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Littérature // Polet

1. Les faits

1 mai 1789 : un an après la convocation des états généraux, ils se réunissent à Paris.
On voit clairement 3 groupes mais 2 ensembles. Les 2 premiers sont des ensembles
très colorés : la noblesse bien vêtue et le clergé plus coloré qu’il ne l’est à l’heure
actuelle (évêques en rouge, cardinaux pourpres, abbés, religieux de toute nature avec
costumes fastueux…) et 3ème groupe : Tiers-Etat, représentants de la bourgeoisie.
Vêtements avec une austérité à faire peur : noir, gris foncé, bleu foncé, pas de
dentelle, sobriété. Le Tiers-Etat exprime jusque dans son vêtement le refus du
gaspillage, la nécessité de vivre économiquement, sobrement. Les états généraux se
rassemblent, et il y a une voix par état (une pour chaque ensemble => 3 contre 1) et
ce mode de voter est contesté. Ils veulent non plus voter par état mais par tête.
(personnage emblématique : comte de Mirabeau, soutenu par certains membres du
clergé, certains nobles…)

Transformation en assemblée nationale. Serment du jeu de paume où les délégués


aux états généraux font faire serment de réformer l’état et se transforment en
assemblée générale. Ils sont expulsés par l’armée mais ça n’empêche pas
l’assemblée nationale de continuer son travail, avec le soutien du peuple.

14 juillet 1789 : peuple de Paris s’en mêle, s’empare de la Bastille (vieille prison
d’état). Symboliquement, représentation du pouvoir royal. Foule parisienne va se
rendre jusqu’à Versailles pour ramener à Paris le roi et sa famille.
4 aout 1789 : nuit : abolition les droits féodaux => superbe mythe car l’assemblée
nationale décide de mettre fin à un système qui a aux moins un millénaire d’existence
mais l’assemblée ne va pas les abolir sans contrepartie : elle va autoriser les
communautés paysannes a racheter les droits féodaux. On est entré dans une logique
révolutionnaire.

2. Les acteurs

Gouvernement de la France : nommé par le roi et contrôlé par celui-ci. Guidé par le roi
dans la mesure du possible mais il est faible car n’a que peu de moyens financiers.
Situation au fond catastrophique au point que toute une série de premiers ministres
ou contrôleurs des finances se sont succédés, c’étaient des étrangers experts. Même
l’armée se détruit car composée de mercenaires et on n’a plus les moyens pour les
payer.

Assemblée : d’abord les Etats Généraux puis Nationale qui se transforme. Elle devient
le cœur même de la transformation des institutions de la France. C’est elle qui va
progressivement formuler les conditions politiques de la nouvelle France. Les
membres sont tous des privilégiés, des juristes, des avocats, des bourgeois, le peuple
éclairé et donc ça suscite l’apparition d’un 3e personnage : le peuple de Paris.

Peuple : ***

3. Le contexte

Crise économique : 1787, 1788, 1789 : crise agricole, c.-à-d. plusieurs années de
récoltes débouchent sur du blé qui coute très cher, un pain qui coute très cher, et
pour le peuple c’est la malnutrition et la famine. Malaise dans la société d’autant que
le roi est perçu comme le garant du bon fonctionnement de la société, le protecteur.
S’il n’y arrive pas, c’est qu’il ne joue pas son rôle et il faut prendre des mesures.
Tentative de réformes : l’état se trouve dans un cycle de difficulté tel que toutes les
réformes se soldent par des échecs, or, à côté de la crise économique, il y a aussi des
transformations. Angleterre = révolution industrielle. En France, pas moyen de faire
bouger les privilégiés : on ne peut pas toucher aux vieux droits communaux. La
France est toujours divisée en provinces et il y a toujours des douanes intérieures. Le
blocage social, la crise économique sont des contextes qui ont des conséquences sur
l’ensemble de la société auxquels les philosophes tentent de s’adapter. Siècle des
Lumières et on va voir une série d’écoles, de courants politiques s’affronter. Il y a des
défenseurs de la monarchie et ceux-ci ont une tradition importante qui remonte à
l’empire romain ou à la souveraineté du droit divin du moyen âge => on va les
retrouver relativement actifs MAIS ils sont contestés par 3 courants : les défenseurs
de la primauté de l’aristocratie qui considèrent que le roi n’est que le premier d’entre
eux. Ce premier d’entre eux doit s’appuyer sur la noblesse, lui donner les places
qu’elle mérite et la défendre ET défenseurs du despotisme éclairé (Joseph II, empereur
d’Autriche, Tzar Pierre le Grand/Catherine, Frédéric II de Prusse…) mais en France,
absolutisme de droit divin mis en place par Louis XIV. Les philosophes (Voltaire,
Diderot, D’Alembert) vont se battre en s’inspirant de l’Angleterre pour tenter de
modifier les mentalités. Pour eux, pas question de démocratie mais les classes
possédantes puissent participer à la gestion publiques, puissent influencer le roi et
l’orienter en fonction de leurs intérêts. Dernier courant dominé par Jean-Jacques
Rousseau : promouvoir dans une logique anglo-saxonne c’est une forme de
démocratie. Pour JJR, tous les êtres humains sont unis en société par une forme de
contrat, le Contrat Social. Dans la société unie par ce contrat social, l’organe
fondamental c’est l’Assemblée élue. Le processus fondamental est la participation aux
élections. Rousseau est aussi l’inventeur de l’état totalitaire car les décisions prises
s’imposent à tous les membres de la société. => idées nouvelles

4. Des effets

- Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen =/= Bill of Rights : le BoR vise à
donner à tout citoyen un cadre qui lui permette d’agir en justice : si on touche à ses
droits, il a la base juridique nécessaire pour aller devant un tribunal et demander
qu’on le respecte => efficace immédiatement. Lorsque les français formulent les DH,
le niveau est proprement philosophique, ils s’appuient sur une conception de l’homme
comme entité supérieure et donc leur degré d’abstraction va leur permettre de jeter
les bases de ce qu’on considérera en Occident comme une déclaration universelle des
DH.

- Suffrage universel : tout homme majeur va avoir le droit de participer au vote et de


désigner les députés à l’Assemblée Nationale. Moment court car très rapidement tous
les privilégiés vont bien s’entendre pour en finir avec cet épisode qui conteste leur
pouvoir. Le suffrage universel va rester dans les traditions révolutionnaires comme un
modèle qui, régulièrement, va réapparaitre.
- Messianisme révolutionnaire