plainte au Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE).

Cette réponse ne semblait pas raisonnable, car les mandats d’ISPC et du TCCE sont très différents. Le TCCE ne s’occupe pas des actes répréhensibles commis par des employés du secteur public.

Cependant, il est devenu clair pour moi qu’ISPC n’avait pas l’intention de signaler des actes répréhensibles graves qui embarrasseraient le gouvernement. Nous n’avons donc plus fait appel à ISPC.

Expérience récente

Avec la nomination de M. Dion au poste de commissaire, je croyais qu’ISPC allait commencer à s’acquitter de son mandat. Toutefois, mon expérience récente indique que des questions se posent toujours sur la volonté d’ISPC de signaler au parlement tout acte répréhensible qui pourrait être embarrassant au plan politique.

Nous avons en fait obtenu beaucoup plus d’information au sujet du processus d’évaluation du marché IST au moyen de diverses procédures judiciaires.

En septembre 2010, nous avons obtenu des preuves concluantes que les documents d’évaluation « officiels » qui ont été utilisés pour justifier l’attribution d’un contrat de 428 millions de dollars ont été falsifiés par des responsables. Ces documents ont été présentés à TPG comme étant les résultats « officiels » du processus et ont été censément approuvés par l’équipe d’évaluation.

Toutefois, grâce à ces documents du gouvernement et au témoignage sous serment d’un membre de l’équipe d’évaluation, nous avons maintenant la preuve que les documents en question sont un cas flagrant d’allégation frauduleuse parce que l’équipe d’évaluation n’a jamais vu les documents en question.

En nous appuyant sur cette information, nous avons déposé une nouvelle plainte à ISPC le 1 er juin 2011. Plusieurs semaines après, nous avons rencontré un agent d’évaluation initiale d’ISPC

pour expliquer les documents contenus dans notre plainte. Je dois également mentionner que les documents

pour expliquer les documents contenus dans notre plainte. Je dois également mentionner que les documents en question sont très simples et peuvent être lus et compris en une heure ou deux, au plus.

En novembre 2011, nous avons communiqué avec ISPC pour demander où en était le traitement de notre plainte. Nous avons appris qu’après un délai de près de six mois, rien n’avait été fait au sujet de notre plainte.

Il est très difficile de croire qu’il existe un grand nombre de plaintes placées plus haut dans l’ordre de priorité alors que celle-ci porte sur un détournement de fonds publics de plus de 400 millions de dollars et la falsification de documents qui ont des répercussions légales et juridiques importantes.

Plus de sept mois se sont écoulés depuis le dépôt de notre plainte et on nous a récemment informés qu’elle était maintenant passée à l’étape suivante à ISPC.

Conclusion

Compte tenu de la situation, je crains évidemment qu’ISPC refuse de signaler quelque acte répréhensible que ce soit au Parlement comme la loi applicable l’exige.

Il est clair que la falsification de documents se rapportant à un marché public de 428 millions de dollars n’est pas acceptable et constitue une question d’importance nationale. Je crois qu’à titre de président du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, vous devez être informé de la nature de notre plainte et de son importance politique.

Je demande que vous, ainsi que votre Comité, posiez des questions à ISPC au sujet de ma plainte, en particulier sur le processus qui a été suivi, sur les mesures qui sont prises et sur le délai nécessaire pour répondre à ma plainte.

Tous les documents auxquels nous faisons référence dans notre plainte sont dans le domaine public. Nous serions heureux de vous les fournir ainsi qu’aux membres du Comité. Nous pourrions aussi nous rencontrer pour expliquer les documents en question.

Il est également clair d’après les documents que cette affaire constitue un exemple majeur d’acte répréhensible qu’ISPC doit signaler sans attendre au Parlement et au public canadien.

Si vous avez besoin d’un complément d’information, veuillez communiquer moi au 613-798-7647.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes meilleurs sentiments.

[signature]

Donald R. Powell

Président

Copie à :

Mario Dion, commissaire à l’intégrité du secteur public

Kathryn May, Ottawa Citizen

Evan Soloman, CBC, Power and Politics

L’honorable John McCallum, C.P., député

Mike Wallace, député

Scott Armstrong, député

Denis Blanchette, député

Kelly Block, député Alexandre Boulerice, député Peter Braid, député Ron Carman, député Jacques Gourde, député Mathieu Ravignat, député Bernard Trottier, député Marc-Olivier Girard, greffier du Comité

Jacques Gourde, député Mathieu Ravignat, député Bernard Trottier, député Marc-Olivier Girard, greffier du Comité 4