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PUBLICATIONS DE L'ECOLE DES LETTRES D'ALGER BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE LES MUSULMANS A MADAGASCAR
PUBLICATIONS DE L'ECOLE DES LETTRES D'ALGER
BULLETIN
DE CORRESPONDANCE
AFRICAINE
LES
MUSULMANS A MADAGASCAR
ET AUX ILES COMORES
DEUXIÈM E
PARTI E
ZAFINDRAMINIA,
ANTAMBAHOAKA
ONJATSY,
ANTAIONY,
ZAFIKAZIMAMBO,
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ÉDITEUR
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1893
PUBLICATIONS DE L'ECOLE DES LETTRES D'ALGER BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE LES MUSULMANS A MADAGASCAR
PUBLICATIONS DE L'ECOLE DES LETTRES D'ALGER
BULLETIN
DE CORRESPONDANCE
AFRICAINE
LES
MUSULMANS A MADAGASCAR
ET AUX ILES COMORES
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PARTI E
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1893
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ERNEST
LEROUX,
EDITEUR,
28, ru e Bonaparte,
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BULLETIN
DE
CORRÈSPONDANCE
AFRÌdÀN E
<
I. — E. CAT. Notice sur la carte de rOgôoué.
In-8, avec carte,.
3
fr.
»
II.
— E. AMÉLINEAU . Vie dû Pàtriarche Isaac.
Texte
copte
et
traduction
française.
ln-8 .
.
.
.
•.
5
fp.
»
III.— 1 É. CAT. Essai sur la rie et les outrages
du chroniqueur Gonzalès de Ayora,
suivi
de fragments inédits de sa Chroniqué.
In-8 .
.
.
.
.
.
.
2 -fr.
50
-
IV.
E. LEFÊBORE . Biles égyptiens. In-8
fr.
»
3
^ V. — RKÎÎÉ BASSET . Le dialecte de Sy ouah. In-8
4
fr.
»
VI.
—A . L E Gn ATELIER . Les tribus
du
Sud-
Ouest Marocain.
ln-8 .
.
.
a Carolo V
.
.
.
.
3
fr.
»
VII. — E. CAT. De rébus m
Africa
.
VIII.— E. CAT, Mission bibliographique èiÌEspa-
gne. Rapport à M. le Ministre de l'Ins-
gestis. In-8
.
.
2
fr.
50
tÎuction jmblique. In-&
.
.
.
2
fr.
50
IX.
— G.'FERRAND . Le* Musulmans
à
Mada-
gascar et aux
Mes
Comores.
l re partie,
s .
'
Lea Antailftqjfopa, In-â
y a .
.
3
fr.
»
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Anlamba-
;
hòaka,,
O^y^HÛHBjftty,
Zafikazi-
Sahatavy
.
3
fr.
X.
— J. PE^RfCKON 1 .* Vie de Lalibala, roi d'E-
thiopie. Texte éthiopien publié d'après
.
un manuscrit du Musée Britannique et
traduit en français. In-8 \
.
.
.
lOJr.
»
XI.
Fascicule. — E. MASQOERAY .
Diction-
-
frasais-Touareg
(Dialecte
des
(
Táifoq), *um d'Observations gramma-
ticales. ln-8,
.
6
fr.
»
Xfi .
REMÉT BASSWT.
Etudesur
la Zenatia
du
\
Mzab, ; Muar,ýla
et de l'Oued-Bit\\n-S.
10
fr.
»>
Xlit -—* Légçndés et contes merveilleux de la
bfràndétKaòtflie, recueillis par A Mou-
\
uÉftAs. Texte kabyle, I er fascicule, in-8. 3
fr.
»
ANOCM,
mp .
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GIHKIKR,
4.
PUBLICATIONS DE L'ÉCOLE DES LETTRES D'ALGER BULLETIN DE CORRESPONDANCE AFRICAINE XIV LES MUSULMANS A
PUBLICATIONS DE L'ÉCOLE DES LETTRES
D'ALGER
BULLETIN
DE CORRESPONDANCE
AFRICAINE
XIV
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
ET AUX
ILES
COMORES
DEUXIÈME PARTIE
ZAFINDRAMINIA, ANTAMBAHOAKA, ONJATSY
ANTAIONY, ZAFIKAZIMAMBO
ANTAIVANDRIKA
ET
SAHATAVY
AKONT, mr . A. ICHDIN IT c.'*, 4, NE* OAMOBL
AKONT, mr . A. ICHDIN IT c.'*, 4, NE* OAMOBL
LES MUSULMANS A MADAGASCAR AUX ILES COMORES DEUXIÈME: PA.RTIE ZAFINDRAMINIA, ANTAMBAHOAKA ONJATSY, ANTAIONY,
LES
MUSULMANS A MADAGASCAR
AUX
ILES
COMORES
DEUXIÈME:
PA.RTIE
ZAFINDRAMINIA,
ANTAMBAHOAKA
ONJATSY,
ANTAIONY,
ZAFIKAZIMAMBO,
ANTAIVANDRIKA
ET SAHATAVY
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1893
PRÉFACE La publication des textes malgaches qui font l'objet de cet ouvrage a pour but
PRÉFACE
La publication des textes malgaches qui font l'objet
de cet ouvrage a pour but principal de fixer les légendes
historiques les plus autorisées qui ont cours parmi cer-
taines tribus musulmanes de la côte sud-est. Les sept
textes qui suivent ont été écrits sous la dictée de Mal-
gaches âgés et pour la plupart illettrés. Je tiens à men-
tionner cette dernière particularité. Si elle rend les
recherches plus difficiles, elle est une garantie sérieuse
de la véracité des conteurs dont les souvenirs ne peuvent
remonter à aucune source européenne.
Les sept tribus des ZafindRaminia, Antambahoaka,
Onjatsy, Antaiony, Zafikazimambo, Antaivandrika et
Sahatavy sont disséminées dans le pays compris entre
les villages de Manaujary et Farafangana, entre les
21* et 23 e degrés de latitude sud. Les renseignements
géographiques contenus dans les textes malgaches per-
mettront facilement au lecteur de trouver la situation
de chacune d'elles sur la carte. Leurs mœurs et leurs
croyances sont à peu près les mêmes que celles des
Antaimorona dont j'ai donné la description dans la
première partie de ce travail. Je n'ai donc mentionné,
VI PRÉFACE pour éviter des redites, que les coutumes propres à chacune de ces tribus.
VI
PRÉFACE
pour éviter des redites, que les coutumes propres à
chacune de ces tribus.
Les textes, au point de vue philologique, n'offrent
rien de particulier à signaler. Ils sont d'une assez
mauvaise rédaction, et, malgré une connaissance déjà
longue de la langue et de la vie malgaches, il m'a été
quelquefois difficile d'en donner une traduction rai-
sonnée. Leur valeur historique est souvent contestable ;
rinexactitude (E. Renan, Vie de Jésus, Paris, 1892.
in-8°,p. LXXXIX) , qui est tm des traits de toutes les com-
positions populaires, s'y fait particulièrement sentir.
Ce sont cependant les seuls documents dont nous dis-
posons qui traitent des origines des tribus de la côte
orientale de la grande île africaine ; et, à ce titre, il nous
a paru utile de les publier. La troisième partie de ce
travail sera consacrée aux tribus musulmanes du nord
de Madagascar et aux migrations musulmanes dans la
grande ile africaine.
Mananjary (côte sud-est de Madagascar), le 12 avril 1893.
CHAPITRE PREMIER Les sept tribus, dont l'histoire légendaire fait l'objet de ce travail, peuvent se
CHAPITRE PREMIER
Les sept tribus, dont l'histoire légendaire fait l'objet de
ce travail, peuvent se diviser en deux catégories :
1° Les descendants directs de Raminia' (ZafindRami-
nia i et Antambahoaka) :
2* Les descendants de Mekkois émigrés à Madagascar
( Onjatsy , Antaiony 3 , Zafikazimambo \ Antaivandrika '
et Sahatavy).
Le premier texte zafindramÌDÌa ne nous donne que
quelques renseignements de peu d'importance sui-
te fondateur de cette tribu. Arrivé avec sa sœur
Ravahinia à Madagascar, Raminia 6 débarque à Saka-
1. Nous avons conservé l'orthographe indigène de tous les mots
malgaches. Quelques lettres seulement ont une valeur différente des
nôtres : o se prononce toujoui3 ou; j se prononce dz; et e, comme
dans bonté. Les lettres c, q, u, iv et x n'existent pas dans l'alphabet
malgache. Le .<on i, à la fin d'un mot, s'écrit toujours y.
2. Zafy,
les descendants; Raminia,
de Raminia
(arabe
^ J\1 r
3. Anta, les gens de ; lony, nom propre; c'est-à-dire les descen-
dants de lony.
4. Les descendants [zafy)
de Kazimambo.
5. Les gens (antay) de l'arbre vandrika, arbre à bois jaune et
dur , Craspidospermum veriicellatum (Boyer, Dictionnaire mal-
'gache-français, Tananarive, 1888, in 8o, p. 751 .
6. Si l'on n'adople pas une étymologie arabe pour le nom propre
Raminia, il peut être rapproché des noms malgaches Ramena, le
1
2 LES MUSULMANS A MADAGASCAR leona 1 , un bœuf,un canon et une table en
2
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
leona 1 , un bœuf,un canon et une table en pierre; puis re-
tourne à la Mekke où il meurt. La pierre taillée en forme de
bœuf se trouve encore dans un village ì situé sur les bords
de la rivière de Mahéla. Les Malgaches l'appellent vato-
lambo (le porc en pierre). Elle est plus connue sous le nom
à'éléphant de Sakaleona. J'ai donné dans la première partie
de cet ouvrage 3 une description de ce fétiche qui ne rap-
pelle l'éléphant que très vaguement. La dénomination de
bœuf est tout aussi inexacte à cause de l'absence de bosse 4
et du prolongement de la mâchoire supérieure en forme de
trompe. Madagascar ne renfermant ni éléphant ni tapir et
ces deux animaux étant par conséquent inconnus aux Mal-
gaches, l'appellation de porc en pierre est suffisamment jus-
tifiée. Les Antambahoaka affirment que la femelle du vato-
fambo est enterrée à quelques kilomètres du village où se
trouve le mâle. Mais l'exhumation de l'animal devant être,
rouge, ou Hauxaina, le sec. Flacourt, dans son Histoire de la grande
isle Madagascar (Paris, lGtit, in-8°,
p. 48), dit à ce sujet : « Quel-
ques-uns disent que les Roandrian s'appellent Zaiîerahimina, du
i om de la mère de Mahomet qui s'appeloit Imina («<c poui* Arai-
na), d'autres qu'ils se nomment Zafleramini, c'est-à-dire lignée
de Hamini qu'ils disent avoir esté leur anccstre, ou de Raminia,
femme de Rahourod, père de Rahazi et de Racouvatsi. » L'étymolo-
gie rapportée par Flacourt est assurément inexacte. Les prétentions
des musulmans malgaches à descendre des fondateurs de l'islam,
sont généralement en contradiction avec l'histoire; et, s'il est inté-
ressant de les mentionner, on ne saurait oublier qu'elles ne reposent
sur aucune base sérieuse.
1. Petit village à une journée de inarche au nord de Mananjary.
'2. Le village d'Ambohisary.
3. P. 437-138.
4. Les bœufs malgaches appartiennent à l'espèce dite zébu, qui
porte, sur le garrot, une bosse, dont le plus ou moins de développe-
ment indique le degré de graisse de l'animal.
.15 ET AUX ILES COMORES «lisent-ils, accompagnée d'un tsikafara 1 , ils ont toujours re-
.15
ET AUX ILES COMORES
«lisent-ils, accompagnée d'un tsikafara 1 , ils ont toujours re-
culé devant les frais que nécessiteraient les fouilles et l'ac-
complissement du tsikafara. Plusieurs photographies ainsi
qu'un morceau du vatolambo ont été envoyés à M. Grandi-
dier. 11 y a donc tout lieu de croire que les recherches du
savant membre de l'Institut qui, depuis plus d'un quart de
siècle, s'est si utilement dévoué à l'étude des hommes et
des choses de Madagascar, nous fixeront bientôt sur l'ori-
gine de ce fétiche de pierre dont la légende attribue l'im-
portation à Raminia.
D'après le second texte zafìndraminia, Raminia serait
une femme de nationalité mekkoise, issue de Bao et qui au-
rait épousé Abrahame* {sic). De leur mariage naquirent
Ravahinia(la sœur de ltaminia dans le texte précédent) ',
Rakombilahy et Andrianakovatsy. Ce dernier figure sur la
liste généalogique donnée par flacourt sous le nom de
Racouvatsi 4 .
Le texte antambahoaka diffère peu du premier texte
zatindraminia. Raminia et sa sœur Ravahinia se marient
tous deux à Madagascar, v font souche de nombreuses Iri-
1. En hova, voaity. Offrande en rhum et viande de bœuf, promise
par vœu. L'offrande est, en principe, destinée à un bon ou mauvais
génie quelconque; mais elle est toujours consommée par les auteurs
du tsikafara, qui se contentent de dire, au commencement du repas :
< 0 génie, nous t'offrons ce rhum et ce bœuf et le remercions de la
faveur que tu nous a accordée. »
1. Cf. l'arabe jS, Ibrahim et le nom malgache Borahy qui ne*!
probablement qu une abréviation de celui-là.
3. D'après la légende rapportée par Flacourt (Appendice,
n° Vil),
Raminia aurait épousé, à la Mekke. la fille de Moh'ammed, dont il
eut deux enfants : un fils du nom de Rahourod et une fille nommée
Raminia, qui se marièrent ensemble.
4. Pour Hakovatsy.
4 LES MUSULMANS A MADAGASCAR bus, et, sur la fin de leurs jours, retournent à
4
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
bus, et, sur la fin de leurs jours, retournent à la Mekke,
leur patrie, pour y mourir et y être enterrés.
L'histoire des Antaivandrika nous fournît des rensei-
gnements très complets sur les événements qui nécessi-
tèrent la prétendue émigration des Mekkois à Madagascar:
« Lorsque les Zanafi andriana (princes) Raminia et Rava-
hinia, le frère et la sœur, f urent vaincus par le roturier Ma-
homado, dégoûtés d'habiter lendroit qui avait été témoin de
leur défaite, ils quittèrent la MeJke, où ils résidaient, pour
venir à Madagascar. » L'épithète de prince — que rien ne
justifie — donnée à Raminia et à sa sœur s'explique par la
tendance, assez commune chez les historiens et les conteurs
orientaux, à attribuer une descendance illustre aux chefs
de tribus dont ils écrivent ou racontent les exploits; l'au-
teur antambahoaka ne pouvait manquer de les imiter
sur ce point. L'épithète de roturier appliquée à Mahomado
(Moh'ammed le prophète) est au contraire assezétrange. Le
texte porte Mahomado hova ; la traduction de Mahomado
le roturier s'impose. Le Dictionnaire malgache-français
des PP. Abinal et Malzac 1 traduit le mot hova yw. habi-
tants de rlmérina ; nom générique des castes libres qui ne
sont pas nobles. Ces deux définitions sont inexactes. Je pré-
férerai la suivante : nom par lequel les étrangers désignent
improprement
les gens de Flmérina
;
nom de caste dont les
membres ne sont ni nobles ni esclaves. Le mot hova impli-
que surtout une idée de caste et c'est seulement avec ce
sens qu'il est employé par les habitants mêmes de la pro-
vince centrale de Madagascar*.
1. Loc.
cit.,
p. 253.
2. En dehors de l'Imérina, au contraire, les nobles des tribus
malgaches sont qualifiés de hova. Cf. Richardson, A new Malagasy-
English dictionary,
Antananarivo, 1885, in-8, p. 283.
.15 ET AUX ILES COMORES Je renvoie pour plus d'éclaicissement sur ce sujet à l'ar-
.15
ET AUX ILES
COMORES
Je renvoie pour plus d'éclaicissement sur ce sujet à l'ar-
ticle de M. Standing sur les Castes malgaches qui figure en
appendice dans la première partie de mes Musulmans à
Madagascar et aux iles Comores La traduction du mot
hova appliqué à Moh'ammed par roturier est donc parfaite-
ment correcte. Au point de vue musulman, cette épithète
est incompréhensible quand on voit combien les historiens
du Prophète se sont efforcés—et ils y ont presque réussi —
d'établir sa descendance directe d'ismaël fils d'Abraham^.
Celte généalogie, acceptée par les musulmans, fait de
Moh'ammed, en dehors de sa qualité de prophète qui prime
toute nobleose pour un croyant, un homme d'une origine
peu commune et qui mérite évidemment mieux que la qua-
lification de roturier. Ce manque de considération pour
le fondateur de l'islam est un indice certain du peu de
ferveur des musulmans malgaches de la côte sud-est. Quel-
ques-uns même ont été convertis au christianisme. Pro-
testants ou catholiques, ils n'en conserve pas moins un
très grand respect pour leurs ody (charmes) et un attache-
ment profond à leurs mpamosary (sorciers) et mpisikidy
(devins), les véritables ministres de la religion indigène. Le
panthéon malgache admettrait volontiers dans son sein
les éléments les plus hétérogènes, le Christ, Luther et
Calvin, Allah et Moh'ammed; mais en réservant la place
d'honneur à Zanahary 3 (le dieu bienfaisant) et Angatra 4
1 .
Loc.
cit.,
p .
149-163 .
2. Cf. Kazimirski, Le
Coran,
s. d., Paris, in-18 jés.,p.
m .
3. Zanahary signifie, littéralement, le créateur. C'est le dieu bien-
faisant malgache. 11 n'a la signification de Dieu que depuis l'arrivée
des missions chrétiennes.
4. Les Malgaches révèrent davantage Angatra que Zanahary :
c Celui-là, disent-ils, peut nous faire beaucoup de mal ; il nous faut
donc chercher à écarter sa néfaste influence par des offrandes et des
6 LES MUSULMANS A MADAGASCAR (le dieu du mal). C'est le sort des religions importées
6
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
(le dieu du mal). C'est le sort des religions importées à Ma-
dagascar d'être destinées à n'y faire aucun progrès. L'is-
lamisme n'y a laissé qu'une trace durable de son passage,
l'alphabet arabe dont les missionnaires musulmans ont
doté les tribus sauvages qu'ils venaient convertir à leur foi.
L'emploi des mots arabes dans la géomancie, le sikidy et
les ody a contribué aussi en grande partie à assurer la
conservation de ce système graphique.
Le caractère éminemment superstitieux des gens de ce
pays leur fait consulter souvent leurs devins et sorciers
pour en obtenir des charmes préventifs ou curatifs. Les
ody n'étant généralement composés que de quelques mots
ou lettres arabes écrits sur un morceau de papier ou d'é-
corce d'arbre pourvu de vertus particulières, les lettres
arabes devinrent sacrées et leur renommée se répandit
bien vile dans l'Ile entière. Elles jouissent aujourd'hui
encore des mêmes prérogatives et de la même bonne répu-
tation. Les tribus de la côte orientale de Madagascar
écrivent couramment le malgache avec les caractères
arabes; mais seuls quelques individus de race noble con-
naissent leurs vertus respectives et savent exactement le
nombre de y et de £ nécessaires pour la guérison d'un
malade.
La prétendue émigration de Raminia et de ses clients
dont le texte antaivandrika précise la cause, n'est proba-
blement qu'un souvenir vague et défiguré des infortunes
des premiers 'Alides. Joâo de Santos, dans son Histoire de
F Ethiopie méridionale \ rapporte, d'après une chronique
prières. Zanahary, au contraire, est le dieu bienfaisant; sa nature est
essentiellement bonne. Aussi le craignons-nous beaucoup moins. >
1. Trad.
du
portugais
par
le
P.
Charpy.
(Paris,
1688,
in-12,
liv.
11, p.
157
)
ET AUX ILES COMORES .15 du royaume de Quiloa, que les premiers habitants du Zanguebar
ET AUX ILES
COMORES
.15
du royaume de Quiloa, que les premiers habitants du
Zanguebar furent des bandits d'Arabie devenus mahomé-
tans qu'on exila parce qu'ils suivaient la doctrine d'un
nommé Zayd, neveu de H'osein (ils de 'Ali. D'après une
légende citée par Flacourl Uaminia aurait épousé à la
Mekke Rafatème [sic)fille de Moh'ammed. C'est sans
aucun doute de Fatima qu'il est question ; mais elle fut au
contraire mariée à Ali ben Aboû Taleb, et ne vint jamais
à Madagascar. Malgré de nombreuses inexactitudes, on
retrouve facilement trace dans la légende malgache d'un
fait historique d'une authenticité reconnue : la victoire
des Sonnites sur les 'Alides, et la nécessité pour ces der-
niers de quitter l'Arabie où le sort des armes leur avait été
contraire. Cet événement raconté aux Malgaches par les
missionnaires musulmans fut transmis par les premiers
convertis à leurs descendants qui vivant à l'écart du monde
islamique perdirent peu à peu la nolion exacte des circons-
tances qui l'avaient accompagné. Ils l'inscrivirent ensuite
dans !a biographie de leur ancêtre Raininia qui devint
mekkois pour pouvoir en bénéficier. Quant à l'exode d'Ara-
bie de brigands devenus musulmans, on pourrait également
y voir une réminiscence de l'émigration d'un certain nom-
bre de Qoreichites en Abyssinie vers l'an 015 de notre
ère, pour se soustraire aux mesures de rigueur qui furent
prises à celle époque contre les partisans du nouveau
culte 3 .
1. Loc.
cit.,
Appendice, n° VII.
2. /la,
particule ;
fati-mc,
transcription
défectueuse
de
l'arabe
Fatjma.
3. c Nous connaissons, dit M. Ilené Basset, dans son compte
rendu des ouvrages de M. Max Leclerc sur Madagascar, le nom et la
biographie du petit nombre de Mekkois (ils étaient quatre-vingt-trois)
qui émigrèrent quelque temps d'Arabie, non dans l'Inde, mais en
16 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Les Onjatsy sont avec les Anakara, les Zafikazimambo et les
16 LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Les Onjatsy sont avec les Anakara, les Zafikazimambo et
les Zafilsimaito, les plus célèbres sorciers du sud de Mada-
gascar. Le texte que j'ai obtenu de l'un deux et qui con-
tient des renseignements inédits sur la puissance surnatu-
relle des gens de cette tribu, est très sobre de détails sur
leur origine : « Leurs ancêtres sont venus d'au delà de la
mer et accompagnaient Raminia, le fondateur de la tribu
des Antambahoaka (lorsqu'il quitta la Mekke). » D'après
Flacourt 1 , ils forment la troisième classe des blancs
Onlampassemaca î , les gens des sables de la Mekke. Ils
ont la peau rouge et les cheveux longs et descendent des
matelots qui ont amené leur ancêtre fjian Racoube ou Jia-
couratsi à
Madagascar. L'abbé Rochon 3 les mentionne
également et leur donne le même rang que Flaco'irt, en
ajoutant que « ce sont de braves soldats versés dp.ns l'art
de la guerre. » Les Onjatsy réclament, du reste , l'honneur,
revendiqué également par les Anakara et les Zafisimaito*,
d'avoir rendu invincible Radama I er en l'accompagnant
dans toutes ses expéditions.
Dans le texte antaiony suivant, il n'est plus question de
Raminia. Cinq princes mekkois, Ramakararo, Rajosofa,
Abyssinie, près dunegous Gabra Masqal. Tous, à l'exception d'un ou
deux qui embrassèrent le christianisme, rentrèrent en Arabie après
l'hégire du Prophète. » (Bulletin de la Société de géographie de
l'Est, Nancy, 1888, in-8°,
p. 336 ; Kazimirski, Le Coran,
p. xiv.)
1. Loc. cit., Appendice, n° VII.
2. Pour olona tampasina Maca, les gens des sables de la Mekke.
3. Voir l'Appendice, n° IX.
4. Le manuscrit arabico-malgache, dont j'ai donné la traduction
dans !a première partie de cet ouvrage, raconte les différentes expé-
ditions de Radama I er et attribue l'honneur de ses victoires aux Ana-
kara et ZaOtsimaito qui l'accompagnaient. Il est bon d'ajouter que
l'écrivain de ce manuscrit est Anakara lui-même, ce qui enlève beau-
coup de force à ses affirmations.
.15 ET AUX ILES COMORES Andriamarohala, Ralivoaziry et Andriamboaziribe quittent leur patrie à la suite
.15
ET AUX ILES
COMORES
Andriamarohala, Ralivoaziry et Andriamboaziribe quittent
leur patrie à la suite d'une révolution qui enleva le trône
au premier d'entre eux. Les persécutions dont ils étaient
l'objet de la part de leurs ennemis vainqueurs, les forcè-
rent à émigrer et ils vinrent s'établir à Madagascar avec
ceux qui les avaient accompagnés. Trois de ces noms ont
une origine arabe :
1° Rajosofa, qui se décompose en : Ra, particule malga-
»
che, et Josofa, Yousouf nom propre (le se pro-
nonce généralement z ou dz (J) en malgache);
2° Ralivoaziry, qui se décompose en : Ra, particule; Ali,
J t , 'Ali, nom propre; et voaziry, j m j}, ouazir, le vizir; ou
alivoaziry, j m 'jel-ouazir, le vizir;
3° Andriamboaziribe, qui se décompose en : Andriana, le
prince ; voaziry, le vizir ; be, grand ; c'est-à-dire : le prince
grand vizir.
L'étymologie de Rajosofa est hors de doute. Celle des
deux autres noms me paraît également justifiée. Il est en
effet très naturel que parmi les princes qui accompa-
gnaient Ramakararo, le candidat au trône, l'un deux portât
le nom de vizir'Ali et l'autre de Prince grand vizir. L'éty-
mologie qu'on pourrait en donner par le nom malgache
voajiry serait en contradiction avec la lettre même du
texte : « Les Voadziri (vie), disent Flacourt 1 et l'abbé
Rochon 2 , forment la première caste des noirs. Ils des-
cendent des anciens rois de Madagascar et se sont soumis
aux ZafindRaminia. » La qualité de voajiry n'est donc pas
applicable aux deux compagnons de Ramakararo qui sont
expressément qualifiés de Zanak'andttana dans le texte.
1 .
Loc.
cit.,
2. Loc.
cit.,
Appendice, n ' VII.
Appendice, n° IX.
10 LES MUSULMANS A MADAGASCAR L'application simultanée de ces deux litres à la même personne
10
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
L'application simultanée de ces deux litres à la même
personne ne pourrait être que le résultat d'une erreur
grossière. L'hypothèse même en est inadmissible pour
quiconque est quelque peu au courant des mœurs mal-
gaches.
CHAPITRE II N Y ZAFINDRAMINI A Ary ny nitodiany Raminia taminy 1 nosy Madagasikara '
CHAPITRE
II
N Y
ZAFINDRAMINI A
Ary ny
nitodiany Raminia taminy 1 nosy Madagasikara ' teo Aha-
rana. Ary raha lody teo Aharana izy, dia nianatsimo; dia nitody teo
iVondrona indray, dia nakariny ny sinibesiny vato, nataonyorimbato ;
ary dia nianatsimo indray, dia nitody teo ambinany Sakaleona izy ;
dia nakariny vato rrilahatra' omby sy ny mozinga* vato sy ny lataba-
tra s vato; dia nandeha indray izy dia nitody ao Mananjara. Dia nive-
rina indray izy teo ambinany Sakaleona indray, dia niakatra teo Ra-
vahinia anabaviny Raminia. Ary dia nody niverina tany Amaka* Ra-
minia ; dia tany no nahafaty azy nilevenany.
Ary Ravahinia dia teo ambinany Sakaleona biany izy, dia nitady
olona mitovy fady aminy hovadiny izy. Dia ' tonga tao Matitanana,
dia nahita ny olona dia novadiny. Dia niteraka izy : dia izao no An -
taiony. Koa dia ny Antaiony no zanaky Ravahinia.
Ary ny vahoaka nomba any Raminia dia ni Antevandrika* sy ny
1.
Il faudrai t tamy
ny
en
deu x
roots.
2.
L'orthograph e
officielle
malgach e es t Madagaskara don t Madagatikara
est la forme plus ancienne et aussi plus conforme aux règles de vocalisation
des consonnes de la grammaire
malgache.
3.
forme
milahatra signifie êtr e arrangé , disposé . Il a le sen s ici de avoir la
de. Cette expression serait beaucou p mieux rendu e par manan-en -
drika.
4.
Vieux mot tombé en désuétude . Canon
se
dit maintenan t
tafondro.
5.
C'est
le mot françai s ta table
makachis é
en
latabolra.
6.
Mauvaise transcription de
l'arabe
Mekka,
la
Mekke .
7.
Le texte es t
incomplet.
Il
faudrait : dia
nianatsimo
ka
touga
elle se
dirigea vers le sud et arriva
8. Pour
4ntaitxin4rtfa.
12 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Antemasay 1 sy ny Mofio. Dia izao no vahoaka noirba
12
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Antemasay 1 sy ny Mofio. Dia izao no vahoaka noirba azy tavela aty
Mananzara 1 .
Ary ny tanlarandrazana nanjaka teto taloha: Ravalarivo
niteraka any Ramaialaza ; ary Ramaialaza niteraka ny dimy lahy nan-
jaka. Ary nizara any Manananzara- Ary Rasentambanina sy Ramanin-
tolo izany ny ' tompony ny anilany avaratra. Rasatrokefa sy Rasianka
sy Ramatsindia izany notompony ny. anilany atsimo. Izao niteraky 4 nv
Zaûraminia. Ary nanjaka tanilany avaratra voalohany : Rasitanba-
nina 1 . Raba maty Rasilambanina, dia nandimby Ramanontolo; raba
maty Ramanontolo, dia nandimby Mahery; raha maty Mabery dia
nandimby Simibamby*; raha maty Simihamby, dia nandimby Sifi-
dianana'; raha maty Sifidianana, dia nandimby Belanona. Izao ny
tompony aniiarano avaratra.
Ary
ny aniiarano atsimo : Satrokefa.
nandimby Ndriamasinony 1 ; raha maty
Ilaha maty Satrokefa, dia
Ndriamasinony, dia nan-
dimby Indroho; raha
maty Simivalo, dia
maty Indroho, dia nandimby
Simivalo'; raba
nitsangana Iabanimandro ankehitriny sy Iabany
Ramaina tompony
tany atsimo. Ary ny tompon'ny avaratra
Iabany-
tsiombana sy Iabanivi*vy.
1.
Pour Antaima.<idy.
2.
Mananzara
est un barbarisme pour
Mananjara.
3.
Il faudrait izar.y
no
tompony.
4.
Pou r
niteraka.
5.
C'est le môme chef qu e Rasentambanina
cité quelques lignes plus
haut .
Il faudrait
Rasitambanina
; et plus correctement encore
Ratsitamòamna .
6. Pou r
Tsimihamby.
7. Pou r
Taifidianara.
8. ndriamasinony.
Pou r
A
9. simivalo.
Pou r
T
ET AUX ILES COMORES .15 TRADUCTIO N LES ZAFINDRAMINIA Raminia (à son arrivée de la
ET AUX ILES COMORES .15
TRADUCTIO N
LES
ZAFINDRAMINIA
Raminia (à son arrivée de la Mekke) atterrit (d'abord) à Aharana '
dans l'Ile de Madagascar ; puis, il se dirigea vers !c sud et atterrit
de nouveau à
Ivondrona Il débarqua une grande jarre en pierre 3 et
la plaça dans cet endroit en souvenir de son passage. Il continua en-
suite sa route vers le sud et prit terre à l'embouchure de la rivière
Sakaleona. Il débarqua là une pierre taillée en forme de bœuf, un canon
et une table en pierre; puis, il partit et atterrit à Mananjara. Il revint
ensuite ì Sakaleona où sa sceur Ravahinia débarqua. Puis Raminia
retourna à la Mekke où il mourut et fut enterré.
Ravahinia qui était restée i l'embouchure du Sakaleoua se mit à la
recherche d'un homme de même condition qu'elle pour l'épouser.
Elle le trouva à Matitanana*, l'épousa et en eut des enfants qui donnè-
rent naissance à la tribu des Antaiony.
Les Antaivandrika, les Antaimasay et les Modo qu'on trouve encore
à Mananjara, accompagnaient Raminia lorsqu'il vint à Madagascar.
1. Petit village betsimisaraka, près de Foulepointe, au nord de Tamatave.
2. Village situé à t:.' kilomètres de Tamatave près de l'embouchure de la
rivière de ce nom.
3. En face du village de Ivondrona, sur la rive droite de la rivière, se
trouve le petit village de Ambodisiny ( Ambody , au pied de ; siny, la jarre).
On y montre encore aujourd'hui les débris de la jarre apportée par Raminia.
Elle fui brisée, il y a quelques années, par un voyageur anglais qui mourut,
peut-être par accident, peu de temps après, brûlé dans une case malgache,
où il passait la nuit. Les indigènes ne manquèrent pat d'attribuer cette mort
violente au bris de la jarre de Raminia, que leurs ancêtres avaient déclarée
ftviy
(sacrée) et pour
laquelle ils
avaient la plus graad e
vénération .
4.
Maty,
morte ,
tânanâ,
la
main.
L e
nom
d e
ce village
lui
vient
d'u n
combat que se seraient livré, dans cet endroit, deux géants
dont l'un
perdit
la main dans la
lutte.
22 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Voici l'histoire des anciens rois de ce pays : Ravalarivo
22
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Voici l'histoire des anciens rois de ce pays : Ravalarivo 1 enfanta Ra-
maialaza 1 ; celui-ci enfanta cinq rois. Il leur partagea ainsi le royaume
de Mananjara : Rasentambanina et Ramanintolo eurent la partie
septentrionale; Rasatrokefa*, Rasianka* et Ramatsindia 1 , la
partie
méridionale. Telle est l'origine de la tribu des ZaGraminia. Rasentam-
banina régna le premier sur le nord. A. sa mort, Ramanontolo' lui suc-
céda. A la mort de celui-ci, il fut remplacé par Mahery 1 , qui laissa
sa place, en mourant, à Simihamby *. Lorsque ce dernier mourut, £ifi-
dianana ' lui succéda. Il fut
remplacé après sa
mort, par Belanona IA .
Voilà quels ont été les rois du nord.
Le premier roi du sud fut Satrokefa, auquel Ndriamasinony"
suc-
céda. Celui-ci Tut remplacé , après sa mort , pa r
Indroho , auque l Simi-
valo succéda 1 *. Ce dernier eut pour successeur Iabanimandro 11 qui
partage actuellement le pouvoir avec Iabany Ramaina u . Les rois
nord sont Iabanitsiombana " et Iabaniviavy".
du
1. Celui qui
a mille parcs (Ra,
particule; vala,
parc ; arivo,
mille).
2. Peut-être pour Ramalaza, le célèbre; ou Ra, particule; mahay, ceiui qui
sait (chasser) ; alaza,
espèce de fouine.
3. Celui qui a un beau chapea u (Ra,
particule ; satroka,
chapeau ; efa,
flni,
termiué).
4. Ri , particule; siaka,
le
méchant.
5. Ra ,
particule ; matsina
pour
mantsina,
puan t ;
dia,
par
la
marche
celui qui pue en marclia.it.
6 .
Le
celui qui
possède tout (Ra, particule ;
ma-
nontolo,
même que Ramanintolo,
en entier qui s'étend à
tout).
7.
Le fort,
vigoureux.
8.
Tsy,
ne
pas ; miamby pour miambina qui gard e ; qui a'est pas gardien.
9 .
Celui qui n'est pas (tsy)
préféré ( fidianana) .
10.
Be, beaucoup ; lanona, réunions ; celui qui réunit beaucoup
de sujets .
11.
Ndria,
pour Andriana,
le prince ; masina,
salé ; ony,
rivière ; le prince
de la rivière salée.
12.
Celui qui ne demande pas pardon.
13.
Iabany,
le
père
de ; mandro,
celui qui se
baigne .
14.
Iabany,
le père de , Ramaina,
le sec.
15.
Iabany,
le père de ; tsy, ne pat ; omtana , qu'on suit ; le père de celui
qu'on
ne
suit pas, qui n'a
pas de
partisans.
16.
Iabany,
le pir e
de ; viavy,
la
femme.
ET AUX ILES COMORES .15 ZAFINDRAMINIA Bao no razambe. Abrahame vadiny Raminia niterakandRavuhinia sy Rakombilahy
ET AUX ILES COMORES .15
ZAFINDRAMINIA
Bao no razambe.
Abrahame vadiny Raminia
niterakandRavuhinia
sy Rakombilahy sy Andrianakovatsy. Nitody tao Analaminofy, niton-
dra ny valalanampy. Dia niondra 1 indray dia nitody tao ambinany
Sakaleona. Dia niterokandRadamalavarivo sy Fohivanona sy Ramana
sy Belamosy, Satrokefa, Ratsitambanina, Ravalarivo dia Ramialaza.
Raha tonga ' tao £mek a
izy io, dia nomena tany tao Mandenas ; koa
raha nihinana tona Raminia, dia maty. Izao no tsy hibinanany 1
ZafindRaminia tona. Niondrana taminy 4 samboizy dia nilsakanankaty.
TRADUCTIO N
LES
ZAFINDRAMINIA
Bao 1 est notre premier ancêtre.
Abrahame
et sa t'e.nme
Raminia
1. Pour
niondrana.
2. C'est niverina
qu'il faudrait au lieu d e
tonga
; il retourna
à
la
Mekk e
au lieu de
il arriva
a
la
Mekke-
3. Il faudrait hihiuanany
ny
ZafindRaminia.
4. Pou r tamy
ny
e n deu x
mots .
5 . Bao est un nom exclusivement malgache . Ce texte fait par conséquent
descendre les ZaflndKaminia d'un ancêtre malgache et non étranger. La
légende
de Ramini a devenue femme et épous e d'Abraham e (.sic) a été ajoutée
dans la suite à l'histoire de celte tribu; mais son authenticité est loiu d'à-
16 LES MUSULMANS A MADAGASCAR enfantèrent Ravahinia, RakombilahyAndrianakovatsy V Ils atter- rirent à Analaminofy 1
16 LES MUSULMANS A MADAGASCAR
enfantèrent Ravahinia, RakombilahyAndrianakovatsy V Ils atter-
rirent à Analaminofy 1 apportant le valalanampy 4 ; puis
ils s'embar-
quèrent de nouveau et vinrent atterrir à l'embouchure de la rivière
Sakaleona*. Ils enfantèrent Radamalavarivo*, Fohivanona', Ramana,
Belamosy', Satrokefa, Ratsitambanina', Ravalarivo et Ramialaza.
Lorsque Raminia fut retourné i la Mekke, on lui donna des terres à
Mandenas 10 ; mais, ayant mangé d'une grosse anguille", il mourut.
voir été prourée. La descendance de ZafindRaminia d'ancêtres malgaches
est beaucoup plus probable ; le teste malgache est précis à cet égard et il
me paraît beaucoup plus véridique que les légendes de Flacourt dont les
points principaux sont en contradiction avec l'histoire de l'islam.
1. Peut-être
pour Raha ho ombilahy, il peut devenir taureau . Les nom s
malgaches ont souvent des significations bigarres. Un roi sakalava des en-
virons de Mojanga , su r la côte nord-ouest, porte le nom de Mboe, chien,
bien nu'il soit musulman et considère le chien comme un animal impur. Un
autr e chei n origine musulman e d e la côte orientale s'appelle Imboatay,
crotte de chien. Un autre s'appelle Pisolahy,
chat. Plusieurs femmes ont des
noms de jour s de la semaine : Kamisy (ar. ^ J *!) , jeudi ; Sabosty (ar. O-—).
samedi ; Talata (ar. «UL'), mardi ; Lahady (ar. dimnnche, sont des
noms d'hommes assez communs sur la côte sud-est.
2 .
Peut-être
pour Andriana ho vatsy, le prince qui est comme de s provi-
sions pour son peuple, qui subvient
à ses
besoins.
3. Le Lamanoufl
de la carte de Flacourt. Petit village au sud de l'embou-
chure du
Mangoro qui
se trouve par 19*59' 3(f
d'après les observations de
M.
Grandidier.
4. Nom donné au boeuf rapporté par
Raminia.
5 .
Sakana,
largeur
;
leona,
qu'on
peut
traverser
;
qu'o n
peu t
traverser
dans sa largeur k cause du
peu de distance qui
sépare les deux
rivea.
6 .
Radatna,
nom propre ; lava,
long ; arivo, mille ; Radam a qui es t
suivi
par des milliers de sujets qui ne sont qu'un
prolongement de
lui-même.
7 .
Pohy,
St,
court ; vanona,
grand ; lamoxy
qui aboutit ;
pour lamosina,
celui qui arrive vite à ses fins .
8.
dos
; qui
a
un
gran d
dos.
9 .
fia , particule ; tsy,
n e
pas ;
tambanina,
qu'on a supplanté ; celui qu'on
n'a pas supplanté. Le premier texte
ZafindRaminia mentionne le même
per-
sonnag e sous le nom
de Rasitambanina
et
Ratentambanina.
10.
Mandenas
n'est probablement qu'un e transcription
défectueuse d e l'a-
rabe
Madinat,
Médine,
l'une des deux
villes saintes de
l'islam.
11.
tona
signifie exactement
:
anguille
énorme
dont la chair est
succu -
lente, mais qu'on ne mange pas par respect,
parce
qu'on
la regarde
como.e
la demeure des ancêtres .
Cf.
Dictionnaire
malgache-français,
p . 669. Les
ET AUX ILES COMORES C'est pour cette raison que se* descendants ne mangent pas d'an-
ET AUX ILES
COMORES
C'est pour cette raison que se* descendants ne mangent pas d'an-
guille. (Après sa mort) les ZafindRaminia s'embarquèrent sur un
navire qui les conduisit jusqu'ici.
âmes des morts passent également, d'après les Malgaches, dans le corps <Ju
martin-pécheur d<* Madagascar (Corythornis cristatus) et de l'achéronlio ou
sphinx a tête de mort, en malgache, lolnbc. Cf. mes Contes populaires mal-
gaches, Paris , 1893 , in-t8 , ch . XL, p . 13'.).
25
CHAPITRE III « Mananzari, dit Flacourt', est la principale ri\«ère du pays des Antavares *
CHAPITRE
III
« Mananzari, dit Flacourt', est la principale ri\«ère du
pays des Antavares * ; c'est une grande rivière dans laquelle
il peut entrer des barques. Il a eu autres-fois habitat! jn de
François, qui toutes les fois y ont esté massacre : par la
trahison de ceux du pays et par les m^e s de ceu\
d'Anossi et de ceux de Matatane. » Mananjary 1 (impropre-
ment appelé Mananzary) est un grand village d'environ
quatre mille habitants situé sur la rive gauche et à l'em-
bouchure du Mananjara. Les Malgaches le désignent sous
le nom de Masindrano 4 ou Masondrano 5 . 11 est divisé en
trois quartiers qui portent les noms de Masindrano, au
sud; Anivontany 6 ,
au nord; et Ankadirano 7 , à l'ouest.
C'est le chef-lieu du district de Mananjara dont le gouver-
neur
hova réside à Tsiatosika 8 , polit village riverain situé
1. Histoire de risle Madagascar,
Paris, 1G61, in-8°, chap. vin, p. 20
2. Pour Antavaratra (anta, les gens, avaratra, du nord).
3. Manana, qui possède; znra, la chance; le pays fortuné.
4. Masitia, salée; rano, eau. Ce nom lui vient de sa situation sur
le bord de la mer.
5. Maso, l'œil; rano, eau ; c'est-à-dire l'embouchure de la rivière.
6. Anivo, au milieu de ; tany, la terre; c'est-à-dire le quartier qui
est entre les deux autres et occupe le centre du village.
7. Ankady, au bord de; rano, l'eau. Le nom lui-même indique
la situation de ce quartier, au bord de la rivière.
8. Tsy,
ne
pas ; atosika,
qu'on repousse. Ce nom a été donné r.u
20 LES MUSULMANS A MADAGASCAR à une quinzaine de kilomètres de la côte, à vol
20
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
à une quinzaine de kilomètres de la côte, à vol d*oiseau.
La population de Mananjary est composée en majeure par-
tie d'Antambahoaka auxquels viennent s'ajouter quelques
Hovas et Betsimisaraka 1 , des gens du
sud (Antaimorona,
Antailasy et Antaisaka), une population flottante de Betsi-
leo et Tanala, et quelques Européens et créoles français,
anglais et allemands.
Les Antambahoaka 2 ont des mœurs cruelles et sauvages.
L'inceste est commun entre frère et sœur. Ce commerce
criminel conduit, disent-ils, à la fortune. Les accouche-
ments donnent lieu à des pratiques étranges. Lorsqu'une
femme en travail d'enfant ne parvient pas à accoucher,
ses parents consultent le mpisikidy. Le sorcier, après nom-
bre de signes et d'incantations magiques, déclare généra-
lement que la patiente ne peut être délivrée qu'après avoir
village en souvenir d'une attaque faite par les indigènes contre le
fort dans lequel s'étaient retirés les Hovas. Les assaillants ayant été
repoussés avec pertes, les Hovas donnèrent à ce village le nom de
tsy atosika ny 1merina, les gens de l'Imerina qu'on ne fait pas recu-
ler, qui devint plus tard, par abréviation Tsiatosika.
1 .
Be y
beaucoup;
tsy,
ne
pas; misaraka, qui se séparent ; ceux
qui sont nombreux et se soutiennent les uns les autres. Ce nom n'est
plus justifié depuis bien longtemps. Les Betsimisaraka, qui étaient
autrefois une des tribus les plus importantes de la côte orientale et
qui ont toujours fait le plus large accueil aux étrangers et surtout aux
Français, se sont soumis aux Hovas au commencement de ce siècle.
Ces derniers profitèrent habilement des dissensions des principaux
chefs pour prendre définitivement pied à Tamatave, qui était et est
encore le premier port de Madagascar. Des épidémies de variole et
surtout la débauche et l'ivrognerie, ces deux vices malgaches par
excellence, font de nombreuses victimes parmi les Betsimisaraka dont
le nombre diminue avec une stupéfiante rapidité.
2. A nia, les gens ; vaohaka, sujets ; ceux qui sont les sujets des
princes. Ils s'appelaient autrefois Andriambahoaka, les nobles sujets
des princes.
ET AUX ILES COMORES .15 CODfessé publiquement une faute qu'elle a commise. Dans un cas
ET
AUX ILES COMORES .15
CODfessé publiquement une faute qu'elle a commise. Dans
un cas de ce genre, la femme restait muette. Pressée de
questions, elle avoua en:ln avoir eu des rapports avec son
frère et elle accoucha aussitôt aprbs.
Pendant qu'on procède à la toilette du nouveau-né, la
mère est conduite en plein air et douchée à l'eau froide.
Elle rentre ensuite dans sa case où on allume un feu vio-
lant destiné à la faire transpirer. L'accoucheuse, pendant
tout le temps que dure son ministère, ne doit porter aucun
vêlement ou être tout au moins à demi nue. Lorsqu'une
femme met au monde deux jumeaux, la mère et les assis-
tants s'éloignent immédiatement pour laisser la place à un
sorcier qui les étrangle. La famille rentre ensuite après
le départ du mpamosavy et pleure la mort des enfants. On
se débarrasse également des jumeaux en les jetant en plein
jour dans un marais où ils ne lardent pas à s'enliser. Les
Antambahoakaprélendentque ces enfants ne vivraient pas,
deviendraient fous ou attenteraient plus tard à la vie de
leurs parer ts 1 . Par une coïncidence bizarre qui
a semblé
i. Cf. ce passage de Flacourt : « De foutes les superstitions qui
t e pratiquen t pa r le s nation s ^es plu s
barbare s d u monde , celle pa r
laquelle la nation de Madécasse reiette, délaisse et abandonne cruel-
lement ses enfants, est la plus impie et abominable : Cecy se pratique
en beaucoup de façons, tellement que ie ne m'étonne pas, si cette
Isle, la plus grande et la plus fertilledu monde, n'est pas si peuplée;
d'autant que dès le ventre de la mère, ou dès la naissance, ces pauures
innocentes créatures sont condamnées à perdre le iour, auant que de
l'avoir veu ny connu; et ainsi sont subjettes aux folles fantaisies,
et
superstition s
de s
ombiases
(ombiasy)
e t ompisichiles
(nipisiki<ly\,
qui conseillent aux pères de délaisser leurs enfants, et les faire porier
par quelque esclave malheureux, loing du village dans les brossailles
et buissons, ou dans les bois à l'iniure du temps, du froid, et à l'aban-
don des chiens, cochons, ou autres hestes, qui les deuorent; qui sont
quelquefois une tournée à crier et se plaindre, et meurent le plus
22 LES MUSULMANS A MADAGASCAR donner raison à celte cruelle coutume, une femme qui avait
22
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
donner raison à celte cruelle coutume, une femme qui
avait refusé de s'y soumettre a vu mourir l'un des jumeaux
et le second devenir fou. Les femmes antambohoaka
refusent de donner le sein à un enfant étranger en même
temps qu'au leur. L'un des deux doit mourir, disent les
sorciers. En cas d'accouchement difficile, on force ia pa-
tiente à citer les noms de tous ceux auquels elle a accordé
ses faveurs. L'extrême légèreté des mœurs malgaches
rend celte énumération fort longue, que la femme tait sur
un ton de mélopée 1 . Le nom qu'elle
prononce au moment
de la délivrance est considéré comme celui du père de
l'enfant. L'individu est immédiatement prévenu qu'il lui
est né un fils ou une fille; el il n'y a pas d'exemple qu'un
Antambahoaka ait refusé d'endosser une paternité si peu
démontrée.
Les indigènes convaincus de crimes entraînant la peine
souvent de froid ou de faim, ou sont cruellement deuorés. Le sujet
pourquoi les pères el mères abandonnent ainsi leurs enfants ; c'est
lors qu'ils naissent en un mauvais iour, mauvais mois, ou mes me
mauvaise heure, et le plus souvent, lorsque le misérable Ombi issé à
Squille, s'il voici que la figure du Squille (géomancie) ne soit pas à
son gié, il dit que l'enfant sera meurtrier de son père et de sa
mère
» (/oc. cit., p. 1)1-92). Cette superstition est malheureusement
assez répandue. Sur la côte occidentale d'Afrique, à Lonny, on en-
terre vivant les jumeaux; à Vancouver, on met à mort l'un d'eux; et
à Calabar, dans le golfe de Guinée, ils sont considérés comme des
divinités infernales et massacrés immédiatement après leur naissance.
1. « I.es femmes estans prestes d'accoucher, raconte Flacourt,
invoquent la vierge Marie (?), en la priant d'obtenir de Dieu qu'elles
puissent accoucher avec peu de douleur. Cependant elles se confessent
à quelque femme confidente des pechez qu'elles ont commis depuis
leur dernière couche et pendant leur grossesse, en luy nommans les
hommes avec qui elles ont eu aiïaire. Ce qui est facilement sceu par
les autres femmes, ausquelles la confidente ne la peut tenir de le re-
veler
»
(loc.
cit.,
p.
59-00) .
.15 ET AUX ILES COMORES capitale sont longuement torturés avant d'être mis à mort. Le
.15
ET AUX ILES
COMORES
capitale sont longuement torturés avant d'être mis à mort.
Le criminel est solidement attaché à un poteau et de façon
à ce qu'il ne puisse faire aucun mouvement. Il est ainsi
livré aux gens du village. Ceux-ci le frappent, le piquent,
l'entaillent avec tous les outils, armes et ustensiles dont
ils se servent ; et généralement, quelque hideuse vieille lui
sort les yeux des orbites avec la pointe d'une corne de
bœuf. On conduit enfin le patient à la rivière où il est
sagavé et son corps est lancé dans le courant. Cette mort
et la torture qui la précède sont infligées aux voleurs d'en-
fants libres, d'esclaves et de bœufs. Les vols simples sont
punis d'une amende, de l'emprisonnement et de la baston-
nade. Si l'objet ou l'animal volés sont de dimensions ordi-
naires, on les suspend au cou du voleur qui est ligotté et
promené en laisse dans le village, exposé aux lazzis et aux
bourrades de ses compatriotes.
L'homme, dans la famille antambahoaka, occupe une
situation privilégiée qu'il ne mérite à aucun titre. Pares-
seux et ivrogne, il ne contribue en rien à la subsistance
des siens. A la femme incombent toutes les charges. Elle
seule prépare les rizières, sème le riz, le repique et le
récolte. Entre temps, elle tresse avec un petit jonc de
marais des sacs et des nattes qu'elle vend ou échange
contre du sel ou des cotonnades.
Les Antambahoaka et plus généralement les Malgaches
qui habitent le pays compris entre Tamatave et Farafan-
gana, se nourrissent principalement de riz, manioc, pata-
tes douces et d'herbes potagères porlant le nom générique
de anana et dénommées Solanum nigrum et nodifforum ;
Spilanthes ; Conyza bellidif'olia et hirtelia ; Chœnopodium
murale, Amarunthm spinosus, Ce/osia trigyna, Lomelia
naialensis, Gynura remua, Sisymbrium nasturtium, Hype-
ricum japonicum, etc. Dans les grands villages, des bou-
24 LES MUSULMANS A MADAGASCAR chers indigènes débitent en plein vent de la viande de
24
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
chers indigènes débitent en plein vent de la viande de
bœuf el de porc à un prix qui en permet l'achat aux plus
petites bourses. Les Malgaches, peu soucieux du plus ou
moins de fraîcheur de la viande, achètent et mangent
volontiers des quartiers de bœuf déjà entrés en putréfac-
tion. Leur boisson se compose d'eau dans laquelle on a fait
tremper du riz brillé qui la colore eu
noir 1 , de suc de canne
à sucre fermenté* et de rhum importé de l'île Maurice.
Les événements heureux ou malheureux se célèbrent
par des danses et des chants appropriés à la circonstance.
La fête débute toujours par l'abalage d'un bœuf et la mise
en perce d'une barrique de rhum. Sa durée est propor-
tionnée aux ressources de celui qui la donne. Les funé-
railles des chefs durent quelquefois des semaines et même
des.mois, pendant lesquels on mange et on boit autour du
cadavre sans s'inquiéter de son degré de décomposition. Le
priftce belsileo Rajoakarivony n'a été enterré que six mois
après sa mort. Pendant ce laps de temps, son corps a été
transporté dans chacun des villages de la province qu'il
commandait et à chaque halle, un repas de funérailles était
offert parla famille aux sujets du défunt. On estime qu'on a
tué et mangé plus de mille bœufs pendant cette tournée fu-
nèbre. Ces repas de funérailles sont hideux à voir. Hommes
et femmes ivres de rhum el gorgés de bœufs, la voix érail-
lée par l'alcool, les paupières alourdies par la veille, hur-
lent ensemble en tapant en cadence avec des bâtonnets sur
un bambou. Ceux que l'ivresse et la fatigue endorment sont
immédiatement remplacés par de nouveaux convives qu'ils
remplaceront eux-mêmes quelques heures après.
1. En
malgache,
ranonampango.
L'ampango est le riz brûlé
qui
reste adhérent aux parois de la marmite.
2. En malgache,
betsabelsa.
ET Al'X P.ES COMORES Certaines tribus de la côte orientale de Madagascar at- tribuent à
ET Al'X P.ES
COMORES
Certaines tribus de la côte orientale de Madagascar at-
tribuent à leurs sorciers le pouvoir de charmer les caï-
mans et de les faire coopérer à leurs sortilèges. Il y aurait
même des unions entre des sorcières et des caïmans mâles,
et des sorciers et des caïmans femelles. Us se rencontrent
le soir, sur le bord des rivières; et les sorciers indiquent à
leurs acolytes les personnes qu'ils doivent dévorer. Cette
croyance dont il est fait mention dans plusieurs contes
populaires', est si bien enracinée chez les Antambahoaka
que, en 1892, deux vieillards ont failli être condamnés aux
travaux forcés sous l'inculpation d'avoir fait dévorer une
femme par un caïman.
La descendance de Raminia à laquelle prétendent les
Antambahoaka est presque le seul lien qui les rattache aux
tribus musulmanes malgaches. Us n'observent même plus
les quelques prescriptions islamiques auxquelles se sou-
mettent encore les Antaimorona-'. Les lettres arabes leur
sont à peu près inconnues; mais ils tiennent cependant en
haute estime les amulettes écrites avec ces caractères. Le
porc et le chien, considérés comme animaux impurs par
leurs voisins, circulent en liberté dans leurs villages. Les
Antaivandrika dont Haminia exploita si cruellement la cré-
dulité pendant le voyage de la Mekke à Madagascar, se
prévalent souvent auprès d'eux des droits que leur donne
la légende malgache. Un Antaivandrika peut entrer h toute
heure dans une case antambahoaka et y prendre ce qu'il
lui plaît. Il lui suffit, pour ne pas être poursuivi, de décliner
sa filiation. Cette soumission passive et coûteuse aux pres-
criptions d'une légende est certainement une des prati-
ques les plus curieuses des indigènes de la côte sud-est.
1. Cf. me s Contes
populaires
malgaches,
n** XXXI X et XLI .
2. Antat/,
les
gens;
rnorona,
du
bord, ceux qui habitent
le
bord
de la mer.
34 LES MUSULMANS A MADAGASCAR ANTAMBAHOAKA J\y razana nihavian'ny Antambahoaka voalohany hatramy ny
34
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
ANTAMBAHOAKA
J\y
razana
nihavian'ny
Antambahoaka
voalohany
hatramy
ny
Zafiafiny
sy
ambarak'ankehitriny.
Ny nihavian'ny Antambahoaka voalohanv dia olona mi<:nadahv
avy any Maka andafin'ny ranomasina. Nentin'ny sambo izireo no
nahatongavan y voalohany tao Ambalatan y an y Faraony . N'y anaran'iz y
mianadahy ireo dia Raminia sy Ravahinia: Ary nony tonga tao izireo
iRavahinia anabavindllaminia io nanambady andUamosamary avy
any andrefana. Vao nankany Matitanana izireo dia nitoetra atsimon*
Ambalatany ka dia niteraka any Ionv izireo. Toy izao no teninv Ra-
vahinia rah a nalain'ny olona ho vady izy : clzaho , ho y izy, Hakiltemi-
fehitena ka na iza na iza maka ahy ho vady raha tsy mahavaha ity ra-
kibemifehitena ity tsy vadiko (miantso ny rakitra fasian'ny entany
rehetra). Ary hianareo, hoy izy, dia tsy misy mahavaha, koa dia Ra- •
mosamary hianv novadiko. » Ary dia izany no antony nanambadiany
andRamosamary koa dia niteraka any lony iziicu; koa ny taranaky
ilony io no nihavian'ny Antaiony rehetra.
Ary Raminia sy Ravahinia mianadahy ireo koa, dia nilondra omhy
atao hoe : Valalanampy, nentiny avy any andafin'ny ranomasina nia-
raka taminy. Ary izany omby izany no nataon'izy mianadahy ireo
fanirakiraka tahaka ny deka nitondra ny tarafasy fifampilondran'
izireo satria Raminia tao Ambalatany no nitoetra tamin'izay, ary
Ravahinia tany Matitanana. Ary ny fomban'ny fampilondrany taratasy
io biby io dia feheziny eo amy ny tandrony.
Ary nony tato aoriana ela ny zanaky lony zafindRavahinia (lia
niady antrano, dia ireo Antaiony ireo izany. Niady taminy Ravalarivo
zanaky ny tomponarivo zafiny Raminia, koa dia izany no anton'ny
nifìndra^ Raminia taty Masindrano (Mananjary). Ary ireo Antaiony
dia nana-menakely ny Anfaimorona rehetra tatsimo zananilahv zana-
nivavy. Dia ireo any Faraony reheira na atsimo na avaratra sy Na-
morona sy Vohimanitra sy Vohimasina sy Vatomena sy Ampasiman-
jeva sy Vohipeno sy Manakara, etc.
.15 ET AUX ILES COMORES Faraony atsimo izay efa misy olona telo amby dimampolo sy
.15
ET AUX ILES COMORES
Faraony atsimo
izay efa misy olona telo amby
dimampolo sy efa-
jato sy roa arivo.
Faraony avaratra izay efa misy olona sivy amby roapolo amby zato
sy arivo.
Namorona atsimo misy olona efatra amby sivifolo amby zato sy roa
arivo.
Namorona avaratra misy olona roa amby efapolo amby zato sy arivo.
Vohimanitra, misy olona efapolo sy dimanjato.
Ainpasimanjeva misy olona dimy amby telonjato.
Ary ireo menakelin'ny Antaiony maro ireo dia nasiana anarana
hoe koa : Mpanambuka noho ny niodinany taninv k a nabaresy a/.ireo
tompomenakely azy ireo. Koa izany kosa indray no nifindran'in'o
Antaiony latv Tsiatosika (Mananjara , ary ireo Mpanambaka ireo dia
atahorana raha sendra mihetsika izireo; ary inilrindra fa tsy mety
ato Marakely hatramy nv taloha ka nmbarak'ankehitriny.
Ary ny fototry ny namelezany ireo menakeliny ireo an'ny Antaiony.
tompomenakely azireo dia noho ny didy rats y sy tsy laitra barabina
nataony ireo Antaiony. Fa ireo Antaiony ireo dia nanao liavonavonana
ambony loatra, satria ireo Antaimorona menakelin'ireo dia tsy na-
siana hasina fa nosiratsirainy nataony naman'ny kiso.i sv ny ahka no
fitondrany azireo. Tov izao : raha sendra mandro izireo Antaiony ka
mahatratra azv mandro ireo inenakeliny, ireo dia lolohaviny Antaiony
haingana nv tananv roa. ka hov no Hteninv : « Adrav ! fa tratrau'
amboa nandro alio laliy ! » Sady tomany izy ataony fahoriana lehilie
aminy lokoa izany. Ary koa raha mamono /avumiaina ireo menake-
liny ireo toy ny omby, ny vorona, ny akobo, dia izy hiany no man-
didy ny tendany voaloliany; fa raha sendra tsy izireo no mandidy
voalohanv dia ataony heloka lebibe. sadv tsy azo hohaninu io zavatra
novonoina io : koa dia izany no nanaovana ny Antaiony hoc : Mpa-
nimhily (mpandidy), ainbarak'ankehitriny. Dia mbola tananv izany
fomba izany. Ary koa indray raha sendra potraka izireo Antaiony dia
tsy maintsy minia iniara pitraka aminy hain^ana ny menakelv izay
sendra eo. Ary koa raha sendra rendrika andakana izireo ka misy
menakely miaraka aminy eny ambony lakana «lia minia miaradren-
drika aminy, na dia tsy mba lahuka uny anaty lano aza. Indrindra
indrindra ny fandoavankctra nainpandoaviny izireo ny menakely dia
tsy laitran'nv menakeliny tokoa sy ny tomba maro samihafa.
Ary izany rehetra izany 110 dia anton'ny nainel« zan'ireo Antaimo-
rona menakeliny
ireo azy,
ary tamin'izany andro niadiana izany dia
28 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Mahagaga ny ra mandriaka eran'ny tany. Ary ireo Antaiony ireo
28
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Mahagaga ny ra mandriaka eran'ny tany. Ary ireo Antaiony ireo dia
niely hatr'any Faradofay. Ary nony efa resin'ireo menakeliny ireo
ny Antaiony dia nandositra tany Tsiatosika (Mananjara).
Ary nony tato aoriana izireo dia nifampilory tany Antananarivo;
ka hoy ny tany hoe : samia angaloha hianareo roa tonta samy mipe-
traka amin'izay efa nipetrahany hiany. Koa ambarak'ankehitriny dia
mbola tsy vita ny adiny. Ary ny anton'ny nahazahoan'ireo Antaiony
ireo menakety betsaka dia noho izy be ody mahery. Izany no dia
nahambony azy, hono, fa tsy iaitra mahitsy. Ary izireo hiany aza,
liono, no nihavian'ny ankabiazan'ny, sfc.npy izay nivavahan'ny tany
Merina tamy ny andro teo aloha.
Ary Raminia kosa indray no ratana nihavian'ny Antambahoaka.
Toy izao : Raminia nileraka andRabevahoaka; ary Rabevahoaka nite-
raka andRajosefa sy Tompoimanarivo. Ary Tompoimanarivo kosa
niteraka andRavalarivo ; ary Ravalarivo kosa indray no niteraka
andRamaialaza sy Rafandaharana sy Ralsianga sy Ramasindia sy Sa-
trokarivo. Ary izy dimy lahy ireo no nHeraka izao Anlambahoaka
rehetra izao, izay efa tonga inaro ankehitriny eto Masindrano (Ma-
nanjara).
Ary dia
toy
izao
no
anaran'ny
Andriambaventy
ankehitriny
eto
Masindrano ankilany izay taranak'izireo, sy my isan'ny Antam -
bahoaka rehetra zanak* izireo na Ichilahy na vehivavy :
Ibanimandro sy
Iabandramena sv
Ibotomiaraka sy
Itsikasihina sy
Ilavalava sy
Ravoritika sy
Indriambonimanana
sy
Iketotra sy
Ibabo sy
Ibetiana sy
Ilaivanona sy
Iabandrakelika sy
Tamanta sy
Ilivatra sy
Itsivatanona sy
Itsitasihina sy
Botomena.
.15 ET AUX ILE S COMORES Ireo dia Masindrano ankilany rehelra. Aryny isan'ny Antambahoa- ka
.15
ET AUX ILE S COMORES
Ireo dia Masindrano ankilany rehelra. Aryny isan'ny Antambahoa-
ka izay fehezin'ireo sady zanak'ireo eto Masindrano dia misy fito amby
sivifolo amby valonjato marina ankehitriny na lehilahy na vehivavv.
Ankadirano sy Anivonlany, izany hoe, Masindrano ankilanv dia
ireto no Andriambavenly eo aminy kosa indray :
Iahanitsiombana sy
labaniviavy sy
Iabanitanjaka sy
Iabanirebeka sy
Iabaniravo sy
Iabaniondry
sy
Ratsifoana sy
Randraharaha
sy
Ideba sy
Il8izaza sy
Itsidilafana sy
Itsimanamby
sy
Itsiantsaina sy
Iabaniravo sy
Ibobongy sy
Ivanombelona sy
Imandriatra sy
Indriandraha sy
lkandrina sy
ItsidilaQna sy
Ilaimanana.
Ary ny isan'ny lehilahy sy ny vehivavy fehin'ireo kosa sady zanany
dia misy, roapolo sy sivinjalo marina ankehitriny. Koa amin'izany
raha mitambatra ny isan'ny Antambahoaka eto Masindrano na lahy
na vavy izay taranaky Raminia dia misy fito amby ny folo sy vaion-
jato sy arivo izao ankehitriny izao eto Masindrano (Mananjara).
Ary ireto kosa indray no anaran'ny Andriambavenly amy ny tanuna
sasany ivelany Masindrano, izay taranaky Raminia, izany hoe An-
tambahoaka hiany koa :
Anosin'Masindrano
Imanavjdahy
Ampanalana
Indriantseranana
S
Beravaka
1Uaravar *
>
Indriamananatra
30 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Í ltsimainty Bet&mpona Indriamanefy l Indresy Atsimon'ny Betarr
30
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Í ltsimainty
Bet&mpona
Indriamanefy
l
Indresy
Atsimon'ny Betarr
Indriambaoka
Andohan'Ifangato
Imboatay
Itsaravary
Itanondahy
Ifanantara
Imara
Vitamena
Ikadato
Befotaka
Itsaraverenana
Ampasimbola
Indrifatra
Itsaravaiv
Itsimanatitra
Antendrateza
Itsangadahy
Adara
Itsiaferandahy
Ilangy
Androngana
i
Rabeamatra
Antanambao
«
Ininy
(
Itsimereta
Andavakilavy
'
ltsiarahindahizo
Indrianahazotsara
Mahambo
Itsidiso.
Befotaka
Ary noho ny teo aloha nampirafy iRaminia dia niteraka hafa koa,
dia Rajaomanelo; ary Rajaomanelo niteraka andRamasobararata sy
Rabefandraotra; ary dia ireo zafiny Raminia ireo koa indray no ra-
zanana nihavian'ny Antanosy izay any Faradofay, fa nankanyFara-
dofav ireo zanaky Raminia ireo nonina ka nihamaro tany.
Ary Raminia koa indray niteraka any Masy vehivavy. Ary Masy
niteraka any Manakana; ary Manakana niteraka any Mohavaly; ary
Mobavaly niteraka any liaikiringy; ary Ilaikiringy niteraka andRatsi-
miozona sy Ramaivoho. Ireo no zafiny Masy vehivavy izay zanadRa-
minia koa dia natao hoe : zalindRaminia in.o. Ka any Iefaka rehetra
any ireo no mitoetra.
Ary izao koa indray no zanaky Ravahinia hafa : Ravahinia niteraka
andRadamary ; ary Radamary niteraka any Bevazaha dia Razafirambo ;
ary Razafirambo no razana nihavian'ny any Kiongo' dia ry Tsian-
draofana. Koa dia Ravahinia hiany no razambeny Tsiandraofana.
Ary izy mianadahy ireo rehefa antitra, dia Raminia sy Ravahinia
i.
Pour Ikongo.
.15 ET AUX ILES COMORES izany, izay nihavian'ny ankabiazan'ny Tanindrana atsimo rehetra, dia nody any
.15
ET AUX ILES
COMORES
izany, izay nihavian'ny ankabiazan'ny Tanindrana atsimo rehetra,
dia nody any Maka izay any andafìn'ny ranomasina fonenany, fa tsy
tiany hono ny milevina aty.
TRADUCTIO N
LES
ANTAMHAHOAKA
Histoire
de l'arrivée
des premiers
ancêtres
des Antamhahoaka
maintenant.
<•/ de
leurs
descendants
jusqu'à
Les premiers ancêtres des Antambahoaka qui sont arrivés à Mada-
gascar étaient deux individus, frère et sœur, qui venaient de la Mekke
au delà de la mer. Le bateau qui les portait toucha d'abord à Amba-
latany près de Faraony'. L'un s'appelait Raminia et l'autre Ravahi-
nia. Arrivés là, Ravahinia, sœur de Raininia, épousa Ramosamary
qui venait de l'ouest. Avant de partir pour Matitanana, ils séjournè-
rent au sud d'Ambalatany. Iony y naquit. Voici ce que dit Ravahinia
lorsqu'elle se maria -: t Moi j e suis Rakibemifehitena* ; et celui qui
veut m'épouser devra pour devenir mon époux' s'en emparer. (Elle
appelle trésor la boîte contenant tous ses biens.) Vous autres, ajouta-
t-elle, vous n'avez pas pu ouvrir cette boite qui contient mon trésor.
Ramosamary qui l'a fait est devenu mon époux. » C'est le motif pour
lequel elle épousa Ramosamary. De leur union naquit Iony qui donna
naissance aux Antaiony.
1. Petit village à une journée de marche au sud de Mananjarv.
2. HaiiIra, trésor ; i-., tt rand -, mifehy, qui est lie ; tena, à mon corps .
3. La phrase est as&'z obscure.
Il faut connaitre la signification du mol
hakibemifehiiena pour pouvoir en comprendre le sens, qui e*t celui-ci :
Moi, je suis celle qui possède un grand trésor lié à mon corps. Celui qui
voudra m'épouser devra s'emparer de la boite qui continu le trésor lié à
mon
corps et
il
d
viendra mon époux.
»
32 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Raminia et Ravahinia, le frère et la sœur, amenèrent avec
32
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Raminia et Ravahinia, le frère et la sœur, amenèrent avec eux,
d'au delà de la mer , u n bœuf nommé : Valalanampy. Ils se servaient
de cet animal comme d'un aide de camp pour se faire parvenir leurs
lettres (Raminia habitait Ambalatany et Ravahinia, Matitanana) ». Le
bœuf portait les lettres attachées à ses cornes.
Longtemps après, les Antaiony, fils de Iony, petits-fils de Ravahi-
nia, se battirent dans la maison avec Ravalarivo, fils du tomponarivo*,
petit-fils de Ramiuia. Cette bataille fut la cause du déplacement de
Raminia qui vint se fixer ici 1 , àMasindrano(Mananjary). Les Antaiony
sont les seigneurs de tous les Antaimorona du sud, hommes et fem-
mes. Leur autorité est reconnue dans les villages nord et sud de Fa-
raony; à Vamorona', Vohimanitra', Vohimasina', Vatomena', Ampa-
simanjeva, Vohipeno', Manakara', etc.
Faraony méridional contient a,453 habitants; Faraony septentrio-
nal 1,139 ; Vamorona méridional, 194; Vamorona septentrional,
i,t4 i ; Vohimanitra, 54» ; Ampasimanjeva, 3o5. etc.
Les serfs des Antaiony, qui sont en grand nombre, portent aussi le
nom de Ampanambakaparce qu'ils se révoltèrent contre les Antaiony
leurs seigneurs et les vainquirent. C'est leur défaite qui poussa les
Antaiony jusqu'à Tsiatosika, près de Mananjary ; et jusqu'à mainte-
nant ils craignent encore leurs vainqueurs, chaque fois que ceux-ci
s'agitent. Depuis lors et jusqu'à ce jour les Ampanambaka ont toujours
refusé d'être Marakely".
Les serfs se révoltèrent contre les seigneurs antaiony à cause de
1. Les villages
d'Ambalatany
et
de
Malitanana
sont
à
plus de
80 kilo-
mètres de distance l'un de 1'aulre. Le Valalanampy, dit la légende, la fran-
chissait en quelques minutes.
2. Tompo, le chof ; arivo, de mille hommes.
3. Ce texte & été recueilli dans le quartier de Masindrano du village de
Mananjary.
4.
Sur
le bord
(de la mer).
5.
Yohitra,
le village; manitra,
parfumé.
6.
Vohitra,
le village ; masina,
sacre.
7.
Le village à la pierre (vato) rouge
(mena).
8.
Vohitra,
Je village ; feno,
riebe.
9 .
Pour Manankarana
(manana,
il
y
a ; haraw,
du corail blanc).
10.
Celui qui dupe, qui arrive à ses Ans par des manœuvres
illégales.
11.
Corps de jeunes soldats levés dans les tribus non hova soumises à la
cour d'Imerina.
\
ET AUX ILES COMORES leur orgueil et parce que ceux-ci avaient promulgué de mauvaises lois
ET
AUX
ILES
COMORES
leur orgueil et parce que ceux-ci avaient promulgué de mauvaises
lois qu'ils furent du reste impuissants à faire observer. Les serfs antai-
morona ne payaient pas de capilalion ; mais ou les évit ait et ils étaient
traités comme des porcs et des chiens. Ainsi, lorsqu'un seigneur
antaionv se baignait et voyait un serf qui se baignait aussi, il portait
vivement ses deux mains à sa tète et s'écriait : « Voilà un chien que je
surprends se baignant î » Le serf pleurait et était 1res aflligé. Lorsque
les Anlaimonora voulaient luer un animal, bunif, oiseau ou poule,
c'était le seigneur qui devait d'abord lui couper la gorge. S'il n'en était
pas ainsi, l'Antainiorona commettait une faute très grave et ne pouvait
pas manger la béte qu'il avait tuée lui-même. (Jette loi lit donner aux
Antaiony le nom de Coupeurs; elle est encore en vigueur aujourd'hui
iSi u n seigneu r tombait , il failai l qu e le s sert s se jetassen t immédia -
tement à terre; s'il voyageait en piiogue avec des serfs et qu'il tom-
bât à l'eau, ceux-ci devaient se jeter à l'eau aussi. Les serfs avaient
également de si lourds impôts à payer, qu'il leur était impossible de
de s'en acquitter ; et bien d'autres charges encore.
Tous ces griefs contre les seigneurs les firent se révolter ; et lors-
qu'ils livrèrent bataille à leurs maîtres, le sang coula en telle abon-
dance qu'il couvrit la terre. Les Antaiony vaincus se dispersèrent et
arrivèrent jusqu'à Fort-Dauphin 1 . 11 en vint aussi à Tsiatosika, duns
le district de Mananjary. Ils allèrent ensuite porter plainte à Tanana-
rive*. On leur répondit : t Que chacun de vous reste où il est. »
Aujourd'hui encore le difl'érend n'a pas été vidé.
Les seigneurs avaient acquis une grande autorité sur
leurs serfs à
cause
de leurs sortilèges;
mais les charmes ne les empêchaient
pas
1. Celle assertion est inexacte. A la suite de plusieurs sanglantes révo-
lutions, les roturier ont eutiu obtenu de pouvoir couper la gorge aux ani-
maux destinés à leur consommation.
2. « Les chefs des diverses iribus de la partie sud-est de Madagascar,
dit AI. Grandidier, appartiennent, à la fa mi i le
de
U.tminia ou des gens q <i
l'accompagnaient. C'est une branche de cette Famille des Zal'y Kaunnia <|ui
commande aux Anlanosy de la province de
Les Zafy Ka-
uiinia qui habitaient aux environs de la rivière l'aruony, ont été chasses de
ce pays, par le» Zafy Kasimambo et
se sont retirés les uns vers le nord
les Anlambahoaka), les autres vers le sud, les Anlanosy. » (Les canaux et
lagunes
de la côte orientale
de Madagascar,
dans
le
Bulletin
de
la Soc.
de
géographie de Paris, i , f trimestre 18Ntí, l'aris, in-8, p. 81). )
3. C'est-à-dire au gouvernement hova de Tuuaiianve.
3
42 LES MUSULMANS A MADAGASCAR déli e battus. Ce sont ces charmes qui avaient donné
42
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
déli e battus. Ce sont ces charmes qui avaient donné naissance au
culte des idoles qu'on professait autrefois dans l'Imerina'.
Raminia est le père des Antambahoaka par la filiation suivante : Ra-
minia enfanla Rabevahoaka' ;
celui-ci enfanta Rajosefa 3 et Tompoi-
manarivo V Ce dernier enfanla Ravalarivo ; et Ravalarivo enfanta Ra-
maialaza, Rafandaharana', Uatsianga', Rainasindia et Satrokarivo.
Ces cinq hommes donnèrent naissance à la tribu des Antambahoka
qui habitent Masindrano où ils sont devenus très nombreux.
Voici les noms des Andriambaventy T actuels de Masindrano seule-
ment, descendant de ces cinq individus, et le nom bref des Antam-
bahoaka, hommes ou femmes :
Iabanimandro,
labanii ramena ,
lbotoiniaraka
Itsikasihina
llavalava
Ravoritika",
Indriambonimanana 1
I.
Voir plus loin te texte sur tes Zafikazimauibo
à ce sujet.
'2.
Ha,
particule; 6c, qui
a beaucoup ;
vahoaka,
de
sujets .
3.
Cf. l'arabe
ïousouf,
Joseph.
i.
T<jmyo, le chef; Itnanarivo, du village
d'Imanarivo.
5.
Ra, particule ; fandaharana, disposition, règlement; celui qui dispose,
qui règle.
6. Probablement pour Ralsiangatra
(ru , particule; tsy,
ne pas
;
angatra,
le génie du
mal ; celui qui n'est
pas le
génie du
mal).
7.
Juges, magistrats. Ce titre
est conféré par les Hovas aux
rois
indigè-
nes
soumis
qui jugent
au
commercial, au
civil
el
quelquefois
au
correc-
tionnel.
8. / , article
personnel;
Buto,
nom
propre
masculin ;
miaraka,
qui
ac-
compagne.
0 .
I, article
personnel ; tsy,
ne pas ; kasihina,
auquel on touche ; celui qui
est sacré, inviolable.
10.
/ , article personnel : lavalava,
duplicatif de
lava,
le long.
I I .
Ra,
particule : voritika,
le
recroquevillé.
t'i. /, article personnel ; ndriana, pour andriana,
le prince ; ambony,
au*
dessus ; manana, qui possède ; celui qui possède plus de richesses que tous
les autres.
ET AUX ILES COMORES .15 Iketotra 1 , Ibabo 1 , ibetiana', llaivanona 4 ,
ET AUX ILES
COMORES
.15
Iketotra 1 ,
Ibabo 1 ,
ibetiana',
llaivanona 4 ,
labandrakelika*,
Tamanta 4 ,
llivatra',
Itsivatanona,
Itsitasihina',
Botomena'.
Ceux-ci sont du quartier de Masindrano et commandent aux An-
tambahoaka de Masindrano qui sont exactement au nombre de 897,
tant hommes que femmes.
Les quartiers d'Anivontany et Ankadirano ont, en dehors de celui
de Masindrano, les Andriambaventy suivants
:
Iabanitsiombana '*,
Iabaniviavv " ,
Iabanitanjaka
Iabanirebeka
Iabaniravo 14 ,
Iabaniondry
1.
Pou r Inketotra,
le
péteux.
2.
Le prisonnier de guerre.
3.
/, article personnel ; 6e, beaucoup ; tiana,
qu'on
aime.
4.
Ilay, celui
-, vanona,
qui réussit dan s ce qu'il
entreprend.
5.
labany,
le père
;
ra,
particule ; hetika,
aisselles; le père de celui qui
a
des
aisselles.
6.
Le cru,
qui n'est ni mûr
ni
cuit .
7.
Du mot français livre
(le poids), dont on a fait
livatta.
8.
Tsy, ne
pas ; tasihina,
auquel on touche ; qui est
inviolable.
0.
Boto,
le rouge.
10.
labany,
le père
de ;
tsy,
ne pas ;
ombana,
qu'on
couvre ;
le
père
de
celui qu'on
ne couvre
pas.
11.
labany,
le père ;
viavy,
de
la femme.
12.
labany,
le pere de ; tanjaka,
celui qui est fort.
13.
labany,
le père
de
;
rebeka
pour rebaka,
celui qui est
content.
fatigué.
14.
labany,
le
père
de ;
ravo,
celui qui est
15.
labany,
le
père du ; ondry,
mouton.
44LESMUSULMANS A MADAGASCAR lUbil'uanu' , Handraharah a ldeba' , ltsiza/a 4 , ltsidilafana",
44LESMUSULMANS
A
MADAGASCAR
lUbil'uanu' ,
Handraharah a
ldeba' ,
ltsiza/a 4 ,
ltsidilafana",
ltsiinanamby 6 ,
ltsiautiaina *,
labaniravo,
Ibobuii^y
lvanoinbelona".
lnianiirialra"',
lndriandraha" ,
Ikandiina 1 ',
lisidilatina u ,
llaimanana u .
Le nombre des hommes et des femmes qui
tuellement est exactement de yio.
leur
ressortissant
ac-
1.
Ilu,
particule,
tatj.
ne
pas;
foxina, vide ; celui
qui
a
des
ressources.
2.
Ha, particule», raharaha,
qui a des affaires, qui est ulTuiré.
3.
I, arlir.le personnel ; deb'i,
1« large.
ì .
I, article personnel ,
(sy,
ne
pas :
zazn,
petit
enfant ; celui qui
n'est
plus un petit enfant, qui est devenu
un
5.
Celui 4 cûté
duquel on
ne
marche
homme.
( •iilafa ) pas
(tsy);
qui
est trop
or -
gueilleux ou trop haut place pour qu'on
puisse le fréquenter.
(').
I, article personnel; tsij,
ne pas ; mufamb'j,
qu'on
prend
à
gage s ;
ce-
lui qui
ne sert personne,
qui
n'a pas de
mai ire.
T.
/ ,
article
personne] ; /sy,
ne
pas
;
untaim,
à
qui
on
chante
des
louantes.
y.
/, arlic'e
personnel ; lohonyy,
pour lonjy,
celui qui a des testicules,
y.
/, article
personnel ; vunona,
qui
étant
vivaut ;
qui
proine avant sa mort des biens qu'il a
réussit ; veluna,
amassés.
10.
Celui qui
déchire.
11.1 ,
article personnel ; ndriana
pour anfnun't , le noble ; rahi,
qui
est
ulïairé.
12. Celui qui a un front.
13. i, article personnel ; Uy, ne pas ; Ma/Sna, qui lèche ; celui qui ne lèche
pus.
11. Iluy,
celui qui ; munana,
possède des
biens.
ET AUX ILES COMORES .15 La totalité des habitants des différents quartiers de Mananjary, descendants
ET AUX ILES COMORES
.15
La
totalité
des
habitants
des
différents
quartiers
de
Mananjary,
descendants de Raminia, est donc de
1.817
hommes
et
femmes.
Voici le nom
des chefs des villages
Antambahoaka
hors de
Manan-
jary, qui descendent
également
de Haminia
:
Noms
des villages
:
iXomx des chefs de villages :
Anosin'Imasindrano '
Imannvadahy*.
Ampanalana '
Indriantseranana
Ç
Beravaka \
Itsaravary 1
i
Indriamananatra 1 .
(
Itsimainty".
Iielampona'
^
Indriam'.nefy
Atsimon'nv
\
Indresy" .
Hetampona "
Indriamhaoka "
Andohan'Ifangato "
Imhoatnv I S .
Itsaravary
Itanondahy
Ifanantara "
Ima n
'*.
t.
L'île de
Masindrnno.
2 .
I, article personnel ; ni<inar(iA<i, qui
l'ait le tringe;
/<1/11/, l'homme.
3. L'iathme ; littéralement : là on fuit
l'enlèn
mmt.
Ce nom
leur vient de ce
qu'on
ej t
obligé
de
faire
transporter
les
pirogues
«l'un
cMé à
l'autre
de
l'isthme pour pouvoir continuer le voyage par
rail.
I.
/, article personnel;
ndrinna
pour nndriann,
le piince ; srrnnnnn,
du
poil, du
débarcadère.
5.
Le village qui
produit du
bon
(tsari 1) 1 tz
1 ary).
6.
Celui qui possède beaucoup (fcc) d'ornements
(raraka).
I.
Le noble (ndrinna) qui conseille
(manann(ra).
H.
L'endroit
il
y
a
beaucoup
(Le) de cimes
(titmfmun1; le pavs
a<v-
denté.
Í). Celui qui
n'est pas (tsy)
noir
mninhj),
10.
Le noble (ndrinna) qui forge <tnnnefy).
II.
Au sud de Belnmpcnn.
12.
Celui qui
( iny ) est vaincu
(resy).
13.
Le noble (ndriana)
lépreux {Lanka pour
Lnka).
11.
Le village qui est à la source
(unilohany) de la rivière
Fangalo.
<5.
Crotle (tay)
de chien
(roòoa).
16.
Celui qui est attrapé (tann) par un homme (luhy).
1".
Où l'eau est très froide (antara).
18. Le tacheté (par la lèpre).
46 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Moms des villages : Moins des chefs de villages Vitamena'
46
LES MUSULMANS A MADAGASCAR
Moms
des villages
:
Moins des chefs
de
villages
Vitamena'
Befotaka •
Ampasimbola 4
Itsaravary
Antenlrateza '
Adara*
Androngana"
S
Antanambao "
Antanambao "
^
lkadato.
Itsaraverenana 1 .
Indrifatra*.
Itsimanatitra
Itsangalahy*.
Usiaferandahy '*.
Ilangy
Rabeamatra".
Ininy".
S
1
Andavakilavy 1 *
Andavakilavy
*
1
Antanambao
Mahabo"
Itsimereta".
Itsiarahindahizo".
Inadiny.
Indriamahazotsara f0 .
1.
Olu i
qui est devenu (t lia) rouge
(mena).
'2.
Là nii il y a beaucoup (le)
de boue
fotnka).
1$.
Olu i qui
revient (vercnann) en bonne itsara)
sanl 4 .
4.
LÀ OÙ il y a (Tmy) du sable (fasina)
argentifère
[vola).
5.
Celui qui
s'est enfui (rifalra)
lorsque l'ennemi
G.
Celui qui
n'appporte (mamUilra)
pas
((sy)
;
qui
anive .
fuit jamais de
ne
pré-
sents.
7.
il
y
a
(any)
un
arbre
(teza)
qui
a une fourche
(temlraka
pour
tan'irokn).
8.
L'homme (lahy)
qui se tient debout ( Isangana) .
9.
Là où il y a des palmiers sauvages appelé»
tiara.
10.
Celui qu'un
iiomme (lahy)
ne peut pas couper (fsy
aferana).
1 t .
I - .'.
Là où ity a('iny) des arbres (arongana)
qui donnent une gomme
rouge.
La
trique.
13.
Au (any)
village (tanana)
nouveau
(tvr>).
14.
H'i, particule; be, beaucoup ; amatra, rare : celui qu'on aperçoit ra-
rement.
15.
Pou r
Ineny,
la mère.
Nom propre
d'homme .
1G.
Là où il y a (any) un
trou (lavuka)
prorond
(lavy
ftour lavitra
?;.
17.
Celui auquel on ne dit pas mn-fta
(terme de mépris employé de
supé -
rieur à inférieur, de maître à esclave), qu'on
respecte,
t s .
t'.*.
Cflui qui n'est pas (tsy) suivi (arnhina) par hahizn,
nom
propre ,
Pou r
Mahfimho,
qui rend
haut ; le village exhauss e encore la
hauteur
sur laquelle il se
trouve.
J»>. Le noMe mdrinna)
qui possède (mahazo) de bonnes (Isara) choses.
E T AUX ILE S COMORE S .15 Xums des villages : Soins des chefs
E T
AUX
ILE S
COMORE S .15
Xums
des villages
:
Soins
des chefs
de villages
;
fîefolaka
ItsidiíO' .
Ramini a
qui
était
polygame
eut
d'autre s
enfants .
Il
enfanta
Ra -
jaomanelo' ;
celui-ci
enfant a
Ramasobararuta '
et
Rabefandraotra 4 .
Ces
pelits-íils
de
Ramini a
sont
les
ancêtres
des
Antanosy
de
Fort -
Dauphin .
Les
descendants
de
Ruminia
sont
allés
jusque-là
et
ils
s'y
sont
multipliés.
Ramini a
enfant a
un e
fille
d u
no m
d e
Mas y
Celle-ci
donn a
le
jou r
à Manakana* .
Manakan a
enfanta
Mahavaly : ;
Mahavaly
enfanta
Ilaikirinjiy*;
et
Ilaikiringy
enfanta
Ratsimiozanu '
et
Ramaivolm l 0 .
Ceux-c i
son t
les petits-lilsd e
Masy,
fille
d e Raminia ,
e t
o n
les
appell e
ZafindRaminia . Us habiten t
lefaka.
Voici
quels
furen t
les
enfant s
de
Ravahinia.
Elle
enfanta
Ra<la-
mary " ; Radamar v enfant a
Bevazaha "
et Zatirambo" .
Ce dernie r
est
1.
Celui qui ne se (rompe (iliso) pas (tsy), qui n'es t jamais en faute.
2.
H'i, particule ; ja», grand ; mnnelo, qui
mportune par ses
roseau ?
assiduités.
3.
Ha. particule : mas'), œil ; Imrarata, de
i.
Peut-êtr e pour Masina, celle qui est sacrée.
5.
Un, particule ; l>e, beaucoup ; fandrnutra (pour fnn<lra<>l<ina), enlève-
ment par force ; celui qui
fait beaucoup de
prisonniers.
G.
Celui qui met des obstacles (aux tentatives de ses ennemis).
7.
Celui qui peut répondre. Une ancienne idole des llova qui fut brûlée en
lHGtt portait ce même
nom.
On
lui prétait
la faculté de pouvoir répondre à
toutes
les questions
qui lui étaient
adressées.
8.
Celui qui (»/<Jy) est entête ( kiring y pour kirinn).
9.
Celui qui ne maudit (miozana) pas ((sy)
ses
ennemis.
10.
/1«. particule; may
(probablement
pour
mahay)
qui
sait ;
voho,
der-
rière;
celui
qui
sail ce
qui se
fait ou se trouve derrière
lui.
11.
Itadama, nom propre ; ary , qui crée; qui a engendr é une nombreuse
postérité.
12. Ile, beaucoup ; vtizaha, étrangers ; qui aime b"aucoup les étrangers ou
qui
a
beaucoup d'etrarigers avec lui. V<i:u/i'j signifie étranger à
Madagascar,
de naiionalité non
malgache.
t3 .
'lafy.
les
descendants ;
Rnmbo
de
Rainbo.
D'après
M Gra idnlier
{Iss ennanx et layunes de la rôte orientai' de Madayasear, p. K, note 7>\
H • minia aurait eu pour compagnons Imabazo, Irambo et Imanely : « Leurs
descendants, ajoute-t-il, les Antaimahaio du district de Maliasorn, les Anl-
sanibo du district de Mulitannna, les Zatirambo d'ikongo, les Zafimanelv
40 LES MUSULMANS A MADAGASCAR l'ancêtre des gens de Kiongo 1 dont le roi est
40
LES
MUSULMANS A MADAGASCAR
l'ancêtre des
gens de Kiongo 1 dont le roi est Tsiandraofana. Ravahi-
nia est donc l'ancêtre de Tsiandraofana. Lorsque Raminia et Rava-
hinia furent devenus vieux, ils avaient donné naissance à la plupart
des tribus du sud. Ils retournèrent alors à la Mekke, leur patrie,
qui e<t au delà de la mer. Ils ne voulaient pas, dit-on. être enterré s
à Madagascar.
du pays Bara, ont physionomie très différente de celle de la masse du
peuple. »
t .
Pour Ikonqo. Le
royaume
d'Ikongo
est
un petit
Ktat indépendant
que
les llova ne sont pas parvenus à soumettre malgré les victoires qu'ii; ont
remportées sur les Tanala qui l'habitent.
CHAPITRE IV NY ONJATSY Ny Onjalsy dia karazan'olona monina ao atsimo atsinanany Mada- pasikara. Ny
CHAPITRE
IV
NY
ONJATSY
Ny Onjalsy dia karazan'olona monina ao atsimo atsinanany Mada-
pasikara. Ny ankabiazany dia ao Vobipeno sy any Malilanana. Ary
ny razana nihavian'izireo dia avyany andafiny ranomasina; ka isan'ny
vahoaka niaraka tany ny Raminia izay razany Anlambahoaka. Dia
ireto izy ny karazan'olona niaraka tamin'izany : ny Antevamlrika \
ny Onjatsy, ny Tsimaito, ny Anakara, ny Antemasay', etc. Dia ireo
v.ihoaka ireo no tonga voalohany lao amy ny sisin-tany atsimo atsin.t-
nany Madagarikara. Ary izireo dia taranak'olona manana fahaizana
amy ny fanafody arak'izay nentindrazany avy. Dia ny Onjatsy sy ny
Tsimaito dia manampahaizana momba ny zavatra ety ambony ny
(any, izany boe : ny zavamibetsiketsika rehetra no misy ahalalanv,
liono, ny zavatra ho avy na ho ratsy na ho soa. Ary toy izao no fomba
sasany ahalalany izany : raha sentira miakatra ny tanana, hono, ny
lamboanala, ka avv andrefana no fihaviny voalohany, koa miatsina-
nana, dia ataony fa hisy loza ho avy any andrefana na aretindrafsy
na fahavalo na zavatra ratsyhafa. Ary raha vao mahita izany izy, «lia
tnanao ny fombanv fanalany azy arak'izay fahaizana amy ny fanafo-
<iiny. Dia lazainy fa afaka ny loza kasa ho avy rahefa vilany ny ataony.
Ary ireo Onjatsy sy Tsimaito ireo dia nasian'ny teo aloha anarana
lioe : mpilaiza ny tany sy ny vahoaka. Ary arak'izany hiany koa raha
avy atsimo no mianavaratr a ny lamboanala dia ataony fa nvy any
atsimo no ihavian'ny loza, dia asiany fomban'ny fanalany azy indray
izany. Fombanv anankiray hafa koa : rolia misy akan;;a' mandalo
t .
Pou r
Antaivandrika.
2.
Pour
Anlair/Kuay.
3.
Cf.
le
souahili
kanga,
pintade
( Vocabulaire
français,
kisswahili
et
kmwahili-franrai*.
Alger, 1885, in-8, p.
100).
42 I.F.S MfS Í LMANS A MADAGASCAR ny tanana dia ataony fa hi-y vahiny ho
42
I.F.S
MfS Í
LMANS
A
MADAGASCAR
ny tanana
dia
ataony
fa
hi-y
vahiny
ho
avy
hiakatra
antanana ,
koa
dia raha
avy any andrefan a
no (ihaviny
voalohany
dia
hoy
izireo hoe :
ho
avy
ny
vahiny
avy
any
andrefana .
Toy
izany
koa
raha
avy
any
atsinanan a no ihaviariy voalohany dia heverinv fa avy any atsinanana
no ihaviany
ilev vahiny
ho
avy a i antanana .
Dia taliak'izany
hiany na
avy avaratra
na
atsimo
dia inoan'izireo
arak'izanv.
Koa dia
miomana
izireo mamon o
ombv
na
vorona
na
akoho
ho an'nv «
vahinv, -
Arv
»
koa
lov izao ny
fahaizan'izireo.
Hair.'izireo,
hono,
ny
hampisy
ny
rivotra
l»e di a h e
mahef a
handiav a
zavatr a
betsaka ;
n a
di a
ny
samb o
aza.
Imno, dia hainy hafefika. Toy izao, hono. no anaovany azy : alainy ny
nongo ka
ataony
ao analiny
ao ny
ran o
nalainy
avy am y ny rano tsy
manan-doha , tsy hita izay nihiaviana. Ary rehefa tonjia ao izany, dia
m tka
forolnna
izy ataony
ao
koa,
sy zavatra
hafa koa. Kahefa vita
izany. dia aleniiny oo amoro n drinomasina , ary amin'izay, hono,
di a
ts y
maints y
his y
rivotr a
l>e di a
b e haingana ,
k a
di a
h o
fetik a
n
\
sambo . Ar y rehef a asian y fanafod y fan a la n a indray , hono , dia mija -
non a
miarak a
am y
n y
va va
n y
rivotr a
I» 1 dia
be iny.
Ary fabaizany
hafa koa dia ny fandatsohambaratra . Na dia izao anto indro main'an-
dro iz 10 aza. hono. no tiiny halntsaka ny varatra di t tsy maintsy
milatsaka. Yonlohany dia ataony manjar y misy rahon a ny lanitra ; ary
rehefa izany, dia misy tscla-haratra sy kntrokorana, koa dia militsaka
amin'izay, hono, ny varatra amin'izay tiany andantsahana azv. Ar v
koa ny zavatra izay hainy ireo Onjats y sy Tsimaito ireo indrindra.
hono, dia ny ody basy aman-defona ; koa ralia misy olona mitititra
azireo. hono, dia tantazan'ny tanana ny bala' sy tantazan'nv lambany
ka t<y maninon a akor y izy. Ar y nmin'izan v koa,
rah a ataony manjar y
ran o
ny
vanja
ao
anatiny
basy!,
hono,
dia
tonga
rano.
Koa amin'-
izany, hono. noho izany fahaizana ananan y izany dia (sy mb a met y
voatilitra na oviana na oviana izy. Ary izany dia itokiany tokoa, in-
drindr a
raha
mh*y
tatika
h o
avy
dia
efa
fantanv
rabateo.
Koa raha
aoiany fanal.ma an»y ny fanafody. hono. dia tonga tsy vanona izanx
a ly izuiy,
kadi a
longa
mihavana
fotsinv izao ary manjar y
metv
hifa-
neky
ireo mikasa
hiadv
ireo.
Ary
iz'ieo,
hono. na
inona na inona ady
miseho
teto ainv
nv
tanv dia
mbola
tsy resv
nv taliki
izay
nombanv
1. Du françiis
bnllr.
2. flisy.
fusil. le
à
remp'noer dan s le sud
et l'ouest de Madagascar te
•ml ampiytmitra
('lu portugais rspitujanfa) <)ui «''(ait autrefois générali-mont
emplove. Cf. Ilieiiunlsnn,
A uiw
Mahigasy-Kntjlish
Itirii
inury,
p.
36 .
ET Al X ILES CO.MollES fa matetik a vil.t h o «zv, tong a roihavana
ET
Al X ILES
CO.MollES
fa matetik a vil.t h o «zv, tong a roihavana ireo firenena mikas a hiad v
ireo, a«"v di a tong a miliavan a indrny . Kanel'a rah a tian y izireo hiad v
dia tonjra miady hianv.
Fa ny zavatra hain'irelo Onjats y sy Tsimaito ireto indrindra dia
nv fanalany ny loza ho avy. n a aretina na tatiodrivotra na fahavalo
mikasa handrava . Kanefa izany fahaizina ananan y rohelra izanv dia
miankina amy ny tonon'andro no anaovuny azy na Alatsinainy na
Talata na Alarobia na Alakamisy, Zoma . Asabotsv, Alahady' . aiak' -
iziv fahaizany azy ao am y ny bokiny. Ary koa am y ny andr o indraian-
dro dia inanomboka am y ny maraina ka hatram y ny hariva. dia efa
misy famanlarany azy
avokoa sy .omba fanaovany azy daludoamin' -
izay zavalra kendren y na ho soa na h o ratsy. Ar y anel'a izany fahù -
zany azy rohelra izany dia miankina am y ny andro no anaovany azy.
Alatsinainy dia misy fomhany izay efa nianarany ao amy ny bokiny' ;
ary koa dia efa
misy fomhany hatram y ny martin a k i haltam y ny ha-
riva. ïo y izany Tolata, Alarobia, Alakamisy, Zoma, Asaliolsv, Ala-
li.idy, dia misv antony sy heviny daholo amin'iley zavatra hoveriny na
ho soa na ho ratsy. Koa amin'i/an y izireo. hotio, dia mahay mami -
nan y n y zivatr a h>) av y : rah a ratsy , di a asian y fanalan y di a afaka .
Ny /.avamanmaina eto amhoniu'n y tany, hono, no ahitany ny zavatra
vinaniny robot ru araky tiy bokindrazany.
1. Les
noms malg iches de
la semaine sont tous emp-untés à l'arabe :
nimanche , Alahady, JL».^ 1 . cl-ahad.
Lundi,
Alatsinainy,
el-cthnin.
Mardi,
Tolata, /XII . et-tli-»'<1th<1.
Mercredi, Alainhi,/, t \ujiI, t'l-arl>a'à.
Jeudi, Alakamisy, tr i>• , , W-A7»<imis.
Vendredi, Joma (ï»m<t), i«Jr' . t'I-'Ij-mn'ah.
Samedi, SaLotsy,
'I,
rs-srhf.
Cf. Dalil", The
influence
nf
thr
Arahs
"n
the
Malagisy
langnage,
dans
Anlananarivo Annuat ami Madagascar Magazine. Antananarivu. tN7. r )-ltf7M.
p. 20"», in-8* ; «>1 la première partie de ce travail, L s Antaimorutia, Paris ,
|S)1, ,-hap. v, p. 7.M00.
2. De l'anglais lonk, livre. L'expression kitnho (arabe ^JiS. kitnh) n'eM
guère employée .(ue par quelques yor -iers musulmans de la «-Aie sud-es t et
nord-ouest. Cl", le soualiili kitalni. IHi tionnairr kissiraliili-frawai* et fran-
cuis-kiswthdi, p. 128.
44 LES MUSULMANS A MADAGASCAR N v Anakar a ko?a dia mpahnlala ny zavatra en
44
LES
MUSULMANS A MADAGASCAR
N v Anakar a ko?a dia
mpahnlala
ny
zavatra
en v
atnhonv
dia
ny
masoandr o
sy ny volana;
izany kosa n o ahalalany ny
fihavian'ny
loza
h o
avy am y
ny
tany.
Toy
izao
: ataony fa rsh a men a ny niasoandro na misy faritra ma -
nodidina na misy fan.ikorar a dia ataony fa hisy h»za mahagag a na
aretina ho avy na latsadra am y ny tany. Koa amin'izanv dia manao
fanalany haingana mb a tsy hihavian'izany am y ny vahoaka; ka
nao hoe : efa afaka izao ny loza kasa ho ton^a, koa dia matokia
ma -
hia-
nareo. Toy izany koa ny volana raha misy zavatra manakon a azy dia
arak a izany hiany koa. Kanefa dia tena lazaina
a
\ y
na
ho inona
na h o inona,
ka dia
lazainy eo
eo, hono, ilay loza ho
izay andr o hih'aviany
n
a
Alatsinainv ,
n a
Tolata , etc. Ka rah a tsy voavonj y n y fanalan a
haingana, hono, dia tsy maintsv ho tonga tokoa ilay loza vinaniny ho
avy. Ary ny fomban'n y fanadofy fanalany azy dia lomba mar o sami-
hafa araka izany fahaizana anananv . Ary ny mahagag a indrindra amy
ny fahaizan'ny Onjatsy
aml ony eny . Toy izao :
dia ny fampianjeran y ny voro-manidina env
Rah a misy vorona manidin a env am y ny ha-
hakabaka eny, ka tiany halatsaka, hono, dia ny tandindonv iny nnje-
reny avy ety ambany , dia tonga mianjera , hono, ilev voro-manidina
ka tantazany ny tanandroany . Ireo Onjatsy ireo, hono, dia
manann
fahaizana am y ny kintana koa dia ny toetry ny tilaharan'ny kintana .
sy n y fiovaovany-
Ire o Onjals y
ireo tam y
ny an'IrodRadair.a
Rain y di< nanom e loky
azy hoe : « Na aiza
bomb a anao izahav
n a aiza tany alchanao, Laidama' , dia tsy mainfsy
hitaiza anao hampardr y
ny tany sy ny fanjakann. »
Ary
liita
tokoa
tamin'izany
fa
na taiza n a taiza tany nanatihany Lai-
dam a ka
nitondran y azy ireo, dia tsy mainlsy nalmresy izireo. Ary
mbolats y resy an'ady na oviana naoviana . Ary izânyToniha fohaizary
izany dia efa vitany avokoa am y ny bokiny, ka ahalalany ny zavair i
rehetra na inona na inona. Ary izco koa n o fombanv :
rah a misy
olona mitoto vary am y ny laonany,
rehef a av y nitotoan a di a alain y in y
ka tsy manamboatr a azy tsaia,
laon a iny , k a ampibaben v il* y
olon a mitot o var y taminy ; koa dia miraikitr a en y
an-damosiny , t>y
mety afaka intsony, rah a tsv izy indray no manan a famindram- j o
hanaisotra izany. Ary koa raha misy olona mitondr a faty miakatra ny
tanana , hono, ka manatin a izany dia ampibaben y
avy iny faty iny,
koa miraikitra
eny
an-damosin'ila v
olona,
ka
t*y
afaka
rah a tsy
i/y
1. Surnom de Rndama I".
ET AUX ILES Ci».\|M|tES Í5 no manaibotra. Ary fomban y ha fa koa : buno,
ET
AUX
ILES
Ci».\|M|tES
Í5
no manaibotra. Ary
fomban y
ha fa koa
:
buno,
alainy
ny
mason y
ka
esoriny, dia sasany
eo
an y
ny
lovia
madio,
ka
rehef a
madio ,
hono ,
dia averiny
indra y
iny mason y
iny.
Ary
izireo koa,
hono,
rah a
mis y
olona hamosav y
azy
dia fantan y
ka
mana o
teny fandrahonan a
izireo»
dia tonga
mat y
tampok a
iny olona iny,
rah a
vuo
rahonan y
in.lraiin-
bava
'uonja .
Ar y
koa
rah a
voalaza azy
ny tonon'andr o
nabaterahan -
iavatra toy ny omby ,
dia
fantany
ny
tarehin'ia y
omb y
iny.
Ary
koa
raha misy
omb y
mitren a
ka
rah a
reny
ny
feon'omby,
dia
fantan y
ny
volon'iza y
omb y
izay
n a
h o men
a
n a
h o
sad a
n a
h o
mainty ,
etc.
Ar y
ireo Onjats y
ireo
koa,
hono ,
rah a
sendr a
fantan y
ny
vintan'ny
olona
tiany
ho vonoina dia
matin y
: toy
ny
olona
halanv
n a
mifampak a
vady
amin y n a misy
zavatra
haf a
mahasosotr'az y
aiuiny.
TRADUCTION
LES
ONJATSY
l
a
trib u des Onjats y
habit e
le
sud-es t
d e Madagascar . C'est à
Vobipeno ' et Matitanan a qu'il s
se trouven t en plu s gran d nonii re.
Leur s ancêtre s son t venu s d'a u delà d e la me r avec Haminia , le fon -
dateu r d e la tribu des Antambahoak a (lorsqu'il quitt a la Mekke). Il y
avait là les Antaivandrika , les Onjatsy , les Tsimaito , les Anakara ,
les Anlaimasay , etc. Ce sont ceux ci qui sont
la côte sud-est de Madagascir . Leur s ancêtre s
arrivés les premier s su r
connaissaien t la science
des
charme s et la leur on t fait connailre. Les Onjats y et lesTsimait o
ont
la science des choses
qu i
sont su r
la
terre , c'est-à-dir e d e tout t e
qui vit. Ils savent aussi, dit-on, deviner si l'avenir sera bo n ou mau -
vais. Voici
entr e dan s
commen t ils s'y prennen t pou r cela : lorsqu'u n sanglier *
le village venan t de l'ouest et se dirige vers l'est, ils aa -
1.
Voliipeuo est, d'après M. Grandidier,
par 2i*2iV
45*.
Çhoiropolamus SUITUÎMÎ ou l'utumochurua Eduaisii Grandidier.
54 LE S MUSULMANS A MADAGASCAR noncent qu'un malheur va arriver, ou l'ennemi, ou quelque
54 LE S
MUSULMANS
A
MADAGASCAR
noncent qu'un malheur va arriver, ou l'ennemi, ou quelque aulie
mauvaise chose. Mais avant que l'une de ces choses n'arrive, ils con-
fectionner.! un charme qui doit lui faire rebrousser chemin. Ils disent
alors que le mal a été conjuré lorsqu'il était sur !e point d'arriver.
Les Onjatsy et les Tsimaito portaient autrefois le nom de conseillers
de la terre et des peuples.
Lorsque
le sanglier
arrive
du
sud
et
se dirige
vers le
nord, ils
disent que le malheur viendra du sud; et ils se livrent aux pratiques
qui doivent le repousser. C'est une autre croyance que, lorsqu'une
pintade 1 traverse un village, elle annonce l'arrivée d'un étranger'
dans ce village. Si l'oiseau vient d'abord de l'ouest, les Onjatsy et les
Tsimaito disent que l'étranger viendra de l'ouest ; et, si la pintade
arrive de l'est, l'étranger viendra de l'est. Il en est de même pour le
nord et le sud. Les Malgaches croient à tout cela; et ils se parent,
tuent des bœufs, des oiseaux ou des poules en l'honneur des étran-
gers (dont l'arrivée est annoncée par les sorciers).
Ils savent également changer le vent en tempéle. Ils peuvent dé-
truire beaucoup de choses et faire, dit-on, briser les navires sur les
récifs. Voici ce qu'ils font pour jeter les navires sur les récifs : ils
prennent une marmite en argile, ayant un rel>ord extérieur, et versent
dedans de l'eau d'une rivière dont ils ne connaissent pas la source.
Ceci fait, on prend un tison qu'on jette dans la marmite avec d'au-
tres choses. Puis, on la porte sur le bord de la n.er. Alors, dit on, la
tempête se déclare immédiatement et le navire se brise. Ils ont aus>i
des charmes piéservatifs qui font cesser la tempête à l'instant mémo.
Ils savent également faire tomber la foudie en plein jour, lorsque le
temps est sec*. Ils commencent par former des nueges dans le ciel :
les éclairs jaillissent, le tonnerre qui annonce la pluie se fait en-
tendre et la foudre toinLe, dit-on, sur celui qu'ils désirent at-
teindre.
Les Onjatsy et les Tsimaito sont surtout lépulés pour connaître dos
amulettes préservant des balles et des coups de sagaies. Si on tire un
1. Xumida mitvata
Pall.
2 . L e mo t vuhiny signifi e u n voyageur , u n étrange r a u v^llag a rl IOS le -
quel il se trouve. Le mot vazuha signifie également « étranger », avec le sens
d'individu de nationalité étrangère à Madagascar.
3. Lorsque le ciel est sans nuage
une pluie prochaine.
et qu'aucun signe ne peut faire prévoir
.15 ET AUX ILES COMORES coup d e fusil sur eus , ils attrapent ,
.15
ET
AUX
ILES
COMORES
coup
d e
fusil sur eus ,
ils
attrapent ,
dit-on,
la balle avec la mai n
ou
dan s
leu r lamba
e t
ils
n
e
son t
pa s touchés .
Il s peuven t
égalemen t
changer
e n
eau
la
poudre
qui
se
trouve
dan s
le
fusil.
Grâce
à
leur
connaissance
d e ces sortilèges,
aucu n
coup
d'arm e
à
feu
ne
peut
les
atteindre.
Ce sont
de véritables
sorciers.
Un e armé e
se
met-elle
en
marche, ils en sont informé s à l'avance. S'ils veulent éviter la guerre,
ils n'ont
qu'à faire u n charm e de paix : el les belligérants, qui
se
dis-
posaient
au
combat,
vont
devenir
ami s
et
conclure
una
alliance.
Quelle que soit
la
guerr e
qui
ait eu
lieu
su r
la
terre,
l'armé e
qu'ils
accompagnaient
n'a
jamai s
été
vaincue
Souvent,
au
contraire,
les
tribus
qu i
allaient
e n
veni r au x
main s sont
devenue s
a.
'«-s.
D'autr e
part,
ils peuvent
faire
faire la
guerr e
s'ils le
désirent .
Les Onjatsy et
les Tsimaito
savent surtout
éloigner un malheu r
qui
va
arriver,
un e
maladie,
u n
cyclone,
ou
l'ennem i
prêt
à
piller.
La
connaissance qu'ils possèdent d e cela s'appuie sur le destin du jour*
ils»
fon t
leur s
sorcellerie s
(qu e
c e
soit
lundi ,
mardi ,
mercredi ,
jeudi,
vendredi,
samedi
ou
dimanche)
et
su r
les
renseignement s
que
contiennent
leurs
livres
à
ce
sujet.
Ainsi,
ils
commencen t
à
observer,
depuis
le
matin
jusqu'a u
soir,
et
ils
ne
manquen t
pas
de
trouver l'indication qu'ils cherchent et la façon d e procéder, selon
que le résultat
de leurs observations
est
d e
bon ou
mauvais
augure 3 .
Ils
tiennent
compte,
dan s
leurs
observations,
du
jou r
elles
ont
lieu 4 . Le lundi, elles doivent se faire d'un e fayon particulière, in -
diquée dan s leurs livres, et continue, depuis le matin jusqu'a u soir.
11
en
est
de
mêm e
pour
le
mardi ,
le
mercredi,
le
jeudi ,
le
ven-
dredi, le samedi et le
dimanche .
La
confection
des charme s
est
éga -
lement
subordonnée
à
leur
destination,
bonn e
ou
mauvaise.
Ils
savent, dit-on, prédire l'avenir, et, s'il est mauvais, e n supprime r la
malignité.
C'est
en
examinan t
tout
ce
qui
vit
sur
la
terre,
qu'ils
prédisent, dit-on, l'avenir, d'après les
livres qu e leur ont laissés
leurs
ancêtres.
t .
Pièce de toile de
3 mètres
de
long
et
île 2 mètres
que
les
Malgaches
se drapent autour du
corps.
2. Voir plu s
loin la description du t»n<AÏawlro ou destin du
jour .
3. Celte
phrase
signifie
pius
clairement
que,
lorsque
l'observation
à
la-
quelle ils se sont
livres
leur
fuit
présagt-r
un
malheur,
ils
confectionnent
aussitôt un
cliuraie pour le conjurer.
i.
Les
Malgaches
divisant les jours en fastes et néfastes, le devin doit
tenir compte du bon ou du
mauvais
destin
du jour pendant lequel il opère.
48 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Les Anakara, eux, connaissent les choses du ciel, c'est-à-dire le
48
LES
MUSULMANS
A
MADAGASCAR
Les Anakara, eux, connaissent les choses du ciel, c'est-à-dire le
soleil et la lune'. Ils savent lorsqu'un malheur va se produire sur la
terre. Si le soleil est rouge, si un cercle l'entoure ou s'il se cache,
c'est signe qu'il y aura un désastre épouvantable ou une épidémie, ou
qu'il va pleuvoir du sang. Ils s'empressent alors d'empêcher ces cala-
mités
de se
produire.
Us disent au peuple : « Le désastre
qui était
sur le point de se produire, nous 1 avons écarté, n'ayez plus aucune
crainte. » La lune entourée d'un cercle est aussi de mauvais augure.
Ils prédisent également, dit-on, d'après cet astre, les malheurs, quels
qu'ils soient qui vont arriver et quel jour de la semaine ils arriveront.
S'ils ne s'empressent pas de faire un charme préventif, la catastrophe
prédite se produira certainement. Ils font leurs amulettes de plusieurs
façons différentes et d'après les connaissances qu'ils possèdent à ce
sujet.
L'un des pouvoirs les plus extraordinaires des Onjatsy est celui de
faire tomber les oiseaux qui volent. Voici comment ils s'y prennent :
lorsque un oiseau vole et qu'ils veulent le faire tomber, ils regardent
l'ombre de son corps qui est par terre. L'oiseau se précipite alors de
lui-même dans leurs deux mains réunies.
Les Onjatsy, dit-on, connaissent
aussi
les étoiles, leur position et
leurs phases*. Sous le règne de Iladama I e r \ ils promirent à ce loi
1. Les Malgaches n'ont que le nom générique kintana, les étoiles, pour
designer les mondes célestes. L'astronomie leur est inconnue ; et le soleil
(masoandro, littéralement : l'œil du jour) et la lune (iolana, ont seul un nom
particulier.
2. Les sorciers malgaches n'ont aucune connaissance nx'me des étoiles .le
première grandeur. Les phases de la lune leurs sont seules connues, connue
4 tous les indigènes du
reste. Elles sont ainsi dénommées
:
Tsinani-lulana,
nouvelle
lune.
Hitam-biby ny volana (ia lune vue des animaux dont les yeux pourraient
percevoir cet astre le second jour)
;
Uarim-lolana, 13* jou r de la lune ;
Fcno-volana,
pleine lune ;
Mira-bolana, période de décroissance ;
Milefi-boluna, dernier quartier ;
Maizim-Bolana
(la lune noire), le temps où la lune est invisible ou «e
montre
tard ;
ilaty-volana
(la
lune
morte), le jou r de
la
conjonction.
Cf.
Dictionnaire
malgache-français,
p. 787.
3.
Ce
souverain
régna de
1810 à 1*28.
C'est
le premier ro ;
de
l'Imerina
ET AUX ILES COMORES de l'accompagner partout où il irait, de le conseiller et d
ET AUX ILES COMORES
de l'accompagner partout où il irait, de le conseiller et d e faire régne r
la paix dan s son royaume . Partou t où ils l'accompagnèrent, liadam a
fut vainqueur, et il n'a encore été vaincu nulle part. Ils ont puisé !a
science des sorts dan s leurs livres qui leur ont appris toutes choses.
Voici
un e autr e
d e
leurs
coutume s
: Lorsqu'un
homm
e pile du riz
dan s u n mortier et s'acquitte ma! d e sa tâche, ils prennen t le mortier,
le riz un e
fois pilé, et
le
font porler su r son dos par le
mauvais pileur
de riz. Ils
attachent le mortier de façon que l'homm e ne puisse plus
l'enlever. Celui-ci ne peut plus s'en débarrasser a moin s que le sorcier,
ayant pitié de lui, ne l'en délivre. On dit aussi que lorsque quelqu'u n
apporte u n cadavre dan s u n village et le cache, ils le lui font porter
s u r le dos après l'y avoir attaché. L'individu ne
pourr a pas se débar-
rasser du cadavre, si les Onjatsy ne l'en débarrassent eux-mêmes .
O n raconte également qu'ils s'enlèvent les yeux, les lavent dan s un e
assiette et les remettent , dan s i'orbite après les avoir nettoyés. S ils
ensorcelent quelqu'u n qu'ils connaissent, ils le menacen t et celui-ci
meur t dès qu'ils ont dit u n seul mot. Lorsqu'ils connaissent quel est
le destio d'un e chose qui se reproduit, d'u n bœuf par exemple, ils
savent quelle est la form e d u bœuf . Lorsque le bœuf mugit , ils savent
également, en entendan t sa voix, si son poil est bai, tacheté ou noir.
Les Onjalsy, dit-on aussi, peuvent faire mouri r u n
homm e don t ils
connaissent la destinée ; et l'homm e meur t s'ils le
désirent.
Ils
ont
le mêm e pouvoir su r ceux
qu'ils détestent,
qui
ont
enlevé leur
femm e
ou qui se sont attiré leur inimitié.
qui ait été en relation diplomatique avec les Européens, Il soumit au cours
de ses campagnes tout le riord de l'île depuis Tamalave jusqu'au cap
d'Ambre et Mojanga. Ses successeurs jusqu'à la reine actuelle n'ont guère
agrandi le patrimoine que leur avuit li gué le fils d'Andrianampoinimerina.
A l'heure actuelle, l'ouest, le eud et le sud-est de Madagascar sont encore
complètement indépendants et il est même peu probable que les llova puis-
sent soumettre les peuplades qui habitent ces légions.
CHAPITRE V NY ANTEONY 1 Ramakararo sy Rajosofa sy Andriamarohala sy Ralivoaziry sy An- driamboaziribe.
CHAPITRE V
NY
ANTEONY 1
Ramakararo sy Rajosofa sy Andriamarohala sy Ralivoaziry sy An-
driamboaziribe. Izv dimy lahy ireo zanak'Andriana avy tany Kmaka'
hiany ; Randri?marohala no nalevina ao Evato (Matitanana) 1 .
Izao no antony nialan'ny tany amy ny tanindrazany. Niady fanja-
kana izy fokony ; koa hafa no nampanjakaina fa tsy Ramakararo ;
dia niondrana taminy sambo izy dimy lahy sy ny vahoaka nanarak'azy
dia nitsaka nankaly antany Madagasikara. Diatody tao Antandrorolio
aoavaratry Mahanorodia nianatsimo izy. Dianitoetratao Fanivelona \
dia nianatsimo indray dia tonga tao Mahony, dia novany ' nataony
Matitanana no anarany.
Izao no mah'Andriana azy Anteony. Izy tsy nitondra vehivavy, fa
Ramakararo nitondra zanaka roa, lahy sy vavy. Dia nampanambady
izy roa : Zorobabela no anarany lahy. ary
Fatima ' ny vavy. Dia izy
roa iny norazany Antemahasoa 1 Zokiolona aminy Andriana Anteony.
Amdriampakila, Andriamparohombo, Andriantomambato, Andrian-
tomahombe, Andriamahazorabevoho sy Intsinanana* no Zanaky Zoro-
1.
Pou r
Antaiony
(antay,
les
gen s
de ;
Iony,
nom
propre ;
les
descen-
dants de
Iony).
.
Pou r iMnka,
un
de s
rares exemples de changemen t
de
l'article personnel
la Mek'se. C'es t
t
en
c.
3.
Pou r
iVato.
4.
Pou r
Faniliivclona.
5.
Barbarism e pour
niovany.
6.
De l'arabe
4*1*6.
7 .
Pou r
Antàmahasoa.
8.
/ ,
article
personnel ; antsinanana
(en
hova : aisinanana),
l'est ;
l'o-
riental.
ET AUX ILES COMORES Ramanasinatsimo niteraka anv Tsimindrambahoaka *. Tsimindrambahoaka niteraka any Vadimbolana * sy
ET
AUX ILES
COMORES
Ramanasinatsimo niteraka anv Tsimindrambahoaka *.
Tsimindrambahoaka niteraka any Vadimbolana * sy Imliorondrana
vadindRavelonarivo 1 ankehitriny i/ao.
Ramarohala* niteraka any Rabemiorikarivo' sy Samhoamltthitra*
sy Bevarahina ' sy Masindahy ' sy Andrianatrehinarivo manjaka anke-
hitriny ao Vohinianitra. lkonja no ray Karazana aminy.
Ravoazanahary niteraka any Ramahavaliarivo* sy Fodiarivo " sy
Mena maso " sy Rafiatera" syFandrasa " sy Besiranana
Ramahavaliarivo niteraka any Marovazaha u .
t .
Tsy, ne
pas ; mimira pour rrnirmWi'fi, changent ; va/toaka, 1rs sujets ;
celui auquel ses sujets restent toujours ft<lë'es.
2. Vady, l'épnufe ; vula»a, de la lune.
fl/i, particule; rrl»na, vivant; nriio, (depuis], mille (ans) ; celui auquel
son grand rtge a donné une grande
expérience.
i. Ru, particule; maro,
beaucoup; hala,
liai,
détesté.
5. Ra, particule; he, beaucoup; miorika, qui remonte le courant; urivn,
mille (fois); celui qui est renommé pour avoir remonté de nombreuses fois le
courant de la rivière avec sa
pirogue.
6. SamLntra, !» g prisonniers de guerre en menés en esclavage ; nmh< hilrn,
f'nns le village ; celui qui a fait de? prisonniers de guerre et Us a emmenés
en esclavage dans son
village,
7 .
Celui qui possède beaucoup (/»«)
de cuitre
(vuru/iinu).
8.
Marina, sacré ; iuhj, homme ;
l'homme fnrré , le stirrier.
Cf. sur
l'eir-
ploi du mot masina
à l'égard
des sorciers : L. Dati'e, Sikì'h/
ami
l'uiMn-i.
Ilatfhntirs uith \tala<jasy >ti\ imrs (Antunnnarivo
Anmttil
awi
Sl<t<tnijus< tir
Magazine.
Antananarivo,
188<», in-8", n° X, p. iM8 et suivantes).
9. Ra,
particule;
tntitnnnly,
(celui qu ) peut répondre; ariro, à mille
(questions) ; celui
que
rien
n'embarrasse,
qui
répond
toujours à ce qu'on
lui
demande.
10. Fudy,
cardinaux ;
arivo,
mille ;
celui
qui
po?sède
mille
cardinaux
(Fondia
Madayaseariensis
1
11.
Mena, rouge
; mnso, ciT ;
celui qui
a
les yeux
rcuges. Nom que
por-
taient les ministres et agents du roi Hadatna
II.
(les
12. Ra, particule ; fiatir a pour fiaOni na, (celui qui Fait) l'action d'apporter
présents).
13.
Pour
fandrasana,
(celui
qui
fait)
l'action
de
découper
les
viandes
cru**.
14.
Celui qui possède beaucoup
(Lr) de ports de mer (siravnnn)
dans
son
royaume.
15. Celui qui a de nombreux
(main) étrangers (rnztiha)
cbr/. lui.
62 LES MUSULMANS A MADAGASCAR Mandrianjamana zaza natsangandRabe&iarivo ' niteraka any An- driambolamena
62
LES
MUSULMANS
A
MADAGASCAR
Mandrianjamana zaza natsangandRabe&iarivo ' niteraka any An-
driambolamena ' sy Andriamarovahoaka' sy Pisolahy \
Andriambolomena niteraka any Besery sy Ramose * sy Botova-
zaha *. Besery manjaka ankehitriny ao Evato (Matitanana).
Andriamarovahoaka niteraka any Andrianantoaninarivo 1 sy Tsia-
toraka' sy Raharo. Andrianantoaninarivo manjaka ankehitriny ao
Namorona.
Pisolohv niteraka any Ramaliavala' sy Fahatelo 10 . Ramahavala
manjaka ankehitriny ao Foroforo.
Ralakambe8y Ralakambanihondro. zanak'andriana, niaraka taminv
Ramakararo sy ny namany avy tany Emaka Raha tonga lao Matita-
nana izareo, dia nianavaratra kosa izy roa lahy haka tany hanjakany.
Dia Ihofika andrefany Marosiky nonalainy hitoerany. Raha niala tao
izy dia nitafihany ny olona tao Mangoro dia monina ao izy ankehitriny
izao "
Ambodiharina.
Izao kosa no razany Antekongona 11 Ramarohala
zanak'Andriam-
panohanarivo Rasoamahanoro zanak'Andriamatahitany.
Izao no zavatra fady ny Anteony hatranv antaniny. Ny lofo ny zaza
tsy mhola voafora " ; tsy homant>ombidy ; ny olona tsy mahay tara-
tasy ; tsy homambary aminy andro alakamisy.
1. Ra,
particule ;
6e, beaucoup ; sy,
et ;
arivo,
mille; celui qui est
immen-
sément
riche.
2.
Andriana,
le
prince
(qui
possède) ;
volamena
(littéralement
:
vola,
argent ; mena, rouge), de
l'or.
3.
Le prince
(andriana)
qui a de nombreux
(maro) sujet s
(vtihoaka).
4.
Piso,
le chat
;
lahy,
m&le.
5 .
Ra,
particule ;
mose,
corruption du
mot françai s
monsieur .
(3. Boto,
no m
propr e ; vazaha,
l'étranger .
7.
de
Le prince ( andriana ) qui est honoré
sujets.
(antoanina) par «les milliers
(arivo)
8.
Celui qui n'a pas (tsy)
d'égal ( loraka) .
U.
Ra,
particule;
mahavala,
celui
qui
peut
entoure r
(son
village
d'un e
palissade).
10.
Le
troisième.
11.11
faudrait izao
dia a o Ambodiharina
ils habitent maintenan t à
Am-
bodiharina.
12.
Pou r
Ania.\kongona.
13.
Voafora
est le mot ho»a
anlambahoaka.
pour
<•irconcif,
c'est
voasambatra
qu'il
fau-
drait en dialecte
ET AI X ILES COMORES Fanonibodiana-Retsimilahv rumanarahimo Alaho kibaro'. Jzy zanak'Andriana dimy lahy ireo
ET AI
X ILES
COMORES
Fanonibodiana-Retsimilahv rumanarahimo Alaho kibaro'.
Jzy zanak'Andriana dimy lahy ireo dia Andriamaroliala hianv no
maty tety ; dia naleirna ao Evatî. Ary ny efadahy dia niverina any
Emaka biany; kanefa enintaonjoma (llaonjoma dia valotaona) no
nonenany taty dia niverin'izy-
Ary ny vaboaka nanarak'azy dimilaby :
1° Ny Vatolava, Antevandrika no nanovan'azy' ; sambo iray biany
no nitondra azy sy ny zanak'andriana.
Anteromba \
Antemasiryno nanovana ny anaramy : sambo bafa
no nitondra azy.
3° Anteforona', Antandrorobo ne nanovan'azy: sambohafa nitondra
azy.
4° Tsimetoranaha \ Antalaotra ; sambo bafa indray.
Raha tonga tao aloba daliolo ireo vahoaka ireo dia avy ny Nakara*
hanafik'azy ; koa resy ; dia nidaboka niditra Ito vahoakany hiany
indray.
5° Ary ny Onjatsy dia tonga tao a'oha.
Ci" Avy indray ny Antevohitindry mainty avy tany Ekondana.
Ra-
tsitokana sy Ramasinariana (ampangorona) nifahanana andevo izy.
Uaindrakalo no anarany andevovuvy. Io dia nalainy izy roa Iio vadiny,
dia niteraka zaza telo.
7* Andriamandrambe nitondra ny Sahatavy niditra bu vahakan'
Andriampanohanarivo. Maningory r.o tany niaviany, ary Maiubo '.
Verangcrana no misy azy ankeliitriny.
1. Cette phrase est un curieux
exempie
de
transcription
de mots
arabes
en malgache.
Voici
en
regard
des
mots
arabes
la
transcription
malgache
correspondante
:
ll' isimil"/i!/,
I
^j
.
ramanarahimo,
^fj l
j**J'-
Alahc,
4t)t.
kiburo,
jf\ .
2.
Il faudrait : no namovana unaratia
,
ils ont clr:ng** leur
nom
3.
i .
l'our Anluirmnba et AnUimasiry.
l'our ,4ritaiforona.
5.
Pour Tsimaitcranafiu.
6.
l'ou r Anaknra.
7.
Pou r Vnhambo,
04 LES MUSULMANS A MADAC.ASCAK 8° Dia avy indray Mangania. Matitanana no niaviany. Lakia nota-
04
LES
MUSULMANS
A
MADAC.ASCAK
8° Dia avy indray Mangania. Matitanana no niaviany. Lakia nota-
nindrazany ankehitriny.
9° Dia avy indray Zafimboaziry. Tao Antraika no tanindrazanv,
andohany Sakave. Ampasimanjeva no niaviany.
4 0 Dia tonga indray Andriamarosaotra nitondra ny Zafy Minty
Zaflndriambavy no nanovan'azy, ary tany Nosy be no niaviany.
11° Avy indray ny Antsoro sy Sahafatrana. Anlandreha no nia-
viany. Ankammalaza no itoeranv Antsoro, ary Ambotaky 1 ny Saha-
fatrana.
12° Remanohona nitondra ny Temahanara ' nitoetra tao Lavakara.
Niala tao dia tao Deanana ; niala tao icdray dia tao Faraonv. £vato-
masina dia notafìhiny Ravalarivo ; dia resy. Izao no nahazahoan'nv
Antaiony any Faraony.
13° Dia tonga indray ny Ranomena nentina Rafasina, avy tany
Vohibe, andohany Mangoro. Dia nitoetra tao Yalokianja. Niala tao
dia tao Sarahanony *. Raha niala tao dia tao Mahela ; dia maty tao
Rafasina, nalevina ao AmbatondRasambo. Tialambo zanadRafasina
nitondra ny vahoaka tao Sahatra. Raha niala lao dia nitoetra tao
Aviamamontsy. Niala tao dia nitoetra tao Anibontaka, dia niditra
hovahoakan'Andriampanohanarivo. Rakombo zandriny TialamlK) dia
tavela Arnponenana dia Antihofika no Karazany. Ary Tialambo dia
niverina nonina tao Ankaramisokatra. Maty tao izy, dia naleviny
Ambodiampaly anlsinanany Lakia.
Izao ny vahoaka manompo ny terakv Andriampanohanarivo. Ary
andevo nentiny mpanjaka hatrany Emaka Indriarnakibe sy Indriavo-
lahena sy.
Indriantsitomany.
t .
Pour
Amboataka.
2.
Pou r
Tuimnftanara,
abréviation
de
Anlaimuhanara.
Pou r
Tsaruhan'iity.
ET AI X ILES COMORES TRADUCTIO N LES ANTAIONY Ces cinq hommes, Ramakararo, Rajosofa, Andriamarohala,
ET
AI X ILES
COMORES
TRADUCTIO N
LES
ANTAIONY
Ces cinq hommes, Ramakararo, Rajosofa, Andriamarohala, RalU
voaziry et Andriamboaziribe, sont des Ztmak'andriana ' qui vinrent
de la Mekke. Us séjournèrent à Madagascar pendant quarante-huit
ans; puis quatre d'entre eux retournèrent à la Mekke; et Randriama-
rohala fut enterré à EvatoV
Voici le motif pour lequel ils quittèrent leur patrie : leur famille y
était persécutée par ceux qui étaient au pouvoir et ce fut un autre
qui fut nommé roi à la place de Ramakararo. Ces cinq hommes s'em-
barquèrent alors sur un navire avec leurs partisans et ils naviguèrent
jusqu'à Madagascar. Ils atterrirent à Antandroroho ' au nord de Ma-
hanoro, puis ils se dirigèrent vers le sud et s'établirent à Eanivelona*.
Ils continuèrent ensuite leur route vers le sud et arrivèrent à Ma-
hony dont ils changèrent le nom en celui de Matitanana. Ce sont eux
•|ui ont fai t souch e de seigneur s antaiony . Ils n'axaient pas amen é «le
femmes ; Ramakararo avait amené seulement deux enfants, un gar-
çon et une fille. Il les maria. Le garçon s'appelait Zorohabela et la
tille, Fatima. Zorobabela et Fatima sont les ancêtres des Antaima-
hosoa 5 , les ainés des nobles antaiony. Uu mariage de ces deux
enfants naquirent : Andriampakila, Andriamparohombo, Andrianto-
marnhato, Andriantomahombe, And'iamahazoralievoho et Intsina-
nana. Intsinanana est le père des Antaitsinanana et a aussi donné
naissance aux Antaiinahazo'.
t.
Littéralement : enfants de souverain; princes.
2.
Peti t villag e prè s de s bouche » «lu Matitanan a qu i son t pa r 22°2'i ' '»">"
(Orandidier). Evato signifie la pierre. Ce nom lui vient, dit la légende, d'un e
pierre qui conserve encore l'empreinte
du pied
du
bon
géant
Daralify.
3. Ou Antandru/io. Petit village antaimorona au nord de Mabarioro. Son
nom lui vient d'un e corbeille ohlongue en jonc (tandnih») dont les indigènes
se servent
pour prendre le
poisson.
4.
Où les arbre s fantj (esp«Ve d'acacia)
vivent (•;<7»na).
fi.
Anlay, les
gens ; muhnsna,
nui
font le bien.
G.
Antay,
les
gens ;
tnahnzo,
qui
obtiennent (ce qu'ils
dés ; rent).
04 LES MUSULMANS A MADAC.ASCAK Ralivoaziry enfanta Andriampanohanarivo et Soainitamba qui donna naissance aux
04 LES
MUSULMANS
A
MADAC.ASCAK
Ralivoaziry enfanta Andriampanohanarivo et Soainitamba qui
donna naissance aux Antaivohitrindry. Rihova était la mère d'An-
driampanohanarivo. Celui-ci enfanta Itavoazanahary, Adama et Rabe-
siarivo, le père des Anlaivato'. Leur mère était l'abova.
Rabesiarivo enfanta Ravoaba/aha et Masoandrofeno. Ravoabazaha
n'eut pas d'enfants, une fille seulement*.
Masoandrofeno enfanta Andriamanontoloarivo, Marosaina, Andria-
narahimhahoaka et Ramasinatsimo. Andriamanontoloarivo enfanta
Andrianar.tsaina. Celui-ci eut trois lils : Rabefarantsa, Kibo et Rabe-
volonarivo, le roi actuel de Faraony Maiosaina enfanta Raoto et Fa-
r.tlahy.
Andriamarahimbaboaka
enfanta Kidy. Kidy enfanta Iabal>a.
Hanianasina'simo enfanta Tsimindrainbahoaku. Ce dernier en-
fanta
Vadimbolana et
Imborondrana,
aujourd'hui
femme
de
Rave-
lonarivo.
Ramarobala enfanta Rabemiorikarivo, Samboamhohitra , Revara-
liina , Masindabv , e t And i ianatrehinirivo , l e ro i actue l d<- Vohinani -
tra. Son premier ancêtre est lkonja.
R ivoazanahary enfanta Ramahavaliarivo, Fodiarivo, Mcnatr.aso,
Rafiatera, Fandrasa et
Resitanana.
Ramahavaliarivo enfanta Marovazaha.
Mandrianjamana, enfant adoptif de Rabesiarivo, enfanta Andriam-
bolamena, Andriamarovahoaka et Pisolahv.
Andriambolamena enfanta Besery, Ramose et
Rotovazaha. Resery '
est actuellement roi d'Evato.
Andriamarovahoaka enfanta Andrianantoninarivo, Tsiatoraka et
lîcbaro. Andrianantoaninarivo es' actuellement roi de Namorona.
Pisolahy enfanta Ramahavala et Fahatelo. llamahavala est actuel-
lement roi de Foroforo
t .
Au/f/y, les gens ; halo,
du village d'Ivato.
2.
C'est-à-dire
que
sa
iille,
ne pouvant
pas lui
succéder
dans
son
com-
mandement, est considérée comme n'existant pas ; elle n'ajoute rien à la
famille qui ne retirera d'elle ni gloire ni profit. L'enfant mile seul compte
puc e
qu'il
assure
la continuité
de
la
race.
3.
Besery s'appelle également Hauiahasitrakarivo (celui qui ose provoquer
mille).
•i.
Petit
village
sur
la rive
droite du
.Matitanana,
à
peu
de distance
de
i'-mboucbure de cette
rivière.
ET AI X ILES COMORES Ralakamhe et Ralakambanihondro, deux Zanali andriana, fai- saient partie de
ET AI
X
ILES
COMORES
Ralakamhe et Ralakambanihondro, deux Zanali andriana, fai-
saient partie de la suite Ramakararo lorsqu'il quitta la Mekke.
Arrivés à Matitanana, ils remontèrent tous deux vers le nord, cherchant
un pays à gouverner. Ils s'établirent à Ihoiica, à l'ouest de Mamsiky
Us envahirent le pajs situé sur les bords du Mangoro et .s'instal-
lèrent à l'endroit appelé aujourd'hui Ambodiharina*.
Ramarohala, fils d'Andriampanohanarivo et Rasoamahanoro, fils
d'Adriamatahitany, sont les ancêtres des Anlaikongona.
Voici ce qui est fndy* pour les Antaiony et qui l'est également
dans leur pays d'origine :
Manger de la viande des bœufs tués pour les funérailles d'un enfant
mort avant d'éoe circoncis; manger d'un animal qui n'a pas été tué
en lui coupant la gorge; la fréquentation des gens illettrés ; manger
du riz le jeudi.
Manière de couper la gorge (aux animaux) 4 . — Au nom de Dieu
clément et miséricordieux. Dieu est le plu.> grand.
De ces cinq Zanak'andriana, Andriamarohala seul mourut et fut
enterré à Evato. Les quatre autres retournèrent à la Mekke, après
avoir séjourné six twmjnma * un (taunjoma = huit ans) à Madagas-
car.
Voici quels étaient ceux qui accompagnaient ces cinq hommes:
i° Les Vatolava' qui s'appelèrent ensuite Antaivandrika. Ils arri-
vèrent & Madagascar sur un navire avec les Zanak'andriana.
2° Les Antairomha', qui s'appelèrent ensuite Antaimasiry, vinrent
sur un autre navire.
1. Peti t villag e d e la côt é oriental e pa r 10» 10' 30 " (Grandidier) , o ù l'o n
trouve beaucoup (maro) d'étoffes que les femmes se mettent autour des reins
et qui descend jusqu'au x
pieds (siky
pour
sikina).
2. Petit village
aux
bouches
du
Mangoro,
par
19° 50'30 "
(Grandidier).
3. Ce dont
il faut s'abstenir.
C'est le tabou
polynésien.
4. C'est-à-diie : Voici la prière qu'il faut reciter en coupant la gorge aux
animaux.
Cf
les
prières
des
Antaimorona dans la première partie de ce
travail, chap.
il.
p. 21-22.
5.
Ancienne expression
tombée en
désuétude.
0.
Yato,
pierre ;
lava,
longue.
C'est
une
allusion
aux
péripéties de leur
voyage en compagnie d s Raminia.
Voir nu chapitre des Antaii
nndrika.
7. Antmj,
les
gens ; rumba,
du
rotnha
(?), plante
aromatique,
(jajmum
suair.
04 LES MUSULMANS A MADAC.ASCAK 3° Les Antaiforona ' qui changèrent leur nom droroho, vinrent
04
LES
MUSULMANS
A
MADAC.ASCAK
3° Les Antaiforona ' qui changèrent leur nom
droroho, vinrent sur un autre navire.
en
celui de
Antan-
4° Les Tsimaitoranaha et les Antalaotra*. Ils étaient à bord'd'un
autre navire.
Lorsque tous furent arrivés, les Anakara leur livrèrent bataille.
Us les vainquirent et les Anakara se soumirent à eux.
5° Les Onjatsy qui arrivèrent avant eux.
b° Les Antaivohitrindry noiis qui venaient de Ekondana. Ratsito-
kana J et Ramasinariana, les recruteurs, se sont mutuellement donné
des esclaves*. Raindrakalo était le nom d'une des femmes esclaves.
Ces deux hommes l'épousèrent et elle eut trois enfants 3 .
7° Andriamandrambe. Il amena les Sahatavy' et se mit sous la
protection d'Andriampanohanarivo. Us viennent du Maningory' et
de Mahabo. Il y en a actuellement à Verangerana".
8° Mangania qui
venait
de Matitanana.
Lakia
est
maintenant
la
patrie de ses descendants.
!>° Le s Zaíìmboazir y \ Leu r patri e es t Antraik a à l a sourc e d u Sa -
kave". Us viennent de Ampasimanjeva
1.
Antay,
les gen s ; forona,
du
forona
(?),
espèce
de jonc ,
Scirpus
co-
njmbosus.
2.
Anta,
les
gens ;
alaolra,
de
la
haut e
mer .
On
nom à
tons
les
descendants
des
Arabes,
Souahilis, Comoriens
et
donn e ce
Hindous
musulmans
qui
habitent
Madagascar.
3.
lta,
particule;
tsy
tokana,
qui n'est
pas seul,isolé ; qui a de s partisans .
4.
Il y a évidemment une lacune dans
le texte malgache.
La mention
des
recruteurs de soldats, Ratsilokana et Ramasinariana, «toit être un souvenir,
incompréhensible
pour
nous, d'expéditions de guerre entreprises par ou
contre
les Antaivohitrindry
que l'auteur
antaiony a négligé
de
raconter.
5. l a polyandrie existe encore chez certaines tribus sauvages du sud de
Madagascar.
6. Voir le texte spécial à celle
tribu.
7. Rivière de la côte orientale qui
prend
sa source au
lac Alaotra, dans la
province des Antsihanaku, et se jette dans l'océan
Indien au
nord du
village
de
Fénérive.
8. Petit
coquillage
bivalve
qui
se
trouve
en
très
grande quantité sur la
pointe de sable où
est
situé
le village
de
ce
nom.
9.
ïafy , les descendant s ;
voaziry
(arabe
j
jj ,
ouaz(r)
du
vii r.
10. Affluent de droite du
Mangoro.
11. Any,
là ; fusina,
le sable ; manjeva,
marche, se
déplace.
tO* ET Al'X ILES COMORES 10o Les Andriamarosaotra 1 qui ont amené avec eux les
tO*
ET
Al'X
ILES
COMORES
10o Les Andriamarosaotra 1 qui ont amené avec eux les Zatimainty \
Ils changèrent leur nom en celui de Zafindriamhavy *. Ils viennent
de Nosy-he*.
11° Les Antsoro et les Sahafatrana'. Ils viennent d'Anlandreha.
Les Antsoro habitent Ankaramalaza et les Sahafatrana, Ambontaka*.
12° Raimanohona' amenalesTaimahanr.ru. Ils s'installèrent d'abord
àLavakara; puis, s'établirent à Deanana; puis ensuite à Faraony.
Ilavalarivo, les ayant attaqués à Vatomasina', futva ; ncu ; cette victoire
leur donna Faraony.
13° Les Ranomena *, sous la conduile de Rafasina"*. Ils viennent de
Vohibe 11 ,
aux sources du Mangoro. Ils s'élablirent à Valokianja",
ensuite à Sarahanony 11 et enfin à Maliéla", où mourut Rafasina. Il
fut enterré à AmbotondRasamboTialambo 1 * , son lils, conduisit
la
tribu à Sahatra. Ils quittèrent ensuite cet endroit et s'établirent à
Avianamontsy, puis à Lambazaha, puis à Ambontaka où ils devinrent
sujets de Andriampanohanariva. Rakombo, le frère cadet de Tia-
1. Andriana,
les
nobles ;
maro,
nombreuses ;
s antra,
bénédictionà ;
que
leurs sujets comblent de
bénédictions.
2. les descendants ;
Zafy,
mainty,
noirs .
3. les
Zafy,
descendants ;
ntriambavy
(pour
andriana
l'avy),
de
la
femme noble.
4.
Nosy,
île ; be,
grande .
5 .
Saha,
les
champ s ;
plaine.
falrana,
sont
en
pays
découvert ; ceux
dont
les
terres sont
6.
Petit
liage
à.
l'ouest
de
l'embouchure
du
Faraony,
qui
est
par
21« 47' 40» (Grandidier).
7.
ilay, le père ; manohona,
qui
embrasse.
8.
Tato,
la pierre ; masina,
sacrée.
9.
Rano, eau , mena,
rouge.
10.
Ha, particule;
fasina,
sable.
U .
Vohitra,
la colline; be,
grande .
12.
Valo,
huit ; kiatya
ou
kinja,
places ;
le
village où
se trouvent
huit
place* publiques.
13.
Ou Tsarahanony.
Petit
village à deux
jour s de marche
dan s
l'ouest
de Mananjarv, situé
sur la rivière Mananjara.
14. Maha,
qui
fait (vivre ou
de Mananjary par 20° 57'45'
rester) ; eta,
(Grandidier).
longtemps.
Petit
port
au
nord
15. Any ,
à ;
vato,
la pierre ; Rasambo , de Rasambo,
l'un des
compagnons
de
Raminia.
16. Tia,
qui
aime ; lambo,
le porc.
LES MUSULMANS A MADAGASCAR lambo, resta à Amponenana. Les Antihoiika sont ses ancêtres. Tia- lambo
LES
MUSULMANS
A
MADAGASCAR
lambo, resta à Amponenana. Les Antihoiika sont ses ancêtres. Tia-
lambo revint habiter Ankaramisokotra où il mourut. Il fut enterré à
Ambodiampaly, à l'est de £akia. Voilà quelles sont les tribus qui sont
sujettes des descendants de Andriampanohanarivo. Le roi amena de
la Mekke trois esclaves : Indriamakibe, Indriavoluhena et Indriatsi-
tomany.
CIIAPITI Œ M « Les Blancs de Matala ie, dit Flacourt, qui sont Zallv- raliimina,
CIIAPITI Œ
M
« Les Blancs de Matala ie, dit Flacourt, qui sont Zallv-
raliimina, ont esté ravaliez, en sorte par les Zuflecasia.n-
bou , ou Casiinambou, qui sont Blancs ;»ussi : mais tous
nmbiasses' et escrivains, qu'ils ne sont plus que leurs es-
claves . ICI depui s 2 5 o u :!0 an s ({lie le s ZalTecasimambou .
voyant que les Zafferahimina les vouloienl maîtriser, ils les
tuèrent tous, et conservèrent les enfans avec les femmes,
ausquelles ils donnèrent de certaines Isles et prairies
pour habiter, où ils plantent, cultivent el nourrissent des
bestiaux, et sont appelle/ maintenant Onlanpasemaca \
comme qui diroil hommes venus des sables de la Mecque,
parce qu'ils sont Arabes de la mer Bouge. Les Casimam-
1)0u sont venus en cette Isle dans de grands canots, el y
ont esté envoyez par le Calilïe de la Mecque, « ; i ce qu'ils
disent, pour instruire ces peuples, depuis cent cinquante
ans seulement. Kl le principal et commandant se maria à
la fille d'un grand Seigneur Prince du pais de Malalane
el Nègre, à la charge que la lignée qui en proviendrait se
nommerait
du nom de celle fille, qui nommoit Casi-
inambou. Car c'est la coutume que dans toute cette Isle,
du coslé du Sud, le nom de la lignée se prend de la femme.
1. Pour ambiant/
Cf. l'arabe
nabi ; pluriel LJ .
nnbiii,
prophète.
2. Pour olona
(amjtasina
Staca.
04 LES MUSULMANS A MADAC.ASCAK Ainsi qu'aux Machicores', les Zatïeanravoule-, les Zafle- en-renavoulle 1 ,
04
LES
MUSULMANS
A
MADAC.ASCAK
Ainsi qu'aux Machicores', les Zatïeanravoule-, les Zafle-
en-renavoulle 1 , les Zaffelavanounou* el autres ; ces Zafle-
casimambou ont beaucoup multiplié, enseignent à lire, el
l'escriture Arabe, en tiennent Kscholle dans tous les villa-
ges, ort les enfans masles vont pour apprendre. Ceux-cy
sont plus bazanez que les autres Blancs : mais loulesfois ils
sont les maistres, et les autres Blancs n'oseroient pas cou-
per la gorge aux besles, ny rnesme aux volailles, quoi-
qu'elles soient à eux, mais il faut que ce soit un Casimam-
bou qui le fasse, lequel ils mandent chez eux pour cet effet,
quand ils veulent faire tuer un bœuf ou autre animal pour
manger 5 . »
Les renseignements qui précèdent sont en partie
inexacts. Quelques-uns sont en contradiction flagrante avec
l'histoire. Les khalifes ne résidaient plus à la Mekke depuis
fin du vu 0 siècle; et le khalifah fut anéanti par les Moghol*
en 1258. Les Zaflkazimambo ne pouvaient donc pas avoir
été envoyés à Madagascar, deux siècles el demi plus tard,
par le « Califfe de la Mecque \ » Leur nom même n'a
rien d'arabe. J'y verrai volontiers une altération d'un
nom propre souahili très commun, Kazambo. 11 est certain
que les musulmans de la côte orientale d'Afrique qui tra-
fiquaient sur la côte nord-ouest de Madagascar arrivèrent,
1. Pour Masikora,
tribu du sud-ouest de Madagascar. Dans le sud
et l'est
de
la
grande
lie africaine,
le
s
se prononce
généralement
comme
ch.
l 2. Pour
Zafiandravolo.
3.
Pour /afidrenivolo.
4.
Pou r
Zafilavanono.
5.
Flacourt, loc. cit.,
p. 17-18.
6.
Cf. l'article de M. René Basset sur les brochures malgaches de
M.
Max
Leclerc
(Bulletin
de
la
Société
de
géographie
de
l'Est,
1888, 2* et 3* trimestres, p. 336, Naccy).
ET AI X ILE S COMORE S en longeant les cotes, jusque dans le sud-est
ET
AI
X
ILE S
COMORE S
en longeant les cotes, jusque dans le sud-est de la grande
Ile africaine 1 . La plupart y venaient pour commercer
et quelques-uns en vue d'y faire de* prosélytes. Ces der-
niers s'établirent dans le pays, s'allièrent aux indigènes et
y firent souche d'individus qui adoptèrent pour nom patro-
nymique celui de leur ancèlre. Ces quelques lignes me
semblent résumer l'histoire la plus vraisemblable des pre-
miers Zatikazimambo. Leur descendance d'une femme
nommée Casiinauibo n'est pas mieux démontrée que leur
origine arabe, car ce nom n'a rien de malgache. L'absence
de renseignements précis nous autorise donc à en recher-
cher l'origine dans une langue étrangère et justifie, jusqu'à
nouvel ordre, l'élymologie souahilie que nous proposons.
Le texte que nous publions et qui nous a été fourni par
un homme de cette tribu fait descendre les Zatikazimambo
d'Andriamarohala, l'un des cinq princes mekkois qui,
d'après la tradition, émigrèrent à Madagascar 2 . Ces Mal-
gaches sont les plus lettrés des indigènes de la cote
orientale. Ils ont charge du Sorabe 1 , le livre sacré, et,
comme au wn* siècle, ils tiennent des écoles où les en-
fants apprennent à lire et à écrire les caractères arabes.
Ce sont également des sorciers fameux. Ils se servent,
disent leurs crédules compatriotes, des oiseaux pour trans-
porter leurs sorts à distance. L'oiseau prend le sort dan9
1. « Il me semble probable, dit M. Grandidier, qu'il y a eu, comme
le dit Flacourt, deux immigrations successives d'Arabes, à plusieurs
siècles d'intervalle, l'une venant de la côte de Malabar, l'autre de la
côte orieitale d'Afrique. » (Max Leclerc, Les peuplades de Mada-
gascar,
Paris, 1887, in-8% p. 37.)
2. Voir le texte antaiony
précèdent.
3. Soralra, écriture; be, grande; le grand livre, le livre sacré. Le
Sorabe est un texte malgache religieux, historique ou magique,
écrit en caractères arabes, sur un papier fabriqué sur la côte sud est.
f»r, Li;S MUSULMANS A .M A IMG A SU A II son bec et vu
f»r,
Li;S
MUSULMANS
A
.M A IMG A SU A II
son bec et vu le déposer dans lu bouche de celui auquel il
est destiné. Les Zalikazimambo fabriquent aussi des amu-
lettes, philtres, charmes préventifs ou curatifs. Ces odtj se
composent d'un morceau de bois, linge ou papier sur le-
quel le sorcier écrit quelques lettres ou mots arabes et le
f s<J . w
no m
plus
souvent l'invocation (C*-^ Cf* ^
Dieu clément et miséricordieux », dont l'efficacité est,
parait-il, merveilleuse.
NY
ZAL'LKAZIMAMUO
Xy
razana
niliariany
/afikaziniainho,
ny loctoeny
ary ny
fombun/
ary
ny fahaizany
izay
nampahalaza
azy.
Dia foko anaukiray aminv Antaiony. Ny ra/ambony dia Antii-
ka/imambo zaïiak'Andriamarohala razambeuy uy Autaionv a<>
lvato. Koa nihiumaro ireo zanak'Antakazimambo ireo nony tal<>
aoriana; koa dia sa m y inatiana antontocrana avy tao Matitanana
araky ny fiïokiana aminy izy samy Zalikazimambo. Dia ao Malia-
velona ny sasany ; ny sasatiy ao Lazaniasy ; ary ny sasauy koa a<>
Vohimarina; ary koa ao Yotsivala ; dia ao antanauauy Matitauana
avokoa izany. Koa samy manaua uy mpaujukatiy : ary dia llafem-
balioaka ao Mahavclona; Tsironianaiia ao Lazaniasy; ao Vohima-
rina Hovalahy; ary ao Votsivala Todiambalioaka. Izao 110 auaratiy
tany sy ipetrahanv sy ny inpanjakany ireo Zalikazimambo avy ao
Malitanana. Koa ny mainpahalaza any ireo indrindra sady nam-
piavaka azy anin y Antaiony namany dia uy faliaizany Sorabe ;
koa dia isany manampahaizana amy ny hazary izy, tahaky ireo
Anakara hiany. Dia toy ny folialalany Anakara ny musoandro roha
ET AI X ILE S COMORE S misy fangitra boribory mena tnanodidina azy, na ny
ET
AI
X
ILE S
COMORE S
misy
fangitra boribory
mena
tnanodidina
azy, na ny volana na ny
kintana mifindrafindra.
Ahalalany raha misy rivolra be ho avy na arctimbe ho tonga
na tafika na mosary. Koa dia ireo Anakara 110 nahazo tany Ime-
rina andllamuhavaly, Kelimalaza , Manjakatsiroa, Itafantaka,
Sainpy ny Andriana nalaza indrindra tany Imcrina ; dia izany no
nitokiany izay natiazo aminy tany betsaka.
Koa ny ombiasy malaza ankehitriny amy ny Anakara ankehi-
triny ZaOuy ireo ombiasy taloha dia ireto :
Tsaramiasa sy
Ndriatakilo sy
Hamahaleo sy
llandriatsieraiia sy
Lehilahibe.
Ireo dia mitana ny Sorabe avokoa.
Ny razambeny ny Zaiikazimambo dia Andriamarohala sy Andria.
marozato razambeny ny Antaiony rehetra, fa Antaimandialain-
bana (ny nanaovana azy hoe : Anlaimandialuinbana satria noho
ny Utoaloany loatra sy ny heriny taniiny andro teo aloha dia ny
lamba no velarina andiavany tongony raha mandeha izy) dia fa-
ralahiny Audriainarohola niteraka any Antakaziinambo ary Anta.
kazimambo kosa no niteraka ny Antaisakoa izay malaza indrin-
dra sady manampahaizana indrindra, koa na dia ny Anakara sy
ny Tsimaito aza dia miankina aminy. Tauiy ny andro teo aloha,
raha nisy fahavalo tonga tao Matitanana, fa taloha moa dia mbola
niady antrano be hiany, dia nalainy ny mpanjaka ireo Antai-
kazimamho ireo mba hampahafoana ny heriny ny fahavnlo, ka
ho vita amy ny fihavaiianatsara fa tsy ho amy ny ra latsaka.
Koa taminy izany nanampahaizana tokoa ireo Antaisakoa ireo.
Ary noho izany fahaizana nananariy izany dia nirehareha fatratra
mihitsv izy. Ary izy koa dia faralaliiny indrindra aminy ireo te-
rak'Andriamarohola, kua dia nitoatoa taminy ireo Zokinyavy dia
ny Antaimahasoa, ny Antailsinanana, ny Antandrefnna, ny An-
tambahiveba , ny Antaisambo , n y Antaimaliazo . Koa i»y zavatr a
izai nataony dia amin-keriny avokoa no nahazahoany azy. Ary
raha uahita izany ireo zokiny avy fa ny faralahy indray 110 lian-
jaka amy ny tany. ka hanan-kery noho izireo dia nauao teti-dralsy
izireo, koa dia novoiioiny Antakazimainbo koa dia resy. Ary dia
nataofarany indrindra ny liainboniany amy ny Antaiony.
I.KS MUSULMANS A MAU A'i WAl l Indray andro sendra nisv fahavalo Antaikongona tonga mba
I.KS
MUSULMANS
A MAU A'i
WAl l
Indray andro sendra nisv fahavalo Antaikongona tonga mba
hamely any Matitanana. Nilaza Ramahavaliarivo mpanjaka ta-
miny ireo vahiny Antairotro hoe : « raha hainareo ny hampaha-
foana ny hamelezany ireo fahavalo ireo ka hahay hainpihava-
nan a anay tsara hianareo, dia omenay anare o na omby 100 n a
inona na inona zato, fa ataovy izay hampihavanaua anay tsara. »
Raha nahare izany ireo Anterotro 1 ireo dia nanao hoe : « Izo-
hay , Tompokolahy , di a ts y
naomb y 100 n a inona too,
li a 11a inon a n a inon a omenare o ana y
fa zavatr a tokan a hian y : dia ny mb a
liahazo hauombily eto Matitanana hianv (izv ireo dia hova, ary tsy
fombany hova ny manombily amy ny tany misy Andriaua, satria
ny Andriana tsy mihinana ny sombily ny hova)'. Ary dia ireo An-
driana ao Matitanana hoe: « Atao ahoana fa hahatsara ny tany sy
ny fanjakana sady hampiadana anay; koa dia mahazo manombily
hianareo. » Raha nahare izany ireo Antairolro dia nanao fanafody,
koa nanjary nihavana tsara niaraka taminv izay ireo Antai-
kongona nananika ireo sy ny mponina tao Matitanana, koa gaga
ny vahoaka tamy ny fahaizana ireo Antairotro vahiny ireo. Raha
nahare izany ireo Antaisakoa zanak'Antakazimainbo dialezitra sy
nialona mafv ireo Antairolro ka tsy nety ny mba hanambodiany
eny aminy taniny, ka nanao hoe : « Sombidiny* Antakazimambo
tsy haniny Antairotro, ary ny sombidiny Antairotro tsy ny haniny
Antaisakoa, fa samy masina amy ny azy. Ny Antaisakoa tsy
inialaeo amy ny hanitry mpanjaka ao Ivato, hoy izy; ary ny An-
tairotro kosa anie tsy mba tonga zato. » Ary hatr'aminy izany
noho mankaty dia nohafarauy Antaisakoa ny laranany rehetra dia
ny Zafikazimambo izany, mba tsy hihinana any an-tranony ny
Anterotro indrindra, tsy hiditra an-tranony.
Ny Antakazimambo ao Matitanana dia nizara: dia ny AntaiUi-
nan'Antakaziinambo sy ny Antaimandiantandrefana. Ary ny mpan-
jakany dia Andmmandika ary ny zanany mandimby azy dia An-
drianavelona ankehitriny.
1. Tour
Antairotro.
2. Ce passag e
confirme
la
traduction
du
mot
hova
pa r
roturier
qu e j'ai
donnée plus
haut.
3. Pou r Sombitiny.
La permutation
de
/
en
d
est
fréquente
dan s le* dia-
lectes de la côte orientale.
tO* ET Al'X ILES COMORES TRADUCTIO N LES ZAFIKAZ1MAMBO ' Origine des Zafikazimambo, leur résidence,
tO*
ET
Al'X
ILES
COMORES
TRADUCTIO N
LES
ZAFIKAZ1MAMBO '
Origine
des
Zafikazimambo,
leur
résidence,
leurs
us
et
coutumes,
connaissances
qui
les ont rendus
célèbres.
Les Zafìkazimambo sont un clan antaiony. Ils descendent d'An-
takazimambo, fils d'Andriamarohala, l'ancêtre des Antaiony d'iVato.
Les descendants d'Antakazimambo devinrent nombreux dans la suite.
La place attribuée à chacun d'eux à Matitanana leur a été attri-
buée d'après leur ancienneté*. Ils habitent les villages de Mahave-
lona \ Lazamasy, Vohimarina \ Votsivala qui font partie de Mati-
tanana. Chacun de ces villages a son roi. Rafembahoaka 1 est roi de
Mahavelona; Tsiromanana', roi de Lazamasy; Hovalahy 1 , roi de Vo-
himarina; et Todiambahoaka, roi de Votsivala, voilà quels sont les
noms des villages et des rois Zatikazimaml» de Matitanana. Deux
choses les ont rendu* très célèbres : leur sépaiation d'avec les An-
taiony, leurs compatriotes, et leur connaissance du Sorabe. Chacun
d'eux connaît les sortilèges comme les Anakara. Comme eux, ils
savent d'avance lorsque le soleil, la lune sont entourés d'un rond
rouge et ils connaissent la marche des étoiles. Ils prévoient également
les cyclones, les épidémies, la guerre, la famine. Ce sont les Ana-
kara qui ont apporté, dans l'Imerina, Ramahavaly \ Kelimalaza', Man-
t .
Zafy,
les descendant s
de ;
Kazimambo,
nom
2.
C'est-à-dire
que
le
terrain
attribué à chacun
propre.
d'eux est plus ou
moins
grand
ou
fertile, selon
l'ancienneté
des
familles.
3.
(Le village) qui fait vivre
(longtemps}.
4.
Vohitra,
le village; marina,
qui e»t
5 .
Ra,
particule ; fe,
cuisse ; vahoaka,
d'np!omb.
de s sujets (?).
G.
des
Tsiro, goût , saveur ; manana, qui possède ; celui qui connaît la savfu r
mets.
7. Le roturier.
8. Celui qui
peut
répondre.
0.
Kety,
le petit ; maluza,
célèbre.
78 LES MUSULMANS A .MADAGASCAR jakatsiroa' , Rafantaka' , ces idoles royales si célèbres dan
78 LES
MUSULMANS
A .MADAGASCAR
jakatsiroa' ,
Rafantaka' ,
ces idoles royales si célèbres dan s
l'Imerina ,
don t les sortilèges permiren t
au x rois hovas de conquérir tant de pays*.
L e s sorciers
anakar a
les
plus célèbres
aujourd'hu i sont
les
descen-
dants des ancien s
sorciers.
Ce sont
: Tsaramiasa* .
Ndriatakibo s ,
Ra-
mahaleo* ,
Randriatsieran a '
e t
Lehilabibe* .
L e Sorab*
es t
confi é
à
leur
garde .
Les premier s
ancêtres
des
Zafìkazimambo
sont
Andria -
marohal a
et
Andriamarozat o
qui ont
égalemen t donn é
naissance
aux
Antaiony.
Antaimandialamban a
(il
s'appelait
ainsi
parce
qu'>!
était
très orgueilleux
et très
fort,
et
qu'o n
étendait,
autrefois, des
lamb a
t .
Sianjaka,
qui
règne ;
isy,
ne
pas ;
roa,
deux ; le monarque
comme
il
n'y
en
a pas
deux.
2 .
Ra,
particule ; fantuka,
le pieu.
3.
Cet
idoles ou sampy
(cf. l'arabe
furen t importées dan s la province
centrale de Madagasca r par un e femme
du
nom de Kalolc
(la grand e
Kalo) :
« Elle apparut un jour dans l'Imerina, dit le Père de La Vaissière, portant
un tout petit objet soigneusement enveloppé d'herbes et de feuilles de bana-
nier. Elle était parlie d'Isondra, là-bas, bien loin, au pays des Betsileos,
emportant le palladium de son village, dévasté par un incendie. Elle n'avait