SÉRIE

| CHIMIE

Guy Gautret de la Moricière

RISQUE CHIMIQUE
Concepts • Méthodes • Pratiques

LE

LE RISQUE CHIMIQUE

N. MARGOSSIAN Le règlement REACH : La réglementation européenne sur les produits chimiques 288 p.

N. MARGOSSIAN Aide-mémoire du risque chimique 2e edition, 296 p.

E. KOLLER Dictionnaire encyclopédique du génie des procédés 520 p.

Guy Gautret de la Moricière

LE RISQUE CHIMIQUE
Concepts • Méthodes • Pratiques

© Dunod, Paris, 2008
ISBN 978-2-10-053565-1

TABLE DES MATIÈRES

Table des matières Avant-propos 1 • Introduction
1.1 1.2 1.3 L’importance du risque chimique Le principe de prévention La méthode proposée

V VII 1
1 3 4

2 • Théorie du risque chimique
2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 2.7 2.8 Notions générales Caractéristiques du risque chimique Le danger chimique Processus chronique Processus accidentel Caractéristiques des méthodes existantes La contribution du règlement REACH Le principe de précaution

9
9 12 16 60 70 107 113 119

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques
3.1 3.2 3.3 3.4 Les méthodes de repérage des risques Identification des risques Estimation des risques Fixation des priorités d’action

123
123 130 142 159

4 • Pratique de la prévention des risques
4.1 4.2 4.3 Objectifs de prévention Recherche des mesures possibles Les familles de mesures

161
161 162 168

V

4.4 4.5

Choix des mesures Application de la méthodologie aux autres risques

214 227

5 • Applications particulières
5.1 5.2 5.3 5.4 Stockage Industrie chimique et pharmaceutique Traitements de surface Protection de l’environnement

237
237 253 267 276

6 • Étude de cas
6.1 6.2 6.3 6.4 Description du cas Analyse des risques Mesures de prévention Conclusion

295
295 296 299 301

7 • Organisation de la démarche
7.1 7.2 7.3 7.4 7.5 7.6 Chronologie générale Mise en place des moyens Recensement des agents chimiques Repérage des urgences Application de la méthode Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise

303
303 304 305 307 311 312

8 • Annexes
Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Annexe 5 – SGH – Classification Annexe 6 – SGH – Classement des mentions de danger selon le niveau de danger Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles Annexe 11 – INRS – Liste des guides de ventilation

315
315 320 324 328 330 336 340 345 351 355 359

Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux 360

VI

en s’appuyant largement sur des cas concrets. Cet effort est un véritable investissement susceptible de porter des fruits. mais bien comme un dysfonctionnement. Comme tout outil d’une certaine technicité. mettent en avant la démarche d’évaluation des risques avant toute mise en œuvre de mesures de prévention. pour ensuite proposer une méthode d’analyse adaptée. Les dernières évolutions de la législation française. La première partie de ce guide s’attache à identifier ces particularités. cet ouvrage doit faire l’objet d’une appropriation par ses utilisateurs. en raison de son apparente complexité. à l’instar de ceux que l’on propose dans l’amélioration de la qualité ou de la productivité. Il est donc d’abord destiné aux chefs d’entreprises et à l’encadrement. ce qui signifie que les responsables doivent en adapter la complexité à la réalité de l’entreprise ou du service. découlant d’un modèle original et universel du risque chimique. Elle est détaillée dans la troisième partie. VII . Le risque chimique présente en effet des particularités qui justifient une approche et une recherche d’informations différentes par rapport aux autres risques. les accidents et maladies professionnels ne doivent pas être considérés comme une charge parmi d’autres. comme on le croit parfois. Il n’est pas destiné de préférence aux grandes entreprises. mais aussi aux fonctionnels d’hygiène et de sécurité et à toute personne confrontée aux risques chimiques dans une démarche de prévention. La mise en pratique efficace de cette méthode nécessite une organisation analogue à un projet. L’application de cette démarche au risque chimique a souvent rebuté les entreprises et les services. Toute étude de risque n’a pour finalité que d’éviter les dommages aux personnes. avec ses acteurs. ses étapes et ses moyens. Cet ouvrage se veut un moyen d’acquérir une véritable efficacité dans la prévention des dommages d’origine chimique.AVANT-PROPOS © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. qui transcrivent les directives européennes. La deuxième partie est consacrée à la recherche et à la mise en place des mesures de prévention correspondantes. car son utilisation n’exige en fait qu’une bonne organisation préalable. En outre. aux biens et à l’environnement. au-delà même du domaine santé/sécurité. cet ouvrage montre que la méthode présentée ici est transposable à l’ensemble des risques. En particulier. qui évoquera notamment la présélection des postes à plus grand risque. en commençant par ceux qui concernent l’environnement.

.

Il expose d’abord une théorie. fours. – vapeurs. Cette théorie est l’aboutissement de l’étude systématique des dommages d’origine chimique observés depuis que des enregistrements en sont faits.1 • INTRODUCTION Cet ouvrage veut établir une rationalisation de l’approche du risque chimique. 1. Cependant. Ces principes se retrouvent en particulier dans des directives européennes et des normes. . qui vise l’estimation des risques dans le cas des équipements de travail. puisqu’il faut les chercher dans trois groupes d’éléments matériels ainsi libellés : – appareils ou ustensiles mettant en œuvre des produits chauds. étuves. Elles sont collectées par les caisses régionales d’Assurance maladie. avec des concepts définis. comme la norme internationale ISO 14121. pour l’aider dans ses missions de prévention et de réparation des atteintes à la santé. Cet objectif s’est trouvé réalisé par l’élaboration du modèle présenté dans cet ouvrage et son exploitation. Dans le domaine professionnel. la caractérisation du risque chimique manquait encore d’une méthode suffisamment rationnelle et détaillée pour en tirer des décisions sûres. sachant que leur validité est tributaire d’une part de la discipline de déclaration des sinistres. des règles précises et surtout une logique de fonctionnement quasi universelle. corrosifs. la Sécurité sociale. toxiques . d’autre part de la bonne codification de ceux-ci lors de la saisie. Elle apporte une réponse méthodologique aux principes généraux qui ont été développés ces dernières années par les spécialistes de la prévention des risques. . Les accidents de nature chimique sont assez mal définis dans le système de codage de la CNAMTS (Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés). Le tableau ci-après donne quelques repères très généraux. La directive 98/24/CE concernant les risques liés aux « agents chimiques » en fait largement état. 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dispose d’abondantes statistiques. comme ses homologues dans le monde. etc. Les chiffres donnent un ordre de grandeur du problème de la santé et de la sécurité au travail.1 L’importance du risque chimique Le risque chimique est présent dans de nombreux domaines de la vie et ses conséquences néfastes peuvent être facilement constatées. appareils de cuisson. gaz et poussières délétères. – appareils ou ustensiles mettant en œuvre des produits caustiques.

Pour en savoir plus. L’exploitation de ces statistiques n’est guère possible puisque 77 % des causes sont codées « non précisé » ou « non classé ». article L. 78 ont un agent causal chimique.1 L’importance du risque chimique Statistiques de la CNAMTSa Tous types Accidents du travail (avec arrêt) en 2006 Maladies professionnelles (avec arrêt) Moyenne annuelle sur 2004-2006 Totaux 700 772 Tous types Totales 40 175 Mortelles 514 Mortels 537 Origine chimique Totaux 5 625 Mortels 9 Origine chimique Totales 8 118 Mortelles 484 a. – Le reste des MP concerne les allergies de contact ou respiratoires et les poussières de silice. Mais l’ampleur de ces accidents.ameli.risquesprofessionnels. – Une pathologie représente près de 70 % du total tous tableaux . c’est celle des affections périarticulaires (tableau n˚ 57). Ces statistiques sont disponibles sur le site Internet www. les statistiques disponibles ne sont pas si précises.fr. 461-2 2 . qui se répartissent ainsi : Tranche d’âge (ans) Chutes Suffocations Noyades Feu <1 8 50 8 2 1-14 35 28 64 40 15-24 70 20 42 19 25-44 320 224 122 93 45-64 710 420 137 108 65-74 904 481 76 65 75 et + 8 163 2 125 92 138 Total 10 210 3 348 541 465 1. consulter le code de Sécurité Sociale. survenant au domicile. – Un agent causal représente près de 80 % du total chimique . – Sur les 112 tableaux en vigueur. au cours de sports ou de loisirs et dans le cadre scolaire. puisqu’en 1998 on a dénombré plus de 18 000 accidents mortels. suivies par 50 tableaux différents qui ne représentent que 5 % des MP. Dans le domaine de la vie courante. Les résultats sur les maladies professionnelles reconnues sont rattachés à des tableaux1. Ils sont finalement assez rares. c’est l’amiante (tableaux n˚ 30 et 30 bis). du moins en proportion. est sans commune mesure avec celle du domaine professionnel.1 • Introduction 1. ciment et bois pour environ 15 %. mais seuls 60 sont encore utilisés.

1 • Introduction 1. Les accidents du domaine environnemental sont difficiles à répertorier. On peut néanmoins tenter une approche statistique grossière qui révèle que les sinistres importants. soit une pathologie. Par contre. sont de l’ordre de la dizaine par an sur les quinze dernières années. Celui de la santé humaine n’en est qu’un cas particulier. mais qu’ils sont d’une gravité supérieure à la moyenne. comme le démontre cet ouvrage. sachant qu’une partie importante des intoxications est d’origine médicamenteuse. Cette distinction n’est d’ailleurs pas facile à faire. la protection sociale a été appliquée au monde du travail en distinguant deux domaines dès le départ : les accidents du travail et les maladies « professionnelles ». qui est soudaine pour l’un et progressive pour l’autre.2 Le principe de prévention Avant d’aborder les définitions normalisées. on peut définir le risque très simplement comme la possibilité d’un dommage. Mais ces notions restent parfaitement valides dans le domaine de 3 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. soit une lésion issue d’un accident. Sachant qu’il est relativement facile de les éviter presque totalement. leur origine est majoritairement chimique et ces accidents se produisent soit dans des installations classées. La notion de dommage est bien connue dans le domaine de l’assurance en général. L’accident du travail est défini comme une atteinte à la santé ayant un caractère brusque et soudain. Un dommage sur une personne est une atteinte à sa santé . Depuis la création de l’Assurance maladie en 1945.2 Le principe de prévention Tranche d’âge (ans) Intoxications Autres Total <1 1 11 80 1-14 5 66 238 15-24 27 263 441 25-44 73 659 1 491 45-64 102 739 2 216 65-74 140 505 2 171 75 et + 380 1 282 12 180 Total 728 3 525 18 817 Si l’on suppose qu’une partie des feux est due à des produits inflammables. précisés dans le code de Sécurité sociale. il ressort que leur fréquence n’a rien d’alarmant par rapport aux autres types de dommages. La maladie professionnelle est une affection résultant d’une exposition répétée à des activités ou substances nocives. les accidents d’origine chimique peuvent donc être estimés aux environs d’un millier. soit au cours de transports de matières dangereuses. leur prévention s’impose finalement comme un devoir urgent. . Il s’agit de définitions administratives dont les modalités pratiques répondent à certains critères. C’est pourquoi la distinction doit surtout se faire sur la dynamique d’apparition du dommage. car leur définition reste assez floue. en pratique. 1. En conclusion de cette synthèse sur les dommages chimiques. car les deux termes recouvrent des réalités qui se confondent souvent. que ce soit sur une personne ou sur des biens. Il faut rappeler que la réparation et la prévention des atteintes à la santé font partie des missions de la Sécurité sociale. c’est-à-dire impliquant des morts.

Par la suite.1 Les principes de la méthode La théorie du risque chimique présentée dans cet ouvrage est une première tentative de rationalisation d’un ensemble de pratiques dictées par l’expérience et l’intuition. m Les composantes qui caractérisent un risque chimique Nous avons dit qu’il n’y a pas de dommage sans risque préalable. c’est réduire les risques.1 • Introduction 1. car leur présence est à la fois nécessaire et suffisante. m Les deux processus d’apparition du dommage Comme le montrent aussi les études de cas. heureusement. Ce point résume toute la stratégie de prévention qui sera développée dans cet ouvrage. de sorte que les composantes identifiées ci-dessus sont différentes et propres à chacun des processus. au milieu d’innombrables facteurs. qui en résulte ait les caractéristiques d’une « grandeur » mathématique.3.3 La méthode proposée 1. En étudiant des centaines de cas d’accidents ou de pathologies d’origine chimique. 1. ce dernier terme faisant référence au vocabulaire médical. Nous les appelons composantes du risque. elle s’oppose au principe de fatalité. nous appellerons ces processus « accidentel » et « chronique ». car en pratique. qui nous dit qu’il n’y a parfois rien à faire. cette distinction des deux types de dommages est fondamentale et sert de fil conducteur dans le développement de la méthodologie proposée. Cette estimation ne vaut en fait que par l’usage que l’on en fait pour la prévention. Nous avons identifié quels en sont les paramètres déterminants. Cette évidence est fondamentale pour la prévention. En effet. nous avons constaté. il n’existe pas de dommage survenu sans risque préalable. la suppression totale d’un risque est impossible. notamment par la méthode de l’arbre des causes. des risques sans dommages. 4 . si l’on rencontre. m L’estimation du risque à partir de paramètres précis L’expérience et l’intuition montrent que le risque peut être quantifié. ou estimation selon le vocabulaire normatif. Elle repose en fait sur quatre concepts simples. on comprend que la suppression d’un risque entraîne l’impossibilité du dommage correspondant.3 La méthode proposée la vie privée. Mais si l’on admet qu’il n’y a pas de dommage sans risque préalable. sans que la cotation. bien qu’elle ne soit pas admise par tous. toujours en distinguant les deux processus. Le second concept fondamental est que. Faire de la prévention. des constantes dans les circonstances qui ont contribué à l’apparition du dommage. les dommages de nature accidentelle et de nature progressive conduisant à une pathologie n’apparaissent pas dans les mêmes circonstances. même si sa réduction peut être parfois presque totale. Il s’avère que dans l’élaboration d’une théorie du risque chimique.

dans l’industrie. dont les premières conséquences sont souvent financières. mais il faut rappeler que l’objectif de toute démarche est la prévention. c’est pourquoi elle concerne en premier lieu les responsables d’entreprises ou d’organismes.3. puis a conduit à la rédaction du présent ouvrage. au lieu de le laisser guider par l’intuition. inventaire qui permettra en outre. Le critère d’universalité est donc à considérer tout autant que celui d’efficacité. C’est la mise au point du double modèle d’apparition des dommages qui a fondé notre méthodologie dans tous ses aspects. jusque dans les activités artistiques. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France. 5 . En outre. L’originalité de ce principe est qu’il oriente efficacement le choix des mesures. Son champ d’application dépasse d’ailleurs le domaine du risque chimique et nous verrons ce qu’il apporte notamment pour les problèmes d’environnement. c’est-à-dire éviter les dommages. Guide de prévention du risque chimique. les services. ce qui finalement indique la marche à suivre. Elle passe nécessairement par des décisions. Ce document est téléchargeable sur le site www. Cependant. applicable à toutes situations et toutes activités. 1. Les critères de choix d’une méthode reposent en définitive sur son aptitude à bien prévoir les dommages possibles et à aboutir aux mesures les plus efficaces. car ils se résument à la progression : inventaire des dangers. Le cheminement global de cette méthodologie est le suivant : 1) La première étape est un inventaire complet des agents chimiques présents et de leurs dangers.3 La méthode proposée m La prévention comme action sur les composantes du risque Puisque la prévention consiste à réduire le risque. aussi simple qu’un tableur. nous le rappelons. l’examen des avantages et des inconvénients des méthodes les plus connues nous a conduit à imaginer une méthodologie plus universelle. dont il faut connaître les fondamentaux et les exercices.cramif. par l’étude des données disponibles sur les accidents et les maladies professionnelles.1 • Introduction 1.fr.2 Les apports de la méthode © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Mais le respect de ces principes ne saurait tenir lieu de méthodologie. une fois réalisé. et cela dans l’immensité de toutes les situations que l’on peut rencontrer. les commerces. Cette rationalisation en fait un outil universel. DTE 175. c’est-à-dire à diminuer son importance. ainsi que dans la protection de l’environnement. qui a d’abord fait l’objet d’une description sommaire dans une brochure publiée par la CRAM d’Île de France1. Il apparaît dans la pratique que la prévention du risque chimique est une discipline à part entière. et vise à déboucher sur des pratiques utiles pour atteindre l’objectif d’un meilleur niveau dans la santé et la sécurité des personnes. d’obtenir une 1. par exemple. elle doit agir sur ses composantes. évaluation des risques et choix des mesures de prévention. Cette théorie permet de s’inscrire automatiquement dans les principes généraux proclamés par la législation tant française qu’européenne. Beaucoup de méthodes ont été proposées pour évaluer les risques. identifiées au préalable. son aspect logique et automatique le rend facile à utiliser avec un outil informatique. Elle est inspirée.

2. 1. reposant sur un raisonnement logique. puisqu’elle consiste à trouver des actions possibles sur les composantes identifiées dans l’évaluation des risques. Ce règlement. » Il devrait aussi « promouvoir le développement de méthodes alternatives pour l’évaluation des dangers liés aux substances ». La plus importante. c’est-à-dire l’attribution d’un niveau d’importance. nécessaire pour pouvoir planifier les actions de prévention.1. se fait après inventaire complet des risques. afin qu’elle soit de nature relative et non absolue.3. Ce règlement « devrait assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement ainsi que la libre circulation des substances. en réitérant l’estimation des risques du 4˚. l’évaluation des substances chimiques.1 • Introduction 1. Directive publiée au JO C 396 du 30/12/2006 6 . qui est expliquée au paragraphe 2. génère des hypothèses que la simple intuition est loin d’imaginer. il faut observer et noter : • les dangers présents . Evaluation and Authorization of CHemicals). • l’activité humaine réelle. Elle vient de faire l’objet d’une profonde modification par la directive 2006/121/CE1. Le repérage de ces composantes doit se faire en fonction du travail réel observé. et non de l’écrit ou du prescrit. On constate rapidement que le respect de cette règle. celle qui régit la classification des produits chimiques depuis 40 ans.3 La problématique REACH Les différentes parties du Code du travail qui traitent du risque chimique. ainsi que les restrictions applicables à ces substances. L’universalité de cette démarche apparaîtra dans les applications que nous décrirons dans des domaines variés. 6) Il est ensuite facile d’évaluer le gain obtenu par les mesures mises en place. Son entrée en vigueur date du 1er juin 2007. sachant que ce point n’est qu’une étape et non un objectif final. afin que les règles concernant la notification et l’évaluation des risques des substances chimiques soient conformes au nouveau règlement CE n˚ 1907/2006. Elle conduit à une fixation des priorités. il ne reste qu’à les choisir et les mettre en place. sont issues de décrets de transposition de directives européennes. Une fois inventoriées. Son objet principal est l’enregistrement. est la directive 67/548/CEE. 1. telles quelles ou contenues dans des préparations ou des articles. plus connu sous le sigle REACH (Registration. 4) L’estimation du risque. 5) La recherche des mesures de prévention devient ensuite très simple. 3) Cela dans le but de repérer systématiquement les composantes du risque présent selon les deux processus de la modélisation. plus ou moins explicitement. le 18 décembre 2006.3 La méthode proposée présélection rapide des postes à plus grand risque. a été adopté le même jour. 2) Ensuite. mais aussi l’institution d’une agence européenne des produits chimiques. tout en améliorant la compétitivité et l’innovation.

Le règlement REACH couvre les deux domaines. Mais si l’évaluation de la sécurité chimique est accessible aux fabricants. Mais il précise qu’il est « sans effet sur l’application des directives relatives à la protection des travailleurs et à l’environnement. Le nombre de celles-ci est estimé à 3 000. p. p. La directive 67/548 et tous ses amendements ou adaptations visaient essentiellement le domaine des dangers chimiques. La réponse est que le fournisseur ne peut que parler d’expositions « raisonnablement prévisibles ». est bien différente ! Toutefois. selon l’expression de l’annexe I. Dans ces conditions. 50. lorsque cela est techniquement possible. et les opérateurs situés en aval dans la chaîne d’approvisionnement peuvent maîtriser valablement les risques. donc très théorique. p. il est précisé au point 16 de ladite annexe que « le présent règlement fixe les devoirs et les obligations des fabricants. 11 7 . JO L 158 du 30/4/2004. ou de les remplacer par des substances moins dangereuses ». découlant de la fabrication et des utilisations identifiées ». Nous savons que la réalité. Leur nombre est estimé à 30 000. Son but est d’établir que « les risques liés à la substance qu’ils fabriquent ou importent sont valablement maîtrisés pendant sa fabrication et son utilisation propre. » Il nous semble très regrettable que le REACH n’ait pas mieux séparé les rôles. puisqu’en plus des règles de classification. et rectificatif dans le JO L 29 du 29/6/2004. et notamment de la directive 2004/37/CE1 concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail et de la directive 98/24/CE2 concernant la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des agents chimiques sur le lieu de travail.1 • Introduction 1. Son contenu peut être schématisé ainsi : – Toute substance ou préparation mise sur le marché européen à raison de plus de 1 tonne par an doit être préenregistrée auprès de l’agence désignée à cet effet. – Selon la classification des substances ou préparations issue de l’évaluation. – Les produits ainsi enregistrés doivent être évalués selon une procédure fixée par le règlement. – Les fabricants ou importateurs devront élaborer un rapport sur la sécurité chimique. que seul connaît l’utilisateur final. comment un importateur ou un distributeur peut-il connaître toutes les expositions possibles des utilisateurs finaux ? L’annexe I dit bien que « l’évaluation de la sécurité chimique par un importateur porte sur l’ensemble des utilisations identifiées ». alors que la directive 98/24 traitait des risques. des importateurs et des utilisateurs en aval des substances telles quelles et des substances contenues dans des préparations ou des articles. il serait étonnant que ces expositions puissent être estimées importantes. et même qu’elle « couvre toutes les étapes du cycle de vie de la substance. D’ailleurs un fabricant n’est-il pas nécessairement un utilisateur ? 1. et les résultats consignés dans un dossier technique.3 La méthode proposée © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 23 2. qui font obligation aux employeurs d’éliminer les substances dangereuses. » Ce descriptif appelle des remarques importantes. importateurs ou utilisateurs des plus dangereuses seront soumis à une autorisation. les fabricants. si tel était le cas. il introduit des évaluations d’exposition. JO L 131 du 5/5/1998. à savoir les dangers pour les fabricants ou importateurs et les risques pour les utilisateurs « en aval ».

Comment une substance chimique pourrait n’avoir aucun danger ? Le principe de précaution serait-il d’interdire toute utilisation de produit chimique ? Notons que les définitions de danger et de risque ne figurent pas dans l’article 3. Ses dispositions reposent sur le principe de précaution.1 • Introduction 1. Cette évolution réglementaire renforce le besoin d’une méthodologie précise et fiable dans le domaine du risque chimique et nous conforte dans notre entreprise d’établir des fondamentaux sur la théorie et la pratique du risque chimique. » L’effet nocif d’une substance.3 La méthode proposée Il semble même que la confusion entre danger et risque soit encore présente dans certaines expressions du document. Ce sont donc celles de la directive 98/24 qui restent valides. mettre sur le marché ou utiliser des substances qui n’ont pas d’effets nocifs pour la santé humaine ou l’environnement. aux importateurs et aux utilisateurs en aval de veiller à fabriquer. par exemple le point 3 du premier article : « Le présent règlement repose sur le principe qu’il incombe aux fabricants. c’est la définition du danger. 8 .

une normalisation s’est mise en place. Quant à la directive déjà citée. d’un phénomène ou d’un milieu qui décrit le type de dommage qu’il peut causer. L’électricité. Après des années d’hésitations. les objets coupants. parce qu’elle dépend du domaine concerné. ISO 14121 et de la directive européenne 98/241. est une propriété d’un matériel. qui désigne une « source potentielle de dommage ». à savoir les CRAM et l’INRS. la nécessité de fixer le sens des termes employés s’est imposée. Les textes réglementaires nationaux et européens ne sont pas encore parfaitement homogènes sur ce point. Le risque est une notion dont la définition est la plus variable. Cette définition a le mérite de montrer clairement que si le danger est propre à l’agent chimique. 1. sans être encore aujourd’hui complètement aboutie. Les définitions qui suivent sont celles qui sont adoptées par les instances spécialistes des risques professionnels. La directive 98/24 est une directive européenne du 7 avril 1998 concernant la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des agents chimiques sur le lieu de travail. Le danger. La norme ISO 12100 emploie plutôt le terme de « phénomène dangereux ». 9 . cette notion faisant partie de la vie quotidienne des hommes. Dès qu’il a fallu introduire un peu de rationalité dans ce domaine. elle le définit comme « la probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d’utilisation et/ou d’exposition ».2 • THÉORIE DU RISQUE CHIMIQUE 2. En matière de science du risque. Il existe en effet un grand nombre de concepts qui s’y rattachent depuis les temps anciens. Elles sont largement inspirées des normes ISO 12100. le bruit. d’une matière. le risque dépend des conditions d’utilisation. Mais on observe une convergence grandissante avec la définition de la norme ISO 12100 : « combinaison de la probabilité d’un dommage et de la gravité de ce dommage ». les organes en mouvement et les énergies potentielles sont des phénomènes dangereux. notamment attribuables à la difficulté de trouver des équivalences entre les grandes langues scientifiques.1 Notions générales 2. C’est une constante qui ne varie pas avec les conditions d’utilisation.1 Définitions normalisées m Cas général © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.1. où le jugement subjectif domine. le vocabulaire prend une importance décisive. en général.

mais c’est l’inverse au stade des risques. Autre exemple. comme suit : Délimitation du domaine d’étude atelier (process…) Identification des agents chimiques dangereux Analyse de risque Appréciation du risque Estimation des risques chimiques Évaluation des risques chimiques L’action estelle sûre ? NON Réduction du risque OUI FIN Figure 2. appréciation. et doit être estimé au cas par cas. tels qu’évaluation. Les premiers constituent des phénomènes plus dangereux que les seconds.1 – Schéma de la norme ISO 14121 adapté au risque chimique La notion d’importance du risque est fondamentale dans le discours sur la sécurité et devrait toujours être utilisée à bon escient dans tous les domaines. La radioactivité est un phénomène très dangereux. Et lorsque l’on parle d’absence de risque. on exprime en fait que le risque considéré est trop faible pour être pris en compte. C’est une forme de quantification. complétant l’aspect simplement qualitatif qu’apporte l’identification. les statistiques en témoignent. pourtant simple à comprendre : un grand danger n’engendre pas obligatoirement un grand risque. objets de la norme.2 • Théorie du risque chimique 2.1 Notions générales L’estimation du risque consiste à en préciser l’importance. 10 . notamment par les media ou les hommes politiques. mais le risque nucléaire est variable selon les circonstances. en le simplifiant. Ce schéma peut être facilement transposé pour le risque chimique. utilisés à sa place. Il en existe d’autres. Les termes d’évaluation et d’appréciation se retrouvent dans un schéma général établi pour les équipements de travail. quantification. cotation. Le terme d’estimation est celui qui est fixé par la norme ISO 14121 (ex EN 1050). et réciproquement. Nous insistons sur ce point. la comparaison entre avions et véhicules automobiles.

Ainsi il peut y avoir un risque relativement faible avec un produit très dangereux et. Nous verrons que le règlement REACH n’a malheureusement pas levé toute ambiguïté sur ce sujet. Le terme d’agent chimique plutôt que de produit est plus large. indépendamment de ses conditions d’utilisation. fumée. en raison des propriétés physico-chimiques des produits (inflammabilité. Les dommages possibles sont très variés . Ce changement d’appellation. Cette distinction se retrouve d’ailleurs dans la partie du code de la Sécurité sociale qui traite des risques professionnels. inversement. cancer…). Le risque d’incendie ou d’explosion en fait donc entièrement partie. vapeur. m Cas du risque chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Cette distinction entre danger et risque sur laquelle nous insistons est fondamentale dans la gestion du risque chimique. puisqu’il inclut les substances. fixée par la réglementation. en parlant de risque des produits. comprenant les accidents et les maladies professionnelles. La directive 98/24 le définit comme « la probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d’utilisation et/ou d’exposition ». est loin d’être anodin quand on sait l’importance de ces agents dans la genèse de nombre de maladies professionnelles (poussières d’amiante ou de bois. qui n’en est en fait qu’un aspect. tenant compte de l’évaluation.2 • Théorie du risque chimique 2. il faut saluer le remplacement de l’expression « phrase de risque » utilisée dans la réglementation française par l’expression « mention de danger » introduite par le nouveau SGH (Système Général Harmonisé). ne vise principalement qu’à informer sur les dangers des produits chimiques. Le danger d’un agent chimique est défini par le type de dommage qu’il peut causer. Nous avons vu que ce risque peut prendre une forme progressive ou accidentelle. L’appréciation est la décision finale. À ce sujet. soit par action directe. fumées de soudures ou de combustion. comme avec les intoxications aiguës. déchet. nous les détaillerons par la suite. mais aussi d’autres facteurs étrangers au risque. Il est important de retenir que le danger est propre à l’agent chimique. et en particulier l’étiquetage réglementaire. explosivité…). tels que poussière. Le risque chimique est souvent compris comme risque toxique.1 Notions générales L’évaluation. qui font l’objet de mesures réglementaires spécifiques.). même les personnes familières du domaine de la sécurité commettent souvent la confusion. comme dans les autres risques. la seconde les effets soudains et rapides. comme la définit la norme. La première regroupe les atteintes lentes à la santé (irritation. soit par action indirecte. Le risque chimique est celui qu’engendre l’utilisation ou le contact avec un ou plusieurs produits chimiques. etc. alors qu’il est souvent considéré à part dans l’organisation de la sécurité ou dans certains ouvrages. l’utilisation d’un produit de danger modeste peut générer un risque élevé. désigne l’ensemble de la démarche qui va de l’identification à l’estimation. Pourtant. il peut être estimé pour situer son importance. les préparations et les produits générés par l’activité. En tant que tel. sans avoir abordé l’activité des personnes les utilisant. La directive 98/24 définit le danger comme une « propriété intrinsèque d’un agent chimique susceptible d’avoir un effet nuisible ». La classification. 11 .

avec un agent chimique par voie respiratoire. mais après un certain temps. suffisante pour générer une pathologie. qui constituent une modélisation. Il n’y a pas de phénomène aléatoire dans ce cas et l’exposition est directement observable à partir du moment où l’agent chimique est identifié. Cette « zone de danger » n’est pas toujours facile à délimiter ou même à imaginer. sachant que la frontière entre ces deux types peut parfois être floue. puisqu’elle découle d’une certaine conscience de risque. suit un mécanisme que l’on peut représenter par deux schémas. Ce processus peut être représenté par le schéma suivant : exposition zone dangereuse personne produit dangereux zone de présence quantité absorbée dommage Figure 2. mais aussi sous forme de vapeurs. Le passage au dommage. en l’occurrence une lésion. elle n’est pas directement visible tant que l’on ne s’est pas représenté quel événement dangereux pourrait survenir. En particulier.1 Mécanisme d’apparition des dommages d’origine chimique L’apparition d’un dommage. Le mécanisme chronique part d’une exposition. L’étude des bases de données sur les accidents ou les maladies professionnelles nous apprend que les points de départ des processus sont différents. cutanée ou digestive. Le passage au dommage. ne se produira 12 . se produit obligatoirement. Cet agent peut être présent dans l’environnement sous forme liquide.2 • Théorie du risque chimique 2.2 Caractéristiques du risque chimique 2. c’est-à-dire un contact de la personne. etc. en l’occurrence une pathologie. temps nécessaire pour qu’une quantité d’agent chimique soit absorbée par l’organisme. Ces schémas ne font jamais que reproduire les arbres des causes généraux des accidents et maladies observés sur le terrain. solide ou gazeuse.2 Caractéristiques du risque chimique 2.2 – Schéma du processus chronique Le mécanisme accidentel part d’une situation dangereuse créée par la présence d’une personne dans la zone où un agent chimique peut constituer une menace. d’aérosols. qu’il soit de type accidentel ou de type chronique.2. Cette quantité est variable selon les paramètres d’exposition et les facteurs personnels. de poussières ou même de dépôts sur des surfaces.

Nous verrons que 1. Par exemple. occasionnant une brûlure chimique. après un accident. La validité de cette modélisation du risque dépasse le risque chimique et peut être généralisée à tout type de risque. En processus chronique. justement situé au-dessus du poste de travail. Ce petit scénario constitue l’événement dangereux. qui est moins évident que celui d’exposition. Une personne travaille sous une canalisation contenant un liquide corrosif : c’est typiquement une situation dangereuse. On retrouve en fait la logique de la construction d’un arbre des causes. Ce point est développé au paragraphe 4. Figure B. Un chariot automoteur passant à proximité accroche la canalisation en manœuvrant. en quelque sorte. Il existe évidemment des situations intermédiaires aux schémas accidentel et chronique. Le liquide corrosif fuit aussitôt et tombe sur la tête de la personne.3 – Schéma du processus accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. l’habileté des opérateurs ou leur condition physique leur permettent parfois d’échapper au dommage ou du moins de le minimiser. 13 . un dispositif de protection automatique. c’est essentiellement un bon état de santé qui peut retarder l’apparition des pathologies.1 de l’annexe B de la norme ISO 14121-1 : 2007. une alarme.2 Caractéristiques du risque chimique qu’après survenue de cet événement.2 • Théorie du risque chimique 2. si certains facteurs matériels ou humains sont présents. Dans les deux processus. C’est pour cette raison qu’elle a été introduite dans la version révisée de la norme ISO 141211. La survenue d’un tel accident nécessite bien les deux conditions : la situation dangereuse et l’événement dangereux. parce qu’une menace plane. Pour bien comprendre ce terme de situation dangereuse. prenons exemple. partant d’un événement déclencheur suivi d’un enchaînement de faits conduisant à un dommage final. qui peut être un scénario complexe. une éclaboussure de produit qui se répète assez souvent est. le dommage peut être finalement évité ou réduit après le déclenchement de l’exposition ou de l’événement dangereux. dont le fait déclencheur est le choc entre le chariot et le tuyau.5. un phénomène accidentel à caractère chronique. En processus accidentel. Ce processus peut être représenté par le schéma suivant : situation dangereuse zone dangereuse personne produit dangereux zone de présence événement dangereux dommage Figure 2. une protection individuelle. La contrainte subie par celle-ci modifie le serrage d’un joint entre deux brides.

Cela correspond au risque de maladie professionnelle. Elle peut durer longtemps avant que ne se déclarent ou découvrent des effets alarmants pour la santé. de façon plus ou moins continue. ce qui confère toute sa simplicité à la méthodologie décrite ici. l’exposition et le dommage. 2. cutanée ou digestive.1). – Une situation dangereuse caractérise la localisation d’une personne dans une zone où elle subira un dommage soudain. mais ce terme est réducteur puisqu’il se réfère à une décision administrative. En voici des définitions précises : – Une exposition caractérise l’état d’une personne en contact avec l’agent chimique par voie respiratoire. réunies dans le tableau synthétique suivant.6. qui entre dans la définition de l’accident.2 • Théorie du risque chimique 2. direct ou indirect.2. Il est en effet connu que la plupart des solvants ont un effet narcotique. elle est souvent ressentie comme normale dans la situation de travail. il apparaît trois composantes du risque : le danger. Elle montre quatre composantes : le danger.2. l’événement dangereux et le dommage.2 Caractéristiques du risque chimique l’on peut alors classer ce processus dans n’importe lequel des deux schémas sans que cela nuise à l’efficacité de la méthode. C’est pourquoi il est préférable de parler de pathologie professionnelle. Cela ne fait au total que cinq composantes distinctes. Le danger et le dommage sont des notions qui ont été bien définies précédemment et qui se retrouvent dans la plupart des méthodes. car elle a été proposée initialement pour les risques liés aux équipements de travail. Tel est le cas des accidents de circulation survenus à des peintres professionnels après leur journée de travail.1. Une exposition ainsi définie ne génère pas de malaise immédiat. Processus chronique Danger Processus accidentel Danger Situation dangereuse Exposition Événement dangereux Dommage Dommage Dans le processus chronique. pour désigner les effets négatifs de l’exposition sur la santé. la situation dangereuse. qu’elle soit reconnue ou pas.2. Elle est générée par le mode opératoire habituel et. Il faut aussi signaler que des expositions chroniques peuvent avoir des conséquences accidentelles. Les trois autres composantes sont plus difficiles à cerner. au cours de laquelle ils ont été soumis à de fortes expositions aux solvants. Cette modélisation est exactement l’expression du principe proposé dans de nombreux ouvrages sur le risque chimique (notamment le SGH dans son paragraphe 1. La modélisation du processus accidentel semble plus originale pour le risque chimique. pour cette raison.2 Les composantes du risque chimique Le premier intérêt de cette modélisation est de faire apparaître les composantes du risque selon les deux processus. en cas de survenue 14 .

Dans les accidents graves. s’intéressant essentiellement aux effets directs sur la santé. Elle ne peut être mise en évidence que par l’hypothèse de l’événement dangereux. par exemple. tel que la méthode de l’arbre des causes le met en évidence. Un dommage est direct quand il est provoqué par l’entrée en contact de l’agent chimique avec le corps humain. L’estimation du risque d’exposition chronique dépend du danger de l’agent chimique et de l’importance de l’exposition. Seuls les accidents graves donnaient l’occasion d’une intervention commune de ces deux services. De même. notamment en cas de réaction incontrôlée. Celle-ci repose sur des paramètres en partie différents en fonction des deux processus que l’on vient de décrire. C’est le cas des brûlures thermiques et blessures provoquées par un incendie ou une explosion.2 Caractéristiques du risque chimique d’un événement dangereux. La deuxième caractéristique importante du risque chimique concerne son estimation. pour un même produit. Nous verrons que ces deux points font partie des facteurs déterminant l’importance de l’exposition.2 • Théorie du risque chimique 2. 15 . une dose quotidienne de 1 g d’un produit à faible toxicité représente un risque moins important qu’une dose quotidienne de 10 mg d’un produit très toxique. En effet. Inversement. d’autre part les services de sécurité ou d’intervention. Chaque déclencheur possible génère un scénario différent. Le déclencheur peut être d’origine technique (rupture de canalisation. C’est pourquoi il y a autant de situations dangereuses que d’événements dangereux différents. cela correspond au risque d’accident. les dommages sont très souvent directs et indirects. spécialisés dans les incendies et explosions. En résumé. – Un événement dangereux est un enchaînement de faits. a probablement gêné l’émergence d’une approche globale de ce risque particulier. le risque chimique a été depuis longtemps réservé à deux catégories d’intervenants. Il faut bien comprendre que l’existence d’une situation dangereuse ne suffit pas pour que le dommage se produise.3 Estimation du risque chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. suivant un scénario parfois complexe. panne électrique. le risque de pathologie augmente avec la durée de l’exposition ou la concentration atmosphérique des vapeurs. C’est le cas des brûlures chimiques et des intoxications aiguës. dérive d’une régulation…) ou humaine (erreur de produit lors d’un chargement…). En pratique. Le terme d’exposition servait en fait à couvrir l’ensemble des mécanismes menant aux dommages. D’une part la médecine du travail et la toxicologie. Il est indirect si l’agent chimique provoque le déclenchement d’autres types de dommages. Cette double nature du risque chimique a été peu mise en évidence dans les études publiées dans ce domaine. Elle peut donc durer très longtemps. avec un dommage différent. 2.2. telle que nous voulons le proposer. qui a pour conséquence une différence de culture et donc de méthode. Cette répartition des missions. partant d’un déclencheur et aboutissant au dommage. à exposition égale. ce qui conduit parfois à douter de sa réalité. un produit toxique ou cancérogène engendre un risque plus grave qu’un produit nocif.

Nous verrons comment déterminer ces paramètres dans le cas du risque chimique. Il faut rester prudent dans ces cas-là et toujours tenter d’en savoir plus. C’est le contraire du risque. La troisième est. Il constitue l’un des objets de la toxicologie et le point d’appui essentiel des réglementations du risque chimique. et fait l’objet d’une normalisation internationale (ISO 14121). sauf évolution des connaissances. de la directive européenne 67/548. il faut interroger les personnes compétentes et en premier lieu le médecin du travail. due réglementairement par le fournisseur. Ce paramètre a le gros avantage d’être une donnée invariable liée au produit.3. Nous allons passer en revue les différentes approches du danger chimique dans les principales réglementations existantes. III et IV de l’arrêté du 20 avril 1994 modifié. C’est pourquoi il faut compléter cette information chaque fois que c’est nécessaire et possible. elle résulte de la combinaison de la gravité du dommage et de la probabilité de sa survenue.1 Les dangers selon le Code du travail L’estimation des risques chimiques repose en grande partie sur la classification réglementaire des substances et préparations. 2. 2. il est donc hors classification. Mais ce n’est pas toujours suffisant. L’étiquetage est précisé dans les annexes II. Dans le doute. du SGH et du tout nouveau règlement REACH. soit de l’utilisateur. le document le plus facilement disponible est la « fiche de données de sécurité ». Pour mémoire. La première est qu’il ne présente pas de danger connu . Nous allons d’abord examiner ces deux sources. Rappelons à ce sujet que plusieurs raisons peuvent expliquer qu’un produit soit sans étiquette. par exemple à l’occasion d’un reconditionnement. du moins lorsque le produit est étiquetable. soit du fournisseur. La deuxième est qu’il n’a pas encore fait l’objet d’études pour connaître ses dangers. le danger présenté par les agents chimiques est un paramètre qui a été beaucoup étudié. il joue un rôle important sur la gravité comme sur la probabilité du dommage. Il est évident que si le danger n’est pas un facteur direct. ce qui n’est pas très fréquent. notamment pour le risque de réaction dangereuse.3 Le danger chimique Depuis longtemps. m L’étiquetage L’étiquette réglementaire1 contient obligatoirement les phrases de risque. En conclusion.2 • Théorie du risque chimique 2. il faut bien le dire. Pour ce faire. 1. le résultat d’une erreur ou d’une négligence. de l’ADR.3 Le danger chimique L’estimation du risque accidentel répond aux règles utilisées pour l’ensemble des risques de type accidentel. C’est le cas de produits nouveaux et peu répandus. qui est constamment variable et beaucoup moins bien cerné par ces réglementations. C’est le cas du Code du travail. et en particulier sur l’exploitation des phrases de risque figurant sur l’étiquetage. 16 . comme pour l’exposition. il faut analyser plus précisément comment les cinq composantes du risque chimique interviennent dans les deux processus aboutissant aux dommages.

Ils sont au nombre de 10 (avec celui de l’environnement) . laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. Mais elle fournit d’autres informations. destiné directement à l’opérateur qui se saisit de l’emballage. comme le résume le schéma suivant. de nature purement visuelle. 98 76 54 32 10 Acétone R11 – Facilement inflammable R36 – Irritant pour les yeux R66 – L’exposition répétée peut provoquer dessèchement ou gerçures de la peau R67 – L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges S9 – Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé S16 – Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles.2 • Théorie du risque chimique 2. 200-662-2 – Étiquetage CE Figure 2. Les premiers sont des pictogrammes accompagnés d’une lettre et les secondes sont codifiées par un R suivi d’un ou plusieurs nombres.A. Solvex S. en voici la liste : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les symboles de danger sont un premier niveau d’information.3 Le danger chimique Un agent chimique peut présenter plusieurs dangers et son étiquette doit indiquer toutes les phrases de risque correspondantes.5 17 . Ne pas fumer. S26 – En cas de contact avec les yeux. Figure 2.4 – Exemple d’étiquette réglementaire Nous ne parlons ici que des informations qui concernent les dangers : les symboles et les phrases de risque. avenue des tuyaux 234 100 Flaconville Tél.

Elles précisent aussi la voie de pénétration principale de l’agent. R31. R49 R60. R16. de voies. Nous faisons notamment allusion aux symboles nocif. Les phrases de risque précisent le type et la gravité du dommage susceptible de survenir. Dangers Réactivité particulière Inflammables Sensibilisants Cancérogènes Toxiques pour la reproduction Mutagènes Phrases de risque R14.… R10 R42. R63 R46. Quand cela est nécessaire. de modes d’intoxication. voie et gravité Mode d’intoxication Dommage et gravité Dommage et voie Voie et symptômes 18 . Parmi les 66 phrases simples : Phrase R10 R14 R20 R24 R33 R40 R49 R67 Inflammable Réagit violemment avec l’eau Nocif par inhalation Toxique par contact avec la peau Danger d’effets cumulatifs Effet cancérogène suspecté.3 Le danger chimique En fait. R45.2 • Théorie du risque chimique 2. On peut toutefois s’interroger sur l’aptitude de certains d’entre eux à suggérer réellement le danger. preuves insuffisantes Peut causer le cancer par inhalation L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges Libellé Contenu de l’information Effet Effet et gravité Effet et voie Effet. elles combinent des numéros de danger et de voie. R19. Voici quelques exemples. ils n’utilisent que 7 pictogrammes distincts. R68 L’exploitation des phrases de risque pour distinguer les dangers n’est pas aisée. sur fond orange. C’est donc sur elles que doit s’appuyer un inventaire des dangers présents. irritant ou comburant. d’autant plus que certains dangers particuliers exprimés par des phrases de risque n’ont pas de symbole de danger spécifique. R61. Ils sont censés évoquer un danger particulier pour inciter à la prudence. car elles mélangent des notions d’effets. R62. de symptômes et de gravité. R43 R40.

Il faut rester prudent sur le bien fondé des informations de l’étiquette. qui imposeraient « phrases de dangers ». La prévention du risque chimique ne saurait se limiter à leur respect. doc. Il s’agit de mesures d’application immédiate qui s’adressent aux utilisateurs directs des produits. date de 2004.it/classification-labelling/ 2. La dernière ATP. la source la plus fiable reste le site officiel de l’Union européenne1. la 29e. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à les recouper avec d’autres sources. Les libellés de ces phrases alternent d’ailleurs les termes de risque et danger. Par contre.3 Le danger chimique Parmi les 57 phrases combinées : R36/38 R68/20 Irritant pour les yeux et la peau Nocif. http://ecb. certains de ces conseils apportent des informations complémentaires sur le danger. En voici quelques exemples : Phrase S 8 15 18 30 48 50 Libellé Conserver le récipient à l’abri de l’humidité Conserver à l’écart de la chaleur Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence Ne jamais verser de l’eau dans ce produit Maintenir humide avec… Ne pas mélanger avec… © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. S’agissant des substances. mode d’intoxication et voie R48/24 La liste intégrale figure en annexe 1. Les phrases S sont présentées comme des conseils de prudence. http://ecb. par exemple. 19 . qui sont inscrites sous la responsabilité du fournisseur. comme celles qui sont décrites ci-après. possibilité d’effets irréversibles par inhalation Toxique. 1.jrc.2 • Théorie du risque chimique 2. La 30e ATP est en cours d’adoption. risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau Effet et voies Gravité et voie Gravité. en consultant la liste des substances dangereuses dans l’annexe I issue de la dernière « adaptation au progrès technique » (ATP) de la directive de base2. elles figurent en annexe 2.jrc. Notons que l’appellation « phrase de risque » est inadaptée selon les normes en vigueur. Il est préférable d’interroger la liste par le numéro CAS. car les noms chimiques sont trop sujets à variation.it/documents/Classification-Labelling/DIRECTIVE_67-548-EEC/ ANNEX_I_OF_DIRECTIVE_67-548-EEC/Annex_I_of_Directive_67548EEC. la liste comporte près de 8 000 produits. Au nombre de 54 simples et 17 combinées. À ce jour.

il est presque toujours possible de les retrouver sur Internet2. Une grande partie de ces rubriques apporte des informations utilisables pour identifier et quantifier les dangers. – 2) identification des dangers . et toute autre information sur un danger particulier qui aurait pu se manifester. En particulier. Les réseaux informatiques généralisés dans les entreprises permettent d’ailleurs une consultation facile par tout le monde. 1) Identification de la substance ou préparation Une erreur sur l’identité d’un produit peut être lourde de conséquences sur les mesures de prévention à prendre. – 10) stabilité et réactivité .quickfds. – 13) considérations relatives à l’élimination . les autres contribuant davantage au choix des mesures de protection et d’intervention. beaucoup plus 1. Il est donc préférable d’utiliser les numéros d’identification figurant à la rubrique 3. 20 . sont en effet très variables et une erreur d’isomère. 4411-73 indique que le fabricant ou l’importateur d’une substance ou préparation dangereuse fournit au destinataire une fiche de données de sécurité conforme aux exigences prévues par le règlement (CE) 1907/2006 (REACH). – 4) premiers secours . À défaut. – 6) mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle . quand ils existent. – 7) manipulation et stockage . – 16) autres informations. on peut consulter www.3 Le danger chimique m La Fiche de Données de Sécurité (FDS) Cette fiche prévue par le Code du travail1 doit être réalisée et mise à jour par le distributeur de produits chimiques dès la première livraison d’un produit. – 8) contrôle de l’exposition/protection individuelle .2 • Théorie du risque chimique 2. quoique normalisées. – 15) informations relatives à la réglementation . qui doivent comporter 16 rubriques : – 1) identification de la substance/préparation et de la société/l’entreprise . le numéro CAS (Chemicals Abstracts System). – 5) mesures de lutte contre l’incendie . – 12) informations écologiques . Outre les sites des fournisseurs.com. le médecin du travail doit disposer d’une collection complète et à jour. 2. – 14) informations relatives au transport . – 3) composition/informations sur les composants . est vite commise. L’acheteur doit vérifier la réception de cette fiche et faire en sorte qu’elle soit à la disposition de tout utilisateur du produit. par exemple. – 9) propriétés physiques et chimiques . L’article R. – 11) informations toxicologiques . Pour les substances. 2) Identification des dangers C’est ici qu’apparaît la classification du produit. La réglementation fixe un contenu précis à ces fiches. il faut indiquer. Les dénominations chimiques.

À défaut. par exemple en considérant le point d’ébullition. au froid. Cette information est à rapprocher de la classification travail. ˙˚ niveau dérivé sans effet ») et PNEC (Predicted No Effect Concentration. 9) Propriétés physico-chimiques Ces données sont utiles pour le repérage des expositions. DNEL (Derived No Effect Level. et plus encore pour le repérage des situations dangereuses. à la lumière. 21 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les dangers d’explosion.3 Le danger chimique utilisé que le numéro EINECS (European INventory of Existing Commercial chemical Substances information system). ou du moins pas clairement.2 • Théorie du risque chimique 2. mais aussi d’autres effets quand ils sont connus. mais aussi pour les expositions. le potentiel de formation photochimique d’ozone. 10) Stabilité et réactivité du produit Cette rubrique permet de mentionner ce que les phrases de risque ne disent pas. le numéro ONU permet de le retrouver facilement. pourtant officiel pour l’Europe. indispensables pour l’analyse du risque environnemental.2. les propriétés comburantes. pour éventuellement la compléter. Ces informations sont évidemment précieuses pour l’identification de situations dangereuses. l’information la plus intéressante sur le danger est le numéro d’identification de danger (voir annexe 3). 8) Contrôle de l’exposition Les niveaux de dangers peuvent être connus grâce aux VLEP (Valeurs Limites d’Exposition Professionnelle). même si elles sont limitées sur des critères de concentration ou d’existence de VLEP des substances contenues. la pression de vapeur. 12) Informations écologiques Ce point mentionne les données disponibles sur l’écotoxicité. les sensibilités à la chaleur. la liposolubilité. . le potentiel de perturbation du système endocrinien et/ou le potentiel de réchauffement climatique. etc. en considérant le point d’éclair. le pH. dans la mesure où une substance réactive est très souvent aussi corrosive pour la peau. au choc et certaines précautions d’utilisation. 3) Composition/informations sur les composants Ces informations sont particulièrement utiles pour les préparations. 14) Informations relatives au transport Comme nous le verrons au paragraphe 2. « concentration prédite sans effet »). l’indice d’évaporation. les températures de décomposition et d’auto-inflammation.3. tels que le potentiel d’appauvrissement de la couche d’ozone. Figurent ici les propriétés de persistance. de dégradabilité et de bioaccumulation. Cela concerne par exemple les possibilités de réaction dangereuse. ou le numéro ELINCS (European LIst of Notified Chemical Substances). 11) Informations toxicologiques Les informations toxicologiques sont surtout utiles au médecin du travail mais elles permettent aussi de juger de la cohérence de la classification.

un code de classification. et donc la liste de leurs dangers. au cours des dernières décennies. la sécurité et l’environnement. Elle est téléchargeable à l’adresse http://www. un numéro ONU et un groupe d’emballage. 2. leur « classification » changer.4). il faut faire l’effort de réaliser une petite bibliographie sur les produits utilisés pour la première fois. cette information doit être considérée comme provisoire. la 30e est toujours en cours d’adoption et le projet de 31e est déjà publié sur le site de l’Union européenne.3.org/ trans/danger/publi/adr/adr2007/07ContentsE. le système REACH devrait apporter une meilleure fiabilité de ces données (voir le paragraphe 2.3. Ces fiches sont une source d’informations indispensable dans une analyse de risques. Deux documents sont à consulter en priorité : – Les fiches toxicologiques de l’INRS. On y trouve aussi l’éventuelle inscription dans un tableau de maladie professionnelle. mais mentionnant au besoin les précautions d’emploi. mais qui sont en nombre limité.2 • Théorie du risque chimique 2. libellées en entier.unece. De ce fait. C’est un moyen de contrôle supplémentaire. qu’il faut néanmoins considérer avec prudence. La dernière version est du 1er janvier 2007. selon une procédure précise qui aboutit à un consensus des partenaires sociaux. Les fournisseurs peuvent maintenant s’appuyer sur l’annexe II du règlement REACH. de contenu très variable. en particulier pour les produits récemment mis sur le marché. 1. qui permet d’anticiper sur les futures évolutions de la classification. 16) Autres informations C’est ici que doivent figurer les phrases de risque. à partir des observations qui ont été recueillies par expérience ou à la suite d’études. De nombreuses substances ont vu. Elle peut donc évoluer avec le temps. – La dernière ATP de la directive 67/548. – La notice technique du fournisseur. Nous présentons ici les éléments qui contribuent à la connaissance des dangers. Sur ce point.2 Les dangers selon le règlement type du transport de matières dangereuses La classification transport est dans l’ensemble plus complexe. Il ne faut pas perdre de vue que les dangers des agents chimiques sont établis sur la base de la classification réglementaire.html 22 . Elle est régie par un accord européen (restructuré). m Autres sources d’information Les données concernant les dangers ont bien d’autres sources. Autant que possible. et procurer en outre des informations techniques toujours précieuses. Elle peut être simple et rapide sur Internet. Cette classification consiste à déterminer principalement quatre éléments : une classe de danger. dit ADR1. régulièrement mis à jour.3 Le danger chimique 15) Informations réglementaires Cette rubrique indique tout ce qui concerne la santé. À ce jour. parce que plus complète que la classification travail. qui contiennent beaucoup d’informations sur des substances dangereuses.

1 Classe 4.2 Classe 7 Classe 8 Classe 9 Matières et objets explosibles Gaz Liquides inflammables Matières solides inflammables. dégagent des gaz inflammables Matières comburantes Peroxydes organiques Matières toxiques Matières infectieuses Matières radioactives Matières corrosives Matières et objets divers Le code de classification est une subdivision précisant le ou les dangers de la matière ou de l’objet.1 Classe 5. Signification Asphyxiant Comburant Inflammable Toxique Corrosif Auto-réactif Auto-échauffant A O F T C R S 23 .3 Le danger chimique La classe de danger est choisie parmi une liste de 13 classes et sous-classes : Classe 1 Classe 2 Classe 3 Classe 4.2 • Théorie du risque chimique 2. La liste des codes possibles dépend de la classe de danger. nous dirons que la quasi-totalité des codes de classification utilisés résulte d’une combinaison de dangers élémentaires appartenant à la liste suivante : Groupe de danger © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.2 Classe 4. Pour simplifier cette réglementation particulièrement complexe.3 Classe 5. au contact de l’eau. matières autoréactives et matières explosibles désensibilisées solides Matières sujettes à l’inflammation spontanée Matières qui.2 Classe 6.1 Classe 6.

acide acétique : CF1.3 Le danger chimique Par exemple : méthanol : FT1. Le numéro ONU est une sorte d’immatriculation des matières. des objets ou de familles de matières ou d’objets. Il ne concerne qu’une partie des classes de danger et ne comporte que trois niveaux. réagissant dangereusement avec l’eau 1. L’intérêt de ce numéro est de retrouver facilement toutes les propriétés d’un produit à l’aide des tableaux de l’ADR1. – L’éventuel troisième chiffre indique un deuxième ou troisième danger subsidiaire. éventuellement précédés d’un X. La liste figure en annexe 3. nitrates inorganiques : 1477. acétate d’amyle : 1104. Il constitue un vrai code de description du danger : – Le premier chiffre est celui de la classe du danger principal. chlorure mercurique : T5. au plus.1 excepté matières autoréactives À ces données s’ajoute un numéro d’identification de danger devant figurer sur l’unité de transport.1 5. 4. en plus des symboles de danger. dioxyde de plomb : 1872. spécifiques à cette réglementation. Le chiffre qui suit les lettres est fonction de l’état physique et de la nature organique ou pas.2 6. adhésifs : 1133. – La présence du X signale le danger de réaction chimique dangereuse avec l’eau. Le numéro d’identification de danger comporte 2 ou 3 chiffres.2 de l’annexe A de l’ADR du 1er janvier 2007. Tableaux A et B du chapitre 3. nitrite de sodium : OT2. et identique au premier si le danger est intensifié. acétone : F1. corrosive 669 : matière très toxique pouvant produire spontanément une réaction violente X338 : matière liquide très inflammable et corrosive.1 8 9 a. Par exemple : acétone : 1090. selon les définitions suivantes : Groupe d’emballage I Groupe d’emballage II Groupe d’emballage III Matières très dangereuses Matières moyennement dangereuses Matières faiblement dangereuses Il ne s’applique qu’aux matières appartenant aux classes de dangers suivantes : 3 4. 24 . sauf pour le 9 qui signifie danger de réaction violente spontanée. la règle étant d’attribuer toujours le numéro le plus spécifique.3 5.2 4. Le groupe d’emballage précise l’importance du danger. liquide inflammable : 1993. produits pour parfumerie : 1266. il indique le danger subsidiaire. – Le deuxième chiffre est un 0 si le danger est normal.2 • Théorie du risque chimique 2. Dans les autres cas. EXEMPLES : 50 : matière comburante 48 : matière solide inflammable.1a 4. acide nitrique : CO1. hydroxyde de sodium : C6.

2. Dans tous les cas où plusieurs choix de rubrique sont possibles. identifier et coter les dangers. 1. Les dangers physico-chimiques (16 classes) sont en grande partie issus de la réglementation transport. avec l’avantage d’une forme très condensée et très logique. classés par numéro ONU croissant. se trouve à l’état fondu 606 : matière infectieuse 33 : liquide très inflammable (point d’éclair inférieur à 23 ˚C) Il est intéressant de noter que ce numéro d’identification est une forme condensée et simplifiée de l’ensemble « classe de danger + code de classification ». ce qui impose de se référer au tableau de signification des numéros d’identification de danger. c’est le numéro d’identification de danger qui présente le plus d’intérêt pour. il suffit de se reporter au tableau A du chapitre 3. Les dangers pour la santé (10 classes) distinguent bien le chronique de l’aigu.inrs. justement. priorité doit être donnée à la rubrique la plus spécifique possible.6). le code de classification en colonne n˚ 3b. La détermination des classes de dangers et des groupes d’emballages des matières sans numéro ONU peut être assez complexe. En conclusion. c’est-à-dire « non spécifié par ailleurs ». EXEMPLES : 44 : matière solide inflammable qui. ils n’apportent pas beaucoup plus d’informations que les phrases de risque et surtout aucune information sur les voies d’expositions possibles. c’est-à-dire les familles de dangers IE et Re (Voir paragraphe 2. Par contre. Les matières et les objets y sont répertoriés. car elle fait appel à des données physiques. Cependant.3.3. En pratique. Il sera plus facile de consulter d’abord le tableau B pour trouver la matière ou l’objet.html 25 . le groupe d’emballage en colonne n˚ 4 quand il existe. par le jeu du doublement de chiffre. du règlement ADR. C’est pourquoi la définition de la plupart des rubriques collectives se termine par l’expression « NSA ». chimiques et toxicologiques. et le numéro d’identification de danger en colonne 20. réparties en trois grandes familles. voir http://www.2 • Théorie du risque chimique 2. à une température élevée.3 Le danger chimique Cette règle supporte néanmoins quelques exceptions.fr/dossiers/sgh. la classification transport mérite d’être consultée sur les dangers physico-chimiques. puis de se reporter au tableau A avec le numéro ONU pour retrouver la classe de danger en colonne n˚ 3a. puis éventuellement à quelques calculs dans le cas des mélanges. Il comporte même une échelle. Les dangers pour l’environnement se limitent à une classe1. Pour une vue d’ensemble sur le SGH. d’importance des dangers. 2.3 Les dangers selon le SGH m Classes de dangers Le SGH instaure 27 classes de dangers. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. sommaire.

2 • Théorie du risque chimique 2. dégagent des gaz inflammables liquides comburants matières solides comburantes peroxydes organiques matières corrosives pour les métaux toxicité aiguë corrosion/irritation cutanées lésions oculaires graves/irritation oculaire sensibilisation respiratoire ou cutanée mutagénicité pour les cellules germinales cancérogénicité toxicité pour la reproduction toxicité systémique pour certains organes cibles.12 2.4 3.9 2.3 3.15 2.8 3.13 2.4 2.16 3.6 2.14 2.6 3.5 3.7 2.3 2.2 3.1 2.1 Danger matières et objets explosibles gaz inflammables aérosols inflammables gaz comburants gaz sous pression liquides inflammables matières solides inflammables matières autoréactives liquides pyrophoriques matières solides pyrophoriques matières auto-échauffantes matières qui.3 Le danger chimique Classe 2.8 2.10 4. au contact de l’eau. expositions répétées danger par aspiration danger pour le milieu aquatique Famille Dangers physiques Dangers pour la santé Dangers pour l’environnement 26 .11 2.5 2.2 2.9 3.10 2. exposition unique toxicité systémique pour certains organes cibles.7 3.1 3.

2 2. 1 : point d’éclair < 23 ˚C et point d’ébullition = 35 ˚C Cat. Classe de danger 2.org/trans/danger/publi/ghs/ghs_rev01/01files_f. qui occupe la majeure partie de ce règlement1. 3 : point d’éclair = 23 ˚C et = 60 ˚C Cat.2 • Théorie du risque chimique 2.8 2. 2 : point d’éclair < 23 ˚C et point d’ébullition > 35 ˚C Cat. Le texte des différents chapitres de ce règlement est téléchargeable à partir de l’adresse Internet : http://www.4 2.11 2.html 27 . CL50) par différentes voies ou estimation de toxicité aiguë (ETA) pour les mélanges (voir ci-dessous) Critères généraux 2.1 2. 4 : point d’éclair > 60 ˚C et = 93 ˚C Vitesse et durée de combustion Aptitude à l’explosion (7 types) Sans objet Sans objet Réaction à la chaleur d’un échantillon en masse Débit de dégagement gazeux Vitesse de combustion en présence de cellulose Durée de combustion en présence de cellulose Aptitude à l’explosion (7 types) Sans objet Dose ou concentration létale (DL50.3 Le danger chimique m Catégories de dangers Chaque classe est subdivisée en catégories de dangers qui expriment le niveau de danger du produit.12 2.10 2.3 2.13 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.14 2.7 2.15 2. Le nombre de catégories varie de 1 à 6 selon les classes.6 4 2. 2 5 1 1 2 3 3 3 5 1 5 2. Sans entrer dans le détail des critères d’attribution. le tableau suivant donne une idée de la diversité de ces critères.16 3.1 1.9 2.5 Nombre de catégories 7 2 2 1 4 Sensibilité à l’explosion Domaine d’inflammabilité Concentration en inflammables et test d’inflammabilité de l’aérosol vaporisé Sans objet Sans objet : états physiques Cat.unece.

selon le cas. Pour les mélanges. Études de toxicité sur l’homme et l’animal et viscosité dynamique. on tient compte de la concentration des composants actifs.1 3/4 28 . on peut utiliser des critères de concentration Sans objet. On s’appuie aussi sur les doses/ concentrations minimales à effet toxique observable. 2) est fait à partir d’études disponibles chez l’homme et l’animal.8 3 3. Pour les mélanges. 3 catégories pour la toxicité aiguë et 4 pour la toxicité chronique. 1C) et 1 catégorie d’irritants (2). d’après : – des études sur l’homme – des études sur l’animal – la structure chimique du produit – le pH en solution Pour les mélanges.3 Le danger chimique Classe de danger Nombre de catégories Critères généraux 3. à partir des CL50.4 3. on peut utiliser des critères de concentration Le choix des 3 catégories (1 de corrosifs et 2 d’irritants) est fait. Le choix des 3 catégories est fait à partir d’études disponibles chez l’homme et l’animal. avec 3 sous-catégories (1A.2 2 1 catégorie de corrosifs (1). on tient compte de la composition et de la viscosité. Le choix des 3 catégories (1A.6 3. Pour les mélanges. On s’appuie aussi sur les doses/ concentrations à effet toxique non létal.5 3. 1B. on tient compte de la concentration des composants actifs. on tient compte de la concentration des composants actifs. d’après : – des études sur l’homme – des études sur l’animal – la structure chimique du produit – le pH en solution Pour les mélanges. à dire d’expert. 2 catégories sans pictogramme. concentration des composants actifs. à dire d’expert. Pour les mélanges.2 • Théorie du risque chimique 2. à dire d’expert.9 2 3.3 3 3.7 1 3 3 4 3. 3. 1B. Le choix des 2 catégories est fait à partir d’études disponibles chez l’homme et l’animal. Une catégorie spéciale vise les effets via l’allaitement.10 2 4. Pour les mélanges.

org/trans/doc/2007/ac10/ST-SG-AC10-34a3f. décrit la nature du danger que présente un produit chimique et. soit « DANGER » pour un danger principal. En résumé. Ils ne font pas partie du texte de la mention de danger et ne devraient pas être utilisés en lieu et place de celui-ci. – deux chiffres correspondant à la numérotation séquentielle des dangers liés aux propriétés intrinsèques de la matière. ou aucun mot.3 Le danger chimique m Étiquetage Les règles d’étiquetage se trouvent détaillées dans les annexes du règlement SGH.2 • Théorie du risque chimique 2. les mentions de danger sont repérées par des codes. qui sont repérées par des codes R suivis d’un nombre. disponible sur http://www. visuellement. soit « ATTENTION » pour les dangers moins graves. etc. Les 71 codes se répartissent comme suit : – Dangers physiques : 29 codes – Dangers pour la santé : 35 codes – Dangers pour l’environnement : 7 codes La liste complète des codes de mentions de dangers est reproduite en annexe 5. attribuée à une classe de dangers ou à une catégorie de dangers.pdf.unece. une étiquette doit comporter les éléments suivants : Mention d’avertissement : Il s’agit d’un mot. 29 . De même. comme suit : • « 2 » pour les dangers physiques . La mention danger sera attribuée par exemple aux catégories 1. Amendements au Système Général Harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (annexe 3. • « 4 » pour les dangers pour l’environnement . l’inflammabilité (codes 220 à 230). Les mentions de danger rappellent évidemment les phrases de risque de la réglementation travail. mais une catégorie 2 pourra mentionner « danger » ou « attention » selon la classe considérée. – un chiffre désignant le type de danger auquel la mention de danger est affectée en suivant la numérotation des différentes parties du SGH. 1. • « 3 » pour les dangers pour la santé . lorsqu’il y a lieu. dont la liste a été établie par un amendement au SGH du 24 janvier 20071. comme suit : – la lettre « H » (pour « hazard statement ») . Il y a 9 symboles possibles. sans lecture nécessaire. comme l’explosibilité (codes 200 à 210). rassemblés dans le tableau suivant : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ils sont destinés à être utilisés à des fins de référence. ce code est constitué d’une lettre et de trois chiffres. Mention de danger : Une mention de danger est une phrase qui. section1). Pictogrammes de mise en garde : Leur fonction est de transmettre une information sur la nature du danger. le degré de ce danger. Un code alphanumérique unique est affecté à chaque mention de danger .

ils n’en sont pas moins différents. comme dans la réglementation transport. pour lequel reste en vigueur le règlement type de l’ONU.6 – Symboles de danger du SGH On reconnaît certains symboles identiques ou presque à ceux des réglementations travail ou transport. les deux pictogrammes suivants : 30 . en remplacement de la « croix de Saint-André ». réservée aux dangers « irritant » et « nocif » et effectivement peu évocatrice. Même s’ils sont d’aspect très voisin. en fait un losange. Les symboles doivent être noirs et le losange représenté par un cadre rouge. par exemple pour une matière inflammable.2 • Théorie du risque chimique 2.3 Le danger chimique Figure 2. Exemple : Figure 2. le SGH précise que ces pictogrammes ne s’appliquent pas au domaine du transport des matières dangereuses. Le symbole de danger est toujours placé à l’intérieur d’un carré posé sur la pointe. mais deux nouveaux symboles apparaissent.7 Toutefois. ce qui peut conduire à trouver sur un même emballage.

• « 5 » pour les conseils de prudence concernant l’élimination . Ces phrases rappellent les conseils de prudence (« S ») de la réglementation travail et elles possèdent aussi un code alphanumérique unique. • « 3 » pour les conseils de prudence concernant l’intervention. à savoir : toxicité aiguë . pouvoir mutagène. – deux chiffres correspondant à la numérotation séquentielle des conseils de prudence. • « 4 » pour les conseils de prudence concernant le stockage. comme suit : • « 1 » pour les conseils de prudence généraux. – un chiffre désignant le type de conseil de prudence. pour un mélange. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. il suffit de se reporter à l’annexe 2 du règlement pour trouver le pictogramme à mettre sur l’étiquette. En cas d’incendie. ne pas utiliser d’eau. l’identité chimique des composants qui présentent un danger critique. sensibilisation cutanée ou respiratoire. lésions oculaires graves. Porter des gants de protection. corrosion de la peau.3 Le danger chimique Figure 2. L’annexe n˚ 3 du SGH propose une liste de conseils de prudence adaptés à chacune des classes de dangers. comme suit : – la lettre « P » (pour « precautionary statement ») . EXEMPLES : Garder le récipient hermétiquement fermé. Le choix de ces conseils est laissé à l’appréciation du responsable de l’étiquetage ou à l’autorité compétente.8 Lorsque l’on connaît la classe et la catégorie de danger d’un produit. Les codes des conseils de prudence sont destinés à être utilisés à des fins de référence et ne font pas partie du texte des conseils de prudence et ils ne devraient pas être utilisés en lieu et place de celui-ci. Identification du produit : L’étiquette devrait révéler l’identité chimique d’un produit simple. cancérogène ou repro-toxique.2 • Théorie du risque chimique 2. Conseils de prudence : Un conseil de prudence est une phrase décrivant les mesures recommandées qu’il y a lieu de prendre pour réduire au minimum ou prévenir les effets nocifs découlant d’une exposition. Ce code est constitué d’une lettre et de trois chiffres. 31 . • « 2 » pour les conseils de prudence concernant la prévention. Ne pas respirer les vapeurs. ou.

Remarquons au passage la volonté de limiter les essais sur animaux. Lowest-ObservedAdverse-Effect Level) et les conditions des essais (par exemple la durée des essais ou la voie d’administration). il n’y a pas lieu de fournir de telles informations supplémentaires si le déclarant met en œuvre ou recommande des mesures de gestion des risques et des conditions d’exploitation suffisantes qui. Identité du fournisseur : Le nom. 2. – une évaluation des dangers que constituent les propriétés physico-chimiques pour la santé humaine . Le dossier d’évaluation présentera les résultats pertinents des essais (par exemple DL50. – d’établir le niveau maximum d’exposition à la substance auquel l’être humain peut être soumis.4 Les dangers selon le règlement REACH Selon ce règlement. l’évaluation des dangers a pour objet : – de déterminer la classification et l’étiquetage d’une substance. pour very Persistent very Bioaccumulative). Ce niveau d’exposition est appelé niveau dérivé sans effet (DNEL pour Derived No Effect Level). ou LO (A) EL. En effet. NO (A) EL. ainsi que d’autres informations à prendre en considération. Toutes les données non humaines qui sont utilisées pour évaluer un effet particulier sur l’être humain et pour établir la relation dose (concentration) – réponse (effet) feront l’objet d’une présentation succincte avec une distinction entre données in vitro. No-Observed-Adverse-Effect Level. – une évaluation des produits persistants.3 Le danger chimique toxicité systémique sur organes cibles. il systématise la fourniture de VLEP. conformément aux sections correspondantes de l’annexe I : – une évaluation des dangers pour la santé humaine . données in vivo et autres données. – une évaluation des dangers pour l’environnement . l’adresse et le numéro de téléphone du fabricant ou du fournisseur du produit devraient figurer sur l’étiquette. bioaccumulables et toxiques (PBT pour Persistent Bioaccumulative Toxic) et des très persistants et très bioaccumulables (vPvB. Si plusieurs voies d’exposition sont probables. conformément à la directive 67/548/CEE . si la fourniture d’informations supplémentaires est indispensable et qu’elle nécessite des essais portant sur des animaux vertébrés. Par contre. Ce dossier doit comprendre les éléments suivants. Pour la santé humaine. Nous voyons que le règlement REACH ne change pas la classification actuelle et semble ignorer le SGH. appelée donc DNEL et fixée par intégration des données humaines et non humaines pertinentes disponibles. le déclarant présente une proposition d’essai. les fabricants ou importateurs qui veulent mettre sur le marché une substance ou une préparation sont tenus de l’enregistrer auprès de l’agence désignée en fournissant un dossier d’évaluation. une DNEL est établie pour chacune d’elles et pour l’ensemble des voies d’exposition considérées globalement. Toutefois.3. 32 . Cependant.2 • Théorie du risque chimique 2. les règles qui protègent les informations commerciales confidentielles sont prioritaires par rapport à celles qui concernent l’identité chimique. déjà exprimée dans le SGH.

il est notamment tenu compte des facteurs suivants : – l’incertitude résultant. l’évaluation des dangers a pour objectif de déterminer la classification et l’étiquetage d’une substance. Lors de l’établissement de la DNEL. conformément à l’annexe XI. conformément à la directive 67/548/ CEE. Pour les dangers découlant des propriétés physico-chimiques. Elle peut être calculée par l’application d’un facteur d’évaluation approprié aux valeurs des effets (par exemple CL50 ou NOEC). – la sensibilité de la population humaine particulière à laquelle se rapportent les informations quantitatives et/ou qualitatives sur l’exposition. cette impossibilité doit être clairement indiquée et dûment justifiée. – toxicité par administration répétée . S’il n’est pas possible d’établir une DNEL. Un facteur d’évaluation exprime l’écart entre les valeurs d’effets établies pour un nombre limité d’espèces. sauf impossibilité démontrée. Cette concentration est appelée concentration prédite sans effet (PNEC. – effets CMR (carcinogénicité. pour Predicted No Effect Concentration). Sont évalués au minimum les effets potentiels sur la santé humaine des propriétés physico-chimiques suivantes : – explosibilité . section 3. l’évaluation a aussi pour objet de déterminer la classification et l’étiquetage d’une substance. Sur la base des informations disponibles. la PNEC est établie pour chaque milieu environnemental. – inflammabilité . exemptent des essais concernant l’évaluation PBT et vPvB. d’autre part. irritation et corrosivité) . à partir d’essais de laboratoire. conformément à la directive 67/548/CEE. en particulier la mutagénicité et la carcinogénicité. et élimination) de la substance et les groupes d’effets suivants : – effets aigus (toxicité aiguë. les informations disponibles ne permettent pas d’établir un seuil et.3 Le danger chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. mutagénicité et toxicité pour la reproduction). S’il n’est pas possible d’établir la PNEC. une DNEL. Ainsi. par conséquent. et d’identifier la concentration de la substance au-dessous de laquelle il ne devrait pas y avoir d’effets nocifs dans le milieu environnemental en cause. cette impossibilité est clairement indiquée et dûment justifiée. – pouvoir oxydant.2 • Théorie du risque chimique 2. Nous verrons que cela facilite grandement la fixation de niveaux de danger. 33 . entre autres. distribution. – sensibilisation . Les processus accidentel et chronique sont bien tous deux pris en compte. métabolisme. et de la PNEC identifiée pour le milieu environnemental. de la variabilité des informations expérimentales et des variations intraspécifiques et interspécifiques . Lors de l’évaluation des dangers pour la santé humaine sont pris en considération : le profil toxicocinétique (c’est-à-dire absorption. Pour certains effets. Pour l’environnement. le règlement REACH crée l’obligation de fixer des valeurs limites d’exposition aussi bien pour l’homme que pour l’environnement. d’une part. – la nature et la gravité de l’effet .

Son importance dans l’estimation du risque chimique mérite un examen détaillé. car plus cette valeur limite est basse. le niveau de danger quantifie la gravité de ce dommage sur une certaine échelle. on dispose souvent de données toxicologiques telles que la DL50 ou la CL50. Une liste complète figure dans la brochure de l’INRS ED 9841. Pour les substances. Plusieurs approches sont possibles. 2. m Les valeurs limites d’exposition professionnelle Pour les substances les plus courantes mises sur le marché. Certaines sont utilisées dans les grandes entreprises de l’industrie chimique et pharmaceutique. Si le terme de danger qualifie le type de dommage que peut provoquer un agent chimique. Le niveau de danger intervient différemment dans l’estimation du risque selon que le processus est chronique ou accidentel. c’est-à-dire les doses ou concentrations létales qui provoquent la mort de 50 % des animaux soumis aux expositions de produit. Décret n˚ 2007-1539 du 26 octobre 2007 fixant des valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes pour certains agents chimiques (JO du 28 octobre 2007). l’actualité réglementaire évolue vite . comme « classe ». ED 984. Cependant. Heureusement il existe une donnée toxicologique importante pour le processus chronique. Il est parfois appelé « dangerosité ». Elles sont réalisées suivant les cas par voie orale.3. plus la substance est dangereuse. Il est clair que le but de tels tests est essentiellement de déterminer la toxicité aiguë. Le choix du terme « niveau » permet d’éviter toute confusion dans l’interprétation du chiffre qui l’exprime. mais le classement est toujours un problème de toxicologie. qui a été traité par différents auteurs et différentes réglementations. Il est ainsi évident qu’un niveau 2 est au-dessus d’un niveau 1. soit par valeur limite sur 15 minutes.3 Le danger chimique 2. C’est pourquoi de nombreux auteurs ont essayé de classer les produits chimiques sur des échelles de danger. Les VLEP sont définies soit par une moyenne sur 8 heures de travail. le niveau de danger détermine directement l’importance du risque avec le niveau d’exposition.5 Le niveau de danger Le danger d’un agent chimique à l’origine d’une exposition ou d’une situation dangereuse est un des paramètres fondamentaux pour situer l’importance du risque. elle vient de s’enrichir d’un décret2 pour les valeurs 1. Les valeurs contraignantes sont à respecter strictement et les valeurs indicatives ne constituent qu’un objectif de prévention. c’est la VME. 34 . m Le niveau de danger dans le processus chronique Dans le processus chronique. INRS. relevant de la toxicologie. Elles permettent toutes deux de bien situer le niveau de danger. Valeurs limites d’exposition professionnelle aux agents chimiques en France. il existe des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP). « catégorie » ou « groupe ». Nous verrons que ce n’est pas le cas d’autres terminologies utilisées. Le choix d’une échelle et les critères d’attribution des échelons constituent un sujet complexe. réparties en deux catégories réglementaires. respiratoire ou cutanée. c’est la VLE.2 • Théorie du risque chimique 2. qui nous sera utile dans le processus accidentel. en fonction de deux processus.

1 2 3 4 5 1. 35 .1 à 1 < 0. et 43 agents chimiques affectés d’une VLEP indicative. il existe 63 agents chimiques affectés d’une VLEP contraignante. que chaque bain de traitement se caractérise par un niveau global de risque qui est la combinaison de deux paramètres : l’indice d’émissivité et l’indice de toxicité. le niveau d’exposition et le niveau de danger. en résumé. ND 2233.3 Le danger chimique contraignantes et d’un arrêté1 pour les valeurs indicatives. Il y est proposé de répartir les dangers en classes de 1 à 5 en fonction des phrases de risque ou des VLEP. Il est donc intéressant de les exploiter directement pour fixer les niveaux de danger utilisables en exposition chronique.1 à 1 1 à 10 > 10 Indice de toxicité A B C D Le second exemple est extrait de la note documentaire ND 2233 de l’INRS2. Il y est exposé. L’indice de toxicité est attribué aux substances émises selon le tableau suivant : Valeurs limites Gaz – vapeurs (ppm) < 10 10 à 10 100 à 500 > 500 Aérosols (mg/m3) < 0.2 • Théorie du risque chimique 2. listés en annexe 8.1 0. À ce jour. Voici ce qui concerne les VLEP : Classe de danger 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. VLEP (mg/m3) > 100 10 à 100 1 à 10 0. 2005. établissant la liste des valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives (JO du 28 octobre 2007). Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. 2. listés en annexe 9. qui propose une méthodologie simplifiée de l’évaluation des risques. Arrêté du 26 octobre 2007 modifiant l’arrêté du 30 juin 2004 modifié. respectivement. INRS. Remarquons la parfaite cohérence de ces indices avec. Le premier exemple est extrait d’une recommandation de l’INRS concernant l’activité du traitement de surface (ED 651). Voici deux exemples de cette démarche qui ont été publiés.

En effet. parce que générés par l’activité et non mis sur le marché. Une publication de la CRAMIF2. 36 . m L’exploitation de l’étiquetage réglementaire La source d’information la plus simple sur le danger des produits les plus courants reste la classification réglementaire.4). qui n’est qu’une recommandation. 2. indicatives ou réglementaires. Guide du risque chimique (paragraphe 4.2 • Théorie du risque chimique 2. Notons que ce tableau pourrait être remplacé par la fonction (continue) : Classe = log (1 000/VLEP) + 1 Encore faut-il disposer de VLEP. propose une échelle de danger basée sur des plages de VLEP : Classes 5 4 3 2 1 <1 1 à 10 10 à 100 100 à 1 000 1 000 à 5 000 Plages en ìg/m3 (microgrammes par m3) Cette échelle des VLEP. Il est utilisé pour déterminer une VLEP pratique selon la formule : VLEP = NOAEL (mg/kg) ¥ Pc/k Pc est le poids corporel et k un facteur de sécurité pouvant varier de 100 à 10 000 en fonction de la nature du produit et des effets attendus ou constatés en phase clinique. l’attribution d’une classe suit une procédure officielle. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France.4. que l’on peut retrouver dans la brochure de l’INRS déjà citée. dans le cas d’une substance sans VLEP mais dont la CL50 est connue. repose sur des plages de concentration exprimées en microgrammes par m3. On en compte environ 520 aujourd’hui. s’appuyant sur les travaux scientifiques disponibles et notamment 1. Pour plus de détails. fruit d’un accord avec l’industrie pharmaceutique. note technique n˚ 21. Guy Gautret de La Morcière. Dans le domaine des principes actifs pharmaceutiques. se référer à notre précédent ouvrage sur le sujet1. il n’existe pas de VLEP officielle. mais une autre valeur repère est généralement disponible : c’est le « NOAEL » ou dose sans effets indésirables observés. Risques d’exposition aux principes actifs pharmaceutiques et médicaments. il est possible d’évaluer une sorte de VLEP théorique. ce qui révèle le haut niveau d’activité des principes actifs pharmaceutiques en général. Dunod. Cependant.3 Le danger chimique C’est ce tableau qui a permis d’établir les niveaux de danger des agents chimiques non étiquetables.

Le fait que ces phrases soient attribuées sur des critères relevant de la toxicité aiguë n’enlève rien de leur pertinence en toxicité chronique. La correspondance avec les phrases de risque et les symboles de dangers se fait. 25. adopté par le Comité technique national de la chimie. L’ensemble de ces numéros de phrases avec toutes leurs combinaisons représente 35 phrases de risque sur les 121 disponibles aujourd’hui. Dans ce cas. Prévention des risques professionnels liés aux agents chimiques. Le tableau ci-après répertorie ces phrases en distinguant la famille des CMR.5 (gaz et vapeurs) CL50 = 0. en simplifiant.3 Le danger chimique des valeurs de DL50 et CL50. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France.25 (poussières et aérosols) DL50 = 50 DL50 = 25 R27 R28 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. syndicat professionnel. il n’y a pas de critères chiffrés pour fixer le niveau du danger. recommandation n˚ R 409. une publication de la CRAMIF2. Mais les données toxicologiques disponibles permettent aussi d’attribuer des phrases de risque qui relèvent spécifiquement de la toxicité chronique.50 < CL50 = 2 (vapeurs) 0. Un certain nombre de phrases sont ainsi affectées à des produits pour des effets très divers. du caoutchouc et de la plasturgie le 23/06/04. Différentes études ont proposé des échelles de danger en fonction de toutes les phrases de risque que nous venons de parcourir et qui concernent les effets directs sur la santé humaine. 37 . 2003. mais le document que nous 1. brochure DTE 175.25 < CL50 = 1 (poussières et aérosols) 50 < DL50 = 400 25 < DL50 = 200 CL50 = 0. une recommandation de la CNAMTS3. 28. Mais si des effets irréversibles (autres que CMR) peuvent être provoqués par une seule exposition. et les très toxiques R39/26 et/ou 27. mais consécutifs à des expositions répétées ou prolongées. On peut citer un document de l’UIC1. diffusion interne à l’Union des Industries chimiques.2 • Théorie du risque chimique 2. selon le tableau suivant : Symboles Xn R20 R21 R22 T R23 R24 R25 T+ R26 Phrases de risque Nocif par inhalation Nocif par contact cutané Nocif par ingestion Toxique par inhalation Toxique par contact cutané Toxique par ingestion Très toxique par inhalation Très toxique par contact cutané Très toxique par ingestion Critères toxicologiques 2 < CL50 = 20 (gaz et vapeurs) 400 < DL50 = 2 000 200 < DL50 = 2 000 0. 2. Évaluation du risque chimique. document DT 80 de décembre 2004. les toxiques sont étiquetés R39/23 et/ou 24. Guide de prévention du risque chimique. 3.

pulvérulents Toxiques pour la reproduction catégories 1 et 2 Toxiques pour la reproduction catégories 1 et 2 Toxiques pour la reproduction catégorie 3 Toxiques pour la reproduction catégorie 3 Mutagènes catégorie 3 R45 R46 R49 R60 R61 R62 R63 R68 Substances à effet toxique chronique autre que CMR R33 R42 Danger d’effets cumulatifs Peut entraîner une sensibilisation par inhalation Risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée Risque possible pour les bébés nourris au lait maternel Possibilité d’effets irréversibles autres que CMR Seulement si la voie de pénétration est indiquée Allergènes respiratoires Phrase toujours associée à la voie de pénétration et à la gravité (ex. liquides et gaz Mutagènes catégories 1 et 2 Cancérogènes catégories 1 et 2.2 • Théorie du risque chimique 2.3 Le danger chimique Phrase de risque Libellé Substances à effet CMR Remarques R40 Effet cancérogène suspecté – preuves insuffisantes Peut provoquer le cancer Peut provoquer des altérations génétiques héréditaires Peut provoquer le cancer par inhalation Peut altérer la fertilité Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant Risque possible d’altération de la fertilité Risque possible pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant Possibilité d’effets irréversibles Cancérogènes catégorie 3 Cancérogènes catégories 1 et 2. 48/20 ou 48/23) R48/2x R64 R68/2x 38 .

qui parle de classe de danger plutôt que de niveau. En fait. Voici un extrait de ce tableau. aux séries R26 et R39/26. donc de catégories 1 et 2.très toxique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.irritant Phrases de risque 3 Xn . contrairement à la préférence de certains auteurs. ne sont classés qu’au niveau 4. après une seule exposition. qui s’appliquent aux produits capables d’entraîner des lésions graves irréversibles. Nous attirons l’attention sur le fait que les produits dits CMR. 2005. soit connues pour leurs effets négatifs sur la santé. ND 2233. 1. INRS. Nous avons vu que les agents chimiques sont aussi des produits non étiquetables parce que générés par l’activité. 39 . ce qui peut créer une confusion sur le sens de l’échelle. tels que fumées.3 Le danger chimique avons choisi comme référence est la note documentaire de l’INRS de 2005. Classe de danger 1 2 Aucune R36 R37 R38 R36/37 R36/38 R36/37/38 R37/38 R66 R20 R21 R22 R20/21 R20/22 R20/21/22 R21/22 R33 R34 R40 R42 R43 R42/43 R48/20 R48/21 R48/22 R48/20/21 R48/20/22 R48/21/22 R48/20/21/22 R62 R63 R64 R65 R67 R68 R68/20 R68/21 R68/22 R68/20/21 R68/20/22 R68/21/22 R68/20/21/22 R15/29 R23 R24 R25 R23/24 R23/25 R23/24/25 R24/25 R29 R31 R35 R39/23 R39/24 R39/25 R39/23/24 R39/23/25 R39/24/25 R39/23/24/25 R41 R45 R46 R48 R48/23 R48/24 R48/25 R48/23/24 R48/23/25 R48/24/25 R48/23/24/25 R49 R60 R61 R26 R27 R28 R26/27 R26/28 R26/27/28 R27/28 R32 R39 R39/26 R39/27 R39/28 R39/26/27 R39/26/28 Pictogramme aucun Xi . voire la mort. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. cette cotation est une application de la relation citée plus haut. cette note propose un tableau permettant aussi la cotation du danger de certaines matières non soumises à étiquetage. En effet. cette éventualité relève du processus accidentel. poussières. le niveau 5 est réservé au R32.nocif 4 T .toxique 5 T+ . référencée ND 22331. Ce choix se justifie par le souci de distinguer le risque mortel différé de celui qui peut être immédiat ou à très court terme. En effet.2 • Théorie du risque chimique 2. mais soit affectées d’une VLEP. vapeurs et aérosols. En fait.

c’est-à-dire qu’ils ont toujours un caractère accidentel. Bien entendu. c’est le groupe d’emballage qui fixe le niveau de danger. Nous en prenons deux exemples : 1. la CNAMTS et la CRAMIF. 40 . R409 de la CNAMTS et DTE 175 de la CRAMIF. graphite.3. En conséquence. fibres céramiques. Niveau de danger 5 4 Néant Bois et dérivés. qui a réuni un consensus de ces organismes et des partenaires sociaux. mercure. dont le nombre varie de 1 à 5 selon les classes. matières végétales ou animales. toutes les poussières et vapeurs issues d’agents chimiques étiquetables sont classées comme leur source. il nous faut prendre en compte les catégories de dangers. talc.3). huiles d’usinage et de coupe Fer. poussières de meules. fibres de verre. Le tableau. ND 2233 de l’INRS. Dans le règlement du Transport des matières dangereuses. matériaux de construction. peintures au plomb. on remarque qu’ils appartiennent au domaine soit de l’incendie-explosion.10 : danger par aspiration Pour connaître les niveaux de danger correspondants. Les critères d’attribution sont spécifiques aux classes (voir paragraphe 2.1 : toxicité aiguë – 3. C’est le cas de 7 classes sur les 10. sables.8 : toxicité systémique pour certains organes cibles. fumées de soudure de métaux ou plastiques. fibres végétales. des dangers évidents. de créer une cotation des dangers de cette catégorie d’agents les plus fréquents. gaz de combustion. à savoir l’INRS. fumées de fonderie.3 Le danger chimique Or ces agents présentent. matériaux composites. puisque certains disposent de VLEP Il a été décidé par les trois organismes compétents. Dans le SGH. Ils appartiennent évidemment au chapitre 3. Si l’on examine l’ensemble des critères fixés pour l’attribution d’un groupe d’emballage. décapage au jet. fumées de combustion de bois traités. pour la plupart. exposition unique – 3. goudrons et brais. céréales et dérivés. ciment. dédié aux dangers pour la santé. . plomb métallique.2 • Théorie du risque chimique 2. essence (carburant) Fumées de soudure inox. si l’on exclut celles qui évoquent un risque accidentel : – 3. figure dans les trois publications déjà citées1. huiles de décoffrage Pas de danger connu Nature de l’agent chimique 3 2 1 Ce tableau ne comporte en fait que trois niveaux. le libellé des classes de risques permet de repérer les dangers qui jouent un rôle dans le processus chronique. amiante et matériaux en contenant. fumées de vulcanisation. nous n’en parlerons que dans le prochain paragraphe. soit de l’atteinte aiguë à la santé.

toutes voies de pénétration confondues (tableau ci-après). – Soit on peut identifier l’organe cible (ou tissu) particulier principalement affecté par la substance classée. Substances suspectées d’être cancérogènes pour l’être humain. 1A 1B 2 Il faudra éviter toute confusion avec le classement du CIRC1. l’affectation des substances dans cette catégorie s’appuie largement sur des données humaines. la liste des substances et procédés classés est disponible sur http://monographs. L’effet cancérogène de ces substances pour l’être humain est supposé .iarc. Remarques : – Les valeurs indicatives proposées se réfèrent essentiellement aux effets constatés dans une étude de toxicité classique de 90 jours conduite sur des rats. On s’efforcera de déterminer le principal organe 1. dont le code des trois premiers groupes lui ressemble : – Groupe 1 : Cancérogènes pour l’homme – Groupe 2A : Probablement cancérogènes pour l’homme – Groupe 2B : Peut-être cancérogènes pour l’homme Ce qui conduit à établir le tableau de comparaison suivant : Cancérogénicité UE SGH CIRC Niveau de danger avérée 1 1A 1 4 probable 2 1B 2A 4 possible 3 2 2B 3 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Centre International de Recherche sur le Cancer. Toxicité systémique pour certains organes cibles.6 : cancérogénicité Catégories de dangers pour les substances cancérogènes Catégorie Critères généraux L’effet cancérogène de ces substances pour l’être humain est avéré .3 Le danger chimique Classe 3. l’affectation des substances dans cette catégorie s’appuie largement sur des études animales.php 41 . soit la substance peut être considérée comme un toxique systémique général.2 • Théorie du risque chimique 2. expositions répétées Cette appellation propre au SGH n’est autre que la toxicité chronique.fr/indexfr.

02-0.02 10-100 20-200 ppm/6 h/jour mg/litre/6 h/ jour 50-250 2 0. Comme dans le Code du travail. Il faudra évaluer soigneusement les données et. d’après des données provenant d’études sur des animaux. cette classe de danger ne comporte que deux catégories.3 Le danger chimique Critères complémentaires Catégorie Critères généraux Voie d’exposition Unité Valeurs indicatives (dose/ concentration) 10 Orale (rat) Substances ayant produit des effets toxiques notables chez les êtres humains ou dont on peut supposer. sur 5 échelons.2 (cible) affecté par la toxicité afin de classer les substances en hépatotoxiques. ce qui ne facilite pas la transposition des niveaux de dangers. neurotoxiques.2-1. Curieusement. Inhalation (rat) gaz Inhalation (rat) vapeur Inhalation (rat) poussières/ brouillard/ émanations mg/kg de poids corporel/jour mg/kg pc/jour 20 1 ppm/6 h/jour mg/litre/6 h/ jour mg/litre/6 h/ jour mg/kg pc/jour mg/kg pc/jour 50 0. si possible.2 • Théorie du risque chimique 2. alors que dans le système actuel. Les 7 classes de dangers du SGH concernées par le risque d’exposition chronique font l’objet des mentions de danger suivantes : 42 . c’est la liste des mentions de danger qui nous permettra d’établir une échelle de niveaux de danger. Par exemple. qu’elles risquent d’être toxiques de façon significative pour les êtres humains à la suite d’expositions répétées. etc. ne pas prendre en compte les effets secondaires.2 0. Cutanée (rat ou lapin) Inhalation (rat) gaz Inhalation (rat) vapeur Inhalation (rat) poussières/ brouillard/fumées Orale (rat) Cutanée (rat ou lapin) Substances pour lesquelles des études sur animaux permettent de supposer qu’elles risquent de porter préjudice à la santé humaine à la suite d’expositions répétées. il existe la progression : nocif < toxique < très toxique. un hépatotoxique peut produire des effets secondaires sur les systèmes nerveux ou gastro-intestinaux.0 mg/litre/6 h/ jour 0. tous types de dangers confondus.

R25 R26. R41 R38 R38 R43 R41 R36 R36 Niveau de danger 4 3 2 3 4 3 2 H314 H315 H316 H317 H318 H319 H320 H334 1 R42 3 H340 1A. 1B. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) Catégorie de danger 1A. R61 3 4 3 4 H361 2 R62. R28 R48. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) Risque présumé d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. 1B 2 1A. 1C 2 3 1 1 2A 2B Équivalence Code du travail R35. Catégorie supplémentaire R64 3 H372 1 R23. R48/2x 4 H373 2 R68/2x 3 43 . R24. R27. R49 R40 R60. R34.2 • Théorie du risque chimique 2.3 Le danger chimique Code Mentions de danger pour la santé Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque une irritation cutanée Provoque une légère irritation cutanée Peut provoquer une allergie cutanée Provoque des lésions oculaires graves Provoque une sévère irritation des yeux Provoque une irritation des yeux Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation Peut induire des anomalies génétiques (note) Susceptible d’induire des anomalies génétiques (note) Peut provoquer le cancer (note) Susceptible de provoquer le cancer (note) Peut nuire à la fertilité ou au fœtus (note) Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (note) Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel Risque avéré d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. R63 3 H362 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1B R68 R45. 1B R46 4 H341 H350 H351 H360 2 1A.

1 que l’estimation du risque ne dépendait que de la gravité et de la probabilité du dommage. Remarques : – Les mentions de danger sont moins nombreuses que ne l’étaient les phrases de risque. il sera plus simple de se reporter à l’annexe 4. – Peu de bonnes correspondances existent entre les deux systèmes. 44 . quand elles seront disponibles. 2005.3. quand le danger est de nature toxicologique. Si. Mais.2. la gravité va dépendre. on souhaite s’appuyer sur des VLEP en utilisant le tableau de la note documentaire de l’INRS1 (voir paragraphe 2. On doit donc s’appuyer sur les échelles décrites pour l’exposition chronique. – La différence de niveau de danger entre H372 et H373 porte sur le degré de certitude sur les effets. En effet. son niveau a une influence évidente en cas d’exposition massive. m Le niveau de danger dans le processus accidentel Concernant le processus accidentel. sans avoir de bonnes connaissances en chimie ? L’étiquetage 1. le niveau de danger ne joue pratiquement pas de rôle. ND 2233. puisqu’il faut un deuxième produit réactif et un contact entre les deux. – Le qualificatif de nocif (correspondant aux phrases R20. ce sont les DNEL qu’il faudra exploiter. R22) n’est pas repris. pour plus de précision.5). classés par niveau. le règlement REACH se réfère à la directive 67/548. R21. plus facilement il peut provoquer une réaction dangereuse imprévue. Pour la probabilité. plus un produit est réactif. aussi bien dans la famille de la réactivité que dans celle de l’incendie/explosion. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. En conséquence.2 • Théorie du risque chimique 2.3 Le danger chimique NOTE : Indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger. qui regroupe tous les dangers pour la santé. le tableau ci-dessus doit être complété par celui qui figure dans le paragraphe du risque accidentel. comme pour les CMR. en même temps que les autres facteurs évoqués précédemment. Comment savoir si un produit est réactif. INRS. Il suffit alors d’utiliser les niveaux de danger établis selon le Code du travail (annexe 6). Quand le processus accidentel prend la forme d’une réaction dangereuse. pour les autres cas tels que les incendies/explosions ou l’anoxie. et non sur la gravité des effets. Cette condition est nécessaire mais non suffisante. Comme nous l’avons dit pour les phrases de risque. seuls les dangers physico-chimiques vont jouer un rôle. En pratique. Pour la gravité. Mais le niveau de danger intervient au stade de l’estimation de ces deux paramètres. complétées par des indications de toxicité aiguë quand elles existent. nous avons vu dans le schéma du paragraphe 2. En matière de classification. du niveau de réactivité des substances concernées. les produits affectés d’une mention de danger visant la toxicité aiguë peuvent très bien avoir un effet sensible en exposition chronique. entre autres facteurs.

la friction. Il y a d’abord tous les produits avec un caractère explosif : R1 R2 R3 R4 R5 R6 R16 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dégage des gaz toxiques. Au contact d’un acide. Risque d’explosion si chauffé en ambiance confinée. R31 et R32.3 Le danger chimique apporte une première solution. Au contact de l’eau. Explosif à l’état sec. à savoir R15/29. dégage un gaz très toxique. le feu ou autres sources d’ignition. dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables. Risque d’explosion par le choc. la friction. le feu ou autres sources d’ignition.2 • Théorie du risque chimique 2. Un certain nombre de phrases de risque expriment directement la réactivité : R14 R14/15 R15 R15/29 R17 R29 R31 R32 Réagit violemment au contact de l’eau. comportent une information toxicologique. Danger d’explosion sous l’action de la chaleur. Au contact de l’eau. dégage des gaz extrêmement inflammables. R19 R44 Il faut ajouter ceux qui ont des propriétés comburantes : R7 R8 R9 Peut provoquer un incendie. Peut exploser en mélange avec des substances comburantes. Peut former des peroxydes explosifs. Danger d’explosion en contact ou sans contact avec l’air. Mais d’autres types de dangers sont aussi révélateurs d’une certaine réactivité. Peut exploser en mélange avec des matières combustibles. dégage un gaz toxique. Au contact de l’eau. Elles interviennent donc aussi dans la fixation du niveau de gravité des dommages possibles. Au contact d’un acide. Forme des composés métalliques explosifs très sensibles. 45 . Spontanément inflammable à l’air. Réagit violemment au contact de l’eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables. Il faut remarquer que quatre de ces phrases. Favorise l’inflammation des matières combustibles. R29. Grand risque d’explosion par le choc.

utilisant le point d’éclair (Pe) et le point d’ébullition (Eb) : 46 . Réagit violemment au contact de l’eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables. Extrêmement inflammable. Elles sont judicieuses pour les produits les plus usuels.3 Le danger chimique Et ceux qui sont corrosifs : R34 R35 R41 Provoque des brûlures. formation possible de mélange vapeur-air inflammable/ explosif. telles qu’on peut en rencontrer dans l’industrie chimique.2 • Théorie du risque chimique 2. c’est évidemment l’inflammabilité qui est déterminante sur la probabilité de survenue. dégage des gaz extrêmement inflammables. simples ou combinées. R11 et R12 répond à des critères techniques précis. Au contact de l’eau. Spontanément inflammable à l’air. ce qui signifie que toute substance considérée comme assez réactive est probablement corrosive. En ce qui concerne le risque d’incendie/explosion. Celle-ci est exprimée par quelques phrases de risque. Provoque de graves brûlures. Peut devenir facilement inflammable pendant l’utilisation. Il faut cependant savoir que la corrosivité est un aspect particulier de la réactivité en général. Risque de lésions oculaires graves. Rappelons que l’attribution des phrases R10. Mais dans ce domaine. il est très probable qu’une personne compétente participe à l’analyse des risques. Cet ensemble réunit 20 phrases de risque. mais très insuffisantes pour rendre compte de la réactivité de substances plus rares. Lors de l’utilisation. et réciproquement. dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables. En effet. dont cinq sont déjà citées pour la réactivité : R10 R11 R12 R14/15 R15 R15/29 R16 R17 R18 R30 Inflammable. la priorité de l’étiquetage porte sur les propriétés toxicologiques et d’inflammabilité. Facilement inflammable. Au contact de l’eau. Peut exploser en mélange avec des substances comburantes.

en fonction de la classe de danger. m Processus accidentel dans le transport des matières dangereuses Nous avons vu que le niveau de danger de type accidentel est donné par le groupe d’emballage. Les critères d’attribution sont très variables selon les classes et toutes les classes ne sont pas sujettes à affectation de groupe. à une nuance près. dans les documents déjà cités. Groupe d’emballage I Groupe d’emballage II Groupe d’emballage III Matières très dangereuses Matières moyennement dangereuses Matières faiblement dangereuses Donc un ordre inverse de celui des niveaux définis précédemment.3 Le danger chimique Phrase de risque R10 R11 R12 Symbole de danger aucun F F+ Critère 21 ˚C < Pe £ 55 ˚C 0 ˚C £ Pe £ 21 ˚C Pe < 0 ˚C et Eb £ 35 ˚C Il y a donc 28 phrases s’appliquant aux propriétés physico-chimiques. Il comporte trois niveaux au maximum. à l’instar de ceux que l’on a décrits pour les effets toxicologiques. C’est pourquoi nous proposons une échelle de ces niveaux. Le tableau suivant résume ces critères dans les grandes lignes : 47 . Il est intégré dans l’annexe 4. qui n’expriment pas le même niveau de danger. Niveau 5 Phrases de risque R1 R2 R3 R4 R5 R6 R32 R7 R12 R14 14/15 R15 R15/29 R16 R17 R19 R29 R31 R35 R41 R8 R9 R11 R18 R30 R34 R44 R10 aucune 4 3 2 1 Ce classement est aussi celui adopté par l’UIC et la CRAM d’Île-de-France.2 • Théorie du risque chimique 2. Les niveaux sont fixés selon la définition très générale suivante : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Classe 1 et 2 3 F 4.1 4.2 4.3 5.1 5.2 SR

Niveaux de danger Pas de groupes I, II et III II et III 7 types I, II et III I, II et III I, II et III 7 types

Critères

Fonction du point d’éclair et du point d’ébullition et des risques subsidiaires. Selon les tests de réaction au feu. Fonction de la « quantité maximale admissible dans un emballage », selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères. Aptitude à l’auto-inflammation, selon la température et le volume. Aptitude au dégagement de gaz inflammable en présence d’eau, selon le débit du dégagement. Fonction de la vitesse de combustion d’un mélange avec de la cellulose, selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères. Fonction de la « quantité maximale autorisée par colis », selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères. Fonction d’une part du degré de toxicité, lui-même établi à partir des indicateurs de toxicité par inhalation ou contact cutané que sont la CL50 et la DL50, selon les procédures du manuel d’épreuves et de critères, et d’autre part de la « volatilité » de la matière, quand elle existe. La volatilité n’est en fait que la concentration de vapeurs dans l’air à l’équilibre. Pour les mélanges, on utilise une CL50 théorique du mélange obtenue par calcul. À défaut de CL50, on peut recourir à des essais toxicologiques simplifiés sur l’animal.

6.1

I, II et III

6.2 et 7

Pas de groupes Fonction du degré de corrosivité, déterminé par l’expérience acquise ou par des tests sur l’homme observant le délai d’apparition d’atteintes cutanées après application de la matière. Pour le groupe III, on tient aussi compte de l’attaque d’une surface métallique. Sans critères précisés.

8

I, II et III

9

II et III

En pratique, le groupe d’emballage d’une matière connue se trouve dans le tableau A du chapitre 3.2 de l’ADR. Deux cas permettent plus facilement une comparaison avec le Code du travail : Liquides inflammables : Les matières et objets classés dans la classe 3 doivent être affectés aux groupes d’emballages selon les critères présentés dans le tableau ci-après.
NOTE :

Pour un liquide ayant un (des) risque(s) subsidiaire(s), il faut prendre en compte le groupe d’emballage défini conformément au tableau ci-dessus et le groupe d’emballage lié à la gravité du (des) risque(s) subsidiaire(s) ; le classement et le groupe d’emballage découlent alors des dispositions du tableau d’ordre de prépondérance des dangers du 2.1.3.10.

48

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Groupe d’emballage I II III –

Point d’éclair (en creuset fermé) £ 35 ˚C > 35 ˚C > 35 ˚C

Point initial d’ébullition

< 23 ˚C ≥ 23 ˚C et £ 61 ˚C

Les différences portent sur les limites de point d’éclair : 23 et 61 au lieu de 21 et 55 dans le Code du travail. D’autre part, le groupe I ne tient pas compte du point d’éclair. Toxicité aiguë par inhalation : Les liquides dégageant des vapeurs toxiques (classe 6.1) doivent être classés dans les groupes suivants, la lettre « V » représentant la concentration (en ml/m3 d’air) de vapeur (volatilité) dans l’air à 20 ˚C et à la pression atmosphérique normale
Vapeurs Très toxiques Toxiques Faiblement toxiques
NOTE :

Groupe d’emballage I II III

Critères Si V ≥ 10 CL50 et CL50 £ 1 000 ml/m3 Si V ≥ CL50 et CL50 £ 3 000 ml/m3 et si les critères pour le groupe d’emballage I ne sont pas satisfaits Si V ≥ 1/5 CL50 et CL50 £ 5 000 ml/m3 et si les critères pour les groupes d’emballage I et II ne sont pas satisfaits

Ces critères de toxicité à l’inhalation de vapeurs ont pour base les données sur la CL50 pour une exposition d’une heure, et ces renseignements doivent être utilisés lorsqu’ils sont disponibles. Cependant, lorsque seules les données sur la CL50 pour une exposition de 4 heures aux vapeurs sont disponibles, les valeurs correspondantes peuvent être multipliées par deux et le résultat substitué aux critères ci-dessus, c’est-à-dire que la double valeur de la CL50 (4 heures) est considérée comme l’équivalent de la valeur de la CL50 (1 heure).

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Pour comparer, il faut ramener les CL50 (4 heures) indiquées dans le Code du travail à leur équivalent (1 heure). D’autre part, il faut ramener les concentrations en mg/l à leur équivalent en ml/m3, ce qui dépend évidemment de la masse molaire de la substance en question. Prenons l’exemple de substances ayant des masses molaires de 50 et 200 :
Nocif/III Travail Masse molaire = 50 Masse molaire = 200 Transport CL50 (1 h) < 20 000 CL50 (1 h) < 5 000 < 5 000 Toxique/II CL50 (1 h) en ml/m3 CL50 (1h) < 2 000 CL50 (1 h) < 500 < 3 000 CL50 (1 h) < 500 CL50 (1 h) < 125 < 1 000 Très toxique/I

49

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Les différences sont sensibles, sans même tenir compte de la volatilité, mais les groupes I et II ont des critères plus sévères que ceux du Code du travail qui leur correspondent. En conclusion, il ne nous semble pas réaliste de pouvoir tirer une échelle de niveaux à partir de cette réglementation, mais une consultation du classement sera toujours utile pour affiner, au cas par cas, le choix final adopté pour l’estimation du risque accidentel.
m Processus accidentel dans le SGH

Les dangers correspondant à des risques accidentels sont soit dans le tableau des dangers physiques, soit dans celui des dangers pour la santé, quand ils sont susceptibles d’être impliqués dans des expositions massives. Pour le premier groupe, il y a 16 classes de dangers, dont le nombre de catégories varie de 1 à 7. Trois familles de dangers physico-chimiques peuvent être identifiées : Les explosifs : Ils sont réunis dans la classe 2.1. Si l’on élimine les explosifs par destination et les matières pyrotechniques, il n’y a que 5 catégories, avec 7 mentions de danger en ajoutant le H240 (risque d’explosion en cas d’échauffement) et le H280 (contient un gaz sous pression ; peut exploser sous l’effet de la chaleur), que nous répartirons logiquement sur les niveaux de danger de 3 à 5, sachant qu’on ne les rencontrera normalement que dans la chimie fine ou des établissements faisant l’objet de réglementations spécifiques, notamment Seveso II. Les réactifs : Sous cette appellation, nous réunissons les matières autoréactives et auto-échauffantes (classes 2.8 et 2.11), les comburants (classes 2.4, 2.13, 2.14 et 2.15) et les corrosifs (classe 2.16). Cet ensemble est reconnaissable par 9 mentions de danger, à placer sur 3 niveaux de danger. Les inflammables : C’est le groupe le plus fourni, avec les classes 2.2, 2.3, 2.6, 2.7, 2.9, 2.10 et 2.12. Ce type de danger est beaucoup plus détaillé ici que dans le Code du travail, notamment en ce qui concerne les gaz, du fait que les dangers physiques proviennent en grande partie du règlement du Transport des matières dangereuses. Il existe un choix de 12 codes de mention de danger, que l’on répartit en 3 niveaux, sauf pour les liquides pour lesquels existent 4 catégories de dangers :
Critères de classification des liquides inflammables (classe 2.6) Catégorie 1 2 3 4 Critères Le point d’éclair est < 23 ˚C et le point initial d’ébullition est £ 35 ˚C Le point d’éclair est < 23 ˚C et le point initial d’ébullition est > 35 ˚C Le point d’éclair est ≥ 23 ˚C et £ 60 ˚C Le point d’éclair est > 60 ˚C et £ 93 ˚C

50

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Le SGH se distingue par un niveau supplémentaire (code H227, liquides combustibles) et des limites de point d’éclair différentes. Là aussi, il faudra se souvenir que la catégorie 1 correspond au plus haut niveau de danger. Il faut ajouter à cette liste une mention d’un danger particulier, n’existant pas en phrase de risque mais bien réel : « contient un gaz réfrigéré ; peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques » (H281). Pour l’ensemble des dangers physico-chimiques, un niveau de danger a été attribué à chaque code de mention de danger. Une liste de ces codes, classée par niveau de danger, figure en annexe 6. Le deuxième groupe de danger à prendre en compte dans le risque accidentel comprend les toxiques aigus (classe 3.1), les corrosifs-irritants (classes 3.2 et 3.3) et le danger par aspiration (classe 3.10). On peut à la limite ajouter les toxiques systémiques en cas d’exposition unique (classe 3.8). Ces classes comportent de 2 à 5 catégories et couvrent 21 mentions de danger, dont une partie est commune avec les dangers d’exposition chronique. Examinons plus particulièrement le danger de toxicité aiguë. Les produits chimiques peuvent être classés dans une des cinq catégories de toxicité aiguë par voie orale ou cutanée ou par inhalation selon des valeurs seuils, comme le montre le tableau ci-dessous. Les valeurs de toxicité aiguë sont exprimées en valeurs d’estimation de la DL50 (orale, cutanée) ou CL50 (inhalation). Catégories de danger de toxicité aiguë définissant les différentes voies d’exposition :
Voie d’exposition Orale (mg/kg de poids corporel) Cutanée (mg/kg de poids corporel) Gaz (ppmV) Vapeurs (mg/l) Poussières et brouillards (mg/l)
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Catégorie 1 5 50 100 0,5 0,05 50 200 500 2,0 0,5 2 3 300 1 000 2 500 10,0 1,0 4 2 000 2 000 5 000 20,0 5,0 Voir critères détaillés en note b) 5 5 000

NOTE :

a) La concentration des gaz est exprimée en parties par million de volume (ppmV). b) Les critères pour la catégorie 5 sont destinés à l’identification de substances dont la toxicité aiguë est relativement faible mais qui peuvent, sous certaines conditions, être dangereuses pour des populations vulnérables. Les DL50 orale et cutanée de ces substances se situent dans l’intervalle 2 000-5 000 mg/kg ou, par inhalation, à des doses équivalentes.

Nous voyons que les seuils sont différents de ceux qu’utilise la classification actuelle. Par exemple, pour l’ingestion, la limite de DL50 pour « très toxique » (R28) est de 25 mg/kg, soit entre les catégories 1 et 2, et la limite pour « toxique » (R25) est de 200 mg/kg, soit entre les catégories 2 et 3.
51

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Pour la détermination de la toxicité aiguë, comme pour certaines autres données toxicologiques, on se réfère à des essais sur des animaux de laboratoire (rats, souris, lapins, etc.). Notons que les expérimentateurs devront s’efforcer, dans le choix de leurs méthodes, de respecter la protection et le bien-être des animaux. Le SGH rappelle à plusieurs endroits que : « les essais sur animaux de substances classées en catégorie 5 doivent être découragés pour des raisons de protection des animaux. De tels essais ne sont envisageables que lorsqu’il y a une forte probabilité que les résultats apporteront des éléments d’information importants pour la protection de la santé humaine. » Cette précaution est aussi prescrite par le règlement REACH, dont les « considérants » précisent par exemple : « … il est nécessaire de remplacer, de réduire ou d’affiner les essais sur les animaux vertébrés. La mise en œuvre du présent règlement devrait chaque fois que possible reposer sur le recours à des méthodes d’essai de remplacement adaptées à l’évaluation des dangers présentés par les substances chimiques pour la santé et pour l’environnement… La Commission et l’Agence devraient veiller à ce que la réduction des expériences sur animaux constitue un élément clé du développement et de l’actualisation des orientations destinées aux parties concernées ainsi que dans les procédures de l’Agence. » Pour classer les mélanges, il faut soit appliquer les critères des substances aux mélanges, dans la mesure où l’on dispose des données nécessaires, soit procéder par calcul à partir des données de chaque composant. Dans ce cas, l’estimation de toxicité aiguë (ETA) orale, cutanée ou par inhalation du mélange est calculée à partir des valeurs d’ETA des composants à prendre en compte, à l’aide de la formule ci-dessous : 100 ----------------- = ETA mél -----------∑ ETA-i n Ci

où : Ci : est la concentration du composant i ; n : est le nombre de composants et i va de 1 à n ; ETAi : est l’estimation de toxicité aiguë du composant i. En conclusion, pour fixer une échelle de danger de toxicité aiguë, on peut proposer une répartition des codes de danger correspondant aux 5 classes citées plus haut sur quatre niveaux :
Équivalence Code du travail R28 R39/28 R25 R39/25 Niveau de danger 5

Code

Mentions de danger pour la santé

Cat. de danger

H300

Mortel en cas d’ingestion

1, 2

H301

Toxique en cas d’ingestion

3

4

52

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Code

Mentions de danger pour la santé

Cat. de danger

Équivalence Code du travail R22 R68/22 R22 R23/25 R39/23/25 R20/22 R27 R39/27 R24 R39/24 R21 R68/21 R21 R35, R34 R41 R38 R38 R41 R36 R36 R26 R39/26 R23 R39/23 R20 R68/20 R20 R37

Niveau de danger 3 2 5

H302 H303 H304

Nocif en cas d’ingestion Peut être nocif en cas d’ingestion Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Peut être nocif en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Mortel par contact cutané

4 5 1

H305

2

3

H310

1, 2

5

H311

Toxique par contact cutané

3

4

H312 H313 H314 H315 H316 H318 H319 H320
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Nocif par contact cutané Peut être nocif par contact cutané Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque une irritation cutanée Provoque une légère irritation cutanée Provoque des lésions oculaires graves Provoque une sévère irritation des yeux Provoque une irritation des yeux Mortel par inhalation

4 5 1A, 1B, 1C 2 3 1 2A 2B 1, 2

3 2 4 3 2 4 3 2 5

H330

H331

Toxique par inhalation

3

4

H332 H333 H335

Nocif par inhalation Peut être nocif par inhalation Peut irriter les voies respiratoires

4 5 3

3 2 2

53

2 • Théorie du risque chimique

2.3 Le danger chimique

Code

Mentions de danger pour la santé

Cat. de danger 3

Équivalence Code du travail R67 R39 R39/23/24/25

Niveau de danger 3

H336

Peut provoquer somnolence et des vertiges Risque avéré d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés, s’ils sont connus) Risque présumé d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés, s’ils sont connus)

H370

1

5

H371

2

R23/24/25 R68/20/21/22

4

Cette liste est évidemment indicative, car tout agent chimique présent en quantité ou concentration importante, quel que soit son étiquetage, peut générer un risque d’accident. C’est pourquoi, dans l’estimation de la gravité et de la probabilité d’un risque accidentel lié à une exposition massive, on s’appuiera sur la liste complète figurant dans l’annexe 6.
2.3.6 Les familles de dangers

La réglementation du travail propose donc 123 phrases de risque différentes pour identifier les dangers des produits chimiques. La réglementation du transport des matières dangereuses propose 92 numéros d’identification de danger. Le Système Général Harmonisé, qui devrait bientôt se substituer aux deux précédents, distingue 71 codes de danger, ce qui est plus simple, mais encore lourd à gérer pour la prévention. Il y a pourtant une façon simple de résoudre ce problème. Quand on examine les listes de phrases ou de codes, il s’avère que certains dangers évoqués ne diffèrent que par la gravité des dommages possibles, alors que le mode d’action est identique. Par exemple, entre un irritant et un corrosif, la différence ne porte que sur la gravité de la lésion éventuelle, mais il s’agit toujours d’un effet lié au contact cutané ou oculaire. C’est encore plus net pour les phrases R23 et R26 : toxique ou très toxique par inhalation. On comprend bien que les mesures de prévention seront identiques pour ces deux dangers ; seule la priorité d’action peut être différente. Si l’on écarte la notion de gravité, il se dégage deux grandes familles de dangers homogènes, avec des subdivisions : Danger physico-chimique : – Incendie/explosion : code IE – Réactivité particulière : code Re Danger toxicologique : – Toxicité par inhalation : code In – Nocivité par contact (cutané ou oculaire) : code Co – Toxicité par ingestion : code Tg – Classement CMR selon réglementation : code CMR
54

3 Le danger chimique Remarques : – Ce classement est conforme aux règles d’estimation du risque accidentel énoncées au paragraphe 2. Il aurait été intéressant de trouver des symboles de danger correspondants à chacune de ces familles. mais seulement de catégories 1 et 2 selon l’Union européenne. mutagènes et reprotoxiques. car. Famille de danger IE Re In Co Tg CMR Phrase R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. nous avons éliminé les dangers pour l’environnement.5.5. il est redondant avec les deux précédents. – Le danger de toxicité par ingestion est atypique par rapport aux autres . R9 R10 R11 R12 R14 R15 R16 R17 R18 55 . – Le classement CMR. sachant que. parce qu’ils répondent au même processus d’apparition. pour simplifier.3. il fera l’objet d’une approche particulière. dans l’étude des dangers.2). n’est introduit que pour des contraintes réglementaires. qui s’applique aux cancérogènes. – Les contacts cutanés et oculaires ne sont pas distingués. Il faut passer par les phrases de risque pour arriver à affecter chaque danger à une ou plusieurs familles. Mais ces symboles n’indiquent que partiellement les voies d’exposition ou les propriétés physico-chimiques. Le tableau suivant permet ce passage. – Ces cinq codes ont une certaine ressemblance avec les sept groupes de danger de l’ADR (voir paragraphe 2. Seuls les effets sont distincts.2 • Théorie du risque chimique 2.

3 Le danger chimique Phrase R19 R20 R21 R22 R23 R24 R25 R26 R27 R28 R29 R30 R31 R32 R33 R34 R35 R36 R37 R38 R39 R40 R41 R42 R43 R44 R45 R46 R48 R49 R60 R61 R62 Famille de danger IE Re In Co Tg CMR 56 .2 • Théorie du risque chimique 2.

3 Le danger chimique Phrase R63 R64 R65 R66 R67 R68 Famille de danger IE Re In Co Tg CMR Chaque fois que la phrase R ne précise pas la voie. malgré l’apparente complexité de l’étiquetage. Ce tableau n’utilise que les phrases simples.2 • Théorie du risque chimique 2. En voici des exemples : Produit Acétone © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Par exemple : Phrases combinées R20/21 R39/23/25 R36/38 R42/43 R48/21 R68/20 Familles de danger In + Co In + Tg Co In + Co Co In Les substances et préparations classées ont le plus souvent plusieurs phrases de risque. c’est que les trois peuvent être concernées. Phrases de risque 11-36-66-67 11-23/24/25-39/23/24/25 10-35 8-34 20/21-36-61 Famille de danger IE + Co + In IE + Co + In + Tg IE + Co Re + Co In + Co + CMR Méthanol Acide acétique Peroxyde d’hydrogène Diméthyl-formamide On s’aperçoit vite que la grande majorité des solvants comporte le classement IE + In + Co. ce qui a pour effet de cumuler les familles de dangers. 57 . mais s’applique sans difficulté aux phrases combinées. ce qui simplifie énormément l’analyse des risques.

Cela conduit au tableau de correspondance suivant : Famille de danger Classe Danger IE 2. et de vérifier ensuite par les phrases R du produit si elles sont toutes réellement concernées. Re. En effet.6 2. parce qu’elle permet une certaine indépendance vis-à-vis de l’étiquetage.2 2. car les classes de dangers sont justement organisées selon ces mêmes familles. IE. les dangers In et Co sont présents simultanément. le classement réglementaire des produits n’est qu’une indication générale. Ainsi.8 2.7 2. il est beaucoup plus simple d’envisager les 4 familles de dangers classiques automatiquement pour chaque phase de travail : In. donc la famille Co. la définition des familles de dangers se fera très simplement. par exemple.4 2.11 2. C’est plus rapide et plus sûr. car les modes d’exposition réels peuvent conduire à des classements différents.2 • Théorie du risque chimique 2. dégagent des gaz inflammables Re In Co Tg CMR 58 .10 2. Cette simplification est un des points clés de notre méthode. mais en cas d’une possibilité de formation d’aérosol. le risque est caractérisé seulement par une exposition ou une situation dangereuse. au contact de l’eau.3 2. En effet. une présence d’acide sulfurique induit le seul danger R35.12 matières et objets explosibles gaz inflammables aérosols inflammables gaz comburants gaz sous pression liquides inflammables matières solides inflammables matières autoréactives liquides pyrophoriques solides pyrophoriques matières auto-échauffantes matières qui. il faut ajouter la famille In. dans l’activité de traitement de surface. La pénétration percutanée est en effet souvent sous-estimée.9 2. avec ce qu’elle comporte d’incohérence et de lacunes dans la pratique.5 2. Co. quelle que soit la réglementation concernée. n’intervient ensuite que pour l’estimation. Le « déchiffrage » de la classification. L’expérience montre d’ailleurs que dans la grande majorité des situations de travail. Ce phénomène est bien connu.3 Le danger chimique En pratique.1 2. même en présence de vapeurs. Avec l’application du SGH.

Nous ne pourrons pas nous appuyer sur des phrases de risque mais nous devons leur affecter des familles de dangers. Elle fait l’objet d’une approche spécifique traitée au paragraphe 5.10 Danger IE liquides comburants matières solides comburantes peroxydes organiques matières corrosives pour les métaux toxicité aiguë corrosion/irritation cutanées lésions oculaires graves/irritation oculaire sensibilisation respiratoire ou cutanée mutagénicité pour les cellules germinales Cancérogénicité toxicité pour la reproduction toxicité systémique pour certains organes cibles. qui ne vise que l’étiquetage en final. La classe 4.5 3.13 2. exposition unique toxicité systémique pour certains organes cibles.7 3.1 3.4 3. Nous avons vu que la notion d’agent chimique fait aussi appel à des produits générés par l’activité et non soumis à la classification.2 3.4. EXEMPLES : Fumées de soudure Poussières de bois Poussières de plomb Fibres d’amiante In In + Re In + Tg In Ainsi se trouve comblée une lacune de la classification.9 3. Lorsque l’étiquetage selon le SGH sera effectif.2 • Théorie du risque chimique 2.15 2.14 2.6 3.3 3. européenne ou issue du SGH.16 3. tels que poussières et fumées.8 3. 59 . comme on le fait aujourd’hui pour les phrases de risque. expositions répétées danger par aspiration Re In Co Tg CMR © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.1 concernant l’environnement ne figure pas ici. il sera plus simple de partir des codes de danger en « H ».3 Le danger chimique Famille de danger Classe 2.

1 Exposition Dans l’exposé des mécanismes du risque chimique. ce qui peut conduire à ignorer. c’est qu’il n’y a pas d’exposition en dehors de tout contact. il faut que les molécules ou les particules soient transportées par l’air inhalé. sous forme de vapeurs ou de poussières fines. le débit respiratoire est compris entre 20 et 120 litres par minute. facilite l’adsorption des produits volatils. Le premier cas de figure est le contact cutané. c’est-à-dire avec contact ? Beaucoup d’intervenants en santé au travail parlent d’exposition dès qu’il y a utilisation de produit chimique au poste de travail. Par exemple. S’agissait-il toujours d’expositions vraies. selon le niveau d’activité physique. elle est présente surtout comme effet secondaire de la voie respiratoire. Présentée sous cet angle. À côté de la peau. Les plus exposées sont celles du système buccorespiratoire. Lorsque l’agent chimique est volatil. pour les liquides et les solides. cutanée ou digestive. Le contact en question est le contact des molécules de l’agent chimique avec une partie quelconque du corps humain. l’exposition est définie comme le contact d’une personne avec un agent chimique par voie respiratoire. Les aérosols liquides réussissent encore mieux à se déposer sur la peau. car elle induit une grande vitesse de passage des substances en milieu sanguin. un individu exposé à une pollution de 200 ppm de xylène en inhale 800 mg par heure. à tous les niveaux des voies respiratoires. pour peu que le travail soit très polluant et que la température ambiante conduise la personne à se dévêtir. Pour situer le problème. Les effets sur des organes cibles peuvent donc se manifester rapidement. Pour mémoire. son contact avec le corps humain peut couvrir une large surface puisqu’il peut passer au travers des vêtements. En processus chronique. En processus chronique. L’exposition par voie respiratoire est au cœur de toute évaluation de risque chimique. laquelle. La transpiration peut aussi améliorer le contact. Mais cela peut s’étendre au visage. Pour que le contact soit possible. notamment pour les poussières. comme aux membres et au torse. ce sont les muqueuses qui peuvent entrer en contact avec les molécules d’agents chimiques. voire nier. La troisième voie habituellement évoquée est la voie digestive. jusqu’aux alvéoles pulmonaires. les cavités nasales. Le contact oculaire est un cas particulier en raison de la très grande sensibilité de la surface de l’œil. de l’irritation à l’ulcération. toute exposition. aux mains et aux avant-bras.2 • Théorie du risque chimique 2. L’identification d’une exposition cutanée doit tenir compte du fait que certains produits chimiques ne laissent ni dépôt visible ni sensation particulière sur la peau. la gorge et les voies respiratoires profondes. 60 . sans se soucier de la réalité d’un contact. Cette définition est largement admise aujourd’hui dans le monde professionnel. ce qui n’exclut pas des effets locaux. En dehors de circonstances accidentelles. comprenant la bouche. Elle induit une conséquence évidente mais importante dans la pratique. il se limite en général. le contact oculaire ne provient en général que de vapeurs et de poussières. par son humidité. voire à l’ensemble de la tête.4.4 Processus chronique 2.4 Processus chronique 2. cette idée soulève plus d’interrogations. il a été publié des évaluations du nombre de salariés exposés à des agents cancérogènes.

mais avec des proportions variables. Un contact avec des liquides ou des solides est relativement facile à observer. ont pour but d’éliminer une souillure. réf. mais qui. deviennent eux-mêmes source de contamination des mains. sont simultanées. Toutefois. On touche ou on ne touche pas le produit. Figure 2. – consommation de tabac pouvant entraîner d’une part une contamination buccale avec des mains souillées. et à une possible voie digestive. les trois voies. DTE 145. d’autre part des effets de toxicité aggravée par la pyrolyse dans la cigarette d’agents chimiques présents dans l’atmosphère. qui. voir la brochure CRAMIF.9 – Les chiffons sont un vecteur d’exposition cutanée 1. Concernant l’exposition aux principes actifs. Les observations qui précèdent amènent à une conclusion évidente : le plus souvent.2 • Théorie du risque chimique 2. 61 . La frontière de la zone dangereuse coïncide avec leur surface. respiratoire et digestive. Beaucoup d’expositions cutanées suivent ce schéma. La voie digestive n’est pas à négliger dès que l’on travaille avec des produits dont les doses actives sont très faibles. soit de la zone buccale au cours des repas . poussières ou aérosols peut entraîner un agent chimique dans le système digestif. voire du visage. il suffit de prendre l’exemple des chiffons. dans un premier temps.4 Processus chronique puisque toute déglutition en présence de vapeurs. Pour l’illustrer. conduisant à des pollutions soit de nourriture. Elle est aussi envisageable dans des circonstances particulières : – manque d’hygiène des mains. comme cela se rencontre dans l’industrie pharmaceutique1. le produit peut « se cacher » à la surface d’un objet ou d’un matériau pollué. cutanée. aussitôt l’essuyage réalisé. Seule la manipulation de produits liquides ou pâteux non volatils limite l’exposition au contact cutané. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

4 Processus chronique On peut aussi citer les orifices de récipients. À l’inverse. sachant que celles-ci ne sont ni sphériques. Cette zone dangereuse devient possible à identifier lorsqu’elle coïncide avec un espace fermé.10 – Courbes de niveau de concentration de vapeurs (à un instant donné) C’est une définition théorique. Qui pourrait prétendre aujourd’hui ne pas être exposé à des hydrocarbures cancérogènes ou. Cette frontière ne peut être définie que par une concentration limite.2 • Théorie du risque chimique 2. Un nuage de grosses particules retombera assez rapidement. c’est-à-dire la dimension des particules en suspension dans l’air. un nuage de vapeurs ou de poussières n’a pas de frontière nette. de l’ordre du micron. il est rarement possible de tracer cette limite. du moins quand elle est connue. alors qu’elles sont seulement présentes à des concentrations infimes. Cela supposerait de placer des capteurs adéquats dans tout l’environnement concerné et de suivre leur indication en temps réel. En effet. les outils de travail ou de maintenance en zone d’activité chimique. voire des jours. les bords de cuves. la zone de présence de beaucoup de molécules dans l’air est quasiment infinie. Nous les croyons absentes. 62 . alors que pour des particules très fines. Concernant les poussières. dont la concentration en polluant est critique en tout point. à du monoxyde de carbone ? Il nous faut donc nous tourner vers les VLEP pour pouvoir définir une zone dangereuse. la stabilité du nuage formé est inversement proportionnelle à cette dimension. en pratique. tant qu’il ne sera pas éliminé. plus banalement. Le contact est parfois la conséquence d’un mode opératoire inadapté ou d’opérations effectuées dans la précipitation telles que la saisie manuelle de pièces sortant d’un bain ou fraîchement revêtues d’un produit. le nuage se maintiendra des heures. En effet. etc. ni d’un diamètre constant. ou aérosols solides. car. VLEP = 100 ppm 20 ppm 200 ppm 500 ppm solvant Figure 2. les tuyaux mobiles. il faut tenir compte de la granulométrie. à l’intérieur de laquelle la concentration atmosphérique en agent chimique dépasse la VLEP. souvent inaccessibles aux moyens d’analyse disponibles. Il s’agit du diamètre moyen des particules.

4 Processus chronique 2. acides ou basiques. et spécialement celles qui se partagent bien entre l’eau et les graisses. Mais la voie respiratoire se distingue par le fait que les agents chimiques sont conduits. car leur fonction est d’assurer les échanges gazeux avec le sang.2 Dommages © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – dermite et dermatose . avec un risque d’effets irréversibles. Ainsi. – cancers. Ensuite. Ainsi. toujours en fonction des propriétés physico-chimiques des agents inhalés. laquelle peut être obtenue en quelques secondes par inhalation d’un gaz approprié. l’état de la peau et la réceptivité particulière de l’individu. mais aussi de la voie de pénétration. c’est-à-dire soluble dans les graisses. Cependant. c’est-à-dire qu’il se produit à la surface de la peau. peuvent provoquer d’abord de la toux. comme le trioxyde de chrome. Elle a été longtemps sous-estimée. Les effets possibles sont les suivants : – irritation . La membrane de ces alvéoles est particulièrement perméable aux substances chimiques. mais plus spécifiquement des trachéites et des bronchites. comme le cancer. Il est souvent possible de contrôler cette pénétration percutanée par des analyses de sang appropriées. L’inhalation d’agents chimiques provoque aussi un contact avec les muqueuses de l’appareil respiratoire supérieur qui conduit aux pathologies décrites ci-dessus. ou différés sur de longues périodes. puis une insuffisance respiratoire. les dommages sont plus graves. la partie du corps touchée. Cette pénétration percutanée a une certaine cinétique qui dépend de nombreux facteurs. éventuellement de l’asthme. Ces effets peuvent être immédiats. – ulcération . Cette sensibilité est d’ailleurs démontrée dans la pratique de l’anesthésie par voie respiratoire. à niveau de danger égal. tels que les propriétés chimiques de l’agent. des inhalations de vapeurs corrosives. d’expectoration et de charge nasale. plus ou moins partiellement. qui n’auraient qu’un effet modéré sur la peau. lorsqu’il y a contact cutané ou oculaire. L’inhalation des produits pulvérulents suit un mode d’action un peu différent. Un produit lipophile. de l’œil ou de la muqueuse touchée par le produit. Hormis ce dernier cas. la peau présente toujours une perméabilité chimique qui permet aux agents de pénétrer dans son épaisseur. les effets locaux habituels apparaissent. comme les alcools et les éthers de glycol. sa concentration et sa température. 63 . puis de passer dans la circulation sanguine. C’est le cas de la plupart des substances organiques. Certaines substances corrosives. au contact des alvéoles pulmonaires. le premier type de dommage est local. il se produit d’abord un dépôt qui peut générer des réactions de toux. Les dommages sur la santé humaine causés par des expositions chroniques sont très variés et dépendent évidemment de l’agent chimique.4. Dans les voies supérieures. ils sont rapidement visibles et perceptibles et servent donc d’alarme. Sachant que les muqueuses sont beaucoup plus sensibles que la peau. passera plus facilement. ce qui incitait à ne pratiquer ce type d’analyse qu’en cas d’exposition à des substances non volatiles. – eczémas .2 • Théorie du risque chimique 2. comme l’irritation.

– élimination par métabolisme . liée à la substance comme au système récepteur. les pathologies sont repérables d’abord par un certain nombre de symptômes. Leur devenir dans l’organisme relève de la toxicologie. L’élimination se produit selon une certaine cinétique. le sang. Ce qu’il faut retenir en pratique. Les plus fines. comme la vessie. C’est notamment le cas de l’amiante et de la silice. la plèvre. Les particules d’aérosols liquides ou solides peuvent aussi se dissoudre et passer ainsi partiellement dans le sang. un certain nombre d’indicateurs biologiques ont des valeurs limites indicatives. etc. quelle que soit la voie. soit après transformation en métabolites. Elles sont absorbées par des cellules appelées macrophages qui conduisent à terme à une élimination physique. appelées indicateurs biologiques. Les mécanismes d’élimination. lorsqu’ils existent. les poumons. voire de perforation de la cloison nasale. on peut citer le foie. la présence et les effets des substances absorbées cessent aussi après un délai variable. L’effet des particules dans les alvéoles est d’abord local. la moelle osseuse. qui n’est pas abordée dans cet ouvrage. qui est fondamentale en surveillance médicale. En pratique. soit sous forme de métabolites. C’est cette dose limite que tendent à exprimer les VLEP. dans les différents milieux physiologiques. Il est donc théoriquement possible de détecter et de doser ces substances. En effet. principalement le sang et les urines1. Les substances agissent. Parmi les cibles les plus fréquentes. mais aussi les reins. Cela signifie que lorsque l’exposition cesse. font que l’organisme peut s’adapter à une absorption chronique. C’est le rôle de la biométrologie. – accumulation dans l’organisme. Notamment. ces cellules sont impuissantes et la réaction de l’organisme conduit à l’apparition d’une fibrose.2 • Théorie du risque chimique 2. ». On considère comme alvéolaire une particule dont le diamètre apparent moyen est inférieur à 5 microns. le cœur. Une fois passée dans le sang. etc. selon leurs propriétés biochimiques. Les substances absorbées. le cycle jour-nuit permet 1. Les poussières de bois peuvent provoquer un cancer de l’ethmoïde. Les plus grosses sont arrêtées au niveau de la bouche et du nez. c’est que l’organisme réagit à la présence d’agents chimiques par divers processus. beaucoup d’autres organes font partie des cibles. atteignent les alvéoles et provoquent divers effets. Le passage dans la zone des alvéoles pulmonaires dépend essentiellement de la granulométrie des particules de l’aérosol. ED 791. Pour les agents cancérigènes. en raison justement de son rôle éliminateur. une substance peut agir sur n’importe quel organe réceptif. dont un exemple bien connu est celui du plomb. dites justement alvéolaires. le système nerveux. dont c’est la fonction.4 Processus chronique sont responsables d’ulcération. appelé organe cible. que nous globaliserons dans un but pratique par les catégories suivantes : – pathologie au niveau d’un organe ou un système cible . On peut consulter le document de l’INRS : « Biotox. guide biotoxicologique pour les médecins du travail. Mais pour certaines substances. 64 . – élimination simple . sont soit éliminées comme telles. soit en l’état. tant qu’elle ne dépasse pas une dose critique.

En pratique. Il ne s’agit pas ici de traiter des principes de la toxicologie mais de dégager quelques règles simples pour une estimation de risque. Cela n’est évidemment pas le cas des substances qui ne s’éliminent pas. paramètre assez complexe. c’est le niveau de danger de l’agent chimique qui déterminera la gravité de la pathologie. L’expérience et la théorie montrent que le délai d’apparition d’une pathologie d’exposition est en relation directe avec la dose reçue cumulée de l’agent chimique. ED 835.3 Indice d’exposition © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Hors de ces tableaux. ce qui a une conséquence évidente sur la gravité des effets. précisent toutes les conditions requises pour valider cette reconnaissance.5. qui prend en compte la durée de persistance des effets d’une exposition après sa cessation. Quand on parle d’apparition d’une pathologie. Mais il y a évidemment une influence réciproque de ces deux paramètres.3.2 • Théorie du risque chimique 2. phénomène dont les substances minérales sont souvent responsables. 65 . le facteur probabilité ne représente que le délai d’apparition de la pathologie. Ce principe nous fournit les deux paramètres fondamentaux de l’estimation du risque d’exposition chronique : dose cumulée et niveau de danger. qui sont en général postérieurs à la naissance de la pathologie. Ce dernier. Parmi les critères de reconnaissance figure le délai de prise en charge. 2.4 Processus chronique d’éliminer efficacement les effets de la plupart des expositions modérées quotidiennes. dont 78 mentionnant un agent causal chimique figurent en annexe 10. Elle va de 7 jours à 50 ans. 461-1 à L. fait l’objet du paragraphe 2. si le temps d’exposition est suffisant. séparées par trois heures. 461-8 et R. ou très peu. dans certaines conditions. Les détails des tableaux sont rassemblés dans la brochure de l’INRS. par exemple. on se réfère surtout aux symptômes. réf. ce qui ouvre des droits à réparation. Outre par leur nature. de déclarer une maladie à caractère professionnel1. sur des temps très longs. La probabilité d’apparition d’une pathologie en cas d’exposition chronique à un agent chimique est en fait quasi totale. en s’appuyant en particulier sur les indicateurs biologiques. les expositions diffèrent beaucoup par leur intensité. cette pathologie est reconnue comme « maladie professionnelle ». « danger d’effets cumulatifs ». Le code de la Sécurité sociale a prévu que lorsque l’origine professionnelle d’une pathologie est clairement démontrée. C’est pourquoi la médecine du travail préconise des examens et analyses spécifiques aux expositions présumées. le meilleur exemple étant le plomb. À dose reçue identique. articles L. dans le but d’obtenir une détection précoce des pathologies. La cinétique d’élimination explique aussi pourquoi une exposition de deux heures est plus grave que deux expositions d’une heure. Il existe d’ailleurs une phrase de risque pour indiquer cette propriété : R 33. L’importance d’un risque en général est toujours liée à une combinaison de la probabilité et de la gravité du dommage. Une centaine de tableaux. Code de Sécurité sociale. il reste possible. On parle alors de bioaccumulation. 1. 461-1 à R.4. 461-8. alors que sa gravité dépend principalement du niveau de danger de l’agent chimique.

de l’exposition par inhalation.4 Processus chronique La dose cumulée reçue est assez simple à concevoir . elle est significative de l’importance de l’exposition. C’est pourquoi il est préférable de se fixer un indice d’exposition respiratoire (Ir) égal au produit durée cumulée (Tc) par un coefficient d’exposition respiratoire (R) qui exprime la variable concentration atmosphérique en relatif. quelle que soit la voie de pénétration. à la concentration atmosphérique de 700 mg/m3. il ne serait pas réaliste de vouloir calculer une dose cumulée quotidienne. Dr : débit respiratoire à considérer (en l/min). même la concentration atmosphérique est assez difficile à déterminer. Mais si le but de l’estimation est strictement une comparaison. En théorie. des expositions respiratoires successives dans l’espace ou dans le temps. une grandeur relative est suffisante. soit la moitié de la VME. D’où l’indice d’exposition respiratoire quotidienne : Ierq = Tc ¥ Ca Cet indice n’est valide que pour comparer. d’un agent chimique. Dans le cas le plus simple. En réalité. Il suffit donc d’utiliser une valeur théorique n’utilisant que les deux variables les plus accessibles. avec un débit respiratoire de 25 l/min (travail moyen). Ca : concentration atmosphérique au niveau des voies respiratoires (en mg/m3) . car elle varie dans le temps et l’espace. supposé constant. Tc : durée cumulée d’exposition pour la période (en heures) . sur une échelle préétablie : Ir = Tc ¥ R 66 . et le plus fréquent. quand on dispose des valeurs de la concentration atmosphérique.06 = 4 200 mg par jour. une dose reçue est le produit d’une durée d’exposition par un débit d’absorption. pour classer les expositions par niveaux relatifs. Mais cette approximation ne remet pas en cause la validité de l’estimation. durée (Tc) et concentration (Ca). La représentativité des prélèvements atmosphériques est d’ailleurs un objet de débats classique dans ce domaine. Si le taux d’absorption est de 100 %. Le débit d’absorption est une fonction de la concentration de l’agent chimique.06 ¥ k ¥ Tc ¥ Ca ¥ Dr Di : dose inhalée pour une période donnée (en mg) . k : taux d’absorption de l’agent chimique . toutes deux supposées aussi constantes. rappelons-le. les mécanismes d’élimination font qu’une exposition de deux heures n’est pas équivalente à deux expositions d’une heure. tant il y a de variables. Ainsi. EXEMPLE : Une personne inhale de l’acétate d’éthyle 4 heures par jour. En pratique.2 • Théorie du risque chimique 2. ni les débits d’absorption. ni les durées d’exposition ne sont constants. D’autre part. avec d’autres facteurs physiques et biologiques. il est possible de relier l’exposition à ces paramètres par la fonction : Di = 0. Une durée cumulée est le produit d’une durée d’exposition élémentaire par la fréquence de cette exposition. elle absorbe donc 1 ¥ 4 ¥ 700 ¥ 25 ¥ 0. surtout si elles sont assez espacées.

car le taux d’absorption. les coefficients R et C sont fixés par estimation avec une échelle. qui peut aller de 3 échelons au minimum jusqu’à 7. pour ne citer que les principaux paramètres. voire 10 si le nombre de risques le justifie. des mesures sont possibles. Sachant qu’il ne s’agit que de classer les risques. seule la deuxième variable est accessible. la fréquence et parfois la concentration. Ic = Tc ¥ C C est un coefficient d’exposition cutané qui exprime l’importance du contact. etc. Il existe malheureusement beaucoup de classements 67 . exprimée par les coefficients d’exposition R et C. et la sensibilité des tissus sont largement dépendants de la localisation du contact sur le corps.4 Processus chronique Avec.. la durée cumulée. avec l’agent chimique.5. « indice ». puisque cette dernière est calculée en moyenne sur 8 heures. il faut proportionner l’échelle au nombre de risques étudiés. il suffit de les classer pour fixer des niveaux d’expositions sur une échelle adéquate. Cette notion d’indice d’exposition est d’ailleurs conforme à celle de valeur limite de moyenne d’exposition (VME). permet de comprendre. il existe le chiffre fixé par l’INRS en fonction de la classification du produit. C’est pourquoi cette estimation ne peut être conduite qu’avec l’aide de personnes compétentes en la matière. la surface de contact et la concentration du liquide ou du solide en produit actif. pris sur une échelle similaire à celle de l’exposition respiratoire. Une fois ces deux types d’indices établis pour un ensemble d’expositions.3. alors qu’il peut y avoir des valeurs instantanées beaucoup plus fortes. 2. En effet. – l’intensité du contact. les variables influentes sont le taux d’absorption.4 Estimation finale du risque d’exposition chronique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. cutanée et percutanée. En réalité. sans confusion possible. Pour le niveau de danger. pour éviter l’accumulation de risques dans un même niveau. Pour la durée. Comment les combiner pour estimer le risque ? Il n’y a pas de réponse unique. de l’état de la peau et plus encore de la liposolubilité du produit en question. – la durée et la fréquence de l’exposition . En résumé. car le risque ne saurait être une fonction mathématique. « catégorie ». tous facteurs confondus. un indice d’exposition cutanée (Ic) est apte à classer relativement les expositions. Dans l’estimation des expositions par voie cutanée. Signalons au passage que le choix du terme « niveau » plutôt que « classe » ou « cote ». Les chiffres obtenus permettent alors d’accéder aux indices d’exposition Ir et Ic par les formules citées plus haut. il suffit d’une fonction croissante avec les niveaux ou valeurs des paramètres.2 • Théorie du risque chimique 2. même approximatif. Ces indices sont ensuite classés pour déterminer le niveau d’exposition sur l’échelle choisie. respiratoire ou cutané. comme cela est expliqué au paragraphe 2.4. Dans tous les cas. Mais. que le plus important correspond au plus grand chiffre. R = 5 pour la concentration la plus élevée et R = 1 pour la plus faible. par exemple. il est possible de situer l’importance relative d’un risque d’exposition à un agent chimique dès que l’on dispose des quatre variables simples et relativement accessibles que sont : – le niveau de danger de l’agent chimique .

7. mais autorisée à des utilisateurs compétents. mais il constitue aussi un outil de prévention pour réduire l’importance du risque en montrant qu’il y a deux paramètres sur lesquels on peut agir. Une bonne estimation des risques d’exposition reste le préalable indispensable à toute politique en matière de prévention. La maîtrise des risques est une alternative à l’interdiction d’un produit. qui a abouti à son interdiction totale. susceptibles d’une maîtrise totale du risque. Ce tableau est très important pour faire une bonne estimation comparée des risques d’exposition. Il est aussi possible d’utiliser simplement une matrice de combinaison. en raison de quelques dérives. Enfin. une multiplication. Le schéma suivant résume plus clairement la procédure de cotation. 1. dans un premier temps. L’évolution récente de la législation accrédite totalement cette position. limitée à trois niveaux : Niveau d’exposition faible élevé Niveau de danger moyen faible 2 1 1 moyen 3 2 1 élevé 3 3 2 Les valeurs de 1 à 3 situent l’importance du risque lié à l’exposition. telle que celle qui suit1. En effet. c’est la règle qui a prévalu pour l’utilisation des éthers de glycol classés CMR.4 Processus chronique inverses dans lesquels le 1 (voire le 0 !) signifie le plus grave. exposé au paragraphe 2. comme l’illustre le drame de l’amiante. voire des fonctions exponentielles ou polynomiales. les deux exemples les plus simples étant la cotation des zones à risque d’explosion et les catégories de substances CMR.2 • Théorie du risque chimique 2. Ces dérives furent souvent la conséquence d’une utilisation directe dans le grand public. On ne redira jamais assez la différence qui existe entre les notions de danger et de risque. Cette grille figure notamment dans la recommandation R409 de la CNAMTS et la brochure DTE 175 de la CRAMIF. c’est-à-dire interdite au grand public. Il permet en outre de corriger les approches plus ou moins affectives qui privilégient toujours les dangers sur les expositions et qui conduisent à prescrire les interdictions de substances avant d’avoir examiné le problème des expositions. selon ce qu’auront décidé les personnes impliquées dans la démarche. 68 . niveaux de danger et d’exposition peuvent être à leur tour combinés avec une addition. Une meilleure solution serait une utilisation contrôlée. et c’est surtout la philosophie du règlement REACH. bien que cette option ait souffert d’une image négative.

Cette méthode comporte évidemment une certaine part d’approximations qui peuvent faire douter de sa validité. La pratique démontre qu’elle permet d’atteindre l’objectif d’estimation. il est dit dans son annexe I que « l’évaluation de la sécurité chimique est fondée sur une comparaison des effets nocifs potentiels d’une substance avec l’exposition connue ou raisonnablement prévisible de l’homme… » Or le niveau de danger est exactement le reflet des effets nocifs potentiels. sa pertinence tenant à la logique qu’elle apporte dans une démarche intuitive à défaut de méthode. En effet.4 Processus chronique Mode opératoire Agent chimique Phrase de risque Exposition respiratoire Exposition cutanée Durée et fréquence Niveau de danger Métrologie Durée et fréquence Estimation Estimation Coefficient d’exposition R Coefficient d’exposition C Indice d’exposition Ir Indice d’exposition Ir Niveau d’exposition Importance du risque Figure 2. 69 .11 – Estimation d’un risque chimique chronique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.2 • Théorie du risque chimique 2. Il faut remarquer la cohérence de cette méthode avec les préconisations du règlement REACH.

indépendamment de celle de l’événement dangereux.5 Processus accidentel 2. C’est le cas pour tout emballage non étiqueté. 1. notamment lorsqu’il existe un risque de chute d’objet. Le plus explicite est de citer quelques exemples rapportés par des agents des services de prévention des CRAM1. Cette présence peut être permanente ou occasionnelle. Par exemple. dans un périmètre déterminé par les points de chute les plus éloignés de cette fuite. C’est ce que montre le schéma général du paragraphe 2. Il s’agit du risque créé par un défaut d’information. Enfin. même si une personne est en zone dangereuse au moment du déclenchement de l’événement. 2. Cette situation est en effet une porte ouverte aux erreurs humaines. ou tout récipient ou organe dépourvu d’une signalisation adéquate. décrits plus loin. en cas de fuite soudaine de cette cuve ou de ses équipements immédiats. elle peut être hors d’atteinte du champ d’une projection par exemple. Cette zone dangereuse est même perceptible intuitivement dans certaines situations.5 Processus accidentel 2. Qui dit localisation dit périmètre enfermant un espace que l’on appelle zone dangereuse.2 • Théorie du risque chimique 2. En particulier certains accidents consécutifs à une réaction chimique intempestive. suivant un scénario parfois complexe. il sera beaucoup plus étendu pour une explosion que pour une fuite. sont issus d’une telle situation. ou risque de projection. partant d’un déclencheur et aboutissant au dommage. Il est cependant possible de le délimiter grossièrement et parfois de le matérialiser. il existe une possibilité de contact avec un liquide dangereux contenu dans une cuve de stockage. Qui n’a jamais ressenti d’appréhension en se trouvant au pied d’une cuve de 50 m3 d’acide nitrique concentré ? Ou d’un hydrogénateur sous haute pression en service ? D’ailleurs. encore faut-il une présence humaine dans cette zone pour qu’il y ait accident. S’il existe une zone dangereuse.5. Ces deux cas sont d’ailleurs liés. Cette matérialisation est analogue à celle qu’on peut observer sur un chantier de construction ou de réparation. Elle peut concerner une personne ou un groupe de personnes. Caisse régionale d’assurance maladie. une situation dangereuse est créée chaque fois qu’il y a risque d’écoulement. Nous verrons plus loin que ce périmètre peut être calculé facilement. Cela est plus difficile en cas d’explosion ou d’émissions massives de vapeurs. ou des intoxications par ingestion de produits dangereux. plus subtil. 70 . Cet espace est forcément dépendant de l’événement dangereux envisagé. Plus généralement. ce type de situation est généralement interdit. Il existe un autre type de situation dangereuse. comme dans le stockage en hauteur.5.2 Événement dangereux m Scénario Nous avons défini l’événement dangereux comme un enchaînement de faits.2. Par exemple. présent dès qu’il y a pression. Ce sont autant de facteurs qui vont influer sur la probabilité du dommage.1 Situation dangereuse Nous avons défini la situation dangereuse comme la localisation d’une personne lui permettant de subir un dommage en cas d’événement dangereux.1.

Une surverse est un « trop-plein ». le bouchage d’un tuyau de surverse1 d’une cuve d’effluents cyanurés. qui est la déconnexion inattendue d’un tuyau de process. l’inflammabilité. Dans le dernier atelier dans lequel passe le caniveau. sans avoir conscience du risque. le nettoyage étant remis à plus tard. En effet. L’absence de tout liquide inflammable avait été vérifiée au préalable. mais encore faut-il pouvoir l’imaginer avant. la notion de situation dangereuse est évidente : proximité de produits capables de réagir en générant des gaz mortels. quand tout se passe normalement. provoque le débordement de la cuve sur le sol. dans ce cas particulier. avant que les personnes présentes aient pu prendre conscience du risque. Le caractère dangereux était amplifié par la situation en espace confiné. Le lendemain. située à proximité de la précédente. qui est un gaz capable d’une intoxication mortelle en quelques minutes.2 • Théorie du risque chimique 2. et l’a payé de sa vie. pour quelque risque que ce soit. puis le bouchage. à savoir la présence d’une source d’ignition dans un environnement chimique inflammable. Le liquide se propage jusqu’à un caniveau à ciel ouvert. à caractère acide. Nous retrouvons bien toutes les composantes du risque : le produit dangereux et son danger. Comme il convient. le responsable du poste de travail lui assure que la cuve a été complètement vidée.5 Processus accidentel EXEMPLE 1 : La défaillance d’un raccord de tuyauterie provoque une fuite soudaine et importante d’une cuve de stockage intermédiaire d’une solution alcoolique sur le sol d’un atelier de chimie. c’est-à-dire une tuyauterie par laquelle s’écoule le contenu d’une cuve dès que le niveau devient critique. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. est assez souvent à l’origine des événements dangereux. L’événement déclencheur est double : la fuite acide. des travaux de soudure sur tuyauterie sont en cours. L’ouvrier ayant été rapidement secouru. le danger n’était pas présent sur le lieu de l’accident. mais les quelques dizaines de litres d’effluent acide sont laissées dans la cuvette de rétention. EXEMPLE 2 : Dans un atelier de traitement de surface. EXEMPLE 3 : Un ouvrier d’entretien veut changer le joint d’un raccord de tuyauterie servant à amener de la soude en solution dans une cuve de décapage. un jet de soude s’en échappe et atteint son visage et ses yeux. une mauvaise décision. le déclencheur. C’est en fait l’analyse du risque accidentel dans l’atelier utilisant la solution alcoolique qui aurait dû intégrer l’éventualité d’une fuite d’un liquide inflammable par le caniveau et l’évaluer. Un opérateur a voulu descendre au sous-sol pour intervenir. Les propriétés corrosives de la soude sur les tissus vivants sont telles qu’il n’aurait 1. Ce caniveau traverse plusieurs ateliers contigus. la brûlure qui en résulte a des effets se limitant à une irritation superficielle. que l’on qualifie généralement d’erreur humaine. En effet. Dans ce cas. La fuite est alors arrêtée. Le poste de travail. Mais lorsque l’ouvrier commence à dévisser les boulons des brides du raccord. Cependant. à savoir une grave brûlure de deux ouvriers. pour conduire l’excédent vers la capacité de rétention. la solution alcoolique suivant le caniveau arrive dans cet atelier en émettant des vapeurs. On peut même trouver un troisième déclencheur dans la décision de reporter l’élimination des effluents acides. compte tenu de son isolement (murs et portes) pouvait être considéré comme compatible avec une activité temporaire de soudure. Ces effluents cyanurés rejoignent ensuite ceux qui étaient déjà présents. Ce scénario met en évidence quelques lacunes de prévention. travaillant avec des bains cyanurés. 71 . une fuite d’acide dilué se produit sur une cuve de stockage d’effluents située en sous-sol. le scénario décrit ci-dessus et le dommage. Une explosion se produit alors. Il faut savoir que les cyanures se décomposent en milieu acide en générant du cyanure d’hydrogène. la situation dangereuse.

nous nous contenterons de l’illustrer par l’exemple du risque de chute d’un avion sur un atelier. Il s’agit de la base EPICEA. gérée par l’INRS. L’enquête a montré que le tracé de la tuyauterie comportait un point bas non vidangeable et que le raccord à réparer était justement « en charge » dans cette partie pleine de soude. surtout sous pression. En voici les grandes conclusions. si faible soit-elle. Des études statistiques. non publiées. La situation dangereuse est créée par toute présence de produit dangereux dans un équipement. Le terme d’événement possible doit être compris comme relevant d’une probabilité non négligeable. Le meilleur moyen. L’événement dangereux est l’intervention sur cet équipement. La réaction qui vient à l’esprit après l’exposé de cet accident est. bien connu dans tous les domaines. dont les cinq premiers correspondent précisément aux familles de dangers : Scénario type 1 2 3 4 5 6 expositions massives cutanées expositions massives respiratoires expositions massives par ingestion réactions dangereuses incendies et explosions anoxie Dommage final brûlures chimiques intoxications aiguës lésions et intoxications aiguës tous les autres tous les autres + effets mécaniques et thermiques asphyxie Famille de danger Co In Tg Re IE 72 . Le terme de négligeable est évidemment flou .5 Processus accidentel fallu que quelques secondes supplémentaires de contact avec les yeux pour qu’il perde la vue. mais si faible qu’elle rend leur prévention irréaliste. ont conduit à créer une typologie des événements dangereux impliquant un produit chimique. Cela est vrai.2 • Théorie du risque chimique 2. Il est donc facile d’y rechercher de nombreux exemples d’accidents impliquant un produit chimique. La liste de ces événements serait d’ailleurs infinie si l’on ne tient pas compte d’une probabilité minimum de réalisation. accessible sur Internet. d’après les rapports d’enquête fournis par les agents des CRAM. la principale cause réside dans une mauvaise conception de la tuyauterie. mais seule l’évocation précoce des événements dangereux possibles peut conduire à la bonne conception d’un équipement. qu’en dehors du non-respect de règles de prudence lors d’une intervention. Les nombreux scénarios décrits peuvent être classés en six familles. il existe une base de données des accidents du travail en général. Ces risques n’ont pas de probabilité nulle. Heureusement. de cerner une probabilité est d’observer les événements sur une longue période ou un grand nombre de cas. m Typologie La difficulté de cette méthode est la capacité à envisager tous les événements dangereux possibles au niveau d’un poste de travail. c’est-à-dire assurant la sécurité indépendamment des consignes imposées aux intervenants. Ce principe est un autre point clé de la méthodologie développée dans cet ouvrage. bien sûr.

4. La logique incite à partir de l’événement déclencheur.4. sachant qu’on peut ensuite les combiner à volonté pour construire des scénarios possibles. de faits déclencheurs d’événements dangereux. Il peut être à l’origine de plusieurs scénarios différents et donc de dommages différents. comme exposé au paragraphe 2.5 Processus accidentel En réalité. Cette autre méthode est d’ailleurs appelée l’arbre des défaillances et a sa place parmi tous les outils de prédiction. avec leur conséquence immédiate.5. laquelle peut conduire à une explosion. Le tableau suivant propose une liste.2. 1er effet Émission massive de vapeurs Contact cutané massif Émission massive de monoxyde de carbone Ingestion massive Émission massive de vapeurs 2e effet possible Intoxication respiratoire Explosion Brûlure chimique Intoxication respiratoire Intoxication digestive Intoxication respiratoire Explosion Brûlure chimique Contact cutané massif Intoxication respiratoire Intoxication respiratoire Explosion Intoxication respiratoire Contact cutané massif Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Contact cutané massif Projection de liquide Émission massive de vapeurs Décomposition thermique d’un agent chimique Décompression brutale d’un récipient ou canalisation Défaut de confinement d’un espace dangereux Éclatement de tuyau Erreur sur identité d’un produit Émission massive de vapeurs Arrivée massive de gaz ou vapeurs Projections liquides Réaction chimique dangereuse 73 . seulement indicative. dont certains sont décrits au paragraphe 3. Ces scénarios d’accident apparaissent clairement lorsque l’on pratique la méthode de l’arbre des causes pour expliquer des accidents survenus. il est plus efficace de partir des déclencheurs pour arriver aux dommages. Ainsi une réaction dangereuse peut conduire à une exposition massive. Fait déclencheur Chauffage brutal d’un liquide volatil Chute dans un récipient Combustion en espace confiné Conditionnement trompeur Contact entre deux produits réactifs Contact soudain avec un agent chimique Débranchement de tuyau © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.2 • Théorie du risque chimique 2. tous ces scénarios peuvent être imbriqués. laquelle peut conduire à une anoxie. etc. Alors que cette méthode part du dommage pour remonter aux facteurs premiers.

2 • Théorie du risque chimique 2.5 Processus accidentel Fait déclencheur Erreur sur le choix d’une commande Explosion d’un contenant Fuite de gaz inerte Fuite de récipient Fuite soudaine d’un joint ou raccord Immersion brutale d’une pièce Incendie avec des produits chimiques Ouverture intempestive de robinet ou vanne Interprétation erronée d’une consigne ou d’un mode opératoire Panne de régulation Panne d’un captage Pénétration dans un espace appauvri en oxygène Pollution d’un aliment Renversement ou fuite d’azote liquide Renversement de récipient Rupture de paroi de récipient ou d’appareil contenant un agent chimique Rupture d’emballage de pulvérulent Ouverture d’un réseau de ventilation sous pression 1er effet Réaction chimique dangereuse Projections diverses Anoxie Contact cutané massif Contact cutané massif Projections liquides Brûlures thermiques 2e effet possible Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Émission massive de vapeurs Contact cutané massif Intoxication respiratoire Émissions massives diverses Contact cutané massif Erreur sur le choix d’une commande Réaction chimique dangereuse Émission massive de vapeurs Anoxie Ingestion massive Anoxie Contact cutané massif Réaction chimique dangereuse Émission massive de vapeurs Intoxication respiratoire Perte de connaissance Intoxication digestive Perte de connaissance Contact cutané massif Émission massive de vapeurs Projections liquides Émission massive de vapeurs Émission massive de poussières Explosion Émission massive de poussières Explosion 74 .

tels que vannes. On peut être surpris par des projections lors d’ouverture ou de démontage d’équipements divers. Elle consiste donc en un contact. ou une lésion grave. soit environ 50 m3. Cela représente 15 000 ppm. Le volume occupé par les vapeurs sera d’environ 2 (litres) ¥ 1 328 (densité g/l) ¥ 24 (litres par mole) / 85 (masse molaire) = 750 litres. par renversement de récipient. Une exposition massive ne diffère d’une exposition chronique que par son intensité. l’un des six scénarios types. La chute de personnes dans des cuves est très rare. Ce qui se traduit. se retrouve toujours après un fait déclencheur. une porte intérieure bois. En effet. par voie cutanée. c’est-à-dire un effet immédiat ou presque. soit une concentration moyenne de 1. Les effets sont alors rapidement perceptibles. En général. Voici un exemple d’accident qui met en évidence la grande volatilité de ce solvant chloré1 : EXEMPLE : « La victime. la présence de pression dans une canalisation ou un récipient est un facteur de risque de projection. l’exposition est massive si les concentrations atmosphériques de vapeurs ou de poussières sont largement au-dessus des VLEP. donc accomplis dans l’urgence. pour le contact cutané. était de 100 mm. voire l’ensemble du corps. La victime travaillait avec une collègue dans 1. Ce scénario est possible dès que des quantités de plusieurs litres sont manipulées et dès que le procédé comporte des passages de produits à l’air libre. Il y a aussi tous les incidents propres aux interventions de maintenance et surtout de dépannage. Pour la voie respiratoire.5 %. par débordement. 75 . ce qui ne veut pas forcément dire exigu. situation imaginable chez un artisan. etc. mais doit toujours être envisagée. mais seulement pas ou peu ventilé. soit 300 fois la VME de 50 ppm. pompes. Une émission massive est relativement probable dès qu’on travaille en espace confiné. etc. La hauteur du bain de décapant à base de chlorure de méthylène avec un additif. toute émission de vapeurs par un liquide s’évaporant reste dans le volume du local. par une grande surface atteinte. on observe par exemple ce type d’accident au cours de transferts. Cette cuve n’était pas équipée de dispositif de ventilation. dont les paramètres relèvent du processus accidentel. Il est intéressant de bien comprendre leur mécanisme. filtres. qui peut être irréversible. hydroxyde de potassium/alcool méthylique. telle qu’une atteinte profonde de la peau. un cadre technique de 39 ans. Pour se faire une idée. surtout avec les tuyaux souples fixés par un collier à vis. décapait. des muqueuses ou des yeux. la porte étant disposée manuellement à plat au fond du bain. oculaire. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. Ces paramètres sont d’abord un volume d’agent chimique généralement important et une concentration élevée. par trempage dans une cuve. m Expositions massives © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dans lequel se vaporisent 2 litres de dichlorométhane. par chute d’emballage en manutention mécanique. prenons l’hypothèse d’un local fermé de 20 m2. Dans ce cas. respiratoire ou digestive. Les débranchements soudains de raccords de tuyauterie sont aussi assez fréquents.5 Processus accidentel Ainsi.2 • Théorie du risque chimique 2. La dimension de la cuve était de : L 3 000 ¥ l 1 000 ¥ h 700 mm. correspondant aux 5 familles de dangers.

50 m du sol à travers une ouverture réalisée dans le mur. Vers 9 h. La grande surface d’évaporation qui se forme accélère l’évaporation. Il suffit de renverser un bidon de solvant sur le sol. Il peut aussi s’agir d’une sous-estimation de l’exposition au cours d’une action volontaire.5 Processus accidentel l’atelier de décapage. Il peut s’agir d’un gaz sous pression. ou ouverture intempestive. Lors de cette intervention. La victime ne portait pas d’équipement de protection individuelle. Enfin. dont la victime. par exemple. etc. On imagine facilement l’ampleur des dommages lorsque c’est une cuve ou un réacteur de quelques mètres cubes qui se vide. même partiellement. Une des réactions dangereuses fréquentes est simplement la combustion. Le passage du caisson devait se faire à une hauteur d’environ 4. Le schéma inverse existe. Les accidents se produisent souvent à cause du réflexe des personnes cherchant à arrêter le sinistre plutôt qu’à fuir. Cette situation dangereuse est typique. » Tous ces scénarios impliquent des vapeurs ou des gaz survenant dans l’espace de travail habituel. Le décès clinique a été prononcé à l’hôpital. âgée de 56 ans. Les exemples de tels accidents ne manquent pas. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. 76 . tel que rupture. soit dans un moteur thermique. fuyant de son conteneur. la collègue a quitté l’atelier. un produit de nettoyage. des égouts et des 1. d’une capacité de 3 tonnes. notamment dans les activités de second œuvre du bâtiment. Le passage avait été fait au plus juste. à savoir l’intrusion d’une personne dans un espace dans lequel existe déjà une concentration critique de gaz ou de vapeurs dangereux. une colle. elle a continué à respirer les vapeurs pendant une durée maximale estimée à une heure. Le calcul du volume des vapeurs libérées exposé précédemment prouve qu’un malaise est vite arrivé dans ces conditions. Les symptômes de mort cérébrale ont été détectés par le SAMU. Une émission massive n’est pas toujours le résultat d’un incident qui surprend la personne. Les raisons précises de l’intervention de la victime audessus du bain ne sont pas connues en l’absence de témoin. elle a trouvé la victime inconsciente au-dessus du bain et l’a mise au sol. Ces deux cas de figure sont à l’origine de beaucoup d’accidents graves. et en l’absence de collègue à proximité. Les deux opérateurs. À son retour. Étant affalée au-dessus du bain. Ce dernier a appelé les pompiers. Il faut remarquer que l’extrémité d’échappement des gaz de combustion se trouvait approximativement à l’endroit où évoluaient les deux victimes. ils utilisaient un chariot élévateur à combustion gaz. dont voici un exemple1 : « Une équipe de deux opérateurs était chargée de transporter et d’installer un caisson de filtration d’air dans un local. Conséquences : intoxication par monoxyde de carbone provoquant un arrêt de 10 jours. agent de maîtrise depuis 24 ans. qui se produit soit dans un appareil de chauffage à combustible. » Les émissions massives ont beaucoup de causes possibles. qui réceptionnait le filtre. Cette éventualité est développée au paragraphe suivant. les vapeurs peuvent se former par réaction chimique imprévue dans un espace ouvert. car il s’agissait d’un mur porteur.2 • Théorie du risque chimique 2. L’exemple le plus courant est le travail avec un produit solvanté dans un espace confiné. Les vapeurs peuvent également être déjà présentes dans un équipement de travail et s’échapper à la suite d’un dysfonctionnement. Pour cette manutention. qui ont fait appel au SAMU. Ce produit peut être une peinture. La collègue est allée prévenir les secours et a rencontré un autre salarié qui rentrait d’un rendez-vous chez un client. 4 jours plus tard. vers 10 h. ont ressenti des maux de tête. L’opération a duré environ 1 h 30. et notamment de masque de protection respiratoire. la victime a perdu connaissance. qui peut être totale en quelques minutes pour les solvants les plus volatils.

la conduite des stations d’épuration est organisée pour éviter tout dégagement de ce gaz. la VLE étant de 10 ppm. Le temps d’interruption du flux a permis le déclenchement de la fermentation et. Comme pour les émissions chroniques. par exemple le déplacement de la bouteille vers un autre local ou la présence d’une personne non avertie qui croira à une boisson normale. comme il le faisait habituellement. qui fait que ce gaz apparaît là où on ne l’attend pas. Ce type d’accident ne survient qu’en situation dangereuse particulière. Le danger est dans ces cas représenté par le sulfure d’hydrogène. sans précaution particulière. les personnes se fient spontanément à leur odorat. Ce phénomène est bien connu des professionnels de ces activités. Ce geste est généré par le besoin d’une préparation temporaire. pour stocker un réactif. Les expositions massives par voie digestive ne suivent en fait que deux scénarios classiques. Les utilisateurs ne disposent pas toujours des moyens nécessaires à un réétiquetage correct. sans parler de l’effet d’accoutumance. Même un simple marquage est négligé. en raison de la variabilité du coefficient d’olfaction des substances. on doit parler de réactions incontrôlées dans l’industrie chimique. Cette partie du scénario génère la situation dangereuse. On sait combien cet indicateur est trompeur. et pas seulement dans le domaine professionnel. à l’insu du consommateur. car il est difficile d’évaluer intuitivement l’importance d’une émission accidentelle. comme en attestent les statistiques des services d’urgence. et de réactions imprévues ou intempestives dans les autres cas.2 • Théorie du risque chimique 2. il a été surpris par la présence de gaz et n’a pas eu le temps de s’échapper. Ce cas est relativement fréquent. comme de la sensibilité olfactive des personnes. Ce risque est assez pernicieux. Ainsi un récit d’accident révèle que par suite d’un bouchage. créée par la consommation d’aliment sur le lieu de travail et exceptionnellement par l’inverse. Plusieurs accidents mortels ont été rapportés dans ces conditions. Ce gaz est très toxique et mortel à de faibles concentrations. consistant soit à dissoudre un solide soit à diluer un liquide. parce que le préparateur de ce réactif s’estime suffisamment informé. Le premier est celui de la réutilisation d’un emballage alimentaire. car il s’agit bien d’une propriété de la réaction. L’événement dangereux viendra d’une modification de la situation. quelle qu’elle soit. qui n’a pas 77 . passant dans un bâtiment abritant des grilles. souvent une bouteille d’eau minérale. stations d’épuration.5 Processus accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le deuxième scénario d’intoxication digestive est plus rare. Voyons d’abord en quoi réside le danger spécifique des réactions. le flux d’eaux usées a été interrompu dans un canal à ciel ouvert. puisque c’est sa fonction de conduire des réactions dangereuses. c’est-à-dire l’utilisation de produits toxiques sur le lieu de préparation des aliments. mais souvent aussi dans toutes les autres activités. En réalité. Il consiste en une contamination d’aliment par un produit toxique. quand l’opérateur de maintenance a pénétré dans ce bâtiment. m Risques liés à la réactivité chimique Le scénario qui part d’une réaction dangereuse se rencontre évidemment dans l’industrie chimique. C’est ici qu’intervient le rôle de l’événement dangereux. généré par la fermentation anaérobie des matières organiques. en dehors d’un acte volontaire. D’ailleurs.

qui peuvent être toxiques ou corrosifs. Si l’on verse une 1. atmosphère explosive. Le tableau suivant présente les couples de produits chimiques les plus fréquents parmi ceux qui sont susceptibles d’être à l’origine d’une réaction dangereuse. c’est-à-dire une substance particulière capable d’agir en très petite quantité. – La formation de produits volatils n’est pas empêchée par la dilution des réactifs. puisque soumises à une auto-accélération par la température. des risques supplémentaires apparaissent : inhalation massive. déformation. Si cette substance formée est en outre inflammable s’ajoute le risque d’atmosphère explosive. – Certaines réactions avec dégagement de gaz passent d’abord par une neutralisation. Le second type de danger est présenté par la nature volatile des produits de réaction. Plusieurs remarques s’imposent pour l’exploitation judicieuse de ce tableau : – La vitesse et l’énergie de réaction sont directement proportionnelles à la concentration des réactifs. etc. La substance dégagée peut ne pas être toxique mais sa présence va générer automatiquement un appauvrissement de l’atmosphère en oxygène. les moyens de refroidissement et de captage sont souvent insuffisants ou même absents. celle-ci va « se dégager ». Le dégagement ne se produit pas avant ce basculement. voire rupture. Comme la réaction est incontrôlée ou imprévue. avec de nombreuses conséquences dommageables : vaporisation des réactifs. Ainsi. diminuée de la somme des enthalpies de formation des réactifs. une réaction entre acides et bases dilués à quelques pourcents ne dégage qu’une chaleur à peine perceptible. La première est celle de l’énergie dégagée par la réaction. du moins en espace plus ou moins confiné. c’est-à-dire sortir du lieu réactionnel pour se répandre dans l’atmosphère environnante. pour des experts. etc. en tenant compte de la stœchiométrie de la réaction.5 Processus accidentel toujours de rapport direct avec le danger des réactifs. capable de provoquer de grandes élévations de température. Ce type de danger est de deux natures possibles. – Certaines réactions ont besoin d’une énergie dite « d’activation » pour démarrer. On est alors ramené au cas d’une exposition respiratoire massive. En effet. Pour certaines. 78 . Celle-ci est fournie soit par un catalyseur. disponibles dans les ouvrages spécialisés. surpression du contenant. même moyennement. Le milieu réactionnel peut ainsi être porté à ébullition. consomme ou dégage de l’énergie selon des règles que nous n’aborderons pas ici. soit par une simple élévation de température. selon qu’elle est endothermique ou exothermique. de calculer la chaleur d’une réaction à partir des enthalpies de formation1. Si cette réaction se produit dans un solvant volatil. Prenons le cas des cyanures alcalins. Il est possible. c’est-à-dire un basculement de pH du milieu. l’énergie dégagée est très importante. C’est la loi de Hess : l’enthalpie de réaction d’une réaction chimique est égale à la somme des enthalpies de formation des produits. Ces réactions sont en outre très rapides. elle est seulement ralentie. projection des mêmes réactifs et des produits de réaction. Le cas le plus typique est celui du dioxyde de carbone. Toute réaction chimique.2 • Théorie du risque chimique 2. – Les dangers d’exothermie et de dégagement sont souvent simultanés. susceptible d’être généré par tous les carbonates. si le schéma réactionnel conduit à la formation d’une substance qui est gazeuse dans les conditions normales.

N R23-36/37/38-50 Dégagement Classification Moyenne Acide nitrique Moyenne Forte Moyenne Hydrogène F+ R12 T. ED 697. N R12-26-50 T R23-34 Produit 2 Exothermie Forte Moyenne Cyanure d’hydrogène Chlore F+ . éditions INRS. Mais si l’on verse de l’acide dans une solution cyanurée. sachant que l’INRS a édité un ouvrage de référence en la matière. le dégagement de cyanure d’hydrogène se produit aussitôt. hors chimie.C R23-35 T+ R26-34 Dioxyde de soufre Dioxyde de carbone Sulfure d’hydrogène F+ . Réactions chimiques dangereuses.2. N R12-26-50/53 T.N R10-23-34-50 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. T+ . Solvants Eau Forte Moyenne Cette liste n’est qu’un petit extrait de toutes les combinaisons possibles. Le cas de l’industrie chimique est traité au paragraphe 5. 1. contenant plus de 4 000 combinaisons1. le dégagement ne commencera qu’après neutralisation.5 Processus accidentel solution cyanurée alcaline dans une solution acide. On peut rechercher l’existence de tels couples dans la bibliographie. 79 .2 • Théorie du risque chimique 2. mais elle cible les produits que l’on peut rencontrer dans des industries diverses. T+ . Produit 1 Bases Cyanures Hypochlorites (dont eau de Javel) Acides Bisulfites Carbonates Sulfures Eau Acide sulfurique Chlorures Acide chlorhydrique Métaux Solvants Métaux légers Bases fortes Sels d’ammonium Oxydants forts Isocyanates Moyenne Ammoniac Moyenne Moyenne Moyenne Forte Moyenne Chlorure d’hydrogène Vapeurs nitreuses T.

Cette émission a été responsable de l’apparition de pathologies. sans perdre de vue l’importance de la concentration dans le niveau de danger. qui a eu les conséquences que l’on sait sur la réglementation des installations classées. avec souvent un dégagement important. dans tous les environs. aucune absence de risque ne peut en être déduite. EXEMPLES : Réaction incontrôlée Le plus célèbre exemple de réaction incontrôlée est sans doute celui survenu à Seveso. on reconnaît la situation dangereuse dans le type de réaction conduite.2 • Théorie du risque chimique 2. – Les oxydants peuvent réagir violemment avec les réducteurs (dont les inflammables). Les exemples présentés dans le tableau ci-après illustrent les termes chimiques employés. quelques indices permettent de prévoir une réaction dangereuse. L’évaluation de la quantité de dioxine émise varie de 200 g à 40 kg.7. avec les phrases de risque qui permettent de les repérer. la rubrique n˚ 10 des fiches de données de sécurité est censée signaler les réactions dangereuses possibles. ou oxydantes et réductrices (sauf exception). mais aucun décès ni augmentation du nombre des cancers n’ont été constatés. L’agitation est stoppée et le vide cassé. Sans entrer dans les principes du mécanisme réactionnel. – Les acides forts réagissent toujours sur les bases fortes avec une exothermie importante. et l’événement dangereux dans le retard pris dans la production. Dans le cas évoqué. le disque de sécurité taré à 3.8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine). puisqu’ils sont à la fois acides forts et oxydants forts. En analysant le déroulement de cet accident. notamment d’acné. la production est arrêtée pour le week-end . L’échauffement de la surface du mélange réactionnel au repos a initié la réaction secondaire exothermique de formation de la dioxine (la 2. 6 h 30 plus tôt. À 12 h 37. L’unité est laissée sans surveillance pour le week-end. la température devait être maintenue à un niveau modéré. qui est exothermique. Le dépôt de chrome métallique se fait par réaction électrochimique. En particulier. Ainsi.5 Processus accidentel D’autre part. L’interprétation de ce tableau demande de la prudence. sous l’effet de l’augmentation de la température et de la pression dans le réacteur. qui incluait le refroidissement complet du réacteur. Le 10 juillet 1976. le cycle de production du trichlorophénol est arrêté alors que seuls 15 % (au lieu de 50 %) du solvant (éthylène glycol) sont distillés. Beaucoup de substances appartiennent en fait à plusieurs de ces catégories. sachant toutefois qu’elles ne peuvent être à la fois acides et basiques. indices qui transparaissent dans le précédent tableau. Nous attirons l’attention sur les acides nitrique et chromique. Aucun ajout d’eau n’est effectué. La cuve comportait donc un circuit de refroidissement.5-trichlorophénol.4. – Les acides forts sont capables de réagir sur beaucoup de sels et de métaux. Réaction imprévue Dans une usine de traitement de surface. on procédait au chromage de pièces par immersion dans une solution concentrée d’acide chromique. deux membres d’une même catégorie peuvent très bien réagir vivement entre eux.3. Une entreprise chimique italienne fabriquait du 2. avec dégagement. utilisant comme fluide 80 . en fin de poste. Rappelons toutefois les faits précis.8 bars se rompt et une partie du contenu est projetée à l’extérieur. ayant conduit à arrêter le process avant sa fin normale. – Les bases fortes réagissent sur les métaux légers et les sels d’ammonium. qui doivent être surveillés avec vigilance.

R8. R15. nitrites Réducteurs Amines Hydrures Cellulose Charbon R10. R17. R12. R32 R35 R7.5 Processus accidentel Famille Membres Sulfurique Chlorhydrique Nitrique Phrase repère Acides forts Chromique Phosphorique Acétique Sulfures Cyanures Sels sensibles Carbonates Sulfites Hypochlorites Soude Potasse Bases fortes Chaux (vive) Ammoniaque Aluminium Métaux légers Magnésium Nitrates Chlorates Peroxydes Oxydants Oxygène Ozone Trioxyde de chrome Acide nitrique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. R11.2 • Théorie du risque chimique 2. R19 81 . R35 R31. R9 Alcools Cétones Hydrocarbures insaturés Sulfites.

plastifiants. est tel que son expansion brutale crée une explosion. Les 82 . inhibiteurs. n’est jamais le seul présent dans le milieu réactionnel. Elle a donc permis à la solution chromique de se mélanger au glycol dans le circuit de refroidissement. Il existe donc un risque d’emballement dans ce type de réaction. On appelle aussi polymérisation des réactions en chaîne se faisant avec deux réactifs. Bien que le réactif de départ soit unique. le réactif de départ. Il s’est ensuivi une violente réaction d’oxydation. Une décomposition n’est pas toujours le fait d’un produit instable. ou plus. mais le plus souvent à l’occasion d’un incendie. C’est l’événement dangereux qui a conduit aux dommages. Celle-ci peut être atteinte par exemple au cours d’une réaction incontrôlée. provoquant un éclatement localisé du circuit avec projection de liquide corrosif. qui doit être envisagée dans toute analyse de risque chimique. Les réactions de polymérisation sont à la base de la fabrication des polymères en général et des matières plastiques en particulier. On peut d’ailleurs parfois trouver la température de décomposition dans les données techniques d’une substance. initiateurs. possèdent une double fonction dans leur structure leur permettant de se lier ensemble. pour n’importe quelle substance. Parmi ceux-ci on trouve souvent des produits volatils. Une décomposition thermique génère de nombreux gaz et vapeurs. du chlorure d’hydrogène. c’est-à-dire « en chaîne ».5 Processus accidentel frigorigène du glycol légèrement dilué. très exothermique. des explosifs occasionnels. souvent très toxiques. Ces réactifs. Cette catégorie comporte par exemple des engrais azotés et des désherbants. rentrent aussi dans cette catégorie. du cyanure d’hydrogène. qui peuvent être aussi exothermiques et génératrices de gaz et vapeurs. plus ou moins isolées. tels que de l’oxyde de carbone. On comprend que le risque est aggravé par le fait que cette polymérisation imprévue ne se produit pas dans un équipement prévu à cet effet. en formant des composés plus simples et plus stables. sans doute par usure. majoré par la chaleur de réaction. des oxydes d’azote. etc. Une fuite s’est produite dans la paroi de la cuve. tant pour leur fabrication que pour leur utilisation civile ou militaire. Il existe en outre des réactions qui ne nécessitent pas de second composé pour se produire. appelé monomère. qui peut contenir des catalyseurs. quand ce n’est pas en totalité. Les décompositions sont en quelque sorte des réactions internes à la molécule. Telle était la situation dangereuse. colorants. Le volume alors dégagé par ces composés.2 • Théorie du risque chimique 2. Une molécule affectée d’une certaine instabilité peut se décomposer sous l’effet d’un apport d’énergie parfois minime. Cette instabilité provoque une rupture des liaisons internes et leur réarrangement. par une importante élévation de température. faisant l’objet d’une réglementation particulière. Il faut distinguer les explosifs par destination. Cette réaction est généralement très exothermique et conduite sur des grandes quantités. Ces produits instables appartiennent à la catégorie des explosifs. Elle peut être provoquée. la réaction se fait ici de molécule à molécule. Mais beaucoup de substances utilisées en chimie fine. du cyanogène. Mais il existe aussi un risque de polymérisation spontanée en travaillant sur certaines molécules qui possèdent cette propriété de par leur structure chimique. C’est le cas des décompositions et des polymérisations. etc. c’est-à-dire ceux qui sont utilisés pour leurs autres propriétés. normalement classés comme tels avec le symbole et le pictogramme correspondants. Bien sûr. parfois nommés résine et durcisseur dans le commerce. qui présente généralement des doubles liaisons réactives.

isoprène. cyanoacryliques . Les produits chimiques étant le plus souvent combustibles. autant pour les réactions incontrôlées que pour les imprévues. m Incendies et explosions © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. vinylpyridine . mais plus encore le rayonnement ultraviolet. En dehors des situations rares où de l’oxygène pur est employé. l’agriculture. on peut citer : – styrène. La connaissance de ces données est évidemment indispensable pour assurer la prévention de ce type d’événement dangereux. il est possible de ralentir ou de bloquer une polymérisation avec les additifs adéquats. les combustibles envisagés se limitent aux seuls produits chimiques. – acétate de vinyle. Cet inventaire. Parmi les nombreuses molécules susceptibles d’une polymérisation spontanée. Pour rester dans le cadre de l’ouvrage. chloroprène . si l’on exclut les explosions d’explosifs évoqués précédemment. n’est pas toujours facile. – acrylonitrile. Beaucoup d’autres scénarios de réactions chimiques ayant provoqué des sinistres peuvent être consultés dans la base de données ARIA1. que l’on observe par exemple à l’occasion du stockage de ces produits. surtout quand ils sont organiques. montre la diversité des sources d’exposition massive pouvant survenir et décrit autant de situations dangereuses. La base de données ARIA (Analyse.ecologie. – époxydes. à savoir des combustions. De même. dont l’un est un combustible et l’autre l’oxygène. l’oxygène et la source d’ignition. http://aria.5 montre 1.gouv. tel qu’un acide ou un composé métallique. 83 . méthacryliques. – esters acryliques. soit un générateur des radicaux libres. C’est parfois simplement la lumière. ou auraient pu. après son amorçage que l’on appelle ignition. prévu ou non. la nature et l’environnement. C’est le plus souvent un catalyseur. du Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles (BARPI) recense depuis 1992 les événements accidentels résultant essentiellement de l’activité des établissements classés au titre de la législation relative aux installations classées ainsi que du transport de matières dangereuses qui ont.fr/. Cette propriété explique la règle fameuse du triangle du feu. Recherche et Information sur les Accidents). Le démarrage d’une polymérisation. porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques. cette situation dangereuse est omniprésente. qui dit que pour qu’il y ait incendie il faut que soient réunis : le combustible. soit ionique. Il est initié par une énergie interne fournie de différentes façons.5.5 Processus accidentel risques présentés par ces réactions sont identiques à ceux des polymérisations vraies. Les incendies et les explosions ne sont que des réactions chimiques particulières. Toutefois. Nous verrons que ce schéma simpliste est très efficace au moment de la recherche de mesures de prévention.2 • Théorie du risque chimique 2. acroléine . parce que très exothermique. tel qu’un peroxyde. La situation dangereuse propre au risque incendie est constituée presque toujours par la présence simultanée du combustible et de l’oxygène. Elle s’entretient d’elle-même. l’évaluation du risque telle qu’elle est développée au paragraphe 2. butadiène. c’est toujours l’air qui est la source d’oxygène. qui ne peut être exhaustif. La réaction de combustion demande deux réactifs.

5 Processus accidentel qu’une probabilité significative d’incendie n’est présente qu’avec des produits inflammables. Cet effet d’auto-aggravation est appelé parfois « effet dominos ». même à ses débuts. » Un incendie. L’INRS propose une brochure synthétique sur le sujet : L’évaluation du risque incendie dans l’entreprise. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. La victime et ses collègues. il est à noter : une fuite de robinet(s) non décelée lors de l’arrêt machine . Aujourd’hui en Europe. mais sa limite inférieure est variable selon les réglementations. Nous verrons au paragraphe 3. sont inflammables les substances et préparations dotées des phrases de risque R10. L’événement dangereux est l’apparition d’une source d’ignition. Cela nécessite que la source d’ignition rencontre des vapeurs au-dessus du liquide inflammable et cela explique pourquoi l’inflammabilité est une fonction directe de la volatilité. De nombreux ouvrages traitent du risque incendie en général2. Rappelons que l’inflammabilité peut être caractérisée par le point d’éclair. un défaut d’organisation dans l’intervention de traitement du problème d’épanchement d’un produit très inflammable. Ensuite ce sont les structures porteuses qui sont affaiblies et s’effondrent. mais aussi R17. Cela parce que tous les inflammables présents à proximité sont rapidement mis à feu.2. il doit être à une température minimum correspondant au point d’auto-inflammation du produit inflammable. ED 970. au cours de l’intervention de traitement de la fuite.3 toutes les sources d’ignition que l’on peut rencontrer en pratique. Quant au point chaud. 2. une explosion 1. puis les combustibles grâce à la chaleur dégagée. conducteur en second sur rotative. il a été constaté au sous-sol un épanchement de toluène dans la fosse du porte-bobines d’une rotative (machine à l’arrêt) en héliogravure. On comprend pourquoi les services de sécurité dans les entreprises et les assureurs se focalisent sur le risque incendie. Parmi les causes de cet accident. lorsqu’il se produit dans un environnement chimique. n’est souvent que la première étape d’un scénario conduisant à un sinistre très grave. R18 et R30. Il s’agit principalement de l’atmosphère explosive. Les substances ainsi libérées s’enflamment à leur tour ou génèrent des réactions dangereuses. Nous verrons dans le chapitre 4 que la véritable prévention des incendies est plus économique que le déploiement d’importants moyens de lutte contre le feu. provoquant des ruptures de contenants et de canalisations.2 • Théorie du risque chimique 2. 84 . par suite du débordement du bac tampon d’un encrier situé à proximité. Le risque d’explosion est très lié au risque incendie. Voici un exemple de ce type de scénario1 : « La victime est un homme de 45 ans. un début d’incendie dû sans doute à un phénomène d’électricité statique . un incendie s’est déclaré et ils ont été intoxiqués par les fumées (intoxication des poumons et du sang). une flamme nue. En effet. R11 et R12. une concentration en gaz atteignant le seuil d’inflammabilité . improbables au départ. que ce soit une étincelle. ont fait usage de sciure de bois contenue dans des sacs en plastique pour éponger le produit . et des explosions. Précisons que l’ignition ne peut avoir lieu qu’en phase vapeur. Lorsque le SGH sera appliqué. les codes « H » correspondants à cette catégorie seront plus nombreux parce que dépendants de l’état physique des produits (voir annexe 5). Au moment de la reprise de poste après une vingtaine d’heures d’arrêt. ou un point chaud. car les facteurs de départ sont les mêmes : présence d’inflammables ou de combustibles et occurrence d’une source d’ignition. Mais une explosion demande des conditions supplémentaires pour survenir.

8 0.7 0.4 Dodécane Acétate d’octyle Kérosène n-décane Propylbenzène Cumène Naphtalène Cyclohexanone Styrène © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. C’est le cas avec un combustible liquide sous forme de brouillard.3 1. classées par LIE croissante. Mais dès qu’il y a une émission de vapeurs ou de poussières combustibles dans l’air. Cette concentration doit être comprise entre une limite inférieure d’explosivité (LIE) et une limite supérieure d’explosivité (LSE).7 0.3 1.3 1.1 1. Toutefois. souvent instantanée.9 1. du comburant avec l’oxygène de l’air.8 0. condition qui détermine l’existence d’une atmosphère explosive. pour des liquides.9 9. il faut que la concentration des vapeurs ou des particules en suspension dans l’air puisse permettre à la combustion de démarrer et de se propager.9 0.2 • Théorie du risque chimique 2.4 7 7 7. Xylène n-hexane Aniline Benzène Cyclohexane Sulfure de carbone Méthyléthylcétone 85 .5 5. ou un solide sous forme de nuage de poussières. Le tableau suivant donne quelques exemples de valeurs de LIE et LSE. Eb (point d’ébullition en ˚C) 216 199 150-300 174 159 152 217 155 145 138 69 184 80 82 46 80 PE (point d’éclair en ˚C) 73 71 43-72 46 30 36 78 43 31 27 –22 70 –11 –20 –30 –9 Substance LIE (en %) 0.2 1.1 1. il est difficile de garantir qu’il n’existe aucune zone explosive.5 Processus accidentel résulte de la combustion rapide.4 LSE (en %) — 8 5 5.4 11 7.3 1. Cette réaction se passe donc en phase vapeur ou aérosol.1 1.6 0.4 6 6.9 8 50 11. car elle est possible avec les combustibles à condition qu’ils soient dispersés dans l’air. C’est cette dernière qui constitue la situation dangereuse.

4 13 42 31 25 16 17 100 19 20 60 75 44 41 11 36 Essence Butane Éther éthylique Dioxanne Tétrahydrofurane Acétate d’éthyle Diméthylformamide Acétylène Acétate de vinyle Acétone Diméthylsulfoxyde Acroléine Acrylate de méthyle Acétonitrile Acrylonitrile Oxyde d’éthylène Éthanol Acide acétique Acétaldéhyde Hydrogène Sulfure d’hydrogène Cyanure d’hydrogène Bromoéthane Méthanol 86 .6 2.5 15.2 2.8 3 3 3 3.7 LSE (en %) 7.3 4 4 4 4 6 6.5 Processus accidentel Substance Eb (point d’ébullition en ˚C) 38-204 –1 35 101 66 77 152 –83 72 56 189 52 80 82 77 10 78 118 21 –252 –60 26 38 64 PE (point d’éclair en ˚C) –43 — –45 12 –14 –4 57 — –8 –20 95 –26 –3 2 0 –18 12 39 –37 — — –17 — 11 LIE (en %) 1.5 2.0 2.8 1.7 6.4 1.2 • Théorie du risque chimique 2.8 11.6 8.9 2 2 2.6 2.4 36 22 11.2 81 13.6 2.8 2.

mais aussi leur stabilité dans l’air. Ces chiffres doivent être pris avec prudence. qui détermine la surface réactive pour un poids donné. Ce point a été développé dans un ouvrage précédent1. Les limites inférieures d’explosivité sont établies en mg/m3.1 1 On considère qu’au-delà d’un diamètre de 100 microns le risque d’explosion reste très faible. Elle est en fait en relation avec la concentration stœchiométrique.5 Processus accidentel Substance Eb (point d’ébullition en ˚C) –19 –25 40 –33 PE (point d’éclair en ˚C) — — — — LIE (en %) 7 8. Guy Gautret de La Moricière.1). compte tenu de la formule chimique du combustible et de la teneur en oxygène de l’air.1 13 15 LSE (en %) 73 17. Dunod. ni le point d’éclair. Leur détermination est assez délicate à réaliser. 87 . mais ne présentent pas la même précision qu’avec les vapeurs. c’est-à-dire celle qui donne une combustion totale. Vitesse de sédimentation en mètres par heure 1 000 100 10 2. Le tableau suivant montre les vitesses de sédimentation de particules solides en fonction de leur diamètre. Tout au plus peut-on se référer à une granulométrie médiane. car un nuage de poussières n’a jamais une granulométrie homogène. Guide du risque chimique (ch. Le tableau suivant montre quelques exemples de ces valeurs. par ordre croissant.4 22 28 Formaldéhyde Chlorométhane Dichlorométhane Ammoniac Ce tableau montre que ni le point d’ébullition. dans la mesure où l’on a pu réaliser une métrologie.5 0. Diamètre particulaire en microns 100 50 10 5 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La sensibilité des aérosols solides à l’explosion est fonction de leur granulométrie. ne laissent présumer de la LIE. 1.2 • Théorie du risque chimique 2. 4.

5 Processus accidentel Combustible Anhydride phtalique Hexaméthylènetriamine Polystyrène Stéarate de zinc Polyéthylène Résine époxydique Amidon Caoutchouc Polycarbonate Magnésium Nylon Polyuréthanne (mousse) Soufre Dextrine Acétate de cellulose Aluminium pulvérulent Sucre Aspirine cellulose Charbon Viscose Carboxyméthylcellulose Vitamine C Fer (réduit) Étain Résine urée formol Zinc LIE en mg/m3 15 15 15 20 20 20 25 25 25 30 30 30 35 40 40 40-140 45 50 55 55 55 60 70 120 190 385 460 88 .2 • Théorie du risque chimique 2.

Quelques moments après. brûlant sur tout le corps le salarié qui est tué sur le coup et blessant légèrement l’autre. Ainsi. Voici deux exemples d’explosion d’aérosols2 : EXEMPLE 1 : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. alimentaires ou agricoles. qu’ils soient cristallisés ou amorphes. Rappelons. ouvrier d’exécution. Une poudre. que des puissances caloriques et mécaniques considérables se développent lors d’une explosion. demande en général moins d’énergie que pour un incendie. le perçage. La plupart des produits chimiques solides sont disponibles sous forme de poudre. Poussières combustibles (ED 944). Parmi les opérations produisant des émissions de poussières de déchets. les étincelles générées par des décharges d’électricité statique sont suffisantes comme source d’ignition des atmosphères explosives. était occupé avec un autre salarié à vider les filtres. À partir d’environ 3 mètres du filtre qui était ouvert se trouvent des appareils de fabrication de dragées avec des rampes de chauffage à gaz qui fonctionnent durant le nettoyage des filtres. Il s’agit par exemple de traitements de surface tels que les dépôts par procédé électrostatique ou le sablage. Le salarié. Voyons comment se forment les nuages de poussières. La formation d’aérosol solide peut être le but recherché dans certaines opérations. etc. Enfin. 89 .5 Processus accidentel Pour que l’explosion puisse avoir lieu. âgé de 23 ans. il faut au préalable une présence de produit pulvérulent. Cette mise en forme est par contre non désirée dans le traitement mécanique des matériaux. 2. ils ouvrent successivement les extrémités des filtres pour en évider les contenus de résidus de sucre et les recycler dans le processus de fabrication. l’exemple le plus banal étant celui du bois. qui sont en bout du système d’aspiration des poussières de sucre de l’atelier de fabrication de dragées. en forme de chaussette. En dehors des sources classiques. Le système d’aspiration est remis en marche sans raison de service et un nuage de poussière de sucre se répand dans cette partie de l’atelier. de l’atomisation. il est très probable qu’une partie du nuage atteindra la LIE. tel que le sciage. il faut d’abord qu’un nuage de poussière se forme. tant soit peu mise en mouvement. il ne faut pas perdre de vue le domaine des déchets. qui est l’événement déclencheur. il existe de nombreuses sources d’électricité statique. 1. mettant le feu. il faut citer en particulier la circulation des liquides ou solides pulvérulents dans des canalisations non conductrices. des filtres. etc. le ponçage. 2.2 • Théorie du risque chimique 2. citons la maintenance des gaines de ventilation. Dans l’utilisation des produits chimiques. Le transport pneumatique est aussi largement utilisé dans le transfert de grandes quantités de produits chimiques. La source d’ignition d’une explosion. c’est-à-dire tout ce qui relève du broyage. Hors mise en œuvre des produits utilisés. si cela est nécessaire. Gaz et vapeurs (ED 911) et Les mélanges explosifs. le balayage et tous les nettoyages d’équipements en général qui contiennent des dépôts pulvérulents. dont une grande partie se présente sous forme pulvérulente. telles que le frottement de matériaux non conducteurs. Nous renvoyons nos lecteurs à des ouvrages spécialisés pour approfondir ce sujet1. une explosion se produit. Si la granulométrie comporte suffisamment de particules fines (< 100 microns). du concassage. Extraits de la base EPICEA de l’INRS. produit de la poussière d’autant plus stable qu’elle est fine. Pour cela. la présence de poussières peut venir de la mise en forme pulvérulente volontaire. Nous conseillons par exemple deux brochures de l’INRS : Les mélanges explosifs. Pour qu’il y ait poussières.

observables dans différents laboratoires. Le deuxième exemple illustre très bien l’enchaînement de dommages de gravité croissante.5 Processus accidentel EXEMPLE 2 : La victime. L’ensemble de l’installation s’est enflammé. la pratique sportive. lorsqu’une décharge d’électricité statique au niveau du convoyeur a provoqué l’inflammation du nuage de colle pulvérisée par le pistolet de la chaîne d’encollage. Ce maintien dans une atmosphère dangereuse a entraîné l’intoxication des deux salariés. dont la victime. Par suite de l’incendie. etc. du dioxyde de carbone. un gaz peut donc occuper jusqu’à dix pour cent de l’air avant de créer un risque d’hypoxie. notamment le fût de 200 kg de colle en réserve dans l’atelier. 90 . la VLEP la plus élevée que l’on rencontre est la VLE de l’éthanol à 5 000 ppm. Cela veut dire que les atteintes à la santé interviendront bien avant l’hypoxie. qui se sont mis à projeter le feu en fouettant dans l’air. puis en anoxie. dont une perte de connaissance. il provoque des troubles graves. le calcul serait le même. d’une ouverture intempestive. d’une rupture. à savoir que dès une concentration d’environ 15 %. coincés au fond de l’atelier. une importante fumée toxique s’y est dissipée. appelé « effet dominos ». Supposons par exemple que l’on introduise du dioxyde de carbone à concurrence de 10 % d’un volume donné. À condition qu’il soit inerte.2 • Théorie du risque chimique 2. si n’intervenait pas d’abord la toxicité. conduisant rapidement à un décès par asphyxie. de l’hélium et des autres gaz rares. Une personne respirant cet air va se trouver en hypoxie. Pour les vapeurs. comme l’état de santé. L’air normal contient environ 21 % d’oxygène et 79 % d’azote. L’hydrogène. Cette composition peut être modifiée par la présence de gaz ou de vapeurs. La manipulation de touries d’azote liquide. un ouvrier spécialisé âgé de 28 ans. eau exceptée. On considère que la zone de sécurité va de 19 % à 25 % d’oxygène. d’un renversement. et de la dégradation du stock de mousse polyuréthanne présent dans l’atelier. C’est le cas de l’azote. Dans le cas de la sous-oxygénation. bien qu’on ne lui connaisse pas de toxicité. Deux salariés. etc.5 %. soit 0. une canalisation. dans l’industrie chimique notamment. mais ces chiffres sont très dépendants de facteurs individuels. Les teneurs en oxygène et azote vont respectivement descendre à 19 % et 71 %. avant que ne se manifestent ceux de l’anoxie. Le dioxyde de carbone a un effet particulier. crée ce type de situation dangereuse. Ce risque est souvent oublié dans les analyses parce que l’habitude est de partir des agents chimiques présentant un danger. ont dû relever le rideau métallique pour sortir du bâtiment. la situation dangereuse peut se présenter de plusieurs façons : Présence d’un stock de gaz inerte : Il peut être contenu dans une bouteille sous pression. L’événement dangereux partira d’une fuite. m Sous-oxygénation La sous-oxygénation est un manque partiel ou total d’oxygène dans l’air. En effet. travaillait sur une chaîne d’encollage automatique de 1986. un réservoir cryogénique. qui ont dû être hospitalisés et gardés en observation. etc. L’explosion produite a désolidarisé les tuyaux souples d’alimentation des pistolets. tels que le néon ou l’argon. de même que la pratique de l’inertage de cuve. présente un tel risque d’explosion qu’il n’est pas envisagé dans le cadre de la sous-oxygénation.

Ce scénario se rencontre dans la chaudronnerie et dans la construction navale. Ce type d’accident est toutefois relativement rare. excavation. Mais il est aussi d’usage de pénétrer ces volumes pour y exécuter des opérations de maintenance. La situation dangereuse est donc liée à la présence de ces matières organiques. Mais la pollution peut aussi provenir d’un appareil de chauffage en dysfonctionnement. Extrait de la base EPICEA de l’INRS. opérateur de fabrication. Auparavant. – Inertage : Il est d’usage. Encore faut-il pouvoir imaginer un manque d’oxygène et. Elle est 1. local. Ainsi une combustion sans flamme. pour ce faire. qui est progressivement remplacé par du dioxyde de carbone. Des masques filtrant l’ammoniac sont également à disposition mais n’ont pas été utilisés et n’étaient pas adaptés à la situation. est un véritable piège mortel. car il s’était trouvé incommodé. – Fermentation : La fermentation de matières organiques. essentiellement ferreux.2). L’expérience met en évidence les facteurs suivants : – Combustion : Une combustion consomme nécessairement de l’oxygène. Ce collègue avait voulu récupérer un couvercle de boîte tombé inopinément dans la cuve. comme le montre cet exemple1 : La victime. – Oxydation : L’oxygène de l’air peut être consommé par l’oxydation de métaux. réacteurs ou réservoirs. dans un espace mal ventilé. Elle a été asphyxiée et a perdu connaissance. 91 . un autre collègue avait tenté de récupérer le couvercle mais était remonté rapidement. d’introduire de l’azote dans de grandes cuves. initiée par un point chaud. tunnel. Elle a voulu secourir un collègue en contrat de qualification BTS Maintenance qui était sans connaissance dans la cuve. Si l’atmosphère d’un tel volume n’est pas rendue respirable avant toute intrusion. également asphyxié par le manque d’oxygène. non déjà oxydées. a pénétré dans une cuve de fermentation utilisée pour la fabrication de ferments lactiques.5 Processus accidentel Génération de gaz inerte : Cela concerne principalement le dioxyde de carbone en cas de réaction imprévue. quels événements en seraient responsables. Certaines réactions chimiques peuvent aussi générer de l’azote gazeux. Les événements dangereux correspondants sont ceux qui ont déjà été évoqués pour les réactions dangereuses (paragraphe 2. Une canne est à disposition pour retirer les objets de la cuve mais n’a pas été utilisée. l’accident est inévitable. mais aussi par du monoxyde de carbone si la combustion est incomplète. sans que l’on s’en aperçoive. La baisse de la concentration qui en résulte n’est sensible qu’en espace confiné et en présence de surfaces neuves. comme pour le risque de toxicité aiguë. pour éviter les atmosphères explosives. La victime a repris connaissance en sortant de la cuve. provoquée par des micro-organismes. etc. qui réalisent de grands volumes clos avec des tôles d’acier neuf. âgée de 40 ans.5.. peut générer du dioxyde de carbone quand elle est aérobie et du méthane ou du sulfure d’hydrogène quand elle est anaérobie. Pénétration dans une atmosphère sous-oxygénée : La situation dangereuse est alors constituée par l’espace confiné : enceinte. De l’air comprimé est injecté par le haut et le bas de la cuve pour la purger. souterrain. L’alerte est donnée. le collègue seulement à l’hôpital. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La victime et son collègue auraient recommencé à bouger avant l’arrivée des pompiers. par exemple d’un acide sur un carbonate.2 • Théorie du risque chimique 2. la cuve étant en atmosphère saturée en azote (sans oxygène).

2 • Théorie du risque chimique 2. céphalées. Des substances possèdent un effet corrosif renforcé par une capacité accrue à la pénétration percutanée. des irritations. une rapide perte de connaissance intervient à partir de 500 ppm. ou sur le métabolisme sanguin. en particulier halogéné. le décès survient de façon très rapide. comme beaucoup de solvants. capables de ronger la peau assez profondément. citons le brome. Parmi celles-ci. l’acide monochloracétique et l’acide fluorhydrique. en plus des dommages cutanés. Brûlure chimique : En fonction de la corrosivité de l’agent chimique et de la durée du contact. 2. dont l’utilisation se rencontre dans beaucoup de domaines.5.3 Dommages Ceux-ci peuvent être inventoriés par la synthèse suivante. Mais il faut également l’envisager dans des travaux de fouilles et d’excavation. selon qu’elles agissent sur le système nerveux central. Notons qu’une simple goutte de produit corrosif peut provoquer des graves atteintes à l’œil. en raison du passage rapide dans le sang par voie percutanée. établie après consultation des bases de données sur les accidents du travail : m Dommages provoqués par un contact cutané massif Effets réversibles : Le premier stade de l’atteinte à la peau se manifeste par des rougeurs. tels que nausées. l’apparition de boutons et d’eczéma. L’acide fluorhydrique. perte de connaissance et mort. m Dommages provoqués par une inhalation massive L’intoxication aiguë commence par de simples malaises. de troubles du rythme cardiaque et de modifications tensionnelles. Quant au sulfure d’hydrogène (H2S). vertiges. car l’historique des terrains n’est pas toujours bien connu. Aux concentrations supérieures à 1 000 ppm. d’un œdème pulmonaire. est un toxique insidieux. troubles de la vue et de l’équilibre. Effets toxiques généraux : Une forte exposition cutanée à un solvant. Elle peut aller jusqu’à la suffocation.5 Processus accidentel évidemment prévisible dans les installations où l’on provoque la fermentation. en quelques minutes. car même quand les dommages cutanés sont relativement modérés. telles que les stations d’épuration. provoque. comme pour les « poisons » tels que le cyanure d’hydrogène ou le monoxyde de carbone. des effets similaires à une intoxication respiratoire. Ces effets cessent après suppression de l’exposition et élimination de l’agent. Elles peuvent laisser des séquelles visibles. les effets sur le métabolisme du calcium osseux sont redoutables et même mortels. des dégradations de l’épiderme et du derme peuvent intervenir. Les mécanismes de l’intoxication sont différents selon les substances. suivie d’un coma parfois convulsif accompagné de troubles respiratoires (dyspnée et cyanose). 92 .

les fumées abondantes sont à l’origine d’irritation des yeux et des voies respiratoires. rapidement très graves en raison de la sensibilité des muqueuses. Il génère ensuite beaucoup de gaz et de vapeurs qui peuvent être toxiques. à de grandes distances. Mais lorsqu’elle se produit dans un récipient. accidents de circulation. elle provoque sa rupture brutale en envoyant des projectiles. des irritations et des brûlures. peut se manifester très rapidement en fonction de la concentration. voire d’autres explosions. On sait que des troubles graves interviennent avec cette substance sur l’homme dès 2 000 ppm et que la concentration létale (CL50) par inhalation pour les souris est de 24 850 ppm en 30 min. ainsi qu’un manque de coordination des mouvements. m Dommages provoqués par une ingestion accidentelle © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Elle s’accompagne généralement d’une expansion de flammes et de gaz brûlants. le risque d’intoxication aiguë s’ajoute à tous ces effets. Enfin. surtout s’ils se produisent après le temps de travail. des nausées. Il consomme aussi de l’oxygène. produisant eux-mêmes des brûlures et des départs d’incendies.5. un effet narcotique.5 Processus accidentel Pour fixer les idées. qui peuvent être lourds et acérés. À moins de 10 % apparaissent une fatigue anormale. blessures. Comme dans les incendies.2 • Théorie du risque chimique 2. en raison de l’effet de surprise. pouvant aller jusqu’à une suffocation. plusieurs centilitres. Ensuite peuvent suivre des effets d’intoxication générale par assimilation au niveau de l’estomac et de l’intestin. De même. La voie digestive est d’abord sensible au contact direct des produits avalés. Le premier effet est le souffle. selon les propriétés des produits en cause. on observe une augmentation du rythme respiratoire et du pouls. qui projette objets et personnes à proximité. Il est alors responsable d’autres types d’accidents : chutes. des convulsions se produisent. donc les personnes qui n’ont pu s’échapper sont victimes de brûlures thermiques de toutes gravités. m Dommages provoqués par l’anoxie Lorsque la concentration en oxygène dans l’air est entre 12 et 16 %. m Dommages accidentels indirects par incendie ou explosion Un incendie produit d’abord beaucoup de chaleur. le sujet devient inconscient.2 qui montrait que deux litres de dichlorométhane évaporés dans un local de 20 m2 générait une concentration de 15 000 ppm. créant ainsi un risque d’anoxie. des vomissements et des pertes de conscience. etc. reprenons l’exemple du paragraphe 2. À moins de 6 %. 93 . comme en présentent nombre de solvants. la respiration s’arrête. puis le cœur quelques minutes après. Une explosion cause toujours de graves dommages humains et aux installations. Une ingestion accidentelle de produit chimique est souvent d’un volume non négligeable. Ces accidents ne sont pas toujours mis en relation avec l’exposition aux solvants. Certains toxiques agissent à des doses si faibles qu’une simple contamination des aliments peut provoquer une intoxication. On peut avoir.

la puissance de cette méthode. en général au niveau des choix stratégiques de l’organisation concernée.4 Arbre des causes L’arbre des causes est une méthode d’analyse d’accident mise au point par l’INRS il y a plusieurs décennies. Elle n’a rien perdu de son opportunité et son utilité s’est vue renforcée par l’émergence de la notion d’évaluation des risques dans les réglementations. Une fois l’ensemble des causes identifiées. le schéma ci-dessus montre bien que la suppression d’une cause de rang n élimine toutes les causes en aval qui en dépendent. m La méthode Cause C de rang 2 Cause A de rang 1 Cause D de rang 2 Dommage final Cause E de rang 2 Cause B de rang 1 Cause F de rang 2 Figure 2. résumée au paragraphe 2.2 • Théorie du risque chimique 2. En effet. il est indispensable de faire une bonne analyse de ceux qui se sont malgré tout produits. sachant qu’il peut y en avoir une comme trois ou quatre. En réitérant ce raisonnement élémentaire à chaque cause identifiée. on construit un enchaînement de causes de plus en plus ramifié. en commençant par les plus hautes dans la hiérarchie. des « presque accidents » ou de simples incidents. nécessaires et suffisantes.5.2.1. 94 . sur quelques exemples. constat qui rendrait cet arbre infini ! Le bon sens dicte à quel rang il faut s’arrêter. Il est toujours possible de trouver une cause à une cause. ce qui est déjà beaucoup. il ne reste plus qu’à trouver les moyens d’éliminer chacune d’elles.12 – Principe de l’arbre des causes La méthode consiste à partir du constat du dommage final. Il n’est cependant pas inutile de rappeler les bonnes pratiques de la méthode de l’arbre des causes. qu’ils soient des accidents. à côté d’une méthodologie prédictive des dysfonctionnements. pour identifier ses causes immédiates. c’est-à-dire étant à l’origine des situations et des événements dangereux possibles dans le domaine étudié. Il s’avère en effet qu’elle constitue un puissant outil de repérage des facteurs « premiers ». C’est d’ailleurs en appliquant cette méthode à un grand nombre d’accidents liés aux produits chimiques que nous avons élaboré le modèle sur lequel repose notre méthodologie. à l’instar d’un arbre généalogique. Ainsi. Nous allons voir.5 Processus accidentel 2.

Le port de gant n’est alors qu’une des possibilités de solution. De même. car elle est souvent mal appliquée. qu’il ne faut pas mettre en avant. en présence du responsable de la station d’épuration. 95 . il vaut mieux dire soit « des vapeurs sortaient par l’ouverture de la cuve ». Cela facilite en outre le respect des deux règles précédentes. mais applicable à tout dysfonctionnement. Relation des faits : À 10 h 30. Il constate alors la présence de vapeurs et se trouve rapidement pris de suffocation. puis transféré à l’hôpital par les pompiers appelés par la suite. ni même aux accidents. mais pas l’absence de gants. L’efficacité de la méthode tient à ce que les conclusions sont logiques et non pas intuitives. La victime s’est par la suite rétablie sans séquelles. du type « il était trop… il semblait…. Inversement. mais seulement des problèmes. Les produits sont dans des citernes mobiles et le transfert se fait par pression à l’aide d’un compresseur. c’est-à-dire que l’arbre doit être construit à partir de faits établis. cette méthode ne doit pas servir à identifier des fautes. plutôt que de dire « il n’y avait pas de couvercle sur la cuve ». la vraie cause d’une brûlure aux mains est le contact avec un produit qui fuit. soit « le couvercle avait été déposé ». comme dans beaucoup de décisions. elle n’a pas le succès escompté. Ces formulations induisent une mesure de prévention. animée par un garant de la méthode. Il est secouru par le technicien. Dans la pratique. à ne pas confondre avec des opinions ou des jugements. – L’arbre des causes et l’enquête qui précède doivent être élaborés par une équipe pluridisciplinaire. m Exemples d’arbres des causes Étude de cas 1 : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. en s’attachant à repérer les écarts et les états inhabituels. ». un camion d’une entreprise de distribution de produits chimiques arrive dans l’entreprise de traitement de surface cliente. Les opérations de raccordement sont opérées.2 • Théorie du risque chimique 2. comme d’habitude. car l’état standard d’un individu implique les mains nues. I1 doit livrer 3 000 1 de lessive de soude et 2 500 1 d’acide chlorhydrique dans les cuves de stockage. qui en fait son universalité. elle conduit automatiquement à une pluralité de causes. Avant de construire un arbre des causes. il aurait dû…. Ainsi.5 Processus accidentel Cette description courte de la méthode montre bien sa simplicité. le chauffeur va vérifier le remplissage de la citerne d’acide se trouvant à l’intérieur du local. par exemple. Il faut dire « la température était de l’ordre de 120 ˚C et la consigne était de 90 ˚C » au lieu de « la température était trop élevée ». il faut d’abord recueillir le maximum de faits avec précision. Cependant. Cette démarche collective est indispensable pour obtenir un consensus sur les mesures à prendre. excluant ainsi le réflexe simpliste de la cause unique des faits. D’autre part. etc. qui n’est pas forcément judicieuse. – La méthode est rigoureusement factuelle. c’est certainement la règle la moins respectée. – Il faut éviter toute négation suggérant un écart. Il existe en effet trois points clés qu’il ne faut absolument pas négliger pour en tirer le meilleur parti. qui seront d’autant mieux appliquées. comme « il ne portait pas son casque » ou « il n’y avait pas d’extincteur ». ces deux faits étant plus précis. car elle n’est évidemment pas réservée au risque chimique. Comme le débit lui paraît faible.

– La ventilation ne concerne que les citernes dans l’atelier et il n’y a pas de ventilation générale.13 – Plan de la zone d’accident Schéma du poste de travail : ventilation air comprimé cuve mobile cuve HCl camion vanne marquée « HCl » Figure 2.2 • Théorie du risque chimique 2.5 Processus accidentel Une vérification. – Le couvercle de la cuve d’acide était simplement posé. sensée contenir de l’acide chlorhydrique. a montré que la citerne de livraison. puis reconnu. prévenu au téléphone. contenait en fait de l’hypochlorite de sodium (eau de Javel) suite à une erreur humaine au cours du chargement. – Il n’y avait pas d’étiquetage de la cuve mobile. D’où l’origine du nuage de chlore issu de la réaction de l’hypochlorite sur 1’acide chlorhydrique contenu dans la citerne fixe. chaux vannes camion bureaux station d’épuration Figure 2. 96 .14 – Coupe du poste de déchargement Recueil d’informations complémentaires après enquête : – Le bon de livraison mentionnait de l’acide chlorhydrique. – Il s’est écoulé 400 1 d’hypochlorite. puisque la cuve est toujours en légère dépression. rapidement faite. Cela a été d’abord nié par le fournisseur. Schéma de l’environnement : porte NaOH javel HCl bisulfite .

Arbre des causes établi dans l’entreprise : erreur au chargement confiance au chauffeur de l’acide a été commandé acide sur le bordereau de livraison hypochlorite dans la cuve du camion contenu identifié comme acide délai de détection de l’incident introduction d’hypochlorite dans l’acide incident de dépotage quantité versée importante émission massive de chlore cuve de stockage dans la station vérification du niveau couvercle soulevé chlore dans la station chauffeur dans la station intoxication au chlore Figure 2. car certaines n’ont pas joué de rôle direct dans l’apparition de l’accident. – L’arbre a bien été établi sans négations. comme le défaut de marquage des cuves de transport. 97 . – Toutes les observations ne sont pas reprises dans l’arbre. Le technicien de la station d’épuration avait un masque adapté et s’en est servi. Le chauffeur n’avait pas de masque.2 • Théorie du risque chimique 2. Le chlore a détruit le pupitre de pilotage de la station. par rapport à un non-port de protection respiratoire qui venait à l’esprit au départ. contrairement aux observations figurant dans le rapport d’enquête.5 Processus accidentel – – – – Il n’y a pas de contrôle des produits livrés.15 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – Les causes en grisé sont celles qui feront l’objet de mesures de prévention. Remarques sur l’arbre des causes : – La méthode met bien en évidence l’importance de l’erreur d’identification de produit.

Le lave-œil était placé dans le couloir menant au laboratoire. L’étiquette du flacon mentionnait les informations de sécurité suivantes : R11 : Facilement inflammable R36/38 : Irritant pour les yeux et la peau S9 : Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé S16 : Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles. à l’intérieur de la sorbonne où est monté son appareil. Le carbonate de diméthyle se décompose en présence d’eau en méthanol et dioxyde de carbone. car elle sortait d’une réunion. Le flacon était entamé. un petit jet de liquide s’échappe de l’ouverture et atteint un œil de la technicienne.2 • Théorie du risque chimique 2. Arbre des causes établi dans l’entreprise : Produit hydrolysable avec formation de gaz Prise d’humidité 1 Pression interne Mode opératoire Produit irritant 3 ans de stockage 2 Projection de produit 3 Lésion oculaire 5 Besoin pour la réaction Ouverture rapide du flacon Contact oculaire 4 Flacon bouché et étiqueté Travail manuel délicat Yeux à proximité Figure 2.16 – Arbre des causes d’accident au laboratoire 98 .5 Processus accidentel Étude de cas 2 : Relation des faits : Dans un laboratoire de recherche. Elle aura une légère lésion oculaire. La technicienne avait oublié de remettre ses lunettes de protection. Ne pas fumer. Elle va chercher le flacon au local de stockage et s’apprête à l’ouvrir sur la paillasse. mais sans séquelles après les soins dispensés. Le réactif était en stock depuis 3 ans. Elle cherche aussitôt un lave-œil. une technicienne chimiste doit lancer une réaction dont l’un des réactifs est le carbonate de diméthyle. Elle dévisse le bouchon du flacon et. à cet instant. qu’elle va trouver au bout de deux minutes. Recueil d’informations complémentaires après enquête : Le flacon était en surpression.

17 – Schéma d’installation de chimie fine Recueil d’informations complémentaires après enquête : Une explosion a précédé le jet de flammes. au moyen d’une pompe doseuse. Étude de cas 3 : Relation des faits : Dans un atelier de chimie fine. Mais 15 min après le début du transfert. malgré son apparente évidence. des flammes fusent par le plan de joint du couvercle et atteignent l’opérateur qui s’enfuyait. La victime a été gravement brûlée dans le dos et intoxiquée par les gaz de combustion. Le réactif.5 Processus accidentel Remarques sur l’arbre des causes : – Ni l’étiquette ni la FDS. Ensuite on ajoute lentement l’imide préparée en solution dans le chloroforme avec un activateur. consultée après coup. on réalisait la fabrication d’une amine secondaire par réduction d’un imide au borohydrure de sodium. ne mettent en garde contre le risque d’hydrolyse. Cela n’empêche pas la mesure d’être indiquée pour la cause n˚ 4. Schéma de l’installation : évent condenseur Disque de rupture Imide + activateur © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. L’opérateur était nouveau à ce poste. en suspension dans du chloroforme. Le disque de rupture a sauté.2 • Théorie du risque chimique 2. 99 . l’opérateur entend une explosion dans le premier réacteur. – La cause « ne portait pas de lunettes de protection » ne figure pas. Aussitôt après. au reflux du chloroforme. comme convenu. Borohydrure + CHCl 3 Réacteur Pompe doseuse Figure 2. est d’abord introduit dans le réacteur. – Les causes numérotées de 1 à 5 sont celles qui sont retenues pour une mesure de prévention. Seule la bibliographie et la formation peuvent amener à l’imaginer. La réaction avait été conduite 21 fois sans incident. La réaction est conduite dans un réacteur équipé d’un condenseur vertical pour le reflux de solvant. L’addition se fait en 8 heures. dans un autre réacteur.

18 – Arbre des causes d’un accident de process chimique 100 . Arbre des causes établi dans l’entreprise : Réglage de pompe modifié Opérateur nouveau 1 Débit de réactif très supérieur à la consigne 2 Délai de démarrage de la réaction Réaction exothermique Accumulation de réactif non réagi Emballement de la réaction 3 Dégagement rapide d’hydrogène et de diborane Évent de diamètre 50 mm Montée rapide en pression 4 Éclatement du disque de rupture Décompression brutale et arrivée d’air dans le réacteur 5 Milieu réactionnel à 65 °C Auto-ignition du diborane Ignition de l’hydrogène Surpression Pilotage à vue 6 Fuite au couvercle Jet de vapeurs en flammes Opérateur à proximité du réacteur Opérateur brûlé gravement Figure 2. La pompe doseuse est réglable par de simples repères. Une odeur de chloroforme a précédé l’explosion. La réaction dégage de l’hydrogène avec des traces de diborane. Il y avait une alarme de température dans le condenseur. La température d’auto-ignition du diborane est de 40 ˚C. La pompe doseuse était réglée pour une autre réaction. qui n’a pas fonctionné.5 Processus accidentel Le débit de coulée était 7 fois plus rapide que la normale.2 • Théorie du risque chimique 2.

elles deviennent principalement du type organisationnel. Il demande une bonne équipe pluridisciplinaire.5 Estimation du risque accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 101 . ce qui fait qu’on l’a prise pour la conséquence de l’explosion et non pas pour la cause. En final. L’estimation du risque accidentel est une étape de l’analyse encore plus indispensable que dans le processus chronique. car l’emballement de la réaction est passé inaperçu. Son explication est venue de la découverte de la formation de diborane et de la rupture du disque. Elle s’appuie toujours sur deux variables. étant placé au niveau du condenseur. n’a pas montré de montée significative en raison du reflux. m Conclusion Chaque arbre montré ici est issu du travail collectif d’un groupe particulier. Le contrôle de température. Norme ISO 14121-1-2007 . en raison du nombre d’événements dangereux que l’on est amené à envisager. Les principes en sont repris au paragraphe 5. Rappelons que cette règle est commune à tous les types de risques accidentels.5. Ces exemples montrent bien la multiplicité des causes de tout accident ou incident. c’est le management qui est en cause. différents selon la nature du dommage. ce qui ouvre un choix de mesures de prévention beaucoup plus large que celui qui résulte de la seule intuition. qui dépendent elles-mêmes de beaucoup de facteurs.5 Processus accidentel Remarques sur l’arbre des causes : – Un tel arbre est long à construire.2. 2. le bruit de cette rupture s’est confondu avec celui de l’explosion. décrites au paragraphe 5. qui vise les accidents sur équipements de travail. – Cet arbre des causes a été très riche en enseignements pour la sécurité des process en général.2.2. – La survenue d’une explosion a été difficile à expliquer au départ. cite les facteurs déterminants (chapitre 7. Ce n’est que le signalement de l’odeur de chloroforme qui a conduit à cette hypothèse. la gravité et la probabilité du dommage. Dès que l’on remonte un peu dans la hiérarchie des causes.2) : 1. Ce point est fondamental et le nier condamne à terme toute démarche de prévention à l’échec.Sécurité des machines – Principes pour l’appréciation du risque. En effet. une enquête minutieuse et des vérifications d’hypothèses.2.2 • Théorie du risque chimique 2. Mais la logique de la méthode fait que l’on arrive toujours aux mêmes conclusions et aux mêmes choix de principe des mesures de prévention. Tout autre groupe aurait abouti à un arbre différent. du moins si on l’applique avec rigueur. – Les causes numérotées de 1 à 6 sont celles qui feront l’objet de mesures de prévention. car il n’y avait pas de source d’ignition présente. La norme ISO 141211. – La rupture du disque de surpression a aussi été difficile à expliquer. comme en témoigne le plan de prévention qui en a découlé.

on peut observer que tout peut arriver dans un accident. Le niveau de gravité concerne le dommage envisagé.19 – Relation entre gravité et probabilité d’un dommage donné 102 . Cela est dû au fait qu’il existe un lien étroit entre la gravité et la probabilité. notamment la nature des dommages. m Niveau de gravité Les dommages peuvent se situer sur une échelle de gravité assez classique quand ils sont corporels : – 1 = Dommage réversible . Nous allons examiner comment gravité et probabilité se déterminent en l’occurrence. mais en tenant compte de ses spécificités. – 2 = Dommage irréversible avec incapacité légère . – 3 = Dommage irréversible avec incapacité lourde .5 Processus accidentel LE RISQUE relatif au phénomène dangereux considéré est une fonction de LA GRAVITÉ du dommage possible pouvant résulter du phénomène dangereux considéré et de LA PROBABILITÉ D’OCCURRENCE de ce dommage – fréquence et durée d’exposition – probabilité d’occurrence d’un événement dangereux – possibilité d’éviter ou de limiter le dommage Cela peut très bien s’appliquer au risque chimique.2 • Théorie du risque chimique 2. Il est assez difficile à fixer sans respecter des règles de raisonnement. de l’absence totale de dommage jusqu’au décès. En effet. selon une variation classique que le schéma suivant synthétise : 10 9 8 7 probabilité 6 5 4 3 2 1 0 0 2 4 6 8 10 gravité Figure 2. – 4 = Décès.

que l’on appelle aussi exposition aiguë. En outre. il suffit de situer la gravité la plus fréquente pour l’événement considéré d’après l’historique et les statistiques disponibles ou. selon les caractéristiques du poste de travail. le caractère aléatoire de cet événement interdit tout calcul prédictif. Par exemple si un opérateur travaille sur 1 litre de solvant. pour des événements similaires. Ainsi la gravité du dommage sera fonction de la position de l’individu par rapport à la source du phénomène.2 montre que. 103 . Seule la quantité mise en œuvre permet une estimation relative. du nombre d’individus menacés. à défaut. la toxicité des substances formées est telle que le dommage le plus fréquent à considérer est le décès. de la dose susceptible d’être absorbée. la gravité s’estime comme celle d’une exposition chronique. la gravité du dommage ne dépend plus du niveau de danger de l’agent chimique.5. la gravité du dommage est à la fois fonction de la chaleur totale de réaction et du danger des substances volatiles formées.20 – Courbes de risque d’importances différentes © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. comme le montre le graphe suivant : !0 9 Importance du risque 8 7 Probabilité 6 5 4 3 2 1 0 0 2 4 6 8 10 Gravité Figure 2. Pour le risque lié à la réactivité. mais des circonstances et de l’environnement présents à l’instant du déclenchement. souvent. mais leur quantité est tout aussi influente sur cette gravité. La différence est que la dose reçue est unique et de durée relativement courte.2 • Théorie du risque chimique 2. de la possibilité de projection d’objets ou de produits chimiques. c’est-à-dire qu’elle est en rapport avec le niveau de danger et la dose reçue d’agent chimique. qui n’est que le déclencheur. Le tableau du paragraphe 2. cutané ou respiratoire. Dans la pratique. de son ampleur. Mais c’est une estimation qu’il faut traiter au cas par cas. de celle d’émanations massives. etc. plus que de celui des réactifs. c’est le positionnement de la courbe. même grossier. Quand le dommage chimique se produit par contact massif direct. la gravité d’un accident d’intoxication aiguë sera a priori inférieure à celle qu’engendre le travail sur 1 000 litres du même solvant.5 Processus accidentel Ce qui fait la différence d’importance des risques. Pour un risque d’incendie/explosion.

reprenons l’exemple du paragraphe 2. Rappelons d’abord ceux que cite la norme ISO 14121 : – La fréquence et la durée de présence en situation dangereuse. – L’importance des possibilités d’évitement. c’est presque toujours la mort qui est retenue comme dommage maximum dans ce type d’accident. déjà exploitée pour l’exposition chronique. Mais il est difficile. La détermination d’un niveau de gravité reste donc très intuitive. Comme la prudence veut que. on envisage le dommage le plus grave. ayant chacun leur propre probabilité.5. La probabilité du dommage. voire l’apnée. Néanmoins. il convient de distinguer l’incendie de l’explosion. l’esquive. En effet.2. certains facteurs accroissent ou réduisent le niveau de probabilité d’un événement dangereux. D’autre part. surtout pour un classement relatif. est une combinaison de toutes les probabilités intervenant à chaque étape. la mise à l’abri. Pour illustrer ce concept. dans le doute.5 Processus accidentel Pour imaginer le scénario. excepté en l’absence totale de produits inflammables. qui sont des gestes réflexes. un incendie laisse généralement beaucoup plus de possibilités d’évitement des dommages. Une gravité inférieure n’est envisageable que pour un travail sur de petites quantités (quelques cm3). Elle sera éventuellement fonction de l’importance du travail manuel dans le mode opératoire. il y a autant de probabilités finales que de variantes de scénarios. Étape Choc chariot/tuyauterie Desserrage des brides Fuite du liquide Contact liquide/opérateur Brûlure chimique Facteur influent Proximité entre le passage du chariot et la tuyauterie Qualité du serrage initial Présence de liquide sous pression Présence de l’opérateur sous la bride P1 P2 P3 P4 P = P1 ¥ P2 ¥ P3 ¥ P4 Probabilité Nous voyons en particulier qu’un déclencheur assez probable peut ne générer qu’un dommage assez peu probable. On retrouve ici la notion de durée cumulée. acquis par l’expérience et déclenchés 104 .2 • Théorie du risque chimique 2. et c’est la seule qui compte. la probabilité de survenue de l’accident est essentiellement fonction du scénario. telles que la fuite. mais doit être guidée par la prise en compte des paramètres que l’on vient d’évoquer. en vertu des lois statistiques. tel qu’une évacuation et une première lutte contre le feu. Rappelons que ce scénario est un enchaînement de faits élémentaires. m Niveau de probabilité Que l’accident envisagé soit de type exposition massive ou incendie/explosion. La gravité dépend aussi du nombre de personnes exposées. d’exclure le risque d’explosion.

2 • Théorie du risque chimique 2. 1. et effectué le rinçage de l’installation en rejetant le solvant directement dans un fût. L’exemple suivant illustre l’influence de l’inflammabilité sur la probabilité d’une explosion1 : « La victime est métallier dans une entreprise de métallerie-serrurerie. brûlant gravement l’opérateur au visage. souvent étudiés. Ces quelques points seront déterminants au moment du choix des mesures de prévention. comme en témoigne la base ARIA2 ou l’exemple n˚ 1 du paragraphe 2. » © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. soit par des avertisseurs ou signaux installés dans ce but. la probabilité d’une explosion est elle-même estimée à partir de certains facteurs. En outre. 105 . – la concentration probable des vapeurs dans l’air . Voir note 43. – le degré d’ouverture de l’installation. Lorsqu’il a rétabli l’air comprimé. leur probabilité va dépendre de la possibilité de rencontre de produits incompatibles d’une part et de la présence humaine d’autre part. Quant aux réactions imprévues. – le confinement du poste pour l’intoxication aiguë .5.4. – la pression des produits liquides ou gazeux . En particulier.5 Processus accidentel soit par la vue directe du dysfonctionnement. la moindre étincelle au niveau du bouchon du fût peut provoquer une explosion à température ambiante. Le solvant utilisé a un point d’éclair de 6 ˚C au lieu des 30 ˚C préconisés par le fabricant du pistolet . il ne faut pas sous-estimer l’importance des erreurs humaines dans le déclenchement des événements dangereux. une explosion s’est produite. qui agit aussi sur la probabilité en facilitant l’atteinte d’une concentration critique. Lors d’un essai de pulvérisation après une opération de rinçage d’un pistolet d’application de peinture électrostatique. Elles ont été reconnues dans de nombreuses catastrophes technologiques. Les moyens qui permettent de respecter ces conditions. L’exemple le plus connu des chimistes est celui des réactions de nitration. sont aussi déterminants sur cette probabilité. 2. – la distance homme-produit . que ce soit une VLEP ou une LIE . Extrait de la base EPICEA de l’INRS. – la volatilité et le point d’éclair pour le risque incendie/explosion . c’est-à-dire l’importance des surfaces de produit à l’air libre. La probabilité d’une réaction incontrôlée est fonction d’abord de son exothermicité. Ajoutons à ceux-ci les facteurs plus spécifiques du risque chimique : – la quantité de produit mis en œuvre. tels que : – le volume possible de l’atmosphère explosible . Ces erreurs sont d’autant plus probables lorsque les personnes sont soumises à des facteurs favorisants. – la présence possible de sources d’ignition. – l’inflammabilité du produit (en fonction de son point d’éclair) . le fonctionnement du dispositif électrostatique s’est rétabli automatiquement. souvent très précises. L’opérateur a semble-t-il oublié de couper le boîtier électrostatique. Nous en citerons quelques-uns : – le défaut de formation . mais surtout de la criticité de ses paramètres de fonctionnement.

Ces facteurs sont bien apparus dans les exemples d’arbres des causes du paragraphe 2. à la combinaison gravité-probabilité permettrait de démythifier l’importance de ces risques. etc. Le fait que l’on choisisse instinctivement l’ordre inverse s’explique en partie par l’idée rassurante que l’on maîtrise les événements dangereux en conduisant soi-même. En appliquant le tableau ci-dessus. on ne peut plus simple. en raison de craintes réflexes. est un des moyens les plus pratiqués pour cette cotation. Or le recours. Prenons l’exemple du risque d’accident lié à un transport motorisé et comparons l’avion et le véhicule personnel. En effet. La matrice de combinaison. En voici un exemple : Niveau de probabilité de survenue du dommage faible élevé Niveau de gravité du dommage moyen faible 2 1 1 moyen 3 2 1 élevé 3 3 2 L’échelle de 1 à 3 situe l’importance du risque d’accident. – le manque de planification des tâches . la peur du nucléaire. m Estimation finale du risque accidentel L’évaluation du risque accidentel se termine en situant son importance. – la surcharge mentale. dans l’opinion publique.5. c’est-à-dire le décès dans les deux cas. la peur des produits chimiques. certains risques sont maximalisés a priori. La détermination du niveau de probabilité reste. de facteurs culturels et affectifs. 4 ou 5 niveaux d’entrée.5 Processus accidentel – le défaut d’information . – l’absence de mode opératoire écrit et disponible . ainsi que les facteurs qui peuvent accroître ou réduire le niveau de probabilité. En termes de probabilité. le jugement des risques est empreint. qui est donc une combinaison des niveaux de gravité et de probabilité.4. en suivant une règle similaire à celle qui est utilisée pour le risque d’exposition chronique. elle aussi. C’est ainsi que l’on observe la peur de l’avion. à 3. mais le résultat est valide si l’on respecte une certaine logique.2 • Théorie du risque chimique 2. on trouverait un niveau 2 de risque pour l’avion et un niveau 3 pour le véhicule. Ce simple tableau offre en fait l’occasion d’une remise en cause de notre façon de juger les risques accidentels. la différence est énorme : des centaines de fois plus faible pour l’avion que pour le véhicule personnel. un signe de courage et de force de caractère ? Inversement. avec un niveau supérieur pour l’avion puisque le décès est collectif. – les défaillances de système de communication (technique ou humain) . très intuitive. dans l’histoire humaine. qui prend en compte un scénario précis. 106 . Envisageons le dommage maximum. La prise de risque n’est-elle pas. dans tous les domaines. souvent motivées par la part d’inconnu qui s’y attache.

Agent chimique Mode opératoire Phrase de risque Déclencheur Situation dangereuse Niveau de danger Événement dangereux Niveau de gravité Niveau de probabilité Importance du risque Figure 2.2 • Théorie du risque chimique 2. qui veut que la fréquence statistique d’un dommage particulier observée dans un très grand nombre d’événements mesure précisément sa probabilité de survenue. lequel nécessite d’inventorier d’abord tous les produits utilisés. les accidents du travail. Cela permet d’affirmer par exemple qu’en Europe occidentale. la santé publique. 2. puisque c’est un paramètre déterminant ? La réponse est dans la « loi des grands nombres ».6 Caractéristiques des méthodes existantes Mais comment bien estimer la probabilité d’un dommage. La deuxième étape concerne la recherche des expositions 107 . etc. la probabilité d’accident grave dans la production d’énergie est largement supérieure avec les combustibles liquides ou gazeux que par technique nucléaire. Elles existent dans beaucoup de domaines. Le schéma suivant résume la procédure complète de cotation du risque chimique accidentel.21 – Estimation du risque chimique accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. tels que les transports. L’inventaire des risques chimiques commence en général par un inventaire des dangers. Encore faut-il disposer de ces statistiques. les accidents de la vie privée.6 Caractéristiques des méthodes existantes Les méthodes d’analyse des risques chimiques que l’on peut trouver auprès d’organismes ou d’entreprises spécialisés dans les risques industriels s’appuient toutes sur la distinction entre danger et risque. Les approximations apparentes de cette méthode ne nuisent pas à un classement judicieux des risques par importance. le but final étant d’établir un plan d’action qui traitera tous les risques répertoriés.

une description des éléments suivants : Conditions d’exploitation : – les processus intervenant. Cette lacune a des conséquences évidentes sur le choix des mesures de prévention censées couvrir tous les risques présents. » La référence constante à la durée et à la fréquence montre bien que les rédacteurs parlent d’exposition chronique. – la durée et la fréquence des émissions de la substance vers les différents milieux environnementaux et les systèmes de traitement des eaux usées. ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . il est dit qu’un « scénario d’exposition » décrit la manière dont la substance est fabriquée ou utilisée.6 Caractéristiques des méthodes existantes des postes de travail et la démarche se termine par une évaluation des risques. En effet. On pourrait imaginer que les accidents du type expositions massives sont inclus dans les scénarios d’exposition. – les activités effectuées par les travailleurs dans le cadre des processus. Les étapes du cycle de vie découlant des utilisations identifiées couvrent. en dehors du risque incendie-explosion et des réactions chimiques dangereuses. il est tenu compte des émissions qui se produisent durant tous les stades pertinents du cycle de vie de la substance et découlent de la fabrication et des utilisations identifiées. 108 . qui d’ailleurs l’annonce clairement. qui ne prend que partiellement en compte le processus accidentel. Elle est pourtant assez fréquente. Le risque incendie-explosion est souvent traité dans une démarche distincte. un scénario d’exposition comprend. y compris la forme physique sous laquelle la substance est fabriquée. mais aussi dans le système REACH. Lors de l’estimation des émissions. selon des méthodes très variables. le règlement européen CE/1907/2006 n’a pas clairement envisagé le processus accidentel. le cas échéant. le cas échéant. Les étapes du cycle de vie découlant de la fabrication de la substance couvrent. l’étape de gestion des déchets. Cela est confirmé par le passage suivant : « L’estimation de l’exposition comporte trois éléments : 1) l’estimation des émissions . puisqu’on la retrouve dans la méthode INRS (ND 2233). – les activités des consommateurs. 3) l’estimation des niveaux d’exposition. 2) l’évaluation du devenir chimique et des voies de transfert . Dans son annexe I qui décrit les mesures de sécurité chimique incombant aux fabricants et utilisateurs. Il nous est apparu que l’ensemble de ces méthodes souffre d’une vision limitative du risque chimique. L’estimation des émissions est réalisée en admettant que les mesures de gestion des risques et les conditions d’exploitation décrites dans le scénario d’exposition ont été mises en œuvre. ainsi que les recommandations destinées aux utilisateurs en aval. le cas échéant.2 • Théorie du risque chimique 2. Mais il est précisé plus loin : « En particulier. la durée de vie utile des articles et l’étape de gestion des déchets. quand il n’est pas inclus dans le risque chimique. transformée et/ou utilisée . ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . ainsi que le facteur de dilution dans ce milieu récepteur de l’environnement.

ou la manipulation de produits. conducteur onduleuse et collerie. Dans le secteur du bâtiment. 109 . l’estimation repose essentiellement sur le niveau de danger de l’agent chimique. d’autre part. – une comparaison entre. entre dans ce cas. la signalisation. l’OPPBTP (Office paritaire de prévention du bâtiment et des travaux publics) propose le logiciel LARA pour les risques chimiques.2 • Théorie du risque chimique 2. alors qu’elle aidait un collègue pour une opération de maintenance sur une installation de dosage équipée d’un accumulateur gonflé à l’azote (pression : 1. a été atteinte aux yeux et au visage par des projections de soude. de transformation ou de réaction. les concentrations environnementales prévues dans chaque milieu de l’environnement et. Cela est logique et simple parce que concret. ainsi qu’à une estimation de la distribution et du devenir dans l’environnement. par exemple. ce qui est contraire à la définition même du risque et peut conduire à des erreurs graves. elle le fait à partir d’éléments de l’environnement de travail tels que la volatilité d’un produit. » Ainsi l’événement est cité. On peut citer pour preuve. Il est douteux qu’une projection d’une substance corrosive. Or le volet accidentel du risque lié à l’utilisation de produits chimiques. d’une part. L’intervention a été effectuée à l’aide d’une bouteille d’azote à 200 bars. d’autre part. la membrane de l’accumulateur a éclaté. d’une part. Suite à des dysfonctionnements du système de régulation. Un manomètre. un local de stockage.25 bar) pour régulariser le débit de soude. la base de données « EPICEA » de l’INRS sur les accidents graves ayant fait l’objet d’une enquête dans les CRAM. l’ouverture d’un récipient. situé à proximité de la victime. Quand l’estimation va plus loin en prenant en compte les conditions de mise en œuvre de l’agent chimique. les PNEC . a cédé sous la pression excessive envoyée dans l’installation. est loin d’être négligeable. » © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Au cours de cette opération. les DNEL pertinentes . Les deux opérateurs ont été atteints par des projections de soude. 1.6 Caractéristiques des méthodes existantes Il est procédé à une caractérisation des éventuels processus de dégradation. ouvrier. C’est pourquoi on retrouve ce principe notamment dans les logiciels développés pour l’évaluation des risques chimiques1. s’il en fallait. Dans la grande majorité des cas. 37 ans. indépendamment de l’aspect incendie-explosion. un mécanicien a été chargé de vérifier la pression de gonflage de l’accumulateur. La seule évocation du mécanisme accidentel intervient pour la caractérisation des risques : « La caractérisation des risques consiste en : – une comparaison entre. mais seulement pour les propriétés physico-chimiques. » Il est clairement fait uniquement référence aux événements habituels et prévisibles. – une évaluation de la probabilité et de la gravité d’un événement qui se produirait à cause des propriétés physico-chimiques de la substance. l’exposition de chaque population humaine dont on sait qu’elle est ou qu’elle sera probablement exposée et. En voici un extrait : « La victime. Une autre caractéristique des différentes méthodes disponibles réside dans la manière dont est estimé le risque.

ce qui ne peut être garanti. Son objectif est de quantifier chaque risque. les intervenants sont souvent amenés à ouvrir le système. Elle propose par exemple pour l’exposition par inhalation de tenir compte d’un score de volatilité. d’origine technique ou humaine. puis de chercher à réduire la cotation obtenue en agissant sur ses paramètres. d’un score de procédé et d’un score de protection collective. Cet outil a évolué par la suite pour aboutir à la « Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique ». Cependant.cram-mp. lorsque cela n’est pas prévu.2 • Théorie du risque chimique 2. par exemple en cas d’ouverture de couvercle pour un contrôle visuel. L’erreur d’estimation existe même dans le mode chronique. ou la fuite d’une vanne ou d’une pompe. nous proposons deux exemples. fréquence. dont la sécurité et la santé au travail sont la raison d’être. Note documentaire ND 2121-178 de l’INRS. Ce qui montre encore que les deux processus du risque chimique sont indissociables à tout instant. car les grandeurs que nous estimons sont bien la résultante de la présence de tous les éléments de l’environnement de travail. a été un des premiers à élaborer un outil d’évaluation des risques pour les produits chimiques. De même. Mais cette estimation suppose que la ventilation soit toujours en service. L’attribution des deux derniers scores se fait par comparaison du poste de travail avec l’un des quatre postes types décrits. par exemple en raison du bruit généré. L’exemple le plus banal est le bouchage d’une tuyauterie. Elle est caractérisée par l’utilisation de scores qui quantifient les différentes composantes du risque. 2. non prévu par le mode opératoire. Notre méthode aurait d’ailleurs prévu à ce poste un risque accidentel de défaut de ventilation. Pour bien expliquer le problème que nous soulevons ici. probabilité. ce qui est loin d’être négligeable. qui s’appuie uniquement sur des grandeurs (durée. sous le nom de méthode OSER2. n’est qu’apparente. un poste de travail sujet à émanations et équipé d’un captage enveloppant sera probablement classé comme peu exposant. Mais cette méthode comporte la même lacune sur le risque accidentel. Les méthodes évoquées ci-dessus attribuent à cette situation un facteur d’exposition négligeable et concluent donc à un risque faible. gravité). la relation de cause à effet n’est pas toujours garantie. Outil Simplifié d’Évaluation du Risque chimique. ce qui est bénéfique au développement de la prévention. Mais un incident intervenant sur une telle installation.htm 110 . Le niveau de gravité du risque chimique est calculé par la formule : GR = (A/B + C) ¥ D 1. L’INRS. L’expérience montre que les ventilations n’ayant qu’un caractère préventif sont assez souvent arrêtées. Il est vrai que la différence avec notre méthodologie. Supposons un procédé de fabrication d’un produit chimique dans une installation totalement close. concentration. souvent citée.fr/entreprises/ evaluation-risque-chimique. On retrouve cette impasse dans la méthode OPER@ (Outil de Première Évaluation du Risque chimique par l’Analyse de l’activité) développée par la CRAM de Bourgogne-Franche-Comté. en 20001. disponible sur http://www.6 Caractéristiques des méthodes existantes Nous allons examiner plus particulièrement trois méthodologies issues des organismes de la Sécurité sociale chargés de la prévention des risques professionnels. notamment dans les très petites entreprises. La méthode de l’INRS a été déclinée par la CRAM Midi-Pyrénées de façon plus conviviale.

1. Disponible sur le site www. – Le facteur B est une bonne exploitation de l’étiquetage. que nous résumons ainsi : Étape 1 : Organisation de la démarche L’employeur doit être à l’initiative de cette démarche. qui. La méthodologie générale qui y est décrite tient en quatre pages. www. Par contre. du caoutchouc et de la plasturgie le 23/06/04. elle a été votée par les partenaires sociaux en juin 2004. Évaluation du risque chimique. B représente la minoration de A qui peut être obtenue si tous les conseils de prudence mentionnés sur l’étiquette ou la fiche de données de sécurité sont respectés. dans laquelle : A est la somme des valeurs attribuées à chaque phrase R de catégorie A. C est la somme des valeurs attribuées à chaque phrase R de catégorie C.fr.risquesprofessionnels. recommandation n˚ R 409. bien que le terme d’intoxication aiguë ne figure pas. reprotoxique) des produits. c’est-àdire celles relatives aux dangers atténuables pour lesquels une protection efficace peut être mise en place (exemple : port de gants et de lunettes pour la manipulation de l’hydroxyde de sodium – soude caustique – à 5 %). la notion de danger « atténuable » est incompatible avec sa définition officielle. adoptée par le Comité technique national de la chimie. avec sa contrepartie en approximations. dépend beaucoup de facteurs inconnus des rédacteurs de l’étiquette. d’effets sur la santé. Elle propose six étapes.2 • Théorie du risque chimique 2. – Le facteur D est sans doute une intégration partielle du processus accidentel. – le degré d’automatisation de l’opération réalisée . eux. Ces phrases R caractérisent les effets CMR (cancérogène. Nous citerons pour finir une méthode qui possède un certain caractère officiel.ameli. mutagène. Cette méthode a l’avantage d’être simple et rapide. Le facteur D permet de prendre en compte l’exposition de l’opérateur en fonction des critères suivants : – la nature de la ventilation . participative et pluridisciplinaire. d’incendie ou d’explosion. Il est toutefois dommage de ne pas en faire autant des produits non CMR mais classés très toxiques. mais sa réalité montre qu’il est plutôt rare que les phrases S soient les mesures nécessaires et suffisantes pour réduire le risque.fr 2. – Le facteur C a le mérite de pointer les CMR et d’inciter ainsi à leur substitution. de brûlure. rappelons-le.cram-bfc. puisqu’elle est publiée par la CNAMTS sous forme d’une recommandation2 . Caisse régionale d’assurance maladie de Bourgogne-Franche-Comté. peuvent entraîner la mort en quelques minutes. Elle a suscité de notre part les remarques suivantes : – Le facteur A introduit bien le niveau de danger du produit chimique. 111 . Pour entrer dans les détails de son fonctionnement. qui. c’est-àdire celles relatives aux dangers non atténuables pour lesquels aucune protection n’est totalement efficace. – les risques d’asphyxie.6 Caractéristiques des méthodes existantes © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. il suffit de l’essayer sur le site de la CRAM1.

Étape 4 : Détermination de priorités d’étude Sur la base des résultats issus de la hiérarchisation des potentiels de risques (étape 3). Un classement par score de potentiel de risques décroissant permet de sélectionner les agents chimiques ou unités de travail pour lesquels l’évaluation des risques doit être conduite en priorité. cette partie se limite au recours à des principes généraux hiérarchisés. analyser. référencée ND 2233 (déjà citée). outre quelques données utiles. Étape 3 : Caractérisation et hiérarchisation des potentiels de risques En raison du nombre d’agents susceptibles d’être présents au sein de l’établissement. On retrouve cette tendance dans certaines méthodes qui ambitionnent de mettre la prévention du risque chimique à la portée de tous. certes bien fondés. La méthodologie décrite dans cette recommandation est.2 • Théorie du risque chimique 2. identique à celle que nous développons ici.6 Caractéristiques des méthodes existantes Étape 2 : Inventaire des agents chimiques et identification des classes de dangers Un inventaire exhaustif des agents chimiques présents et l’identification de leurs dangers sont les étapes initiales indispensables à l’évaluation des risques.4). d’outils performants. de formation. La démarche est possible soit par unité de travail. puis les risques liés à des événements accidentels. Les phrases de risque servent à attribuer les classes de dangers (de 1 à 5) pour chacun des aspects du risque chimique : santé. la plus importante. par les agents chimiques les plus dangereux et les plus utilisés (en quantité et en fréquence). notamment exploitable pour la rédaction du document unique. reprennent quasi intégralement pour illustrer la démarche la publication de l’INRS. soit par agent chimique. tels que l’on peut en trouver dans le Code du travail (voir paragraphe 4. mais sans la partie prévention comme la plupart des méthodes existantes. Étape 5 : Risques. etc. estimer et classer les risques inhérents aux conditions de travail habituelles et ceux pouvant résulter d’événements accidentels. demande de repérer les tâches effectuées par les salariés d’un même « Groupe d’Exposition Homogène ». et de consigner l’ensemble du constat dans un rapport. soit par procédé. Lorsqu’elle est incluse. Cette étape. Elles figureront dans un plan d’action pouvant s’appliquer sur une période assez longue.4. les situations pour lesquelles une évaluation du risque devra être menée prioritairement sont identifiées. 112 . d’évaluer les risques en fonctionnement habituel. il est suggéré de commencer. avec ce que cela suppose de technique. à quelques détails près. de méthode. de compétences acquises. dans une première phase. Étape 6 : Classement des priorités d’action Déterminer les actions de prévention à mettre en place en priorité. alors que nous pensons qu’elle reste une discipline quasi scientifique. Les annexes de cette recommandation. sont trop généraux pour suggérer des mesures adaptées aux risques caractérisés d’une situation de travail précise. sécurité et environnement. analyse et classement Il s’agit d’identifier. Ces principes.

du moins pour certaines. nous présentons ici ce qu’il apporte dans la méthodologie d’analyse du risque chimique. liées à la « culture sécurité » des intervenants. envers toute démarche de prévention. les fabricants. pour une progression de l’esprit de prévention. qui doit être consignée dans un rapport.7 La contribution du règlement REACH Nous avons vu que le règlement REACH instaure en premier lieu un nouveau système de classification des agents chimique visant à fiabiliser l’identification de leurs dangers. les produits et leurs dangers. la substitution. Ces solutions entraînent généralement des contraintes pour le personnel. en oubliant un risque de projection ou d’explosion lié au process. 2. importateurs. Cette méthode peut évidemment bien fonctionner mais. Sur ce point. hors exemptions.3. n’est que rarement techniquement possible. il se situe en amont du SGH. est un atout pour leur diffusion et. disponible sur http://www. Mais il impose aussi aux fournisseurs et utilisateurs de procéder à une évaluation de la sécurité chimique. utilisateurs en aval. voire réticente.3. très simple et facilement accessible aux très petites entreprises.htm. doivent déclarer à l’agence désignée la mise sur le marché ou l’utilisation des substances ou préparations. Selon le schéma général présenté au paragraphe 1.fr/entreprises/evaluation-gerc. La seule méthodologie proposée consiste à choisir ces mesures dans une liste de type hiérarchisée. aboutissant à terme à une attitude dubitative. En conséquence. 2. Cette méthode. telles que des ventilations ou des protections individuelles.2 • Théorie du risque chimique 2.7. 113 . elle ignore toujours le risque accidentel. Il faut ensuite inscrire les quantités consommées annuellement. on peut être incité à substituer un produit dangereux par un moins dangereux.7 La contribution du règlement REACH Pour illustrer cet aspect du choix de la méthode. malgré leurs limites. Cette progression sera aussi facilitée par un recours croissant à des logiciels spécialisés.cram-mp. sous le nom de méthode GERC1. En effet. consiste à remplir un tableau renseignant sur les tâches. Si le choix des mesures de prévention n’est pas le résultat d’un raisonnement logique mais plutôt le fruit de diverses intuitions. ou leurs représentants. prenons celle qui est proposée par la CRAM Midi-Pyrénées et reprise par d’autres. les durées d’exposition et les mesures de prévention « complémentaires ». à terme. Sans vouloir exposer tout le contenu du REACH. en mettant en évidence les CMR. on aboutit à une accumulation de solutions de « premier niveau ». mise en exergue par la campagne CMR. comme les autres déjà citées. Nous ne rejetons pas toutes ces méthodes. en insistant sur la nécessité de se faire aider par le médecin du travail. qu’une solution du type système clos aurait pu éviter. Grille d’Évaluation du Risque Chimique pour les TPE. Nous pensons au contraire que la simplicité.1 Les étapes principales m Enregistrement © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1.

Un rapport sur la sécurité chimique. qui est effectuée conformément aux paragraphes 2 à 7 du règlement et à l’annexe I. ou si la substance est évaluée comme étant PBT ou vPvB.7 La contribution du règlement REACH en quantité supérieure à une tonne par an. pour toutes les substances enregistrées en quantités égales ou supérieures à 10 tonnes par an. Tout déclarant identifie et applique les mesures appropriées en vue d’une maîtrise valable des risques identifiés dans l’évaluation de la sécurité chimique et. Si. – des informations sur la fabrication et les utilisations de la substance. Elle ne doit pas être effectuée pour une substance présente dans une préparation si la concentration de la substance est inférieure au plus faible des différents niveaux prévus dans les directives 1999/45/CE. – des résumés d’études. le déclarant conclut que la substance répond aux critères de classification d’une substance ou d’une préparation comme dangereuse conformément aux directives 67/548/CEE et 1999/45/CE. Cette évaluation comprend les étapes suivantes : a) une évaluation des dangers pour la santé humaine . telle quelle ou contenue dans une préparation ou dans un article. 67/548/CEE et le titre XI du règlement. l’évaluation de la sécurité chimique comporte les étapes supplémentaires suivantes : a) une évaluation de l’exposition. qui comprend la production de scénarios d’exposition et une estimation de l’exposition .2 • Théorie du risque chimique 2. m Évaluation Le rapport sur la sécurité chimique contient une évaluation. c) une évaluation des dangers pour l’environnement . soit pour chaque substance. d) une évaluation des caractères persistants. c’est-à-dire. Cet enregistrement est assorti de l’obligation de fournir un dossier technique contenant (article 10) principalement : Des informations : – l’identité du ou des fabricants ou importateurs. recommande ces mesures dans les fiches de données de sécurité. bioaccumulables et toxiques (PBT) et des caractères très persistants et très bioaccumulables (vPvB). soit pour un groupe de substances. pour les substances en quantités comprises entre 1 et 10 tonnes . le cas échéant. à la suite des étapes a) à d). – des propositions d’essais. 114 . – l’identité de la substance. sans préjudice de l’article 4 de la directive 98/24/CE qui stipule que tout employeur doit évaluer les risques pour la sécurité et la santé des travailleurs résultant de la présence d’agents chimiques. – des conseils d’utilisation de la substance. – la classification et l’étiquetage. b) la caractérisation des risques. Elle est effectuée et un rapport est établi conformément à l’article 14. – des informations concernant l’exposition. b) une évaluation des dangers physico-chimiques .

sont incluses dans l’annexe XIV. La plupart de ces restrictions concernent le marché « grand public ». En particulier.7 La contribution du règlement REACH Ainsi le règlement REACH garantit une conservation des informations de sécurité tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Elle comporte deux volets.2 L’évaluation de la sécurité chimique Cette évaluation s’impose pour toute mise sur le marché ou utilisation de substance ou préparation classée dangereuse. qui doit être remplie avant juin 2009.2 • Théorie du risque chimique 2. Une autre particularité du REACH est d’exiger une autorisation pour utiliser ou mettre sur le marché des substances ou préparations dites préoccupantes. » Il est aussi précisé (article 34) que cette transmission d’information doit aussi se faire en remontant de l’utilisateur au fournisseur et d’un employeur vers ses employés (article 35). leur mise sur le marché et leur utilisation. les toxiques pour la reproduction 1 et 2. L’autorisation n’est octroyée par l’agence désignée que si toutes les mesures de maîtrise des risques mentionnées dans le rapport sur la sécurité sont prises. Cela est si vrai que l’utilisateur en aval fait reposer ses mesures de prévention sur la FDS et le rapport sur la sécurité que lui a transmis son fournisseur et ne fait son propre rapport que si nécessaire. Mais l’article 57 précise que si des substances appartenant aux catégories suivantes : – CMR selon la directive 67/548. c’est-à-dire les cancérogènes 1 et 2. section 3. – PBT et vPvB (selon l’annexe XIII). vide pour le moment. qui en comprend déjà 52 (liste en annexe 7). 2.7. l’article 31 précise que : « tout acteur de la chaîne d’approvisionnement qui doit élaborer un rapport sur la sécurité chimique conformément aux articles 14 ou 37 joint les scénarios d’exposition correspondants (y compris les catégories d’usage et d’exposition. les mutagènes 1 et 2. l’agence désignée peut aller jusqu’à interdire. en particulier « pour toute utilisation s’écartant des conditions décrites dans un scénario d’exposition… ». » S’il s’avère que certaines substances ou préparations présentent des risques inacceptables (article 68) ou qui ne sont pas valablement maîtrisés (article 69). m Autorisation © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Après cette synthèse sommaire du règlement REACH. Il est à noter que l’agence désignée constituera progressivement une base de données contenant tous les produits enregistrés avec leurs données de sécurité. partiellement ou totalement. Cette base de données sera consultable par le grand public sur Internet. Elles sont alors inscrites à l’annexe XVII. 115 . Celles-ci doivent figurer dans l’annexe XIV. il faudra en outre démontrer que « les avantages socio-économiques l’emportent sur les risques qu’entraîne l’utilisation de la substance pour la santé humaine ou l’environnement. le cas échéant) en annexe à la fiche de données de sécurité couvrant les utilisations identifiées et notamment les conditions spécifiques résultant de l’application de l’annexe XI. examinons l’étape qui concerne plus la méthodologie d’analyse des risques. et qu’il n’existe pas de substances ou de technologies de remplacement appropriées.

ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance. une description des éléments suivants : Conditions d’exploitation : – les processus intervenant. le cas échéant. Certes il est reconnu que les utilisations peuvent être très diverses et que le fournisseur définit alors des familles d’utilisation. » Il se présente donc sous la forme d’un mode d’emploi standard. afin de faire preuve d’une maîtrise appropriée. – les activités effectuées par les travailleurs dans le cadre des processus. il est alors nécessaire de procéder par itération. Heureusement.2 • Théorie du risque chimique 2. en général. Étape 1 : Élaboration de scénarios d’exposition Le scénario d’exposition est au cœur du processus d’évaluation de la sécurité chimique. y compris la forme physique sous laquelle la substance est fabriquée. » Le scénario doit correspondre aux hypothèses de départ concernant les conditions d’exploitation et les mesures de gestion des risques (scénario d’exposition initial). Un scénario d’exposition comprend.7 La contribution du règlement REACH m Évaluation de l’exposition Cette évaluation comporte elle-même deux étapes : – la production de scénario(s) d’exposition ou des catégories d’utilisation et d’exposition pertinentes. appelées « catégories d’exposition ». S’il révèle une maîtrise inappropriée des risques pour la santé humaine ou l’environnement. en modifiant un ou plusieurs facteurs liés à l’évaluation des dangers ou de l’exposition. – les activités des consommateurs. transformée et/ou utilisée. – l’estimation de l’exposition. ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance. conditions que ne peut pas connaître le fournisseur. On ne saurait le confondre avec la notion d’exposition que nous développons dans cet ouvrage. il est dit dans l’introduction de cette annexe I que : « quand la méthodologie décrite dans la présente annexe n’est pas appropriée. 116 . Ces scénarios d’exposition décrivent à la fois les mesures de gestion des risques et les conditions d’exploitation que le fabricant ou l’importateur met en œuvre ou dont il recommande la mise en œuvre aux utilisateurs en aval. à l’instar de ce qu’exige déjà la réglementation pour les équipements de travail. le cas échéant . assorti de précautions générales. Il est défini comme : « … l’ensemble des conditions décrivant la manière dont la substance est fabriquée ou utilisée pendant son cycle de vie et la manière dont le fabricant ou l’importateur contrôle ou recommande aux utilisateurs en aval de contrôler l’exposition de l’être humain et de l’environnement. la méthodologie de remplacement utilisée est décrite et justifiée de manière détaillée dans le rapport sur la sécurité chimique. Le scénario d’exposition obtenu après la dernière itération (scénario d’exposition final) est inclus dans le rapport sur la sécurité chimique et joint à la fiche de données de sécurité. qui reflète les conditions réelles de chaque utilisation d’un produit chimique.

La caractérisation des risques consiste en : 1) une comparaison entre : – d’une part. un importateur ou un utilisateur en aval fait une demande d’autorisation portant sur une utilisation spécifique. m Caractérisation des risques © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – les mesures de gestion des déchets visant à réduire ou à éviter l’exposition des êtres humains et de l’environnement à la substance durant l’élimination et/ou le recyclage des déchets. des scénarios d’exposition ne doivent être élaborés que pour l’utilisation en cause et les étapes ultérieures du cycle de vie. • les activités des consommateurs. ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . – L’évaluation du devenir chimique et des voies de transfert : elle rend compte des dégradations et réactions chimiques possibles. puisque cette expression est mentionnée une fois dans les conditions d’exploitation et trois fois dans l’estimation de l’exposition. • les voies d’exposition probables et le potentiel d’absorption par des êtres humains. Lorsqu’un fabricant. y compris le degré de confinement . • la durée et la fréquence de l’exposition que prévoient les conditions d’exploitation . représentatives et mesurées de manière adéquate .2 • Théorie du risque chimique 2.7 La contribution du règlement REACH – la durée et la fréquence des émissions de la substance vers les différents milieux environnementaux et les systèmes de traitement des eaux usées. • la gestion des risques mise en œuvre ou recommandée. ainsi que le facteur de dilution dans ce milieu récepteur de l’environnement . – L’estimation des niveaux d’exposition : elle tient compte en particulier des éléments suivants : • les données sur l’exposition. Étape 2 : Estimation de l’exposition L’estimation de l’exposition comporte trois éléments : – L’estimation des émissions : elle est réalisée en admettant que les mesures de gestion des risques et les conditions d’exploitation décrites dans le scénario d’exposition ont été mises en œuvre. Nous remarquons la redondance particulière qui affecte la durée et la fréquence d’exposition. • la quantité pour laquelle la substance est produite et/ou importée . 117 . ainsi que la durée et la fréquence de leur exposition à la substance . • la présence éventuelle d’impuretés et d’additifs importants dans la substance . l’exposition de chaque population humaine dont on sait qu’elle est ou qu’elle sera probablement exposée. Mesures de gestion des risques : – les mesures de gestion des risques visant à réduire ou à éviter l’exposition d’êtres humains (travailleurs et consommateurs) et de l’environnement à la substance. • la quantité destinée à chaque utilisation identifiée . • les activités effectuées par les travailleurs dans le cadre des processus.

sans autre précision. Par contre. sont négligeables. ce qui devrait être fréquent dans les premiers temps. tels que déterminés respectivement aux sections 1 et 3 . Il est là aussi regrettable qu’aucune méthode. pour les risques physico-chimiques. m Aspects méthodologiques Nous voyons que la caractérisation des risques correspond exactement à l’étape estimation du risque chimique de notre méthode. en raison de sa nature subjective. 3) composition/informations sur les composants .7.2 ne dépassent pas la DNEL ou la PNEC pertinent(e). laquelle consiste à combiner un niveau d’exposition avec un niveau de danger. telles que déterminées à la section 2.7 La contribution du règlement REACH – d’autre part. Dans le cas des effets sur l’homme et des milieux environnementaux pour lesquels il n’a pas été possible de déterminer une DNEL ou une PNEC. En cas d’absence de telles valeurs limites. 5) mesures de lutte contre l’incendie . si : – les niveaux d’exposition estimés à la section 6. tant soit peu quantitative. l’objectif des scénarios d’exposition reste binaire : il ne faut pas dépasser les DNEL ou les PNEC. 2) identification des dangers . 4) premiers secours . les DNEL pertinentes .3 Fiches de données de sécurité La plupart des règles déjà applicables à l’élaboration et à la diffusion des fiches de données de sécurité. De même. ne vienne lever cette imprécision. il est procédé à une évaluation qualitative de la probabilité d’éviter les effets lors de la mise en œuvre du scénario d’exposition. Il est en effet précisé qu’une fiche de données de sécurité est datée et contient les rubriques suivantes : 1) identification de la substance/préparation et de la société/l’entreprise . 6) mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle . mais aucun classement des risques ou des dangers n’est évoqué. – la probabilité et la gravité d’un événement qui se produirait à cause des propriétés physico-chimiques de la substance. 9) propriétés physiques et chimiques . Pour chaque scénario d’exposition. 118 . 8) contrôle de l’exposition/protection individuelle . issues de la directive 91/155/CEE. le risque pour les personnes et l’environnement peut être considéré comme étant valablement maîtrisé au cours du cycle de vie de la substance découlant de la fabrication et des utilisations identifiées. 2.2 • Théorie du risque chimique 2. l’évaluation peut être « qualitative ». 2) une évaluation de la probabilité et de la gravité d’un événement qui se produirait à cause des propriétés physico-chimiques de la substance. L’expérience montre combien le terme « négligeable » est sujet à débats. qui est lui-même fonction des VLEP . restent en vigueur dans REACH. il est dit que le risque est estimé comme maîtrisé quand la gravité et la probabilité des événements dangereux sont négligeables. 7) manipulation et stockage .

Quelques modifications ont été apportées. est d’appliquer le principe de précaution. qui doit être mentionné dans toute correspondance relative à l’enregistrement jusqu’à ce que celui-ci soit considéré comme accompli. On trouvera dans l’annexe II du règlement REACH un guide d’élaboration détaillé pour ces fiches. 16) autres informations. à ne pas confondre avec le numéro de soumission. Cette zone d’inconnu est par nature inquiétante. – les valeurs PNEC (Predicted No-Effect Concentration). – le numéro d’enregistrement de la substance selon REACH (si disponible). et notamment des pouvoirs publics. du moins pour beaucoup de personnes. L’usage veut que les études soient déclenchées dès que des soupçons d’effets néfastes apparaissent ou que ceux-ci sont constatés.8 Le principe de précaution © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les mises sur le marché de produits chimiques n’ont été précédées d’aucune étude de danger approfondie. 15) informations relatives à la réglementation . Il faut ajouter : À la rubrique n˚ 1 : – l’adresse e-mail de la personne compétente . 2. a fortiori d’estimer. le cas échéant) en annexe à la fiche de données de sécurité couvrant les utilisations identifiées. À la rubrique n˚ 8 : – les valeurs DNEL (Derived No-Effect Level). générant ainsi chez elles un besoin de protection. 13) considérations relatives à l’élimination . 14) informations relatives au transport . la réponse que l’on attend des responsables. si elles sont disponibles. 12) informations écologiques . un risque lié à un phénomène ou à une matière dont on ne connaît pas le danger. qui consiste à interdire ce qui n’est pas « sûr ». si elles sont disponibles . Pendant longtemps. Cette situation est relativement fréquente en raison de l’apparition régulière de nouveaux produits et de nouvelles technologies. L’ancienne rubrique 3 devient la nouvelle rubrique 2 et l’ancienne rubrique 2 devient la nouvelle rubrique 3 (information sur les composants). abstiens-toi ! ». De la théorie des risques exposée ici. Il faut aussi signaler une modification de l’ordre des rubriques.2 • Théorie du risque chimique 2.8 Le principe de précaution 10) stabilité et réactivité . 11) informations toxicologiques . Quelle attitude adopter dans une telle situation ? L’observation de 119 . autrement dit : « dans le doute. délivré par l’ECHA (European Chemical Agency). Scénario d’exposition : Tout acteur de la chaîne d’approvisionnement qui doit élaborer un rapport sur la sécurité chimique conformément aux articles 14 ou 37 joint les scénarios d’exposition correspondants (y compris les catégories d’usage et d’exposition. Depuis longtemps. il ressort qu’il n’est pas possible d’identifier.

C’est une démarche qui est garante du maximum de protection. Une approche rapide des propriétés dangereuses peut être 120 . elle n’est logiquement pas sur le marché. d’indépendance. Ensuite. Toute évolution des connaissances. Cela revient à dire que le principe de précaution. on le saurait déjà. car il apparaît une exigence croissante d’objectivité. dit que s’il y avait quelque chose de grave. qui consiste à exiger une toxicologie aiguë sérieuse avant toute mise sur le marché. sur la responsabilité du producteur. de validation. se trouve respecté par la mise en place de REACH. les optimistes. La position optimiste consiste à s’assurer effectivement qu’aucun danger évident et grave n’existe. sinon celui d’obtenir le consensus des personnes concernées. la toxicologie aiguë étant bien développée aujourd’hui. qui ne vise que les substances nouvelles ou mal connues. en éteignant les passions que soulève parfois l’angoisse. ils montrent que les études publiées ne suffisent pas toujours à éliminer les craintes. C’est ce que propose le règlement REACH dans ses différentes étapes. dans un premier temps. La position pessimiste conduit à suspendre toute mise sur le marché tant que toutes les études n’ont pas abouti à des résultats cohérents et validés. Un premier groupe. acquises selon des procédures reconnues. Ce doute n’est pas anormal dans un système de classement qui repose. S’il y a une nuisance bénigne. Ces observations évoquent par exemple les débats sur les rayonnements émis par la téléphonie mobile ou les OGM. dit que l’ignorance peut cacher une grave menace sur la santé et qu’il faut interdire avant qu’il ne soit trop tard.2 • Théorie du risque chimique 2. en fonction des résultats toxicologiques. Le second groupe. Deux types de difficultés peuvent gêner cette démarche.8 Le principe de précaution nos contemporains révèle deux comportements opposés. l’estimation du risque repose sur l’identification des dangers des produits. etc. les pessimistes. La seconde apparaît lorsque la substance ne fait l’objet d’aucun classement. Nous pensons qu’il existe un point d’équilibre entre ces deux extrêmes. Si c’est le cas. L’application du principe de précaution est-elle aussi possible dans notre méthodologie ? En effet. on trouvera bien comment s’en remettre et s’en prémunir. aujourd’hui. il faut mettre en place une vigilance et réagir au fur et à mesure de la progression des connaissances. cette classification et d’en adopter une autre s’il dispose des arguments suffisants. Cela est relativement facile et rapide. avantages et inconvénients s’opposent dans un débat où s’invitent parfois des aspects affectifs ou idéologiques. La première provient du doute qui peut surgir sur la bonne classification d’une substance ou préparation. et sur leur cotation à partir de leur classement réglementaire. Ainsi. mais qui est lourde et longue. Ces études incluent aussi bien le court terme que le long terme. Par ailleurs. La pratique en la matière est bien connue. peut ensuite entraîner un durcissement. Le principe de précaution l’amènerait donc à majorer le niveau de danger. ce qui ne pose aucun problème. puis en une utilisation plus ou moins contrôlée. Mais l’utilisateur est tout aussi libre de revoir. Nombre d’intermédiaires de l’industrie chimique de synthèse se trouvent dans cette situation. les deux attitudes conduisent à des conclusions très différentes. pour lui-même. On peut donc espérer qu’il devienne un outil de consensus. En termes de méthodologie. des conditions d’utilisation. en même temps que le lancement d’études sur les effets chroniques et à long terme. ce sentiment réflexe de l’homme face à l’inconnu. ou un assouplissement.

il convient sans hésitation d’affecter le niveau de danger maximum à ladite substance et de continuer l’évaluation des risques. en interne. qui permet alors d’appliquer la méthode générale. 121 .8 Le principe de précaution réalisée soit par le rapprochement structure/activité.2 • Théorie du risque chimique 2. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Mais si ce classement n’était toutefois pas possible. par exemple pour des raisons de délai. Cela revient à procéder à un classement de substance. souvent par les deux. soit par des tests toxicologiques de base. sachant que ce cas de figure ne devrait être qu’exceptionnel.

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3 • PRATIQUE DE L’ANALYSE DES RISQUES CHIMIQUES

Le but de ce chapitre est de préciser comment les aspects théoriques du risque chimique, développés au chapitre précédent, sont mis en pratique dans un grand nombre de domaines. Nous avons vu que les risques chimiques résultent de la présence simultanée d’une personne et d’un agent chimique dans une même zone, créant soit une situation dangereuse, soit une exposition, soit le plus souvent les deux. Leur évaluation, qui consiste à établir un classement par importance relative, se déroule en quatre étapes : • repérage ; • identification ; • estimation ; • classement. Cette évaluation doit s’inscrire dans des limites précises pour que le classement final ait un sens. Même si la méthode décrite ici ne concerne que les risques chimiques, elle peut très bien être intégrée dans une approche multirisque, qui utilise d’ailleurs les mêmes concepts, comme nous le verrons au paragraphe 4.5.

3.1 Les méthodes de repérage des risques
3.1.1 Les limites de l’analyse

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Comme pour tout problème, il faut commencer par le délimiter, c’est-à-dire bien préciser à quel ensemble de postes de travail il s’applique. Cet ensemble peut s’identifier à un atelier, à une usine, à un bâtiment, à un service, à une équipe, etc. Il est important de bien faire cette délimitation afin de ne commettre ni oubli ni hors-sujet. L’évaluation des risques est avant tout relative, donc le classement des risques qui en résulte n’est valable que pour l’ensemble défini au préalable. Les niveaux estimés, que ce soit d’exposition, de gravité, de probabilité ou de priorité, ne sont pas transposables d’un ensemble à un autre. En effet, le risque le plus important d’un ensemble peut n’être estimé que moyen dans un autre ensemble, et réciproquement. Très souvent la stratégie d’évaluation des risques professionnels mise en place par une entreprise conduit à un plan pluriannuel qui, pour des raisons de moyens, définit plusieurs ensembles à analyser successivement. Chacun de ces ensembles aura donc
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3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

son propre classement de risques, qui fera l’objet d’un plan de prévention autonome. Seul le niveau de danger des agents chimiques est une valeur absolue, puisqu’il se réfère à une échelle fixée au départ, sauf évolution du classement réglementaire.
3.1.2 Les méthodes possibles

Repérer des risques consiste en fait à relever toutes les situations dangereuses et les expositions présentes aux postes de travail. Cela nécessite une observation attentive du travail des opérateurs et des équipements. En effet, on ne peut identifier un risque que pour un poste, une action, ou encore un geste précis. Le repérage est en fait une prise de conscience d’un risque. Le risque est souvent tellement bien intégré dans les gestes du métier qu’il faut d’abord apprendre à le voir. Ainsi, pour les expositions, le contact avec le produit n’est pas forcément perçu par les opérateurs, en particulier lorsque le produit n’est pas visible, n’a pas ou peu d’odeur, n’est pas irritant ou piquant. L’absence de perception sensorielle conduit souvent à nier le contact. D’où l’importance d’un travail collectif, avec des observateurs étrangers à l’activité étudiée. De même, une situation n’est perçue comme dangereuse que si des accidents ou des incidents se sont déjà produits, que ce soit dans les mêmes lieux ou ailleurs, et dans la mesure où la mémoire collective les a conservés. Le repérage passe par une observation des modes opératoires. Cette observation peut demander beaucoup de temps, car les gestes sont très nombreux, même pour une personne. En outre, ils varient dans le temps et avec les opérateurs. Les tâches accomplies sont aussi variables en fréquence : il y a celles qui sont habituelles et celles qui sont occasionnelles, rares ou exceptionnelles, par exemple à l’occasion d’un dépannage ou d’une marche en mode dégradé. Il y a celles que l’on considère comme importantes (production) et d’autres comme annexes (démarrage, réglage, préparation, maintenance, nettoyage…). Il faut donc une méthode pour repérer les risques pas à pas. Il s’agit en fait d’élaborer une séquence listant toutes les actions ou phases successives, pour pouvoir ensuite repérer les risques présents pour chacune d’elles. C’est une analyse séquentielle de l’activité. Il y a trois méthodes possibles pour la réaliser. Une première méthode consiste à suivre un opérateur tout au long de l’exécution de ses différentes tâches. Il faut alors les lister, ainsi que les différentes phases qui les constituent, en observant longuement et en questionnant, car on oublie facilement les tâches rares, et des variantes peuvent exister selon les circonstances. C’est pourquoi ce repérage doit se faire avec un groupe de travail constitué à cette occasion, dont l’opérateur fait évidemment partie. La première difficulté, quand on a choisi un opérateur, est de lister toutes ses tâches. Il peut y avoir des tâches répétitives et des tâches variables ou occasionnelles. Un opérateur peut assumer plusieurs fonctions, en des lieux différents. Il faut savoir qui le remplace en cas d’absence, etc. Le phasage des tâches ne doit être ni trop vague, comme « préparation du matériel », ni trop détaillé, comme « prend le flacon, enlève le bouchon, verse le liquide, repose le flacon, remet le bouchon ». Pour y arriver, il faut partir sur un phasage plutôt détaillé et le simplifier en fonction des risques présents (exemple ci-après). Il faut
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3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

surtout retenir les gestes exposants, comme un simple essuyage avec un chiffon. À l’issue du repérage, on peut supprimer les phases qui ne mettent aucun risque en évidence. Toutes les tâches et leur phasage doivent faire l’objet d’un enregistrement, suivi d’une observation in situ pour vérifier. On connaît les écarts possibles entre le « prescrit » et le réel… Les outils informatiques habituels permettent de réaliser facilement cet enregistrement.
EXEMPLE DE LISTE DES PHASES POUR UNE TÂCHE :

Tâche : Réalisation d’un mélange Phases : Vérification du mélangeur Chargement d’un solvant S Pesée du produit A Pesée du produit B Introduction du produit A dans le mélangeur Introduction du produit B dans le mélangeur Surveillance du mélange Vidange du mélangeur Nettoyage du mélangeur Remarque : Ces phases sont réalisées successivement par un même opérateur. Elles peuvent être communes à plusieurs procédés.

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Ensuite il faut recommencer avec tous les opérateurs de l’ensemble défini. Lorsque plusieurs opérateurs ont la même activité, comme des caristes, il n’est pas nécessaire de recommencer à zéro, mais il faut bien repérer les différences qui peuvent exister, comme le trajet suivi ou la façon de charger, etc. L’important est de ne pas oublier d’opérateurs, ce qui est facile avec un support préétabli, en suivant l’organisation décrite au chapitre 7. Cette démarche a l’avantage de conduire en même temps à une meilleure vision globale des emplois, sans compter l’intérêt pour le médecin du travail, qui pourra facilement connaître toutes les expositions des salariés. L’observation d’une tâche peut révéler que d’autres opérateurs, voisins ou « de passage », sont soumis aux mêmes risques. Il n’est pas rare qu’un employé administratif ou commercial, voire un client, soit victime d’un accident à l’occasion d’une visite dans un atelier. Il faudra en prendre note pour pouvoir recouper ces risques avec l’observation de l’activité de ces opérateurs quand elle sera réalisée à son tour. Une deuxième méthode consiste à prendre un procédé bien délimité, et à observer toutes les interventions d’opérateurs à chaque phase de ce procédé (exemple ci-après). On entend par procédé un ensemble d’opérations avec des produits, du matériel et un mode opératoire bien définis, qui vise à produire un produit ou une famille de produits, ou à utiliser une technique particulière. Le procédé peut d’ailleurs être l’ensemble délimitant l’analyse. Généralement, un procédé fait intervenir plusieurs opérateurs et on peut trouver des phases opératoires identiques ou communes à plusieurs procédés. Le phasage se fait en suivant l’élaboration du produit, et en prenant soin de n’oublier aucune intervention humaine puisque l’homme reste le centre d’intérêt de la démarche.
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3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

Cette méthode a le gros avantage de conduire à une rédaction détaillée du procédé, ce qui n’est pas si fréquent, notamment dans les PME. Là aussi, le procédé doit inclure des phases qui peuvent paraître secondaires ou annexes, comme la manipulation des emballages, la pesée des produits, la préparation du matériel, son nettoyage, sa maintenance. Cette démarche est d’ailleurs indispensable dans la mise en place d’une assurance qualité.
EXEMPLE DE PHASAGE D’UN PROCÉDÉ :

Procédé : Chromage d’une pièce métallique Phases : Réception Rectification Montage sur support de traitement Dégraissage Décapage acide Chromage électrolytique Rinçage Séchage Conditionnement Remarque : Ces phases ne sont pas nécessairement réalisées par un même opérateur.

Un des points critiques du phasage est de prendre en compte les variantes possibles du procédé, qu’elles soient prévues ou dictées par un dysfonctionnement. L’étude des accidents montre bien l’importance des écarts de mode opératoire dans leur apparition. Notons que le fait de pointer soigneusement toutes les interventions humaines dans un procédé est riche en enseignements, qui peuvent conduire à rechercher des gains de productivité apportant souvent eux-mêmes des gains de sécurité. Une troisième méthode consiste à suivre un agent chimique tout au long de sa « vie » dans l’entreprise, depuis son entrée jusqu’à sa disparition ou son élimination, pour repérer toutes les situations de travail dans lesquelles il est présent (exemple ci-après). Cette méthode est souvent considérée comme la plus difficile, mais elle est probablement la plus riche en informations méconnues, notamment sur les phases d’arrivée dans l’entreprise et celles de son élimination. Un produit donné peut être utilisé par plusieurs opérateurs, et dans plusieurs procédés. Cette méthode permet en outre de dresser un bilan matière de chaque produit, ce qui conduit généralement à des découvertes ou, du moins, à de fortes interrogations. C’est un véritable outil de gestion, qui s’avère très utile dans la prise en charge des problèmes d’environnement. Le bilan matière peut être conduit pour une période ou un cycle de production. Il commence par le pointage des entrées pour en connaître le poids total. Encore faut-il avoir une maîtrise complète des entrées et sorties, c’est-à-dire un passage obligé, généralement le service achats. Toutefois, certains produits entrent sans opération d’achat, parce qu’ils sont livrés avec du matériel, par exemple. Ensuite il faut suivre toutes les utilisations possibles du produit et finir par le pointage des sorties. Il faut distinguer deux façons d’utiliser un produit chimique.
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3.1 Les méthodes de repérage des risques

La première utilisation, typique de l’industrie chimique, est son incorporation dans la structure des molécules transformées. C’est un rôle de matière première, qui disparaît au fur et à mesure de la transformation. Mais les réactions chimiques se font rarement avec un rendement de 100 %, de sorte qu’une partie du produit engagé se retrouve inchangée dans le milieu réactionnel. Si sa quantité peut être déterminée, elle viendra participer au bilan. La quantité qui n’est pas retrouvée est automatiquement présente dans un rejet, tel que des eaux mères, des lavages, des phases liquides ou solides issues de filtrations, distillations, etc. Le rejet peut être aérien, sous forme de vapeurs, gaz ou poussières. S’il n’est pas capté, il faut évaluer sa quantité. Mais quel que soit le traitement d’un rejet, il y a production d’un déchet ultime qui constitue la sortie finale, à comptabiliser à côté des substances et préparations produites. On peut aussi utiliser un produit comme moyen pour une opération donnée. C’est le domaine immense des solvants, des préparations actives dans toutes sortes d’activités, des matériaux, des fluides, des combustibles, etc. Dans ce cas, le produit est soit consommé, soit usagé, avec ou sans régénération possible. On retrouve alors le même schéma qui consiste à comptabiliser en sortie des déchets ultimes ou des matières, toujours sans oublier les sorties aériennes.
EXEMPLE DE SUIVI D’AGENT CHIMIQUE :

Agent chimique : Perchloréthylène Suivi : Livré en fûts de 200 litres ; une livraison par mois de trois fûts en moyenne. Les fûts sont placés dans le local de stockage. En fonction des demandes, un fût est transféré auprès d’une des trois machines à dégraisser, pour faire le plein. Les baisses de niveau proviennent essentiellement de l’évaporation. Un fût du stockage est utilisé pour remplir des bidons de 5 litres qui servent à l’atelier d’entretien. Le solvant ne se retrouve que sur des chiffons. Il disparaît soit par évaporation, soit par imprégnation des chiffons. À l’issue de chaque vidange de machine, le produit souillé est filtré, puis remis dans un fût spécial, qui est expédié pour destruction dès qu’il est plein, soit une fois par mois en moyenne. Les boues de filtration, imprégnées de solvant à environ 30 %, sont stockées en fût et livrées pour destruction. On en récolte environ 100 kg par mois. Bilan : Entrées 200 200 200 Utilisations machines nettoyage Quantités 500 100 Sorties 300 100 170 30 Nature vapeurs machines vapeurs nettoyage solvant à détruire boues de filtration

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3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques

3.1 Les méthodes de repérage des risques

Le schéma suivant visualise les données du tableau précédent. Il met bien en évidence la quantité de solvant qui disparaît par évaporation, ce qui surprend souvent.

D1
250 L

300 L l
environnement

600 L

D2
150 L

stockage

filtre

D3
100 L

Boues 30 kg Bidons de 5 L Machines à dégraisser

Déchets

Entretien

170 L

100 L
Figure 3.1 – Exemple de bilan matière sur un mois Un tel bilan suscite en général une bonne motivation sur les questions de santé aussi bien que d’environnement. Ainsi, dans cet exemple, 400 litres de perchloréthylène sont perdus par mois par évaporation. Cette perte pose trois problèmes : ils ont été achetés pour rien, ils ont été partiellement respirés et ils ont pollué l’environnement. La remise en cause de ces utilisations vient alors d’ellemême.

La méthode des bilans matière nécessite la collaboration de services très divers, tels que les achats, la logistique, la production, les services sécurité/environnement, et bien d’autres encore dans des structures plus complexes. Elle ouvre la porte à l’inventaire des dangers et prépare à l’analyse des risques.
3.1.3 Choix d’une méthode

Le choix de la méthode de repérage des risques se fait en fonction de l’activité et de l’organisation de l’entreprise. Ainsi, dans les petites entreprises qui utilisent un nombre de produits relativement faible, l’approche par l’activité des personnes est préférable. Lorsque l’activité de l’entreprise est relativement complexe et repose sur des « process », c’est évidemment l’approche procédé qui est préférable. Mais dès que le nombre de produits utilisés est important, l’approche produit doit aussi être employée. En réalité, cette dernière, en raison de ses avantages pour la gestion de l’entreprise, devrait être systématiquement pratiquée en plus des deux autres. L’idéal, chaque fois que l’on peut en prendre le temps, est de pratiquer les trois méthodes, ce qui permet de recouper les informations et d’aboutir ainsi à une étude très fiable, en s’appuyant sur la matrice suivante :
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3.1 Les méthodes de repérage des risques

Produit n

Opération élémentaire

stockage

process 1 process 2 process n

élimination

Opérateur n

Figure 3.2 – Croisement des méthodes d’étude de postes

Le tableau suivant synthétise ce que les trois méthodes apportent comme informations spécifiques.
Type d’approche Caractéristique Activité Détail des actions des hommes au cours de leur temps de travail Recueillir l’activité réelle En faire un relevé exhaustif Inclure les dépannages et rattrapages Procédé Ensemble des modes opératoires, des matériels et des produits nécessaires à une production ou une technique Décrire tout ce qui est déterminant Décrire les variantes possibles Inclure les phases annexes et transitoires Exigence de précision S’inscrit dans une démarche d’assurance qualité Peut conduire à des gains de productivité Niveau de risque comparé des procédés Produit Devenir du produit tout au long de sa présence dans l’entreprise Bilan matière complet Connaître les consommations par poste Inclure les pertes imperceptibles et les déchets Connaissance des pertes Gestion claire des matières premières Aide pour la protection de l’environnement Présélection des plus grands risques

Contenu

Point clé

Difficultés
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Intérêt pour l’entreprise

Gestion du temps de travail

Intérêt pour l’évaluation des risques

Identification claire des risques

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opération de décapage. C’est l’élément de base de l’analyse des risques. ils sont considérés comme formant une préparation. Santé. atelier. on doit retrouver les mêmes actions élémentaires. non par la complexité des informations mais par leur nombre. mais nous indiquons ici les données qu’il faut enregistrer pour la suite de la démarche. 3. il faut créer autant d’actions distinctes. – Action ou phase. qui doit être repéré pour son suivi ultérieur. et leur classement par ensembles successifs. Exemples : Atelier de peinture. grâce au croisement indiqué précédemment et à un repérage méticuleux. selon que l’on décrit une activité ou un procédé. mélange « M ». réelle pour les expositions ou possible pour les situations dangereuses.2 Identification des risques Identifier les risques chimiques. Par contre.1. Ces informations sont différentes selon le type de risque repéré. etc. entre les agents chimiques présents et l’opérateur considéré. Son organisation est donc primordiale et demande des outils informatiques. Si plusieurs agents sont présents dans une action. technicien pompes. chromage de pistons. procédé ou produit. c’est décrire les circonstances de la rencontre. Dans cette nouvelle séquence. des activités et des procédés entre dans une approche globale de l’entreprise. s’il s’agit d’un ajout unique des trois produits ensemble. si on ajoute 3 produits successivement dans une cuve. Exemples : nettoyage d’installation.2 Identification des risques En conclusion. le repérage systématique des agents chimiques.4 Enregistrement des données Ce premier travail d’inventaire des actions ou des phases élémentaires est rapidement très lourd. service. etc. contrôle des effluents. Une fois l’inventaire des actions ou des phases élémentaires réalisé. – Domaine d’étude : usine. et l’on peut donc noter une seule action pour cela. il faut noter trois actions. Ainsi. 3. 130 . peinture de capots. car les risques générés sont en principe distincts. – Opération : ensemble d’actions aboutissant à un résultat global.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. on va rechercher les précisions nécessaires à la conduite de l’évaluation. dépose des flasques PD03 EP04 Que l’on suive l’approche opérateur. dite « QSE » (Qualité. avec ses dangers propres. Environnement). gestion du stockage. il ne reste plus qu’à passer à l’identification des risques. Il faut donc partir du repérage des actions ou des phases que l’on a réalisé au préalable et ne retenir que celles qui se font en présence d’un agent chimique. action de tremper les volets dans la cuve de soude Service entretien.

déchets. est en fait visible parce qu’elle se forme souvent sous forme d’aérosol (brouillard). gâteau de filtration du perchloréthylène. En pratique. Ainsi. poussières. objet imprégné. qu’il soit technique ou humain. liquide. Elle s’appuie sur des situations de travail « standard ». fumées. etc. volontaire comme dans l’application d’une peinture.1 Expositions La recherche des expositions ne s’applique. le propane est un gaz. fumées. mais le méthanol est un liquide émettant des vapeurs. substance ou préparation.2. Les formes classiques sont : gaz. Une préparation a un nom commercial. faute de quoi il vaudrait mieux subdiviser la phase. les vapeurs possèdent toutes les propriétés des gaz. ou d’un produit généré par l’activité (intermédiaire. Un brouillard n’est qu’un aérosol liquide. mais il faut s’efforcer d’être le plus précis possible. contenu dans un matériel clos. un nom chimique normalisé et un identifiant. masqué par un autre produit. sont plus difficiles à identifier. présent sur la surface d’un matériel. tel que le numéro CAS ou le numéro EINECS. Par exemple : fumées de soudure d’inox. poudre. qu’au fonctionnement habituel de l’entreprise. ou invisible parce que contenu dans l’atmosphère de travail. Ainsi. même si elles peuvent être exceptionnelles. Par contre. etc. parce qu’utilisé au poste. même si on peut le liquéfier par pression. poussières de ponçage de bois. Une substance peut avoir un nom d’usage. Rappelons que la différence entre gaz et vapeurs ne tient qu’à l’état physique de la substance dans les conditions normales de pression et de température. Il peut être visible. aérosol. normalement invisible. On peut citer la pulvérisation d’un liquide. ou involontaire comme dans la lubrifi131 . m Mode de dispersion Le mode de dispersion signifie la façon dont laquelle un produit se répand dans un espace autre que son contenant. poussières. m Forme physique du produit © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. une référence fournisseur ou interne. brouillard d’huile de rectification. poussières. éventuellement un identifiant. par définition. Il doit être bien identifié. qui est intermédiaire entre les liquides et les solides. qui sont en général un mélange de gaz. Il s’agit des points suivants : m Phase de travail Il s’agit de suivre le phasage qui a été réalisé dans l’étape de repérage précédente. traitées par ailleurs. aérosols. déchet. on ne tient pas compte des activités issues d’un dysfonctionnement. Normalement il ne devrait y avoir qu’un seul agent chimique concerné. m Produit en contact avec la personne Il s’agit d’un produit chimique commercialisé. la vapeur d’eau. vapeurs. etc. À ces formes s’ajoutent les fumées. puisque c’est le domaine des situations dangereuses.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.2 Identification des risques 3. de vapeurs et de particules ultrafines. Les caractéristiques d’une exposition doivent être notées. dans le sens non planifiées. Il y a aussi l’état pâteux. Les produits générés par l’activité.).

Rappelons qu’il ne faut pas faire confiance à l’odorat pour cette estimation. les petits locaux sans aération suffisante. en particulier pour des nuages de poussières ou d’aérosols. la zone de dispersion ne sera notée que si elle est évidente. des tuyaux. cutané. la zone se limite à l’intérieur de l’emballage. etc. la zone de dispersion est très difficile à délimiter. des organes sujets à fuites. On devine bien l’utilité de ces précisions dans la recherche des mesures de prévention. Mais le mode de dispersion le plus banal est l’évaporation naturelle d’un produit volatil à partir d’un récipient ouvert. C’est aussi la position amont ou aval dans un courant d’air pollué. où les produits sont emballés. De même. oculaire. il faut d’abord bien localiser tous les accès possibles aux agents chimiques et chercher si ces accès sont possibles par l’opérateur dans l’exécution normale de ses tâches. mais souvent aussi dispersé sur des surfaces dans l’environnement de travail. la volatilité. l’intérieur de certains équipements. même dans une même phase opératoire. Nous verrons que ce constat simpliste a des conséquences intéressantes sur la prévention. cette zone se confond avec le volume du produit. Il ne faut pas oublier qu’un produit n’est pas seulement présent dans son contenant. comme nous le verrons dans le paragraphe sur les dangers. En effet. La seule solution est de recourir à des prélèvements atmosphériques. Pour un produit non volatil au repos. etc. Pour l’exposition par contact cutané. les mesures de prévention pourront être très différentes pour une inhalation et un contact cutané. c’est la position des voies respiratoires (nez et bouche) par rapport à la source qui est déterminante pour les produits émis. même si elle est approximative. la formation d’une poussière peut avoir pour origine un ponçage ou un broyage. m Mode de contact (respiratoire. telles que des bords de cuves. du moins pour des concentrations importantes. Les poussières sont aussi un phénomène très visible. En dehors de ces situations. basée sur la pression de vapeur.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Sa perception par l’odorat y est pour quelque chose. Il s’agit de vérifier en fait si ces voies sont dans la zone de dispersion de l’agent chimique. digestif) Chaque voie de pénétration constitue un risque distinct. m Localisation de la personne par rapport au produit Il est clair que le niveau d’exposition va beaucoup dépendre de la proximité de l’opérateur avec l’agent chimique concerné.2 Identification des risques cation d’une machine tournante. tels que les cabines de peinture. L’attention se porte volontiers en priorité sur l’exposition respiratoire. Au stockage. En particulier pour l’exposition par inhalation. sachant tout le problème de représentativité qu’ils soulèvent. Dans la majorité des situations de travail avec des produits volatils. liquide ou solide. Mais il est établi que la perception sensorielle est trompeuse et doit être remplacée par une approche raisonnée s’appuyant sur une observation 132 . des chiffons. C’est aussi le cas des postes en atmosphère confinée. En pratique. m Zone de dispersion La zone de dispersion est évidemment liée au mode de dispersion. La connaissance des dangers des agents chimiques utilisés est une indication sur les expositions à rechercher. tant il est trompeur. est un bon indicateur pour estimer l’étendue d’une zone.

sachant que l’ingestion est en fait liée aux deux précédentes par le biais du défaut d’hygiène. on accordera plus d’importance à de nombreux contacts cutanés. réfectoires…) Port de vêtements souillés par un agent chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. meulage…) Poussière émise par mise en mouvement d’une poudre déposée Vapeurs émises par application d’un agent chimique solvanté Vapeurs émises par chargement ou déchargement de solvants Vapeurs émises par chauffage d’un agent chimique Vapeurs émises par évaporation d’un agent chimique à l’air libre Vapeurs émises par le rejet d’un captage Poussière ou vapeurs émises par des vêtements souillés Par contact cutané lors de : Application d’un agent chimique à l’aide de chiffon Application d’un agent chimique à l’aide de brosse ou pinceau Manipulation de pièces souillées par un agent chimique Manipulation de pièces avec immersion dans un agent chimique Dépôt sur la peau de poussières ou de vapeurs condensées Contact avec un liquide en cours d’écoulement à l’air libre Port de vêtements souillés par un agent chimique Par ingestion provoquée par : Contamination des mains. voire au domicile. les deux voies. éventuellement potentialisé par une présence de vapeurs dans l’atmosphère. Une autre contamination peut se faire en fumant. d’une part parce qu’il met en cause le comportement individuel. de la bouche… Tabagisme sur le lieu de travail Repas pris en environnement pollué Pollution des locaux sociaux (vestiaires. Ce risque n’apparaît pas facilement dans les inventaires. d’autre part parce qu’il ne se situe pas toujours au poste de travail. Ce comportement est d’ailleurs facilité par des conditions de travail difficiles et par une éventuelle carence en équipements sanitaires. doivent être examinées systématiquement. Le scénario classique est la prise de nourriture sans lavage préalable des mains. Ainsi. EXEMPLES D’EXPOSITIONS : Par inhalation : Aérosol émis par pulvérisation Aérosol émis par formation de bulles de gaz Aérosol émis par un jet liquide Gaz de combustion Gaz d’échappement d’un moteur thermique Gaz produit par une fermentation Poussière émise par chargement ou déchargement d’un agent pulvérulent Poussière émise par un traitement mécanique de surface (ponçage. inhalation et contact cutané. venant ainsi aggraver l’effet des fumées elles-mêmes. qui passent couramment pour être insignifiants.2 Identification des risques objective de la situation de travail.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. 133 . mais aussi dans des locaux à caractère social. En pratique.

on ne la peut définir que par rapport à un événement dangereux possible. Mais il existe de nombreux cas de figure où les protections individuelles restent la seule solution efficace. Cela revient à se poser la question : « peut-il y avoir un dommage si telle chose se produit ? » Cette vision représente une difficulté majeure pour beaucoup.3. mais en les associant automatiquement à une situation dangereuse. qui crée généralement un risque d’intoxication aiguë en même temps qu’un risque 134 . ou du moins de protection. il peut exister plusieurs événements dangereux possibles. car tant qu’un événement n’a pas été observé. puisqu’elles demandent soit une mise place (couvercle). soit une mise en marche (ventilateur). Par ailleurs. voire l’inconscience du risque. laquelle est affectée d’autant plus que la contrainte et l’inconfort créés sont sensibles. Mais la plupart d’entre elles n’ont pas de caractère permanent. Pour les protections individuelles. Il est étonnant. Ce qui sera noté. En pratique. car elles modifient bien le niveau d’exposition. consacré aux protections individuelles. la charge mentale. le bruit.11.2 Identification des risques Dans la plupart des cas. 3. des mesures de prévention. c’est l’exposition restante. On peut citer le rythme de travail. L’absence d’accident sur une longue période est souvent avancée comme preuve d’une absence de risque. Pour cette raison. c’est-àdire réellement adoptée. Pour une phase de travail donnée. L’exemple le plus simple est le travail avec un produit inflammable. en raison du caractère assez aléatoire que présente le port de ce type d’équipement. toute exposition sera décrite et ensuite estimée. Pour ne pas faire d’exception. qui peuvent ressentir des incitations à ne pas s’en servir. une situation dangereuse n’est pas directement observable. C’est l’un des obstacles les plus courants que rencontrent les professionnels de la prévention des risques. cette option fait souvent l’objet de réticences. nous avons choisi de considérer la « non-mise en œuvre » des protections collectives comme un événement dangereux.2. Ce point est repris dans le paragraphe 4.2 Situation dangereuse Contrairement à une exposition. puisqu’il ne relève plus de la situation standard et qu’il est imprévisible. on n’en tiendra pas compte. Cela est vrai autant pour les protections collectives que pour les protections individuelles. Ce raisonnement s’applique d’abord sans difficulté aux protections collectives. il ne paraît pas possible. la recherche des expositions ne nécessite pas la connaissance de la classification des agents chimiques puisque tous les modes de contact sont envisagés systématiquement. en tenant compte des protections normalement prévues. Il repose beaucoup sur la bonne volonté du porteur. par exemple.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. il faut en tenir compte dans l’exposition et prévoir aussi le non-port de protections individuelles comme un événement dangereux. En résumé. la précipitation. compte tenu de ces mesures. existent déjà. Ne pas en tenir compte dans l’estimation du risque fausserait le résultat du classement. sachant que si une protection n’est systématiquement pas mise en place. de constater le nombre de personnes qui ne perçoivent pas de risque d’explosion en travaillant avec un solvant inflammable à l’air libre. alors qu’elle ne traduit qu’un faible niveau de probabilité. Elles dépendent donc de la volonté des opérateurs. Mais cela demande des précautions.

EXEMPLE : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. L’examen de tous les événements dangereux possibles décrits au paragraphe suivant montre qu’il existe presque toujours une situation dangereuse à proximité immédiate d’un produit chimique. quel que soit le contenant. Vv = 25 m/M Vv : volume de vapeurs en m3 . Il est toujours utile de faire le petit calcul consistant à chiffrer le volume théorique de vapeurs obtenues par vaporisation totale d’un liquide stocké. Sa masse moléculaire est de 106. en raison du risque incendie et explosion. La gravité de ces événements est une fonction quasi exponentielle des quantités stockées. C’est grossièrement le cas de la vaporisation. de la fuite. Nous en décrivons quatre : m Degré d’ouverture de l’espace Les murs et portes d’un espace de travail constituent le plus souvent une barrière naturelle suffisante pour arrêter les effets des événements dangereux. les vapeurs en occuperaient 12 %. Il est intéressant de noter que la zone dangereuse coïncide avec celle que l’on doit déclarer dans le cadre de la réglementation du risque explosion et qui exige une signalisation spécifique. En pratique. 135 . il faut étudier ce paramètre plus précisément. surtout en espace ouvert. c’est l’intérieur du local qui constitue la zone dangereuse. D’où la nécessité de définir une situation dangereuse pour chaque événement dangereux possible. à défaut d’équipements de protection particuliers déjà mis en place. Seule l’estimation de la probabilité et de la gravité des dommages permet ensuite d’éliminer certaines situations à risque négligeable. M : masse moléculaire du liquide en g. de la projection. l’atelier doit être considéré comme tel dès qu’un produit dangereux est utilisé à l’intérieur. m : masse de liquide en kg . Un atelier de 100 m2 contient 1 fût de solvants de 200 kg. Le local a une hauteur de 4 m. Par contraste. c’est-à-dire qu’on se trouve largement dans la zone d’explosivité. Il faut donc définir une zone dangereuse tenant compte de ce paramètre. de la réaction incontrôlée. Pour les produits inflammables ou explosifs. Cette zone dangereuse ne peut être estimée qu’en fonction de certains facteurs.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.2 Identification des risques d’explosion. Cette surface peut toutefois être réduite en cas de très petite quantité de produit. m Quantité stockée Tous les effets néfastes d’événements dangereux sont proportionnels à la quantité de produit contenu dans l’équipement considéré. Le terme de proximité immédiate est évidemment sujet à interprétations. Vv = 25 ¥ 200/106 = 47 m3 Le volume du local étant de 400 m3. et de le comparer au volume du local éventuel.

encore faut-il que la rencontre des produits protagonistes soit possible. Nous parlons bien des réactions imprévues.2. mais elle n’est pas toujours indispensable. Il en existe dans des ouvrages spécialisés et nous en proposons une. Le premier d’entre eux est le groupe de travail. EXEMPLES D’ÉVÉNEMENTS DANGEREUX : Contacts massifs provoqués par : Éclatement de tuyau Débranchement de tuyau Décompression brutale d’un récipient ou d’une canalisation Rupture de paroi de récipient ou appareil contenant un agent chimique Renversement de récipient Fuite de récipient Ouverture intempestive de robinet ou de vanne Chute dans un récipient Projection de liquide par immersion brutale d’une pièce Projection de liquide par explosion d’un contenant Contact avec un équipement souillé par un agent chimique Contact avec le sol souillé par un agent chimique 136 . de même que des contenants ou des tuyaux créent une zone de risque dont l’étendue est fonction de la pression interne.2. Par contre. Le second outil classique est la « check-list ».3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques m Paramètres chimiques 3. il faut faire appel à son imagination. m Paramètres physiques La zone dangereuse est aussi fonction de paramètres tels que la pression. de façon plus restreinte. Peut-on s’appuyer sur la classification des agents chimiques utilisés ? Un produit toxique suggère évidemment un risque d’intoxication aiguë. un produit corrosif un risque de brûlure cutanée. la température des agents chimiques et leur situation dans l’espace. ou incontrôlées.5. La proximité est la principale condition pour créer une situation dangereuse. très simple. en s’aidant des informations figurant au paragraphe 2.2 Identification des risques Le risque de réaction dangereuse doit toujours être envisagé. son apport de créativité n’étant plus à démontrer. de préférence au moment de l’inventaire des produits présents dans un certain espace.3 Événements dangereux Pour inventorier les événements dangereux possibles. Il est certain qu’un produit stocké ou utilisé en hauteur crée une menace plus étendue que s’il était au sol. que l’on parcoure systématiquement. et un comburant un risque de réaction dangereuse. 3. C’est l’événement dangereux qui définira cette possibilité. Mais elle doit être aidée par des outils appropriés pour prétendre à une bonne couverture des risques. Mais le risque d’exposition massive est présent quel que soit le danger. Une fois qu’un couple est identifié. d’un combustible. le risque d’incendie ou d’explosion n’existe qu’en présence d’un inflammable et. Les prévoir consiste en fait à repérer des couples de produits fortement réactifs.

Le fait que les événements déclencheurs soient quasi innombrables conduit à s’en tenir. si l’on cherche les causes possibles d’une fuite. Comme évoqué précédemment. par exemple. plus les options se multiplient. La recherche des déclencheurs de dysfonctionnement se fait d’abord en s’aidant de l’expérience de l’entreprise. provoquée par l’arrêt accidentel du flux des eaux usées.2 Identification des risques © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. on peut trouver une douzaine de faits possibles. il faut inclure les défaillances des dispositifs de 137 . la situation dangereuse était de travailler à proximité d’un milieu fermentescible et l’événement dangereux a commencé avec l’arrêt du flux.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques Inhalations massives provoquées par : Décompression d’un récipient Explosion d’un récipient Fuite de gaz ou vapeurs Chauffage brutal d’un liquide volatil Renversement d’une quantité importante de solvant Réaction entre deux produits générant un gaz Décomposition thermique d’un agent chimique Incendie avec des produits chimiques Panne d’un captage Ingestions nocives provoquées par : Conditionnement trompeur Pollution d’un aliment Asphyxie provoquée par : Fuite de gaz inerte Renversement d’azote liquide Pénétration dans un espace appauvri en oxygène Combustion soudaine d’un inflammable Brûlures thermiques provoquées par : Incendie Explosion Projection de liquide chaud 3. aux deux dernières causes avant le dommage. C’est pourquoi il faut se constituer des bases de données d’accidents et surtout d’incidents survenus. puis la pénétration de l’opérateur dans le local.5. Il s’agissait de la formation de sulfure d’hydrogène dans une station d’épuration des eaux. Nous retrouvons bien les composantes du processus accidentel .2. pour se terminer par l’inhalation massive d’un gaz très toxique (la VLE est de 10 ppm). Ainsi. le danger était apporté par une substance générée par l’activité. puis la fermentation. L’exemple qui illustre le mieux cette éventualité a été décrit au paragraphe 2. Plus on remonte dans l’enchaînement des faits. mais constitue déjà une bonne base pour trouver l’essentiel des risques. en supposant que le déclencheur arrivera toujours. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Cela est d’autant plus difficile quand le poste de travail ne comporte aucune utilisation d’agent chimique et que c’est une formation inattendue d’agent chimique dangereux qui est l’événement déclencheur. même sans le moindre dommage.

des organes de commandes. en particulier dans le déclenchement de réactions dangereuses. d’une installation ou d’un projet. qui peuvent être des produits chimiques. Dans la méthode inductive. Pour en savoir plus. L’APR cherche ensuite à identifier toutes les situations dangereuses générées par ces éléments. L’analyse qui suit détermine les événements que cette défaillance pourrait provoquer. des opérations. 138 . en imaginant des enchaînements de faits.4 Les méthodes de recherche des risques accidentels La recherche des événements dangereux possibles s’inscrit dans l’ensemble des études de risques qui sont exigibles avant le démarrage d’un nouveau procédé ou d’une nouvelle installation. Nous les évoquons brièvement ici1.2. m Analyse préliminaire des risques (APR) L’APR est une méthode générale utilisée au stade de la conception d’un équipement. Ce principe. On peut citer les erreurs d’identification portant sur des produits. Dans la première.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Il existe deux types fondamentaux d’analyses des risques. Elle est spécifiée dans la norme CEI 812 : 1985 – Techniques d’analyse de la fiabilité des systèmes – Procédure d’analyse des modes de défaillances et de leurs effets (AMDE). voir la note documentaire ND 1675 de l’INRS sur le site www. Là encore. Elle va donc jusqu’à l’estimation du risque. 3. la défaillance d’un élément est présumée. L’une est appelée méthode déductive et l’autre méthode inductive. comme dans l’étude de sûreté des process ou d’installations. des signaux.net. m Analyse des modes de défaillances et de leurs effets (AMDE) L’AMDE est une méthode inductive dont l’objectif principal consiste à évaluer la fréquence et les conséquences de la défaillance d’un élément. 1. Les modifications de procédés improvisées peuvent déclencher des événements dangereux. Elle nécessite dans un premier temps d’identifier les éléments dangereux. s’adapte mieux aux défaillances techniques. un déclencheur peut être d’origine humaine.2 Identification des risques protection collective ou individuelle.fr. Ainsi l’arrêt d’une ventilation ou la défaillance d’un détecteur de gaz peut être un événement générateur de dommage. le dommage final est présumé et les circonstances qui pourraient provoquer cet événement sont ensuite recherchées.hst. ou la synthèse faite sur le site www. Elle comporte donc des points communs évidents avec la méthode développée dans cet ouvrage. le croisement de plusieurs méthodes donne les meilleurs résultats. des fluides. Souvent c’est la simple ignorance du risque qui est le premier facteur. que l’on retrouve dans les méthodes inductives (voir paragraphe suivant). Cependant. Une autre méthode utilisée dans l’inventaire des événements dangereux consiste à partir des déclencheurs pour lister ensuite tous les dommages qui peuvent en résulter. Depuis longtemps des méthodes ont été développées et normalisées dans ce but. etc. dans l’inventaire des événements dangereux possibles. en particulier dans l’industrie chimique.previnfo. des équipements. appelée « événement redouté ». pour en déduire in fine des mesures de prévention.

Le système à analyser (procédé. pH . m L’arbre des défaillances (ADD) L’ADD est une méthode déductive menée à partir d’un événement jugé indésirable qui permet à son utilisateur de trouver tous les chemins critiques conduisant à cet événement. Les scénarios sont classés. Les mesures de sécurité sont alors intégrées aux arbres logiques et les risques résiduels sont analysés au travers d’une grille d’acceptabilité définie par consensus. La méthode est spécifiée dans la norme CEI 61025 : 1990 – Analyse par arbre de panne (AAP). établie elle aussi par consensus. dans une grille de gravité. Les événements dangereux ou sommets sont tout d’abord identifiés. pression . Son principe est de choisir un système. niveau .2 Identification des risques m Méthode MOSAR (Méthode Organisée Systémique d’Analyse des Risques) La méthode MOSAR est une démarche qui comporte dix étapes. m Méthode HAZOP (HAZard OPerability) Cette méthode a été conçue pour les risques liés au process. L’adéquation des mesures de sécurité est étudiée à l’aide d’une deuxième grille. ouvert/fermé). de lister tous ses paramètres influents et d’examiner tous leurs écarts possibles. On représente ensuite toutes les combinaisons de défaillances élémentaires qui pourraient se traduire par un événement indésirable sous la forme logique d’un arbre des défaillances. 139 . débit . Une grille de correspondance. Les paramètres du système sont typiquement : – – – – – – – – – température . état d’un organe (marche/arrêt. Les écarts possibles de ces paramètres sont passés en revue à l’aide de mots guides tels que : – trop de . durée . – pas assez de . Une grille est utilisée pour identifier les phénomènes dangereux.) est considéré comme formé de sous-systèmes en interaction. installation. puis d’une troisième grille prenant en compte leur interdépendance. par consensus. poids. en particulier pour le risque de réaction incontrôlée. Ceci conduit à la construction de scénarios d’accidents. volume . etc. concentration . © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Elle est donc bien adaptée à l’industrie chimique.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. les situations dangereuses et les événements dangereux. relie la grille de gravité aux objectifs à atteindre par les mesures de sécurité et spécifie le niveau de performance des mesures techniques et organisationnelles. similaire à l’arbre des causes décrit par ailleurs.

en s’aidant d’un tableau comme celui-ci : Système Repère Mot guide Paramètre Cause Conséquences Détection Mesure corrective m Méthode « Que se passe-t-il si » (« WHAT IF » Method) « Que se passe-t-il si » est une méthode inductive. comme établi au paragraphe 2.5 Enregistrement des données Nous avons vu qu’à une action ou phase donnée peuvent être rattachés plusieurs risques. d’autre part comme risques d’accident. Toutes ces méthodes sont en fait très voisines.2 Identification des risques – – – – – – – non fait . le mode opératoire est passé en revue. Pour les procédés plus complexes. marche à l’envers. avant. mais exige une certaine compétence des personnes qui la pratiquent. on se demande ce qui se passe si tel dysfonctionnement se produit et on répond en décrivant les effets des défaillances de matériel ou des erreurs de procédure sur l’apparition de dommages. en partie . et inductive partant des déclencheurs pour un inventaire plus complet des événements dangereux envisageables. la méthode utilise une « check-list » pour balayer tous les dysfonctionnements et divise le travail de façon à confier l’étude de certaines phases aux personnes qui ont la plus grande expérience ou habileté à évaluer ces aspects. fermeture avant la fin. sachant que le plus souvent les deux groupes sont présents. il faut indiquer une cause et des conséquences. c’est l’intérêt d’une double approche. autre . 3. volume en partie dévié. Elle est assez voisine de la méthode HAZOP. pas assez de poids A. On en déduit quels moyens de détection et quelles mesures correctrices seront opportuns. Pour chacun de ces écarts. ouverture non faite.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.2. Mais.3. etc. Ce qui est important à retenir. Pour les procédés relativement simples. d’une part comme risques d’exposition chronique. pour chaque groupe. … Ce qui génère des hypothèses telles que : température trop haute. il n’y a qu’un risque par famille de danger. après . inverse . déductive partant des dommages.6. Il faut donc enregistrer ceux qui ont été identifiés. Ce qui veut dire que la configuration la plus complète est : 140 . en plus de . À chaque étape.

utiliser la liste de codes suivante : C-In C-Co C-Tg A-In A-Co A-Tg A-IE A-Re Dans la pratique. cela revient à préciser la voie avec le type. poussière.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. granulométrie. par commodité. ou référence Il s’agit des phrases de risque correspondant à la famille de danger générant le risque Liquide. Point d’ébullition. il ne reste que 4 à 5 risques. gaz. fumées. poudre.2 Identification des risques Action Type de risque Famille de danger Nocivité par inhalation Code In Co Tg In Co Tg IE Re Chronique Nocivité par contact Nocivité par ingestion Nocivité par inhalation X Nocivité par contact Accidentel Nocivité par ingestion Incendie-explosion Réactivité Soit 8 risques par action. il reste à enregistrer tous les paramètres que nous appellerons qualitatifs et qui figurent dans le tableau suivant : Domaine © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. etc. selon qu’il y a des inflammables ou pas. LIE. On peut donc. après élimination des risques négligeables. de préparation ou de rejet Son numéro CAS ou EINECS. aérosols. etc. En réalité. Danger Forme physique 4 Constantes physiques 5 141 . qui s’ajoutent pour le risque accidentel. masse moléculaire. Paramètres Agent chimique Identité Dangers N˚ 1 2 3 Précisions Son nom de substance. d’éclair. pâte. Pour chacun de ces risques élémentaires. vapeurs. pression de vapeur. sauf pour l’incendie-explosion et la réactivité.

9.4.4 pour le type chronique et 2. Exposition Zone de dispersion Proximité Situation dangereuse Accident Événement dangereux Dommage La nature et la localisation de la pathologie Seuls les paramètres 1.1 Le cheminement de l’estimation L’estimation des risques va nous permettre de tous les classer dans l’ensemble défini.3. Ceux-ci doivent eux-mêmes faire l’objet d’une cotation. NE. Le minimum est une échelle à trois niveaux : faible. Tête à 50 cm de la surface. Ces diverses cotations doivent suivre certaines règles pour être significatives. 3. car. échappement. etc. pulvérisation. il faut éviter d’avoir trop d’éléments sur un même niveau. 8)) sont renseignés en fonction de leur disponibilité et de leur utilité.4. Plus il y a de risques à estimer. et 11 sont indispensables pour un risque chronique et les paramètres 1. etc. 2. Si l’on augmente le nombre de niveaux. et 11 pour un risque accidentel.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. En définitive. produit sur les mains.3. comme exposé aux paragraphes 2. Éventuellement tableau de MP. 4. donc disposer de suffisamment 142 . < 10 m.5 pour le type accidentel. il nous faut connaître les paramètres influents sur leur cotation. plus large doit être l’échelle. Pour cela. 7.5. 10. La proximité avec le danger Le scénario Correspond à la phrase de risque.3 Estimation des risques 3. dépôt. 2. Ils peuvent très bien figurer dans une autre base de données. Les autres (5 et les 3 qui ne précisent que le risque chronique (6. il faut être en mesure de bien les attribuer. 3. etc.5. broyage. 3.5. il suffit d’enregistrer chaque risque élémentaire avec un repérage adéquat. codés ND. local entier. Ils ont été décrits au paragraphe 2. dans le classement final. par priorité décroissante. La cotation des risques se fait donc à partir des quatre paramètres quantitatifs fondamentaux. NG et NP. < 1 m. qu’ils soient de type chronique ou accidentel. à partir de paramètres chiffrés ou pas.4 et 2. mise en suspension.2 Règles de cotation 1) Choisir des échelles de cotation adaptées à l’ampleur de l’évaluation. 4. Le tableau ci-contre en présente une synthèse. sa famille de danger et les paramètres qualitatifs correspondants. consultable à volonté. moyen et élevé. 3.3 Estimation des risques Domaine Paramètres Mode de dispersion N˚ 6 7 8 9 10 11 Précisions Évaporation. en mentionnant son type.

3 Estimation des risques La cotation d’un risque de type dépend d’abord du Niveau de danger codé qui dépend de Phrases de risque qui dépend de ND VLEP ou DL50 Durée Indice d’exposition respiratoire Ir Chronique Niveau d’exposition NE Fréquence Coefficient d’exposition R (métrologie ou estimation) Durée Indice d’exposition cutanée Ic Fréquence Coefficient d’exposition C (surface de contact.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. concentration) ND Niveau de Gravité NG Dommage le plus probable Quantité Proximité Nombre de personnes Nombre de déclencheurs potentiels Accidentel Nombre d’étapes du scénario Niveau de Probabilité NP Étendue de la zone dangereuse Présence humaine Possibilité d’évitement Conception Maintenance Facteurs humains Zone atex Complexité de l’environnement © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Conception Propriétés du produit Durée et fréquence des actions Mode opératoire Protection Surveillance Formation/information 143 .

3. 3) La cotation peut être numérique ou pas.5. R60. et ses opposants disent qu’il ne faut pas être tenté de s’y réfugier… L’étendue de l’échelle peut aussi varier selon le paramètre que l’on cote. S’il y a plusieurs phrases. puis le plus bas. R10.3. et les combinaisons se font par matrice. C’est pour cela qu’on ne peut coter les risques qu’une fois leur identification terminée sur l’ensemble. La difficulté intervient au stade précédent. puisque l’impair fixe un niveau juste au milieu de l’échelle. La règle énoncée ci-dessus conduit à l’analyse de risque suivante : 144 . d’ailleurs absolues. prenons l’exemple des risques liés à l’utilisation d’une préparation affectée de la classification suivante : R23. Il est donc primordial d’examiner d’abord tous les niveaux d’un paramètre donné pour l’ensemble des risques. comme celles qui figurent aux paragraphes 2. Nous pensons qu’il est illusoire d’utiliser plus de 10 niveaux. Le choix du nombre pair ou impair n’est pas anodin. 3. Dans le cas contraire.5. Cela veut dire concrètement que chaque paramètre est situé par rapport au plus haut et au plus bas. Dans les autres méthodes que nous avons étudiées. en fonction du nombre de variables dont il dépend. la cotation du risque est immédiate.5. Les partisans du nombre impair disent qu’il est plus facile de se référer à une moyenne. souvent l’addition ou le produit des cotations des paramètres influents. 2) Toute notre méthodologie d’estimation repose sur le caractère relatif de la cotation. qu’on appelle aussi grille ou tableau. et enfin de coter tous les autres par rapport à ces deux extrêmes. on retiendra le plus haut niveau de danger obtenu. Une cotation des risques réalisée au fur et à mesure de l’identification perd tout caractère relatif et n’atteint pas son but. Voici quelques pistes pour ce faire.3 Estimation des risques de critères. Dans le premier cas. il est important que les trois règles ci-dessus soient établies de façon collective et consensuelle. Pour éviter les tensions et désaccords ultérieurs.4 et 2. La cotation des risques engage à terme ses auteurs sur une stratégie de prévention.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.3 Paramètres influents sur la cotation Une fois fixée la fonction ou la matrice de combinaison des quatre paramètres fondamentaux. comme cela est expliqué en détail au paragraphe 2. R37/38. Cette option permet plus facilement de « doser » l’influence de chaque paramètre sur la cotation finale. puis d’affecter le plus haut niveau. à partir des phrases de risque. ce point capital n’a jamais été mentionné. Rappelons qu’il ne faut considérer que les phrases se rapportant à la famille de danger correspondant au risque estimé.4. on accède à la cotation finale par une fonction mathématique. Pour illustrer ce point clé de la méthodologie. la cotation se fait par lettres ou par mots. m Niveau de danger (ND) C’est le plus facile puisqu’il existe des échelles de cotation. c’est-à-dire pour coter les quatre niveaux fondamentaux eux-mêmes.

en conséquence de son étiquetage. R26. qui affichent cinq niveaux – mais il n’y en a que quatre réels –. R23. Pour la voie respiratoire. Le coefficient C peut suivre une progression du type : mains. etc.3 Estimation des risques N˚ de risque Type de risque Libellé Phrases de risque R23 R37 R60 R38 R60 R10 Libellé Niveaux de danger 4 2 4 2 4 2 Niveau retenu 1 In Inhalation Toxique par inhalation Irritant pour les voies respiratoires Peut altérer la fertilité Irritant pour la peau Peut altérer la fertilité Inflammable 4 2 Co Contact cutané Incendieexplosion 4 3 IE 2 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. sont une référence permettant le consensus. et l’idéal est de procéder à des campagnes de métrologie. jambes. torse. Or sa classification se limite strictement à R11. affectés d’une part aux phrases de risque de tous types pour la réglementation actuelle. Cette cotation est un minimum et peut être avantageusement complétée par des phrases de risque affectées pour la circonstance. Mais celle-ci est très variable dans le temps et l’espace. figure dans l’annexe 4. À défaut. on s’appuie sur des facteurs d’exposition. Dans tous les cas. amiante. le coefficient R reflète le niveau de concentration du polluant dans l’air. en fonction d’une expérience ou d’une connaissance particulière des personnes concernées. de négliger l’exposition chronique aux vapeurs ? Ce classement de niveau permet en outre une approche conforme à la réglementation qui prévoit des mesures spéciales pour certains produits dangereux (plomb. toxiques pour la reproduction). m Indices d’exposition (Ir et Ic) Le troisième paramètre de l’indice est le coefficient d’exposition. corps entier.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. ce qui entraîne une nouvelle cotation aux niveaux 5 et 4. Nous prendrons un exemple très simple pour illustrer ce point. Il est parfaitement admissible que des modifications y soient apportées d’un commun accord.) ou catégories de produits (cancérogènes. Ces tableaux. La synthèse des niveaux. il est préférable de déterminer le niveau de danger en accord avec le médecin du travail. il faut principalement intégrer la surface de peau exposée. Par exemple : gaz de combustion. 145 . Pour le contact cutané. mutagènes. R49. Peut-on imaginer. facilement inflammable. bras. fumées de soudure inox. et d’autre part aux agents chimiques générés par l’activité et non étiquetables. Les effets de l’éthanol (alcool éthylique) sur la santé ne sont plus à démontrer. Ce produit est pourtant un solvant industriel.

tout aussi intéressant pour mettre en évidence une exposition déjà réalisée. 146 . on en déduira le coefficient d’exposition cutanée C. La métrologie concernant l’exposition cutanée est plus complexe. ce qui suppose des séries de mesures pour pouvoir faire un minimum de statistiques. elle consiste à mesurer la concentration d’une substance. Ensuite. déjà évoqués au paragraphe 2. Guide biotoxicologique pour les médecins du travail. elle n’apporte souvent qu’une information semi-quantitative. Comment traiter ce cas ? On peut assimiler l’exposition multiple à une exposition simple à une préparation qui contiendrait les différents agents présents. du type frottis. Mais cela reste une indication précieuse pour procéder à des comparaisons dans l’espace et dans le temps. ou d’une poussière. reflétant dans ce cas la quantité qui se dépose.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques m La métrologie relative aux expositions 3. comme la contrainte des analyses pour le personnel et le fait qu’elle ne soit qu’une méthode a posteriori. il existe peu de valeurs de références et aucune VLEP. Pour les concentrations surfaciques. consulter BIOTOX. Pour la première. il faut reconstituer la classification de cette préparation théorique.2. Dans le cas d’une préparation ou d’une dilution. Elle a aussi des inconvénients.4. Pour en savoir plus. parce qu’ils sont présents simultanément dans l’atmosphère de travail ou parce qu’ils sont manipulés simultanément. Il suffit alors. mais aussi sur les objets. Pour ces diverses raisons. Une métrologie doit évidemment être représentative de l’exposition pondérée. En pratique. L’expérience a montré que le recours à cette technique peut remettre en cause les estimations intuitives initiales. La biométrologie a l’avantage de rendre compte de la dose réellement absorbée par l’organisme. ED 791. Elle peut être pratiquée sur la peau. 1. c’est-à-dire un ordre de grandeur. Le dosage d’indicateurs biologiques d’exposition (IBE)1 dans les urines et le sang. surtout si les modes opératoires varient souvent. comme indiqué. la technique est très différente selon qu’il s’agit d’une exposition respiratoire ou cutanée. Mais c’est souvent largement suffisant quand on procède par comparaisons. 2007. Pour analyser les risques qui en résultent. dans l’atmosphère de travail. pour rester prudent. Il faut d’abord que l’agent chimique visé soit mesurable. sur une surface donnée. Elle consiste à procéder à des prélèvements surfaciques. il faut tenir compte de la concentration du produit actif. d’autant qu’elle est indépendante du mode de contamination. Quand l’ensemble des mesures est réalisé sur le domaine de l’étude. agents chimiques. Cette observation a été faite notamment avec le plomb et certaines amines aromatiques. Cela est difficile parce que la composition nous échappe dans ce cas. constitue un troisième type de métrologie. Les pollutions atmosphériques sont souvent des mélanges complexes. La mesure ne porte alors que sur un ou deux composants du mélange. ou plus. m Expositions multiples Un poste de travail peut induire une exposition à deux.3 Estimation des risques La métrologie des agents chimiques susceptibles d’entrer en contact avec les personnes n’est pas une technique d’accès facile. en intégrant l’importance de la surface de peau en contact. on peut attribuer les coefficients d’exposition respiratoire R. INRS.

tout en éliminant les redondances ou les dangers de niveau inférieur. le coefficient d’exposition R sera le résultat d’une estimation sans métrologie. comme des emballages. qui ne vise qu’à situer les valeurs entre les extrêmes. mais l’INRS a établi une règle qui considère que chaque substance d’un mélange contribue à l’exposition. qui pourrait se trouver dans une combustion de déchets : Exposition simultanée à : Xylène Acide chlorhydrique Poussières de chromate de plomb Classification R10-20/21-38 R23-35 R61-33-40-62 R23-21-35-61-33-40-62 R10 Synthèse Si l’on veut estimer une exposition multiple par métrologie.≤ 1 VL n VL 1 VL 2 EXEMPLE : Exposition simultanée à l’éthanol (600 ppm). La convention d’additivité donne : 600 -----------. Elle repose dans tous les cas sur l’observation de certains facteurs d’exposition. Ce sont des éléments du procédé et de l’environnement qui contribuent au contact des personnes avec les agents chimiques. Dans la majorité des cas. 50 ppm et 10 ppm.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. m Facteurs d’exposition © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pour un liquide. de sa pression de vapeur et.3 Estimation des risques d’additionner les phrases de risque de tous les composants. Les VME correspondantes sont 1 000 ppm. et relative. Voici les cinq éléments principaux : Le degré d’ouverture d’un système : Il s’agit de repérer les contenants qui peuvent être ouverts en permanence. au xylène (25 ppm) et à l’ammoniac (2 ppm). elle doit être le résultat d’une approche collective. comme des cuves. alors qu’aucun des composants ne dépasse sa propre valeur limite.+ 25 + ----.21 000 50 10 La valeur limite est donc dépassée. qui permet de synthétiser les avis.3 . spatiale ou temporelle. Des mises à l’air libre d’un agent peuvent arriver au cours d’une opération de versement. La volatilité d’un produit : Elle est fonction. selon la formule : Cn C1 C2 --------.----. pour un solide pulvérulent. Comme toute estimation. de ces ouvertures par rapport à l’ensemble des équipements. de soutirage ou de prélèvement. de sa granulométrie.= 1. 147 . il faut mesurer les concentrations de tous les composants. ou temporairement. La valeur limite du mélange est obtenue par le biais du rapport des concentrations atmosphériques (Cn) aux VLEP correspondantes (VLn). comme dans l’exemple suivant. Le degré reflète la proportion. Rappelons qu’il n’existe pas de VLEP pour les mélanges.+ --------.+ … + --------.

une protection respiratoire à haute efficacité utilisée dans un espace à forte concentration de vapeurs nocives implique un coefficient négligeable. le chauffage. elles doivent être intégrées dans l’estimation. comme la projection. En théorie.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. puis de combiner les cotations obtenues et d’en déduire un coefficient d’exposition. le meulage et le broyage. INRS. ND 2233. Cela veut dire que lorsque des protections collectives sont utilisées ou des protections individuelles portées. l’étalement en surface. En fait. 148 . la détermination des coefficients d’exposition se fait intuitivement. Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. Les deux exemples typiques sont les transvasements de petits conditionnements et les nettoyages d’objets aux solvants. En général. alors qu’un travail manuel sur un produit pulvérulent avec des gants de faible efficacité implique un fort coefficient. Ainsi. mais en tenant bien compte des facteurs d’exposition. 2005. Nous proposons ci-dessous quelques exemples d’estimation. la pulvérisation. c’est le risque de défaillances de ces protections qui les dévalue en tant que mesures de prévention. Une telle démarche est incluse dans la méthode proposée par l’INRS1.3 Estimation des risques Le degré de dispersion : Le mode opératoire peut induire des mouvements d’agents chimiques à l’air libre qui favorisent leur dispersion. il serait possible de coter chacun de ces facteurs. Le coefficient d’exposition résulte donc de l’estimation d’une exposition hors protection. Le degré de protection : Notre méthode exploite toujours l’exposition réelle des personnes. etc. corrigée par l’efficacité de ladite protection dans ses conditions réelles d’exploitation. c’est-à-dire conformes au sens premier de manipulation. le ponçage. Il appartient au groupe de travail chargé de l’évaluation de juger si cette étape supplémentaire est supportable et utile. Le degré de manipulation : Ce facteur vise spécialement le contact cutané. Il reflète la proportion d’actions qui sont réalisées directement avec les mains. Expositions respiratoires : Degré d’ouverture du système Complètement clos Partiel Tout ouvert Partiel Partiel Tout ouvert Tout ouvert Volatilité du produit Quelconque Faible Aucune Moyenne Moyenne Faible Moyenne Dispersion du produit Aucune Aucune Aucune Aucune Aucune Transfert de poudre Meulage Protection Aucune Aucune Aucune Captage enveloppant Captage latéral Masque filtrant Captage latéral Coefficient R Négligeable Faible Faible Faible Moyen Moyen Moyen 1. respiratoire ou cutanée.

Un classement des indices permet de fixer des niveaux d’exposition. Ce dernier est obtenu en multipliant le coefficient d’exposition par la durée et la fréquence d’exposition. Volatilité du produit Quelconque Moyenne Faible Moyenne Poudre fine Élevée Moyenne Moyenne Degré de manipulation Aucune Soutirage de liquide Avec outil manuel Pesée Déplacement de récipient Ponçage Pulvérisation Transvasement de poudres Nettoyage manuel au solvant Protection Aucune Gants spéciaux Aucune Gants Aucune Gants Gants Aucune Coefficient C Négligeable Faible Faible Moyen Moyen Élevé Élevé Élevé Tout ouvert Forte Aucune Très élevé m Niveau d’exposition (NE) Le niveau d’exposition est fixé en fonction des valeurs de l’indice d’exposition. Ce calcul est consigné dans un tableau.3 Estimation des risques Degré d’ouverture du système Tout ouvert Partiel Tout ouvert Partiel Partiel Volatilité du produit Faible Forte Forte Moyenne Faible Dispersion du produit Séchage de pièces Écoulement liquide Aucune Pulvérisation Travail à chaud Protection Ventilation générale Aucune Aucune Ventilation générale Aucune Coefficient R Moyen Élevé Élevé Élevé Élevé Expositions cutanées : Degré d’ouverture du système Complètement clos Partiel Partiel Tout ouvert Tout ouvert Tout ouvert Partiel Tout ouvert © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 149 .3.4.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. selon les règles de cotation déjà évoquées. tiré de l’étude d’une opération de mélange de poudres. selon l’exemple suivant. conformément au principe énoncé au paragraphe 2.

Niveau (NG) 5 Définition Mort collective Exemples de scénario Nuage toxique Explosion Émanation toxique Anoxie Perte de la vue Brûlure au 3e degré Insuffisance respiratoire sévère Intoxication temporaire Brûlure chimique limitée Migraine Irritation 4 Mort individuelle 3 Lésion grave avec incapacité permanente 2 Lésion grave réversible 1 Pathologie légère Dans beaucoup de cas.1 indique quels sont les paramètres influant sur le niveau de gravité. Le premier paramètre est le niveau de danger de l’agent chimique.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. une échelle à trois niveaux suffit.3 Estimation des risques Action Durée (min) 20 5 10 5 15 10 Fréquence (par jour) 4 4 4 4 2 2 Coefficients d’exposition estimés (1 à 7) 3 2 7 1 3 2 Indice Ir 240 40 280 20 90 40 Niveau d’exposition (1 à 5) 4 1 5 1 2 1 Pesée Chargement Déchargement Transfert Broyage Conditionnement m Niveau de gravité (NG) La détermination du niveau de gravité du dommage commence par la fixation de l’échelle de gravité. elle comporte de deux à cinq échelons. C’est le cas dans la norme ISO 14121 150 . Nous proposons ici la plus complète. parfois appelée sévérité1. Dans les différentes méthodes d’évaluation des risques. le décès doit être systématiquement envisagé.3. parce que la concentration 1. Lorsqu’il est classé très toxique. Mais l’inverse n’est pas juste. Le tableau du paragraphe 3. et en général de niveau de danger égal à 5.

car les pics de concentration atmosphérique et les surfaces de contact cutané sont proportionnels à la quantité impliquée dans le scénario d’accident. La probabilité du dommage envisagé est liée à sa gravité. Elle est en fait la combinaison des probabilités des étapes successives de l’événement dangereux. on retrouve la relation : P (dommage) = P1 ¥ P2 ¥ … ¥ Pn les probabilités étant exprimées en fraction 1/nombre estimé de cycles pour un événement E. l’ampleur des dommages est quasiment exponentielle par rapport aux quantités mises en jeu. C’est même un point d’appui majeur de la prévention. Le paragraphe 2. La quantité d’agent chimique présente est un autre facteur déterminant sur le niveau de gravité.2 a montré la quantité surprenante de scénarios imaginables. Ainsi. Pour les réactions dangereuses. L’agent chimique ne joue que le rôle d’initiateur et n’intervient que rarement sur les dommages finaux. La gravité d’un incendie ou d’une explosion ne dépend pas beaucoup du niveau de danger. Par contre. Elle l’est d’abord de façon évidente pour les expositions massives. chaque événement n’ayant qu’un précurseur. La même prudence doit être observée pour un scénario de réaction dangereuse. une substance classée 4 parce qu’appartenant aux CMR ne générera pas nécessairement de risque mortel à une exposition massive de 5 000 ppm. parce que l’étiquetage ne rend que grossièrement compte de la réactivité.5. C’est pourquoi chaque cas doit être examiné avec toutes les informations de toxicologie aiguë disponibles. ND = 2) peut être fatale si la concentration atteint 5 % dans l’air. qui n’a pas du tout le même niveau de probabilité. La proximité des personnes avec le point de départ du phénomène accidentel est l’un des facteurs les plus influents. La séquence type est alors : E1 (déclencheur) Æ E2 Æ… Æ En (évitement) Æ Dommage Si l’on veut quantifier la probabilité. Il est donc important de bien décrire chaque étape des scénarios retenus.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. m Niveau de probabilité (NP) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. comme montré précédemment. parce que les dommages sont toujours indirects.3 Estimation des risques intervient. précision suffisante en 151 . les incendies et les explosions. le nombre de personnes exposées est un critère important pour la gravité. De même. C’est aussi un aspect qui guide les choix de mesures de prévention. puisque le rayon d’action de ces deux sinistres est très souvent très large et la zone dangereuse inclut des postes de travail initialement sans rapport avec le poste que l’on estime. de combustion soudaine et d’explosion. une exposition à des vapeurs de substance classée irritante (R38. d’épandage. car il existe toujours une distance qui place les personnes hors d’atteinte des événements dangereux. le facteur distance est déterminant. Ce nombre est exprimé en puissances de dix. Le niveau de probabilité concerne bien le dommage final et non le fait déclencheur de l’événement dangereux. C’est pourquoi il est utile d’estimer l’étendue de la zone dangereuse pour situer le dommage possible lié à la proximité. Ceux-ci peuvent être écrits de façon strictement linéaire. Dans les scénarios de projection.

C’est du moins une approximation valable quand les probabilités sont faibles. les précurseurs multiples d’un événement sont liés par une conjonction « ou » et non pas « et ». La probabilité qu’il reçoive du produit est de 1/100 ¥ 1/8 = 1/800. S’il y avait deux raccords. voici quelques définitions de probabilité proposées par la norme ISO 14121 : Probabilité 10 –1 10 –2 10 –3 10 – 4 10 – 5 10 –6 Définition Fréquent et attendu Possible Inhabituel Isolé.3 – Arbre des défaillances Contrairement aux conventions de l’arbre des causes. la probabilité serait de 1/400. Le schéma suivant en est un exemple typique : E1 E6 E2 E4 E5 E7 E3 E9 E8 dommage Figure 3. peu vraisemblable EXEMPLE CHIFFRÉ : Un tuyau de produit corrosif a un raccord dont la fréquence de fuite est estimée à 1 jour sur cent.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Le calcul exact est fourni par le théorème de Poincarré : si A ou B provoque E. Les scénarios peuvent prendre la forme d’un arbre des défaillances quand on envisage plusieurs précurseurs à un événement. les probabilités s’additionnent1 : P4 = P1 + P2 + P3 et Pdommage = P8 + P9 1.3 Estimation des risques pratique. Un opérateur est présent sous ce tuyau 1 heure sur huit par jour. alors PE = PA + PB – PA ¥ PB. rare Envisageable à la limite Improbable. 152 . Dans ce cas. ou plusieurs événements pour un précurseur. Pour fixer les idées.

études. qui peut avoir une origine technique ou humaine. schémas. ce qui suppose de s’entourer de toute la documentation nécessaire : plans. Or. pendant de longues périodes ou fréquemment. Arrêté du 8 juillet 2003 relatif à la protection des travailleurs susceptibles d’être exposés à une atmosphère explosive. car la présence d’air et l’atteinte de la concentration critique sont presque inévitables en dehors de toute mesure de prévention. de définir les zones à risque en fonction des définitions suivantes1 : – Zone 0 (vapeurs) ou 20 (poussières) : Emplacement où une atmosphère explosive est présente en permanence. Le recours à des méthodes telles que celles évoquées au paragraphe 3. compte tenu de la lourdeur des calculs de probabilités qui peut décourager. rapports.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. ils ont souvent pour origine un défaut d’information ou de compréhensibilité de celle-ci. 1. La probabilité de l’atmosphère explosive est dans la plupart des cas voisine de celle de l’émission de vapeurs ou d’aérosols. sachant que le déclencheur technique n’est pas forcément chimique. la réglementation du travail demande. En ce qui concerne les déclencheurs de type humain.4 est souvent indispensable.2.3 Estimation des risques Il faut réserver cette approche quantitative à des scénarios relativement simples. pour la prévention des explosions. mais très souvent mécanique. Ce scénario est toujours assez simple et peut être schématisé ainsi : Travail avec inflammable ou combustible Émission de vapeurs ou de poussières Mélange avec l’air LIE < C < LSE Atmosphère explosive Source d’ignition Explosion Figure 3. 153 . autrement dit les décisions erronées. Le premier est le déclencheur. Cela est d’autant plus probable que la technologie est complexe. hydraulique ou électronique. la probabilité peut se calculer ainsi : P (explosion) = P (ignition) ¥ P (émission) ¥ P (mélange air) ¥ P (concentration explosive) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. FDS. La difficulté est d’attribuer une probabilité à chaque événement du scénario. Le cas du scénario d’explosion est particulier parce que l’estimation de la probabilité rejoint la démarche réglementaire qui conduit à définir des zones à risque. notices. etc. électrique. qui n’est qu’une partie du volume occupé par les vapeurs ou l’aérosol. Il faut chercher dans l’historique des pannes et incidents.4 – Arbre des causes d’une explosion de vapeurs Les liaisons étant du type « et ». La probabilité de présence d’une source d’ignition est comprise comme se trouvant dans l’atmosphère explosive.

il ne reste plus qu’à les combiner pour obtenir la cotation finale de chaque risque sur l’échelle définie. Quant aux réactions incontrôlées. et ED 911. Il s’agit des brochures ED 845. 154 . les protections collectives et individuelles sont intégrées dans l’estimation. On peut citer les systèmes de surveillance des installations. il y a les moyens d’extinction et les douches de sécurité. nous présentons différents tableaux de combinaisons obtenus à partir d’une échelle de 1 à 5 pour les paramètres et montrant la progression du niveau de risque. en tenant compte de leur efficacité réelle. etc. il s’agit de présence réelle et non prescrite par un mode opératoire ou un règlement.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. ED 944. il faut appliquer la règle de combinaison que l’on s’est choisie. Les variantes permettent par exemple de privilégier l’influence du danger dans le risque chronique ou celle de la gravité dans le risque accidentel. multiplication. Pour les incendies. la durée cumulée de présence humaine en zone dangereuse est un facteur déterminant de la probabilité du dommage. Enfin. Ces définitions s’appliquent parfaitement à des niveaux de probabilité. parmi toutes les variantes décrites au paragraphe 2. polynôme. – Zone 2 (vapeurs) ou 22 (poussières) : Emplacement où une atmosphère explosive n’est pas susceptible de se présenter en fonctionnement normal ou n’est que de courte durée. Il faut prendre en compte ensuite tout ce qui permet l’évitement du dommage quand un événement dangereux s’est déclenché. Là encore. car les écarts observés peuvent être considérables. – matrice de combinaison. m Cotation des risques Une fois les quatre paramètres fondamentaux fixés. s’il advient qu’elle se présente néanmoins. 1. les panneaux d’expansion. Pour cela. . Il reste qu’il n’est pas toujours facile de les choisir pour une situation donnée. il y a les disques de rupture. Les possibilités d’évitement dépendent aussi de l’expérience et de la formation des personnes concernées. les systèmes d’alarme. C’est pourquoi il ne faut pas oublier l’éventualité d’un remplacement de personne dans l’estimation de ce facteur. Ce facteur a l’avantage d’être quantifiable et donc d’améliorer l’estimation de la probabilité de l’événement considéré. qu’ils soient automatisés ou humains. Pour les explosions. il existe des systèmes de blocage de réaction et de refroidissement rapide. lumineux ou sonores. L’INRS a édité des guides qui facilitent ce travail1. Comme pour l’exposition chronique. etc. Pour mieux observer l’influence de la formule sur la cotation finale. à savoir : – fonctions mathématiques : addition.3 Estimation des risques – Zone 1 (vapeurs) ou 21 (poussières) : Emplacement où une atmosphère explosive est susceptible de se présenter occasionnellement en fonctionnement normal.4.4.

3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. avec une discontinuité. il est dissymétrique en faveur du ND/NG. il est symétrique. alors que le classement des risques paraît plus compréhensible dans une échelle du même ordre que celle des paramètres et sans discontinuité. 2 ND/NG 3 4 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. il est symétrique.3 Estimation des risques NE/NP 1 1 NR = ND + NE (ou NG + NP) Le résultat va de 2 à 10 . 2 ND/NG 3 4 5 4 5 6 5 6 7 6 7 8 7 8 9 8 9 10 2 3 2 3 4 3 4 5 4 5 6 5 6 7 NE/NP 1 1 NR = ND ¥ NE (NR = NG ¥ NP) Le résultat va de 1 à 25 . On peut se rapprocher de cet objectif en prenant la racine carrée (arrondie à 1 décimale) des fonctions qui utilisent un produit. Ainsi les deux dernières formules deviendraient : 155 . 2 ND/NG 3 4 5 3 4 5 6 8 10 9 12 15 12 16 20 15 20 25 1 2 2 2 4 3 3 6 4 4 8 5 5 10 NE/NP 1 1 ND ¥ 2 + NE (ou NG ¥ 2 + NP) Le résultat va de 3 à 15 . 2 4 6 8 10 12 3 5 7 9 11 13 4 6 8 10 12 14 5 7 9 11 13 15 3 5 7 9 11 5 L’inconvénient de ces formules est qu’elles génèrent des échelles finales très étendues.

2 2 2. avec 13 échelons. il comporte 13 échelons.9 1. 1 2 ND/NG 3 4 5 2 4 5 3 4 5 4 5 6 5 5 6 5 6 7 1 1 2 1 2 3 2 3 4 2 3 5 3 4 156 .9 4.3 3.4 2.6 3.8 3.3 2.9 . 1 2 ND/NG 3 4 5 2.7 à 3.4 2 1.2 3.0 2.7 3.4 4 2.0 1.4 2. sans décimale. il est dissymétrique en faveur du ND/NG.0 3.0 2.8 5 2. Le résultat va de 1 à 7.9 3.0 3. il est symétrique.5 4.5 3.3 3.7 2.6 4 2.6 3.6 3.2 2.5 3.2 3.0 Pour ne garder que les avantages des différentes formules.0 3.2 3. il ne reste plus que la matrice de combinaison.6 3.8 5 2.2 3.7 2.8 3.5 3.0 2. et en particulier éviter les cotations décimales.0 4.0 3 1. Par contre.4 3 2. il est dissymétrique en faveur du ND/NG. Il n’y a que 7 échelons.0 1.3 Estimation des risques NE/NP 1 ND × NE (ou NG × NP ) Le résultat va de 1 à 5 .2 NE/NP 1 ND × 2 + NE (ou NG × 2 + NP ) Le résultat va de 1. comme celle qui suit : NE/NP 1 Matrice sans fonction mathématique.5 3. 1 2 ND/NG 3 4 5 1.7 2.4 2.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3.2 2.5 5.

= 8 hPa à 20 ˚C Évaporation Local de séchage Au milieu du local 3 15 min 3 par jour 30 ppm 2 Nausées. Eb = 139 ˚C .1. ils peuvent être mélangés dans le classement général. Les tableaux suivants synthétisent l’ensemble de ces données.2.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. Il est en effet plus intéressant de disposer d’une vue d’ensemble de ces deux types de risques. m Risque chronique Fonction Action Type Code Paramètre S2-5 C-In Xylène R20 Vapeurs Exemple 1 parmi 3 Agent Phrases R Danger Forme Constantes Mode de dispersion Exposition Zone de dispersion Proximité ND © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.3. mais ce n’est pas souhaitable. 3.3 Estimation des risques Rappelons que le nombre d’échelons de l’échelle de niveau de risque doit être fonction du nombre de risques élémentaires inventoriés. troubles hépatiques 3/7 Durée Estimation Fréquence Concentration NE Dommage Cotation Descriptif Niveau sur échelle 157 . dans la version la plus développée. inventoriées aux paragraphes 3.4 pour le repérage des actions et 3. Si les échelles de cotation des paramètres sont les mêmes pour les risques chroniques et les risques accidentels.5 pour l’identification des risques.4 Enregistrement des données Les données concernant l’estimation des risques doivent s’ajouter à celles qui les caractérisent. p. vap.

en théorie. Il faut alors enregistrer autant de risques distincts que d’événements dangereux différents. on aurait pu inscrire pour l’événement dangereux : « étincelle électrostatique pendant le chargement de l’étuve ». au même moment. une soixantaine de rubriques à renseigner par action 158 .3 Estimation des risques Fonction Action Type Code Paramètre S2-5 A-IE Xylène R10 Vapeurs Exemple 1 parmi 5 Agent Phrases Danger Forme Constantes Descriptif Zone dangereuse Eb = 139 ˚C . Ainsi. on peut trouver couramment 4 à 5 risques chimiques distincts. la réalisation d’un inventaire rationnel des risques conduit à créer pour chacun d’eux une fiche signalétique comprenant une quinzaine de rubriques. En outre. LIE = 1 % Atmosphère explosive. zone 2 Local de séchage Panne de ventilation et mise en marche du chariot thermique pendant l’ouverture de l’étuve 15 min 3 par jour Voyant de fonctionnement 1 Décès ou lésions diverses 4 4/7 Événement dangereux Situation dangereuse Durée Fréquence Remarques NP Descriptif Dommage NG Cotation Niveau sur échelle Il n’est pas rare que plusieurs événements dangereux concourent au même type de risque.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques m Risque accidentel 3. pour le même risque « A-IE ». Cela fait. Dans l’exemple précédent. puisque l’estimation et les mesures de prévention peuvent être différentes. pour une action élémentaire ou une phase d’un procédé. dans la mesure où un agent chimique est présent.

Pour ce faire. et une seconde pour l’estimation. par exemple de A à F. fixant les priorités du plan de prévention qui reste à établir.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. alors qu’elles en comportent presque toujours plusieurs. plus son niveau de risque est élevé. identifiées par leur code. il est préférable de soumettre le résultat brut à la critique avant de l’entériner.4 Fixation des priorités d’action ou phase. l’estimation des risques n’étant pas une science exacte. et compte tenu de la connaissance « de terrain ». Néanmoins. ce qui est bien le but recherché. L’ensemble du classement gagnera en clarté si l’on adopte des classes de risques. Il est plus logique de classer les actions ou les phases répertoriées en fonction de l’ensemble des risques que chacune présente. d’où l’intérêt d’automatiser partiellement leur saisie avec un outil informatique. On trouve nécessairement de nombreux risques sur un niveau donné. L’action P2-3 sera cotée 3+1+2+5 = 11. Le codage des actions qui rappelle l’opération dont elles font partie d’une part. il faut les classer par priorité d’action décroissante. et deux risques accidentels cotés 2 et 5. il se trouve que beaucoup de données se répètent. c’est-à-dire la décision sur la suite à donner à chacun des risques. regroupant des actions présentant un risque coté dans une des fourchettes préalablement établies. action codée P2-3. Mais il serait absurde de ne s’intéresser qu’à un seul risque des actions désignées. Dans la pratique. 159 . Plus une action ou une phase présente de risques. Ce principe sera exploité dans l’étude de cas du chapitre 6. et des risques d’autre part (par exemple. permet d’accéder facilement aux précisions utiles en cas de besoin.4 Fixation des priorités d’action À la fin de l’estimation des risques. À l’issue d’un débat entre tous les acteurs concernés. Elle présente deux risques chroniques cotés 3 et 1. tous les éléments nécessaires pour passer à l’évaluation sont disponibles au sens de la norme. Ce classement peut être présenté comme l’illustre le cas fictif présenté dans le tableau ci-après. une première pour l’identification. il s’agit d’éliminer tous ceux qui ont manifestement une importance négligeable. Dans un premier temps. sachant qu’il faut procéder en deux fois. Cette priorité est normalement donnée par la cotation établie selon la procédure exposée au chapitre précédent. chroniques et accidentels. il est possible d’attribuer une cotation aux actions ou phases. en additionnant simplement les cotations de tous les risques qui leur sont attachés. la cotation brute issue de l’estimation est susceptible de modifications. et plus la priorité de correction est élevée. 3. Le classement des risques par cotation décroissante crée en fait une hiérarchie des actions à risque. Le classement final est une décision du responsable. Ensuite. EXEMPLE : Une préparation de peinture comporte un ajout de solvant. C21 ou A32). Il est alors possible de procéder à un classement final de toutes les actions ou phases d’un système étudié par cote de risque décroissante. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’une autre organisation.

4 Fixation des priorités d’action Code action P2-3 Risque chronique In Co In C25 C26 C51 C52 C13 C14 C45 C46 C47 C8 C9 C32 C33 Cotation 3 1 4 3 2 2 4 3 1 3 2 3 2 Risque accidentel In IE Re A27 A28 A53 Cotation 2 Priorité Classe 11 5 A 3 10 Co In IE A15 4 8 Co In R1-4 M3-5 R1-2 Co Tg Co 8 B Re A10 2 7 M2-1 Tg P2-5 R1-2 In In IE In A34 A35 4 3 7 5 C Ce classement est. Par contre. En additionnant tous les niveaux de risques de chacun de ces procédés.1. et ne peut être comparé à un autre classement fait sur une unité différente. ce qui nécessite de refaire l’évaluation chaque fois qu’une modification intervient concernant les dangers. Le rapport d’évaluation à jour sert de point de départ pour d’une part préparer le plan de prévention. des sous-ensembles de l’unité peuvent être extraits et comparés entre eux. La recherche de solutions pour supprimer ou réduire les risques constatés constituera la première phase du plan d’action décrit dans le chapitre Pratique de la prévention des risques ci-après. 160 . rappelons-le. comme exposé au paragraphe 3. L’article R. comme deux procédés inclus dans la même évaluation globale. qui doit faire l’objet d’un rapport de synthèse. C’est ainsi que se termine l’étape d’évaluation des risques chimiques. d’autre part rédiger le document unique exigé par la réglementation1.3 • Pratique de l’analyse des risques chimiques 3. 1. le travail. Les données de ce rapport doivent bien sûr être tenues à jour. établi pour l’unité de travail choisie au départ. il est possible de déterminer lequel est le moins dangereux. 4121-1 du Code du travail demande à l’employeur de transcrire et de mettre à jour les résultats de l’évaluation des risques dans un document unique comportant « un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement ». les expositions ou les situations dangereuses.

La première consiste à lister toutes les solutions imaginables. – l’événement dangereux . La modélisation avait conduit à définir 3 ou 4 composantes du risque selon son type. 1. 161 . il ne sera possible que de réduire leur importance. la recherche des mesures de prévention va se faire en deux étapes. sachant que l’efficacité exige de commencer toujours en amont. La seconde comporte la sélection des mesures de prévention les mieux adaptées selon les critères définis. Article L. en suivant strictement la méthodologie issue de la modélisation exposée au paragraphe 2.1 Objectifs de prévention Pour chaque risque qui a été identifié et caractérisé. Il est important de s’y référer dans toutes les solutions proposées pour ne pas perdre de vue leur hiérarchie d’efficacité.4 • PRATIQUE DE LA PRÉVENTION DES RISQUES 4. ce qui revient à agir sur les composantes du risque. – la situation dangereuse . L’idéal est bien sûr la suppression totale d’une ou plusieurs composantes mais. – l’exposition . suivant le tableau suivant : Processus chronique Danger Exposition Événement dangereux Dommage Dommage Processus accidentel Danger Situation dangereuse © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. c’est-à-dire de respecter l’ordre de priorité suivant : – l’agent chimique dangereux . – le dommage. Il est donc nécessaire de toutes les traiter. Elle résume en fait les principes généraux de prévention figurant dans la réglementation1. 4121-2 du Code du travail. chronique ou accidentel. Cette liste constitue les objectifs de prévention. le plus souvent.1.2. La prévention consiste simplement à bloquer le mécanisme qui conduit au dommage. mais en plus concis et plus structuré.

Il est possible. comme un changement de solvant. Ce changement peut porter sur le schéma réactionnel d’un stade de synthèse dans l’industrie chimique. appelé aussi substitution. Ce remplacement. il s’avère que des types de moyens sont récurrents. dont la substitution était devenue obligatoire. tous les moyens susceptibles d’atteindre les différents objectifs de prévention. sans que l’on pense à supprimer le produit ! Une substitution doit s’accompagner d’une nouvelle évaluation des risques concernés. voire sur la voie de synthèse complète. car la fonction d’un produit répond à un problème posé en amont et en aval d’un process. Les personnes confrontées au problème de la substitution sont souvent à la recherche d’une liste de produits de « remplacement ». En effet. mais aussi en changeant de famille. Il n’est pas possible d’énumérer tous ces moyens. parce qu’elles devraient être immenses. peut se faire dans la même famille chimique. Pour des produits dits d’application. Mais. Il est souvent illusoire de vouloir établir de telles listes. conduit souvent à remettre en cause le procédé. dans l’ordre précisé ci-dessus. en référence au niveau de danger attribué. Cela s’est vu particulièrement pour l’amiante. sauf exception. le changement peut consister à passer à une solution physique. La baisse de niveau de danger obtenue peut soit introduire un nouveau danger.2. Toutefois. exemple classique du déplacement de risque.1 Action sur l’agent chimique dangereux La première solution est la suppression. ou produit. voire pas d’impression si la communication se dématérialise. Ainsi. Il arrive aussi que le besoin précis d’un produit disparaisse au cours de l’évolution d’un procédé. à défaut de suppression. pour un risque donné. Par exemple.2 Recherche des mesures possibles Le principe est de rechercher. Par exemple. le remplacement d’un solvant chloré par un hydrocarbure crée un risque d’incendie-explosion.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Il est évident que cette solution est lourde à mettre au point.2 Recherche des mesures possibles 4. Définir clairement et complètement la fonction recherchée dans l’utilisation d’un produit donné n’est pas si simple. Il est parfois possible d’atteindre ce but par un changement de procédé. qu’il faut toutefois envisager. dans un but précis. cet agent est utilisé. car il y en a autant que de situations particulières. de remplacer le produit dangereux par un autre produit moins dangereux. ce n’est pas un produit que l’on doit remplacer. Elle ne peut raisonnablement intervenir qu’au stade de la recherche ou du développement. comme en passant d’un milieu solvanté à un milieu aqueux. on peut remplacer une application de peinture par un traitement de surface. ou une impression à l’encre par une impression thermique. Voici quelques-uns des moyens types les plus efficaces : 4. indispensable. Une réévaluation aurait bien montré que le niveau de risque 162 . un dégraissage de pièces mécaniques répond à un graissage antérieur de ces pièces. mais une fonction. C’est cette idée qui constitue la méthode idéale de substitution. Il est arrivé que l’on puisse supprimer le dégraissage par la suppression du graissage. Cette démarche. soit générer une nouvelle exposition.

2. Par contre. Il est surtout important de supprimer le besoin de pénétrer dans la zone dangereuse. Sa suppression exige donc d’empêcher l’explosivité. le confinement n’est pas une bonne solution dans la mesure où il n’empêche pas l’explosion à l’intérieur. Il existe aussi une forme de suppression peu souvent évoquée. En effet. Ce principe est déjà bien développé dans l’industrie chimique. à une distance tenant compte de l’étendue de la zone dangereuse. Pour cela. Deux moyens sont possibles : maintenir les personnes hors de la zone dangereuse ou confiner la zone dangereuse en la rendant inaccessible. Nous avons vu que l’atmosphère explosive est un cas particulier de situation dangereuse. la situation dangereuse reste à l’intérieur des grilles. Il n’est une solution que si l’on est certain que l’explosion ne produira aucun dégât ou dommage à l’extérieur. Si c’est une explosion. Dans ce cas. On peut soit éliminer le combustible par une substitution.4 • Pratique de la prévention des risques 4. le plus simple est souvent de placer cet espace en dehors de toute voie de circulation et tout poste de travail.4.2 Action sur la situation dangereuse © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. le confinement est obtenu par des parois résistantes au feu. Si c’est une émission massive. mais devrait l’être davantage dans les autres industries et métiers. les déchets représentent un cas particulier. sans supprimer l’agent chimique.5. soit éliminer l’oxygène par un inertage. d’autre part la surveillance et le contrôle à distance. 4. Une situation dangereuse est créée par une intrusion humaine en zone dangereuse. Un tel espace doit être protégé par de la signalétique et des dispositifs d’autorisation d’accès. un écran permet de l’arrêter. Ce principe vaut particulièrement pour le stockage des produits chimiques. en ventilant au point d’émission. On obtient ainsi une suppression de risque équivalente à celle de l’agent chimique. 163 . un captage de forme et de débit adéquats l’élimine à sa source. malgré son intérêt. Ce principe est exploité dans la conception du matériel dit « anti-déflagrant ». On peut aussi se doter de moyens techniques pour effectuer d’une part toutes les interventions prévisibles à distance. Enfin. La supprimer consiste à empêcher cette intrusion.2 Recherche des mesures possibles avait augmenté. Si l’événement redouté est une projection. soit éliminer la concentration critique par dilution des vapeurs ou des poussières. car il est possible dans certains cas de réduire leur niveau de danger par un traitement physique ou chimique approprié. c’est-à-dire par télécommande. Par une adaptation du procédé. comme l’attestent les nombreux accidents qui ont suivi ce genre de substitution. c’est celle de l’action exposante et non de l’agent chimique. l’onde de choc et les projections peuvent être canalisées vers une sortie sans risque ou arrêtées par des grilles. Cette opération est appelée détoxication et fait l’objet du paragraphe 5. Si c’est un incendie. du moins en fonctionnement normal. un danger ne génère de risque qu’à l’occasion d’une action humaine ou d’une phase de procédé exposant à un effet chronique ou accidentel. Confiner la zone dangereuse consiste notamment à installer des protecteurs. La première solution se concrétise par la création de locaux ou d’espaces hors de toute activité humaine. il est parfois possible de supprimer complètement cette phase. conçus en fonction du phénomène dangereux.

C’est pourquoi la prévention des explosions repose en grande partie. pour enrayer le déroulement d’accidents souvent très graves. illustré par l’étude de cas n˚ 1 du paragraphe 2. les procédures de fonctionnement. logique pour un volume confiné avec accès des personnes. il s’agit de repérer où de telles erreurs sont possibles et de les rendre impossibles par une mesure matérielle. etc. L’existence de capacités de rétention distinctes et séparées pour ces réactifs est suffisante pour bloquer l’événement. Les scénarios de réaction chimique intempestive sont nombreux.2. ou toute autre méthode similaire évoquée au paragraphe 3. qui peut être liée à la qualité des équipements. est celui de l’erreur sur l’identité d’un réactif.4. Celles qui sont issues d’un risque de mélange de produits réactifs entre eux sont réduites par le principe d’éloignement de ces réactifs ou de leur confinement complet. Le deuxième scénario. L’interruption du cours de l’événement dangereux avant le dommage consiste à rendre impossible une ou plusieurs de ses étapes. aux modes opératoires.3 Action sur l’événement dangereux Étant constitué d’une suite de faits qui s’enchaînent. à la conception des installations. mais toute méthode de résolution de problèmes est la bienvenue. 164 . mais trois d’entre eux ont une fréquence supérieure à la moyenne. les ventilations de secours. Dans un process plus complexe. Ce point est développé au paragraphe 5. dès qu’elle est constatée. à la formation des individus.2. Il est difficile de proposer des listes de mesures. est celui de fuites successives atteignant une même capacité et permettant ainsi la réaction de deux produits réactifs. sur la suppression des sources d’ignition. Cela est dû notamment à la facilité de formation de l’électricité statique et à la probabilité jamais nulle d’une erreur humaine.2. l’expérience montre que cette suppression ne peut jamais être complète. Comme exemple de mesure matérielle.5.5.2. les protections individuelles.4. Le premier. en dehors des mesures de suppression de l’atmosphère explosive. Dans ce cas. Un contrôle rapide et systématique du réactif à la livraison est une mesure très efficace. de même qu’une puissante ventilation permanente. est aussi efficace. les dispositifs d’extinction automatique. est un préalable indispensable. Pour ce faire. etc. Parmi tous les moyens possibles pour interrompre l’événement. un événement dangereux peut être soit supprimé en rendant son déclencheur impossible. citons simplement les capacités de rétention. à la maintenance préventive. on peut citer la ligne de canalisation fixe et unique entre le point de stockage et le point d’utilisation. Toutefois. L’exemple le plus clair est celui de l’atmosphère explosive.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Par définition. l’étude des modes de défaillances. L’élimination complète de la première fuite. l’événement dangereux est l’ignition.2. soit interrompu avant qu’il ne génère le dommage final. car les limites d’efficacité des consignes et procédures sont bien connues. illustré par l’exemple n˚ 2 du paragraphe 2. Il faut donc d’abord essayer de réduire la probabilité de survenue de l’événement déclencheur en agissant sur sa cause. 4.2 Recherche des mesures possibles Les situations dangereuses liées à des réactions chimiques susceptibles de perte de contrôle sont réduites par les deux catégories de mesures précédentes. la réduction de probabilité d’un événement dangereux à un niveau négligeable supprime de fait la situation dangereuse qui en dépend. et très utilisée. tant les scénarios sont variés.

en dépit des contraintes qu’elle induit. La prévention de tels mélanges dangereux est d’abord de considérer ces résidus comme tous les agents chimiques. La prévention d’une telle exposition repose alors d’abord sur la suppression. car la formation d’un aérosol solide n’est pas spontanée. tout en maintenant le procédé. Là encore. C’est donc un moyen très efficace pour éviter ou réduire leur 165 . quand il est possible. Ensuite. qui n’est souvent pas aussi bien maîtrisée qu’il le faudrait. En réduisant la température de travail. par un traitement chimique. le confinement. si elles ne sont pas captées.2 Recherche des mesures possibles Le troisième scénario est celui des mélanges de déchets chimiques dans un récipient commun. à l’aide d’un aspirateur par exemple. Après quoi ils pourront être regroupés dans des récipients communs. Cela suppose de les conduire « ailleurs ». la première solution est de supprimer ou de réduire la dispersion dans l’air des vapeurs ou des poussières. Il y a beaucoup de paramètres en jeu pour réaliser un captage efficace. Si le contact est respiratoire. capable de provoquer des réactions violentes avec émanations toxiques. En pratique. quelquefois longtemps après le mélange. du sciage. ou la réduction. dont nous reparlerons beaucoup. etc. La solution suivante consiste à éliminer les vapeurs ou les poussières au fur et à mesure qu’elles se forment. Éviter cette action revient à changer de procédé. c’est une des mesures les plus répandues pour l’exposition respiratoire.4 • Pratique de la prévention des risques 4. c’est-à-dire qu’ils seront placés séparément en stockage provisoire. ce qui demande des études et des délais. par exemple pour une mise en peinture manuelle ou un nettoyage de surface avec un produit solvanté. C’est le principe quasi universel du vase clos. mais la seule solution pour l’arrêter est le confinement. En pratique. Mais il n’est pas toujours possible de l’appliquer. c’est pourquoi cela exige une compétence particulière. La prévention des expositions consiste à empêcher le contact humain avec l’agent chimique présent normalement au poste de travail. son importance étant liée à sa pression de vapeur. du transvasement. L’émission de vapeurs par un liquide est inévitable à l’air libre. comme celui du ponçage. de cette action mécanique. un captage ne peut être total et son efficacité doit être évaluée avant de le sélectionner.4 Action sur l’exposition © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ce captage est réalisé par un courant d’air induit par un système de ventilation mécanique. Une fois déposées. on limite un peu cette pression. d’éliminer leur réactivité. dans un espace qui est d’autant plus étendu qu’elles sont fines. par famille de produits compatibles entre eux. ou leur toxicité. il convient. comme pour la substitution des produits. elles sont difficiles à éliminer puisqu’il faut les remettre en suspension. Les poussières présentent une nuisance supérieure aux vapeurs en ce sens qu’elles finissent. mais toujours le résultat d’une action mécanique volontaire sur un produit solide ou pulvérulent. Toutefois. offre un bon compromis en supprimant la dispersion dans l’espace de travail. Pour diverses raisons. où elles n’ont pas de contact avec l’homme. l’humidification permet de les agglomérer et de supprimer toute volatilité. 4. c’est assez difficile puisque l’action mécanique a un but utile. Le cas des poussières est différent.2. dans la mesure du possible. dans des récipients adaptés et pourvus d’un étiquetage réglementaire. Il s’avère que ce que l’on appelle trop vite « déchet » reste souvent un réactif. par se déposer dans l’environnement.

le confinement et le captage à la source sont évidemment recommandés. Leur point commun est l’aspect manuel et ne concerne que des produits d’application. Le retrait de matériaux ou d’objets (principalement des joints) contenant des produits dangereux tels que l’amiante ou le plomb. etc. la commercialisation de produits en petites doses ou cartouches permet d’éviter de prélever dans un fût. qu’il s’agisse de bâtiment ou d’objets. Malheureusement.2 Recherche des mesures possibles formation. qui n’a qu’un champ d’application limité. comme le demande l’artisanat par exemple. Il s’agit en fait de la répétition de gestes issus du domaine domestique ou artisanal. Dans ce cas. le contact cutané est possible sans que les voies respiratoires soient exposées. comme l’encollage et le dégraissage. Cette imprégnation préalable ne doit pas être confondue avec celle qui vise à laisser le matériau en place après une polymérisation solide. Ainsi. que l’opérateur n’ait pas besoin de toucher l’agent chimique.3. mais la technique d’imprégnation est encore plus efficace. pose un problème différent. Le contact provient souvent d’une manipulation d’objets ou d’outils avec un produit liquide. La suppression ou la réduction des expositions par contact cutané demande. ce qui rend le risque moins perceptible. Toutefois si la zone de dispersion est très limitée. sur un pinceau. toutes les mesures applicables à l’exposition respiratoire réduisent aussi ce type de contact. une pelle. Le retrait ressemble alors à celui d’une pâte. C’est ainsi que l’on a vu le masticage remplacé par la pose d’un joint préformé en élastomère. Il faut aussi chercher du côté des traitements de surface intégrés à la fabrication des objets ou structures à traiter. ou même en prolongeant celui qui existait. ces moyens n’existent pas souvent pour des applications d’importance limitée. Mais l’élimination d’un contact trouve parfois sa solution dans la confection d’un outil très simple. Ce point est développé au paragraphe 5. On le réalise en humidifiant déjà le solide à partir duquel elles se forment. La prévention consiste donc à n’utiliser les produits que par l’intermédiaire d’un outil ou d’un équipement le plus clos possible. Elle consiste à appliquer une préparation liquide capable de pénétrer le matériau ou l’objet à cœur et de lier les fibres de façon à supprimer leur volatilité. solide ou pâteux. Des opérateurs ont réussi par exemple en adaptant un manche à un outil existant. D’autres activités induisent les mêmes types d’expositions. une brosse. Dans ce cas. La prévention des contacts cutanés peut aussi trouver sa solution dans un changement de procédé. Dès que ces techniques prennent une ampleur industrielle. Ils se développent néanmoins et il faut assurer une veille technologique pour repérer ces nouveaux outils. 166 . le travail est mécanisé. puisqu’il n’y a pas de valeur ajoutée directe. L’exemple le plus banal est celui de la peinture. le travail à l’humide est possible.4 • Pratique de la prévention des risques 4. que l’on pratique dans un unique but d’assainissement. consistant à éliminer l’application des produits. la solution passe par la technique. une spatule. C’est le principe du travail « à l’humide ». en enveloppant la zone de formation dans un brouillard d’eau et en les recueillant ou en les ramassant avec de l’eau. selon les situations. Nous avons vu qu’une partie des contacts cutanés est due au dépôt d’un aérosol liquide ou solide sur la peau. Pour ce faire. ce qui réduit fortement les contacts homme-produit. Dans la première hypothèse. souvent en surface. ou que l’agent chimique ne puisse atteindre la peau. mais après avoir réduit les émissions au minimum.

à démarrage automatique et manuel . Par exemple : – éteindre un incendie naissant. voire minutes. – tous types d’EPI adaptés aux risques les plus probables . – se doucher après une aspersion de liquide corrosif . elle se présente comme une barrière empêchant les agents chimiques d’atteindre le corps humain. La technique des équipements de protection individuelle (EPI) est exposée au paragraphe 4. – articles de soins d’urgence. – … Toutes ces actions ne sont possibles que si les équipements correspondants sont disponibles.4 • Pratique de la prévention des risques 4. au port des EPI et au secourisme . – douches.11. Il n’est raisonnable de l’envisager que pour des actions courtes et exceptionnelles. Ce n’est d’ailleurs pas exactement de la prévention puisque ce type de mesure n’agit qu’après l’apparition du dommage. on peut éviter le pire. En agissant sur ces deux points. – ventilation de secours placée dans les zones à risque. alimentées en eau propre et tempérée . si ce n’est par la suppression de l’exposition et dans la mesure où le dommage est réversible.…) . Mais il est assimilable aux autres mesures parce qu’il doit être mis en place précocement. En voici une liste type : – tous types d’extincteurs de première intervention . – s’échapper par une issue de secours . ou en redondance des mesures techniques listées précédemment. oxygénation. Sans rien changer dans le poste de travail. 4. sur la cause pour la neutraliser. Réduire la gravité du dommage accidentel. Bien choisie et bien portée.5 Action sur le dommage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. la gravité du dommage ne dépend que des paramètres de l’exposition. surtout sur les vêtements . La réduction de gravité d’un dommage qui se produit malgré tout est la dernière des mesures que l’on peut prendre en prévention des accidents. Ce type de mesure vise donc essentiellement le dommage issu d’un accident.2 Recherche des mesures possibles La dernière possibilité de réduction d’une exposition respiratoire ou cutanée reste la protection individuelle. elle peut assurer une protection très efficace.3. Mais ses inconvénients ne manquent pas : l’agent chimique dangereux reste présent dans l’environnement de travail et son efficacité dépend totalement de la volonté de la personne à la porter. c’est intervenir dans les premières secondes. conservés en bon état et accessibles . lave-œil et douchettes de sécurité.2. 167 . – se munir d’une protection respiratoire dès le départ d’une émission volatile massive . Elle a l’avantage d’être tout de suite disponible et peu coûteuse. – issues de secours judicieusement placées et dégagées. Pour les expositions chroniques. La gravité d’un dommage est fonction de l’intensité et de la durée du fait générateur. local ou général . – porter les premiers secours (ventilation. – mettre en marche une puissante ventilation de secours . Ces mesures techniques ne sont vraiment efficaces que si elles sont accompagnées des mesures organisationnelles suivantes : – formation du personnel à la lutte contre le feu. Il n’est donc plus possible de la réduire quand le dommage apparaît. – administrer un traitement curatif d’urgence.

Avec les EPI. – potentiel redox .3. Les propositions de solutions techniques sont abondantes à partir du moment où le problème a été bien posé.4 • Pratique de la prévention des risques 4. – facilité d’évaporation . Ensuite il faut définir précisément les fonctions qu’il remplit. – viscosité particulière . – aptitude à dégraisser une famille de produits . Ces mesures n’agissent qu’à un stade critique de l’événement dangereux . – pouvoir solvant d’autres composés ou matières . elles s’imposent en redondance de toutes les mesures techniques et organisationnelles issues de l’approche logique exposée précédemment. – vérification périodique des extincteurs. il faut suivre un cheminement logique.3 Les familles de mesures – exercices réguliers d’évacuation et d’intervention d’urgence . Néanmoins. – aptitude à ne pas attaquer un support . – effet tampon sur le pH . – pouvoir lubrifiant . – stabilité à la température . Voici une liste indicative de propriétés attachées à un produit chimique : – structure à inclure dans une synthèse chimique . – solvant spécifique d’une réaction chimique . notamment le médecin du travail. des douches et lave-œil. – organisation des secours incendie et accidents graves avec les services compétents.1 La substitution La substitution d’un agent chimique par un produit ou un procédé moins dangereux doit être tentée systématiquement au début de la recherche des mesures de prévention. 168 . 4. – aptitude à dissoudre un dépôt . – aptitude à décaper un support . – pouvoir gélifiant . lesquelles réduisent la probabilité des accidents. nous avons réuni ci-après quelques informations dans ce sens.3 Les familles de mesures La méthode de recherche des mesures par action sur les composantes du risque fournit des principes généraux. Ils doivent être ensuite concrétisés au cas par cas. car il est rare qu’un produit ait un remplaçant équivalent. des ventilations . Pour cela. l’expérience de la prévention apportant un savoir-faire qui évite les tentatives infructueuses. Cette étape est en général la plus facile. – réactivité spécifique pour une réaction chimique . La première étape est d’estimer les risques qu’il génère selon la procédure établie. 4. elles ne sauraient donc assurer seules la sécurité. surtout si elle est assurée par un travail collectif des personnes concernées par les risques identifiés. – élément chimique nécessaire . – pouvoir abrasif .

Une fois bien cernées les propriétés à rechercher.2 La suppression de la phase exposante Cette solution est très efficace. pénétration percutanée . c’est pourquoi son remplacement n’est souvent possible que par plusieurs autres produits. il ne faut jamais renoncer prématurément à une solution. voire plus élevé. générateur d’odeur spécifique . structure fibreuse intéressante en matériaux composites. etc.3 Les familles de mesures – – – – – – – – – – pouvoir antioxydant . Toutefois.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 169 . 4. de supprimer les émissions de vapeurs et le risque incendieexplosion. ce qui conduit bien. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dont elle est le prolongement. C’est une mesure à envisager systématiquement après la suppression ou la substitution de l’agent chimique. aussi bien sur le plan environnemental que sanitaire. générateur de goût . peut être beaucoup plus facile à maîtriser. liquide . comme dans le cas de la substitution. qui seront employés soit en mélange. Les exemples suivants en illustrent le principe. Dans presque tous les cas. La dernière étape est de refaire l’estimation des risques liés à la solution envisagée et de la comparer avec l’initiale. l’inverse est aussi vrai ! Ainsi. non-inflammabilité . Il faut ensuite jeter un regard critique sur les fonctions réellement indispensables. elle n’est possible que par une modification du procédé. antibactérien . colorant solide. ce qui nécessite d’examiner l’amont et l’aval de l’utilisation du produit. dont les diverses propriétés lui conféraient un large champ d’applications : résistance aux hautes températures. mais d’un type différent. car elle revient à supprimer l’agent chimique dangereux pendant une action ou une phase de l’activité. la substitution conduit à une modification de procédé ou de conception. pouvoir oxydant . ce qu’on appelle aussi analyse de la valeur. Ce constat vaut par exemple pour l’amiante. combustible spécifique . mais il génère des effluents liquides très polluants dont le traitement peut s’avérer problématique. certes. Toutes les solutions de substitution qui sont apparues pour ce matériau ne reprennent souvent qu’une seule propriété. pouvoir isolant. in fine. un produit est utilisé pour plusieurs de ses propriétés. tant que l’on n’a pas une vision globale du problème. Évidemment. remplacer un produit solvanté par un produit aqueux permet. soit successivement.3. Généralement. …. Des centaines d’autres propriétés pourraient être décrites. L’expérience montre qu’un risque de niveau équivalent. il est possible de trouver nombre d’hypothèses de remplacement respectant ce cahier des charges. à un risque résiduel nettement plus faible. qui doit être validé. Ces hypothèses sont alors soumises à expérimentation et validées ou pas. Une ou plusieurs solutions peuvent alors se faire jour. Attention.

à proximité d’une balance. ou à un nombre entier d’emballages. soit 300 kg .3 Les familles de mesures La pesée de produits pulvérulents est une action exposante très classique dans beaucoup de domaines. Celle-ci était d’environ 50 kg. Avant de chercher un dispositif de protection. L’entreprise a effectivement installé un mélangeur de 500 kg de capacité. À l’occasion du changement de mélangeur. – 6 sacs de produit B. – 1 fût de produit A. Les actions de peser et de verser les seaux étaient très exposantes. plus ou moins volatile en fonction de la granulométrie.4 • Pratique de la prévention des risques m Suppression des pesées 4. mais leur utilisation ultérieure demande parfois de leur ajouter de l’eau. Avec les conseils d’un fournisseur de mélangeurs. Cette action demande en général de placer un emballage. prélevé et pesé. soit environ le contenu d’un fût carton. la sécurité et le temps de main-d’œuvre. ce qui fut fait après validation de la nouvelle composition. fût ou sac. Il faut alors soit modifier l’unité opératoire. et a réalisé un seul mélange par campagne. m Humidification des poudres Beaucoup de produits chimiques sont disponibles à l’état pulvérulent. soit le type de conditionnement disponible. La tentation de supprimer la dernière pesée était forte. malgré un captage localisé. l’entreprise s’est donné le temps de revoir le process. en remplissant directement le mélangeur avec : – 1 fût de produit C. – 1 ajout de 10 kg de produit A. L’exemple le plus 170 . pour la phase de remplissage. pourtant très simple. les 30 pesées étaient réduites à une seule. Les proportions indiquées par le mode opératoire étaient les suivantes : Produit A B C Emballage livré Fût métal Sac plastique Fût métal Contenu 100 kg 50 kg 120 kg Poids prélevé 11 kg 30 kg 12 kg Les différents seaux étaient ensuite versés dans le mélangeur. soit 120 kg . ou de verser l’emballage dans un autre contenant placé sur la balance. Cette opération était répétée 10 fois par campagne de fabrication. soit 100 kg . de prélever le produit avec une pelle. le gain portera à la fois sur la santé. tous classés toxiques. elle est arrivée à la conclusion qu’il fallait un mélangeur plus grand pour ne faire qu’un mélange avec le contenu du fût de produit C. EXEMPLE 1 : Une entreprise commercialisait un produit de traitement du bois dont la fabrication incluait un mélange de trois composants pulvérulents. À cette condition. pour consommer un fût entier de produit C. pourquoi ne pas supprimer la pesée ? Cela est possible en s’arrangeant pour que les quantités de produit engagées correspondent à un emballage complet. Les pesées se faisaient dans un seau posé sur une balance et rempli avec une pelle qui puisait dans les emballages d’origine. en raison des inconvénients inhérents à cette technique. Le mouvement de poudre génère de la poussière. un équipement de captage de poussières performant a été intégré. L’opération commençait par la pesée des produits en quantités correspondant à la capacité du mélangeur. Si cela est possible. Ayant renoncé à l’idée de renforcer le captage des poussières. de l’ouvrir.

solide ou liquide. puisque l’on trouve toutes sortes de joints. mais aussi du risque lié aux stockages importants. Il faut alors se demander s’il n’est pas possible d’incorporer l’eau plus tôt dans le procédé. préparée par ajout d’un peu d’eau juste avant l’emploi. En outre. Si cette menace est bien localisée. En effet. Cette stabilité s’étant avérée très satisfaisante. qu’ils soient inflammables ou non. il n’est pas raisonnable de vouloir se tenir à une distance suffisante pour éviter tout contact. le procédé a donc été aménagé dans ce but. En pratique. Il y a heureusement d’autres solutions plus simples. sous forme vapeurs. C’est aussi un moyen de traiter les émissions de poussières générées par des opérations mécaniques telles que ponçage. donc directement dans le mélangeur. mais peut aussi provenir de n’importe où et venir menacer les produits chimiques. colles « prêts à l’emploi ». La recommandation la plus fréquente est de maintenir un écart de 10 mètres. L’incertitude portait sur la stabilité physique et chimique de la pâte. enduits. Tout risque naît du recoupement de l’activité humaine avec une zone dangereuse créée par un agent chimique. Il ne faut pas perdre de vue qu’un incendie peut se déclencher dans un atelier chimique. l’éloignement est une réponse très sûre. poussières ou aérosol. il s’est finalement montré porteur d’améliorations considérables. outre le gain sur la santé. même grossièrement. sciage ou tronçonnage de pierre. Cela rendrait le travail impossible et ne résoudrait pas le problème de la pollution environnementale. la sécurité et l’environnement. 4. Mais quand le point de départ des projections est imprévisible ou multiple. mais il n’est pas toujours facile à respecter dans de petites entités. cette zone dangereuse. puisque la sortie du mélange pulvérulent du mélangeur et son conditionnement en fûts restaient une source d’émission importante de poussières toxiques. EXEMPLE 2 : Il s’agit de la suite de l’exemple 1. En présence d’une dispersion d’agent chimique. En prenant conscience que ce mélange était en fait utilisé sous forme de pâte.4 • Pratique de la prévention des risques 4. il est aussi plus facile d’avoir recours au confinement.3 L’éloignement © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. C’est moins simple en pratique puisqu’il faut d’abord pouvoir estimer. La meilleure solution pour empêcher toute exportation ou importation d’incendie est d’isoler tout local contenant des produits chimiques du reste d’un établissement. avec une pesée automatique. Le bon sens veut qu’il suffise d’éviter ce recoupement pour supprimer le risque. Cette idée est déjà exploitée dans la distribution au grand public. Le risque d’incendie prend toujours une gravité particulière en présence de produits chimiques. Ce n’est qu’un repère. L’éloignement comme mesure de prévention s’applique de préférence à toute menace de projection. l’entreprise a essayé d’ajouter l’eau au moment du mélange de poudres.3. la conception du bâtiment et la qualité des matériaux 171 .3 Les familles de mesures banal est celui du ciment. il faut évidemment proportionner l’éloignement à la quantité de produits chimiques dangereux présents. Ce principe général de travail « à l’humide » est illustré par l’exemple suivant. qu’elle soit chronique ou accidentelle. et un produit fini prêt à l’emploi. Plusieurs cas de figure sont à distinguer. le mélange à l’état humide s’est révélé plus homogène et le conditionnement plus aisé. À l’usage. C’est donc une mesure quasi obligatoire en présence d’un risque d’incendie ou d’explosion. qui contiennent l’eau indispensable à leur application. ce qui supprime radicalement les poussières.

3 Les familles de mesures employés. Prévention et lutte contre le feu (ED 990) 2. parce que les dommages ne sont pas souvent très graves. La documentation1 et la réglementation2 sont abondantes sur ce sujet. Les courbes décrites par le jet dépendent de la hauteur du point de fuite. est en général davantage ignoré. Autres brochures plus complètes : Incendie et lieux de travail. Pour que le calcul reste simple.1. il varie de 0. 1. h = hauteur du point de fuite . mais avec plus de sévérité. qui ne dépend que de sa vitesse initiale et de sa hauteur au-dessus du sol. Mais il n’est pas évident de savoir quelle distance est suffisante pour être hors de portée d’une fuite.3. La mesure la plus simple est donc d’éloigner les récipients et canalisations en charge de tout poste de travail ou de toute circulation quand le mode opératoire ne l’exige pas. 172 . Le risque de projection. Même un goutte-à-goutte provenant d’une fuite en hauteur peut causer des brûlures chimiques. la gravité du dommage exclut que l’éloignement soit la seule mesure de prévention. qui donne la vitesse d’écoulement en fonction de la pression et de la section du trou : V = k 2gh V = vitesse en m/s . À sa sortie. il faut supposer un orifice horizontal sur une paroi verticale d’un récipient rempli d’eau. H = hauteur du liquide dans la cuve. comme le montre le diagramme présenté dans la figure 4. Le risque d’explosion impose tout autant l’obligation d’éloignement du local. notamment leur résistance au feu.8. comme le suggèrent la soudaineté et la portée du phénomène. g = accélération de la pesanteur = 10 m/s2 . Les autres mesures sont présentées au paragraphe 4. h = pression intérieure exprimée en hauteur d’eau (m). Il est intéressant de connaître cette distance théorique. ED 5005. Ce qui nous intéresse. qui constituera un maximum.4 • Pratique de la prévention des risques 4. La formule qui donne cette distance théorique est : d = 2 h(H – h) d = distance du point de chute au pied de la cuve . c’est la distance du point d’impact au sol du jet par rapport à la cuve. Voir le document INRS TJ 20 : Prévention des incendies sur les lieux de travail. le jet décrit en théorie une parabole avant d’atteindre le sol à une certaine distance de son point de départ. alors qu’ils sont assez fréquents. Le premier type regroupe toutes les sorties de liquides poussés par une pression. Les projections sont de deux types. jouent un rôle tout aussi déterminant sur l’importation ou l’exportation d’un feu. L’INRS propose un document synthétique permettant de trouver d’autres références : Incendie et lieux de travail. D’ailleurs. en particulier de liquide.5 à 1 . La simple pression hydrostatique est déjà suffisante pour provoquer des petits jets pouvant atteindre un visage. en particulier la loi de Bernoulli. k = coefficient fonction de la forme du trou et de la viscosité . La portée d’un jet de liquide sortant d’un orifice est régie par des lois hydrodynamiques.

00 8. Pour illustrer la sévérité de ce principe.00 Longueur Figure 4.00 0. niveau du liquide H H/2 d=H © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Figure 4.3 Les familles de mesures 10.00 2. ces calculs ne valent que pour des pressions hydrostatiques.00 10.00 0. Ces éléments font que l’on peut garder comme distance de sécurité la hauteur du liquide par rapport au sol. Mais si les 173 . car un orifice de fuite a une forme complexe de nature à diminuer la distance.00 6.00 Hauteur 4. Nous verrons que cette règle a des conséquences importantes dans le cas du stockage et de la conception des capacités de rétention en particulier.2 – Portée maximum d’une fuite horizontale Cette valeur reste théorique.00 8.00 4.00 12. mais celle-ci peut augmenter si le jet est incliné vers le haut.4 • Pratique de la prévention des risques 4.00 6.1 – Trajectoire d’une fuite horizontale de liquide Cette fonction passe par un maximum d = H quand h = H/2.00 2. En outre. il faut réaliser qu’une fuite provenant d’un récipient ou d’une canalisation située à 6 mètres au-dessus d’un niveau de travail et en charge d’un mètre a une portée maximum au sol de 5 mètres.

la portée des fuites peut être considérablement augmentée. rendant finalement le confinement complet assez rare malgré sa simplicité de principe.4 Le confinement Le confinement est la mesure fondamentale de tout risque chimique. de la machine domestique jusqu’à l’industrielle. dans le champ du risque chimique. Pour être efficace. Heureusement. La meilleure illustration en est les machines à laver de tous types. qui doit donc contenir tous les accessoires nécessaires. pour le risque d’explosion ou de réaction dangereuse. On peut distinguer trois niveaux de systèmes clos. En dehors des produits dont la présence est naturelle dans l’environnement. que ce soit de façon chronique ou accidentelle. car la moindre ouverture peut être la source d’expositions chroniques ou massives. son efficacité amène les opérateurs à placer vite une telle confiance dans le système que leur prudence s’en trouve relâchée. notamment à cause d’un pompage. Comment pratiquer de la peinture ou du nettoyage en système clos ? L’expérience montre qu’une installation doit être conçue dans cet objectif pour respecter la continuité du confinement. En effet. que ce soit pour le stockage ou l’utilisation. qui interrompt la protection. Le premier est constitué par l’enveloppe de l’équipement lui-même. il existe de nombreuses solutions de confinement pour de petites installations. l’eau. C’est souvent le cas des installations industrielles. est soit spatiale (par exemple les orifices de remplissage ou de vidange). mais peut être construit spécialement par un assemblage d’éléments disponibles. on parle plutôt de système clos. Pour les transferts. comme l’air. Tout « bricolage » est à proscrire en dehors du cadre de la mise au point. les aliments. c’est vers d’autres mesures qu’il faut alors se tourner. Cet exemple montre que le confinement total n’est possible qu’avec l’aide apportée par l’automatisation. amont et aval. la terre (et encore avec certaines restrictions).4 • Pratique de la prévention des risques 4. le but ultime à atteindre dans toutes les situations. Toutefois. tout agent chimique doit être contenu dans une enveloppe étanche. Dans ce dernier cas. l’automatisation est accessible à des équipements de technologie sommaire.3 Les familles de mesures équipements sont pressurisés. Ces ouvertures partielles sont difficiles à éviter. Il est évident qu’un agent chimique isolé de l’espace de vie ou de travail ne peut entrer en contact avec le corps humain. Ainsi. C’est par exemple le cas des machines à dégraisser modernes et de tous les équipements assurant des opérations répétitives. soit temporaire (par exemple pour les emballages ou les couvercles de cuves). 4. pour diverses raisons. Grâce à la banalisation de l’électronique et de l’informatique. l’équipement idoine n’est pas disponible sur le marché. il existe des solutions mécaniques aussi développées pour les solides que pour les liquides. le confinement n’est une réponse valable qu’avec des précautions particulières concernant la résistance et le dimensionnement de l’enceinte de confinement. Cette ouverture. Souvent. Un système clos appliqué à un équipement de production ne peut jouer son rôle de prévention que s’il a été conçu pour cela. dans lesquelles le confinement est une retombée de l’objectif de production en grandes quantités avec un personnel restreint. Les laboratoires 174 . un confinement doit être complet.3. il existe une offre variée de matériel de pesée et de volumétrie électronique. Comme en général l’espace est compté. ou à faible taux d’utilisation.

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.2). Pour que le dégraissage se passe bien. le troisième niveau est constitué par un local entier contenant un ensemble d’équipements. un tel local est normalement inoccupé et toutes les commandes et contrôles sont renvoyés à l’extérieur. etc. En réalité.3 Les familles de mesures d’analyse offrent ainsi un large marché aux automates dans les domaines chimique et biologique. La plupart des ruptures de confinement attribuables à l’homme s’expliquent par le besoin de faire face à un geste imprévu.2. qui devrait être adopté dans bien d’autres activités. remet en cause les modes opératoires. L’industrie chimique et pharmaceutique utilise couramment ce principe (voir paragraphe 5. Enfin.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Évidemment. mais la modification des habitudes et de l’organisation du travail que cela entraîne. Un confinement réussi passe par une observation détaillée des modes opératoires et de l’analyse des modes de défaillance. d’un remplacement de pièce d’usure. Cet exemple démontre que l’ergonomie ne peut jamais être écartée d’une mesure de prévention efficace. et anticiper l’amont et l’aval. Cette solution se rencontre par exemple pour des broyeurs ou des essoreuses. Il faut aussi procéder par lot. Figure 4. parce qu’il échappait à l’attention avant. il faut que le matériel à dégraisser ait une forme et une matière adaptées. Le deuxième niveau est une enceinte construite autour et au plus près d’un équipement qui n’est qu’imparfaitement clos. voire leur automatisation. ce n’est pas le manque de solutions techniques qui freine le recours au confinement. Le changement est souvent assez profond pour créer des résistances et des échecs. par exemple mise en panier et sortie. d’un contrôle visuel. Reprenons l’exemple de l’introduction d’une machine à dégraisser.3 – Capotage de table à sérigraphier comportant une ouverture pour le réglage des écrans 175 . Une bonne solution est de pratiquer des ouvertures restreintes dans l’enveloppe. L’expérience montre en effet que le passage à une mécanisation des manipulations. permettant d’exécuter ces gestes puis de refermer sans difficulté. Il peut s’agir d’un réglage mécanique. selon un cycle imposé.

4. ce qu’on obtient en limitant sa surface ou en utilisant un matériau transparent. des applications de peinture ou de colle pourront rester manuelles. Cela conduit parfois à opter pour une association de phases confinées et de phases ouvertes. Au départ. Nous pouvons citer le cas d’une ligne de chromage électrolytique qui s’est avérée globalement rentable après sa totale automatisation. en raison de l’évolution de la réglementation. qui appelle un amortissement suffisant.3 Les familles de mesures Il est en tout cas recommandé de procéder par étapes et de ne pas forcément viser le confinement total. les expositions chroniques et les situations dangereuses. qui est encore. avec les protections individuelles. avec un tube ou une gouttière placée en dessous. alors que la préparation des produits et le séchage des pièces seront confinés. On peut utiliser trois niveaux de protection.3. c’est celui de la reproductibilité et de la disponibilité. il est un domaine dans lequel la supériorité de la machine sur l’homme s’affirme. donc à la mécanisation et à l’automatisation. très fréquents dans les activités de process. 176 . le confinement est la meilleure façon de réduire. Les raccords par brides. Le point faible des pompes centrifuges est le joint sur l’arbre d’entraînement. après la réduction du niveau de danger et avant le captage des émissions. voire de supprimer. Un écran est une feuille de métal ou de plastique dont la forme essaie d’épouser celle de la source et dont la résistance a été adaptée sur le plan mécanique et chimique. la qualité et les délais de livraison ont été considérablement améliorés. La règle de l’ergonomie optimale doit toujours présider aux choix des solutions. malgré une utilisation limitée à quelques pièces par jour. La deuxième se situe autour de la canalisation complète. Une simple tôle de métal coiffant cette partie est une bonne protection. Un autre obstacle au confinement. intéressant quand il y a un groupement de raccords et de vannes. en voici quelques-uns. Ainsi. à l’usage. Cela démontre encore l’importance de l’estimation des risques dans l’orientation des mesures de prévention. Il est vrai que cette option nécessite la plupart du temps un investissement conséquent. sont des sources connues de fuites et de projections. la solution privilégiée aussi bien par les utilisateurs de produits chimiques que par les conseillers en prévention. Ces points sont fréquemment à l’origine de gains aussi bien de qualité que de productivité. La troisième est un simple panneau transparent vertical. c’est un cache-bride. moyennant d’autres mesures de protection. En conclusion. il faut s’en protéger. sans intégrer la qualité et la productivité. L’erreur est de rapporter uniquement l’amortissement sur la quantité.5 La protection contre les projections Lorsqu’on ne peut pas supprimer totalement les causes d’une projection d’agent chimique. En effet. Il faut toutefois que le protecteur ne gène pas la vision en cas de besoin.4 • Pratique de la prévention des risques 4. La première se situe autour du raccord lui-même . choisies en fonction de l’estimation des risques présentés. provient du fait que les opérations concernées sont relativement rares ou en petite série. Cela revient à placer un écran au plus près de la source possible de projection afin d’arrêter aussitôt toute matière en sortant. Il faut dans ce cas prévoir le moyen de manœuvrer les vannes. Les exemples en sont innombrables. c’est le confinement complet qui était visé. puis.

3. exposés dans le premier des « Guides pratiques ». Ce captage – le terme est conventionnel – a pour effet de réduire la zone dangereuse créée par l’émission. Elles ne font que décliner à des situations particulières des principes généraux de ventilation.3 Les familles de mesures Figure 4. Voici ces neufs principes : – envelopper au maximum la zone de production de polluants . L’annexe 11 fournit la liste de celles qui sont disponibles à ce jour. Nombre d’organismes spécialisés ont conduit des études dans ce domaine. – capter au plus près de la zone d’émission . Il résulte de l’entraînement des particules ou des molécules de polluant par l’air dans lequel ils sont dispersés. 177 . l’INRS a investi des moyens importants sur ce thème et propose de nombreuses brochures spécialisées dans des activités particulières. ce qui relève d’une certaine compétence.6 Le captage des émissions Lorsqu’il n’est pas possible de supprimer les émissions de gaz.5 – Entraînement de polluants par une aspiration d’air © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. vapeurs. Cette étendue est la résultante de la propension des polluants à se diffuser et de la vitesse d’air induite par l’aspiration. afin d’établir des règles pratiques pour la conception des systèmes de captage à l’air. L’efficacité d’un captage se mesure à l’étendue de la zone dangereuse résiduaire qu’il génère. Le schéma suivant illustre ce principe : Sans captage Captage par courant d’air aspiration Figure 4. En particulier. poussières ou aérosols.4 – Cache-brides et Panneau de protection transparent 4. plus importante que ce que l’intuition pourrait laisser penser.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Il s’agit ici d’utiliser les lois de l’aérodynamique. il faut les capter au plus près de la source.

génère une vitesse d’air v0 liée au débit D par la simple relation : v0 = D/s s étant la section de la gaine. New York. ancien ingénieur-conseil à la CRAM d’Auvergne..5 % Figure 4. – induire une vitesse d’air suffisante . ⎝ d 2⎠ v1 1.= ⎛ ----⎞ . 0 % du diamètre 100 % 60 % 50 30 % 15 % 100 7. mais de revenir sur leur fondement. – répartir uniformément les vitesses d’air au niveau de la zone de captage . la section de passage de l’air s’élargit et la vitesse chute rapidement1. Tout captage doit alors générer une vitesse minimum d’air de cette valeur pour pouvoir entraîner complètement les polluants. – compenser les sorties d’air par des entrées d’air correspondantes .4 m/s. 1952. – utiliser les mouvements naturels des polluants . comme l’extrémité d’une gaine. v1 décroît alors comme le carré de d1. qui ont démontré expérimentalement que la vitesse de diffusion d’une particule ou d’une molécule par rapport à l’air ne dépasse jamais 0. Industrial Press.3 Les familles de mesures – placer le dispositif d’aspiration de manière que l’opérateur ne soit pas entre celui-ci et la source de pollution . – éviter les courants d’air et les sensations d’inconfort thermique . Un orifice d’aspiration. on obtient une vitesse v1 inférieure à une distance d1 de l’orifice. dès que l’on s’éloigne du plan de l’orifice. 178 . Exhaust hoods.. Pour ce faire.6 – Courbes iso-vitesse d’air autour d’un orifice d’aspiration Si l’espace est libre autour de l’orifice.M. d1 2 v2 Nous observons que ---. Toute la difficulté de conception d’un bon captage réside dans l’obtention de cette vitesse d’air en tout point de la zone de diffusion.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Mais. D’après DALLAVALLE J. nous nous référons aux travaux de Pouyès. – rejeter l’air pollué en dehors des zones d’entrée d’air neuf. Il est intéressant non pas d’expliquer à nouveau en détail ces neuf principes. 2e éd. puisque la section de passage de l’air est théoriquement une surface sphérique.

soit de l’intégrer dans le calcul. Il faut toutefois bien noter que les 0. la vitesse d’air à la même distance de l’orifice est d’environ 0. c’est la stabilité du vecteur vitesse. c’est-à-dire canaliser le flux dans la zone utile. il faut limiter la section de passage de l’air entraîné. Pour éviter d’avoir recours à des débits importants (voir paragraphe suivant). il est nécessaire soit de le neutraliser. Si l’aspiration est raccordée à une gaine de 0.4 m/s représentent une vitesse absolue par rapport à l’aspiration. la perte d’efficacité liée aux turbulences inévitables dans un poste de travail doit être compensée par des vitesses un peu supérieures. génère une vitesse d’air de 10 m/s sur son plan.5 à 0. La règle régissant la canalisation du flux d’air impose deux chiffres critiques : la vitesse d’air de 0. autant de dispositifs largement proposés dans les différents guides pratiques de ventilation de l’INRS.4 m/s minimum et une longueur minimum de canalisation de 0. En outre.4 • Pratique de la prévention des risques 4.7 – Baisse de la vitesse d’air en fonction de la distance Cette loi aéraulique montre qu’un simple orifice n’est efficace qu’à très faible distance et pour une source ponctuelle et à débit modéré.3 m. soit 5 fois supérieure. tant qu’on est à l’intérieur de la canalisation. Une exigence qualitative s’ajoute à ces chiffres. Un simple calcul montre l’intérêt de ce principe : Supposons qu’un orifice d’aspiration. de l’ordre de 0.3 Les familles de mesures v2 v1 d1 d2 v0 Figure 4. Deux catégories d’enceintes ventilées se rencontrent en pratique. C’est cette propriété qui est exploitée avec les captages enveloppants et toutes les enceintes ventilées. 179 . de diamètre 10 cm. ce qui veut dire que s’il existe un courant. Comme cela est pratiquement impossible.4 m/s. de l’air pollué. À une distance de 30 cm de l’orifice.7 m/s. en intensité comme en direction. cette vitesse est indépendante de la distance à l’orifice.5 m de diamètre. naturel ou artificiel.08 m/s. la vitesse n’est plus que d’environ 0. La seconde concerne les enceintes qui le contiennent et que l’on appelle plutôt cabines ventilées. La première regroupe les enceintes qui laissent l’opérateur à l’extérieur.8 – Influence d’une enveloppe sur un captage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. v1 = v0 /120 v1= v0/25 3d d v0 3d v0 5d Figure 4. l’idéal étant d’arriver à un flux laminaire.

Cette conception est transposable à un grand nombre de postes de travail. – un écran coulissant.3 Les familles de mesures C’est sans doute le système de ventilation le plus répandu. 180 . En voici quelques exemples : – peinture de petits objets .4 • Pratique de la prévention des risques m Enceintes ventilées 4. – décapage . – un débit calculé pour assurer 0. résines. Son rôle est double : réduire l’ouverture en dehors des manipulations et assurer une protection contre les projections . dans sa position la plus ouverte . etc. soit verticalement.5 m/s à l’ouverture. – conditionnements. – encollage . illustré par la « sorbonne » de laboratoire. encres. soit horizontalement. – pesées . et même de l’art. – préparation de peintures.9 – Principe d’une enceinte ventilée du type sorbonne Les éléments importants de conception d’une telle enceinte ventilée sont : – une bonne répartition du flux d’air sur l’ensemble du volume de l’enceinte . – utilisation de bombes aérosols . – un dimensionnement assurant une bonne accessibilité de tous les équipements contenus. dont le schéma suit : vers ventilateur écran mobile Figure 4. pouvant se retrouver dans tous les domaines de l’industrie. . du commerce et de l’artisanat. – ponçage d’objets . – dégraissage et nettoyage . – dépoussiérage à la brosse ou à la soufflette .

en raison de la nécessité d’ouvrir un capot. avec si possible des dosserets pour améliorer les performances. Ce cas montre encore qu’une bonne solution demande souvent de revoir complètement les modes opératoires et l’organisation du travail. un écran ou un couvercle pour certaines phases. voire une difficulté d’examiner correctement le travail. La ventilation d’une telle enceinte devient insignifiante. Il faut quand même compter une ventilation de 1 500 m3/h par m2 ! 181 . puisqu’elle ne dépend que de la section libre de passage de l’air. ou des emballages. ou des outils. on peut citer le cas du polissage de pièces chromées. Table aspirante : Lorsque les objets à traiter avec des produits chimiques sont de forme plate. plus précisément des pare-chocs d’automobiles. on peut utiliser des tables aspirantes. Le principe de l’enceinte ventilée est très souple et peut prendre des formes particulières pour certaines situations illustrées par les deux exemples suivants.10 – Principe de la table aspirante L’efficacité de ce dispositif ne repose que sur la proximité de la source de pollution avec le plan d’aspiration. Cela se traduit par une difficulté d’introduire et de manipuler des pièces un peu encombrantes. il faut alors disposer d’un débit variable. pour lequel il n’a jamais été possible de réaliser un vrai captage enveloppant. l’ouverture est généralement variable. par asservissement à l’ouverture du système. une forme de confinement. par conception. ce qui ne va pas sans problèmes humains.4 • Pratique de la prévention des risques 4. dont la conception est très simple : grille ou plaque perforée aspiration © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. l’une des raisons qui expliquent des échecs dans l’utilisation de ce type de protection est la gêne provoqué par l’enceinte ellemême. ce qui n’est pas simple. Pour illustrer ce type d’écueil. Cette solution convient bien par exemple pour le nettoyage ou l’encollage de feuilles et d’objets plats. Figure 4. Elle peut en effet être presque totalement close et la frontière avec le système clos n’est pas évidente. Une autre caractéristique de l’enceinte ventilée est qu’elle est aussi.3 Les familles de mesures Une enceinte ventilée ne doit être conçue qu’après observation attentive des modes opératoires. Toutefois. avec tous les avantages décrits au paragraphe précédent. Pour assurer la continuité de la protection par une vitesse d’air minimale. En effet.

ce qui amplifie la mise en suspension. D’une part. en accélérant le séchage naturel par la double action du renouvellement de l’air au contact du produit et de la température éventuelle. Les séchoirs et étuves présentent deux avantages majeurs. C’est le fameux « anneau de Pouyès ».4 • Pratique de la prévention des risques 4. que l’on laisse souvent se diluer dans l’air ambiant chaque fois que la nuisance olfactive paraît supportable. produit gaine annulaire trémie aspiration air chassé Figure 4. Tout séchage libère des vapeurs organiques ou minérales. la chute des particules dans de l’air immobile tend à les disperser en suspension. Dans l’industrie chimique. les vapeurs émises sont bien canalisées et peuvent facilement faire l’objet d’un traitement approprié. la pollution de l’environnement et l’exposition chronique qui en résultent sont bien réelles. pendant que l’air déplacé est extrait sans rencontrer les particules. dite « anneau de Pouyès » Ce dispositif. 182 . D’autre part. Il s’agit en fait de déplacer l’équilibre qui tend à s’établir entre la pression de vapeur saturante et l’évaporation. Cette observation a conduit Pouyès à imaginer un dispositif dans lequel un courant d’air est créé dans le sens de la chute des particules. qui connaît nombre de variantes. Séchoirs et étuves : Le séchage des produits et matières est aussi un domaine d’application privilégié des enceintes ventilées. ils peuvent être facilement clos et ne demandent ainsi qu’un faible débit d’air.11 – Principe de la trémie aspirante. qui a conquis l’industrie chimique.3 Les familles de mesures Trémie aspirante : Un problème récurent dans la manipulation des produits chimiques pulvérulents est leur facilité à émettre un nuage de poussières dès qu’on les transfère d’un emballage à un récipient ou à un autre emballage. Il peut être démontable et nettoyable facilement. Pourtant. est relativement peu onéreux tout en étant d’une efficacité surprenante. d’autre part. le volume d’air déplacé par le remplissage du récipient provoque un courant en sens inverse de la chute des particules. Cette phase de travail est l’une des plus émissives en raison de deux phénomènes : d’une part. le séchage peut être poussé en mettant le séchoir sous vide et le produit en mouvement. Le principe du séchoir ou d’une étuve répond à la définition d’une enceinte ventilée. comme dans le schéma suivant.

aspiration cabine ventilée sortie feuilles sèches tunnel de séchage machine à sérigraphier Figure 4. Les supports imprimés doivent ensuite perdre tout le solvant contenu dans l’encre. au chargement du produit humide.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qui permet un confinement quasi total. La conception du poste de travail suit le schéma suivant : dépôt des feuilles imprimées © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. constitués d’une bande transporteuse passant dans un tunnel ventilé et éventuellement chauffé. Pour mieux comprendre ce principe. au déchargement du produit sec. connue pour ses nombreuses sources d’émission de vapeurs organiques. Rappelons que ce procédé d’impression consiste à déposer de l’encre solvantée. nous décrivons ci-après un exemple pris dans l’activité de la sérigraphie. via un écran semi-perméable. Autre solution plus performante : l’enceinte ventilée en fonctionnement continu. sur un support plat.13 – Schéma d’un tunnel sécheur pour sérigraphie 183 .3 Les familles de mesures aspiration chargement filtre moteur mobile d’agitation déchargement Figure 4. et en aval. C’est pourquoi ils doivent être couplés avec des postes de chargement et de déchargement ventilés. du moins quand il est pulvérulent. les séchoirs ne sont généralement que des systèmes à confinement temporaire. les émissions à l’air libre ayant lieu juste en amont.12 – Schéma d’un sécheur de poudres Tunnels de séchage : Cependant. Il existe pour cette opération des séchoirs en continu.

tant que les objets ne sont pas trop encombrants. renouvellement toutefois nécessaire pour éviter une atmosphère explosive. l’opérateur doit se trouver à l’intérieur de l’enceinte ventilée pour pouvoir accomplir normalement sa tâche.3 Les familles de mesures Compte tenu des temps de séchage. aménagé pour recevoir des aérosols. aspiration filtre pour aérosols plateau tournant Figure 4. etc. il faut veiller à ce que l’opérateur ne se trouve jamais dans le flux pollué. La première solution à examiner dans ce cas est la robotisation de l’opération.5 m/s au niveau du plan frontal. Elle permet un confinement complet et un minimum de renouvellement d’air à l’intérieur. construite sur les mêmes bases que celle citée plus haut. elle peut être rendue mobile pour être disponible sur un chantier. l’huisserie. Si l’opérateur n’a pas à se déplacer. une cabine ouverte permet de faire ce travail. entre l’objet et la paroi aspirante. l’air arrivant par le plafond et repartant par le sol. Toutefois. Cette cabine est totalement close. Il s’agit alors d’une cabine ventilée qui répond à certaines exigences de conception. il faut utiliser une cabine à flux vertical. Lorsque des déplacements sont nécessaires autour de l’objet à peindre. à la brosse et surtout par pulvérisation. tels que les véhicules.14 – Cabine ventilée à flux horizontal Le débit d’air est toujours calculé sur la base de 0. car cette technique est maintenant abordable. qu’il faut donc changer régulièrement. Un plateau tournant permet d’atteindre toutes les faces de l’objet. une cabine à flux horizontal suffit. même pour de petites productions. C’est la cabine de peinture. ce qui exige un local de dimensions appropriées. largement utilisée par les carrossiers automobiles. impose l’usage d’une enceinte ventilée pour capter les vapeurs et aérosols émis. au travers de larges surfaces filtrées. Sa conception étant assez simple. Les aérosols sont arrêtés sur le filtre.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Si la robotisation n’est pas possible. le tunnel peut être assez long. Lorsque les objets sont de grandes dimensions. m Cabines ventilées L’application d’une peinture ou d’un vernis sur un objet. On retrouve le principe de la sorbonne présenté précédemment.. Avec ce dispositif du 184 .

Ces applications demandent un savoir-faire propre aux constructeurs spécialisés2. Il s’agit principalement des ponceuses de tous types. etc. avec une intégration plus ou moins réussie. Comme ils sont souvent employés sur des chantiers mobiles. se reporter aux brochures INRS ED 928 et ED 906. 2. car il serait parfois possible d’adapter de petites enceintes mobiles qui suivent l’outil. Pour plus de détails sur ce sujet. une vitesse d’air d’environ 0. les outils électroportatifs occupent une place importante. plafond soufflant sol aspirant Figure 4.4 m/s.3 Les familles de mesures flux d’air de haut en bas. Elle peut être utilisée par exemple pour la peinture électrostatique en poudre et pour la taille ou la sculpture de pierre. des burineurs. D’autres dispositifs de sécurité assurent la protection en cas de panne et la prévention des atmosphères explosives. bien répartie. Il est facile de calculer que de telles cabines exigent des débits d’air considérables. des scies. Cette solution est applicable pour tous types d’objets encombrants et pour les émissions de poussières. est correcte. des perceuses et perforateurs. des meuleuses. il est difficile de les utiliser dans une enceinte ventilée.15 – Cabine ventilée à flux vertical Pour ces cabines. cette difficulté est plutôt surestimée par les professionnels. L’air chargé d’aérosols est purifié soit par filtre sec. soit par rideau d’eau. qu’il faut éventuellement chauffer1. 1. tant qu’elles ne sont pas produites trop haut. À défaut. Dans la liste des sources d’émission de poussières. Pour plus de précisions. une cabine de 4 m ¥ 6 m demande un débit d’environ 34 000 m3/h.4 • Pratique de la prévention des risques 4. c’est-à-dire munis d’un petit capteur enveloppant le point d’impact. ce type d’équipement progresserait sûrement. consulter la brochure INRS ED 839. on voit plutôt se développer des outils aspirants. Toutefois. Par exemple. 185 . m Outils aspirants © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Avec une demande suffisante. l’opérateur est protégé des émissions en tout point de la cabine.

le recours à la ventilation n’est en fait qu’un déplacement de problème. – Le captage n’étant jamais total. ils se retrouvent sur un filtre ou un support chimique ou physique. poussières et aérosols permettent de bien soustraire les personnes aux expositions correspondantes et. En outre. Si cette idée est séduisante en principe. ils donneront lieu à des dépôts sur leur parcours. de réduire les risques d’expositions massives et d’incendie-explosion. C’est pourquoi le captage est sans doute la mesure de prévention la plus répandue pour le risque chimique. qui peuvent vite devenir un obstacle majeur à son utilisation systématique. qui deviennent de nouveaux déchets. ce qui pose à nouveau des problèmes de maintenance et de pollution. si l’installation a bien été conçue en intégrant ce problème. si les polluants captés sont des aérosols ou des poussières. Les poches filtrantes portées par l’outil sont assez peu efficaces. elle souffre de quelques inconvénients en pratique : – Peu d’outils portatifs aspirants sont disponibles (notamment pas de perceuse). le port d’EPR (équipement de protection respiratoire) doit être maintenu. la maintenance et la récupération peuvent devenir faciles et ne pas présenter de risque sensible. 186 . dans une certaine mesure. m La problématique de la ventilation Tous les systèmes de captage des gaz. Dans le second cas. Pourtant.16 – Ponceuse aspirante (Photo : Facom) – Meuleuse aspirante (Photo : Dynabrade) – Scie aspirante (Photo : Makita).4 • Pratique de la prévention des risques 4. ce principe mérite d’être développé et joue parfaitement son rôle dans une combinaison de mesures.3 Les familles de mesures Figure 4. Le retour d’expérience très fourni dans ce domaine permet d’identifier les principales nuisances suivantes. m Les nuisances Une installation de ventilation génère automatiquement quelques nuisances. ils rejoignent l’environnement et participent à sa pollution. soit rejetés dans l’atmosphère. Néanmoins. Cela dit. vapeurs. Dans le premier cas. Encore faut-il qu’ils soient réalisés dans les règles de l’art et maintenus dans leurs performances nominales. puisque les polluants captés sont transportés pour être soit récupérés. – La jonction à l’aspirateur par tuyau rebute les utilisateurs.

qui peuvent conduire à multiplier les circuits de gaines indépendants. Nous avons vu qu’elle pouvait constituer un véritable obstacle pour manipuler des objets encombrants. sans compter les annexes comme les filtres. Il faut éviter de dépasser 10 m/s. L’expérience montre que les opérateurs sont tentés d’arrêter la ventilation. en matériaux résilients . Ce problème est résolu en général à la conception d’un local. même modérée.5 m/s. – orifices d’aspiration avec angles arrondis. un ventilateur performant est toujours volumineux. elle provoque une évaporation 187 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dont les principaux sont la vitesse de l’air. car une basse vitesse de rotation est préférable. elle occupe l’espace libre restant. le type de ventilateur et l’implantation du réseau. . sachant qu’elle doit normalement fonctionner pendant toute la durée du travail. Il faut savoir qu’en présence de polluants chimiques. l’évaporation se poursuit. L’épuration de l’air rejeté a lieu en général dans un local à aménager spécialement. la forme et le nombre des capteurs. etc. en prévoyant un faux plafond ou un faux plancher de dimensions suffisantes. L’ensemble de ces dispositifs est dimensionné proportionnellement au débit global exigé. Cela signifie que l’évaporation s’arrête d’elle-même si l’espace est fermé au-dessus du liquide. – gaines lisses et coudes à grands rayons. Ensuite. placé loin des postes de travail . sachant que c’est la section des gaines qui est le paramètre limitant . Dans la zone à protéger. Il existe des règles de l’art qui contribuent à minimiser le bruit aéraulique. pour limiter le bruit. – gaines et ventilateur placés dans une enceinte phoniquement isolante. La nature des polluants peut nécessiter un traitement d’épuration qui demande une installation elle-même très encombrante.4 • Pratique de la prévention des risques 4. En voici quelques-unes : – faible vitesse d’air dans les gaines. l’idéal étant de placer le ventilateur et ses annexes dans un local séparé. Comme une ventilation. il y a des règles de compatibilité à respecter. voire de ne pas la mettre en marche. ce qui conduit souvent à des difficultés de manutention ou d’intervention et à une atmosphère de travail ressentie comme oppressante. la vitesse est nécessairement de 0. Lorsque toute l’installation n’a pas été prévue à la conception des locaux. Enfin. les réducteurs. les conduits d’évacuation. – ventilateur de type centrifuge. L’encombrement : L’enceinte enveloppant la zone dangereuse constitue déjà une limitation de l’espace de travail. Une installation de captage. elle est forcément très supérieure. le circuit de gaines génère un autre encombrement important. L’évaporation : La vaporisation d’un liquide dépend de sa pression de vapeur au-dessus de la surface. comme tout circuit aéraulique. élimine les vapeurs. de façon à éviter les effets de sifflets. peut générer un bruit propre à rendre le travail très pénible. même modeste.3 Les familles de mesures Le bruit : Le bruit aérodynamique de l’air est fonction de plusieurs paramètres. le type de gaine. Il l’est d’autant plus que les sections de gaines sont de préférence élevées. Mais dès que les vapeurs sont évacuées. alors qu’elle les protège d’une exposition. mais dans les gaines. ce qui n’est pas souvent possible .

qui se fait alors spontanément par les ouvertures inévitablement présentes dans les locaux. ce qui engendre une gêne pour le personnel et des perturbations dans l’élimination des polluants.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Exemple : 8m entrées d’air de 8 m 2 3m rejet d’air possible à 4 000 m3/h Figure 4. Selon le procédé. sous peine de faire chuter le débit sortant. Ce volume doit être entièrement compensé par une entrée d’air correspondante. le jet d’air produit par un ventilateur est trop directionnel. Cette répartition peut être réalisée soit par des caissons équipés 188 . ni en débit ni en trajet. c’est-à-dire utilisant un ventilateur. calculée sur la section du local perpendiculaire au courant d’air.17 – Compensation de l’air extrait Pour des débits relatifs plus élevés. pour faire entrer de l’air à un débit voisin de celui du rejet à l’extérieur. une perte de titre pour un soluté volatil. mais n’est acceptable que si le débit global d’aspiration est faible par rapport au volume des locaux concernés. il faut installer un système de compensation mécanique. rien de particulier n’est prévu pour cette entrée d’air. contribue à l’assainissement des locaux par un renouvellement de l’air intérieur. telles que les passages non fermés ou non étanches. en fait très faible s’il est bien réparti. ces effets peuvent être rédhibitoires. dans le stockage des liquides en vrac. après une éventuelle épuration. C’est pourquoi le ventilateur doit souffler à travers un système de répartition de l’air sur une surface suffisante pour réduire sa vitesse à moins de 0. Souvent.1 m/s.3 Les familles de mesures continue. ce courant d’air. Par exemple. en respectant une bonne répartition des entrées d’air. il faut réduire le débit au minimum. une consommation du solvant. Ce phénomène présente de nombreux inconvénients : il provoque un refroidissement du liquide. qui n’est ouvert que par un évent. pour des débits sortant modérés. Le circuit de l’air entrant n’est alors pas maîtrisé. Or. il suffit de ventiler le contenant. une concentration du milieu solvanté. En outre. un séchage accéléré des dépôts quand il y en a. ce qui n’est possible qu’avec un confinement important. Pour les limiter.05 m/s. Un tel dispositif statique est simple et peu coûteux. Les entrées d’air extérieur : Le captage de l’air pollué conduit nécessairement à rejeter de l’air à l’extérieur des locaux de travail. On peut prendre comme repère une vitesse d’air de 0. Il est donc souhaitable de le canaliser par des ouvertures judicieusement réparties et équipées de filtres. avec un débit juste suffisant pour créer une légère dépression.

Sans pouvoir donner de valeurs tant il y a d’options possibles. section. ce coût est directement proportionnel au débit d’air global. le supplément de produits volatils consommés . Mieux encore. l’air qui vient de l’extérieur a la température de l’extérieur. m Schéma général © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.3 Les familles de mesures de filtres. une installation de captage des émissions sur plusieurs postes. a un coût de fonctionnement non négligeable. 189 .5. le traitement de l’air rejeté . telle que figurant sur le schéma suivant. Notons que le réchauffage de l’air de compensation contribue encore à l’encombrement créé par la ventilation. voire en remplacement du système principal de chauffage des locaux. tels que filtres. les consommables. La sensation de froid est renforcée par le courant d’air généré. la main-d’œuvre de maintenance . constituant ainsi une vraie climatisation.4. Nous en donnons des éléments de compréhension au paragraphe 5. Il peut toutefois être minimisé en adoptant les précautions suivantes : – choisir des ventilateurs à haut rendement et concevoir un circuit de ventilation à faible perte de charge (longueur. – recycler la chaleur de l’air sortant dans l’air rentrant par le biais d’un échangeur air/air . calorifuger toutes les gaines (ce qui réduit aussi le bruit) . le recyclage de l’air lui-même ne serait acceptable qu’avec une épuration complète et sans défaillance possible . – réduire les émissions afin de diminuer les quantités de consommables. soit par une multiplication des bouches d’air. Le poste épuration fait appel à des compétences spécialisées. car il est devenu inévitable et gagne en efficacité et en coût à être inclus au départ de l’étude. Il doit être intégré dans tout projet de ventilation.) . etc. de déchets et la maintenance . Même bien réparti. coudes. Le coût de fonctionnement : Outre l’investissement. l’élimination des déchets. En saison froide. D’où la nécessité de réchauffer l’air entrant par tout dispositif adéquat.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Mais tout cela a un coût. elle peut rafraîchir l’air entrant en saison chaude. l’énergie de chauffage de l’air entrant . soit encore par une gaine soufflante en textile poreux. si la compensation est équipée d’une source de froid. Il comprend tout ou partie des éléments suivants : – – – – – – – l’électricité pour le fonctionnement des ventilateurs . son effet de refroidissement des locaux est difficilement combattu par le chauffage existant. il peut très bien venir en complément. Par contre. même faible. – confiner autant que possible les postes polluants pour réduire le débit d’air nécessaire. Les deux premiers postes représentent la plus grosse part. produits d’épuration .

D’où le principe de surveillance des atmosphères de travail.3 Les familles de mesures gaine de soufflage gaine d’aspiration épuration postes à capter Figure 4. mais aucun n’est universel. Le choix est important.3. si un agent chimique toxique ou très toxique est présent en concentration voisine de la VLEP . Il faut donc chercher dans la liste de tous les produits possibles lesquels sont à surveiller. – asphyxie.7 La surveillance des atmosphères La composition de l’air des postes de travail est un élément déterminant du risque chimique. C’est pourquoi il faut d’abord fixer ses objectifs de surveillance avant de prendre une décision. il existe diverses mesures de prévention qui tendent à supprimer la pollution de l’atmosphère.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Il existe beaucoup de techniques et d’appareils pour contrôler la composition de l’air. Le choix devrait 190 . – explosion de combustibles volatils. à plusieurs titres. la réponse est la concentration de certaines substances volatiles. Selon la nature et la concentration des substances présentes. Il s’agit de se poser les questions suivantes : – Quelle information faut-il surveiller ? – Quel rythme et quel délai d’information sont nécessaires ? – Où doit être localisée la surveillance ? Pour la première question. il est important d’être prévenu de l’existence de ce type de risque. Mais comme il faut toujours envisager une carence ou une défaillance de ces mesures. comme exposé dans les paragraphes précédents. si un agent chimique dangereux est présent en concentration voisine de la VLEP . il peut exister l’un ou plusieurs des risques suivants : – intoxication respiratoire chronique. sachant qu’il est illusoire de vouloir tout surveiller. Face à ces risques. – intoxication respiratoire aiguë.18 – Schéma type d’un réseau de ventilation 4. si la concentration en oxygène est inférieure à 20 % (en fait la limite varie de 15 à 20 % selon les individus) . car on ne peut se protéger d’une substance non mesurée.

de déclencher une alarme et. il suffit de tester la teneur en vapeurs combustibles. spécialement pour les produits classés CMR. comme une capacité de rétention. Le délai de réponse peut varier de quelques minutes à quelques jours. du moins pour les plus répandues. Ces appareils existent aussi pour la plupart en version portable. un inertage. qui permet par exemple. elle constitue un complément indispensable de toutes les mesures prises en amont. au besoin de surveillance de pollution solide.3. un contrôle continu s’impose. car les techniques d’analyse peuvent être chimiques. les prélèvements ou les capteurs gagneront à être placés à la source probable d’une émission dangereuse. en tout bon sens. Par exemple à proximité immédiate des contenants de produits toxiques ou de précurseurs d’émanations toxiques. le chlore. Pour le risque d’explosion. On trouve facilement sur le marché des détecteurs performants. des actions correctrices. qui peut être manuel ou automatique. L’efficacité d’une surveillance d’atmosphère dépend complètement de l’analyse de risque préalable. Mais quand elle est judicieusement mise en place. Ce risque. etc. 4. la teneur en oxygène. mieux encore. La deuxième question revient à choisir entre une mesure discontinue et une mesure continue. Si le risque est de nature accidentelle. Les mesures continues sont obtenues avec des appareils utilisant le signal d’un capteur spécifique. L’emplacement du point de mesure est choisi. régulière ou occasionnelle. Ce contrôle doit même être redondant dans les espaces confinés. pour anticiper sur l’apparition d’une situation dangereuse. Pour le risque d’asphyxie. le choix est plus restreint. C’est pourquoi une mesure par capteur exige des étalonnages et des tests réguliers. C’est principalement l’opacimétrie qui répond. après comparaison de la mesure avec une valeur de consigne.3 Les familles de mesures © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. mais au moins pour les plus dangereux. dans l’espace où il peut y avoir une présence humaine. ou dans des espaces confinés où la présence humaine est improbable. par exemple pour l’oxyde de carbone. le cyanure et le sulfure d’hydrogène. Concernant les poussières. etc. qui fait l’objet d’ouvrages importants et de programmes de formation. privilégier les plus toxiques ou les plus sensibles. mais elle doit néanmoins être périodique. La première comporte généralement un prélèvement d’atmosphère. suivi d’un dosage plus ou moins complexe. il suffit de vérifier le taux d’oxygène. une ventilation de secours. car s’il existe bien des techniques de mesure discontinue sélectives. les mesures continues ne sont pas sélectives. physiques ou les deux. Elles ont le gros avantage que représente une information immédiate. partiellement. Toutefois. Leur principal inconvénient réside dans leur fiabilité incertaine. Dans l’hypothèse d’une exposition chronique. Il n’existe pas de technique de dosage pour tous les produits. ou derrière un filtre à poussières.8 La prévention des explosions La prévention du risque lié aux atmosphères explosives est une discipline à part entière. Nous donnerons seulement ici les éléments méthodologiques permettant de bien s’orienter dans ce domaine. comme un arrêt de processus.4 • Pratique de la prévention des risques 4. comme l’eau de javel. une surveillance discontinue est généralement suffisante. est particulier dans 191 . Mais on peut aussi cibler un inflammable particulier quand il est le seul possible. typiquement accidentel. en processus aussi bien chronique qu’accidentel. l’explosivité.

captage 7. puis le dommage.19 – Organigramme de prévention du risque explosion 1) La première étape pourrait être de supprimer la présence humaine à proximité de l’atmosphère explosive. substitution source d’ignition 3. Quant à la gravité d’une éventuelle explosion. pas d’aérosol 5. l’artisanat et les services. inertage homme 4. elle n’est plus à démontrer. sont d’un usage très répandu dans l’industrie. selon le logigramme suivant : combustible air 2. La prévention va consister à appliquer le schéma habituel : supprimer d’abord le danger. Il suffirait par exemple d’éloigner systématiquement les postes de travail de la zone dangereuse. ou même combustibles. Ils sont principalement représentés par la famille des solvants et celle des gaz combustibles. puis la situation dangereuse.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Le dommage est un ensemble d’atteintes à la santé résultant d’effets mécaniques. Cette famille de mesure est efficace 192 . Dès qu’ils sont présents à l’air libre. ce qui implique des systèmes de télécommande et de télémesure. thermiques et toxiques. atténuation accident Figure 4. éloignement atex explosion 8. la zone dangereuse peut être restreinte par un certain confinement résistant aux explosions. Ce schéma permet d’aborder la prévention avec une garantie d’efficacité. c’està-dire l’ignition. matériel Ex 1. récipient clos 6. puis l’événement dangereux. Seule son étendue va beaucoup varier avec les circonstances.3 Les familles de mesures le risque chimique parce qu’il est à la fois très probable et très grave. la formation d’atmosphère explosive est systématique. En outre. L’événement dangereux est le déclenchement de l’explosion. Il est probable. parce que les produits inflammables. La situation dangereuse est la présence humaine à proximité d’une atmosphère explosive (atex).

4) Une variante de ce principe consiste à laisser les vapeurs du liquide saturer l’atmosphère du récipient. La première condition à supprimer est la présence d’un inflammable ou d’un combustible. en fait l’oxygène de l’air. une valeur de 8 % couvre tous les produits. Évidemment. les critères principaux à prendre en compte sont le point d’éclair pour les liquides et l’ensemble concentration. de tous les emballages unitaires de liquides inflammables. soit à l’état liquéfié. Il suffit que le récipient soit bien fermé. 2) La suppression de l’atmosphère explosive s’obtient par action sur l’une des conditions de sa formation. Il est ensuite impératif de n’interrompre l’inertage qu’après élimination totale du combustible dans l’enceinte protégée. température et énergie minimales d’inflammation en nuage. Il existe une concentration maximale d’oxygène en dessous de laquelle l’explosion d’une vapeur ou d’un aérosol solide est impossible1. fonctionnant sur de faibles variations de pression. ce qui est le cas. Ces deux façons de procéder ont leurs avantages et leurs inconvénients. ce dernier étant préféré en raison de sa totale inertie chimique. Il est disponible soit comprimé en bouteilles métalliques pour de petites quantités.4 • Pratique de la prévention des risques 4. en fait très courant. Le principe d’éloignement s’impose toutefois en complément de ces dernières dès que le risque atteint un niveau important. cette substitution. On peut se référer aux brochures INRS sur les mélanges explosifs : Gaz et vapeurs (ED 911) et Poussières combustibles (ED 944). C’est pourquoi elle n’a pas priorité sur les mesures visant à supprimer l’atmosphère explosive. c’est-à-dire la variation du volume gazeux engendrée par les mouvements de remplissage et de vidange. qui consiste soit à balayer l’intérieur par un courant de gaz inerte. Les moins chers sont le dioxyde de carbone et l’azote. L’inertage doit ensuite être maintenu. elle n’élimine pas celui d’accident matériel. La suppression d’oxygène n’a pas besoin d’être totale. qu’on appelle inertage. L’inertage est réalisé d’abord par une purge initiale du contenant. Pour ce faire. La solution est de substituer l’oxygène par un gaz inerte.3. dans des bonbonnes ou des cuves cryogéniques. principe décrit au paragraphe 4. mais aussi granulométrie. assurent cette continuité.3 Les familles de mesures et recommandable mais. pour de plus grandes quantités. On peut aussi utiliser l’argon ou l’hélium. Mg…) pour lesquels il faut descendre à moins de 2 %. mais aussi sur des équipements comme les broyeurs et les sécheurs. 193 . généralement une cuve ou un réacteur. pour faire face à la respiration du récipient. Des dispositifs automatiques d’alimentation en gaz. 1. exceptés les métaux légers (Al. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. L’équilibre qui s’établit grâce à la pression de vapeur fait que la concentration est toujours nettement au-dessus de la LSE. Le risque d’explosion n’est alors réellement présent qu’au moment de la vidange. soit à alterner des mises sous vide et des remplissages au gaz. ce qui revient à pratiquer une substitution. 3) La deuxième condition est la présence de comburant.1. Enfin. En pratique. le risque d’anoxie créé par tout gaz inerte doit être pris en compte aussi bien à la conception qu’à l’exploitation de l’installation. pour les solides pulvérulents. comme on peut le rencontrer dans l’industrie chimique. si elle élimine le risque d’accident corporel. ne peut se faire qu’à l’intérieur d’un confinement. qui est souvent grave.

194 . si elles ne sont pas générées en l’état. Or. alors que les VME s’étagent entre 1 ppm et 1 000 ppm. En effet. Cela est même nettement plus facile. La deuxième origine des poussières dormantes est la pollution qui s’est déposée. Il faut en outre repérer et supprimer les émissions parasites que représentent les fuites sur les installations dans lesquelles sont stockés ou traités des produits pulvérulents. car il peut facilement subsister une zone explosive à l’intérieur du confinement. Quant aux poussières. Mais il faut rester vigilant sur les zones « atex » qu’il peut générer lui-même. complet ou partiel avec un captage enveloppant pour les zones ouvertes. Cela concerne principalement les canalisations de transfert et certaines zones d’appareils comme des mélangeurs. La première regroupe tous les produits chimiques. contrairement au risque d’exposition.2 que cette limite varie de 0. D’où l’importance d’éviter tout mouvement à l’air libre. les installations de dépoussiérage doivent avoir des vitesses d’air minimales de l’ordre de 15 m/s. comme on le fait pour le risque d’inhalation. soit de 6 000 à 80 000 ppm. des filtres. D’où la nécessité supplémentaire de concevoir ladite installation de façon à ce qu’elle ne laisse pas se former de dépôts non fonctionnels. se situent entre 15 et 450 g par m3. alors que les VME ne peuvent dépasser 10 mg par m3. Les poussières au repos ont deux origines. La valeur médiane des LIE étant grossièrement 100 fois plus élevée (10 fois en prenant la limite de sécurité) que celle des VME. Le transport pneumatique est une solution intéressante quand il est compatible avec le produit. La technologie de transfert des poudres est suffisamment développée pour que l’on puisse toujours trouver un moyen de transfert plus ou moins mécanisé. le moindre mouvement est capable de créer un aérosol. Nous avons vu au paragraphe 2. Il faudrait réaliser ces installations avec la même étanchéité qui convient aux liquides. est un puissant générateur de poussières. car l’objectif est de maintenir la concentration en polluant inférieure à la LIE. En particulier. Il n’y a pas de poussières tant qu’ils sont dans leur emballage d’origine.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Un broyeur. des machines à conditionner. un captage correct à la source met à l’abri d’une présence d’atmosphère explosive. Toutes les mesures déjà décrites pour éviter les expositions sont bénéfiques sur ce point.6 à 8 % pour les vapeurs. etc. s’il n’est pas correctement installé et maintenu. celui d’explosion existe encore à l’intérieur d’un confinement. La première des mesures dans ce cas est de supprimer les sources de pollution. alimentaires et matériaux disponibles sous forme pulvérulente.5. mais toujours en vase clos. par exemple. La marge généralement recommandée consiste à ne pas dépasser 10 % de la LIE. avec une marge de sécurité. Il faut cependant se méfier de la protection par un confinement presque total associé à un faible débit de captage. On obtient ce résultat par un captage à la source efficace des vapeurs ou des poussières.3 Les familles de mesures 5) La troisième action possible sur l’atmosphère explosive est de la réduire à un volume si faible que toute ignition y soit hautement improbable. les LIE. Cependant. surtout si elles sont en surpression. 6) La formation d’une atmosphère explosive avec des poussières suppose leur mise en suspension préalable. notamment le confinement et le captage à la source. tout dépôt de poussières à l’intérieur peut être remis en suspension au cours d’un démarrage d’installation ou d’une intervention de maintenance.

sans qu’elle déclenche elle-même une remise en suspension. Voici quelques températures d’auto-inflammation de produits courants : Substance Sulfure de carbone Oxyde de diéthyle Acétaldéhyde Dioxanne Benzaldéhyde White spirit Cyclohexane Acétate d’octyle Butane Tétrahydrofuranne © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. qu’il faut bien intégrer dans la stratégie de prévention.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Pour ce faire. 7) Lorsqu’on ne peut garantir l’absence totale d’atmosphère explosive. qu’il faudra choisir en conséquence. ensuite par des frottis sur les surfaces horizontales. on peut procéder par aspiration. Ils proviennent souvent d’appareils de chauffage. l’élimination des poussières déjà déposées dans l’environnement s’impose. d’abord par simple examen visuel. La prévention des incendies contribue aussi à celle des explosions. Dans les conditions normales de fonctionnement. arrosage ou lavage. il reste à éliminer les sources d’ignition. l’empoussièrement doit toujours être contrôlé régulièrement. Quelle qu’en soit la cause.3 Les familles de mesures Enfin. Les points chauds ne sont dangereux qu’au-dessus de la température d’auto-inflammation. ou par humidification. avec du matériel performant. les flammes nues sont évidemment à proscrire et leur présence ne peut résulter que d’une erreur humaine. Température d’auto-inflammation en ˚C 90 160 175 180 190 230-260 245 268 287 320 363 404 410 424 425 445 465 Éthanol Méthyl-éthyl-cétone Trichloréthylène Formol Acétate d’éthyle Huile d’arachide Acétone 195 .

par l’emploi d’outillage « non étincelant ». 196 .3 Les familles de mesures Substance Nitrobenzène Toluène Styrène Hydrogène Xylènes Dichlorométhane Aniline Dichlorobenzène Phénol Température d’auto-inflammation en ˚C 480 480 490 500 525 556 615 645 715 Trois types d’étincelles se rencontrent assez facilement. arrêtés et normes encadre la fabrication. qui prend aussi en compte le type de protection utilisé et la classe de température maximum de surface.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Leur élimination est tributaire d’une bonne organisation de la maintenance préventive et du respect de consignes comme les bons de feu et les consignations. Concernant le marquage. Les étincelles électriques sont produites par beaucoup de matériels fixes ou d’outillages électriques de qualité normale. Les étincelles mécaniques ne sont générées que par des travaux de maintenance ou des incidents mécaniques. Un ensemble de directives. Il y a 8 types de protections normalisées : 1. la réglementation européenne est relativement simple. Elle est complétée. en cas de besoin. le marquage et l’utilisation de ceux-ci. G pour gaz D pour poussières CE εx II 1 G groupe hors Mines catégorie 1 pour zone 0 ou 20 2 pour zone 1 ou 21 3 pour zone 2 ou 22 Figure 4. car chacun d’eux n’a qu’un domaine d’utilisation précis.20 Ce n’est pas le cas du marquage fixé par la norme NF EN 500141. Matériel électrique pour atmosphères explosives. décrets. Leur prévention exige l’utilisation d’appareils spécialement conçus pour être utilisés en atmosphère explosible (c’est-à-dire pouvant devenir explosive). Norme homologuée. Règles générales.

3 Les familles de mesures Mode de protection Immersion dans l’huile Surpression interne Remplissage pulvérulent Enveloppes antidéflagrantes Sécurité augmentée Sécurité intrinsèque Matériel de type « n » Encapsulage Symbole o p q d e i n m Norme NF EN 50015 50016 50017 50018 50019 50020 50021 50028 La norme donne 6 classes de températures maximales de surface : Classe T1 T2 T3 T4 T5 T6 TMS 450 ˚C 300 ˚C 200 ˚C 135 ˚C 100 ˚C 85 ˚C © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.4 • Pratique de la prévention des risques 4. En outre. le groupe II est divisé en trois sous-groupes pour tenir compte des points d’éclair : Acétone – Méthane industriel – Acétate d’éthyle – Méthanol – Butane – Propane – Hexane – Ammoniac – Oxyde de carbone – Pentane – Heptane – Isooctane – Décane – Benzène – Xylène – Cyclohexane – Éthylméthylcétone – Acétate de méthyle – Acétate de n-propyle – Acétate de n-butyle – Acétate d’amyle – Chlorure de méthylène – Butanol – Nitrite d’éthyle Éthylène – Butadiène – Éther diéthylique – Oxyde d’éthylène – Gaz de four à coke Hydrogène – Bisulfure de carbone – Acétylène – Nitrate d’éthyle II A II B II C 197 .

Elle apparaît principalement lors de frottements avec des matériaux isolants.4 • Pratique de la prévention des risques 4. comme le montre l’exemple suivant : Figure 4. avec mise à la terre. Les principales mesures à prendre sont : – la mise en place de liaisons équipotentielles. Zone à risque d’explosion vitre résistante Zone hors risque appareil d’éclairage cloison jonction étanche Figure 4. en tant que source d’ignition insidieuse. la première mesure à prendre est de déplacer le matériel électrique hors zone à risque et de ne laisser en zone que le strict indispensable. c’est pourquoi les installations électriques doivent être conformes aux règles en vigueur et vérifiées régulièrement. Tout défaut électrique tendant à créer un potentiel anormal peut être à l’origine d’une décharge avec étincelle. entre les équipements et les contenants mobiles . en particulier dans les liquides isolants qui s’écoulent.3 Les familles de mesures Ce marquage est repéré par le sigle « EEx » et peut présenter une assez grande complexité.21 – Étiquette d’un matériel atex Compte tenu des difficultés que peuvent présenter le choix et l’installation de matériel de sécurité. 198 .22 – Schéma d’un éclairage sous verre dormant D’autres sources d’étincelles existent dans les installations. L’électricité statique représente quant à elle une menace redoutable. Une des applications de ce principe est l’éclairage sous verre dormant. très simple à réaliser.

utilisés soit pour nettoyer ou essuyer. soumis à certification. etc.1. demande un savoir-faire confirmé.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Contre les explosions de poussières. utilisés pour prélever et verser des produits pulvérulents . 4. quand on ne peut pas éviter l’utilisation de produits inflammables. Ce dispositif peut être placé sur un récipient.3. godets. . brosses. principalement en raison de la technicité du matériel disponible. tels que tuyaux souples ou vêtements. la surpression est canalisée dans une direction où elle ne crée pas de risques. tel qu’un réacteur ou un caisson filtrant. exceptionnelle. la mobilité. les services et surtout le bâtiment. le matériel est nettement plus sommaire. ou rendus conducteurs. – les pinceaux. chaussures. avec les produits appliqués. cédant sous une surpression calibrée. – les chiffons. de construire des équipements de travail résistant à une explosion interne. mettent en cause des outils comme : – les pelles. Des vannes à fermeture ultrarapide peuvent compléter ces mesures. il faut que leur lieu d’utilisation soit spécialement conçu et équipé dans ce but pour obtenir une baisse suffisante de la probabilité et de la gravité de l’explosion. qui sont des dispositifs envoyant instantanément une grande quantité de produit inertant sur le front d’explosion. constitués d’une section de tuyau garni d’une matrice de métal gaufré. relativement léger. la résistance. la dynamique de l’explosion fait que ce dispositif doit avoir une surface importante par rapport au volume pour être efficace. dont ceux donnés au paragraphe 3. il est recommandé de prévoir un dispositif de décharge de la pression engendrée. En conclusion. tampons. En outre. mais aussi dans un local contenant l’équipement sensible. la technicité. – l’augmentation de la conductibilité de l’air par humidification ou ionisation. En effet.9 L’outillage manuel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – les petits récipients (< 1 litre) de toutes formes. il convient d’ajouter des mesures en limitant les effets. etc. L’utilisation de produits chimiques dans l’industrie offre la possibilité d’atteindre un bon niveau de prévention. 199 . Cela est obtenu par la mise en place d’arrête-flammes. « mains ». effectuées avec des outils qui permettent facilement le contact. Les exemples de contamination cutanée. 8) La gravité potentielle d’une explosion est telle qu’en plus des mesures de prévention. L’explosion doit aussi être arrêtée dans sa propagation éventuelle par des canalisations. Il reste donc beaucoup d’opérations manuelles. dont le coût. Enfin. utilisés pour appliquer un produit liquide ou nettoyer une surface .3 Les familles de mesures – l’utilisation de matériaux conducteurs. mais l’installation de tous ces équipements. il est possible de se protéger des projections de petites explosions par des grillages ou des panneaux transparents résistants. Il s’agit d’un disque ou d’un panneau.2. après déclenchement par un détecteur d’explosion. utilisés pour prélever ou verser de petites quantités de liquide . éponges. en particulier cutané. Dans l’artisanat. rouleaux. pour de nombreuses raisons. soit pour appliquer des produits en surface . on peut mettre en place des surpresseurs. En dehors de la solution.

Un simple distributeur doseur placé sur le flacon d’origine permet d’éviter tous ces risques. ou d’adapter un écran protecteur. 200 . mais encore faut-il l’envisager et la susciter. utilisés pour appliquer ou retirer un produit pâteux . Il est fréquent de voir manipuler à cet effet des flacons entiers. un objet qui est peint ou collé sur chantier . – installer un système de dosage en ligne . – peindre ou coller en atelier. au préalable dans de bonnes conditions. Il suffit parfois d’allonger la longueur d’un manche. utilisés pour appliquer un produit sous forme d’aérosol. Voici quelques exemples qui. une pelle. pulvérisateurs et autres appareils de projection. – prélever du liquide avec un tube relié à un récipient mis sous vide au préalable . des éprouvettes et des pipettes en verre. – utiliser des distributeurs de liquide ou de poudre. – les pistolets. – dégraisser dans une petite machine close .4 • Pratique de la prévention des risques 4. par un changement d’organisation ou de matériel.3 Les familles de mesures – les spatules.23 – Distributeurs doseurs S’il n’existe pas de solution de ce type. s’ils ne sont pas universels. un rouleau. pour supprimer presque tous les petits contacts ordinaires sur un pinceau. toujours dans le but de rendre les contacts moins probables. La première réflexion à conduire concerne l’éventualité d’une autre forme d’utilisation réduisant les possibilités de contact. une spatule. Figure 4. ce qui génère à la fois des expositions respiratoires et cutanées et des accidents par suite de renversement ou de casse. – utiliser des petites pompes pour les réactifs ou les produits pâteux . racloirs et autres applicateurs. il reste à améliorer les outils existants. Prenons l’exemple courant de l’utilisation de réactifs dans les laboratoires de recherche ou de contrôle. etc. donnent l’idée générale de la démarche : – s’arranger pour utiliser des emballages entiers. éliminant ainsi prélèvements et pesées . Souvent. la créativité des utilisateurs directs apporte de très bonnes solutions.

3 Les familles de mesures 4. signalétique Étanchéité (joints tournants et raccords). vérification récente Opérationnels. – définir les opérations de maintenance qui s’imposent . identification Étanchéité. étanchéité Réponses conformes aux commandes Signal conforme aux variables Signal normal Étanchéité. – intervenir au moment planifié. solidité Bon état mécanique Réglage et coupure possibles Disponibilité Étanchéité. fixation. conformité Résistance suffisante. La solution est dans la maintenance préventive. nous proposons une check-list sommaire. La liste des organes critiques pour le risque chimique serait trop difficile à établir. Cela signifie qu’il faut au préalable : – inventorier tous les organes et systèmes critiques dans le fonctionnement .4 • Pratique de la prévention des risques 4. – réunir les moyens de travail en sécurité .10 La maintenance préventive Le défaut de maintenance est une des origines fréquentes des faits déclencheurs d’accidents. conformité électrique Étalonnage Absence de blocage. eau propre et tempérée Organes de raccordement Matériel de mélange Matériel de chauffage Matériel de refroidissement Matériel de filtration Systèmes de ventilation Matériel d’extinction et de secours Douches et lave-œil 201 . Un incident technique pendant le fonctionnement d’une installation conduit souvent à improviser des actions de dépannage ou de rattrapage dans des conditions de sécurité très insuffisantes. Néanmoins.3. à compléter au cas par cas : Matériel Emballages Moyens de manutention Structures de stockage Matériel de pompage fixe ou mobile Matériel de mesure de poids et de volume Organes de fermeture/ouverture Systèmes de télécommande Systèmes de contrôle et signalétique Capteurs de process Canalisations © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pour qu’elles soient conduites après avoir réduit au niveau négligeable tous les risques envisageables. absence de colmatage Performances nominales. qui consiste à planifier les interventions. protection électrique Disponibilité. Points critiques Solidité. surtout pour toutes les activités possibles. – définir leurs conditions de bon fonctionnement . étiquetage Disponibilité. étanchéité.

C’est elle qui garantit la propreté d’un atelier. c’est-à-dire sans démontage ni intervention manuelle. être démontables par des raccords et surtout vidangeables complètement par des purges. Il faut que le poste de maintenance de ce type de matériel soit conçu en conséquence. comme le changement de filtre ou de joints. Leur diversité permet de couvrir tous les risques chroniques mais aussi une partie des risques accidentels. car ils sont souvent difficiles à vider complètement.11 Les équipements de protection individuelle Les équipements de protection individuelle (EPI) occupent une place à part dans l’arsenal des mesures. EPR filtrants : Cette appellation est justifiée pour ceux qui protègent des poussières. Ces trois désordres forgent l’image particulièrement négative de nombre d’ateliers. de corrosions et d’odeurs. Ils comportent un filtre capable d’arrêter les poussières et les aérosols. La qualité de la maintenance joue un rôle déterminant dans les conditions de travail. surtout s’ils ont contenu des produits très visqueux ou s’ils retiennent des dépôts solides.3. Les EPR fonctionnent soit en bloquant le polluant de l’air inspiré. comme d’ailleurs pour tous les types de risques. La maintenance d’installations chimiques ne doit pas constituer un déplacement de risque. très exposantes.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Autant que possible. 4. et qui décourage vite de nouveaux embauchés. c’est que le matériel ait une conception facilitant la maintenance. tout en lui fournissant de l’air propre. soit en isolant l’individu de l’air pollué. sans jamais agir sur sa présence dans l’environnement. Le problème des canalisations difficiles. petits ou grands. ils sont responsables de souillures. C’est ce qu’on observe en particulier dans la maintenance des pompes et des filtres. car les produits chimiques ont un impact puissant sur l’environnement intérieur. il doit être prévu de laver et de rincer les contenants et les canalisations par l’installation elle-même. comporter des sections isolables par des vannes. sauf nécessité du process. m Les protections respiratoires Le principe d’un équipement de protection individuelle respiratoire (EPR) est de supprimer le contact de l’agent chimique avec les voies respiratoires. ce qui remplace des opérations.3 Les familles de mesures Ce qui est également important. avec une efficacité très variable en fonction de l’étanchéité de la pièce faciale et de la perméabilité du filtre. de nettoyage de cylindres au solvant. voire impossibles. car ils impliquent directement les personnes exposées. S’ils ne sont pas rigoureusement confinés dans leurs récipients et canalisations. Cette image est malheureusement considérée comme inévitable par certains employés et employeurs. Elles doivent. Ce principe a été utilisé avec bonheur dans les rotatives de l’imprimerie. Ils appartiennent à deux grandes familles selon la voie de contact visée. Voici les principaux types utilisés : 202 . Ces deux principes conduisent à des propriétés et des applications très différentes. à vider est récurrent.

24 – Pièce faciale filtrante – Demi-masque – Masque complet (Photos : 3M). Leur efficacité. Le tableau suivant résume leurs caractéristiques principales : Couleur de bande marron marron gris jaune vert rouge + blanc bleu + blanc violet Type A Ax B E © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.3 Les familles de mesures Figure 4. le marquage en faisant état.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qui diminue pour chacune des couches. est repérée par le code suivant : P1 pour 80 %. Les EPR destinés aux gaz et vapeurs fonctionnent par adsorption sur un support spécial. Mais c’est l’étanchéité avec le visage qui détermine l’efficacité réelle. P2 pour 94 % et P3 pour 99.95 %. Le phénomène de colmatage fait que l’efficacité a tendance à augmenter avec l’usage. c’est-à-dire la proportion de particules arrêtées selon la norme NF EN 143. Polluants visés gaz et vapeurs organiques dont le point d’ébullition est > 65 ˚C gaz et vapeurs organiques dont le point d’ébullition est < 65 ˚C gaz et vapeurs inorganiques (sauf CO) dioxyde de soufre (SO2) et autres gaz et vapeurs acides ammoniac et dérivés organiques aminés vapeurs de mercure oxydes d’azote composés spécifiques désignés par le fabricant K HgP3 NOP3 Sx Plusieurs types d’adsorbants peuvent être réunis dans une même cartouche. Les filtres sont marqués d’une bande blanche. Ils sont équipés de cartouches dont l’adsorbant est spécifique d’une famille de polluants. généralement du charbon actif. jusqu’à opposer une résistance gênante pour la respiration. 203 . mais cette facilité apparente est obtenue aux dépens de l’autonomie.

parce que l’adsorption demande un temps de contact minimum. : A2. – Un débit respiratoire élevé réduit la capacité. – Une humidité de l’air importante entre en compétition avec les molécules de polluants. 100 % concentration aval/amont du polluant VLE 0% Temps de claquage Figure 4. de 1 à 3. 204 . Pour la ventilation libre. le temps de claquage pour une cartouche donnée varie avec les conditions d’utilisation : – Une concentration élevée du polluant ne permet pas à l’adsorption de se faire totalement. B3. tant ce critère est aléatoire et dangereux. qui remplace la EN 141. Ce temps de claquage dépend du volume et de la qualité de l’adsorbant. voir la norme EN 14387. En outre. Elle n’est sûrement pas déterminée par la perception d’un début d’odeur. associé à la lettre de type (ex. Tous ces facteurs rendent la prévision de l’autonomie très difficile.25 – Courbe de saturation d’un filtre à charbon actif Toutefois. on peut obtenir un ordre de grandeur en se référant aux temps de claquage imposés par la normalisation1 : 1. Le claquage arrive d’ailleurs assez brutalement. ainsi que de la nature chimique du polluant.3 Les familles de mesures Le grand problème posé par cette catégorie d’EPR est de connaître leur autonomie.4 • Pratique de la prévention des risques 4. parce que l’adsorption est réversible. Il varie de 20 à 120 l/min selon l’effort.). comme le montre la courbe de saturation d’une cartouche de charbon actif. c’est-à-dire la saturation commençante du filtre en polluant. C’est pourquoi chaque classe a une concentration maximum d’usage. La durée de port possible est en effet limitée par le claquage. Les cartouches portent ainsi le numéro correspondant à leur classe de capacité. etc. – Une température ambiante élevée limite la quantité adsorbable.

1. EPR isolants : Les EPR isolants comportent les mêmes pièces faciales que les filtrants (masques.3 Les familles de mesures Classe A1 A2 A3 B1 B2 B3 E1 E2 E3 K1 K2 K3 NOP3 Gaz d’essai Temps de claquage (min) 70 35 65 40 40 60 20 20 30 50 40 60 20 Concentration amont (ppm) 1 000 5 000 8 000 1 000 5 000 10 000 1 000 5 000 10 000 1 000 5 000 10 000 2 500 Concentration aval maxi cyclohexane 10 sulfure d’hydrogène 10 dioxyde de soufre 5 ammoniac 25 oxydes d’azote 5 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. La première consiste à prendre de l’air propre à l’extérieur à la zone polluée et à l’amener jusqu’à la pièce faciale par pompage. ce qui incite à prendre une bonne marge de sécurité.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Il faut donc un accumulateur portatif pour l’alimenter. ce type de pollution n’étant pas si rare. à l’aide d’un petit ventilateur porté soit sur le masque. les ventilateurs ou les accumulateurs sont un peu lourds ou encombrants.26).27). en pratique le tiers de celle que donne le calcul. Par exemple. ou TH lorsque la pièce faciale est une cagoule ou un casque (figure 4. Ils sont reconnaissables au marquage réglementaire. deux sources sont possibles. Pour cela. 205 . qui nécessite des équipements annexes (figure 4. un masque A2 soumis à une pollution de 1 000 ppm a une autonomie de l’ordre de 3 heures et un masque E1 soumis à 100 ppm aura une autonomie de l’ordre de 3 h 20 min. Des cartouches combinent la protection contre les poussières et contre les vapeurs. voir les normes EN 12941 et 12942. indépendamment de la pollution environnante. Pour la ventilation assistée. soit à la ceinture. Compte tenu de la perte de charge créée par le filtre. Ce calcul ne doit pas faire oublier les facteurs réducteurs cités plus haut. Dès que les filtres. Ces appareils sont soumis à des normes de performances distinctes1 et d’un codage commençant par TM. un masque respiratoire gagne en confort avec une ventilation assistée. Ces chiffres sont approximativement extrapolables en fonction des concentrations. cagoules et casques) mais l’air respiré est pur. C’est l’adduction d’air. ils sont placés sur une ceinture.

même de façon inattendue. De petits dispositifs autonomes portés à la ceinture assurent cette fonction (figure 4. Les avantages considérables de l’adduction d’air sont la suppression des limites d’autonomie et une qualité d’air respiré indépendante des performances du média filtrant. déplacer . selon la température ambiante et l’effort fourni.3 Les familles de mesures Figure 4. épurateur. Elle pose néanmoins quelques problèmes d’utilisation : – équipements annexes (compresseur. Il faut évidemment veiller à ce que l’air prélevé ne soit pas pollué. par exemple avec un rejet de gaz d’échappement de moteur thermique. cagoule air propre réglage de débit épurateur ceinture chaud/froid compresseur à vis Figure 4. tuyaux) à acquérir. installer.27 – Schéma d’une installation d’adduction d’air L’air respiré doit effectivement être exempt de tout aérosol solide ou liquide et réchauffé ou refroidi. 206 .4 • Pratique de la prévention des risques 4.26 – Masque complet à ventilation assistée – Casque à visière pour ventilation assistée – Cagoule pour ventilation assistée (Photos : 3M). entretenir. Des variantes de ce système existent. selon que l’air est à débit continu.28). à la demande ou à pression positive garantie.

En effet. – mode opératoire à adapter aux mouvements des tuyaux. Le port d’une source d’air autonome. Cela peut être réduit par une préparation du poste de travail et l’utilisation d’enrouleurs ou de tuyaux spiralés.28 – Épurateur (Photo : Tricolor Industries) – Régulateur de débit (Photo : 3M) – Réchauffeur/refroidisseur (Photo : 3M). © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. sous forme de bouteilles pressurisées.29 – Schéma d’appareil respiratoire autonome (Photo : Tricolor Industries). est une autre option possible d’EPR isolant. 207 . elle ne dépasse pas 30 min. – limitation des mouvements par la présence du tuyau d’adduction d’air. Mais les déplacements importants sont proscrits . elle conserve l’indépendance de la pureté de l’air respiré vis-à-vis de l’environnement. en pratique.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Mais elle perd l’avantage de la durée de protection illimitée et ajoute la contrainte d’un équipement lourd et un peu encombrant. Quant à l’autonomie.3 Les familles de mesures Figure 4. Figure 4. elle dépend du volume des bouteilles . en gagnant la liberté complète de mouvement.

4 • Pratique de la prévention des risques 4. EXEMPLE : Supposons une pollution au xylène et un EPR de type TMA à ventilation assistée. car des erreurs fatales se produisent encore en utilisant des EPR filtrants dans l’urgence. par exemple pour un incendie. les cyanures et sulfures d’hydrogène. C’est la seule solution acceptable en cas de sous-oxygénation ou de présence de produits gazeux très toxiques. Choix et port des EPR : Aucun EPR n’étant universel. Pour les poussières. La VME étant de 50 ppm. alors qu’elle dépendra du débit d’air (160 l/min minimum) ou de la surpression avec la forme cagoule. Trois critères principaux sont déterminants.3 Les familles de mesures C’est typiquement un équipement de secours. Pour les gaz et vapeurs sans danger exceptionnel (niveaux 1 à 4). la concentration maximale admissible est de 50 ¥ 50 = 2 500 ppm dans l’environnement. une fuite massive ou une asphyxie. les EPR filtrants à cartouche de type TH et TM sont suffisants. Le tableau suivant fournit quelques valeurs. Le facteur de protection d’un EPR permet de situer son efficacité. Cela signifie qu’il est global. seuls les EPR isolants assurent une protection. L’efficacité de protection : la meilleure est celle des EPR isolants. Pour de l’amiante avec un EPR à adduction d’air à pression positive. intégrant l’efficacité propre du filtre et l’étanchéité de la pièce faciale. le choix va s’effectuer en confrontant les caractéristiques de l’appareil avec les conditions de travail envisagées. Il exprime le rapport de la concentration en polluant environnant sur celle qui est respirée. Il est primordial de rappeler qu’en cas de sous-oxygénation. déterminées statistiquement : Famille d’EPR ventilation libre ventilation assistée adduction d’air continue adduction d’air à pression positive Facteur de protection 10 à 20 50 500 > 2 000 Le facteur de protection permet d’évaluer la concentration maximale admissible pour un EPR donné. à condition de bien les adapter à la nature du polluant. Pour les plus dangereux. un appareil de type TM3P est acceptable en cas d’impossibilité d’utiliser un EPR isolant. le chlore. dans la mesure où leur étanchéité est satisfaisante. et notamment l’amiante. etc. Celle-ci sera très bonne avec un masque total. on obtient une limite de 200 fibres/cm3. les EPR filtrants de type THP et TMP peuvent assurer une bonne protection contre la plupart des polluants. 208 . tels que l’oxyde de carbone. Les pièces faciales filtrantes (FFP) sont réservées à des pollutions légères en concentration comme en niveau de danger. le phosgène.

ou moins si l’effort est important. – L’opération dure-t-elle plus de 30 min environ ? Si l’on n’a pas adopté l’adduction d’air. c’est-à-dire à réserve d’air. L’autonomie des EPR filtrants pour poussières n’est limitée que par le colmatage. les cartouches pour gaz et vapeurs 1. La prudence s’impose aussi parce que l’adsorption du polluant dans les cartouches n’est pas stable. tous types de cartouches confondus. les calculs établis sur les temps de claquage normalisés à 1 000 ppm donnent des valeurs variant. en facilité d’emploi et en confort. et après réflexion. Les seules raisons qui justifient d’y renoncer sont le caractère exceptionnel. comme décrit précédemment. la valeur médiane étant de l’ordre d’une heure. sauf sur une courte durée (moins de 10 min). par l’historique et par un calcul théorique.3 Les familles de mesures © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 209 . – Y a-t-il un facteur imposant un appareil isolant ? C’est le cas d’une sous-oxygénation possible. Enfin. Les appareils de protection respiratoire. Les masques qui exercent une compression du visage sont les plus difficiles à supporter. de 20 min à 600 min. l’urgence ou la mobilité du travail. L’autonomie des EPR filtrants pour gaz et vapeurs dépend de nombreux facteurs. d’autant plus en un lieu fixe. – Est-il possible d’utiliser l’adduction d’air ? Il faut examiner la mobilité nécessaire et la possibilité d’aménager le poste en conséquence. Les cagoules sont les plus faciles à porter. La concentration maximum peut être approchée par la métrologie. qui est en général perceptible. Il doit se faire en suivant un raisonnement qui demande de se poser les bonnes questions dans le bon ordre : – N’y a-t-il pas une mesure de prévention collective possible ? La protection collective est envisageable dès qu’une opération est répétitive. voir la brochure INRS ED 780. Le confort : il est très différent selon les types. Ces appareils ne devant pas être utilisés pour plus de 1 000 ppm. Cette facilité est renforcée par l’adduction d’air qui apporte une climatisation individuelle. est limitée par le volume d’air porté.4 • Pratique de la prévention des risques 4. surtout les plus légères. L’EPR isolant s’impose aussi pour un travail dépassant 90 min. Encore faut-il assurer une parfaite étanchéité avec le visage. statistiquement. En pratique. il faut une ventilation assistée pour tout travail de plus de 30 min. Ces chiffres peuvent paraître surprenants. Des enquêtes effectuées auprès des utilisateurs fixent la limite à 70 min. mais nous verrons qu’ils ne posent pas de problème. D’autre part. En outre. elle peut être portée pendant la demijournée de travail. Le choix d’une protection respiratoire n’est donc pas si simple1. Cette solution s’impose en cas d’effort important et prolongé. Cette combinaison est donc l’idéal à envisager systématiquement. Elle dépend donc totalement de la concentration des poussières. plus elle sera utilisée plus elle progressera en efficacité. si le polluant est très dangereux ou inconnu. L’autonomie : L’autonomie des EPR isolants est théoriquement infinie dans la catégorie de l’adduction d’air. compte tenu des autres facteurs intervenants. les chiffres passent de 7 min à 200 min. Celle des EPR autonomes. Si l’on s’en tient au tiers du résultat. ou si la concentration maximum probable est supérieure à 1 000 ppm ou 50 fois la VME. l’incertitude portant sur l’imprégnation réelle d’une cartouche utilisée fait que l’on doit exclure tout réemploi. soit moins de 30 min. Pour approfondir ce sujet. et qu’il peut se produire un relargage au bout d’un certain temps.

qui représentent un idéal. il faut une résistance chimique. C’est le principe de redondance. les autres types ne doivent être utilisés en définitive que pour des opérations courtes ou exceptionnelles. comme le montre le tableau suivant1 : Famille de produits Acides carboxyliques Aldéhydes Alcools primaires Cétones Hydrocarbures aliphatiques Hydrocarb. – une exposition accidentelle que l’on a envisagée dans l’analyse des risques. c’est-à-dire planifiée. ou plutôt en cas de défaillance d’une protection collective. Comme exemple on peut citer le déchargement d’un véhicule citerne contenant de l’ammoniac liquéfié.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Extrait du document INRS ED 112. le niveau d’effort et la durée de l’activité envisagée. 210 . qui pourront ainsi être associés au choix. Le moyen de prévention classique est le port de gants. Selon les circonstances. aromatiques Hydrocarbures chlorés Solutions aqueuses Latex Nitrile Néoprène PVC PVA Butyle Fluorés Multicouches 1. celui-ci ne peut pas être utilisé avec toute son efficacité sans une formation des utilisateurs. m Les protections de contacts Les mains sont le point de contact le plus fréquent avec les agents chimiques. La réponse à ces questions nécessite de connaître au préalable la nature et la concentration probable des polluants. Quel que soit le choix d’un EPR. « Des gants contre les risques chimiques ». malgré la protection collective. Ces opérations relèvent de deux cas de figure : – une exposition chronique. K. Le marquage réglementaire permet d’avoir cette information. etc. y compris dans l’urgence . Pour la résistance chimique. qu’il faut choisir en fonction de la résistance recherchée.). En dehors du cas des EPR isolants à adduction d’air. B. les polymères utilisés ont des compatibilités limitées. mécanique ou microbiologique. E.3 Les familles de mesures devront être de classe 2 minimum ou de classe 3 au-delà de 90 min (ce qui est peu raisonnable…). informés sur les limites et sur la maintenance nécessaire. – Quelle est la composition chimique du polluant ? La réponse est indispensable pour choisir le type de cartouche (poussières ou A. qui s’impose dans tous les risques de haut niveau.

la résistance chimique et mécanique s’accorde mal avec la finesse. Les lunettes de sécurité. « Quels vêtements de protection contre les risques chimiques ? ».4 • Pratique de la prévention des risques 4. Le reste du corps est surtout exposé aux projections. Si ce n’est pas le cas. Le coton est préférable aux tissus synthétiques. Or. Caractéristiques Étanche aux gaz Pressurisable. à cause de leur étanchéité. D’où les règles d’usage suivantes : – rechercher d’abord une solution de protection collective ou un outil adapté pour éviter tout contact . – les remplacer régulièrement. Le plus simple et le plus ancien est la blouse. parce qu’il est normalement découvert et que le fait de regarder l’expose souvent directement aux sources de projection. la protection du visage est déjà assurée. ces gants enferment la transpiration. d’autant plus qu’ils sont épais. qui sont certes le point le plus fragile du visage. souvent imposées en continu. tel qu’une combinaison. Il existe six types de vêtements normalisés1 : Type 1 2 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les vêtements de protection contre les risques chimiques sont assez variés. en raison de son faible niveau de protection. non étanche aux gaz Étanche aux liquides Étanche aux brouillards Contre les poussières Contre les projections limitées 3 4 5 6 1. par exemple quand il n’y a pas de pollution volatile. il faut porter une visière. avec une matière résistante adaptée aux conditions. en fonction du degré de résistance recherché. Un bon vêtement de protection doit être enveloppant. mais absorbe bien les liquides. Si la personne porte un masque complet ou une cagoule. d’autant plus que la tenue est légère. à réserver aux laboratoires. En outre. créant ainsi un inconfort particulier. La visière s’impose avec des produits très corrosifs et présents en grandes quantités. – assurer l’hygiène intérieure . – réduire au minimum le temps de contact . D’après le document INRS ED 127. car il brûle mal. ne protègent que les yeux. 211 . Le visage est très exposé.3 Les familles de mesures Le principal inconvénient des gants est de réduire l’habileté et le sens du toucher. – bien laver les gants avant de les retirer . Sa protection consiste à placer un écran transparent devant lui. Mais il est aussi exposé de façon chronique par les pollutions volatiles.

L’adhésion n’est possible qu’avec un minimum de connaissances spécifiques.4 • Pratique de la prévention des risques 4. nettoyés et rangés après. 212 . Ceux qui sont jetables ne doivent pas être conservés.12 La formation et l’information Il a souvent été dit que le succès de toute mesure de prévention n’est garanti et pérenne qu’avec l’adhésion des personnes concernées. Quelle que soit la structure. dans un endroit propre. ces deux actions du management sont indissociables.3 Les familles de mesures Il existe aussi des combinaisons à usage unique.30 – Gant de protection (Photo : Protec Nord. m La formation au risque chimique Le but final d’une formation au risque est d’obtenir pour soi et pour les autres un bon niveau de santé. pour des expositions modérées. Voici quelques illustrations de vêtements de protection : Figure 4.fr) – Tablier de protection (Photo : Manutan) – Combinaison de protection (Photo : Protec Nord) Les équipements qui ne présentent pas d’inconfort peuvent être portés en continu mais. Mais la formation utile dépend beaucoup du domaine d’action de chacun. www. Lorsque le risque se limite à un contact avec un objet souillé. 4. la solution du tablier étanche en élastomère est intéressante. même si des notions générales sont indispensables à tout le monde. Tous ces vêtements font l’objet d’une normalisation fournie. dès qu’il y a une contrainte sensible.protecnord. La maintenance des moyens de protection contre les contacts est une condition de leur efficacité. C’est le but de la formation. comme cela est le cas des démarches qualité. Ils doivent être vérifiés avant chaque utilisation. car elle n’affecte pas la mobilité ni la transpiration. dont la fourniture doit être organisée.3. l’ensemble des connaissances présentes dans cet ouvrage permettent de définir les objectifs possibles de formation et d’information. la sécurité et la protection de l’environnement. Mais la mise en pratique des connaissances nécessite des informations particulières. Concernant le risque chimique. Nous proposons ici un contenu minimum de formation pour quelques grands domaines d’action. initiale et continue. il faut restreindre leur usage aux situations courtes et exceptionnelles. en recherchant toujours une protection collective en priorité.

de préférence en réseau. – prévention des dommages. les informations utiles sont tout ou partie de la liste suivante : – inventaire des agents chimiques présents. estimation. D’autres domaines peuvent exister dans la grande diversité des organisations. Administratifs. mises à jour . utilise un grand nombre d’informations. telles qu’elles sont apparues tout au long des chapitres de cet ouvrage. – estimation des risques . ergonomie. pollution . – les familles de mesures . Il est évident par exemple que les acheteurs jouent un rôle important dans la chaîne de décisions qui influe sur le niveau de tel ou tel risque. danger. Cet inventaire peut être imprimé. – les protections individuelles et les moyens de secours. prévention. commerciaux et gestionnaires : – notions générales . risque. – fiches de données de sécurité. – effets des produits chimiques sur l’homme et l’environnement . – réglementation . protection. – l’étiquetage et les dangers . avec les données techniques et concernant la santé.4 • Pratique de la prévention des risques 4. Utilisateurs de produits chimiques : – notions générales . m L’information chimique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. la sécurité et l’environnement. – la logique de prévention .3 Les familles de mesures Notions générales : – signification précise et commune à certains termes omniprésents : produit chimique. 213 . dommage. suivie de la mise en place de mesures de prévention. – le choix des mesures. – étiquetage réglementaire de tous les emballages de produits . chimique ou pas. – la prévention et la protection . – organisation des flux. ou disponible sur un support informatique. Concepteurs de procédés et d’équipements : – notions générales . environnement. mais une démarche de prévention. elles peuvent être incluses dans l’inventaire informatique . – les méthodes d’analyse . – formation et information . En fonction du domaine d’action de chaque personne confrontée au risque chimique et après sa formation adéquate. afin de garantir à tous la même information mise à jour. intéresse toute l’organisation sous des aspects divers. – mécanismes d’apparition des dommages . La pratique d’une analyse de risque chimique.

etc. – procédures concernant les mouvements de produits. les vérifications de matériel. mais aussi toute information de sécurité utile (volume. état de fonctionnement.4 Choix des mesures 4. – marquage des équipements en contact avec des produits chimiques. – documents de référence tels que schémas fonctionnels. indiquant notamment les zones de sécurité. Ce sont généralement des mesures de grande efficacité. comme la ventilation. pression. et éventuellement de nuisances. Cette somme d’informations. au minimum. la signalisation réglementaire. voire une dépense. etc.4 • Pratique de la prévention des risques 4. les interventions de maintenance. Ce qui est invariable. – autant que nécessaire. etc. des flux matériels ou des modes opératoires. de ventilation. La grande majorité des mesures qui ont été examinées au paragraphe 4. de délai. Néanmoins. circuits. Elles ont l’avantage d’être visibles et contrôlables et peuvent être permanentes sans difficulté. on peut distinguer trois grands types de mesures selon leur mode de fonctionnement. qui demande des études et des investissements lourds. de maintenance. historique et analyse d’incidents.4 Choix des mesures – modes opératoires écrits. les dérives possibles. indiquant. . . Toutefois.1 Typologie des mesures La pratique de la prévention des risques montre que les mesures sont tellement variées qu’il serait impossible de les lister toutes. Elles consistent à créer des modifications matérielles dans l’équipement et l’environnement. les actions correctives recommandées. fréquences. Les mesures organisationnelles : Ce sont les moins connues. température. dont l’importance est fonction de la taille et de l’activité de l’entreprise ou du service. maintenance. 4.4. même si elle se rattache à une des grandes familles que nous avons décrites. l’organisation des secours. de canalisations. conditionnements. c’est-à-dire supprimant un risque au niveau 214 . etc.).) . Les mesures techniques : Ce sont les plus classiques. Il y a une grande différence de coût et de délai entre l’adjonction d’un simple captage et un passage au système clos. elles ont des contraintes de coût.3 en font partie. Elles consistent à agir sur l’organisation du travail ou des structures. c’est la méthodologie qui conduit à la proposer. sans qu’il y ait nécessairement une modification technique importante. doit être organisée comme un élément du management. toutes les données techniques et administratives utiles à la maîtrise des risques (quantités. Formation et information sont souvent le maillon faible de la démarche santésécurité-environnement. Chaque situation particulière peur conduire à une nouvelle mesure. de rétentions. en raison de la confiance qu’inspirent traditionnellement les mesures techniques. de stockage. etc. elles sont mises au point par des services techniques internes ou externes à l’entreprise ou au service. Après fixation du cahier des charges par les demandeurs. .

complémentaires pour un même risque. les relations interpersonnelles. en raison des changements d’habitudes qu’elles entraînent. nous avons vu au paragraphe 3. A-IE). A-Co. une fois rodées. Dans le cas des protections individuelles. il faut examiner si elles sont compatibles. etc. Par exemple. intermédiaire entre les domaines organisationnel. Il faut opter pour l’une des solutions. une première élimination va considérablement réduire ce nombre initial. Une mesure donnée s’applique le plus souvent à plusieurs risques. et partant de l’analyse des risques effectuée selon les règles du chapitre 3. En effet. Une dernière catégorie. regroupe les moyens de secours qui tendent à réduire la gravité des dommages. Pourtant. deux mesures par composante. Il s’agit typiquement des protections individuelles. cela fait en théorie 36 mesures par action ! Cette créativité est très profitable. l’information. car elle permet souvent de sortir de situations qui paraissaient bloquées.2. compte tenu de leur champ d’application souvent très large.4 • Pratique de la prévention des risques 4. A-In. L’application complète de la méthodologie basée sur les cinq composantes du risque. Un système clos peut supprimer facilement cinq risques par action (C-In. utilisables presque partout et peu coûteuses. En réalité. de la formation et des consignes et procédures. en particulier les EPR et les gants . le secourisme. et il est indispensable de le formuler ainsi dans le rapport avant décision finale. les douches. Entrent par exemple dans cette catégorie une suppression de produit dangereux. un cursus de formation interne. une cabine ventilée et un EPR. etc. un suivi informatique du circuit produits. 4. C-Co.4. au contraire. car il est souvent compris comme une mesure collective. toujours en moyenne. conduite librement au sein d’une équipe pluridisciplinaire. et cela sur plusieurs actions consécutives… La première étape de sélection est donc d’éliminer les mesures qui se répètent. Par contre. elles font progresser dans plusieurs domaines à la fois. Ces mesures sont généralement difficiles à mettre en place. technique et individuel. une signalétique particulière au stockage. un captage de vapeurs inflammables supprime deux risques à la fois (C-In et A-IE). Ainsi. Ainsi. Dans d’autres cas. ou un matériel atex et une mise 215 . génère en général un nombre considérable de mesures de prévention.2 Critères de choix © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.4 Choix des mesures de la raison qui l’a fait naître.5 que chaque action pour laquelle un agent chimique est présent peut créer 4 à 5 risques distincts. c’est pourquoi il est primordial de les choisir à bon escient. une substitution peut être incompatible avec un captage. l’exécution réelle d’une consigne ou d’une procédure dépend totalement de la liberté de chaque individu. ou un outil aspirant avec une humidification. mais aussi du suivi médical. Si l’on propose. moyennant quoi elles ont le grand avantage d’être disponibles sans délai. On ne peut qu’améliorer sa probabilité d’application par un certain nombre de facteurs tels que la formation. Les mesures individuelles ont donc la moins bonne fiabilité des trois types. les mesures sont. les conditions de travail. Ce dernier point est important à analyser. tels que les extincteurs. le climat social. Les mesures individuelles : Certaines mesures ne portent que sur l’individu. Ensuite. s’il reste plusieurs mesures possibles pour un même risque. cette difficulté est d’ailleurs souvent liée aux contraintes physiques qu’elles induisent. etc.

que l’on retrouve exprimés avec des variantes dans les différentes méthodes proposées. Le choix final résulte d’une prise en compte de la performance globale de la mesure. comme une protection individuelle. au minimum dans le respect de la réglementation concernant la protection de l’environnement. C’est le déplacement de risque. il vaut mieux choisir la mesure la plus simple. Le délai dépend de l’urgence. Un risque peut même être maîtrisé à l’issue de plusieurs étapes impliquant des mesures différentes. tout rejet d’air issu d’un captage doit être accompagné d’un système d’épuration et éventuellement de mesures de réduction de bruit. Il faudra alors bien inscrire « et » dans le rapport. il reste toujours des choix à faire entre plusieurs mesures.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 216 . intégrant d’éventuels gains de productivité ou de qualité. La non-apparition de nouveaux risques Le respect de l’ensemble de la réglementation applicable L’acceptabilité par le personnel La fiabilité et la stabilité dans le temps La facilité et le délai de réalisation Le coût financier Lorsqu’une mesure demande un certain délai de mise en place. ou dans plusieurs actions.4 Choix des mesures à la terre. de salissures. Il faut enfin rappeler que toutes les mesures mises en place. notamment en ce qui concerne l’impact des mesures sur l’environnement. etc. vérifiable par la baisse de cotation. qui repose sur quelques paramètres importants. La meilleure des mesures peut être trop difficile à financer. C’est la fiabilité technique dans les conditions réelles. qu’il faut évaluer globalement. À performances égales. il est indispensable de prendre immédiatement une mesure provisoire. Il peut y avoir rejet pour des raisons physiques (EPR…) ou psychologiques (procédures administratives…). peut-être moins efficace mais plus rapide. faut-il remplacer un CMR par un inflammable ? C’est une obligation mais elle est automatiquement respectée avec cette méthodologie. ne sauraient être pleinement efficaces et stables sans être accompagnées de formation. En voici une synthèse : Qualité de la mesure La disparition ou la réduction de risques obtenue Le nombre de risques traités Précisions C’est l’efficacité directe de la mesure. Par exemple. d’information et de surveillance médicale. éventuellement sur plusieurs années. mais il faut une approche globale. Ainsi. C’est ce qui confère l’efficacité réelle à terme. Une mesure qui supprime plusieurs risques à la fois. D’où la nécessité d’établir un plan de prévention. Après cela. quelles qu’elles soient. Le non-déplacement du risque doit faire l’objet d’une attention particulière. avec les problèmes d’usure. de fatigue.

ou inertage et matériel atex. Les mesures qui suppriment ainsi le risque sont souvent appelées mesures de prévention intrinsèque ou intégrée. par opposition à protection. ou transfert par pompe et confinement. Pour un risque de haut niveau. La redondance nécessaire se déduit d’une part du niveau de danger d’agent chimique. comme exposé au chapitre 3. c’est-à-dire « par conception ». cela devrait être la seule signification du mot prévention. Leur fiabilité est moindre puisqu’elles sont ajoutées à un système existant. ne suppriment pas le risque mais en diminuent la probabilité ou la gravité. puisque si le danger lui-même disparaît. C’est le principe de redondance. mais mieux encore en combinant plusieurs mesures différentes visant le même risque.4 • Pratique de la prévention des risques 4.4). donc distinctes de l’installation. le risque aussi. il est recommandé de procéder à une AMDE (voir paragraphe 3.4. Cette remarque signifie plus précisément qu’aucune mesure n’échappe à une probabilité de dysfonctionnement. C’est par exemple la combinaison captage localisé et EPR. car il est normal et même recommandable de viser la plus forte efficacité disponible indépendamment du niveau de risque. certains auteurs ont attribué à la prévention le rôle de réduction de la probabilité d’un dommage et à la protection celui de réduction de la gravité. quoi qu’il arrive après. Le terme équivalent en anglais. Les autres mesures. Ainsi. est le plus parlant. soit par suppression de la source d’émission. Pour présenter autrement cette distinction. la suppression d’une situation dangereuse est beaucoup plus fiable que la suppression ou l’interruption de l’événement dangereux. Cette efficacité doit être pratique et non pas seulement théorique. De même. Ces dysfonctionnements doivent d’ailleurs être envisagés et estimés dans l’analyse des risques. c’est l’efficacité minimum qui est invoquée. Plus précisément. Une règle de base de la prévention est de proportionner l’efficacité d’une mesure au niveau du risque qu’elle vise. Mais une mesure efficace n’est pas forcément fiable. collectives ou individuelles. le matériel atex et l’ensemble des protections individuelles ne suppriment pas la zone dangereuse créée par l’agent chimique danger mais protègent l’individu. D’ailleurs. pour améliorer la mise au point d’une nouvelle mesure. il faut une grande fiabilité. En réalité. Les dispositifs comme le captage. la pose d’écran. qu’il soit technique ou humain.4 Choix des mesures 4. quand la mesure ne pose pas de problème trop difficile. Cela peut conduire à 217 . Autrement dit. chacune des mesures possède un degré de fiabilité global. Mais ce qui fait la fiabilité d’une mesure est d’abord son niveau d’action dans la hiérarchie des composantes du risque. la suppression ou la substitution d’un agent chimique est toujours la mesure la plus fiable. et sujettes à des dysfonctionnements d’origine technique ou humaine. soit par enfermement total et permanent des agents chimiques dangereux. « by design ». C’est pourquoi il faudrait toujours les appeler protections. Vient ensuite la suppression de toute exposition.2. qui agissent plus bas dans la hiérarchie des composantes. d’autre part de l’AMDE des mesures principales envisagées.3 Prévention. La préservation de la santé et de la sécurité des personnes est suffisamment primordiale pour que le critère d’efficacité des mesures le soit aussi. parce qu’on ne peut pas les distinguer du procédé. Le gain de fiabilité s’obtient d’abord en travaillant sur la mesure. protection et redondance © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. comme expliqué au paragraphe précédent.

on peut associer confinement. Pour un travail avec une substance CMR non substituable. Voici le plan de la partie réglementaire2. À partir du moment où des responsables décident d’appliquer une méthodologie de prévention des risques. toutes les exigences de la réglementation devraient être satisfaites. compliquent le fonctionnement. Elle est le reflet de la transcription de la réglementation européenne. dans la mesure où toutes les transcriptions nécessaires sont bien réalisées. mais à droit constant. codifiés et non codifiés. Son rôle est de garantir un minimum de protection au cas où elle serait absente des préoccupations des personnes impliquées. comme dans tous les domaines.4. Annexe au décret n˚ 2008-244 du 7 mars 2008 relatif au Code du travail (partie réglementaire). est assez complexe et dans le cadre de ce paragraphe nous nous en tiendrons à l’essentiel. 4132-1 R. en sections. inertage. puisque l’on combine couramment éloignement. le dommage ne se produirait pas. Ordonnance n˚ 2007-329 du 12 mars 2007 relative au Code du travail. L’ensemble des textes. si l’une des mesures venait à défaillir. Mais elle comporte aussi des singularités nationales. télécommande et surveillance d’atmosphère. autant que possible.4 Choix des mesures plusieurs mesures redondantes.4 Le rôle de la réglementation La réglementation concernant la santé et la sécurité. 4141-1 R. 4. JO du 12 mars 2008. puis en titres. matériel atex et disques de rupture. le niveau de risque au préalable. annexe I (partie législative). 218 . Tous les articles sont répartis dans une organisation en six livres. La première réglementation à appliquer est celle du Code du travail. JO du 13 mars 2007. Ces mesures multiples coûtent plus cher. l’encadrement. 4121-1 D. captage.4 • Pratique de la prévention des risques 4. qui doivent être tout autant respectées. Nous allons vérifier ce point pour le risque chimique. et éventuellement en sous-sections. 2. consacre sa quatrième partie à la santé et à la sécurité au travail. qui vient d’être réorganisé et codifié1. en chapitres. n’est pas une fin en soi. et demandent plus de maintenance et de vérifications. limité aux titres : Livre I II I Dispositions générales III IV V Titre Champ et dispositions d’application Principes généraux de prévention Droits d’alerte et de retraits Information et formation des travailleurs Dispositions particulières à certaines catégories de travailleurs R. à savoir les employeurs. les employés et les citoyens de tous statuts. 4152-1 Premier article 1. La prévention des risques d’explosion en est la meilleure illustration. Ainsi. EPR. m Code du travail Le Code du travail. c’est pourquoi il est toujours plus rentable de diminuer.

4612-1 R. 4311-1 R. 4621-1 R. Institutions et organismes de prévention II III IV I II VII Contrôle III IV VIII Dispositions relatives à l’Outre-mer 219 . 4631-1 R. 4541-1 R. 4523-1 R. 4221-1 R. 4822-1 VI © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 4741-1 R. 4711-1 R. 4321-1 R. 4431-1 R. 4421-1 R. 4641-1 D.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 4441-1 R.4 Choix des mesures Livre Dispositions applicables aux lieux de travail Équipements de travail et moyens de protection I II I II I II III IV Prévention de certains risques d’exposition IV V VI I Prévention des risques liés à certaines activités ou opérations Titre Obligations du maître d’ouvrage pour la conception des lieux de travail Obligations de l’employeur pour l’utilisation des lieux de travail Conception et mise sur le marché des équipements de travail et des moyens de protection Utilisation des équipements de travail et des moyens de protection Risques chimiques Prévention des risques biologiques Prévention des risques d’exposition au bruit Prévention des risques d’exposition aux vibrations mécaniques Prévention des risques d’exposition aux rayonnements ionisants Prévention des risques en milieu hyperbare Travaux réalisés dans un établissement par une entreprise extérieure Installations nucléaires de base et installations susceptibles de donner lieu à des servitudes d’utilité publique Bâtiment et génie civil Autres activités et manutention Comité d’hygiène. 4211-1 R. 4411-1 R. 4532-1 R. 4511-1 II III V II III IV I R. de sécurité et des conditions de travail Services de santé au travail Service social du travail Institutions concourant à l’organisation de la prévention Documents et affichages obligatoires Mises en demeure et demandes de vérification Mesures et procédures d’urgence Dispositions pénales Premier article R. 4721-1 R. 4731-1 R. 4451-1 néant R.

en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé . 9) donner les instructions appropriées aux travailleurs. dans un ensemble cohérent. 3) combattre les risques à la source . mais il leur manque manifestement un fil conducteur. mais ne fournissent aucune méthodologie. prévention. 4121-3. La prévention du risque chimique occupe tout le chapitre II. Ils précisent surtout que tous les domaines sont concernés : la technique. 4121-2. l’organisation. l’individu. Ces neuf principes sont évidemment pertinents. en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production. y compris dans le choix des procédés de fabrication. 4) adapter le travail à l’homme. dont les prescriptions sont : 1) éviter les risques . compte tenu de la nature des activités de l’établissement. l’environnement de travail. tel qu’il est défini à l’article L. 7) planifier la prévention en y intégrant. et les différentes cibles de l’action : produits. la conception. 8) prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle . L’article suivant. des substances ou préparations chimiques. qui est divisé en 4 sections. donne un début de méthode : « L’employeur. équipements et procédés.4 Choix des mesures Notre attention se porte ici sur les articles qui précisent la logique de la démarche de prévention. 6) remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux . R. Il intègre ces actions et ces méthodes dans l’ensemble des activités de l’établissement et à tous les niveaux de l’encadrement. » On y retrouve bien les deux étapes fondamentales : évaluation. notamment les risques liés au harcèlement moral. des équipements de travail. les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants. l’employeur met en œuvre les actions de prévention ainsi que les méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. l’organisation du travail. évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. les conditions de travail. 1152-1 . 220 . Cela commence par les « principes généraux de prévention » exposés par l’article L.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 5) tenir compte de l’état d’évolution de la technique . À la suite de cette évaluation. la technique. dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail. 2) évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités .

– L’agent chimique doit être remplacé par un agent moins dangereux ou un procédé moins dangereux. le degré et la durée de l’exposition . activité. et paramètres d’exposition contenus dans notre méthodologie. 4412-13 est étonnante : les mesures de prévention peuvent se limiter aux sept précédentes. mutagènes et toxiques pour la reproduction Risques d’exposition à l’amiante Règles particulières à certains agents chimiques dangereux Premier article R. – les conditions dans lesquelles se déroulent les activités . en substance. 4412-149 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – la nature. niveau de danger. 4412-22). – Utilisation de protections individuelles. à notre avis. pour les agents chimiques non classés CMR. à savoir. 4412-6) : – les propriétés dangereuses des agents chimiques . La sous-section 1 de la section1 introduit des définitions de base telles que (R. 4412-11) mélangent.3. l’objectif et les moyens. défini au paragraphe 2. 4412-94 R. On retrouve bien. seule la quatrième mesure définit l’objectif : « 4) En réduisant au minimum la durée et l’intensité de l’exposition » lequel correspond à la réduction du niveau d’exposition. 221 .4. mais uniquement pour le processus chronique.4 • Pratique de la prévention des risques 4. En effet. la propriété intrinsèque d’un agent chimique susceptible d’avoir un effet nuisible . par priorité décroissante : – Le risque présenté par un agent chimique doit être supprimé. à quelques nuances près. 4412-59 R.4 Choix des mesures Section 1 2 3 4 Contenu Dispositions applicables aux agents chimiques dangereux Dispositions particulières aux agents chimiques dangereux cancérogènes. La règle énoncée dans l’article R. – les valeurs limites d’exposition professionnelle. Ensuite. 2) risque. 4412-4) : « … on entend par : 1) danger. demande notamment de prendre en compte (R. – Le risque est réduit par la conception de procédés appropriés. dont ventilation à la source. la probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions d’utilisation et/ou d’exposition ». d’autres mesures s’imposent (R. – Mesures de protection collective. Les sept mesures minimales de prévention (R. 4412-1 R. 4412-15 à R. il est dit que l’évaluation des risques chimiques. – Utilisation d’équipements réduisant la libération d’agents chimiques. si les « quantités » d’agent chimique dangereux ne présentent qu’un risque « faible » et si les mesures prises sont « suffisantes »… Dans le cas contraire. les notions de danger.

4 Choix des mesures Ces formulations. 4412-40 Les agents CMR. Le grand absent est l’exposition massive respiratoire. L’article R. Les risques cités correspondent aux risques d’incendie-explosion. regroupées dans la section 2.4 • Pratique de la prévention des risques 4. 4412-65 rappelle que les expositions par absorption percutanée ou transcutanée sont aussi prises en compte. Le risque présenté par un agent chimique ne correspond qu’à la définition du danger. Suivi des travailleurs et surveillance médicale. 222 . Les mesures de prévention visant les agents chimiques classés CMR sont peu différentes des six précédemment citées. qui ne diffère pas. – les risques de débordement. Fiches d’exposition. La première de ces mesures (R. lequel est une propriété non modifiable. l’article R. une réduction de l’exposition. énumérées dans les articles suivants de la section 1 : Sous-section 4 5 6 7 8 Contenu Vérification des installations et protections collectives. 4412-27 R. font l’objet de prescriptions particulières. Notice de poste. 4412-23 R. Il s’agit plutôt de la suppression de l’agent chimique qui est suggérée. 4412-33 R. Premier article R. mutagènes ou toxiques pour la reproduction de catégorie 1 ou 2. font preuve d’une certaine imprécision. Elles prescrivent. 4412-75) : – la substitution de l’agent chimique dangereux . Contrôle de l’exposition et VLEP. sans le nommer. 4412-61) est l’évaluation des risques. Information et formation des travailleurs. son utilisation en système clos . Mesures en cas d’accident ou d’incident. – en cas d’impossibilité technique. dans son principe. le degré et la durée de l’exposition des travailleurs afin de pouvoir apprécier les risques pour leur santé ou leur sécurité et de définir les mesures de prévention à prendre… » Toutefois. en évoquant : – les concentrations dangereuses de substances inflammables . – en cas d’impossibilité technique. de réactivité et d’exposition massive cutanée. c’est-à-dire cancérogènes. Ces différentes mesures techniques sont accompagnées de mesures organisationnelles ou individuelles. notamment la première. 4412-17 fait nettement allusion au processus accidentel. de déversement. susceptibles de provoquer des brûlures thermiques ou chimiques. 4412-38 R. – les quantités dangereuses de substances chimiques instables . Il demande en effet de prendre des mesures contre les dangers découlant des propriétés physico-chimiques. 4412-66 à R. par priorité décroissante (R. à moins qu’elle ne soit implicitement visée dans l’article précédent. d’éclaboussures. de celle des autres agents : « … l’employeur évalue la nature.

chapitre II : Aération. – évacuation des agents par humidification ou captage. La dernière section est en fait consacrée aux valeurs limites d’exposition. 4222-1 R. À première vue. qui entre dans la catégorie des CMR. titre I. les mesures à prendre en cas d’accident. déjà mentionnées. Il faut toutefois signaler que certaines VLEP sont indiquées dans d’autres parties du code : les poussières à l’article R. En réalité. – stockages hermétiques . – information des travailleurs . biologiques (R. – hygiène des locaux . Ces mesures sont complétées par d’autres mesures de nature organisationnelle. mais en les renforçant : le contrôle des VLEP. Voici en résumé les treize mesures indiquées dans cet article : – limitation des quantités d’agents . 4222-10 R. 4222-4 R. dans le respect des VLEP . 4222-10 et l’amiante à l’article R. – évacuation sûre des déchets. – réduction du dégagement d’agents . – signalisation des dangers . indicatives (R. 4412-149). 4412-164). 223 . 4412-70. 4412-154 à R. Il est précisé que l’employeur prend aussi des mesures pour les autres risques éventuels et les activités d’entretien et de maintenance. qui est le dernier recours. 4412-104. qu’elles soient contraignantes (R. – protections collectives et individuelles . de rédaction ancienne et néanmoins très importantes pour la prévention : Section 1 2 3 4 Principes et définitions Locaux à pollution non spécifiques Locaux à pollution spécifiques Pollution par les eaux usées Titre Premier article R.4 • Pratique de la prévention des risques 4. la formation et l’information des travailleurs. – limitation du nombre de travailleurs exposés . mais fait l’objet de prescriptions particulières (R. Le Code du travail réserve une section entière au risque d’exposition à l’amiante. titre II. – dispositifs d’urgence pour les accidents . il existe des articles tout aussi pertinents à d’autres endroits : Livre II. 4222-18 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. – détection précoce en cas d’accident . chrome (R. 4412-152) ou spécifiques à certains agents : silice. assainissement : Ce chapitre comporte 7 sections. – procédures et méthodes appropriées . benzène.4 Choix des mesures La réduction de l’exposition. 4412-150). 4412-94 à 4412-124). sachant que ces dernières ne figurent que dans un arrêté. plomb. fait l’objet d’un développement dans l’article R. tout ce qui concerne le risque chimique est regroupé dans le livre IV.

qui traite des équipements de travail et de protection. dans l’ordre. titre I. 4227-28 R. Nous retrouvons bien l’estimation d’un risque accidentel basée sur la probabilité et la gravité. 4227-21 R.4 • Pratique de la prévention des risques 4. aérosols et poussières sont supprimées. Livre III. ainsi que celles du port des protections individuelles. de : – empêcher la formation d’atmosphère explosible . l’événement dangereux et le dommage. la définition de zone dangereuse et les actions sur la situation dangereuse.4 Choix des mesures Section 5 6 7 Titre Contrôle et maintenance des installations Travaux en espace confiné Protection individuelle Premier article R. elles sont captées à la source. 4222-25 Ce chapitre est remarquable de concision et définit déjà des règles de prévention concernant les émissions d’agents chimiques. 4222-23 R. elle indique que l’employeur doit évaluer les risques d’explosion en fonction de la probabilité de formation d’atmosphère explosive. l’article R. – prévenir la propagation des explosions. – éviter l’inflammation . vapeurs. Livre II. les conditions de recyclage de l’air sont fixées. 4222-12 précise en substance que : – Les émissions de gaz. de la nature des substances et des installations et de la gravité de l’explosion. 4222-20 R. chapitre VII : Risques d’incendies et d’explosions et évacuation : Le risque chimique est implicitement visé. en fonction de la probabilité de présence de l’atmosphère explosible. Les principes de prévention mentionnés dans les articles R. titre II. chapitre II : Règles techniques de conception : Dans ce livre. notamment par les sections suivantes Section 4 5 6 Titre Emploi et stockage de matières explosives et inflammables Moyens de prévention et de lutte contre les incendies Prévention des explosions Premier article R. En effet. En effet. Cette évaluation permet de définir des zones dangereuses. – atténuer les effets de l’explosion . 4227-44 et R. 4227-45 prescrivent. 4227-42 La partie traitant de la prévention des explosions est à signaler pour sa construction logique. deux parties concernent directement le risque chimique : 224 . de celle des sources d’ignition. d’ailleurs très proche de notre méthodologie générale. Les valeurs limites d’exposition professionnelle sont instaurées. – À défaut.

par ordre de priorité : a) à concevoir des procédés de travail et des contrôles techniques appropriés et à utiliser des équipements et des matériels adéquats de manière à éviter ou à réduire le plus possible la libération d’agents chimiques dangereux pouvant présenter des risques pour la sécurité et la santé des travailleurs sur le lieu de travail . Extrait de l’article 6 de la directive 98/24/CE du 7 avril 1998. selon le cas. y compris un équipement de protection individuel. dans les conditions où il est utilisé. Ces mesures consisteront. telles qu’une bonne ventilation et des mesures organisationnelles appropriées . l’employeur fait en sorte que les risques soient réduits au minimum en appliquant des mesures de protection et de prévention en rapport avec l’évaluation des risques effectuée en application de l’article 4. Il est intéressant de rappeler les principes généraux de prévention qui figurent dans cette directive.4 Choix des mesures – La sous-section 1 de la section 1 contient un paragraphe (2) qui traite des « cabines de projection par pulvérisation. l’employeur aura de préférence recours à la substitution. 225 . qui précise la démarche d’évaluation et de prévention des risques liés à l’utilisation d’agents chimiques. de poudres ou de fibres sèches et cabines mixtes » (R. de vernis. 2. c) si l’exposition ne peut être empêchée par d’autres moyens. à appliquer des mesures de protection individuelle. eu égard à l’activité et à l’évaluation des risques visée à l’article 4. Lorsque la nature de l’activité ne permet pas de supprimer les risques par substitution. cabines et enceintes de séchage de peintures liquides. Le paragraphe 3. JO L 131 du 5 mai 1998. » Cette formulation fournit un début de méthodologie plus précise que celle qui figure dans le règlement REACH et plus cohérente que celle du Code du travail évoquée ci-dessus. n’a pas été remise en cause par le règlement REACH. Pour l’application du paragraphe 1. b) à appliquer des mesures de protection collective à la source du risque. L’article R 4312-23 impose des règles techniques qui sont détaillées dans l’annexe II du chapitre. – La sous-section 1 de la section 2 traite des équipements de protection individuelle neufs ou considérés comme neufs.10 de cette annexe traite de la « protection contre les substances ou préparations dangereuses et agents infectieux » et se divise en : • protection respiratoire . © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. • protection contre les contacts cutanés ou oculaires.4 • Pratique de la prévention des risques 4. c’est-à-dire qu’il évitera d’utiliser un agent chimique dangereux en le remplaçant par un agent ou procédé chimique qui. 4312-18). 1. Elle est en outre totalement compatible avec celle que nous préconisons. n’est pas dangereux ou est moins dangereux pour la sécurité et la santé des travailleurs. 4312-3 à R. notamment dans l’extrait suivant1 : « Mesures de protection et de prévention spécifiques 1. L’employeur veille à ce que les risques que présente un agent chimique dangereux pour la sécurité et la santé des travailleurs sur le lieu de travail soient supprimés ou réduits au minimum. m Réglementation européenne La directive 98/24/CE.

si l’application de la méthodologie couvre et dépasse les exigences de résultat du Code du travail. dans la limite de la faisabilité technique. fait l’objet dans notre ouvrage d’une approche rationnelle et quantifiée autant que possible. l’interdiction de certaines catégories de travailleurs. est tout aussi systématique dans notre méthode.4 • Pratique de la prévention des risques m Méthodologie et réglementation 4. Elle permet même d’aller plus loin sur des points importants : – L’action sur le danger. 4.4). En outre. Un risque élémentaire peut être repéré par un code ayant une signification. correspondant à la substitution des agents dangereux. – L’évaluation des risques. les agents générés par l’activité. autrement nommé système clos.1.5). – « S2-3-A-IE2 ». mais uniquement au niveau de danger issu de la classification. d’utiliser les termes de danger et risque dans le respect de leur définition normalisée. Ce principe nous paraît plus puissant. comme la surveillance médicale renforcée. etc. est pour nous un passage obligé.4 Choix des mesures L’examen des textes codifiés. En conclusion. 226 . quel que soit le niveau de danger. qui n’est évoqué que fortuitement dans le code (en dehors de la sous-section des explosions. 2e scénario. il reste des mesures typiquement réglementaires qu’il faut appliquer en plus. les déchets et tous ceux que l’on découvrira. notamment pour la bonne compréhension des mesures de prévention par les personnes concernées. ce qui n’est pas toujours le cas dans le Code du travail. car il permet de bien traiter des risques liés à des catégories très dangereuses mais peu ou pas citées dans la partie prévention du code. etc.4. on peut regretter la séparation des textes sur l’incendie et l’explosion d’une part et sur les expositions accidentelles d’autre part. notamment grâce à REACH. des mesures s’imposent quelle que soit la protection mise en place.5 Enregistrement des données L’analyse des risques aboutit à un inventaire complet des risques. la fiche d’exposition. montre que le suivi de la méthodologie proposée dans cet ouvrage couvre largement les exigences du Code du travail. à la phase 3 du procédé de séchage n˚ 2.. dont le code donne seulement quelques pistes pour sa mise en pratique. amiante. en particulier pour le risque chimique. pour risque chronique d’inhalation à l’action n˚ 5 du 2e procédé de peinture . – Il est important. à des catégories d’agents tels que CMR. Elle n’est donc pas réservée aux CMR. comme les agents classés très toxiques. qui est exemplaire). pour risque d’incendie-explosion. les agents très réactifs. plomb. mérite à notre avis une méthodologie développée et globale. – Le recours au confinement. comme : – « P2-5-C-In ». – Le risque accidentel. Par exemple.2. selon nous. – Le niveau minimum de prévention exigible n’est pas lié. l’information du CHSCT. d’autre part par leur type (voir paragraphe 3. qui sont identifiés d’une part par leur localisation dans l’espace et dans la chronologie (voir paragraphe 3.

4. Bien entendu. qui font l’objet du paragraphe 5. 1. – Le délai prévu de mise en place. exposition.5 Application de la méthodologie aux autres risques La modélisation du risque chimique sur laquelle repose notre méthodologie d’analyse et de prévention est suffisamment générale pour pouvoir s’appliquer à tous les types de risques. pour montrer le niveau d’action. même sans signification codée. Cet enregistrement clôture l’application complète de la méthodologie. Ce n’est pas par hasard. Elles peuvent se compléter ou n’être que des options. Il faut d’abord reprendre les définitions de base. événement dangereux. sous la référence DTE 167. Mais tout autre repérage. Celle-ci a été finalisée en 2004 et est contenue dans un document publié par la CRAMIF : Guide pour l’évaluation des risques professionnels et le plan d’action de prévention – Une aide pour le document unique et le plan d’action1. Tout risque possède en outre une classe de priorité (voir paragraphe 3. Il est utile de le rappeler. Ce document est très général et demande une formation adaptée pour bien en exploiter les principes. à choisir dans la liste suivante : agent chimique. dommage. situation dangereuse. important quand plusieurs mesures doivent se succéder. 227 .5 Application de la méthodologie aux autres risques Toutes les caractéristiques de ces risques peuvent être retrouvées dans la base de données adéquate. Les risques sont ensuite repris un par un au cours de l’étape de recherche et de choix des mesures de prévention. Il suffit d’ajouter à la liste des risques dûment identifiés les informations suivantes : – L’objectif de prévention.4 • Pratique de la prévention des risques 4.fr. la liste définitive des mesures retenues doit être enregistrée. en résumé. Il faut s’efforcer d’en noter au moins une par objectif. – La ou les mesures numérotées. puisqu’elle a été élaborée par un groupe de travail qui visait un modèle universel fondant une nouvelle méthodologie de prévention. qui pourrait être révisé avec le temps. Cette liste est une base de réflexion pour ceux qui feront les choix définitifs. est disponible sur le site www.4. afin qu’elles conviennent à tous les types de risques. Nous montrons simplement ici comment décliner cette méthodologie dans les grandes familles de risques. Ce document. exceptés ceux de l’environnement. à lever après études complémentaires. élaboré par le service Études du département Risques professionnels de la CRAMIF. Après incorporation des éventuelles mesures réglementaires et des arbitrages stratégiques.cramif. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.4) permettant l’exécution du plan de prévention. peut convenir dans la mesure où il est possible d’accéder à toutes les données s’y rapportant. l’action ne s’arrête pas là mais entre dans le fonctionnement normal de toute structure qui a pris une décision. Il sera utile de la conserver après que les choix auront été faits et enregistrés.

appartiennent au domaine de la physique. Les phénomènes dangereux. du chaud et du froid Douleurs dans les bras et les mains Gêne fonctionnelle des articulations (coude. En voici un descriptif : Phénomène Bruit Principe Vibration de l’air touchant l’appareil auditif Effet chronique Diminution des capacités auditives Surdité Crises de blanchiment douloureux des phalanges en cas d’exposition au froid et/ou à l’humidité Moindre sensation du toucher. de façon habituelle et modérée Dommage survenant de façon soudaine et inattendue Source potentielle d’un dommage Contact entre un phénomène dangereux et une personne Localisation d’une personne dans une zone dangereuse Espace dans lequel une personne peut subir un dommage Enchaînement de faits qui conduit au dommage Dégradation de la santé et/ou de l’intégrité physique d’une personne Nous voyons que le danger est devenu phénomène dangereux pour rendre compte de tous les types de risques. électrocution 228 .1 Risque physique C’est le risque le plus proche du risque chimique.5. très variés.4 • Pratique de la prévention des risques 4.5 Application de la méthodologie aux autres risques Expression Risque Processus chronique Processus accidentel Phénomène dangereux Exposition Situation dangereuse Zone dangereuse Événement dangereux Dommage Définition Combinaison de la probabilité d’un dommage et de sa gravité Dommage par exposition. poignet. main) Effet accidentel Traumatisme sonore aigu Vibrations Accélérations alternatives à haute fréquence Pas d’effets décrits Électricité Courant traversant le corps par différence de potentiel Non décrits Électrisation. conformément aux définitions de la norme ISO 12100. 4. car les processus chronique et accidentel sont aussi présents.

4 • Pratique de la prévention des risques 4. Des valeurs limites sont aussi disponibles pour les plus dangereux : Phénomène Bruit Vibrations Unité de mesure Décibel (dB) Accélération (m/s2) 85 dB 1.5 Application de la méthodologie aux autres risques Phénomène Principe Infrarouges Lasers Effet chronique Brûlures superficielles Non décrits Brûlures superficielles Cancers Échauffement des tissus Brûlures superficielles Stérilité masculine Cancers Inconfort Épuisement Inconfort Engourdissement Inconfort Inconfort Difficultés d’équilibre Nécrose osseuse de l’épaule.15 m/s2 (corps) 5 m/s2 (bras) Milieu sec U < 50 V Milieu humide U < 25 V Milieu mouillé U < 12 V Valeurs limites Électricité Volts (V) 229 . puisqu’ils disposent d’unités de mesure et des instruments adéquats pour les mesurer directement. de la hanche ou du genou Syndrome vertigineux Otite moyenne subaiguë ou chronique Hypoacousie par lésion cochléaire irréversible Effet accidentel Brûlures graves Brûlures graves Perte de la vue Brûlures graves Non décrits Brûlures graves Décès Rayonnements Ultraviolets Électromagnétiques Ionisants Chaleur Coup de chaleur Hypothermie aiguë Conditions climatiques Froid Humidité Vent Chute Pression Compression des organes et des gaz Intoxication aux gaz neutres Accident de décompression © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Le niveau de danger des phénomènes physiques est facile à quantifier.

soit en plaçant un protecteur isolant.5 Application de la méthodologie aux autres risques Phénomène Infrarouges Lasers Ultraviolets Rayonnements néant Unité de mesure néant Valeurs limites Watts (W) néant Densité de courant (mA/m2) (basses fréquences) Densité de puissance : Watts/kg (hautes fréquences) Dose équivalente et efficace : Sievert (Sv) Température (˚C) Température (˚C) Pourcentage (%) Vitesse (m/s) Bar ou Pascal (Pa) (1 bar = 1 000 hPa) 7 classes de puissance néant Électromagnétiques Dépend des fréquences. En voici quelques exemples : – Travailler sur une machine émettant un bruit de 92 dB pendant 4 heures par jour est une exposition chronique de haut niveau. soit en améliorant la suspension du siège. que l’on peut éviter soit en changeant de machine. soit en rendant le sol parfaitement lisse. soit par une formation spécialisée. – Travailler sur des fils conducteurs électriques nus sous tension (BT) est une situation dangereuse. soit en utilisant des gants isolants. soit en portant une protection auditive. que l’on peut éviter soit en robotisant les transferts concernés. Ionisants Public : 1 mSv/an Professionnel : 6 ou 20 mSv/an. – Conduire un chariot élévateur sur un sol détérioré pendant 2 heures par jour est une exposition chronique aux vibrations de niveau moyen. soit par port de lunettes spéciales. La recherche des mesures de prévention et de protection suit aussi le même schéma. 230 . dont l’événement dangereux serait un contact avec la main par inadvertance. avec télécommande.4 • Pratique de la prévention des risques 4. L’accident peut être évité soit en supprimant la tension électrique. du moins dans l’attente. – Travailler sur un laser de classe 4 est une situation dangereuse que l’on peut éviter soit par le confinement dans une enceinte de protection. soit en confinant celle-ci dans une enceinte insonorisante. soit par capotage du laser. selon catégorie néant néant néant néant néant Chaleur Conditions climatiques Froid Humidité Vent Pression Il est alors facile de procéder à l’identification puis à l’estimation des risques selon les règles utilisées pour le risque chimique.

en conduisant à des dommages du type blessures et contusions. à – 25 ˚C pendant 6 heures par jour. qui comporte presque tous les autres risques. professionnels ou de la vie courante. Le risque de circulation en véhicule motorisé rentre dans la catégorie des risques mécaniques dus à un déplacement rapide. La prévention du risque mécanique se focalise sur la suppression du phénomène dangereux. Il est pourtant suffisamment atypique pour qu’il constitue un domaine d’étude spécialisé. Sa particularité est d’être essentiellement accidentel. est une exposition chronique de haut niveau.5 Application de la méthodologie aux autres risques – Travailler dans un local frigorifique.4 • Pratique de la prévention des risques 4. de la situation dangereuse et des événements dangereux. Nous voyons que l’adoption d’une méthodologie apporte un plus grand choix de solutions possibles. soit en portant des vêtements adaptés. tous types confondus. Il faut remarquer que tous les phénomènes dangereux inventoriés dans ce risque ont l’énergie mécanique pour origine. Cela est dû à deux particularités : le nombre de 231 . Ce risque. Elle peut être cinétique ou potentielle. C’est d’ailleurs le risque le plus meurtrier. puisque l’énergie potentielle qui la conditionne est la gravité (ou « pesanteur »).2 Risque mécanique Le risque mécanique ne doit pas être confondu avec le risque « machine ». est en réalité présent dans tous les domaines.5. 4. soit en réduisant les temps d’exposition par un aménagement des accès aux cellules. La chute de hauteur occupe une place à part. comme dans le cas d’un ressort comprimé. qui fait l’objet d’une attention particulière dans les activités de la construction d’ouvrages. Elle a été largement étudiée et fait l’objet d’une réglementation abondante. Phénomène dangereux Effet chronique Écrasement Effet accidentel Rapprochement Cisaillement Rotation Déplacement Mouvement rapide Bord tranchant Forme acérée Dénivellation Frottement ou abrasion Happement. enroulement Entraînement ou emprisonnement Choc solide ou liquide (par jet haute pression) Coupure ou sectionnement Perforation ou piqûre Chute de hauteur © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. que l’on peut éviter soit en robotisant les tâches.

la posture. les vibrations. de l’effort et de la posture. l’accent est traditionnellement mis sur l’aspect chronique. Les études officielles les classent généralement par origine : le comportement. 4. notamment des nuisances physiques et des aspects psychosociaux (stress). Les TMS ont d’autres facteurs de risque.3 Risque ergonomique Ce risque est moins classique et plus difficile à définir. puisque l’ergonomie est plutôt présentée comme une solution. et le fait qu’il s’agisse d’une situation du domaine privé. dont le nombre de déclarations en maladie professionnelle ne cesse d’augmenter.5 Application de la méthodologie aux autres risques personnes exposées. non limitatif : Phénomène dangereux Geste répétitif Effet chronique Troubles musculo-squelettiques (TMS) Fatigue physique Troubles musculo-squelettiques (TMS) Lombalgie aiguë Traumatisme musculaire ou articulaire Choc contre un objet Traumatisme musculaire ou articulaire Chute Choc contre un objet Chute Effet accidentel Effort important Amplitude articulaire Déplacements Obstacles Troubles musculo-squelettiques (TMS) Fatigue physique Fatigue physique Pour ce risque.5. avec un niveau de plus en plus faible grâce aux progrès techniques. principalement dans le domaine des gestes et des postures. Il comporte des paramètres aggravants. En voici un inventaire. et en particulier les TMS. – Les événements dangereux possibles sont innombrables et constituent tout ce qui a été inventorié comme causes d’accidents « de la route ».4 • Pratique de la prévention des risques 4. la vitesse et l’état de santé des personnes transportées. fait largement appel à la 232 . nous proposons de le limiter au domaine du mouvement. que l’on appelle facteurs de risque par ailleurs. – Le dommage est constitué des conséquences matérielles et corporelles. Nous n’en parlerons que pour mettre en évidence les composantes habituelles du risque : – Le phénomène dangereux est le déplacement rapide d’une machine contenant des personnes par rapport à des obstacles fixes ou mobiles (incluant les autres véhicules). l’infrastructure et l’environnement. C’est pourquoi il nous est paru indispensable de repartir du phénomène dangereux pour le définir. mais il est de plus en plus élargi à toutes les conditions de travail. comme des caractéristiques du véhicule et de l’environnement. – L’exposition chronique concerne le bruit. La suppression des phénomènes dangereux. – La situation dangereuse est permanente. le véhicule. Pour ce dernier. dès lors qu’une personne est à l’intérieur d’un véhicule en déplacement.

5 Application de la méthodologie aux autres risques mécanisation des tâches. Peuvent provoquer une maladie grave chez l’homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs .4 • Pratique de la prévention des risques 4. Protozoaires et helminthes (vers). Particules protéiques de 0. Peuvent provoquer une maladie chez l’homme et constituer un danger pour les travailleurs . Micro-organismes de 1 à 100 microns : levures et moisissures. Provoquent des maladies graves chez l’homme et constituent un danger sérieux pour les travailleurs . il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficaces. Le niveau de danger est déterminé par le classement selon les groupes réglementaires suivants : Groupe © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ils représentent une menace d’autant plus pernicieuse qu’ils sont souvent invisibles.01 micron. Entité parasite de 0. leur propagation dans la collectivité est possible. le risque de propagation dans la collectivité est élevé . Agents biologiques Non susceptibles de provoquer une maladie chez l’homme. Le risque de contamination est de nature principalement accidentel. et qu’ils agissent à des doses infimes.5. Se dispersent par leurs spores. Ces agents sont très nombreux et de nouveaux apparaissent régulièrement. il n’existe généralement ni prophylaxie ni traitement efficace. leur propagation dans la collectivité est peu probable . éventuellement mortelle. qui sont les équivalents des agents chimiques dangereux dans le domaine de la biologie.1 micron. sous forme de maladie infectieuse. mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace. Immuno-allergies Intoxications toxiniques Insuffisance respiratoire Effet chronique Effet accidentel Maladies infectieuses Champignons Virus Endoparasites Prions et agents transmissibles non conventionnels Maladies infectieuses Maladies parasitaires Maladies dégénératives du système nerveux central La distinction des effets chroniques et accidentels paraît ici assez artificielle. mais elle s’applique en fait au mode de contamination. 1 2 3 4 233 . mais aussi à l’organisation du travail et à l’intégration de l’ergonomie dans la conception des postes de travail. 4.4 Risque biologique Le phénomène dangereux du risque biologique se résume aux agents biologiques pathogènes. En voici un classement par nature : Agent Bactéries Caractéristique Micro-organismes monocellulaires de 1 à 10 microns.

il nous est apparu intéressant de proposer cette adaptation du schéma général au risque psychosocial : Phénomène dangereux Sollicitations de l’attention Effet chronique Fatigue nerveuse Fatigue nerveuse Troubles du sommeil Irritabilité Stress Addictions Fatigue nerveuse Troubles du sommeil Stress Perte de motivation Irritabilité Addictions Perte de motivation Addictions Troubles du sommeil Perte de motivation Addictions Effet accidentel Perte de contrôle dans l’action Surcharge de missions Dépression Troubles organiques Pression relationnelle Perte de contrôle dans l’action Troubles organiques Dépression Actes de violence Carence relationnelle Troubles organiques Dépression Facteurs d’inquiétude Troubles organiques Le sujet de cet ouvrage ne se prête pas à un développement de la méthodologie appliquée à ce domaine. Dans le premier cas. dans les deux cas. la pression relationnelle peut croître depuis l’attitude directive jusqu’à la violence physique en passant par le harcèlement. La vaccination et les soins précoces ne sont que des mesures redondantes. 4. comme dans les industries agro-alimentaires. L’origine des phénomènes dangereux peut être un individu. Lire à ce sujet l’excellent rapport sur « La détermination. Ainsi. dans les débats sur les conditions de travail modernes1. 234 . un groupe 1. ministre du Travail. comme dans la recherche et l’analyse en biologie. remis en mars 2008 à Xavier Bertrand. on s’attache d’abord à détruire les réservoirs d’agents. Il faut ensuite. la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail » de Philippe Nasse et Patrick Légeron. bloquer tous les modes de transmission possibles. confinement et protection.4 • Pratique de la prévention des risques 4. mais il est clair que l’on peut établir une échelle de niveaux de danger pour les phénomènes dangereux. des Relations sociales et de la Solidarité.5 Application de la méthodologie aux autres risques La prévention se décline différemment si la présence de l’agent biologique est fortuite.5. Compte tenu de l’importance que prennent les problèmes de stress. par séparation. ou voulue. en particulier.5 Risque psychosocial Ce domaine n’est pas encore entré officiellement dans le champ des risques professionnels.

la réduction de l’exposition par une meilleure maîtrise des objectifs et des moyens.5 Application de la méthodologie aux autres risques ou un milieu.4 • Pratique de la prévention des risques 4. d’un acte. la suppression du phénomène dangereux est transposable par exemple par des mesures d’éloignement ou de changement d’organisation. L’événement dangereux est constitué ici d’un fait. de la formation relationnelle. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. vécus comme une agression. d’une décision. etc. 235 . la protection contre les événements dangereux par des médiations. Quant à la prévention.

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1 Risques © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. lieu qui n’est pas toujours identifié comme un poste de travail. 237 . Pour cela.5 • APPLICATIONS PARTICULIÈRES Le modèle et la méthodologie décrits dans cet ouvrage permettent de couvrir toutes les situations dans lesquelles un risque chimique est présent. Dans ces conditions. idéales. Les dysfonctionnements observés avec ce type d’emballage sont liés en partie à leur résistance. Voici un descriptif des plus courants : m Emballages livrés souillés Il n’est pas rare que des emballages soient déjà souillés à la livraison. Dans la pratique. c’est-à-dire une quantité finie de produit contenue dans une enveloppe fermée et apte à être transportée. on observe des expositions tant respiratoires que cutanées liées à la présence d’agents chimiques hors de leur emballage. Le type de stockage le plus répandu est celui des emballages unitaires. Les formes d’emballages unitaires sont innombrables et dépendent de la forme physique du produit : liquide. Ce sont les restes de l’opération de remplissage. En effet.1. à leur étanchéité et au système d’ouverture-fermeture. Quels sont ces domaines ? L’expérience du conseil en prévention des risques montre que les quatre domaines suivants sont ceux qui soulèvent le plus d’interrogations. Le stockage des agents chimiques présente des risques spécifiques du fait de leur accumulation en un lieu donné. c’est pourquoi il importe de les analyser au préalable. le fonctionnement normal suppose que tous les emballages sont clos et étanches.1 Stockage 5. il n’y aucun accès possible à un agent chimique dans l’environnement de travail. Les contenances peuvent varier de quelques grammes dans un flacon à plus d’une tonne dans un conteneur mobile. Mais une adaptation des concepts généraux et des mesures de prévention est indispensable à chaque domaine particulier. il faut distinguer les deux grands types de stockages que l’on rencontre partout où sont utilisés les produits chimiques. 5. solide ou gazeux. mais aussi l’effet des sollicitations du transport. L’étude des dommages survenus dans des installations de stockage plus ou moins organisées montre que le risque chronique n’est présent que par dysfonctionnement. Ces dysfonctionnements doivent être la cible des mesures de prévention.

ou de la perte du bouchon ou du couvercle. – l’emballage d’un produit plus ou moins volatil soit laissé ouvert.1 Stockage Ces traces sont principalement observées sur les sacs de pulvérulents de qualité ordinaire. tout transvasement. Le principe du vrac consiste à utiliser un contenant fixe. en carton. nécessité d’observer le produit. une petite vaporisation va se produire. seaux…) sont d’une pratique courante dans les locaux de stockage. Les dysfonctionnements observés sont en partie similaires à ceux des emballages unitaires : souillures consécutives à de petites fuites et à des cuves restant ouvertes. D’autre part. généralement de plus d’une tonne. généralement en papier. soit à partir d’un autre équipement fixe. Cette pratique peut être le résultat d’une négligence. Il faut en ajouter deux. Ce type d’emballage. n’est jamais parfaitement étanche. plus spécifiques de ce type de stockage. Si l’emballage d’un produit volatil est replacé au stockage sans élimination de ces traces extérieures de produit. Elle est certes très faible. m Petites fuites En dehors des fuites accidentelles. sur plusieurs produits. m Contenants de produits volatils restant ouverts Il arrive que pour des besoins liés à la production – stockage momentané. capables de contaminer un grand nombre d’emballages environnants. le contenu étant transféré par des tuyaux en fonction des besoins. de petites pollutions de l’entourage de l’ouverture d’un emballage sont presque inévitables dès que l’on vide ou remplit tout ou partie de cet emballage. Il s’ensuit une volatilisation lente mais continue. mais aussi des conditions opératoires. Ce phénomène est d’ailleurs perceptible par l’odeur diffuse de produits chimiques qui règne habituellement au stockage. prélèvements fréquents. Le stockage en vrac est utilisé pour des quantités importantes. Le chargement inverse. c’est-à-dire le remplissage d’une citerne mobile à partir d’un contenant fixe est appelé chargement. 238 . En effet. obtenu par collage. telles que l’ouverture des récipients. c’est ce qu’on appelle une opération de déchargement. m Transvasements Les transvasements pour remplir de plus petits emballages ou des récipients destinés aux transports internes (bidons. avec une intensité qui va dépendre en premier lieu de la volatilité du produit. fait que la concentration ambiante en vapeurs diverses peut devenir critique. etc. tels que les fûts et conteneurs. peuvent être plus facilement maintenus propres. mais sa répétition. etc. même s’il se produit sans incident. En revanche. les emballages rigides pour pulvérulents. la hauteur de chute. Le remplissage du contenant fixe est fait soit à partir d’une citerne mobile. est une source d’émission de vapeurs ou de poussières. pratique pourtant étrangère à la fonction normale d’un local de stockage.5 • Applications particulières 5. de petites perforations ou déchirures sur des sacs laissent échapper des petites quantités de poudre. Cela est aussi vrai pour les conteneurs souples. plastique ou métal.

Dans la description des risques liés au stockage en emballages unitaires. surtout si ce dernier débouche à l’intérieur d’un bâtiment. En effet. Seule l’estimation du risque sera différente. Lorsque cette opération n’est pas réalisée avec un équipement spécialement conçu pour cela. – incendie survenant dans le stockage . – émanations massives ou projections. l’installation est mixte. vers des emballages unitaires. c’est-à-dire répartie entre l’intérieur et l’extérieur. Outre le fait que cette pratique consomme de la surface de travail. quand la cuve de stockage est elle-même placée à l’intérieur. elle peut créer des situations dangereuses. Il est facile d’identifier les différents risques d’exposition et d’accident que cela peut créer. On néglige encore plus souvent le risque d’incendie importé. Il est assez fréquent de transférer le contenu d’une cuve de stockage. le volume à stocker. essentiellement de liquide. c’est-à-dire situé dans un espace dédié et plus ou moins aménagé en conséquence. la nature des produits. assurant ainsi la « respiration » de la cuve. selon la nature des produits contenus. qu’il serait facile de supprimer dans un local de stockage. en fonction de divers paramètres tels que l’espace disponible. quel que soit son type. il est supposé être organisé. c’est un risque accidentel grave que génère ce type de dysfonctionnement. chargé de vapeurs si le produit est volatil. car un incendie est toujours possible avec des matières combustibles. Si les risques chroniques sont liés à des dysfonctionnements. c’est-à-dire se déclarant en dehors du stockage et le rejoignant dans sa progression. liés à des événements dangereux tels que : – incendie survenant à proximité du stockage . Si le feu réussit à se propager à l’intérieur. les emballages peuvent 239 . il se produira des effets beaucoup plus graves qu’en l’absence de produits chimiques et il sera très difficile de le combattre. se trouve répartie dans les espaces de travail. Il ne faut cependant pas négliger ce risque quand il n’y a pas de produits inflammables stockés. m Opérations de dépotage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.1 Stockage m Respiration de cuves Les variations du niveau de liquide au chargement et lors de l’utilisation du contenu génèrent un pompage de l’air dans la cuve. Il est donc important dans l’estimation des risques de tenir compte du degré de confinement du stockage. avec du liquide passant à l’air libre. ou intermédiaire. Cette respiration expulse donc vers l’extérieur les vapeurs émises par la surface du produit stocké et peut créer une pollution critique dans l’environnement de l’évent. elle se fait de façon manuelle. c’est-à-dire simplement protégée par une toiture ou un bâtiment largement ouvert. la nature des emballages. Le risque d’incendie interne au stockage est évidemment lié à la présence de produits inflammables. la plupart des risques présents dans un stockage sont de nature accidentelle. Dans la pratique. Si les produits en question sont classés très toxiques. Bien souvent. passe normalement par un conduit. Ces deux modes de stockage peuvent se trouver à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment. Cet air. une partie des emballages.5 • Applications particulières 5. appelé évent. quand ce n’est pas la totalité. souvent à proximité immédiate du lieu d’utilisation. etc.

ainsi que les structures qui les supportent. On peut s’appuyer sur les symboles de danger. comme pour tout problème d’organisation. de dégradations ou de mauvaises conditions de stockage . Toutes les recommandations qui suivent s’appliquent indifféremment aux locaux centraux ou secondaires. Il faut commencer. un certain espace disponible sera dédié au stockage. mais aussi. mais les familles de compatibilité ne leur correspondent pas toujours exactement.1 Stockage être détruits. Ceux-ci sont utiles soit pour des raisons techniques. 5. La sécurité d’un stockage tient beaucoup à son organisation. par exemple. il est toujours possible de prendre quelques mesures conservatrices. 240 . à la conception du local. suivant les besoins. Ces décisions ne peuvent être prises qu’avec un minimum de connaissances chimiques et après consultation de toutes les données disponibles dans ce domaine : phrases de risque de l’étiquetage. des locaux secondaires. et aux procédures d’utilisation des agents chimiques.2 Prévention Si l’on s’aperçoit qu’un stockage existant présente des risques. inversement. Des regroupements sont possibles entre des classes de dangers différentes et. parce qu’il est nécessaire qu’ils soient proches des utilisateurs. soit pour des raisons logistiques.1. C’est pourquoi un tel stockage demande des mesures renforcées et redondantes. des équipements. Les émanations et les projections ont parmi leurs causes les plus fréquentes : – bris d’emballages à la suite de chutes. parce qu’il faut des équipements spéciaux. – incidents de dépotage pour le stockage en vrac . mais seulement en attendant une refonte bien préparée. m Établir des familles d’agents chimiques compatibles Produits incompatibles : La première règle pour organiser un stockage consiste à ne laisser ensemble que les produits qui ne présentent pas de potentiel de réactions dangereuses entre eux. Celle-ci consiste à répondre aux questions suivantes : – Quels produits doit-on stocker ? – Quelles sont les quantités maximales à stocker ? – Quels sont les emballages les mieux adaptés ? – Quelles sont les fréquences d’utilisation ? – Quels sont les points d’utilisation ? – Quels sont les dangers particuliers des produits à stocker ? – Quel budget d’investissement et de fonctionnement peut être dégagé ? En fonction des réponses apportées. par une analyse des besoins. plus qu’à des équipements ou des consignes. – réactions dangereuses consécutives à des fuites simultanées ou successives d’agents chimiques incompatibles.5 • Applications particulières 5. Chacun de ces événements est lui-même le résultat de dysfonctionnements dont l’origine tient souvent à l’organisation et la gestion du stockage. des exclusions peuvent être nécessaires à l’intérieur d’une même classe de danger. comportant au minimum un local central. ou même d’erreurs de livraison.

de la quantité stockée et.1 Stockage fiches de données de sécurité. Rentrent dans cette catégorie : – les produits inflammables. tels que climatiseur.5. Une petite quantité d’un produit ne nécessitera pas forcément de créer un emplacement séparé si les autres classes représentent de grandes quantités. – les produits sensibles à l’eau. . De même. un éclairage de sécurité. à placer dans un local dépourvu de robinets et de canalisations d’eau . d’autre part. 241 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. des acides et des bases dilués pourront être juxtaposés. etc. d’une part. qui exigent un contrôle d’accès particulier.2 donne des indications plus précises à cet effet. des mesures particulières s’imposent. – les gaz sous pression. Lorsque que le stockage relève de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Pour donner malgré tout quelques repères. – les produits qui demandent des conditions physiques particulières. documents techniques du fournisseur. de la concentration des produits. au gel. etc. etc. Il faut autant de séparations que d’incompatibilités possibles entre eux . qui exigent les mesures spécifiques de prévention des incendies (voir ci-après) . Si le volume est important. il faut un local équipé d’un chauffage régulé et contrôlable de l’extérieur. avec une viscosité suffisante pour être utilisés. La conservation à basse température doit se faire dans des réfrigérateurs prévus à cet usage ou dans une chambre froide équipée de moyens de sécurité tels qu’une porte toujours manœuvrable de l’intérieur. Il faut aussi rappeler que les mesures particulières de stockage font l’objet de la rubrique n˚ 7 des fiches de données de sécurité. en fonction des quantités entreposées. afin de ne pas être obligé d’appliquer les mesures les plus sévères à l’ensemble du stockage. – les produits toxiques et très toxiques. une étuve de capacité adéquate suffira. disons que les incompatibilités existent principalement entre les acides et les bases d’une part et entre les oxydants et les réducteurs d’autre part. aux rayonnements divers. tels que les peroxydes ou certains réactifs de la chimie de synthèse. La difficulté de classement vient du fait que ces propriétés sont plus ou moins marquées. ce qui fait quatre combinaisons de propriétés. Ces conditions demandent des équipements particuliers. Produits à danger particulier : La deuxième règle est d’isoler les produits demandant des mesures particulières. etc. humidificateur. Produits inflammables : L’incendie restant le risque majeur de tout stockage. ou à défaut une ventilation mécanique . qui demandent une aération importante. Notons enfin que certains produits doivent être stockés à une température capable de les maintenir en fusion ou. s’il n’y a pas d’autres risques par ailleurs. Il implique un local fermé à clé . Le paragraphe 2. des mesures renforcées doivent être prises pour les produits inflammables. fiches toxicologiques de l’INRS. à la lumière. – les produits ayant une réactivité importante. Les séparations seront aussi fonction. lumière inactinique. Si le volume est modeste. aux chocs. parce qu’ils sont sensibles à la chaleur. tout du moins. un signal d’alarme.5 • Applications particulières 5. à l’humidité.

Cet éloignement n’est pas toujours facile à mettre en œuvre. En revanche. d’autre part pour faciliter l’intervention des pompiers. indépendamment de la quantité stockée. Dans le cas où le risque est moindre. par exemple hors installation classée. et. par expérience. en dehors de certaines rubriques de la réglementation ICPE. il faut aussi respecter une distance de sécurité par rapport aux locaux voisins. on aura intérêt à subdiviser les locaux de stockage pour diviser le risque incendie et mieux adapter les mesures de prévention et de lutte contre le feu. Les extincteurs sont soit à déclenchement manuel. avec toujours le bon choix de l’agent d’extinction. Nous recommandons. avec une distance de sécurité calculée en fonction de l’importance des dommages envisageables.5 • Applications particulières 5. Cette distance est utile d’une part pour empêcher la propagation d’un incendie aux autres locaux. de ces derniers vers le local de stockage. Il n’y a pas de prescription réglementaire pour cette distance. inversement. Les mesures d’aide à la lutte contre les incendies comportent principalement les moyens d’extinction et la formation du personnel. dont le volume stocké est le paramètre principal. Dans tous les cas.1 Stockage Mais quelques mesures fondamentales permettent de réduire ce risque. l’éloignement s’impose pour les liquides facilement et extrêmement inflammables et lorsque les quantités stockées sont importantes.1 – Principales mesures destinées à un local de stockage d’inflammables 242 . si les volumes sont faibles et les produits classés uniquement inflammables (phrase de risque R10). isolé des autres locaux de travail. Éclairage sous verre dormant Signalisation de dangers 10 m Aération naturelle haute et basse = 1/10 surface au sol Extincteurs accessibles Porte pare-flammes (1/2 heure) Murs incombustibles (M0) Figure 5. il faut monter un mur coupe-feu face aux locaux menacés. les locaux de stockage pourront être attenants à d’autres locaux de travail. Si l’on ne peut pas respecter totalement cette distance. Dans le cas d’un espace de stockage ouvert. une dizaine de mètres. Il faut d’abord dédier aux produits inflammables un local de stockage spécifique. soit automatiques. à condition qu’ils comportent des murs « coupe-feu » de degré deux heures et des portes extérieures « pare-flammes » de degré une demi-heure.

Poste de transvasement : Les transvasements de liquides ou de solides effectués dans un local de stockage sont des dysfonctionnements. par exemple pour éviter un déplacement d’emballage lourd. TJ 20. Le point des connaissances sur. Éléments de rédaction et de mise en œuvre dans un établissement. Signalisation de santé et de sécurité au travail. ED 777. à l’extérieur. s’apparente à une installation de production et doit être traité comme telle. ED 929. Guide méthodologique. bien ventilé et comportant une signalisation du risque d’anoxie. des vérifications périodiques des extincteurs et des alarmes. des exercices d’évacuation et de lutte contre le feu. La disposition des produits stockés se fait traditionnellement en fonction de leur origine. il faut créer autant de cellules séparées par des murs que de familles de compatibilité. on peut consulter les nombreux ouvrages édités par l’INRS. Gaz comprimés ou liquéfiés : Pour les gaz comprimés en bouteilles. Le stockage des gaz liquéfiés à pression atmosphérique. Il faut 1. Diverses raisons peuvent amener à préférer procéder aux sous-conditionnements dans le local de stockage.1 est un résumé des mesures à prendre dans un petit local de stockage de produits inflammables. par exemple dans des zones de mise en quarantaine ou de non-conformité. Dans ce cas. Il s’agit essentiellement de l’azote livré à l’état liquide et utilisé sous forme liquide ou gazeuse. comportant au moins une paroi grillagée.1 Stockage Ces mesures sont complétées par de la signalétique. Incendie et lieu de travail.5 • Applications particulières 5. m Créer les espaces séparés © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Ils doivent être effectués de préférence sur le lieu d’utilisation avec toutes les mesures nécessaires. dit « stockage cryogénique ». L’installation comme la maintenance doivent être prises en charge par le fournisseur du gaz. Certains peuvent aussi être classés en fonction de leur statut. il faut aménager un espace isolé du local de stockage et conçu comme un poste de travail. Le stockage de gaz liquéfié en bouteilles spéciales ne demande qu’un simple local. dans le cadre d’un système qualité. mais isolé. Ce type de classement n’est pas souvent compatible avec celui que dictent les règles de compatibilité. il faut un local isolé. comme pour tout poste de travail avec des agents chimiques dangereux. Ce type d’installation est obligatoirement à l’extérieur et isolé de tout autre local. qui possède la compétence exigée en la matière. Pour approfondir ce thème. Réglementation. Prévention des incendies sur les lieux de travail. Consignes de sécurité incendie. ED 970. Les cellules doivent être équipées de dispositifs d’immobilisation des bouteilles et comporter toutes les informations et la signalisation requises. de leur destination ou de leur usage. Quand les gaz stockés présentent des incompatibilités chimiques. pour un petit prélèvement. ED 789 243 . ED 5005 Les extincteurs d’incendie portatifs et mobiles. La lutte contre les incendies est un domaine largement couvert par nombre d’organismes spécialisés1. Aide-mémoire juridique. afin de ne créer aucun nouveau risque dans le local principal de stockage. la figure 5. dont les principaux sont : Évaluation du risque incendie dans l’entreprise. ED 802 Incendie et lieux de travail. Sans prétendre à l’exhaustivité.

En effet. il faut limiter la superposition directe des emballages. dès lors qu’un certain espace est respecté entre les zones. qui a l’avantage de permettre un contrôle visuel sans nécessité d’ouvrir. il faut installer des cloisons. L’espace de stockage étant toujours compté. il faut aménager un local indépendant et bien fermé. Ce rayonnage métallique est conçu pour placer des palettes. Si la séparation doit être complète. plus ou moins résistantes en fonction des conditions d’exploitation. Si le risque est relativement faible. il reste à les placer au mieux. des rayonnages ordinaires conviennent.2 – Exemple d’organisation d’un local de stockage m Aménager les espaces dédiés L’équipement intérieur d’un local de stockage doit évidemment s’adapter aux types d’emballages prévus. grâce à des structures adaptées dont la plus courante est le palettier. L’exemple suivant illustre quelques-uns des principes évoqués dans ce paragraphe : comburants petits conditionnements poste de transvasement toxiques bases liquides acides inflammables bases solides portes fermant à clé Figure 5. sachant que les moyens informatiques facilitent beaucoup la gestion des stockages complexes. Pour de plus petites quantités. Une fois établie la liste des zones séparées de stockage. dans un souci de préserver l’accessibilité et de limiter les déplacements. les emballages unitaires sont stockés sur une certaine hauteur. des séparations par limites tracées au sol. comme dans le cas des produits toxiques. dans le respect des charges tolérables.5 • Applications particulières 5. à moins qu’ils ne soient conçus pour cela. Les séparations des familles de produits ainsi constituées peuvent être légères ou complètes. sont suffisantes. Si la séparation n’est dictée que par la nécessité d’un contrôle d’accès. sur lesquelles sont placés des emballages. Elle est possible pour des conteneurs « gerbables » et pour des sacs. La disposition des emballages sur les étagères joue un rôle 244 . dans un même local. comme dans le cas des produits inflammables.1 Stockage alors rechercher le meilleur compromis entre les deux approches. elle peut être réalisée avec un grillage. À défaut d’espace.

qui conduit d’abord à limiter au strict nécessaire les quantités d’inflammables. telles que le manque de surface en extérieur. mais aussi de combustibles. 245 . il faut éviter de placer des emballages sur une profondeur qui demanderait des postures à risque ergonomique. les palettes.3 – Stockage de « big bags » sur palettes © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. tels que les emballages. etc. telles que l’interdiction de fumer. grâce à des détecteurs judicieusement placés. notamment celles d’origine électrique. Ces mesures techniques sont à compléter par des mesures organisationnelles. Si la manutention est manuelle. dans la prévention des chutes. les équipements. la vérification périodique des installations électriques. Enfin. La prévention des incendies repose sur le classique triangle du feu. pour diverses raisons. le contrôle rigoureux des entrées et sorties de produits et de personnes.1 Stockage Figure 5. Ensuite toutes les sources possibles d’ignition doivent être recherchées et supprimées. Le stockage en vrac se rencontre aussi à l’intérieur des locaux. des procédures d’intervention de maintenance. la sensibilité du produit. il faut une détection précoce des débuts d’incendie. Cette solution n’est pas recommandable. ou tout simplement son volume modéré (quelques m3). mais elle est tolérable sous les conditions suivantes : – Les cuves sont en rétention maçonnée facilement inspectable et nettoyable.5 • Applications particulières 5. les structures.

– Des capteurs de surveillance d’atmosphère sont installés à proximité. – sur chaque alvéole. Les produits incompatibles sont séparés par des parois. complétée par des consignes utiles. – les prescriptions de protection individuelle .5 • Applications particulières 5. à utiliser en cas de fuite . – sur le sol. – sur les murs ou les extrémités des rayonnages. évent relié à la ventilation trop-plein Indication de niveau Figure 5. toutes les dispositions spécifiques se rajoutent à celles-ci. Les cuves sont équipées de surveillance de niveau et de trop-plein. les interdictions ou restrictions . 246 . le plan général de stockage . la charge admissible et le type de produit prévu . en éclairage de sécurité . – la position de tous les moyens de lutte contre le feu . – les consignes d’urgence . – les noms ou téléphones à joindre en cas d’incident. la nature du stockage. les restrictions d’accès et les précautions générales . Il est aussi important de mettre en place une bonne signalisation concernant le plan de stockage et les dangers associés. La liste suivante indique toutes les informations susceptibles de figurer : – sur les portes d’entrée.1 Stockage – – – – Les contenus ne sont que faiblement volatils. Les cuves sont étanches et les évents sont reliés à une ventilation qui les maintient en légère dépression. – le chemin à suivre vers les issues de secours. – la position des douches ou lave-œil . – la position des produits absorbants. – à l’entrée. la délimitation des allées de circulation pour chariots et piétons .4 – Stockage vrac à l’intérieur Si le contenu est inflammable.

Chaque local de stockage doit être en rétention.5 – Capacité de rétention déportée L’étanchéité au niveau des accès au local nécessite que les seuils soient surélevés. D’après la norme NF X35-103. capacité de retention Figure 5. Compte tenu de ces contraintes. – identifier les produits à partir de leur étiquetage . On appelle capacité déportée un volume placé en contrebas de la rétention et capable de contenir les fuites par écoulement. en particulier le milieu aquatique. Il faut un niveau d’éclairement suffisant dans toutes les allées et sur toute la hauteur des rayonnages pour : – bien positionner les charges . – éviter les chocs ou accrochages lors des manœuvres . – respecter les indications concernant le plan de stockage. m Créer des rétentions adaptées Le rôle d’une capacité de rétention est d’une part d’empêcher qu’une fuite de liquide dangereux rejoigne l’environnement. et d’autre part de limiter les conséquences internes sur les risques d’exposition et d’accident. Dans la mesure où 1. il est préférable de placer les luminaires dans l’axe des allées. on peut situer ce niveau d’éclairement à environ 300 lux1.1 Stockage Un bon éclairage contribue à la sécurité et facilite l’exploitation. de façon à les rendre accessibles depuis une plate-forme élévatrice mobile. le franchissement se faisant à l’aide de marches ou de rampes dès que l’on doit utiliser un équipement roulant pour le transport des produits. ce qui signifie que le sol et le bas des murs font office de rétention.5 • Applications particulières 5. Pour pouvoir en assurer facilement la maintenance. tel que le montre le schéma suivant. cuve de stockage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 247 . notamment de mélanges dangereux. la capacité étant ainsi constituée dans le local même ou déportée.

248 . R. La rétention principale peut être aussi entièrement couverte par assemblage d’éléments constituant chacun une rétention secondaire. c’est pourquoi la règle de calcul des volumes de rétention doit être toujours appliquée. réservoirs et récipients de toute nature contenant des produits susceptibles de provoquer des brûlures d’origine thermique ou chimique. les rétentions placées à l’intérieur sont dites secondaires par rapport à la surface en rétention du local. en prenant la plus grande de ces deux valeurs. Ces mesures portent. Article 10 de l’arrêté du 2 février 1998. etc. ce qui présente l’énorme avantage de réduire la 1. Dans ce cas. soit la moitié de la somme des volumes stockés. la manutention et l’isolement des agents chimiques incompatibles. Elles ne concernent donc qu’un ou quelques contenants. À cet effet. il suffira de les déposer directement sur le sol ou sur un support adéquat.1 Stockage tous les produits stockés dans un local appartiennent à la même famille de compatibilité. Art. Il est cependant toujours avantageux de créer des subdivisions de la rétention au sol. Cette disposition vise les installations soumises à autorisation.6 – Subdivision des rétentions Les rétentions secondaires sont très efficaces pour limiter le périmètre de fuite. si les emballages unitaires ne dépassent pas 250 litres et que leur contenu n’est pas inflammable. 2. car leur surface est bien inférieure à la rétention principale. quels que soient les volumes concernés. rétention principale rétentions secondaires muret Figure 5. notamment. à l’intérieur d’une armoire. c’est-à-dire dépassant les volumes de stockage minimum fixés. ainsi que de déversement par rupture des parois des cuves. Toutefois. Mais le Code du travail donne un objectif global2 : « L’employeur prend les mesures techniques et définit les mesures d’organisation du travail appropriées pour assurer la protection des travailleurs contre les dangers découlant des propriétés chimiques et physico-chimiques des agents chimiques. sur le stockage. 4412-17.5 • Applications particulières 5. bassins. Le volume de la capacité de rétention est fixé par la réglementation des ICPE1 : soit le volume du plus grand contenant. le volume de rétention peut être limité à 20 % du volume total. » Aucun volume minimum n’est mentionné. Cette dernière formule est très souple parce qu’évolutive et rapide à mettre en place. Elles prennent souvent la forme d’un bac ou d’un plateau. sur des rayonnages. l’employeur prend les mesures appropriées pour empêcher […] les risques de débordement ou d’éclaboussures. dite principale.

solvants rétention principale Figure 5. les capacités de rétention principales doivent être réalisées en maçonnerie. spécialement avec des produits inflammables. dans la mesure où il présente une résistance mécanique suffisante et une compatibilité chimique avec le liquide contenu. Les matériaux synthétiques sont donc à proscrire en présence de matières inflammables. une telle rétention présente une résistance mécanique suffisante dans la plupart des cas et une résistance au feu permettant souvent d’éviter une aggravation. les rétentions secondaires peuvent être réalisées avec des parois en acier ordinaire ou inox si nécessaire. Elles se détruiront assez vite dès le début d’incendie et ne pourront donc plus jouer leur rôle. Ces différents matériaux peuvent être associés pour mieux répondre aux différents objectifs d’une rétention.1 Stockage surface d’évaporation constituée par le liquide répandu et de faciliter sa récupération. La résistance des rétentions en acier. tiroir bac acides grilles d’aération bases oxydants © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.3. la hauteur des équipements fait que des fuites peuvent très bien sortir de la rétention. Pour éviter les dommages consécutifs à une 249 . En revanche. Mais elles présentent une évidente faiblesse vis-à-vis des efforts mécaniques et. qui doivent toujours être placés dans des plateaux réunissant des produits compatibles. elles ne présentent aucune efficacité. ou en matériau synthétique tel que plastique ou caoutchouc.5 • Applications particulières 5. Les rétentions qui comportent des parois en matière plastique sont faciles à façonner et offrent généralement une bonne résistance chimique. du moins si l’on peut arrêter le sinistre assez rapidement. Ce matériau est donc utilisable en rétention principale pour de petites quantités stockées et en prenant des mesures supplémentaires. C’est par exemple une solution idéale pour les stockages de produits chimiques en laboratoire. Pour les raisons évoquées précédemment. même si elle a le volume adéquat.7 – Armoire de stockage de laboratoire Dans le cas du stockage en vrac. comme cela est démontré au paragraphe 4. ordinaire ou inoxydable. En effet. en cas d’incendie. se situe entre celles de la maçonnerie et du plastique.3. en raison d’une profondeur de liquide recueilli supérieure à volume égal.

vannes.9 – Rétention contenant une vanne pilotée 250 .8 – Protections contre les fuites et projections On notera aussi sur ce schéma la volonté de ramener dans la rétention toute fuite provenant des équipements annexes de la cuve : raccords. pompes. Figure 5. etc. niveau maxi 45˚ écran rétention secondaire pompe Figure 5. comme indiqué sur le schéma suivant. soit rehausser le muret par un écran anti-projection.5 • Applications particulières 5. comme indiqué dans le paragraphe cité. on peut soit respecter la bonne distance entre le muret de rétention et la cuve.1 Stockage telle éventualité. spécialement pour les produits corrosifs.

Il doit être déterminé en fonction du type d’exploitation prévu. des allées plus étroites sont possibles lorsqu’on utilise des chariots conçus en conséquence. Les portes doivent s’ouvrir sur l’extérieur et une barre anti-panique doit équiper le côté intérieur. si possible protégée par une barrière. de voies à double sens.1 Stockage m Faciliter la manutention et la circulation L’espace de circulation dans un local de stockage est un point clé de la prévention des accidents. palettiers allée de secours aire départ quai aire arrivée © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. les extrémités d’allée opposées à l’entrée des chariots doivent déboucher sur une allée piétonne de secours de largeur minimale de 0. ou si plusieurs personnes sont amenées à se croiser. portes pareflammes circulation chariots circulation piétons bureaux Figure 5. de leur rayon de braquage en charge. Dès que l’on utilise des chariots. si la manutention est strictement manuelle.90 m. la largeur d’allée peut être limitée à 0. 2. de carrefours sans visibilité.10 – Exemple d’organisation de la circulation 1. 251 . il faut tenir compte de leur largeur. pour les livraisons en instance de départ ou de placement en rayonnages. sans utilisation d’escabeau. cette largeur est égale à celle de deux chariots. Il faut en outre. abrogé. Mais si l’on utilise un escabeau ou une desserte roulante. Code du travail R 4216-5 et circulaire 95/10 du 14 avril 1995.40 m2. Les issues de secours doivent être bien signalées et dégagées. majorée de 1. une voie séparée réservée aux piétons. Il est recommandé une largeur d’allée égale à celle du chariot et majorée de 1 m. soit à l’entrée du stockage. dans tous les cas. soit sur le quai. Si des croisements de chariots sont prévus. Ainsi. Pour limiter les trajets de chariots. Le plan de circulation doit faire l’objet d’une étude qui aura pour but de rechercher le minimum de croisements.5 • Applications particulières 5. ce qui implique un système de guidage et une absence de circulation piétonne. Toutefois. il est souhaitable que le local de stockage soit limitrophe du quai de chargement.40 m1. etc. il faut une largeur minimale de 1. D’après l’arrêté du 30 juillet 1974. de culs-de-sac. Un espace doit être réservé.90 m. Pour éviter les culs-de-sac.

Le premier des choix doit se faire entre les emballages unitaires et le vrac. y compris dans les utilisations très fréquentes. comme la disponibilité. Pour ce faire. etc. C’est en outre un moyen d’approvisionnement peu flexible. . la stabilité. Un revêtement synthétique est facile à nettoyer et permet la matérialisation multicolore des surfaces dédiées et des allées de circulation. Le second est la nettoyabilité. Pour éviter d’atteindre ces dates de péremption par inadvertance. les deux modes sont possibles. L’emballage unitaire est pratiquement obligatoire pour les solides. Centraliser le stockage : Il est important d’avoir un passage obligé unique pour tout produit entrant. Le vrac a l’avantage d’éviter toute manutention. Dans les quantités intermédiaires.5 • Applications particulières 5. des emballages. et fixer le stock en fonction de la consommation. ils exigent des moyens de manutentions mécaniques et de soutirage. Cet enregistrement unique est en outre le point de départ de la méthode d’inventaire des risques par produit.1 Stockage Le sol doit répondre à plusieurs critères de qualité. par exemple entre 100 kg et 10 tonnes par mois. le choix s’impose de lui-même. C’est aussi un outil pour tenter de diminuer le nombre de références commandées et simplifier ainsi le stockage. en l’absence de toute probabilité de réemploi. des délais de livraison. il faut régulièrement analyser ses besoins. D’autres critères interviennent. seule une approche globale conduira au meilleur choix. Il faut aussi ne pas attendre pour éliminer les stocks « morts ». Des opérations de sous-conditionnement fréquentes sont le signe d’une erreur de choix de conditionnement. ou avec des produits délicats ou très dangereux. car la propreté permanente des sols constitue un moyen de prévention contre les risques d’accident et de pollution aérienne. m Organiser une gestion des stocks Un stockage bien conçu doit faire l’objet d’une gestion tendant à supprimer les risques d’origine organisationnelle. pour éviter tout choc ou vibration sur le chariot. Il convient bien aux utilisations peu fréquentes.1. la troisième citée dans le paragraphe 3. Adapter la nature des emballages au mode d’utilisation (volume et fréquence) : Le choix du type d’emballage pour les produits chimiques est un point clé de la prévention. mais au-delà. il convient de : Réduire les quantités au strict nécessaire : Pour réduire les quantités stockées. Une attribution de date de péremption devrait être systématiquement appliquée à tous les produits. Cela permet d’enregistrer les produits dans la base de données avec toutes les informations de sécurité. ou au contraire très importantes. de bien se prêter aux automatismes. quelle que soit sa destination.2. les moyens de livraison. la qualité. ils sont faciles à manipuler. et l’inconvénient de demander des investissements. Jusqu’à 30 kg. la règle du « premier entré – premier sorti » doit s’imposer. 252 . des prix. alors que les économies réalisées sont sans commune mesure avec le coût des dysfonctionnements qu’un mauvais choix peut engendrer. etc. avec les alertes correspondantes gérées par l’informatique. souvent oublié. Lorsque les quantités consommées sont très faibles. Le premier est une bonne planéité. de gérer le stock et de repérer les utilisations multiples dans une usine ou une grande structure. Le choix est souvent fait en fonction du prix.

Cela conduit à des cotations de danger élevées. mais la logique conduisant à leur choix reste la même.1 Expositions chroniques La phase d’évaluation des risques peut être conduite exactement selon la procédure générale décrite précédemment. les biotechnologies. la technicité des procédés et les quantités de produits utilisées. d’autant plus que c’est en majorité une industrie d’investissement lourd qui évolue vers de grandes structures concentrant les moyens de production. Enfin. alors que le volet exposition chronique est abordé par le biais du document unique ou du rapport annuel du service de santé au travail. sur lesquels les connaissances sont limitées. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Nous allons en développer quelques aspects caractéristiques. le volet accident est familier dans la production des produits chimiques par le biais des études de dangers. l’idéal étant de croiser les trois méthodes.2. En effet. soit les produits pour identifier toutes les expositions possibles. qui ne présentent pas les mêmes exigences. on utilise souvent des états physiques hors standard. Le travail sur des liquides. notamment exigibles dans les dossiers de déclaration ou d’autorisation des ICPE. Les moyens mis en place sont évidemment très divers et. et ils seront probablement nombreux. même si les contraintes réglementaires associées ne sont pas les mêmes. tant du point de vue de son efficacité que de sa sécurité de fonctionnement. La diversité vient du fait que l’on utilise des produits qui n’ont pas d’autre intérêt que de servir de matière première à des réactions chimiques. spécifiques à ce domaine. Examinons maintenant ce premier aspect du risque de l’industrie chimique.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5. les aspects chroniques et accidentels du risque chimique doivent être abordés avec la même rigueur. notamment en températures et en pressions. commence par la recherche de substitution 253 . malgré la complexité apparente des installations. notamment pour les principes actifs pharmaceutiques et leurs intermédiaires. La technicité des procédés est le fondement de l’industrie chimique. 5.5 • Applications particulières 5. Tout d’abord. m La substitution La phase de recherche des mesures de prévention pour chacun des risques identifiés. Ces produits sont donc souvent des substances complexes et rares. des solides et des gaz implique du matériel très spécialisé. Le stockage amont et aval de la transformation est déjà un problème important à lui seul (voir paragraphe précédent). C’est au stade de la prévention que des particularités apparaissent. La prévention des risques chimiques dans l’industrie chimique n’échappe pas aux règles générales développées précédemment. c’est à la fois la diversité des produits mis en œuvre. les quantités utilisées sont à l’échelle des marchés en aval.2 Industrie chimique et pharmaceutique Ce qui caractérise l’industrie chimique. que l’on soit dans la chimie fine. que l’on ne trouvera jamais dans des préparations présentes sur le marché. Le but étant une transformation des molécules par des moyens physiques et chimiques associés. c’est-à-dire en suivant soit les postes. pour beaucoup. ou la chimie lourde telle que la pétrochimie ou la production d’engrais. soit les procédés. Elles peuvent donc facilement engendrer des dangers assez importants.

Les systèmes intrinsèquement clos suppriment par nature les expositions. Quel que soit le niveau 254 . tels que solvants. Dans un proche avenir. catalyseurs et réactifs . Dès que l’on aborde le domaine des intermédiaires de synthèse. Un moyen terme consiste à rechercher les informations et à faire des estimations. Mais il n’y a pas de définition précise d’un système clos. Les réacteurs classiques de l’industrie chimique. L’hypothèse d’une substitution se pose aussi pour les sous-produits de réaction. et ceux qui n’interviennent que dans le fonctionnement des réactions. La réglementation recommande dans ce cas un classement « volontaire » de la part du producteur. Dans les deux cas. ce qui peut conduire à une surprotection. la limite entre les deux est parfois imprécise. toujours possible en cas d’incident. d’où la nécessité d’entamer la démarche de prévention dès le développement d’un procédé de fabrication. broyeurs. m L’intérêt des systèmes clos La deuxième solution de prévention à envisager après la suppression-substitution.2 Industrie chimique et pharmaceutique des substances les plus dangereuses. etc. Encore faut-il avoir des informations fiables sur les dangers des produits. Les systèmes temporairement clos sont évidemment préférables aux systèmes ouverts. La substitution est évidemment plus difficile dans la première catégorie. D’autre part. doit se retrouver dans la liste des événements dangereux prévisibles. Ce n’est pas un inconvénient quand c’est prévu. tel qu’un fût ou un conteneur. le toluène par exemple. nous dirons qu’un emballage. mais leur ouverture. procéder à une large recherche bibliographique et à des analogies. peuvent être classés dans les deux catégories. habituellement munis d’un trou d’homme et d’une vanne de vidange. mais ils donneront lieu à des expositions temporaires qu’il faut bien inventorier. Les premiers sont « ouvrables » dans leur fonctionnement normal et les seconds ne le sont qu’en cas de dysfonctionnement. est la suppression des expositions. Il faut déjà distinguer les systèmes temporairement clos des systèmes intrinsèquement clos. il est très difficile de fabriquer un produit benzénique sans partir d’un autre produit benzénique. appelés produits intermédiaires. Pour illustrer ce propos. filtres. le problème se complique. « par précaution ». cette solution nécessite de modifier le procédé. suivant les conditions de leur utilisation. Le seul moyen de la rendre totale est de recourir au système clos. et on doit. la mise en place du système REACH conduira à disposer d’informations plus complètes. tels qu’essoreuses. on peut. Pour les dangers toxicologiques. que celle-ci ait été réalisée ou pas. car ils ne figurent souvent pas dans la liste des produits classés. On peut alors prendre le niveau maximum. on voit bien l’intérêt d’agir sur le procédé et l’équipement pour faire passer des appareils de la première catégorie à la seconde.5 • Applications particulières 5. après avoir réalisé les études qui s’imposent. mais il est nettement plus facile de remplacer le benzène utilisé comme solvant par un solvant moins dangereux. Il y a deux catégories de produits dans un procédé : ceux qui participent à la structure des molécules. L’étiquetage est généralement suffisant pour les plus courants. Ainsi. mais pas impossible. alors qu’une pompe de transfert liquide est généralement un système intrinsèquement clos. Une méthodologie est proposée dans notre ouvrage Guide du risque chimique. pour reprendre l’expression des textes réglementaires visant les produits dits « CMR ». est un système temporairement clos. Ce sera le cas d’un certain nombre d’équipements.

EXEMPLE DE RÉDUCTION D’EXPOSITION PAR LE PROCESS : Cet exemple réel illustre bien ce point important de la démarche de prévention. telle que masque à cartouche. le risque induit est assez élevé. sans nuire aux résultats.5 • Applications particulières 5. Mais ce mélange relargue alors tout l’ammoniac excédentaire qui restait soluble dans le milieu réactionnel. le milieu réactionnel est introduit dans une grande quantité de méthanol qui provoque la précipitation du glycocolle. Il a donc été installé un circuit d’introduction d’acide chlorhydrique en solution concentrée. Les conditions de travail de l’atelier ont 255 . Certaines réactions chimiques génèrent des produits à haut niveau de danger. en excès. Lorsqu’il s’agit de vapeurs ou de gaz. l’entreprise s’est tournée vers une révision du process. Ces points feront l’objet d’une attention particulière. Face à ce problème. la première solution tentée a été de renforcer les moyens de captage. mais aussi des acides et des bases volatils. principalement respiratoires. Compte tenu de l’ensemble des difficultés que cette solution générait. des ouvertures nécessaires pour les entrées de produits et pour leurs sorties. avant d’envisager des modifications d’installation ou des systèmes de captage. notamment dans la petite industrie chimique. à l’instar du développement. Néanmoins.3. Certains solvants. Après étude au service développement. de l’hydrogène. cagoule à adduction d’air. une petite entreprise fabriquait du glycocolle. tel du cyanure d’hydrogène.2 Industrie chimique et pharmaceutique de clôture du système. Le niveau de danger des produits manipulés peut conduire à une protection respiratoire redondante. du monoxyde de carbone.6). conduite par batch. ou acide amino-acétique. Cette dernière solution vient souvent en premier. Dans les années 1970. ce qui limite les débits de captage exigibles. ont de fortes pressions de vapeur capables de produire des concentrations atmosphériques élevées en peu de temps. Le chlorure d’ammonium formé reste en grande partie soluble dans le mélange hydroalcoolique. il s’est avéré qu’une simple neutralisation du mélange final à l’acide chlorhydrique supprimait tout dégagement d’ammoniac. m La réduction des émissions Il existe encore. malgré les différents captages de vapeurs mis en place. Cette réaction très simple est catalysée par de l’hexaméthylène-tétramine (HMT) et utilise de l’ammoniac à l’état liquide. Ce problème gagne à être résolu au niveau du procédé. Des produits dangereux peuvent aussi être générés par le procédé lui-même. Cela démontre l’importance des services d’ingénierie et de génie chimique dans la prévention. à partir d’acide monochloracétique par la réaction suivante : Cl-CH2-CO2H + 2 NH3 = NH2-CH2-CO2H + NH4Cl © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. des procédés où les produits ont l’occasion de passer à l’air libre et donc de créer des expositions. de petites émissions de vapeurs. au moyen d’une pompe doseuse pilotée par un pH-mètre. alors que nous avons vu les inconvénients qu’elle entraîne (voir paragraphe 4. Ce dégagement massif d’un gaz très volatil créait une pollution importante et difficile à maîtriser de l’atmosphère de travail. ou mieux. Il est vrai que les phénomènes d’émission de vapeurs ou de poussières ne se découvrent dans toute leur ampleur qu’au stade industriel et sont souvent sous-estimés au stade de la recherche ou du développement. en respectant bien les règles de l’art en la matière. Cette pollution diffuse se poursuivait au moment de l’essorage du glycocolle et de son séchage. est terminée. etc. il restera. Les systèmes plus ou moins mécanisés de transfert des produits liquides ou solides réduisent grandement les émissions. dans toute installation. Quand la réaction. de poussières ou d’aérosols peuvent faire l’objet d’un captage à la source.

la solution est de mettre en place une interface entre le conditionnement et l’installation fixe qui permette au produit de passer de son emballage au système en restant à l’intérieur d’une enceinte. – refermer l’enceinte de façon étanche. raclettes. – provoquer le glissement du pulvérulent dans le système . Citons toutes sortes de pelles. ou en très faible tonnage. fixe ou mobile. m La réduction des contacts cutanés Il arrive que la manipulation des produits se fasse à l’air libre. Mais les installations de production sont parfois largement ouvertes. manuels ou mécaniques. Il en résulte les règles suivantes. ce qui rend les systèmes clos difficiles à concevoir pour de petites quantités. Les émissions de poussières sont aussi présentes lors des pesées. En fonction du danger. ou des installations de transport pneumatique. Le rendement de précipitation du glycocolle s’en est même trouvé amélioré. En partant du fait que la grande majorité des pulvérulents sont conditionnés en sacs. généralement bien conçus pour cet usage. éloignant l’opérateur du produit. 256 . il faut se tourner à nouveau vers le principe du système clos. – assurer une jonction étanche avec le système . – refermer le système et retirer l’emballage vide après une légère ventilation pour éliminer les poussières restant dans l’enceinte de transfert. etc. m Le transfert des poudres Une des phases opératoire les plus exposantes dans l’industrie chimique est le transfert des produits pulvérulents.5 • Applications particulières 5. Cela est particulièrement vrai pour les produits pulvérulents ou visqueux. etc. Les poussières ne se mettent en suspension que si une poudre se déplace dans l’air. Au-delà. de vêtements protecteurs. Pour éviter la double exposition respiratoire et cutanée qui en résulte. pour un produit à faible valeur ajoutée. par le chargement des cuves et des réacteurs. de visières.2 Industrie chimique et pharmaceutique été transformées radicalement et définitivement. Ainsi. Pour éviter les contacts cutanés. et par le déchargement des appareils de séchage. ou utilisé rarement. il faut des outils. valables pour les sacs et les fûts : – ouvrir l’emballage au repos . Ou : – fixer une enceinte sur l’emballage de façon étanche . ce qui rend possible le contact direct avec les personnes. en raison de leur relative inaptitude à l’écoulement. en fûts ou en conteneurs (souples ou rigides). – placer l’emballage dans une enceinte de transfert . mais plus modérément. du fait de l’augmentation de la concentration du mélange en chlorure d’ammonium. il faut compléter la protection par le port de gants. il existe pour les fûts des systèmes de transfert de produit par aspiration ou par pompe. récipients verseurs. il peut être financièrement difficile de concevoir un système clos. C’est notamment le cas à l’entrée et à la sortie d’un système clos. par exemple. des mélangeurs. parce qu’il ne nécessite pas de ventilation. En effet. C’est une opération nécessitée. une solution de prévention est toujours un compromis entre l’efficacité de protection et le coût des moyens nécessaires.

utilisée dans les procédés à risque. Le pulvérulent est souvent chargé pour être mis en solution ou en suspension dans un récipient agité. ou dans une enceinte du type évoqué plus haut. d’utiliser ce solvant pour entraîner la poudre vers la cuve. De plus. Dès que les consommations sont importantes. Cela veut dire qu’il faut toujours se pencher sur 257 . la plupart de ces équipements peuvent être clos et même étanches. motivées d’une part par de l’entretien préventif ou des incidents techniques. le transfert peut être plus facilement réalisé sous atmosphère contrôlée. Le point critique des systèmes de transfert des produits pulvérulents réside dans les opérations de maintenance. en particulier inerte. Un grand nombre de solutions techniques existent. Nous ne donnerons que ce schéma pour l’illustrer : enceinte étanche vannes réacteur fût Figure 5. Cela peut se faire directement dans l’emballage.11 – Transfert de poudre sans poussières © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Elles peuvent être fréquentes. Le choix du type de transfert est délicat. à vis sans fin. On voit bien que ce système permet de travailler avec des produits relativement dangereux en gardant des niveaux d’exposition négligeables. C’est généralement l’occasion de fortes expositions. sous forme de solution ou de suspension. d’autre part par la nécessité d’un nettoyage approfondi exigé en cas de changement de produit transporté. et le transport pneumatique avec toutes ses variantes. il faudra un examen sérieux du risque d’explosion. elles se font à partir de conteneurs et surtout de stockage en vrac.5 • Applications particulières 5. Il est parfois possible. Heureusement. parce qu’il dépend beaucoup des caractéristiques physico-chimiques du produit. Cette solution s’avère alors plus aisée à réaliser. il s’agit de la technique du sas. il faut un dispositif fixe de transfert des poudres entre le stockage et le point d’utilisation.2 Industrie chimique et pharmaceutique Globalement. si la nature du solvant le permet (notamment avec l’eau). compte tenu de la quantité de produit restant piégé par l’installation. il existe même des dispositifs pour couper le sac après sa mise en place dans l’enceinte. à godets. s’il s’y prête. Du point de vue sécurité. telles que les convoyeurs à bande. Dans le cas des sacs. Cette technique est encore meilleure si l’on utilise la variante suivante. La réalisation pratique de ce principe varie beaucoup avec chaque cas concret. Dans ce cas.

Par contact direct ou par mise en suspension. à l’occasion des prélèvements. Un exemple de solution est fourni par le conditionnement de certains réactifs en sacs solubles en milieu organique.5 • Applications particulières 5. caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France. surtout si le niveau de danger du principe actif est jugé faible. la solution est affaire de spécialistes. tels que des alcoolates alcalins.1. Elles se situent d’abord au début du process. Heureusement. voire automatisée. 258 . Contrairement aux premières impressions. Les solutions sont disponibles et très variées.3. les expositions instantanées qui en résultent sont bien au-delà des valeurs limites. comme l’ont montré certaines études2. un système clos devient ouvert et ne dispose pas de toutes les protections qui devraient logiquement être en place.2. Même une exposition d’un niveau négligeable ne peut être tolérée pour de tels produits.5. à tort ou à raison. La première mesure est donc de bien connaître les valeurs limites d’exposition d’activité. On peut consulter en particulier : La prévention du risque toxique lié à la fabrication des médicaments. note technique n˚ 21. à condition de respecter le principe de ne pas soumettre une poudre à un mouvement à l’air libre. ne serait-ce que par respect de l’assurance qualité de haut niveau qui est exigée dans cette industrie.2 Industrie chimique et pharmaceutique l’intégration de la maintenance dans la conception de l’installation. les modalités pour établir ces valeurs ainsi que leur classement sur une échelle de danger ont fait l’objet d’un accord au sein de la profession1. m Particularités de la production pharmaceutique La fabrication pharmaceutique comporte des opérations physiques parfois complexes destinées à présenter un principe actif dans une formulation particulière. Il faut alors repérer les quelques failles dans le système clos qui pourraient occasionner des expositions sensibles. Des facteurs tels que la complexité des chaînes de production ou le respect des procédures qualité exercent une pression sur les interventions et peuvent conduire à des prises de risques. Une machine de production brusquement arrêtée contient parfois des quantités importantes de produit en cours de transit. L’expérience montre que le risque majeur d’exposition aux principes actifs se présente lors des interventions de maintenance et surtout de dépannage. L’efficacité recherchée doit être très élevée quand on sait la faiblesse des doses actives de certains principes. la valeur ajoutée de ces produits autorise les investissements correspondants. Ce constat dicte la principale mesure de 1. Le niveau de danger du produit est déterminant dans le choix du type de transfert. Risques d’exposition aux principes actifs pharmaceutiques et médicaments. beaucoup de solutions sont possibles pour utiliser des poudres sans risque. ou des transferts. Comme indiqué à la fin du paragraphe 2. DMT (dossier médico-technique) 75 TC 69. c’est pourquoi cette industrie expose plus particulièrement ses opérateurs à des poussières. En effet. en cas d’incident de fonctionnement. ce qui conduit pratiquement à imposer le système clos sur tout le cycle de fabrication. Une fois le problème bien posé. si des mesures spéciales ne sont pas prises. 2. mécanisée. des pesées. exprimées en mg par m3. La production est d’ailleurs très largement confinée. La plus grande partie des principes actifs sont obtenus sous forme pulvérulente. certaines ayant été évoquées au paragraphe 5.

2 Accidents En plus des risques classiques d’exposition massive et d’incendie-explosion. La méthodologie dit qu’il faut d’abord utiliser des produits moins dangereux. il est relativement aisé de réaliser des tests en laboratoire plus ou moins normalisés.2. alors que la présence humaine décroît en sens inverse. Ce principe est à la base de la conception de l’espace de production par cercles concentriques à risque décroissant. Notons qu’il n’existe pas de phrase de risque générale « forte réactivité ». 259 . les données risquent de manquer pour situer ces dangers. Il faut ajouter les dangers d’inflammabilité. En fait. 2006. s’il paraît simple et efficace. Pour les dangers physico-chimiques. repousse en fait le problème au niveau du système de ventilation et filtration. Dunod. avec ou sans emballement de réaction. ou à un ré-étiquetage. Cela revient à concevoir les installations de façon à rendre improbable la présence humaine en zone dangereuse. à savoir une AMDE approfondie des installations. selon le schéma suivant : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. d’instabilité et de toxicité aiguë. Pour certains intermédiaires. – comment organiser les interventions en toute sécurité. le but étant d’avoir une information suffisante pour prendre une décision. mais il n’est pas interdit d’en créer une en « interne ». pouvant conduire à une ouverture imprévue du système suivie de projections. d’émanations massives et d’explosions. dont il sera possible de déduire : – quels dispositifs d’élimination des produits contenus sont à intégrer dans les équipements .5 • Applications particulières 5. 5. la particularité venant du déclencheur. Risque faible Risque négligeable Présence permanente possible Présence occasionnelle Risque élevé Présence exclue en fonctionnement Figure 5. La démarche de prévention intègre donc cet aspect. Ces tests doivent conduire à un étiquetage. on reste dans le cadre de deux types classiques d’accidents chimiques. Nous rappelons à cette occasion que le captage des poussières. Notamment le Guide du risque chimique.2 Industrie chimique et pharmaceutique prévention. de tous les produits. m Le confinement La phase suivante consiste à éviter les situations dangereuses. Il consiste en une perte de contrôle du procédé. Certains ouvrages1 fournissent des outils pour y parvenir. l’industrie chimique doit faire face au risque d’accident de process. de réactivité.12 – Principe de confinement dans la conception des locaux 1. qui se situe dans la maîtrise du process. même temporairement isolés. Mais ici la liste des dangers à prendre en compte est plus large que dans le cadre de la prévention des expositions.

par exemple.5 • Applications particulières 5. Les études doivent aussi permettre de juger de l’efficacité des manœuvres de rattrapage d’incidents. m La maîtrise des procédés Il faut ensuite réduire la probabilité des événements dangereux.4. • emballement de la réaction . en fonction des niveaux de risque. • montée rapide en pression . – La zone à risque faible correspond à un local technique permettant la maintenance en fonctionnement. il ne doit y avoir personne dans les locaux de production en fonctionnement. qui. des communications par sas. • pilotage à vue. alors que la meilleure solution est de les rendre le moins probables possible. à savoir : ne provoquer aucun dommage humain en cas de survenue d’un événement dangereux dans le process. • décompression brutale et arrivée d’air dans le réacteur . font chuter la probabilité et la gravité du dommage final. L’arbre. EXEMPLE : Reprenons l’exemple (étude de cas n˚ 3) de l’accident de process décrit pour illustrer la méthode de l’arbre des causes au paragraphe 2. avec. une fois établi. de confinement ou de refroidissement rapide. Nous allons voir que le système intrinsèquement clos réalise facilement cet objectif. La réalisation pratique doit respecter l’objectif de cette solution. Cela suppose des séparations physiques efficaces entre les zones. ce principe pouvant être qualifié « d’assurance sécurité ». 260 . surtout si l’on ne peut pas supprimer une situation dangereuse. Cela veut dire d’abord sécurisation du process. – La zone à risque élevé correspond aux installations de production. • débit de réactif très supérieur à la consigne . dans la chimie lourde et la chimie très fine. Le respect de cette règle passe par un haut niveau d’automatisme ou de télécommande. d’extinction intégrée.2 Industrie chimique et pharmaceutique – La zone à risque négligeable correspond par exemple à une salle de contrôle ou à des bureaux. Mais tous ces dispositifs ne relèvent que de l’interruption d’événement. ne laissant ainsi pas de part à l’improvisation. Le principe d’interruption du scénario dangereux comporte de nombreuses solutions. Combien de modes opératoires indiquent. avait montré six facteurs principaux ayant concouru à la survenue de l’accident par brûlure grave : • nouvel opérateur en charge de la réaction . mais seulement en partie. On retrouve ici la même logique que pour le fonctionnement en assurance qualité. Nous en percevons la principale difficulté : dès que le niveau de risque est non négligeable.5. une température de réaction à respecter et précisent les conséquences des écarts de cette température ? L’expérience montre en effet que le respect absolu d’une consigne est impossible et que les opérateurs s’autorisent obligatoirement une marge d’erreur. ce qui suppose des investissements importants. on peut citer tous les systèmes intelligents de surveillance de process. il faut engager toutes les études adéquates afin d’identifier les paramètres critiques et surtout les intervalles de confiance. qui malheureusement consiste souvent à pénétrer en zone dangereuse. Cette solution se rencontre. de décompression instantanée et de confinement des projections. Dans cette catégorie. Pour y arriver. mises en place simultanément. de blocage de réaction.

Ce point est une occasion de remettre en cause le recours systématique au verre comme matériau de base du matériel de chimie. • Un inertage à pression positive maintenue évite toute formation d’atmosphère explosive. On peut aussi procéder par calcul. la résistance chimique et thermique et la transparence. qui sont utilisables depuis le laboratoire grâce aux dernières technologies disponibles. qui peut toutefois très bien encadrer un débutant dans le poste. si cela doit l’être encore. les propriétés du borohydrure de sodium conduisent à imaginer facilement ce type de dérive de réaction. www. diffusée par l’ASTM (American Society of Testing Materials). en négligeant son principal inconvénient : 1. afin d’alerter précocement de tout début de dérive. et non pas reposer sur un repère de réglage de la pompe. très classiques. 261 . • Un débit précisé dans un mode opératoire doit faire l’objet d’une mesure en continu. L’exemple précédent démontre. – différence entre l’enthalpie de composition et de décomposition . grâce à la méthode CHETAH1. À chaque critère correspondent trois niveaux de danger : faible. suggèrent globalement que l’analyse de risque sur cette réaction n’avait pas été faite au préalable. du laboratoire jusqu’aux équipements industriels. du moins quand une possibilité de dégagement gazeux existe. • Les réactions dangereuses sont réalisées en espace confiné et leur pilotage est assuré à distance à partir d’un local protégé. Cette analyse préalable permet de concevoir le montage destiné aux essais qui va intégrer des mesures pour tous les événements dangereux envisageables.org. Son succès repose sur deux avantages.2 Industrie chimique et pharmaceutique Ces facteurs.astm. – le bilan d’oxygène (possibilités d’auto-oxydation de la molécule) . – une équation empirique basée sur la masse moléculaire et le nombre d’atome dans la molécule. Cela suppose des plans d’expériences. Une telle analyse aurait permis de mettre en place les quelques mesures correspondantes qui auraient rendu l’accident impossible : • La conduite de la réaction est à réserver à une personne expérimentée. d’évaluer a priori les risques dus à la réactivité des composés et des réactions chimiques sans avoir à recourir à l’expérience. L’objectif de sécurité est en fait double : sécurité des essais en cours et sécurité du procédé industriel à terme. • Des capteurs de pression et de température doivent être placés dans le réacteur et dans les conduites de vapeurs. L’analyse de l’ensemble des critères permet d’évaluer le danger du composé ou du mélange. qui permet. En particulier. m Le développement des procédés © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. • Des soupapes tarées de décharge de pression sont installées pour éviter une rupture trop rapide du disque. notamment dans la chimie fine. élevé. à partir de la seule connaissance des formules chimiques. Une seule de ces mesures aurait empêché l’accident de se produire et l’ensemble des six mesures empêcherait tout autre accident. La réactivité et l’instabilité d’un composé ou d’un mélange de réactifs sont estimées à partir des 4 critères suivants : – enthalpie de décomposition . Le premier objectif demande de connaître tous les paramètres influents et d’en mesurer les effets. Ces mesures s’inspirent des principes de confinement et de pilotage à distance. moyen. la nécessité d’intégrer la sécurité dès la recherche et le développement des procédés.5 • Applications particulières 5. Chemical Thermodynamic and Energy Hazard Evaluation.

notamment par effet de masse et par une faible efficacité du refroidissement. distillateurs et autres sécheurs. on a tendance.ecologie. La solution est le recours au process en continu. Elle a aussi des inconvénients. à en faire une extrapolation directe. il a publié un recueil de recommandations1. que l’on règle pour que la réaction atteigne le rendement recherché. En effet. même après un développement pour optimiser les traitements. survenu dans un réacteur contenant des chloro-phénols.5 • Applications particulières 5. Cela suppose une installation pilote. en adaptant le mode opératoire de laboratoire au matériel disponible : réacteurs. l’expérience acquise. gnc 262 . il est utile de vérifier comment le procédé réagit au pilotage à distance. Ce changement n’est pas toujours facile. implanté à Lyon. s’intéresse particulièrement aux accidents de process. C’est ce type d’effet. qui signifie qu’on accumule une importante masse réactionnelle dans un réacteur. non fragiles. parce qu’il n’est pas uniquement technique. très souvent inférieures au kilogramme. et en remplaçant la vision humaine par des informations issues de capteurs. On peut alors utiliser un volume réactionnel sans commune mesure avec les quantités produites et obtenir un meilleur contrôle des paramètres réactionnels. ce qui limite les investissements. En collaboration avec les représentants de l’industrie de chimie fine et les autorités compétentes. Dans ce type de réacteur continu. a pour effet de décupler la gravité d’un incident. Rappelons que « le continu » consiste à conduire une réaction dans un petit volume continûment renouvelé par un flux de réactifs. la production « par batch ».fr/barpi_stats. Une fois tous les paramètres de conduite du procédé fixés et le génie chimique appliqué. Le Bureau d’analyse des risques et pollutions industrielles (BARPI). la production industrielle est rapidement disponible.2 Industrie chimique et pharmaceutique la fragilité. d’autre part. etc. le matériel reste assez polyvalent. il faut l’éviter. sa complexité. filtres. Cela signifie que les opérations sont réalisées sur de petites quantités. en utilisant d’autres matériaux. Si la masse est un facteur aggravant du risque. mais celui qui nous intéresse ici concerne la sécurité. qui est à l’origine de la catastrophe de Seveso en Italie. ainsi qu’aux entrées et sorties des agents chimiques. Lorsqu’on décide de passer en production industrielle. dans les petites structures. http://aria. Il implique une évolution dans le comportement des chercheurs. Il est aujourd’hui possible et indispensable de supprimer ce risque. Le deuxième objectif est de tester les mesures de prévention du stade industriel. dont l’échelle est déterminée par divers facteurs tels que la taille de l’installation finale. 1.gouv. au passage en continu. le rapport entre le débit et le volume détermine un temps de séjour moyen. Cette méthode comporte des avantages : d’une part. dont les titres de chapitres sont : – Procédé (recommandations 1 à 7) – La conception et la réalisation des installations (recommandations 8 à 27) – L’exploitation des installations (recommandations 28 à 36) – Le facteur humain (recommandations 37 à 42) m Les procédés continus Un procédé de fabrication chimique prend presque toujours naissance dans un laboratoire. par exemple la productivité réduite.

Il s’agit de la fabrication de phosphate d’alumine. Même si l’on reste sur un procédé discontinu. Il fallait dissoudre le phosphate dans l’eau au préalable. à condition de connaître tous les paramètres influents. de qualité pharmaceutique. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. si malgré tout le risque incendie et explosion demeure. il était fabriqué en faisant réagir une solution de phosphate trisodique avec une solution de sulfate d’alumine. tant chroniques qu’accidentels. En particulier. le pilotage à distance autorise le système clos. Les obstacles au développement de ce principe sont plutôt d’ordre comportemental. m Le pilotage à distance Confiner la zone dangereuse suppose que les commandes et les mesures indispensables soient réalisées à distance. et les purges préalables du système sont d’autant plus faciles avec une installation travaillant en continu. Ainsi. Bien entendu. Les technologies correspondantes sont très évoluées tout en étant facilement disponibles. un mode opératoire est parfaitement reproductible. où sa production était relativement réduite. ce qui est souvent la règle. ce qui en fait la réponse idéale pour la maîtrise des risques. Cette méthode. Les avantages du pilotage à distance sont nombreux. outre la sécurité en cas d’incident. très simple et bon marché. sa résistivité. tels que la viscosité du milieu. EXEMPLE DE PASSAGE D’UN PROCÉDÉ AU CONTINU : Cet exemple illustre à la fois le passage au continu d’un procédé initialement en batch et l’utilisation d’un système intrinsèquement clos. etc. Si l’on peut passer à un système intrinsèquement clos. Il ne reste ensuite qu’à choisir les bons capteurs et les bons actionneurs pour piloter les réactions sans être au contact du matériel. L’électronique offre des possibilités de surveillance continue des paramètres invisibles. Enfin. Des réactions peuvent être totalement gérées par un automate. sachant que la vision peut même être substituée au besoin par de la vidéo. et cela pour une qualité variant 263 . et le sulfate d’alumine en solution. il apporte une réponse efficace au problème posé par les atmosphères explosives. il n’y a plus de zone atex. Pendant des années. Mais une fois mis au point et stabilisé.5 • Applications particulières 5. était néanmoins coûteuse en main d’œuvre. il est possible de prévoir de l’inertage ou des moyens d’extinction massifs dans un local où aucune présence humaine n’est tolérée en fonctionnement. son absorption en ultraviolet. selon le schéma suivant : 2 Na3PO4 + Al2 (SO4) 3 = 2 AlPO4 + 3 Na2SO4 Le phosphate d’alumine précipite sous forme colloïdale et doit être filtré (difficilement !) et lavé. il est possible de conserver le principe d’isolement de la zone dangereuse. qui est l’obsession des services de sécurité de l’industrie chimique. c’est pourquoi il faut estimer son intérêt sur le long terme. son pH. une meilleure maîtrise du procédé et donc une parfaite reproductibilité. Cette richesse de mesures fait que le pilotage à distance des réactions apporte.2 Industrie chimique et pharmaceutique Cette solution permet en outre de travailler en système intrinsèquement clos. objectif final de la sécurité avec des agents chimiques dangereux. que le process soit continu ou discontinu. Les avantages sont tellement importants que ce principe mérite d’être déjà appliqué au stade des études en laboratoire et du développement. car les chimistes utilisent beaucoup l’information visuelle pour piloter les réactions. le process continu n’est pas toujours possible et nécessite des études lourdes et souvent coûteuses. Le phosphate trisodique était livré en sacs. avec des conditions de travail pénibles.

5 • Applications particulières

5.2 Industrie chimique et pharmaceutique

d’un batch à l’autre. La précipitation très épaisse du phosphate d’alumine rendait son homogénéité aléatoire sur des batch de plusieurs tonnes. Des études, provoquées par le développement de ce principe actif, ont conduit à revoir complètement le procédé dans le but de le rendre continu. Pour cela, il fallait évidemment des réactifs uniquement liquides. Il n’a pas été difficile de trouver du sulfate d’alumine en solution, puisqu’il est produit principalement sous cette forme. Quant au phosphate trisodique, il a été tout simplement remplacé par ses précurseurs, à savoir de l’acide phosphorique et de la lessive de soude, tous deux concentrés. Le mélange des trois produits, selon un mode opératoire plus difficile à mettre au point qu’il ne paraît, donne effectivement un phosphate d’alumine de très bonne qualité. Le passage au continu était dès lors possible, moyennant le développement d’un réacteur continu de forme annulaire, équipé des systèmes de contrôle-commande adéquats. Entrent simultanément dans ce réacteur d’une part un mélange d’acide phosphorique et de sulfate d’alumine, d’autre part la solution de soude. Il en sort en continu une suspension de phosphate d’alumine, que l’on envoie sur un filtre continu. Le mélange initial acide est bien sûr préparé par batch de grand volume, ce qui permet de déterminer un numéro de lot pour le produit final formulé, indispensable pour le suivi qualité. Cette installation mono-produit est complètement close, et n’est arrêtée et ouverte que pour la maintenance annuelle.
phosphate d’alumine

acide phosphorique + sulfate d’alumine

Réacteur en boucle

soude

Figure 5.13 – Schéma de fabrication du phosphate d’alumine en continu Le gain réalisé en matière de prévention est considérable, aussi bien pour les expositions que pour les accidents. Comme c’est souvent le cas avec ce système, un gain de qualité et de régularité a aussi été observé, sans parler de l’amélioration des conditions de travail, puisque toute manutention a pratiquement disparu, du moins au stade de la production chimique.
m Particularités du stockage des produits

Les établissements de production chimique, et ils ne sont pas les seuls, se caractérisent par la quantité, la diversité et le niveau de danger des produits qu’ils sont amenés à stocker, en amont comme en aval de la fabrication. Cette situation dangereuse exceptionnelle appelle des mesures renforcées de prévention. La première, qui applique le principe d’éloignement, consiste à constituer un parc de stockage pour les emballages unitaires et un autre pour le vrac. Selon les dimensions utiles et la nature des produits, ces parcs peuvent être plus ou moins abrités des intempéries. Situés à une distance de sécurité des ateliers, ils leur sont reliés par un rack de tuyauteries, conçu pour faciliter la maintenance. Ils sont agencés par famille de compatibilité et la signalisation en est particulièrement soignée, tant pour l’identification
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5 • Applications particulières

5.2 Industrie chimique et pharmaceutique

des produits que pour les dangers associés. Les rétentions sont réalisées pour bien protéger de tous les risques de projection, comme détaillé au paragraphe 5.1.2. De telles installations de stockage supposent des mouvements de véhicules fréquents : des véhicules routiers en amont et des chariots élévateurs en aval. Le croisement de ces deux groupes de véhicules doit être impossible en fonctionnement normal. Pour les emballages unitaires, les aires de manœuvre sont largement dimensionnées, notamment pour pouvoir réaliser des rampes de franchissement des murets de rétention avec une pente modérée. Le schéma suivant montre certaines des recommandations évoquées.
sprinkler luminaire

portes pare-flammes

palettiers jumelés informations

rampes pour rétentions

Figure 5.14 – Schéma général d’un local de stockage sur palettiers

Les emballages unitaires peuvent aussi être stockés à l’air libre, lorsqu’ils résistent bien aux intempéries. Les aires de stockage de ce type sont très simples ; elles doivent simplement être en rétention, avec les rampes de franchissement.

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Figure 5.15 – Rampe de franchissement d’une rétention

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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique

L’inconvénient de cette formule est que les rétentions se remplissent en cas de pluie. La solution qui consiste à équiper les points bas d’une vanne de vidange n’est pas à retenir, en raison de la possibilité d’oubli de fermeture. Il est préférable d’équiper les puisards d’une tubulure d’aspiration permettant à une pompe mobile de procéder à la vidange autant que de besoin. Une meilleure solution est de couvrir toutes les aires de stockage, en constituant des cellules spécialisées, accessibles par une rampe. Pour gagner en capacité de rétention, il est aussi préférable de placer les emballages sur un caillebotis recouvrant la rétention.

Figure 5.16 – Cellules de stockage sur caillebotis

Le parc à citernes est également conçu pour faciliter les approvisionnements et les interventions de secours. En particulier, il dispose d’aires de déchargement (ou dépotage) en rétention, comme le montre le schéma suivant :

auvent passerelle

vers capacité de rétention

Figure 5.17 – Aire de dépotage

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5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

Le dépotage de liquides dangereux est toujours une opération à risque élevé d’incendie et de projections. Ce poste doit être équipé en conséquence, avec une signalisation évitant les erreurs de branchement des tuyaux et un dispositif de recueil des égouttures. Toutes les mesures de suppression des sources d’ignition sont primordiales compte tenu des quantités en cause, et en particulier les dispositifs de mise à la terre des citernes. Pour les substances les plus inflammables, il est recommandé de les stocker dans des cuves enterrées. Le niveau réel de liquide dans les citernes est une autre source d’erreurs conduisant à des débordements, dont les effets nuisibles sont nombreux. D’où les recommandations suivantes : – une indication de niveau bien visible depuis le poste de dépotage ; – une indication de niveau redondante fonctionnant de façon autonome : soit à flotteur et contrepoids, mais l’information est alors inversée, soit à tube de niveau, mais elle est moins visible et plus fragile ; – un tube de trop-plein bien dimensionné pour conduire l’excédent éventuel au fond de la rétention. Les citernes de stockage demandent parfois des interventions à l’intérieur, ce qui présente plusieurs risques évidents. Une mesure efficace consiste à prévoir sur les citernes, outre le trou d’homme classique, une trappe de visite dans le bas, à hauteur d’homme, comme les cuves de vinification en possèdent. Cette ouverture ainsi placée facilite grandement la ventilation, la pénétration, la sortie d’urgence, l’intervention de secours, l’introduction d’outillage, etc. La réticence vis-à-vis de ce dispositif est motivée par la crainte de fuites, mais ce n’est pas un problème insurmontable.

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Figure 5.18 – Trappe de visite – Recueil des égouttures

5.3 Traitements de surface
Le cas des traitements de surface, dans le sens le plus large, est probablement l’un des plus difficiles en prévention du risque chimique et il est assez rare de trouver une solution pleinement satisfaisante. Cependant, notre méthode permet de s’en rapprocher le mieux possible, sachant que la meilleure des préventions reste celle qui est effectivement appliquée. Il vaut donc mieux une mesure de prévention d’efficacité limitée
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5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

mais toujours présente qu’une mesure idéale mais souvent absente. Deux grandes familles d’activités relèvent du traitement des surfaces.
5.3.1 Surfaces fixes

Les surfaces que nous appelons fixes sont principalement celles des bâtiments construits. Les traitements qu’on leur applique sont la peinture et autres revêtements, les décapages, et un certain nombre d’autres traitements physiques ou chimiques. Ce domaine comprend aussi de grandes surfaces immobiles en pratique, comme les navires, qui d’ailleurs s’appellent parfois bâtiments… Le problème spécifique posé par cette activité est qu’elle est à la fois très émissive et très largement manuelle, donc très exposante. Le produit dangereux est appliqué à l’aide d’un outil – pinceau, rouleau, spatule, pistolet, etc. L’opérateur se tient face au support qu’il traite, c’est-à-dire qu’il y a en général moins de 1,50 m entre l’ensemble support traité, point d’émission du produit et voies respiratoires. En outre, la dimension des surfaces et la mobilité requise de l’opérateur rendent inapplicables les techniques habituelles de protection collective, comme le confinement de la source d’émission ou son captage local. En pratique, c’est le port de protections individuelles qui a été considéré comme l’unique solution, avec l’efficacité que l’on sait. En outre, le caractère temporaire des chantiers du bâtiment n’autorise pas facilement les solutions de prévention que l’on peut rencontrer dans les établissements fixes. Nous allons examiner ce que notre méthode peut apporter dans ce domaine. Le recours à la suppression du produit dangereux doit venir en premier. Des produits dangereux ont disparu des préparations disponibles sur le marché parce que la menace sanitaire a été mise en évidence assez précocement. C’est le cas des éthers de glycol, classés CMR. Pour certains autres produits dangereux, la substitution en est encore à l’état de recherches. On peut citer deux cancérigènes : la 4,4’-méthylène-dianiline (MDA), utilisée pour les résines époxy, et l’acrylamide, pour des résines utilisées en injection. C’est dans le domaine des peintures et des revêtements que la substitution a le mieux fait son chemin. La plupart des produits solvantés, dont la consommation nationale se comptait en milliers de tonnes, ont en effet trouvé leurs remplaçants, en l’occurrence des produits hydrodiluables. Ces peintures, principalement de la famille des acryliques et vinyliques, sont largement répandues dans les produits « grand public ». La disparition des solvants les plus volatils de leur formulation a, en outre, rendu leur utilisation moins désagréable. Notons que la réduction importante de l’exposition par voie respiratoire, sauf dans l’application par pulvérisation, s’accompagne de la disparition du risque incendie-explosion. Cet avantage est considérable, notamment pour l’application en espaces plus ou moins confinés. C’est pourquoi la mise au point de telles émulsions s’est poursuivie, et on peut maintenant trouver ces produits hydrodiluables dans des familles telles que les époxy et les polyuréthannes. Bien entendu, une telle substitution ne conduit qu’à une réduction de risque, puisqu’il reste un grand nombre de substances présentant des dangers variés dans leur composition, ce qui nécessite d’éviter les contacts cutanés. Autres inconvénients :
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5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

le nettoyage du matériel plus difficile et une pollution préoccupante des eaux utilisées pour le nettoyage et parfois pour le captage des aérosols en cabine. Comme toujours, une recherche de substituant doit faire l’objet d’un bilan avantages/inconvénients, qui n’est valable qu’au cas par cas. Ainsi, un produit solvanté pourra être préféré si, dans certaines conditions, les risques peuvent être parfaitement maîtrisés et au final être inférieurs à ceux d’un produit hydrodiluable. Pour illustrer ce point, citons le cas du remplacement de l’application d’un produit hydrodiluable sur un chantier de pose de panneaux de parement par la pose de panneaux pré-peints en atelier spécialisé, mais avec un produit solvanté. Après la substitution vient la réduction des expositions. Cette solution s’impose quand le produit dangereux n’est pas appliqué, mais généré par l’activité. Dans ce domaine, on trouve essentiellement les poussières. Il faut d’abord essayer de supprimer le phénomène d’émission, qui est presque toujours lié à une action mécanique sur un matériau dur, la vitesse de l’outil étant à l’origine de la projection des particules. La solution à envisager consiste à réduire au maximum les vitesses des outils. Cela est parfois possible, pour tronçonner, percer, lisser, retirer une couche, etc., grâce à des outils spéciaux travaillant à basse vitesse, connus des professionnels. D’autres fois, il est possible de travailler « à l’humide ». Cela veut dire humidifier au préalable le matériau travaillé, ou envoyer un brouillard d’eau sur la zone d’émission des poussières. Cette technique est très utilisée en démolition et en retrait de matériaux contenant de l’amiante. Elle n’est pas parfaite et induit d’autres problèmes liés aux boues formées. À défaut d’une telle solution, il faut s’efforcer de tenir l’opérateur hors de la zone de présence des poussières. Deux possibilités s’offrent alors : – Si l’émission des poussières est localisée sur l’outil employé, il faut essayer de la capter à la source. On peut utiliser un outil aspirant, décrit précédemment. Il existe des ponceuses, des perceuses, ou des scies de ce type. Leur efficacité et leur ergonomie ne sont pas encore arrivées à un niveau satisfaisant, à en juger par la réticence des utilisateurs professionnels. Nous croyons pourtant que c’est un marché d’avenir. – Si l’émission est plus ou moins diffuse, on ne peut que la confiner dans un certain espace, dans lequel l’opérateur ne devra pas pénétrer. Il lui faut donc des moyens électromécaniques plus ou moins télécommandés. On peut illustrer ce principe par l’utilisation d’une enceinte mobile à appliquer contre une façade pour la sabler, ou celle d’un engin télécommandé dans un chantier de démolition. Le principe du captage des poussières dans une enceinte ventilée est assez bien répandu dans les établissements fixes, y compris ceux qui relèvent du secteur bâtiment, comme certains tailleurs de pierres. Nous pensons donc qu’il existe une « troisième voie » pour le problème de l’exposition sur les chantiers temporaires. Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’éléments à découper relativement manipulables, comme en couverture, en revêtement ou en parement, les opérations de découpe peuvent très bien se faire dans un local mobile préfabriqué, équipé dans les règles de l’art, et placé à proximité immédiate du lieu de pose. Nul doute que les conditions de travail ainsi améliorées auront des conséquences sur la qualité du travail, voire sa productivité. Il est même possible que les découpes soit prévisibles et planifiables,
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5 • Applications particulières

5.3 Traitements de surface

et donc réalisables en établissement fixe dans d’excellentes conditions. Encore faut-il se poser la question… Pour faire face aux principales causes d’accident chimique dans les métiers du bâtiment, à savoir intoxication, anoxie et incendie-explosion, on commence par agir sur les situations dangereuses. Comme les deux premières causes citées sont liées au travail en espace confiné, la première mesure à appliquer sera d’éviter toute source d’émission d’agent chimique pendant une présence humaine, ou son évacuation totale au fur et à mesure de sa production. Nous prendrons comme exemple un accident figurant dans la base de données INRS.
EXEMPLE D’INTOXICATION AIGUË :

Un ouvrier a perdu connaissance en posant une moquette en sous-sol non ventilé, ce qui nécessitait d’appliquer une couche de colle solvantée au perchloréthylène. Cet accident était facilement prévisible. On aurait pu utiliser une colle sans solvant, ou installer une ventilation provisoire dont le débit aurait été calculé pour éliminer le volume de vapeurs libéré par le séchage de la colle. Quand on connaît la composition de la colle, il est facile de calculer le volume théorique total de vapeurs susceptibles d’être émises. Calcul du volume théorique de vapeurs : 50 m2 recouverts d’une colle à 30 % de perchloréthylène, à raison de 300 g par m2, vont émettre 50 ¥ 300 ¥ 0,3/166 = 27 moles de solvant, qui vont occuper un volume de 27 ¥ 25 = 675 litres ou 0,675 m3. Si le volume du local est de 50 ¥ 2,5 = 125 m3, la concentration maximum finale en perchloréthylène sera de 0,675/125 = 0,54 % ou 5 400 ppm, soit 108 fois la valeur moyenne d’exposition (VME). Même si, en pratique, la concentration réelle est plus faible, parce que l’émission s’étale sur plusieurs heures et qu’il existe toujours un petit renouvellement d’air, le risque d’intoxication aiguë est bien démontré. Quel aurait été le débit d’air renouvelé nécessaire pour assainir suffisamment cet espace ? Pour une bonne marge de sécurité, nous prendrons comme objectif une concentration maximum en solvant égale au tiers de la VME, soit environ 16 ppm, sachant que l’émission des 675 litres de vapeurs est répartie sur les 3 heures que dure l’encollage. Débit = 0,675 m3 ¥ 1 000 000/16 ¥ 3 = 14 000 m3/h Ce calcul n’est valable qu’avec un captage bien placé par rapport à la source d’émission. Ce calcul, certes très théorique, montre que les débits de ventilation nécessaires sont toujours très élevés quand on choisit le principe de renouvellement d’air. À cet inconvénient s’ajoute celui de la pollution de l’environnement, qui n’est pas résolu.

5.3.2 Surfaces mobiles

Les surfaces mobiles sont celles des pièces et des objets, en métal ou en plastique, que l’on traite pour modifier leur aspect ou leurs propriétés. On y retrouve donc la peinture et autres types de revêtements, mais aussi les traitements en bains, électrolytiques ou pas. Dans les modifications d’aspect figurent la recherche du brillant, obtenu par le chromage ou le nickelage, la couleur, obtenue avec les peintures ou des reflets, eux-mêmes obtenus par anodisation ou chromatation. Dans les modifications de propriétés figurent le durcissement, le polissage, la résistance à la corrosion, obtenus par les techniques déjà citées pour l’aspect. Cette courte description, non exhaustive, permet de caractériser le problème du risque chimique dans les traitements en bains.
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qui devrait être remis constamment à jour. 4 4 3 Hydrocarbures Inflammable R10 Nocif R65 Solvants chlorés TétrachloréthyNocif lène R40 3 Très volatils Le trichloréthylène est classé CMR (R45) La deuxième composante du risque est l’exposition. Le cadmiage reste réservé à un marché restreint Niveau de danger réduit par la dilution Niveau de danger réduit par la dilution Nouveau classement dans la 30e ATP Surtout dangereux par acidification Surtout dangereux par acidification Cyanures Acide fluorhydrique 5 5 R26/27/28-35 R : 45-46-6061-25-2648/23/25 Cadmium 5 Acides Corrosif R35 4 Base Corrosif R35 R : 49-61-20/ 22-38-42/4348/23-68R : 22-31 R : 31-34 4 Sels de nickel Toxique CMR Nocif Corrosif 4 Bisulfites Hypochlorites © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Sans en faire un inventaire. mais aussi des conditions opératoires. Les émissions sont évidemment fonction de la volatilité des produits contenus dans le bain.3 Traitements de surface m Les risques du traitement en bain La première composante du risque est l’agent chimique dangereux. 271 .5 • Applications particulières 5. nous présentons les plus dangereux : Famille de produit Exemples Acide chromique Bichromate de potassium Cyanure de sodium Dangers Toxique CMR Corrosif Comburant Très toxique Toxique Corrosif Sulfate de cadmium Chlorhydrique Sulfurique Nitrique Soude Ammoniaque Sulfate de nickel Bisulfite de sodium Hypochlorite de sodium White-spirit Très toxique CMR Phrases de risque R : 45-46-924/25-26-3542/43-48/2362 R26/27/28 Cotation santé Remarques Chrome VI 5 Les dangers disparaissent à la valence III Surtout dangereux par acidification Surtout dangereux par pénétration percutanée. Le principe de travail au trempé dans une cuve est par nature très émissif.

Elles sont réduites par la dilution des produits en solution et par la couverture éventuelle des bains. Voir la brochure INRS Ateliers de traitement de surface – Prévention des risques chimiques. généralement sous-produits de réactions parasites. L’arrêté du 26 septembre 1985. qu’il s’agisse de vapeurs minérales ou organiques. se sont produits dans des stations de détoxication. Cette activité connexe génère à son tour des risques chimiques importants. parce qu’on est en présence d’un système largement ouvert et avec des mouvements de pièces qui posent un problème inhabituel. Ces activités autorisées sous la rubrique ICPE 2565 doivent désormais respecter l’arrêté du 30 juin 2006. mais il est à l’origine de gros dégâts matériels pendant les absences d’activité. par les courants d’air. les possibilités de substitution. Les risques accidentels sont très présents du fait de l’accumulation de substances réactives avec assez peu de confinement en général. les accidents les plus graves enregistrés. issue de contacts non maîtrisés avec des produits. Ce procédé. La spécificité apparaît dans le traitement en bains. à la gestion du stockage et à la conduite de la station d’épuration2. Le risque incendie est peu présent. il est toujours utile d’agir sur le niveau de danger. du moins pendant la présence humaine. de gaz. 272 . 2. les chromates intervenant dans des actions de conversion laissent espérer des substitutions possibles. La réglementation est d’ailleurs très contraignante dans cette activité1. On retrouve donc principalement des risques de projections et d’émanations massives provoquées par des mélanges dangereux. La première exposition est respiratoire. à la manipulation des produits pour préparer ou recharger les bains. Les métaux dangereux qui servent aux dépôts (chrome. d’autant plus que la compétence des personnes employées est souvent inadaptée à la chimie pure. sont assez limitées. c’est-àdire par substitution. Il s’agit principalement des risques liés aux dépotages de réactifs en vrac. qui ont été souvent explorées. dont des mortels. par la sortie des pièces du bain. ou d’aérosols produits par l’agitation. Le traitement des effluents liquides relève de techniques physico-chimiques assez complexes qui demandent en fait des stations d’épuration qui ont tous les caractères d’un atelier de chimie. 1. D’ailleurs. des pièces et du matériel souillé. nickel) ne le sont pas non plus par définition. s’avère effectivement très polluant pour l’environnement immédiat. Les acides et bases concentrés ne sont pas remplaçables par des produits moins dangereux. seule la valence 6 est dangereuse. qui régissait jusqu’à présent les installations de traitement de surface. Par contre. mais les essais de substitution par du chrome 3 ne donnent pas encore satisfaction.5 • Applications particulières 5. m Les mesures de prévention spécifiques Une grande partie des risques chimiques présents appellent les mêmes mesures que dans l’industrie chimique. La seconde exposition est cutanée. l’électrolyse ou les mouvements de pièces. surtout quand elle est réalisée par un bullage d’air comprimé. a été révisé. La plupart des établissements concernés assurent leur propre détoxication d’effluents. Dans un premier temps.3 Traitements de surface Elles sont activées par une agitation. Pour le chrome. ED 827. pour ne parler que des risques chimiques. Compte tenu des effets recherchés. dans sa conception traditionnelle. par l’électrolyse. Cette activité génère en outre des effluents liquides et gazeux très nuisibles pour l’environnement.

pour le chrome 6 comme pour les autres produits dangereux. Pourtant. INRS ED 651 2. la solution passe logiquement par l’approche du système clos. Guide pratique de ventilation n˚ 2.19 – Enceinte mobile pour la sortie et le transfert des pièces Ce système ne fonctionne correctement qu’avec une fermeture mécanisée et pilotée des cuves et avec le minimum de passage d’air entre l’enceinte et la cuve. Différentes solutions techniques existent . En définitive. devrait générer de nouvelles solutions. Ce schéma figure aussi dans la brochure INRS Ateliers de traitement de surface .5 • Applications particulières 5. la solution technique qui permet le passage d’objets sans rompre le confinement est connue depuis longtemps : c’est le principe du sas. la campagne de lutte contre les CMR. plus conformes à la méthodologie et aux textes réglementaires. lancée par les pouvoirs publics. en voici une2 : 1. Cuves de traitement de surface. ce qui est déjà beaucoup plus performant que la protection par aspirations latérales. il devient une enceinte mobile qui les prolonge au moment de l’entrée ou de la sortie des pièces. notamment pour le zincage.3 Traitements de surface Les cyanures sont déjà remplacés dans toutes leurs grandes applications. En dehors de ces mouvements. Voici le schéma correspondant : entrée d’air cadre porte-pièces aspiration © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. on ne peut concevoir qu’un système presque clos. qui s’est répandue dans les ateliers depuis des années. Ils restent toutefois indispensables dans les dépôts de métaux précieux (or et argent). qui restent alors confinées. ED 848. Ce principe a été décrit dans le guide de ventilation que l’INRS a élaboré pour l’activité du traitement de surface1. Or. les cuves doivent évidemment rester fermées et ne s’ouvrir qu’en présence de l’enceinte mobile. 273 . qui représentent de petites productions. Compte tenu du mouvement des pièces. Appliqué aux cuves de traitement de surface. Figure 5.Concevoir en sécurité intégrée.

ce concept réunit les avantages suivants : – L’ensemble cuves et pièces traitées est presque totalement confiné et en dépression. sous courant descendant et avec un rinçage éventuel par pulvérisation. – Le débit de ventilation requis pour chaque cuve est égal au dixième de celui requis pour la même cuve ouverte avec aspiration bilatérale.20 – Schéma montrant la jonction entre l’enceinte mobile et les cuves avec couvercles Ces deux contraintes techniques. C’est une idée fausse.5 • Applications particulières 5. – Les bains sont eux-mêmes protégés de toute introduction accidentelle d’un corps ou produit étranger.3 Traitements de surface système de levage du cadre cadre en position immergée couvercles articulés gaines d’aspiration Figure 5. car la flexibilité est apportée par l’automate. Pourtant. qui ajoute une grande 274 . – Quand l’enceinte quitte une cuve. On peut penser qu’il n’est pas compatible avec de petites productions très flexibles. celle-ci est déjà refermée et ventilée. ont certainement freiné son développement. l’enceinte permet de procéder à l’égouttage. Un tel équipement n’a été mis en place que sur quelques unités importantes. – Le personnel est à l’abri de toute exposition respiratoire ou cutanée. qui impliquent l’utilisation d’un automate. un tel équipement doit être prévu dès la conception d’un atelier et ne peut s’adapter qu’exceptionnellement à une ligne de cuves existante. – Les pièces se déplacent de cuve en cuve sans sortir de l’enceinte. Cela est donc conforme à la réglementation concernant les CMR. Bien sûr. – À la sortie des pièces.

demandent le même type d’équipement. soit à des unités de traitement communes à un groupement d’entreprises. Ces deux systèmes ne dispensent pas de la maintenance des bains. Dans ce cas. Nous l’avons déjà dit. Il est vrai que le respect scrupuleux de ce principe alourdit encore l’investissement déjà très lourd d’une station physico-chimique pour des ateliers de traitement de surface de taille majoritairement réduite. Les cuves sont closes. filtration. Une solution comparable est possible pour de petites unités. ou même. c’est-à-dire les apports de produits chimiques. c’est un atelier de chimie et il doit être traité intégralement comme tel. selon le schéma suivant : aspiration Figure 5. 275 . à condition que les émanations de tous les bains d’une ligne soient compatibles entre elles.21 – Tunnel ventilé © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. l’enceinte enveloppe toute la ligne des cuves. Il s’agit du confinement par tunnel.3 Traitements de surface reproductibilité des résultats. Les dégraissages de pièces par solvants. tels que chauffage. Quant à la station d’épuration. Des ouvertures sont possibles le long de la ligne pour les diverses interventions nécessaires. les mouvements de pièces sont mécanisés. Le tunnel permet tout aussi bien de limiter les débits de ventilation et de protéger le personnel. L’entrée d’air se fait alors par les extrémités du tunnel. qu’ils soient chlorés ou inflammables.5 • Applications particulières 5. un progrès technique impose toujours une modification de l’organisation du travail. refroidissement. – Les mises en solution se font hors cuves. La prévention des risques importants qui sont liés à cette activité doit s’inspirer de celle que l’on pratique dans l’industrie chimique. dans un récipient spécialement équipé dans ce but. qui sont équipées d’aspirations latérales. C’est pourquoi la solution qui nous paraît la plus rationnelle est de sous-traiter cette activité soit à des entreprises spécialisées. plus simplement. mais avec l’inconvénient d’un transport de matières dangereuses. se font autant que possible à l’extérieur de la cuve par circulation dérivée. avant le transfert de la solution préparée. – Les traitements physiques du bain. Cela veut dire concrètement : – Tous les transferts se font par pompes et canalisations fixes. les vapeurs sont piégées par condensation et l’ensemble est maintenu en dépression. d’un ou deux points d’aspiration. les remplacements et déplacements de bains et l’élimination de ceux qui sont usagés.

C’est pourquoi la classification réglementaire dans ce domaine en est encore à ses débuts et ne prend en compte que des effets évidents.1 La notion de polluant Il faut prendre quelques précautions dans l’utilisation du mot pollution. des daphnies et des algues. comme les gaz volcaniques et tous ceux qui sont issus de fermentations naturelles. 5. pris en application de la directive 1999/45/CE modifiée. que l’on a tendance à considérer comme l’effet de la présence de tout ce qui n’est pas naturel. ou leur contenu vivant végétal. le sel est un polluant de l’eau des rivières alors qu’il ne l’est pas de la mer. On tient aussi compte de la biodégradabilité. La deuxième est celle des substances n’entrant pas dans les critères précédents. En voici l’état actuel. seule change la nature des dommages. mais 1 % de dioxyde de carbone en est une. Ainsi. m Réglementation européenne Il y a trois catégories de substances dangereuses pour l’environnement. parce que les études approfondies sont plus récentes et que les milieux cibles sont beaucoup plus complexes. La première est celle des substances dont le danger a été prouvé dans le milieu aquatique par des tests toxicologiques sur des poissons. les substances sont affectées d’une ou plusieurs des phrases de risque suivantes : 1. La troisième concerne les milieux non aquatiques.4 Protection de l’environnement La protection de l’environnement vis-à-vis des agents chimiques répond exactement à la même méthodologie que la santé et la sécurité humaine . De même.5 • Applications particulières 5.4 Protection de l’environnement 5. D’autres sont produits naturellement.4. Voir l’arrêté du 9 novembre 2004. En fonction des différents critères fixés par les textes1. Or. Ils ont en effet de nombreuses composantes. Il faut donc considérer comme pollution toute présence d’une matière qui est étrangère à l’écosystème considéré et qui est éventuellement susceptible de modifier son équilibre. La connaissance de ces effets est beaucoup moins développée que pour la santé humaine. Nous allons le vérifier en reprenant les principales étapes de la démarche. du coefficient de partage octanol/eau et du facteur de bioconcentration. ont une origine strictement naturelle. comme l’amiante ou les métaux toxiques et nombre de substances végétales. animal et microbiologique. parmi les plus dangereux. 276 . 1 % d’argon dans l’air n’est pas une pollution. mais dont on peut supposer une toxicité aquatique. telles que les natures chimiques et physiques. donc dangereux. beaucoup de polluants. La première notion à considérer dans le mécanisme de pollution est le danger des agents chimiques pour l’environnement.

1. L’étiquetage de la première et de la troisième catégorie de substances porte en outre un unique symbole de danger : N . – toxicité chronique pour le milieu aquatique. – dégradation (biologique ou non biologique) des composés organiques . Voici le tableau qui résume les règles d’étiquetage : 277 .5 • Applications particulières 5. Les éléments qui déterminent le classement sont les suivants : – toxicité aiguë pour le milieu aquatique . En fonction des différents tests. l’une pour la toxicité chronique et l’autre pour la toxicité aiguë. Nocif pour les organismes aquatiques. Toxique pour la faune. Dangereux pour la couche d’ozone. Le nombre de catégories n’est pas le même pour les deux sous-classes. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique. la partie consacrée à l’environnement (n˚ 4) ne prévoit pour le moment que la toxicité pour le milieu aquatique. dans la classe 4. il est possible de déterminer la catégorie de danger qui reflète son niveau. Celle-ci comporte deux sous-classes.22 m Système Général Harmonisé © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Toxique pour les abeilles.4 Protection de l’environnement R50 R51 R52 R53 R54 R55 R56 R57 R58 R59 Très toxique pour les organismes aquatiques. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement. – bioaccumulation potentielle ou réelle . Toxique pour les organismes du sol. Toxique pour les organismes aquatiques. Toxique pour la flore.Dangereux pour l’environnement Figure 5. Dans le SGH.

La codification des dangers est elle-même bien détaillée. entraîne des ques. comme le montre ce tableau. enques. entraîne des traîne des effets né.4 Protection de l’environnement Toxicité AIGUË Catégorie 1 Catégorie 2 Catégorie 3 Symbole Pas de symbole Pas de symbole Mention d’avertissement Mention de danger Attention Très toxique pour les organismes aquatiques Pas de mention d’avertissement Toxique pour les organismes aquatiques Pas de mention d’avertissement Nocif pour les organismes aquatiques Toxicité CHRONIQUE Catégorie 1 Catégorie 2 Catégorie 3 Catégorie 4 Symbole Pas de symbole Pas de symbole Mention d’avertissement Attention Pas de mention d’avertissement Pas de mention d’avertissement Pas de mention d’avertissement Peut être nocif à long terme pour les organismes aquatiques Mention de danger Très toxique pour Toxique pour les Nocif pour les orles organismes organismes aquati. entraîne des effets néfastes à long terme 278 . extrait de l’annexe 5 : Catégorie de danger 1 2 3 1 Code H400 H401 H402 H410 Mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Très toxique pour les organismes aquatiques Toxique pour les organismes aquatiques Nocif pour les organismes aquatiques Très toxique pour les organismes aquatiques.ganismes aquatiaquatiques.effets néfastes à effets néfastes à fastes à long terme long terme long terme Le SGH est très précis sur les critères de classement dans les différentes catégories et propose un organigramme de décision complet en fonction des résultats de tests ou autres données.5 • Applications particulières 5.

5 • Applications particulières 5. inspirée par le mot anglais Hazard. entraîne des effets néfastes à long terme Peut être nocif à long terme pour les organismes aquatiques Catégorie de danger 2 H411 H412 H413 3 4 m Code de l’environnement Le Code de l’environnement prévoit aussi un codage des propriétés dangereuses des déchets. En voici un extrait : Code H1 H2 H3-A H3-B H4 H5 H6 H7 H8 H9 H10 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. mais reprend les termes de la réglementation euro279 . entraîne des effets néfastes à long terme Nocif pour les organismes aquatiques. Le codage de l’environnement utilise la même lettre H que le SGH.4 Protection de l’environnement Code Mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Toxique pour les organismes aquatiques. Danger Explosif Comburant Facilement inflammable Inflammable Irritant Nocif Toxique Cancérogène Corrosif Infectieux Toxique pour la reproduction Mutagène Générateur potentiel de gaz toxique Générateur potentiel de polluant Écotoxique H11 H12 H13 H14 Ce tableau illustre malheureusement le problème du chevauchement des réglementations. reproduit dans l’annexe 12.

4. En conclusion. selon un principe assez différent de celui qui régit les VLEP. « nocif ». colles. alors que la cible est bien plus large. Dans l’air : Émissions de fumées et de gaz de combustion. Elles n’ont pas de valeurs universelles. l’eau et l’air. À ce sujet. vapeurs. mais dépendent du classement de l’activité. culturelles et psychologiques.5 • Applications particulières 5. La tolérance vis-à-vis de ces pollutions est un phénomène complexe qui a des composantes économiques. Dans l’eau : Évacuation d’eaux de lavage vers les rivières. Les trois milieux cibles jouent le même rôle que les voies de pénétration pour la santé humaine. La difficulté est d’intégrer les agents chimiques générés par l’activité : fumées. c’est-à-dire qu’une pollution n’atteint rarement qu’un seul milieu à la fois. etc. puisqu’ils prennent en général naissance dans l’activité. Quelques exemples illustrent cette définition : Dans le sol : Infiltration d’eaux de lavage. etc. émissions de nuages de poussières. rejets d’eaux de process. Il faut noter que les termes « irritant ». Une démarche de classement volontaire s’impose donc. etc. lessivage et ruissellement de surfaces traitées par des agents chimiques. Comme c’est l’environnement qui est exposé. dont fait partie l’espèce humaine dans tous les domaines de son activité. Elle se définit comme le contact entre un agent chimique et les trois milieux que sont la terre. qui peut être relativement facile avec un historique précis de la formation de ces rejets et effluents. déchets. rejets des systèmes d’assainissement des atmosphères de travail. complétés par quatre nouveaux.4 Protection de l’environnement péenne. poussières. retombées de poussières émises dans des activités industrielles. peut s’appuyer sur l’étiquetage européen. etc. Ces milieux incluent leur flore et leur faune. émissions par les procédés chimiques et thermiques. La réglementation des ICPE a introduit des valeurs limites. Mais cet étiquettage n’est pas disponible pour tous les rejets et effluents. du milieu de rejet et du flux de rejet1. nous l’appellerons pollution. voir l’arrêté du 29 mai 2000 : il a pour objectif de réduire les émissions de composants organiques volatils (COV) dans l’atmosphère. 5. la connaissance du danger pour l’environnement. 1. Il faut ensuite faire l’inventaire des pollutions chroniques existantes dans le domaine délimité pour l’analyse de risque. évaporation des solvants contenus dans les peintures.2 Le processus chronique La deuxième étape est la caractérisation de l’équivalent d’une exposition. traitement divers des cultures. Ils sont en général très interactifs. On peut rechercher les émissions par unités géographiques. 280 . rejets de déchets liquides et solides par des équipements et des engins dans le milieu aquatique de surface ou souterrain. Une méthode doit être choisie pour ne rien oublier. lessivage par la pluie de dépôts de matières plus ou moins solubles. « cancérogène ». « toxique pour la reproduction » et « infectieux » ne sont adaptés théoriquement qu’à l’espèce humaine. Une pollution chronique est l’introduction d’un agent chimique dans un milieu environnemental de façon continue et modérée. par procédés ou par produits. produits de nettoyage. qui est la première étape de l’analyse de ce risque. « mutagène ». « toxique ».

de vapeurs. ou enfin l’eau utilisée pour l’extinction d’un incendie. Ces aspects des dommages possibles montrent qu’ils dépassent largement le cadre strictement toxicologique. Les milieux naturels sont des systèmes complexes en équilibre. Il s’agit dans ces exemples d’effets directs sur la santé humaine. Mais la raréfaction de certaines espèces animales ou végétales n’a pas d’autre effet apparent qu’une baisse de la biodiversité. En fait. ou qu’il y ait des failles dans le revêtement du sol. Ce sont les mêmes scénarios qui conduisent à des pollutions accidentelles du sol. Les dommages peuvent être des atteintes directes à la santé humaine. car même si le stock d’agent chimique n’est pas à proximité d’une rivière. le noircissement de façades ou la turbidité d’eaux de surface n’ont qu’un effet sur le plan esthétique. ou un phénomène naturel comme de la pluie ou une inondation. c’est donc une situation qui existe dès qu’une quantité importante d’agent chimique est stockée.3 Le processus accidentel © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. d’eaux vannes et de déchets. Par exemple. Le processus accidentel aboutit à une pollution et parfois même à une destruction massive et brutale de l’environnement proche.4 Protection de l’environnement Ces pollutions chroniques sont innombrables et permanentes. des métaux lourds ou des pesticides dans une nappe phréatique provoquent à terme des intoxications. D’autres pollutions provoquent des modifications qui pourraient être nocives à long terme.4. que ce soit sous forme de gaz. d’un lac ou de la mer. Le milieu atmosphérique est ominiprésent. que des poussières provoquent des allergies. Toute pollution chronique déplace lentement un équilibre vers un autre. Tous ces événements sont évidemment au cœur de l’étude de danger exigée pour les installations classées. à juste titre. soit une solution ou une suspension aqueuse d’un ou plusieurs agents. il faut que la surface du sol soit à l’air libre. Les dommages causés dans ces trois milieux sont très variés et on ne connaît que les plus évidents. 5. Les pollutions industrielles et les transports sont souvent mis en évidence. C’est soit directement l’agent chimique qui se déverse. par des observations cliniques. ou la raréfaction des insectes pollinisateurs. d’eaux de lavage. etc. Cela peut être une grosse fuite d’eau accidentelle entrant en contact avec des produits. De même. Pour qu’elles soient possibles.5 • Applications particulières 5. qui peut être une menace pour l’homme. L’événement dangereux est alors le scénario qui aboutit à l’émission massive de cet agent sous une forme volatile. on sait. mais les activités domestiques génèrent également des pollutions sur toute la planète. notamment de combustion. Le milieu aqueux est aussi très concerné. de poussières. L’événement dangereux est le scénario qui aboutit à un déversement polluant massif dans ces eaux naturelles. qu’un air chargé en oxydes d’azote ou en dioxyde de soufre provoque des problèmes respiratoires. La situation dangereuse correspond à une proximité entre une réserve d’agent chimique et les milieux cibles. comme la disparition de la couche d’ozone. en particulier dans le cas d’une émission atmosphérique massive de produits toxiques. De même. il est probablement à côté d’un réseau d’égout ou d’évacuations d’eaux pluviales. La catastrophe chimique qui est sans doute la plus grave connue à ce jour est celle de l’explosion 281 . les trois milieux sont encore atteints simultanément dans beaucoup de scénarios. dont la formation peut avoir diverses origines. qui conduisent finalement à de l’eau naturelle de surface ou de sous-sol. du moins en première analyse.

Le plus souvent. Mais comment comparer les abeilles et la couche d’ozone ? Nous avons pris des règles très générales. mais aussi des erreurs humaines. 5. C’est pourquoi nous proposons de la construire sur les phrases de risque existantes dans la réglementation européenne. Toxique pour les organismes du sol. Dans le processus chronique. l’importance du risque se mesure en combinant le danger de l’agent chimique avec le niveau de pollution. nous avons pris trois autres niveaux. Dangereux pour la couche d’ozone. Nocif pour les organismes aquatiques. Aucune échelle de niveau de danger n’a été proposée à notre connaissance.4 Protection de l’environnement d’une cuve d’isocyanate de méthyle. les atteintes ne concernent que la flore et la faune. Pour les autres effets. Ce raisonnement est en outre conforme aux catégories du SGH. 3 4 (pour la toxicité chronique en milieu aquatique) 1 2 282 . Le principe est identique à celui qui régit la santé et la sécurité humaine. Toxique pour la faune. à savoir le niveau 2 pour les effets à long terme et le niveau 3 pour les effets à moyen terme. Toxique pour les abeilles. en particulier dans les rivières. à la différence près que l’échelle est inversée et qu’elle se limite au milieu aquatique. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique. Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement. Il est encore difficile de mesurer toutes les conséquences de ces accidents. Les victimes à court ou moyen terme se sont comptées par milliers. Toxique pour la flore.5 • Applications particulières 5. parce qu’ils s’imposaient dans l’effet sur les organismes aquatiques.4 Estimation du risque m Risque chronique C’est bien dans le domaine de l’environnement que l’estimation des risques est la plus difficile. Le tableau suivant fournit cette échelle de quatre niveaux : Niveau Phrase de danger de risque 4 3 3 3 3 3 2 2 2 2 1 R50 R51 R54 R55 R56 R57 R52 R53 R58 R59 néant Catégories du SGH Libellé Très toxique pour les organismes aquatiques. Toxique pour les organismes aquatiques. survenue en Inde à Bhopal. Les marées noires en sont l’équivalent pour le milieu marin. avons pris le délai d’action comme critère.4. Les émissions massives ont souvent une explosion comme événement déclencheur. sachant que ce niveau n’est qu’un facteur parmi d’autres et que le but n’est que de fixer des priorités d’action. Sachant qu’il fallait réserver le niveau 1 au cas d’absence de phrase de risque.

Cette concentration est appelée concentration prédite sans effet (PNEC). – le débit d’émission. On obtient ainsi pour chaque milieu une dose périodique : Q = Te ¥ De Les doses sont ensuite classées. permet de quantifier l’importance de chaque risque de pollution.4 Protection de l’environnement On peut supposer que l’application du règlement REACH donnera accès à des données plus complètes pour fixer les niveaux de danger pour l’environnement. Tout en s’appuyant sur la classification de la directive 67/548/CEE. Ces paramètres sont basés sur des moyennes établies pour une période de référence (jour. Ils ne sont pas toujours accessibles simplement.3. Les paramètres qui déterminent cette dose sont : – la durée d’émission : Te . Il faut ensuite quantifier la pollution par un niveau. Le schéma suivant résume la démarche : Agent chimique Métrologie Estimation Phrase de risque Durée d’émission Débit d’émission © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. ou flux : De. Le passage des valeurs limites aux niveaux de danger pourra se faire avec un tableau similaire à l’un de ceux figurant au paragraphe 2.23 – Estimation d’un risque chimique environnemental chronique 283 . milieu par milieu. d’après une échelle choisie au préalable. Ils sont aussi approchables par le bilan matière établi produit par produit. Niveau de danger Dose émise périodique Niveau de pollution Importance du risque Figure 5.2. fonction de la dose introduite dans le milieu. année…). mais ils méritent d’être recherchés. pour pouvoir leur attribuer un niveau de pollution. toujours en relatif.5 • Applications particulières 5.4. selon la méthode (n˚ 3) évoquée au paragraphe 3. mois.4.1. similaire à celui de l’exposition au paragraphe 2. ce règlement demande d’identifier la concentration de la substance au-dessous de laquelle il ne devrait pas y avoir d’effets nocifs dans le milieu environnemental en cause.5. par des campagnes de mesures par exemple. Un tableau de combinaison des niveaux de danger et de pollution.

peut être réuni dans un rapport fixant les priorités d’action et un programme pluriannuel de prévention (voir paragraphe 3. plus globalement. Il appartient aux responsables de l’analyse de faire ce choix. Les principes de prévention d’un risque chronique consistent à supprimer ou réduire d’abord le danger. Pour conduire la démarche d’estimation du risque à son terme.5 • Applications particulières 5. la réalisation d’un système clos.5 Principes de prévention appliqués à l’environnement m Pollution chronique Un établissement industriel. après une large consultation achevée en 2003. C’est évidemment la seule solution définitive pour la protection de l’environnement. Le deuxième est véhiculé par l’eau rejetée. La première solution revient à supprimer les émissions de polluants. L’estimation du risque accidentel se termine par la combinaison des niveaux de gravité et de probabilité de chaque accident envisagé. 5. suppriment normalement toute émission. artisanal ou simplement commercial peut générer trois types de pollutions à partir d’agents chimiques. sachant qu’il ne s’agit ici que de déterminer des priorités d’action. Agir sur le danger. puis la pollution. pertes d’exploitation…. En effet. avec leur cotation. il est pourtant indispensable de n’utiliser qu’un niveau de gravité. dégâts matériels.2. – 5 concernent les conséquences environnementales .4) sont parfaitement indiquées dans ce domaine. longueur de rivière polluée.4). soit le rendre moins dangereux. L’ensemble des risques chroniques et accidentels pour l’environnement. selon le schéma habituel. Cette proposition a été retenue après avis du Conseil supérieur des installations classées.4 Protection de l’environnement m Risque accidentel Dans le processus accidentel. une échelle européenne selon quatre indices à été proposée par le Comité des autorités compétentes des États membres pour l’application de la directive Seveso. atteintes à la faune. Elle regroupe les 18 paramètres de l’échelle européenne en quatre groupes homogènes d’effets ou de conséquences : – 2 paramètres ont trait aux quantités de matières dangereuses impliquées . La détermination du niveau de probabilité n’est pas plus facile. ce qui renvoie à une modification de procédé.4. par exemple pour une chaudière à combustion. toute mesure de confinement et. La gravité d’un accident environnemental est difficile à exprimer par un seul chiffre tant les conséquences sont de nature différente : décès. – 4 se rapportent aux aspects financiers. c’est soit supprimer le polluant. car les scénarios d’accident sont en fait les mêmes. Le premier se fait vers l’atmosphère si les polluants sont volatils. Rendre les polluants moins dangereux reste la solution la plus fréquente. mais toutes les méthodes de prévision d’accident évoquées pour la sécurité humaine (voir paragraphe 3. généralement conditionnés.Face à ces difficultés. l’importance du risque est toujours une combinaison de la gravité et de la probabilité du dommage. Le troisième regroupe tous les déchets solides et liquides. qui peut s’être chargée de polluants solides ou liquides. Seules les conséquences envisagées sont différentes. à l’intérieur de l’entreprise. à la flore. – 7 paramètres portent sur les aspects humains et sociaux . Mais elle n’est pas souvent réalisable. 284 .

tels que les chaudières. de traitement des cultures. il faut d’abord les canaliser complètement. Il faut distinguer trois familles de pollution volatile : les poussières. qui. Les techniques disponibles dépendent de l’état physique du polluant. Pour traiter des polluants volatils. – remplacer les produits émis par des produits moins dangereux. à moins qu’un traitement ne les arrête. m Le traitement des effluents volatils Une partie importante des activités humaines émettent des polluants volatils qu’il n’est pas possible de traiter en pratique. que l’on appelle effluents liquides. permet soit de recycler les produits récupérés.4 Protection de l’environnement La réduction du danger d’un polluant s’appelle une détoxication. C’est le principe de l’épuration. Nous nous contentons ici de rappeler les principes de prévention qui les concernent : – modifier le procédé pour supprimer les émissions . poussières ou aérosols sont toujours en mélange avec de l’air. Les gaz. les étuves et les fours. du moins après une détoxication principale.01 à 0. comme le montrent les exemples suivants : Polluant Suies Particules inspirables (alvéolaires) Ciment Bois Diamètre en microns 0. Ceux qui sont à l’état de gaz. Nous abordons ce thème dans le cadre du traitement des déchets. Si plusieurs catégories coexistent. généralement physico-chimique. Cette disposition est en grande partie déjà incluse dans la prévention des risques visant la santé humaine. 285 . il n’est pas possible de traiter des sujets aussi vastes. auquel cas il n’y a plus de pollution de l’environnement. liquides et solides. Il s’agit des applications se déroulant en plein air comme la peinture de bâtiment. doivent faire l’objet d’un traitement en station d’épuration. Épuration des poussières : Les poussières sont facilement retenues à l’aide d’un filtre. les travaux de génie civil. etc. les composés organiques volatils (COV) et les vapeurs minérales. Ce qui suit concerne le domaine de l’entreprise ou des structures similaires. les aérosols et les fumées peuvent être rattachés à ces trois catégories. selon les cas. cela nécessite des traitements multiples.5 à 3 2 à 100 1 à 1 000 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. dont la perméabilité doit être adaptée à la granulométrie des particules. Cette dernière est très variable. etc. d’extraction de carrières. Le réseau de captage des effluents les transporte vers l’environnement extérieur. et appartiennent à la catégorie des effluents volatils. mais elle doit aussi s’appliquer à des équipements reliés directement à l’extérieur. Ceux qui sont présents dans l’eau polluée.5 0.5 • Applications particulières 5. soit de les transformer en effluents moins polluants. L’examen des différentes techniques d’épuration renseigne sur l’issue du traitement. selon la technique utilisée. Dans le cadre de cet ouvrage. vapeurs.

5 • Applications particulières 5. disponible sur le site de l’ADEME : www2. En dehors du problème de l’investissement. l’installation doit satisfaire quelques conditions : – contrôler aussi bien le colmatage qu’une fuite du média filtrant. le dépoussiérage est une épuration efficace sans grande difficulté. décolmatage possible en continu Filtres à poches Filtre à cartouches Cyclone Humidificateur Séparateur électrostatique Souvent jetables Demande de grandes vitesses d’air Intéressant pour les poussières combustibles. selon la granulométrie concernée. consulter le rapport du CETIAT de juillet 2003. 286 . Le principal problème que posent ces équipements est l’élimination des produits arrêtés. En effet. – posséder un système de décharge et de conditionnement des déchets en confinement continu. par un dispositif de surveillance et d’alarme . Épuration des COV : Le piégeage des COV contenus dans l’air de captage ou dans les évents de certains appareils peut faire appel à des techniques très diverses du domaine physique et chimique. avec une évolution vers les non-tissés et les fibres synthétiques modernes comme l’aramide ou le PTFE1. Les médias filtrants sont aussi très variés. Le tableau suivant résume les principales technologies disponibles : Filtres à manches Très simple. mais génère des boues Technique plus délicate Les filtres les plus performants combinent plusieurs de ces procédés. Il conduit donc à des déchets solides. Pour en savoir plus. – répondre aux exigences des atmosphères explosives.ademe. la difficulté principale rencontrée pour l’application de la plupart des techniques disponibles est la concentration en polluant. la nature chimique et la température. fr. C’est une 1. Ces opérations peuvent générer des expositions importantes. mais il demande des installations coûteuses. En définitive. si c’est le cas .4 Protection de l’environnement Il existe de nombreux procédés pour retenir les poussières émises dans l’air. Pour les prévenir. La première mesure à prendre est donc de limiter le débit de captage au minimum. pour favoriser une concentration plus élevée en polluants. purge continue ou échange de bloc filtrant. c’est-à-dire le rapport entre la quantité retenue et celle qui entre dans l’épurateur. qu’il est parfois possible de recycler. une grande dilution (quelques ppm) fait chuter le rendement de l’épuration. que ce soit par décolmatage automatique.

le tableau suivant donne quelques valeurs de capacités d’adsorption sur charbon actif (en g de polluant par g de charbon) : Capacité maximale d’adsorption © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les pores générées par sa préparation mesurent quelques nanomètres et la surface totale créée est de 500 à 1 500 m2 par gramme ! Un filtre à charbon actif industriel se présente comme une colonne. – L’humidité : sa présence s’oppose aux échanges et limite la capacité d’adsorption. L’adsorption est un phénomène thermodynamique réversible. Il faut une très grande surface. obtenue par une division poussée du support. C’est le cas du charbon actif. mais aussi de la silice ou de l’alumine. elle est par exemple croissante avec la polarité de la molécule. La capacité d’adsorption du charbon est bien sûr limitée et dépend des facteurs suivants : – Le produit à adsorber : la capacité dépend beaucoup de la structure chimique. La courbe de saturation est logiquement identique à celle qui a été décrite pour les protections respiratoires. À titre indicatif. également utilisée. – La vitesse de passage de l’air : l’adsorption n’étant pas instantanée. au paragraphe 4.4 Protection de l’environnement nouvelle raison de rechercher le confinement maximum. ce qui permet une désorption par de l’air chaud ou de la vapeur d’eau. en particulier celui qui est issu de la pyrolyse des noix de coco. grâce à leur polarité. Le charbon actif est un support exceptionnel. Il est intéressant de voir comment se comporte le filtre vis-à-vis d’un flux constant d’air à pollution constante. – La température : elle déplace l’équilibre de l’adsorption vers la désorption. soit du domaine biologique.11. Les traitements disponibles sont soit du domaine physico-chimique. < 10 % Dichlorométhane Formol Oxyde d’éthylène Acétonitrile Anhydride sulfureux Dioxyde d’azote Acétone 10 à 20 % Essence 20 à 50 % Acide acétique Acroléine Éthanol Hexane Sulfure d’hydrogène Perchloréthylène Toluène Trichloréthylène Styrène Éthers de glycol 287 . – La concentration en polluants : c’est l’une des rares techniques qui présente un bon rendement avec des concentrations très faibles.5 • Applications particulières 5. Le traitement le plus répandu est probablement l’adsorption sur charbon actif. traversée par l’air à épurer. elle s’améliore quand la vitesse diminue. Mais de telles installations permettent de placer un détecteur de vapeurs à la sortie pour prévenir le claquage. mais ce rendement baisse vite quand les concentrations augmentent. et décroissante avec sa pression de vapeur. à ne pas confondre avec l’absorption.3. sur une surface solide. Le principe est de retenir les molécules organiques. ainsi que sa masse.

Il suffit d’avoir une batterie de deux colonnes. qui est assez simple. souvent une huile pétrolière. on utilise un solvant lourd. puisqu’elle se fait par passage d’air chaud ou de vapeur d’eau au travers de la colonne d’adsorption. ni écologique. l’absorption demande un contact intime avec le liquide. Dans le cas des COV. de préférence à contre-courant. l’une fonctionnant en épuration pendant que l’autre est en régénération. qu’il faudra traiter à nouveau. appelées laveurs. La bonne utilisation suppose la régénération par cycle. air lavé garnissage Figure 5. Pour bien fonctionner. Mais comme le polluant relargué est en forte concentration. Elle utilise la solubilité du polluant dans un liquide choisi dans ce but.4 Protection de l’environnement Les très petites installations utilisent des filtres à charbon jetables.25 – Colonne de lavage de gaz air chargé liquide de lavage 288 . que l’on obtient avec des colonnes spécifiques. ce qui n’est ni fiable. la régénération libère un air très chargé en polluant. qui fonctionnent avec un garnissage.5 • Applications particulières 5.24 – Colonnes d’adsorption fonctionnant en alternance Évidemment. ni économique. vapeur d’eau air propre air chargé récupération des polluants Figure 5. il est alors très facile de lui appliquer l’une des techniques suivantes. Une deuxième technique d’épuration importante est l’absorption dans un liquide.

l’oxyde de carbone. Le liquide ainsi saturé constitue un nouveau déchet qui est soit retraité. bases et acides concentrés. – produits toxiques (cyanure et sulfure d’hydrogène. acétique. une base. Elle consiste à condenser les COV contenus dans l’air sur 289 . sans circuit de ventilation. Le liquide d’absorption tourne en circuit fermé et doit être renouvelé. Un mélange de vapeurs redonne le même mélange à l’état liquide.4 Protection de l’environnement L’intérêt de ce choix est de pouvoir récupérer le solvant dissout par simple distillation de l’huile chargée. par dissolution dans l’eau. La troisième technique. Ces laveurs fonctionnent avec un garnissage ou une aspersion. présente beaucoup d’avantages : elle est propre et économique. soit totalement par périodes. Cela permet un recyclage quasi total de solvant volatil. nitrique.26 – Piégeage des vapeurs émises par une cuve L’efficacité de l’absorption peut être améliorée en utilisant une solution réactive. soit partiellement par prélèvements. comme un acide.) . – aérosols (cyanures alcalins. en dehors de l’investissement. Toutefois. certains polluants restent difficiles à absorber en solution : les dioxydes de soufre et d’azote.5 • Applications particulières 5. la condensation. Cette technique est assez économique. citons : – acides et bases volatils (acide chlorhydrique. et de certaines vapeurs organiques. – toutes poussières toxiques ou réactives. Les vapeurs émises par la respiration des cuves de stockage peuvent être facilement piégées de cette façon. chromates. puisqu’elle utilise l’eau ou une solution aqueuse comme liquide absorbant et qu’elle s’accommode d’une grande quantité de polluants. etc. comme le montre le schéma suivant : Évent Cuve de stockage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. en utilisant un dispositif très simple. soit éliminé comme tel. Laveur de gaz Figure 5. La version la plus courante de cette technique est le piégeage des vapeurs minérales. une consommation d’énergie importante et une certaine technicité. ammoniac et certaines amines) . les inconvénients étant. Ce système peut fonctionner en circuit fermé et fournit le solvant à l’état liquide et pratiquement pur. un oxydant ou un réducteur. Parmi tous ceux qui sont piégeables. chlore) .

Cette technique est aussi utilisable en aval d’une autre. Cette technique est assez simple. On peut résumer tous les couplages possibles des différentes techniques par le diagramme suivant : air chargé de polluant adsorption absorption condensation combustion recyclage déchets solides ou liquides rejets gazeux Figure 5. le refroidissement du condenseur peut être assuré par de l’air. 290 . La combustion peut aussi se produire sans flamme. est apportée par la combustion. Il existe des catalyseurs de combustion. Le solvant condensé est ainsi prêt à être recyclé dans le process. qui provoquent une réaction autoentretenue avec l’oxygène de l’air et permettent au besoin la récupération des calories dégagées. Elle peut prendre divers chemins.4 Protection de l’environnement une paroi froide. Il constitue alors un apport d’énergie. il peut être injecté dans une chaudière fonctionnant avec son combustible normal.27 – Combinaisons des techniques physiques d’épuration Les procédés biologiques sont basés sur la transformation des molécules par des organismes microbiologiques en sous-produits sans toxicité pour l’homme ou l’environnement. de l’eau ou un fluide frigorigène à basse température. de l’ordre de 1 % minimum. Dans ces deux cas. Elle demande par contre une certaine concentration en COV pour bien fonctionner. C’est le principe utilisé dans les stations d’épuration biologiques. En fonction du point de rosée du composé à condenser. il faut tenir compte de la composition particulière des gaz de combustion et prévoir éventuellement leur lavage. Une quatrième technique. Cela est facile après une adsorption ou une condensation. Mais si le polluant n’est pas combustible ou trop dilué. ou réutilisé par ailleurs. en fait une élimination. exploitable dans une chaudière spécialisée. C’est ce qui fait la difficulté de l’élimination des solvants halogénés.5 • Applications particulières 5. fixés sur un support réfractaire. qui doivent faire l’objet d’une ségrégation avant traitement. Elle peut compléter une première récupération. La combustion est directe si le polluant est combustible et suffisamment concentré. qui demandent deux étages de condensation. excepté pour des solvants à bas point d’ébullition. en particulier une adsorption.

etc. Les informations nécessaires se trouvent souvent dans le mode d’obtention. mais appliqué à des effluents gazeux. puisque c’est en fait une sous-traitance . sera étiqueté R10. un solvant classé R10 et R37. Les objets imprégnés portent l’étiquetage des produits d’imprégnation. qui vont les détoxiquer pour pouvoir les éliminer en déchets banals. tels que les solvants usagés. Les emballages vides et les produits périmés ou non conformes sont. les chiffons d’essuyage. ou les produits issus de décapage. souillé par quelques pour cents de trichloréthylène. d’eau et de produits minéraux : COV + O2 micro-organismes Biomasse + H2O + chaleur + minéraux La biodégradation peut se produire sur un support solide (biofiltre) ou en milieu liquide (biolaveur).5 • Applications particulières 5. Il faut donc procéder à un étiquetage de tous les déchets. pour grouper les envois . joints et tuyaux imprégnés. Pour bien la réaliser. Cette solution présente des inconvénients sérieux. dès la production. déjà étiquetés. par un traitement chimique ou physique approprié.1. Le premier réflexe est souvent de les confier à des entreprises spécialisées. les vêtements et protections jetables. il convient de commencer par l’identification des dangers. qui relèvent de la compétence d’un chimiste. autrement dit « à la source ». Ils appartiennent à deux catégories : d’une part les produits liquides ou solides. il faut l’envisager systématiquement. Même si c’est parfois impossible. Le traitement biologique est basé sur une réaction d’oxydation exothermique des composés en présence d’oxygène et de micro-organismes . En voici quelques-uns : – – – – coût de traitement. Il n’est pas possible de présenter ici tout l’éventail de ces traitements. cette technique récente est appelée à un grand développement. comme pour tout produit chimique. les filtres. R37 et R45. masquage des faiblesses du procédé générateur de déchets. les produits périmés. La détoxication va consister à réduire le niveau de danger au plus bas possible. eux. les eaux de décantation ou de lavage. Ces considérations incitent à favoriser la détoxication des déchets par le producteur. Nous en donnons quelques pistes : 291 . Le premier effet positif de cet étiquetage est de pouvoir stocker les déchets en respectant les règles de séparation adéquates (voir paragraphe 5. stockés dans un emballage adéquat. les gâteaux de filtration. faite à la source. Ainsi.2). © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les emballages des produits solides et pâteux doivent faciliter leur transfert et leur traitement ultérieur.4 Protection de l’environnement pour les effluents aqueux. car. procédure de transport de matières dangereuses . stockage préalable. L’étiquetage doit aussi mentionner l’opération dont ils sont issus. m La détoxication des déchets Les déchets chimiques sont à considérer comme des agents chimiques et doivent être traités comme tels. Par sa simplicité et son aspect tant économique qu’écologique. d’autre part les objets souillés comme les emballages vides. les résidus de distillation. la détoxication est souvent assez facile. cette réaction conduit à la formation de biomasse.

Dans le cas où le producteur de déchets n’a ni la compétence ni les moyens techniques pour réaliser les détoxications utiles. l’arsenic.4 Protection de l’environnement Danger initial Inflammable Oxydant Traitement Combustion en chaudière spéciale Réduction par bisulfite Exemple Isopropanol Chromates Chlorates Acide chlorhydrique Soude Cyanures Formol Isocyanates Phosgène Benzène. aniline Pentachlorure de phosphore Sodium Chrome Cadmium Corrosif Neutralisation Dégradation de la molécule par oxydation Toxique Hydrolyse par acide ou base fort Combustion Réactif fort Élément toxique Réaction contrôlée sur produit adéquat Isolement chimique ou électrolytique avant conditionnement Ces exemples ne sont évidemment ni exhaustifs ni suffisamment précis pour être exploités. C’est le cas des gaz de combustion. même si l’on peut au moins filtrer les particules. 292 . comme le chrome. Pour ces polluants. le cobalt. l’antimoine. Pour la fourniture d’énergie thermique ou mécanique. Il importe. la détoxication des déchets devrait être intégrée à la plupart des modes opératoires. m La réduction quantitative des pollutions Il n’est pas toujours possible de réduire le danger des polluants.5 • Applications particulières 5. Le domaine où ces opérations sont les plus indiquées est celui des petites quantités. en particulier la récupération et le recyclage des polluants les plus dangereux. de faire les recherches bibliographiques nécessaires et de procéder à des essais de validation. ou piéger certains oxydes. mercure. C’est aussi le cas des métaux lourds (plomb. au cas par cas. Dans ceux-ci. le béryllium. sur des installations lourdes. typiquement le domaine des laboratoires de recherche ou d’analyse. etc. Toutes les améliorations de procédés déjà évoquées peuvent contribuer à cette réduction. dont le danger est inhérent à l’élément chimique. il est préférable d’utiliser l’électricité plutôt que les combustibles. on peut seulement réduire le niveau de pollution au plus bas que le permet la technique. Mais il est vrai qu’une concentration réduite peut limiter l’impact final sur l’environnement. cadmium). Notons que la solution consistant à diluer les effluents dans un grand flux d’air ou d’eau ne réduit pas la quantité totale émise. Il existe d’ailleurs de nombreux éléments plus ou moins toxiques susceptibles d’être présents dans des préparations ou des réactifs. il doit se tourner vers des entreprises spécialisées.

m Action sur les situations dangereuses Il s’agit d’éviter la proximité de la réserve d’agents chimiques avec les milieux cibles. Comme on ne peut pas s’éloigner de l’air. ou à l’intérieur desquelles a été prévu un moyen d’isolement des personnes en toute sécurité. ce qui s’avère utile en présence d’un déversement d’une grande quantité d’eau. Pour augmenter leur efficacité. En revanche. Mais cela est possible pour des installations automatisées. Pour citer un type classique d’incident. Sans aborder le vaste domaine de cette réglementation. Parmi les plus importantes. en attendant son traitement. Les mesures de prévention seront d’ailleurs assez peu différentes de celles qui sont retenues pour la santé et sécurité humaine. utilisée dans l’industrie nucléaire. Pour ce faire. C’est en effet l’aspect accidentel qui inspire en majorité tous les textes concernant les installations classées. Rappelons que le sinistre de Seveso était parti d’un refroidissement de réacteur insuffisant en fin de semaine.4. il faut réduire au plus bas possible la probabilité du sinistre. L’étude de danger prévue par la réglementation ICPE répond bien à ce souci.4 Protection de l’environnement m Pollution accidentelle Une pollution accidentelle de l’environnement est un sinistre.4 et d’apporter les solutions. de l’eau ou du sol. m Action sur les événements dangereux © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. on peut en théorie placer une installation entièrement dans une enveloppe étanche. point par point. les capacités de rétention sont. à la suite d’un orage ou d’une intervention de lutte contre le feu. il faut introduire des obstacles dans leur direction. on peut citer toutes les mesures de prévention des explosions. de formation et d’information du personnel. et en particulier celles qui relèvent du classement Seveso. Cela n’est envisageable que si le risque pour les personnes présentes dans l’installation n’est pas aggravé. qui est elle-même placée dans une plus grande rétention et ainsi de suite. la meilleure solution. Les grands sinistres sont heureusement rares. il suffit de reprendre l’inventaire des risques accidentels figurant dans le rapport évoqué au paragraphe 5. Cela veut dire placer un contenant ou un équipement dans sa propre rétention. de maintenance préventive. Les plus graves ont été tellement médiatisés qu’ils ont provoqué une abondante réglementation. Les réactifs les 293 . Les capacités de rétention ont en outre l’avantage d’éviter les pollutions du sol. il se produit une grande quantité d’incidents dont les conséquences restent limitées. du fait de retards causés par des incidents techniques. Pour l’air. comme en témoigne la base ARIA. de façon à contenir toute émission massive. En plus du confinement. Une dernière rétention devrait contenir tout l’établissement. doit éviter les rejets accidentels. Elle conduit à agir sur la situation dangereuse. et surtout s’il est impossible ou incomplet. Pour les effluents liquides. il faut parler du risque particulier qui pèse sur les livraisons en vrac de solutions aqueuses concentrées. C’est le principe de l’enveloppe de confinement. il est intéressant d’examiner ce qu’apporte l’application de la méthodologie. Mais toute installation. il faut multiplier les rétentions de façon concentrique. classée ou non. depuis longtemps.5 • Applications particulières 5. puis sur les événements dangereux et enfin sur le dommage.

grâce à des techniques qui se développent dans ce domaine.4 Protection de l’environnement plus fréquents sont les acides chlorhydriques et sulfuriques. Elle est applicable à tout autre type d’agent chimique que l’eau peut « rabattre » efficacement. Il s’agit ensuite d’en récupérer le maximum. Ce constat ouvre la porte à une approche globale de ces deux domaines. les produits finis. Ils sont déjà cités comme réactifs dangereux dans le traitement de surface (paragraphe 5. l’utilisation de systèmes de production en continu et de flux tendus. l’hypochlorite de sodium (eau de javel) et le bisulfite de sodium. il existe des mesures de type organisationnel qui sont capables de limiter considérablement la gravité des accidents environnementaux. les mêmes concepts et aboutissant à la même efficacité. à condition que les polluants flottent eux-mêmes. Les déversements massifs de liquides ou solides dans l’eau de surface peuvent être plus ou moins confinés par des barrages flottants. C’est une solution classique pour un accident de transport. La prévention de ce type d’erreur repose en priorité sur des procédures. Les mélanges ont provoqué un dégagement massif soit de dioxyde de soufre. m La limitation des dommages La réduction de la gravité d’un dommage environnemental. Enfin. comme dans le dernier exemple cité. du moins dans les industries de process.3. autant que possible. ou acide et hypochlorite. soit de chlore.2). comme les poussières et certains solvants. Mais la rétention générale d’un établissement entier agit plus efficacement. moins la gravité de la pollution sera grande. En cas d’émission massive de vapeurs minérales. une fois le sinistre démarré. tels que acide et bisulfite. Il faut une source relativement localisée et disposer des moyens d’aspersion. n’est possible que dans certaines circonstances. qu’il faut savoir faire appliquer. les effluents en cours de traitement et les déchets liquides. 294 . Il faut aussi compter toutes les capacités du procédé lui-même. En conclusion de ce chapitre. Notons que cet objectif implique. la protection de l’environnement se prête parfaitement à la méthodologie appliquée pour la prévention des risques visant la santé et la sécurité humaine. parce que plus précocement. il faut envisager l’aspersion de la zone d’émission par une grande quantité d’eau bien dispersée. Il s’est déjà produit des erreurs dans les branchements de tuyaux mobiles pour le déchargement en vrac qui ont conduit à des mélanges dangereux. le niveau de danger maximum présent dans cette réserve. Elle correspond aux différents stockages présents. ce qui revient à faire de l’absorption. la soude. Encore faut-il qu’il n’existe plus de courts-circuits vers les réseaux d’évacuation externes. utilisant les mêmes outils. Plus les volumes seront réduits et fractionnés. La seconde est de réduire. dont on peut donner quelques exemples.5 • Applications particulières 5. mais sont aussi employés dans les blanchisseries industrielles et dans les installations de traitement d’air dont sont équipées les usines d’épuration des eaux urbaines. La première est de limiter le volume de ce que nous avons appelé la réserve d’agent chimique. pour les matières premières.

Figure 6.6 • ÉTUDE DE CAS L’étude de cas présentée ici est reconstituée à partir de situations réelles. 6.1 Description du cas Dans une entreprise de carrosserie de véhicules utilitaires.1 – Préparation de peinture – Application par pulvérisation 295 . L’atelier comprend une zone de préparation de la peinture et une cabine de pulvérisation à flux horizontal. La préparation est en fait le mélange de la base avec le durcisseur et un peu de diluant pour ajuster la viscosité. à deux composants. pour illustrer l’application de la méthodologie exposée. Les objets peints habituellement sont des panneaux rigides. un petit atelier est réservé à la peinture par pulvérisation. C’est une peinture de type polyuréthanne. L’activité du peintre consiste à préparer la peinture puis à peindre le panneau dans la cabine. Elle est volontairement limitée à une petite activité afin de ne pas alourdir la démonstration. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Code P1 P2 P3 P4 Action Ajout des trois composants et mélange Remplissage du pot Pulvérisation en cabine Nettoyage du pot Durée 3 min 1 min 30 min 10 min 6.2. le durcisseur et le diluant.2 Liste des dangers Les trois composants du mélange. Action Agent xylène P1 et P2 peinture C-Co liquide Famille de danger C-In Forme vapeurs Proximité Tête au-dessus du pot Mélange et remplissage à la main. Seul le xylène porte les dangers R10 et R20.1 Liste des actions de l’opération peinture Les actions listées sont limitées à celles qui supposent un risque. partiellement protégée Nettoyage à main nue Dommage Intoxication Irritation cutanée Irritation cutanée Risque n˚ 1 2 P4 peinture C-Co liquide 3 296 . 6.2 Analyse des risques 6.5.3 Liste des expositions Compte tenu de la simplicité du cas. à savoir la base. ne figurent pas toutes les données listées au paragraphe 3.2.6 • Étude de cas 6.2. portent le même étiquetage : Contient du xylène R10 – Inflammable R20/21 – Nocif par inhalation et contact cutané R38 – Irritant pour la peau C’est donc la classification du mélange.2 Analyse des risques 6. qui sera constante tout au long de l’opération.2.

décès 6 P3 peinture A-IE aérosol Panne de ventilation. Lésions.6 • Étude de cas 6.4 Liste des situations dangereuses Famille de danger Risque n˚ Action Agent Forme Situation Atmosphère explosive présente Événement Dommage xylène A-IE vapeurs Étincelle électrique. explosion Atmosphère explosive potentielle Intoxication aiguë 5 xylène A-IE vapeurs Lésions. Risque n˚ 1 2 3 Famille de danger In Co Co Niveau de danger 3 3 3 Durée (min) 4 4 10 Fréquence/ jour 4 4 4 R ou C (1 à 3) 1 1 2 Ir/Ic Niveau Importance d’exposition du risque (1 à 3) (1 à 3) 1 1 2 1 1 2 16 16 80 Le niveau d’exposition ne peut être attribué qu’une fois tous les indices d’exposition connus. évaporation de bidon de 10 l. étincelle de bidon dans atelier voisin. décès 4 P1 et P2 xylène A-In vapeurs Renversement de Manipulation bidon. 6. explosion Lésions.2.2. 6. explosion 7 Il n’y a pas d’accident envisageable pour P4.5 Estimation des risques m Risques chroniques : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. puisque le niveau de danger est constant.. dans ce cas.2 Analyse des risques On remarque que P1 et P2 ont été regroupées en raison des expositions identiques. 297 . évaporation Manipulation de 10 l. du niveau d’exposition. Le classement du risque ne diffère pas. étincelle d’électricité décès statique. P3 n’implique normalement pas d’exposition : la cabine est ventilée et le peintre bien placé. Renversement de bidon.

Ceux-ci sont toujours attribués en relatif. 298 . mais il ne montre pas les paramètres qui aident à fixer les niveaux de gravité et de probabilité. Il en résulte un classement des risques par priorité pour aborder la phase prévention : Priorité Action P1 + P2 Urgent P1 + P2 P4 À faire P1 + P2 P1 + P2 2 P3 7 C-Co A-IE 5 1 Peut attendre A-In C-In Préparation de peinture et remplissage pot Préparation de peinture et remplissage pot Pulvérisation en cabine 6 3 A-IE C-Co Préparation de peinture et remplissage pot Nettoyage du pot Risque n˚ 4 Famille de danger A-IE Action visée Préparation de peinture et remplissage pot On aurait pu aussi classer les actions par leur cote de risque total : Action P1 + P2 P4 P3 Risques concernés 1-2-4-5-6 3 7 Cote cumulée des risques 1 + 1 + 3 + 2 + 3 = 10 2 1 Le plan d’action se dégage ainsi clairement.6 • Étude de cas 6. c’est-à-dire que l’on attribue d’abord les cotes maximum et minimum.2 Analyse des risques m Risques accidentels Risque n˚ Famille de danger IE In IE IE Niveau de gravité (1 à 3) 2 1 3 2 Niveau de probabilité (1 à 3) 2 3 2 1 Importance du risque (1 à 3) 3 2 3 1 4 5 6 7 Le tableau est apparemment plus simple. puis toutes les autres.

3 Mesures de prévention 6. Captage des vapeurs Matériel atex Néant Emploi de panneaux pré-peints 6 A-IE Capacité de rétention Emploi de panneaux pré-peints Machine à laver Lavage des mains Emploi de panneaux pré-peints Agent chimique Peinture hydrodiluable Préparation de peinture et remplissage pot Ajout des composants par pompe dans pot fermé Captage des vapeurs Événement Dommage Formation au risque Port de protection respiratoire 5 A-In Situation 299 .6 • Étude de cas 6. on ajoute d’abord systématiquement les cinq objectifs et on cherche des mesures pour chacun d’eux.3 Mesures de prévention En repartant du tableau précédent. Risque n˚ Famille de danger Action visée Objectif de prévention Mesure possible Emploi de panneaux pré-peints Agent chimique Peinture hydrodiluable 4 A-IE Préparation de peinture et remplissage pot Situation Événement Dommage Agent chimique Peinture hydrodiluable Préparation de peinture et remplissage pot Situation Ajout des composants par pompe dans pot fermé Isolement de la zone de travail Événement Formation au risque Dommage Agent chimique 3 C-Co Nettoyage du pot Exposition Port de gants Dommage © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. en s’inspirant des règles énoncées dans le chapitre 4.

3 Mesures de prévention Risque n˚ Famille de danger Action visée Objectif de prévention Mesure possible Emploi de panneaux pré-peints Agent chimique Peinture hydrodiluable 1 C-In Préparation de peinture Ajout des composants par pompe dans pot fermé. – Le choix de certaines mesures en exclut d’autres. Il faut une première étude pour éliminer les moins réalistes. – Aucune décision n’est immédiatement possible. À partir de cette énumération de 17 mesures différentes.6 • Étude de cas 6. Captage des vapeurs Dommage Agent chimique 2 C-Co Remplissage pot Exposition Remplissage par pompe Dommage Agent chimique Peinture hydrodiluable Situation Robot de peinturage Fiabilisation de l’alimentation électrique Événement Asservissement du pistolet à la ventilation Vêtements et tuyaux antistatiques Dommage Panneau de décompression sur la cabine Port de gants Emploi de panneaux pré-peints Port de protection respiratoire Emploi de panneaux pré-peints Robot de peinturage Exposition 7 A-IE Pulvérisation en cabine Ce tableau appelle plusieurs remarques importantes : – La méthode fournit une quantité de mesures possibles inimaginable par une simple intuition. ce qui signifie qu’elles ont une large portée. – Des mesures reviennent souvent. Ainsi. 300 . on peut dégager 8 grandes options et les confronter au contexte global de l’entreprise. le passage à une peinture hydrodiluable élimine toutes les mesures de prévention des explosions.

mais gène la précision Utile dans tous les cas A B C Emploi de panneaux pré-peints Peinture hydrodiluable Robot de peinturage Captage des vapeurs (sur poste de préparation) Ajout des composants par pompe dans pot fermé (un mélangeurdoseur mécanisé et clos) Port de protection respiratoire Port de gants Formation au risque D 1-4-5 1 mois E 1-5-6 3 mois F G H 1-5 2-3 5-6 1 semaine 1 jour 3 mois © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. mais inconfortable Facile. Cela démontre l’importance d’une organisation rigoureuse pour bien respecter la méthodologie dans des situations plus complexes. – installer une machine à laver les pots . avec peu d’actions et peu d’agents chimiques. – passer progressivement à la peinture hydrodiluable (90 % à terme). c’est-à-dire le meilleur compromis entre l’efficacité et la faisabilité. Notons qu’arrivé au stade n˚ 5. les risques couverts seraient : 1-3-4-5-6. donc la totalité de ceux qui sont estimés en niveaux 2 et 3. – utiliser des panneaux pré-peints chaque fois que possible (c’est déjà le cas) . a toutes les chances d’être adopté et appliqué par tous les acteurs de l’entreprise. – installer un poste de préparation isolé avec captage des vapeurs (en rétention) . Il existe beaucoup 301 . que l’on trouve même dans de petites entreprises.6 • Étude de cas 6. Un tel plan de prévention. se révèle finalement déjà délicate à mener à bien. qui ne porte que sur une opération simple.4 Conclusion Option Principe Risques Délai de mise couverts en place Tous 1-4-5-6-7 2-7 1 an 3 mois 6 mois Remarques Ne peut s’appliquer qu’à 50 % de la production À valider en clientèle Investissement trop lourd pour la quantité Facile à réaliser Demande une autre organisation du travail et une qualification Facile. Les autres mesures ne sont citées qu’une fois. – installer un mélangeur-doseur mécanisé et clos (fonctionne quelle que soit la peinture) . reposant sur une analyse rationnelle des risques et un choix calculé des mesures. Ce compromis serait : – formation au risque (facilitera l’adoption des autres mesures) .4 Conclusion Cette étude de cas. 6. surtout si l’on intègre la protection de l’environnement. L’examen de ce tableau conduit facilement à la solution idéale.

302 . qui attirent par leur simplicité et leur rapidité.6 • Étude de cas 6. mais peut-on se contenter d’un résultat approximatif en matière de protection de la santé et de l’environnement ? L’application de normes ISO 9000 et ISO 14000 a aussi montré que la qualité est toujours le fruit d’un investissement lourd.4 Conclusion d’autres méthodes. comme tous ceux qui garantissent l’avenir de l’entreprise.

1 Chronologie générale Décision de l’entreprise Mise en place des moyens Recensement des agents chimiques Planification des études Choix d’une méthode de travail Identification des risques Estimation des risques Fixation des priorités Recherche des mesures possibles Mise en place de la démarche Figure 7.7 • ORGANISATION DE LA DÉMARCHE Le bon déroulement de la démarche de prévention des risques dans l’entreprise nécessite une organisation particulière tenant compte de l’implication de nombreux acteurs et du recueil de nombreuses informations. est la suivante : 7.5 indique comment réaliser l’extrapolation vers les autres risques et le paragraphe 5.1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Évaluation des risques Action de prévention Choix des mesures Réalisation Évaluation des mesures 303 . La récapitulation de toutes les étapes à suivre. Même si cet ouvrage se consacre au risque chimique. il serait étonnant qu’une telle démarche se limite à ce risque.4 pour l’environnement. quels que soient les risques. C’est pourquoi le paragraphe 4.

C’est l’un des ressorts de la motivation de ses acteurs. la démarche de prévention doit être gérée en tant que projet. comme on le fait pour toute décision stratégique qui implique l’ensemble du personnel. – la formation des personnes concernées. Il n’est pas exceptionnel d’étaler la démarche sur plusieurs années.2 Mise en place des moyens 7. Ces moyens sont évidemment à proportionner à la taille de l’entreprise ou du service. dûment formé à ce domaine . de façon à en faire un objectif d’entreprise . 304 . annoncé et expliqué. sur la métrologie des polluants et sur la création et la gestion de bases de données . c’est la nomination d’un chef de projet et la libération du temps nécessaire. Cela suppose : – la désignation d’un chef de projet.7 • Organisation de la démarche 7. sur la toxicologie. Ce groupe inclut des membres du CHSCT ou des représentants du personnel et le service de santé au travail . intégrant plusieurs compétences. est une condition fondamentale. du service. Une base de données programmable nous paraît être l’outil indispensable pour enregistrer toutes les données prévues et les gérer pour faciliter les estimations et les décisions. – la constitution d’un groupe de travail. de mobilier et de moyens bureautiques pour le travail d’échange et d’enregistrement . – l’information et la communication sur la démarche envers l’ensemble du personnel. – la mise à disposition d’outils informatiques spécialisés pour l’enregistrement et la mise en forme des données. L’engagement d’aller au bout. Ces cinq principes ont été publiés par l’INRS sous la référence ED 886 (Évaluation des risques professionnels – Principes et pratiques recommandés par la CNAMTS. Elle servira en outre au suivi du plan de prévention. comme pour la qualité. 1. – la formalisation d’une équipe d’enquêteurs pour aller visiter les postes de travail et questionner le personnel. Tous les membres disposent d’un crédit de temps suffisant pour leur participation. les CRAM. ou de toute autre structure. Aucun des logiciels commerciaux actuels dédiés aux risques professionnels ne respecte totalement la méthodologie de cet ouvrage. Ce qui est indispensable. Il existe de nombreuses offres de formation sur des méthodes comme l’AMDEC ou HAZOP. ne serait-ce que pour les aspects financiers. Cet engagement doit être pris. Cette démarche est d’ailleurs conforme aux principes préconisés par les instances officielles de la prévention des risques professionnels1. Les moyens dépendent aussi du délai que l’on s’accorde. C’est probablement la fonction la plus consommatrice de temps . à condition d’avoir identifié les urgences. les CGSS et l’INRS). – la mise à disposition d’un local de réunion. de la part de la direction de l’entreprise.2 Mise en place des moyens La prévention des risques professionnels ou environnementaux conduit généralement à des changements qui relèvent du management. Pour être conduite à son terme dans un délai raisonnable et avec une précision suffisante. dont la composition peut varier en fonction des besoins.

le numéro ONU pour le classement transport. poussières. Par exemple. il est indispensable que la base de données de tous les agents chimiques présents. le numéro CAS ou EINECS ou le numéro d’index de l’UE . tels que la logistique et les achats. etc. 305 . le code SGH . le recensement est maintenu à jour par la saisie systématique des entrées et des sorties de produits. Il faut le faire sur plusieurs années et le vérifier périodiquement par un inventaire physique. parce qu’ils sont livrés comme partie d’un tout. les phrases S . de disposer d’un inventaire aussi complet que possible des agents chimiques présents dans l’entreprise. Il faut ensuite recenser tous les produits « générés » par l’activité : vapeurs.3 Recensement des agents chimiques Il est indispensable. si nécessaire . même temporairement. contienne toutes les informations utiles concernant chaque produit.7 • Organisation de la démarche 7. Nous avons vu que c’est un outil de base pour l’analyse des risques. les phrases R . qui peut être un équipement. Ces informations sont très nombreuses . ou un lubrifiant spécifique d’une machine. et très pratique. le grade de pureté ou la concentration. c’est-à-dire achetés ou non. à condition qu’une organisation adéquate ait été mise en place. Sachant qu’un agent chimique peut se retrouver dans de nombreuses tâches et dans de nombreux procédés. sans parler de l’approche environnementale. – – – – les différents noms possibles d’un agent chimique . mais plutôt dans une base spécialisée en raison de leur lien avec une activité particulière. aidée par le questionnement des opérateurs et éventuellement par une métrologie adaptée. Les produits générés par l’activité ne peuvent être repérés que par l’observation du travail. La tenue d’une base de données permet notamment à un acheteur de détecter les demandes redondantes et de prévoir d’éventuelles ruptures de stock. Le premier recensement à faire est celui des produits approvisionnés. la référence interne à l’entreprise.3 Recensement des agents chimiques 7. en voici un inventaire possible : m Les éléments d’identification © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. une machine à laver avec un contrat de fourniture de lessive. m Les informations réglementaires de sécurité – – – – – les symboles de dangers . Normalement. Des produits échappent parfois à tout contrôle. Il n’est pas forcément judicieux de les placer dans la même liste que les produits chimiques classiques. mais il s’avère utile dans d’autres domaines. Notons que la plupart de ces données sont normalement saisies dès la demande d’achat (ou d’enlèvement) et confirmées à la livraison. Les déchets chimiques doivent aussi être identifiés et donner lieu à des « sorties ». fumées.

le point d’éclair . ciment. les dangers à mentionner sont ceux des produits à l’origine de l’émission.). dès lors qu’un réseau informatique est disponible. les LIE et LSE . selon l’organisation de l’entreprise. Le second avantage est que ces données peuvent alors être facilement accessibles à tous. le caractère dangereux est indiqué par l’existence d’une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP). comme dans le cas des matériaux (bois. verre. – l’existence de tableaux MP . il faut toujours identifier leur origine et procéder à des analyses. la granulométrie . etc. S’il s’agit de poussières ou de fumées. Pour les déchets. mais elles serviront dans plusieurs domaines : sécurité.3 Recensement des agents chimiques m Les données opérationnelles – – – – – les conditionnements . 306 .5. Il serait judicieux dans ce cas d’attribuer à cette émission une phrase de risque adéquate. ce qui suppose un suivi rigoureux du devenir de tous les produits entrants. On peut se référer au tableau du paragraphe 2. la pression de vapeur . d’achats. Le premier d’entre eux est la bien connue fiche de données de sécurité (FDS). Elles proviennent du fournisseur. la fréquence de mise en œuvre (par an ou par mois). de santé au travail. D’autres documents permettent de compléter ou de vérifier les informations de danger. on se réfère aux produits à l’origine de leur génération. l’entreprise doit agir en tant que fournisseur et faire de la classification volontaire.7 • Organisation de la démarche 7. Cette base présente l’énorme avantage de regrouper des informations habituellement dispersées. – les données écotoxicologiques. Cette centralisation peut aussi avoir des retombées telles que des échanges d’informations entre destinataires des produits et. les usages prévus ou les procédés concernés . fibres. environnement. Dans le cas particulier des intermédiaires de synthèse de l’industrie chimique (voir paragraphe 5. Quant aux agents générés par l’activité sous forme de vapeurs. les sensibilités particulières. gestion. Quand le produit d’origine n’est pas étiquetable.3. une réduction du nombre de produits référencés. que l’on fera figurer dans la base de données. ou à l’annexe 4. m Les données toxicologiques – les VLEP . etc. parfois. – les DL50 et CL50 . la consommation annuelle . les lieux de dépôt et d’utilisation . – les classements CMR et CIRC .2). achats. m Les données physiques – – – – – – – le point d’ébullition . Cela fait beaucoup d’informations. des services analytiques. de logistique et d’ordonnancement. le point de fusion .

Malheureusement. – 16) autres informations. – 11) toxicologie . © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. la quantité consommée et la fréquence de mise en œuvre de l’agent chimique. – 10) stabilité et réactivité . par accès au site de l’UE1. qui en comporte aujourd’hui près de 3 500.it/classification-labelling/ 2. Les fournisseurs de produits chimiques proposent souvent en plus des FDS des dossiers plus ou moins complets sur leurs produits. Elle sera mise à jour au fur et à mesure que de nouvelles informations paraissent. elles ne concernent qu’un nombre limité de substances. Il est donc indispensable de savoir rapidement où peuvent se situer les risques les plus importants pour orienter le planning des études vers les plus urgentes. C’est du moins ce qui peut se passer si l’on organise l’analyse selon l’une des trois méthodes évoquées au début de cet ouvrage. elle est basée sur le « potentiel de risque » de chaque agent chimique. Une telle méthode existe . Le potentiel de risque associé à un agent chimique exprime sa capacité théorique à générer une situation à risque.7 • Organisation de la démarche 7. maintenant disponibles sur le site Internet. http://ecb. 307 .4 Repérage des urgences Parmi les 16 rubriques qui la composent. D’où l’idée d’un potentiel de risque fonction de ces trois paramètres. – 2) dangers . Note documentaire de l’INRS : Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique. La base des agents chimiques. – 7) précautions (stockage. En effet. 7. emploi. il a été observé que les risques chroniques ou accidentels les plus élevés étaient souvent en rapport avec le niveau de danger. Son intérêt réside dans un repérage rapide de situations à risque important. ND 2233. Une autre source très riche d’informations est constituée par les fiches toxicologiques de l’INRS. issue des travaux de l’INRS2. peuvent être suffisamment nombreux et coûteux pour que leur traitement demande plusieurs années. 11 ont un intérêt particulier dans notre démarche : – 1) identification . – 12) informations écologiques .4 Repérage des urgences Les risques identifiés. – 3) composition .jrc. D’où la nécessité de disposer d’une méthode de préestimation rapide. manipulation) . Il existe en outre beaucoup d’ouvrages spécialisés dans les données de sécurité qui permettent de recouper les informations. Mais le plus simple est encore de se référer à la liste officielle de classement des substances. permet de rendre toutes ces informations accessibles rapidement et de faciliter ainsi la progression du projet. – 8) VLEP et protections individuelles . – 9) propriétés physico-chimiques . si elle est bien organisée. – 15) réglementation . 1. et donc les actions de prévention.

EXEMPLE : Une entreprise a relevé les informations suivantes concernant ses agents chimiques consommés : Consommation annuelle (kg) 200 500 200 50 20 100 50 2 Phrases de risque néant R10.4 Repérage des urgences avant de procéder aux études de terrain. R20/21. R38 R10. pas à pas : Niveaux de danger (selon annexe 4) : Agent chimique Huile pour machine Peinture solvantée Xylène Acétonitrile Phrases de risque néant R10. et leur attribuer le rang R2 . 100 – 4) calculer un indice d’utilisation selon la formule : i = ------------------. il faut suivre le mode opératoire suivant. – 6) combiner ce niveau de mise en œuvre avec le niveau de danger du produit selon la formule : potentiel de risque = (niveau de danger) ¥ 2 + (niveau de mise en œuvre). R1 × R2 – 5) classer les indices d’utilisation par valeur décroissante et leur attribuer un niveau de mise en œuvre NO de 1 à 5 . R38 R11.7 • Organisation de la démarche 7. R23/24/25 R35 néant Nombre de mises en œuvre par mois 1 20 20 80 10 20 2 10 Agent chimique Huile pour machine Peinture solvantée Xylène Acétonitrile Soude Bicarbonate de sodium Poussières de bois Fumées de soudure Le mode opératoire s’applique ainsi. – 2) classer les produits par quantité consommée décroissante. qui est une variante simplifiée de celui de l’INRS : – 1) déterminer le niveau de danger ND de chaque agent . R23/24/25 ND 1 3 3 4 308 . R20/21. R38 R11. R20/21. R38 R10. R20/21. Cette formule privilégie le danger par rapport à l’exposition. Pour calculer le potentiel de risque. – 3) classer les produits par fréquence de mise en œuvre décroissante. et leur attribuer le rang R1 ..

7 • Organisation de la démarche 7.4 Repérage des urgences Soude Bicarbonate de sodium Poussières de bois Fumées de soudure R35 néant (VLEP) (VLEP) 4 1 4 3 Quantités consommées : Consommation annuelle (kg) 500 200 200 100 50 50 20 2 Agent chimique Peinture solvantée Huile pour machine Xylène Bicarbonate de sodium Acétonitrile Poussières de bois Soude Fumées de soudure R1 1 2 2 4 5 5 7 8 Fréquence de mise en œuvre : Nombre de mises en œuvre par mois 80 20 20 20 10 10 2 1 Agent chimique Acétonitrile © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. R2 1 2 2 2 5 5 7 8 Peinture solvantée Xylène Bicarbonate de sodium Soude Fumées de soudure Poussières de bois Huile pour machine 309 .

le potentiel de risque n’indique qu’une probabilité de risque élevé. s’il en est. Le calcul peut être automatisé. il est facile de déterminer l’ordre des unités de travail ou des procédés dans lequel on conduira le processus complet d’évaluation des risques.0 12.4 Repérage des urgences Indices d’utilisation et niveaux de mise en œuvre : Agent chimique Peinture solvantée Xylène Acétonitrile Bicarbonate de sodium Huile pour machine Poussières de bois Soude Fumées de soudure Potentiel de risque : Agent chimique Acétonitrile Peinture solvantée Xylène Soude Poussières de bois Fumées de soudure Bicarbonate de sodium Huile pour machine ND 4 3 3 4 4 3 1 1 NO 4 5 4 1 1 1 3 2 PR 12 11 10 9 9 7 5 4 i = 100/R1 ¥ R2 50. Cet exemple est très simple.5 NO 5 4 4 3 2 1 1 1 Ce tableau indique clairement l’ordre à suivre pour conduire les analyses de risque.0 25. Si un potentiel de risque devait se détacher nettement.3 2. sachant qu’elles peuvent. C’est pourquoi ce choix des priorités tiendra aussi compte de la connaissance de terrain des participants.0 20. mais on imagine l’intérêt de la méthode sur une liste de plusieurs centaines de produits. Bien entendu.7 • Organisation de la démarche 7. À partir de la liste de tous les agents chimiques par potentiel de risque décroissant. la seule difficulté. une fois réalisées. étant de recueillir les données nécessaires. 310 . qu’un examen rapide peut fort bien invalider.9 2. montrer des urgences différentes.9 2. il faudrait le traiter immédiatement.5 6.

Cette étape se termine par un rapport global sur tous les risques détectés et estimés. entrent dans le plan de prévention. bruit…). L’approche par produit. autant que possible. Si un consensus est obtenu. . Des études peuvent être envisagées et. réalisés avec les apports de compétences internes ou externes utiles et incluant des objectifs de résultats.7 • Organisation de la démarche 7. les partenaires et les moyens de financement sont assez nombreux. notamment avec le service de santé au travail. ainsi que de nouvelles observations des situations de travail pour détecter tout éventuel déplacement de risque. le rôle de chacun. ne peut se faire que globalement. les choix. au niveau de l’établissement. pour cela. pour faire le point et communiquer avec l’ensemble du personnel. Les travaux sont ensuite suivis avec des outils appropriés et les réajustements éventuellement nécessaires réalisés. ils sont enregistrés et communiqués à tous les intéressés. Le chef de projet met aussi en place une organisation susceptible d’assurer la mise en œuvre des mesures de prévention décidées. un temps d’observation est défini. Cela nécessite la rédaction de cahiers des charges. c’est pourquoi le plan de prévention est évolutif et fait l’objet de mises à jour régulières.5 Application de la méthode 7.4. avec les délais prévus pour la réalisation. organisationnels et humains. on pourra réaliser de nouveaux prélèvements. Une fois les mesures de prévention rendues opérationnelles.2. Toutes les compétences extérieures à l’entreprise peuvent enrichir la recherche. toujours grâce à la dynamique du chef de projet. On peut consulter les spécialistes en prévention. différents types de métrologie (ventilation. La réception des travaux doit se faire par toutes les parties prenantes. les consultants et la presse professionnelle. mais à l’intérieur d’une grande unité de travail. au terme duquel une validation est opérée sur des critères techniques. La recherche des mesures de prévention fait appel à des compétences différentes. À cet effet. En particulier. indiquant les équipements. qui demande un examen de toutes les actions ou des phases par personne ou par procédé. Toutes les données sur les risques sont enregistrées dans la base créée à cet effet. Ces actions sont choisies en suivant les priorités définies précédemment. la réservation d’un budget de prévention des risques est essentielle.5 Application de la méthode Il faut d’abord réunir quelques documents qui aideront à la réalisation de cette étape : – un organigramme complet. Il faut à ce stade une large concertation de façon à faciliter les changements possibles. qui précise les échéances et le budget et. répondant notamment aux exigences citées au paragraphe 4. les actions et les risques . En cas 311 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Les mesures de prévention ne peuvent pas être décidées partout en même temps. Une fois les choix arrêtés. Le chapitre 3 décrit la réalisation de l’analyse des risques. les produits et les fonctions. mais aussi les syndicats professionnels. – un descriptif général des procédés. les fournisseurs spécialisés. pour savoir qui fait quoi et qui est où . dans les délais impartis et avec les performances fixées. – un plan détaillé de l’établissement pour situer les équipements. indispensable. Il est souhaitable d’organiser des réunions. qui conduit à des priorités de prévention.

C’est donc le nombre et la « rareté » des agents chimiques présents qui sera déterminante. plutôt que de faire de la métrologie. plutôt que de détailler l’activité par actions élémentaires. Plus concrètement. – 2) Analyser les risques poste par poste. La partie invariable se résume aux points suivants : – 1) Analyser les risques avant de choisir les mesures.6 Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise de non-atteinte. Quand le projet est bien lancé et bien organisé. – 3) Repérer pour chaque poste l’aspect chronique et l’aspect accidentel.7 • Organisation de la démarche 7. des objectifs de prévention. dans toutes les activités. partielle ou totale. Il ne faut pas se laisser impressionner par le terme chef de projet. L’application rigoureuse de la méthodologie n’est fonction que de deux paramètres : la compétence du chef de projet et le temps qu’il peut y consacrer. auquel on affecte un crédit de quinze heures par mois pour s’en occuper. – 5) Estimer les risques en combinant toujours : danger-exposition ou gravitéprobabilité. sachant que ce n’est pas lui qui fait tout. Ainsi. c’est de plus en plus facile : l’expérience a montré qu’après les premières mises en place de mesures. – 4) Faire une estimation des risques pour ne pas se tromper de priorité. Avec une vingtaine de produits. Ensuite. il se déroule sans trop de difficultés. on tombe dans une confusion générale si l’on n’est pas assez précis. la démarche devra être réitérée pour définir des nouvelles mesures. la lourdeur de la méthode ne sera fonction que de la précision que l’on veut obtenir dans l’analyse des risques. Ce raisonnement ne tient pas à l’examen. Il y a donc nécessité d’adapter la méthodologie au profil de l’entreprise. 312 . Ensuite. un regain de confiance apparaît chez les employés.6 Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise On ne peut pas conduire la même démarche dans une entreprise artisanale et une multinationale. La partie variable porte sur la précision des paramètres qui permettent de respecter les points invariables. On peut regarder comment un polluant se dégage dans l’atmosphère. – 6) Chercher les mesures dans l’ordre produit-exposition-dommage ou produitsituation-événement-dommage. Avec plusieurs centaines de produits. On remarque partout un réflexe qui consiste à dire : « une méthode légère pour un petit effectif et une lourde pour un gros effectif ». 7. on peut aller vite et bien. comme le montre l’étude de cas du chapitre 6. on peut ne considérer que les opérations globales. Il désigne simplement la personne qui a été désignée pour faire vivre la démarche selon la volonté affichée du décideur. c’est d’ailleurs une règle universelle. Il s’avère que les opérateurs sont alors euxmêmes la source d’un progrès constant dans ce domaine. de même que dans le bâtiment et dans l’alimentaire. La précision est une garantie de choix judicieux. suivi par une motivation à aller plus vite et plus loin. l’adaptation de la méthodologie consiste à respecter un cadre invariable et à jouer sur la partie variable. Dans une petite structure. L’ensemble de ces conseils montre que le démarrage d’une démarche de prévention des risques est une opération lourde et éventuellement perturbatrice. cela peut être par exemple un technicien.

313 . © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. pour limiter le temps passé à l’appliquer. Ces simplifications aident à franchir le pas. Mais elles aboutissent souvent à un rapport assez formel.7 • Organisation de la démarche 7.6 Adaptation au domaine d’activité de l’entreprise On peut se limiter aux activités les plus fréquentes. Et surtout. On peut aussi supposer. ce qui est positif. pour ne pas dire réglementaire. la clé de l’efficacité n’est pas la simplicité d’une méthode en quatre pages. on peut décliner la méthodologie mentalement. pour ne transcrire que ses conclusions. a priori. tentés de faire un enjeu de la protection de la santé humaine et de l’environnement. mais la clarté et la cohérence des concepts. ou oralement en réunion. On peut lister les situations dangereuses à partir d’une liste type. une exposition pour tout produit utilisé. En conclusion. C’est pourquoi nous espérons que ce livre rendra service à toutes les entreprises et tous les organismes. grands et petits. et qui risque d’être voué à l’oubli.

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Peut exploser en mélange avec des substances comburantes. Grand risque d’explosion par le choc. Extrêmement inflammable. Forme des composés métalliques explosifs très sensibles. Facilement inflammable. Inflammable. Réagit violemment au contact de l’eau. la friction. le feu ou autres sources d’ignition. Danger d’explosion en contact ou sans contact avec l’air. Danger d’explosion sous l’action de la chaleur. Au contact de l’eau. Au contact de l’eau. la friction. Peut provoquer un incendie.8 • ANNEXES Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » (Santé et sécurité) CODE R1 R2 R3 R4 R5 R6 R7 R8 R9 R10 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. le feu ou d’autres sources d’ignition. PHRASES DE RISQUE Explosif à l’état sec. Peut exploser en mélange avec des matières combustibles. dégage des gaz extrêmement inflammables. Favorise l’inflammation des matières combustibles. R11 R12 R14 R14/15 R15 R15/29 R16 315 . Risque d’explosion par le choc. Réagit violemment au contact de l’eau en dégageant des gaz extrêmement inflammables. dégage des gaz toxiques et extrêmement inflammables.

Très toxique en cas d’ingestion. Toxique par contact avec la peau et par ingestion. Très toxique par contact avec la peau. dégage des gaz toxiques. Nocif par contact avec la peau et par ingestion. Nocif en cas d’ingestion. par contact avec la peau et par ingestion.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R17 R18 R19 R20 R20/21 R20/21/22 R20/22 R21 R21/22 R22 R23 R23/24 R23/24/25 R23/25 R24 R24/25 R25 R26 R26/27 R26/27/28 R26/28 R27 R27/28 R28 R29 R30 PHRASES DE RISQUE Spontanément inflammable à l’air. Lors de l’utilisation. par contact avec la peau et par ingestion. Nocif par contact avec la peau. Nocif par inhalation. Très toxique par contact avec la peau et par ingestion. Peut devenir facilement inflammable pendant l’utilisation. Très toxique par inhalation. Très toxique par inhalation et par ingestion. Toxique par inhalation. par contact avec la peau et par ingestion. Nocif par inhalation et par ingestion. Nocif par inhalation. Toxique par inhalation. Nocif par inhalation et par contact avec la peau. Toxique par contact avec la peau. 316 . formation possible de mélange vapeur-air inflammable/explosif. Toxique par inhalation et par ingestion. Toxique en cas d’ingestion. Très toxique par inhalation et par contact avec la peau. Peut former des peroxydes explosifs. Très toxique par inhalation. Toxique par inhalation et par contact avec la peau. Au contact de l’eau.

Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau et par ingestion. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par ingestion. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par contact avec la peau. Irritant pour les voies respiratoires. Danger d’effets irréversibles très graves. Au contact d’un acide. Irritant pour les yeux. par contact avec la peau et par ingestion. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par contact avec la peau. Irritant pour la peau. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par ingestion. PHRASES DE RISQUE Au contact d’un acide. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R31 R32 R33 R34 R35 R36 R36/37 R36/37/38 R36/38 R37 R37/38 R38 R39 R39/23 R39/23/24 R39/23/24/ 25 R39/23/25 R39/24 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. par contact avec la peau et par ingestion. dégage un gaz toxique. les voies respiratoires et la peau. dégage un gaz très toxique. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. Provoque des brûlures. Irritant pour les yeux. Danger d’effets cumulatifs. Provoque de graves brûlures. Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau. Irritant pour les yeux et la peau. Irritant pour les yeux et les voies respiratoires. R39/24/25 R39/25 R39/26 R39/26/27 R39/26/27/ 28 317 . Toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation. Irritant pour les voies respiratoires et la peau.

Peut entraîner une sensibilisation par inhalation. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par contact avec la peau. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par contact avec la peau. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau. contact avec la peau et ingestion. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par ingestion. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau et par ingestion. Risque d’explosion si chauffé en ambiance confinée. Effet cancérogène suspecté – preuves insuffisantes. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par ingestion. Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. Peut causer des altérations génétiques héréditaires. Risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée. Risque de lésions oculaires graves. R48/21 R48/21/22 R48/22 R48/23 R48/23/24 318 . Nocif : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau et par ingestion. Peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. Peut causer le cancer. Peut entraîner une sensibilisation par inhalation et contact avec la peau.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R39/26/28 R39/27 R39/27/28 R39/28 R40 R41 R42 R42/43 R43 R44 R45 R46 R48 R48/20 R48/20/21 R48/20/21/ 22 R48/20/22 PHRASES DE RISQUE Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par inhalation et par ingestion. Très toxique : danger d’effets irréversibles très graves par contact avec la peau.

L’exposition répétée peut provoquer dessèchement ou gerçures de la peau. Possibilité d’effets irréversibles. L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges. R68/20/21 R68/20/21/ 22 R68/20/22 R68/21 R68/21/22 R68/22 319 . Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation. Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant. Peut causer le cancer par inhalation. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation et par ingestion. Peut altérer la fertilité. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par ingestion. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation et par ingestion. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par contact avec la peau. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par contact avec la peau et par ingestion. Risque possible pour les bébés nourris au lait maternel. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation et par contact avec la peau. Risque possible d’altération de la fertilité. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par inhalation. R48/24 R48/24/25 R48/25 R49 R60 R61 R62 R63 R64 R65 R66 R67 R68 R68/20 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par contact avec la peau et par ingestion.8 • Annexes Annexe 1 – Code du travail – Phrases de risque « R » CODE R48/23/24/ 25 R48/23/25 PHRASES DE RISQUE Toxique : risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée par inhalation. par contact avec la peau et par ingestion. par contact avec la peau et par ingestion. Nocif : peut provoquer une atteinte des poumons en cas d’ingestion. Risque possible pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant. Nocif : possibilité d’effets irréversibles par ingestion.

Conserver à l’écart des… (matière(s) incompatible(s) à indiquer par le fabricant). Conserver hors de la portée des enfants.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S12 S13 S14 S15 S16 S17 S18 S20 S21 S22 S23 S24 S25 S26 Conserver sous clé. Éviter le contact avec la peau. Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence. Conserver à l’écart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux. Ne pas respirer les poussières. Ne pas respirer les gaz/vapeurs/fumées/aérosols (terme(s) approprié(s) à indiquer par le fabricant). Éviter le contact avec les yeux. Ne pas fermer hermétiquement le récipient. Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé. Conserver dans un endroit frais. En cas de contact avec les yeux. laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. Tenir à l’écart des matières combustibles. Conserver le récipient bien fermé. CONSEILS DE PRUDENCE 320 . Conserver sous… (liquide approprié à spécifier par le fabricant). Conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles – Ne pas fumer. Conserver à l’écart de tout local d’habitation. Conserver le récipient à l’abri de l’humidité. Conserver sous… (gaz inerte à spécifier par le fabricant). Conserver à l’écart de la chaleur. Ne pas manger et ne pas boire pendant l’utilisation. Ne pas fumer pendant l’utilisation.

ne pas respirer les fumées. Après contact avec la peau. se laver immédiatement et abondamment avec… (produits appropriés à indiquer par le fabricant). Éviter le choc et le frottement. Si l’eau augmente les risques. Porter un appareil de protection des yeux/du visage. consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette). utiliser… (moyens d’extinction à préciser par le fabricant. ajouter « Ne jamais utiliser l’eau »). utiliser… (à préciser par le fabricant). S45 S46 S47 S48 S49 S50 321 . porter un appareil respiratoire approprié (terme(s) approprié(s) à indiquer par le fabricant). Maintenir humide avec… (moyen approprié à préciser par le fabricant). Conserver à une température ne dépassant pas… ˚C (à préciser par le fabricant). Ne pas jeter les résidus à l’égout. Porter des gants appropriés. porter un appareil respiratoire approprié. Ne se débarrasser de ce produit et de son récipient qu’en prenant toute précaution d’usage. Porter un vêtement de protection approprié. En cas de malaise. En cas d’accident ou de malaise. En cas de ventilation insuffisante. Ne jamais verser de l’eau dans ce produit. En cas d’incendie. En cas d’incendie et/ou d’explosion. Éviter l’accumulation de charges électrostatiques. S43 S44 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. consulter un médecin (si possible lui montrer l’étiquette). Ne pas mélanger avec… (à spécifier par le fabricant). En cas d’ingestion. Pour nettoyer le sol ou les objets souillés par ce produit. consulter immédiatement un médecin et lui montrer l’emballage ou l’étiquette.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S27 S28 S29 S30 S33 S34 S35 S36 S37 S38 S39 S40 S41 S42 CONSEILS DE PRUDENCE Enlever immédiatement tout vêtement souillé ou éclaboussé. Pendant les fumigations/pulvérisations. Conserver uniquement dans le récipient d’origine.

Conserver uniquement dans le récipient d’origine dans un endroit frais bien ventilé à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par le fabricant). Conserver dans un endroit frais et bien ventilé à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par le fabricant). S62 Phrases combinées S1/2 S3/7 S3/9/14 Conserver sous clé et hors de portée des enfants. Conserver le récipient bien fermé dans un endroit frais. Conserver uniquement dans le récipient d’origine dans un endroit frais et bien ventilé. ne pas faire vomir : consulter immédiatement un médecin et lui montrer l’emballage ou l’étiquette. Éliminer le produit et son récipient comme un déchet dangereux. Consulter les instructions spéciales/la fiche de données de sécurité. Éviter le rejet dans l’environnement. Ne pas manger. se procurer des instructions spéciales avant l’utilisation.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S51 S52 S53 S56 S57 S59 S60 S61 CONSEILS DE PRUDENCE Utiliser seulement dans des zones bien ventilées. Conserver le récipient bien fermé et dans un endroit bien ventilé. Conserver le récipient bien fermé et à une température ne dépassant pas…˚C (à préciser par le fabricant). Consulter le fabricant ou le fournisseur pour des informations relatives à la récupération ou au recyclage. S3/9/14/49 S3/9/49 S3/14 S7/8 S7/9 S7/47 S20/21 S24/25 322 . Éviter le contact avec la peau et les yeux. ne pas boire et ne pas fumer pendant l’utilisation. En cas d’ingestion. Éliminer ce produit et son récipient dans un centre de collecte des déchets dangereux ou spéciaux. Utiliser un récipient approprié pour éviter toute contamination du milieu ambiant. Éviter l’exposition. Conserver le récipient bien fermé et à l’abri de l’humidité. Ne pas utiliser sur de grandes surfaces dans des locaux habités. Conserver dans un endroit frais à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par le fabricant).

des gants et un appareil de protection des yeux/du visage. Porter un vêtement de protection approprié.8 • Annexes Annexe 2 – Code du travail – Phrases « S » CODE S29/56 S36/37 S36/37/39 CONSEILS DE PRUDENCE Ne pas jeter les résidus à l’égout. Porter un vêtement de protection approprié et un appareil de protection des yeux/du visage. 323 . S36/39 S37/39 S47/49 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Conserver uniquement dans le récipient d’origine à température ne dépassant pas… ˚C (à préciser par le fabricant). éliminer ce produit et son récipient dans un centre de collecte des déchets dangereux ou spéciaux. Porter un vêtement de protection et des gants appropriés. Porter des gants appropriés et un appareil de protection des yeux/du visage.

valeurs limites comprises).8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 20 22 223 225 23 239 25 26 263 265 268 gaz asphyxiant ou qui ne présente pas de risque subsidiaire gaz liquéfié réfrigéré. chauffée à une température égale ou supérieure à son point d’éclair. inflammable gaz liquéfié réfrigéré. inflammable gaz toxique et comburant (favorise l’incendie) gaz toxique et corrosif matière liquide inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. ou matière liquide auto-échauffante et toxique 30 323 X323 33 333 X333 336 338 X338 339 36 324 . ou matière liquide auto-échauffante matière liquide inflammable réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide inflammable réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide très inflammable (point d’éclair inférieur à 23 ˚C) matière liquide pyrophorique matière liquide pyrophorique réagissant dangereusement avec l’eau matière liquide très inflammable et toxique matière liquide très inflammable et corrosive matière liquide très inflammable et corrosive. pouvant produire spontanément une réaction violente matière liquide inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeurs limites comprises) ou matière liquide inflammable ou matière solide à l’état fondu ayant un point d’éclair supérieur à 61 ˚C. pouvant produire spontanément une réaction violente gaz comburant (favorise l’incendie) gaz toxique gaz toxique. comburant (favorise l’incendie) gaz inflammable gaz inflammable. présentant un degré mineur de toxicité. asphyxiant gaz liquéfié réfrigéré. réagissant dangereusement avec l’eau matière liquide très inflammable.

à une température élevée. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables liquide inflammable.8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 362 X362 368 38 matière liquide inflammable. toxique matière solide toxique. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide inflammable. matière solide spontanément inflammable (pyrophorique) matière solide inflammable qui. valeurs limites comprises). corrosive. présentant un degré mineur de corrosivité. ou matière liquide auto-échauffante et corrosive matière liquide inflammable. réagissant avec l’eau en émettant des gaz inflammables matière liquide inflammable. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz toxiques matière solide inflammable ou auto-échauffante. corrosive. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière solide. corrosive matière solide corrosive. toxique. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière liquide inflammable. se trouve à l’état fondu matière solide inflammable ou auto-échauffante. toxique et corrosive matière liquide inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. réagissant dangereusement avec l’eau en dégageant des gaz corrosifs matière comburante (favorise l’incendie) peroxyde organique inflammable matière très comburante (favorise l’incendie) matière très comburante (favorise l’incendie). à une température élevée. toxique. pouvant produire spontanément une réaction violente matière solide inflammable ou matière autoréactive ou matière auto-échauffante matière solide réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière solide inflammable. toxique matière très comburante (favorise l’incendie) et corrosive 382 X382 39 40 423 X423 43 44 446 46 462 X462 48 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière solide. 482 X482 50 539 55 556 558 325 . se trouve à l’état fondu matière solide inflammable et toxique qui.

corrosive 639 64 642 65 66 663 664 665 668 669 68 69 70 78 326 . pouvant produire spontanément une réaction violente matière toxique et corrosive matière toxique ou présentant un degré mineur de toxicité. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière toxique et comburante (favorise l’incendie) matière très toxique matière très toxique et inflammable (point d’éclair égal ou inférieur à 61 ˚C) matière très toxique solide. corrosive matière comburante (favorise l’incendie) pouvant produire spontanément une réaction violente matière toxique ou présentant un degré mineur de toxicité matière infectieuse matière toxique liquide.8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 559 56 568 58 59 60 606 623 63 638 matière très comburante (favorise l’incendie) pouvant produire spontanément une réaction violente matière comburante (favorise l’incendie). toxique matière comburante (favorise l’incendie). réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière toxique et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. corrosive matière comburante (favorise l’incendie). pouvant produire spontanément une réaction violente matière radioactive matière radioactive. inflammable ou auto-échauffante matière toxique solide. valeurs limites comprises) matière toxique et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeurs limites comprises) et corrosive matière toxique et inflammable (point d’éclair égal ou inférieur à 61 ˚C). toxique. inflammable ou auto-échauffante matière très toxique et comburante (favorise l’incendie) matière très toxique et corrosive matière très toxique. pouvant produire spontanément une réaction violente matière toxique solide.

pouvant produire spontanément une réaction violente matière dangereuse du point de vue de l’environnement. 885 886 X886 89 90 99 327 . réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité. valeurs limites comprises). valeurs limites comprises) réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeur limites comprises) matière très corrosive solide. matières dangereuses diverses matières dangereuses diverses transportées à chaud X83 839 X839 84 842 85 856 86 88 X88 883 884 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et comburante (favorise l’incendie) matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et comburante (favorise l’incendie) et toxique matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et toxique matière très corrosive matière très corrosive réagissant dangereusement avec l’eau matière très corrosive et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. pouvant produire spontanément une réaction violente matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. valeurs limites comprises) matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C.8 • Annexes Annexe 3 – ADR – Signification des numéros d’identification du danger 80 X80 823 83 matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive liquide. réagissant avec l’eau en dégageant des gaz inflammables matière corrosive ou présentant un degré mineur de corrosivité et inflammable (point d’éclair de 23 ˚C à 61 ˚C. inflammable ou auto-échauffante matière très corrosive et comburante (favorise l’incendie) matière très corrosive et toxique matière très corrosive et toxique. pouvant produire spontanément une réaction violente et réagissant dangereusement avec l’eau matière corrosive solide. valeurs limites comprises). inflammable ou auto-échauffante matière corrosive solide.

Niveau de danger Type toxicologique R26 R27 R28 R26/27 R26/28 R26/27/28 R27/28 5 R32 R39 R39/26 R39/27 R39/28 R39/26/27 R39/26/28 R15/29 R23 R24 R25 R23/24 R23/25 R23/24/25 R24/25 R29 R31 R35 R39/23 R39/24 R39/25 R39/23/24 R39/23/25 R39/24/25 R39/23/24/25 R41 R45 R46 R48 R48/23 R48/24 R48/25 R48/23/24 R48/23/25 R48/24/25 R48/23/24/25 R49 R60 R61 R20 R21 R22 R20/21 R20/22 R20/21/22 R21/22 R33 R34 R40 R42 R43 R42/43 3 R48/20 R48/21 R48/22 R48/20/21 R48/20/22 R48/21/22 R48/20/21/22 R62 R63 R64 R65 R67 R68 R68/20 R68/21 R68/22 R68/20/21 R68/20/22 R68/21/22 R68/20/21/22 2 1 R36 R37 R38 R36/37 R36/38 R36/37/38 R37/38 R66 aucune R10 aucune R8 R9 R11 R18 R30 R34 R44 R7 R12 R14 14/15 R15 R15/29 R16 R17 R19 R29 R31 R35 R41 Phrases de risque Type physico-chimique R1 R2 R3 R4 R5 R6 R32 4 328 . pour la réglementation actuelle.8 • Annexes Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Le tableau suivant est la synthèse des niveaux affectés aux phrases de risque de tous types.

déchets de peintures au plomb. sables. matériaux composites. graphite. matériaux de construction.8 • Annexes Annexe 4 – Niveaux de danger des agents chimiques Pour les agents chimiques générés par l’activité et non étiquetables. huiles de décoffrage Pas de danger connu Nature de l’agent chimique 3 2 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. goudrons et brais. il y a lieu d’utiliser le tableau suivant : Niveau de danger 5 4 Bois et dérivés. huiles d’usinage et de coupe Fer. fumées de fonderie. 329 . matières végétales ou animales. fibres de verre. mercure. décapage au jet. fibres céramiques. essence (carburant) Fumées de soudure inox. gaz de combustion. céréales et dérivés. poussières de meules. plomb métallique. ciment. fumées de vulcanisation. fumées de soudure de métaux ou plastiques. amiante et matériaux en contenant. fumées de combustion de bois traités. fibres végétales. talc.

6) 2 Liquides inflammables (chapitre 2.1 Division 1.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2.8) et peroxydes organiques (chapitre 2. danger sérieux de projection Explosif .2) Catégorie de danger Explosif instable Division 1.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2.6) 4 Matières solides inflammables (chapitre 2.1 – Codes des mentions de danger pour les dangers physiques Code Mentions de danger pour les dangers physiques Explosif instable Explosif .15) 1.2) Gaz inflammables (chapitre 2.1) Explosives (chapitre 2.4 Division 1.1) Gaz inflammables (chapitre 2.2 H200 H201 H202 H203 H204 H205 H220 H221 H222 H223 H224 H225 H226 H227 H228 Division 1.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2. d’effet de souffle ou de projection Danger d’incendie ou de projection Danger d’explosion en masse en cas d’incendie Gaz extrêmement inflammable Gaz inflammable Aérosol extrêmement inflammable Aérosol inflammable Liquide et vapeurs extrêmement inflammables Liquide et vapeurs très inflammables Liquide et vapeurs inflammables Liquide combustible Matière solide inflammable Classe de danger (chapitre du SGH) Matières et objets explosibles (chapitre 2.3) 2 Liquides inflammables (chapitre 2. danger d’incendie. 2 H240 Risque d’explosion en cas d’échauffement Type A H241 Risque d’incendie ou d’explosion en cas d’échauffement Type B 330 .1.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Annexe 5 – SGH – Classification Tableau A 3.8) et peroxydes organiques (chapitre 2.7) Matières autoréactives (chapitre 2.6) 3 Liquides inflammables (chapitre 2.3) 1 Aérosols inflammables (chapitre 2.3 Division 1.5 1 2 Aérosols inflammables (chapitre 2.1) Matières et objets explosibles (chapitre 2.15) Matières autoréactives (chapitre 2.6) 1 Liquides inflammables (chapitre 2. danger d’explosion en masse Explosif .

peut exploser sous l’effet de la chaleur Contient un gaz réfrigéré . 3 H270 1 H271 Liquides comburants (chapitre 2.12) Gaz comburants (chapitre 2. D.15) Liquides pyrophoriques (chapitre 2.9) Matières solides pyrophoriques (chapitre 2.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Code Mentions de danger pour les dangers physiques Classe de danger (chapitre du SGH) Catégorie de danger Types C. F H242 Matières autoréactives (chapitre Risque d’incendie en cas d’échauffement 2. 3 H280 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. au contact de l’eau. peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques Peut être corrosif pour les métaux Gaz dissous H281 H290 Gaz liquide réfrigéré 1 331 . dégagent des gaz inflammables (chapitre 2.14) Gaz sous pression (chapitre 2.11) Matières qui.12) Matières qui. comburant 2. Contient un gaz sous pression . au contact de l’eau.5) Gaz comprimé Gaz liquéfié Gaz sous pression (chapitre 2.13) 1 Matières solides comburantes (chapitre 2.13) Matières solides comburantes (chapitre 2.5) Matières corrosives pour les métaux (chapitre 2. E. dégagent des gaz inflammables (chapitre 2. peut s’enflammer Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables qui peuvent s’enflammer spontanément Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables Peut provoquer ou aggraver un incendie .8) et peroxydes organiques (chapitre 2. comburant puissant 1 2 H260 1 H261 2. peut s’enflammer Matière auto-échauffante en grandes quantités .4) H250 S’enflamme spontanément au contact de l’air 1 H251 H252 Matière auto-échauffante .16) H272 Peut aggraver un incendie .11) Matières auto-échauffantes (chapitre 2.14) Liquides comburants (chapitre 2. comburant Peut provoquer un incendie ou une explosion .10) Matières auto-échauffantes (chapitre 2.

3) Lésions oculaires graves/irritation oculaire (chapitre 3.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Tableau A 3.2) Corrosion cutanée/irritation cutanée (chapitre 3. 2 332 . 1C H315 2 H316 Provoque une légère irritation cutanée 3 H317 Peut provoquer une allergie cutanée 1 H318 Provoque des lésions oculaires graves 1 H319 Provoque une sévère irritation des yeux 2A H320 Provoque une irritation des yeux 2B H330 Mortel par inhalation 1.1) 4 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3. 2 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.4) Lésions oculaires graves/irritation oculaire (chapitre 3.1) 1.1) 5 Corrosion cutanée/irritation cutanée (chapitre 3.2) Sensibilisation cutanée (chapitre 3. 2 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3.1) 3 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3.1) 5 Danger par aspiration (chapitre 3.2 – Codes des mentions de danger pour les dangers pour la santé Mentions de danger pour les dangers pour la santé Mortel en cas d’ingestion Toxique en cas d’ingestion Nocif en cas d’ingestion Peut être nocif en cas d’ingestion Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Peut être nocif en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Mortel par contact cutané Toxique par contact cutané Nocif par contact cutané Peut être nocif par contact cutané Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque une irritation cutanée Classe de danger (chapitre du SGH) Catégorie de danger Code H300 H301 H302 H303 H304 Toxicité aiguë – orale (chapitre 3.1) 3 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.3) Lésions oculaires graves/irritation oculaire (chapitre 3. 1B.1) 1A.1.1) 1.10) H305 H310 H311 H312 H313 H314 2 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.10) 1 Danger par aspiration (chapitre 3.3) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.1) 4 Toxicité aiguë – cutanée (chapitre 3.2) Corrosion cutanée/irritation cutanée (chapitre 3.

8) H336 Peut provoquer somnolence et des vertiges Peut induire des anomalies génétiques (indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) H340 Mutagénicité pour les cellules germinales (chapitre 3.6) formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Peut nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (indiquer Toxicité pour la reproduction la voie d’exposition s’il est formellement (chapitre 3.1) Catégorie de danger 3 H331 H332 Nocif par inhalation 4 H333 Peut être nocif par inhalation 5 H334 Peut provoquer des symptômes Sensibilisation respiratoire allergiques ou d’asthme ou des difficultés (chapitre 3.1) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.8) Toxicité pour certains organes cibles – Exposition unique – Effets 3 narcotiques (chapitre 3. 1B 333 . 1B H341 Susceptible d’induire des anomalies génétiques (indiquer la voie d’exposition Mutagénicité pour les cellules s’il est formellement prouvé qu’aucune germinales (chapitre 3.4) respiratoires par inhalation 1 H335 Peut irriter les voies respiratoires Toxicité pour certains organes cibles – Exposition unique – Irritation des 3 voies respiratoires (chapitre 3.1) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Code Mentions de danger pour les dangers pour la santé Toxique par inhalation Classe de danger (chapitre du SGH) Toxicité aiguë – inhalation (chapitre 3.7) prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) 2 H350 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1A.5) autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Peut provoquer le cancer (indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé Cancérogénicité (chapitre 3.6) qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Susceptible de provoquer le cancer (indiquer la voie d’exposition s’il est Cancérogénicité (chapitre 3.5) 1A. 1B H351 2 H360 1A.

8) prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Risque avéré d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés.8) prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Risque présumé d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une Toxicité pour certains organes cibles 2 exposition prolongée (indiquer la voie – Expositions répétées (chapitre 3.7) Catégorie supplémentaire H370 Risque avéré d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés.9) d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) H371 H372 H373 334 .9) d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Risque présumé d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. s’ils sont connus) (indiquer la Toxicité pour certains organes cibles 1 voie d’exposition s’il est formellement – Exposition unique (chapitre 3.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Code Mentions de danger pour les dangers pour la santé Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (indiquer la voie d’exposition s’il est formellement prouvé qu’aucune autre voie d’exposition ne conduit au même danger) Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel Classe de danger (chapitre du SGH) Catégorie de danger H361 Toxicité pour la reproduction (chapitre 3.7) 2 H362 Toxicité pour la reproduction – Effets sur ou via l’allaitement (chapitre 3. s’ils sont connus) (indiquer la Toxicité pour certains organes cibles 2 voie d’exposition s’il est formellement – Exposition unique (chapitre 3. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une Toxicité pour certains organes cibles 1 exposition prolongée (indiquer la voie – Expositions répétées (chapitre 3.

1) H400 H401 2 H402 Nocif pour les organismes aquatiques Très toxique pour les organismes aquatiques.1) Dangers pour le milieu aquatique. entraîne des effets néfastes à long terme toxicité chronique (chapitre 4. entraîne des effets néfastes à long terme 3 H410 1 H411 Toxique pour les organismes aquatiques. toxicité chronique (chapitre 4. entraîne des effets néfastes à long terme toxicité chronique (chapitre 4.1) Dangers pour le milieu aquatique. toxicité chronique (chapitre 4.1) Peut être nocif à long terme pour les organismes aquatiques Dangers pour le milieu aquatique.1) 2 H412 3 H413 4 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. toxicité aiguë (chapitre 4.8 • Annexes Annexe 5 – SGH – Classification Tableau A 3.3 Codes des mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Mentions de danger pour les dangers pour l’environnement Très toxique pour les organismes aquatiques Toxique pour les organismes aquatiques Catégorie de danger 1 Code Classe de danger (chapitre du SGH) Dangers pour le milieu aquatique. Dangers pour le milieu aquatique. 335 . toxicité aiguë (chapitre 4. Dangers pour le milieu aquatique.1) Dangers pour le milieu aquatique.1) Nocif pour les organismes aquatiques.1. toxicité aiguë (chapitre 4.

1 3.1 3.3 3. de danger 5 5 5 3 H362 H336 3.8 • Annexes Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger Annexe 6 – SGH – Classement des mentions de danger selon le niveau de danger Dangers pour la santé Niveau Code danger H333 H303 H313 2 H316 H320 H335 H302 H305 H312 H332 H315 H319 H317 H334 H341 H351 H361 Provoque une légère irritation cutanée Provoque une irritation des yeux Peut irriter les voies respiratoires Nocif en cas d’ingestion Peut être nocif en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Nocif par contact cutané Nocif par inhalation Provoque une irritation cutanée Provoque une sévère irritation des yeux Peut provoquer une allergie cutanée Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation Susceptible d’induire des anomalies génétiques (note) Susceptible de provoquer le cancer (note) Susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus (indiquer l’effet s’il est connu) (note) Peut être nocif pour les bébés nourris au lait maternel Peut provoquer somnolence et des vertiges Risque présumé d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés.9 2 336 .1 Cat.6 3.1 3.2 3. 3 Mentions de danger pour la santé Peut être nocif par inhalation Peut être nocif en cas d’ingestion Peut être nocif par contact cutané Chapitre 3. suppl.8 3.1 3.1 3.10 3.7 3 2B 3 4 2 4 4 2 2A 1 1 2 2 2 Catég.7 3.3 3.8 H373 3. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) 3.2 3.4 3.5 3.4 3.

1C 1 1A.9 1 H304 H300 5 H310 H330 H370 3. 1B 2 H372 3.8 Cat. s’ils sont connus) (note) Chapitre 3.1 3.8 • Annexes Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger Niveau Code danger H301 H311 H331 H314 H318 4 H340 H350 H360 H371 Mentions de danger pour la santé Toxique en cas d’ingestion Toxique par contact cutané Toxique par inhalation Provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves Provoque des lésions oculaires graves Peut induire des anomalies génétiques (note) Peut provoquer le cancer (note) Peut nuire à la fertilité ou au fœtus (note) Risque présumé d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés. 1B 1A.2 3. 2 1. 2 1 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1B.1 3.5 3. 2 1. s’ils sont connus) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (note) Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires Mortel en cas d’ingestion Mortel par contact cutané Mortel par inhalation Risque avéré d’effets graves pour les organes (ou indiquer tous les organes affectés.1 3.1 3.3 3. de danger 3 3 3 1A. s’ils sont connus) (note) Risque avéré d’effets graves pour les organes (indiquer tous les organes affectés. 1B 1A.8 1 1.1 3.1 3.6 3.1 3.7 3. 337 .

8 • Annexes

Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger

Dangers physiques
Niveau de danger Catégorie de danger 2 3 4 1, 2

Code

Mentions de danger physique Matière auto-échauffante en grandes quantités ; peut s’enflammer Liquide et vapeurs inflammables Liquide combustible Matière solide inflammable Peut aggraver un incendie ; comburant Risque d’incendie en cas d’échauffement Danger d’incendie ou de projection Danger d’explosion en masse en cas d’incendie Matière auto-échauffante ; peut s’enflammer Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables Peut être corrosif pour les métaux Gaz inflammable Aérosol inflammable

Chapitre

H252 H226 H227 2 H228 H272 H242 H204 H205 H251 H261 H290 H221 H223 3 H270

2.11 2.6 2.6 2.7

2.13 ; 2.15 2, 3 2.8 ; 2.17 2.1 2.1 2.11 2.12 2.16 2.2 2.3 Types C, D, E, F Division 1.4 Division 1.5 1 2, 3 1 2 2 1 Gaz comprimé Gaz liquéfié Gaz dissous Gaz liquide réfrigéré 2 Type B Type A Division 1.3

Peut provoquer ou aggraver un incendie ; comburant 2.4

H280

Contient un gaz sous pression ; peut exploser sous l’effet de la chaleur

2.5

H281 H225 H241 H240 4 H203

Contient un gaz réfrigéré ; peut causer des brûlures ou blessures cryogéniques Liquide et vapeurs très inflammables Risque d’incendie ou d’explosion en cas d’échauffement Risque d’explosion en cas d’échauffement Explosif ; danger d’incendie, d’effet de souffle ou de projection

2.5 2.6 2.8 ; 2.16 2.8 ; 2.15 2.1

338

8 • Annexes

Annexe 6 – SGH – Classement des mentions selon le niveau de danger

Niveau de danger

Code

Mentions de danger physique

Chapitre

Catégorie de danger 1 1 1 1

H260 H220 H222 4 H224 H271 H250 H201 5 H202 Hors sujet H200

Dégage au contact de l’eau des gaz inflammables qui 2.12 peuvent s’enflammer spontanément Gaz extrêmement inflammable Aérosol extrêmement inflammable Liquide et vapeurs extrêmement inflammables Peut provoquer un incendie ou une explosion ; comburant puissant S’enflamme spontanément au contact de l’air Explosif ; danger d’explosion en masse Explosif ; danger sérieux de projection Explosif instable 2.2 2.3 2.6

2.13 ; 2.14 1 2.9 ; 2.10 2.1 2.1 2.1 1 Division 1.1 Division 1.2 Explosif instable

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

339

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction
(Annexe XVII du règlement 1907/2006)
N° 1 2 Désignation Polychloroterphényles (PCT) Chloro-1-éthylène (chlorure de vinyle monomère) Substances ou préparations liquides qui sont considérées comme dangereuses au sens des définitions de la directive 67/548/CEE Phosphate de tri (2,3 dibromopropyle) Benzène Fibres d’amiante Oxyde de triaziridinylphosphine Polybromobiphényle (PBB) Poudre de Panama (Quillaja saponaria) et ses dérivés contenant des saponines Poudre de racine d’Helleborus viridis et d’Helleborus niger Poudre de racine de Veratrum album et de Veratrum nigrum Benzidine et/ou ses dérivés o-nitrobenzaldéhyde Poudre de bois Sulfure d’ammonium 10 Hydrogénosulfure d’ammonium Polysulfure d’ammonium Les esters volatils de l’acide bromacétique : Bromacétate de méthyle 11 Bromacétate d’éthyle Bromacétate de propyle Bromacétate de butyle 96-32-2 105-36-2 35223-80-4 202-499-2 203-290-9 12135-76-1 12124-99-1 9080-17-5 232-989-1 5455-55-1 59536-65-1 126-72-7 71-43-2 75-01-4 Concerne les objets décoratifs, ludiques et les combustibles pour lampes décoratives n˚ CAS n˚ EINECS Remarques

3

4 5 6 7 8

92-87-5

202-199-1

9

552-89-06

340

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

N° 12 13 14 15

Désignation 2-naphtylamine et ses sels Benzidine et ses sels 4-nitrodiphényle

n˚ CAS 9-1-59-8 92-87-5 92-93-3

n˚ EINECS 202-080-4 202-199-1 202-204-7 202-177-1

Remarques

4-aminodiphényle, xénylamine et ses sels 92-67-1 Carbonates de plomb :

16

a) Carbonate anhydre neutre (PbCO3) b) Dihydroxybis (carbonate) de triplomb 2 PbCO3 Pb (OH) 2 Sulfates de plomb

598-63-0 1319-46-6

209-943-4 215-290-6

17

a) PbSO4 (1:1) b) Pbx SO4

7446-14-2 15739-80-7

231-198-9 239-831-0

18 19 20

Composés du mercure Composés de l’arsenic Composés organostanniques Di-µ-oxo-dinbutylstanniohydroxyborane ; hydrogénoborate de dibutylétain C8H19BO3Sn (DBB) Pentachlorophénol et ses sels et esters Cadmium et ses composés Monométhyltétrachlorodiphénylméthane Nom commercial : Ugilec 141 Mono-méthyldichlorodiphénylméthane Nom commercial : Ugilec 121, Ugilec 21 Mono-méthyldibromodiphénylméthane bromobenzylbromotoluène, mélange d’isomères Nom commercial : DBBT Nickel et ses composés

21

75113-37-0

401-040-5 (ELINCS)

22 23

87-86-5 7440-43-9

201-778-6 231-152-8

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

24

76253-60-6

25

inconnu

26

99688-47-8

27

7440-02-0

231-111-4

341

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

Désignation Substances figurant à l’annexe I de la directive 67/548/CEE classées « cancérogène catégorie 1 ou cancérogène catégorie 2 » et étiquetées au moins « Toxique (T) », avec la phrase de risque R45 : « Peut provoquer le cancer » ou la phrase de risque R49 : « Peut provoquer le cancer par inhalation », et reprises comme suit : Les substances cancérogènes de catégorie 1 sont énumérées à l’appendice 1. Les substances cancérogènes de catégorie 2 sont énumérées à l’appendice 2. Substances figurant à l’annexe I de la directive 67/548/CEE classées « mutagène catégorie 1 ou mutagène catégorie 2 » et étiquetées avec la phrase de risque R46 : « Peut provoquer des altérations génétiques héréditaires », et reprises comme suit : Les substances mutagènes de catégorie 1 sont énumérées à l’appendice 3. Les substances mutagènes de catégorie 2 sont énumérées à l’appendice 4. Substances figurant à l’annexe I de la directive 67/548/CEE classées « toxiques pour la reproduction catégorie 1 ou toxiques pour la reproduction catégorie 2 » et étiquetées avec la phrase de risque R60 : « Peut altérer la fertilité » et/ou R61 : « Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant », et reprises comme suit : Les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 1 sont énumérées à l’appendice 5. Les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 2 sont énumérées à l’appendice 6. a) Créosote ; huile de lavage

n˚ CAS

n˚ EINECS

Remarques

28

Il s’agit des substances et préparations « CMR ». Elles sont interdites sur le marché grand public. Les emballages doivent porter la mention « réservé aux utilisateurs professionnels ».

29

30

8001-58-9

31 b) Huile de créosote ; huile de lavage 61789-28-4

232-287-5 Ne peuvent être utilisés en tant que substances ou constituants de 263-047-8 préparations pour le traitement du bois. …/…

342

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

Désignation

n˚ CAS

n˚ EINECS

Remarques

c) Distillats de goudron de houille, huiles 84650-04-4 de naphtalène ; huile naphtalénique d) Huile de créosote, fraction acénaphtène ; huile de lavage e) Distillats supérieurs de goudron de houille (charbon) ; huile anthracénique lourde 31 f) Huile anthracénique g) Huiles acides de goudron de houille brutes ; phénols bruts h) Créosote de bois 90640-80-5 65996-85-2 8021-39-4 90640-84-9

65996-91-0

283-484-8 En outre, la mise sur le marché du bois ainsi traité est interdite, sauf 292-605-3 s’il existe une dérogation. L’emballage doit mentionner : 266-026-1 « Réservé aux installations industrielles ou aux utilisateurs 292-602-7 professionnels ». 266-019-3 232-419-1 310-191-5 200-663-8 Ne peuvent être utilisés en concentration 200-262-8 supérieure ou égale à 0,1 % dans les substances 201-166-9 et préparations destinées à la vente au grand public 201-197-8 et/ou aux applications conduisant à une diffusion, telles que le nettoyage des surfaces et 200-925-1 le nettoyage des tissus. 200-864-0 L’emballage doit mentionner : « Réservé aux installations 200-756-3 industrielles ».

i) Résidus d’extraction alcalins (charbon), 122384-78goudron de houille à basse température 5 32 33 34 35 36 37 38 39 Chloroforme Tétrachlorure de carbone tétrachlorométhane 1,1,2-trichloroéthane 1,1,2,2-tétrachloroéthane 1,1,1,2-tétrachloroéthane Pentachloroéthane 1,1-dichloroéthylène 1,1,1-trichloroéthane, méthylchloroforme Substances conformes aux critères d’inflammabilité définis dans la directive 67/548/CEE et classées comme inflammables, facilement inflammables ou extrêmement inflammables, qu’elles figurent ou non à l’annexe 1 de ladite directive Hexachloroéthane Alcanes en C10-C13, chloro (paraffines chlorées à chaîne courte SCCP) Colorants azoïques Diphényléther, dérivé pentabromé C12H5Br5O 67-72-1 67-66-3 56-23-5 79-00-5 79-34-5 630-20-6 76-01-7 75-35-4 71-55-6

© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

40

41 42 43 44

200-6664 287-476-5

343

8 • Annexes

Annexe 7 – REACH – Catégories de produits soumis à restriction

N° 45 46

Désignation Diphényléther, dérivé octabromé C12H2Br8O a) Nonylphénol C6H4 (OH) C9H19 b) Éthoxylate de nonylphénol (C2H4O) nC15H24O

n˚ CAS

n˚ EINECS

Remarques

47 48 49

Ciment Toluène Trichlorobenzène Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) 1.Benzo (a) pyrène (BaP) 2.Benzo(e) pyrène (BeP) 3.Benzo (a) anthracène (BaA) 50-32-8 192-97-2 56-55-3 218-01-9 205-99-2 205-82-3 207-08-9 53-70-3 108-88-3 120-82-1

Limite en chrome VI

50

4.Chrysène (CHR) 5.Benzo (b) fluoranthène (BbFA) 6.Benzo (j) fluoranthène (BjFA) 7.Benzo (k) fluoranthène (BkFA) 8.Dibenzo (a, h) anthracène (DBAhA) Les phtalates suivants (ou les autres numéros CAS et EINECS couvrant la substance) :

51

di (2-éthylhexyl) phtalate (DEHP) dibutyl phtalate (DBP) butyl benzyl phtalate (BBP) Les phtalates suivants (ou les autres numéros CAS et EINECS couvrant la substance) : di- « isononyl » phtalate (DINP)

117-81-7 84-74-2 85-68-7

204-211-0 201-557-4 201-622-7

52 di- « isodecyl » phtalate (DIDP) di-n-octyl phtalate (DNOP)

28553-12-0 et 6851548-0 26761-40-0 et 6851549-1 117-84-0

249-079-5 et 271090-9 247-977-1 et 271091-4 204-214-7

344

1 fibre par centimètre cube sur une heure de travail.Les concentrations des agents chimiques présents dans l’atmosphère des lieux de travail figurant dans le tableau suivant ne doivent pas dépasser. © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. R. R. ne doivent pas dépasser respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d’air.Dans les locaux à pollution spécifique. les concentrations moyennes en poussières totales et alvéolaires de l’atmosphère inhalée par un travailleur. évaluées sur une période de huit heures. 4412-104 .8 • Annexes Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Art. Art. Art. 345 . les valeurs limites d’exposition professionnelle définies ci-après (tableau pages suivantes). 4412-149 . 4222-10 .La concentration moyenne en fibres d’amiante dans l’air inhalé par un travailleur ne doit pas dépasser 0. R. dans la zone de respiration des travailleurs.

25 1 0.3 5 3 20 Peau (7) Peau (7) Peau (7) Peau (7) 270 275 270 270 1 210 70 40 500 2 420 50 540 50 540 50 550 50 540 mg/m3 Fibres par cm3 Court terme (4) OBSERVATIONS VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle DÉNOMINATION Numéro CE (1) Acétate d’isopentyle 204-662-3 123-92-2 Acétate de 2-méthoxy-1-éthyléthyle 203-603-9 108-65-6 Acétate de 1-méthylbutyle 210-946-8 626-38-0 8 • Annexes Acétate de pentyle 211-047-3 628-63-7 Acétone 200-662-2 67-64-1 Acétonitrile 200-835-2 75-05-8 Acide chlorhydrique 231-595-7 7647-01-0 2-aminoéthanol 205-483-3 141-43-5 Ammoniac anhydre 231-635-3 7664-41-7 Acide de sodium 247-852-1 26628-22-8 Benzène 200-753-7 71-43-2 Bois (poussières de) Brome 231-778-1 7726-95-6 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Butanone 201-159-0 78-93-3 Chlore 231-959-5 7782-50-5 .5 7 0.1 3.1 200 900 1.7 600 . 0.346 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CAS (2) 8 h (3) mg/m3 (5) ppm (6) Fibres par cm3 ppm 100 100 100 100 1 000 Peau (7) 7.5 Peau (7) 1 10 1 7.5 300 0.6 14 0.6 2.

1 (0. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3). (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 ˚C et 101.6 20 Peau (7) Peau (7) 200 20 250 50 1 Peau (7) 2 Peau (7) 203-628-5 108-90-7 23 5 70 15 Chloroforme 200-663-8 67-66-3 Chlorure de vinyle monomère 200-831-0 75-01-4 Cumène 202-704-5 98-82-8 Cyclohexane 203-806-2 110-82-7 Cyclohexanone 203-631-1 108-94-1 1.Chlorobenzène 10 2. N-diméthylacétamide 204-826-4 127-19-5 Diméthylamine 204-697-4 124-40-3 Diéthylamine 203-716-3 109-89-7 Éthylamine 200-834-7 75-04-7 Éthylbenzène 202-849-4 100-41-4 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Fibres céramiques réfractaires classées cancérogènes.5 fibres par cm3 jusqu’au 30 juin 2009) (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS). 0.4 20 5 5 30 28. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.4 88. 347 .9 15 9. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne doit pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.8 2 10 15 100 Peau (7) 2 36 10 20 306 50 10 81. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de huit heures.2 442 1 3.59 100 700 40.8 122 7. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society).3 kPa (760 mm de mercure).2 1. moyenne pondérée dans le temps.2-dichlorobenzène 202-425-9 95-50-1 8 • Annexes N.

8 1 000 2 15.8 2.5 1 668 238 95 72 260 308 50 200 20 Peau (7) Peau (7) 20 – 50 475 400 2 085 1.6 4 Peau (7) 10 100 20 50 375 208 72 616 100 50 20 200 Peau (7) DÉNOMINATION Numéro CE (1) Fluorure d’hydrogène 231-634-8 7664-39-3 n-heptane 205-563-8 142-82-5 Heptane-2-one 203-767-1 110-43-0 8 • Annexes Heptane-3-one 203-388-1 106-35-4 n-hexane 203-777-6 110-54-3 Méthanol 200-659-6 67-56-1 (2-méthoxyméthyléthoxy)propanol 252-104-2 34590-94-8 1-méthoxypropane2-ol 203-539-1 107-98-2 4-méthylpentane-2-one 203-550-1 108-10-1 Morpholine 203-815-1 110-91-8 Oxyde de diéthyle 200-467-2 60-29-7 Pentachlorure de phosphore 233-060-3 10026-13-8 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Pentane 203-692-4 109-66-0 Phénol 203-632-7 108-95-2 .348 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CAS (2) 8 h (3) mg/m3 (5) ppm (6) Fibres par cm3 ppm 3 500 100 Peau (7) 1.5 mg/m3 Fibres par cm3 Court terme (4) OBSERVATIONS VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle 188 83 36 308 1 3 000 7.

1-trichloroéthane 200-756-3 71-55-6 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes Triéthylamine 204-469-4 121-44-8 Peau (7) (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS).1 Phosphine 232-260-8 7803-51-2 Plomb métallique et ses composés 0. 349 .08 0. 0.2 . moyenne pondérée dans le temps.1 0.1 150 192 15.3 kPa (760 mm de mercure).02 0.8 1 110 12.2.1. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de huit heures.1 Limite pondérale définie en plomb métal (Pb) Silice (poussières alvéolaires de quartz).4 0.05 8 • Annexes Silice (poussières alvéolaires de cristobalite) 0. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3). 0.14 0. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 ˚C et 101.1 555 4.Phosgène 0.6 100 100 5 200 3 Silice (poussières alvéolaires de tridymite) Sulfotep 222-995-2 3689-24-5 Peau (7) Peau (7) Peau (7) Peau (7) Tétrahydrofurane 203-726-8 109-99-9 Toluène 203-625-9 108-88-3 1. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne doit pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.1 200-870-3 75-44-5 0. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society).4-trichlorobenzène 204-428-0 120-82-1 1.05 .1 100 2 50 50 300 384 37.

350 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CAS (2) 8 h (3) mg/m3 (5) ppm (6) Fibres par cm3 ppm 50 50 50 100 442 442 442 100 100 100 Peau (7) Peau (7) Peau (7) Peau (7) 100 100 100 221 221 221 221 50 50 50 50 442 20 250 20 250 20 250 mg/m3 Fibres par cm3 Court terme (4) VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle OBSERVATIONS DÉNOMINATION Numéro CE (1) 1. (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3). 203-604-4 108-67-8 m-xylène 203-576-3 108-38-3 o-xylène 202-422-2 95-47-6 p-xylène 203-396-5 106-42-3 Xylène : mélange d’isomères 215-535-7 1330-20-7 Annexe 8 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle contraignantes (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS). (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 ˚C et 101. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de huit heures.5-triméthylbenzène (mésitylène).4-triméthylbenzène 202-436-9 95-63-6 1. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne doit pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.3. . (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society). moyenne pondérée dans le temps. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.2.3-triméthylbenzène 208-394-8 526-73-8 8 • Annexes 1.2.3 kPa (760 mm de mercure).

4412-150 . 351 . © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. modifié par les arrêtés du 9 février 2006 et du 26 octobre 2007. Voir tableau pages suivantes. constituant des objectifs de prévention. Arrêté du 30 juin 2004.Des valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives.8 • Annexes Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Art. peuvent être fixées par arrêté conjoint des ministres chargés du travail et de l’agriculture. R.

5 9.2 5 – 10 – 2 0.6 101.6 53 4.5 – – 20 1 10 2 100 – – – 30 15 – Peau (7) – – – – Peau (7) – – 6. tert Argent métallique Argent (composés solubles en Ag) Baryum (composés solubles) 2-butoxyéthanol 2.5 105-60-2 10 – – 2 10 – – 62 2.1 107-18-6 0.48 141-32-2 11 7697-37-2 – 79-09-4 31 144-62-7 1 64-18-6 9 7664-38-2 1 10035-10-6 – 620-11-1 270 112-07-2 13.7 2 540 100 199.352 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CE (1) mg/m3 (5) ppm (6) 2 50 – 0.3 mg/m3 Numéro CAS (2) 8 heures (3) Court terme (4) OBSERVATIONS DÉNOMINATION Acétate de2-butoxyéthyle Acétate de 3-pentyle Acide bromhydrique Acide phosphorique 8 • Annexes Acide formique Acide oxalique Acide propionique Acide nitrique Acrylate de n-butyle Alcool allylique Amylacétate.01 0.8 30 ppm Peau (7) – – – – – – – 203-933-3 – 233-113-0 231-633-2 200-579-1 205-634-3 201-176-3 231-714-2 205-480-7 203-470-7 – 231-131-3 231-131-3 – 203-905-0 203-961-6 203-313-2 111-76-2 112-34-5 – – 7440-22-4 625-16-1 270 0.8 67.2 50 – 0.8 540 – – – 147.2 40 – 2 0.(2-butoxyéthoxy) éthanol Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives ?-caprolactame (poudre et vapeur) .

5 – 7782-41-4 1.(2-méthoxyethoxy) éthanol. (7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante. composés de chrome inorganiques (II) et composés de chrome inorganiques (insolubles) (III) Cyanamide 1. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de 8 heures. (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne devrait pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire.16 – – – 475 107 – 124-38-9 9 000 5 000 – 75-34-3 412 100 – – – 40 2 – – – 100 20 – Peau (7) Peau (7) – – 106-46-7 4.4-dichlorobenzène 1.5 0.58 – – – 2 – – – – Peau (7) – Peau (7) – Peau (7) – – 75-00-3 268 100 – – – 200-871-9 75-45-6 3600 1000 – – – Chloroéthane Chrome métal. moyenne pondérée dans le temps.Chlorodifluorométhane 200-830-5 – 206-992-3 203-400-5 200-863-5 204-696-9 203-473-3 231-954-8 – 201-142-8 203-906-6 203-737-8 208-793-7 207-343-7 463-82-1 541-85-5 53 3 000 110-12-3 95 111-77-3 50.75 306 50 420-04-2 1 0. 5-méthylhexane-2-one 5-méthylheptane-3-one Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives Néopentane (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS).1 78-78-4 3 000 1 000 10 20 10 1 000 – 2. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 oC et 101.1-dichloroéthane 8 • Annexes Dioxyde de carbone Éthylène-glycol Fluor Fluorures inorganiques Isopentane 2.58 1 107-21-1 52 20 104 3.3 kPa (760 mm de mercure). (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society). 353 . (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3).

(7) La mention « peau » accompagnant la limite d’exposition professionnelle indique la possibilité d’une pénétration cutanée importante.5 mg/m3 Numéro CAS (2) 8 heures (3) Court terme (4) OBSERVATIONS DÉNOMINATION Nicotine Nitrobenzène Oxyde de diméthyle Pentaoxyde de disphosphore 8 • Annexes Pentasulfure de disphosphore 2-phénylpropène Phosphine.17 – – – – 100 0.28 0.3 – – 0.354 VALEUR LIMITE d’exposition professionnelle Numéro CE (1) mg/m3 (5) ppm (6) – 0.07 108-46-3 45 8003-34-7 1 110-85-0 0. . (6) ppm : partie par million en volume dans l’air (ml/m3). Pipérazine (poudre et vapeur) Pyrèthre (après suppression des lactones sensibilisantes) Résorcinol Séléniure de dihydrogène Annexe 9 – Code du travail – Valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives (1) Inventaire européen des substances chimiques existantes (EINECS). moyenne pondérée dans le temps.3 kPa (760 mm de mercure).05 – – – – – – ppm Peau (7) Peau (7) – – – Peau (7) – – – Peau (7) – 200-193-3 202-716-0 204-065-8 215-236-1 215-242-4 202-705-0 232-260-8 203-808-3 – 203-585-2 231-978-9 7783-07-5 0. (2) Numéro du Chemical Abstract Service (American Chemical Society). (4) Valeur limite au-dessus de laquelle il ne devrait pas y avoir d’exposition et qui se rapporte à une période de quinze minutes sauf indication contraire. (5) mg/m3 : milligrammes par mètre cube d’air à 20 oC et 101.2 1000 – – 25 – – – 10 0.02 492 0.2 – – – 0. (3) Mesurée ou calculée par rapport à une période de référence de 8 heures.1 7803-51-2 – 98-83-9 123 1314-80-3 1 1314-56-3 1 115-10-6 1920 98-95-3 1 54-11-5 0.

trichlorofluorométhane . triiodométhane . RG 12 RG 13 RG 14 355 .2.8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles (Régime général) Extrait limité aux agents chimiques RG 1 RG 2 RG 3 RG 4 RG 4BIS RG 5 RG 8 RG 9 RG 10 RG 10BIS RG 10TER RG 11 Affections dues au plomb et à ses composés Maladies professionnelles causées par le mercure et ses composés Intoxication professionnelle par le tétrachloréthane Hémopathies provoquées par le benzène et tous les produits en renfermant Affections gastro-intestinales provoquées par le benzène.1.2-trichloroéthane . le chromate de zinc et le sulfate de chrome Affections respiratoires provoquées par l’acide chromique.2.1. trichlorométhane . ioxynil) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 1.1-dichloro-2.1-dichloroéthane .1.2-difluoroéthane . tétrachloroéthylène . le toluène.1-dichloro-1-fluoroéthane Intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques Affections provoquées par les dérivés nitrés du phénol (dinitrophénols.2-difluoroéthane . tribromométhane . tétrabromométhane .2-tétrachloro-1. chloroéthane .2.1. 1. dinosebe).2-dichloropropane . 2-bromopropane .1. par le pentachlorophénol. 1.2-dibromoéthane .2-dichloro-1. les xylènes et tous les produits en renfermant Affections professionnelles liées au contact avec le phosphore et le sesquisulfure de phosphore Affections causées par les ciments (aluminosilicates de calcium) Affections provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aromatiques Ulcérations et dermites provoquées par l’acide chromique. 1. 1-bromopropane . dinitroorthocrésols. pentachloroéthane .2-dichloroéthane . 1. 1. les chromates et bichromates alcalins.1.2-tétrachloro2.2-tétrabromoéthane . 1.1-difluoroéthane . 1.1. 1. les pentachlorophénates et par les dérivés halogénés de l’hydroxybenzonitrile (bromoxynil. 1.2.2-trifluoroéthane .2.2trifluoroéthane . 1. les chromates et bichromates alcalins Affections cancéreuses causées par l’acide chromique et les chromates et bichromates alcalins ou alcalinoterreux ainsi que par le chromate de zinc Intoxication professionnelle par le tétrachlorure de carbone Affections professionnelles provoquées par les hydrocarbures aliphatiques halogénés énumérés ci-après : dichlorométhane .1-trichloro-2.2-trichloro-1. 1. trichloroéthylène .2-trifluoroéthane .1. dichloro-acétylène . 1. 1.1-trichloroéthane .

acénaphténiques. « anthracéniques » et « chryséniques »). nitrosés et sulfonés Affections de mécanisme allergique provoquées par les amines aromatiques. pyrophosphates et thiophosphates d’alcoyle. la néomycine et leurs sels Affections professionnelles provoquées par le fluor. les huiles de houille (comprenant les fractions de distillation dites « phénoliques ». l’acide fluorhydrique et ses sels minéraux Maladies professionnelles dues au béryllium et à ses composés Affections provoquées par les phosphates. cristobalite. du graphite ou de la houille Intoxication professionnelle par le bromure de méthyle Intoxication professionnelle par le chlorure de méthyle Affections professionnelles consécutives à l’inhalation de poussières d’amiante Cancer broncho-pulmonaire provoqué par l’inhalation de poussières d’amiante Maladies professionnelles engendrées par les aminoglycosides. tridymite). les huiles de houille (comprenant les fractions de distillation dites phénoliques. d’aryle ou d’alcoylaryle et autres organophosphorés anticholinestérasiques ainsi que par les phosphoramides et carbamates hétérocycliques anticholinestérasiques Affections provoquées par les huiles et graisses d’origine minérale ou de synthèse RG 15BIS RG 15TER RG 16 RG 16BIS RG 20 RG 20BIS RG 20TER RG 21 RG 22 RG 25 RG 26 RG 27 RG 30 RG 30BIS RG 31 RG 32 RG 33 RG 34 RG 36 356 . halogénés. leurs sels et leurs dérivés notamment hydroxylés. naphtaléniques. « acénaphténiques ». les brais de houille et les suies de combustion du charbon Affections cancéreuses provoquées par les goudrons de houille. nitrés. leurs dérivés notamment hydroxylés. nitrés. talc). sulfonés et les produits qui en contiennent à l’état libre Lésions prolifératives de la vessie provoquées par les amines aromatiques et leurs sels et la N-nitroso-dibutylamine et ses sels Affections cutanées ou affections des muqueuses provoquées par les goudrons de houille. anthracéniques et chryséniques). « naphtaléniques ». halogénés. leurs sels. les brais de houille et les suies de combustion du charbon Affections professionnelles provoquées par l’arsenic et ses composés minéraux Cancer bronchique primitif provoqué par l’inhalation de poussières ou de vapeurs arsenicales Cancer bronchique primitif provoqué par l’inhalation de poussières ou de vapeurs renfermant des arsénopyrites aurifères Intoxication professionnelle par l’hydrogène arsénié Sulfocarbonisme professionnel Affections consécutives à l’inhalation de poussières minérales renfermant de la silice cristalline (quartz. des silicates cristallins (kaolin.8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles RG 15 Affections provoquées par les amines aromatiques. notamment par la streptomycine. nitrosés.

alicycliques ou les éthanolamines Affections respiratoires provoquées par les amines aliphatiques. Affections cutanées cancéreuses provoquées par les dérivés suivants du pétrole : extraits aromatiques. les éthanolamines ou l’isophoronediamine Affections provoquées par la phénylhydrazine Maladies professionnelles provoquées par les résines époxydiques et leurs constituants Affections provoquées par le chlorure de vinyle monomère.8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles RG 36BIS RG 37 RG 37BIS RG 37TER RG 38 RG 39 RG 43 RG 44 RG 44BIS RG 47 RG 49 RG 49BIS RG 50 RG 51 RG 52 RG 59 RG 61 RG 61BIS © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Durée d’exposition : six mois Intoxications professionnelles par l’hexane Maladies professionnelles provoquées par le cadmium et ses composés Cancer broncho-pulmonaire provoqué par l’inhalation de poussières ou fumées renfermant du cadmium Affections professionnelles provoquées par les isocyanates organiques Affections provoquées par les enzymes Intoxication professionnelle par l’oxyde de carbone Lésions eczématiformes de mécanisme allergique Rhinites et asthmes professionnels Pneumopathies d’hypersensibilité RG 62 RG 63 RG 64 RG 65 RG 66 RG 66BIS 357 . huiles minérales utilisées à haute température dans les opérations d’usinage et de traitement des métaux. contenant des particules de fer ou d’oxyde de fer Affections consécutives au travail au fond dans les mines de fer Affections professionnelles provoquées par les poussières de bois Affections cutanées provoquées par les amines aliphatiques. suies de combustion des produits pétroliers Affections cutanées professionnelles causées par les oxydes et les sels de nickel Affections respiratoires causées par les oxydes et les sels de nickel Cancers provoqués par les opérations de grillage des mattes de nickel Maladies professionnelles engendrées par la chlorpromazine Maladies professionnelles engendrées par le bioxyde de manganèse Affections provoquées par l’aldéhyde formique et ses polymères Affections consécutives à l’inhalation de poussières minérales ou de fumées.

dérivés nitrés des hydrocarbures aliphatiques . hydrocarbures halogénés liquides . N-éthyl N-nitrosourée. dont le tétrahydrofurane . N-éthyl N’nitro N-nitrosoguanidine . glycols. éthers alipathiques et cycliques. aldéhydes . diméthylformamide et diméthylacétamine . Durée d’exposition : six mois Affection provoquée par l’halothane Affections respiratoires consécutives à l’inhalation de poussières textiles végétales Broncho-pneumopathie chronique obstructive du mineur de charbon Lésions chroniques du segment antérieur de l’œil provoquées par l’exposition à des particules en circulation dans les puits de mine de charbon Broncho-pneumopathie chronique obstructive du mineur de fer Affections professionnelles de mécanisme allergique provoquées par les protéines du latex (ou caoutchouc naturel) RG 84 RG 85 RG 89 RG 90 RG 91 RG 93 RG 94 RG 95 358 . cétones . pyridine . N-méthyl N-nitrosourée . acétonitrile et propionitrile . éthers de glycol . alcools. diméthhylsulfone et diméthylsulfoxyde Affection engendrée par l’un ou l’autre de ces produits : N-méthyl N’nitro N-nitrosoguanidine . esters .8 • Annexes Annexe 10 – Sécurité sociale – Tableau des maladies professionnelles RG 67 RG 70 RG 70BIS RG 70TER RG 72 RG 73 RG 74 RG 75 RG 78 RG 81 RG 82 Lésions de la cloison nasale provoquées par les poussières de chlorure de potassium dans les mines de potasse et leurs dépendances Affections professionnelles provoquées par le cobalt et ses composés Affections respiratoires dues aux poussières de carbures métalliques frittés ou fondus contenant du cobalt Affections cancéreuses broncho-pulmonaires primitives causées par l’inhalation de poussières de cobalt associées au carbure de tungstène avant frittage Maladies résultant de l’exposition aux dérivés nitrés des glycols et du glycérol Maladies professionnelles causées par l’antimoine et ses dérivés Affections professionnelles provoquées par le furfural et l’alcool furfurylique Affections professionnelles résultant de l’exposition au sélénium et à ses dérivés minéraux Affections provoquées par le chlorure de sodium dans les mines de sel et leurs dépendances Affections malignes provoquées par le bis (chlorométhyle) éther Affections provoquées par le méthacrylate de méthyle Affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel : hydrocarbures liquides aliphatiques ou cycliques saturés ou insaturés et leurs mélanges .

1 9.3 10 11 12 13 14 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. Objets lourds ou encombrants Le dossier d’installation de ventilation Sérigraphie Deuxième transformation du bois Fabrication des accumulateurs au plomb Décapage. Principes généraux de ventilation L’assainissement de l’air des locaux de travail Cuves et bains de traitement de surface Mise en œuvre manuelle des polyesters stratifiés Postes de décochage en fonderie Ateliers d’encollage de petits objets (chaussures) Captage et traitement des aérosols de fluides de coupes Opérations de soudage à l’arc Espaces confinés Cabines d’application par pulvérisation de produits liquides Cabines d’application par projection de peintures en poudre Pulvérisation de produits liquides.2 9. dépolissage au jet libre en cabine Réparation des radiateurs automobiles Ateliers de fabrication de prothèses dentaires Emploi des matériaux pulvérulents Usines de dépollution des eaux résiduaires et ouvrages d’assainissement Cabines ventilées pour le travail de la pierre 15 16 17 18 AMT* * Aide-mémoire technique 359 . dessablage.8 • Annexes Annexe 11 – INRS – Liste des guides de ventilation Annexe 11 – INRS – Liste des guides de ventilation (disponibles au 1er mars 2008) Référence ED 695 657 651 665 662 672 972 668 703 839 928 906 6008 6001 750 746 768 752 760 767 820 947 Dernière année d’édition 1989 1989 2001 1989 2003 1987 2005 2007 2004 2000 2004 2003 2007 2006 2001 2007 2004 2007 2003 2003 2002 2005 N° Titre 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9.

par inhalation. peuvent entraîner des risques graves. Substances et préparations qui. . ou – qui. ou – à l’état solide. présentent une réaction fortement exothermique. ou – à l’état gazeux. dont le point d’éclair est inférieur à 21 ˚C . H2 Comburant H3-A Facilement inflammable H3-B Inflammable H4 Irritant H5 Nocif H6 Toxique H7 H8 Cancérogène Corrosif 360 . Substances et préparations qui. Substances et préparations qui. ingestion ou pénétration cutanée. dont le point d’éclair est égal ou supérieur à 21 ˚C et inférieur ou égal à 55 ˚C. voire la mort. notamment de substances inflammables. Substances et préparations liquides.8 • Annexes Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux (Annexe I du décret n˚ 2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification des déchets. par contact immédiat. produisent des gaz facilement inflammables en quantités dangereuses. aigus ou chroniques. qui sont inflammables à l’air à une pression normale. Substances et préparations qui. Substances et préparations non corrosives qui. au contact d’autres substances. avec la peau et les muqueuses. par inhalation. par inhalation. en contact avec des tissus vivants. ou – pouvant s’échauffer au point de s’enflammer à l’air à température ambiante sans apport d’énergie . JO du 20 avril 2002) Code H1 Danger Explosif Descriptif Substances et préparations pouvant exploser sous l’effet de la flamme ou qui sont plus sensibles aux chocs ou aux frottements que le dinitrobenzène. prolongé ou répété. ingestion ou pénétration cutanée. peuvent entraîner des risques de gravité limitée. Substances et préparations (y compris les substances et préparations très toxiques) qui. au contact de l’eau ou de l’air humide. ingestion ou pénétration cutanée. Substances et préparations : – à l’état liquide (y compris les liquides extrêmement inflammables). qui peuvent s’enflammer facilement par une brève action d’une source d’inflammation et qui continuent à brûler ou à se consumer après l’éloignement de la source d’inflammation . peuvent provoquer une réaction inflammatoire. peuvent produire le cancer ou en augmenter la fréquence. peuvent exercer une action destructrice sur ces derniers.

H13 H14 Écotoxique © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. après élimination. qui possède l’une des caractéristiques énumérées ci-avant. peuvent produire des défauts génétiques héréditaires ou en augmenter la fréquence. au contact de l’eau. ingestion ou pénétration cutanée. par inhalation. ingestion ou pénétration cutanée. potentiel dégagent un gaz toxique ou très toxique. H9 Infectieux H10 Toxique pour la reproduction H11 Mutagène H12 Générateur Substances et préparations qui. à une autre substance. de l’air ou d’un acide. peuvent produire ou augmenter la fréquence d’effets indésirables non héréditaires dans la progéniture ou porter atteinte aux fonctions ou capacités reproductives. dont on sait ou dont on a de bonnes raisons de croire qu’ils causent la maladie chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants. Substances et préparations qui. par quelque moyen que ce soit. de gaz toxique Générateur potentiel de polluant Substances et préparations susceptibles. Substances et préparations qui présentent ou peuvent présenter des risques immédiats ou différés pour une ou plusieurs composantes de l’environnement. par exemple un produit de lixiviation.8 • Annexes Annexe 12 – Code de l’environnement – Propriétés qui rendent les déchets dangereux Code Danger Descriptif Matière contenant des micro-organismes viables ou leurs toxines. de donner naissance. par inhalation. 361 . Substances et préparations qui.

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265 enceintes ventilées 180 enregistrement des données 130. 29. 226 EPICEA 109 épuration des COV 286 des poussières 285 estimation de l’exposition 117 du risque 10. 259. 136 explosions 83. 252. 63. 92. 222 CNAMTS 1. 60 aiguë 103 massive 75 multiple 146 C cabines ventilées 184 cancérogènes 41 captage des émissions 177 caractérisation des risques 117 catégories de dangers 27 chimie fine 99. 262 chromage 270 circulation 251 classes de dangers 23. 154 critères de choix 215 D danger 9 chimique 16 d’un agent chimique 11 décompositions 82 détoxication 291 directive 67/548 7 98/24 7 98/24/CE 225 DNEL 21. 15. 14. 218 combustion 290 compensation de l’air 188 composantes du risque chimique 14 condensation 289 confinement 174. 191 exposition 12. 39. 63. 294 dose cumulée 65 B bains 270 base de données 304 bilan matière 126 bioaccumulation 65 E écran anti-projection 250 éloignement 171 emballages 237. 277 événement dangereux 13. 32. 256 massif 92 oculaire 60 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 166. 273. 133. 91 363 . 25 CMR 37. 140. 293 conseils de prudence 31 contact cutané 60. 153. 118 dommage 3. 142 chimique 15 étiquetage 16. 137 atmosphère explosive 153. 157. F fabrication pharmaceutique 258 facteur d’exposition 147 de protection 208 faits déclencheurs 73 familles de dangers 54 fermentation 77. 191 autonomie 204 cotation 142. 70. 115. 111 code de classification 23 de danger 52 du travail 16. 15.Agitation et mélange Index INDEX A absorption 288 achats 305 adduction d’air 205 ADR 22 adsorption sur charbon actif 287 anoxie 93 appareil respiratoire autonome 207 arbre des causes 94 des défaillances 152 asphyxie 90.

151 norme ISO 12100 9 ISO 14121 10. 144 de gravité 102. 118. 137 intermédiaires de synthèse 254. 24. 146 indice d’exposition 65. 305 d’identification de danger 24 ONU 21. 13. 55. 283 incendies 83 indicateurs biologiques 64. 118 filtre 202. 29 piégeage des vapeurs 289 PNEC 21. 284 polymérisation 82 potentiel de risque 307 poudres 256 poussières 62. 33. 115 peinture 268. 39. 194. 137 inhalation 63. 92.Agitation et mélange Index fiche de données de sécurité 20. 165. 304 G gants 210 gaz inerte 90. 286 formation 212. 133. 89. 150 de probabilité 104. 44. 107. 193 gestion des stocks 252 granulométrie 87 groupe d’emballage 24 de danger 34. 304 ingestion 133. 306 inventaire 305 organe cible 64 outils aspirants 185 O P pathologie 12 PBT 32. 306 pictogrammes 18. 283 pollution 276 accidentelle 281. 101 numéro CAS 20. 293 chronique 280. 269 prévention intrinsèque 217 principes actifs 258 de précaution 119 généraux de prévention 220 priorités d’action 159 probabilité 104 procédés continus 262 process chimique 100 processus accidentel 13 chronique 12 produits incompatibles 240 protection collective 134 individuelle 202 J jet de liquide 172 L limite inférieure d’explosivité (LIE) 85 M maintenance préventive 201 maîtrise des procédés 260 maladie professionnelle 14 matériel atex 198 matrice de combinaison 154 mention d’avertissement 29 de danger 29 mesures individuelles 215 organisationnelles 214 techniques 214 méthode de l’INRS 110 métrologie 146 modélisation 12 N niveau d’exposition 149 364 . 246. 145 industrie chimique 253 information 212. 295 péremption 252 phasage d’un procédé 126 des tâches 124 phase exposante 169 phrases de risque 17. 305 I identification des risques 130 importance du risque 69.

115 vrac 238. 50. 277 situation dangereuse 12. 151. 275 V ventilation 179. 266 risque 9 biologique 233 chimique 11 ergonomique 232 mécanique 231 physique 228 symboles de danger 17. 254. 70. 246. 186. 134 source d’ignition 89. 195 sous-oxygénation 90 statistiques 1 stockage d’inflammables 242 des agents chimiques 237 des produits 264 substitution 162. 163 de dispersion 132 © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit. 273 vêtements de protection 211 VLEP 21. 252 S scénario d’exposition 116 SGH 25. 14. 63 vPvB 32. 243 trémie aspirante 182 tunnel 183. 268.Agitation et mélange Index R REACH 6. 113 réaction dangereuse 78. 30 système clos 174. 32. 34 voie digestive 60 respiratoire 60. 273 T température d’auto-inflammation 195 temps de claquage 204 traitement biologique 291 transport des matières dangereuses 22. 272 surveillance des atmosphères 190 Z zone dangereuse 62. 253. 40. 108. 136 réactivité chimique 77 redondance 217 repérage des risques 123 rétention 247. 168. 70. 365 . 47 transvasement 238.

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• Des études de cas : description.TECHNIQUE ET INGÉNIERIE Série Chimie GESTION INDUSTRIELLE CONCEPTION FROID ET GÉNIE CLIMATIQUE MÉCANIQUE ET MATÉRIAUX Guy Gautret de la Moricière CHIMIE LE RISQUE CHIMIQUE Concepts • Méthodes • Pratiques La mise en place du règlement REACH va intensifier la demande de clarification et de structuration de la gestion du risque chimique. l’identification et l’estimation ainsi que la fixation des priorités d’action. traitements de surface.com . Ingénieur-conseil. protection de l’environnement. schémas et tableaux de données. Cet ouvrage rassemble tous les éléments composant une théorie complète et propose des outils méthodologiques permettant la maîtrise du risque chimique dans les types d’activités les plus fréquemment rencontrés.dunod. repérage des urgences. recensement des agents chimiques. mise en place des moyens. cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui conduisent le changement vers la maîtrise des risques ainsi qu’à ceux qui l’enseignent dans toutes les instances publiques ou privées. cet ouvrage propose également un descriptif des avantages et inconvénients des principaux types de mesures rencontrées dans des secteurs très divers. ISBN 978-2-10-053565-1 www. Il présente successivement : • La pratique de l’analyse des risques chimiques : les méthodes de repérage. la recherche de mesures possibles. Illustré par de nombreux exemples. ancien responsable du service R&D à la Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (CRAMIF) et formateur à l’INRS. Les conseils pour organiser la démarche permettent en outre de répondre sans difficulté aux exigences nouvelles de la réglementation. application de la méthode et adaptation au domaine d’activité de l’entreprise. Outil de travail indispensable par son contenu à la fois théorique et pratique. industrie chimique et pharmaceutique. analyse des risques et mesures. etc. ENVIRONNEMENT ET SÉCURITÉ EEA AGROALIMENTAIRE GUY GAUTRET DE LA MORICIÈRE est ingénieur-docteur en chimie. • La pratique de la prévention des risques : les objectifs. • Les applications particulières : stockage. • L’organisation de la démarche : chronologie.

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