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CHAPITRE III : LES COUTS COMPLETS I) INTRODUCTION a) Classification

On peut classer les coûts suivant plusieurs critères : - selon le stade d’élaboration du produit (coût d’achat/ de production/ de revient) - selon le moment de calcul du coût (coût constaté / coût préétabli) - selon la nature des charges prises en compte dans le coût (coût complet / partiel) La méthode des coûts complets peut amener à des ventilations pointues et peut permettre de répondre à des exigences réglementaires ou contractuelles (le juste prix au sens « légal »). Si l’entreprise signe un marché public par exemple, sa comptabilité analytique doit être adaptée au contrat afin d’en suivre les effets, surtout que dans ce cas, il peut y avoir une surveillance de ses coûts de revient. Cette méthode prend en compte toutes les charges, depuis l’achat de la matière première jusqu’à la vente du produit fini. Elle suit le cycle de fabrication du produit et à chaque étape de ce cycle est calculé un coût partiel qui, cumulé, donnera le coût de revient.

b) Enchaînement des coûts
Les coûts s’emboitent ou s’enchaînent afin d’arriver au coût complet qu’est le coût de revient.
COUT D’ACHAT COUT D’ACHAT COUT DE DISTRIBUTION COUT DE PRODUCTION COUT DE DISTRIBUTION

COUT DE PRODUCTION

Autres frais COUT DE REVIENT

c) Attribution des charges
ACHAT PRODUCTION DISTRIBUTION

-

Achat et frais Acheminement Stockage Surveillance protection

-

Consommation marchandises fabrication En-cours de production Produits finits Stockage

-

Acheminement Commerciaux Frais divers

II)

LE COUT D’ACHAT

Le coût d’achat est la première partie dans le calcul du coût de revient complet. a) Calcul du coût d'achat Le coût d’achat est le reflet de tous les coûts engagés par l’entreprise afin de s’approvisionner.
Leslie-Anne Moga Carrer

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Si l’entreprise ne peut pas récupérer la TVA.les charges directes d'approvisionnement Il s’agit de tous les frais engagés pour acheter les produits et les acheminer jusqu’à l’entreprise. Prix d’achat produits Livraison des produits Direct Centre approvisionnement : réception commandes.Les coûts d’achat peuvent être calculés : par le coût d’achat des marchandises achetées par le coût d’achat des marchandises consommées (les sorties de stock sont les coûts d’achat de matières consommés) Coût achat : prix d’achat + (taxes) + coûts directs et indirects b) Les composantes . il peut impliquer la prise en compte de nombreux paramètres. après le calcul des coûts d’achat qui est une composante importante de l’estimation de la production d’un bien qui consomme des services et des marchandises.le prix d'achat Il s’agit du prix. dans la hiérarchie des coûts. . le contrôle. Elles correspondent à la réception administrative des commandes. assurance entrepôt. pointage. C’est un coût complexe à calculer car suivant la structure organisationnelle de l’entreprise. de douane.les charges indirectes d'approvisionnement Elles proviennent des centres d’analyse d’approvisionnement. Elles sont imputées au coût d’acquisition au prorata des unités d’œuvres consommées pour l’achat. approvisionnement des rayons. déballage. matériel de manutention… Indirect COUT D’ACHAT (Supermarché) III) LE COUT DE PRODUCTION Le coût de production (ou coût opératoire) intervient. ou s’il existe des taxes non récupérables. 1) Caractéristiques d’entreprises Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 2 . comme les frais de transport. la manutention des fournitures. d’assurance etc… On va retenir tous les frais engagés par rapport à une commande et seulement par rapport à celle-ci. hors taxes récupérables. la location. le chauffage et l’assurance des entrepôts. . étiquetage… Centre stockage : Entrepôts. Cela peut inclure les frais de négociation pour l’achat. celles-ci seront donc à la charge de l’entreprise et inclues au coût d’achat.

il n’en est pas de même pour les coûts de production. c'est-à-dire sans stockage intermédiaire entre les deux postes. discrète ou job-shop.1) La production en continue Dans cette production.Si la détermination des coûts d’achat ne pose pas de difficultés. Les entreprises ont le plus souvent des activités multiples dont la complexité se retrouve dans le calcul des coûts. Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 3 . en principe. Malgré ces inconvénients. un coût pour chacune des productions d’objets ou d’articles ou de services pour une période de temps . Généralement. également appelée non linéaire. Chaque changement de lot de fabrication nécessite un nouveau réglage qui peut aller jusqu’à une reconfiguration complète du poste (ex : poste de découpe du bois). Généralement ceux-ci sont regroupés en sections homogènes ou en îlots de fabrication. On peut distinguer deux modes de production. également appelée linéaire. ou on calcule un coût par type d’objets. Les postes de charges sont souvent disposés en lignes de produits et on a recours à ce genre de production lorsque l’on a un volume important de production et une bonne stabilité de la demande. a) Les modes de production Le mode de production d’un produit se caractérise principalement par la combinaison de la quantité de produits à fabriquer lancée en une fois et de son processus de production (continu ou discontinu). Un produit. Fabrication pâte – préparation de la farce en même temps – fabrication des raviolis – élaboration de la sauce. a. Ex : fabrication d’un téléviseur soudure des composants montage des écrans et boutons assemblage du téléviseur fabrication des télécommandes vérification fonctionnement b) Les formes de production .production par lot : le même outil de production est utilisé pour fabriquer une grande variété de produits analogues mais non identiques. les produits subissent une même séquence d’opérations avec des temps opératoires éventuellement différents. l’élaboration du produit entraîne une utilisation des postes de charge dans un ordre variable en fonction de son processus d’élaboration. pour ce type de production. La production discontinue peut être séquentielle ou non. Dans ce cas. mise en boite. ce mode de production offre une grande souplesse de réaction face aux demandes des clients. cuisson des raviolis. mélange des deux. les investissements sont importants et ne sont rentabilisés que grâce à un taux élevé d’utilisation et à une très forte automatisation. est réalisé dans des ateliers formés d’unités de transformation distinctes. étiquetage. Son processus de production peut être fractionné pour permettre la reprise de produits semi-finis. sortant d’une production discontinue.2) La production discontinue Dans cette production. a. On calcule. Cette production concerne généralement des produits dont le processus de transformation des matières ne doit pas s’interrompre entre deux postes de travail consécutifs. la fabrication est en général effectuée avant que l’article produit ne soit vendu : le stockage des produits fabriqués est la règle (ex : production de masse => consommation de masse) Ex : raviolis à la sauce en boite.

soit des coûts par commandes : un coût par commande. à la fin de chaque période. La production est souvent une production de masse ou une production par lot « économique » (ex : électroménager. à la commande (ex : immeubles. la notion de période n’intervenant le cas échéant que pour situer. Ce sont des produits standards ou similaires qui nécessitent l’utilisation d’un outil de production onéreux qui doit être amorti sur la durée de la fabrication (ex : électroménager. ouvrages d’art. automobiles etc…) c) Les types de fabrication Cela permet de définir la relation client/entreprise. une même matière première peut entrer dans la fabrication de plusieurs produits.1) Fabrication à la commande Le produit n’est pas disponible au moment de la commande et nécessite un délai de réalisation. construction navale ou aéronautique….) .soit des coûts de produits par périodes : un coût par produit et par période. Dans la même entreprise. matériel hi-fi…) c. un produit fini peut être utilisé comme matière première d’une autre fabrication. De plus.3) Fabrication mixte C’est une variante de la fabrication à la commande. Les produits sont conçus de telle sorte qu’il est possible de fabriquer des sous-ensembles suivant une politique de fabrication sur stock et ne conserver la personnalisation du produit final par assemblage des sous-ensembles qu’au moment de la commande (ex : navigation de plaisance = une base commune et personnalisation de l’intérieur). plusieurs matières premières . L’organisation des fabrications est ainsi souvent très complexe. Dans les cas les plus simples. Ainsi on peut trouver : .2) Fabrication pour le stockage Le produit est disponible immédiatement à la vente à un prix standard fixé par catalogue. en valeur. d) Influence sur les coûts La façon dont l’activité de l’entreprise se structure va amener à aborder les coûts de production de façon variable afin de coller au plus près de la réalité.production de masse : les produits sont fabriqués en très grande quantité. . La réalisation de tels produits nécessite généralement beaucoup de main d’œuvre impliquant un cycle de production relativement long (ex : bâtiments.production unitaire : c’est un cas particulier de la fabrication par lot car le produit est fabriqué à l’unité ou en très petite série. prêt-à-porter etc…) c. Il caractérise notamment la disponibilité du produit fabriqué. conformément à un besoin spécifique.. l’avancement de la fabrication Stock de MP Stock initial entrées Coût des matières achetées Stock final sorties Coût des produits fabriqués Stock de produits Stock initial entrées Stock final sorties Coût des produits vendus Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 4 . c. la fabrication d’un produit peut utiliser à ses divers stades. navires. le prix n’est pas standard et se négocie en même temps que les délais.

La main-d’œuvre directe (MOD) Il s’agit des charges de personnels concernant les travaux effectués sur un produit précis. Les matières et produits intermédiaires utilisés (consommés) Dans un cycle de production d’un produit vont entrer différents éléments nécessaires à sa réalisation. Les charges directes de production On distingue les charges résultant de l'utilisation de matières et produits intermédiaires et les charges relatives à la main-d’œuvre nécessaire.). Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 5 . de même que la part de main-d’œuvre d’une personne participant également à la conception d’un autre produit. machines …) + stockage (surtout pas les frais de commercialisation) 3) Les composantes des coûts de production Un coût de production est composé de charges directes. Il y a donc des matières premières mais aussi. Un coût de production est la somme : . Cela concerne évidemment les personnes affectées directement à la conception d’un produit. -des coûts ajoutés au cours des opérations de production : o o Des charges directes affectées aux coûts (souvent des charges de personnel) . qu’elles soient directes ou indirectes. augmenté des frais de stockage et de sortie de stock de ces matières et fournitures.2) Définition du coût de production La présence de stocks amène à distinguer les coûts des entrées en stock de production et le coût des sorties pour consommation (cas des produits intermédiaires) ou des sorties pour ventes (cas des produits finis). et de charges indirectes qui transitent généralement par des centres d'analyse. Le coût de production va tenir compte de l’ensemble des charges occasionnées par la fabrication d’un produit ou la proposition d’un service. a. qui peuvent lui être directement affectées.des frais de mise en stock des produits fabriqués (regroupés dans un centre d’analyse). chocolat emballé dans une chocolaterie. des produits intermédiaires dont le coût aura été estimé. . etc.du coût d’achat des matières et fournitures utilisées. dans certains cas. Les coûts de production sont calculés à la sortie des ateliers ou services de fabrication et s’appliquent à des produits qui peuvent être vendus (farine en sac dans une minoterie. Le coût de production = coût d’achat + coût de fabrication (main d’œuvres. Des charges indirectes provenant des centres d’analyse.

frais de centre…).l’achèvement des en cours du début . Ces en-cours sont en cours de fabrication et ont déjà consommé des ressources de l’entreprise (matières premières.les consommations d’unités d’œuvre (relevé journalier) ou on procèdera à une évaluation forfaitaire si trop lourd à réaliser.la production débutée et achevée pendant la période Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 6 .C.G. a) Evaluation des en-cours en fin de période a-1) A partir d’une fiche de coûts Un suivi constant et détaillé au moyen d’une fiche de coûts est envisageable. il faut tout d’abord les analyser pour pouvoir les répartir. l’en cours existant en fin de période vient en diminution des charges de production. Les charges indirectes de production Des charges sont indirectes dès lors qu’elles concernent plusieurs productions différentes. Pour pouvoir les imputer à une production spécifique. Ce forfait peut être global ou porter sur chaque composante du coût de production.les sorties de matières (d’après les bons de sortie) . Au contraire. souvent établi forfaitairement. On y inscrira : . surtout dans le cas de production à la commande. Coût de production des produits terminés = charges de production de la période + en-cours initiaux – Encours de fin de période A chaque fin de période il faut donc évaluer les en-cours. L’en cours du début de période s’ajoute aux charges propres de la période considérée. divisions fictives ou réelles de l’entreprise.b. a-2) Selon le degré d’avancement Les en-cours sont évalués en produits équivalents terminés en fonction de leur degré d’avancement. Les coûts les concernant doivent être distingués ceux des produits terminés.les heures de main d’œuvre (d’après un relevé journalier) . 4) Les en-cours Dans certaines industries existe au début de la période de calcul des coûts (souvent le mois) et en fin de période. qui interviennent dans le cycle de production du ou des produits fabriqués. « production en cours ». main d’œuvre. Cette valeur a été réalisée au cours de la période précédente La production réelle de la période correspond : à la production débutée et terminée pendant la période aux en cours de fin En cours au début Charges de la période En cours fin La production terminée de la période correspond à : . La répartition se base sur des centres d’analyse. un en-cours de fabrication constitué par des matières dont la transformation est inachevée et appelé dans le P.

il a été fabriqué : .000 € de matières Du point de vue de la main d’œuvre et des frais de centres 1. la production a été de 1.000 P) + 300 P 1.600 € équivalent à 1.000 € + Frais centre 61.000 euros début octobre.200 = 40 € par équivalent terminé en-cours de fin de période = 300 * 40 = 12.000 P 48. Ces produits figurent parmi les produits terminés à la fin de la période.100 P (déjà évalués et intégrés dans les 1. Charges de la période : Matières 1. Au cours du mois d’octobre.000 P équivalent à 1.000 P . mais seulement 60 % de la main d’œuvre et des frais de centre.En cours de fin . Le coût de production choisi peut être celui de la période précédente ou un coût de production standard calculé une fois pour toute (une moyenne des coûts de production par exemple).000 € + MOD 28.200 équivalents terminés Pour les charges matières 48.000 P .000/1.000 produits finis P et de 300 en-cours . il y avait en outre 100 en-cours initiaux évalués pour 9. on considère qu’un encours de production contient la totalité des matières.600 € = 137.100 en-cours initiaux + 300 en-cours de fin période . .1000 La valeur de cette production est ajoutée aux charges de la période. Exemple : Dans un atelier fabricant un seul produit.100 en-cours initiaux + 300 en-cours de fin période Leslie-Anne Moga Carrer .Dans le tableau de calcul des coûts Charges de la période 8000 Correspondent à la production réelle La valeur de cette production est enlevée des charges de la période car elles ne correspondent pas à des produits terminés.60 P (100 x 60 %) + 180 P (300 x 60 %) PAGE 7 Du point de vue des matières. + En cours de début + 2000 = Coût de production total de la production terminée = 9000 Coût unitaire = coût total / nbre de pdt TERMINES Remarque : On évalue les en-cours au coût de production (compte tenu de l’avancement de ces en-cours).

000 € Coûts conjoints 5. Tous les produits liés ont une valeur marchande significative et de niveau comparable.La répartition peut se faire au prorata des poids respectifs : Coût de production A = 5.000 / 7.086/4000) Produit B 200 kg vendus 4.900 (centres) = 26.000 terminés : Coût de la période 137.400 € soit 88 € chacun Le coût de production des 1.400 euros La profitabilité de A (1300 / 3000 = 43 %) parait supérieure à B (600 / 4000 = 15 %) .100 euros x 100 / 300 = 1. On les trouve en grand nombre dans des secteurs comme la chimie ou l’agroalimentaire : stérilisation du lait.100 euros x 3.900 centres Les 300 en-cours de production en fin de période sont évalués pour : 12.200 soit 120. soit un montant unitaire de 90 € légèrement supérieur au 88 € des en-cours fabriqués durant le mois d’octobre. les sous-produits et les produits résiduels.100 euros x 4.en-cours fin de période -26. Exemple : Produit A 100 kg vendus 3.000 = 2.700 euros Coût de production B = 5.500 (MOD) + 9. l’écrémage sont des coûts joints supportés avant la transformation en beurre.000 € Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 8 .000 (matière) + 4. a) les produits liés Ces produits appelés aussi « produits joints » encourent des coûts communs jusqu’à un point de séparation à partir duquel ils suivent leur propre cycle de fabrication. Pour calculer les coûts de production de chaque produit lié.120 équivalents terminés MOD Centres 28. yaourts.000 €. il est nécessaire de répartir les coûts conjoints (coûts communs avant le point de séparation).000 = 2.La répartition peut se faire en fonction de la valeur marchande : Coût de production A = 5. Soit 55x180 = 9.000 P terminés : 120.500 MOD 61. à côté du produit principal : les produits liés.100 euros point de séparation .000/1120 = 25 € de MOD par équivalent terminé soit 25x180 = 4.600 + en-cours initiaux + 9.600/1120 = 55 € de frais de centre par….914 euros La profitabilité de A et B est identique à 27 % (814/3000=27 % et 1. l’ajout de certains additifs. Ils diffèrent avant tout par leur valeur marchande.000 / 7.20 par P Ce montant unitaire diffère très légèrement du coût d’un équivalent terminé en octobre : 40 + 25 + 55 = 120 € ce qui est dû à l’estimation des en-cours présents début octobre en stock (donc fabriqués en septembre) et qui avaient été évalués pour 9.186 euros Coût de production B = 5.400 coût des 1.100 euros x 200 / 300 = 3.000 .1. 5) Les produits secondaires La complexité croissante des processus de production a entraîné la multiplication des produits. fromages… Il en est de même de l’abattage du bétail avant la production de diverses pièces de viandes et de peaux.

Les déchets sont des résidus provenant de la fabrication comme les copeaux de bois d'une menuiserie ou la limaille de fer.et la crème .produit principal . d’un autre celle comportant les bas morceaux destinés à la nourriture animale ou encore la fabrication d’essence donne aussi du kérosène et du goudron.1 .Cette ventilation des coûts conjoints n’a d’intérêt que dans une optique de valorisation des stocks. Ils se différencient des produits résiduels par le fait qu’ils ont toujours une utilité économique (ex : le traitement du lait cru donne le lait écrémé . distribution) = coût de production du sous-produit (valeur nette de réalisation) Exemple: Dans l'atelier A1 on a obtenu 5 000 litres d'un produit P et 1 000 litres d'un sous-produit SP. Il supporte également des frais de stockage évalués forfaitairement à 20 % du prix de vente.sous produit-). Les rebuts sont des produits défectueux ou en dessous des normes de qualité requises. Celui-ci est transformé dans l'atelier A2 avant sa commercialisation pour 20 euros le litre. Par exemple : d’un côté la viande destinée au consommateur. b) Les sous-produits Il s’agit de produits secondaires autres que le produit principal.14 000 = 106 000 euros c) Les produits résiduels Il s'agit de déchets et de rebuts obtenus au cours d'une phase du cycle d'exploitation. s’appuiera sur le coût global de la production. obtenus au cours d’un processus de production. => Le coût de la production du sous-produit viendra en diminution du coût de production du produit principal. ou sur des notions comme le coût d’opportunité ou le coût marginal pour savoir s’il doit ou non poursuivre une transformation au-delà du point de séparation. Pour l’évaluer. il est pratique de partir de l’aval : Prix de vente du sous-produit . il faut envisager deux cas. selon que le produit résiduel a une valeur marchande ou non. Du point de vue du calcul des coûts.coûts spécifiques (transformation. Le coût de production du sous produit est déduit du coût de production global afin d’obtenir le coût de production du produit principal. Le chef d’entreprise.Déchets ou rebuts sans valeur marchande PAGE 9 Leslie-Anne Moga Carrer . Leur valeur marchande est sensiblement plus faible que le produit principal. coût de production de l'atelier A1: 120 000 coût de production de l'atelier A2: 10 000 La valeur nette de réalisation du sous-produit SP est de : prix de vente 20 000 (20 * 1000) stockage 4 000 (20 % * 20000) coût de l'atelier A2 10 000 => consacré qu’au SP 14000 On la déduit du coût de production de P : 120 000 (P + SP) . c. pour prendre des décisions stratégiques.

suivant la nature des produits résiduels.Soit leur élimination coûte certains frais : ces charges se rajoutent au coût de fabrication des produits (bains d’acide sulfurique à faire retraiter. on pourra les traiter comme des sous-produits en déduisant leur valeur nette de réalisation du coût de production du produit principal. L’ENONCE peut ne pas le dire explicitement.Soit leur élimination rapporte de l’argent : Ils sont revendus (Ex : chute de bois ou planche mal faites revendus à certains commerçants). PROCESSUS de fabrication UN Produit principal Et (éventuellement) -des sous produits Et/ou (éventuellement) -des produits résiduels 18 .2 . c’est à vous de le déduire logiquement.Les déchets ou rebuts sans valeur marchande comportent très souvent des frais de destruction ou d'évacuation : transport. Ces frais doivent être incorporés au coût de production du produit principal. Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 10 . droits de décharge. d) Résumé TRAITEMENT .Déchets ou rebuts avec valeur marchande S'ils sont revendus en l'état. de calculer le coût de production sur les bonnes bases. enlèvement par une société spécialisée. une solution simple consiste à déduire leur prix de vente du coût de production du produit principal (on suppose qu'ils ont un coût de production égal au prix de vente). Le coût de production de ces déchets doit être déduit du coût de production global de façon à obtenir réellement le coût de production des produits principaux fabriqués ATTENTION S’IL EXISTE DES PRODUITS RESIDUELS : Faire attention à la quantité de matière ou de produit restante après traitement afin. c. manutention. coût de la destruction…) . Il est également possible de considérer un revenu additionnel égal au prix de vente (dans ce cas on présume que le coût de production est nul). Si les déchets et rebuts ont une certaine valeur ou s'il est nécessaire de les transformer avant la commercialisation.Soit leur élimination ne coûte rien et ils ne rapportent rien à la vente = aucune incidence .

frais de vente compris.coût de production des produits vendus (matières consommées. Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 11 . emballage) Coût de Revient = Coût d’achat + coût de Distribution. b) Cas de l'entreprise de production (de biens ou de services) Le coût de revient est composé . « L'intérêt de la mise on évidence d'un tel repère est primordial. assurances. Il permet d’évaluer les dépenses à engager pour vendre un produit et de fixer ainsi un prix minimum à appliquer.coût d’achat des matières premières (prix. Il comprend l’ensemble des charges nécessaires à la diffusion et à la vente d’un produit ou d’un service. matériel… stock) . » 2) COMPOSANTES DU COUT DE REVIENT Deux cas principaux doivent être envisagés celui de l'entreprise "commerciale" (dont l'activité consiste à revendre en l'état des marchandises). Il est considéré comme un coût hors production puisqu’il n’intervient qu’une fois le processus de production terminé et la mise en vente décidée. de porter un premier jugement sur la rentabilité du produit. Le coût de revient est composé coût d’achat des marchandises achetées ce qui implique comme nous l’avons vu précédemment. manutention (en tenant compte des stocks) coût hors achat : il va être composé de tous les frais engagés pour pouvoir vendre les marchandises achetées (distribution / commission. de prise et de suivi des commandes. par comparaison avec le prix de vente correspondant.coût hors production (distribution + charges ne relevant pas de la fabrication) Coût de Revient = Coût de Production + coût hors production c) Les composantes du coût de distribution C’est un coût autonome qui n’inclut pas un autre coût calculé à un stade antérieur. transport. main d’œuvre. celui de l'entreprise de production (production de produits ou de services). de gestion des stocks et de transport qui assurent l’acheminement des produits finis aux acheteurs. le prix d’achat + charges d’approvisionnement : livraison.IV) LE COUT DE REVIENT 1) Définition Le coût de revient ou « coût complet » est égal à l’ensemble des charges occasionnées par la fabrication et la distribution d’un produit. puisqu'il permet. a) Cas de l'entreprise commerciale Une entreprise commerciale achète des marchandises qu’elle revend dans leur état. approvisionnement et stock) . Il comprend l’ensemble des activités de publicité.

3 = 13. 10 mn finitions. Ce produit consomme 1 kg dette et mesure 32 cm.80 = 2 € (45 mn x 15) / 60 mn = 11.5 x 0.500 €/an et la répartition des charges est fonction du chiffre d’affaires générés lors de ces salons (5.5 € 15. La peinture et la terre coûtent chacun 0.5 kg de peinture émaillée sont consommés.80 €/kg 5 mn pour la préparation de la terre 15 mn de main d’œuvre pour le tournage. 5 mn pour la mise en cuisson.36 € PAGE 12 Nature Coût unitaire CHARGES DIRECTES terre 0.3 € Leslie-Anne Moga Carrer .64 = 14. frais de livraison. emballages et conditionnement.charges indirectes de distribution (et d’administration) : frais de stockage et de magasinage.80 MO 10 € + 5 € = 15 cuisson 3€ CHARGES INDIRECTES loyer 500/160 = 3.12 /h Frais distribution 1500/5000 = 0. On aura alors recours à un taux de frais.80 peinture 0. et en jaune à l’extérieur. Le temps de travail est estimé à 10 € de l’heure auquel il faut ajouter 50 % de cotisations sociales il peut disposer 8 vases dans son four.84 14.80 € (45 mn x 3. service après-vente… Pour les centres de distribution il est parfois délicat de trouver une unité d’œuvre physique représentative de l’activité du centre. il faut deux cuissons.. Quel est la rentabilité de ce produit ? * Les charges directes 2.80 + 15.5 kg 45 mn 1/8 x 2 TOTAL 45 mn 45 € prix vte TOTAL COUT DE REVIENT MARGE charges 0. Le prix de vente HT est de 45 HT (prix moyen constaté auprès de la concurrence à produit équivalent).25 € 1/8 x 2 x 3 € = 0.34 € 45 x 0.84 = 30. livraison .charges directes de distribution : commissions versées aux représentants.000 €) Consommation 1 kg 2. et le four lui coûte 3 €/cuisson - * les charges indirectes loyer : 500 €/mois et il le répartit en fonction de son temps de travail dans l’atelier (160 h/mois) participation à des salons d’exposition : 1.64 45 – 30.80 € 2. suivi de la clientèle. d) Les autres coûts Les autres coûts comprennent les quotes-parts des frais des centres de structure car certaines fonctions sont communes à l’ensemble des activités de l’entreprise et rien ne permet de les imputer plus particulièrement aux coûts d’acquisition. de production et de distribution : publicité institutionnelle… Exemple : potier qui veut calculer le prix de revient d’un vase peint qu’il fabrique souvent.12) / 60 mn = 2. Il est peint à l’intérieur en blanc.75 € 14. 10 mn pour la peinture.

assiette de frais : coût d'achat des produits entrés en stock (total répartition secondaire du centre = 83 100 €) N. : Les sorties de stock sont valorisées au CMUP TAF : Réaliser les comptes de stock de X.Centre administration : assiette de frais : coût d'achat des produits vendus (total répartition secondaire du centre = 63 600 €) . Coût d’achat : 200 unités pour 100 000 . Ventes : 600 unités Stock Z : SI : 50 unités pour 20 000 . Pour le mois d'octobre N les opérations réalisées ont été les suivantes . Coût d’achat : 500 unités pour 165 000 .Centres distribution : unité d’œuvre : l'unité de produit vendu (coût de l’UO=55 €) .EXERCICE D’APPLICATION : LE COUT DE REVIENT L'entreprise SAMO commercialise 3 types de produits qu'elle achète auprès de fournisseurs divers. Ventes : 200 unités . Ventes : 400 unités Stock Y : SI : 200 unités pour 6 400 .Ventes de 400 unités X pour un prix total de 280 000 600 unités Y pour un prix total de 330 000 200 unités Z pour un prix total de 120 000 . Y et de Z Calculer les coûts d’unité d’oeuvre pour les centres administration et autres frais à couvrir Calculer le coût de revient pour chacun des trois produits Les comptes de stock X Qté Pu SI 100 Coût achat 500 CMUP 600 CMUP = (195000)/600 = 325 Y Qté Pu SI 200 Coût achat 400 CMUP 600 CMUP = (156400)/600 = 261 Mt 300 330 325 30000 165000 195000 Ventes SF Qté 400 200 Pu 325 325 Mt 130000 65000 Mt 32 375 261 6400 150000 156400 Ventes Qté 600 Pu 261 Mt 156400 Z Qté Pu Mt SI 50 400 20000 Coût achat 200 500 100000 CMUP 250 480 120000 CMUP=(100000+20000)/250 = 480 Leslie-Anne Moga Carrer Qté VENTES SF 200 50 Pu 480 480 Mt 96000 24000 PAGE 13 .B.Comptes de stocks Stock X : SI : 100 unités pour 30 000 .Centre autres frais à couvrir. Coût d’achat : 400 unités pour 150 000 .

02% frais 55 16.000 (165 + 150 + 100) soit 20.02 33000 26012 30036 55 16.600 à répartir sur 382. Tableau de calcul des résultats analytiques du mois de janvier ELEMENTS Chiffre d’affaires (1) Coût de revient (2) Résultat analytique (1) – (2) Leslie-Anne Moga Carrer X 80000 50000 30000 Y 60000 70000 -10000 PAGE 14 .63 % * centre autre frais : 83. soit 16.63% Centre admin.400 (coût achat ventes). Centre autres 165000 20.100 sur coût achat des produits entrés = 415. Il y a plusieurs résultats analytiques car on peut mettre en évidence des résultats par produits puis pour l’ensemble des produits (sorte de résultat global) 2) Présentation Résultat analytique = chiffre d’affaires – coût de revient des marchandises vendues Prix de vente – coût de revient D’une manière générale le résultat analytique est mis en évidence dans un tableau.63 20.02 % V) LE RESULTAT ANALYTIQUE 1) Définition Le résultat analytique est une mesure de la rentabilité pour un volume de vente donné. Il peut être calculé par produit.Le coût d’UO Centre distribution = 55 € / unité vendu Centre administration = 63600 € répartition secondaire au prorata du coût achat des produit vendus Centre autre frais à couvrir = 83100 € répartition second. au prorata coût achat produit entré en stock Eléments X Q 400 Y Q 600 Z Q 200 Totaux Pu 480 Mt 96000 382400 Pu Mt 325 130000 Pu Mt Charges directes Coût achat march vendues TOTAL 261 156400 130000 22000 21621 33040 156400 600 156400 150000 96000 382400 200 96000 100000 Charges Indirectes Centre distrib 400 55 130000 16. EX : L’entreprise A fabrique deux produits X et Y : pour le mois de janvier le coût de revient de ces produits est respectivement de 50 000 pour X et 70 000 pour Y.63 20.02 11000 15967 20024 66000 63600 83100 76661 89048 46991 212700 206661 245448 142991 595100 Coût revient * centre administration : 63. par activité ou bien pour l’entreprise dans son ensemble. Le CA de mois de janvier s’élève à 80000 pour X et 60 000 pour Y.

le trimestre…). puis d’opérer une sélection entre les charges directes et indirectes. à condition que le niveau d’activité demeure sensiblement constant. « dans tous les cas. Ce résultat analytique est parfois aussi appelé « marge ». On peut ainsi suivre l’évolution des coûts de revient et résultats par famille de produit. Cette méthode est cependant lourde et complexe à mettre en œuvre. et ainsi mesurer la rentabilité de chacun des produits fabriqués par l’entreprise. Cette variation est d’autant plus importante que le niveau des charges indirectes est élevé. Selon la clé choisie. Récapitulatif : du prix d’achat au prix de vente. Elle nécessite tout d’abord de sélectionner les charges incorporables issues de la comptabilité générale. Le résultat global de la comptabilité analytique (cumul des résultats analytiques des 12 mois de l’exercice) ne correspond pas forcément au résultat de la comptabilité générale : il existe des différences appelées « différences de traitement comptable » qui comprennent les différences d’incorporation et des ajustements résultant de calculs appelés « différences d’inventaire.ATTENTION : Les résultats analytiques sont toujours pour une période bien déterminée (le mois. Prix d’achat Brut –rabais Prix d’achat Net + frais achat Marge Brute Coût d’achat + frais distribution n Résultat analytique Coût de Revient Prix de Vente Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 15 . VI) CONCLUSION La méthode des coûts complets permet de connaître le résultat dégagé par un produit. Les clés de répartition choisies sont souvent arbitraires. de cession et d’imputation ». le coût du traitement analytique doit être apprécié au regard des services fournis et de leur utilité » (PCG). ce qui correspond à une tendance aujourd’hui dans les grandes entreprises. le coût de revient peut être considérablement modifié.

Entreprise industrielle Prix d’achat Brut – Rabais Prix d’achat Net + frais achat Coût d’achat + frais production Marge Brute Coût de Production + frais distribution Résultat Coût de Revient Prix de Vente Leslie-Anne Moga Carrer PAGE 16 .