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L’ EST RÉPU BLICAI N | MARDI 17 AVRI L 2012

SPÉCIALESPÉCIALE

RÉPU BLICAI N | MARDI 17 AVRI L 2012 SPÉCIALE SPÉCIALE Le 17 avril 2002, le

Le 17 avril 2002, le SLUC Nancy gagnait la Coupe Korac

Les souvenirs du capitaine

SLUC Nancy gagnait la Coupe Korac Les souvenirs du capitaine Avec un brin de nostalgie, Cyril

Avec un brin de nostalgie, Cyril Julian s’est replongé pour nous dansl’album de cette fantastique aventure.Morceaux choisis.

de cette fantastique aventure.Morceaux choisis. O Un capitaine privé de finale. « Je m’étais détruit

O Un capitaine privé de finale. « Je m’étais détruit le ge­ nou après six minutes au match aller. Au retour, à Rostov (Ndlr : contre Vody), on avait joué l’intox jusqu’au bout en laissant croire que j’allais jouer. A quarante se­ condes de la fin, Sylvain (Lautié) m’a fait rentrer. Il s’était renseigné et m’avait

dit : si tu veux avoir le droit de soulever le trophée en tant que capitaine, il faut que tu sois entré en jeu. J’ai joué quarante secondes avec un énorme bandage sur le genou ».

O Comment le soldat Ross Land

a été sauvé… « Un jour, à mi­saison, Ste­ vin (Smith) vient me voir et me dit : je pense qu’ils vont couper Ross. Je suis allé dans le bureau de Jean­Jac­ ques Eisenbach qui m’a con­ firmé que c’était terminé pour Ross Land. J’ai répon­

du : ’’si c’est fini pour Ross, je m’en vais aussi ! Laissez­lui un mois…’’ Jean­Jacques a dit : banco ! Je suis allé voir Ross et je lui dis qu’il avait trente jours pour convain­ cre. Derrière, il a fait quel­ ques gros matches et il est resté jusqu’au bout… ».

O Plus qu’une équipe, une fa­

mille. « Cette saison­là, nous n’étions pas une équipe de basket, mais une famille, un groupe qui jouait sa peau à chaque match. Une telle os­ mose, je n’ai plus jamais connu ça par la suite. La seu­

le ambiance qui s’en soit un peu approchée, c’est celle qu’il y avait en équipe de France aux Jeux de Sydney.

Avec des ‘’si’’ on mettrait Pa­ ris en bouteille, mais je pen­ se que si Joseph (Gomis) n’avait pas eu ses problèmes de cheville en fin de saison, si Stevin (Smith) ne s’était pas cassé le dos et si je ne m’étais pas pété le genou, nous aurions été champions de France. Il n’y avait aucu­ ne rivalité, sur aucun poste. C’était une opération com­ mando à chaque match. Au complet, cette équipe était

injouable… »

O Lautié­Burguet, un tandem

complémentaire. « Sylvain (Lautié) et Benoist (Burguet) s’ado­ raient. Pourtant, c’était le ‘’speed’’ et le ‘’baba­cool’’. Benoist a été un grand arti­ san de la victoire en Korac. Il avait le chic pour détendre les atmosphères crispées. En demi­finale, contre Las­ ko, on est à ­15, on est très mal. Sylvain prend un temps­mort et commence à

nous… pourrir comme ja­ mais. Benoist passe derrière et lui fait les oreilles de la­ pin. On a tous éclaté de rire.

Et on s’est qualifié… »

O Tony Farmer voulait parta­

ger sa prime. « Notre parcours en Coupe Korac n’avait pas vraiment été budgété. Si on gagnait le trophée, on avait droit à 500 euros de prime ! Quand j’ai dit ça à Tony Farmer le

Que sont­ils devenus ?

j’ai dit ça à Tony Farmer le Que sont­ils devenus ? K C’est l’euphorie dans le

K C’est l’euphorie dans le vestiaire nancéien à l’issue du match. Au premier plan, Vincent Masingue manifeste sa joie. Au second plan, Cyril Julian brandit avec fierté la coupe d’Europe.

jour de la finale retour (Ndlr : joueur américain de

Vody, passé par Besançon), il n’y croyait pas. Eux, ils pre­ naient 50.000 dollars chacun en cas de victoire. Farmer m’a même proposé de parta­ ger sa prime si on les laissait gagner… A la fin du match retour, il est venu me voir et

m’a dit : ’’vous avez gagné pour 500 euros’’. Je lui ai ré­ pondu qu’on avait d’abord gagné pour le maillot. Il m’a dit : ’’respect !’’ » O Fantasia à Rostov ! « Un grand moment ! Je me souviens avoir dormi avec le trophée dans le lit. Toute la soirée, Stevin (Smith)

Photo d’archives Denis MOUSTY

m’avait fait boire du Jack Da­ niels. Au bout d’un moment, j’étais cuit. Lui, il restait droit comme un ‘’i’’. Stevin Smith, c’était un grand mon­ sieur ! En rentrant à Nancy, il y avait eu une telle com­ munion avec le public. C’était grand ! »

Propos recueillis par Thomas SIMON

Com’, fast­food, bar… et basket

4. Goran Boskovic (40 ans)

L’ailier monténégrin tra­ vaille aujourd’hui pour une

entreprise de communica­ tion, à Belgrade.

5. Ross Land (35 ans)

Après cinq saisons passées

dans le staff de l’université californienne d’Irvine, l’ar­ rière américain a quitté son poste.

6. Stevin Smith (40 ans)

Le meneur a achevé sa car­ rière de joueur en Bulgarie (à Sofia). Il vit désormais à Dallas et s’investit dans un programme d’aide aux jeu­ nes sur le plan local.

7. Cyril Julian (38 ans)

Le capitaine est resté dans

sa ville d’adoption, Nancy. Il est co­responsable d’une agence de commercialisa­ tion de produits pour la grande distribution et pa­ tron du bar le « MVP » à Nancy.

9. Mouhamadou MBodji (31

ans) L’ancien joueur du centre

9. Mouhamadou MBodji (31 ans) L’ancien joueur du centre K Cyril Julian, aujourd’hui patron du bar,

K Cyril Julian, aujourd’hui patron du bar, le « MVP », à Nancy.

de formation joue aujour­ d’hui en Nationale 1, à Souf­ felweyersheim. 10. Fabien Dubos (35 ans)

L’ancien international est gérant de deux restaurants Quick, à Carcassonne et Per­

pignan. Il joue en Prénatio­ nale avec le club du SO Car­ cassonne. 11. Joseph Gomis (34 ans) Depuis le début de la sai­ son, il porte le maillot du CSP Limoges, avec lequel il

Photo d’archives Pierre MATHIS

espère monter en Pro A. 13.VincentMasingue (36 ans) Une dernière saison avec Paris­Levallois et il sera temps de prendre une re­ traite bien méritée. 15. Maxime Zianveni (33 ans)

Après avoir effectué une partie de la préparation avec Hyères­Toulon, « Max » a pris la direction de Stras­ bourg, où il court après une qualification en play­offs. Sylvain Lautié (44 ans) et Benoist Burguet (46 ans) Entraîneur de Boulazac (2 e de Pro B derrière Limoges), Sylvain Lautié tente de his­ ser son équipe parmi l’élite pour la première fois de son histoire. Benoist Burguet vit à Or­ léans. Il partage son temps entre le CFA (centre de for­ mation et d’apprentissage) où il dispense des cours sur les métiers du sport, l’ani­ mation d’une classe sportive et la présidence de la com­ mission technique du CD 45 (Loiret).

présidence de la com­ mission technique du CD 45 (Loiret). W Nous n’avons pas retrouvé la

W Nous n’avons pas retrouvé la trace des trois jeunes joueurs qui avaient également participé à l’aventure en coupe Korac : Gary Phaeton, Damilo Cmiljanic et Loïc Toilier.

Korac : Gary Phaeton, Damilo Cmiljanic et Loïc Toilier. K Les Nancéiens (Julian, Smith et Dubos)

K Les Nancéiens (Julian, Smith et Dubos) arrivent en bus place Stanislas pour une soirée de fête.

Photo d’archives Alexandre MARCHI

une soirée de fête. Photo d’archives Alexandre MARCHI K Plus de 5.000 supporters ont attendu Place

K Plus de 5.000 supporters ont attendu Place Stanislas le retour des

héros.

Photo d’archives Alexandre MARCHI

Le coup de la décennie

Dans le monde meilleur qu’ils

ont rejoint, l’éternel président

Jean­Jacques Eisenbach bien

sûr mais aussi Roger Sivignon

et Jean­Pierre Rivier, ont dû fêter ça. Après tout, dix ans après, le SLUC, leur SLUC, reste le dernier club français à avoir

gagné une coupe d’Europe. C’était, le 17 avril 2002, il y a

dix ans, jour pour jour, dans les

collines du lointain Caucase,

face au Mineralnye Vody, club russe, monté de toutes pièces,

à grands coups de pétrodollars. À des milliers de kilomètres,

six mille supporters nancéiens

d’abord angoissés, enfin libérés, suivirent la retransmission du match sur

écran géant au Zénith. Ils seront encore cinq mille, vingt­ quatre heures plus tard, à rendre hommage à Julian et

ses frères, place Stanislas, pour

le fameux retour des héros.

Car dans cette salle de Rostov­

sur­le­Don, rendue hystérique, le petit SLUC, résista finalement au scénario machiavélique d’une finale retour qui offrit 22 points d’avance aux Farmer, Zukauskas, Koudeline, Robinson, Jagodnik, à quatre minutes de la fin. Au match aller, malgré Cyril Julian blessé, le SLUC avait étouffé Vody à Gentilly dans un match

fou (+26).

Mais en Russie, il fallut deux lancers­francs… manqués par la star et shooteur russe Igor Koudeline et un plongeon pour une interception historique de Vincent Masingue (24 pts, 14

rebonds) sur le meneur et dribbleur américain Robinson

à vingt secondes de la fin, pour

arracher cette Coupe Korac. Une coupe prestigieuse, dédiée au scoreur fou yougoslave tragiquement disparu Radivoj Korac (99 points dans un match), mais envoyée sans compassion, à la casse par la FIBA et donc nancéienne pour l’éternité. « JJE » venait de réussir le coup de l’année. Aujourd’hui, on peut dire que c’est le coup de la décennie. Nancy aura gagné une Coupe d’Europe

avec un entraîneur novice Sylvain Lautié moins expérimenté que son… assistant Benoist Burguet, une raquette exclusivement française Julian, Dubos, Masingue, Zianveni, un meneur américain Stevin Smith qui sortait d’une prison du Texas, un gamin Jo Gomis qui deviendra international et un shooteur américain Ross Land, coupé par ses dirigeants, avant d’être sauvé par ses coéquipiers. Dix ans plus tard, on croit rêver… La chenille SLUC sortait en tout cas de son cocon sur les bords de la Mer Noire. Elle allait devenir papillon pour voler

vers d’autres aventures enivrantes : deux titres de champion de France, six finales à Bercy et cette victoire historique et symbolique, le

10 novembre dernier contre

Vitoria, géant de l’Euroligue.

Une autre soirée triomphale, inespérée du petit Nancy, mais hélas sans lendemain. La saison prochaine, le SLUC baissera sa masse salariale de

20 % et jouera, quoi qu’on en

dise, d’abord le maintien.

Cherchez l’erreur… GillesGAIHIER

le maintien. Cherchez l’erreur… GillesGAIHIER K Le coupe Korac dans ses mains, le président

K Le coupe Korac dans ses mains, le président Jean­Jacques

Eisenbach savoure un bonheur unique mais tellement mérité.

Photo d’archives Alexandre MARCHI

mais tellement mérité. Photo d’archives Alexandre MARCHI K Maxime Zianveni montre L’Est Républicain du jour à

K Maxime Zianveni montre L’Est Républicain du jour à Rostov en

Russie. Le SLUC fait évidemment la Une.

Photo d’archives Denis MOUSTY

Le parcours

De Brunswick à Rostov…

Le parcours De Brunswick à Rostov… Tour qualificatif 80 ; SLUC ­ Leverkusen : 104­ Brunswick

Tour qualificatif

80

; SLUC ­ Leverkusen : 104­

Brunswick (All) ­ SLUC : 74­ 93 ; SLUC ­ Brunswick : 103­

95.

80.

Quart de finale

Matches de poule

SLUC ­ Dijon : 95­72 ; Dijon ­ SLUC : 79­66.

SLUC ­ Porto (Por) : 106­82 ; SLUC ­ Vérone (Ita) : 90­79 ; Anvers (Bel) ­ SLUC : 78­80 ; Porto ­ SLUC : 101­98 ; Vérone ­ SLUC : 90­97 ; SLUC ­ Anvers : 84­81.

Demi­finale

SLUC ­ Lasko (Slo) : 89­58 ; Lasko ­ SLUC : 94­83.

Finale

Huitième de finale

SLUC ­ Vody (Rus) : 98­72 ; Vody ­ SLUC : 95­74.

Leverkusen (All) ­ SLUC : 87­