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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011) RAPPORT DE MISSION EXPLORATOIRE Type

RAPPORT DE MISSION EXPLORATOIRE

Type de Crise : Sècheresse/Crise alimentaire

EXPLORATOIRE Type de Crise : Sècheresse/Crise alimentaire MAURITANIE Régions du Brakna et Gorgol 23 Octobre –

MAURITANIE

Régions du Brakna et Gorgol

23 Octobre – 3 Novembre 2011

VERSION FINALE

Auteurs Alexis Ntamavukiro (Consultant SA) Maria Chalaux (Consultante WaSH) Mohamed Momoh (TAH Logistique IO)

1

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

SOMMAIRE

Résumé ……………………………………………………………………………………………….

3

I. INTRODUCTION …………………………………………….…………………………………….

5

I.1 Objectifs de la Mission Exploratoire ……………………………………………………………

5

I.2 Méthodologie …………………………………………….……………………………………….

5

II.

PRESENTATION DU PAYS ET DES ZONES VISITEES ……………………………………

8

II.1 Informations générales du pays …………………………………………….………………

8

Contexte économique …………………………………………….…………………………………

8

Contexte politique …………………………………………….……………………………………

9

Contexte climatique …………………………………………….……………………………………

9

Description des principales catastrophes qui affectent la Mauritanie ………………………….

10

Contexte général en Eau, Assainissent et hygiène ……………………………………………

10

II.2 Informations générales des zones explorées (Brakna et Gorgol) …………………….

14

La région du Brakna …………………………………………….…………………………………

14

La région du Gorgol …………………………………………….…………………………………

15

Moyens d’existence de la zone explorée (Brakna et Gorgol) …………………………………

17

Ressources et Infrastructures en eau de la zone explorée (Brakna et Gorgol) ………………

18

Assainissement et hygiène dans les zones explorées (Brakna et Gorgol). Maladies liées à l’eau et l’hygiène ………………………………………………………………….

20

III.

ANALYSE ET EVALUATION DE LA CRISE HUMANITAIRE ……………………………

21

III.1 Analyse en termes de sécurité alimentaire et des moyens d’existence …………………

23

III.2 Analyse en termes d’Eau, Assainissement et Hygiène ……………………………………

27

III.3 Analyse en termes de Nutrition ………………………………………………………………

29

III.4 Analyse en termes de Logistique ……………………………………………………………

30

III.5 Agences Internationales dans la zone ………………………………………………………

31

IV. CONCLUSIONS ………………………………………………………………………………….

32

 

Comment est la situation? …………………………………………………………………

32

Qui sont les plus touchés et quels sont les principaux besoins? ……………………

33

Oxfam Doit-elle intervenir? ………………………………………………………………

31

Si Oxfam intervient, dans quels domaines et champ d’action? ……………………….

33

Quels sont les principaux problèmes pour une possible intervention? ……………….

34

V. RECOMMANDATIONS ET PROPOSAL ………………………………………………………

35

 

Objectifs de l’intervention ………………………………………………………………….

35

Activités proposées ………………………………………………………………………

35

ANNEXES

2

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Résumé

La situation agropastorale en Mauritanie est préoccupante cette année à cause de la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies. En effet, la situation pluviométrique est déficitaire en général dans tout le pays. Concrètement dans les départements de Boghé et de Kaédi (Régions de Brakna et Gorgol respectivement) les cumuls pluviométriques en septembre n’étaient que respectivement de 185 mm et de 200 mm. Le Brakna et le Gorgol sont des zones où la malnutrition aigue globale (MAG) se situe déjà dans une année considérée normale dans des taux qui oscillent vers le 15%, seuil de situation d’urgence de l’OMS. Les donnés des dernières enquêtes SMART du Ministère de la santé avec l’appui de l’UNICEF en date de juillet 2011 situent les taux de la MAG du Brakna et Gorgol respectivement à 18% et 15,7%.

Les observations de terrain combinées avec les échanges avec les partenaires ont permis à la mission exploratoire définir que la situation dans laquelle se trouve le pays est transitoire entre les phases 2 et 3, proche de 3. La couverture des besoins alimentaires des ménages au stade actuel (mois de Novembre) ne couvrira qu’un mois de réserves auprès des ménages. C’est dire que d’ici janvier 2012 la crise sera installée. La situation actuelle en termes de moyens d’existence et sécurité alimentaire dans la zone peut être résumée comme suit :

Les populations visitées dans les zones des agropasteurs ont jusqu’un mois de réserve de nourriture.

La période de soudure qui dans les périodes d’une année normale devait commencer au mois de Mai s’annonce au Mois de Novembre. Le déficit de production est estimé à plus de 50% d’une année normale. La soudure durera 10 mois au lieu de 5 mois.

Les ménages se trouvent très démunis dépendant du marché alors que leurs moyens d’existence sont fortement dégradés.

Les pâturages sont desséchés et on observe une pression des animaux dans les zones proches du fleuve et pas encore de conflits ouverts déclarés

Les prix des animaux sur le marché sont en baisse (chute libre presque une dévaluation de 50%).

D’après nos entretiens avec les ménages bénéficiaires, le déstockage des animaux n’a pas encore commencé à grande échelle. La transhumance vers le Sénégal et le Mali est envisagée vers le mois de janvier soit 5 mois en avance par rapport à une année normale.

Nous constatons une augmentation de l’endettement des ménages très pauvres.

L’accès à l’eau potable au niveau de la source est un problème structurel, mais la sécheresse précoce aggrave une situation qui est en périodes normales est déjà assez précaire. Les principaux impacts de ce fait en termes d’accès à l’eau (quantité) sont les suivants :

Les puits peu profonds qui ont déjà une tendance à tarir pendant la soudure (vers avril ou mai) sont désormais avec des niveaux statiques très bas (même certains d’entre eux déjà secs). De ce fait, il y a le constat de:

o

Manque d’eau pour la boisson et l’hygiène des populations avec un impact direct sur la santé

o

Manque d’eau pour le bétail qui ne sera pas parti en transhumance.

o

Manque d’eau pour le maraichage avec un déficit directe en termes d’aliments consommés par le ménage et l’impact conséquent sur la nutrition.

o

Consommation de l’eau du fleuve pour les villages qui en sont proches ou à côté, avec le danger de consommation d’une eau très polluée. Ces ménages seront très exposés aux maladies liées à l’eau.

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Les marres et wadis qui représentent un apport en eau très important pour le bétail sont désormais presque sèches. De ce fait :

o

Le bétail non parti en transhumance sera obligé à consommer l’eau des puits/forages ou AEP avec une forte pression sur ces sources qui dans le cas des puits peuvent tarir très facilement (voir point antérieur). La présence de bétail dans les points d’eau, notamment pour le puits mal protégés en surface, entrainera une plus forte contamination de l’eau consommée par les populations

o

Dans le cas des systèmes AEP ou l’eau est payante les ménages devront destiner une partie beaucoup plus importante que d’habitude au paiement de l’eau. Justement cette année ou les revenus dans les ménages sont déjà très réduits à cause des difficultés dans l’agriculture, entre autres (voir impacts aux moyens d’existence)

Le manque de revenus généralisé des ménages suite à cette situation de crise à également un impact direct sur la qualité de l’eau consommée et la prévalence des maladies hydriques et la malnutrition

La mission recommande une intervention d’Oxfam à deux niveaux: D’un côté pour protéger les moyens d’existence des populations des programmes actuels, même si dans la plupart la typologie de villages ne rentre pas dans les plus vulnérables. De l’autre pour mettre en place une intervention d’urgence qui ciblerait les villages les plus vulnérables et qui veillerait à couvrir les besoins immédiats mais aussi à réhabiliter et protéger les moyens d’existence pour éviter l’enchaînement avec une deuxième crise l’année prochaine.

L’intervention proposée aura une approche intégrée SA/WaSH qui est basée sur le cadre conceptuel des causes de la malnutrition qui montre les synergies du travail dans les deux volets pour obtenir un impact sur ses causes immédiates, à savoir, les apports alimentaires inadéquats et les hautes prévalences de maladies hydriques. L’objectif étant d’augmenter autant que possible les impacts nutritionnels de nos interventions WASH et de moyens d’existence/sécurité alimentaire.

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I. INTRODUCTION

I.1 Objectifs de la Mission Exploratoire

La situation agropastorale en Mauritanie est préoccupante cette année à cause de la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies. En effet, la situation pluviométrique est déficitaire en général dans tout le pays. Concrètement dans les départements de Boghé et de Kaédi (Régions de Brakna et Gorgol respectivement) les cumuls pluviométriques en septembre n’étaient que respectivement de 185 mm et de 200 mm. L’année présage des productions agricoles très faibles, voire inexistantes dans de nombreuses localités et des indicateurs d’un déficit de la production fourragère sont déjà visibles.

crise

humanitaire qui s’annonce, Oxfam a décidé de mener à terme une mission exploratoire avec les suivants objectifs :

Face

à

cette

situation

de

Figure 1 : carte Mauritanie et régions explorées

de Figure 1 : carte Mauritanie et régions explorées • Evaluer la situation d’insécurité alimentaire dans

Evaluer la situation d’insécurité alimentaire dans le Brakna et le Gorgol (zone d’intervention des partenaires Oxfam) : les causes, les groupes concernés en fonction de leur moyens d’existence (estimation des affectés dans les 2 zones), la possible évolution dans les prochains mois, la sévérité en fonction d’une échelle IPC.

Déterminer la pertinence d’une réponse humanitaire

Si la pertinence est confirmée, définir une intervention d’urgence intégrée Sécurité Alimentaire (SA) et Eau, assainissement et hygiène (WaSH) qui vise à maintenir une alimentation adéquate et des conditions d’hygiène suffisantes, pour prévenir l’insécurité alimentaire et la malnutrition, dans les régions du Brakna et Gorgol. Fournir des recommandations sur le type d’activités et le mode opératoire de mise en place.

I.2. Méthodologie

Composition de l’équipe

L’équipe de la mission exploratoire était composée par une équipe externe d’experts multidisciplinaire et une équipe pays qui a accompagné l’équipe externe pendant toute la durée de la mission au terrain. Il faut mentionner que des premières échanges au niveau capital avec les équipes de World Vision (travaillant aussi dans les mêmes zones) ont fait estimer la pertinence de leur côté de joindre à notre mission terrain leur responsable AH, qui nous a également accompagné pendant toute la semaine.

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Equipe externe:

Expert SA: Alexis Ntamavukiro (Consultant)

Expert WaSH (et team leader): Maria Chalaux (Consultant)

Expert Logistique: Mohamed Momoh (TAH log IO)

Equipe pays:

Responsable Programme Moyens d’Existence (ME) IO: Zeinabou Coulibally

Officier de Programme ME IO: Ousmane Dia

Coordinateur projet PAISA-BG d’ANED (partenaire IO dans le projet) : Demba Diop

Responsable projet ANED Brakna, pour le programme PAISA-BG au Brakna:

Mohamed Djbril Sall

Responsable AMAD (Partenaire IO au Brakna): El Hadj Mamadou Moussa BA

Vétérinaire AMAD : Dr Sow Oumar

Responsable femme et développement AMAD : Aminata Wone

Responsable ACORD (Partenaire IO au Gorgol): Ahmed Baro

Chef de projet ACORD : Sy Aliou Saidou

Technicien ACORD : Diop Al Hassane

Responsable AH de World Vision : Diallo Hamidou

Type d’informations et méthodologie suivie

La collecte d’informations s’est faite à plusieurs niveaux:

Informations secondaires: Ce type d’informations/données produites par d’autres sources ont été récoltées par le biais de:

Réunion avec l’équipe pays Oxfam et remise de documents déjà existants sur la région

Réunion avec les partenaires Oxfam nationaux

Entretiens semi-structurés avec des personnes/acteurs clés (voir tableau 1 et liste en annexe de contacts des personnes visitées) et remise de documents. Les acteurs consultés ont été diverses: organismes, représentants d’ONGs, représentants de structures étatiques, fournisseurs.

Recherche sur internet

Informations primaires (in situ): Les visites des villages (11 au total) nous ont

d’obtenir l’information de première main. Ces informations ont été récoltées par le biais de

différentes techniques

permis

Réunion en assemblée générale avec le village (tout le monde étant invité)

Réalisation de Focus Group avec des femmes (exploration aspects WaSH)

Promenades d’observation et petites discussions avec villageois/ses

Toute cette récolte d’informations a été guidée par les outils Oxfam de ‘Rapid assessment’ dans ses différentes versions, SA, WaSH et logistique (voir Outil/chekclist Rapid Assessment en annexe).

La triangulation et analyse de toutes ces informations et donnés provenant de toutes les différentes sources citées a été faite par l’équipe externe et la présentation des résultats et recommandations a l’équipe pays Oxfam s’est faite en forme de Power Point le dernier jour.

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Le Tableau 1 est l’agenda de la mission avec toutes les visites, réunions et entretiens qui ont été réalisés.

Tableau 1. Résumé des activités menées à terme pendant la mission

           

Dim 23

Arrivé

du

consultant

SA

à NKT

et

échanges

avec

le

RAF

Lundi 24 (NKT) - Briefing sécurité avec la DP et le RAF

Mardi

 

25

Merc

26

Jeudi 27

 

Vendredi 28

Samedi 29

Dim 30

(NKT)

 

(NKT)

(Terrain)

(Terrain)

(Terrain)

(Terrain)

-

Réunion

-

Réunions à

-

Départ

 

de

la

-

Visite village

- Session de

-

Réunion

UNICEF (NKT)

NKT

avec

deuxième

partie

de

N’gorel

travail

avec

avec

 

World

Vision

l’équipe vers Boghé

-

Visite village

AMAD

ACORD

-

Réunion avec

Réunion

avec

Réunion

-

Réunion présentation

Dar El Avia -

Entretien

-

-

Visite

l’équipe pays sur l’objet de la mission et les activités en cours avec IO

CSA

 

ave FLM.

AMAD

 

Visite

village

village

(Commissariat

-

Réunion

-

Réunion acteurs du

avec

Resp

Haymedat

Ould

à

la

sécurité

avec

Resp

Brakna

à

la Mairie

ATPC/UNICEF

-

Guerara

alimentaire)

 

WaSH

Boghé

 

au Brakna

Déplacement

-

Visite

-

Réunion avec

 

UNICEF

-

Entretien

avec

Dir

-

Visite village

de

Boghé

village

l’équipe du forum sécurité alimentaire (GRDR, GRET, CRF)

-

Réunion avec

-

Départ

SONADER

 

Houdalay

(Brakna)

à

Pompediel

FEWS Net

 

après

midi

-

Entretien avec le Dir

-

Visite village

Kaédi

-

Visite

 

d’une

partie

de

l’Hydraulique

au

Djoudé

(Gorgol)

village

-

Arrivée

à

équipe explo

Brakna

 

Natrigol

 

NKT le soir de

vers Boghé

-

Visite

village

Ali

la

consultante

Harara

 

WaSH

et

du

-

Visite bureau CRM Recherche

log

 

-

 

maison/

Entrepôt

 

-

Visite

marché

pour

évaluer la capacité du marché

Lundi 31

 

Mardi 1

 

Mercr 2

Jeudi 3

 

Vendredi 4

   

(Terrain)

(Terrain)

 

(NKT)

(NKT)

-

Visite

village

-

Réunion avec

-

Entretien

-

Entretien

avec

le

-

Départ

Tézékré

ACF

 

avec

CDM

PAM

 

consultante

-

Visite

village

-

Réunion

ACF

-

WaSH et TAH

Eddebaye Mbout

acteurs

à

la

-

Premier

Préparation Restitution

log

Mairie Kaédi

feedback à la

-

Session

 

de

-

Entretien

DP

Restitution

à

l’équipe

avec

Resp

-

Réunion

pays IO

 

ATPC/UNICEF

OTC

-

Départ

au Gorgol

 

-

Préparation

consultant SA

 

-

Entretien

de

la

-

Reunion

avec

avec

Dir

de

Restitution

Supply

chain

World

l’Hydraulique

-

Rencontre

vision

 

au Gorgol

avec

-

- Retour NKT

Responsable

- Visite marché

Log ACF

pour évaluer la

-

Visite

capacité

du

bureau étude

marche

 

Semence

Rencontre

 

amélioré, pas

admin ACF

disponible

(Voir en annexe les coordonnées de toutes les personnes entretenues)

Sélection des villages à visiter

Les villages dans la région appartiennent à 3 catégories en fonction de leurs moyens d’existence (ME)

Tableau 2 : classification selon les moyens d’existence

Typologie

Quelques caractéristiques

Zone de transhumance pastorale

Forte dépendance du Dieri. Terres agricoles non protégées Faibles effectifs du cheptel : beaucoup de caprins et moins d’ovins Sols très peu fertiles, conditions de culture peu favorables. Pas de wallo

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Pas de cultures irriguées

Zone agropasteurs

Culture du Dieri Culture du wallo Effectifs moyens en cheptel : Bovins ,caprins

Zone du fleuve

Culture du diéri, Grand pourcentage du wallo Cultures irriguées dans les périmètres aménagés Effectifs de bovins, caprins et ovins Cueillette possible dans les conditions de pluviométrie normales Pêche

Un échantillon de villages a été sélectionné de façon à pouvoir visiter au moins deux villages représentatifs de chaque catégorie. L’Objectif étant de classifier la typologie de villages par ordre de vulnérabilité

(Voir aussi point ‘Moyens d’existence de la zone explorée (Brakna et Gorgol)’ en pag 11)

II. PRESENTATION DU PAYS ET DES ZONES VISITEES

II.1 Informations générales du pays

Bordée au Nord par le Sahara Occidental et l'Algérie, à l'Est et au Sud-est par le Mali, au Sud par le Sénégal, la Mauritanie s'ouvre à l'Ouest sur l'Océan Atlantique. Le bioclimat de la Mauritanie, fait qu’il est un pays saharien dans sa grande majorité, sahélien dans le sud. La superficie de la Mauritanie est de 1 030 000 Km², pour une population d’environs 3 000 000 d’habitants, dont 52 % de femmes. Le tableau à droite résume quelques caractéristiques du pays.

Tableau 3 : Fiche pays (Source : Plan de Contingence Mauritanie, Oxfam 2011)

pays (Source : Plan de Contingence Mauritanie, Oxfam 2011) Contexte économique Depuis plus d’une décennie, la

Contexte économique

Depuis plus d’une décennie, la Mauritanie s’est engagée dans des politiques de réformes ambitieuses touchant l’ensemble de sa vie politique, économique et sociale. À partir de 2003 la croissance s'est accélérée pour atteindre près de 12 % en 2006. Cette augmentation reflète le lancement de la production pétrolière, secteur qui a reçu d'importantes entrées d'investissements étrangers, et une hausse des autres activités minières. Le taux de croissance réel estimé du PIB pour 2006 est d’environ 11,7 % contre 5,4 % en 2005. Cependant, l’effet d’entraînement sur le reste de l’économie reste encore limité, la croissance du PIB non pétrolier est estimée à environ 4,4 % en 2006 (IMF 2007).

En dépit de son potentiel, l'économie mauritanienne a été traditionnellement peu diversifiée et basée sur l'agriculture, la pêche (9% du PIB et 26% des exportations totales en 2005) et l'exploitation forestière (43% du PIB en 1995) ainsi que sur les activités extractives (16% du PIB en 1995). Le secteur rural a connu un recul de sa valeur ajoutée de 1,1% en moyenne par an en termes réels. Le désengagement de l’Etat, la dégradation des conditions et des facteurs de production, la faiblesse de la valeur ajouté, les aléas climatiques et catastrophes récurrentes, l’incohérence des politiques (importation, taxes, …), la mauvaise gouvernance, etc. sont autant de facteurs qui limitent le développement du sous secteur et contribuent à sa

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fragilisation et à l’accroissement de la paupérisation et de la vulnérabilité de la population rurale.

Contexte politique

Depuis le 8 juin 2003, la situation politique de la Mauritanie a été marquée par des soubresauts et des crises successives symptomatiques de profondes divergences entre les forces politiques du pays attestant des difficultés d’apprentissage et de la pratique de la démocratie, l’instauration d’un état de droit et le fonctionnement normal des institutions et organes constitutionnels. C’est ainsi qu’en 2005, un coup d’état militaire a permis la reprise du pouvoir par les forces armées interrompant ainsi la fragile expérience démocratique mais aussi mettant fin à vingt ans de dictature. Le Comité Militaire issu du coup d’état institué une période de transition de 19 mois et le processus a culminé en 2007 dans des élections présidentielles considérées comme les premières libres et transparentes et l’élection démocratique d’un nouveau Président de la République.

Les nouvelles autorités du pays décident d’ouvrir des dossiers pendants comme le retour des mauritaniens déportés en 1989 au Mali et au Sénégal, les exécutions extrajudiciaires de centaines militaires et civils noirs et la pratique de l’esclavage. L’ouverture de ces dossiers très sensibles conjugués à un essai d’une nouvelle forme de gouvernance politique et économique ont ravivé les polémiques et entraîné une crises au sommet de l’Etat. C’est ainsi que le 6 août 2008, un groupe d’officiers renverse le Président démocratiquement élu et le pays replonge à la fois dans une crise politique mais aussi dans un isolement régional et international. Après plusieurs mois de tractations et de médiations internationales pour amener les différentes forces politiques à un consensus, des élections présidentielles ont été organisées le 18 juillet 2009 avec la participation de candidats de l’opposition. Le scrutin jugé transparent par des observateurs internationaux et critiqué par l’opposition a été remporté par l’auteur du coup d’état du 6 août 2008. La Mauritanie est entrain de normaliser ses relations avec les organisations et les institutions qui l’avaient suspendue après le coup d’état. Le dialogue national longtemps souhaité et par l’opposition et par le pouvoir s’est tenu du 17 septembre au 19 octobre 2011. Une feuille de route, avec des réformes constitutionnelles touchant les pouvoirs du Premier ministre, le code électoral, l'accès des femmes aux postes politiques, l'indépendance de la justice, la bonne gouvernance, a été adoptée au terme d'un dialogue entre le pouvoir et quatre partis d'opposition en Mauritanie. Une commission a été créée pour étudier sur les modalités d'application de ces réformes. L’accord a suscité globalement un espoir chez des citoyens par rapport à la stabilité politique et au renforcement de la cohésion sociale.

Contexte climatique

Le climat de la Mauritanie est extrêmement aride et le pays est désertique à plus de 2/3 de sa superficie (1% de terres arables), et explique la faible densité de population. De plus, des

sécheresses successives (1968 ; 1973, 1984, 2000, 2002

du pays et la concentration de la population dans les grandes villes du pays et la prédominance de la population urbaine à celle rurale. Les écarts de température peuvent être très importants entre le jour et la nuit. La température moyenne est de 37,8 °C. Les températures sont plus tempérées sur la côte grâce aux vents venant du large et la région du fleuve est plus humide. La période hivernale ne dure guère plus de trois mois et est marquée par des orages et des pluies courtes mais abondantes. L'hygrométrie se situe entre 50 et 70 %.

ont accentué la désertification

)

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Description des principales catastrophes qui affectent la Mauritanie 1

Depuis plus de quarante ans, la Mauritanie fait face à plusieurs types de catastrophes et conflits: sécheresses, inondations, attaques acridiennes, conflits sociaux, etc. Ces événements ont eu comme principales conséquences, l’exode rural, la désertification, la perte des moyens d’existence, la paupérisation des populations en majorité rurale, etc. Entre 1980 et 2010 3.458.867 personnes ont été touchés par des catastrophes naturelles, c’est qui fait un moyen de 114.480 affectés par an. Le type de catastrophe qui affecte un nombre plus grand de personnes est la sécheresse, mais ce sont les épidémies ceux qui causent le plus grand nombre de fatalités.

Tableau 4 : Principales catastrophes qui ont affecté le pays

4 : Principales catastrophes qui ont affecté le pays Le Criquet pèlerin est l’unique fléau capable

Le Criquet pèlerin est l’unique fléau capable de faire des ravages significatifs sur toutes les productions agricoles et pastorales durant une saison. Les ravages du criquet ont pour conséquences potentielles : l’aggravation de la situation alimentaire, l’augmentation de la pauvreté, la migration des agriculteurs vers les centres urbains et bidonvilles, etc.

Le Criquet pèlerin se reproduit dans deux zones principales en Mauritanie. La zone de reproduction estivale couvre la partie sud du pays, (ouest, centre et est), en majorité au sud du 18e parallèle, fonctionne sous le régime des pluies tropicales à partir de juin-juillet, et peut s’étaler jusqu’au mois d’octobre. La zone de reproduction hiverno-printanière couvre la partie nord et nord-ouest, et fonctionne selon un régime à tendance méditerranéenne, à partir de décembre-janvier. Elle peut également fonctionner en mode précoce à partir du mois d’octobre.

Contexte général en Eau, Assainissement et Hygiène

Hydrographie 2

Toute la Mauritanie étant en zone saharienne ou sahélienne aride, le problème de l'eau est particulièrement important dans les régions où il ne peut y avoir de réservoir aquifère fossile. La faible pluviosité s'accompagne d'une évaporation très élevée, et la sécheresse de l'air entraîne une évapo-transpiration très forte.

a) Les eaux superficielles

1 Pour un analyse plus approfondit, voir “Plan de Contingence Mauritanie 2011, Oxfam”

2 Source: les Atlas Jeune Afrique, Mauritanie (Web)

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Compte tenu du climat, il n'y a pas de cours d'eau permanent en Mauritanie. Les oueds aux lits ensablés sont des rivières fossiles. Ils coulent quelques jours par an dans les meilleures conditions mais, le plus souvent, ne coulent que tous les trois ou quatre ans. Ils prennent plus d'importance en zone sahélienne où le fleuve Sénégal reçoit des affluents temporaires. Ce régime hydrographique a un rôle très important dans les ressources aquifères de la Mauritanie.

Seul le fleuve Sénégal, par suite de son écoulement en grande partie en zone soudanienne, est un cours d'eau permanent. Il achève son cours en zone sahélienne avec un régime de crues très importantes et d'étiages très faibles. La remontée des eaux salées, stoppées ces dernières années par le barrage de Diama, pouvait se faire sentir, avant le barrage, jusqu'à Dagana.

b) Les réserves aquifères

Les grandes divisions hydrogéologiques de la Mauritanie sont liées à la structure géologique et à la nature des roches magasins:

Le socle et la chaîne des Mauritanides sont formés de roches imperméables qui ne peuvent renfermer de l'eau que superficiellement dans une bande d'altération très limitée en zone saharienne. Elles peuvent aussi être fissurées par diaclases ou failles qui peuvent contenir de l'eau ;

Les bassins cénozoïques sont formés de roches à dominante meuble, donc poreuses. Ils renferment les grands aquifères régionaux ;

Le bassin de Taoudéni va constituer un intermédiaire entre le socle et les bassins cénozoïques. Il renferme de nombreuses roches à perméabilité faible par fissures et quelques couches propres à retenir l'eau. On distingue donc, en plus de l'aquifère alluvial du fleuve Sénégal, les aquifères liés aux deux types de bassins et les aquifères superficiels liés à des soubassements imperméables.

Couverture et politique en eau et assainissement 3

Le taux de couverture en eau potable :

Au niveau national était de 40% en 2004 (en termes de population)

En 2007, le taux de ménages disposant d’un branchement à l’eau potable était de 17% à Nouakchott et 30 % en milieu urbain hors Nouakchott (24% à Nouakchott, 46% pour les 16 autres villes SNDE et 38% périmètre ANEPA). (voir ‘Divisions administratives de l’eau). En milieu rural et semi urbain, le taux d’équipement des localités est de 59’5% (donnée actualisée. Etude qualité eau UNICEF/MH 2011). Plus de 50% des centres de plus de 500 habitants restent à équiper en réseaux d’eau potable.

Le taux d’accès à l’assainissement :

Au niveau national 36% en 2004

En milieu urbain 55% des ménages disposent d’un assainissement adéquat (dont 3% raccordés à l’assainissement collectif) et seulement 20% en milieu rural.

3 Source : Diaporama sur la Politique de l’eau en Mauritanie. Direction de l’Hydraulique

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

L’hydraulique reste un axe prioritaire du Cadre Stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) actualisé en 2006 pour la période 2006-2010. Parmi les 4 axes stratégiques retenus pour lutter contre la pauvreté figure « le développement des ressources humaines et l’expansion des services de base ». L’objectif du CSLP et de la politique sectorielle actualisée en 2006 est : «d’améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement en quantité et en qualité à des prix abordables pour tous de façon durable ».2

Les normes de desserte en eau potable fixées par la Mauritanie à l’horizon 2015 visent :

Passer de 40% (2004) comme taux de couverture à 68% au niveau national

Passer à un taux de desserte de 65% contre 30% actuellement en milieu urbain

Passer à un taux de couverture de 74% contre 59’55 actuellement en milieu rural

L’équipement de tous les villages de plus de 500 habitants par un réseau de d’adduction d’eau (AEP) et l’équipement de tous les villages de plus de 150 habitants par un point d’eau moderne (ouvrages simples de type puits cimenté, ou forage équipé d’un mini pompage solaire ou d’une pompe à main).

Les objectifs fixés en ce qui concerne l’accès à l’assainissement pour 2015 :

passer d’un taux de couverture national de 55% en 2005 à un taux de 77% en 2015

Acteurs et divisions administratives dans le secteur de l’eau et l’assainissement 4

La Direction de l’Hydraulique (DH) dont les missions ont été concentrées sur les aspects de suivi et contrôle des projets en milieu urbain et rural. Elle élabore notamment les normes de construction des ouvrages d’eau, les avants projets détaillés et les dossiers d’appel d’offres. Elle assure la police de l’eau, coordonne et suit l’activité des sociétés et établissements relevant du secteur de l’eau.

Les services régionaux de l’hydraulique (SRH) chargés, au niveau des régions (wilayas) du suivi des projets et de la coordination des activités en matière d’hydraulique et d’assainissement

Dans le cadre du désengagement de l’administration des fonctions d’exécution les organismes sous tutelle du Ministère chargé de l’Hydraulique ont été crées :

Le Centre National des Ressources en Eau (CNRE), crée par le décret n° 2001-077 du 12 juillet 2001 qui est un établissement public à caractère administratif (EPA) est chargé de l’exploration, de l’évaluation, du suivi et de la protection des ressources en eau

La Société Nationale d’Eau (SNDE), créée par décret n°2001-88 du 29 juillet 2001 est chargée de la production, du transport, de la distribution en milieu urbain

L’Agence Nationale d’Eau Potable et d’Assainissement (ANEPA) créée en 2001 a un statut d’association de droit privé. Elle est, entre autres, chargée du suivi de la gestion des ouvrages en milieu rural et semi urbain par une Convention qu’elle a

4 Projet AECID «Amélioration de l’accès à l’eau potable dans les localités riveraines du fleuve Sénégal (AEP- Fleuve)». Octobre 2007

12

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

signée avec l’Etat en 2001. Avec l’adoption de la loi 2005-030 portant Code de l’Eau, l’ANEPA bénéficie d’une délégation au sens du Code de l’Eau d’une durée de trois ans pendant laquelle elle devra sélectionner des délégataires de service en collaboration avec l’autorité de régulation et les communes. Mais l’ANEPA a été remplacée dernièrement par l’ONSER (Office Nationale des Services de l’Eau en milieu Rural)

La Société Nationale de Forages et de Puits (SNFP), créée en décembre 2004 assure des activités opérationnelles de l’ex Direction de l’Hydraulique et de l’Assainissement, à savoir la réalisation de forages et de puits avec le secteur privé.

La qualité de l’eau en Mauritanie

La récente Etude sur la qualité microbiologique de l’eau en Mauritanie, Juillet 2011 (Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement avec l’appui de l’Unicef) a révélé que la qualité de l’eau, du point de vue microbiologique, est encore alarmante car parmi les 59,55% des ménages ruraux ayant accès à des sources d’eau saines seulement 38,36% arrivent à la consommer saine. En effet les tests ont révélé que 61,64% des ménages ont au moins un outil de consommation contenant de l’eau contaminée.

Les taux de contamination au niveau de la chaine sont respectivement de 25,81% dans les points d’accès aux sources d’eau (hormis les puits ouverts qui sont à 100% contaminés); de 32,50% dans les outils de contenance destinés au transport de l’eau et de 70,63% au niveau des moyens de stockage.

La chance de consommer l’eau saine augmente chez les ménages qui disposent de robinets. En effet, 66,38% des ménages qui disposent de robinets consomment une eau saine, et seulement 36,81% des ménages qui ont accès à des sources d’eau potable par d’autres moyens de transport, arrivent à consommer de l’eau saine. Donc il ne suffit pas d’avoir un robinet au ménage pour consommer de l’eau saine.

L’étude révèle le faible intérêt accordé par les ménages au traitement de l’eau destinée à la boisson. Cependant une évolution significative en traitement d’eau s’est affirmée durant les quatre dernières années en milieu rural où le taux de traitement de l’eau par les ménages a passé de 6,10% en milieu rural selon l’enquête MICS 2007 à 15,05% selon la présente étude. L’extrapolation de ces résultats à la population rurale du pays permet de montrer que plus de la moitié de la population rurale soit 52% a accès à l'eau potable dont seulement 21% la consomme saine.

4) Prévalence des maladies liées à l’eau et l’hygiène :

Il existe une forte prévalence en Mauritanie des maladies liées à l'eau et l'assainissement particulièrement dans les régions où l’accès aux eaux de surface est facile comme en bordure du fleuve Sénégal. Ces maladies affectent généralement les populations les plus vulnérables en particulier les enfants et les femmes. La vallée du fleuve Sénégal et en particulier les régions du Brakna et du Gorgol sont particulièrement affectées.

13

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

II.2 Informations générales de la zone explorée (Brakna et Gorgol)

La Région du BRAKNA 5

Située entre les 16,10° et 18,56° de latitude nord et les 12, 35° et 14,96° de longitude ouest, la Wilaya du Brakna est située à l’extrême Sud de la Mauritanie. Elle s’étend sur une superficie de 33 000 km², soit 3,2% de l’étendue totale du territoire national (1 030 700 km²). Elle est limitée à l’Est par l’Assaba, au Sud-Est par le Gorgol, au Sud par le fleuve Sénégal, à l’Ouest et Nord par le Trarza et au Nord-Est par le Tagant.

et Nord par le Trarza et au Nord-Est par le Tagant. Figure 2 : Carte Brakna

Figure 2: Carte Brakna

Découpage

communes réparties entre cinq moughataa à savoir :

Bababé (3), Boghé (4), Maghta Lahjar (4), M’Bagne (4) et Aleg (6) qui est la capitale régionale. La population est estimée en 2007 à 282 168 habitants, soit une densité de

8,6 habitants au km² (contre 7,5 habitants km² en 2000 où le taux d’accroissement était de 2,0%). À souligner qu’en 2000, la taille moyenne des ménages dans la wilaya était de 6,7 individus, ceux dirigés par des hommes représentaient 62,3% alors que ceux dirigés par des femmes 37,7% et un taux global d’analphabétisme de

52,5%.

administratif

:

La

Wilaya

regroupe

21

Tableau 5 : Population Brakna 6

 

Nbre de

 

Population 2002

Population

estimatif 2011

foyers

estimatif

   

MASCULIN

FEMININ

TOTAL

 

WILAYA

:

107632

120921

228.553

324.545

46.363

MOUGHATAA :

 

.

.

25568

29608

55.176

78.350

11.193

MOUGHATAA :

 

14645

16203

30.848

43.804

6.258

MOUGHATAA :

BOGHE

29836

32135

61.971

87.999

12.571

MOUGHATAA : MAGTALAHJAR .

20941

23414

44.355

62.984

8.998

MOUGHATAA :

 

16641

19561

36.202

51.407

7.344

Le climat est typiquement sahélien au Sud-est et prend un caractère sub-saharien au Nord et à l’Ouest (deux tiers de la wilaya). La moyenne annuelle des températures est de 30°C et l’évaporation potentielle annuelle est conditionnée par une insolation constante, des températures élevées et des vents irréguliers. Les mois les plus chauds sont mai et juin avec des températures dépassant les 40°C. Les mois les moins chauds sont décembre et janvier avec des moyennes minimales situées entre 15 et 16°C.

Pluviométrie- Hydrologie : Dans le Brakna, les moussons arrosant la wilaya entre juillet et octobre fournissent des précipitations moyennes comprises entre 200 et 300 mm. Toutefois, la présence du fleuve Sénégal dans la wilaya constitue le seul cours d’eau pérenne. Il existe en outre des lacs, des mares et des oueds temporaires qui jouent un rôle important dans l’activité socioéconomique des populations : Lac d’Aleg, Lac de Maal, Mare de Gadel, Mare de Cheggar et Oued Ketchi.

Le milieu physique : Le relief est dominée par deux ensembles géologiques : (i) les Maurianides, chaîne hercynienne et cristalline venant dans le prolongement de de celle de Bakel et M’Bout ; (ii) le basin sédimentaire côtier couvrant la partie centrale et sud de la wilaya. De topographie très plate, la wilaya est formée de vastes étendues parfois occupées

5 Source : « Brakna en Chiffres 1997-2007 ». Office National de la statistique

6 Source : ‘Recensement Mauritanie’. Office National de la Statistique

Rapport de Mission Exploratoire Mauri tanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 20 11)

déterminée

par la crue du fleuve. Le lit maj eur argilo sableux supporte les cultures en saison sè èche au fur

et à mesure des décrues du fle uve. Les zones sableuses non inondées sont le do maine des pâturages et des cultures sous pluies.

par des dunes fixes et des vé gétations steppiques. Cette structure des sols est

Hydrogéologie 7 : Le bassin séd imentaire côtier sénégalo-mauritanien abrite un vas te système

aquifère sur sa Bordure Est, lo rsqu’il se biseaute du fait de la remontée du socle,

une bande

étroite de 15 à 25 Km de larg e des formations sédimentaires se trouve stérile,

parce que

situées en totalité au-dessus

encore connue qu’approximativ ement. A l’Ouest de ce biseau sec, les formations sableuses

Au vu des

rapides variations latérales de faciès décrites ci-dessus pour la formation du Gor gol, il n’y a

pas lieu de distinguer ici plus

relativement profonds (30 à 50 m) et les plaquages quaternaires ou du Continent al Terminal

continuité

hydraulique avec les aquifères identifiés plus à l’intérieur du bassin et en particulie r la nappe

dite du Trarza située dans les f ormations quaternaires et du Continental Terminal Idini pour l’alimentation en eau de la ville de Nouakchott.

exploitée à

d’une nappe. Les niveaux statiques dans cette n appe sont

et les grès tendres de l’Eocèn e abritent une nappe appelée nappe du Brakna.

du niveau statique. L’extension de ce « biseau s ec » n’est

ne sont ici jamais noyés (BE RTON 2006). Il semble que cette nappe soit en

(Voir en annexe : tableau de

géologie et hydrogéologie du B rakna)

la structure administrative de la Région du Brak na, Détails

La Région du GORGOL 8

Située entre les 16°03’ de latitu de nord et les 12°49' de longitude ouest, la Wilaya du Gorgol

est située à l’extrême Sud de soit 1,3% de l’étendue totale l’Assaba au Nord et Nord-Est,

Ouest et le fleuve Sénégal au S ud – Ouest.

par le Guidimakha au Sud et Sud-Est, par le Brakn a au Nord-

limitée par

la Mauritanie. Elle s’étend sur une superficie de 1 3 600 km²,

du territoire nationale (1 030 700 km²). Elle est

Figure 3 : Carte Gorgol 9

(1 030 700 km²). Elle est Figure 3 : Carte Gorgol 9 7 Source : «

7 Source : « Géologie et Hydrogéologie du Brakna » 8 Source : « Brakna en Chiffres 1997-2 007 ». Office National de la statistique

9 Poster Gorgol Complet (en annexe 2)

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Découpage

moughataa à savoir : M’Bout (9), Maghama (8), Monguel (5) et Kaédi (7) qui est la capitale régionale. A noter l’existence de deux arrondissements, Toufoundé Civé et Lexeiba dans la moughataa de Kaédi. Cf. tableau à la page suivante.

regroupe

quatre

administratif

:

La

Wilaya

29

communes

réparties

entre

La population est estimée en 2007 à 281 503 habitants, soit une densité de 20,7 habitants au km² (contre 17,8 habitants km² en 2000 où le taux d’accroissement était de 2,5 %). Elle n’est pas la wilaya la plus peuplée du pays mais est l’une des plus denses.

Tableau 6 : Population Gorgol 10

 

Nbre de

 

Population 2002

Population

estimatif 2011

foyers

estimatif

 

MASCULIN

FEMININ

TOTAL

 

WILAYA

:

114359

123896

238.255

338.322

48.331

MOUGHATAA :

KAEDI

40564

44700

85.264

121.075

17.296

MOUGHATAA :

MAGHAMA

21568

23116

44.684

63.451

9.064

MOUGHATAA :

37475

39324

76.799

109.055

15.579

MOUGHATAA :

14751

16755

31.506

44.739

6.391

Le climat est particulièrement chaud dans cette région sahélienne du Sud de la Mauritanie, loin de toute influence océanique. En l’absence d’influence océanique, elle est soumise à l’influence des alizés continentaux issus de l’Anticyclones des Açores conduisant à des températures moyennes élevées (plus de 16°C en janvier ; des moyennes de 34°C entre mai et juin et des maximas dépassant les 40°C).

La pluviométrie : Dans le Gorgol, les précipitations y sont rares. Les moussons arrosant la

wilaya entre juillet et octobre fournissent des précipitations moyennes comprises entre 150 et

350

mm. Toutefois, lors d’années pluvieuses, les précipitations peuvent varier entre 350 à

500

mm en moyenne.

Situation au regard de la pauvreté : Le Gorgol détient le triste privilège de compter plus de 68,5% de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, et plus de 11,6% vivant sous le seuil d'extrême pauvreté selon EPCV 2004. Les femmes jouent un rôle primordial dans le développement socio-économique de la région puisqu'elles assurent souvent seule la charge de la famille dans un secteur fortement marqué par les phénomènes migratoires. Près de 80% des ménages vivent de l'agriculture dans des conditions souvent très précaires.

Le milieu physique : Le relief est dominé par un réseau de vallées et par un système de collines et plateaux ne dépassant pas 200 mètres d'altitude. Les plaines sont très basses et étendues. Une maigre végétation tente de survivre avec quelques forêts qui subsistent (acacias, baobabs…).

Hydrogéologie 11 : Le Gorgol appartient à la série de calcaire et grès sablo-argileux du Paléocène – Eocène du Continental Terminal et à la série de Mauritanides. En effet, dans la partie sud-ouest de la wilaya on rencontre deux aquifères superposés, séparés par une couche mince d'argile imperméable d'une puissance d'ordre de 10 m :

L'un contenant une nappe superficielle de bonne qualité dans la couche de grès sablo-argileux ;

L'autre contenant une nappe profonde au sein des roches formant le socle cristallin, généralement saumâtre.

10 Source : ‘Recensement Mauritanie’. Office National de la Statistique

11 Voir aussi “Carte Hydrogéologie Gorgol”

16

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Moyens d’existence de la zone explorée (Brakna et Gorgol)

La Mauritanie, pays désertique peu agricole (1% du territoire) est fortement dépendante de l’importation alimentaire. Les terres cultivables ne couvrent que 1% de la superficie nationale et la production nationale ne couvre que 30% des besoins alimentaires le reste de la consommation nationale est couverte par les importations.

Le Brakhna et le Gorgol sont parmi les régions les plus pauvres du pays. L’analyse de la pauvreté faite en 2008 12 montre que les pourcentages les plus élevés de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté le plus bas sont observés au niveau des willayas de Tagant (50,2%), Brakna (45,3%), Gorgol (43,4%) et du Hodh El Charghi (40,2%). En outre, l’analyse de l’étendue de l’extrême pauvreté selon les Moughataas montre qu’un groupe de 11 Moughattas affiche des taux élevés. En effet, plus de la moitié de la population de ces Moughataas vit en dessous du seuil de l’extrême pauvreté. Il s’agit des moughtaas suivantes : Monguel (71,2%) au Gorgol; Mudjeria (65,3%) à Tagant; M’Bagne (61%) au Brakna, Barkewol (60,4%) dans l’Assaba; et M’bout au Gorgol (59,9%). Ces indicateurs montrent que la zone faisant objet de notre évaluation et notre proposition d’intervention est classée parmi les populations vivant dans l’extrême pauvreté.

Les villages dans les zones du Brakna et du Gorgol peuvent être classifiés en fonction de leurs moyens d’existence comme indique le Tableau 1.

Dans chaque village du Brakna et Gorghol, il existe une stratification socio-économique des ménages selon le type de culture, la superficie et le nombre de cheptel. En effet, selon la classification de la pauvreté issue de l’étude de la situation socioéconomique des ménages de Save the Children en juillet 2009 nous arrivons à la classification suivante :

Tableau 7 : Classification selon la pauvreté des ménages (Save The Children, 2009)

 

Taille

du

Surface

Type de culture

Troupeau

 

Accès

à

Autres

ménage

cultivée

l’eau

moyens

Très

pauvres

 

1

à 2 bovins; 4 à 5

 

Main

d’œuvre ;

7

1,5

Diéri

 

caprins

 

et

0

à

2

Sans puits

 

ovins,

 

1

âne

et

0

Transferts des

enfants

 

cheval

 

Pauvres

 

2

à

4

bovins,

6

Puits avec

Main

caprins

 

,4

à

5

d’œuvre ;

9

1,5

Diéri et wallo

ovins,

cheval

1

âne

et

0

peu

desserte

Transferts

Moyens

 

Diéri

15

bovins,

 

15

12

2,5

Wallo

et

caprins,

6

à

7

Forage

 

1

charrette

riziculture

en

ovins,

 

1

âne

et

0

asine

 

matayage

cheval

 

Nantis

 

Diéri

25

à 27 Bovins, 23

Forage

 

Wallo

à 30 caprins, 12 à

 

1

charrette

13

3

Riziculture

en

14

ovins, 2 ânes et

avec

robinets

équien

 

terrains propres

1

cheval

 

Notons à titre de rappel que les trois types de cultures dans la zone visité sont comme suit:

Le Diéri ou production agricole pluviale, qui occupe plus de 50% de la production agricole nationale. 13 Sur ces terres agricoles, les cultures les plus souvent pratiquées sont les céréales comme le Sorgho, petit mil et les légumineuses comme le Niébé.

12 Profil de la pauvreté en Mauritanie ; République Islamique de Mauritanie-2008

13 Profil de la Sécurité Alimentaire en Mauritanie; CILSS-OCDE-2008

17

Rapport de Mission Exploratoire Mauri tanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 20 11)

Le Wallo, production

agricole de décrue. Les agriculteurs cultivent sur

les terres

inondées par le fleuve

Sénégal. Ils cultivent au fur et à mesure que le

fleuve se

retire des terres inond ées. La culture du wallo concerne aussi les bas

couvre 25% de la prod

ction nationale. 14

fonds. Elle

La culture irriguée, el le se pratique dans les grands périmètres aménag és près du fleuve. Les principales spéculations agricoles pratiquées sont le riz et le ma raîchage.

Ressources et Infrastructure s en eau de la zone explorée (Brakna et Gorgol) :

Deux zones bien différenciées

en termes de ressources en eau :

Fi gure 4 : Eaux de surface en Mauritanie 15

en eau : Fi gure 4 : Eaux de surface en Mauritanie 1 5 • Villages

Villages près des fleuv es (Fleuve Senegal dans les 2 régions, Gorgol blan c et Gorgol

Noir dans la région du irriguées’)

Gorgol. Voir Légende

Figure 4,

‘Concentration

des terres

Eau de surface (fleuve)

 

Eaux souterrai nes: nappe alluviale peu profonde (10-20m) avec potentiel exploi table.

un grand

Villages éloignés des fl euves:

Eau souterrain es: la difficulté à trouver de l’eau varie en fo nction aux conformations géologiques de la zone

L’étude d’Avril 2010 « Identif ication et cartographie de zones favorables au x forages

les zones

où les nappes peu profondes e t relativement peu profondes peuvent être atteintes facilement

avec des puits ou forages man uels (entre 0 et 40 m de profondeur). (Voir étude c omplète en

annexe). Mettant à côté la zone

biseau sec et/ou nappes profon des (partie en rouge sur la carte ci dessous) pour l e reste des

deux régions les eaux souterr aines peuvent être exploitées à des profondeurs inférieures à 40 m même dans les zones éloignées des fleuves.

égales ou

Centre – Ouest du Brakna caractérisée en sa maj orité par le

manuels » (Ministère de l’Hydr aulique et l’assainissement et l’UNICEF) détermine

14 Idem

15 Extrait de la Carte “Eaux de surface

en Mauritanie (FAO/Aquastat 2005)

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Figure 5 : Profondeur estimée du niveau statique

2011) Figure 5 : Profondeur estimée du niveau statique D’un point de vue d’infrastructures en eau

D’un point de vue d’infrastructures en eau les zones du Brakna et du Gorgol sembleraient avoir des écarts notables étant le Brakna nettement mieux desservi en général que le Gorgol

Le Brakna serait beaucoup mieux desservi en systèmes AEP (Forage+ pompe+générateur/solaire) que le Gorgol. Au moment de la mission exploratoire, les observations en route et visites aux villages confirmaient cette hypothèse. Les 6 villages visités au Brakna comptaient avec un système AEP (5 sur forage, 1 sur puits). Malheureusement le registre de points d’eau pour le Brakna qui pourrait confirmer cette hypothèse n’a pas pu être obtenu au moment de la rédaction de ce rapport. Pour tous les AEP l’eau est payante et un système de gestion est mis en place. Tous les villages visités sauf un disent avoir une bonne gestion de l’AEP et sont capables de maintenir et faire des réparations au système quand il tombe en panne, ce qui est un indicateur de bonne gestion et d’une certaine aisance. Les puits modernes/traditionnels bien que moins observées qu’au Gorgol semblent être aussi assez abondants dans la région (selon informations du Directeur du SRH du Brakna). Dans les villages visités les puits étaient complémentaires au système AEP étant destinés au bétail et au maraichage. Le système d’exhaure pour les puits visités dans tous les cas est traditionnel avec structure métallique + treuil pour certains d’entre eux. Certains d’entre eux disposent d’une bonne protection de surface (margelle, abreuvoirs) tandis que le reste est mal protégé. Il faut signaler qu’au département de Magtaa Lahjar il y a des villages qui n’ont aucune source en eau (sur le biseau sec) et ils sont obligés à faire du ‘water trucking’ (voir en annexe villages sans eau au Brakna).

Pour le Gorgol, l’extrait du registre de points d’eau (2005), même si non actualisé, montre une forte prédominance des puits traditionnels en dépit des forages. Les données prouvent aussi que même sur les forages le nombre de AEP serait très petit (pompe+générateur/solaire/éolien) et la plupart serait équipés de Pompe à Motricité Humaine (PMH), et la pompe Vergnet est la plus répandue dans la zone. En effet les observations au moment des visites confirment cette absence quasi généralisée de systèmes AEP (aucun village visité). Les puits dans les villages visités sont tous mal protégés à la surface (pas de margelle, pas d’abreuvoirs) et leurs eau sont utilisées pour tous les besoins (population, bétail, maraichage), étant le seule type de point d’eau existant au village. Dans ce type de systèmes (puits ou forage+PMH) l’eau n’est pas payante.

19

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Tableau 8 : Points d’eau Région Gorgol 16 (extrait du registre SRH du Gorgol de 2005)

   

Typed'exhaure

 

Type de point d'eau

TOTAL

Traditionnelle

PMH

Pompe

pompe

Pompe

Aucune

Sanseau

 

générateur

solaire

Éolien

(point sec)

Forage

382

181

16

8

3

146

28

Sondage

72

Puits moderne

773

696

3

1

38

35

Puits traditionnel

16

12

4

Contre-puits

15

9

2

2

2

Assainissement et hygiène dans les zones explorées (Brakna et Gorgol)

Encore une fois, le constat est qu’il y a une nette différence par rapport à la situation en termes d’assainissement (voire hygiène au sens globale, mais pas aussi clair) entre le Brakna et le Gorgol :

Brakna : Cette région a été une des régions pilotes (après le Trarza) du programme Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC) supervisé par UNICEF et en coordination avec le MH. L’ATPC a permis en peu de temps (depuis Juillet 2010) d’augmenter substantiellement le taux de couverture en latrines. Ce programme s’appui sur deux ‘drivers’ principaux : le dégout et la honte et grâce à l’utilisation de différentes techniques participatives les populations sont amenées à la construction de leur propre latrine, sans aucun support en matériaux. Le programme a eu un grand succès et à un peu plus d’un an 5.300 latrines ont été construites et 195 villages sont à l’heure actuelle FDAL (Fin de défécation à l’air libre). Les animateurs ATPC sillonnent au fur et à mesure tous les villages de la région (jusque là 220 villages couverts) et travaillent en s’appuyant sur les relais communautaires, des personnes liées à la communauté (expérience en santé) qui sont chargés de la mise en place directe du programme au sein de leurs communautés respectives. Bien que la gestion des excréta soit un des sujets plus important, le programme couvre également les 6 Pratiques Familiales Essentielles telles que : 1) l’allaitement maternel exclusif et l’alimentation complémentaire, 2) le lavage des mains à l’eau et au Savon, 3) l’hygiène du milieu, 4) Gestion Adéquate des Excrétas GEA, 5) utilisation des moustiquaires imprégnées et 5) l’eau sûre.

Les villages visités au Brakna (réalisation de focus groupes avec les femmes) ont montré une meilleure connaissance du lien entre l’hygiène et la santé en rapport à celles du Gorgol. Les pratiques observées (présence de savon dans les maisons, lavage des mains avec du savon, état de propreté des parcelles, etc.) dans certains villages comme Haymeda font preuve aussi de ce niveau de connaissances.

Gorgol : Aucun des villages visités a des latrines (ou très peu). La situation en termes d’hygiène est bien précaire et les connaissances en termes d’hygiène/santé est pratiquement nulle. La réponse à la question des causes de la diarrhée a été rarement liée aux éléments clés du cycle feco-oral. Il faut constater aussi le mauvais état généralisé des récipients pour le transport et stockage de l’eau.

Néanmoins, malgré ces différences il y a un aspect qui est commun aux deux régions en rapport au traitement de l’eau et à la chaine de l’eau. Nous n’avons trouvé aucun village (même dans ceux où les conditions et connaissances en termes d’hygiène étaient les meilleures) ou les femmes nous disent qu’elles traitent l’eau avec de l’eau de javel. Sous la question sur cet aspect dans les villages plus aisés ayant des AEP la réponse a été très

16 Extrait du registre de points d’eau du SRH du Gorgol de 2005

20

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

claire : « si on ne chlore pas l’eau au niveau de la maison ce n’est pas parce que l’eau de javel est chère (on pourrait la payer) mais parce que notre système nous approvisionne en eau potable et par conséquent, pas besoin de chlorer ». Cette réponse est un indicateur clair du manque de conscience sur la possible contamination au niveau de la chaîne de l’eau. Ceci serait en parfaite corrélation avec les résultats de l’étude de l’UNICEF mentionné plus en haut.

Certaines pratiques comme par exemple l’utilisation d’un gobelet commun qui est remis à la jarre de stockage (eau en contacte directe avec le gobelet) ont été observées à plusieurs reprises.

Maladies liées à l’eau et à l’hygiène : Ce qui en est ressorti dans les 11 villages explorés en rapport aux maladies plus fréquentes chez les enfants est comme suit :

1) La diarrhée, la malaria et les dermatoses citées dans les 11 villages

2) la bilharziose, citée dans les villages proches ou à côté du fleuve

3) La conjonctivites citées dans certains villages

Toutes ces maladies sont directement liés à l’eau, sa qualité, et au manque d’hygiène et d’assainissement.

Tableau 9 : Prévalences des maladies au Brakna 17

Tableau 9 : Prévalences des maladies au Brakna 1 7 III. ANALYSE ET EVALUATION DE LA

III. ANALYSE ET EVALUATION DE LA CRISE HUMANITAIRE

Tableau 10 : Résumé des villages visités et principales caractéristiques

 

Assainiss

Villages

Popualtion

Moyens d’existence

Points/sources en

Eau

Gestion eau

ement

Hygiène

BRAKNA

Ari Hara

Irrigué, Walo, Dieri, Maraichage, Forte composante bétail. Ceux qui ont plus de 10 Têtes sont plus de 95%. Cultures pratiquées sont souvent le riz,sorgho et pastèque. Eleveurs s’approvisionnent au

AEP sur forage (robinets publiques)

Eau payante.

ATPC avec

Bonne gestion.

haute

 

Pas de

couverture

difficultés à

en latrines

payer

(FDAL)

17 Source « Brakna en Chiffres 1997-2007 ». Office National de la statistique

21

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

 

coût payant en Rackel dont le coût varie entre 4000 à 6500Mro le sac selon la qualité

N’gorel

100

Irrigué, Walo, Dieri, Maraichage. Faible composante bétail

-

AEP sur puits 20

Eau payante. Partie de pop ne peut pas payer l’eau et

Faible

ménages

m, solaire. (robinets

couverture

(600p)

publics). Puits qui tarit facilement

latrine.

Etnie Polar

Non ATPC

 

- Fleuve

va au fleuve.

Observatio

 

n de

pratiques

hygiène à

risque

Dar el

194

Irrigué (perimètre très petit),

- AEP sur

Eau payante.

ATPC avec

Avia

ménages

Walo, Dieri, maraichage. Composante bétail moyenne surtout petits ruminants Périmètre rizicole avec une petite superficie. 198 familles pour une superficie de 28 ha. Attaques répétées des granivores dans les champs . Problème de protection des champs agricoles

forage+solaire

Bonne gestion

couverture

(1200p)

(robinets publics)

moyenne

Ethnie

-

en latrines

Maures noirs

Deux forages non equipés

 

Houdalay

537

Village d’éleveurs même si n’ont pas des grands troupeaux (1 ou 2 vaches). Un peu de maraichage

AEP avec 14m3 de château d’eau. Générateur. Robinets publics.

Eau payante. Bonne gestion (seulement une petite partie ne paie pas)

ATPC.

ménages

Bonne

(2000p)

couverture

Ethnie Peul

en latrines

Repatriés en

(98%)

2008 (partis

au Sénégal

en 89)

Dioudé

village de

Salariés dans l’irrigué, Dieri, wallo. Composante bétail moyenne 22 foyers exploitent la riziculture mais cette année ils ne sont pas allés en campagne. Problèmes de motopompes en panne

-

AEP sur

Eau payante.

ATPC.

2047

forage+solaire

Bonne gestion

Bonne

personnes

(robinets domicile)

couverture

 

-

1 Puits maraicher

en latrines.

+abreuvoirs (sans

 

Village

margelle)

FDAL

Haymeda

Forte composante bétail. Maraichage, wallo, dieri. Ils sont proches du fleuve. Cette année faible inondation. Leurs priorités sont orientées vers les aliments pour bétail

-

AEP sur forage

Eau payante. Très bonne gestion et tout

ATPC.

avec robinets domicile

Bonne

couverture

-

3 puits pour bétail

le monde paye.

en latrines.

et maraichage avec margelle+ abreuvoirs

Bonnes

 

connaissan

 

ces en

 

hygiène

(FG)

GORGOL

Jedar

72 ménages

Salariés dans l’irrigué, dieri, wallo. Faible composante bétail. Ils font aussi souvent de la cueillette et du gardiennage du bétail pour des tierces personnes

-

4 puits sans

Eau non

Non ATPC.

Ethnie

margelle, 2 d’entre eux ayant déjà tari

payante

Aucune

Maure noirs

latrine.

   

Manque

d’hygiène

Pempédie

40 ménages,

Forte composante bétail.

7

puits très mal

Eau non

Non ATPC.

l

200

Wallo, dieri, maraichage

assainis sans margelle. D’habitude ils ne tarissent pas. Utilisation mixte

payante

Quelques

personnes

latrines.

Natirgol

100

Salariés dans l’irrigué, Dieri, wallo. Forte composante bétail. Plus de 50% des éleveurs rencontrés ont entre

4

puits sans

Eau non

Non ATPC.

ménages

margelle, 3 déjà secs. Le seul qui reste, à 1km.

payante

Pas de

500p

latrines

22

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

 

5 et 25 vaches. Pas de wallo ni d’irrigué.

Tézekré

50 ménages

Dieri, maraichage. Très faible

-

Forage 85m avec

Eau non

Non ATPC.

250p

pompe Vergnet en panne (problème d’amorçage) mais arrive à sortir de l’eau. A 500 m du village dans le périmètre maraicher

payante

Pas de

 

composante bétail Village très vulnérable

latrines

Debaye

2000

Dieri. Grande composante élevage. 30à 40 par ménages.les plus pauvres ont entre 2-5 vaches

-Système distrib

Eau payante mais la population n’arrive pas a

Non ATPC.

Mbout

ménages

ville mais fermé à cause du non paiement

Peu de

Quartier

latrines.

marginal ville

Mbout.

-

Puisards au

payer

Village très

wadi/marre

ancien

III.1 Analyse en termes de Moyens d’existence et Sécurité Alimentaire

Pluviométrie

La situation actuelle résulte à la fois du déficit pluviométrique combiné à une mauvaise répartition spatio-temporelle. Les données recueillies auprès des services météorologiques montrent une grande variabilité de précipitations durant les mois de juin et juillet ce qui a occasionné un mauvais démarrage de la campagne agricole, mais aussi des longue pauses qui ont poussé les communautés à faire plusieurs ressemis.

L’observation des cumuls de précipitations montrent un déficit de l’année 2011 comparée à l’année 2010. Une comparaison des pluies du mois de septembre avec l’année 2010 et 2002 montre que le déficit de pluies observé en 2011 est comparable à 2002. Cette année avait était marquée par une grande crise alimentaire en Mauritanie. Le graphique 6 montre une comparaison de pluviométrie au Brakhna.

Figure 6 : Comparaison de Pluviométrie au Brakna, du mois de septembre pour les années 2011,2010 et 2002.

350 300 250 200 150 100 Cum 2002 50 0 Cum 2010 Cum 2011
350
300
250
200
150
100
Cum 2002
50
0
Cum 2010
Cum 2011

Le déficit moyen mensuel pour ces stations prises ensemble est -67 mm. Seule la station de M’bagne n’accuse pas un déficit pluviométrique sur les deux années mais un surplus de 13,2 par rapport à l’année 2010. C’est la Station de Dionaba qui enregistre beaucoup de mm de pluies mais accuse un grand déficit sur la pluviométrie de septembre 2011 comparée à 2010 même période (-127,5mm). Ce déficit pluviométrique est aussi observé pour les stations du Gorgol. La station de Djadjibine est celle qui enregistre beaucoup de mm de pluies durant septembre 2011 mais accuse un déficit par rapport à l’année 2010 (-268 mm). Le déficit

23

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

mensuel moyen pour les stations prises ensemble est -164 mm de pluies par rapport à 2010 pour la même période.

Figure 7: Comparaison de Pluviométrie pour le mois de septembre sur pour les années 2011,2010 et 2002.

600 500 400 300 200 CUMUL 2002 100 CUMUL 2010 0 CUMUL 2011
600
500
400
300
200
CUMUL 2002
100
CUMUL 2010
0
CUMUL 2011

En comparant les données des différentes stations pour le mois considéré et pour les trois années faisant objet de comparaison, nous observons que plus de 95% des stations accusent un déficit pluviométrique par rapport à l’année 2010 et les mm de pluies enregistrées en 2011 sont comparables à celles de la même période en 2002.

Le déficit de pluviométrie a eu une incidence négative sur les productions du Diéri mais aussi sur la disponibilité en Fourrage. Plus de 95% de la population a au moins un animal son exploitation agricole (bovin, caprin ou cheval). L’âne est considéré comme un animal de compagnie et de service dans la vie quotidienne des populations.

Cette sécheresse de 2011 va influencer la transhumance des animaux et le déstockage précoce.

Situation Agricole

L’agriculture est de type traditionnel avec une faible utilisation des intrants agricoles externes (semences améliorées, engrais et pesticides). La comparaison des productions de 2008-2009, 2009-2010 et 2010-2011 montre une grande chute de production pour les deux zones visitées.

Figure 8 : Comparaison des productions agricoles au Brakna et Gorgol

de production pour les deux zones visitées. Figure 8 : Comparaison des productions agricoles au Brakna

24

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Si on compare le cumul de pluviométrie pour le Gorgol et le Brakna, nous observons déjà que en 2010 nous avions 304,5 mm contre 160 mm en 2011 pour le Gorgol et 288mm contre 160 pour le Brakna. Ces données pluviométriques contribuent à expliquer ces différences de production mais il faut aussi ajouter les différences de superficies irriguées entre les deux régions.

Les données des productions proviennent des statistiques du ministère en charge de l’agriculture et ne concernent que le cumul des productions de céréales. Ce déficit cumulé de 2011 est du aux faibles superficies emblavées, au retard de croissance des cultures conséquence du déficit pluviométrique et donc faibles rendements.

A. Culture pluviale ou Diéri.

La production agricole du Diéri est directement dépendante de la pluie. Au courant de l’année 2011 on a enregistré une moyenne de 12 jours de pluies avec un maximum de 19 jours de pluies. La culture de sorgho souvent pratiquée dans cette période a baissé de plus 50% de productions. Les producteurs ont fait des resemis (2-3) durant la période de semis à cause des irrégularités de pluies enregistrées durant cette période.

Les producteurs qui cultivent diéri et walo avec lesquels nous avons eu des échanges (première quinzaine de novembre 2011) estiment avoir en stock à un mois de réserves de nourriture. La période de soudure commencera 5 mois en avance par rapport à une année normale. La baisse de la production du diéri 2011 est estimée à 20% par rapport à 2010. Ce manque de production du dieri qui constitue plus de 50% de la production totale des ménages a aussi une influence sur l’élevage : peu ou pas de résidus de récolte pour complémenter les pâturages naturels.

Quelques ménages moyens reçoivent des compléments en produits laitiers, de maximum 3 litres par jour et vendent des animaux pour satisfaire les besoins alimentaires du ménage. Les producteurs de diéri se trouvent aussi confrontés aux problèmes de divagation du bétail qui souvent contribue à abimer les récoltes. Là où il y’a des poches de production de diéri qui peuvent arriver à maturé, ces producteurs vont récolter entre 20 à 80% d’une récolte normale, ce qui leur donne en moyenne entre 1et 3 mois de réserve.

B. Culture du wallo.

Les cultures de décrue ou walo ont aussi souffert du déficit pluviométrique. Les bassins de culture du walo n’ont été inondés que 15 jours alors qu’il faudrait au moins 45 jours pour pouvoir attendre une production. Selon les estimations de notre visite de terrain les bassins et bas fonds n’ont été cultivés qu’à 30% dans les zones visitées et certains champs de sorgho ne sont qu’au stade montaison alors qu’on ne s’attend plus à d’autres pluies et que les bassins sont déjà à sec.

Les rendements de sorgho seront médiocres pour cette saison (ordre de grandeur: 330 kg/ha). 18

C. Culture irriguée

Les exploitants des périmètres irrigués font essentiellement la culture du riz et en contre saison ils font des cultures maraîchères et la pomme de terre. Le système de gestion des périmètres fait face à trois facteurs qui affectent la rentabilité de la riziculture :

18 Estimations de l’auteur sur base de comparaison des années antérieures.

25

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Le coût des aménagements et la qualité des ouvrages : La superficie irriguée, la taille des exploitations (max 2 ares par ménage) et la qualité des canaux d’irrigation font que les producteurs éprouvent des problèmes d’encadrement technique.

La redevance : les facteurs ci-haut cités et les coûts d’entretiens des motopompes influencent la redevance que chaque producteur doit payer (200 000MRO par ha) ce qui compromet la rentabilité de la riziculture.

Les techniques de l’intensification de la riziculture : engrais qui sont livrés avec retard ou même non livrés et le coût de remboursement très élevé. Le problème des variétés à cycle court et haut rendement.

Les terres du wallo qui ont été allouées à la riziculture ne sont pas entièrement exploitées. Les producteurs ne sont pas allés en campagne faute aussi des intrants et la crise de recouvrement des crédits octroyés.

Tableau 11 : Situation de la mise en valeur des périmètres irrigués.

Périmètre

Superficie

Superficie

%

exploitable

exploitée(ha)

PPG1

1186

746

62

PPG2

732

535

73

Boghe

4000

500

12

Petits

producteurs

hors

110

90

81

périmètre

Les superficies mises en valeur ont donc baissé de 50%. La faiblesse des superficies aura une incidence sur le volume de production. Bien que le rendement moyen soit de 4T pour le riz, ce rendement risque d’être compromis du fait que les engrais ne sont pas disponibles et aussi de la difficulté de maintenir la lame d’eau suite à la sécheresse. Les producteurs ont aussi perdu près de 2000 ha qui étaient exploités dans le walo et qui sont devenus des terres mortes du fait du mauvais état de la mise en valeur des périmètres par l’irrigation. Ces pertes sont estimées à plus de 40% par rapport à la production de l’année écoulée.

Situation Elevage

Le système d’élevage est de type traditionnel avec les troupeaux qui se nourrissent à l’herbe du parcours. La transhumance se réalise à la poursuite des pâturages herbacés et de l’eau pour les animaux. L’élevage constitue une grande activité économique dans les deux régions du Brakna et Gorgol. Plus de 80% des ménages ont au moins un animal dans son exploitation. L’élevage a été aussi affecté par lé déficit pluviométrique. Les pâturages sont desséchés et on observe un mouvement de bétail vers les zones proches du fleuve ou on a quelques poches de pâturages et de points d’eau pour l’abreuvement du bétail.

Les pâturages qui devraient être épuisés au mois de février mars 2012 le sont déjà au mois de Novembre 2011. Les éleveurs estiment qu’il ne reste qu’un mois de réserves en pâturages. (Source : FEWS NET) Le dessèchement des marres et marigots qui servaient à l’abreuvement du bétail commence à être très évident dans les villages visités.

Quelques ménages moyens ont une production laitière dont la production journalière moyenne est estimée à 3L par jour. Le prix pour ceux qui sont connectés au réseau de collecte de l’APLV est de 175 MRO par litre. il existe aussi d’autres points de vente qui offrent un prix de 300MRO par litre mais c’est un marché irrégulier.

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Le prix des aliments pour bétail a aussi augmenté. Le prix varie entre 4200 à 6500 MRO le sac de Rackel (Moud equivalent à 4Kg) selon les qualités. Le prix a augmenté de 200 à 300MRO par rapport à une année normale.

Les

normale.

éleveurs commenceront à vivre la soudure aussi environ 5 mois avant la période

La situation actuelle en termes de moyens d’existence et sécurité alimentaire dans la zone peut être résumée comme suit :

Le commissaire à la sécurité alimentaire CSA rencontré lors de la mission estime que le Gouvernement juge la situation alimentaire préoccupante et prépare une réponse humanitaire avec ses partenaires dont le PAM et FMI /BM

Les populations visitées dans les zones des agropasteurs ont jusqu’ un mois de réserve de nourriture.

La période de soudure qui dans les périodes d’une année normale devait commencer au mois de Mai s’annonce au Mois de Novembre-Décembre. Le déficit de production est estimé à plus de 50% d’une année normale. La soudure durera 10 mois au lieu de 5 mois.

Des ménages se trouvent très démunis dépendant du marché alors que leurs moyens d’existence sont fortement dégradés. La dépendance des ménages au marché durera plus longtemps (5 mois de plus que d’habitude). Ils vont être à la merci du niveau des prix des aliments sur le marché.

Les ménages les plus pauvres vivent du travail journalier et de quelques transferts d’argent venant des jeunes qui sont allés travailler comme main d’œuvre salarié dans les centres urbains avoisinants. Cependant les emplois rémunérés se tarissent aussi en ville et ces jeunes n’assurent que leur subsistance et n’ont pas de ressources financières pour faire les transferts.

Les pâturages sont desséchés et on observe une pression des animaux dans les zones proches du fleuve et pas encore de conflits ouverts déclarés

Les prix des animaux sur le marché sont en baisse (chute libre presque une dévaluation de 50%). De 120 000 MRO à 70 000 MRO pour une vache gestante et de 75 000 à 50 000 MRO pour une vache moyenne. La même baisse des prix est observée pour les bovins et caprins. Les quelques ventes observées sont faites pour satisfaire les besoins des ménages en particulier les besoins alimentaires

D’après nos entretiens avec les ménages bénéficiaires, le déstockage des animaux n’a pas encore commencé à grande échelle. La transhumance vers le Sénégal et le Mali est envisagée vers le mois de janvier soit 5 mois en avance par rapport à une année normale.

Les populations rencontrées nous ont aussi signalé une augmentation de l’endettement des ménages très pauvres et une baisse des remboursements au niveau des stocks villageois de sécurité SAVS mis en place par le Gouvernement et le PAM.

III.2 Analyse en termes d’ Eau, assainissement et Hygiène (WaSH)

Le problème d’accès à l’eau potable au niveau de la source (voir ‘qualité de l’eau’ en rapport à la potabilité de l’eau à la consommation) est un problème structurel qui touche une partie importante des populations des régions explorées, notamment le Gorgol, comme il a été mentionné dans la partie II de ce rapport.

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Néanmoins, la sécheresse précoce de cette année causée par le déficit pluviométrique est certainement venue s’ajouter et aggraver une situation qui en périodes normales est déjà assez précaire.

Les principaux impacts de ce fait en termes d’accès à l’eau (quantité) sont les suivants :

Les puits peu profonds qui ont déjà une tendance à tarir pendant la soudure (vers avril ou mai) sont désormais avec des niveaux statiques très bas (même certains d’entre eux déjà secs). De ce fait, il y a le constat de :

o

Manque d’eau pour la boisson et l’hygiène des populations avec un impact direct sur la santé

o

Manque d’eau pour le bétail qui ne sera pas parti en transhumance. Il faut noter que parmi ceux qui ne partiront pas en transhumance il y a les villages/ménages plus vulnérables avec un nombre très réduit de bétail. En effet, la vache d’une famille vulnérable (ou les 2-3 chèvres) représente un élément essentiel pour la sécurisation de l’état nutritionnel de la famille, notamment des enfants de moins de 5 ans. La ration alimentaire de ces populations est fortement liée à la consommation de lait du bétail. Si ces animaux n’arrivent pas à trouver l’eau à boire il y aura un impact direct en termes de malnutrition notamment des plus petits.

o

Manque d’eau pour le maraichage avec un déficit directe en termes d’aliments consommés par le ménage et l’impact conséquent sur la nutrition.

o

Consommation de l’eau du fleuve pour les villages qui en sont proches ou à côté, avec le danger de consommation d’une eau très polluée. Ces ménages seront très exposés aux maladies liées à l’eau

Les marres et wadis qui représentent un apport en eau très important pour le bétail sont désormais presque sèches. De ce fait :

o

Le bétail non parti en transhumance sera obligé à consommer l’eau des puits/forages ou AEP avec une forte pression sur ces sources qui dans le cas des puits peuvent tarir très facilement (voir point antérieur). La présence de bétail dans les points d’eau, notamment pour le puits mal protégés en surface, entrainera une plus forte contamination de l’eau consommée par les populations

o

Dans le cas des systèmes AEP ou l’eau est payante les ménages devront destiner une partie beaucoup plus importante que d’habitude au paiement de l’eau. Justement cette année ou les revenus dans les ménages sont déjà très réduits à cause des difficultés dans l’agriculture, entre autres (voir impacts aux moyens d’existence)

La baisse du niveau du fleuve qui à aussi des fortes implications dans la pratique de l’agriculture, notamment l’irriguée et le wallo (voir impacts sur les moyens d’existence).

Quelques exemples parmi les villages visités :

A Natirgol (Gorgol), des 4 puits ouverts (10-15 m) existants au village, il y en a qu’un qui a encore de l’eau. Des longues queues sont constatées et les besoins minimales ne peuvent pas être couverts. Les animaux et le maraichage en souffrent également.

A N’Gorel (Brakna) le système AEP est installé sur un puits environs 20m. Les villageois disent que le puits arrive déjà à des niveaux statiques très bas lors que le pompage dure longtemps pour satisfaire les besoins des populations.

Le manque de revenus généralisé des ménages suite à cette situation de crise (voir impact sur les moyens d’existence) a également un impact direct sur la qualité de l’eau consommée et la prévalence des maladies hydriques et la malnutrition :

28

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Les ménages des villages qui ont accès à un point d’eau sécurisée (comme par exemple les AEP) où l’eau est payante et à une deuxième source non sécurisée (puits ouvert ou fleuve) où l’eau est non payante risquent de ne s’approvisionner que sur cette dernière source non payante. En effet, au village de N’gorel ils constatent déjà que le niveau de recettes mensuelle de l’AEP est déjà passé de 10.000 l’année dernière à cette époque à 2.000 ce mois ci. Ce village est à côté du fleuve et une partie importante de la population ne pouvant pas payer l’eau s’approvisionne actuellement de l’eau du fleuve.

Certainement, dû au manque généralisé de revenus causé par cette situation, ça ne sera pas maintenant que les ménages vont faire des dépenses en rapport aux articles qui améliorerait la chaine de l’eau (récipients de stockage…) et à l’hygiène (savon…).

Le fait que les populations ne soient pas habituées à traiter l’eau (comme expliqué dans la partie II) représente un point de vulnérabilité ajoutée.

III. 3 Analyse en termes de Nutrition

La ration alimentaire du ménage est déficitaire en quantité et en équilibre de nutriments. Elle est essentiellement constituée de couscous et poisson séchés (quantités très symboliques) pour le repas du soir. Les quelques grammes de riz sont partagés au sein de la famille durant les repas de la journée. Les jeunes enfants mangent sur les plats des adultes et ne reçoivent pas de compléments alimentaires en dehors du lait. En effet, le lait, comme déjà cité représente un élément clé dans le ratio alimentaire de ces populations et peut éviter dans une certaine mesure de tomber dans des états de malnutrition.

Le Brakna et le Gorgol sont des zones où la malnutrition aigue globale (MAG) se situe déjà dans une année considérée normale dans des taux qui oscillent vers le 15%, seuil de situation d’urgence de l’OMS. Les donnés des dernières enquêtes SMART du Ministère de la santé avec l’appui de l’UNICEF en date de juillet 2011 situent les taux de la MAG du Brakna et Gorgol respectivement à 18% et 15,7%, données correspondantes à la période de soudure. Les prochaines enquêtes sont attendues pour la fin de l’année 2011, période post récolte ou les taux de la MAG sont d’habitudes légèrement supérieures. Cependant, la majorité des acteurs coïncide à dire que les taux commenceront à monter à partir de mars- avril 2012 quand la situation sera très critique.

Tableau 12 : Taux de malnutrition (Ministère de la Santé/UNICEF, Juillet 2011)

Indicateur

Gorgol

Brakhna

Malnutrition Aigue Globale

15,7%

18%

Malnutrition Aigue sévère

0,7%

1,3%

Insuffisance Pondérale globale

28,5%

34,2%

Insuffisance pondérale sévère

2,1%

5,1%

Taux de Malnutrition Chronique Globale

12,5%

18,9%

Taux de malnutrition Chronique sévère

0,7%

3,9%

29

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Tableau 13 : Résultats historiques des enquêtes SMART d’UNICEF en Mauritanie 19

des enquêtes SMART d’UNICEF en Mauritanie 1 9 III.4 Analyse en termes de logistique L`action logistique

III.4 Analyse en termes de logistique

L`action logistique a été principalement focalisée sur l’organisation de la mission exploratoire. Il s’agissait d’identifier les problématiques logistiques et de proposer les solutions nécessaires pour anticiper ou préparer les réponses nécessaires, dans les semaines à venir.

Problématiques Logistiques:

Approvisionnement :

- La situation d’inflation dans le pays est une vraie menace car les prix sont constamment à la hausse sans contrôle

- Manque de disponibilité total des items nécessaires pour répondre aux besoins d’urgence

- La qualité des produits disponibles dans le marché local est moyenne pour la plupart.

- Difficulté de trouver au niveau local, en qualité et en disponibilité des produits (produits agricoles, aliment pour le bétail, engrais, semences, outils agricoles, etc.).

- Envisager une possible restriction transfrontière « Protectionnisme de production local » avec les pays voisins (Sénégal, Mali) à cause de la même faiblesse locale de disponibilité de produits agricoles.

- Manque d’engagement des fournisseurs pour respecter les délais de livraison/ fin des travaux.

- Faible capacité des fournisseurs au niveau régional pour fournir les matériaux en grande quantité pour répondre à une urgence, ceci peut éventuellement déstabiliser le marché local pour la population plus vulnérable

- Les fournisseurs ne disposent pas des stocks pour garantir une continuité des besoins au niveau national.

Gestion Transport :

- L’état des routes principales est relativement bon, mais cela peut changer pendant la période de pluies.

- Les accidents de la route sont fréquents dû aux excès de vitesse.

19 Source : Mauritanie. Mise à jour de la prespective sur la SA. Septembre 2011. FWSNET

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

- Insuffisance des camions de transport des marchandises (prix fixés en fonction du tonnage/ distance).

- Inconsistance dans l’application des règles de sécurité (voyages pendant la nuit) de la mission IO.

- Le prix du carburant change dans chaque région.

Gestion de Stock :

- Les structures de stockage seront insuffisantes pour répondre à un programme d’action humanitaire de grande ampleur.

- Pas de stock de contingence

- Manque des structures adaptées pour stocker certains items (critères basiques d’accessibilité, etc).

Accommodation :

- Limitation d’hôtels et restaurants à l’intérieur du pays disponibles pour répondre à une grande intervention d’urgence (à envisager une augmentation de prix en cas d’affluence de personnel).

- Non existence du bureau s’Oxfam dans la région de Gorgol (Kaedi).

Ressources Humaines :

-

II n’y a pas une structure logistique sur la mission pour répondre à une action humanitaire

Aspect général :

- Difficultés de collecter des informations logistiques sur la mission. Certains partenaires ne veulent pas partager des informations.

- Inexistence des réunions des coordinations logistique entre les ONG et UN.

- II n´existe pas un taux de dédouanement fixe dans le pays.

- Le recrutement du staff national peut prendre beaucoup de temps.

(Voir en annexe le rapport complet Logistique)

III.5 Agences Internationales dans la zone

La plupart des ONG n’étant qu’à la phase de réflexion comptent procéder en fonction de l’évolution de la situation et restent vigilantes au respect. Elles ont toutes coïncidé sur le besoin de coordination si une action d’urgence est mise en place. Seulement ACF semblait avoir avancé dans le diagnostique et préparait déjà une réponse dans leurs zones d’action avec ses mêmes villages d’intervention (pack activités+WaSH)

ses mêmes villages d’intervention (pack activités+WaSH) Tableau 14 : ONG internationales dans la zone Pour ce

Tableau 14: ONG internationales dans la zone

Pour ce qui concerne la WaSH :

Il est fort recommandé de voir GRET aussitôt que possible avant de mettre en place une intervention Oxfam. La mission n’a pas pu les rencontrer (volet WaSH) par

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

manque de temps. C’est la seule ONG WaSH travaillant au Brakna et le partage de leurs expériences au préalable est nécessaire (Le Dir du SRH du Brakna visité pendant la mission nous encourage également sur ce point). Le contact de la responsable WaSH au pays est sur l’Annexe 2.

UNICEF, qui canalise ses actions à travers les SRH compte pouvoir mener un appui d’urgence avec du soutien au water trucking quand nécessaire (zones très enclavées) et des brigades de sur creusage de puits.

IV. CONCLUSIONS

Comment est la situation?

Les observations de terrain combinées aux échanges avec les partenaires ont permis à la mission d’exploration de conclure sur le fait (ou de faire le constat de) que la situation dans laquelle se trouve la région visitée - à savoir le Brakhana et le Gorgol - est celle transitoire entre les phases 2 et 3 (proche de 3) de la classification IPC (Integrated Food Security Phase Classification). Tous les acteurs semblent coïncider sur le fait que le moment plus critique viendra dans deux mois, à partir de janvier 2012.

La classification IPC décrit les phases 2 et 3 de la Manière suivante :

Tableau 15 : classification IPC

Phase

Classification par phase

 

Description Générale

2

Insécurité alimentaire chronique

 

Accès à la nourriture souvent « limité avec un risque récurrent et élevé de glisser vers les phases 3,4 et 5 ( dû à des menaces très probables et à une grande vulnérabilité)

3

Crise

Aigue

alimentaire

et

des

moyens

Faiblesse critique de l’accès à la nourriture avec de taux de malnutrition hauts et plus élevés que d’habitude ,accélération de la perte des biens et moyens d’existence que si elle continuait mènerait la population aux phases 4 et 5 et/où la ferait tomber dans la pauvreté chronique.

d’existence

 

La classification en phase 2 vers la 3 est liée à notre analyse sur la disponibilité et l’accès à la nourriture ainsi que la gestion des moyens d’existence qui y est associée.

Disponibilité.

La couverture des besoins alimentaires des ménages au stade actuel (mois de Novembre) ne couvrira qu’un mois – voire mois et demi - de réserves auprès des ménages. C’est dire que

d’ici janvier 2012 le vide en stock céréalier des ménages risque de s’installée. La production céréalière qui ne couvre qu’au maximum 6 à 7 mois n’aura couvert cette année que 3 mois. Le commissariat à la sécurité alimentaire estimait à 21% soit 428 000 ménages en insécurité alimentaire. Ce chiffre semble avoir évolué à 700 000 personnes (selon les sources concordantes du CSA et de FEWS Net). Le stock stratégique est estimé par le CSA à 3000 Tonnes alors que la capacité telle que estimée par le CSA est de 17 000 tonnes. Le Brakhna et le Gorgol sont parmi les zones les plus touchées. Les pâturages sont desséchés et une pression est observée sur les zones proches du fleuve. Les éleveurs estiment à un mois de pâturages avant la transhumance soit 5 mois d’avance par rapport à la transhumance dans

Les analyses faites montrent aussi que cette Chute des productions et

une année normale

déficit en pâturage entraînent un déplacement de plus 1 millions de bétails vers le Mali. Ce qui risque de créer de fortes zones de concentrations et des conflits

Accessibilité.

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

L’accessibilité dépend à la fois de la capacité des ménages pour se procurer les aliments nécessaires mais aussi de la disponibilité de ces denrées sur le marché et des prix .Les prix des denrées comparés au mois de septembre 2010 et 2011 montrent une augmentation de prix de 54 % pour la farine de blé ,15% pour le sorgho et 11% pour le blé ( Fews net et PAM, Octobre 2011). Les autres denrées augmentent aussi dans la même proportion notamment l’huile (41%) ; le sucre (24%), le lait en poudre( 17%) et l’arachide (20%). Cette augmentation de prix est aggravée par la baisse de production de plus de 70% et de revenus de plus de 30%. Les ménages les plus pauvres tirent les revenus de la main d’œuvre salarié et de l’exode tandis que les ménages moyens recourent à la vente des animaux pour satisfaire les besoins alimentaires.

Les échanges avec les ménages des villages et la situation des marchés montrent que le sorgho et le Niébé sont plus rares sur le marché faute de production intérieure.

Eau, assainissement et Hygiène

Le principal problème est la disponibilité en eau qui commence déjà à être très précaire surtout pour les villages qui n’ont pas de forage et qui ont comme seuls points d’eau des puits ouverts. Les niveaux statiques sont à l’heure actuelle en dessous des niveaux normaux en rapport à une année normale et tout fait présager que dans 2 ou 3 mois une grande partie va tarir.

Qui sont les plus touchés et quels sont leurs principaux besoins?

Les villages les plus vulnérables face à cette crise réunissent les caractéristiques suivantes :

o

Villages qui ont au moins 50% de pauvres et très pauvres en fonction des critères de vulnérabilité définis au Tableau 2 (Forte dépendance au Diéri)

o

Petite Taille du cheptel (1 à 4 bovins en moyenne par ménage et moins de 10 petits ruminants par ménage)

o

Problèmes d’accès à l’eau avec une de ces 3 situations :

Des villages n’ayant que des puits qui ne couvrent pas la demande en eau des différents besoins et avec une forte tendance à tarir. Les puits n’ont pas de protection de surface (margelle) et n’ont pas d’abreuvoir (au moins la majorité d’entre eux) Des villages n’ayant qu’un forage où la PMH est en panne (PMH) Des villages avec un AEP sur puits qui tarira prochainement Villages sans eau qui en temps normal dépendent déjà du ‘water trucking’.

On peut diviser les principaux besoins observés en deux groupes :

o

Besoin immédiats pour la phase d’urgence : cash pour l’achat de nourriture, aliment du bétail…)

o

Besoin de réhabilitation et protection des moyens d’existence à appuyer dès maintenant : semences pour la campagne 2012 et intrants agricoles, appui au maraîchage et augmentation de son périmètre, appui aux boutiques d’aliment de bétail, augmentation de la clôture de sécurisation des périmètres agricoles, amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’hygiène

Oxfam Doit-elle intervenir? Oxfam devrait intervenir à deux niveaux. D’un côté pour protéger les moyens d’existence des populations des programmes actuels de ME

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Rapport de Mission Exploratoire Mauri tanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 20 11)

villages ne

rentre pas dans les plu s vulnérables. De l’autre pour mettre en place une i ntervention

d’urgence qui ciblerait

besoins immédiats mai s aussi à réhabiliter et protéger les moyens d’exis tence pour éviter l’enchaînement a vec une deuxième crise l’année prochaine

les villages les plus vulnérables et qui veillerait à couvrir les

(dans le cadre du Co nvenio), même si dans la plupart la typologie de

Figure 9 : Volets réponse REPONSE A LA CRISE ALIMENTAIRE
Figure 9 : Volets réponse
REPONSE A LA CRISE
ALIMENTAIRE
V olet 1 : Réha bilitation et Prote ction des Moyens d’existence
V olet 1 :
Réha bilitation et
Prote ction des
Moyens d’existence
Volet 2 : Appui aux besoins immédiats
Volet 2 :
Appui aux besoins
immédiats

Si Oxfam intervient,

dans quels domaines et champ d’action? L’i ntervention

le cadre

conceptuel des causes

causes de la malnutrit ion) qui montre les synergies du travail dans les d eux volets pour obtenir un impact sur ses causes immédiates, à savoir, les apports a limentaires inadéquats et les ha utes prévalences de maladies hydriques. L’obj ectif étant d’augmenter autant q ue possible les impacts nutritionnels de nos int erventions WASH et de moyens d’ existence/sécurité alimentaire.

de la malnutrition (voir figure 10 : Schéma Conc eptuel des

proposée aura une a pproche intégrée SA/WaSH qui est basée sur

Figure 10 : Schéma Conceptuel des causes de la malnutrition

aura une a pproche intégrée SA/WaSH qui est basée sur Figure 10 : Schéma Conceptuel des

Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

V. RECOMMANDATIONS ET PROPOSAL

Les objectifs de l’intervention seraient de :

Contribuer à la lutte contre la malnutrition dans les régions du Brakna et Gorgol en cherchant un impact sur ses causes immédiates (apports alimentaires inadéquats immédiats et hautes prévalences des maladies)

Fournir un accès d’urgence aux aliments pour les populations et leur bétail avec un appui à la reconstitution de leurs moyens d’existence ainsi qu’une amélioration de leur accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène, dans les régions du Brakna et du Gorgol

Activités proposées

Activités SA

Volet besoins immédiats

Cash transfert

Cash for work (pour la réalisation des activités de protection ME et eau)

Distribution d’aliment pour bétail (Rackel)

Volet protection ME

Installation des boutiques d’aliments subventionnés pour bétail dans chacun des villages ciblés (Si pas couvert par le CSA/Développement Rural)

Appui en semences pour la campagne 2011-2012

Augmentation des clôtures de sécurisation des périmètres agricoles

Production de fourrages en contre saison

Sensibilisation pour le déstockage pour les grands éleveurs

Activités WaSH

Curage

et

disponible

sur-creusage

de

puits

existants

pour

augmenter

la

quantité

d’eau

Construction/réhabilitation de margelle et éventuellement couvercle avec amélioration du système d’exhaure (Pompe Mecate ?) (à explorer avec populations), pour améliorer la qualité de l’eau

Construction d’abreuvoirs près des puits pour améliorer la qualité de l’eau

Réparation de PMH ou AEP existants pour augmenter la quantité disponible

Distribution d’articles d’hygiène (pour le transport et stockage de l’eau, savon, eau de javel).

Sensibilisation ATPC et Pratiques Familiales essentielles (PFE): Accent dans le traitement domiciliaire avec l’utilisation de l’eau de javel

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

Distribution ciblée de moustiquaires imprégnées pour les ménages avec une femme enceinte et/ou des enfants <5 ans

Note : Les activités du volet de protection des ME vont s’inscrire également dans les précédentes interventions d’Oxfam dans la zone du fleuve. A savoir, Oxfam a un programme déjà en cours dans le cadre de développement et qui avait pour but d’améliorer l’accès à la sécurité alimentaire de la population de la zone du fleuve en améliorant les capacités de gestion des moyens de production et en augmentant la capacité de réaction à la crise alimentaire (A cela s’ajoute les actions de plaidoyer). Comme la crise est déjà prévisible dans les deux mois à venir, il est recommandé que ce programme augmente les capacités de faire face à la crise en fournissant des appuis additionnels aux groupes les plus vulnérables dans la zone d’intervention. Une réorientation des activités actuelles du « Convenio » vers des actions du type à celles établies dans le volet de protections ME citées ci-dessus est fortement recommandée.

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Rapport de Mission Exploratoire Mauritanie, régions du Brakna et Gorgol (23 octobre - 3 novembre 2011)

ANNEXES

Annexe 1 : Termes de Référence de la Mission Exploratoire

Annexe 2 : Coordonnées des personnes visitées ou ayant participé à la mission exploratoire

Annexe 3 : Cartes

Eaux de surface en Mauritanie (FAO/Aquastat 2005)

Poster Gorgol

Carte hydrogéologie Gorgol

Annexe 4 : Liste de documents consultés (Dossier électronique annexe)

Annexe 5 : Rapport Complet Logistique

Annexe 6 : Sélection photos

Annexe 7 : Article de presse réunion partenaires Boghe (27/10/2011)

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