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Revue Construction Métallique
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Métallique

Référence

ELE-EC3 1-02

APPLICATION DE L’EC3-DAN RÉSISTANCE DES ÉLÉMENTS COMPRIMÉS ET FLÉCHIS

par A. Bureau

1 1

Avertissement :

Des notes techniques sur l’application de l’EC3-DAN ont déjà été publiées dans cette revue, concernant notamment la résistance des éléments fléchis. Il manquait à cette série une note technique traitant la résistance des éléments comprimés, avec ou sans flexion. La formulation proposée par l’Eurocode 3 pour la vérification de la résistance des éléments comprimés et fléchis a fait l’objet d’analyses critiques; en particulier une étude de Villette [5] a conclu à une sécurité non homogène procurée par cette formula- tion. Cependant, parce que l’EC3-DAN est actuellement utilisé en l’état et pour lever d’éventuelles ambiguïtés d’interprétation de la formulation proposée, il a paru intéres- sant de publier la présente note qui expose cette formulation telle qu’elle doit être appli- quée selon les termes de l’EC3-DAN.

1. – OBJET

L’objet de cette note technique est d’exposer les formules de vérification de la résis- tance d’une barre comprimée et fléchie selon l’Eurocode 3 Partie 1.1 et son Document d’Application Nationale (EC3-DAN [1]). Ces formules tiennent compte du flambement par flexion et le cas échéant, du déversement. Le flambement par torsion et par flexion- torsion n’est pas directement traité par l’EC3-DAN qui renvoie à la Partie 1.3 [2]. Les règles particulières pour l’utilisation des nuances d’acier S420 et S460 qui font l’objet de l’Annexe D à l’Eurocode 3 [3] sont intégrées dans la présente note.

La formulation de l’EC3-DAN s’applique aux «éléments uniformes» que l’on définit comme des éléments de section constante soumis à un effort axial constant sur leur longueur.

A. BUREAU – CTICM – Département construction métallique

CENTRE TECHNIQUE INDUSTRIEL DE LA CONSTRUCTION MÉTALLIQUE

Domaine de Saint-Paul, 78471 Saint-Rémy-lès-Chevreuse Cedex Tél.: 01-30-85-25-00 - Télécopieur 01-30-85-25-11

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

Une alternative proposée par l’EC3-DAN à l’application des formules de vérification de résistance au flambement est d’effectuer une analyse locale au second ordre de la barre en tenant compte d’une imperfection géométrique équivalente en vue d’obtenir un dia- gramme de flexion amplifié. Cette méthode alternative qui peut permettre de justifier la résistance au flambement d’éléments non uniformes n’est pas traitée ici. Elle pourra faire l’objet d’une publication ultérieure.

Un exemple d’application à un poteau de portique est ensuite présenté.

Les notations utilisées sont celles de l’EC3-DAN. Les références à l’EC3-DAN sont indi- quées en caractères gras.

2. – RAPPEL DE LA FORMULATION

2,1. – Résistance au flambement par flexion d’une barre simplement comprimée

La résistance au flambement par flexion d’une barre simplement comprimée fait l’objet du Paragraphe 5.5.1 de l’EC3-DAN. Comme présenté ci-après, l’expression se fonde sur les courbes européennes de flambement. Celles-ci ont été établies à partir d’un grand nombre d’essais réalisés dans le cadre des travaux de la Convention Européenne de la Construction Métallique.

Une barre soumise à un effort axial de compression de calcul N Sd doit satisfaire à la condition :

N Sd N b.Rd

N b.Rd est la résistance de calcul vis-à-vis du flambement prise égale à :

N b.Rd = χ β A A f y / γ M1

(EC3-DAN § 5.5.1.1 (1))

où :

γ M1 est le coefficient partiel de sécurité pour la résistance des éléments aux instabilités,

 

γ M1 = 1,1

(EC3-DAN § 5.1.1 (2))

 

β A est un coefficient qui est fonction de la classe de la section, la classe devant être déterminée selon le Paragraphe 5.3 de l’EC3-DAN.

- pour les sections de Classe 1, 2 ou 3 :

β A = 1

- pour les sections de Classe 4, il y a lieu de considérer le risque de voilement local, la résistance en compression est calculée en considérant l’aire efficace A eff de la section déterminée selon le Paragraphe 5.3.5 de l’EC3-DAN. Dans ce cas :

β A = A eff / A

Attention : Dans le cas d’une section de Classe 4 mono-symétrique (Profilé Reconstitué Soudé en I avec semelles inégales par exemple), le centre de gravité de la section efficace se trouve décalé par rapport

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

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ELE-EC3 1-02

au centre de gravité de la section brute. Il y a alors lieu de considérer le moment additionnel qui en résulte. La vérification de résistance au flambement doit être effectuée en appliquant l’une des formules d’interaction effort axial-moment flé- chissant (EC3-DAN § 5.5.4) qui sont présentées dans la suite de cette note tech- nique.

χ est le coefficient de réduction pour le sens de flambement à considérer. Ce

coefficient doit être calculé à partir de l’élancement réduit

flambement appropriée. Lorsque le flambement est à considérer par rapport aux deux axes principaux d’inertie, on retient la valeur la plus faible des deux coefficients :

χ = Min(χ y , χ z )

λ et de la courbe de

L’élancement réduit est défini par :

λ =

β

A

Af y

N

cr

(EC3-DAN § 5.5.1.2 (1))

N cr est l’effort axial critique élastique pour le sens de flambement approprié, flambement par rapport à l’axe de forte inertie ou par rapport à l’axe de faible inertie. L’effort axial critique est calculé avec les caractéristiques de la section brute, à partir d’une longueur de flambement qui peut être déterminée pour des portiques à cadres réguliers d’après l’Annexe E de l’EC3-DAN, soit pour un mode de flambement à nœuds fixes, soit pour un mode de flambement à nœuds déplaçables. Il est important de noter ici que le mode d’instabilité à considérer est étroitement lié à la méthode d’analyse utilisée pour la détermina- tion des efforts dans les barres (Voir EC3-DAN § 5.2).

Le coefficient de réduction χ peut être calculé par la formule :

où :

χ =

φ = 0,5[1 + α (

λ

λ – 0,2) +

1

2 ]

mais

χ 1

(EC3-DAN § 5.5.1.2 (1))

α est le facteur d’imperfection, paramètre caractéristique de la courbe de flam- bement qui est donné au tableau 1 (EC3-DAN Tableau 5.5.1 et Annexe D [3])

TABLEAU 1

Facteurs d’imperfection

Courbe de flambement

a

0

a

b

c

d

α

0,13

0,21

0,34

0,49

0,76

D’une façon générale, la courbe de flambement à considérer est fonction de la géométrie de la section, de l’axe de flambement, de la nuance de l’acier et du mode de fabrication. Elle doit être déterminée d’après le tableau 2 (EC3-DAN Tableau 5.5.3 et Annexe D [3]).

Les courbes de flambement sont représentées à la figure 1. Sur cette figure, on remarquera la courbe d’Euler qui correspond au flambement élastique d’une barre idéalement parfaite.

φ +

φ

2

λ

2

φ + φ 2 – – λ 2
φ + φ 2 – – λ 2

3

4

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

TABLEAU 2

Choix de la courbe de flambement

     

S235

   
 

Section

   

Limites

Axe de

flambement

S275

S355

S420

S460

Sections en I laminées

h

/ b > 1,2 t f 40 mm

y-y

a

a

a

0

 

t

f

z

 

z-z

b

a

a

0

y y
y
y
z b
z
b
   

40 mm < t f 100 mm

y-y

b

b

a

 

z-z

c

b

a

h

h

/ b

1,2

       

t f 100 mm

y-y

b

b

a

   

z-z

c

b

a

   

t f > 100 mm

y-y

d

d

c

 

z-z

d

d

c

Sections en I soudées

z t z t f f y y y y
z
t
z
t
f
f
y
y
y
y
     
 

t f 40 mm

y-y

 

b

 

z-z

c

 

t f > 40 mm

y-y

c

 

z-z

d

z

z

 

Sections creuses

laminées à chaud

quel qu'il soit

 

a

  formées à froid en utilisant f y b quel qu'il soit   b
 
  formées à froid en utilisant f y b quel qu'il soit   b
  formées à froid en utilisant f y b quel qu'il soit   b

formées à froid en utilisant f yb

quel qu'il soit

 

b

 

formées à froid en utilisant f ya

quel qu'il soit

 

c

Caissons soudés

 

d'une manière générale (sauf ci-dessous)

   
h y
h
y
y
y

t

f

z

quel qu'il soit

 

b

t

w

Soudures épaisses et

   
 

b

/ t f < 30

y-y

 

c

h

/ t w < 30

z-z

c

   

z

   
b

b

b

Sections en U, L, T et sections pleines

 

quel qu'il soit

 

c

λ inférieur ou égal à 0,2, le coefficient de réduction χ

est égal à l’unité. Conformément au Document d’Application Nationale (EC3- DAN § 5.5.1.1 (1)A), la vérification de la résistance au flambement n’est pas à considérer dans ce cas. Il suffit alors de vérifier la résistance en compression de la section selon l’EC3-DAN § 5.4. Pour les sections de Classe 1, 2 ou 3, la résis- tance de la section est calculée avec le coefficient partiel de sécurité γ M0 qui peut

Pour un élancement réduit

prendre la valeur de 1,0 pour les aciers dont les caractéristiques sont garanties par la marque «NF acier» (EC3-DAN § 5.1.1 (2)I). On constate alors une disconti-

nuité de la résistance en fonction de l’élancement pour

λ = 0,2.

Pour les profilés laminés de nuance S420 ou S460, la courbe de flambement est, dans certains cas, plus favorable que pour les profilés d’une nuance inférieure.

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

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ELE-EC3 1-02

Ceci s’explique par le fait que les contraintes résiduelles qui jouent un rôle important dans l’imperfection générale des barres, ne sont pas proportionnelles à la limite d’élasticité. Pour des aciers de nuance élevée, les contraintes rési- duelles ont une influence relative plus faible.

1.1 1.0 0.9 a0 0.8 Courbe d'Euler a 0.7 b 0.6 c 0.5 0.4 d
1.1
1.0
0.9
a0
0.8
Courbe d'Euler
a
0.7
b
0.6
c
0.5
0.4
d
0.3
0.2
0.1
0.0
0.0
0.2
0.4
0.6
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
2.0
2.2
2.4
2.6
2.8
3.0
Elancement réduit
λ
Coefficient
é r ductionde
χ

Fig. 1 – Courbes de flambement

Pour les sections creuses formées à froid, la vérification de la résistance au flambement doit être effectuée selon l’une des deux méthodes suivantes (EC3-DAN § 5.5.1.4 (4)), en considérant :

a) la limite d’élasticité de base f yb du matériau de la tôle mère avec la courbe b,

b) la limite d’élasticité moyenne f ya de l’élément après formage à froid avec la courbe c, (voir EC3-DAN Figure 5.5.2).

2,2. – Résistance au déversement d’une barre simplement fléchie

La résistance au déversement d’une barre simplement fléchie par rapport à son axe de forte inertie fait l’objet du Paragraphe 5.5.2 de l’EC3-DAN. Ce sujet a été traité dans une note technique de la revue Construction Métallique [4]. C’est pourquoi nous ne faisons que rappeler succinctement la formulation.

Une barre simplement fléchie susceptible de présenter un risque de déversement doit satisfaire à la condition suivante :

M Sd M b.Rd

M Sd est le moment maximal sur la longueur de la barre ou du tronçon de barre étudié.

M b.Rd est la résistance de calcul vis-à-vis du déversement pour la barre ou le tronçon de barre :

M b.Rd = χ LT β W W pl.y f y / γ M1

(EC3-DAN § 5.5.2 (1))

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

où :

γ M1 est le coefficient partiel de sécurité pour la résistance des éléments aux instabilités,

 

γ M1 = 1,1

(EC3-DAN § 5.1.1 (2))

 

β W est un coefficient qui est fonction de la classe de la section, la classe devant être déterminée selon l’EC3-DAN § 5.3,

 

- pour les sections de Classe 1 ou 2 (résistance plastique) :

β W = 1

- pour les sections de Classe 3 (résistance élastique) :

β W = W el.y / W pl.y

- pour les sections de Classe 4, il y a lieu de considérer le risque de voilement local, la résistance est calculée en considérant le module de résistance élas- tique efficace W eff.y de la section calculée selon l’EC3-DAN § 5.3.5. Dans ce cas :

β W = W eff.y / W pl.y

 

χ LT est le coefficient de réduction pour le déversement. Au lieu de proposer des courbes spécifiques pour le déversement, il a été jugé plus simple de se référer à des courbes de flambement qui leur sont proches. Ainsi, le coefficient χ LT est à déterminer en utilisant l’une des deux courbes de flambement suivantes (EC3- DAN § 5.5.2 (4)) :

- courbe a pour les profils laminés,

- courbe c pour les profils soudés,

en fonction de l’élancement réduit λ LT pour le déversement, défini par :

λ LT =

β

W W pl.y f y

M

cr

(EC3-DAN § 5.5.2 (5))

M cr est le moment critique de déversement élastique. Il peut être calculé à partir de l’Annexe F de l’EC3-DAN.

Selon l’EC3-DAN, dans tous les cas, le moment critique de déversement élas- tique doit être calculé en considérant les caractéristiques de la section brute. Cependant, pour les sections de Classe 4, on doit négliger l’inertie de torsion (I t = 0).

Si λ LT 0,4, il n’est pas nécessaire de tenir compte du déversement. Il y a lieu de vérifier la résistance de la section la plus sollicitée selon l’EC3-DAN § 5.4.8.

Remarque : Bien que pour des élancements réduits

LT

λ LT compris entre 0,2 et 0,4, les

courbes utilisées pour le déversement fournissent un coefficient de réduc-

tion χ

ment. La conséquence est une discontinuité de la résistance pour λ LT = 0,4.

Pour les sections de Classe 1, 2 ou 3, cette discontinuité est accentuée en prenant γ M0 = 1,0 au lieu de γ M1 = 1,1 pour les aciers dont les caractéristiques sont garanties par la marque «NF acier» (EC3-DAN 5.1.1 (2)I).

inférieur à l’unité, il est admis de ne pas tenir compte du déverse-

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

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ELE-EC3 1-02

2,3. – Résistance d’une barre comprimée et fléchie

2,31. – Généralités

La résistance d’une barre comprimée et fléchie doit être vérifiée vis-à-vis du flambe- ment, et le cas échéant, du déversement. La formulation proposée par l’EC3-DAN a fait l’objet de nombreuses analyses critiques. Nous citerons en particulier la contribution de Villette [5] qui tire comme principale conclusion que la sécurité procurée par cette for- mulation n’est pas homogène. Il apparaît, selon cette étude, que les formules d’interac- tion proposées sont plutôt pénalisantes pour des barres d’élancement moyen et faible- ment comprimées, alors qu’elles peuvent être favorables pour des barres fortement comprimées, de grand élancement et soumises à une flexion fortement variable sur leur longueur.

Nous nous proposons ici d’exposer cette formulation telle qu’elle doit être appliquée selon les termes de l’EC3-DAN.

Le Paragraphe 5.5.4 de l’EC3-DAN contient des critères de résistance qui prennent en compte ces deux modes de ruine. Un critère de résistance des éléments comprimés et fléchis sans prise en compte du déversement est donné pour chacun des cas suivants :

– sections de Classe 1 ou 2 (résistance plastique),

– sections de Classe 3

– sections de Classe 4

(résistance élastique),

(résistance élastique calculée à partir de caractéristiques efficaces).

Si la barre présente un risque de déversement, un critère de résistance supplémentaire est donné pour chacun de ces trois cas. Il ne se substitue pas au critère de résistance sans prise en compte du déversement.

Toutefois, pour des éléments de Classe 1, 2 ou 3 pour lesquels il n’y a pas de risque de déversement, le Document d’Application Nationale français précise que le critère de résistance des éléments comprimés et fléchis n’est pas à considérer si :

χ min = Min (χ y ; χ z ),

N Sd

Max (

λ y ;

λ z ) 0,2

ou

0,1

χ min Af y /γ M1

(EC3-DAN § 5.5.4 A)

de sorte que le dimensionnement d’éléments d’élancement très faible ou bien d’élé- ments très peu comprimés, ne soit pas pénalisé par l’application du critère de résistance présenté ci-après.

Pour les éléments de Classe 1, 2 ou 3 présentant un risque de déversement ( λ LT 0,4) et

pour les sections de Classe 4, les critères de résistance des éléments comprimés et flé-

chis s’appliquent sans restriction (voir organigramme de la figure 2).

La barre peut être sollicitée par :

– un effort axial de compression N Sd ,

– de la flexion par rapport à l’axe de forte inertie : M y.Sd est le moment fléchissant maxi- mal le long de la barre ou du tronçon de barre étudié,

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

Début Risque de NON déversement ? OUI Section de Classe 4 ? NON OUI Max(
Début
Risque de
NON
déversement ?
OUI
Section
de Classe 4 ?
NON
OUI
Max(
λ
;
λ
) > 0,2
? NON
y
z
OUI
N Sd
? NON
> 0,1
χ
A f
/
λ
min
y
M1
OUI
Vérification de la résistance
de l'élément en compression-flexion
sans déversement
PAS de Vérification de la résistance
de l'élément en compression-flexion
Seule une vérification de la résistance
des sections est nécessaire
Vérification de la résistance
de l'élément en compression-flexion
avec déversement
Fin

Fig. 2 – Organigramme pour la vérification des éléments en compression-flexion

de la flexion par rapport à l’axe de faible inertie : M z.Sd est le moment fléchissant maximal le long de la barre ou du tronçon de barre étudié.

On notera que les moments fléchissants M y.Sd et M z.Sd n’agissent pas nécessairement dans la même section. Dans les critères de résistance présentés ci-après, les sollicita- tions maximales sont à prendre en valeur absolue.

2,32. – Sections de Classe 1 ou 2 (résistance plastique)

Critère de résistance sans prise en compte du déversement

Un élément comprimé et fléchi à section transversale de Classe 1 ou 2 doit satisfaire à la condition de résistance suivante :

N Sd

k y M y.Sd

k z M z.Sd

+

+

χ min Af y /γ M1

W pl.y f y /γ M1

W pl.z f y /γ M1

1

(EC3-DAN § 5.5.4 (1))

χ min est la plus petite valeur des coefficients de réduction pour le flambement χ y et χ z ,

k y et k z sont des coefficients qui tiennent compte, entre autres, de la forme du diagramme de moment fléchissant,

µ y N Sd

χ y Af y

k y = 1 –

mais

k y 1,5

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

45

µ y =

λ y (2β My – 4) +

k z = 1 –

µ z N Sd

χ z Af y

µ z = λ z (2β Mz – 4) +

W pl.y W el.y

W el.y

W pl.z W el.z

W el.z

mais

µ y 0,9

mais

k z 1,5

mais

µ z 0,9

ELE-EC3 1-02

β My et β Mz sont les facteurs de moment uniforme équivalent pour le flambement par flexion, respectivement pour le diagramme de moment par rapport à l’axe de forte inertie et pour le diagramme de moment par rapport à l’axe de faible inertie. Ils peuvent être déterminés selon l’EC3-DAN Figure 5.5.3 que nous pou- vons résumer ainsi :

β M = β M,ψ +

M Q

M

(β M,Q β M,ψ )

où : – M Q est le moment maximal en valeur absolue sous les seules charges transversales, calculé en supposant que la barre repose sur deux appuis simples («moment isostatique»),

M est l’amplitude en valeur absolue du diagramme de moment :

M = M + max M

max

β M,ψ est le facteur de moment uniforme équivalent de la barre supposée soumise aux seuls moments d’extrémité. Soit ψ, le rapport des moments aux extrémités de la barre tel que – 1 ψ + 1 :

β M,ψ = 1,8 – 0,7 ψ

β M,Q est le facteur de moment uniforme équivalent pour les charges transversales, l’EC3-DAN fournit la valeur de β M,Q pour les deux cas sui- vants :

β M,Q = 1,3 pour une charge uniformément répartie,

β M,Q = 1,4 pour une charge concentrée appliquée à mi-longueur de la barre.

Remarques : a) Le facteur β M doit être calculé en considérant le diagramme de moment fléchissant sur la longueur du tronçon entre points de maintien au flam- bement dans le plan considéré. Dans cette vérification, le tronçon de barre pour le calcul de β M.z peut ne pas être le même que celui pour le calcul de β M.y .

b) De l’expression du facteur de moment uniforme équivalent, il ressort que ce facteur est compris entre 1,1 pour le cas d’un moment constant (ψ = + 1), et 2,5 pour le cas d’un moment qui varie linéairement de – M Sd à + M Sd (ψ = – 1).

c) Le coefficient µ peut être positif ou négatif.

d) Les coefficients k y et k z peuvent prendre des valeurs inférieures à 1.

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

Critère de résistance avec prise en compte du déversement

Si de plus, l’élément présente un risque de déversement ( condition de résistance suivante :

λ LT 0,4), il doit satisfaire à la

N Sd

k LT M y.Sd

k z M z.Sd

+

+

χ z Af y /γ M1

χ LT W pl.y f y /γ M1

W pl.z f y /γ M1

1 (EC3-DAN § 5.5.4 (2))

µ LT N Sd

χ z Af y

µ LT = 0,15 λ

z β M.LT – 0,15

mais µ LT 0,90

β M.LT est le facteur de moment uniforme équivalent calculé pour le tronçon entre deux sections maintenues vis-à-vis du déversement et pour le diagramme de flexion par rapport à l’axe de forte inertie.

les autres paramètres de ce critère de résistance ont été définis auparavant.

2,33. – Sections de Classe 3 (résistance élastique)

Aussi bien pour la résistance des éléments comprimés et fléchis sans prise en compte du déversement que pour la résistance avec prise en compte du déversement, la formu- lation est celle des sections de Classe 1 ou 2 présentée au paragraphe précédent, dans laquelle les modules de résistance plastique sont remplacés par les modules de résis- tance élastique de la section. De ce fait, dans l’expression des coefficients µ y et µ z , le second terme disparaît.

Dans le cas de sections qui ne sont pas doublement symétriques, il convient de prendre en compte les modules de résistance élastique W el.y et W el.z calculés pour la fibre extrême de la section où les contraintes dues à chaque sollicitation maximale N Sd , M y.Sd et M z.Sd se cumulent avec le même signe (EC3-DAN § 5.5.4 (1)A).

2,34. – Sections de Classe 4 (résistance élastique calculée à partir de caractéris-

tiques efficaces)

Critère de résistance sans prise en compte du déversement

Un élément comprimé et fléchi à section transversale de Classe 4 doit satisfaire à la condition de résistance suivante :

N Sd

k y (M y.Sd + N Sd e N.y )

k z (M z.Sd + N Sd e N.z )

 

+

+

χ min A eff f y /γ M1

W eff.y f y /γ M1

W eff.z f y /γ M1

1

(EC3-DAN § 5.5.4 (5))

Les coefficients k y , k z et χ min sont calculés comme pour les sections de Classe 1, 2 et 3, mais en remplaçant l’aire A par l’aire efficace A eff de la section. Les coefficients µ y et µ z prennent les expressions suivantes :

µ y = λ y (2β My – 4) mais

µ y 0,9

µ z = λ z (2β Mz – 4) mais

µ z 0,9

où :

k LT = 1 –

mais

k LT 1,0

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

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ELE-EC3 1-02

Critère de résistance avec prise en compte du déversement

Si de plus, l’élément présente un risque de déversement ( condition de résistance suivante :

λ LT 0,4), il doit satisfaire à la

N Sd

k LT (M y.Sd + N Sd e N.y )

k z (M z.Sd + N Sd e N.z )

 

+

+

χ z A eff f y /γ M1

χ LT W eff.y f y /γ M1

W eff.z f y /γ M1

1

(EC3-DAN § 5.5.4 (6))

Les coefficients k LT et µ LT sont calculés comme pour les sections de Classe 1, 2 ou 3, mais en remplaçant l’aire A par l’aire efficace A eff de la section.

Calcul des caractéristiques efficaces

Les caractéristiques efficaces de la section sont calculées selon l’EC3-DAN § 5.4.8.3. On rappelle les définitions de ces caractéristiques efficaces :

– Aire efficace calculée sous l’effort axial de compression seul,

A eff

– Décalage du centre de gravité de la section efficace par rapport à la sec- tion brute, calculé sous l’effort axial de compression seul (pour une sec- tion doublement symétrique : e N.y = 0 et e N.z = 0),

e N.y et e N.z

– Module de résistance élastique par rapport à l’axe de forte inertie de la section efficace calculé sous le moment fléchissant M y.Sd seul,

W eff.y

– Module de résistance élastique par rapport à l’axe de faible inertie de la section efficace calculé sous le moment fléchissant M z.Sd seul.

W eff.z

Il convient de prendre en compte les modules de résistance élastique W eff.y et W eff.z de la section efficace calculés pour la fibre extrême où les contraintes dues à chaque sollicita- tion maximale N Sd , M y.Sd et M z.Sd se cumulent avec le même signe (EC3-DAN § 5.5.4 (5)A et (6)A).

La référence [6] pourra aider le projeteur dans le calcul des caractéristiques efficaces des sections de Classe 4.

Il est précisé que les facteurs de moment uniforme équivalent β M.y , β M.z et β M.LT doivent être déterminés en tenant compte du moment résultant (M Sd + N Sd e N ) pour chacun des plans de flexion.

3. – EXEMPLE D’APPLICATION

L’exemple d’application consiste en la justification de la stabilité d’un poteau de por- tique d’un bâtiment de type industriel. Nous ne décrirons pas ici toutes les étapes du calcul qui conduisent aux efforts dans l’élément qui nous intéresse. En revanche, la véri- fication de la résistance au flambement et au déversement est détaillée pour les efforts de calcul qui correspondent à une combinaison d’actions pour les vérifications aux États Limites Ultimes.

Le poteau étudié est un profilé IPE 450 en acier de nuance S235. Sa longueur entre points d’épure est de 10 m. On admet que le poteau est maintenu latéralement en pied et en tête. De plus, on considère un appui latéral intermédiaire constitué par une lisse de bardage située à une hauteur de 6 m par rapport au sol et liée au dispositif de stabilité longitudinale.

11

12

48

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

Pour la combinaison d’actions étudiée, le portique est classé comme structure rigide au sens de l’EC3-DAN § 5.2.5.2. Dans ce cas, l’analyse globale de la structure peut être effectuée en négligeant les effets du second ordre (voir aussi la référence [7]).

Le poteau est soumis à un effort axial de compression N Sd que l’on suppose constant sur la hauteur et à de la flexion par rapport à l’axe de forte inertie qui varie linéairement de 0 au moment maximal M y.Sd en tête du poteau. Pour la combinaison étudiée, nous avons :

N Sd

= 160 kN

M y.Sd = 200 kN.m

3,1. – Caractéristiques du profil

Section IPE 450

 

S

A

= 98,82 cm 2

I y

= 33 740 cm 4

I z

= 1676 cm 4

I t

= 66,87 cm 4

I w

= 791 000 cm 6

W el.y = 1 500 cm 3

 

W pl.y = 1 702 cm 3

Acier S235

Module d’Young :

E = 210 000 MPa

S

Module de cisaillement :

G = 80 770 MPa

Limite d’élasticité :

f y = 235 MPa

3,2. – Classe de la section

M y.S d = 20 0 k N.m ection maintenue latéralement ection maintenue M y.S
M
y.S d = 20 0 k N.m
ection maintenue
latéralement
ection maintenue
M
y.S d = 12 0 k N.m
latéralement
S ection maintenue
latéralement
IP E
4 50 –
Acie r S 235
6 m
4 m
10 m

Fig. 3

Sous les efforts qui lui sont appliqués, la section transversale est de Classe 1. La vérifi- cation de l’élément peut être effectuée en utilisant la résistance plastique de la section.

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

49

ELE-EC3 1-02

Le lecteur pourra se reporter aux tableaux de la référence [8] qui donnent la classe de la section pour les profilés laminés en I sollicités en compression et flexion par rapport à l’axe de forte inertie, en fonction de l’effort axial.

Les coefficients β A et β w qui dépendent de la classe de la section sont égaux à 1 pour la Classe 1 :

β A = 1

et

β w = 1

3,3. – Longueurs de flambement

Longueur de flambement dans le plan du portique

La structure étant classée comme «Structure rigide» au sens de l’EC3-DAN, l’analyse globale de la structure est effectuée en négligeant les effets du second ordre, et la résis- tance au flambement des poteaux peut être vérifiée en calculant la longueur de flambe- ment pour un mode d’instabilité à nœuds fixes (voir [7]). On se place alors du côté de la sécurité en prenant comme longueur de flambement, la longueur d’épure :

L k.y = 10 m

Longueur de flambement hors plan du portique

En se plaçant du côté de la sécurité, la longueur de flambement hors plan du poteau du portique peut être prise égale à celle du tronçon le plus long :

L k.z = 6 m

Un calcul plus précis consiste à rechercher l’effort axial critique dans le poteau en tenant compte de la continuité des deux tronçons de longueurs différentes. Ce calcul conduit alors à une longueur de flambement de 5,20 m.

3,4. – Vérification de la résistance au flambement

3,41. – Calcul de la résistance au flambement en compression simple

Flambement dans le plan (/yy)

L’effort axial critique est : N cr.y =

π 2 EI y

=

π 2 × 2 100 000 × 33 740

L

2

1 000 2

ky

= 699 301 daN

Élancement réduit :

λ y = = = 0,5763

β

A

Af y

1 × 98,82 × 2 350

(

λ y 0,2)

Pour le flambement par rapport à l’axe de forte inertie d’un IPE 450 en acier S235, le coef- ficient de réduction doit être déterminé selon la courbe de flambement a (Tableau 2), soit α = 0,21 (Tableau 1).

N

cr.y

699 301

13

14

50

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

On calcule :

φ y = 0,5[1 + α (

λ y – 0,2) +

λ 2 y ] = 0,5[1 + 0,21 × (0,5763 – 0,2) + 0,5763 2 ] = 0,7056

χ y =

1

1

=

 

φ y +

φ

2

y

λ

2

y

0,7056 + 0,7056 2 – 0,5763 2

= 0,8988

( 1)

Flambement hors plan (/zz)

L’effort normal critique est :

π 2 EI z

π 2 × 2 100 000 × 1 676

N cr.z =

 

= 96 492 daN

=

Élancement réduit :

λ z = = = 1,5514

β

A

Af y

1 × 98,82 × 2 350

(

λ z 0,2)

Pour le flambement par rapport à l’axe de faible inertie d’un IPE 450 en acier S235, le coefficient de réduction doit être déterminé selon la courbe de flambement b (Tableau 2), soit α = 0,34 (Tableau 1). On calcule :

φ z = 0,5[1 + α (

λ z – 0,2) +

λ 2 z ] = 0,5[1 + 0,34 × (1,5514 – 0,2) + 1,5514 2 ] = 1,9332

χ z =

1

1

=

 

φ z +

φ

2

z

λ

2

z

1,9332 + 1,9332 2 – 1,5514 2

= 0,3240

( 1)

La résistance au flambement est calculée en considérant le plus petit des deux coeffi- cients de réduction qui est, pour cet exemple, χ min = χ z :

N b.Rd = χ min β A A f y / γ M1 = 0,3240 × 1 × 98,82 × 2 350 / 1,1 = 68 401 daN

Au passage, on s’assure que : N Sd = 160 kN N b.Rd = 684,01 kN

Si cette condition n’était pas satisfaite, il serait inutile de poursuivre les vérifications.

3,42. – Vérification de la résistance de l’élément en compression et flexion sans

prise en compte du déversement

Nous avons : λ max = λ z = 1,5514 0,2

N Sd

χ min Af y /γ M1

160

684,01

Par conséquent, il y a lieu de vérifier la résistance de l’élément en compression et flexion sans prise en compte du déversement. En l’absence de flexion par rapport à l’axe de faible inertie, le critère de résistance se réduit à :

N Sd

k y M y.Sd

+

χ min Af y /γ M1

W pl.y f y /γ M1

1

Le coefficient k y dépend, à travers le coefficient µ y , du facteur de moment uniforme équivalent β M.y , celui-ci étant fonction de la forme du diagramme de moment fléchis- sant. Le cas étudié ne présente qu’une variation linéaire du moment avec un rapport ψ des moments aux extrémités égal à 0. On en déduit :

β M.y = 1,8 – 0,7 ψ = 1,8

L 2

kz

600 2

N

cr.z

96 492

et

=

= 0,234 0,1

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

51

ELE-EC3 1-02

On calcule :

µ y = λ y (2β My – 4) +

W pl.y W el.y

1 702 – 1 500

= 0,5763 × (2 × 1,8 – 4) +

= – 0,0958

( 0,9)

W el.y

1 500

et

k y = 1 –

On vérifie :

µ y N Sd

– 0,0958 × 16 000

= 1 –

= 1,0073

( 1,5)

χ y Af y

0,8988 × 98,82 × 2 350

16

000

1,0073 × 2 . 10 6

= 0,788 1

Condition satisfaite

68

401

+

1 702 × 2 350/1,1

3,5. – Vérification de la résistance au déversement

3,51. – Calcul de la résistance au déversement en flexion simple

Étant donné que le moment maximal est situé dans le tronçon le plus court, on ne peut pas savoir a priori pour quel tronçon le rapport du moment agissant au moment résis- tant sera le plus faible. La résistance au déversement doit donc être vérifiée pour chacun des deux tronçons du poteau séparés par le maintien latéral intermédiaire.

Le moment critique de déversement élastique peut être calculé à partir de l’Annexe F de l’EC3-DAN. Pour l’exemple traité ici (section doublement symétrique et barre soumise uniquement à un gradient de moment), l’expression du moment critique se réduit à :

M cr = C 1

π 2 EI z

(kL) 2

k

k

w

2

I

w

I z

+

(kL)

2

GI t

π

2

EI z

(EC3-DAN § F.1.3 (2))

Si l’on néglige tout encastrement vis-à-vis du gauchissement et vis-à-vis de la rotation des sections aux extrémités du tronçon étudié, nous devons adopter :

k = 1

et

k w = 1

a) Considérons le tronçon inférieur du poteau (L = 6 m, ψ = 0) :

Selon l’Annexe F de l’EC3-DAN (Tableau F.1.1), C 1 = 1,879 pour ψ = 0 et k = 1.

Moment critique :

Élancement réduit :

M cr = 583,6 kN . m

λ LT = = = 0,8278

β

W W pl.y f y

M

cr

1 × 1 702 × 2 350

5,836 . 10

6

L’élancement réduit λ LT est supérieur à 0,4, il est donc nécessaire d’effectuer la vérifica-

tion de la résistance au déversement. Pour les profils laminés en I, le coefficient de réduction χ LT pour le déversement doit être déterminé à partir de la courbe de flambe- ment a (α = 0,21). On obtient :

φ LT = 0,5[1 + α (

λ LT – 0,2) +

λ 2 LT ] = 0,5[1 + 0,21 × (0,8278 – 0,2) + 0,8278 2 ] = 0,9085

χ LT =

1

1

= 0,7795

( 1)

φ LT +

φ

2

LT

λ

2

LT

=

0,9085 + 0,9085 2 – 0,8278 2

φ L T + φ 2 LT – – λ 2 LT = 0,9085 + 0,9085

15

16

52

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

Le moment de résistance au déversement est :

M b.Rd = χ LT

β W W pl.y f y / γ M1 = 0,7795 × 1 × 1 702 × 2 350 / 1,1 = 2,8343 . 10 6 daN . cm

Au passage, on s’assure que pour le tronçon inférieur du poteau :

M y.Sd = 120 kN . m M b.Rd = 283,43 kN . m

b) Considérons le tronçon supérieur du poteau : L = 4 m, ψ = 0,6

Selon l’Annexe F de l’EC3-DAN (§ F.1.2 (6)), pour ψ = 0,6 et k = 1 :

C 1 = 1,88 – 1,4 ψ + 0,52 ψ 2 = 1,227

On remarque que le coefficient C 1 est significativement plus faible que pour le tronçon inférieur. La différence est toutefois compensée par une longueur plus faible du tronçon supérieur. Pour ce dernier, on obtient :

Moment critique :

M cr = 716,70 kN . m

1 × 1 702 × 2 350

λ LT = = 0,7470

Élancement réduit :

7,167 . 10

6

λ LT 0,4

On calcule le coefficient de réduction :

φ LT = 0,5[1 + α (

λ LT – 0,2) +

λ 2 LT ] = 0,5[1 + 0,21 × (0,7470 – 0,2) + 0,7470 2 ] = 0,8364

χ LT =

1

1

= 0,8246

( 1)

Le moment de résistance au déversement est alors :

M b.Rd = χ LT β W W pl.y f y / γ M1 = 0,8246 × 1 × 1702 × 2350 / 1,1

Pour le tronçon supérieur du poteau, on s’assure aussi que :

M y.Sd = 200 kN . m M b.Rd = 299,80 kN . m

3,52. – Vérification de la résistance de l’élément en compression et flexion avec

prise en compte du déversement

En l’absence de flexion par rapport à l’axe de faible inertie, le critère de résistance en compression et flexion avec prise en compte du déversement se réduit à :

N Sd

k LT M y.Sd

+

χ z Af y /γ M1

χ LT W pl.y f y /γ M1

1

Le coefficient k LT dépend du facteur de moment uniforme équivalent β M.LT par l’intermé- diaire du coefficient µ LT . Ce facteur β M.LT doit être déterminé en considérant un tronçon entre deux sections maintenues latéralement. Chacun des deux tronçons est donc étu- dié sur la base du coefficient de réduction χ LT calculé précédemment.

φ LT +

φ

2

LT

λ

2

LT

=

0,8364 + 0,8364 2 – 0,7470 2

φ L T + φ 2 LT – – λ 2 LT = 0,8364 + 0,8364

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

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ELE-EC3 1-02

a) Tronçon inférieur (L = 6 m, ψ = 0, M y.Sd = 120 kN . m)

Facteur de moment uniforme équivalent : β M.LT = 1,8 – 0,7 ψ = 1,8

Coefficient µ LT :

µ LT

= 0,15 λ z β M.LT – 0,15 = 0,15 × 1,5514 × 1,8 – 0,15

= 0,2689

µ LT N Sd

χ z Af y

= 0,9428

(µ LT 0,9)

0,2689 × 16 000

0,324 × 98,82 × 2 350

(k LT 1)

On vérifie le critère de résistance pour le tronçon inférieur :

16 000

0,324 × 98,82 × 2 350/1,1

0,9428 × 1 200 000

+

0,7795 × 1 702 × 2 350/1,1

= 0,2339 + 0,3992 = 0,6331 1

Condition satisfaite

b) Tronçon supérieur (L = 4 m, ψ = 0,6, M y.Sd = 200 kN . m)

Facteur de moment uniforme équivalent : β M.LT = 1,8 – 0,7 ψ = 1,38

Coefficient µ LT :

µ LT

= 0,15

λ z β M.LT – 0,15 = 0,15 × 1,5514 × 1,38 – 0,15

= 0,1711

µ LT N Sd

χ z Af y

= 0,9636

(µ LT 0,9)

0,1711 × 16 000

0,324 × 98,82 × 2 350

(k LT 1,0)

On vérifie le critère de résistance pour le tronçon supérieur :

16 000

0,324 × 98,82 × 2 350/1,1

0,9636 × 2 000 000

+

0,8246 × 1 702 × 2 350/1,1

= 0,2339 + 0,6428 = 0,8767 1

Condition satisfaite

[1]

[2]

[3]

4. – RÉFÉRENCES

Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» et Document d’Application Nationale

– Partie 1-1 : Règles générales et règles pour les bâtiments. Indice de classement P 22-311. AFNOR Décembre 1992.

Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» et Document d’Application Nationale

– Partie 1-3 : Règles supplémentaires pour les profilés et plaques à parois minces formés à froid. Indice de classement P 22-313. AFNOR Décembre 1999.

Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» et Document d’Application Nationale – Partie 1-1 : Règles générales et règles pour les bâtiments. Amendement A1. Indice de classement XP P 22-311/A1. AFNOR Novembre 1999.

Coefficient k LT :

k LT

= 1 –

= 1 –

Coefficient k LT :

k LT

= 1 –

= 1 –

17

18

54

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ELE-EC3 1-02

[4]

Bureau A. – Application de l’EC3-DAN – Résistance au déversement des éléments fléchis. Revue Construction Métallique n° 2-1993. CTICM.

[5]

Villette M. – Considérations sur le flambement. Proposition de révision de l’Euro- code 3. Revue Construction Métallique n° 3-1997. CTICM.

[6]

Galéa Y., Lequien P. – Application de l’Eurocode 3 – Résistance des sections en I de Classe 4 comprimées et fléchies sans interaction avec le cisaillement. Revue Construction Métallique n° 3-1991. CTICM.

[7]

Braham M., Lascrompes E. – L’analyse élastique des ossatures au moyen de l’Euro- code 3. Revue Construction Métallique n° 4-1992. CTICM.

[8]

Bureau A., Galéa Y. – Application de l’Eurocode 3 – Classement des sections trans- versales en I. Revue Construction Métallique n° 1-1991. CTICM.