Vous êtes sur la page 1sur 40
N° 1 • 2 e trimestre 2005 LA LA PROBLÉMATIQUE PROBLÉMATIQUE DE DE L’EAU L’EAU
N° 1 • 2 e trimestre 2005 LA LA PROBLÉMATIQUE PROBLÉMATIQUE DE DE L’EAU L’EAU
N° 1 • 2 e trimestre 2005 LA LA PROBLÉMATIQUE PROBLÉMATIQUE DE DE L’EAU L’EAU
N° 1 • 2 e trimestre 2005 LA LA PROBLÉMATIQUE PROBLÉMATIQUE DE DE L’EAU L’EAU

N° 1 • 2 e trimestre 2005

N° 1 • 2 e trimestre 2005 LA LA PROBLÉMATIQUE PROBLÉMATIQUE DE DE L’EAU L’EAU L’

LALA PROBLÉMATIQUEPROBLÉMATIQUE DEDE L’EAUL’EAU

L’L’ eaueau ,,

aujourd’huiaujourd’hui uneune ressourceressource,, demaindemain unun métiermétier ??

L’entretien

La parole à Driss Msatef, Directeur Recherche et Innovation

Sur le terrain…

Reportage sur le site de Khouribga

QSE

Mécanisme de Développement Propre

Coup d’envoi du projet HRS de Jorf Lasfar

Revue interne du Groupe OCP Directeur de la publication : Azzouz ZOUBAA Comité de rédaction

Revue interne du Groupe OCP

Directeur de la publication :

Azzouz ZOUBAA

Comité de rédaction :

Azzouz ZOUBAA, Mohammed BELABADIA, Narjisse MAHMOUDI, Naima BELKOUCH, Abderrahim BOUZIYANE, Najwa Ilham BEKRI

Conseil,

Meryem SEBTI, consultante

rédaction, maquette :

Photogravure et impression :

Edit

Direction des Ressources Humaines

Direction Développement Social et Communication Interne

Département Communication Interne et Relations Sociales

2, rue Al Abtal - Hay Erraha Casablanca, MarocDépartement Communication Interne et Relations Sociales Téléphone 022 23 00 25 Télécopieur 022 99 83

Téléphone

022 23 00 25

Télécopieur

022 99 83 84

http://www.ocpgroup.ma

2 2

Dépôt légal : 2005/0102

4/9 Tour d’horizon

Toutes les actualités internes et externes du Groupe OCP

et du

secteur

phosphatier

10/12 L’ entretien

OCP Hori zons donne la parole à Driss Msatef, Directeur Recherche et Innovation et Directeur du Cerphos qui nous aide à mieux comprendre les enjeux de la recherche

nous aide à mieux comprendre les enjeux de la recherche 14/18 Table ronde L’eau Aujourd’hui une
nous aide à mieux comprendre les enjeux de la recherche 14/18 Table ronde L’eau Aujourd’hui une

14/18 Table ronde

L’eau

Aujourd’hui une ressource , demain un métier ?

Aujourd’hui une ressource , demain un métier ? 20/26 Sur le terrain … Toute l’équipe d’OCP

20/26 Sur le

terrain

Toute l’équipe d’OCP Horizons s’est rendue à Khouribga

pour un reportage sur le terrain aux sources de l’entreprise. Site historique par excellence, Khouribga est aussi un formi-

dable

terreau d’innovations

.

est aussi un formi- dable terreau d’innovations . 27/33 QSE Mécanisme de Développement Propre (MDP) Coup

27/33 QSE

Mécanisme de Développement Propre (MDP)

Coup d’envoi du projet HRS de Jorf Lasfar. Contribution de Naïma Belkouch et Abdelali Toufaoui.

34/35

Zoom

sur…

Abderrahmane Rouadi, chef de projet GMAO, retrace les grandes lignes de ce chantier stratégique.

36 Management

Une

38

Cap sur les

nouvelle organisation

Ressources

centres

de

du Groupe en business units.

humaines

vacances

39 Une page d’Histoire

Mot du Directeur Général

“OCP Horizons” Espace d’échange, de débat et de production intellectuelle

C ’est avec plaisir que je vous annonce la naissance de “OCP Horizons”, la nou- velle revue interne du Groupe Office Chérifien des Phosphates. Cette revue, de périodicité trimestrielle, est née de la volonté d’offrir aux responsables

du Groupe un espace dédié à l’échange,au partage de l’information et à la pro-

duction intellectuelle tout en incitant et encourageant les débats d’idées.

OCP Horizons” se veut ainsi un espace ouvert aux contributions de tous. C’est dans ce sens que chacun pourra y exprimer les préoccupations d’ordre général

liées à l’entreprise, ou à caractère particulier liées à son environnement de travail

et aux spécificités de sa fonction.

La multiplicité de nos métiers, l’étendue géographique de nos sites et la taille de nos effectifs rendent parfois difficile l’appréhension de la dimension humaine au sein de notre entreprise. Or, aujourd’hui et plus que jamais, l’OCP doit relever des défis majeurs et a besoin de fédérer ses ressources humaines autour des enjeux stratégiques du Groupe et des valeurs partagées par nous tous.

du Groupe et des valeurs partagées par nous tous. Mourad Chérif Direc teur Général du Groupe

Mourad Chérif Direc teur Général du Groupe OCP

Contribuer à la conduite du changement, renforcer l’adhésion à notre projet d’entreprise, éveiller les consciences quant aux réalités du Groupe et à son envi- ronnement national et international, mettre en valeur les progrès et les prouesses réalisés par nos ressources humaines, telles seront les quelques missions de cette revue.

Mais aussi complète et achevée soit-elle, elle ne pourra véritablement remplir son rôle sans l’implication de son lectorat. C’est pourquoi je vous invite tous à vous l’approprier et à l’enrichir constamment par vos idées, commentaires et contribu- tions.

A présent je vous invite à découvrir ce premier numéro de “OCP Horizons” et

vous en souhaite bonne lecture.

Mourad Chérif

Tour d’horizon

Social

Réunion plénière de la CHS : Bilan sécurité 2004

L a Commission Hygiène et Sécurité du Groupe

OCP composée des principaux Directeurs, des

Délégués à l’Hygiène et à la Sécurité (DHS) et

des responsables en charge de la Sécurité, a tenu sa neuvième réunion plénière le 27 avril 2005 au Siège de la Direction Générale. Le Département Sécurité a pu présenter le bilan Sécurité 2004 du Groupe. Il fait apparaître une ten- dance à l’amélioration des principaux indicateurs de sécurité sur l’année.

Le nombre d’accidents de travail a connu une bais- se de 16%, le taux de fréquence a été réduit de 20% et le taux de gravité de 24%. Cette réunion a été également l’occasion pour les DHS d’exposer la situation de l’Hygiène et de la

les DHS d’exposer la situation de l’Hygiène et de la Sécurité les concernant ainsi que les

Sécurité les concernant ainsi que les détails de la mise en œuvre des recommandations de la réunion plénière de l’année précédente.

L'OCP met en place une charte de concertation sociale

L e Directeur Général du Groupe OCP, Mourad Chérif, a présidé la cérémonie de signature de la charte de concertation sociale le 1 er avril 2005 au Siège de la Direction Générale.

1 e r avril 2005 au Siège de la Direction Générale. Le 1 e r avril

Le 1 er avril 2005 au Siège de la Direction Générale, Mourad Chérif, Directeur Général du Groupe OCP préside la cérémonie de signature de la charte de concertation sociale.

Pensée et élaborée en liaison avec l'ensemble des partenaires sociaux, cette charte vise à mettre en place, en plus des commissions paritaires qui exis- tent déjà au sein du Groupe, un cadre global, fédé- rateur et non exclusif, dans lequel toutes les sensibi- lités syndicales peuvent contribuer au déroulement du dialogue social. Le document précise les prérogatives, la composi- tion, les modalités de fonctionnement, ainsi que les

moyens d'action des différentes institutions repré- sentatives du personnel. Elle définit aussi les prin- cipes directeurs et les règles de la négociation col- lective au sein du Groupe. Ce document contractuel a été signé par les repré- sentants de la Direction Générale et les secrétaires généraux des syndicats représentés au sein du Groupe OCP (SNTP/CDT, SDP/FDT, SNP/UGTM, FNSP/UNTM et FNTP/UMT).

Projet de transfert du régime interne de retraite du Groupe OCP

L e 17 mars 2005 au Siège

de la Caisse de Dépôt et

de Gestion à Rabat,

Mustapha Bakkoury, Directeur Général de la CDG et Mourad Chérif, Directeur Général du Groupe OCP ont signé un accord cadre relatif au projet de transfert du régime interne de retraite du Groupe. Le Groupe OCP envisage le transfert global de son régime de retraite vers les organismes de prévoyance gérés par la CDG (RCAR et CNRA) en garan- tissant les droits acquis et futurs du personnel en activité ainsi que ceux des bénéficiaires dudit régime en situation de retraités ou en situation d'ayants droit.

L'opération de transfert concernera plus de 18 000 agents en activité et plus de 27 000 bénéficiaires de pen- sions. La CDG et l'OCP avaient déjà signé un accord en 2001 en vertu duquel les nouvelles recrues du Groupe OCP étaient directement affiliées au RCAR. Cet accord entre dans le cadre du processus d'intégration des caisses internes de retraite entamé depuis 2002 et qui constitue une étape importan- te dans la réforme du secteur de la retraite, initiée par les pouvoirs publics.

Partenariats

L’année 2004 a été marquée par le lancement de nouveaux projets de partenariat industriel qui confirment l'ouverture du Groupe OCP à l'international. Une joint-venture avec le Groupe Fauji du Pakistan vise la construction à Jorf Lasfar d'une unité d'acide phospho- rique d'une capacité de 375.000 tonnes P 2 O 5 par an.

Un autre projet de partenariat concerne une joint venture avec le Groupe brésilien Bunge Fertilizantes pour la construction à Jorf Lasfar d'une unité intégrée de production d'acide phosphorique et d'engrais.

Mémorandum d'entente entre l'OCP et Bunge

L e 30 novembre dernier, le Directeur portant sur la production d'acide phospho-

Général du Groupe OCP, Mourad rique et d'engrais phosphatés, un investisse-

Chérif et le Président de Bunge fertili- ment estimé à près de 265 millions de dol-

zantes (Brésil), Mario Barbosa ont signé à Rio

de Janeiro un mémorandum d'entente En marge de la conférence annuelle de pour engager l'étude approfondie de l'Association internationale des fertilisants base relative (IFA), tenue à Marrakech, le Groupe OCP et au projet de BUNGE Ferlizantes avaient décidé le 26 mai joint-venture 2004 d'établir une alliance stratégique. Elle entre les deux permettrait au Groupe OCP de couvrir 70% parties. des besoins de Bunge Fertilizantes en pro- Signé dans le duits phosphatés à destination du marché cadre de la latino-américain.

Depuis lors, et dans la perspective de ce par-

de Sa Majesté tenariat industriel, une étude de préfaisabilité au Brésil, ce document vise la construction à concluante a été menée conjointement par

Jorf Lasfar d'une unité industrielle intégrée

lars US.

visite officielle

les deux parties.

Partenariat OCP-Fauji :

“Pakistan Maroc Phosphore S.A.” est née

C onclu en présence du Premier Ministre

Driss Jettou et de Madame

l’Ambassadeur du Pakistan au Maroc,

le protocole d’accord (signé au Pakistan le 26 juillet 2004 entre l’OCP et Fauji Fertilizer Bin Qasim Limited) s’est concrétisé le 14 sep- tembre dernier par la création de la Société Pakistan Maroc Phosphore S.A.

Cet investissement de 2 milliards de dirhams vient consolider l’impact positif induit par les projets d’investissements déjà engagés par le Groupe OCP et qui offriront aux PME/PMI marocaines des opportunités réelles de créer de l’emploi et engendrer de la valeur ajoutée pour l’économie nationale.

Mieux connaître Pakistan Maroc Phosphore S.A

Capital social : 800 millions de dirhams

Actionnaires : OCP (50%) ; Fauji Fertiliser Bin Qasim Limited - FFBL (25%) ; Fauji Foundation (12,5%) ; Fauji Fertilizer Compagny Limited – FFCL (12,5%)

Démarrage prévu fin 2006

Capacité de production : 375.000 tonnes d’acide phosphorique

Localisation géographique : Jorf Lasfar (Maroc)

Introduction du Groupe indien TATA dans le capital d'IMACID

L e Directeur Général du Groupe OCP a signé le 21 mars 2005 à

New Delhi un accord pour l’introduction dans le capital d’IMACID

d’un autre partenaire indien, Tata Chemicals Ltd (TCL).

Cette opération a été agréée par le Conseil d’Administration d’IMACID tenu sous sa présidence le 23 mars 2005 à New Delhi ainsi que par les Conseils d’Administration de Tata Chemicals et de Chambal Fertilizers & Chemicals, filiale du Groupe KK Birla, tenus parallèlement le même jour. Joint venture entre le Groupe OCP et le Groupe Indien KK Birla, Indo Maroc Phosphore SA (IMACID) réalise un chiffre d’affaires de plus de 140 millions de Dollars. Compte tenu des accords existants et de cette nouvelle alliance, le Groupe OCP renforce sa position en Inde et sécurise ainsi une majeu- re partie de ses exportations d’acide phosphorique vers ce marché dans le cadre de contrats à long terme. Ce partenariat ouvrira enfin de nouvelles perspectives de promotion et de développement des investissements de TATA dans d’autres sec- teurs du Maroc et contribuera à l’élargissement des relations écono- miques entre nos deux pays.

Mieux connaître Tata

L’actionnariat d’IMACID sera réparti entre le Groupe OCP, le Groupe Birla et Tata Chemicals Ltd à raison d’un tiers chacun.

Tata Chemicals Limited (TCL) est une filiale du groupe indien TATA fondé par M. Jamsetji Tata en 1868. TATA opère dans plusieurs secteurs d’activités (Ingénierie, Chimie, Automobile, Energie, Technologies de l’Information, Hôtellerie, Services etc.) et réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 15 milliards $.

TCL est l’un des grands opérateurs indiens du secteur de la chimie détenant une grande part du marché local de la soude caustique, du carbonate de sodium et des engrais azotés.

TCL a acquis en juin 2004 un grand complexe de produits phosphatés situé à Haldia au Nord Est indien. Cette unité de Haldia importe annuellement environ 250 000T P 2 O 5 d’acide phosphorique et 300 000 T de phosphate.

Tour d’horizon

Actualités

Conseil d’administration de l’OCP, moments forts et chiffres clés

P résidé par le Premier Ministre Driss Jettou le

23 février dernier au Siège de son départe-

ment, le Conseil d'Administration de l’OCP a

mis à jour les résultats de l'exercice 2003, les pré- visions de clôture 2004, les budgets de fonction- nement et d'investissement 2005, ainsi que le

plan de développement 2005-2009.

Les exportations mondiales de phosphate sous toutes formes du Groupe OCP ont été mainte- nues en 2003 au même niveau qu'en 2002, consolidant son rang de premier exportateur mondial de phosphate sous toutes formes, avec une part de marché de 27,3%.

Au cours de l'année 2004, le Groupe OCP a réa- lisé un chiffre d'affaires record à l'export de 1,74 milliard de dollars, en augmentation de 26,4% par rapport à 2003. Les exportations de phos- phates sous toutes formes ont ainsi progressé de 9,2% par rapport à 2003.

L’année 2004 a été marquée par le lancement de nouveaux projets de partenariat industriel qui confirment l'ouverture du Groupe à l'inter- national (avec Fauji et Bunge Fertilizantes, lire nos articles page 5).

Concernant les perspectives du Groupe, l'évolu- tion du commerce international du phosphate et produits dérivés fait apparaître le caractère cyclique du marché des produits phosphatés marqué par une concurrence vive entre les pro- ducteurs, par la hausse des prix des matières premières ainsi que par le poids du coût du transport maritime, qui a enregistré une flam- bée spectaculaire. Le commerce international du phosphate et des produits dérivés présente des potentialités à moyen et long termes, comp- te tenu de la progression naturelle des besoins en fertilisants, et des opportunités de dévelop-

pement en dérivés phosphatés qui s'accompa- gnent, toutefois, d'exigences en termes de com- pétitivité qualitative et quantitative.

En interne, le Groupe poursuit les démarches de progrès en matière d'organisation, de qualité, de sécurité, d'environnement et de satisfaction des exigences du client, tout en intégrant la dimen- sion sociale (formation, promotion interne, poli- tique d’accès à la propriété) et sociétale .

En matière d'investissement, les programmes du Groupe OCP, pour la période 2005-2009, porte- ront sur un montant de 10,3 milliards de dirhams.

Le Groupe paraît pouvoir relever les défis ambi- tieux qu’il s’est fixé pour les horizons 2007 et 2009. En comptant sur ses atouts - importance de ses gisements, qualité et expérience de ses hommes, infrastructures modernes et perfor- mantes - le Groupe OCP peut sereinement pour- suivre la politique commerciale engagée, fondée sur la sécurisation des débouchés à l’international et la conclusion de partenariats avec d'autres opérateurs mondiaux.

Et parce que le Groupe doit aussi composer avec son environnement direct, l’accent sera mis sur la démarche qualité entreprise par le Groupe, qui se fonde sur des opérations d'externalisation et de sous-traitance, contribuant ainsi au développe- ment du marché local.

Projets

d’investissement

Période 2005-2009

P ortant sur un montant

global de 10,3 milliards

de dirhams, plusieurs pro-

jets miniers et chimiques sont programmés pour la période 2005-2009 dont :

Secteur minier Youssoufia : Lavage - flottation du phosphate clair. Khouribga : Adaptation des unités de traitement pour la substitution du fuel par le coke de pétrole, revamping, avec intégration de la flottation, de la laverie Sidi Daoui. Boucraâ I Laâyoune : éhabilita- tion du wharf à Laâyoune, unités de dessalement d’eau de mer.

Secteur chimique Safi : Construction d’une nou- velle ligne d’acide sulfurique, Prétraitement d’acide phos- phorique et unité de concen- tration à Maroc Phosphore II. Jorf Lasfar : Revamping des lignes DAP pour augmenter la capacité de 50%, réalisation d’une nouvelle ligne de pro- duction d’engrais DAP, Incorporation de système de récupération d’énergie (HRS) au sein de deux lignes d’acide sulfurique, réalisation dune nouvelle ligne d’acide phos- phorique, en partenariat avec le Groupe Pakistanais FAUJI.

Environnement

Reboiser la région de Casablanca :

un engagement citoyen du Groupe OCP

L e 21 février dernier, M’hammed DRYEF,

Wali de la Région du Grand Casablanca,

Mohammed Sajid, Président de la

Commune Urbaine de Casablanca et Mourad Chérif, Directeur Général du Groupe OCP, ont planté ensemble un arbre, le premier d’une vaste opération de plantation d’un million

d’arbres à Casablanca et dans sa région,initiée par la Wilaya. Signataire de cette convention de partenariat, le Groupe OCP se chargera de conduire des projets d’aménagement paysa- ger et de mener diverses études. Les projets concernent plus précisément l’aménagement du tronçon de la Route d’El Jadida entre le nœud A et le chemin tertiaire

1077 s’étendant sur 2,3 Km et l’étude d’aména-

gement et de plantation de l’autoroute urbai- ne RP 35. Près de 800 arbres ornementaux et

4000 arbustes seront ainsi plantés. Le Groupe

OCP prend en charge la préparation du terrain, la plantation des arbres,l’arrosage et l’entretien des sites plantés pendant un an. La Wilaya du Grand Casablanca et la Commune de Casablanca assureront la coor- dination des administrations (Agence Urbaine, Inspection de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Environnement), l’équipe- ment de ces sites en points d’alimentation en

l’équipe- ment de ces sites en points d’alimentation en eau et en réseaux d’arrosage durant toute

eau et en réseaux d’arrosage durant toute la durée de l’opération, et garantiront par la suite la pérennité des plantations. L’étude relative à l’aménagement paysager de la voie Express RP 35 sera prise en charge par un organisme spécialisé pour le compte de l’OCP qui procèdera ensuite à la plantation. Pour le Groupe OCP, ce partenariat s’ajoute aux actions qu’il mène dans le domaine de la protection de l’environnement tant au niveau de ses installations minières et indus- trielles qu’au travers d’initiatives citoyennes de ce type (plantation d’arbres, aménage- ments d’espaces verts,participation à l’opéra- tion « Plages Propres », soutien aux orga- nismes et associations œuvrant pour le déve- loppement durable

Historique d’un Groupe responsable

L e Groupe OCP a été l’une des premières

entreprises marocaines à signer en 1997 le

protocole « «Responsible Care », initié par

la Fédération de la Chimie et la Parachimie. Priorité est ainsi accordée aux questions liées à la sécurité des personnes et des installations, à l’hygiène et à la protection de l’environnement, sans oublier le souci de développer une com- munication interne et externe sur ces aspects. Par la suite, des conventions de partenariat ont lié le Groupe OCP au Département de l’Environnement, en 1998, et au Département des Eaux et Forêts, en 2002, respectivement dans le domaine de la protection de l’environ- nement et du reboisement. Le Groupe participe activement aux actions menées par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement. Ainsi, l’OCP a pris part depuis 1999 aux opérations « Plages Propres » à Safi, El Jadida et Laâyoune. Le Groupe s’impliquera enfin dans le program- me Qualit’air initié par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement en faveur de la qualité de l’air.

Depuis près de dix ans, le Groupe a initié un vaste programme de (re)boisement des villes et des sites où il exerce ses activités de production. Par ces diverses contributions, le Groupe procède à la plantation de près de 350.000 arbres par an, avec pas moins de 3 millions d’arbres plantés à ce jour, répartis sur une superficie de 4800 hectares. Pris en charge par des structures dédiées, une grande mobilisation et d’importants budgets annuels, ce type d’initiative illustre surtout une stratégie du Groupe qui fait aujourd’hui du déve- loppement durable une composante essentielle de son management.

L’OCP pilote du projet mondial « Usines sans Tabac »

L ’OCP a accueilli, en janvier, une réunion consacrée à la présenta-

tion des résultats officiels de l’enquête épidémiologique sur le

tabagisme réalisée auprès d’un échantillon d’agents OCP. C’est le

Chef de la Division Maladies Non Transmissibles relevant du ministère de la Santé, le Dr. Chaouki, qui a présenté ces résultats devant les res- ponsables et les collaborateurs OCP, dont Mohamed Hamdi, Directeur des Ressources Humaines, et Hassan Hakim, Directeur Qualité, Sécurité et Environnement. L’enquête qui s’est déroulée du 6 au 21 mai 2004, a concerné un effec- tif de 1320 agents dans les sites de Casablanca, Khouribga, Jorf Lasfar et Safi. Elle a été pilotée directement par les services relevant du minis- tère de la Santé, en liaison avec les médecins et les responsables concernés au sein du Groupe.

Cette action s’inscrit dans le cadre du programme national « Usines sans Tabac », qui est soutenu par l’Organisation Mondiale de la Santé, et pour lequel le Groupe OCP a été choisi comme entreprise pilote.

Principaux résultats de l’enquête

• la prévalence du tabagisme à l’OCP est proche de celle enregistrée au niveau national (30%);

• les dépenses mensuelles moyennes s’élèvent à 407 DH par fumeur;

• 45 minutes, c’est la durée moyenne consacrée par chaque fumeur pour consumer les 9 cigarettes quotidiennes;

• 79% des fumeurs se disent prêts à arrêter de fumer;

• 71% des fumeurs partagent les locaux de travail avec des non fumeurs;

• 17% des fumeurs ignorent que le tabagisme passif augmente le risque de maladies pulmonaires;

• 28% des fumeurs ignorent que le tabagisme augmente le risque de maladies cardiaques;

• 62% des agents interrogés souhaitent l’interdiction du tabac dans les locaux de l’entreprise et l’aménagement d’espaces fumeurs;

• 76% des fumeurs ont déclaré être prêts à modifier leur comportement si l’entreprise établissait une réglementation antitabac.

Tour d’horizon

Enjeux

L’ Institut japonais JIPM prime des entités de l’OCP pour leurs efforts en TPM

L e JIPM (Japan Institute of Plant maintenance) a remis le Prix PM

d’Excellence 1re catégorie à deux entités du Pôle Mines : la

Direction de production de Khouribga et la recette 6 de

Youssoufia lors d’une cérémonie organisée, en décembre dernier, à Yokohama au Japon. Seuls 3 représentants africains, dont deux de l’OCP, figuraient parmi les 181 lauréats internationaux primés cette année par le JIPM.

Ce prestigieux Institut japonais octroie annuellement des prix PM des- tinés aux entreprises internationales qui se distinguent dans la démarche TPM "Total Productive Maintenance". Crée en 1969 par la "Japan Management Association", le JIPM organi-

se depuis sa naissance un prix PM.

Cependant, la TPM telle qu'elle est connue actuellement n'a fait son apparition qu'en 1971 grâce à Nippon Denso qui a excellé dans la pra- tique de la maintenance productive. Et ce n’est qu'en 1983 que les principes et méthodes de la TPM ont été formalisés à travers un livre qui devint une référence en la matière (NAKAJIMA S. La maintenance productive totale). Les dix personnes du Pôle Mines qui se sont rendues au Japon pour recevoir ce Prix en ont profité pour effectuer une visite de benchmar- king auprès de quelques entreprises japonaises engagées depuis longtemps dans la démarche TPM.

engagées depuis longtemps dans la démarche TPM. ■ Membres de la délégation OCP : MM. Mahria,

Membres de la délégation OCP : MM. Mahria, Amalik, Haida, Driouich, Aboulfadl (Gantour) ; El Kaissi, Karouache, Mahsoun, Maghraoui, Bencharqui (Khouribga).

Les leçons du benchmarking japonais

• Respect des « 5 P » : Productivité, Ponctualité, Propreté, Politesse et Paix ;

• La TPM est introduite généralement dans les unités. Dès qu’un succès est enregistré, la TPM est généralisée au groupe ;

• La formation sur des thèmes généraux est obligatoire et se fait en dehors des horaires de travail sans rémunération ;

• La liste des opérateurs ayant passé avec succès une formation est affi- chée à l’entrée des ateliers ;

• La politique de chaque atelier est claire et affichée avec des objectifs précis et avec obligation de résultats ;

• Mise en place d'un système de récompense pour chaque amélioration avec une priorité pour celle qui permet la réduction des coûts ;

• Intégration de l’ISO 9001 et l’ISO 14001 dans la démarche TPM.

Sensibiliser à la propriété industrielle

D ans le cadre de la relance du Projet Propriété Industrielle au sein du Groupe, une nouvelle session de sensibilisation s’est tenue le 25

janvier dernier à Safi, (la 2 è pour cette zone), soit le lendemain de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la propriété industrielle.

Animée par le Directeur de l’OMPIC et le Chargé de Mission Economique auprès de l’Ambassade de France au Maroc, cette journée est dédiée aux membres du Comité Local de Sélection, aux respon- sables des entités Amélioration, aux animateurs des Cercles de Qualité ainsi qu’aux formateurs OCP.

A l’OCP, ce projet s’inscrit dans la durée. Initié en

interne en 2002 il vise à développer l’esprit "Propriété industrielle/innovation" et aboutir à sa matérialisation sur le terrain.

Depuis lors, plusieurs sessions de sensibilisation ont été organisées. En 2003, les participants ont eu droit en plus à :

• un atelier au CERPHOS, pour enrichir et finaliser une approche méthodologique pour le recense- ment et la sélection des réalisations techniques innovantes à l’échelon local.

• 2 séminaires ayant pour thèmes « Processus d’in-

novation et Propriété industrielle » et «Brevet Perfectionnement / Contrats rattachés au droit des brevets». Enfin en 2004, ils ont suivi un séminaire en 2 modules: "La propriété industrielle au service de l’entreprise" et "Processus d’innovation et propriété industrielle".

L’OMPIC

public qui a pour mission de :

• tenir les registres nationaux de propriété industrielle et d’inscrire tous les actes affectant la proprié- té des titres de propriété indus- trielle,

• tenir le registre central du com- merce et le fichier alphabétique pour les personnes physiques et morales,

• conserver des exemplaires des actes afférents au registre du commerce émanant des registres locaux,

• diffuser auprès du public toute information nécessaire à la pro- tection des inventions et à l’imma- triculation des commerçants au registre du commerce, ainsi que l’engagement de toute action de sensibilisation et de formation dans ces domaines.

établissement

est

un

Qualité / Innovation

Prix du Directeur Général des Cercles de Qualité

L a 9 e édition du Prix du Directeur Général des Cercles de Qualité (édition 2003) s’est déroulée à Benguérir en

février dernier. C’est le Cercle de Qualité "Mémoire" de la Direction des Exploitations Minières de Khouribga qui a remporté le Premier Prix, pour avoir réussi l’adaptation d’une dyna- mo en substitution du rouleau centrifuge des convoyeurs à bande.

lisation d’une fosse de récupération des acides moyennant une pompe de recyclage. Notre Directeur Général a remis à Houssine Bouhiaoui et à Abderrazak El Kaissi le Prix PM d’Excellence (1 re catégorie) décerné récemment aux entités "Recette 6" à Youssoufia et "Extraction/Maintenance" à Khouribga par le JIPM (Institut Japonais de Maintenance). Pour clôturer ce rendez-vous des CQ, le Directeur Général a rappelé les réalisations importantes enregistrées par le Groupe OCP durant l’année 2004, en engageant le personnel à doubler d’effort pour relever les défis de l’entreprise. Il a invité la Direction Qualité, Environnement et Sécurité (DQE) à repenser le programme du Forum des C.Q. en y intégrant d’autres dimensions comme les réalisations techniques, les perfor- mances économiques, l’innovation…

les perfor- mances économiques, l’innovation… ■ Les heureux ont bénéficié d’un voyage en Pologne.

Les heureux ont bénéficié d’un voyage en Pologne. D’autres C.Q ont également reçu des prix d’encouragement ainsi que des cadeaux individuels. 2 è prix : Le C.Q."Achoura" (PCS) pour la modification du système de guidage supé- rieur du gratteur du secteur engrais 3 è prix : Le C.Q. "Alikhlass" (PMB), pour la mise en place d’un treuil de manutention du matériel aux différents étages de l’usine de traitement 4 è prix: Le C.Q. "Lumière" de (PCJ), pour la réa-

Les CQ, déjà 9 ans !

Le Prix du Directeur Général pour les Cercles de Qualité a été lancé en 1996. Il est attribué chaque année, par un jury interne, au Cercle de Qualité qui se distingue parmi l’ensemble des Cercles de Qualité en activité au sein du Groupe OCP, candidats au Prix.

Chaque année, c’est l’entité dont relève le C.Q gagnant qui est désignée pour organiser l’édition suivante.

Rendez vous donc l’année prochaine à Khouribga !

MinExcelle ou quand la mine vise l’excellence

L a ville de Khouribga a accueilli en sep- tembre dernier, le premier séminaire de promotion des performances du Pôle

Mines. Placé sous le thème « Programme de consolidation des performances et d’enga- gement vers l’Excellence », il visait à mobili- ser, responsabiliser et capitaliser sur les res- sources du Groupe pour garantir le dévelop- pement rentable et durable de l’entreprise.

Le Pôle Chimie organise son premier séminaire C-ASPER

O rganisé le 28 juin 2004, ce séminaire constitue la première étape de pré- sentation d’un vaste programme

visant l’amélioration des performances glo- bales des plateformes industrielles de valori- sation des phosphates. Principaux ateliers de travail de ce séminaire, les charges variables et la valeur ajoutée, qui constituent aussi des axes économiques majeurs du Pôle Chimie.

Imacid obtient un certificat d’encouragement de la qualité

L7 a Société IMACID a reçu, en décembre dernier à Rabat, et ce à l’occasion de la è édition du Prix National de la Qualité

pour l’année 2004, le certificat d’encourage- ment de la qualité dans la catégorie des grandes entreprises industrielles.

Cette 7è édition s’est tenue sous le thème "Innover pour s'améliorer "…

Nouvelle structure de pilotage et d’innovation

M ourad Chérif, Directeur Général du

et de capitalisation des savoirs et savoir-faire

Groupe OCP a décidé de donner une du Groupe. L’objectif est de rationaliser la prise

autre impulsion à linnovation indus- en charge des innovations développées en

tion :

Pôle Mines (PM) et Pôle Chimie (PC). Des Comités de Sélection ont ainsi été mis en

Direction Recherche et Innovation (DRI)

trielle au sein de lentreprise. interne et de mieux les valoriser. place et fonctionneront en synergie.Cette initiative vise à recentrer les missions des De même, elle vise à développer plus de syner-

acteurs du processus d’innovation technique gies entre les acteurs du processus d’innova-

L’entretien avec Driss Msatef

L’entretien avec Driss Msatef Driss Msatef, Directeur Recherche et Innovation, Directeur du Cerphos. Quelle place

Driss Msatef, Directeur Recherche et Innovation, Directeur du Cerphos.

Quelle place occupe la DRI aujour- d’hui au sein du Groupe ?

Driss Msatef : La Direction Recherche et Innovation (DRI) a été mise en place notam- ment pour mettre en exergue le rôle moteur de la recherche et de l’innovation dans la stratégie de développement du Groupe. Cette initiative s’inscrit aussi dans le cadre de la nouvelle dynamique apportée par le projet organisation qui a été initié par la Direction Générale à partir de 2003. Ceci doit permettre au Groupe OCP, en tant que leader mondial dans son secteur, d’ac- croître son potentiel de recherche et d’inno- vation, de disposer de compétences au meilleur niveau d'excellence scientifique et technique et de renforcer ses partenariats avec les autres acteurs de la recherche. Tout ceci doit naturellement se traduire à terme par la création de la valeur. Dans ce cadre, la DRI s’est assignée plusieurs missions essentielles qui versent toutes vers cet objectif. A cet égard, la DRI doit alimen- ter le Comité Stratégie, ainsi que le Comité Cerphos, en proposant des pistes de réflexion et des idées de projets de recherche et de développement. Sur la base des idées et des projets retenus, la DRI planifie, budgétise et fait exécuter des programmes de recherche. Tout comme pour les projets industriels. Le suivi des pro- jets recherche et innovation se fait notam- ment au niveau du Comité de développe- ment industriel et recherche. Le fruit de ces travaux ainsi que ceux prove- nant de l’innovation autre que la recherche sont finalisés pour être exploités et proté- gés par des brevets ou autres. L’ultime mis- sion étant la mise à disposition et/ou la

Recherche et innovation, moteurs au service de la stratégie du Groupe OCP

Le Groupe OCP s’est doté, depuis 2003, d’une Direction dédiée à la Recherche et à l’Innovation (DRI). Pour mieux appréhender la dimension stratégique et managériale de cette « nouvelle » fonction au sein de l’entreprise,comprendre les mécanismes d’articulation entre la DRI,le Cerphos, et les autres acteurs, de mieux comprendre les enjeux de la difficile mission d’encourager et de valoriser le potentiel d’innovation, OCP Horizons a rencontré Driss Msatef, Directeur Recherche et Innovation et du Cerphos, qui nous explique ici son projet et sa vision de l’avenir.

commercialisation de ces différents travaux. les deux limites, nous intervenons égale- Comme vous le constatez, le champ d’inter- ment dans la déclinaison et la mise en vention de la DRI est relativement large œuvre des projets retenus par le Comité

puisqu’il couvre des aspects allant de Stratégie, la formalisation des cahiers des la reconnaissance géologique, premier procédés et la protection des savoir-faire maillon dans nos activités opérationnelles, névralgiques de l’entreprise. jusqu’à la réalisation du pilote industriel et la Tout au long de cette chaîne de valeurs, la formalisation du cahier des procédés, qui DRI s’appuie sur le concours de plusieurs est le stade de pré-industrialisation. partenaires internes et externes, en fonc- Dans cette démarche, la DRI s’appuie sur un tion, bien entendu, de la nature du travail ou réseau d’acteurs internes, mais aussi des de la prestation à réaliser. partenaires externes, et développe parallè- C’est ainsi que sur le plan interne, la DRI tra- lement à cela une activité vaille en liaison étroite avec le

Cerphos, la Smesi, le départe- ment Géologie, les Chefs de

ce a un potentiel projet OCP et les entités utili-

dinnovation » satrices. Sur le plan externe, nous travaillons notamment

mations fiables et de conso- avec les universités, les insti- lider les données recueillies afin d’être en tuts, l’Office marocain de la propriété indus- mesure d’identifier des pistes plus ou moins trielle et commerciale (OMPIC), le Cabinet

prometteuses et les actions devant être ORES (Conseils en propriété industrielle)… engagées dans le cadre du budget alloué à Le Cerphos, par exemple, intervient en tant la recherche. Le fait de pouvoir travailler sur qu’acteur central à différents niveaux. En la base d’un budget dédié confère à la DRI amont, au niveau de la recherche prospecti- une certaine souplesse dans la mise en ve pour contribuer à la définition des pour- œuvre et une latitude relativement impor- tours et des contenus des projets de

recherche et de développement devant

être initiés par la DRI, le Cerphos intervient Aujourdhui,qui sont vos partenaires ? également en aval lors de l’exécution de ces différents projets. De ce fait, il est un outil

important au service de la politique de recherche de l’OCP.

D. M. : Les interventions de la DRI s’inscri- vent dans un processus global qui com- prend plusieurs phases essentielles. Le pre- mier échelon d’intervention de la DRI se

de veille pour enrichir les

initiatives proposées

par ses

différents partenaires. A

stade de la réflexion, l’objec- tif est de recueillir des infor-

« tout opérateur

tante.

L’innovation n’est pas un produit, de c’est une ressource immatérielle liée

à une culture. Comment procède-t-

on pour favoriser l’innovation et la des valoriser ? Qui sont les innovateurs ?

situe au niveau de la réflexion en vue

nourrir la réflexion stratégique du Groupe.

Le dernier échelon se situe au niveau de la

diffusion des idées et la valorisation

savoirs et savoir-faire de l’entreprise. Entre

«en matière de recherche et d’innovation, nous avons toutes les cartes en mains pour en faire un vrai métier de l’entreprise»

Où se trouvent les gisements d’inno- vation ?

D. M. : Je voudrais apporter quelques préci- sions d’ordre général concernant le concept d’innovation et sur ce qu’on entend en général par là. Pour que nous

puissions parler d’innovation, il faudrait qu’il

y ait conjonction de 3 conditions essen-

tielles : une idée à la base, qui n’est pas for- cément nouvelle, sa mise en œuvre sur le plan pratique et la création de la valeur ajoutée économique qui résulte de sa mise en œuvre. Par ailleurs, il peut sembler, parfois, que l’in- novation ne concerne que le domaine de la technologie, ce qui n’est pas toujours vrai. L’innovation touche également d’autres domaines de la vie de l’entreprise dont notamment le management et l’organisa- tion. Elle peut aussi être institutionnalisée, ce qui se traduit nécessairement par la mise en place de structures dédiées à la recherche et au développement, avec des budgets conséquents, ou, au contraire, pratiquée d’une manière moins institutionnalisée à différents niveaux de l’entreprise. En ce qui concerne nos métiers, en dehors

des innovations de rupture qui sont assez rares, l’innovation est plutôt une chaîne continue de progrès dont les hommes sont

le relais essentiel. Ce que nous recherchons,

c’est l’amélioration continue de nos proces- sus industriels. Bien sûr, l’innovation peut venir de l’extérieur : on peut, par exemple, acheter des brevets de fabrication. Mais la plus intéressante pour nous est plu- tôt celle qui vient de l’intérieur de l’entrepri-

se : il faut savoir l’identifier et la valoriser. On doit considérer que tout opérateur a un potentiel d’innovation ; elle revêt une forme assez particulière, elle se révèle dans le geste quotidien. Il faut encourager les agents à exprimer leurs idées, à formaliser leurs « petites » inventions. Bien sûr, tout ne sera pas breveté. Mais prenez par exemple un agent qui trouve le moyen de prolonger

la durée de vie d’un roulement : ça n’a l’air

de rien mais appliqué à l’échelle du Groupe

sur l’ensemble des utilisateurs de roule- ments, imaginez l’optimisation de temps et de coût ! Pour valoriser tout ce potentiel, le Groupe OCP a encouragé la mise en place de groupes de créativité dont le nombre est actuellement de près de 400, entre cercles

de qualité, groupes PM, groupes d’études… qui apportent constamment des idées d’amélioration ou des solutions à des pro- blèmes ponctuels généralement en rapport avec le travail quotidien. Ils font avancer l’in- novation et perpétuent la culture de l’amé- lioration continue dans l’entreprise. Mais pour capitaliser sur les innovations, nous devons aussi faire un travail de mémoire. C’est pourquoi nous avons créé au sein de la DRI une Cellule Innovation et Technologie qui met en forme tout ce qui a été retenu comme exploitable.

Quels sont les enjeux de la recherche et de l’innovation dans les métiers du phosphate ?

D. M. : Depuis sa création et jusqu’aux années 70, l’OCP avait pour principale ambi- tion de vendre un maximum de phosphate, une stratégie liée au fait que le minerai extrait à cette époque, était un phosphate de haute teneur, nécessitant très peu de traitement. Nous ne subissions pas de pression du mar- ché. Donc, nous ne ressentions pas le besoin de beaucoup investir dans la recherche dans le domaine de l’extraction et du traite- ment des phosphates.

« la Recherche, indispensable pour régler les problèmes de corrosion, d’économie de l’eau, de qualité des produits et d’environnement… »

Ce besoin est apparu dans les années 1980. Etant parvenu sur la majorité de nos sites aux couches II et III, il nous fallait trouver des techniques de valorisation du phosphate basse teneur. Sachez par exemple qu’au- jourd’hui le phosphate basse teneur extrait à Gantour et Ouled Abdoun dans ces couches est inutilisable tel quel. L’exemple le plus révélateur à cet égard est le procédé de la flottation inverse qui a été développé en interne pour, justement, per- mettre de traiter et valoriser le phosphate extrait dans les couches précitées. Aujourd’hui, nous disposons d’une usine pilote au niveau de Khouribga et il est prévu d’en construire une nouvelle unité avec une

est prévu d’en construire une nouvelle unité avec une plus grande capacité. De même, le projet

plus grande capacité. De même, le projet d’une nouvelle unité de lavage/flottation est actuellement en cours de finition à Youssoufia. Le développement des unités de valorisa- tion chimique a aussi largement encouragé la recherche. Nous pouvons citer l’exemple de la concentration de l’acide phosphorique qui se fait actuellement selon un procédé développé en interne. L’OCP compte aujourd’hui plusieurs unités de ce type. Enfin, la recherche est aujourd’hui indispen- sable pour aborder certaines probléma- tiques majeures de l’entreprise : la corrosion, l’économie de l’eau, la gestion de la qualité de nos produits, ou encore, nous y revien- drons, la prise en compte de l’impact de nos rejets sur l’environnement.

Un potentiel aussi précieux se doit d’être protégé : Comment s’organise la filière de la propriété industrielle ?

D. M. : Inutile de rappeler que le fait de bre- veter un procédé nouveau ou de protéger un savoir-faire développé en interne confè- re des avantages stratégiques et commer- ciaux indéniables par rapport à la concur- rence. Le brevet en tant que tel peut aussi être valorisé et faire l’objet de concession de licence. Aujourd’hui, il faut bien le dire, nous ne les protégeons pas assez. Peut-être avons-nous jusque-là sous-estimé ce que représentent ces petites innovations quotidiennes en forme d’astuces, contenues dans les gestes répétés de nos opérateurs. Elles ont pour- tant souvent aidé à réduire la consomma- tion d’énergie, améliorer la durée de vie d’une peinture, d’un roulement… Notre personnel n’étant pas forcément familiarisé avec la propriété industrielle et n’ayant toujours pas le réflexe « brevet », nous travaillons à changer nos pratiques en la matière. Un chantier de taille dans lequel la DRI doit pleinement jouer son rôle d’ac- compagnement et d’encouragement à la pratique innovante, et ce dans le cadre du projet « Propriété Industrielle ». Pour cela, nous entretenons des relations avec des organismes marocains comme l’OMPIC, mais aussi avec des organismes étrangers comme le cabinet français ORES. Bien entendu, le choix de l’organisme va se faire en fonction des besoins et de la nature de la prestation à assurer. La zone géogra-

L’entretien

phique concernée par la protection inter- vient également dans ce choix. Enfin, après la protection, il faut aussi penser à valoriser ces idées. Ne pouvons-nous pas avoir l’ambition de vendre nos propres technologies ? Aujourd’hui, nous sommes en mesure de le faire pour certains procé- dés développés en interne pourvu que ceci n’aille pas à l’encontre des intérêts du Groupe. Disons pour conclure sur ce point qu’en matière de recherche et d’innovation, nous avons toutes les cartes en mains pour en faire un vrai métier de l’entreprise et une niche de rentabilité. Il suffit de développer une vision globale, en cohérence avec la stratégie du Groupe.

La recherche se consacre aujourd’hui en priorité à la question cruciale de l’environnement, laquelle est liée à la composante qualité. Où en sommes-nous précisément dans ces domaines ?

D. M. : En effet, un des enjeux majeurs de la recherche est la prise en compte de la double composante qualité/environne- ment. Et il ne s’agit pas du tout d’incanta- tions ! Dans un contexte mondialisé, l’OCP doit pouvoir offrir un produit qui réponde aux normes internationales. Dans notre domai- ne, environnement et qualité du minerai sont intimement liés. La pression du client s’exerce à ce double niveau : notre produit doit répondre à la demande du client en termes d’exigences qualitatives de teneur en cadmium, magnésium, sulfate et arsenic ; il doit également pouvoir défendre des pra- tiques environnementales sans faille. Ainsi, au Cerphos, nous consacrons une part importante de notre activité à la qualité :

assistance en matière de qualité, audits qua- lité, formation à la qualité sur site, mise en place de systèmes de qualité. En matière d’environnement, nous opérons sur des missions de contrôle des rejets solides, liquides et gazeux et nous appor- tons notre contribution au développement de procédés propres. Ces exigences normatives, loin d’être de véritables contraintes, constituent pour nous des opportunités réelles pour amélio- rer nos procédés et développer notre champ d’expertise en la matière. D’ailleurs, le sens de notre métier nous impose d’agir

toujours en anticipant les évolutions futures notamment dans le domaine de la régle- mentation environnementale.

Recherche et innovation sont l’avenir de nos métiers. Comment encoura- ger les vocations ? Comment s’orga- nise la filière de formation et de pro- motion de ces métiers ?

D. M. : La dimension innovation industrielle au sein de l’entreprise doit être perçue en tant que processus impliquant différents acteurs internes. Les mécanismes d’articula- tion entre ses différentes composantes ont été mis en place par la DRI, mais ne sont pas suffisants. Il faudrait accompagner ce pro- cessus pour pouvoir capitaliser toutes les idées inventives et les projets innovateurs. Ceci passe par la définition des rôles et des attributions des différents acteurs interve- nants dans une perspective de rationaliser davantage la prise en charge des idées inventives et des projets innovateurs pour mieux les valoriser.

« Dans notre domaine, environnement et qualité du minerai sont intimement liés. »

Donc, il y a là des synergies à développer en interne notamment entre la DRI et les Pôles Mines et Chimie qui sont les plus concernés mais pas les seuls. Dans ce cadre, nous avons tous œuvré pour la mise en place de Comités de Sélection Locaux, avec un Comité Mines (CSM), un Comité Chimie (CSC) et un Comité DRI qui va fédérer les autres entités du Groupe. Une Commission Centrale d’Innovation (CCI) chapeautera ce réseau. Ces Comités de Sélection des pôles et de DRI identifieront, chacun en ce qui le concerne, parmi les travaux et les projets pilotes réalisés à leur niveau, ceux qui ont un caractère innovateur et statueront sur la répartition des réalisations, identifiées en trois catégories " A ", " B "et " C ". Catégorie « A » : réalisations à protéger juri- diquement par voie contractuelle ou par le biais de brevet ; Catégorie « B » : réalisations à capitaliser et à valoriser en interne ; Catégorie « C » : réalisations à répertorier au niveau du Centre de Documentation et des ULD.

Ce premier niveau d’analyse sera assuré par les directions chargées de l’amélioration au niveau des sites. La Commission centrale, quant à elle, aura à statuer sur les différents projets qui lui seront soumis sur la base de l’examen des dossiers des réalisations techniques proposés par les Comités de Sélection. Elle se prononcera également sur la suite à leur réserver « à pro- téger » et/ou « à capitaliser ». Parallèlement, elle assurera un rôle de communication vis- à-vis des autres entités du Groupe, pour un meilleur partage de l’information et une mutualisation des expériences. Pour sensibiliser les acteurs concernés sur l’importance de la capitalisation des savoirs et savoir-faire de l’entreprise et promouvoir la dimension innovation au sein du Groupe, des actions de sensibilisation ont été réali- sées et ont permis de mutualiser cette pré- occupation. Pour accompagner cette dynamique, nous avons mis en place un comité de pilotage de l’innovation, au niveau du Groupe, qui va se décliner en 3 sous-comités qui seront chargés de la collecte des idées, de leur valorisation et de l’accompagnement en termes de sensibilisation, de formation et de communication de proximité autour de la thématique de la créativité. Sur le terrain, le Comité de pilotage propose la prise en charge de l’innovation au niveau de chaque division par un « Innovacteur ».

Driss Msatef est diplômé de l’École Mohammadia d'Ingénieurs (EMI)

de l’École

Nationale Supérieure de Géologie (ENSG) de Nancy et titulaire d’un Doctorat de l’Université de Nancy.

Il a démarré sa carrière à l’OCP en 1977 en tant qu’Ingénieur Études au sein de la Direction de Développement et a occupé depuis plusieurs postes de responsabilité dont celui de Directeur de la SMESI, Directeur du CERPHOS (depuis 1995) et

Directeur Recherche depuis 1999.

CERPHOS (depuis 1995) et Directeur Recherche depuis 1999. de Rabat, et Innovation (*) (*) : La

de Rabat,

et

Innovation

(*)

(*) : La DRI (Direction Recherche et Innovation) por- tait le nom de DRD (Direction Recherche et Développement) jusqu’en 2003, l’occasion de la réor- ganisation structurelle du Groupe OCP.

Table ronde

La problématique de l’eau

L’eau, aujourd’hui une ressource, demain un métier ?

Mieux gérer l’eau dans notre développement industriel, c’est la question qu’OCP Horizons a posée à un groupe de travail volontaire. Réunis en table ronde dans un hôtel casablancais, les intervenants, issus de tous les sites du Groupe, nous ont livré, le temps d’une journée, leurs réflexions documentées et argumentées sur un sujet de moins en moins périphérique.

L’ eau a longtemps été perçue comme une ressource

longtemps été une mode, voire un souci d’image

de l’entreprise citoyenne. Aujourd’hui, la raréfaction de

cette ressource

tral à l’échelle planétaire. Au Maroc, les ressources en eau sont confrontées au double problème de la quantité et de la qualité : climat

pres-

sion démographique, besoins croissants en eau de l’agri- culture, envasement des barrages, pollution domestique et industrielle ne sont que quelques chapitres auxquels

devra faire face le pays dans un avenir proche.

semi-aride marqué par des sécheresses récurrentes,

précieuse en fait désormais un sujet cen-

naturelle illimitée. Par la suite, mieux gérer l’eau a

Mais devant le retard pris en matière d’optimisation de la ressource, l’OCP,entreprise pionnière à plus d’un titre,

de

14 % de la consommation industrielle nationale en

eau

sociales,mais

douce, le Groupe

OCP utilise leau à des fins

également dans les processus de lavage et

peut avoir un rôle exemplaire à jouer. Totalisant près

de flottation ; dans la fabrication d’acide phosphorique ;

dans les circuits de refroidissement des équipements ;

dans la dilution et l’évacuation du phosphogypses et dans la production dénergie. A ce titre, on peut aisément concevoir l’enjeu straté- gique de cette ressource rare pour le développement de notre entreprise. La gestion de l’eau doit ainsi faire l’ob- jet d’un double souci. Sa consommation doit être régu- lée pour plus de rentabilité. Par ailleurs la gestion de l’eau doit répondre à la pression internationale en matière d’environnement : aujourd’hui, les clients de l’OCP demandent des garanties en matière de respect de l’environnement. Au sein du Groupe, les innovations ne manquent pas pour relever le défi d’une meilleure gestion de l’eau. Certaines en sont encore au stade de projet,d’autres, comme le dessalement d’eau de mer, font déjà la fierté des sites où elles permettent déjà de réaliser des écono- mies ou de limiter l’impact environnemental. Retour sur une table ronde qui a fait apparaître que l’eau doit faire l’objet d’un projet global d’entreprise, pour devenir demain un gisement de métiers stratégiques.

Ont participé à cette table ronde :

Pôle Chimie (PC), Direction Maroc Phosphore Jorf-Lasfar (PCJ) : Bouchra Ameur, Chef du service consoli- dation des projets et chef du service amélioration technique ; Abdelali Toufaoui, Chef de la Division pro- duits intermédiaires • Direction Maroc Phosphore Safi (PCS) : Mohamed Mounir Abisourour, Chef du servi- ce énergie et fluides de Maroc Phosphore II ; Younes Merhari, Responsable de l'atelier de traitement des eaux de Maroc Phosphore I • Pôle Mines (PM), Direction des exploitations minières de Khouribga (PMK) :

Abdesslem Zahri, Chef du projet réhabilitation et valorisation du patrimoine • Direction de Phosboucraâ (PMB) : Ali Ghrib, Chef de la Division traitement Laâyoune plage et chef du projet dessalement d’eau de mer par Osmose inverse • Direction des exploitations minières de Gantour (PMG): Mohamed Roudi, Directeur logistique et projets d’amélioration • Direction Stratégie et Développement (DSD) : Mohamed Touzani, Directeur de la stratégie ; Abderrahim Bouziyane, Coordinateur du groupe mines et traitement ; Hatem El Bakkali, Responsable étude et support technique du groupe valorisation sulfurique et utilité • Cerphos (CR): Rachid Mhamdi, Ingénieur Chercheur au laboratoire de recherche en eau et environnement • Direction Recherche et Innovation (DRI) : Es-said Jourani, Responsable des études géologiques de la zone centrale • Direction des Ressources Humaines (DRH): Azzouz Zoubaa, Directeur Développement Social et Communication Interne ; Mohammed Belabadia, Chef du département communication interne et relations sociales ; Narjisse Mahmoudi, Responsable du développement et de l’exploitation des outils de la communication • Animation : Meryem SEBTI, Consultant en communication • Le mot de la fin a été donné par : Mohamed Hamdi, Directeur des Ressources Humaines.

Khouribga l’OCP, un acteur clé de la rationalisation

Khouribga l’OCP, un acteur clé de la rationalisation consommation totale. L’usage domestique, qui couvre les

consommation totale. L’usage domestique, qui couvre les infrastructures sociales OCP, ainsi que les villages miniers cédés aux

trois axes de progrès : communes, représente environ 40% de la la production deau consommation totale. douce, le recyclage des A présent, et après 40 ans de service, l’infra-

eaux de lavage et le trai- structure en place commence à montrer Abdesslem Zahri tement des eaux usées des signes de faiblesse: tarissement des urbaines. forages et risques de contamination de l’eau. Ainsi, la recherche d’autres ressources

en eau devient cruciale pour maintenir la production répondant à la demande jus- qu’en 2020. Pour préparer cette phase transitoire, le

zone Groupe a élaboré plusieurs scenarii en par-

La gestion de leau

sur

le

site

de

Khouribga privilégie

Production d’eau douce

La production d’eau est assurée conjointe-

ment par l’ONEP et l’OCP qui en assurent en même temps la gestion selon un découpa-

ge sectoriel de la ville (zone OCP et

extra OCP). Les besoins en eau douce de la

ville de Khouribga et de ses villages

conjointement par les forages

de l’OCP et ceux de l’ONEP.

19 millions de m 3 sont

l’OCP y contribue à hauteur de 52% environ.

Une infrastructure est dédiée à cette

duction et à son acheminement jusqu’à l’utilisateur final: les installations industrielles

et les infrastructures sociales de l’OCP. La chaîne de production d’eau douce englobe les forages, le système d’adduction, les stations relais, les stations de distribution, ainsi que les châteaux d’eau de Khouribga et Boujniba. Principal consommateur, le secteur du trai- tement des phosphates qui engloutit près de 4 millions de m 3 par an, soit 43% de la

sont assurés

tenariat avec l’ONEP.

miniers Tous ces projets devront être examinés défi-

nitivement entre l’OCP et l’ONEP notam- ment sous l’angle commercial afin d’arrêter

produits par an et conjointement, selon les projets, les modali-

tés de cession ou de gestion déléguée, ainsi que les prix de vente de l’eau à l’OCP.

Traitement des eaux usées

Le dernier axe de la stratégie adoptée en matière de rationalisation de l’utilisation de l’eau dans le centre de Khouribga concerne le traitement des eaux usées. Le réseau d’assainissement de la ville, long de près de 185 Km, permet d’évacuer environ 15.000 m 3 par jour d’effluents liquides dont 2.000 m 3 /j sont acheminés vers la sta- tion d’épuration de l’OCP et le reste vers la

pro-

Trois scenarii pour une meilleure gestion de l’eau à Khouribga

Alimenter le centre de Khouribga à partir des barrages Bin El Ouidane et Aït Messoud, ce qui permettrait d’assurer un débit annuel de 65 millions de m 3 et d’explorer au mieux le systè- me d’adduction OCP avec un coût moindre. L’investissement à engager dans ce projet est estimé à quelque 600 millions de DH ;

Alimenter la laverie Daoui par les eaux nitra- tées, ce qui permettrait de couvrir jusqu’à 50% de la consommation de cette unité et de sécuriser l’alimentation à travers la diversifica- tion des sources d’alimentation, mais aussi de soulager partiellement l’axe d’Ouled Abdellah avec une légère amélioration du débit (45 litres/seconde). L’investissement à engager dans ce projet a été estimé à près de 4,8 millions de DH ;

Laver les phosphates avec les eaux usées après leur épuration, une fois que le projet de construction de la station d’épuration par lagunage serait concrétisé.

station d’épuration municipale. Dans les conditions actuelles, compte tenu du rythme de développement socio-écono- mique de la ville de Khouribga durant ces dernières années, les deux stations d’épura- tion ne suffiront plus à traiter la totalité des rejets liquides de l’agglomération urbaine, y compris les secteurs OCP. D’où l’idée d’une station pilote pour le traitement des eaux usées excédentaires. L’idée maîtresse de ce projet est la préservation des ressources en eau à travers, notamment, la possibilité de réutiliser une partie des eaux usées de la ville à des fins industrielles (lavage du phospha- te). Le principe retenu est le lagunage natu- rel. Dans ce cadre, une étude de faisabilité a été réalisée en 2003 et a permis de vérifier le bien-fondé des hypothèses de travail et des choix techniques de base. Ainsi, une station pilote a été réalisée en 2004. Cette réalisation devrait permettre de récu- pérer près de 5 millions de m 3 d’eau par an et de préserver ainsi la potabilité de la nappe phréatique qui se trouve aujourd’hui menacée par la contamination due aux rejets liquides de la ville.

Lire aussi notre article page 25

La problématique de

Gantour (Benguérir / Youssoufia) Privilégier une vision de long terme

La problématique de l’eau à Gantour s’ins- crit dans une vision à long terme et privilégie deux sphères de progrès : la rationalisation des consommations et la “ M o h a m e d R o u d i pérennisation des res- Mohamed Roudi pérennisation des res- sources disponibles. Les sites de Youssoufia et de Benguerir mobilisent annuellement près de 5 millions de m 3 et en consomment pratiquement autant.

Pour couvrir les besoins futurs sans pénali- ser les ressources des sites, les axes d’efforts suivants ont été identifiés : l’identification de la situation hydrogéologique de la zone, l’exploitation des statistiques des débits d’exhaure et le recyclage des eaux usées urbaines. Sur le long terme, les débits sus- ceptibles d’être mobilisés à partir de l’ex- haure sont estimés à quelque 8.000 m 3 par jour, ce qui représente une production annuelle de près de 3 millions de m 3 par an. Les économies en eau qui seront réalisées à

Le cas extrême de Phosboucraâ

Nul besoin d’insister sur les spécificités “ Nul besoin d’insister de la zone de Boucraâ/ Laâyoune par rapport aux autres sites OCP. de la zone de Boucraâ/ Laâyoune par rapport aux autres sites OCP. La rareté des ressources en eau douce constitue un Ali Ghrib véritable défi et une contrainte structurante pour les activités de production. La région est en effet marquée par une très faible pluviométrie (<160 mm/an). Les quelques nappes d’eau saumâtre du sous-sol de la mine de Boucraâ sont inutilisables. Chargées en sels, ces eaux peuvent tout juste servir à l’arrosage des espaces verts et des pistes de roulage des chantiers d’extraction.

Des contraintes structurantes Ces contraintes ont amené les opérationnels à penser, dès la phase de conception des instal- lations dans les années 1970, à des solutions alternatives et techniquement rentables. L’usage combiné de l’eau de mer pour le lava- ge des phosphates et de l’eau dessalée pour le rinçage des phosphates lavés s’est imposé très tôt comme une solution viable. Phosboucraâ mobilise près de 14 millions de m 3 d’eau par an dont près de 1,08 million d’eau dessalée alors que la capacité de production installée avoisine les 19 millions de m 3 par an. Mais si le pompage de l’eau de mer ne semble pas poser de problèmes particuliers, il n’en va pas de même pour le dessalement de l’eau.

Le dessalement, une technologie à maîtriser La maîtrise de ce procédé passe une connais- sance parfaite des technologies existantes. Mais surtout, ce choix industriel qui mobilise de gros budgets, exige une parfaite maîtrise de la rentabilité et des choix d’investisse- ments à réaliser. S’agissant du coût de production d’eau dessa- lée, il oscille entre 30 DH/m 3 et 50 DH/m 3 si on y intègre le coût de transport jusqu’à Boucraâ (situé à 100 Km des points d’approvisionne- ment ONEP). Réduire les coûts de production d’eau, opti- miser la consommation d’eau au niveau des installations industrielles, gérer l’offre et la demande: tels sont les principaux objectifs que s’est fixés Phosboucraâ. Dans ce cadre, le site s’est doté de 2 nouvelles unités de dessalement d’eau de mer utilisant la technologie d’osmose inverse et autorisant une capacité de production de 2 x 2000 m 3 par jour. Le choix de ce procédé n’est pas fortuit, tant ses avantages sont nombreux par rapport à celui de la turbo compression actuellement en service. Ainsi, près de 48 millions de DH ont été inves- tis pour acquérir ces nouvelles unités, ce qui

inves- tis pour acquérir ces nouvelles unités, ce qui partir des procédés de traitement des eaux
inves- tis pour acquérir ces nouvelles unités, ce qui partir des procédés de traitement des eaux

partir des procédés de traitement des eaux usées représentent quelque 2,5 millions de m 3 additionnels tous les ans.

permettra de réaliser des économies d’environ 28 millions de DH/an, en gagnant notable- ment sur le coût de production du m 3 . Avec cette technologie, on espère abaisser le coût actuel qui est de 30 DH dans une fourchette de 14 à 18 DH. Enfin, un autre axe d’amélioration concerne le remplacement de l’infrastructure de pompage d’eau de mer installée sur le Wharf par la réali- sation de forage sur le rivage. Dans ce cadre, Phosboucraâ a engagé un investissement de près de 50 millions de DH,pour la réalisation de 17 forages d’un débit moyen 280 m 3 /h/ fora- ge.Cette solution reste, selon les études élabo- rées, la plus adaptée aux conditions du site, caractérisé par un courant de sable permanent le long du rivage. En outre, la suppression du transfert du pompage d’eau de mer du wharf affranchi- ra Phosboucraa de très lourds investisse- ments dans la réhabilitation de l’ouvrage. L’économie sur le coût global du plan d’ac- tion est estimée à environ 116 millions de DH. De même, les forages permettront une meilleure gestion entre la demande des unités de production et les quantités pom- pées, ce qui se traduira par une économie estimée à 1,84 million de DH par an. L’eau de mer pompée des forages, de par sa qualité comparativement à celle pompée directement, affranchira de plusieurs traite- ments coûteux exigés par les techniques de dessalement.

l’eau

Jorf-Lasfar Pour une gestion rationnelle de l’eau dans la Chimie

Pour une gestion rationnelle de l’eau dans la Chimie “ Maroc Phosphore pour objectif la production

Maroc Phosphore

pour

objectif la production d’acide phosphorique et d’engrais. Il est composé principalement d’un ate- lier de production d’aci-

de sulfuri que, d’un ate- lier de production d’acide phosphorique, d’un atelier de production d’engrais, d’un atelier de fusion et filtration de soufre, d’une station de traitement des eaux, d’une sta- tion de pompage et de distribution d’eau de mer et d’une centrale thermoélectrique.

Les besoins de la plateforme en eau s’élèvent

sont

satisfaits en eau de mer et 3% sous forme d’eau douce. L’eau de mer est utilisée princi- palement pour le refroidissement, la conden- sation et l’évacuation du phosphogypse. Une bonne partie de l’eau douce est consommée telle quelle dans la fabrica- tion de l’acide phospho-

ri que. L’autre partie subit une opération de déminé- ralisation pour l’utilisation dans la dilution de l’acide sulfurique et dans l’alimen- tation des chaudières. Compte tenu des récentes et futures extensions de la plate forme, un plan d’ac- tion pour une gestion rationnelle de l’eau a été mis en place. Pour l’eau douce, ce plan consiste au recyclage des effluents de régénération des chaînes de déminéralisation, à la réduction des eaux de service de régénération et la réalisation d’une fosse de récupération des eaux de pro- cédé au niveau de l’atelier phosphorique. L’ensemble de ces actions permettra d’éco- nomiser 2,55 millions de m 3 par an. Pour l’eau de mer, le plan prévoit le recycla- ge d’environ 9000 m /H d’eau de refroidis- sement de la centrale vers l’atelier sulfu-

3

à 1,73 millions de m 3 par jour, dont 97%

Abdelali Toufaoui

ri que ainsi que deux autres projets phares. En effet l’équipe de PCJ a développé une

à récupérer

l’énergie thermique dissipée dans l’eau de mer par les unités sulfuriques pour produire

de l’eau dessalée. Cette technique constitue

économique-

ment intéressante pour notre industr ie du fait qu’elle ne fait pas appel à la consomma- tion de carburant dont le coût représente au minimum 80% du coût de revient de

l’eau dessalée. Cette technique permettra

de produire, par unité, environ 10 000 m 3 par

en conséquence, permettra une

contribution importante dans la préserva- tion des ressources en eau de la région. Le deuxième projet, HRS ‘’Heat Recovery System’,’ permet aussi de récupérer l’énergie dissipée dans l’eau de mer de refroidisse- ment des unités sulfuriques pour produire de la vapeur et en conséquence de l’éner-

Jorf

Lasfar

a

idée originale qui consiste

aujourd’hui une alternative

jour et,

qui consiste aujourd’hui une alternative jour et, gie électrique. Ce projet inscr it dans le cadre

gie électrique. Ce projet inscr it dans le cadre du MDP permettra d’éviter une émission d’environ 90 000 T CO 2 /an dans l’atmosphè- re et de réduire la consommation d’eau de mer de 2800 m 3 /h pour deux unités. Ce pro- jet contribue donc à la protection de l’envi- ronnement aussi bien au niveau national qu’international.

(lire notre article MDP page 26)

Le CERPHOS, la Recherche en eau et environnement

page 26) Le CERPHOS, la Recherche en eau et environnement s actions menées par de Recherche

s actions menées par

de

Recherche

Environnement (LREE) rele- vant du Cerphos s’inscrivent dans une perspective d’ac- compagnement du tissu industriel national. Elles se

et

Le

le

laboratoire

en

Eau

Rachid Mhamdi

focalisent particulièrement autour de problématiques importantes aussi bien pour l’industrie que pour la collectivité, notamment la rationalisation des ressources en eau et la protection de l’environnement. Ce labo- ratoire effectue des études et des recherches dans le domaine de l’eau, depuis l’optimisation et la gestion des ressources en eau, jusqu’à la sur- veillance et les mesures liées à l’eau.

la sur- veillance et les mesures liées à l’eau. Dans ce cadre, le LREE développe un

Dans ce cadre, le LREE développe un savoir-faire reconnu notamment dans les domaines du contrôle et des analyses des eaux et des rejets, ainsi que le développement des procédés de traitement des eaux industrielles, des eaux d’ir- rigation, des eaux usées urbaines…

des eaux d’ir- rigation, des eaux usées urbaines… D’importantes ressources et des moyens tech- nologiques

D’importantes ressources et des moyens tech- nologiques avancés sont mobilisés pour per- mettre au Laboratoire de réaliser les différentes missions qui lui sont dévolues, selon les stan- dards adoptés à l’échelle internationale. Comme il s’appuie sur un réseau d’experts dans le domaine de l’eau aussi bien sur le plan natio-

nal qu’international.

La problématique de l’eau

Safi

Récupérer

l’eau et l’

économiser

de l’eau Safi Récupérer l’eau et l’ économiser “ Si te historique de la chimie, Safi

Si te historique de la chimie, Safi par- tage les mêmes pro- blématiques que le complexe de Jorf Lasfar dans le domaine de la rationalisation de la gestion de l‘eau.

Mohamed Mounir

Regroupant essentiel- Abisourour lement 3 unités opéra- tionnelles, Maroc Phosphore Safi mobilise annuellement près de 22 millions de m 3 d’eau. L’acheminement de l’eau douce depuis la digue de Safi jusqu’à la plateforme industrielle est assuré par 3 conduites de 14 Km. L’eau drainée est ensuite traitée, pour produire différentes qualités destinées à des utilisations spécifiques : eau filtrée, eau démi-

néralisée, eau desilicée et eau potable. Pour répondre à la double nécessité d’opti- miser la consommation en eau et d’en ratio- naliser l’usage, plusieurs actions sont menées localement, selon deux axes stratégiques: la récupération des eaux après utilisation et l’économie de l’eau. En matière de récupération des eaux utili-

sées, près de 1 million de m

3 d’eau est

annuellement récupéré et réutilisé par les différentes unités et installations du com- plexe, ce qui représente environ 5% du besoin global en eau de la plateforme indus- trielle.

En matière d’économie d’eau, les actions engagées dans ce domaine permettent annuellement d’économiser près de 733.200 m 3 d’eau.

d’économiser près de 733.200 m 3 d’eau. D’autres rejets non récupérables portent sur un volume

D’autres rejets non récupérables portent sur un volume d’environ 1,1 million de m 3 prove- nant pour l’essentiel de la laverie de phos- phate. Avec l’arrêt de cette unité de lavage prévu à l’horizon 2007/2008, Maroc Phosphore Safi espère réaliser des écono- mies en eau de près de 3 millions de m 3 par an.

Le point de vue d’Abderrahim Bouziyane, coordinateur du groupe mines et traitement

Des diverses com-

munications faites, il se dégage que la res- source EAU est un élé- ment indissociable et

incontournable

du

développement

du

les acides ou Globalement,

3

du développement du les acides ou Globalement, 3 Groupe. Les quantités d’eau consommées pour extraire,

Groupe. Les quantités

d’eau consommées pour extraire, traiter le

phosphate, ou produire engrais sont importantes.

pour ses besoins social et industri el, ce sont

près d’un milliard de m d’eau de mer et 60

millions de m 3

d’eau douce qui sont

consommés pour le traitement du phos-

phate et pour sa valorisation. On peut ainsi

calculer la facture d’eau :

environ 1 $/s pour assurer ses besoins en eau ! Compte tenu de la croissance de la deman- de en eau à l’échelle nationale, de la raréfac- tion de cette ressource projetée par les cli- matologues pour le Maroc à moyen et long terme et où le seuil de stress de 400 m 3 /habitant serait atteint en 2020, la pénu-

l’OCP débourse

rie d’eau qui en découlerait constituerait l’handicap majeur au développement du Groupe. Considérant l’aspect environnemental, les exigences de réduction des rejets et de leurs contrôles constituent une composan- te active dans l’équation de développe- ment du Groupe OCP. Notre entreprise dispose, depuis longtemps, d’entités chargées du suivi et de la gestion de l’eau pour satisfaire les besoins locaux au

niveau des sites. Aujourd’hui, si l’on considère la dimension nationale donnée à la gestion de l’eau et à

son affectation ; les textes de loi destinés à en limiter les accès ; et la création d’entités chargées de la gestion des bassins, il devient opportun de mettre la stratégie eau au cœur de la stratégie globale de développe- ment du Groupe. Cela se fera en mettant en place une structure centrale chargée de la

consolidation, de la capitalisation

et de

l’élaboration de la vision globale de la ges-

tion de l’eau en adéquation avec le déve-

loppement du Groupe. ”

Quelques recommandations

Mettre en place une veille hydrique assi- gnée à une entité centrale chargée de la capitalisation et de l’harmonisation de la « stratégie EAU » de l’OCP.

Elle assurerait :

- L’intégration des nouvelles technolo- gies de dessalement, de traitement des eaux et des rejets ;

- Le suivi de l’utilisation de l’eau : mettre en place des indicateurs technico-éco- nomiques de suivi, développer la ratio- nalisation, l’optimisation, ainsi que les technologies de substitution.

- En partenariat avec les pouvoirs publics, l’élaboration des textes de loi et leur application.

• Développer partenar iats et coopération

avec l’ONEP, les collectivités locales et les entités chargées de la gestion des bas- sins (partage des infrastructures, optimi- sation des investissements et recherche des ressources de substitution).

Développer les métiers de l’eau à l’OCP.

Sur le terrain

Sur le terrain R eportage sur le site de K houribga Berceau de l’OCP et terreau

R

eportage sur le site de

K

houribga

Berceau de l’OCP et terreau d’innovations

Au mois de juillet dernier, toute l’équipe d’OCP Hor zons s’est rendue à Khour bga pour un reportage

de deux jours sur le terrain. Pourquoi Khouribga ? D’abord parce que le premier numéro de notre nouvelle revue ne pouvait pas débuter ailleurs qu’aux sources de l’entreprise. Berceau de l’OCP, Khouribga nous a d’abord rappelé ce qu’est une implantation phosphatière. De l’ex- traction au traitement, les hommes de l’opérationnel ont guidé nos pas et répondu à toutes nos ques- tions avec toujours le même souci de précision.

Site historique par excellence, Khouribga est aussi un formidable terreau d’innovations. Pendant les deux jours qu’aura duré ce reportage, nous avons pu constater que chaque machine ou procédé émane d’une longue chaîne d’innovations dont les hommes sont le relais attentif.

Khouribga, enfin, parce que le site expér mente des solutions de long terme pour l’avenir de nos régions minières et pour le développement durable de notre pays. Demain, des forêts d’oliviers et d’ar- ganiers sur les surfaces remuées et les bassins d’argile ? C’est dans ce souci que travaillent les hommes chargés de la réhabilitation des sites miniers.

i

i

i

Des techniques d’extraction en constante amélioration

S ituée à 120 Km au Sud-Est de Casablanca, la zone de Khouribga constitue la plus impor-

tante zone de production de phosphates du Groupe OCP, avec une capacité d’extraction

de 18 Millions de tonnes par an. Actuellement, trois mines à ciel ouvert sont en exploita-

A l’OCP, l’innovation est un métier

Des process revus et corrigés pour optimiser les rendements et mieux vivre dans son environne- ment :

Révision générale de la dragline M7900 acqui- se en 1965 ;

Adoption et développement des tirs séquen- tiels au lieu des tirs conventionnels par cor- deau détonant ;

Revamping de la trémie Krupp

Amélioration de la méthode de décapage par D11 (Slot dozing)

tion : la mine de Sidi Daoui, la mine de Mera et la mine de Sidi Chennane. L'extraction du phosphate à Khouribga a commencé en février 1921 par

Phosphates. Elle s’est d’abord faite en souterrain et ne concernait qu'un seul niveau phospha- Chennane

té : la couche 1. Dès 1951, l’exploitation en découverte démarre à Sidi Daoui. Depuis 1994, la Evolution de la M8400 sur les anciens déblais

zone de Khouribga n’a plus de mine souterraine.

Aujourd’hui, le site pérennise son activité grâce à un ensemble d’améliorations visant à la fois

à optimiser les surfaces remuées, à respecter les agglomérations proches des sites, mais aussi

à répondre à une demande toujours plus exigeante en seuils des éléments pénalisants, et avec le souci d'une meilleure récupération et préservation des teneurs en place. OCP Horizons a rencontré El Haj Karrouache, Chef de la division extraction Daoui-Sidi

du

Chennane, qui nous dresse un tableau des principales améliorations qui font la fierté Groupe et la pérennité du site.

page par bulldozers D11 inadéquat. On a

l'Office Chérifien des l’affectation classique sur le primaire à Sidi

Affectation de la M8400 sur le B/C1 au lieu de

à Daoui ;

Installation dun système de télégestion des machines de chantier permettant le suivi en temps réel de leurs performances ;

Installation d’une 3 ème stockeuse à la Zone Centrale Nord à MEA

Confection d’un grand porte char pour les D11

Mise en place de la démarche TPM à la Direction Production Minière et obtention du Prix PM dExcellence de 1 ère catégorie en 2004 ;

ensuite utilisé la dragline M7900. Là se Amélioration de la conception des machines

posait alors le problème de la stabilité de la

280B1 et 280B2, notamment au niveau des

machine sur le souterrain. systèmes de translation (utilisation de roule- ments au lieu des bagues) et du système de freinage (utilisation de frein à disques au lieu

de freinage (utilisation de frein à disques au lieu Avez-vous finalement trouvé une solu- t i

Avez-vous finalement trouvé une solu-

tion qui permet de récupérer le phos- Réhabilitation des sites miniers.phate sans mettre en danger les hommes et les installations ?

du frein à bande).

E. K. : Tout à fait. Nous avons mis au point une nouvelle méthode de décapage assu-

rant une sécurité totale du personnel et de la machine. Elle consiste à placer la machine sur une plate-forme aménagée dans la tranchée adjacente vide et déjà exploitée. Cette même

pas méthode a été améliorée vu que la machine

année 1999

année 1999

année 2002

année 2002

Les méthodes de décapage en 1999 et 2002.

1999 année 2002 Les méthodes de décapage en 1999 et 2002. Le site de Khouribga a

Le site de Khouribga a abandonné l’ex- ploitation en souterrain. Aujourd’hui ces gisements sont-ils abandonnés ?

El Haj Karrouache : Non, ils ne sont

abandonnés. La fermeture de la recette X en 1993 marque en effet l’arrêt définitif de l’ex-

ploitation souterraine à Khouribga. Jusqu’à cette date, l’enlèvement du phosphate en souterrain ne concernait qu’une seule Ces efforts sont-ils rentables ?

couche phosphatée alors que les autres E. K. : Ils le sont. Cette nouvelle méthode a

couches, qui représentent 80% des réserves

permis, d’abord de valoriser un gisement de

exploitables, étaient abandonnées. On s’est 46MT considéré alors comme perdu ; ensui-

bien sûr demandé comment récupérer ce te de gagner 18MDh par rapport à la

phosphate. Les premiers essais de récupéra-

tion du phosphate des mines

à loptimisation du

peut découvrir deux niveaux différents au niveau de deux tranchées adjacentes.

méthode classique suite

transport et du casement.

souterraines

ont été réalisés en 1994 en utilisant des bull- dozers D11 pour les recouvrements relative-

ment faibles. Mais on a rapidement

confronté aux problèmes

été

On sait que les techniques d’extraction

dinstabilité du peuvent être extrêmement nuisibles pour

parement et d’affaissement du primaire les riverains. Que proposez-vous pour même après l’utilisation de l’explosif. réduire ces nuisances en milieu urbain ?

Plusieurs essais ont permis de remédier à E. K. : Comprenons bien d’abord les procé-

ces problèmes, mais laugmentation des

dés utilisés. L’extraction à ciel ouvert dans

hauteurs de recouvrement a rendu le déca- les mines de la zone de Khouribga suit les

Sur le terrain

quatre stades opératoires qui sont la fora- tion et le sautage ; le décapage ; le défruita- ge et le transport ; et enfin, l’épierrage et le criblage. Phase particulièrement sensible, le sautage consiste en la destruction de la cohésion des niveaux forés et la fragmentation du ter- rain qui en facilite la manutention à l’aide des machines excavatrices. Le bon déroule- ment du processus dépend donc de la réus- site du sautage.

du processus dépend donc de la réus- site du sautage. Utilisé pendant longtemps, l’amorçage laté- ral
du processus dépend donc de la réus- site du sautage. Utilisé pendant longtemps, l’amorçage laté- ral

Utilisé pendant longtemps, l’amorçage laté- ral par cordeau détonant présentait plu- sieurs inconvénients. Un niveau de vibra- tion considérable, vue l’importance de la charge instantanée d’explosif. Une nuisance sonore très élevée due à la détonation du cordeau en surface. Des projections sur une distance de 500m qui nécessitaient d’éloi- gner tout équipement se trouvant dans l’entourage de la zone à risque. Enfin, le faible rendement de l’explosif qui n’attei- gnait pas son régime de détonation puisque le bourrage est enlevé rapidement. Aujourd’hui, nous proposons une solution ingénieuse. Le tir séquentiel en fond de trou a permis de réduire les vibrations de 50% ; le bruit, de 20% ; enfin, les distances de projec- tions, de 50%. La généralisation de ce mode d’amorçage a permis aussi une diminution des dosages en explosif de 16 à 20%, ainsi que la récupération d’un gisement aban- donné, vu sa proximité d’infrastructures à risque : château et conduites d’eau, ville

Dernier marathon pour Marion M8400

Il fallait le faire… Transporter la dragline Marion M8400 de Sidi Daoui vers Sidi Chennane. Pourtant, nos équipes sont venues à bout de cette opération pharao- nique. Retour sur une aventure peu commune avec El Haj Karrouache, Chef de division Extraction.

L a mine de Sidi Daoui est la première

exploitation à ciel ouvert de l’OCP à

Khouribga. Après son démarrage en

1951, le secteur a vu son parc matériel ren- forcé en 1968 par l’acquisition de la dragline Marion M8400, destinée à augmenter la capacité de production de la zone. Mais en juillet 2003, après 171 000 heures de marche, prenait fin la mission de Mar ion au

secteur Sidi Daoui. Il lui fallait rejoindre son nouveau lieu d’affectation : Sidi Chennane. La dragline M8400 étant un moyen matér iel particulièrement névralgique de la direction

de production,

transfert devait être bien pesé. Il devait sur-

tout faire

D’abord un risque de détérioration du camembert et du chemin de roulements ; ensuite un risque de casse des organes du système de translation ; enfin, le risque que ces détériorations conduisent à immobiliser la machine pour une durée pouvant atteindre 18 mois, entraînant une perte en production de 4,5MT. Pour le transfert, on proposait trois scénarios possibles : démontage et remontage ; trans- port par porte-char ; déplacement par ses propres moyens. Le choix s’est finalement porté sur le dernier scénario, qui permettait de réaliser le dépla-

cement dans un délai réduit et à moindre coût dans le respect des règles de sécurité afin de préserver l’état de la machine. Le troisième scénario évitait en outre un inves- tissement de 30MDh pour l’acquisition d’un porte-char des USA. Le 24 Septembre 2003, dès son arrivée au secteur Sidi Chennane, la M8400 reprenait son service.

le choix de son mode de

face

à

trois

r i sques

majeurs.

le choix de son mode de face à trois r i sques majeurs. C’est ainsi que
le choix de son mode de face à trois r i sques majeurs. C’est ainsi que

C’est ainsi que la dragline M8400 a parcouru 32 Km en 45 jours, sans enregistrer le moindre incident et en préservant son état mécanique et électrique, éléments confirmés par une expertise internationale.

Fiche Technique

Poids Capacité du godet Longueur de la flèche Dimensions :

: 3 100 Tonnes : 100 Tonnes : 87 Mètres

- Longueur

: 40 Mètres

- Largeur

: 26 Mètres

- Hauteur

: 36 Mètres

Tension d’alimentation Vitesse de déplacement

: 6 600 Volt : 180 m/h

Volume remué annuellement :

Date de mise en service

10 à 12 million m 3

: 1970

La flottation une nouvelle technique d'enrichissement des phosphates

E ntré à l’OCP en 1999, Fayçal Benameur intègre la laverie flottation de Daoui. Il a super-

visé le démarrage de l’usine après un stage dans le pilote pour accompagner son pro-

jet de titularisation. Depuis les premiers essais concluants en mars 2000, il gère une

unité de pointe en faisant preuve d’écoute et de disponibilité, mais surtout en fédérant les hommes autour d’un projet phare de l’entreprise et en faisant valoir la qualité d’un travail d’équipe. La flottation, un sujet qu’il connaît bien pour l’avoir abordé sous l’aspect théorique puis pra- tique, Fayçal Benameur l’expose pour OCP Horizons.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi dont le rôle est de rendre hydrophobe la consiste exactement le procédé de la surface des grains de solide que l'on désire flottation ? flotter, de telle manière qu’elle ait une plus Fayçal Benameur : La flottation est un pro- grande affinité pour l’air que pour l’eau. cédé de séparation de solides relativement récent puisque les premières applications Concrètement, comment cela se fait-il ? industrielles datent des années 1905-1910. F. B. : A létat naturel, la plupart des miné- Son importance est largement démontrée raux adhère à l’eau et non à l’air ; ils sont en valorisation des minerais. Au Maroc, la hydrophiles et aérophobes (à quelques majorité des mines (CMG, CTT, SMI, Samine, exceptions près, comme le charbon, le talc,

la molybdénite… qui sont peu mouillables

CMT) utilisent ce procédé.

D’autres domaines industriels appliquent par l’eau et possèdent une flottabilité natu- également la flottation : je citerais l’industrie relle). papetière pour la purification des vieux Pour les rendre hydrophobes et aérophiles, papiers (désencrage), l’industrie du traite- on accroche à leur surface une substance ment des eaux, ainsi que le traitement des hydrocarbonée aérophile. Par conséquent, déchets ménagers ou industriels. des réactifs chimiques créent une jonction Ce procédé utilise les différences de pro- entre la surface du solide et l’air. On emploie priété des interfaces entre les solides, une le plus souvent des corps hétéro polaires solution aqueuse et un gaz (l’air le plus sou- (des composés organiques dont la molécu-

vent). Il fait appel à la chimie de surface le comporte deux parties bien distinctes) :

puisque c’est la surface de la particule Un groupe hydrocarboné non polaire, qui

minéralisée qui permet sa séparation par est attiré par l’air parce qu’il est hydrophobe

Un groupe polaire, généralement ionisé ou ionisable, qui est sorbé à la surface du

flottation, et non une propriété d’ensemble (volume, densité) comme pour d’autres

techniques comme la gravimétrie. minéral à flotter. En gros, la flottation se décompose ainsi : Ces réactifs sont appelés « collecteurs », et Les particules solides que nous désirons leur action constitue l’étape la plus impor- séparer doivent d’abord passer par une tante de la flottation.

étape de communition plus ou moins pous- D’autres réactifs « modificateurs » sont utili-

sés afin de rendre sélective l'action du ou des collecteurs par activation ou par

sée (broyage, attrition en pulpe épaisse….) pour atteindre une certaine maille que l’on

appelle communément maille de libération dépression. On dit qu'un solide est activé à partir de laquelle tous les constituants lorsque, ne flottant pas avec une combinai- sont libérés, on a alors des grains mono- son donnée de réactifs comprenant un col- minéral dont on veillera à ce que les états lecteur, l'addition d'un nouveau réactif, l'ac-

de surface soient aussi propres que pos- tivant, le fait flotter. Et on dit qu'un solide est sible. La pulpe ainsi obtenue doit subir un déprimé lorsque, flottant avec une combi-

traitement avec certains réactifs chimiques

naison donnée de réactif, l'addition d'un

f , l ' a d d i t i o n d ' u n

nouveau réactif, le déprimant, l'empêche de flotter. Enfin, pour rendre possible la flottation, il reste à obtenir des bulles d’air stables capables d’accrocher les minéraux hydro- phobes et les maintenir dans une mousse

persistante. Pour stabiliser les bulles, on utili- se des « moussants » qui modifient la ten- sion inter faciale liquide-gaz sans quoi les bulles d’air vont éclater dès leur remontée à

la surface et les grains qu’elles portent vont

aussitôt replonger dans la pulpe. Ces mous- sants sont des molécules hétéro polaires dont le groupe hydrocarboné est orienté vers l’air, mais dont le groupe polaire, de pré- férence non ionisable, est attiré par le dipô-

le qu’est l’eau.

En définitive, on utilise trois types de réac- tifs: les collecteurs, les modificateurs (acti- vants & déprimants) et les moussants.

A la fin de la phase de conditionnement où

se fait le mélange avec tous ces réactifs, la

surface des particules constituées de la phase solide que l'on désire séparer est seule devenue hydrophobe, ce qui permet de réaliser une flottation différentielle. La pulpe ainsi conditionnée est alors introdui- te dans les cellules de flottation où sont

engendrées ou dispersées des bulles d’air dans la suspension. Les bulles d’air et l'agent surfactant (le moussant) vont se fixer sur les particules dont la surface est hydrophobe. Sous l’action de la poussée d’Archimède résultante, l’ensemble (particule + bulle) flotte à la surface de la cellule. Suivant la quantité et le type de moussant, on peut former une écume dynamiquement stable

à la partie supérieure de la cellule de flotta- tion, dans laquelle vont se rassembler les

Sur le terrain

Sur le terrain particules qui flottent. L'écume enrichie en phase solide à séparer est ensuite dégagée

particules qui flottent. L'écume enrichie en phase solide à séparer est ensuite dégagée par raclage ou par simple débordement.

Et pour le minerai de phosphate, com- ment procède-t-on ? F. B. : L’aptitude à l’enr ichissement par flot- tation des minerais de phosphate dépend étroitement du degré d’association des minéraux, de leur texture et de la nature des minéraux porteurs des impuretés. Ainsi, les minerais d’origines ignées (comme c’est le cas en Amérique), à gangue princi- palement silicatée ou carbonatée présen- tent une bonne aptitude à l’enr ichissement par flottation, car ils sont constitués d’apati- te peu substituée et de minéraux de l’exo- gangue de bonne cristallinité, donnant, après broyage, des particules de surface spécifique et de rugosité faible. l’assemblage de cristallites d’apatite, ce procédé qu’il a d’ailleurs breveté et qui a

En revanche, l’enrichissement des minerais qui conduit à une consommation élevée prouvé son efficacité tant au niveau labora- sédimentaires (comme cest le cas du Maroc de réactifs lors de la concentration et un toire et pilote qu’à l’échelle industrielle à et de la grande partie des réserves mon- abaissement de la sélectivité d’absorption l’unité de flottation de la laverie Daoui. diales) contenant une forte proportion de des collecteurs, notamment en présence Ce procédé consiste en une flottation inver-

se des carbonates et des silicates. Pourquoi

gangue carbonatée soulève quelques diffi-

cultés. sés comme les argiles et carbonates cryp- inverse ? Parce qu’au lieu de flotter le mine-

to-cristallins. rai de valeur (ce qui se fait en flottation clas-

a la complexité de distribution des miné-

sique) qui dans notre cas est l’apatite, c’est

raux de la gangue. au contraire les impuretés (carbonates et

aux faibles différences observées entre les silicates) que l’on fait flotter, étant donné

propriétés de surface des carbonates et qu’elles représentent une proportion en

poids de la pulpe à traiter largement infé-

procédé

des apatites sédimentaires. Cependant, la flottation des minerais sédi-

mentaires reste possible. conduit à une consommation en réactifs L’énorme potentiel en termes de coût opé- moindre qu’une flottation directe et par ratoire et d’applicabilité industrielle de la suite des coûts opératoires nettement flottation comme méthode d’enrichisse- moins élevés. ment de minerai de phosphate sédimentai-

Elles sont liées :

aux fortes substitutions intervenant dans re a constitué la base d’un enrichissement le réseau cristallin des apatites sédimen- techniquement et économiquement accep- taires . La formule générale : Ca10-x (Na, table, et a été concrétisé par le dynamisme Mg) x (PO4)6-y (CO3F, SO4.)y F2-z (OH)z de la recherche mondiale dans ce domaine, rend compte des principales substitutions ce qui a conduit à l’élaboration de nom- possibles. Ces substitutions entraînent breux procédés. Malheureusement peu d’une part, une réduction de la teneur en d’entre eux ont trouvé une application à phosphore et dautre part, des éléments l’échelle industrielle. Il y a eu une expérience

de minéraux de la gangue finement divi-

g a n g u e f i n e m e n t d i

rieure à celle de l’apatite. Ce

gênants ou potentiellement toxiques tels russe qui s’est soldée par un échec, de Mg, Cd, As ou de sous-produits comme même que l’expérience jordanienne, alors les éléments des terres rares Y et U4+, que l’expérience israélienne (couverte de potentiellement valorisables lors de la secrets) n’a fait l’objet d’aucune visite ou de conversion en acide phosphorique. publication.

aux surfaces spécifiques élevées (15 à 25 Après des années de recherche, le Groupe m 2 /g par adsorption d’azote) résultant de OCP a finalement pu mettre au point un

Le coke de pétrole : un combustible optimal pour le séchage des phosphates

R ecruté en 2002 à Béni-Idir, Saïd Dadi devait d’abord effectuer un stage de confirma- tion portant sur la combustion du coke de pétrole. En 2003, il est affecté à l’usine de séchage pour participer aux travaux d’amélioration de la combustion de coke de

pétrole à Béni-Idir pour le séchage des phosphates. Il nous explique les enjeux de ce procédé.

des phosphates. Il nous explique les enjeux de ce procédé. Le projet de substitution du fuel

Le projet de substitution du fuel par le coke de pétrole à l’usine Béni-Idir est destiné à réduire le coût du combustible de séchage de l’ordre de 40 %. Le projet a été lancé par lots : manutention; broyage ; combustion. Le plus sensible était la combustion : la société adjudicatrice de ce lot a proposé un système de combustion au coke à 100%, qui s’est soldé par un échec. “L’OCP a alors décidé de développer son

propre procédé.A mon arr vée à l’usine, nous parvenions à des ratios de coke de 50% (les 50% restant fonctionnant toujours au fuel)” .

i

Il restait à résoudre d’importants problèmes techniques relatifs au foyer initialement conçu pour le fuel. “J’ai eu la chance de participer avec l’équipe projet, chargée de la substitution du fuel par le coke de pétrole à Béni-Idir, ensemble nous avons opté pour une méthodologie repo- sant sur des essais et des expériences sur différentes configurations du système d’in- jection” . L’équipe est finalement parvenue à mettre au point un système d’injection de coke. “Après un travail soutenu, nous avons appor- té un ensemble d’améliorations, qui ont per- mis d’atteindre un ratio de coke de l’ordre de 75% avec un support fuel de 25%, et nous continuons les efforts pour améliorer davan- tage le pourcentage de coke de pétrole uti- lisé”.

tage le pourcentage de coke de pétrole uti- lisé”. ■ Données du coke de pétrole Le

Données du coke de pétrole

Le coke de pétrole est un dérivé de pétrole (dernier résidu du raffinage de pétrole), utilisé au niveau des cimenteries, qui travaillent à haute température (1400 °C) avec des foyers très longs, son utilisation au séchage de phosphate à l’OCP est une première application de ce type au monde (foyer court et température moyenne de l’ordre de 850°C). Ci-dessous, une simple comparaison entre le fuel et le coke

 

Fuel

Coke

PCI (Kcal/Kg)

9600

7500 – 8000

T° d’inflammation en °C

120

600 – 700

Coût moyen d’achat

2100 DH/T

500 DH/T livrée au port 800 DH/T entrée four

La maintenance autonome

maintenance

mécanique à la Division Béni Idir, Hicham Jerrar

intervient

niveaux de l’unité: sécha- ge, calcination, enrichisse- ment à sec, chargement,

liaisons

l’objectif de la maintenan- ce planifiée et la mainte- nance autonome qu’il pilote depuis 2004 et la philosophie d’un bon travail d’équipe.

Ingénieur

à

tous

les

Il nous explique

“La maintenance fait intervenir aussi bien des actions préventives que curatives. Ici, notre objectif est de maintenir les équipements en bon état pour assurer une marche correcte. Pour cela, nous devons identifier les équipe- ments des installations ; choisir le type de maintenance adapté et faire l’étude et assurer l’approvisionnement des pièces de rechange. L’idéal est d’atteindre une maintenance plani- fiée, elle prend en compte toutes sortes de paramètres afin d’avoir une vision future, bien

préparer et anticiper les interventions : parmi ces paramètres le temps (heures de marches,

cas on parle de

jours calendaires), dans ce

maintenance systématique ce qui demande une certaine maîtrise de la durée de vie des équipements (historiques des pannes, recom- mandations constructeurs…). Des fois, cer- tains phénomènes peuvent renseigner sur l’état de dégradation de l’équipement (les vibrations, La température, l’état des huiles…) nous pouvons les exploiter pour conditionner le changement (ou la révision) de l’équipe- ment, dans ce cas on parle de maintenance conditionnelle, qui à mon avis, est la plus sure et la plus économique si on a la possibilité de maîtriser les phénomènes de dégradation.

La maintenance autonome est une activité par laquelle les opérateurs participent eux aussi à maintenir les équipements des machines qu’ils conduisent, ceci par l’élimination ou la limita- tion des anomalies (saletés, desserrages, corps étrangers …) et par différents contrôles pour permettre au maintenancier d’intervenir aux premiers stades de la dégradation. Pour ce faire, une formation des opérateurs est nécessaire. J’ai eu la chance de piloter le pilier maintenance autonome à la Division Traitement Béni Idir, nous nous sommes concentrés dans un pre- mier temps sur un atelier modèle et avons fran- chi la première étape : celle du nettoyage initial et de l’inspection. Nous achevons bientôt la deuxième : celle de l’amélioration des accès dif- ficiles et l’élimination des sources de salissures.

Si nous travaillons dans une très bonne atmosphère ici, c’est parce que nous privilé- gions le travail d’équipe. Plus que l’exécu- tion aveugle des ordres, nous nous sentons concernés par le partage des soucis, des objectifs et des succès” .

Sur le terrain

Une gestion des boues de lavage des phosphates optimisée

gestion des boues de lavage des phosphates optimisée L a direction Traitement dispose de plusieurs procédés

L a direction Traitement dispose de plusieurs procédés pour le conditionnement des phos-

phates : l’enrichissement à sec ; la calcination ; ou le lavage et la flottation : un procédé

permettant d’enrichir la qualité basse teneur en éliminant les particules fines enlevées et

véhiculées par voie humide afin d’être stockées.

Un problème environnemental et humain

« Dès la mise en service de la laverie en 1962, explique Abdesslem Zahri, la gestion des rejets de lavage est devenue un souci per- manent à Khouribga. Plusieurs solutions ont d’ailleurs été proposées et testées. »

solutions ont d’ailleurs été proposées et testées. » Ainsi, de 1963 à 1988, les boues de

Ainsi, de 1963 à 1988, les boues de lavage étaient évacuées gravitairement par un canal naturel de 92 km traversant les 3 pro- vinces de Khouribga, Settat et Beni Mellal, pour se déverser dans l’oued Oum Errabia.

« Cette solution, souligne Abdesslem Zahri,

présentait plusieurs inconvénients. Je me souviens en particulier du débordement fréquent du canal, de la difficulté d’entretien, mais surtout de l’atteinte à l’environnement de la région dont se plaignainet les riverains, sans parler de l’envasement du barrage El Massira… »

Par la suite, jusqu’en 2000, le stockage des rejets de lavage, sous forme de boues, se fai- sait dans une digue de 150Ha de superficie, aménagée au nord de l’extension ZCN du secteur MEA. Cette digue se trouvait à une distance de 24 Km de la laverie Sidi Daoui.

« Mais ce mode de stockage n’était pas non

plus idéal : il subsistait le problème de débordement du canal des boues engen- drant ainsi des indemnisations des dégâts de récoltes ; le risque latent de coupure de

la Route Nationale 11 », rappelle Abdesslem Zahri.

Vers une solution optimale

« Il fallait trouver une solution à un problème à la fois technique et environnemental », souligne Abdesslem Zahri. La constitution d’un groupe de travail a per- mis d’élaborer le projet d’épandage des boues à l’aval de la laverie.

« La boue, explique enfin Abdesslem Zahri,

est pompée sur une distance de 1 km, puis distribuée sur les sept bassins à tour de rôle par écoulement naturel et sur une faible épaisseur, permettant ainsi la récupération de l’eau surnageante. Ce mode de stockage réduit la consommation de la laverie de 50%. Notez l’intérêt de cette solution ingé- nieuse : elle permet le recyclage d’un volu- me de 2.4 Mm 3 d’eau par an vers la laverie ; et la diminution du volume occupé par la boue (qui atteint le quart de son volume ini- tial). Et ces bassins ont une capacité de stoc- kage de 8.5 Mm 3 , soit l’équivalent de huit ans et demi de stockage ! ».

Autant dire que les équipes Recherche ont quelques années devant elles pour trouver d’autres solutions aux problématiques du stockage des boues de lavage.

aux problématiques du stockage des boues de lavage. ■ La réhabilitation des sites miniers prend une
La réhabilitation des sites miniers prend une forme particulière à Khouribga : oliviers, arganier, caroubier…

La réhabilitation des sites miniers prend une forme particulière à Khouribga : oliviers, arganier, caroubier… sont testés en pépinière avant d’être transplantés sur les anciennes surfaces remuées.

La production de certains de ces arbres, notamment les oliviers, est aujourd’hui utilisée à des fins sociales (achat de cartables scolaires pour les enfants de nos agents).

QSE

QSE M écanisme de D éveloppement P ropre Coup d’envoi du projet HRS de Jorf Lasfar

Mécanisme de Développement Propre

Coup d’envoi du projet HRS de Jorf Lasfar

Le 14 décembre 2004 a eu lieu à Jorf Lasfar une séance de consultation publique sous la forme d’une demi-journée d’information et d’échange sur le projet «Système de récupération de chaleur sur deux unités sulfuriques du complexe chimique de Jorf Lasfar - HRS » Le projet HRS a été choisi par le Département ministériel de l’Environnement parmi trois projets pilotes à l’échelle du Maroc en tant que projet pour un Mécanisme de Développement Propre (MDP). Le MDP fait partie des mécanismes de flexibilité établis par le Protocole de Kyoto pour aider les pays industrialisés à remplir leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, principaux responsables du réchauffement de la planète. Parmi les points exigés pour la validation du projet, figure la prise en compte des commentaires des parties prenantes locales. C'était justement l’objet de la consultation organisée à Jorf Lasfar. Personne ne manquait : autorités centrales et locales, représentants de la population et de la société civile, organisations non gouvernementales, opérateurs économiques et représentants de la presse. Cette demi-journée a permis aux participants de s'informer sur le MDP, qui demeure, pour le grand public comme pour une majorité des acteurs économiques, un concept séduisant mais virtuel, maîtri- sé par une poignée d’experts internationaux. Retour sur un événement qui pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle politique environ- nementale.

QSE

L e MDP concerne les projets accueillis

par les pays en développement qui

Comment fonctionne le MDP ? Financement Investissement Pays en dév eloppement Réduction émissions Pays
Comment fonctionne le MDP ?
Financement
Investissement
Pays en dév eloppement
Réduction
émissions
Pays industrialisés

n'ont pas pris d'engagements contrai-

gnants de réduction dans le cadre du Protocole de Kyoto (lire page suivante). A ce titre, le MDP constitue ainsi le seul élément du Protocole associant directement ces pays à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Autre spécificité : les crédits d'émission générés dans le cadre de projets MDP avant la période 2008-2012 pourront être pris en compte pour remplir les enga- gements de réduction portant sur cette période. Enfin, le MDP a explicitement pour objectif de promouvoir le développement durable.

L’idée de base du MDP peut se comprendre ainsi :

• des pays développés investissent dans des pays en développement, dans des projets qui contribuent à la

réduction des émissions

de gaz à effet de serre

• les pays en développe-

ment peuvent aussi réali-

ser de tels projets de durable

manière autonome

• le pays investisseur peut porter au crédit

de ses engagements les réductions d’émis- sion réalisées au travers de son investisse- ment dans le pays en développement

• le pays en développement peut vendre à

des pays développés les crédits d’émissions obtenus sous forme d’unités de réduction d’émissions. Pour pouvoir participer au MDP, les pays doi- vent avoir ratifié le protocole de Kyoto et établi une autorité nationale dédiée au MDP. Les pays industrialisés doivent de plus avoir établi un registre permettant de comptabiliser les émissions et les transac- tions de CO 2 .

Peut être retenu comme MDP tout projet pouvant se traduire par des réductions d’émissions réelles (s’ajoutant à celles qui auraient lieu en l’absence de l’activité certi- fiée), mesurables et durables. La majorité des règles définitives d'applica- tion du MDP ont été

adoptées par la 7ème Conférence des Parties à Marrakech en 2001. Les

le développement Accords de Marrakech offrent un cadre suffi-

samment stable pour permettre d'initier pour de bon des projets. Les Accords de Marrakech ne comportent pas de restrictions quant aux technologies éligibles, en dehors du nucléaire et des limi- tations qualitatives et quantitatives relatives aux puits de carbone. Par ailleurs, c'est à chaque pays d'accueil qu'il reviendra de décider si un projet donné répond ou non à l’exigence de développement durable, aucun critère général n'ayant été fixé sur ce point.

“Le MDP a pour objectif

de promouvoir

Les Accords de Marrakech ont aussi établi un Conseil Exécutif pour superviser le MDP. Ce Conseil Exécutif du MDP a été chargé de préciser les règles d'application du MDP et de décider de l'enregistrement des projets MDP. Cette décision permet au projet de commencer à générer des crédits carbone, dont la délivrance doit également être approuvée par le Conseil Exécutif. Le processus d'approbation et de suivi des projets MDP comprend ainsi quatre phases :

la préparation du projet en vue de sa valida- tion, la validation du projet et la consulta- tion du public, l'enregistrement du projet par le Conseil Exécutif, et la vérification, la certification et la délivrance des crédits.

la certification et la délivrance des crédits. ■ Le projet HRS en bref Récupération de l’énergie

Le projet HRS en bref

Récupération de l’énergie thermique par incorporation du système HRS au niveau de deux unités sulfuriques de Maroc Phosphore Jorf Lasfar

Secteur d'activité: Efficacité énergétique dans l’industrie chimique

Production

126 000 Mwh/an Crédits CO2 : 879 330 t équivalent CO2 sur 10 a ns

Période de comptabilisation : 10 ans à partir du démarrage

de la première ligne (1

Revenu de carbone escompté : 4,4 Millions US $ (base 4 $/t CO2 )

Coût du projet : 20 millions de US $, autofinancé à 100%

supplémentaire

er

de

l’énergie

électrique

:

semestre 2006).

Le complexe chimique Maroc Phosphore Jorf Lasfar a pour principale activité la valorisation du phosphate extrait des gisements de Khouribga en acide phosphorique et en engrais. La fabrication de l’acide phosphorique se fait à

partir de l’attaque du phosphate

sulfurique. Celui-ci est produit localement à partir du soufre importé. 1 650 000 tonnes de soufre/an sont nécessaires pour assurer le besoin en acide sulfurique qui s’élève à envi- ron 5 millions de tonnes par an.

L’acide sulfurique est produit à partir du soufre suivant un mécanisme réactionnel hautement exothermique. Sur la totalité de l’énergie libé- rée par les différentes réactions :

sont récupérés sous forme de vapeur

70%

haute pression qui est détendue dans des groupes turboalternateurs pour produire la vapeur de procédé et l’énergie électrique,

28%

par l’acide

sous forme d’énergie basse enthalpie

sont dissipés dans l’eau de mer de refroidis-

sement,

2%

sible et sont irrécupérables. Parmi les actions retenues pour augmenter le taux de récupération de chaleur il y a l’incorpo- ration du système HRS (Heat Recovery System) au niveau de deux unités sulfuriques. Ce projet consiste à apporter des modifica- tions et à l’ajout de certains équipements spé- ciaux et permet la production de 50 T/h par unité de vapeur moyenne pression saturée (à 9,5 bars absolus). Cette vapeur sera mélangée à la vapeur moyenne pression surchauffée et sera par conséquent déduite du soutirage des groupes turboalternateurs de la centrale de Maroc Phosphore Jorf Lasfar, ce qui permettra une production supplémentaire de 8MW par HRS ; Etant donné que ladite centrale est connectée au réseau national, la quantité d’énergie supplémentaire générée par la vapeur produite par le système HRS sur deux unités, sera déduite de la production au niveau de l’ONE, ce qui contribuera en conséquence à la réduction de la consommation des combus-

sont perdus par irradiation, chaleur sen-

tibles fossiles et dons à la réduction de l’émis-

2 vers l’atmosphère. C’est pour cette

raison que le projet HRS est un projet MDP.

Les principaux équipements sont :

• une tour HRS de récupération de chaleur à deux étages, en remplacement de la tour d'absorption intermédiaire,

sion du CO

• une chaudière HRS (équipement ajouté),

• un dilueur HRS (équipement ajouté),

• une pompe de circulation d’acide, rempla- çant une pompe existante,

• un préchauffeur (équipement ajouté).

Le Maroc, promoteur actif du MDP

D ès 1995, le Maroc a ratifié la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Le Royaume a également procédé à

l'inventaire de ses émissions de gaz à effet de serre dont le volume ne dépasse guère 1,84 tonne équivalent CO 2 par habitant. Au mois

de novembre 2001, le Maroc a abrité avec succès, la 7 è conférence des parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les change-

ments climatiques (COP7).

A partir de cette date et pour profiter des Par ailleurs, les procédures de validation et opportunités de développement durable dapprobation des projets MDP au niveau pouvant se présenter pour le Maroc dans ce national ont été adoptées par le Conseil cadre, le Département ministériel chargé de National MDP en septembre 2003. En l'Environnement a cherché à attirer des investissements pour des projets de MDP

par plusieurs moyens :

• La promotion d’un environnement favo- rable à la mise en œuvre du MDP ;

• La contribution au renforcement des capacités nationales en matière de MDP, et des aptitudes à accéder au marché inter- national du MDP.

Par ailleurs, les domaines d’intervention du MDP au Maroc sont connus : énergies renouvelables (dépendance forte au niveau énergétique (97%), potentiel éolien et solai- re important), efficacité énergétique et technologies propres, déchets (décharges non contrôlées), transport (impacts sur la qualité de l’air), forêts (compensation de la déforestation) C'est ainsi qu'après la ratification du Protocole de Kyoto par le Maroc en 2002, l'Autorité Nationale MDP a été mise en place. Ses missions consistent à :

• représenter l'Etat marocain pour le MDP (auprès des Etats et organismes internatio- naux comme le Bureau Exécutif MDP)

• délivrer l'approbation du pays hôte pour les projets MDP

• établir les procédures et directives pour les projets MDP

• promouvoir le MDP au Maroc et les projets MDP marocains (formation / marketing) Cette Autorité Nationale se compose de :

• un Comité National regroupant des repré- sentants de ministères, d’associations pro- fessionnelles, d’ONG,

• un Secrétariat Permanent basé au Département de l’Environnement.

novembre 2003, le Conseil a procédé à l'adoption des critères nationaux de déve- loppement durable et à l'approbation des trois premiers projets MDP.

Procédure d'approbation nationale de projets MDP

Réception de la NIP

nationale de projets MDP Réception de la NIP Évaluation préliminaire basée sur la NIP (réponse
Évaluation préliminaire basée sur la NIP (réponse annoncée par l'AND en 2 semaines)
Évaluation préliminaire
basée sur la NIP
(réponse annoncée par
l'AND en 2 semaines)
Évaluation détaillée basée sur le PDD refus (réponse transmise en 4 semaines)
Évaluation détaillée
basée sur le PDD
refus
(réponse transmise en 4 semaines)

Lettre d'approbation au promoteur

ADRESSE DE L’AUTORITE NATIONALE MDP Secrétariat Permanent du MDP, Unité Changements Climatiques, Département de l’environnement 36, avenue Al Abtal, Rabat, Maroc • Tél/Fax 212 37 77 47 88 - 212 37 68 17 59 • ucc@mtds.com

QSE

L’OCP, pionnier en matière de MDP

L e Groupe OCP a créé en avril 2001 un groupe de travail sur la question des change-

ments climatiques. Nommé “Groupe Kyoto”, il était accompagné par le Pr. Ben Ali

Hamdani de l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, co-piloté par DRD et DCCO (aujour-

d'hui DRI et DQE) et composé de représentants des Directions des sites de Jorf Lasfar, Safi, Gantour et Khouribga.

L’objectif du Groupe Kyoto était de préparer des projets de réduction des gaz à effet de serre pour profiter des opportunités de financement du MDP, prévu par le protoco-

le de Kyoto.

Ainsi, depuis 2002, l’accompagnement du Département de l’Environnement a permis

à plusieurs membres du groupe de se for-

mer sur le montage et le développement de projets MDP. En 2001, la première liste de projets identi- fiés par le groupe comportait les projets sui- vants :

1. Système de récupération de chaleur (HRS) sur les unités sulfuriques des com- plexes chimiques de Jorf Lasfar et de Safi.

2. Utilisation du phosphate humide au lieu du phosphate sec pour la fabrication d'aci- de phosphorique à Jorf Lasfar.

3. Substitution partielle du phosphate noir

par le phosphate clair à Youssoufia.

4. Installation d'une unité de cogénération

à l'unité de séchage de Béni-Idir à Khouribga.

5. Remplacement de l'unité d'enrichisse- ment à sec de Khouribga par une unité de lavage.

6. Réhabilitation des sites miniers en décou-

verte à Khouribga. Un de ces projets a bénéficié de l’accompa- gnement et du financement de son Document de Conception de Projet (PDD)

par le Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement. En effet, dans l'objectif de promouvoir le MDP au Maroc, le Secrétariat

a lancé en décembre 2002 un appel à pro-

jets de réduction des gaz à effet de serre afin de financer l'élaboration du PDD pour trois projets pilotes au Maroc. Les projets retenus ont été : le parc éolien d'Essaouira (ONE), la récupération et brûla- ge en torchère du biogaz dans le cadre de

la réhabilitation de la décharge d’Akreuch (Wilaya de Rabat-Salé) et la récupération de l’énergie thermique par l’incorporation du système HRS au niveau de deux unités sul- furiques de Maroc Phosphore Jorf Lasfar (OCP). La réalisation du PDD s'est faite en 3 mois de septembre à novembre 2003 par le cabinet Ecosecurities en collaboration avec les responsables du projet HRS à Jorf Lasfar et sur la base des données fournies par eux. Les trois projets pilotes ont été approuvés par le Conseil National MDP le 20 novembre 2003. Une révision du PDD pour tenir compte des nouvelles directives du Conseil Exécutif MDP est en cours, et la consultation publique a été finalisée le 14 décembre 2004 à Jorf Lasfar en présence des parties concernées. La prochaine étape est la validation du pro- jet par une Entité Opérationnelle (organis- me indépendant agréé par le Conseil Exécutif MDP), qui effectuera une