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DROIT DES SÛRETÉS DE L’ORGANISATION POUR L’HARMONISATION EN AFRIQUE DU DROIT DES AFFAIRES (OHADA

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M. THIOYE

« C’est l’eau qui n’est pas couverte qui devient chaude » : pour être protégé, il faut s’entourer de quelques garanties ; « on ne prête pas sa hache à un insolvable » : le prêt exige la garantie (cf. M. Cabakulu, Maxi Proverbes africains, V° sous mot Garantie)

INTRODUCTION I- Sources du droit des sûretés De la marche en ordre dispersé à l’harmonisation africaine du droit des affaires en général. Avec la Conférence de Berlin de 1885 qui a ouvert l’ère officielle du partage quasi général de l’Afrique entre les nations européennes, s’ouvrait, par là même, un processus d’implantation progressive, directe ou indirecte, forcée ou plus ou moins consentie, des droits et systèmes juridiques européens sur le continent africain dont les traditions étaient pourtant sensiblement différentes. Ainsi, l’Afrique a été pendant longtemps l’une des terres fertiles d’exportation du droit et même des juristes français1, « autant […] par l’embrasement de la conquête que par le rayonnement de la pensée »2. Du reste, même après l’accession des pays africains à la souveraineté internationale, il s’avère que la plupart des anciennes possessions françaises se sont lancées, sous le coup de certaines contraintes ou pour assouvir certains appétits nationaux, dans un mouvement d’imitation quasi pure et simple du droit de l’ancienne puissance coloniale. Il s’est ensuivi que, aujourd’hui encore, beaucoup de systèmes juridiques du « continent noir » demeurent encore « liés par le nombril »3 à celui de l’ancienne métropole hexagonale et, plus généralement, à celui de l’Occident. Néanmoins, quoique le droit (moderne) inspirateur fût presque le même dans tous les nouveaux Etats indépendants, ceux-ci restaient relativement dispersés dans leur mouvement ou œuvre de législation ou de codification. En effet, du lendemain de la décolonisation politique des pays africains de la zone franc jusqu’à une date très récente4, chacun de ces Etats continuait de faire son droit « dans son coin », sans véritablement se préoccuper
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Cf. P. Lampué, L’influence du droit français et du droit coutumier sur les lois civiles africaines, in Dynamiques et finalités des Droits africains (sous la dir. G. Conac), Economica, 1980, p. 14 s. 2 E. Agostini, Droit comparé, Puf, 1988, n° 125, p. 243. 3 Selon l’expression de L. S. Senghor, Prière aux masques, in Œuvre poétique, Ed. du Seuil, p. 23. 4 Constatons, pour l’anecdote, que « le franc, la seule monnaie dont le nom se confondait littéralement avec une nation, est en quelque sorte [devenu] délocalisé. Il est devenu une monnaie d’Afrique [et non plus française], le franc suisse excepté » (F. Dia, Lettre ouverte d’un fils de tirailleur sénégalais à ses ci-devant parents gaulois, à paraître). M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés

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de ses voisins. Sans aucun doute, cette époque de la législation en solo a vécu, du moins dans certains secteurs juridiques. En effet, se souvenant que « l’union fait la force », certains gouvernants et juristes africains (ou africanistes) ont nourri et poursuivi le rêve de doter tout ou partie du « continent noir » d’outils de coopération voire d’uniformisation ou de communautarisation du droit. Cela sans préjudice des nécessités de rapprochement ou d’adaptation posées par ce qu’il a été convenu d’appeler la mondialisation ou globalisation. C’est ainsi qu’il fut esquissé et progressivement instauré, au-delà des droits purement internes, du droit international classique (né de conventions internationales bilatérales ou multilatérales) ou du droit anational (usances et pratiques du commerce international), un système juridique supranational (droit communautaire) dans lequel les Etats membres renoncent à une partie de leur souveraineté. La conception et la naissance de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires5 (OHADA, terme à consonance plutôt nippone) en atteste on ne peut plus pertinemment6. L’OHADA a été créée par le Traité relatif à l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique signé le 17 octobre 1993 à Port-Louis. Celui-ci est ouvert à l'adhésion de tout Etat membre de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA, devenue l’Union Africaine depuis mai 2001) ainsi qu'à l'adhésion de tout autre Etat non membre de l'OUA invité à y adhérer du commun accord de tous les Etats parties. Le domaine géographique dépasse donc les frontières de la zone franc. A ce jour, seize Etats sont membres de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires : le Bénin, le Burkina-Faso, le Cameroun, la Centrafrique, la Côte
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Cf. J. Issa-Sayegh et J. Lohoues-Oble, Ohada. Harmonisation du droit des affaires, Juriscope, Bruylant, 2002.
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« Ce traité a pour principal objectif de remédier à l'insécurité juridique et judiciaire existant dans les Etats Parties. L'insécurité juridique s'explique notamment par la vétusté des textes juridiques en vigueur : la plupart d'entre eux datent en effet de l'époque de la colonisation et ne correspondent manifestement plus à la situation économique et aux rapports internationaux actuels. Très peu de réformes ont été entreprises jusqu'alors, chaque Etat légiférant sans tenir compte de la législation des Etats de la zone franc. A cela s'ajoute l'énorme difficulté pour les justiciables comme pour les professionnels de connaître les textes juridiques applicables. L'insécurité judiciaire découle de la dégradation de la façon dont est rendue la justice, tant en droit qu'en matière de déontologie, notamment en raison d'un manque de moyens matériels, d'une formation insuffisante des magistrats et des auxiliaires de justice. Outre la restauration de la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques en vue de restaurer la confiance des investisseurs, de faciliter les échanges entre les Etats Parties, le Traité poursuit les objectifs suivants : - mettre à la disposition de chaque Etat des règles communes simples, modernes adaptées à la situation économique ; - promouvoir l'arbitrage comme instrument rapide et discret des litiges commerciaux ; - améliorer la formation des magistrats et des auxiliaires de justice ; - préparer l'intégration économique régionale ». M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés

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d'Ivoire, le Congo, les Comores, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, la GuinéeEquatoriale, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Objectifs du Traité. « Ce traité a pour principal objectif de remédier à l'insécurité juridique et judiciaire existant dans les Etats Parties. L'insécurité juridique s'explique notamment par la vétusté des textes juridiques en vigueur : la plupart d'entre eux datent en effet de l'époque de la colonisation et ne correspondent manifestement plus à la situation économique et aux rapports internationaux actuels. Très peu de réformes ont été entreprises jusqu'alors, chaque Etat légiférant sans tenir compte de la législation des Etats de la zone franc. A cela s'ajoute l'énorme difficulté pour les justiciables comme pour les professionnels de connaître les textes juridiques applicables. L'insécurité judiciaire découle de la dégradation de la façon dont est rendue la justice, tant en droit qu'en matière de déontologie, notamment en raison d'un manque de moyens matériels, d'une formation insuffisante des magistrats et des auxiliaires de justice. Outre la restauration de la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques en vue de restaurer la confiance des investisseurs, de faciliter les échanges entre les Etats Parties, le Traité poursuit les objectifs suivants : - mettre à la disposition de chaque Etat des règles communes simples, modernes adaptées à la situation économique ; - promouvoir l'arbitrage comme instrument rapide et discret des litiges commerciaux ; - améliorer la formation des magistrats et des auxiliaires de justice ; - préparer l'intégration économique régionale ». Acte uniforme portant organisation des sûretés. Sur la base du traité OHADA et dans ce cadre intégré, les Etats membres dont le Sénégal, ont ainsi pu adopter un ensemble de textes parmi lesquels compte l’Acte uniforme portant organisation des sûretés (ci-après l’AUS), adopté le 17 avril 1997 à Cotonou au Bénin7.
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Voici, à ce jour, les divers Actes uniformes : Acte uniforme adopté le 17 avril 1997 relatif au droit commercial général; Acte uniforme adopté le 17 avril 1997, relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique ; Acte uniforme adopté le 17 avril 1997, portant organisation des sûretés ; Acte uniforme, adopté le 10 avril 1998, portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution ; Acte uniforme, adopté le 10 avril 1998, portant organisation des procédures collectives d'apurement du passif ; Acte uniforme, adopté le 10 avril 1998, portant organisation des procédures collectives d'apurement du passif ; M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés

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abouti à des constructions distinctes voire radicalement différentes de celles reconnues en France. l’alinéa 2 de l’article 1er de l’AUS dispose que « les sûretés propres au droit fluvial. l’influence du droit français sur le droit uniforme de l’OHADA. En outre. la mise en gage de marchandises dont le débiteur peut disposer par bordereau de nantissement. servir de référence ? Voilà autant de questions auxquelles les juristes. Comment lire certains silences ? Comment démêler certaines ambiguïtés ? Les acquis du droit inspirateur devront-ils. Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises adopté le 22 février 2000 . M. récépissé de transport ou de douane. Acte uniforme relatif aux contrats de transport de marchandises par route. systématiquement ou le plus souvent. Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage adopté le 11 mars 1999 . sont exclues. Cette démarche présente beaucoup d’avantages. le législateur communautaire ne s’en est pas moins fortement inspiré. Sans conteste.Domaine d’application rationae materiae (matériel) : à quoi ? Sûretés incluses . seront nécessairement appelés à répondre. dans certains cas. d’une part. comme « les moyens accordés au créancier par la loi de chaque Etat partie ou la convention des parties pour garantir l'exécution des obligations. pour l’interprète. l’originalité qu’ont parfois voulu montrer les rédacteurs des Acte uniformes Ŕ sans doute pour tenir compte des « réalités africaines » Ŕ semble avoir. Ainsi. quelques hésitations quant au sens ou à la portée qu’il convient ou conviendra de donner à certaines dispositions.Domaine d’application de l’AUS A. qu’ils soient théoriciens ou praticiens. aux termes de l’article 1er. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 . Cela dit. obligations de donner. sont expressément exclues du domaine matériel d’application du texte certaines sûretés. Sûretés exclues. même si elle n’est ni parfaite ni intégrale. Il en résulte. notamment le bénéfice de l’expérience acquise dans un pays dont le droit est très avancé. maritime et aérien font l'objet de législations particulières ». connaissement.. En effet. II.« Droit français sous les tropiques ». constitue une réalité d’évidence. de faire ou de ne pas faire. Le principe est que l’AUS s’applique à toutes les sûretés définies. alinéa 1er. sans reproduire toutes les règles hexagonales.. Malgré le principe précité. obligations volontaires ou légales] ». quelle que soit la nature juridique de cellesci [obligations civiles ou commerciales.

Difficultés pratiques. Simple en théorie. Entré en vigueur le 1er janvier 1998 (article 151). Or. le domaine géographique de l’AUS dépasse donc les frontières de la zone franc. L’AUS est applicable à tous les Etats signataires du traité OHADA ainsi qu’à tous les Etats adhérant ultérieurement à celui-ci. 1er in fine et al.Domaine d’application rationae temporis (dans le temps) : quand ? Principe d’application immédiate. étant donné que ledit traité est ouvert à l'adhésion de tout Etat membre de l'ancienne Organisation de l'Unité Africaine (actuelle Union Africaine) ainsi qu'à l'adhésion de tout autre Etat non membre de ladite organisation invité à y adhérer du commun accord de tous les Etats parties. il s’évince clairement. 2) ou spéciaux (aucune disposition expresse ne prévoit une telle possibilité mais celle-ci découlerait des principes généraux du droit) non traités par lui. al. Principe de non-rétroactivité et dispositions transitoires. B. en son article 150.qui sont constituées suivant des dispositions propres à chacun de ces titres ou documents (article 52) et. consentie M. On s’est ainsi demandé les règles qu’il conviendrait d’appliquer lorsqu’une promesse de sûreté. Celuici n'est applicable qu'aux sûretés consenties ou constituées après son entrée en vigueur ». l’AUS laisse la possibilité à tout Etat partie de créer de nouveaux privilèges généraux (article 106. au-delà de la vocation uniformisatrice du texte (al 1er). la mise en gage des propriétés incorporelles (articles 53 et 77). alinéa 1er : « sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires à celles du présent Acte uniforme. d’autre part. Par ailleurs. L’alinéa 2 du texte précise néanmoins que « les sûretés consenties ou constituées ou créées antérieurement au présent Acte uniforme et conformément à la législation alors en vigueur restent soumises à cette législation jusqu'à leur extinction ».Domaine d’application rationae loci (dans l’espace) : où ? Au-delà de la zone franc. la mise en œuvre des principes précités peut poser quelques problèmes pratiques. Il en va de même de toutes les nouvelles sûretés que créerait un Etat partie et qui seraient actuellement non régies par l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 . une administration des principes de non-rétroactivité et d’application immédiate (al. C. 2). Des dispositions de l’article 150. l’AUS dispose.

1912. Théorie générale du droit. Bruylant. 486. Sirey. « Les nécessités objectives du commerce juridique gravitent autour de l’idée de ‘‘creditum’’. p. DABIN. thèse Dijon. HAURIOU. le crédit implique le temps et la monnaie. 1910. Qui dit crédit dit confiance (« il y a un démon qui a nom confiance ». Contribution à l’étude critique de l’individualisme. 1929. si le phénomène juridique de l’obligation ne lui garantissait la réception en retour de l’équivalent escompté et promis »11. Juriscope OHADA Sûretés. Or. ISSA-SAYEGH et alii. Principes de droit public. La philosophie de l’ordre juridique positif spécialement dans les rapports de droit privé. 1946. nous semble-t-il. sur la foi du bon fonctionnement de la mécanique des échanges . que ce sacrifice trouve sa contrepartie. En effet. d’une solution plutôt logique puisque le contrat définitif constitutif de la sûreté est né après l’entrée en vigueur de l’AUS. ne serait effectivement exécutée qu’après. un prêteur de ses deniers. M. III. p. d’espérance de sécurité. mais encore tous les échanges »10 car « jamais un vendeur ne se dessaisirait de sa chose. de la mise risquée. jamais un propriétaire ne livrerait la jouissance de son immeuble ou une personne quelconque ses services. 11 E. pas de confiance sans sûreté. 1ère édition. de Montherlant). se souvenant qu’il y aurait pas d’économie moderne sans crédit. que ce préjudice soit réparé. c’est-à-dire de l’avance faite. pour l’application des dispositions uniformes8. Le principe de l’autonomie de la volonté en droit privé. […] ce serait non seulement ruiner le crédit. si l’on veut que continue la collaboration de tous en vue de la satisfaction des besoins humains. ROUBIER9 Ŕ est une nécessité qui ne pourrait être assurée sans l’existence d’une confiance dans les affaires. p. ce qui suppose un minimum de fiabilité et. le droit du crédit s’est donné pour objet les institutions qui permettent au créancier (d’une obligation à terme de somme d’argent ou d’une obligation en nature susceptible de se transformer en dommages-intérêts)13 de faire confiance au débiteur. 2002. Sirey. dans ce cas-là. ROUBIER. 187. pas de crédit sans confiance. partant. 13 En effet. 12 M. il est bien connu que la sécurité juridique Ŕ qualifiée de plus « impérieuse » des valeurs sociales par P. p. 1ère édition. spéc. au-delà de la confiance. de la valeur sacrifiée par un individu. 6.avant l’entrée en vigueur de l’AUS. selon de mot de H. car cette collaboration repose sur la confiance et sur la bonne volonté universelles »12. 355. 72 : « …le besoin de sécurité (…) commande tout l’ordre social… » et il est « …le premier et le plus impérieux de tous ». THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 . Paris Louvain. il faut que ce creditum soit remboursé.Objet général et philosophie du système Positivement : garantir l’exécution future des obligations et. J. P. « ébranler cette confiance. assurer la confiance des créanciers. parce 8 9 Cf. Ainsi. p. Il s’agit là. donc. GOUNOT. Une doctrine autorisée penche. 10 J.

sont d’une importance pratique indéniable. D’autre part. En ce qu’elles constituent une arme de prévention de l’insolvabilité du débiteur. donation…) sont. du fait du débiteur lui-même. en pratique. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 . auquel cas les plus rapides seront les premiers payés . de faire rentrer et saisir certains biens dans le patrimoine du débiteur. Pourtant. Ces derniers ne pourront donc saisir que les biens existant encore au moment de la saisie. M. En effet. il s’avère souvent illusoire pour certaines raisons dont certaines tiennent au débiteur lui-même et d’autres aux autres créanciers concurrents. c'est-à-dire au prorata du montant de chaque créance. Négativement : éviter les risques attachés au statut de créancier chirographaire. AYNES et P. Certes. p. Ces auteurs font opportunément remarquer que le verbe latin « credere ». le droit du créancier chirographaire (démuni de sûreté) est garanti par son gage général sur le patrimoine du débiteur : lorsque la dette sera exigible. D’une part. qui signifie « se fier ». 14 Cf.qu’elles lui donnent l’assurance qu’il sera payé à l’échéance 14. 1. Lorsqu’ils sont en concours sur le prix de vente du bien saisi. Pour toutes ces raisons. traditionnellement appelées sûretés (voir infra). celui-ci risque d’être insuffisant pour désintéresser tous les créanciers : tantôt le paiement s’effectue au prix de la course. D’où l’opportunité de s’armer de sûretés soit en obtenant d’un autre débiteur un droit de créance garantissant l’exécution de l’obligation du débiteur principal (sûreté personnelle). Defrénois. Parce qu’il est général. en principe. 2004. CROCQ. n° 1. l’action paulienne Ŕ fondée sur la fraude Ŕ permet. le risque pour un créancier chirographaire peut provenir du fait de la concurrence d’autres créanciers saisissant les biens du débiteur commun. Les sûretés Ŕ La publicité foncière. insuffisant pour préserver le créancier chirographaire de l’impécuniosité future du débiteur. opposables aux créanciers15. 15 Exceptionnellement. soit en se faisant consentir une priorité sur le patrimoine de son débiteur (sûreté réelle). tantôt le paiement s’effectue au marc le franc. ce droit de gage peut sembler très efficace. par exemple. le droit de gage général s’avère. le créancier ordinaire risque. le créancier impayé pourra faire saisir et vendre aux enchères publiques un élément du patrimoine (à l’exception des biens insaisissables) et se payer sur le prix de vente. est la racine commune des notions de « crédit ». de voir le patrimoine du débiteur s’effriter entre le moment de la naissance de son dû et celui de son exigibilité. éd. L. ces institutions. les actes de disposition du débiteur (vente. la qualité de débiteur ne rendant pas l’intéressé incapable de disposer de ses biens. de « créancier » et de « confiance ». auquel cas le prix se distribue entre les créanciers par contribution.

l’exécution forcée. il peut d’abord se contenter de prendre diverses mesures seulement conservatoires pour s’assurer de l’existence des biens à saisir éventuellement. plus énergiquement. comme il peut. l’obligation in solidum. à proprement parler. si toute sûreté (notion conceptuelle) est une garantie. mais elles n’en produisent pas moins les effets de par leur caractère dissuasif.Notion de sûreté Toute sûreté est une garantie. l’action paulienne. qui n’est jamais la simple conséquence d’un rapport d’obligation. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 . deux grandes catégories essentielles : les sûretés personnelles et 16 Ces sanctions n’ont pas. le droit des obligations connaît des institutions principalement destinées à garantir le créancier : la solidarité passive. De même. la responsabilité contractuelle. grâce à la loi ou à la convention (source institutionnelle ou volontaire). une sûreté constitue. ou la convention des parties pour garantir l’exécution des obligations quelle que soit la nature juridique de celle-ci ». la résolution ou résiliation du contrat pour inexécution.). c’est qu’elles sont toujours la conséquence d’un ensemble de rapports d’obligation ou de la nature de ces rapports. qui est confronté à la défaillance de son débiteur peut tenter de faire jouer les armes et moyens de pression que lui reconnaît la loi . l’action oblique. de toute évidence.Classification des sûretés La classification des sûretés fait souvent intervenir. les mesures d’exécution (sous certaines réserves. mais toute garantie n’est pas une sûreté.IV. C’est cette définition qui a été retenue par l’article 1er de l’AUS : « les sûretés sont les moyens accordés au créancier par la loi de chaque État partie. etc. une garantie. au-delà des sûretés stricto sensu. saisies. tout titulaire actif d’obligations. pour renforcer ou améliorer la situation du créancier sans l’enrichir davantage (finalité). C’est en cela qu’elles se distinguent de la sûreté proprement dite puisque cette dernière. l’action directe.16) ou encore la compensation (paiement indirect). c’est-à-dire tout créancier. Vu son objet qui est de rendre plus probable l’exécution d’une obligation à terme (voir supra). certains mécanismes ou règles consubstantiels à tout rapport d’obligation : les sanctions classiques de la défaillance contractuelle du débiteur (l’exception d’inexécution. V. M. La notion de garantie dernière englobe. l’inverse n’est pas toujours vrai puisque la garantie (notion fonctionnelle) est plus large. procéder à des saisies exécutoires pour tenter d’obtenir paiement : sûretés judiciaires. comme c’est le cas dans l’AUS. Néanmoins. etc. la nature de garanties. s’ajoute spécialement à celui-ci. Le trait commun de toutes ces garanties « généralistes » (non comprises dans le champ de l’AUS). astreinte.

même s’il n’a dans le patrimoine de chacun d’eux qu’un droit de créancier chirographaire. article 12 de l’AUS : « la caution peut garantir son engagement en consentant une sûreté réelle sur un ou plusieurs de ses biens »). Le droit de préférence permet de protéger le créancier contre le concours des autres créanciers ordinaires en cas de saisie. rappr.les sûretés réelles (parfois combinées avec le cautionnement réel : cf. pour éviter la disparition du bien avant l’exigibilité de la créance. elles aussi. supporter seul la dette puisque le garant dispose contre lui d’un recours). en définitive. Et. en l’occurrence le cautionnement et les garanties autonomes17. 17 adjoignent au débiteur un garant obligé pour un autre. mais en se faisant consentir une priorité sur le prix de la vente d’un bien déterminé (meuble ou immeuble) ou de l’ensemble du patrimoine de son débiteur (sûreté réelle). la solidarité passive et la délégation qui. Les sûretés personnelles sont réparties en deux types. M. son droit de gage général est multiplié dès l’instant qu’il est peu ou moins probable que tous les débiteurs soient insolvables lors de l’exigibilité de la dette.  Il y sûreté réelle lorsque le créancier se contente du patrimoine de son débiteur. Plan. ou inopportune comme c’est le cas d’un véhicule automobile ou de l’outillage). Le créancier a ainsi deux (ou plus) débiteurs et. Nous suivrons grosso modo le plan adopté dans l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 . ce qui implique une dépossession du débiteur (ce qui le cas dans le gage) . Mutatis mutandis. soit un droit de suite permettant au créancier de suivre l’assiette de sa sûreté en quelque main qu’elle passe (lorsque la dépossession est impossible comme c’est le cas des meubles incorporels.  Il y a sûreté personnelle lorsque le créancier prévient le risque d’insolvabilité en le répartissant sur deux (ou plus) patrimoines : cela en obtenant d’un (ou plus) autre débiteur (le garant) un droit de créance (qui est un droit de gage général) garantissant l’exécution de l’obligation du débiteur principal (lequel doit. il est reconnu au créancier un droit de regard sur le bien : soit la remise du bien au créancier.

à titre accessoire. en tout ou partie : c’est le cautionnement . CROCQ.. à payer ce que doit le débiteur principal. un débiteur supplémentaire qui est le garant. à fournir une prestation déterminée : c’est la garantie autonome ou à première demande (dite lettre de garantie dans l’AUS). très précise. d’autre part. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 . « La sûreté personnelle consiste dans l’adjonction au rapport d’obligation principal d’un rapport d’obligation supplémentaire. Exemple pratique : Mme Diarra étant débitrice de M. M.LES SÛRETÉS PERSONNELLES Définition doctrinale. il y a sûreté personnelle lorsque M. on distingue deux types de sûretés personnelles suivant l’objet et la portée de l’obligation du garant : . 18 L. finalement.le garant s’engage de manière autonome. . A partir de cette définition. et dispose d’un recours contre celui-ci. AYNES et P. Traoré. Le créancier a donc désormais deux débiteurs : d’une part.le garant s’engage. Cissé (garant) s’engage à payer la dette de Mme Diarra (débiteur principal) en cas de défaillance de cette dernière (cautionnement) ou à première demande de M. op. cit. de l’AUS : « la sûreté personnelle consiste en l’engagement d’une personne de répondre de l’obligation du débiteur principal en cas de défaillance de celui-ci ou à première demande du bénéficiaire de la garantie ». Traoré (créancier bénéficiaire de la garantie). alinéa 1er. lequel est alors tenu pour un autre (le débiteur principal). qui doit seul. supporter la dette »18. Définition légale La définition doctrinale.TITRE I. par les seuls termes de son engagement. n° 100. est reprise en d’autres termes par l’article 2. permettant au créancier d’exercer des poursuites contre le garant. le débiteur initial ou principal et.

de la lettre de confort ou d’intention (comfort letter). désactivé par les parties. signifiant « être sur ses gardes ». la manifestation d’un service d’ami.…l’obligation du débiteur principal… : l’objet de l’engagement de la caution résidant dans l’obligation d’une autre personne (le débiteur principal).Le cautionnement est un contrat unilatéral… : primo. néanmoins. c’est un contrat unilatéral puisque seule la caution s’engage vis-à-vis du créancier. Le cautionnement est traditionnellement défini comme un contrat unilatéral par lequel le garant appelé caution (dérivé du latin « cavere ».LE CAUTIONNEMENT Généralités. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 .…par lequel la caution s’engage juridiquement à exécuter… : la caution est donc tenue d’une véritable obligation civile de payer. le cautionnement présente un caractère accessoire. de plus en plus souvent voire systématiquement. . ce caractère n’est pas de l’essence du cautionnement et est. en outre. le cautionnement s’écarte de l’engagement d’honneur (gentlemen’s agreement).…au cas où ce dernier ne le ferait pas : le cautionnement présente. Le cautionnement est régi par les articles 3 à 26 de l’AUS. un caractère subsidiaire en ce sens que la caution n’est tenue qu’en cas de défaillance du débiteur principal . Régime découlant de l’AUS. secundo. classiquement. c’est un contrat (et non un acte juridique unilatéral) puisqu’il suppose un accord de volonté entre la caution et le créancier. la coutume ou la loi au profit de la solidarité (celle-ci étant d’ailleurs le principe dans l’AUS : voir infra). seules parties à l’acte . celui-ci abordant successivement. son existence et son étendue dépendant de l’obligation principale . . de ses origines jusqu’à une période plus récente. d’où « cautio » synonyme de précaution) s’engage envers un créancier (bénéficiaire de la garantie) à exécuter l’obligation du débiteur (principal) au cas où ce dernier ne le ferait pas. ce caractère explique que le cautionnement se distingue des garanties autonomes et. Le cautionnement fut pendant longtemps la seule sûreté personnelle à être connue et pratiquée. et non d’un simple engagement d’honneur . à ce titre.CHAPITRE I. . que la caution jouisse en règle ordinaire d’un recours contre le débiteur principal dont elle aura réglé la dette. mais cette conception purement désintéressée a été sensiblement battue en brèche avec l’apparition de garants professionnels dans le secteur (le droit du cautionnement se serait « bancarisé » en ce sens que la caution Ŕ voire le créancier cautionné Ŕ est très souvent une banque). après avoir préalablement défini M. Il fut aussi. .

25 et 26). L’apparence est toutefois trompeuse puisque. l’article 4. mais au débiteur tenu de la fournir (tiers au M. faisant notamment référence au cas où « le débiteur est tenu. Le cautionnement est défini par l’article 3. alinéa 1er. 1er.l’institution (art. cette situation peut sembler contredire la nature conventionnelle du cautionnement. sachant que. envers le créancier qui accepte. Section 3 : Effets du cautionnement (art. il doit être convenu de façon expresse entre la caution et le créancier ». 10 à 12). Il arrive que le cautionnement soit « exigé par la loi […] ou par une décision de justice » (art. le cautionnement repose toujours sur un contrat. Section 2 : Modalités du cautionnement (art. Au prime abord. à y regarder de près.La qualification contractuelle et les caractères du cautionnement Définition. art. Section 4 : Extinction du cautionnement (art. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 . 4. par […] la loi de chaque Etat partie ou la décision de justice. 1. D’ailleurs. l’analyste peut facilement constater que ce cautionnement légal ou judiciaire est imposé. c'est-à-dire qu’il soit légal ou judiciaire (cf. 13 à 24). Section 1. non à la caution (seule partie au contrat de cautionnement avec le créancier cautionné). al. de l’AUS). nul ne pouvant être caution contre son gré.La formation du cautionnement A.La nature contractuelle du cautionnement 1°) L’exclusivité de la qualification contractuelle Le cautionnement est toujours un contrat. A. « cet engagement peut être contracté sans ordre du débiteur et même à son insu ». A peine de nullité. selon l’alinéa 2 du même texte. L’article 3. précise que « le cautionnement ne se présume pas. Ambiguïté a priori des notions de cautionnement légal ou judiciaire. de fournir une caution »). à exécuter l’obligation du débiteur si celui-ci n’y satisfait pas luimême ». 4 à 9). al. 3) : Section 1 : Formation du cautionnement (art. Par. 1er. 5 de l’AUS. al. En d’autres termes. de l’AUS en ces termes : « un contrat par lequel la caution s’engage. de l’AUS présente expressément le cautionnement comme « un contrat » (et non comme un acte juridique unilatéral) puisqu’il suppose toujours un accord de volonté entre la caution et le créancier (« la caution s’engage. 4. l’engagement de la caution est toujours volontaire. quelle que soit la nature de l'obligation garantie. envers le créancier qui accepte »).

ce qui est notamment mis en exergue par l’article 3.. le plus souvent. p. de l’AUS) 2°) Les parties exclusivement au cautionnement : caution et créancier cautionné  En théorie : caution et créancier cautionné exclusivement. Il n’en reste pas moins que.contrat de cautionnement). 1er et 2. le cautionnement est souscrit par la caution sur sollicitation. parfaitement étanche. sur l’engagement de la caution. Exclusion corrélative du débiteur principal. que le débiteur et la caution ont nécessairement des rapports juridiques. 3. n° 18. Comme en dispose expressément l’article 3 de l’AUS. de l’AUS : « cet engagement [de la caution envers le créancier qui l’accepte] peut être contracté sans ordre du débiteur et même à son insu ». à la demande du débiteur ainsi nécessairement au courant de l’opération (d’autant plus que le débiteur et la caution ont nécessairement des liens juridiques. l’article 4. le débiteur demeure un tiers étranger au contrat de cautionnement auquel seuls le créancier garanti et la caution sont parties. Le débiteur n’est ainsi pas partie au contrat. Si cette frontière est. la contrainte ne porte pas. Cela dit. « sur ordre ». En effet. Juriscope Sûretés et la doctrine citée. « peut être contracté sans ordre du débiteur et même à son insu » (art. dans ces cas-là. de facto. Cet engagement est toujours volontaire et. « apparaît comme une opération à trois personnes »19. alinéa 2. cit. […] être convenu de façon expresse entre la caution et le créancier » et qu’il « doit être constaté dans un acte comportant la signature des deux parties [précitées] » (adde infra les caractères). D’ailleurs. notamment au niveau des effets du cautionnement). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 . qu’il trouve sa cause dans l’existence d’une dette à garantir. notamment au niveau des effets du cautionnement… Cette situation est d’ailleurs telle que l’on n’hésite pas à qualifier le débiteur de « tiers intéressé pour les deux parties » au cautionnement qui. 19 Cf. de l’AUS ajoute de manière claire et précise que le cautionnement doit. al.  En pratique : « opération à trois personnes ». ces derniers étant les seules parties à l’acte. « à peine de nullité. 10 M. 3. en théorie. même dans cette hypothèse-là. elle l’est beaucoup moins en pratique ne serait-ce que parce que le cautionnement constitue un engagement de garantir la dette d’autrui. op. le cautionnement trouve sa source dans une convention conclue entre la caution et le créancier cautionné. d’ailleurs. al.

Neutre dans les rapports contractuels entre caution et créancier.B.Les caractères du cautionnement 1°) Caractère neutre dans les rapports caution/créancier cautionné Ni gratuité. etc. ni onérosité. par le débiteur principal. n’attend de ce dernier aucun avantage (voir infra caractère unilatéral). 3°) Caractère civil ou commercial Intérêts de la distinction.la détermination de la juridiction compétente (dans l’hypothèse où une distinction est faite entre juridictions civiles et juridictions commerciales). le cautionnement prend une coloration dans les rapports entre caution et débiteur principal. tout en étant soumis au même régime dans les rapports contractuels (caution/créancier cautionné). un acte à titre gratuit. Dans les rapports contractuels. par exemple. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 . ceux relatifs à : . . dispose. c'est-à-dire dans les rapports caution/créancier cautionné.la durée de la prescription extinctive. 2°) Caractère gratuit ou onéreux dans les rapports caution/débiteur principal Gratuité. le cautionnement est par nature un contrat de bienfaisance. le cautionnement se présente comme un contrat neutre en ce sens que la caution.la solidarité. Cela dit. en principe. En effet. ce qui n’est pas le cas de la caution qui. Onérosité. d’un recours lui donnant vocation à récupérer ce qu’elle aura dû payer. pourtant non animée d’aucune intention libérale vis-à-vis du créancier. la caution étant animée d’une intention libérale envers le débiteur à qui elle entend rendre un service d’ami. conformément à ses origines historiques. La qualification de donation n’est toutefois pas recevable puisque celle-ci implique un appauvrissement du gratifiant. Si le cautionnement est par nature gratuit. le cautionnement peut être conclu à titre onéreux : ainsi lorsque la caution (souvent un professionnel) fait rémunérer son engagement. il ne l’est pas par essence ou consubstantiellement. La question du caractère civil ou commercial d’un contrat n’est pas seulement académique. réalisant ainsi une donation indirecte. . En effet. elle présente des intérêts pratiques certains comme. En effet. M. contre le débiteur. rien n’interdit à la caution de renoncer à ce recours. à l’égard du créancier.

un caractère accessoire. son existence et son étendue dépendant de l’obligation principale20. Ce caractère accessoire apparaît aussi à travers de nombreuses dispositions dont plusieurs sont relatives aux effets du cautionnement (sur l’étude de ces effets.le cautionnement est donné contre rémunération par un établissement de crédit . Dans son principe et dans son étendue. L’objet de l’engagement de la caution résidant dans l’obligation d’une autre personne (le débiteur principal). dette d’autrui au service de laquelle se trouve le cautionnement. Parmi ces textes. voir infra).lorsqu’il constitue un acte de commerce par la forme : aval d’une lettre de change . de l’AUS aux termes duquel « le cautionnement ne peut exister que si l'obligation principale garantie est valablement constituée ». 1er) . THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 . le cautionnement présente. « le créancier doit aviser la caution de toute défaillance du débiteur principal et ne peut entreprendre de poursuites contre elle qu'après une mise en demeure de payer adressée au débiteur et restée sans effet » . alinéa 3.Distinction. lui. M. 4°) Caractère toujours accessoire mais pas nécessairement subsidiaire Caractère accessoire. « la prorogation du terme accordée au débiteur principal par le créancier doit être notifiée - 20 Il ne faut pas confondre accessoire et subsidiaire : alors que l’engagement accessoire n’existe que pour être mis au service du principal (sans idée de rang dans les poursuites). Ce caractère accessoire essentiel est ainsi traduit par l’article 7. al. 1er. on peut notamment citer : L’article 7. l’engagement subsidiaire est. celui qui ne peut être mis en jeu qu’en second. le cautionnement devient commercial dans certaines hypothèses comme : . en général. des cautionnements de sociétés commerciales donnés par les dirigeants ou les associés majoritaires. En principe civil. . sous peine de réduction à concurrence de celle-ci. L’article 13 dispose que « la caution n'est tenue de payer la dette qu'en cas de non-paiement du débiteur principal » (al. dispose que « l'engagement de la caution ne peut être contracté à des conditions plus onéreuses que l'obligation principale. la dette de la caution est placée sous la dépendance de l’obligation principale.lorsqu’il est donné par un commerçant pour les besoins de son commerce (acte de commerce par accessoire) . . par essence. . ni excéder ce qui est dû par le débiteur principal au moment des poursuites ». après le principal (avec idée de rang dans les poursuites).lorsque la caution a un intérêt patrimonial dans l’opération ou l’affaire qu’elle garantit : cas.

al. le cas échéant. Celle-ci est en droit de refuser le bénéfice de cette prorogation et de poursuivre le débiteur pour le forcer au paiement ou obtenir une garantie ou une mesure conservatoire ». al. Conclu entre le créancier cautionné et la caution. dispose que. après le principal (avec idée de rang dans les poursuites). La caution solidaire est tenue de l'exécution de l'obligation principale dans les mêmes conditions qu'un débiteur solidaire sous réserve des dispositions particulières du présent Acte uniforme » (al. 2).par ce dernier à la caution. Et ce. éteindre ou différer la dette… ». al. « toute caution […] peut opposer au créancier toutes les exceptions inhérentes à la dette qui appartiennent au débiteur principal et tendent à réduire. celui qui ne peut être mis en jeu qu’en second. L’article 19. L’article 15 dispose que « la caution est tenue de la même façon que le débiteur principal. M. puisque. L’article 18. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 . intérêts et frais au jour de la défaillance. dispose que « le créancier doit aviser la caution de toute défaillance du débiteur. lui. l’engagement subsidiaire est. quand bien même le cautionnement serait à titre onéreux (voir supra). dispose que « la caution est subrogée dans tous les droits et garanties du créancier poursuivant pour tout ce qu'elle a payé à ce dernier ». 5°) Caractère unilatéral Caractère unilatéral en l’absence d’obligations principales du créancier cautionné. Il ne faut pas confondre caractère accessoire et caractère subsidiaire : alors que l’engagement accessoire n’existe que pour être mis au service du principal (sans idée de rang dans les poursuites). le créancier ne peut poursuivre la caution simple ou solidaire qu'en appelant en cause le débiteur principal » (al. comme voie de rattrapage ou de secours. L’article 14. - - - Caractère accessoire (voie de contournement) mais pas nécessairement subsidiaire (voie de rattrapage). le cautionnement est un contrat ordinairement unilatéral puisqu’il ne fait naître d’obligations qu’à la charge du garant. 1er. 1er). déchéance ou prorogation du terme en indiquant le montant restant dû par lui en principal. 1er. en principe. 1er. cette rémunération est étrangère aux rapports contractuels caution/créancier garanti. déchéance ou prorogation du terme ». « Toutefois.

THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 . Il s’ensuit que le cautionnement reste un contrat unilatéral. commissions. 1er. de communiquer à la caution l'état des dettes du débiteur principal précisant leurs causes. intérêts. en toutes lettres et en chiffres ». « la caution qui ne sait ou ne peut écrire doit se faire assister de deux témoins qui certifient. Bien que déterminantes. C’est ainsi que. l’article 13. à tout moment. frais et autres accessoires restant dus à la fin du trimestre écoulé. écrite de la main de la caution. leurs échéances et leurs montants en principal. par la caution avant que la somme maximale garantie ait été atteinte] ». al. vis-à-vis de la caution. cette formalité. dite du « bon pour ». l’article 14. 3. al. L’AUS met à la charge du créancier cautionné. L’alinéa 2 du même texte ajoute que « lorsque le cautionnement est général.Caractère unilatéral même en présence d’obligations accessoires (information) pesant sur le créancier cautionné. al. dispose que « le créancier doit aviser la caution de toute défaillance du débiteur principal ». en lui rappelant la faculté de révocation par reproduction littérale des dispositions du présent article et de celles de l'article 9… [le cautionnement général peut être révoqué. déchéance ou prorogation du terme ». de la somme maximale garantie. constitue une exigence traditionnelle posée pour les contrats unilatéraux. dispose « le créancier doit aviser la caution de toute défaillance du débiteur. ces obligations mises à la charge de la caution n’en sont pas moins de simples obligations accessoires. en outre. ce que commande d’ailleurs la lecture de l’article 4. 6°) Caractère consensuel tempéré voire formaliste Principe du consensualisme. dans le mois qui suit le terme de chaque trimestre civil. « à défaut d'accomplissement des(dites) formalités […]. sa formation n’étant soumise à aucune forme ou formalité M. « le cautionnement doit être constaté dans un acte comportant la signature des deux parties et la mention. dans l'acte de cautionnement son identité et sa présence et attestent. notamment sur la portée et l’évolution de la dette garantie. que la nature et les effets de l'acte lui ont été précisés ». En effet. le créancier est tenu. Dans la même perspective d’information. un certain nombre d’obligations dont l’objectif commun et central est d’assurer l’information de cette dernière. aux termes de l’article 4. En règle ordinaire. 2. de l’AUS : sauf lorsqu’il s’agit d’une « caution qui ne sait ou ne peut écrire » assistée de deux témoins certificateurs. selon l’alinéa 3. des intérêts échus depuis la date de la précédente information jusqu'à la date de communication de la nouvelle information… ». al. déchéance ou prorogation du terme en indiquant le montant restant dû par lui en principal. le créancier est déchu vis-à-vis de la caution. le cautionnement est un contrat consensuel. Sachant que. intérêts et frais au jour de la défaillance. 3. En outre.

alinéa 3. Aux termes de l’alinéa 1er de ce texte. que « le cautionnement doit être constaté dans un acte comportant la signature des deux parties et la mention. « le cautionnement ne se présume pas. à la gravité de l’engagement de la caution. serait-ce tacitement. quelle que soit la nature de l'obligation garantie. un véritable formalisme ad validitatem : la volonté tacite ou. écrite de la main de la caution. sans toutefois faire allusion à une quelconque nullité. réserve toutefois le cas de la caution qui ne sait ou ne peut écrire. Quant à l’alinéa 2. n° 202. Cela dit. dans l'acte de cautionnement son identité et sa présence et attestent. CROCQ. entre autres. que l’engagement de la caution soit exprès et. interprété et appliqué de manière stricte.particulière : il faut mais il suffit que la caution ait manifesté d’une manière quelconque et non équivoque sa volonté de s’engager à se substituer au débiteur principal. L. Cf. Cela. il y a là. que la nature et les effets de l'acte lui ont été précisés. le consensualisme affiché est tempéré par les dispositions de l’article 4 de l’AUS posant. de la somme maximale garantie. en outre. Eu égard. cit. op. A peine de nullité (probablement relative). il doit être convenu de façon expresse entre la caution et le créancier »21. Ainsi. le cautionnement vaut pour la somme exprimée en lettres ». à exécuter l'obligation du débiteur si celui-ci n'y satisfait pas lui-même ». et que le créancier ait accepté cet engagement. de l’AUS aboutiraient-elles à faire du cautionnement un contrat solennel ou formaliste ? Certains commentateurs ont déjà pu répondre par l’affirmative. sous réserve des dispositions de l’alinéa 3 du même texte : « La caution qui ne sait ou ne peut écrire doit se faire assister de deux témoins qui certifient. encore moins. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 . AYNES et P. En cas de différence. s’agissant des prescriptions de l’alinéa 2. en son alinéa 1er. Les exigences de l’article 4. ici. en toutes lettres et en chiffres. alinéas 1er et/ou 2. le silence ne peuvent valoir cautionnement.. que cet engagement soit déterminé. sans le moindre doute. en son alinéa 2. Tempéraments formalistes. envers le créancier qui accepte. La présence des témoins certificateurs dispense la caution de l'accomplissement des formalités prévues par l'alinéa précédent ». Ce principe semble d’ailleurs découler de la définition donnée par l’article 3 de l’AUS : « le cautionnement est un contrat par lequel la caution s'engage. il dispose. on pourrait seulement y voir l’expression d’un « consensualisme tempéré »22 étant donné que. ce qui est sans doute indiscutable lorsqu’on se fonde sur les dispositions l’alinéa 1er. le législateur s’est gardé de 21 22 L’article 4. M.

toute référence à la nullité. Par. 2- La conditions de formation proprement dite du cautionnement Au-delà des conditions essentielles pour la validité de toutes conventions, le cautionnement est soumis à certaines exigences spécifiques. A- Les conditions relatives à la personne de la caution 1°) Les exigences en matière de capacité et de pouvoir a) Relative simplicité lorsque la caution engage directement son propre patrimoine Exigence d’une capacité de jouissance et de disposer. Le cautionnement étant un contrat, la caution doit avoir la capacité de contracter, quoiqu’une capacité particulière ne soit pas exigée lorsque la caution engage son propre patrimoine. S’agissant, qui plus est, d’un acte très grave pouvant causer la ruine de la caution, il équivaut à un acte de disposition voire le surpasse. C’est la raison pour laquelle un incapable ne peut se porter caution par lui-même et, s’agissant d’un acte de bienfaisance, son représentant légal ne devrait pas pouvoir le faire en son nom, sauf peut-être lorsqu’il s’agit d’un cautionnement consenti dans l’intérêt de l’incapable. b) Complications lorsque c’est l’administrateur du patrimoine d’autrui qui engage celui-ci par un cautionnement (cas de la société caution) Risques : abus de pouvoir ou du crédit de la société. En matière de sociétés, il existe toujours un risque que les associés majoritaires ou les dirigeants profitent de leur situation de force pour imposer à la société des opérations qui ne sont pas toujours profitables à celle-ci. Il peut s’agir, notamment, d’un abus de crédit qui correspond à l’hypothèse où le dirigeant fait garantir ses dettes par la société. Il peut aussi s’agir d’un abus de pouvoir, lorsque le dirigeant se sert en fait de ses prérogatives de gestion, d’administration ou de direction de la société pour, par exemple, approuver une convention défavorable. Remède : procédure de contrôle. Conscient de la plausibilité de ce risque d’abus, le législateur communautaire africain a mis en place, dans l’Acte uniforme relatif aux sociétés commerciales et au groupement d’intérêt économique (ciaprès AUSC), une procédure de contrôle de certaines conventions passées entre, d’une part, les associés ou les dirigeants et, d’autre part, la personne morale. En

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particulier, concernant les cautionnements souscrits par la personne morale en faveur de ses membres ou de ses dirigeants, il a été expressément mis en place une réglementation variable selon le type de groupement en cause23. NB : En cette matière, les seuls apports précis de l’AUS résident dans l’article 7, al. 2, aux termes duquel « le défaut de pouvoir du représentant pour engager la personne morale débitrice principale peut être invoqué par la caution de celle-ci ». On remarquera aisément que ce texte concerne spécifiquement la représentation de la personne morale débitrice principale, et non celle de la personne morale caution.

◊ Dans les SA : conventions de cautionnement réglementées, sauf exceptions, lorsque le débiteur garanti est un tiers. En dehors des opérations interdites et des conventions libres (voir infra), toutes les autres sont réglementées, c’est-à-dire qu’elles sont soumises à la procédure d’approbation par, selon le cas, le conseil d’administration ou l’assemblée générale ordinaire. Article 449 AUSC relatif à la SA avec conseil d’administration : « *Les cautions, avals, garanties et garanties à première demande souscrits par la société pour des engagements pris par des tiers font l'objet d'une autorisation préalable du conseil d'administration. *Le conseil d'administration peut, dans la limite d'un montant total qu'il fixe, autoriser le président directeur général ou le directeur général, selon le cas, à donner des cautions, avals, garanties ou
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Aucune disposition particulière ne semblant avoir été prévue, en matière de cautionnement, pour les sociétés de personnes, il convient donc de se référer aux textes de l’AUSC relatifs à l’objet de la personne morale et à ceux relatifs aux attributions de la gérance. Ainsi, en vertu de la règle de la spécialité de l’objet, l’acte de cautionnement souscrit par la société n’engage celle-ci vis-à-vis des tiers que si cet acte entre dans l’objet social (puisque les dirigeants n’engagent la société et, par conséquent, les associés personnellement que par les actes entrant dans l’objet social : cf. art. 277, al. 2, de l’AUSC pour la SNC). Il convient néanmoins de relativiser cette limitation puisque l’article 122 de l’AUSC dispose que « la société est engagée par les actes des organes de gestion, de direction et d'administration qui ne relèvent pas de l'objet social, à moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer compte tenu des circonstances, sans que la seule publication des statuts suffise à constituer cette preuve ». Vis-à-vis des associés, le critère de l’objet social cède le pas à celui de l’intérêt social : selon l’article 277, al. 1er, de l’AUSC relatif à la SNC, « dans les rapports entre associés et en l'absence de la détermination de ses pouvoirs par les statuts, le gérant peut faire tous les actes de gestion dans l'intérêt de la société. En cas de pluralité de gérants, chacun détient les mêmes pouvoirs que s'il était seul gérant de la société, sauf le droit pour chacun de s'opposer à toute opération avant qu'elle ne soit conclue ».

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garanties à première demande. Cette autorisation peut également fixer, par engagement, un montant au-delà duquel la caution, l'aval, la garantie ou la garantie à première demande de la société ne peut être donné. Lorsqu'un engagement dépasse l'un ou l'autre des montants ainsi fixés, l'autorisation du conseil d'administration est requise dans chaque cas. La durée des autorisations prévues à l'alinéa précédent ne peut être supérieure à un an quelle que soit la durée des engagements cautionnés, avalisés ou garantis. Par dérogation aux dispositions des alinéas qui précèdent, le président directeur général ou le directeur général, selon le cas, peut être autorisé à donner, à l'égard des administrations fiscales et douanières, des cautions, avals, garanties ou garanties à première demande, au nom de la société, sans limite de montant. Le président directeur général ou le directeur général, selon le cas, peut déléguer le pouvoir qu'il a reçu en application des alinéas qui précèdent. Si les cautions, avals, garanties ou garanties à première demande ont été donnés pour un montant total supérieur à la limite fixée pour la période en cours, le dépassement ne peut être opposé aux tiers qui n'en ont pas eu connaissance à moins que le montant de l'engagement invoqué excède, à lui seul, l'une des limites fixées par la décision du conseil d'administration prise en application des dispositions du présent article. Article 506 AUSC relatif à la SA avec administrateur général : « *Les cautions, avals, garanties ou garantie à première demande donnés par l'administrateur général ou par l'administrateur général adjoint ne sont opposables à la société que s'ils ont été autorisés préalablement par l'assemblée générale ordinaire, soit d'une manière générale, soit d'une manière spéciale. *Toutefois, cette limite ne s'applique pas aux avals, cautions et garanties donnés par l'administrateur général ou par l'administrateur général adjoint agissant au nom de la société, aux administrations douanières et fiscales ».

◊ Dans les SA et les SARL : conventions de cautionnement interdites, sauf exceptions, lorsque le débiteur garanti est un dirigeant ou un associé Dans la société à responsabilité limitée, l’interdiction est posée par l’article 356 de l’AUSC :
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« A peine de nullité du contrat, il est interdit aux personnes physiques, gérantes ou associées […] de faire cautionner ou avaliser par elle (la SARL) leurs engagements envers les tiers. Cette interdiction s'applique également aux conjoints, ascendants et descendants des personnes visées à l'alinéa premier du présent article, ainsi qu'à toute personne interposée ». Dans la société anonyme, deux textes posent cette interdiction, souffrant quelques exceptions (conventions libres), selon le type de direction retenu : Article 450 AUSC relatif à la SA avec conseil d’administration : « A peine de nullité de la convention, il est interdit aux administrateurs, aux directeurs généraux et aux directeurs généraux adjoints ainsi qu'à leurs conjoint, ascendants ou descendants et aux autres personnes interposées […] de faire cautionner ou avaliser par elle (la société anonyme) leurs engagements envers les tiers. Cette interdiction ne s’applique pas aux personnes morales membres du conseil l’administration. Toutefois, leur représentant permanent, lorsqu'il agit à titre personnel, est également soumis aux dispositions de l’alinéa premier du présent article. Lorsque la société exploite un établissement bancaire ou financier, cette interdiction ne s'applique pas aux opérations courantes conclues à des conditions normales ». Article 507 AUSC relatif à la SA avec administrateur général : « A peine de nullité du contrat, il est interdit à l'administrateur général ou à l'administrateur général adjoint lorsqu'il en est nommé, ainsi qu'à leurs conjoint, ascendants, descendants et aux personnes interposées […] de faire cautionner ou avaliser par elle (la société anonyme) leurs engagements envers les tiers. Toutefois, lorsque la société est un établissement bancaire ou financier, elle peut consentir à son administrateur général ou à son administrateur général adjoint, sous quelque forme que ce soit, […] un aval, un cautionnement ou toute autre garantie, si ces conventions portent sur des opérations courantes conclues à des conditions normales ». 2°) Les exigences relatives au domicile ou à l’élection de domicile de la caution Dans l’objectif de faciliter les poursuites du créancier (et de lui seul, ce qui explique qu’il puisse renoncer à se prévaloir de l’exigence) contre la caution,

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au lieu Ŕ choisi Ŕ où une partie sera réputée domiciliée pour l’exécution d’un contrat. sauf dispense du créancier ou de la juridiction compétente ». même s’il y a souvent coïncidence entre les deux). 24 « La solvabilité d’une caution ne s’estime qu’eu égard à ses propriétés foncières. excepté en matière de commerce. volontairement ou en justice. 3°) Les exigences relatives à la solvabilité de la caution Exigence logique de solvabilité de la caution. « tous les éléments de son patrimoine ». Comme voie de rattrapage. notamment. S’écartant ainsi de l’adage « res mobilis.l’article 5. alinéa 1. l’article 6. l’article 5. 2. de l’AUS dispose que cette dernière « doit être domiciliée ou faire élection de domicile dans le ressort territorial de la juridiction où elle doit être fournie. Puisque la caution s’engage envers le créancier bénéficiaire de la garantie à exécuter l’obligation du débiteur principal au cas où ce dernier ne le ferait pas. ou lorsque la dette est modique. l’article 5. alinéa 1er. de l’AUS dispose qu’elle « doit présenter des garanties de solvabilité appréciées en tenant compte de tous les éléments de son patrimoine ». cela pour déterminer. 3. est devenue ensuite insolvable. al. le domicile élu correspond. Rappelons que si le domicile stricto sensu (qu’il soit volontaire ou légal comme pour les mineurs) correspond au lieu où la personne a juridiquement son principal établissement (il ne se confond pas avec la résidence. notion de fait. prévoit que « le débiteur qui ne peut trouver une caution pourra la remplacer par toute sûreté réelle donnant les mêmes garanties au créancier ». ou dont la discussion deviendrait trop difficile par l’éloignement de leur situation ». M. la compétence juridictionnelle. al. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 4 . Palliatif de l’impossibilité de trouver une caution. dont une application est donnée par l’article 2019 du Code civil français24. le débiteur doit en fournir une autre ou fournir une sûreté réelle donnant les mêmes garanties au créancier ». res vilis ». le législateur uniforme africain a décidé de ratisser très large en visant. Assiette large d'appréciation de la solvabilité. prévoit que « lorsque la caution reçue par le créancier. On n’a point égard aux immeubles litigieux. comme assiette d’appréciation de la solvabilité de la caution. A titre de succédané de la caution (solvable). Remède à l’insolvabilité a posteriori de la caution. lui.

al. Du reste. une entrave à la formation de celui-ci. En effet. En particulier. puisque. « il est possible de cautionner. les engagements d'un incapable ». B. Le principe précité de dépendance (unilatérale) est immédiatement tempéré par l’article 7. notons que l’objet de l’engagement de la caution réside ainsi dans l’obligation d’une autre personne (le débiteur principal) . l’alinéa 2 du même article précise que « cette règle reçoit exception dans le seul cas où la caution a été donnée en vertu d'une convention par laquelle le créancier a exigé telle personne pour caution ». toute prescription juridique est caractérisée par deux M. selon ce texte. par effet toboggan dû au caractère accessoire du cautionnement. 1°) L’exigence relative d’une obligation principale valablement constituée Principe. ne lie pas la caution… ». 2°) L’indifférence de valablement constituée la nature particulière de l’obligation principale Dès l’instant où l’obligation principale (de nature juridique25) a été valablement 25 Du point de vue juridique. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 5 . d'une obligation entachée de nullité relative. cette situation constituera. par le débiteur. al. en règle ordinaire. « la confirmation. L’article 7. en parfaite connaissance de cause. son existence et son étendue dépendant de l’obligation principale (voir supra).Toutefois. Tempéraments. de l’AUS dispose d’emblée.Les conditions relatives à l’obligation cautionnée Le cautionnement est un contrat unilatéral par lequel la caution s’engage à exécuter l’obligation du débiteur principal au cas où ce dernier ne le ferait pas. si « la confirmation. que « le cautionnement ne peut exister que si l'obligation principale garantie est valablement constituée ». De même. par le débiteur. 1er. il n’est d’obligation que lorsque cette obligation est assortie d’une sanction juridique. ne lie pas la caution ». ce qui fait que le cautionnement présente un caractère accessoire. il n’en va plus de même en cas de « renonciation expresse. d'une obligation entachée de nullité relative. si l’obligation principale est nulle. par la caution. 1er. A contrario. à titre de principe. à cette nullité » (le jeu de cette règle est logiquement écarté en présence d’une nullité absolue entachant l’obligation principale).

op. obligation de faire ou de ne pas faire.. Cette règle de bon sens découle des dispositions de l’article 7 de l’AUS : « l'engagement de la caution ne peut être contracté à des conditions plus onéreuses que l'obligation principale. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 6 . al. 1er. 2. « le débiteur principal ne peut aggraver l'engagement de la caution par une convention postérieure au cautionnement » (al. cit. obligation volontaire ou légale (voir supra le domaine matériel d’application de l’AUS). de l’AUS) et. dispose que « l'acte constitutif de l'obligation principale doit être annexé à la convention de cautionnement ». Ainsi. 4). par un cautionnement (voir. l’article 8. son obligation ne saurait être plus étendue que celle du débiteur garanti. Néanmoins. 15. 26. cette sanction serait inexistante et. à savoir un commandement et une contrainte. Il peut s’agir de dettes actuelles ou présentes. Tracement de l’obligation de la caution à l’aune de celle du débiteur principal.constituée. pour qu’il n’y ait aucune équivoque sur l’étendue de l’obligation garantie. selon une doctrine. sous peine de réduction à concurrence de celle-ci. Ainsi. de l’AUS). al. rien n’empêche que la caution s’engage seulement en deçà de l’obligation du débiteur principal (en ne garantissant qu’une fraction de la dette). n° 60. dans le silence du texte sur la sanction dont cette exigence serait assortie. 3°) L’étendue de l’obligation cautionnée a) Règles ordinaires Exigence de détermination ou de déterminabilité de l’obligation cautionnée. al. de l’AUS). de l’AUS. p. pour un montant plafonné ou seulement pour une durée déterminée. ce qui n’est pas le cas de l’obligation dite naturelle. de dettes futures ou à venir. M. « la caution est tenue de la même façon que le débiteur principal » (art. tout au plus. ni excéder ce qui est dû par le débiteur principal au moment des poursuites » (al. Cela dit. quelle que soit sa nature ou source particulière : obligation civile ou commerciale. notamment. Puisque la caution est un débiteur accessoire qui s’engage à exécuter l’obligation du débiteur principal au cas où ce dernier ne le ferait pas. 1er. C’est éléments. plus rarement. 1er. al. son exécution peut être garantie par une sûreté (cf. tout au moins en filigrane. l’article 4. le seul fait de mentionner dans le cautionnement que la formalité a été effectuée devrait suffire26. La caution garantit une ou plusieurs dettes principales déterminées ou déterminables. et ce. mais aussi. 3) . Juriscope Sûretés . la définition donnée par l’article 1er. obligation de donner. 26 Cf.

de cautionnement « omnibus ». al. 4). Le droit uniforme reconnaît clairement la possibilité du « cautionnement général des dettes du débiteur principal. aux termes duquel « le cautionnement peut […] être contracté pour une partie seulement de la dette et sous des conditions moins onéreuses ». Etendue de l’obligation de la caution en cas de pluralité de garants (cofidéjusseurs) : dettes conjointes sauf stipulation de solidarité ou renonciation à la solidarité stipulée. « s'il existe plusieurs cautions pour un même débiteur et une même dette. sont exclues. aux termes de l’article 9 de l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 7 . sur premières poursuites du créancier. en premier lieu. demander la division de la dette entre les cautions solvables au jour où l'exception est invoquée » (voir infra. l’article 8. outre le principal. et dans la limite de la somme maximale garantie. sauf clause contraire expresse. L’emploi du verbe « pouvoir » montre bien que l’extension de la garantie aux accessoires et frais de recouvrement de la créance (capital) ne constitue qu’une faculté. De même. toutes dettes extracontractuelles. que de la garantie des dettes contractuelles directes » (al. en deuxième lieu. Ainsi. alinéa 1er. sous la forme d'un cautionnement de tous engagements. al. sauf stipulation de solidarité entre elles ou renonciation par elles à ce bénéfice. b) Hypothèse particulière du cautionnement général dit « omnibus » Licéité du cautionnement général. 1er) et non « antérieures à la date du cautionnement » (al. dans la pratique. Selon l’article 17. même M. y compris ceux postérieurs à la dénonciation qui est faite à la caution à condition que cet engagement résulte d'une mention manuscrite de la caution conformément aux dispositions de l'article 4… ». A contrario. un tel cautionnement général « ne s'entend. d’ailleurs subordonnée à des conditions de forme (mention manuscrite). de l’AUS. aux accessoires de la dette et aux frais de recouvrement de la créance. dispose que « le cautionnement d'une obligation peut s'étendre. Admission sous bénéfice d’inventaire. On parle. Uniquement les dettes contractuelles directes et postérieures au cautionnement. chacune d'elles peut. 1er. toutes dettes indirectes. L’admission du cautionnement « omnibus » est faite à des conditions très strictes.ce qui découle de l’article 8. modalités du cautionnement). de l’AUS. du solde débiteur d'un compte courant ou sous toute autre forme ». 3.

contractuelles (par exemple, celles du débiteur principal tenu en qualité de caution) et, en troisième lieu, toutes dettes du débiteur principal antérieures à la date du cautionnement.

Détermination (libre) d’une somme maximale. Aux premières exigences précitées, s’ajoute celle de l’article 9, al. 1er in fine : le cautionnement général
« doit être conclu, sous peine de nullité, pour une somme maximale librement déterminée entre les parties, incluant le principal et tous accessoires ». Cela dit, l’alinéa 2 précise immédiatement que « le cautionnement général peut être renouvelé lorsque la somme maximale est atteinte », à condition que ce renouvellement soit exprès, sans possibilité de clause contraire (réputée non écrite).

Révocabilité ad nutum mais non rétroactive du cautionnement général et effets. L’article 9, al. 3, de l’AUS dispose que le cautionnement général « peut être révoqué, à tout moment, par la caution avant que la somme maximale garantie ait été atteinte » mais, le cas échéant, « tous les engagements du débiteur garanti nés avant la révocation restent garantis par la caution ». Section 2- Les modalités du cautionnement Par. 1- Cautionnement simple et cautionnement solidaire La distinction entre cautionnements simple et solidaire est étrangère au principe de l’accessoire, puisqu’elle n’affecte que les modalités de la poursuite de la caution par le créancier cautionné. Selon l’article 10 de l’AUS « le cautionnement est réputé solidaire » (al. 1er), « il est simple lorsqu'il en est ainsi décidé, expressément, par la loi de chaque Etat partie ou la convention des parties » (al. 2). Le cautionnement solidaire devient ainsi le principe, le droit commun, dans l’AUS (à la différence de l’article 1202 du Code civil français qui dispose que « la solidarité ne se présume point ; il faut qu’elle soit expressément stipulée »), alors que le cautionnement simple est relégué au rang de simple exception qui n’est mise en œuvre que si elle est prévue par la loi ou la convention des parties. Néanmoins, l’article 11, al. 2, dispose, lorsque la caution s’est, elle-même, fait cautionner par un certificateur désigné comme tel dans le contrat (voir infra), que, « sauf stipulation contraire, le ou les certificateurs sont cautions simples de la caution certifiée ».

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A- Le principe : le cautionnement solidaire

Quoique l’AUS n’en parle pas expressément et précisément, trois sortes de cautionnement solidaire sont concevables, toutes offrant au créancier un double avantage : celui du cautionnement et celui de la solidarité.

1°) Le cautionnement solidaire entre le débiteur principal et la ou les cautions (elles-mêmes solidaires entre elles)

Plus répandu, le cautionnement solidaire entre la ou les cautions et le débiteur principal offre au créancier une grande sécurité : à son égard, caution(s) et débiteur sont assimilés à des codébiteurs solidaires, ce qui produit des effets principaux et secondaires.

a) Effets principaux

Principe. Aux termes de l’article 15, al. 1er in fine, de l’AUS, « la caution solidaire est tenue de l'exécution de l'obligation principale dans les mêmes conditions qu'un débiteur solidaire sous réserve des dispositions particulières du présent Acte uniforme ». Ainsi, dans le cautionnement solidaire, les bénéfices de division et de discussion sont normalement désactivés de sorte que le créancier peut, à son choix, demander paiement de la totalité de la dette à l’un quelconque des débiteurs (débiteur principal et caution). Le paiement fait par la caution (ou l’une des cautions) libère le débiteur vis-à-vis du créancier, au moins partiellement dans l’hypothèse où le cautionnement était limité. La caution peut, à l’inverse, opposer au créancier toutes les exceptions qui ne sont pas purement personnelles au débiteur.

Limites. Pourtant, cette faculté d’option est curieusement tempérée par les textes uniformes africains, au point, nous semble-t-il, de vider la solidarité d’une partie de sa substance ou de ses intérêts : avec les dispositions ci-après, n’y aurait-il pas une sorte de « bénéfice de discussion », certes inachevé (puisque le créancier n’a pas à poursuivre, en premier lieu, le débiteur principal, à saisir et à vendre ses biens), reconnu à la caution solidaire ?. Selon l’article 13, al. 2 in fine, « le créancier […] ne peut entreprendre de

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poursuites contre elle [la caution] qu'après une mise en demeure de payer adressée au débiteur [principal] et restée sans effet ». Selon l’article 15, al. 2, « le créancier ne peut poursuivre la caution simple ou solidaire qu'en appelant en cause le débiteur principal ».

Cela dit, en présence de plusieurs cautions solidaires, le créancier n’a toutefois pas à diviser ses recours. Mais « le créancier qui divise volontairement son action ne peut revenir sur cette division et supporte l'insolvabilité des cautions poursuivies sans pouvoir la reporter sur les autres cautions » (art. 17, al. 3, AUS). b) Effets secondaires

Aux effets principaux précités, s’ajoutent des effets secondaires reposant sur l’idée de représentation mutuelle entre les codébiteurs solidaires, ce qui facilite la poursuite du créancier. Sauf collusion frauduleuse entre le créancier et la caution ou le débiteur, voici les effets secondaires de la solidarité : la mise en demeure adressée à la caution vaut à l’égard du débiteur principal et inversement ; l’interruption de la prescription à l’égard de l’un vaut à l’égard de l’autre ; l’autorité de la chose jugée à l’égard de l’un vaut pour l’autre.

2°) Le cautionnement solidaire entre les seules cautions

Dans cette configuration, rare en pratique, les cofidéjusseurs sont des cautions simples tant vis-à-vis du créancier que du débiteur principal : il n’y a de solidarité qu’entre eux. Cette convention a pour seul effet d’exclure le bénéfice de division, mais non le bénéfice de discussion. La dette de chacun des cofidéjusseurs est autonome, l’une n’est pas l’accessoire de l’autre : seules les exceptions touchant à la dette commune (paiement direct ou indirect, remise de dette, etc.) bénéficient à toutes les cautions solidaires (en revanche, les exceptions tenant à leur lien propre avec le créancier Ŕ comme un redressement ou une liquidation judiciaire Ŕ ne peuvent être invoqués par les autres).

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3°) Le cautionnement solidaire entre, d’une part, le débiteur et, d’autre part, chacune des cautions (mais non entre les cautions)

Cette situation se rencontre dans deux cas : - soit plusieurs cautions s’engagent, souvent par des actes séparés (mais pas nécessairement), à garantir solidairement avec le débiteur une dette différente (ou une fraction différente de la même dette), ces différentes garanties devant s’ajouter. Il n’y a aucune solidarité entre les cautions qui ne peuvent être tenues de la dette (ou de la fraction de celle-ci) garantie par l’autre et, corrélativement, ne bénéficient pas de la décharge consentie par le créancier à l’une d’elles. - soit plusieurs cautions s’engagent (successivement en général) à garantir, solidairement avec le débiteur, la même dette (ou la même fraction de la dette). Dans ce cas, les cautionnements ne comportent pas de bénéfice de discussion, mais doivent comporter le bénéfice de division entre cautions solvables.

B- L’exception légale ou conventionnelle : le cautionnement simple Plus rare en pratique (au point sans doute que, par réalisme, le législateur uniforme en ait fait l’exception), le cautionnement simple est, en réalité, très tracassant pour le créancier puisque la caution dispose de deux moyens pour retarder son paiement et alléger son obligation : le bénéfice de discussion et le bénéfice de division. 1°) Le bénéfice de discussion de la caution ou moyen de retarder son paiement Mécanisme. Le bénéfice de discussion est une conséquence du caractère accessoire voire subsidiaire de l’engagement de la caution : celle-ci ne doit payer qu’à défaut du débiteur principal, une fois établie l’insolvabilité de ce dernier. De la sorte, la caution peut donc contraindre le créancier à poursuivre en premier lieu le débiteur principal, à saisir et à vendre ses biens avant de l’exécuter. Domaine. Vu ses dangers pour le créanciers, le bénéfice de discussion est exclu dans certains cas : la caution judiciaire (celle dont la fourniture est imposée par un jugement) et la caution solidaire (voir supra) ne disposent pas du bénéfice de

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Ce bénéfice permet à la caution d’obliger le créancier à ne la poursuivre que pour 27 Le bénéfice de discussion ne jouant pas de plein droit. elle est censée avoir renoncé à s’en prévaloir. le créancier a intérêt à poursuivre rapidement le débiteur puisque. jusqu'à concurrence des biens indiqués. la caution simple ne dispose plus du bénéfice de discussion lorsqu’il y a expressément renoncé (art. il « est. Autrement dit. 2) 27. M. 1er) . al. demander la division de la dette entre les cautions solvables au jour où l'exception est invoquée » (art. 28 Si plusieurs cautions garantissent des dettes distinctes (ainsi lorsque l’une garantit le principal. c'est-à-dire en réponse aux premières poursuites du créancier. 3. Le bénéfice est opposé par la caution par voie d’exception. l’article 16. Pour éviter que l’exception ne soit opposée à la légère. 1er. al. dès l’instant où le bénéfice de discussion a été régulièrement soulevé. Conditions de mise en œuvre et effets. il reviendra au créancier de supporter les éventuels désagréments consécutifs au défaut de poursuite ou à la poursuite tardive du débiteur principal. Cela dit. sauf stipulation de solidarité entre elles ou renonciation par elles à ce bénéfice. 2. responsable. mais reprendront dans la mesure où le créancier n’aura pas obtenu pleine satisfaction. oblige la caution à indiquer les biens du débiteur principal susceptibles d'être saisis immédiatement sur le territoire national et à produire des deniers suffisants pour le paiement intégral de la dette. 2°) Le bénéfice de division de la caution ou moyen d’alléger son obligation Le bénéfice de division n’existe qu’en présence d’une pluralité de cautions pour une même dette et un même débiteur28. 16. 16. al. dès lors que la caution a indiqué les biens et fourni les deniers suffisants pour la discussion. l’autre les intérêts) ou des fractions distinctes d’une même dette. sur premières poursuites du créancier.discussion (art. al. il doit être invoqué par la caution au moment des premières poursuites (in limine litis). al. AUS). la question du bénéfice de division (de la même dette) ne se pose pas. de l'insolvabilité du débiteur principal survenue par le défaut de poursuites ». selon l’article 16. 17. En outre. Ces poursuites sont alors suspendues jusqu’à la fin de la procédure de vente forcée des biens du débiteur principal. la caution doit avancer les frais de discussion ou consigner la somme nécessaire arbitrée par la juridiction compétente à cet effet. « S'il existe plusieurs cautions pour un même débiteur et une même dette. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 2 . Autrement. à l'égard de la caution. chacune d'elles peut.

le ou les certificateurs sont cautions simples de la caution certifiée ». al. 17. 2). 2. le certificateur (ou caution) de la caution certifiée.Pluralité de cautions de rang différent : certification de caution Aux termes de l’article 11. pour la sous-caution.sa part dans la dette29. le certificateur sera poursuivi par le créancier en cas de défaillance de la caution certifiée (qui est elle même poursuivie en cas de défaillance du débiteur principal). de l’AUS. la caution peut elle-même exiger de celui-ci qu’il lui fournisse une caution.La pluralité de cautions de même rang : les cofidéjusseurs Il se peut que plusieurs personnes. « le créancier qui divise volontairement (spontanément) son action ne peut revenir sur cette division et supporte l'insolvabilité des cautions poursuivies sans pouvoir la reporter sur les autres cautions » (art. rend le procédé moins attractif que le cautionnement solidaire. M. al. B.Caution unique et pluralité de cautions lato sensu A. au second rang. Ainsi. ce qui. « sauf stipulation contraire. Il n’y a pas de lien entre le certificateur et le débiteur principal. si l’une est insolvable. mais seulement à l’égard de la caution principale (qui est donc. se faire cautionner par un certificateur désigné comme tel dans le contrat ». Selon l’article 11. 2. elle-même. al. 17. appelées cofidéjusseurs. Cela dit. puisque l’obligation que garantit le certificateur de caution n’est pas l’obligation principale. En outre. « la caution peut. La certification de caution constitue donc un cautionnement au second degré (à ne pas confondre avec le sous-cautionnement31) qui donne au créancier deux cautions dont la seconde répond de la première : au premier rang. Par. mais celle de la caution (le principe et l’étendue de l’obligation du certificateur s’apprécient par référence à l’obligation de la caution de premier rang). 31 Afin de garantir son recours contre le débiteur principal. caution de la caution. 3). le créancier cautionné). A la différence du certificateur de caution. la sous-caution garantit la dette du débiteur principal. la division n’a lieu qu’entre les cautions solvables au moment des poursuites. pour le créancier. 1er. mais disposera d’un recours Ŕ chimérique Ŕ contre la 3e. Néanmoins. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 3 . 29 Dans l’exemple de 3 cautions indéfinies pour une obligation de 1500. 30 Dans l’exemple de 3 cautions indéfinies pour une obligation de 1500. le risque d’insolvabilité étant alors supporté par les cautions jusqu’aux poursuites30. al. la caution de son débiteur principal (dite caution certifiée) et. se portent caution. chacune pourra exiger de n’être poursuivie que pour 500. chacun des 2 autres pourra être poursuivie pour 750. « la caution ne répond pas des insolvabilités des autres cautions survenues après la division » (art.

Cette sûreté réelle pour autrui. En effet. 2). dite cautionnement réel (quoique l’appellation ne soit pas utilisée par le législateur uniforme). « elle peut également limiter son engagement à la valeur de réalisation du ou des biens sur lesquels elle a consenti une telle sûreté » (al.Les effets du cautionnement Par. il peut y avoir constitution d’une sûreté réelle (nantissement ou hypothèque) au bénéfice du créancier. demander la division de la dette entre les cautions solvables au jour où l’exception est invoquée ». Par. Elle présente un intérêt certain pour la caution qui n’engage pas tout son patrimoine. « la caution peut garantir son engagement en consentant une sûreté réelle sur un ou plusieurs de ses biens » (al. celle-ci bénéficie ailleurs d’une reconnaissance. 3. poursuivi pour le tout.au même rang. l’un quelconque pouvant être. de l’AUS. contenu dans la Section consacrée aux effets du cautionnement. Toutefois. En d’autres termes. non du constituant de cette sûreté. chacune peut. dispose « s’il existe plusieurs cautions pour un même débiteur et une même dette. en garantie d’une dette. en cas de défaillance du débiteur principal. d’une sûreté personnelle et d’une sûreté réelle. mais elle présente aussi des charmes pour le créancier puisque cela lui procure les avantages attachés aux sûretés réelles. sur premières poursuites du créancier. la Section consacrée aux modalités du cautionnement n’évoque pas cette modalité de cautionnement. Certes. constitue donc la contraction. Les cofidéjusseurs cautionnent la dette principale. dans un même acte. d’un même débiteur. 1. mais d’un tiers (débiteur principal). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 4 . le cautionnement réel connaît un régime mixte qui n’est pas sans complexité. L’alinéa 2 du même texte précise que « la caution ne répond pas des insolvabilités des autres cautions survenues après la division ». l’article 17. Un arrêt très récent de l'Assemblée plénière de la Cour de cassation Section 3. alinéa 1er.Le « cautionnement réel » comme résultat de la contraction d’une sûreté personnelle et d’une sûreté réelle Aux termes de l’article 12. Etant hybride. comme le révèle l’évolution de la jurisprudence française en la matière. sauf stipulation de solidarité entre elles ou renonciation par elles à ce bénéfice. 1er).La poursuite de la caution M.

étymologiquement ou littéralement. que le débiteur est « dans ses biens » ou. dans ce cas. La prorogation du terme consentie par le créancier au débiteur principal (la dette principale reste exigible. une clause du contrat de cautionnement pourrait valablement interdire au créancier d’accorder une prorogation du délai au débiteur sans l’accord exprès de la caution. actuellement. ce qui exclut la prorogation tacite due à l’abstention du créancier à poursuivre le débiteur à l’arrivée du terme] doit être notifiée par ce dernier à la caution [même solidaire]. que le débiteur est à la tête de son patrimoine. qu’il est maître de ses biens. op.A. seule son exécution forcée étant suspendue (comme en droit français) . dans ce cas de figure. solliciter un délai ou exercer un recours anticipé contre le débiteur principal (cf. mais son exécution forcée est suspendue. n° 69) M. 3. Quid alors de la prolongation qui serait imposée au créancier. al. néanmoins. cit. c'est-à-dire que la caution ne peut être poursuivie que si la dette principale est arrivée à terme. son obligation est exigible en même temps que celle du débiteur principal. la situation peut se complexifier dans certaines hypothèses :  Prorogation du terme.. pourrait s’ajouter une protection conventionnelle : en effet. la caution pourrait ellemême. de l’AUS dispose que : « la prorogation du terme accordée au débiteur principal par le créancier [expressément. notamment par l’octroi d’un délai de grâce au débiteur principal ? Il semble que. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 5 . à peine de déchéance de son droit contre celle-ci. ce qui est nécessairement favorable au débiteur principal) risque d’alourdir la situation de la caution si cette prolongation lui est applicable. A priori simple. Celle-ci est en droit de refuser le bénéfice de cette prorogation et de poursuivre le débiteur pour le forcer au paiement ou obtenir une garantie ou une mesure conservatoire »32. 32 Remarquons que le texte ne vise que la prorogation de terme « accordée […] par le créancier ». il n’est pas interdit au créancier de poursuivre la caution puisque la dette principale reste exigible.L’appel en garantie de la caution in bonis La situation d’un créancier in bonis signifie. A cette protection légale. 1°) Les conditions préalables communes à tous les cautionnements a) L’exigibilité de la dette principale Cette condition est rattachée au caractère accessoire du cautionnement : puisque la caution garantit la dette du débiteur principal. C’est la raison pour laquelle l’article 13. par opposition à celui qui est dessaisi de ses pouvoirs de gestion en raison notamment d’une procédure collective. Juriscope Sûretés.

2. la caution encourt la déchéance du terme si. si la dette du débiteur principal devient exigible avant la date initialement convenue. la déchéance du terme accordée au débiteur principal ne s'étend pas automatiquement à la caution qui ne peut être requise de payer qu'à l'échéance fixée à l'époque où la caution a été fournie ». M. Juriscope Sûretés. « toutefois. 1er. selon l’article 15. - b) La défaillance du débiteur principal La condition. cette situation ne s’étend pas et ne peut s’étendre (d’où l’inefficacité des clauses contraires) à la caution qui reste tenu dans les termes initialement convenus33. Deux règles simples sont posées par l’article 13. al. Autrement dit. n° 72). al. La défaillance constatée du débiteur principal. après mise en demeure. parfois défendue. la déchéance du terme peut être retenue contre la caution en tant que sanction de son comportement fautif. « le créancier ne peut poursuivre la caution simple ou solidaire qu'en appelant en cause le débiteur principal ». 4. notamment. d’autre part. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 6 . « nonobstant toute clause contraire. l’AUS ne consacre pas la thèse. op. selon l’article 13. de l’opposabilité de la déchéance du terme (accordée au débiteur principal) à la caution et reposant. de l’AUS. de l’AUS. de l’AUS. En d’autres termes. sur l’idée selon laquelle la caution doit payer au moment même où le débiteur principal est tenu de payer (cf. al. « la caution n’est tenue de payer qu’en cas de non-paiement du débiteur principal ». Cette exigence est rappelée par les textes : selon l’article 3.. Déchéance du terme. c'est-à-dire son défaut de paiement. « le cautionnement est un contrat par lequel la caution s'engage. envers le créancier qui accepte. de l’AUS : d’une part. - 33 Ainsi. est une condition nécessaire à la poursuite de la caution. 1er. cit. laquelle est toujours un débiteur de second rang (même en cas de solidarité). elle ne satisfait pas à ses propres obligations à l'échéance fixée ». al. à exécuter l'obligation du débiteur si celui-ci n'y satisfait pas lui-même » .

ne pourrait être écartée par un clause contraire du contrat de cautionnement. Le coobligé ou la caution qui a fait le paiement partiel est compris dans la même masse pour tout ce qu'il a payé et qui était à la charge du débiteur. al. « le créancier doit aviser la caution de toute défaillance du débiteur principal [obligation d’information] et ne peut entreprendre de poursuites contre elle qu'après une mise en demeure de payer adressée au débiteur et restée sans effet ». Article 92 Si le créancier porteur d'engagements solidairement souscrits par le débiteur en état de redressement judiciaire ou de liquidation des biens et d'autres coobligés. M.La poursuite de la caution en état de cessation des paiements Les articles 91 à 94 de l’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d’apurement de passif prévoient des dispositions spéciales dans l’hypothèse où le créancier bénéficie de plusieurs cautions solidaires ou coobligés solidaires déclarés en état de cessation des paiements (voir étude Procédures collectives). endossés ou garantis solidairement par deux ou plusieurs coobligés qui ont cessé leurs paiements. partant. cette dernière formalité semble être impérative et. ses droits contre le coobligé ou la caution. B. peut produire dans toutes les masses. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 7 . 2. Article 93 Nonobstant le concordat. 2°) Les conditions spécifiques au cautionnement solidaire (renvoi) Voir supra. a reçu un acompte sur sa créance avant la cessation des paiements. les créanciers conservent leur action pour la totalité de leur créance contre les coobligés de leur débiteur.Ses effets. il n'est compris dans la masse que sous déduction de cet acompte et conserve. Vu la formule employée. sur ce qui lui reste dû. pour le montant intégral de sa créance et participer aux distributions jusqu'à parfait paiement s'il n'avait reçu aucun paiement partiel avant la cessation des paiements de ses coobligés. Aux termes de l’article 13. Article 91 Le créancier porteur d'engagements souscrits.

les exceptions qui seraient « purement personnelles au débiteur ». 34 Remarquons que l’article 18. extinction de l’obligation principale.extinction de l’obligation principale. sauf si la réunion des dividendes donnés par ces procédures excède le montant total de la créance en principal et accessoires . Par. al. c'est-à-dire soit des moyens de droit qui n’ont pas trait à la dette mais au droit de poursuite. confusion. al. novation.Article 94 Si le créancier a reçu paiement d'un dividende dans la masse de l'un ou plusieurs coobligés en état de redressement judiciaire ou de liquidation des biens. comme l’article 2036. 2. à défaut d'ordre. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 8 . 2. mais aussi nullité relative pour vice du consentement sauf si l’obligation nulle a été confirmée par le débiteur principal). soit des moyens dont la loi prive exceptionnellement la caution. compensation…). al. 1er. cet excédent est dévolu.Les moyens de défense contre le créancier 1°) L’opposition au créancier des exceptions inhérentes à la dette principale Aux termes de l’article 18. .exception d’inexécution que peut opposer le débiteur principal au créancier. 1er. à ceux des coobligés qui auraient les autres pour garants et. « toute caution ou certificateur de caution peut opposer au créancier toutes les exceptions inhérentes à la dette qui appartiennent au débiteur principal et tendent à réduire. éteindre ou différer la dette sous réserve des dispositions des articles 7 et 13. quel que soit le mode d’extinction (paiement. n’exclut pas.résolution ou résiliation de l’obligation principale. alinéas 3 et 4 et des remises consenties au débiteur dans le cadre des procédures collectives d'apurement du passif ».nullité de l’obligation principale (nullité absolue sans aucun doute. La règle de l’accessoire se traduit ainsi par la faculté. de l’AUS. en ce cas. d’opposer à celui-ci toutes les exceptions inhérentes à l’obligation principale34 : . au marc le franc entre eux. .Les moyens de défense et recours de la caution poursuivie A. . remise de dette. dation en paiement. ces derniers n'ont aucun recours entre eux. du Code civil français. pour la caution poursuivie par le créancier. M. suivant l'ordre des engagements.

qu’elle soit légale ou conventionnelle. 36 Le bénéfice de subrogation suppose que la caution ait pu compter sur le droit préférentiel au moment où elle s’est engagée. 3). droit d’imposer la compensation de créances réciproques. M. « Si le fait reproché au créancier limite seulement cette subrogation. al. l’article 18 n’est pas applicable. c'est-à-dire un droit s’ajoutant au droit de gage général afin de rendre plus sûre l’action du créancier contre le débiteur. la caution est déchargée à concurrence de l'insuffisance de la garantie conservée » (al. omission). quant au second. lorsque deux conditions Ŕ rappelant la responsabilité civile Ŕ sont réunies : un préjudice consistant dans la perte d’un droit (préférentiel35 et certain36) par le fait exclusif du créancier (action ou. donc le recours de la caution : il s’agit des sûretés au sens technique (privilège. B. de l’AUS : « la caution simple ou solidaire est déchargée quand la subrogation aux droits et garanties du créancier ne peut plus s'opérer. Le premier. la caution peut (par voie d’action ou comme moyen de défense) invoquer l’article 18. hypothèque. invoque alors l’absence du bénéfice de cession d’actions ou de subrogation comme le lui permet l’article 18. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 3 9 .Les recours de la caution La caution dispose de deux types de recours. si le créancier néglige d’exercer un droit que lui confère la seule qualité de chirographaire. il est des cas dans lesquels. ou de droits que le créancier s’est engagé à constituer. qui n’en tirerait aucun bénéfice. en sa faveur. 2 et 3. autre cautionnement…) ou des autres avantages évitant à la caution de subir le concours des autres créanciers ou rendant plus facile le recouvrement de la dette (solidarité passive. Or. par le fait du créancier. Sans possibilité de clause contraire (qui ferait renoncer la caution au bénéfice de subrogation). qui n’existe qu’occasionnellement. 2). La caution. gage. la caution peut invoquer la perte d’une sûreté existant au moment de son engagement. par la faute du créancier. Ainsi. al. permet à la caution de faire supporter aux autres cautions (ses cofidéjusseurs) le poids provisoire de la dette (2°). que celui-ci ait été certain Ŕ pas simplement éventuel Ŕ et qu’il n’ait pas constitué pour le créancier une simple faculté. plus souvent. cette subrogation est devenue illusoire ou impossible. En revanche.2°) L’invocation contre le créancier de l’absence de bénéfice de cession d’actions ou de subrogation La subrogation de la caution solvens dans les droits et actions du créancier est imposée par l’article 20 de l’AUS (voir infra). Toute clause contraire est réputée non écrite » (al. droit de rétention…). est dirigé contre le débiteur principal (1°) . 2 et 3. 35 Seule la perte d’un droit préférentiel (par opposition à droit résultant de la qualité de créancier chirographaire) peut être invoquée par la caution. qui est de la nature du cautionnement. droit d’agir en résolution.

« les recours du certificateur de caution contre la caution certifiée sont soumis aux dispositions des articles 19. le débiteur principal qui doit. quant au second. 20). dans ce cas.1°) Les recours de la caution contre le débiteur principal La caution. Le premier repose sur les relations personnelles du débiteur avec la caution et tire les conséquences du service rendu par la caution . elle perd son recours contre lui si. 21) et un recours subrogatoire (art. qui perd tout recours contre le débiteur. en dernier ressort. la caution imprudente ou négligente. la caution conserve son action en répétition contre le créancier ». la caution exerce les droits du créancier contre celui-ci. c’est une application particulière de la subrogation légale : ayant payé pour le débiteur. Notons toutefois que. supporter le poids de la dette (du moins si telle est la volonté de la caution). Néanmoins. en l’occurrence la fermeture à la caution dans certaines circonstances fautives (la caution aurait dû aviser le débiteur principal ou le mettre en cause) et préjudiciables au débiteur principal (ainsi empêché de faire éteindre la dette ou obligé de payer une dette déjà éteinte) : « La caution doit aviser le débiteur principal ou le mettre en cause avant de payer la dette au créancier poursuivant. ce qu’elle fait le plus souvent. au moment du paiement par elle ou postérieurement à ce paiement. Si la caution a payé sans avoir averti ou mis en cause le débiteur principal. Néanmoins. 20 et 21 ci-dessus ». en principe après paiement. est tenue pour un autre. conserve une action en répétition contre le créancier. M. ces deux voies sont soumises par l’article 19 de l’AUS à une règle commune. La caution n’est pas obligée de choisir (cumul possible) et peut même exercer simultanément les deux recours (puisqu’ils ne permettent pas d’obtenir exactement la même chose). le débiteur avait le moyen de faire déclarer la dette éteinte ou s'il avait payé dans l'ignorance du paiement de la caution. exceptionnellement avant paiement. a) Le principe : recours « curatifs » après paiement L’AUS donne à la caution (ainsi qu’au certificateur de caution contre la caution certifiée37) qui a payé deux recours contre le débiteur principal : un recours personnel (art. Ces deux recours n’ont pas le même objet. solidaire ou simple. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 0 . Aussi dispose-t-elle contre lui d’un recours. 37 Selon l’article 22 de l’AUS.

Dans le recours subrogatoire. Dans le second. al. le créancier ne peut. Dans le premier cas. L’alinéa 2 de l’article 21 ajoute que « s'il y a eu cautionnement partiel. même de ceux qu’elle ne garantissait pas). à l’action du créancier38. Dès lors. de l’AUS : « la caution qui a payé a. le cas échéant. Le recours personnel a pour objet le remboursement de ce que la caution a payé pour le compte du débiteur. al. Autrement dit. un recours contre les autres codébiteurs solidaires sur le fondement de la subrogation ou de la gestion d’affaires : comme lorsqu’elle s’engage à l’insu du débiteur. de l’AUS. Aux termes de l’article 20. elle dispose d’un recours pour le tout contre l’un quelconque d’entre eux. le règlement ne pourrait s’opérer que par contribution. également. la caution peut réclamer plus que ce qu’elle a effectivement payé au créancier. Recours personnel Avantage sur le recours subrogatoire. 1er. Toute clause contraire est réputée non écrite ». le recours personnel ne peut être exercé que contre les débiteurs cautionnés (sauf à admettre. le paiement des frais de poursuite qu’elle a engagés depuis qu'elle a dénoncé au débiteur principal les poursuites dont elle était l’objet. M. le versement des intérêts de retard (qui courent de plein droit à compter du paiement) et l’indemnisation des dommages subis en raison de l’exécution de sa mission. « la caution est subrogée dans tous les droits et garanties du créancier poursuivant pour tout ce qu'elle a payé à ce dernier ». comme a pu le faire la Cour de cassation française. en outre. la caution exerce ainsi contre le débiteur tous les droits et 38 Lorsqu’il y a plusieurs débiteurs principaux solidairement tenus. le recours est différent selon que la caution les a tous cautionnés ou a seulement cautionnés certains d’entre eux. en cas de cautionnement seulement partiel. 1er. en intérêts de cette somme et en frais engagés depuis qu'elle a dénoncé au débiteur principal les poursuites dirigées contre elle. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 1 . pour le reliquat. réclamer des dommages intérêts pour réparation du préjudice subi du fait des poursuites du créancier ».  Recours subrogatoire Avantage par rapport au recours personnel : la caution exerce tous les droits et garanties du créancier. Cela dans le délai de prescription de droit commun et non le délai spécial applicable. Elle peut. ce texte exclut impérativement tout droit de préférence en faveur du créancier qui serait en concours avec la caution solvens Ŕ exerçant son recours personnel Ŕ devant le débiteur principal. être préféré à la caution qui a payé et agi en vertu de son recours personnel. un recours personnel contre le débiteur principal pour ce qu'elle a payé en principal. De la sorte. la caution a géré l’affaire de tous les débiteurs. C’est ce que rappelle l’article 21.

C’est l’article 24 de l’AUS qui constitue le siège de la matière.garanties du créancier (sûretés réelles et personnelles)39. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 2 . les règles de la subrogation permettent à la caution solvens d’agir pour le tout contre l’un quelconque des codébiteurs. à l’exclusion de ses codébiteurs solidaires. il est permis à la caution (simple ou solidaire. La caution exerce contre le débiteur les droits et garanties du créancier. à l’exclusion des intérêts conventionnels attachés à la créance (l’exclusion ne vaut toutefois pas pour les intérêts légaux qui sont dus à compter du paiement). n’a encore subi aucune perte). 40 Le recours doit être dirigé contre le seul débiteur cautionné. En effet. mais seulement à concurrence de son paiement effectif. la caution est subrogée contre chacun d’eux pour tout ce qu’elle a payé. quoique discuté en doctrine. personnelle ou réelle) de se prémunir contre le risque d’insolvabilité du débiteur principal (risque de devoir payer sans bénéficier. Autrement dit. frais ou dommages-intérêts. qui est exceptionnelle. 41 L’objet du recours est. ce texte enfermant néanmoins l’action préventive. après coup. L’alinéa 2 de l’article 20 ajoute que « s’il y a plusieurs débiteurs principaux solidaires d'une même dette. dans des limites précises : « La caution peut agir en paiement contre le débiteur principal40 ou demander la conservation de ses droits dans le patrimoine de celui-ci41. des cofidéjusseurs ou de la souscaution. sans qu’il y ait à distinguer suivant qu’ils sont tous cautionnés ou certains seulement. partant. double : l’article 24 parle expressément d’une action anticipée en paiement ou d’une demande de conservation des droits de la caution dans le patrimoine du débiteur principal (par des mesures conservatoires ou des sûretés). d’un recours utile) en exerçant une action préventive contre ce débiteur (alors pourtant qu’elle n’a pas encore payé et. Caractère exceptionnel et cas d’ouverture. Dans un souci d’équité. Inconvénient par rapport au recours personnel : le recours de la caution est exercé à concurrence du paiement effectif. elle ne peut réclamer que ce qu’elle a payé au créancier. des associés de la société cautionnée. M. b) L’exception : recours « préventif » avant paiement Caractère préventif. avant même d'avoir payé le créancier : 39 C’est ainsi la même prescription qui continue à courir depuis que l’obligation est devenue exigible. même si elle n’en a cautionné qu’un ».

pour laquelle elle peut évidemment 42 Dans le premier cas d’ouverture. la dette se divise. solidairement ou conjointement. personnel. en droit uniforme. le recours anticipé est souvent inefficace. Elle doit donc diviser son recours et supporter elle-même une partie de la dette46. 2°) Les recours de la caution contre les cofidéjusseurs Outre les recours contre le débiteur principal. 44 Même lorsque cette décharge devait intervenir avant la date d’échéance de la dette garantie. l’un fondé sur la subrogation des droits du créancier qu’elle a payé (son intérêt est de permettre à la caution solvens de bénéficier des sûretés qui garantissaient le recours du créancier contre les cofidéjusseurs) . dans leurs rapports.. par l’article 23 de l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 3 . en raison de l’inaction du créancier après l’échéance du terme. c'est-à-dire contre les autres cautions. Comme contre le débiteur. 43 Dans ce deuxième cas d’ouverture. la caution aurait pu. . 46 Ce principe n’est pas d’ordre public puisque l’on admet que. Aux termes de l’article 23 de l’AUS.lorsque le débiteur est en état de cessation des paiements ou en déconfiture43 . si l'une des cautions a utilement acquitté la dette. entre cofidéjusseurs. l’obligation garantie dure au-delà des prévisions de la caution. la caution dispose contre ses cofidéjusseurs de deux recours.dès qu'elle est poursuivie42 . elle a un recours contre les autres cautions. de toute façon. Division du recours. « lorsqu'il existe plusieurs cautions simples ou solidaires pour une même dette. les différentes cautions peuvent convenir de faire supporter à l’une d’elles la totalité de la dette. a) Objet du recours Dualité des recours. eu égard aux difficultés du débiteur. l’autre. qui laisse supposer que le débiteur principal a manqué à ses engagements. 45 Dans ce cas. la caution qui a payé dispose d’un recours contre ses cofidéjusseurs.lorsque le débiteur ne l'a pas déchargée dans le délai convenu44 . chacune pour sa part et portion ». appeler dans la cause le débiteur. Mais ce recours ne peut être que partiel puisque. . Cette situation est traduite. M.lorsque la dette est devenue exigible par l'échéance du terme sous lequel elle avait été contractée45 ». dont le fondement peut être la gestion d’affaires (celui qui a payé a rendu service à ses cofidéjusseurs). qui garantissaient avec elle la même dette ou la même fraction de la dette. .

3 Si X… a payé 150 au créancier.3 + 12. Exemple 2 : en présence de trois cautions. Y… et Z… (chacune 8. si l’une d’elles a tout payé au créancier.5 chacune) et le reste (100) à la charge de X.3 de Z. il peut exiger 20. que « la fraction de la dette devant être supportée par chacune des cautions doit être déterminée en proportion de leur engagement initial ». chacune des trois va supporter un tiers de 300 000). mais d’une façon différente (parce que leurs engagements sont limités à des sommes inégales. 25 entre X… et Y… (12. Il arrive que les différentes cautions ne s’engagent pas également. et malgré l’imprécision de l’AUS. la division de la dette s’opère par parts viriles : en l’absence de convention contraire.8 de Y… et 8.3 + 12. ou bien les uns s’engagent sans limite. On répartira 25 entre les trois cautions X…. une caution Y… limitée à 50 et une caution Z… limitée à 25. ce qui aboutirait à leur imposer une égale contribution. Division par parts viriles si les engagements sont égaux. Pour exercer un M. Exemple 1 : en présence de trois cautions d’une dette de 1 200 000 FCFA..3)..Y… : 8. il convient de considérer. b) Conditions du recours Un recours exercé seulement et toujours après paiement. Dans ce cas. elle peut réclamer 100 000 à chacune des autres (ainsi.. Exemple : Soit une dette de 150 garantie par une caution X… illimitée. chacune des cautions doit en supporter une part égale. Insolvabilité d’une caution. il est équitable de ne pas laisser sa part en totalité à la charge du solvens. et malgré l’imprécision de l’AUS. la part de l’insolvable se répartit entre les autres comme en présence d’une obligation solidaire. Dans ce cas. illimité (voir exemple 1) ou limité (voir exemple 2) à la même somme.X… : 8. Si l’une des cautions est insolvable. limitées à 300 000. Si toutes les cautions sont engagées pour le même montant. Il serait injuste de répartir la dette par parts viriles. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 4 ..5 + 100 = 120.Z… : 8. limite qui peut être différente d’une caution à une autre).5 = 20.8 . elle peut réclamer 400 000 à chacune des autres.exercer un recours contre le débiteur principal. Division par parts proportionnelles si les engagements sont inégaux.8 . d’une dette de 1 200 000 FCFA. si l’une d’elles a payé 300 000 au créancier. les autres dans une limite. comme en droit français. La dette sera donc ainsi répartie : .

1er. al. par l’article 25. Les alinéa 2 et 3 du même texte 47 Cela dit. …Contre les cautions de la même dette. Section 4.Les causes d’extinction par voie accessoire (en même temps que l’obligation principale) Par essence accessoire. le cautionnement ne peut survivre à l’extinction de l’obligation principale. l’étendue de l’engagement de la caution réelle est égale à la valeur du bien hypothéqué ou donné en gage (à concurrence de cette valeur. Elle est envisagée par les articles 25 à 27 de l’AUS. il n’est pas permis à la caution d’exercer un recours anticipé contre ses cofidéjusseurs. dans la même mesure. éteinte ou non au moment de son paiement. éteindre ou différer la dette. par l’art. M. A contrario. 48 On s’accorde. son unique perspective est la libération. en droit français. 18 de l’AUS reconnaissant à la caution le droit d’opposer au créancier toutes les exceptions inhérentes à la dette qui appartiennent au débiteur principal et tendent à réduire. celle de l’engagement de la caution »50. Les causes d’extinction sont nombreuses et variées mais on les classe habituellement en deux grandes catégories selon que l’extinction se fait par voie accessoire (en même temps que l’obligation principale) ou par voie principale (l’obligation principale subsistant). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 5 . Cette règle classique est exprimée. La même idée est exprimée. Par. peu importe que la dette principale payée fût exigible ou non. éteindre ou différer la dette. spécialement. ni sur le recours entre cofidéjusseurs. La caution ne peut agir que contre les cautions de la même dette ou de la même fraction de la dette. en qualité de caution. 1. à reconnaître à la caution réelle un recours contre la caution personnelle et inversement : dans l’un et l’autre cas. en premier lieu. 49 En principe (en l’absence de stipulation contraire). C’est dire que la question de l’extinction du cautionnement présente une importance particulière. la caution réelle est assimilée à une caution personnelle). 18 de l’AUS reconnaissant à la caution le droit d’opposer au créancier toutes les exceptions inhérentes à la dette qui appartiennent au débiteur principal et tendent à réduire. la caution doit préalablement avoir payé la dette garantie (en tout ou partie)47. de l’AUS aux termes duquel « l’extinction partielle ou totale de l’obligation principale entraîne. 50 La même idée est exprimée par l’art. l’échelonnement dans le temps des différents cautionnements n’a pas d’incidence sur le droit de poursuite du créancier. simultanément ou pas49.recours contre ses cofidéjusseurs. solidairement ou conjointement48.L’extinction du cautionnement La caution n’attendant rien en contrepartie de son engagement.

il y a plusieurs causes d’extinction par voie accessoire du cautionnement. « dans la même mesure ». Si c’est un tiers qui a payé. 1er. spécialement. seul le paiement total de l’obligation principale éteint totalement l’obligation de la caution. Il s’ensuit un maintien du cautionnement au profit du tiers solvens. Deuxième condition : le paiement doit être fait par le débiteur principal (luimême ou son représentant).L’extinction par paiement indirect de l’obligation principale 51 Ajoutons. En revanche. A. Lorsqu’une dette était partiellement cautionnée. à ces deux conditions traditionnelles. Première condition : un paiement de la dette principale. ce qui n’est pas le cas d’un paiement intervenu pendant la période dite suspecte (articles 68-4°. 69-1-4° et 69-2 de l’AUPC).précisent. La novation de l'obligation principale par changement d'objet ou de cause. ce maintien constituant du reste tout l’intérêt de la subrogation. la modification des modalités ou sûretés dont elle était assortie libère la caution à moins qu'elle n'accepte de reporter sa garantie sur la nouvelle dette. même si le créancier est ensuite évincé de la chose acceptée par lui. Toute clause contraire est réputée non écrite. B. un paiement seulement partiel de la dette principale laisse subsister. Malgré le caractère somme toute évasif de la loi uniforme. que le paiement doit aussi être libératoire. Toute clause contraire stipulée avant la novation est réputée non écrite ». le paiement partiel du débiteur s’impute d’abord sur la partie non cautionnée.L’extinction par paiement volontaire ou direct de l’obligation principale Le paiement éteint l’obligation principale et. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 6 . par voie de conséquence. la dette n’est pas éteinte mais transmise audit solvens (tiers) par voie de subrogation (lorsque les conditions de la subrogation légales ou conventionnelle sont réunies). celle de l’engagement de la caution ». dont l’une seule était cautionnée. M. de l’AUS. que : « La dation en paiement libère définitivement la caution. « l’extinction partielle ou totale de l’obligation principale entraîne. En revanche. Selon l’article 25. le cautionnement. al. Ainsi. en présence de deux dettes. celle de la caution dès lors que deux conditions classiques sont réunies51. dans la même mesure. le paiement intervenu libère d’abord la dette cautionnée.

Un arrêt de la Cour de cassation française semble ne retenir que la conception étroite excluant les prestations de service (Cass. maintient l’effet libératoire de la caution « même si le créancier est ensuite évincé de la chose acceptée par lui ». La dation en paiement.et l’éviction du créancier (mais non la nullité de la dation). 17876. l’article 25. Ce fondement justifie néanmoins une interprétation stricte de la règle : seules sont visées . II.. par résignation. « la dation en paiement libère définitivement la caution… » et cette règle est impérative puisque « toute clause contraire est réputée non écrite » (art. En outre. généralement motivée par le fait que le débiteur rencontre des difficultés de trésorerie. le créancier pourrait alors avoir intérêt à accepter ce « mode de paiement anormal ». La dation en paiement désigne le transfert.la dation volontairement acceptée par le créancier . 1974. D. la dation doit être satisfactoire pour le créancier). comme son nom l’indique. 22 avril 1974. 2°) La novation de l’obligation principale et la modification des modalités ou sûretés dont elle était assortie a) La novation de l’obligation principale 52 Cette libération peut aussi résulter de l’accomplissement d’une prestation (travail) à la place de l’obligation initiale. AUS). dare = transférer la propriété). il s’agit pour le débiteur d’une somme d’argent d’acquitter en nature sa dette en remettant au créancier un objet. dérogeant au droit commun (posant que. le débiteur désirant seulement se libérer en transférant la propriété d’un bien conforme aux vœux du créancier qui l’accepte. 25. 2. mobilier ou immobilier53. accepté comme libératoire par le créancier. 53 Cette opération est. décidée par le créancier et le débiteur principal. Subséquemment. 2. al. Derrida . plus aléatoire qu’un paiement en monnaie. Bénabent). plén. note F. JCP 1974. mais cette conception extensive n’est pas partagée par tous les auteurs : conformément à son origine romaine et à son étymologie (du latin do. note A. pour produire effet. M. al. d’une chose autre que celle qui faisait initialement l’objet de l’obligation52. Il s’agit là d’une faveur accordée à la caution qui n’a pas à supporter les risques d’une opération imprévue. Ass. en pratique. est généralement traitée comme une forme particulière de paiement puisque c’est une cause d’extinction de l’obligation principale. la dation en paiement résulterait d’un transfert de propriété et non de la substitution de n’importe quelle prestation à l’obligation initiale. Mais il pourrait aussi en être autrement. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 7 .1°) La dation en paiement Définition. Effet extinctif de la dette principale et du cautionnement. 613. Le plus souvent.

M. 3. b) La modification des modalités ou sûretés dont l’obligation principale était assortie Effet libérateur de la caution sauf sa volonté de report de sa garantie. .un élément objectif : un changement sérieux touchant la dette initiale54.un élément intentionnel : l’animus novandi ou volonté des parties d’éteindre l’obligation initiale pour la remplacer par une nouvelle . Effet extinctif de la dette principale et du cautionnement. Elle suppose toujours deux éléments : . 55 Ce qui est différent de la cession de créance. al. Audelà de l’hypothèse de la novation proprement dite (voir supra). une modification du montant de la dette financière ne peut jamais constituer une novation. al. La novation est une convention par laquelle les parties décident d’éteindre une obligation initiale pour la remplacer par une obligation nouvelle. la novation subjective par changement de débiteur (délégation parfaite) libère elle aussi la caution. Quoique la loi uniforme semble la négliger (en ne visant que « la novation de l'obligation principale par changement d'objet ou de cause »).Définition et éléments caractéristiques. « la novation de l'obligation principale par changement d'objet ou de cause […] libère la caution à moins qu'elle n'accepte de reporter sa garantie sur la nouvelle dette. de l’AUS. Toute clause contraire stipulée avant la novation est réputée non écrite ». THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 8 . La novation peut se réaliser par changement de partie (créancier55 ou débiteur56) ou par changement de la dette elle-même. La novation objective entraîne la libération de la caution. 56 Ce qui correspond à la subrogation parfaite et qui est à distinguer de la cession de dette. en raison de la libération du débiteur principal initial (délégant) vis-à-vis du créancier (délégataire) : la caution ne peut donc garantir l’exécution par le nouveau débiteur (délégué) qu’à la condition de l’avoir accepté (report de garantie). 3. ce qui la distingue de la simple modification (mais il ne faut pas non plus que la nouvelle dette soit hors de proportion avec l’ancienne. l’article 25. par exemple. 54 Il n’ y a pas de novation s’il y a eu une simple modification de l’obligation initiale : ainsi. Aux termes de l’article 25. car ce serait alors plutôt une substitution de contrat). puisque le débiteur principal s’engage à un titre nouveau : la caution ne reste tenue que si elle a accepté de reporter sa garantie sur la nouvelle dette.

La renonciation par le débiteur principal au bénéfice de la compensation est inopposable à la caution. la simple modification de l’obligation principale ne lui permet pas de se libérer (elle reste tenue comme elle l’était initialement). dans la même mesure. d’éviter la délicate et difficile question de la distinction entre la novation et la simple modification de l’obligation.L’extinction sans paiement de l’obligation principale Puisque l’article 25. De la sorte. C. de l’AUS dispose « l’extinction partielle ou totale de l’obligation principale entraîne. Et ce. 3°) La compensation Définition. très opportunément. mais le consentement du débiteur libéré sera 57 58 Mais non au codébiteur solidaire. une faveur certaine pour la caution puisque. direct ou indirect. le débiteur de son obligation. 18 AUS) d’opposer au créancier l’exception de compensation. art. 1°) La remise de dette consentie au débiteur principal par le créancier Définition. malgré l’imprécision de l’AUS sur ce point. al. exigibles. l’AUS permet aussi. dans le droit uniforme. Il s’agit d’une convention. celle de l’engagement de la caution ». La remise de dette est l’acte de volonté par lequel le créancier renonce à son droit et dispense. en rigueur des principes. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 4 9 . Toute clause contraire stipulée avant la novation est réputée non écrite ». Il y a ainsi. Effet extinctif de la dette principale et du cautionnement. M. il est permis à la caution57 (comme le débiteur principal : cf. légale tout au moins (si les dettes sont réciproques. La compensation est un procédé intellectuel pour éteindre commodément des dettes réciproques entre deux personnes : au lieu que chacune règle à l’autre son dû. ce qui conduirait à des versements croisés. fongibles. on procède à une soustraction et seul le solde donne lieu à paiement. 1er.de l’AUS dispose que « la modification des modalités ou sûretés dont elle était assortie libère la caution à moins qu'elle n'accepte de reporter sa garantie sur la nouvelle dette. cette « extinction » peut intervenir alors qu’il n’y a pas eu de paiement. disponibles. en tout ou partie. la compensation légale s’opère de plein droit)58. de la dette principale. liquides. Lorsque le débiteur principal est devenu créancier de son créancier.

il faut admettre que la confusion qui s’opère dans la personne du débiteur principal profite à ses cautions (comp. du Code civil français). 1287. A l’ouverture d’une procédure collective contre un débiteur (commerçant ou personne morale). 1er. 79 et 83 AUPC) sont éteintes (art. Ainsi. al. 1301. cette dernière étant un acte de volonté unilatéral. Les créanciers inscrits qui n’ont pas produit dans les 15 jours sont personnellement avertis par le syndic par lettre recommandée avec accusé de réception ou par tout moyen laissant trace écrite.facilement présumé puisque l’offre est faite dans son intérêt exclusif. 3°) La « faillite » du débiteur principal Forclusion des créances non déclarées dans le délai. 59 La production consiste à faire une déclaration du montant des sommes réclamées accompagnée d’un bordereau récapitulatif des pièces remises constituant titre. Cela dans un délai assez bref qui est de 30 à 60 jours selon que le domicile est situé ou non dans l’Etat partie où la procédure est ouverte. 2°) La confusion Définition. qui appartenaient à l’origine à deux personnes distinctes. M. AUPC) 59. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 0 . qu’ils soient chirographaires ou munis de sûretés. il convient de considérer que la remise ou décharge conventionnelle accordée au débiteur principal libère la caution (comp. 1er. al. La nature conventionnelle de la remise de dette la distingue ainsi de la renonciation stricto sensu à un droit. viennent à se « confondre » sur la tête de l’une d’elles : par exemple. lorsque deux sociétés respectivement créancière et débitrice viennent à fusionner. Elle commence à partir de la décision d’ouverture et prend fin à l’expiration d’un délai de 30 jours suivant la deuxième insertion dans un journal d’annonces légales. al. lorsque le débiteur rachète à son créancier la créance qu’il détient contre lui (ce qui équivaut presque à un paiement. Il y a confusion lorsque les qualités de créancier et de débiteur. les créances non déclarées dans le délai et qui n’ont pas donné lieu à relevé de forclusion (art. Elle concerne tous les créanciers. mais la différence se trouve dans le fait que la cession de créance peut se faire à un prix moindre que la créance). Effet extinctif de la dette principale et du cautionnement. du Code civil français). ses créanciers doivent se faire connaître en déclarant leurs créances au syndic pour vérification. art. 78. art. lorsque le débiteur devient l’unique héritier de son créancier. En dépit de l’imprécision de l’AUS. Malgré l’imprécision de l’AUS. 2. Effet extinctif de la dette principale et du cautionnement. 83.

Les causes d’extinction directe ou par voie principale (l’obligation principale subsistant) Contrat ordinaire. Ils peuvent être relevés dans des conditions strictes de délai (avant l’arrêté et le dépôt de l’état des créances) et de fond (preuve de l’absence de faute) avec une limitation des droits des intéressés qui ne peuvent concourir que pour les répartitions de dividendes postérieures à leur demande. les créances concernées sont inopposables à la masse (liquidation des biens) ou éteintes (redressement judiciaire). même si le débiteur principal a négligé de le faire (ou renoncé au bénéfice de la prescription). en l’occurrence la faute du créancier cautionné. Par. 2. Les créanciers qui n’ont pas produit dans les délais ou dans les 15 jours de l’avertissement sont forclos.de la caution de celles qui affectent les obligations futures . le cautionnement donne naissance à une obligation qui s’éteint par les mêmes causes que les autres obligations.Les causes d’extinction de droit commun On distingue (en doctrine) parmi les causes d’extinction de droit commun celles qui affectent les obligations présentes Ŕ dites de « règlement » .de la caution.Cette extinction est définitive et peut être invoquée par une caution 60 du débiteur (ou par tout autre garant. Malgré l’imprécision de l’AUS. A ces causes tirées du droit commun. § 1. La prescription extinctive (différente de la prescription acquisitive ou usucapion. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 1 . M. faute de déclaration. il convient de considérer que la prescription extinctive de l’obligation principale peut toujours être invoquée par la caution. mais non par ses coobligés solidaires ou des tiers). En l’absence de production dans les délais ou de relevé de forclusion. 4°) La prescription libératoire Définition. s’ajoute une cause d’extinction propre au cautionnement. qui ne concerne que les droits réels) est celle par laquelle une créance (obligation ou droit personnel) non exercée au bout d’un certain laps de temps s’éteint. 60 N’en déplaise aux auteurs soutenant qu’il aurait été logique d’autoriser le créancier impayé à poursuivre la caution alors même que la créance est éteinte.dites de « couverture » . Effet libératoire (même si la dette principale subsiste en tant qu’obligation naturelle).

totalement ou partiellement libéré envers le créancier. totalement ou partiellement. la caution l’est également. Dans ce cas. « L’engagement de la caution disparaît principale :    indépendamment de l’obligation lorsque. la compensation libère la caution vis-àvis du créancier dans la limite de son engagement. Lorsque la caution est devenue elle-même créancière du créancier cautionné. lorsque la confusion s’opère entre la personne du créancier et de la caution ». non le débiteur principal. le débiteur principal. Effet extinctif du cautionnement. mais il M.Causes d’extinction de l’obligation de règlement L’obligation de règlement est une obligation de payer à exécution instantanée : c’est celle qui pèse sur la caution de dettes présentes et sur la caution de dettes futures lorsque. Il n’en est autrement que lorsque la caution est libérée parce qu’elle a satisfait. A la différence de l’indivisibilité. a) Effets à l’égard du débiteur principal Accessorium sequitur principale. il s’opère une compensation qui éteint les deux dettes à concurrence de la plus faible. Si elle est invoquée. Lorsque le débiteur est libéré. supra. n'éteint pas l'action du créancier contre le certificateur de la caution ». V. Le débiteur principal est aussi libéré envers le créancier à concurrence de la dette de ce dernier.A. la caution excipe de la compensation pour une créance personnelle . il existe une dette principale. le débiteur ne l’est pas : le créancier a seulement perdu une sûreté. Seule la caution peut l’invoquer. L’article 27 dispose que « toutefois. le créancier. Aux termes de l’article 26 de l’AUS. l’obligation de couverture (voir infra) ayant pris fin. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 2 . 1°) La compensation Sur la définition. mais conserve sa créance. s’expose au recours de la caution. lorsque le créancier a consenti une remise de dette à la seule caution . sur poursuites dirigées contre elle. Mais lorsque la caution est libérée. la confusion qui s'opère dans la personne du débiteur principal et de sa caution lorsque l'une devient héritière de l'autre. l’accessoire ne joue qu’à sens unique.

l’initiative d’invoquer la compensation n’appartient qu’à la seule la caution concernée.s’expose toujours au recours de la caution. Effet extinctif du cautionnement. Elle ne libère pas le débiteur principal qui reste tenu puisque le créancier a entendu renoncer. V. supra. Incidence dans le cautionnement solidaire. b) Effets à l’égard des cofidéjusseurs solidaires Puisque les cautions simples ne sont tenues que pour leur part (bénéfice de division). 2°) La remise de dette Sur la définition. sauf circonstance particulière. seule la caution qui bénéficie de la remise de dette est libérée. Mais. b) Effets à l’égard des cofidéjusseurs Pas d’incidence dans le cautionnement simple. Puisque les cautions simples ne sont tenues que pour leur part (bénéfice de division). Cela dit. La remise de dette accordée à la caution ne profite qu’à cette dernière. M. Voir supra. V. mais à sa sûreté. si la remise de dette accordée à la caution intervient en contrepartie d’un paiement partiel. le créancier ne peut poursuivre les autres qu’après déduction de la part de celle qui a bénéficié de la remise. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 3 . le débiteur principal est libéré à concurrence de ce paiement à l’égard du créancier. laquelle part est calculée comme pour le recours. supra. Toutefois. 3°) La confusion Sur la définition. non à sa créance. la dette globale se trouve diminuée d’autant. la caution conserve naturellement son recours contre le débiteur. dans ce cas. la compensation entre l’une des cautions et le créancier ne peut avoir d’incidence que sur les cofidéjusseurs solidaires : si l’une des cautions solidaires invoque la compensation. Par suite de la remise de dette faite à l’une des cautions solidaires. a) Effets à l’égard du débiteur principal Accessorium sequitur principale.

M.par la résiliation unilatérale si l’obligation est à durée indéterminée. il se produit une confusion qui éteint l’obligation de la caution (devenue créancière). Et. ayant perdu sa sûreté. déduction faite de sa part. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 4 . comme tout contrat à exécution successive. .par la survenance du terme extinctif si l’obligation est à durée déterminée . Effet extinctif du cautionnement. le gérant précisera qu’il garantit les dettes contractuelles sans limite de durée (CDI) ou. à la suite par exemple d’une fusion de sociétés (l’une caution et l’autre cautionnée). comme dans ces contrats. elle peut être à durée déterminée ou indéterminée. en réalité. qu’il s’engage pour 5 ans (CDD). n’est plus qu’un créancier chirographaire). au contraire. non le débiteur principal. 61 Par exemple.par la survenance de certains événements comme le décès de la caution. n'éteint pas l'action du créancier contre le certificateur de la caution ». à la période de garantie) n’existe que dans les cautionnements de dettes futures et a pour fonction essentielle de déterminer celles des dettes futures qui seront garanties 61. Elle présente donc un caractère successif puisqu’elle a pour objet des dettes à naître et. Voir supra. dans un cautionnement de dettes de sa société.a) Effets à l’égard du débiteur principal Accessorium sequitur principale. elle prend fin par certains moyens : . L’article 27 de l’AUS précise que « la confusion qui s'opère dans la personne du débiteur principal et de sa caution lorsque l'une devient héritière de l'autre. Lorsque la caution acquiert elle-même la qualité de créancier cautionné. on en déduit que le créancier-caution conserve ses droits contre ses cofidéjusseurs. B. b) Effets à l’égard des cofidéjusseurs Puisque la confusion des qualités de créancier et de caution ne libère que celle-ci.Extinction de l’obligation de couverture dans le cautionnement de dettes futures 1°) Sens et causes d’extinction de l’obligation de couverture L’obligation de couverture (qui correspond. La dette principale subsiste néanmoins vis-à-vis du créancier-caution (qui.

2 et 3. al. al. à tout moment.La cause d’extinction propre au cautionnement : la faute du créancier La subrogation de la caution solvens dans les droits et actions du créancier est imposée par l’article 20 de l’AUS (voir supra). Or. c'est-à-dire un droit s’ajoutant au M. en sa faveur. de l’obligation de règlement Lorsque le cautionnement a pour objet des dettes présentes. l’extinction de l’obligation de couverture (qui vaut pour l’avenir) ne s’accompagne pas d’une extinction de l’obligation de règlement. les choses deviennent complexes en présence d’un cautionnement de dettes futures. les obligations de couverture et de règlement s’éteignent en même temps que le cautionnement. La caution. En effet. cette dernière subsistant pour le passé : la caution reste tenue des dettes nées pendant la période de couverture. il est des cas dans lesquels. « Si le fait reproché au créancier limite seulement cette subrogation. Sans possibilité de clause contraire (qui ferait renoncer la caution au bénéfice de subrogation). qui n’en tirerait aucun bénéfice. de l’AUS : « la caution simple ou solidaire est déchargée quand la subrogation aux droits et garanties du créancier ne peut plus s'opérer. 2 et 3. par la caution avant que la somme maximale garantie ait été atteinte ». cette subrogation est devenue illusoire ou impossible. lorsque deux conditions Ŕ rappelant la responsabilité civile Ŕ sont réunies : un préjudice consistant dans la perte d’un droit (préférentiel62 et certain63) par le fait exclusif du créancier (action ou. selon l’article 9. En revanche. al. Ainsi. dans le cautionnement général de tous engagements qui « peut être révoqué. dans ce cas. par la faute du créancier. § 2. 3. Autrement dit. Toute clause contraire est réputée non écrite » (al. mais demeure l’obligation de règlement des dettes nées antérieurement.2°) Effets de l’extinction de l’obligation de couverture : maintien. 2). de l’AUS dispose que « les engagements de la caution simple ou solidaire passent à ses héritiers uniquement pour les dettes nées antérieurement au décès de la caution ». 3). l’article 25. De même. la caution peut invoquer (par voie d’action ou comme moyen de défense) l’article 18. invoque alors l’absence du bénéfice de cession d’actions ou de subrogation comme le lui permet l’article 18. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 5 . l’obligation de couverture (des dettes nées postérieurement au décès) prend fin et n’est pas transmise aux héritiers. « tous les engagements du débiteur garanti nés avant la révocation restent garantis par la caution ». al. par le fait du créancier. 4. pour le passé. la caution est déchargée à concurrence de l'insuffisance de la garantie conservée » (al. 62 Seule la perte d’un droit préférentiel (par opposition à droit résultant de la qualité de créancier chirographaire) peut être invoquée par la caution.

donc le recours de la caution : il s’agit des sûretés au sens technique (privilège. gage. la caution peut invoquer la perte d’une sûreté existant au moment de son engagement. omission). si le créancier néglige d’exercer un droit que lui confère la seule qualité de chirographaire. droit de gage général afin de rendre plus sûre l’action du créancier contre le débiteur. droit d’imposer la compensation de créances réciproques. droit de rétention…). 63 Le bénéfice de subrogation suppose que la caution ait pu compter sur le droit préférentiel au moment où elle s’est engagée. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 6 . qu’elle soit légale ou conventionnelle. l’article 18 n’est pas applicable. autre cautionnement…) ou des autres avantages évitant à la caution de subir le concours des autres créanciers ou rendant plus facile le recouvrement de la dette (solidarité passive. En revanche. droit d’agir en résolution. hypothèque. que celui-ci ait été certain Ŕ pas simplement éventuel Ŕ et qu’il n’ait pas constitué pour le créancier une simple faculté. M. ou de droits que le créancier s’est engagé à constituer. Ainsi.plus souvent.

d’une somme d’argent qui doit lui permettre de réaliser les travaux restants (garantie d’achèvement) ou de faire livrer les marchandises par un tiers (par l’exercice d’une faculté de remplacement).Garantie financière de remboursement. parfois. Dans cette modalité. l’auteur d’un appel d’offre souhaite que chaque entreprise qui soumissionne (candidate) passe. sans souci d’exhaustivité. au maître de l’ouvrage ou à l’acheteur. Il s’agit des garanties dites autonomes ou indépendantes (ou encore à première demande) : une partie à un « contrat de base » (le plus souvent un contrat d’entreprise) donne l’ordre à un tiers garant (la banque dont il est le client) de payer à première demande une certaine somme à son cocontractant. Elle a pour objet de garantir le financement des travaux indispensables à l’achèvement d’un marché. afin de gagner le marché. surtout dans le domaine international64. devant permettre le remboursement des fonds. 65 Le bénéficiaire du chèque de garantie est investi de la propriété du chèque (et de la provision). une entreprise sénégalaise envisage de réaliser un marché de travaux à l’exportation mais.CHAPITRE II. par exemple. En marge du cautionnement. la pratique commerciale (bancaire). Les garanties autonomes connaissent plusieurs variantes. mais il ne doit l’encaisser que lorsque la condition du jeu de la garantie est remplie. les plus usuelles : . en certains aspects. Mais les garanties peuvent aussi être établies par la banque du maître de l’ouvrage et contregaranties par la banque de l’entrepreneur. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 7 . en fonction de leur objet. .Garantie de soumission. bénéficiaire de la garantie (le bénéficiaire dispose en quelque sorte d’un dépôt de garantie. à la demande du maître de l’ouvrage (étranger). aux garanties traditionnelles. Les professionnels qui détiennent des fonds pour le compte de leurs clients. cela par le versement (par le garant).Garantie de bonne fin. par un tiers. elle doit fournir. Ainsi. le crédit documentaire). Voici. effets ou valeurs déposés. a créé des garanties variées s’ajoutant voire se substituant.LA LETTRE DE GARANTIE Rappels introductifs. le contrat définitif et fournisse les documents 64 Voir les Règles uniformes relatives aux garanties sur première demande publiées par la Chambre de commerce internationale (1992) et la Convention des Nations unies sur les garanties indépendantes et les lettres de crédit stand-by (1995). ce qui permet de rapprocher l’institution des chèques dits de garantie65). ont éprouvé le besoin ou ont été obligés de fournir à ces clients une garantie financière. tels les notaires ou les agents immobiliers. si son offre est retenue. . M. certaines garanties données par sa propre banque sous forme de « lettres de garantie » (ce qui rappelle.

Garantie de restitution d’acompte. Section 1. l’administration douanière locale peut exiger qu’une banque du pays de l’entrepreneur étranger s’engage à payer. L’objet de cette garantie est de faire garantir à première demande. sur le plan douanier. 1. le règlement du prix (très souvent forfaitaire) sera. L’acheteur ou le maître de l’ouvrage veut avoir l’assurance qu’il pourra récupérer l’acompte qu’il a versé s’il estime que le contrat n’a pas été convenablement exécuté. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 8 . le garant s'engage à payer une somme déterminée au bénéficiaire. à la condition toutefois de sa réexportation à une date déterminée. aux fins de réalisation des travaux. fréquemment échelonné : le maître de l’ouvrage verse ainsi des acomptes à l’entrepreneur au cours des travaux. Garantie de paiement des droits de douane. du régime d’admission temporaire : l’importation de ce matériel dans le pays considéré ne donne pas lieu à perception de droits de douane. Pour s’assurer du respect de cette exigence. Le matériel acheminé par l’entrepreneur étranger dans le pays où le marché doit être exécuté bénéficie. pour le maître de l’ouvrage.Qualification générique indiscutée : une convention Aux termes de l’article 28 de l’AUS : « La lettre de garantie est une convention par laquelle. Apportant une importante innovation aux législations nationales préexistantes. l’AUS consacre. le remboursement des découverts locaux consentis à cet entrepreneur par une banque locale. en pratique. de pouvoir contraindre l’entrepreneur à satisfaire aux réserves qu’il a formulées en procédant à des retenues de garantie (sur les sommes restant dues à l’entrepreneur). Dans les marchés de travaux de grande ampleur. Garantie de retenue (de garantie). en ses articles 28 et suivants. M. à la requête ou sur instructions du donneur d'ordre.La nature juridique de la lettre de garantie ou de contregarantie Par. dans des délais déterminés.- - - - contractuels. sur première demande de la part de ce dernier. à première demande. par une banque du lieu de résidence d’un entrepreneur étranger. Garantie de découvert local. L’objet de la garantie de retenue est alors. les droits de douane si le matériel n’est pas réexporté à la date convenue. d’après une procédure assez formaliste ponctuée d’échanges. de documents comptables. les garanties autonomes sous l’appellation de « lettres de garantie » ou de « contregarantie ».

d’une part. Il est donc. à la différence du mandataire. J. d’autre part. « partie liée » distincte des vraies « parties contractantes »… ?66 Par.pour la lettre de contregarantie entre. la catégorie précise dans laquelle il convient de ranger la lettre de garantie ou de contregarantie.L Aubert.La lettre de contregarantie est une convention par laquelle. d’une part. la qualification d’acte juridique unilatéral. JCP 1992. en définitive. cf. il semble qu’il faille. le garant (ou le contregarant) s’engage en son nom personnel. sur première demande de la part de ce dernier. a contrario. I. Rôle et « statut » du donneur d’ordre. A propos d’une distinction renouvelée des parties et des tiers. devant les incertitudes. à faire remarquer que. L’article 28 de l’AUS ainsi ne laisse aucune doute sur la qualification contractuelle de la lettre de garantie ou de contregarantie : c’est « une convention ». d’autre part. 263 s. . le créancier bénéficiaire . 1993. le garant de premier rang et. J. M. opter 66 Sur ces concepts et les faiblesses de la distinction classique entre les parties contractantes et les tiers. Ghestin. Mais à quel titre : « tiers assimilé aux parties ». le contregarant. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 5 9 . « faux tiers ». » Qualification contractuelle.Qualification spéciale controversée : un contrat sui generis La qualification est l’opération juridique par laquelle l’on précise la nature et l’institution particulières d’un contrat pour déterminer le régime juridique applicable. du moins recommandé que le donneur d’ordre participe à la convention. . parmi la variété infinie de contrats spéciaux. le contregarant s'engage à payer une somme déterminée au garant. 2. à juste titre. ce qui exclut. Quoique l’on ne puisse pas compter le donneur d'ordre parmi les parties au contrat. RTDCiv. La convention est conclue : . à la requête ou sur instructions du donneur d'ordre ou du garant. Une autre doctrine a évoqué l’idée d’une convention de crédit par signature mais. sinon exigé.-. 3628 . le garant et. D’où la question de savoir.pour la lettre de garantie entre. Certains auteurs ont ainsi assimilé le rapport entre le donneur d’ordre et le garant (ou entre le garant de premier rang et le contregarant) à un contrat de mandat. Mais l’objection a consisté. il reste que c’est à sa requête ou sur ses instructions que le garant (ou le contregarant) s’engage vis-à-vis du créancier bénéficiaire (ou du garant). Parties au contrat. La distinction des parties et des tiers au contrat.

1.Les traits caractéristiques de la lettre de garantie (ou de contregarantie) Les principaux effets de la lettre de garantie (ou de contregarantie) sont : l’autonomie et l’inopposabilité subséquente des exceptions. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 0 .L’autonomie de la garantie et l’inopposabilité subséquente des exceptions A. Par. le montant et les modalités (durée. Objet autonome. distincts des conventions. L’engagement du garant reste ainsi autonome (non accessoire). mais une dette nouvelle et personnelle69. Il s’ensuit que le garant est dans l’impossibilité de bénéficier des exceptions de la caution (voir infra). Objet autonome quelles que soient les modalités particulières d’exécution de la garantie. l’incessibilité du droit à la garantie et l’irrévocabilité de la garantie. actes et faits susceptibles d'en constituer la base ». le garant ne s’engage pas à payer la dette d’autrui.pour la qualification de contrat sui generis. 68 Ce qui rappelle l’engagement qui naît de la délégation (imparfaite). du moins lorsque celle-ci se résume en un simple engagement moral n’emportant aucune obligation juridique ( gentlemen’s agreement).L’autonomie de l’objet de la garantie L’article 29. quelle que soit la dénomination donnée par 67 La lettre ne doit pas être confondue avec la lettre d’intention. formalités d’appel de la garantie…) de l’obligation sont exclusivement déterminés par les termes de la lettre de garantie. non pas « ce que doit le débiteur au créancier ». M. de l’AUS consacre clairement le principe d’autonomie : « elles (les lettres de garantie ou de contregarantie) créent des engagements autonomes. 69 La seule différence entre le cautionnement et la garantie à première demande tient à l’objet de l’obligation du garant : la cause de l’obligation du garant autonome (comme celle de l’obligation de la caution) se trouverait dans ses relations avec le donneur d’ordre (débiteur dans le contrat de base) et consiste notamment dans la rémunération versée par celui-ci. L’autonomie signifie que le garant ou le contregarant contracte un engagement juridique67 nouveau dont l’objet est indépendant de celui de l’obligation garantie (issue du contrat dit de base) : l’objet de son obligation est. 2. à la différence de la caution qui contracte un engagement accessoire. mais telle somme d’argent déterminée de manière directe68. Section 2. Comme l’objet de l’engagement dépend du seul échange des consentements entre le garant et le bénéficiaire. al. Ainsi.

. les conventions de garantie et de contregarantie doivent être constatées par un écrit mentionnant. Cela dit. ni celles qui tiennent aux rapports du donneur d’ordre avec le créancier bénéficiaire. sans pouvoir invoquer ni les exceptions tenant à ses relations avec le donneur d’ordre (débiteur dans le contrat de base). d’autre part. indépendante du montant de la dette du débiteur de base. le principe de l’inopposabilité des exceptions est expressément consacré par l’article 30 in fine de l’AUS : à peine de nullité. sur la renonciation expresse du garant à se prévaloir de toute exception à l’égard du bénéficiaire et. cela en se fondant. le garant autonome est ainsi tenu de s’exécuter. il appartient au juge de donner à l’acte son exacte qualification. une sentence arbitrale.les parties à leur convention70. le bénéficiaire doit indiquer les raisons de son appel en garantie (par exemple : la production d’une décision de condamnation du débiteur de base ou encore l’attestation d’une inexécution de telle obligation du débiteur de base). A la différence de la caution (voir supra). 70 Le cas échéant. un rapport d’expertise. .le garant peut d’abord s’engager à première demande pure et simple : ainsi. Sans doute pour donner plus de sécurité juridique au garant. B. Ni la nullité du contrat de base. il faut mais il suffit que la demande soit présentée dans les délais requis. il doit payer sur premier appel du bénéficiaire sans que ce dernier ait à fournir la moindre justification ou le moindre document . de l’indication précise du montant de la somme à régler. pour le garant ou le contregarant. le bénéficiaire doit produire les documents prévus dans la lettre de garantie pour obtenir paiement (les documents requis pouvant être. ni sa résolution ou résiliation. de bénéficier des exceptions de la caution ».L’inopposabilité absolue des exceptions Comme conséquence du caractère autonome de la garantie. l’AUS n’adopte que les deux dernières modalités.le garant peut ensuite s’engager à première demande documentaire : ainsi. ni un quelconque mode d’extinction ne sont suffisants pour paralyser l’exécution de la garantie ou de la contregarantie. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 1 . entre autres.le garant peut enfin s’engager à première demande justifiée : ainsi. « l'impossibilité. une attestation de factures non payées ou des écrits de nature à rendre vraisemblable la défaillance du donneur d’ordre). par exemple. M. d’une part. il est plus ou moins automatique en fonction de ses modalités d’exécution : . ni son inexécution.

Aux termes de l’article 31 de l’AUS. Principe de cessibilité de la créance garantie (née du contrat de base). de l’AUS. ce qui est une marque de l’autonomie de la garantie. Droit des sûretés. En combinant les deux règles précitées.Par. Litec. « sauf clause contraire expresse. M. Après avoir posé le principe précité. 2. al. Par. n° 418).. c'est-à-dire de la créance sur le garant (née de la lettre de garantie ou de contregarantie). « sauf clause contraire expresse. le droit à garantie du bénéficiaire n'est pas cessible ». 2. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 2 . c'est-à-dire sa créance initiale sur le donneur d’ordre (née du contrat dit de base). il en résulte. une insécurité juridique certaine pour le bénéficiaire. Marque de l'autonomie de la lettre de garantie ou de contregarantie. les instructions du donneur d'ordre. Ainsi.L’incessibilité supplétive du droit à la garantie nonobstant la cessibilité la créance garantie Principe supplétif d'incessibilité de la créance de garantie (née de la lettre de garantie ou de contregarantie). ces dernières peuvent valablement la prévoir dans leur accord. il semble en découler que la garantie indépendante n’est pas transmise automatiquement avec la créance de base garantie71. 5e éd. 3. tout à fait valablement (puisque la loi le permet). Dans ce dernier cas. Mouly. M. le législateur uniforme pose l’impossibilité. Autrement dit. Cabrillac et Ch. la garantie et la contregarantie sont irrévocables ». l'article 31 de l'AUS précise immédiatement que : « toutefois. le créancier bénéficiaire est en droit de céder la créance garantie. sauf stipulation contraire des parties.L’irrévocabilité supplétive de la garantie (ou de contregarantie) Aux termes de l’article 32. de la cession isolée de la créance de garantie. si la révocabilité est impossible dans le silence des parties. Ainsi. l'incessibilité du droit à garantie n'affecte pas le droit du bénéficiaire de céder tout montant auquel il aurait droit en vertu du rapport de base ».Les règles de formation de la lettre de garantie (ou de contregarantie) 71 Alors que la question est controversée en droit français (cf. Section 3.

l'action ou le fait. la cause de l’obligation du garant autonome se situe. dans la rémunération versée par celui-ci. Nullité pour erreur provoquée ou dol. entre autres. les conventions de garantie et de contregarantie doivent être constatées par un écrit mentionnant.A. Thèse de la cause résidant dans le contrat de base passé entre le débiteur garanti et le créancier garanti: obligation garantie ou contregarantie? Enfin. la lettre de garantie (ou de contregarantie) doit satisfaire aux conditions générales exigées pour la validité de toutes conventions. la cause de l’obligation du garant autonome (comme celle de l’obligation de la caution) se trouverait dans ses relations avec le donneur d’ordre (débiteur dans le contrat de base) et consisterait. la garantie autonome serait un acte abstrait. s’agissant d’un contregarant. comme en matière de cautionnement. C’est cette dernière conception qui semble avoir été consacrée par l’article 30 de l’AUS : à peine de nullité. Thèse de la cause résidant dans les relations entre le garant et le donneur d'ordre: rémunération ou service d'ami? Pour d’autres auteurs. 2°) Cause de l’engagement du garant Thèse de l'acte abstrait: indifférence de la cause? Pour un premier courant doctrinal. 72 En revanche. cause de l'émission de la garantie ». 1°) Existence et intégrité du consentement du garant Nullité pour erreur spontanée. dans le contrat de base. Le garant (ou le contregarant) peut également obtenir la nullité de son engagement s’il a été victime des manœuvres dolosives du bénéficiaire (qui l’a trompé sur la nature réelle de ses obligations) ou. une référence à celui-ci existant nécessairement dans la lettre de garantie. s’il pensait conclure un contrat de cautionnement)72. l’erreur spontanée du garant (ou du contregarant) sur la solvabilité du donneur d’ordre n’est pas une cause de nullité de la garantie. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 3 . valable indépendamment de sa cause.Les conditions de fond Conformément aux droits nationaux. Le garant (ou le contregarant) pourrait obtenir la nullité de son engagement s’il a commis une erreur sur la substance portant sur la nature de l’engagement qu’il souscrit (par exemple. du non-respect de son devoir de conseil par le garant (éventuellement bénéficiaire du bénéficiaire). « la convention de base. notamment. pour d’autres auteurs. M.

1er). « les lettres de garantie et de contregarantie ne peuvent être souscrites sous peine de nullité par les personnes physiques » (la formule exclut aussi les personnes physiques professionnelles. cela signifie que seules les personnes morales peuvent souscrire de telles garanties : peu importe toutefois qu’il s’agisse de personnes morales de droit public ou de droit privé. vu la marginalité quantitative des entreprises sociétaires (et même des entreprises individuelles « officielles ».N’y aurait-il pas. 2). 28. ce qui est sans doute excessif). al. alors. En termes positifs. Elles doivent être constatées par un écrit mentionnant. . 1er. sur première demande de la part de ce dernier » (art. que le champ de la lettre de garantie risque fort d’être aussi étroit qu’une peau de chagrin. de l’AUS. sur première demande de la part de ce dernier » (art. Celui du contregarant est de « payer une somme déterminée au garant. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 4 .la dénomination de lettre de garantie ou de contregarantie à première demande . 4°) Capacité (qualité) spéciale nécessairement et exclusivement du garant : une personne morale Aux termes de l’article 29. Autant dire. al. ad validitatem (et pas seulement ad probationem). M. à peine de nullité : .le nom du donneur d'ordre . là un bémol à l’autonomie de la lettre ? 3°) Objet de l’engagement du garant : payer une somme déterminée au bénéficiaire. 28. sur première demande de la part de ce dernier L’objet Ŕ autonome (voir supra) Ŕ de l’engagement du garant est « payer une somme déterminée au bénéficiaire. non « informelles ») en Afrique. al. de personnes morales commerçantes ou non. par l’article 30 de l’AUS : « Les conventions de garantie et de contregarantie ne se présument pas. B.Les conditions de forme Un formalisme certain est exigé.

Selon l’article 32. .la convention de base. Cette demande doit préciser que le donneur d'ordre a manqué à ses obligations envers le bénéficiaire et en quoi consiste ce manquement »75. « la demande de paiement doit résulter d'un écrit du bénéficiaire accompagné des documents prévus dans la lettre de garantie. 1. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 5 . Ainsi. de bénéficier des exceptions de la caution74 ». le bénéficiaire doit produire les documents prévus dans la lettre de garantie pour obtenir paiement (les documents M.le nom du bénéficiaire . al. n’a toutefois pas été consacrée par le droit uniforme africain. . le garant doit payer sur premier appel du bénéficiaire sans que ce dernier ait à fournir la moindre justification ou le moindre document.les conditions de la demande de paiement . Dans la garantie à première demande pure et simple.le montant maximum de la somme garantie .la date d'expiration ou le fait entraînant l'expiration de la garantie73 . Cette formule. de l’AUS. 1er. très usitée dans le commerce international. .l'impossibilité. . al. « la garantie et la contregarantie prennent effet à la date où elles sont émises sauf stipulation d'une prise d'effet à une date ultérieure ». Section 4. 1er. selon l’article 34. . On est alors en présence 73 74 75 Ce qui fait de la lettre un contrat à durée déterminée (terme certain ou incertain).L’appel en garantie du bénéficiaire A.Les conditions de l’appel en garantie 1°) La justification de l’appel Justification par le créancier bénéficiaire de l’appel en garantie. cause de l'émission de la garantie .le nom du garant ou du contregarant . . pour le garant ou le contregarant.Les effets de la lettre de garantie Date de prise d’effets. Par. si le garant s’est engagé à première demande documentaire. Cette mention permet de lever tout équivoque quant à la nature autonome de la garantie. l'action ou le fait. de l’AUS.. En effet.

de son pouvoir de représentation. Dans tous les cas. Sanction de l’exigence de justification de l’appel en garantie. au lieu d'émission de la garantie ou contregarantie ». Autrement dit. de l’AUS. conforme aux stipulations des lettres de garantie et de contregarantie »76. al. 1er. le garant ou le contregarant doit s’assurer de l’identité de la personne qui demande paiement et. l’appel en garantie doit être rejeté s’il est avéré qu’il est fait par un tiers non garanti. L’alinéa 2 de l’article 34 dispose (s’agissant cette fois de la contregarantie) que « toute demande de contregarantie doit être accompagnée d'une déclaration écrite du garant selon laquelle ce dernier a reçu une demande de paiement émanant du bénéficiaire. accompagnée des documents spécifiés. un rapport d’expertise. une attestation de factures non payées ou des écrits de nature à rendre vraisemblable la défaillance du donneur d’ordre). l’obligation du bénéficiaire de mentionner la défaillance du donneur d’ordre (art. Justification par le garant de 1er rang de l’appel en contregarantie. al. selon l’alinéa 3 de l’article 34. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 6 . Remarque. 1er) n’autorise pas le contregarant (au titre de l’art. 34. Enfin. 2) à exiger une quelconque justification du garant de premier rang à propos du paiement que ce dernier aurait effectue ou des circonstances dans lesquelles ce paiement aurait été effectué. al. 76 Néanmoins. au plus tard à la date d'expiration de celle-ci. 2°) L’obligation du garant (ou du contregarant) de vérifier la conformité de la demande Aux termes de l’article 35. s’il y a lieu. une sentence arbitrale. Ainsi. « le garant ou le contregarant doit disposer d'un délai raisonnable pour examiner la conformité des documents produits avec les stipulations de la garantie ou de la contregarantie ». 34. l’absence de justification de la demande en paiement est sûrement sanctionnée par la possibilité de rejeter celle-ci (inefficacité). le garant (ou le contregarant) appelé a l’obligation de vérifier. dans un délai requis pouvant être. « toute demande de paiement au titre de la lettre de garantie ou de contregarantie doit être faite. M. Délai et lieu de l’appel en garantie ou en contregarantie.d'une garantie à première demande justifiée et documentaire. par exemple. Malgré le silence de l’AUS sur ce point.

s’il y a lieu. Obligation du garant d’informer le donneur d’ordre et le bénéficiaire sur l’éventuelle décision de rejet de la demande de paiement. le donneur d'ordre ou. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 7 . la conformité des documents produits avec les stipulations de la lettre garantie (ou de la contregarantie)77. le cas échéant. al. semble-t-il. AUS). al. préparer ses recours (voir infra) ou encore faire défense de payer au garant ou au contregarant si la demande de paiement du bénéficiaire est manifestement abusive ou frauduleuse (voir infra).raisonnable (qui sera sûrement. la demande du bénéficiaire et tous documents accompagnant celle-ci au donneur d'ordre pour information ou. sans délai. porter que sur la matérialité des documents sans avoir à porter sur leur véracité ou leur contenu. AUS). 4. 3°) Les obligations d’information du garant sur l’appel en garantie Obligation du garant de transmettre au donneur d’ordre la demande de paiement du bénéficiaire. « Si le garant décide de rejeter une demande de paiement. faute de précision du texte. « Le garant doit aviser. M. apprécié par les juges du fond) de cette obligation de transmission permettra ainsi au donneur d’ordre de prendre connaissance de l’appel en garantie fait par le créancier bénéficiaire. ce délai sera sûrement. il doit en aviser le donneur d'ordre et le bénéficiaire dans les meilleurs délais et tenir à la disposition de celui-ci tous documents présentés » (article 35. le contregarant qui en avisera le donneur d'ordre dans les mêmes conditions » (article 35. 2. de toute réduction du montant de la garantie et de tout acte ou événement mettant fin à celle-ci. au contregarant pour transmission au donneur d'ordre aux mêmes fins » (article 35. le garant doit transmettre. AUS). apprécié par les juges du fond). 77 L’appréciation ne doit. al. faute de précision. sans retard. Obligation du garant d’informer le donneur d’ordre sur l’éventuelle réduction du montant de la garantie ou de son extinction. Après avoir procédé à la vérification de la conformité de la demande (voir supra) et « avant tout paiement. 3. il pourra. Dès lors. L’exécution « sans retard » (en l’absence de fixation conventionnelle. le cas échéant.

Comme il a déjà été analysé plus haut. sur première demande de la part de ce dernier » (celui du contregarant étant de « payer une somme déterminée au garant. il doit en aviser le donneur d'ordre et le bénéficiaire dans les meilleurs délais et tenir à la disposition de celui-ci tous documents présentés ». Après avoir décidé. Par. AUS). l’article 35. a contrario. al. 33. selon l’article 28. sur première demande de la part de ce dernier »). 1er. de l’AUS dispose que : « si le garant décide de rejeter une demande de paiement. al. l’article 36 de l’AUS ajoute immédiatement que « le garant et le contregarant disposent de la même faculté dans les mêmes conditions ». Formalités. 2. L’AUS consacre ainsi la pratique des garanties dites glissantes. de l’AUS de « payer une somme déterminée au bénéficiaire. de l’AUS.Les recours M. c'est-à-dire d’un montant dégressif (au fur et à mesure de l’échéance des dates précisées ou contre présentation au garant ou au contregarant de documents indiqués à cette fin). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 8 . Aux termes de l’article 33. al. al. Néanmoins. 1er. 3. 2°) Le refus de paiement Condition de fond : une demande de paiement manifestement abusive ou frauduleuse. « la lettre de garantie peut stipuler que la somme garantie sera réduite d'un montant déterminé ou déterminable à des dates précisées ou contre présentation au garant ou au contregarant de documents indiqués à cette fin » (art. « le garant et le contregarant ne sont obligés qu'à concurrence de la somme stipulée dans la lettre de garantie ou de contregarantie sous déduction des paiements antérieurs faits par le garant ou le donneur d'ordre non contestés par le bénéficiaire ». Etendue ou montant de la garantie. que « le donneur d'ordre […] peut faire défense de payer au garant ou au contregarant […] si la demande de paiement du bénéficiaire est manifestement abusive ou frauduleuse ».B.Les suites de l’appel en garantie 1°) Le paiement Objet de l’engagement du garant. 2. Rappelons que l’objet Ŕ autonome Ŕ de l’engagement du garant est.

L’assimilation faite par ce texte avec les recours de la caution permet de considérer que le garant (ou le contregarant) dispose à la fois d’un recours personnel (ce qui est indiscutable puisque ce recours est fondé sur les relations du garant avec le donneur d’ordre. D’aucuns considèrent que ce recours pourrait être fondé sur la répétition de l’indu ou sur 78 Dans tous les cas. C’est. ce qui n’est pas le cas s’il a négligé d’invoquer le caractère manifestement abusif ou frauduleux de l’appel (dans ce dernier cas. le garant ne devrait pas disposer d’un recours subrogatoire Ŕ subrogation légale Ŕ vu qu’il ne s’est pas engagé pas à payer la dette d’autrui. le garant a libéré à due concurrence le donneur d’ordre et lui a rendu un service qui l’appauvrit. après avoir désintéressé le créancier bénéficiaire. le paiement est étranger aux relations entre le garant et le donneur d’ordre.Les recours du garant (ou du contregarant) contre le donneur d'ordre Recours en remboursement après paiement du créancier bénéficiaire. Malgré le silence de l’AUS. M. eu égard à l’autonomie de l’objet de la garantie. Le recours du garant (ou du contregarant) contre le donneur d’ordre implique que le premier ait payé le bénéficiaire dans les conditions prévues dans son engagement. ceux-ci étant liés par une convention de crédit par laquelle le premier « couvre » le second)78 et d’un recours subrogatoire (ce qui.Les recours éventuels du donneur d’ordre Recours contre le bénéficiaire. d’un recours en remboursement contre le donneur d’ordre.A. Les « mêmes recours que la caution ». B. est assez discutable : comme en matière de délégation imparfaite. en payant la somme promise. Le garant (ou le contregarant) n’est pas un débiteur « en dernier ressort » puisqu’il dispose. le donneur d’ordre dispose éventuellement d’un recours contre le bénéficiaire lorsqu’aucune dette n’était due au titre du contrat de base (le paiement du garant étant consécutif à un appel en garantie manifestement abusif ou frauduleux). « Un paiement utile au bénéficiaire ». THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 6 9 . C’est ce que rappelle l’article 37 de l’AUS : « le garant ou le contregarant qui a fait un paiement utile au bénéficiaire dispose des mêmes recours que la caution contre le donneur d'ordre ». mais une dette nouvelle et personnelle). ce qui le rend fautif). ainsi qu’il convient d’interpréter l’exigence d’un « paiement utile au bénéficiaire ». peut-être.

D’autres auteurs estiment qu’il ne s’agirait ni d’une répétition de l’indu (car le paiement était bien dû par le garant au bénéficiaire). mettre en cause la responsabilité contractuelle du garant ayant refusé d’exécuter (ou ayant exécuté imparfaitement) la convention garantie alors que l’appel a été régulièrement mis en œuvre. p. « le donneur d'ordre […] peut faire défense de payer au garant ou au contregarant […] si la demande de paiement du bénéficiaire est manifestement abusive ou frauduleuse »). La durée de la garantie dépend donc des seuls termes de la lettre : l’appel du bénéficiaire contre le garant (ou celui du garant de premier rang contre le contregarant) doit intervenir avant son expiration.Les recours éventuels du créancier bénéficiaire Malgré le silence de l’AUS.l’enrichissement sans cause79. cit. publicité foncière. op. le premier accepte de fournir une garantie dans la mesure où il existe une obligation à garantir80. Droit civil. Recours contre le garant. Section 5.L’extinction de la lettre de garantie Selon l’article 38 de l’AUS. du reste. 80 81 Sachant que l’autonomie de la garantie impose un terme qui lui est propre. en cas de paiement ou de nullité de l’obligation principale et repose sur un mécanisme contractuel : dans la convention entre le bénéficiaire et le donneur d’ordre.. le créancier bénéficiaire peut. celui-ci peut être fixé à une date précise ou à l’expiration d’un certain délai. 14e éd. « la garantie ou la contregarantie cesse :   79 soit au jour calendaire spécifié (date fixe) ou à l’expiration du délai prévu81 ..-N. n° 345. M. ni d’une action de in rem verso (puisque le paiement a bien une cause juridique. qui préexiste à l’engagement du garant. 44-45. JOBARD-BACHELLIER. L. s’il y a lieu. Dalloz. la restitution serait plutôt analogue à celle que doit le « dépositaire » d’un gage-espèces. AYNES et P. en l’occurrence la garantie autonome) . L’appel en garantie prend souvent la forme de l’alternative suivante : « prorogez la garantie ou payez » (« extend or pay »). CROCQ. Le donneur d’ordre pourrait également mettre en cause la responsabilité du garant (ou contregarant) qui n’aurait pas respecté les termes de la garantie ou qui aurait payé alors que l’appel en garantie était manifestement abusif ou frauduleux (rappelons. Sûretés. que. selon l’article 36 de l’AUS. soit à la présentation au garant ou au contregarant des documents M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 0 . C.

du titre de créance équivaut à une présomption de paiement). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 1 . faite au profit du garant ou du contregarant. 83 L’hypothèse est celle d’une renonciation du bénéficiaire à sa créance de garantie. libératoires spécifiés dans la lettre de garantie ou de contregarantie82 . Cette renonciation. n’affecte pas l’obligation du débiteur au contrat de base. à une libération du garant ou du contregarant (de la même manière que la remise au débiteur. soit sur déclaration écrite du bénéficiaire libérant le garant et le contregarant de leur obligation83 ». en effet. 82 La remise des documents libératoires désignés dans la lettre de garantie ou de contregarantie équivaut. par le créancier. M.

sur des immeubles). Toujours d’après le critère de l’assiette. Aux termes de l’article 39. classification des sûretés réelles. on distingue les sûretés réelles générales des sûretés réelles spéciales. le gage. on distingue les sûretés mobilières et les sûretés immobilières. M. C’est cette classification qu’a soutenue l’Acte uniforme. « les sûretés mobilières comprennent : le droit de rétention. Ces sûretés peuvent être rangées en trois catégories.les sûretés mobilières avec dépossession (droit de rétention et gage) . .  Classification des sûretés réelles mobilières. 1er. En revanche. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 2 . al. soit sur l’ensemble des meubles du débiteur. Une sûreté est dite spéciale lorsqu’elle porte sur un élément déterminé du patrimoine du débiteur. . aussi. de l’AUS. la sûreté générale porte soit sur l’ensemble des immeubles. nous verrons que les privilèges généraux peuvent néanmoins porter.TITRE II. Avec ce critère.  Il existe plusieurs méthodes de Classification d’après les sources. on y rencontre des privilèges immobiliers. les nantissements sans dépossession et les privilèges (sic84) ».les sûretés mobilières sans dépossession . notamment dans la mesure où ces derniers sont pris en considération pour la distribution des deniers en matière immobilière (voir infra le titre consacré à l’ordre de distribution). .LES SÛRETÉS (RÉELLES) MOBILIÈRES Classification des sûretés réelles.les privilèges (classés par l’AUS parmi les sûretés mobilières. 84 Quoique l’AUS paraisse limiter les privilèges aux seuls privilèges mobiliers (puisque les privilèges y font l’objet d’un chapitre Ŕ IV Ŕ sous un Titre Ŕ II Ŕ consacré aux sûretés mobilières). On distingue les sûretés légales des sûretés conventionnelles. Classification d’après l’assiette.

41 à 43)85 . le rétenteur ne peut pas faire vendre la chose qu’il détient pour se payer sur le prix par préférence. 44 à 62).SOUS-TITRE I.le droit de rétention (art. la doctrine dénie au droit de rétention la qualité de sûreté réelle stricto sensu dans la mesure où. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 3 . 85 En droit français. . notamment.LES SÛRETÉS RÉELLES MOBILIÈRES AVEC DÉPOSSESSION Deux types de sûretés réelles mobilières avec dépossession (dessaisissement) du débiteur ont été consacrés par l’AUS : . M.le gage (art.

Il s’agit là de ce que l’on dénomme le droit de rétention.Les conditions relatives à la chose 1°) Une chose mobilière corporelle (ou. dès lors que des choses incorporelles font l’objet d’une matérialisation par le biais de titres (bons de caisse. de rétention. exceptionnellement.CHAPITRE I. indépendamment de toute autre sûreté ». « le créancier qui détient légitimement un bien du débiteur peut le retenir jusqu’à complet paiement de ce qui lui est dû.Les conditions relatives à la détention de la chose du débiteur L’article 41 de l’AUS dispose que « le créancier qui détient légitimement un bien du débiteur peut le retenir… ». 1.LE DROIT DE RÉTENTION Définition. incorporelle) Seule une chose mobilière est susceptible de la détention matérielle d’où résulte la rétention. Pour produire valablement ses effets. 2°) Une chose dans le commerce juridique M. le droit de rétention doit être exercé dans certaines conditions. liquide et exigible. Section 1. connaissements. Aux termes de l’article 41 de l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 4 . partant. valeurs mobilières sous forme de titres au porteur se transmettant par simple remise de la main à la main). Le mécanisme même du droit de rétention suppose que le rétenteur ait la détention matérielle et légitime de la chose mobilière du débiteur qu’il devait restituer. Mais. A. on considère aujourd’hui qu’elles sont susceptibles de détention et.Les conditions de mise en œuvre du droit de rétention Le droit de rétention est ouvert à tout créancier qui détient légitimement un bien du débiteur contre lequel il a une créance certaine. Par. Traditionnellement. survivance d’un moyen de justice privée puisque le créancier se passe de l’accord du débiteur ou d’une décision du juge pour obtenir satisfaction. il devait uniquement s’agir de choses corporelles puisque seules celles-ci paraissaient susceptibles de mainmise matérielle. indépendamment de toute autre sûreté et avant toute saisie.

après signification faite au débiteur et au propriétaire de la chose. Cela dit. la perte volontaire de la détention (restitution volontaire) entraîne celle du droit de rétention. remise à un expert. Ils invoquent. n° 173 : ces auteurs admettent la détention d’une chose qui n’appartient pas au débiteur « dès lors qu’il y a un lien de connexité matérielle entre la chose et la créance ». au rebours de cette doctrine. Cela dit. Or.)87. peut-être. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 5 . M. commis par justice. Ainsi. préposé. le corps humain et ses organes. En revanche. des pièces sur lesquelles s’exerçait un droit de rétention) : le droit de rétention se transporte alors que le prix (subrogation réelle). etc. cit.Un bien meuble ne peut être utilement retenu que s’il est dans le commerce juridique. il peut.). B. le créancier gagiste de bonne foi peut s’opposer à la revendication du propriétaire dans les conditions prévues pour le possesseur de bonne foi (on pourrait. si en principe toute chose (bien ou droit) est dans le commerce juridique. etc. ne pourrait-on pas considérer. exercer ses droits de suite et de préférence comme en matière de gage »). op. l’opposabilité du droit de rétention à l’ayant cause à titre particulier devenu propriétaire de la chose retenue après qu’elle eut été remise au détenteur est indiscutable. 86 Contra : Juriscope Sûretés.Les conditions relatives à la détention de la chose 1°) Une détention réelle Le droit de rétention suppose la détention réelle d’une chose par le créancier (ou par un tiers qui agit pour son compte : séquestre conventionnel ou judiciaire. il convient d’en déduire qu’il doit s’agir d’une chose dont le débiteur est propriétaire86. comme argument. il existe d’importantes exceptions tirées des impératifs de respect de l’ordre public et des bonnes mœurs (les choses toxiques ou malsaines. que l’absence d’une telle disposition pour le droit de rétention doit être interprétée comme une manifestation de la volonté du législateur uniforme de l’exclure en cette matière ? 87 La détention peut provenir d’un dessaisissement volontaire (dépôt de la chose) ou accidentel du débiteur entre ses mains (objet tombé chez le voisin et causant par là même un dommage). c'est-à-dire présentant un caractère patrimonial. notamment l’article 47 de l’AUS qui dispose que si le constituant du gage n’est pas propriétaire de la chose gagée. 3°) Une chose « du » débiteur Puisque l’article 41 parle expressément de détention d’ « un bien du débiteur ». le droit de rétention subsiste si la détention est involontairement perdue (notamment du fait d’une décision judiciaire : par exemple. ajouter à cela l’article 43 de l’AUS (« si le créancier ne reçoit ni paiement ni sûreté. l’analogie avec le gage..

Néanmoins. une sorte de voie d’exécution. en vertu d’un titre légitime qui l’obligeait. hypothèque. lorsque le règlement immédiat peut en être demandé par le titulaire (une créance « exigible » n’est toutefois pas une créance nécessairement « exigée » puisque. sans contrôle judiciaire. ce qui n’est pas le cas s’il a usé de manœuvres dolosives pour y arriver. en d’autres termes. Cela dit. B. Exerçant. 2. – elle est liquide lorsque son montant en numéraire est déterminé avec précision ou peut l’être immédiatement . Tempéraments. cumulativement. 42 AUS)88: – une créance est certaine lorsque son existence est avérée . à restitution. les caractères requis sont établis alors pourtant qu’ils ne l’étaient pas à l’époque de son exercice.Une créance certaine. – elle est exigible lorsqu’elle est échue ou. quelle qu’en soit la cause. la déchéance du terme justifie. Il faut mais il suffit qu’il ait acquis régulièrement la détention. être « certaine. « le droit de rétention ne peut s'exercer que […] s'il existe un lien de connexité entre la naissance de la créance et la chose 88 Une règle analogue est prévue pour la compensation légale. dans ce dernier cas.2°) Une détention légitime L’exercice du droit de rétention d’une chose suppose que le créancier détienne « légitimement un bien du débiteur ». Par. le créancier a mis en demeure le débiteur de s’exécuter ou pris une mesure d’exécution).Les conditions relatives à la créance sur le débiteur A. le droit de rétention si la chose n’a pas encore été livrée ou restituée à cette date. gage. celui qui se prévaut du droit de rétention doit avoir une créance qui permettrait de pratiquer une saisie. liquide et exigible Principe. Le droit de rétention doit être validé si. En outre. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 6 . liquide et exigible » (cf. art. il n’est pas nécessaire que le créancier ait l’intention de se comporter comme un possesseur ou un propriétaire. c'est-à-dire qu’elle doit. cette condition n’est pas nécessaire pour la mise en œuvre des « vraies sûretés » qui sont consenties aussi bien pour des dettes échues que pour des dettes à échoir : cautionnement.Une connexité entre la naissance de la créance et la détention de la chose Aux termes de l’article 42. au moment précis où le juge doit se prononcer sur la pertinence du droit de rétention. normalement. M.

La formule signifie. il importe peu que le rétenteur connaisse ou ignore l’existence de la sûreté puisque. Par exemple. de constituer un droit réel su elle . le commissionnaire de transport peut retenir les marchandises tant qu’il n’est pas payé de ce qui lui est dû en vertu du contrat. Il y a connexité matérielle lorsque la créance a pris naissance à l’occasion de la détention de la chose. En effet. celui-ci étant à l’origine de la créance pour le paiement de laquelle le rétenteur prétend se garantir en retenant la chose du débiteur. la connexité peut être aussi bien juridique (ou intellectuelle) que matérielle (objective ou debitum cum re junctum : dette qui a un lien avec la chose). Le droit de rétention se présente alors comme une manifestation de l’exception d’inexécution. indépendamment de toute autre sûreté ». Par exemple. qu’il s’agisse d’une sûreté avec ou sans dépossession. par définition. avant tout. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 7 . La solution est certaine sans qu’il y ait lieu de distinguer selon que le rétenteur connaissait ou pas l’existence de la sûreté lors de sa prise de possession du bien. Par. il ne s’agit pas. Cette dernière formule signifie. que le droit de rétention constitue une sûreté principale et non l’accessoire d’une autre sûreté réelle avec dépossession comme le gage (un coexistence est toutefois possible si les conditions d’existence de l’un et de l’autre sont réunies) : il s’exerce à titre principal en gardant son régime propre. quitte à départager ensuite les créanciers selon le rang de préférence que leur reconnaît la loi. le droit de rétention naît postérieurement à cette remise. qu’une sûreté existant déjà au profit d’un autre créancier sur le bien détenu ne fait pas obstacle au droit de rétention. M. 3.Les conditions relatives à la rétention de la chose du débiteur A. Il y a connexité juridique lorsque la créance et la dette se rattachent à un même rapport juridique (contrat ou quasi-contrat entre rétenteur et débiteur).Une rétention indépendante de toute sûreté Selon l’article 41 de l’AUS. sachant que « la connexité est [simplement] réputée établie si la détention de la chose et la créance sont la conséquence de relations d'affaires entre le créancier et le débiteur ». pour les impenses faites par le possesseur ou encore pour le salaire d’un dépôt salarié. en outre. En réalité.retenue ». « le créancier qui détient légitimement un bien du débiteur peut le retenir jusqu'à complet paiement de ce qui lui est dû. Et ce. à la différence du créancier gagiste. lors de la tradition du bien.

Par. Ce droit étant indivisible. les effets du droit de rétention sont assez nombreux. Effets actifs ou droits. M. « le droit de rétention ne peut s'exercer que : avant toute saisie ». le rétenteur a le droit de refuser la restitution tant qu’il n’est pas totalement désintéressé.Les effets avant paiement A.Les effets du droit de rétention Quoique l’AUS soit on ne peut plus évasif sur la question. Comme son nom l’indique. Section 2. Si la chose donne des fruits. le créancier rétenteur est tenu (comme le créancier gagiste) de conserver la chose et de ne pas en user ou jouir sous peine de déchéance de la rétention. la saisie conservatoire pourra être convertie. Il répond (comme tout détenteur de la chose d’autrui) de la perte ou détérioration de la chose survenue par sa négligence. 90 La saisie exécutoire d’un bien saisissable mobilier ou immobilier est une procédure par laquelle un créancier immobilise ledit bien appartenant à son débiteur défaillant afin de le faire vendre pour se faire payer sur le prix de la vente ou de se le faire attribuer personnellement si le débiteur persiste dans sa récalcitrance. le moment de la rétention et. c’est-àdire d’empêcher le débiteur d’en disposer au détriment du créancier. en saisie exécutoire (saisie-vente). L’exigence signifie que le droit de rétention ne peut plus être exercé lorsque des saisies ont déjà été pratiquées sur le bien (en l’absence de précision. mais devra en rendre compte.B. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 8 .Une rétention exercée avant toute saisie Aux termes de l’article 42. Mais s’il persiste dans sa résistance. dans un second temps. le créancier peut encore retenir la chose en cas de paiement seulement partiel (et ce. même si la chose est matériellement ou juridiquement divisible ou encore si la créance est divisible entre les héritiers du créancier ou 89 Elles permettent d’immobiliser une somme ou un bien du débiteur. d’autre part. il a le droit de les retenir comme la chose elle-même. celui du paiement et de la restitution qui s’ensuit. Entre. En principe. il n’y aurait pas lieu de distinguer entre les saisies conservatoires89 et les saisies exécutoires90).Vis-à-vis du créancier rétenteur Effets passifs ou devoirs. 1. la saisie conservatoire a ainsi pour but de permettre la conservation du bien. Cette indisponibilité doit normalement pousser le débiteur récalcitrant à exécuter volontairement ses engagements. d’une part. à son insu après autorisation du juge obtenu sur requête et en vertu d’un titre admis pour la loi.

rien n’empêche le créancier rétenteur d’accepter une sûreté personnelle contre renonciation à son droit de rétention.du débiteur). 1°) Les conditions de mise en œuvre de la faculté de substitution  Seule une sûreté réelle (et non une sûreté personnelle comme une caution ou une lettre de garantie) peut être imposée au rétenteur en lieu et place du droit de rétention91: le débiteur peut ainsi offrir à la rétention un autre bien meuble en lieu et place de celui qu’il désire se faire restituer (il y a ainsi substitution d’un nouveau droit de rétention à celui préexistant) . intérêts et frais. l’article 42 ne reconnaît la faculté de substitution qu’au débiteur. notamment pour continuer à l’exploiter. la valeur de l’immeuble sera souvent supérieure à celle du meuble retenu) . des commentateurs admettent que ces derniers doivent pouvoir 91 Mais si le débiteur ne peut pas la lui imposer. Néanmoins. le débiteur peut aussi offrir une hypothèque sur un immeuble (hypothèse sûrement d’école puisque. l’article 42 in fine de l’AUS dispose que « le créancier doit renoncer au droit de rétention si le débiteur lui fournit une sûreté réelle équivalente ». La loi reconnaît ainsi au débiteur une faculté de substitution au droit de rétention d’une sûreté réelle équivalente. Le droit est aussi opposable erga omnes. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 7 9 . sans préjudice des lourdes formalités requises.  Le bien offert en garantie de substitution doit être réalisable et d’une valeur suffisante pour couvrir le montant de la créance exigible en principal. M. à l’exclusion par conséquent des autres créanciers de ce dernier. c'est-à-dire à tous. Tenant sans doute compte de ce souci.Vis-à-vis du débiteur Il peut arriver que le débiteur (ou ses créanciers) ait intérêt à récupérer le bien retenu s’il est d’une valeur supérieure à celle de la créance à l’origine de la rétention. judiciaire en cas de résistance injustifiée du créancier (et non une sûreté légale comme un privilège) peut être imposée au créancier. -  Seule une sûreté conventionnelle ou. B.  Pris à la lettre. le cas échéant.

il peut.  Si le créancier refuse.exercer la faculté de leur débiteur.Les effets en cas de non-paiement Aux termes de l’article 43 de l’AUS. munis de sûretés (créanciers nantis ou privilégiés). la restitution pourra lui être imposée par voie d’astreintes ou par une condamnation à des dommages-intérêts. « le créancier doit renoncer au droit de rétention… » contre fourniture d’une autre sûreté (art. Le créancier rétenteur ne peut exercer ses droits de suite et de préférence qu’en observant la procédure prévue pour la réalisation du gage (article 43 associé à l’article 56 de l’AUS) : il doit signifier son intention de réaliser sa sûreté au débiteur et au propriétaire s’il le connaît . exercer ses droits de suite et de préférence comme en matière de gage ». en dépit de la constitution conventionnelle ou judiciaire d’une sûreté de remplacement. par exemple. « si le créancier ne reçoit ni paiement ni sûreté. a fortiori. le créancier rétenteur insatisfait convertit son droit de rétention en droit de gage en passant à la réalisation de sa sûreté. il doit faire procéder à la vente forcée du bien retenu. son droit de préférence s’exercera alors selon les dispositions de l’article - M. Par. après signification faite au débiteur et au propriétaire de la chose. cette réticence pourra être vaincue par une décision de justice (remplacement du droit de rétention par. De la sorte. un nantissement judiciaire). qu’ils soient chirographaires (cela en vertu de leur droit de gage général sur le patrimoine du débiteur) ou. 42 de l’AUS). de se dessaisir de la chose retenue. fort de son titre exécutoire. 2.  Si celui-ci refuse de prêter son concours à la constitution de la nouvelle sûreté (concours nécessaire puisque cette sûreté est conventionnelle). il doit requérir un titre exécutoire s’il n’en a pas déjà un . huit jours après une sommation de payer faite au débiteur (la vente forcée étant faite dans les conditions prévues par les articles 105 et suivants de l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement des créances et des voies d’exécution). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 0 . 2°) Les conséquences de la mise en œuvre de la faculté de substitution Si les conditions précitées sont réunies.

l’indemnité d’assurance (ce qui serait une subrogation réelle).  Extinction par voie accessoire.Extinction du droit de rétention Quoique l’AUS n’en parle pas spécialement. des pièces sur lesquelles s’exerçait un droit de rétention) ou lorsque le dessaisissement a été fortuit (le créancier pouvant reprendre la chose en usant de l’action possessoire) . THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 1 . M. du moins lorsque le créancier ne peut pas reporter son droit de rétention sur. c'est-à-dire alors que la créance subsiste : . commis par justice.en cas de destruction de la chose.  Extinction par voie principale. il importe de rappeler les voies d’extinction du droit de rétention. notamment par le règlement de l’intégralité de la dette. mais tel n’est plus le cas lorsque le dessaisissement est ordonné par justice (par exemple : remise à un expert. . c'est-à-dire en même temps que la créance qu’il garantit. le cas échéant.149 de l’AUS (voir infra).lorsque le rétenteur se dessaisit volontairement de la chose. Section 3.

 Variété de nantissement avec dépossession Il correspond à un type particulier de nantissement.  Sûreté réelle mobilière. il s’agit d’un nantissement avec dépossession que l’article 39 de l’AUS distingue expressément des nantissements sans dépossession.Les conditions de fond M. il pourra obtenir la vente afin d’être payé sur le prix par préférence aux autres créanciers. Mais sa formation exige des conditions spécifiques dont certaines sont de fond et d’autres de forme. le droit reconnu au créancier gagiste et. le gage est défini comme « le contrat par lequel un bien meuble est remis au créancier ou à un tiers convenu entre les parties pour garantir le paiement d’une dette » (art. favoriser le crédit. la constitution du gage est assujettie au droit commun des contrats. Le gage est réglementé par les articles 44 à 62 de l’AUS qui s’appliquent indifféremment au gage commercial (constitué en garantie d’une dette commerciale) et au gage civil (constitué en garantie d’une dette civile). d’une part. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 2 . à défaut de paiement par le débiteur. il s’agit d’un contrat par lequel un débiteur remet à son créancier. Destiné à inspirer confiance et.CHAPITRE II. Section 1. d’autre part. Par ailleurs. Au-delà de l’acte juridique contractuel. à titre de garantie. du reste.La constitution du gage En tant que contrat. Plus exhaustivement. partant. un meuble que le créancier conservera jusqu’à l’échéance et dont. Le gage est une sûreté réelle mobilière (elle est. la notion sert aussi à désigner. ainsi présentée dans l’AUS) puisqu’il nécessite. celui portant sur une chose mobilière (tandis que l’on appelle antichrèse le nantissement ayant pour objet un immeuble).  Sources du droit du gage.LE GAGE (« NANTISSEMENT » MOBILIER AVEC DÉPOSSESSION)  Notion à sens variables. 1. la chose donnée en garantie. 44 AUS). la remise de la chose (voir infra). outre l’accord des parties. Par.

 Qualité de propriétaire de l’objet du gage. Sans préjudice de la capacité de s’obliger. Une doctrine92 considère que la validité de la mise en gage dépendrait alors de la bonne ou mauvaise foi du créancier gagiste (ignorance ou connaissance de la situation d’indivision) : si la mauvaise foi n’est pas établie. n° 219. mais simplement inopposable aux autres indivisaires. il peut s’agir d’un tiers pour le compte du débiteur : le tiers qui donne en gage un bien mobilier lui appartenant pour garantir la dette d’autrui est parfois appelé « caution réelle » . Le constituant doit être propriétaire de la chose objet du gage. celui-ci est réputé en être propriétaire dès l’origine par l’effet déclaratif du partage.  Qualité de débiteur ou de tiers. la publicité requise à cet effet permet de préserver les intérêts du véritable propriétaire). mais seulement la possession. à la différence de la caution ordinaire (sûreté personnelle). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 3 . l’indivisaire qui donne seul en gage la chose indivise remet en partie la chose d’autrui (pour ce qui excède sa part dans l’indivision). Néanmoins. et la garantie sera donc valable . en revanche. donner une chose en garantie. si l’absence de propriété est la conséquence d’une clause de réserve de propriété. avoir la capacité spéciale d’aliéner l’assiette du gage. il appartiendra alors au véritable propriétaire de prouver la mauvaise foi du gagiste . le créancier gagiste est protégé dans la mesure où il est entré en possession du meuble. Néanmoins. la caution réelle n’est tenue que sur le bien donné en gage et non sur l’ensemble de son patrimoine.  Remise en gage d’une chose indivise. la validité de la mise en gage dépendra des résultats du partage ? Si la chose remise est attribuée au constituant. 92 93 Juriscope Sûreté. s’il ne l’est pas et qu’il s’agit d’un meuble corporel. c'est-à-dire dans l’ignorance que le constituant n’était pas propriétaire (la bonne foi étant présumée. cit. En effet. En principe. le gage sera considéré comme valablement constitué93. bien que le transfert n’ait pas pour objet la propriété. Ne pourrait-on pas considérer que. le consentement unanime de tous les coïndivisaires. très logiquement.Les conditions tenant aux parties 1°) Les conditions tenant au constituant  Capacité de s’obliger et de disposer. Comme pour la vente. en outre.. comme en matière de vente (en droit français). le constituant du gage doit. op. M. Dès lors. la mise en gage d’un bien en indivision requiert.A. il aura bien donné en gage la chose d’autrui : cette garantie ne serait alors pas nulle. de bonne foi. en principe. le gage expose à la vente ou à la perte du bien. si elle ne lui est pas attribuée. seul le débiteur peut.

Autrement dit. on se demande si le créancier gagiste ne devrait pas. il dépend de l’existence et de la validité de la créance principale garantie. des dispositions légales interdisant le prêt sur gage ou aménageant un monopole. Ainsi. en l’occurrence ne pas être un professionnel du gage. Selon l’article 45 précité. laquelle est généralement Ŕ mais non exclusivement Ŕ une créance de somme d’argent94. du moins lorsqu’ils sont faits à titre professionnel (art.  Condition négative incertaine : un non-professionnel du gage ? En droit français. 51 de l’AUS). Le gage étant une sûreté. car les avances sur titres sont licites et expressément soumises aux règles du gage (art.2°) Les conditions tenant au créancier gagiste  Condition positive certaine : la capacité de s’obliger. il s’agit d’un droit réel qui est l’accessoire d’une créance principale qu’il garantit. justifier d’une condition négative. dans notre système juridique. il ne semble pas qu’il existe. futures ou éventuelles à la condition qu'elles ne soient pas entachées de nullité. sont concernées toutes les obligations : obligations pures et simples ou 94 Il peut aussi s’agir d’une autre forme d’obligation : il est concevable qu’une obligation de livraison ou de restitution puisse être garantie par un gage même si cela. L'annulation de la créance garantie entraîne l'annulation du gage ». Sans doute que le problème ne se pose pas pour les établissements financiers. L. Le créancier gagiste doit naturellement avoir la capacité de s’engager. reste marginal. Partant de là. Quant aux personnes physiques ou autres personnes morales. Cette règle d’accessoire ou de dépendance (unilatérale) est expressément rappelée par l’article 45 de l’AUS : « le gage peut être constitué pour des dettes antérieures. futures ou éventuelles à la condition qu'elles ne soient pas entachées de nullité ».  Nature et caractères de la créance principale garantie. M. B. en droit uniforme africain. en pratique. « le gage peut être constitué pour des dettes antérieures.Conditions relatives aux éléments matériels du gage 1°) Les conditions tenant à la créance garantie  Existence et validité de la créance principale garantie. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 4 . 571-12 du Code monétaire et financier). le monopole des prêts sur gage de choses corporelles est réservé aux établissements de Crédit municipal.

il semble que les immeubles par destination ne peuvent être donnés en gage : ils pourront toutefois être hypothéqués en même temps que l’immeuble par nature. 96 Par exemple. la créance donnée en garantie étant le solde créditeur du compte. le gage étant une sûreté mobilière. 97 Les natures fongible ou non et consomptible ou non sont sans véritable incidence sur la constitution du gage : elles rendront seulement plus complexe l’exécution des obligations de conservation et de restitution. La dette ou créance garantie peut être de nature civile (auquel cas le gage est civil) ou commerciale (auquel cas le gage est commercial). il est concevable de remettre en gage un matériel professionnel ou un véhicule automobile. quoique le nantissement sans dépossession soit plus adapté. Selon l’article 48. « tout bien meuble. al. Il est également indifférent que la chose puisse faire l’objet d’une autre forme de sûreté comme un nantissement sans dépossession : ainsi. il peut s’agir de toutes sortes de meubles. du moment que l’obligation garantie est valable et existe au jour de la réalisation du gage. Notons que lorsque la dette garantie est seulement future ou éventuelle. Le créancier dont le gage porte sur une chose fongible ou consomptible en devient propriétaire et n’est tenu que de rendre l’équivalent . 1er. 3. Ce sont des gages irréguliers dits gages-espèces (ils sont aussi appelés cautionnements ou dépôts de garantie). seuls les meubles peuvent être remis en gage. Cela dit. . En revanche. de l’AUS. corporel ou incorporel. 95 L’archétype de la dette future est l’ouverture de crédit consentie par un banquier.affectées d’une modalité (terme ou condition). une créance assortie d’une condition. .Meubles incorporels (titres de créances. les officiers ministériels ou toute autre personne pour garantir les abus dont ceux-ci pourraient être responsables et les prêts consentis pour la constitution de ce cautionnement ». . obligations futures95 ou éventuelles96. de l’AUS le prévoit expressément dans un domaine bien précis : « le gage peut également porter sur des sommes ou des valeurs déposées à titre de cautionnement par les fonctionnaires. garantie par un gage. En effet. 98 Ce dernier est un gage sur créance. L’article 46. le gage constitue une véritable mesure conservatoire. 2°) L’assiette ou objet du gage : des meubles exclusivement  Seules des choses mobilières mais toutes sortes de choses mobilières. est susceptible d'être donné en gage ». s’il a remplacé le bien (par exemple une marchandise). le gage se reportera sur le bien de remplacement. valeurs mobilières). de choses consomptibles ou non97. M. distincts du nantissement de compte bancaire98. Il semble aussi que des animaux soient susceptibles d’être remis en gage (mais la doctrine est divisée à ce sujet). al.Sommes d’argent.Meubles corporels : qu’il s’agisse de corps certains ou choses de genre. alors que les sommes ne sont pas encore mis à la disposition du bénéficiaire. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 5 .

2. en cours d'exécution du contrat. oblige le promettant à remettre la chose dans les conditions convenues ». Par. M. si la nécessité de la dépossession empêche que le gage porte sur une chose future.  Choses dans le commerce. la remise entre les mains du créancier n’est pas concevable99. 2. al. La chose corporelle objet du gage doit. la chose objet du gage doit être dans le commerce juridique. « quelle que soit la nature de la dette garantie.  Subrogation ou substitution de chose gagée. exister au moment de la constitution de la garantie . faute de quoi il ne pourrait être vendu. de l’AUS. de l’AUS. « les parties peuvent convenir de la subrogation. être remis en gage puisque la question de la dépossession ne se pose pas. 1er. al. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 6 . Quoique la loi uniforme n’en parle pas expressément. mais cette formalité. 1er. de l’AUS. Cette substitution ne remet pas en cause l’existence du nouvel objet du gage au moment de la conclusion du contrat. « le contrat de gage ne produit effet que si la chose gagée est effectivement remise au créancier ou à un tiers convenu entre les parties ». le contrat de gage n'est opposable aux tiers que s'il est constaté par un écrit… ». notamment de choses futures. Or. posée en vue de 99 Un meuble incorporel futur peut. La rédaction d’un acte écrit est donc exigée. en principe. al. celle-ci peut donner lieu à une promesse de gage insusceptible d’exécution forcée en nature. Choses corporelles actuelles.Le régime général 1°) Le formalisme intrinsèque : la rédaction d’un acte écrit a) Le principe Exigence de l’écrit pour l'opposabilité aux tiers.  Choses futures et promesse de gage. en revanche. sinon. 2. Aux termes de l’article 48. Ainsi. al. « la promesse de gage. Aux termes de l’article 49.Les conditions de forme A. selon l’article 48. de la chose gagée par une autre chose ». Aux termes de l’article 46.

Mentions obligatoires. dûment enregistré ». M. il ne doit s’agir. NB : en l’absence d’écrit requis (voir supra). A la différence de l’article 2074 du Code civil français visant « un acte authentique ou sous seing privé. tous les gages. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 7 . le contrat de gage reste valable inter partes bien que d’une efficacité réduite voire inexistante vis-à-vis des tiers. qu’il ne s’agit que d’un formalisme indirect ou probatoire. sauf exception tirée de la faible importance des obligations garanties. L’enregistrement est une formalité administrative visant à conférer à l’acte date certaine (ce qui est inutile en présence d’un acte authentique). de l’AUS. en l’absence d’écrit. cela permettant d’éviter les fraudes aux droits des tiers que réaliseraient des actes constitutifs de gages antidatés. Aux termes de l’article 49. 2. 1er. On remarquera que l’exception n’est prévue que par application du critère tiré de l’importance de la dette garantie (et non de l’importance de la valeur du bien gagé). al. ne constitue qu’une simple condition d’opposabilité du gage au tiers. selon toute vraisemblance. 2°) Le formalisme extrinsèque : l’enregistrement de l’acte L’écrit exigé pour rendre le gage opposable aux tiers doit être « dûment enregistré ». alors. même commerciaux. « …le contrat de gage n'est opposable aux tiers que s'il est constaté par un écrit dûment enregistré contenant indication de la somme due ainsi que l'espèce. Nature de l’écrit: acte sous seing privé sûrement. Autrement dit. il en découle naturellement la désactivation de la condition de l’enregistrement. puisque l’acte doit être enregistré (voir infra). On peut en déduire. En revanche. Mais. ne seront opposables aux tiers que s’ils ont été constatés par écrit. de l’AUS dispose expressément que « l'écrit n'est pas nécessaire dans les cas où la loi nationale de chaque Etat partie admet la liberté de preuve en raison du montant de l'obligation ». al. que d’un acte sous seing privé.l’enregistrement (voir infra). l’AUS n’a pas expressément précisé la nature de l’écrit. il n’est pas tenu compte de la qualité des parties : il s’ensuit que. b) Les dérogations au principe : la liberté de la preuve en raison du montant de l’obligation L’article 46. la nature et la quantité des biens meubles donnés en gage ».

il n’y a qu’une promesse de gage. de l’AUS. sans la remise. al. La remise de la chose gagée au créancier gagiste ou au tiers convenu constitue ainsi une condition essentielle pour permettre au gage de produire toutes ses conséquences juridiques inter partes et vis-à-vis des tiers. Le gage est alors un contrat réel. « le contrat de gage ne produit effet que si la chose gagée est effectivement remise au créancier ou à un tiers convenu entre les parties ». al. mais les clefs d’un immeuble. Cela dit. S’agissant des meubles incorporels. La remise consiste généralement en une simple tradition matérielle de la chose. l’article 48. lorsque le titre n’existe pas ou que sa remise est matériellement impossible. Ce tiers est une sorte de 100 Quid de la remise des clefs d’un local où se trouve la chose ? Les auteurs doutent de la régularité d’un tel mode de remise : on remet. Modalités de la remise. mais elle peut aussi avoir pour objet le titre représentant le bien (par exemple : remise du connaissement représentant des marchandises transportées par voie maritime ou fluviale). Le gage. oblige le promettant à remettre la chose dans les conditions convenues ».3°) Le caractère réel du contrat : le rôle essentiel de la remise de la chose Exigence expresse d’une remise de la chose. de l’AUS dispose que « le contrat de gage ne produit effet que si la chose gagée est effectivement remise au créancier ou à un tiers convenu entre les parties ». notamment de choses futures. surtout au regard des dispositions de l’alinéa 2 de l’article 48 : « la promesse de gage. Il s’ensuit que. Destinataire ou bénéficiaire de la remise : le créancier gagiste ou un tiers convenu. non un meuble. la mise en possession du créancier est suffisamment réalisée par la signification au débiteur de la créance donnée en gage. de l’AUS semble ne faire référence qu’à l’efficacité : « le contrat de gage ne produit effet que si la chose gagée est effectivement remise au créancier ou à un tiers convenu entre les parties ». M. elle se fait habituellement par la tradition effective du bien100. s’agissant des meubles corporels. contrat réel ? La formule employée par le texte précité pousse néanmoins l’interprète à se demander si la formalité de remise constitue une simple condition d’efficacité ou d’opposabilité du gage (contrat consensuel) ou. 1er. au-delà de la condition d’opposabilité. L’article 48. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 8 . al. Ainsi. La remise peut ainsi être faite entre les mains du créancier gagiste lui-même ou d’un tiers convenu. la remise a pour objet nécessaire le titre qui les matérialise . Pris à la lettre. la tradition de l’objet du gage doit être considérée comme une condition de validité du contrat de gage. Selon l’article 48. Cette interprétation doit s’imposer. une condition de sa formation ou de sa validité (contrat réel). plus lourdement. 1er. 1er.

Quelles que soient les hypothèses envisagées. B. a) L’écrit et la remise du titre 101 C’est notamment le cas du warrantage commercial par lequel le commerçant qui dépose des marchandises dans un magasin général reçoit un double titre détaché d’un registre à souches : le récépissé constatant la propriété des marchandises et permettant de les aliéner. les modalités particulières de constitution du gage. 1°) Le gage de titres de créances Les créances constituent aujourd’hui de véritables instruments de crédit. M. tenu des mêmes obligations que le créancier. titres à ordre se transmettant par endossement. il ne pourrait restituer le bien de sa propre initiative). Ainsi. Sachant que. mais dépourvu des prérogatives accordées à ce dernier (ainsi. en ses articles 50 et suivants. qui correspond au procédé dit de l’entiercement. aux termes de l’article 50-3 de l’AUS. 48 AUS). prévues par l’article 50 de l’AUS : l’écrit. par une mention du gage sur les registres de l'établissement émetteur ». la restitution au débiteur ne se fera que lorsque tous les créanciers seront désintéressés. pour les titres à ordre.dépositaire. « le transfert de créances s'opère. les autres types de gage sont réglementés par renvoi. permet de donner la même chose en gage à plusieurs créanciers successifs. le créancier gagiste doit nécessairement rester en possession de la chose pendant toute la durée du gage (art. au nombre de trois. au profit d’un ou de plusieurs créanciers. et le warrant (annexé au précédent) permettant la mise en gage des marchandises sans qu’elles quittent le magasin général. par un endossement pignoratif et. pour les titres nominatifs. La remise à un tiers convenu. Le gage de titres de créances fait l’objet d’une réglementation détaillée. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 8 9 . la remise du titre et la signification du gage au débiteur transféré.Les régimes spécifiques aux meubles incorporels L’AUS a défini. le tiers étant chargé de conserver la chose pour le compte de plusieurs créanciers101. le titulaire d’une créance matérialisée par un titre peut le donner en gage en accomplissant les formalités. Le contrat devient caduc lorsque la chose revient. Ainsi. entre les mains du débiteur. même temporairement.

La signification consiste à porter à la connaissance du débiteur cédé ou « transféré » la constitution du gage. pallier la carence (absence de signification) de son propre débiteur (constituant du gage). Le but est donc d’informer le débiteur du transfert de la créance. En effet. du paiement de la créance gagée » et « le créancier gagiste qui a obtenu paiement de la créance transférée à titre pignoratif doit rendre compte à son propre débiteur ». solidairement avec celui-ci. Malgré le silence de l’article 50 sur ce point précis102. on doit retenir que le gage de titres de créances doit toujours être constaté par écrit dans les mêmes conditions que dans le régime général (voir supra). La finalité est aussi de permettre à des tiers de s’informer de l’existence du gage en s’adressant au débiteur de la créance gagée. selon l’article 50-1 de l’AUS. La signification peut être accomplie par le constituant lui-même (créancier originel du débiteur cédé) ou par le créancier gagiste. La signification a pour effet d’empêcher le débiteur cédé de verser le montant de la créance entre les mains du constituant (créancier initial). cela à titre pignoratif. « le débiteur qui met en gage sa créance contre un tiers dénommé doit […] signifier à son propre débiteur le transfert de sa créance à titre pignoratif . Auteur de la signification. tout paiement effectué entre d’autres mains que celles du créancier gagiste est inopposable à celui-ci104. 104 Mais. M.Exigence d’un écrit. c'est-à-dire pour constituer un gage103. ayant intérêt à s’assurer de la réalisation de la formalité. A partir de la signification. « le débiteur qui met en gage sa créance contre un tiers dénommé doit remettre au créancier gagiste son titre de créance… » (cela. Selon l’article 50-1 de l’AUS. Selon l’article 50-1 de l’AUS. Sens. Exigence d’une remise du titre. à défaut. dans les mêmes conditions que dans le régime général du gage (voir supra). 102 103 Cf. Effets de la signification. toutefois l’article 50-2 à propos du titre au porteur. le créancier gagiste peut procéder à cette signification ». « le créancier du débiteur transféré reste tenu. fondement et finalité de la signification. ce dernier peut. b) La signification du gage au débiteur transféré Exigence. L’adjectif « pignoratif » (c'est-à-dire relatif au gage) est dérivé du latin « pignorare » qui signifie « mettre en gage ». s’il y a lieu. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 0 .

M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 1 . A peine de nullité. en l’absence de signification. les Etats membres ont adopté en avril 1997 un ensemble de textes parmi lesquels 105 106 Troisième paragraphe de l’article 50-1. outre la rédaction d'un écrit constatant le gage » (transmissible par simple remise de la main à la main.A contrario. cet engagement est constaté par un écrit. Ainsi. la remise du titre au porteur au créancier gagiste suffit à garantir ses droits) 2°) Les autres types de gage Les articles 50 in fine à 53 de l’AUS prévoient d’autres types de gage mais sans les réglementer de manière précise et détaillée. Exception à l’exigence de signification. En application du Traité relatif à l’OHADA. le 2 de l’article 50 de l’AUS dispose que « la signification du transfert de créance à titre pignoratif n'est pas nécessaire pour la mise en gage des titres au porteur qui s'opère par simple tradition. aucune exception à l'encontre de son propre créancier ou du créancier gagiste »106. Certains ne sont qu’une adaptation du gage de créance (gage de valeurs mobilières). les prérogatives du créancier deviennent inattaquables puisque le débiteur ne pourra plus opposer au créancier gagiste les exceptions fondées sur ses rapports personnels avec son propre créancier105. dans ce cas. le débiteur transféré ne peut opposer au créancier gagiste les exceptions fondées sur ses rapports personnels avec son propre créancier ». d’autres en revanche. il ne pourra être reproché au débiteur de la créance donnée en gage de s’être libéré de sa dette entre les mains de son créancier originel (constituant du gage). « Si le débiteur transféré ne s'est pas engagé à payer directement le créancier gagiste. les droits du créancier gagiste peuvent être renforcés par l’engagement écrit du débiteur transféré de le payer directement. le débiteur transféré peut s'engager à payer celui-ci directement. Voir le deuxième paragraphe de l’article 50-1 : « Sur la demande du créancier gagiste. Renforcement des droits du créancier gagiste. il est néanmoins tenu de le faire s'il ne peut opposer. concernent des biens dont le propre est de faire l’objet de statuts particuliers (marchandises et propriétés incorporelles). Dans ce cas. A sa demande. le jour de l'échéance. La signification n’est pas requise dans tous les cas. En effet. a) Le gage de valeurs mobilières Notion de valeurs mobilières.

qui confèrent des droits identiques aux personnes qui les détiennent. soit à des modalités de publicité quelconque. texte dont les articles 744 et suivants régissent désormais la matière des valeurs mobilières. En France. ». les valeurs mobilières sont toutes des biens incorporels. à compter de cette inscription. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 2 . selon leur forme ou leur régime (voir infra). autrement dit interchangeables dès lors qu’ils sont de même catégorie et découlent de la même émission (ces titres ayant la même valeur). art..l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du GIE (ci-après l’AUSC). car seules les sociétés faisant appel publiquement à l’épargne108 peuvent. 764. à une quotité du capital de la personne morale émettrice ou à un droit de créance général sur son patrimoine (art. quels que soient leur forme et/ou leur régime : Ce sont avant tout des biens mobiliers. art.. 744. 81 de l’Acte uniforme). outre les titres classiques (nominatifs et au porteur). soit à des procédés de démarchage (cf. notamment. car toutes les sociétés par actions (SA. 2. Emises par les sociétés anonymes (les seules sociétés Ŕ dans le droit supranational Ŕ dont les droits sociaux sont représentés par des titres négociables107). - - 107 La conception française est beaucoup moins restrictive. les valeurs mobilières sont définies comme un ensemble de titres de même nature. Mais au-delà du nombre d’actionnaires. Ce sont des titres fongibles. Par conséquent. in fine). a recours soit à des établissements de crédit ou agents de change. Même règle pour la société qui. Plusieurs traits caractérisent les valeurs mobilières. M. pour réaliser l’offre publique. Celles-ci auront ainsi accès. sans « réalité physique ». sociétés en commandite par actions. ce qui transparaît d’ailleurs assez clairement dans l’article 745 : « les actions et les obligations revêtent la forme de titres au porteur ou de titres nominatifs. d’une dévolution successorale Ŕ. directement ou indirectement. lorsque des titres tombent en indivision Ŕ à la suite. depuis la dématérialisation réalisée par une loi du 30 décembre 1981. 744). 2°). la société est également ainsi considérée lorsque ses titres sont inscrits à la Bourse des valeurs d’un Etat partie. sociétés par actions simplifiées) sont concernées. cotés en bourse ou susceptibles de l’être. droit aux dividendes) correspondant à la fraction de ses droits dans la copropriété. droit de vote. Cette dernière voie apparaît ainsi exceptionnelle. émettre des titres dématérialisés (art. L’AUSC ne consacre pas intégralement ou fidèlement cette situation. 108 La SA est réputée faire appel publiquement à l’épargne lorsqu’elle comprend plus de cent actionnaires. al. A l’égard de la société émettrice. aucun indivisaire ne pourra exiger de l’émetteur qu’il lui reconnaisse des droits individuels (par exemple. les titres sont indivisibles (cf. Ce sont des titres négociables et transmissibles sous certaines conditions ou modalités plus ou moins simples.

Devenues sans « réalité physique ». la conquête de l’informatique Ŕ quasi absolue en Europe Ŕ reste encore assez faible dans les pays en voie de développement. d’une part. Parmi les valeurs mobilières. 764. 110 D’après la définition qu’en donne l’article 779 de l’AUSC. l’Acte uniforme cantonne la dématérialisation à certaines personnes morales seulement. mais par un intermédiaire financier agréé par le ministre chargé de l’Economie et des Finances (titres au porteur). « les obligations sont des titres négociables qui dans une même émission. entre autres raisons. d’autre part. confèrent les mêmes droits de créance pour une même valeur nominale ». De manière générale. les « titres-papiers » ou « titres vifs » n’ont nullement disparu. M. c’est-à-dire sur un registre spécialement prévu à cet effet et qui retrace les mouvements de titres et donne l’identité des actionnaires (titres nominatifs). 2°). Concernant de tels groupements. Mais peut-être parce que. notamment pour les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne qui n’ont guère d’autre choix (art. un phénomène marquant en matière de valeurs mobilières réside aujourd’hui dans la possibilité (règle ordinaire en France) de leur dématérialisation (lorsqu’elles sont émises par certaines sociétés). les droits de l’actionnaire (nom particulier de l’associé dans une SA) dans la société (participation aux assemblées générales et participation aux résultats) et. mais seulement par une inscription dans les comptes de la société émettrice. le mode de transfert de ces titres est variable : virement de compte à compte à la suite de la signature par le cédant d’un ordre de virement pour les actions représentées par une inscription dans un compte ouvert au nom de son titulaire (soit chez la société émettrice ou un mandataire que celle-ci s’est substitué pour les actions dites nominatives. De tels titres ne sont guère représentés par des formules imprimées. les titres se transmettent ainsi par virement de compte à compte (cf. 2°). il s’agit de titres qui constatent une créance à long terme sur la société résultant d’un emprunt lancé auprès des épargnants. La distinction entre titres nominatifs (dont la cession s’effectue par un transfert sur les registres les enregistrant) et titres au porteur (transmission par simple remise de la main à la main) demeure. non plus par la personne morale émettrice elle-même. les titres négociables qui représentent ces droits. Gage ayant pour objet des valeurs mobilières. soit chez un intermédiaire financier habilité choisi librement par les titulaires pour les actions dites au porteur). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 3 . 1°). figurent tous les titres dès lors qu’ils répondent aux nombreuses caractéristiques énoncées plus haut. 764. 764. On y trouve essentiellement Ŕ mais non exclusivement (en témoigne l’intitulé du chapitre 4 du Titre consacré aux valeurs mobilières) Ŕ les actions109 et les obligations110. Les valeurs mobilières 109 Le mot « actions » désigne. Selon qu’ils sont dématérialisés ou non. art. La tenue du compte en question peut aussi être assurée.Au-delà de ces caractéristiques générales. en l’occurrence les sociétés anonymes faisant appel publiquement à l’épargne (art. tradition matérielle pour les véritables actions au porteur et transfert sur les registres de la société pour les pures actions nominatives.

s’agissant des marchandises. Ces questions sont réglementées par des branches particulières du droit. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 4 . Par.appartiennent à la catégorie des biens et constituent dès lors un élément du patrimoine. Ce récépissé est remis au créancier gagiste et la constitution du gage signifiée à l'établissement dépositaire qui ne peut restituer les titres engagés au titulaire du récépissé que sur présentation de ce document ou d'une décision de justice passée en force de chose jugée en tenant lieu ou ordonnant la restitution »). faire l’objet de gage. la signification du gage à l’établissement dépositaire des titres. A ce titre. il faut d’abord remarquer que ces biens se trouvent très souvent entre les mains de tiers (transporteur. au nombre de trois. notamment le nantissement (cf. Section 2. elles sont susceptibles d’être utilisées comme instruments de crédit et. l’AUS est silencieux sur le gage portant sur de tels titres. ces biens peuvent faire l’objet de sûretés sans dépossession. ainsi. 1. Peut-être parce que les valeurs mobilières dématérialisées (par opposition aux titres-papiers ou titres vifs) demeurent une exception en droit uniforme (voir supra). Le contrat de gage est un contrat qui fait naître des obligations à la charge des deux parties : en effet. en même temps qu’il crée une sûreté réelle (droit réel accessoire) au profit du créancier gagiste (Par. sans aucun doute. b) Les gages soumis à des statuts spéciaux Il s’agit des gages de marchandises et de propriétés intellectuelles. la remise du titre (représenté. le titulaire du titre peut l’engager en accomplissant les formalités.Les obligations passives du créancier gagiste M. Cela dit. consignataire…) chargés d’effectuer certaines prestations au profit de leur propriétaire. Ainsi. 1). 100 AUS).Les effets du gage Double effet actif et passif: droits et devoirs du créancier gagiste. 2). prévues par l’article 50 de l’AUS : l’écrit . On retrouve alors les mêmes règles que celles applicables au gage de titres de créances (voir supra) : ainsi. par le récépissé du dépôt des valeurs mobilières) chez un intermédiaire agréé . La constitution de tels gages est définie par renvoi à des textes spéciaux en raison de la situation particulière de ces biens. (selon l’article 50-4 de l’AUS. En outre. « le gage peut être constitué sur un récépissé du dépôt de valeurs mobilières. en l’occurrence. art. l’article 764-2 de l’AUSC permet. une telle opération. celui-ci est soumis à des obligations puisque la constitution du gage ne doit pas aboutir à compromettre de façon définitive la situation du débiteur (Par.

notamment. la responsabilité civile du créancier peut être retenue pour négligence dans la conservation ou jouissance du bien. peuvent s’ajouter. Ainsi. celle négative de ne pas user de la chose. 62 : « le gage disparaît indépendamment de l'obligation garantie […] lorsque la juridiction compétente en ordonne la restitution pour faute du créancier gagiste. sauf désignation d'un séquestre qui aura la mission d'un tiers convenu. « le créancier ou le tiers convenu doit veiller sur la chose et en assurer la conservation comme le doit un dépositaire rémunéré ». sauf clause contraire. celle positive du créancier gagiste de sauvegarder la valeur du bien en prenant des actes conservatoires et d’administration. le créancier gagiste ne peut user de la chose gagée ni en percevoir les fruits. al. il doit les imputer. la vendre et les effets du gage sont alors reportés sur le prix ». « le tiers convenu et. 1er. Obligation positive de prendre des mesures conservatoires. perçues en capital et intérêts. Obligation négative de non-usage de la chose. »). en premier lieu. L’obligation de conservation emporte. de l'inexécution de ces obligations ». en second lieu. 58-1 de l’AUS). Les choses consomptibles qui ne peuvent être conservées sont remplacées en argent (vendues). Selon l’article 58-3. le créancier ou le tiers convenu peut. Les créances arrivées à terme sont. S'il est autorisé à percevoir les fruits. sans préjudice de la déchéance de garantie qu’il encourt avec restitution immédiate de la chose (cf. solidairement avec le créancier gagiste.La détention d’un bien appartenant à autrui comporte des obligations pour le créancier gagiste parmi lesquelles comptent. sur autorisation de la juridiction compétente statuant en matière d'urgence. Ainsi. celles de conservation et de restitution. sur ce qui lui est dû en intérêts et capital » (art.L’obligation de conservation Aux termes de l’article 58-2. s'il y a lieu. L’obligation de conservation implique. la possibilité de frapper le créancier gagiste qui a détourné le bien gagé (par exemple en le M. En effet. « sauf stipulation contraire. Sanctions. l'acquéreur de mauvaise foi de la chose engagée répondent. sur le plan pénal. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 5 . il doit maintenir les choses fongibles dans les mêmes quantités et qualités que lors de leur remise. de l’AUS. A ces sanctions civiles. A. L’alinéa 2 du même texte ajoute que « si la chose menace de périr. sauf stipulation contraire. art.

Par. al. B. Néanmoins. 2. 1er. « la mise en gage d'une chose consomptible autorise le créancier à restituer une chose équivalente » (art. 54). le créancier gagiste bénéficie du droit de rétention . si la substitution du gage n’avait pas été stipulée au contrat. conformément aux stipulations du contrat. 2. M. al. 59. le créancier gagiste ne peut être tenu de rendre le bien remis volontairement par le débiteur. la cas échéant.Antérieurement à l’exigibilité de la créance garantie : les droits de rétention et de suite En tant que possesseur. le créancier gagiste restitue la chose avec tous ses accessoires ». de l’AUS). A. des intérêts et des frais. art. al. de l’AUS : « le constituant doit […] tenir compte au créancier gagiste des dépenses utiles et nécessaires que celui-ci a faites pour la conservation du gage »  En l’absence de paiement. On remarquera que l’obligation de restitution pesant sur le créancier gagiste est pondérée. le créancier gagiste doit aussi restituer le gage au débiteur s’il reçoit une sûreté équivalente.L’obligation de restitution en cas de paiement total ou de substitution de gage initialement convenue  L’obligation principale du créancier gagiste est de restituer la chose donnée en gage dès qu’il a reçu l’entier paiement (du principal ainsi que des intérêts et frais). de l’AUS : « lorsqu'il est entièrement payé du capital. par celle du constituant de rembourser au premier les dépenses nécessaires et utiles faites pour la conservation de la chose (cf. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 6 . le droit de suite (art. 59. En revanche. La règle est rappelée par l’article 59. même si la valeur du gage excède largement celle de la créance. 55) et le droit d’exécution (art. 56 et 57).Les prérogatives attachées au droit réel du créancier gagiste L’AUS a reconnu au créancier gagiste trois principaux droits qui sont le droit de rétention (art. il dispose d’un droit de préférence et d’un droit de suite sur la chose reçue en gage. 1er in fine. en tant que titulaire d’un droit réel accessoire.vendant) des peines de l’abus de confiance.

de la dette pour laquelle le gage a été constitué ». 54. en principal. intérêts et frais. Ainsi. de l’AUS). « le créancier gagiste retient ou fait retenir la chose gagée par le tiers convenu jusqu'à paiement intégral. de la dette pour laquelle le gage a été constitué ». al 1er. « le créancier gagiste retient ou fait retenir la chose gagée par le tiers convenu jusqu'à paiement intégral. s’il survient une ou plusieurs autres dettes entre le même débiteur et le même créancier postérieurement à la mise en gage et devenues exigibles avant le paiement de la première dette. un paiement partiel ne met pas fin à la rétention. Indivisibilité de la garantie.1°) Le droit de rétention Sens. y compris les intérêts et frais qui sont à la charge du débiteur. Selon l’article 54. 2. Qui peut l’exercer ? Le droit de rétention est exercé par le créancier gagiste lui-même ou le tiers dépositaire : « le créancier gagiste retient ou fait retenir la chose gagée par le tiers convenu… » (art. Une telle extension de la garantie ne nécessite aucune stipulation contractuelle distincte (art. Il est exercé aussi longtemps que la dette n’est pas totalement éteinte : ainsi. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 7 . Puisque. un droit de rétention111. de l’AUS. on semble bien supposer que le débiteur ne verrait aucun inconvénient à ce que le même bien serve de garantie à l’égard du même créancier. de l’AUS. intérêts et frais. Renforcement des droits du créancier gagiste par l’extension automatique de la garantie à des dettes postérieures à la dette principale. al. le droit de rétention garantit le remboursement des impenses. 54. L’indivisibilité subsiste en cas de décès du créancier ou du débiteur : la division de la dette entre les héritiers du débiteur ne peut nuire au créancier qui retient le bien jusqu’au paiement intégral (art. outre la dette principale et les intérêts y afférents. M. en d’autres termes. 1er. une fois 111 Il est d’une efficacité telle que l’AUS l’a érigé en sûreté achevée et indépendante (voir supra). Prolongation de la rétention au-delà du terme de la créance. Etant indivisible. 60 de l’AUS) Etendue de la garantie. al. en principal. al. c’est-à-dire les dépenses faites par le créancier pour la conservation ou l’amélioration du bien. En outre. de l’AUS). De la sorte. le créancier gagiste peut retenir ou faire retenir la chose gagée jusqu’à complet paiement de toutes les dettes. Il se voit ainsi reconnaître. Selon l’article 54. 1er. le droit de rétention est exercé jusqu’au paiement intégral de la dette.

Celui-ci ne doit pas être troublé dans sa détention ni par le débiteur. Le créancier gagiste peut exercer son droit dans deux cas de figure : d’abord. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 8 . en rigueur des termes. la rétention peut dépasser le terme de ladite créance. soit en la faisant vendre. mais il peut l’affecter à son paiement par préférence aux autres créanciers. il résiste plutôt à l’action du véritable propriétaire. un droit de suite : en effet. il prime tout autre créancier saisissant (droit de préférence). Il convient toutefois d’avouer que. il permet au créancier gagiste de préserver son droit en conservant le gage jusqu’au paiement intégral de la dette. le droit de rétention du créancier gagiste est opposable aux tiers : il peut faire obstacle à toute saisie à fin de vente de la chose donnée en gage à laquelle peuvent procéder créanciers chirographaires ou privilégiés. le créancier n’exerce pas. Hypothèses de mise en œuvre du droit de suite. en outre. Le droit de suite est attaché à l’action en revendication prévue par l’article 55 de l’AUS : « s’il a été dessaisi contre sa volonté. en cas de restitution volontaire ou encore en cas de détention d’un bien qu'il sait appartenir à un tiers (par exemple par l’effet d’une clause de réserve de propriété régulièrement publiée). En tant que pendant du droit de préférence. 55 de l’AUS). 2°) Le droit de suite en cas de dessaisissement involontaire Corollaire légal du droit de préférence. B. En effet. puisque le créancier gagiste détenteur ne peut être dessaisi contre son gré et. dans le second cas. Le créancier ne peut se prévaloir de son droit de suite que s’il est de bonne foi.A l’arrivée du terme de la créance garantie : les modes d’exercice du droit de préférence Le créancier gagiste non payé à l’échéance ne peut disposer de la chose (voir obligations supra).sa créance devenue exigible. le créancier gagiste n’est pas obligé de faire immédiatement procéder à la vente forcée du bien. en cas de revendication par le véritable propriétaire. en cas de perte de la chose et. Condition d’efficacité de l’exercice du droit de suite : la bonne foi du créancier. Cette situation peut être plus favorable que la vente forcée immédiate. ni par un tiers. De la sorte. soit en se la faisant attribuer M. en tant que rétenteur. le créancier gagiste ne pourra plus bénéficier de la protection due au possesseur de bonne foi (art. le créancier peut revendiquer la chose gagée comme un possesseur de bonne foi ».

« faute de paiement à l'échéance. s'il y a lieu. La vente doit être précédée d’une sommation au débiteur qui dispose d’un délai de huit jours pour réagir. pour le reste. M. notifié par huissier de justice. Indifférence des clauses de voie parée ou de réalisation amiable du gage. En précisant que « toute clause du contrat autorisant la vente […] sans les formalités ci-dessus est réputée non écrite ». si le créancier gagiste était autorisé à vendre à l’amiable la chose donnée en gage pour se payer sur le prix. stricto sensu. l’article 56 AUS se contente d’énoncer quelques règles de procédure et. La sommation désigne.  Régime général : rigueur Exigence impérative d’un titre exécutoire.personnellement. l’acte extrajudiciaire. a) La procédure de vente forcée Pour la mise en œuvre de la possibilité offerte au créancier gagiste de faire vendre le bien remis en gage. l’AUS prohibe expressément toute réalisation amiable du gage : le cas échéant. le créancier gagiste muni d'un titre exécutoire peut faire procéder à la vente forcée de la chose gagée. en l’occurrence de payer. L’objectif est de protéger le débiteur : en effet. au tiers constituant du gage dans les conditions prévues par les dispositions organisant les voies d'exécution ». THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 9 9 . de renvoyer aux dispositions organisant les voies d’exécution (art. de l’AUVE). le créancier gagiste muni d’un titre exécutoire (acte écrit muni de la formule exécutoire : décision de justice ou acte notarié revêtu de la formule exécutoire)) peut faire vendre par autorité de justice le gage : la vente sera faite aux enchères publiques. il pourrait la céder à un prix inférieur à sa valeur dès lors que ce prix suffirait à le désintéresser. Nécessité d’une sommation du débiteur. par lequel un requérant fait intimer un ordre (ou parfois une défense). à l’adresse de son destinataire. 91 et suiv. A défaut du paiement à l’échéance convenue de la dette. 1°) Le droit d’exécution ou vente forcée de l’objet du gage Aux termes de l’article 56-1 de l’AUS. on feindra d’ignorer l’existence de la clause dite de voie parée (du latin « via parata » signifiant « voie d’exécution préparée à l’avance »). huit jours après une sommation faite au débiteur et.

le gage de créances peut présenter des éléments de complication en cas de décalage entre l’échéance de la créance donnée en gage et celle de la créance garantie. Dans un tel contexte. dans cette hypothèse.  Régimes particuliers : souplesse La rigoureuse procédure du régime général ne s’applique pas à tous les gages. 9 de l’AUPC). Un régime plus souple est appliqué lorsque la chose donnée en gage est une créance. En outre. dans d’autres hypothèses. En effet. Cas où la chose donnée en gage est une créance. elle est simplement impossible à mettre en œuvre. il perçoit les intérêts en les imputant sur ce qui lui est dû en intérêts et capital. étant donné qu’il reçoit en paiement une somme due à son propre débiteur. Dans l'un et l'autre cas. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 0 .si l'échéance de la créance donnée en gage est antérieure à l'échéance de la créance garantie. il doit en informer ce dernier. . sauf convention contraire. le créancier gagiste est tenu d'attendre l'échéance de cette dernière pour en percevoir le montant. sauf clause contraire. le créancier gagiste est admis à en percevoir le montant en capital et intérêts. le créancier peut directement obtenir du débiteur cédé le paiement de la créance gagée. malgré son assouplissement par rapport au régime général.Estimation objective de la valeur du bien donné en gage. Hypothèse de l’ouverture d’une procédure collective contre le débiteur. le créancier gagiste perçoit le montant de la créance engagée sous réserve de répondre. du surplus perçu en faveur du constituant du gage ». Mais. la règle de la suspension des poursuites individuelles s’applique à tous les créanciers. D’où les dispositions du 2 de l’article 56 : « Lorsque la chose donnée en gage est une créance : . en qualité de mandataire. dans certaines situations. En effet. M. La procédure rigide de vente forcée de l’article 56 AUS est également écartée si une procédure collective est ouverte contre le débiteur. y compris les créanciers gagistes (art. En outre. Le bien est estimé suivant les cours (prix du marché) ou à dire d’expert. elle est écartée en raison de sa rigidité.si l'échéance de la créance garantie est antérieure à l'échéance de la créance donnée en gage.

sur le prix de la chose vendue ou sur l'indemnité d'assurance en cas de perte ou destruction. le conservateur (que le gagiste est en même temps) et les salariés pour leur superprivilège (voir infra). A supposer que la perte de la chose ne lui soit pas imputable. 2°) L’attribution de l’objet du gage en propriété Faculté laissée au juge en tant qu’alternative à la vente forcée. de l’AUS. ils sont colloqués dans l'ordre de l'enregistrement des gages successifs ou. 2. En cas de défaut du paiement à l’échéance convenue de la dette alors que le créancier gagiste est muni d’un titre exécutoire. pour le montant de la créance garantie en principal. « le créancier gagiste est privilégié. devra se garder de verser l’indemnité entre les mains du constituant (art. pour le créancier gagiste. 2. le créancier gagiste occupe le 4e rang après le créancier des frais de justice. dans l'ordre de constitution ». Règles de distribution éventuelle du prix. M. qu’exercer son droit de préférence sur l’éventuelle indemnité d’assurance (art. le créancier gagiste est désintéressé jusqu’à due concurrence de sa créance. dès lors qu’il est informé. à défaut d'enregistrement. Ainsi. b) Les effets de la vente Désintéressement du gagiste jusqu’à due concurrence de sa créance. 1. le créancier gagiste « exerce son droit de préférence conformément à l'article 149 ci-après. s’il y a lieu. Ainsi. al. le créancier ne peut alors. 1er. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 1 .Situation de perte de la chose donnée en gage. al. al. une fois le bien vendu. intérêts et frais ». Selon l’article 57. 56. Cette alternative à la vente forcée est une faculté offerte au juge (art. Aux termes de l’article 57. S'il y a plusieurs créanciers gagistes (cas possible s'il y a entiercement). 43 du Code CIMA ou Conférence interafricaine du marché des assurances). de l’AUS) et elle présente. « la juridiction compétente peut autoriser l'attribution du gage au créancier gagiste jusqu'à due concurrence et d'après estimation suivant les cours ou à dire d'expert ». le créancier exercera alors une action directe contre l’assureur qui. 57 de l’AUS). de l’AUS. L’application de la procédure de vente forcée étant impossible si le bien a péri. l’intérêt d’être désintéressé sans avoir à subir le concours d’éventuels autres créanciers.

notamment. du paiement ou de la remise de dette. En précisant que « toute clause du contrat autorisant […] l'attribution du gage sans les formalités ci-dessus est réputée non écrite ». l’AUS prohibe expressément toute clause d’attribution automatique du gage au créancier : le cas échéant. si le créancier gagiste était autorisé. Section 3. le geste du créancier restituant l’objet engagé s’analyse en une renonciation à la sûreté. M.L’extinction par la voie principale Selon l’article 62 de l’AUS. il s’éteint à titre accessoire pour toute cause d’extinction entière de la créance garantie (article 61 de l’AUS). il pourrait y trouver un moyen commode mais déloyal de s’enrichir injustement au détriment du constituant (lorsque le bien est d’une valeur nettement supérieure à celle de la créance). sans risque de se tromper. comme un renvoi aux causes communes d’extinction des obligations : c’est le cas. sauf désignation d'un séquestre qui aura la mission d'un tiers convenu ». THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 2 . Dans l’hypothèse d’une remise volontaire du gage. Il peut s’éteindre également par la voie principale en raison des obligations mises à la charge du créancier gagiste. Il s’agit d’un acte unilatéral et abdicatif que le créancier gagiste est apte à effectuer dès lors que le gage est à son avantage exclusif. Par. Par.L’extinction du gage Le gage est un contrat accessoire. Restitution volontaire de l’objet du gage au débiteur. on feindra d’ignorer l’existence de la clause ou pacte commissoire prévoyant une attribution de plein droit du gage au créancier. 1. L’objectif est de protéger la débiteur : en effet. à s’attribuer automatiquement la chose donnée en gage. « le gage disparaît indépendamment de l'obligation garantie si la chose est volontairement restituée au débiteur ou au tiers constituant ou lorsque la juridiction compétente en ordonne la restitution pour faute du créancier gagiste. 2.L’extinction par voie accessoire Le gage étant un contrat accessoire.Indifférence des clauses d’attribution automatique du gage. par une clause du contrat. Le caractère évasif de la loi uniforme sur ces causes d’extinction du gage doit être interprété. Il s’éteint par la voie accessoire.

préférer à la sanction radicale de la déchéance la remise du bien à un « séquestre qui aura la mission d'un tiers convenu » (art. La lourdeur d’une telle sanction fait qu’elle suppose. 62 in fine de l’AUS). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 3 . une faute d’une certaine gravité. en maintenant la garantie. le juge peut.Décision judiciaire de restitution de l’objet du gage ou à un séquestre. D’ailleurs. M. le créancier gagiste est frappé d’une déchéance de ses droits en raison du manquement à son obligation de conservation du bien (voir supra). malgré l’imprécision du texte sur ce point. Dans l’hypothèse d’une décision judiciaire de restitution.

sans dépossession du débiteur : . Sources de la réglementation.les véhicules automobiles . Ces sûretés sont essentiellement constituées des nantissements. la pratique et. Alors que la constitution et la réalisation de la sûreté relèvent de l’AUS. son efficacité est liée à l’inscription au registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM).le fonds de commerce . de la multiplication des biens incorporels.les droits d'associés et valeurs mobilières . ce qu’on appelle traditionnellement le warrant industriel. comme en atteste l’AUS112 dont l’article 63 dispose : « Peuvent être nantis. 112 Les sûretés réelles mobilières sans dessaisissement se présentent sous deux dénominations : le warrant et le nantissement. .les stocks de matières premières et de marchandises ». . THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 4 . de ses marchandises ou. par la suite. Le contrat de gage traditionnel ne produisant effet que si la chose donnée en garantie est effectivement remise au créancier ou à un tiers convenu entre les parties. M. Seul donc ne semble pas pris en compte par l’Acte uniforme le warrant hôtelier. s’agissant d’un commerçant. organisée par l’Acte uniforme relatif au droit commercial général (AUDCG). plus globalement.SOUS-TITRE II LES SÛRETÉS RÉELLES MOBILIÈRES SANS DÉPOSSESSION DU DÉBITEUR : LES NANTISSEMENTS Genèse des sûretés réelles sans dépossession. de son matériel professionnel. il est inadapté lorsque la dépossession du débiteur est impossible ou inopportune (en va-t-il ainsi. Conscient de ces lacunes du gage et. de son fonds de commerce). par ailleurs. . Mais l’AUS semble ne retenir que le nantissement sans dépossession sans qu’on puisse affirmer qu’il a totalement ignoré le warrant puisque l’article 63 prévoit le nantissement sans dépossession des « stocks de matières premières et des marchandises ». . le législateur ont imaginé des sûretés réelles sans dépossession pour lesquelles est organisé un système de publicité fiable destiné à informer les tiers.le matériel professionnel .

Constitution du nantissement La constitution du nantissement des droits sociaux est soumise aux règles de fond et de forme communes à tous les nantissements. qui confèrent des droits identiques aux personnes qui les détiennent. Autres biens concernés : les valeurs mobilières.CHAPITRE I. les parts sociales des sociétés de personnes ou celles des SARL et. à une quotité du capital de la personne morale M. les seules personnes morales soumises à l’immatriculation au RCCM sont. sous réserve de la particularité de l’objet affecté en garantie. Emises par les sociétés anonymes. les actions des SA. d’une part. les sociétés en nom collectif. les sociétés à responsabilité limitée et les sociétés anonymes) et les autres personnes morales assujetties à l'immatriculation. d’après l’article 19 b de l’AUDCG.LE NANTISSEMENT DES DROITS D’ASSOCIÉ ET DES VALEURS MOBILIÈRES Le nantissement des droits sociaux et des valeurs mobilières est régi par les articles 64 et suivants de l’AUS complétés par : les articles 44 et 45 de l’AUDCG concernant sa publicité au RCCM . A l’heure actuelle. Celles-ci auront ainsi accès. « les droits d'associés et valeurs mobilières des sociétés commerciales et ceux cessibles des personnes morales assujetties à l'immatriculation au Registre du commerce et du crédit mobilier peuvent faire l'objet d'un nantissement conventionnel ou judiciaire ». Personnes morales concernées. ainsi que des succursales de sociétés étrangères exerçant sur le territoire de l'Etat partie.Les conditions de fond Aux termes de l’article 64 de l’AUS. les sociétés en commandite simple. les valeurs mobilières sont définies comme un ensemble de titres de même nature. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 5 . directement ou indirectement. d’autre part. Les droits d’associé désignent. selon l’article 6 de l’AUSC. Section 1. les articles 747 de l’AUSC . les articles 88 et suivants et 236 et suivants de l’AUVE. Biens concernés : les droits d’associés. 1. cotés en bourse ou susceptibles de l’être. Par. les sociétés commerciales (les sociétés commerciales par la forme étant.

émettrice ou à un droit de créance général sur son patrimoine (art.Les conditions de forme Les conditions de forme varient selon que le nantissement est conventionnel ou judiciaire. le mode de transfert de ces titres est variable : virement de compte à compte à la suite de la signature par le cédant d’un ordre de virement pour les actions représentées par une inscription dans un compte ouvert au nom de son titulaire (soit chez la société émettrice ou un mandataire que celle-ci s’est substitué pour les actions dites nominatives. d’une part. négociables et transmissibles sous certaines conditions ou modalités. Il doit. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 6 . du débiteur et du constituant du nantissement si celui-ci est un tiers . Parmi les valeurs mobilières. Par. Selon qu’ils sont dématérialisés ou non. d’autre part. tradition matérielle pour les véritables actions au porteur et transfert sur les registres de la société pour les pures actions nominatives. « les obligations sont des titres négociables qui dans une même émission. les titres négociables qui représentent ces droits. confèrent les mêmes droits de créance pour une même valeur nominale ». 744 de l’AUSC). il doit être notifié à la personne morale émettrice et inscrit au RCCM. comporter les mentions suivantes : 1°) les prénoms. M. noms et domiciles du créancier. 113 Le mot « actions » désigne.Les conditions propres à chaque type de nantissement 1°) Le nantissement conventionnel Aux termes de l’article 65 de l’AUS : « Le nantissement doit être constitué par acte authentique ou sous seing privé dûment enregistré. il s’agit de titres qui constatent une créance à long terme sur la société résultant d’un emprunt lancé auprès des épargnants. De manière générale. Il s’agit de biens mobiliers. figurent tous les titres dès lors qu’ils répondent aux nombreuses caractéristiques susénoncées mais on y trouve essentiellement Ŕ mais non exclusivement Ŕ les actions113 et les obligations114 (voir supra). dans l’un comme dans l’autre cas. fongibles. Mais. soit chez un intermédiaire financier habilité choisi librement par les titulaires pour les actions dites au porteur). 114 D’après la définition qu’en donne l’article 779 de l’AUSC. à peine de nullité. A. 2°) le siège social et le numéro d'immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier de la personne morale émettrice des droits d'associés et valeurs mobilières . les droits de l’actionnaire (nom particulier de l’associé dans une SA) dans la société (participation aux assemblées générales et participation aux résultats) et. 2. indivisibles à l’égard de la société émettrice. parfois dématérialisés (uniquement dans les sociétés anonymes faisant appel publiquement à l’épargne).

selon le cas. après la décision autorisant le nantissement et la décision de validation passée en force de chose jugée ». L’alinéa 2 ajoute que « l'inscription provisoire et l'inscription définitive doivent être prises. le créancier doit. respectivement. les numéros des titres nantis . Dans l’un et l’autre cas. 1er. le cas échéant. 2°) Le nantissement judiciaire Selon l’article 66 de l’AUS : « Dans les mêmes cas et conditions que ceux prévus par les articles 136 à 144 ciaprès (relatifs à l’hypothèque conservatoire ou judiciaire). le nantissement conventionnel ou judiciaire ne produit effet que s'il est inscrit au Registre du commerce et du crédit mobilier ». « sous réserve des dispositions spéciales relatives au droit des sociétés commerciales et des personnes morales concernées.Les conditions communes aux deux types de nantissement 1°) L’inscription au RCCM a) L’inscription initiale Aux termes de l’article 67-1.3°) le nombre et. de l’AUS. 5°) les conditions d'exigibilité de la dette principale et des intérêts . le créancier nanti présente au Greffe de la juridiction compétente M. al. Dossier. présenter au greffe de la juridiction compétente un dossier comprenant les éléments mentionnés à l’article 44 l’AUDCG : « En cas de nantissement des actions ou des parts sociales d'une société commerciale. B. la juridiction compétente peut autoriser le créancier à prendre une inscription sur les droits d'associés et valeurs mobilières. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 7 . La décision de justice doit comporter les mentions prévues par l'article 65 cidessus ». 6°) l'élection de domicile du créancier dans le ressort de la juridiction où est tenu le Registre du commerce et du crédit mobilier du lieu d'immatriculation de la société ». 4°) le montant de la créance garantie . pour obtenir inscription de sa sûreté.

67-3 de l’AUS). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 8 . Toute modification conventionnelle ou judiciaire fait l'objet d'une inscription modificative dans les conditions et formes prévues pour l'inscription initiale ». et dans le même temps : 1°) fait mention de l'inscription au dossier individuel ouvert au nom de la société dont les actions ou parts sociales sont concernées par cette inscription de nantissement . d) de l'élection de domicile du créancier nanti dans le ressort de la Juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. Selon l’article 45 : « Le Greffier vérifie la conformité du formulaire au titre présenté. ainsi que du numéro d'immatriculation de la société dont les actions ou parts sociales font l'objet de ce nantissement . article 82 (obligation d’inscrire la radiation des inscriptions). b) de la nature et de la date du ou des actes déposés . 2°) un formulaire d'inscription en quatre exemplaires portant mention : a) des nom. Contrôle du greffier et inscription. 2°) classe les actes et un formulaire de la déclaration qui lui a été remise au dossier tenu sous le nom de la personne morale dont les actions ou parts sociales sont concernées par cette inscription de nantissement . dénomination sociale. b) L’inscription modificative Toute modification conventionnelle ou judiciaire du nantissement fait l’objet d’une inscription modificative dans les conditions et formes prévues pour l’inscription initiale (art. Les troisième et quatrième exemplaires du formulaire sont envoyés au Fichier National pour transmission de l'un d'eux au Fichier Régional ». les dispositions des articles 80 et 82 du même Acte sont applicables au nantissement des parts sociales115. Il procède à l'inscription sur le registre d'arrivée. les conditions d'exigibilité de la dette . Adde. et le cas échéant. capital social. 115 Article 80 (obligation d’inscrire les modifications d’inscription) . en mentionnant la date et le numéro d'ordre de l'inscription. ou en expédition s'il est constitué en minute ou par une décision judiciaire autorisant le créancier à prendre cette inscription . c) du montant des sommes dues au dernier jour précédant l'inscription. M. Aux termes de l’article 67-3 de l’AUS. 3°) remet à la personne qui a requis l'inscription le second exemplaire de sa déclaration. domicile ou siège social des parties. prénom.dans le ressort de laquelle est immatriculée cette société : 1°) le titre constitutif du nantissement en original s'il est sous seing privé.

A. pour les SARL. 1. et se faire payer par le sous-acquéreur du fonds (lequel ne subit en principe aucun préjudice puisqu’il connaissait. Par. il pourra provoquer la vente forcée du bien. rapp. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 0 9 .Le droit de suite et de réalisation En vertu de l’article 68 de l’AUS. au tiers constituant (de la sûreté) dans les conditions prévues par les dispositions organisant les voies d'exécution ».Le droit d’exécution ou vente forcée des titres Aux termes de l’article 56-1 de l’AUS. l’existence du nantissement ou du privilège). « le nantissement conventionnel ou judiciaire doit être signifié à la société commerciale ou à la personne morale émettrice des droits d'associés et valeurs mobilières ou des titres constatant les droits des associés » (article 67-2 de l’AUS . 56-1 AUS) renvoie à l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement des créances et des voies d’exécution qui prévoit des dispositions spéciales pour la réalisation des droits d’associés et des valeurs mobilières (art. grâce à la publicité qui en a été faite. le créancier (nanti) muni d'un titre exécutoire peut faire procéder à la vente forcée (des titres). huit jours après une sommation faite au débiteur et. Autrement dit. Aux termes de l’article 67-1. 88 à 90 et 240 à 244 AUVE). « faute de paiement à l'échéance. le nantissement régulièrement inscrit au RCCM confère au créancier un droit de suite et de réalisation qu'il exerce conformément aux dispositions de l'article 56-1 de l’AUS qui organise le régime général de la réalisation des sûretés réelles mobilières.2°) La notification du nantissement à la personne morale émettrice Outre l'inscription au RCCM. al. 772 et 773 de l’AUSC pour les SA). A défaut du paiement à l’échéance M. de l’AUS. s'il y a lieu. 3. articles 322 s. même s’il a fait l’objet d’une revente. Exigence impérative d’un titre exécutoire. Ce dernier texte (art. Section 2. « l'inscription conserve les droits du créancier pendant cinq années à compter de sa date . son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée avant l'expiration de ce délai ».Les effets du nantissement Durée de protection.

M. Indifférence des clauses de voie parée ou de réalisation amiable des titres. il peut procéder à une saisie conservatoire. l’AUS prohibe expressément toute réalisation amiable des droits d’associé ou valeurs mobilières nantis : le cas échéant. on feindra d’ignorer l’existence de la clause dite de voie parée. faire l’objet d’une vente amiable selon les articles 115 à 119 de l’AUVE. à l’adresse de son destinataire. Vente forcée. sachant que les titres saisis peuvent. que les conventions instituant un agrément ou un droit de préférence au profit des associés (ou de la société) ne 116 Si le créancier ne détient aucun titre exécutoire. il pourrait la céder à un prix inférieur à sa valeur dès lors que ce prix suffirait à le désintéresser. les mentions prévues par l’article 237 de l’AUVE. le créancier nanti muni d’un titre exécutoire (acte écrit muni de la formule exécutoire : décision de justice ou acte notarié revêtu de la formule exécutoire) peut faire vendre par autorité de justice le titre nanti : la vente sera faite aux enchères publiques116. En précisant que « toute clause du contrat autorisant la vente […] sans les formalités ci-dessus est réputée non écrite ». la phase de vente forcée est marquée par une spécificité tenant à la nature des biens saisis : l’établissement d’un cahier des charges. si le créancier inscrit était autorisé à vendre à l’amiable la chose nantie pour se payer sur le prix. lorsque la procédure de validation sera terminée et qu’il sera en possession d’un titre exécutoire. Cette saisie sera ensuite portée à la connaissance du débiteur par la signification de l’acte de saisie par un acte contenant. Ainsi. de l’AUVE). il procédera à la conversion de la saisie conservatoire en vente forcée en suivant les dispositions des articles 88 à 90 de l’AUVE qui renvoient aux articles 240 et suivants du même Acte. sous peine de nullité. notifié par huissier de justice. stricto sensu. viendra la phase de la vente forcée (articles 240 s. par lequel un requérant fait intimer un ordre (ou parfois une défense). Dans tous les cas. Enfin.convenue de la dette. l’acte extrajudiciaire. étant précisé. eux. Si le commandement de payer reste lettre morte. selon l’article 241 de l’AUVE. en l’occurrence de payer. La sommation désigne. le créancier saisira les titres par un acte contenant. à peine de nullité. L’objectif est de protéger la débiteur : en effet. Nécessité d’une sommation du débiteur. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 0 . les mentions de l’article 238 de l’AUVE. La vente doit être précédée d’une sommation au débiteur qui dispose d’un délai de huit jours pour réagir.

En cas de défaut du paiement à l’échéance convenue de la dette alors que le créancier inscrit est muni d’un titre exécutoire. Si la valeur de la créance est inférieure à celle du bien. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 1 . 56-1. L’objectif est de protéger la débiteur : en effet. Le bien est estimé suivant les cours (prix du marché) ou à dire d’expert. il devra le surplus au débiteur. Toute personne peut. En précisant que « toute clause du contrat autorisant […] l'attribution (des droits sociaux ou valeurs mobilières nantis) sans les formalités ci-dessus est réputée non écrite ». il pourrait y trouver un moyen commode mais déloyal de s’enrichir injustement au détriment du constituant (lorsque le titre est d’une valeur nettement supérieure à celle de la créance). Indifférence des clauses d’attribution automatique des titres. on feindra d’ignorer l’existence de la clause ou pacte commissoire prévoyant une attribution de plein droit du gage au créancier. M. si le créancier inscrit était autorisé. de l’AUS) et elle présente. « la juridiction compétente peut autoriser l'attribution (des droits sociaux ou valeurs mobilières nantis) au créancier (nanti) jusqu'à due concurrence et d'après estimation suivant les cours ou à dire d'expert ». notamment quant à l’existence d’une clause d’agrément ou de préférence si celle-ci n’y avait été préalablement inscrite. par une clause du contrat. faire des observations.L’attribution en propriété droits sociaux ou valeurs mobilières Faculté laissée au juge en tant qu’alternative à la vente forcée. l’intérêt d’être désintéressé sans avoir à subir le concours d’éventuels autres créanciers. le débiteur lui devra encore la différence (sans sûreté). dans le délai de deux mois à compter de la notification du cahier des charges à la société. à s’attribuer automatiquement le bien. Cette alternative à la vente forcée est une faculté offerte au juge (art. Estimation objective de la valeur du bien donné en gage. pour le créancier inscrit. l’AUS prohibe expressément toute clause d’attribution automatique du bien au créancier : le cas échéant. Une copie du cahier des charges est notifiée à la société qui en informe les associés et sommation est faite aux éventuels créanciers opposants d’en prendre connaissance chez le commissaire-priseur ou l’auxiliaire chargé de la vente. Dans le cas contraire. 2. B.s’imposent à l’adjudicataire que si elles figurent dans ce document. al.

THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 2 . le nantissement des droits sociaux et des valeurs mobilières ne vient qu’au 5e rang derrière : les créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien vendu et à la distribution elle-même du prix . Lorsqu’il est en présence de créanciers chirographaires. Le droit de préférence donne au créancier nanti une priorité de paiement sur tous les autres créanciers de l’acquéreur en cas de revente du fonds. - - M. chacun exerce son droit de préférence dans l’ordre d’inscription de sa sûreté : le créancier inscrit le premier exerce d’abord sa sûreté pour l’intégralité de sa créance et. les créanciers de salaires superprivilégiés .Le droit de préférence En vertu de l’article 68 de l’AUS. 149 de l’AUS). le nantissement régulièrement inscrit au RCCM confère au créancier un droit de préférence qu'il exerce conformément aux dispositions de l'article 149. 2. interviennent le deuxième créancier et ainsi de suite. Lorsqu’il y a plusieurs créanciers nantis. C’est ainsi que dans le classement de la distribution des deniers provenant de la réalisation des meubles (art. les créanciers garantis par un gage selon la date de constitution du gage . et cette priorité porte sur le prix de revente.Par. le créancier inscrit les prime. les créanciers de frais engagés pour la conservation du bien du débiteur dans l'intérêt des créanciers dont le titre est antérieur en date . Il faut rappeler que le créancier nanti peut être primé par d’autres créanciers. dans la mesure où il demeure un solde disponible.

C’est ensuite un meuble incorporel. la nantissement du fonds s’opère sans dépossession et fait l’objet d’une inscription au Registre du commerce et du crédit mobilier. c’est-à-dire un ensemble formant un tout dont les éléments actifs (biens) et passifs (dettes) sont inséparablement liés (l’actif répond du passif. Cette conception n’a pas prévalu. le fonds de commerce est forcément un meuble incorporel. c’est-à-dire une masse de biens affectés à une exploitation commerciale dotée d’une certaine permanence. Nature juridique du fonds de commerce : une universalité de fait.CHAPITRE II. des opérations juridiques distinctes de celles que l’on peut passer.LE NANTISSEMENT DU FONDS DE COMMERCE ET LE PRIVILÈGE DU VENDEUR DE FONDS DE COMMERCE Section préliminaire. étant donné que les éléments qui le constituent sont pour l’écrasante majorité de nature incorporelle. composé exclusivement d’éléments mobiliers. une universalité de droit. on s’accorde aujourd’hui à qualifier le fonds de commerce d’universalité de fait (terme critiquable. une universalité est ou n’est pas). Pris en tant que bien (universalité de fait). pris dans son ensemble. il est possible de faire sur le fonds de commerce. ce qui n’est pas sans rappeler l’hypothèque immobilière. l’ensemble des moyens utilisés pour attirer et retenir la clientèle. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 3 . C’est d’abord un meuble car. sur l’un quelconque des divers éléments qui le composent : cession (forcément globale) de fonds de commerce .Rappels généraux Notion de fonds de commerce. en rigueur des principes. Cette qualification de meuble incorporel entraîne quelques conséquences juridiques. il ne saurait être un immeuble. Certaines règles applicables au FC s’inspirent du droit immobilier : par exemple. même si elle ne constitue pas un patrimoine autonome (le fonds de commerce n’a pas une personnalité juridique distincte de celle du commerçant). Certains auteurs ont proposé de voir dans le fonds de commerce une universalité au sens entier du terme. M. isolément. puisque. l’ensemble de l’actif ne peut être transmis que sous déduction du passif). Cela dit. L’expression fonds de commerce sert à désigner l’ensemble des biens exclusivement mobiliers (jamais immobiliers) qui permettent à un commerçant d’exercer son activité. Cet ensemble de biens forment une unité économique (et non juridique) que l’on traite comme une entité juridique. le fonds de commerce n’étant pas un patrimoine. Dès lors. nantissement de fonds de commerce. Nature juridique du fonds de commerce : un meuble incorporel.

soit à un tiers sur lequel les parties se mettent d’accord (séquestre). Le fonds de commerce a une valeur et il peut. la loi uniforme a entendu lui garantir le recouvrement de son dû en lui accordant un privilège sur le fonds vendu : il s’agit donc du privilège du vendeur à crédit du fonds de commerce118 qui. 2 AUDCG pour les conditions d’existence du privilège du vendeur de fonds de commerce M. En effet.La constitution du nantissement A. art. malgré son nom. il est de règle classique que le gage nécessite la dépossession du débiteur qui doit ainsi remettre l’objet gagé soit au créancier gagiste lui-même. Mais. lequel ne pourrait se dessaisir de son fonds.Les règles de constitution Sous-section 1. doit faire l’objet de certaines formalités. moyennant une inscription au RCCM117. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 4 . non pas un gage. être utile au commerçant de se servir de cette valeur pour se procurer du crédit en constituant sur son fonds un gage. le nantissement de FC est. 118 Cf. Cette situation est.Les conditions de fond : l’assiette du nantissement Les éléments susceptibles d’en faire l’objet sont énumérés par l’article 69 AUS qui distingue les éléments qui doivent obligatoirement être compris dans le nantissement (éléments obligatoires). à l’évidence. tout en en conservant la possession et le droit de vendre. Consécration du privilège du vendeur de fonds de commerce. 1°) Les éléments compris de plein droit dans l’assiette du nantissement : obligation 117 Ainsi organisé. 117. les éléments qui peuvent être compris dans le nantissement (éléments facultatifs) et ceux qui ne doivent jamais en faire partie (éléments exclus). par conséquent.Consécration du nantissement du fonds de commerce. Section 1. La pratique puis le législateur ont alors forgé la technique du nantissement qui est un « gage sans dépossession » du débiteur. Lorsque le vendeur du fonds de commerce n’a pas été intégralement payé au comptant. al. pour être opposable aux tiers. inappropriée pour le commerçant. cette technique permet aux commerçants de donner leurs fonds en garantie. mais une véritable hypothèque.

La remarque est peut-être M. et lorsqu’il lui arrive de le faire à la demande d’un plaideur. En effet. sans existence concrète. c’est seulement pour indiquer que l’élément essentiel du fonds de commerce. l’enseigne. Partis de ce constat. des éléments incorporels : la clientèle. consacrée par la jurisprudence française. D’après eux. le nom commercial. un élément central du fonds de commerce. c’est la clientèle. C’est l’ensemble des personnes physiques ou morales qui sont en relations d’affaires avec le commerçant et auxquelles il fournit les biens ou les services qui font l’objet de son activité. On remarquera ainsi que les éléments obligatoires retenus par le texte sont au nombre de cinq à savoir et qu’ils constituent. non l’achalandage. L’article 69-1 de l’AUS dispose que « le nantissement du fonds de commerce porte sur la clientèle. Les éléments incorporels du fonds de commerce sont nombreux et variés. tous. Cette assimilation est critiquée par certains auteurs pour qui il n’y a pas. l’achalandage ne désignerait la clientèle potentielle liée à la situation géographique. le droit uniforme africain n’a pas reconduit le terme d’achalandage à côté de celui de clientèle. non palpables. l'enseigne. Cette conception classique. mais non un élément constitutif). La clientèle est très souvent présentée comme l’élément essentiel du fonds de commerce. avec la notion d’« achalandage ». La clientèle. certains auteurs contemporains contestent parfois l’élévation de la clientèle au rang d’élément constitutif du fonds de commerce : pour eux. le droit au bail commercial et les licences d'exploitation ». le droit au bail et les licences d’exploitation. le nom commercial. peut être surprenante dans la mesure où les clients ne sont en principe jamais tenus de rester fidèles. la jurisprudence française refuse de distinguer entre clientèle et achalandage. notamment par la loi française du 17 mars 1909. la clientèle serait constituée par les relations d’affaires déjà existantes. c’est-à-dire ceux qui sont liés au commerçant par des contrats d’approvisionnement (avec éventuellement des clauses de quota ou d’exclusivité). Elle est parfois confondue. Le plus souvent. ils sont toujours libres de mettre fin à leurs relations d’affaires avec le commerçant considéré. en rigueur des termes. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 5 . En revanche. a) La clientèle Définition de la notion de clientèle. elle ne serait que le but de l’exploitation (un élément d’appréciation de la valeur du fonds. Conscient de l’absence d’intérêt pratique de cette distinction. synonymie entre ces notions.Principaux éléments incorporels du fonds de commerce. elle désignerait les personnes qui s’approvisionnement habituellement auprès du fonds de commerce. On parle d’éléments incorporels puisqu’il s’agit de biens immatériels. à l’exception toutefois des clients dits captifs. la clientèle occasionnelle (personnes attitrées par l’emplacement du fonds).

que la clientèle soit personnelle à l’exploitant. d’un commencement d’exploitation. cas de l’emplacement qu’une société a dans un supermarché . Ainsi. Cela dit. Il faut. pour les stations-service. c’est-à-dire résulter d’actes de commerce. il ne peut y avoir de fonds de commerce en présence d’actes civils. il ne saurait y avoir de fonds de commerce (exemples tirés de la jurisprudence française : cas d’une buvette installée dans un champ de course ou dans un aérodrome et qui n’a. que celle de l’enceinte plus large qui la renferme . en définitive. que la clientèle soit réelle et actuelle. il a été jugé que la location d’un local aménagé à usage de salle de cinéma n’est qu’un bail d’immeuble. l’existence malgré tout d’une clientèle ne saurait permettre au trafiquant de prétendre avoir constitué un fonds de commerce). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 6 . en outre.logique et pertinente. mais force est de constater qu’elle n’a jamais eu d’incidence sur la jurisprudence qui traite obstinément la clientèle comme une composante du fonds. c’est-à-dire ne pas être dérivée du travail d’autrui. b) L’enseigne commerciale Elément d’individualisation ou signe distinctif du fonds de commerce. non une locationgérance de fonds de commerce. en règle ordinaire. Il arrive très souvent que le nom commercial (voir infra) serve. ce qui est le cas si l’activité exercée est permise par le droit (le trafic de stupéfiants étant prohibé. sans pour autant que celui-ci possède des droits exclusifs sur les clients. en principe. L’enseigne est une dénomination. d’enseigne. pour un débit de boisson). en l’absence de clientèle propre. être seulement hypothétique ou virtuelle : ainsi. Cette qualification produit. Il est donc acquis. la clientèle ne doit pas. en outre. Enfin. En effet. Mais il peut aussi s’agir d’une simple dénomination de M. entre autres. en deuxième lieu. il faut que la clientèle considérée soit licite. comme clientèle. que la clientèle constitue une condition d’existence du FC. que la clientèle soit commerciale. en premier lieu. Il faut. Caractères de la clientèle. certaines décisions ont admis que la clientèle (et donc l’existence du fonds) pouvait préexister à l’ouverture effective au public (ainsi. les conséquences suivantes : le commerçant peut défendre son droit à la clientèle contre ses rivaux qui se rendraient coupables d’actes de concurrence illicite ou déloyale . Toutefois. tout au moins. indispensable. Il faut. lesquels sont en principe libres. elle doit présenter un certain nombre de caractères. cas d’un banc de poissons qu’une personne exploite à proximité d’un supermarché…). les tribunaux protègent l’acquéreur de fonds de commerce contre l’éviction par le vendeur qui chercherait à reprendre la clientèle attachée au fonds. En effet. c’est-à-dire résulter d’une exploitation en cours ou. Cela signifie que la clientèle doit être attachée au titulaire du fonds. l’ouverture au public étant. un signe ou une emblème qui est apposé sur un local ou un magasin.

Certaines d’entre elles sont strictement personnelles et. dès lors du moins qu’il ne s’agit pas d’une enseigne générique ou banale (« Pizza » par exemple). l’on parle de dénomination sociale (on parle parfois de raison sociale119). Un certain nombre de commerces exigent. S’agissant des sociétés. ne font pas partie des éléments constitutifs du fonds de commerce (par exemple. En revanche. en condamnant ceux qui utiliseraient. mais il peut aussi s’agir d’un pseudonyme voire d’un nom de fantaisie. Le commerçant. Sauf s’il a agi comme homme de paille ou prête-nom (simulation pour permettre à des tiers de concurrencer une personne connue). sont transmissibles avec lui et peuvent faire l’objet de nantissement : il en est ainsi des licences de débits de 119 Nom attribué à une société dans laquelle les associés ou certains d’entre eux sont personnellement tenus du passif social. mais il pourra se voir prescrire des mesures de nature à éviter la confusion (emploi d’un prénom par exemple). pour leur exploitation. La raison sociale est exclusivement composée du nom de ces associés.fantaisie. Le nom commercial est l’appellation sous laquelle le commerçant exerce son activité commerciale. d’autres sont impersonnelles et sont ainsi incluses dans le fonds de commerce. C’est le plus souvent son nom patronymique. ou de celui de certains d’entre eux. dès lors. l’on ne peut interdire à un homonyme d’exercer le commerce sous son nom. des autorisations ou licences. cartes professionnelles d’agence de voyage ou de tourisme). à défaut. qui est simplement locataire des locaux affectés au commerce (ce qui est très fréquent). On protège le droit de l’enseigne commerciale par le biais de l’action en concurrence déloyale. facultatif puisqu’il n’existe pas lorsque le commerçant est propriétaire de ses locaux d’exploitation (cette situation déprécie paradoxalement la valeur du fonds). a droit au renouvellement de son bail arrivé à son terme (expiration de la durée initiale) ou. c) Le nom commercial Elément d’individualisation ou signe distinctif du fonds de commerce. M. une enseigne identique ou similaire. à une indemnité d’éviction. e) Les licences d’exploitation (et autorisations administratives) Autorisations administratives. quoique très important en pratique. d) Le droit au bail (des locaux affectés au commerce) « Propriété commerciale ». C’est un élément qui est. On protège aussi le droit au nom commercial par le biais de l’action en concurrence déloyale (la concurrence déloyale pouvant se faire par la création d’une confusion). pour créer une confusion. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 7 .

b) Les marques de fabrique et de commerce La marque est un signe susceptible de représentation graphique servant à distinguer les produits ou services d’une personne physique ou morale. les marques de fabrique qui sont des signes identifiants apposés par le fabricant sur ses produits (exemple : Adidas) . Au-delà des autorisations administratives proprement dites. sont sans doute concernés par le texte les licences d’exploitation120 (à ne pas confondre avec les droits de propriété eux-mêmes qui. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 8 . On en distingue traditionnellement trois types : .ensuite. 120 En effet. un tiers se voit ainsi conférer le droit d’exploiter le droit. dessins et modèles et autres droits de la propriété intellectuelle ainsi que sur le matériel ». a) Les brevets d’invention L’intérêt de la société est que les découvertes soient divulguées. les droits de propriété industrielle peuvent faire l’objet en tout ou partie d’une concession de licence d’exploitation exclusive ou non exclusive : moyennant une redevance versée au propriétaire. marques de fabrique et de commerce. dessins et modèles… 2°) Les éléments susceptibles nantissement : faculté d’être compris dans l’assiette du Autres éléments incorporels et matériel. Les brevets d’invention protègent ainsi les créations industrielles à caractère utilitaire : ils ont pour objet les inventions nouvelles impliquant une activité inventive et susceptibles d’application industrielle. eux. Mais il faut aussi encourager les chercheurs en leur reconnaissant des avantages. le nantissement de fonds de commerce « peut porter.d’abord. marques. M. Licences d’exploitation de droits de propriété industrielle. comptent par les éléments facultatifs : voir infra) portant sur des droits de propriété industrielle : brevets d’invention. Aux termes de l’article 69-2 de l’AUS. les marques de commerce qui sont ceux diffusés par un fournisseur ou distributeur. grossiste ou détaillant . en l’occurrence un monopole temporaire d’exploitation sur leurs découvertes. aussi.boissons ou de la carte de transporteur routier. sur les autres éléments incorporels du fonds de commerce tels que les brevets d'invention. .

Les marques. 123 Normalement. images de synthèse. phrases musicales. lettres. Cela dit. elle doit être originale. (la marque doit être distinctive au regard des produits ou services désignés dans l’acte de son dépôt. c) Les dessins et modèles Les dessins sont des assemblages de lignes et/ou de couleurs sur une surface plane. noms patronymiques et géographiques. elle doivent toujours satisfaire à certaines conditions Ŕ de fond121 et d’enregistrement Ŕ pour pouvoir bénéficier d’une protection juridique. ou celle d’un nom commercial ou d’une enseigne déjà utilisés). sigles. c’est-à-dire celles qui sont constituées exclusivement par un seul terme ou signe qui. disponible (la marque ne doit pas porter atteinte à des droits antérieurs . le premier est une création ornementale décorative. d) Les « autres droits de la propriété intellectuelle » 121 Caractères distinctif ou original. et l’invention brevetable. assemblage de mots. formes du produit. M. par exemple). la création en question ne peut être protégée que par voie de brevet. hologrammes. Dans ce cas. logos. technologiquement impossible). elle est cumulativement protégée par les deux régimes. sont nulles les marques génériques. ce sont des formes plastiques en relief122. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 1 9 . si les deux caractères sont indissociables. chiffres…). teinturiers. les marques de services qui désignent les prestations fournies par des entreprises de services (hôteliers. par opposition aux « beaux arts ».).). 122 Ils relèvent tous de ce que l’on appelle « l’art appliqué » ou « art industriel ». licite (la marque ne doit pas être contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs . peuvent d’abord être nominales (dénominations quelconques : mots. autrement dit. d’autre part : en effet. voire olfactives sous réserve de remplir les conditions posées pour la représentation graphique (ce qui est. tant que la seconde est une création utilitaire. il y a distinction entre le dessin ou le modèle. qu’elles soient simples ou complexes. il peut arriver qu’une création poursuive à la fois un but ornemental et un but utilitaire. Elles peuvent même être sonores (sons. etc. Toutefois. ainsi. Elles peuvent aussi être figuratives (dessins. les antériorités les plus courantes sont l’existence d’une marque antérieure enregistrée ou notoirement connue. Ils se situent entre la propriété industrielle et la propriété littéraire et artistique (par application de la règle dite de « l’unité de l’art ») et bénéficient ainsi d’une protection à chacun de ces titres. c’est uniquement dans le cadre de la législation sur les brevets d’invention que peuvent être protégées les formes qui sont inséparables d’une invention brevetable123.enfin. etc. authentique . En revanche.). Quant aux modèles. transporteurs. c’est ainsi que l’utilisation de certains signes est interdite (emblèmes de l’Etat par exemple). dans le langage courant. à l’heure actuelle. désigne l’ensemble des produits similaires : Gaz. étiquettes. etc. Dans le cas contraire. d’une part.

comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains (de cette définition. d’une région ou d’une localité servant à désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus au milieu géographique. le mobilier (meubles meublants). les meubles sont considérés comme des immeubles. 2. il faut que le commerçant en soit pleinement et définitivement propriétaire (ce n’est pas le lorsque le commerçant est seulement locataire du matériel ou si le matériel a été acquis avec une clause de réserve de propriété). Mais d’après la jurisprudence française. par voie de conséquence.. précise que « le matériel faisant partie d'un fonds de commerce peut être nanti en même temps que les autres éléments du fonds ou séparément. si le commerçant est propriétaire de l’immeuble où il exploite le fonds..L’énumération des éléments incorporels contenue dans l’article 69-2 de l’AUS n’est pas limitative puisque le texte fait également référence expresse aux « autres droits de la propriété intellectuelle ». ce qui est présumé lorsque l’immeuble est spécialement aménagé en vue d’une exploitation déterminée (hôtellerie par exemple). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 0 . si l’immeuble est hypothéqué et le fonds de commerce donné en nantissement. Le matériel comprend l’ensemble des meubles corporels servant à l’exploitation du fonds de commerce. l’article 69-2 de l’AUS prévoit que le nantissement du fonds de commerce peut aussi porter sur le matériel (l’article 91. il résulte clairement que l’appellation d’origine n’est pas qu’une simple indication de provenance . M. ni des immeubles par destination)125. les machines. e) Le matériel Au-delà des quelques éléments incorporels cités. al. l’appellation d’origine qui désigne la dénomination d’un pays. c’est à la fois un signe distinctif et un signe de la qualité). Cela dit. Hypothèse inverse : celle des meubles par anticipation. 124 Par une fiction légale. seul le créancier hypothécaire aura des droits sur le matériel. Pour que le matériel soit inclus dans le fonds de commerce. elle implique encore et surtout une qualité particulière qui est le fruit d’un emplacement et d’un savoir-faire ou d’un art local . être exclu du fonds (qui ne peut comprendre ni des immeubles par nature. c’est-à-dire des immeubles que l’on traite comme des meubles (récoltes sur pied. 125 Dans ce cas. les véhicules. l’immobilisation du matériel (exclusion du fonds) ne peut se produire que si ce matériel est indispensable à l’exploitation du fonds. immeubles à détruire). il y a notamment : les droits de propriété littéraire et artistique qui désignent ceux reconnus aux auteurs d’œuvres littéraires et artistiques. à savoir l’outillage industriel. le matériel pourrait être qualifié d’immeuble par destination124 et. Parmi ceux-ci. en dehors de toute vente »).

en combinant les dispositions de l’article 69-1 et 2 de l’AUS. l’hypothèse d’un nantissement avec le fonds et celle d’un nantissement séparé : il s’ensuit que les marchandises ne peuvent être nanties que séparément (cf. Selon l’article 70 de l’AUS. mais la loi uniforme a aussi instauré un nantissement judiciaire. Juriscope Sûretés.3°) Les éléments insusceptibles nantissement : interdiction d’être compris dans l’assiette du a) L’interdiction expresse : les droits réels immobiliers Aux termes de l’article 69-3 de l’AUS. « le nantissement doit être constitué par acte authentique ou sous seing privé dûment enregistré ». « le nantissement ne peut porter sur les droits réels immobiliers conférés ou constatés par des baux ou des conventions soumises à inscription au livre foncier ». Cela dit. op. n° 291) . comme pour le nantissement de matériel. il est une règle classique selon laquelle le nantissement de fonds de commerce ne peut jamais porter sur les marchandises (on a ainsi voulu laisser une valeur libre aux créanciers chirographaires)126. cit. ni parmi les éléments interdits dans l’assiette du nantissement de fonds de commerce. Mentions 126 obligatoires systématiques. on obtient la liste des éléments qui sont susceptibles d’entrer dans le nantissement du fonds de commerce . M. le législateur n’envisage pas. 1°) Le nantissement conventionnel Exigence de l’écrit. lorsqu’il traite du nantissement des stocks. B.. Selon l’article 70 de l’AUS. les marchandises ne figurent expressément ni parmi les éléments obligatoires. le Deux arguments juridiques vont dans le sens de l’exclusion : d’une part. ni parmi les éléments facultatifs. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 1 . les stocks peuvent faire l’objet d’un nantissement séparé (voir infra). b) L’interdiction implicite ou indirecte : les marchandises ? Dans l’article 69 de l’AUS. ni des immeubles par destination.Les conditions de forme ou formalités de constitution Le nantissement est normalement conventionnel. On retrouve dans cette disposition une application de la règle selon laquelle il ne peut être compris dans le fonds de commerce ni des immeubles par nature. Néanmoins. d’autre part.

s’il s’agit de nantir le fonds de commerce d’une succursale d’une personne morale étrangère. 2°) le numéro d'immatriculation des parties au Registre du commerce et du crédit mobilier. de ses succursales . 128 Il s’agit du RCCM dans lequel a été immatriculé le fonds de commerce nanti. l’article 69-2 de l’AUS dispose que « cette extension du nantissement doit faire l'objet d'une clause spéciale désignant les biens engagés et d'une mention particulière au Registre du commerce et du crédit mobilier ». Dans le cas où les éléments facultatifs du fonds de commerce sont compris dans l’assiette du nantissement. Cela dit. 5°) le montant de la créance garantie . « si le nantissement porte sur un fonds de commerce et ses succursales. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 2 . s'il y a lieu. noms et domiciles du créancier. du débiteur et du constituant du nantissement si celui-ci est un tiers127 . comporter les mentions suivantes : 1°) les prénoms. sachant que « cette clause n'a d'effet que si la publicité prévue par l'article 77 […] a été satisfaite ». si elles sont assujetties à cette formalité . Aux termes de l’article 69-4 de l’AUS. un contrat de nantissement (signé par la société mère. 3°) la désignation précise et le siège du fonds et. à peine de nullité. M. Mention obligatoire supplémentaire dans l’hypothèse où le nantissement porte sur un fonds de commerce et ses succursales : indication spéciale du siège de chaque succursale. Cette condition satisfaite. à condition que le propriétaire l’accepte. Mention obligatoire supplémentaire dans l’hypothèse d’un nantissement portant sur les éléments facultatifs : clause spéciale et mention particulière au RCCM. 4°) les éléments du fonds nanti . il n’est ainsi pas nécessaire d’établir autant de contrats qu’il y a de succursales. peut donner en nantissement un fonds de commerce ne lui appartenant pas. 6°) les conditions d'exigibilité de la dette principale et des intérêts . vu que la succursale n’est pas dotée de la personnalité morale) doit être établi dans la forme visée par l’article 70 précité de l’AUS.nantissement de fonds de commerce « doit. celles-ci doivent être désignées par l'indication précise de leur siège ». 7°) l'élection de domicile du créancier dans le ressort de la juridiction où est tenu le Registre du commerce et du crédit mobilier128 ». 127 Il découle de cette disposition que le débiteur.

Le privilège est un droit que la loi reconnaît à un créancier. Mais avant l’obtention d’un jugement de condamnation qui demande du temps. M.2°) Le nantissement judiciaire Conditions de fond. La décision judiciaire doit comporter toutes les mentions prévues par l'article 70 ci-dessus ».La constitution du privilège du vendeur de fonds de commerce Définition. Avant l’entrée en vigueur de l’AUS. la juridiction compétente peut autoriser. Le principe en est simple : toute personne dont la créance paraît fondée en son principe peut solliciter du juge l’autorisation de pratiquer un nantissement sur le fonds de commerce du débiteur. le créancier à prendre une inscription de nantissement sur un fonds de commerce de son débiteur. en raison de la qualité de la créance. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 3 . Effets du nantissement judiciaire. Le nantissement judiciaire du fonds de commerce est une mesure conservatoire qui permet à un créancier de se protéger contre les risques d’insolvabilité de son débiteur commerçant. droit de suite et garanties complémentaires (voir infra). il est organisé par l’article 71 de l’AUS sur le modèle de l’hypothèque judiciaire provisoire : « dans les mêmes cas et conditions que prévus par les articles 136 à 144 […] et dernier alinéa de l'article 70 [du présent Acte]. le nantissement judiciaire était inconnu dans la plupart des actuels pays membres de l’OHADA130. d’être préféré aux autres créanciers (même hypothécaires) sur l’ensemble des biens de son débiteur ou sur certains d’entre 129 Lorsqu’un créancier dispose d’un titre exécutoire. Si toutes les conditions du nantissement judiciaire sont réunies. la loi confère au créancier nanti par décision judiciaire les mêmes droits que ceux accordés aux bénéficiaires d’un nantissement conventionnel : droit de préférence (celui du créancier nanti est toutefois primé par celui du vendeur inscrit). des mesures conservatoires peuvent être pratiquées sur les biens (et donc sur le FC) du débiteur. il peut contraindre son débiteur à s’exécuter. si elle justifie de circonstances susceptibles d’en menacer le recouvrement129. Modalités de constitution : renvoi. sans commandement préalable. Sous-section 2. Aujourd’hui. 151 et suivants du Code de commerce) ainsi qu’au Sénégal (articles 874 et suivants du COCC). 130 La technique était toutefois consacrée au Mali (art.

Lorsque le vendeur du fonds de commerce n’a pas été intégralement payé au comptant. 1. le droit au bail. En effet. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 4 . le vendeur dispose d’un privilège sur le fonds de commerce vendu ». la loi uniforme (article 134 de l’AUDCG et articles 73 et suivants de l’AUS) a entendu lui garantir. mais il peut aussi les faire escompter par une banque (l’endossement emportant transfert des garanties de paiement. 2. 141-5. com.eux seulement (comme le prix de vente du fonds de commerce). Mais. à travers des billets à ordres Ŕ appelés billets de fonds Ŕ que l’acquéreur souscrit au profit du vendeur. Par. lorsque la vente a été consentie à terme (paiement différé. Ainsi. 1. al. 143-17. sous certaines conditions.Les conditions d’existence du privilège Conditions de fond : vente à crédit ou à tempérament d’un fonds de commerce. en tout état de cause. Consécration du privilège du vendeur de fonds de commerce. surtout. Silence des parties. ce qui est très fréquent. dessins et modèles) que moyennant des inscriptions additionnelles spéciales faites sur des registres tenus par l’Institut National de la Propriété Industrielle (art. le droit s’efforce de préserver les intérêts du vendeur en aménageant des mesures d’information et de publicité (voir infra) et. avec des échéances échelonnées. le droit français dispose que le privilège ne porte que sur l’enseigne. le privilège notamment). lorsque les parties n’ont pas indiqué dans le contrat de vente l’assiette du privilège du 131 Une partie importante du prix est payable à terme.). certains auteurs estiment que. com. marques de fabrique. le privilège porte sur les éléments librement mentionnés par les parties dans l’acte de vente et dans l’inscription. C. En l’absence de précision. L. M.) et que. Par. C. en l’absence de précision des textes uniformes africains. le nom commercial. L. al. délai de paiement) pour tout ou partie du prix131. 2. en lui accordant deux droits spécifiques : un privilège et une action résolutoire. la clientèle et l’achalandage (art. le privilège est reconnu par le droit uniforme au seul vendeur à crédit ou à tempérament d’un fonds de commerce. Le vendeur peut conserver ces effets et les présenter au paiement à chaque échéance. Même s’il est d’origine légale et eu égard au laconisme affiché par l’article 134 de l’AUDCG. le recouvrement de son dû en lui accordant un privilège sur le fonds vendu. il ne porte sur les droits de propriété industrielle (brevets d’invention. Aux termes de l’article 134 de l’AUDCG.L’assiette du privilège Volonté des parties. « lorsque le prix n’est pas payé comptant.

« sous réserve des dispositions de l'article 73 ci-dessus. l’inscription secondaire ou modificative en cas de survenance postérieure de certains événements. Néanmoins. d’une part. celui-ci doit être considéré comme portant sur tous les éléments du fonds de commerce132. est indispensable pour rendre la sûreté opposable aux tiers. d’autre part. Juriscope Sûretés.L’inscription initiale De manière générale. cit. lorsque la sûreté porte sur certains éléments spécifiques du fonds de commerce. la publicité ou inscription initiale qui doit être faite aussitôt que la sûreté est constituée et. Pour que le vendeur de fonds de commerce puisse disposer d’un privilège (et de l'action résolutoire prévus par les dispositions relatives à la vente du fonds de commerce). 73 de l’AUS) .Les règles ou formalités de publicité Sous-section 1. Sous-section 2. op. 1. consistant en une inscription. .« la vente doit être inscrite au Registre du commerce et du crédit mobilier à la demande de l'acquéreur immatriculé » (art. Par. le vendeur du fonds de commerce […] doit faire inscrire la vente au Registre du commerce et du crédit mobilier » (art. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 5 .vendeur.Les formalités communes au nantissement du fonds de commerce et au privilège du vendeur Qu’il s’agisse du nantissement du fonds de commerce ou du privilège du vendeur. M. l’inscription de la sûreté doit être faite au registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM). Il y a. une publicité.. l’AUS exige une inscription complémentaire prise au registre spécial de l’Organisation Africaine de la Propriété 132 Cf. 74 de l’AUS). notamment sur ceux relatifs à la propriété intellectuelle.Les formalités propres au privilège du vendeur Conditions de publicité de la vente. Section 2. il faut certaines conditions (auxquelles s’ajoutent les règles de publicité communes au nantissement de fonds de commerce et au privilège du vendeur : voir infra) prévues par les articles 73 et suivants de l’AUS : . n° 305.

c'est-à-dire le lieu de l’exploitation de la succursale. Dans l’un et l’autre cas. Cameroun. 133 L’OAPI est née de l’Accord de Bangui du 2 mars 1977 constituant révision de l’accord relatif à la création d’un Office Africain et Malgache de la Propriété Intellectuelle (OAMPI) signé à Libreville le 13 septembre 1962. Tchad. Mauritanie (le seul pays qui ne soit pas en même temps membre de l’OHADA). ou en expédition s'il est constitué en minute ou par une décision judiciaire autorisant le créancier à prendre cette inscription . c) d'une description du fonds. b) de la nature et la date du ou des actes déposés . le créancier doit. Si le fonds faisant l'objet d'un nantissement ou d'un privilège comprend des succursales. 2°) un formulaire d'inscription en quatre exemplaires portant mention : a) des nom. à peine de nullité. Guinée. Burkina-Faso. l’inscription du nantissement ou du privilège au registre de commerce devait être prise. le créancier nanti présente au Greffe de la juridiction compétente dans le ressort de laquelle est immatriculée la personne physique ou morale propriétaire ou exploitante du fonds : 1°) le titre constitutif du nantissement en original s'il est sous seing privé. A.L’inscription au RCCM Lieu. Délai. Selon l’article 46 : « En cas de nantissement du fonds de commerce. dans les deux mois de la date de l’acte constitutif. c'est-à-dire celui du lieu où est immatriculée la personne physique ou morale propriétaire ou exploitante du fonds de commerce. Mali. Guinée-Bissau. objet du nantissement . Ses membres sont : Bénin. Togo. Dossier. Sénégal. dénomination sociale. Congo. Niger. ainsi que du numéro d'immatriculation de la personne physique ou morale propriétaire ou exploitant du fonds sur lequel est requis l'inscription . les inscriptions doivent être prises au lieu de l'immatriculation principale (lieu du siège social) et de l'immatriculation secondaire du débiteur. Côte d’Ivoire.Intellectuelle (OAPI)133. selon le cas. Avec le droit uniforme. M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 6 . prénom. L’inscription doit être prise au RCCM du lieu où est exploité le fonds de commerce. pour obtenir inscription de sa sûreté. domicile ou siège social des parties. Centrafrique. 134 Sous l’empire du droit antérieur (loi française du 17 mars 1909). présenter au greffe de la juridiction compétente un dossier comprenant les éléments mentionnés aux articles 46 et 47 de l’AUDCG. Gabon. il n’est plus imposé de délai pour inscrire le nantissement ou le privilège du vendeur au RCCM134.

fait mention de l’inscription au dossier individuel ouvert au nom de la personne physique ou morale contre laquelle l’inscription est prise . b) de la nature et la date du ou des actes déposés . le greffier doit procéder à un contrôle formel de la conformité du formulaire avec le titre présenté (art. permettant de l'identifier .d) du montant des sommes dues au dernier jour précédant l'inscription. e) de l'élection de domicile du créancier nanti dans le ressort de la Juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ». Si tout paraît conforme. 79 AUS). avec mention de cette date d’inscription et de son numéro d’ordre . il doit présenter : 1°) le titre constitutif de la vente. Contrôle formel de conformité du greffier et inscription. remet à la personne qui a requis l’inscription le second exemplaire de sa déclaration visé par le greffe qui mentionne la date et le numéro d’ordre de l’inscription. dénomination sociale. Saisi du dossier. et le cas échéant. dans le même temps. ou en expédition si l'acte existe en minute . en original s'il est sous seing privé. les conditions d'exigibilité de la dette . c) d'une description du fonds. et le cas échéant. - - Les 3e et 4e exemplaires du formulaire sont envoyés au Fichier national pour transmission de l’un d’eux au Fichier central (article 49 de l’AUDCG). classe les actes et un formulaire de la déclaration qui lui a été remise au dossier tenu sous le nom de la personne physique ou morale contre laquelle est prise l’inscription. d) du montant des sommes dues au dernier jour précédant l'inscription. ainsi qu'éventuellement le numéro d'immatriculation de la personne physique ou morale acquéreur du fonds . objet du nantissement. le vendeur peut faire inscrire son privilège au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. prénom. les conditions d'exigibilité de la dette . A cet effet. M. il procède à l’inscription de la sûreté sur le registre chronologique et. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 7 . e) de l'élection de domicile du créancier nanti dans le ressort de la Juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ». Selon l’article 47 : « En cas de vente du fonds de commerce. domicile ou siège social des parties. 2°) un formulaire d'inscription en quatre exemplaires portant mention : a) des nom.

à un nom commercial ne sont opposables aux tiers que s’ils ont été inscrits dans le registre spécial correspondant tenu par l’OAPI136. L’ordre des créanciers garantis par un nantissement ou un privilège soumis à publicité est déterminé selon le rang de l’inscription de chacune de ces deux sûretés au RCCM (art. être satisfait à la publicité prévue par les dispositions relatives à la propriété intellectuelle et aux règles du présent Acte uniforme sur le nantissement du matériel faisant partie d'un fonds de commerce » (rapp. doit être faite au registre spécial correspondant tenu par l’OAPI et vaut ainsi inscription du privilège. L’OAPI tient pour l’ensemble des Etats membres un registre spécial pour chacune des propriétés intellectuelles et industrielles. M. soit gage ou mainlevée de gage relative à une demande de brevet ou à un brevet. B. 74 de l’AUS). même s’il n’est pas expressément visé. en dehors de l'inscription de la sûreté du créancier. II (Des modèles d’utilité). En effet. Les dispositions relatives à la propriété intellectuelle sont celles de l’Accord de Bangui du 2 mars 1977 et de ses Annexes135). Il est prévu que les actes comportant. marques de fabrique. des dessins et modèles et autres droits de la propriété intellectuelle ainsi que sur le matériel.Rang. 136 Des dispositions analogues n’ont pas été prévues s’agissant des appellations d’origine et des noms commerciaux. il doit. de même que « le vendeur du fonds de commerce. Vente (Des noms commerciaux et de la protection contre la concurrence déloyale) et VI (Des appellations d’origine). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 8 . doit faire inscrire la vente au Registre du commerce et du crédit mobilier » (art. Délai. Cette inscription doit être prise dans le délai de douze mois à compter de 135 Annexes I (Des brevets d’invention). de service et de commerce. article 48 de l’AUDCG). « lorsque le nantissement conventionnel ou judiciaire ou le privilège du vendeur du fonds de commerce porte sur des brevets d'invention. à un dessin ou modèle industriel. Selon l’article 77 de l’AUS. à une marque de produits ou de services. 149-5° AUS). IV (Des dessins et modèles industriels). S’agissant du privilège. III (Des marques de produits ou de services). l’inscription de cette vente. il est bien concerné dans la mesure où l’acte comportant transmission et de propriété doit être inscrit dans le registre spécial. Le gage susvisé est un gage sans dépossession qui. soit concession du droit d’exploitation ou cession de ce droit. lorsqu’elle comporte un élément de propriété intellectuelle. soit transmission de propriété. correspond au nantissement dans l’AUS.L’inscription spéciale à un registre particulier tenu par l’OAPI Exigence de publicité complémentaire. aujourd’hui. pour bénéficier de son privilège et de l'action résolutoire prévus par les dispositions relatives à la vente du fonds de commerce. à une demande de modèle d’utilité ou un modèle d’utilité enregistré.

l’article 80-1 et 2 de l’AUS dispose que « toute modification par subrogation. hors les cas de subrogation légale. à la différence de la cession de créance. l’expiration de celui-ci ne devrait pas être un obstacle à l’inscription. un banquier qui fournit de la sorte un crédit au créancier en lui permettant de mobilier immédiatement une créance qui n’est qu’à terme.la date à laquelle les actes ont été accomplis. 1er. la subrogation ne peut jamais être faite à titre gratuit.L’inscription modificative en cas de survenance postérieure de certains événements Il y a lieu à inscription modificative en cas de modification portant sur la sûreté ou en cas de radiation de celle-ci. en réalité. la subrogation légale dans le bénéfice de la sûreté ou l'endossement de l'acte constitutif de nantissement s'il est rédigé à ordre. Mais. décide cependant de le payer : puisqu’il est ainsi satisfait. ni pour une somme inférieure à la créance transmise. M. 138 La subrogation légale. la créance reste identique mais. le créancier peut consentir une subrogation à toute personne qui. sont soumis aux conditions de forme et de délai prévues pour la constitution du nantissement conventionnel ou du privilège ». En particulier. Modification par voie de subrogation. de l’AUDCG dispose que « toute modification conventionnelle ou judiciaire du nantissement ou du privilège fait l'objet d'une inscription ». Elle présente la particularité essentielle de ne pas s’opérer seule. La subrogation joue ici un rôle de crédit : celui qui paye est. sans y être tenue. Il est question ici de la subrogation personnelle. cession d'antériorité n'a d'effet que si elle est inscrite en marge de l'inscription initiale » et que « les modifications conventionnelles. le créancier peut transférer sa créance à son « payeur » afin de lui permettre de se retourner contre le débiteur. Elle a généralement pour effet de réduire voire d’anéantir les droits du créancier inscrit. dans ce cas. le créancier inscrit (subrogeant) transférant sa créance garantie à un créancier subrogé137. Mais puisqu’il n’est pas prévu de sanction à l’inobservation de ce délai. de façon autonome. 2. c'est-à-dire de la substitution d’une personne à une autre dans une situation juridique. 137 Comme dans la cession de créance. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 2 9 . qui joue de plein droit. sans exigence de la formalité de signification138. En effet. la sûreté ne serait opposable aux tiers qu’à partir de son inscription (tardive).En cas de modification de la sûreté De façon générale. Par. l’article 50. A. Elle se fait par changement de créancier. Néanmoins. a lieu lorsque plusieurs personnes sont tenues à la même dette et que l’une d’entre elles paye le créancier. puisqu’elle est obligatoirement greffée sur le paiement de la créance. al. il peut y avoir subrogation conventionnelle.

3. d'un état des inscriptions prises sur le fonds » (art. 1er. « toute radiation partielle ou totale (du nantissement ou du privilège du vendeur de fonds de commerce) n'a d'effet que si elle est inscrite en marge de l'inscription initiale ». « l'inscription conserve les droits du créancier pendant cinq années à compter de sa date . B. plusieurs créanciers étant inscrits sur le même fonds de commerce. la convention de cession d’antériorité doit toutefois être inscrite en marge de l'inscription initiale. la radiation peut être partielle ou totale. pour le tout. Il y a. Notons. ici. Aux termes de l’article 83 de l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 0 . dans l’hypothèse où. la radiation aboutit à une mainlevée du nantissement ou du privilège du vendeur de fonds de commerce. la radiation peut être conventionnelle ou judiciaire. par la juridiction compétente dans le ressort de laquelle se trouve l'établissement principal ». par exemple. à cette fin. Valable. Section 3. radiation partielle lorsque la mainlevée est convenue ou ordonnée pour quelques-uns seulement des éléments grevés. On est. que « toute vente amiable ou judiciaire de fonds de commerce ne peut avoir lieu sans production par le vendeur ou l'auxiliaire de justice chargé de la vente. al. al. Selon l’article 82. 84 de l’AUS). de l’AUS. al.Les effets du nantissement et du privilège : les droits du créancier inscrit Durée de protection.Modification par voie de cession d’antériorité. son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée avant l'expiration de ce délai ». Aux termes de l’article 82. Quant à son effet. elle est ordonnée. Si la radiation concerne des inscriptions prises dans des ressorts différents sur un fonds et ses succursales. précise que « la radiation conventionnelle ne peut être opérée que sur dépôt d'un acte authentique ou sous seing privé de consentement à la radiation donné par le créancier ou son cessionnaire régulièrement subrogé et justifiant de ses droits ». 2. « la radiation judiciaire est ordonnée par la juridiction compétente du lieu de l'inscription. le créancier antérieurement inscrit cède son rang à un créancier inscrit après lui. Quant à son étendue. Quant à sa source. M.En cas de radiation de la sûreté Aux termes de l’article 82.

« le créancier nanti et le vendeur privilégié ont. M. qui implique la mise en vente aux enchères publiques du fonds (vente amiable ou judiciaire).Sommes garanties. les paiements partiels. 149 de l’AUS). tout se passant comme s’il y avait trois ventes distinctes et trois privilèges distincts). Selon l’article 90. est d’une complexité qui atténue son efficacité.. pas de compensation possible. au même rang que le principal. le nantissement et le privilège du vendeur de fonds de commerce ne viennent qu’au 5e rang derrière : 139 les créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation En droit français (à la différence du droit OHADA). C’est dans cet ordre (disposition ordinale) que va s’éteindre le privilège. c'est-à-dire qu’il s’exerce séparément sur chacun des trois corps que sont les marchandises. Par. un droit de préférence qu'ils exercent selon les dispositions de l'article 149. En effet. sur le fonds. Le droit de préférence donne au créancier nanti ou au vendeur une priorité de paiement sur tous les autres créanciers de l’acquéreur en cas de revente du fonds. ensuite sur le matériel. 2. Il se produit un fractionnement du privilège en trois parties. interviennent le deuxième créancier. Prérogatives du créancier inscrit. C’est ainsi que dans le classement de la distribution des deniers provenant de la réalisation des meubles (art. dans la mesure où il demeure un solde disponible. al. deux années d'intérêt ». En outre. « l'inscription garantit. enfin sur les éléments incorporels. de l’AUS. chacun exerce son droit de préférence dans l’ordre d’inscription de sa sûreté (peu important désormais qu’il s’agisse du nantissement ou du privilège du vendeur de fonds de commerce) : le créancier inscrit le premier exerce d’abord sa sûreté pour l’intégralité de sa créance et. ». de l’AUS.. al. le droit de préférence ne s’exerce pas indivisiblement sur l’intégralité du prix de revente. C’est la raison pour laquelle l’exercice du privilège implique la fixation d’un prix distinct pour chacun de ces éléments (le vendeur n’étant privilégié que pour ce qui lui est encore dû pour chacun de ces compartiments : autrement dit. Lorsqu’il est en présence de créanciers chirographaires. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 1 . Il faut rappeler que le créancier nanti ou privilégié peut être primé par d’autres créanciers. autres que le paiement comptant. Le nantissement ou le privilège régulièrement constitué confère au créancier ou au vendeur de fonds de commerce diverses prérogatives. le matériel et les éléments incorporels (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’acte de vente fixe un prix distinct pour chacun de ces éléments). 1. et cette priorité porte sur le prix de revente139. le troisième… et ainsi de suite. 1er. s’imputent d’abord sur les marchandises. Lorsqu’il y a plusieurs créanciers inscrits. le créancier inscrit les prime. l’exercice du droit de préférence.Le droit de préférence Aux termes de l’article 90.

au préalable. Autrement dit. A. il résulte de ce dernier texte. - Par. il offre de payer le prix d’achat entre les mains des créanciers inscrits. le sous-acquéreur peut prendre l’initiative et payer directement le vendeur. Aux termes de l’article 89 de l’AUS. même s’il a fait l’objet d’une revente. et se faire payer par le sous-acquéreur du fonds (lequel ne subit en principe aucun préjudice puisqu’il connaissait. soit en se la faisant attribuer personnellement. que le créancier inscrit non payé à l’échéance peut ainsi procéder à la réalisation du fonds de commerce. le créancier (inscrit) muni d'un titre exécutoire peut faire procéder à la vente forcée (du fonds grevé). l’acquéreur n’achètera généralement le fonds qu’après avoir. Pour éviter les refus systématiques. les créanciers de salaires superprivilégiés . 140 En droit français. les créanciers de frais engagés pour la conservation du bien du débiteur dans l'intérêt des créanciers dont le titre est antérieur en date . s'il y a lieu.Le droit d’exécution ou vente forcée du fonds de commerce Aux termes de l’article 56-1 de l’AUS. grâce à la publicité qui en a été faite. S’ils acceptent ou s’ils ne répondent pas dans le délai. 2. la loi impose au créancier refusant de M. Or. Cela lui permettra ainsi d’exercer ses droits même si le fonds est entre les mains d’un tiers sousacquéreur. Mais il peut aussi signer l’acte d’achat et procéder à la purge des inscriptions. « faute de paiement à l'échéance. huit jours après une sommation faite au débiteur et.du bien vendu et à la distribution elle-même du prix . il pourra provoquer la vente forcée du fonds. au tiers constituant (de la sûreté) dans les conditions prévues par les dispositions organisant les voies d'exécution ». les créanciers garantis par un gage selon la date de constitution du gage .Le droit de suite et de réalisation C’est le droit pour le créancier inscrit impayé de poursuivre le fonds en quelque main qu’il passe et en quelque lieu qu’il se trouve. le prix sera réparti entre les créanciers inscrits et leur droit de suite s’éteindra. Mais un créancier inscrit peut rejeter l’offre du sous-acquéreur en déclenchant une réquisition de mise en vente aux enchères publiques du fonds. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 2 . l’existence du nantissement ou du privilège)140. pu régler amiablement avec les créanciers inscrits la mainlevée des inscriptions. En présence d’inscriptions (dont le sous-acquéreur connaissait l’existence grâce à la publicité qui en a été faite). soit en la faisant vendre. « les créanciers inscrits exercent leur droit de suite et de réalisation conformément aux dispositions de l'article 56-1… ». Ceux-ci ont alors un délai de 15 jours pour répondre. Autrement dit.

La sommation désigne. En précisant que « toute clause du contrat autorisant la vente […] sans les formalités ci-dessus est réputée non écrite ». stricto sensu. notifié par huissier de justice. En cas de défaut du paiement à l’échéance convenue de la dette alors que le créancier inscrit est muni d’un titre exécutoire. Le bien est estimé suivant les cours (prix du marché) ou à dire d’expert. il devra le surplus au débiteur. le débiteur lui devra encore la différence (sans s’engager à se porter enchérisseur pour un prix égal à celui offert par l’acquéreur majoré d’un dixième (surenchère au 10e). si le créancier inscrit était autorisé à vendre à l’amiable la chose donnée en gage pour se payer sur le prix. en l’occurrence de payer. Indifférence des clauses de voie parée ou de réalisation amiable du fonds. L’objectif est de protéger la débiteur : en effet. Si la valeur de la créance est inférieure à celle du fonds. Nécessité d’une sommation du débiteur. Estimation objective de la valeur du bien donné en gage. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 3 .Exigence impérative d’un titre exécutoire. à l’adresse de son destinataire. A défaut du paiement à l’échéance convenue de la dette. Dans le cas contraire. il pourrait la céder à un prix inférieur à sa valeur dès lors que ce prix suffirait à le désintéresser. B. La vente doit être précédée d’une sommation au débiteur qui dispose d’un délai de huit jours pour réagir. l’AUS prohibe expressément toute réalisation amiable du gage : le cas échéant. on feindra d’ignorer l’existence de la clause dite de voie parée. M. par lequel un requérant fait intimer un ordre (ou parfois une défense). l’acte extrajudiciaire. « la juridiction compétente peut autoriser l'attribution du (fonds de commerce) au créancier (inscrit) jusqu'à due concurrence et d'après estimation suivant les cours ou à dire d'expert ». le créancier inscrit muni d’un titre exécutoire (acte écrit muni de la formule exécutoire : décision de justice ou acte notarié revêtu de la formule exécutoire) peut faire vendre par autorité de justice le gage : la vente sera faite aux enchères publiques.L’attribution en propriété du fonds de commerce Faculté laissée au juge en tant qu’alternative à la vente forcée.

l’AUS prohibe expressément toute clause d’attribution automatique du gage au créancier : le cas échéant. dans le mois de la publication de la vente dans un journal habilité à recevoir les annonces légales. La surenchère est le droit pour tout créancier inscrit (ou opposant) de provoquer la remise en vente aux enchères publiques du fonds si le prix de vente ne suffit pas à désintéresser tous les créanciers (elle a été instituée pour protéger les créanciers contre un prix de vente dérisoire ou contre les opérations de simulation). Or.Les effets de la surenchère Lorsque la surenchère est mise en œuvre. selon l’article 131. En précisant que « toute clause du contrat autorisant […] l'attribution du (fonds) sans les formalités ci-dessus est réputée non écrite ». Indifférence des clauses d’attribution automatique du fonds. « tout créancier ayant inscrit un privilège ou un nantissement. 3. on feindra d’ignorer l’existence de la clause ou pacte commissoire prévoyant une attribution de plein droit du gage au créancier. 56-1. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 4 . l’intérêt d’être désintéressé sans avoir à subir le concours d’éventuels autres créanciers.sûreté). ou ayant régulièrement fait opposition peut. La procédure est judiciaire et enfermée dans un délai précis : elle doit être faite dans le mois de la publication de la vente dans un journal habilité à recevoir les annonces légales.Le droit de surenchère Aux termes de l’article 88 de l’AUS. 1er. pour le créancier inscrit. L’objectif est de protéger la débiteur : en effet. si le créancier inscrit était autorisé. Caractère judiciaire et délai. le fonds est remis en vente aux M. 2.Les conditions de la surenchère Définition. A. Par. de l’AUS) et elle présente. de l’AUDCG. B. il pourrait y trouver un moyen commode mais déloyal de s’enrichir injustement au détriment du constituant (lorsque le fonds est d’une valeur nettement supérieure à celle de la créance). Cette alternative à la vente forcée est une faculté offerte au juge (art. al. par une clause du contrat. « les créanciers inscrits ont un droit de surenchère qu'ils exercent conformément aux dispositions prévues pour la vente du fonds de commerce ». al. former une surenchère du sixième du prix global du fonds de commerce figurant à l'acte de vente ». à s’attribuer automatiquement le fonds.

142 Malgré l’imprécision du droit uniforme sur ce point. Elle est autorisée par le Président de la juridiction du lieu où la vente a été inscrite. Cela dit. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 5 . Mais.enchères à la barre du tribunal (cf. 3. Ce risque de se retrouver acquéreur du fonds de commerce fait que les créanciers inscrits (ou opposants) n’exercent que très rarement leur droit de surenchère. art. Le nouvel acquéreur sera alors le plus offrant. dans le mois de la publication de la vente dans un journal habilité à recevoir les annonces légales. le vendeur peut choisir d’exercer. Par. 1er). la prénotation de la demande tendant à la résolution amiable.Selon l’article 136. l’objectif est ici de permettre aux créanciers inscrits de prendre les mesures nécessaires à la sauvegarde de leurs droits sur le M. 131. de l’AUDCG). Ainsi. il s’agit d’une procédure qui joue un rôle de prévention des sous-estimations trop manifestes. 5. à charge de lui en référer (al. 2. selon l’article 75 de l’AUS.Les autres prérogatives ou garanties A. . et ce. ce qui explique l’obligation qui lui incombe de consigner. la validité des inscriptions ultérieures est subordonnée à la décision à intervenir sur la résolution de la vente (al. de l’AUDCG).Il faut que le vendeur ait procédé à la prénotation de son action résolutoire conformément aux dispositions prévues à cet effet par l'Acte Uniforme portant organisation des sûretés (article 136. 3). al. Ainsi. la prénotation faite.L’action résolutoire du vendeur impayé Au lieu de faire vendre le fonds pour exercer son privilège sur le prix. le montant du prix augmenté du sixième (art. Parce qu’elle est lourde de conséquences. 133 de l’AUDCG) à une mise à prix égale au prix de vente convenu avec l’acquéreur initial majoré du sixième du prix global du fonds de commerce figurant à l'acte de vente. cette action ne peut être exercée que si certaines conditions sont réunies (outre le défaut de paiement). c’est l’auteur de la surenchère qui sera déclaré adjudicataire141. 141 Puisque l’exercice du droit de surenchère suppose que le créancier intéressé se porte lui-même enchérisseur pour le prix de vente convenu avec l’acquéreur initial majoré d’un sixième du prix du fonds. l’action résolutoire pour récupérer ledit fonds en restituant les acomptes perçus (article 135 de l’AUDCG). si personne n’enchérit. au domicile élu par eux dans leurs inscriptions »142. par décision sur requête. de l’AUDCG. 2). judiciaire ou de plein droit de la vente du fonds de commerce est faite au RCCM à l'initiative du vendeur (al. al. « le vendeur qui veut exercer l'action résolutoire doit notifier celle-ci par acte extrajudiciaire ou par tout moyen écrit aux créanciers inscrits sur le fonds. au greffe de la juridiction compétente. al. 1er. . conformément au droit commun.

Le déplacement opéré. le vendeur est indemnisé de la moins value. demander la déchéance du terme s'il y a diminution de sa sûreté. al. Le créancier inscrit qui refuse de consentir au déplacement peut. dans le délai de quinze jours suivant la notification. En droit français. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 6 . al. on doit procéder à un règlement de comptes . 4. des règles particulières existent pour le matériel et les marchandises : après estimation de leur valeur par expert. avec éventuellement des dommages-intérêts au profit du vendeur. notamment par l’activité de l’acquéreur. notifier aux créanciers inscrits. Selon l’article 86 de l’AUS : « 1. la résolution doit être publiée au Registre du commerce et du crédit mobilier ». à défaut. 3. par acte extrajudiciaire. M. Selon l’article 76 de l’AUS. de l’AUDCG « toute convention de résolution amiable d'une vente de fonds de commerce est inopposable aux créanciers inscrits du chef de l'acquéreur ». celle-ci devient le gage des créanciers inscrits ou. la résolution pourra être prononcée par le tribunal de commerce (ou son président s’il existe une clause contractuelle lui donnant compétence) et produira ses effets habituels : restitution du fonds au vendeur avec tous ses éléments actuels (pour tenir compte du fait que la composition du fonds a pu être modifiée. son intention de déplacer le fonds en indiquant le nouvel emplacement qu'il entend lui fixer. En cas de déplacement du fonds. le propriétaire doit. entraîne déchéance du terme pour le débiteur. quinze jours au moins à l'avance. la loi uniforme reconnaît à celui-ci le droit d’être informé de certains événements importants touchant le fonds de commerce :  Droit d’être averti du déplacement du fonds pour pouvoir prendre une nouvelle inscription qui vaudra à la date de l’ancienne. des créanciers ordinaires) contre restitution des acomptes. sans notification régulière. Passé ce délai. la notification de l’action résolutoire aux créanciers inscrits ouvre à ceux-ci un délai d’un mois pour la paralyser en payant à la place de leur débiteur. « lorsque la vente a été résolue à l'amiable. 2. judiciairement ou en vertu d'une clause résolutoire de plein droit. fonds grevé. de l’AUDCG. B.- - - Selon l’article 136.Le droit à l’information du créancier inscrit sur la situation du fonds de commerce Dans le souci de protéger les droits du créancier inscrit. Selon l’article 136. même de courte durée. « la résolution ne pourra être prononcée que par la juridiction compétente où est inscrit le vendeur du fonds ». et si le solde laisse apparaître une plus-value.

Selon l’article 87 de l’AUS. de l’AUDCG. au domicile élu par eux dans leurs inscriptions » (voir supra).. Le créancier inscrit qui a consenti au déplacement conserve sa sûreté s'il fait mentionner son accord. il pourra obtenir la déchéance du terme accordé au débiteur en invoquant la diminution des sûretés) . . ni la résiliation amiable ou en vertu d'une clause résolutoire de plein droit produire effet. 4.droit d’être averti de la demande du propriétaire du fonds adressée au bailleur des locaux aux fins de déspécialisation plénière (modification de l’activité exercée) (les créanciers peuvent demander que le changement d’activité soit subordonné à des conditions sauvegardant leurs intérêts). par voie d’inscription au greffe).  Remarque : à la différence du droit uniforme africain. « le bailleur qui entend poursuivre la résiliation du bail de l'immeuble dans lequel est exploité un fonds de commerce grevé d'inscription doit notifier sa demande aux créanciers inscrits par acte extrajudiciaire. le droit français prévoit. com. M.droit d’être averti. sans quoi la résiliation ne lui serait pas opposable. et ce. l'inscription initiale. le créancier inscrit sur le fonds sera primé par ce nantissement : ainsi averti. « le vendeur qui veut exercer l'action résolutoire doit notifier celle-ci par acte extrajudiciaire ou par tout moyen écrit aux créanciers inscrits sur le fonds. par la publicité prévue à l’article L. .  Droit d’être averti de toute action en résolution de la vente du fonds de commerce. . les prérogatives informatives suivantes : . à la demande du créancier inscrit. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 7 . au profit du créancier inscrit. en marge de l'inscription initiale.droit d’être averti de toute saisie du matériel ou des marchandises (le vendeur pourra demander au tribunal de commerce de convertir la saisie en vente globale du fonds.droit d’être averti du nantissement pris en vertu de la loi du 18 janvier 1951 sur le métier d’équipement professionnel (en effet. 1er. Si le fonds est transféré dans un autre ressort. dans le même délai. ce qui est préférable) . qu'après l'expiration du délai de deux mois suivant la notification ».  Droit d’être averti de toute demande de résiliation du bail commercial. La décision judiciaire de résiliation ne peut intervenir. al. Selon l’article 136. 141-21 C. est reportée sur le registre de la juridiction du nouveau ressort ».3. de l’adhésion du propriétaire du fonds à un magasin collectif et du transfert de son fonds dans ledit magasin (le créancier peut faire opposition dans les 10 jours de la dernière publication.

B. Le matériel faisant partie d'un fonds de commerce peut être nanti en même temps que les autres éléments du fonds ou séparément. en dehors de toute vente ». peut faire l'objet d'un nantissement au bénéfice du vendeur. être nanti avec lui (voir supra). quelle que soit la destination (professionnelle ou M. il est inadapté lorsque la dépossession du débiteur est inopportune : en va-t-il ainsi. aval ou tout autre engagement ayant le même objet. s’agissant d’un commerçant. Section 1.Les règles de constitution du nantissement Par. qu'il soit neuf ou usagé. ainsi. Ils peuvent aussi faire l’objet d’un nantissement séparé parce qu’ils ne comptent pas parmi les éléments d’un fonds de commerce ou encore pour épargner le fonds en tant qu’universalité de fait. « les dispositions applicables au nantissement du matériel professionnel s'appliquent également aux véhicules automobiles assujettis à une déclaration de mise en circulation et à immatriculation administrative. 1. Le matériel professionnel et les véhicules automobiles peuvent faire partie d’un fonds de commerce et.Le matériel professionnel Aux termes de l’article 91 de l’AUS : « Le matériel servant à l'équipement de l'acheteur pour l'exercice de sa profession (civile ou commerciale). La même sûreté peut être consentie au tiers ayant garanti les engagements de l'acquéreur envers le vendeur par cautionnement.CHAPITRE III Ŕ LE NANTISSEMENT DU MATÉRIEL PROFESSIONNEL ET DES VÉHICULES AUTOMOBILES Le contrat de gage traditionnel ne produisant effet que si la chose donnée en garantie est effectivement remise au créancier ou à un tiers convenu entre les parties. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 8 . ainsi qu'à toute personne ayant prêté les fonds nécessaires à l'achat ». de son matériel professionnel .Les véhicules automobiles Aux termes de l’article 93 de l’AUS. même remarque à propos des véhicules automobiles.Les conditions de fond A.

à peine de nullité. B.Les formalités de constitution du nantissement A. l’être à titre de matériel professionnel. en cas d'émission d'effets négociables. Selon l’article 95 de l’AUS. l'indication de son emplacement et la mention. comporter les mentions suivantes : 1°) les prénoms. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 3 9 . du tiers requérant l'inscription . domiciles et professions des parties et. une clause prévoyant ce mode de paiement . 2. « le nantissement du matériel et des véhicules automobiles ne produit effet que s'il est inscrit au Registre du commerce et du crédit mobilier » (sans préjudice de l’enregistrement de l’acte constitutif sous seing privé). que ce matériel est susceptible d'être déplacé . Par. si nécessaire. 5°) pour la transmission du privilège du vendeur. le cas échéant. 6°) l'élection de domicile des parties dans le ressort de la juridiction où est tenu le Registre du commerce et crédit mobilier ». 3°) le montant de la créance garantie . 2°) une description du matériel engagé permettant de l'identifier. M.Le formalisme extrinsèque 1°) L’inscription initiale au RCCM Exigence.non) de leur achat »143.Les formalités intrinsèques : l’exigence d’un écrit et de mentions obligatoires Aux termes de l’article 94 de l’AUS : « Le nantissement doit être constitué par acte authentique ou sous seing privé dûment enregistré. Il doit. s'il y a lieu. 143 Les autres véhicules (ceux qui ne sont pas assujettis à une déclaration de mise en circulation et à immatriculation administrative) ne peuvent faire l’objet d’un nantissement de véhicules automobiles mais pourraient. noms. 4°) les conditions d'exigibilité de la dette principale et des intérêts .

les conditions d'exigibilité de la dette . Délai. et la mention si nécessaire que ce bien est susceptible d'être déplacé . Article 52 « Pour les véhicules assujettis à une déclaration de mise en circulation ou à une immatriculation administrative. Article 51 « En cas de nantissement d'un matériel professionnel appartenant à une personne physique ou morale assujettie à l'immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. Dans l’un et l’autre cas. c'est-à-dire celui du lieu où est immatriculée la personne physique ou morale propriétaire ou exploitante du bien. selon le cas. présenter au greffe de la juridiction compétente un dossier comprenant les éléments mentionnés aux articles 51 et 52 de l’AUDCG. le créancier nanti présente au Greffe de la juridiction compétente dans le ressort de laquelle est immatriculé l'acquéreur : 1°) le titre constitutif du nantissement en original s'il est sous seing privé. L’inscription doit être prise au RCCM du lieu où est exploité le fonds de commerce. le créancier doit. le vendeur présente au Greffe de la juridiction compétente dans le ressort de laquelle est immatriculé l'acquéreur: 1°) le titre constitutif du nantissement s'il est sous seing privé. b) de la nature et la date du ou des actes déposés . le cas échéant. ou en expédition s'il est constitué par une décision judiciaire autorisant le créancier à prendre M. domicile ou siège social des parties. ou en expédition s'il est constitué en minute ou par une décision judiciaire autorisant le créancier à prendre cette inscription . ainsi que le numéro d'immatriculation de l'acquéreur contre lequel est requis l'inscription . pour obtenir inscription de sa sûreté. L’obligation d’inscription n’est inscrite dans aucun délai.Lieu. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 0 . Dossier. prénom. dénomination sociale. e) de l'élection de domicile du créancier nanti dans le ressort de la juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ». c) d'une description des biens objet du nantissement permettant de les identifier et de les situer. mais il va sans dire que le plus tôt sera le mieux pour éviter qu’une autre inscription soit prise sur les mêmes biens. 2°) un formulaire d'inscription en quatre exemplaires portant mention : a) des nom. d) du montant des sommes dues au dernier jour précédant l'inscription.

- - Les 3e et 4e exemplaires du formulaire sont envoyés au Fichier national pour transmission de l’un d’eux au Fichier central. fait mention de l’inscription au dossier individuel ouvert au nom de la personne physique ou morale contre laquelle l’inscription est prise . THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 1 . domicile ou siège social des parties. al. classe les actes et un formulaire de la déclaration qui lui a été remise au dossier tenu sous le nom de la personne physique ou morale contre laquelle est prise l’inscription. Formalité supplémentaire concernant les véhicules automobiles. le nantissement doit être mentionné sur le titre administratif portant autorisation de circuler et immatriculation » (art. Contrôle du greffier et inscription. « après avoir vérifié la conformité du formulaire avec le titre présenté. « En ce qui concerne les véhicules automobiles assujettis à une déclaration de mise en circulation et à immatriculation administrative. 2°) un formulaire d'inscription en quatre exemplaires portant mention : a) des nom.son inscription . Selon l’article 53. les conditions d'exigibilité de la dette . 96. de l’AUS). Si tout paraît conforme. de l’AUSDCG. b) de la nature et la date du ou des actes déposés . ainsi que le numéro d'immatriculation de l'acquéreur contre lequel est requis l'inscription . remet à la personne qui a requis l’inscription le second exemplaire de sa déclaration visé par le greffe qui mentionne la date et le numéro d’ordre de l’inscription. dénomination sociale. al. dans le même temps. c) d'une description du bien objet du nantissement permettant de l'identifier . prénom. M. avec mention de cette date d’inscription et de son numéro d’ordre . d) du montant des sommes dues au dernier jour précédant l'inscription. le cas échéant. le Greffe procède à l'inscription du nantissement dans les conditions prévues à l'article 49… ». 1er. e) de l'élection de domicile du créancier nanti dans le ressort de la Juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ». 2. il procède à l’inscription de la sûreté sur le registre chronologique et.

de l’AUSDCG. sans publicité. Droit de préférence. l’inscription confère aussi au créancier nanti un droit de préférence qui est exercé selon les dispositions de l’article 149 de l’AUS. l'endossement des effets entraîne le transfert du nantissement. deux années d'intérêt ». 95. article 63 de l’AUDCG (péremption et radiation des inscriptions).  Sommes garanties. 2. son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée avant l'expiration de ce délai (art. « l'inscription garantit. que les biens fassent ou non partie d’un fonds de commerce. 82 et 84 (…). 56-1 de l’AUS). « les dispositions des articles 79. al.Adde. 80.  Prérogatives du créancier inscrit. de l’AUS. 2. 1er. de l’AUS. al.Les effets du nantissement  Durée de protection. 1er. de leurs modifications et radiations). al. al. 80 (obligations d’inscrire les modifications d’inscription). Selon l’article 98 de l’AUS. à la condition que la création de ces effets ait été 144 Articles 79 (mission de vérification et responsabilité du notaire chargé des inscriptions. 2°) L’inscription modificative en cas de survenance postérieure de certains événements Selon l’article 53. Aux termes de l’article 96. l’inscription confère d’abord au créancier nanti un droit de suite qui est exercé comme en matière de gage (art. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 2 . de l’AUS). Protection lorsque la créance garantie est représentée par des effets de commerce négociables. Selon l’article 99. de l’AUS. M. al. « Si la créance garantie est représentée par un ou des effets négociables. 1er. au même rang que le principal. « toute modification conventionnelle ou judiciaire fait l'objet d'une inscription modificative dans les conditions et formes prévues pour l'inscription initiale ». Selon l’article 99. Le nantissement régulièrement constitué confère au créancier diverses prérogatives : Droit de suite. « L'inscription conserve les droits du créancier pendant cinq années à compter de sa date . 82 (obligation d’inscrire la radiation des inscriptions) et 84 (obligation de produire un état des inscriptions prises sur le fonds de commerce en cas de vente amiable ou judiciaire de ce bien) de l’AUS . sont applicables au nantissement du matériel professionnel et des véhicules automobiles »144. Section 2.

n° 359) . 2). 4. à défaut. Protection civile et pénale du créancier contre les manœuvres frauduleuses du débiteur. les incapacités et déchéances de la faillite personnelle et les peines prévues pour le délit d'abus de confiance s'appliquent au débiteur ou à toute personne qui. la règle devrait aussi s’appliquer aux véhicules automobiles (cf. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 3 . par analogie. Protection civile du créancier en cas de vente du matériel (ou. cit. prive le créancier nanti de ses droits ou les diminue. par des manoeuvres frauduleuses. la dette devient exigible immédiatement (al. M.. le débiteur sera soumis à la procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens si une telle procédure lui est applicable. du véhicule automobile)145 grevé. c'est-à-dire s’il s’agit d’une personne physique commerçante ou d’une personne morale de droit privée conformément à l’article 2 de l’AUPC (al. de l’AUS. Juriscope Sûretés. le débiteur ne peut vendre tout ou partie du matériel grevé d'un nantissement sans l'accord préalable du créancier nanti ou. s'il y a vente du matériel nanti. A défaut d'un tel accord ou d'une telle autorisation judiciaire. 92 de l’AUS). 145 Quoique le texte ne fasse référence qu’au matériel professionnel.prévue par l'acte constitutif de nantissement et mentionnée au Registre du commerce et du crédit mobilier » (art. sans autorisation judiciaire (al. 3). 1er). Selon l’article 97. Selon l’article 97 de l’AUS. Si elle n'est pas payée. al. op.

CHAPITRE IV- LE NANTISSEMENT DES STOCKS DE MATIÉRES PREMIÈRES ET DE MARCHANDISES Consacré par les articles 100 à 105 de l’AUS. Le nantissement des stocks est soumis aux règles générales de formation des contrats.Les conditions de fond Conditions de validité communes à toutes les conventions.Les conditions de forme A. les marchandises destinées à la vente (achetées à un producteur ou à un précédent distributeur en vue de la revente) à condition de constituer un ensemble de choses fongibles (article 100 de l’AUS). hydrocarbures …). l'acte constitutif de nantissement doit comporter les mentions suivantes : 1°) les prénoms. Par. M. domiciles et professions des parties et s'il y a lieu.Les règles de constitution du nantissement Par. 2. A peine de nullité. c’est-à-dire des choses susceptibles d’être nanties. Section 1. les produits d’une exploitation agricole (récoltes) ou industrielles (produits manufacturés). 1. peuvent être nantis les matières premières (produits miniers. En effet. Biens susceptibles d’être nantis. même par entiercement.Le formalisme intrinsèque : écrit et mentions obligatoires Aux termes de l’article 101 de l’AUS : « Le nantissement des stocks est constitué par un acte authentique ou sous seing privé dûment enregistré. en raison de l’impossibilité pour le créancier de les détenir luimême ou de recourir à un tiers pour les garder. le nantissement des stocks (anciennement appelé warrant) est essentiellement prévu pour des choses fongibles qui ne peuvent faire l’objet d’un gage avec dépossession. La grande spécificité du nantissement de stocks est relative à son objet ou assiette. noms. Le nantissement des stocks suppose que le constituant soit propriétaire des stocks grevés. Qualité de propriétaire du constituant. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 4 . le numéro d'immatriculation au Registre du commerce et du crédit mobilier du débiteur qui constitue le nantissement .

THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 5 . le stock nanti ainsi que l'immeuble où il est entreposé . le constituant dépose au Greffe de la Juridiction dans le ressort de laquelle est immatriculée la personne physique ou morale propriétaire des stocks gagés : 1°) le titre constitutif du nantissement en original s'il est sous seing privé. ou en expédition s'il est constitué en minute ou par une décision judiciaire autorisant le créancier à prendre cette inscription . L’inscription doit être prise au RCCM du lieu où est exploité le fonds de commerce. B. prénom. Délai. 2°) un formulaire d'inscription en quatre exemplaires portant mention : a) des nom. Dossier. domicile ou siège social des parties. ainsi que le numéro d'immatriculation de la personne physique ou morale propriétaire des stocks gagés contre laquelle est requise l'inscription . « le nantissement des stocks ne produit effet que s'il est inscrit au Registre du commerce et du crédit mobilier… » (sans préjudice de l’enregistrement de l’acte constitutif sous seing privé). sa qualité. sa valeur et sa situation . Selon l’article 102 de l’AUS. L’obligation d’inscription n’est inscrite dans aucun délai. dénomination sociale. 5°) les conditions d'exigibilité de la dette principale et de ses intérêts . 3°) le nom de l'assureur qui assure contre l'incendie et la destruction. 4°) le montant de la créance garantie . mais il va sans dire que le plus tôt sera le mieux pour éviter qu’une autre inscription soit prise sur les mêmes biens. 6°) le nom du banquier chez lequel le bordereau de nantissement est domicilié ». c'est-à-dire celui du lieu où est immatriculée la personne physique ou morale propriétaire des stocks nantis. sa quantité. M. Selon l’article 54 de l’AUDCG : « En cas de constitution d'un nantissement sur les stocks.2°) une description précise du bien engagé permettant de l'identifier par sa nature. Lieu.Le formalisme extrinsèque 1°) L’inscription initiale au RCCM Exigence.

. c) d'une description des stocks objet du nantissement. inscription et émission du bordereau de nantissement. de façon apparente : .la date de sa délivrance qui correspond à celle de l'inscription au registre . sauf renouvellement ». .b) de la nature et la date du ou des actes déposés .la signature du débiteur. Aux termes de l’article 102. Selon l’article 55 de l’AUDCG : « Après avoir vérifié la conformité du formulaire avec le titre qui lui a été remis.le numéro d'inscription au registre chronologique . Contrôle du greffier. Le formulaire remis au requérant après inscription porte de façon apparente la mention " nantissement des stocks " et la date de sa délivrance qui correspond à celle de l'inscription au registre ». comme il est dit à l'article 49 ci-dessus. M. les conditions d'exigibilité de la dette . e) de l'élection de domicile du créancier nanti dans le ressort de la juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.la mention " nantissement des stocks " . d) du montant des sommes dues au dernier jour précédant l'inscription. Adde. 3. « les dispositions des articles 79. Il n'est valable que trois ans à compter de la date de son émission. article 63 de l’AUDCG (péremption et radiation des inscriptions). de l’AUS. sont applicables au nantissement des stocks »146. 82 (obligation d’inscrire la radiation des inscriptions) et 84 (obligation de produire un état des inscriptions prises sur le fonds de commerce en cas de vente amiable ou judiciaire de ce bien) de l’AUS . THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 6 . l’article 103 de l’AUS dispose que : « Le bordereau remis au débiteur après inscription porte. 146 Articles 79 (mission de vérification et responsabilité du notaire chargé des inscriptions. de leurs modifications et radiations). permettant de les identifier . Il est remis par le débiteur au créancier par voie d'endossement signé et daté. Plus précisément. Le bordereau de nantissement ainsi émis peut être endossé et avalisé dans les mêmes conditions qu'un billet à ordre avec les mêmes effets. . le Greffe procède à l'inscription du nantissement. 80. 82 et 84 (…). 80 (obligation d’inscrire les modifications d’inscription). al. le cas échéant.

de l’AUDCG. 1. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 7 . 3. Par.Les effets du nantissement  Durée de protection. Par.2°) L’inscription modificative Selon l’article 55. « toute modification conventionnelle ou judiciaire fait l'objet d'une inscription modificative dans les conditions et formes prévues pour l'inscription initiale ». A défaut d'une telle consignation.A l’échéance M. faire constater l'état des stocks nantis. 2. si elle n'est pas payée. il serait possible aux parties de convenir d’un entiercement. Quoique le débiteur soit le seul visé par le texte. le créancier et le banquier domiciliataire peuvent. la dette devient immédiatement exigible et. il est fait application de l'article 105 (réalisation du stock nanti : voir infra).  Le débiteur conserve le droit de vendre les stocks nantis. le débiteur tient constamment à la disposition du créancier et du banquier domiciliataire un état des stocks nantis ainsi que la comptabilité de toutes les opérations les concernant. 2. il est fait application de l'article 105 (réalisation du stock nanti : voir infra). en cas de diminution de la valeur de la sûreté.  Afin de garantir l’exécution de l’obligation précitée. son effet cesse si elle n'a pas été renouvelée avant l'expiration de ce délai » (art. Cela dit. 102. Sachant que.  Il s'engage à ne pas diminuer la valeur des stocks nantis et à les assurer contre les risques de destruction. « L'inscription conserve les droits du créancier nanti pendant une année à compter de sa date . il ne peut livrer les biens vendus qu'après consignation du prix chez le banquier domiciliataire. Ainsi. Section 2. de l’AUS). al. à tout moment et aux frais du débiteur. auquel cas c’est le tiers détenteur qui aurait la charge de l’obligation de garde et de soins. al.Avant l’échéance : obligations passives et actives du débiteur émetteur Ces effets sont prévus par l’article 104 de l’AUS :  Le débiteur émetteur du bordereau de nantissement a la responsabilité du stock confié à sa garde et à ses soins.

1er.A l’échéance. M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 8 . Ce texte renvoie aux dispositions de l’AUVE qui distinguent selon que le créancier dispose d’un titre exécutoire ou non (voir supra en matière de gage). A défaut de paiement de la dette à l'échéance. si la dette du débiteur envers le créancier nanti est intégralement payée. il doit être procédé à la mainlevée du nantissement. al. le créancier ou le porteur du bordereau de nantissement procède à la réalisation du stock nanti (droit de suite et droit de préférence) conformément aux dispositions de l'article 56-1 de l’AUS qui organise le régime général de la réalisation des sûretés réelles mobilières. 105. de l’AUS). (art.

les privilèges immobiliers spéciaux. . d’être préféré aux autres créanciers sur l’ensemble des biens de son débiteur ou sur certains d’entre eux seulement. de l’AUS parmi les sûretés mobilières : nous verrons toutefois que les privilèges généraux peuvent aussi porter. Les privilèges sont des droits réels qui confèrent au créancier : toujours un droit de préférence : les créances privilégiées sont payées. . consacrés par l’AUS147). mais seulement formellement. al. M. est exclusivement octroyé par un texte législatif .LES PRIVILÈGES Remarque. Entre autres garanties. Effets. les privilèges.c’est une sûreté légale… : le privilège. sont des droits réels comportant indiscutablement droit de préférence et droit de suite : ils permettent ainsi de saisir 147 - Quoique l’AUS paraisse limiter les privilèges aux seuls privilèges mobiliers (puisque les privilèges y font l’objet d’un chapitre Ŕ IV Ŕ sous un Titre Ŕ II Ŕ consacré aux sûretés mobilières). notamment dans la mesure où ces derniers sont pris en considération pour la distribution des deniers en matière immobilière (voir infra le titre consacré à l’ordre de distribution). subsidiairement. c'est-à-dire de la cause de la créance (de sa nature et de l’importance qu’elle revêt pour le créancier) : le législateur entend préserver certains intérêts déterminés .SOUS-TITRE III. Définition et caractères. Le privilège est un droit que la loi reconnaît à un créancier. qui sont de véritables hypothèques privilégiées. o ou seulement sur certains meubles (privilèges mobiliers spéciaux) ou certains immeubles (privilèges immobiliers spéciaux : non formellement. même hypothécaires . . en principe. en raison de la qualité de la créance. 1er. immeubles du débiteur (privilèges pleinement généraux) ou sur l’ensemble des biens meubles (privilèges généraux mobiliers). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 4 9 . pas nécessairement un droit de suite : o a priori ignorés de l’AUS (contra : cf.…portant selon les cas : o sur l’ensemble des biens meubles et. sur des immeubles. on y rencontre des privilèges immobiliers. qu’il soit général ou spécial. généraux comme spéciaux.…accordée en considération de la qualité de la créance. sont tous rangés par l’article 39. par préférence avant toutes les autres. article 2103 du Code civil). certes subsidiairement.

mais les dispositions comme celles de l’article 2279 du Code civil français constituent sans doute un obstacle à l’application du droit de suite. saisir les biens sortis du patrimoine de leur débiteur au moyen d’un transfert de propriété. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 0 . de quelque nature qu’il soit.l’immeuble en quelques mains qu’il se trouve . par un créancier . o les privilèges pleinement généraux et les privilèges mobiliers généraux ne comportent pas de droit de suite en ce sens que les créanciers bénéficiaires de telles sûretés ne peuvent. Mise en œuvre des privilèges. c’est sur le prix de vente que le créancier privilégié sera payé par préférence. L’exercice d’un privilège. M. soit volontairement. soit sur saisie. pour exercer leur droit de préférence. sauf à recourir à l’action paulienne en cas de fraude à leurs droits . suppose que le bien sur lequel il porte soit vendu. o il n’existe pas de principe général d’admission ou d’exclusion du droit de suite pour les privilèges mobiliers spéciaux.

procède à une distinction entre. à défaut.LES PRIVILÈGES GÉNÉRAUX Section préliminaire. les privilèges généraux présentent la particularité d’être. sans publicité et dans l'ordre qui suit : 1°) les frais d'inhumation. A la différence des privilèges mobiliers spéciaux qui ne portent que sur les meubles précis.Généralités Domaine d’application de l’AUS. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective . l’article 107 énumère les privilèges qui ne sont pas soumis à publicité : « Sont privilégiés. ils sont contraints de poursuivre l’exécution. Mais celui-ci n’interdit pas aux législateurs nationaux de créer (ou de maintenir) des privilèges autres que ceux qu’il énumère. d’autre part. eu égard à l’article 28. des sûretés mobilières et immobilières (et ce. quoique l’AUS. les frais de la dernière maladie du débiteur ayant précédé la saisie des biens . Toutefois. probablement par maladresse. sur les immeubles. alinéa 2. ceux qui ne le sont pas. sur les meubles et. présents et à venir. ceux qui sont soumis à publicité et. en premier lieu. 3°) les sommes dues aux travailleurs et apprentis pour exécution et résiliation de leur contrat durant la dernière année ayant précédé le décès du débiteur. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective .CHAPITRE I. rompant avec le passé (aucune publicité n’était requise). subsidiairement. 2°) les fournitures de subsistance faites au débiteur pendant la dernière année ayant précédé son décès. En premier lieu. Les privilèges généraux sont régis par les articles 106 à 108 de l’AUS. les privilèges des droits nationaux seront classés au dernier rang fixé par cet article (article 106. Assiette universelle des privilèges généraux. à la fois. à condition de déterminer leur rang par rapport à celui établi par l’article 107 . d’une part. Distinction entre privilèges généraux sans publicité et privilèges généraux avec publicité. Les privilèges généraux sont énumérés par la loi uniforme qui. de l’AUVE. en cas d’insuffisance de ceux-ci. Les créanciers titulaires de telles sûretés peuvent saisir. M. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 1 . alinéa 2). les intègre dans le titre II consacré aux sûretés mobilières). vendre et se faire payer sur tous les biens meubles et immeubles du débiteur.

son effet cesse sauf renouvellement demandé avant l'expiration de ce délai ».Le privilège des frais funéraires Raisons d’être. L'inscription conserve le privilège du Trésor public. soumis à publicité : « Sont privilégiées au delà du montant fixé par l'article 107-5° ci-dessus. pour éviter des surprises fâcheuses aux créanciers. En second lieu. l’article 108 énumère les privilèges généraux qui sont. dans les six mois de l'exigibilité de ces créances. les sommes dont le débiteur est redevable au titre des créances fiscales. les créances fiscales.Les privilèges généraux non soumis à publicité L’article 107 énumère les privilèges généraux qui peuvent être exercés sans aucune publicité. Le privilège des frais d’inhumation s’explique par des raisons évidentes de respect de la dignité du défunt : lui assurer une sépulture décente. au Registre du commerce et du crédit mobilier. s'il y a eu infraction à la législation fiscale. douanière ou sociale. 1. douanières et envers les organismes de sécurité et de prévoyance sociales ». eux. le délai ne commence à courir qu'à compter de la notification de la contrainte ou du titre de perception ou de tout autre titre de mise en recouvrement.4°) les sommes dues aux auteurs d'oeuvres intellectuelles. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 2 . Section 1. Toutefois. littéraires et artistiques pour les trois dernières années ayant précédé le décès du débiteur. douanières et des organismes de sécurité et de prévoyance sociales. 5°) dans la limite de la somme fixée légalement pour l'exécution provisoire des décisions judiciaires. personne ne serait encouragé à les exposer tandis que par le droit de préférence qui y est attaché et par l’effet de la subrogation personnelle en cas de paiement par un tiers. Par. Il les cite dans l’ordre où ils seront servis en cas de concurrence de plusieurs créanciers pour la distribution du prix d’un bien meuble ou immeuble du débiteur. Si de tels frais n’étaient pas privilégiés. ces dépenses seraient M. Ces privilèges n'ont d'effet que s'ils sont inscrits. de l'Administration des douanes et des organismes de sécurité et de prévoyance sociales pendant trois ans à compter du jour où elle a été prise . la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective .

Et ce. Par frais de subsistance. Il se trouve dans le caractère alimentaire de la créance. sans qu’il soit nécessaire (du moins en droit français) que la maladie soignée ait elle-même entraîné la mort du débiteur. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 3 . mais seulement dans la mesure où elles sont indispensables à la vie. en fonction de la situation personnelle du défunt. en toute souveraineté. NB : les frais d’inhumation et ceux de dernière maladie qui coexistent viennent en concours.volontiers réalisées soit par les entreprises de pompes funèbres. Il s’agit d’assurer au débiteur les soins nécessaires à sa dernière maladie (celle qui a précédé la saisie des biens du débiteur) : honoraires des médecins. ceux de la cérémonie religieuse (mais non l’achat d’une concession dans un cimetière ou le coût d’un monument funéraire). Il s’agit des frais de maladie (ou d’accident) ayant précédé l’événement qui a motivé la répartition du patrimoine du débiteur (par exemple une liquidation de ses biens et non nécessairement et exclusivement le décès). Créances garanties. Par. Créances garanties. M. il faut comprendre toutes les dépenses de nourriture. y compris. une hésitation est permise entre une solution stricte (inclure dans le privilège les frais des cérémonies civiles et religieuses) ou une solution souple (limiter le privilège aux seuls frais de l’inhumation : mise en bière et en terre). soit par les proches du défunt. eu égard à la situation sociale du de cujus. 3. frais d’hospitalisation. frais pharmaceutiques… (mais à l’exclusion des frais de soins esthétiques). Assiette. soit par une personne tout à fait étrangère au défunt. de blanchissage. Sont compris tous les meubles de la succession mais eux seuls: privilège général mobilier. Par.Le privilège des fournitures de subsistance faites au débiteur Fondement. mais aussi les dépenses d’éclairage. sont couverts les frais se rapportant à l’inhumation du défunt. Dans le silence de l’AUS. à la condition que les frais garantis soient réduits au minimum. En l’absence d’un régime de sécurité sociale généralisé dans les pays africains de la zone franc. de vêtements…. ce privilège présente un intérêt certain. Créances garanties. En droit français.Le privilège des frais de dernière maladie Fondement. 2. Les juges du fond se prononceront sans doute. le cas échéant.

les dommages-intérêts…) durant la dernière année ayant précédé le décès du débiteur. Personnes créancières concernées. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 4 . la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure. Par. Il se trouve dans le caractère alimentaire. au moins en partie. des communes et des entreprises publiques…). En réalité. Par analogie avec celui des salariés. le privilège existe pour les fournitures faites pour les besoins du débiteur et ceux de sa famille. travailleurs à domicile. saisie des biens sur le produit desquels les créanciers sont en concours ou en concurrence . décision d’ouverture contre lui d’une procédure collective de redressement judiciaire ou de liquidation des biens). de la créance. Sous cette réserve. accessoires de salaires tels que les primes et indemnités diverses. Ne sont toutefois privilégiées que les dépenses faites pendant la dernière année ayant précédé la réalisation des biens du débiteur (décès du débiteur . ce privilège garantit les créances de ceux qui vivent de leur activité créatrice et des œuvres de leur intelligence. 4. intérimaires. intermittents. saisonniers. Il s’agit uniquement des créances échues durant cette période . ce sont tous les salariés qualifiés de travailleurs par les codes nationaux qui sont ainsi visés (travailleurs permanents.Le privilège des sommes dues aux travailleurs et apprentis Fondement. marins. littéraires et artistiques Fondement. 5. Par. Créances garanties. M. agents non fonctionnaires de l’Etat. il en résulte que celles échues plus d’un an avant ces événements ou postérieurement à eux (par exemple les salaires à paiement différé tels les congés payés ou les indemnités de licenciement dont le paiement intervient au terme d’une longue durée d’acquisition successive) ne sont pas garanties par le privilège (mais éventuellement par le statut de créances contre la masse s’il s’agit d’une procédure collective d’apurement du passif). Les bénéficiaires de ce privilèges sont évoqués par l’Acte uniforme (article 107-3°) par l’appellation de travailleurs et d’apprentis.compte tenu de la condition sociale et des revenus du débiteur (sont donc exclues les fournitures luxueuses ou inutiles). Les créances privilégiées sont toutes les sommes dues aux personnes visées pour exécution et résiliation de leur contrat (salaires de base.Le privilège des sommes dues aux auteurs d’œuvres intellectuelles.

Les créances garanties par ce privilège sont les droits d’auteur ainsi que les redevances dus aux brevetés et déposants de dessins.l’Etat et les collectivités territoriales habilités à lever l’impôt pour ce qui est des créances fiscales. de certificats d’utilité. Créances garanties. 6. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective Par. Personnes créancières concernées. en premier lieu. Il s’agit de préserver l’intérêt général. les auteurs d’œuvres littéraires et artistiques tels qu’ils sont définis par l’Annexe VII de l’Accord de Bangui du 2 mars 1977 sur la propriété intellectuelle et les lois nationales ayant le même objet (règle classique). . Les bénéficiaires de ce privilège sont : .l’Etat pour ce qui est des créances douanières. Il est donc nécessaire que les Etats parties adoptent tous un tel plafond. Par cette disposition.Personnes créancières concernées. celles-ci incluant aussi bien les droits simples que les pénalités . il faut y inclure (en innovant) les titulaires de brevets.les personnes morales de droit privé ou de droit public chargées des régimes de prévoyance sociale pour le paiement des arriérés de cotisations et leurs pénalités dus par les employeurs et les travailleurs ainsi que le remboursement des prestations indûment perçues par eux. D’où leur limitation au plafond précité. Les sommes garanties par ce privilège ne peuvent excéder le plafond du montant légalement fixé par les Etats parties pour l’exécution provisoire des décisions judiciaires. l’excédent ne pouvant être garanti que s’il est publié (voir infra). Créances garanties : plafonnement. M. les déposants de dessins. En second lieu.Le privilège des créances fiscales. eux aussi. Les bénéficiaires de ce privilège sont certainement. sont rangés par l’Accord de Bangui parmi les créateurs d’œuvres intellectuelles. qu’il s’agisse des taxes directes ou indirectes ou des pénalités . THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 5 . surprennent la bonne foi des autres créanciers qui ne découvrent l’importance d’un tel passif privilégié qu’au moment de la répartition des deniers. . douanières et de la sécurité sociale pas au-delà d’un seuil légal déterminé Fondement. l’OHADA a voulu éviter que de telles créances. faute de quoi ils exposent ces créances à être considérés comme chirographaires. modèles et marques pour les trois dernières années ayant précédé le décès du débiteur. modèles et marques qui. non publiées.

THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 6 .Section 2. de l’élection de domicile du créancier dans le ressort de la juridiction où est tenu le RCCM. prénom. « sont privilégiées au-delà du montant fixé par l'article 107-5° (…). douanières et des organismes de sécurité et de prévoyance sociales ». mais « ces privilèges n'ont d'effet que s'ils sont inscrits (…) au Registre du commerce et du crédit mobilier ». de la nature et de la date de la créance . L’inscription doit avoir lieu dans les six mois de l’exigibilité de ces créances . Le Trésor. l’Administration des douanes et les organismes de sécurité sociale doivent produire : . 1. leur opposer l’existence de ces créances qui.un formulaire d’inscription en quatre exemplaires portant mention des nom. du montant des sommes dues au dernier jour de l’inscription et. ainsi.Les formalités de publicité Les formalités d’inscription de ces privilèges au RCCM sont réglées par les articles 56 à 58 de l’AUDCG. ce délai ne commence à courir qu’à compter de la notification de la contrainte ou du titre de perception ou de tout autre titre de mise en M. Cette formalité a été imposée pour porter à la connaissance des créanciers et.le titre constitutif de la créance en original ou la décision judiciaire les autorisant à prendre inscription . . le plus souvent. raison sociale. Dossier. en remet un deuxième. le cas échéant. absorbent la quasi-totalité de l’actif du débiteur. visé et daté. adresse ou siège social du débiteur . Délai de l’inscription. les privilèges du fisc. Ainsi. douanière ou sociale. Par. les créances fiscales. s’il y a eu infraction à la législation fiscale. Il en garde un exemplaire. les conditions d’exigibilité de la dette .Les privilèges soumis à publicité En vertu de l’article 108 de l’AUS. de la douane et de la sécurité sociale tels que décrits plus haut (voir supra) sont soumis à publicité pour la somme excédant le plafond de l’exécution provisoire des décisions de justice : ils n’ont d’effet que s’ils sont inscrits au RCCM. toutefois. les troisième et quatrième exemplaires sont envoyés au Fichier national pour la transmission de l’un d’eux au Fichier régional tenu par la Cour commune de justice et d’arbitrage. Le greffe vérifie la conformité du formulaire au titre présenté et procède à l’inscription sur le registre chronologique. Contrôle du greffier et inscription. au créancier .

son effet cesse sauf renouvellement demandé avant l'expiration de ce délai ». 2. de l'Administration des douanes et des organismes de sécurité et de prévoyance sociales pendant trois ans à compter du jour où elle a été prise . 2. Aux termes de l’article 108. Si l’inscription n’est pas régulièrement prise dans ce délai. Par. al. de l’AUS. al. En cas d’absence de publicité. de l’AUS). les créances concernées sont considérées comme chirographaires.recouvrement (art. 3. 108. M.Les effets de la publicité En cas d’inscription. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 7 . « l'inscription conserve le privilège du Trésor public.

d’un gage tacite par lequel le créancier détient les meubles du débiteur.le privilège de l'exécutant d’un ouvrage à domicile sur les sommes dues par le donneur d'ouvrage pour garantir les créances nées du contrat de travail si celles-ci sont nées de l'exécution de l'ouvrage (article 113)151 . . M. 149 Le fondement du privilège se trouve ainsi dans l’idée.le privilège du bailleur d’immeuble sur les meubles garnissant les lieux loués (article 111 qui ajoute que : « ce privilège garantit. dans certains cas comme celui-ci. s'il est encore en la possession du débiteur ou sur le prix encore dû par le sous-acquéreur (article 110)148 . . outre les dommages-intérêts qui pourraient lui être alloués. 152 Le fondement du privilège se trouve aussi dans l’introduction d’une valeur dans le patrimoine du débiteur (voir précisions supra note à propos du privilège du vendeur de meuble). en garantie des créances nées à leur profit à l'occasion de l'exécution de ces travaux . prive le bailleur de son privilège totalement ou partiellement. il en augmente l’actif et. 150 Le fondement du privilège se trouve aussi dans l’idée d’un gage tacite. un privilège au créancier (il n’y a toutefois pas de principe général car. Lorsque. le bailleur peut encore procéder à leur saisie et conserve son privilège sur eux s'il en a fait la déclaration de revendication dans l'acte de saisie »)149 . 148 Le fondement du privilège se trouve ainsi dans l’introduction d’une valeur dans le patrimoine du débiteur.LES PRIVILÈGES MOBILIERS SPÉCIAUX Les articles 109 et suivants AUS sont consacrés aux privilèges spéciaux et en constituent. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 8 . . par des manoeuvres frauduleuses. somme toute forcée. par son travail ou le crédit qu’il consent. . la loi reconnaît. « en cas de déplacement des meubles sans son consentement. un créancier a apporté une plus-value au patrimoine de son débiteur. la plupart des créanciers seraient privilégiés). 151 Le fondement du privilège se trouve également dans l’introduction d’une valeur dans le patrimoine du débiteur (voir précisions supra note à propos du privilège du vendeur de meuble). partant. sachant que le privilège des salariés prime celui des fournisseurs (article 114)152 . les créances du bailleur contre le preneur pour les douze mois échus précédant la saisie et pour les douze mois à échoir après celle-ci » . en même temps. autrement.le privilège des travailleurs et fournisseurs des entreprises des travaux sur les sommes restant dues à celles-ci pour les travaux exécutés. sa solvabilité.le privilège du transporteur terrestre sur la chose transportée pour tout ce qui lui est dû à condition qu'il y ait un lien de connexité entre la chose transportée et la créance (article 112)150 .le privilège du vendeur de meuble pour garantie du paiement du prix non payé. « le preneur ou toute personne qui. commet une infraction pénale réprimée par la loi nationale de chaque Etat partie » . Tenant compte de cette situation. ce dont les autres créanciers profitent. la liste qui comprend : .CHAPITRE II.

le conservateur préserve ainsi un bien de son débiteur. En sauvant. il faut rappeler la possibilité laissée à chacun des pays membres de créer d’autres privilèges généraux et de préciser leur rang (article 106. 2. le privilège de celui qui a exposé des frais ou fourni des prestations pour éviter la disparition d’une chose mobilière ou sauvegarder l’usage auquel elle est destinée (article 116)153. Au-delà de ces cas. enfin. al. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 5 9 . Le privilège accordé à ce dernier se justifie par le fait que. M. le bien aurait péri ou perdu tout ou partie de sa valeur. sans son action. Cette action profite non seulement au débiteur mais aussi aux créanciers de celui-ci antérieurs à l’intervention du conservateur. 153 Le fondement du privilège se trouve ainsi dans la conservation du patrimoine du débiteur. par son intervention. un bien qui était menacé de disparition. de l’AUS).- le privilège du commissionnaire qui s’exerce sur les marchandises qu’il détient pour le compte du commettant (article 115) .

tant pour le débiteur qui n’est pas dessaisi de son immeuble (dont il conserve l’usage.TITRE III. Il renvoie souvent à la législation foncière des Etats-parties qui. L’hypothèque régie par les articles 117 à 146 de l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 0 .) qui peuvent grever l’immeuble. par une ou plusieurs hypothèques successives. organise le statut juridique de la terre et comporte des dispositions relatives aux sûretés M. baux.que pour le créancier non payé à l’échéance qui a le droit de saisir l’immeuble en quelque main qu’il se trouve (droit de suite) et se faire payer sur le prix. Grande utilité de l’hypothèque. son titulaire étant investi d’un droit de suite et d’un droit de préférence. cela pour permettre au créancier de s’assurer que le débiteur est bien propriétaire de l’immeuble sur lequel est consentie une hypothèque. L’hypothèque dépend étroitement de l’organisation de la publicité foncière.des aliénations immobilières et des charges (usufruit.des privilèges et hypothèques qui peuvent. la jouissance et le droit d’aliénation) et peut se procurer. . avant les autres créanciers (droit de préférence). déjà. En effet. mais aussi d’en apprécier la valeur . est une sûreté réelle consistant dans l’affectation d’un immeuble du débiteur (ou d’un tiers « caution réelle) à la garantie d’une créance.LES SÛRETÉS RÉELLES IMMOBILIÈRES : LES HYPOTHÈQUES Sûreté réelle immobilière sans dépossession. Droit uniforme. C’est un mode de crédit foncier offrant des facilités particulières : . généralement. il s’est avéré nécessaire d’instituer une publicité : . etc. sans que le débiteur soit dessaisi de son bien (différence avec l’antichrèse : contrat par lequel un débiteur remet un immeuble lui appartenant à son créancier pour garantir l’exécution d’une obligation). pas seulement la publicité des hypothèques. pour permettre à l’hypothèque de remplir pleinement son rôle. L’hypothèque. servitudes. mais celle de l’ensemble des droits réels immobiliers. . grever l’immeuble offert en garantie. un capital représentant tout ou partie de sa valeur . Rapports étroits avec la publicité foncière. dont le nom est d’origine grecque. Celui-ci a globalement reconduit les solutions anciennes des droits des Etats-parties au Traité de l’OHADA en les assortissant d’innovations ponctuelles.

La tendance dans l’Acte uniforme portant organisation des sûretés est principalement l’application d’un régime unique aux différentes hypothèques. quelles que soient leurs sources. l’AUS distingue entre les hypothèques conventionnelles et les hypothèques forcées. l’hypothèque doit être inscrite pour être efficace. De même.réelles immobilières154. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 1 . par exemple. M. la double spécialité de l’hypothèque quant à l’assiette et à la créance garantie est la règle applicable à toutes les hypothèques. Cela dit. Ainsi. ont explicitement ou implicitement. Il en résulte que les différences entre les hypothèques tiennent moins à leurs régimes qu’à leurs sources. laissé en vigueur les dispositions du droit colonial relatives aux sûretés réelles immobilières et à la publication des droits réels immobiliers. selon leurs sources. 154 La plupart des textes portant réforme domaniale et foncière appliqués dans ces Etats. qu’elle soit conventionnelle ou forcée. directement ou indirectement.

Sous-section 1.Les conditions relatives aux parties et aux biens hypothécables La constitution d’hypothèque. de l’AUS. dès lors. Section 1. Il s’ensuit les règles suivantes. de façon générale. être invoquée par tout intéressé et n’est pas susceptible de M. A. 126 de l’AUS ). le créancier peut se faire conventionnellement consentir. 1er. 1°) Hypothèque de la chose d’autrui : non L’hypothèque de la chose d’autrui est frappée de nullité absolue : celle-ci peut. une hypothèque conventionnelle. 1. Mais elle est également un contrat spécial soumis aux dispositions particulières des articles 126 à 131 de l’AUS. à défaut de paiement.Les règles de constitution L’hypothèque est globalement un contrat soumis à la théorie générale des obligations. sur plusieurs immeubles de ce dernier (ou d’un tiers « caution réelle »). Du fait de sa gravité (elle opère constitution d’un droit réel accessoire et.L’HYPOTHÈQUE CONVENTIONNELLE Pour se mettre à l’abri des risques d’insolvabilité de son débiteur. la constitution d’hypothèque s’analyse en un acte de disposition ainsi soumis à des conditions strictes. al. un acte de disposition. l’hypothèque comme une sûreté réelle immobilière qui confère à son titulaire un droit de suite et un droit de préférence. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 2 . « l'hypothèque conventionnelle ne peut être consentie que par celui qui est titulaire du droit réel immobilier régulièrement inscrit et capable d'en disposer ». le bien hypothéqué est vendu aux enchères). Sachant que l’article 117 de l’AUS définit. l’hypothèque conventionnelle est celle qui résulte d’un contrat soumis aux dispositions légales uniformes ( art.Les conditions de fond Par.CHAPITRE 1.Première condition : que le constituant (débiteur ou un tiers) soit propriétaire de l’immeuble hypothéqué Aux termes de l’article 127.

être déclarée nulle dans la mesure où. c’est-à-dire que le contrat prend effet non pas au jour de cette réalisation. n° 462). ultérieurement. « ceux qui n'ont sur l'immeuble qu'un droit soumis à condition. On parle de condition résolutoire quand le contrat produit immédiatement ses effets mais que. Elle pourrait. résolutions ou rescisions ». de l’AUS. L’hypothèque consentie par le propriétaire sous condition (suspensive ou résolutoire) est valable sous les mêmes réserves156. priver d’effet l’hypothèque qui n’est pas consentie sur l’immeuble indivis par l’ensemble des indivisaires. celui-ci est seulement copropriétaire indivis. aux termes de l’article 127.. qui entraînera alors des restitutions. le résultat de la licitation ou du partage ». mais depuis le jour de conclusion du contrat. 1er. La réalisation de la condition produit un effet rétroactif. 156 La condition désigne un événement futur et incertain dont les parties à un contrat entendent faire dépendre l’efficacité voire l’existence même de celui-ci. par conséquent. Néanmoins. le droit français apporte une exception au principe de nullité absolue de l’hypothèque de la chose d’autrui : celle consentie par le propriétaire apparent est valable au regard du créancier hypothécaire qui a commis une erreur légitime sur l’étendue des pouvoirs du constituant de l’hypothèque (application de la théorie de l’apparence). par définition. cette disposition semble. « l'hypothèque conventionnelle ne peut être consentie que par celui qui est 155 A la différence du droit uniforme (cf. de l’AUS. cit. 2°) Hypothèque consentie par un propriétaire conditionnel : oui mais… Aux termes de l’article 121. « l'hypothèque consentie par tous les copropriétaires d'un immeuble indivis conserve son effet quel que soit. L’hypothèque est ainsi consentie par l’indivisaire sur un bien dont. ou rescision régulièrement publiées ne peuvent consentir qu'une hypothèque soumise aux mêmes conditions. un droit éventuel ou conditionnel). M. Ainsi. Cas de l’hypothèque consentie par un seul indivisaire sur un immeuble indivis. 3°) Hypothèque d’un immeuble indivis : oui mais… Aux termes de l’article 121. avant la réalisation de la condition. al. al. a contrario. autrement dit. le texte la déclare efficace « quel que soit. le contrat sera résolu (anéantissement rétroactif. sauf si cette défaillance trouve sa source dans des circonstances imputables au débiteur ou encore lorsque la partie dans l’intérêt exclusif de laquelle la condition a été stipulée y a renoncé. la défaillance de la condition entraînera la caducité du contrat. résolution. 2. dès lors que l'hypothèque a été consentie par tous les coïndivisaires. ultérieurement. un retour au statu quo ante). si l’événement prévu survient. On parle de condition suspensive lorsqu’elle a pour effet de geler la naissance du contrat tant que l’événement considéré ne se sera pas accompli (il existe. Juriscope Sûretés. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 3 . op.confirmation (par exemple au cas où le constituant devient propriétaire)155. le résultat de la licitation ou du partage » . cette disposition paralyse l’effet déclaratif du partage. 1er. al. de l’AUS. Quant à elle.

1er. 4°) Hypothèque consentie par un tiers : oui Même s’il est indispensable que le constituant de l’hypothèque soit propriétaire de l’immeuble grevé. al. En revanche. que sur l’immeuble hypothéqué et non sur l’ensemble de son patrimoine. 2. résolution. « l'hypothèque consentie par tous les copropriétaires d'un immeuble indivis conserve son effet quel que soit. dans l’interprétation qui en est donnée par la pratique notariale. le plus souvent. l’efficacité d’une telle hypothèque est. n’est tenu. On pourrait aussi y lire. al. en toutes hypothèses. que l’hypothèque qui n’est pas consentie sur l’immeuble indivis par l’ensemble des indivisaires est privée d’effet (ce qui n’est pas synonyme de nullité et. ne remettrait pas en cause la validité de la constitution). admet la validité de la constitution d’hypothèque sur l’immeuble indivis par un seul indivisaire. En effet. ultérieurement. sans s’obliger personnellement . En revanche. au constituant (Awa). pour garantir la dette d’autrui. ou rescision régulièrement publiées ne peuvent consentir qu'une hypothèque soumise aux mêmes conditions.Deuxième condition : que le constituant ait la capacité d’aliéner Aux termes de l’article 127. l’hypothèque va produire tous ses effets. Selon l’article 121. Si l’immeuble hypothéqué est attribué. de l’AUS. ce tiers. le prix remplace l’immeuble dans la masse indivise : le créancier hypothécaire (BGS) ne peut exercer son droit de préférence sur le prix que si celui-ci est attribué totalement ou partiellement à l’indivisaire constituant. à la différence de la caution ordinaire. al. En cas de licitation de l’immeuble (vente aux enchères). 1er. de l’AUS. Tel n’est pourtant pas nécessairement le cas. 157 Aux termes de l’article 121. même si sa validité est admise. incertaine puisque dépendant des résultats du partage à intervenir entre les indivisaires157. du Code civil français qui. le résultat de la licitation ou du partage ». ce constituant n’est pas nécessairement le débiteur (même si. ces deux qualités sont mêlées). M. peut consentir une hypothèque sur son immeuble. dans une lecture a contrario (sans doute un peu forcée). Ainsi. cette disposition paralyse expressément l’effet déclaratif du partage. Cependant. Ce texte est l’équivalent de l’article 2125. al. il n’est pas nécessaire que le bénéficiaire ait cette capacité.titulaire du droit réel immobilier régulièrement inscrit et capable d'en disposer ». si l’immeuble est attribué à Adama. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 4 . « l'hypothèque conventionnelle ne peut être consentie que par celui qui est titulaire du droit réel immobilier régulièrement inscrit et capable d'en disposer ». appelé « caution réelle ». « ceux qui n'ont sur l'immeuble qu'un droit soumis à condition. elle. un tiers. B. 1er. l’hypothèque ne produit aucun effet. résolutions ou rescisions ». après partage. de l’AUS.

En revanche. l’hypothèque n’est pas susceptible d’hypothèque (en d’autres termes. L’hypothèque peut ainsi porter sur le droit de propriété d’un bien immobilier (à l’exception cependant des immeubles insaisissables tels les immeubles dépendant du domaine public). le droit de superficie. à l'exclusion des meubles qui en constituent l'accessoire . 4. Cependant. Mais le bénéficiaire de l’hypothèque peut être exceptionnellement autorisé à procéder à l’inscription provisoire de sa sûreté afin de prendre rang et de rendre l’hypothèque opposable aux tiers. al.C. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 5 . Il s’agit d’une inscription hypothécaire préventive qui ne deviendra définitive que si le titre afférent au M. c'est-à-dire dont le titre foncier est établi.Troisième condition : que le bien du constituant puisse être l’objet d’une hypothèque 1°) Seuls les droits réels portant sur des biens immobiliers dans le commerce et susceptibles d’être aliénés isolément Aux termes de l’article 119 de l’AUS : « Peuvent faire l'objet d'une hypothèque : 1°) les fonds bâtis ou non bâtis et leurs améliorations ou constructions survenues. 2°) les droits réels immobiliers régulièrement inscrits selon les règles du régime foncier ». mais encore sur un démembrement du droit de propriété tel que l'usufruit. il ne peut y avoir une hypothèque de l’hypothèque). elle ne peut pas avoir pour assiette un droit d’usage et d’habitation (parce qu’il n’est pas dans le commerce). de l’AUS). le bail emphytéotique ou le bail à construction (cf. même si c’est un droit réel accessoire. lorsqu’une hypothèque a été consentie au cours d’une procédure d’immatriculation. l’hypothèque ne peut être constituée que sur un immeuble immatriculé. à charge d'en opérer l'inscription définitive après l'établissement du titre foncier ». 2°) Seuls les immeubles immatriculés Aux termes de l’article 119 de l’AUS : « Seuls les immeubles immatriculés peuvent faire l'objet d'une hypothèque. article 122. De même. En principe. sous réserve des textes particuliers autorisant l'inscription provisoire d'un droit réel au cours de la procédure d'immatriculation. son inscription définitive ne peut être opérée qu’après l’établissement du titre foncier.

voir infra). « l'hypothèque ne peut porter que sur des immeubles présents… ». art. les créanciers connaîtront exactement l’étendue de leurs droits. l’hypothèque de biens à venir est interdite et frappée de nullité absolue. Cela signifie que l’immeuble grevé doit être désigné de façon précise par l’acte de constitution. Cela dit.Le caractère accessoire de l’hypothèque Au-delà de ses caractères réel (comportant droit de suite et droit de préférence).droit immobilier qui en est l’objet est créé et si elle est reportée158. 120 de l’AUS : « elle est indivisible par nature et subsiste totalement sur les immeubles affectés jusqu'à complet paiement et malgré la survenance d'une succession ». 5°) Seuls les immeubles déterminés : la spécialité de l’assiette Le principe de la spécialité de l’assiette de l’hypothèque est posé par l’alinéa 1 er de l’article 120 de l’AUS : « l’hypothèque ne peut porter que sur des immeubles (…) déterminés ». A contrario. M. l’hypothèque porte aussi bien sur l’immeuble par nature que sur les biens devenus immeubles par destination ou les accessoires réputés immeubles. La règle ne s’oppose pas à ce qu’un débiteur puisse consentir une hypothèque sur tous ses immeubles. probablement. dans ce cas. de l’AUS. bien assurer le respect de la règle de spécialité en matière hypothécaire (voir infra). Par. immobilier (voir supra) et indivisible (cf. Elle s’étend aussi à toutes les améliorations survenues à l’immeuble (telles que des constructions sur un terrain hypothéqué). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 6 . à les identifier avec précision de sorte que. 4°) Seuls les immeubles présents Aux termes de l’article 120. une fois constituée. 3°) Seuls les immeubles par nature Seuls les immeubles par nature peuvent servir d’assiette à l’hypothèque (autrement dit. notamment. al. 1er. les immeubles par destination ne sont pas séparément susceptibles d’hypothèque). 158 Par ailleurs. 2. mais l’oblige alors. cela pour. l’article 139-4° AUS autorise indirectement et implicitement la prise d’hypothèque judiciaire provisoire sur un immeuble non immatriculé lorsqu’elle est conforme aux dispositions des législations nationales spécialement prévues à cet effet.

la créance peut être à terme. détermine le rang de la sûreté). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 7 . une créance dont elle est l’accessoire et dont elle suit. lui préexiste. une telle créance existant dès la formation du contrat. Cette condition se dédouble : l’une est relative à l’existence de la créance et l’autre à sa détermination. Sous-section 2. Cet enseignement découle ainsi de la lecture de l’article 127.Les conditions de forme La convention d’hypothèque est un contrat solennel. Néanmoins. La créance ne doit pas seulement exister. Si l’hypothèque garantit une créance dont le montant est connu d’une manière précise. M. et non les dates de retraits successifs. Le contrat mentionnera donc spécialement le capital ainsi que le taux des intérêts et la date à partir de laquelle ils courent. le sort159. ainsi. En tant que sûreté. la créance n’ayant pas été liquidée. l’hypothèque disparaît avec la créance garantie. Détermination ou déterminabilité de la créance. l’acte constitutif doit indiquer la somme pour laquelle la sûreté est consentie. en principe. l’inscription de l’hypothèque. de l’AUS : l’hypothèque « doit être consentie pour la garantie de créances individualisées par leur cause et leur origine. Cela dit. en l’occurrence l’existence d’une créance à garantir (par exemple un prêt). l’hypothèque suppose nécessairement un fait générateur. les parties doivent faire état des éléments en leur possession qui rendent le montant de la créance déterminable. une ouverture de crédit peut n’être consentie par une banque à son client que moyennant une hypothèque sur un immeuble : ainsi.l’hypothèque est un droit accessoire à une créance à garantir. al. De même. La créance peut même n’être qu’éventuelle ou conditionnelle (condition suspensive ou résolutoire). 2. Elle doit être aussi déterminée dans sa cause (par exemple tel prêt) et son montant. Existence d’une créance. Le plus souvent. En revanche. une cause. c’est-à-dire que sa validité est subordonnée à l’accomplissement d’un formalisme : un écrit et une inscription 159 En principe. représentant une somme déterminée et portées à la connaissance des tiers par l'inscription de l'acte ». si le montant de la créance est indéterminé. il n’est pas nécessaire que la dette existe au moment où est constituée l’hypothèque : on peut consentir une hypothèque pour garantir une dette future (par exemple. l’hypothèque peut disparaître alors que la créance subsiste (par exemple si le créancier renonce à l’hypothèque sans renoncer à la créance). l’hypothèque est constituée postérieurement à la dette qui.

l’article 122. consiste en un démembrement du droit de propriété tel M. Quoique le législateur uniforme ne réduise pas la forme de l’hypothèque au seul acte notarié.Par. Dans le souci d’assurer la sécurité des transactions immobilières.Le formalisme intrinsèque : l’acte écrit requis pour la validité du contrat Caractère solennel de la convention d’hypothèque. le dernier alinéa de l’article 128 dispose que « la procuration donnée à un tiers pour constituer une hypothèque en la forme notariée doit être établie en la même forme authentique » Par. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 8 . hors les formes prescrites par l’AUS. « lorsque le droit réel immobilier.ou par acte sous seing privé dressé suivant un modèle agréé par la conservation de la propriété foncière ». Par l’effet de la règle du parallélisme des formes. sans procédure judiciaire préalable (titre exécutoire). . de l’AUS. 1. Notification de l’inscription ayant pour objet un démembrement de propriété. al. de saisir et faire vendre l’immeuble en cas de non-paiement.de garantir la qualité du propriétaire du constituant . 4. . Caractère solennel de la procuration en vue de constituer une hypothèque. 2. l’hypothèque constituée est frappée de nullité absolue.de renseigner les parties sur les conséquences du contrat et de vérifier la situation hypothécaire de l’immeuble . objet de l'hypothèque.Le formalisme extrinsèque : l’inscription obligatoire requise pour l’opposabilité des droits nés du contrat Inscription obligatoire. du moins si l’acte est notarié. Le formalisme permet : . selon la loi nationale du lieu de situation de l'immeuble : . de l’AUS dispose que « tout acte conventionnel ou judiciaire constitutif d'hypothèque doit être inscrit au livre foncier conformément aux règles de la publicité foncière prévues à cet effet ». .par acte authentique établi par le notaire territorialement compétent ou l'autorité administrative ou judiciaire habilitée à faire de tels actes . Aux termes de l’article 122. 1er. il va sans dire que.au créancier hypothécaire. Aux termes de l’articles 128 de l’AUS : « L'hypothèque conventionnelle est consentie. al.

Toutefois. c’est conférer au créancier hypothécaire. certains droits sur l’immeuble grevé. l'inscription de l'hypothèque doit également être notifiée. Les effets générés par les hypothèques. par le droit de préférence qui ne se présentent pas de la même façon selon M. par le droit de suite et. prévues par la loi nationale du lieu de situation de l'immeuble ». quelle que soit leur source. « pour cela. au propriétaire (en cas de nue-propriété). le bail emphytéotique ou le bail à construction. entre les parties. l'acte d'hypothèque est inopposable aux tiers et constitue. ces effets se ramènent aux pouvoirs des parties sur les biens hypothéqués. En outre. Sans imposer un délai pour y procéder.que l'usufruit. par acte extrajudiciaire. Mais. d’autre part. Ces pouvoirs se déduisent de la nature réelle de l’hypothèque et sont traditionnellement traduits. La date d’inscription de l’hypothèque détermine l’ordre de paiement des créanciers hypothécaires au cas où plusieurs hypothèques ont été constituées sur un même immeuble. le créancier devra se conformer aux dispositions spécialement édictées à cet effet par les règles de publicité foncière concernant les hypothèques garantissant les prêts à court terme. Néanmoins. sont prévus par les articles 145 et 146 de l’AUS. toute constitution d’hypothèque conventionnelle ou toute inscription provisoire d’hypothèque est inopposable à la masse des créanciers. d’une part. l’article 130 dispose que « la publication de l'hypothèque conventionnelle garantissant un prêt à court terme peut être différée pendant un délai maximum de quatre-vingt dix jours sans que le créancier perde le rang qui lui est acquis ». une promesse synallagmatique qui les oblige à procéder à la publicité ». le droit de superficie. au tréfoncier (en présence d'un droit de superficie) ou au bailleur (en cas de bail à construction ou de bail emphytéotique) ». l’article 131 dispose que « l'hypothèque consentie pour sûreté d'une ouverture de crédit à concurrence d'une somme déterminée à fournir prend rang à la date de sa publication sans égard aux dates successives de l'exécution des engagements pris par le fournisseur du crédit ».Les effets de l’hypothèque Constituer une hypothèque. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 6 9 . à titre de garantie. Ordre. A l’analyse. Moment et effets de l’inscription. dans le cadre des procédures collectives d’apurement du passif. par application de la règle de l’inopposabilité de droit des actes accomplis pendant la période suspecte. l’article 129 de l’AUS prévoit que « tant que l'inscription n'est pas faite. Section 2.

Droit d’aliénation. Le constituant peut. 1. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 0 . Rien n’interdit au débiteur de disposer de ses biens grevés d’hypothèque. . art. Le créancier hypothécaire n’est pas exposé aux dangers des actes de disposition puisqu’il bénéficie du droit de suite. 122. . A. 2°) A l’échéance de la dette Le créancier hypothécaire non payé à l’échéance (ou. . de les grever de nouvelles hypothèques ou d’autres droits réels. le constituant reste ainsi propriétaire du bien hypothéqué et en conserve tous les attributs. Par.que le bien se trouve entre les mains du constituant ou d’un tiers détenteur. par suite de destructions ou de dégradation… ») peut saisir l’immeuble par la procédure de la saisie immobilière (voir infra).Effets à l’égard du constituant : ses droits sur l’immeuble hypothéqué 1°) Avant l’échéance de la dette Avant l’échéance de la créance garantie. mais sous réserve de l’inopposabilité de certains des actes qu’il a accomplis au détriment du créancier hypothécaire. selon l’article 145 de l’AUS. le créancier hypothécaire n’a rien à craindre de ces actes qui lui sont inopposables dès l’instant qu’ils sont postérieurs à son inscription (cf.Les effets dans les rapports entre créancier hypothécaire et constituant Le propriétaire débiteur conserve sur l’immeuble hypothéqué des droits aux limites desquels se trouvent les pouvoirs du créancier hypothécaire. « dans le cas où l'immeuble hypothéqué devient insuffisant pour garantir sa créance. Cela dit. 129 de l’AUS). M.Pouvoir d’administration. par exemple. de les aliéner. Le constituant perçoit librement les fruits naturels ainsi que les fruits et revenus de l’immeuble hypothéqué mais il ne peut pas les céder librement. donner à bail l’immeuble hypothéqué avec la réserve cependant que les baux excédant trois années conclus après l’inscription de l’hypothèque doivent être inscrits pour être opposables au créancier hypothécaire.Droit d’usage et de jouissance.

Les aliénations ou constitutions de droits réels antérieurement consenties mais non publiées avant la transcription du commandement de saisie sont inopposables au créancier saisissant. Le droit de saisie. Selon l'article 117. de l’AUS. par suite de destructions ou de dégradation. surtout. en cas de non-paiement à l’échéance. d’en disposer. le commandement de payer rend l’immeuble indisponible pour le débiteur : celui-ci. « en cas de non paiement à l'échéance ou dans le cas prévu par l'article 145 ci-dessus (déchéance du terme notamment). Exercice du droit de suite : saisie immobilière. d’en jouir et. sans que le créancier ait à faire constater préalablement sa créance en justice (comme l’aurait fait un créancier chirographaire). al. bien que conservant la possession de l’immeuble. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 1 . La saisie immobilière commence par un commandement de payer. Quant aux éventuels nouveaux créanciers hypothécaires. Il faut toutefois tenir compte de l’hypothèse prévue par l’article 145 (auquel renvoie l’article 146) : « dans le cas où l'immeuble hypothéqué devient insuffisant pour garantir sa créance. Conditions de fond du droit de suite : non-paiement à l’échéance ou situation assimilée. 2 : « le droit de suite s'exerce selon les règles de la saisie immobilière »). par saisie immobilière. al. exercé par l’action hypothécaire. « le droit de suite s'exerce selon les règles de la saisie immobilière ». L’exercice de l’action suppose. Les fruits produits par l’immeuble pendant la procédure de saisie sont immobilisés. A partir de sa publication. 1er. en principe. son hypothèque valant titre exécutoire. l’hypothèque confère au créancier une sûreté réelle qui sera réalisée. Son droit est différé puisqu’il n’apparaît qu’en cas de non-paiement à l’échéance. ils ne M. se réduit au droit du créancier impayé à l’échéance de provoquer la vente du bien par la saisie. 2.B. en perd le droit d’administration. de l’AUS (auquel renvoie l’article 146). En effet. 146 de l’AUS). ce qui élargit l’assiette de la saisie. ni le droit de disposition. ni le droit d’usage.Effets à l’égard du créancier hypothécaire : ses pouvoirs sur l’immeuble hypothéqué : le droit de saisie Le créancier hypothécaire ne retire aucune utilité immédiate de sa garantie : il n’a ni le droit de jouissance. le créancier exerce son droit de suite (…) conformément à l'article 117 (al. 1°) Principe : la saisie de l’immeuble Selon l’article 146. le créancier peut poursuivre le paiement de sa créance avant le terme ou obtenir une autre hypothèque ». que la créance soit devenue exigible (art.

les privilèges généraux non soumis à publicité selon l’ordre établi par l’article 107 M. al. La poursuite peut être reprise à la moindre opposition ou obstacle au paiement (article 265 de l’AUVE). D’après l’article 117. les frais et trois ans d'intérêts au même rang. sur l'indemnité d'assurance de l'immeuble sinistré ». et s’il en offre la délégation au créancier (article 264 de l’AUVE). frais et intérêts. donne lieu à une procédure du même nom (ordre judiciaire). Assiette du droit de préférence : sommes garanties. L’article 148 de l’AUS prévoit que l’hypothèque conventionnelle (ou forcée) est primée par les privilèges généraux des frais de justice et par les superprivilèges des salaires (ainsi. Deux séries de situations peuvent être distinguées. Concurrence entre créancier hypothécaire et autres créanciers. « le droit de préférence s'exerce également. si l’immeuble grevé est saisi et vendu. Par. de l’AUS. Ordre. elle prime les privilèges généraux soumis à publicité selon le rang de leur inscription au RCCM. 2°) Tempérament : la suspension des poursuites En cas de non-paiement par le débiteur à l’échéance.peuvent plus s’inscrire. En revanche. « en cas de non paiement à l'échéance ou dans le cas prévu par l'article 145 (…). Le droit de préférence établit un classement Ŕ un ordre Ŕ entre créanciers qui. en cas de litige. Selon l’article 146. la poursuite des biens hypothéqués du débiteur peut être suspendue s’il justifie que le revenu net et libre de ses immeubles pendant deux années suffit pour le paiement de la dette en capital. 1er. 3. 2. le créancier exerce (…) son droit de préférence conformément à l'article 117… ».Les effets dans les rapports entre créancier(s) hypothécaire(s) et autres créanciers : le droit de préférence Effet essentiel de l’hypothèque. al. le créancier hypothécaire sera payé après ces créanciers). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 2 . sauf à prendre des inscriptions particulières portant hypothèques à compter de leurs dates pour les intérêts autres que ceux conservés par l'inscription initiale » . « le droit de préférence s'exerce selon les dispositions de l'article 148 ciaprès pour garantir le principal. par subrogation.

X…. M. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective . littéraires et artistiques pour les trois dernières années ayant précédé le décès du débiteur. Concurrence entre créanciers hypothécaires. Mais lorsque plusieurs créances hypothécaires sont en concurrence. le créancier hypothécaire sera payé intégralement avant ces créanciers). X… sera payé dans un premier temps. Ce principe souffre néanmoins quelques aménagements : . Mme Y… et Mlle Z…). les créanciers chirographaires munis d'un titre exécutoire lorsqu'ils sont intervenus par voie de saisie ou d'opposition à la procédure (ainsi. sans publicité et dans l'ordre qui suit : 1°) les frais d'inhumation. 4°) les sommes dues aux auteurs d'oeuvres intellectuelles. en présence de créanciers hypothécaires inscrits à des dates différentes (par exemple : un débiteur a. 1er février et 1er mars. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 3 . Ainsi. . les inscriptions viennent en concurrence quel que soit l’ordre du 160 « Sont privilégiés. dans notre exemple.l’inscription requise en vertu d’un titre portant la date la plus ancienne est réputée d’un rang antérieur .si les inscriptions sont requises en vertu de titres portant la même date ou si tous les requérants sont légalement dispensés de la présentation d’un titre.de l’AUS160 et. Mlle Z… dans un troisième temps). Quant aux créanciers hypothécaires inscrits le même jour. le rang de priorité se détermine suivant l’ordre des inscriptions. même si cette différence avait été mentionnée par le conservateur. ils exercent en concurrence une hypothèque de la même date sans distinction entre l’inscription du matin et celle du soir. 5°) dans la limite de la somme fixée légalement pour l'exécution provisoire des décisions judiciaires. successivement consenti une hypothèque respective sur son immeuble successivement à M. le rang de son inscription est réputé antérieur à toute inscription judiciaire ou conventionnelle du même jour . les frais de la dernière maladie du débiteur ayant précédé la saisie des biens .si le requérant est dispensé légalement de la présentation d’un titre (comme en matière d’hypothèque légale). enfin. les créanciers seront désintéressés selon l’ordre chronologique de leur inscription (ainsi. 2°) les fournitures de subsistance faites au débiteur pendant la dernière année ayant précédé son décès. 3°) les sommes dues aux travailleurs et apprentis pour exécution et résiliation de leur contrat durant la dernière année ayant précédé le décès du débiteur. . en cas de vente de l’immeuble pour le paiement des dettes du débiteur. les hypothèques prenant rang au jour de leur inscription. naturellement. si l’immeuble grevé est saisi et vendu. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective . Mme Y… dans un deuxième temps et. les sommes dont le débiteur est redevable au titre des créances fiscales. M. douanières et envers les organismes de sécurité et de prévoyance sociales ». les 1er janvier. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective .

de l’immeuble hypothéqué est valable car le débiteur hypothécaire conserve sur son bien toutes les prérogatives du propriétaire dont. il faut : . Dans l’hypothèse particulière où l’hypothèque est consentie pour sûreté d’une ouverture de crédit à fournir.registre des dépôts. de l’AUS : « en cas de non paiement à l'échéance ou dans le cas prévu par l'article 145 ci-dessus (déchéance du terme notamment).une créance valable et exigible que le débiteur n’a pas payée . M.une inscription valable (donc éventuellement renouvelée) jusqu’au moment de la poursuite. le droit d’aliéner. afin d’exercer sur le prix résultant de la vente son droit de préférence. . . . l’hypothèque étant opposable à l’acheteur. celle-ci prend rang à la date de sa publication sans égard aux dates successives de l’exécution des engagements pris par le fournisseur du crédit (article 131 de l’AUS). c'est-à-dire du droit de saisir ultérieurement l’immeuble entre les mains du tiers acquéreur. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 4 . car seule cette inscription permet de saisir l’immeuble : le tiers détenteur n’est pas personnellement débiteur du créancier hypothécaire. par exemple. Pour que le droit de suite s’exerce.une aliénation opposable au créancier parce qu’elle a été publiée.une hypothèque opposable au tiers acquéreur parce qu’elle a été inscrite avant l’aliénation . 1°) Les conditions et les moyens de défense Conditions.Le droit de suite du créancier hypothécaire Le tiers détenteur visé ici est le nouveau propriétaire de l’immeuble hypothéqué. al. le créancier hypothécaire bénéficie d’un droit de suite. 2 : « le droit de suite s'exerce selon les règles de la saisie immobilière ») » . bien que la publication soit par hypothèse postérieure à l’inscription (une aliénation qui n’est pas publiée n’est pas opposable au créancier qui peut donc saisir l’immeuble comme si le constituant était encore propriétaire) .Les effets dans les rapports entre créancier hypothécaire et tiers détenteur : le droit de suite A. aux termes de l’article 146. le créancier exerce son droit de suite et son droit de préférence conformément à l'article 117 ci-dessus (al. Par. Ainsi. 3. La vente. notamment. « le droit de suite s'exerce contre (…) tout tiers détenteur de l'immeuble dont le titre est publié postérieurement à l'hypothèque ». 1er et 2. Cela dit.

notamment l’exception de garantie : en matière de vente. notamment en invoquant contre le créancier les exceptions qui appartiennent au débiteur principal (nullité par exemple). le tiers acquéreur peut prendre le parti de payer. ayant payé le créancier hypothécaire de premier rang. Le risque d’être exproprié par le créancier de second rang existe donc. c’est un parti dangereux s’il reste d’autres créanciers hypothécaires de rang inférieur qui. M. facultativement. Le tiers acquéreur poursuivi par le créancier peut essayer de repousser l’action de ce dernier. en l’occurrence le délaissement. c’est-à-dire qu’il peut demander au créancier hypothécaire de discuter préalablement les biens du débiteur. Paiement. 2°) L’exercice du droit de suite Afin d’exercer son droit de suite. L’article 2170 du Code civil ne consacre le bénéfice de discussion que si le débiteur dispose d’autres immeubles hypothéqués à la même dette. l’acquéreur exproprié. ce qu’il fera s’il n’a pas déjà payé le prix au vendeur et si la créance hypothécaire du premier rang est inférieure ou égale au prix. Délaissement de l’immeuble. choisir de délaisser l’immeuble (c'est-à-dire en en abandonnant la possession matérielle) pour sortir de la saisie qui ne sera plus exercée contre lui. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 5 . Ainsi. le tiers acquéreur sommé par celui-ci peut. lesquelles. il peut désintéresser le créancier poursuivant du montant intégral de sa créance. de l’AUS. la loi accorde-t-elle au tiers acquéreur une seconde protection. sauf si le prix atteint par les enchères est supérieur à celui qu’avait payé le tiers acquéreur.Moyens de défense. qui doit garantie ne peut évincer. ne percevant rien. en capital. opposer au créancier le bénéfice de discussion. En général. Au lieu de payer le créancier hypothécaire. le risque est minime puisque. bien qu’il soit limité. Mais si le créancier hypothécaire devient l’héritier du vendeur. En droit français. il lui est subrogé : il bénéficie donc de l’hypothèque de premier rang du créancier qu’il a payé. d’autres moyens sont particuliers au tiers acquéreur. 3. Aussi. faisant disparaître la créance. al. En réalité. En apparence. pourront encore exercer leur droit de suite. sera payé le premier pour être remboursé de son prix. en se subrogeant à lui ». le créancier fait sommation au tiers acquéreur de payer ou délaisser l’immeuble : le tiers acquéreur dispose alors d’une option. car il est alors tenu de la garantie d’éviction à laquelle le vendeur était obligé envers l’acquéreur. Si un créancier de deuxième rang veut saisir l’immeuble. le tiers acquéreur peut aussi. S’agissant d’un acte unilatéral 161 En outre. il ne peut plus poursuivre le tiers acquéreur. en faisant valoir son hypothèque. intérêts et frais. « bien que le tiers détenteur ne soit pas personnellement obligé à la dette. Selon l’article 146. Et le créancier de deuxième rang n’aura rien. font s’effondrer l’hypothèque161. dans certaines conditions. le créancier hypothécaire ne doit pas garantie au tiers acquéreur qu’il peut donc poursuivre.

subrogé dans les droits du créancier hypothécaire. ils se payent sur ce prix. le tiers détenteur.très grave. la loi lui confère le moyen de prévenir le droit de suite en éteignant les hypothèques grevant l’immeuble au moyen de la purge. En dehors des aliénations qui valent purge par elles-mêmes parce que l’on estime qu’elles offrent toute garantie quant à l’évaluation de l’immeuble (adjudications sur saisie. suite à l’expropriation qu’il a subie. la valeur de l’immeuble qu’il détermine. dispose d’un recours contre le débiteur principal. Dans tous les cas. Sinon. Il en résulte. du recours ordinaire reconnu à celui qui a payé la dette d’autrui. Au moyen d’une notification à fin de purge. par extraordinaire. notamment. Procédure non prévue par l’AUS.La purge de l’hypothèque conventionnelle Correctif du droit de suite. enfin. Il conserve tous les droits qu’il acquis sur l’immeuble et tous les droits qu’il a régulièrement constitués avant l’adjudication sont notamment conservés. L’immeuble est libéré du droit de suite au moment du paiement ou de la consignation du prix. celui-ci revient au tiers détenteur. Il dispose. une procédure de purge est nécessaire. Puisque le tiers acquéreur court le risque de perdre la propriété qu’il a acquise (par l’exercice du droit de suite du créancier hypothécaire). ils doivent requérir la mise en vente aux enchères en offrant eux-mêmes un prix supérieur du dixième et en s’engageant à se porter eux-mêmes acquéreurs s’il n’existe pas d’autres candidats : l’immeuble sera alors vendu et le prix distribué aux créanciers. même s’il y a des créanciers hypothécaires qui ne perçoivent rien : ils ont eu tort d’accepter un gage hypothécaire M. 255 de l’AUVE). en outre. l’immeuble sera entièrement libéré de ses charges hypothécaires. le tiers détenteur demeure propriétaire acquéreur. le prix est suffisant pour désintéresser totalement le créancier hypothécaire et laisse subsister un reliquat. Si les créanciers acceptent cette offre. expropriation pour cause d’utilité publique…). Notons. que si. le délaissement est soumis à une condition de forme : il doit être déclaré au greffe de la juridiction compétente du lieu de situation de l’immeuble (art. Elle permet de ménager les intérêts du créancier hypothécaire. s’il a acquis à titre gratuit. l’acquéreur offre aux créanciers le prix qu’il doit payer ou. Du fait qu’il ne s’agit pas d’un abandon de propriété mais d’un abandon de détention. ceux de l’acquéreur et du vendeur constituant de l’hypothèque. procédure qui assure aux créanciers hypothécaires des paiements correspondants à la valeur de l’immeuble. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 6 . La purge constitue un correctif du droit de suite permettant au tiers acquéreur d’éviter de se laisser saisir. B.

c’est la loi nationale ou le droit commun du Code civil de 1804 qui doit s’appliquer en la matière. . Ainsi. .. . d’une part. à son objet et. M. Le sort de l’hypothèque conventionnelle est déterminé avant tout par les liens qui l’unissent. cit. Juriscope Sûretés. le débiteur ou l'ayant droit de celui-ci peut obtenir mainlevée judiciaire de cette sûreté. Même si son article 124 la compte parmi les causes d’extinction de l’hypothèque conventionnelle. l’hypothèque se transformera en un droit sur le prix afin que les créanciers hypothécaires exercent leur droit de préférence. la purge de l’hypothèque162. Aux termes de cette disposition. 162 Sur ces règles complexes.insuffisant. sous sa responsabilité. En cas de refus du créancier d'y consentir ou du conservateur de procéder à la radiation de l'hypothèque. En outre. Section 3. Cela sans préjudice des dispositions de l’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif.de la renonciation du créancier à l’hypothèque . Absence de réglementation dans l’AUS. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 7 . celui-ci organisant. op.de la purge des hypothèques résultant du procès-verbal de l'adjudication sur expropriation forcée et du paiement ou de la consignation de l'indemnité définitive d'expropriation pour cause d'utilité publique. par le conservateur de la propriété foncière. cette attestation devant mentionner qu’aucune prorogation ou nouvelle inscription n’affecte la péremption. d’autre part. à la créance qu’elle garantit.de la péremption de l’inscription attestée. l’AUS n’a pas prévu une procédure de purge des hypothèques. La décision judiciaire de mainlevée prononcée contre le créancier ou ses ayants droit et passée en force de chose jugée oblige le conservateur à procéder à la radiation ».Le sort de l’hypothèque conventionnelle Le sort de l’hypothèque conventionnelle (comme forcée) est fixé par l’article 124 in fine AUS. L’article 125 ajoute que « l'hypothèque est radiée selon les règles de la publicité foncière. n° 500 et s. l’extinction de l’hypothèque conventionnelle (ou forcée) résulte : .de l’extinction de l’obligation principale . cf. dans le cadre de la liquidation des biens et de la réalisation de l’actif.

Le sort de l’hypothèque est déterminé par ses caractères. sauf convention contraire. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 8 . l’hypothèque y tombe aussi. d’un droit indivisible et d’un droit distinct. En deuxième lieu. Du reste.- - En premier lieu.Le sort de l’hypothèque en tant qu’accessoire de la créance L’hypothèque va suivre le sort de la créance garantie. Par. A. il ne sera tenu que pour sa part et portion. l’extinction de la créance entraîne l’extinction de l’hypothèque. al. Par. la théorie de l’accessoire s’applique. 2.Indivisibilité de l’hypothèque et division de la dette Il est un principe juridique constant que la dette se divise de plein droit lorsque le débiteur meurt en laissant plusieurs héritiers. M. elle s’éteint lorsque son assiette disparaît. B. Le créancier pourra faire saisir l’immeuble hypothéqué dans les mains d’un seul héritier sauf pour ce dernier à se retourner contre les autres héritiers. il n’en reste pas moins que l’hypothèque restera indivisible : chaque héritier est hypothécairement tenu pour le tout sauf son recours contre l’autre. Ainsi la cession de créance emportera de plein droit la cession de l’hypothèque. l’hypothèque la suivra. l’hypothèque est liée à la créance qu’elle garantit. 2. De même. Hors l’hypothèse d’une convention. par l’effet de la subrogation réelle. 1. L’hypothèque. mais l’héritier attributaire de l’immeuble mis dans son lot à l’occasion du partage est tenu pour le tout hypothécairement alors que. va se reporter sur l’indemnité d’assurance de l’immeuble sinistré. l’hypothèque suit la créance dans quelques mains qu’elle passe. Si la créance tombe en communauté. l’hypothèque étant liée à l’immeuble sur lequel elle porte. Il s’agit d’un droit accessoire à la créance. Chaque héritier est tenu pour sa part et portion .Le sort de l’hypothèque en tant que droit indivisible Le caractère indivisible de l’hypothèque est affirmé par l’article 120. de l’AUS : « elle est indivisible par nature et subsiste totalement sur les immeubles affectés jusqu'à complet paiement et malgré la survenance d'une succession ».Indivisibilité de l’hypothèque et division du bien hypothéqué Même si un immeuble hypothéqué fait l’objet d’une division entre deux héritiers. Si la créance échoit dans les mains d’un légataire particulier. personnellement.

L’article 124 de l’AUS n’envisage la transmission de l’hypothèque que pour préciser principalement la forme de l’acte qui l’opère (acte notarié ou par acte sous seing privé suivant un modèle agréé par la conservation de la propriété foncière et publié comme l'acte par lequel cette hypothèque est consentie ou constituée). la créance se divise de plein droit entre les divers héritiers du créancier. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 7 9 . L’action hypothécaire ne va pas se diviser en dépit de la division de la créance : chacun des héritiers va pouvoir agir en saisissant la totalité de l’immeuble. Par. à la loi nationale du lieu de situation de l’immeuble. 4. du même débiteur. tout en conservant sa propre créance. avant l'expiration de ce délai. selon la loi nationale du lieu de situation de l’immeuble. Tout acte relatif à une hypothèque et portant renonciation ou extinction est établi. non hypothécaire. Par.Indivisibilité de l’hypothèque et division de la créance Si le créancier meurt. soit par la péremption de l’inscription (article 123 de l’AUS : « l'inscription conserve le droit du créancier jusqu'à la date fixée par la convention ou la décision de justice .C. M. C’est la subrogation à l’hypothèque qui est une convention par laquelle un créancier hypothécaire transmet son hypothèque à un autre créancier. pour une durée déterminée). soit par renonciation du créancier à l’hypothèque (radiation volontaire) sans renonciation à la créance. Sort de l’hypothèque en tant que droit distinct: subrogation à l'hypothèque L’hypothèque peut se transmettre distinctement de la créance garantie et s’éteindre séparément. quant au droit matériel applicable à cet acte. son effet cesse si elle n'est pas renouvelée. Il renvoie. Extinction de l’hypothèque par voie principale L’hypothèque peut s’éteindre indépendamment de la créance. 3. par acte notarié ou par acte sous seing privé suivant un modèle agréé par la conservation foncière et publié comme l’acte par lequel cette hypothèque est consentie ou constituée (article 124 de l’AUS).

de l’AUS réaffirme. la désignation des immeubles non immatriculés conformément aux dispositions des droits nationaux spécialement prévus à cet effet (article 139-4 de l’AUS). pour l’inscription de l’hypothèque forcée des architectes. l’AUS atténue le principe général applicable en ce qu’elle intègre. AUS164). entre autres. que tout acte judiciaire constitutif d’hypothèque doit être inscrit au livre foncier conformément aux règles de la publicité foncière prévue à cet effet. par la loi (hypothèque forcée légale) ou par une décision de justice (hypothèque forcée judiciaire). Exigence d’inscription. c'est-à-dire que l’hypothèque définitivement inscrite. de l’AUPC163 . 164 L’inscription est prise au début des travaux et inscrite provisoirement pour le montant de la somme estimée due. Ainsi. al. al. M. a contrario. cf. la règle de la spécialité. à la requête du greffier ou du syndic. les art. excluant ainsi. l'hypothèque forcée ne peut porter que sur des immeubles déterminés et pour la garantie de créances individualisées par leur origine et leur cause et pour une somme déterminée ». 122. et 54. 2. de l’AUS). à propos de l’assiette de l’hypothèque judiciaire. par accord des parties ou par décision judiciaire. « L'inscription confère au créancier un droit dont l'étendue est définie par la loi nationale de chaque Etat partie et les énonciations du titre foncier » (art. 2. Il convient toutefois de constater que. 135.CHAPITRE 2. Principe de spécialité. l’efficacité des hypothèques légales est subordonnée à leur inscription au livre foncier (pour l’inscription de l’hypothèque légale de la masse des créanciers. s’agissant de l’hypothèque forcée. sans le consentement du débiteur. de l’AUS dispose. dans les mentions de la décision judiciaire autorisant la prise de l’inscription provisoire. dans un délai de dix jours à compter de la décision judiciaire conformément aux dispositions relatives à la publicité foncière. 1er. al. al.LES HYPOTHÈQUES FORCÉES Hypothèque forcée par opposition à hypothèque conventionnelle : légale ou judiciaire. 74. cf. l’hypothèque est celle qui est conférée. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 0 . l’hypothèque générale. entrepreneurs et autres personnes employées. conserve la date de l’hypothèque provisoirement inscrite. 163 L’inscription doit se faire. art. Elle prend rang du jour où elle a été inscrite sur chacun des immeubles de débiteur. l’article 132. 2. En outre. al. 2. La seconde inscription rétroagit alors à la date de la première. Elle est confirmée à la fin des travaux constatée par huissier lorsque le montant définitif de la créance est connu. « Qu'elle soit légale ou judiciaire. Aux termes de l’article 132 de l’AUS. 2. L’article 122. al.

l’hypothèque légale bénéficie :    à la masse des créanciers dans les procédures collectives (article 133). al. au vendeur. entrepreneur et autres personnes employées pour édifier. tend à favoriser le recouvrement des créances de la masse constituée par les créanciers dont la créance est antérieure à la décision d’ouverture de la procédure collective . soumise à une procédure collective de redressement judiciaire ou de liquidation des biens.L’hypothèque légale de la masse des créanciers du débiteur sous le coup d’une procédure collective Les créanciers d’une personne physique ou morale déclarée en cessation de paiements et. à l’architecte. al. sont regroupés en une masse et bénéficient.Les hypothèques forcées légales C’est celle que la loi attache de plein droit à une créance en dehors de toute manifestation de volonté du créancier ou du débiteur. al. à celui qui fournit les deniers pour rembourser les personnes précitées. qui résulte automatiquement du jugement ouvrant la procédure collective. L’AUS vise des formes déterminées de sûretés forcées et.   Par. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 1 . de l’AUS). 122. même si l’exigibilité de cette créance était fixée à une date postérieure à cette décision à condition que cette créance ne soit pas inopposable du fait de sa naissance pendant la période suspecte (art. 1er et 2). Cette hypothèque.« L'hypothèque régulièrement publiée prend rang du jour de l'inscription. 1. 69 de l’AUPC). 2 et 3). Section 1. et le conserve jusqu'à la publication de son extinction » (art. 122. échangé ou partagé en établissant par l’acte d’emprunt que la somme était destinée à cet emploi (article 134. M. pour d’éventuelles autres. d’une hypothèque légale sur les biens immobiliers de leur débiteur (article 133 de l’AUS). dispose qu’elles « sont régies par les dispositions particulières de la loi nationale de chaque Etat partie » (art. de l’AUS). et ce. 1er. l’échangiste et au copartageant (article 134. en dehors de ce que contient chaque législation nationale. sauf dispositions contraires de la loi. à ce titre. 3. de ce fait. 4). al. Domaine de la législation uniforme : cas limitativement énumérés. à celui qui fournit les deniers pour l’acquisition d’un immeuble vendu. Pour l’Acte uniforme. réparer ou reconstruire des bâtiments (article 135. 3. al. 68 de l’AUPC) ou qu’elle cause un préjudice à la masse des créanciers (art.

A défaut d’une hypothèque conventionnelle. entrepreneurs et autres personnes employées pour édifier.Les hypothèques forcées judiciaires Les hypothèques judiciaires sont régies par les articles 136 et suivants de l’AUS. de l’échangiste. sans le consentement du débiteur. 134 de l’AUS). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 2 . de l’AUS). à celui qui fournit les deniers pour payer ou rembourser les architectes. Aux termes de l’article 134. Section 2. 135.Par. 135. de l’échangiste ou d’un copartageant) que le paiement a été fait par des deniers empruntés. La même hypothèque est également accordée. Cette hypothèque bénéficie également au prêteur qui a fourni des deniers pour l’acquisition d’un immeuble vendu. à défaut d’une hypothèque conventionnelle. Par. réparer ou reconstruire des bâtiments peuvent. 2. de la soulte ou des impenses (art. 1er.L’hypothèque légale des architectes et autres personnes employées à la construction ou à la réparation d’un immeuble Les architectes. d'échange ou de partage pour défaut de paiement du prix ou de la soulte est reconnue au vendeur. L’assiette de la sûreté ne se limite donc pas à la seule partie de l’immeuble ayant fait l’objet des travaux réalisés par le créancier. 3. al. 3. de l’AUS. à l'échangiste. par une M. Action résolutoire concurrente attachée à l’hypothèque. 3. al. l’échangiste et le copartageant bénéficient d’une hypothèque forcée qui garantit le paiement du prix de la vente. le vendeur. al.L’hypothèque légale du vendeur d’immeuble. ou au copartageant titulaire d'une hypothèque conventionnelle ou forcée régulièrement publiée du fait même de l'obtention de cette garantie et concurremment avec elle. avant le commencement des travaux. réparer ou reconstruire des bâtiments. se faire consentir une hypothèque forcée sur l’immeuble ayant fait l’objet des travaux (art. du copartageant et du prêteur de deniers Hypothèque forcée. entrepreneurs et autres personnes employées pour édifier. échangé ou partagé dès lors qu’il est authentiquement constaté (par l’acte d’emprunt) que la somme était destinée à cet emploi et (par la quittance du vendeur. une action en résolution de l'acte de vente. Ce sont celles qui sont conférées. AUS). entrepreneurs et autres personnes) que le paiement a été fait par les deniers empruntés (art. dès lors qu’il est formellement constaté dans l’acte d’emprunt que la somme était destinée à cet emploi et (par la quittance des architectes.

le fait que le créancier ait un titre exécutoire ne l’empêche pas d’exercer cette mesure conservatoire (mais il n’aurait pas besoin. Cette formule édicte ou sous-entend certaines conditions. Eu égard à la généralité des termes employés. la créance garantie et. lorsque le débiteur bénéficie d’une immunité d’exécution. al.décision de justice (article 132. de l’AUS). peu importe l’origine ou la nature de leur créance.Les conditions de fond L’article 136. En principe.Les conditions d’autorisation de l’hypothèque judiciaire conservatoire Le juge ne donne son autorisation et le créancier ne prend son inscription provisoire que lorsque certaines conditions préalables sont réunies (art. 136 et suiv. la règle de l’inopposabilité de droit de certains actes accomplis pendant la période suspecte et la règle de suspension des poursuites individuelles après le jugement d’ouverture font obstacle à toute inscription provisoire d’hypothèque conservatoire (article 68-6° de l’AUPC). 1er.conservatoire puisqu’elle est destinée à éviter que le débiteur. (…) le créancier peut être autorisé à prendre inscription provisoire d'hypothèque sur les immeubles de son débiteur en vertu d'une décision de la juridiction compétente… ». . Conditions relatives au débiteur : tout débiteur en principe. son assiette (les immeubles sur lesquels l’inscription est autorisée). Par. 1. D’une part. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 3 . De même. 1er. il peut s’en prévaloir pour s’opposer à toute mesure conservatoire à son encontre (article 30 de l’AUVE). ne se rende insolvable en aliénant ou en dissipant ses biens. le - - M. . Conditions relatives au créancier : tout créancier. Les conditions relatives à la créance sont communes à toutes les mesures conservatoires.doublement spéciale puisque la décision qui l’autorise doit énoncer. A. Conditions relatives à la créance. de l’AUS).judiciaire puisqu’elle résulte d’une décision du juge qui jouit d’un pouvoir d’appréciation . L’hypothèque est : . Mais. d’autre part. tout débiteur peut être concerné. de l’AUS dispose que « pour sûreté de sa créance. alors. si le débiteur fait l’objet d’une procédure collective. d’une autorisation préalable). avant ou pendant le procès. al. d’une part. peu importe qu’il s’agisse de créanciers chirographaires ou déjà dotés d’une garantie . en outre.

il n’est pas tenu de prouver l’état de cessation des paiements de son débiteur165. par voie de requête166. et exigé lorsque le créancier a mis en demeure le débiteur de s’exécuter ou pris une mesure d’exécution. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 4 . Notons. articles 28 s. pour assurer l’efficacité de la mesure. M. de façon à ce qu’il ne soit pas prévenu et ne puisse dissimuler ses biens. sinon à une insolvabilité imminente ou à craindre très probable. du moins à des grosses difficultés financières et qu’il n’a pas de garantie suffisante. en l’occurrence le juge de l’exécution (cf. L’actif disponible renvoie à la trésorerie de l’entreprise. de l’AUVE) du domicile du débiteur ou du ressort dans lequel sont situés les immeubles à saisir (article 136 de l’AUS). mais elle l’est moins que l’insolvabilité qui signifie que tout l’actif. En revanche.La procédure d’autorisation judiciaire 1°) Compétence juridictionnelle rationae materiae et rationae loci Le créancier doit saisir. 166 C'est-à-dire que. Le passif est exigible lorsqu’il est échu. c'est-à-dire dont le fait générateur est vraisemblable : créances certaines dans leur principe ou dans leur existence. Il convient toutefois de constater que. c’est-à-dire les sommes dont elle peut disposer immédiatement soit parce qu’elles sont liquides. créances conditionnelles voire contestées. dans les mentions de la décision judiciaire autorisant la prise de l’inscription provisoire. Il suffit qu’il fasse état d’une créance paraissant fondée en son principe.créancier doit justifier d’une créance à garantir et cette créance doit avoir pour objet une somme d’argent. ni même sa mauvaise foi. la juridiction compétente. 165 On entend par là l’impossibilité pour l’entreprise de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. l’AUS atténue le principe général applicable en ce qu’elle intègre. D’autre part. à ce propos. B. Conditions relatives à l’immeuble. exigible ou pas. à la fois sûreté et voie d’exécution. soit parce que leur conversion en liquide est possible à tout moment et sans délai. ne suffit pas à payer tout le passif. Il n’est pas nécessaire que la créance soit liquide ou exigible. disponible ou pas. le créancier doit justifier d’une urgence et de circonstances de nature à mettre en péril le recouvrement : il doit établir que le débiteur est confronté. la désignation des immeubles non immatriculés conformément aux dispositions des droits nationaux spécialement prévus à cet effet (article 139-4 de l’AUS). le juge statue sans que le débiteur soit appelé à la procédure Ŕ soit entendu Ŕ. à propos de l’assiette hypothécaire. La cessation des paiements est une situation plus grave qu’un simple accident de parcours. Seuls les immeubles du débiteur peuvent être grevés de l’hypothèque. que l’institution a une nature mixte.

136). 1er) et que « sa décision est exécutoire sur minute. préalablement. al. 3. Dans le délai qui lui est imparti dans l’ordonnance du juge (cf. . al. 5°) Inscription provisoire Formalités de l’inscription provisoire. art. l’ordonnance rendue : . M. nonobstant opposition ou appel » (al. à peine de caducité de l'autorisation. .« fixe. la décision peut être rétractée par la juridiction qui a autorisé l'hypothèque ». 3°) la cause et le montant de la créance garantie en principal. de l’AUS) . 3. le délai pendant lequel le créancier ne peut saisir la juridiction du fond » (article 136. « le créancier est autorisé à prendre une inscription provisoire d'hypothèque sur présentation de la décision contenant : 1°) la désignation du créancier.2°) Contenu de l’ordonnance autorisant l’hypothèque forcée Si le juge fait droit à la demande du créancier. en outre. 3°) Rétractation de l’ordonnance en guise de sanction L’alinéa 4 de l’article 136 dispose que « si le créancier enfreint les dispositions de l'alinéa (3).« indique la somme pour laquelle l'hypothèque est autorisée » (article 136. à donner caution par acte déposé au greffe ou entre les mains d'un séquestre avec ou sans obligation d'observer les règles concernant la réception des cautions » (article 137 de l’AUS). 2). 2°) la date de la décision .« peut obliger le créancier à justifier. son élection de domicile. de sa solvabilité suffisante ou. intérêts et frais . . même présentée sous forme de requête à fin d'injonction de payer » (article 136. le nom du débiteur . de l’AUS) . de l’AUS) .« fixe au créancier un délai dans lequel il doit. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 5 . former devant la juridiction compétente l'action en validité d'hypothèque conservatoire ou la demande au fond. 2. al. 4°) Caractère exécutoire de l’ordonnance L’article 138 de l’AUS dispose que « la juridiction compétente ne statue qu'à charge de lui en référer en cas de difficulté » (al. à défaut.

les sommes séquestrées sont spécialement affectées. des sommes en principal. sous réserve de l'article 119 (…). 1er. Aux termes de l’article 140. de l’AUS). statuant en matière d'urgence. la désignation des immeubles non immatriculés est faite conformément aux dispositions des législations nationales spécialement prévues à cet effet » (article 139 de l’AUS). L’article 140. par le numéro du titre foncier. 1er. « lorsque la créance litigieuse a fait l'objet d'une décision passée en force de chose jugée. de chacun des immeubles sur lesquels l'inscription a été ordonnée . 140. al. Aux formalités spécifiques de l’inscription provisoire (voir supra). de l’AUS. s’ajoutent les formalités de publicité prévues par la législation foncière (article 139 in fine de l’AUS). al. contre consignation. intérêts et frais. 7°) Moyens de défense du débiteur a) Mainlevée ou réduction de l’hypothèque Possibilité sous conditions. Publicité foncière. 2. de l’AUS dispose que le créancier « doit élire domicile dans le ressort de la juridiction compétente ou de la conservation foncière » (art. avec affectation spéciale à la créance »167. de l’AUS. Election de domicile. par privilège sur tous M. alinéa 2. à défaut de titre foncier. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 6 . al. Aux termes de l’article 141. entre les mains d'un séquestre par lui désigné.4°) la désignation. « le créancier doit notifier la décision ordonnant l'hypothèque judiciaire en délivrant l'assignation en vue de l'instance en validité ou de l'instance au fond » . 167 Sachant que. 6°) Formalités postérieures à l’inscription provisoire : notifications et élection de domicile Notifications. « il doit également notifier l'inscription dans la quinzaine de cette formalité ». « mainlevée ou réduction de l'hypothèque peut être obtenue du Président de la juridiction compétente qui l'a autorisée.

le débiteur peut faire limiter les effets de la première inscription sur les immeubles qu'il indique à cette fin ». selon l’article 144. al. 2. al. en tout état de cause. b) Cantonnement de l’hypothèque Aux termes de l’article 143 de l’AUS. aux frais de l'inscrivant. En effet. ni le renouvellement d’une inscription. En effet. de l’AUS). 3. ou si la créance n'est pas reconnue par une décision passée en force de chose jugée. faute d'inscription définitive dans le délai précité de six mois. 1er. 1er. 2. l'inscription de l'hypothèque qui en résulte est requise conformément à la législation sur la publicité foncière. ordonner une mainlevée totale ou partielle de l'hypothèque si le débiteur justifie de motifs sérieux et légitimes (article 142. à la juridiction qui a autorisé ladite inscription (article 144. de désistement d'instance ou d'action. de l’AUS). de l’AUS). al. la juridiction saisie pourra. « lorsqu'il est justifié que la valeur des immeubles est double du montant des sommes inscrites. Ainsi. M. 8°) Assignation au fond et inscription définitive L’inscription provisoire doit être confirmée par une inscription définitive conforme à la législation foncière. la mainlevée non consentie de l'inscription provisoire est donnée par la juridiction qui a autorisé ladite inscription et la radiation est faite sur dépôt de sa décision passée en force de chose jugée » (article 142. al. « dans le cas de péremption d'instance. au paiement de la créance du poursuivant. avant même d'avoir statué sur le fond. autres. de l’AUS. Elles se trouvent frappées de saisieconservatoire pendant la durée de la procédure » (article 141. d’efficacité de l’inscription provisoire. Sachant au demeurant que. al. mais une condition de validité ou. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 7 . de l’AUS). 2. de l’AUS). du moins. la première inscription devient rétroactivement sans effet et sa radiation peut être demandée par toute personne intéressée. encore faut-il que la mainlevée ou la réduction de l'hypothèque soit demandée dans le mois de la notification de l'assignation en validité ou de l'instance au fond (article 141. dans les six mois suivant le jour où la décision statuant sur le fond a acquis l'autorité de la chose jugée. al.Pour cela. L’inscription définitive ne constitue ni une nouvelle inscription.

al. l'hypothèque prend rang à la date de l'inscription définitive ». en cas de vente de l’immeuble avant que l’inscription ne soit devenue définitive.A l’issue de l’instance au fond  Si la demande d’inscription définitive est accueillie. 2. la décision statuant sur le fond maintient en totalité ou en partie l'hypothèque déjà inscrite ou octroie une hypothèque définitive ». L'hypothèque octroyée (seulement octroyée parce que l’inscription définitive a été prise à une date ultérieure à l’expiration du délai légal de six mois suivant le jour où la décision statuant sur le fond a acquis l'autorité de la chose jugée) prend rang à la date de l'inscription définitive : si l’inscription est prise à une date ultérieure.Les effets de l’hypothèque judiciaire conservatoire A. de l’AUS. une inscription définitive est substituée à l’inscription provisoire en prenant rang rétroactivement à la date de cette dernière. elle prend rang à sa date propre en tant qu’inscription de l’hypothèque légale attachée au jugement de condamnation. « si la créance est reconnue. cette solution pourraitelle malgré tout valoir ? B.Par. Aux termes de l’article 144. le créancier inscrit provisoirement a les mêmes droits (notamment au regard de la purge) qu’un créancier inscrit définitivement. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés - 1 8 8 . Dans le silence (nous semble-t-il) du législateur OHADA. L’alinéa 2 ajoute que « ce qui a été maintenu prend rang à la date de l'inscription provisoire. L’hypothèque maintenue (maintenue parce que l’inscription définitive a été prise dans le délai légal de six mois suivant le jour où la décision statuant sur le fond a acquis l'autorité de la chose jugée) prend rang à la date de l'inscription provisoire : en cas de condamnation du débiteur parce que la créance est reconnue. Ainsi. 1er. En droit français.Pendant l’instance au fond et avant l’inscription définitive Le problème qui se pose est celui de la disponibilité juridique de l’immeuble grevé d’une hypothèque judiciaire conservatoire. mais sa part de prix est consignée jusqu’à l’accomplissement de la publicité définitive. M. depuis la loi du 9 juillet 1991. la règle est que « les biens grevés d’une sûreté judiciaire demeurent aliénables ».

avant l’expiration de ce délai. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 8 9 . aux frais de l'inscrivant. M. « Faute d'inscription définitive dans le délai (légal). la première inscription devient rétroactivement sans effet et sa radiation peut être demandée par toute personne intéressée.Le sort de l’hypothèque forcée (renvoi) Voir chapitre suivant. al. son effet cesse si elle n’est pas renouvelée. 3. Section 3. ou si la créance n'est pas reconnue par une décision passée en force de chose jugée. à la juridiction qui a autorisé ladite inscription » (article 144.« L’inscription conserve le droit du créancier jusqu’à la date fixée par la convention ou la décision de justice . pour une durée déterminée » (article 123 de l’AUS). de l’AUS).  Si la demande d’inscription définitive est rejetée.

Renouvellement anticipé de l’inscription : maintien du rang de l’inscription initiale. Le créancier peut éviter les conséquences de la péremption en renouvelant l’inscription primitive avant l’expiration du délai de validité fixé par la convention ou la décision de justice. Ainsi. Le renouvellement étant un acte conservatoire. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 0 . son effet cesse si elle n'est pas renouvelée. L’article 125 de l’AUS est consacré à l’hypothèse de la radiation de l’hypothèque.de la renonciation du créancier à l’hypothèque (voir infra) . pour une durée déterminée ».de la péremption de l’inscription attestée. avec toutes les contraintes que cela comporte pour le propriétaire comme pour les tiers. s’agissant d’une mesure conservatoire.La péremption des inscriptions Péremption : délai expiré sans renouvellement anticipé. l’extinction de l’hypothèque conventionnelle ou forcée résulte : .L’EXTINCTION DES HYPOTHÈQUES Aux termes de l’article 124 de l’AUS.CHAPITRE III.de l’extinction de l’obligation principale (voir supra : sort de l’hypothèque en tant qu’accessoire de la créance) . 124 de l’AUS). M. ou encore par ses propres créanciers. De même. avant l'expiration de ce délai. Section 1. . sous sa responsabilité. . . par les personnes chargées de veiller sur ses intérêts. il peut être fait par le créancier lui-même. par le conservateur de la propriété foncière. Dans ce dernier cas. Aux termes de l’article 123 de l’AUS. cette attestation devant mentionner qu’aucune prorogation ou nouvelle inscription n’affecte la péremption (voir infra) . « l'inscription conserve le droit du créancier jusqu'à la date fixée par la convention ou la décision de justice . le renouvellement demeure possible même si l’un des événements arrêtant le cours des inscriptions survient. alors que l’inscription ne présente plus d’intérêt. l’hypothèque conserve le rang que lui avait conféré l’inscription originaire (art.de la purge des hypothèques résultant du procès-verbal de l'adjudication sur expropriation forcée et du paiement ou de la consignation de l'indemnité définitive d'expropriation pour cause d'utilité publique. on parle de péremption de l’inscription dont l’objectif est d’éviter qu’un immeuble ne reste grevé indéfiniment.

Et ce. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 1 . Selon l’article 125. est parfait par le seul consentement du créancier. Mais cette nouvelle inscription (différente du renouvellement qui doit intervenir avant l’expiration du délai initial) ne prendra effet qu’à sa date : dès lors. à proprement parler. l’hypothèque est radiée selon les règles de la publicité foncière : par conséquent.soit parce qu’il est payé : cette radiation étant une suite naturelle de l’extinction de la créance. ni l’accord des créanciers auxquels elle peut profiter. puisque. Raisons d’être et conditions de capacité. la radiation n’anéantit l’hypothèque que si elle est publiée (inscrite) au Livre foncier dans les mêmes formes et selon la même procédure que celles observées pour l’inscription de l’acte constitutif d’hypothèque (voir supra). Elle ne requiert ni l’acceptation du débiteur. M. si ce n’est celle de recevoir paiement . son rang.La radiation des inscriptions hypothécaires Contours de l’institution. objet de la sûreté. Formalités de radiation. dès lors. ainsi que pour les créanciers de rang inférieur qui pourront espérer obtenir un paiement. La péremption n’entraîne pas. C’est un acte déterminant à la fois pour le créancier concerné qui ne pourra plus rétablir l’inscription dans son rang primitif. de l’AUS. Section 2. l’extinction de l’hypothèque. aucune capacité particulière n’est exigée. l’hypothèque peut être inscrite une nouvelle fois. La radiation est une opération qui vise à rendre l’inscription hypothécaire inexistante aussi bien dans les rapports entre les parties que vis-à-vis des tiers.La radiation volontaire Nature juridique. tout au moins. 1. . serait inopposable au tiers acquéreur. elle ne cause aucun préjudice au créancier et. la nouvelle inscription qui serait faite postérieurement à la publication de la vente de l’immeuble. ainsi. Par. il est exigé de celui-ci la capacité de disposer d’un droit réel immobilier.Possibilité d’une nouvelle inscription après péremption : perte du rang de l’inscription initiale. La radiation volontaire est un acte unilatéral de volonté qui. al. même périmée. Le créancier consent à une mainlevée de l ‘inscription : . 1er. pour le débiteur dont l’immeuble sera libéré de la sûreté inscrite.soit parce qu’il veut favoriser le crédit du débiteur : puisque cette radiation fait perdre au créancier son hypothèque ou.

en tout état de cause.L’annulation de la radiation : rétablissement de l’inscription Causes de l’annulation.L’acte de mainlevée est soumis à des conditions de forme strictes. ce qui ôte toute compétence au juge des référés. ou lorsqu’elle a été prise en vertu d’un titre irrégulier ou encore lorsque l’hypothèque est éteinte. de l’AUS dispose que. A défaut d’une mainlevée amiable consentie par le créancier. « en cas de refus du créancier d'y consentir ou du conservateur de procéder à la radiation de l'hypothèque. le débiteur peut recourir à l’office du juge. la radiation est nécessairement prononcée par une juridiction compétente au fond. ni sur un titre. 3 : si la demande d’inscription définitive est rejetée (voir supra). le débiteur ou l'ayant droit de celui-ci peut obtenir mainlevée judiciaire de cette sûreté ». Cela dit. Dès lors. Compétence juridictionnelle. « la décision judiciaire de mainlevée prononcée contre le créancier ou ses ayants droit et passée en force de chose jugée oblige le conservateur à procéder à la radiation » par une mention en marge de l’inscription indiquant que celle-ci n’existe plus. 2. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 2 . 2. Par. 3. Mais la mainlevée pourrait être ordonnée par une autre juridiction accessoirement à une décision relative à la créance garantie. Par. Article 144. sans doute pour protéger son auteur contre une décision irréfléchie. L’AUS prévoit deux cas où la radiation de l’hypothèque forcée judiciaire peut être demandée au juge ou ordonnée par lui : Article 142 : mainlevée judiciaire de l’inscription provisoire (voir supra) .La radiation judiciaire L’article 125. M. Causes. La radiation volontaire peut être entachée de nullité pour vice du consentement alors que la décision qui prononce une radiation judiciaire peut être cassée ou rétractée. La demande en radiation est portée devant la juridiction dans le ressort de laquelle l’inscription a été prise. al. Le juge peut ordonner la radiation d’une inscription hypothécaire lorsqu’elle a été prise sans être fondée ni sur la loi. al. et ne peut être réalisée par le conservateur de la propriété foncière que sur la présentation d’un jugement en dernier ressort ou passé en force de chose jugée.

En toutes hypothèses.Effets de l’annulation : restauration de l’inscription radiée. si l’annulation est faite. M. ne connaissant pas l’hypothèque lorsqu’ils ont acquis leurs droits. mais celle-ci produit effet au jour de l’inscription initiale (elle est rétroactive) du moins vis-à-vis des créanciers et des tiers acquéreurs dont les titres avaient été publiés avant la radiation (le rétablissement leur est opposable puisqu’ils avaient connaissance de l’hypothèque lorsqu’ils ont acquis leurs droits). En revanche. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 3 . l’inscription rétablie ne peut être opposée aux créanciers inscrits dans l’intervalle entre la radiation et son rétablissement . une nouvelle inscription doit être prise (l’inscription initiale radiée n’est pas ressuscitée). même chose s’agissant du tiers acquéreur si l’inscription n’a été rétablie qu’après publication de son titre.

actuellement. qui est maître de ses biens. Ces deux articles reproduisent l’ordre prévu par les articles 148 et 149 en y intégrant deux données spécifiques 168 Antérieurement. ce sont les articles 166 et 167 de l’AUPC qui s’appliquent. le classement exhaustif des diverses catégories de créanciers dans ces deux articles évite la recherche de la détermination de leur rang dans les textes épars comme c’était le cas autrefois. Même si inévitablement on retrouve certains d’entre eux dans les deux masses (les créanciers chirographaires et ceux munis d’un privilège général).L’ordre légal de distribution des deniers provenant de la réalisation des biens du débiteur in bonis Œuvre simplificatrice de l’AUS. il convient de répartir entre ses créanciers le produit de la vente en tenant compte du rang que la loi octroie à chacun d’eux. Le classement opéré par l’AUS est celui du droit commun puisqu’il concerne la répartition des deniers provenant de la réalisation des biens d’un débiteur in bonis (c'est-à-dire.L’ORDRE ET LA PROCÉDURE DE DISTRIBUTION DU PRIX DES BIENS DU DEBITEUR Une fois la réalisation des biens d’un débiteur accomplie. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 4 . Droit commun applicable en présence d’un débiteur « dans ses biens » : l’AUS. Droit spécial en présence d’un débiteur en difficulté : l’AUPC.TITRE IV. celles du droit foncier (pour les immeubles) et celles du Code civil français. le débiteur qui est à la tête de son patrimoine. Aux termes de l’article 147 de l’AUS. « la procédure de distribution du prix sur saisie est fixée par les règles régissant les voies d'exécution [AUVE] sous réserve des dispositions qui suivent concernant l'ordre de distribution [AUS et. par opposition à celui qui est dessaisi de ses pouvoirs de gestion en raison notamment d’une procédure collective). étymologiquement ou littéralement. AUPC] ». Section 1. M. le cas échéant. Lorsque le débiteur fait l’objet d’une procédure collective d’apurement du passif. les articles 148 et 149 de l’AUVE qui réunissent l’ensemble des créanciers titulaires de sûretés en les regroupant en deux masses distinctes respectivement consacrées à la distribution du prix des immeubles et à celle du prix des meubles. Seules ces règles de distribution seront examinées dans le cadre de cette étude. l’établissement d’un ordre de classement convenable des créanciers nécessitait une subtile combinaison entre plusieurs dispositions éparses : celles des codes de procédure civile. Mettant fin à la dispersion des textes constatée antérieurement à son entrée en vigueur168. le débiteur « dans ses biens » ou.

Premier rang : les créanciers des frais de justice Rang number one. 2°) aux créanciers de salaires superprivilégiés . 6°) aux créanciers chirographaires munis d'un titre exécutoire lorsqu'ils sont intervenus par voie de saisie ou d'opposition à la procédure. 5°) aux créanciers munis d'un privilège général non soumis à publicité selon l'ordre établi par l'article 107 ci-dessus . ne sont payés en premier lieu que les frais de 169 Cf. Ces règles spéciales de distribution ne seront pas abordées dans le cadre de cette étude169.Le classement des créanciers en matière immobilière Aux termes de l’article 148 de l’AUS : « Les deniers provenant de la réalisation des immeubles sont distribués dans l'ordre suivant : 1°) aux créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien vendu et à la distribution elle-même du prix . Les frais de justice faits pour parvenir à la réalisation de l’immeuble et à la distribution elle-même du prix sont prélevés avant toute distribution. En cas d'insuffisance de deniers pour désintéresser les créanciers désignés aux 1°). A. Par. au marc le franc ». 5°) et 6°) du présent article venant à rang égal. chacun selon le rang de son inscription au livre foncier . 1°. ceux-ci concourent à la distribution dans la proportion de leurs créances totales. 3°) aux créanciers titulaires d'une hypothèque conventionnelle ou forcée et aux créanciers séparatistes inscrits dans le délai légal. 1. 4°) aux créanciers munis d'un privilège général soumis à publicité chacun selon le rang de son inscription au Registre du commerce et du crédit mobilier . Assiette de la priorité : un privilège immobilier spécial. Si l’on s’en tient à la lettre de l’article 148. n° 624 et s.aux procédures collectives : la présence des créanciers contre la masse et la nécessité de tenir compte de la réalisation éventuelle de l’ensemble des biens du débiteur pour parvenir au paiement de tous les créanciers. op. 2°). THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 5 .. Juriscope Sûretés. M. cit.

Créances garanties : frais de réalisation et de distribution exposés dans l’intérêt commun des créanciers à qui le privilège est opposé. en réalité. à celle qui en a fait l’avance (par exemple : huissier. inversement. les frais en question ayant été utiles à d’autres créanciers qui celui qui les a exposés. s’il y a lieu. éventuellement. pour conserver. les créanciers sont payés au prorata de leur dû. les frais de justice concernant la réalisation d’un autre bien meuble ou immeuble ne peuvent être servis sur l’immeuble en question sauf à un rang chirographaire. au marc le franc selon l’expression consacrée. de l’hypothèque judiciaire conservatoire .réalisation et de distribution en relation avec l’immeuble vendu. etc. d’un privilège immobilier spécial (non soumis à publicité lorsque le débiteur est in bonis) dont le fondement se trouve dans le fait que.). B. il convient. comme par le passé. L’article 148 se bornant à faire référence aux « frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien vendu et à la distribution elle-même du prix ». exposés dans l’intérêt commun des créanciers. recouvrer ou liquider les biens du débiteur et en distribuer le prix aux créanciers : .frais concernant la distribution du prix. ceux-ci ne pourront être imputés sur un autre immeuble ou meuble . M. Il s’agit. on y rencontre des privilèges immobiliers.frais concernant la réalisation de l’immeuble : c’est-à-dire ceux de la saisie immobilière et. syndic. Les frais considérés sont payés à la personne qui a accompli ces actes ou. que cette répartition ait été consensuelle ou judiciaire. Les créanciers de salaires superprivilégiés passent 170 Quoique l’AUS paraisse limiter les privilèges aux seuls privilèges mobiliers (puisque les privilèges y font l’objet d’un chapitre Ŕ IV Ŕ sous un Titre Ŕ II Ŕ consacré aux sûretés mobilières). il convient que ce dernier soit avantagé 170. notamment dans la mesure où ces derniers sont ainsi pris en considération pour la distribution des deniers en matière immobilière. Créanciers bénéficiaires. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 6 . d’en déduire que seuls comptent parmi les créances garanties les frais. Aucune préférence entre bénéficiaires en cas d’insuffisance du prix de vente : distribution au marc le franc. Il en résulte que si le prix de l’immeuble concerné ne suffit pas à payer ces frais. . à l’exclusion des frais de justice ayant permis la condamnation du débiteur : honoraires d’avocat par exemple . avocat. En cas d’insuffisance du prix de vente.Deuxième rang : les créanciers de salaires superprivilégiés Rang dans le classement.

du même Acte. En effet. par l’article 107. la nécessité de la payer avant les créances ordinaires . 107. Ainsi. C. dans l’hypothèse où. Cela pour compléter le statut de privilège général reconnu. la somme restant à distribuer ne représente que la moitié du total des créances de salaires superprivilégiées.après les créanciers des frais de justice. en l’occurrence la fraction incessible et insaisissable du salaire. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 7 . laquelle quotité est déterminée par chacune des législations des Etats parties. 3° et elle est fixée par la loi nationale de chaque Etat partie de l’OHADA (article 177 de l’AUVE). ce dernier désignant la fraction « superprotégée » du premier. Distinction entre le privilège proprement dit (art. la nécessité de protéger le salaire contre la saisie ou la cession dans la mesure nécessaire pour assurer l’entretien du travailleur et de sa famille . l’interdiction de faire des saisies et des cessions autrement que dans les limites et conditions prescrites par la législation nationale . le salaire étant une créance privilégiée. mais viennent avant tous les autres. 10 et 11 de cette convention combinés posent plusieurs règles : l’interdiction de faire des retenues sur salaires autrement que dans les conditions et limites prescrites par la législation nationale . chaque créancier ne percevra que la moitié de sa créance. le superprivilège des salariés est consacré par les articles 148 et 149 de l’AUS. Conçu et bâti par le droit du travail sur la base de la Convention n° 95 (1949) de l’OIT concernant la protection du salaire 171. 148). 3°. après la couverture des frais de justice. 3°) et le superprivilège (art. Les créanciers hypothécaires et assimilés passent 171 Les articles 8. après avoir fait de la créance de salaire une créance privilégiée. à la créance de salaire (voir supra). pour chaque Etat membre de l’OIT de déterminer l’ordre de priorité de la créance privilégiée de salaire par rapport aux autres créances privilégiées. M. Il convient donc déterminer le privilège général des salaires avant de définir le superprivilège. Cette fraction incessible et insaisissable constitue la partie superprivilégiée du privilège général des salaires instituée par l’article 107. ceux-ci concourent à la distribution du prix dans la proportion de leurs créances.Troisième séparatistes rang : les créanciers hypothécaires et les créanciers Rang dans le classement. Aucune préférence entre bénéficiaires en cas d’insuffisance du prix de vente : distribution au marc le franc. l’AUS (comme les législations nationales du travail) a dégagé de cette créance une fraction incessible et insaisissable considérée comme absolument nécessaire pour assurer la subsistance et l’entretien du travailleur et de sa famille. Si les deniers provenant de la réalisation de l’immeuble ne suffisent pas à payer le superprivilège de tous les salariés. l’obligation. par exemple. au marc le franc.

ne seront payés que ceux qui sont en rang utile pour recevoir quelque chose. Les créanciers munis d'un privilège général soumis à publicité passent après les créanciers des frais de justice. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 8 . X…. Aux créanciers hypothécaires. pour préserver le gage général que la patrimoine du de cujus constituait pour eux. Pas de concurrence entre créanciers. les créanciers de salaires superprivilégiés et les créanciers hypothécaires et assimilés. mais viennent avant tous les autres. chacun étant payé selon le rang de son inscription au livre foncier. éventuellement. X… (inscrit le premier) et Y…. ce privilège doit être inscrit au livre foncier et. « chacun selon le rang de son inscription au livre foncier ». respectivement créanciers de 2 millions chacun . chacun selon son rang déterminé par la date d’inscription de son hypothèque. Soit celui-ci est suffisant pour désintéresser chacun d’eux. Lorsque le patrimoine du défunt comporte des immeubles. par le droit successoral national de chaque Etat partie de l’OHADA. il ne peut donc pas y avoir de concours entre les créanciers hypothécaires sur le prix à distribuer. demander la séparation des patrimoines de leur auteur de celui des héritiers. Exemple : supposons que. Créanciers bénéficiaires : créanciers hypothécaires et créanciers séparatistes. mais viennent avant tous les autres. 172 Le privilège des séparatistes n’est pas organisé par l’AUS mais. Ce privilège est réservé aux créanciers du défunt qui peuvent.Quatrième rang : les créanciers munis d’un privilège général soumis à publicité Rang dans le classement. D.après les créanciers des frais de justice et les créanciers de salaires superprivilégiés. il ne reste que 3 millions FCFA pour payer deux créanciers hypothécaires. selon les droits nationaux. M. soit il ne l’est pas . recevra la totalité de sa créance (soit 2 millions) et Y… devra se contenter du million restant (les 3 millions disponibles Ŕ les 2 millions payés au créancier X… = 1 million) et ainsi devenir créancier chirographaire pour le million non réglé (les 2 millions de créance Ŕ le million reçu en paiement = 1 million restant à titre de créance chirographaire). dans ce dernier cas. chacun selon le rang de son inscription au livre foncier172. après le paiement des frais de justice et des salaires superprivilégiés. Puisque les deniers provenant de la réalisation des immeubles sont distribués aux créanciers hypothécaires et aux créanciers séparatistes inscrits. Sont d’abord concernés les créanciers titulaires d'une hypothèque conventionnelle ou forcée. inscrit le premier. l’inscription rétroagit au jour du décès du débiteur si elle est prise dans un délai déterminé. l’article 148-3° assimile les créanciers séparatistes inscrits dans le délai légal.

. il reste 10 millions de francs pour payer les créances de sécurité sociale (inscrites en premier pour 7 millions). Sont concernés les créanciers munis d’un privilège soumis à publicité au RCCM : il s’agit du fisc. Comme les créanciers hypothécaires. soit 3 (les 10 millions disponibles Ŕ les 7 millions payés à la Sécurité sociale = 3 millions) . en cette occurrence. Soit celui-ci est suffisant pour désintéresser chacun d’eux. de la douane et de la sécurité sociale pour la partie de leurs créances dépassant la limite de la somme fixée par chaque législation nationale pour l’exécution provisoire des décisions de justice (voir supra). 173 Mais il est parfaitement possible qu’une loi nationale consacre déjà ou à l’avenir d’autres privilèges généraux . dans ce dernier cas. chacun selon le rang de son inscription au livre foncier. sinon celle-ci sera rangée au dernier rang de l’ordre établi par cet article. Exemple. ne seront payés que ceux qui sont en rang utile pour recevoir quelque chose. chacun étant payé selon le rang de son inscription au livre foncier. seules pourront être payées : . soit sur un meuble au rang que leur confère l’article 149. Ils sont servis dans l’ordre où ce texte les cite173. le texte national devra préciser le rang de cette sûreté par rapport à l’article 107 de l’AUS. M. de l’AUS qui dispose que. après le paiement des créanciers des frais de justice.le solde des créances du fisc (les 5 millions de sa créance Ŕ les 3 reçus en paiement = 2 millions) et la totalité des créances douanières (4 millions) seront servis soit sur un autre immeuble (au quatrième rang). « chacun selon le rang de son inscription au livre foncier ». cette hypothèse est prévue par l’article 106. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 1 9 9 . alinéa 2. E.Créanciers bénéficiaires : créanciers munis d’un privilège général soumis à publicité. Puisque les deniers provenant de la réalisation des immeubles sont distribués aux créanciers concernés. Supposons que. il ne peut donc pas y avoir de concours entre eux sur le prix à distribuer. ceux des salaires superprivilégiés et ceux des créanciers hypothécaires ou séparatistes. soit il ne l’est pas . les créances fiscales (inscrites en second pour 5 millions) et les créances douanières (inscrites en troisième pour 4 millions). chacun des créanciers concernés sera servi selon le rang que lui confère sa date d’inscription et pour le montant des sommes inscrites Pas de concurrence entre créanciers.totalement les créances de sécurité sociale (soit 7 millions) .Cinquième rang : les créanciers munis d’un privilège général non soumis à publicité Les créanciers munis d’un privilège général non soumis à publicité sont ceux énumérés par l’article 107 de l’AUS.partiellement celles du fisc. .

sans publicité et dans l'ordre qui suit : 1°) les frais d'inhumation. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective . la production du titre de créance suffirait. les frais de la dernière maladie du débiteur ayant précédé la saisie des biens . 4°) les sommes dues aux auteurs d'oeuvres intellectuelles. 2. arrivent enfin les créanciers chirographaires à la double condition qu’ils soient détenteurs d’un titre exécutoire174 et soient intervenus dans la procédure par voie de saisie ou d’opposition. à l’unanimité. sans titre exécutoire. d’accueillir des créanciers qui n’en ont pas). Si le débiteur est déclaré en cessation des paiements. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective . douanières et envers les organismes de sécurité et de prévoyance sociales ».Sixième rang : les créanciers chirographaires Fermant inconfortablement la marche. le créancier ne peut obliger ni le débiteur.D’après l’article 107 déjà examiné (voir supra) : « Sont privilégiés. M. F. littéraires et artistiques pour les trois dernières années ayant précédé le décès du débiteur. 174 En présence d’un débiteur in bonis. l’exigence d’un titre exécutoire s’explique par le fait qu’il s’agit de participer à la distribution du prix d’un bien et que. en principe. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 0 0 . 2°) les fournitures de subsistance faites au débiteur pendant la dernière année ayant précédé son décès. la saisie des biens ou la décision judiciaire d'ouverture d'une procédure collective . 5°) dans la limite de la somme fixée légalement pour l'exécution provisoire des décisions judiciaires. les sommes dont le débiteur est redevable au titre des créances fiscales. 3°) les sommes dues aux travailleurs et apprentis pour exécution et résiliation de leur contrat durant la dernière année ayant précédé le décès du débiteur.Le classement des créanciers en matière mobilière Les deniers provenant de la réalisation d’un bien meuble sont distribués entre les créanciers selon l’ordre établi par l’article 149 de l’AUS. Par. ni les autres créanciers à l’admettre à cette distribution (mais rien n’interdit que le débiteur et les créanciers détenteurs d’un titre exécutoire acceptent.

5°) aux créanciers garantis par un nantissement ou un privilège soumis à publicité. En cas d'insuffisance de deniers pour désintéresser les créanciers désignés aux 1°).« Les deniers provenant de la réalisation des meubles sont distribués dans l'ordre suivant : 1°) aux créanciers des frais de justice engagés pour parvenir à la réalisation du bien vendu et à la distribution elle-même du prix .Deuxième rang : la créance privilégiée du conservateur Le privilège du conservateur est institué en faveur de celui qui a exposé des M. 2°). 6°). chacun selon le rang de son inscription au Registre du commerce et du crédit mobilier .Premier rang : les créanciers des frais de justice Les règles applicables à la distribution des deniers provenant de la réalisation d’un immeuble (voir supra) valent pour la distribution des deniers provenant de la réalisation d’un meuble. ceux-ci concourent à la distribution dans la proportion de leurs créances totales. 4°) aux créanciers garantis par un gage selon la date de constitution du gage . Le droit de préférence accordé pour les frais de justice relatifs à un meuble constitue un privilège mobilier spécial non soumis à publicité. car les frais sont de même nature. 6°) aux créanciers munis d'un privilège spécial. 2°) aux créanciers de frais engagés pour la conservation du bien du débiteur dans l'intérêt des créanciers dont le titre est antérieur en date . la préférence est donnée au premier saisissant . A. 3°) aux créanciers de salaires superprivilégiés . On applique aux créanciers la règle du marc le franc en cas d’insuffisance du prix. 7°) et 8°) du présent article venant à rang égal. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 0 1 . en cas de conflit entre créances assorties d'un privilège spécial sur le même meuble. au marc le franc ». 7°) aux créanciers munis d'un privilège général non soumis à publicité selon l'ordre établi par l'article 107 ci-dessus . 8°) aux créanciers chirographaires munis d'un titre exécutoire lorsqu'ils sont intervenus par voie de saisie ou d'opposition à la procédure de distribution. 3°). chacun suivant le meuble sur lequel porte le privilège . B.

frais ou fourni des prestations pour éviter la disparition d’une chose ou sauvegarder l’usage auquel elle est destinée (art. 116 de l’AUS). Le conservateur n’est servi qu’avant les créanciers (chirographaires ou munis de sûretés) dont le titre est antérieur au sien et dont il a ainsi préservé l’intérêt, c’est-à-dire ceux dont il a sauvé un élément de leur gage général ou spécial. C- Troisième rang : les créanciers de salaires superprivilégiés Les règles prévues en matière immobilière pour les créances de salaires superprivilégiés s’appliquent en matière mobilière (voir supra). D- Quatrième rang : les créanciers gagistes En cas de pluralité de gages sur le même meuble, les créanciers gagistes sont payés dans l’ordre de constitution de leurs gages respectifs. Pour déterminer la date de constitution d’un gage, il faut se référer à celle de l’enregistrement de l’écrit constitutif de cette sûreté parce que c’est cette formalité qui rend le gage opposable aux tiers. En cas de constitution successive sur un même meuble d’un gage et d’un nantissement, le gage doit primer le nantissement (art. 149-4° de l’AUS), d’autant plus que, étant détenteur du bien, le créancier gagiste peut opposer à tous autres créanciers ou titulaires postérieurs de droits réels sur la chose son droit de rétention, sauf à ces derniers d’invoquer la fraude ou la mauvaise foi du créancier gagiste qui corrompt son titre (art. 47, al 1er, de l’AUS lu a contrario). E- Cinquième rang : les créanciers inscrits au RCCM Les créanciers visés sont ceux qui sont nantis et ceux qui sont titulaires d’un privilège général soumis à publicité, chacun selon son rang déterminé par la date de son inscription au RCCM. Il s’agit d’une part, des nantissements sans dépossession sur les valeurs mobilières, le fonds de commerce, les matériels et outillages, les véhicules automobiles soumis à autorisation pour circuler, les stocks de matières premières et marchandises et, d’autre part, des créances fiscales, douanières et de sécurité sociale soumises à publicité (art. 108 de l’AUS). F- Sixième rang : les créanciers titulaires de privilèges mobiliers spéciaux Il s’agit des privilèges mobiliers spéciaux prévus par les articles 109 à 116 de l’AUS, c’est-à-dire :

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le privilège du vendeur de meuble (art. 110), le privilège du bailleur d’immeuble (art. 111), le privilège du transporteur terrestre (art. 112), le privilège du travailleur d’un exécutant d’ouvrage à domicile (art. 113), le privilège des travailleurs et fournisseurs des entreprises de travaux (art. 114),  le privilège du commissionnaire (art. 115),  le privilège du conservateur (art. 116). En cas de saisie ou d’opposition sur le même meuble par plusieurs créanciers titulaires d’un privilège spécial (vendeur, commissionnaire, transporteur, etc.), la préférence est donnée au premier saisissant (puis au deuxième et ainsi de suite) ou au premier opposant au paiement du prix auprès de l’assurance (puis au deuxième et ainsi de suite). Il est possible qu’une loi nationale consacre d’autres privilèges mobiliers spéciaux et, s’il y a lieu, les règles seront les mêmes.      G- Septième rang : les créanciers titulaires d’un privilège général non soumis à publicité Les créanciers placés à ce rang sont soumis aux mêmes règles, en tous points, que celles prévues pour eux en matière immobilière (voir supra). H- Huitième rang : les créanciers chirographaires Les créanciers chirographaires ne participent à la distribution en matière mobilière qu’à condition d’avoir un titre exécutoire et de participer à la procédure de distribution par le moyen d’une saisie ou d’une opposition. En cas d’insuffisance de deniers pour les désintéresser tous, il est procédé à une distribution entre eux au marc le franc. Section 2- La procédure de distribution des deniers provenant de la réalisation des biens du débiteur Conformément au renvoi opéré par l’article 147 de l’AUS, la procédure de distribution du prix sur saisie est organisée par les articles 324 et suivants de l’AUVE. A priori, cette procédure semble toujours attachée à une réalisation forcée judiciaire, mais, en réalité, elle doit être considérée comme la procédure de distribution de droit commun applicable après toute procédure de réalisation d’un bien du débiteur (vente amiable ; distribution de deniers par le syndic en cas d’ouverture d’une procédure d’apurement du passif ; licitation des biens d’une succession ou d’une communauté entre époux ou d’une indivision ; liquidation d’une société…).

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Cette précision faite, la loi uniforme opère une distinction selon que les deniers provenant du prix de la réalisation doivent être remis à un seul créancier ou distribués entre plusieurs créanciers. Sous-section 1- Dans l’hypothèse plutôt simple d’un créancier unique Paiement du créancier. En présence d’un créancier unique, le produit de la vente du bien réalisé lui est remis jusqu’à concurrence de ce qui lui est dû en principal, intérêts et frais dans un délai de quinze jours. Versement du solde du produit de la vente au propriétaire du bien réalisé. Dans le même délai, le solde est versé au débiteur ou, plus exactement, au propriétaire de la chose vendue qui peut ne pas être le débiteur principal (par exemple une « caution réelle »). Intérêts légaux dus à l’accipiens en cas de retard dans le paiement ou le versement. Au-delà du délai de quinze jours, les sommes dues au créancier et au propriétaire de la chose produisent intérêt au taux d’intérêt légal. Sous-section 2- Dans l’hypothèse plus complexe d’une pluralité de créanciers Deux hypothèses doivent être distinguées : d’une part, la distribution conventionnelle le cas échéant et, d’autre part, la distribution judiciaire. Par. 1- La distribution conventionnelle A- L’accord sur la procédure de distribution Consentement unanime. Qu’il s’agisse d’un bien immobilier ou mobilier, les créanciers intéressés par la distribution tels que désignés par les articles 148 et 149 de l’AUS peuvent s’entendre, unanimement, sur une répartition conventionnelle du prix de la vente. Forme. Si un accord est trouvé entre les créanciers saisissants ou opposants, ils adressent leur convention sous seing privé ou sous forme authentique au greffe (si le juge est saisi de la procédure de distribution) ou à l’auxiliaire de justice qui détient les fonds (au sens large puisqu’il s’agit de toute personne qui détient légitimement les fonds : séquestre, syndic, commissaire-priseur…). Paiement et versements. Dans le délai de quinze jours suivant la réception de l’accord, le règlement des créanciers doit être effectué et le solde est remis, le

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cas échéant, au débiteur ou, plus précisément, au propriétaire du bien vendu. A l’expiration de ce délai, les sommes qui sont dues produisent intérêt au taux légal. B- L’accord incident sur l’ordre de distribution Les articles 148 et 149 de l’AUS n’étant pas d’ordre public (à l’exception du Code du travail et des textes particuliers qui instituent les privilèges des salariés), les créanciers d’accord peuvent, valablement, déroger à l’ordre de distribution établi par ces textes. Ainsi, dès lors que son consentement n’a été donné par erreur, extorqué par violence ou surpris par dol (selon l’expression du Code civil français), tout créancier (sauf les salariés) peut parfaitement renoncer à tout ou partie de sa créance ou de sa sûreté. Par. 2- La distribution judiciaire Succédané en cas de désaccord des créanciers. Si, dans le délai d’un mois suivant le versement du prix de la vente par l’adjudicataire ou la personne qui s’est portée acquéreur du bien, les créanciers n’ont pu parvenir à un accord unanime, le plus diligent d’entre eux saisit le président de la juridiction du lieu de la vente (ou son délégué) pour faire statuer sur la distribution du prix. Déroulement de la procédure. En reproduisant les dispositions de l’article 330 de l’AUVE, l’acte de saisine indique la date de l’audience et fait sommation aux créanciers de produire (c’est-à-dire d’indiquer ce qui leur est dû, d’indiquer le rang auquel ils entendent être colloqués et de communiquer toutes pièces justificatives). L’acte est également communiqué au saisi. Dans les vingt jours qui suivent la sommation qui leur est faite, chaque créancier doit produire au greffe de la juridiction compétente sous peine de déchéance. Des dires peuvent être déposés, au plus tard, cinq jours avant l’audience et communiqués aux autres parties. Au vu des productions, dires et explications des parties, le juge saisi procède à la répartition du produit de la vente. Il ne peut remettre la répartition à plus tard que pour des causes graves dûment justifiées en fixant le jour de la nouvelle audience. Le cas échéant, cette décision n’est susceptible d’aucun recours. Ordre légal de distribution. Le juge ne peut procéder à la répartition qu’en se conformant aux dispositions des articles 148 et 149 de l’AUS. Appel possible au-delà d’un certain seuil. La décision du juge est susceptible

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le juge modifie l’état de collocation (détermination judiciaire du rang des créanciers) suivant les résultats de l’adjudication. l’adjudication ou la folle enchère175 intervient. a pour objet de revendre le bien aux enchères. Si une répartition des deniers a déjà été faite. provoquée par la folle enchère (enchère formée par une personne qui. devenue adjudicataire. Ce seuil doit s’apprécier eu égard à la loi nationale du juge saisi. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 0 6 . 175 La procédure de folle enchère est celle qui. Si au cours de la procédure de répartition ou même en cas de jugement définitif (c’est-à-dire sur le fond). M.d’appel si le montant de la somme contestée est supérieur au taux des décisions judiciaires rendues en dernier ressort. Effets de la survenance d’une adjudication ou d’une folle enchère au cours de la procédure. de même d’ailleurs que la forme et le délai de l’appel puisque l’article 333 de l’AUVE est muet à ce propos. les créanciers ayant trop perçu doivent restituer ce surplus. n’exécute pas ses obligations).

THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 0 7 . Droit des sûretés. Litec. la publicité foncière. Bruylant. Defrénois. ISSA-SAYEGH J.BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE AYNÈS L. 2002. M. 14e édition. 2002. et CROCQ P. Les sûretés. publicité foncière. édition 2004. JOBARD-BACHELLIER M. Sûretés. 5e édition. Droit civil. et MOULY Ch... Droit civil. Dalloz.. 1999.-N. et alii. CABRILLAC M. Juriscope OHADA Sûretés.

TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION ...................................................................................................................... 2 I- Sources du droit des sûretés ............................................................................................... 2 II- Domaine d’application de l’AUS ...................................................................................... 5 A- Domaine d’application rationae materiae (matériel) : à quoi ? ......................................... 5 B- Domaine d’application rationae loci (dans l’espace) : où ? ............................................. 6 C- Domaine d’application rationae temporis (dans le temps) : quand ? ................................ 6 III- Objet général et philosophie du système ........................................................................ 7 IV- Notion de sûreté .............................................................................................................. 8 V- Classification des sûretés .................................................................................................. 9 TITRE I- LES SÛRETÉS PERSONNELLES ......................................................................... 11 CHAPITRE I- LE CAUTIONNEMENT ................................................................................. 12 Section 1- La formation du cautionnement ........................................................................ 13 Par. 1- La qualification contractuelle et les caractères du cautionnement ........................... 13 A- La nature contractuelle du cautionnement ...................................................................... 13 1°) L’exclusivité de la qualification contractuelle ............................................................... 13 2°) Les parties au cautionnement : caution et créancier cautionné exclusivement ............. 14 B- Les caractères du cautionnement .................................................................................... 15 1°) Caractère neutre dans les rapports caution/créancier cautionné ..................................... 15 2°) Caractère gratuit ou onéreux dans les rapports caution/débiteur principal .................... 15 3°) Caractère civil ou commercial ........................................................................................ 15 4°) Caractère toujours accessoire mais pas nécessairement subsidiaire ............................. 16 5°) Caractère unilatéral......................................................................................................... 17 6°) Caractère consensuel tempéré ........................................................................................ 18 Par. 2- La conditions de formation proprement dite du cautionnement .............................. 20 A- Les conditions relatives à la personne de la caution ....................................................... 20 1°) Les exigences en matière de capacité et de pouvoir ....................................................... 20 a) Relative simplicité lorsque la caution engage directement son propre patrimoine .......... 20 b) Complications lorsque c’est l’administrateur du patrimoine d’autrui qui engage celui-ci par un cautionnement (cas de la société caution) ................................................................ 20 2°) Les exigences relatives au domicile ou à l’élection de domicile de la caution .............. 23 3°) Les exigences relatives à la solvabilité de la caution ..................................................... 24 B- Les conditions relatives à l’obligation cautionnée .......................................................... 25 1°) L’exigence relative d’une obligation principale valablement constituée ...................... 25 2°) L’indifférence de la nature particulière de l’obligation principale valablement constituée .............................................................................................................................................. 25 3°) L’étendue de l’obligation cautionnée ............................................................................. 26 a) Règles ordinaires .............................................................................................................. 26 b) Hypothèse particulière du cautionnement général dit « omnibus » ................................. 27 Section 2- Les modalités du cautionnement ......................................................................... 28 Par. 1- Cautionnement simple et cautionnement solidaire ................................................... 28 A- Le principe : le cautionnement solidaire ........................................................................ 28 1°) Le cautionnement solidaire entre le débiteur principal et la ou les cautions (elles-mêmes solidaires entre elles) ............................................................................................................ 29 a) Effets principaux .............................................................................................................. 29 b) Effets secondaires ........................................................................................................... 30 2°) Le cautionnement solidaire entre les seules cautions ..................................................... 30

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3°) Le cautionnement solidaire entre, d’une part, le débiteur et, d’autre part, chacune des cautions (mais non entre les cautions).................................................................................. 30 B- L’exception légale ou conventionnelle : le cautionnement simple ................................. 31 1°) Le bénéfice de discussion de la caution ou moyen de retarder son paiement ................ 31 2°) Le bénéfice de division de la caution ou moyen d’alléger son obligation ..................... 32 Par. 2- Caution unique et pluralité de cautions lato sensu ................................................... 33 A- Pluralité de cautions de rang différent : certification de caution ................................... 33 B- La pluralité de cautions de même rang : les cofidéjusseurs ............................................ 33 Par. 3- Le « cautionnement réel » comme résultat de la contraction d’une sûreté personnelle et d’une sûreté réelle ........................................................................................................... 34 Section 3- Les effets du cautionnement .............................................................................. 34 Par. 1- La poursuite de la caution ......................................................................................... 34 A- L’appel en garantie de la caution in bonis ...................................................................... 34 1°) Les conditions préalables communes à tous les cautionnements ................................... 35 a) L’exigibilité de la dette principale ................................................................................... 35 b) La défaillance du débiteur principal ................................................................................ 36 2°) Les conditions spécifiques au cautionnement solidaire (renvoi).................................... 37 B- La poursuite de la caution en état de cessation des paiements ........................................ 37 Par. 2- Les moyens de défense et recours de la caution poursuivie ..................................... 38 A- Les moyens de défense contre le créancier ..................................................................... 38 1°) L’opposition au créancier des exceptions inhérentes à la dette principale..................... 38 2°) L’invocation contre le créancier de l’absence de bénéfice de cession d’actions ou de subrogation ........................................................................................................................... 38 B- Les recours de la caution ................................................................................................ 39 1°) Les recours de la caution contre le débiteur principal .................................................... 39 a) Le principe : recours « curatifs » après paiement ............................................................ 39 b) L’exception : recours « préventif » avant paiement......................................................... 42 2°) Les recours de la caution contre les cofidéjusseurs ........................................................ 43 a) Objet du recours ............................................................................................................... 43 b) Conditions du recours ...................................................................................................... 44 Section 4- L’extinction du cautionnement ........................................................................... 45 Par. 1- Les causes d’extinction par voie accessoire (en même temps que l’obligation principale) ............................................................................................................................ 45 A- L’extinction par paiement volontaire ou direct de l’obligation principale .................... 45 B- L’extinction par paiement indirect de l’obligation principale ......................................... 46 1°) La dation en paiement .................................................................................................... 46 2°) La novation de l’obligation principale et la modification des modalités ou sûretés dont elle était assortie ................................................................................................................... 47 a) La novation de l’obligation principale ............................................................................ 47 b) La modification des modalités ou sûretés dont l’obligation principale était assortie ...... 48 3°) La compensation............................................................................................................. 48 C- L’extinction sans paiement de l’obligation principale .................................................... 49 1°) La remise de dette consentie au débiteur principal par le créancier ............................... 49 2°) La confusion ................................................................................................................... 49 3°) La « faillite » du débiteur principal ................................................................................ 50 4°) La prescription libératoire .............................................................................................. 50 Par. 2- Les causes d’extinction directe ou par voie principale (l’obligation principale subsistant) ............................................................................................................................ 51 § 1- Les causes d’extinction de droit commun ..................................................................... 51 A- Causes d’extinction de l’obligation de règlement ........................................................... 51

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1°) La compensation............................................................................................................. 52 a) Effets à l’égard du débiteur principal .............................................................................. 52 b) Effets à l’égard des cofidéjusseurs solidaires .................................................................. 52 2°) La remise de dette........................................................................................................... 52 a) Effets à l’égard du débiteur principal .............................................................................. 52 b) Effets à l’égard des cofidéjusseurs ................................................................................... 53 3°) La confusion ................................................................................................................... 53 a) Effets à l’égard du débiteur principal ............................................................................. 53 b) Effets à l’égard des cofidéjusseurs .................................................................................. 53 B- Extinction de l’obligation de couverture dans le cautionnement de dettes futures ......... 54 1°) Sens et causes d’extinction de l’obligation de couverture ............................................. 54 2°) Effets de l’extinction de l’obligation de couverture : maintien, pour le passé, de l’obligation de règlement .................................................................................................... 54 § 2- La cause d’extinction propre au cautionnement : la faute du créancier ....................... 55 CHAPITRE II- LA LETTRE DE GARANTIE ....................................................................... 56 Section 1- La nature juridique de la lettre de garantie ou de contregarantie ........................ 57 Par. 1- Qualification générique indiscutée : une convention ............................................... 57 Par. 2- Qualification spéciale controversée : un contrat sui generis ................................... 58 Section 2- Les traits caractéristiques de la lettre de garantie (ou de contregarantie) ........... 59 Par. 1- L’autonomie de la garantie et l’inopposabilité subséquente des exceptions ............ 59 A- L’autonomie de l’objet de la garantie ............................................................................. 59 B- L’inopposabilité absolue des exceptions ......................................................................... 60 Par. 2- L’incessibilité supplétive du droit à la garantie ........................................................ 60 Par. 3- L’irrévocabilité supplétive de la garantie (ou de contregarantie) ............................. 61 Section 3- Les règles de formation de la lettre de garantie (ou de contregarantie) .............. 61 A- Les conditions de fond .................................................................................................... 61 1°) Existence et intégrité du consentement du garant .......................................................... 61 2°) Cause de l’engagement du garant ................................................................................... 62 3°) Objet de l’engagement du garant : payer une somme déterminée au bénéficiaire, sur première demande de la part de ce dernier .......................................................................... 62 4°) Capacité (qualité) spéciale du garant : une personne morale nécessairement et exclusivement ....................................................................................................................... 62 B- Les conditions de forme .................................................................................................. 63 Section 4- Les effets de la lettre de garantie ...................................................................... 63 Par. 1- L’appel en garantie du bénéficiaire .......................................................................... 64 A- Les conditions de l’appel en garantie .............................................................................. 64 1°) La justification de l’appel ............................................................................................... 64 2°) L’obligation du garant (ou du contregarant) de vérifier la conformité de la demande .. 65 3°) Les obligations d’information du garant sur l’appel en garantie.................................... 65 B- Les suites de l’appel en garantie ..................................................................................... 66 1°) Le paiement .................................................................................................................... 66 2°) Le refus de paiement ...................................................................................................... 66 Par. 2- Les recours ................................................................................................................ 67 A- Les recours du garant (ou du contregarant) .................................................................... 67 B- Les recours éventuels du donneur d’ordre ...................................................................... 68 C- Les recours éventuels du créancier bénéficiaire .............................................................. 68 Section 5- L’extinction de la lettre de garantie .................................................................... 68 TITRE II- LES SÛRETÉS (RÉELLES) MOBILIÈRES ......................................................... 70 SOUS-TITRE I- LES SÛRETÉS RÉELLES MOBILIÈRES AVEC DÉPOSSESSION ........ 71 CHAPITRE I- LE DROIT DE RÉTENTION .......................................................................... 72

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Section 1- Les conditions de mise en œuvre du droit de rétention ...................................... 72 Par. 1- Les conditions relatives à la détention de la chose du débiteur ................................ 72 A- Les conditions relatives à la chose .................................................................................. 72 1°) Une chose mobilière corporelle (ou, exceptionnellement, incorporelle) ....................... 72 2°) Une chose dans le commerce juridique .......................................................................... 72 3°) Une chose « du » débiteur .............................................................................................. 73 B- Les conditions relatives à la détention de la chose.......................................................... 73 1°) Une détention réelle........................................................................................................ 73 2°) Une détention légitime ................................................................................................... 74 Par. 2- Les conditions relatives à la créance sur le débiteur ................................................ 74 A- Une créance certaine, liquide et exigible ........................................................................ 74 B- Une connexité entre la naissance de la créance et la détention de la chose .................... 74 Par. 3- Les conditions relatives à la rétention de la chose du débiteur ................................ 75 A- Une rétention indépendante de toute sûreté ................................................................... 75 B- Une rétention exercée avant toute saisie ......................................................................... 75 Section 2- Les effets du droit de rétention ........................................................................... 76 Par. 1- Les effets avant paiement ......................................................................................... 76 A- Vis-à-vis du créancier rétenteur ...................................................................................... 76 B- Vis-à-vis du débiteur ...................................................................................................... 76 1°) Les conditions de mise en œuvre de la faculté de substitution ...................................... 77 2°) Les conséquences de la mise en œuvre de la faculté de substitution ............................. 78 Par. 2- Les effets en cas de non-paiement ............................................................................ 78 Section 3- Extinction du droit de rétention .......................................................................... 79 CHAPITRE II- LE GAGE (« NANTISSEMENT » MOBILIER AVEC DÉPOSSESSION) . 80 Section 1- La constitution du gage ....................................................................................... 80 Par. 1- Les conditions de fond .............................................................................................. 80 A- Les conditions tenant aux parties .................................................................................... 81 1°) Le constituant ................................................................................................................. 81 2°) Le créancier gagiste ........................................................................................................ 82 B- Conditions relatives aux éléments matériels du gage...................................................... 82 1°) Les conditions tenant à la créance garantie .................................................................... 82 2°) L’assiette ou objet du gage : des meubles exclusivement ............................................. 83 Par. 2- Les conditions de forme ........................................................................................... 84 A- Le régime général............................................................................................................ 84 1°) Le formalisme intrinsèque : la rédaction d’un acte écrit ................................................ 84 a) Le principe ....................................................................................................................... 84 b) Les dérogations au principe : la liberté de la preuve en raison du montant de l’obligation85 2°) Le formalisme extrinsèque : l’enregistrement de l’acte ................................................. 85 3°) Le caractère réel du contrat : le rôle essentiel de la remise de la chose ......................... 85 B- Les régimes spécifiques aux meubles incorporels .......................................................... 87 1°) Le gage de titres de créances .......................................................................................... 87 a) L’écrit et la remise du titre .............................................................................................. 87 b) La signification du gage au débiteur transféré ................................................................. 88 2°) Les autres types de gage ................................................................................................. 89 a) Le gage de valeurs mobilières .......................................................................................... 89 b) Les gages soumis à des statuts spéciaux .......................................................................... 92 Section 2- Les effets du gage ............................................................................................... 92 Par. 1- Les obligations passives du créancier gagiste .......................................................... 92 A- L’obligation de conservation .......................................................................................... 92 B- L’obligation de restitution en cas de paiement total ....................................................... 93

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............................ 110 Section 1.......................................... 1... 2................. 111 Sous-section 1................Les conditions de fond : l’assiette du nantissement ....................... 96 a) La procédure de vente forcée .................................................................LE NANTISSEMENT DES DROITS D’ASSOCIÉ ET DES VALEURS MOBILIÈRES .............................................. 1............................................................................................ 2......... 102 Par...... 112 b) L’enseigne commerciale ........................................... 94 2°) Le droit de suite en cas de dessaisissement involontaire................................... 115 b) Les marques de fabrique et de commerce ................................. 106 Section 2..... 2.......... 115 a) Les brevets d’invention .... 103 A......................... 106 Par.................... 106 A...................... 105 2°) La notification du nantissement à la personne morale émettrice .................................................................... 108 CHAPITRE II............................................................. 104 B......................................................................................................................Rappels généraux .... 110 Section préliminaire.............Par....................................................................................................... 102 Par.................. 104 b) L’inscription modificative ............................................................................................ 99 Par.................................. 104 a) L’inscription initiale ..................................................................... 100 Par............................................................................................................ 96 b) Les effets de la vente...................................LE NANTISSEMENT DU FONDS DE COMMERCE ET LE PRIVILÈGE DU VENDEUR DE FONDS DE COMMERCE .............. 103 1°) Le nantissement conventionnel ......................... 95 B..Le droit de préférence ............. 111 A... 115 c) Les dessins et modèles .................................... 113 c) Le nom commercial............................................................................. 104 1°) L’inscription au RCCM ...................................................................... 116 e) Le matériel .................... 111 a) La clientèle ............................................................ 114 2°) Les éléments susceptibles d’être compris dans l’assiette du nantissement : faculté .................................... 98 2°) L’attribution de l’objet du gage en propriété.............................. 108 Par...................................................................................Les conditions de forme .....................L’extinction par la voie principale...................................................................... 106 B.L’extinction du gage ...........La constitution du nantissement ...............................Constitution du nantissement ................................................................................................. 116 d) Les « autres droits de la propriété intellectuelle » ....... 102 Section 1.................................... 114 e) Les licences d’exploitation (et autorisations administratives) .............................................................Antérieurement à l’exigibilité de la créance garantie : les droits de rétention et de suite94 1°) Le droit de rétention ............................................................................................Le droit d’exécution ou vente forcée des titres ...........................................LES SÛRETÉS RÉELLES MOBILIÈRES SANS DÉPOSSESSION DU DÉBITEUR : LES NANTISSEMENTS .......................................................................A l’arrivée du terme de la créance garantie : les modes d’exercice du droit de préférence96 1°) Le droit d’exécution ou vente forcée de l’objet du gage ........................................................Les règles de constitution.................................................................................L’attribution en propriété droits sociaux ou valeurs mobilières .............Les conditions propres à chaque type de nantissement................................ 99 Section 3.................................................................... 1..................... 103 2°) Le nantissement judiciaire ................ 111 1°) Les éléments compris de plein droit dans l’assiette du nantissement : obligation ................................................Les prérogatives attachées au droit réel du créancier gagiste .................Les effets du nantissement ........................................ 117 M........................................................................................................... 101 CHAPITRE I..... 100 SOUS-TITRE II .................................................................... THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 1 2 ............................................................................................................................................................................................................ 94 A..............................................Les conditions communes aux deux types de nantissement ..Le droit de suite et de réalisation ................................................................................................................................. 2..........................Les conditions de fond .............................................................L’extinction par voie accessoire .. 114 d) Le droit au bail (des locaux affectés au commerce) .........................................

................ 131 Par.......................................................................LE NANTISSEMENT DES STOCKS DE MATIÉRES PREMIÈRES ET DE MARCHANDISES ............................................... 122 Sous-section 1....................... 1. 130 Par.................... 132 A...Les conditions de fond .........Les conditions de forme ou formalités de constitution ......................................................................Les formalités communes au nantissement du fonds de commerce et au privilège du vendeur ...........................................................................................L’inscription modificative en cas de survenance postérieure de certains événements126 A.....L’inscription au RCCM ............................................................................................................................ 139 CHAPITRE IV.................. 136 A...................................................................................... 127 Par................................................................................................................... 142 M..................L’inscription spéciale à un registre particulier tenu par l’OAPI ..............Le droit d’exécution ou vente forcée du fonds de commerce .................Le droit à l’information du créancier inscrit sur la situation du fonds de commerce ............................. 141 Section 1...................................................... 131 B.............................................................................. 2. 135 Section 1.........................................................................Les règles de constitution du nantissement ................................................ THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 1 3 ....................................... 141 B........................................................................ 2..................Le droit de surenchère ....... 2... 136 1°) L’inscription initiale au RCCM............Le formalisme extrinsèque ........................................... 135 B............ 127 Section 3....................Les conditions d’existence du privilège ........L’assiette du privilège ..... 3.................................................................................... 125 Par.... 118 2°) Le nantissement judiciaire .......................................... 135 Par.......... 122 Par........................................................................................................................Les autres prérogatives ou garanties ....... 135 A...................L’attribution en propriété du fonds de commerce .............................................................................................. 129 A............................................................ 118 b) L’interdiction implicite ou indirecte : les marchandises ? ...... 122 Sous-section 2................3°) Les éléments insusceptibles d’être compris dans l’assiette du nantissement : interdiction118 a) L’interdiction expresse : les droits réels immobiliers .....................................Les conditions de forme ................ 136 B.........Les effets de la surenchère ................................................Les formalités propres au privilège du vendeur .................. 120 Sous-section 2........Les effets du nantissement et du privilège : les droits du créancier inscrit............... 141 Par.........................Le droit de préférence ......... 132 B..................................................................................Les véhicules automobiles ........ 141 A...................Le droit de suite et de réalisation .................................................................................Les conditions de fond ..................................... 131 A......... 2...........L’action résolutoire du vendeur impayé .......................................................... 136 2°) L’inscription modificative en cas de survenance postérieure de certains événements 139 Section 2............. 129 B.........................Les conditions de la surenchère .....Les formalités intrinsèques : l’exigence d’un écrit et de mentions obligatoires .......................Le formalisme intrinsèque : écrit et mentions obligatoires ............. 2........................................................................ 135 Par................................................................................Le matériel professionnel ............................... 122 A........... 118 1°) Le nantissement conventionnel .... 1..................................................En cas de radiation de la sûreté ...... 141 Par............ 121 Par..................... 1............................. 1........................ 133 CHAPITRE III – LE NANTISSEMENT DU MATÉRIEL PROFESSIONNEL ET DES VÉHICULES AUTOMOBILES ..........................Les règles ou formalités de publicité .Les règles de constitution du nantissement ..........Les formalités de constitution du nantissement ....................................................L’inscription initiale ........ 142 1°) L’inscription initiale au RCCM..............................................Les effets du nantissement ................... 1. 126 B..................... 5..................................... 120 Par...... 128 Par........................................ 123 B........................... 118 B...................................... 121 Section 2...............................................La constitution du privilège du vendeur de fonds de commerce ...En cas de modification de la sûreté ................................................................................................Le formalisme extrinsèque .................

... 2........ 160 4°) Hypothèque consentie par un tiers : oui ................................................................ 163 Sous-section 2..... 161 C........................ 163 4°) Seuls les immeubles présents ........................................................................................................................................ 163 Par.................................................................... 1...... 159 2°) Hypothèque consentie par un propriétaire conditionnel : oui mais… .......... 144 Par.................. 165 Section 2.................................. 2......... 164 Par... 3........................................................... 148 Section 1...............................Les effets du nantissement .....................................................................................................................................Le privilège des frais de dernière maladie ... 2.................Le privilège des sommes dues aux auteurs d’œuvres intellectuelles.... 144 Section 2.................. 159 Par........... 148 Section préliminaire.............Deuxième condition : que le constituant ait la capacité d’aliéner ............................................................................................................................................................................ 163 5°) Seuls les immeubles déterminés : la spécialité de l’assiette ................. THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 1 4 .............................. 167 2°) A l’échéance de la dette.............................Généralités ... 160 3°) Hypothèque d’un immeuble indivis : oui mais… .............Les effets dans les rapports entre créancier hypothécaire et constituant .......... 2..... 153 Par............Avant l’échéance : obligations passives et actives du débiteur émetteur ..............................Le formalisme intrinsèque : l’acte écrit requis pour la validité du contrat ......................... 167 M....... 159 Sous-section 1........ 5.....................Les effets de la publicité . 151 Par..........................................Effets à l’égard du constituant : ses droits sur l’immeuble hypothéqué ............ douanières et de la sécurité sociale pas au-delà d’un seuil légal déterminé ...... 149 Par............................................... 1.....................................2°) L’inscription modificative .....Le privilège des fournitures de subsistance faites au débiteur ...... 152 Section 2................... 153 Par.............................Le caractère accessoire de l’hypothèque ................................Les privilèges soumis à publicité ......... 157 CHAPITRE 1.Les effets de l’hypothèque ............................................................ littéraires et artistiques ...................... 155 TITRE III........................................ 161 B............. 150 Par....... 144 SOUS-TITRE III............. 166 Par...... 159 A.................................................................................................................................................................................. 1.........LES SÛRETÉS RÉELLES IMMOBILIÈRES : LES HYPOTHÈQUES ... 4......................... 162 3°) Seuls les immeubles par nature ............. 154 CHAPITRE II.................................................................................................................... 166 A... 150 Par....................................................................................... 159 1°) Hypothèque de la chose d’autrui : non .......................................................................................Les formalités de publicité .........Les privilèges généraux non soumis à publicité ............................................................. 164 Par........................................ 1......Première condition : que le constituant (débiteur ou un tiers) soit propriétaire de l’immeuble hypothéqué ............................................ 6................................................................................... 162 2°) Seuls les immeubles immatriculés .................... 2..........Les règles de constitution.....................Les conditions de forme ........................................................Le formalisme extrinsèque : l’inscription obligatoire requise pour l’opposabilité des droits nés du contrat ................. 167 1°) Avant l’échéance de la dette .....LES PRIVILÈGES GÉNÉRAUX .................................. 159 Section 1...................................................................L’HYPOTHÈQUE CONVENTIONNELLE ................................ 144 Par..Troisième condition : que le bien du constituant puisse être l’objet d’une hypothèque 161 1°) Seuls les droits réels portant sur des biens immobiliers dans le commerce et susceptibles d’être aliénés isolément ......................................................A l’échéance ....Le privilège des sommes dues aux travailleurs et apprentis .....................Le privilège des créances fiscales. 149 Par........LES PRIVILÈGES ............................Les conditions relatives aux parties et aux biens hypothécables .......................Le privilège des frais funéraires .............. 1............................. 151 Par.. 1...................................LES PRIVILÈGES MOBILIERS SPÉCIAUX .................................................................................................... 146 CHAPITRE I.....................................................Les conditions de fond................................

....................................................................................................................................................................................................... 179 Par.................................. 178 Par..................................La radiation volontaire ............................................L’annulation de la radiation : rétablissement de l’inscription .........................La péremption des inscriptions .......................................... 177 Section 1.....L’hypothèque légale de la masse des créanciers du débiteur sous le coup d’une procédure collective ..................................... 181 1°) Compétence juridictionnelle rationae materiae et rationae loci ....... 3... de l’échangiste et du copartageant 179 Par................ 188 Par............................................ 175 B.......................................Le droit de suite du créancier hypothécaire .......Le sort de l’hypothèque en tant que droit indivisible .............L’hypothèque légale du vendeur d’immeuble......................................La radiation des inscriptions hypothécaires ........................................................................... 185 B................. 180 A..................................Les conditions de fond ................................................................... 185 A.................................................................................... 179 Section 2......Le sort de l’hypothèque conventionnelle ....................................................................................................... 190 M................. 3................ 167 Par................... THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 1 5 ........Le sort de l’hypothèque en tant qu’accessoire de la créance ................................................................. 171 2°) L’exercice du droit de suite ...........Indivisibilité de l’hypothèque et division du bien hypothéqué .... 180 B......La purge de l’hypothèque conventionnelle ...... 175 A...................................................................................................................... 189 .................Les effets dans les rapports entre créancier(s) hypothécaire(s) et autres créanciers : le droit de préférence .........................................A l’issue de l’instance au fond .................................Indivisibilité de l’hypothèque et division de la dette ................... 184 Par.......................... 181 2°) Contenu de l’ordonnance autorisant l’hypothèque forcée ...................................Les effets dans les rapports entre créancier hypothécaire et tiers détenteur : le droit de suite..........Indivisibilité de l’hypothèque et division de la créance .............L’EXTINCTION DES HYPOTHÈQUES .......................................... 186 CHAPITRE III....................................... 178 Par.....................................Les hypothèques forcées judiciaires ...........LES HYPOTHÈQUES FORCÉES .............. Extinction de l’hypothèque par voie principale ................................................................................. 171 1°) Les conditions et les moyens de défense ..................Effets à l’égard du créancier hypothécaire : ses pouvoirs sur l’immeuble hypothéqué : le droit de saisie ............................................................................ 182 4°) Caractère exécutoire de l’ordonnance ...........Les hypothèques forcées légales ............. 1........................................................................................... 175 C... 183 a) Mainlevée ou réduction de l’hypothèque ..... 183 b) Cantonnement de l’hypothèque ................... 1............. 2..... 187 Section 1............ 188 Par............................ 185 Section 3.... 4......................... 3............ 174 Par........... 1... 2............................................ 2......Le sort de l’hypothèque forcée (renvoi) ........... 182 3°) Rétractation de l’ordonnance en guise de sanction ...........................La procédure d’autorisation judiciaire ......................................................................................... 175 Par............... 3............................................................................ 173 Section 3................................................................................................... 176 Par............ 176 CHAPITRE 2............................................................................................. 189 Par........................................................Les effets de l’hypothèque judiciaire conservatoire ................. 187 Section 2................................................................................ 171 A... 184 8°) Assignation au fond et inscription définitive ............Pendant l’instance au fond et avant l’inscription définitive ...... 172 B............................. 182 6°) Formalités postérieures à l’inscription provisoire : notifications et élection de domicile183 7°) Moyens de défense du débiteur ........................................................... Sort de l’hypothèque en tant que droit distinct ....................La radiation judiciaire . 182 5°) Inscription provisoire .L’hypothèque légale des architectes et autres personnes employées à la construction ou à la réparation d’un immeuble ......................................................................... 2....................... 169 Par...................Les conditions d’autorisation de l’hypothèque judiciaire conservatoire .................................. 1............................................B......... 2..................... 175 Par...............................................

.............. 199 D.. 198 C..................... 191 Par......... 204 TABLE DES MATIÈRES .............. 201 Sous-section 2...................... 197 Par.... 205 M.Dans l’hypothèse plutôt simple d’un créancier unique ........................Huitième rang : les créanciers chirographaires ........................ 200 Section 2... 1.........................................................................................Quatrième rang : les créanciers gagistes .......... 193 C........................................................................................................ THIOYE Ŕ Droit africain uniforme des sûretés 2 1 6 ................................Deuxième rang : les créanciers de salaires superprivilégiés ................................ 201 B...................................... 199 G................ 202 .................................................La distribution judiciaire ....... 197 A.. 195 E................ 200 Sous-section 1.....Premier rang : les créanciers des frais de justice ......................................Troisième rang : les créanciers hypothécaires et les créanciers séparatistes ....... 191 Section 1..........................................................Deuxième rang : la créance privilégiée du conservateur.................................................................................Cinquième rang : les créanciers munis d’un privilège général non soumis à publicité 196 F... 192 B...............Troisième rang : les créanciers de salaires superprivilégiés..............L’ordre légal de distribution des deniers provenant de la réalisation des biens du débiteur in bonis .... 2..............................La procédure de distribution des deniers provenant de la réalisation des biens du débiteur .............................. 199 F............................... 203 BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE ...............Quatrième rang : les créanciers munis d’un privilège général soumis à publicité ......................................Septième rang : les créanciers titulaires d’un privilège général non soumis à publicité200 H............La distribution conventionnelle ....Sixième rang : les créanciers titulaires de privilèges mobiliers spéciaux ....................... 198 B............................................. 1...................... 192 A..............................................................................................................L’ORDRE ET LA PROCÉDURE DE DISTRIBUTION DU PRIX DES BIENS DU DEBITEUR ................................................................Premier rang : les créanciers des frais de justice ..............TITRE IV.................................................................Cinquième rang : les créanciers inscrits au RCCM .................................................................................L’accord incident sur l’ordre de distribution.......................................Sixième rang : les créanciers chirographaires .......... 194 D..................................................... 201 Par.....L’accord sur la procédure de distribution ...........................Dans l’hypothèse plus complexe d’une pluralité de créanciers ........................................ 202 Par........Le classement des créanciers en matière immobilière....................................................................................Le classement des créanciers en matière mobilière ..................... 2............................ 199 E................................. 201 A.........