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Psychologie Clinique

L'hystérie

3

Eléments introductifs

7

Le courant psychanalytique

12

Le courant systémique

19

Le courant cognitivo-comportementaliste

24

Le courant humaniste

30

Le modèle stress / vulnérabilité

36

L'hystérie

C'est un point de passage incontournable pour la naissance de la psychanalyse. Découverte, lourde de conséquences, des processus psychiques inconscients.

émanant de nos

processus de pensée dont nous n'avions aucune conscience au moment ou ils se produisaient. Avant cette notion se rapportait à la neurologie (atteinte du système neurologique).

Inconscient : terme forgé par Freud pour rendre compte de phénomènes psychiques

Division subjective : un sujet est un royaume divisé contre lui même, hystérie = manifestation de cette division.

Actes manqués, lapsus, rêves = psychopathologie de la vie quotidienne ou normale (FREUD). Ils relèvent quand même de la psychopathologie car ce sont des grains de sable dans machine psychique. Il n'y a pas de volonté de commettre ces actes. Personne ne maîtrise ses rêves pourtant on y est présent sans nous reconnaître dans eux.

L'autre psychopathologie (anormale) nous entrave, nous gêne, rend la vie impraticable.

Thèse : Fondamentalement, structuralement il n'y a pas de différence de principe entre les processus en jeu dans la psychopathologie normale de la vie quotidienne et ceux en jeu dans la production de symptômes psychopathologiques au sens clinique, invalidants. Ce qui régit la fabrication d'un symptôme est la même chose que ce qui régit nos actes manqués, lapsus, rêves.

Thèse qui interdit une différence de nature entre névrosés et non névrosés,

Il n'y a pas 2 espèces humaines, celle des fous et celle des gens normaux. Ce qui fait que l'on peut vivre avec ou

pas est une question

Si on n’est pas en mesure de se reconnaître en l'autre comment entrer dans une relation clinique qui suppose une forme d'identification au semblable . Il n'est pas question d'empathie sans limite mais une reconnaissance de notre propre fonctionnement chez l'autre.

quantitative et non qualitative .

Objections : “Je me sens normal et différent des fous”. Un cristal de qualité transparent, translucide, se brise selon des lignes de structure non visibles mais pourtant présentes avant qu'il se brise (Freud). Ces lignes, ces fragilités sont différentes pour tous.

Entre le normal et le pathologique frontière factice, fausse.

Nous portons tous des racines ou radicalités pulsionnelles différentes (tendresse, agressivité, repli sur soi,

expression, communication, aventure,

Elles peuvent aussi s'exprimer dans des pathologies, en fonction de leurs charges et des circonstances de la vie, ces radicaux explosent.

) que nous mettons en œuvre dans nos façons de vivre, dans nos métiers.

Structure anthropologique commune à tous qui fait que nous avons tous à faire avec l'inconscient, les mécanismes de défense,

Traces écrites, récits de guérisseurs, médecins, Les égyptiens décrivaient déjà des symptômes cliniques de type hystérique mais avec une médecine vouée aux ritualismes religieux avec peu de moyens d'action. Pourtant, les médecins obtenaient des guérisons par des processus magiques, religieux,

On pensait que l'hystérie, qui signifie utérus, était une maladie féminine dû à des troubles de l'utérus , et en rapport avec le désir sexuel, vu comme un démon dans le corps de la femme. Au moyen âge : chasse aux sorcières, les hystériques sont vues comme les victimes de la possession du démon.

La question est de savoir qu'est ce qui est effectivement en jeu dans ces processus de guérison ? La suggestion (Charcot) contre l'autosuggestion inconsciente dont les hystériques seraient victimes.

Fin 19ème/20ème : bascule dans la compréhension de l'hystérie, découverte de l'inconscient freudien. 1885 Freud élève de Charcot (neurologue reconnu) avec l'observation du cas d'Anna O. mais aucune théorie n'en découle. La clé de l'hystérie lui sera révélée après réflexion et en témoigne le texte “ Quelques considérations pour une

étude comparative des paralysie motrices organiques et hystériques.” (Freud, 1893).

2 types majeurs de paralysies motrices :

Paralysie périphéro-spinales ou bulbaires (atteinte moelle épinière ou bulbe) = paralysie détaillée ex : paralysie faciale, de la poliomyélite aigüe Freud la nomme « paralysie de projection ».

Paralysie cérébrale ou corticale (atteinte cerveau) = paralysie en masse Freud la nomme « paralysie de représentation ».

La cause de cette différence importante entre périphéro-spinales et cérébrale doit être cherchée dans le système nerveux.

Relation moelle/écorce ? Freud propose de rebaptiser cette paralysie cérébrale en paralysie de représentation . Quand la paralysie détaillée est très importante et très étendue, elle devient paralysie en masse et perde ainsi son caractère distinct.

Les hystériques ont longtemps été considérées comme des simulatrices. Mais ce que l'hystérie produit comme symptômes n'est pas explicable par la simulation. Les hystériques ne peuvent pas simuler des paralysies de masse.

« L’hystérie ne simule jamais les paralysies périphéro-spinales ou de projection, les paralysies hystériques partagent seulement les caractères des paralysies organiques de représentation » Freud.

Les paralysies flasques n’affectent jamais qu’un seul muscle (sauf si le muscle est l’instrument unique d’une fonction). Elles sont donc toujours des paralysies de masse.

Règle constante = segment périphérique est toujours plus affecté que le central dans les paralysies organiques. Alors que ce n’est pas le cas dans les paralysies hystériques où l’épaule peu être plus paralysée que la main.

« La paralysie hystérique est pour ainsi dire intermédiaire entre la paralysie de projection et la paralysie de représentation » Freud.

Pour avancer, Freud veux étudier les différences entre paralysies hystériques et organiques.

Paradoxe = délimitation exacte et intensité excessive des troubles hystériques (alors qu’une paralysie organique ne peut pas restée délimitée et devenir absolue en même temps).

Paralysie hystérique s’accompagne de troubles de la sensibilité + profonds et + fréquents que dans les paralysies organiques.

Certaines formes de paralysies cérébrales ne se retrouvent pas dans l’hystérie. (ex : paralysie du facial inférieur)

La paralysie hystérique peut être beaucoup plus dissociée et systématisée que la paralysie cérébrale.

Charcot dit qu’on ne peut pas attribuer à l’hystérie les lésions ou paralysies centrales avec une observation strictement médicale. Pour Freud, la lésion devrait manifester les signes cliniques d’une lésion définitive. Il reprend la terminologie de Charcot qui parlait de lésion dynamique/altération fonctionnelle = altération de la fonction ou du dynamisme.

Hystérie = modification, transformation, lésion non pas de l’organisme mais de la représentation que l’on a de cet organisme, l’image qu’on s’en fait. Freud abandonne la neurologie pour la psychologie pour comprendre ce phénomène. Pour lui, l’hystérie serait un investissement particulier du corps où il s’est sacralisé :

« La valeur affective que nous attribuons à la première association d’un objet répugne à le faire entrer en association nouvelle avec un autre objet et par la suite rend l’idée inaccessible à l’association ». Freud

(ex : histoire d’un sujet loyal qui ne voulu plus laver sa main parce que le Roi l’avait touché.) La paralysie disparait donc lorsque cette valeur affective attachée au membre paralysé est effacée.

Rappels historiques sur la psychologie clinique :

Le terme de psychologie clinique apparait dans les années 1890 en France, en Allemagne et aux EU.

Il s’agit alors d’un domaine qui a un statut à mi chemin entre l’activité médicale et l’assistance sociale.

En 1896, WITMER crée aux EU une clinique psychologique avec comme but une activité de conseil de soutien et d’aide.

En 1897, en France, 2 psychiatres de l’hôpital Ste Anne à Paris HARTENBERG et VALENTIN créent la revue de psychologie clinique et thérapeutique.

En 1898, JANET (psychiatre) utilise l’expression psychologie clinique pour les médecins s’occupant de malades mentaux.

Il propose la notion de démarche clinique càd l’étude approfondie de cas.

FREUD dans la lettre à FLIESS du 30 janvier 1899 utilise le terme psychologie clinique « Maintenant la connexion

avec la psychologie telle qu’elle se présente dans les études sort du chaos, j’aperçois les relations avec le conflit, avec la vie, tout ce que j’aimerai appeler psychologie clinique ».

Pour JANET, dans ce que FREUD propose c’est surtout sa démarche qui est clinique = l’analyse de cas en vue de l’élaboration d’une théorie. L’essor de la psychologie clinique se fera au tournant de la 2 nd guerre mondiale où l’APA (american psychological association) défini les programmes de formation et de recherche en psychologie clinique.

LAGACHE peut être considérer comme le fondateur de la psychologie clinique en France sachant que ces travaux tentent de concilier différentes approches en psychologie. Le clinicien est alors défini comme un praticien dont l’activité se centre sur le diagnostic et l’aide au sujet souffrant en s’appuyant sur des méthodes variées :

entretiens, tests, anamnèses (historique des troubles du patient en relation avec sa vie perso et sa famille).

En 1949, LAGACHE tente d’autonomiser la psychologie clinique par rapport à d’autres approches. Historiquement elle s’est construite à partir d’influences et de théories multiples.

FAVEZ BOUTONIER est la fondatrice en 1959 du 1 er laboratoire de psychologie clinique à la Sorbonne. Elle considère que la psychologie clinique et la psychanalyse sont 2 domaines spécifiques séparés mais en interaction. Selon elle, la pratique clinique et la recherche clinique sont articulées et indissociables.

Après 1968, elle crée la 1 ère UER (Unité d’Enseignement et de Recherche) de science humaine clinique à l’université Paris 7.

A partir de 1960, la psychologie clinique s’organise à l’université.

En France particularité car toutes les approches cliniques n’ont pas eu le même poids c’est surtout la psychanalyse qui a primé sur les autres.

Le concept de courant en psychologie clinique

Ce concept est un élément fondateur de la psychologie en général et de la psychologie clinique en particulier. La clinique s’est constituée surtout par appuis et emprunts à différentes approches. Ces approches étaient initialement la médecine, la psychologie expérimentale, la philosophie, et la psychanalyse.

Par la suite sont arrivées d’autres approches comme l’approche humaniste, systémique, cognitivo- comportementale et même neuropsychologique. Cette idée d’emprunt et d’appui sur d’autres disciplines est surtout marquée en France et pas forcément à l’étranger.

En France, cela s’est construit autour d’un objet commun : le sujet souffrant / la souffrance psychique.

L’aspect composite de la psychologie clinique

Une des conséquences majeures de la présence de plusieurs courants comme éléments constitutifs de la psychologie clinique c’est l’aspect composite de cette dernière. Cet aspect souvent souligné en France et dans différents pays, désigne le fait que cette psychologie utilise des concepts et des méthodes parfois assez hétérogènes puisque provenant de différentes approches ou disciplines.

ex : celui du concept d’INCONSCIENT emprunté à la psychanalyse et celui de COPING issu de la psychologie cognitive. Coping = stratégie d’ajustement du sujet face à une maladie, une difficulté dont l’objectif est de réduire le stress et la souffrance induits par la situation. Cet aspect composite est lié au fait que la psychologie clinique se défini mieux par sa démarche que par son cadre théorique.

Néanmoins, cet aspect composite ne fait pas l’unanimité chez tous les cliniciens, et cela se traduit parfois par une tendance à ramener la psychologie clinique à un courant particulier au détriment des autres. ex : la tradition en France, chez certains cliniciens et universitaires de ramener la psychologie clinique à la psychanalyse.

On a 2 solutions possibles :

soit ramener la psychologie clinique a un seul courant

Cette position peut être qualifiée de réductionniste puisque la psychologie clinique se conforme aux concepts et méthodes d’une seule et même approche. Avantage = le cadre théorique de la psychologie clinique est plus cohérent et la pratique est déjà construite (concept clé en main, ex typique de la psychanalyse). Limite = du même coup tous les objets de la psychologie clinique sont réduits aux concepts et méthodes d’un seul courant (ex : entretien clinique va être appréhendé sous l’angle du transfert/contre transfert).

soit conserver celle-ci avec ses différents courants

Elle peut être qualifiée d’holistique ou plurielles et correspond au fait que la psychologie clinique emprunte des concepts et des méthodes à plusieurs courants sans exception. Avantage = utiliser ce qui est le plus pertinent au regard des différentes situations cliniques (ex : consultation sujet âgé utilisation de test psychométrique (pour évaluer capacités mnésiques attentionnelles par ex) plus efficace que la prise en charge analytique). Limite = cela oblige à penser le sujet dans ses différentes facettes (comportemental, cognitif, affectif) et non plus sous l’angle unique d’une seule facette.

Il faut souligner que le caractère composite de la psychologie clinique dépend aussi des exigences de formation qui là aussi peuvent varier d’un pays à l’autre. En France, titre psychologue clinicien = master pro psychologie clinique. 5 ans Aux EU, titre psychologue clinicien = doctorat (thèse). 8 à 10 ans avec volume important de stage et plus axé sur la recherche.

Pas dé définition unitaire reconnue par tous en France et dans le monde. Cela contribue à rendre la clinique plus sensible à la critique. ex : la psychanalyse se trouve contestée (« livre noir de la psychanalyse ») sur le plan de l’efficacité thérapeutique. Cela fragilise toutes les psychologies cliniques qui s’appuient sur la psychanalyse.

L’aspect composite fait la richesse et la fragilité de la psychologie clinique.

Définitions :

ANZIEU (1983)

« Elle est une psychologie individuelle et sociale, normale et pathologique, elle concerne le nouveau né, l’enfant, l’adolescent, le jeune adulte, l’homme mur, l’être vieillissant et mourant. Le psychologue clinicien rempli 3 grandes fonctions de diagnostic, de formation, d’expert apportant le point de vue du psychologue auprès d’autres spécialistes. Le psychologue clinicien reçoit aussi une formation de base nécessaire mais non suffisante pour devenir éventuellement psychothérapeute à charge pour lui d’acquérir ailleurs la solide expérience requise personnelle et technique ».

PEDINIELLI (1994)

« La psychologie clinique peut donc être définie comme la sous discipline de la psychologie qui a pour objet l’étude, l’évaluation, le diagnostic, l’aide et le traitement de la souffrance psychique quelle que soit son origine (maladie mentale, dysfonctionnement, traumatisme) Elle se fonde sur des méthodes cliniques parmi lesquelles l’étude des cas, l’observation des comportements et l’analyse des discours sans recours à l’expérimentation (reproduction contrôlée de comportement). Le terme de psychologie clinique désigne à la fois un type de pratique et un ensemble de connaissances validées issues de cette pratique. Une partie de ces connaissances établies grâce à la méthode clinique ne concernent pas seulement le domaine de la souffrance mais attrait à la psychologie générale ».

Chaque définition focalise + ou – sur tel ou tel aspect. Choix selon l’auteur.

Chacune d’elle privilégie un courant constitutif de la psychologie clinique.

Tout le monde s’accorde sur la prise en charge clinique.

courant psychanalytique

I. Concepts fondateurs :

Freud crée la psychanalyse pendant une grande période qui s’étend de 1893 à 1920. Il organise une conception théorique autour d’un ensemble de concepts : METAPSYCHOLOGIE. En recourant à ce terme, Freud a voulu faire de sa théorie une science de l’inconscient, une véritable psychologie des profondeurs.

Pour avoir accès aux manifestations de l’inconscient, il va définir un procédé appelé la psychanalyse :

- investigation des processus mentaux

- méthode pour le traitement des névroses

- série de conception psychologique qui s’accroit progressivement pour former une nouvelle discipline

La psychanalyse est l’étude des processus inconscients en plus des déterminismes de ces derniers. Elle désigne deux choses : les méthodes faites avec une cure analytique et les concepts regroupés dans l’ouvrage de Freud, « Métapsychologie ».

II. Les perspectives de la métapsychologie :

Il existe trois perspectives :

- Topique : réfère à la représentation dans l’espace de l’appareil psychique. Constitué de 3 espaces :

Inconscient

Préconscient

Conscient

- Economique : renvoie à l’énergie pulsionnelle qui se trouve investie dans ses espaces.

- Dynamique : fait état de la circulation de l’énergie pulsionnelle et des conflits psychiques qui peuvent s’en suivre.

Freud décrit deux topiques :

- L’une formée de trois éléments :

Inconscient

Préconscient

Conscient

- L’autre formée de trois instances :

Ca

Moi

Surmoi

Il

complémentaires.

existe un

point commun entre les

perspectives, c’est

la notion

de

Préconscient : élément non conscient mais qui peut le devenir Ca : réservoir pulsionnel

SURMOI

MOI

CA

pulsion. Les deux topiques sont

La première topique fut créée en 1905 avec 3 registres :

- Conscient : représente tout ce dont nous sommes conscient et on considère qu’il est plus accessible de ce fait à la prise en charge thérapeutique.

- Préconscient : représente ce qui peut-être disponible à la conscience pour peu qu’on fasse un effort pour y avoir accès.

- Inconscient : formé de pulsions primitives trop chargées émotionnellement. On refoule pour ne plus se souvenir des éléments.

Une validation empirique est l’étude que l’on peut reproduire. La première topique représente une première modélisation de l’appareil psychique ? Souvent, l’inconscient est représenté comme un processus primaires. Freud va insister sur le fait de l’influence de l’inconscient sur les comportements.

La deuxième topique fut créée en 1923 et comprend :

- Le CA : structure de la personnalité qui cherche une satisfaction immédiate. Il obéit aux principes de plaisir, ne supporte pas la frustration et ne s’occupe ni de la logique ni de la réalité externe.

- Le MOI : obéit aux principes de réalité et affronte le ça avec ses pulsions déraisonnables et inadaptées. La meilleure façon de négocier sera la capacité de différer la satisfaction pulsionnelle.

- Le SURMOI : structure formée d’interdits et de valeurs parentales. C’est une forme de conscience morale de l’individu.

L’homéostasie est la recherche d’un équilibre interne à l’organisme dans son ensemble. Pour rechercher à maintenir son homéostasie, il faut faire des négociations entre le Moi et le Ca et entre le Moi et le Surmoi.

Les

supplémentaires :

éléments

de

la

2ème

topique

sont

repris

en

psychologie

clinique,

cependant

il

existe

3

éléments

-

Les stades de développement : les concepts clés

-

Le transfert et le contre-transfert : issu de la cure analytique

-

Les mécanismes de défense : clivage, déni …

III.

Les implications dans la constitution de la psychologie clinique :

Le courant psychanalytique a eu plusieurs implications dans la constitution même de la psychologie clinique :

- Appréhender le sujet du point de vue de l’inconscient avec ses désirs, ses fantasmes et ses pulsions.

- Donner un cadre théorique formel sur le fonctionnement de l’appareil psychique avec les deux topiques.

- Proposer une théorie du développement normal et pathologique du sujet à travers la classification névrose, psychose, perversion et théorie de la sexualité infantile.

- Conduire la psychologie clinique à se focaliser sur les objets de la psychanalyse que sont : le rêve, les actes manqués, le lapsus, le mot d’esprit.

- Activité de recherche de la psychologie clinique qui se focalise essentiellement sur l’étude de cas .

La psychologie clinique psychodynamique consiste à l’utilisation de concepts freudiens. Ces implications n’ont pas les mêmes répercussions.

ex : En France et en Amérique latine, le courant analytique est influent, partout ailleurs il ne l’est pas. Le symptôme va être conceptualisé.

IV. La psychologie clinique analytique en pratique :

Une des implications du courant analytique est la mise en place de psychothérapies d’inspiration analytique. Elles respectent les principes énoncés par Freud mais de manière moins stricte que la cure analytique elle-même.

Ces aménagements permettent de proposer ce type d’approche à des patients pour qui la cure ne peut convenir. Ces psychothérapies ont pour principe de maintenir des règles fondamentales de la psychanalyse, elles ont pour but non pas la disparition de symptômes mais plutôt l’appropriation par le sujet de sa vie psychique inconsciente.

Les règles fondamentales :

- Absence de conseils et de jugements

- Utilisation prédominante de la parole

- Utilisation des associations d’idées

- Utilisation du contre-transfert

- Recours à l’interprétation en référence aux résistances et aux transferts

Il s’est développé la pratique de la psychologie clinique psycho dynamique freudienne qui s’oriente sur le soutien et l’accompagnement du sujet en souffrance : psychothérapie de soutien .

V.

Conclusion :

Le courant psychanalytique a permis l’émergence d’une forme de psychologie clinique et de la psychothérapie analytique. Il s’agit d’une façon d’aborder le patient et sa problématique qui est lié aux concepts et méthodes de la psychanalyse. L’intérêt pour la psychologie clinique est que cette façon d’aborder le patient est plus facile à adapter sur les différents terrains cliniques que la cure analytique en soi.

Néanmoins, l’opportunité d’utiliser ce type d’approche trouve parfois des limites importantes dans certaines situations cliniques par rapport à d’autres approches. ex : Dans le champ de la neurologie, le courant neuropsychique et cognitif a permis de développer une pratique clinique beaucoup plus efficace dans la compréhension et la prise en charge des patients cérébro-lésés.

Le courant systémique

1)

Les concepts

La pensée systémique s’est élaborée sur la base d’apports de différents champs de la connaissance scientifique (biologie, mathématique, physique, logique, cybernétique …)

Les progrès scientifiques dans ces domaines ont réinterrogé la façon d’aborder l’individu dans les sciences humaines et ont fournis les outils conceptuels pour modéliser les situations cliniques complexes. Au cœur de ca paradigme, on trouve à l’origine la théorie générale des systèmes proposé par VON BERTALANFFY en 1947.

Le système est un tout càd un complexe d’éléments en interaction dont les propriétés formelles sont les suivantes :

- Tout changement au niveau d’un des éléments entraine des changements au niveau du système.

- Le tout est plus que la somme des parties càd qu’il existe des effets cumulatifs complexes liés au fonctionnement même du système.

- Les interactions renvoient à une causalité circulaire caractérisée par des boucles de rétrocontrôle (feedback)

- Le maintien de l’équilibre d’un système (homéostasie) est le résultat d’un équilibre dynamique et non d’un état statique.

Eléments princeps, clés repris en psychologie clinique par le courant systémique. Principe utilisé en sciences dures et en sciences humaines. Aspect clé = tout système recherche en permanence à maintenir ou atteindre l’équilibre = L’homéostasie est un principe fondamental. L’homéostasie peut se faire sur des bases qui peuvent générer des symptômes.

Recherche d’équilibre dans contexte particulier (couple, famille, …) qui fera l’objet d’analyse systémique.

Cette recherche d’homéostasie ne se fait pas de manière rigide (l’équilibre n’est jamais permanent) mais de façon dynamique avec des échanges permanents .

2)

La communication (exemple d’application)

L’école de PALO ALTO en Californie est un courant de pensée initié par BATESON, propose une théorie de la communication, inspirée de la systémique, qui met l’accent sur les éléments suivants :

- L’importance des phénomènes d’autorégulation comportementale et de rétrocontrôle

- La différentiation des niveaux logiques càd que dans tout message on distingue le contenu et la relation

- Les paradoxes dans les échanges avec la notion de double contrainte

- La communication comme un tout intégré, dépendant du contexte social, familial et environnemental

L’observation de la communication entre les parents (notamment la mère) et le patient schizophrène a aboutit à la description de la double contrainte . Celle-ci consiste en une communication marquée par 2 messages de niveaux différents et surtout non congruents (contradictoires). Ex : gronder un enfant en lui souriant = niveau verbal et non verbal non congruent . On lui renvoi un message incohérent, l’enfant ne sait pas quel message prendre.

Ce type de communication induit une incapacité pour l’enfant de se dégager de ce qui apparait comme une injonction paradoxale . Ce qui suscite une confusion subjective au niveau des représentations et des affects entrainant en retour une réponse ambigüe et une grande difficulté à trouver une solution adaptée.

Ex : il faut que tu te libère de mon influence ! = le contenu même du message est paradoxal.

Soyez spontané ! = une contradiction inhérente on demande à quelqu'un d’être dans un état qu’il peut être fondamentalement ou pas mais qu’il ne peut pas créer. Quel comportement cela va produire chez l’autre ? Surtout de manière répétée ? C’est confusionnant dans le message et dans la réponse apportée par l’enfant.

Cette confusion implique une vision interactionniste du trouble psychique qui ne sera pas produit par l’individu lui-même mais produit par l’interaction avec l’autre (= communication)

On remarque que chez les patients schizophrènes, la famille communique de façon ambigüe et c’est ce qui peut être la cause ou un facteur important de l’émergence des troubles. Théorie soutenue beaucoup dans les années 80 mais moins aujourd’hui parce qu’il y a des contre-exemples.

Trouble du langage incohérent et difficile à comprendre chez les schizophrènes, que l’on retrouve chez les parents de façon limite pathologique (mais pas encore de type schizophrénique) et que l’on peut retrouver également chez les grands parents. Ce qui nous amène à nous poser la question de savoir s’il y a une composante génétique ? C’est l’aspect transgénérationnel .

La systémique a permis d’appréhender des phénomènes non observables en entretien.

3)

Les thérapies systémiques familiales :

a) L’individu et son symptôme :

Pour la systémique l’individu seul n’existe pas. Il s’agit toujours d’un individu en interrelation avec d’autres dans un contexte donné. L’individu est donc toujours replacé dans son écosystème càd le groupe.

Bien que ce soit le sujet qui soit porteur d’un symptôme, la systémique confère au symptôme un sens et une fonction différents des autres approches. En médecine, le symptôme renvoi à la maladie. En psychanalyse, le symptôme renvoi symboliquement au conflit intrapsychique. En systémique, le symptôme indique l’existence de dysfonctionnements interrelationnels et communicationnels dans le système. Dans une famille, l’individu porteur du symptôme est appelé patient désigné car c’est le problème au niveau du système famille qui crée le symptôme.

En systémique le symptôme est considéré comme la résultante d’une interaction problématique avec le système familial et non par rapport à l’inconscient ou la vie psychique.

L’apparition d’un symptôme indique ce que le système doit produire pour continuer à fonctionner. Le symptôme peut traduire la lutte du système entre maintenir sa cohésion et changer. L’apparition d’un patient désigné, est analysée comme une solution trouvée par la famille pour maintenir son équilibre interne. La difficulté c’est qu’en général pour une famille c’est le patient désigné qui est le problème (c’est lui qui va mal, nous on va très bien) ainsi la demande de la famille peut être résumé de cette façon « faite que cela change pour

lui, mais que rien ne change pour nous ».

ex : les familles reconnaissent le membre qui va mal mais ne se remettent pas en question (le problème c’est lui ! pas nous !)

Le travail du psychologue va consister à faire prendre conscience à la famille qu’elle est impliquée ou responsable.

Déni des troubles = la famille nie les symptômes, il y a une normalisation de quelque chose qui ne l’est pas. Refus de la famille d’accepter ou de voir les troubles

A partir du moment où l’équilibre de la famille est construit sur ce symptôme, la famille ne veut pas que cela

change car cela serait source de déséquilibre. Elle trouve donc un intérêt dans le maintien du symptôme. La prise en charge est délicate mais faisable.

La théorie des systèmes implique la différentiation des niveaux d’observation et d’analyse telle que chaque niveau est caractérisé par un fonctionnement propre (l’individu n’est pas le couple, ni la famille, ni le réseau). On ne peut pas prédire ce qui se passe à un niveau supérieur à partir d’un niveau inférieur. Les relations entre les niveaux ne sont pas uniquement d’inclusion mais fonction de la résonnance entre eux.

A partir de cette analyse, la disparition du symptôme implique de fait un changement dans le système, d’où,

l’importance accordée en thérapie systémique à l’analyse actuelle des aspects interrelationnels et communicationnels. Le sujet ne peut pas supprimer ou réduire son symptôme lui-même. Seul un changement dans le système peut faire cela. Le psychologue reçoit le patient avec sa famille en thérapie familiale.

b) Principe en thérapie familiale systémique :

Attention : toutes les thérapies familiales ne sont pas systémiques.

Le thérapeute est amené à intervenir dans le système famille en respectant ses mythes, sa construction de la réalité, ses modalités interrelationnelles et communicationnelles. Il ne pourra le faire que s’il n’impose pas sa propre construction de la réalité, ses propres valeurs et s’il s’adapte à la réalité du système en place.

L’alliance thérapeutique = rapport de confiance entre le patient et le praticien avec des objectifs et des moyens communs. C’est quelque chose qui se construit. Elle doit permettre de définir avec la famille, les problèmes en soi et les objectifs à atteindre (au sens thérapeutique). Toute intervention visant à forcer le changement risque d’entraîner le système à augmenter sa rigidité (réaction défensive de renforcement du comportement). Le thérapeute occupe donc une position visant à faire émerger les possibilités de fonctionnements alternatifs tout en laissant le choix à la famille. Il doit se positionner en tant que membre du sujet car il doit le faire évoluer vers un autre fonctionnement.

L’objectif c’est faire partie du système mais surtout suggérer des modes de fonctionnement alternatif qui ne génère pas de symptôme et qui soit intégrable par la famille . Donc il faut analyser les potentialités de la famille.

L’accent est mis sur la valeur positive du symptôme et sur le repérage de compétences

organisationnelles de la famille et de ses membres. Ce qui permet d’éviter la culpabilisation et de soutenir le recours aux potentialités propres à la famille.

Le clinicien considère que le patient et la famille ont des ressources pour trouver une solution mais ils ont besoin

d’une aide dans ce cheminement.

Risque : si le système ne change pas, il y a déplacement du symptôme d’un membre de la famille sur un autre. Il faut réellement qu’il y ait changement du système.

4) Conclusion :

Le courant systémique a permis l’émergence de psychothérapies familiales dans la pratique de la psychologie clinique. Par référence à la théorie générale des systèmes, la systémie à permis à la psychologie clinique d’appréhender le patient au-delà du cas individuel. Ce courant a clairement montré que le fonctionnement du sujet peut être aussi déterminé par ses interactions avec la famille ou les proches. En pratique, cela a permis de développer des entretiens cliniques non plus avec le patient seul mais aussi avec sa famille. Enfin, il est clair que dans certaines situations cliniques, les thérapies systémiques familiales sont plus adaptées (ex : troubles psychiques liés à un conflit intrafamilial).

L’approche systémique a permis de :

Eviter de toujours tout ramener à la personne, au cas individuel.

Elargir le champ des possibles de la psychologie clinique.

Le courant cognitivo-comportementaliste

1)

Modèles comportementaux et théorie de l’apprentissage :

A la même époque que FREUD, en Russie, PAVLOV va élaborer en 1924 les 1eres lois du conditionnement

répondant. La théorie de l’apprentissage de Pavlov est la théorie du conditionnement répondant : Stimulus- Réponse.

SKINNER va développer en 1937 ses théories sur le conditionnement opérant . Il inscrit le comportement dans un environnement qui interagit sur celui-ci en l’accentuant ou en l’inhibant.

La théorie de SKINNER précise qu’à un stimulus donné se met en place une réponse qui est auto-renforcée par

les conséquences auto-renforçatrices qu’elle entraine . Ainsi, l’environnement apprend au sujet à établir une série de réponses qui réussissent. L’environnement sélectionne les comportements adaptatifs qui se trouvent renforcés ou éliminés en fonction de leur résultat positif ou négatif. Ce conditionnement opérant est donc un apprentissage par les conséquences de l’action . Si les conséquences sont positives la répétition sera systématique, si elles sont négatives, l’échappement ou évitement sera systématique.

Ces modèles expérimentaux permettent d’expliquer l’acquisition de phobies (peur irrationnelle, non justifiée) par la mise en jeu de plusieurs mécanismes.

L’acquisition d’une peur nouvelle, peut être la conséquence d’un apprentissage par contiguïté analogue au

stimulus

conditionnement pavlovien. Un stimulus neutre (objet ou situation) qui se trouve associé à un

nociceptif (inconditionnel, inversif) entrainant une réponse émotionnelle de peur va a son tour pouvoir déclencher cette réponse.

L’apprentissage de cette peur conditionnée sera d’autant plus solide qu’il aura été renforcé par de nombreuses juxtapositions de stimulus neutres et de stimulus nociceptifs. La peur de la situation conditionnelle peut disparaitre si le sujet est exposé à la situation sans recevoir le stimulus nociceptif. Ainsi, l’apprentissage peut s’éteindre s’il n’est pas renforcé.

Les modèles comportementaux fondés sur les théories d’apprentissage ont intégrés des variables cognitives et évolués vers le développement d’un modèle plus général du traitement de l’information.

Il n’y a pas de phobie sans stratégie d’évitement

2)

Approche cognitive et modèle de traitement de l’information :

Le seuil entre la phobie et phobie au sens clinique du terme sera la répercussion sur le sujet si c’est invalidant ou non ?

Les modèles cognitifs en psy clinique reposent sur l’hypothèse d’une perturbation du traitement de l’information. Selon le modèle cognitif, 3 types de structure interviennent au cours du TI :

Les schémas cognitifs

Les processus cognitifs

Les événements cognitifs

Ces structures sont responsables de la sélection des traitements des stimuli environnementaux et interagissent avec les émotions et le comportement. Les schémas cognitifs situés dans la mémoire à long terme filtre l’information en sélectionnant certains aspects de l’expérience vécue.

Ce sont des règles inflexibles ou des postulats spéciaux. Postulats souvent des contrats personnels qui se présentent en terme absolus, inflexibles, obligations presque persécution.

Le passage des schémas cognitifs (organisation de l’information en structure profonde) vers les événements cognitifs (expression de l’information en structure superficielle) se fait par l’intermédiaire des processus cognitifs.

Cognition

par l’intermédiaire des processus cognitifs. Cognition Comportement Emotion Schémas cognitifs : construit à
par l’intermédiaire des processus cognitifs. Cognition Comportement Emotion Schémas cognitifs : construit à

Comportement

Emotion

Schémas cognitifs : construit à travers l’expérience, traitement de l’action consciente. Ils sont liés à l’expérience du sujet et construit selon l’histoire du sujet et ont de l’importance sur le schéma actuel, oriente notre façon d’appréhender le monde, de réagir.

Les processus cognitifs sont des règles logiques de Traitement de l’information. Beck & Ellis en 1963 ont rassemblé les multiples distorsions cognitives de la façon suivante :

L’inférence arbitraire qui consiste à tirer des conclusions sans preuve et sans tenir compte des faits. Que le contenu soit positif ou négatif les conséquences sont toujours négatives pour le sujet car incohérence, confusion, angoisse. Ex : Rachid

L’abstraction sélective qui consiste à se centrer sur un détail et perdre la vue d’ensemble, avoir du mal à synthétiser, difficulté d’intégration du contexte.

La sur généralisation c’est l’extraction d’une règle à partir d’un événement pris l’application a des événements pas semblables. Ex : suite à une agression par ex par une personne étrangère = peur des étrangers (cela peut se reproduire).

L’amplification qui consiste à exagérer les implications d’une situation ou d’un comportement. Ex :

tempête hier soir, peur d’une catastrophe plus grande, dramatisation d’un événement, événement, générateur du mal être et d’angoisse.

La maximalisation et la minimalisation consiste à attribuer une plus grande valeur aux échecs ou aux événements négatifs et à dévaloriser les réussites et les situations heureuses. Facteur prédicateur des risques à la dépression.

A ces distorsions cognitives LAZARUS en 1971 a ajouté 2 autres distorsions :

les raisonnements dichotomiques (bons/mauvais, vrai/faux, bien/mal, noir/blanc)

les raisonnements par sur socialisation qui rendent le sujet incapable de réaliser l’arbitraire de certaines règles culturelles. Incapable de prendre en compte les variations culturelles, dépressiogène comme type de comportement.

Les biais cognitifs = distorsions cognitives

Tout le monde a des besoins cognitifs mais il faut voir l’intensité et la durée des biais.

Les événements cognitifs traduisent cliniquement les schémas et s’expriment sous la forme de pensées automatiques, de monologues intérieurs, d’auto-verbalisation ou images mentales.

Au cours d’une thérapie cognitive, le sujet va apprendre identifier, discuter, assouplir ces 3 types de structures. Les thérapies cognivo-comportementales ou TCC dites aussi TECC thérapies émotionnelles cognitivo- comportementales. Reposent sur le postulat selon lequel le changement des croyances et des pensées peut modifier les comportements et les émotions inadaptées dont souffre le sujet. Fondamentalement, dans ce courant, ce sont les émotions, les comportements, les pensées qui sont à la base de

la souffrance psychique.

3) L’orientation CC et les TCC :

Une des implications majeures de cette orientation a été le développement et la mise au point de psychothérapies : TCC. Ce type de thérapie fait suite aux théories de l’apprentissage et aux théories cognitives de Beck & Ellis.

Les TCC visent la disparition des symptômes gênants et/ou la modification du fonctionnement psychique du sujet. Elles se différencient de l’orientation analytique dans leur objectif, les TCC sont fondées sur l’hypothèse d=que de nombreux troubles psychopathologiques sont imputables à une représentation erronée de soi, des autres et du monde et sur des conditionnements successifs appris pendant l’enfance. Elles sont indiquées dans les troubles anxieux, les troubles dépressifs, les psychoses et leur efficacité thérapeutique a été bien démontrée par des études empiriques.

Composante d’ajustement : on ne peut pas faire disparaitre le symptôme mais cela permet de changer la représentation pour le patient et donc il peut vivre avec.

Dans ce type de thérapie, le patient doit participer activement aux soins après une phase d’analyse fonctionnelle des troubles, un contrat thérapeutique est établi entre le clinicien et le patient.

Quel sera l’objectif de la thérapie ?

Le patient est clairement informé sur la thérapie thérapeutique choisie (désensibilisation, techniques d’immersion, techniques d’affirmation de soi, techniques de relaxation).

Les TCC s’intéressent à ce qui se pose dans le conscient avec 3 éléments :

- les cognitions (pensées produites par le sujet)

- les émotions (en particulier suite aux pensées)

- les comportements (découlent des pensées et émotions)

Fondamentalement tout est relié par des flèches dans les 2 sens car il n’y a pas d’ordre mais une interaction entre les 3 composantes. Interaction fondamentale et unique pour chacun. Les 3 composantes sont complémentaires.

L’objectif de la thérapie est de faire devenir les cognitions conscientes pour le patient.

4) Conclusion :

L’implication majeure du courant cognitivo-comportemental pour la constitution de la psychologie clinique réside dans la mise en évidence que les processus mentaux pouvant générer des symptômes et qu’il est possible d’étudier ce phénomène par une approche scientifique (méthode). Une autre implication a été la mise en avant du rôle actif des processus conscient et non conscient dans la genèse et le maintien des troubles.

Enfin, une dernière implication a été de démontrer l’importance des aspects fonctionnels émotionnels dans

le fonctionnement normal et perturbé du psychisme.

Le courant humaniste

1)

Contexte socio historique

Carl ROGERS est le tenant de l’approche dite humaniste, psychologue, sa 1ere expérience clinique a lieu auprès d’enfants perturbés dans un institut de guidance infantile d’orientation analytique. Des constats décevants issus de sa pratique clinique l’amène à mettre en doute l’efficacité thérapeutique des approches analytiques. En revanche, il observe très tôt que la capacité de l’individu à se développer nécessite un contexte social de relation positive càd dépourvue de menace vis-à-vis de la personne et de l’image qu’elle a d’elle-même. Dès 1945, il élabore sa propre méthode de psychothérapie centrée sur le client qui s’inspire très largement des théories de la personnalité. Pour ROGERS, la relation d’aide psychologique est une relation permissive qui permet au patient d’acquérir une compréhension de lui-même. L’apport de ROGERS est très utilisé dans différents domaines (travail social, soin infirmiers, éducation, …) Cet élargissement s’inscrit dans la lignée de ce que l’on appelle : l’approche centrée sur la personne .

ROGERS utilise le terme de « client » au sens anglo-américain càd qu’il présuppose que la prise en charge psychologique est un service comme un autre (pas de notion commerciale dans le terme) Bien gardé à l’esprit que c’est un courant développé en alternative aux approches psychanalytiques .

2)

Les concepts théoriques fondateurs :

La tendance à l’actualisation :

L’approche centrée sur la personne, se fonde sur l’énergie de croissance propre à tous les êtres vivants. L’être humain contient en lui les potentialités qui favorisent une croissance saine et créatrice .

Selon R, l’être humain manifeste une tendance innée à actualiser ses potentialités et à les développer pour autant que son environnement réponde favorablement à ses besoins. Ses besoins visent à satisfaire l’organisme dans sa globalité. Il y a pour R une interaction entre l’individu et l’environnement. Ainsi la tendance à l’actualisation, concerne aussi les besoins sociaux de sécurité, de reconnaissance, de considération et de réalisation personnelle. Cette tendance à l’actualisation peut être défavorisée, freinée voir bloquée chez l’individu qui est atteint par des interventions physiques et/ou psychiques néfastes de la part de son environnement. C’est un mouvement naturel mais avec une variabilité interindividuelle importante.

Il arrive encore que cette tendance ne trouve une voie d’expression qu’au travers de manifestation déviée ou anormale comme les symptômes.

L’expérience :

La notion d’expérience inclut tout ce qui est en train de se passer dans l’organisme au niveau de l’ici et maintenant. Elle intègre les processus au niveau viscéral et sensoriel d’une personne, ses émotions, ses pensées et ses fantasmes. La globalité de cette expérience = le champ phénoménal . Aussi, nous pouvons dire que l’expérience se caractérise essentiellement par la spontanéité, se réfère à une situation présente et non à l’accumulation des acquis du passé. Elle désigne tout ce qui se passe dans l’organisme et qui est potentiellement disponible à la conscience ou non. Cela signifie que l’être humain vit dans une réalité constituée par la représentation qu’il s’en fait. C’est donc son expérience qui constitue la réalité (l’expérience de soi pour ROGERS).

Cette expérience est la matière première à partir de laquelle se forme la structure expérimentielle spécifique qu’il nomme le MOI.

- Conception subjectiviste de la réalité

- Focalisation sur l’ici et maintenant

Le MOI, l’image du MOI et le MOI idéal :

ROGERS défini l’instance du MOI comme une configuration qui se modifie à mesure que les événements se déroulent. Une configuration qui évolue comme une structure mouvante prise dans un processus de construction et de réorganisation constante. Le MOI est ici régulateur du comportement ainsi seuls les éléments de l’expérience qui s’accordent avec le MOI sont rendus disponibles à la conscience.

La notion d’image du MOI c’est la conscience qu’à l’individu d’exister et d’agir sachant que cette conscience augmente et s’organise graduellement pour former la notion d’image du MOI.

Le MOI idéal est constitué de l’ensemble des caractéristiques idéales que la personne voudrait pouvoir posséder comme représentatives et descriptives d’elle-même.

Eléments clés =

le MOI, rôle de régulation (comme dans le modèle psychanalytique)

L’idéal du MOI de Freud, dimension projective, est proche du MOI idéal de ROGERS Distance entre MOI idéal et MOI réel a des implications dans le fonctionnement psychique.

3) La santé et les pathologies psychiques :

Le dysfonctionnement psychique :

A mesure que l’enfant se développe garce aux relations avec des personnes importantes pour lui, il en vient à avoir

une image de SOI qui demande à être assurée et considérée. L’enfant ne peut en effet répondre à son besoin d’auto-considération que s’il a d’abord été lui-même l’objet ou le bénéficiaire d’une considération positive. C’est ce que ROGERS appelle la perte de la liberté expérimentielle càd la perte de pouvoir tout penser et tout ressentir. Plus on se coupe de ses besoins, ses émotions, ses envies … plus on prend le risque de développer une souffrance psychique. Ex : dans la relation amoureuse : la rencontre, puis relation où pour gagner l’amour de l’autre, pour avoir sa reconnaissance, on peut avoir tendance à se conformer à l’autre ce qui peut devenir aliénant.

L’incongruence :

C’est le désaccord fondamental entre l’expérience vécue et le MOI. Ex : la personne cherche à s’approprier de + en + les convictions et les valeurs d’une personne appréciée de laquelle on souhaite être reconnue, on abandonne ses propres valeurs internes = effet de dépersonnalisation . La possibilité d’une vie authentique risque d’être restreinte voire annihilée par un décalage qui va s’opérer entre son expérience et son MOI que ROGERS va appeler l’incongruence. La personne qui ne se rend pas compte de ce décalage peut devenir vulnérable à l’anxiété et aux dysfonctionnements psychiques.

ROGERS distingue 2 choses : le mimétisme (on fait comme l’autre) et l’introjection (on intègre l’autre)

La congruence :

C’est l’accord interne entre le MOI et l’expérience, elle désigne une condition 1 ère et incontournable du processus acheminant l’individu vers une pleine vie. Evoluer vers une pleine vie consiste à être de + en + soi même et laisser tomber les rôles dans toutes les circonstances de la vie. Selon ROGERS, il faut devenir soi même et se dégager, s’affranchir des rôles de circonstances pour pouvoir se définir par soi même. Ce n’est qu’à ce prix, que les potentialités peuvent s’exprimer. 4) Implications dans la constitution de la psychologie clinique :

La psychologie clinique s’est en partie construite et inspirée des concepts et méthodes proposées par ROGERS. Le courant humaniste a permis l’émergence de techniques thérapeutiques comme la psychothérapie centrée sur la personne. Les travaux de R qui défendent une conception positive de la nature humaine ont parfois été qualifiées de naïf

néanmoins ce courant a permis d’envisager une démarche clinique et une psychothérapie qui peut avoir des effets bénéfiques sans recours au concept traditionnel de la psychanalyse.

A l’heure actuelle, le courant humaniste est assez connu et utilisé dans le monde même si il est peu répandu en

France dans les formations de psychologues.

A retenir :

Le MOI

L’expérience

Les besoins de sujet

Interaction sujet/environnement plus pris en compte que l’inconscient

Cela a poussé les cliniciens à s’interroger à l’ici et maintenant et à la question de savoir quelles sont les capacités de changement du sujet.

Le modèle stress / vulnérabilité

1)

Le contexte d’émergence :

Les courants en psychologie clinique sont influencés par des théories différentes du fonctionnement psychique. Le fait qu’il existe différentes façons pour expliquer un même phénomène ne veut pas dire qu’un courant est bon et que les autres sont mauvais. Aucun courant ne prend en compte l’ensemble de la complexité des troubles psychiques. Tous les courants focalisent sur certains aspects mais pas sur d’autres. Forme de partialité et de réduction du fonctionnement psychique et des troubles à son angle de vue.

Dans ce contexte, l’approche bio psycho-sociale propose une vue plus large que les autres approches sur les problèmes psychiques. Elle examine les contributions des multiples facteurs représentant les domaines biologiques, psychologiques et socioculturels comme leurs interactions dans le développement des troubles psychiques.

Cette approche est fondée sur le fait que la plupart des troubles psychiques impliquent des causes multiples et des interactions entre celles-ci. ex de la psychose : facteurs biologiques, psychologiques et socioculturels qui co-déterminent l’avènement du trouble psychotique.

Certains troubles, qui ont des facteurs biologiques établis peuvent être influencés par des facteurs psychologiques et inversement. ex des phobies : comportements appris acquis au travers de l’expérience (avec certains objets) vécue comme traumatique ou douloureuse. Les facteurs psychologiques vont soit diminuer soit amplifier ces comportements.

Aujourd’hui des personnes peuvent hériter de certains traits de personnalité qui vont les rendre plus susceptibles à développer des phobies conditionnées ou acquises. Un de exemples de l’approche bio-psycho-sociale est le modèle stress/vulnérabilité .

Ce modèle postule que les troubles psychiques surviennent à partir d’une interaction entre des facteurs de vulnérabilité (biologiques ou psychologiques) et des expériences de vie stressantes (psychologie / environnement). Elle peut révéler ou inhiber (estomper, diminuer) un trouble sous jacent.

Stress = toute situation ou facteur qui crée une tension psychique chez l’individu (variable, individuelle, subjective). C’est avant tout une dimension psychologique.

2) Le modèle stress/vulnérabilité :

A l’origine ce modèle a été développé comme cadre théorique pour comprendre la psychose schizophrénique. Depuis, il a été appliqué à d’autres troubles comme par ex la dépression.

Dans cette perspective, les troubles psychiques surviennent à partir de la combinaison ou de l’interaction d’une vulnérabilité (prédisposition) et d’un stress dans la vie du sujet. Ainsi le trouble développé dépend du type et de la sévérité des stresseurs que la personne expérimente dans sa vie. Ces stresseurs peuvent être :

- Complications obstétriques (à la naissance)

- Traumatismes (psycho, bio, …)

- Maladies sévères ou abus physique ou sexuel pendant l’enfance

- Absence d’emploi prolongé

- Baisse de l’estime de Soi

- Problèmes médicaux graves (diabète, virus, cancer, …)

- Travail

Ce qui va déterminer le stresseur ce n’est pas les caractéristiques objectives de ce stresseur mais la façon de le vivre de la personne, du point de vue du sujet . Ex : résilience / stratégie d’adaptation qui évite le développement de troubles. 75 % de chance qu’un enfant soit schizophrène si un de ses parents l’est, ce n’est pas génétique mais cet environnement l’a rendu vulnérable.

On peut avoir une vulnérabilité mais selon son mode de vie, son rythme, son environnement, ses relations, on peut ne pas développer de trouble ou au contraire la précipiter.

Plus la vulnérabilité est marquée moins le stress est habituellement nécessaire pour déclencher le trouble. Dans la plupart des cas, la vulnérabilité est parfois si forte que les troubles se développent dans des circonstances de vie bénignes.

Tous les modèles de vulnérabilité n’incluent pas une vulnérabilité biologique.

Une vulnérabilité psychologique peut augmenter la vulnérabilité aux troubles psychiques face au stress, c’est le cas par ex des traits de personnalité symptomatiques. ex : tendance à se blâmer soi même, à s’auto reprocher, s’auto accuser peut augmenter le risque d’une personne de développer une dépression quand certains événements négatifs vont survenir. Cela a été démontré par de nombreuses études.

ex clinique : prépa médecine ou véto = décompensation ou dépression sévère. Stress maximal, pression psychologiques forte, vulnérabilité ressort et certains types d’études, de postes vont être + à risque que d’autres.

Application de ce modèle :

Identification des sujets à risque élevé : « hight risk psychosis subject » On arrive alors à endiguer ou limiter les dégâts.

Schéma : modèle vulnérabilité/stress de la schizophrénie.

Vulnérabilité neuro psychologique

Stresseurs socio-environnementaux - complications obstétricales - drogues et alcool - émotions exprimées (EE) - événements de la vie quotidienne - pression de performance (travail, étude) - insuffisance du soutien social

- erreur génétique

- anomalie cerveau

- anomalie temporale

- anomalie limbique

- dysfonctionnement des neurotransmetteurs

- troubles attentionnels

- difficulté en mémoire de travail

symptômes négatifs
symptômes négatifs

- niveau d’émotion affective bas, sujet froid

Troubles cognitifs
Troubles cognitifs

SCHIZOPHRENIE

Symptômes positifs
Symptômes positifs

Symptômes résiduels

- détérioration du fonctionnement

- handicap, invalidité

- stigmatisation, découragement

(reste après différents traitements)

Traitements - antipsychotiques - psycho-éducation (patient et famille) - psychothérapie cognitive - entrainement aux habiletés sociales et de communication - programme de réadaptation

soutien social continu

EE = haut niveau d’expression des émotions peut entrainer schizophrénie. Les familles où les émotions (positives et négatives) sont exprimées de façon excessive. Le manque de modération peut perturber le développement du sujet surtout l’enfant.

Pression de la performance = induisent stress et peuvent créer une tension psychique telle que le sujet décompense.

3) Pertinence et limite du modèle :

La force de ce modèle est sa grande complexité mais cela peut être aussi sa grande faiblesse. En effet, ce modèle soutient, avec peu d’exceptions, que les troubles psychiques sont des phénomènes complexes qui surviennent à partir de multiples causes. Dans cette conception, nous ne pouvons pas pointer précisément une cause qui pousse au développement d’un trouble psychique càd une cause prévalente .

C’est bien la combinaison de vulnérabilité neuro psychologique + des facteurs stresseurs socio environnementaux qui débouchent sur la schizophrénie . Complexité de l’émergence des troubles psychiques avec des causes multiples .

On ne peut pas faire grand-chose du côté des vulnérabilités mais par contre on peut beaucoup influer sur les stresseurs qui feront que les vulnérabilités ne ressortiront peu ou pas.

Limite du modèle sera de savoir quelles causes sont prépondérantes ? Impossible à savoir car c’est une question de combinaison. Les causes prévalentes et secondaires ne peuvent être déterminées par ce modèle.

Des personnes peuvent développer le même trouble à partir de causes différentes. Néanmoins, la complexité pour comprendre l’interaction des troubles sous jacente aux troubles psychiques ne dissuade pas les chercheurs d’explorer cette approche car l’accumulation de connaissance est un processus continu.

Fondamentalement et cliniquement, 3 patients avec le même trouble auront chacun des causes différentes, variables selon histoire, génétique, développement, éducation … L’atout de ce modèle est de penser la complexité de manière non fragmentée càd dans sa globalité.

Ce courant a permit d’envisager un continuum entre différents niveaux biologique, psychologique, environnemental sans distinction, hiérarchie ou suprématie.

4) Implications dans la constitution de la psychologie clinique :

Le modèle stress/vulnérabilité postule qu’une personne peut avoir une prédisposition ou vulnérabilité pour un trouble particulier mais le développement de ce trouble va dépendre de l’interaction entre la vulnérabilité en soi et le stress induit par les événements de vie.

Cette conception a amené la psychologie clinique a prendre conscience que les troubles psychiques ont souvent plusieurs causes et la prise en compte de celles-ci a amené à relativiser les approches qui visent à ériger une cause unique et fondamentale à chaque trouble (par ex approche freudienne fortement remise en cause par ce modèle). La réalité clinique est bien plus complexe et la pratique sur le terrain nous le rappelle souvent.

Ce courant ne permet pas de détecter LA cause, il a cependant permis de prendre conscience qu’il ne faut pas négliger certaines dimensions qui agissent aussi dans l’émergence du trouble.

Le stress a un rôle important dans l’émergence du trouble. Le stress peut être chronique et pas seulement ponctuel mais le stress reste une notion subjective donc travail important sur la gestion du stress (nouvelles thérapies).