Mai

2012

Offres gouvernementales : État de la situation
Par : Guillaume Turgeon

ACCÉS : Association des chercheuses et chercheurs étudiants en sociologie

Table des matières
LA FACTURE UNIVERSITAIRE .................................................................................................. 2
Droits de scolarité.......................................................................................................................................................................... 2 Frais institutionnels obligatoires (FIO) ............................................................................................................................... 2

PLAN DE FINANCEMENT DES UNIVERSITÉS ET GRÈVE ............................................................. 3 HISTORIQUE DES NÉGOCIATIONS, OFFRES ET ANNONCES ....................................................... 4
La première offre ........................................................................................................................................................................... 4 Première table de négociations............................................................................................................................................... 4 Deuxième offre ................................................................................................................................................................................ 5 Deuxième table de négociations ............................................................................................................................................. 5

LE CONTENU DES OFFRES ....................................................................................................... 6
Étalement de la hausse sur 7 ans ........................................................................................................................................... 6 Régime de remboursement des prêts proportionnel au revenu (RPR) ................................................................. 7 Conseil provisoire des universités ....................................................................................................................................... 10 Conseil permanent des universités ..................................................................................................................................... 13 Aide financière aux études...................................................................................................................................................... 13

ANNEXES .............................................................................................................................. 18
Annexe 1 .......................................................................................................................................................................................... 18 Annexe 2 .......................................................................................................................................................................................... 19 Annexe 3 .......................................................................................................................................................................................... 20

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LA FACTURE UNIVERSITAIRE
La facture universitaire est majoritairement composé de deux blocs de frais : les droits de scolarité et les frais institutionnels obligatoires. LA FACTURE UNIVERSITAIRE La facture universitaire est majoritairement composé de deux blocs de frais : les droits de scolarité et les frais institutionnels obligatoires. Droits de scolarité Les droits de scolarité sont les droits généraux exigés pour avoir le statut d’étudiant dans une université. Ils sont calculés en fonction d’une année universitaire composée de deux sessions de 15 crédits pour un total de 30 crédits. Les droits de scolarité au Québec sont demeurés les mêmes de 1968-1969 à 1990-1991. Ils étaient établis à 547$ tout au long de cette période. Le gouvernement libéral de Robert Bourassa est le premier à prendre la décision de les dégeler. Il impose une hausse d’environ 280$ par année pendant quatre ans (Guillemette, 2012) faisant passer les droits de scolarité annuels de 547$ en 1990-1991 à 1668$ en 1994-1995. Les frais sont ensuite gelés { nouveau jusqu’en 2007, année marquée par la décision du gouvernement libéral de Jean Charest d’instaurer une hausse de 100$ par année pendant 5 ans faisant passer les droits de scolarité { 2168$ pour l’année 2011-2012. Frais institutionnels obligatoires (FIO) Les frais institutionnels obligatoires (FIO), parfois appelés frais afférents ou supplémentaires, sont « l’ensemble des frais obligatoires imposés par les universités { leurs étudiants, { l’exclusion des droits de scolarité » (MELS 2008, cité dans FEUQ 2001, p. 10). Bien qu’il ait toujours été possible pour les universités de facturer les étudiants pour certains services, c’est en 1986 que le ministre de l’Éducation, Claude Ryan, permet l’instauration de « frais afférents que les établissements pourront imposer sans voir leurs subventions amputées. » (FEUQ 2011, p.12). Les FIO ont connu une hausse rapide entre 1994-1995 et 2010-2011, passant d’en moyenne de 162$ par année { 621$ par année selon les montants déclarés par les universités à Statistiques Canada. La définition de frais supplémentaires retenue par Statistiques Canada diffère cependant de celle retenue par le MELS. Selon Statistiques Canada, « les frais supplémentaires incluent notamment les cotisations des associations étudiantes et excluent les frais automatiques ponctuels et les frais facturés sur utilisation » (FEUQ 2011, p. 17). Cette différente définition semble mener à une sous-estimation des montants. Par exemple, si Statistiques Canada estime à 626$ la 2

moyenne des FIO en 2006-2007 (FEUQ 2011, p.18), le MELS l’estime pour sa part à 689,32$ (FEUQ 2011, p.17). Pour freiner l’augmentation rapide de ces frais qui s’ajoutent aux droits de scolarité dans la facture étudiante, le Ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport (MELS) a imposé en 2008 une loi cadre :
Le cadre défini par la ministre prévoit que les établissements dont les frais sont actuellement inférieurs à 555 $, ce qui est le cas de la majorité des établissements, pourront augmenter ces frais de 50 $ par année. Par ailleurs, les établissements dont les frais sont actuellement de 555 $ à 699 $ pourront les augmenter de 25 $ par année alors que ceux dont les frais se situent actuellement au-delà de 699 $ pourront les hausser de 15 $. (FNEEQ, 2008)

Les FIO sont différents dans chacune des institutions. Si en 2010-2011 ils s’établissent { 359,96$ { l’UQTR, ils sont plutôt de 996,00$ { l’Université McGill. La réglementation des FIO vise aussi à réduire cet écart entre les différentes universités1. À l’Université Laval, bien qu’ils puissent être plus élevés dans certains cas particuliers, les FIO pour l’année 20112012 sont composés des montants suivants (ULaval, 2011) : Frais Frais afférents Frais de gestion Frais technologiques Total (FIO) Montant 282,96 $ 191,40 $ 75,00 $ 549,36 $

PLAN DE FINANCEMENT DES UNIVERSITÉS ET GRÈVE
Le budget 2011-2012 comprend un plan quinquennal portant sur le financement des universités. Parmi les mesures choisies pour augmenter le financement des universités figure une hausse des droits de scolarité de 325$ par année pendant cinq ans. À terme, on parle donc d’une augmentation totale de 1625$, ce qui porte les droits de scolarité à 3793$ par année. Bien que l’information ait été peu reprise il est aussi prévu dans ce plan de financement « [qu’{] compter de 2016-2017, les droits de scolarité [soient] indexés selon les modalités prévues à la politique gouvernementale de tarification des services publics » (Finances Québec, 2011). En opposition à cette mesure se tient en ce moment, et depuis le 13 février 2012, ce qui s’avère être la plus grande et longue grève étudiante de l’histoire du Québec (Mathieu,
Pour avoir un portrait plus détaillé de la situation dans les différentes universités au niveau du baccalauréat, veuillez vous reporter au tableau en annexe 1.
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2012). Il n’est pas question de s’étendre en longueur sur ce mouvement dans ce document. Dans le contexte de cette grève2, le gouvernement libéral a proposé certaines modifications { plusieurs programmes dans l’espoir voir les étudiants et étudiantes rentrer en classe. Ce sont sur ces offres et annonces que nous revenons maintenant.

HISTORIQUE DES NÉGOCIATIONS, OFFRES ET ANNONCES
La première offre La première annonce du gouvernement a lieu le 5 avril 2012. Line Beauchamp et Raymond Bachand annoncent conjointement l’instauration d’un régime de remboursement des prêts proportionnel au revenu (RPR) et une bonification des prêts. (CNW-TELBEC 2012a). Première table de négociations Le dimanche 15 avril, la ministre Line Beauchamp convoque les médias et annonce que pour discuter de « la proposition que la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a fait connaître hier, par le biais d'un communiqué, et dans lequel elle souhaitait la mise en place d'une Commission d'évaluation des universités du Québec afin de s'assurer de la saine gestion des deniers publics » (CNW-TELBEC 2012b), elle est prête { s’asseoir avec les associations étudiantes et à parler de la gestion des universités. Cependant, il n’est pas question d’aborder le gel des frais de scolarité ou la gratuité scolaire. Pour participer à la table de négociations, les associations étudiantes sont tenues par la ministre de dénoncer publiquement la violence (CNW-TELBEC 2012c). À ce sujet, Line Beauchamp ajoute que « si des perturbations sociales ou économiques, endossées par des associations étudiantes, surviennent, ces dernières s'excluent d'elles-mêmes de la rencontre » (CNW-TELBEC 2010d). La FECQ et la FEUQ le font rapidement, et la CLASSE adopte en congrès une position en plusieurs points qui précise qu’elle condamne « la violence physique délibérée contre des personnes sauf dans les cas de légitime défense » tout en « défend[ant] activement le principe de désobéissance civile et les actions qui en relèvent, sans s'en dissocier » (CNW-TELBEC 2012e). Pour une première fois, une table de négociations réunissant des représentants du gouvrenment, de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ) est formée le 23 avril. Celle-ci prendra fin le 25 avril après l’exclusion de la table des négociations d’une des associations étudiantes, la CLASSE, que le gouvernement
Le nouveau plan de financement des universités comporte aussi son lot de modifications au système de l’aide financière aux études (AFE). Elles sont traitées plus loin en même temps que celles qui ont été annoncées pendant le mouvement de grève.
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accuse d’avoir rompu la « trêve » en affichant sur son site web des informations relatives à une manifestation ayant lieu le 24 avril au soir : « Compte tenu des actes de perturbations économiques et sociales commis en marge de cette manifestation, je suis obligée de considérer que la CLASSE a choisi de s'exclure elle-même de la table de discussion » (CNWTELBEC 2012f). En réaction, les trois autres associations nationales quittent à leur tour la table et décident de suspendre les négociations. Deuxième offre Le 27 avril 2012, après l’échec de la table de négociations, Jean Charest et Line Beauchamp présentent leur « solution globale » par le biais d’une conférence de presse. En plus du RPR et de la première bonification des prêts, le gouvernement annonce (CNW-TELBEC 2012g): - qu’il étale « la hausse annoncée de 1 625 $ sur 7 ans plutôt que sur 5 ans, après l'avoir indexée pour les deux années additionnelles »; - qu’il hausse « de 35 000 $ à 45 000 $ le seuil de revenu familial exempt de contribution parentale dans le calcul des bourses d'études »; - qu’il crée « un conseil d’évaluation des universités […] dont feront partie des représentants étudiants [et qui] évaluera la gouvernance des universités, la qualité de leur enseignement et le développement du réseau universitaire québécois. » Deuxième table de négociations Le 4 mai 2012, pendant que la manifestation entourant le Conseil général du Parti libéral à Victoriaville tourne { l’émeute (Bilodeau, Duchaine, Journet 2012), la ministre Line Beauchamp convoque à Québec « des représentants de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), de la Fédération des cégeps, des associations étudiantes et des principales centrales syndicales. » (CNW-TELBEC 2012h) pour une rencontre sur le conflit étudiant. Au terme d’un blitz de négociations de 22 heures et de quelques heures d’attente supplémentaires, le contenu de ce qui est qualifié d’ « entente de principe » par le gouvernement, d’ « offre » par les associations étudiantes et de « feuille de route » par la Centrale des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des cégeps a été rendu public à 20h00 le samedi 5 mai (Robitaille 2012). L’entente annonce la création d’un Conseil provisoire qui « a pour mandat d’évaluer, { la lumière des meilleures pratiques, les hypothèses d’utilisation optimale des ressources financières des universités et de démontrer, le cas échéant, les économies récurrentes pouvant être dégagées. » (Gouvernement du Québec, 2012) Advenant que des économies soient dégagées, celles-ci seront soustraites de la facture des frais institutionnels obligatoires. Pour la session d’automne 2012, « le paiement d’une somme de 125 $ par étudiant { temps complet, { titre de FIO, sera différé jusqu’au dépôt des recommandations { la ministre de l’Éducation, du loisir et du sport » (Gouvernement du Québec, 2012). Cette entente sera discutée plus en détail dans la section suivante.

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LE CONTENU DES OFFRES
Depuis le début de la grève étudiante, trois offres, annonces ou ententes ont été proposées. Celles-ci incluent plusieurs mesures nouvelles ainsi que des modifications à des programmes déjà existants. Le plan de financement des universités incluait déj{ des modifications { l’aide financière aux études (AFE). Depuis le début de la grève, deux annonces gouvernementales touchant ce programme sont venues s’ajouter aux mesures initiales. Nous traiterons l’ensemble des modifications dans un seul bloc. Chacune des autres mesures sera traitée individuellement. Il s’agit de :  l’étalement de la hausse des droits de scolarité sur 7 ans;  l’implantation d’un Régime de remboursement des prêts proportionnel au revenu;  la formation d’un Conseil permanent des universités;  la formation d’un Conseil provisoire chargé d’étudier la gestion des universités. Étalement de la hausse sur 7 ans La hausse originellement prévue était de 325$ par année pendant 5 ans, pour un total de 1625$ en 2016-2017. La « solution globale » du gouvernement proposée le 27 avril implique un étalement de « la hausse annoncée de 1 625 $ sur 7 ans plutôt que sur 5 ans, après l'avoir indexée pour les deux années additionnelles. » (CNW-TELBEC 2012g). Concrètement la « nouvelle » hausse est de 254 $ par année pendant 7 ans pour un total de 1778$ par année { terme. L’objectif de rejoindre le niveau des droits de scolarité de 19681969 en tenant compte de l’indexation est repoussé de deux ans, soit à 2018-2019. Si à première vue il peut sembler qu’il s’agit l{ d’une hausse de la hausse, il n’en est rien. En effet, le plan de financement annonçait déj{ l’indexation des frais de scolarité « selon les modalités prévues à la politique gouvernementale de tarification des services publics. »3 (Finances Québec 2011, p. 21) à partir de 2017-2018. Pour calculer la nouvelle hausse, le gouvernement semble s’être basé sur une augmentation de l’indice des prix à la consommation (IPC) de 2,0%.

« Depuis le 1er janvier 2011, les tarifs qui ne sont pas régis par une règle d’indexation ou de fixation annuelle, [sic.] seront indexés annuellement au 1 er janvier de chaque année, selon le taux correspondant à la variation annuelle de l’indice moyen d’ensemble, pour le Québec, des prix à la consommation, sans les boissons alcoolisées et les produits du tabac, pour la période de 12 mois qui se termine le 30 septembre de l’année qui précède celle pour laquelle un tarif doit être indexé. » (Finances Québec, 2011b, p.15)
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Hausse originale -vs-Hausse étalée
Hausse originale 4 500 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 Hausse étalée

Selon le gouvernement, pour ceux et celles qui fréquenteront l’université entre l’année 2012-2013 et 2017-2018, « la hausse plus progressive réduira la charge financière des étudiants d’un montant de près de 175 M$ sur la période. » (MELS 2012). À partir de 20182019, la situation est exactement la même dans les deux scénarios. Régime de remboursement des prêts proportionnel au revenu (RPR) Bien qu’il soit censé entrer en vigueur { l’automne 2013, le modèle et les modalités de cet éventuel programme ne sont pas encore connus. Le gouvernement québécois s’engage à faire d’ici l{ « une proposition qui sera soumise, pour consultation, au Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études [CCAFE]. » (CNW-TELBEC 2012a). Raymond Bachand, ministre des finances, présentele programme de la façon suivante :
Ce nouveau régime, qui s'ajoutera au programme de remboursement différé déjà en place, permettra de respecter la capacité de rembourser des ex-étudiants en balisant le remboursement du prêt en proportion de leur revenu, dans un horizon temporel bien défini. Ainsi l'étudiant qui gagne moins ne sera pas obligé de rembourser autant. C'est une pratique qui a cours dans de nombreux pays et qui soulage le fardeau des personnes les plus vulnérables et de celles dont la carrière est moins lucrative (CNWTELBEC 2012a)

Devant l’absence d’informations fournies par le gouvernement, nous devons nous en remettre { d’autres sources. L’idée du remboursement proportionnel au revenu remonte { Milton Friedman en 1955 qui « développait l'idée que des individus pouvaient financer l’investissement d’“eux-mêmes” en matière d’acquis en éducation supérieure, en vendant une partie de leurs flux de revenus futurs » (CCAFE 2001, p,43). En 2010, la Confédération

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des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) produisait un avis sur la question du RPR, qu’elle définissait ainsi :
Fondamentalement, le programme RPR permet { l’ex-étudiant de rembourser sa dette d’étude en fonction de son revenu lorsque celui-ci dépasse un seuil défini. La période de remboursement est donc liée au revenu de l’ex-étudiant. Le taux de remboursement est calculé en fonction de la différence entre son revenu et le seuil établi. Dans un tel système, les institutions financières ne sont plus impliquées dans les opérations puisque le remboursement est fait par l’entremise de retenues { la source. C’est donc un programme qui nécessite l’utilisation du système fiscal. (CADEUL 2010, pp. 6-7)

L’analyse que fait la CADEUL du RPR est sévère :
L’analyse des différentes modalités du RPR nous démontre que ce programme comporte plusieurs failles importantes et qu’il va { l’encontre de principes fondamentaux qui caractérisent notre système d’éducation postsecondaire tels que l’efficience, l’équité et l’accessibilité. À la lumière des différentes analyses et études réalisées au Québec et { l’extérieur, nous avons relevé trois éléments qui nous incitent { affirmer que le RPR n’est pas une solution { privilégier dans le cadre d’une réforme de l’aide financière et en regard des débats entourant la question du financement de l’éducation postsecondaire :1) Le RPR ne s’attaque pas { la réduction de l’endettement étudiant ; 2) il pose des problèmes importants d’équité ; 3) une incertitude est notée { l’égard de ses coûts d’implantation et des résultats obtenus, ce qui entraîne des problèmes importants d’efficience. (CADEUL 2010, p. 22)

Claude Montmarquette du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) a produit en 2006, en période de gel, un rapport de projet sur la question du RPR. Le CIRANO considérait en 2006 que l’augmentation du financement des universités était nécessaire et que vu le contexte québécois (frais inférieurs à la moyenne canadienne, taxes et impôts élevés), une hausse des frais de scolarité était à prévoir. Montmarquette rappelle le caractère électoraliste de la décision d’augmenter les frais:
De plus, au plan politique, le votant médiant québécois est trop âgé pour s’intéresser aux études. Il sollicitera de plus en plus le gouvernement pour des dépenses additionnelles en santé. Pour des raisons électorales, les gouvernements ne pourront faire autrement que de suivre le votant médiant. Inévitablement, comme la qualité du système d’éducation nécessite des ressources additionnelles, celles-ci devront venir de frais de scolarité plus élevés. (Montmarquette 2006, pp. 10-11)

Montmarquette arrive { la conclusion que dans la situation de 2006, c’est-à-dire en période de gel, « le système actuel des prêts et bourses du Québec est relativement efficace et n’est pas la cause d’une mise en place d’un système RPR » (Montmarquette 2006, p. 31). 8

Néanmoins, dans le contexte d’une hausse des frais de scolarité, il présente le RPR comme « la meilleure façon d’y faire face sans compromettre l’accessibilité aux études. » (Montmarquette 2006, p. 11) et considère qu’en « reliant le financement complémentaire des universités au succès de leurs étudiants { rembourser leur prêt d’études, nous proposons un meilleur arrimage entre le marché de l’éducation et le marché du travail. » (Montmarquette 2006, p. 32). Pour Montmarquette, le RPR diminue les risques économiques liés à la fréquentation scolaire ce qui permet { l’individu de choisir son programme universitaire selon ses préférences et favorise la poursuite des études aux cycles supérieurs. Certains, comme Éric Martin de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) sont moins enchantés par le RPR, et les raisons de faible optimisme se trouvent à l’intérieur même des travaux de Montmarquette :
Un autre avantage est que le système RPR permet d’accroître les montants de prêts ou l’endettement des étudiants. En d’autres termes, si une contribution financière supérieure est demandée aux étudiants, le RPR est le système qui facilite cette décision. (Montmarquette 2006, p. 2) L'expérience étrangère montre que la mise en place d'un système RPR est souvent couplée à une hausse des frais de scolarité. Claude Montmarquette (rencontre du 17 octobre 2001 avec le CCAFE) pense, d'une part, que la hausse des frais de scolarité québécois est incontournable et que, dans ce cas, le système RPR est la meilleure forme qui soit pour en faciliter le remboursement. Il est simple de retourner l'argument : si le RPR assure une grande flexibilité de remboursement des emprunts et comme les syndicats étudiants4 sont favorables à l'implantation de ce système, il n'existe plus aucune barrière à l'augmentation des frais de scolarité une fois que le RPR est mis en place. (CCAFE 2001, p. 52)

Le chercheur de l’IRIS cite les exemples de la Grande-Bretagne et de l’Australie pour montrer le potentiel illimité de la hausse des frais de scolarité après l’implantation d’un RPR.
Initialement, il s’agissait de rendre une première hausse des frais de scolarité acceptable en pelletant le problème en avant sous forme d’une dette { rembourser après les études. Rapidement, cependant, les universités et le gouvernement ont profité de l’existence de ce mécanisme pour augmenter { répétition les frais de scolarité. En 1998, la Grande-Bretagne pratiquait la gratuité scolaire ; plus tard, en 2012, les frais atteignent près de 15 000$ par année, et l’endettement étudiant moyen est passé de 26
Par syndicats étudiants, le CCAFFE entend la FECQ et la FEUQ qui étaient en 2001 les deux principales associations étudiantes nationales.
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000£ { 54 000£, c’est-à-dire environ 84 000$. En Australie, l’initiateur du RPR, Bruce Chapman, s’est lui-même plaint de ce que les autorités ont abusé et dépassé depuis longtemps le seuil d’endettement initialement fixé. (Martin, 2012)

Il est à noter que le gouvernement libéral avait déjà annoncé en janvier 2005 la création d’un RPR avant d’y renoncer quelques mois plus tard en pleine grève étudiante (Chouinard 2005). À l’époque, le coût d’une telle mesure était estimé { 60 M$ par année, ce qui, en dollars de 2012 correspondrait à environ 69 M$5. La Coalition Avenir Québec, formation de François Legault, propose elle aussi un régime de RPR qu’Éric Caire décrit de la façon qui suit:
[T]ous les étudiants devraient rembourser 5% de leurs revenus annuels pendant une période de dix ans, à la suite de quoi la dette excédentaire serait effacée. Cette mesure, évaluée à environ 50 millions de dollars, serait financée par l'abolition du crédit d'impôt pour frais de scolarité, qui coûte annuellement 120 millions de dollars. Le reste des sommes libérées par cette abolition servirait à une diminution significative de la contribution parentale dans le calcul des prêts et bourses des étudiants issus des familles de classe moyenne. (CNW-TELBEC 2012i)

Bien que cette estimation soit fragile, on pourrait donc s’attendre { ce que le coût d’une telle mesure se situe entre 50 M$ et 70 M$. Le gouvernement québécois n’a pas encore annoncé où il puisera un tel montant. Conseil provisoire des universités La formation d’un Conseil provisoire des universités, par décret, a été annoncée dans l’offre / entente du 5 mai 2012 (Gouvernement du Québec, 2012). L’offre / entente précise également les deux mandats qui sont confiés au conseil. Il doit faire ses recommandations à la ministre de l’éducation avant le 31 décembre 2012. Nous traiterons ici du mandat lié à l’identification d’économies possibles; celui lié { la formation d’un Conseil permanent des universités sera traité dans la section suivante. L’offre / entente stipule que le « Conseil provisoire a pour mandat d’évaluer, à la lumière des meilleures pratiques, les hypothèses d’utilisation optimale des ressources financières des universités et de démontrer, le cas échéant, les économies récurrentes pouvant être dégagées. » (Gouvernement du Québec, 2012). Les sujets qui seront { l’étude sont les suivants : - la délocalisation des campus ; - les dépenses de publicité ;
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Calcul de l’auteur basé sur les chiffres de la Banque du Canada.

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les enjeux { l’égard du parc immobilier ; le personnel de gérance ; la reddition de comptes ; les transferts entre les fonds. (Gouvernement du Québec, 2012)

Dans une logique des « meilleures pratiques », le Conseil cherche donc à identifier les dépenses considérées superflues de façon à potentiellement faire diminuer la facture universitaire : « les économies ainsi dégagées seront appliquées en réduction des frais institutionnels obligatoires (FIO), selon des modalités à être convenues entre le gouvernement, les associations étudiantes et la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).» (Gouvernement du Québec, 2012). La réduction potentielle ne concerne que les FIO, qui s’établissent entre 350$ et 1000$ selon les institutions. Comme le Conseil ne fera pas ses recommandations à la ministre avant la fin décembre 2012, « { titre de mesure temporaire pour le trimestre d’automne 2012, le paiement d’une somme de 125 $ par étudiant { temps complet, { titre de FIO, sera différé jusqu’au dépôt des recommandations » (Gouvernement du Québec, 2012). Advenant que les travaux du Conseil aient à se poursuivre après le 31 décembre 2012, la mesure sera répétée pour le trimestre d’hiver 2013. Nous voulons signaler ici qu’il ne s’agit pas ici de réduction ou de remise, mais bien d’un report. Si les économies dégagées sont inférieures { 125$, la différence sera facturée ultérieurement.

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La composition du Conseil est aussi précisée dans l’entente. Il est composé de 19 membres : - 6 recteurs ou leurs représentants, désignés par la CREPUQ ; - 4 représentants étudiants, désignés respectivement par la FEUQ, la FECQ, l’ASSE et la TACEQ - 4 représentants du milieu syndical, désignés respectivement par la CSN, la CSQ, la FTQ et la FQPPU6 ; - 1 représentant des cégeps, désigné par la Fédération des cégeps ; - 2 représentants des milieux d’affaires, désignés par la ministre ; - 1 représentant du MELS, désigné par la ministre ; - 1 président, désigné par la ministre. (Gouvernement du Québec, 2012)

Composition du Conseil provisoire
Milieu des affaires 11% MELS 5% Président 5% Recteurs (CREPUQ) 32%

Syndicats (CSN, CSQ, FTQ, FQPPU) 21%

Fédération des cégeps 5% Associations étudiantes (ASSÉ, FECQ, FEUQ, TaCEQ) 21%

6 La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a été exclue des négociations du 4 et 5 mai, situation qu’elle juge incompréhensible. Elle déplore la présence d’un seul représentant du corps professoral et n’appuie pas l’offre / entente : « À l’évidence, les considérations pédagogiques et scientifiques ne seront pas prises en compte, puisque les principaux responsables des activités académiques seront écartés des débats, alors que ceux-ci les concernent et les engagent au premier chef. Compte tenu de l’absurdité de cette situation et de la dilution des enjeux qui sont apparus au cours des derniers mois, la FQPPU n’appuie pas l’entente annoncée le 5 mai. » (FQPPU, 2012)

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Conseil permanent des universités Le deuxième mandat du Conseil provisoire consiste à faire des recommandations à la ministre de l’éducation « à la lumière des meilleures pratiques » (Gouvernement du Québec, 2012) quant à la formation éventuelle d’un Conseil permanent, sa composition, les mandats qui lui seraient confiés et les sujets sur lesquels celui-ci il devrait se pencher. L’entente stipule que le Conseil provisoire évaluera la pertinence de soumettre { l’examen du Conseil permanent les sujets suivants : l’abolition et la création de programmes ; l’internationalisation ; les partenariats entre les universités et les milieux ; la formation continue; la qualité de la formation, la recherche, le soutien; les instances universitaires . (Gouvernement du Québec, 2012) L’idée d’un Conseil permanent a été apportée dans le débat par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Par voie de communiqué, la FEUQ a proposé le 15 avril 2012 la création d’une Commission d'évaluation des universités du Québec (CÉUQ). Dans la vision de la FEUQ, cette commission indépendante relevant du Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) qui « serait composée d'étudiants, de professeurs, de dirigeants ainsi que de fonctionnaires […] permettrait d'assurer le suivi de la gestion des universités, prévenir les débordements et traiter les éventuels dérapages en y appliquant des mesures structurantes autrement moins sottes que de simples sanctions monétaires comme le fait le gouvernement Charest présentement. » (CNW-TELBEC 2012j) La ministre a répondu à cette proposition le lendemain (15 avril), se disant prête à discuter avec les associations étudiantes de la gestion des universités (CNW-TELBEC 2012b). Aide financière aux études Le programme de prêts et bourses a été créé en 1966. Il s’agit d’un programme { caractère supplétif, c’est-à-dire que ce sont l’étudiant et les personnes qui ont des responsabilités envers lui (parents, répondant, conjoint-e) qui sont les premiers responsables du financement des études. Le programme ne vise pas à remplacer leurs contributions mais plutôt { s’ajouter { celles-ci. Le nouveau plan de financement des universités prévoyait que 35% des revenus provenant de la hausse de 1625$ des droits de scolarité, soit 118 millions { terme, seraient dirigés vers l’AFE (Finances Québec 2011, p.39). -

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Faire un portrait fidèle de l’AFE est une tâche ardue que nous laisserons { d’autres. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte lorsque vient le temps de déterminer le montant et la forme de l’aide financière qui sera attribuée { l’étudiant ou l’étudiante. De présenter l’ensemble des cas possibles rendraient la situation plus obscure que claire. Nous tenterons ici de présenter sommairement en quoi consiste l’AFE, et quelles modifications ont été apportées à celle-ci par le nouveau plan de financement des universités ainsi que par les différentes annonces gouvernementales faites durant de la grève. Pour éviter la confusion, si une mesure additionnelle vient en modifier une autre, nous ne présentons que le résultat final. L’équation utilisée pour faire le calcul de l’aide financière est simple : Dépense admises – Contribution attendue = Aide financière Les dépenses admises « sont composés des frais de subsistance, des droits de scolarité, auxquels s’ajoutent d'autres dépenses telles que celles pour le matériel scolaire et les frais de garde. » (Finances Québec 2011, p.41). La contribution attendue « est calculée sur la base des revenus de l'étudiant et, le cas échéant, des revenus de ses tiers (conjoint, parents, répondants). » (Finances Québec, 2011, p.41) L’aide financière est d’abord attribué sous forme de prêts. Selon le site de l’Aide financière aux études, le plafond7 de prêts est de 2440$ (305$ par mois pendant 8 mois) pour un étudiant au premier cycle et de 3240$ (405$ par mois pendant 8 mois) pour un étudiant aux cycles supérieurs. Pendant la durée des études, c’est le gouvernement qui prend en charge les intérêts. Si le prêt ne parvient pas { couvrir l’ensemble de la différence entre les dépenses admises et la contribution attendue, l’étudiant devient admissible { une bourse. En 2009, 25,9% des étudiants de premier cycle recevaient une bourse s’établissant en moyenne à 3950$ (FEUQ 2010, p.32). Bourses Dans l’idée d’amenuiser les impacts de la hausse sur l’accessibilité aux études, le gouvernement a apporté plusieurs modifications au programme des prêts et bourses. Pour les étudiants boursiers, ou qui l’auraient été en considérant le niveau actuel des droits de scolarité, le plan de financement des universités prévoit une pleine compensation de la hausse de 1625$ par une augmentation de la bourse qui leur est attribuée. Cette hausse des bourses, chiffrée à 86 M$, toucherait 55 000 étudiants en 2016-2017 (Finances Québec 2011, p.42).

Comme dans le calcul des droits de scolarité, le calcul du plafond de prêts est fait en fonction d’un étudiant à temps plein inscrit à 15 crédits pendant deux trimestres.
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Allocation spéciale sous forme de prêt Pour palier à la hausse des droits de scolarité de 500$ entre 2007 et 2011, le gouvernement a créé une allocation spéciale sous forme de prêt d’un montant équivalent. Ainsi, si pour les étudiants boursiers le plafond des prêts était gelé, un nouvel emprunt était créé pour ceux qui n’étaient admissibles qu’au prêt. Avec la nouvelle hausse des droits, cette allocation est bonifiée du montant de la hausse et passe à 2125$ (Finances Québec, 2011, p.43). Le plan de financement des universités prévoyant l’indexation des droits de scolarité après 20162017 mais ne fait pas mention de l’indexation de cette allocation; il nous est donc impossible de dire si tel sera le cas. Le coût de la mesure est estimé à 3,7 M$. Aide minimale garantie L’annonce du 5 avril 2010 (CNW-TELBEC 2012a) a instauré « la garantie d’une aide financière représentant, généralement, les droits de scolarité ainsi que le matériel scolaire à tous les étudiants provenant d’une famille ayant un revenu inférieur à 100 000 $ » (MELS 2012b). En considérant l’étalement de la hausse, ce prêt sera de 4678$ en 2018-2019. Pour financer cette mesure estimée à 12,4M$8, le gouvernement choisit de puiser dans le Fonds pour l’excellence et la performance universitaires : « les universités [sont] appelées à compenser cet impact en faisant davantage appel au mécénat des entreprises et à la philanthropie. » (MELS 2012b,). Il est à noter que le plan de financement des universités demande déjà aux universités d’aller chercher plus du côté de la philanthropie : « L’objectif visé est de porter de 111 millions de dollars à 165 millions de dollars les dons effectués en faveur des universités en 2016-2017 – soit une augmentation de près de 50 % en six ans. » (Finances Québec 2011, p.27). Avec cette mesure, l’objectif passe donc { 177,4 M$. Contribution des parents Pour l’année 2010-2011, « si les deux parents d’un étudiant enfant unique vivent ensemble et gagnent des revenus de travail égaux, une contribution leur est exigée s’ils gagnent un revenu de 28 389 $. » (Finances Québec 2011, p.45). Le plan de financement des universités prévoyait déjà une réduction de la contribution des parents, répondants ou conjoint qui aurait eu pour effet d’augmenter le total des bourses de 27 M$. La solution globale du 27 avril va plus loin et fait augmenter graduellement le seuil à partir duquel une contribution est attendue pour atteindre 45 000$ en 2018-2019. En bas de ce montant, le calcul de l’AFE sera fait en fonction d’une contribution nulle des parents. Cette mesure, estimée { un coût de 44 M$, « sera financée { même une réduction du crédit d’impôt pour frais de scolarité et d’examen. Ce crédit passera d’un taux de 20 % { un taux de 16,5 % { terme. » (MELS 2012c).

Le montant de 12,4 M$ inclut aussi l’exclusion de la contribution financière des parents dans le calcul du prêt pour l’étudiant dont les parents vivent ensemble et ont un revenu inférieur à 60 000$.
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Pour un étudiant dont les parents vivent ensemble, la contribution qui leur sera demandée sera maintenant calculée ainsi. Table de contribution demandée aux parents ou au conjoint de l’étudiant selon le revenu disponible9 Taux servant à calculer la contribution10 19% 29% 39% 49% Tranche de revenu supérieur à 45000 72000 82000 92000 Sans excéder 72000 82000 92000 --

Finalement, en 2016-2017, aucune contribution des parents ne sera demandée dans le calcul du prêt à une famille dont les deux parents vivent ensemble et dont le revenu est inférieur à 60 000$ (MELS 2012b). Programme de remboursement différé L’actuel programme de remboursement différé est élargi, une mesure estimée à 2,2 M$. Considérant que la mesure touchera moins de 10 000 anciens bénéficiaires de l’AFE, nous invitons les gens intéressés à prendre connaissance de ces modifications à aller consulter le Plan de financement des universités aux pages 47 et 48. Aperçu global des modifications { l’AFE Les modifications { l’AFE étant nombreuses, il est difficile de bien saisir les impacts concrets de l’application de toutes celles-ci. L’annexe 2 contient une représentation graphique de ces modifications en prenant pour cas un étudiant de premier cycle, sans revenu personnel, qui demeure chez ses parents vivant toujours ensemble, selon le revenu de ceux-ci. C’est en tenant compte de cas « modal » que nous présenterons les impacts globaux de la hausse

« Le revenu disponible utilisé correspond au revenu brut, duquel doivent être soustraites les exemptions applicables, soit 2 805 $ pour chaque enfant { charge, excepté l’étudiant et 2 380 $ si l’étudiant est atteint d’une déficience fonctionnelle majeure, en 2010-2011. « (Finances Québec 2011, p. 45)
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« Le taux est appliqué afin de déterminer la contribution à effectuer sur la portion de revenu comprise entre les seuils. Les montants obtenus pour chaque tranche de revenu sont cumulés pour déterminer la contribution totale que les parents ou le conjoint doit effectuer. Aucune contribution n’est demandée pour la portion de revenu disponible qui est inférieure au premier seuil. « (Finances Québec 2011, p. 45)
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Luc Godbout, fiscaliste et professeur titulaire { la faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke affirme que pour plusieurs étudiants et étudiantes parmi les moins nantis, les modifications { l’AFE accompagnant la hausse des droits de scolarité leur permettent d’améliorer leur condition, surtout si on considère les crédits d’impôts qui augmenteront vu la hausse des dépenses couvertes par ceux-ci. Selon lui, même avant la solution globale du 27 avril, les « modifications proposées [avaient] pour effet d'accroître l'accessibilité universitaire. » (Godbout 2012). Godbout est aussi un fervent partisan du RPR qu’il voit comme la pièce maîtresse pour l’amélioration de l’accessibilité dans le contexte actuel. Les tableaux explicatifs de Luc Godbout pour montrer les impacts des modifications { l’AFE ont été largement repris et diffusés dans les médias traditionnels et sociaux. Nous reprenons l’essentiel de ses calculs dans notre propre tableau explicatif { l’annexe 3. Contrairement à lui, nous ne considérons pas les prêts, qui sont à rembourser, comme étant une amélioration de la condition financière. Le tableau suivant présente, en résumé, ce qui arrivera à un étudiant ou étudiante qui correspond au cas défini précédemment en comparaison avec le système actuel. L’effet relatif des bourses correspond { la différence entre le montant que l’étudiant ou étudiante recevra en bourse en 2018-2019 et celui qu’il recevrait dans le système actuel, à laquelle on soustrait le montant de la hausse. L’effet relatif des bourses et crédits d’impôts, comprend aussi les déductions fiscales supplémentaires. Une flèche verte vers le haut signifie que les modifications au système de l’AFE permettent de compenser plus que la hausse. On peut donc parler d’enrichissement relatif. Un signe d’égalité indique qu’il n’y a ni amélioration, ni détérioration. Une flèche rouge vers le bas indique que l’AFE ne compense pas pleinement pour la hausse. On peut donc parler d’appauvrissement relatif. Effet relatif des bourses et crédits d’impôts

REVENU DES PARENTS Inférieur à 28 390 $ Entre 28 390$ et 62 552$ 62 553$ Entre 62 554$ 64 867$ 64 868$ Supérieur à 64 868$

Effet relatif des bourses

=  =   

    = 

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ANNEXES
Annexe 1

(FEUQ 2011)

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Annexe 2

(MELS 2012b)

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Annexe 3 Impacts de la hausse et des modifications à l’AFE pour un étudiant de premier cycle, sans revenu personnel, demeurant chez ses parents qui vivent toujours ensemble, selon le revenu de ceux-ci.
REVENU FAMILIAL : -28 389$ Droits de scolarité Bourses Prêts Effet net des bourses Effet net des prêts et bourses Crédits d'impôts (Total) Fédéral (12,5%) Québec (Av=20%, Ap=16,5%) Économies d'intérêts Effet total à terme: AVANT (2012) 2 168$ 3 336$ 2 440$ 1 168$ 3 608$ 705$ 271$ 434$ 110$ 1 982$ APRÈS (2019) GAIN OU PERTE 3 946$ 1 778$ 5 114$ 1 778$ 2 440$ 0$ 1 168$ 0$ 3 608$ 0$ 1 144$ 493$ 651$ 110$ 2 422$ 440$ 222$ 217$ 0$ 440$

REVENU FAMILIAL : 45 000$ Droits de scolarité Bourses Prêts Effet net des bourses Effet net des prêts et bourses Crédits d'impôts (Total) Fédéral (12,5%) Québec (Av=20%, Ap=16,5%) Économies d'intérêts Effet total à terme:

AVANT (2012) 2 168$ 193$ 2 440$ -1 975$ 465$ 705$ 271$ 434$ 110$ -1 161$

APRÈS (2019) GAIN OU PERTE 3 946$ 1 778$ 5 113$ 4 920$ 2 440$ 0$ 1 167$ 3 142$ 3 607$ 3 142$ 1 144$ 493$ 651$ 110$ 2 421$ 440$ 222$ 217$ 0$ 3 582$

REVENU FAMILIAL : 60 000$ Droits de scolarité Bourses Prêts Effet net des bourses Effet net des prêts et bourses Crédits d'impôts (Total) Fédéral (12,5%) Québec (Av=20%, Ap=16,5%) Économies d'intérêts Effet total à terme:

AVANT (2012) 2 168$ 0$ 2 900$ -2 168$ 732$ 705$ 271$ 434$ 131$ -1 333$

APRÈS (2019) GAIN OU PERTE 3 946$ 1 778$ 2 263$ 2 263$ 5 290$ 2 390$ -1 683$ 485$ 3 607$ 2 875$ 1 144$ 493$ 651$ 238$ -301$ 440$ 222$ 217$ 108$ 1 032$

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REVENU FAMILIAL : 85 000$ Droits de scolarité Bourses Prêts Effet net des bourses Effet net des prêts et bourses Crédits d'impôts (Total) Fédéral (12,5%) Québec (Av=20%, Ap=16,5%) Économies d'intérêts Effet total à terme:

AVANT (2012) 2 168$ 0$ 0$ -2 168$ -2 168$ 705$ 271$ 434$ 0$ -1 463$

APRÈS (2019) GAIN OU PERTE 3 946$ 1 778$ 0$ 0$ 4 678$ 4 678$ -3 946$ -1 778$ 732$ 2 900$ 1 144$ 493$ 651$ 211$ -2 591$ 440$ 222$ 217$ 211$ -1 128$

REVENU FAMILIAL : 100 000$ Droits de scolarité Bourses Prêts Effet net des bourses Effet net des prêts et bourses Crédits d'impôts (Total) Fédéral (12,5%) Québec (Av=20%, Ap=16,5%) Économies d'intérêts Effet total à terme:

AVANT (2012) 2 168$ 0$ 0$ -2 168$ -2 168$ 705$ 271$ 434$ 0$ -1 463$

APRÈS (2019) GAIN OU PERTE 3 946$ 1 778$ 0$ 0$ 4 678$ 4 678$ -3 946$ -1 778$ 732$ 2 900$ 1 144$ 493$ 651$ 211$ -2 591$ 440$ 222$ 217$ 211$ -1 128$

REVENU FAMILIAL : +125 000$ AVANT (2012) APRÈS (2019) GAIN OU PERTE Droits de scolarité 2 168$ 3 946$ 1 778$ Bourses 0$ 0$ 0$ Prêts 0$ 0$ 0$ Effet net des bourses -2 168$ -3 946$ -1 778$ Effet net des prêts et bourses -2 168$ -3 946$ -1 778$ Crédits d'impôts (Total) Fédéral (12,5%) Québec (Av=20%, Ap=16,5%) Économies d'intérêts Effet total à terme: 705$ 271$ 434$ 110$ -1 354$ 1 144$ 493$ 651$ 110$ -2 692$ 440$ 222$ 217$ 0$ -1 338$

Effet net des bourses = Bourses – Droits de scolarité. Effet net des prêts et bourses = (Bourses + Prêts) – Droits de scolarité. Économies d’intérêts = Économies liées { l’absence d’intérêts, qui sont pris en charge par le gouvernement, sur le prêt, par rapport à un emprunt par marge de crédit étudiante { un taux d’intérêt de 4,5%, (Taux de Desjardins au 9 mai 2012) Effet total à terme = (Bourses + Crédits d’impôts + Économies d’intérêts) – Droits de scolarité. Considérant que les prêts doivent être remboursés, seuls les intérêts économisés et non le montant prêté sont considérés.

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