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Les émeutes en Grèce et la France : quel rapport ?

 Les faits

Le 6 décembre, un adolescent de 15/16 ans, Andréas Grigoropoulos a été tué par balle par la
police, à Athènes.

Des émeutes éclatent en réaction à la mort du jeune homme. Elles ont donné lieu à des pillages,
et de nombreuses arrestations. Quelques blessés ont été recensés. Les étudiants occupent aussi
des locaux d’universités, dont l’université Polytechnique, très réputée.

Des manifestations pacifiques sont aussi organisées.

Les manifestants sont principalement des jeunes diplômés. Ils se font appeler la « génération 600€ »
pour souligner leurs difficultés financières.

 Les contre sens

 « Les évènements grecs nous rappellent 2005 ! »

FAUX ! Les violences dans les « banlieues » en 2005 étaient le fait de jeunes exprimant un malaise
lié à leur intégration en France, à une mobilité sociale figée. En Grèce, les manifestants sont des
jeunes diplômés et qualifiés.

 « Lycéens français, étudiants grecs, même combat ! »

FAUX ! Les manifestants Grecs expriment, à leur manière – violente – un malaise : celui d’une
mauvaise intégration sur le marché du travail, celui d’une inquiétude face à l’avenir. Ce sentiment
peut être partagé par des jeunes français. Mais cela n’a strictement rien à voir avec les réformes
de l’Education Nationale.

 Les réformes de Xavier Darcos visent au contraire à démocratiser encore plus l’éducation
nationale, à encourager le succès dans les études.
 Le problème de l’intégration sur le marché du travail est un problème qui renvoie au
fonctionnement du marché du travail, justement, et ne concerne pas la réforme du lycée.

 « Jeunes Français, jeunes Grecs : tous ensemble dans la galère du pouvoir d’achat ! »

PARTIELLEMENT VRAI ! Les jeunes Grecs comme les jeunes Français s’intègrent très mal sur le
marché du travail. Le taux de chômage des 15-24 ans est de 25% là bas, contre 22% en France.
Cette situation est vraie aussi en Italie et en Espagne. Dans tous ces pays, la jeunesse éprouve un
certain malaise face à l’avenir.

Mais ce n’est pas vrai partout ! Dans les pays de l’Europe du Nord, le taux de chômage des jeunes
est beaucoup plus faible. Et pourquoi ? parce qu’ils travaillent pendant leurs études, parce que
l’université est beaucoup plus ouvertes sur les entreprises. Il faut aller voir au Danemark ou en
Suède comment cela se passe !
Surtout, les deux situations politiques ne sont pas comparables. La Grèce est entrée beaucoup
plus tard que la France dans l’Union européenne et la mondialisation. Aujourd’hui, elle traverse
certains dysfonctionnements qui lui sont propres. Par exemple, la Grèce a le taux le plus élevé de
travailleurs pauvres (14 %) des Vingt-Sept.

En ce sens, il est absurde d’appeler à manifester devant l’ambassade de Grèce. Les jeunes
Français peuvent se sentir solidaires des jeunes Grecs, mais au fond, ce sont des situations très
différentes.

 « En Grèce, comme en France, la seule solution, c’est la violence ! »

FAUX ! Il n’est pas inutile de rappeler que la violence n’est jamais une solution adéquate, qu’elle
vienne d’ailleurs de la police ou des manifestants. Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Nicolas
Sarkozy a d’ailleurs encadré les manifestations sans qu’il n’y ait jamais de drame.

La contestation à 20 ou 25 ans, c’est normal. On veut décider de sa vie, et la société est souvent
une pesanteur. Nous contestons, aux jeunes de l’UMP, car nous sommes « révolutionnaires ». Mais
nous faisons aussi de nombreuses propositions. Selon nous, l’autonomie est une conquête et la
liberté est une lutte. Nous rejetons les allocations de l’Etat pour les jeunes, car cela consiste à les
entretenir dans une position de dépendance que nous ne voulons pas. Nous encourageons les
jeunes à travailler, et nous voulons organiser une meilleure répartition. Nous avons fait des
propositions en ce sens lors d’une récente convention.

Rédaction Erwan Le Noan.


Contact : etudes@jeunespopulaires.com