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MORF-G-101

Anatomie humaine

BA1 MEDE BIME DENT VETE - PHAR

Stéphane LOURYAN Marcel ROOZE

2010-2011

Anatomie humaine

Sommaire

MORF-G-101 2010-2011

Les os

6

Os long

6

Constitution générale d’un os

6

Qu’est-ce que la moelle osseuse ?

7

Os plat

9

Articulations

11

Synarthroses

11

Deux cas particuliers

11

Diarthroses

13

Règle générale

13

Discordances

14

Existence du cartilage articulaire

15

Catégories fonctionnelles

16

Articulations planes

16

Articulations sphériques

16

Articulation de type cylindrique

16

Trochlée

16

Tore

17

Le tissu musculaire

18

Les muscles striés

18

Principe de base d’un muscle strié squelettique

18

Situations particulières

19

Muscles types

20

Muscle fusiforme

20

Muscles plats

20

Muscles circulaires ou orbiculaires

20

Histologie

20

Protections des muscles, tendons, etc

21

L’appareil cardiovasculaire

22

Circulation

22

Vaisseaux sanguins

22

Composition d’un vaisseau sanguin « type » et différences entre veine et artère

23

L’artère

23

La pompe cardiaque et les veines

24

En périphérie des réseaux

24

Est-ce toujours une artère avec une autre, une veine avec une autre ?

25

Lymphe et circulation lymphatique

25

Le cœur

27

Situation

27

Apparence et configuration externe du cœur

28

Vaisseaux

28

L’oreillette gauche

29

Configuration interne du cœur

29

Anatomie humaine

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Conformation du coeur

31

L’appareil respiratoire

33

Le larynx

33

La trachée

33

Asymétries des bronches souches

34

Les poumons

35

Poumon droit

35

Poumon gauche

35

Segments

36

Notion d’hile ou pédicule

36

Segmentation du système bronchique à l’intérieur du poumon

36

Important

38

Aspects techniques des alvéoles

38

Conformation du poumon

38

La respiration

39

Question d’examen

39

Division des gros vaisseaux en périphérie notamment l’aorte et le système veineux

39

Variantes

40

Appareil digestif

41

L’œsophage

41

Préliminaires et pré-requis

41

Préliminaire I : division de l’abdomen

41

Préliminaire II : cœlome, péritoine et mésentère

42

L’estomac

43

Variantes

43

Les différentes couches du tube digestif

43

À quoi sert l’estomac ?

44

L’estomac dans ses rapports avec le foie

44

Duodénum-pancréas

45

Sécrétion exocrine

45

Sécrétion endocrine

46

Question d’examen

46

Le foie

47

Structure

47

Fonctions

47

Cirrhose

49

La rate

50

Fonctions

50

Situation

50

Fracture de la rate

50

Intestin

51

Le côlon

51

L’intestin grêle

52

Situation

52

Anatomie humaine

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L’appareil génito-urinaire

54

Les reins

54

Constitution

54

Structure du rein

55

Le dispositif excréteur

55

Le diabète

56

La vessie

56

Rapports

56

Description

56

Trigone vésical

57

Organes génitaux féminins

58

Position de l’utérus par rapport au vagin

59

Les organes génitaux masculins

60

Les organes génitaux externes

60

Organes génitaux externes de l’homme

61

Les corps érectiles

61

Organes génitaux externes de la femme

61

La glande mammaire

62

Le système nerveux

63

Définitions

63

Introduction embryologique à l’encéphale

63

Généralités anatomiques

64

Circonvolutions, sillons et scissures

65

Lobe dominant et centres nerveux

66

Communication entre les hémisphères : corps calleux,

67

L’homunculus de Penfield

67

Le tronc cérébral

68

Ventricules

68

Liquide cérébrospinal

68

Substances grise et blanche

68

Les noyaux de la base

69

La moelle, ou moelle épinière

69

Organisation de la moelle épinière

70

Anesthésies

71

Les nerfs périphériques

71

Le nerf

72

L’hominisation

73

Introduction

73

La systématique phylogénétique, ou cladisme

73

Groupes et classifications

74

Les primates

74

Évolution des modèles de classification

75

Cas de la dentition du ramapithèque et de l’ouranopithèque

75

Qu’est-ce qui caractérise le processus de l’hominisation ?

76

Anatomie humaine

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Paedomorphisme ou néoténie

77

Les bonobos

77

Un peu de chronologie…

78

Les premiers hominiens…

79

Les nains de Flores

80

L’homme de Piltdown

81

L’homo nandertalensis

81

L’homo sapiens sapiens

81

Anecdotes

82

Conclusion

82

Introduction à la biomécanique

83

Étymologie et généralités

83

Biomécanique musculo-squelettique

83

Biomécanique cellulaire

83

Biomécanique tissulaire

83

L’os

83

Les prothèses

84

Instruments de mesure des déformations de l’os

84

Le cartilage

84

Les ligaments

85

Biomécanique articulaire

85

Photos

86

Arthrose

86

Types de mouvements rencontrés

87

Le centre ou l’axe de rotation

87

L’axe de mouvement

87

Calculer l’axe en 3D – Technique de l’axe hélicoïdal

88

Aspects quantitatifs Amplitude du mouvement

88

Limites des articulations

89

Mesure des amplitudes de mouvements

89

Biomécanique musculaire

90

Muscles, nerfs, etc

90

Contraction musculaire

91

La contraction musculaire

92

Agonistes et antagonistes

93

Synergie

93

Modèles de muscles

93

Force musculaire

93

Mesure de l’activité des muscles

93

Calcul des bras de levier des muscles

94

Anatomie humaine

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Les os

Lorsqu’on parle d’os type, on parle en général d’un os long. On analyse ensuite ce qui différencie un os long des autres catégories ?

Os long

L’os long présente une partie plus ou moins rectiligne, assez souvent cylindrique (mais pas toujours), qui va se terminer par deux extrémités plus ou moins renflées qui, généralement, ne se ressemblent pas (ne sont pas sensées s’emboîter avec les mêmes os). La partie linéaire s’appelle la diaphyse. Les deux extrémités s’appellent les épiphyses épiphyse inférieure et supérieure.

Où se trouve la jonction entre les deux ? Il s’agit d’une zone assez peu étendue (une ligne) appelée métaphyse. On ne la voit pas car on ne pourrait la montrer qu’après avoir abordé la manière dont l’os se développe. La métaphyse n’est visible que sur un os d’enfant, où elle est parfaitement visible. Sur un os d’adulte, on ne la voit plus.

Un os long a des caractéristiques assez schématiques qui nous donnent le moyen de définir la structure générale d’un os.

Constitution générale d’un os

Il y a deux grandes catégories de tissus osseux:

1. L’os compact : os dur, bien rempli. Sur la diapositive : anneau osseux : structure pleine, pas d’orifices.

2. L’os spongieux : structure qui ressemble un peu à une éponge.

Dia : à côté de l’anneau : toutes petites cavités qui parsèment l’os. À certains endroits, l’os est tellement raréfié qu’on a l’impression d’observer un vide : une zone déshabitée il s’agit d’une troisième catégorie :

3. Catégorie où il n’y a presque pas de tissu osseux : la moelle. C’est un tissu largement présent dans l’os.

L’avantage de l’os long est qu’on va y trouver ces trois catégories.

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Fémur :

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Si on le coupe pour en regarder l’intérieur et si on regarde la diaphyse, on pourra observer un anneau d’os compact qui entoure une cavité remplie de moelle. On peut observer la corticale qui occupe la partie périphérique de l’os, et, entre les deux, le canal médullaire. La zone où se trouve la moelle est le canal médullaire. La diaphyse est une sorte de tube dont la périphérie est formée en anneau par de l’os compact et le centre par de la moelle osseuse, qui est de façon assez importante composée de tissu graisseux. L’os spongieux se situe dans l’épiphyse. Au niveau de l’épiphyse, la corticale (l’os compact) continue à exister mais est très mince, très fine. En réalité, dans les épiphyses, on va trouver de l’os spongieux, ou os trabéculaire. L’os spongieux se trouve essentiellement, voire exclusivement, dans les épiphyses. Ici, la moelle est emprisonnée dans des cagettes osseuses, tandis que dans la diaphyse, la moelle est pratiquement libre dans un cylindre.

Avantage des structures :

Une structure creuse est plus compétente qu’une structure pleine. Un os creux a beaucoup plus de chances de résister aux pressions et aux tensions qu’un os plat. Il existe des maladies qui aboutissent à condenser l’os : ces maladies se caractérisent par une fragilité osseuse. La cavité assure donc une résistance beaucoup plus importante au tissu osseux.

Qu’est-ce que la moelle osseuse ?

Elle peut être divisée en deux grandes familles (pas toujours mutuellement exclusives) :

1. Moelle jaune : simple graisse tissu adipeux.

2. Moelle rouge : érythropoïétique / hématopoïétique. Elle fabrique les cellules sanguines, et parmi celles-ci, les globules rouges et blancs. « Moelle hématopoïétique » serait donc plus approprié comme terme que moelle rouge.

Le type de moelle dépend de l’endroit et du moment choisi. Il existe des endroits beaucoup plus riches en moelle rouge : les os plats (et en particulier le sternum et l’os iliaque). On en trouve chez l’enfant dans les autres os. Avec le temps, la production de la moelle rouge se restreint à seulement quelques os.

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Une chose importante :

L’os est un tissu vivant qui fait l’objet d’un remodelage permanent. Il y a une « usine »

qui fabrique de l’os et qui en même temps, en détruit.

Il y a dans les os, dans l’organisme, des cellules qui construisent de l’os : les ostéoblastes.

Il y a également les cellules qui les détruisent : les ostéoclastes.

Ceci est nécessaire au maintien d’une structure osseuse adaptée aux besoins.

Lorsqu’on regarde l’extrémité supérieure du fémur, on remarque que l’os spongieux se forme d’une manière non-arbitraire. Ce genre de lignes, des espèces de lignes de force, sont nommées « travées » (cf. Dias).

Les travées consolident l’os. Les travées de l’os spongieux s’adaptent en fonction des

lignes de forces, des contraintes du milieu.

Ex. :

Pour le fémur, elles s’adaptent pour supporter le poids du tronc.

Pour le pied, les travées sont horizontales.

Lorsqu’on radiographie un astronaute qui vient de faire un voyage dans l’espace, les

travées ont quasi disparu : les ostéoclastes ont été prédominants.

Les ostéoblastes construisent l’os en fonction des contraintes.

Dans ce processus de construction et de destruction, il y a une sorte de réponse aux

contraintes. On constate qu’il y a des orientations préférentielles au niveau de l’os spongieux,

qui correspondent à l’adaptation aux contraintes du milieu.

Dans un os compact (dans l’os cortical), y a-t-il aussi du tissu qui bouge, du tissu actif,

ou est-ce une sorte de ciment inorganique (calcium, phosphore pyrophosphate de calcium,

etc.) ?

Oui, il y a aussi du tissu vivant dans l’os compact. Il y a dans celui-ci quelque chose de

tout à fait particulier : des canaux longitudinaux.

Lorsqu’on regarde à l’intérieur d’une tranche d’os compact, on peut observer une

infinité de petits canaux (dessin) : le canal de Havers. Ce sont des petits canaux contenant

des vaisseaux sanguins. On retrouve dedans une petite artère qui chemine, qui est alimentée

par des vaisseaux qui rentrent dans l’os à un certain endroit, via le trou nourricier (les petits

vaisseaux pénètrent dans l’os grâce à lui). C’est pourquoi il y a de petites artères à l’intérieur

du canal de Havers. Autour du canal, il va y avoir un phénomène d’apposition osseuse.

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Si on le regarde en coupe, on va voir un dispositif en pelures d’oignon correspondant à différentes phases de dépôt d’os. Les ostéoblastes vont créer des matières osseuses et vont les créer de manière concentrique. Cette disposition s’appelle un ostéon(e). Lorsqu’on fait une coupe dans une corticale, on va trouver des ostéons chacun les uns à côté des autres. Chaque ostéon est centré sur un vaisseau, et lorsque deux vaisseaux sont reliés entre eux, ils constituent un « canal de Volkmann ». Lorsqu’un ostéon perd son vaisseau, un autre est recrée autour du vaisseau. Tout au long de la vie, des ostéons meurent, naissent. Un os compact est donc vivant :

il subit un phénomène permanent de construction et destruction osseuse (des cylindres, espèces de pelures d’oignons les ostéons).

Os plat

Un exemple typique d’os plat est la scapula (ou omoplate). Lorsqu’on la regarde, elle est tellement mince qu’on voit à travers et que les multiples manipulations ont fait des trous dedans. Un os plat est un os dont la composante médullaire est extrêmement réduite ; cela aboutit à avoir des corticales très proches les unes des autres. Os plat : par endroit, les deux corticales peuvent fusionner l’une avec l’autre de telle sorte qu’il n’y ait même plus de composante médullaire. La composante médullaire est réduite, voire complètement inexistante.

Pour le crâne, la corticale de l’extérieur est appelée la table externe, la corticale intérieure s’appelle table interne, et la composante médullaire s’appelle le diploé.

Pour comprendre certaines choses, il faut analyser la construction osseuse chez le fœtus et l’enfant. La construction osseuse se fait par deux modes d’ossification distincts :

1. L’ossification enchondrale : l’os est précédé par un moule formé de cartilage ; on a la forme générale de l’os, mais c’est purement du cartilage. Elle concerne surtout les os longs, excepté les futurs os courts et certaines parties des os irréguliers. La pièce squelettique, avant d’être de l’os, a été une pièce complètement cartilagineuse.

2. L’ossification dermique, également appelée membraneuse. Elle ne passe pas par un moule cartilagineux, c’est un tissu osseux qui va apparaître dans une sorte de membrane formée de tissus fibreux. Elle concerne notamment la voûte du crâne.

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Chez un fœtus, le moule de l’os présente une nature cartilagineuse. Le cartilage a la grande caractéristique de ne pas être vascularisé. Il se nourrit par imbibition : il a capte en s’imbibant le liquide extracellulaire. Il est entouré par une petite couche fibreuse, le périchondre. À un moment, des vaisseaux sanguins vont envahir la matrice cartilagineuse, or quand le cartilage reçoit des vaisseaux, de l’os apparaît (réaction). Dans le sang se trouvent des facteurs de croissance qui favorisent l’ossification. Un noyau d’ossification apparaît : le noyau d’ossification, le centre d’ossification primaire ou diaphysaire. Ce noyau va progressivement s’étendre vers les épiphyses. Il va avoir tendance à monter et descendre pour s’étendre dans les deux directions. La nature osseuse de la pièce s’accentue. Dans les épiphyses, il y a aussi des vaisseaux qui vont pénétrer, et ces vaisseaux vont entraîner l’apparition de noyaux d’ossifications, également dans les épiphyses : les noyaux ou centres d’ossifications secondaires ou épiphysaires. L’ossification progresse dans les deux sens : le noyau primaire s’allonge, les noyaux secondaires apparaissent. Il peut y avoir plus ou moins de deux noyaux épiphysaires, et pas spécialement un au-dessus et un en-dessous : cf. les mains et les pieds, ainsi que les petits os longs. Les noyaux primaires et secondaires ont tendance à converger. Pendant un temps assez long, cependant, va persister une zone cartilagineuse entre le noyau primaire et secondaire. Ce cartilage persistant s’appelle le cartilage de croissance ou cartilage de conjugaison. C’est ce cartilage qui assure la croissance de l’os en longueur. Lorsqu’il n’y a plus de cartilage, la croissance est finie (c’est la fin de l’enfance). La métaphyse est la rencontre des noyaux primaire et secondaires. Lorsque l’os a fini sa croissance, du tissu cartilagineux va persister uniquement au niveau de la surface articulaire. En effet, une articulation est formée par des surfaces osseuses recouvertes par du cartilage. Ce cartilage est tout ce qui reste, chez l’adulte, du moule fœtal. Lorsque l’os s’ossifie complètement, le périchondre va se transformer en périoste. Il s’agit d’une membrane qui entoure l’os, qui est la même chose que le périchondre mais qui change de nom. Le périoste est la seule partie de l’os qui est sensible. Ce genre de dispositif est également présent au niveau du crâne.

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Articulations

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Une articulation (synonyme : jointure, angl. : joint) est une jonction entre deux os. Il s’agit d’un moyen d’union entre deux os. Il existe deux grands types d’articulation :

Articulations non ou peu mobiles :

Elles se nomment synarthroses : articulations attachés.

« ensemble », les

deux os

sont très

Articulations (très) mobiles : hanche, genoux, etc.

Ce sont des diarthroses : deux pièces osseuses l’une contre l’autre.

Ces catégories sont des catégories morphologiques. Chacune des catégories est divisée en catégories fonctionnelles : il y en a plusieurs pour les synarthroses et diarthroses.

Synarthroses

Ce sont des articulations peu mobiles qui se caractérisent par un tissu d’interposition entre deux os. Il s’agit d’une sorte de ciment, de colle. Les catégories fonctionnelles des

synarthroses sont fonction du type de ciment.

Si le ciment est du cartilage : synchondroses.

Si le ciment est du tissu fibreux (comme un ligament, comme de la corde) fibre formée notamment par une protéine appelée collagène : syndesmose.

Si le ciment est de l’os : synostose. Elle résulte en général d’une synchondrose qui s’ossifie avec le temps. Ex. typique : le crâne ; lorsque l’organisme est au stade du fœtus, le crâne est composé d’une multitude d’os, qui fusionnent pour aboutir au crâne humain qui paraît d’une seule pièce.

Deux cas particuliers Amphiarthrose diarthro-amphiarthrose Prenons le cas de deux os recouvert par du cartilage à leur surface, avec en plus du tissu fibreux qui les réunit. Parfois, en plus, il y a une petite cavité remplie de liquide : le liquide synovial, typique des diarthroses.

Parfois, en plus, il y a une petite cavité remplie de liquide : le liquide synovial

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Il s’agit d’une amphiarthrose sans la cavité, d’une diarthro-amphiarthrose si la cavité est présente. Le dernier cas est l’extrême limite entre la synarthrose et la diarthrose.

Symphise pubienne et « vraie » symphise Ex. du pubis : les deux pubis en effet, ils sont au nombre pair de deux à la base : deux demi-pubis – vont se réunir l’un avec l’autre par un dispositif de ce type. Cependant, au niveau du pubis, cela s’appelle la symphise/symphyse pubienne. Or la symphyse est quelque chose de totalement différent (il s’agit en fait d’un problème au niveau d’un disque vertébral). La « symphise pubiennes » est un terme vulgaire, pas un terme médical. C’est une vraie amphiarthrose, au niveau des cartilages costaux. Il n’y a qu’une symphise, et il s’agit du disque intervertébral. Les vertèbres contiennent ce qu’on appelle le corps vertébral et s’empilent via leurs corps vertébraux. La synarthrose va être formée par une double structure formée autour d’un élément ovale central : le noyau pulpeux (nucleus pulposus), composé de gel (composé par de l’eau prisonnière d’un tissu très spongieux qui retient l’eau ; le tout est très irrigué). Autour, du tissu fibreux va former des couches en pelure d’oignon : l’anneau fibreux. Il s’agit de tissu fibreux qui se dispose en couche concentrique autour du noyau pulpeux. Cet anneau fibreux s’attache à l’os par des fibres : les fibres de Sharpey. Il s’agit en quelque sorte de l’ancrage des fibres de Sharpey dans l’os. C’est la seule symphise de l’organisme, une synarthrose extrêmement particulière, la seule qui mérite de se nommer symphise. L’eau est incompressible, le noyau pulpeux est donc incompressible et sert à supporter le poids du tronc. Le noyau pulpeux oppose une contre-pression qui va annuler la force de pesanteur, c’est ce qui maintient notre colonne. Le noyau pulpeux est l’unique chose qui dérive de la corde embryonnaire.

est l’unique chose qui dérive de la corde embryonnaire. Le noyau pulpeux est beaucoup plus hydraté

Le noyau pulpeux est beaucoup plus hydraté le matin que le soir, c’est pour ça qu’on a souvent mal au dos le soir. Avec l’âge, il a tendance à se déshydrater et finit par déboucher sur le tassement des disques.

La hernie discale est un décrochage du noyau pulpeux qui se décale et va compresser des nerfs. Dans l’anneau fibreux apparaît une fissure et à travers cette fissure, le noyau sera expulsé.

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Diarthroses

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Articulations mobiles, voire très mobiles, les diarthroses, ou articulations

synoviales, sont deux pièces osseuses bien séparées, qui sont réunies mais pas soudées l’une à

l’autre.

Le terme « diarthrose » est une catégorie morphologique, pas fonctionnelle.

Les diarthroses vont se subdiviser en plusieurs catégories fonctionnelles, qui feront

référence à la géométrie de l’articulation.

Règle générale Une surface osseuse (os 1) se situe à proximité d’un autre os (os 2) et les deux surfaces

se correspondent : l’une s’emboîte dans l’autre. Les deux surfaces articulaires sont en quelque

sorte l’image l’une de l’autre – idéalement, car la situation n’est pas toujours aussi parfaite.

L’une est en creux, l’autre est pleine.

Deux structures osseuses ne sont jamais directement en contact. Ce contact s’opère par

un revêtement cartilagineux qui recouvre les parties de l’os qui vont s’emboîter. On parlera de

cartilage articulaire. Ce cartilage articulaire va jouer un rôle fondamental.

Ex. : la surface articulaire d’un os sec (ex. de l’omoplate sur un os sec – l’humérus) est une

surface cartilagineuse.

La surface articulaire recouverte de cartilage se trouve enfermée dans une cavité

refermée par des petits ligaments qui forment la capsule articulaire. Ce sont de petites

structures ligamentaires qui attachent les deux surfaces articulaires l’une à l’autre. Ces deux

surfaces sont donc solidarisées par la capsule articulaire.

À l’intérieur de l’articulation, il y a du liquide, liquide appelé liquide synovial ou

synovie. Il est présent dans toute la cavité articulaire et contribue à rendre les mouvements

aisés. Il est de couleur transparente (comme de l’eau), mais très légèrement visqueux. De ce

fait, il favorise les mouvements. Il est sécrété par une petite membrane qui longe les ligaments

capsulaires : la synoviale.

La synoviale recouvre dans une articulation toute surface non revêtue de cartilage. Dès

qu’on regarde une articulation qui ne présente pas de cartilage en surface, on trouve la

synoviale.

On ne trouve jamais de la synoviale et du cartilage au même endroit.

En règle générale, le cartilage recouvre une surface osseuse, la synoviale recouvre la

capsule articulaire.

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Il peut exister des ligaments plus excentrés, qui s’insèrent plus loin que la surface

articulaire, qui renforcent celle-ci : les ligaments extrinsèques. Ils ont la même structure que

la capsule (ils sont de la même famille), mais ces ligaments s’insèrent plus loin que la limite

de la surface articulaire.

Il y a parfois des exceptions : il arrive que l’insertion de la capsule, dans certains cas,

se fasse plus loin que la surface articulaire. On parle de capsule d’insertion anormale. Dans

la plupart des cas elle s’insère là où le cartilage s’arrête.

Tout ce dispositif est divisé en deux complexes : un complexe ostéo-ligamentaire et un

complexe chondro-synovial.

Discordances À la normale, les deux surfaces s’emboîtent très bien, mais comment la nature corrige-t-

elle quand les surfaces sont discordantes ?

1. Une surface peu concave et l’autre beaucoup plus convexe :

Il y a une extension de la surface articulaire, sous forme d’une structure appelée

fibrocartilage, qui est un mélange de tissu fibreux et de cartilage, le tout recouvert de

cartilage articulaire. Cela agrandit la surface articulaire. De face, on constate qu’il s’agit

d’une espèce d’éventail qui fait tout le tour de la surface et qui l’agrandit. Ce dispositif

sert à agrandir la surface articulaire et se nomme bourrelet, ou labrum. Ex. de l’humérus

et de la scapula.

2. Des surfaces articulaires doubles nettement plus courbées que la surface qui reçoit :

On va avoir un dispositif qui va corriger cette discordance en s’interposant entre les

surfaces. Des éléments vont s’adapter aux surfaces et vont servir d’intermédiaires à

l’articulation : les ménisques. Ils seront recouverts de cartilage de revêtement.

Ex. des ménisques du genou qui ont une forme semi-circulaire.

3. Une discordance de ce type peut aussi être corrigée par une structure qui divise

complètement l’articulation en deux. La structure est étanche et sépare deux cavités bien

distinctes : le disque. Il va complètement séparer l’articulation en deux, et chaque fois, il

y aura présence de cartilage qui recouvrira cette structure. Il s’agit essentiellement de tissu

formé de fibres de collagène.

Ex. de disque très important : le disque de l’articulation temporo-mandibulaire. Des

perturbations sont généralement présentes chez la femme, car il s’agit d’un tissu hormono-

sensible.

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Existence du cartilage articulaire

Il s’agit d’un cartilage particulier qui, dans la classification des cartilages, porte le nom de cartilage hyalin. Il a un certain nombre de propriétés (notamment élastiques, d’amortissement, etc.) et se différencie des autres familles de cartilage. Ce cartilage va présenter plusieurs couches :

une couche superficielle , qui va jouer un rôle important, notamment dans le glissement de l’articulation couche superficielle, qui va jouer un rôle important, notamment dans le glissement de l’articulation et dans le transfert des produits hydratés. Le cartilage n’est pas vascularisé, or il doit se nourrir. Il le fait à partir du liquide synovial. Pour pouvoir ce faire, la couche superficielle absorbe une partie de la synovie.

Une couche moyenne , assez épaisse, qui est essentiellem ent une couche d’amortissement : couche moyenne, assez épaisse, qui est essentiellement une couche d’amortissement :

des pressions s’exercent sur le cartilage, et son but est d’amortir cette pression grâce à des propriétés élastiques. Dans la zone d’amortissement, on a des fibres en forme de ressort, d’arc, avec des propriétés élastiques. Ces fibres en forme d’arc se nomment des fibres arciformes, qui se comportent comme un ressort. On comprend ainsi pourquoi un cartilage amortit les pressions.

Une couche profonde , dont l’utilité est d’ancrer le cartilage dans l’os. Tout cela est de couche profonde, dont l’utilité est d’ancrer le cartilage dans l’os. Tout cela est de l’ordre du millimètre.

Les surfaces articulaires vont présenter une certaine forme, et de ces formes seront déduits les mouvements qui peuvent s’exercer dessus. Ces mouvements vont définir des catégories fonctionnelles. N.B. : Notion de degré de liberté (DL) : elle caractérise les différents axes de mouvements possibles dans une articulation. Le degré de liberté traduit le type de mouvement possible, mais surtout le type d’axe du mouvement. Les mouvements sont toujours faits par rapport aux trois axes.

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Catégories fonctionnelles

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1. Articulations planes Surface articulaire plane qui fait face à une autre surface plane : arthrodie. Quels sont les mouvements possibles ? Dans une arthrodie, les mouvements seront essentiellement des mouvements de glissement. Le système peut un peu s’écarter, mais pas beaucoup, car les ligaments l’en empêchent (l’amplitude n’est pas énorme).

2. Articulations sphériques Sphère pleine qui vient se loger dans une sphère creuse : énarthrose. C’est le cas de l’humérus, et du fémur avec l’os iliaque ou coxal. Au niveau d’une articulation de type sphérique énarthrose les différents axes de mouvement sont innombrables ; il s’agit d’une infinité réduite (arbitrairement) à 3 : les trois axes.

3. Articulation de type cylindrique

Articulation en cylindre qui va venir se loger dans une articulation concave : trochoïde. Elle peut faire un mouvement de rotation (1 DL) et un mouvement de piston (1 DL) = 2 DL. Elle n’a cependant parfois qu’un seul degré de liberté, car il arrive que ces articulations soient coniques (ex. : dans le pied) : ce n’est plus un cylindre mais un cône. Cette articulation-là ne peut plus que tourner : elle ne peut pas exercer le mouvement du piston. Ex. : le cubitus et le radius : le ligament ne s’attache pas au cubitus, les deux os s’emboîtent juste. Un cylindre est une surface générée par une droite qui tourne autour d’un axe. La droite est parallèle à l’axe. Le cône est une surface engendrée par une droite autour d’un axe, mais la droite n’est pas parallèle à cet axe. Définition rigoureuse : une trochoïde est une surface articulaire générée par une droite qui tourne autour d’un axe, surface cylindrique ou plus rarement conique. L’axe de la rotation et du piston sont les mêmes.

4. Trochlée D’un point de vue géométrique, elle se conçoit comme la rotation d’une hyperbole autour d’un axe horizontal (l’axe de la poulie) : il s’agit d’un hyperboloïde de révolution. On obtient une sorte de bobine de fil, un diabolo, une poulie. Si on est confrontés à une surface de ce type, la seule chose que l’autre surface articulaire peut faire, c’est tourner

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autour. Si on faisait une coupe, on verrait une surface concave s’associant à une surface convexe. Il n’y a qu’un seul DL : la rotation. Ex. : le cubitus et l’humérus, le coude, la rotule ou patella. Embryologiquement, l’olécrâne et la rotule ont la même origine.

5. Axe mathématique et cercle qui tourne autour : génération d’un anneau, le tore. Le tore résulte de la rotation d’un cercle autour d’un axe.

On prend la surface externe du tore, et on découpe un segment de la surface. Ce segment est convexe transversalement ; longitudinalement, il est aussi convexe. Il ne s’agit cependant pas du même rayon de courbure. Le rayon de courbure transversal est plus petit que celui longitudinal. Une articulation de ce type est une articulation torique positive : longitudinalement et transversalement, les deux surfaces sont convexes. L’articulation est appelée condylienne. La partie convexe s’appelle le condyle, et la partie concave s’appelle la cavité glénoïde. N.B. : Il se trouve que le terme a parfois été galvaudé. Si on prend l’humérus et la scapula, par exemple, la cavité de la scapula, qui n’a rien de la cavité condylienne (c’est une sphère), est appelée cavité glénoïde. Au niveau du genou, deux articulations inclassables sont appelées condyles.

On prend la surface interne du tore. La surface articulaire est convexe transversalement, mais longitudinalement concave. L’articulation est appelée « torique négative », ou sellaire (en forme de selle). Ces articulations sont répandues dans l’organisme. Ex. humérus, au niveau de la trochlée : torique positive ; le poignet, au niveau du trapèze :

torique négative. Ce type d’articulation comporte 2 DL.

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Le tissu musculaire

Le muscle est un élément du corps qui a des propriétés contractiles et qui se subdivise en catégories bien distinctes. Il en existe 3 globales :

1. Les muscles striés squelettiques, qui constituent la catégorie de muscle la plus répandue.

Le muscle n’est strié qu’au microscope et les stries proviennent de caractéristiques biochimiques des fibres du muscle.

2. Les muscles lisses. Le muscle lisse ne possède pas de stries sur ses fibres.

3. Le muscle cardiaque (le myocarde). Le muscle cardiaque est légèrement strié.

des

morphologique.

Il

y

a

différences

fonctionnelles

entre

les

catégories,

mais

aussi,

et

surtout,

Les muscles squelettiques permettent de faire des mouvements. Ils sont striés morphologiquement et sont volontaires car leur déclenchement est volontaire, sous la coupe du système nerveux périphérique volontaire.

Les muscles lisses se trouvent généralement dans les viscères, dans les vaisseaux sanguins, etc. Ils se trouvent sous la coupe du système nerveux végétatif. On y arrive par des voies plus complexes que pour les mouvements volontaires. Ce sont des muscles qui se situent dans les parois des organes, qui histologiquement n’ont pas de stries, qui sont involontaires.

Les muscles striés

Principe de base d’un muscle strié squelettique

Imaginer un os 1, une articulation et un os 2. Le muscle possède généralement un corps charnu, qui généralement a la forme d’un fuseau. Ce corps charnu va s’insérer sur les os par du tissu fibreux qui se trouve aux extrémités du muscle ; ce tissu fibreux s’appelle un tendon. Le tendon s’insère dans l’os par des fibres qui sont de même nature que celles du disque intervertébral : les fibres de Sharpey ; ce sont des fibres quelconques qui rentrent dans l’os en traversant le périoste. En règle générale, un muscle réagit toujours en se contractant, en rétrécissant. En se raccourcissant, il va tirer sur l’os et le déplacer. Un muscle ne fonctionne pas en se dilatant, toujours en se contractant. Un muscle peut ne pas comporter de tendon, et il arrive qu’un muscle ait une insertion extrêmement large sur l’os de telle sorte que le muscle n’a pratiquement pas de tendon et que

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les fibres de Sharpey pénètrent directement dans l’os : il s’agit d’une insertion périostée (cf. dessin d’un muscle mono-articulaire). Tous les muscles ne fonctionnent pas ainsi. Il peut arriver qu’un muscle passe en pont sur deux articulations, et il peut arriver qu’il s’arrête à l’os 2. Dans ce cas-là on parle de muscle bi-articulaire.

Muscle fusiforme : muscle avec une structure simple, avec un fuseau et des tendons aux extrémités.

Situations particulières

On a un muscle qui résulte de la réunion de deux composantes en une seule . Un muscle comme ça va présenter plusieurs réunion de deux composantes en une seule. Un muscle comme ça va présenter plusieurs chefs (caput = tête). Deux chefs musculaires vont se réunir pour former le muscle, on parle d’un muscle pluricipital. S’il y a deux chefs : biceps ; trois : triceps ; quatre : quadriceps. Les chefs musculaires ne sont pas en série, mais en parallèle. Ce sont deux parties du muscle en parallèle. Cela permet des actions subtiles selon qu’un chef se contracte ou l’autre. Si les deux se contractent en même temps, ils s’annulent et il y a une traction vers le haut.

Les « tablettes de chocolat » sont des muscles qui présentent une alternance entre des zones musculaires tablettes de chocolat » sont des muscles qui présentent une alternance entre des zones musculaires et des zones tendineuses qui les relient. On ne parle plus de chef musculaire, mais de ventre musculaire. L’expression « ventre musculaire » est une référence à une onde (ventre et onde). Il s’agit d’un muscle multigastrique. Il peut y avoir des muscles digastriques, voire plus. Les ventres sont en série. Ce sont des muscles assez puissants, car la force développée par chacun des ventres s’additionne à la force des autres. Le système est linéaire (pas de subtilité dans l’orientation du mouvement). Celui qui est connu pour cela est celui des « tablettes de chocolat » : le grand droit de l’abdomen.

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Muscles types

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Le muscle classique est le muscle fusiforme. C’est un muscle en forme de fuseau terminé par un tendon de chaque côté. Ex. typique : le biceps.

Il

y a des muscles plats : beaucoup moins épais et plus aplati. Ce sont des muscles fins

comme une feuille de papier, au contraire des muscles fusiformes.

Les muscles circulaires ou orbiculaires : l’orbiculaire des lèvres. En profondeur il y

un muscle qui fait le tour des lèvres. Il permet de faire le bisou en cul-de-poule. Il y a aussi l’orbiculaire des paupières, qui permet de cligner des yeux. Certains muscles circulaires sont situés autour des orifices : les sphincters.

a

Tout dépend aussi de la manière dont le tendon va s’unir au muscle.

On a un tendon et des fibres musculaires qui partent du tendon, un tendon qui a l’air de pénétrer à l’intérieur-même du muscle : les muscles penniforme.

Il arrive aussi que ça ne se fasse que d’un côté, que les muscles ne s’insèrent que d’un côté du tendon : ce sont les muscles semi-penniformes.

Histologie

La partie réellement contractile est la fibre musculaire, qui est striée. La fibre musculaire myofilaments est formée de minuscules fibres : les myofibrilles qui se regroupent. Elles sont environnées par une sorte d’enveloppe fibreuse qui porte le nom d’endomysium. Les fibres musculaires vont se regrouper pour former des groupes de fibres : les faisceaux. Ces différents faisceaux sont entourés par une gaine fibreuse : l’épimysium (la membrane musculaire est au-dessus). L’ensemble de ces faisceaux se réunissent pour former le muscle, entouré par une gaine très périphérique : le périmysium, ou aponévrose. Le muscle est donc une sorte d’assemblage d’éléments petits qui s’accumulent pour former des assemblages de plus en plus grands. Si on ouvre un corps et qu’on regarde un muscle, le muscle va être recouvert d’une sorte d’enveloppe fibreuse qui forme comme un emballage autour du muscle. Cette enveloppe fibreuse n’est autre que le périmysium, appelé dans le langage courant aponévrose. L’élément élémentaire est la fibrille, qui se regroupe en fibres, puis en faisceaux.

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Protections des muscles, tendons, etc.

Prenons un muscle et un tendon et imaginons que le tendon doive frotter sur de l’os. On pourrait imaginer que le frottement de ce tendon, lorsque le muscle se contracte, puisse engendrer une usure. Ce tendon sera à certains endroits environné d’une gaine, chargée de le protéger de l’usure. Cette gaine, remplie de liquide synovial, est la gaine synoviale. Elle se rencontre à des endroits bien précis où les risques de frottement sont importants : au niveau du poignet, du pied, etc. Ce sont de véritables petites enveloppes remplies de liquides dans lesquelles le tendon coulisse. On peut rencontrer des petites boules dues à une isolation de la gaine : ce sont des petits kystes.

Imaginons un os assez volumineux et un gros muscle qui passe dessus (l’humérus et le deltoïde, par exemple). Le muscle lui-même peut frotter contre l’os. Dans ces cas-là il y a des capsules remplies de liquide (toujours synovial) destinées à empêcher le frottement direct de l’os avec le muscle : les bourses séreuses. Les bourses séreuses disparaissent après la mort (elles ont tendance à s’aplatir).

N.B. : Le terme « périmysium » est également appelé aponévrose. Lors d’une dissection, on constate qu’il existe aussi des aponévroses, qui ne sont cependant pas musculaires. Elles sont parfois appelées aponévroses, parfois fascias, parfois raphés, parfois épiploons, etc. Ces mots seront utilisés en fonction de l’endroit où on se trouve, etc. Enveloppe autour des muscles : aponévrose ou périmysium. Cloisons fibreuses qui séparent les régions : tas de noms différents dans la littérature. Ex. : la peau et les aponévroses superficielles.

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L’appareil cardiovasculaire

Circulation

Il y a deux types de circulation, d’un point de vue fonctionnel, que l’on peut rencontrer dans un organisme vivant :

1. Une circulation fermée : la circulation sanguine, qui circule grâce à une pompe (le cœur).

2. Une circulation ouverte : circulation qui sort des vaisseaux, la circulation lymphatique. Prenons des vaisseaux qui se terminent en cul-de-sac et de consistance poreuse. Des petits trous vont servir à l’entrée de liquide : le liquide extracellulaire, qui sera happé par

les vaisseaux poreux qui se terminent en cul-de-sac. Il s’agit de la circulation lymphatique. L’extrémité des vaisseaux est borgne, mais un ensemble de petits orifices absorbe le liquide extracellulaire. La circulation ouverte se distingue de celle fermée par l’absence de pompe de celle-dernière. La lymphe ne circule que par capillarité et par compression des organes voisins.

Vaisseaux sanguins

Il y a deux types de vaisseaux sanguins : les artères et les veines :

Par définition, une artère contient du sang qui s’éloigne du cœur, du sang qui quitte le cœur.

Une veine transporte du sang qui revient en direction du cœur – de la périphérie vers le centre. Ceci ne préjuge en rien du type de sang que les unes ou les autres contiennent. Les termes « artère »/ « veine » ne sont à considérer que du point de vue du sens de la circulation.

La plupart des artères contiennent du sang oxygéné ; la seule qui n’en contient pas est l’artère pulmonaire. Suite à la vulgarisation du terme est apparu un problème de terminologie courante : couramment, le sang artériel est oxygéné et riche en oxygène >< sang veineux, riche en CO2.

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Composition d’un vaisseau sanguin « type » et différences entre veine et artère

Penchons-nous sur un vaisseau sanguin « type, classique ». Dans un organe creux, la cavité de l’organe est nommée lumière. Dans un vaisseau sanguin classique :

Une couche regarde vers la lumière : l’intima, ou l’interna. Il s’agit d’une couche formée de cellules particulières, regardant vers l’intérieur.

La couche externe est formée essentiellement d’un tissu assez fibreux (riche en fibres de collagène) et se nomme « adventice » ou « externa ». C’est une partie assez résistante.

Entre les deux : couche media. Une media peut être composée de fibres musculaires lisses, (et/ou) de fibres élastiques (fibres riches en élastine (protéine)) ou être quasi inexistante. Dans une veine, la média n’est quasi rien. C’est elle qui fait la différence entre une veine et une artère. Une artère va toujours conserver sa section cylindrique grâce à sa média alors qu’une veine va être complètement aplatie. Dans les veines, la média va être complètement réduite à pratiquement peu de choses.

L’artère

Une artère comme l’aorte est essentiellement formée de fibres élastiques qui vont contribuer à propulser le sang artériel une succession de dilatations et de contractions le propulsent. Les artères doivent se dilater ou se rétrécir selon les besoins, elles possèdent donc moins plus de fibres élastiques. La contraction des fibres musculaires peut fortement changer le calibre des artères, surtout des petites (rougissement ou palissement). Cette grosse différence est due à la média. Pour les artères moyennes, la média est formée de fibres musculaires et élastiques.

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La pompe cardiaque et les veines

La pompe cardiaque est une pompe refoulante, pas affluente. Le sang artériel est chassé, mais le sang veineux qui remonte ne va pas être aspiré. Comment va-t-il être récupéré ?

1. Existence d’un flux : le sang chasse le sang. Il y a une propagation qui est faite car le

sang avance.

2. Le sang doit remonter des membres inférieurs. La gravitation et la hauteur rendent le processus difficile. Le long des veines, il y a un dispositif particulier appelé « valvules » : elles permettent au sang de monter dans un sens, mais pas de descendre. Les valvules comportent des éléments appelés cuspides, qui sont des éléments concaves qui permettent au sang de remonter dans un sens, mais pas de redescendre dans l’autre sens. Ces valvules sont nombreuses tout le long du système veineux.

3. Phénomène très important : à côté des veines se situent les muscles squelettiques. Ces

muscles se contractent, et en se contractant ils vont masser la veine et faire en sorte que le sang remonte quand on marche, etc À la plante du pied se trouve un réseau veineux extrêmement dense : la sole plantaire. Le fait de marcher va propager le sang de cette sole plantaire vers le haut, comme quand on marche sur une éponge. Il y a donc deux raison pour lesquelles on favorise le retour veineux quand on marche. Voilà ce qui, au niveau d’un réseau veineux dont le sang n’est pas aspiré par le cœur, va absorber le sang. Les valvules sont totalement inexistantes au niveau artériel.

En périphérie des réseaux

Les artères vont se diviser en artères de plus en plus petites : les artérioles ; à la fin, elles deviennent tellement petites qu’on les appelle « capillaires ». Au niveau d’un capillaire, la paroi est parfois limitée à une cellule et à son prolongement : il s’agit d’un endothélium. Il s’agit d’une cellule repliée sur elle-même. Un capillaire artériel devient un capillaire veineux, qui va être rejoint par d’autres pour former des veinules, et ensuite des veines.

À aucun moment, le sang ne sort de ces vaisseaux. Tout ce système, du cœur au cœur, est complètement fermé. Certaines cellules peuvent passer entre les endothéliums (globules blancs), etc., mais il s’agit de phénomènes exceptionnels.

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Il existe très souvent des ponts entre les vaisseaux. Imaginons un vaisseau 1 et un vaisseau 2. Il peut exister un pont entre les deux : une anastomose. Elles permettent de développer des suppléances. Il y a toutes sortes d’anastomose, en fonction de l’orientation des fibres (latéro-latérale, latéro-terminale, etc.).

Est-ce toujours une artère avec une autre, une veine avec une autre ?

La plupart du temps, oui. Imaginons en effet une anastomose entre une artère et une veine : cela créerait un coupe circuit. Cela pourrait être gênant, car cela détourne le sang destiné à un organe et le fait retourner vers le cœur sans aller jusque-là – l’organe n’est alors pas irrigué. Il existe cependant des anastomoses entre une veine et une artère indispensable :

imaginons un tissu qui n’a pas besoin d’être fort irrigué. Un signal passant par le système nerveux végétatif referme l’anastomose. Elle ne fonctionne plus et beaucoup plus de sang afflue dans l’organe : c’est ce qui se passe lors de l’érection. C’est une anastomose artério- veineuse. C’est aussi ce qui se passe quand on a le nez bouché lorsqu’il fait froid dehors : cela coupe l’afflux d’air froid au niveau du poumon, ce qui le protège. C’est le même processus pour tous les tissus érectiles.

Lymphe et circulation lymphatique

La circulation lymphatique est une circulation particulière, dépourvue de ponts, et qui est destinée à déboucher dans le système veineux. Les lymphatiques finissent par se retrouver au sein du système veineux. À intervalles réguliers, les canaux lymphatiques vont converger vers un organe un peu particulier, qui n’est pas creux, formé d’un réseau, qui constitue un véritable maillage : le tissu réticulaire. Cet organe est appelé le ganglion lymphatique, ou lymphonoeud (angl. :

lymph node). On trouve de la lymphe dans les lymphatiques. La lymphe est un liquide incolore contenant des globules blancs mais dans lequel il n’y a pas de globule rouge – à la différence du sang. Lorsque la lymphe arrive dans un ganglion, elle s’y diffuse et est recaptée par le canal suivant.

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La lymphe a plusieurs fonctions :

1. L’une d’elle est immunitaire. Les ganglions lymphatiques sont les lieux de fabrication d’anticorps. Chaque ganglion est une usine à prolifération de lymphocytes et de fabrication d’anticorps. Lors d’un virus, il y aura une intense production d’anticorps au niveau des ganglions lymphatiques.

2. La deuxième fonction est de résorber les liquides extracellulaires. Les lymphatiques leur servent de buvard. Dans un tissu particulier, imaginons qu’il n’y ait plus assez de liquide immunitaire. Il va gonfler, car les lymphatiques ne sont plus là (plus de buvard) : il s’agit d’un œdème.

3. Dans le tube digestif uniquement là les lymphatiques servent à la résorption des graisses. Les graisses vont être résorbées par les lymphatiques et vont être transportées dans le sang. Ces lymphatiques du tube digestif se nomment chylifères.

N.B. : Lors d’un cancer, le cancer finit par libérer des cellules qui migrent : les métastases (cellules en voie de métastase). Une métastase est un îlot de cellules cancéreuses qui s’est développé à distance des cellules cancéreuses. Lorsqu’une cellule cancéreuse remonte, elle est stoppée par le ganglion. Elle va y proliférer et infiltrer le ganglion, puis va ressortir, après l’avoir pratiquement envahi. Le ganglion joue donc un rôle dans le ralentissement du transit des cellules cancéreuses. Bien/côté positif : ralentit les cellules cancéreuses. Mal/côté négatif : il faut retirer les ganglions. C’est ce qu’on fait pour le cancer du sein : on retire les ganglions dans la région de l’aisselle, le creux axillaire. Conséquence : la deuxième fonction n’est plus remplie, il n’y a plus de drainage des liquides extracellulaires le bras de la patiente va gonfler.

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Le cœur

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Situation

Le cœur se situe dans une région particulière du thorax. Si on considère une coupe horizontale, on peut observer une vertèbre et les côtes qui y sont rattachées et viennent s’articuler sur le sternum. Il y a une sorte de région au milieu, qui est plus ou moins limitée par la vertèbre en arrière et le sternum en avant ceci est un concept, à ne pas prendre au centimètre près ; cette région se nomme le « médiastin ». Le médiastin va être entouré par les gouttières pulmonaires. Sur le côté, dans le thorax, il y a deux zones symétriques où viennent se mettre les poumons (les gouttières), et dans l’espace central (le médiastin), on va trouver entre autres le cœur, l’aorte, l’œsophage. La structure la plus présente, la plus volumineuse est le cœur. Le cœur est un organe qui se trouve au milieu du thorax. Si la partie principale du cœur est dans la région centrale, il est cependant légèrement tourné vers la gauche.

Lorsqu’on ouvre un thorax, on ne découvre pas le cœur directement, car le cœur est enveloppé dans une sorte de sac appelé « péricarde ». C’est un sac de tissu fibreux qui entoure le cœur et qu’il convient d’inciser si on veut accéder au cœur. Ce type de membrane est une membrane particulière. Le péricarde va réaliser autour du cœur une double membrane. Il existe donc deux couches :

1. Une qui touche l’organe : le feuillet viscéral. Il colle au cœur, y est attaché.

2. Une qui est en périphérie : le feuillet pariétal.

3. Entre les deux, il y a une cavité « virtuelle », qui est tellement fine qu’à l’état normal,

elle n’existe pas. Une structure de ce type s’appelle une cavité séreuse. Il en existe plusieurs autres exemples : la plèvre qui entoure les poumons, le péritoine qui entoure l’appareil digestif. Toutes dérivent d’une structure chez l’embryon appelée le « cœlome ». Théoriquement dans ces séreuses, il peut y avoir du liquide en très petite quantité : le liquide péricardique – pour la plèvre il s’agit du liquide pleural. La quantité peut augmenter lors de certaines maladies. Il est parfois utile de piquer dans le péricarde pour retirer un peu de liquide et soulager le patient.

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Apparence et configuration externe du cœur Le cœur a une forme géométrique particulière : il s’agit d’une pyramide.

Cette pyramide est orientée de façon à ce que la pointe (le sommet, ou l’apex) soit

orientée vers la gauche, le bas et l’avant.

La base est postérieure : elle regarde vers l’arrière (vers la colonne vertébrale). Le

cœur a donc une géométrie pyramidale avec une base située derrière et un sommet orienté

vers l’avant. Les angles de la pyramide sont évidemment arrondis.

Lorsqu’on ouvre le thorax, on est confrontés à quelque chose qui repose sur un muscle

respiratoire important, qui sépare le thorax de l’abdomen : le diaphragme.

La pyramide présente une face inférieure : la face diaphragmatique, qui se trouve sur

le diaphragme.

Il existe aussi une face orientée vers l’avant, directement visible lorsqu’on ouvre le

péricarde. Il s’agit de la face antérieure, la face sterno-costale.

Elle va présenter un sillon vertical qui fait une petite boucle, appelé le sillon auriculo- sillon auriculo-

ventriculaire droit.

Il y a un autre sillon, mais qui ne va pas jusqu’à la pointe du cœur, et qui est oblique : le et qui est oblique : le

sillon inter-ventriculaire antérieur.

Ces deux sillons vont permettre d’identifier l’oreillette droite ou atrium droit.

De l’autre côté du sillon auriculo-ventriculaire, on trouve le ventricule droit ; sillon auriculo-ventriculaire, on trouve le ventricule droit ;

De l’autre côté du sillon inter-ventriculaire antérieur, on trouve le ventricule gauche . e l’autre côté du sillon inter-ventriculaire antérieur, on trouve le ventricule gauche.

Si on suit le sillon auriculo-ventriculaire, on arrive à la veine cave supérieure, qui amène

le sang à l’oreillette.

Sous le diaphragme, on retrouve la veine cave inférieure.

Il y a une petite extension (en cul-de-sac) de l’oreillette droite : l’auricule droite.

Vaisseaux Nous avons donc trois cavités bien visibles. Tout cela se poursuit par des vaisseaux qui

vont surmonter ces cavités cardiaques :

L’aorte : vaisseau qui fait une boucle (la crosse, ou l’arc de l’aorte).

Un vaisseau qui vient littéralement traverser la crosse de l’aorte : l’artère

pulmonaire. Celle-ci va donner une branche orientée vers la gauche et une

branche droite qui passe derrière l’aorte.

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l’artère

pulmonaire. À l’intérieur du cœur, les sorties sont croisées.

Au cours du développement embryonnaire, les deux vaisseaux vont se séparer d’un

canal unique, mais en spirale, comme un escalier en colimaçon, en spirale. Cette sectation en

forme de vis peut parfois se faire de façon inadéquate et entraîner des malformations graves

car les vaisseaux sont vraiment inversés cela peut donner des enfants bleus à la naissance.

Le

ventricule

gauche

donne

naissance

à

l’aorte,

le

ventricule

droit

à

Le bord droit du cœur c’est l’oreillette droite, le bord gauche, le ventricule gauche.

L’oreillette gauche L’oreillette gauche reçoit quatre veines pulmonaires : deux à gauche et deux à droite.

L’oreillette gauche n’est pas visible, puisqu’elle est derrière.

Derrière l’oreillette gauche va passer un viscère digestif en forme de tube, viscère

qu’elle va légèrement dévier : l’œsophage. Ce qui explique que certains examens médicaux

du cœur passent par l’œsophage : une échographie, une échocardiographie. Cette proximité

avec l’œsophage est donc très intéressante et utile en pratique. L’oreillette gauche a également

une petite auricule, qui parfois dépasse le ventricule gauche (c’est la seule chose qui peut

apparaître en avant de l’oreillette gauche). On la voit bien de profil.

Configuration interne du cœur Le moteur du cœur est un muscle cardiaque : le myocarde, qui envoie le sang en

périphérie.

Comme le sang est propulsé dans le corps par les artères, il est inévitable que la

pression artérielle soit supérieure à celle veineuse. Un ventricule amène le sang dans les

artères, qui sont parfois très longues.

Les oreillettes envoient le sang dans les ventricules. Pour qu’il y ait plus de puissance

de contraction dans les ventricules, il faut plus de muscle, ce qui explique que la paroi des

ventricules est plus épaisse que la paroi des oreillettes.

Le ventricule gauche va propulser le sang assez loin (dans les extrémités du corps),

tandis que le ventricule droit va envoyer le sang dans les poumons.

La paroi du ventricule gauche doit donc être plus épaisse que celle du ventricule droit.

La contraction d’une cavité cardiaque s’appelle une systole, et un remplissage de la

cavité : une diastole. Lorsqu’une oreillette est en systole, l’autre est en diastole, et ainsi de

suite.

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Imaginons une oreillette, un ventricule, et au bout du ventricule, une artère quelconque. Quand le ventricule se contracte, il va chasser le sang vers l’artère (systole ventriculaire). Le système ne peut fonctionner que si, entre les oreillettes et les ventricules, il y a un système de valvules. Il y en a aussi à la sortie du ventricule. Le système qui assure l’automatisme de la structure est le tissu de conduction. Le cœur doit également recevoir de l’oxygène : il en reçoit via de petites artères, qui viennent du cœur et arrivent au cœur – les artères coronaires. Il faut que le système soit auto-suffisant. Il faut que le système s’adapte aux besoins, agisse en fonction des besoins du corps.

La paroi du ventricule est hérissée de structures particulières : des piliers qui sont des soulèvements du ventricule, des espèces de stalagmites. Si on regarde l’orifice auriculo- ventriculaire, il y a une valvule qui présente des cuspides. Quand le ventricule rentre en systole, il ne faut pas que le sang entre dans l’oreillette. Des piliers viennent de cordages fibreux, qui empêchent la valvule de partir dans le mauvais sens (dans le cas d’une pression trop forte). Il y a donc un dispositif de cordages (fibreux) qui s’insèrent sur les cuspides de la valvule pour empêcher la valvule de s’ouvrir dans le mauvais sens. Ce type de valvule est appelé « valvules de type actif ». La valvule droite va présenter trois cuspides valvule tricuspide tandis que la valvule gauche va en présenter deux avec une fente médiane : la valvule mitrale, qui ressemble à une mitre d’évêque. Les valvules vieillissent mal. Avec l’âge, elles s’altèrent, durcissent :

À un moment, elles apparaissent fortement dégradées : la paroi devient très épaisses et plus du tout linéaire, il s’agit d’une hyperplasie de la paroi.

La valvule s’ouvre moins bien à cause du durcissement : il s’agit d’une sténose (mitrale ou tricuspide).

Au moment où il faut fermer la valvule, celle-ci ne se ferme pas bien, il va y avoir du reflux : il s’agit d’une insuffisance. La valvule est tellement altérée qu’elle ne se referme plus totalement, et il y a du reflux.

Lorsqu’on a quelqu’un qui a une sténose et une insuffisance, il est dit atteint de « maladie mitrale (ou tricuspide) ». C’est très fréquent, et on est souvent amenés à remplacer les valvules par des valvules artificielles. Celles-ci sont synthétiques ou en peau animale ; avant la structure était métallique, mais le système a été abandonné parce qu’elle détruisait les globules rouges et que les patients faisaient une hémolyse.

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Il existe également des valvules entres les ventricules et l’aorte ou l’artère pulmonaire.

Ces valvules ne sont pas du même modèle, car il n’y a ni piliers ni cordages dans l’émergence

de l’aorte, par exemple. Ce sont des valvules d’un type très différent, plus rigides : les

valvules sigmoïdes. La structure de ces valvules ressemble à une sorte de gobelet. Il y a trois

cuspides pour chaque valvule sigmoïde.

Conformation du cœur Si on représente la paroi du cœur, avec la lumière, on va avoir de nouveau trois couches

importantes :

1. La couche contractile formée de muscles : le myocarde.

2. Du côté de la lumière, on va trouver une couche qu’on appelle l’endocarde,

l’équivalent de l’intima des vaisseaux.

3. À l’extérieur, on va trouver une couche périphérique : l’épicarde, le côté externe du

tissu cardiaque.

La couche la plus épaisse est la couche musculaire constituée par le myocarde. Les fibres

myocardiques sont en tourbillons, elles ne sont pas orientées n’importe comment. Il s’agit

d’une orientation tourbillonnaire – au niveau de l’apex, et uniquement pour la couche

superficielle du cœur.

Il existe un système qui assure l’automatisme du rythme cardiaque. Si on prend un

cœur isolé – en système isolé –, celui d’un petit animal, d’une grenouille par exemple, et

qu’on l’isole dans un milieu de culture : il va continuer à battre pendant un petit moment à un

rythme immuable. Ce rythme n’est modifié que sous l’influence de molécules ou sous

l’influence du système nerveux autonome.

Un tissu particulier, le tissu de conduction ou tissu cardionecteur, nodal, le « pace

maker » (angl.), se trouve dans le cœur. Ce sont des cellules musculaires modifiées qui vont

former un réseau. Ce réseau est un réseau de fibres où il y a deux nœuds, qui vont ensuite

cheminer dans la paroi des ventricules. Le nœud chef est le nœud sinusal, qui est une

concentration de tissu de conduction dans l’oreillette droite.

NB. : Lorsqu’on parle de rythme sinusal, on parle de rythme normal.

(Si le nœud sinusal n’est plus branché au nœud suivant, le sous-chef est le nœud

suivant, mais celui-ci assure un rythme cardiaque trop lent. Si plus rien ne fonctionne, il faut

placer un stimulateur électrique : le pace maker.)

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Les artères coronaires nourrissent le cœur. Elles sont en couronne et entourent le cœur. Il y en a deux (droite et gauche) qui se divisent en branches secondaires. Elles irriguent surtout le myocarde. Lorsqu’elles se bouchent, tout le territoire qui se trouve au-delà du bouchon n’est plus vascularisé, c’est un infarctus du myocarde. Les cellules contractiles vont mourir et il peut y avoir de gros problèmes de contraction. Lorsqu’on a des cellules musculaires qui meurent, elles ne se régénèrent pas, ce sont des cellules inertes des fibroblastes qui les remplacent. On peut greffer un vaisseau pour faire un pont au-delà de la partie bouchée : on fait un pontage.

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L’appareil respiratoire

Le larynx

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La cavité buccale a un habitant : la langue. Derrière la langue, on a une sorte de petit clapet, qui défend l’entrée d’un conduit : le larynx. C’est le conduit responsable de la phonation. Devant les vertèbres, il y a une espèce de paroi musculeuse qui est la paroi postérieure d’une grande cavité : le pharynx. Le pharynx a trois étages :

1. Le nasopharynx : derrière le nez ;

2. L’oropharynx : derrière la bouche ;

3. L’hypopharynx, qui est en dessous.

Plus bas, la cavité change de nom pour s’appeler l’œsophage. À l’intersection, l’air entre dans le larynx et la nourriture dans l’œsophage. L’épiglotte empêche (lors de la déglutition) les aliments de descendre dans le larynx. (Lorsque quelqu’un avale de travers : il faut le ceinturer par l’arrière ; c’est la manœuvre d’Heimlich). Lorsqu’on avale l’air par les fosses nasales, il y a un dispositif très particulier : les cornets. Ces cornets ont une structure qui ressemble un peu à des chips ou à des chips chinois aux crevettes (krupuks). Autour des cornets se trouve une muqueuse. Dedans il y a des glandes muqueuses, qui produisent du mucus cristallisé, il donne les crottes de nez. Ce sont des muqueuses érectiles avec des anastomoses artéro-veineuses, qui réchauffent l’air passant par le nez. Il y a aussi des poils, qui empêchent les poussières de rentrer. Le mucus permet d’agglutiner les poussières et les empêche d’aller plus loin. Le larynx est un système de phonation, qui est permise par les cordes vocales.

La trachée

La trachée se trouve après le larynx. C’est un organe qui s’étend depuis la sixième vertèbre cervicale jusqu’à la quatrième vertèbre thoracique (C6 Th4). Au-dessus de C6, c’est le larynx, au-delà de Th4, c’est la bifurcation. La trachée est donc un conduit amené à se diviser en deux un peu plus bas. C’est un conduit qui, regardé de face, est un ensemble constitué d’anneaux cartilagineux. Le dernier anneau ressemble à une sorte de culotte (parce qu’il se divise en deux) : il s’agit de la carena.

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Le nombre d’anneaux cartilagineux est variable. En moyenne, il y en a une petite

vingtaine.

En profondeur, il y a une paroi membraneuse, les cartilages ne font qu’en renforcer la

structure.

Ces anneaux sont incomplets : l’arrière de la trachée se termine par une paroi

musculaire lisse. Ce muscle s’appelle le muscle trachéal.

À l’endroit de ce muscle trachéal, l’organe qui est derrière – l’œsophage – est solidaire

de la trachée. L’œsophage est adhérent à la trachée.

La trachée est oblique vers le bas et vers l’arrière (et non verticale). Plus on descend,

plus elle est profonde. (Au début de la trachée on est à 1 cm de la peau, à la fin, à 7 cm de la

peau.)

Autour de la trachée, il y a une glande présente dans le cou : la thyroïde.

Le diamètre de la trachée est de l’ordre du cm.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!EXAMEN!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La bifurcation de la trachée va la diviser en bronches souches (une à droite et une à

gauche). À partir du moment où la bronche souche commence à donner des dérivés, elle ne

s’appelle plus « bronche souche ». Elles se nomment, par exemple bronches lobaires

(destinées à un lobe du poumon), etc

Asymétries des bronches souches

1. La première asymétrie est évidente : le diamètre de la droite est plus grand que celui

de la gauche.

2. La bronche souche droite est plus courte que la bronche souche gauche ; la division à

droite est plus rapide qu’à gauche, elle se divise plus vite.

3. L’angle de bifurcation à droite est plus petit qu’à gauche : la bronche souche droite est

plus rectiligne que la gauche.

Conséquence : si on fait une fausse déglutition, si un aliment passe dans l’appareil

respiratoire (dans le larynx et ensuite dans la trachée), et si c’est un petit objet, l’objet risque

de passer plus facilement (60%-70% de « chance ») dans le poumon droit.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

L’oreillette gauche se trouve enjambée par la bifurcation des deux bronches.

Si sur une radio les deux bronches souches sont écartées, il y a sans doute un problème

au niveau de la valvule mitrale (sténose) avec un rétrécissement : l’oreillette gauche gonfle

alors, ce qui entraîne l’écartement des bronches.

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Les poumons

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Les poumons sont des organes plus ou moins symétriques qui ont généralement une forme de cône. C’est ainsi qu’on reconnaît globalement un sommet convexe et une base concave, qui va se mouler sur le diaphragme. Si on regarde un poumon en coupe, on constate que les deux poumons vont se disposer

en couronne autour du cœur ; ils vont présenter une face costale qui fait tout le tour et une face qui regarde vers le cœur : la face médiastinale, qui est concave parce qu’elle se moule sur le cœur.

Axe vertical : sommet et base.

Axe horizontal : face convexe (face costale) et face concave (face médiastinale, puisqu’elle regarde vers le cœur, le médiastin). Le sommet pulmonaire dépasse la première côte d’une hauteur d’environ 5 cm max., en inspiration.

Les poumons d’un citadin sont toujours noir-bleuté, car ces pigments sont dus à la pollution urbaine. Les poumons d’un nouveau né sont roses, ceux d’un adulte vivant dans la nature (les esquimaux, par exemple) sont rosâtres. Ces pigments sont phagocytés par des macrophages, qui n’ont pas les enzymes pour digérer ces cellules qui dérivent du charbon. Le macrophage meurt donc et est phagocyté par un autre macrophage, et ainsi de suite. Les pigments ne sont jamais digérés. C’est le même principe pour le tatouage, qui reste à vie.

Les scissures sont des lignes/coupures, qui séparent deux structures relativement indépendantes. Les scissures ne sont pas symétriques et vont diviser les poumons en lobes.

Poumon droit (de profil) :

On observe une scissure oblique et une scissure plus ou moins horizontale. Le poumon se subdivise ainsi en un lobe supérieur, un lobe moyen et un lobe inférieur. La scissure oblique se nomme la grande scissure, et la scissure horizontale s’appelle la petite scissure.

Poumon gauche (de profil) :

Il n’y a qu’une seule scissure : la grande scissure, qui divise le poumon gauche en un lobe supérieur et un lobe inférieur. L’équivalent du lobe moyen, mais qui n’en est pas un, appartient au lobe supérieur et se nomme la lingula. (La lingula descend un peu plus bas que le lobe moyen.)

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Il y a parfois des variations : parfois certains ont un lobe moyen gauche, d’autres n’en ont pas

à droite. La petite scissure peut ne pas être complète, etc.

Segments Les lobes sont,

approximativement dix par poumon. Il peut y avoir des variations, surtout à gauche

(généralement 9, parfois même 8).

encore à une échelle plus petite, divisés en segment. Ils sont

Le poumon gauche est un peu plus petit que le droit, ce qui explique en partie

pourquoi il y a en moyenne un segment de moins à gauche (il disparaît à cause du cœur).

Les segments sont invisibles : ils ne sont pas séparés par des scissures ; extérieurement

on ne les distingue pas. Ils se distinguent car chacun est caractérisé par une bronche qui lui est

propre.

Pour nous permettre de les distinguer, on injecte une couleur différente (via un petit

tuyau) dans chaque bronche. Cela présente un intérêt chirurgical : dans le cas d’un cancer

d’un segment, on peut ainsi le retirer.

Notion d’hile ou pédicule Cette notion concerne tous les organes.

Il y a un endroit, dans le poumon, où les éléments qui doivent entrer entrent. Au

niveau du poumon, il y a les bronches, l’artère pulmonaire, les veines pulmonaires, etc.

Toute cette zone où « ça rentre dedans » est nommée hile. Le hile est l’espace où

l’ensemble des éléments qui doivent entrer entrent. Le pédicule est l’ensemble des éléments

qui entrent dedans. La plupart du temps, on utilise hile et pédicule pour la même chose : une

série de canaux qui rentrent dans un trou.

C’est la manière dont le poumon est attaché au reste du médiastin.

Segmentation du système bronchique à l’intérieur du poumon Puisqu’il y a trois lobes à droite et deux à gauche, le système bronchique est subdivisé

de manière différente.

Bronche souche droite : elle va d’abord libérer la bronche lobaire supérieure, suivie

d’un tronc – le tronc intermédiaire , qui va libérer la bronche lobaire moyenne et la

bronche lobaire inférieure.

Bronche souche gauche : elle libère la bronche lobaire supérieure et la bronche

lobaire inférieure – il n’y a pas de tronc intermédiaire.

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Chaque lobe va lui-même se subdiviser en segments. On connaît le nombre de segments de chaque lobe (lobe supérieur : 4, inférieur : 3). Chaque bronche lobaire va elle-même se subdiviser en bronches segmentaires (cf. schéma qui ressemble à arbre généalogique).

1. Au départ, on a les bronches segmentaires qui délimitent les segments.

2. Les bronches segmentaires vont se diviser en bronches sous-segmentaires, etc., jusqu’à vingt divisions (2^20).

3. Ensuite, on a la bronche sus-lobulaire (21 ème division) et à partir de la

4. 22 ème division, on trouve les bronches lobulaires, qui se caractérisent par la disparition du

cartilage. Lobule : le lobule pulmonaire est l’élément fonctionnel du poumon (1cm³), il s’agit de l’élément de base fonctionnel du poumon. Il a une forme de cône, ressemble à un petit poumon miniature. La bronche qui rentre dedans est dépourvue de cartilage. Là où il n’y a pas de cartilage, il y a le muscle lisse (muscle trachéal) qui, à cet étage, ne s’appelle plus muscle trachéal il ne se situe plus dans la trachée , mais le muscle Rasmussen (au niveau des lobules). Une bronchiole est une bronche sans cartilage. Elle perd sa rigidité, devient malléable, et si le muscle se contracte, il peut rétrécir la bronche.

N.B. : L’asthme est une pathologie où le muscle se rétracte de manière non contrôlée. En raison généralement d’un processus allergique, il y a une contraction anormale au niveau du muscle de Rasmussen, qui touche les bronchioles lobulaires. Il y a aussi des bronchioles toutes petites (1mm), qui sont des bronchioles de type terminal (0.7 mm) ; ce sont des bronchioles dont la paroi ne porte pas d’alvéoles. Les bronchioles terminales (3 ou 4 divisions après le lobule) sont les dernières bronchioles qui ne sont pas respiratoires. Après, on trouve les bronchioles respiratoires, qui contiennent des alvéoles dans la paroi. Elles se terminent par des canaux alvéolaires en cul-de-sac : les sacs alvéolaires. (N.B. : Il y a des sous-ensembles dans ces divisions. Par exemple, tout le système qui dérive d’une bronchiole terminale unique s’intitule le pneumon ; tout ce qui dérive d’une bronchiole respiratoire de premier ordre se nomme acinus (sac alvéolaire qui ressemble à une grappe de raisin).)

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Important Lobule : unité fonctionnelle du poumon, qui vient après ± 2^22 divisions, ± conique, la

bronchiole ne porte plus de cartilage.

Aspects techniques des alvéoles C’est à travers les alvéoles que vont se faire les échanges avec les capillaires

sanguins : les vaisseaux transmettent du CO2 qui vient du sang, l’oxygène est donné au sang à

travers la paroi alvéolaire.

Le nombre d’alvéoles est de 300 millions (en moyenne) par poumon, ce qui fait 600

millions au total.

La surface totale des alvéoles, qui correspond à la surface d’échange entre l’air et le

sang, oscille de 100 à 140 m². C’est une surface assez considérable. Dans le système, le

poumon droit domine, en raison d’une surface plus grande (40-60%).

Conformation du poumon Le poumon va être entouré par une double membrane tout à fait équivalente au

péricarde : la plèvre.

La plèvre s’interrompt à l’endroit du hile. Elle est formée par un feuillet viscéral et un

feuillet pariétal. Le feuillet viscéral pénètre par les scissures, mais pas le pariétal.

Il y a des endroits où les feuillets se séparent, mais le volume de l’espace entre les

deux feuillets est quasi nul, quasi virtuel ; cet espace est nommé « sinus costo-

diaphragmatique ». C’est le feuillet qui descend, qui est composé de deux feuillets tout à fait

aplatis l’un sur l’autre. Il a une certaine hauteur, mais quasi aucune épaisseur. Il est

extrêmement mince, il n’y a quasi rien dedans. À l’état normal, il est quasi vide.

Cependant, dans certaines pathologies, du liquide peut pénétrer dans l’espace et

remplir le vide. On peut ponctionner au niveau de cet espace : on effectue alors une ponction

pleurale. Le sinus costo-diaphragmatique est intéressant car il permet de faire une ponction

sans toucher le poumon.

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La respiration Une côte est fortement oblique, vers le bas et vers l’avant. Une fois qu’on inspire, la

cavité thoracique a une limite beaucoup plus importante. Quand on inspire, le diamètre

antéropostérieur augmente. C’est la respiration.

Si le volume augmente, la pression diminue, si la pression diminue, il y a un appel

d’air : c’est comme ça qu’on respire.

Sous la cage thoracique, il y a un muscle, le diaphragme, qui descend quand on

inspire. Il augmente la distance verticale, ce qui crée un effet de piston.

Les muscles costaux élèvent les côtes, ce qui les place en position horizontale le

diaphragme descend augmentation de la cage thoracique appel d’air respiration.

Question d’examen : quel est le mécanisme qui préside à la respiration/l’inspiration ?

Le processus est un processus musculaire actif, qui fait remonter les côtes, et donc

augmente le volume de la cage thoracique. Le diaphragme descend, fait un effet piston

ce qui augmente encore plus le volume de la cage thoracique.

Quand le volume de la cage thoracique augmente, la plèvre a une pression quasi

négative – quasi inférieure à la pression de l’air. Cela maintient une certaine cohésion au

niveau des poumons, qui sont attachés à la cage thoracique. Il y a donc dilatation des

poumons.

Le processus commence par une action musculaire, qui vise à « horizontaliser » les

côtes, ce qui augmente la cavité de la cage thoracique. Le diaphragme descend, ce qui

augmente la hauteur de la cage thoracique. Le poumon se dilate, car il est attaché à la cage

thoracique. Tout cela constitue l’inspiration. Il s’agit du même principe qu’un soufflet.

Division des gros vaisseaux en périphérie – notamment l’aorte et le système veineux

À droite : lorsque l’aorte quitte le cœur, elle va à droite générer un vaisseau unique, qui

sera amené à se diviser en deux : le tronc artériel brachio-céphalique. Il se divise en une

carotide primitive qui monte vers la tête et le cou et une artère sous/subclavière

destinée aux membres supérieurs qui passe sous la clavicule.

À gauche : la subclavière et la carotide primitive naissent directement, il n’y a pas de

tronc. Ce qui tient lieu de tronc artériel est l’aorte elle-même.

Du point de vue veineux, on a la veine cave supérieure qui va recevoir un tronc veineux

brachio-céphalique droit et un tronc veineux brachio-céphalique gauche un synonyme

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de tronc veineux brachio-céphalique est « veine innomée ». De chacun d’entre eux sont issues une veine jugulaire interne gauche/droite et une veine sous-clavière gauche/droite. Le flux est linéaire à droite, donc il est favorisé du côté droit ; c’est pour ça que la jugulaire est souvent plus grosse à droite.

Dans l’abdomen, l’aorte va se séparer en artères iliaques primitives ± devant la dernière vertèbre lombaire. La veine cave inférieure va se séparer en veines iliaques primitives.

Variantes

Certains individus ont la crosse aortique qui part vers la droite et non vers la gauche.

Certains individus ont deux veines aortiques.

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Appareil digestif

L’œsophage

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L’œsophage est un organe essentiellement thoracique. C’est un organe postérieur dans le

thorax. De profil, il présente trois zones où il va légèrement être dévié de sa trajectoire :

1. Il passe derrière la crosse de l’aorte – ou l’arc de l’aorte.

2. Il passe derrière la bronche souche gauche.

3. Il passe derrière l’oreillette gauche.

Il présente trois zones successives où il va être marqué par les empreintes de trois organes.

Il se trouve juste devant la colonne.

À l’état physiologique, il présente une lumière très aplatie et une paroi très épaisse (le diamètre se mesure en cm), sa longueur est celle du thorax. Il présente des stries longitudinales comme les penne – à cause de l’orientation des fibres musculaires lisses situées dans la paroi œsophagienne ; c’est une structure cannelée.

Préliminaires et pré-requis

Préliminaire I : division de l’abdomen

Lorsqu’on décrit une douleur ou une masse que l’on palpe, il est utile de situer où se trouve le problème. On a créé une terminologie divisant la surface de l’abdomen en

différentes parties. Cela n’a rien à voir avec les cloisons internes de la paroi abdominale, qui séparent différentes régions. La subdivision en cloisons est indépendante du quadrillage défini (cf. le plan d’une maison).

Procédé :

On imagine le tronc et on représente le gril costal : la cage thoracique et le relief des côtes. En bas, on suppose les crêtes iliaques.

1. On tire une ligne horizontale tangente au gril costal et une autre tangente aux crêtes iliaques.

2. On crée trois lignes verticales, qui partent du milieu des clavicules théoriquement ; en pratique, on fait une approximation : on les trace au niveau du mamelon.

Dans le carré central, on a l’ombilic région ombilicale.

De part et d’autre de l’ombilic flanc droit / flanc gauche.

Au dessus de la région ombilicale région épigastrique.

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Sous la région ombilicale région hypogastrique. Là se trouve la vessie et la majorité des organes génitaux.

Sous les cartilages costaux hypochondre droit où se situe une partie du foie, la vésicule biliaire / hypochondre gauche.

En bas fosse iliaque droite – où se situe l’appendice / fosse iliaque gauche. Certains organes à l’intérieur respectent cette division.

Ex. : flanc gauche : côlon descendant ; flanc droit : côlon ascendant.

Préliminaire II : cœlome, péritoine et mésentère

La cavité abdominale résulte d’une structure embryonnaire : le cœlome (cavité typique des coelomates), qui va donner les plèvres et le péricarde. La disposition du cœlome chez l’embryon suppose qu’on ait une cavité – le cœlome –, et suspendus dedans, les éléments du tube digestif (d’origine endoblastique), qui sont entourés par une membrane du cœlome : la splanchnopleure qui est à l’origine du feuillet viscéral ; en périphérie se trouve une autre paroi : la pariétopleure. Méso/mésentère dorsal : manière dont le tube digestif est suspendu à la paroi du cœlome. À certains endroits, il existe aussi un mésoventral notamment dans la région haute de l’abdomen – qui n’existe qu’au niveau de l’estomac. La pariétopleure sera l’origine du feuillet pariétal ou péritoine.

Soit au cours du développement, le méso-dorsal reste long : on dira que l’organe est « libre », il peut bouger. Ex. : l’intestin grêle. Par endroit, il existe des situations où le méso se raccourci tellement que l’organe est pratiquement collé à la paroi supérieure : on dira que l’organe est « fixé », soudé au péritoine postérieur. Ex. : côlon ascendant, descendant, pancréas.

Toute la cavité abdominale correspond-elle à la cavité péritonéale ?

Non. La cavité péritonéale ne va occuper que la partie antérieure de la cavité abdominale. En arrière, on a l’espace rétro-péritonéal. Dans cet espace, on trouvera par exemple les reins. Il existe des organes dans la cavité abdominale mais pas dans la cavité péritonéale : ils n’ont pas été créés dans le cœlome. Aucun élément digestif n’est rétro-péritonéal. De profil, si on observe la cavité rétro-péritonéale, l’espace péritonéal se poursuit par un espace sous-péritonéal, au niveau du bassin. Ex. d’organes qui s’y trouvent : la vessie, l’utérus. Les organes génitaux se trouvent dans l’espace sous-péritonéal.

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L’estomac

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Imaginons le diaphragme. Sous le diaphragme se trouve un organe assez volumineux :

le foie. À proximité se trouve l’estomac.

L’estomac présente le corps gastrique.

Il y a deux sorties dans l’estomac :

1. le cardia, qui fait la jonction avec lœsophage ;

2. le pylore, qui fait la jonction avec le duodénum.

Ces deux zones comportent un anneau musculaire lisse : le sphincter.

La partie juste avant le pylore se nomme l’antre de l’estomac ; parfois il y a la

présence d’une petite incisure, sinon on ne remarque la séparation qu’en regardant de

l’intérieur.

Il y a la présence, à l’extrémité supérieure de l’estomac, d’une poche à air. Lorsqu’on

est couchés, la poche à air est toujours là, mais ne contient plus d’air. La poche à air a un

rapport direct avec la rate.

L’extrémité supérieure de l’estomac se nomme également fundus, ou grosse

tubérosité.

Il y a la grosse courbure et la petite courbure.

Il y a également présence dans le bas d’une petite tubérosité.

De profil, l’estomac n’est pas vertical. Il se rapproche de la paroi antérieure/paroi

abdominale, en descendant.

Variantes

Il existe des gens qui ont des estomacs horizontaux appelés « estomacs en

chaussette ». D’autres qui en ont des verticaux.

N.B. : Un rapport est un contact qu’un organe établit avec les organes voisins. Il faut citer et

préciser la place (en avant, en arrière, au-dessus, latéralement, etc.) de l’organe par rapport à

l’autre.

Les différentes couches du tube digestif Tout élément du tube digestif va présenter une couche profonde, la muqueuse, qui est

la surface d’échange. Si on prend la lumière de l’organe, la paroi interne de l’organe, qui est

dirigée vers la lumière, est appelée la muqueuse.

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Cette muqueuse comporte des cellules très spécialisées selon l’endroit où on est, selon

l’organe dont on parle, selon sa fonction. À l’extrémité on a la séreuse, qui est la paroi

externe des vaisseaux, le contour. Entre les deux, on a une couche de muscle lisse : la

musculeuse, qui se contracte.

À quoi sert l’estomac ? L’estomac est un lieu essentiellement sécrétoire : il n’y a pas vraiment de processus

d’absorption, c’est surtout un lieu de sécrétion. Sécrétion de :

l’acide chlorhydrique, qui va dissoudre les aliments ;

des enzymes protéolytiques, qui vont dissoudre les protéines pepsine, trypsine ;

du mucus : mucopolysaccharides ; mucus qui a notamment pour fonction de protéger la

muqueuse gastrique contre ses propres sécrétions.

Pour faire tout ça, la muqueuse doit présenter une grande surface d’échange. Pour ce faire,

elle présente de gros plis longitudinaux. Ce relief muqueux est la « magenstraβe » (la « rue

de l’estomac, car ça ressemble à une rue pavée).

L’estomac dans ses rapports avec le foie La petite courbure de l’estomac, et même le début du duodénum, sont reliés à

l’estomac par une sorte de fin voile. Cette espèce de voile qui a presque l’apparence un

ligament extrêmement mince se nomme le petit épiploon ou petit omentum.

Ce dispositif est en rapport avec le développement embryonnaire de l’estomac : c’est

ce qui reste de son mésoventral.

Le petit épiploon s’arrête à un moment au niveau du duodénum. Grâce à cet arrêt, il

est possible de passer de devant à derrière lui (derrière le duodénum ou l’estomac ?) ; ce

passage s’appelle l’hiatus de Winslow. La cavité derrière se nomme la bourse omentale, ou

arrière-cavité des épiploons.

Le pancréas est derrière le petit épiploon, dans la bourse omentale.

À la grande courbure de l’estomac est appendue une sorte de tablier graisseux : le

grand épiploon ou grand omentum. C’est véritablement une sorte de tablier de forgeron qui

pend sous l’estomac et y est attaché. Le côlon transverse partie horizontale du gros intestin

– est collé à ce grand épiploon en arrière. Il s’agit également d’un résidu du mésoventral. Il est

tellement grand qu’il peut aller jusqu’au bassin, sa taille varie d’un individu à l’autre.

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Duodénum-pancréas

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Il est strictement impossible de les séparer l’un de l’autre : on nomme l’ensemble

« complexe duodéno-pancréatique ». Il est quasiment impossible à décrire si on ne le fait

pas globalement.

Le duodénum est la première partie de l’intestin grêle et ressemble à une portion de

câble en forme de cadre. Cette portion est fixée, attachée, soudée au péritoine postérieur. Le

pancréas va littéralement venir s’insérer dans le cadre du duodénum.

On divise le duodénum en plusieurs portions :

1. d1 : bulbe du duodénum – qui fait la jonction avec l’estomac ;

2. d2, d3 ;

3. d4 : vient se jeter dans le jéjunum et fait la jonction avec la seconde partie de l’intestin

grêle selon l’orientation.

L’ensemble est fixé par un méso très court : le fascia de Treitz ; il s’agit d’une sorte de

mésentère qui s’est raccourci. Seul l’extrême bout du pancréas n’est pas attaché.

Le pancréas et le duodénum ne sont pas rétropéritonéaux, ils sont soudés au péritoine.

Une partie du pancréas va se situer derrière l’estomac et va rejoindre la rate – la queue du

pancréas entre en contact avec la rate –, il s’agit de la partie rétro-gastrique.

Le pancréas va être formé :

D’une tête

D’un corps

D’une queue

D’un col

D’un crochet.

Le pancréas est une double glande :

1. De type endocrine (crine = sécrétion) : glande à sécrétion interne.

2. De type exocrine : glande à sécrétion externe.

Sécrétion exocrine Il faut savoir que la lumière de l’appareil digestif est considérée comme l’extérieur de

l’organisme, ne fait pas partie du milieu intérieur ; c’est une règle de base en physiologie. Une

glande exocrine peut déverser ses sécrétions à l’extérieur du corps, mais aussi dans le tube

digestif (qui n’est pas à l’intérieur de l’organisme).

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Le pancréas déverse donc ses sécrétions dans le duodénum par l’intermédiaire d’un canal :

le canal de Wirsung, qui est rejoint par un canal secondaire : le canal de Santorini.

L’essentiel passe cependant par le canal de Wirsung.

Les sécrétions pancréatiques consistent essentiellement en deux enzymes :

1. la lipase, pour digérer les lipides ;

2. l’amylase, qui s’attaque à l’amidon (sucres polymérisés).

C’est grâce aux enzymes pancréatiques du duodénum qu’on peut digérer les graisses et les

sucres.

Le canal qui provient de la vésicule biliaire et du foie canal cholédoque va

traverser le pancréas et se jeter au même endroit, par le même trou, dans le duodénum.

Sécrétion endocrine La sécrétion endocrine est celle qui se fait à l’intérieur de l’organisme, dans la

circulation sanguine. Une glande endocrine va libérer des substances dans le sang, qui vont,

à distance, modifier les choses dans d’autres organes, leur fonctionnement. Ce sont des

hormones.

Le pancréas sécrète deux hormones qui vont jouer un rôle dans le métabolisme du

sucre : l’insuline et le glucagon.

1. L’insuline fait diminuer la glycémie (la quantité de sucre dans le sang) ;

2. Le glucagon est l’hormone antagoniste et fait remonter le niveau du sucre.

Comment sont sécrétées les substances ?

À l’intérieur du pancréas, on a des millions de petits îlots cellulaires, des millions

d’agrégats cellulaires disséminés partout ; dans ces îlots on a les cellules d’insuline et de

glucose. Ce sont les îlots de Langherans, observés la première fois par Laguesse, expliqués

par Langherans.

Le duodénum et le pancréas sont séparés de l’espace rétropéritonéal – et donc des reins

par le péritoine.

Question d’examen : choisissez une des fonctions du pancréas et décrivez-en le substrat

anatomique.

Si on choisit la fonction endocrine, la réponse doit décrire le fonctionnement du pancréas et

évoquer la fonction exocrine.

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Le foie

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Le foie est un organe qui ressemble à une sorte de prisme qui se projette sous le diaphragme. Il semble être suspendu au diaphragme par un ligament le ligament falciforme et il se poursuit jusqu’à l’ombilic par un ligament : le ligament rond, qui ne sert plus à rien, mais a servi : il s’agit de la veine ombilicale. Le ligament falciforme suivi par le ligament rond semble diviser le foie en un lobe droit et un lobe gauche. Ce n’est qu’une impression, qu’en apparence. C’est une division qui ne correspond pas à la division fonctionnelle. Sous le lobe droit du foie, il y a un petit organe qui dépasse le bord inférieur du foie :

la vésicule biliaire.

Les rongeurs n’ont pas de vésicule biliaire. Ils fabriquent cependant de la bile comme tous les mammifères la vésicule biliaire ne fabrique donc pas la bile, elle sert juste de stockage.

N.B. :

La rate est plus grosse chez les enfants car pendant le développement embryonnaire, elle sert à fabriquer des cellules sanguines.

Structure

La structure du foie peut représenter un certain nombre de variations, souvent aux dépends du lobe anatomique gauche. On peut parfois observer des espèces de plis. Il s’agit de l’impression d’empreintes dues au diaphragme. Le foie est le seul organe du corps qui peut présenter un certain degré de régénération. Il ne repousse pas de manière identique, mais le parenchyme est le seul capable de le faire.

Fonctions

Le foie présente deux fonctions essentielles :

1. Sécrétion biliaire. La bile est sécrétée par le foie et non par la vésicule biliaire. Le foie peut être divisé en huit segments hépatiques, huit segments fonctionnels qu’on ne peut pas séparer en vue externe – sauf l’un d’entre eux : le lobe caudé. Cette division est fonction de leur vascularisation.

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Ces huit segments vont générer un canal biliaire qui va collecter la bile. Ce canal le canal hépatique va résulter de huit canaux, qui vont drainer tous les segments hépatiques. Ce canal va présenter une sorte de bifurcation dans la mesure où un canal le canal cystique va rejoindre le canal hépatique. Une fois qu’ils se sont rejoints, on parle de canal cholédoque (conducteur de bile). Le canal de cholédoque vient se jeter dans le duodénum, au même endroit que le canal de Wirsung, et perse le pancréas. Variations : Il y en a chez qui les deux canaux se rejoignent, ou encore sont séparés mais rejoignent le même orifice. La bile va pénétrer dans la vésicule, qui va s’assécher ; la bile plus concentrée va ressortir pour aller se jeter dans le duodénum. La vésicule biliaire est un réservoir à bile. La bile qui sort de cette dernière est plus concentrée que lorsqu’elle sort du foie ; la vésicule « raffine » la bile. La bile contient des sels biliaires (dérivés du cholestérol) qui vont servir à émulsionner les graisses. Il y a également de la bilirubine (qui provient de la dégradation des globules du sang), ce qui donne la couleur verte à la bile. Une partie sera réabsorbée par l’organisme ; c’est ce qui donne la couleur jaune à l’urine. Les graisses trouvées dans la bile peuvent précipiter, avec du calcium, et peuvent donner lieu à des caillots : les calculs biliaires, ou coliques vésiculaires. Les douleurs se situent dans l’hypochondre (cf. hypochondriaque) de l’estomac. Il est facile de palper la vésicule biliaire, dans la mesure où elle se situe exactement sous le rebord costal. Lorsqu’elle est douloureuse, on demande d’inspirer bien fort, le diaphragme descend, le foie descend un peu et on peut toucher, à travers la paroi de l’abdomen, la vésicule, ce qui crée une douleur.

2. Détoxification du sang. Il faut détoxifier le sang veineux qui revient de l’appareil digestif, car le tube digestif a pour fonction de résorber les substances dans les aliments. Les substances passent donc dans le sang, mais ces substances peuvent parfois être toxiques. Ces substances peuvent entraîner des dommages, perturber le fonctionnement de certains organes.

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Le tube digestif va remonter une veine, qui va collecter deux veines les veines mésentériques – qui viennent de l’intestin : la veine mésentérique et la veine splénique au bout de laquelle se trouve la rate. Le produit de toutes ces veines se nomme « veine porte hépatique ». N.B. : Un vaisseau porte est un vaisseau qui se capillarise à ses deux extrémités. Lorsqu’on va vers le tube digestif, la veine porte hépatique va se capillariser, au niveau de ses extrémités. La veine porte va pénétrer dans le hyle hépatique, va se diviser en branche gauche et droite, chacune de ces branches va donner une base pour les segments. Le sang va être en contact avec les cellules du foie : les hépatocytes (usines chimiques), qui ont tendance à transformer tout une série de substrats, dont les substances toxiques. C’est dans le foie que se passent la plupart des réactions biochimiques de l’organisme. Le sang va donc être détoxifié. Il va ensuite être recollecté par trois grandes veines qui vont se jeter dans la veine cave inférieure. Le sang détoxifié va être recapté par trois veines situées dans le dôme du foie : les veines sus-hépatiques ou veines hépatiques. La veine sus-hépatique du milieu (médiane), sert d’axe pour la division du foie en lobe vasculaire gauche et lobe vasculaire droit. Cela montre qu’en subdivision fonctionnelle, le lobe gauche a grosso modo la même forme que le droit.

Cirrhose

C’est ce système qui permet de comprendre ce qui se passe comme complications lorsque les patients sont affectés lors d’une cirrhose : le foie devient fibreux, les hépatocites sont remplacés par du tissu fibreux. En cas de cirrhose, le foie devient beaucoup plus dur, le sang passe moins facilement dans la veine porte, la rate gonfle : c’est une splénomégalie. La cirrhose peut être une complication de l’hépatite.

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La rate

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Lat. : lienis, Angl. : spleen ; ce dernier terme donne l’adjectif splénique.

Fonctions

1. La rate est un organe essentiellement immunitaire.

2. Elle joue aussi un rôle dans la fabrication et maturation des globules blancs.

Elle est donc à la fois immunitaire, lymphoïde et hématopoïétique elle « s’occupe »

des globules rouges comme des blancs, et même + des blancs.

Situation

On la lie à l’appareil digestif parce qu’elle en est proche. La rate est cachée dans l’hypochondre gauche, et elle se trouve en rapport avec les côtes 9, 10, 11. Il est impossible de palper la rate. Elle se percute. Le but de la percussion est de voir si elle a augmenté de volume.

Fracture de la rate

Il y a énormément de sang dans la rate : c’est un réservoir sanguin important. Le fait qu’elle se trouve en rapport avec les dernières côtes du côté gauche est important, car s’il y a présence d’une fracture osseuse à ce niveau, il peut y avoir également une fracture de la rate. Le patient est alors en état de choc, pâle, son pouls n’est plus perceptible : il n’y a plus beaucoup de sang qui circule.

1. Avec une aiguille, on fait un trou dans l’abdomen au niveau du péritoine, et un deuxième trou à l’arrière de l’abdomen ;

2. On fait un lavage du péritoine, avec du liquide physiologique ;

3. Si le liquide ressort avec du sang, la rate est touchée.

!!!!!!!!!!!!! EXAMEN !!!!!!!!!!!!! Si c’est le rein qui est blessé (blessure rénale), il y a du sang dans les urines. !!!!!!!!!!!!! EXAMEN !!!!!!!!!!!!!

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Intestin

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L’intestin est formé de deux parties distinctes : le grêle et le côlon. Le côlon présente la position la plus constante dans l’abdomen. Le grêle occupe la place qui reste. La dernière anse de l’intestin grêle se nomme « iléon terminal ».

Le côlon

On peut observer une dilatation du côlon, appelée le « caecum », où se trouve l’appendice. Suite au côlon, on trouve le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon

descendant, le côlon pelvien ou côlon sigmoïde il fait une boucle , le rectum et l’anus. Les côlons ascendant et descendant sont fixés au péritoine postérieur. Leur fascia d’accolement porte le nom de :

à droite : fascia de Toldt ;

à gauche : fascia de Zuckerkanol. Ces mésentères sont très raccourcis, c’est pour ça que certains font l’erreur de dire que le est rétropéritonéal. Le côlon transverse est libre et est suspendu par le mésocolon transverse. De la même façon, le côlon pelvien est suspendu au mésosygmoïde.

Ces parties mobiles sont les plus variables en longueur, puisqu’elles ne sont pas soudées et que la nature peut avoir créé des segments de longueurs variables. Les parties soudées sont constantes puisqu’elles dépendent de la taille de l’abdomen.

C’est au niveau des deux segments non soudés qu’on peut retrouver des torsions intestinales : le volvulus.

Quand on regarde la paroi du côlon, on peut observer des petites lignes, des espèces de zones de restriction : ce sont des « haustrations ». Elles traduisent l’existence de fibres musculaires.

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L’intestin grêle

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L’intestin grêle se répartit un peu partout au milieu. Il se situe devant et dans le cadre

colique.

Si on le déroule, il présente une longueur totale d’environ quatre à six mètres, qui sont

répartis dans un espace restreint.

L’insertion du mésentère est une insertion oblique.

Le grêle va être divisé en deux parties :

1. la partie initiale : le jéjunum ;

2. la suite : l’iléon.

Il n’est pas possible de faire la distinction entre les deux parties si on regarde de

l’extérieur. Le jéjunum est surtout à droite et l’iléon surtout à gauche.

Le grêle est l’endroit d’absorption de la nourriture. Il possède pour ce faire, le long des

parois, des valvules conniventes.

Dans le jéjunum, les valvules sont hautes et nombreuses ; dans l’iléon, elles sont plus

basses et moins nombreuses.

Entre l’iléon et le caecum, il y a une petite valvule la valvule de Bauhin qui est un

simple rétrécissement.

La partie terminale du tube digestif est une zone relativement dilatée : il s’agit de

l’ampoule rectale. Elle fait suite au côlon sigmoïde.

Le rectum est une portion assez large qui s’étrécit à la fin pour former l’anus, zone

musculaire lisse sphincter. Autour de l’anus, il y a un muscle strié : le sphincter externe,

qui est un muscle strié volontaire. Il y a des fibres sphinctériennes lisses involontaires, et en

plus un sphincter strié externe, plus périphérique.

Situation Le rectum se situe dans le bassin, au carrefour de plusieurs systèmes.

Imaginons une coupe sagittale (de profil) du bassin. En avant, on retrouve le pubis ;

en arrière, le sacrum et le coccyx. Ce sont les structures osseuses qui vont délimiter les

éléments ci-après.

L’organe le plus antérieur est un organe de forme pyramidale : la vessie qui fait

partie du système urinaire.

Chez l’homme : le rectum se situe derrière la vessie.

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Chez la femme : il y a derrière la vessie un organe creux, légèrement oblique vers le haut et vers l’arrière – le vagin. Dans ce vagin, on trouve un organe fortement plié vers l’avant : l’utérus. Il vient s’emmancher dans le vagin, qui entoure le col de l’utérus. Le rectum se situe en arrière de l’utérus et du vagin.

Chez l’homme, la portion initiale de l’urètre est entourée d’un organe important, une petite glande qui contribue à la constitution du sperme : la prostate, située devant le rectum. Il est possible d’accéder à la prostate par voie rectale. Si on doit faire une biopsie à un patient, on le fait par voie rectale.

Le péritoine va surmonter la vessie et l’utérus. Il descend jusque derrière le vagin, ensuite

remonte et est perforé par le rectum. Ce dispositif est nommé le cul-de-sac de Douglas. C’est un élément très important en clinique, car si on a du liquide qui se collecte dans la cavité péritonéale, le cul-de-sac de Douglas sera le premier rempli, en position debout ou assise. Quand y a-t-il du liquide ? Lors de certaines inflammations, dans certains cas de tumeurs, d’atte