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REPUBLIQUE FRANCAISE

TRIBUNAL ADMINISTRATIF D'AMIENS

14, nte Lemerchier cs 81114

80011 Amiens Cedex

Téléphone : A3.22.33.67.70 Télécopie : 03.22.33.67.7 7

Greftè ouvert du lundi au vendredi de

8h30 à 12h00 - 13h30 à 16H30

possiernfrool53g-3 ( o \ %ZÉ

rappeler dons toutes correspondances)

Monsieur Guy LANDEL c/ RECTORAT D'AMIENS

Vos réf. : Demande réparation des préjudices subis NoTIpICR.TIoN DE JTjGEMENT Lettre recommandée avec avis de réception

Monsieur,

Amiens, le 7610312012

1001 539-3

Monsieur LANDEL Guy 25 rue du Général Leclerc

O23OO CHAUNY

J'ai l'honneur de vous adresser, sous ce pli, l'expédition du jugement en date du

1310312012 rendu dans l'instance effegistrée sous le numéro mentionné ci-dessus.

La présente notification fait courir le délai d'appel qui est de 2 mois.

Si vous estimez devoir faire appel du jugement qui vous est notifié, il vous appartient

de saisir la COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE DOUAI" Hôtel d'Aoust 50 rue de la

Ccrmédie 59507 DOUAI CEDEX d'une requête motivée en joignant une copie de la présente lettre.

A peine d'irrecevabilité, la requête en appel doit :

- être assortie d'une copie de la décision juridictionnelle contestée.

- être présentée par un avocat.

- être accompagnée d'un timbre fiscal de 35 euros, sauf pow les bénéficiaires de l'aide

juridictionnelle. L'achat de ce timbre peut s'effectuer par voie électronique en vous

connectant au site timbre.justice.gouv.fr et en suivant les instructions qui vous seront

données.

Enfin, si une demande d'aide juridictionnelle a été déposée, il vous appartient

également de justifier de ce dépôt.

Je vous prie de bien vouloir recevoir, Monsieur, l'assurance de ma considération

distinguée.

âdministrative les délais supplémentaires

I-e Greffier

ou par délégatio

é/

t'',"."

n Chef,

-,*-'*

le-,Gfêffier,

de distânce préws aux artlcles 643 et 644 du nouveau code de procédure civile s'ajoutent aux délais prévus ci-dessus.

TRIBUNAL ADMINISTRATIF

D'AMIENS

N"'1001539 , 1001926

M. Guy LANDEL

M. Papin

Rapporteur

M. Binand

Rapporteur public

Audience du 21 février 2012 Lecture du 13 mars 2012

RE,PUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Le Tribunal administratif d'Amiens

(3ème Chambre)

Vu Io), sous le n' 1001539, l'ordonnance en date du 25 mai 2070,par laquelle le vice-

président de la 5è*' section du tribunal administratif de Paris

transmet, en applicatiôn des articles

administrative, la requête,

R.221-3, R. 351-3 alinéa 1" et R. 312-12 du code de justice

enregistrée le 3 rnai 20lA au greffe du tribunal administratif de Paris, présentée pour

M. LANDEL ;

Vu ladite requête, présentée pour M. Guy LANDEL, demeurant au 25 rue du Général

Me Boukheloua

; M. LANDEL demande au Tribunal :

Leclerc à chauny (02300), par

l') de condamner l'Etat à lui verser une somme totale de 100 000 euros, à parfaire, augmentée des intérêts au taux légal à compter de la date de la présente requête, lesdits intérêts étan| capitalisés pour former eux-mêmes intérêts, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'attitude adoptée par le rectorat de l'académie d'Amiens à son égard

2') de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros correspondant aux frais de procédure qu'il a exposés ;

Vu la réclamation préalable, adressée par M. LANDEL le l8 février2010 au recteur de l'académie d'Amiens, et l'avis de réception postal correspondant ;

Vu le mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2010, présenté par le recteur de ['académie d'Amiens, qui conclut au rejet de la requête ;

Vu le mémoire en réplique, enregistré le 5 avril 2011, présenté pour M.LANDEL, qui

persiste dans ses précédentes conclusions ;

No' 1001539, I 001926

Vu I'ordonnance en date du 29 juillet 20l l fixant la clôture d'instruction au29 août2011,

en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative ;

Vu II'), sous le n" 1001926, la requête, enregistrée

le 9 juillet 2010, présentée pour

Leclerc à Chauny (02300), par

M. Guy LANDEL, demeurant au 25 rue du Général

demeurant au 25 r u e d u G é n é r a l Me

Me Boukheloua;M. LANDEL demande au Tribunal :

1o) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision en date du 18 mai 2070,par laquelle le ministre de l'éducation nationale lui a infligé la sanction disciplinaire du 4"-'groupe de mise à Ia

retraite d'office ;

2') de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en remboursement des frais de procédure qu'il a exposés ;

Vu la décision attaquée ;

Vu le mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2011, présenté par le ministre de

l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, qui conclut au rejet de la requête ;

Vu I'ordonnance en date du 29 juillet 2011fixant la clôture d'instruction au29 aoûrt2}ll,

en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative ;

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu la loi no 83-634 du 13 juillet 1983, modifiée, portant droits et obligations des

fonctionnaires ;

Vu la loi no 84-11 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

Vu la loi n" 2002-73 du l7 janvier 2002 de modemisation sociale ;

Vu la loi n" 2011-525 du 17 mai 2011 de simplification et d'amélioration de la qualité du

droit;

Vu le décret no82-451 du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives

paritaires ;

Vu le décretn" 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à

l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude

physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des

fonctionnaires ;

Vu le décret n"2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des

membres du Gouvernement ;

No' 1001539,1001926

Vu le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de I'audience publique du 21 fevrier 2012 :

- le rapport de M. Papin,

- les conclusions de M. Binand, rapporteur public,

- et les observations de M. LANDEL ;

Considérant que M. LANDEL, fonctionnaire titulaire, professeur certifié de sciences physiques, affecté, à compter de l'année scolaire 200112002, en tant qu'enseignant au collège Gérard Philippe à Soissons (02), s'est vu infliger, par arrêté du ministre de l'éducation nationale

en date du 18 mai 2010 et après avis du conseil de discipline, la sanction disciplinaire du

quatrième groupe de mise à la retraite d'office, aux motifs notamment qu'il n'avait pratiquement

plus exercé ses fonctions depuis le 10 octobre 2001, qu'il s'était soustrait depuis 2009 de manière systématique et sans excuse valable, aux convocations qui lui avaient été adressées à l'effet de vérifier son état de santé, que le fait, pour un fonctionnaire, de se soustraite ainsi, sur

une longue période, à des contrôles médicaux réglementairement prévus constituait une faute de nature à justifier légalement une sanction disciplinaire et que, par ces manquements délibérés, M. LANDEL perturbait le fonctionnement du service public de l'éducation et portait gravement atteinte à la réputation de l'administration ;

Considérant que, par la requête enregistrée sous Ie numéro 1001926, M. LANDEL

demande au Tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ; que, par la requête enregistrée

sous le numéro 1001539, M. LANDEL demande, par ailleurs, la condamnation de l'Etat à lui verser une somme totale de 100 000 euros augmentée des intérêts au taux légal, lesdits intérêts étant capitalisés pour former eux-mêmes intérêts, en réparation des divers préjudices qu'il estime

avoir subis en raison des agissements de l'administration de l'éducation nationale à son égard, qu'il considère comme constitutifs d'un harcèlement moral ou, à tout le moins, de fautes de

nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

Considérant que les requêtes susmentionnées, enregistrées sous les numéros 1001539 et

1001926, introduites pour M. LANDEL présentent à juger des questions connexes et ont fait

I'objet d'une instruction commune ; qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul

jugement;

Sur les faits de harcèle(nent moral invoqués :

Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 6 quinquies de la loi susvisée du 13

juillet 1983 : «Aucunfonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral

qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter

atteinte à ses droils et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou menlale ou de compromettre

son avenir professionnel.

/

Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la

titularisation, laformation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne

peut être prise à l'égard d'unfonctionnaire en prenant en considération : / 1" Le fait qu'il ait

subi ou refusé de subir les agissemenTs de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2o Le

fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en

No' 1001 539,1001926

justice visant à faire cesser ces agissemenTs ; / 3" Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agenT ayant

procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. / Les dispositions du

présent arricle sont applicables aux agents non titulaires de droit public»; qu'indépendamment

même de ces dispositions, qui sont issues de l'article 178 de la loi susvisée du 17 janvier2002 et

ne sont entrées en vigueur que le 19 janvier 2002, un agent public est en droit de demander

réparation d'agissements répétés de sa hiérarchie excédant les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique ;

Considérant, d'autre part, qu'aux termes de l'article 7 du décret susvisée du 14 mars

1986 : «Les comités médicaux sont chargés de donner à I'autorité compétente, dans les

conditions fixées par le présent décre|, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent

s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois publics, de I'octroi et du

renouvellement des congés de maladie et de la réintégration à l'issue de ces congés. / (

)

/ Ils

peuÿent recottrir, s'il y a lieu, au concours d'experts pris en dehors d'eux. (

du comité médical informe le

fonctionnaire

) / Le secrétarial

: / - de la date à laquelle le comité médical

examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et la

possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / - des voies de recours possibles devant le

,; qu'aux termes de l'article 24 de ce décret '. « Sous réserve des

comité médical supérieur / (

)

dispositions de I'article 27 ci-dessous, en cas de maladie dûment constatée et mettant le

fonctionnaire dans I'impossibiliTé d'exercer sesfonctions, celui-ci est de droit mis en congé de

maladie n ; qu'aux termes de son article 25 : « Pour obtenir un congé de maladie, ainsi que le

renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire doit adresser à I'administration

donT il relève, par

d'un certificaT

d'un médecin,

l'intermédiaire de son chef de service,

une demande appuyée

d'un chirurgien dentiste ou d'une sage femme. / L'administration peut foire

procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé ; le fonctionnaire

doit se soumettre, sous peine

d'inferuuption

du versement de sa rémunération, à cette contre-

visite. / Le comité médical compétent peut être saisi, soit par I'cdminisTration, soiT pcr

l'intéressé, des conclusions du médecin agréé »; qu'aux termes de l'article 34 du même décret :

« Lorsqu'un chef de service estime, au ÿu d'une attestation médicale ou sur le rapport de

supérieurs hiérarchiques,

fait application des

que

l'état de santé d'unfoncTionnaire pouruait justifier qu'il lui soil

dispositions de I'article 34 (3'ou 4") de la loi du ll janvier 1984 susvisée, il

peut provoquer I'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et

suivants de I'article 35 ci-dessus. Un rapport écrit du médecin chargé de la prévention attaché

au dossier soumis au comité

médical )) ; que, selon les troisième et quatrième alinéas de

au service auquel appartient le fonctionnaire concerné doit figurer

I'article 35 : « (

)

le secrétaire du

comité médical fait procéder à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé compétent

pour I'affection en cause. / Le dossier est ensuite soumis au comité médical compétent (

)

» ;

Considérant qu'il résulte de l'instruction que M. LANDEL, qui a été placé à de très nombreuses reprises en congé de maladie ordinaire, n'a plus exercé ses fonctions d'enseignant depuis le 10 octobre 2001, à l'exception toutefois de deux courtes périodes, du 3 au 9 novembre

2003, puis du 10 au 74 décembre 2003 ; que les congés de maladie ordinaires dont a ainsi bénéficié M. LANDEL ont eu pour effet de le tenir éloigné de son service pendant la quasi-

totalité des années scolaires ; que, si M. LANDEL soutient que les très nombreux courriers qui

lui ont été adressés à compter du mois de novembre 2000, notamment par le rectorat de l'académie d'Amiens, l'inspecteur d'académie, le médecin de prévention ou le secrétariat du

comité médical départemental, constituent des agissements répétés de harcèlement moral au sens de l'article 6 quinquies précité de la loi du l3 juillet 1983, il résulte toutefois de f instruction que,

par ces courriers, l'administration s'est bornée à user de la possibilité, qu'elle tenait des

dispositions règlementaires précitées, de vérifier l'aptitude de M. LANDEL à l'exercice de ses

No' 1001539,1001926

fonctions de professeur, en vue en particulier de rechercher s'il y avait lieu de placer cet agent

dans les situations de congé de longue maladie ou de congé de longue durée faisant l'objet des 3o et 4o de l'article 34 dela loi du 1l janvier 1984 susvisée, comme de s'assurer, eu égard à leur nombre et à leur caractère systématique, du bien-fondé des certificats d'arrêts de travail produits

par f intéressé ; qu'à cet effet et comme elle le pouvait sur la même base, elle a, à de très

nombreuses reprises, demandé à l'intéressé de se rendre auprès d'un médecin en vue d'une

contre-visite et d'une expertise médico-psychologique, les

certificats d'anêts de travail émanant,

à partir de l'année 2006, d'un médecin psychiatre I Que, toutefois, M. LANDEL a

systématiquement éludé ces demandes et refusé de se rendre auprès du médecin agréé en vue

d'une contre-visite comme de se soumettre à cette expertise, alors même qu'il continuait à

présenter des certificats d'arrêts de travail émanant d'un médecin psychiatre ; qu'en

conséquence, le comité médical départemental, saisi à plusieurs reprises, n'a pu rendre d'avis sur

la situation du requérant ; qu'en présence de tels refus systématiques, l'administration était en

droit de réitérer la procédure tendant à la vérification de l'aptitude physique de l'intéressé

comme à la vérification du bien-fondé des certifrcats d'arrêts de travail qui continuaient à être

remis par ce dernier ; que ce faisant, elle n'a pas commis à l'égard de M. LANDEL

d'agissements répétés de harcèlement moral et ce, alors même que certaines des convocations

adressées à cet enseignant auraient été

irrégulières ;

qu'elle n'a pas non plus commis de tels

agissements, ni n'a excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, en

demandant à plusieurs reprises à M. LANDEL de s'expliquer sur les raisons pour lesquelles il

refusait de se plier à ces procédures de contrôle médical, demandes auxquelles n'a pas donné

suite le requérant, qui, contrairement à ce qu'il soutient, n'était pas en droit de se soustraire à un

tel contrôle ; que le recteur n'a pas, non plus, excédé les limites d'un exercice normal du pouvoir hiérarchique ; qu'il n'en est pas allé différemment lorsque, par plusieurs courriers, le recteur a

averti M. LANDEL des conséquences, disciplinaires ou pécuniaires, susceptibles de résulter de son attitude ; que le requérant n'est, ainsi, pas fondé à soutenir qu'il aurait été victime de faits constitutifs d'un harcèlement moral, au sens de l'article 6 quinquies précité de la loi susvisée du

l3 juillet 1983, de lapart de l'administration, ni même d'agissements fautifs de nature à engager

la responsabilité de l'Etat à son égard ;

Sur la légalité de l'arrêté du 18 mai 2010 portant mise à la retraite d'office de

l'intéressé :

Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 1"' du décret susvisé du

27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvemement : «A compter

du jour suivant la publication au Journal fficiel de la République

française

de l'acte les

nommant dans leurs fonctions ou à compler du jour cet acte prend

effet, si ce jour est

postérieur, peuÿent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Elal et par délégation,

l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relarifs aux affaires des services placés sous leur aüoriré : / l" Les secrétaires générarux des ministères, les directeurs d'administration centrale

(

).

/ Cette délégation s'exerce sous l'autorité du ou des ministres et secrétaires d'Etat dont

relèvent les agents, ainsi que, le cas échéant, de leur supérieur hiérarchique immédiat. / Le

changement de ministre ou de secrétaire d'Etat ne met pas fin à cette délégation, sous réserve

des dispositions de l'article 4 (

),

;

Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été signé par Mme Josette Théophile, directrice générale des ressources humaines du ministère de l'éducation nationale et du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui avait été nommée à

ces fonctions par décret du l"'octobre 2009 publié au joumal officiel de la République française

le 2 octobre 2009; que les dispositions précitées du décret du 27 juillet 2005 relatif aux

délégations de signature des membres du Gouvernement, lequel texte a lui-même été publié au

No' 1001539, 1001926

journal officiel de la République française le 28 juillet 2005, habilitaient Mme Théophile, en sa

qualité de directeur d'administration centrale et alors même qu'une telle délégation n'est pas

nominative, à signer l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires relevant

des services placés sous son autorité i Que, dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur

de l'arrêté attaqué, qui manque en fait nonobstant la circonstance, sans incidence sur sa légalité, que cet acte ne comporte pas de mention expresse selon laquelle il est pris par délégation du

ministre, doit être écarté1'

Considérant, en deuxième lieu, d'une part, qu'aux termes de l'article 5 du décret susvisé

du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires : <<Les commissions

administratives paritaires comprennent en nombre égal des représentants de l'administration et

des représentanTs du personnel. Elles ont des membres titulaires el un nombre égal de membres

suppléants »,'qu'aux termes de l'article 15 du même décret, dans sa rédaction alors en

vigueur : « Chaque liste comprend autant de noms qu'il y a de postes à pourvoir, titulaires et suppléants, pour un grade donné, sans qu'il soit fait mention pour chacun des candidats de la

qualité de Titulaire ou de suppléant (

représentants du personnel suppléants élus sont désignés selon l'ordre de présentation de la liste

)

, ; qu'en vertu de l'article 22 du même décret, les

;

qu'aux termes des dispositions de l'article 10 du même décret : « Les représentants de

l'administration, titulaires el suppléants, au sein des commissions administratives visées à l'article 2 sont nommés par arrêté du ou des ministres intéressés ou par décision de l'autorité

auprès de laquelle sont placées les commissions (

)

» et qu'aux termes de l'article 31 du même

décret « Les suppléants peuvent assister aux séances de la commission sans pouvoir prendre

part aux débats. Ils n'ont voix délibérative qu'en l'absence

des titulaires qu'ils

remplacent (

)

,

;

qu'il résulte de ces dispositions qu'un suppléant n'est pas attaché à un représentant titulaire et

peut remplacer tout représentant titulaire absent ; qu'en outre ni le décret du 28 mai 1982 relatif

aux commissions administratives paritaires, ni le décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concemant les fonctionnaires de l'Etat ne précisent les modalités selon lesquelles, à peine d'irrégularité, les membres du conseil de discipline doivent être convoqués ;

Considérant, d'autre part, que si les actes administratifs doivent être pris selon les

formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le

déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif,

n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il

a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou

qu'il a

privé les intéressés d'une garantie ; que l'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte ;

Considérant que M. LANDEL soutient que la commission administrative paritaire, siégeant en conseil de discipline, se serait réunie dans une composition irrégulière lorsqu'elle a

examiné, au cours de sa séance du 1" avril2070,le projet de sanction disciplinaire envisagé à

son égard par l'administration, en faisant valoir que certains membres suppléants auraient

et délibéré sans avoir été convoqués et alors que les membres titulaires qu'ils avaient

siégé

respectivement pour fonction de remplacer étaient présents ;

Considérant qu'il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de ladite séance, que le requérant verse lui-même au dossier et dont les mentions font foi jusqu'à

preuve du contraire, que la parité prévue par les dispositions précitées de l'article 5 du décret

susvisé du 28 mai 1982 était respectée au cours de la séance en cause, puisque siégeaient au titre

du collège des représentants de l'administration l8 commissaires, auxquels il convient

d'ajouter

le président de la commission, représentant le recteur de l'académie d'Amiens, tandis que

No§ 1001539, I 001926

siégeaient au titre du collège des représentants du personnel 19 commissaires;que le conseil de discipline a donné un avis favorable à la mise à la retraite d'office de f intéressé par 37 voix sur 38 ; que, dans ces conditions, ni le vice de procédure allégué, ni celui, également invoqué par

M. LANDEL, que f intitulé de l'ordre du jour de ladite séance auraitété modifié, à les supposer

même établis, ne peuvent être regardés comme ayant été susceptibles d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise, ni comme ayant privé l'intéressé d'une garantie ;

Considérant, en troisième lieu, que si M. LANDEL soutient que les membres de la

commission administrative paritaire, siégeant en conseil de discipline, n'auraient pas disposé de

l'ensemble des éléments leur permettant d'émeffre un avis éclairé sur la

proposition de sanction

disciplinaire formulée à son encontre, il ressort du procès-verbal de la réunion de ladite

commission, au cours de laquelle cette proposition a été examinée, d'une part, qu'il a été donné lecture aux membres de celle-ci du rapport de saisine, ainsi que des observations transmises par

M. LANDEL dans le but d'assurer sa défense et du « contre-rapport » qui était joint à celles-ci,

d'autre part, que les membres de la commission, qui ont pu disposer de l'ensemble du dossier individuel de M. LANDEL, ont longuement discuté de la situation de celui-ci i gue, dès lors,

M. LANDEL n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris sur une procédure

imégulière ;

Considérant, en quatrième lieu, qu'il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit,

que M. LANDEL s'est systématiquement soustrait, sans avancer aucun motif

susceptible de

justifier cette attitude, aux convocations qui lui avaient été à bon droit adressées par

l'administration dans le but de s'assurer de son aptitude à exercer ses fonctions

;

que

M. LANDEL soutient, à l'appui de sa requête, que son refus d'obtempérer était dicté par des

motifs légitimes, tirés de ce que rien ne pouvait permettre au rectorat de prétendre qu'il était

fragile mentalement au point de ne plus pouvoir assumer l'exercice de ses fonctions et que ni sa

famille ni son médecin traitant n'avaient constaté une quelconque déficience mentale de sa part

;

que, toutefois, ainsi qu'il a été dit, les congés de maladie ordinaires dont a bénéficié

M. LANDEL ont eu pour effet de le tenir éloigné de son service pendant la quasi-totalité des

années scolaires depuis 2001 ; qu'il est constant que les certificats d'arrêts de travail émanaient d'un médecin psychiatre depuis 2006 ' que M. LANDEL a systématiquement refusé de se rendre

auprès du médecin agréé en vue d'une contre-visite comme de se soumettre à cette expertise, alors qu'il appartenait à l'administration de vérifier l'aptitude de M. LANDEL à l'exercice de ses

fonctions de professeur, en vue en particulier de rechercher s'il y avait lieu de placer cet agent

dans les situations de congé de longue maladie ou de congé de longue durée comme de s'assurer,

eu égard à leur nombre et à leur caractère systématique, du bien-fondé des certificats d'arrêts de travail produits par l'intéressé ; que, dans ces circonstances, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait fondé sur des faits matériellement inexacts et qui n'étaient pas de nature à justifier

légalement une sanction disciplinaire doit être écarté;

Considérant, en cinquième lieu, qu'aux termes de l'article 28 de la loi susvisée du

13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires «Tout fonctionnaire, quel que

soit son rang dans la hiérarchie, esl responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées.

Il doit se conformer aux instruclions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre

donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public

(.

.)» ;

Considérant qu'il résulte de ce qui a été dit ci-avant, que M. LANDEL a, sciemment et

de façon répétée, commis des actes de désobéissance caractérisée aux instructions que lui avait

données sa hiérarchie, lesquelles étaient légalement fondées et motivées par f intérêt du service

public de l'éducation

; qu'eu égard à la gravité de

ces manquements et à leurs caractères délibéré

pas commis d'erreur manifeste

et récurrent, le ministre de l'éducation nationale rfa

No' 1001539,1001926

d'appréciation, compte tenu de la situation professionnelle de M. LANDEL et dans les

circonstances de l'espèce, en estimant que ceux-ci étaient de nature à justifier que soit prise à l'égard de l'intéressé, par 1'arrêté attaqué, la sanction disciplinaire du quatrième groupe de mise

à la retraite d'office ;

Considérant, en dernier lieu, que, dans les circonstances sus-rappelées et alors même

que l'administration a successivement mis en æuvre à l'égard de M. LANDEL la procédure de

vérification de son aptitude à exercer ses fonctions prévue par les dispositions sus-rappelées, puis

la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires titulaires de l'Etat, le détournement de procédure et le détournement de pouvoir allégués ne sont pas établis ;

Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. LANDEL n'est pas fondé à

demander l'annulation de l'arrêté en date du l8 mai2010 par lequel le ministre de l'éducation nationale a prononcé à son égard la sanction disciplinaire du quatrième groupe de mise à la

retraite d'office ; que, dès lors, les conclusions aux fins d'annulation que l'intéressé présente par

sa requête enregistrée sous le numéro 1001926 doivent être rejetées ;

Sur l'indemnisation demandée :

Considérant qu'ainsi qu'il a été dit, il ne résulte pas de l'instruction que l'attitude

adoptée à l'égard de M. LANDEL par l'administration ait été constitutive d'un harcèlement

moral, ni qu'elle ait excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, ni même

qu'elle ait pu revêtir, dans les circonstances de l'espèce, un caractère fautifde nature à engager à

son égard la responsabilité de l'Etat; qu'il suit de là que les conclusions indemnitaires que

I'intéressé présente par sa requête enregistrée sous le numéro 1001539 doivent être rejetées ;

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice

administrative :

Considérant que lesdites dispositions font obstacle à ce que soient mises à la

charge de

l'Etat, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie tenue aux dépens, les sommes que

M.

LANDEL demande au titre des frais