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L’ANALYSE FONCTIONNELLE DU PISTON (Etude sur la puissance perdue par frottement au niveau « piston-cylindre » et sur le couple de basculement du piston)

1. Eléments préliminaires

Pendant le fonctionnement du moteur, le piston présente deux types de mouvements (fig. 1) :

a. un mouvement « principale » = translation alternative (d’où le nom de ce type de moteur) ;

b. un mouvement « secondaire » = mouvement de basculement autour de l’axe du piston.

Fig. 1. Les mouvements du piston

de l’axe du piston. Fig. 1. Les mouvements du piston Quant au premier mouvement, il est

Quant au premier mouvement, il est responsable d’une partie des pertes par frottement au niveau « piston-cylindre » et bien évidemment, il cause aussi l’usure entre les deux pièces.

En ce qui concerne le deuxième mouvement, il est très important de diminuer le nombre d’oscillations du piston ainsi que la valeur absolue du couple de basculement. Bien sur, ce mouvement aussi est responsable de l’usure et du bruit par les chocs provoqués quand le piston bascule.

Pour analyser les effets de ces deux types de mouvements, en ce qui suit on discutera des forces qui actionnent sur le piston. Dans un premier temps, on analysera le cas avec l’axe du piston centré, ce qui n’est pas le cas des moteurs réels. En réalité, touts les moteurs présentent une excentricité de montage de l’axe de piston, comme on verra ci-après.

2.

Les forces qui actionnent sur le piston

Le sens de toutes les forces sera rapporté au système de référence xOy (fig. 2). Figure 4 présente les forces qui actionnement sur le piston.

j

O

y

i

x

Fig.2. Le système de référence xOy

a. Force de pression

Cette force actionne sur le piston sur la direction de l’axe du cylindre avec d’application dans le centre de la tête du piston.

 

π⋅ D

2

F

= −

F

⋅ = −

p

p

j

4

Remarque :

si p

si p

cyl

cyl

<

>

(

p

cyl

p

carter

p

p

atm

atm

,alors F

p

,alors F

p

)

π⋅ D

2

⋅ =−

j

4

(p

cyl

p atm

) j

>

<

0 (par exemple sur la course d'admission)

0 (par exemple pendant la combustion)

(1)

le point

b. Poids du piston est plus petit par rapport aux autres forces, donc on le néglige dans ce calcul

c. Force d’inertie des pièces en mouvement de translation

Cette force actionne sur le piston sur la direction de l’axe du cylindre avec le point d’application dans le centre de masse de l’ensemble piston. On simplifie le problème en considérant que le centre de masse est au niveau de l’axe du piston.

F = −m a , où m j [kg] est la masse de pièces en mouvement de translation et a p [m/s 2 ] est l’accélération de l’ensemble piston.

j

j

p

m j = (m piston + m segments + m axe piston ) + m 1

(2)

Remarque : dans cette approche on considère qu’une partie de la bielle (m 1 ) est attaché au piston et donc exécute un mouvement de translation, tandis que l’autre partie (m 2 ) est attaché au maneton du vilebrequin et exécute un mouvement de rotation (fig. 3).

m 1 l 1 m b l b m l 2 2 Fig. 3. La
m
1
l
1
m
b
l
b
m
l
2
2
Fig. 3. La séparation de la bielle en deux masse :
une en translation (m 1 ) et l’autre en rotation (m 2 )

La masse m 1 résulte des suivantes deux relations :


m

m

1

1

+

m

2

l

1

=

=

m

m

b

2

l

2

m

2

=

m

1

l 1 Donc,

l

2

m

1

⎝ ⎜

1

+

l

1

l

2

l

2

b

1

b

l

b

=

m

m

=

m

(3)

Dans la littérature, c’est assez souvent de considérer que le centre de masse respecte le suivant positionnement : l 1 = 0,725 . l b et l 2 = 0,275 . l b .

En ce qui concerne l’accélération de l’ensemble piston, elle s’obtient avec les suivantes relations:

y PMH y P PMB l b j r x i O
y
PMH
y
P
PMB
l
b
j
r
x
i
O

Fig. 4. Schéma de calcul pour le déplacement du piston

2 dW d ⎛ ⎜ dS ⎞ d S p p p a = ⎟
2
dW
d
⎛ ⎜ dS
d S
p
p
p
a
=
=

p dt

=

dt

S

p

=

[(r l

+

b

)

dt

y

P

]

j

dt

2

et

y

P

,

=

r

ce qui fait a

p =−⋅ω⋅

r

2

(cos

α+Λ⋅

(

1

cos

)

α +

cos 2

)

α⋅

j

, (

Λ

4

(

Λ =

1

cos 2

α

)

- fig. 4,

r π⋅ N

ω =

et

l

b

30

).

Donc, F

j

= −

m

j

a

p

=

m

j

r

2

⋅ ω ⋅

(cos

α

+

Λ ⋅

cos 2

)

α ⋅

j

d. Force résultante

2 ⎧ π⋅ D 2 (p F = F + F = ⎨ m ⋅
2
π⋅ D
2
(p
F
=
F
+
F
=
m
r
⋅ ω ⋅
(cos
α
+
Λ ⋅
cos 2
α ) −
p
j
j
4

e. Composante normale

cyl

p

atm


)

 

(4)

(4’)

(4’’)

(5)

j

(6)

Cette force apparaît au moment de l’inclinaison de la bielle est détermine l’appui du piston sur le cylindre, ce qui entraîne l’usure de ces deux.

 

N = Ni , N = F . tgβ

(7)

avec β = asin (Λsinα)

(7’)

De son côté, le cylindre actionne avec une force N’ sur le piston, celle-ci étant en fait la réaction du cylindre vers le piston qui est, comme la figure 4 montre, décalé avec la dimension « c » -

f. Force de frottement

Cette force apparaît dû à l’existence de la composante normale.

Donc :

μ étant le coefficient de frottement entre piston et cylindre.

F

f

=

F

f

j

, F f = μ . N,

(8)

F=Fp+Fj Ff N N F Wp β lb α r
F=Fp+Fj
Ff
N
N
F
Wp
β
lb
α
r

Fig. 5. Schéma des forces

3. Calcul de la puissance perdue par frottement au niveau « piston-cylindre »

Cette puissance se calcule sur un cycle moteur avec la suivante relation :

P f = F f . W p ,

(9)

W p étant obtenue, comme la relation (4) montre, par la dérivation de l’espace parcouru par le

piston :

p

=

dS

p

sin

α +

Λ

dt

= − ⋅ ω

r

2

sin 2 α ⎟ [m/s].

W

(9’)

Indépendant du signe de P f , que ce soit positif ou négatif, il y a du frottement, donc pour ce

calcul on utilisera

P

f

=

F ⋅ W f p
F
W
f
p

> 0

(9’’)

Pour le calcule de la valeur moyenne, on utilise la suivante relation :

720

∫ P d α f P = 0 f 720
P d α
f
P
=
0
f
720

[W]

(10)

Finalement, on arrive à savoir la puissance perdue par ce type de frottement au niveau du moteur entier si on multiplie le résultat obtenu avec la relation (10) avec le nombre de cylindre :

P

f _ moteur

=

P

f

no _ cyl

4. Calcul du couple de basculement du piston

Analysant la figure 4, on peut écrire :

M

basculement

=

F

f

D

2

N

 

(11)

c

(12)

Dans la figure 6, on présente la situation d’un axe de piston excentrique pour qu’on puisse écrire l’expression du couple de basculement pour cette situation. En fait, pour savoir l’effet de la force résultante sur le piston, il faut savoir son torsor par rapport au point A d’articulation de l’axe de piston:

⎧ M = F ⋅ e T A (F) = ⎨ (13) F ⎩ e>0
⎧ M = F ⋅
e
T A (F) =
(13)
F
e>0
e<0
-F
-F
F e
F e
A
A
F
F
+F
+F
Wp
Wp
β
β
lb
lb
α
α
r
r
Fig. 6. L’effet de la force F sur le piston : un couple de basculement F . e et une force F

Par conséquent, dans le cas du montage excentrique de l’axe de piston, pour la situation illustrée dans les figures 5 et 6, l’expression du couple de basculement sera :

pour e > 0 : M

pour e < 0 : M

basculement

basculement

=

=

F

f

F

f

D

2

D

2

⎟−

+ e

e ⎟−

N

c

F

e

(14)

N

c

+

F

e

(14’)

Aussi, en analysant les figures 5 et 6, on observe également l’influence de l’excentricité de montage de l’axe du piston sur l’inclinaison β de la bielle, donc sur la composante normale :

au même angle de rotation du vilebrequin, α, β diminue si e > 0 tandis que pour e < 0, β augmente. En réalité, comme mentionné au début de cet exposé, l’axe de piston présente une excentricité de montage. Elle est positive, d’environ 1 mm, ce qui aide à réduire la composante normale au moment de la pression maximale à l’intérieur du cylindre, limitant ainsi l’usure au niveau du « piston- cylindre ». Outre ce phénomène, il serait intéressant de voir l’influence de cette excentricité sur le couple de basculement.

5. Résultats et discussions (travail à faire chez soi)

Les étudiants recevront deux fichiers excel :

- un premier avec une démonstration sur l’influence « en temps réel » de changement des variables du mécanisme moteur sur les différentes forces qui apparaissent.

- un deuxième qui devrait être rempli par les étudiants ainsi qu’ils arrivent eux-mêmes à tracer les suivantes courbes:

50 50 p_cyl[MPa] p_cyl[MPa] 45 45 40 40 35 35 30 30 25 25 20
50
50
p_cyl[MPa]
p_cyl[MPa]
45
45
40
40
35
35
30
30
25
25
20
20
15
15
10
10
5
5
V[cm3]
α[°DV]
0
0
0
50
100
150
200
250
300
350
400
0
60
120
180
240
300
360
420
480
540
600
660
720
p
cyl = f(α)
p cyl = f(V)
Fig. 7. Diagramme de pression (indiquée)
80
20
Yp[mm]
70
15
60
10
50
5
α[°DV]
40
0
0
30
60
90
120
150
180
210
240
270
300
330
360
30
-5
20
-10
10
-15
α[°DV]
0
0
30
60
90
120
150
180
210
240
270
300
330
360
-20
Fig. 8. Déplacement du piston, Y p = f(α)
Fig. 9. Inclinaison de la bielle, β = f(α)
10000
10000
ap[m/s2]
Fj, Fp, F[N]
5000
5000
α[°DV]
α[°DV]
0
0
0
30
60
90
120
150
180
210
240
270
300
330
360
0
60
120
180
240
300
360
420
480
540
600
660
720
-5000
-5000
Fj
Fp
F
-10000
-10000
-15000
-15000
-20000
-20000
Fig. 10. Accélération de l’ensemble piston, a p = f(α)
Fig. 11. Les forces d’inertie, de pression et résultante,
F j , F p , F = f(α)
1000
60
N[N]
Ff[N]
40
500
20
α[°DV]
0
α[°DV]
0
0
60
120
180
240
300
360
420
480
540
600
660
720
0
60
120
180
240
300
360
420
480
540
600
660
720
-20
-500
-40
-1000
-60
-80
-1500
Fig. 12. Composante normale, N = f(α)
Fig. 13. Force de frottement au niveau «piston-cylindre», F f = f(α)
[°]β
25 1500 3000 Pf[W] Wp[m/s] abs(Pf) 1000 Pf 20 500 ABS(Pf) 2500 15 α[°DV] 0
25
1500
3000
Pf[W]
Wp[m/s]
abs(Pf)
1000
Pf
20
500
ABS(Pf)
2500
15
α[°DV]
0
0
60
120
180
240
300
360
420
480
540
600
660
720
10
-500
2000
5
-1000
α[°DV]
-1500
1500
0
0
30
60
90
120
150
180
210
240
270
300
330
360
-2000
-5
-2500
1000
-10
-3000
-15
-3500
500
-20
-4000
-4500
0
-25
Fig. 14. Variation de la vitesse du piston, W p = f(α)
Fig. 15. Puissance perdue par frottement au niveau
«piston-cylindre»,
P
f ,
P
= f(α)
f

Si on fait l’intégration de la courbe rouge de la figure 15, on trouve la puissance moyenne perdue pour vaincre les frottements au niveau d’un seul cylindre (voir l’équation 10) :

720

=

P d α

f

331597,5

P

0

=

f

720

720

= 460,6 W.

(15)

Pour l’intégration, la procédure « trapez » peut s’utiliser :

b

a

ydx

=

pas

1

+

y

2

⎟+ ⎞ pas ⋅ ⎜

y

2

+

y

3

⎟+ ⎞

+

y

n

1

+

y

n

⎟⇒ ⎞

b

=

y

1

+

n

1

 

+

y

n

 

2

2

pas

2

ydx

a

pas

2

i

=

2

y

i

2

y


(16)

En multipliant le résultat obtenu antérieurement avec le nombre de cylindre du moteur considéré, on obtient la puissance moyenne perdue pour vaincre les frottements au niveau du moteur entier :

P

f

_

moteur

=

P

f

no _ cyl

=

460,6 4

=

1842,2 W

=

1,84 kW.

(17)

Question : A quoi sert P f ? Réponse : P f fait partie des ainsi nommées pertes mécaniques, P m = P f + P aux , où P aux représente la puissance perdue pour l’entraînement des installations auxiliaires (alternateur, compresseur A/C, pompe à eau etc.). Ci-dessous, on présente l’expression du rendement mécanique :

P

i

=

e

,

P

m

=

P

i

 

e

=

i

 

m

=

1

 

P

i

P

e

P

=

P

i

P

P

1 −η ⎞

m

η

m

e

e

η

m

η =

m

P

e

=

P

P

P

P

m

< 1

(18)

i

 

,

(19)

 
 

(20)

Question :

η m = 80%, P e = 65 ch, P m [kW] = ?

P

Réponse :

η m

d’où P m = 16,25 ch = 11,95 kW.

Donc, 11,95 – 1,84 = 10,11 kW se perdent pour l’entraînement des installations auxiliaires et pour vaincre aussi les frottements au niveau du vilebrequin, arbre à cames etc.

Fait à Paris, 15 – 16/09/2007, par Adrian CLENCI, maître de conférence à l’Université de Piteşti, Roumanie adi.clenci@upit.ro