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VIDÉODANSE 2011 DU 23 NOVEMBRE 2011 AU 2 JANVIER 2012
VIDÉODANSE 2011 DU 23 NOVEMBRE 2011 AU 2 JANVIER 2012

VIDÉODANSE

2011 DU 23 NOVEMBRE 2011 AU 2 JANVIER 2012

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VIDÉODANSE 2011

IMAGINER UNE HISTOIRE DE LA DANSE DES XX e ET XXI e SIÈCLES

A l’image de la danse elle-même, dont

cette manifestation unique en son

genre s’est fait le relais, le témoin

attentif et passionné, Vidéodanse ne

cesse de se réinventer. C’est ainsi

que, cette année, nous avons choisi d’invi- ter Isabelle Launay, accompagnée de Julie Perrin et Claude Sorin, à imaginer à partir des images leur histoire de la danse des XX e et XXI e siècles. Elles ont choisi de “composer une histoire en danse”. 250 films qui mettront en lumière le travail de plus de 150 chorégraphes sont ainsi pro- posés au public. Cette histoire toujours en train de se faire invite pendant six semaines “le spectateur à observer les ruptures et les libérations successives, les héritages revendiqués, les multiples dialogues engagés par les ar- tistes avec les œuvres du passé, mais aussi le mouvement tumultueux et complexe du devenir des œuvres”.

La manifestation expose, projette, confronte aussi bien des captations de spectacles que des adaptations ou des créations pour la caméra, des documentaires consacrés à des pans d’histoire de la danse ou à des parcours d’artistes. La variété des perspectives adoptées par les réalisateurs, et parfois les chorégraphes eux-mêmes, confère au film de danse son rôle d’initiation. Chaque édition est l’occasion de dresser un état de la création chorégraphique, d’y repérer les formes émergentes ou de se retourner sur les différents courants qui composent son histoire, leur continuité, leur rupture. Découvrir ou redécouvrir des œuvres et par le jeu des associations, c’est-à-dire de la programmation, frayer de multiples chemins dans le foisonnement de la production cho- régraphique.

MICHÈLE BARGUES

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VIDÉODANSE

Depuis ses débuts, le Centre Pompidou a toujours accordé une place significative à la danse. Des Events de Merce Cunningham à l’exposition Danser sa vie, présentée dans la grande galerie à l’automne 2011, la danse a trouvé sa place au musée. Elle a conquis de nouveaux publics et ouvert de nouveaux territoires à l’art chorégraphique.

En bientôt trente années d’existence, Vidéodanse s’est constitué comme un petit “musée mobile” de la danse contemporaine, avec ses antennes éphémères en France et à travers le monde, pour rendre visible un art protéiforme, multiple, éternellement vivace.

Ainsi, des films de modern dance, chaque année présentés dans la programmation, aux plus récentes productions, Vidéodanse se fait le lieu du dialogue entre les œuvres, en même temps qu’un captivant outil de réflexion sur l’histoire de la danse.

Supports parfois bruts comme le sont certaines archives ou certaines captations, parfois d’une complexité et d’une beauté formelles remarquables, les films présentés par la ma- nifestation se distinguent avant tout par la vision aiguisée qu’ils offrent, ainsi exposés ensemble, de la danse et des problématiques qui la travaillent.

Lieu de découverte et de partage, Vidéodanse s’ouvre à tous les publics pour célébrer la danse, et c’est tout naturellement que l’édition 2011 accompagne Danser sa vie, première grande exposition à interroger et mettre en scène, au Centre Pompidou, les féconds rapports entre danse et arts plastiques.

ALAIN SEBAN Président du Centre Pompidou

© Caty Olive

UNE HISTOIRE EN DANSE

RETRACER L’AVENTURE DE LA CRÉATION CHORÉGRAPHIQUE AU XX e ET XXI e SIÈCLES, C’EST FAIRE DIALOGUER PASSÉ ET PRÉSENT, ART ET HISTOIRE, TERRITOIRES ET COUTUMES, INDIVIDUEL ET COLLECTIF. TRANSMIS, RÉINVENTÉ, FILMÉ : LE MOUVEMENT COMME CHAMP DE BATAILLE ESTHÉTICO-POLITIQUE.

PAR ISABELLE LAUNAY

100 % POLYESTER, CHRISTIAN RIZZO

© Matthieu Doze

LES INCONSOLÉS, ALAIN BUFFARD (CI-DESSUS) | HOPPLA !, ANNE TERESA DE KEERSMAEKER (CI-DESSOUS)

© Wolfgang Kolb
© Wolfgang Kolb

VIDÉODANSE 2011

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D e l’histoire de la danse en Occident, on connaît les couplets de la chan- son : ainsi s’enchaînent les danses grecques antiques, les danses ma- cabres médiévales, le ballet de cour,

la comédie-ballet, l’opéra-ballet, le ballet

d’action, puis le ballet romantique, le bal- let dit “classique”, la danse libre, les danses exotiques, la danse d’expression allemande, la modern dance, la danse néo- classique, la postmodern dance, le butô japonais, enfin la danse contemporaine et notamment la “nouvelle danse” qu’on dit parfois “française”…

A chaque époque, une supposée “non-

danse” : Isadora Duncan, à Paris en 1927, immobile, seule en scène face au public,

ouvrant lentement ses bras vers le haut, ne “dansait” déjà plus pour bien des critiques

de son époque… Et l’œuvre de Merce Cun-

ningham peut-elle “dépasser” celle de Mar- tha Graham, celle d’Anne Teresa De Keers- maeker celle d’Oskar Schlemmer, et celle de Boris Charmatz celle d’Odile Duboc ? A la demande de Michèle Bargues, program- mer Vidéodanse dans une perspective his- torique, ce serait alors tenter de “dé-pro- grammer” l’ordre historiographique acquis pour entretenir un dialogue que l’on espère fécond entre art et histoire comme entre les œuvres elles-mêmes. Vaste programme, qui,

s’il propose plus de 250 films, dont une cen- taine encore non présentés dans Vidéodanse, voudrait inviter chaque spectateur à pour- suivre cette histoire en danse. La danse contemporaine, comme tout art dit “mo- derne”, n’a-t-elle pas décliné à chaque fois

un style particulier de relation au passé ?

MIGRER ET ÊTRE ENSEMBLE

La danse, comme tous les autres arts, s’in-

vente dans une relation avec le monde, tout autant qu’elle s’invente dans une relation avec elle-même. L’inscription d’un individu dans une communauté ne passe-t-elle pas d’abord par l’assimilation non tant d’une

culture que plus profondément d’un geste commun, d’une façon de marcher, de regar- der, de toucher, d’écouter, bref, d’organiser sa relation à l’autre ? Le développement de cultures gestuelles singulières témoigne que la qualité d’un mouvement peut être le lieu d’un champ de bataille esthético-politique où s’expriment désirs, valeurs, croyances et intérêts parfois contradictoires. Ainsi se façonnent de nouvelles représen- tations et modalités d’être soi autant que d’être ensemble. Une telle histoire en danse suppose de témoigner de multiples trans- ferts gestuels effectués à travers les cinq continents. Les danses (comme les peuples) n’ont cessé de migrer, d’être accueillies ou rejetées. Nombres d’artistes ont su ainsi inventer des patries imaginaires pour des identités sans état civil, des identités transgenres comme des spiritualités sans dieux.

RONDES D’IDENTITÉS

Qui dira alors l’identité historique, sexuelle et culturelle d’une créature comme La Ar- gentina de Kazuo Ohno, venue de quels croisements esthétiques et de quelle his- toire culturelle du corps en mouvement ? Ou de celle de la mulâtre de Luiz de Abreu dont le geste déconstruit la condition de l’homme et la femme noirs au Brésil dans O Samba do crioulo doido – “La samba du métis fou”) ? Et, dans les danses de groupe, qui dira d’où vient ce qui lie entre eux les membres de la ronde mystérieuse d’Emma- nuelle Huynh dans Cribles et quelle histoire des rondes cette pièce condense-t-elle ? Quelles figures de la communauté tra- versent les lieux de là de Mathilde Monnier, ou qu’est-ce qui se rejoue encore de notre potentiel dionysiaque dans Les Sisyphe de Julie Nioche ? Il sera donc question des transferts choré- graphiques entre des pôles essentiels des avant-gardes des années 1920 comme des années 1970, jusqu’à aujourd’hui aux Etats-

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VIDÉODANSE 2011

Unis, en Allemagne, en France et au Japon, comme en Amérique latine et en Afrique, des traversées qui ont irrigué l’histoire de la danse contemporaine.

HISTOIRE DE GESTES ET DU TRAVAIL

Une histoire en danse est aussi attentive autant à la provenance d’une œuvre qu’à son devenir, à ses reprises ou transformations. Certaines pièces ont mis en évidence, avec plus ou moins de visibilité, les traces d’œuvres ou de gestes antérieurs, marquant

l’hétérogénéité des matériaux en jeu (tel le travail du Quatuor Knust dans … d’un faune (éclats), ou, fait plus rare, l’histoire des re- gards sur une œuvre (ainsi du Jeune Homme et la Mort de Roland Petit, dans Histoire(s) d’Olga de Soto.

A y voir de près, la mémoire des œuvres est

traversée de part en part d’altérations, de

négociations, bref de créations. Et au risque d’enfoncer une porte ouverte, l’on réaffir- mera que la danse est un art dit “vivant”. Que s’il n’y a pas de “geste naturel”, ni mécanique, comme nous l’a appris Marcel Mauss, alors toute transmission, même du geste le plus simple, n’opère que par trans- formations. L’on découvre alors une histoire dans les simples gestes de se tenir debout, de mar- cher, de toucher, de porter, ou de mourir en scène. L’histoire ne se compose-t-elle pas aussi dans la réinvention de techniques du corps et de gestes tout à la fois fondamen- taux et culturellement construits ? Aussi la marche a-t-elle une histoire, tout comme le simple fait d’être debout, parce qu’ils sont tributaires d’une histoire du sensible. Exposant notre plus petite danse commune,

la marche des isadorables d’Isadora Duncan

n’est en rien semblable à celle des miséreux de Vieilles gens, vieux fers de Jean Weidt

et un monde les sépare de celle de Spanish

Dance de Trisha Brown, ou de celle de Dé- routes de Mathilde Monnier.

L’on ne saurait oublier que ce qui entre en scène comme à l’image, ce sont des sujets qui dansent, les acteurs d’un travail. Pièces comme documentaires sont autant de por- traits de l’artiste au travail qui témoignent de la fabrique des corps qui dansent. Se faisant, ils montrent l’histoire cachée des studios et des pédagogies, l’acquisition des savoirs-faire, l’organisation et la division du travail dans une compagnie. Mais encore, le poids et le plaisir du travail collectif, comme les représentations et les modes de vie qui construisent le métier de danseur dans des contextes différents. Ainsi de documentaires magistraux si peu diffusés en France de Klaus Wildenhahn sur le travail de Merce Cunnin- gham (498 3rd Ave., en 1967) puis sur celui de Pina Bausch (Que font les danseurs de Pina Bausch à Wupperthal ?), ou encore Noureev à Spolète en 1964 ; ou des rituels filmés de la leçon selon Martha Graham (A Dancer’s World), Elsa Wolliaston (Avec Elsa Wolliaston) ou Odile Duboc (La Grande Leçon).

CORPS ET ESPACES

Quand Oskar Schlemmer revendique pour Le Ballet triadique (de 1922) sa dette à l’égard des danses de la Renaissance et du baroque, il nous invite à percevoir les chorégraphies du XVII e sous un jour entièrement nouveau. La radicalité du baroque, et notamment de ces ballets burlesques, devient ici un trem- plin pour l’expérimentation moderniste de la figure marionnettique qui trace ses lignes dans l’espace. Puis quand Lucinda Childs revendique à son tour, à propos de Dance, sa dette majeure envers Schlemmer, elle nous permet de revoir cette avant-garde moder- niste. Et à voir Hoppla ! ou Fase d’Anne Te- resa De Keersmaeker, l’on ne peut que tracer une ligne de fond entre toutes ces œuvres qui poursuivent leur réflexion sur la figure et les spatialités qu’elle inscrit. De fait, la notion de corps marionnettique est l’objet d’une riche histoire dans la danse contemporaine,

© Merill Brockway

EVENT FOR TELEVISION, MERCE CUNNINGHAM

elle est soumise aux traitements les plus divers d’Oskar Schlemmer à Merce Cunnin- gham, de Gerhard Bohner et Alwin Nikolais à Daniel Larrieu. Et si elle est marquée par un fond tragique chez Josef Nadj ou François

Verret, elle est aussi figure de plénitude fra- gile dans Nos solitudes de Julie Nioche. Au- delà, c’est toute une pensée de la figure humaine qui est à l’œuvre en danse contem- poraine. Elle s’y défait parfois jusqu’à la dissolution (chez Christian Rizzo dans 100 % Polyester par exemple) pour faire ad- venir autant d’anatomies rêvées que de fi- gures travaillées, non sans humour, par la dynamique de l’informe. En outre, l’on ne saurait trop insister sur l’importance du plein air dans l’émergence de la danse contemporaine, d’un rapport au corps qui cherche à se transformer au contact de l’air, de l’eau, de la terre, du végétal ou du minéral. Cette porosité aux éléments, d’Isadora Duncan à Simone Forti en passant par les chœurs en mouvement de Rudolf La- ban et les danses de Min Tanaka avec les paysans dans les rizières d’Indonésie (Min Tanaka sur la route de la danse en Indonésie),

est portée par des conceptions et des repré- sentations de la nature à la fois singulières et historiquement marquées. De la même façon, l’inscription d’un geste dans le tissu urbain, ou jusque dans sa dynamique archi- tecturale, ne vient-elle pas nous faire voir la ville autrement ?

MÉMOIRE DES IMAGES FILMÉES

Mais que viennent faire le cinéma et la vidéo dans une histoire en danse ? C’est que la mémoire des gestes dansés ne se fabrique pas uniquement à travers les seules tradi- tions des écoles, des studios ou sur la scène. Pour la danse du XX e siècle, cette histoire est en effet accessible par le médium de l’image cinéma ou vidéo. De fait, le regard des danseurs a transformé l’histoire du ci- néma en un gisement d’archives gestuelles, partitions de mouvements ou gigantesque répertoire d’attitudes et de comportements. Et quand il y a rupture dans la transmission, les danses du passé peuvent être réappro- priées à partir de leurs traces filmées. Au-delà, l’esthétique d’un cinéaste peut donner une visibilité à des écritures choré-

© Laurent Paillier

NI VU NI CONNU, CLAUDIA TRIOZZI

graphiques : il fallait par exemple l’art psy- chédélique d’Ed Emshwiller dans Film with Three Dancers pour donner une image du flux de Nikolaïs, où l’on retrouve trois dan- seurs (dont la jeune Carolyn Carlson) comme dissous dans l’enveloppe qu’ils constituent. Ou encore le talent de Werner Schrœter dans La Répétition générale pour filmer la venue de Pina Bausch dans Café Müller et celle de Kazuo Ohno au Festival de Nancy en 1981 et à qui il dédie son film. Ou enfin celui de Charles Atlas pour rendre justice à la mul- tiplicité de points de vue proposée par la danse de Cunningham avec qui il n’a cessé de collaborer. Inversement, danseurs et chorégraphes fa- briquent aussi des images filmées, se faisant cinéastes. Dans un mouvement de double capture, cinéma et danse peuvent ainsi être considérés comme des lieux où se fabrique la mobilité de nos regards sur le mouvement, vastes laboratoires d’expérimentation des images du geste où conspirent ensemble danseurs, cinéastes et vidéastes, fussent-ils amateurs ou inconnus. C’est parce qu’elle fut d’abord danseuse et collaboratrice de Kathe-

rine Dunham que Maya Deren fut une des premières cinéastes expérimentales qui sut mettre au cœur de ses images les sensations du vertige, puis sut filmer les transes en Haïti (Maya Deren, la femme à la caméra). D’une certaine façon, l’image filmée a transformé les conditions techniques et sociales de la transmission comme de la diffusion et l’exposition des œuvres choré- graphiques. Les danses filmées devien- draient-elles alors les morceaux d’un grand ensemble collectif appelé “danse” en for- mant un corpus qui appartient à tous ? A l’image aussi de Vidéodanse, qui depuis 1982 diffuse pour tous une grande part de l’histoire de la danse contemporaine, mé- diatisée par l’image et grâce au don des danseurs-chorégraphes. Cette histoire en danse appelle ainsi à mettre l’imagination au service de l’histoire et l’his- toire au service de l’imagination. Nous avons besoin d’imagination pour (re)voir les images des danses passées comme présentes, et donc pour repenser une histoire en danse.

Isabelle Launay est enseignante chercheuse au département Danse de l’université de Paris VIII

© Deutsches Tanzarchiv Koln

MARY WIGMAN, HEXENTANZ, 1926

VIDÉODANSE 2011

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UNE PARTITION CHORALE

MONTE VERITÀ, JUDSON DANCE THEATER… DEPUIS LE DÉBUT DU XX e SIÈCLE, LES EXPÉRIENCES COLLECTIVES REFLÈTENT LES LIENS MULTIPLES UNISSANT LA DANSE ET LES ARTS PLASTIQUES. L’EXPOSITION “DANSER SA VIE”,

QUI DÉCODE CE DIALOGUE ENTRE FORME ET GESTE, REVIENT SUR CES UTOPIES LIVE.

PAR CLAIRE MOULÈNE

D anser sa vie est un roman étranger dont la traduction française s’est trop longtemps fait attendre. Organisée en trois chapitres (la danse comme ex- pression de soi, danse et abstraction,

danse et performance), l’exposition s’attache à décoder les liens qui unissent depuis le début du XX e siècle la danse et les arts plas- tiques, la forme et le geste. On y apprend très vite que cette histoire, ce dialogue ou- vert et continu entre ces disciplines, ce pen- chant synesthésique en somme, est avant tout une histoire allemande, puis américaine. Jamais tout à fait un roman français. Comme si la notion d’ateliers collectifs, si importante pour comprendre ce qui se joue à la croisée de l’art et de la danse, “ces rendez- vous permanents, ces résidences d’été qui ont émaillé tout le XX e siècle, en Suisse, en Alle- magne, à San Francisco ou à New York”, dont parle Emma Lavigne, commissaire de l’expo- sition avec Christine Macel, avait tout sim- plement esquivé la case hexagonale. Le récit et les traces de ces expériences collectives occupent justement le cœur de l’exposition : elles s’appellent Monte Verità, Bauhaus, Black Mountain College ou Judson Dance Theater. A elles seules, ces utopies live ont révolutionné et fait voler en éclat la frontière entre les arts dits vivants et les beaux-arts. Sur scène, puisqu’à certains endroits de l’exposition on voit pousser des

scènes comme des saillies dans l’espace muséal, cela donne des environnements pleins où l’image, parfois animée, donne de l’épaisseur aux archives photographiques, aux décors et aux objets chorégraphiques.

EXPOSER LA DANSE

D’autres avant le Centre Pompidou se sont essayés à “exposer la danse”, optant pour une lecture radicale et forcément partiale :

c’était le cas du curateur anglais Mathieu Copeland avec son Exposition chorégraphiée présentée en 2008 à la Ferme du Buisson. Une exposition entièrement vide composée d’une série de mouvements activés par des dan- seurs selon un planning préétabli. Toute entière centrée sur les notions de répertoire et de reenactment (ou réactivation), elle lais- sait volontairement de côté les échanges nourris entre la danse et les arts plastiques pour ne garder que l’architecture nue de la danse comme médium avec ses codes, sa temporalité et son énergie. On pense encore à l’exposition Ne pas jouer avec des choses mortes qui, la même année, dans les espaces de la Villa Arson à Nice, s’intéressait aux “restes” de la performance et, bien sûr, au Musée de la Danse du choré- graphe Boris Charmatz et à sa volonté de déconstruire l’institution muséale et sa voca- tion conservatrice afin qu’elle puisse intégrer cet art de l’éphémère qu’est la danse.

© Courtesy Galerie Praz Delavallade

VUE DE L’INSTALLATION DE MAI-THU PERRET A LA KUNST HALLE SANKT GALLEN, 2008

Danser sa vie au contraire voit large en choi- sissant d’embrasser un siècle de correspon- dances (et leurs traces) entre les choré- graphes et les artistes. D’où l’idée que l’exposition se lit comme un livre où chaque chapitre correspondrait à une rencontre. En marge du geste et des nouvelles lignes de partage chorégraphiques, ce sont donc aussi toutes les reliques, images, textes, objets et surtout les films, qui ont très vite intégré le vocabulaire plastique des chorégraphes et dont se nourrit depuis bientôt trente ans la manifestation Vidéodanse, qui servent d’as- sise à l’exposition. Des réminiscences vi- suelles ou textuelles qui permettent de se rappeler Matisse touché par la grâce de Mary Wigman, danseuse aux pieds nus de la danse d’expression allemande ; Kandinsky qui col- labore avec Gret Palucca, Rauschenberg spectateur assidu de la Judson Dance Thea- ter à New York, chaussant ses patins à rou- lettes et s’autoproclamant chorégraphe, Pol- lock qui peint comme il danse, Yves Klein et

ses anthropométries, ou le jeune artiste fran- çais Etienne Chambaud qui revisite et dé- compose une archive de l’école d’Isadora Duncan, pionnière de la danse moderne. L’autre grand défi de l’exposition c’est de retracer la généalogie, la cartographie et les ruptures de ces “histoires entremêlées” comme le disent joliment les commissaires. Et de s’intéresser tout particulièrement à ces deux “grands foyers que sont l’Ausdrucktanz allemande (ou danse d’expression) et la post- modern dance américaine qui ont su inventer un langage chorégraphique rompant avec la permanence des formes classiques”.

LE RENOUVEAU PAR LE COLLECTIF

Parmi les temps forts, on compte les expé- rimentations naturistes de Monte Verità en Suisse d’une part, sorte de couvent laïque né en réaction à la révolution industrielle et qui se peuple dès le début du XX e siècle d’artistes, danseurs et penseurs (Otto Gross, Kandinsky, Isadora Duncan, Rudolf von La-

VIDÉODANSE 2011

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© Courtesy de l’artiste et galerie BUGADA & CARGNEL, Paris

ÉTIENNE CHAMBAUD, LA DANSE, 2009-2011

ban, Mary Wigman ou Picabia) venus recolo- niser cette colline qui domine le lac Majeur. Hantée par l’utopie de l’art total, croyance toute germanique et post-wagnérienne dont on ne trouve pas d’équivalent en France, la communauté éclate avant la guerre de 14. Outre-Atlantique, le Black Mountain College ouvre ses portes l’année même (1933) où ferme le Bauhaus à Berlin, désigné comme “antigermanique” et “dégénéré” par les na- zis. Fondé en pleine crise économique, il repose sur le principe de vie en communau- té libertaire, l’autogestion et la prédominance de la pratique manuelle. Après un passage autarcique, le Black Mountain College ac- cueille lors la Seconde Guerre mondiale quantité de professeurs émérites et de jeunes artistes : Josef Albers, Clement Greenberg, Henri Miller, Nam June Paik, Robert Raus- chenberg et surtout John Cage et Merce Cun- ningham qui tous entretiennent cette “confu- sion entre l’art et la vie” et réinventent la notion d’œuvre d’art totale.

Sur la Côte Est, on trouve aussi le fameux Judson Dance Theater qui, dans les an- nées 60, voit défiler des chorégraphes : Anna Halprin bien sûr mais aussi Deborah Hay, Steve Paxton ou Trisha Brown qui investissent le musée comme la scène ou la rue et contri- buent à expatrier la danse. Des plasticiens comme Robert Rauschenberg ou Robert Mor- ris, qui assistent à ces expérimentations, élargissent encore les frontières et font de l’image, de la caméra, une extension du corps du danseur. Très regardé, le Judson servira de modèle à Warhol, qui en voisin, s’en ins- pirera pour sa Factory. Au même moment, les happenings d’Allan Kaprow et du mouvement Fluxus permettent à la danse et à l’art de renouer avec sa dimension politique. “Le corps était un slogan, rappelle Emma La-

vigne, “ils étaient tous très politisés et défen- daient la démocratisation des corps, cette idée que tout le monde peut danser.”

Ce sont ces faisceaux fertiles que recence l’exposition avec en prime quelques percées contemporaines qui confirment la vivacité de cette histoire. Des œuvres existantes ou in situ conçues par Felix González-Torres, Mai- Thu Perret, Alex Cecchetti, Ange Leccia ou Tino Sehgal qui toutes disent leur intérêt pour cette puissance exatique du corps en mou- vement tandis, qu’à l’inverse, des choré- graphes comme Jérôme Bel, Maguy Marin ou Claudia Triozzi poursuivent leur exploration du champ de l’art contemporain. Le corps ou “cet étrange objet” comme le suggérait Mer- leau-Ponty dans sa Phénoménologie de la perception “qui utilise ses propres parties comme symbolique générale du monde et par lequel en conséquence nous pouvons fré- quenter ce monde, le ‘comprendre’ et lui trouver une signification”.

Danser sa vie. Art et danse de 1900 à nos jours, jusqu’au 2 avril 2012 au Centre Pompidou, Paris IV e , centrepompidou.fr

© Christian Ganet

LES FILMS

VIDÉODANSE 2011 | DU 23 NOVEMBRE 2011 AU 2 JANVIER 2012

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VIDÉODANSE 2011

 

100 % POLYESTER

des représentants les plus

s’étreignant lui-même, jusqu’à la brisure. BR

2001

- 25’

CHORÉGRAPHIE : Christian Rizzo RÉALISATION : Christian Rizzo et Caty Olive

radicaux de cette forme de danse. Après avoir fondé un groupe avec Ushio

02/12 (17h10), 26/12 (17h45)

Amagatsu, il travaille

40 MONOLOGUES

 

1996

- 20’

 
 

De petits ventilateurs posés au sol et deux robes suspendues cousues aux poignets traversent un couloir aérien. Ce poétique duo virevolte en musique dans un délicat environnement de lumières imaginé par Caty Olive. L’utilisation rigoureuse de matériaux pauvres – musiques recyclées, images récupérées – donne à ce document une qualité un peu brute. Des effets de scintillement altèrent la définition de la pellicule :

en France, notamment avec Carlotta Ikeda, et poursuit ses recherches. Inspiré par la littérature comme par l’animisme, son travail réagit à une société en balance entre l’immuable de la tradition et le nouvel âge de la haute technologie, tout en restant fidèle à la conception d’Hijikata qui parle de “révolte de la chair”. IF

21/12 (19h35)

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Julyen Hamilton RÉALISATION : Joine Hodge

Danseur anglais, chorégraphe et enseignant, Julyen Hamilton présente une série de monologues. Autant d’histoires intimes délivrées dans un espace vide autour de compositions parfois légèrement théâtrales, parfois totalement abstraites. Julyen

3

SOLOS POUR VINCENT DUNOYER

Hamilton a sillonné l’Europe

1997

- 50’

un sens de la disparition très présent dans le travail de “l’association fragile”. IF

CHORÉGRAPHIE : Wooster Group, Anne Teresa De Keersmaeker, Steve Paxton RÉALISATION : Danny Butaye

en performer, se produisant en solo ou en participant à des projets collectifs et nomades comme La Plaque tournante de Mark Tompkins. Proche de Steve Paxton, il enseigne également le contact-

11/12 (11h30), 23/12 (13h05)

2

DISCUSSIONS

Le parcours de Vincent

OF AN ANTERIOR EVENT

 

2004

- 30’

CHORÉGRAPHIE, INTERPRÉTATION

Dunoyer est jalonné de rencontres. Après avoir dansé chez Wim Vandekeybus, il participe à de nombreuses créations d’Anne Teresa

improvisation, technique qu’il a beaucoup contribué à renouveler en Europe. IF

ET RÉALISATION : Jennifer Lacey

21/12 (19h15)

 
   

498 3RD AVE.

 

1967

- 80’

 

Sur les images restituant le solo d’origine Skin Mitten créé en 1995, Jennifer Lacey superpose des sous-titres qui commentent et déplacent dans le présent la perception que nous avons de cette danse. La chorégraphie ainsi réactivée par le texte joue sur un effet de tension temporelle entre un événement passé, préservé grâce à l’image, et ce qu’il en reste aujourd’hui gravé

dans la mémoire et dans le corps de la chorégraphe. AB

07/12 (18h35)

De Keersmaeker, rejoint un temps le Wooster Group et travaille avec Steve Paxton. Son cheminement personnel prend corps avec la conception d’un projet dont ce film est la captation, trois solos créés à sa demande par les artistes qu’il a côtoyés. IF

10/12 (11h55)

CHORÉGRAPHIE : Merce

Cunningham RÉALISATION : Klaus Wildenhahn

Ce documentaire qui n’a encore jamais été présenté en France nous ouvre les portes de ce qui fut le lieu de travail et de création (Scramble)

4

SOLOS

 

de la compagnie à New York pendant une des périodes

les plus dures économiquement

TANZSTUDIE, ANGOISSE, L’AMOUR, “SANS TITRE”

1963

- 11’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

pour le groupe. Le film interroge la fragilité de l’économie de la danse d’avant-garde aux Etats-Unis dans les années 1960 et la

 

Dore Hoyer

 
 

2

IMPROVISATIONS

MONTAGE : Cinémathèque de la danse

2002

- 35’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

   
 

Ko Murobushi RÉALISATION : Fred Tétart

Dore Hoyer semble sortie d’un film expressionniste sur le Moyen Age : une puissance abstraite qui dépasse la forme humaine, l’étire. Et l’effroi, l’angoisse sont des impulsions qui poussent le corps,

façon dont elle affecte les artistes danseurs à l’intérieur du système hiérarchique et des rapports de pouvoir plus ou moins explicites au sein de la compagnie. VS

17/12 (12h00), 19/12 (20h20), 26/12 (14h45), 01/01 (18h55)

En filiation directe avec le fondateur du butô, Hijikata, dont il fut l’élève, Ko Murobushi est l’un

PROGRAMME

1 A

19

5 FOR SILVER

 

93 LA BELLE REBELLE

A MARY WIGMAN DANCE EVENING

2001 - 15’

2011 - 73’

 

2011 - 33’

 

CHORÉGRAPHIE ET RÉALISATION :

RÉALISATION : Jean Pierre Thorn

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Wim Vandekeybus

 

Fabián Barba RÉALISATION : Bastian Jentschke

Une comptine structure

Une épopée - du rock au slam en passant par le

 

le

film que Wim Vandekeybus

punk & le hip-hop - incarnant

Pendant ses études à P.A.R.T.S., le jeune créateur équatorien de danse Fabián Barba développe une fascination pour l’œuvre de Mary Wigman. Au début des années 1930, celle-ci avait traversé l’Atlantique pour la première fois avec ses récitals de danse expressionniste. Wigman a définitivement métamorphosé la danse aux Etats-Unis et, à ce jour, son œuvre exerce toujours une forte influence sur la vie artistique en Equateur. Fabián Barba s’est penché sur Schwingende Landschaft,

réalisé d’après 7 for a Secret Never to Be Told (1997). Energie, vitesse, mouvement,

a

un demi-siècle de résistance musicale flamboyante et se faisant porte-voix d’une jeunesse et de territoires en perte d’identité, sous les coups des mutations industrielles

lumière, matière, le

chorégraphe retrouve à l’image les impulsions de l’instinct

et

le rythme époustouflant

et des désillusions politiques. Ou comment, strate par strate, s’est fabriquée une contre-culture “underground” réinventant - par-delà le délitement des valeurs traditionnelles de la “banlieue

qui animent ses spectacles. Organique, la caméra devient œil, zone réflexe, elle cerne, enveloppe les gestes, se resserre sur un détail, bondit

pour capter un plan d’ensemble.

La

caméra danse. IF

rouge” - d’autres codes, d’autres mots, d’autres sons, d’autres façons de bouger,

14/12 (19h55), 28/12 (16h20)

50 ANS DE DANSE

de colorer les espaces,

2009

- 53’

d’écrire et de penser le monde. JPT

 

CONCEPTION : Boris Charmatz VIDÉO : Sima Khatami

le cycle de danse de Mary Wigman de 1929, composé de sept solos. Pour A Mary Wigman Dance Evening, il s’inspire de l’œuvre plus étendue de cette dernière. Le défi réside selon Barba dans la tension entre la reconstitution et l’œuvre originale.

24/11 (14h55) 25/11 (13h55)

Le

monument Cunningham,

A DANCER’S WORLD

visionnaire aux 150 pièces, domine l’art chorégraphique

1957

- 31’

CHORÉGRAPHIE : Martha Graham

de

la deuxième moitié du

INTERPRÉTATION : Martha Graham

XX

e siècle. Est-il possible d’en

Dance Company RÉALISATION : Peter Glushanok

07/12 (13h35), 09/12 (18h30)

partir, pour relancer encore

des expérimentations, au lieu

 

A PRIMER FOR PINA

 

de le confiner en hommages

1984

- 38’

 

obligés ? Pour lancer ce défi, il fallait Boris Charmatz, alliage

A Dancer’s World fait alterner dans un montage parallèle des variations

CHORÉGRAPHIE : Pina Bausch, accompagnée d’images extraites de vidéos de travail réalisées par Rolf Borzik RÉALISATION : Jolyon Wimhurst

de turbulence, d’analyse et

dansées par les danseurs de la compagnie dans un studio de l’école fondée

d’inventivité. Il crée 50 ans de danse, en concevant

les trajets qui pourraient

 
 

relier entre elles les photos emblématiques des pièces

par Graham avec des plans tournés dans les coulisses du théâtre où elle

Susan Sontag a consacré

à Pina Bausch un “essai

du grand maître américain,

recélées par le maître- ouvrage Merce Cunningham, un demi-siècle de danse. Ainsi a-t-il d’abord démontré que de simples amateurs ou étudiants pouvaient en un temps éclair tirer quelque

chose du Cunningham virtuose.

A présent, Charmatz entraîne

dans l’expérience d’anciens danseurs du chorégraphe dont Valda Setterfield et Gus Solomons. GM

10/12 (14h05), 28/12 (19h50)

se prépare à (re)devenir Jocaste. La voix de la grande danseuse, chorégraphe et pédagogue (formée au sein de la légendaire Denishawn) présente ses danseurs et sa conception de la danse à travers un discours teinté de la gravité qui la caractérise,

soulignant les exigences physiques et morales qui sont imposées au danseur, notamment pendant son parcours de formation. VS

17/12 (11h30), 18/12 (16h00), 02/01 (12h35)

télévisuel”. Elle y explique la façon particulière de la chorégraphe de traiter

l’émotion en temps réel et met

à jour plusieurs de ses thèmes

de prédilection : le sentiment de la perte, les relations hommes-femmes. Elle analyse

la démarche et le processus de travail de la chorégraphe, son rapport à la musique, son écriture qui emprunte au collage et au montage cinématographique, décrit ses techniques d’improvisation

Christian Ganet © Philippe Decouflé©

ABRACADABRA (CI-DESSUS) | LES PETITES PIÈCES DE BERLIN, CF. L’ESPRIT BAGOUET P. 35 (CI-DESSOUS)

Philippe Decouflé© ABRACADABRA (CI-DESSUS) | LES PETITES PIÈCES DE BERLIN, CF. L’ESPRIT BAGOUET P. 35 (CI-DESSOUS)

VIDÉODANSE 2011

21

avec les danseurs et resitue son travail dans le contexte historique de la danse-théâtre allemande. IF

25/12 (13h10), 02/01 (15h00)

À

REBOURS

2008 - 50’

CHORÉGRAPHIE : Fabienne Compet INTERPRÉTATION : Fabienne Compet et Carole Perdereau

Fabienne Compet reprend Trio A d’Yvonne Rainer en un exposé de l’œuvre qui croise parcours individuels et histoire de l’art. Se mêlent ainsi aux dates clés jalonnant l’histoire de Trio A les récits particuliers d’Yvonne Rainer, de Fabienne Compet et de ses interprètes, tandis que sous nos yeux la partition est à la fois dansée, lue, explicitée et commentée. Comment rencontre-t-on une œuvre ? Qu’est-ce qui lie l’artiste et l’interprète en une histoire commune ? SGS

07/12 (19h05), 16/12 (13h00)

à ses origines villageoises,

et à certaines sources de la

tradition japonaise. MB

11/12 (12h50)

ABRACADABRA

1998 - 37’

CHORÉGRAPHIE : Philippe Decouflé RÉALISATION : Philippe Decouflé et la compagnie DCA

Un acrobate est dans la danse. Il s’agit de Philippe Decouflé. On connaît le chorégraphe qui, à l’occasion, se métamorphose en maître de cérémonie pour les jeux Olympiques ou d’autres grands événements festifs. On sait moins que, formé à l’école du cirque, il a autant de

fantaisie et d’aisance derrière la caméra que sur une scène. Abracadabra tient de la magie visuelle. Le résultat est une féerie du regard, qui marie

à l’ingéniosité technique un

monde de rêves enchanteurs et nostalgiques. IF

15/12 (18h15), 22/12 (18h10), 01/01 (14h50)

Dans des décors de Noguchi, un travail plein d’humour qui célèbre l’art de la danse et rend hommage à la discipline des danseurs.

27/11 (15h15), 01/01 (17h45)

L’ADAGE

1964 - 14’

CHORÉGRAPHIE : Michel Fokine RÉALISATION : Dominique Delouche

On sent Delouche passionné par la scène et les danseurs, par le cadre et la mise en scène, il magnifie cet exercice

très délicat qui n’a été enseigné

à l’Opéra de Paris qu’à partir de

la nomination de Lifar. L’image décompose le mouvement, insiste sur le travail de répétition et donne une vision très contemporaine de l’art du ballet romantique. PB

05/12 (12h15)

L’ANNÉE ZÉRO MA

1979 - 22’

CHORÉGRAPHIE : Hideyuki Yano

A SUMMER STORM

 

RÉALISATION ET PRODUCTION :

2003

- 70’

ABSOLUTE ZERO

2002

- 30’

Masaki Takatsuna

 
 

CHORÉGRAPHIE : Tatsumi Hijikata INTERPRÉTATION : Tatsumi Hijikata et The Dark Spirit Dancers

CHORÉGRAPHIE : Saburo

L’Année zéro ressemble

Teshigawara RÉALISATION : Jan Schmidt-Garre

à

un chantier d’exploration.

RÉALISATION : Misao Arai

Séquences fragmentées, où les interprètes expérimentent de nouvelles approches du corps qui tiennent à la fois du mouvement, du rituel et du théâtre. Chorégraphe japonais, Hideyuki Yano s’est installé en France en 1973 où il a travaillé jusqu’à sa mort en 1988. Ses recherches ont profondément influencé la danse française des années 1980. Nombre de futurs chorégraphes présents dans le film, Sidonie Rochon, Lila Greene, Mark Tompkins ou François Verret, se sont retrouvés au sein du groupe Ma qu’il dirigeait. Très poétiques, ses pièces se regardent comme autant

Indissociable de l’avant-garde japonaise la plus radicale, l’acte de naissance du butô, au début des années 1960, fut l’œuvre scandaleuse et violente de Tatsumi Hijikata. En juin 1973, à Kyoto, eut lieu son ultime performance publique. Trente ans plus tard, à partir de sa propre captation de cet événement légendaire, Misao Arai a réalisé “Une tempête d’été”. Entre les séquences d’archives, d’une qualité parfois médiocre mais d’une valeur inestimable, le cinéaste a inséré des images récentes de Tokyo la nuit ou de la région

Chorégraphe et danseur, mais aussi plasticien et vidéaste, Saburo Teshigawara considère que la danse inclut non seulement la chorégraphie ou l’art du danseur, non seulement la musique et l’architecture de l’espace, mais aussi un travail sur la conscience et sur l’histoire. L’enjeu : atteindre ce qui serait le degré zéro du mouvement par une perpétuelle mobilité alliée à la conscience permanente de l’immobilité de l’espace qui environne les corps. MB

12/12 (18h30)

 

natale d’Hijikata, qui éclairent

ACROBATS OF GOD

d’images mentales faites

1968

- 22’

tout un pan de l’inspiration du chorégraphe et traduisent son attachement à la nature,

CHORÉGRAPHIE : Martha Graham RÉALISATION : Dave Wilson

d’intensité et de retenue. Navigant entre Orient et Occident, son travail reste

PROGRAMME

A A

22

VIDÉODANSE 2011

lié aux grands mythes de l’humanité et s’appuie sur une conception organique de l’espace et du temps. IF

03/12 (15h10)

L’APRÈS-MIDI

2008 - 73’

CHORÉGRAPHIE : Raimund Hoghe

INTERPRÉTATION : Emmanuel

Eggermont RÉALISATION : Sandeep Mehta

Dialoguant avec le Prélude à L’Après-midi d’un faune de Debussy ainsi qu’avec d’autres créations du compositeur et divers lieder de Mahler, revisité à travers le filtre du texte durassien (L’Après-midi de Monsieur Andesmas), ce solo déplie une poétique de l’intime et du distant à la fois, évoluant dans un calme aux tensions subtiles, un flux continu, maîtrisé et sans entraves, libéré de toute accentuation dramatique. Il donne à éprouver une temporalité diluée, favorisant l’attention au détail à travers une gestuelle et une spatialisation extrêmement épurées. La lenteur, la précision et la tranquillité du geste mettent en avant la finesse du travail postural, la continuité ininterrompue entre immobilité et mise en mouvement, traits fondamentaux de la danse de Raimund Hoghe. VS

05/12 (15h45), 28/12 (17h30)

L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE

2010 - 14’

CHORÉGRAPHIE : Vaslav Nijinski INTERPRÉTATION : Nicolas Le Riche RÉALISATION: François Roussillon

Avec sa danse précise, ciselée comme un bijou d’orfèvrerie, Nicolas Le Riche interprète la création de Nijinski. Contraste entre stylisation chorégraphique et trivialité de l’argument, tout l’intérêt de L’Après-midi d’un faune repose sur l’obscénité d’une friction entre fond et forme, qui réclame du danseur

PROGRAMME

A B

une interprétation tout en finesse. C’est une pantomime où les corps semblent avoir été déployés sur un unique plan, figures à l’égyptienne aux épaulements bizarres, à l’aspect hiératique d’automates, qui pourtant racontent parfaitement l’émoi d’un désir et les pulsions de la chair. Cent ans plus tard, si elle ne fait plus scandale, la pièce demeure audacieuse. SGS

05/12 (15h30)

ASCENSION

2000 - 17’

CHORÉGRAPHIE Boris Charmatz RÉALISATION : Alain Michard

INTERPRÉTATION : Julia Cima,

Vincent Druguet, Boris Charmatz

De Belfort à Montpellier, Alain Michard a filmé “à la sauvage, à la sauvette, à

l’arraché cet Aatt enen tionon en réponse à l’étonnement”. Le trio des danseurs dont chacun est isolé sur le plateau réduit d’une structure à trois niveaux développe en silence une gestuelle heurtée qui n’est pas sans évoquer le peu d’espace, de mouvement et de lien accordé au vivre ensemble aujourd’hui. MB

30/12 (17h05)

ASSAÏ

1986 - 64’

CHORÉGRAPHIE : Dominique

Bagouet RÉALISATION : Charles Picq

Assaï est issue de la relation subtile et mystérieuse qui s’est établie entre l’écriture du chorégraphe et celle du compositeur Pascal Dusapin. Une captation de travail de cette œuvre magistrale, ce qui explique ses faiblesses de cadrage. Chorégraphie à la géographie mouvante, discrètement tissée en contrepoint du lyrisme musical. Les figures énigmatiques qui traversent cette pièce font

souvent référence au cinéma expressionniste : costumes, personnages, mais aussi effets d’ombres et de lumières. Entre jeux d’enfants et discrètes fêlures, transparaît la mort. IF

03/12 (11h30)

AU-DELÀ DU COURANT DOMINANT

1980 - 42’

RÉALISATION : Merrill Brockway

Ce documentaire américain est emblématique de l’une des périodes les plus fécondes de l’histoire de la modernité dans la danse : la Judson Church durant les années 1960

et 1970. Les différents extraits présentés montrent in situ le travail de chorégraphes désormais célèbres comme Steve Paxton, Trisha Brown,

Yvonne Rainer

23/11 (19h15)

AUNIS

1994 - 13’

CHORÉGRAPHIE : Jacques Garnier

RÉALISATION : Luc Riolon

IF

Aunis est un nom que l’on donne à la région de La Rochelle ; c’est aussi le titre d’un solo créé en 1979 par Jacques Garnier, qui en était originaire. Danseur et chorégraphe, cofondateur du Théâtre du silence, puis remarquable directeur du GRCOP (Groupe de recherche chorégraphique de l’Opéra de Paris), Jacques Garnier est mort du sida en 1989. En 1988, il avait réécrit Aunis pour Kader Belarbi, Jean-Claude Ciappara et Wilfried Romoli de l’Opéra de Paris. Et c’est grâce à leur détermination que ce film a pu être réalisé. MB

09/12 (13h10)

AUTOUR DE LOÏE FULLER

2008 - 10’

MONTAGE : Cinémathèque de la danse

“Fée de la lumière”, muse des poètes symbolistes,

23

représentante d’une modernité chorégraphique dépassant les frontières entre les genres, mais aussi exemple d’une femme artiste décidée à réaliser son projet, Loïe Fuller s’est imposée comme l’une des artistes les plus représentatives de la Belle Epoque. Elle perfectionnera les principes de la Danse serpentine entre 1891 et 1892, date à laquelle, par peur des imitatrices, elle essayera de faire breveter ses danses. Les séquences présentées ici nous montrent ces autres danseuses, souvent anonymes, incarnant des lignes serpentines, qui ont habité de manière significative l’univers cinématographique des origines, lui permettant aussi de découvrir ses propres ressources d’écriture du mouvement. CP

12/12 (15h55), 23/12 (12h35)

AVEC ELSA WOLLIASTON

2007 - 47’

RÉALISATION : Claude Hirsch

Avec Elsa Wolliaston permet de découvrir le travail pédagogique de celle qui fut la première en France à pratiquer une danse africaine contemporaine. Interprète de Katherine Dunham, la danseuse américaine s’illustre encore aujourd’hui comme chorégraphe et enseignante, développant ses propres techniques de danse issues de diverses traditions africaines. Plusieurs élèves, pour la plupart amateurs passionnés, témoignent de leur rencontre avec Elsa Wolliaston, point de départ déterminant d’une entrée dans la danse. SGS

18/12 (12h20)

BABEL BABEL

1983 - 80’

CHORÉGRAPHIE : Maguy Marin INTERPRÉTATION : Cie Maguy

Marin RÉALISATION : Hugues de Rosière, Olivier Morel, Maurice Massuet, Ariane Couteur

Pièce phare des années 80, Babel Babel révèle en creux tout l’univers de Maguy Marin :

sa volonté d’affranchir le corps, de provoquer des rencontres entre les êtres et de prendre la vie du bon côté, sans jamais oublier toute la noirceur du monde. Babel Babel commence

à l’état de nature : corps nus

endormis dans l’herbe tendre d’un pré. Et finit à l’état sauvage : après avoir construit un campement, avoir chanté et dansé, s’être aimé, les dissensions ont pris le dessus. Les corps se dévêtent et s’allongent de nouveau. La solitude reprend ses droits. FA

01/12 (13h00), 31/12 (11h30)

BABILÉE ‘91

1992 - 60’

RÉALISATION : William Klein

Ce document sur la vie quotidienne du célèbre danseur est le plus bel hommage que l’on pouvait lui rendre. Jean Babilée a basé toute sa carrière sur l’intelligence du présent.

On le suit chez lui et dans les répétitions de Life, écrit pour lui par Béjart (1979), qu’il reprend ici en 1991 avec Marie-Claude Pietragalla. Moments silencieux, mouvements discrets du cadre, respirations entre les séquences, cette réalisation

a su capter le calme intérieur de cet homme d’apparence bouillonnante. PB

16/12 (18h35)

LE BALLET TRIADIQUE

1970 — 28’

CHORÉGRAPHIE : Hannes Winkler, d’après Oskar Schlemmer RÉALISATION : Franz Schömbs

Reconstitué et filmé en 1970, Le Ballet triadique est à l’origine une création de l’artiste pluridisciplinaire et figure majeure du Bauhaus, Oskar Schlemmer. Datant

de 1922, cette œuvre en trois parties associe de façon novatrice le mouvement des interprètes à des formes géométriques et des couleurs. Les danseurs, masqués et enfermés dans des costumes colorés aux allures de sculptures abstraites, se déplacent dans un espace en

exécutant une chorégraphie à la gestuelle presque mécanique (utilisation de matériaux nouveaux pour les costumes :

le cuivre, le verre, le Plexiglas, l’aluminium, le Celluloïd ou le caoutchouc). MG

22/12 (11h40, 17h00)

LES BALLETS DE-CI, DE-LÀ

2006 - 110’

INTERPRÉTATION : Koen

Augustijnen, Sidi Larbi Cherkaoui, Christine de Smedt, Alain Platel RÉALISATION : Alain Platel

Le collectif flamand Les Ballets C. de la B. est né d’une aventure artistique et amicale. Les interprètes, leurs origines, leurs vies, leurs opinions et leur créativité sont le point de départ de tous les spectacles. Il s’adonne à l’exercice du portrait avec amour, trouvant dans la caméra un nouveau terrain d’approche. Sont mêlées, par touches impressionnistes, images de spectacles, intimité de la

réception, contemplation du monde, irruption de la danse dans le quotidien. LH

25/11 (20h25)

BARBE-BLEUE

1984 - 108’

CHORÉGRAPHIE ET RÉALISATION :

Pina Bausch

INTERPRÉTATION : Tanztheater

de Wuppertal

Dans l’univers de la chorégraphe, l’histoire de Barbe-Bleue est une figure tutélaire : une théâtralité sombre et parfois effrayante,

© Frank Boulanger

BIG LITTLE B

que tous les personnages, hommes et femmes, parcourent entre sauvagerie et délicatesse. Les liens se construisent progressivement dans la violence des sentiments, rassemblant des images aussi variées que celles d’un chœur militaire, de scènes d’hystérie collective et de champs de bataille, de duos oscillants toujours entre haine et passion, de solos, tragiquement intimes et lumineux. Barbe-Bleue est une œuvre au noir, désespérée, qui s’attache à l’exacerbation de ses figures féminines et masculines. AB

28/11 (13h40)

BEACH BIRDS FOR CAMERA

1992 - 28’

CHORÉGRAPHIE : Merce

Cunningham RÉALISATION : Elliot Caplan

De drôles d’oiseaux :

les danseurs de Merce Cunningham, en justaucorps blancs aux longues manches

PROGRAMME

B B

noires, tiennent de l’albatros, du héron et de l’aigle des montagnes. Beach Birds est une pavane frémissante sur une note sèche de piano ou un friselis de bâton de pluie, rompant la fraîcheur du silence en harmonie avec la lumière boréale de Marsha Skinner. Une remarquable recréation pour la caméra d’une chorégraphie accompagnée par la musique de John Cage.

04/12 (16h00), 22/12 (15h30), 28/12 (19h20)

BI-PORTRAIT YVES C.

2008 - 43’

CHORÉGRAPHIE ET RÉALISATION :

Mickaël Phelippeau

INTERPRÉTATION : Mickaël

Phelippeau et le groupe de danseurs Avel Dro Guissény

Artiste plasticien de formation, Mickaël Phelippeau poursuit depuis plusieurs années un projet intitulé bi-portrait où il se glisse dans la peau d’autrui. Il procède à cette substitution en empruntant les vêtements, la fonction, les gestes ou

même la danse du sujet, qui revêt alors le costume du chorégraphe constitué d’un T-shirt jaune et d’un pantalon noir. Par un jeu de miroirs, se croisent deux identités qui en ressortent autrement et mieux définies. Ici, Yves Calves se prête au jeu, lui qui enseigne les danses traditionnelles bretonnes en tentant d’y insuffler une certaine contemporanéité. SGS

09/12 (13h25), EXTRAIT 14/12 (19h20), EXTRAIT 26/12 (19h55)

BIG LITTLE B

2011 - 23’

CHORÉGRAPHIE : Daniel Larrieu INTERPRÉTATION : Daniel Larrieu, Laure Bonicel RÉALISATION : Thomas Prulière

“Depuis le solo Little B pour une poupée de tissu sans visage, de 3 minutes, il s’agit d’une suite pour douze poupées et deux poupées géantes de 4 mètres. La manipulation d’objets, le théâtre d’objets, sont souvent liés à la

© Fred Khin

UNE LENTE INTRODUCTION

narration ; comment raconter une histoire. Ici, depuis le monde du mouvement et de la danse, j’ai cherché comment déjouer l’histoire, faire danser ces objets. Bien sûr, ils représentent des silhouettes de corps, ici blanches, de tailles différentes. J’ai cherché à manipuler ‘ces corps’ avec nos propres corps, de donner du mouvement sans coller à une histoire, de danser avec des objets et de faire danser les objets…” Daniel Larrieu

23/12 (12h10), 29/12 (11h30)

BLACK’N’BLUES A MINSTREL SHOW

2011 - 32’

CHORÉGRAPHIE : Mark Tompkins RÉALISATION : Gilles Toutevoix

Avec BLACK’N’BLUES, Mark Tompkins retourne à un genre précurseur, le minstrel show ou blackface minstrelsy, très populaire aux Etats-Unis dès 1830. Des hommes blancs se noircissaient le visage, s’épaississaient les lèvres

à l’aide de maquillage, portaient des perruques laineuses et des gants blancs et imitaient les hommes et les femmes noirs. Ces spectacles parodiques dépeignaient les Afro-Américains comme des gens paresseux, superstitieux et stupides. Après la guerre de Sécession, on a vu apparaître des minstrel shows noirs : des acteurs noirs, grimés en noir, reprenaient les stéréotypes blancs dans des spectacles qui se disaient “authentiques” avec leur distribution “d’esclaves récemment affranchis”. Le spectacle se sert des mécanismes du minstrel show – masque, travestissement, chant, danse, discours et musique – mais prend à partie différents rapports de forces :

blanc et noir, homme et femme, oppresseur et opprimé, maître et esclave.

25/11 (11h30), 12/12 (14h20), 31/12 (17h10)

BOLÉRO

1977 - 20’

CHORÉGRAPHIE : Maurice Béjart

INTERPRÉTATION : Maïa Plissetkaïa et les Ballets du XX e siècle RÉALISATION : Maurice Béjart

Maurice Ravel parlait de son Boléro comme d’une danse au mouvement modéré et uniforme marqué par le rythme du tambour avec pour seul élément différentiel le crescendo orchestral. En 1961, dès la première création des Ballets du XX e siècle, Maurice Béjart s’attache à interpréter cette montée du désir qui accompagne le mouvement musical. Le tempo de la partition accompagne un mouvement minimal et répétitif, tout en tension. IF

26/11 (21h15), 28/11 (20h10)

BOLÉRO DEUX

2007 - 17’

CHORÉGRAPHIE : Odile Duboc

INTERPRÉTATION : Boris Charmatz et Emmanuelle Huynh

Duo extrait de trois boléros (création 1996).

26/12 (19h25)

26

VIDÉODANSE 2011

BORIS CHARMATZ

2011 - 26’

RÉALISATION : Hélène Bouquin

Dans ce documentaire créatif et ludique, la réalisatrice invente une forme d’interview- performance, portrait en esquisse où se retrace le parcours du danseur et chorégraphe Boris Charmatz. Successivement, il évoque ses multiples spectacles pour faire émerger ses questionnements récurrents, mêlant formes plastiques et mouvement des corps : après régi, dans lequel il explorait, avec Raimund Hoghe, le monde des machines, et Levée des conflits qui travaillait la notion d’inertie, le film se concentre davantage sur les répétitions de sa dernière création, enfant. Il propose une “chorégraphie pour corps inertes” où un groupe d’enfants s’abandonne totalement aux manipulations des danseurs adultes. LH

27/11 (19h05), 16/12 (17h30), 29/12 (20h20), 02/01 (17h10)

C’EST À DIRE…

2004 - 60’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Seydou Boro RÉALISATION : K1 Cultmedia

Seydou Boro explore sa propre histoire de danseur pour mieux questionner les stéréotypes d’une danse africaine. Il tente de construire peu à peu un autre corps, loin de l’image lisse et exotique du beau danseur. Il raconte sa rencontre artistique avec Mathilde Monnier, avec une danse qui se construit dans le silence quand tout en Afrique n’est que bruit. Contre cette image d’Epinal du corps africain libéré, il oppose un récit qui montre la véritable place du danseur et du chorégraphe dans la société africaine, affirmant sa singularité au cœur même de sa propre culture. AB

25/11 (19h00), 16/12 (13h50)

PROGRAMME

B C

C’EST ÇA L’AFRIQUE

2005 - 12’

CHORÉGRAPHIE, INTERPRÉTATION ET RÉALISATION : Seydou Boro

A l’image, un sol de terre

rouge. En arrière-plan, des baraquements. Un titre, C’est ça l’Afrique, et deux

panneaux indiquent le chemin :

“Aéroport”, “Transit”. Le sens énigmatique de cette histoire est pris en charge par Seydou Boro. Le corps happé dans un mouvement voyageur,

il traverse et se confronte à

tous les espaces et matériaux qu’il rencontre. IF

24/12 (13h35)

CAFÉ MÜLLER

1986 - 45’

CHORÉGRAPHIE ET RÉALISATION :

Pina Bausch INTERPRÉTATION : Malou Airaudo, Pina Bausch, Dominique Mercy, Ian Minarik, Nazareth Panadero, Jean Laurent Sasportes

Pièce exceptionnelle

par sa brièveté, sa distribution réduite, le caractère précis, clair et épuré de sa composition, qui apparaît comme une clé pour l’ensemble de son œuvre. L’enfance

et la mémoire, comme

matériaux thématiques et outils conceptuels, vont en

effet travailler toutes les pièces ultérieures de la chorégraphe ; mais, ici,

il s’agit encore exclusivement

de son enfance, de sa mémoire. Et si, comme souvent par la suite, Café Müller, créée en 1978, traite du processus de création, c’est sous l’angle de l’émergence :

du mouvement, de la danse comme mode de pensée

et comme langage, comme

mode de lecture et d’écriture autant que comme mode d’inscription de soi dans

le monde. MB

28/11 (15h30)

CALICO MINGLING

1973 – 10’

CHORÉGRAPHIE : Lucinda Childs RÉALISATION : Babette Mangolte

Sur une grande esplanade new-yorkaise baignée par le jour, quatre danseuses effectuent, en silence, des trajectoires en lignes droites, mouvements circulaires et

allers-retours répétés à l’infini. Babette Mangolte, réalisatrice et chef opérateur, notamment pour Chantal Akerman, s’intéresse particulièrement

à la danse moderne. Filmant

ici avec un cadre fixe noir et blanc, la réalisatrice s’applique

à rendre la puissance de cette

chorégraphie par des angles de vues aériens habituellement inaccessibles au spectateur. LH

14/12 (11h55), 22/12 (12h40), 24/12 (13h05)

CARLOTTA IKEDA, DANSEUSE DE BUTÔ, DANSEUSE DE TOUTE LA PEAU

1984 - 32’

CHORÉGRAPHIE : Ko Murobushi RÉALISATION : Anna-Célia Kendall

La caméra accompagne les dernières répétitions d’Utt. Visage poudré de blanc, yeux révulsés, pieds repliés vers l’intérieur, enveloppée d’étoffe et de matières végétales, Carlotta

Ikeda, fondatrice du premier groupe féminin de butô, est toute à l’intériorité du mouvement et de son pouvoir de métamorphose. Elle peut rejoindre la catastrophe,

mêler le grotesque à la nudité pétrifiée, abstraire et, dans le même temps, atteindre une force d’expressivité hypnotisante. IF

26/11 (20h15), 03/12 (14h35), 17/12 (14h25)

CARNATION

1990 - 18’

CONCEPTION ET INTERPRÉTATION :

Lucinda Childs RÉALISATION : Bob Lockyer

Créée en 1960, cette pièce détourne tous les objets

27

qui font le quotidien de la femme de l’époque (éponges, nappe, bigoudis…) pour en faire les accessoires d’une

performance humoristique et engagée. Le corps de Lucinda Childs devient sous nos yeux

le matériau d’une sculpture

qui évolue sans cesse.

26/11 (14h15), 30/12 (14h10)

CAROLYN CARLSON (SOLO)

1984 - 52’

RÉALISATION : André S. Labarthe

Durant quelques jours, André

S. Labarthe promena sa caméra

le long des façades de Venise et

suivit la chorégraphe jusqu’au

soir de la première de Blue Lady. Témoin des dernières répétitions, tentatives et ajustements, confident de quelques secrets de l’œuvre, des réflexions et doutes ultimes de son auteur. MB

17/12 (13h35)

CE DONT NOUS SOMMES FAITS

2000 - 68’

CHORÉGRAPHIE : Lia Rodrigues Companhia de Danças RÉALISATION : Lucia Helena Zarzmba et Toni CID

A l’instar de Maguy Marin

pour qui elle a travaillé au début des années 80, la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues fonde sa démarche sur l’étude de la structure rythmique de la danse, et un fort propos social anime ses pièces. Ce dont nous sommes faits pose la question de la nudité dans l’imaginaire collectif. IF

28/11 (17h30)

CECI N’EST PAS UNE DANSE CHORALE

2004 - 34’

RÉALISATION : Simon Hecquet

et Sabine Prokhoris

L’expérience passe par le déchiffrage et la recréation d’extraits de trois “chœurs de mouvement” composés

par Albrecht Knust – de ces danses chorales dont la pratique a été initiée au début des années 1920 en Allemagne par Rudolf Laban. Ces danses ne requièrent aucune compétence spécifique

de la part de leurs exécutants, mais, pour qui les regarde ou les danse, elles soulèvent d’épineuses questions – celles de la fusion et de l’effacement de l’individu dans le groupe, de sa soumission à la communauté comme représentation du pouvoir, mais aussi celle

du conditionnement de tout individu face à la société. MB

30/11 (13h05), 07/12 (15h40)

CHARLES WEIDMAN: ON HIS OWN

1990 - 52’

CHORÉGRAPHIE : Charles Weidman, Doris Humphrey RÉALISATION : Virginia Brooks, Janet Mendelsohn

Charles Weidman fut l’un

des pionners de la danse moderne. “Humoriste hilarant, doué d’un sens inné du

théâtre et de la pantomime”, il entre en 1920 à la Denishawn, l’école fondée

par Ruth St. Denis et Ted Shawn, et y côtoie Martha Graham et Doris Humphrey avec qui il fondera en 1927 la compagnie Humphrey- Weidman. Tous deux se lanceront alors à la recherche d’une danse expressive, fondée sur des mouvements naturels, et visant à traduire la réalité américaine de l’époque. Alwin Nikolais commente ce portrait.

05/12 (19h45)

CIAO BELLA

2009 - 65’

CHORÉGRAPHIE : Herman Diephuis

RÉALISATION : Charles Picq

On est ici au pays du 7 e art, en plein monde occidental, saturé de représentations. Herman Diephuis entend y

débusquer, au côté de ses

interprètes, les ressorts de la “beauté féminine” en tant que “projection fantasmée du désir

masculin, dont les images contradictoires piègent même

celles qui les refusent”. Les cinq femmes engagées dans cette démonstration se délient progressivement dans une excitante sarabande savante et électrisée d’attitudes, affectations, détournements et retournements. GM

26/11 (17h10), 09/12 (16h40)

COFFEE WITH PINA

2002 - 52’

CHORÉGRAPHIE : Pina Bausch RÉALISATION : Lee Yanor

En jouant sur l’alternance entre la face intime et la face publique, entre le visage ou la silhouette de Pina Bausch et l’une de ses œuvres – Agua – en spectacle ou lors de séances de travail, la photographe israélienne Lee Yanor compose un portrait poétique et personnel, d’une grande intensité. MB

1 re PARTIE 14/12 (19h35), INTÉGRALITÉ 17/12 (16h35), 02/01 (20h20)

LES COLLABORATEURS CAGE, CUNNINGHAM, RAUSCHENBERG

1964 - 13’

RÉALISATION : Etienne Becker, Jacqueline Raynal, Patrice Wyers

Documentaire qui, au travers d’une discussion dirigée par David Vaughan, archiviste à la Cunningham Dance Company et critique de danse international, confronte Merce Cunningham et deux de ses collaborateurs de longue date : le peintre Robert Rauschenberg et le musicien John Cage. Leur discussion est interrompue par des extraits de chorégraphies auxquelles tous trois collaborèrent telles que Minutiae, Antic Meet et TravelogueMB

04/12 (15h45), 17/12 (13h20), 19/12 (20h05)

© Jocelyn Cottencin©

Laurent Philippe

@ Luis Castilla

LOVE

QUINTETTE CERCLE

COLLECTION PARTICULIÈRE

2007 - extrait 20’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Maria Donata d’Urso RÉALISATION : Charles Picq

Collection particulière est une réflexion autour du corps comme matière. D’un espace partagé en deux par un plan horizontal, fendu par le milieu, apparaît un corps nu qui se transforme en objet d’exposition pour le spectateur. La surface linéaire de la table translucide semble se dérober sous les formes courbes du corps de l’interprète en suspension. Ombres et lumières accompagnent les contorsions de la danseuse, sculpture en mouvement perpétuel. MG

23/12 (13h55)

CORPS, ACCORDS

2002 - 58’

AVEC : Anne Teresa De Keersmaeker et Thierry De Mey RÉALISATION : Michel Follin

PROGRAMME

C D

EL FINAL (CF. ISRAEL GALVÁN, L’ACCENT ANDALOU P. 46 )

En 2002, Anne Teresa De Keersmaeker fête les 20 ans de sa compagnie Rosas en créant une pièce, April Me, qui revient à ce qui fonde son écriture chorégraphique, le lien entre musique et danse. Elaboration du vocabulaire chorégraphique, dramaturgie musicale, recherches sonores, débats et réflexions sur l’écriture et la mise en espace, Corps, accords nous plonge dans ce temps de l’échange et de la recherche, des délires et des essais, au cœur de la création d’une “œuvre à plusieurs voix”. IF

08/12 (21h00), 21/12 (14h20)

LE CRAWL DE LUCIEN

1986 - 62’

CHORÉGRAPHIE : Dominique

Bagouet RÉALISATION : Charles Picq

Le Crawl de Lucien est l’une des plus radicales avancées de Dominique Bagouet dans

l’abstraction et l’épure. Le solo central exécuté par Catherine Legrand en est l’emblème. Douce chimie entre l’humanité des corps et la tenue des lignes, ce grand moment de la danse contemporaine française est filmé avec simplicité par la caméra attentive de Charles Picq. PB

04/12 (16h25), 22/12 (15h55)

CRIBLES/WILD (CHAMARANDE)

2010 - 42’

RÉALISATION : Elizabeth Creseveur

CRIBLES/LIVE

2010 - 44’

RÉALISATION : Wilfried Thierry CHORÉGRAPHIE : Emmanuelle Huynh

Sur une pelouse du domaine de Chamarande (Cribles/Wild), à l’abri d’un théâtre (Cribles/ Live), musiciens ou enceintes ont été disposés aux quatre coins pour diffuser la composition musicale de Iannis Xenakis, Persephassa. Ainsi

VIDÉODANSE 2011

29

encerclés par le dispositif sonore, les onze interprètes forment une seconde chaîne, celle de la farandole, à partir de laquelle ils vont déployer toutes sortes de variations autour de la ronde. Figure primordiale de la danse, la ronde se trouve ainsi disséquée, passée au crible d’une écriture quasi descriptive des diverses

possibilités qu’offre le genre :

entre mouvement perpétuel, folklore et souvenirs enfantins,

la pièce est agitée d’une

tension sourde, celle qui relie, parfois violemment, les individus au groupe. SGS

CRIBLES/WILD 01/12 (17h20), CRIBLES/LIVE 11/12 (18h40)

CUNNINGHAM, TECHNIQUE DE DANSE, NIVEAUX ÉLÉMENTAIRE ET INTERMÉDIAIRE

1985 - 90’

RÉALISATION : Elliot Caplan

et

Merce Cunningham

Ces deux films montrent l’enchaînement d’un travail sollicitant certaines parties du corps, ou certaines qualités de vitesse, de direction, d’amplitude. Il s’agit d’abord

de chauffer le dos, les jambes, puis de faire des pliés. Ensuite viennent les torsions, typiques de Cunningham, aux antipodes des épaulements classiques :

“Au contraire, tout mon travail de torse part du tronc ; de la taille au plus près des hanches. A partir de là, vous pouvez basculer le corps ou le torsader dans toutes les directions.”

A l’image, cela a l’air simple,

harmonieux, facile. Et

pourtant, Merce le rappelle, “le cours est le moment où il faut

lutter pour que le mouvement entre et passe complètement dans et par les corps.” FA

18/12 (17h40), INTERMEDIATE LEVEL 26/12 (16h20)

CYGN ETC…

2003 - 28’

CHORÉGRAPHIE : Anne-Marie

Reynaud, Odile Duboc, Carolyn Carlson, Françoise

Dupuy, Elsa Wolliaston, Wilfride Piollet, Patricia Karagozian, Zaza Disdier RÉALISATION : Gildas Leroux

Pedro Pauwels a demandé à huit femmes chorégraphes leur version de La Mort du cygne, solo composé en 1905 par Fokine et entré dans la légende avec Anna Pavlova. Le danseur s’empare de ce morceau d’histoire pour y révéler le travail d’autres femmes, dont

il se fait l’interprète fidèle. Chacune signe avec son style, sa technique, un court solo où l’agonie de la figure gracieuse sert de prétexte à travailler la matière toute symbolique du féminin. SGS

05/12 (17h25)

LE CYGNE

1983 - 11’

CHORÉGRAPHIE : Michel Fokine

RÉALISATION : Dominique

Delouche

Assise, la tête renversée, les bras frémissants, Yvette Chauviré revit La Mort du cygne. Elle transmet ici à

Dominique Khalfouni son savoir et sa version d’un des rôles majeurs du ballet romantique.

D’une étoile à l’autre

PB

05/12 (17h05), 10/12 (11h30), 14/12 (20h15), 21/12 (11h30)

“… D’UN FAUNE” (ÉCLATS) – EXTRAITS

2000 - 28’

CHORÉGRAPHIE : Vaslav Nijinski MONTAGE : Quatuor Albrecht

Knust

Le Quatuor Albrecht Knust propose des restitutions d’œuvres chorégraphiques inscrites au répertoire de la modernité. Ils ont repris le célèbre Après-midi d’un faune, créé en 1912 par Nijinski sur la musique de Debussy, avec un texte de Mallarmé comme point d’origine. Symbole des avant-gardes des années 1920, la pièce est revisitée par

différents danseurs et chorégraphes contemporains (Emmanuelle Huynh, Boris Charmatz, Loïc Touzé, Jean-Christophe Paré, Jennifer Lacey) qui, en contrepoint de la restitution, proposent une variété d’interprétations en résonance avec la pensée de leur temps. IF

05/12 (13h00), 09/12 (14h10), 28/12 (17h05)

DADDY, I’VE SEEN THIS PIECE SIX TIMES BEFORE AND I STILL DON’T KNOW WHY THEY’RE HURTING EACH OTHER…

2000 - 30’

CHORÉGRAPHIE : Robyn Orlin

RÉALISATION : Marie-Hélène Rebois

Anticonformiste, le travail de Robyn Orlin appréhende la scène chorégraphique dans son rapport au monde. Si la chorégraphe manie les genres – arts plastiques, vidéo, performance, théâtre et danse – avec maestria, c’est avant tout la réalité complexe de l’Afrique du Sud qui l’intéresse. Humour décapant, générosité et forte conscience politique imprègnent ses spectacles, qui traitent avec beaucoup d’intelligence de l’identité, de l’intolérance et de l’émancipation tant du point de vue artistique que du côté des phénomènes de société. IF

25/11 (17h25), 05/12 (17h55), 31/12 (16h40)

DANCE

2008 - 60’

CHORÉGRAPHIE : Lucinda Childs CONCEPTION : Helena Van Dantzig

Créée en 1979, cette pièce multimédia, filmée lors de sa récente reprise par le Ballet de l’Opéra du Rhin, est le fruit d’une collaboration avec Philip Glass et Sol LeWitt. Dénuée de tout effet spectaculaire, la partition chorégraphique d’une rigueur mathématique souligne le caractère répétitif de la musique. Elle joue d’infimes variations sur le nombre des

30

VIDÉODANSE 2011

danseurs, les figures géométriques sur lesquelles ils évoluent, leur orientation dans l’espace, leur vitesse de déplacement, la simultanéité ou les décalages s’introduisant entre eux… Mais l’effet de fascination produit par Dance tient aussi à la mise en abyme suscitée par le dispositif scénique qui intègre la projection d’un film noir et blanc réalisé avec les danseurs d’origine. MB

07/12 (11h45), 22/12 (12h50)

DANCE BLACK AMERICA

1984 - 57’

REALISATION : Chris Heyedus et D.A. Pennebaker

Ambiances, images d’archives et témoignages de certains des artistes programmés sont insérés çà et là, entre les morceaux dansés. De la célèbre danse de l’autruche créée en 1932 par Asadata Dafora aux chorégraphies d’Alvin Ailey, puis au hip-hop, en passant par le lenjengo, le jig, le juba, le cakewalk, les créations de Katherine Dunham, le jazz ou les claquettes, le film fait le lien entre ces différentes formes, montre la vitalité et la fécondité de leurs racines communes et permet d’appréhender les transformations dont elles sont le fruit, pour le meilleur et pour le pire ! MB

23/11 (19h55), 12/12 (11h35) OSTRICH 05/12 (18h25)

DANCE OF THE AGES

1913 - 4’

CHORÉGRAPHIE : Ruth St. Denis et Ted Shawn

Dance of the Ages présente différents styles de danse dans un dispositif onirique.

12/12 (11h30)

LA DANSE DE LA SORCIÈRE

1914 - 5’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Mary Wigman

RÉALISATION : anonyme

PROGRAMME

D D

Accompagnée de percussions, Hexentanz (“La Danse de la sorcière”) est composée par Mary Wigman pour sa première apparition comme danseuse avec d’autres élèves de Rudolf Laban. Des photos la révèlent avec sa longue chevelure et une courte cape en soie rouge, bondissant avec une force sauvage inouïe. JR

26/11 (19h50), 28/11 (12h05),

LA DANSE DES ÉVENTAILS

CHORÉGRAPHIE : Andy Degroat

2002 - 7’

INTERPRÉTATION : Compagnie

Red Notes, danseurs de l’Opéra de Paris RÉALISATION : Charles Picq

1997 - 7’

INTERPRÉTATION : Compagnie

Red Notes, jeunes danseurs de Rouen RÉALISATION : Marie-Françoise Garaudet

plastiques, qui inventa le terme “expressionnisme”, se développe une ligne qui relie l’homme primitif, l’art gothique, l’art baroque et l’expressionnisme : angoisse devant la profusion de la vie, peur des formes naturelles, abandon à un élan abstrait, ligne libre, brisée, ondoyante, sans contour. Soit l’on accède directement aux figures abstraites dépassant les formes naturelles carré, cercle, triangle, soit il faut en passer par un corps qui se tord, se ploie, se déforme pour s’ouvrir à la paix des formes géométriques. La danse a fait cette découverte : il y a un mouvement abstrait qui précède sans cesse les formes naturelles et les figures géométriques. BR

02/12 (12h25)

LA DANSE LIBRE

 

2005 - 62’

Ces deux captations d’une même pièce soulignent la qualité gestuelle et la rigueur d’écriture du chorégraphe américain dont les nombreuses créations témoignent d’un parcours varié. Installé en France depuis 1982, il y a développé son travail dans plusieurs voies, notamment le minimalisme répétitif qui caractérise cette Danse des éventails, pièce mémorable créée en 1978. Elle fait intervenir une vingtaine de danseurs et a été remontée dans différents contextes. IF

MONTAGE : Cinémathèque de la danse

Au début du XX e siècle, la rupture avec les codes de la danse académique permit en Occident l’émergence de nouvelles esthétiques de la danse moderne. La Danse libre est l’une d’elles. La recherche d’un mouvement qui serait continu s’organise autour de l’observation des mouvements et des forces naturelles rendues visibles par les vents, les vagues, les déplacements animaux. Les apports furent riches et variés. Elles trouvent dans les propositions esthétiques d’Isadora Duncan, Rudolf Laban ou Emile Jaques-Dalcroze un fondement primordial. ES

04/12 (15h15), 07/12 (11h30), 14/12 (12h15), 22/12 (13h50)

LA DANSE EXPRESSIONNISTE ALLEMANDE

2002

- 85’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Mary Wigman, Valeska Gert, Harald Kreutzberg, Dore Hoyer MONTAGE : Cinémathèque de la danse et Daniel Dobbels

Selon Worringer, grand historien des courants

12/12 (16h05)

LA DANSE LIBRE DE MALKOVSKY

archives 1920-1982 - 50’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

François Malkovsky CONCEPTION : Suzanne Bodak RÉALISATION : Frédéric Allinne

31

Célèbre dans l’entre-deux- guerres pour ses récitals, François Malkovsky est une

figure singulière et méconnue de l’histoire de la danse.

A la recherche d’un idéal

de liberté, sa danse s’inspire des figures sculpturales antiques et de son analyse instinctive des mouvements de la nature et des animaux.

12/12 (17h20)

LA DANSE, UNE HISTOIRE À MA FAÇON

2010 - 60’

CONCEPTION ET INTERPRÉTATION :

Dominique Boivin RÉALISATION : Cie Beau geste

Dominique Boivin œuvre dans la fantaisie. La

traversée des siècles de danse commence selon lui

à quatre pattes et finit sur

deux jambes contemporaines.

Il isole quelques figures

incontournables : Noverre

et le ballet romantique, la

folie de Gisèle, les grandes

pionnières de la danse contemporaine, Loïe Fuller, Isadora Duncan, Ruth St. Denis, Mary Wigman, Martha

Graham. Car Boivin est aussi

libres, développées par Malkovsky, continuateur d’Isadora Duncan. Pour les deux interprètes-

chorégraphes, “l’étrangeté des coordinations et de

la posture pour un corps contemporain, la simplicité de l’écriture et la valeur particulière donnée à l’expressivité, à la musicalité et au sens des gestes sont autant de questions posées à notre pratique de la danse aujourd’hui : que signifie danser ?”

12/12 (20h00)

LE DANSEUR

1968 - 56’

CHORÉGRAPHIE ET RÉALISATION :

Maurice Béjart AVEC : Rosella Hightower,

les danseurs des Ballets du

XX e siècle et la participation

de François Weyergans

Portrait du danseur

Jorge Donn, ce film se fait

le

révélateur de la beauté et

du

talent de son interprète

tout autant que de la justesse

du

hallucinatoire d’un Béjart cinéaste très inspiré. Le montage est une alternance

regard proprement

LE DANSEUR ROUGE, JEAN WEIDT

1989 - 54’

RÉALISATION : Jean-Louis Sonzogni, Petra Weisenburger, Klaus-Peter Schmitt

A Hambourg, en 1927,

alors que l’Allemagne compte

quelque six millions de

chômeurs, Jean Weidt renonce

à son travail de jardinier

pour se consacrer à la danse. Dans un pays sans tradition chorégraphique spécifique,

il rejoint de jeunes artistes

passionnés qui veulent libérer la danse et se libérer par elle des codes du ballet classique. La danse expressionniste va naître. Dans ce documentaire tourné à Berlin, l’année de la mort de ce danseur autodidacte, le vieil homme

évoque des souvenirs

au fil des questions posées par ses élèves dans le conservatoire où il enseignait encore. PB

28/11 (12h10), 02/12 (15h35)

LA DANSEUSE D’ÉBÈNE

2002 - 52’

RÉALISATION : Seydou Boro

Ce documentaire a pour

à

l’aise avec les fantômes

de

scènes expérimentales où

sujet le corps et la conception

qu’avec les personnalités d’aujourd’hui, Merce

le

postures, dans un découpage

danseur exécute figures et

particulière qu’en ont les danseurs africains confrontés

Cunningham ou Alwin Nikolais,

morcelant son corps et captant

à

l’apprentissage de la danse

avec lequel il a travaillé. IF

son air suave, laissant libre

contemporaine occidentale.

10/12 (20h45), 12/12 (13h20)

cours à un érotisme raffiné.

Il

est centré sur Irène

 

Ce

à quoi viennent se mêler

Tassembédo, danseuse et chorégraphe dont l’expérience couvre deux générations

LES DANSES LIBRES

d’étonnantes séquences

2010

- 60’

documentaires à l’école

PRÉCÉDÉ de deux entretiens avec Susanne Bodack puis François Chaignaud

CHORÉGRAPHIE : François

Malkovsky, recréée par Cecilia Bengolea, Suzanne Bodak, François Chaignaud, Lenio Kaklea, Mickaël Phelippeau RÉALISATION : Wilfried Thierry

Cecilia Bengolea et François Chaignaud font revivre des danses de la première moitié du XX e siècle, les Danses

de Rosella Hightower, des

répétitions de Messe pour le temps présent dans la cour du palais des Papes à Avignon, ainsi que des images du quotidien de la vie du danseur.

Objet esthétique surprenant, il nous donne un accès privilégié

au chorégraphe disparu,

semblant nous plonger en connexion directe avec son espace mental. LH

27/11 (12h50), 16/12 (19h35), 24/12 (13h45), 01/01 (16h05)

d’artistes. Tout comme

le réalisateur Seydou Boro,

Irène Tassembédo est originaire du “pays des

hommes intègres”, le Burkina Faso. Elle pense que la danse africaine doit s’inscrire dans un monde en mutation

sans renier sa propre gestuelle et sans non plus

la figer dans un schéma

traditionnel souvent synonyme de folklore. IF

23/11 (20h55)

32

VIDÉODANSE 2011

DE LA MANCHA / MANUAL DE USO

1997 / 1999 - 15’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

La Ribot RÉALISATION : Marie-Hélène Rebois / Eduardo Bonito

Performeuse, La Ribot revisite avec un humour décapant les règles du marché de l’art et les conditions de travail dans le spectacle vivant. Cela ne l’empêche pas de faire œuvre poétique en enchaînant des séries de tableaux vivants de courte durée. Elle réinterroge le vocabulaire chorégraphique aussi bien que les gestes du peintre, l’instantané photographique ou l’usage quotidien des objets. IF

26/11 (14h35), 27/11 (12h30)

DELI COMMEDIA

1985 - 20’

CHORÉGRAPHIE : Merce Cunningham RÉALISATION : Elliot Caplan et Merce Cunningham

Deli commedia respire la jeunesse, la fantaisie, la comédie et la légèreté. On y découvre d’anciens danseurs de la compagnie, dans des tenues colorées, formant de petits tableaux inspirés de la comedia dell’arte. Cabrioles, roulements du bassin très twist again, arabesques espiègles, farandoles, glissandos, hip-hop à la Michael Jackson :

la danse de Merce Cunningham est ici sublimée par l’air du temps, ouverte à toutes les autres danses qui ont marqué les années 80. FA

10/12 (20h25)

DENSITÉ 21.5

1973 - 10’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Carolyn Carlson accompagnée par Jean-Pierre Eustache RÉALISATION : Michel Dumoulin

Avec cette interprétation de la pièce éponyme écrite par Varèse en 1936 pour une flûte

PROGRAMME

D D

en platine (métal de densité 21,5), Carlson, encore à ses débuts de chorégraphe et qui en 1973 danse pour la première fois à l’Opéra de Paris, révèle d’emblée ce qui fera plus tard sa signature : une danse fluide et aérienne donnant une grande importance aux bras qui alternent courbes superbes et mouvements saccadés et cassés. LB

28/11 (13h30), 04/12 (15h05)

LE DERNIER SPECTACLE

1999 - 60’

CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE :

Jérôme Bel CHORÉGRAPHIE : Susanne Linke

INTERPRÉTATION : Jérôme Bel,

Antonio Carallo, Claire Haenni, Frédéric Seguette

RÉALISATION : Aldo Lee

Présence unique de quatre interprètes qui apparaissent tour à tour devant un micro avant de dévoiler la machinerie intime du corps de l’acteur comme celle du théâtre. Une pièce de Jérôme Bel qui se fait art de l’ellipse pour disséquer méthodiquement et jusqu’à la disparition quatre figures emblématiques du spectacle. Etre ou ne pas être l’auteur lui-même : Jérôme Bel, Hamlet, Susanne Linke pour la danse mais aussi Andre Agassi pour le sport. Le minimalisme absolu de Jérôme Bel dit tout, cernant avec humour les contours défaits de l’illusion théâtrale. IF

09/12 (14h40)

LA DERNIÈRE FUITE

1989 - 26’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

François Verret, Daniel Emilfork, Anne Koren, Frédéric Leidgens RÉALISATION : François Verret et Yves Turquier

Anne Koren danse, Frédéric Leidgens écrit, Daniel Emilfork sommeille et délire à haute voix, prostré dans un fauteuil,

François Verret joue à se laisser fasciner par une poupée de bois qu’il manipule avec circonspection. Le temps est à l’exode. Tous se préparent à fuir devant un péril imaginaire et remplissent une carriole d’objets et de couvertures. Malgré la puissance d’évocation des images, l’exode, ici, est intérieur et la carriole ne dépassera jamais les murs lépreux du hangar. Tiré de Quel est le secret ?, que François Verret qualifiera de “spectacle de résistance”, le film se termine sur une mascarade cynique évoquant le théâtre burlesque berlinois d’avant-guerre. PB

15/12 (19h20), 22/12 (18h50)

DÉROUTES

2003 - 61’

CHORÉGRAPHIE : Mathilde Monnier RÉALISATION : Valérie Urrea

En s’inspirant du Lenz de Büchner, Mathilde Monnier revient aux fondamentaux de la danse et choisit l’un de ses éléments moteurs – la marche –, pour chorégraphier le chaos. Elle imagine un parcours pour des interprètes solitaires dont les gestes, tantôt ludiques ou égarés, forment autant de partitions isolées. Le plateau est jonché de matériaux de protection : rembourrages, mousse, vêtements accueillant ou renvoyant les danseurs qui s’épanchent dans un débordement gestuel, proche du désespoir. IF

14/12 (12h40)

DOLLED UP

2001 - extrait 14’

CONCEPTION, SCÉNOGRAPHIE ET

INTERPRÉTATION : Claudia Triozzi RÉALISATION : Claudia Triozzi et Cécile Colle

“Quoi faire ?”, se demande celle qui fut longtemps interprète dans la danse contemporaine avant d’initier son propre travail. Une

Sylvie Friess © Charles Picq©

LA DANSE DES ÉVENTAILS (CI-DESSUS) | LA DANSE, UNE HISTOIRE À MA FAÇON (CI-DESSOUS)

34

VIDÉODANSE 2011

recherche où s’imbriquent corps, voix et mouvements,

résistance et la soumission

FORD FOUNDATION

à la gravité”, disait-

1971

- 8’

 
   
   

TWO GIRLS DOWNTOWN IOWA

 

1973

- 14’

 

performances et installations plastiques, objets quotidiens et machines scénographiques célibataires. Des pièces qui traitent le plus souvent avec un humour décalé de toutes ces aliénations dans lesquelles corps et pensée se sentent contraints et maladroits. IF

16/12 (12h10), 30/12 (14h30)

elle. Concevant le groupe comme une entité multiple, polyphonique, elle fut par ailleurs totalement novatrice sur le plan de la composition chorégraphique. MB

18/12 (16h30)

   

Images d’une réception new- yorkaise envahie par un groupe de jeunes dansant dans la foule éparse avant de se jeter par les rues dans l’euphorie générale. Images superposées de lignes de danseurs dans un paysage enneigé de l’Iowa, batifolant comme des enfants. Images au ralenti de jeunes femmes exultant de joie sur un trottoir ensoleillé. Images en patchwork de performances en plein air menées par le groupe de la Judson Church dont Elaine Summers était un membre fondateur (on peut y voir notamment Yvonne Rainer, Deborah Hay et Steve Paxton).

A

la fois filmés, chorégraphiés

DUENDE Y MISTERIO DEL FLAMENCO

 

(“CHARME ET MYSTÈRE DU FLAMENCO”)

DOMINIQUE MERCY DANSE PINA BAUSCH

1952

- 75’

RÉALISATION : Edgar Neville INTERPRÉTATION : Antonio, Rosario Escudero, Pilar Lopez

2003

- 60’

RÉALISATION : Régis Obadia

Pour composer ce portrait auquel Pina Bausch apporte son témoignage, Régis Obadia, chorégraphe et lui-même danseur, a suivi Dominique Mercy dans les rues de Wuppertal, s’est intéressé aux différents aspects de son travail (enseignement, recherche, répétition). A l’aide de photos et d’extraits de spectacles, c’est le parcours d’un danseur

Toute la sensualité et la somptueuse diversité du chant et de la danse flamenco en une vingtaine de tableaux aux couleurs de l’Andalousie. Ce film constitue, à travers une anthologie de chants et de danses, une magnifique approche de l’art flamenco, très éloigné des clichés actuels.

23/11 (14h05)

et

montés par Summers, ces

quatre films de danse font preuve d’un souffle de liberté immense, qui a trait à l’énergie

d’exception, l’histoire de sa

EDEN

de la jeunesse contestataire américaine des années 70.

1997

- 16’

Faire advenir la danse hors les murs, danser dans la rue, dans

la

nature, partout ! L’esthétique

rencontre et de sa collaboration exemplaire avec l’une des figures majeures de la danse contemporaine que retrace ce film. Une collaboration artistique et une amitié jamais démenties en trente ans. MB

CHORÉGRAPHIE : Maguy Marin INTERPRÉTATION : Cathy Polo

et Wilfried Romolli

expérimentale des prises

RÉALISATION : Luc Riolon

de vues et du montage épouse cet esprit d’exploration

 

Luc Riolon suit le corps

et

cette poésie extravagante

17/12 (17h25)

 

à

corps lent et coulé où se

et

radieuse. LH

DORIS HUMPHREY TECHNIQUE

– ITS CREATIVE POTENTIAL WITH FOUR EARLY DANCES

1992 - 46’

CHORÉGRAPHIE : Doris Humphrey RÉALISATION : Ernestine Stodelle

Si sa notoriété fut moindre que celle de Martha Graham,

sa codisciple à la Denishawn, l’apport de Doris Humphrey

à la danse moderne fut aussi

déterminant. A partir de

l’observation et de l’analyse du mouvement, elle inventa un langage gestuel fondé,

à l’opposé de Wigman et

Graham, sur le déséquilibre :

“Toute la vie fluctue entre la

PROGRAMME

D E

rêve en douceur l’étreinte, l’indissociable, suggérés par le Livre. Par un long plan-

séquence et un cadrage large, la scène est tenue légèrement

à distance du regard et garde

ainsi le lointain d’images primitives. Dès qu’Eve touche le sol, la caméra ose enfin s’approcher. Scindé, le couple aborde alors la rupture, le départ… comme un zoom qui

nous prend de vitesse. FA

14/12 (19h05), 26/12 (19h40)

ELAINE SUMMERS, 4 FILMS

JUDSON FRAGMENTS 16 MM PRINT

1976

- 16’

IOWA BLIZZARD ’73

1973

- 10’

IOWA BLIZZARD ’73 23/12 (18h00), 24/12 (14h40),

JUDSON FRAGMENTS 16 MM PRINT 24/12 (11h30),

TWO GIRLS DOWNTOWN IOWA 24/12 (12h50),

FORD FOUNDATION 24/12 (14h50)

ELUCIDATION

2004 - 24’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Loïc Touzé RÉALISATION : Matthieu Bouvier

Elucidation présente un duo où saxophoniste et danseur interprètent, ensemble, une partition de Luciano Berio (les Sequenza 7b et 9b). Façon Panthère rose, Loïc Touzé se fait l’incarnation d’une musique complexe que l’on ne saurait par contre résoudre à sa ligne

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mélodique. La chorégraphie semble ainsi exploiter la moindre note, en un jeu de tonalités et de modulations construit à partir de gestes simples et abstraits : ici, la virtuosité se situe dans la finesse de l’exécution, la variété des qualités de mouvements ouvrant sur un vaste champ expressif, particulièrement subtil. SGS

03/12 (17h35), 11/12 (17h40)

LES ENFANTS DE LA DANSE

– L’ÉCOLE DE DANSE DE L’OPÉRA DE PARIS

1998 - 87’

RÉALISATION : Dirk Sanders

Dans le nouveau lieu clos et raffiné ouvert en 1987, la caméra suit la vie des futurs danseurs. Les jeunes élèves consacrent la plupart de leur temps à l’exigeante discipline de la technique classique. Ils sont guidés par leurs aînés :

Patrick Dupont, Noëlla Pontois, Manuel Legris, Eric Vu-An, Monique Loudières. Auprès d’eux, ils partagent un rêve :

devenir étoile.

27/11 (16h50) 18/12 (14h25)

ENTER ACHILLES

1996 - 50’

CHORÉGRAPHIE : Lloyd Newson/ DV8 Physical Theatre RÉALISATION : Clara Van Gool

Fondé en 1986, DV8 est un collectif de danseurs réunis par un objectif commun : renforcer le lien entre le politique et les arts de la scène en questionnant la société contemporaine à travers la danse. Soucieux de faire partager au plus grand nombre leurs réflexions, ils réalisent des adaptations filmées de certains de leurs spectacles. Proche de Ken Loach ou Mike Leigh, Enter Achilles mène la danse vers une sorte de comédie urbaine qui parle des déshérités, de la vie dans les pubs, des rapports entre hommes et des phénomènes d’exclusion. MB

01/12 (18h05), 31/12 (17h40)

ENTRE DEUX

2011 - 90’

CHORÉGRAPHIE : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth RÉALISATION : Sylvia Calle

Roser est espagnole, Brigitte est française. Ensemble, elles créent depuis plus de dix ans des spectacles qui ne sont ni de la danse pure, ni exclusivement du théâtre. Comment naît l’harmonie avec laquelle elles dirigent leur troupe ? Comment bravent-elles les difficultés, leurs différences ? Une année durant, le film observe le processus de création d’un nouveau spectacle, Genre oblique (2010), et cherche à explorer la complexité de la recherche artistique à deux.

01/01 (20h05)

L’ESPACE QUI CRIE EN MOI

1991 - 120’

RÉALISATION : Petra Weisenburger et Jean-Louis Sonzogni

C’est lors de la dépression des années 1930 en Allemagne que la danse expressionniste s’est développée, exprimant cette pulsion du fondamental que les nazis tenteront de faire disparaître dès leur arrivée au pouvoir, lui substituant un art de divertissement kitsch et monolithique. Avec de nombreux témoignages d’artistes de l’époque et des documents filmés, dont certains très rares, ce documentaire franco-allemand court de la fin des années 1920 aux jeux Olympiques de Berlin en 1936, puis se concentre sur les années d’après-guerre et la difficile transmission d’un art largement étouffé par les nazis et les autorités soviétiques. PB

23/11 (15h20), 01/12 (18h55), FLEUR DANS

LARRIÈRE-COUR, JO MIHALY 14/12 (20h30)

L’ESPRIT BAGOUET

1993 - 52’

CHORÉGRAPHIE :

Dominique Bagouet

RÉALISATION :

Marie-Hélène Rebois

Ce portrait de Dominique Bagouet a été réalisé quelques mois après sa disparition, le 9 décembre 1992. Bagouet parle de l’art du mouvement, de la précision d’où naît l’émotion, de ce maître qu’est le rire… Ce que le film suggère du chorégraphe et ce qu’il montre de ses interprètes obéit à un désordre subtil qui rend parfaitement compte de la préoccupation majeure des Carnets Bagouet : la transmission du répertoire et de “l’esprit Bagouet”. FA

19/12 (15h25), 02/01 (14h05)

ET POURQUOI PAS :

“BODYMAKERS”, “FALBALAS”, “BAZAAR”, ETC., ETC. ?

2002 - 50’

CHORÉGRAPHIE, COSTUMES

ET MIX SONORE : Christian Rizzo INTERPRÉTATION : Matthieu Doze, Maria Donata d’Urso, Cédric Courtois, Pascale Paoli, Christian Rizzo

Quatre danseurs au visage masqué endossent costumes après costumes et défilent dans la lenteur, créant un monde de matières excentriques. Du fantasme au merveilleux, Rizzo joue sur l’ambiguïté des identités et le déplacement des repères corporels pour fabriquer d’étranges sculptures vivantes. Erotisme et jeu des apparences conduisent une réflexion autour de l’histoire du costume et des corps contemporains. IF

23/12 (14h50) 01/01 (11h40)

ETERNAL CIRCLE

1952 - 12’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Harald Kreutzberg RÉALISATION : Herbert Seggelke

Chorégraphe expressionniste allemand, Harald Kreutzberg avait pour projet la réalisation de ce film dès les années 1930,

© Sébastien Mathé | Opéra National de Paris©

Ivan Chaumeille

L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE, AVEC NICOLAS LE RICHE (CI-DESSUS) | L’APRÈS-MIDI D’UN FAUNE, RECRÉATION DOMINIQUE BRUN (CI-DESSOUS)

VIDÉODANSE 2011

37

mais le contexte politique l’obligea à attendre 1952 pour achever cette danse macabre où il campe chacun des personnages. Inspirée de l’imagerie médiévale, la mort guide la danse où se succèdent roi, prostituée, ivrogne, coquette, vers une même fin, un même visage, qui abolit toute forme de discrimination. SGS

02/12 (15h25), 03/12 (18h30) 01/01 (11h30)

ETUDE – MY MOVEMENTS ARE ALONE LIKE STREETSDOGS

2000 - 34’

CHORÉGRAPHIE : Jan Fabre

Entre vitupérations, jappements, glace renversée et motte de beurre, au milieu de chiens empaillés sur scène ou suspendus dans l’espace, Erna Omarsdottir se livre avec jubilation aux impulsions de l’excès. Corps en torsion, gestes brusques, chutes au sol, mêlant exaspération et émotion, elle retrouve les états de sédition qui mènent aux éclats de beauté chers à Jan Fabre. IF

28/11 (19h35), 30/12 (11h50)

EVENT FOR TELEVISION

1977 - 56’

CHORÉGRAPHIE : Merce

Cunningham

INTERPRÉTATION : Merce

Cunningham Company RÉALISATION : Merill Brockway

Le titre de ce programme conçu pour s’insérer dans une série d’émissions télévisées sur la danse en Amérique fait référence aux events, ces événements chorégraphiques constitués de l’enchaînement d’extraits ou de pièces complètes du répertoire, et composés parfois juste avant la représentation, en fonction du lieu dans lequel ils sont présentés. Event for Television rassemble donc des extraits de pièces dont RainForest. MB

10/12 (15h00)

EXERCICE POUR UN CHORÉGRAPHE

2002 - 44’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Gerhard Bohner RÉALISATION : Charles Picq

Né dans les années 30 et disparu au début des années 90, Gerhard Bohner, tout en étant fasciné par la danse de Mary Wigman, est resté dans l’institution classique où il a poursuivi une remarquable carrière de danseur, puis de chorégraphe, jusqu’au début des années 70. Il développe alors des recherches fondées sur des expériences collectives et sur la participation du public, et il sera l’un des initiateurs du Tanztheater. Cette pièce remarquable met en jeu un système de tensions entre le noir et le blanc, l’ombre et la lumière, le corps du danseur et celui d’un mannequin articulé, en réduisant le mouvement à l’essentiel. IF

22/12 (1 re partie 12h10, 2 e partie 17h30)

EXTENSION 3

1999 - 24’

CONCEPTION : Mark Tompkins AVEC : João Fiadero, Julyen Hamilton, Vera Montero, Lisa Nelson, Steve Paxton, Frans Poelstra, Carme Renalias, Marc Tompkins, David Zambrano RÉALISATION : Lutz Gregor

Tompkins, fervent adepte du “contact improvisation”, convie danseurs et chorégraphes à explorer l’espace. Le mouvement se fait intervention et réfléchit la relation du corps aux objets, à la matière, au rythme.

21/12 (18h50)

F. ET STEIN

1983 - 60’

CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION :

Dominique Bagouet RÉALISATION : Charles Picq

F. et Stein est une pièce sur la métamorphose. Identité, sexualité, options chorégraphiques : Dominique

Bagouet casse tout pour se libérer de ses liens avec le sens commun de la beauté et des convenances. D’où l’aridité, la sécheresse apparente de cette danse pour un homme seul, engoncé jusqu’aux pieds dans une camisole blanche. Grimaces, moues disgracieuses, secousses et sursauts gestuels plutôt que figures dansées :

Dominique Bagouet ne cherche surtout pas à séduire et, ne voulant tromper personne, retire enfin son costume en un strip-tease grotesque, provoquant et gêné, qui constitue le climax de cette métamorphose.