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verifying the described rituals against the accounts of particular eyewitnesses (from E. Petermann to J.J. Buckley) and the care to unravel their symbolic/esoteric meanings, makes the text of Šarh d-paruanaiia, a highly technical, liturgical typikon, much enjoyable for reading and rich in deep insights in the Mandaean ritual life.

Ionu\ Daniel BÃNCILÃ Humboldt Universität, Berlin

ÉtienneÉtienneÉtienneÉtienne LLLLAMOTTEAMOTTEAMOTTEAMOTTE, Lo spirito del buddhismo antico, postfazione di GiuseppeGiuseppeGiuseppeGiuseppe FloraFlora,FloraFlora Biblioteca di Studi Religiosi, collana a cura di GiovanniGiovanniGiovanniGiovanni CasadioCasadio,CasadioCasadio volume 5, Cosenza, Edizioni Lionello Giordano, 2005 îjanvierº, 120 pp. — ISBN 88-86919- 19-0, 15 Euro.

Mgr Étienne Lamotte (1903-1983), l’un des meilleurs connaisseurs de l’histoire du bouddhisme à tout jamais, est un nom amplement vénéré par l’étudiant du bouddhisme et parmi les plus illustres pour l’école francophone (française, belge, suisse) de cet immense champs d’études qu’il a couvert — parmi les derniers — presque en totalité. Ce petit livre italien comprend les conférences que Lamotte avait livrées à Venise, sur l’invitation de la fameuse Fondazione Giorgio Cini, en 1959, après avoir achevé et publié la somme qui reste son Histoire du bouddhisme indien, des origines à l’ère Saka (Louvain, 1958, republiée en 1967 et traduite en anglais en 1988 par les soins de l’Institut orientaliste qu’il a dirigé). De l’histoire du bouddhisme son labeur d’un demi- siècle a retenu quasiment toutes les questions générales (ou bien discrètes) qui orientent la recherche, et il a très souvent apporté des solutions de premier ordre, dont maintes sont encore restées en vigueur — vigueur de l’expertise philologique et de l’acuité symphonique des analyses. Ma[trisant quelques centaines de textes majeurs et traduisant une poignée des plus vastes et difficiles, l’œuvre d’Étienne Lamotte, orienté par une compréhension systématique de l’histoire du bouddhisme, montre en elle-même la maturation heureuse d’un modèle inauguré et lentement esquissé à l’époque de Burnouf, et d’ailleurs Lamotte même peut être vu dans le sillage d’une école belge qui avait puisé son inspiration, avec Eugène Jacquet et Félix Nève, aux cours de Burnouf. La découverte des sources scripturaires de ces premières années, amplifiées par les missions en Asie et l’apport des savants des contrés bouddhistes eux-mêmes, a forgé une tâche que peu ont su assumée. Lamotte, comme Pelliot, Bareau, de Jong et quelques autres, couvrait en fait l’ensemble des sources en pali, sanscrit (y compris sanscrit bouddhique), celles chinoises et tibétaines également, la multitude donc, sinon la totalité des canons et des écoles issus du message du Buddha. Voici donc les meilleures conditions remplies pour donner des poids rarissimes à un ouvrage de divulgation, accessible, bienveillant, raréfié. C’est justement ce « messagio del Buddha ¯Ÿkyamuni » qui ouvre l’opuscule (pp. 7-32), moment pour retracer, exemples parfaitement choisis à l’appui, les débuts du bouddhisme dans la pleine gangétique. « L’ideale del

BIBLIOGRAPHICA

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monaco e del laico buddhista » (pp. 33-57) montre encore les trajets devenus classiques des enquêtes et systématisations. Beaucoup de points rappelés ici ont été le plus récemment analysés par Oskar von Hinüber 1 . Les passages tirés des Canons ne sont jamais indiqués, mais le lecteur averti les reconna[tra sans trop de difficulté. Comme toujours dans ses écrits, Lamotte n’hésitera de chercher traductions alternes pour certains termes-clé et ici même triratna est rendu à la fois « Triplice Gemma » et « Triplice Gioiello » (p. 52). « A¿oka, imperatore buddhista » (pp. 59-83) venait à l’époque au carrefour des nouvelles découvertes et déchiffrements d’édictes bilingues d’Afghanistan, seul moment où l’auteur se retrouve en droit d’abandonner pour une page l’exposé d’introduction pour mieux faire le point sur l’expansion de l’empire bouddhisé à travers les recherches épigraphiques depuis très peu lancées. La postface de Giuseppe Flora (« Étienne Lamotte e il buddhismo : note a margine », pp. 85-119) retrace la carrière d’Étienne Lamotte en Belgique, en France et au Japon, complétée par une utile bibliographie. Il rappelle, avec les bons exemples qu’attirait jadis le Père de Lubac, la confluence nutritive entre le monde du christianisme catholique que partageait l’homme et l’objet unique de ses ouvrages. Une tonalité compréhensive de qualité, illustrée le plus parfaitement, peut-être, dans « La bienveillance bouddhique » 2 . Cela ne l’empêchera pas de rapprocher davantage certains points de doctrine, et il parlera ainsi de la « legge naturale » (pp. 67, 69) représentée par le dharma d’A¿oka. Les deux premiers volumes de la traduction vigoureusement annotée du MahŸprajñŸpŸramitŸ¿Ÿstra ont marqué une époque dans l’étude transversale du bouddhisme de la Greater India 3 . Même inachevée, quoique arrivant à plus de deux milles pages en 1980, les historiens des religions l’ont immédiatement retenue comme capitale. Les exemplaires que Mircea Eliade possédait à Paris étaient remplis de traces de lecture que tout chercheur retrouve incorporées dans ses livres liés d’une manière ou d’une autre à l’histoire des religions indiennes. Quoique la forme soit parfois déficiente 4 et la bibliographie puisse être améliorée 5 , ce livre admirablement édité et excellemment imprimé para[t dans une

1 Oskar von HINÜBER, « Everyday Life in an Ancient Buddhist Monastery », ARIRIAB 9 (2006), pp. 3-31.

2 Paru dans Bulletin de l’Académie royale de Belgique, Classe des Lettres, 5 e sér., t. 38, 1952, pp. 381-403.

3 Il est instructif de rappeler l’enthousiasme des comptes rendus suscités par cet œuvre, par exemple chez un collègue et ami comme Roger GOOSENS, « Le premier volume du Traité de la grande vertu de sagesse, traduit et commenté par le chanoine Lamotte », Antiquité classique 16 (1947), fasc. 1, pp. 115-122, ou bien Willy BARUCH, Asia Major 1950, pp. 108-111.

4 Ils subsistent malheureusement trop de coquilles, soit plus d’une quarantaine en sanscrit et pali (surtout), français, allemand. En italien aussi (« ragione » au lieu de « cagione », p. 96 l. 8 ; l’en-tête des pages impaires porte partout « buddismo » au lieu de « buddhismo »).

5 Donnons quelques exemples : la contribution de 1935 sur les chapitres 6 et 7 du Sa÷dhinirmocanastra - « Notes bouddhiques XVIII » (cf. p. 107) - ne discute en fait que le sixième. Le Traité de l’Acte de Vasubandhu n’est pas un livre, mais un

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série coordonnée par Giovanni Casadio qui a offert des classiques italiens d’hier (Pettazzoni, Bausani) ainsi que traductions des savants internationaux réputés d’aujourd’hui (Burkert, Bremmer), ouvrages qui devront figurer dans toutes les bibliothèques d’histoire des religions et parmi lesquels l’opuscule d’Étienne Lamotte — qui sera suivi des titres de Zaehner ou Tucci — ne manquera pas de bien souligner plusieurs problèmes pérennes de cette discipline, immanquablement ouverts au comparatisme.

Eugen CIURTIN Institut d’histoire des religions Académie roumaine, Bucarest

Ideal and Culture in Plato. Akten der 4. Tagung der Karl-und-Gertrud-Abel- Stiftung vom 1.-3. September 2000 in Frankfurt, Herausgegeben von WolfgangWolfgangWolfgangWolfgang DDDDETELETELETELETEL, AlexanderAlexanderAlexanderAlexander BBBBECKERECKERECKERECKER, PeterPeterPeterPeter SSSSCHOLZCHOLZCHOLZCHOLZ, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 2003, 288 pp. — ISBN ISBN 978-3-515-08337-9. Eur 48,00.

I am not entirely sure Plato would approve, but I claim this nevertheless: often, explanation demands simplification. There has been a certain emphasis in the interpretation of Plato as a philosopher, an emphasis on the object of knowledge and on the method of the same knowledge. Ontology and logic, in other words. However, knowledge, in the Platonic dialogues, has constantly been constructed as a form of individual activity. It is this essential dimension of the theory of knowledge in Plato that it is now clarified in Ideal and Culture in Plato,

tiré à part corpulent des MCB IV. L’article « Les premières relations entre l’Inde et l’Occident » était paru en 1953 dans les Mélanges A. Carnoy. Celui de IHQ de 1956 figurait dans Gautama Buddha 25th Centenary Special Issue. Le compte rendu de l’Inde classique (1953) du Muséon 68 (1955) et indiqué ici en p. 119 est en fait un « review article » et s’intitule « Le Tome II du Manuel des études indiennes ». D’autres manquent, comme justement celui de Conferenze (Serie Orientale Roma 5), paru dans Le Muséon 66 (1953), p. 88 ou, se rapportant toujours à l’Italie, « Le MahŸyŸna », dans É. Lamotte, D. L. Snellgrove, A la rencontre du bouddhisme, Roma, Edizioni Ancora, 1977, pp. 59-102. En outre les indications plus soignées livrées par Indianisme et bouddhisme. Mélanges offerts à Mgr Étienne Lamotte de 1980, l’article « La critique d’authenticité dans le bouddhisme » est paru aussi comme « The Assessment of Textual Authenticity in Buddhism », Buddhist Studies Review 1 (1983-1984), no. 1, pp. 4-15, et « La critique d’interprétation dans le bouddhisme », article paru dans les Mélanges Henri Grégoire (non mentionné, p. 108) également comme « The Assessment of Textual Interpretation in Buddhism », Buddhist Studies Review 2 (1985), no. 1-2, pp. 4-24. L’article sur « Der Verfasser des Upade¿a » (1973, ici p. 114) est à trouver aux pages 29-50 et non pas 3-22 (separatum), et il convient de le rapporter à un autre sur le MahŸprajñŸpŸramitopade¿a, non mentionné : « Les sources scripturaires de l’Upade¿a et leurs valeurs respectives », Cahiers d’Extrême-Asie 2 (1986), pp. 1-15, à l’origine une conférence donnée en 1977 à Tškyš, Kyšto et Štani, traduit auparavant en japonais, Bukkyšgaku 5 (1978), pp. 1-25.