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Ministère du Travail, des Relations sociales,

Point Épidémiologique
de la famille et de la Solidarité
Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports
et de la Vie associative Cire Antilles Guyane
PRÉFECTURE DE LA RÉGION GUADELOUPE
DIRECTION DE LA SANTE
ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL DE GUADELOUPE

ANNÉE 2008, N° 02 Martinique - Guadeloupe 9 DECEMBRE

SURVEILLANCE DES ENTEROVIRUS

En Martinique En Guadeloupe continentale


Depuis fin septembre 2008, une augmentation des L’épidémie de syndrome due à des entérovirus
infections à entérovirus est observée en Martinique. Les (principalement des syndromes « pieds-mains-bouche »)
manifestations cliniques sont principalement de deux a touché la Guadeloupe à la mi-septembre.
types : un syndrome « pieds-mains-bouche » ou un
Le renforcement du dispositif de surveillance épidémio-
syndrome méningé.
logique au niveau du réseau de médecins sentinelles a
Une surveillance spécifique basée sur l’activité des mé- permis de confirmer le phénomène.
decins sentinelles a été mise en place fin octobre
(S2008-44). Ce dispositif a permis de confirmer l’aug- Début octobre, le nombre hebdomadaire de consulta-
mentation du nombre de syndromes « Pieds-Mains- tions a été estimé à environ 500 (Figure 2). Ce chiffre a
Bouche » vus en médecine de Ville (Figure1). Au cours régulièrement diminué jusqu’à la fin octobre pour de
de la première semaine de novembre (S2008-45), on nouveau légèrement augmenter au cours des deux pre-
estime à environ 250, le nombre de personnes ayant mières semaines de novembre. Depuis trois semaines,
consulté un médecin généraliste pour un syndrome aucun cas n'a été vu en consultation par les médecins
Pieds-Mains-Bouches. Si une diminution du nombre de sentinelles.
cas a été observée aux cours des 2 semaines suivantes,
on note de nouveau une augmentation des cas au
cours de la dernière semaine de novembre (S208-48).

Figure 1 : Données hebdomadaire des infections à entérovirus Figure 2 : Données hebdomadaire des infections à entérovirus
Martinique, octobre à novembre 2008 Giuadeloupe, octobre à novembre 2008
600
300

Nombre hebdomadaire de cas Nombre hebdomadaire de cas

250 500

200 400

150 300

100 200

50 100

0 0
2008-41

2008-42

2008-43

2008-44

2008-45

2008-46

2008-47

2008-48

2008-49

2008-50

2008-41

2008-42

2008-43

2008-44

2008-45

2008-46

2008-47

2008-48

2008-49

2008-50

Au niveau hospitalier, les syndromes méningés tou- Au niveau hospitalier, une surveillance biologique des
chent principalement les enfants. Comme signes clini- méningites à liquide clair a été mise en place. Six prélè-
ques associés aux syndromes méningés, on retrouve de vements de LCR sont en cours d'analyse par
la fièvre, des diarrhées et des douleurs abdominales. le laboratoire de biologie du CHU, pour lesquels les ré-
L’évolution des patients est favorable. sultats sont en attente.
Le dispositif de surveillance biologique a également été
renforcé au niveau hospitalier. Depuis le début de l’épi-
démie, le laboratoire de virologie-immunologie du CHU
de Fort de France a traité un peu plus de 90 prélève-
ments (LCR, selles, gorge) qui ont été envoyés pour
analyses dans un laboratoire spécialisé en métropole
mais également au Centre National de Référence des
entérovirus. Parmi les prélèvements déjà analysés, 22
sont positifs pour l’entérovirus. Le typage des souches
est en cours au CNR.

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Ministère du Travail, des Relations sociales,

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ANNÉE 2008, N° 02 Martinique - Guadeloupe 08 DÉCEMBRE

RAPPEL SUR LES ENTEROVIRUS


Les infections dues aux entérovirus sont fréquentes et se retrouvent dans le monde entier. Elles sont le plus souvent asymptomatiques et
passent inaperçues, mais peuvent donner lieu à des foyers épidémiques de plus ou moins grande envergure, le plus souvent sous forme
d’épidémie de méningite virale.
Syndromes cliniques
Les entérovirus impliqués le plus souvent dans les épidémies de méningite virale sont les coxsakievirus A7, A9, B1 à B5, les echovirus 2, 3, 4,
7, 9, 11, 14, 16, 17, 18, 19, 25, 30 et 33, ainsi que les entérovirus 71. On peut aussi observer des encéphalites (une dizaine de cas par an en
France), des paralysies et des ataxies.
Les autres symptomatologies que l’on peut observer comprennent essentiellement le syndrome pied-main-bouche (surtout associé au coxsac-
kievirus A16 et à l’enterovirus 71), des syndromes respiratoires peu sévères (surtout associés au coxsackievirus A et B2-B5), des atteintes
cardiaques (myocardites et péricardites aigues, impliquant surtout des coxsakievirus B3), des syndromes digestifs (liés surtout aux echovirus).
Les entérovirus les plus souvent rencontrés en pathologie néo-natale sont l’echovirus 11 qui représente la moitié des cas publiés, et les cox-
sackievirus B (sauf le type 6) qui sont en cause dans un tiers des cas. A coté des méningites virales, des pathologies plus complexes à entéro-
virus peuvent survenir, comme des encéphalites ou des myocardites, et des infections potentiellement graves chez le nouveau-né.
Diagnostic
Le diagnostic est posé le plus souvent sur un résultat de RT-PCR positif pour les entérovirus et/ou mise en culture des prélèvements (LCR,
sérum, selles, rhinopharynx, biopsies etc..); l’identification des entérovirus est essentiellement réalisée sur les cultures de prélèvements
‘périphériques’ (rhino-pharynx ou selles).
Traitement
On ne dispose pas d'antiviraux spécifiques contre les entéroviroses et il s'agit de traiter avant tout les complications (méningite, arythmie ou
insuffisance cardiaque, par exemple).
Epidémiologie
Les entérovirus infectent l’homme, seul hôte naturel connu. Les jeunes enfants sont les plus sensibles à l'infection. La transmission est géné-
ralement féco-orale, ou respiratoire en cas de maladie respiratoire associée. Le virus peut être excrété dans les selles pendant de nombreuses
semaines. Les entérovirus ont été mis en évidence dans l'eau, le sol, les légumes et les fruits de mer ; la transmission dans les communautés
par contact avec l'eau ou des aliments contaminés n’a toutefois pas été mise en évidence. Le tableau épidémiologique varie selon la région
géographique et le climat, mais ces infections sont prévalentes toute l'année dans les zones tropicales.

Prévention et lutte
Certaines mesures d’hygiène permettent d’éviter la transmission des infections à entérovirus . Il convient donc de :
• éviter le contact des enfants sains avec les enfants malades jusqu’à leur guérison (en particulier éviter tout contact
avec des nourrissons) ;
• surveiller la survenue de fièvre en cas de contact avec un enfant malade ;
• se laver les mains consciencieusement (en particulier après chaque change d’un enfant, de se laver les mains et de
laver celles des enfants après chaque passage aux toilettes, après chaque mouchage et avant chaque repas) ;
• désinfecter les surfaces contaminées à l’eau de Javel (20 ml/litre d’eau) ;
• laver les vêtements contaminés.
Les virus résistent à de nombreux désinfectants et il est donc important d'utiliser des désinfectants chlorés (eau de Javel)
ou iodés.
Il est très rare d’avoir recours à la fermeture de certains établissements - écoles, centres de soins pour enfants – mais cela
peut se révéler utile en cas d'épidémie reconnue et non contrôlée par les règles d’hygiène simples afin de réduire la trans-
mission chez le très jeune enfant.

Sources : Organisation Mondiale de la Santé : http://www.who.int/


InVS-DMI

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