Vous êtes sur la page 1sur 75

FONDS AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT

FONDS AFRICAIN DE DEVELOPPEME NT Langue: Français Original: Français BURUNDI PROJET DE REHABILITATION ET D’EXTENSION DES

Langue: Français Original: Français

FONDS AFRICAIN DE DEVELOPPEME NT Langue: Français Original: Français BURUNDI PROJET DE REHABILITATION ET D’EXTENSION DES

BURUNDI

PROJET DE REHABILITATION ET D’EXTENSION DES INFRASTRUCTURES HYDRAULIQUES EN MILIEU RURAL

RAPPORT D’EVALUATION

DEPARTEMENT DE L’INFRASTRUCTURE REGIONS CENTRE ET OUEST

SCCD: G .G.

OCIN SEPTEMBRE 2005

TABLE DES MATIERES

FICHE DE PROJET, EQUIVALENCES MONETAIRES, LISTE DES ANNEXES, LISTE DES TABLEAUX, SIGLES ET ABREVIATIONS, INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES COMPARES, MATRICE DU PROJET, RESUME ANALYTIQUE

Page

i-viii

  • 1 ORIGINE ET HISTORIQUE DU PROJET

  • 2 LE SECTEUR DE L’EAU POTABLE ET DE L’ASSAINISSEMENT

    • 2.1 Caractéristiques du secteur

    • 2.2 Organisation du secteur

    • 2.3 Contraintes au développement du secteur

    • 2.4 Politique et stratégie du Gouvernement

    • 2.5 Intervention des bailleurs de fonds

1

2

2

3

5

6

7

  • 3 LE SOUS-SECTEUR DE L’EAU POTABLE ET DE L’ASSAINISSEMENT EN MILIEU RURAL

    • 3.1 Caractéristiques du sous-secteur

    • 3.2 Principales institutions du sous-secteur

8

8

10

  • 4 LE PROJET

    • 4.1 Concept et bien-fondé

    • 4.2 Zones du projet et bénéficiaires

    • 4.3 Contexte stratégique

    • 4.4 Objectif du projet

    • 4.5 Description détaillée des composantes du projet

    • 4.6 Production, marché et prix

    • 4.7 Impact sur l’environnement

    • 4.8 Coûts du projet

    • 4.9 Sources de financement et calendrier des dépenses

  • 5 EXECUTION DU PROJET

    • 5.1 Organe d’exécution

    • 5.2 Dispositions institutionnelles

    • 5.3 Calendrier d’exécution

    • 5.4 Dispositions relatives à l’acquisition des biens travaux et services

    • 5.5 Dispositions relatives aux décaissements

    • 5.6 Suivi et évaluation

    • 5.7 Rapports financiers et audit

    • 5.8 Coordination de l’aide

  • 6 DURABILITÉ ET RISQUES DU PROJET

    • 6.1 Charges récurrentes

    • 6.2 Durabilité du projet

    • 6.3 Principaux risques et mesures d’atténuation

  • 13

    13

    14

    15

    16

    16

    20

    21

    22

    23

    25

    25

    26

    27

    27

    30

    30

    31

    32

    32

    32

    33

    33

    TABLE DES MATIERES (Suite)

    • 7 AVANTAGES DU PROJET

    34

    • 7.1 Avantages économiques et financiers

    34

    • 7.2 Analyse de l’impact social

    36

    • 7.3 Analyse de l’impact sur les femmes

    36

    • 7.4 Analyse de sensibilité

    38

    • 8 CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

    38

    • 8.1 Conclusions

    38

    • 8.2 Recommandations

    39

    Le présent rapport d’évaluation a été rédigé par MM. I. A. TRAORE, Ingénieur Eau et Assainissement (Chargé de projet), A. B. DIOP, Expert Environnementaliste, O. SOMALI Consultant Analyste Financier et D. NKURUNZIZA Consultant Socio-économiste à la suite de la mission d’évaluation qu’ils ont effectué au Burundi du 12 au 29 août 2005 et du 2 au 11 septembre 2005. Toute information relative à ce rapport pourra leur être demandée, ou à M. A. T. DIALLO, Chef de Division, OCIN.1 (poste 2125) et G. MBESHERUBUSA Directeur OCIN (poste 2034).

    i

    FONDS AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT

    Agence Temporaire de Relocalisation 13 Avenue du Ghana, B.P. 323 Tunis 1002, TUNISIE TEL: (216) 71 10 21 91 Fax: (216) 71 33 26 95

    FICHE DU PROJET

    Date : Septembre 2005

    Les renseignements indiqués ci-dessous ont pour but de donner certaines indications générales aux éventuels fournisseurs, entrepreneurs, consultants et à toute personne s’intéressant à la fourniture de biens, travaux et services au titre des projets approuvés par le Conseil d’administration du Groupe de la Banque. De plus amples renseignements peuvent être obtenus auprès de l’organe d’exécution ou de l’emprunteur.

    • 1. PAYS

    :

    République du Burundi

    • 2. TITRE DU PROJET

    :

    Projet de réhabilitation et d’extension des infrastructures hydrauliques en milieu rural

    • 3. LIEU D’IMPLANTATION

    :

    Provinces de Bururi, Gitega, Kayanza et Muramvya ainsi que des quartiers périphériques de Bujumbura

    • 4. BENEFICIAIRE

    :

    Gouvernement du Burundi

    • 5. ORGANE D’EXECUTION

    :

    Direction Générale de l’Hydraulique et des Energies Rurales (DGHER)

    • 6. DESCRIPTION DU PROJET

    :

    Le projet comprend les composantes suivantes:

    • (A) Réhabilitation et extension des infrastructures hydrauliques

    • (B) Information, Éducation et Communication (IEC)

    • (C) Appui institutionnel

    • (D) Etude, surveillance et contrôle des travaux et suivi/évaluation

    • (E) Gestion du projet

    • 7. COUT TOTAL DU PROJET Coût total

    :

    13,34 millions UC

    • 8. SOURCES ET MONTANT DE FINANCEMENT DU PROJET

    Don FAD

    :

    12,00 millions d’UC

    Gouvernement

    :

    1,34 million UC

    • 9. DATE D’APPROBATION

    :

    Novembre 2005

    ii

    • 11. ACQUISITION DES BIENS TRAVAUX ET SERVICES

    Toute acquisition de biens, travaux et services financée par le FAD se fera conformément aux Règles de procédure pour l’acquisition des biens et travaux ou, selon le cas, aux Règles de procédure de la Banque pour l’utilisation des consultants, en utilisant les dossiers-types d’appel d’offres appropriés de la Banque. Les acquisitions prévues dans le cadre de ce projet sont indiquées ci-dessous.

    Travaux : les travaux de réhabilitation du réseau d’AEP de la REGIDESO feront l’objet d’un seul appel d’offres international. L’acquisition des travaux de construction des latrines institutionnelles se fera sur la base d’exécution de marchés communautaires sur la base de petits lots d’un montant maximum de 0,02 million UC à faire réaliser par les maçons artisans dans chaque province. L’acquisition des travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux à Bururi, Gitega, Kayanza et Muramvya, se fera par l’appel d’offres national

    Biens : l’acquisition : (i) du matériel informatique et scientifique; (ii) des lots de pièces de rechange de premier secours et de kits de fontainiers; (iii) des véhicules, motocycles et groupes électrogènes; (iv) du matériel bureautique; (v) et du mobilier de bureaux se fera par appel d’offres national. L’acquisition de matériel de maçons, de consommables et de fournitures fera l’objet de consultations de fournisseurs à l’échelon national.

    Services : l’acquisition des services pour : (i) les études AEPA, la surveillance et le contrôle des travaux et le suivi-évaluation; ii) la mise en place du système de suivi-évaluation et l’élaboration du manuel de procédures de la Cellule d’exécution du projet ; (iii) la mise en place de la comptabilité et du manuel de procédures de la DGHER ; (iv) la gestion du réseau informatique de la DGHER ; (v) l’audit des comptes du projet se fera sur la base de listes restreintes. La sélection du consultant chargé des études AEPA, la surveillance et le contrôle des travaux et le suivi- évaluation sera basée sur l’évaluation des propositions techniques avec prise en compte du prix. La procédure de sélection des autres services de consultant sera basée sur la proposition du prix le plus bas pour des services comparables. L’acquisition des services pour la formation se fera sur la base de consultation de fournisseurs à l’échelle internationale et l’acquisition pour les services divers (essentiellement la connexion à l’Internet) se fera sur la base de consultation de fournisseurs à l’échelle nationale.

    • 12. CATEGORIE ENVIRONNEMENTALE

    :

    II

    iii

    EQUIVALENCES MONETAIRES (Taux en vigueur en septembre 2005)

    Unité monétaire

    =

    Franc burundais (Fbu)

    • 1 =

    UC

    1 591,38 Fbu

    • 1 =

    UC

    1,45984 US $

    US $

    • 1 =

    1 090,106 Fbu

    POIDS ET MESURES

    Système métrique

    ANNEE FISCALE 1 er janvier – 31 décembre

    LISTE DES TABLEAUX

    Numéro

    Intitulé

    Page

    • 4.1 Coût du projet par composante

    22

    • 4.2 Coût du projet par catégorie de dépenses

    23

    • 4.3 Plan de financement par source

    23

    • 4.4 Plan de financement par catégorie de dépense

    23

    • 4.5 Plan de financement par source et par composante

    24

    • 4.6 Calendrier des dépenses par composante

    24

    • 4.7 Calendrier des dépenses par source de financement

    25

    • 4.8 Calendrier des dépenses par catégorie des dépenses

    25

    • 5.1 Résumé du calendrier d’exécution du projet

    27

    • 5.2 Dispositions relatives à l’acquisition des biens, travaux et services

    28

    • 5.3 Calendrier des activités de supervision

    31

    • 7.1 Analyse de sensibilité de la rentabilité financière

    38

    • 7.2 Analyse de sensibilité de la rentabilité économique

    38

    LISTE DES ANNEXES

    • 1. Carte du Burundi avec les zones du projet

    • 2. Organigramme de la DGHER

    • 3. Caractéristiques des AEP et populations desservies

    • 4. Projet de TDR de l’étude sectorielle

    • 5. Résumé du Plan de Gestion Environnementale et Sociale

    • 6. Coût détaillé du projet

    • 7. Projet de contrat de performance de la Cellule d’Exécution du Projet

    • 8. Calendrier détaillé d’exécution du projet

    • 9. Compte d’exploitation prévisionnelle des 34 RCE

      • 10. Hypothèses de calcul de la rentabilité financière et économique

      • 11. Calcul du taux de rentabilité financière et économique

      • 12. Liste des documents utilisés

    iv

    SIGLES ET ABREVIATIONS

    ABUTIP

    =

    Agence burundaise de travaux d’intérêt public

    AEP

    =

    Alimentation en eau potable

    AEPA

    =

    Alimentation en eau potable et assainissement

    AFD

    =

    Agence française de développement

    ASBL

    =

    Association à but non lucratif

    AC

    =

    Agent de santé communautaire

    BAD

    =

    Banque africaine de développement

    CEP

    =

    Cellule d’exécution de projet

    CPC

    =

    Comité de Pilotage Consultatif

    CRE

    =

    Crédit de relance économique

    CSLP-I

    =

    Cadre stratégique intérimaire de lutte contre la pauvreté

    CMP

    =

    Cadre de mesure de la performance

    CNMP

    =

    Commission Nationale des Marchés Publics

    DGE

    =

    Direction Générale de l’Environnement

    DGEE

    =

    Direction Générale de l’Eau et de l’Energie

    DGHER

    =

    Direction Générale de l'Hydraulique et des Energies Rurales

    DGRE

    =

    Direction de Gestion des Ressources en Eau

    DHAMR

    =

    Département de l’Hydraulique et de l’Aménagement en Milieu Rural

    DSP

    Document de stratégie - pays

    ECHO

    =

    Office d’aide humanitaire de la Commission européenne

    EU

    =

    Etats-Unis

    FAD

    =

    Fonds africain de développement

    FBU

    =

    Franc burundais

    FDD

    =

    Forces de défense de la démocratie

    FMI

    =

    Fonds monétaire international

    FRPC

    =

    Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance

    HIMO

    =

    Haute intensité de main-d’œuvre

    IDA

    =

    Association internationale de développement

    IEC

    =

    Information éducation et communication

    KFW

    =

    Kreditanstalt für Wiederaufbau

    MEM

    =

    Ministère de l'Énergie et des Mines

    MINATE

    =

    Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement

    MPDR

    =

    Ministère de la planification, du développement et de la reconstruction

    OMD

    =

    Objectifs du millénaire pour le développement

    ONG

    =

    Organisation non gouvernementale

    PEA

    =

    Programme eau et assainissement

    PIB

    =

    Produit intérieur brut

    PDNE

    =

    Plan Directeur National de l’Eau

    PNUD

    Programme des Nations unies pour le développement

    PREBU

    =

    Projet de réhabilitation du Burundi

    PTPCE

    =

    Projet de travaux publics et de création d’emplois

    RCE

    =

    Régies communales de l’eau

    REGIDESO

    =

    Régie de Production et de Distribution d'Eau et d'Electricité

    SINELAC

    =

    Société Internationale d'Electricité des Pays des Grands Lacs

    UC

    =

    Unité de compte du Groupe de la Banque africaine de développement

    TPS

    =

    Technicien de promotion de la santé

    UE

    =

    Union européenne

    UNICEF

    =

    Fonds des Nations unies pour l’enfance

    VAN

    =

    Valeur actuelle nette

    VIP

    =

    Ventilated Improved Pit

    v

    Burundi

    INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES COMPARATIFS

    Pays en Pays Année Burundi Afrique dévelop- dévelop- pement pés Indicateurs de Base RNB par habitant
    Pays en
    Pays
    Année
    Burundi
    Afrique
    dévelop-
    dévelop-
    pement
    pés
    Indicateurs de Base
    RNB par habitant ($ E.U. )
    Superficie ('000 Km²)
    Population totale (millions)
    Population urbaine (% of Total)
    Densité de la population (au Km²)
    Produit intérieur brut brut (PIB) par Habitant ($ EU)
    Participation de la Population Active - Total (%)
    Participation de la Population Active - Femmes (% )
    Valeur de l'Indice sexospécifique de dévelop. humain
    Indice de développement humain (rang sur 174 pays)
    Population vivant en dessous de $ 1 par Jour (% )
    28
    30 061
    80 976
    54 658
    800
    2004
    7,3
    849,5
    5 024,6
    1 200,3
    700
    2003
    10,6
    39,2
    43,1
    78,0
    600
    500
    2003
    245,2
    28,3
    60,6
    22,9
    400
    2003
    83
    704
    1 154
    26 214
    300
    200
    2003
    52,7
    43,3
    45,6
    54,6
    100
    2003
    48,9
    41,0
    39,7
    44,9
    0
    2002
    0,337
    0,476
    0,655
    0,905
    2002
    173
    n.a.
    n.a.
    n.a.
    Burundi
    Afrique
    2002
    68,0
    46,7
    32,0
    20,0
    Indicateurs Démographiques
    2003
    2,0
    2,2
    1,7
    0,6
    2003
    2003
    2003
    2003
    2003
    6,1
    3,8
    2,9
    0,5
    2003
    46,5
    42,0
    32,4
    18,0
    2002
    2002
    2002
    2002
    2001
    2001
    2001
    2001
    2000
    2000
    2000
    2000
    1999
    1999
    1999
    1999
    1998
    1998
    1998
    1998
    Taux d'accroissement de la population totale (%)
    Taux d'accroissement de la population urbaine (% )
    Population âgée de moins de 15 ans (% )
    Population âée de 65 ans et plus (% )
    Taux de dépendance (%)
    Rapport de Masculinité (hommes pour 100 femmes)
    Population féminine de 15 à 49 ans (% )
    Espérance de vie à la naissance - ensemble (ans)
    Espérance de vie à la naissance - femmes (ans)
    Taux brut de natalité (pour 1000)
    Taux brut de mortalité (pour 1000)
    Taux de mortalité infantile (pour 1000)
    Taux de mortalité des moins de 5 ans (pour 1000)
    Taux de mortalité maternelle (pour 100000)
    Indice synthétique de fécondité (par femme)
    Femmes utilisant des méthodes contraceptives (% )
    2003
    3,0
    3,3
    5,1
    14,3
    Taux de croissance de la
    population (%)
    2003
    96,2
    86,1
    61,1
    48,3
    3,5
    2003
    95,4
    99,0
    103,3
    94,7
    3,0
    2003
    23,4
    24,0
    26,9
    25,4
    2,5
    2003
    41,3
    50,7
    62,0
    78,0
    2,0
    2003
    41,8
    51,7
    66,3
    79,3
    1997
    1997
    1997
    1,5
    1997
    2003
    44,6
    37,0
    24,0
    12,0
    1,0
    1996
    1996
    1996
    1996
    2003
    20,4
    15,2
    8,4
    10,3
    0,5
    1995
    1995
    1995
    1995
    2003
    105,7
    80,6
    60,9
    7,5
    0,0
    2003
    184,6
    133,3
    79,8
    10,2
    2000
    1 000
    661
    440
    13
    2003
    6,7
    4,9
    2,8
    1,7
    Burundi
    Afrique
    1987
    8,7
    40,0
    59,0
    74,0
    Indicateurs de Santé et de Nutrition
    Nombre de médecins (pour 100000 habitants)
    Nombre d'infirmières (pour 100000 habitants)
    Naissances assistées par un personnel de santé qualifié (% )
    Accès à l'eau salubre (% de la population)
    Accès aux services de santé (% de la population)
    Accès aux services sanitaires (% de la population)
    Pourcent. d'adultes de 15-49 ans vivant avec le VIH/SIDA
    Incidence de la tuberculose (pour 100000)
    Enfants vaccinés contre la tuberculose (%)
    Enfants vaccinés contre la rougeole (% )
    Insuffisance pondérale des moins de 5 ans (%)
    Apport journalier en calorie par habitant
    Dépenses publiques de santé par habitant (en % du PIB)
    1993
    6,0
    57,6
    78,0
    287,0
    1991
    21,1
    105,8
    98,0
    782,0
    Espérance de vie à la naissance
    ( Années )
    2000
    25,2
    44,0
    56,0
    99,0
    71
    2004
    45,0
    64,4
    78,0
    100,0
    61
    2004
    40,0
    61,7
    80,0
    100,0
    51
    2002
    36,0
    42,6
    52,0
    100,0
    41
    2003
    7,98
    6,4
    1,3
    0,3
    31
    21
    1999
    101,8
    109,7
    144,0
    11,0
    11
    2003
    92,0
    81,0
    82,0
    93,0
    1
    2003
    81,0
    71,7
    73,0
    90,0
    2000
    45,1
    25,9
    31,0
    Burundi
    Afrique
    2002
    1 649
    2 444
    2 675
    3 285
    2001
    2,1
    3,3
    1,8
    6,3
    Indicateurs d'Education
    Taux brut de scolarisation au (% )
    Primaire
    -
    Total
    2001
    79,5
    88,7
    91,0
    102,3
    Primaire
    -
    Filles
    2001
    62,4
    80,3
    105,0
    102,0
    Taux de mortalité infantile
    (pour 1000 )
    Secondaire -
    Total
    2001
    11,0
    42,9
    88,0
    99,5
    2001
    9,0
    41,3
    45,8
    100,8
    140
    Secondaire -
    Filles
    Personnel enseignant féminin au primaire (% du total)
    2000
    54,0
    46,3
    51,0
    82,0
    120
    Analphabétisme des adultes - Total (% )
    Analphabétisme des adultes - Hommes (%)
    Analphabétisme des adultes - Femmes (% )
    Dépenses d'éducation en % du PIB
    2003
    48,5
    36,9
    26,6
    1,2
    100
    2003
    42,3
    28,4
    19,0
    0,8
    80
    2003
    54,9
    45,2
    34,2
    1,6
    60
    1998
    3,9
    5,7
    3,9
    5,9
    40
    20
    Indicateurs d'Environnement
    Terres arables en % de la superficie totale
    Taux annuel de déforestation (%)
    Taux annuel de reboisement (% )
    Emissions du CO2 par habitant (tonnes métriques)
    2003
    30,0
    6,2
    9,9
    11,6
    0
    1995
    0,4
    0,7
    0,4
    -0,2
    1990
    19,0
    10,9…
    Burundi
    Afrique
    1998
    0,0
    1,2
    1,9
    12,3

    Source : Compilé par la Division Statistique à partir des Bases de Données de la BAD; ONUSIDA; Live Database de la Banque Mondiale et la Division Population des Nations Unie

    Notes:

    n.a.

    Non Applicable

    ...

    Donnée Non Disponible

    vi

    CADRE DES RESULTATS STRATEGIQUES DU PROJET

    HIERARCHIE DES

       

    RESULTATS ESCOMPTES

    PORTEE

    INDICATEURS

     

    INDICATEURS OBJECTIFS ET

    HYPOTHESE

    OBJECTIFS

     

    (bénéficiaires)

    DE PERFORMANCE

    ECHEANCIER

    S/RISQUES

    BUT DU SECTEUR (thème

     

    RESULTATS A PLUS LONG TERME

     

    La réduction de moitié à l’horizon 2015 (base 2003)

    La proportion de la population rurale disposant de l’eau

     

    du DRSP)

    Réduction de la proportion de la

    de la population rurale ne disposant pas d’eau

    potable passe de 43% en 2005 à 73% en 2015

    Contribuer à l’amélioration des

    population n’ayant pas accès à l’eau

    Population rurale

    potable et de services adéquats d’assainissement

    conditions de

    vie

    des

    potable et à l’assainissement

    du Burundi

    La proportion de la population ayant accès aux services

    populations en milieu rural par

    Sources : Enquêtes nationales avec l’appui du PNUD

    adéquats d’assainissement passera de 23% en 2005 à 62%

    l’accès

    à

    l’eau

    potable

    et

    à

    pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le

    d’ici 2015.

    l’assainissement

    développement

    OBJECTIF DU PROJET

    RESULTATS A MOYEN TERME

    Populations de la

    1). Taux d’accès à l’eau potable

    1.1). En 2009 : le taux d’accès à l’eau potable dans la zone

    La paix est

    1).Améliorer

    l’accès

    aux

    1.1). Amélioration de l’accès à l’eau potable dans les quartiers périphériques

    zone périphérique de Bujumbura et

    2). Taux d’accès aux services d’assainissement 3). Taux de prévalence des maladies d’origine

    du projet passe de 43% en 2005 à 66% 1.2) Au début de 2010, tous les centres communautaires

    ;

    durablement consolidée, tant au

    en potable et d’assainissement

    services

    d’alimentation

    eau

    en

    de Bujumbura (Kanyosha et Mutanga- Nord), et dans les Provinces de Gitega,

    des Provinces de Kayanza,

    hydrique (paludisme, diarrhée et typhoïde). 4.). Nombre d’emplois créés

    (écoles, centres de santé et marchés des Provinces de Kayanza, Muramvya, Bururi et Gitega ainsi que 40% des

    1.3). Le taux de la mortalité et de la morbidité des enfants de

    niveau interne qu’au niveau sous-

    milieu

    rural

    de

    façon

    durable

    Bururi, Kayanza et Muramvya.

    Muramvya,

    5.).Indicateurs d’exploitation et de gestion : taux de

    ménages sont équipés de latrines., contre 22% des ménages

    régional.

    dans plusieurs

    provinces

    et

    1.2) Amélioration de l’accès aux services

    Bururi et Gitega

    pertes d’eau, taux des pannes, taux de recouvrement des coûts d’entretien des RCE réhabilitées

    en 2005) ;

    quartiers périphériques

    de

    d’assainissement dans les Provinces de

    Les actions visant

    capacités

    Bujumbura

    Gitega, Bururi, Kayanza et Muramvya.

    Sources : Rapports de la REGIDESO et de

    la

    moins de 5 ans liés au manque d’eau potable et d’assainissement adéquat passe de 84%o en 2004 à 66%o en

    à renforcer les

    1.3) Diminution de la prévalence des

    DGHER. Statistiques nationales sur le chômage et

    2010

    2) Renforcer les capacités nationales de gestion et de suivi du secteur de l’eau

     

    maladies d’origine hydrique dans les les Provinces de Gitega, Bururi, Kayanza et Muramvya et à Kanyosha et Mutanga-

    rapports du Ministère de l’emploi. Enquête du Ministère de la santé auprès des populations de la

    2.1) 4 000 emplois créés entre 2006 et 2010. 2.2) le taux de perte des réseaux réhabilités passe de 44% en

    institutionnelles sont couronnées de succès.

    zone du projet. Méthodes : Enquêtes et études.

    2005

    à 25% en 2010.

    potable et de l’assainissement en milieu rural.

    Nord 2.1). Création d’activités rémunératrices

    2.3) le taux de panne baisse de 35% en 2005 à 20% en 2010

    2.4) Le taux de recouvrement des coûts d’entretien passe de

    I’existence d’un

     

    2

    2)

    Amélioration de la gestion des RCE

    moins de 50% en milieu rural en 2005 à 70% en 2010.

    financement durable

    dans les Provinces de Gitega, Bururi, Kayanza et Muramvya 2.2) Renforcer les capacités de gestion et de suivi de la DGHER, de la DGEE du secteur de l’alimentation en eau potable et assainissement

    2.5) En 2008 35 agents de la DGHER, 24 agents des RCE, 18 administrateurs communaux, 34 fontainiers et 34 agents comptables des RCE sont formés ; 3.5) Une étude sectorielle réalisée en fin 2008 ;

    de l’AEPA en milieu rural

    ACTIVITES / INTRANTS

     

    REALISATIONS A COURT TERME

     

    1). Longueur de réseaux et nombre et types

       

    1). Réhabilitation et extension des réseaux d’AEP à Bujumbura et dans les Provinces de Gitega, Kayanza, Muramvya et Bururi 2). Constructions de latrines institutionnelles. 3). Etude sectorielle

    4).Acquisition des fournitures 5) Formation, éducation Sensibilisation des populations (y compris les femmes).

    RESSOURCES FINANCIERES :

    1). Le réseau de Bujumbura ainsi que les réseaux des quatre Provinces sont réhabilités et renforcés 2).L’inventaire des ressources en eau du Burundi, l’étude du secteur de l’AEPA, le programme d’AEPA en milieu rural pour l’Initiative au Burundi réalisées, 3). Les équipements et fournitures pour l’appui au Gouvernement et aux Régies Communales de l’Eau ont été acquis et installés 4).Les populations bénéficiaires du projet sont sensibilisées. 5). Le personnel de la DGHER, de la DGEE et des RCE a été formé

    Populations de 2 quartiers de Bujumbura et de quatre Provinces (218 000 hts)

    PME, ONG et associations communautaires

    Bureaux d’études, entreprises et structures

    d’ouvrages hydrauliques réhabilités ou réalisés. Nombre de latrines construites. 2). Rapports sur la quantité et la qualité des ressources en eau du pays, sur le programme d’AEPA en milieu rural, schéma directeur actualisé de l’AEP de Bujumbura, 3). Nature et nombre d’équipements installés dans le cadre de l’appui institutionnel. 4).évolution du comportement des populations dans le domaine de l’hygiène et de la participation à la pérennisation des acquis du projet 5). Nombre de contrats signés. 6) Nombre de personnes, y compris les femmes éduquées et sensibilisées à l’hygiène. Sources : Rapports d’activités de la CE. Rapports de

    1) En 2006 10 contrats signés avec les membres de la cellule, 5 contrats signés avec les entreprises et 2 contrats signés avec les bureaux d’étude

    2) Un système de suivi du projet mis en place en 2006. 5) En 2007, 5 véhicules, 37motos et 46ordinateurs ont été achetés et sont fonctionnels. 3). les études sont réalisées en 2007. 4). En mi 2009, 23 000 ml de réseau à Bujumbura sont réhabilités 5). En mi 2009, 408 630 ml de réseaux des quatre autres provinces sont réhabilités et 269 blocs de latrines construits 6) A fin 2009, 5 campagnes IEC ont été organisées et qui ont touché chacune la population de la zone du projet, dont 1 campagne en 2006, é en 2007 1 en 2008 et 1 en 2009. .

    La sécurité est maintenue dans la zone du projet

    GVT

    Don FAD

    TOTAL

    : 1,34 millions UC

    étatiques liées à l’eau et à

    réception des travaux. Rapports d’activités des ONG

    : 12,00 millions UC

    l’assainissement.

    et Associations. Rapports de supervisions du FAD.

    :13,34 millions UC

    Revue à mi-parcours. Rapports d’audit. Rapports de formation. Méthode : Enquête, études, rapports

    vii

    RESUME ANALYTIQUE

    Contexte du projet

    Après une transition politique qui vient de s’achever en août 2005, le Burundi entame une nouvelle phase de son développement qui nécessite de relever plusieurs défis dont celui non négligeable de la reconstruction. En effet, les infrastructures du pays, dont celles de l’eau potable et de l’assainissement, se sont fortement dégradées pendant la longue période de conflit. C’est ainsi que le taux d’accès de la population à l’eau potable est passé de 70% en 1993 à 45% en 2005. Conformément au cadre stratégique intérimaire de croissance économique et de lutte contre la pauvreté de mars 2002 actualisée en novembre 2003 et au programme d’urgence du Gouvernement présenté à Bruxelles en janvier 2004, la mission d’identification de la Banque de juin 2004 avait retenu en association avec les autorités burundaises le projet de réhabilitation des infrastructures hydrauliques en milieu rural comme prioritaire pour soulager des populations rurales des corvées d’approvisionnement en eau potable. Une requête du Gouvernement en date de décembre 2004 a confirmé la priorité accordée par le Gouvernement à ce projet. La Banque a préparé le projet en juin 2005 et a envoyé une mission d’évaluation du projet au Burundi en août et septembre 2005.

    Objet du don

    Le don FAD d’un montant de 12 millions d’UC servira à financer 89,96% du coût total du projet, soit l’intégralité des coûts en devises et 79,44% des coûts en monnaie locale.

    Objectifs du projet

    L’Objectif sectoriel du projet est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural par l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Ses objectifs spécifiques sont : (i) de contribuer de façon durable à l’amélioration de l’accès aux services d’alimentation en eau potable et d’assainissement dans 34 communes de Bururi, de Gitega, de Kayanza et Muramvya et dans deux (02) quartiers périphériques de Bujumbura ; et (ii) de renforcer les capacités nationales de gestion et de suivi du secteur de l’eau potable et de l’assainissement en milieu rural, aussi bien au niveau central, qu’au niveau de 34 Régies Communales de l’Eau dans les provinces de Bururi, Gitega, Muramvya et Kayanza.

    Description du projet

    Le projet comprend les composantes suivantes :

    • A. Réhabilitation des infrastructures hydrauliques ;

    • B. Information, Education et Communication (IEC)

    • C. Appui institutionnel ;

    • D. Etudes, surveillance, contrôle des travaux et suivi-évaluation

    • E. Gestion du projet.

    Coût du projet

    Le coût du projet, net de taxes et de droits de douanes, est évalué à 13,34 millions d’UC dont 6,78 millions d’UC en devises et 6,56 millions d’UC en monnaie locale.

    Sources de financement

    viii

    Le projet sera financé conjointement par le FAD à hauteur de 12,0 millions d’UC soit 89,96% du coût total du projet, net de taxes et de droits de douane et par le Gouvernement Burundais à hauteur de 10,04% du coût du projet, soit 1,34 million d’UC.

    Exécution du projet

    Il est prévu que les activités du projet se déroulent sur 48 mois, à partir de l’entrée en vigueur du don prévu au premier trimestre de l’année 2006. L’organe d’exécution du projet sera la Direction Générale de l’Hydraulique et des Energies Rurales (DGHER). Une Cellule d’exécution du projet (CEP) sera créée au sein de l’organe d’exécution, placée sous l’autorité du Directeur Général de la DGHER.

    Conclusions et recommandations

    Le projet de réhabilitation des infrastructures hydrauliques a pour objectif global de contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural, grâce à un meilleur accès à l’eau potable et aux services adéquats d’assainissement. En effet, il vise à améliorer les conditions de vie des populations grâce à des infrastructures d’AEPA réhabilitées et mieux gérées. En outre, la réalisation de l’étude sectorielle permettra de rendre opérationnelle la base de données SIG-EAU ainsi que sa mise à jour et son renforcement. Les inventaires d’AEPA qui seront effectués dans le cadre de cette étude pourront servir de base pour la préparation de l’Initiative AEPA en milieu rural pour le Burundi. La composante appui institutionnel du projet permettra de renforcer les capacités des intervenants du secteur. Les actions envisagées dans le cadre du projet, à travers la redynamisation des Régies communales de l’eau, se traduiront par une responsabilisation accrue des populations pour une meilleure organisation et la durabilité de l’exploitation des AEP en milieu rural. Le projet s’inscrit dans la stratégie du Gouvernement de lutte contre la pauvreté. Il cadre également avec les domaines prioritaires d’intervention de la Banque définis dans le DSPAR 2005- 2009. Enfin, le projet présente d’importants avantages économiques avec des taux de rentabilité financière et économique respectifs de 17,86% et de 26,75% sur un horizon de 15 ans et la création de plus de 2300 emplois permanents en milieu rural.

    Il est recommandé qu’un don n’excédant pas 12 millions d’UC soit accordé sur les ressources du FAD à la République du Burundi, pour la réalisation du projet tel que décrit dans le présent rapport, sous réserve de la satisfaction des conditions énoncées dans le protocole d’accord de don.

    1

    • 1 ORIGINE ET HISTORIQUE DU PROJET

      • 1.1 Le Burundi est un pays, situé à cheval entre l'Afrique Centrale et Orientale, avec une

    superficie de 27 834 km 2 . Sa population est estimée à environ 7,3 millions d’habitants avec environ 92% qui vit en milieu rural. Le pays est situé à vol d’oiseau à plus de 1 000 km de l’Océan Indien et à plus de 2 000 km de l’Océan Atlantique. Les frontières burundaises correspondent à des limites

    naturelles constituées surtout par des lacs et des cours d’eau, notamment : le Lac Tanganyika, les rivières Rusizi à l’Ouest, Kagera et Kanyayru au Nord. L’histoire récente du Burundi a été marquée par le conflit sociopolitique intervenu entre 1993 et 2003 et qui a occasionné beaucoup de pertes en vies humaines, de déplacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays et des dommages aux infrastructures socio-économiques.

    • 1.2 En effet, les infrastructures du pays, y compris celles de l’eau potable et de l’assainissement

    ont été fortement dégradées pendant les longues années du conflit. En 1993, environ 70% de la population burundaise avaient accès à l’eau potable tandis qu’en 2005, ce taux est estimé à moins de 50% en milieu urbain, et seulement à 43% dans les zones rurales. Malgré une abondance des ressources en eau, le Burundi est confronté à des difficultés d’alimentation en eau potable, liées à la mauvaise répartition spatiale et temporelle de ces ressources, à l’insuffisance des équipements et à

    leur répartition inéquitable sur le territoire national, mais surtout à la dégradation des équipements existants. Les besoins en eau du pays pour divers usages augmentent sans cesse suite à la croissance démographique, à l’urbanisation, au développement agricole, industriel et énergétique.

    • 1.3 L’accès aux services d’hygiène publique reste limité à Bujumbura et aux villes secondaires.

    Les services d’assainissement en zone rurale sont limités et seulement 23% de la population utilisent des infrastructures fonctionnelles. Par ailleurs, les maladies hydriques (dysenterie bacillaire, amibiase, diarrhée, choléra) ont fortement affecté la santé des populations burundaises. Ces maladies occasionnent beaucoup de pertes en vies humaines suivant les périodes saisonnières. Des enquêtes réalisées en matière de la santé de la population réalisées par le Ministère de la santé avec l’appui de l’OMS et de l’UNICEF ont montré que 84% de la mortalité et de la morbidité des enfants de moins de 5 ans sont liés aux mauvaises conditions d’approvisionnement en eau potable, d’hygiène et d’assainissement.

    • 1.4 Face à ces défis et à la demande exprimée par les populations pour la fourniture d’eau

    potable, le Gouvernement a défini ses priorités pour la période (2005 – 2009) qui concernent : (i) la réhabilitation des systèmes d’alimentation en eau potable qui pourrait permettre de faire rehausser très sensiblement le taux d’accès à cette denrée; (ii) la construction de nouveaux systèmes dans les zones les plus déficitaires pour réduire les disparités régionales; (iii) la gestion intégrée des ressources en eau du pays grâce à des systèmes d’information intégrés à fins multiples; (iv) le renforcement de l’hygiène et de l’assainissement; et (v) la stimulation du secteur privé à s’investir dans le secteur pour assurer sa durabilité.

    • 1.5 La transition politique engagée suite aux accords d’Arusha de 1999 vient de s’achever en

    août 2005 avec l’organisation d’élections pluralistes jugées acceptables par les principales parties prenantes et la Communauté internationale. Après onze ans de conflit, la paix règne actuellement dans la majeure partie du pays, et le niveau de sécurité permet la reprise des activités économiques.

    • 1.6 Le projet a été identifié au cours d’une mission au Burundi en juin 2004, sur la base des

    priorités du Gouvernement définies dans le Cadre stratégique intérimaire de croissance économique et de lutte contre la pauvreté (CSLP-I) qui a été adopté, en mars 2002 et mis à jour en novembre 2003. Il s’inscrit dans le cadre du programme d'urgence du gouvernement qui a reçu le soutien des partenaires au développement lors du forum tenu en janvier 2004 à Bruxelles. Une requête du Gouvernement en décembre 2004 a confirmé la priorité qui lui est accordée. Une mission de la

    2

    Banque pour la préparation du projet s’est rendue sur le terrain en juin 2005, suivie d’une mission d’évaluation en août - septembre 2005. Durant la mission d’évaluation, une table ronde des intervenants en matière d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural a été organisée du 22 au 23 août 2005 à Gitega. L’objectif global de cet atelier était de dégager de nouvelles stratégies permettant d’améliorer le développement et la gestion des infrastructures d’AEPA dans les zones rurales. Le présent rapport d’évaluation est le résultat des discussions tenues avec les autorités gouvernementales, les autres acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement et les bailleurs de fonds pendant ces missions.

    • 2 LE SECTEUR DE L’EAU POTABLE ET DE L’ASSAINISSEMENT

      • 2.1 Caractéristiques du secteur

        • 2.1.1 Ressources en eau : le Burundi jouit d’une situation relativement privilégiée en matière de

    ressources en eau superficielle. En effet, ces ressources sont abondantes grâce à une bonne pluviosité et à la rétention d'eau par les marais et les lacs. Proche de l’équateur, le pays bénéficie d’une bonne pluviométrie qui varie entre 750 mm dans l’extrême Nord-Est du pays à plus de 2 000 mm dans le Nord-Ouest, avec une moyenne de 1 274 mm de pluie par an. Le pays a en outre la particularité d’être situé sur la ligne de partage des eaux de deux vastes bassins hydrographiques :

    le bassin du Nil et le bassin du fleuve Congo. Le réseau hydrographique très dense confère au pays un important potentiel hydroélectrique. Parmi les cours d’eau intérieurs on peut citer : Kaburantwa, Kagunuzi, Mpanda, Murembwe, Mugere, Mubarazi, Muhira, Mutsindosi, et Ruvubu, les marais et les lacs Cohoha et Rweru. Le Burundi bénéficie également du débit des rivières frontalières provenant du drainage des bassins versants internationaux. Le pays dispose en outre d’un important potentiel de ressources en eaux souterraines exploitées à travers plus de 35 000 sources aménagées et 811 réseaux d’adduction d’eau potable, dont la plupart sont en panne. Contrairement aux ressources en eau superficielles, les ressources en eau souterraines sont insuffisamment étudiées au Burundi. Les changements climatiques constatés ces dernières années et la pollution anthropique ont contribué à la baisse des ressources en eau du Burundi.

    • 2.1.2 Alimentation en eau potable en milieu urbain : l’alimentation en eau potable des

    populations urbaines s’est dégradée entre 1993 et 2004, avec un taux d’accès à l’AEP qui a baissé de 70% en 1993 à 50% en 2004. En plus, les statistiques de la Régie de production et de distribution de l’eau et de l’électricité (REGIDESO) pour la période 1999-2004 indiquent, que la production d’eau potable en 2004 était d’environ 33 millions de m 3 pour une consommation de 18 millions de m 3 , ce qui permet d’estimer les pertes à 48,5%, contre 28 millions de m 3 en 1999 pour la production, 19 millions de m 3 pour la consommation et 32,8% de pertes. Ainsi, malgré une augmentation de la production durant les cinq années considérées, la consommation en eau potable a bais n’a pas suivi et les pertes se sont accentuées.

    • 2.1.3 Alimentation en eau potable en milieu rural : la population rurale du Burundi est estimée à

    6,7 millions de personnes réparties dans 17 provinces. Parmi cette population rurale environ 43% ont accès à une source d’eau potable. En 1993, le taux d’accès net à l’eau potable pour les populations rurales était de 70% pour 30 846 points d’eau réalisés. La baisse du taux d’accès est liée à la dégradation des installations existantes, au faible investissement durant le conflit et à la poussée de la démographie.

    • 2.1.4 Assainissement liquide: les statistiques concernant l’assainissement en général et en milieu

    rural en particulier sont peu fournies. Selon une enquête réalisée par la Direction générale de l’hydraulique et des énergies rurales (DGHER) en 1999, le taux de desserte en latrines domestiques était de 23% et variait entre 8% et 35% d’une province à l’autre. Toutefois, l’essentiel des latrines traditionnelles n’est pas compris dans ces statistiques, car ne répondant pas aux normes

    3

    minimales d’hygiène. L’assainissement autonome est le mode d’assainissement le plus répandu pour les eaux usées. Seules les principales villes disposent de réseaux partiels d’égouts qui datent de plus de 50 ans. La situation de l’assainissement en milieu rural ne traduit pas la priorité accordée par le gouvernement. Même les centres de santé, les écoles et les centres de négoces, considérés comme établissements prioritaires, ne disposent pas tous de latrines.

    • 2.1.5 Situation socio-économique : la population du Burundi est estimée à 7,3 millions de

    personnes avec un taux de croissance annuel de 3,3%. La population urbaine est estimée à 0,8 millions d’habitants, soit environ 10,6 % de la population totale. La population est donc essentiellement rurale (89,4%) et extrêmement disséminée. L’insuffisance des services adéquats d’alimentation en eau potable et d’assainissement, que se soit en milieu rural ou urbain, a eu pour conséquence l’augmentation et la persistance des maladies liées à l’insalubrité du milieu. Des enquêtes réalisées en matière de santé de la population au Burundi montrent que 84% de la mortalité et de la morbidité des moins de cinq ans sont liés aux mauvaises conditions d’approvisionnement en eau potable, d’hygiène et d’assainissement. D’une manière globale, entre 68% (1999) et 76% (2004) des maladies notifiées au Burundi sont liées au manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement parmi lesquelles, le paludisme, le choléra, la dysenterie bacillaire, la typhoïde, etc.

    • 2.1.6 Les distances parcourues par la population pour accéder à l’eau potable sont souvent si

    longues que le temps consacré à la recherche de l’eau ne permet pas aux enfants et femmes, qui sont les plus concernés par cette activité, de dégager le temps nécessaire à la scolarité ou à des activités productives. L’absence d’eau potable dans le milieu rural rend difficile l’appropriation des enseignements pour la promotion de l’hygiène et de l’entretien des rares infrastructures existantes. Les populations vivant dans un environnement sans eau ni assainissement sont particulièrement vulnérables et leur productivité s’en trouve affaiblie.

    • 2.2 Organisation du secteur

      • 2.2.1 Cadre légal et réglementaire. Le principal cadre juridique précisant les modalités

    d’intervention dans le secteur de l’eau demeure le décret-loi n° l/41 du 26 novembre 1992 portant institution et organisation du domaine hydraulique au Burundi, appelé également Code de l’Eau. Ce texte vise à : (i) garantir la conservation des eaux ainsi que la préservation des écosystèmes aquatiques ; (ii) assurer l’alimentation en eau potable de la population et à protéger les ressources en eau contre toute pollution ; et (iii) valoriser l’eau comme ressource économique et satisfaire les besoins en eau des secteurs de l’économie nationale. Dans le sous-secteur de l’assainissement, le décret Nº 100/241 du 31 décembre 1992 réglemente l’évacuation des eaux usées en milieu urbain. En plus des textes spécifiques au secteur, il existe d’autres lois ou décrets qui contiennent également des dispositions relatives à l’eau et à l’assainissement. C’est ainsi que la loi nº 1/010 du 30 juin 2000 portant code de l’environnement traite des questions liées à la gestion et à la conservation des ressources en eau ainsi que l’aménagement et la protection des bassins versants et des sols. De même, le décret-loi No1/16 du 17 mai 1982 portant code de la santé publique prévoit que dans les communes, tout projet de captage destiné à l'alimentation en eau potable soit soumis à l'autorisation préalable du Ministre chargé de la santé ou des autorités désignées par lui.

    • 2.2.2 Au plan de l’exploitation des ressources en eau, il convient de rappeler que le décret-loi Nº

    1/196 du 2 octobre 1968 accordait à la REGIDESO le monopole sur le captage et la distribution de

    l’eau dans tout le pays. Le décret Nº 100/072 du 21 avril 1997 est venu ensuite délimiter les responsabilités entre la DGHER et la REGIDESO. Dans le cadre de la réforme du secteur le Burundi a adopté la loi N° 1/014 du 11/08/2000 portant libéralisation et réglementation du service public de l’eau potable et de l’énergie électrique. Cette loi définit les principes, les formes et les conditions de l’intervention du privé dans le secteur. Il prévoit la création d’un organe de régulation

    4

    et de contrôle de l’eau potable et de l’énergie ainsi qu’un fonds de développement du secteur. Il convient de noter que la loi N° 1/014 abroge le décret-loi accordant à la REGIDESO le monopole sur l’exploitation du service public de l’eau potable et de l’électricité, cette entité devenant désormais, avec la DGHER des délégataires du service public opérant sous le contrôle de l’autorité de contrôle et de régulation à créer.

    • 2.2.3 Par ailleurs, dans le cadre de la mise en application du décret-loi n° 1/011 du 08 avril 1989

    portant réorganisation de l’administration communale, le Gouvernement a transféré aux communes certaines compétences en matière de gestion et d’entretien des infrastructures d’eau et d’assainissement. Celles-ci doivent dans ce contexte prendre toutes les initiatives visant à exploiter au mieux les ressources hydrauliques disponibles, à entretenir et à maintenir les équipements d'alimentation en eau potable, anciennes ou nouvelles se trouvant sur leur territoire. La nouvelle loi N°1/016 du 20 avril 2005 portant organisation de l’administration communale vient renforcer ces dispositions.

    • 2.2.4 Cadre institutionnel. Depuis 1979, il existe au niveau institutionnel du secteur de l’eau et de

    l’assainissement, une séparation entre le milieu rural et le milieu urbain. Le Ministère de l’énergie et des mines (MEM), à travers la Direction générale de l’eau et de l’énergie (DGEE), est le Département en charge de la planification, de la gestion et de la coordination des programmes et activités des secteurs de l’eau et de l’énergie. Il assure également la tutelle et la réglementation de l’exploitation de l’eau potable dans les centres urbains. Le décret n°100/049 du 14 mars 1997 portant réorganisation des services de l'administration centrale du MEM confère à la Direction des ressources hydrauliques (DRH) , structure de la DGEE, les missions : (i) de conception des stratégies de développement durable des ressources hydrauliques nationales ; (ii) d’élaboration et d’actualisation en permanence du Plan directeur national de l'eau (PDNE) ; (iii) de planification des divers besoins en eau par bassin versant avec une vision dynamique et à long terme ; (iv) de supervision des nouveaux investissements de l'Etat dans le domaine hydraulique ; (iv) d’élaboration de la politique tarifaire de l'eau potable en milieu rural et urbain.

    • 2.2.5 La DGHER assure la coordination et l’encadrement des services hydrauliques communaux

    dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement en milieu rural. Cette structure était initialement rattachée au Ministère du Développement Communal (MDC). Depuis le remaniement ministériel du 30 août 2005, la DGHER est placée sous la tutelle du Ministère de la bonne gouvernance, de l’inspection générale d’Etat et de l’administration locale (MGIGA).

    • 2.2.6 La Direction Générale de l’Environnement, dépendant du Ministère de l’Aménagement du

    Territoire et de l’Environnement (MINATE) est également en charge de la gestion et de la conservation des ressources en eau du pays. Le Conseil des Ministres en sa séance du 18/12/2001 a

    adopté un projet de décret portant organisation du Ministère de la santé publique avec la création d’une nouvelle Direction de la promotion de la santé, de l’hygiène et de l’assainissement.

    • 2.2.7 La REGIDESO et la Régie communale de l'eau (RCE) sont les deux principales structures

    chargées de la fourniture des services d’eau potable au Burundi. La REGIDESO a pour mission le

    captage, le traitement, la distribution d'eau potable, la production, le transport et la distribution d'électricité ainsi que la commercialisation de ces produits dans les centres urbains ou à vocation urbaine. La RCE a pour mission l’approvisionnement en eau potable des populations rurales, notamment l’exploitation et l’entretien des infrastructures d’AEP

    5

    • 2.3 Contraintes au développement du secteur

      • 2.3.1 Les contraintes auxquelles fait face le secteur de l'eau potable et de l’assainissement sont

    aussi bien d'ordre structurel que conjoncturel. Les principales contraintes structurelles sont liées: (i) à la structure de l’habitat dispersé et au relief accidenté ; (ii) aux changements climatiques résultant de la destruction du couvert végétal et leurs incidences négatives sur l'hydrologie et les ressources en eau du pays; et (iii) à la participation limitée du secteur privé au financement et à la gestion du secteur. Parmi les contraintes conjoncturelles, on peut citer : (i) les sabotages et la destruction d’une bonne partie des infrastructures d'adduction d'eau pendant le conflit, entraînant des besoins en investissements considérables nettement au-dessus des moyens actuellement mobilisés au niveau national ; et (ii) le retrait des bailleurs de fonds et l’arrêt de la plupart des projets en cours d'exécution ou planifiés suite à la crise et à l'embargo qu’à subi le pays en 1996 et 1999.

    • 2.3.2 La structure de l'habitat dispersé, une population disséminée à travers le pays, et le relief

    accidenté constituent effectivement un frein au développement des réseaux pour la couverture des besoins en eau des usagers. En effet, ces caractéristiques de l’habitat font que les réseaux de distribution sont très longs et coûteux rendent la tâche de surveillance et d’entretien des équipements très difficile. Pour faire face à ce défi, et fournir des services adéquats en AEP, il faudrait s'orienter vers des systèmes de sources aménagées, puits et forages, tout en encourageant les populations à se regrouper autour des voies de communication afin d'avoir un accès facile aux infrastructures modernes. Il faut noter que les changements climatiques et leurs incidences négatives sur l'hydrologie et les ressources en eau constituent des aléas difficiles à maîtriser pour la réussite des objectifs visés pour le secteur. Seules des observations sur une longue période à l’avenir permettront d’éclaircir la nature structurelle ou conjoncturelle de ces changements. La maîtrise du déboisement et la protection des bassins versants sont des mesures conservatoires urgentes à prendre par le Gouvernement qui a soumis à ce titre à la Banque une requête pour le financement d’un projet d’aménagement intégré des bassins versants. Une mission d’évaluation du projet est prévue au cours du quatrième trimestre 2005.

    • 2.3.3 La faible participation du secteur privé au financement et à la gestion du secteur, est due à

    la faiblesse des capacités locales et à l’environnement peu attractif pour le secteur privé international, conséquence de plusieurs années de conflit. Cependant, cette participation devra être encouragée pour venir en appui aux efforts de l'Etat dans le financement des projets et dans la prestation de service pour le développement du secteur de l’AEPA. En vue de créer un cadre propice au financement des investissements du secteur, il s’avère impératif de conjuguer toutes les approches innovantes notamment la mise en place d’une politique saine de gestion de la demande, d'adaptation aux spécificités locales, d’acquisition et de gestion participative des usagers en vue de la mobilisation des ressources financières locales, nationales et internationales, publiques ou privées.

    • 2.3.4 Depuis le début du conflit en 1993, le développement du secteur a également souffert des

    actes de sabotage et de destruction des infrastructures d'adduction d'eau potable, ce qui a provoqué une baisse du taux de desserte en eau et une augmentation considérable des pertes sur les réseaux. L’insécurité et l'embargo du fait du conflit, ont amené les bailleurs de fonds à arrêter des projets qui étaient en cours d'exécution ou planifiés tant en milieu urbain qu'en milieu rural. Cependant, la formation d’un Gouvernement d’unité nationale en novembre 2003, l’approbation de la Constitution issue des Accords de Pretoria d’août 2004 par référendum en février 2005, suivies des élections communales, législatives, sénatoriales et présidentielles qui ont été organisées sur la période juin -août 2005, ont permis de redonner confiance aux bailleurs de fonds qui ont repris leurs activités dans le pays.

    6

    • 2.4 Politique et stratégie du Gouvernement

      • 2.4.1 En mai 1991, le Gouvernement du Burundi avait approuvé une lettre de politique sectorielle

    qui confirmait les objectifs en matière de distribution d’eau, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Cette politique et le programme qui en découlait avaient obtenu l’engagement des bailleurs de fonds qui ont financé des sous-projets d’AEP en milieu rural. Suite au conflit non seulement la mise en œuvre de ce programme a été interrompue, mais une bonne partie des infrastructures existantes a été détruite ou ne fonctionne plus. Avec le retour progressif de la paix depuis 2000, le gouvernement s’est assigné comme objectif la réduction de la pauvreté et d’amélioration les conditions de vie des populations. C’est dans cette optique que le MEM a élaboré et met en œuvre une politique sectorielle de l’eau (2005-2007) visant à garantir un approvisionnement en eau potable sûr et adéquat des populations des zones urbaines et centres à vocation urbaine du pays. Le principal axe de cette politique est d’assurer un approvisionnement en eau en quantité et en qualité requises exprimées par les différentes activités socio-économiques du pays en prenant en considération les mesures d’assainissement nécessaires aux fins d’un développement durable. Les objectifs de cette politique sont : (i) l’amélioration de la connaissance des ressources en eau pour une gestion efficace, équitable et durable ; (ii) l’augmentation du taux de couverture en eau et en assainissement ; (iii) la réalisation d’une meilleure coordination des intervenants dans le secteur. La politique sectorielle en matière d’assainissement urbain est en cours d’actualisation par le Ministères des mines de l’eau et de l’énergie avec l’appui de la KFW.

    • 2.4.2 En ce qui concerne le milieu rural, la Politique sectorielle d’alimentation en eau potable a

    établi un cadre institutionnel qui place toutes les infrastructures hydrauliques autres que celles gérées par la REGIDESO sous la responsabilité des communes qui en sont propriétaires. Afin d’assurer un développement du sous-secteur de l’alimentation en eau potable du milieu rural répondant à l’aspiration des populations concernées et de les responsabiliser davantage dans la gestion, l’entretien et l’exploitation des infrastructures, le Gouvernement préconise la mise sur pied au niveau de chaque commune, d’une Régie communale de l’eau, dont la direction est confiée à un Comité communal d’usagers (CCU). En tenant compte du caractère prioritaire de l'alimentation en

    eau potable pour la santé, l'hygiène et le développement socio-économique des populations, ainsi que les coûts élevés que requiert l'aménagement ou la construction des infrastructures hydrauliques, le Gouvernement apporte, à travers la DGHER, son appui aux communes rurales pour leur permettre d’assumer leur responsabilité en matière d’AEPA. A ce titre, la DGHER apporte notamment l'assistance technique nécessaire aux Régies communales de l’eau (RCE) pour leur permettre d’exploiter et d’assurer une maintenance adéquate des infrastructures existantes.

    • 2.4.3 Dans le secteur rural, le Gouvernement s’est fixé pour objectif d’assurer aux populations, la

    couverture de ses besoins en eau potable avec la disponibilité d’un point d’eau à une distance inférieure à 500 m pour chaque ménage, à l’horizon 2015, sous réserve de la disponibilité des ressources financières et humaines. Pour atteindre ce objectif, la stratégie du Gouvernement prévoit de mettre l’accent pour les cinq prochaines années sur : (i) la réhabilitation et l’aménagement de sources et réseaux d’adduction d'eau ; (ii) le renforcement des unités de production d’eau ; (iii) la redynamisation et le renforcement des capacités des Régies communales de l’eau (RCE) ; (v) le renforcement des programmes d’assainissement existants et leur extension à l’échelle nationale ; (iv) la formation et la sensibilisation de la population aux techniques d’hygiène et d’assainissement en milieu rural. La promotion de l’hygiène domestique et des latrines pour chaque ménage s’inscrit également dans le cadre de cette politique.

    • 2.4.4 Dans cette même optique, le Gouvernement a réalisé en deux phases le Plan directeur

    national de l’eau (PDNE) avec l’appui des coopérations allemande et autrichienne. La première phase a permis d’élaborer un inventaire des données disponibles sur les ressources et les demandes en eau. La seconde phase, achevée en octobre 2004, a permis de mettre en place une base de

    7

    données SIG-EAU permettant une planification et une gestion rationnelle et durable des ressources hydrauliques du Burundi. Avec l’arrêt des hostilités, une troisième phase est à réaliser pour permettre l’actualisation et le renforcement du SIG-EAU.

    • 2.4.5 Malgré le faible niveau des ressources budgétaires, le Gouvernement demeure le principal

    acteur dans le financement du secteur. Dans le cadre de sa stratégie sectorielle, il adopte chaque année un budget d’investissement pour de nouvelles adductions d’eau et pour la réhabilitation des infrastructures existantes. Toutefois, les besoins de financement du secteur dépassent largement les moyens de l’Etat, qui bénéficie de l’appui de bailleurs de fonds. Ces partenaires sont mis à contribution dans la réalisation des infrastructures et dans le renforcement des capacités des structures en charge de la gestion du secteur.

    • 2.5 Intervention des bailleurs de fonds

      • 2.5.1 La situation socio-politique avait conduit la plupart des bailleurs de fonds à réduire ou

    arrêter leur aide au Burundi. L’embargo qui avait été imposé au pays en 1994 a été assoupli en 1997 afin de permettre à l’aide humanitaire d’urgence de toucher les groupes les plus vulnérables de la population, puis l’embargo a été finalement levé en 1999 après la mise en place du processus de paix d’Arusha. Au cours de la période de transition (1999-2005), les programmes d’aide ont plus souvent concerné le financement de l’action humanitaire en faveur des populations déplacées et des groupes sociaux défavorisés ainsi que la mise en œuvre de projets d’urgence de réhabilitation des infrastructures endommagées pendant le conflit. Le secteur de l’eau potable et de l’assainissement occupe donc une place importante dans cette phase dans l’intervention des partenaires au développement. Il convient de souligner que la plupart des projets d’aide ont connu d’assez bons taux de réalisation avec parfois une exécution avant les délais prévus, malgré les problèmes de sécurité rencontrés dans certaines régions et les difficultés de fonctionnement des services publics. Ce succès a été favorisé par l’adoption de méthodes spécifiques d’acquisition en l’occurrence la mise en place de cellules de passation des marchés au niveau des projets et des programmes, l’adoption de méthodes de décaissement rapide par la mise à disposition des ressources financières dans des comptes logés au niveau des banques locales, ainsi que par le renforcement des capacités des intervenants.

    • 2.5.2 Aujourd’hui, plusieurs bailleurs de fonds interviennent dans le secteur de l’AEPA au

    Burundi. Il s’agit notamment de la Banque mondiale, de l’Union européenne, de la KFW, de la coopération autrichienne et de l’UNICEF. La Banque mondiale a mis en place en 2002 le Crédit de relance économique (CRE) qui est un appui budgétaire ayant un volet réhabilitation d’installations

    d’AEPA en milieu rural exécuté, en coordination avec la DGHER, point focal de ce volet. Dans le cadre du Projet de travaux publics et de création d’emplois (PTPCE) en cours d’exécution, la Banque Mondiale a également financé des sous-projets d’adduction d’eau gravitaires identifiés selon l’approche participative, avec une contribution financière des populations bénéficiaires. C’est le cas notamment de l’Association à but non lucratif (ASBL) Twitezimbere qui associe les activités de microfinance à la réalisation d’adductions d’eau potable dans la province de KAYANZA.

    • 2.5.3 L'UNICEF intervient dans le cadre du Programme eau et assainissement (PEA). Elle a

    contribué à la formation des formateurs aux approches participatives, pour la sensibilisation des communautés sur l'hygiène, la gestion et l'entretien de systèmes d'AEPA. Le volet eau potable a porté sur la réhabilitation, l'extension de 35 adductions d'eau, l'aménagement de 1105 sources et le forage de 20 puits équipés de pompes manuelles. En ce qui concerne l’assainissement, 12 000 ménages ont construit leurs latrines améliorées avec l'appui de l’UNICEF. Au cours de la période 2005-2008, l’UNICEF prévoit continuer à mettre l'accent sur l'amélioration de l'accès à l’eau potable et l'utilisation de systèmes d'assainissement de qualité pour contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité infanto-juvénile imputables aux maladies hydriques.

    8

    • 2.5.4 L’Union européenne intervient dans le secteur de l’eau et de l’assainissement au Burundi à

    travers le Projet de réhabilitation du Burundi (PREBU) et les actions de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). Le PREBU a contribué à la réhabilitation et à l’extension d’une trentaine de réseaux d’adductions d’eau potable (454 Km). Quant à l’agence humanitaire ECHO, elle aura permis de réhabiliter 200 systèmes d’adduction d’eau potable et construit des centaines de latrines dans les écoles. Dans les domaines de concentration de la coopération belge figure un volet eau et assainissement, particulièrement dans les province de Mwaro et de Kirindo. L’Autriche appuie le Gouvernement pour la réalisation du Plan Directeur National de l’Eau (PDNE) et à travers un programme d’intervention exécuté par une ONG active dans la province de Cibitoke. La coopération allemande, à travers la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KFW), a pris une part active au développement des réseaux d’AEPA des centres urbains au Burundi. Elle envisage de participer, à hauteur de 16,9 millions d’euros, au financement d’un Projet sectoriel eau et assainissement à travers les trois volets suivant : (i) renforcement des projets d’AEP dans le milieu rural ; (ii) renforcement des projets AEP dans les centres urbains ; et (iii) assainissement dans la Mairie de Bujumbura.

    • 2.5.5 La Banque pour sa part avait conjointement participé au financement du projet d’AEP de

    Bujumbura, Phase II, avec la KFW et la Caisse Française de Développement. Le financement de la Banque avait permis de renforcer la production d’eau brute par la construction d’une station de pompage, de l’usine de traitement et trois réservoirs. La fiabilité technique du système mis en place avait conduit la Banque à financer, dans une seconde phase, le doublement de la capacité de production d’eau de la ville de Bujumbura par la construction de deux réservoirs et de deux stations de pompage. Ce projet s’est achevé en 1989 et depuis, aucun autre projet n’a été financé dans le secteur de l’AEPA par la Banque. Néanmoins, dans le cadre du projet multisectoriel de réinsertion socio-économique financé par la Banque et en phase de démarrage, quelques activités ponctuelles liées à l’assainissement liquide urbain et au ramassage des ordures sont prévues, ainsi qu’une étude pour l’élaboration du schéma directeur d’assainissement de Bujumbura. Le projet a été approuvé le 13 décembre 2004.

    • 2.5.6 En 2004, le portefeuille de la Banque au Burundi fut assaini dans l’optique de la reprise de

    ses activités de la Banque avec l’annulation de sept (7) projets ayant été inactifs pendant cinq ans

    correspondant à la période des sanctions. Un seul projet dans le secteur rural, à savoir le projet agropastoral de Bututsi, ne fut pas annulé du fait de son co-financement avec le FIDA. L’expérience de l’intervention de la Banque et des autres bailleurs de fonds dans le secteur de l’AEPA au Burundi a permis de tirer les leçons suivantes : (i) la réhabilitation des infrastructures hydrauliques est un moyen accéléré et de moindre coût pour rehausser sensiblement la taux d’accès à l’eau potable au Burundi ; (ii) en plus de l’investissement physique, le renforcement des capacités des intervenants du secteur AEPA doit être un axe majeur dans la conception des projets et programmes ; (iii) la mise en place de procédures accélérées d’acquisition et de décaissement ont permis d’améliorer sensiblement la performance opérationnelle des projets d’AEPA.

    • 3 LE SOUS-SECTEUR DE L’EAU POTABLE ET DE L’ASSAINISSEMENT EN MILIEU RURAL

      • 3.1 Caractéristiques du sous-secteur

        • 3.1.1 Normes : les normes de référence déterminant la disponibilité des services d’eau potable au

    niveau des zones rurales du Burundi ont été définies par rapport à la distance, la quantité d’eau et le nombre de (personnes) ménages couverts par un point d’eau, à savoir : (i) un point d’eau à moins de 500 m de trajet pour chaque personne ; (ii) un point d’eau pour moins de 200 personnes ou 40 ménages ; (iii) 20 litres d’eau disponibles par jour et par personne. La préférence des populations est hiérarchisée comme suit : (i) les réseaux d’adduction d’eau de type gravitaire pour éviter les consommations d’énergie électrique, qui est le plus souvent indisponible ; (ii) l’aménagement de sources protégées lorsque les réseaux ne sont pas réalisables ; (iii) l’aménagement des puits, à

    9

    motricité humaine ; et (iv) la construction de réseaux alimentés par pompage en dernier ressort. Pour le cas de l’assainissement, ces normes sont : (i) une latrine couverte et sous abri pour chaque ménage, comme équipement minimal ; et (ii) une latrine publique pour chaque établissement public. En outre, les latrines ou toute autre méthode d’assainissement doivent satisfaire aux conditions suivantes : (i) le risque de contamination des ressources en eau doit être nul ; (ii) les excréta ne doivent pas être accessibles aux animaux ; et (iii) l’installation doit prévenir les odeurs et doit être peu coûteuse à l’acquisition et à l’entretien.

    • 3.1.2 Coûts des ouvrages : les coûts unitaires des ouvrages d’eau potable et d’assainissement en

    milieu rural, calculés sur la base des récents marchés exécutés dans le pays, sont de : 600 dollars pour une source aménagée ; 1 000 dollars pour un puits de 10 à 30 m ; 20 000 dollars pour une

    canalisation d’adduction d’eau (1 borne fontaine -1 km) ; 50 dollars pour une latrine domestique améliorée ; et 3 000 dollars pour un bloc collectif à 4 latrines (école ou centre de santé).

    • 3.1.3 Accès à l’eau potable et à l’assainissement: l’état du sous-secteur eau potable et

    assainissement est caractérisé par la crise sociopolitique qui a secoué le pays pendant plusieurs années et qui a eu pour conséquence la dégradation des installations et la baisse très sensible du niveau des services d’AEPA dans le pays et en milieu rural en particulier. En plus, depuis 1994, les budgets propres à l’Etat ont tari, avec comme résultat une baisse du niveau des investissements pour la construction de nouvelles infrastructures, afin de couvrir l’augmentation de la demande consécutive à une croissance de la population de 3,3% par an.

    • 3.1.4 L'absence d’une maintenance adéquate des infrastructures hydrauliques et de

    l'assainissement constitue aussi un obstacle pour la fourniture des services d’AEPA dans le milieu rural. Ceci est en premier lieu dû aux problèmes de pauvreté rurale et de gouvernance locale qui ont entraîné un faible taux de collecte des redevances auprès des ménages. Les RCE qui ont la responsabilité de la fourniture des services d’AEPA ne sont pas suffisamment encadrés pour maintenir les compétences du personnel technique et leurs ressources, réduites par la crise, ce qui ne leur permet pas d’assurer le financement de la maintenance des infrastructures. Ainsi, les dysfonctionnements du système des RCE et la lutte armée ont eu pour effet la détérioration avancée des réseaux AEP en milieu rural ainsi que ceux de la périphérie de la capitale Bujumbura où se concentre une forte population pauvre ayant fui les zones de combat en milieu rural pendant le conflit. Par conséquent, il en résulte la nécessité de mobiliser d’importants investissements pour réhabiliter les réseaux adductions d’eaux détériorés par manque d’entretien ou par vandalisme.

    • 3.1.5 Il faut également noter que si le taux de desserte en eau et assainissement est faible au

    niveau national, certaines provinces en souffrent beaucoup plus que d’autres. Selon une enquête réalisée par la DGHER, ce taux varie entre 30% et 66% pour l’eau potable et entre 8% et 35% pour

    les équipements d’assainissement (latrines répondant aux normes minimales d’hygiène). Cette disparité est encore plus forte entre les communes : entre 11% et 78% pour l’eau potable et 1,4% à 57% pour l’assainissement. Le taux le plus bas se trouve dans la plaine de l’Imbo, sur les flancs de collines du Mumirwa et les dépressions de Bugesera, Buyogoma et Kumoso. La KFW prévoit d’intervenir dans ces zones défavorisées. Selon cette même enquête, nombre d’établissements publics sont sans eau potable. Ainsi, 37% des centres de santé recensés dans le pays, 73% des écoles (primaires et secondaires), 294 centres de négoce et 50 chefs-lieux des communes ne sont pas alimentés en eau potable.

    10

    • 3.2 Principales institutions du sous-secteur

      • 3.2.1 La fourniture des services d’eau potable au Burundi est assurée par les Régies communales

    de l’eau (RCE), et la Régie de production et de distribution d'eau et d'électricité (REGIDESO). La mission des RCE est l’approvisionnement en eau potable des populations rurales, tandis que la REGIDESO a pour mission le captage, le traitement, la distribution d'eau potable, la production, le transport et la distribution d'électricité ainsi que la commercialisation de ces produits dans les centres urbains ou à vocation urbaine. Quant à la DGHER, elle ne fournit pas directement des services d’alimentation en potable, mais elle intervient comme structure de coordination, d’assistance technique d’exécution de projets dans le cadre de la mise en œuvre de la politique sectorielle de l’eau en milieu rural.

    La DGHER

    • 3.2.2 La DGHER est une administration personnalisée jouissant de la personnalité juridique et

    d’une autonomie de gestion. Elle est administrée par un Conseil d’administration de six membres qui sont nommés par décret sur proposition du ministère de tutelle. La gestion quotidienne est assurée par le Directeur Général assisté de directeurs responsables de départements. Dans le domaine de l’alimentation en eau potable, la DGHER est en charge notamment : (i) de la coordination des activités de l’alimentation en eau potable en milieu rural y compris la rentabilisation des ressources en eau pour une desserte efficiente de la population ; (ii) de la réhabilitation des adductions, des puits, des sources d’eau vétustes ; (iii) de l’étude et de la construction de nouvelles adductions ainsi que de l’aménagement des sources et des puits ; (iv) de l’encadrement des communes dans la planification, la construction, la gestion et la maintenance des infrastructures d’AEPA rurales ; et (v) de l’intensification des travaux d’assainissement en milieu rural et des actions complémentaires d’animation et d’éducation pour la santé, ainsi que pour la promotion de l’hygiène domestique et des latrines dans les zones rurales. La DGHER a un effectif total de 142 agents dont 21 cadres. L’organigramme de la DGHER présenté à l’annexe 2 fait apparaître trois grands départements : le département administratif et financier ; le département de l’hydraulique et de l’aménagement en milieu rural ; et le département des énergies rurales.

    Les Régies communales de l’eau (RCE)

    • 3.2.3 La Politique sectorielle d’alimentation en eau potable en milieu rural adoptée par le

    Gouvernement en 1991 a établit un cadre institutionnel qui place toutes les infrastructures hydrauliques en milieu rural sous la responsabilité des communes qui en sont propriétaires. Pour remplir cette mission, il a été décidé que chaque commune soit dotée d’une Régie communale de l'eau (RCE) responsable de l’exploitation et de l’entretien des AEP. Ce sont des structures à caractère communautaire dotées de l'autonomie financière.

    • 3.2.4 Toutefois, la mise en place des Régies communales a correspondu avec le début de la crise

    au cours de laquelle le mécanisme institutionnel mis en place a connu des fortunes diverses en raison de facteurs aussi bien endogènes qu’exogènes. En effet, le bon fonctionnement des RCE a été entravé par : (i) la destruction de certains réseaux AEP entraînant la rupture de l’approvisionnement en eau dans certaines zones ; (ii) la gratuité de fait de l’eau aux bornes fontaines et aux sources du fait du non paiement des redevances ; (iii) la faiblesse et l’inadéquation des campagnes de sensibilisation des populations sur l’hygiène et l’assainissement ; (iv) la faible capacité de gestion des RCE.

    • 3.2.5 Il en est résulté qu’au 31 août 2005, sur les 34 communes qui composent les quatre

    provinces couvertes par le projet (Bururi, Gitega, Kayanza et Muramvya), seulement 16 disposent d’une RCE opérationnelle. Parmi ces dernières, seules 8, soit la moitié de ces RCE percevaient des

    redevances auprès des ménages. Les autres n’avaient d’autres ressources que celles provenant de la

    11

    vente de l’eau au forfait aux branchements privés. Cependant, malgré l’existence d’une forte demande pour de tels branchements, leur nombre était très limité (2% des ménages) en raison de leur coût élevé et du support intégral de ce coût par le client.

    • 3.2.6 Devant la carence des RCE et le manque d’entretien des ouvrages hydrauliques, la gestion

    des infrastructures hydrauliques initialement confiée aux RCE est revenue à l’administration communale. Malheureusement, les communes ayant également été inefficaces dans cette tâche, et suite à l’insécurité dans le pays, la plupart des infrastructures ont continué à se dégrader, contribuant ainsi à réduire le taux d’accès à l’eau potable en zones rurale.

    • 3.2.7 Plusieurs tentatives de redynamisation des RCE ont été entreprises avec la collaboration

    d’ONGs et de la DGHER mais les résultats restent mitigés jusqu’à présent. Cela est imputable à l’insuffisance des moyens financiers engagés et à la faible capacité des intervenants, dont le renforcement est indispensable pour un redémarrage des RCE. C’est ainsi, qu’en novembre 2000, suite à ce constat, il a été recommandé de doter les RCE d’une personnalité juridique sous la forme d’une association sans but lucratif (ASBL), en vue : (i) de clarifier les rôles des responsables des RCE et de l’autorité administrative communale ; (ii) d’améliorer l’organisation pour une meilleure gestion budgétaire ; (iii) de renforcer la mission de sensibilisation à l’usage d’eau potable ; et (iv) d’améliorer le recouvrement des redevances.

    • 3.2.8 Des exemples de réseaux d’AEP construits récemment en milieu rural sur financement de la

    Banque mondiale dans le cadre du CRE, ont démontré qu’avec une bonne sensibilisation et une gestion adéquate des infrastructures, les populations acceptaient de contribuer financièrement à leur exploitation et à leur maintenance en payant les redevances d’eau. A ce titre, l’exploitation bénéficiaire de la RCE de la Commune de Bururi illustre bien la viabilité du schéma institutionnel de gestion actuelle des AEP en milieu rural lorsque les capacités adéquates existent et que le réseau est fonctionnel. En effet, cette RCE est organisée en ASBL et fonctionne selon un mode de gestion privé. Elle dispose d’un siège, tient une comptabilité régulière et possède un des plus forts taux de branchements privés de la région (8%). Elle a réalisé en 2004 des recettes de 2,5 millions de Fbu en 2004, avec un bénéfice de 1.2 millions de Fbu et a atteint un taux de recouvrement de 60% auprès des clients.

    • 3.2.9 Il faut noter que la participation communautaire et la promotion de l'hygiène sont des

    aspects de la stratégie que le Gouvernement est entrain de mettre en place pour assurer le succès

    des interventions dans le secteur AEPA en milieu rural. La mise en œuvre de cette stratégie incombe à la DGHER que doivent appuyer les ONGs et les bailleurs de fonds présents au Burundi. Aussi, la réhabilitation des infrastructures doit aller de pair avec un appui aux Régies communales de l’eau. La DGHER a entrepris, depuis 2001, la promotion et la diffusion de nouveaux statuts juridiques et un nouveau règlement d’ordre intérieur qui doteront les Régies communales de l’eau (RCE) d’une personnalité juridique sous forme d’Association Sans But Lucratif (ASBL).

    La Régie de Production et de Distribution d'Eau et d'Electricité (REGIDESO)

    3.2.10 La REGIDESO a été créée à l’indépendance du pays, le 22 juin 1962 par la transformation d'une structure de l'autorité coloniale belge en charge de l'alimentation en eau potable et en électricité au Rwanda et au Burundi. A cette époque, l'activité de la REGIDESO se limitait à l'alimentation des villes de Bujumbura et Gitega, seules agglomérations du Burundi d'alors à vocation urbaine. Sa forme juridique et son cadre institutionnel ont évolué avec le temps, passant d'une Administration personnalisée, puis d'un Etablissement Public à caractère commercial et industriel jouissant d'une personnalité juridique et d'une autonomie financière, à la forme d'une société à participation publique depuis le 5 septembre 1997. La société est régie par la loi n° 1/002 du 6 mars 1996 portant code des entreprises publiques et privées ainsi que ses statuts adoptés le 5 septembre 1997. Elle a pour mission le captage, le traitement,

    12

    la distribution d'eau potable, la production, le transport et la distribution d'électricité ainsi que la commercialisation de ces produits dans les centres urbains ou à vocation urbaine.

    • 3.2.11 Depuis une dizaine d’années, la capacité de la société à assurer une alimentation adéquate

    en eau potable des populations de Bujumbura se trouve freinée par le déficit de production et les

    pertes sur le réseau. Les quartiers qui souffrent le plus de manque d’eau sont les quartiers

    périphériques de la ville (Mutanga, Kanyosha, etc

    ..

    )

    où la surpopulation occasionnée par

    l’insécurité dans Bujumbura rural provoque de pressions dommageables sur les installations d’AEP (réseaux et bornes-fontaines). En effet, depuis le début de la crise, une frange importante de la population se trouvant auparavant en milieu rural dans les zones de conflit s’est progressivement installée dans les zones périphériques de Bujumbura qui n’ont accès à des services d’eau potable et d’assainissement. Il en résulte que la société enregistre d’importantes pertes de production sur le réseau de distribution d’eau potable (48,5% en 2004 contre 44,1% en 2003). La réhabilitation des bornes fontaines ainsi que la réhabilitation et l’extension des infrastructures permettraient à ces populations pauvres d’origine rurale d’avoir un accès adéquat à l’eau potable.

    Les autres intervenants

    • 3.2.12 Le secteur privé national joue un rôle important dans le développement du secteur de l’eau

    et de l’assainissement au Burundi. Ses principaux intervenants sont : les bureaux d’études, les

    fournisseurs de biens, les entreprises de travaux, les artisans et les ONG. Au Burundi, on dénombre environ une trentaine de bureaux d’études spécialisés dans l’eau et l’assainissement. A cela s’ajoute un grand nombre de consultants individuels travaillant ponctuellement dans le secteur. En milieu

    rural, ce sont principalement les artisans (fontainier, maçons, réparateurs, etc

    )

    qui interviennent

    .. dans l’entretien des réseaux AEP et la réalisation d’ouvrages d’assainissement individuels (latrines,

    puisards, fosses sceptiques, bac à laver, etc.).

    • 3.2.13 La performance des entreprises du secteur privé dans le domaine a été négativement

    affectée par la longue crise que le pays a traversé et qui s’est traduite par un rétrécissement de la

    base du marché local et le départ de plusieurs firmes. Néanmoins, à la faveur de l’exécution de certains projets de réhabilitation et d’extension d’AEP appuyés par les partenaires au développement (PREBU, CRE, PTPCE, UNICEF) et qui avait parfois une composante renforcement des capacités des prestataires, on a pu assisté à l’émergence d’un groupe d’entreprises et de bureaux d’études nationaux disposant des compétences et qualifications adéquates. Certains bailleurs de fonds ont recensé au moins une centaine d’entreprises nationales qui ont acquis une grande expérience pour ces types de travaux et services et sont équipées en conséquence. Conformément à la stratégie de mise en œuvre de ces projets, le secteur privé a été relativement privilégié par le lancement de marchés de taille modeste.

    • 3.2.14 L’idée de création de la Régie Communale de l’Eau lancée par le Gouvernement en1990,

    contient en elle-même les prémisses vers une possible privatisation de la gestion des infrastructures d’AEP en milieu rural. Cette tendance est renforcée par la dotation des RCE de la personnalité morale et juridique en leur transformation en ASBL.

    • 3.2.15 Selon les dispositions actuelles, les Régies communales de l’eau peuvent avoir recours à des

    opérateurs privés pour mener à bien leurs missions de gestion des AEP rurales telles que les études

    de réalisation de nouvelles infrastructures ou de réhabilitation des réseaux dégradés. Ils peuvent apporter leur appui dans les travaux de contrôle bactériologique de l’eau, et peuvent être aussi associés dans les opérations de recouvrement des redevances.

    13

    3.2.16 Des ONGs nationales et internationales interviennent aussi dans le secteur AEPA. Les ONGs internationales réalisent des programmes de réhabilitation de réseaux, d’aménagement des sources, ainsi que la mise en place de nouvelles infrastructures. C’est le cas actuellement avec des financements de la Banque mondiale et de l’UE. Les ONGs nationales sont quant à elles impliquées dans la mobilisation communautaire et dans la gestion des petites infrastructures.

    • 4 LE PROJET

      • 4.1 Concept et bien-fondé

      • 4.1.1 Avant la crise qu’a connu le Burundi, le pays disposait d’un taux d’accès en AEP

    confortable de 70% en moyenne nationale. Depuis le déclenchement de la crise en 1993, une bonne partie des infrastructures d’alimentation en eau potable, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, ont été détruites, ramenant le taux d’accès à une moyenne d’environ 45% (43% pour le milieu rural et 50% pour le milieu urbain). Les provinces de Bururi, Gitega, Kayanza, Muramvya et les quartiers périphériques de Bujumbura sont parmi les plus touchées. Cette situation a eu un impact très négatif sur la vie de la population. Des enquêtes réalisées en matière de santé publique ont démontré que 84% de la mortalité et de la morbidité des moins de 5 ans sont liés aux mauvaises conditions d’approvisionnement en eau potable, d’hygiène et d’assainissement. En plus, le Burundi est confronté aujourd’hui à un défi majeur lié à des besoins en eau pour divers usages qui augmentent sans cesse suite à la croissance démographique, à l’urbanisation, au développement agricole, industriel et énergétique.

    • 4.1.2 Le présent projet est conçu pour permettre de réhabiliter et de faire l’extension du réseau

    d’AEP des quartiers périphériques de Bujumbura incluant les communes de Kanyosha (qui faisait partie jusque récemment de Bujumbura rural) ainsi que ceux des communes rurales des Provinces de Bururi, Gitega, Kayanza, et Muramvya. Il a été conçu sur la base d’études techniques réalisées par la DGHER et la REGIDESO en tenant compte : (i) du taux de desserte dans la province et dans la commune ; (ii) du nombre d’infrastructures publiques et des personnes à desservir ; (iii) de

    l’existence ou non d’autres intervenants dans le secteur ; et (iv) du linéaire total du réseau. Les caractéristiques des AEP et populations desservies sont présentées à l’annexe 3.

    • 4.1.3 Pour le cas des provinces de Bururi, Gitega, Kaynza et Muramvya, des études faites en

    1999, avaient permis de faire un inventaire exhaustif des infrastructures existantes, de définir le type d’ouvrage pour chaque province en fonction de la disponibilité de la ressource, des caractéristiques géologiques de la province ainsi que du degré de dispersion de l’habitat. Ces études ont été actualisées en 2005 par la DGHER. S’agissant des quartiers périphériques de Bujumbura, les activités du projet concernent la réhabilitation d’une partie du réseau d’adduction qui sert à alimenté la commune de Kanyosha habitée par une population très pauvre estimée à 82 000 habitants, installée là depuis le début de la crise ainsi que l’AEP de Mutanga Nord (population environ 20 000 habitants). Ces populations n’ont pas accès à l’eau potable. La fourniture des services d’AEP pour ces zones se fait actuellement à travers un réseau vétuste et vieux de plus de 50 ans avec des pertes atteignant 44% par endroits. Des études pour la réhabilitation de réseau avaient été faites au cours de l’élaboration du schéma directeur d’alimentation en eau potable de Bujumbura et ont été actualisées par la REGIDESO en 2005. Des évaluations environnementales ont été préparées pour les différentes opérations du projet.

    • 4.1.4 Le projet prévoit aussi le financement de latrines adéquates pour toutes les écoles de la zone

    projet qui n’en disposent pas, ainsi que la réhabilitation des latrines en mauvais état dans les autres établissements scolaires. Il est prévu pour chaque établissement scolaire un bloc de latrines pour garçons et un bloc de latrines pour filles, chaque bloc disposant de 4 latrines. Les centres de santé dans la zone du projet disposent quant à eux de latrines appropriées. Le projet formera des artisans-

    14

    maçons et procédera à une intense sensibilisation pour amener les familles à construire pour elles- mêmes des latrines de type VIP, à cause de leur facilité de vidange, d’adaptation à la lutte contre la prolifération des mouches et des mauvaises odeurs.

    • 4.1.5 La pérennité du service nécessite des actions en vue de la connaissance et de la bonne

    gestion des ressources en eau. Les capacités nationales en matière de gestion et de suivi des projets se sont érodées avec le déficit de ressources induit par la crise. Ainsi, le secteur de l’eau potable et

    de l’assainissement au Burundi souffre actuellement du manque de capacité des ressources humaine et matérielle, pour assurer une maintenance et une gestion adéquates des installations. Le projet prévoit un renforcement des capacités des principales parties prenantes du secteur aussi bien au niveau central qu’au niveau décentralisé dans les domaines du suivi-évaluation des résultats du projet, de l’IEC et dans les métiers de l’eau, etc. Ce renforcement doit concerner en priorité les structures en charge de la gestion du secteur, notamment la DGEE, la DGHER, la DPSHA ainsi que les RCE et les représentants des associations des usagers de l’eau potable.

    • 4.1.6 Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Initiative de l’eau potable et de l’assainissement en

    milieu rural en ce sens qu’un de ses objectifs spécifiques est de contribuer de façon durable à l’amélioration de l’accès aux services d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural. En effet, le projet prévoit faire une étude sectorielle qui va élaborer un programme national d’AEPA qui permettra aux autorités burundaises de mobiliser les ressources nécessaires au financement du programme en vue d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. L’élaboration de ce programme permettra d’améliorer la connaissance des ressources en eau du pays pour mieux les aménager, les gérer et les protéger pour pouvoir les utiliser de façon équitable et durable. De façon spécifique, l’étude sectorielle fera un inventaire national des ouvrages d’eau et d’assainissement et procédera à l’élaboration du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement à l’horizon 2015. Le projet de termes de référence de l’étude sectorielle est indiqué à l’annexe 4. Il faut noter que les leçons tirées des opérations des bailleurs de fonds au Burundi ont été intégrées dans la conception du projet.

    • 4.2 Zones du projet et bénéficiaires

      • 4.2.1 La zone du projet, avec une superficie d’environ 917 km 2 , couvre les provinces du Bururi, de

    Gitega, de Kayanza et de Muramvya, ainsi que la zone périphérique de Bujumbura (voir annexe 1).

    Elle s’étend sur plusieurs zones géomorphologiques avec un dessin topographique qui s'accompagne de la variation du climat sur différentes altitudes, ce qui lui confère une diversité géoclimatique importante. En effet, les altitudes supérieures à 2000 m, matérialisées par la crête Congo-Nil, sont plus arrosées avec des précipitations moyennes comprises entre 1400 mm et 1600 mm et des températures moyennes annuelles oscillant autour de 15°C avec des minima atteignant parfois 0°C. Les altitudes moyennes oscillent entre 1500 m et 2000 m, reçoivent environ 1200 mm de précipitations annuelles pour de températures moyennes annuelles se situant entre 18°C à 20°C. Les altitudes inférieures à 1 400 m représentées dans les dépressions ont des précipitations moyennes annuelles inférieures à 1 200 mm avec des températures moyennes annuelles supérieures à 20°C.

    • 4.2.2 La population de la zone du projet est estimée à 218 000 habitants, soit 3% de la population

    totale du pays. La densité moyenne est de 237 habitants/km 2 , légèrement en dessous de la moyenne nationale qui est de 247 habitants/km 2 . La population féminine de la zone d’étude est en moyenne de 58% de la population totale, soit 126 440 femmes. L’occupation principale de cette population est l’agriculture et l’élevage, filières qui éprouvent des difficultés d’accès aux marchés. La proportion de la population qui utilise une source d’eau non protégée est d’environ 60%. Une grande fraction de la population, soit environ 78%, ne disposent pas de toilettes appropriées.

    15

    • 4.2.3 Les provinces de la zone du projet accusent ainsi des taux de desserte nets très faibles et ne

    disposent actuellement d’aucun bailleur de fonds pour le financement des équipements hydrauliques. Plusieurs infrastructures d’alimentation en eau potable ont été détruites dans ces provinces durant la crise. A Bujumbura, la REGIDESO a reconstruit certaines parties du réseau, mais faute de financements suffisants, d’autres parties n’ont pas encore été reconstruites.

    • 4.2.4 Les groupes ciblés par le projet comprennent notamment les catégories de personnes

    suivantes : (i) les femmes et les enfants qui seront soulagés de la corvée d’eau ; (ii) les élèves et écoliers qui bénéficieront d’eau potable et de latrines dans leurs écoles ; (iii) les chômeurs n’ayant pas de qualification et dont certains seront employés dans les divers chantiers du projet ; (iv) les jeunes qui pourront bénéficier d’une formation professionnelle (artisans réparateurs et maçons) utile pour le marché du travail ; (v) l’ensemble de la population de la zone du projet qui aura une disponibilité accrue d’eau potable. D’autres bénéficiaires du projet sont les RCE et la REGIDESO qui pourront faire faire face à une demande croissante d’eau potable à travers le renforcement de leurs capacités de production et de gestion du secteur ; les institutions chargées de la gestion du secteur (DGHER, DGEE, DPSHA, etc.) par le renforcement de leurs capacités d’organisation et de planification ; l’Etat burundais, qui pourra fournir à sa population un accès adéquat à l’eau potable tout en réduisant les dépenses engendrées par les maladies hydriques ; l’environnement, suite à la réduction de la pollution des ressources hydriques. Le projet contribuera aussi au développement du secteur privé national à travers des contrats de fourniture de biens, travaux et services pour la réalisation des différentes composantes du projet ainsi que par l’utilisation des artisans pour les travaux de construction et d’entretien des petites infrastructures hydrauliques et sanitaires.

    • 4.3 Contexte stratégique

      • 4.3.1 Le projet s’inscrit dans le cadre de la politique de la Banque et du Gouvernement en matière

    de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans la mesure où il vise à accroître la disponibilité en eau potable à travers la promotion de mécanismes institutionnels participatifs, d’un système de gestion des infrastructures plus responsable et plus efficient. Les objectifs à atteindre au cours de cette période visent à réduire la pauvreté absolue, à faire baisser les taux de mortalité infantile, à freiner la perte de ressources environnementales, à donner plus d’accès à l’éducation axée sur l’hygiène, à relever les niveaux de productivité de l’eau, et d’une manière générale, à améliorer l’état de l’écosystème de l’eau douce.

    • 4.3.2 Le projet s’inscrit dans la vision de développement à long terme du Gouvernement avec

    comme objectif principal la promotion d’une croissance forte et la réduction de la pauvreté. Il participe au développement de l’accès aux services sociaux de base, un des axes prioritaires de la stratégie du Gouvernement. En effet, pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté intérimaire (CSLP-I) adopté par le Gouvernement en novembre 2003 est articulé autour des actions prioritaires suivantes dans le secteur de l’eau et de l’assainissement : (i) la réhabilitation et l’aménagement des sources et des réseaux d’adduction d’eau ; (ii) le renforcement des capacités des intervenants du secteur ainsi que la sensibilisation de la population aux normes d’hygiène et d’assainissement ; et (iii) la promotion d'une gestion communautaire des bornes fontaines et des sources aménagées. Ainsi, le présent projet contribuera à l’atteinte des ODM pour le Burundi en matière d’eau et d’assainissement en milieu rural, l’objectif du DSRP étant de garantir un taux de desserte en eau potable de 43% en 2005 à 73% en 2015 et celui de l’assainissement de 23% en 2005 à 62% en 2015.

    • 4.3.3 Le projet est conforme à la stratégie de la Banque au Burundi telle que définie dans le

    document de stratégie pays axé sur les résultats (DSPAR 2005-2009). Le DSPAR a été conçu selon

    l’approche participative, qui a impliqué le Gouvernement, les organisations de la société civile, le secteur privé et les principaux partenaires au développement du Burundi. Sa préparation a été

    16

    soutenue par un séminaire, organisé conjointement par la Banque et le Ministère des Finances du Burundi. Trois panels avaient été définis, à savoir les questions macro-économiques ; les questions sectorielles et les questions transversales et leur impact sur le développement économique et social du pays. Les contraintes macro-économiques et sectorielles ont été identifiées et des recommandations ont été formulées à l’endroit du Gouvernement et de la Banque. C’est ainsi qu’un consensus s’est dégagé, au terme des travaux du séminaire, selon lequel, la Banque appuiera la stratégie intérimaire de réduction de la pauvreté du Gouvernement à travers deux piliers : (i) contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural ; et (ii) contribuer à renforcer la gouvernance économique. L’assistance de la Banque dans le cadre du premier pilier va se focaliser sur deux secteurs: le secteur des équipements collectifs et le secteur agricole. Dans le secteur des équipements collectifs, la Banque va contribuer à la réhabilitation des infrastructures hydrauliques (eau et assainissement) pour soutenir le Gouvernement dans ses efforts de renforcer le réseau d’alimentation en eau potable de Bujumbura ainsi que ceux de plusieurs communes rurales. Ces actions permettront d’améliorer le cadre de vie des populations grâce à la fourniture de services adéquats d’AEPA, ce qui permettra de réduire le taux de prévalence des maladies d’origine hydrique et améliorer le bien-être des populations.

    • 4.4 Objectif du projet

    L’Objectif sectoriel du projet est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural par l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Ses objectifs spécifiques sont : (i) de contribuer de façon durable à l’amélioration de l’accès aux services d’alimentation en eau potable et d’assainissement dans 34 communes de Bururi, de Gitega, de Muramvya et de Kayanza et dans deux (02) quartiers périphériques de Bujumbura ; et (ii) de renforcer les capacités nationales de gestion et de suivi du secteur de l’eau potable et de l’assainissement en milieu rural, aussi bien au niveau central, qu’au niveau de 34 Régies Communales de l’Eau dans les provinces de Bururi, Gitega, Kayanza et Muramvya.

    • 4.5 Description détaillée des composantes du projet

      • 4.5.1 Le projet comprend les cinq composantes suivantes :

        • A. Réhabilitation et extension des infrastructures hydrauliques

        • B. Information, Education et Communication (IEC)

        • C. Appui institutionnel

        • D. Etude, surveillance et contrôle des travaux et suivi/évaluation

        • E. Gestion du projet

    COMPOSANTE A : Réhabilitation et extension des infrastructures hydrauliques

    • 4.5.2 Réhabilitation et extension des systèmes d’AEP: pour améliorer la desserte en eau potable

    des populations de la zone périphérique de Bujumbura, le projet financera la réhabilitation et l’extension de réseaux primaires, secondaires et tertiaires, la réhabilitation et la construction de réservoirs, de stations de pompage, de bornes fontaines ainsi que des branchements individuels. Dans les provinces de Bururi, Gitega, Kayanza, et Muramvya, le projet financera le captage de sources, la réalisation de nouveaux réservoirs pour renforcer la capacité de stockage d’eau, la réhabilitation et l’extension de réseaux simplifiés de distribution d’eau.

    • 4.5.3 Pour renforcer l’AEP dans la périphérie de Bujumbura, il est prévu la réhabilitation du

    réseau de Bujumbura, l’extension de l’AEP de Kanyosha, l’extension de l’AEP de Mutanga Nord, la réhabilitation des bornes fontaines ainsi que la fourniture et la pose de compteurs à pré-paiement et de branchements sociaux. Pour le réseau de Bujumbura, il est prévu : (i) la réhabilitation de trois

    réservoirs vétustes (R2a, R2b et R3) ayant chacun 700 m 3 de volume; et (ii) la réhabilitation d’un

    17

    réseau de 13 000 ml de conduites, y compris les pièces de raccordements et accessoires et les compteurs défectueux ; (iii) la réhabilitation de 117 bornes fontaines ; (iv) la fourniture et la pose de 1000 raccordements sociaux et 1000 compteurs à pré-paiement. Pour l’extension de l’AEP de

    Kanyosha, il est prévu : (i) la construction de deux réservoirs de 700 m 3 et de 200 m 3 de volume respectivement; (ii) le remplacement de trois pompes dont les caractéristiques sont H =85 m, Q =

    • 306 m3/h par trois autres pompes ayant les caractéristiques H= 90 m et Q= 550 m 3 ; (iii) la

    construction d’une conduite en fonte ductile de diamètre 400 mm et de longueur 6000 ml; (iv) la construction d’une station de pompage et son équipement par trois pompes de caractéristiques H=

    • 165 m, Q= 75 m 3 /h ; (v) la construction d’une conduite de refoulement de diamètre 200 mm et de

    longueur 1200 ml ; (vi) l’extension du réseau de distribution en PVC de diamètre 200 mm et de

    longueur 5000 ml. Pour l’extension de l’AEP de Mutanga-Nord, les travaux consisteront à: (i) la construction et l’équipement d’une bâche d’aspiration de volume 700 m 3 ; (ii) la construction d’une station de pompage et son équipement par trois pompes ayant chacune les caractéristiques H= 120

    m, Q= 75 m 3 /h ; (iii) la construction d’une conduite de refoulement en fonte ductile de diamètre

    • 300 mm et de longueur 1000 ml ; (iv) la construction et l’équipement d’un réservoir de 700 m 3 de

    volume ; (v) la construction d’un réseau de distribution d’eau de diamètre 300 mm à 200 mm et de longueur 3000 ml.

    • 4.5.4 Dans la Province de Bururi, il est prévu de réhabiliter 71100 ml de réseaux et de procéder à

    des extensions de 62 500 ml de réseaux. Dans la Province de Gitega, il est prévu de réhabiliter 41700 ml de réseaux et de procéder à des extensions de 61000 ml de réseaux. Dans la Province de Kayanza il est prévu la réhabilitation de 142 000 ml et l’extension de 75 920 ml de réseaux. Dans la Province de Muramvya 35 200 ml de réseaux sont à réhabiliter et 69 080 ml de réseaux sont prévus pour l’extension. Les diamètres des conduites des réseaux d’AEP dans les quatre provinces de la zone du projet, varient entre 200 mm pour les conduites d’adduction et de transfert à 63 mm pour les tuyaux de raccordements. Le projet prévoit, pour les quatre provinces, la réalisation de 187 réservoirs de 5 m 3 , 72 réservoirs de 10 m 3 , 46 réservoirs de 15 m 3 et 339 bornes fontaines.

    • 4.5.5 Il est également prévu la réalisation de blocs de latrines de type VIP (latrine à fosse

    améliorée) dans les écoles situées dans la zone du projet au niveau des provinces à savoir : 53 blocs au Bururi, 85 blocs à Gitega, 77 blocs à Kayanza, et 54 blocs de latrines à Muramvya, soit un total de 269 blocs de latrines. Chaque bloc dispose de 4 latrines.

    COMPOSANTE B : Information, Education et Communication (IEC)

    • 4.5.6 Des actions d’IEC et d’appui seront réalisées en direction des populations et structures

    impliquées dans le projet, et concerneront aussi bien les aspects liés à l’alimentation en eau potable

    qu’à l´assainissement.

    • 4.5.7 Biens : la cellule d’exécution du projet s’appuiera sur la DPSHA pour la mise en œuvre des

    actions d’IEC aussi bien pour l’eau potable que pour l’assainissement. Pour ce faire, la DPSHA sera équipée de moyens logistiques (matériel informatique, véhicules, motocyclettes) tant au niveau central que dans les services déconcentrés. A ce titre, il est prévu l’acquisition de 6 ordinateurs (un par province et 2 au niveau de la Direction) d’un lot de matériel didactique pour l’hygiène et l’assainissement, d’un lot de matériel bureautique, 4 lots de mobilier de bureau, 2 véhicules, 34 motocyclettes, 15 lots de petit matériel pour les maçons, des fournitures et consommables pour les bureaux provinciaux durant 4 années.

    • 4.5.8 Services : des campagnes de sensibilisation, d’information, d’éducation et de

    communication à l´attention des communautés rurales et des responsables locaux seront mises en œuvre pendant toute la durée du projet afin d´en garantir les impacts. En matière d’AEP, les actions d’IEC seront orientées de manière à permettre aux populations et aux communes rurales : i) de

    18

    discuter de la forme de leur participation à la gestion et à l’entretien des ouvrages ; ii) de se constituer en comités de points d’eau qui sont à la base des Régies communales; iii) de promouvoir la participation des femmes à la gestion des infrastructures d’AEPA ; iv) d’informer les artisans intervenant dans l’AEPA (fontainiers et maçons) des possibilités existantes de micro-financement et vi) de mesurer l’impact de la réalisation des ouvrages en termes d’amélioration de leurs conditions de vie.

    • 4.5.9 Le projet permettra l’élaboration et/ou l’adaptation des supports d’IEC. L’élaboration des

    supports se fera en collaboration avec les services concernés de la DPSHA. Il est prévu 3 sessions de formation en faveur de 68 fontainiers, 2 sessions de formation en faveur de 68 agents de santé communautaire (ASC) et une (1) session de formation au bénéfice de 120 maçons pour les latrines. La durée varie de 3 mois pour la formation des maçons à une semaine pour les autres. Le projet prévoit également la formation de 6 800 familles et de 34 techniciens de promotion de la santé (TPS) aux règles d’hygiène et d’assainissement. Les 34 regroupements de femmes de la zone du projet bénéficieront d’une formation en organisation et en gestion pour leur permettre d’intervenir plus efficacement dans les actions d’animation et de sensibilisation. En outre, les 34 RCE bénéficieront d’une formation en organisation et gestion sommaire des ouvrages tandis que les élus locaux seront formés à la maîtrise d’ouvrage et au suivi de la gestion des projets d’eau et d’assainissement. La promotion de l’hygiène et de l’assainissement dans 128 établissements scolaires fait également partie de cette composante.

    COMPOSANTE C :

    Appui institutionnel

    • 4.5.10 L’appui institutionnel consiste au renforcement des capacités de la DGHER, DGEE et

    DPSHA et des RCE de la zone du projet. Cet appui comprend l’acquisition de biens et services qui

    sont décrits ci-dessous :

    • 4.5.11 Biens : pour renforcer la capacité de la DGHER et lui permettre d’assurer le suivi des

    systèmes d’AEP en milieu rural et d’encadrer efficacement les RCE, le projet prévoit : (i) l’acquisition pour chacune des quatre coordinations provinciales de la DGHER dans la zone du projet, d’un kit de matériel d’analyse de l’eau, d’une motocyclette et d’une station de travail informatique ; (ii) l’équipement du siège à Gitega et de l’antenne de Bujumbura de matériel bureautique et informatique incluant 18 postes de travail, deux tables traçantes, des logiciels et une connexion à Internet pour la durée du projet ; (iii) l’acquisition des 2 lots de mobilier de bureaux, de matériel divers (2 groupes électrogènes, 5 climatiseurs pour les salles d’ordinateurs) ainsi que 2 véhicules tout-terrain pour un meilleur suivi des activités du projet sur le terrain.

    • 4.5.12 La DGEE sera chargée du suivi de l’inventaire des ressources en eau du pays et du

    renforcement du SIG-EAU disponible au MEM. Pour ce faire, elle recevra un appui qui consiste à :

    (i) l’acquisition de matériel informatique et bureautique (7 ordinateurs avec des imprimantes), d’une (1) imprimante de grande capacité, d’un (1) lot d’équipement pour un réseau informatique, des logiciels de renforcement de SIG-Eau, d’une (1) table traçante et d’une (1) photocopieuse et d’un (1) Fax) ; (ii) l’acquisition d’un groupe électrogène, de 4 climatiseurs et d’un lot de mobilier de bureau; et (iii) l’acquisition d’un lot de consommable et fournitures de bureau pour le point focal du projet à la DGEE.

    • 4.5.13 Travaux : pour les Régies communales de l’eau, vingt (20) bâtiments seront construits pour

    doter en locaux administratifs les RCE qui n’en disposent pas actuellement dans les quatre provinces couvertes par le projet. En outre, chacune des 34 RCE de la zone du projet recevra un lot de mobilier, de consommables, de pièces de rechange de 1 er secours et deux kits pour fontainiers. Le projet fournira également du matériel pour 1000 raccordements à l’eau potable.

    19

    • 4.5.14 Services : le projet prévoit le recrutement de deux consultants en vue : (i) de renforcer le

    système comptable de la DGHER avec la production de manuels de procédures administratives, comptables et financières et la mise en place d’un système de gestion informatisée; et (ii) de former le personnel de la DGHER et de la Cellule d’exécution du projet à l’utilisation du logiciel de gestion qui sera acquis.

    • 4.5.15 Formation : Il est prévu plusieurs actions de formation visant à lever les contraintes liées

    aux faibles capacités des ressources humaines. Il s’agira de sessions de formation, organisées aussi bien au Burundi qu’à l’extérieur, ainsi que des voyages d’études et de familiarisation à l’étranger. Une liste indicative des actions de formation est fournie à l’annexe 8. Ainsi, une formation en informatique à 16 agents de la DGHER est prévue pour leur permettre de maîtriser les logiciels de base (traitement de texte et tableurs) et de se familiariser avec la gestion des bases de données. Une formation en gestion et comptabilité sera dispensée à 6 agents de la DGHER. Il est prévu la formation à l’étranger (dans un pays régional) de 19 cadres sur des thèmes spécifiques à la gestion des projets d’eau et d’assainissement. Il est prévu également de financer des sessions de formation locale sur l’eau (à la gestion et à l’entretien des réseaux d’eau) à l’intention de 24 agents des RCE, de 18 administrateurs communaux, des 34 fontainiers et des comptables des RCE.

    • 4.5.16 Pour pouvoir bénéficier de l’appui institutionnel du projet, une Régie communale de l’eau

    (RCE) devra au préalable remplir les critères suivants : (i) être constituée en Association Sans But Lucratif (ASBL) ; et (ii) avoir régulièrement tenu son assemblée générale et mis en place les organes de gestion (Comité de points d’eau, Comité communal des usagers et Bureau exécutif) conformément aux textes en vigueur. La poursuite de l’appui à une RCE, à partir de la troisième année d’exécution du projet, sera acquise lorsque le CEP aura constaté après évaluation que ladite RCE tient une comptabilité régulière soumise au contrôle et à la vérification de ces comptes par des commissaires aux comptes nommés par l'assemblée générale pendant les deux premières années du projet.

    COMPOSANTE D: Etudes, surveillance et contrôle des travaux et suivi/évaluation

    • 4.5.17 Services : il est prévu le recrutement d’un bureau d’études pour effectuer une étude

    sectorielle devant aboutir à la préparation d’un plan de développement du secteur de l’eau et de l’assainissement et à la préparation de l’Initiative AEPA en milieu rural. L’étude portera sur : (i) l’inventaire des ressources en eau du pays et le renforcement du SIG-EAU disponible au MEM ainsi que la formation des cadres de la DGEE à l’utilisation du SIG; (ii) une étude sectorielle de l’eau et de l’assainissement; (iii) la préparation du programme national pour l’alimentation en eau potable et assainissement en milieu rural au Burundi conforme aux principes de l’Initiative de la Banque; (iv) la préparation de plans d’investissement provinciaux, basés sur la demande responsable des populations. Un résumé du projet des termes de référence de l’étude sectorielle figure à l’annexe 13. Ce bureau sera également chargé de la surveillance et du contrôle de travaux. En outre, le projet prévoit le recrutement d’un consultant en suivi-évaluation pour assister la Cellule d’exécution du projet dans ses missions de suivi-évaluation. Ce dernier élaborera et mettra en place, dès le début du projet, un système de suivi-évaluation et de mesure de la performance du projet, y compris un plan de formation du personnel de la CEP.

    • 4.5.18 Pour les ouvrages d’assainissement, des bureaux d’études ou des ONG seront recrutés pour

    assurer la surveillance et le contrôle des travaux. Il est prévu le recrutement de 4 ONG ou bureaux

    d’études pour suivre la construction des latrines dans les quatre Provinces de l’intérieur du pays couvertes par le projet.

    COMPOSANTE E:

    Gestion du projet

    20

    • 4.5.19 Cette composante concerne les activités de la CEP pour assurer la coordination, le suivi et le

    contrôle de l’exécution des travaux y compris l’audit des comptes du projet. Elle permettra la mise

    en place d’un mécanisme d’implication des parties prenantes dans le suivi de l’exécution du projet.

    • 4.5.20 Biens : pour tenir compte de l’étendue géographique de la zone d’intervention (Bujumbura

    et quatre provinces) et du nombre d’activités notamment celles liées au renforcement des 34 Régies communales de l’eau (RCE), deux véhicules seront acquis pour la CEP afin lui permettre d’assurer de façon efficace la coordination et le suivi de l’exécution du projet. La CEP sera dotée d’équipements informatiques (7 PCs, 3 ordinateurs portables, et 2 imprimantes réseau) ainsi que d’un logiciel de gestion financière et comptable du projet et de suivi-évaluation des réalisations, d’un lot de mobilier de bureau et de fournitures et consommables pour les quatre années de fonctionnement.

    • 4.5.21 Services : un cabinet d’expertise comptable sera recruté au début du projet pour la mise en

    place du système comptable et de gestion informatisée du projet, l’élaboration d’un manuel de procédures et la formation du personnel de la cellule. Un cabinet d’audit externe sera recruté pour

    réaliser les audits comptables et financiers annuels du projet.

    • 4.5.22 Fonctionnement : pour assurer la bonne marche du projet, tous les coûts de fonctionnement de

    la CEP seront financés sur les ressources du FAD. Ce sont : les mobiliers de bureau, le téléphone,

    l’Internet, l’eau, l’électricité, le courrier, la publication d’annonces, les indemnités du personnel de la CEP, le carburant, l’assurance et l’entretien des véhicules qui seront acquis au titre du projet, les coûts des missions et les réunions du Comité de pilotage.

    • 4.6 Production, marché et prix

      • 4.6.1 En l’absence d’un système efficace de suivi-évaluation de la gestion et devant la

    détérioration des infrastructures d’AEP pendant la crise, il n’apparaît pas possible aujourd’hui de produire de statistiques sur la production d’eau potable en milieu rural. De même, il n’existe pas, à proprement parler de marché de l’eau en milieu rural dans la mesure où cette denrée ne répond pas tout à fait aux critères d’un bien marchand au regard des facteurs socio-économiques prévalant actuellement dans la quasi-totalité des communes rurales. En effet, la vente de l’eau à la quantité concerne moins de 2% des ménages dans la zone du projet et les redevances demandées aux populations sont en fait présentées comme une contribution financière des usagers à la gestion et à la maintenance des infrastructures hydrauliques. Devant les difficultés de mettre en place une approche participative dans la gestion de ces infrastructures à travers les Régies communales de l’eau, les questions liées à la tarification de l’eau et au recouvrement des coûts d’entretien des installations hydrauliques en milieu rural font actuellement l’objet d’une analyse approfondie et de discussions au niveau du Gouvernement et des partenaires au développement.

    • 4.6.2 Il convient de signaler que différentes expériences de tarification de l’eau ont déjà été

    tentées dans les RCE fonctionnelles et dans le cadre des adductions d’eau réalisées par le PTPCE sur la base de l’approche participative. Les tarifs pratiqués doivent répondre aux exigences d'une exploitation optimale des ouvrages d'eau en prenant en compte le pouvoir d’achat des consommateurs. Ces tarifs ne sont pas actuellement uniformisés et chaque Régie communale de l’eau adopte sa propre politique en la matière. A titre indicatif, une tarification susceptible de rentabiliser la gestion d’un réseau d’AEP type se présenterait comme suit :

    i.

    usagers des bornes fontaines publiques : 200 Francs burundais/ménage/ mois;

    ii.

    propriétaires de branchement privé individuel : 1000 Francs burundais /mois ;

    iii.

    propriétaires de branchements collectifs : 5000 Francs burundais /mois ;

    iv.

    21

    centres de Santé, communautés religieuses, camps militaires et écoles à régime d'internat :

    15000 Francs Burundais /mois ;

    • v. réseaux où il y a des compteurs déjà posés, tarification par m 3 au coût pratiqué par la REGIDESO pour la première tranche de consommation, à savoir la tranche sociale, soit 91 Francs Burundais/ m 3 .

    • 4.7 Impact sur l’environnement

      • 4.7.1 Le projet est classé en catégorie environnementale 2 compte tenu de son dimensionnement

    réduit, du type de travaux à effectuer (terrassements), de l’absence de terrains à acquérir et de personnes à déplacer, d’impacts particuliers sur la biodiversité, d’aires écologiques protégées au voisinage des sites du projet, et de ses retombées socio-économiques importantes en particulier vis- à-vis des populations pauvres. Bien que certaines activités seront susceptibles d’engendrer des impacts nuisibles et spécifiques aux sites du projet, ceux-ci ne sont pas irréversibles et peuvent être minimisés par l'application des mesures d’atténuation et de bonification, de suivi, de consultation et de renforcement institutionnel, prévues dans le Plan Gestion Environnementale et Sociale (PGES) et qui seront mises en œuvre durant l'exécution du projet ainsi que pendant la période d’exploitation des installations.

    • 4.7.2 Les impacts positifs du projet concernent l’amélioration de l’accès à l’eau potable qui

    permettra de combattre de manière efficace les maladies d’origine hydrique liées à la contamination et à l’irrégularité de l’approvisionnement en eau et à un mauvais état d’assainissement. L’accès à l’eau potable entraînera une diminution du taux de mortalité particulièrement élevé chez les enfants dans les zones du projet. La construction des latrines dans les écoles et au niveau des marchés améliorera l’hygiène et la santé des populations. Les travaux de construction et d’assainissement généreront des emplois locaux qui auront un impact positif sur les revenus des populations locales. Le projet diminuera le temps alloué à l’approvisionnement en eau par les femmes et les enfants en raison des sources d’eau potable plus proches et plus fiables. Ainsi, les femmes pourront consacrer plus de temps à d’autres activités génératrices de revenus. Quant aux activités de formation et de sensibilisation, elles favoriseront une amélioration de la conservation des ressources en eau, une meilleure hygiène et une meilleure implication des femmes sur les décisions liées à la gestion de l’eau.

    • 4.7.3 En ce qui concerne les impacts négatifs, l’exécution des travaux pourra entraîner une

    dégradation de l’air aux alentours immédiats des chantiers par les poussières et les émissions gazeuses provenant des véhicules et autres machines. Le curage au cours des travaux de réhabilitation et d’extension occasionnera un stockage d’eaux usées et de déchets solides aux abords des canalisations avec une prolifération de microbes. Les travaux d’excavation pourraient déstabiliser les sols et changer la topographie locale entraînant une compaction et une érosion des sols dans les zones de travaux. Les travaux pourront également entraîner une destruction localisée du couvert végétal aux abords des chantiers. Sur le plan sanitaire, les stagnations quasi- permanentes autour des points d’eau entraîneront une prolifération des maladies liées à l’eau telles que la malaria. En plus, un non-suivi régulier de la qualité de l’eau entraînera une intoxication en raison de la concentration excessive de produits chimiques (fluore, nitrate) ou des maladies liées a l’insuffisance d’autres produits chimiques (iode et fer). Les provinces sélectionnées pour bénéficier des activités du projet attireront des immigrants en quête d’opportunités offertes par la disponibilité d’eau potable et un meilleur assainissement ainsi que la création d’emplois, ce qui accentuera les

    pressions sur les ressources et les infrastructures.

    • 4.7.4 Un certain nombre de mesures de mitigations visant à réduire l’effet des impacts négatifs et

    à renforcer les acquis du projet est prévu. Les véhicules de transport et la machinerie seront

    maintenus en bon état de fonctionnement pour minimiser les émissions gazeuses et le bruit. Ce

    22

    maintien en bon état de fonctionnement permettra d’éviter les fuites et les déversements de produits dangereux (hydrocarbures, produits chimiques). Il sera déconseillé aux entreprises d’entreprendre des travaux bruyants en dehors des heures normales de travail. Les entreprises engagées dans les travaux devront prévoir des installations sanitaires pour la disposition des eaux usées provenant des canalisations existantes à réfectionner. Elles seront tenues à prendre toutes les précautions possibles lors du ravitaillement des véhicules et de la machinerie et à planifier des mesures d’urgences en cas de déversement accidentel. Les travaux se limiteront à utiliser les bancs d’emprunt existants plutôt que d’en créer de nouveaux et de stabiliser les sols afin de réduire les risques d’érosion. A la fin des travaux de construction, les sols remaniés seront nivelés afin d’y favoriser la régénération de la végétation.

    • 4.7.5 Afin d’assurer la pérennité des ouvrages, les hommes et les femmes seront impliquées dans

    l’entretien et la gestion des ouvrages avec un support d’information et de formation. Le projet s’assurera que les droits à payer et les conditions d’utilisation de l’eau sont définis en consultation avec les femmes et sont bien compris par toutes les parties concernées. Le projet mettra en œuvre un plan de communication afin d’informer les hommes et les femmes des travaux prévus et des perturbations. Il s’agira lors de ces campagnes d’information et de sensibilisation de communiquer et d’éduquer les populations sur les usages sécuritaires de l’eau potable et de faciliter la mise en place de latrines adéquates et autres installations sanitaires. Le projet contribuera à la mise en œuvre de la prophylaxie du VIH/SIDA pour les hommes et les femmes et le développement d’activités de réinsertion socio-économique pour les personnes infectées par le virus du SIDA. Le projet s’attellera à assurer un suivi de la qualité de l’eau et à ajuster la concentration des produits chimiques en conséquence. Le Plan de Gestion environnementale et sociale est présenté à l’annexe 5.

    • 4.8 Coût du projet

    Le coût total du projet hors taxes et droits de douane est estimé à 13,34 millions d’UC. Ce coût comprend une provision pour les imprévus physiques de 10% sur les travaux d’AEPA. Il est prévu également une provision pour la hausse des prix de 2,5% et 5% l’an, respectivement pour les dépenses en devises et en monnaie locale. Le coût du projet a été estimé sur la base des volumes de travaux à réaliser et des prix unitaires de projets similaires en cours d’exécution. Le coût détaillé du projet est présenté à l’annexe 6. La répartition du coût du projet par composante et par catégorie de dépenses se présente comme suit :

    Tableau 4.1 Coût du projet par composante

    Composantes

    Milliards de Fbu

    Millions UC

    En % du total

    DEV.

    ML

    Total

    DEV.

    ML

    Total

    • A. Réhabilitation infrastructures AEPA

    4,93

    6,03

    10,95

    3,10

    3,78

    6,88

    51,58

    Réhabilitation / Extension AEP 4 Provinces

    2,58

    2,32

    4,90

    1,62

    1,46

    3,08

    23,08

    Réhabilitation AEP périph Bujumbura

    2,10

    2,30

    4,40

    1,32

    1,44

    2,76

    20,72

    Construction latrines 4 provinces

    0,25

    1,41

    1,65

    0,16

    0,88

    1,04

    7,79

    • B. Information –Education –Comm. (IEC)

    0,36

    0,44

    0,81

    0,23

    0,28

    0,51

    3,81

    • C. Appui institutionnel

    0,99

    1,25

    2,25

    0,62

    0,79

    1,41

    10,58

     

    0,60

    0,45

    1,05

    0,38

    0,28

    0,66

    4,95

    Appui à la DGHER Appui aux Rég. om de l'eau

    0,39

    0,80

    1,20

    0,24

    0,51

    0,75

    5,63

    • D. Etudes, Surveillance & Contr et suivi-éval

    2,65

    0,26

    2,91

    1,66

    0,17

    1,83

    13,71

    Etude sectorielle IAEPA

    1,52

    0,17

    1,69

    0,95

    0,11

    1,06

    7,94

    Surveillance & contrôle et suivi-évaluation

    1,13

    0,09

    1,22

    0,71

    0,06

    0,77

    5,77

    23

    Tableau 4.1 (suite) Coût du projet par composante

    E. Gestion du projet et audit

     

    0,85

    0,98

    1,83

    0,53

    0,62

    1,15

    8,61

     

    Gestion du projet

    0