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Mathilde GIARD A3

La science en action, B. LATOUR

Bruno Latour, anthropologue, est depuis 2006 professeur à l’institut d’études politiques de Paris et depuis 2007 directeur scientifique et directeur adjoint de Science-Po. Il a réalisé des travaux en sociologie des sciences et a notamment étudié le processus de recherche scientifique. Intéressé par les multiples connections entre la sociologie, l'histoire et l'économie des techniques il écrit La Science en action qui est d’abord parut en anglais en 1987 sous le titre : Science in Action: How to Follow Scientists and Engineers through Society puis édité en français en 1889 aux éditions « La découverte ». La publication du livre répondait à une demande aux Etats-Unis dans la mesure où l’auteur développe dans ce livre le programme de recherche, constitué de règles de méthode et de principes, d’un domaine labellisé aux Etats-Unis « sciences, technologie et société », qui n’a aucun écho à cette période en France, car les Français ont une autre idée de la rationalité. Ce livre écrit pour un grand public intéressé par le renouvellement de la compréhension des méthodes scientifiques et ses connexion avec le reste de la société utilise des anecdotes, des études de cas, des exemples issus de beaucoup de périodes différentes et disciplines. Il peut être utilisé comme une introduction générale aux études scientifiques. Il explique notamment comment la Science est EN TRAIN de se faire. Résumé : Latour commence sa réflexion en expliquant le concept de « boites noires » qui est la base de son raisonnement; c’est : « Un appareil ou une série d’instructions d’une grande complexité *…+ où tout ce qu’on a besoin de connaître est ce qui rentre et ce qui sort ». Il prend l’exemple de la forme en double hélice de l’ADN, en 1951, Watson et Crick n’ont aucune idée de cette structure, ils sont confronté à des doutes face à cette hypothèse alors que de nos jours, un chercheur qui travaille sur cette entité ne se pose même plus la question, il ne remet pas en cause cette forme tridimensionnelle, c’est un fait acquis, une hypothèse vérifiée. La boîte noire est un outil, déjà validé, sur lequel on peut s’appuyer pour continuer à faire la science sans avoir à le redémontrer. L’auteur s’arrête ensuite sur le véritable métier de chercheur, en opposant « l’homme d’affaire » qui voyage, à la recherche de financements, au collaborateur qui reste lui, à la paillasse, à réaliser des expériences. Il y a pour Latour un véritable divorce entre ceux qui reste au laboratoire (intérieur du réseau), et ceux qui partent promouvoir cette recherche (extérieur du réseau). En effet, pour être reconnus, les chercheurs doivent élaborer un réseau, c’est la tout l’ouvrage de Latour. Le réseau sert à gagner de la crédibilité, pour se faire entendre des autres, car bien évidemment, un chercheur seul ne peut avance, il a besoin de se confronter aux autres qui lui donnent un avis critique par exemple. Le réseau est aussi nécessaire pour avoir des financements, et pour cela, les chercheurs doivent aligner leurs intérêts sur ceux de leurs financeurs. Il faut que la société ait besoin de ses recherches, c’est pourquoi le scientifique doit communiquer et faire partager ses résultats, mais il va se retrouver confronter aux croyances de « non-scientifiques ».

L’œuvre présente ensuite un passage sur les tribunaux de la raison dans lequel. les chercheurs dans ce cas là. Le cheminement de sa pensée est on ne peut plus clair. en raison des idées préconçues qui les habitaient. La limites de cet ouvrage est pour ma part la trop grande séparation entre chercheur au sens propre ( à la paillasse) et l’homme d’affaire. Latour nous explique que c’est la société qui explique que certaines règles peuvent paraitre complètement contraires à la logique. Les faits scientifiques ne se sont pas construits de manière correcte. De plus. De plus. mais cependant il est compris par le plus grand nombre. un chercheur peut combiner les deux métiers. ou dans les tribunaux de la raison. Mais un des dangers de cela est de créer une marge de déformation. et qui trouvaient des écarts significatifs entre les peuples. En revanche. d’abord voir ce qui se trouve dans la « boite noire » et s’arrêter sur chaque problème rencontré pour le résoudre. il faut la rencontrer au moins deux fois (cf l’exemple de l’explorateur Lapérouse qui cartographie l’Asie mais ne revient pas). Réflexion personnelle : Dans cet ouvrage nous avons une nouvelle perception de la science. Il n’y avait aucune critique émise par leurs contemporains. repartir de la source. une vulgarisation est nécessaire. Les mesures étaient baisées. cependant pour qu’une information devienne une connaissance. Latour nous plonge sans cesse dans le contexte historique de la découverte (pour l’ADN et l’ordinateur). et en empêcher sa vulgarisation « fait dur ». au travers de nombreux exemples. en effet. et les idées sont exprimées de manière précises grâce aux multiples exemples qui ponctuent presque chaque page. Ce livre peut faire échos à « La mal-mesure de l’homme » de Gould dans lesquels sont expliquées les bases scientifiques du racisme. Généralement.) . Il est apparut évident qu’un scientifique doit sans cesse chercher à élargir son réseau pour développer l’intérêt que porte la société à son sujet de recherche et ainsi obtenir des financements. il est nécessaire que les données soit mobiles et combinables pour pouvoir servir la science. si l’on veut garder le fait scientifique intact. c’est ce que l’on appelle un « fait souple ». suite à une déformation progressive de l’information au fur et à mesure qu’elle transite parmi les intermédiaires. ne travaillaient pas correctement. ce qui détériore un peu le fait. je ne m’étais jamais imaginé ce travail des chercheurs. c’est comme s’ils avaient utilisé une boite noire « certains peuples sont inférieurs » qui n’avait pas été démontré. (Par exemple Broca qui mesurait les cranes de différents peuples tout en sachant à l’avance à qui chaque crâne appartenait. Latour développe le concept de cycles c’accumulation. Pour finir. Il existe au centre du réseau un centre décisionnel qui récupère toutes les informations. Si l’on veut que le fait scientifique soit à la porté de tous. la méthode utilisée par Latour est original mais simple et intuitive. En effet. En effet. il ne faut le laisser qu’à la porté des connaisseurs. Un de ses collaborateur par la suite refis les mesures à l’aveugle et ne trouva lui plus aucune différence. car elles n’étaient pas utilisé pour valider ou réfuter des hypothèses mais plutôt pour servir leurs préjugées.

qui ne constitue pas seulement un travail de paillasse isolé comme j’en avais l’idée (qui est d’ailleurs celle donné par la société). La lecture de cet ouvrage à put me permettre d’imaginer de façon plus complète le véritable travail de recherche. leur travail deviendra de plus en plus difficile. Il faut donc veiller à la bonne image de la recherche et du monde des chercheurs. En effet comme on l’a vu dans le l’ouvrage. . sans quoi.Ce livre et la construction du savoir peut aussi nous rappeler en ces temps de crises et d’élections électorales combien la recherche et tout le monde qui tourne autour est important. le chercheur peut correctement faire son travail de paillasse seulement s’il est accompagné par des personnes qui partent faire la promotion de son travail et recherchent des financements.