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SOMMAIRE

SOMMAIRE
Publication de
l'l. R. E. M. de Strasbourg

LE LIVRE
du PROBLEME

fascicule 2

exercices élémentaire
de géométrie affine

CEDIC 1973
LYON - PARIS
12, rue du Moulin de la Pointe - 75013 Paris

SOMMAIRE
© CEDIC 1973
Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays.
Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est interdite.
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graphie, microfilm, bande magnétique, disque ou autre, constitue
une contrefaçon passible des peines prévues par la loi du
11 mars 1957 sur la protection des droits d'auteur

SOMMAIRE
exercices
élémentaires
de
géométrie affine

SOMMAIRE
Le LIVRE DU PROBLEME est une œuvre
collective. Sept rédacteurs, animateurs de
l'I.R.E.M. ou collaborateurs bénévoles, ont
contribué essentiellement à la conception et à la
rédaction du présent fascicule. Ils ont bénéficié des
conseils de nombreux collègues, de l'I.R.E.M. de
Strasbourg ou d'ailleurs.

SOMMAIRE
SOMMAIRE
Préface 9

Première partie
Chapitre 0 Ensembles gradués 15
Chapitre 1 La théorie des parallèles 29
Chapitre 2 Le parallélogramme 39
Chapitre 3 Le théorème du point fixe 49
Chapitre 4 Quelques transformations affines du plan 55
Chapitre 5 Problèmes divers 59
Chapitre 6 Abaques 63

Seconde partie
Solutions 67
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PRÉFACE

L'enseignement de la géométrie en quatrième n'a de valeur que


s'il s'accompagne d'une initiation à la résolution de problèmes.
La digestion docile de connaissances qui ne débouche sur
aucune activité de l'esprit est nuisible à la formation intellectuelle.
Ce fascicule est un recueil commenté d'exercices destinés à
alimenter un enseignement de géométrie affine élémentaire.
Les énoncés sont rédigés à l'intention des professeurs. Ceux-ci
sont invités à les choisir et à les adapter au niveau de leur classe,
en procédant, si nécessaire, aux légères modifications de
vocabulaire qui s'imposent. Conformément à ce qui est longuement
expliqué dans le fascicule 1 (Pédagogie de l'exercice et du problème),
on adaptera les énoncés à chaque finalité pédagogique, en
présentant un thème, suivant les besoins, sous la forme d'un
exercice d'exposition, d'une épreuve de contrôle, d'une manipulation…

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10 PRÉFACE

De nombreux exercices sont accompagnés d'une solution abrégée


ou d'un commentaire. Celui-ci figure soit â la suite du texte, soit
dans la seconde partie du fascicule. Le corrigé suggéré ne doit pas
être servi tel quel. L'enseignant doit tirer le meilleur parti du thème.
Renonçant à présenter dogmatiquement "la" solution-type, le
professeur s'efforcera, au contraire, de s'inspirer des idées surgies
parmi les élèves, pendant la recherche. Il montrera comment, cri
progressant méthodiquement dans certaines voies, on peut aboutir
â la réponse.

Le professeur aura intérêt à chercher personnellement les


problèmes et à résister à une lecture prématurée du commentaire.
On transmet d'autant mieux l'art de découvrir que l'on a buté soi-
même sur les obstacles et qu'on est parvenu à les surmonter.

L'introduction à la géométrie élémentaire peut se concevoir de


diverses manières. Par exemple, quelques auteurs préconisent une
initiation précoce à l'algèbre linéaire. Nous les invitons à présenter
un travail analogue au notre pour accompagner leur enseignement.

Notre point de vue est plus géométrique et se conforme davan-


tage à l'esprit du programme actuellement cri vigueur. Un rôle
primordial est attribué à l'étude des graduations à laquelle le
chapitre 0 est consacré.

La notion d'ensemble gradué intervient constamment dans la


pratique. La plupart des instruments de mesure usuels que les
enfants ont l'occasion de contempler et de manipuler repèrent la
position d'un point (d'une aiguille) par un nombre. Ils conduisent à
envisager une bijection entre un ensemble de points et un ensemble
de nombres réels.

Mais les ensembles munis d'une seule graduation (couramment


utilisés pour effectues- des repérages) offrent peu de prise aux
raisonnements mathématiques. La situation devient plus riche

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PRÉFACE 11

lorsqu'on envisage simultanément une famille de graduations avec


la possibilité d'effectuer des changements de graduations, grâce à
des opérations explicitement décrites.

Nous préférons nommer ensemble gradué affine (au lieu de droite


affine selon la terminologie du programme) le modèle
mathématique le plus intéressant : celui où ces opérations
s'obtiennent en composant
a) des changements d'origines ;
b) des changements d'échelles.

Dans le cas général, la formule de passage s'écrit


x a ( x − x0 ) (avec a ≠ 0) (ce que les commentaires officiels du
programme écrivent, d'une façon moins suggestive,
f ( M ) = a g ( M ) + b ).

On s'intéresse alors aux propriétés affines : ce sont celles qui


ne dépendent pas du choix d'une graduation particulière, parmi
les graduations "permises". De même, dans les sciences de la
nature, on dit qu'une propriété a un sens physique, lorsqu'elle est
indépendante du choix des repères (origines, unités, trièdres de
référence, etc.).

Pour qu'un ensemble E puisse être muni d'une structure


d'ensemble gradué affine, il faut et il suffit qu'il soit possible
d'établir une bijection entre E et R. Par exemple, Cantor a dé-
montré que Rn pouvait être mis en bijection (discontinue) avec R.
Mais il serait saugrenu d'évoquer ce théorème difficile devant les
élèves de l'enseignement secondaire.

Par contre, on attirera l'attention sur les nombreux exemples


d'ensembles gradués affines, familiers et utiles, qui se présentent
concrètement sous un aspect non rectiligne.

Le problème 0.2.8 utilise un raisonnement valable, non seule-


ment sur un modèle tiré à la règle, mais encore à propos d'une
route présentant des virages, graduée grâce à l'abscisse curviligne.

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12 PRÉFACE

Pour passer de la géométrie unidimensionnelle à celle du plan,


on introduit l'axiome de Thalès qui renseigne sur les liens qui
unissent les structures affines de toutes ses droites.

Nous groupons les exercices de géométrie plane, autour de trois


"outils fondamentaux": le théorème des parallèles, le théorème du
point fixe, et le théorème des segments homothétiques (chapitres 1 et
3). On présente ensuite le parallélogramme : cette figure est
utilisée, soit isolément, soit insérée dans des réseaux. Le chapitre 4
traite de quelques transformations affines usuelles.

On regroupe au chapitre 5 des situations pouvant donner lieu à


des problèmes P (au sens du fascicule 1). Par souci d'application, le
chapitre 6 traite de quelques abaques. C'est l'occasion d'opérer une
synthèse entre le maniement des graduations sur des droites et
l'utilisation des théorèmes fondamentaux. Il conduit à des travaux
pratiques, à des manipulations (chapitre 5 du fascicule 1).

Signalons la différence essentielle entre les nouvelles et les


anciennes représentations de la géométrie. Les programmes tradi-
tionnels ne distinguaient pas suffisamment les propriétés affines
(milieu, parallélisme, etc.) des propriétés métriques (distances,
orthogonalités, angles,...). Les nouveaux programmes les séparent
radicalement. Les cas d'égalité et de similitude sont définitivement
jetés au rebut.

Il restait à prouver que la nouvelle présentation ne réduit pas à


néant le patrimoine de beaux problèmes accumulés par nos prédé-
cesseurs, et permet d'exploiter des idées inédites. Le présent fas-
cicule prouve que tous les théorèmes traditionnels de la géométrie
affine élémentaire sont avantageusement abordés dans le nouveau
contexte.

Chacun en conviendra, dès qu'il se sera habitué à manier les


graduations, avec l'aisance de nos pères manipulant des rapports
de longueurs. Le mode d'emploi des graduations se réduit d'ailleurs
à quelques règles méthodologiques simples que nous explicitons
(chapitre 0, paragraphe 2).

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PRÉFACE 13

Ce fascicule se limite volontairement ù une première initiation: nous n'y


incluons pas d'applications plus élaborées de l'homothétie et des
transformations affines générales. D'autres fascicules consacrés au calcul
barycentrique, à la convexité, au calcul vectoriel, à l'étude des axiomes
d'incidence, sont en préparation.

Si ce recueil de thèmes d'énoncés suscite un regain d'activité intellectuelle


dans nos classes, et aide à contrecarrer le courant de passivité lié à un
enseignement dogmatique, il aura pleinement atteint son objectif.

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Première partie

CHAPITRE 0

ENSEMBLES GRADUÉS

0. 1. Exemples

Les sujets qui suivent sont des thèmes de réflexion ; le professeur


leur donnera la forme qu'il jugera appropriée : illustration d'un
cours oral, question d'intelligence, manipulation, exercice écrit ou
oral.

0.1.1. Thermomètre

On gradue le thermomètre à mercure de la façon suivante. On le


plonge dans la glace fondante, ce qui fournit la graduation 0, puis
dans l'eau bouillante, ce qui fournit la graduation 100. On divise
l'intervalle [0 ; 100] du tube de quartz en 100 parties égales, grâce à
une machine à diviser. On obtient ainsi l'échelle de température de
Celsius ou centigrade.

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16 ENSEMBLES GRADUÉS

On étalonne le thermomètre à alcool en le graduant par


comparaison avec un thermomètre à mercure; il n'a pas ses divi-
sions régulièrement espacées. Pourquoi ? Il donne cependant la
même échelle de température.

Commentaires

Les élèves ont la notion d'appareils gradués. On dégagera grâce à eux


l'idée d'une bijection entre un ensemble et un intervalle de R, puis l'idée
de changement possible de graduation.

Le double décimètre donne l'exemple d'une graduation dans N avec une


sous-graduation à une décimale. Il est immédiat d'envisager sur la
même règle une graduation en millimètres, selon la formule de passage
x ' = 10 x .

Tout point se trouvant entre deux traits successifs peut être repéré par
la donnée des nombres correspondants, qui réalisent un "encadrement"
du point choisi.

Cet exemple ne doit pas imposer l'idée que deux traits successifs sont
toujours séparés par la même distance. Les exemples suivants montrent
que ce n'est pas toujours le cas.

Le thermomètre donne l'exemple d'une graduation dans Z avec, pour le


thermomètre médical, une sous-graduation à une décimale.

Il existe plusieurs échelles de température : on recherchera les


définitions des échelles de Réaumur, Fahrenheit, Kelvin, et l'on
effectuera des exercices de changement d'échelle. Toutes ces formules
sont de "la même forme" : faire observer ce point.

On peut imaginer toutes ces graduations en regard sur le même tube de


quartz, ce qui concrétiserait l'existence de graduations ayant ou non le
même pas, ayant ou non la même origine.

Le pas n'a rien à voir avec l'espacement de traits successifs, et la


graduation du thermomètre à alcool n'est pas rigoureusement régulière.
Elle le serait si l'alcool, le mercure, le quartz avaient des propriétés
idéales. Mais les coefficients de dilatation de ces corps ne sont
qu'approximativement indépendants de la température. La forme des
réservoirs et le calibrage des tubes viennent aussi perturber le
phénomène.

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17 ENSEMBLES GRADUÉS

0.1.2. Dynamomètre

Préciser son utilité et décrire l'appareil.

On étalonne l'appareil en
suspendant des poids connus au
ressort, et en marquant l'indication du
poids suspendu, en face de l'aiguille,
sur la réglette. Après quoi, on utilise
l'instrument pour mesurer des poids
non connus.

La règle n'est pas nécessairement graduée de traits équidistants.


Par exemple, l'indication 5 kg n'est pas forcément située au milieu
métrique du segment [0 ; 10].

Commentaires

Le dynamomètre comporte une graduation qui dépend de la qualité du


ressort utilisé et du dispositif porte-aiguille. Tandis que, pour le double
décimètre, un "centimètre" étalon, reporté le long de la règle, gradue la
règle (graduation invariante par translation), il faut pour le dynamo-
mètre, autant de poids connus que de traits souhaités.

Au procédé de l'encadrement s'ajoute le procédé de l'interpolation pour le


repérage d'un point situé entre deux traits successifs T1 et T2. C'est la
donnée d'un réel (pratiquement: d'un décimal) compris entre les réels
qui correspondent aux traits T1 et T2.

L'interpolation est purement "métrique" pour le double décimètre et le


thermomètre à mercure, mais ne devrait pas l'être pour le thermomètre
à alcool ou le dynamomètre, et ce point doit être souligné. Le nombre
ainsi choisi "à l'estime" ne correspond pas forcément au nombre obtenu
avec une graduation virtuelle assez fine.

0.1.3. Chronologies

La notion "d'événement historique" est une abstraction difficile à


préciser. Cependant, certains ouvrages d'histoire proposent impli-

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18 ENSEMBLES GRADUÉS

citement un modèle, qui décrit et répertorie un ensemble fini


d'événements, gradué grâce à un calendrier.

Chaque événement y est repéré par sa date. Le repérage en


années peut s'affiner en insérant des événements secondaires entre
les faits historiques essentiels et en utilisant des mois et des jours:
la précision va rarement au-delà.

L'exercice suivant montre que, dans cet exemple très familier


aux élèves, la compatibilité des divers calendriers et la régularité
des graduations n'est pas parfaite.

Exercices

a) Trouver la relation entre les dates (année) grégorienne,


musulmane, juive.

b) On marque les années et les jours sur une période plus longue
que quatre années de notre calendrier. Quelle est la
conséquence de la présence d'une année bissextile ?

Commentaires et informations

Une année musulmane est purement lunaire, et est plus courte, de


onze jours environ, qu'une année grégorienne.
34 années musulmanes correspondent à 33 années grégoriennes. L'an
0 du calendrier musulman se situe en l'an 622 de notre ère, année du
départ de Mahomet à Médine.

Une année juive équivaut globalement à une année grégorienne. Le


calendrier juif est mixte: l'année est solaire, les mois sont lunaires.
L'année a 12 mois, sauf 7 fois en 19 ans, où elle a 13 mois. Il n'y a
qu'un changement d'origine entre la date grégorienne et la date juive.
L'année 1972 correspond à l'année 5732 juive (à une différence de
trois mois environ près, dont on ne tiendra pas compte dans les
calculs de changement de date).

On pourra étudier de même le calendrier orthodoxe ou le calendrier


républicain.

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19 ENSEMBLES GRADUÉS

Calendrier perpétuel: l'existence et la complexité relative d'un


calendrier perpétuel tient aux irrégularités de la division des années
en mois et jours. Si chaque année avait le même nombre de jours, un
calcul élémentaire remplacerait tous les tableaux d'un calendrier
perpétuel. Les deux graduations, en années et en semaines, seraient
"compatibles".

A titre d'exercice, on demandera de trouver quel jour de la semaine


correspondrait au 14 juillet 1789, sachant que le 1er janvier 1972 est
un samedi.
(On trouve un calendrier perpétuel dans les Larousse en plusieurs
volumes).
Les années bissextiles introduisent une irrégularité.

0.1.4. La route

Elle possède une graduation naturelle en kilomètres, marquée


par les bornes kilométriques. Tout point est repéré par sa
distance à l'origine (décimal plus ou moins précis selon le mode
pratique de repérage).
On a autant de graduations compatibles que d'origines, et
d'unités "métriques". Les formules de passage sont immédiates à
établir.
On obtient une autre graduation permise en marquant en
face de chaque point le temps de passage d'un mobile se
déplaçant à vitesse constante v.

Que se passe-t-il si la vitesse n'est plus constante ?

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20 ENSEMBLES GRADUÉS

On pourra étudier la graduation en temps de passage d'un


objet en chute libre, le long d'un mur gradué en mètres.

Exercice
Au cours d'une étape du Tour de France, trois coureurs abordent
le pied d'un col à 5 minutes d'intervalle. On suppose que les
trois coureurs effectuent:
– la montée à 20km/h, sur 10km;
– une partie plate à 40km/h, sur 40km;
– la descente à 60km/h, sur 10km.
Comparer les graduations en temps de passage à la graduation
kilométrique.
Comparer les rapports AB correspondants:
BC
a) à la graduation kilométrique;
b) à la graduation en temps;
(A, B, C désignent les positions des trois coureurs).

Commentaires
Dans le cas de la course cycliste, les graduations en temps et en
distance sont compatibles sur chaque partie du parcours, mais non
globalement. Le temps est ici une fonction affine par morceaux de la
distance parcourue.

On comparera sur un tableau la graduation en kilomètres et les


graduations en minutes de passage des trois coureurs.

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21 ENSEMBLES GRADUÉS

On observera que le km 10 n'est pas au milieu du segment [5km ;


20km], bien que chaque cycliste y passe à mi-temps.

Quant au rapport
AB , il est toujours égal à 1 pour la graduation t (en
1
BC
temps de passage compté depuis 0), mais n'est pas toujours égal à 1
pour la graduation en km. A quelle condition est-il tout de même égal à
1?

Dans le cas de la chute libre d'un corps pesant, on sait que l'abscisse
croît comme le carré du temps. On fera remarquer au passage que tous
les corps tombent à la même vitesse (dans le vide ou dans une situation
voisine), quel que soit leur matériau, alors que la vitesse du cycliste
dépend... du cycliste!

0.1.5. Divers
Il existe un grand nombre de problèmes concrets se traduisant par
la réalisation de graduations, compatibles ou non, souvent compa-
tibles "par morceaux": fournitures en électricité, mazout, abonne-
ments, billets collectifs...

On peut illustrer, comme dans 0.1.4, qu'une propriété reste


vraie par changement compatible et n'est pas conservée par
changement non compatible.

Exercice 1
La taxe à la valeur ajoutée (TVA) est de 20 % pour les caramels
mous comme pour les caramels durs. C'est-à-dire que pour un prix
de vente de 1,20F, le fisc prélève 0,20F.
Un marchand a versé 840F au fisc au titre de la vente des caramels
mous et durs; que peut-on dire des caramels vendus ?

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22 ENSEMBLES GRADUÉS

Commentaires

Soit x(n) (resp. y(n)) le prix de vente, en francs (resp. la T.V.A.) de n


caramels. On a y(n) =
1 x(n). Les deux graduations sont compatibles et
6
840 correspond à une vente de caramels pour une somme de (840 X 6)
francs, sans qu'il soit possible de faire la part de chaque qualité vendue.
y = y 1 + y2 étant connue (y1 et y2 représentent les sommes versées au
fisc pour chaque qualité vendue), on en déduit x = x1 + x 2 (x1 et x2
représentent les prix de vente de chaque qualité vendue).
Dans l'exercice suivant, ce passage n'est pas possible.

Exercice 2
Monsieur Lemou et Monsieur Ledur sont tous deux imposés sur
le revenu, suivant le barème ci-dessous.

Tranche Pourcentage d'imposition

de 0 à 4 mille francs 2%

de 4 à 8 mille francs 10%

de 8 à 12 mille francs 25%

de 12 à 20 mille francs 50%

plus de 20 mille francs 75%

On utilise le tableau de la façon suivante:


Les 2 % sont à prendre sur la première tranche, 10 % sur la seconde,
etc..; ainsi, un revenu de 20 000 correspondrait à un impôt de :
80F + 400F + 1 000F + 4 000F = 5 480 F
Le total des impôts sur le revenu de Messieurs Lemou et Ledur
étant de 8 000 F, que peut-on dire du revenu total de ces deux
contribuables ?

Même question avec un total d'impôt de 70F ?

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23 ENSEMBLES GRADUÉS

Commentaires
Les revenus des deux contribuables sont des abscisses pour une unique
graduation x ; x1 représente le revenu du premier, x2 celui du second.
Les impôts sur le revenu constituent une seconde graduation y; y 1
représente l'impôt versé par le premier contribuable, y2 par le second.
y n'étant pas compatible avec x, la connaissance de y 1 + y2 ne permet
pas de déduire x1 + x2. On pourra étudier plusieurs sommes x1 + x 2
différentes, conduisant toutes à l'impôt global 8 000F'.

0. 2. Changement de graduation sur une droite affine 1

Méthodologie des changements de graduation

a) Composition avec une application affine


A est une droite affine. Si une graduation attribue à trois
points distincts A, B, C de A les valeurs réelles a, b, c, alors,
pour tout k 0 et pour h, (k et h réels), il existe une
graduation permise qui attribue les valeurs ka + h , kb + h ,
kc + h aux points A, B, C.

b) Recollement de deux graduations


Si les valeurs attribuées à deux points distincts par deux
graduations permises, sont respectivement égales, alors les
graduations sont égales.
En particulier, s'il existe une graduation qui attribue les va-
leurs (a, b, m) (resp. (a, b, n)) aux points A, B, M (resp. A,
B, N), où A ≠ B , alors il existe une graduation et une
seule qui attribue les valeurs a, b, m, n aux points A, B,
M, N.

1
L'expression "droite affine" est synonyme de "ensemble gradué affine".

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24 ENSEMBLES GRADUÉS

0.2.0. Application numérique (Exercice didactique)


(solution page 67).
Quatre points alignés A, B, C, D ont pour abscisses 1, 0, 3, 4
dans une première graduation, respectivement 0, b, - 1 , d dans
une graduation compatible avec la précédente.
Calculer b et d.

0.2.1. Exercice d'exposition


(solution page 68).
Étant donné deux points distincts M et N d'une droite affine D,
démontrer qu'il existe une graduation permise de D, et une
seule, pour laquelle (M, N) est un repère (c'est-à-dire que les
abscisses de M et N sont respectivement 0 et 1).

Exercices didactiques (Commentaires page 68).


0.2.2. Un point M a pour abscisse m par rapport au repère (A, B).
Trouver son abscisse par rapport au repère (B, A).
0.2.3. Un point M ≠ A a pour abscisse m par rapport au repère (A,
B). Trouver l'abscisse de B dans le repère (A, M).
0.2.4. Soit deux points distincts A et C, et soit B le milieu de (A, C).
Calculer l'abscisse X d'un point M par rapport au repère (B, C),
connaissant son abscisse x par rapport au repère (A, C).
0.2.5. On donne sur une droite les points O, A, B, C, D, E repérés à
l'aide des trois graduations compatibles g1 , g2, g3 selon le tableau
suivant :

O A B C D E

g1 0 1 3 –1

g2 0 –2

g3 1 2

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25 ENSEMBLES GRADUÉS

a) Compléter le tableau sachant que D est le milieu de (O, B) et E le


milieu de (C, D).

b) Calculer pour chaque graduation les nombres AC, BC, BD, CE .

Comparer les trois valeurs du rapport AC


BD
Même question pour tous les autres rapports du même type.
0.2.6. Soit quatre points distincts A, B, C, D d'une droite, tels que
B soit le milieu de (A, C) et C le milieu de (B, D).
Trouver les abscisses de ces points par rapport au repère (A, D).

0.2.7. (Commentaires page 69).


Sur une droite affine X, de repère (A, B), on considère la suite de
points A1 , B1, A2 , B2 ,..., définie comme suit:
B

⎧ AA = 1 AB ⎧A A = 1 A B
⎪ 1 3 ⎪ 1 2 3 1 1
⎨ ⎨ etc.
⎪BB1 = 1 BA1 ⎪B1B2 = 1 B1 A 2
⎩ 3 ⎩ 3
a) Marquer les points A1 à A4, B1 à B4 .
b) La suite s'arrête-t-elle ?

c) Calculer A1B1 . En déduire directement A 2B2 , A 3B3 , et A nBn


pour tout naturel n.

d) Vérifier que A n Bn < 1n . Qu'en conclure ?


2

e) Calcul numérique: calculer A 4 B4 et AA 4 , puis A 5B5 et AA5 .


Qu'en déduire ?
0.2.8. Problème (Commentaires page 69 ).
Soit 4 points A, B, C, D sur une droite affine. On construit le milieu
M de 2 points parmi les précédents, et le milieu N des deux points
restant. Enfin on considère le milieu P de (M, N).

SOMMAIRE
26 ENSEMBLES GRADUÉS

Le choix de la première paire (incluse dans {A, B, C, D}) influe-t-il


sur le résultat final ?

0.2.9. Problème (Commentaires page 69).


Soit 4 points O, A, B, C distincts sur une droite affine. Soit x
l'abscisse de B dans le repère (O, A), y celle de C dans le
repère (O, B), z celle de A dans le repère (O, C).
Calculer le produit xyz. Généraliser.

0. 3. Une manipulation sur la droite physique


(Commentaires page 70).
On considère une droite du plan physique et un double
décimètre.

0.3.1. On gradue la droite à l'aide du double décimètre, puis on


translate le double décimètre le long de la droite et on construit
ainsi une seconde graduation de la droite.
Trouver la relation entre les deux graduations.

0.3.2. On suppose que le double décimètre est remplacé par une


réglette graduée de façon spéciale: pour tout k, le point corres-
pondant au centimètre k comporte l'indication k3. On translate
encore la règle le long de la droite et on obtient une graduation y.
Écrire y en fonction de k. Si x = k3 , y a-t-il, entre les graduations
x et y, une relation y = ax + b (a # 0) (c'est-à-dire x et y sont-elles
compatibles ? )

0.3.3. Reprendre le problème en supposant que le point corres-


pondant au centimètre k comporte l'indication θ(k), où θ est une
bijection quelconque de R dans R. On note x = θ(k) et y la
nouvelle graduation obtenue en translatant la règle. Pour quelles
bijections θ a-t-on la relation y = ax + b (a ≠ 0) entre x et y ?

SOMMAIRE
27 ENSEMBLES GRADUÉS

0. 4. Le groupe des transformations affines de la droite


L'ensemble des bijections de R dans R, de la forme
x → y ax + b
où a et b sont des réels (a ≠ 0), est un groupe (non commutatif).
Le professeur pourra exploiter ce thème, sous la forme, par
exemple, d'un exercice d'exposition.

SOMMAIRE
SOMMAIRE
CHAPITRE 1

LE THÉORÈME DES PARALLÈLES

Axiome de Thalès
Cet axiome peut s'énoncer comme suit:
Quelles que soient les droites D et D' du plan affine, quelle que
soit la projection bijective p de D sur D', parallèlement à une
direction δ , et quels que soient les points distincts A, B, M de D,
l'abscisse de p(M) dans le repère [p(A), p(B)] est égale à l'abscisse
de M dans le repère (A, B).
On peut donner de cet axiome la formulation équivalente sui-
vante :
Quelles que soient les droites D et D' du plan, quelles que soient la
graduation permise f de D et la projection bijective p de D sur D'

SOMMAIRE
30 LE THÉORÈME DES PARALLÈLES

parallèlement à δ, l'application f o p–1 est une graduation permise


de D'

Théorème réciproque
Soit deux droites affines D et D' et soit p la projection bijective de
D sur D', parallèlement à une direction δ. Soit M un point de D
d'abscisse x dans le repère (A, B) et un point M' de D' d'abscisse
x' dans le repère [p(A), p(B)] de D'.
Si x' = x , alors M' = p(M).

A propos de l'exposé de la démonstration de ce théorème, il est à


noter qu'il est maladroit de dessiner sur la figure le point p(M) à
côté du point M', car un tel dessin sous-entend un raisonnement
par l'absurde. *
Ce théorème est une conséquence directe de l'axiome de Thalès,
comme le prouve la démonstration qui suit:
D'après l'axiome de Thalès, la droite de direction δ menée par M
rencontre D' au point d'abscisse x. Ce point est donc le point M'
lorsque x' = x .

*
Cf. C. GLAESER, Mathématiques pour l 'élève prof esseur, Hermann 1971
(Exemple 2. VI. 14).

SOMMAIRE
LE THÉORÈME DES PARALLÈLES 31

Théorème des parallèles


Ce théorème résume l'axiome de Thalès et le théorème réciproque.
On peut l'énoncer de la manière suivante:
Soit D et D' deux droites du plan, et soit p une projection bijective
de D sur D' parallèlement à une direction δ. Soit x l'abscisse d'un
point M de D dans le repère (A, B) et soit x' l'abscisse d'un point M'
de D' dans le repère [p(A), p(B)]; alors

M' = p(M) si et seulement si x' = x

Cas particuliers importants


Si M est le milieu de (A, B), alors p(M) est le milieu de (p(A), p(B)) .
Réciproquement, si quatre points A, B, A', B' sont tels que AA' soit
parallèle à BB', alors les milieux I et I' de (A, B) et de (A', B')
appartiennent à une même parallèle à AA'.

Soit trois points O, A, B, non alignés. Soit M un point de la droite


OA et N un point de la droite OB. Les points M et N ont même
abscisse dans les repères respectifs (O, A) et (O, B) si, et seulement
si, ces points appartiennent à une même parallèle à AB.

SOMMAIRE
32 LE THÉORÈME DES PARALLÈLES

1. 1. Exercices d'application du théorème des parallèles


(Commentaires page 72).
1.1.1. Exercice
Soit A, B, C, D quatre points non alignés. Les bipoints (A, C) et (B,
D) ont même milieu si, et seulement si, les droites AB et AD sont
respectivement parallèles aux droites CD et CB.

1.1.2. Exercice
Montrer que l'image d'une droite D par une symétrie centrale est
une droite D' parallèle à D.

1.1.3. Exercice
Soit trois droites X, Y, Z concourantes en S, d et d' deux directions
distinctes et ne contenant aucune de ces trois droites. Deux points
A1 et B1 de X se projettent en A2 et B2 sur Y, parallèlement à d.
A2 et B2 se projettent en A3 et B3 sur Z, parallèlement à d'.
Montrer que A1A3 est parallèle à B1B3.B

1.1.4. Exercice
Soit un triangle ABC. Par le milieu M de (A, B) on mène la parallèle
à BC qui coupe AC en N. Par N, on mène la parallèle à AB qui
coupe BC en P.
a) Montrer que MP est parallèle à AC.
b) Montrer que le point d'intersection I de MC et NP est le milieu de
(N, P).

1.1.5. Problème
On donne un parallélogramme ABCD.
a) I étant un point quelconque de la diagonale BD, une droite
passant par I coupe AB en E et CD en F. Une autre droite
passant par I coupe BC en G et DA en H. Montrer que EG est
parallèle à HF.

SOMMAIRE
LE THÉORÈME DES PARALLÈLES 33

b) Une droite δ coupe AD en H' et CD en F'.


Une droite δ' parallèle à s coupe AB en E' et BC en G'.
Montrer que E'F' et G'H' se coupent en général sur la
diagonale BD.

1. 2. Recollement de graduations
(Commentaires page 74).
A) Origine inchangée

1.2.1. Exercice
On considère deux droites sécantes X et Y en A, et deux directions
d et d' distinctes et ne contenant ni X, ni Y.
Soit p la projection de X sur Y parallèlement à d, et soit p' la
projection de Y sur X parallèlement à d'. A tout point M de X, on
associe les points :
M1 = p(M) M' = p'(M1)
Trouver la relation entre les abscisses de M et M' dans un repère
donné de X.

1.2.2. Exercice
Trois droites X, Y, Z sont concourantes en A. A tout point M de X,
on associe le point M1 de Y tel que MM1 // Z , le point M2 de Z tel
que M1 M2 // X et le point M' de X tel que M2 M' // Y.
Trouver la relation entre les abscisses m et m' de M et M' dans un
repère donné (A, B) de X.
La même relation se généralise-t-elle si on change le nombre de
droites passant par A ?

1.2.3. Exercice
On donne trois droites X, Y, Z concourantes en A. A tout point M de
X, on associe le point M1 de Y tel que MM1 // Z , puis le point M2 de
Z tel que M1 M2 // X .

SOMMAIRE
34 LE THÉORÈME DES PARALLÈLES

a) Peut-on déterminer une direction d telle que, pour tout M de X,


la droite de direction d passant par M2 coupe X au milieu de
(A, M) ?
b) Question analogue, mais M1 est défini sur Y par MM1 ∈ d' , d'
étant une direction donnée. La direction d dépend-elle de d' ?
c) Construire une figure où les directions d et d' sont les mêmes.
(On pourra se donner X, Y, puis construire Z pour obtenir la
figure voulue).

1.2.4. Exercice
Soit un parallélogramme ABCD et un point I non situé sur les
côtés du parallélogramme.
Soit { E } l'intersection des droites IB et CD
Soit { F } l'intersection des droites IB et AD
Soit { G } l'intersection des droites ID et BC
Soit { H } l'intersection des droites ID et AB
a) Montrer que FH et GE sont parallèles.
b) La parallèle à AB menée par F coupe la parallèle à AD menée
par H en C'. Montrer que I, C, C' sont alignés.

B) Changement d'origine
1.2.5. Exercice
Soit trois droites non concourantes X, Y, Z, telles que
X ∩ Y = {A} et X ∩ Z= {B}
A tout point M de X, on associe:
M1 ∈ Y et MM1 // Z
puis M2 ∈ Z et M1M2 // X
puis M' ∈ X et M2M' // Y
d'où une application A de X dans X qui associe M' à M.
Trouver la relation entre les abscisses m et m' des points M et M'
dans le repère (A, B).

SOMMAIRE
LE THÉORÈME DES PARALLÈLES 35

Quelle est l'image de M' ?


Y a-t-il des points invariants ?
Quelle est la "nature" de l'application A ?

1.2.6. Exercice
Soit un triangle ABC et le repère (C, B) sur la droite BC.
Sur AB, on marque le point P tel que BA = 4BP ; on appelle M le
milieu de (C, A).
On projette A sur BC parallèlement à MP, en A; et de même M en
M'.
Calculer les abscisses de A' et M'.
Conclure relativement à la position de ces points sur BC.

1. 3. Médianes d'un triangle


(Commentaires page 78).

1.3.1. Problème
Existe-t-il un triangle ayant deux médianes parallèles ?

1.3.2. Exercice
Dans un triangle ABC, on appelle A', B', C' les milieux de (B, C), (C, A),
(A, B). On projette A', B', C' en A', B", C" sur BC, parallèlement à AA'.
Trouver l'abscisse du point G commun aux droites AA', BB' dans le
repère (B. B'}

1.3.3. Exercice
Dans un parallélogramme ABCD, I et J désignent les milieux des
côtés AB et DC .

SOMMAIRE
36 LE THÉORÈME DES PARALLÈLES

On désigne par E le point commun aux droites ID et AC, et par F


le point commun aux droites BJ et AC.
a) Montrer que E est le milieu de (A, F) et que F est le milieu de (E,
C). Trouver les abscisses de E et F dans le repère (A, C).
b) Application à l'étude de l'intersection des médianes d'un
triangle (question à proposer quelques jours après a) ).

1. 4. Découverte de quelques propriétés géométriques


remarquables
(Commentaires page 79).

1.4.1. Exercice
On donne quatre points A, B, C, D dont trois ne sont pas alignés.
A partir d'un point M de AB, on construit:
N , projection de M sur BC , parallèlement à AC ;
P , projection de N sur CD , parallèlement à BD ;
Q , projection de P sur DA , parallèlement à CA.
Montrer que QM est parallèle à BD.

1.4.2. Problème
a) Comment choisir quatre points A, B, C, D pour que les
milieux respectifs I, J, K, L de (A, B), (B, C), (C, D) et (D, A)
forment un parallélogramme ?
b) Ce parallélogramme peut-il être aplati ?

1.4.3. Exercice
Étant donnés quatre points A, B, C, D, montrer que les trois
segments joignant les milieux des paires opposées ont même
milieu.

1.4.4. Exercice
A', B', C' désignent les milieux des côtés BC, CA et AB du triangle
ABC. Sur AB, on marque les points D et E tels que
BD = DE = EA .

SOMMAIRE
LE THÉORÈME DES PARALLÈLES 37

Les droites B'C' et CE se coupent en S.


Préciser quelle est l'intersection des droites AS et BC.

1.4.5. Exercice. Théorème de Ménélaüs


On donne un triangle ABC. Soit P un point de la droite BC, Q un
point de la droite CA et R un point de la droite AB. Ces points P,
Q, R sont distincts de A, B et C.
Montrer que P, Q, R sont alignés si, et seulement si,
PB i QC i RA = 1
PC QA RB

1.4.6. Exercice
Étant donnés quatre points I, J, K, L, existe-t-il un quadrilatère
ABCD tel que I soit le milieu de (A, B), J le milieu de (B, C), K le
milieu de (C, D) et L le milieu de (D, A) ?

SOMMAIRE
SOMMAIRE
CHAPITRE 2

LE PARALLÉLOGRAMME

Rappelons la définition et quelques propriétés du parallélogramme.


(Nous l'avons déjà rencontré au chapitre précédent).
Un quadruplet (A, B, C, D) est un parallélogramme lorsque les
bipoints (A, C) et (B, D) ont même milieu.
Pour qu'un quadruplet soit un parallélogramme, il faut et il suffit
qu'il admette un centre de symétrie, appelé centre du
parallélogramme.
Lorsque A, B, C, D ne sont pas alignés,
nous avons déjà vu que le
parallélogramme est caractérisé par la
propriété: AB // CD et AD // BC ,
mais la définition précédente est plus
générale.

SOMMAIRE
40 LE PARALLÉLOGRAMME

Étant donnés trois points A, B, C, il existe un point D et un seul tel


que (A, B, C, D) soit un parallélogramme.

2. 1. Manipulations: parallélogrammes articulés


Pour matérialiser un parallélogramme, on peut utiliser quatre tiges
articulées: tiges de mécano ou bandes de carton reliées par des
attaches parisiennes.
On peut associer des parallélogrammes articulés successifs avec un
côté commun pour réaliser des translations ou des symétries
centrales.

a) Translations (Figure 1)
On fixe To sur la planche à dessin; on place en M2 une pointe
directrice et en N2 un crayon; on suit une figure (F) en M2 et on la
reproduit ainsi par translation en N2.

b) Symétrie centrale (Figure 2)


On articule deux tiges en leur .milieu commun C et on fixe C sur la

SOMMAIRE
LE PARALLÉLOGRAMME 41

planche à dessin: A et A' restent symétriques par rapport à c; on


place une pointe directrice en A et un crayon en A'.

2. 2. Manipulations graphiques
(Commentaires page 81).
Elles pourront être exécutées avec n'importe quels instruments à
dessin (et notamment avec n'importe quel "traceur de parallèles"
(Cf. Fascicule 1, Chapitre 5 ).

2.2.1. Tracé de figure


On donne un point C et trois droites ne contenant pas C, et non
parallèles deux à deux. Construire les symétriques de ces droites
par rapport à C. Combien de parallélogrammes a-t-on alors
tracés ? Joindre par un segment les couples de points
symétriques par rapport à C.

2.2.2. Tracé de figure


C1 , C2 ,..., Cn, A, B désignent n + 2 points (par exemple n = 3 ou
n = 4).
a) Construire les symétriques A1,B1 de B,A par rapport à ci , puis
les symétriques A2,B2 de B1,A1 par rapport à C2, etc... enfin les
symétriques An,Bn de Bn-1,An-1 par rapport à Cn .

SOMMAIRE
42 LE PARALLÉLOGRAMME

b) Peut-on trouver un point C qui soit simultanément le milieu de (A, Bn)


et de (B, An ) ?

Commentaires
A l'occasion de la construction de parallélogrammes, il s'agit
d'expérimenter les propriétés de la symétrie centrale, de la relation
d'équipollence de bipoints et de la notion de translation.

2 . 2. 3
On remarquera l'importance de la parité de n.
Cette manipulation pourra se prolonger par une investigation libre: les
élèves sont invités à se poser des questions à propos de ce dessin et à
ajouter de nouveaux éléments à la figure.

2. 3. Réseaux de parallélogrammes

A) Définition et premier examen

2 . 3. 1 . Exercice d'exposition
Deux droites X et Y se coupent en O; soient (O, K1) un repère sur X et (O,
H1) un repère sur Y. On trace un "fil du réseau" parallèle à Y par chaque
point d'abscisse entière sur X.
Les fils sont ...,Y–2, Y–1, Y, Y1, Y2, ...
De même pour les fils du réseau parallèles à X.
Deux fils de directions différentes se coupent en un "nœud du réseau".
a) Comment déterminer un nœud ?
Soit A le nœud N(2 ;1) et B le nœud N(3 ;2 ). Quels sont les autres nœuds qui
appartiennent à la droite AB ?
Généraliser à partir de N(1 ; j) et N(1+1 ; j+1) , puis de N(i.; j) et N(i+1 ; j–1) .
On découvrira ainsi les "droites diagonales du réseau".

SOMMAIRE
LE PARALLÉLOGRAMME 43

b) Parmi les parallélogrammes dont les sommets sont des nœuds


et les côtés portés par des fils, lesquels ont une diagonale portée
par une droite diagonale du réseau ?
Démontrer qu'alors, la seconde diagonale est aussi portée par une
droite diagonale du réseau.
c) On marque les nœuds P(4 ; –1 ), Q( 1 ; 3 ) , P'( – 2 ; 1 ) . Caractériser les
nœuds Q' tels que P'Q' soit parallèle à PQ. Caractériser les nœuds
R alignés avec P et Q.

Commentaires
Réalisation matérielle

Un géoplan (planche munie de pointes disposées aux nœuds) ou une


planche à trous, où l'on place des chevilles, permettent de tendre des
anneaux élastiques pour matérialiser des segments de droites dont le
rôle sera indiqué par le choix des couleurs de ces élastiques.
Ce matériel est particulièrement utile pour la recherche et le
tâtonnement.

SOMMAIRE
44 LE PARALLÉLOGRAMME

Pour le dessin, le papier quadrillé est pratique pour tracer des


parallèle> dans les deux directions choisies.
Les dessinateurs utilisent aussi des traceurs de parallèles (rouleaux
marqueurs).
Nœuds alignés

Trois nœuds N1 ( x1 , y1 ) , N2 ( x 2 , y 2 ) , N3 ( x3 , y3 ) sont alignés si et seu1ement si il


existe k ∈ Q tel que

⎧ x 3 − x 1 = k ( x 2 − x1 )

⎩ y 3 − y1 = k ( y 2 − y1 )
N1 et N 2 étant donnés, l'ensemble des N3 alignés avec eux correspond à un
ensemble de valeurs de k, qui dépend du plus grand commun diviseur des
différences x2 – x1 et y2 – y1

2.3.2. Régionnement déterminé par un réseau


a) On donne quatre droites du réseau formant un
parallélogramme. Caractériser par leurs coordonnées les points
situés dans chacune des 9 régions déterminées.
Prouver que chaque région est convexe (chaque région peut être
considérée bords compris ou non).
b) On nomme région intérieure celle qui est bornée. Comment
peut-on la définir avec précision, y compris sur le bord, en
sorte que le plan soit la réunion de régions disjointes, qui se
déduisent de la région intérieure par des translations ?
Ces régions seront dites "mailles du réseau".
Commentaires
On a l'occasion ici de travailler sur les systèmes d'inégalités.
a) Une région sans bord est définie par des inégalités strictes,
par exemple l'ensemble des points (x, y) vérifiant
⎧ 2<x<3

⎩ −4 < y < 1

SOMMAIRE
LE PARALLÉLOGRAMME 45

Convexité
Une région K est convexe si, lorsque deux points A et B sont
dans K, alors tout point du segment [AB] est dans K. Les
raisonnements se font soit par les propriétés des inégalités
numériques, soit par celles de l'inclusion.
b) Une maille est définie par exemple par
⎧ x i ≤ x ≤ x i +1

⎩ y i ≤ y ≤ y i +1

2.3.3. Réseaux plus ou moins fins


On donne un réseau R défini à partir des repères (O, K1), (O, H1 ).
a) Comparer R au réseau R' défini à partir de (O, K3) et (O, H2 ).
Observer les fils, les nœuds, les mailles.
b) On dit que l'un des réseaux est moins fin qu'un autre si les
mailles du premier sont réunion de mailles de l'autre. Donner
des exemples de réseaux de moins en moins fins.
c) Montrer que toute droite diagonale de R est droite diagonale de
réseaux moins fins que R.
Quel est le plus fin de ces réseaux ?

Commentaires
Notions indispensables pour l'utilisation de réseaux plus ou moins
fins.
C'est une occasion de discussion relativement à la relation d'ordre,
spécialement de l'ordre total.
La liaison avec la théorie des entiers conduit à des questions parfois
difficiles qui disparaîtront plus loin lorsqu'on "efface" le réseau, dont
le rôle n'est plus que de soutenir l'intuition.
En arithmétique ou en géométrie, on distinguera soigneusement ce
qui est aperçu et admis de ce qui est démontré.
Au sujet de l'utilisation pédagogique des réseaux et du papier
quadrillé, on pourra consulter les "Dialogues sur la Géométrie" de
Lucienne Félix (Albert Blanchard - Paris, 1971).

SOMMAIRE
46 LE PARALLÉLOGRAMME

B) Exercices exploitant les réseaux


(Commentaires page 81).
2.3.4. Exercice
A, B, C sont trois points non alignés et A', B', C' les milieux
respectifs de (B, C), (C, A), (A, B).
Soit R le réseau de repères (A', C) et (A', A).
On considère les réseaux plus fins que R pour lesquels C' et le
milieu B" de (A', C') sont des nœuds. Soit R' le moins fin de ces
réseaux.
a) Reconnaître les nœuds de R' qui appartiennent aux segments
BC, CA, AB .
b) D et E sont les points tels que (A, A', B, D) et (A, A', C, E) soient
des parallélogrammes.
La droite BE coupe les droites A'C' et AC respectivement en U et
V. Comment sont placés ces points sur BE ?

2.3.5. Exercice
Même figure que dans l'exercice 2.3.4.
a) Comment le segment BB' est-il coupé par AA' ?
Soit G le point d'intersection.
b) Comment G est-il placé sur AA' ?
Prouver que CC' passe par ce même point G.

2.3.6. Exercice
Même figure que dans l'exercice 2.3.4.
Soit Q le point de AB tel que QA = −3QB et P le point de AC tel que
PA = −3PC .
Prouver que CQ et BP se coupent sur AA' en un point L dont on
déterminera la position sur BP, sur CQ, sur AA'.

C) Applications heuristiques des réseaux


(Commentaires page 82).
De nombreux problèmes de géométrie deviennent faciles à résoudre

SOMMAIRE
LE PARALLÉLOGRAMME 47

dès que l'on a tracé quelques lignes auxiliaires "convenables". Mais


les élèves qui ont peu d'imagination ne voient pas ce qu'il faut
dessiner.
L'expérience montre que la construction de réseaux de
parallélogrammes ou l'emploi de papier quadrillé suggère souvent le
tracé d'une ligne importante. (Exemple: les trois exercices
précédents). Il y a lieu ensuite d'effacer le superflu.
La méthode consiste donc à tracer des lignes surabondantes, puis à
effacer tout ce qui n'intervient pas dans le raisonnement.
2.3.7. Exercice
Sur du papier quadrillé, on donne un segment dont les extrémités
sont des nœuds du quadrillage. Diviser ce segment en cinq parties
égales en utilisant uniquement la règle.
2.3.8. Exercice
On donne un parallélogramme (A, B, C, D) et un point M sur la
diagonale BD. Soit I le symétrique de C par rapport à M. On projette
I en É sur AB, parallèlement à AD, puis en F sur AD, parallèlement
à AB.
Montrer que les points É, M, F sont alignés.

SOMMAIRE
SOMMAIRE
CHAPITRE 3

LE THÉORÈME DU POINT FIXE

3. 1. Énoncé
D et D' désignent deux parallèles ne passant pas par un point O.
On désigne par πo l'application de D sur D' qui associe à M ∈ D
l'intersection πo(M) de 0M et D'. Pour qu'un point M' ∈ D' soit
l'image πo(M) de M, il faut et il suffit que l'abscisse m de M dans
un repère (A, B) de D soit égale à l'abscisse de M' dans le repère
(πo(A), πo(B)) de D'.

Question
Si l'on omettait de supposer D et D' parallèles, l'énoncé précédent
serait incorrect. Pourquoi ?

SOMMAIRE
50 LE THÉORÈME DU POINT FIXE

Démonstration
a) Supposons que M' = po(M)
Tant que la figure ne comporte que les seules parallèles D et D',
l'axiome de Thalès ne peut fournir que les conséquences du tableau
1. Il convient donc de faire intervenir une autre projection parallèle.
Essayons d'utiliser la projection parallèlement à OA (on pourrait
songer aussi à la projection parallèlement à OM ou à OB).

SOMMAIRE
LE THÉORÈME DU POINT FIXE 51

b) Supposons que M et M' aient pour abscisse x dans les repères


(A, B) et (πo(A), πo(B)).
D'après a), πo(M) a pour abscisse x dans le repère (πo(A), πo(B))
d'où M' = πo(M).

Commentaires
La réciproque du théorème b), ci-dessus, fournit une condition pour que
les droites soient concourantes (i.e. MM' passe par 0 si M et M' ont pour
abscisse x dans les repères précédents) ou pour que trois points soient
alignés.

3.1.1. Exercice (Solution page 83).


On donne deux parallèles D et D', une sécante commune D", et
trois points A, B, C situés sur D" et n'appartenant ni à D, ni à D'.

SOMMAIRE
52 LE THÉORÈME DU POINT FIXE

Une droite variable A passant par A coupe D en M et D' en M'.


Montrer que le point d'intersection I de BM et CM' décrit une
parallèle à D et D'.

3. 2. Théorème des segments homothétiques


Soit deux droites parallèles D et D' munies des repères (A, B) et (A',
B'). On dit que le repère (A', B') se déduit du repère (A, B) par
translation lorsque (A, A', B', B) est un parallélogramme.
On dit qu'on a gradué une direction lorsqu'on a muni toutes les
droites de cette direction de repères déduits les uns des autres par
translation.
Si M et N sont deux points de D, et si M' et N' sont deux points de

D', on peut alors parler du rapport


MN sans aucune ambiguïté
M'N '
M'N' lorsque D et D' appartiennent à la même direction graduée.
Le théorème des segments homothétiques peut s'énoncer ainsi:
Soit D et D' deux droites d'une direction graduée et O un point
n'appartenant ni à D ni à D'. Une droite A passant par O coupe
D en A et D' en A'.
Soit M un point quelconque de D (M ≠ A).
Alors un point M' de D' appartient à la droite 0M si, et seulement
si :

A ' M ' = OA '


AM OA

Démonstration
Supposons que M' appartienne à la droite 0M et montrons que

A ' M ' = OA '


AM OA

SOMMAIRE
LE THÉORÈME DU POINT FIXE 53

Il suffit d'appliquer l'axiome de Thalès comme le montre le


tableau qui suit:

D'après ce tableau, nous avons:

b = OA ' = A ' M '


a OA A ' M "
Mais, les repères de D et D' se déduisant l'un de l'autre par
translation, nous pouvons écrire A ' M" = AM

Donc OA ' = A ' M '


OA AM

Réciproque
Cette relation définit le point M' lorsque M est donné. Si un
point M' de D' vérifie cette relation, il est donc bien
l'intersection de 0M avec D'.

3. 3. Exercices d'application
(Solutions abrégées page 84 ).
3.3.1. Exercice
Soit deux droites X et Y se coupant en S. Soit D une sécante qui
coupe X en A, Y en B, et X1 la parallèle en B à X.
A tout point P de D, on associe {P1} = SP inter X1 .

SOMMAIRE
54 LE THÉORÈME DU POINT FIXE

a) Montrer que la position de P1 sur X1 détermine le rapport PB .


PA
b) Utiliser X1 pour construire le point Q de D tel que

QB
= − 1 PB
QA 2 PA

puis les points R et T de D tels que

RB = − PB TB = 2 PB
RA PA TA PA
c) Soit D' une droite passant par P, coupant X et Y en A' et B'.
A-t-on l'égalité PB ' = PB ?
PA ' PA
Construire sur D' les points Q', R' et T' tels que :

Q 'B '
= − 1 PB ' R ' B ' = − PB ' T ' B ' = 2 PB '
Q'A ' 2 PA ' R'A' PA ' T'A' PA '
d) Les droites QQ', RR' et TT' sont-elles concourantes ?

3.3.2. Exercice
a) Soit dieux droites X et Y se coupant en S, P un point n'appar-
tenant pas à x u Y , et r un nombre réel.
Montrer qu'il existe une droite Dr telle que toute droite passant
par P, coupant X en A, Y en B, coupe Dr en Q tel que
QB
= r PB
QA PA
b) Le résultat est-il valable si X et Y sont parallèles ?

SOMMAIRE
CHAPITRE 4

QUELQUES TRANSFORMATIONS
AFFINES DU PLAN

4.1. Symétries centrales et translations


(Solutions abrégées page 85).

4.1.1. Exercice : Théorème de transitivité des équipollences


Si (A, M') et (M, A') (resp. (M', A") et (M", A')) ont un même milieu O
(resp. O') les segments AM" et A"M ont le même milieu, et
AA " = 2OO ' = MM " .

4.1.2. Exercice
On peut définir une translation T, à partir de n'importe quel point
A et son transformé A1 =T(A), en associant à tout point M l'unique
point M1 tel que (M, A1) et (M1, A) aient le même milieu.
Prouver que cette définition ne dépend pas du choix de A

SOMMAIRE
56 QUELQUES TRANSFORMATIONS AFFINES

4.1.3. Exercice
Trouver l'image d'une droite par une symétrie centrale, par une
translation.

4.1.4. Exercice
Démontrer que:
1- La composée de deux symétries centrales (ou de deux trans-
lations) est une translation;
2- La composée d'une translation et d'une symétrie centrale est
une symétrie centrale;
3- Les compositions précédentes sont-elles commutatives ?
4- Que peut-on dire de la composée d'une suite de transforma-
tions qui sont, soit des translations, soit des symétries centrales ?

4.1.5. Problème
Étudier un parallélogramme LMNO dont les quatre sommets
appartiennent aux quatre côtés (éventuellement prolongés) d'un
parallélogramme ABCD.

4. 2. Symétrie oblique
(Commentaires page 86).
4.2.1. Exercice
On donne une droite Δ et une direction δ ne contenant pas Δ. Par
un point M arbitraire du plan, on mène la droite de direction δ . Elle
coupe Δ en I; on appelle M' le symétrique de M par rapport à I. La
transformation ainsi définie s'appelle la symétrie oblique d'axe Δ, de
direction δ , notée S(Δ, δ) .
Étudier l'image d'une droite quelconque D.

4.2.2. Exercice
a) Quatre points A, B, C, D sont tels que les droites AB et CD sont
parallèles.
Que dire des milieux de (A, C), (C, B), (B, D), (D, A) ?
b) Généraliser, en remplaçant les milieux par des points ayant
même abscisse dans les repères (C, A), (C, B), (D, A) et (D, B).

SOMMAIRE
QUELQUES TRANSFORMATIONS AFFINES 57

4.2.3. Exercice
Dans un triangle ABC, on prend M sur AB et la parallèle en M à
BC coupe AC en N.
Étudier l'ensemble des points d'intersection de MC et NB, lorsque
décrit la droite AB, ou le segment [AB] .

4.3. Homothétie

4.3.1. Exercice
On appelle homothétie de centre O et de rapport k, notée H(O, k),
l'application du plan dans lui-même qui à tout point M associe le
point M' tel que OM ' = kOM (autrement dit, si M a pour abscisse a,
M' a pour abscisse ka dans un repère d'origine O).
Étudier l'image d'une droite par une homothétie.

4.3.2. Exercice
Soit un triangle ABC, et un point S distinct de A, B, C. Soit A' un
oint de SA, B' et C' les projections de A', sur SB et SC,
parallèlement à AB et AC.
Étudier le triangle A'B'C'.

4.3.3. Exercice
On considère deux parallélogrammes dont les côtés sont deux à
eux parallèles, ainsi que deux diagonales.
Montrer que les deux autres diagonales ont aussi même direction.

4.3.4. Exercice
Reprendre le problème 1.1.5. b) (dans le cas où E'F' et H'G' se
coupent en un point I') en utilisant l'homothétie.
Solution
L'homothétie de centre I' qui transforme F' en E' transforme H' en G'
(puisque F'H' et E'G' sont parallèles). Elle transforme la droite FC en
la droite AB (parallèle à F'C' menée par E') et la droite H'A en la
droite G'B. Par conséquent, elle transforme D en B. Les points I'DB
sont donc alignés. .

SOMMAIRE
SOMMAIRE
CHAPITRE 5

PROBLÈMES DIVERS

On propose quelques thèmes de problèmes à résoudre à l'aide


des outils étudiés dans les chapitres précédents.

5. 1. Problème: Recollement de graduations


(Commentaires page 88).
Soit deux points A et B sur une droite X, Y une droite passant
par A, Z une droite passant par B.
On appelle π D la projection de X sur Y parallèlement à une droite D
non parallèle à Y, π D', la projection de Y sur Z parallèlement à une
autre droite D', non parallèle à Z, et πy la projection de Z sur X
parallèlement à Y.

SOMMAIRE
60 PROBLÈMES DIVERS

Soit F l'application π Y π D ' π D de X dans X, M' = F(M),


A' = F(A), B' = F(B) et enfin soit f : m m' l'application qui, à l'abscisse
de M dans (A, B), fait correspondre l'abscisse de M' dans (A, B).

a) D et D' sont données; on note a' = f(0), b' = f(l) (ce sont les
abscisses de A' et B' dans (A, B)).
Trouver f(m) à l'aide de a' et b'.
Existe-t-il un point invariant par F, c'est-à-dire tel que f(m) = m ?

b) Montrer que la donnée de a' et b' détermine en général les


directions de D et D'. Étudier les cas particuliers.

c) Quelle relation lie a' et b' lorsque MM ' est constant ? Peut-on
choisir a' et b' de telle sorte que MM ' ait une valeur constante
donnée ? Quelle est la nature de F dans ce cas ?

d) Choisir a' et b' de façon que le point invariant soit un point


donné de X, par exemple A, B, ou C d'abscisse dans (A, B) égale
à 1/3.
Expliquer pourquoi ce choix du point invariant laisse encore un
paramètre arbitraire.

5. 2. Problème: Parallélogrammes et symétries


(Commentaires page 89).
Soit un parallélogramme ABCD, I et J les milieux de (A, B) et (C, D);
K et L ceux de (B, C) et (A, D).

a) Prouver que les droites DI, BJ, AK et CL forment un parallé-


logramme. Calculer les rapports des segments déterminés sur
chaque droite.

b) Un autre parallélogramme est celui formé par les droites DK, BL,
AJ, CI. Tracer les trois parallélogrammes avec différentes

SOMMAIRE
PROBLEMES DIVERS 61

couleurs. Considérer tous les points où se coupent les droites


tracées. Comment se déduisent-ils les uns des autres, dans les
symétries qui laissent (ABCD) globalement invariant ?
Il est recommandé de faire une grande figure.

5. 3. Problème: Symétries obliques


Soit un triangle ABC. Sur chaque côté, on prend comme repère
(A, B), (B, C), (C, A) et l'on marque les points d'abscisses 1/3 et
2/3.
Les six points forment un hexagone dont on demande d'étudier les
diagonales.
a) Combien y a-t-il de diagonales ? Comment sont-elles associées
dans chacune des symétries qui laisse ABC globalement
invariant ?
b) Étudier les transformés dans ces symétries des points d'inter-
section des droites tracées.

5. 4. Problème
(Commentaires page 90).
On donne un triangle ABC et une direction δ . Une droite D
variable, de direction δ , coupe AB en M et BC en Q. La parallèle à
BC passant par M coupe AC en N, la droite de direction S passant
par N coupe BC en P. Déterminer l'ensemble décrit par le centre du
parallélogramme MNPQ, lorsque M décrit la droite AB, ou le
segment AB.

5. 5. Problème des suites de points


(Commentaires page 90).
a) Soit un triangle A1 B1 C1 . On mène par chaque sommet la
parallèle au côté opposé, formant ainsi le triangle ABC. Que sont
A1 sur BC, B1 sur CA, C1 sur AB ?

SOMMAIRE
62 PROBLÈMES DIVERS

b) Partant de ABC, on construit A1 B1 C1 pour satisfaire aux


conditions de a), puis A2 B2 C2 à partir de A1 B1 C1 suivant les
mêmes conditions et ainsi de suite.
Existe-t-il un point intérieur à tous les triangles AiBiCi ?

5. 6. Problème
(Solution abrégée page 91)
a) Quel est l'ensemble des milieux des segments dont les extrémités
M et N décrivent respectivement deux segments non parallèles
du plan, AB et CD ?
b) Quel est l'ensemble des centres des parallélogrammes dont les
sommets M, N, P, Q se trouvent respectivement sur les côtés
d'un quadrilatère ABCD ?

SOMMAIRE
CHAPITRE 6

ABAQUES*

6. 1. Introduction

6.1.1. Exercice
(Solution page 91).
Soit X et Y deux droites parallèles munies des repères respectifs
(A, B) et (C, D). On suppose que le repère (C, D) se déduit du repère
(A, B) par translation.
Un point P quelconque de X a pour abscisse x dans le repère (A, B),
et un point Q quelconque de Y a pour abscisse y dans le repère
(C, D).

*
Ce chapitre est inspiré par des articles de T.J. FLETCHER (Second
Séminaire International E. GALION, 1971) (O.C.D.L. - HATIER).

SOMMAIRE
64 ABAQUES

Démontrer qu'il existe une droite Z parallèle à x, et une seule, telle


que dans un repère (É, F) bien choisi de Z, l'intersection R de PQ et
de Z ait pour abscisse x + y quels que soient P et Q.

6.1.2. Abaque de l'addition


On dessine trois droites X, Y et Z répondant aux conditions de
l'exercice précédent.
Réalisation pratique:
Coller sur des cartons des bandes de papier millimétré. Les ali-
gnements de P, Q, R sont réalisés par le bord d'une règle ou par un
fil tendu. Les résultats peuvent être donnés par des encadrements
tenant compte des erreurs de lecture et de dessin.

6. 2. Abaques à points alignés


La nomographie est une technique de calcul graphique approché.
Elle utilise en particulier des abaques à points alignés * .

6.2.1. Exercice
(Solution page 92 ).
a) Soit trois droites X1 , X2, X3 d'une direction graduée, munies des
repères (A1 , B1), (A2 , B2 ), (A3, B3 ). On suppose les points A1 , A2
et A3 alignés.
Soit trois points M, P, Q appartenant respectivement à X1 , X2 ,
X3 et d'abscisses m, p, q.
Caractériser l'alignement de ces trois points par une relation
entre m, p, q
– de la forme A 2 A3 .m + A 3 A1 .p + A1A 2 .q = 0
– de la forme q = am + bp avec a + b = 1
b) Réciproquement, on donne un nombre c.
Trouver X3 telle que q = (1 — c)m + cp
*
Voir par exemple: M. FRECHET et H. ROULLET. Nomographie. Collection
Armand COLIN. Numéro 103.

SOMMAIRE
ABAQUES 65

c) Généralisation
Trouver X3 et un repère affine sur X3 tels que q = αm + βp
où α + β ≠ 0.
Étudier par exemple: q = 3m + 2p

6. 3. Autres abaques
Par des transformations (qui ne sont pas affines) des graduations
de X1 et de X2, on peut lire sur X3 les quantités telles que
au2 + bv2 , au 2 + bv 2 , a + b , etc...
u v

a) Lire au2 + bv2


Si l'on dispose d'un abaque donnant q = am + bp , on place
sur X1 l'échelle u = r i —n et sur X2 l'échelle v = r i ; et on lit
sur X3 : q = au2 + bv2.

b) Lire au 2 + bv 2

Si de plus, on place sur X3 l'échelle r = q -, alors


r2 = au2 + bv2 ou r = au 2 + bv 2 .

c) Abaque de la multiplication

6.3.1. Exercice
(Solution page 93).
Deux droites parallèles X1 et X3 sont munies de repères affines
(A1 , B1) et (A3, B3) quelconques. Comment graduer la droite X2
passant par A1 et A3, de telle sorte que les "abscisses" des points
M, P, Q, alignés et appartenant respectivement à X1 , X2 , X3 ,
soient m, p, q liés par la relation q =mp (m est l'abscisse de M
dans (A1 , B1 ); q est l'abscisse de Q dans (A3, B3) ). La graduation
de X2 n'est pas affine.

SOMMAIRE
66 ABAQUES

6. 4. Conclusion
La construction et l'utilisation d'abaques a donné lieu dans quel-
ques classes françaises (et dans de nombreuses classes de Grande-
Bretagne) à des séances fructueuses de manipulations.
Une autre technique de calcul manuel consiste à utiliser deux
règles juxtaposées munies de graduations convenables. C'est en
particulier le cas pour la règle à calcul usuelle munie de son
échelle logarithmique. On trouvera quelques principes généraux
concernant cette technique dans une courte publication de
l'I.R.E.M. de Grenoble; mais le déplacement des règles graduées se
rattache à la géométrie métrique et non à la géométrie affine (Cf.
Chapitre 0, paragraphe 3).

SOMMAIRE
Seconde partie

SOLUTIONS

CHAPITRE 0

0.2.0. Solution détaillée


On entraînera les élèves à opérer un changement d'origine suivi d'un
changement d'unité sur la première graduation pour faire coïncider deux
colonnes du tableau des abscisses, comme indiqué ci-après:
changement changement
d'origine d'unité

On en déduit b = 1/2 et d = – 3/2

SOMMAIRE
68 SOLUTIONS

0.2.1. Solution détaillée


II s'agit de déterminer un changement de graduation x → kx + h , k ≠ 0 ,
tel que
⎧km + h = 0

⎩kn + h = 1
m et n désignant les abscisses de M et N dans la première graduation. La
résolution du système fournit les valeurs de k et h cherchées.
Mais comme les élèves de quatrième ne connaissent pas encore la théorie
des systèmes linéaires, on pourra opérer en deux temps:
D'abord le changement d'origine x → x – m attribue la valeur 0 à M, et
n – m ( ≠ 0) à N.

Puis un changement d'unité conduit à la graduation cherchée


x −m .
n−m
L'unicité de cette graduation se constate en remarquant que h = 0 et k = 0
est l'unique solution du système

⎧(k × 0) + h = 0

⎩(k × 1) + h = 0

0. 2. Commentaires
L'exercice 0.2.3. ne correspond qu'à un changement d'unité.
L'exercice 0.2.2. correspond à un changement d'origine, suivi d'un chan-
gement d'unité.
De même pour l'exercice 0.2.4.

0.2.5.
La question b) a pour objet de faire constater expérimentalement qu'en
géométrie affine, les rapports de mesures algébriques de bipoints d'une
même droite ne dépendent pas de la graduation choisie.
Il sera toujours temps d'exposer cette remarque, dans un cours magistral,
lorsque les élèves s'en seront déjà convaincus sur de nombreux exemples !
Ce n'est qu'à ce prix que la remarque les frappera. II faut distinguer ce que
"remarque" l'élève de ce que seul le professeur remarque, et qui est
immédiatement oublié par la classe.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 69

0.2.6.
Il faut traduire les hypothèses et l'énoncé ne suggère pas de prendre un
repère plutôt qu'un autre. Un repère d'origine A permettra de trouver la
réponse par un simple changement d'unité.

0.2.7.
L'emploi des indices doit être rendu familier aux élèves.
L'inégalité proposée en d) n'est pas obligatoire, mais rend la situation plus
claire pour les débutants.
On ne demande pas la valeur exacte de l'abscisse du point limite dont
l'existence est prouvée si l'étude de R est suffisamment connue.
Rappelons que la théorie des progressions donne

( )+ ⎤
2
lim AA n = 1 ⎢1 + 4 + 4 ⎥ = 0, 6
2⎣ 9 9 ⎦
0.2.8.
La démonstration repose sur l'identité

1 ⎛ x1 + x 2 + x 3 + x 4 ⎞ = 1 ⎛ x1 + x 3 + x 2 + x 4 ⎞ = 1 x + x + x + x
2 ⎜⎝ 2 2 ⎟⎠ 2 ⎜⎝ 2 4 ⎟⎠ 4 1
( 2 3 4)

0.2.9.
A partir des graduations données, on construit les tableaux:

Le second tableau est obtenu par changement d'unité. Par recollement, on


constate que xyz = 1
On peut généraliser en prenant davantage de points. Pour deux points, on
retrouve le résultat de 0.2.3.
Le résultat de ce problème sera utile dans la démonstration du théorème de
Ménélaüs

SOMMAIRE
70 SOLUTIONS

On notera que dans tous les exercices de ce chapitre, le caractère rectiligne


de l'ensemble gradué n'intervient pas. Les raisonnements que l'on effectue
sur une ligne droite, tracée à la règle, peuvent être transposés sur
l'exemple d'une route repérée grâce à l'abscisse curviligne.
Il est théoriquement légitime de transposer ces raisonnements sur
n'importe quel ensemble en bijection avec R. Mais il est inutile d'évoquer
des exemples compliqués et sans intérêt, alors que la vie pratique abonde
en graduations variées, utiles et familières.

0. 3. Commentaires
Cet exercice sert à démystifier une confusion courante entre le changement
d'origine et le "déplacement" de la règle graduée.

Un point M' de la règle se trouvant, avant le déplacement, en face du point


M, se trouve après le déplacement en face du point N. Considérons les
applications suivantes:
f: D→R ϕ : R→R
M→k k → k3
F:D→D Φ: R→R
M→N k→k–1
Posons g=ϕof g: D→R
M → k3
Le problème consiste à comparer les graduations Φof et f o F d'une part, et
les graduations Φ o g et g o F d'autre part. On peut écrire que
f(N) = k – 1

SOMMAIRE
SOLUTIONS 71

1) Comparaison de <h o f et f o F (Règle ordinaire)


Soit x = f(M) , y = (Φ o f)(M) , z = (f O F)(M)
On a : y = Φ(k) = k – 1
z = f(N) = k – 1
Donc y=z et ϕO f =f O F

Illustrons graphiquement ce résultat: portons en abscisse le réel f(M) et en


ordonnée les réels x, y, z (Cf. Figure 1).

2) Comparaison de Φ O g et g O F
Soit x = g(M) , , y = (~[~o g)(M) , z = (g o F)(M)
On a:
x = k3
y = Φ(k3) = k3 – 1
z = ϕ [(f O F)(M)] = ϕ (k – 1) = (k – 1)3

SOMMAIRE
72 SOLUTIONS

On constate que, non seulement Φ O g ≠ g O F , mais encore que ces


graduations ne sont pas compatibles. (Cf. Figure 2). Il n'existe pas de
nombres réels a ≠ 0 et b, tels que, pour tout k réel, (k + 1)3 = ak3 + b .

Les courbes représentant y et z se déduisent de celle représentant x par


des translations verticale et horizontale respectivement, de même
amplitude.

CHAPITRE 1

1. 1. Commentaires
1.1.1. et 1.1.2.
La caractérisation du parallélogramme et l'étude de l'image d'une droite par
une symétrie centrale sont présentées ici comme une application directe du
théorème des parallèles: on remarquera la simplification par rapport aux
anciens programmes de quatrième, où l'on faisait intervenir des considé-
rations de géométrie métrique.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 73

1.1.3. Exercice
Exercice didactique sur l'application répétée du théorème des parallèles
(deux fois l'axiome et une fois l'énoncé réciproque).

1.1.4. Exercice
On applique plusieurs fois de suite la conservation du milieu par
projection, puis le théorème réciproque.

1.1.5. Problème
La question a) se résout très aisément.

Les élèves sont principalement arrêtés par la complexité de la figure: il leur


faudra beaucoup de tâtonnements pour faire intervenir les hypothèses
dans un ordre efficace.
La méthode consistera à reconstituer la figure progressivement. Par exem-
ple, on n'envisagera d'abord que les points I, H, G, et I, F, E: grâce au
parallélisme de HF et CE on pourra attribuer la valeur 0 à I, 1 à H et F, et x
à G et E dans deux graduations compatibles.

SOMMAIRE
74 SOLUTIONS

On construira ensuite le point D et la droite ID et l'on projettera la graduation IH(;


(resp. IFE) sur ID parallèlement à HD (resp. FD). On constatera ainsi que le point
d'abscisse x, dans le repère (I, D), est confondu avec B.
C.Q.F.D.
La question b) peut se démontrer très élégamment grâce à l'homothétie
(éventuellement la translation, dans un cas particulier). (Cf. Exercice 4.3.4).
Remarque
Un autre problème utilisant des projections parallèles dans plusieurs direc-
tions est discuté dans le chapitre 2 du fascicule 1 (Exercice 1).

1. 2. Commentaires
Lorsque les graduations ont même origine, les abscisses x, x' du point M
sont liées par une relation linéaire x' = kx avec k ≠ 0 .

1.2.1. Exercice
On appelle b' l'abscisse de B' dans le repère (A, B)

Les graduations des lignes 1 et 3 se recollent. Donc m' = mb' .


Remarque
X→X
L'application est affine.
M → M'

SOMMAIRE
SOLUTIONS 75

1.2.2. Exercice
Solution analogue. La relation est encore m' = mb' . Elle est valable' quel
que soit le nombre de projections sur des droites passant par A et quelles
que soient les directions de ces projections.

1.2.3. Exercice
a) il suffit d'assurer la condition quand M est en B (Cf. l'exercice 1.2.2.).
b) Soit I le milieu de (A, B). La direction d' est celle de BB1, la direction d est
celle de IB2. Comme on peut déterminer d' connaissant d, il en résulte que d.
dépend de d'.

c) Pour que d et d' soient les mêmes, il suffit que IBB1B2 soit un B B

parallélogramme. Connaissant X et Y, on choisit B1 sur Y et on achève le


parallélogramme IBB1B2, ce qui détermine Z.
B B

1.2.4. Exercice

SOMMAIRE
76 SOLUTIONS

a) On applique d'abord l'axiome de Thalès en projetant la droite IB sur la


droite ID parallèlement à BC, puis parallèlement à AB.

On recolle ensuite les graduations obtenues sur la droite ID.

On conclut qu'on peut attribuer aux points I, G, H les abscisses 0, x, y


dans une graduation compatible avec la première.
b) Si l'on observe les droites IHG et IFE, on se rend compte que la situation
est la même que dans la dernière question du problème 1.1.5. Les
parallèles à CB et CD considérées se coupent donc bien sur IC.
Il est important de faire découvrir aux élèves que des énoncés d'apparences
diverses peuvent recouvrir, en fait, le même problème.

1. 2. Commentaires (suite)
Lorsque les graduations n'ont pas même origine, les abscisses sont liées
par une relation non linéaire
x → x' = kx + h où k ≠ 0.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 77

1.2.5. Exercice On utilise le schéma suivant:


Cf. exercice 1.2.1.

où m est l'abscisse de M' dans le repère


(B, A).
m – 1 est l'abscisse de M' dans un repère
"translaté" où l'origine est A ;
puis m' = 1 – m est l'abscisse de M' dans
(A, B).

Conséquence
m + m' = 1 , l'image de M' est donc M.
Un point invariant est tel que m = m' . Il y en a un seul qui est le milieu de
(A, B). (Abscisse 1/2 dans (A, B) ).

Remarque
Dans le repère (O, B) où O est le milieu de (A, B), les abscisses de M et M'
sont resp. 2m – 1 et 1 – 2m . L'application A est une symétrie par rapport à
O (O est toujours le milieu de (M, M') ).

1.2.6. Exercice
C'est un cas particulier numérique du théorème de Ménélaüs.

SOMMAIRE
78 SOLUTIONS

Dans le cadre intérieur, on a traduit les données du problème.


On déduit:
1 = 1/ 4 − c d'où c = – 1/2
2 1− c
puis
b = −c d'où b =1/3
1− c
Finalement, dans le repère (C, B), A' a pour abscisse 3 et M' a pour
abscisse 3/2 .

1.3. Commentaires
1.3.1. Problème
Avant de poser la question aux élèves, on pourra leur faire construire des
triangles de formes diverses et faire constater que les médianes se coupent
dans chaque cas de figure. L'intérêt de l'exercice est de susciter un souci de
rigueur et de montrer qu'une figure ne constitue pas une démonstration en
soi..
Une solution consiste à mener par
A la parallèle à la médiane BB'.
Cette parallèle coupe BC en D. D
ayant pour abscisse 2 dans le
repère (C, B), D n'est pas le milieu
de (B, C). AD n'est donc pas la
médiane issue de A du triangle.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 79

Remarque
Soit K le corps des entiers modulo 3. Dans la géométrie du plan K2, deux
médianes sont toujours parallèles, car l'inverse de 2 est égal à 2 dans ce
corps (2 X 2 ≡ 1 mod(3)), alors que dans R, on a 2 ≠ 1/ 2 .

1.3.2. Exercice
Par projection, puis recollement, on montre aisément que dans le repère
(B, C) les points C", A', B" ont respectivement pour abscisses 1/4, 1/2, 3/4.

1.3.3. Exercice
a) On montre d'abord que DIBJ est un parallélogramme (IJ et DB se
coupent en leur milieu).
b) L'application à l'étude de l'intersection des médianes d'un triangle se
fera de préférence un certain temps après avoir étudié la question a).
On provoquera un effet de surprise en faisant reconnaître dans la figure 2
la "moitié" de la figure 1, étudiée une semaine plus tôt. L'entraînement à la
"reconnaissance des formes" est primordial dans l'éducation mathé-
matique.

1. 4. Commentaires
Dans ces exercices, il est important de laisser l'élève découvrir lui-même la
réponse. Celle-ci est surprenante et doit provoquer le désir d'une démons-
tration rigoureuse.

1.4.1. Exercice
On laissera aux élèves le soin de poser eux-mêmes le problème, en leur
faisant dessiner la figure à plusieurs reprises et constater que chaque fois
QM est parallèle à BD

SOMMAIRE
80 SOLUTIONS

1.4.2. Problème
Après avoir fait découvrir qu'on peut choisir A, B, C "quelconques", on
pourra faire remarquer, après avoir fait dessiner plusieurs figures, que D
peut prendre une position' "quelconque".
L'intérêt de l'exercice serait pratiquement réduit à néant si on révélait la
réponse à l'avance.
On peut aussi présenter l'exercice 1.4.2. comme un cas particulier de
l'exercice 1.4.1.

1.4.3. Exercice
C'est une variante du problème 1.4.2.

1.4.4. Exercice
C'est l'occasion d'apprendre aux élèves
à faire une figure soignée, car si la
figure est incorrecte, la propriété est
mal mise en évidence.
On résout l'exercice en remarquant
que les droites DA' et BC rencontrent
AS au même point: le point d'abscisse
2 dans le repère (A, S).
Ce point n'est donc autre que A' !

1.4.5. Exercice
Pour la démonstration de la condition nécessaire, on mène par A la
parallèle à la droite PQR qui rencontre la droite
BC en D.
PB est l'abscisse de B dans le repère (P, C) ;
PC
QC
est l'abscisse de C dan le repère (P, D) ;
QA
RA est l'abscisse de D dans le repère (P, B ) ;
,
RB
Pour achever la démonstration, il suffit de se reporter au problème 0.2.9.
Pour montrer que la condition est suffisante, on remarquera que la droite
PQ rencontre AB en un point satisfaisant à l'égalité de Ménélaüs.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 81

CHAPITRE 2

Commentaires
Grâce au réseau, les projections utiles sont en évidence.

2.3.4. Exercice
Les droites A'C' et AC sont des droites diagonales du réseau R'. Parallè-
lement à la direction AC, les nœuds B, A' et C se projettent sur BE en B, U
et V. Les nœuds D, A, E se projettent en U, V, E.

2.3.5. Exercice
Les points B, A', K2 se projettent en B, G, B' parallèlement à AA'. On
endéduit immédiatement GB' =
1 BG
.
2
En appelant I le milieu de (A, A'), on obtient, par projection parallèlement à
BC, la relation GL =
1 A'G .
2

2.3.6. Exercice
Soit L le point commun aux droites BP et AA'.

SOMMAIRE
82 SOLUTIONS

Par projection parallèlement à AA':

LP = 3 BL
4
Par projection parallèlement à BC:

LH1 = 3 A ' L
4
D'où

A ' L = 4 A ' H1 = 1 A ' A


7 7
2.3.7. Exercice
Cet exercice permet de mettre en évidence l'utilité du papier quadrillé pour
certaines constructions géométriques.
Le réseau sert ici de support pour trouver une méthode de partage.

La figure ci-dessous illustre le procédé employé pour partager AB en cinq


parties égales.

2.3.8. Exercice
Le principe heuristique de cet exercice consiste à reconnaître la figure I de
l'énoncé comme une partie d'une figure 2 plus harmonieuse. Il est primor-
dial d'entraîner les élèves à opérer de telles reconstitutions, sans l'aide du
professeur.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 83

CHAPITRE 3
3.1.1. Exercice
On prend deux positions Δ1 et Δ2 de la droite Δ. Choisissant A comme point
fixe, la graduation de D se transporte ainsi sur D' :

Soit D1 la parallèle à D passant par I1 qui coupe D" en O". Choisissant B et


C comme points fixes, on trouve :

Les points {D1 ∩ BM2} et {Di ∩ CM'2} ayant même abscisse par rapport au
repère (O", I1) sont confondus avec I2.

SOMMAIRE
84 SOLUTIONS

3.3.1. Exercice

a)
PB = BP1 (théorème des segments homothétiques).
PA AS

b) BQ1 = − 1 BP1
2

c) PB ' ≠ PB si D ≠ D'
PA ' PA
d) La réciproque du théorème du point fixe montre que QQ', RR', TT'
passent par S.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 85

3.3.2. Exercice
a) Application de l'exercice précédent.
On détermine d'abord Q1 sur XI tel que BQ1 = rBP1 . La droite Dr est la
droite SQ1.
b) Le cas où X et Y sont parallèles se traite à l'aide du théorème des parallèles.
QA
est constant lorsque Q est sur une parallèle à x (ceci pour toute droite passant
QB
par P, non parallèle à X, et avec les notations de a)).

CHAPITRE 4
4.1.1. Exercice
Le quadrilatère AA"M"M est un parallélogramme, car AM et A"M" sont
parallèles à A'M' (resp. AA" et MM" sont parallèles à OO'). Cette démons-
tration ne s'applique pas lorsque AMA"M" sont alignés. Mais le théorème
des segments homothétiques permet de prouver que AA " = MM " = 2OO '
dans tous les cas de figure.

SOMMAIRE
86 SOLUTIONS

L'exercice 4.1.2. et les questions 1- et 2- (Cf. figure) de l'exercice 4.1.4. se


réduisent à l'exercice 4.1.1.

4.1.4. Exercice
Deux symétries centrales ne commutent que si elles ont le même centre, et
si T désigne une translation non identique et S une symétrie centrale, T O S
≠ S O T . Il est important de faire acquérir une conviction expérimentale de
ce phénomène, en demandant d'exécuter des dessins. La commutativité de
deux translations T et T' se déduit de la remarque suivante. Étant donné
un point A du plan, construisons A1 = T(A) et B = T'(A) . Alors (exercice
4.1.2.), AA1T'(A1)T'(A) et AT(A)T(B)B sont des parallélogrammes. Par
conséquent T'(A1) = T(B) .
La composée évoquée au 4 est une translation ou une symétrie centrale
selon la parité du nombre de symétries composantes : ce résultat peut
donner lieu à des manipulations.

4.1.5. Problème
Selon que les sommets consécutifs du parallélogramme LMNO appar-
tiennent ou non à des côtés consécutifs du parallélogramme ABCD, il y a
lieu de faire intervenir une symétrie centrale ou une translation (Cf. le
problème 1.1.5., ainsi que 5. 6.).

4.2.1. Exercice
Si D coupe Δ en A, le théorème du point fixe prouve que la transformée de
D est une droite passant par A.
Ne pas oublier d'attirer l'attention des élèves sur tous les cas particuliers :
D peut être parallèle (éventuellement égale) à Δ. La droite D peut avoir la
direction δ .

4.2.3. Exercice
En désignant par O la médiane passant par A du triangle ABC, la symétrie
oblique d'axe A parallèlement à BC résout la question.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 87

4.3.1. Exercice
On peut traiter à part le cas trivial
où k=0 .
Si D contient O, la transformée de
D est D.
Sinon : soit A un point de D, A' son
transformé, D' la parallèle en A' à D
Si M est sur D et si OM coupe D' en
M', le théorème des parallèles
permet d'affirmer que M' est le
transformé de M dans l'homothétie.
Inversement, si M' est sur D' et si
OM' coupe D en M, M' est encore le
transformé de M.

4.3.2. Exercice
Le triangle A'B'C' est homothétique
du triangle ABC dans l'homothétie
de centre

S, de rapport
SA ' .
SA

4.3.3. Exercice
Par translation, on amène A' en A.
Comme le parallélisme est
conservé, B' est sur AB, D' est sur
AD, C' est sur AC.

L'homothétie H (A,
AC )
AC '
transforme alors les
parallélogrammes l'un en l'autre. '
Il en résulte que les deux
diagonales restantes sont
parallèles.

SOMMAIRE
88 SOLUTIONS

CHAPITRE 5
5. 1. Problème
a) On utilise le schéma suivant:

- la seconde ligne utilise le théorème des parallèles ;


m '− a ' '
- on trouve m =
b '− a ' d où l'on tire m' en fonction de m, a , b ;
' '

- il y a un point invariant d'abscisse m =


a' lorsque b' — a' ≠ 1 ;
a '− b '+ 1
- si b'—a'=1,on a m = m'—a'
ou bien a' = 0 , b' = 1 , f est l'identité
ou bien a' ≠ 0 , il n'y a pas de point invariant, mais MM ' = m '− m = a '
a une valeur constante, F est donc une translation sur X.
b) Si on connaît a', on connaît A', donc A2, car A'A2 est parallèle à Y.
Comme A et A1 sont confondus, que A1 A2 est parallèle à D', la direction de
D' est celle de AA2. si A ≠ A1 .
Si on connaît b', on connaît B', donc B2, donc B1 car B1B2 est parallèle à D',
B

et enfin la direction de D est celle de BB1 . si B ≠ B1 .


m '(b '− a ') − (m '− a ')
c) MM ' = m '− m = est constant uniquement si
b '− a '
b' — a' = 1 , et cette valeur est a'.

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SOLUTIONS 89

Par suite, si on impose cette valeur constante, a' est égale à celle-ci.
MM ' étant constant, F est une translation, réduite à l'identité si a'= 0 .
(Voir plus haut).
d) Le choix du point invariant établit une équation à deux inconnues, d'où
une indétermination. Cette équation est m0 =
a' , mo étant l'abscisse
a '− b '+ 1
du point invariant.

5. 2. Problème

Les symétries qui conservent globalement le parallélogramme sont la


symétrie par rapport au centre de celui-ci, ainsi que les deux symétries
obliques:
- d'axe IJ et de direction AB ;
- d'axe KI, et de direction BC .
On en déduit des alignements comme celui de I, J, AK ∩ BL . LC ∩ DK.

5. 3. Problème

Il y a trois symétries obliques qui laissent ABC globalement invariant: elles


ont pour axe une médiane et pour direction celle du côté opposé.

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90 SOLUTIONS

On pourra distinguer les trois diagonales principales telles que EH, des
autres diagonales, dites secondaires.

5. 4. Problème

L'intérêt de ce problème est de faire intervenir une recherche auxiliaire (Cf.


Polya: La Découverte des Mathématiques, Dunod, 1967, Chapitre 9,
problèmes en cascade).
On peut considérer l'ensemble des milieux de (M, IN) lorsque D varie: c'est
la médiane du triangle relative à A.
On extrait alors la figure 2 et on est ramené au problème suivant:
Soit AIC un triangle et δ une direction donnée; une droite variable D de
direction δ coupe les côtés IA et IC du triangle en deux points dont on
appelle K le milieu. Trouver l'ensemble des points K lorsque D varie.
C'est l'axe de la symétrie oblique qui fait correspondre les droites IA et IC
pour la direction δ.

5. 5. Problème
On peut exploiter cette situation classique.
Les sommets Ai, Bi, Ci sont respectivement
sur les médianes, axes de symétrie du
triangle donné.
On découvre et l'on retrouve que ces droites
concourent en G.
La preuve exige une étude précise, définis-
saut G par encadrement :

⎛ A A = 1 AA ⎞ ; on pourra utiliser la
⎜ n n +1 1⎟
⎝ 2n ⎠
numération binaire. G est le seul point
intérieur à tous les triangles de la suite.

SOMMAIRE
SOLUTIONS 91

5. 6. Problème (solution abrégée)


a) Avant de faire varier simultanément M et N, commençons par fixer M
sur le segment AB, en faisant varier N sur le segment CD. Le milieu de MN
décrit alors un segment SM que l'on précisera. On libérera ensuite le point
M sur le segment AB. Le milieu du segment SM décrira un segment que l'on
précisera. Le segment SM balayera alors l'ensemble cherché, dont la
frontière est constituée par les cotés d'un parallélogramme.
b) Bel exemple d'intersection de deux ensembles.

CHAPITRE 6

6.1.1. Exercice

Les droites AD et BC doivent rencontrer Z au même point, à savoir le point


F d'abscisse 1 sur Z. Le point F' est donc nécessairement le centre du
parallélogramme ABDC, et le point E est nécessairement le milieu de (A, C).
Vérifions que la droite EF convient.
Soit S le point commun aux droites EF et CP. D'après le théorème du point
fixe, S a pour abscisse x dans le repère (E, F).

D'après le théorème des segments homothétiques, SR = y/2 dans le repère


(E, E') et par suite SR = y dans le repère (E, F). Il en résulte bien que
l'abscisse de R est x + y dans le repère (E, F).
C.Q.F.D.

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92 SOLUTIONS

6.2.1. Exercice
a)

Le théorème des segments homothétiques permet d'écrire:

M 'M = M 'Q m − q A1 A 3
M, P, Q sont alignés ⇔ ⇔ =
P 'P P 'Q p − q A2 A3

⇔ (m − q ) A 2 A 3 = (p − q ) A1A 3 ⇔ mA 2 A 3 = (p − q )A1 A 3

⇔ mA 2 A 3 + pA3 A1 + qA1 A 2 = 0

A 2 A3 A 3 A1
Si a = , b= , alors a + b = 1 et q = am + bp.
A 2 A1 A 2 A1

A 3 A1
b) En se servant de la première question, on doit avoir c = d'où
A 2 A1
A 3 A1 = c.A 2 A1 .
m+p
Par exemple si c =1/2 , la relation devient q = et l'on se trouve dans
2
la situation de l'exercice du paragraphe a).

β
c) On se ramène au cas précédent avec c =
α +β
Le repère translaté de (A1, B1) est, sur X3, (A3, B3), avec une abscisse dans

(A3, B3) égale à q ' =


α m+ β p .
α +β α +β

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SOLUTIONS 93

On prend comme nouvelle graduation sur X3 l'unique graduation telle que


l'abscisse de A3 soit 0 et l'abscisse de B3 soit α + β. Alors, Q a pour
abscisse q' (α + β ) = q = αm + β p .

6.3.1. Exercice
Soit P sur X2 distinct de A1 , PB1
coupe X3 en Q' ayant pour abscisse
p. Alors P devrait être repéré par p.
On obtient ainsi (par projection
centrale de sommet B1) une B

graduation de X2 qui n'est pas


affine. Lorsque le point P
s'approche de A1 , sa graduation
croît indéfiniment en module. Le
point A1 , que l'on pourrait appeler
le point à l'infini de la graduation,
n'est pas repéré.
II reste à prouver que cette graduation définit bien l'abaque de la multi-
plication.
Le théorème du point fixe assure que pour toute droite PMQ, Q a pour
abscisse q = mp .

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EDITIONS CEDIC
o
N d'éditeur : 472.09
Dépôt légal 1er Trim. 1973
Imp ri m e ri e U DR E Y - L YO N

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