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Bulletin Netéchec n°13 - 24 janvier 1999


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Sommaire des rubriques:

1.Théorie: l'ouverture Réti - par Pascal Dufour


2.Théorie: le gambit de Budapest - par Pascal Dufour et Patrick Buchmann
3.Petit commentaire de la partie Yves Trottier-Claude Stolovitch - par Yves
Trottier

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1.Théorie: l'ouverture Réti

L'ouverture Réti ressemble quelque peu à l'ouverture Zuckertort, que nous


avions déja évoqué dans le Bulletin Netéchec n°9.Cette ouverture a pour
objectif de controler le centre en retardant au maximum l'action des pions
blancs centraux.De même que l'ouverture anglaise, également évoquée
précédemment, elle permet aux blancs soit de revenir dans des voies
classiques soit de faire preuve d'originalité.Elle fut découverte par
Richard Réti (1889-1929), joueur tchécoslovaque.

Cette ouverture débute notamment par 1.Cf3 Ensuite plusieurs possibilités


sont ouvertes.Une première variante pour les noirs consiste à répondre par
1...f5, qui prépare déja une attaque contre les pions blancs lorsqu'ils
s'avanceront et peut soutenir une future avancée de Cg8 en f6 puis g4 pour
menacer le flanc Roi des blancs.Une autre variante peut être c5, qui
rapproche alors la position noire d'une Anglaise inversée si Cc6 est ensuite
joué.Cependant mieux vaut se concentrer sur deux lignes principales: 1...Cf6
et 1...d5.

La première ligne principale débute souvent par 1.Cf3 Cf6 2.g3 A partir de
là les noirs continuent souvent soit par 2...b6, pour simplement préparer le
développement du fou et s'opposer au fou adverse, ou par 2...b5, plus
offensif pour atteindre la case c4.

La seconde ligne, la principale, comprend davantage de possibilités.Elle


débute par 1.Cf3 d5. A partir de là 2.g3 et 2.c4 sont deux variantes jouées.
1.Cf3 d5 2.b3 constitue l'attaque Nimzovitch.

1.Cf3 d5 2.g3 Cf6 3.Fg2 c6 4.O-O assure aux blancs un roque rapide et un
développement correcte à défaut d'être spectaculaire.Pour les noirs c6
permet de préserver le développement du Fc8 sur la diagonale c8-h3. A partir
de là les noirs peuvent se montrer plus offensif avec 4...f5 ou 4...g4 pour
mettre un peu de pression sur Cf3.

1.Cf3 d5 2.c4 peut déboucher soit sur 2...dxc4, et les noirs voient leur
centre affaiblit en échange d'un pion, soit sur 2...d4, plus audacieux mais
qui permet de rester au centre.A partir de là les blancs peuvent continuer
par 3.b4, 3.e3 ou 3.g3. 3.b4 permet de controler l'aile Reine des noirs
ainsi qu'une partie du centre.Néanmoins un grand roque de ce coté est
ensuite risqué. 3.e3 permet d'attaquer le pion noir qui devra alors soit
s'échanger contre un pion blanc, et affaiblir nettement son centre au profit
des blancs qui auront alors l'avantage d'un pion de plus au centre, soit
avancer en d3, ce qui parait risqué et en tous cas difficile à soutenir par
la suite.Enfin 3.g3 permet ensuite comme nous l'avons déja vu de développer
le fou en g2 pour permettre ensuite le petit roque des blancs.

Afin de mieux comprendre ce que peut donner l'ouverture Réti en pratique,


voici la retranscription de deux parties l'utilisant:

-Blancs: Kortchnoï - Noirs: Timman


Cette partie fut jouée à Linares en 1985.

1.Cf3 d5 2.c4 d4 3.b4 g6 4.g3 Fg7 5.d3 b6 6.Fg2 Fb7 7.O-O e5 8.Cbd2
Ce7 9.Cb3 O-O 10.a4 Cd7 11.a5 Tb8 12.axb6 axb6 13.Ta7 Fa8 14.Fg5 f6
15.Fd2 h6 16.Dc2 f5 17.Tfa1 c6 18.b5 Dc8 19.Dc1 Rh7 20.Da3 Te8 21.Dd6
Fb7 22.Ch4 c5 23.Fc6 Cf6 24.Fxe8 Dxe8 25.Dxb6 Cc8 26.Dc7 cxa7 27.Txa7
Abandon.

3.b4 a donc amené ici un assaut des pions blancs sur l'aile Reine des noirs.

-Blancs: Ribli - Noirs: Tal


Cette partie fut jouée en 1985 à Montpellier.

1.Cf3 d5 2.g3 Fg4 3.Fg2 c6 4.b3 Cd7 5.Fb2 Cgf6 6.O-O e6 7.d3 Fc5
8.Cbd2 O-O 9.e4 dxe4 10.dxe4 e5 11.h3 Fxf3 12.Dxf3 De7 13.Tad1 b5
14.h4 a5 15.c3 Cb6 16.Tfe1 De6 17.Df5 Cg4 18.Te2 Tad8 19.Ff3 Td3
20.Rg2 Cxf2 21.Txf2 Fxf2 22.Rxf2 Dd6 23.Fc1 g6 24.Dg5 f6 25.Dh6 f5
26.Rg2 Txf3 27.Cxf3 Dxd1 28.Abandon.

--Pascal
Dufour--

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2.Théorie: le gambit de Budapest

Le gambit de Budapest est une ouverture assez peu jouée, peut-être par
méconnaissance.Bien que les blancs puissent éventuellement y trouver un
léger avantage, les noirs y trouvent une position stratégiquement très
correcte.

Cette ouverture débute par 1.d4 Cf6 2.c4 e5 3.dxe5 Cg4. 3...Ce4 constitue
le gambit Fajarowicz. A partir de 3.Cg4, plusieurs variantes existent.

4.e4 Cxe5 5.f4 permet d'abord un rééquilibre matériel pour les


noirs.Seulement cela permet aux blancs de mettre en place sur l'aile Roi les
deux pions e4 et f4, ce qui avait été évité sur l'aile Reine des blancs
grâce à 2...e5.Néanmoins le Roi blanc est alors découvert et son futur roque
déja affaiblit.En échange le pion central des noirs aura vraisemblablement
du mal à s'imposer.

4.Cf3 Fc5 5.e3 Cc6 améne en revanche un net avantage des noirs en matière
de développement, monnayé par la perte d'un pion dès le début de la
partie.4...c5 permet aux blancs d'attaquer f2, pion toujours faible, et
d'obliger ainsi les blancs à jouer 5.e3 pour le protéger.

Enfin, 4.Ff4 Cc6 5.Cf3 Fb4+ est plus offensif.Cependant il n'est pas sur
que la perte du pion vaille alors tout à fait la position noire.En effet les
blancs peuvent ensuite répondre simplement par 6.Cbd2, et ont alors
relativement bien développé leurs pièces moyennes, tout comme les noirs,
bien que leur structure centrale de pions soit loin d'être parfaite ;-)
6.Cc3 Fxc3+ 7.bxc3 De7 8.Dd5 f6 améne pour les noirs un avantage encore
plus mesuré.Le développement des pièces blanche parait alors mieux assuré
que celui des blancs.Concernant les pions, les blancs ont une structure
désordonnée avec deux pions doublés mais qui présente l'avantage de déja
être en place, contrairement à celle des noirs.Il est vrai que 8...f6 a pour
but de redresser cette situation en essayant d'évincer e5 pour permettre
ensuite la mise en place d'une structure correcte pour les pions noirs.

Après cette bréve évocation de ce qu'est le gambit de Budapest, voici la


retranscription d'une partie le mettant en pratique.

-Blancs: Christiansen - Noirs: Tolnai


Cette partie date de 1988 et fut jouée à Saint John.

1.d4 Cf6 2.c4 e5 3.dxe5 Cg4 4.Cf3 Fc5 5.e3 Cc6 6.Fe2 O-O 7.O-O Te8
8.Cc3 Cgxe5 9.b3 Cxf3+ 10.Fxf3 Ce5 11.Fb2 a5 12.Ce4 Ff8 13.Fh5 Ta6
14.f4 Cg6 15.Cg5 d5 16.cxd5 Fc5 17.Cxf7 Rxf7 18.f5 Rg8 19.fxg6 hxg6
20.Fg4 Fxg4 21.Dxg4 Fxe3+ 22.Rh1 Dxd5 23.Tad1 De6 24.Dg3 Fh6 25.Dxc7
Dc6 26.Df7+ Rh7 27.Fxg7 Fxg7 28.Td7 Tg8 29.Td3 De6 30.Th3+ Dxh3
31.gxh3 Tf8 32.Dc4 Txf1+ 33.Dxf1 Td6 34.Df2 Td4 35.a4 Tb4 36.Df7 b5
37.h4 bxa4 38.bxa4 Txh4 39.De8 Th5 40.Rg2 Tg5+ 41.Rf3 Th5 42.Dd8 Tf5+
43.Rg4 Th5 44.h4 Nulle.

--Pascal Dufour
et Patrick Buchmann--

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3.Petit commentaire de la partie Yves Trottier-Claude Stolovitch

Blanc:Yves Trottier 1900


Noir :Claude Stolovitch 2100+

1 e4 e5
2 Cf3 Cc6
3 d4 exd4 L'écossaise ma spécialité...
4 Cxd4 Fc5
5 Fe3 Df6
6 c3 Cge7
7 Fc4 Ce5
8 Fe2 d6
9 0-0 a6?! un coup utile mais passif.Le but des blancs est de
pousser f4 souvent au prix d'un pion: 9... Dg6!
est donc de rigeur.
10 f4 Cc6
11 Rh1* Un coup souvent joué dans l'écossaise décloute le
cheval en d4 et prépare l'offensive.
11...Fd7
12 Dd3 Cg6
13 Cd2 0-0 finalement car il n'a plus de coup utile et 0-0-0 ?!
14 C2b3 Fb6
15 f5 Cge5
16 Dd2 h6 forcé
17 g4 Dh4 forcé
18 Tf4 Tfe8
19 Tg1 Dd8 forcé
20 f6 g5 forcé
21 Tf2 Cg6 forcé
22 Cf5 Fxe3 forcé
23 DxFe3 Rh7 forcé
24 h4 Dxf6 forcé
25 hxg5 Dxg5 forcé
26 DxD hxD
27 Cxd6*+= La variante calculée depuis 15.f5 qui donne un pion
aux blancs. Tout autre coup noir était fatal, mon
adversaire joue comme un pro...
27...cxd6
28 Txf7+Rh8
29 TxFd7 Txe4
30 Txd6* Laisse le fou car le reste est nulle...(analyse)
30...TxF
31 Txg6 Tf8!
32 Th6+Rg7
33 Th2 TxT!
34 RxT Ce5! L'activité vaut le pion...
35 Tg2 b6
36 Cd4 Rg6
37 Rg3 Tf4
38 Rh3 Cd3
39 Cc6 Rf6
1/2 1/2