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f1ES IIETIIODES

EN

JlSYCHOLOGIE

MA UR/CE RE UCIILI.'V

P RFSSES UNIVERSITA IRES DE FRANCE

EDlTIONS DELTA

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L es méthodes en psychologie

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INTBODUCl'ION

D eet difficile d.e ne pu 6voquer, en introduisant un expooé aur lea mhbodea de la payebologie, le l'robl~me dea rapporu d'une m6tbode avec l'objet (ou la elaaae d'objeta, lo domaine) auquel on l'ap· plique. D suffit en effet d'examiner lea adjectif• ar letquelo on a coutume de 1p6cifier del psycho·

r. ogiea pour constater quo plu1ieur1 de cel adjectifs

paraiaaent d~signer A la fois

domaine. Si la psychologie eet dite expérimentale,

c en raison-do aa méthode •, écrit P. Fraiue. l\lais

l'oxptrimontation eat beaucoup plue facile à mettre en œuvre d&nll certaina domaine• do la ptychologie que d&nll d'autres, et l'expreaeioo do • psycbologio expbimentale • s'applique auui l l'en.oemble de cu domainea privilégi6t, dont on uit quo la r6gion centrale est constirn6e acrneUement par ln psycho- logie cognitive. De m~me, la psychologie • mathé-

matique • r6cente Maigne Il

mais aussi le domaine dans lequd rlle peut s'op· pliquer (qui ae confond pour l'casentiel avec la art.ie la plus cultivée du domaine dr la psycho·

ogie expérimentale), et le genre de résultats qu'eUe a pemùs d 'obtenir. Faire de ln paycbologic dif!é- N'ntielle, ce peut être adoptrr comme. métbodr l'observation dea atructures qui •'aperçoivent dam l111 différoncea constatée. entre deo individus com· parés l différonta pointa do vue. Maie ce peut être auni d6crire comme objot1, comme élément• de connaieaance pouvant e'indgrer dana certainu tb6oriee ou certaine• pratiquet, lee dimr8DCU entre

r.

une méthode et un

c'eat

l 'évidence une métbode,

garçona et filles, entre enfanta i.uu.a de milie1a différents, entre jumeaux monosygotes et jumeaux dizygotes, etc. Le développement de l'enfant (de même que, plue largement. tout développement) peut aussi conatituer soit un objet d'étude, et l'on parlera alon de psychologie de l'enfant, soit une méthode d'étude, et l'on parlera alors d'une psy· chologie génétique qui. notamment, c cherche a\ expliquer les fonctions mentales par leur mode de formation, donc par leur développement chez l'en- fant • (J. Piaget et B. lnhelder, 1968). De même, on peut considérer avec D. Lagache (1949) que la psychologie clinique est spécifiée par la méthode clinique, qui s'applique à tous les secteurs de la conduite humaine, adaptée ou inadaptée ; l'expres- sion n'en désigne pas moins souvent une psycho- logie dont le doœa.ine est celui dea inadaptations, des troubles du comportement. à tel point que les frontières qui séparent ce domaine du domaine médical sont parfois contestées. On voit bien que cette ambigulté de la termino· logie pourrait fournir un argument à une épistémo· logie opérationniste. Si l'on admet, avec W. Bridg· man, que c la vraie déïmition d'un concept ne se fait pas en termes de propriétés, mais en termes d'opérations effectives • (J. Ullmo, 1958), on com- prend que le c contenu • d'un domaine ne soit déïmissable que par cet ensemble d'opérations ordonnées que constitue toute méthode et que, par exemple, Lagache puisse écrire : « Ce qui spé- cifie la psychologie clinique, c'est la méthode cli- nique, c'est-à-dire la nature des opérations avec lesquelles le psychologue clinicien approche la conduite humaine • (1949). Sana ouvrir une discussion sur l'opérationnisme, on peut cependant_ rappeler l'importance qui doit

&tre accordée, dana ce systwe, a\ la notion de c contenu additionnel •· La description de certaines opérations permet seule de déîmir ce que noua entendona en disant que c le quotient d'intelligence de tel enfant est égal à 120 •· Mais on peut coll8tater emuite, et indépendamment, que, par exemple, les enfants dont le quotient est égal à 120 réussissent mieux dans leurs études, en moyenne, que ceux dont le quotient intellectuel e8t égal à 90. Cette constata· tion n'était pas impliquée par la déïmition opéra- tionnelle formelle. Elle ne constitue plus une conven- tion de langage, mais bien un contenu venant !l'ajouter à cette convention. Or il se trouve que le même contenu additionnel (ici une possibilité de prévision du succès scolaire) peut s'attacher à des définitions opérationnelles différentes (ici des tests différents). Cette constatation permet de dire, en un certain sens, que des opérations différentes peuvent atteindre le même contenu, ou que des méthodes différentes peuvent s'appliquer au même domaine. On pourrait ajouter que cette recherche d'un contenu adttitionnel commun à des déîmitions opé- ratoires différentes ne se fait pas au hasard. n existe dans le langage commun ou dana le langage philosophique des notions imparfaitement déîmies (la sensation, l'intelligence, etc.) qui orientent, au moins approximativement. la recherche de ces contenus communa. La m~me fonction de • drai- nage • est assurée par l'existence dea problèmes pratiques qui ee posent à une certaine époque et dana une certaine culture, tels par exemple que l'adaptation de l'enfant à l'école, le traitement des troubles de la conduite, etc. Ces recherches, théo- riques ou appliquées, prétendent bien aborder les mêmes problèmes avec des méthodes pouvant ~tre différentes.

s

Si l'on admet aiDai qu'il existe un certain degré d'indépendance entre une méthode et son domaine d'application. le problème se posera de savoir comment peut s'organiser un exposé méthodolo- gique. On pourra décider tout d'abord de présenter, pour chacune des méthodes que l'on conviendra de distinguer, plusie11J'8 exemples d'utilisation choi· sis, autant que possible, daw des domaines diffé- rents. On peut espérer ainsi rendre plus facilement perceptible ce qui caractérise en propre une méthode, dont on pourrait dire qu'elle sera moiDB considérée comme une opéTatWn physiquement déïmie que comme un opéTaùUT, comme un moyen de faire passer des connaissances d'un état à un autre, la transformation obtenue par l'usage d'un mêmt opérateur méthodologique gardant, en un certam sew et jusqu'à un certain point, la même structure logique, quel que soit le contenu concret des connais· sances auxquelles on l'applique. n reste à défmir les conventiow qui permettront, daw l'état actuel de la psychologie, d'aborder successivement des méthodes différentes. C'est par rapport à l'expérimentation que peuvent se situer les méthodes d'une psychologie scienti· fique, d'une psychologie • publique •, fondée sur des faits établis objectivement, c'est-à-dire d'one manière telle qu'ils puissent être vérifiés par n'im· porte quel observateur connaissant le maniement des techniques ayant servi à les établir. On sait que l'expérimentation, en son sew le plus fort, suppose qu'une hypothèse ait été formulée préala- blement à l'expérience, l'objectif de l'expérience étant alors de vérifier que les cowéquences prévi- sibles de l'hypothèse ne se trouvent pas en contra- diction avec les faits observés. L'expérimentation

6

a u sew fort suppose aussi le plu~souvent que l'expé- rimentateur ait la possibilité d'intervenir dans le déroulement du phénomène observé (observation codée en une ou plusieurs variables c dépendantes •),

f'n modifiant les conditions daw lesquelles il se

cléroule (le codage de ces modificatiow constituant

les variables c indépendantes •).

Les conditiow techniques, sociales, déontolo- giques dans lesquelles se déroule le travail du psy• rhologue ne lui permettent que rarement d'adopter une défmition aUBSi • forte • de l'expérimentation. Cela est particulièrement vrai en psychologie hu-

ruaine. Des affaiblissements de sew interviennent

alors en ce qui concerne: la formulation de l'hypo- 1h~ préalable et en ce qui concerne les possibilités d'intervention du psychologue sur le déroulement elu phénomène. L'hypothèse peut être formulée rn termes si généraux qu'un grand nombre de c·owéquences düférentes peuvent en être tirées, qui

n sont reliées entre elles que par la conjonction ou.

f>e telle sorte qu'il est de moina en moins probable •tu'un fait quelconque se révèle incompatible avec 1 une au moina de ces conséquences po88ibles. Le Jllychologue n'intervient plus de façon active et di- ' «~('te sur le déroulement du phénomène, mais se home à comparer des observatiow recueillies dam •lrs conditions qui étaient déjà différenciées dam la nature, antérieurement à son étude ; de telles diffé- rrnces c invoquées • portent le p)us souvent sur l'lusieurs conditiow à la fois, sam que l'on puisse tuujours savoir laquelle de ces modificatiow doit ~~re associée de façon spécifique à la modification nh~~ervée dans le déroulement du phénomène. A partir d'un certain degré d'affaiblissement, nn dira que l'on emploie l'observation, et non l'expérimentation. En eena inverse, une apflcuJcation

7

1

~

dM conditiou de l'oheervation trand'ormera l'oh- eervateu ee exp&imentateur. La continuit~ qui a'kahlit fllltre eea deux m~thodee peut a'illu.strer facilement : il Nt hien rare qu'une observation ae !aue MILl auC11De hypoth• préalable, et il arrive que l'observateur (par exemple celui qui a'int&eaae aux mœurs dea animaux) modii~e certaine upecta du milieu üm d'fdairer le aeDS de aea con.atatation.a; 1 l'inverae, on parle c d'exp&iences poor voir • pour d&igner celles qui n'utilisent gu~re d'hypo- th~, m.U ont surtout pour objet d'en susciter. Le mot m~ode est pria en un sen.a beaucoup plua restreint lorsqu'on parle de m~thodea mathé- matiques ou statistiques. Les math~matiquea ont ici essentiellement pour fonction de fournir une langue permettant de mettre les hypothms de l'expérimentateur aoua une forme plu pr~ae, et donc phu heuristique. La pr~iaion dont il s'agit ne concerne pu seulement la forme

~ventuellement num~rique que peuvent prendre les

co~ences prkisihlea à partir d'hypotb~ea ma- th~mati&fles. Elle concerne aussi le nombre et la diverait~ de cee con.a~ences prrnsihlea qui, ici, sont reli&Ja par la conjonction 81. La puiuance du

contrôle empirique auquel ces hypotb~a peuvent 8tre aoumiaea Nt donc con.aidérable, puisque ce contrôle porte sur la réaliaation conjointe de plo• sieurs prhiaion.a.

Les

statiatiquell

offrent

d'abord

une m~thode

permettant de r&umer un ensemble d'information.a auivant dea ~es explicites. A ce titre, elles peu· vent etre utilis~a par l'observateur à dea îma aeul~ment descriptives. Elles peuvent auai ~tre

utili~ par l'~rimentateur pour r~eumer les

divergences qu'il coDitate entre lea faite théori· quement pr6viaiblea en fonction d'une certaine

8

hypoth~ et les faite empiriquement ohserv& ; e-Ues explicitent alors les critères qui permettront cie dire que l'hypothèse don~ il s'agit es.t ~mp~tible ou non avec les faits. La methode atauatJque mter• VIent également d8DI des expérienc~ ou dea ~b.ser­ vation.a au cours desquelles certa1nea condition.a

ne peuvent être co~trôléea directe.m~nt, et où l'on

l'Il amené à orgamser leurs vanatJona de façon telle que les effets globaux de ces variation.a sor le

phénomène soient prévisibles.

méthodes

elatistiques s'appliquent en de~ mom~nts ,P~· culiers de cette méthode plus génerale qu est 1expe- rimentation (ou de sa forme affaiblie, l'observation). On pourrait en dire autant dea méthodes utilisant la comparaison d'états successifs d'un dé':eloppe- ment (psychologie génétique}, la comparatson d.e groupes différents d'individus ronvenahlement choJ• 1i1 (psychologie différentielle), ou .d'animaux d'e~­ pèce.a différentes (paychologwe ammale). Ces me- thodes ne constituent en effet que dea moyens d'observer le phénomène dana dea conditions diffé- rentes, c'est-à-dire de manipuler certaines • variables mdépendantes • que l'on aerait parfois bien. e~pêché cie manipuler autrement (âge, sexe, ongme so- ciale, etc.). Dana certains cu, les plus nombreux, cette manipulation se ramène à une série de constata 1 )ratiqués d8DI dea conditions a~propriées : holu- tion des illu11iona optico-géométnquea au cours du cl eloppement de l'enfant, analyse factorieUe . dea différences individuelles i partir de corrélations e~ntre tests, comparaison dea méthodes employées paz différentes espèces animales et par l'enfant pour résoudre un probl~me de détour, etc. D~ns d'autres cas, l'expérimentateur exerce une act:Jon dont il peut prévoir les effets sur les r&ultats de

On

voit

.

mathématiques

que

les

o~

9

aea cômparaiaona, en fonction d'une certaine hypoe ~êee (a moina. qu'il ne a'agiaae que d'lllle c ~ nence pour VOU' •) : appren.tiaaage spécifique dont on attend qu'il modif"Je l'évolution habituellement conatatée au coun du développement, ame d'ana· Irae- factoriellea pratiqu~ au coun d'tm appren· til~~ dont on .attend qu'iJ modifie l'organiaation p~e dea diff&encea entre individus, compli· cation pro~aive de la tAche otilia~pour comparer ~ca e~ ~ntea,,ete. Lea paychologiea gh6- tique, _d•ff'&entielle, animale (et la paychologie pa· thologsque de Ribot), oonaid&éea comme dea m6- thodea de la paychologie, a'~t donc dana la m~thode expmmentale en un moment pricia : celui oà l'expérimentateur (qui peut n'&tre qu'un obaer- vateur) doit faire varier certainea dea conditiona du

ph~nomme qu'il &udie.

0? voit que les méthodes génétique et diffé- rentielle, entre autres, peuvent constituer des méthodes ut~~~~ par une psychologie générale

ayan~pour objet 1 etude des

conduites sans réfé-

particulier

d mdiVIdus : 1evoluuon de ces conduites avec l'âge

le_s différences associées à la moyenne de group~ différents ou les associations constatées entre dif- férences individuelles au sein d'un même groupe sont alors des moyens parmi d'autres d'étudier l'édification ou l'organisation des processus géné- raux par lesquels les conduites s'expliquent chez tous les individus. n reste cependant que le déve- loppement de l'enfant ou les différences entre indi-

vidus cons~i~ent des domaines propres. Les pro-

~e88U8 cognitifs, p~ ~xemple, ne sont pas les mêmes

a des âges successifs et ne sont pas nécessairement les mêmes chez des individus différents. L'étude des spécificités propres à un âge donné ou à une

r~?ce.a.un âg~_dét~é ou à un groupe

, ••tégorie donnée de sujets ont suscité l'édification ,,,. méthodes génétiques ou différentielles qui ont pu t re utilisées ensuite en psychologie générale.

d'établir

aussi

Il

serait

difficile

des

relations

1roites entre la psychologie clinique et le groupe

tl•·

l' ychologie clinique constitue moins une méthode •J'•' une attitude méthodologique dont D. Lagache (1 1 11-9) définit l'orientation par ce programme :

••nvisager la conduite dans sa perspective propre, 1, lt•ver aussi fidèlement que poss ible les manières 1l 't' tre et de réagir d ' un être humain concret et

, umplet aux prises avec une situation, chercher à

"" ttablir le sens, la structure et la genèse, déceler lr11 conflits qui la motivent et les démarches qui tl'ndent à résoudre ces conflits •· Cette attitude clmique conduit en principe à l'étude approfondie clt• ras individuels, dont chacun est constitué par u111' personne totale c en situation », qui doit être

, 11mprise plutôt qu'expliquée. Cette attitude est, lt~en des égards, assez éloignée de cel~e.d~ l'ex~é~i­ tnrntateur. Les hypothèses que le clmiclen utilise 11111t le plus souvent très générales. Concernant 111 conduite globale d'un individu, elles paraissent i"nmpatibles avec une très grande variété de ~.;unduites spécifiques, les seules malheureusement IJIIO le psy,chologue puisse observer avec une pré- 1 aioo s~sante. L'objectivité m~me de cee obser-

v•tions ne peut être délmie dans le m@me esprit

l'expérimentateur et par le clinicien. Un contrôle

cl'objectivité fondé eor l'accord d'observateurs indé-

l'"ndants n'est guère concevable dans le cadre d'~e Jl•ychologie qui n'est concemée que par la c:ond~te .t'un individu concret considéré dans une 111tuabon

ayant pour lui. une significati~nprofre, une ei~tion

reprodurte. La

méthodes dont il vient d'être question. La

1

,

c1ui ne

eaurart ~tre normalisée m

11

psychologie clinique se pr&ente ouvertement comme une psychologie c en aeconde penonne •· dana laquelle .le psyc~ologue s'adresse à un aujet comme à un c to1 •• et qm. en ce sens, repose sur des relations intersubject:ives plutôt que aur des coll.ltata objectifs.

~éthod~ e~rimentale et méthode clinique pa·

r&l8sent s appliquer à des conduites de niveaux différen.u. Elles paraissent aussi constituer deux étau successila dana le développement méthodo- logique de la psychologie. Sur le plan des appli· cations, l'attitude clinique permet d'aborder uti- lement des probl~mes devant lesquels la méthode expérimentale serait impuiasante, -et le psychologue, comme tant d'autres, c peut ploa qu'il ne sait •· s~ le plan théorique, les hypoth~a c dynamiques • qm sont volontiers utilisées par le clinicien ont suacité dana certains cas dea tra'\'aux proprement expérimentaux (notamment de la part de K. Lewin et de son école). Sur ces deux plans. on pourrait donc parler en un certain sens d'une c avance • épistémologique de la méthode clinique sur la mé- thode expérimentale. n eat évident que la méthode clinique cesserait de jouer ce rôle d'éclaireur si elle considérait qu'une intuition incontrôlable est f"ma· lement son seul instrument et que sa position marginale à l'égard d'une science rationnelle de l'homme neconatitue pu un état toujours provisoire, maïa bien la seule position épistémologique que puisse occuper la psychologie. Cette psychologie, alors, ne serait plus celle dont on essaiera, dans les pagea qui suivent, d'exposer brithrement les méthodea.

L'OBSERVATION

On observe lorsqu'on constate des faiu tels qu'ils

1 présentent spontanément. A la limite, on pourrait

clone pratiquer l'observation en l'absence de toute hypothèse, et cette observation pourrait porter sor

d

faits singuliera, saisis globalement et immédia-

t,

La psychologier:JP8me dé(mie

çpmme

un

tcie~ce d'observa~ da~ lll!ge,

n

•aurait utiliser une méthode d'observation ainsi

J (mie. On peut meme ae demander si une obser- vation ainsi déîmie est utilisable par quiconque aouhaite pouvoir communiquer le réaoltat de ses 11hurvatiow. Le seul oaage d'un langage en effet

1rnpose l'w.age d'un système conceptuel, dont la ltructure s'impose à l'observateur comme un cadre antérieur à l'observation. Ce cadre cowtitue too- Juura une hypothèse implicite ou mal formolée.

On pourrait s'en convaincre en suivant historique-

m.-nt la cowtitution do vocabulaire employé pour traduire les obaervatiow courantes relatives aux

1 facultés • sous l'angle desquelles le langage commun ,Jjfférencie les individus. A une date plus récente, ln hypothèses de Freud ont donné naissance à

un vocabulaire employé par dea psychologues cli-

mciew très attaché11 à une observation libre de toute hypothèse préalable. Ce sont donc, au moiw ~n droit, de seules différences de degré qui diatin- pent le rôle accordé aux hypothèses dana les m6thodes d'observation. Plus exactement peut·être,

on pourrait dire que ce.a m~thodea ne •n dittinguent à cet égard que par une explicitation plut ou moins grande des hypoth~aea qu'ellee utilitf!nt. [: obser- vation scientifique est celle qui utili11'l de.1 hypo-

th~ compl~tement explicitée•.

De m~me, l'idée qu'une observation authentique ne peut atre que l'observation d'un (ait. tingulier constitue un passage à la limite, Toutell ln1 ten· tatives d'observation portent •ur dea (alta qui peuvent toua permettre, en un certain at:nA, la répétition de l'observation primitlvt~, donr dea fait11 répétables. ~ éloign6e dt~ la pa)'f'bologie, l'observation bergaonienne elle-mime a'kh•pJif' pas

~ ce_t~e r~e : ~n décrivant

propr• •X)•~rience

WtWtJVe, le philosophe use de ran dt J krivain

WtWtJVe, le philosophe use de ran dt J krivain pour auacit,.r chez son lecteur la 1

pour auacit,.r chez son lecteur la 1 •••• 1 Intuition,

et c'eat dans la mesure oà il y ,

qur. son

lecteur connattra la vérit~de

d'::!fdoa , lA: plue

expérimenté dea clinicieu MNit 1 d

rmé

que

le plue novice ai lea ob~e~rvat pratlqu#lea eur

chaque nouveau eujet ne r6pl&al•t ~ l ~rtain.a

~garda et dana une certaine ••un thi ohNrvationa

précédentes, malgr~ l'in•i1t1DM IWCI laquelle les cliniciens soulignent le caract dt~chaque

laquelle les cliniciens soulignent le caract dt~ chaque cas. La psychologie acieatlnr: 1 " 1 pour

cas. La psychologie acieatlnr:

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de n'utiliser que dea obaervat ~1WN, e'elt·à-

diffé-

au ca-

ract~re répétable dea ob10"1 Mlle, Il fncore,

il faut dire que le• m6tlaodet vation permettent aurtout de

mieux

d'obAer•

dire contrôlables. n edite rences de degré dana l'importaMe

~

a

On suivra dana quelr·

p

ce que l'on entend par 1 (ait~ 1

p

auquel

acquiert

tloa•

il s'est exercé cet effort l'observation commuoe ou pWIMIP un atatut scientifique.

'•~

14

commuoe ou pWIMIP un atatut scientifique. '•~ 14 L'emploi d'instrumenta constitue. avec l'emploi

L'emploi d'instrumenta constitue. avec l'emploi dea nombres, l'un dea critèrea qu'utilise le jugement commun pour d~îmir une méthode scientifique. Ce critm cet beaucoup trop superficiel. aurtoat en psychologie, ai l'on entend se limiter au sens concret du mot instrument et ne l'utiliser que pour évoquer dea dispositifs empruntés aux science.a physiques, dispositifs qui conféreraient 1 t•observation un caract~re d'autant plus sftrement scientifique qu'ile seraient matériellement plus complexes. L'wtrn· ment peut certes donner acùe i un niveau de sensibilité ou d 9 analyse que l'observateur ne pour- rait atteindre autrement et il est souvent vrai que sa complexité physique cet d 9 autant plus grande que ces niveaux aont plus élev~s. La psychologie scientifique, fondée aur l'observation da compor- tement et dea conduites. peut ~tre amen~ i utiliser dana certains domaines les wtrumenta d'observa· tion que la physique moderne met à la disposition dea autres sciences. Maïa, de façon plus ~nérale, l'instrn• ment d'observation cet un moyen de coder l'informa· tion recueillie aîm de la mettre sous une forme qui

faciliteson emploi, qui lui confère une valeur heuristi-

que pluegrande. Encesecond sens. l'observation psy·

chologique peut employer dana certaint domaines

des Ïlutrumenta beaucoup mow • apectaculairea •.

des Ïlutrumenta beaucoup mow • apectaculairea •. 1 • T- ÎD8In -JWHID Q .lit • --e--~
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obeerntioaa. -

Des observations temporelles îmea

ont toujoun été pratiqu~a en paychologit~. Elles

constituaient mble. pour W. Wundt et J, McK. Cat- tell, la • psychométrie •· expression qui, dana la mesure où elle Nt toujours employ~. s'applique maintenant IUI'tOUt A l'usage dN testa. Les obter-

mesure où elle Nt toujours employ~. s'applique maintenant IUI'tOUt A l'usage dN testa. Les obter- 15

15

vations temporellea portent souvent sur la me8UJ'e du • teQlps de réaction •, intervalle de temps sépa- rant l'apparition d'un stimulus (son, lumière) de la réaction motrice dont ce stimulus constitue le signal convenu. Ce temps ne dépasse guère le dixième de seconde. et sa mesure exige donc un instrument physique précis. Elle s'effectue à l'aide d'ordinateurs équipés ou non d'un rimer (horloge). Des procédés d'inscription graphique empruntés au laboratoire de physiologie ont permis très tôt l'enre- gistrement simultané de plusieurs réactions organi- ques (rythmes cardiaque, respiratoire, etc.), et donc l'étude de leurscovariationssous l'effet. parexemple, d'un stimulus sonore intense dont le moment d'ap- parition est également enregistré, avec le temps, dans lea études expérimentales de l'émotion. L'élec- tronique a perfectionné t'.onsidérablement ces • poly- graphea •· L'avènement de l'électronique a d'ailleura marqué profondément l'évolution du matériel d'ob- servation et de meaure employé ao laboratoire de psychologie. D a conaidérablement amélioré lee procédés d'observation électrobiologiques, en per- mettant de recueillir, d'amplifier et d'enregistrer de très îmes variations de potentiel : cellea notam· ment qui accompagneut le fonctionnement du cer- veau (électroencéphalographie oo EEG), des mus- cles (électromyographie ou EMG). Les variations de la résistance électrique de la peau sous l'effet de réactiona organiques suscitées par exemple par l'émotion (électrodermographie ou EDG) sont éga· lement observées de façon précise grAce à un appa- reillage électronique. Toutea ces variations peuvent être lues snr l'écran d'un oscilloscope. En iùmant cet écra~ on dispose d'un procédé d'enregistrement. Les appareils de photographie, de cinéma, les magnétophonea et. plua récemment. les magnéto-

16

1 upea sont également employéa comme inatrumente d11 l'observation psychologique. C'est ainsi que de numbreux aspecte du développement de l'enfant (l'•r.prentissage des coordinations sensorimotricea, a~ a marche, etc.) ont fait l'objet de iùma. Dana d'autres cas, de très jeunes enfants ont fait l'objet d'une observation continue réalisée par une caméra prrnant automatiquement uue série de vues séparées pnr un intervalle de temps déterminé. Ces procédés out tté largement utilisés, notamment par A. Gesell. 1•1!• entretiens, des séances de discussion sont sou- nt enregistrés sur bandes magnétiques. De teh nrrgistrements paraissent constituer un idéal en n qui concerne l'objectivité de l'observation. On ,•DJif'rçoit très vite que, s'ils constituent bien un 11111tériel de hase toujours disponible et facilement t Olllultable, la difficulté essentielle consiste à uti- 11. r ce matériel de façon féconde. Les enregistre- mrntt peuvent constituer dana certaine cas un uwyf'n d'analyse temporelle îme, permettant de 111 vre de façon aussi préc1se qu'on le souhaite l'orga· n 1ation d'un geste de préhension par exemple, par 1• projection vue à vue d'un filin pria à vitesse normale ou à vitesse accélérée. Mais ils constituent ln plue souvent des moyens d'appliquer aux obser- at iona primitives, dana de bonnea conditions, un Jllllrr. d'observation composé de catégories entre lnt~qurllea les faits enregistrés vont être répartis l'"' l'observateur. On peut dire que ces ensembles ctn cntégories constituent des inatnunentl de par- t lion des ensembles d'observations.

2. Les imtramenta de partition d• obeerYationa. -

u'tlles

aient

été enregistrées à

l'aide d'un

ÎDI•

troment ou recueillies directement par l'observa• tnur, dea observations brutes sont en gén&a.l inuti-

17

lisahles sous leur forme primitive. Cela est parti- culièrement vrai en ce qui conce.me les observations qui ont porté sur des conduites relativement com- plexes et globales, telles que l'apprentissage sensori- moteur chez l'enfant ou le déroulement d'une discussion dans un groupe. Si la description et l'analyse de telles observations utilisent directement le langage commun et la multiplicité de nuances incertaines qu'il permet de suggérer, il est extrê· mement peu probable que puissent ~tre comparés et articulés des discours relatifs à des moments différents de l'observation ou émanant d'observa- teurs différents. Le contrôle et la cum.ulation des connaissances s'en trouveront compromis, et donc les progrès de ces connaissances. L'observateur éprouve donc le besoin de disposer de langages spécialisés, n'utilisant qu'un nombre limité de concepts dont chacun soit défmi de façon explicite. De tels laugages constituent bien des instruments d'observation, nécessaires à toute observation com· municable. Ce sont des ensembles de classes d'équi- valence. Pour construire ces instruments, on doit décider de certains critères permettant de ranger dans la même classe dea observations primitives qui peuvent différer à bien d'autres égards. On voit s'illustrer ici ce qui était dit plus ·haut en ce qui concerne l'usage d'hypothèses dès le stade de l'ob- servation : le choix de certains critères plutôt que d'autres se fait souvent, au moins de façon implicite, en fonction d'hypothèses sur la structure sous- jacente aux faits observés.

Dana Le l4ngoge el lo penU. daea l'-.{0111 (1923), J . Piaget a noté toua les propoa de de.u enfanta jouant librement et a réparti lea phruea ainai reeueilliea en boit cat68oriea : rép6- tition, monolo~oe, monolofue collec:til, information adaptée, critique, ordre-pri~menace, qoeation, réponee. On voit ici l'eneemble de cea da-• d'6quivaleuce a'oqanieer en aou.-

18

eneemblee, la c:lauification prenant la forme d'un a: arbre • linnéen : lea troie premiaret ca~oriea counituent le aoua- eneemble du a langage 6goeentrique », lee cinq demi~ea celui do u langqe aocialia6 ». On comprend que le rôle de l'hypo- thèse devient phu important Jonque le cadre d'obeervation eat aiDai doté d'une rtruc:ture (l noter que J. Piqet a critiqu6 loi-mbne, dM 1938, la m6thode que nona rappelona iei). Dans le cadre d'one recherche sur l'imitation et la commu· nication chez de5 enfants de 2 à 4 ans, J. Nadel (1986) est amenée à mettre au point une grille d'observation relative à l'orientation des comportements liés à l'utilisation de l'objet en ponession de l'enfant. Elle propose trois regroupements de comportements :

0

-

Pu d'activité;

Comportements orientés vera l'objet ;

00 -

OS - Comportements orientés aocialement.

Chacun fait l'objet d'one définition analytique précise. Prenons pour exemple le groupement des comportements orientés socialement. dans lesquels l'enfant a une activité ou one utiliaation de l'objet qui tient compte de la préaence de partenaires sociaux. n ae subdiviae en trois cas :

OS 1 - Sana activité engagée avec le partenaire ; OS 1 - Dans le cadre d'une activité identique engagée avec le partenaire ;

Dana le cadre d'one activité différente mais coordonnée engagée avec le partenaire.

Pour chacun de ces cas, la grille d'observation énumère le• comportementa de l'enfant observé que l'on convient de faire figurer dahs cette catégorie. Un ensemble de catégories eat utilité en psychologie sociale pour obaerver les communications qui s'établisaent entre lea membres d'un groupe au coura d'une discusaion (catégorùa- tion de Baies, 1951). Lea unités de communication sont cla.uées en douu catégories telles que : • manifeste de la solidarité •, " apporte dea augeetioiU •, • demande une ioformatioa •• • d6eapprouTe pulivemeut •, etc. Cee doose cat68orie. eoot atructnriee d'une part en aix • probl.aea •· d'autre part en quatre« typee de r6actionu, Nactiooa eUee-mAmee reçoup6ea eu troia « eonee eoc:io-6motiounellee • ·

OS, -

3. Lee te.ta. - Lea te8tl sont dea instrumenta d'observation : ils défmiesent avec prkision lea

19

conditio11.1 dana lesquelles sont obeerv& su~ ment ou simultanément dea individus diff'érenta ; ils fournissent lea moye11.1 d'exprimer ces obeervatio11.1 sou.a une forme telle que soient possibles la compa· raison de ces individus entre eux et la companiaon de chacun avec les c normes • (descriptives) de la population à laquelle il appartient. Dea procédé& tna variés d'enregistrement et de partition dea obeer· vatio11.1 sont employés d&D.I la méthode dea teata.

Dana le~ t iDdividaela impliqa.ant une manipulation d'objeta, on me.are 80UVent le tempa ~ pour aecom•

plir une t1c:he d6f"mie, ou la fraction de cette t1ehe rMJ.i.Me

en un tempa d'tei'DliD6. On peut 'P)ement:::&terle nombre

d'-ia ou le nombre d'erreun qui ont p raecomplia- tement de la t1c:he impo-'e. Dana lea tena comportant un certain nombre de queationa ou de problime., on compte en s'n-.1 le nombre dea ~naea correctee. Ce qualificatif de • correct • eat appliCJU' l certaine. ~- explicitement d6f"miet ll'avanee, parmi lea rÇonae. pollihlee. Cee r6poa8M poeaiblea aoat aouveat en nombre limit4, et aovvent mime

ofl'ertea au choix du .ujet. Dana cee eaa, la cUt.mination de

la• note• c:orre.pondant 8Ult Nponafll foUI'DÏea eat en~ent automatique et peut &tre conFJJ6el une mac:hiue. Cette madaine compare lea choix effectâa par le 10jet (aoua forme dec ,ra· phitar• d'une aire dont la place correepond lia nponae que le .ujet donne pour exacte parmi ceDe~qui lui aout pro~) aux choix cone.pondant aux npoaaea correctea, et louruit- automatiquement la note. Dana toua le. eaa qui pncèdent, l'obeervation r6aliMe l l'aide du tMt te traduit par une note et la diatribution de cee notea au teiD de la population peut en po«aJ kre couidWM comme continue, bien que de. claaael ordon.~ puiaMnt &tre ici conatitu• ai l'on ehoiait nne convention pour en cWfi. nir lea limitea. Lea probl«nea de partition lea pl01 cliffio1ea M poeent ici au niveau de la con.ltnletion d'un tMt compo-' de qaeetiona. ll faut en effet ripartir l'enMmble dea queetiona pouvant &tre poM. l un ~njet en an certain nombre de aoua-enaemble. dont on dira en an eena dMini que chaCUD contient de~ queetiona ~valentea, et peut par coJUéqueat CIODftituer nn tMt « bomoPae • oa nn aoua-enaemble de tMtl homopae. 6quivaJenta. L"ho~-~ d'un teat compo-M de quMiona Mt parfoia cW'inie par limple inapection de cee

u

queltiona : on admettra qu'une -'rie d'add.itiona, par exemple, constitue un teat homopae. Une d66nition plua pric:ilfl a '~ pro~ par J. LoeviDpr (1947), eeloa un modllle tril voiain de celui dea khelle~ de Guttman : DD tfllt eat homopne ai tout ~njet ~ndant correctement l ane queatio11 de difli.

proportion de nponaea fauaeea dana la

populatio11 de~ ~njeta) ripo11d correctement l toute~ lea quea- tloaa d'une diflieul~ mf'"-re l p. L'uaqe de~ corrilatio111 permet de dKuùr en an autre eena l'ho.m~ti~ de~ queationa d'011 tee!- (dont on peut exipr par exemple que chaCUDe aoit en corrilation Qe* avee la aomme de t.outea lea queationa) ou l'hom~~ d'un ao~le de t au teÏD d'UD •naemble plua !arp (analyte faet.orieDe). Dana quelque. eaa, le problee te poae de ripartir en 011

eul~ p (eatim~ par la

u

~erta.in nombre de caÛ!orie~ non

ordo1111• lea

recueillie. au coan de l'application d'nn teat. Par exemple, dana le teat de. tache. d'encre d'H. Ronchach, lea interpri- t.ationa fourn.iea par le aujet peuve11t ttre duMet en diff~ntea ca"'«orie. Mlon qu'elle~ utiliaent la tache dana aon eDMmble ou aenlement l'nn de- dMaila ; qu'elle~ ~oqueat de.fonnea, dea moavemeuta, de. couleura ; qu'eDe. lui auribaeat 011 contenu humaiD, animal, s'olnphique, etc.

4. Lee t11Mf11klla. - Certaines enqu~tea de psy· chologie sociale ou de paycho-aocio-pédagogie peu· vent utiliser simultanément~ et sur les m~mea sujet&, on nombre usez grand d'instrumenta d'observation

différents : testa de difierenta types, questionnaires rdatifa aux projeta ou aux attitudes, informatio11.1

recueillies d&D.I un cadre déf

tiona préciaea sur l'habitat, la famille, l'établisse- ment aeol~. la région (dana certains de aea carac· t~rea géographiques et économiques), histoire de la scolarité de l'enfaDt, etc. Toutes cee observations peuvent ~tre utilisées de façon conjointe, puis·

qu'elles ont été pratiquées toutes sur lee m~mea eujeta, de teUe aorte que l'eneemble du diepoaitif mis en œuvre au cours de l'enqu~te peut ~tre co11.1i· déré comme on inatrument unique. GrAce aux mé- thodes modernes de traitement automatique de

ni

et selon dea conven·

l'information, on peut utiliser au cours de tellea enqu~tea plusieurs centainea de variables observées sur plusieurs millius de eujets (voir, aux Etats-Unis le Pr_ojet Talem de J. C. F1anagan ; en France:

certaillea enquêtes de l'Institut National d'Etude du Travail et d'Orientation Profeseionnelle).

n. -

La eyfllhn•tiaatioa tle l'o

erntioJI

L'observati~n~sychoJogique,lorsqu'elle tend vere un .etatut ecJentifiqu~ et vera l'expérimentation, devtent plue systématique. On sait que cet adjectif peut ~tre entendu de façon péjorative, pour évo- quer une attitude qui conduit à faire prévaloir sur lee donn~e empiriques, un système co011tru'ït à l'avance, Il sélectionner ou à gauchir lea faits obser- vée pour qu'il~ entrent, bon gré mal gré, dans un ca~.théonque g~néral posé ca prûJri. Cl. Ber- nard déJa condamnart cette attitude et déplorait que l'on vtt souvent • lea bommee systématiques se placer au-deasus dea expérimentateur& 1 . Quel-

~e c:ondeacendance &tCJentifique peut encore

philosophea.

à

l'égard

de la psychologie

chez

certains

e'observer

~ Ce n'est. ~as en ce sens, bien entendu, que l'on

évoquera ICI la syeûmatiaation de l'observation

~ convi~ndra de dire que l'observation psycho!~

g~que ~~VIent plue eyetématique loraqu'elle accorde pl~e d ~~ortance à ,la cohérence dea procédure cr elle utiJ!se et des reaultats qu'elle obtient, ce qui

, 1 entl'atn~ .a mettre en œuvre ses techniquea dans dea conditions eufr~~amment bien déCmiee pour être répétables. Cee conditions de l'observation peuvent aJon ~tre modifiées délibérément pour couvrir l'ensemble dea conditions po11iblee.

11

1. la .Wœidea -

La p.,.-

-

-

_

cholope de J•enfant rourrait offrir toute uoe 1amme de tra• vaux dan. leaquela lea cuocfjtiooa de 1•obeervatioo aout d""lDiea avK ODe rifueur croiuante. Daoa lea • jo11n1au~ • tenue par lee parente. il ect 6videot que cee cooditiooa eoot auaai mal d 6itDiea que poaaible : le cbo~ dea faite relev6. eat dict6 aeu- lement par leur caracùre apparemmeot uceptioDDel ou pu la valeur affective qu.i a•y attache ; lea eoocfjtiooa daoa 1- quellea ila ae eoot produite De eoot napport.Me eo-mAmea que dana la meeure o~ ellea puai-ut a jouter quelque cboae ~ ce carac:t«e. l cette valeur ; cee cooditiooa De eoot jamaia re~• de façon d61ib6rie en YUe de mettre en 6vidence le aena d·une liveotuelle 6volution. C.rtaioa p.ychoiOfUea ont cependant utilia61eun proprea enfanta comme mat6riel d•6tude en pro<:Mant ~ dea obaervation1 dau dea condition• coDtr6- 16ea et doue r6p6tablea : au mAme moment de la jouro6e, dan1 lea mAmet c=ircoDataocee, en ut.iliaaot lea mimee objeta ou lea mlmea queatioua, etc. Parmi lea plue aocieua dea trava~ de type, il faut citer ce~ du phyaio~CJ~late W . Pre~ (1881).

et (1936. 1937).

ce

A. Binet (1890). P. Guillaume (1925). J. Pi

eotre atttrM, ont publi6 dea obaervationa aiDai recueilliea.

Maïa on compreod bien que le milieu familial • Daturel • ne peut ae prlter ~ ODe d6finitiou ltricte dea eoDditioDa de J•ob-

lA p.,.cboiOfUe doit y jouer eoD r6le de pareot.

CJUi implique uoe autre attitude que ceDe de l'obaervateur. Le cadre mat6riel et l•orraoitatioo de la vie de famme oe peu·

veDt pire ltre modif"J6. eo foDetioo dea •1iaencea de l'obeer- vation. Et, aurtout, le uombre dea enfaota obaerv'- MaDt toujoun ~meut tria limit6, il u •eat pu po~~ible de d6fioir et de coDtr61er lee coDditiooa de l'obaervation qui eont ropreal cee enfaota putieulien et qui limitent par cooa6queot

• port6e dea eo~~cluciooe que le p.,.cholocue peut fonouler.

Il aemble bieo que ce eoit A. C

r.

façoo la plut roarqu6e ~ reo.foreer la d6finitioo et le cootr6le

dM coocfjtion• danaleaquellea dea enfanta peuveut ltre obaerv6a

(l putir de 1919, li'Univerait6 Yale). Dea diapoeitif• mat6riela

permetteot l 1•obaervateur de o•e~erc:er aucuoe iolluence,

f6t-ce pu

aeule pr6eeoce muette. aur le comport.emeot de

l'eofant (6cran de viaion • l aeu uoique• permettant~ J•ob.-. valeur de voir l'eolaot tout eu reclallt lui-mAme invi.aible;

lM circuila de t616viaion teodeDt 1 remplacer ce ditpoaitil). Oo remuquen combien eea aoucia de 1•obaervateur 1'6loÏIDent ct•DDe p.,.cholope clinique • eu aecoode pereoDue• lA matmel oll'ert l toUl lee eolaota eat le mbe (eubea, anneaux. etc.) et il leur eet ofFert daoa lea mimee CODditiona. Lee thmlea

v.tiou.

U

qui ait coutribu6 de la

d'ob.ervatioa -t cUiinie l l'a?aDee, et vtilùM tou lUI' tou lea enfauta (poaMer avec: - pieda, utiliaer lea proaoau, lea plariela, le pau6, compter jaaqv'l quatre, boutonner - vkemeata, ete. : ISO tbèmea ea tout couc:eruaat la mo1ric:iû le iaaaaae, l'adaptation, lea r6aetiooa l 1'6prd dea penonoee):

Lee e:umeu aont prati~6a l dea ~ea prkù et ila portent IV no p11d nombre d enlaata.

Cette pr6eiaioo daaa la dM"mition dea covditiona de l'obaer- vation Nt 6videmment pouu6e l un desri 61ev6 daaa l'exp6- rimeotation proprement dite, et nou en reparlerou au cha- pitre auiva.nt. Let premien auteun de teata out tou commeoc6

l travailler au laboratoire (CatteU, Binet, ete.) et eela explique aau doute fie ce ao_it la m6thode _dea teata qui cooltitne la m6thode d obaervaboa ayaat d6fint avee le plua de n,uea.r

- condition• d'applieatioo. Toutea lea condition• de l'examen

100t explicit6ea et d6finiea. Le mat«iel utilie6 eat oorma.lù6 de f~çon pr6ci.ee : on a pu coutater que le m6tal lltJ1ie6 ponr

l e~er avait noe incideoee (par aon

potch ap6cif"tqoe) IV la rapid.it6 avec: laqueUe la tJche pouvait &tre accomplie; que l'ordre daaa lequel 6taient pr6aent6ee lee ~- entre l~e~ee le aujet devait faire no choix pouvut aqmeoter ou diminuer la proportion dea 6cbeca ; ete. Tout ce que l'applieatenr doit dire aa.a njeta eat d6t.miD6 par noec·co~e· dont il ne peut •'karter. n faut ici 6viter aa malentendu qui coJUUten.it l peuer que le c:hoix d'no eertain m6tal, d'na eertain ordre de pr6eentatioo dea r6po~, d'li.De eertaÏDe phrue d.e la con.ïpe connreot aa.a n-.ltata du teat noe âpifieatiou particulim. Ce qui importe .urtout eet ici que cea coaditioaa de l'obaervation, quelle. qu'eUea eoient, reneot lea mlmea pow to111 lea njeta ûm de permettre dea conatatatiou t'D6nlea fond6ea IV l'eu-t>le dea dono6ea reeaeilliee, et dea compa.raiao.ua interiodivicluellea.

~nquer ~ea rondeUea

2. L'up~Gntïoa .,

tifrae

ia ehamp d'olteer·

?atioa. - La déf'mition prkiee dea conditio11.1 de l'obee~tion n'eat souvent qu'un moyen permettant d'explorer un certain champ &8D.I y laiseer de lacun~, tout au moina ~ une certaine khelle. Certaine dea exemplea déji fournie pourraient servir ~ iJluetrer

pey·

chologte : l'enqu~te peut ~tre conaidérée comme un instrument d'observation • nnitaire •, parce que chacune dea technique& particu.lièree qu'elle utilUe

u

~ct~re de l'observation scientifique en

eat snft'isamment bien déf'mie pour pouvoir kre appliquée de la m~me (açon ~ tous lea sujets et (our· oir ainai des réaultata auxquels peuvent ~tre ueociéa sana ambigutté ni lacune lee résultata fournis par une autre technique ; la normalisation dea pr~ dwes d'observation de l'enfant permet de répéter u.n même examen à dea intervalles de tempe régu· lièrement laéa tout au long du développement et de recueillir ainai des données comparables et sam lacune (i l'éch~Ue délmie par l'intervalle de tempa choisi). On trouverait facilement d'autrea exemplea d'exploration systématique d'un champ doon~.

Dao• le domaioe dea enqukea p.ychoaocialea oa p.ycho- aocio-p«<aJosiquea, on Jait extraire d'aue populatiou trop 6tandue pour que l'eoqu3te porte aur l'eDMmble de- membre~ QD 6chaotilloo plu• reatreint maÎI qui repr6aeote rtdl.lement la population : il oe comporte par rap_port l e~eaat'111l« biaia•, e'eet-l-dire aucnne lacnne ayat6mattque (voa chap. Ill). Ua autre prob,_e, qui eet eu no eertain M1U II)'IDMriqae da pr6- CI6deul, eat poe6 par le choix dea tecluliquea partieuliirea (tem, cpeetioDDairea, etc.) qui vout &tre uti!U6ea daaa l'eoqufte. Ellea auui doivent 3tre cboiJiea parmi no nombre plu lf'Uid de tecbniquea qui ponrraieat 3tre employ6ea et il eet JOuhai- table que ce cboi.Jl a'opire lui alllli Jaal lacune ~ltEatique. Mai.a ou eat beaucoup moiua avauc6 dao• 1'6tude de ee Je<:Ood problae (dit de l' • 6cbantilloanaae dea nriablea •) qu'ou oe l'Nt daaal'6tude du premier(• 6chautillounqe dea mjeta•). Il Nt meatioon6 ici parce qu'il coac:erue -tiellement l'obtervatioo, et m6me aae ob.ervation qui, faute d'laypot!Mee eur le• (aiu ob.erv6a, limite ae• ambitioo1 l obtenir noe des-

cription a oui exhauati ve ~e pollible . d'no

or&qUe l

l'bamp des variables pouvant être utilieéet. Cependaat. même •l•n• ces cas. le diCficile problème de l'échantillo~e dea veriables continue à ee poser. L'expérimentateur qui étudie, par exemple, l'apprentissage, dispoae d'un grand nombre de varia bles pouvant être conaidéréea comme dea opérationua- lisations acceptables de ee proceasw. D elt amené à faire (ntre eUes no choix qui eat souvent diCficile. Voic.i , dan• no tout autre domaiue, an exemple d'exploration •yat6m.atique d'no C«tain champ d'obMrvatioll. n••• d'noe

des hypothèse• préetaes apparataeent. eUea limi~entle

eertai':'

~P

·

ob~ervationmtern~portant I1U ~.vivacit6 d'imqea 6voqu6ea. Oo demande a~ IUJet queUe Nt 1 tmqe la plua vive et la plue nette dea de~a liDAie• 6voqo6ee par deuJI deaeript.ione verbaJee t.ellee que• la couleur d'une roee ro~e•et • le bourdonnement d'noe abeille •· Si l'ob~ervetJOD doit porter a.ur lea ima,ee 6voqo6ea ~ar dili deacriptione de ce type, la m6thode de •

forme la plua

complète) .~ cona~tu~r to':ltet lee paire• diff6rentee poaaiblea avec cet dax deaenptione (il y a 45 de cee pairea) et ~ poaer la même queation au a.ujet pour chaenne d'eUes. Le caractère

ayat6matique de l'exploration, qui est ici trèt apparent, permet

S'il

elOite en effet noe dimenaion de. vivacit6 dea imqes 6voquéee• le_ lo.lll de laqueUe les diff6reutea 6vocationa ae aituent de façon

d.istmcte et stable, lee pr6l6rencea exprimées par le sujet devro~t être transitives : a.i l'imqe A eat d6clarée plua vive que l'unqe B dana la comparaiJon A·B et a.i 8 eat d6clar6e plue vive que C dana la comparaieon 8-C, le sujet devra d6cla rer: que A est plw vive que C Jonque lui aera pr6wnt.6e la p&Ire A-C. ~·exploratic.m ayst6matique r6alia.6e par la m6thode ~e comp~&lllO~ p~ pan-ee pe~et ~e uvoir dana queUe mea.ure il en eat b1en &JntJ,.de .d~termmer1ordre dana lequel lee ilna,ea ~ clueent chez nn mdiVIdn et mbue, eD poaaut cert.a.iuea condi. bouaauppl6meutairea, de d6f"mir dea dittaDcea entre cea imqea.

compar&Ja.on p~ pairea » coneiete (eoua u

no~ent nn contr6Je d'noe teDe oba.ervation interne

L'explorati~n d'un

champ

d'observation

peut

être systématisée non plus seulement en fonction dea conditions dana lesquelles l'observation ae déroule ou du mat~riel sur lequel eJJe porte, mais aussi en fonction des différents résultats prévisibles qu'eUe peut fournir. En effectuant une observation ainsi ay•tématiaée, on apprend lequel dea réaultau poaaiblea est en fait vérifié, et J'on obtient ainsi l'information que J'étude avait pour but de fournir.

L'o~aerva~on ~i com~rise ee situe alors ai prèe

de 1expénmentatJon qu'•) peut parattre arbitraire de l'en distinguer. L'étude dea mœurs dea animaux offre pluaieure exemples de ce type d'observation.

Comme le d6veloppemeut de l'enlant,lea mœun dea auima~a ont fait _l'~bjet de nom!'renaea deacriptiona pratiqu6ea dana dea conditlona non d6fimea et non ayat6matiquea, et beaucoup

d'6c:rita ou d'imagea publi& a.ur ce thème n'ont que l'iut6rêt d'un divertiaaement. C'est cepeudaut daua certaiDt aeeteun de la paychologie auimale, qui ont connu un grand d6veloppe- ment à noe date plut récente aow te riom d'éthologie objec· tiviat.e (K. Lorens). que l'on rencontre le plue d'exemplet d'une obaervation pratiqu6e en milieu naturel , maïa orgauia.6e de laçoD ~ fournir une r6ponae à une queatioo pr6alable de l'obaervateur. Uoe a6rie de trava~a aut6rieure, exemplairee à cet 6gud, avait eu pour thème le retour de certaine aDima~a

au lieu de leur habitat: un Mollua.que mariu,la PateUe, revient exactement ae raxer ~l'endroitdu rocher dunt le relief a mod~l6 11 coquille, la Fourmi rentre ~ a.on nid apna dee "xplorationa qui l'en ont 61oi«u6e d ' une diuine de mètrea, etc. H . Pi6ron

a largemeut cootribu6, au début du aiècle, ~ l'ellplication de cee faite ~ partir d'obaervationa ayat6matiquea. L'influence 6ventueUe de tracee olfactivea laiu6ee ~ l'aDer ut 6limio6e par nn lavqe du parcoun. L'bypothèee d'une m6moriaatioo dea particularit6a du relief de ce parcoure eet 6galemeot kartM : ai l'obaervateur modifie ce relief, le retour continue

l •'effectuer. Le r61e d'noe mémoire motrice eat mie eu 6vi· deoce eD d6plaçant J'auimal peudaut Je trajet de retour : il e'arr~te et cherche a.on nid lora.qu'iJ a effectu6 le trajet qui l'y aUT&Ît effectivement conduit G le d6placement n'6tait pu inter• venu. Le r61e de la poation du eoleil eet 6galement mie en 6vi- deoce eu 6clairaut l'auimal avec nn miroir alora qu'il 1e trouve dana une soue d'ombre : il 1e r6oriente par rappPrt à la oou·

lumière (voir H. Pi6roo , 1958). L'6cole d'lt.bolo-

,., de Loren• el Tiubersen a t.rètllarpmi'DI utilia6 une m6thode

d'observation qui peut, eur certaina poiDta, 1e ayet6matiaer

velle a.ource de

d6cJenche un certain com·

portement matioetif (nourriaaqe dea jeunPa, parade leJIUeUe, prfparation au combat, et~ .). Let r6aultata dea obaervationa 10ot v6rifiablea par l'emploi de • leWTM • srouiere ne prMeD· taut père en commnn avec l'objet naturel qu'ile remplacent que ce aipal prkia (tache d'une certaine couleu(, vibration aa6cao.ique, etc.). On a cUj~ dkouvert dea centaiDee de tele

pour d6terminer quel 1ipal ( ,

)

,

3. Crit:Î4(Dee d'nne obeenation peyeholosique .,.•• 1'-aatiM. - Certaine psychologue• craignent que d.,. procédures d'ob~~ervat.ion trop ri,Odea déforment If! contenu m@me de l'information recueillie et d6toument l'observateur de faiu important. et

aignü"JCatiCa doat l'apparition a'~tait pu pm-u. par le diapoaitif utilisé.

Cee daDpn 8011t perçu par eertaÎIUI p.ycbollli'Uee ayaat utiliM dee proc*lure~ d'obMrvatioa ri(OW"eueemeat dM"uaiel et ay.ûmati86ee. Ce fat le eu d'A. BU.et. Plua pri. da aoaa. c'eet auui le eu d'A. GeeeU qui krit par exemple (afte

F. L Ile. L'.,Y0111 cl. 5 4\10 w,1961) :• L'etprit et lateebaiqae

de aoa mMhodea oat "' diaiquea plut6t que ttatiatiquea et

ri(oareuMmeot exp6rimeataus

meOI cliniquM babituela, uou1 a'n·oa• pu ma.ioteou lea mAmee procécUe uaiform~ent l toua let leM, ma.it aoUt en avou fait varier le couteau et \'importaace pow coucon:ler avec le conteau cbaDpaat et lM momeata importaata du d6veloppeo ment. Now avow adapû aoa teehoiquea a111 variatiou de l' ea&nt en fo.actioa de aa ~tariû.• Dau aae recherche- L'-lwyolop dt. C:OJIIPO, (IMS), il dklare : • Noue m6thode d'obeervatioo 6tait avaat tout aatura.Liatee, et alr'11111a que lM d6ain maoif811tN par - jeuaM aujeta 6ta.ieat toujoan n.pec:tN, m~e lonque l'ua d'ewt t6moiJne d'aae forte teadance l •'eavelopper daat dM couverture• eoa.fortablee alon que GeeeU eoahaite-recueillir dee dona6ee pbotopapbïqa.

Tout comme daaa lea exa-

,

,

umatiquM IRII' la poeitioa de -

membrea.

Cbn d'autrea ~c:Jaollli'UM,iJ a'qjt d'uae critique ll'6prd da IIMtbodM qu'w a'emploieat pu oa a'emploieut phu.

C'ect aiDai que J. Piqet tipale, dM 1926, lM U.coav6aienta !fU'il aperçoit lia m6thocle dea tMta: ae founür qu'aue aaa.ITM iuu«'aaa.ate dM r6eultata, rûquer de fa~ l'orientat.ioa d'eeprit de l'mant que l'oa iaterrop. Eo l'employant, oa rUque de ~ l eaû dM queatiou -ntieJlM, dM ÎDtWti lpODtaMe et dM ci4aaarcbM primitivee. Le jeaae K. Lona.a. app,_aat la p.yebolope aaimale, t'Moooe de l'iporaace qu'il dkoavre, ebea dM c:laerebean utiliaaat le Rat comme mat.6riel d'exp6rieucee ri(ou~t oqaaiMee .ur l'appreotùaap, aa aujet dM mœun de cet animal dao• - coaditioaa aaturellea de vie. EA matiire d'enqukea, l'DAp de proc*lune oormaJi. Mel et .,-.t6matit6ee eet rejeû par eertaiu p.ycholotfaea oa IDciolopee. C'eet aÎIUIÎ que A. Vediard 6erit l propoa dae m6tbodM d'obeervatioa qu'il a adopt6e1 daae 80D eaquate aar lA docluanl (19S7) : • La IIMthocle d'iaveatiaatioa 1 telle

qu'elle Mt cWr.rite, p

te

le flaac l de aombreu8M eritiqaea.

ae 80Dt pu bomocanea, lee aujeta a'oat pat 6û

loal IOWilÜ es.aetement awt m~M 6preavM et daat dea coaditiou ideatiquee. Nou.a avou d6 adapter le type d'es.ame:a

Lee exam

u

28

• aoe flljeta plut6t que d'qer d'~ toujoan la mbae atti:

htd.-. Cee d6faull 80Dt flalftllla mau 011 peut M _demaad~r Il loveati«ation de ee pme peot kre atandardie6e et 11, ea le 1 taodardiaaDt, l'on ne ri8que pu de p--.- l c6û de probl~

- -otieJe. Eo confrontallt la m6thocle •upie que nou.a

n••n• d6 euivre avec lea m6thoclea ri(oW'eu- 80UIDÎMI l aae

matb&natique, on M poae la queatioo : ne vaut•il

,., mieu.s parfoie riaquer de commettre. quelquM e~w:­ ,eut6l que d'iJnorer lM exp6rienee- bUJDaJnee lea pl01 np- l6toativM qui ne peuvent pu 6tre dkoup6et, dkompoeéea,

••ur~ T• Toutea cee eritiquM ou queetion1

titrea et ea dea MDl difl'6reata, de l'attitude clinique.

iplioe

e'inapireot, l

l.'ul~eervatioo dioïque, M doanaat pour objet • la tota~û

d'ua 6tre bama.ia coaent et complet awt pnMI

a•K une IIÏtaation •· ae •'accommode que difficilemeat d'une tiMiauioa p*lable ri(oureuee de cette IIÎtaation. qui, ~Dl' 1arder une aïpifieation au:1 yeas de chaque IU)et, dort l pau pr" o6ceaaairement vari~r d'ua eujet l l'•utre et d'ua

l aa autre. Uae m6tbode qui M fonda tW' l'es.amen

approfondi de ea• individuel• n'Mt pa• ori~nt6e ven la eytté-

moiaa dan• le MDl et au u1veau ol\ eUe a 6t6

ction•

at

llaatiou, au

••"-1'- plua haut.

Ou voit que cea r~aervea ou cee critiques, qui ae

l'égard du caractùe plue aya-

l,matique d'une m~thode d'observation évoluant • .,,. l'expérimentation, coaceraeat lea rapporta

t.nnuleat nrtout i

••tro le groupe dea méthodes expérimentales et 1111lul dea méthode• cliniques.

ni. -

La f'onnalatioa de. obeerYatioaa

fJII DD iaapp

-utitatif

l.'uaage de méthodes quantitatives eu paychol~gie ouvre dea poaaibilitéa et pose dea probl~mea qu1 ae actnt t>aa apécifiquea i l'observation. Ou eu reportera donc l'examen géaéraJ au chapitre III. Ou ae l10ruora ici i quelques b~vea remarquee liéea • l'holutioa dea méthodes d'observation.

29

1. Le développement de la quantûaeadoa l'obaervadoo ecientif'"aque. - Les résultat. de l'ob- servation s'expriment de plue en plue souvent sou une forme numérique lorsque cette obeervatioa utilise davantage d'instrumenta, devient plu• ey.- rématique : l'usage d'un langage quantitatif par l'observateur suppose en général qu'tl ait eu cou- traire ou emprunter des instrument. appropri6a lui permettant de mesurer, ordonner, compter et q!l'il ait pu en systématiser la mise en œuvre. Plu- sieurs exemples déjà cités illustrent cette remarque.

Lea instrumenta de meaure ou d'analyae pbyaiquea foumia- aent dea donn~a quantitatives au psychologue. Il en eat aina, de façon immédiate, pour la mesure du temps. Des tracés élee· tro-encépbalographiques peuvent faire l'objet d'une anai}'M physique complexe distinguant les différentes fréquences qui, se composant en des proportions données, fournissent un trac6 identique à celui qui a été enregistré. Lea inatrumenta permettant la partition dea donn~a q claaaea d'équivalence permettent de compter combien d'61• mente (seatea obaerv6a au coure d'un teat, interve.ntion aa coure d'une diacuaaion) f~gUNJ.nt ùa.aa chacune de cee c:Jueee

l l'iaaue de la ~riode d 'obaervation. Une d6linition pr6ciae dea condition• de l'obaervation e.t a• ceaaaire pour qu'il y ait un aena l compter eombien d'enfa.nta d'un 'se donné maniteatent tel comportement da.na telle aituation. 11 est néœaaaire que dea sroupea d 'e.nlanta d''cel différente 1t0ient con.t:itu6a en auiva.nt de ~çon ayatématique

lee f'èslea de l'échantiJJonnase atatiatique pour que prenne 1111

aena la comparailtOn de tele décomptea pntiqu6a l aacceuila.

dea A&ee

Les réserves ou les critiques qui ont été relevéel à propos de la systématisation de l'observation sont très souvent associées à des réserves ou dea critiques à l'égard d'une observation psychologique quantifiée. Selon certaines opinions, le langage nu· mérique aurait une • précision • incompatible avec l'imprécision inévitable (voire souhaitable) des ob· servations psychologiques. Ce aerait auui un langage

30

lt~ulement form~ vide de tout contenu psycholo- alque. Disons quelques mot. Il l'égard de ces deux l'robl~mee, dont l'examen devra ~tre repria.

Les nombres

11a 10nt qu'un langage que l'on peut utiliser pour des rc~rmulationsau.ssi précise• ou ausei imprécises qu'on

la •ouhaite.

lin payc:hologue obeerve que, plaœt devant u.n certain ma~ rW, dea e.nlanta d'n.n Ap détermmé ma.nifem.nt n.n gra.nd -bre de comportement. d.ifférenta. La aipification pay•

2. Qoantifieatioo et

préei.sion. -

IUJique

que prend lcet Ap la aituation défmie par ce ma~

rW "l donc (o.ndamutalement ambi&uë, et tout prona.tic le comportement d'n.n enfa.nt particulier tri~ mcertaiD. c: leita peuvent Atre traduite en la.qqe qua.ntitatiC : il •«Ire de conatituer dea cta- d'6quivalence l partir dea ""'"nta comportementa obeerv6a et de compter combien ''enfanta peuvent 6tre cluaél, l cet 'card, da.na chacune de •• Nil cluaea. on comprend bien que cette quantification •'~~tlt\vera rien l l'mcertitude inhérente l cette aitaation. l'une de cea cluaea contient n.n nombre d'obaervationa

pttu plue 61ev6 que lee autre~, le p.ycbolosue pourra certea que ce comportement eat•le plaa probable•. Maïa le Cait pe d'1utrea comportement. 1t0iut l peme moinl probable. le&Nera l ce prono.tic, m&ne a'il e8t exprim6 ItOU. Corme

ntitative,le

dep-6 d'incertitude qui caneûriM la lituation.

I.e langage numérique présente seulement l'avan· t•a• d'expliciter l'incertitude du psychologue, maiB

t avantage peut ~tregrand. C'est le ca.e notamment lurec1u'on procêde au contrôle d'une observation tilla répétant. Le degré d'accord entre observauurs lad,.pendants n'est clairement perçu que s'il est • 1•licité sous forme quantitative. On le vérifie lnrequ'on compare plusieurs notations, pratiquéea

lncl~pendammeot, d'une m~me série de travaux

lf'nlairee (docimologie). Un bref résumé statistique d11 Cf!8 données modifie souvent l'impreuion opti· •l•te des correcteurs ayant participé à l'expérience. Uaoa les exemples précédents, l'incertitude iohé·

rente l certaiDe. ob~erVationa en fid~ement tra•

duite en langage quantitatif (pour qui entend ce

lanp.ge). Sur un plan différent

eouüper que le langage quantitatif, correctement

ut.iliaé, traduit en l'explicitant la • faiblesse • dea moyena de me81ll'e dont dispose le psychologue. Par exemple, un psychologue capable d'ordoDDer dea sujets en uaaDt d'un test, ou d'ordoDDer les réponsea d'un sujet interrogé sur la vivacité de ses imagea

mentalea, n'eat

lee intervalles, les distances, séparant cee IUJetl ou ces images. Une formulation quantitative permet

d'expliciter les postulau qu'il est nécessaire de poser, c'est-à-dire lee conventiona de langage qu'il est néce~~aire d'adopter, pour que l'on puisee, dana cee caa, parler en un seDI défmi de distancee entre les obaervationa.

on.peut également

pas ~pable pour autant de co~parer

3. Formulation quantitative et eooteou psycho·

~ - La formulation quantitative facilite

co01idérablement le constat objectif d'éventuelles régularités dans les observatioDI, régularités qui ne peuvent être attribuées à dea causes fortuites et appellent donc une interprétation en termea psycho- logiques. Gesell cherche à recueillir dea o~aerva­ tioDI qui, évoluant réguliùement avec la cro11sance de l'enfant, eoDitituent dea • gradienta •. D conaidùe qu'il eat plus vraisemblable d'attacher une aigni· fication psychologique à de telles observations qu'à d'autres qui fluctueraient au hasard. Mais on ne peut gu~re constater l'apparition de telles, régulari~éa que par la mise en œuvre de moye01 d observat1on permettant une description quantitative précise de l'évolution des conduites étudiées. L'emploi de procédés quantitatifs d'observation est encore plus nécessaire dans les eu où seule une

32

analyse atatÎit:Îque aues eomplexe permet _de mettre hventuellement en mdence dea régularitéa qui, se situant l un niveau d'abstraction phu élevé, Dt! pourraient &tre perçue. par examen direct dea dnnn6es brutes. C'eat le eu notamment lonqu'on analyse lea eorrél.ationa entre phuieun variablea ot.M~rvEiea, pour dkeler une tendance hventuelle de certaines d'entre ellea l présenter dea variationa 1&6ee. D est naturellement tout l fait impouible da JH"rcevoi.r cea tendances,lonqu'ellea exietent, par lecture directe de centaines de notee obtenues, par exemple, dana plnsienn te1t1 pua& par le ••me groupe de sujets. Le critère de la valeur acientifique d'une méthode .t'obeervation restera nécessairement le caractère eonll'6lable dea réaultata qu'elle fournit. Ce contr6le a-plique une poaDbilité de ~tition qui peut \ •tllleer dea modal.itéa cliff'&entea : ~tion dana le temps, eomme dana la méthode de comparaison par paires ou lee méthodes de détennination des eeulla semoriels (ces exemples montrant bien l tpelles conditiona une observation interne peut Mn con~lable) ou dana la détermination de la lkt61it~ des testa par • teat-retelt • ; ~ODI lUI' dN individus différents pour l'observation de phé- •nm~nes ou de mécanismes dont on peut penser cp'ile sont identiques chea tons les individns ; rtp6tition grlce l des obaervatenn différents placés almultanément devant le m~me fait; répétitiona d• l'observation dana dea situationa jugée• identi- 'JUfll, comme d&DI certaim autres procédée de déter• mlnation de la fidélité des testa (par tests parallèlea ou par partage d'un test homogène). La diversité d• cee modalités ménage en principe dea po11ihilitéa d• conttôle l tous les niveaux et dana tous lee domaines oà.l'observationelt utiliaée en psychologie.

33

L'EXPiRIMENTATION

C'est par un c renforcement • dea conditiom qui. impoaéea à une méthode d'obaervatio~ lui confèrent un statut scientifique, que l'on paese de l'obaervatioa à l'expérimentation. L'aspect essentiel de ce reD• forcement conce.me la formulation d'une hypo- thMe préalable. On peut dire que l'on expérimente chaque foie que l'on contrôle une hypothèse ea comparant ses co4Béqueaces prévisibles à dea ob- servations spécialement recueillies à cette fin. L'hypothèse dont il s'agit porte sur une relatioa ou un ememhle de relatiom. Elle permet à l'exp'- rimentateur de prévoir que, s'il modifie de telle façon une certaine condition de l'obaervatioa (variable c indépendante •}, il constatera telle autn modification dana le résultat de l'observation (va• riable • dépendante •). En psychologie, on obaern des comportements, dea conduites, et lee variablee dépendantes qui lee décrivent sont souvent déaie gnéea de façon générale par R (comme réactio ou répome). Les hypothèses du psychologue porte sur dea relations entre les conduites obaervabl et dea variables décrivant la peraounalité (P) et situation (S). Lorsqu'on cherche une formulatio très générale dea problèmes relevant de l'expérime tation en psychologie, on adopte souvent celle-ci

R =f(P, S).

Cette formulation ac home i énoncer que conduite d'un organisme est fonction de l'état

.,., organisme (en y comprenan~ bien entead~ la •••ultante actuelle de aea expériences anûrieures) • t de la situation d&JU laquelle il se trouve placé. 1Jn e telle formulation est évidemment trù sim-

variables !? et S, il en est que

llllJ)6nmentateur peut mampuler à sa guise (au Mu l n 11 e ntre c ertaines limites), et ce sont elles qui f1ftn•l ituent les variables indépendantes. Ainsi, la

•un,luite d'un rat ayant à franchir un labyrinthe l""ar tro uv er de la nourriture {conduite décrite , un~ v ariable_ dépendante R telle que le temps

, ""'~•••ue pour le trajet) aera fonction du besoin da nourriture (variable indépendante P décrite par la nnmbre de jours pendant lesquels le rat aura été

1•r h,ll .d e nour?tw:e) et d~ l'intemité de la décharge

point du

e•arr•tun (variable indépendante S mesurée en

••" •• physiques). Mais parmi lee variables P et S,

Il an r

a u contrôle de l'expérimentateur. Elles n'en • • r•u moins une influence sur la conduite R, et

Ml fl" "t dire qu'elles constituent dea variables • t••raeites •· Dans notre exemple, la constitution tla lt~l ra t particulier le rendra plus ou moiJU sen- •lltlt~ • un e certaine privation de nourriture ; les lrart~• laissées dans le labyrinthe par le passage des aulrt~a sujet s d'expérience pourront comtituer, à

l n•u

•ncllfiant la conduite de l'animal observé. Comme

I'

tl&f"'ntlante(s) et variable(s) indépendante(s), le

nltlrôle de cette hypothèse suppose bien entendu

'f'l• la résultante globale des effets pr?duits par les

l

: llri #-e

Parmi les

61ar1r1que

qw lw sera lDlposée en

un

1 t qui échappent d e façon plu e ou moiJU com-

~~

d'un expérimentateur négligent, dea repères

porte sur la relation entre variable(s)

Yttntbèse

parasites soit, d&JU toute la mesure du

r-alble, annul6e ou prise en comidération de façon

ie.dacte.

ariables

On_parle aa.ui, eD ce eeu, d'ua • coa~e clee Tariablee parurt.ee. Ce mot • cootr61e • a doue au moiaa troia eeue • uae obeervatiou eet coob'61able n elle eat R~le par J'ua~ dea modalitû qui ODt 6t6 rappel6ee ~ la nu du chapitre I•.

UDe bypotbèee eet coott6J6e D - cooe6queocee De IODt ~ eD coutndictioo. avec lea faita obeerv6a (ou, eu ua eeu beau· coup ~_»luefort, u aueuoe autn hypothèee oe permet de privoir lea faita obeerv6a); uae variable paraaite eet coott6lée ai la

variable d6peodallte

r6eultaDte slobele de -

eet &DDul6e oa d6termiDable.

efleta aur

L'hypothèae de l'expérimentateur peut comporter consé~ences plua ou moins prévisibles, le.

~tu manipuléea

d.e façon plus ou moins précise, les variables para· aatea peuvent êtu contr6léea avec plus ou moins de afireté. D en résulte que l'expérimentation, tout en conservant la forme générale qui vient d'êtu e.qui8- ~~. a'a~plique ~vec plus ou moins de rigueur, c est-à-dire founut dea résultats qui sont entach& d'une incertitude plus ou moins grande. Pr~ter aux expérimentateurs l'idée ou \e sentiment qu'ils atteignent des résultats ne comportant aucune marge d'ineertitude, c'est se méprendre gravement sur l'eapri! expé~ental, et certaines critiques de la

vanablea

mdépendantea

peuvent

psychol~ga~ expenmentale ne s~expliquent que par

cette. ~epnse. Tout au ~ntraare, on peut décrire les differentes tâches de 1expérimentateur en dis- tinguant d~ ~~grés dana la valeur de ses hypothèses, dana la precaaaon de ses manipulations et de ses contrôles. Cette description sera fa ite dan s le sous- cha pitre 1, e t s uggé r e r a p eut-ê tre l'idée que le 11 r e n- forcem ~nt 11 qui c onduit d e l 'o b se rv a ti o n à l 'e xp é ri- m entation se prolonge au sein même de celle-ci.

avec

Mais

quel

que

soit le niveau

de

rigueur

lequel l'expérimentation est mise en œuvre elle doit constituer, à ce niveau, une démarche ~ohé­

rente. Une démarche incohérente peut conduire

36

l'flxpérimentateur à payer inutilement, en un mo- ment particulier, le prix requis par un niveau de pr~cision qui n'est p as ju s tifié, compte t e nu du tu vea o d e précision atteint dans les autres moments

ci e• s a rech er ch e. Elle peut le conduire à répondre,

insu, à une qu e stion différente de celle qu'il

• ., pos e . Elle peut l'amener à une imputation causale

"rronée. Assurer la cohérence de la démarche expé- rimentale est une tiche difficile, qui n'a été définie c•luirement qu'à partir des travaux de R. Fisher. l A" prin c ipes de l'organi s ation des exp é rience. (• plans d'expérience •) peuvent s'appliquer non eru]ement à des expériences trèa différentes quant l leur degré de rigueur, mais encore à certaines furmes d'observation. lls seront évoqués plus loin, cl a n l e so us- c h a pitre II .

Il 110n

1.

-

Lee tiebee de t•exp&ïmentatear

l. Emettre une hypothèee. - L'expérimentateur n'a pas à fournir de justification quant à rongiM clr l' bypothèae qu'il émet. Le plus souvent, une la ypo thèse est s uggérée par une observation anté- rtl'lure, qui peut êtu fortuite ou systématique sans •1ue la qualité de cette observation préexpérimentale ait nécessairement une incidence sur l'intérêt que l' lcyp othèae présente ni s ur la valeur de l'expérience •tui va se proposer de la vérifier.

Une activit6 pratique peut ~tre à l'of'Ï«ÏDe d'uDe hypothMt!

UDe forme

1•lue p~ (et par auite plue limit6e), faire l'objet d'ua ruotrOle de type expérimental. U en eat aiDai par exemple ct obaervatione pratique• faite. aar la liaieoo •ppa.reDte I'Dlre lea Rlultata acolairee obteoua par p.o eolaot et le niveau enc:io-culturel de la famille. Dea obaervationaiJ)'8t6matiquemeDt nocueiJlÏM à cette no permetteot d'6tablir l'exiat.eDce et l'im•

1•lu1 ou moiDa globale et iatuitive qu i pourra, eoua

portaoce de cette liaieoo. Eo pratiquaut eea obeervatiou MU dea P'OUpM De di.ff6raot que par UD -.J car&CÙR, OD peut

pr6eïMr daJu ne certaizae menre 1

18UOD,

"

6e

ID:IDJem• reudaat

Une ac:tivitA upfrimentaJ peut 6tre l'oecaaioo d'ob~!'ti::::t111r. 1111 certain problàae

compte de cette l' ·

.

l!lative à ua tout autn problème. p-::.:~~~ hypotüee

~eace. 8UJ' la difeetioo lonqu'iJ ob boDI peuvent Atre d6dea-L1-

m"?'e

Ja&Jt. de. exp6-

eervle que ~ee llécrio

e

AlaOciM

nourriture . il en tire 1 '

d"-

"

vyart à eee travaux clu-

. .

~e non pu a aournture eUe-

, _

.,

rement

pendant mau par ua uae eena· etimulation quelconnne ~.la

hypoth.>.---

,. IÏÏ:ee lW le coaditiouaemeat.

. qu1 ~ervent de poitat d

ID tempe à cette

'hypothè~e peut ~tre 101cit'-

tr~ vari'-

à

un

u

.

matiNe ap&:ialement OI'Jani*

Oa peut, comme l'a fa it oo~ent Thexphience po':U voir •·

direu une o_b~ervabon 'Y•té-

uratone, appiJquer de•

tea:te

exiate de.

1e dae~entà peu prù de lam~

Oa examine aJon cet t-• - po e ahçon .han• toute. let ~preuvee.

.

IODa-en~embJ!:d~ d~ IUJe:te . pour rechercher 1 •iJ

audMUJ deequele lee tujeu

v•

ur c

erc er nne)

,-

caract

,

re ·

coœ- ·

., emp~nque.

mun pa.raft 1u 1 ceptible d'e•pl'

Le

contrôle de cette hypothùe 1quer cette ~·larit1

-

.

·~u

conetruire de nou-

qu'iù ee reçouperout en ua 10que ee caractère et à p~voir exp6rieaee noaveUe Ul-en~em.ble au coun d'une

veaux tee:te n 'a yant en commn:n•utera

d

, L'hypothèee peut.également

obeervat ions

être déduite d''

hypothèaes contrôlables R B

au li

eu

d'"

.

.

e~emdwte a partir

ou mow gfnb-aJe. C'est ainsi une constru.ctlon théorique plw

frustration, introduites par laque 1 ~ nollons de conflit et de

~syTanalyse, ont impiré des

ont p u v6rifier qu'une~ ~.::aJr , · De~ o, K. Lewin (1941)

experi~entalement ria-

d

meat eonfi~) entraiDe uneyan: qui _leur ava1ent 6t6 un mo-

atructuration et de difr6re «. tigre.don ~ dan, le niveau de ljvraient avant de aubir ce~:tcuaelruonlr e~ jeux auxquele ila M

atteindre .Jet j ouet. attra • par. une ciOJ'?n tran.-pa.rente

li~ (de. enfan:te aout empêch6 on •

atJon.

Les seules hypothèses utiJiaahles par l'expé . ·

es.

A

il

·

tateur sont ceUes

vérif,· a hl

différences d'une . hypoth'è

, cet ~~ egard presente nt des conséquences

nmen-

~eut eXJster de larges se a une autre

'

1

que eur forme meme rend incootrô-

demande d'interpr6:'er d::m~lehqued~eaaujete auxquela on

lablea. Oa cooatate

Il exiate dee hypoth~~ea

ar

Z'~ à contenu .~exuel.On ~;: ,.:;:;~:r;o;;::'a: dea

ovyvD-et pouV&Jeat provenir de IUJ'ete :-L!L<~

,.,

,Jeur que

38

me

Il eat biea difficile eu ua tel domaine de ae pu ac:eepter de

ree intermUiairw,oa ee trouve devant plutiean cou6qaea.cee, 11r6ea de l'hypothaee, relMee pu la coajoac:tioa ••• et qai rouvrent toute la m&I'Jtl dee fai:te ob.rvablee. D eet doue jrapoalible formellemeat qu'uae teUe hypo~ 10it cl6meatia par lea fai:te : elle eet iDcoatr6lable.

L"hypoth• eeloa laqueDe lee diaaoc:iatioae lamilialee -t 116ee à dft diffieult'- d'adaptatioa de l'eufant a'eet 'ririliable IJUe dan• la meeure cm l'ou ee donne, avant d'eatnpNDdre le rootrôle, une dMiaitioa opW&toire de ce que l'o.a eateadra pu

• diuoc:iation familiale • et pu • diffic:ult'- d'adaptatioa •· Oo peut ~eUH l'hypothMe qu'ua ton eera perça -• proveaant d'uae IOUJ'ce IÏtaM lathalemeat Jonque lee deas ore•Ue. ~eront ltimW. ea dee momen:ll Wsaremeat d6caWe

cooditio0111C1r1D81ee

de vie, tuacitA pu la dilf6reuce dan• la loDpeur dee traje:te

devant ltre pareoUI'UI pu le ton proveaaut d'uae aouree

let«ale et 1e propapant juequ'aux deux oniDee). Cette llypoth• eet parfaitement v~able. Ua diapoeitif appropri6 permet de reproduire utificiellemeat le pWaomèoe. Ea faiant vener l• durie du d6eaiJ11e, oa conatate qu'elle eet ti6e à 1IIHI ,.ruption plua ou moùulathale de la 10111'C8.

Noue exa.minero01 au chapitre III, l propoe du r6le dee

•atb6matiqu

eu peycholope, l'iDtArft que pN.entent lee

dana le tempe (ce d6ealJ11e 6tant, daJu 1

Yie IIIIX1Jelle - de 111je:t1 ayut dee JDCIIan trie la r.a

ltypotM.ee exprim6ee toue forme matWmatique, du poiat de de leur contrôle. Oa peut d6duire eu effet de eette fwmula-

Uon meth6matique dilfSe.otea co016qaencee priviaiblee devant teutee 1e vm!'Jer à la foie. Si, daJu le pucoiD'I d'ua labyrinthe

• T,l'un dea choix eat correct et l'autre enou, uae hypothèee

lanneli* permettra de pr6voir, pour ua p-oupe de 111je:t1 :

le nombre moyeu d'e:rniUJ'e avant que le lUC~ toit coDitallt ., l• raq moyen du premier eeaai correct ., le ~ moyen de

1'-i au COID'I duquel eera ~le ra• ~aec:ilet le DOmbre -reo de e6queacee « choix correct-choix enoo4 •· ete. Oa "nçoit que la v6rifieatioo limultauM de toutel cee pmi.Gou

rend trie improbable le earacùre« erroa' • de la formulatioa

ltypotWtique lUI' laquelle eU

1 1

daaa une litaation exactement oppo* l ceDe qai 6tait

ee fondent. Oa ee trouve donc

tUfrite daua le premer exemple.

n est rare que le contrôle d'une hypoth~se soit

N)neidéré comme le terme d'une recherche. L'intéret

•aentiel de ce contr&le

au contraire dana le.

&ide

suggestions qu'il apporte pour des recherches nou- velles, dans les progrès qu'il permet et qu'il amorce. On dit de ce point de vue que toutes les hypothNe. n'ont pas la m~me valeur heuristique.

. 1.- hypo~ permettaut de privoir dea

li&Uoa.

.tatï

tlquea entre le mveau 80cio-culturel de la famille et la "'uaaïte

KOlaire de l'enlant, oa entre lee réaultata à dea t5ta diBWenta ~·ont ane vaJew; beurirtique app~iable que lonqu•ene; • accompqDent _d_hypotbMea (coatr61ablea) aar le m6eaniame par lequel ce~ liauona peuvent •'expliquer. L'~ d'hypo- tw.e. formalia6ea matWmatiquement poae peuWtre - dea termea diB6reata, le même problème. En revanche: lee hypothèeee portant 1111' lea mbniamea en jeu ont en Pn'- ral ane valeur he~que pla. ·Jl'Ulde. C'eat le cu dea hypotWaea dea paychophyaiolop.t.ea 'tudiant le condition- nement pavloviea . Ce aerait le caa dea hypothèeea paycha- ~quea, ai t- 1 Jea Maient phu facilement coatr6lablea. Oa vott quele caractèrecontr61able d'une hypothèae(quiconatitue ~a.-le, ~e condition n«:euoïr. à aon uaqe) peut 6U:

relativement md~t de la valeur heurirtique potentielle de cette hypotht\ae.

2

~

lee variablee indépeadantee. -

La

modification de certaines variables indépendantes

ne peut résulter d'une intervention directe de l'expérimentateur sur les sujets. D en est ainsi

Dans ces

cas, l'exp~rimentateur ~e home à comparer les valeurs pnaea par la vartable dépendante dans dea groupes qui diffèrent systématiquement sous l'angle de l'une de ces variables indépendantes. On dit

pour l'Age, le sexe 1 le milieu social, etc.

~

parfois cp;t'_il u?Use alors des variations « invoquées •·

méthodolo-

~cp;tes CJ1;11. seront ~o~és au chapitre IV. On se ~ïm!tera JCJ a~ v~ations délibérément • provo- quees 11 par 1 expenmentateur manipulant direc· tement les variables indépendantes. Certains auteur• co~id~.rent que l'expérimentation proprement dite se limite aux cas pour lesquei. cette manipulation

dea

~tte nt:iJ!.satton

pose

problèmes

cl i recte

"'atriction.

est possible. Noua n'adopterons pas cette

1-a oariaW

i~

eor~ la rituarion

-

Le

lahoratoire de p.ycholosïe exp&imeatale offre une aaaea srande

n6t6 de moyeu. techaiquea pour modifier de façon p~ae

u 1rtaioea de ce~ variablea iad6peudantea : appareill-,e per•

tDettanl de coatrâ.ler la loDpeur d'onde et la brillance d'une

lumioeuae utilisée pour stimuler le eujet. ordinateur

lu• pr6aentanl ua mat6riel doaa~ pendant ua tempe tri. p"'- rill6menl d6liai, labyrinthe• pouvant atre parcourue par dea r•u el compoiN d'uait6a permettaDt dea uaembl-,ea vari6e at l"utiJiaatioa de li«nanx bien d6termia6e, lunettea priaaati- quea projetant aur la "'tine du aujet qui lea porte une im&~e lnvera6e à laqu.elle il doit adllpter le coatr61e de - ceatea at de aea d6placementa, etc. Loraque lea aujeta atiliaéa aout dea animaux, lee modification• de la aituation peuvent atre encore

plu e

uree

aombreaaea et plue importaatea.

Si ce laboratoire 'tend aoa activi~ à la paycholoc:ie aociale,

Il pourra atiliaer d'abord certaiaea dea modalit6a ci-deat~U de

Par exemple, dea exp6rieacea aar la perception

•tiliaenl certaiaa diapoaitifa entraiDant dea d6formatioaa appa- notea dea objeta perçue (chambrM d6formantea, lentillea). On peut coa.tater que dea pertonD&~M fa.milien (conjoint), ou repr6eeatant une autorit6, ne aubi.ueat pu eea d6formatioaa de la m6me façon que d'autrea peraonnqea. Maie le laboratoire de p.ycholoc:ïe aociale peut 6(alement utiJiaer dea techaiquea propret pour manipuler dea variablea iad6pendantea. Lea cooditioaa dana leaquellea dea aujeta peuvent commaniquw aool coatr616ea par ua diapoaitil comportant piiUieura box. Lee ~ajeta occupent lee box P'rtph6riquea maie, par exemple, doivent khanpr leura meaaapa par l'iaterm6diaire da box central, oceuP' par l'expWimeatateur, qui peut eonpatnr ou m6me modir~ereea me~~&~e~aeloa lea beaoiaa de l'a:phience. De•• dimata aocianx• difr6renta peuvent atre cri6e expUimen- talement al"m de conatater lea effeta de cee diff6reace~ 1111' le comportement d'ua croupe, comme dana une œl~re e~ rience de K. LewiD, R. Lippitt et R . K . White (1939). Dea com~ • peuvent adopter, aa aeia d'ua poupe rwtreiat, a.ae attitude et ua comportement dM"mia à l'avance par l'exP'o rimentateur, qui modifie aiuai certainea dea condition•dana lea- quelleaaetrouvent plac6e,danalecroape,leou lee aujeta« aalla•.

rupubtion.

La

now

indi~

eor~

ror&-'-e

-

aituGricm. -

provoqœe. eat .-

Sur dea aajeta bumaiaa,l' utiliaation de Yariatioa.

~itement limit.M. Oa peut cepeadant

41

modifier l'attitude da mjet par 1111e colllipe appropri6e (lai de~dutpar exemple de ee p~ A percevoir 1lD mmulaa oa brea d.e ee pr6parer A r6qir A ce etimulue). On peut, clau

~e certam~me.ure, modif"Jer eoa

peut

lier, •a. IDODU ea ~ppareace,l'octroi d'lllle NIDilllatioa et la ~ r6uurte • da RIJet a a coan de l'exp6rieac:e · oa peut Caire mterv~air dea mmulatioae d'ordre eocial. L'6tat de Catïcue

~u RIJet . peut a~i ~tH modili6 eatn eertainea liœitee . Lee mterveaboa. ehirarpc:a.ln portant aar le cerveau de eertaina taaladee, l'a.eap th6rapeatiqae de dropee aearoleptiqaee oat _oflet! dea oec:uioa. d'obeerver lee effeta de certaiaee IDodific:aboDa profoadea apporûee A l'ol'Ja.aieiDe. Mau c:'~ mdeiDIDe~t mr l'animal qae l'expériJDeatatear peut ID~ !e pl~ librement lee variable• ind6peadaatee c:ara~t.1o~e. D peut parfoie atteindre mr ee mathiel cet id6al qar re.te li eoaveat bon de l'atteinte du P'Yc:bolope: p~~ A voloat6 la conduite qu'il cherche l expli~er. C'!"' amn qae l'excitation Qectriqae clirect.e de certamee Nplae da ce~ea~ par dea 61eetrodea implaat6ee

A loq terme et dea rad.iottûaalatean a permie de eueciter

6tat de mo tivation : oa

A voloat6 dea COIDporte~aeauco~aplexuet Or'J&DÎ868

variant

eeloa . Nsioa ex~t6e (-'queaeee co~aplexee de mo~emeau,.

~vtt6, coadwtee de l'eadormi~Mœeat,ete.).

n n'a pas 6~ in~oduit, daru le bref exposé qui pr~Me, une gradati.on dans le niveau de précision qw peut être attemt dans la manipulation de telle ou telle variable ind6peudante. Le probl~me se pose pourtant, comme en t6moigne cette remarque de R. S. Woodworth (daru l'Introduction de sa Psycho/op uplrirrunlak) : • L'inatituteur et le psychothérapeute seraient des expérimentateurs eu psychologie, s'ils 6taieut capables de dire exactement ce qu'ils font et où commence et cesse exactement leur action sur l'individu. • On pourrait en dire à peu. p~ù au~t du psychologue qui, utilisant une va~tJon c mvoquk •, compare les observations pratiquées sur des groupes d'enfants classés eu cat~gorie~ eu fonction du métier de leur p~re. Cette ~ariab.le mdépe~dante globale, le métier du père,

mtei'Vleut

certamemeut

par

une

multiplicité

de

42

variables 1 déimitiou moins large, telles que le

lieu de résidence, le niveau des ressources familiales, 1., niveau culturel. A leur tour, chacune d ' elles peut lt4'l tra duire eu plusieurs variables encore plus pré- l'l•émeut déimies. L'expérimentateur doit toujours

r boisir, dans cet • arbre •, un niveau plus ou moina analytique d'intervention. On conçoit bien que

rertaines interventions soient déimissables avec plus cie précision que d'autre•, encore que cette notion

contexte,

ci e • précision • s oit elle-même, dans ce

auez difficile à expliciter. Mais on doit admettTe

c1u'il n'existe probablement à aucun niveau one variable indé~ndante dont on serait sftr qu'eUe agisse sur le phénom~ne sans utiliser dea variables

• intermédiaires • moins directement contrôlées par

l'expérimentateur. n faut aussi considérer que la nature du problème abordé par l'expérimentateur lui impose un certain niveau de précision dans la

manipulation des variablea indépendante~.

3. Coa~ler lee Yariablee paruitee. - Le pro· bl~me du contrôle des variablet1 paraaite11 fait partie intégrante do probl~me général consistant à orga· niser les expériences de façon telle que les variations ob11ervées dans le phénomèn~ (variable dépendante) puissent ~tre interprétées sans erreur et de façon aussi précise que possible. Ce aou.-chapitre aura donc surtout pour objet d'introduire le suivant. Certaines variables para11itea peuvent susciter une variation de type • aléatoire • de la variable observ6e : tout se passe comme 11i un soos-eoaemhle d'écarts petits, nombreux, de signe opposé, et indé- pendants, étaient, à l'occasion de chaque me8UI'e, extraite au hasard d'on ensemble de tela 6cart.s, et ai la somme des écarts ainsi extraite 6tait ajoutée à la meiDJ'e • vraie •· t

43

Vexp6rimeutateur Nt pu dUmition dane l'impouibilit6 phyaique d'analyeer et de con~ler ln microeourcee de varia- tioll IUacitant cee efl'ete. Cependant, la forme dn variatiou obeerv6ee eur la variable dépe11da11te peut le conduire à euppo- eer qu'il•t en pr6eence de tele efl'ete : certaiou valeur• eeront beaucoup plue fr6queotea que lee autrer, lee 6cart.a à cu valeure 'tant d'autant plue raree qu'ile aout phu importante, aelon

C'eat le cu pour certaine.

.siee de meeurn de eeuile eeneoriele, ce qui conduit à peuer que, au coure de cee mNDrN, Wl Jrand nombre de micro- facteun internee ou e:rternee varient de façon alutoire. D'autre part, l'e•P'rimentatear peut nP'rer que certaine. dee variation• qu'il conatate aoot bien alutoïre. e'il a pu mettre en œuvre certaine. teelmiquee de choi. dee M~ente à meeurer. Par e•emple, ln multiple. microfacteun de varia- tion qui peuvent dielÏD«uer deUJ[ 1arçone ~entant une cla~~e de trowème auront dee effete al'atoiree eur une variable d'pendante d~vant cee 1arçone n ln enfante obeervN ont 'ü e•traita au huard de la population de cee "nee de troi- ùème. n faut entendre paru extraction au huard • une pro- œdure rifoureuee de choi.· d"~ent miN en œuvre, telle que toue lee SUÇODI de la population couid4rie aient la mœe probabiliü d'kre choiaù (voir chap. III). Le con~le de cette ca~rie de variable. paruitee conaù- ten à ~blir dee conditiou exP'rimentalee teD• que le nom· bre de cee microfacteun de variation• aoit aulli faible que pouible. On procédera &lU meeuree de eeuil dan. de• pièce.

parfaitement ieoUee de tout bruit esûrieur (o. chambree aourdee•) ou en l'abeeoce de toute aource lumi.neuee paruite;

on faera tne e

011 lui demalldera d'avaler

aonore, on l'entralnera à mattriaer lOD attention, etc. Cette

ai

d&lll la rï,ueur de cee con~lee et dan. le nombre dn aourcee

de variation paruitee que l'on tente de contrôler ainei. Lee

la loi o. normale• de Laplace-Cau

ctement

la poeition du eujet eo el[j)érience, aalive avant chaque etimulatioo

mple

mumuatioo .uft"tt à montrer qu'il e.Hte dea deç&

dep'61 e.Ïeteot d&IUJe COll~e dn IODrCN de variation

pouvant diff'rencier dee enfante qui aout toue dee ~lèvee de troiaième : on pourra lee choùir du m~e Ace, de la même ca.rie aocio-profellionneUe, de la m~e ~ion, etc. On diminuera a.inai la dieperaioa dee ~ltate (dan• un teet par uemple), obaerv~ au Min du sroape d'enfante. Du mme coup, la population dee enfante &Dl[quele pounont ~tre 'ten- duee ln conclu.ùou de l''tude ee reetrei.ndra, ee epkifiera. Cette deroi«e remarque •'applique aulli, en dee termee diff'- reute, &Q][ effete d'un co11~le plue ziaoureiU d'une uphience

eo laboratoire : l'eDMmble de1 condition• pour leequeD• ou

peut ~tre aasuri de la validit' de la loi Mablie eera d'autant

plue •pkifi' que le nombre de1 variable• con~l6ee aura ~

plua ,rand. Cette dernière remarque, relative aU][ variable.

parasita, ut à rapprocher de celle qui terminait le - chapitre 2, à propoe dee variable• i.ndépendantea.

La moyenne d'une série de valeurs de la variable dépendante observées en présence de variables pa" rasites aléatoires est très voisine de la moyenne qui serait obtenue en l'absence de ces variablea parasites (et l'on peut préciser l'expre111ion c très voisine •). n n'en est plus ainsi lorsque dea variables parasites systématiques sont en jeu. Celles-là ne lt'ndent paa nécessairement, comme le font lee variables aléatoires, à rendre les résultat• de l'ex· périence plus • flou• •· Elles conduisent l'exp~ri­

mentateur à obtenir un r~sultat syst~matiquement

différent de celui qu'il obtiendrait en l'absence de ces variables parasitee.

Voici Wl uemple qualitatif bien connu. Van Omm (1906) croyait avoir apprù à ua cheval à effeetuer dee op4ntioua

d'uithm~que ùmplee poM

verbalemeat. L'ani6af• ~D ­

dait • en frappant du pied le nombre de coupe COITelpOndant au rieultat. L'eltpWience khoua lonque aucune peraoDDe (e•P'rimentateur on epectateur) ne fut plue vUible pour le cheval. En fait, au moment ri le nombre de coupa atteachu

avait 'ü fnapJM, dee mimique. d'attente, de teuioa, apparaï.- eaient au:r le vùase dee epectateure et l'arrtt dea coupe 6tait dklencW par ce a,n.I. Le r61e dee trace. olfaet.ÎYel laùMea par lee anÎmaDJ[ parcourant an labyrinthe a 6t6 cWjl 'voqM. De. etimnli dkroùaant de fac;on ordoau6e {oom~t un -u abaolu i.nfmear à celui qui Nt obtenu en atiiÎI&Dt dM atimati ordouM. ~ment croùaantl. Deux poapea de eajetl

difl'uant quant l

moyeuoe, qu&llt à leur niveau d'üuclee, Yon leur habitat.

et en variabl• peuvent jouer le r6le de variabJ

paruitel

•yet,matiquee ll''rard de la profe.ioa. Lee~ qui

meurent relativement jea.nee peuveut difHrer de fap .,

matique, IOUI l'anpe de pl111iean euaeùrN, dea ., qui out une Yie plua loque, et la pro.toiope (1'6bade da YieiJ.

liaeement) doit 11 cW&r de - a.oc:iatiou .,

leur pror

ion

d.ifRreat 1011Ye1lt aiUii, -

U.

Qqa

clau lM poeaibiliüe de

contr6le, et dM cliff6rencee duu lalipilieation de cee contr61M.

Duu eertaiDa cu, -• meilleure OI'JULÎUÛOn ma*ielle de

l'exp6rieoce IUftit l 6clairer ÏDcontMtablement le

On

a~it IUll

doute dM ~

ua

de -

n-ltat. : on eoaatra.it 1 tpeetat.eun l la 'Ylie da cheval ou cl6eodorûe lelabyrintlle. On peut a1U8i prieenter dM •timull

d'iDteut61 cliff6rentM duu - ordre .U.toire (• I!Mthocle conltante•) au lieu delea pr6eenter en l6riee ordoDÛM (• m6o thode dM limitai•); mail on commence l voir ici qu'il •'qit

pla~t qae d'aae m81111'8

• IDJ8QX contr6Ue• da mame MIIÏI. 0 elt tri. difficile de di.o-

y eont IUIOciN, et cette

atru-

co-• terme de comparaüon dM I"'apM de ~ajet.exception- nell (ceux ~exemple pour luqael1 an 1"01 décalace eDite entre leur a1veau caJtarel et le niveau caJtarel qui elt habituel duu la profeaàon qu'ill exercent), diJftrant par cooa6qaent

l de m~tipl~ 6(ardl de la population pa6rale l laquelle

on eoaha.itera~t6tendre le r6ealtat de l'exp6rience. On ne voit

alor;a d'-• autre m81111'8 de

llil

~ d! ~ pro!eaaio~ le~ facteun. qui

dileociabon, lonqa elle eat poaible, peut conduire l

~

ho-• ne meurent probablement pu aa huard.

de moyeu d'6viter le fait que, ltatilt

iquement,

lM

On voit ainsi se poser, à propos de ce contr6le dea variables • parasites •, dea probl~mea logiques Condamentaux dont R. Fisher (1935) a eu le grand mérite d'éclairer la formulation générale.

II.

-

L'orpn.iut:ion oa c

plan • .Je l'expirieaœ

et Je eontrôle .Je l'bypothiiee

Une observation systématique et quantifiée peut Cort bien ~tre ininterprétable, et le temps n'est pl11.1 où l'on pouvait espérer que, d'une accumulation d'observation~ minutieuses, il • sortirait toujoun quelque chose •· L'emploi de la statistique ne permet en aucune façon de réalUer ce r~e paresseux :

l'observateur (qui eat padou ici un praticien) apportant au statisticien un tr~ volumineux enaem· ble de données et lui demandant ce qu'on pourrait en Caire risque bien de •'entendre répondre : • Lea mettre au panier. • Saulle cu dee • expérience• pour

voir • préliminaires, des observation~ ne peuvent 8tre utiles à l'expérimentateur que si elles ont été pratiquées en fonction d'hypothèses préalables (pouvant, nous l'avona dit, être plus ou moins spé· cifiques). Ces hypothèses imposent une certaine Corme de systématisation et de quantification au cours de l'observation, une certame organisation aux différentes tâches assumées par l'expérimenta· teur. C'est alors seulement que le traitement sta· tistique peut avoir un sens. Toutes les méthodes d'organisation des expériences, qui peuvent prendre un caract~re hautement technique, reposent sur cette idée générale simple que la question posée par l'expérimentateur, et aussi les moyens dont il dispose, lui imposent une certaine stratégie globale rendant étroitement solidaires tous les moments de sa démarche, y compris le m!lment essentiel au cours duquel il traite les donnée!> recueilües aîm de formuler une réponse constituant la conclusion de l'expérience.

1. Lee procédée antérieure à Fiaher. - Cette idée est si simple et si générale que les expérimen• tateurs n'ont pas attendu Fisher, bien entendu, pour s'en inspirer de façon plus ou moins ctàire.

Dèl le d6but du ûècle, on procède eo paychoiOJie l d exp6riencea utiliaaot deux groupe• de 1ujet. pouvant ~tre conaid6r6. co-• a 6quivalent. •, au moina cou• l'llJllle de eertainea variable• qui poarnient, peoae-t-oo, avoir un effet IDr la variable d6pendante. n peut •'agir par exemple de deux I"'up81 compo3él de la même façon quant au Mxe, à l'Ige, au uiveau caJt.arel, etc. Lei deux groupM reçoivent de~ trai· temenu difl'éreot., par exemple deux m6thode1 d'enMiJne- ment difl'6re.ate1. Ou bien l'un de1 groupea (Jroupe a exp6- rimental •) reçoit un certain traitement, par e~temple un exercice de IIMmoriaation cuppl6meotaire dau une exp6rience IDr la m6moire, aJon que l'autre voupe (I"'ape • cootr6le•) oe reçoit pu ce traitement. La difl'6reaee entre lea valeun

moyenaM obeerv6

l l'iuae de l'es.p6rience car la nriable

d6peudante en attrib11M 1 la eeule diff6rence introduite duu

Un eu limite elt ici con.t:itu~par la mithocle

du a: jwnean ûmoÎD • · Un couple de jumeaiiX identique. e1t en effet coJUt:itn6 par deux iDdividua allMÎ exactement com-

p~lea qn~ pouible. Si l'un dea deux eeuleme.nt reçoit un

tre~tement~ (par exemple a' il e1t aylt6mat:iqnement

entrafn6 1 monter CtDq marc:hea, de l'i«e de 46 aemainea 1 l'ip de 52 aemainea), la diff6rence conataüe entre lea deiiX jwneaiiX aprie le traitement pourra aider 1en pr6ciaerlea effeta.

Un antre type de proœd6e d'organiaat:ion dea exp6rieneea de psychologie elt