INTRODUCTION

Le XVIème siècle bouleversé par ses révolutions a peu donné de grands chefs-d’œuvre. Il a indiqué les directions nouvelles à l’art, la littérature, la science, la philosophie, mais n’a pas eu le temps de prendre ces directions. Il faut la pause du XVIIème siècle pour que les artistes et les auteurs puissent s’y engager pour construire réellement une nouvelle civilisation. Cette nouvelle civilisation reste le fait d’une minorité : clergé, collèges Jésuites, haute noblesse et bourgeoisie, et passe à côté des masses populaires. Les grands mécénats, les très grandes dépenses architecturales ne sont plus permis qu’aux plus prestigieux d’entre eux : Versailles. Salons et châteaux lui disputent difficilement l’honneur de recevoir les artistes et les écrivains, d’encourager les savants, de discuter avec les philosophes. Une société se forme avec son étiquette, ses traditions, ses goûts. Une société noble qui se forge un idéal fondé essentiellement sur la culture, non sur celui du héros italien ou de l’humaniste érudit de la Renaissance, mais celui de « l’honnête homme » qui n’est ni artisan, ni paysan, fait seulement pour le service du Roi dans les Offices ou dans l’armée (que peuton faire d’autre au XVIIème ?), qui sait seulement vivre en société et en goûter les plaisirs, distinguer le bien du mal, mais surtout le beau du laid, le vrai du faux, non par érudition, mais par bon sens, par affinement de l’esprit. Homme qui ne sait rien mais peut juger de tout, perpétuellement disponible, perpétuellement aimable aussi, qu’il fasse sa cour au roi ou la cour aux dames. Personnage qui accepte le monde comme il est, trouve le temps de se divertir honnêtement puis de réfléchir sur lui-même sans remord sur le peu qu’il fait ou qu’il représente. Ce personnage, cet honnête homme est français. Si on le trouve hors de France, c’est qu’il en est venu ou qu’on l’imite.

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CONTEXTE INTERNATIONNAL

Vers 1610, le monde occidental est essentiellement l’Europe. L’Espagne considérée comme la puissance prépondérante dans la politique, l’économie. Depuis 1580, le Habsbourg d’Espagne regroupe sous son autorité : toute la péninsule ibérique (il est également roi du Portugal), toute l’Amérique du sud et l’Amérique centrale et les Philippines, une grande partie de l’Italie : le Milanais, le royaume de Naples, la Sicile et la Sardaigne, les restes de l’ancien Etat bourguignon : Artois, Franche-Comté, Pays-Bas (le nord des Pays-Bas s’est rendu indépendant en 1609 formant la république des Provinces-Unies). De plus, il a un allié puissant dans son cousin de Habsbourg d’Autriche, héritier traditionnel de la couronne impériale, et qui a également les royaumes de Bohême et de Hongrie. A l’Est L’empire turc s’étend sur les Balkans. Le sultan possède toute la péninsule et dispute la Hongrie à l’empereur. Les princes de Transylvanie, Moldavie, Valachie (=Roumanie actuelle) sont des vassaux, tout comme le Khan tatar de Crimée. Au nord, les Russes enfermés dans leurs plaines sans accès à la mer ne sont pas encore à craindre. Par contre, la Grande-Pologne l’est un peu plus. Elle comprend la Pologne proprement dite, la Petite-Russie, une partie de l’Ukraine et la Russie blanche - Kiev est polonaise. Les Polonais sont aussi établis en Livonie et les ducs de Prusse et de Courlande sont leurs vassaux. La Suède qui possède la Finlande, et le Danemark qui possède la Norvège, bien que petits Etats, sont très actifs et cherchent à dominer la Baltique. A l’Ouest L’Angleterre est en train de devenir une puissance maritime, est maîtresse de l’Irlande alors que l’Ecosse reste indépendante. Mais Jacques 1er d’Ecosse deviendra roi d’Angleterre. C’est surtout avec la France que les Habsbourg doivent compter. La France Peu intéressée aux ressources de l’expansion coloniale. A un territoire plus restreint qu’aujourd’hui : elle ne comprend ni la Flandre, ni l’Artois, ni le Hainaut, ni l’Alsace, ni la Lorraine, ni la Franche-Comté, ni la Savoie qui avec le Comté de Nice forme un Etat indépendant, ni le Roussillon. La France a la population la plus nombreuse et la plus compacte de l’Europe. Elle est située au centre même de l’Europe avec une façade maritime et une façade continentale également développées. Son sol et son sous-sol sont riches. C’est sur les bords de la Loire et dans la forêt de Fontainebleau que les plus beaux châteaux du monde ont été construits.

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En dehors de ces puissances, une poussière d’Etats : les cantons de Suisse, très cohérents mais isolés. Les autres soumis au gré des circonstances et des vicissitudes de la politique internationale : ce sont les Etats italiens.

Tous ces pays ont subi plus ou moins les transformations du XVIème siècle : montée du capitalisme commercial des Etats nationaux, mouvements de la Réforme et de la Renaissance. Plus on va vers l’Ouest, plus ces transformations sont sensibles. Les possessions des Habsbourg ont subi les premiers ces transformations et ces évolutions. Subissent-elles au XVIIème siècle un retour en arrière ? L’Ouest déjà transformé s’arrête-til ? L’Est encore immobile se met-il en mouvement ? Tels sont les problèmes que l’on peut se poser à la mort de Henri IV (1610), celle de Elisabeth 1ère (1603) et celle de Philippe II (1598) et du tsar Ivan IV (1584) peu avant l’avènement sur le trône moscovite de la dynastie des Romanov (1613)…

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Les Faits Marquants du XVIIème siècle Les Rois du Grand Siècle Les Monarchies Européennes L’Histoire de France Quelques dates importantes En Angleterre En Allemagne En Italie En Espagne En Pologne La Littérature La Musique Les Arts La Tapisserie Le Mobilier L’Alimentation et les Arts de la Table 5/84 .

L’Absolutisme La Fronde Les styles Baroque et Classique Les Arts florissants : la prépondérance française dominant l’Europe Les châteaux de Versailles. Marly. Vaux le Vicomte… • La Guerre de Trente ans en Allemagne (1618-1648) 6/84 .

- 1610 – 1643 Louis XIII le Juste (1601-1643) Epouse 1615 Anne d’Autriche. 1683 Françoise D’Aubigné. Régence de Marie de Médicis . fille d’Henri II. marquise de Maintenon (1635-1719) Favorites les plus célèbres : Louise de Lavallière. Henriette d’Entragues. de 1610 à 1617. sœur de Louis XIII. 1 ép. fille du roi Philippe III d’Espagne (1601-1666) 2 enfants : Louis XIV le Grand (1638-1715) Philippe. 2è ép. Marguerite de Valois (1553-1615). 1660 Marie-Thérèse d’Autriche. 7/84 . duc d’Orléans (1640-1701) : branche des Orléans. Marie de Médicis (1573-1642). de 1643 à 1661. Maîtresses célèbres : Gabrielle d’Estrées. - 1643 – 1715 e Louis XIV le Grand (1638-1715). Régence de Anne d’Autriche.- 1589 –1610 Henri IV (1553-1610) 1e ép. 2ème ép. Donc sa cousine. Mme de Montespan. fille du roi Philippe IV d’Espagne (16381683) avec sa 1ère épouse Elisabeth de France. la duchesse de Fontanges. Mariage annulé en 1599. fille du Grand Duc de Toscane François.

Elle est issue de son père Antoine de Bourbon. Louis XIII et Louis XIV mettent en place un système de gouvernement absolutiste qui est emporté par la Révolution Française de 1789. Cependant la dynastie survit à travers les frères du roi défunt et lors de la Restauration en 1814 – après l’intermède révolutionnaire et napoléonien – Louis XVIII et Charles X règnent à leur tour. Après la Révolution de 1830 et l’abdication de Charles X. au cours de laquelle le roi Louis XVI est renversé et exécuté. la couronne passe à la branche des Orléans. petit-fils du dernier roi Charles X. La branche française des Bourbons s’éteint en 1883 à la mort du comte de Chambord. descendant en huitième génération de Robert. roi de Navarre. Les Bourbons règnent de 1589 à 1792 et de 1814 à1830. donnant 7 rois à la France. mais la dynastie bourbonne connaît de nombreuses ramifications et se poursuit dans d’autres pays comme en Espagne jusqu’à nos jours… 8/84 . Elle accède au trône de France en 1589 avec Henri IV.Les Bourbons Les rois Bourbons représentent une branche de la dynastie des Capétiens. fils du roi St Louis.

FRANCE EMPIRE ANGLETERRE ESPAGNE POLOGNE RUSSIE HENRI IV 1610 RODOLPHE II 1612 ELISABETH 1 ère 1603 Boris GODOUNOV 1605 FEDOR II 1606 MATTHIAS 1619 PHILIPPE III JACQUES 1ER STUART 1625 ? SIGISMOND III WASA 1613 LOUIS XIII 1621 MICHEL III ROMANOV FERDINAND II 1632 1637 CHARLES 1ER 1643 1649 PHILIPPE IV WLADYSLAW IV 1645 FERDINAND III 1657 République de Cromwell 1660 1648 ALEXIS 1ER ROMANOV JAN II KAZIMIERZ LOUIS XIV CHARLES II LEOPOLD 1er CHARLES II 1685 1665 1668 MICHAL KORYBUT WISNIOWIECKI 1673 1676 JAN III SOBIESKI FEDOR III 1682 JACQUES II 1688 PIERRE 1ER LE GRAND GUILLAUME III 1697 ↓ ↓ 1705 1702 ↓ 1700 AUGUSTE II ↓ 1734 ↓ 1725 ↓ 1715 .

son fils le petit Louis XIII à 8 ans ½. obtenir des avantages et des concessions d’un pouvoir affaibli. des soulèvements populaires. provoquent la première crise monarchique de cette période : Les protestants regroupés derrière le duc de Rohan exigent de la régente la confirmation de l’Edit de Nantes Les princes du sang (les princes de Condé. un long conflit (la Guerre de Trente Ans) ensanglante l’Allemagne et aboutit à la défaite des Habsbourg de Vienne et de Madrid. Ils réclament la . la politique française excessivement catholique et pro-espagnole. La politique française change d’orientation et devient nettement pro-catholique et pro-espagnole : Louis XIII épouse l’infante d’Espagne. de Conti. Les sages ministres de Henri IV quittent le conseil (Sully démissionne en 1611). le comte de Soisson. la puissance hollandaise se confirme. ce qui laisse toute latitude aux grands seigneurs. devenu marquis d’Ancre et maréchal.) s’indignent des faveurs écrasantes de Concini fabuleusement enrichi. La France connaît quant à elle une évolution particulièrement tumultueuse : deux régences provoquent deux crises monarchiques dont viennent à bout deux cardinaux ministres : Richelieu et Mazarin. Des intrigues. Leonora Galigaï et son mari Concini. Un gouvernement dominé par les étrangers. une longue guerre aux frontières… la régence de Marie de Médicis (1610-1617) Louis XIII et Richelieu (1617-1643) La régence d’Anne d’Autriche avec Mazarin (1643-1661) Louis XIV : • 1661-1685 les Belles Années • 1685-1715 le déclin PREMIERE MOITIE DU XVIIème SIECLE : période tumultueuse La régence de Marie de Médicis (1610-1617) A la mort de Henri IV. Les grands se retirent en province où ils multiplient les prises d’armes (1613-1614).Dés la première partie du XVIIème siècle. Les régences sont toujours des périodes difficiles pour la monarchies. La régence est confiée à la reine Marie de Médicis. de Guise. l’amertume des princes de sang écartés du pouvoir. Marie de Médicis les couvre de pensions mais dilapide très vite les réserves accumulées par Sully. des complots. Ils exigent de participer au pouvoir. ni l’intelligence de son ancêtre la reine Catherine de Médicis. aux parlements et aux protestants pour intriguer.) et les grands seigneurs (les ducs de Vendôme.. Elle subit rapidement les influences d’un étrange couple d’aventuriers italiens. s’esquisse en Europe un retournement de la conjoncture économique. Marie de Médicis n’a ni l’habileté.. D’origine florentine. L’organisation administrative et policière du royaume est encore bien imparfaite. de Bouillon. de Longueville. Une révolution secoue l’Angleterre. et sa jeune sœur épouse l’infant.

Philippe duc d’Orléans. Il épouse l’infante d’Espagne Anne d’Autriche qui lui donne après 22 ans de mariage Louis Dieudonné. Au moment où les protestants français cessent de former un Etat dans l’Etat. Richelieu renoue le dialogue entre mère et fils. multiplie les aménagements portuaires. Louise de LaFayette…) et des jeunes hommes (Cinq-Mars). la France intervient deux fois pour soutenir de petits Etats contre les Habsbourg de Madrid. chef du conseil. Brusquement. qui supporte mal les humiliations infligées par Concini se révèle. Il favorise le redressement intérieur en soutenant la grandeur extérieure. de faire apprécier son talent et son intelligence. la diplomatie française adopte une attitude anti-espagnole. A 15 ans ½. puis un frère. Le cardinal est impressionné par la montée en puissance des Provinces-Unies (Pays-Bas. c’est le nouveau favori. modeste gentilhomme provençal. chaste. Le nouveau gouvernement est laxiste. Louis XIII prend le pouvoir avec Charles d’Albert de Luynes qui cumule les charges et s’enrichit rapidement. dont Richelieu. la foule parisienne se déchaîne contre les italiens Concini et Leonora GaligaÏ que le parlement de Paris condamne à la décapitation. Il bégaie légèrement. il trouve une situation médiocre et inquiétante. ce roi effacé. Les Grands Seigneurs se regroupent derrière la reine mère qui s’évade et les rejoint à Angoulême. encourage la formation des premières compagnies françaises de commerce colonial. musicien. Louis XIII disperse les rebelles près d’Angers. Dehors. LOUIS XIII et Richelieu La principale innovation de la période c’est l’introduction du ministériat. Après la « journée des Dupes » (10 novembre 1630). la priorité passe à la politique étrangère ! Résistance puis harcèlement de la puissance espagnole qui va faire de la France 11/84 . En fait. Luynes meurt en 1621 emporté par la scarlatine. un grand chasseur. C’est un être solitaire. manque de fermeté. Sitôt au pouvoir. futur Louis XIV. Autour de Gaston d’Orléans (frère du roi Louis XIII). quand le cardinal Richelieu entre au conseil. est juridiquement majeur en octobre 1614 (12 ans). Marie de Médicis. L’absence de dauphin est le grand drame du règne et l’une des causes de multiples complots. mais a eu des passions platoniques avec des jeunes femmes (Marie de Beaufort. La régente fait arrêter le prince de Condé. est renvoyée et la reine mère exilée à Blois et placée sous surveillance. pardonnée. Il a une enfance triste. se passionne pour le commerce maritime. mais peu sensible aux belles-Lettres. La reine mère fait entrer Richelieu au Conseil en 1624. Richelieu devient Cardinal en 1622 mais ne parvient pas à gagner la confiance de Louis XIII. bon danseur. Richelieu affronte les intrigues des grands Seigneurs qui le défient mais il reste ferme. et son favori Concini le relègue à une place secondaire. et Concini forme une nouvelle équipe ministérielle. En 1624. il prépare un coup d’Etat contre le favori le 24 avril 1617. Richelieu. La reine Marie. un compagnon de chasse qui devient vite un confident politique. Le roi trouve en Charles d’Albert de Luynes. En 1629 et 1630. les princes du sang conspirent et tentent de faire assassiner le cardinal. Louis XIII est un grand stratège. Louis XIII. Il remplace Concini. Belgique. timide. élevé rudement. Luxembourg…).convocation des Etats Généraux qui n’aboutissent à rien mais ont permis à l’évêque de Luçon. L’équipe ministérielle de Concini. rentre à Paris. Protestants et Grands Seigneurs se soulèvent. mais ils échouent. Richelieu entre au gouvernement comme secrétaire d’Etat pour la Guerre et les Affaires Etrangères. Il gagne peu à peu la confiance complète du roi qui le nomme « principal ministre » en 1629. fait construire le Palais du Luxembourg. Entre deux êtres dissemblables mais également attachés à la grandeur de l’Etat s’installe progressivement une collaboration qui au travers des épreuves dure 18 ans. dans les Alpes italiennes.

Sans expérience politique. Au sud. Puis en 1635. Louis et Philippe. elle a la sagesse de confier la direction des affaires à un italien d’une subtilité et d’une intelligence remarquables. certaines municipalités ont une attitude ambiguë. La politique de Richelieu Mal comprise. la reine correspond en pleine guerre avec Madrid et Bruxelles. En 1637. Au printemps 1643. Souvent les parlements locaux. c’est un négociateur hors pair mais qui abuse des petits moyens et gère les affaires politiques de manière non rigoureuse. Elle est très attachée à ses deux fils. on correspond par lettres chiffrées. Cinq-Mars et de Thou conspirent avec l’aide de l’Espagne. l’Espagne épuisée connaît d’inquiétantes révoltes en Catalogne et au Portugal. Richelieu s’est maintenu au pouvoir au prix d’une sévère répression des complots des Grands et des insurrections des milieux paysans ou citadins. le cardinal Mazarin (qui n’a jamais été ordonné prêtre) qui était au service de Richelieu. Richelieu meurt le 4 décembre 1642. adroit. on code les noms. les soulèvements populaires (les « émotions ») expriment leur colère et le désespoir du peuple sous-alimenté dû à une pression fiscale excessive et aux mauvaises récoltes qui se multiplient. la France est agrandie et possède des portes dans les Alpes et sur le Rhin.000 hommes qui sera écrasée par le duc d’Enghien. Philippe IV d’Espagne apprend que Louis XIII est en agonie et lance à partir des PaysBas espagnols une armée de 25. hostile au cardinal. A partir de 1640. Louis XIV n’a que 5 ans. futur prince de Condé. on forme une armée encadrée par des gentilshommes ou des prêtres. sa politique a été attaquée en permanence. Sa mère Anne d’Autriche s’installe à Paris. 12/84 . Par ailleurs. Les complots sont nombreux : celui de Chalais (1626). On trucide quelques agents du fisc. personnage léger. les bijoux. servent de boîte aux lettres. La situation militaire française se redresse. Le comte de Soissons à la tête d’une troupe espagnole se risque en 1641 à une invasion du pays. fait annuler le testament de son mari qui limitait les pouvoirs de la régente et Jules Mazarin devient principal ministre. la révolte de Henri de Montmorency 1632. Anne d’Autriche appartient à la famille des Habsbourg d’Espagne et devient régente à 42 ans. La France n’intervient qu’indirectement dans la Guerre de Trente Ans qui a lieu alors en Allemagne. Jusqu’en 1638.une puissance politique majeure au prix de l’abandon des projets de réforme et de bien des souffrances. En 1642. Louis XIII s’éteint en 1643 au château de Saint-Germain-enLaye. on utilise de l’encre sympathique (fabriquée avec du jus de citron). Elle a porté de rudes coupes à l’Espagne et a empêché la jonction des deux branches Habsbourg. il déjoue les conspirations. jugée excessive. « Monsieur ». Le cardinal est intraitable. a souffert bien des humiliations de Louis XIII et de Richelieu. l’héritier légitime de la couronne est Gaston d’Orléans. Richelieu déclare la guerre à l’Espagne. Affable. Femme blonde encore très belle. comme les Provinces-Unies et la Suède de Gustave-Adolphe et de sa fille Christine. Dans ses multiples complots. Elle combat les Habsbourg par puissances interposées en soutenant la Bavière catholique et surtout certaines puissances protestantes en lutte contre l’Empereur. les armées royales s’emparent du Roussillon et de Perpignan. Des couvents. Cependant la répression royale ne faiblit pas comme en témoigne l’écrasement en 1639 des pauvres « va-nu-pieds » en Normandie. A cette date. La régence d’Anne d’Autriche et de Mazarin Après six semaines d’agonie. tentative d’assassinat par le comte de Soissons et « Monsieur » 1636. Partout en France éclatent de violentes émeutes antifiscales. lâche. comme le Val de Grâce. S’ensuivent de nombreuses opérations militaires qui expliquent les exigences fiscales de l’époque. La régence d’Anne d’Autriche s’ouvre sur une victoire éclatante. aimant la vie à la cour.

Les hommes de Condé ont failli étrangler Gondi qui se retire en Guyenne. L’annonce de la victoire de Mazarin provoque une troisième explosion. duc et duchesse de Longueville. rallient le mouvement. fait libérer Condé. Cependant le coadjuteur de Paris JeanFrançois Paul de Gondi. Conti et le duc de Longueville en janvier 1650. l’éclatement en Angleterre en 1642 de la révolution (Charles 1er est décapité en 1649). la plus violente. Mazarin est attaqué par les fameuses « mazarinades » (= 4000 pamphlets). Le 3 février 1651. On dort sur la paille. futur cardinal de Retz. la « grande Mademoiselle » fille de Gaston d’Orléans frère du roi Louis XIII. Les astuces financières douteuses du surintendant Particelli d’Emery (italien lui aussi) pour financer la guerre. c’est le déchaînement : le Parlement lève une milice et prend en charge le gouvernement. Très vite. De grands Seigneurs et de grandes dames (Prince de Conti. le prince de Condé multiplie les insolences et prétend remplacer Mazarin. Il faut négocier. La reine et son ministre font arrêter Condé. les frondeurs se querellent. Au fil des années.Diriger la France alors que le roi n’a pas 5 ans. Gondi. La foule se soulève et Paris se couvre de 1200 barricades. l’alliance d’une reine d’origine espagnole et d’un ministre italien provoque comme sous Marie de Médicis des rebellions de milieux divers. chambre des comptes. tentative d’assassinat contre Mazarin. La Fronde condéenne (sept 1651 à août 1653) 13/84 . dans le froid et l’inconfort. un accord est conclu avec la régente qui regagne Paris en août. entretient l’agitation populaire. En 1643. Ils font arrêter Broussel. Broussel est relâché. Les magistrats parisiens des cours souveraines (parlement. L’union des deux Frondes (déc 1650 à sept 1651) Gondi et les parlementaires parisiens s’agitent à nouveau et défendent les princes. Le Palais-Royal où réside la reine est encerclé. conseiller au Parlement et élément moteur de la contestation. En mars 1649 à Rueil. L’agitation reprend aussitôt en province où la duchesse de Longueville et la princesse de Condé favorisent des soulèvements. Mazarin dirige le royaume en sous-main. L’armée de Condé en retour de sa victoire à Lens contre les espagnols fait blocus de la capitale. Mazarin quitte la France le 6 février. Toute sa vie Louis XIV se méfiera de la foule et du Parlement. La Fronde 1648-1653 La Fronde parlementaire 1648-1649 Elle éclate en 1648. Mazarin et la reine font semblant de céder. La Fronde connaît une seconde explosion avec la Fronde des Princes La Fronde des Princes (année 1650) Très orgueilleux. Commence alors la dernière phase du mouvement. ses fils et Mazarin quittent secrètement Paris dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649 et s’installent à Saint-Germain-en-Laye. bien des parlementaires et des officiers se permettent des audaces. Les « émotions » populaires ne cessent pas. les barricades disparaissent. Madame de Chevreuse. les ducs de Bouillon et de Beaufort. la plus anarchique : la Fronde condéenne. En correspondance régulière avec la reine restée à Paris. que le principal ministre est étranger et qu’il poursuit la guerre contre l’Espagne n’est pas chose aisée. La reine. le Parlement exige le renvoi du ministre. les très mauvaises récoltes de 1638 à 1641 favorisent l’éclatement d’une crise intérieure grave : la Fronde. Grand Conseil) se réunissent et rédigent un vaste programme de réformes du royaume mettant la monarchie en tutelle et provoquant l’enthousiasme de la foule parisienne. cour des Aides. L’armée royale dirigée par Mazarin l’emporte sur tous les fronts (oct à déc 1650). A Paris. En province. Le Parlement prétend toujours contrôler la monarchie. ayant conscience d’avoir sauvé la monarchie. Les insurgés se divisent entre eux.

Ce sont des bourgeois. Las. faisant oublier les excès de certains. Condé se querelle à nouveau avec les magistrats et s’appuie sur les éléments populaires les plus extrémistes. soulève une partie des provinces et s’allie à l’Espagne. De petits seigneurs touchés par la baisse des prix et les défenses excessives de la guerre ou la vie citadine. fille de Philippe IV d’Espagne qui renonce à ses droits à la succession d’Espagne moyennant le versement à la France de la fameuse somme de 500. Quelques parlementaires et grands Seigneurs sont exilés. La Sorbonne condamne le Jansénisme. Des massacres ont lieu à l’hôtel de Ville le 4 juillet 1652. des officiers qui rachètent ces tenures. Cardinal de Retz et amant de Mademoiselle de Chevreuse. Louis XIV dirige en personne le pays. la situation financière du pays est désastreuse. Condé gagne alors le nord pour s’emparer de Paris. Mazarin revient à Paris le 3 février 1653. Les conséquences sociales La succession de mauvaises récoltes et l’augmentation des impôts royaux conduisent nombre de petits paysans à vendre leur « tenure ». Dans la haute société s’esquisse un grand élan de charité pieux : la reine Anne met en gage ses bijoux pour aider saint Vincent de Paul. Louis XIV se marie avec l’infante Marie-Thérèse d’Autriche.000 mendiants y sont enfermés en 1660). De nombreuses grandes dames visitent les pauvres. religieuses habillées en villageoises et en contact permanent avec les pauvres. Le prince de Condé s’y installe. Le prince de Condé obtient son pardon et rentre en France. tel JeanFrançois Paul de Gondi. Il l’épouse à Saint-Jean-de-Luz le 26 août 1660. aliènent leurs biens. de nombreuses maisons religieuses sont fondées. Pour répondre à ces nombreux cas de détresse. Saint Vincent de Paul crée l’œuvre des Enfants trouvés (1638). commerçants et surtout des magistrats. les « Provinciales » (1656-1657) attaquant rudement les Jésuites. vagabonds attirés par les villes. Mazarin meurt le 9 mars 1661. En 1656. éclate à Bordeaux. l’Ormée. Anne d’Autriche s’éteint le 20 janvier 1666. filles violées. s’inspire de l’enseignement de Saint Augustin. La reine et l’armée royale dirigée par Turenne le poursuivent. multiplient les dons. Mazarin initie le jeune roi au gouvernement du royaume et achève victorieusement la longue guerre contre l’Espagne.000 écus d’or. Par contre. De petites écoles sont ouvertes qui donnent aux enfants –c’est le cas du jeune Racine. population rurale se réfugiant dans les bois et abandons d’enfants. A partir de ce moment. Le 21 octobre. Parce que beaucoup de 14/84 . Saint Vincent de Paul (1581-1660) institue les Dames et les Filles de la Charité (1634). Condé s’enfuit et se met au service de l’Espagne. les hôpitaux. les monastères se réorganisent. Un foyer janséniste se constitue autour de l’abbaye de Port-Royal et son annexe Port-Royal des Champs. Anne d’Autriche et Louis XIV entrent à Paris sous les applaudissements. En août l’ordre règne à Bordeaux. A sa mort sera publié un traité « l’Augustinus » (1640) qui développe la vision pessimiste et austère d’une condition humaine quasi prédestinée : l’homme est corrompu par le pêché mortel que seule la grâce de Dieu peut le sauver. Des confréries se forment. C’est la montée de la misère : villages dévastés par le passage des gens de guerre. est battu à Bléneau (avril 1652) et sous les murs de Paris (juillet 1652). Atteinte d’un cancer au sein. des prélats de valeur apparaissent. Jansénius (1585-1638). mais que Dieu n’accorde sa grâce qu’à un petit nombre. La reine et l’armée royale entourent Paris. Les Jésuites réagissent en dénonçant le Jansénisme comme une hérésie qui frise le calvinisme. paysans torturés.la grande Mademoiselle sauve l’armée de Condé en ouvrant les portes de la capitale et en faisant tirer sur l’armée royale. on crée à Paris l’Hôpital Général (5.. Beaucoup de Parisiens fortunés et pieux viennent y faire retraite. La France connaît enfin le calme dans les dernières années du ministère Mazarin (16531661).Une insurrection populaire. Blaise Pascal au nom des Jansénistes réplique par une série de lettres. C’est la naissance du jansénisme L’évêque d’Ypres.une éducation solide mais austère.

Colbert ont le titre de ministre d’Etat. les 4 secrétaires d’Etat et les 3 ou 4 ministres d’Etat. Louis XIV assure personnellement la direction du gouvernement de la France. Le gouvernement centralisé A la mort de Mazarin le 9 mars 1661. Dés les premières années du règne. de la guitare et chante. ordonné de Versailles et ses jardins. il prend pour emblème le soleil dés 1662. Après la chute de Fouquet. des conflits d’opinion (1685-1715). Il est présidé par le Contrôleur Général des Finances. des crises de subsistance. etc… au total 16 ministres d’Etat en 54 ans de règne : c’est la stabilité du personnel. seul. soit supérieur à tous) résume ses idées : le roi représentant Dieu sur terre. les grands doivent plier. Ponchartrain. de l’étiquette. bon chasseur. Louis XIV Né le 5 septembre 1638 à Saint-Germain-en-Laye. vient le temps des épreuves. des religieux dispersés. De telles actions dans une conjoncture économique morose exigent de la population un effort humain et fiscal sans précédent. Il est marqué dans sa jeunesse par les tumultes de la Fronde. a du bon sens. répartit la « taille » à lever dans les généralités et fixe les impôts indirects des baux des fermes. la querelle s’apaise et Port-Royal ouvre ses portes. les petites écoles fermées. gravures et médailles reprennent et diffusent sans cesse ces thèmes. Louis XIV écarte les princes du sang et les grands seigneurs au profit d’hommes d’origine moyenne. Torcy. Son parrain le cardinal Mazarin lui apprend concrètement la diplomatie et l’art de la dissimulation.Jansénistes sont d’anciens frondeurs. Il aime passionnément le faste éblouissant. musique. La charge de « principal ministre » disparaît et c’est le roi. exerce avec sérieux et minutie son métier de roi. Il n’accorde l’exclusivité de sa confiance à personne. Le Tellier. à renforcer son absolutisme et renforcer sa mainmise sur la société. utilise le contrôleur des Finances. un sens élevé de sa fonction. D’un orgueil excessif. Sa mère Anne d’Autriche lui inculque le sens de la majesté. DEUXIEME MOITIE DU XVIIème SIECLE : LA PERIODE CLASSIQUE Le long règne de Louis XIV (1661-1715) est caractérisé par une recherche passionnée de gloire et de grandeur qui pousse le roi à multiplier les interventions belliqueuses et guerrières. Sa devise « Nec pluribus impar » (non inégal à plusieurs. issus de la bourgeoisie de commerce ou de robe. Puis plus tard. une machine administrative assez complexe se met en place à la tête de l’Etat (1661-1673) : le Principal Conseil reste le Conseil « d’en haut » ou Conseil secret où se traitent 2 ou 3 fois par semaine les grandes questions politiques ou diplomatiques en présence du roi et de 3 ou 4 personnes qui seules ont le titre de ministre d’Etat. ses maîtresses lui donne 12 bâtards. Mazarin lance la répression : les « Provinciales » sont brûlées. très sensuel. la couronne de France est la première de la chrétienté et l’Europe entière doit reconnaître sa glorieuse prééminence. l’autorité royale ne peut connaître d’obstacle. le duc de Beauvillier. possède une maîtrise de soi exceptionnelle. II. En quelques années. Il est amateur de théâtre. Lionne. Statues. En 1669 seulement. le goût du faste. qui décide et tranche en dernier appel. Louvois. Il a une santé excellente en dépit d’une dentition gâtée. joue du clavecin. Deux fois par semaine aussi siège le Conseil des Finances qui établit le budget. le système du Conseil royal se perfectionne. Croissy. se divise en sections qui se spécialisent. Après les premières années du règne (1661-1685) où tout semble réussir au roi. Il est d’une politesse exquise. des guerres difficiles. Il consacre plusieurs heures le matin et l’après-midi aux affaires de l’Etat et en entretiens avec ses ministres. Esprit clair. Gros mangeur. à construire Versailles. Chamillart. Colbert puis 15/84 .

Tous les 15 jours. Chamillart. rétribués et révocables par le roi. les « mouches » de la sécurité de la ville et surtout de sa surveillance. les quatre secrétaires d’Etat. Colbert de Croissy en Alsace. tout un monde de bureaux s’épanouit avec une foule de commis. Les cumules de fonctions sont monnaie courante. Le Conseil d’Etat est présidé par le chancelier. d’une grande intelligence. l’estampille des métaux précieux. puis le marquis d’Argenson. Il tient un livre des recettes et un livre des dépenses qu’il présente au roi tous les mois. grands travaux. L’un des meilleurs serviteurs de Louis XIV est Jean-Baptiste Colbert (1619 -1683). le papier timbré. Ainsi se met en place autour du roi une solide machine administrative et centralisatrice. Le budget est équilibré pendant quelques années mais devient de nouveau déficitaire. Il dote Paris d’un lieutenant général de police. agriculture. artisanat. Il reconstitue le domaine royal. Contrôleur Général des Finances. Et à partir des années 1680. d’un parent Le Pelletier… Derrière ces ministres. JB Colbert par exemple a des pouvoirs comparables à 6 ou 8 de nos ministres : il est à la fois surintendant des Bâtiments. le roi assiste tous les vendredis au Conseil de Conscience où l’on évoque avec l’aide de l’archevêque de Paris et du père jésuite confesseur du roi. Les intendants sont en poste durant de longues années et accomplissent souvent une œuvre considérable. la Guerre. justice. la Marine. ses neveux Desmarets et Colbert de Torcy. le monopole de l’Etat de la vente du tabac… Les recettes montent vite. se divise vite en clans qui se jalousent. à la différence de ses prédécesseurs. le clan Colbert : d’abord Jean-Baptiste son fondateur. Même chose pour Le Tellier. Ils sont en relation régulière avec le contrôleur général des Finances et les quatre secrétaires d’Etat. secours aux nécessiteux. augmente les recettes par des impôts indirects supportés par tous et imagine de nouvelles indirectes (la taxe d’enregistrement. le déficit et la dette publique croissent dangereusement. La Reynie. son frère Colbert de Croissy. mais aussi secrétaire d’Etat à la Marine et secrétaire d’Etat à la Maison du Roi. Il n’entrevoit pas la réalité de son royaume et n’a que des rapports plus ou moins fidèles de ses ministres et commis. La monarchie absolutiste devient vite bureautique et Louis XIV. son oncle Pussort. Il succède à Fouquet et s’évertue à mettre de l’ordre dans les finances royales. commerce. qui a accompli une œuvre considérable. dévoué au roi.épousent de grands seigneurs. Les intendants rétablis après la Fronde par Mazarin s’établissent définitivement en province et créent une administration locale permanente et efficace qui traite rapidement de tous les problèmes : fiscalité. Chaque secrétaire d’Etat suit les affaires d’un quart du royaume et possède une spécialité : les Affaires Etrangères. et donc à créer un budget. membre du Conseil d’en haut et à ce titre ministre d’Etat. son gendre le duc de Beauvillier… Le clan Le Tellier : fondé par Michel Le Tellier qui favorise la carrière de son fils Louvois. Les trente intendants sont nommés. le roi assiste au Conseil des Dépêches qui réunit le chancelier. chargé avec plusieurs centaines d’indicateurs. Ex. Louvois ou Ponchartrain. puis son fils Seignelay. les questions religieuses et où l’on décide de l’attribution des bénéfices. casse certains jugements. stable. de son petit-fils Barbezieux. la marque sur les cartes à jouer. armée. fonctionne comme une haute cour de justice qui prépare les édits du roi. la Maison du Roi… Enfin. engage des poursuites contre les financiers douteux. Il cherche à établir une comptabilité nationale. Arts et Manufactures. à évaluer recettes et dépenses. Louis XIV n’a pas oublié la Fronde.Ponchartrain. Ce personnel peu nombreux. le contrôleur général des Finances. voyage assez peu en province et devient prisonnier de l’immense machine. Colbert 16/84 . C’est un travailleur acharné. Desmarets lui ont succédé. Il est constitué par 30 conseillers d’Etat et de 98 maîtres de requêtes. Des dynasties ministérielles se créent : le fils ou le gendre succède au père dont les filles richement dotées –la fonction ministérielle enrichit vite. police. Citons : Olivier d’Ormesson à Lyon. Le système mis en place est complexe. arbitre les conflits entre administrations.

La réforme des armées On doit encore à Colbert et à son fils Seignelay d’avoir relevé la marine de guerre. tapisserie…). Les souscriptions des actions sont timides malgré la pression de Colbert. Pour se procurer les équipages nécessaires. s’intéresse beaucoup aux fleuves. l’impulsion est donnée et la France accroît peu à peu sa présence outre-mer. des subventions. les taxes d’entrée sur les marchandises sont fortement augmentées. Colbert recommande aux juges de condamner les criminels aux galères. son fils Louvois et son petitfils Barbezieux.000 à 12. augmentent : de 65. créant des magasins de vivre dans les villes frontalières et en construisant des casernes à Paris. la métallurgie. font la chasse aux déserteurs. Colbert cherche à reconstituer une marine marchande privée. par des travaux. Le port de l’uniforme devient général. le savon.000 pour les Provinces-Unies (=la Hollande) ! Au moins. Lille. réduit les péages. hésitent à se tourner vers le grand commerce. Des écoles militaires sont ouvertes pour la formation des officiers. contre 15. Il fait creuser le canal des deux-Mers (1681). A coup de subventions et de règlements. Citons quelques corsaires célèbres : Jean Bart. Il favorise les chantiers de construction navale. Il améliore les échanges et développe les transports pour favoriser le commerce. cesse d’être la propriété de tel grand seigneur pour devenir une armée nationale soumise au roi. le raffinage du sucre. Une trentaine d’établissements sont ainsi créés. Le Tellier et Louvois s’occupent aussi de la troupe. Brest. créée en 1664. des monopoles de vente ou de fabrication. la flotte de commerce française compte 500 bateaux. En 1702. accroître les ventes et réduire les achats à l’étranger provoquant des entrées numéraires qui enrichiront la France. Les officiers sont formés dans des écoles d’hydrographie et de pilotage spécialement créés.000 personnes entre 1660 et 1680. le verre. D’excellents amiraux comme Tourville et Duquesne sont redoutés des marins anglais et hollandais. La culture française de la canne à sucre et l’implantation d’esclaves noirs se poursuivent dans les îles françaises des Antilles. Pour le recrutement.000 à la fin du règne. la Compagnie des Indes Orientales. Aux Indes. les armes. Toulon. spécialisés dans le textile (soie. la création de manufactures. qui prend à revers les installations anglaises. Poursuivant les efforts de Richelieu. C’est à cette époque que l’armée se discipline et s’unifie. trop de bourgeois se méfient. un comptoir est ouvert à Pondichéry en 1674. recrutées surtout par racolage. fait percer des routes en région parisienne. les travaux portuaires. Un vaste programme de construction dote le royaume en 1677 de 116 vaisseaux de ligne et 83 petits bâtiments. on crée un nouveau système : la milice (1688). voire de prêts d’Etat. Il y a des échecs et une seule compagnie. Strasbourg et Metz. Rochefort. Toute l’action de Colbert aboutit à créer une emprise de l’Etat sur la vie économique : développer l’industrie nationale. Mais les ambitions de Colbert ne sont pas toujours comprises. Sur le continent américain. des exemptions fiscales. Les débuts sont difficiles. Vers 1680. On songe aux soldats âgés ou blessés et on crée à Paris l’Hôtel des Invalides (1670-1674). velours. Elles font appel à l’épargne publique.conçoit une politique industrielle et commerciale ambitieuse. réussit à s’imposer. Colbert favorise la création de cinq compagnies privées de commerce maritime par l’obtention de monopole dans le but de rivaliser les compagnies hollandaises. Cavalier de la Salle descend le Mississipi en 1682 et fonde une immense colonie. la culture du chanvre. dentelle. De 1664 à 1667. la Louisiane. on compte 12. crêpe. Ce sont parfois des ateliers d’Etat appelés manufactures du roi (les Gobelins). unifie les douanes intérieures dans une bonne partie du royaume. Les effectifs des armées. sont des ports militaires sûrs.000 galériens sur 40 galères. Duguay-Trouin… L’armée de terre est réformée en profondeur grâce à Le Tellier. Le Tellier et Louvois modernisent également l’armée en la dopant d’un service de chariots. Colbert encourage la fabrication en France d’excellents produits par des aides. La colonisation française au Canada passe de 2. 17/84 .000 soldats en 1667 à 400.

L’affaire des poisons sur fond de messes noires et de pratiques magiques implique Mme de Montespan. seconde Madame. opéras et représentations théâtrales. Versailles est en construction. Il s’écarte des tendances extrêmes du courant baroque sans toutefois rompre avec lui. Si la machine absolutiste est perfectionnée au sommet. C’est le temps des audaces. Vauban invente la baïonnette à douille en 1693. Le mécénat royal est synonyme de fonctionnarisation du talent. les ragots. le quadrillage administratif reste bien fragile. le duc d’Anjou 1683 et le duc de Berry 1686. qui donne le jour au futur duc d’Orléans. Mais les Jésuites et les oratoriens recrutent dans les familles fortunées. Louis XIV est persuadé que l’éclat des arts rehausse la gloire de son règne et cherche à étendre son pouvoir aux choses de l’esprit et de l’art. la pénurie monétaire s’aggrave. Vers 1700. Il épouse alors la princesse palatine. tantôt à Saint-Germain. le sabre dans la cavalerie. Après la crise violente de 1661-62. La cour est itinérante. Autour du roi. le classicisme se veut mesuré et harmonieux. 7 à 8. il reste peu d’argent pour subventionner manufactures et compagnies de commerce (0. Liselotte. la noblesse se soumet à l’étiquette. Monseigneur. Toutes ces mesures ont réformé le royaume mais ont rencontré des résistances techniques et humaines dans une conjoncture défavorable. tantôt aux Tuileries. Dés lors. Le fils du roi. La cour forme un monde qui a ses passions : le jeu de cartes. un édit prévoit une école par village. en province. le climat économique est difficile en Europe de 1650 à 1730 : les prix sont à la baisse. Ainsi les frontières du nord et de l’est sont protégées. 37 années de guerre sur 54 ans de règne ont obligé le gouvernement à multiplier les prélèvements fiscaux. les récoltes sont plus abondantes. Mme de Montespan. aux allures efféminées. La guerre dévore la moitié du budget de la France vers 1680 et près des ¾ à la fin du règne. plie devant les volontés du monarque et engloutit des fortunes pour maintenir son rang. ballets. Enfin si le règne de Louis XIV coïncide avec l’épanouissement de l’art classique et l’apparition du modèle de « l’Honnête Homme ». Du grand seigneur au laquais. Madame. Vauban reçoit la direction générale des fortifications. la duchesse de Fontanges… Louis XIV a eu six enfants avec la reine Marie-Thérèse d’Autriche et douze bâtards. bon soldat. voire superstitions. le royaume accepte facilement le resserrement du carcan administratif. Le génie militaire est créé. Eblouie par ce décor grandiose. Dérivant de l’Antiquité et de la Renaissance. Il invite des artistes et des savants 18/84 . Vers 1698. les luttes d’influence. Il invente le tir à ricochet du boulet creux. Les belles années 1661-1685 La cour jeune et libertine Lors des troubles de la Fronde. Il en fait construire 300 dont certaines sont enterrées. A la cour souffle un vent de gaieté. Monsieur. le prix des céréales baisse et les foules citadines se nourrissent plus facilement. La cour prend parfois des allures de harem. les trente intendants rencontrent de dures difficultés à transmettre les ordres en bas de la pyramide sociale. au Louvre ou à Vincennes. Le système fiscal est profondément injuste car il pèse essentiellement sur les roturiers et les paysans. c’est l’emploi du fusil à pierre. marié à Henriette d’Angleterre. il n’en reste pas moins que 70% des hommes et 86% des femmes sont analphabètes et n’ont comme univers mental que le monde merveilleux des légendes. Le pays est encore loin d’être unifié. Avec Louis XIV s’épanouit vers 1660 le classicisme qui va exercer sur l’Europe entière un étonnant rayonnement. il y a son frère Philippe.000 personnes au total vivent au rythme éblouissant des fêtes. C’est le temps des grandes favorites : Melle de la Vallière.A cette époque apparaissent les dragons (soldats de cavalerie). De plus. qui meurt en 1670. a trois fils : le duc de Bourgogne né en 1682. Les révoltes populaires demeurent.3% du budget en 1680 !). contes.

cherche à faire accepter aux souverains étrangers l’idée d’une prééminence de la couronne de France. multiplie les actes de grandeur ou d’intimidation et exerce sur l’Europe une prépondérance. Lully dirige les écoles de musique. académie des Sciences. 19/84 . Sous la pression hollandaise. par des actes de grandeur. l’Espagne. 20 à 30. Il cherche à agrandir le royaume sans être arrêté par les frontières naturelles. cherchant à créer un sentiment d’harmonieuse grandeur. tapissiers. sculpteurs et ébénistes. Il utilise des petits incidents diplomatiques pour exiger excuses et reconnaissance. Une révolution éclate à La Haye en août 1672 et amène au pouvoir un protestant intransigeant. Sur les conseils de Louvois. Le roi fait construire une terrasse à Saint-Germain-en-Laye. Avec l’Angleterre et de nombreux princes allemands pour alliés. Colbert impressionné par la jouissance marchande des Hollandais pousse le roi à rompre l’alliance avec les Province-Unies et à tenter d’annexer ce pays. L’architecture classique évolue vers un style dépouillé.étrangers (Le Bernin. l’Angleterre l’admettent non sans mal. jardins. les ordres antiques. le Pape. Louis XIV. et après 1676. la guerre reprend contre les Provinces-Unies. aménage la place Vendôme et la place des Victoires. Les alliés de la France se retirent ou changent de camp. Jardin des Plantes et fondation de la Comédie Française. Cassini. de Jules Hardouin Mansart. à la mort de Philipe IV d’Espagne.000 ouvriers accomplissent une œuvre gigantesque (le roi pensionne les veuves d’ouvriers tués sur le chantier). Ce sont les belles années de gloire militaire et diplomatique de Louis le Grand (titre décerné au roi en 1679). Observatoire du roi. Le roi se méfie de Paris. la colonnade élevée au Louvre par Claude Perrault illustre bien la tendance nouvelle de l’art. l’empire s’unissent à la Hollande contre la France en 1674. Louis XIV voit dans la guerre l’activité ordinaire d’un grand roi. Guillaume d’Orange. Il profite de l’affaiblissement des Habsbourg : la branche de Vienne connaît de rudes difficultés avec l’avancée turque. Le roi. Pendant des années. le trône revient à un enfant de 4 ans. Le roi d’Espagne. Les inondations se multiplient. le roi engage deux guerres. Huyghens. Ecrasés. La prépondérance française Comme beaucoup de souverains de l’époque. Le Brun assure la décoration. il envahit la Flandre espagnole et défend les droits de la reine de France à la succession d’Espagne. les Français piétinent (1673). En 1667. Vis-à-vis de la branche espagnole. Les travaux commencent en 1661 sous la direction de Le Vau.. Le peintre Lebrun dirige le monde des graveurs. les princes allemands. de santé faible qui mourra en 1700. de Musique. Turenne et Vauban l’emportent aisément. en particulier celle de la magnifique Galerie des Glaces (73 m de long). Le traité d’Aix-laChapelle rattache 12 villes flamandes à la France dont Lille. En 1665. d’Architecture.) et multiplie les institutions d’accueil : académie des Inscriptions et des Belles Lettres. Louis XIV refuse des propositions de paix très avantageuses des Hollandais. Charles II. La cour ne s’installe qu’en 1682 dans un château à peine achevé. De 1661 à 1684. Le principal chantier reste Versailles. il envoie des contingents français combattre les Turcs à Candie et en Hongrie. utilisant systématiquement la ligne droite. la résistance hollandaise s’organise. Armentières… En 1672. Il entreprend de transformer ce petit pavillon de chasse en magnifique résidence. Le Nôtre dessine parcs. bassins et fontaines. la guerre s’arrête. les troupes du grand Condé et de Turenne franchissent le Rhin le 12 Juin 1672 et atteignent Utrecht. L’Angleterre. En 1664. Douai. il exploite rapidement le non-paiement de la dote de la reine Marie-Thérèse et spécule sur la faiblesse dynastique. l’organisation des fêtes chantées et dansées. Bruant édifie l’église des Invalides. les Hollandais ouvrent des écluses qui inondent une partie du pays.

. A Versailles. implore humblement une pension.. Ces « réunions » à la couronne de France inquiètent les Etats européens. les constructions se poursuivent (le Trianon. des dragons sont logés chez des protestants. Certaines professions leur sont interdites. sociétés savantes.) mais le rayonnement culturel faiblit. La Fontaine). Le climat libertin des premières années disparaît. 1450 protestants sont envoyés aux galères. comme Strasbourg occupée en 1681. est très écouté. très pieuse.000 huguenots parmi les plus riches réussissent à s’expatrier. Bien des auteurs classiques sont morts (Molière. alliée de l’Espagne. Le 30 juillet 1683. manufacture. se fait dévot. des écoles et des lieux de culte fermés. La situation est redressée. bombardement de Gênes. La faveur va désormais aux auteurs modernes. C’est le pays le plus faible. le mécénat royal fléchit. Duquesne bat à plusieurs reprises l’amiral Ruyter en Méditerranée. L’Espagne entre en guerre en 1683 et 1684. Bravant la menace. Louis XIV révoque l’Edit de Nantes le 18 octobre 1685. Les Français s’emparent de la Franche-comté au printemps en 1674. veuve du poète Scarron. l’opinion qui ignore la tolérance. le rôle de son entourage. le privilège de tenir le bougeoir dans la chambre du roi ou la faveur de séjourner à Marly. Les pasteurs doivent s’exiler. la Chapelle. la reine Marie-Thérèse meurt. Maubeuge. L’ Alsace est envahie mais Turenne fait une expédition surprise en plein hiver (=victoire de Turckeim le 5 jan 1675) et repasse le Rhin. La riposte française est brutale : prise du Luxembourg.) considérable. les nouvelles possessions. artisanat.La guerre change de terrain. LE DECLIN (1685 – 1715) Dans le courant des années 1680. 17. l’Espagne. La cour se fixe à Versailles le 6 mai 1682 et se plie désormais à une étiquette solennelle et lourde. Dés 1680. Mme de Maintenon. Secrètement. L’autorité ferme les yeux sur les vols. Les dragonnades se multiplient alors. Un parti dévot se forme et exerce une influence discrète sur le roi. Les protestants français constituent une élite au poids économique (banque. le roi épouse en septembre 1683 Françoise d’Aubigné. les brutalités et les viols commis par les soldats. Faute d’argent. Louis XIV exploite l’imprécision des traités pour annexer les domaines environnants. Le roi vieillit majestueusement. qui fait les frais de la Guerre. les princes allemands offrent leur méditation. On crée en 1676 une caisse des conversions (chaque converti reçoit trois livres). en Poitou. En 1676. s’inquiète du salut de son âme. La perte de l’économie et de la culture française est considérable. intrigues. Le père la Chaise.000 à 200. Louis XIV atteint alors le sommet de sa puissance ! Les problèmes religieux Bien des raisons ont poussé Louis XIV à lutter contre ses sujets protestants : ses convictions profondes. les troupes de Condé et de Vauban s’emparent petit à petit de nouvelles villes dans les Pays-Bas espagnols. La France reçoit la Franche-Comté et une série de villes du nord : Valenciennes. le conflit avec le pape (pour montrer son zèle catholique).000 protestants se convertissent sous la contrainte. se perd en querelles. jésuite. L’aristocratie définitivement domestiquée et surveillée de près par le lieutenant général de police. La vie 20/84 . Les temples sont détruits mais il est interdit aux protestants de quitter le royaume. un tournant essentiel s’amorce. assiste parfois aux conseils du gouvernement. Impressionné par les longues listes de convertis qu’on lui présente. En août 1674 le prince de Condé repousse Guillaume d’Orange près de Charleroi.) et culturel (académies. Saint-Omer. Dans les années suivantes.. marquise de Maintenon. médecine. Corneille) ou se taisent (Racine. le désir de rivaliser avec l’empereur Léopold vainqueur des Turcs en 1683. 30. Cassel. La querelle des Anciens et des Modernes date de 1687. Pour empêcher une nouvelle guerre européenne. La trêve de Ratisbonne (15 août 1684) laisse à la France ses dernières annexions.

se forme à Augsbourg une ligue pour imposer à la France le strict respect des traités de Nimègue. Une situation financière désastreuse Les guerres coûtent cher. les Provinces-Unies et l’Angleterre font cause commune. les princes allemands. Naples. Y participent : la Suède. Les Français doivent déclarer leurs revenus et versent au roi un dixième de ceux-ci. Guillaume d’Orange à la suite d’une nouvelle révolution devient roi d’Angleterre. A la mort de Louis XIV. L’avantage est au roi-soleil. Rapidement le clergé et les gens les plus fortunés échappent à ces impôts en « s’abonnant » par le versement d’une somme modérée. Chamillart. La guerre de succession d’Espagne 1702-1713 Charles II qui règne sur l’Espagne mais aussi sur Milan. et plus tard la Savoie. Les incendies et les ravages commis par les Français scandalisent l’Allemagne. L’empereur Léopold a redressé la situation dans l’empire. la guerre. Les vaisselles d’or doivent être fondues en 1689. Louis XIV pour la première fois fait preuve de modération. « Turcadet » de Lesage 1709. le Trésor royal frôle la banqueroute… La crise de la fin de règne La situation économique empire à la fin du règne. Les hostilités commencent en septembre 1688. On imagine de nouveaux moyens pour augmenter la monnaie en circulation. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume d’Orange roi d’Angleterre et accepte que les Hollandais installent des garnisons aux Pays-Bas espagnols. Des adversaires déterminés et redoutables vont s’opposer à Louis XIV. une partie des Pays-Bas et des colonies espagnoles. En dépit du succès de ses armées. le roi donne l’exemple. les rentrées fiscales sont maigres. écrasé les Turcs en 1683. la médiocrité des subventions aux compagnies de commerce. Dans les Etats protestants. A partir de 1700. les villages avec des arriérés de taille sont nombreux. sauf sur mer. Louis XIV ordonne la dévastation systématique du Palatinat pour mettre l’Alsace à l’abri d’une invasion. La branche Habsbourg de Madrid va s’éteindre. on lance le « dixième ». second fils du grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV. Il songe à la santé déclinante du roi d’Espagne Charles II qui pose le problème de la succession d’Espagne. et entend bien récupérer l’héritage des Habsbourg de Madrid pour son fils cadet Charles. n’a pas d’enfant. On se bat entre colons français et anglais au Canada.culturelle se déplace peu à peu vers Paris. En Allemagne un vif sentiment anti-français se lève. l’Espagne. la révocation de l’édit de Nantes et l’arrivée des premiers réfugiés huguenots soulèvent l’opinion. Dans une conjoncture économique très médiocre. l’empereur. L’immensité de l’héritage suscite en Europe des inquiétudes. Les deux puissances économiquement les plus évoluées du temps. Ne risque-t-on pas de voir émerger une superpuissance ? Mais dans son testament. Le temps des guerres foudroyantes et des victoires faciles est révolu. En juillet 1686. La tragédie touche moins le public qui aime de plus en plus les comédies de mœurs comme « le légataire universel » de Regnard 1708. En 1710. Philippe d’Anjou devient Philippe V d’Espagne le 16 novembre 1700. La rareté de la monnaie. Charles II laisse l’intégralité des possessions espagnoles à Philippe d’Anjou. vers les salons privés où les mécènes de la finance protègent les nouveaux talents comme Crozat. Les contrôleurs généraux des Finances Ponchartrain. la Bavière. tout concourt à ralentir les échanges 21/84 . protecteur du peintre Watteau. les objectifs coloniaux et commerciaux vont jouer un rôle dans la poursuite du conflit. Desmaretz multiplient les impôts sur une vaste échelle. Pour la première fois. les revenus fiscaux sont dépensés avant d’avoir été collectés. Sur les conseils de Louvois. La crise de subsistance et de surmortalité de 1693-1694 interrompt les opérations qui reprendront à un rythme plus lent. La guerre de la ligne d’Augsbourg 1688-1697 La politique d’intimidation de Louis XIV pousse peu à peu les grandes puissances européennes à se coaliser pour lui faire obstacle.

De Bodin à Le Bret. Après le redoux. duc d’Orléans. une nouvelle vague de froid détruit cultures et plantations. En 1693-1694. pillages. Seuls les ports de l’Atlantique et de la Méditerranée échappent à cette crise et connaissent au contraire une prospère activité. L’Etat monarchique s’attache à rationaliser et à rendre plus efficace l’exercice du pouvoir royal. les commandements de la religion et toute une série de principes généraux. Des émeutes éclatent ici et là. En 1715. La majorité des compagnies de commerce imaginées par Colbert fait faillite. La royauté se donne les moyens d’éliminer tout ce qui prétend partager son autorité. nul groupe humain n’est en droit de lui en demander. Contrairement à ce que l’on pourrait croire. A la suite de nombreux deuils survenus dans la famille royale. Louis XIV avait préparé la régence en la confiant à son neveu Philippe. on ne reconnaît pas au roi de pouvoirs plus importants. l’arrière-petit-fils du roi. c’est la fraction riche et cultivée du tiers état et d’une fortune acquise par le commerce. Le 1er septembre 1715. entre 1690 et 1710. En janvier 1709. D’où sa vigoureuse réaction en faveur d’un pouvoir fort. Aussi a-ton vu à la fin du XVIème siècle les meilleurs esprits placer tous leurs espoirs dans le rétablissement d’un pouvoir royal fort et respecté. un enfant né en 1710. voire même franchement hostiles. Nul homme. la monarchie en apparence si solide n’est pas loin de la crise dynastique.et à faire baisser la production. insécurité des personnes et des biens. la bourgeoisie avait à sa disposition depuis la Renaissance les juristes humanistes. Il a 41 ans. massacres. En 1711. ni même de se révolter contre lui. Pour autant. Par ailleurs. En 1714. le refroidissement du climat explique en partie les très mauvaises récoltes. les offices. Elle se heurte à des obstacles matériels qui limitent l’efficacité de son action. La crise de la fin de règne appauvrit bien des bourgeois et des petits nobles. l’héritier direct du roi-soleil est donc le dernier fils du duc de Bourgogne. violence. Cet essor des idées absolutistes et l’affirmation du droit divin du roi1 est le contre coup de la période troublée des guerres de religion : révoltes contre une autorité royale bafouée et méconnue. le duc et la duchesse de Bourgogne et leur fils le petit duc de Bretagne meurent. la banquise se forme sur la côte de la mer du Nord. c’était elle qui avait le plus à perdre au retour des troubles civils et de l’insécurité. C’est à Dieu seul qu’il doit rendre compte. 700. Ce sont les progrès de la notion d’Etat et l’emprise qu’il exerce sur la nation qui caractérise l’absolutisme. Louis XIV meurt de la gangrène. Elle jette sur les routes des bandes de vagabonds représentant 1/10ème de la population du royaume. De plus. Ils l’ont imposée sous l’œil bienveillant de la royauté à un clergé et à une noblesse plus réservés. Les sujets du roi se trouvent eux aussi dépourvus de tout droit de contrôle et de sanction envers le roi. ne possède nullement le droit de s’ériger en juge du roi. un froid très violent s’abat sur le pays : la Seine est prise par les glaces de Paris au Havre. la finance. Il se dote de rouages gouvernementaux modernisés de tout premier ordre. 22/84 . les grands doctrinaires de l’absolutisme (dont Bossuet d’origine roturière) viennent du tiers Etat : en 1614. le futur Louis XV. En 1712. seul capable de faire revenir la paix civile et la sécurité en imposant silence aux furieux et en réprimant leurs actes. Elle trouve en face d’elle tous les privilèges des différents corps de la nation. Les vols alimentaires se multiplient. sans nul intermédiaire. la monarchie absolue n’est pas un régime despotique. un printemps et un été pourris. le duc de Berry meurt.3 million de personnes meurent en deux ans. Le nouveau visage de la monarchie Le XVIIème siècle est l’époque de la monarchie absolue. capable de rétablir durablement la paix.000 Français meurent de froid et de faim cette année-là. de ramener à l’obéissance tout ce qui ne la reconnaît pas où la bafoue. ce sont les députés du tiers Etat qui réclament que la théorie du droit devin soit proclamée loi fondamentale du royaume. Plus précisément. Les manufactures connaissent un marasme profond et le chômage est impressionnant. De même le pape qui n’est qu’un homme. fils de Monsieur et de la Palatine. le grand dauphin meurt. un hiver froid donnent une récolte très mauvaise : les prix s’envolent. Elle doit respecter les règles constitutionnelles. issus de la bourgeoisie si bien qu’elle se 1 Le roi reçoit directement son pouvoir de Dieu. Les foules avalent des nourritures infectes et 1.

et souvent le tout réuni). On a greffé l’un sur l’autre. Le roi tranche. à le défendre contre les agressions idéologiques et les révoltes. La royauté est une vieille réalité historique à très fort contenu humain. Il exerce son métier de roi. Le peuple conserve au roi une foi inébranlable : dés lors qu’il est bien informé. Celui-ci ne craint pas que le roi fasse preuve de trop d’autorité. Pour leur fournir des rôles et des revenus. Louis XIV tire la leçon des évènements de son enfance. Les doctrines affirment le caractère absolu de la souveraineté aboutissant à proclamer l’absolutisme de l’Etat. L’Etat a été créé progressivement par la royauté qui visait à améliorer son fonctionnement et à assurer sa pérennité. ce sont les ministres et les conseillers toujours soupçonnés de fausser l’information et d’être à l’origine des mauvaises décisions du pouvoir. la haute noblesse n’est plus qu’une prisonnière désormais inoffensive. Il a le dernier mot. Tantôt le régime est mixte comme en Angleterre. Elle lui a servit à légitimer son pouvoir. Dans la cage dorée de Versailles.trouvait tout naturellement préparée à se constituer l’absolutisme. en adoration devant le roi. la haute noblesse continue de représenter un danger pour le pouvoir royal. D’instinct. Le roi ne fait qu’exercer au nom de l’Etat l’autorité souveraine. Tout le reste en découle. des princesses. Il donne à sa cour un faste et un éclat encore jamais vu. Les grandes familles disposent de moyens considérables : puissantes forteresses. L’Etat est une construction théorique et juridique : elle est abstraite. 23/84 . la bourgeoisie ne va pas à l’encontre des souhaits et aspirations du peuple. Elle caractérise l’ensemble des pays d’Europe. religieux : elle est profondément concrète. C’est à la cour que l’on peut espérer obtenir des faveurs. despotique comme en Prusse. vivre à la cour constitue un devoir et une nécessité. de celle de la reine. Ils supportent mal d’être écartés du gouvernement. Il domestique la noblesse en attirant auprès de lui les familles les plus prestigieuses du royaume. La signification concrète de la doctrine absolutiste est la suivante : c’est le roi qui décide en dernier ressort. affectif. modèle de tous les palais à venir pour y mener une vie minutieusement réglée par l’étiquette au milieu de la foule de ses courtisans. des princes. le peuple fait confiance au roi. le premier agent public du royaume. Le roi était le serviteur de l’Etat et le représentant de la nation. ou pure comme en France. titres. Aussi ce dernier souhaite-t-il que le roi soit fort. Louis XIV s’attache à présenter à la noblesse comme idéal le service du roi et de l’Etat (dans les charges de la cour aux armées. des révoltes et des complots se multiplient. etc… Là. Ce qu’il redoute. vastes réseaux de fidélité leur permettant de réunir des troupes importantes de gentilshommes et de paysans. immenses patrimoines fonciers. Le roi est le premier serviteur de l’Etat. Les grands seigneurs persistent à se comporter en féodaux. Si bien que l’aristocratie se précipite faire sa cour au roi et du même coup elle cesse de représenter pour lui un danger politique. Pour les grands seigneurs. Et la première façon de servir le roi et de mériter sa bienveillance est de venir lui faire sa cour. richement entretenue par ses largesses et toute dévouée à son service. mais au contraire qu’il n’en manifeste pas assez. indépendamment des formes de gouvernement. pensions. Quand la décision personnelle du roi est prise il n’y a plus de recours : il ne reste qu’à obéir ! Le roi travaille pour l’Etat. gouverne en personne et impose sa volonté. charges. le roi développe l’importance des services de sa maison. Il fait construire le prodigieux château de Versailles (16611688). La mise au pas de la haute noblesse Dans la première moitié du XVIIème siècle. Ce faisant. La noblesse féodale et factieuse se transforme en une noblesse de cour. La notion d’Etat a été utile au roi. le roi ne peut que prendre des mesures conformes au bien du peuple. la Fronde des princes. à la tête d’une province. Il y a une logique de l’absolutisme étatique qui n’est d’ailleurs pas propre à la France. Rien d’étonnant donc si l’Etat cherche à étendre son champ d’action : il prétend régir intégralement la vie de la nation. bénéfices ecclésiastiques. mais partout l’Etat se veut absolu.

24/84 . Quant aux anciens soldats sans ressources ils sont souvent mendiants ou brigands. En province. Au XVIIème. le premier étant La Reynie. les bandits envoyés aux galères où à l’armée. La violence touche toutes les catégories sociales. C’est l’un des grands bienfaits de l’affirmation de l’autorité de l’Etat. Louis XIV lance une politique systématique de construction de casernes qui libèrera les populations du fléau du logement des gens de guerre.La lutte contre l’insécurité Au XVIIème siècle. Les rues sont pleines de mendiants venus de tout le royaume. Louis XIV crée la charge de lieutenant général de police de Paris. Les soldats sont logés chez l’habitant qui les redoute car ils sont terrorisés par les excès de la soldatesque qui souvent véhicule les épidémies.). il n’y a pas encore de casernes. C’est pourquoi en 1667. la «Cour des Miracles » (concentration de bandits au cœur de Paris) est rasée.. ce n’est pas mieux : mendicité dans les villes qui attirent les gueux espérant la charité. destinés à enfermer les mendiants en vue de les mettre au travail et de les évangéliser. ravages de grand banditisme dans les campagnes. En province. S’ajoute à cela l’insécurité due aux gens de guerre qui portent atteinte aux gens et à leurs biens. Dés lors. On y assassine quotidiennement. La justice d’Etat est perçue comme « étrangère » : on préfère s’en remettre à la vengeance privée. les rues de Paris seront éclairées. qui sont des émeutiers en puissance. Le soldat est dangereux. la police traque les bandes de brigands. porteurs souvent de maladie épidémique (peste. Ce qui fait que toutes ces mesures entraînent un important recul de l’insécurité. La mendicité est interdite et les hôpitaux généraux sont créés. qui volent. Paris est un coupe-gorge. Une partie des anciens soldats seront désormais secourus : construction de l’Hôtel des Invalides en 1670 et octroi d’un certain nombre de pensions.

la fait redorer pour la rendre plus claire. Mais malgré cela. Pas encore. à la mort de Mazarin. Pendant la Fronde. rôle très délicat. Mme de Lauzac. C’est un roi très populaire. Louis XIV est balloté dés 10 ans entre Paris et St Germain. Louis XIV passe aux mains des hommes. est délaissée par Louis XIV. Baptisé à 5 ans au lieu de 7 ans dans la chapelle de St Germain. la royauté menacée et fragile. père. Il a une dignité naturelle qui se voit dans les tableaux. méritée. mon fils ? Louis XIV. le peuple parisien réclame son roi. leurs relations sont conflictuelles car Anne d’Autriche a du mal à laisser des responsabilités à Louis. Sa première nourrice est Mme de la Giraudière (anoblit). 25/84 . Louis XIII la transforme. Louis XIII dit à son fils : « quel est votre nom. Les tableaux constituent une partie de la collection du Louvre. Cérémonie sans faste. Son père est Louis XIII et sa mère Anne d’Autriche (espagnole). C’est pourquoi il reste beaucoup à St Germain en Laye . femme de forte personnalité devient régente à la mort de Louis XIII. en 1643. espagnole. Louis XIV a un visage très féminin. il porte le cordeau du St Esprit. jouflu pendant toute son enfance. Alors que Louis grandit et murit. C’est pourquoi le château de St Germain lui rappelle trop de mauvais souvenirs. parlant mal le français et très pieuse. Naissance très attendue au château Neuf de St Germain (construit par St Louis). Van Dick. très aimé de son peuple. étant donné les responsabilités qui lui incombaient. « Monsieur ». Elle aura toute sa vie une très bonne pension. Le grand Dauphin manifeste son goût pour l’élégance. Marie-Thérèse d’Autriche. A son chevet. LOUIS XIV petit : Il aime la danse très tôt et le théâtre. il admire sa mère. Les nourrices se succèdent parcequ’il est né avec des dents : elles souffraient atrocement.QUELQUES MOTS SUR LOUIS XIV… Louis XIV est nés le 5 septembre 1638. Ce dernier se fait beaucoup prier par le roi qui veut des peintures pour lui et Richelieu. Sa mère Anne d’Autriche. mais cela ne saurait tarder ! ». Louis XIII fait venir Poussin d’Italie. C’est l’époque de Rubens. La gouvernante récupère alors toutes les affaires de Louis XIV. La chapelle est du 13ème siècle. Son rôle est primordiale. épouse de Louis XIV. sur la décision de son père qui se sentair mourir. est agée mais très efficace. construite par St Louis (né à Poissy) : style gothique qui ne plait pas aux Bourbons. Elle meurt à la quarantaine et ne connaitra Versailles que quelques mois ! le règne personnel de Louis XIV commence en 1661. qui influencent la peinture. pas très belle. la maitrise de soi-même… Puis à 7 ans. les bonnes manières. qu’il pratiquait avec son frère Philippe et Lully. gouvernante de Louis XIV et de son frère. mais il est écrasé par son père. quand celui-ci s’absente de Paris. collection que Louis XIV aura par héritage et acquisitions. dés son enfance. la conduite en société. Nous voyons sur les tableaux que. Alors que la Fronde est sous-jacente. Elle inculque les principes moraux.

Mme de Montespan et Mme de Maintenon. Colbert. Elle devient la gouvernante des enfants illégitimes de Louis XIV et de la Montespan. aura trois enfants et c’est le dernier fils de son aîné qui sera le futur Louis XV. est insupportable. Son fils ainé. dernier fils du duc de Bourgogne. Le père Quenel (lié au Jansénisme de Jan Sénus) est un point noir de son règne. Mme de Montespan est une femme dure. elle sait se faire appréciée de lui. les deux autres étant décédés. et sait tout à fait dire l’inverse de ce qu’il pense. alors le roi la boude pendant plusieurs mois ! Pendant ses voyages. 26/84 . Louis XIV aura six enfants avec la reine Marie-Thérèse d’Autriche qui mourront tous avant lui. La politique religieuse est un volet important dans l’histoire de Louis XIV. Il meurt et elle se retrouve très vite sans ressources. Louis le Grand Dauphin. son arrière-petit fils. Il redresse l’économie française et se plaint même des dépenses du roi pour la construction de ses palais. Très digne. a un très grand pouvoir lorsque le roi est à St Germain. d’une intellignece extrème. La Reine Marie-Thérèse manifeste son désacord sur cette cohabitation. écrivain très connu. Ce dernier sait très bien se dominer. très froide (elle ne bouge pas quand sa calèche écrase un homme). Orpheline très jeune. Mme de Maintenon est la petite fille d’Agrippa d’Aubigné. Mazarin enseigne à Louis XIV l’italien. il les emmène toutes les trois. qui sera le futur Louis XV. Louis XIV s’éteint le 1er septembre 1715. ministre des Finances. comment dissimuler ses sentiments. et ses dépenses de guerre. après avoir fait venir à sont chevet le petit dauphin. châteaux. Louis XIV dira d’ailleurs au seuil de sa mort : je veux un successeur plus sage. Elle a une grande influence sur lui. elle épouse Scarron.On assiste plus tard au règne des 3 reines : Mme Lavallière. Le roi l’épousera en secret quelques mois après la mort de Marie-Thérèse d’Autriche. La cohabitation avec Mme de Lavallière qui est beaucoup plus sensible.

1622 : Richelieu cardinal. - 1624 NORV : Christian IV fait reconstruire la ville d’Oslo détruite par un incendie et la rebaptise Christiana. Régence de Marie de Médicis. 1601 : naissance de Louis XIII. 1616 : soulèvement des nobles entre la régente et le prince de Condé. 1610 : Henri IV assassiné par Ravaillac. 1603 Perse : la création d’une armée régulière permet au Shah d’Iran Abbas 1 er (1587-1629) d’attaquer les Turcs. 1ère ville implantée dans la Nouvelle France. favori du roi Louis XIII. Restauration de l’Etat. La ville reprendra le nom d’Oslo en 1925. Avec elle s’éteint la dynastie des Tudor. puis de toute l’Espagne privant l’économie espagnole d’un capital humain indispensable. 1613 Russie : avènement de Fédorovitch Romanov. 1609 Esp: un édit de Philipe III expulse les moresques de Castille. Richelieu entre au Conseil du roi comme secrétaire d’Etat à la Guerre et aux Affaires Etrangères. La prise de Tahriz permet la reconstitution de l’empire perse. proclamé Shogun. 1610-1612 POL : les Polonais occupent Moscou. Le fils de Marie Stuart. fille du roi d’Espagne Philippe III. 1600-1616 : grande épidémie de peste. 1620 : rattachement de la Navarre et du Béarn à la France. 27/84 . Arrestation de Condé. 1619 : révolte des princes soutenus par la reine-mère contre Luynes. 1601 GB : la reine Elisabeth 1ère veut améliorer le sort des classes défavorisées par la « Poor-Law » qui institue l’assistance publique et crée les « Work Houses ». 1616 : le Saint-Office à Rome condamne les thèses de Copernic. 1603 : les Jésuites sont autorisés à rentrer en France et fondent des collèges. sous le nom de Jacques 1er d’Angleterre. 1603 JAP : Tokugawa Hiedoshi. 1608 : Samuel Champlain fonde la ville de Québec. 1603 GB : mort d’Elisabeth 1ère. 1615 : mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche. transfère la capitale à Edo (Tokyo). ateliers pour chômeurs. 1617 : Louis XIII écarte sa mère du pouvoir.- - 1600 : Henri IV épouse Marie de Médicis le 17 décembre. 1609 : Galilée publie les résultats des observations astronomiques faîtes avec une lunette de sa fabrication. Les Stuart d’Ecosse occupent le trône anglais jusqu’en 1716 et réunissent Angleterre. Avènement de Louis XIII. Ecosse et Irlande. Jacques VI d’Ecosse lui succède comme roi d’Angleterre. 1607 : le musicien Claudio Monteverdi crée l’opéra italien avec le drame lyrique « Orféo ».

1639-1641 : révolte des « Va-nu-pieds » en Normandie. sœur de Louis XIII. 1629 Pol : la Pologne sort appauvrie de la guerre contre la Suède depuis 1621. 1628 Perse : mort d’Abbas 1er qui clôt un règne exceptionnellement brillant et marque le début de la décadence de l’Iran. Massachussetts. 1640 Portugal : la révolution de Lisbonne (1er décembre) place sur le trône du Portugal Jean IV de Bragance. 1632 USA : fondation de la colonie du Maryland où se réfugient les catholiques anglais persécutés. 1633 : procès de Galilée qui doit abjurer sa théorie de l’univers. Des Français s’installent à Madagascar et fondent le Fort-Dauphin. 1629 : Richelieu principal ministre d’Etat. Début de la conquête française de la Guadeloupe et de la Martinique. Intervention française dans la guerre de Trente ans en Allemagne. et portent ainsi un coup terrible à la puissance espagnole. Anne d’Autriche régente et Mazarin chef du Conseil. Avènement de Louis XIV son fils aîné. 1643 : mort de Louis XIII. 1631 : fuite de Marie de Médicis aux Pays-Bas. - 1644 Chine : fin de la dynastie Ming. Connecticut et New Haven s’unissent pour former la Nouvelle Angleterre. Fin de l’union personnelle avec l’Espagne.- - 1625 GB : à la mort du roi Jacques 1er. révolte des paysans en Provence. 1635 : Louis XIII crée l’Académie Française. Cromwell victorieux en 1647. émeutes urbaines. début des guerres contre les Habsbourg. Début de la dynastie Ts’ing jusqu’en 1911. 1638 : naissance de Louis XIV. 1630 GB : les puritains anglais fuyant la « tyrannie » de Charles 1er organise l’exode vers le Massachussets : ils fondent Boston. Il épouse en 1624 Henriette-Marie de France. 1648 : début de la fronde parlementaire (le Parlement contre Mazarin). Appelés à l’aide pour renverser le dernier souverain Ming. En août émeutes à Paris et fuite de la régente qui reviendra en octobre. Renaudot. Charles 1er en conflit avec le Parlement. 28/84 . Il abolit la royauté et règne en dictateur après l’exécution de Charles 1er. Mazarin devient principal ministre. fille d’Henri IV. 1628 : l’anglais William Harley. les Mandchous restent maîtres du pouvoir en Chine. 1626 : édit royal contre les duels. 1630 : prise de Pignerol par les Français puis occupation de la Savoie. agitation antifiscale en Guyenne. Installation des premiers Français au Sénégal. famine en Bourgogne. La contre-réforme triomphe dans les villes. décrit le mécanisme de la circulation du sang. Richelieu triomphe de Marie de Médicis. Mort de Richelieu. tente de faire arrêter les chefs de l’opposition (députés à la chambre des communes). 1628 NL : les Hollandais s’emparent de toute la flotte espagnole provenant des mines d’Amérique avec 80 tonnes d’argent. Louis XIII le maintient en fonction. Conquête du Roussillon par les Français. Elle perd la Livonie. 1632-1637 : révolte des « croquants » en Limousin. Rupture définitive avec son fils. 1631 : création à Paris de la « gazette de France » de Th. 1642 GB : guerre civile. 1643 USA : les 4 colonies puritaines de Plymouth. 11 novembre « journée de dupes ». 1642 Canada : Fondation par les Français de Montréal. son fils Charles 1er lui succède. médecin du roi d’Angleterre Charles 1er. 1636 : les Français enlèvent aux Espagnols la Martinique et la Guadeloupe. 1642 : fondation de Montréal par les Français.

1659 : fin de la guerre contre l’Espagne à la paix des Pyrénées. 1662 : Jean-Baptiste Colbert nommé ministre d’Etat. - 1665 Autriche : le Tyrol. Exil de Mazarin. 1709-10 1664 GB : le duc d’York. Siège de Paris tenu par les frondeurs. 1648 D : fin de la guerre de Trente Ans d’Allemagne. Révoltes des provinces contre Mazarin. fille du roi Gustave-adolphe. reine de 1632 à 1654. Louis XIV est déclaré majeur. La ville est reconstruite d’après les plans de Sir Christopher Wren de 1670 à 1690. Il cède la ville à la compagnie des Indes Orientales. arsenal de la flotte. Réorganisation du conseil du roi. Londres est détruite par un incendie. Arrestation de Fouquet. 1660 : le 9 juin. Condé entre en guerre contre la France à la tête d’une armée espagnole. Son fils Léopold est élu empereur. L’armée royale bat Condé à Arras. paix de Saint-Germain entre Mazarin et les frondeurs. 1658 D : Ferdinand III meurt. Colbert organise la manufacture des Gobelins. 1666 GB : dépeuplée en grande partie par la grande peste de 1665. 1653 : retour de Mazarin à Paris. Essai de soulèvement des provinces par les princes. Fin de la régence. 1654 Portugal : les Portugais chassent les Hollandais du Brésil. et alliance avec l’Espagne qui envahit le nord du pays. 1667 : l’ Espagne déclare la guerre à la France. Fin de la Fronde. Début de la construction de Versailles. 1663 : la 2ème moitié du XVIIème est assombrie par une série de famines qui culminent en 1663. possession des Habsbourg depuis 1363. 1652 : lutte entre l’armée royale et les forces des princes. 1er avril. 1661 Portugal : Bombay. Installation française à Saint-Domingue. Condé prend Paris en juillet. possession française depuis 1534. 1649 Russie : un nouveau code des lois russes enlève tous leurs droits aux paysans. Défaite de Condé en octobre qui s’enfuit en Flandre au service des Espagnols. abdique en faveur de son cousin Charles-Gustave. 1649 : fuite de la famille royale de Paris. 1658 GB : Cromwell meurt dans l’impopularité. 18 août retour du roi Louis XIV à Paris. mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche. L’architecte Charles Perrault construit la colonnade Est du Louvre. est réuni à l’Autriche à l’extinction de la branche tyrolienne des Habsbourg. fait partie de la dote de Catherine de Bragance qui épouse le roi d’Angleterre Charles II en 1661. 1650 : début de la fronde nobiliaire. 1654 : Louis XIV sacré roi à Reims le 7 juin. Victoire de l’armée royale. 1654 Suède : la reine Christine. Début du règne personnel de Louis XIV. frère du roi Charles II d’Angleterre enlève aux Hollandais New Amsterdam fondée en 1614 qui prend le nom de New York ! 1665-1670 : création de nombreuses manufactures royales. Construction du port de Rochefort. La cour de la reine Christine a été un des pôles de la vie scientifique européenne. 1651 : union des deux Frondes (parlementaire et nobiliaire).- - 1648 Ukraine : soulèvement des Cosaques d’Ukraine contre la domination de la Pologne. Révolte du prince de Condé. fille du roi d’Espagne Philippe IV 1661 : mort de Mazarin. Création de l’Observatoire de Paris. petit-fils de Charles IX par sa mère. Fouquet nommé surintendant des Finances. 1694. Louvois nommé surintendant des portes. 29/84 .

abolition du culte protestant en France. Il règne désormais seul. Les Français franchissent le Rhin mais les Hollandais inondent le pays. Fin en 1679. Louis XIV épouse secrètement Mme de Maintenon.- - 1667 Russie : révolte paysanne contre le servage et l’exploitation seigneuriale. se réfugient en Prusse. 1672 : début de la guerre de Hollande. 1669 D : la Hanse minée par la guerre de Trente Ans achève de se disloquer. dirigée par un cosaque du Don. 1668 : Louis XIV confie les agrandissements de Versailles à l’architecte Le Vau. créateur de l’opéra français présente à la cour son opéra « Alceste ». fille de Jacques II. 1669 Turquie : l’île de Crète. 1673 : installation des Français à Pondichéry. Les protestants fuient la France. 1689 : le compositeur anglais Henry Purcell réalise son chef-d’œuvre avec l’opéra « Dido and Aeneas ». 1685 : révocation de l’Edit de Nantes à Fontainebleau. 1687 : Le Nôtre achève le parc du château de Versailles (débuté en 1662). co-tsar avec son demi-frère Ivan V sous la régence de leur tante Sophie. 1686 Pologne : paix perpétuelle signée à Moscou entre la Pologne et la Russie. 1689 Russie : Pierre 1er le Grand élimine son demi-frère Ivan V avec l’accord de la régente Sophie. protégé par l’Angleterre. en Hollande. 1682 : la cour s’installe à Versailles. Stephan Rabin (exécuté à Moscou en 1671). 1682 Russie : avènement de Pierre 1er le Grand. Son frère Jacques II qui s’est converti au catholicisme lui succède. La Pologne confirme la cession de l’Ukraine (Est du Dniepr) et de Kiev à la Russie. vénitienne depuis 1204. Le savant allemand WG Leibniz développe les bases de calcul infinitésimal. Le duc de Lorraine Charles V défait les Turcs en Hongrie. La révocation ouvre une période de persécutions. petit-fils par la mère de Charles 1er et gendre de Jacques II est appelé pour remplacer Jacques II qui fuit en France. est conquise de 1665 à 1669 par les Turcs (qui l’appellent l’île de Candie). 1685 GB : mort de Charles II. et en Angleterre. Il est élu roi en 1674. Mort de Colbert. 1668 Portugal : l’Espagne reconnaît l’indépendance du Portugal. - - - 1687 Hongrie : la Hongrie accepte que la couronne hongroise soit dorénavant héréditaire dans la famille des Habsbourg. 30/84 . 1680 : création de la Comédie Française. 1681 : Louis XIV annexe Strasbourg. 1674 : une série de révoltes paysannes éclatent en France à Bordeaux et en Bretagne en 1675. Celle-ci libérée de l’occupation musulmane passe sous la domination impériale. en Suisse. 1673 Pologne : Jean Sobieski bat les Turcs à Khotine en Ukraine. Lulli. 1683 : mort de la reine Marie-Thérèse d’Autriche. 1682 USA : le Français Cavelier de la Salle prend possession de la vallée du Mississipi et pose les bases de la future Louisiane. Isaac Newton découvre la loi d’attraction et de gravitation universelle et la publie en 1687. L’Anglais William Penn fonde la colonie de Pennsylvanie. 1684 : prise du Luxembourg par les Français. Guillaume III est couronné roi d’Angleterre avec sa femme Marie. 1688 GB : Guillaume III d’Orange de Hollande.

1694 Autriche : début de la construction du château de Schönbrunn près de Vienne. L’Autriche devient une grande puissance européenne. la Bosnie et la Croatie. Angleterre. les Habsbourg d’Autriche se voient reconnaître leur domination sur la Hongrie. 1699 Autriche : à la victoire contre les Turcs à Carlovtsi. Il sera Philippe V d’Espagne. dernier représentant des Habsbourg d’Espagne meurt après avoir désigné pour héritier Philippe d’Anjou. grave crise économique.- - 1693-1694 : mauvaise récolte. 1697 Russie : Pierre le Grand entreprend un voyage d’étude en Hollande. 31/84 . Allemagne et modernise la Russie avec l’aide de conseillers européens. 1694 : nombreuses grèves dans l’industrie textile à Lyon et à Tours. petit-fils de Louis XIV et arrière petit-fils de Philippe IV d’Espagne. la Transylvanie. Saint Petersbourg et fait appel à des Français et des Italiens pour la dessiner. : le roi Charles II. grande misère. 1700 Esp. Il construit une ville nouvelle. famine.

c’est le roi d’Ecosse Jacques VI Stuart qui monte sur le trône en 1603 sous le nom de Jacques 1 er d’Angleterre (il était devenu roi d’Ecosse à l’âge d’un an suite à l’abdication de sa mère Marie Stuart). fils de Marie. Tout en étant marié à Anne de Danemark et père de trois enfants. il manifeste un certain goût pour les beaux jeunes gens. il est en revanche doué d’une vive intelligence et d’une très grande culture. Fils de Marie Stuart reine d’Ecosse et cousine d’Elisabeth 1ere d’Angleterre. la révolution anglaise 1640 – 1660 III.1640 A la mort de Elisabeth 1ère. tante de Louis XIV. Protestante Anne Hyde 1637-1671 2ème ép. Ep. fille de Frédéric II. 1625 : Henriette-Marie de France. Ep. sa cousine. 1603 – 1625 : Jacques 1er Stuart. L’ABSOLUTISME DES STUART 1603 . Roi d’Angleterre et d’Irlande et d’Ecosse. 1589 : Anne de Danemark (1574-1619). la formation d’un Etat moderne 1660 – 1815 I. 1685 – 1688 : Jacques II Stuart. Catholique Marie d’Este 1658-1718 1688 – 1702 Guillaume III (1650-1702). 32/84 . frère (également Jacques VII d’Ecosse).Dynastie des Stuart - 1558 – 1603 : Elisabeth 1ère Tudor. Ep. l’absolutisme des Stuart 1603 – 1640 II. Roi d’Angleterre et d’Irlande. duc d’York. fils. sœur de Louis XIII (1609-1669). (également Jacques VI d’Ecosse). sœur de Charles II et de Jacques II. la « reine vierge » sans descendance. fille de Jacques II. 1660 – 1685 : Charles II Stuart. sœur de Louis XIII. Physique ingrat. fille de Jean IV roi du Portugal. 1649 – 1660 : république sous Olivier Cromwell. 1ère ép. - - - I. saleté proverbiale. qui a épousé en 1641 Guillaume Prince d’Orange 1626-1650. 1625 – 1649 : Charles 1er Stuart. Catherine de Bragance 1638-1705. Ep. reine d’Angleterre de 1688 à 1694. 1677 : Marie II d’Angleterre. fille d’Henri IV. fils.

Au règne de Charles 1er correspond en France Richelieu et la mise en place de l’absolutisme. Tout au long des années 1630. le progrès de l’éducation et l’élévation du niveau intellectuel contribuent à former une véritable opinion publique qui s’est avérée déterminante dans la lutte contre la politique de Land. Il crée en 1635 l’impôt sur les bateaux pour l’entretien d’une flotte de guerre. le renforce dans ses convictions. il souscrit pleinement aux idées de son père sur le droit divin des rois et l’obéissance qui leur est due. beau. Il est l’antithèse de son père : jeune. Charles 1er décide alors de régner seul. 1640 est le point critique atteint par le conflit d’intérêts opposant propriétaires terriens et bourgeoisie marchande des villes au dirigisme politique mais surtout économique des Stuart. Pour le reste. d’autant que la brillante vie artistique qui s’y développe était peu du goût de la noblesse puritaine. faute de visiter son royaume. La noblesse provinciale réintègre ses domaines tandis que Charles. et contre le roi. conseiller du roi. débute la Révolution Anglaise ayant pour origines exclusives les structures économiques et sociales et les rapports de force entre « nobility » et « gentry ». multiplie les droits de douane. La victoire des propriétaires terriens et de la bourgeoisie marchande –l’absolutisme ne triomphera pas en Angleterre. fait comte de Salisbury. perd tout contact avec l’opinion publique. Les communes refusent d’aider le roi dû à la présence du marquis de Buckingham. En dépit du retour à la paix en 1604. tandis que les membres de la « gentry » dépourvus de perspectives d’avenir verse dans l’extrémisme religieux puis la lutte contre la cour. La haute noblesse cherche à consolider son ascendant tant sur les postes de la haute administration que sur les activités commerciales. En 1640. sœur de Louis XIII et fille d’Henri IV. se nourrissant de la faiblesse d’un Charles 1er hésitant perpétuellement sur la conduite à suivre. En 1640. une certaine aisance financière permet à Charles 1er d’instaurer un « absolutisme à l’anglaise » tout en conduisant sa propre politique étrangère. Il parvient à assainir les finances en évitant entre autre les engagements militaires à l’extérieur afin de réduire les dépenses. La cour fait quasiment figure d’enclave étrangère. Les emprunts forcés de 1626. Il doit forcer et utiliser la menace pour obtenir des rentrées fiscales. Son épouse. vend avec largesse les titres de noblesse. représente Charles 1er tant en homme de guerre qu’en homme de cour. 33/84 . Antoine Van Dyck. aliène les terres de la couronne et exige des Parlements qu’ils lèvent des impôts qui seront insuffisants.permet l’éclosion de la révolution industrielle. le déficit s’accroît du double en 1620. Le fossé entre le pays et la cour se creuse. Jacques 1er lève des emprunts forcés. C’est ainsi que les « cinq chevaliers » du Middlessex sont traduits en justice en 1627 et emprisonnés pour avoir fait la grève de l’impôt. mais en fait il s’agit d’instaurer une fiscalité permanente en Angleterre. Son principal conseiller est Robert Cécil. son train de vie dispendieux et l’habitude contractée en Ecosse de multiplier les largesses pour s’attacher la fidélité de ses courtisans. élevée dans un état d’esprit similaire. Il meurt en 1625 et son fils Charles 1 er lui succède. peintre officiel de la cour en 1632. soigné de sa personne et d’une totale fidélité à son épouse Henriette de France. Les mêmes problèmes financiers se posent sous Charles 1 er qui monte sur le trône alors qu’une nouvelle guerre contre l’Espagne entame les finances depuis 1624.Jacques 1er avait hérité des caisses vides suite à la guerre avec l’Espagne commencée en 1585. « à la française » comme on disait alors. dernier favori de Jacques 1er devenu le principal conseiller de son fils Charles 1er.

C’est au cours de cette guerre que Cromwell renvoie les Députés et prend le pouvoir. la chambre des Lords est supprimée et la royauté abolie. Le régime républicain a été impopulaire. Considérant que la restauration des Stuart est la seule issue possible.CROMWELL 1649 –1660 Au lendemain de l’exécution du roi. Il siège aux Parlements de 1628 et 1640.La révolution anglaise est avant tout une révolution puritaine avec deux guerres civiles. Membre du conseil d’Etat. Olivier Cromwell fait figure d’homme fort du nouveau régime. il défait les royalistes et y met une armée anglaise qui occupe le pays. sans évêque ni tutelle royale. En 1657. mais désigne son successeur à la présidence de cette Chambre Haute : son fils Richard Cromwell. où son génie militaire sur les champs de bataille de l’East Anglie puis au niveau national lui acquit la renommée. convainc Charles II de publier la Déclaration de Breda (Avr 1660) appelant à la réconciliation générale et garantissant la liberté de conscience : Charles II entre en triomphe à Londres le 8 mai 1660. Cromwell n’y joue qu’un rôle effacé car il est occupé à soumettre l’Irlande (d’août 1649 à mai 1650). Une semaine plus tard. Ne parvenant pas à s’imposer face aux généraux. III. et son fils Richard lui succède. Monck à la tête de l’armée d’Ecosse marche sur Londres (Fév 1660). Mais la rivalité des généraux plonge le pays dans l’anarchie. La monarchie est remplacée par une République qui reçoit le nom de « Commonwealth » (car devant œuvrer pour le « bien commun ») dirigé par un Conseil d’Etat. un nouveau conflit éclate avec la Hollande au sujet de la rivalité commerciale entre les deux pays suite au vote l’année précédente du « Navigation Act » réservant l’intégralité du trafic maritime aux navires anglais. Les derniers parlementaires se dispersent. il avait donné naissance à une dictature militaire. Sa santé se détériore le rendant incapable de résoudre le problème religieux. En 1652. et il est considéré en 1649 comme le vainqueur des deux guerres civiles. Land est exécuté en 1645 et l’épiscopat supprimé en 1646 (Eglise décentralisée. Thomas Cromwell. les souvenirs de la période 1642-1660 a suscité chez les Anglais une aversion pour le seul mot de « révolution ». LA FORMATION D’UN ETAT MODERNE 1660-1815 La préservation de l’équilibre politique sous Charles II (1660 – 1685) 34/84 . LA REVOLUTION ANGLAISE . centralisée et fiscalisée encore plus que l’Etat Stuart. il est pratiquement inconnu jusqu’à la guerre civile. une pétition (Humble Petition & Advice) est présentée à Cromwell qui renforce le caractère monarchique des institutions : une Chambre Haute est créée et on propose à Cromwell la couronne qu’il refuse. ce qui s’est fait au prix de terribles massacres et réellement achevé qu’en 1652. Il meurt en 1658. De fait. I. seule l’armée a une force politique notable. Il part ensuite pour l’Ecosse où le fils aîné de Charles 1 er s’est proclamé roi sous le nom de Charles II. lointainement apparenté au ministre d’Henri VIII. avec indépendance de chaque paroisse). Cromwell impose un procès à Charles 1er Stuart qui est condamné à mort et décapité à la hache le 30 janvier 1649. Richard s’efface au bout de 8 mois. et la crise financière.

révolution agricole. époux de la princesse Marie. rétablissement de l’autorité religieuse et épuration du clergé anglican (1662). donne naissance à un garçon. Il multiplie les gestes envers les catholiques. Guillaume. duc de Gloucester. Ce coup d’état marque la fin de la dernière tentative absolutiste anglaise. ce qui ne s’était pas vu depuis un siècle.000 hommes venant s’ajouter à la marine qu’il avait organisé lui-même sous la Restauration en tant que Grand Amiral. L’idée de renforcement du pouvoir royal flotte dans l’air mais à l’exception de Charles II. Les problèmes religieux n’ont pas disparu avec la Restauration : la hiérarchie épiscopale est rétablie. se remarie avec une princesse catholique Marie d’Este (1658-1718). En janvier 1689. révolution démographique. la glorieuse Révolution et son règlement (1685 – 1689) L’accession au trône de son frère Jacques d’York se fait sans difficulté. Anne Hyde. Marie d’Este.Après 18 ans d’exil. Charles II influencé par ses années d’exil à la Cour de France envisage de se convertir à la foi catholique : il ne le fait que sur son lit de mort en 1685. devenu veuf. excluant par la même la succession de ses deux filles Marie et Anne que Jacques a eu de son premier mariage protestant. 35/84 . Le parlement de 1661 est composé de sympathisants des Stuart. La perspective d’avoir sur le trône une dynastie catholique incite les protestants à faire appel à Guillaume prince d’Orange (1626-1650) « Stathouder » des Provinces-Unies. Jacques II abandonné de tous et hanté par le souvenir de l’exécution de son père préfère se réfugier avec femme et enfants chez Louis XIV qui les installent au château de St Germain en Laye. Les années de ce siècle où l’Angleterre fait son « apprentissage » sont importantes. anglaise et surtout protestante à toute épreuve ! Guillaume prépare une expédition et débarque dans le Devon le 5 nov 1688 en se réclamant de la défense des droits du parlement et de la religion protestante. Les transformations économiques et sociales au XVIIème siècle Après 1660. personne ne veut d’une monarchie absolue. La reine catholique. Ce coup d’Etat de Guillaume d’Orange est appelé la « glorieuse révolution » ou « révolution pacifique » ou « respectable » car elle s’est déroulée en douceur. le parlement constate la vacance de la couronne et l’offre conjointement à Guillaume d’Orange et à Marie. l’Angleterre connaît une croissance tous azimuts qui mènera à la Révolution Industrielle : il n’y a pas un domaine qui ne connaît quelque bouleversement à tel point que tout s’est enchaîné : révolution politique. En fait. Charles II entretient le climat d’euphorie qui accompagne la restauration en prônant la réconciliation et en amnistiant dés 1660 la plupart des révolutionnaires par « l’acte d’oubli » (Act of Oblivion). accueille même un légat du pape. répression des réunions religieuses non autorisées. Jacques II. Toutes les mesures prises par Jacques II sont annulées. révolution industrielle. Il met la main sur l’administration locale ce qui effraie et déclenche la révolution de 1688. hostiles aux non-conformistes et votent une série de mesures à leur encontre : exclusion des charges municipales. Mais il prend des mesures maladroites qui inquiètent : il met sur pied une armée de terre de 20. alors que son frère le duc d’York l’a fait en 1670 et qui. révolution commerciale et financière.

L’identité des modes de vie et des mentalités entre les deux noblesses disparaissent. De plus. la Loyd’s est fondée en 1698. 36/84 . 40% des Anglais ont moins de 20 ans. signe de leur réussite et clef de l’influence politique à laquelle ils aspiraient. Le terrible incendie de Londres de 1666 qui a détruit tous les quartiers a permis de reconstruire en pierre et en brique des maisons auparavant faîtes de bois. Elle abrite 5% de la population en 1600. Au même moment. Le système bancaire se transforme aussi radicalement avec la fondation de la Banque d’Angleterre en 1694 qui est suivi d’autres comme la Banque Royale d’Ecosse 1695. tous les produits provenant ou destinés aux colonies doivent transiter par Londres qui devient la plaque tournante du trafic colonial européen. Les grands propriétaires agrandissent leurs propriétés aux dépends de la petite paysannerie indépendante contrainte à vendre des terres pour faire face à une fiscalité accrue par les guerres avec la France. achètent les terres. du Levant 1581. négociants et financiers enrichis. On se marie plus jeune : de 28 à 26 ans pour les hommes et de 26 à 23 ans pour les femmes. ou « nababs » revenus d’Inde. le propriétaire terrien (Landlord) se situe au sommet de l’échelle sociale. ex. première ville du royaume. Thomas Malthus dénonce vers 1798 dans son « Essai sur le principe de la population » les dangers d’une croissance démographique incontrôlée qui déboucherait inéluctablement sur un appauvrissement général de la population. Toutes négocient des chèques (créés en 1675) et peuvent émettre des billets (jusqu’en 1844 où la Banque d’Angleterre aura le monopole). Une Angleterre agro-mercantile. Les circuits commerciaux sont mis dans les mains de compagnies : compagnie de Moscovie 1553. des Indes Orientales 1600 (East India Company). et exhorte les Anglais à contrôler rigoureusement leur natalité. L’Angleterre connaît donc au XVIIème siècle (et au XVIIIème) une conjoncture exceptionnellement favorable. Londres continue de s’étendre dans toutes les directions sans le moindre plan d’ensemble. etc.000 personnes entre 1630 et 1700. L’émigration de toute l’Angleterre est importante : 500. La prédominance des intérêts fonciers. L’expansion maritime et commerciale L’Angleterre est devenue dans le même temps une nation de marins. Le réseau urbain se transforme et sa caractéristique principale est le développement phénoménal de Londres.Explosion démographique La population anglaise double entre 1560 et 1660 . La compagnie des Marchands Aventuriers perd leur monopole en 1689. Le taux de natalité passe de 30 à 38%. de la Baie d’Hudson 1670. ceci s’explique par la disparition des famines et épidémies. Le secteur des assurances profite dans un premier temps au développement du trafic maritime puis s’étend à l’assurance contre les incendies et à l’assurance-vie. confortant la position dominante d’une élite dont la puissance foncière est la caractéristique principale. L’espérance de vie passe de 30 à 38 ans entre 1600 et 1800. La population anglaise est donc jeune malgré la forte mortalité infantile. L’expansion financière L’expansion commerciale implique une modernisation radicale des infrastructures.. A partir du XVIIème siècle. Les dispositions prises au XVIème siècle se concrétisent pleinement durant le XVIIème siècle en particulier grâce aux « Navigations Acts » qui réservent l’exclusivité du trafic maritime aux navires anglais.

trèfle. à la recherche du passage nordouest jusqu’au-delà du cercle polaire arctique. de la batteuse et de la faucheuse. vergers du Kent. 70. en général l’aîné des fils. L’enclosure met fin à « l’openfield » en clôturant les parcelles de chaque exploitant en procédant à des remembrements en partageant les « commons ». La révolution agricole L’ensemble des transformations à la mi-17ème s’est faite par la nécessité de produire pour assurer la subsistance d’une population en expansion constante. Les enclosures peuvent s’essayer librement aux nouvelles techniques pour obtenir un profit maximum. au moyen de procédures juridiques limitant les possibilités d’aliénation comme l’héritage inéluctable (la succession va au profit exclusif de l’un des héritiers. jute ou houblon) où des consommateurs comme ceux de Londres. Le phénomène des enclosures est le plus marquant de la révolution agricole. La ruée vers l’ouest Les explorations reprennent dés le début du XVIIème siècle. Les rendements agricoles augmentent de 13% parfois doublent au cœur des Midlands. luzerne) qui enrichissent le sol en azote. etc… l’agriculture se met au service des manufactures (lin. interdisant à tout héritier de vendre ses terres. « West Indies »). Henry Hudson en 1610. ovins dans l’Essex et les montagnes galloises.Le souci principal est d’assurer la transmission du domaine intact de génération en génération. La jachère vouée à disparaître et remplacée par la culture de fourragères (sainfoin. essentiels pour leur survie. On associe élevage et culture qui fait disparaître l’économie de subsistance et apparaître les spécialisations régionales : céréales dans le Sud-Est.000 anglais ont émigré au Nouveau Monde. Le retour à l’indépendance des trois royaumes en 1660 n’empêche pas les destins de l’Ecosse et de l’Irlande de dépendre de plus en plus étroitement de ce qui se passe en Angleterre de telle sorte que Londres prend la décision de lier les trois pays en un royaume uni. Cromwell s’y essaie « par le sang et le fer » mais c'est aussi éphémère que le Commonwealth lui-même. puis en 1620 la Nouvelle-Angleterre. début d’unification du royaume L’unification des îles britanniques commence avec l’accession au trône anglais de Jacques 1er et de son fils Charles 1er. Obéissant à l’idéal du gentilhomme campagnard (genteman-farmer) (lire les romans de Jane Austen) qui s’impose comme le mode de vie de tout propriétaire terrien qui se respecte. William Baffin en 1616 explorent les côtes du grand nord américain. et les Bermudes en 1609. les aristocrates y passent le plus clair de leur temps et y mènent grand train. La colonisation de la Virginie débute en 1607 avec la fondation de Jamestown. Ils n’y ont pas réussi comme ils l’escomptaient. A la veille de la révolution anglaise. La vie de cette élite s’organise autour de deux pôles : la résidence londonienne pour les séances du Parlement et la villa à la campagne (country house) véritable centre du pouvoir local. La Nouvelle Angleterre attire surtout les puritains fuyant les persécutions religieuses (le « Mayflower » avec les pères pèlerins) qui 37/84 . Les Anglais ont émigré massivement vers la Nouvelle-Angleterre et les Antilles (alors appelées les Indes Occidentales. élevage bovins dans les Midlands. le Maryland en 1633. Les « cottagers » sont défavorisés : les droits d’usage des communaux (commons). Les enclosures sont avantageuses pour les grands fermiers qui seuls avaient les moyens de se moderniser. disparaissent avec eux. L’outillage se modernise par l’introduction du semoir mécanique. Le XVIIème siècle.

New-York et ses alentours accueille d’autres protestants. En Nouvelle-Angleterre : poisson séché et bois d’œuvre. La prise de la Jamaïque en 1655. en Amérique du Nord.arrivent massivement entre 1629 et 1642. La Caroline du sud. indigo et riz. 38/84 . La terre y est distribuée généreusement. enlevée aux Espagnols. L’agriculture prédomine compte tenu des espaces disponibles qui incite à l’immigration et est consacré aux produits exportables en Europe : Au Sud : tabac. Des heurts se produisent parfois entre trappeurs des deux bords. Perse. De plus. thé. bois d’œuvre. porcelaine. Le Maryland est créé pour les catholiques par un courtisan de Charles 1er. les Anglais s’intéressent maintenant aux Indes Orientales (East Indies). constitue un tournant : au lieu d’être cantonnés à la périphérie de l’arc antillais. l’Inde servait de relais pour les marchandises venues des quatre coins de l’Orient (Chine. En 1663. frère du roi Charles II dans le cadre de la guerre anglo-hollandaise (les Hollandais reçoivent en échange la Guyane qui devient la colonie de Surinam). George Calvert. Sumatra). des Irlandais et des Ecossais. La compagnie de la Baie d’Hudson est fondée en 1670. tissus de coton et soie. des esclaves. La spectaculaire croissance démographique est due à la reprise de l’immigration religieuse : William Penn et les Quarkers irlandais fondent la Pennsylvanie en 1683 dont la tolérance religieuse attire bon nombre de protestants allemands et de Français ayant choisi l’exil après la révocation de l’Edit de Nantes (1685). Des comptoirs sont établis en Inde et les profits sont immenses : épices. Les immigrants non puritains se voient contraints de quitter la Nouvelle-Angleterre pour s’installer plus au sud : c’est ainsi que naissent les colonies de Rhode Island et de Connecticut. Les territoires de la Baie d’Hudson sont en contact avec les établissements français du Québec et de la vallée du Mississipi. mais aussi des Juifs. revendus à prix d’or en Angleterre. Java. est fondée la Caroline et en 1664 la New-Amsterdam est prise et rebaptisée New-York en hommage au duc d’York. Arabie. Au Nord : fourrures de castor. café. produits par une population servile. poissons. et ce parallèlement à leur entrée dans le Nouveau Monde. Ceylan. Le trafic avec l’Europe se fait par Boston.

1ère ép. Ep.1631 : Marie-Anne 1606-1646. sa cousine 3ème ép. fille du comte de Tyrol Léopold V. 1ère ép.1611 : Anne (1585-1618). la guerre turque reprend avec une grande violence et Rodolphe II. sa nièce (mère= Marie-Anne. fils. neveu. Pas d’héritier. fils.1600 : Marie-Anne de Bavière 1574-1616 2ème ép. frère. doit composer avec les « Etats » de toutes les provinces. 1658 – 1705 Léopold 1er. Longue et dévastatrice. fille du roi Philippe III d’Espagne et de Portugal. la guerre se solde par un armistice conclu en 1609 et une trêve de 20 ans.1673 : Claude-Félicité 1653-1676 3ème ép. sa sœur. Elle a une importance capitale pour la suite de l’histoire allemande car elle permet à l’empereur de s’occuper de l’empire sans craindre une attaque turque. Cette trêve sera périodiquement prolongée pendant plus de 60 ans. 1612 – 1619 Matthias.1648 : Marie-Léopoldine 1632-1649. 1637 – 1657 Ferdinand III. 1ère ép.1676 : Eléonore de Neubourg 1655-1720 - - - De 1593 à 1609.1666 : Marguerite d’Espagne1651-1673. et petit-fils de Ferdinand 1er frère de Charles Quint.Dynastie des Habsbourg 1576-1612 : Rodolphe II. fille de Ferdinand comte de Tyrol et de sa 2ème épouse Anne-Catherine de Gonzague (1566-1621). 2ème ép.1622 : Eléonore de Gonzague 1598-1655. car les turcs sont obligés de se retourner contre les Persans qui les menacent sur leurs arrières. 39/84 . fils de Maximilien II (qui a épousé Marie. Non marié. et père= Philippe IV d’Espagne) 2ème ép. fille de Charles Quint). 1619 – 1637 Ferdinand II.1651 : Eléonore de Gonzague 1630-1686. pour obtenir argent et soldats. et aux protestants de ne plus se préoccuper de la défense commune de la chrétienté.

à la mort en 1590 de l’archiduc Charles duc de Styrie. fille de son frère Ferdinand et d’Anne-Catherine de Gonzague sa 2ème épouse. Rodolphe II arrive au trône en 1576. Matthias. le deuxième fils hérite de l’Autriche dite « intérieure ». sa cousine. frère de Charles Quint et grand-père de Rodolphe. le troisième fils. Il est résolu à ramener ses peuples à la vraie foi. n’a que les deux duchés d’Autriche. érudit et fantasque. avec son héritier Ferdinand II (de Styrie) qui est élevé par les Jésuites. hésitant. Ni Ferdinand ni ses frères n’ont de descendances mâles. La Contre-Réforme se met en place en Autriche intérieure.. Il est fort aimé des petites gens. il effectue un rétablissement spectaculaire : tous les protestants sont contraints à revenir au catholicisme où à émigrer. Matthias. C’est un fervent catholique. En quelques mois. et l’Alsace. Styrie. Dans les Etats. entourés de valets. les seigneurs. ni surtout les moyens de résister à ces revendications. hérite de l’Autriche dite « antérieure » : du Tyrol. Esprit limité mais d’une fermeté inébranlable en matière religieuse. d’alchimistes et d’astrologues qui jouiront de son soutien et de sa confiance. comte de Tirol. auront trop de difficultés dans leurs Etats héréditaires des Habsbourg pour s’occuper attentivement de ce qui se passe dans le reste du Reich. l’empereur. Moravie. Silésie. Carniole (la Slovénie actuelle). Rappelons que Ferdinand 1er. La résistance de la noblesse est balayée par la force. Il épouse Marie. le Birsgau. fille de son oncle Charles Quint et d’Isabelle de Portugal. Rodolphe II et son frère et successeur à partir de 1612. ses frères. ils se réunissent dans les diètes contre le souverain catholique pour revendiquer la liberté religieuse et un droit de co-décision dans le gouvernement. ne s’oppose pas réellement aux forces du protestantisme dans ses Etats et ses frères non plus. les villes et souvent aussi les paysans sont acquis à la Réforme. Gorice (Görz) et Trieste. Mais la dynastie des Habsbourg lors de son long règne (1576 à 1612) a faillit se terminer en catastrophe. prince fastueux. Prague refleurit en tant que capitale politique et culturelle. méfiant. Les archiducs. a à sa mort réparti ses possessions entre ses trois fils : Maximilien II. réagissent en l’obligeant à céder peu à 40/84 .Rodolphe et ensuite son frère Matthias. n’ont ni la force de caractère. La défaillance progressive de la santé mentale de Rodolphe II. L’art de sa cour de Bohême occupe une place importante dans la transition renaissance / Baroque. père de Rodolphe II. Ferdinand. Aussitôt majeur et installé dans sa capitale de Graz où il n’y avait pas une seule famille catholique en dehors de la sienne. sa nièce : fille de sa sœur Eléonore et de Guillaume de Gonzague. Vieux garçon. ses cousins. 1ère épouse en 1557 Philippine Welser et 2ème épouse en 1582 Anne-Catherine de Gonzague. Il épouse en 1611 sa nièce Anne. Carinthie. la haute Autriche autour de Linz et la basse Autriche autour de Vienne avec ce qui reste de la Hongrie et les Etats de la couronne de St-Venceslas. - - Maximilien II. cloîtré dans son énorme château de Prague. misogyne. Mais son autorité devient vite vacillante. hésitant. Bohême. Dans toutes les terres habsbourgeoises. inquiètent de plus en plus les autres archiducs. des possessions habsbourgeoises en Souabe.

peu ses Etats à l’aîné des cadets. En Bohême. la période danoise 1625-1629. La révolte de la noblesse protestante de Bohême contre l’archiduc Ferdinand II. Lire aussi Golo Mann. le chef de l’union protestante. chef de la Ligue catholique. La Guerre de Trente Ans dévastera pour toute une génération les villes et les champs. et fera perdre jusqu’au souvenir des manières de vivre du temps de paix. où la peste n’avait tué que des hommes. La guerre de Trente Ans. la grande guerre en Allemagne ! La guerre de Trente Ans (1618 – 1648) fut à la fois religieuse et politique : les princes protestants combattent la maison d’Autriche qui voulait fonder à son profit l’unité de l’Allemagne. Mais c’est en Bohême que se jouera le destin de la dynastie de l’Allemagne et de l’empire : Rodolphe II et Matthias ont dû concéder aux Etats de Bohême des prérogatives politiques très larges et la liberté des cultes. Les partis religieux glissent vers la confrontation violente et générale dans les Etats habsbourgeois : pouvoir des Stände. Matthias est empereur en 1612 après avoir dépossédé progressivement Rodolphe II de toutes ses possessions. L’Allemagne devient le champ de bataille de l’Europe et les étrangers se comportent encore plus sauvagement que les Allemands : rapine. apparaît comme une grave provocation. qui a produit une énorme biographie de Wallenstein qui est une des œuvres majeures de l’historiographie contemporaine allemande). cela déclenche la guerre de Trente Ans qui en fait ne commencera qu’un an plus tard en août 1619 avec la déposition de Ferdinand comme roi de Bohême et l’élection du palatin Frédéric (« roi d’un seul hiver »). protestants. contre l’absolutisme princier. l’Allemagne perdra la moitié de sa population lors d’affreux massacres. pillages. Dores et déjà Matthias et ses frères désignent Ferdinand de Styrie. esprit modéré mais peu énergique. Ferdinand II. Le duc de Bavière. à la suite du pouvoir. Les opérations se déroulent en territoire allemand mais les troupes étrangères y jouent un rôle croissant. la période suèdoise 1630-1635. et la période française 16351648. La Guerre de Trente Ans est la deuxième des grandes catastrophes de l’histoire allemande. fils de Thomas Mann. tortures (lire « Simplicissimus » de Christoffel von Grimmelshausen. beaucoup plus jeune et dynamique. Ferdinand II triomphera facilement en Autriche. lève une armée qui rencontre celle de Bohême près de Prague et ne fait qu’une bouchée des 41/84 . la question politique et la question religieuse se compliquent d’un conflit national ancien entre Tchèques et Allemands. Pour l’Allemagne. Elle se divise en quatre périodes principales : la période palatine 161-1623. la Guerre de Trente Ans est une des cassures les plus profondes de son devenir. Il sera élu roi des Romains quelques jours après la mort de Matthias en 1619. Dans cette guerre. appuyé par les prélats et une partie de la noblesse restée catholique. Maximilien 1er. après la grande peste du milieu du XIVème s. Quand quelques excités membres des Etats de Bohême jettent par la fenêtre du palais de Hradcany deux des gouverneurs impériaux et leur secrétaire le 23 mai 1618. l’archiduc Matthias. une des plus importantes œuvres de la littérature allemande. imposant l’Electeur du Palatinat Frédéric V. catholique. C’est à propos d’une question de culte protestant (des églises protestantes construites sur le domaine de l’archevêque de Prague et démolies sur ordre royal) que le conflit éclate.

La nouvelle armée apparaît à son tour en Allemagne du Nord et bat Christian IV du Danemark en 1626 ainsi que ses alliés allemands. Les pasteurs et autres intellectuels des communautés protestantes suivis par une partie de leurs fidèles doivent s’enfuir. ils constituent la « Maison d’Autriche ». Allemands. songe visiblement à asseoir son nouveau pouvoir sur des acquisitions territoriales fortes. génial administrateur et stratège. Une nouvelle noblesse choisie parmi les fidèles du nouvel empereur : roi. Angleterre. Danemark. offre de lever une armée de mercenaires. quelques princes protestants de moindre importance vont au secours de Frédéric. aventurier. à la fois avide et généreux. Ferdinand II avec Wallenstein rétablit l’autorité impériale dans des régions qui lui échappaient depuis des siècles. Cependant. de la nouvelle noblesse et aussi de la minorité de l’aristocratie ancienne restée catholique. puissamment enrichi des dépouilles de la répression. la Contre-Réforme menée par les Jésuites entreprend la recatholisation du peuple tchèque. Croates. Cependant. restés espagnols et redevenus catholiques appartiennent toujours à l’empire (le nord aussi juridiquement). Wallenstein est un formidable meneur d’hommes. Albrecht de Waldstein ou Wallenstein. Le premier intervenant est Christian IV du Danemark qui détient lui-même des territoires ecclésiastiques en Allemagne. L’avancée des armées catholiques en Allemagne du Nord entraîne une européanisation de la guerre. la guerre passe en Allemagne du Nord. entraînant du même coup pour deux siècles l’éclipse de la culture nationale profondément liée à l ‘épopée hussite et à la Réforme. La ligue catholique y remporte de nouvelles victoires. Ferdinand bannit et exproprie les membres de l’aristocratie (sauf les catholiques). Un noble tchèque redevenu catholique. Ensemble. intervient à son tour en Allemagne après avoir réglé leur compte aux Russes et aux Polonais. soucieux d’assurer l’élection de son fils comme roi des Romains. entre en scène. à l’ambition illimitée avec une grande part de rêve et de superstition. ni la plupart des princes allemands. nouveau champion du protestantisme. se voient attribuer les biens confisqués. Ferdinand II ne peut dépendre militairement de la Ligue dont les troupes ne peuvent être employées qu’en Allemagne alors qu’il doit faire face à des soulèvements en Hongrie et à un conflit avec le prince de Transylvanie. La Bohême est désormais administrée depuis Vienne. Or les Pays-Bas méridionaux. et l’empereur dote richement Wallenstein et ses parents. Les princes catholiques commencent à redouter le pouvoir d’un empereur appuyé sur une puissante armée permanente dont la solde échappe aux votes du « Reichstag ». inquiètent les puissances protestantes (Pays-Bas.troupes de Frédéric qui doit définitivement s’exiler. les chefs de la Ligue se font payer fort cher et ne tiennent nullement à un renforcement de l’autorité impériale. En outre. et le roi d’Espagne est un cousin proche et allié de l’empereur. Avec l’appui de l’empereur. Ferdinand II qui n’est pas un grand esprit ni un fort caractère. Suède) d’autant plus que la guerre entre la Hollande et l’Espagne arrêtée depuis 1609 reprend en 1621. Flamands. l’Electeur de Bavière. Ferdinand II décide donc de se doter d’une armée qui ne dépend que de lui. Le roi de Suède Gustave II Adolphe. Avec eux. cède aux instances des princes catholiques et accepte de se séparer de Wallenstein et diminue du même coup la force de son armée. La Suède n’a jamais joué un rôle important en 42/84 . au détriment des dynasties locales bannies. Profitant du trouble créé par le renvoi de Wallenstein. Son beau-père le roi d’Angleterre Jacques 1er Stuart (1603 à1625) ne bouge pas. Italiens.

Malgré sa mort. avait persécuté les catholiques de son pays ! Déclarant la guerre à l’Espagne. Son armée. promesses. les Suédois s’emparent d’une partie de Prague et les Français occupent la Bavière. c’est sa fille unique mineure Christine de Suède qui devient reine et continue le combat avec l’aide du chancelier Oxenstierna et d’excellents généraux. ses destructions en tout genre s’abattent sur toutes les régions allemandes. ses tortures. La France obtient les évêchés lorrains de Metz. Début 1648. les deux armées s’affrontent et Gustave-Adolphe est tué. la puissance impériale s’écroule en Allemagne du Nord et les Suédois pénètrent dans le sud catholique. le nouvel empereur Ferdinand III. le protestantisme relève la tête en Allemagne du Nord. A nouveau les fureurs de la guerre avec ses meurtres. chef de guerre audacieux et avisé. la France (Louis XIII) n’avait participé à la guerre que par les subsides versés à la Suède et à plusieurs princes allemands.occident : de 1630 à 1715. La petite armée suédoise frappe un coup décisif en novembre 1631 et bat Tilly. L’empereur rappelle Wallenstein qui aussitôt rassemble une nouvelle armée et repousse les Suédois vers le Nord. et l’Alsace. le fondateur de l’Etat suédois moderne. Du coup. Jusqu’alors. C’est un politique ambitieux pour lui-même et son royaume. roi de Suède et de Pologne). annexés en fait depuis un siècle. qui exerce une forte attraction sur tous ceux qui l’approchent. en Allemagne du Sud. Sur les conseils des jésuites et de l’ambassadeur d’Espagne. A la bataille de Lietzen en Saxe. en Souabe. A la mort de Gustave-Adolphe. si bien que presque tous les princes protestants se résignent à conclure une paix de compromis avec l’empereur et acceptent de lui un renforcement très réel de pouvoirs militaires et politiques de l’empereur. elle va être une des grandes puissances de l’Europe puis retombera dans la marginalité. La France de Mazarin parvient jusqu’au Rhin. Gustave Adolphe le Sauveur est un homme d’Etat autoritaire et clairvoyant. Gustave II Adolphe débarque sur la côte de Poméranie en 1630. le général en chef de la ligue à Breitenfeld. succède à son père Ferdinand II. Toul et Verdun. Vainqueur des Russes et des Polonais (rappel : le père de Gustave II Adolphe. Petit-fils de Gustave Vasa. les conseillers de l’empereur prennent ombrage de la puissance de Wallenstein et soupçonne ses intentions de vouloir accéder à la dignité impériale après avoir rendu la paix à l’Allemagne. nomination aux principaux lieutenants de Wallenstein afin de les détacher de lui puis l’empereur le fait tuer comme rebelle. Charles IX avait détrôné en Suède son neveu Sigismond à la fois par héritage paternel et maternel. La grande guerre se termine en Bohême. la France entre directement dans la mêlée. personnage sans grande envergure. A Vienne. poussant jusqu’en Bavière. En 1637. Elle va encore durer 12 ans. Curieuse d’ailleurs cette alliance du cardinal Richelieu. continue et remporte en 1635 une victoire nette sur les Suédois. en 1632. Plus que jamais les armées vivent sur le pays. Elle restera en guerre avec 43/84 . à Prague même où elle avait commencée en 1618-1619. forgée par cet homme de guerre tchèque. il hérite de son père et de ses oncles la volonté d’étendre le domaine de la couronne suédoise aux rives orientales et méridionales de la Baltique pour en faire un lac suédois. Les victoires de ses adversaires amènent Ferdinand III à accepter les conditions qu’il avait toujours refusées. elle. avec une royauté protestante qui. en Franconie. sur le Rhin. profite du vide créé par le renvoi de Wallenstein et conclu des traités d’alliances avec un grand nombre de princes protestants. Ferdinand II décide de se débarrasser de ce serviteur trop inquiétant : il fait des dons. La guerre dure déjà depuis 18 ans. persécuteur des protestants français. dans les PaysBas.

sont placées sous la garantie de la France et de la Suède. aux Turcs. en matière religieuse : dans ce domaine catholiques et protestants siègent désormais séparément. Cet affaiblissement de l’empereur et de l’empire fait que l’empereur perd désormais le droit de mener la politique extérieure de l’empire. en 1683… En Allemagne. L’éclatement de l’empire est symbolisé par l’article interdisant au Reichstag de prendre des décisions à la majorité. les princes et les villes peuvent à présent conclure des alliances avec des souverains étrangers et même entrer dans des alliances avec des souverains étrangers contre l’empereur. Il en va de même des villes libres dont l’économie sort ruinée de la guerre et dont la puissance politique n’existe plus. la Suède et le Danemark. les princes protestants de l’Allemagne de l’Est et du Nord se trouvent confirmés dans la possession des évêchés et abbayes déjà sécularisées. L’empereur et l’empire deviennent en quelque sorte deux entités différentes d’où l’expression en droit public « Kaiser und Reich » (l’empereur et l’empire). En plus de cette grande guerre de Trente Ans. la France et l’Espagne. les Stände. Les principautés ecclésiastiques.l’Espagne pendant onze ans encore. même celles concernant la structure intérieure de l’empire. et curieusement la longue paix entre l’empereur et les Turcs toujours aux prises avec leurs difficultés intérieures et persanes laissent passer l’occasion de reprendre l’offensive contre Vienne. et Louis XIV achèvera l’œuvre des deux cardinaux Richelieu et Mazarin par l’annexion de la Franche-Comté. sans être suivi par l’empire. les engagements de l’empereur en Transylvanie et en haute Italie. comptaient sur la protection de l’autorité impériale. puissances auxquelles tout « Reichstand » pourra faire appel s’il se croit victime d’une violation des textes de Münster et d’Osnabrück. les guerres contemporaines sont marginales pour l’Allemagne mais sont inséparables de la guerre allemande : le conflit entre l’Espagne et les Pays-Bas. Dans les traités de Westphalie (Münster et Osnabrück de 1640) s’inscrit la création de l’Etat autrichien et aussi la possibilité pour d’autres princes allemands de mener leur état à la grandeur et à la dignité de puissance européenne. L’ensemble des dispositions des traités de Westphalie. Les Allemands en s’entredéchirant ont permis aux autres grands Etats européens de les neutraliser en tant que puissance centrale du continent. Bien plus. Ce qui signifie que l’empereur Ferdinand III peut désormais en tant que prince territorial faire la guerre au roi de France. Ils la prendront trop tard. La disparition d’un grand nombre de Reichsstände ne peut qu’affaiblir encore cette autorité. Le pluralisme religieux est désormais admis. des Flandres méridionales et de Strasbourg. La crise des relations franco-allemandes 44/84 . L’Eglise d’empire se trouve privée de la moitié de ses principautés par rapport à la situation d’avant la Réforme et est la grande perdante de la réorganisation territoriale du Reich. Il lui faut désormais l’accord du Reichstag. un certain nombre de puissances moyennes obtiennent quelques accroissements territoriaux. L’empire éclate et l’empereur se trouve contraint de se replier sur ses terres héréditaires et ses possessions extérieures à l’empire (la Hongrie et ses dépendances). pour se défendre contre les empiètements de leurs voisins séculiers. la Suède et la Pologne.

mais un dynaste qui porte ombrage aux autres. ne sont quand même pas le roi de France ! Les lendemains de la Grande Guerre et l’Age Baroque Les négociateurs ont mis tant d’années à faire la paix que l’Allemagne exsangue a peine à y croire. ou l’Electeur de Saxe. La tristesse et l’épuisement excluent toute jubilation. s’élèvent contre une domination étrangère qui est en même temps une suite d’arrachements : sous Louis XIV. C’est une histoire que les Français ont l’habitude de voir de leur côté. de l’économie. des capacités militaires se renversera en faveur de l’Allemagne. mais l’Allemagne ne suscite chez les Français qu’une attention distante et intermittente. La France elle aussi ne compte que les invasions qu’elle a subies. Racine. Tout le « beau monde » parle français mais rarement très bien. une partie de la noblesse. la Franche-comté tout entière avec Besançon. La France ne manquera jamais d’alliés en Allemagne où l’empereur n’est plus principalement le chef de la nation. La domination culturelle française est à la fois universelle et superficielle. Le traité de Ryswick en 1697 laisse Strasbourg à la France. puis Strasbourg prise par ruse et contrainte en pleine paix . l’ère de l’affrontement. ville libre d’empire. roi de Pologne. Dans l’ensemble. les villes s’en sortent mieux qu’en campagne grâce 45/84 . Les Allemands l’ont appelé le traité de « Reiss-weg » (=arrachement) et celui de Nimègue en 1678 donnant à la France la Franche-Comté et le Sud de la Flandre a été appelé le traité de « Nimm-weg » (=enlèvement) etc… ce qui laisse deviner le fond des sentiments allemands. Par la suite. aux conquêtes de Louis XIV s’est ajoutée la Lorraine « héritée » de Stanislas Leszczynski en 1768. La bourgeoisie éclairée des villes. De Richelieu dans la Guerre de Trente Ans jusqu’à la fin des guerres napoléoniennes. Ce sentiment sera longtemps tenu en balance et recouvert par la formidable attraction du « modèle français » : Versailles. des matériaux employés. ferme. La France devient l’ennemi héréditaire de l’Allemagne. La moyenne des pertes humaines est de 50%. et du côté allemand. la mode capillaire. Car enfin. La politique allemande de Richelieu et de Louis XIV fera surgir en Allemagne un sentiment national blessé qui se développera lentement mais continuellement jusqu’à la crise violente de la révolution et de l’empire.L’intervention de la France dans la Guerre de Trente Ans marque le début d’une ère nouvelle dans les relations franco-allemandes. L’Allemagne se couvre de châteaux imitant Versailles mais qui ont l’air plus allemands à cause de la modicité des moyens. jamais celles qu’elle a fait subir. fixée par raison d’Etat. les admirations. C’est que la France est une et unique alors que l’Allemagne demeure divisée et multiple. une langue claire. La France tient la première place dans les préoccupations. l’Allemagne devient le champ de bataille de la grandeur française qui ensanglantent et dévastent l’Allemagne. le duc de Würtemberg. les empiètements au détriment du Reich ne se comptent plus et font apparaître la puissance française comme une machine de proie dont l’Allemagne est la principale victime. du ressentiment national. mais aussi à cause de leurs goûts. Le souvenir de ces arrachements et de ces ravages s’est maintenu tout au long du XVIIIème siècle sous le vernis doré de l’influence française. de grands lambeaux d’Alsace lors de la paix de Westphalie. alors qu’elle fonde en Allemagne les ressentiments qui légitiment les invasions du 19ème et 20ème siècles quand la balance de la démographie. les craintes et les fureurs des Allemands. de nombreuses villes et places dans les Flandres et au Hainaut. domineront longtemps les cours allemandes et les Lettres allemandes. vestimentaire et artistique. l’électeur de Hannovre bien qu’il soit roi d’Angleterre.

compositeur de talent. C’est la lente dislocation de l’empire qui se poursuivra au 18ème siècle… 46/84 . Et ce siècle qui lui doit le triomphe orgueilleux de la grandeur française et la montée de plus en plus rapide de la richesse anglaise est nécessairement celui d’une grande faiblesse allemande. bienveillant. le roi du Danemark en tant que duc de Holstein. Dans beaucoup de territoires. Depuis les traités de Westphalie. les exigences de la reconstruction favorise les tendances à l’absolutisme. Il faudra près d’un siècle pour réparer les dommages. En 1697. Ceci traduit le mal de vivre d’une partie importante des ruraux qui cherchent à échapper à la misère et aux pressions envahissantes d’un pouvoir de plus en plus absolu. les paysans prennent la fuite dans des forêts impénétrables ou dans les villes voisines. le roi de Suède siège au Reichstag en tant que duc de Brême et de Poméranie. Par ailleurs. Les villes libres principales perdantes doivent renoncer à leur indépendance et intégrer un territoire « princier ». Il est hésitant. indécis et brille davantage par son obstination et sa confiance dans le destin de sa maison que par des questions d’homme d’Etat et de chef de guerre. à l’exemple de Colbert. à l’exemple des pays étrangers. Absolutisme et « mercantilisme » princiers voient le développement de leur économie. les princes réduisent complètement les droits des Etats à gouverner. La puissance princière organise aussi le repeuplement des campagnes en accordant aides et avantages mais parfois aussi par la pression et la force. Ferdinand III meurt et c’est son fils cadet l’archiduc Léopold qui lui succède. Face aux pillages sauvages. Léopold 1er. Beaucoup de terres sont abandonnées. l’Electeur de Saxe Frédéric-Auguste dit Le Fort. les villages détruits et déserts. La transmission des savoir-faire est interrompue par la disparition prématurée de 2 ou 3 générations de pères. selon le droit public des Etats. l’Electeur de Hanovre se fait l’héritier de la couronne d’Angleterre en 1701. la pauvreté. Les relations entre l’empereur et les princes sont affectées par l’accession d’un certain nombre de ces princes à un statut de souveraineté extérieure à l’empire qui fait d’eux les égaux de l’empereur. Partout la détresse. se fait élire roi de Pologne.aux fortifications et aux murailles qui protègent les habitants. excellent musicien. Frédéric III (1688-1713) Electeur de Brandebourg se proclame roi en Prusse à Königsberg en 1701. un des plus longs règnes de l’histoire allemande (1656-1705) est intelligent. Un peu partout les princes s’emploient à la reconstitution. En 1654.

Le XVII ème siècle : De l’Espagne à l’Autriche Les Habsbourg possédaient Milan, Naples, la Sicile et la Sardaigne. Gêne et Florence sont dans leur orbites. Sous domination espagnole, politiquement étouffante, économiquement destructive, tournée vers une religion bigote et réductrice, on observe l’absence d’une bourgeoisie italienne qui aurait pu conduire l’Italie vers une forme d’Etat moderne, comparable à la France ou la Prusse. Les aristocraties italiennes privées s’amollissent et restent crispées sur leurs privilèges du passé. Le XVIIème italien se tourne vers un idéal de conservation, de maintien de l’ordre établi, de paix, idéal renforcé par le regain de ferveur religieux. Le poids des contraintes extérieures, des guerres et dominations étrangères est énorme. L’Italie du XVIIème siècle est morcelée, recouvrant des statuts politiques fort différents et souvent contradictoires. Elle est divisée en un grand nombre d’unités politiques dont certaines regroupées entre les mains de Philippe III d’Espagne. Elle a deux monarchies universelles : l’empire et la papauté, et un Etat l’Espagne qui contrôle directement une partie de la péninsule. Tout ce monde ne s’organise pas harmonieusement, loin de là. Certains se recoupent, empiètent sur les autres, coexistent difficilement. Par exemple, le grand duc de Toscane est un prince à la fois totalement indépendant et qui doit rendre des comptes à l’empereur, au pape ou encore au roi d’Espagne ! Les papes gouvernent des territoires importants qu’ils continuent d’élargir. Sa principale mission est de défendre, protéger la foi, mission renforcée avec la Contre-Réforme. Il faut empêcher toute juridiction laïque d’empiéter sur les privilèges de l’Etat ecclésiastique. Pour ce faire, le pape doit légitimer son droit d’ingérence dans les affaires des autres Etats : ce qui soulève sans cesse de violentes controverses. Toutefois, la puissance juridique n’est rien sans le nerf de la guerre et de l’influence : l’argent, qui a toujours fait la puissance pontificale. Rome est une plaque tournante financière. Mais à partir de 1640, il y a dégradation de la situation dans l’Etat pontifical : Elle s’affaiblit face à un royaume de France de plus en plus agressif, La prépondérance espagnole est l’élément le plus frappant de la vie politique italienne. Etant donné les importantes possessions des Habsbourg, Madrid est partie prenante dans l’ensemble des affaires italiennes. Mais la puissance espagnole s’affaiblie par la révolte des Pays-Bas, la mort de Philippe II. Menacée par la France, elle semble décliner. La Guerre de Trente Ans soumet à rude épreuve ses capacités de réaction et ses ressources. L’Espagne met une pression financière et militaire énorme sur ses possessions italiennes qui, à la suite de troubles en 1617, verra l’expulsion de l’Espagne hors d’Italie !

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Le reste de la péninsule est divisé entre des Etats de tailles très variables. Les statuts politiques varient également considérablement = monarchie féodale en Piémont, héritage de régimes républicains tels le grand duché de Toscane ou le duché de Mantoue.

Dans tous les affrontements du XVIIème, les mêmes sites géographiques reviennent au cœur des problèmes : les débouchés alpins, les places fortes de la plaine du Pô. Jusqu’en 1630, la prépondérance espagnole s’est maintenue. En revanche, à partir de cette date, les ambitions françaises se manifestent à nouveau avec plus de pugnacité. Mais c’est là le dernier acte de la présence française en Italie jusqu’aux guerres napoléoniennes. Les troupes de Louis XIII envahissent le Piémont et à la paix de Cherasco (1630) la France s’installe à Pignerol, au pied du col du Mont Genève. Le duc de Savoie joue un jeu habile entre les protagonistes. Puis pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg, Amédée II de Savoie s’oppose à Louis XIV : les troupes françaises occupent Nice et la Savoie. La France doit évacuer Pignerol. Durant la guerre de succession d’Espagne, les armées françaises sont écrasées devant Turin en 1706 par les Impériaux du prince Eugène qui occupent le Milanais. C’en est donc fini de la puissance française en Italie. L’Espagne suit de peu. Le duel francoespagnol dans la péninsule tourne finalement à l’avantage d’un troisième intervenant, l’Autriche. En 1647, une révolte napolitaine contre les Espagnols, les spéculateurs, le paiement de lourds impôts – sorte de fronde - met en jeu quatre forces : la monarchie, l’aristocratie, le peuple et les « robins » ou ministériales, Ce sont des magistrats. Les ministériales sont les grands vainqueurs du conflit. Ils ont entamé une ascension remarquable depuis le 16ème siècle aux dépens des nobles, leur ravissant des postes politiques importants. L’influence des robins puis des officiers devient prépondérante dans la vie politique napolitaine. La noblesse est la première à bénéficier de la crise des finances. Elle profite de la difficulté de la monarchie à restaurer son importance politique. La révolution de 1647 « constitutionnelle », analogue à la Fronde, dont les instigateurs sont les robins. La révolte se solde par la victoire des robins qui, alliés à la monarchie, s’entendent contre la noblesse et les couches plus modestes de la population. C’est donc la survie de l’Etat moderne que la magistrature assure avec cette victoire. Les hommes dans l’Italie du XVIIème siècle L’Italie du nord est la première région industrielle d’Europe au début du XVIIème. Puis, une importante série de faillites bancaires entre 1590 – 1610 inquiète. La prospérité de l’Italie repose sur ses exportations massives de produits manufacturés et exportations « invisibles » importantes sous formes de services bancaires et armatoriaux. Or cette conjoncture se retourne durablement au début du XVIIème. En effet, l’Italie voit ses exportations s’effondrer et son réseau commercial se démanteler. De même, l’Italie du sud est touchée. Ses soies siciliennes ou napolitaines disparaissent presque totalement. C’est le textile anglais qui sort vainqueur de cet affrontement économique. L’Italie est trop chère : les salaires trop élevés, les corporations défendent les intérêts de leurs membres, une organisation du travail trop rigide, un manque d’innovation, tout ceci étouffe cette prospérité italienne par ailleurs confrontée à une terrible concurrence. Seules les industries de luxe résistent à la crise !!

A cela s’ajoutent deux terribles épidémies de peste 1630 et 41656. Milan voit disparaître la moitié de sa population, Crémone 63% et Mantoue 77% !
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L’Italie perd au cours du XVIIème siècle l’avance qu’elle avait conservée jusque-là. Virtuosité Baroque C’est le Concile de Trente de 1653 qui précise le rôle qu’il assigne à l’art dans la communauté catholique réformée. L’image est magnifique dans une fonction pédagogique : il importe que les textes sacrés représentés soient conformes aux textes et au dogme. Les religieux ont donc là une fonction de contrôle. C’est dans Rome, la capitale restaurée, où 54 églises sont construites où reconstruites au 16ème siècle, où la basilique Saint-Pierre voit sa coupole enfin terminée en 1593, où trois aqueducs antiques sont restaurés entre 1572 et 1612, 35 fontaines publiques mises en service dans les trois dernières décennies du 16ème siècle, que prend naissance l’art baroque (Baroco). Le mouvement baroque s’est étendu de 1600 à 1750 avec son apogée vers 1650-1675. C’est dans la période qui va de Sixte Quint à Paul V (1605-1621) que l’on voit le mieux l’application de plus en plus virtuose des principes édictés par Trente. Les papes et les nouveaux ordres qui se développent ont besoin de nouvelles églises, de chapelles, de représentation. Face au protestantisme, il faut réaffirmer les dogmes de l’Eglise catholique et insister sur l’exemplarité et l’héroïsme d’épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament ou de la vie des saints. De nouveaux saints doivent être honorés : saint Ignace, sainte Thérèse, saint Charles Borromée ou saint François-Xavier. Leurs vies, miracles et dévotions font l’objet de nouveaux récits. On crée toute une symbolique. Il faut convaincre en parlant à l’imagination, à la sensibilité, permettre l’élévation de l’âme par une sorte de contagion de la beauté par l’exemple. La papauté veut séduire et combattre également. Elle contribue à faire de Rome la capitale de la catholicité. Mais il se développe une contestation d’ordre scientifique et théologique qui touche l’art et la philosophie. Au début du XVIIème siècle, un bouillonnement intellectuel marque cette période. On assiste à un double mouvement : de réflexion et d’invention, mais aussi de contestation suivi de condamnations prononcées par l’Eglise (Galilée, Giordano Bruno, sont les plus célèbres) qui touche aussi Caravage ou le Tasse. Michelangelo Merisi dit le Caravage (1573-1610) est emprisonné puis chassé de Rome pour avoir diffamé un critique d’art célèbre. Il meurt en 1610 après un long exil dans le sud. Il était partisan d’une peinture réaliste, refusant les allégories, les lectures savantes et le travail formel du maniérisme. Il peignait « brutalement ». Giordano Bruno (1548-1600) quitte les dominicains de Naples en 1576 et est recueilli par Giovanni Mocenigo, noble vénitien chez qui il rencontre Galilée. A la suite d’un différent avec Mocenigo, le dernier le dénonce au Saint-Office comme hérétique et après sept ans de procès, il est brûlé en 1600. Bruno, philosophe, est profondément sceptique quant à l’utilisation des religions, sauf pour éventuellement « contrôler les émotions du peuple ».

Galilée (1564-1642) étudie et fait des recherches à l’université de Pise, invité par le grandduc de Toscane. C’est alors qu’il étudie les tenants et aboutissants de l’astrologie traditionnelle qui met en doute son orthodoxie. Ses découvertes astronomiques l’amène à confirmer la théorie posthume de Copernic contredisant les enseignements tirés du système
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de Ptolémée. C’était demander à des hommes de bouleverser l’ensemble des croyances sur lesquelles étaient fondées le sens commun de la théologie. C’était beaucoup pour une époque qui valorise d’abord la préservation, la tradition, la réaction spirituelle et religieuse. Galilée est torturé, doit abjurer sa doctrine et est condamné à la prison à vie. Il meurt en 1642.

Le XVIIème siècle reste le siècle du baroque, mais du second baroque, plus fantaisiste, plus « bizarre », plus décoratif que le baroque des premières années de la Contre-Réforme, plus austère et plus solennel. Ce second baroque est plus exubérant, plus joyeux. L’âge d’or du baroque est dominé par les géants comme, Gian Lorenzo Bernini dit Le Bernin, Pierre de Cortone et Borromini dans l’architecture. Le baroque joue sur les mouvements, le décor, l’ensemble urbanistique.

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et frère d’Anne d’Autriche qui épouse en 1615 Louis XIII.1599 : Marguerite d’Autriche 1584-1611. fils de Philippe II. la diversité des Espagnes Les revers de la monarchie espagnole Puissance de premier plan au XVIème siècle. fils. Marie-Anne de Neubourg 1667-1740. de science et de technique. fille de l’empereur allemand Ferdinand III. don Juan d’Autriche en 1678-79. c’est l’amorce d’un déclin : 1. 1ère ép. victime du transfert de puissance de la Méditerranée vers l’Atlantique. 51/84 . et demi-sœur de Philippe II d’Orléans 1674-1723 « le Régent » dont la mère est la 2ème épouse Elisabeth-Charlotte de Bavière dite « la Palatine ». 1665 – 1700 Charles II. Le Siècle d’Or de l’Espagne ne s’achève qu’au milieu du XVIIème siècle. sœur de Louis XIII 2èmeép. Marie-Louise d’Orléans 1662-1689. sa cousine. 1621 – 1665 Philippe IV. avec sa 1ère épouse Henriette-Anne dr’Angleterre. EXTINCTION DE LA BRANCHE DES HABSBOURG D’ESPAGNE ! - - Au XVIIème siècle. où les notions de rationalisme. fille de Philippe d’Orléans frère de Louis XIV. L’effacement politique des souverains va jusqu’à la vacance sous Charles II et signifie l’abandon de l’absolutisme royal. roi d’Espagne et de Portugal. Sans héritier. Les trois rois du XVIIème siècle ne sont pas dignes de leurs ancêtres. de progrès. roi d’Espagne. Ils sont les victimes de la fréquence des mariages consanguins au sein de la famille des Habsbourg. l’Espagne va s’effacer au cours du XVIIème siècle.1649 :Marie-Anne de Habsbourg 1635-1696. Régence de Marie-Anne d’Autriche avec le comte d’Olivares. Ep. fils.Dynastie des Habsbourg d’Espagne 1598 – 1621 Philippe III. fille de l’Electeur palatin de Neubourg Philippe-Guillaume. les revers de la monarchie espagnole 2. de sécularisation se feront loin d’elle. 1ère ép.1615 : Elisabeth de France 1602-1644. 1578 – 1621 roi d’Espagne et de Portugal. sa cousine. sœur de Ferdinand II empereur d’Allemange. 2ème ép.

Valence et Aragon réticents cèdent. C’est Philippe d’Anjou. la péninsule explose de l’intérieur. le Portugal exaspéré par la politique centralisatrice d’Olivares. Durant les années 1621 et 1643. fait sécession en proclamant roi le duc Jean de Bragance.Le pouvoir revient à un favori. Il a placé ses hommes dans tout l’appareil d’Etat et au sein de l’administration régionale et urbaine qu’il remercie par ses largesses. met en lice la France et l’Autriche pour la succession d’Espagne. du monopole de la traite d’esclaves. les aristocrates font appel à don Juan d’Autriche (1629-1679). sa contribution à l’armée commune. Ils se servent mieux eux-mêmes qu’ils ne servent l’Espagne. voire mondiale de l’Espagne. Le Portugal devient indépendant en 1668. En 1648. souhaite unifier l’Espagne par l’adhésion et la participation de tous les royaumes et de tous les sujets à la politique commune. les troupes françaises occupent les Pays-Bas espagnols et les marchands français bénéficient dorénavant de privilèges importants dans les colonies espagnoles. D’autre part. Lors de la régence de Marie-Anne d’Autriche à la mort de Philippe IV. 52/84 . Il luttera durant son règne contre la France à ses frontières septentrionales et orientales. conduisent à la fin de l’hégémonie européenne. Mais la monarchie n’est pas en position d’imposer autoritairement pareille mutation. Charles II meurt et la dynastie des Habsbourg d’Espagne s’éteint avec lui. Elle passe le relais à la France. Jean IV de Portugal. Olivares profite de la montée des périls extérieurs en 1639 pour pratiquer une politique de fermeté. notamment en septembre 1701. qui l’emporte. grande épidémie de peste qui va durer jusqu’en 1684). Don Juan d’Autriche règne deux ans. en 1643 les Français s’emparent du Roussillon et remportent la victoire de Rocroi. le Roussillon. l’Asiento. fils naturel de Philippe IV et d’une actrice célèbre. Mais les négociations de Westphalie. Ses droits à la couronne de France sont maintenus. petit-fils de Louis XIV. Dans le même temps. bientôt duc de Sanlucar. Philippe V entre à Madrid. qui ne doit sa fortune qu’à la confiance du roi et au réseau d’hommes qu’il s’est constitué et sur lequel il s’appuie. aux dépends des Hollandais et des Anglais. Ces mesures déclenchent début 1640 une insurrection qui fait tache d’huile. la Calderona : le pouvoir du favori est dorénavant fondé sur l’appui de l’aristocratie bien plus que sur la confiance du roi et l’aristocratie s’unit pour faire valoir ses vues. Charles II. la défaite des Dunes. En février. Barcelone est atteinte. La Catalogne refuse de participer à autre chose qu’à sa propre défense. Le comte d’Olivares favori de Philippe IV. condition nécessaire à la constitution d’un Etat moderne centralisé. stérile. l’Espagne perd les Provinces-Unies. proportionnellement à sa population et ses ressources. Olivares est démis de ses fonctions et remplacé par son neveu Luis de Haro. le « valido ». Les favoris ne sont que des courtisans sans aucune expérience politique et n’ont d’autre souci que de préserver leur pouvoir miné par les rivalités et ne brillent que par leur désintéressement. C’est son fils Charles II (1665-1700) qui lui succède. une série de places fortes entre Flandres et Luxembourg. coup terrible au prestige militaire espagnol. et le vice-roi le comte de Santa Colonna est lynché ! La même année 1640. le duc d’Anjou. Le 1er novembre 1700. la paix des Pyrénées où l’Espagne perd l’Artois. meurt en 1679 sans avoir pu malheureusement donner la mesure de ses talents en raison d’un contexte désastreux (difficultés extérieures. Chaque royaume devait fournir.

roi d’Espagne Charles III. il n’y a rien. Les sculpteurs célèbres sont Juan martinez Montanes et son disciple Jean de Mesa. Ruine financière d’abord. désormais sa capitale. En littérature citons : Lope de Vega. la guerre de succession d’Espagne dure neuf ans. 53/84 .En fait. l’art espagnol au XVIIème siècle témoigne d’un épuisement de la création : l’Espagne n’a pas plus de créateurs que d’aventuriers ou de saints.) source de diminution des recettes fiscales et de restriction du marché intérieur. ni les impôts nouveaux créés sous Philippe IV. Enfin. Le déclin démographique (guerres. La Catalogne s’ouvre en 1705 à l’archiduc Charles qui se fait proclamer à Barcelone.. Les Français commandent les armées espagnoles et subissent des revers : Gibraltar tombe en 1704. Tirso de Molina (1571-1658) et Calderon de la Barca (1600-1681). Guillen de Castro (1579-1644). A part les peintres comme Diego Vélasquez (1599-1664). pestes. Bartholomé Estéban Murillo (1617-1682) ou Francisco de Zurbaran (1598-1664). le transfert de puissance politique et économique de la Méditerranée vers l’Atlantique conduit à une ruine économique. les dépenses militaires sont un gouffre que ne parviennent pas à combler ni les envois de métaux précieux américains.

veuve de son frère. le plus attractif par sa hiérarchie structurée. dynastie suédoise. (1699-1757). 1669 – 1673 Michael Korybut Wisniowiecki. Ep. Fils de Catherine Jagellone de Jean III de Suède. morte en 1641. fils. dont les exportations relayées par la Hollande constituent un réseau de grands greniers à grains. noble ukrainien.1645 Louise-Marie de Gonzague-Nevers. se ramène à conquérir la Moscovie (=la Russie) et chasser les Turcs d’Europe. 1648 – 1668 Jan II Kazimierz Vasa. Arméniens (nombreux à Lwow) et quelques Hollandais. sans s’intégrer socialement. Tatars. - - 1598-1632 Zygmunt III ou Sigismond III : sa politique outre les luttes contre la noblesse qui envisage de le déposer. son rayonnement mondial. frère. ne se mêle pas aux chrétiens mais vivent en paix avec eux. Ep. duchesse de Nevers et princesse de Mantoue. De nombreuses bourgades se dotent de superbes synagogues. 2ème ép. appuyée par Pierre le Grand et l’Autriche. La population juive en augmentation permanente depuis le XVème siècle profite des privilèges royaux. 1ère ép. 2ème ép. Début de la dynastie saxonne. en 1592 Anna de Habsbourg. contre protestants et orthodoxes. Au XVIIème siècle l’enrichissement est conditionné comme au XVIème siècle par le développement de l’agriculture avec Gdansk comme symbole éclatant d’abondance qui draine toute la production céréalière de la république. La mentalité des nobles méprisant commerce et artisanat laisse ces activités aux juifs qui. Elenora Maria Jozefa 1674 – 1697 Jan III Sobieski. 1637 Cécile-Renée. Dernier des Vasa de Pologne. Le catholicisme redevient. noble polonais. à Fontainebleau.- 1587 – 1632 Sigismond III Vasa.1671 Marie-Casimire de la Grange d’Arquien. Ruthènes. Ep. 1ère ép. 1719 Marie-Josephe de Habsbourg. 1632 – 1648 Wladyslas IV Vasa. Les jésuites ramènent la plupart des calvinistes et luthériens dans leurs églises pleines de fastes baroques. s’intègrent économiquement. sœur d’Anna. 54/84 . 1697 – 1704 Auguste II Mocny (Frédéric-Auguste de Saxe) dit Le Fort. en 1605 Constance de Habsbourg. La Pologne est le plus vaste ensemble pluriethnique et plurireligieux d’Europe avec ses Lituaniens. fille de l’empereur Ferdinand II. malgré la tolérance aux autres.1649 Louise-Marie de Gonzague-Nevers. Ep. Son accroissement semble dû à une natalité plus forte que chez les chrétiens. Allemands. sa richesse.

Quelques foyers calvinistes persistent encore en Lituanie protégés par le Radziwill. mais n’a été élu que grâce aux mérites militaires de son père Jeremi contre les cosaques. George II Rakoczy de Transylvanie début 1657. 55/84 . 1669 à 1673 Michal Korybut Wisniowiecki. lui succède. 1648 à 1668 Jan II Kazimierz. Il était le premier souverain d’origine polonaise depuis les Piast. Le Danemark et les Pays-Bas inquiets de la mainmise de Charles X (Charles-Gustave) sur la Prusse entrent en guerre aux côtés de la Pologne. et Jan II Kazimierz s’enfuit en Silésie et on parle de son abdication. Son fils unique étant mort peu de temps avant lui. le dernier Vasa abdique en septembre 1668 pour se retirer. 1632 à 1648 Wladyslaw IV succède à son père. en l’Eglise de St Germain des Prés dont il devint abbé. Son cœur repose à Paris. La reine meurt en 1641 et il épouse en 1644 Louise-Marie de Gonzague-Nevers (« Maria Ludwika »). Son frère Jan Kazimierz lui succède. le lendemain de Noël 1655. A la mort de Louise-Marie. dernier des Vasa de Pologne. Il épouse Cécile-Renée. fille de Ferdinand II en 1637. Il abdique en 1668 à la mort de son épouse et s’enfuit en France où il devient abbé de l’église de St Germain des Prés où son cœur repose depuis sa mort en 1672 (son tombeau est orné d’une représentation de son unique victoire à Beresteczko). Wladyslaw IV meurt en 1648. Moscou par le tsar Alexis (père de Pierre Le Grand avec sa 2 ème épouse) signe le traité de Pereïaslav. Les derniers temples protestants sont démolis à Poznan en 1616 et à Lublin en 1627. Il vient de signer avec Charles-Gustave. Il combat les Tatars et les Ukrainiens en 1651 d’où il sort victorieux à Beresteczko Il est prisonnier des Français à Marseille et emprisonné à Sisteron. Il épouse la veuve de son frère en 1649. le premier d’une série d’abandons de l’Ukraine à la puissance russe. ses célèbres « Mémoires ». son frère. Jan II Kazimierz réapparaît à Lwow. La Grande Pologne est cédée sans combattre en juillet 1655 ainsi que la Lituanie en août. Il est moins attaché à la république qu’à ses racines suédoises. la Suède envahit la Pologne. Son tombeau s’orne d’une représentation de son unique victoire contre les Ukrainiens en 1651 à Beresteczko. l’un des rares chef-d’œuvres polonais de cette époque troublée nommée « le déluge »). Ce sera ensuite le tour de la Lituanie en 1654. Dés 1654. accablé par tant de revers. en France à Nevers où il mourra en 1672. duchesse de Nevers et princesse de Mantoue. Ils se dirigent vers le sud : Varsovie et Cracovie sont prises sans résistance. sous la protection de Louis XIV. son successeur immédiat ne règnera que quatre ans. La reconquête très pénible des territoires occupés par les Suédois et les Prussiens se complique par un troisième intervenant ennemi. surtout dans les zones proches de la Pologne.La polonisation des élites de l’Ukraine et de la Biélorussie progresse vite. l’Electeur de Brandebourg et les Radziwill un acte de partage de la Pologne (lire Jan Chryzostom Pasek. Le reflux suédois commence avec la levée de siège de Czestochowa. Frédéric-Guillaume de Prusse se soumet aussi aux Suédois qui se trouvent rapidement maîtres de tout le littoral de la Baltique. il laisse la république sans héritier. Le tsar assimile la Ruthénie et la Russie dans la formule « de toutes les Russies » ou de Grande Russie. En 1655.

roi de Suède. de la dynastie des Wettyn. il est élu roi en 1674 par la « szlachta » puis couronné en 1676. Charles XII. également dans le domaine judiciaire avec son lot de corruption et de falsifications. Là. Son père. Il se convertit au catholicisme et est élu roi de Pologne avec l’appui de Pierre le Grand et de l’Autriche. et avec l’aide financière du banquier juif Berend Lehmann. L’économie est considérablement affaiblie. sera jouré « Narciso . puis y fait élire à sa place le voïvode de Poznan. demoiselle d’honneur de la reine MarieLouise de Gonzague et veuve de Jean Sobiepan Zamoyski vovoïde de Kiev (= gouverneur de l’Ukraine). Stanislas Leszczynski. Puis une suite de procès se déclenche contre des juifs. Elle s’installe à Rome en 1699. Parallèlement. Il épouse Marie-Joseph de Habsbourg (1699-1757) et ont 4 enfants.Très faible. en proie à des difficultés financières et désireuse de terminer sa vie en France. Saxon.Amor d’un ombra e gelosia d’un aura » créé en 1714. Il laisse à sa mort une république complètement affaiblie ou l’ingérence étrangère permanente va devenir la règle pendant tout le XVIIIème siècle. L’antisémitisme est croissant. dans son théatre privé. L’hetman Jan Sobieski bat de nouveau lesTurcs à Chocim en 1673. Ils ont eu 5 enfants. Leurs tractations royales à des fins de pouvoir personnel inquiètent les magnats. et malgré la victoire de l’hetman Jan Sobieski remportée contre les Turcs à Podhajce. 1674-1696 Jan III Sobieski. Sa dépouille est ramenée en Pologne pour être enterrée près du roi au château de Wawel à Cracovie. A sa mort. hetman (=chef des armées polonaises). après avoir battu les Russes et les Danois. Est élu Electeur de Saxe en 1694 sous le nom de « Frederik Auguste 1er ». C’est un des plus grands rois de Pologne. Jakub Sobieski est vovoïde de Krakovie. La chute européenne des prix de céréales amène un développement de la distillation sur place des réserves invendues qui s’accompagne de la mise en place d’un réseau de débits de boisson ou auberges dirigées par des juifs. Il épouse une française Marie-Casimire de la Grange d’Arquien « Marysienka » (1640-1716). Il arrive avec son armée à Cracovie et se proclame roi de Pologne le 15 septembre 1697. Mais c’est le XVIIIème siècle… Bilan social et artistique du XVIIème Le territoire est ruiné par les guerres. elle quitte Rome et s’installe à Blois où elle s’éteindra en janvier 1716. Noble ukrainien. Petit à petit c’est l’anarchie. Il exige la déposition de Auguste II qui est ratifiée par la confédération nobiliaire générale de Varsovie en 1704. Fils de John George III et de la princesse Anne Sophie du Danemark. dans le palais du peintre Zuccari. un drame musical relatant leur histoire d’amour ! En juin 1714. Auréolé de ce succès. son épouse Maria Casimira (« Marysienka ») est chassée de Pologne. pénètre en Livonie en 1701 et à Varsovie et Cracovie en 1702. il introduit de nombreux fonctionnaires saxons qu’il anoblit en Pologne. Le paysan est tenu d’y acheter une quantité d’alcool obligatoire. il ne peut empêcher les Turcs de s’emparer de la partie de l’Ukraine qui restait à la Pologne : Kamieniec tombe en 1672 et la Podolie est envahie. 1697 – 1734 August II MOCNY (Frédéric-auguste de Saxe) dit « Le Fort ». l’Est de la Pologne voit le culte hébraïque en plein essor… 56/84 .

grand chambellan de Ivan IV. Ep. Ep2 : 1707 : Marthe Rabbe. élu Tsar. fils de Sigismond III. 1606 : Dimitri 1er : demi-frère . Tsarine de 1725 à 1727. Eudoxie Strachenieva (1608-1645) .1682 : FEDOR III ALEXEIEVITCH ROMANOV. sœur de Fedor III et de IVAN V (mère 1ère épouse Maria Miloslavsky) et demi-soeur de Pierre 1er (mère 2ème épouse Nathalia Narychkine) avec 2 co-tsars : *1er tsar : IVAN V ROMANOV. 57/84 .1613-1645 : MICHEL 1er FIODOROVITCH ROMANOV.1598 – 1605 : Boris GODOUNOV . fils 2ème ép. fils de Philarète Romanov et cousin de Fedor II. Vassili Chouiski.. roi de Pologne et de Lituanie qui occupait alors la Russie. fils. . Règne 8 semaines. Ladislas. Ep: Mascovie Soltyker 1664-1724. fils de Dimitri Godounov. Ep1 : 1680 : Agaphie Grondhetski. *2me tsar : PIERRE 1er ALEXEIEVITCH ROMANOV.. Ep1 : 1689 : Eudoxie Lapouchkine 1672-1731. polonaise Ep2 : 1682 : Marthe Apraxine . Règne 9 jours. Est assassiné. Ep1 : en 1624. polonaise. Déposé. Divorce 1698.1682-1689 : régence de Sophie. dit PIERRE LE GRAND.1645-1676 : ALEXIS 1ER MIKHAILOVITCH ROMANOV.1689-1725 : PIERRE 1er LE GRAND. Ep1 : Maria Miloslavsky 1625-1669 Ep2 : Nathalia Narychkine 1651-1694 . Descendant de la première épouse d’Ivan le Terrible. Est assassiné par Dimitri Godounov. devenue Catherine 1ère 1684-1727. seul. . fils de Fedor I. Ep Marina Mnichek. Maria Dolgorouki Ep2 : en 1626. « Le temps des Troubles » : 1606 – 1613 * * * * 1606 : Fedor II Ivanovitch. demi-frère. Maria Malouta-Skouratov.1676. Anastasia Romanova.

Théophile de Viau 15901626. de la démesure. de l’apparence qui s’exprime dans une langue riche parfois luxuriante. située hors de l’homme qui pour se réaliser pleinement doit s’efforcer de l’atteindre. roman pastoral qui a eu un succès phénoménal. Les deux aspects du roman baroque sont l’idéalisme et le réalisme. d’incessantes remises en cause. Antoine Furretière 1619-1688. L’inspiration baroque est alors dominante et témoigne toujours des apparences. 58/84 . D’autres suivront. ses exagérations. Richelieu fonde l’Académie Française qui veille à la correction de la langue. La vérité est conçue comme un absolu. l’Académie de peinture et de sculpture est créée sur les mêmes principes. ses contradictions qui divisent l’être humain et ses ridicules. Mme de La Fayette. plus de 5000 pages. il ne peut exister qu’une seule vérité. Le baroque se prête à la satire : il dénonce les vices du temps. œuvre colossale. Honoré d’Urfé avec « l’Astrée ». Dans chaque domaine de la connaissance et de la vie. Voilà qui permet au pouvoir politique d’exercer son contrôle sur la culture. Robert Challe 1658-1720. Poètes : Mathurin Règnier 1578-1613. des changements qui sont au centre du monde et de l’homme. L’humanisme chrétien essaie de proposer à l’homme des guides sûrs susceptibles de régir sa vie : François de Sales… Les deux grands penseurs du XVIIème siècle. elle est naturellement marquée par une littérature de l’excès. La publication s’étale sur plus de vingt ans. Charles Sorel 1602-1674… Le roman historique est présent tout au long du XVIIème : Madeleine de Scudéry. Romanciers : Paul Scarron 1610-1660. et porte jugement sur les œuvres littéraires. Savinien de Cyrano de Bergerac 1619-1655. En 1655. François de Malherbe 1555-1628. créée en réaction à l’austérité protestante sous l’influence de l’Italie.La littérature au XVIIème siècle se distingue en deux grandes parties : le baroque 1598 – 1661 le classique 1661 – 1715 Le Baroque Période d’instabilité permanente. Descartes et Pascal. En 1635. 5 tomes. représentent l’aspiration à la vérité qui annonce une époque classique de certitude. cautionnée par Dieu.

On organise des concours de poésie. Les réunions qui s’y tiennent sont d’une grande importance dans l’évolution des idées. Comme la femme représente un absolu. Elle revendique son accès à l’instruction. Chez Ninon de Lenclos se réunissent les libertins . L’amour précieux est un amour éthéré. C’est une communion des esprits qui rejette l’exaltation des sens. On évoque les subtilités de l’amour. Elle triomphe dans les salons mondains de Paris. On donne connaissance des lettres brillantes que l’on a reçues. c’est le salon de Madeleine de Scudéry qui progressivement éclipse le précédent. Il utilise le badinage et la légèreté pour démystifier les douleurs de la passion. C’est au contraire un phénomène européen. D’abord habituée à l’hôtel de Rambouillet. des écrivains comme Voiture. il fait de l’amour un grand jeu de société ! Ex. Par exemple. Mme de Sévigné. : le jeu du portrait consiste à faire deviner l’identité d’un familier du salon). C’est là que se développera l’esprit précieux. on entend des auteurs réputés lire leurs œuvres. cruelle. Militante féministe avant la lettre. pour la femme ou l’homme à la mode. La littérature est un des sujets privilégiés. somptueuse demeure située près du Louvre. c’est pratiquer un langage choisi. Elle y entraîne des familiers du salon concurrent et y réunit des grands bourgeois et des écrivains. Mais bien d’autres cercles s’ouvrent aux amateurs. Clélie. la Rochefoucauld. elle lutte pour l’égalité de la femme. Dans ces salons. Vincent Voiture 15971648. Y être admis. habitués de la cour et des salons.La « préciosité » apparaît. bientôt assistée de ses deux filles. ce cercle devient une véritable institution. spirituel. chez Françoise d’Aubigné. Le corps en est résolument exclu. son droit à la culture. elle fonde son propre cercle dans sa demeure du Marais. il est indispensable d’avoir ses entrées à l’hôtel de Rambouillet. êtres oisifs. Ce sont les deux plus importants salons. d’autres salons verront le jour en particulier celui de Mme de La Fayette. Elles amènent à se côtoyer des grands comme le cardinal La Valette ou Condé. Etre précieux. Mme de La Fayette. idéalisé. sa liberté de choix dans le mariage. Elle constitue un idéal de raffinement pour les femmes et les hommes à la mode. : Saint-Amant 1594-1661. 59/84 . Madeleine de Scudéry 1607-1701 : le grand Cyrus. capable de rendre compte de la gamme infinie des impressions ressenties. Elle est l’être parfait. On juge des ouvrages. Puis à partir de 1650. Dans la période suivante. Les précieuses revendiquent hautement l’égalité de la femme. On y parle des grands problèmes de l’heure. on discute longuement sur les comportements qu’il convient d’adopter. l’esprit de la personne aimée. les jeux de société y occupent aussi une place importante (ex. La marquise de Rambouillet. C’est durant la période 1630-1661 que le nombre de salons se multiplie. Vaugelas. dont la beauté témoigne de la perfection morale. Mais le précieux n’a pas le sens du tragique et se fait une raison de ce refus. l’épouse de Scarron et la future Mme de Maintenon se presse une assistance essentiellement bourgeoise. La France n’a pas le monopole de la préciosité. L’amour est le thème essentiel de la préciosité. La femme y joue un rôle privilégié. Etre précieux c’est connaître toute la subtilité des sentiments. Célamine. De 1610 à 1665. C’est elle qui règne sur ces cercles et c’est autour d’elle que s’élabore un véritable cérémonial de raffinement et de subtilité. elle est inaccessible et malgré elle. c’est faire partie de l’élite de ce Paris mondain. car c’est la grande préoccupation de la vie quotidienne des « précieux ». Et surtout. François Tristan L’Hermite 1601-1655. c’est apprécier la beauté. la société s’organise autour de la femme. y reçoit de nombreux invités.

Ils se retrouvent. il quitte l’armée et regagne Paris en 1641. sur l’homme à la mode. on lit ses romans fleuves avec délectation. une conception philosophique. Il est influencé par le philosophe grec Epicure (341-270 av JC) mais ses idées libertines2. Comme dieu n’existe pas. Pour les écrivains. Aussi. Le rejet de la morale traditionnelle fondée sur la vertue (si souvent reproché aux libertins) n’est que la conséquence de leur philosophie. Les burlesques montrent l’abîme qui se creuse entre ce que souhaite paraître un personnage et ce qu’il est réellement. et le libertinage s’applique à un mouvement de contestation des idées traditionnelles. Les burlesques sont réalistes. Elle fait évoluer des personnages tirés de l’histoire antique qu’elle fait apparaître dans la période où elle vit décrit les comportements de son temps. Trois écrivains exercent alors une influence considérable sur l’homme de cour et de salon. manger. l’existence terrestre. Cyrano de Bergerac en a fait la cruelle expérience. des modèles : Vaugelas exprime les règles du bien parler. On le connaît davantage comme mousquetaire où il s’est engagé dans la célèbre compagnie à 20 ans. Les précieux sont des idéalistes. Jean-Louis Guez de Balzac celles du bien écrire. son but et son devoir d’homme est de rechercher les plaisirs avec la modération dictée par la raison et respecter les autres. en attribuant au mot libertin une étiquette péjorative. Le libertin est constamment ouvert aux satisfactions de l’esprit et du corps. Sa carrière militaire est brève : blessé en 1639 et 1640. Les risques sont grands. elle le craint et le souhaite en même temps. Ils s’appuient vigoureusement sur le réel. à saisir ses lois sans qu’il soit besoin pour les expliquer de faire appel à un dieu. En 1628. souvent en collaboration avec son frère. Elle a élaboré une œuvre romanesque importante. La prison guette les libertins. (lire Scarron). Les autorités religieuses veillent. à un créateur tout puissant : les libertins sont donc souvent athés. Son attachement pour son frère Georges de Scudéry la console des désillusions de la passion. lui attirent de nombreuses inimitiés et compliquent sa carrière littéraire. Sa destinée : découvrir les règles d’une science parfaite. Paul Scarron 1610-1660. 60/84 . le jugement et la condamnation. l’homme doit s’efforcer grâce à l’outil exclusif de la raison. René Descartes 1596-1650. il faut profiter de la seule existence dont dispose l’homme. refuse le mariage. le burlesque se développe (style bouffon). dormir. Il apprécie les beautés de la nature et de l’art. fuit la sensualité qu’elle considère comme aliénante. Dans leurs descriptions. Les libertins remettent en cause la validité d’une société et d’une monarchie dont le pilier principal est la religion. Elle a peur de l’engagement. Il est sensible à l’amour. mariage de convenance avec la petite fille du poète Agrippa d’Aubigné. En 1652. développe sa conception de la vie marquée par la préciosité : ce qui explique l’engouement des lecteurs. Etre libertin c’est remettre en cause la religion. Nicolas Faret celles de bien se comporter (« l’Honnête Homme » ou « l’art de plaire à la cour »). Reprenant les théories du philosophes grec Epicure. Ce peut être aussi l’arrestation. Savinien de Cyrano de Bergerac 1619-1655. Il aime boire. la mort les menace. Auteur à succès. Elles essaient par tous les moyens de dénigrer. mais a besoin de tendresse. Pour comprendre l’univers. Françoise d’Aubigné. il s’installe en Hollande et y écrit l’essentiel de son œuvre. Quant à l’amour. 2 Le mot libertinage signifie à cette époque « affranchi ». la future marquise de Maintenon puis future épouse de Louis XIV. C’est une vision du monde. se reconnaissent dans les êtres fictifs qu’on leur présente comme des reflets d’eux-mêmes. Dans ces conditions. Affranchi des conventions. les libertins adhèrent au matérialisme : ils considèrent que tout dans l’univers est matière et que le fonctionnement du monde obéit aux lois de la matière.rejette la domination de l’homme. représentent des références. de dénaturer cette conception philosophique en la réduisant à un comportement moral dépravé. c’est la difficulté de se faire éditer. c’est souvent contester le pouvoir royal. ils incluent sans hésiter les réalités les plus crues et pratiquent l’excès avec délectation et humour : ils introduisent une dimension comique. son athéisme. Il pratique le style burlesque avec un humour décapant. il est dangereux de défendre de telles positions. Parallèlement à la préciosité. L’être humain doit donc trouver son épanouissement sur cette terre.

Orphelin à trois ans. celles du Petit-Bourbon puis du Palais-Royal. la vérité… Cette communauté d’esprit que l’on appelle le Classicisme n’est pas pour autant d’une homogénéité appauvrissante. Il commence alors à écrire de courtes pièces puis des œuvres inspirées d’auteurs italiens. Durant cette période. de posséder sa propre scène sur laquelle on offre des spectacles à ses amis. soit Jean-Baptiste Poquelin. plus particulièrement le public féminin : Pierre Corneille 1606-1686. Ecole des Femmes.Blaise Pascal 1623-1662. de la théorie et de la pratique. Mithridate. les Femmes Savantes. Lulli et son Académie de musique. Iphigénie. les cercles scientifiques. ni n’empêche la multiplication d’œuvres originales variées. il est partagé entre la foi et les mondanités. sources de prestige et de considération. bientôt rejointe par celle de l’hôtel de Bourgogne en 1680 : ainsi se constitue la Comédie Française. le théâtre joue un rôle social et politique de plus en plus important. Molière crée la Comédie Française. Attachés à des règles d’écriture. Les théâtres privés : Il est de bon ton d’aimer le théâtre. Son père est un riche tapissier de la rue Saint Honoré. Phèdre. Athalie. Il mène une vie mondaine. Comme Pascal. il élabore l’essentiel de son œuvre : Alexandre le Grand. Britannicus. Les troupes ambulantes : 61/84 . C’est là une source importante de recettes pour les comédiens. celle du théâtre du Marais. l’Avare. Andromaque. De 1667 à 1677. ils sont attirés par l’absolu. il y avait trois salles permanentes : la salle de l’hôtel de Bourgogne. Durant cette période de dirigisme intellectuel. occupe le Palais-Royal. une troupe de comédiens qui donne des représentations dans toute la France. Titres honorifiques. ancêtre de l’Opéra. Cette harmonieuse combinaison des Lettres et des Sciences. C’est la spectaculaire progression de la comédie : on assiste à une véritable explosion. Il fréquente les salons. Philippe Quinault 1635-1688. Il exploite la farce et critique les ridicules et les vices (les Précieuses ridicules 12659) et l’hypocrisie religieuse (Tartuffe 1664). Bérénice. apparaît les grands noms d’écrivains qu’a retenu l’histoire de la littérature. De plus en plus le peuple s’intéresse au théâtre et surtout au genre comique. puis « tapissier ordinaire de la maison du roi » et « valet de chambre du roi ». Tragédien. Il est familier des milieux de la cour. sa grand-mère maternelle l’envoie à l’abbaye de Port-Royal où il reçoit l’enseignement janséniste. Molière 1622-1673. Les lieux de spectacle Les théâtres publics : A Paris. Jean Mairet 1604-1686 Le classique Louis XIV crée l’Académie des Inscriptions et des Lettres en 1666. Don Juan. Il obtient la protection du duc d’Orléans. les Fourberies de Scapin… Jean Racine 1639-1699. Créateur de l’Opéra français. le Bourgeois Gentilhomme. de la réflexion et de l’action marquera profondément son œuvre. Esther. Il gagne les milieux de la cour et des salons. Alors la troupe du Marais fusionne avec celle de Molière.

qui ont le privilège de s’installer sur la scène même. les gens à la mode. Naissance de l’Opéra Français Parallèlement à la comédie-ballet développée par Molière. La petite bourgeoisie prend place sur des gradins disposés en amphithéâtre. Les gens de la cour. Le peuple reste debout dans le parterre de la partie centrale. l’argent des spectacles donnés chez de riches particuliers et les dons des protecteurs. ce qui explique le développement du théâtre-spectacle. Les écrivains C’est l’épanouissement de l’esprit mondain. Pour des raisons économiques. La floraison d’écrivains de cette époque est due au développement des salons. et conduit à une interrogation sur la façon de se comporter. 1671. Ils écrivent pour ce public qu’ils côtoient et non pour des spécialistes. Le spectacle et le public Les nobles et grands bourgeois s’installent dans les loges. Le spectacle se compose souvent de deux pièces (de 14h à 17/18h). L’inattention du public est chronique. les troupes de théâtre comportent un nombre peu important de comédiens : la troupe de Molière compte de 10 à 15 personnes (60% acteurs et 40% actrices). Le classicisme privilégie l’analyse psychologique. Persée 1682 et Roland 1685. ne cessent de perturber la séance. sur la manière de concilier les impulsions individuelles et les exigences de la vie collective. plus proche de la tragédie. La tradition de ces tournées s’est maintenue de nos jours. Ainsi naît l’opéra français dans la ligne de l’opéra italien. ce qui donne l’occasion de ménager des pauses… la place de théâtre est à un prix modique. Ainsi Molière. des familiers de la cour. L’assistance est agitée et bruyante. une analyse des autres. conversations. Mais surtout Lulli et Quinault qui seront les grands maîtres de ce genre. éventuellement injures adressées aux comédiens. Les meilleures places sont réservées aux amateurs de théâtre.Elles parcourent la France et font connaître en province le répertoire théâtral. d’autres spectacles de cour prennent place. au même niveau que la scène. musique. Réalisations de prestige destinées à célébrer la grandeur royale : Louis XIV et les courtisans y participent parfois en tant qu’acteurs. Les écrivains sont des mondains. La nécessité de tenir compte des autres s’impose dans ces cercles mondains. Allées et venues. Heureusement le spectacle est interrompu à chaque acte pour moucher les chandelles (enlever les mèches brûlées qui sinon dégageraient de la fumée). sont de plus en plus nombreux. aux jeunes gens à la mode. Ce sont la vie et les habitudes des salons qui leur fournissent de quoi exprimer leur pensée. des habitués des salons. avec Thésée 1675. Corneille et Lulli élaborent en collaboration « Psyché ». Les troupes disposent de trois sources de revenus : les recettes des représentations publiques. Les bénéfices sont répartis entre les comédiens. les grands écrivains des années 1661-1680. Ils doivent avant tout plaire et s’efforcent de trouver des formes attrayantes pour exposer leurs idées. 62/84 . souvent des nobles. du théâtre-divertissement et en particulier du théâtreballet. Le public populaire ne sachant pas lire trouve dans le théâtre une activité culturelle accessible à la fois intellectuellement et financièrement. alliant texte. danse et chant.

Elle poursuit son existence mondaine mais met peu à peu toute sa passion dans sa vie familiale. fonde avec François de Sales l’Ordre de la Visitation. son mari est tué lors d’un duel. Mais c’est aussi le début de leur admirable correspondance. Elle épouse à 18 ans le marquis Henri de Sévigné et commence pour elle une vie mondaine brillante. Reine jusqu’en 1654. la marquise de Sévigné 1626-1696 (sa correspondance est une chronique du temps présent. Conçue comme un divertissement. le cardinal de Retz 1613-1679. Elle réside en Bretagne aux Rochers. Son fils fait une carrière militaire. Entretenir une correspondance c’est naturellement communiquer avec celui auquel on s’adresse. mais se rend souvent à Paris. Marie de Rabutin-Chantal. Elle est orpheline à 1 an (son père est tué au siège de la Rochelle en 1627. notamment Descartes qu’elle reçoit à sa cour. Elle fréquente le salon réputé de l’hôtel de Rambouillet. son cousin Bussy-Rabutin. à la pertinence de leurs pensées. est riche d’une conception du monde. un véritable régal pour les habitués des salons). Elle est le témoignage de cet art de vivre fait de modération et de raffinement qui caractérise « l’Honnête Homme » du XVIIème siècle. Elle voue à sa fille un amour démesuré qui épouse en 1669 le comte de Grignan et part le rejoindre en Provence. elle abdique au profit de son cousin. Sa célèbre grand-mère Jeanne de Chantal. c’est une femme d’esprit qui évite de faire un étalage trop voyant de ses connaissances. Elle est avide de connaissance. elle constitue un moyen d’échange efficace. toujours prête à apprendre. écrivain alors célèbre bientôt membre de l’Académie Française.François de la Rochefoucauld 1613-1680. Elle a deux enfants : une fille Françoise-Marguerite née en 1646 et un fils Charles né en 1648. A Paris. témoignage qui traversera les siècles. sa mère meurt en 1633 alors qu’elle a 7 ans). elle reçoit ses amis à partir de 1677 dans le somptueux hôtel Carnavalet qu’elle a pris en location (le 1er étage). attirée par les intrigues sentimentales et l’aventure. la Rochefoucauld. érudites. C’est l’assurance que l’on sera lu et jugé par ces cercles mondains auxquels on appartient. Comme Mme de Sévigné. propriété de son mari. Elle contient une réflexion. Marie-Madeleine Pioche de la Vergne fait partie de ces femmes nobles. Ainsi cette correspondance privée est-elle destinée à un public. permet la formation d’une communauté de gens qui partagent les mêmes préoccupations culturelles et qui veillent dans leurs correspondances à l’élégance de leurs styles. attirées par la culture et l’écriture. L’usage de la lettre ne se développe pas seulement en France. Fouquet. et avec Pascal. elle épouse 63/84 . Femme d’esprit et d’une grande érudition. Mais aussi avec le milieu dont on fait partie car l’entourage a connaissance de ces lettres. Madame de la Fayette 1634-1693 Née à Paris. Il se marie en 1684 et Mme de Sévigné s’entend fort bien avec sa belle-fille. Elle passe la deuxième partie de sa vie à voyager. Christine de Suède (1626-1689) a laissé des lettres dignes d’intérêt. elle noue des relations avec les maîtres de la science et de la littérature. Elle est souvent en Bretagne dans le château des Rochers où elle voit son fils et sa belle-fille. cette littérature mondaine n’est pas superficielle pour autant. le cardinal de Retz. Le 5 février 1651. ce qui provoque chez Mme de Sévigné un véritable déchirement. Elle se constitue un cercle choisi d’amis : Mme de la Fayette. Elle est veuve à 25 ans. La marquise de Sévigné. En 1655. C’est auprès de sa fille en Provence qu’elle mourra le 17 avril 1696. sa conversion au catholicisme l’empêchant de rester souveraine d’un pays protestant. Dans toute l’Europe.

la fuite du temps. le petit Poucet. remise en cause du roman où l’on fuit la réalité historique pour fuir dans l’imaginaire et le merveilleux. Vers la fin du XVIIème siècle. Parallèle des Anciens et des Modernes. la tristesse mélancolique. Elle a pour thèmes la nature. on exprime sa conception du pouvoir et de la société. Charles Perrault 1628-1703 (le siècle de Louis le Grand. C’est le succès du conte de fée (Charles Perrault). Zaïde 1670 qui se déroule dans l’Espagne médiévale. le duc de Saint Simon 1675-1755 dans ses « Mémoires » élaborées de 1694 à 1749. Décadence de la poésie. Jean-François Regnard 1655-1709. une manifestation de la sensibilité profonde de l’individu. Robert Challe 1658-1720. témoin d’un double mouvement de repliement frileux et d’aspiration au renouvellement.le comte de la Fayette à 21 ans. Fin XVIIème / début XVIIIème. Elle ouvre ensuite son propre salon chaque samedi dans sa maison rue de Vaugirard. est une intime de Mme de Sévigné et surtout de la Rochefoucauld. Barbe bleue. Il en a 39. Elle mène une vie mondaine. Jean de la Bruyère 1645-1696. Fénelon 1651-1715 dans « Télémaque ». un certain changement commence à se manifester. un amour impossible. Elle écrit des ouvrages historiques (Mémoires de la cour de France 1688-1689. La description des caractères et des comportements ne suffit plus. le chat botté…). La poésie La principale vocation de la poésie réside dans le lyrisme. Pierre Bayle 16471706. philosophie ou science ouvrant la voie aux vulgarisations du XVIIIème siècle. on s’intéresse à tous les domaines de la culture : art. La comtesse de Trente 1724 qui se déroule sous la régence de Catherine de Médicis. On aborde l’analyse sociale et politique. Nicolas Boileau 1636-1711. littérature. les états d’âme. habituée du célèbre salon de l’hôtel de Rambouillet. c’est la querelle des Anciens et des Modernes. Bernard le Bovier de Fontenelle 1657-1757). La princesse de Clèves 1678 qui se déroule sous Henri II. contes de ma mère l’Oie : Cendrillon. Elle est faite pour exprimer les sentiments. Histoire d’Henriette d’Angleterre 1720) et des romans tels La princesse de Montpensier 1662 qui se déroule sous Charles X. Elle est un cri du cœur. Elle fréquente la cour et devient l’amie de Henriette d’Angleterre. le regret de la jeunesse perdue. 64/84 . la douleur face à un sentiment non-partagé : Jean de la Fontaine 1621-1695.

le dindon. Le grossissement des villes se poursuit et favorise le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché. de blé fournit 1. Des transformations historiques ont également des conséquences sur le système alimentaire : C’est la domination économique des pays du Nord qui favorise la production et la consommation d’alcool dans les pays consommateurs de vin. Ce sont essentiellement les blés de la Baltique. Cet assujettissement des paysans du Nord et de l’Est a permis un fort développement des ventes de grains aux pays plus peuplés et économiquement avancés.5 quintal de viande de bœuf et fournit que 340. particulièrement l’essor de la chimie au XVII ème. s’accroît dans des proportions considérables. il fallait que les pâturages reculent au profit des champs de céréales et que la part de viande dans le régime populaire s’amenuise sensiblement au profit du pain. et le sucre. Moscovie. apportés par les Hanséates puis par les marchands hollandais qui ont permis de nourrir les populations urbaines de plus en plus nombreuses d’Europe occidentale et pas seulement en temps de crise. Le développement de l’imprimerie permet la circulation des livres de cuisine.500. Bohême. le thé et le chocolat.). Les quantités très importantes des blés de la Baltique l’emportent sur les blés méditerranéens dû à l’accroissement des quantités transportées et une centralisation de ce commerce international des grains dont les prix. Dans le système économique et social très différent des pays d’Europe orientale (Allemagne orientale.000 cal. Pour entretenir l’essor démographique. et l’intégration qui en est résultée des autres continents à leur réseau commercial n’ont fait sentir tous leurs effets sur l’alimentation occidentale qu’au XIXème siècle. aux dépens de la variété du régime et de la part de viande (1 hect . le café. à la chasse et à la cueillette. Par contre d’autres produits alimentaires exotiques sont entrés beaucoup plus rapidement dans les régimes européens : le piment. La croissance démographique entraîne une reprise des défrichements et l’élargissement des terres vouées aux céréales s’est faîte au détriment des espaces voués à l’élevage. interrompt pour un temps la relation traditionnelle avec la diététique. 1 hect. etc…) les nobles se sont appropriés une part des récoltes en asservissant les paysans et en augmentant la corvée.000 cal. Le progrès scientifique. Hongrie. connu depuis longtemps mais dont la production de plus en plus contrôlée par les Européens. au XVIIème siècle s’établissent sur la place d’Amsterdam. « les blés de mer » de l’Europe occidentale. 65/84 .. boissons nouvelles qui constituent alors une part essentielle du grand commerce mondial. fait historique du début des temps modernes. c'est-à-dire qu’il a entraîné une augmentation de la part des grains dans l’alimentation populaire. de prairie produit au mieux 1.La conquête des océans par les Européens.

les truffes. LES OUVRAGES DE TABLE Au XVIIème paraissent des manuels de Maîtres d’Hôtel. les Liqueurs et les Fruits » (1692). ou bien « L’Art de Bien Traiter » de LSR (1674). les figues et les mûres se mangent avec du sel et sont considérés comme des fruits de hors-d’œuvre. sont publiés plusieurs livres de découpe avec présentation des volailles à découper et indication des emplacements de chaque coup de couteau. les assaisonnements acides et épicés du Moyen-Age cèdent la place à des assaisonnements gras ou sucrés. Le problème du pain est passé au premier plan dans les domaines politique. la notion de fruit se transforme : dans un sens général. de poèmes.Cela devient un investissement nouveau de l’Etat dans ses problèmes de ravitaillement qui étaient jusque-là de la responsabilité des autorités municipales. agricole et nutritionnel. le « Jardinier François » (1651) et encore « Les Délices de la Campagne » (1654) de Nicolas de Bonnefonds. « La Nouvelle Instruction pour les Confitures. de chansons. d’autant qu’ils disposent souvent de viande de porc dont l’élevage est approprié à ces régions. NOUVEAUX GOUTS les olives. En Grande Bretagne. sorties justes de la broche. comme « Le Nouveau et Parfait Maître d’Hôtel » de Pierre de Lune (1662) qui fournit un grand nombre de menus avec plans de table. désormais définis par des traités écrits par des professionnels. conservant aux aliments leurs saveurs « naturelle ». d’Italie et d’autres pays d’Europe méridionale. Les mangeurs de châtaignes dans plusieurs régions de France. rejoignent lentement la catégorie des légumes. C’est la libération de la gourmandise des temps modernes ! Au XVIIème siècle se créent des sociétés bachiques. ne sont pas les plus malheureux. la cuisine française prédomine en Europe . le melon. dédiées au plaisir de manger et de boire sont apparus au cours de ces siècles modernes (du XVIème au XVIIIème ). on trouve des manuels de sommelier. Ainsi. LES MANIERES DE SERVIR 66/84 . de l’échanson. Toutes les professions de bouche sont des arts. A partir de la deuxième moitié du 17ème. D’autres livres. peu à peu. « Le Cuisinier Roïal et Bourgeois » de Massialot (1691). on a classifié le sucré et le salé. les artichauts. jusqu’ici considérés comme des fruits à consommer au dessert. mêlant hommes et femmes dans des beuveries. « L’Ouverture de Cuisine » de Lancelot de Casteau à Liège (1604) prennent vigoureusement le parti d’une cuisine simple. et ne pouvaient manger du pain « que le dimanche ». institutions bien réelles dont les règlements nous sont connus. Le livre «Le Cuisinier François » (1653) de La Varenne est traduit en anglais. Au XVIIème. on désignait par « fruit » toutes les productions du sol. En France. sans autre sauce que leur jus propre. « Le Pâtissier François » de Jean Gaillard (1653). etc… réunis dans « L’Escole Parfaite des Officiers de Bouche » (1662) avec illustrations sur la manière de plier les serviettes et de peler les fruits. et certaines catégories de « fruits » sont passées lentement à la catégorie des légumes. toutes chaudes. Les cévenols mangeaient d’ordinaire de la fricassée de porc aux châtaignes. du plaisir de goûter des viandes saignantes. en Italie. Il milite avec ardeur en faveur des cuissons. en France. tout un ensemble de livres.

fèves. soit par un serviteur dont on avait le plus grand mal à attirer l’attention. n’étaient pas posées sur la table. Tous les plats sont mis sur la table. puis le boire. Allemagne. Les choux sont confits durant 3 à 4 mois que l’on fait ensuite cuire avec du lard. vendent une partie de leurs récoltes pour payer les impôts du roi. Chaque fois que l’on voulait boire. mais sur un buffet avec les verres. Pologne. les citadins se nourrissent essentiellement de produits venus d’ailleurs qui ont été contrôlés et enregistrés. C’est ce qu’on appelle « l’économie de subsistance ». Pour les jours de fête. Les bouteilles. des rivières. Les paysans plantent dans leur jardin des choux. mais ils étaient découpés par des écuyers tranchants et passés à la ronde par des serviteurs. des poires. et l’on ajoute un morceau de beurre ou de lard. poiriers et noyers dont ils cueillent et mangent les fruits en passant sous l’arbre.C’est classiquement le « service à la française ». Dans les autres pays. Pour les viandes. La soupe aide à faire passer le gros pain de campagne bien rassis. soit par son valet si l’on en avait la chance d’en posséder un. navets. racines. Les paysans se contentent de porc salé. poireaux. un morceau de viande -du porc salé. ils confectionnent des breuvages avec des pommes. les volailles sont destinées à la vente et aux redevances seigneuriales. Dans l’Europe du Nord et de l’Est. qu’ils fermentent. D’où la réputation de sobriété des Français auprès des peuples de l’Est et du Nord. Le bouillon de cette soupe est le plus souvent parfumé avec des racines et des herbes diverses. comme en France. d’une « bécasse prise au collet ». Les convives se servent librement et pour satisfaire chacun d’eux. Ils ont aussi des pommiers. des cerises. En Pologne. les redevances seigneuriales et le loyer de la terre qu’ils cultivaient. des navets ou autres racines ou légumes. c’est la nourriture par excellence. du lac. Russie. de peur qu’elles soient renversées en cherchant à atteindre un plat. de beurre ou d’huile. En Angleterre. Ils se nourrissent ordinairement que de ce qu’ils produisent. c’est du chou. ou bien encore des châtaignes ou des légumes secs. et autant que possible. tous les convives s’enivraient abominablement. à force de porter des toasts et de se défier à boire. eux. de la Flandre à la Russie. L’ALIMENTATION QUOTIDIENNE D’une manière générale. Les paysans. chaque convive ne goûtait normalement à chaque service qu’à un très petit nombre des plats posés sur la table.ou assaisonné de graisse. Dans les pays de l’Est. Certains étrangers regrettaient que le service à la française ne permettait pas d’accéder aux mets situés loin de soi. pois. aux portes de la ville ou sur les marchés. on disposait un grand nombre de plats sur la table. Ils ne boivent que du vin lors du « boire convivial ». Le pain n’est pas seulement un aliment populaire. ils roulaient sous la table les uns après les autres. selon les régions. Ils se contentaient des plats posés près d’eux. des prunes. témoin de la magnificence du maître de maison. Un repas était divisé en deux parties : le manger. car on ne buvait pas en mangeant. qu’ils cuisent dans la cendre du foyer. Ailleurs. pour des raisons fiscales. on mange de la choucroute. les femmes se retiraient après un ou deux verres. La soupe est le met essentiel et unique de tous les repas pris à la maison. il fallait donc se faire servir. blettes. Ils boivent ordinairement l’eau du puits. En Angleterre. 67/84 . le problème ne se posait pas. de sorte que chaque convive se voyait proposer successivement de chaque met. le maître d’hôtel veille à diversifier les plats au maximum. de grenouilles ou de poisson pêchés à la ligne. Dans le système français. s’ils n’avaient pas leur propre serviteur pour aller les chercher. matin et soir. de la source.

. céréale non panifiable. La volonté de se servir du couvert individuel pour porter à sa bouche une nourriture intacte exprime l’éveil d’une société à une nouvelle sensibilité qui met en avant dans la vie privée le besoin d’intimité. . glaces. comme on peut le voir dans les traités et architecture de l’époque. terrines et oilles. les moyens entremets sucrés. C’est avec Louis XIV que naissent les salles à manger. potage.3eservice =les grands entremets salés. soit dans les antichambres. la table est libérée de ses plats. En Alsace. La louche apparaît à l’extrême fin du XVIIème siècle. Jusque-là. la table est un spectacle pour les convives. Ce spectacle est double : celui des mets les plus exquis et celui des décors somptueux d’une riche et abondante vaisselle de métal précieux. les fruits sont mangés pour eux-mêmes. les repas se déroulaient soit dans la chambre à coucher. l’eau-de-vie est prise le matin avant de sortir et en hiver avant d’aller aux travaux en grange. on en boit de grandes quantités.5e service = fromages frais. Les fruits sont séchés et servent de nourriture aux pauvres pendant l’hiver. légumes. Il y a beaucoup de services : 5 : . avec des lavoirs pour rincer les verres et pour le service de la table. hors d’œuvre. de faïence ou de porcelaine. confitures ou fruits frais de saison. A partir du XVIème siècle.En Europe centrale et orientale. La bière houblonnée a au XVIIème siècle triomphée dans toute l’Europe continentale. Les plats restent sur la table un quart d’heure environ. les rôts et les salades. Donc service dépareillé. La Vodka russe est fabriquée à partir de l’avoine. etc… . LA TABLE « A LA FRANCAISE » A cette époque. sorbets compotes. Ceci conduira au XVIIIème siècle au respect de 68/84 . y compris dans les campagnes. Il faut prendre en une seule fois ce que l’on a à prendre : c’est une incivilité que de se resservir. Seuls les grands festins prennent place dans les vastes salles des châteaux et palais. Elle est dotée d’un buffet qui est d’abord une grande table de marbre. Au XVIIème les objets semblent progressivement ajoutés les uns aux autres. vides ou non. mais aussi en accompagnement de viande ou en sauce. La bière règne en Europe du Nord et de l’Est dans les pays où le vin n’est pas le fournisseur de calories bon marché des travailleurs de force. Pour ce qui concerne les services de la table.4e service =entremets chauds. les eaux-de-vie se répandent en Europe. Il ne faut pas étendre son bras par-dessus le plat devant vous pour en atteindre un autre… Entre chaque service. à commencer par les pays du Nord et de l’Est. l’antique cervoise non houblonnée subsiste jusqu’au XVIIIème siècle sous le nom de « ale ». tourtes.2e service = viandes et poissons en sauce remplaçant les potages. Comme elle est moins alcoolisée que le vin.1er service = entrées. Dans la deuxième moitié du XVIIème l’emploi du couvert individuel se répand dans tous les milieux aisés de la société. mais la boisson des élites sociales. Elle sera placée le plus près des cuisines. crèmes. Les premières salles à manger apparaissent aménagées et meublées de façon permanente et dorénavant l’architecture privée la prévoira dans son évolution. sous Louis XIV la vaisselle royale n’est pas un service cohérent et homogène. Ce sera sous Louis XV au siècle suivant que la notion de « service de table » prendra tout son sens. . En Angleterre seulement.

La disposition ordinaire des convives se fait autour de la table et non plus d’un seul côté : par conséquent. Gianbattista. Il a un aplomb phénoménal et un talent de musicien. commence sa carrière dans les cuisines de la Grande Mademoiselle. Lully. très habile. aux coings. cousine de Louis XIV et frondeuse. acquiert une utilité spécifique. il transforme son nom en Jean-Baptiste Lully. Là. Ils réussissaient admirablement tous les autres gâteaux d’alors : massepains. est rappelé par Condé. Vatel s’est suicidé ne voyant pas arriver les charrettes de poisson de la Manche. il disparaît pendant neuf ans. l’«Ile de Candie ». mieux cloisonnée. beignets. Anne-Marie Louise d’Orléans. Il deviendra directeur de l’Académie de Musique.l’intimité qui modifiera à son tour les mœurs jusque dans l’organisation des espaces domestiques : chaque pièce. Le cardinal Mazarin s’en amuse et présente son compatriote au roi du même âge que lui. Normalisé français en 1661. est chassé pour avoir composé une chanson très discourtoise sur sa bienfaitrice. l’attention des dîneurs n’est plus attirée par des distractions proposées dans la salle. La nouveauté au XVIIème est l’introduction de mets composés en sucre. le laissaient volontiers mettre la main à la pâte et exécuter le feuilleté de ce gâteau à la crème d’amande inventé par le signor Frangipani. 69/84 . Vatel. Marie de Médicis. Il ne survécu pas à cet affront. prince de Bourbon. en particulier la pièce des pâtissiers où des Florentins de sa mère. Quelques anecdotes relatives aux cuisines : Louis XIII. véritable « homme d’intérieur ». tartes aux pommes. Comme chacun sait. de Fontainebleau et de Saint-Germain. aimait à coudre comme un tailleur et cuisiner comme un chef. ce déshonneur. mais concentrée davantage sur ce qu’ils mangent. il fréquente les cuisiniers du Louvre. fille de Philippe d’Orléans frère du roi Louis XIV. Les techniques de raffinage de la canne à sucre sont maîtrisées par les Vénitiens possesseurs de Chypre. Depuis sa toute petite enfance. La princesse l’entend jouer du violon et lui donne des leçons de solfège et de guitare pour qu’il intègre plus tard son orchestre particulier. ou Watel (flamand ?). qui veut organiser une réception à Chantilly. et les confitures selon les recettes de sa grand-mère Catherine de Médicis. D’abord il fut maître d’hôtel chez Fouquet jusqu’aux fatidiques festivités de Vaux le Vicomte. c’est son nom. Il vient de Florence en 1645 avec le chevalier de Guise et échoue dans le sous-sol du Palais du Luxembourg où il mange à sa faim. L’essentiel du repas s’oriente davantage vers le plaisir du goût que vers celui des yeux. fondateur de notre Opéra. duchesse de Montpensier.

l’ « air » sous toutes ses formes sont les innovations dues aux artistes. Henry Purcell (1659-1695). Air de cour :transcription d’une chanson polyphonique pour une seule voix et accompagnée par le luth. avec entre autre la généralisation de la gamme tempérée majeuremineure. Cesti (1623-1669) Musique religieuse : Heinrich Schütz (1585-1672). Antonio Vivaldi (1678-1743). Des formes nouvelles viennent enrichir et renouveler tout au long du 17ème la musique vocale et instrumentale. puis une suite d’actes chantés avec accompagnement d’orchestre. Carissimi (1605-1674). le dernier représentant de la tonalité avant sa conversion tardive à la « série ». elle travaille aussi à inventer sur ses violons. cela s’appelle l’ « oratorio ». d’allure savante. chœurs. On cultive le style récitatif dramatique. s’oppose à la chanson populaire. la « mélodie accompagnée ». Arcangelo Corlli (1653-1713). Alessandro Scarlatti (1659-1725). et forme le drame musical qui a pris nom « Opéra » : c’est d’abord une comédie déclamée sur des récitatifs. Tandis que l’Italie se complait et se pâme aux roulades de ses castrats. Le retour des italiens du 17ème siècle à la monodie sur un accompagnement inconsistant est une chute artistique. moins raffinée.LA MUSIQUE DRAMATIQUE OPERA EN ITALIE Toutes les puissantes ou délicates architectures de la polyphonie de la Renaissance vont être englouties par l’irruption de l’Opéra vénitien et napolitain. Récitatif :dans la musique dramatique et la musique religieuse. le tout construit sur une histoire. qui contient toute la musique jusqu’à Stravinsky. chant déclamé qui suit les inflexions de la parole et laisse donc la primauté au texte.C’est la suprématie italienne au 17ème siècle ! Musique dramatique : Claudio Monteverdi (1568-1643). Cambert (1628-1677). Entre les airs profanes. Marc-Antoine Charpentier (1634-1704). Sweelinck Buxtehude (16371707). un poème. on place des cœurs.3 I . Puis englobera toutes les formes vocales dans une ou plusieurs voix. Louis Couperin (1626-1661). des intermèdes pour instruments. des sonates en concertos. danses. Aria (en français « air ») : mélodie vocale ou instrumentale isolée ou incluse dans une œuvre. Sur un plan religieux. la tragédie antique. ses orgues et ses clavecins. Dominico Scarlatti (1685-1787). Cavalli (1602-1676). d’esprit champêtre. la partie supérieure la plus importante permettant de comprendre le texte. mettant en scène des bergers et des bergères. Michel Delalande (1657-1726) Musique instrumentale : Girolamo Frescobaldi (1583-1643). J-Baptiste Lully (1632-1687). Les artistes copient la musique grecque. le « récit chanté ». 3 Pastorale :œuvre dramatique brève. Ainsi l’air de cour. 70/84 . les formes les plus pures de la musique. La place de la poésie prend tout son sens.

Ses parents sont morts en 1587 empoisonnés par le frère du Grand Duc. charge dévolue depuis près d’un siècle à des hommes de génie. de littéraires et de philosophes. l’Opéra italien a conquis l’Europe. 700 cantates et ontarios. la cité intellectuelle. Il adore l’Opéra et a deviné combien la veine comique des Italiens y serait à l’aise. Un autre. Le solo vocal s’impose déjà de plus en plus en Italie. à l’exception de la France. chez le comte Giovanni Bardi4. ils condamnent la polyphonie qu’ils jugent caduque.Le « ballet de cour » annonce l’Opéra parce que c’est un spectacle entier. conçu sur un scénario : action suivie avec danseurs. fille du Grand Duc de Toscane François-Mario de Médicis et de Bianca Capello. Bardi est maître de chapelle du pape Clément VIII à Rome. des costumes. Le nouveau drame lyrique va connaître son extraordinaire fortune dans des foyers plus actifs et plus riches et surtout grâce au grand musicien italien de ce temps : Claudio Monteverdi (1567 – 1643). Ils étaient de brillants mécènes mais tyranniques et assassins notoires. de chez Bardi. musique instrumentale. après quelques résistances. un peintre pour les décors. L’heure est propice au génie qui doit éclore et donne à Venise sa mesure. nécessitant les jeux de scènes compliquées. Vincenzo Galilei. chez qui se réunissent entre 1577 et 1582 une sorte d’académie d’humanistes. les décors magnifiques. L’Angleterre. digne et élégante figure de prélat aux yeux bleus au visage fin. Landi. Galilei écrit deux chants monodiques avec accompagnement de violes. les machineries nombreuses dont les Barberini dotent leur théâtre. On le joue jusqu’en Pologne. en Suède. Vittori. affirme que le madrigal est la plus belle des formes musicales à condition qu’on le purge de toute polyphonie. les machines de fantasmagorie. pour un retour à la mélodie de l’Antiquité imaginant une « imitation du discours par le chant ». L’un d’eux. 25 ans après la mort de Monteverdi. Giulio Caccini. c’est l’opéra napolitain qui succède en Italie à l’opéra dit vénitien. 71/84 . succombe à son tour. s’essaie à « imiter la parole par le chant ». le cardinal Ferdinand. Rossi. On lui doit 1150 opéras. Les gentilshommes et les dames de la cour participent aux figures dansées et aux innombrables « numéros ». les trouvailles d’une mise en scène simultanée. le futur pape Clément IX. Les premiers Opéras sont nés à Florence. De simple tragédie pastorale à Florence. A la fin du siècle. avec son école musicale qui n’est plus que de second ordre. père de l’astronome Galilée. font tout le succès des tous premiers opéras romains et préparent la voie à l’opéra-bouffe par l’introduction dans le drame de quelques scènes comiques. leur favori qui deviendra maître de chapelle du pape Clément VIII à Rome. musique vocale. Des compositeurs comme Virgilio et Mazzocchi. Rome voit naître l’Opéra-bouffe grâce au cardinal Giulio Rospigliosi. Les castrats 4 Marie de Médicis. Il sera Maître de Chapelle de Saint-Marc à Venise (il y passera 30 ans). la cour des Médicis perd de son éclat. Vienne s’italianise complètement et le demeure jusqu’après la mort de Beethoven. avec notamment Alessandro Scarlatti. A Florence. il devient une action à grand spectacle. Lorsqu’ils parlent de musique. Il manquait alors un élément essentiel du drame musical : un dialogue chanté ! le futur Opéra allait pouvoir puiser à sa guise dans les décors. barbare. Leur mort entraîne la disgrâce de Bardi. n’a rien de commun avec des cardinaux pornographes de la Renaissance.

la gorge. André Campra (1660-1744). les castrats avaient presque entièrement supplanté les belles cantatrices des premières années du siècle. la fabrication des castrats était devenue un art . Le timbre est aussi clair et perçant que celui des enfants de chœur et beaucoup plus fort. Lully écrit des drames. ils deviennent grands et gras comme des chapons. Un poète P. Lully contribue à établir un style et une forme qui soient restés classiques en France jusqu’à Gluck.A. Etrange et barbare sacrifice d’une société si parfaitement civilisée à l’idôlatrie du chant ! en 1562. Quelque fois les garçons opérés perdaient leur voix à l’âge de la mue. Destouches (1672-1749). se faisaient construire des « palazzi » et des villas magnifiques. Entre temps. les cantatrices leur faisaient concurrence et l’opéra bouffe leur convenait peu. Quand on les rencontre dans une assemblée. Ils se travestissaient pour jouer les rôles féminins malgré leur taille gigantesque. on est tout étonné. Incroyablement fats et capricieux. les bras. Bien que l’Eglise eut levé son interdit sur la présence des femmes en scène. meurt octogénaire en 1861. avec des hanches. la chapelle Sixtine comptait parmi ses chanteurs un castrat du nom de Rossinus. pleines d’éclat. Généralement. Un opéra national français est en voie de constitution. Autres compositeurs : P. Pour les autres. le cou rond et potelé comme des femmes. On châtrait entre 9 et 13 les petits garçons dont les voix donnaient des espérances. légères. Ensuite. Au 17ème siècle. puis Cavalli qui donne son Xerse (1660). Ils conservaient le timbre aigu et la tessiture élevée des jeunes garçons avec la puissance respiratoire des adultes. une croupe. 72/84 . Ils ne disparaissent de la scène que vers 1830. On émasculait donc encore de jeunes garçons en Italie au moment de la Révolution Française. leur nombre diminue. après Rossi. des ballets. Leur voix sont brillantes. féroces entre eux. Pour un temps seulement car le florentin J-Baptisite Lully (1632-1687) du même âge que Louis XIV est naturalisé français en 1661 et devient la même année le surintendant de la chambre du roi. Dictateur de la musique. une existence princière attendait ces fils de laboureurs et de cordonniers. très fortes et très étendues. après 7 ou 8 ans d’un sévère et patient dressage professionnel.et un commerce – entré complètement dans les mœurs italiennes. Caproli et Carali qui en fixera chez nous les principales données. et l’on peut imaginer le sort de ces malheureux. Charpentier (1634-1704). adulés du public. Leur période de gloire dura entre1650 et 1750. Il profite des difficultés du groupe Perrin-Cambert pour acheter la charge de ce dernier (1672). L’Eglise est la première à employer les talents de ces eunuques qui ont évolué pendant 200 ans. Mazarin attire à la cour Rossi qui y présente son Orféo. Ils étaient tous italiens. des pastorales.L’opéra avait également ses vedettes qui faisaient courir les foules. d’une espèce fort particulière : les castrats. Louis XIV ouvre une Académie de la Musique que Perrin est chargé de diriger. Velutti. Perrin et musicien Robert Cambert collaborent et donnent une pastorale en 1659 et une Pomone en 1671. lorsqu’ils parlent. Collasse (1640-1709). d’entendre sortir de ces colosses une petite voix d’enfant. OPERA EN FRANCE L’opéra italien ne vient que tard en France et c’est Lully. Le dernier. les castrats gagnaient des fortunes. En 1647. M. hantaient les cours.

Allemagne L’opéra italien pénètre par Vienne et la Bavière.-1745). il faut rattacher l’art de la cantate profane qui fleurit en France entre 1690 et 1730 : Charpentier. Cavalli. disciple de Blow. Cavalli est connu en Allemagne. La France turbulente. A.. avec solistes.A l’opéra. Reinhard Keiser (1674-1739). JP von Krieger (1649-1725). Monteverdi. 73/84 . La musique la plus répandue est l’ « Air de Cour ». chœurs. cavalière de Henri IV et Louis XIII est musicalement fort conservatrice. II. les grands intervalles et ses contrastes. Les Français de l’époque classique sont peu sensibles.. Stradella. LN Clérambault (1676-1749). Viadama . intrigante. mais le plus grand de toute la musique anglaise : l’organiste de Westminster. instruments et interludes symphoniques. Schütz y fait jouer « Daphné » en 1627. Ils préfèrent des chanteurs d’un timbre et d’un volume médiocres. La France La musique religieuse dans la deuxième moitié du 17è siècle ouvre la voie à un génie éloigné de la cantate et de l’oratoire. Les musiciens sous Louis XIV Jusqu’en 1661. A. H. En 1647. JW Franck (…-1710). Pergolèse. Campra. l’histoire de la musique française du 17 ème siècle relève plus de l’érudition que de l’étude d’un art vivant. F. puis de la cour. JJ Mouret (1682-1738). JB Stuck (…-1755). Krieger (16491725). genre qui fleurira en France jusque sous le 1 er empire : le grand motet. JB Morin (. L’opéra allemand naît à Hambourg. Legrenzi. Son œuvre maîtresse « le Roi Arthur ». Albert (1604-1651). Ce goût aura des conséquences prolongées. Montéclair (1666-1737). OPERA DANS LES PAYS DU NORD Grande-Bretagne Un seul nom. Erlebach (.LA MUSIQUE RELIGIEUSE L’Italie Giacomo Carissimi (1605-1674) a créé 16 oratorios (ou histoires sacrées)(«Miserere ». mais avec une diction claire et intelligente.-1714). sinon hostiles au lyrisme purement vocal du « bel canto » d’Italie. Scarlatti. année ou Louis XIV gouverne seul. Les Français jugent excessifs les accents pathétiques de l’Opéra italien. Durante. Autres compositeurs : JK von Kerll (1627-1693). Henry Purcell (1658-1695).

Girolamo Frescobaldi 1583-1643.Nicolas Clérambault. du dauphin. J. Pierre Robert (1618-1699). J. M. Henri Desmarets. Son élève S. ancien élève de Carissimi. Scheidemann . l’Estro armonico. JR AKLE +1673. A sa suite. Dornel. enfin de la Sainte-Chapelle du Palais. leçons de ténèbres. J Praetorius. Albinoni 1671-1750. chef d’orchestre (les quatre saisons. J. Autres organistes : H. François Couperin le Grand 16681733. Scheidt 1587-1654 a écrit pour le clavecin et pour l’orgue. le vénitien Antonio Vivaldi 1678-1741. 5 Le clavecin : instrument à cordes pincées et à clavier qui ne peut guère nuancer.. JFr Andrieu. puis perfectionné vers 1630. Du Mont appartiennent à la musique du Roi. virtuose du violon. voit peu à peu sa vogue décroître en France où le clavecin. Auteur de cantates. Robert. Hammerschmidt + 1675. Nicolas Lebègue.Cabanilles 1644-1712. Schildt. Schein. T. puis des Jésuites. F. du duc d’Orléans.). Après Delalande. A.17722. La France Les clavecinistes5 : Louis Couperin. Les pays germaniques et les Pays-Bas L’école de clavecin et d’orgue des Pays-Bas. maître de chapelle. J. oratorios. Schütz 1585-1672. instrument favori du 16ème s. L. Corelli 1653-1713 apparaît comme le chef de toute l’école moderne de violon. Bassani. fils de Charles et neveu de Louis.Boehm. Jean Gilles. J. le Luth. H. JN Geoffroy. la Stravaganza. Magnificat. est le musicien attitré de Melle de Guise. Te Deum. Couperin. Comme en Italie. Buxtehude 1637-1707 danois… III – LA MUSIQUE INTRUMENTALE L’Italie Le 16ème siècle est le siècle de l’orgue. Erlebach 1657-1714.Nicolas Formé (1567-1638) Maître de Chapelle de Louis XIII. motets. Pasquini 1637-1710. Delalande (1657-1726) dont l’envolée de certains chœurs annonce déjà Haendel. sera supplanter par le piano à la fin du 18ème siècle. 74/84 . Nicolas Bernier. Michel R. Torelli. Sébastien de Brossard. Esprit Blanchard… L’Allemagne H. J Reinken. Pachelbel 1653-1706. Le 17ème sera celui du violon. B. Dietrich. La musique de chambre prend avec le violon toute son importance. il faut citer : Campa. Legrenzi. Marc-Antoine Charpentier. Sebastiani +1683. Froberger 1616-1667 organiste de l’empereur. d’abord assez rudimentaire. Vitali. prend la première place. et de l’Allemagne est dominée au début du 17ème siècle par l’organiste d’Amsterdam JP Sweelinck. Marchand.Nicolas Bruhns 1665-1697. G. JH d’Anglebert. le plus grand virtuose de son temps. JB Lully. prêtre. Kuhnau 1660. Tunder +1667. Henri du Tout (16106-1684). Bonzignac.

italienne. Les maîtres apparaissent comme les créateurs du langage moderne qui s’imposera 20 ans plus tard aux symphonistes et aux classiques. qu’ils appartiennent aux écoles allemande. JS Bach parachève ce 17ème siècle très important puisqu’il assure la transition entre le monde de la polyphonie déclinant et celui du classicisme montant. A leur tête. française ou espagnole.Les musiciens du 17ème siècle tiennent une place éminente. anglaise. 75/84 .

I. en basse lice est dirigé par Jean de la Croix. Quatre ateliers existaient déjà depuis 1662. Les chefs d’atelier étaient établis à leur compte et restaient libres d’accepter les commandes de particuliers. subventionnées par la couronne. paysages. et passé au service de Louis XIV. son entente exceptionnelle de la décoration s’épanouissent au contact de ses maîtres les plus réputés. Il appartient désormais au roi seul de stimuler la vie intellectuelle et artistique du royaume. après une période obscure. Ceci à permis à la tapisserie de retrouver une place prépondérante parmi les industries somptuaires du royaume puis de l’Europe. Les liciers étaient logés avec leur famille dans l’enclos du nouveau séminaire des Arts et disposaient de jardinets dont on retira la jouissance à leurs successeurs au 20 ème siècle. « l’Histoire du roi » 1665-1678 (14 pièces). Les salaires de leurs ouvriers. il est choisit par Fouquet pour l’aménagement de Vaux. calculés « au bâton » variaient selon la nature des ouvrages (chairs. Ses facilités d’assimilation. de par son talent manifeste. accessoires. Trois en haute lice dirigés par Jean Jans père. originaire de Bruges ou d’Audenarde. Il y avait aussi des étrangers de Bruxelles et d’Anvers. draperies. chargé de la conduite de la manufacture est Charles le Brun. Jean Lefebre et Henri Laurent. visages et mains. Le brun a passé trois ans en Italie dans sa jeunesse. faciles à manier. LA MANUFACTURE DES GOBELINS Créée par Colbert qui écrit dans son mémoire de 1663 que le temps des mécènes est révolu. Versailles le mettra à son apogée. Après la disgrâce de ce dernier. venus des ateliers du Louvre.) répartis selon les capacités de chacun. la tapisserie française connaît un brillant essor. Les thèmes sont « l’Histoire d’Alexandre » 1664-1680. travaillant exclusivement pour elles ou aptes à recevoir des commandes de particuliers. les 76/84 .Avec les 17ème et 18ème siècles. Son équipe est homogène et grâce à elle. il parvient à une méthode de travail d’une perfection absolue pour la préparation des cartons destinés aux Gobelins : c’était devenu des peintures à l’huile entièrement achevées que l’on découpait en bandes étroites. Colbert établit aux Gobelins une manufacture. puis par son fils en 1668. les «Mois ». La diversité et l’ampleur de ses tâches amènent Le Brun à rassembler de nombreux collaborateurs soumis à ces conceptions et à ses directives. Le quatrième.. L’innovation apportée par la réunion des ateliers aux Gobelins était de subordonner les chefs d’ateliers et leur liciers à un directeur chargé de fournir les dessins et de les faire exécuter correctement : ce directeur nommé en 1663. élève de Simon Vouet. Les 250 ouvriers liciers avaient été formés par les ateliers du Louvre pour la grande majorité. Les souverains et leurs ministres créent des ateliers de tapisserie groupés en manufactures. Il y avait également des initiatives privées à Paris et en province de bonne renommée. Après son retour à Paris. les « Maisons royales » reproduit sept fois entre 1668 et 1694. Le Brun commence une carrière exceptionnelle.

dans le but de concurrencer les ateliers flamands. à l’évolution de formules et de tendances décoratives. Behagle reprend également le tissage des « Actes des Apôtres » d’après Raphael à encadrements fleuris (se trouve à la cathédrale de Beauvais). la manufacture de Beauvais. reste une entreprise privée. Philippe Behagle. Louvois. En 1693. Elle est dirigée par Louis Hinard. comme la suite des « Conquêtes de Louis XIV » en 1690 et la « Bataille de Cassel » (au château de Maisons-Lafitte) gagnée par le duc d’Orléans. Il sollicite et obtient des subventions mais elles ne le sauvent pas. La première année. orangers. elles sont remises sur le métier jusqu’en 1725.« Actes des Apôtres » tentures exécutées d’après les compositions de Raphael (10 pièces). la manufacture de Beauvais est une création de Colbert. bien qu’assurée de la protection du souverain. Il crée une école de dessin et réussit à donner un nouvel essor aux ateliers. conçues du temps de Le Brun. Deux tentures : l’une réhaussée d’or en huit pièces : « les jeux d’enfants » d’après Corneille : l’autre en six pièces. 4 pièces relevées de fils d’argent. Les plus réussies de Beauvais sont les « grotesques de Berain et de Monnoyer ». par des liciers aubussonnais et reproduites en broderie. Les dépenses excèdent les recettes à plusieurs reprises. Tout en continuant à fabriquer des verdures. il emploie 100 liciers qui atteignent 600 au bout de six ans. se contente de faire reprendre des copies des plus belles tentures flamandes conservées dans le gardemeuble royal. mais ne pouvant faire face aux principales charges. fontaines. une «noce picarde ». maître tapissier d’Audenarde. roi de Suède » (4 pièces) et « les triomphes marins » aux armes du comte de Toulouse. qui se retire en 1684. La direction de son successeur. Behagle attire à la manufacture une appréciable clientèle en France et à l’étranger. II. une « Histoire d’Achille ». Elle travaille en basse lice. à oiseaux notamment. ruiné. à multiples variantes. malgré des subventions. un « Parlement de Rouen». dont 50 apprentis. des paysages parfois animés de petits personnages. il entreprend le tissage de modèles artistiquement plus élevé. successeur de Colbert ne trouvant personne ayant les mérites et l’autorité nécessaire pour remplacer Le Brun. les héritiers de Behagle cèderont la place en 1771 aux frères Tilleul. Berain collabore aussi dans l’atelier privé de Behagle au faubourg Saint-Martin à Paris sur « les conquêtes de Charles XI. d’animaux et d’oiseaux. A sa mort. sa veuve et ses fils poursuivent l’affaire. marchand tapissier. LES MANUFACTURES PRIVEES 77/84 . des chancelleries. sera plus féconde artistiquement. Il livre différentes verdures « fines » ou « communes » avec parterres. Mais alors que les Gobelins sont réservés aux commandes royales. LA MANUFACTURE DE BEAUVAIS Comme les Gobelins. Elle s’adapte aux fluctuations du goût. Il fait exécuter à Beauvais des « Tenières » (scènes villageoises inspirées de Téniers). Elles ont connu un véritable engouement (150 pièces) et sont copiées à Berlin au 18 ème s. les « Chambres du Vatican » d’après les cartons faits à Rome par les élèves de l’Académie de France (10 pièces)… A la mort de Colbert. III. Grâce aux initiatives artistiques de Berain. Le Brun tombe en disgrâce. il fait terminer une suite des « Ports de mer ».

Erlangen. d’animaux. dont celui des Gobelins. de Tristan L’Hermite. près de 20 artisans délaissent la région.Les manufactures royales comme les Gobelins ou celles bénéficiant de privilèges et de subventions par les pouvoirs officiels comme les ateliers de Paris et de Beauvais.. tous parmi les plus anciens et les meilleurs liciers d’Aubusson. Ils reprennent l’exercice de leur profession dans ces divers pays. Angleterre (Fulham. on retrouve les motifs caractéristiques du 17ème : les « verdures » avec des plantes à larges feuilles où à fleurs épanouies. agravée par la fin du règne de Louis XIV et la minorité de Louis XV où les métiers de Bellegarde sont supprimés et les tissages des métiers interdits aux femmes. veuve de César Borgia. dirigés à l’origine par des artisans français. Danemark et Suède (Copenhague. Beaucoup de familles de la Marche ont adhéré au calvinisme. Tavina). Schwabach. d’autres installés à Paris ou dans des villes de province ont dû subsister à l’aide de leur seules ressources ou de ressources attribuées par les autorités locales. Russie (St Petersbourg). Espagne et Portugal (Madrid. les avantages économiques qui en résultaient et surtout le prestige personnel qu’ils pensaient acquérir ont décidé des princes étrangers à faire monter des métiers dans leurs Etats.). Lors de la révocation de l’Edit de Nantes. Sa venue annonce la plus brillante d’Aubusson au 18 ème siècle. Il y en a eu d’autres. comme il a été mentionné dans l’inventaire au décès de Charlotte d’Albert. duchesse de Valentinois. la situation économique des liciers devient très incertaine. ne résument pas l’intégralité de l’essor pris par la tapisserie en France au 17 ème et 18ème siècles. Felletin et Aubusson Dés le 14ème siècle. créant le plus souvent des œuvres inspirées de modèles français. d’un château aux tours crénelées. c’est à Felletin. Au début. A Aubusson. alors que le comté de la Marche appartient à Louis de Bourbon. en 1514. Vers la fin du 17ème. Ces abandons portent une dure atteinte à la production d’Aubusson. Les liciers d’Aubusson copient des tapisseries à succès tissés par d’autres ateliers français. Enfin en 1731 arrive un grand peintre. à qui la monarchie accorde des privilèges. chargé de conseiller et de former des élèves. au renard. Jean-Jacques Dumont. Dans « l’Europe française » du 18ème siècle. stockholm). de hérons et de perroquets. petite bourgade située sur le chemin de Bordeaux à Lyon. chasses au loup. de volatiles. Exeter)… 78/84 . Ils représentaient également des illustrations des romans à la mode (de Melle Scudéry. des ateliers de tapisserie sont constitués. ces ateliers appartiennent à l’art français avant d’être absorbés par des pays dans lesquels ils existaient : en Allemagne (Berlin. Münich). tels les ateliers de la Marche. les premiers métiers sont montés par des liciers flamands. Dresde. au faucon. conservent la même faveur comme au temps des Valois. poussées dans des paysages parfois agrémentés de ponts et maisons rustiques. Suisse (Bern). Italie (Florence). époux de Marie de Hainaut. et verra des ateliers français à l’étranger où la préoccupation constante de presque tous les souverains était d’imiter les moindres faits de Louis XIV et de plagier la magnificence du grand roi ! L’essor pris par la tapisserie en France à la suite des initiatives de Colbert.

le Palais Royal. On l’utilise en placages épais sur les portes de cabinet ou en marquetterie. la chambre s’enrichit d’une alcove qui sépare la partie « nuit » de la partie « jour ». Le meuble emblématique de la 1ère moitié du XVIIème siècle est le cabinet d’apparat. On sait que. venu des Antilles. ni la magnificence de son fils Louis XIV. C’est une période clé pour l’histoire du meuble. Louis XIII n’a certes pas le charisme de son père Henri IV. Le chêne et le noyer sont les bois le plus utilisés en mobilier avec une préférence pour le noyer. car elle marque le début de l’ébénisterie. qui ne sert que dans les grandes occasions. fait sa toilette er reçoit ses amis. bavarde. puis l’Académie Française. jeune. La façade est en ébène mouluré et l’intérieur incrusté de jeux de miroirs et de bois de couleurs vives. comme le gaïac. La chambre est précédée d’une antichambre qui permet de faire attendre les visiteurs et est suivie d’un « cabinet » qui fait office de bureau ou de boudoir. acquiert des tableaux de Vouet. La pièce la plus nouvelle. Entre les raffinements de la Renaissance et les fastes de Louis XIV. travaille. Le coffre est toujours présent. dont la texture fine se prête bien au tournage. qui ne pouvaient intégrer le cadre de la corporation. dont des Allemands et des Italiens. mais la chambre où l’on dîne. Les sièges se multiplient et commencent à se présenter en série de six ou douze. L’ébène venu du Brésil est apprécié pour sa dureté. Pourtant cette époque est celle de nombreuses inovations. ont ainsi contribué à faire évoluer les styles et les techniques. plus tendre. Mais il protège les artistes. Apparaissent diverses tables à pieds tournés.I. l’écriture. sur des piètements de noyer tournés en torsade ou en chapelet : chaise à bras. réservé aux palais princiers. et annonce le « salon ». C’est aussi le moment où le roi ouvre les galeries du Louvre à des artisans privilégiés qu’il appelle à lui. Vers 1625. à dossier bas. associée à d’autres bois de couleur. qui commence à devenir le meuble de mariage. sa rareté et son origine exotique. Beaucoup d’étrangers. Le meuble de rangement le plus répandu est le deux-corps en noyer ou en chêne : partie basse pour la vaissellle et partie haute pour le linge. Lesueur et Georges de la Tour. 79/84 . en bandeau garni comme l’assise d’un rembourrage de velours de cuir qui lui donne un certain confort. il façonnait des objets d’ivoire. La pièce la plus importante n’est pas la salle. c’est la « salle à manger ». beige rosé et très dur. Pour le jeu. plus facile à sculpter et à tourner. symbole de la famille. Paris change de visage et se modernise (l’actuelle place des Vosges). L’AGE BAROQUE 1600-1660 L’âge baroque commence sous Louis XIII. voient le jour. la toilette. le style Louis XIII pâti d’une image de sévèrité. sa résistance aux parasites. etc… qui préfigurent au siècle suivant tous les petits meubles volants.

en chapelet. escabelles et planches à trétaux.Jean Macé (1600-1672).Pierre Golle. Louis XIV décide de règner seul. né à Blois. le vrai meuble d’époque l’est encore plus aujourd’hui. chargé de créer un style grandiose destiné à faire valoir l’autorité de la monarchie et qui se résume en un mot : Versailles. La version régionale et bourgeoise Le style Louis XIII est à l’origne de nombreux styles régionaux (Auvergne. le cuivre. C’est Mazarin qui le fait venir à Paris pour travailler l’ébène et fabriquer les magnifiques cabinets recherchés par l’aristocratie. . II. On peut citer : . que l’on agrémente de bobines. Idem pour la table de noyer à pieds tournés et à entretoises. Au cours de l’été 1661 a lieu la fête de Vaux-le-Vicomte qui tourne à la déroute de son organisateur le surintendant Fouquet. qu’il faut économiser. Aucun meuble Louis XIII n’est signé et aucun ne peut être véritablement attribué à l’un ou à l’autre des « menuisiers en ébène » pour la plupart d’origine hollandaise.Laurent Stabre. avec d’autres matières tels l’ivoire. hollandais. l’écaille. Il meurt en 1624. premier artisan à avoir bénéficié dés 1608 d’un atelier dans les Galeries du Louvre. supports de cabinets. Les méthodes de coupes et d’assemblage ne changent pas au début du 17ème siècle. mort en 1684. montants de buffets…en torsades. splendeur et majesté. les procédés de décor évoluent. La technique du placage. venue des Pays-Bas et d’Allemagne. en balastre. En 1641. il est attaché à la maison du roi et on lui attribue les plus beaux cabinets à façade d’ébène.Les techniques Le style du mobilier résulte en partie des innovations techniques de l’époque. prend une importance nouvelle : on tourne tout ce qu’on peut : piètement de sièges et de tables. Il sera plus tard rattaché aux Gobelins. Béarn. Il a pratiqué la marqueterie de cuivre et d’écaille dont Boulle fera plus tard un si magnifique usage. leur mobilier se réduisait à quelques coffres . Bourgogne…) où il a perduré presque parfois jusqu’au 18ème siècle. LOUIS XIV – LES FASTES DU GRAND SIECLE Né à Versailles et pour Versailles. Déjà rare au 17ème siècle. bobèches et toupies. est liée à l’importation nouvelle des bois exotiques coûteux. Grâce au perfectionnement du tour. et permet au roi de récupérer ses équipes d’architectes. le style Louis XIV est à l’image de son règne : ordre. L’ébène puis d’autres bois venus des Antilles que leur couleur incite à utiliser en marqueterie. A la mort de Mazarin en 1661. d’artistes et de décorateurs comme Charles le Brun. . Quant aux paysans. mais aussi lourdeur et autorité. formé aux Pays-Bas. 80/84 . Bretagne. Périgord. le bois tourné dont la technique n’est pas récente. succède à Laurent Stabre au Louvre en tant que menuisier d’ébène. bancs.

mais parfois aussi en noyer. Les sièges ont une assise assez basse. sous forme de poignées. Le bronze doré fait son apparition dans le mobilier de Boulle. le laiton. Philippe Poitou et de Pierre Golle. dont la carrière commence sous Mazarin et se termine aux Gobelins. Les meubles Louis XIV ne sont pas davantage soignés que ceux des époques antérieures. Il s’accompagne de diverses tables. 81/84 . Le même procédé permet d’obtenir la « corne verte » utilisée pour les cartels.Le grand sytle Louis quatorzien s’assouplit dés la fin des années 1680 quand les revers miliaires. frises d’ornement… Les techniques Les innovations techniques ne concernent pas la construction même du meuble. Dans les appartements d’apparat. seules à s’asseoir en présence de la reine. Dans les maisons de qualité : une galerie. torchères et consoles sculptées et dorées tout aussi gratuitement décoratives. destiné aux duchesses. Les demeures des particuliers présentent tous la même trilogie : antichambre. mais les procédés de décor qui sont d’une créativité sans précédent. C’est la transparence de cette dernière qui permet de la colorer en rouge sur l’envers. La nouveauté la plus ingénieuse de l’époque est la « commode ». les épidémies et le triste état des finances mettent un frein aux dépenses somptuaires et fin à la faveur de LeBrun. Il faut de hauts et plafonds et d’immenses fenêtres. cabinet. les escaliers monumentaux. mais aussi de meubles. La notion d’appartement privé n’existe pas à Versailles. sont très appréciés sur les tables et les consoles. Ceux que l’on laisse en bois naturel sont presque toujours en noyer ciré. les sièges au piètement en entretoise. Les ébénistes la préfèrent très colorée. Des bouquets exubérants inspirés des tableaux inspirés des tableaux hollandais de l’époque s’épanouissent sur les panneaux des armoires. entièrement garni de velours ou de tapisserie et des accotoirs dont la courbe épouse le galbe du bras. l’étain. mascarons. de cuivre et d’écaille. parfois teintée. l’ivoire. le marbre rouge des carrières pyrénéennes. Seuls comptent les enfilades de salons et galeries. Les sièges destinés à être dorés sont le plus souvent en hêtre. La vie de cour et l’étiquette sont à l’origine d’un autre siège qui peut sembler paradoxal : le tabouret. sont un élément essentiel du décor. Dans les palais. Les bois exotiques du 17ème siècle sont encores rares en ébénisterie : l’écaille. les perspectives grandioses. agrémentée d’ivoire et d’ébène. la marqueterie « de Boulle » n’a pas été inventée par le célèbre ébéniste. La sculpture abandonne les panneaux des meubles. les plateaux des bureaux et des commodes. régulièrement alignés contre les murs. La marqueterie est un art encore nouveau dans la 2ème moitié du 17ème siècle. Auburtin Gaudron. mais on la retrouve parfois magnifiée et dorée sur les pieds des consoles et torchères. en marqueterie de bois de couleurs. mais pas encore sur les commodes. un haut dossier incliné. les sièges. Nicolas Sageot. la nacre. à la fois fastueux et pratiques. et surtout sous la forme des ornements de bronze doré qui accompagnent d’abord la marquetterie de Boulle et deviendront pendant deux siècles le faire –valoir des meubles de bois précieux. Ce mot nouveau venu de l’italien sinifie « grande salle ». une chambre de parade qui se muera bientôt en « salon ». venue d’Italie qui entre en 1708 dans la chambre du roi. figures d’angles. sabots. le cabinet gagne encore en faste avec sa façade d’écaille et de bronze doré ou de pierres dures multicolores. Les plus spectaculaires sont supposés venir des ateliers de Boulle. mais c’est lui qui l’interprète avec le plus de virtuosité. En fait. chambre. sculptés et dorés. son piètement de bois doré. Il n’existe que deux couleurs d’écaille de tortue : brune ou blonde.

fondeurs. Il règne en maître absolu aux Gobelins : il donne des projets. Elle sera franchement à la mode sous Louis XVI. Jacques Caffieri (1678-1758). baldaquins. il est largement le sien. son protecteur.Charles Le Brun (1619-1690) règne en maitre absolu sur la conception et l’exécution du palais de Versailles dont il est le grand ordonateur. aucun de ses meubles n’est signé. après l’installation de la Cour à Versailles. au point d’être démis de ses foncions en 1683 à la mort de Colbert. Mais c’est le chantier de Versailles qui attend Le Brun. Il finira par lasser. Son fils Philippe lui succèdera dans cette discipline. maistres tapissiers de haute lisse. Ses quatre fils perpétuent sous la Régence la marqueterie Boulle qui conserve des adeptes tout au long du 18ème siècle. jusqu’à la mort de Colbert en 1683. Il dirige tout. Les Gobelins C’est en 1662 que Colbert décide de rassembler dans une grande manufacture royale les artisans du chantier de Vaux-le-Vicomte. Le style grandiose et magnifique reflète le goût du roi. lapidaires. Colbert cherche à améliorer et promouvoir l’artisanat français et de limiter les importations d’Italie et d’Allemagne. surveille les équipes d’artisans dont beaucoup viennent d’Italie. arabesques. qui entraîne sa disgrâce. contrôle tout. On donne à Caffieri les bronzes qui ornent les meubles exceptionnels. Il met à la mode à partir des années 1680-90 un style imaginatif avec des rinceaux. après l’arrestation de Fouquet et de les installer à Paris sur le site des Gobelins. Il a passé la quarantaine. Jean Berain (1640-1711) ornemaniste. 82/84 . orfèvres. graveurs. Il appartient à une dynastie de sculpteurs sur bois. Il se spécialise dans cet art nouveau qu’est à l’époque le bronze d’ameublement. menuisiers en ébène et en bois. pagodes et chinois de fantaisie qui rompt avec la solennité des précédentes décennies et annonce le 18ème siècle. L’estampille n’étant pas encore en usage. Sa carrière se déroulera surtout sous la Régence. oiseaux. teinturiers et autres bons ouvriers en toutes sortes d’arts et métiers ». Il fait construire des bâtiments destinés à accueillir sous la houlette de Charles Le Brun « de bons peintres. André-charles Boulle (1642-1732) ornemaniste et ébéniste.

tant au château que dans le parc. A l’ouest. Louis XIV visite les chantiers des autres. au centre du château. exige qualité et célébrité. Il en a la révélation. Versailles. le jardinier Le Nôtre. est la chambre du roi. dans le déploiement d’un luxe inoui. prodigue ses conseils. très supérieure à celle 83/84 . Le rôle de Louis XIV est exclusif jusque dans le moindre détail. la place des Armes et les trois avenues qui en rayonnent sont apparentées au trident de la place du peuple à Rome. et si l’œuvre semble en valoir la peine : l’hôtel de ville d’Arles ou celui de Lyon par exemple. une seule volonté a présidé : celle du roi. La décision est prise : c’est de cet esprit. et n’hésite pas à faire abattre telle partie de l’édifice qui ne rend pas bien. sévère. incite Louis XIV à un style plus brillant. mais à son échelle que le roi veut bâtir son « Palais du Soleil ». Elle est civile et politique. dépêche l’un de ses architectes Mansart s’il le faut. Les villes dans lesquelles pénètre la lumière sont balayées de courants d’air et sont donc infiniment plus salubres. le fontainer Francine. la Galerie des Glaces réfléchit et prolonge les derniers feux de l’astre. Tout en émanant du 17ème siècle. là où le roi n’intervient pas directement dans la conception d’ouvrages. les places et les grands édifices publics. il se fait adresser quotidiennement des rapports d’architectes. presque le coup de foudre. l’influence de Versailles est telle que la diffusion du style officiel est exceptionnelle.La ville au 17ème siècle Versailles demeure depuis plus de trois siècles le plus mondialement connu des paysages français. le potager. les tracés majeurs de la ville. Hardouin-Mansart. Passionné d’architecture et désireux d’imprimer sa marque personnelle aux bâtiments réalisés sous son règne. ville dédiée à Louis XIV et bâtie pour sa gloire. Le style Louis XIII. Versailles se situe bien dans la lignée de la Renaissance italienne. Un tel rayonnement ne peut s’expliquer que par la stupéfiante homogénéité d’un ensemble ou rien n’a été laissé au hasard. les anote et les leur retourne. Le point de convergence des principales annexes de la ville et du parc. il invective les ouvriers. Toutes celles qui émanent de l’équipe des exécutants ont été pesées et repensées par lui avant d’être éventuellement adoptées et de trouver leur place dans l’harmonie du tout. Même en campagne. aménagée par Jules II au début du 16ème siècle. dont les fenêtres s’ouvrent à l’est. A cette œuvre. Ainsi le lever de sa majesté est assisté de celui du soleil qui répand sur la terre ses rayons vitaux. le roi lui-même se plait à guider ses visiteurs : il a écrit de sa main un petit opuscule « la manière de visiter les jardins de Versailles ». De jeunes talents s’y sont exprimés : les architectes LeVau. Beaucoup d’idées viennent de lui. Ailleurs. chez son surintendant Fouquet à Vaux-le-Vicomte : un château et un jardin en parfaite harmonie. Versailles est le triomphe de la perspective et de la symétrie. Lors des visites du roi sur les chantiers. L’importance donnée au soleil témoigne des nouveaux principes d’urbanisme. le peintre LeBrun.

Ce n’est plus la France qui reçoit de l’étranger. villes nouvelles et aux rares quartiers urbains retouchés : c’est la régularité. Une théorie française de l’architecture et de l’urbanisme Versailles marque donc l’apothéose de la « Renaissance » mais en même temps sa fin. puisque désormais la création est spécifiquement française. Charles Perrault (père de l’écrivain) écrit : « toute l’architecture est fondée sur deux principes. peinture. de rues et de places publiques percées d’alignement en belle et saine exposition avec pentes nécessaires pour l’écoulement des eaux ». l’autre arbitraire.). des palais et des cités à la mode de Versailles voient le jour où l’on commence à parler français. l’exemple et la correction par l’explication. l’alignement et la symétrie. littérature. La réforme est de taille : on remplace l’atelier par l’école ! On remplace le faire-faire par le faireapprendre. Le fondement arbitraire est la beauté qui dépend de l’Autorité et de l’Accoutumance ». les morts quittent le cœur de la ville. il ne faut pas oublier qu’elle enfle énormément.connue sous le style Louis XIII ou françois 1er. C’est l’arrêt de mort des corporations.. musique. l’architecture et l’urbanisme tiennent une place de choix. à consommer de la cuisine française et pour tout dire. Ainsi. De nombreux traités fondamentaux sont publiés grâce aux deniers royaux sous Colbert pour assurer le succès du style officiel. C’est en fait sur de telles bases intellectuelles que repose la Révolution Industrielle. En Europe. le processus de la Renaissance s’inverse. De plus. Les noms des rues sont désormais gravés sur les murs des bâtiments d’angles et toutes les maisons reçoivent un numéro. c’est elle qui exporte. Le cimetière des Innocents tout entier déménage dans les carrières du sud de Paris qui deviennent les catacombes. comme la solidité. Si l’on ne peut nier que la ville classique respire un peu par quelque places et rues. gastronomie. Les nobles disposant de moyens financiers suffisants transforment leur château médiéval en un petit Versailles. L’Académie d’Architecture est encouragée à produire les modèles et à les répandre. Il n’est plus question de se référer à des architectes ou à des textes italiens. en application des nouveaux principes d’hygiène. monuments. la qualité des bâtiments est directement fonction de l’autorité royale. Surtout. Dans les rues apparaît l’éclairage : le réverbère à huile et à miroir concave constitue une véritable révolution dans le paysage urbain puisque enfin les rues cessent de faire peur aux honnêtes gens la nuit tombée. La règle d’or de la doctrine paysagère ne peut s’appliquer qu’aux châteaux. même si elles survivent jusqu’à la Révolution. la salubrité et la commodité. à vivre le modèle culturel élaboré par Louis XIV. L’entassement médiéval est donc loin de la résorption… 84/84 . Enfin. Ces ouvrages sont d’un format maniable qui facilite leur diffusion et leur utilisation. Le fondement positif est l’usage et la fin utile de l’édifice. D’Avilès écrit : « la ville est un compartiment d’îles et de quartiers disposés avec symétrie et décoration. Et parmi toutes les valeurs de la culture française diffusées pendant le siècle de Louis XIV (langue. l’un est positif. les rues deviennent plus propres et ont des repères d’orientation.

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