Observatoire International des Prisons section française 7 bis rue Riquet 75019 PARIS

Madame, Monsieur, Vous avez souhaité interpeller les candidats à l'élection présidentielle sur la question carcérale. Je veux tout d'abord saluer le rôle et l'engagement de votre association en faveur du droit à la dignité des détenus. C’est un sujet essentiel que celui de nos prisons, directement lié à l’efficacité de toute lutte contre la délinquance et la récidive. Je veux faire en sorte que nos prisons soient adaptées à leur objectif de réinsertion. Et pour cela, nous devons avant tout retrouver des lieux d’enfermement dignes de notre pays. Je n’accepte pas de voir l’Etat sans cesse condamné depuis quelques années en raison des conditions de détention. Le gouvernement actuel n’a eu pour seule réponse à la délinquance que la construction de nouvelles prisons. Nos parlementaires se sont opposés au récent projet de loi relatif à l’exécution des peines, qui prévoit la création de 24.000 places de prisons supplémentaires. Car la fuite en avant vers le tout carcéral pratique depuis cinq ans ne résout rien : la délinquance ne recule pas, alors que les prisons sont de plus en plus surpeuplées, devenant ainsi plus que jamais le terreau de la récidive. Je veux faire aussi qu’il y ait des peines alternatives à la prison, comme le prévoit la loi pénitentiaire de 2009. Je veux enfin faire qu’il y ait un suivi par les services pénitentiaires d’insertion et de probation. Car un détenu suivi en prison et accompagné lors de sa sortie dans le cadre d’un régime probatoire récidive moins qu’un détenu qui sort sans aucun encadrement. Les études le démontrent bien. Vous évoquez le fonctionnement et la taille des établissements pénitentiaires. Il faut, lorsque nous le pouvons, privilégier les établissements à taille humaine comme le recommande le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue. Les établissements de grande taille génèrent des tensions, des violences et au final ne répondent pas à leur objectif de réinsertion et de prévention de la récidive. Enfin, au delà de la taille des établissements, il faut bien sûr continuer à rénover les établissements qui le nécessitent.

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          La loi pénitentiaire de 2009 a permis de réelles avancées en matière de droits des détenus. J'ai conscience que de nombreux progrès restent à faire. Je veux prendre en compte pour notre politique pénitentiaire, tant les impératifs de sécurité que le respect des droits fondamentaux des détenus. En particulier, il faudrait offrir plus de travail en prison, par exemple en sensibilisant le patronat. Et faire en sorte que le travail soit mieux rémunéré. Redonner du sens à nos prisons, c'est un élément essentiel d'une politique de sécurité efficace. Adapter les lieux d'enfermement à leur objectif de réinsertion dans la société, c'est ce qui permettra de lutter réellement contre la récidive.

François HOLLANDE

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