Monologues d'Antigone et Ismène
Monologues d'Antigone et Ismène
í
Présentation de l'œuvre :
Sophocle - ANTIGONE - p. 3
Personajes
Monologue 1
ANTIGONE
Y, comment ne pas, alors ? N'a-t-il pas jugé Créon digne d'honneurs
sepulcrales à l'un de nos frères, et l'autre a en revanche
déshonoré ? C'est ce qu'ils disent : à Étéocle, il lui a semblé juste de le honorer.
les justes, honneurs habituels, et il a fait enterrer de sorte que
En l'honneur, recevez les morts, sous terre. Le pauvre cadavre de
Polinices, en revanche, dit qu'un édit a été donné aux citoyens
interdisant à quelqu'un de lui donner sépulture, à quelqu'un de pleurer, même.
Le laisser là, sans deuil, inhumé, doux trésor à la merci des oiseaux qui
cherchez où se gorger. Et c'est, disent-ils, ce que le bon Créon a.
décrété, aussi pour toi et pour moi, oui, aussi pour moi ; et qui vient
vers ici, pour l'annoncer clairement à ceux qui ne le savent pas,
encore, ce n'est pas une affaire de peu d'importance ni peut-on ainsi le considérer, mais
que celui qui transgressera l'une de ces ordres sera condamné à mort,
lapidé publiquement dans la ville. Voici les termes de la
question : il ne te reste plus qu'à montrer si tu fais honneur à ton lignée ou si
tu es indigne de tes illustres ancêtres.
Monologue 2
ISMÈNE
Oui, réfléchis, sœur, pense : notre père, comment il est mort,
aborrissant, déshonoré, après s'être aveuglé lui-même les deux yeux,
enfrenté à des fautes qu'il a lui-même dû découvrir. Et ensuite, son
mère et épouse—que les deux mots lui vont bien—met fin à sa vie
en infâme, entrelacée corde. En troisième lieu, nos deux frères,
en un seul jour, consommez, malheureux, votre destin, le un par la main de
autres assassinés. Et maintenant, que nous ne sommes plus que toutes les deux, pense que
nous aurons une fin ignominieuse si nous violons ce qui est prescrit et transgressons le
volonté ou le pouvoir de ceux qui commandent. Non, il faut accepter les
faits : que nous sommes deux femmes, incapables de lutter contre des hommes.3
Ils ont le pouvoir, ce sont eux qui donnent des ordres, et il faut les obéir.
—celles-ci et encore d'autres plus douloureuses. Moi, avec tout, je demande, à ceux qui
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ils reposent sous terre leur pardon, car j'ai agi forcée, mais je pense
obéir aux autorités : s'efforcer de ne pas agir comme tout le monde manque
de sens, complètement.
Monologue 3
CHOEUR.
Rayon de soleil, lumière la plus belle—plus belle, oui, que n'importe laquelle de celles qui
jusqu'à aujourd'hui, ont brillé à Thèbes les sept portes—, tu es déjà apparu,
paupière de l'or matinal qui se déplace au-dessus du courant de
Dirce. Avec une bride rapide, tu as fait courir devant toi, fugitif, l'homme
venu d'Argos, avec son blason blanc, dans son armure complète, Polinice,
qui s'est levé contre notre patrie emporté par de douteuses querelles, avec
un bruit assourdissant, comme un aigle qui plane sur sa proie,
comme par une aile de blanche neige couverte de multitude d'armes et de casques
crins de chevaux ; au-dessus des toits de nos maisons volait,
ouvrant ses mâchoires, lançant des soifs de sang autour de sept
portes, bouches de la ville, mais aujourd'hui il est parti, avant d'avoir pu
saciar dans notre sang ses mâchoires et avant d'avoir enflammé
pinosa bois brûlant dans les tours couronne de la muraille, tel fut le
estrépito bélico qui s'étendait à ses épaules : difficile est la victoire
quand l'adversaire est le serpent5, parce que Zeus déteste la langue de
jactancieux accent, et en les voyant venir contre nous, prodigieux
avalanche, enflés par le bruit de l'or, lance son rayon tremblant
contre un qui, au bord ultime de nos barrières, s'élevait déjà avec
cris de victoire.
Monologue 4
CREONTE
Anciens, le gouvernail de la ville que les dieux sous des tremblements
la tempête avait bouleversé, aujourd'hui ils reprennent à nouveau une direction certaine.
Si je vous ai envoyé un avis par mes émissaires, à vous tous les
citoyens, de venir ici, c'est parce que je connais bien votre
respect ininterrompu envers le gouvernement de Layo, et aussi, de la même manière,
pendant qu'Édipe régnait sur la ville ; car je sais que, quand il est mort,
votre sentiment de loyauté vous a fait rester aux côtés de ses enfants.
Et donc, en une seule journée, victimes d'un double destin commun, ils ont été
donné mort, tache de fratricide que à la fois ils ont causée et ont souffert,
Yo, eh, en raison de mon lien de parenté avec les défunts, tout le
pouvoir, la royauté assume. Il est impossible de connaître l'humeur, les opinions
et les principes de tout homme qui n'a pas été confronté à la
expérience du gouvernement et de la législation. À moi, quiconque,
responsable du gouvernement total d'une ville, il ne se conforme apparemment pas à l'avis de
les meilleurs sinon que, par peur de quelque chose, a la bouche fermée, de tel me
semble—et pas seulement maintenant, mais depuis toujours—un individu épouvantable.
Et celui qui considère un ami plus que sa propre patrie, celui-ci ne
me mérite considération ; car moi—sache-le Zeus, éternel
escrutateur de tout—je ne peux même pas me taire en voyant que cela se profile
sur mes concitoyens, non pas le salut, mais le châtiment divin, je ne pourrais pas
considérer comme un ami un ennemi de cette terre, et cela parce que je suis
convaincu que dans ce vaisseau se trouve le salut et qu'en lui, si il va par
bon chemin, nous pouvons devenir amis. Voici les règles avec lesquelles je
Je propose de faire la grandeur de Thèbes, et sœurs de celles-ci les ordres.
que aujourd'hui j'ai fait proclamer aux citoyens au sujet des enfants de
Œdipe : à Étéocle, que luttant en faveur de la ville pour elle a
succombé, totalement le premier dans la manipulation de la lance,
Sophocle - ANTIGONE - p. 7
qu'on l'enterre dans une tombe et qu'on lui procure autant de
les sacrifices se dirigent aux morts les plus illustres, sous terre; mais à leur
frère, à Polynice je dis, que, exilé, à son retour il voulut par le
feu dévaster, de haut en bas, la terre patrie et les dieux de la race,
que voulut goûter le sang de certains de ses parents et les asservir à
d'autres ; à lui, j'ai envoyé des hérauts pour annoncer que dans cette ville
on ne l'honore ni avec une tombe ni avec des larmes : le laisser inachevé, proie
exposée au hasard des oiseaux et des chiens, misérable dépouille pour les
que le voient. Telle est ma décision : ce qui est pour moi, ils n'auront jamais le
criminels l'honneur qui revient aux citoyens justes; non, par
ma part aura des honneurs quiconque aura rempli l'état, tant
en mort comme en vie.
Monologue 5
GARDIEN.
Monsieur, je ne te dirai pas que je viens avec tant d'urgence que je n'ai déjà plus de souffle.
ni que j'ai bougé mes pieds légers. Non, que beaucoup de fois m'ont
J'ai arrêté mes réflexions et j'ai fait demi-tour sur mon chemin, avec
intention de revenir ; souvent mon âme me disait, dans son
Malheureux, comment vas-tu là où en arrivant tu seras
castigado?"... "Encore une fois tu t'arrêtes, audacieux? Quand je le saurai par
un autre Créon, penses-tu que tu ne vas pas souffrir une bonne punition ?
tant à tourner en rond, je finissais mon chemin avec une lenteur pesante, et
ainsi il n'y a pas de chemin, même s'il est court, qui ne s'avère long. Enfin
la décision de venir jusqu'à toi a triomphé en moi et me voici, que, même si
rien je ne pourrai t'expliquer, je parlerai au moins ; et le fait est que je suis venu
accroché à un espoir, qui ne peut rien m'arriver que mon
destin
Monologue 6
GARDIEN.
Je ne sais pas mais là-bas, il n'y avait pas de signal qui dénonçait ni coup de pic ni
surco de azada ; le sol était intact, dur et sec, et il n'y avait pas
roderas de carro : fut celui œuvre de ouvrier qui ne laisse aucun signe. Combien-
le nous a montré le gardien du premier tour du matin, tous
Sophocle - ANTIGONE - p. 8
nous avons eu une mauvaise surprise : le cadavre avait disparu,
pas enterré, non, mais avec une légère couche de poussière dessus, œuvre comme
de quelqu'un qui voudrait éviter une offense aux dieux... Je ne sais pas non plus
je ne voyais aucun signe de bête ni de chien qui se serait approché au
cadavre, et encore moins qu'il l'ait déchiré. Entre nous ils servaient
soupçons infamants, d'un à l'autre ; un gardien accusait un autre
guardian et la chose aurait pu se terminer à coups si personne n'était apparu
le empêchait ; chacun à son tour était coupable mais personne ne l'était et
tout le monde évitait de savoir quelque chose. Nous étions tous prêts à prendre avec
la main sur un fer rouge, à marcher sur le feu à jurer par les
dieux que nous n'avions pas fait cela et que nous ne connaissions même pas
que l'a planifié ni celui qui l'a fait. Enfin, vu que, tant d'inquisition,
nous ne sortions rien, l'un d'entre nous a parlé et ça nous a tous fait peur
fixer les yeux au sol, et le fait est que nous ne pouvions pas lui répondre ni
nous avions la possibilité de bien nous en sortir, de faire ce qu'il a proposé : que
il était nécessaire de te informer de cette affaire et que je ne pouvais pas
te cacher; cette opinion a prévalu, et moi, le malheureux, je dois
me toucher la mauvaise chance et je dois porter la bonne affaire et me voici, non
par ma volonté et non parce que vous le voudriez, je le sais déjà,
il n'y a personne qui veuille d'un messager qui apporte de mauvaises nouvelles.
Monologue 7
Monologue 8
GARDIEN.
Seigneur, rien ne peut amener un mortel à jurer qu'il est
impossible : la réflexion contredit la première idée. Ainsi, je m'en allais avec-
vaincu par la tempête de menaces à laquelle tu m'as soumis : que non
je remettrais mes pieds ici; mais, comme la joie qui sur-
vient au-delà de et contre tout espoir, ne ressemble pas, si grand
Oui, à aucun autre plaisir, voici que je suis venu—malgré m'être
engagé à ne pas venir sous serment - pour te ramener ici
fille qui a été trouvée en train de composer une tombe. Et maintenant non
je viens non pas parce que cela a été décidé par tirage au sort, mais parce que cette découverte
heureux m'appartient et non à un autre. Et maintenant, monsieur, vous
même, selon ce que tu veux, tu la prends et tu peux déjà enquêter et lui poser des questions;
En ce qui me concerne, je peux maintenant me libérer de ce danger : je suis libre.
exempt d'injustice.
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Monologue 9
ANTIGONE.
Ce n'était pas Zeus qui me l'avait décrété, ni Diké, compagne des
dieuxs souterrains, n'a jamais défini parmi les hommes de lois de ceci
tipo. Et je ne croyais pas que tes décrets aient autant de force que pour
permettre qu'un seul homme puisse sauter par-dessus les lois non
écrites, immuables, des dieux : leur pertinence n'est pas d'aujourd'hui ni de
hier, mais toujours, et personne ne sait quand ils sont apparus. Non
je craignais d'attirer le châtiment des dieux par peur de ce qui pourrait
penser à quelqu'un : je voyais déjà, déjà, ma mort - et comment ne pas ? - bien que toi
tu n'aurais rien décrété ; et, si je meurs avant le temps, je dis
qu'est-ce que le gain : qui, comme moi, parmi tant de maux vit, n'en sort pas
Est-ce qu'on gagne par sa mort ? Et ainsi, ce n'est pas, ce n'est pas un malheur, pour moi,
avoir cette destination ; et en revanche, si le cadavre d'un fils de ma mère
était inhumé et je le supportais, alors, ça me serait en effet
douleur; l'autre, en revanche, ne me fait pas de douleur : il se peut que cela te...
il semble que j'ai agi comme une folle, mais, un peu plus ou moins, c'est à un
loco à qui je rends compte de ma folie.
Monologue 10
CORO.
Heureux ceux qui ne goûtent pas dans leur vie au malheur. Mais si un
Dieu frappe de maux la maison de quelqu'un, la cécité ne reste pas, non, au
marge d'elle et jusqu'à la fin de la lignée, elle l'accompagne. C'est comme
quand des vents thraces en colère gonflent les vagues qui
souffle sur l'abîme de la mer profonde ; de ses profondeurs noires
arène s'agite, et gémissent bruyamment, s'opposant au fouet de
contraires assauts, les roches de la plage. Ainsi je vois les peines de la maison
des Lablácidas comment ils s'abattent sur les peines des déjà
décédés : aucune génération ne libérera la suivante, parce que quelque
Dieu l'anéantit, et il n'y a pas d'issue. Maintenant, une lueur d'espoir couvrait
aux derniers rejetons de la maison d'Œdipe ; mais, encore une fois, la hache
homicide d'un dieu souterrain la moisson, et la folie dans la parole
et une Érinys dans la pensée. Quelle arrogance humaine pourrait
arrêter, Zeus, ta puissance ? Même le rêve ne peut l'attraper, lui, qui tout
le domine, ni la durée inflexible du temps entre les dieux. Toi,
Zéus, souverain que tu ne connais pas la vieillesse, règne sur l'étincelant,
Sophocle - ANTIGONE - p. 11
esplendeur sereine de l'Olympe. Dans l'imminent, dans l'avenir
et dans le passé, cette loi sera en vigueur : dans la vie des hommes,
personne ne rampe—du moins pendant longtemps—sans cécité. La
l'espoir, dans ses allées et venues d'un côté à l'autre, s'avère utile, oui, à beaucoup
hommes; pour de nombreux autres, une illusion du désir, capable de faire confiance
dans le vide : l'homme ne sait rien, et cela lui parvient lorsqu'il s'approche de la
chaud braise le pied.11Résultat illustre ce dicton, en raison je ne sais pas à la
sagesse de qui : le mal semble un jour bien à l'homme dont l'esprit
un dieu mène à la cécité ; le temps qu'il vit sans est déjà très bref
ruine.
Monologue 11
HEMÓN.
Père, le don le plus sublime parmi toutes les richesses qui existent
donne aux dieux à l'homme, c'est la prudence. Je ne pourrais ni saurais
expliquer pourquoi tes raisons ne sont pas tout à fait justes ; toutefois,
pourrait une interprétation dans un autre sens être correcte. Tu n'as pas
j'ai pu constater ce qui se dit par Thèbes ; ce qui se fait ou se
reproche. Ton visage impose le respect à l'homme de la rue ; surtout
s'il doit t'adresser des mots que tu n'aimerais pas entendre. À
moi, en revanche, il m'est possible de les entendre, dans l'ombre, et ce sont : que la
La ville se lamentent sur le sort de cette jeune fille qui meurt de manière tragique.
la mort, comme la plus ignoble de toutes les femmes, par des œuvres qu'elle a
accomplie bien glorieuses. Elle, qui n'a pas voulu que sa propre
frère, saignant mort, disparaîtrait sans sépulture ni que le
ni les chiens ni les oiseaux voraces n'ont été détruits, n'est-ce pas devenu ainsi créancier
de dorés honneurs ? C'est la sombre demande qui va en silence
propagándose. Père, pour moi, il n'y a pas de bien plus précieux que toi.
félicité et bonne aventure : qu'est-ce qui peut être meilleur ornement que la renommée
croissant de son père, pour un fils, et que, pour un père, avec rés-
pecto à ses enfants ? Ne t’habitue donc pas à penser d'une manière unique,
absolu, ce que tu dis—mais rien d'autre—, c'est cela qui est certain.
Ceux qui croient qu'ils sont les seuls à penser ou à avoir un
modo de parler ou un esprit comme personne, ils apparaissent vides de
vanité, en étant découverts. Pour un homme, du moins si c'est
prudent, il n'y a rien de honteux à apprendre beaucoup ou à ne pas se montrer
excessivement intransigeant ; regarde, en hiver, au bord des torrents
Sophocle - ANTIGONE - p. 12
accrus par la pluie d'hiver, combien d'arbres cèdent, pour
sauver sa ramure ; en revanche, celui qui s'oppose sans céder, celui-là finit
déséquilibré. Et ainsi, celui qui, sûr de lui-même, la drisse de sunave
tensa, sans lui donner de jeu, fait le reste de sa traversée avec la banc.
revés, vers le bas. Par conséquent, ne sois pas trop rigoureux et accepte le
changement. Parce que, si cela convient à ma jeunesse d'émettre un jugement, je dis que
J'estime beaucoup un homme qui est né plein de science innée,
mais, avec tout—comme la balance n’aime pas tomber de ce côté,
Quel bon conseil de prendre des avis de ceux qui louent bien.
Monologue 12
ANTIGONE.
Ay de moi, moquée ! Pourquoi, par les dieux paternels, n'attends-tu pas
à ma mort et, de mon vivant encore, tu m'insultes ? Ô patrie ! Ô opulents
hommes de ma patrie ! Ô, sources de Diroe !
Ô, sanctuaire sacré de Thèbes, riche en chars ! Vous aussi,
qu'avec tout, je vous prends comme témoins de comment je meurs sans que me
j'accompagne le deuil de mes amis, pourquoi je vais à un tumulus
de pierres qui m'enferment, tombe jusqu'à aujourd'hui jamais vue. Aïe de moi,
misérable, que morte, je ne pourrai même pas vivre parmi les morts; ni parmi les
vivos, donc, ni parmi les morts.
Monologue 13
ANTIGONE
Ô tombe ! Ô lit nuptial ! Ô demeure souterraine qui
Toujours plus doit me garder ! Vers toi vont mes pas pour trouver
à mes proches. D'eux, un nombre considérable a déjà accueilli Perséphone,20
tous de mort misérable morts : parmi eux, la mienne est la dernière et la
plus misérable ; moi aussi j'y vais, avant que cela ne se réalise
vie que le destin m'avait accordée ; pourtant, je me nourris de la
espérance, en allant, que mon père m'aime quand j'arriverai ; soit bien
reçue par toi, mère, et que tu m'acceptes, cher frère. Car
vos cadavres, moi avec ma main je les ai lavés, je les ai arrangés, sur
J'ai fait des libations sur vos tombes. Quant à toi, Polinice, par
observer le respect dû à ton corps, voici ce que j'ai obtenu...
des personnes prudentes n'ont pas censuré mes soins, non, parce que, ni si
Sophocle - ANTIGONE - p. 13
je n'aurais eu d'enfants même si mon mari avait été en train de se consumer
de la mort, jamais contre la volonté du peuple cela aurait plongé
papier douloureux. Quelle loi justifie cela ? Mari, mort
l'un, l'autre aurait pu avoir, et même un enfant de l'autre né, de
avoir perdu le mien. Mais, mort mon père, déjà, et ma mère, dans le
Hadès les deux, il n'y a pas de frère qui puisse être né. Par cette loi,
frère, je t'ai honoré plus que quiconque, mais cela semble à Créonte
mauvaise action et terrible audace. Et maintenant, il m'a pris, comme ça,
entre ses mains, et m'emporte, sans noces, sans hyménée, sans part à avoir
tenu en fiançailles, sans enfants à élever ; non, que ainsi sans amis que
aidez-moi, malheureuse, je vais aux tombes des morts : pourquoi
avoir transgressé une loi divine ? Et laquelle ? À quoi cela peut-il me servir,
pauvre, regarder les dieux ? Lequel puis-je appeler pour qu'il m'aide ? Le
le fait est que ma piété m'a valu le titre d'impiété, et si le titre
est valide pour les dieux, alors moi, qui en suis accusée,
je reconnaîtrai mon erreur ; mais si ce sont les autres qui ont tort, que les
les maux que je subis ne doivent pas être plus grands que ceux qui m'imposent, contre
toute justice.
Sophocle - ANTIGONE - p. 14