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DROIT DES CONTRATS

DROIT DES CONTRATS

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DROIT DES CONTRATS

INTRODUCTION
I.Intérêt du droit des contrats
Intérêt pratique = branche qui influe sur tous les comportements de la vie des individus, car succession de contrats. Ex : achat d'un objet, se déplacer, se loger Contrats sont tous soumis à un ensemble de règle => théorie général du contrat. Contrats aussi dans la vie économique => employés d'une société sont lié par un contrat. Vie sociale repose aussi sur des négociations et des accords entre partenaires sociaux, qui sont aussi des contrats appelés contrats collectifs. Intérêts théorique = peut se dédoubler : –intérêt pédagogique (= didactique) : le droit des contrats comme modèle Contrat : Relations volontaires entre les individus, mais pas toutes les relations. Accord de volonté en vue de créer entre les contractants un rapport d'obligation. Ex : vente d'une pomme => accord de volonté, et 2 obligations : payer la pomme et donner la pomme à l'acheteur. Théorie général du contrat : ensemble des règles s'appliquant aux contrats. Permet de définir un modèle applicable aux relations volontaires. Acte juridique : manifestation de volonté en vue de créer des effets de droits. Contrat est donc un acte juridique, sert de modèle à l'ensemble des actes juridiques. –intérêt d'ordre politique : deux façons d'organiser les rapports sociaux : •organisation selon un mode statutaire = on peut organiser la société par communauté et on définit par communauté quels sont les règles et devoirs applicables aux membres de cette communauté. Ex : la famille •organisation selon un mode volontaire (ou libérale) = accords entre les individus sont établis volontairement par les individus concernés. Définition même du contrat. Selon la place que le droit accorde aux contrats, on peut mesurer dans quel type de société on vit. Relations entre les individus sont appréhender par le droit pour déterminer les domaines : –les relations patrimoniales : possibilité d'évaluation monétaire, relations monétaires obéissant à une logique libérale –les relations extra-patrimoniales : unités monétaires n'ont pas leur place, on en fait abstraction, secteur non-marchand, sont dominées par une logique statutaire Donc société française est dans une relation de type libérale.

II.Les sources du droit des contrats
A)Les sources usuelles
Il y en a principalement une qui est le Code civil. La théorie générale du contrat est exposé des articles 1101 à 1167. Ce texte est ancien, la plupart de ses dispositions datent de 1804, et ont souvent été inspirées de textes beaucoup plus ancien (droit romain). 2 conséquences à l'ancienneté du texte : –législateur français est en train de le réécrire, avant-projet de réforme du droit des contrats = réécriture très importante. Mais est essentiellement une modernisation du texte actuel pour y intégrer les apports de la jurisprudence. Pas de changement majeur sur le fond. –la lecture du Code civil ne suffit pas à se faire une idée précise de ce qu'est le droit des contrats. Il faut le compléter avec tous les acquis de la jurisprudence. La doctrine a aussi une influence sur le contenu des contrats.
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DROIT DES CONTRATS Commentaire d'arrêt : –on demande d'apprécier le sens (il nous dit quoi? Est-il nouveau? Apporte t-il une solution nouvelle?) –la valeur (que vaut la solution de l'arrêt?) = savoir faire le lien entre la solution de l'arrêt et tous les développement théoriques du cours (bizarre, en ligne avec la théorie du contrat) –la porté (examen de ce que l'arrêt change dans l'agencement juridique = arrêt n'est jamais isolé, vient prendre place dans un ensemble. Si on modifie un élément, les autres doivent changer aussi = quels types de changements peuvent engendrer cet arrêt?)

B)Les autres sources
2 types de règles qui ont tendance à avoir une influence dans tous les domaines du droit : –l e s normes constitutionnels = Conseil Constitutionnel énonce des règles à valeur fondamentale. Peut définir des principe qui auront une influence sur le droit des contrats. Liberté contractuel figure pratiquement au rang des libertés constitutionnelles (mais question est discutée). –le droit européen : –communautaire = droit de l'Union Européenne –Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme (CEDH) Ces sources n'incluent pas la liberté contractuel mais consacrent des libertés et des principes qui peuvent avoir une influence sur le droit des contrats. Existe une tentative d'unifier au niveau européen les différents droits nationaux en matière contractuel. Si on veut un marché unique en UE, même règles pour les contrats. Mais droit des contrats est très différents d'un pays à l'autre : existe des règles communes qui sont des directives d'interprétation commune. L'objectif est qu'en cas d'incertitude sur l'interprétation d'un texte nationale, on l'interprète au regard des références communes.

III.La place du droit des contrats
Les relations entre les individus sont soit extra-patrimoniales, soit patrimoniales. Les relations patrimoniales sont dirigés par la théorie du patrimoine, qui comprend la théorie des obligations, et à l'intérieur duquel il y a la théorie du contrat.

A)La théorie du patrimoine
Sens courant : c'est l'ensemble de bien dont une personne est titulaire. Sens économique : ce sont les richesses (= les actifs) et les dettes (= le passif) En droit, c'est plus abstrait. En matière patrimonial, on est libre de gérer son patrimoine comme on veut, mais la contrepartie est le principe de responsabilité. Art 2284 Code civil : « Quiconque s'est obligé personnellement, est tenu de remplir son engagement sur tous ses biens mobiliers et immobiliers, présents et à venir. » Si un individu n'honore pas ses dettes, ses créanciers pourront se saisir de ses biens pour se faire payer. Ce principe de responsabilité introduit un lien entre tous les éléments du patrimoine. Ils sont liés entre eux, car en permanence, les actifs répondent du passif. Donc patrimoine est un tout, où les actifs répondent du passif. Ce n'est pas le contenu des richesses ou des dettes, c'est le contenant. On dit que le patrimoine est une universalité de droit, c'est à dire un ensemble de biens et de dettes à l'intérieur duquel tous les biens présents et à venir répondent de toutes les dettes présentes et à venir. 3 caractéristiques : –principe de personnalité : toute personne a un patrimoine et tout patrimoine a un propriétaire. Patrimoine est l'expression d'un droit fondamentale = liberté patrimoniale ou capacité de jouissance ou aptitude à avoir des biens et contracter des dettes. Donc ne peut pas exister sans
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Lien entre le créancier et le débiteur est l'obligation (= lien ou rapport d'obligation). qui repose sur la confiance.DROIT DES CONTRATS personne pour le soutenir. Cela permet la circulation des richesses. Inclut aussi l'obligation de ne pas faire (ex : clause de non-concurrence dans un contrat de travail) Obligations sont très importantes : créances reposent sur un lien. Triple justification : –justification philosophique : c'est la seule théorie qui autorise une contrainte qui soit respectueuse de la liberté des individus –justification morale : on juge moralement souhaitable que celui qui s'engage respecte la parole donnée –justification économique : nécessité de garantir la sécurité juridique et de respecter les attentes du créancier. 3 types d'obligations : –obligations monétaires : obligations qui sont libellés en unités monétaires qui obligent le débiteur à transférer une certaine somme d'argent au créancier –obligation de dare : obligation de transférer la propriété d'un bien. On ne peut transmettre que des éléments de ce patrimoine. seulement en cas de décès car le principe de personnalité ne s'applique plus. Triple conséquence : –la théorie de l'autonomie de la volonté justifie la définition du contrat –conséquences sur les conditions de validité du contrat Page 4 . donc contrat est l'instrument de circulation des richesses. –obligation de délivrance : obligation de faire. mais pas de délivrer matériellement la chose. La valeur économique dépend de la possibilité et l'assurance que le créancier sera payé. Le rapport d'obligation prend sa source dans : –le contrat –les délits et quasi-délits (# délits pénaux) = tous les événements qui sont sources de responsabilité C)La théorie du contrat L'ensemble des règles du droit des contrats peuvent prendre appui sur une théorie. B)La théorie des obligations Prend place dans la théorie du patrimoine. Conséquences pratiques : théorie met au centre la volonté de ceux qui s'engagent. –principe d'indivisibilité : principe de personnalité donc n'est pas plus divisible que la personne qui en est titulaire. Si contrat. Quelques exceptions : la fiducie –principe d'intransmissibilité : on ne transmet pas le patrimoine d'une personne à une autre car c'est un attribut de la personne. Il est possible d'envisager la transmission universel. Mais difficulté dans le cas d'un commerce ou d'une entreprise = solution est de créer une nouvelle personne morale qui aura son propre patrimoine. Actifs = les biens corporels et les biens incorporels (droits réels et personnels = créances) Passif = les dettes Obligation : c'est une créance (= droit d'exiger quelque chose de quelqu'un). et à titre particulier (# universel). comme l'obligation de délivrer un bien. il y a créance. On transfert juste le droit sur la chose. donc un rapport d'obligation entre 2 patrimoines. c'est-à-dire la théorie de l'autonomie de la volonté = traduction de pacta sun servanta : les parties sont liés par ce sur quoi elles se sont mises d'accord. Donc on ne peut pas isoler une masse de bien au sein de son patrimoine pour la mettre à l'abri. un principe.

Elle est aussi intangible Puisque c'est la volonté qui forge la force probatoire du contrat. Plus récemment. sinon entaché de vice et annulation du contrat –la théorie de l'autonomie de la volonté conditionne les effets du contrat. il y a aussi des rapports de force = la volonté de l'un s'impose à un autre dans beaucoup de cas. Ce lien ne mérite d'être obligatoire et juridiquement consacré que s'il est de qualité. mais c'est surtout un rapport d'obligation. Donc critique influencera la législation. Théorie est donc dépassé : un contrat est sans doute un accord de volonté. donc le contrat doit être considéré comme un vecteur de lien social. Page 5 . le contrat n'a d'effet qu'à l'écart de ceux qui l'ont voulu = effet relatif des contrats Valeur de cette théorie : elle fait l'objet de critique. étude critique de l'individualisme juridique en 1912. Christophe Jamin défend la « conception solidariste du contrat » (2000). Force du contrat est tempéré par un principe de bonne foi.DROIT DES CONTRATS •accord de volonté suffit à garantir la validité du contrat sans qu'il soit nécessaire de soumettre le contrat à une forme particulière •la volonté doit être libre et éclairée. Il explique que cette théorie est une abstraction et n'existe nul part dans la société : les rapports sociaux ne sont jamais des rapports de pur volonté. de façon à rééquilibrer les rapports dans les contrats (droit du travail et droit de la consommation). c'est-à-dire l'expression d'une solidarité entre contractants. il est obligatoire pour les parties = pour le Code civil. => Se traduit par ce qui est satisfaisant pour les intérêts des 2 parties en présence. c'est le lien qui est créé entre 2 individus. parce qu'il est l'expression d'un accord. volonté est quasiment élevé au rang de loi. Ce qui est important. XXème siècle = Gounot écrit la thèse Le principe de l'autonomie de la volonté en droit privé.

C'est ce qui distingue le contrat d'actes volontaires dans lequel les individus s'engagent sans le faire de manière contraignante. et celui dont les affaires sont gérés est le maitre de l'affaire.DROIT DES CONTRATS PARTIE 1 : DÉFINITION DU CONTRAT Contrat : accord de volonté créateur d'un lien d'obligation.Les questions théoriques Contrat est un accord de deux volonté = permet de le distinguer de l'acte unilatéral de volonté. Quasi-contrat : quelque chose qui se situe entre l'acte et le fait juridique. On considère que les deux sont engagés comme s'il y avait eu un mandat au terme duquel le gérant a pris un certain nombre d'actes juridiques pour le compte du maitre de l'affaire. et comme a géré les affaires d'autrui. l'autre est une résidence secondaire. Celui qui gère les affaires d'autrui s'appelle le gérant. Ex : A la campagne. Acte juridique unilatéral peut être synthétiser en 2 propositions : –l'acte unilatéral ne produit pas les effets d'un contrat –l'acte unilatéral produit des effets de droit Page 6 . Permet de mettre en évidence une catégorie intermédiaire : quasi-contrat. et inversement si lettre est imprécise. Ici. 2 maisons voisines. Pratique courante dans le domaine international. Sont des engagements d'honneur ou des lettres d'intention. on fait comme s'il y avait eu un contrat entre les individus. solution est de solliciter la société mère comme garant de la filiale. II. Dans la pratique des affaires. donc obligation de l'un envers l'autre. Pour que le mécanisme fonctionne.Une volonté de s'engager C'est-à-dire une volonté de devenir partie à un rapport d'obligation contraignant. Espère être indemnisé.Une volonté de produire des effets de droit Contrat appartient à la catégorie des actes juridiques. Section 2 : La rencontre de deux volontés I. Le voisin fait des travaux pour rendre service. Ex : Une société filiale conclue un contrat avec une société étrangère. donc n'est pas un fait juridique (= non voulu). lorsqu'une personne agit pour le compte d'autrui sans en avoir été chargé. une habitée toute l'année. Pas d'engagement précis. Prend naissance comme un fait juridique. Chapitre 1 : Un accord de volonté Section 1 : La manifestation de deux volontés I. Permet de distinguer le contrat des actes de courtoisie (= individus n'ont pas l'intention de s'engager juridiquement). il faut que le gérant démontre l'utilité des actes de gestion. existe des engagements qui sont entre l'acte de courtoisie et l'engagement juridiquement sanctionné. Les effets de ce fait sont des effets identiques ou quasi-identiques à ceux d'un contrat. Repose sur la confiance. Le toit de la résidence secondaire s'effondre. Jurisprudence : plus la lettre est précise. plus l'engagement d'honneur peut être sanctionné juridiquement.

et donne des opportunités. –D'un point de vue économique. Ex : Héritier qui refuse une succession = acte unilatéral. on ne voit pas en quoi elle s'oppose à l'engagement unilatéral de volonté. Donc on peut le comprendre moralement et économiquement à cause des attentes. Mais créé une attente. –règle de l'estopel (= droit anglais) = règle selon laquelle nul ne peut se contredire au détriment d'autrui. –D'un point de vue moral. autonomie de la volonté crée de la confiance chez le créancier. Sinon. commet une faute qui engage sa responsabilité. qui n'est pas créateur d'obligation. créé des attentes. engageait l'auteur de cette promesse. Engagement unilatéral de volonté ne créé pas d'obligation. B)L'acte unilatéral produit des effets de droit Acte unilatéral n'oblige pas son auteur. doit la payer. à l'occasion d'une loterie. que la promesse dépourvue d'équivoque. mais existe des solutions dans la jurisprudence qui permettent de nuancer l'absence de considération de l'engagement unilatéral de volonté : –cas des loteries = Arrêt 1ère chambre civil de la Cour de Cassation du 13 juin 2006 : admet. principe de cohérence. En dehors du droit du travail. Permettrait de généraliser les solutions relatives à l'offre à l'ensemble des actes unilatéraux. au titre de l'existence d'un fait volontaire. n'existe pas que la création d'un rapport d'obligation.Valeur du rejet de l'engagement unilatéral de volonté Théorie de l'autonomie de la volonté : –Dans la perspective philosophique. mais parmi les effets de droit. ce qui faite la valeur de cette théorie est la parole donnée. mais on ne peut pas forcer à vendre. mais produit des effets de droit. En contrepartie. Ex : Vente d'une voiture et annonce met le prix à 300 euro. créé une attente. suppose aussi un rapport entre 2 personnes. –offre de contracter = plupart des contrats sont précédés d'une offre (= acte unilatéral). un individu ne peut pas se mettre à sa charge une obligation Engagement unilatéral de la volonté est rejeté par le droit français (# Allemagne) 1. pas de règles générales. peut s'engager unilatéralement à l'écart de ses employés. Ex : Si employeur dit qu'il y aura une prime de 13ème mois. Donc pas d'engagement tout seul. Donc retrait intempestif de l'offre est une faute qui engage la responsabilité de son auteur.Portée de ce rejet Principe a une exception majeur en droit du travail : employeur peut s'engager unilatéralement. N'engage pas l'exécution obligatoire s'il n'y a pas de préjudice prouvé. et comme est connu. mais suppose donc une autre personne. Page 7 .DROIT DES CONTRATS A)L'acte unilatéral ne produit pas les effets d'un contrat Signifie deux choses : –acte unilatéral ne peut en aucun cas engager autrui –acte unilatéral ne permet pas à son auteur de s'engager = seul. En pratique. mais l'inexécution de cet engagement est constitutif d'une faute. S'explique car le chef d'entreprise dispose d'un pouvoir de direction de l'entreprise. engagement est généralement connu de ceux auquel il pourrait bénéficier. 2.

DROIT DES CONTRATS 1.Effets de droit des actes unilatéraux à l'égard de son auteur Acte translatif = acte dont le seul effet est d'entrainer un transfert de propriété. Ex : le legs par voie de testament => unilatéral, effet au décès de son auteur et transfert le bien de son patrimoine à celui d'une autre personne Acte déclaratif = acte qui a pour effet de rendre certaine une situation juridique incertaine. Ex : –un jugement = quand juge affirme quelque chose, clarifie une situation –reconnaissance = débiteur conteste sa dette puis la reconnaît, donc rend certaine sa dette Acte abdicatif = acte par lequel son auteur abandonne ou renonce à un droit dont il était titulaire. Ex : renoncer à une succession 2.Effets de droit des actes unilatéraux à l'égard de tiers Acte unilatéral ne peut pas engager un tiers, et ne peut pas engager de nuisance à un tiers. Sinon, préjudice qui met en jeu la responsabilité. Mais existe des actes unilatéraux qui créé des nuisances et ont une valeur juridique. Plupart du temps, actes unilatéraux qui interviennent dans le déroulement d'un contrat de longue durée. Ex : –bail d'habitation = bailleur décide de donner congé au locataire –contrat de travail = licenciement Ils sont autorisés car s'insèrent dans une relation contractuelle qui dure de manière indéterminé, chacune des parties à le droit de mettre un terme au contrat. Contrepartie est que ces actes unilatéraux sont encadrés par des règles spécifiques à chacun de ces actes. Mais dispositifs de protections de la partie lésée sont toujours les mêmes. Ex : exigence de préavis, d'une motivation, voir même d'une procédure et d'un contrôle judiciaire

II.Les questions techniques
3 temps dans la formation du contrat : –l'offre –l'acceptation –la rencontre de l'offre et de l'acceptation Mais parfois, est plus compliqué.

A)L'offre
1.La notion d'offre Se définit comme une proposition de conclure un contrat. Peut être aussi remplacer par le terme pollicitation. Auteur de l'offre peut être désigné comme l'offrant ou le pollicitant. Pour qu'il y ait une valeur juridique à la proposition, l'offre doit être ferme et précise => il faut qu'en cas d'acceptation, elle puisse constituer un contrat. Ex : –J'offre ma voiture en vente => n'est pas juridique car on ignore beaucoup de chose, est incomplète (pas de prix). –J'offre tel voiture à tel prix => contrat car accord sur une chose L'offre doit être –ferme = est significative de l'intention de son auteur d'être lié en cas d'acceptation.
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DROIT DES CONTRATS Ex : On offre un objet à tel prix, mais avec réserve = manque de fermeté, car auteur de l'offre peut examiner l'acceptation, donc n'est qu'une simple invitation à entrer en pourparler. Existe 2 hypothèses où la réserve est toujours sous-entendue : •contrat commercial => toujours une négociation •contrat conclu intuitus personae (= en considération de la personne) Ex : offre d'emploi pour un contrat de travail, conclu en fonction de la personne –précise = offre doit répercuter les éléments essentiels du contrat projeté entre les parties Ex : Si c'est une vente, doit indiquer le prix. Si l'offre est ferme et précise, peu importe les autres caractéristiques : –peut être expresse (= formaliser oralement ou par écrit) ou tacite (= résulte d'une situation ou d'un geste) –peut être adressée au public ou personnalisée –peut y avoir un délai 2.Les effets de l'offre Principal effet => si acceptation, devient un contrat. Si a été accepté, l'auteur de l'offre ne peut plus revenir dessus. Si reviens dessus, refuse le contrat. Même engagement lors d'un contrat que pour un contrat unilatéral de volonté. Point de vue théorique, offre est une manifestation de volonté et peut être contraignante pour l'auteur. Moralement et économiquement, offre crée aussi une attente et remise en cause créerait une déception. Solution du droit positif : –soit l'offre comporte un délai, et dans ce cas, offre doit être maintenue durant le délai indiqué –soit l'offre n'est assortie d'aucun délai, et liberté contractuelle s'applique, donc offre peut en principe être librement révoquée. Mais auteur doit quand même respecter un délai raisonnable (laissé à la libre appréciation des juges du fond et selon le domaine du contrat) Si non-respect du délai, la solution en doctrine est que la révocation intempestive de l'offre est une faute qui engage la responsabilité de l'auteur. Mais ne sera jamais tenu de conclure le contrat. Reste libre au prix d'une indemnisation du préjudice de celui dont les attentes ont été déçues. Mais indemnisation ne peut pas être égale aux gains espérés du contrat projeté. Sinon, cela reviendrait à faire comme si le contrat avait été conclu. Position de la jurisprudence est incertaine.

B)L'acceptation
1.La notion d'acceptation Est caractérisée à la condition d'être pure et simple => formulé sans aucune réserve à l'égard des termes de l'offre. Si réserve, n'est pas une acceptation. Ex : Voiture à X euro. On accepte, mais à un prix différent = offre d'achat, pas acceptation. Si elle est pure et simple, peut importe la forme. Question se pose si le silence peut valoir acceptation : le silence n'a pas de valeur juridique. Mais existe des nuances : –silence est pris en considération s'il est d'usage qu'il le soit entre les parties Ex : contrat de fourniture = livraisons régulières qui continue –hypothèse où l'offre est faite dans l'intérêt exclusif du destinataire, mais la portée est limité car ne concerne que la conception d'assistance bénévole Ex : une personne est en danger, une autre se porte à son secours. Selon la jurisprudence, on fait « comme s'il y avait eu un contrat ». A l'origine, il y a des faits juridiques => est en faite un quasi-contrat
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DROIT DES CONTRATS 2.Les effets de l'acceptation Est plutôt la portée de l'acceptation. Est fréquent qu'il y ai des conditions particulières et générales. Acceptation vaut pour les deux, à condition que l'auteur de l'offre soit en mesure d'établir que l'auteur de l'acceptation a eu connaissance des conditions générales.

C)La rencontre de l'offre et de l'acceptation
Rencontre peut se faire simplement par la rencontre des deux parties, tacitement ou formellement. Mais cette rencontre pose un problème quand le contrat est conclu à distance, car offre et acceptation ne sont pas données au même moment ni au même lieu. Deux systèmes : –système de la réception : contrat est formé lorsque l'auteur de l'offre à reçu l'acceptation, repose sur une idée de bon sens. Inconvénient = il y a un laps de temps plus ou moins long entre l'émission et la réception, permet à l'auteur de l'offre de revenir sur celle-ci alors que l'offre a été acceptée –système de l'expédition : contrat est réputé conclut à compter du jour où l'auteur de l'acceptation expédie celle-ci à l'auteur de l'offre. Risque d'arbitraire est plus faible. Position de la jurisprudence : renvoie à la volonté des parties, et auteur de l'offre doit préciser quel système il choisit. Si rien n'a été décidé, règle supplétive : arrêt de la Chambre commerciale du 7 janvier 1981 adopte le système de l'émission.

D)Les facteurs de complication
1.Les facteurs liés à la pratique Est assez fréquent que la conclusion d'un contrat suive un schéma plus complexe que la simple rencontre de l'offre et l'acceptation. Plus le contrat est complexe, plus les parties vont négocier, faire des offres, des contrepropositions... Processus de conclusion du contrat consistera dans une longue négociation, où il est impossible de différencier offres et acceptations. Contraintes : –les parties décident de rationaliser le processus de négociation = vont conclure un contrat dont l'objet est de décrire et d'organiser le processus de négociation (délai, répartition des frais, introduction des clauses...) –les parties peuvent être libre tout au long de la négociation de ne pas conclure le contrat, peuvent rompre les négociations, mais cette période doit être dominée par un principe de bonne foi/ de loyauté => loyauté/bonne foi oblige à deux choses : •parties ne doivent pas prendre prétexte de la négociation pour causer une nuisance économique à la partie avec laquelle la négociation est entreprise Ex : capter des informations confidentiels, des secrets de fabrications... •suppose que les parties adoptent un comportement cohérent au cours de la négociation = commet une faute si poursuit la négociation sans vouloir conclure un contrat Quand les parties commettent une faute, engage leur responsabilité délictuelle (= fautes civiles) car il y a une faute et le fait constitutif de la faute est un fait juridique => intervient dans une période pré-contractuelle, donc pas d'acte car pas de contrat. Indemnisation des préjudices : jurisprudence Manoukian Avant cet jurisprudence, contrat espérée par l'une des partie ne sera pas conclu à cause de la rupture, donc le préjudice, ce sont les gains que l'on pouvait espérer du contrat, ou du moins la perte de chance d'obtenir ces gains.
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mais la rupture en elle-même n'a rien de fautive. exerce le droit d'agir en justice.. 2 types de contrats : –contrats électronique. il n'y a pas de liens de causalité => cause de ce préjudice est la rupture des pourparlers. Peut n'être qu'un moyen pour l'auteur de l'offre d'imposer sa volonté à l'auteur de l'acceptation.Les facteurs liés à la loi Répondent à une inspiration commune : en principe. fait par voie informatique = n'est pas sur que les individus aie conscience des liens contractuels contraignant. on considèrerait qu'il y a eu une atteinte au droit de contracter. pas d'obligation de conclure un contrat donc il n'y a pas de droit au contrat. Conventions : les autres accords de volonté qui ne sont pas créateurs d'obligation En pratique.DROIT DES CONTRATS Arrêt Manoukian du 28 juin 2006 : le préjudice ne peut être égal à la perte de chance des gains espérés du contrat. donc justifie une indemnisation réparatrice et dont le montant est égale à la valeur du droit de contracter soit les gains espérés du contrat => reviendrait à reconnaître un droit de contracter qui n'existe pas 2. Loi du 21 juin 2004 (Art 1369-1 à 1369-11 Code civil) : renforce le processus d'offre et d'acceptation pour que celle-ci ne soit pas donnée à la légère •les opérateurs du commerce sur internet ne peuvent se contenter d'une offre ferme et précise. mais on constate qu'il existe un grand nombre de règles spéciales qui imposent un dispositif contraignant de rencontre de l'offre et de l'acceptation. Traits communs : •le professionnel doit formaliser son offre par écrit et indiquer des mentions obligatoires. Si on indemnise la perte des gains attendus du contrat. donc est relativement modeste –raison plus générale = principe de la liberté contractuelle donc les pourparlers peuvent être rompus librement. Ex : le démarchage à domicile. c'est un contrat dans lequel le rapport de force économique entre les parties est déséquilibré Le principe reste le même qu'en temps normal. S'entendent à l'amiable sur un Page 11 . le processus de rencontre entre l'offre et l'acceptation doit permettre aux deux parties d'exprimer une volonté libre et réfléchie. termes « contrat » et « convention » sont utilisés comme des synonymes. En pratique. qui vont au-delà d'une simple description du contrat •on introduit dans ces contrat un délai de réflexion/rétractation pour permettre au consommateur de se décider de manière réfléchie Délai de réflexion : délai durant lequel le consommateur qui a reçu l'offre ne peut en aucun cas accepter celle-ci Délai de rétractation : délai durant lequel le consommateur qui a accepter l'offre peut revenir sur son acceptation Chapitre 2 : Un acte créateur d'obligation Créateur d'obligation => permet de distinguer le contrat d'autres accords de volonté.. ce sont les circonstances qui accompagnées cette rupture Donc préjudice est une perte de temps et éventuellement d'opportunités. ce qui est fautif. doit contenir en plus toute une série d'information sur les conditions contractuels mais aussi sur le processus de formation du contrat •l'acceptation n'est valable que si elle est confirmée (système du double clic) –contrats déséquilibrés = notion n'a pas une grande valeur juridique. il y a des circonstances dans lesquelles la rencontre de l'offre et de la demande sont incertaines. Plusieurs raisons : –raison technique = entre la rupture abusive des pourparlers et le préjudice constitué de la perte de chance des gains espérés du contrat. le crédit immobilier. 3 types de conventions qui ne sont pas contrats : –conventions abdicatives = objet est d'entrainer de la part des deux parties une renonciation à des droits Ex : Deux parties sont en procès. le crédit à la consommation.

non pas des obligations pour les parties. donc les parties renoncent à leur droit d'agir en justice. car la formation suppose l'accomplissent de formalités. Intérêt : En droit romain. Ex : contrat de prêt ou contrat de dépôt Page 12 . la seule rencontre des volontés suffit à faire le contrat. Ex : La donation est en principe un contrat dont la validité dépend d'un acte notarié. parties sont liés par les règles applicables à ce contrat nommé. seul les contrats nommés se voyaient reconnaître une force contraignante. Contrat innomé : nait de la pratique et n'est désigné par aucun texte Ex : contrats portant sur la location d'une usine. Ex : Contrat conclu à l'étranger. chacun obtient un bien.DROIT DES CONTRATS contrat de transaction. => Conséquence de la théorie de l'autonomie de la volonté B)Les contrats solennels Exception au contrat consensuel. C)Les contrats réels Contrat de restitution = ne se forme que par la remise d'une chose. Mais si contrats est nommé. contrat conclu par des parties de nationalité différente II. B)Distinction entre les contrats internes et les contrats internationaux Contrat interne : est exclusivement régit par des dispositions de droit interne. Ex : contrat de bail. c'est-à-dire un élément qui pourrait rattacher ce contrat à un autre système juridique. Validité de ce contrat ne résulte d'aucune forme. cet acte pourra être considéré comme un contrat et se verra reconnaître le bénéfice de la force obligatoire du contrat » donc distinction plus ou moins inutile.. tant que les biens ne sont pas partagés. Comme créateur d'obligation.Le critère tiré de la formation du contrat A)Les contrats consensuels Contrat de droit commun. Lors du partage. Contrat international : présente un élément d'extranéité. c'est-à-dire que celui qui a reçu la chose devra la restituer. Opération préalable est de reconnaitre la loi applicable.Le critère tiré de la réglementation A)Distinction entre les contrats nommés et les contrats innomés Contrat nommé : spécifiquement désigné et règlementé dans un texte de loi.. –conventions normatives = accord qui créé. possibilité de classification des contrats. Existe une théorie générale du contrat en droit civil = « Pour tout acte qui remplira les conditions de formation du contrat. –conventions déclaratives = rendent certains des actes incertains Ex : Le partage lors du décès d'une personne. par principe. mais une règle de droit applicable pour toute une catégorie d'individu qui va au-delà de ceux qui l'ont signé Ex : Convention collective => but est de créer une règle applicable à tous les salariés.. tout contrat est un contrat consensuel. contrat de dépôt.. les héritiers ont des droits mais on ignore quel bien ira à qui. Section 1 : Les classifications traditionnelles des contrats I.

Si aucun Page 13 . pas de contrepartie. Accord des parties mais une seule est engagé. Apparaît dans l'article 1104 Code civil. les deux parties sont engagés et chacune de leurs obligations est la contrepartie de l'autre. –contrat à titre gratuit = contrat de bienfaisance au sens large qui emporte un transfert de propriété Contrat de bienfaisance ≠ contrat unilatéral => pas d'intention marchande. Ex : –Donation est un contrat unilatéral car seul le donateur s'engage de transférer la propriété d'un bien au donataire. Contrat aléatoire : équilibre économique du contrat dépend de la survenance ou non d'un événement incertain. A)Distinction entre les contrats synallagmatiques et les contrats unilatéraux Contrat synallagmatique (= contrat bilatéral) : crée des obligations réciproques à la charge des deux parties. Contrat à titre onéreux : « Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune des parties à donner ou à faire quelque chose. » Distinction entre le contrat synallagmatique et le contrat à titre onéreux = intentions marchandes. –Contrat de cautionnement = une partie (la caution) s'engage à exécuter les engagements pris par un tiers au terme d'un autre contrat B)Distinction entre les contrats à titre onéreux et les contrats de bienfaisance Art 1105 et 1106 Code civil : définissent cette distinction. assuré touche une somme plus élevée que celle payée. s'appelle aussi un service d'ami. est une simple prestation.Le critère tiré des effets du contrat Distinction les plus importantes en pratique. Contrat unilatéral : ne fait naitre des obligations qu'à la charge d'une des parties (# engagement unilatéral = une seule partie). Si se produit. pas un acte de la vie commerciale/économique C)Distinction entre les contrats commutatifs et les contrats aléatoires Cette distinction ne concerne que les contrats synallagmatiques. Ex : donation Distingue 2 types de contrats : –contrat de bienfaisance au sens stricte = prestation qui est gratuite. pas de transfert de propriété. Ex : donation avec charge (= condition) = intention n'est pas marchande mais donataire a une obligation Contrat de bienfaisance : « Le contrat de bienfaisance est celui dans lequel l'une des parties procure à l'autre un avantage purement gratuit. échange à l'avantage de l'une et de l'autre. » Une seule des parties s'oblige. sans contrepartie. Donc contrat synallagmatique n'est pas forcément onéreux. Ex : contrat d'assurance => on paye afin de se prémunir contre les conséquences d'un risque éventuel.DROIT DES CONTRATS III.

et un consommateur. l'autre partie n'ayant d'autre possibilité que d'accepter ou de refuser.DROIT DES CONTRATS risque ne se produit pas. Ex : achat d'un objet Contrat à exécution successive : exécution des obligations s'échelonne dans le temps. Section 2 : Les classifications modernes des contrats Classification ancienne repose essentiellement sur des notions juridiques. D)Distinction entre les contrats instantanés et les contrats à exécution successive Contrat instantané : s'exécute en un seul instant ou dans un laps de temps très court. interprétation des clauses ambigus se fait au détriment de la partie forte –déséquilibre entre les parties dans un contrat ne se traduit pas systématiquement par un contrat d'adhésion Ex : Les contrats financiers sont standardisés. Contrat de gré à gré : l'ensemble des clauses ont été négociées. Classification moderne est apparu en même temps que la théorie de l'autonomie de la volonté. remonte aux années 1930. Concurrence protège le consommateur mais ne protège pas d'une asymétrie d'information (= par rapport au produit qui est l'objet du contrat. qui contracte pour satisfaire des besoins personnels Particularité : met en présence une partie forte et une partie faible. Contrat d'adhésion : L'intégralité des clauses a été rédigé par l'une des parties. ce n'est pas forcément le rapport de force. –contrats de gré à gré peuvent être profondément déséquilibrés entre les opérateurs du commerce Ex : position de force peut être du côté du fournisseur Donc distinction paraît inadapté au regard du soucis du rééquilibre du rapport de force dans les contrats. prime est payée à perte.La prise en considération de données sociales A)Distinction entre les contrats de gré à gré et les contrats d'adhésion Distinction selon Saleye. qui offre une prestation rémunérée. Contrat commutatif : équilibre économique dépend exclusivement de ce que les parties ont voulus lors de la conclusion du contrat. Prend en considération des données sociales et économiques. B)Distinction entre les contrats prenant en compte un désequilibre Ce déséquilibre a donné lieu à l'émergence de 3 grands catégories de contrats qui prennent ce déséquilibre en considération : –contrat de consommation : contrat conclu entre un professionnel. Ce qui fait la faiblesse du consommateur. I. le professionnel en sais toujours plus que le consommateur) –contrat de travail : est significatif d'un déséquilibre entre les parties car il institue une Page 14 . sous entendu entre deux parties de puissance égale. Est en général conclu entre une partie forte (= un professionnel) et une partie faible (= non professionnel) Mais distinction date : –le législateur ne tirera que des conséquences limitées = dans les contrats d'adhésion.

DROIT DES CONTRATS subordination entre l'employeur et le salarié –contrat de dépendance : contrats dont la pérennité conditionne l'activité (économique) de l'une des parties. Ex : contrat conclu entre un fournisseur et un distributeur = contrat de pompe. On ne peut pas considérer ces contrats de la même façon. propriétaire. Instituent des organes afin de définir au fil de la relation les obligations des parties. Contrôle sur les décisions relatives à la rupture du contrat. conclue entre une compagnie pétrolière et un pompiste II.. Contrat échange : objet est uniquement de réaliser un échange de valeur. Si l'un des contrats est invalidé. Ex : Vente si accord sur la chose et le prix Page 15 . entraine l'invalidation de tous les autres dans certains cas. Obligations sont définis par les organes crées. Ex : contrat de société Particularité : contrat est incomplet car le contrat initiale ne définit pas l'ensemble des obligations des parties. Ex : construction d'une usine = différents intervenant (architecte. plombier.La prise en considération de données économiques A)Distinction entre les contrats simple et les ensembles contractuels Contrat simple : contrat qui permet à lui seul de réaliser une et une seule opération économique. Ex : une vente = échange entre des espèces monétaires et un produit Ensemble contractuel : pluralité de contrats qui partagent tous la réalisation d'une seule opération économique.. donc traité comme un contrat unique. Particularité : ensembles des obligations des parties sont définitivement fixés par le contrat Contrat organisation : objet est d'établir une coopération entre les parties. mais juste une coopération.) donc différents contrats avec le promoteur B)Distinction entre les contrats-échanges et les contrats-organisations Distinction établie par Paul Didier.

Mais si principe est la capacité. Comme il n'y a pas de contrôle a priori. En principe. il profite à la validité. tout individu a une capacité à contracter car possède un patrimoine. Section 1 : Capacité et pouvoir Un contrat crée des obligations donc a une incidence sur la composition des patrimoines de ceux qui contracte. il faut exercer une action en justice appelée action en nullité.DROIT DES CONTRATS PARTIE 2 : LA VALIDITÉ DU CONTRAT Art 1134 Code civil : « Les conventions légalement formées [. situations où l'on peut s'interroger sur la capacité de ce principe. Page 16 .] » Pour qu'il y aie un contrat pleinement efficace. En pratique. qui sont plus étendus que l'une des parties Ex : pacte de corruption Chapitre 1 : Les conditions de validité Art 1108 Code civil : 4 conditions de validité –la capacité et/ou le pouvoir –un consentement –un objet –une cause Question se pose de savoir si la forme du contrat n'est pas aussi une condition. => Manque le pouvoir d'engager les biens Notion de capacité : aptitude de contracter pour soi même Notion de pouvoir : aptitude à contracter dans un intérêt partiellement ou totalement distinct du sien. on présume la validité du contrat = la charge de la preuve de la nullité du contrat pèse sur celui qui l'invoque et si doute subsiste. rencontre de volonté doit se faire dans des conditions légales qui sont des conditions de validité du contrat. Concerne les intérêts d'un autre. N'est examiné que si contestation de cette validité. Ex : –Un enfant mineur hérite. mais l'un des deux ne peut pas seul vendre ou donner le bien immobilier. Conditionne la force obligatoire du contrat aux conditions de validité du contrat. Prend appuie sur une considération juridique : théorie de l'autonomie de la volonté = en principe. Art 1123 Code civil : inscrit la condition de capacité. pour faire constater la nullité d'un contrat.. on dit que le contrat est entaché de nullité. mais ne peut pas disposer des biens de l'héritage. Il n'y a pas de contrôle préalable de la validité du contrat. l'accord de volonté suffit à garantir la force obligatoire du contrat. car incapable de faire des contrats par rapport aux biens de son patrimoine. 2 types de nullités : –nullités relatives = tend à protéger les intérêts de l'une des parties au contrat Ex : si l'une des parties fait des erreurs –nullités absolues = destinée a protéger des intérêts d'ordre général. Lorsque fait défaut l'une des conditions de validité. s'efforce de l'exécuter. 2 conséquences pratiques : –pas de contrôle a priori de la validité du contrat (= système libéral) –en cas de contrôle a posteriori suscité par une contestation.. quand les parties concluent un contrat. Nécessite l'accord de l'autre. => N'a pas la capacité d'engager les biens –Un couple propriétaire d'un bien immobilier. Donc on ne s'interroge pas sur la validité du contrat.

donc incapacité de jouissance pour éviter un vice de violence. Dans certains type de relations. professions juridiques. Bénéficient de règles protectrices qui ont une incidence sur la validité des contrats. Donc tout individu est capable de donner un tel consentement. 1. Correspond au standard du bon père de famille. seulement interdiction de contracter seul. à comprendre ce à quoi on s'engage –mentale => incapacité à avoir un consentement libre Si situation de déficience. En principe. Fonctionnement Loi du 5 mars 2007.. Mais parfois situation est telle que l'on peut douter de leurs capacités = déficience : –intellectuelle => inaptitude à avoir un consentement éclairé. Ex : abus de biens sociaux –les règles propres aux personnes physiques = sont très rare. définissent dans leur statue leurs raisons d'être. Seule véritable limite est l'interdiction de réaliser des actes qui seraient contraire à l'intérêt de la société. Ex : Un médecin en relation avec une personne mourante = celle-ci se rend redevable et veut faire un don au médecin. donc ne doit pas être contraint et doit savoir à quoi il s'engage. une interdiction qui porte exclusivement sur certains contrats.Le droit commun Pour conclure un contrat. il faut un consentement libre et éclairé.Les incapacités Est le principe = possibilité de contracter. Se divise en 3 catégories : –les interdictions professionnelles liées à l'existence d'un monopole = quiconque ne fait pas partie du monopole se voit interdire les actes autorisés pour les seuls bénéficiaires du monopole. Mais existe des exceptions qu'on étudie. risque majeur que le contrat qui pourrait être conclu soit entaché d'une cause flagrante de nullité. mais risque de pression du médecin sur le mourant. entrée en vigueur le 1er janvier 2009 : change et réécrit les articles sur Page 17 ..DROIT DES CONTRATS I. Donc est toujours une incapacité spéciale. individus sont des incapables. Distinction : –incapacités de jouissance –incapacités d'exercice A)Les incapacités de jouissance Incapacités de jouissance : interdiction absolue faite à un individu de contracter. en général déséquilibrées. doit être assister et représenté. B)Les incapacités d'exercice N'est pas une interdiction absolue de contracter. en dehors de l'objet social. leur objet social. est frappé d'une incapacité de jouissance. Ex : Mineur peut conclure des contrats. –les incapacités propres aux personnes morales = soumises à un principe de spécialité. => Ne peut exister qu'en vertus d'une loi et est justifié par des conditions de compétence requise pour exercer la profession Ex : professions médicales. N'est que peut contraignant car objet social est définit de façon étendue. Ex : Interdiction de faire un acte médical quand on n'est pas médecin = ne concerne que certains types de contrats. mais ne peut pas le faire seul.

et tous les actes qui ont été conclu sous l'empire d'un trouble mental ou dans une situation d'insanité d'esprit. mais est mis sous contrôle et ne pourra conclure les contrats qu'avec l'autorisation soit du Conseil de Famille. Le juge décide ensuite du régime de protection a appliquer = plus l'état est grave. Arbitrage est d'abord réalisé par le juge des tutelles. plus le régime est contraignant. avantage est qu'elle se voit reconnaître le droit exceptionnel de dénoncer les contrats lésionnaires (= contrat déséquilibré) Ex : une vente à un mauvais prix –déficience telle qu'il ne vaut mieux pas laisser la personne décider seul de certains actes = on place l'individu sous le régime de la curatelle => individu se voit reconnaître l'assistance d'un curateur (en général un professionnel) Gradation des actes et régime s'applique selon l'importance de l'acte : •actes conservatoire : actes nécessaires à la sauvegarde du patrimoine => individu est capable de les faire seul •acte d'administration : acte de gestion du patrimoine => individu est capable de les faire seul •acte de disposition : acte qui entraine une modification importante dans la composition du patrimoine Ex : la vente immobilière => individu ne peut agir qu'avec l'assistance de son curateur –déficience intellectuelle ou morale est suffisamment grave pour privé la personne d'un consentement libre et éclairé = individu est placé sous le régime de la tutelle => on désigne un tuteur chargé de représenter l'incapable. donc incapacité de jouissance Ex : acte à titre gratuit 2. soit du juge des tutelles •catégorie d'actes spécifique à la tutelle : sont des actes tellement grave qu'ils sont interdit malgré les contrôle. plus la mise en œuvre du régime de protection est contraignant. Mais tuteur est contrôlé soit par le juge soit par le Conseil de Famille On applique l'échelle de gravité des contrats : •actes conservatoire : actes nécessaires à la sauvegarde du patrimoine => sont fait par le tuteur. agit à sa place. qui fait qu'il ne peut y avoir de consentement.Les règles spéciales Répondent à une inspiration inverse = individus dont on doit se méfier. Régimes repose sur un arbitrage entre la nécessité de protéger l'incapable et la nécessité de préserver sa liberté. S'ajoute des régimes de protections qui sont des régimes préventifs pour éviter que l'incapable conclu des contrats qui soit déséquilibrés. qui décide de placé ou pas l'individu sous un régime de protection. Renvoi à une déficience. donc méfiance. Art 414-1 Code civil : peuvent être annulé tous les contrats. agissant seul pour le compte de l'incapable •acte d'administration : acte de gestion du patrimoine => sont fait par le tuteur. 3 régimes de protection : –légère déficience mentale ou intellectuelle = donne lieu à la mesure de sauvegarde de justice => la personne est capable de conclure n'importe quel type de contrat donc conserve sa capacité. et non Page 18 . Plus l'acte est grave.DROIT DES CONTRATS l'incapacité. agissant seul pour le compte de l'incapable •acte de disposition : acte qui entraine une modification importante dans la composition du patrimoine => tuteur représente l'incapable.

problème d'insuffisance de transparence. Lorsque représentation. donc ne se pose que lorsqu'une personne prétend agir pour le compte d'une autre. ne fait plus face à ses engagements. et la personne pour le compte de laquelle on contracte est le représenté. contractent en fraude de certains droits = débiteur en redressement judiciaire. ou favoriser ses créanciers. Si certains individus agissent seuls. –La représentation est aussi une opportunité. –La représentation est potentiellement dangereuse pour le représenté. si excède. II. On parle aussi de représentation = celui qui a le pouvoir a l'aptitude de représenter la personne pour laquelle il agit. s'apparente à celui d'une incapacité = placé dans une situation tel qu'il n'est plus en mesure de conclure seul des contrats. Est alors assisté ou représenté par un mandataire de justice (= liquidateur ou administrateur). même si n'est pas un régime d'incapacité. Aptitude à contracter pour autrui. Est soumis à un régime. Page 19 . effet le plus marquant est que le contrat conclu par le représentant produit ses effets dans le patrimoine du représenté.Le pouvoir Ne se pose pas dans tous les contrats. elle facilite la conclusion d'un certain nombre de contrat. Mécanismes de pouvoir présentes des avantages mais aussi des dangers : –Le mécanisme du pouvoir répond à une absolue nécessité dans un certain nombre de cas. contrats ne peuvent pas être conclu si pas de représentation Ex : •Intervention d'un incapable placé sous le régime de tutelle. donc risques reviennent au cocontractant. représenté peut demander l'annulation du contrat conclut par le représentant Possibilité d'annuler un contrat pour excès de pouvoir. donc doit nécessairement y avoir représentation. Conditions de la représentation : –le représentant doit avoir un pouvoir => Habilitation à une origine : •légale = en matière d'incapacité. représentation vient de la loi •judiciaire = juge désigne le représentant si incapacité •conventionnelle = une partie peut en habilité une autre pour conclure un contrat => contrat de mandat –le représentant doit agir dans la limite de ses pouvoirs. l'un des traits caractéristiques est l'éloignement entre l'offre et la demande donc ne peut être comblé que par la présence d'intermédiaires. Mais dans une économie développée. Ex : agent immobilier est chargé de conclure un contrat pour un autre = contrat de bail produira ses effets dans le patrimoine du représenté. car risque que le représentant excède ses pouvoirs ou les détourne = décalage entre les aspiration donc excès ou détournement de pouvoir –Le mécanisme est aussi dangereux pour celui qui contracte avec le représentant. On peut parler de procuration = possibilité de contracter pour quelqu'un. A)La représentation Si représentation. il y a toujours le risque pour celui qui contracte avec le représentant de ne pas connaître suffisamment bien l'identité du représenté et donc de clui avec qui il contracte vraiment. Risque de réalisation de contrats pour préserver ces propres intérêts au détriment de ceux de ses créanciers.DROIT DES CONTRATS protection. celui qui agit pour le compte de l'autre est le représentant. •Personnes morales ne peuvent rien faire si elles ne sont pas représentés.

Théorie du mandat apparent : exception quand apparences peuvent être telles que le cocontractant peut croire légitimement que le représentant avait des pouvoirs pour conclure le contrat. Mais ont un recourt à l'égard du donneur d'ordre ou de celui qui a donné l'instruction de prête-nom. donc n'est pas une volonté qui permet un engagement. Si pas de transparence. Mais si trop large. le représenté n'est pas lié et représentation ne fonctionne pas B)Les situations dérogatoires 1. On considère donc que le contrat a été valablement conclu entre le cocontractant et le représenté. Remise en question peut être admise si est prévisible. agissant pour le compte d'autrui sans révéler le nom de celui pour le compte de qui il agit Ex : sur les marchés financiers –convention de prête-nom : celui qui agit pour le compte d'autrui ne révèle pas l'identité pour le compte de qui il agit et ne dit pas qu'il agit es qualité Seul le commissionnaire et le prête-nom sont engagés à l'égard du contractant. et révoque par la suite le pouvoir donné au mandataire sans prévenir le cocontractant. pas de raisons de tenir ses engagements pris sous l'effet d'une erreur/contrainte.La théorie générale des vices du consentement Est au cœur de toutes les considérations qui entourent la théorie de l'autonomie de la volonté. prétexte pour se dégager de ses engagement = peut admettre les vices du consentement si graves et excusables. soit libre et éclairé Mais arrive qu'il y ait des erreurs donc consentement n'est pas libre et éclairé = vice du consentement. Section 2 : Consentement valable Art 1109 Code civil : parties doivent avoir un consentement valable. Si le représenté a laissé se créer une apparence. Donc peut contrôler pour prévenir un excès de pouvoir. Est la volonté qui est contraignante mais légitime car volontairement souhaité. le créancier doit pouvoir se fier à l'efficacité de la créance. fait savoir au cocontractant que le représentant à les pouvoirs pour agir.Défaut de transparence 2 types de contrats dans lesquelles il y a une représentation sans transparence : –contrat de commission : le quasi-mandataire s'appelle un commissionnaire. S'accommode d'une sanction large et ouverte des vices du consentement = injuste d'être contraint par l'effet d'une erreur. Observation sous un angle économique. Théorie de l'autonomie de la volonté est le respect de la parole donnée. Donc ont le droit de demander d'accomplir les prestations qui correspondent au contrat conclu. le cocontractant peut légitimement croire que le représentant avait reçu pouvoir de représentation.DROIT DES CONTRATS Mais celui-ci peut vérifier les pouvoirs du représentant pour prévenir un excès de pouvoir.Excès de pouvoir Conséquences les plus lourdes sont à l'égard du cocontractant. Page 20 . I. –le représentant doit agir es qualité (en qualité de représentant) et doit indiquer l'identité du représenté = permet de connaître le véritable contractant. 2. Point de vue morale. Le représenté ne peut pas contrôler car est absent. Situation où le représenté a donné pouvoir au représentant.

Croyance en une chose vrai qui est en faite fausse peut être simple.Les différents types d'erreur 3 grandes catégories d'erreur qui peuvent entrainer la nullité du contrat : –erreur-obstacle –erreur sur les qualités substantielles –erreur sur la personne Erreur-obstacle Erreur d'une gravité telle qu'elle empêche la rencontre des consentements. on ignore la vérité sur le tableau. •Conception concrète/subjective = la qualité substantielle est celle qui est substantielle aux yeux Page 21 . Donc ont cru vrai ce qui était faux = croient en une proposition certaine alors que la réalité est incertaine. •Conception abstraite/objective = on définit préalablement par catégorie d'objet quelles sont les qualités de cet objet qui méritent l'adjectif de substantielle Ex : pour un tableau. Assimile à l'erreur de la chose une erreur sur les qualités substantielles. un peintre célèbre. évite que l'on obtienne trop facilement l'annulation du contrat. Contre expertise dit que aucune certitude que ce soit un Poussin. Arrêt de la Cour de cassation du 22 février 1978 : Les époux ont cru que ce n'était pas un Poussin. –Définition de l'erreur sur les qualités substantielles Est problématique car différentes opinions. Deux hypothèses : –erreur sur l'objet du contrat = s'illustre dans les ventes d'immeubles qui portent sur des lots à construire. Ex : Proposition simple = le tableau est de Poussin Proposition affectée d'une modalité = le tableau certainement de l'école des Carrache Vérité = on ignore avec certitude de qui est le tableau 1. Cour d'appel estime qu'il n'y a pas d'erreur car malgré les croyances. et la réalité est différente car incertitude sur l'authenticité du tableau. lors de l'acquisition. qui le détermine comme étant un Poussin. Erreur sur les qualités substantielles Erreur mise en forme par la jurisprudence à partir de l'article 1110 du Code civil. mais aussi affecté d'une modalité = croyance erronée n'est pas dans le contenu de la proposition mais dans la modalité. Vendu donc peu cher aux enchères à la Réunion des Musées Nationaux. l'erreur entraine l'annulation du contrat sans autres conditions.DROIT DES CONTRATS 3 vices du consentement dans le Code civil : –l'erreur –le dol –la violence A)L'erreur Art 1110 Code civil : « ??? » Une erreur consiste à croire vrai quelque chose qui est faux. se trompe sur le lot qu'il acquiert –erreur sur la nature du contrat = on croit avoir contracté une vente alors qu'il s'agit d'une location Quand il y a erreur-obstacle. mais est très laborieux car devrait faire une liste sur chaque objet donc irréalisable et arbitraire. l'authenticité Évite qu'on étende trop largement la notion de qualité substantielle. Ex : Époux Saint-Arromant trouvent un tableau qu'ils croient de Poussin. Mais estimé par un expert comme n'étant pas un Poussin.

peu importe que l'erreur porte sur la prestation d'autrui ou sur sa propre prestation. Mais difficile à mettre en œuvre. la couleur de la carrosserie ou le moteur Est la plus respectueuse de la volonté des parties. => n'est pas une cause d'annulation du contrat car pas une qualité substantielle. devient un élément déterminant du consentement de l'autre partie. qui est une base contractuelle = est considérée comme une qualité substantielle celle qui est substantielle aux yeux de l'une des parties mais à la condition que le caractère substantiel de cette qualité ait été porté à la connaissance de l'autre partie. donc l'erreur sur la personne ou ses qualités substantielles peuvent être une cause d'annulation de la personne. Ex : caractère constructible d'un terrain est définit par un règlement –Conséquence de la définition Erreur qui est importante pour les parties mais que le droit refuse de sanctionner : erreur sur le mobile = erreur porte sur un élément extérieur au contrat Ex : Une personne prend un bail dans une ville en pensant qu'il suivrait une formation dans cette ville. la valeur des choses se détermine par le marché. les époux se trompent sur leur propre prestation Peu importe que l'erreur soit une erreur de faite ou une erreur de droit : peu importe que la qualité substantielle résulte d'une caractéristique juridique du contrat. Jurisprudence prend en considération l'erreur sur les mobiles à la condition que celui-ci ait fait l'objet d'une stipulation expresse = mobile est contractualisé. Contrats dans lesquels les mobiles des parties sont à peu près toujours les mêmes. et si l'erreur sur la valeur a pour origine une erreur sur une qualité substantielle. mais droit positif que refuse la considération de l'erreur sur la valeur. => Qualité substantielle doit être une qualité convenue : les deux parties se sont mise d'accord sur le fait que telle qualité est substantielle. peut entrainer l'annulation du contrat. Peut obtenir l'annulation du contrat pour ça.DROIT DES CONTRATS de l'une ou l'autre des parties Ex : pour une voiture. Si on le faisait. faudrait que le juge procède à une évaluation de la chose. Ex : un contrat de vente dont le prix est dérisoire ou excessif Peut soutenir que la valeur des choses est une qualité substantielle. Ex : Le locataire s'est trompé sur le métrage lors de l'appartement. Ex : affaire Poussin. Mais réserve une hypothèse sur les contrats conclus en considération de la personne. Refus d'un contrôle judiciaire de la valeur des choses : dans une économie de marché. Ce qui prévaut c'est l'erreur sur la qualité substantielle. donc si annulation. mais est beaucoup trop large et très facile de dénoncer le contrat Thèse consiste à retenir la qualité concrète de la qualité substantielle mais en lui donnant une base objective. pas de surprise de la part des parties = contrat à titre gratuit. Ex : contrat de donation = mobile est le lien de parenté –Erreur sur la valeur des choses Erreur sur l'évaluation de l'objet du contrat. Ex : tous les contrats à titre gratuit Page 22 . Erreur sur la personne Art 1110 al 2 Code civil : « ??? » N'est pas une cause de la nullité de la convention. mais n'est finalement pas le cas. => réserve du juge qui s'interdit de se livrer à un contrôle du juste prix Mais proposition à nuancer car toute erreur sur une qualité substantielle de la chose entraine une erreur sur la valeur de la chose. Erreur sur le mobile est beaucoup plus important parfois que l'erreur sur une qualité substantielle. Si l'erreur porte sur une qualité substantielle. Pas d'incidence sur le consentement des parties.

DROIT DES CONTRATS Les contrats qui donnent naissance à une obligation de faire sont conclut en considération de la personne = contrat d'entreprise. soit le silence d'une partie permettant de dissimuler l'existence d'un élément qui. le gagnant est le vendeur. s'il avait été connu par l'autre partie. Ex : origine. 3 intérêts de montrer qu'une erreur résulte d'un dol : –si erreur est la conséquence d'un dol. mais maintenant admet aussi les mensonges.Les sanctions Nullité est ici un moyen de protéger les intérêts de la victime de l'erreur.. Limite : principe de non discrimination = on peut prendre en considération les qualités de la personne. la valeur ou quand bien même elle serait inexcusable => on étend le champ des erreur.. Quand une erreur est provoquée par un dol. S'apprécie en fonction des compétences de la victime de l'erreur : celui qui a une compétence professionnelle avérée et qui se trompe sur un élément qui entre dans le champs de sa compétence professionnelle commet une erreur inexcusable. Équilibre du contrat dépend de la capacité des parties à lever l'incertitude. facilite la dénonciation de l'erreur car faute morale de l'auteur du dol –existence d'un dol facilite la preuve de l'erreur = si on prouve qu'il y a des manœuvres pour tromper l'autre partie. Si on parvient des années après à déterminer l'authenticité. Cette nullité relative se prescrit par 5 ans. B)Le dol Art 1116 Code civil : « ??? » Dol est en faite pas vraiment un vice du consentement = est un comportement répréhensible qui a pour conséquence un vice du consentement qui est une erreur. –erreur est inexcusable = imputable a une insuffisance de la victime de l'erreur. et prix fixé en fonction de cette incertitude. Page 23 . on peut présumer qu'il y a bien eu la volonté de provoquer une erreur –intérêt relatif à la sanction = la victime obtient non seulement l'annulation du contrat. mais si s'agit d'une œuvre mineure. mais certaines sont jugées comme discriminatoires. Arrêt de la 3ème chambre civile de la Cour de cassation du 2 octobre 1974 : première admission de la réticence dolosive. religion. => contrat est un contrat aléatoire. l'aurait empêcher de contracter. peut être sanctionné quand bien même elle porte sur les mobiles. mais aussi des dommages et intérêts 1. existe une obligation pré contractuelle d'information. 2 obstacles à l'annulation du contrat pour erreur : –erreur a été acceptée = la victime de l'erreur ne peut plus demander l'annulation du contrat. le régime de sanction est différent que celui pour une erreur précédente. opinion politique. => Qualités retenues sont celles qui mettent en évidence l'aptitude du débiteur à accomplir la prestation qui est l'objet du contrat.Les éléments constitutifs du dol Élément matériel A l'origine. Acceptation est en faite l'acceptation du risque de l'erreur : les parties. au moment de la conclusion du contrat. Le point de départ du délai de prescription se situe au jour de la découverte de l'erreur. l'acquéreur est gagnant car le tableau est d'une grande valeur. l'aléa chasse l'erreur Ex : 2 parties reconnaissent au moment de la vente que l'authenticité du tableau est incertaine. Cour de cassation a aussi admis la réticence dolosive. ont accepté le principe d'une incertitude sur l'exactitude de l'un des éléments du contrat. Si réticence dolosive assimilé à un dol. ne sont que des manœuvres matérielles. 2.

Ex : contrat conclu sous une violence physique. une atteinte à la liberté du consentement. elle aurait contracter mais à des conditions différentes => En cas de dol principal.DROIT DES CONTRATS Dol est essentiellement une faute morale = justifie le régime souple du dol. Se déduit lorsqu'il y a des manœuvres ou un mensonge. souvent une menace. ne se présume pas. alors que c'est le cas de l'acquéreur qui aurait dû le prévenir sur la valeur des photos. peut considérer qu'il n'y a pas d'élément intentionnel. Élément intentionnel Doit y avoir une intention de tromper le cocontractant.Un comportement illégitime Art 1111 Code civil : « ??? » Comportement illégitime. la victime de celle-ci n'aurait pas contracter –dol incident : dans certains cas. Mais si réticence dolosive. Page 24 . mais si simple manquement à une obligation de révélation. Dol pourrait émaner l'annulation du contrat selon certains auteurs => est admis par le projet de réforme du droit de contrat à condition qu'il y ait une complicité entre le tiers et l'autre partie au contrat. sous la pression Sensiblement similaire au dol. juste des dommages et intérêts. Si c'est une information standard. Est avant tout une contrainte. mais pas l'annulation du contrat. c'est un silence coupable. Le vendeur fait valoir qu'il n'est pas un professionnel. Jurisprudence ne donne pas suite à cette distinction même si est entérinée dans des arrêts. erreur est telle que si la victime de celle-ci ne l'avait pas commise. Arrêt Baldus de la 1ère chambre civile de la Cour de cassation du 3 mai 2000 : vente de photographies pour un prix très faible et revendu 10 fois plus cher. est un défaut de diligence donc possibilité de demander des dommages et intérêts. 2. Réticence dolosive. Si n'y a pas cette volonté. car emprunteur est un tiers. volonté de tromper. C)La violence 1. Arrêt de la 1ère chambre civile de la Cour de cassation du 28 mai 2008 : introduit une distinction entre le dol comme réticence dolosive et un manquement à une obligation pré contractuelle d'information = pour qu'il y ait réticence dolosive justifiant l'annulation du contrôle. on n'aurait pas contracter Amène à faire une distinction entre le dol principal et le dol incident : –dol principal : erreur est telle que s'il n'y avait pas eu d'erreur. celleci ayant menti à celui qui sert de caution. –dol doit émané du cocontractant = si est le fait d'un tiers. mais ne peut pas demander l'annulation du contrat car pas de raison que le cocontractant subisse les conséquences du dol Ex : Contrat de cautionnement = une personne garantie le paiement de la dette d'une autre. n'est pas une faute caractérisée par l'intention. la victime du dol peut agir en responsabilité contre le tiers. Élément déterminant est si l'information est propre au contrat = si caractéristique propre. Impossible de se prévaloir du dol.Les sanctions 2 précisions sur la nullité : –erreur a été déterminante du consentement = établir que sans cette erreur. donc erreur du vendeur sur la valeur car résulte d'un dol. il peut y avoir annulation du contrat. même si n'est pas un vice du consentement. D'abord un comportement fautif qui a pour conséquence un vice du consentement. de nature à contraindre le consentement. Mais Cour de cassation considère qu'il n'y a pas d'obligation d'information sur la valeur. si dol incident. il faut un élément intentionnel.

Différentes formes de violences : –menace (en général physique) = ne donne pas le plus matière à jurisprudence –menace de l'exercice d'une voie de droit = menace du procès si ne fait pas quelque chose. certains textes spéciaux s'appliquent : –Art L442-6 Code de commerce (loi NRE du 15 mai 2001) = fait pour un producteur d'abuser de la relation de dépendance dans laquelle il tient un partenaire pour lui imposer des conditions commerciales injustifiées.Une atteinte à la liberté du consentement Doit y avoir une atteinte à la liberté du consentement. Théorie est d'une efficacité limité = si mauvaise foi.La prévention des vices du consentement Théorie permet de sanctionner les atteintes à son caractère éclairé. Crainte référentielle = enfants qui ont peur de leurs parents. Est d'abord une atteinte à la liberté du consentement. Abus consiste à exploiter cette situation de vulnérabilité pour obtenir un contrat lésionnaire (= déséquilibré) => n'a pas été immédiatement reconnue comme justifiant l'annulation du contrat. droit ne peut pas agir dessus. Considération qui amène à nuancer : toute contrainte ne justifie pas l'annulation du contrat. Sanction est la nullité. on raisonne en fonction de l'espèce Choix se porte sur un contrôle in concreto.DROIT DES CONTRATS Sanction par l'annulation du contrat qui se double d'une condamnation de dommages et intérêts de l'auteur de la violence. individus honnêtes essayent d'éviter ça. justifie les dommages et intérêts à la victime. mais permet d'obtenir un avantage disproportionné par rapport à ce qu'on pourrait obtenir dans le cas normal Ex : victime d'un petit dommage tente de négocier l'obtention d'un montant excessif –abus de puissance économique = en présence d'une personne vulnérable qui. Arrêt du 30 mai 2000 : constitue une violence. et on doit composer avec d'autres. Dit au majeur que si incapable de surmonter la crainte de ses ainés. quelque soit le contrat. Or agir en justice est un droit fondamental. n'exerce pas pleinement sa liberté. soumis à une certaine contrainte. en raison de sa situation. Dispositif a une fonction préventive. 3. donc nullité peut être prononcé quand bien même la violence soit le fait d'un tiers. n'est qu'une annonce de l'exercice d'une action en justice. ne risque pas grand chose. car but est de protéger les personnes faibles. Ne dégénère en violence que si menace est abusive : •action en justice est à l'évidence fantaisiste •exercice de la voie de droit n'est pas fantaisiste. est soumise à une contrainte extérieur. avec éventuellement des dommages et intérêts. Contrat de dépendance : une des deux parties au contrat est dans une situation telle que la pérennité du contrat conditionne la viabilité de son activité. Vie en société engendre des contraintes. juste de payer des Page 25 . se base sur un standard –de façon concrète. résultant d'un comportement illégitime. l'exploitation abusive de la situation de contrainte économique 2. 2 types de raisonnements : –de façon abstraite. Certaines sont illégitimes. Faute grave. Tout individu n'est jamais parfaitement libre. En principe ne constitue pas une violence. mais comme est une faute. II. –Art L122-8 Code de la consommation : abus de faiblesse = consiste à abuser de la faiblesse ou de l'ignorance d'une personne pour lui faire souscrire par le moyen de visites à domicile des engagements.Les sanctions Sanction est la nullité. et est une faute morale.

Rien ne garantit que ce contrat soit satisfaisant sous l'angle de l'intérêt général. Plusieurs stratégies : –diminuer les coûts de la mise en œuvre de la théorie des vices du consentement = mettre en place des procédures de coût faible ou nul => en partie développé en France. licéité.DROIT DES CONTRATS dommages et intérêts. passe par des délais de réflexions Section 3 : L'objet du contrat Peut être appréhender comme le « contenu » du contrat. 2 types de contraintes : •prévention par l'information : informer les cocontractants des professionnels. contrôle des consentements. Si plusieurs obligations. Nécessaire d'identifier un objet dans le contrat et vérifier qu'il est déterminer.L'exigence de détermination Art 1129 Code civil : « ??? » Si n'est pas le cas. la seule chose que l'on peut attendre des parties est que le contrat soit satisfaisant pour les intérêts de chacune. Notion d'« objet » est plus précise. –même si confiance dans les parties. mais explique mal que l'on contrôle le contenu du contrat. et encore plus si le contrat porte sur un bien d'une valeur faible. équilibre I. Ex : objet de l'obligation du vendeur qui est la chose vendue. et objet de l'obligation de l'acheteur qui est une unité monétaire. simple déclaration au greffe d'un TI par une lettre –développer des actions de groupes qui permet à une association de consommateur d'agir pour le compte d'une multitude de consommateur. sinon serait une forme d'esclavage. mais contrainte doit avoir une limite. soit les consommateurs => destinataire de l'information seront suffisamment éclairés pour ne pas se tromper (art L113-3 Code de la consommation) Obligation pré contractuelle d'information => sanction est de simples dommages et intérêts •prévention par la réflexion : consolider la liberté du consentement. => contrôle de licéité de l'objet du contrat Ex : contrat de corruption –inégalité entre les parties contractantes peut conduire à des déséquilibres à certaines conditions Contrat soumis à une triple exigence : détermination. nécessite une lettre donnant pouvoir à l'association –faire peser des contraintes sur les professionnels pour prévenir les vices du consentements. Arrêt de la Cour de cassation du 1er décembre 1995 : exigence de détermination ne s'applique Page 26 . Mais exigence ne requiert pas que l'objet soit déterminé dès la conclusion du contrat. Contrat fait naitre une contrainte pour les individus. Suffit que l'objet soit déterminable pour que l'exigence soit remplie = suffit qu'on puisse au moment de l'exécution du contrat que l'objet soit déterminé en considération des données ou des critères arrêté dès la conclusion du contrat. et « objet » au sens stricte est l'objet des obligations issues du contrat. une des parties est entièrement soumise au pouvoir discrétionnaire de l'autre partie = atteinte à la liberté. pour préserver la liberté des parties. 3 raisons pour le contrôler : –éviter une perversion de l'autonomie de la volonté : on ne peut pas tout permettre au prétexte que les 2 parties ont voulu le contrat. plusieurs objets. parce que la mise en œuvre de la théorie des vices du consentement aura un coup supérieur au contrat lui-même = coût de la procédure. Donc risque pour l'auteur est limité. Contrat fait naitre des obligations. Art 1128 et suivant Code civil : théorie de la volonté domine sur la matière.

le prix n'est pas fixé. Mais nuance car si on ne peut pas contracter sur le corps. Ex : contrat entre un mannequin et son employeur. tous les contrats de travail car mobilisent le corps –l'esprit correspond à la personne sans le corps = personne incarné dans une chose. Est traité à travers la distinction entre les personnes et les choses = choses sont disponibles. c'est en cours de distribution que le fournisseur viendra unilatéralement fixer le prix à chacune des commandes. seulement que dans certaines matières où il y a des règles impératives. Articles sont porteurs de l'exigence de licéité : Art 1128 Code civil = permet d'introduire la notion de disponibilité et d'indisponibilité. » Contrats ne peuvent pas déroger aux règles d'ordre public = portée générale. contractants doivent les respecter = respect de l'exigence de disponibilité et de l'exigence de conformité à l'ordre public et aux bonnes mœurs. Solidarisme en matière contractuelle. Est admis à la condition que le fournisseur agisse avec loyauté. par voie de convention. mais prix reste inchangé –raison pratique : jurisprudence a été adopté dans les contrats de distribution qui s'exécute sur une longue durée = seul moyen de maintenir l'équilibre économique est de permettre que le prix évolue en considération des évolutions du marché –raison théorique : est admissible de maintenir dans un état d'indétermination le prix dans un contrat de distribution Contrat organisation : parties s'engagent à coopérer. Raisons pour que le prix reste indéterminé : –raison diplomatique : la France restait le dernier pays d'Europe à maintenir l'exigence de détermination du prix dans les contrats = désavantages d'un point de vue économique dans tous les contrats de distribution. donc exigence de détermination relative au prix ne s'applique pas dans ce type de contrat => Aménagement : puisque le prix n'a pas a être déterminé. exécute le contrat le bonne foi = oblige celui qui fixe le prix à le fixer dans des conditions tels que le distributeur puisse continuer à exercer son activité dans des conditions rentables. Conséquences : les personnes ne peuvent faire l'objet d'un contrat. mais inadmissible que les personnes le soit. mais géré par une convention médicale.L'exigence de licéité Art 6 Code civil : « On ne peut déroger. Pas d'obligation de payer un prix. cause de nullité car pas de variation du prix Ex : contrat de distribution de pétrole de 10 ans. on peut introduire l'usage du corps dans l'exécution d'un contrat. II. met en évidence l'interdiction de contracter sur certains objets Art 6 Code civil = n'interdit pas de contracter. ne s'achète ni ne se vend (art 16-1 Code civil). A)L'exigence de disponibilité Est ce qui marque la place du contrat et la place des activités marchandes dans une société donnée. aux règles impératives. » Fait la différence entre les personnes et les choses.DROIT DES CONTRATS pas au prix. Ne peut pas non plus le louer (arrêt du 31 mai 1991 : interdiction de la pratique des mères porteuses). Personne est un corps et un esprit : –le corps ne peut faire l'objet d'aucune aliénation. Art 1128 Code civil : « Il n'y a que les choses dans le commerce qui peuvent faire l'objet d'un contrat. correspond aux lieux de mémoire (conception traditionnelle) Page 27 . Indétermination du prix prévaut sauf disposition particulière en sens contraire = en existe qui maintiennent l'exigence de détermination du prix. Exception thérapeutique : corps malade doit être traité. notion de disponibilité marque le périmètre du contrat.

Au nom des bonnes mœurs. Art 6 Code civil : règles impératives sont les lois qui intéressent l'ordre public et les bonnes mœurs 1. le juge est aujourd'hui prudent. mais contenu du contrat doit être conforme à des dispositions impératives. donne lieu à la théorie des clauses abusives. il faut que les règles soient impératives.L'exigence d'équilibre Peut s'appliquer aux obligations principales du contrat et à des clauses plus accessoires. et au nom de la morale.L'ordre public Autre manifestation des règles impératives. homme est une fin en soi. Assemblée plénière estime que la convention qui est consentie n'est pas contraire aux bonnes mœurs. On désigne un ensemble de règles impératives qui s'appliquent plutôt en matière patrimoniale et qui sont plutôt d'origine légale. Le motif de la relation était intéressé des deux côtés.. Ordre public économique = parmi ces règles. Un vieux monsieur de 92 ans qui par voie de testament fait un legs universel au bénéfice de sa maitresse qui a 28 ans. Règles peuvent être classées selon Ripert. Si obligations principales du contrat. Donc barrière est quasiment tombée. Droits ne sont pas négociables. Page 28 . reconnus par des déclarations de droits avec une valeur supra-législative. Mais ce contrat sera jugé illicite parce qu'il porte sur une chose indisponible qui est le corps humain. Donc question des bonnes mœurs est réglé par l'indisponibilité. Sont sur le déclin. B)L'exigence de conformité aux règles impératives Les parties sont libres de contracter. Ex : contrat de prostitution = ne sera plus considéré comme contraire aux bonnes mœurs. Arrêt d'Assemblée Plénière du 29 octobre 2004 : retournement du juge = avant cette arrêt interdit les donations et les testaments dont la finalité était de perpétuer une relation adultère.DROIT DES CONTRATS Ex : un totem. Expression juridique d'une morale officielle ou consensuelle.Les bonnes mœurs Dispositions impératives qui ont généralement une nature extra-patrimoniale et qui sont d'origine jurisprudentielle. 2. Aujourd'hui. esprit correspond à la dignité. interdiction des relations contractuelles qui relèvent du commerce des charmes.. Règles d'ordre public sont en pleine expansion depuis l'après-guerre. La Cour d'Appel annule le legs car n'a vocation qu'à rémunéré les faveurs de la maitresse. Dans une conception moderne. Mais si clauses accessoires. les monuments aux morts. Se traduit par l'allocation de droits fondamentaux qui font la dignité des individus. Pour que la législation soit efficace. contrôle ou sanction de la lésion. s'incarne dans des attribues qui font sa dignité (art 16 Code civil) = ce qui fait que l'homme est irréductible à toute autre chose. Est très largement une morale d'ordre sexuel. ne demeure plus qu'à travers le prisme de l'indisponibilité. distingue : –ordre public de direction => ordre public qui contient des règles répondant à des finalités d'intérêt général (nullité absolue) Ex : règles du droit de la concurrence destinée à l'organisation de l'activité économique –ordre public de protection => s'agit de protéger certaines catégories d'individu (nullité relative) Ex : règles du droit de la consommation destinée à protéger le droit des consommateurs III.

DROIT DES CONTRATS A)La lésion C'est un déséquilibre économique entre les obligations d'un contrat. Obéit à un principe d'égalité. le régime de protection permet d'éviter les contrats lésionnaires. le plus soumis aux lois du marché. 1. Est caractérisée lorsque. Donc juste prix est déterminé par la loi de l'offre et de la demande. suffit à garantir la validité du contrat. les mêmes actifs ne se négocient pas au même prix selon l'endroit où ils sont négociés. » Lésion n'est pas une source de récision (= nullité) des conventions. Valeur d'usage qui est décroissante. Donc deux actes peuvent être annulés pour cause de lésion : –vente d'immeuble = le vendeur. Fait crédit à la volonté des individus. concerne tous les incapables (= majeur sous sauvegarde de justice). qui conduit à reconnaître que dans un contrat. plaide contra la reconnaissance de la lésion comme la cause de nullité du contrat. Insécurité juridique tient au fait qu'il est rare qu'une chose soit payée à son juste prix selon les lois du marché. Dans un contrat. Ex : Contrat de vente. Fait l'objet d'une règle de principe. D'un point de vue économique Trop d'incertitudes à contrôler l'équilibre des conventions. accord de deux volontés. S'il y a contrat. et qu'il est légitime qu'une autorité extérieur puisse contrôler la justesse du prix en pratique. mais seulement lui. il y a un prix qui peut être juste ou injuste. Mais dans l'hypothèse où le majeur protégé bénéficie d'une assistance ou est représenté. D'un point de vue moral Plus nuancé. Si la valeur est subjective. la lésion est caractérisée si vendue à moins de 5. Trop d'insécurité pour les parties en cas de contrôle. Seule chose que sanctionne le droit français par rapport au juste prix est le dol sur la valeur de la chose. les obligations réciproques ne sont pas de même valeur. Lésion est aussi admise dans certains actes importants : successions et possessions immobilières. Donc ne conditionne pas la validité du contrat. –succession = lorsqu'une personne décède (défunt ou decujus). la chose vendu n'a pas pour le vendeur la valeur qu'elle a pour l'acheteur. Ex : secteur financier. la masse successorale a vocation à être partagé entre les héritiers. avec des exceptions et une exception aux exceptions. le meilleur moyen d'apprécier cette valeur est de faire confiance aux volontés des parties. Inférieur à 7/12e de la valeur de la chose. car craint le risque d'arbitraire.Le principe Art 1118 Code civil : « La lésion ne vicie les conventions que dans certains contrats ou à l'égard de certaines personnes. la valeur des choses est éminemment subjective.Les exceptions La lésion est admise de manière exceptionnelle = sanctionnée systématiquement dans les contrats conclus par les incapables. Lésion est sanctionné si Page 29 . peut demander la récision du contrat si la lésion est de plus des 7/12e (art 1674 Code civil) Ex : si on vend un bien immobilier d'une valeur de 12. D'un point de vue théorique Si on revient à la théorie de l'autonomie de la volonté. 2. => droit français ne prend pas en compte la théorie du juste prix. et donc système de concurrence fonctionnel. Tradition intellectuelle séculaire met en évidence la théorie du juste prix. dans un contrat synallagmatique. ainsi qu'il sera expliqué en la même section.

Ex : vente immobilière sous la forme d'une rente viagère => L'aléa chasse la lésion. Si l'un reçoit moins de 75. Ex : contrat de vente. Mais le marché ne peut pas tout. la lésion ne sera pas sanctionnée. la sanction est alternative : –annulation du contrat (= nullité relative) –rachat de la lésion = pour éviter l'annulation du contrat lésionnaire. S'il y a lésion. lésion est de plus d'un quart. et n'offre pas toutes les protections dont le consommateur peut avoir besoin. Donc protection du consommateur ne s'est pas traduite par un contrôle de la lésion.L'exception aux exceptions Si dans une des exceptions. Il y a dans chaque contrat des clauses accessoires qui échappe au contrôle du marché. Législateur aurait pu faire le choix d'introduire la théorie du juste prix et le contrôle de la lésion dans les contrats de consommation => n'a pas fait ce choix car consommateur n'est pas un incapable. Succession de remaniement. Peuvent être telles qu'elles menacent l'équilibre du contrat tel qu'il a été voulu par les parties. mais clause peut venir détruire l'équilibre = professionnel décline toute responsabilité si le service n'est pas rendu. le consommateur est protégé par les règles de la concurrence = libre jeu de la concurrence qui permet d'obtenir le meilleur prix. même dans ces cas là et pour certains contrats.DROIT DES CONTRATS l'un des héritiers (= copartageant) reçoit moins que ce à quoi il avait normalement droit.Le domaine Sanctionné dans les contrats de consommation = contrat qui suppose un professionnel consommateur ou non-professionnel Professionnel : toute personne qui propose des services rémunérées Consommateur/non-professionnel : 2 conceptions –conception stricte : contracte pour ses besoins personnels Page 30 et un . 1. B)La théorie des clauses abusives Théorie est le résultat des critiques de l'autonomie de la volonté = est une abstraction. En droit français. Si les parties prennent volontairement le risque d'un contrat déséquilibré. dernier datant d'une loi du 4 août 2008. d'où un droit de la consommation qui tente de rétablir l'équilibre entre le professionnel et le consommateur. Il y a des contrats pour lesquels l'équilibre économique entre les obligations réciproques est incertains = contrats aléatoires. elles sont tenues d'assumer ce risque et ne peuvent pas se plaindre ultérieurement d'une lésion. à pour effet de déséquilibrer le contrat => clauses sont considérées comme des clauses abusives Théorie consacré par le législateur dans une loi du 10 janvier 1978 (dite scrivener) : a été intégrée dans le Code de la consommation à l'art L132-1. déséquilibre des rapportes de force. pour un certain prix on ne contrôlera l'adéquation entre la chose et le prix. Lésion est un déséquilibre économique entre les obligations issues d'un contrat synallagmatique. Autant il n'y a pas de contrôle de l'équilibre des contrats de consommation. le bénéficiaire de la lésion peut proposer de verser une somme d'argent qui permettra de rétablir l'équilibre de la convention 3. => il faut que la lésion soit de plus du quart Ex : 300 à partager entre 3 héritiers. autant il y a un contrôle des clauses qui seraient susceptibles de menacer l'équilibre voulu par les parties.

Le respect des attentes Peut être le respect de l'attente du contrat. sera remplacée par la notion d'utilité ou d'intérêt. Depuis la loi du 4 aout 2008. Mais dispose de dispositions réglementaires qui lui permettent de mieux identifier les clauses abusives. Théorie est très complexe. juge conserve le pouvoir de vérifier au cas par cas si tel type de clause introduit un déséquilibre dans le contrat. » => sont sanctionnées les clauses qui introduisent un déséquilibre par rapport au déséquilibre qui a été voulu par les parties. Projet de la chancellerie. il ne prononce pas la nullité du contrat. englobe marginalement certains professionnels dès lors que le contrat qu'ils concluent n'a aucun rapport avec leur activité professionnel. Donne lieu à une jurisprudence très fournie et à une multitude d'espèce au cas par cas. problème car plusieurs définitions possibles. rempli 3 rôles différents donc n'est pas homogènes.La notion Art L132-1 Code de la consommation : « Est abusive la clause qui a pour objet ou pour effet de créer. parlera plutôt d'intérêt.La sanction Lorsque le juge repère dans un contrat de consommation une clause abusive. Beaucoup de littérature sur le sujet. 3. Notion de cause sert à 3 choses : –respect des attentes –permet d'étendre la théorie des clauses abusives –sert à renforcer le contrôle de licéité du contrat I. tout en maintenant le contrat. Quand on cherche à définir cette notion. est considéré comme un professionnel si contrat sur un système d'alarme car rapport avec son activité 2. Section 4 : La cause du contrat Question utile même si est complexe. Art R132-2 dit juste qu'elles sont présumées abusives. Liste révèle des clauses que l'on ne voit pas qui déséquilibre la convention = donnent au professionnel la faculté unilatéral de modifier l'équilibre de la convention. Art R132-1 va même jusqu'à dire que la liste contient des clauses qui sont irréfragablement abusives. de son utilité. Page 31 . Ex : dans le cas du bijoutier. donc consommateur est celui qui contracte à propos d'un objet pour lequel il n'a pas la compétence de son cocontractant Ex : un bijoutier qui achète un système d'alarme = > Jurisprudence : sont considérés comme des consommateurs ceux qui concluent un contrat dont l'objet n'a pas de rapport direct avec une activité professionnelle Définition englobe tous les consommateurs au sens stricte. Notion qui a normalement vocation à disparaître = s'en va dans le projet de la Chancellerie. au détriment du non-professionnel ou du consommateur. => décret d'application du 18 mars 2009 qui se traduit par l'introduction de deux articles R132-1 et R132-2 Code de la consommation : comportent une liste de clauses qui peuvent être présumées abusives. un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat. de son intérêt ou de l'économie de la convention. il procède à la suppression/éradication de la clause.DROIT DES CONTRATS –conception extensive : idée que certains professionnels sont pour certains contrats aussi incompétent que le serait un consommateur.

et défaut d'utilité s'apparente à un défaut de cause. Or la cause. Mais motifs peuvent parfois être pris en considération. et superficie n'est pas celle annoncé. n'est pas écrit expressément. ou l'utilité du contrat. ce sont les motifs qui ont poussé les parties à contracter. Mais si on apprécie concrètement la cause. N'est admise qu'à la condition que les attentes ou l'intérêt ait été contractualisé par les parties. –contrats réels = lorsque le contrat se forme avec la remise de la chose. On l'a également désigné comme une conception objective de la cause. Les auteurs ont développés une conception abstraite d e la cause et des attentes des parties. le choix du donataire est rarement un hasard => lien privilégié entre le donateur et le donataire Sans porté une atteinte irrémédiable à la sécurité juridique. Contractualisation peut être expresse. Une fois le contrat signé. Distingue entre 3 catégories de contrat : –contrats synallagmatique s = chacune des obligations réciproque est considérée comme constituant la cause de l'autre. écrite dans le contrat = précise que tel élément en détermine l'utilité. ce pourquoi les parties ont contracter. c'est a priori ce que le droit ne prend pas en considération. aussi conception subjective de la cause. Mais on ne peut pas. la jurisprudence a pris conscience qu'on pouvait sécuriser la prise en considération des attentes en s'éloignant d'une conception abstraite. et si usage n'est plus réalisable. cause est toujours valable car dépend de la remise de la chose. soit le prix de la chose. Cause est une condition de validité du contrat. Peut aussi admettre que ce qui fait l'intérêt du contrat soit implicitement contractualiser. Besoin d'une certaine objectivité. Ex : Contrat de bail sur un studio dans une ville. donc il faut que du contrat ressorte les éléments qui ont déterminés les parties à s'engager. la cause du contrat consiste uniquement dans la remise de la chose. locataire apprend qu'il ne suivra pas de formation dans la ville donc la location est inutile. On peut le faire car dans la plupart des actes à titre gratuit. mais en principe. on peut prendre en considération non pas seulement l'intention libérale. mais aussi les motifs déterminants qui ont guidés l'intention du donateur.DROIT DES CONTRATS Cause du contrat est ce qui permet de répondre à la question du pourquoi du contrat. ces motifs sont à peu près toujours les mêmes et tiennent à l'existence de liens de parentés. => déception la plus importante est relative à la formation. Plus récemment. Ex : Contrat de vente = la cause de l'obligation du vendeur est l'obligation du vendeur. pour des raisons de sécurité juridique. A)Conception abstraite ou objective La cause est toujours la même selon les différentes catégories de contrat. Page 32 . dans une conception concrète. Cause n'est que la contrepartie. mais ressort d'une analyse globale de la convention ou de son contexte qu'un élément conditionnait la validité du contrat. B)Conception concrète ou subjective Permet de prendre en considération les attentes concrètes des parties. Donc ce qui tient lieu de cause. pas d'erreur du consentement sur les motifs des parties. Ce que permet la théorie de la cause. c'est une certaine prise en considération des motifs désignés comme les attentes des parties. c'est l'intention libérale. chacune des parties pourraient bien trop facilement dénoncer l'invalidité du contrat. est la raison d'être du contrat. Lorsqu'il y a un acte à titre gratuit. –contrats à titres gratuit = problème car pas de contrepartie. Ex : Emprunteur a reçu la chose prêté. prendre en considération toutes les attentes des parties car sinon. mais porte sur un élément extérieur au contrat Ce qui est le plus important. nécessite des limites.

Si on juge que ces clauses sont dépourvues de cause. Considère que la cession du fond de commerce constituait l'intérêt du bail et qu'à défaut d'une telle cession. Cause se définit alors comme un motif. dissimule les illicéités. alors contrat n'a pas d'intérêt et n'a pas de cause => nullité relative car conception de la cause est destinée à protéger les attentes de l'une des parties ou à préserver l'intérêt du contrat aux yeux de l'une des parties. il conservera sa validité. doit permettre au locataire le développement d'une activité professionnelle. Lorsque des contractants décident de ne pas respecter la loi. plus aucune utilité. 3 observations : –intérêt théorique très mince car se confond avec la théorie des clauses abusives –utilité pratique car permet d'étendre la théorie des clauses abusives à des contrats qui ne sont pas des contrats de consommation –comme la théorie de la cause a ici pour principale intérêt pratique d'étendre la théorie des clauses abusives. n'importe lequel. Clause précise que dans ce cas. il est rare qu'elles le fassent ouvertement.DROIT DES CONTRATS Ex : –Un contrat sur la cession du fond de commerce et un contrat de bail sur le fond où le commerce est exercé => si cession du fond de commerce ne se fait pas. III. on détermine les obligations réciproques (fourniture des cassettes/paiement d'une redevance) et n'autorise aucune autre discussion. Si on applique la conception concrète. le fait uniquement pour sanctionner des clauses qui portent substantiellement atteinte à l'équilibre de la convention = sanctionne dans des contrats synallagmatiques des clauses qui ont pour effet de vider de sa substance une des obligations essentielles du contrat. Économie de la convention fait ressortir que. cession du bail n'a plus aucun intérêt.Le contrôle de licéité Théorie de la cause sert à combler les insuffisances de la théorie de l'objet aux fins de contrôler la conformité du contrat aux règles impératives. les attentes du contrat de location réside dans la possibilité de développer un commerce de détail. mais ne suffit pas. Page 33 . la bail n'a plus de cause. II. Ex : clause exonératoire de responsabilité = clause selon laquelle l'une des parties se décharge de toute responsabilité dans l'hypothèse d'une défaillance d'exécution. pour le locataire. Lorsqu'elle utilise la théorie de la cause pour sanctionner des clauses. Si commerce est impossible. ces clauses seront supprimées du contrat. pas de sanctions pour le débiteur => jurisprudence Chronopost Problème dans les contrats d'assurance. le contrat demeurera dans toutes ses autres clauses. mais pour sanctionner des clauses du contrat. est évident que le locataire n'a pas loué les cassettes pour son usage personnel donc si on applique la conception abstraite de la cause. Mais arrive que les compétences dommageables d'un sinistre se manifeste bien après le terme du contrat d'assurance. –Contrat de location qui porte sur de nombreuses vidéos cassettes. du contenu du contrat. Cour de cassation estime que la clause vide le contrat de sa substance. Objet du contrat doit répondre à une exigence de licéité. Si ne contrôle que la licéité de l'objet. la jurisprudence procède avec modération et n'applique pas purement et simplement la théorie des clauses abusives à l'ensemble des contrats de droit commun. ne sanctionnera que les illicéités apparentes. réclamation doit se faire dans les 5 années après le terme du contrat. Mais si intervient après les 5 ans. couvre les sinistres des dommages qui se produisent pendant la période du contrat. en revanche. Clauses en question menacent l'équilibre de la convention tel qu'il a été voulu par les parties.L'extension de la théorie des clauses abusives Théorie de la cause à laquelle il est fait référence n'est pas utilisé comme condition de validité du contrat.

cela veut dire que s'il y a une irrégularité de forme.Position du problème Point de vue théorique : théorie de l'autonomie de la volonté commande plutôt la liberté de la forme. A)La forme solennelle. S'il y a des exigences de forme. autant les relations extra-patrimoniales sont d'ordre obligatoire et statutaire. a une fonction sacramentelle. II. Ex : contrat de bail sur un local qui devait permette de mettre en place un trafic illicite = intention illicite permet d'annuler le contrat. prétexte pris d'une simple irrégularité de forme.Les solutions du droit positif Le principe est celui du consensualisme = dérive de l'article 1138 Code civil. condition de validité du contrat Certains contrats sont soumis aux règles de formes qui conditionnent leur validité = condition est Page 34 . Partie honnête peut tirer des avantages au moment des restitutions qu'engendreront l'annulation du contrat. c'est la volonté elle-même. Ex : Une donation est un contrat qui a des effets patrimoniaux = transfert de la propriété d'un bien. Signifie qu'il n'y a aucune forme imposée pour la validité des conventions. peut importe sous quelle forme elle s'exprime. Arrêt du 7 octobre 1998 : considère que le motif soit illicite à l'égard de l'une des parties pour que le contrat puisse être annulé. Si pas de lien entre le donateur et le donataire. Jurisprudence prend appui sur la théorie de la cause. I. elle peut justifier l'annulation du contrat. Existe des contrats qui. Exigence d'un motif commun empêchait la partie honnête de dénoncer le contrat. Poser des exigences pourra donner à l'une de parties un moyen de dénoncer l'invalidité du contrat. Mais existe des tempéraments. Pendant longtemps. Mais forme clarifie les engagement donc est un facteur de sécurité juridique. volonté doivent se formaliser obligatoirement. Forme permet de clarifier les engagements et de protéger le consentement des parties.DROIT DES CONTRATS Seul moyen de sanctionner les autres illicéités. Ce qui importe. bien que ne produisant que des effets patrimoniaux. Point de vue économique : liberté de la forme favorise la souplesse des échanges. licéité de la cause. Mais ne signifie pas qu'il n'y a pas de forme. N'est pas un contrat comme les autres car acte à titre gratuit et inspiré par des liens privilégiés et personnels. Section 5 : La forme du contrat N'est pas en principe une condition de validité. Nuance qui est que la théorie de l'autonomie de la volonté à essentiellement une portée patrimoniale => autant les relations patrimoniales sont d'ordre volontaire et contractuel. pour ne pas sanctionner la partie la plus honnête. la jurisprudence exigeait que le motif illicite soit connu des deux parties. Mais existe énormément de conditions de forme. Législateur utilise la forme pour protéger la partie ferme dans les contrats déséquilibrés. Utile de donné une forme à ce genre d'acte pour marquer l'aspect statutaire de la relation. ont malgré tout une portée extra-patrimoniale. Point de vue morale : formalisme a mauvaise presse. La forme permet d'éviter des querelles sur certains points. Les parties sont totalement libre dans le choix de la forme qu'elles utiliseront pour conclure leur contrat. Donc absence de forme est économiquement plus favorable que la contrainte formel. donation créera entre les parties un lien privilégié. doit rechercher les intentions réels des parties = contrôle la licéité des motifs.

mais ensuite dit ne jamais avoir passer de commande = bon rend vraisemblable la preuve d'un contrat –art 1348 Code civil = dispense d'une preuve écrite en cas d'impossibilité matérielle et morale. 2 exceptions : –art 1347 Code civil = on peut se passer de la preuve par écrit s'il existe un commencement de preuve par écrit (= document qui émane de celui à qui on l'oppose et qui rend vraisemblable le fait allégué). qui peut être complété par tout moyen de preuve Ex : un consommateur commande un bien et signe un bon de commande. peut être sous seing privé. Elle est forcément judiciaire. Ne peut être prononcée que si elle est demandé à un juge et qu'il reconnaît l'existence d'une cause de nullité. pour être parfaitement efficaces. régime de l'action en nullité Page 35 . Forme permet de sacramentaliser l'acte.DROIT DES CONTRATS qu'il soit écrit. Une des formes est la publicité foncière = tous les actes susceptibles d'avoir une incidence sur la propriété immobilières sont reportés et centralisés. N'est jamais automatique.A l'égard des tiers Certains contrats. Tant que la nullité n'a pas été prononcée par un juge. sanction est en principe la nullité du contrat. En dessous de 1500 euro. N'est pas nécessairement un écrit notarié. condition d'efficacité du contrat 1. Observations : –ne conditionne pas sa validité –est sans incidence dans le domaine des conventions commerciales = entre commerçants. de plein droit. Deuxième acquéreur doit être honnête et refuser d'acquérir un bien déjà vendu. qui ont une portée extra-patrimoniale. la preuve est libre. Ex : la forme notarié exigée lors des donations –formes protectrices = répondent à une volonté de protéger en l'informant une des deux parties au contrat Ex : exigence de forme s'appliquant à la stipulation d'intérêts dans les contrats de prêts car doit préciser les intérêts à payer = contrôle social sur la pratique de la stipulation d'intérêt. parties doivent donc mettre les tiers au courant du contrat. et doit en principe être signé des deux parties. Impossibilité morale résulte de liens privilégiés entre les parties (en général des liens de parentés) 2.A l'égard des parties Sont les formes probatoires qui conditionnent la preuve du contrat. => doit donc faire en sorte que le contrat soit porté à la connaissance des tiers Se fait en principe de manière libre. Ex : Vente immobilière = vendeur ne doit pas vendre 2 fois le bien. la preuve du contrat doit être rapporté par écrit. la preuve est libre donc aucune formalité qui conditionne la preuve –ne concerne que les relations entre personnes privées ou entre professionnels et personnes privées Art 1341 Code civil : pour les engagements supérieurs à 1500 euro. permet une certaine mesure de la part du prêteur B)La forme simple. Formes qui conditionnent l'opposabilité du contrat. => prend la forme d'une action en justice. doivent être respectés par les tiers. Existe différentes formes conditionnant la validité du contrat : –formes sacramentelles = sont des formes qui s'appliquent à des actes particulièrement graves. les parties sont tenues d'exécuter le contrat. Chapitre 2 : Les sanctions des conditions de validité Si une condition de validité n'est pas respecté.

contrat n'a plus d'intérêt pour les deux parties •respect des attentes = nullité relative. soit l'intérêt général S'applique à l'ensemble des conditions de validité : –capacité et pouvoir = nullité relative. protéger une partie contre l'arbitraire de l'autre •licéité : ➢indisponibilité = nullité absolue ➢ordre publique de direction = nullité absolue ➢ordre publique de protection = nullité relative •lésion = nullité relative car la sanction à titre exceptionnel de la lésion est destiné à protéger les intérêts d'une des parties •clauses abusives = pas de nullité.Qui peut demander la nullité? A)Cas de la nullité relative Si la nullité est relative. vice concerne une des parties. attentes d'une partie qui sont déçues •clauses abusives = pas de nullité. soient les deux parties au contrat. toute partie intéressée peut demander l'annulation du contrat. dans quel délai. Page 36 . et si on peut renoncer à demander la nullité. protéger les intérêts de la partie représentée –le consentement = nullité relative. généralement la cause de nullité est imputable à un agissement de l'autre partie Ex : en cas de dol.DROIT DES CONTRATS Section 1 : Les conditions de l'exercice de l'action en nullité du contrat Supposent d'examiner qui peut demander la nullité. lésion de la victime du dol sont imputables à l'autre partie B)Cas de la nullité absolue Si la nullité est absolue. que l'on protège –l'objet : se compose de 3 exigences •détermination = nullité relative.Distinction entre nullité relative et nullité absolue Distinction entre nullité relative et nullité absolue : –nullité relative : est relative lorsque la règle méconnue (= dont le respect conditionnait la validité du contrat) était destiné à protéger les intérêts et de l'une des parties au contrat –nullité absolue : est absolue lorsque la règle méconnue est destiné à protéger soit l'intérêt des deux parties au contrat. règles d'incapacité est destiné à protéger l'incapable. est en principe exclusivement la partie protégée qui peut demander la nullité : –parties protégées sont censé se défendre elle-même. on supprime juste la clause et le contrat reste valide •licéité : ➢indisponibilité = nullité absolue ➢ordre publique de direction = nullité absolue ➢ordre publique de protection = nullité relative –la forme : •forme sacramentelle = nullité absolue •forme protectrice = nullité relative II. n'y a pas à apprécier les intérêts d'une partie –lorsque les intérêts d'une des parties sont lésés. on supprime juste la clause et le contrat reste valide –la cause : en cas d'absence de cause. Peut paraître immorale car cause de nullité peut être imputable à l'une des parties. I.

III. Ex : erreur. opposition radicale entre la nullité relative et la nullité absolue = 5 ans pour l'un et 30 ans pour l'autre.Peut-on renoncer à l'action en nullité? A)Cas de la nullité absolue Renonciation est impossible car la protection de l'intérêt général ne peut dépendre de la volonté de l'une ou l'autre des parties. dont on a effacer la cause de nullité. mais désormais sans cause d'irrégularité. B)Cas de la nullité relative Rien n'empêche la partie protégée. un partie qui se trompe ne le sait pas au moment de la conclusion du contrat => point de départ de la prescription se situe au jour de la découverte du vice Loi du 17 juin 2008 : délai butoir de 20 ans. identique en tout point au précédent contrat. Renonciation prend la forme d'un acte juridique unilatéral et abdicatif qu'on appelle la confirmation. Ex : rachat de la lésion –réfection du contrat : consiste en l'état d'un contrat irrégulier. Conditions de la confirmation : –doit intervenir en connaissance de cause pour être efficace. titulaire de l'action en nullité. mais ne signifie pas que l'on renonce à l'action en nullité. est contesté mais permettra d'interdire de dénoncer la nullité d'un contrat plus de 20 ans après la conclusion de ce contrat. B)Le point de départ du délai En principe. même si moralement choquant. Loi du 17 juin 2008 : ne s'applique pas aux instances en cours.Le délai de l'action en nullité A)Le délai On ne peut pas indéfiniment agir en nullité. Plus de distinction entre les deux nullité sous l'angle de la durée du délai. par lequel une partie renonce à agir en nullité d'un contrat. en dehors de la confirmation : –régularisation du contrat : technique qui permet de supprimer la cause de nullité d'un contrat.DROIT DES CONTRATS Mais on fait prévaloir les considérations d'intérêt général sur les considérations d'intérêt moral. Mais est reporté en cas de « clandestinité du vice ». de renoncer à cette action en nullité. C)Les effets de la prescription Page 37 . et manifester la volonté délibérée de renoncer à la nullité = le simple fait d'exécuter un contrat qui est entaché de nullité ne vaut pas confirmation –doit être distinguée d'autres procédés qui s'en rapproche = existe d'autres moyens de consolider un acte entacher d'une cause de nullité 2 moyens de consolider un acte nulle. Premier contrat a disparu et n'existe plus IV. Avant 2008. soit dans l'hypothèse où la cause de nullité n'est pas décelable au moment de la conclusion du contrat. Souhaitable de faciliter la dénonciation d'un contrat contraire à l'intérêt général. a modifier le droit commun de la prescription et a posé que la prescription de droit commun est de 5 ans. se situe au jour de la conclusion du contrat. à conclure un nouveau contrat.

entraine le blocage de la situation. Ex : vente est accompli. le contrat a été exécuté. Donc exception d'inexécution permettra de stabiliser une situation d'exécution partielle. et dans l'autre. hypothèse est inverse = quand est invoquée. Arrêt de la 1ère chambre civile du 16 juillet 1998 : Cour de cassation vient dire que l'exception de nullité produit les mêmes effets qu'une action en nullité. Opposée par voie d'exception. remet en cause ce qui a été partiellement exécuté Ex : cas de l'emprunteur et du prêteur = annulation du prêt et restitution des fonds. comme la survie de l'exception. contrat appliqué. Emprunteur oppose l'exception en nullité. mais pas de paiement des intérêts Donc exception de nullité est soumise au même régime de prescription que l'action. => situation créée un déséquilibre non-acceptable et injustifié entre les parties Ex : Contrat de prêt d'argent. donc Page 38 . Permet de préserver le statu quo. l'exception est perpétuelle Signifie que l'écoulement du délai de prescription interdit l'exercice d'une action en nullité. Doit donc éviter une situation aussi déséquilibrée. perpetua sunt ad excipendium » = l'action est temporaire. En revanche. mais exception de nullité échappe au jeu de la prescription.La justification de la règle Prescription répond à un impératif de paix civile = éviter. Action se prescrit par 5 ans. passé un certain temps. Si a été partiellement exécuté.Le sens de la règle Adage : « quae temporalia sunt ad agendum. mais on se rend compte après qu'il est entaché de nullité => prescription empêche. situation d'inexécution) 3. de remettre en cause un contrat qui a été exécuté –nullité par voie d'exception. de maintenir le statu quo. Prêteur vient demander le paiement de la solde. exception de nullité empêchera seulement l'exécution totale du contrat. Ce que permet la perpétuité de l'exception. l'exception perd le bénéfice de la perpétuité. si le contrat est partiellement exécuté. Contrat n'est pas exécuté net défendeur fait valoir que le contrat est nul donc pas lieu de l'exécuter. et emprunteur arrête par la suite de rembourser. prêteur a exécuter sa prestation. doit remettre en cause intégralement ce qui a été partiellement exécuté = n'est plus seulement un mécanisme de blocage. au bout de 5 ans.DROIT DES CONTRATS 1.La portée pratique de cette règle Cour de cassation est venue nuancée cette expression dans une série d'arrêt. Prescription de l'action permet exactement. c'est d'empêcher indéfiniment qu'un contrat qui n'a pas été exécuté pendant le délai de prescription puisse désormais être exécuté => permet de garantir le statu quo. Arrêt du 1er décembre 1998 : jurisprudence vient dire que l'exception de nullité est perpétuelle à la condition que le contrat soit totalement inexécuté. Nullité peut être demandée par voie d'exception = nullité est invoqué en défense à une action en paiement. la partie qui l'invoque est défendeur à une action qui tend à obtenir l'exécution du contrat. qui est un contrat qui n'a jamais été exécuté => aboutit au même résultat = remise en cause d'une situation acquise (dans un cas. Si exécution partielle et défendeur invoque l'exception de nullité à juste titre. Problème soulevé : exception de nullité empêche d'obtenir l'exécution d'un contrat. la remise en cause de situation qui n'ont pas été contestées. 2 règles a priori contradictoires qui remplissent le même office = produisent le même effet car s'appliquent à deux situations différentes et contradictoire : –prescription de l'action en nullité est une règle qui s'applique dans une situation où par hypothèse. exécution d'un contrat. Contrat n'a donc pas encore été exécuté. 2.

Arrêt de la 1ère chambre civil du 20 mai 2009 : Cour de cassation introduit une ultime nuance en indiquant que la mise à l'écart du principe de perpétuité de l'exception en cas d'exécution partielle ne vaut que pour les nullités relatives. En cas de nullité absolue. de faire comme s'il n'avait jamais existé. => nullité opère de manière rétroactive I. donc restitution se fait en équivalent.Le principe des restitutions A)Les obligations monétaires Est stipulée en unité monétaire. mais doit restituer l'appartement. améliorations profitent au vendeur Ex : plus valus prise par le bien par le jeu du marché On fait comme si le contrat n'avait jamais existé. => soucis de faciliter la dénonciation du contrat lorsque la nullité correspond à un vice particulièrement lourd Section 2 : Les effets de la nullité Nullité est essentiellement un contrat à l'envers : objectif est de faire disparaître un contrat irrégulier. Restitution se fait très simplement = à l'identique. Vendeur ne peut pas demander un loyer pour les 5 ans d'habitation. exception reste perpétuelle. –dégradation de la chose = celui qui doit restituer le bien doit indemniser le vendeur du coût de la remise en état de la chose.DROIT DES CONTRATS prescription au bout de 5 ans. Ex : acquéreur fait des travaux pour une valeur de 100. acquéreur doit restituer la chose qu'il a reçu Mais peut s'écouler un certain entre le moment de l'exécution et le moment de la restitution => chose peut s'être transformée : –amélioration de la chose = savoir si le débiteur de la restitution doit restituer la chose améliorée ou la chose telle qu'elle était au moment de la restitution du contrat •si améliorations sont du fait de l'acquéreur. => principe de nominalisme monétaire B)Les obligations de donner Obligation de transférer la propriété = celui qui a reçu une chose doit en principe la restituer à l'identique. bien n'a pas quitté le patrimoine du vendeur. Arrêt de chambres mixes du 9 juillet 2004 : un acquéreur habite dans un appartement pendant 5 ans. On évalue la valeur de la chose au jour de la restitution dans l'état où elle se trouvait au jour de l'exécution du contrat. donc évaluation se fait au jour de la restitution. Doit permettre au vendeur de racheter un bien de même valeur. tellement bien faut que valeur du bien augmente de 120 •si améliorations ne sont pas du fait de l'acquéreur. –disparition de la chose = elle n'est plus dans le patrimoine de l'acquéreur. malgré le délai entre le moment de l'acquisition et le moment de la restitution. En cas de nullité a lieu de restituer les choses qui ont été exécutés en vertu des obligations issues du contrat annulé. Page 39 . Pas de survie de l'exception. Mais pas d'indemnisation pour l'usage de la chose. Engendre nécessairement des restitutions. indemnisation de l'amélioration : règle consiste à retenir la plus faible des deux sommes entre les frais engagés pour réaliser les améliorations et la plus valus qu'ont créées les améliorations réalisées. Ex : si une vente est annulée. car la valeur des biens peut varier dans le temps. Celui qui a reçu en vertu d'un contrat des unités monétaires doit restituer exactement la même quantité d'unité monétaire qu'il a reçu.

juge évaluera le montant de la prestation accomplie.Les tempéraments Répondent à des considérations économiques ou morales. Variante : « in pari causa turpitudinis cessat repetitio » = à égalité de turpitude. => plus de restitution donc plus de remise en cause du passé. Explication traditionnelle est que cette règle permet de punir la partie la plus coupable des deux dans la survenance de la cause de nullité. la nullité ne produise d'effet que pour l'avenir.DROIT DES CONTRATS C)Les obligations de faire Contrat concerné est le contrat d'entreprise = entrepreneur qui accomplit une prestation de service au profit d'un donneur d'ordre qui paye le service. Doctrine : est régulièrement demandé que pour les contrats à exécution successive. Page 40 . Privation du droit à répétition n'opère que pour des causes de nullité particulièrement graves. A)Les considérations économiques Nullité est économiquement une catastrophe = nullité entraine remise en cause du passé. Problème si doit revenir sur un contrat exécuté des années auparavant. => est sans effet. Si contrat annulé. action en nullité que si entrepreneur a surfacturé la prestation. Si annulation et restitution. corruption. adage : « nemo auditur propriam turpitudinem allegans » = nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. restitutions doivent avoir lieu. Entrepreneur doit donc restituer le prix qu'il a reçu. entrepreneur titulaire d'une créance de restitution égale au prix de ce qu'il a fait = 2 créances identiques. Projet de la chancellerie : législateur accepte cette vision pour ce type de contrat uniquement. Ex : Contrat de prostitution. fraude fiscale Droit à répétition n'opère qu'au détriment de la partie la plus coupable des deux. sauf si le juge n'évalue pas la prestation au prix qu'elle a été payé. le plus coupable des deux est le second. Aboutit en réalité à un résultat parfaitement immorale. Cette considération morale n'a pas d'incidence sur la possibilité d'agir en nullité. En pratique. qu'elle n'en produise pas pour le passé. Arrêt de la 1ère chambre civile du 16 mars 1999 : Cour de cassation autorise les juges du fond à évaluer la prestation au prix auquel elle a été payée. qui résultent de comportements qui sont pénalement répréhensibles. Ex : trafic d'arme. ne peut récupérer les sommes qu'il a donné à la prostitué. le droit à répétition disparait/cesse. Mais difficile dans le cas d'une obligation de faire = restitution se fera nécessairement par équivalent monétaire de la prestation. Dans l'hypothèse où une partie est à l'origine de la cause de nullité. or activité économique est tournée vers l'avenir. Interprétation donne que la partie qui est la plus coupable au regard de la cause de nullité est privée du droit à répétition. Mais considérations d'intérêt général prévalent. B)Les considérations morales Immoralité qui est que celui à l'origine de la cause de nullité est en mesure de dénoncer la nullité du contrat. Cette solution reste malgré tout relativement mystérieuse à justifier. entre la prostitué et le souteneur. mais ont une incidence sur le jeu des restitutions. II. De l'autre côté. qui s'éteignent par un mécanisme de compensation.

=> résultat immorale car corrompu a reçu des sommes pour un motif illégitime Explication. Page 41 . est coupable donc n'obtiendra pas la restitution des sommes versées. Corrompu refuse de donner suite au pacte de corruption. Effet concret de l'adage est que.DROIT DES CONTRATS Ex : Contrat de corruption = corrupteur est a priori le plus coupable des deux. Ex : Corrupteur ne peut pas demander la restitution des sommes. paye le prix de la corruption. donc soumis au risque de ne pas obtenir ce qu'il veut si corrompu se retourne contre lui. par application de cette règles. les parties sont de fait privées de toute garantie si elles s'engagent dans l'exécution d'un contrat. mais si nullité est obtenue. règle n'a pas vraiment une fonction punitive. plutôt une fonction préventive qui est de dissuader les individus de conclure un contrat entacher d'une grave illicéité. Corrupteur demande la nullité du contrat.

Si stipulations manquent de clarté. Exposées dans chaque contrat spécial en fonction de la catégorie du contrat. B)Les nuances Deux nuances : –la plupart des contrats sont incomplets. interprétation dans le sens le plus favorable à celui qui n'a pas rédigé la convention II. En cas de doute. Forçage du contrat = intègre dans le contrat des obligations qui n'ont pas été voulu par les parties. Jurisprudence se base sur 2 textes. ces contrats s'interprètent « dans le sens le plus favorable au consommateur » •Projet de la Chancellerie : introduire les contrats d'adhésion. Travail du praticien doit mettre en évidence son économie générale. Juge est souverain dans l'interprétation du contrat. soit les attentes des parties et l'équilibre de la convention = juge prend surtout en compte la volonté des parties plutôt que l'équité.Les obligations imposées Lien contractuel : obligations voulues par les parties et obligations ajoutées au contrat par la jurisprudence. in ne trouvera pas dans le contrat une réponse à toutes les difficultés que pourront susciter l'exécution du contrat Ex : contrat précisera le prix mais pas les modalités du prix Difficile de rechercher l'intention des parties. se rend coupable d'une dénaturation.DROIT DES CONTRATS PARTIE 3 : LES EFFETS DU CONTRAT Chapitre 1 : La force obligatoire du contrat Section 1 : Le contenu du contrat I. 2 illustrations : •Art L133-2 Code de la consommation : majorité des contrats de consommation sont des contrats d'adhésion. et l'autre partie peut soit accepter soit refuser) Doctrine : jurisprudence procède à une interprétation uniforme de ces contrats et qu'elle intervient dans un sens favorable à la partie qui n'a pas été en mesure de négocier les termes du contrat => interprétation in favorem. juge dispose d'un pouvoir d'interprétation. qui peut être dénoncer par la voie d'un pourvoi en cassation. Art 1156 à 1162 Code civil : directives d'interprétation des contrat. Pas de force contraignante. => seule directive qui s'impose est d'interpréter le contrat conformément aux intentions des parties. Prend appui sur les dispositions supplétives de volonté (= s'imposent si pas de volonté contraire). Souveraineté ne s'arrête qu'en cas de clause claire et précise.Les obligations voulues ??? A)Le principe ??? Juge est tenu de respecter les termes de cette clause et d'en faire application en l'état. Si donne un sens différent à la clause que celui qui ressort en première lecture. Page 42 . –concerne les contrats d'adhésion (= intégralement rédigé par une partie.

soit en mesure de conserver son emploi. sera la même quelque soient les parties et les contrats. le juge refusera d'appliquer la lettre du contrat s'il apparaît que le créancier. Lui permet d'exercer une activité qui reste rentable. jurisprudence a contenu l'application de ces clauses résolutoires. Dans ce cas. exécution de mauvaise foi Si on généralise ce devoir d'exécution de bonne foi. Mais équité est ici une équité objective. perd sa force obligatoire. donc devoir de faire en sorte que le salarié. clause peut être mise en œuvre => trahit l'esprit du contrat. Beaucoup de contrats comportent une clause résolutoire (= clause qui autorise l'une ou l'autre des parties à considérer que le contrat prend fin. mais ne doit pas en abuser. et dette s'accroit du montant des intérêts. Si applique la lettre du contrat. Pérennité de l'action du distributeur dépend de la pérennité du lien contractuel mais également du fait que les prix pratiqués par le fournisseur soient tels qu'ils permettent au distributeur d'avoir une activité rentable => prix de vente peut être fixé par le fournisseur. Mais tarde à réclamer le paiement. si l'autre partie n'exécute pas ses obligations) Ex : se trouve dans les contrats de bail = défaut de paiement d'un des loyer. mais faire en sorte que le contrat présente un intérêt pour les 2 parties au contrat. Devoir de bonne foi se traduit par l'utilité du contrat pour le distributeur. le bailleur considère que le contrat a pris fin Au nom du devoir d'exécution de bonne foi. peut exiger paiement sur la créance. mauvaise foi si met en avant la lettre du contrat pour en trahir l'esprit. Ex : Banquier qui a une créance sur un de ces clients. 2 traductions : –devoir de loyauté = consiste dans l'exécution du contrat à adopter un comportement qui n'ait pas pour objet ou pour effet de nuire à l'autre partie. Page 43 . Ex : locataire paye le 5 et non pas le 3. cette obligation se retrouvera dans tous les contrats identiques. en invoquant cette lettre. => contrat est un lien social qui mérite d'être défendu s'il procure au deux parties un intérêt. B)L'article 1135 du Code civil Art 1135 Code civil : « ??? » Référence à l'équité permet de renforcer le contenu du contrat. –devoir de coopération = peut se définir comme l'obligation de favoriser une exécution utile du contrat. Pas seulement respecter la lettre du contrat. •contrat de travail = employeur à la devoir d'adapter son employé aux évolutions de son emploi. Idée n'a de sens que dans les contrats de longue durée. qu'il est résolu. Si le juge prend appui sur cette équité pour imposer une obligation que les parties n'ont pas voulues. Si nuit à l'une des parties. Contrat doit être profitable pour les deux parties. Inaction du banquier cause une nuisance à l'emprunteur car a pour effet d'accroitre la dette de l'emprunteur. impose une sanction disproportionnée. Bonne foi => on peut respecter les termes du contrat mais en méconnaitre l'esprit.DROIT DES CONTRATS A)L'article 1134 alinéa 3 du Code civil Art 1134 al 1 Code civil : force obligatoire du contrat Art 1134 al 3 Code civil : indique que les parties sont tenues d'exécuter le contrat de bonne foi = sorte de nuance. n'a d'autre intention que de provoquer une nuisance à l'encontre de son débiteur. => peut contraindre les parties à ne pas adopter un comportement susceptible de nuire à l'autre. 2 illustrations : •contrat de dépendance = contrat de distribution par lequel un fournisseur fournit un distributeur. Donc autorise le juge à imposer quelque chose de plus au nom du respect de l'esprit du contrat. Employeur a l'obligation de faire en sorte que le contrat de travail conserve son utilité pour le salarié. par l'adaptation de ses compétences. A été admis par la jurisprudence que le banquier n'exécute pas le contrat de bonne foi car ne prévient pas une situation qui nuit à son cocontractant. Permet de prévenir ces comportements. Permet de sanctionner les comportements dictés par une intention de nuire.

mais Cour de cassation ajoute l'obligation de sécurité. c'est pour obtenir le maximum de sécurité juridique. Transporteur. Ex : professionnels du droit. 1. comme un prolongement du devoir d'exécution de bonne foi. Demande est essentiellement d'authentifier l'acte. d'une information pour garantir la validité de l'acte conclu devant le notaire. soit l'obligation de garantir l'intégrité des biens et des personnes qu'il transporte. arrive qu'il y ait un professionnel. Contrats sont des liens entre les individus. s'engage à déplacer une personne d'un lieu à un autre. dans ces liens. Obligation de sécurité a quelque peu changer de justification au fil du temps : remplie un impératif d'utilité sociale qui dépasse le cercle des parties contractante et qui dépasse les enjeux du droit des contrats. est un moyen de conforter l'utilité du contrat. Un moyen est de prendre appui sur les liens sociaux. ne peut pas uniquement compter sur l'État.L'obligation d'information et de conseil Sont traditionnellement conçues comme un moyen de garantir l'utilité du contrat. sinon arbitraire judiciaire. et qui réponde parfaitement à leurs attentes. pèse sur les relations contractuelles une obligation d'information et de conseil pour que la clientèle soit pleinement satisfaite de la relation qu'elle a eut avec ce professionnel (notes de jurisprudence sous l'art 1147 Code civil) Évolution est proche de celle connu par l'obligation de sécurité = est aussi un moyen de répondre Page 44 . les banquiers. Pour garantir efficacité de ce droit. Jurisprudence considère que la relation entre le notaire et les parties doit contenir une obligation d'information et de conseil S'imposent dans tous les contrats. Jurisprudence généralise cette obligation à tous les contrats. –Arrêt du 2 avril 1872 : fait peser sur le notaire une obligation d'information et de conseil. du chiffre. Intérêt est de permettre aux parties de conclure un contrat qui soit parfaitement satisfaisant. puisse garantir les conséquences dommageables. permet de garantir la sincérité de l'acte. Jurisprudence a introduit 2 types d'obligations imposées : –Arrêt du 21 novembre 1911 : introduit dans les contrats de transport une obligation de sécurité. une obligation de sécurité à l'égard de l'autre. donc contrat ne doit pas être annulé = parties en attente d'un conseil. peut importe que le cocontractant de ce professionnel soit un consommateur ou un professionnel => obligation pèse sur le professionnel dans le contrat de consommation mais aussi dans les contrats entre 2 professionnels. => sécurité est un droit pour les individus. juridiques. s'engage à garantir l'intégrité des personnes ou des choses qu'il déplace. Obligation de sécurité est logique. les médecins. moyennant un prix. A l'origine. Contrat est considéré comme un facteur de lien social. Ex : Contrat de transport = naturel que le transporteur qui s'engage à réaliser un déplacement. et de faire peser sur celui qui en est capable. dès lors que le contrat fait intervenir un professionnel. qui existent entre les individus. prolongement du devoir de coopération.. => dans tous les métiers où il y a une expertise. 2. qui par la voir d'une assurance. Mais jurisprudence estime que si les parties vont devant un notaire. et prend appui sur ce lien pour conforter les liens élémentaires entre les individus..DROIT DES CONTRATS Doit se distinguer de l'équité subjective qui n'est que le sentiment personnel du juge à propos d'une affaire déterminée = juge ne doit pas prendre en compte ses sentiments. Pratiquement tous les professionnels sont soumis à une telle obligation.L'obligation de sécurité Obligation de garantir l'intégrité physique ou matérielle des personnes et/ou des choses qui sont concernées par le contrat ou son exécution.

l'acquéreur du bien est l'ayant cause du vendeur. Si les seuls parties sont liées. Page 45 . Si accorde le prêt. Complications : certaines personnes sont assimilées aux parties = certaines personnes qui n'ont pas conclu le contrat pourront être créancière ou débitrice en vertu du contrat.] » => Opposition entre les parties et les tiers qui sont étrangers au contrat. Si emprunteur n'a pas les ressources suffisantes. A travers cette obligation. la banque peut demander un remboursement des dettes. il a le soucis de protéger les intérêts de l'emprunteur. engage sa responsabilité. Mais ne peut pas demander au dirigeant de la société de rembourser les dettes car personne distincte. mais pas celle propre au contrat. 2 fondements à ce principe : –textuel = Art 1165 code civil : « Les conventions n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes. Ex : obligation d'information et de conseil des banquiers lors d'un prêt = le contraint à mettre en garde son client sur sa capacité à faire face aux échéances du prêt compte tenu de ses ressources financières. il n'y a que le vendeur qui puisse demander le paiement du prix. banquier peut refuser l'octroi du prêt. Ex : Dans un contrat de vente. Ex : Une société est endetté auprès d'une banque. Différents types d'ayants causes : •ayants-causes universels ou à titre universel = sont ceux qui acquiert une universalité de droits (= est universel) ou une fraction de cette universalité (= à titre universel). => seules les parties sont liées mais le contrat est opposable aux tiers.La portée du principe Conduit à opposer les parties et les tiers. Représenté est assimilé à une partie contractante. Elles ne nuisent point aux tiers [. Principe est que sont lié par le contrat les parties qui l'ont conclu = principe de l'effet relatif des contrats/conventions.DROIT DES CONTRATS à des impératifs d'intérêt général. –théorique = théorie de l'autonomie de la volonté = puisque la volonté fonde la force obligatoire du contrat. Section 2 : Les parties obligées Question de savoir qui est lié par le contrat.. mais tiers ne peuvent pas rester indifférents aux contrats. En vertu du principe d'effet relatif. I. 2 catégories de personnes peuvent être assimilées aux parties : –les parties représentées : lorsqu'il y a représentation. le contrat a des incidences à l'égard des tiers. par opposition à l'effet absolu. ne sont concernées que les parties qui ont voulu le contrat. contrat conclu entre le représentant et le cocontractant. Objectif d'intérêt général est d'éviter les situations de sur endettement. Seules les parties contractantes peuvent donc demander à leur profit l'exécution des créances issues du contrat. afin de protéger les emprunteurs et de maintenir l'équilibre général de la société et l'économie. Contrat doit être satisfaisant pour l'emprunteur. même si n'a pas directement contracté. A)Seules les parties sont liées Le contrat créé des obligations exclusivement à la charge ou au bénéfice des parties contractantes. Seules les parties au contrat sont tenues d'exécuter les obligations issues du contrat = conséquence logique. d'une nature différente que les obligations venant du contrat.. Peut en revanche demander au dirigeant de conclure un contrat de caution. –les ayants-causes : personne qui a acquis un droit ou recueilli une obligation d'une autre personne appelé l'auteur Ex : dans un contrat de vente.

Les tiers ne peuvent pas nuire au contrat Pèse sur les tiers une obligation générale d'abstention. il demeure entre les parties contractantes. recueillent une partie de l'universalité. seul possibilité de transmission d'une universalité est la disparition de la personne maitre de ce patrimoine. 2. se pose dans le cas d'un contrat ayant pour objet un bien transmis à un ayant cause. => réponse de principe : ayant-cause n'est pas assimilé à une partie contractante.DROIT DES CONTRATS Ex : Les héritiers. doivent s'abstenir de tout comportement qui entraverai la bonne exécution du contrat. Ex : vente fait naitre une créance de prix pour le vendeur et une créance sur la propriété de la chose pour l'acquéreur. le tiers ne doit pas essayer de surenchérir une fois la vente conclue. Créancier peut considérer à son égard Page 46 . Pour que cette action soit mise en œuvre. acheteur du bien est l'ayant-cause à titre particulier. Résultat de l'action paulienne = contrat conclu en fraude des droits du créanciers lui sera déclaré inopposable.Le contrat ne peut nuire aux tiers Ne concerne pas tous les tiers. Ex : Cas d'une vente. ait conscience de nuire à l'intérêt de ses créanciers. donc sont des ayant causes à titre universel Patrimoine est indissociable de la personne donc les universalités ne sont pas transmissibles. Ayant cause est assimilé à la personne de son auteur dans tous les contrats conclus par ce dernier. doit établir que le contrat entraine un appauvrissement du débiteur. n'est pas lié par les contrats conclus par son auteur. seulement la catégorie constituée des créanciers des parties au contrat. 1. mais ces droits et obligations qui s'imposent aux tiers sont distinct des créances ou des dettes issues du contrat. Donc ayant cause universel ou à titre universel ne peut recueillir le patrimoine de son auteur que si celui-ci disparaît et en conséquence l'ayant cause prend la place de l'auteur. Créanciers disposent d'un droit pour éviter que le contrat ne porte atteinte à leur droit de gage général. Obligation ne pèse sur les tiers que si ont connaissance du contrat = contrats importants sont donc publiés de façon à ce que les tiers prennent connaissance du contrat. Il faut que cette appauvrissement soit frauduleux. Question de l'assimilation à une partie. mais le contrat oblige les tiers à ne rien faire qui entraverai la bonne exécution du contrat. Cette action permet aux créanciers de faire déclarer en justice inopposables les contrats conclus en fraude de leur droit de gage général. Seules les parties sont créancières ou débitrices. fondé sur l'art 1382 Code civil => tiers qui entrave la bonne exécution du contrat n'est pas lié contractuellement. même dispositif lorsqu'il y a fusion par exemple => devient ayant cause universel et donc est assimilée à la personne morale absorbée dans tous les contrats. Arrêt de la chambre commerciale du 19 décembre 1995 : illustre ce principe B)Le contrat est opposable aux tiers Le contrat entraine des droits et des obligations pour les tiers. Pour une personne morale. Ex : contrat de bail = bien immobilier est vendu. Prend la forme d'une action en justice appelée action paulienne (art 1167 Code civil). On se demande si l'acquéreur du bien est lié à l'égard du locataire exactement comme l'était le vendeur. y compris les contrats qui ont pour objet le bien qu'il a acquis dans son patrimoine. La sanction se base sur la responsabilité délictuelle du tiers. Les tiers sont obligés de ne rien faire pour entraver la bonne exécution de ce contrat. s'ils sont plusieurs. •ayants-causes à titre particulier = sont ceux qui acquiert un ou plusieurs biens déterminés.

Sont des tiers. Consommateur organise une soirée devant la télé. que le débiteur de son débiteur exécute ses obligations. Ex : La banque conclu un prêt avec le propriétaire. L'action oblique présente une faiblesse : le résultat de cette action peut profiter à l'ensemble des créanciers du débiteurs. Ex : le contrat contient des obligations voulues et des obligations imposées.Les tiers peuvent invoquer l'inexécution du contrat Sont concernées 2 catégories de tiers. donc son droit de gage général. car créancier ne demande pas l'exécution d'un contrat auquel il est tiers à son profit. Est revendu à un consommateur via 2 distributeurs. Ne devient pas créancier au titre du contrat conclu par son débiteur. une faute délictuelle. Arrêt d'Assemblée Plénière du 6 octobre 2006 : inexécution d'un contrat constitue non seulement une faute contractuelle mais également. et qui n'ont pas de lien privilégié avec une des parties au contrat. Pour exercer cette action. Si contrat en fraude. => inexécution du contrat peut engager la responsabilité délictuelle des parties à l'égard des tiers. considère que le bien immobilier est resté dans le patrimoine de son débiteur => peut saisir le bien immobilier. est tenu à une obligation de sécurité. est appelé action oblique (art 1166 Code civil). Au titre du forçage du contrat. Créancier peut vaincre la paresse de son débiteur en demandant. N'est pas une exception à l'art 1165. Créancier reconstitue le patrimoine de son débiteur. et non pas exclusivement à celui qui l'a exercé. La banque peut demander au locataire (débiteur du propriétaire) de payer les loyers pour que le propriétaire rembourse son prêt. Cette possibilité donné au créancier. mais demande l'exécution du contrat au bénéfice de son débiteur. 3. peuvent invoquer la responsabilité délictuelle du fabriquant pour manquement à l'obligation de sécurité. il faut être créancier et établir l'inaction de son débiteur. Créancier ne bénéficiera du résultat de l'action oblique qu'au bénéfice de son droit de gage général. mais peuvent se plaindre de l'inexécution du contrat et solliciter l'indemnisation du préjudice qui résulterait de cette inexécution. a seulement le droit de réclamer au bénéfice de son débiteur l'exécution d'un contrat conclu par ce dernier. qui lui conclut un contrat de bail avec le locataire. Tiers ne peuvent pas demander l'exécution de l'obligation contractuelle. à l'égard des tiers. de demander pour le compte de son débiteur l'exécution du contrat conclut par ce dernier. Les créanciers Le créancier a la possibilité de se prévaloir de l'inexécution du contrat par le débiteur de son débiteur. Exception est caractérisée dès lors qu'un tiers devient créancier ou débiteur en vertu du contrat. Ex : contrat de construction = acquéreur peut se substituer un autre acquéreur Page 47 . Les penitus extranei Sont ceux qui sont pleinement extérieurs au contrat. II) Les exceptions au principe Exception à partir du moment où un tiers devient partie au contrat. mais écran explose et blesse des invités. restera inexécuté. Un fabricant professionnel fabrique des télés. au lieu et place de ce dernier.DROIT DES CONTRATS que le contrat n'a aucune existence.

doit accepter la stipulation sur autrui. mais pas toujours le cas Ex : si tiers prend la place de l'acquéreur. Ex : le contrat d'assurance décès = assuré (stipulant) paye une prime d'assurance à un assureur (promettant) qui s'engage à verser si décès du stipulant un capital au tiers (bénéficiaire) Technique juridique a évolué au fil de la jurisprudence. Plus problématique si devient débiteur.DROIT DES CONTRATS Atteintes posent des problèmes :  pour les tiers = deviennent partie à un contrat qu'il n'ont pas conclu. peut contraindre le stipulant à avoir un autre débiteur que le promettant => introduction d'un tiers est introduit dès le départ dans le contrat. Consentement est donné dès le départ. pour que stipulation soit efficace et confère un droit au bénéficiaire. mais entre le moment où la stipulation pour autrui est conclue et le moment où le bénéficiaire l'accepte. ne devient parfaitement efficace que le jour où le tiers l'accepte. Le promettant s'engage à conférer un droit au profit d'un tiers appelé bénéficiaire. Si pas d'acceptation. Ne pose pas de difficulté si devient créancier. Page 48 . mais implicitement réitéré sauf si est expressément retiré par le stipulant. risque que ne présent pas les mêmes garanties de solvabilité 3 mécanismes permettent de faire exception au principe de stipulation du contrat :    la stipulation pour autrui l'action directe la cession de contrat A) La stipulation pour autrui : Art 1121 Code civil : contrat dont l'objet est d'octroyer un droit à un tiers Met en présence 2 personnes qui contractent au profit d'une 3ème. Contrat entre le stipulant et le promettant. et situation du bénéficiaire peut se dégrader = garanties sont différentes Donc aussi longtemps que la stipulation n'a pas été acceptée par le bénéficiaire. donc stipulant connait l'identité du bénéficiaire et sait quelles garanties peut lui conférer le bénéficiaire Bénéficiaire doit accepter. n'est pas sur qu'il offre les mêmes garanties que le contractant initiale => suppose donc l'accord de la partie qui reste au contrat Ex : si un tiers devient acquéreur du bien et débiteur. se retrouve engager sans avoir donné son accord => exception suppose que le tiers donne son accord. stipulant peut la révoquer. B) L’action directe : Donne le droit à un tiers au contrat d'exiger pour son propre compte l'exécution de ce contrat. peut révoquer la stipulation. devient débiteur du prix de la vente que si  pour les parties = une partie reste dans le contrat et supporte un nouveau contractant. peut s'écouler un certain temps.  Contrat qui a pour objet de donner un droit à un tiers. On admet que le bénéficiaire a vocation a devenir créancier du promettant. comme peut devenir débiteur. mais également débiteur de l'une ou l'autre des parties à la stipulation pour autrui. Suppose l'acceptation du bénéficiaire. Difficultés :  le bénéficiaire peut devenir créancier ou débiteur.

et produit réclamer par tous les créanciers. du point de vue du principe :   tiers devient exclusivement créancier. Ressemble à la stipulation pour autrui mais 2 différences :  stipulation pour autrui est un mécanisme ponctuel qui vaut pour une stipulation. Dans un contrat d'entreprise. Un tiers va devenir partie à un contrat qu'il n'a pas conclu. cédant sort du contrat dans stipulation pour autrui. Si faillite de l'entrepreneur. ne nuit ni au débiteur. est appelé le cessionnaire. qu'il règle directement au sous-traitant ce qu'il lui doit. peut poser problème au niveau des garanties si tiers devient son créancier Reste un mécanisme d'exception => ne peut bénéficier qu'à des tiers qui sont habilités à l'exercer en vertu d'un texte :   action directe du bailleur contre le sous-locataire = un locataire sous-loue à un sous-locataire. alors que la cession est un mécanisme global qui transfert tous les droits et obligations. l'incursion du bénéficiaire est prévue par les parties. l'exécution intervient directement dans le patrimoine du tiers titulaire d'une action directe. Donc pour éviter ça. Intégralité des droits et obligations qui existaient entre le cédant et le cédé sont transférés au cessionnaire = contrat exécute ce transfert. Dans l'action directe. donc bailleur peut réclamer au sous-locataire de lui verser directement le loyer action du sous-traitant à l'égard du maitre de l'ouvrage = entrepreneur fait le lien entre les 2. Mécanisme d'exception. C) La cession de contrat : Contrat a pour objet la cession d'un autre contrat. Rend un tiers bénéficiaire d'une créance issu d'un contrat qu'il n'a pas conclu. Mais profite exclusivement à un des cocontractants. ni au tiers = action est une expropriation d'utilité privé. Mais nuit également à l'ensemble des créanciers de ce contractant. action directe permet d'échapper au concours des autres créanciers sur la créance dont il obtient le paiement. maitre de l'ouvrage s'adresse à un entrepreneur. risque que le sous-traitant ne soit jamais payer et fasse faillite. qui s'adresse à des sous-traitants. car produit va directement dans le patrimoine du bénéficiaire. c'est les contrats auxquelles elle est partie => richesse doit circuler car les entreprises évoluent et ces éléments peuvent devoir passer d'une entreprise à une autre Page 49  Cession est une opération économique vitale pour 2 raisons :  . mais pas dans la cession ce qui fait la richesse d'une entreprise. donc créance ne fait plus partie du gage général de l'ensemble des créanciers de ce contractant => exception au droit de gage général de l'ensemble des créanciers. et celui qui subit la cession de contrat est le cédé. pas de désavantage pour celui à qui on demande l'exécution.DROIT DES CONTRATS Peut faire penser à l'action oblique : le tiers demande l'exécution d'un contrat auquel il n'est pas partie. action est donc exclusivement à l'avantage du tiers auquel elle profite pour les parties. Celui à l'origine de la cession est le cédant. Donc action romps l'égalité entre les créanciers. car exécute le contrat quel que soit la partie qui en fait le bénéfice (tiers ou cocontractant) Dans le cas de l'autre partie. Cette exception peu problématique. donc mécanisme d'exception justifiant un texte spécial. possibilité d'action directe au maitre de l'ouvrage. dépossède le cocontractant d'une créance.

donc les cède à une autre entreprise  cession implique la liberté contractuelle. Donc suppose pas de modifications du contexte du contrat. Ex : art 1743 Code civil et art L222-12 Code du travail (ancienne numérotation) = cession imposée dans l'hypothèse de la cession d'un bien faisant l'objet d'un contrat de bail. peut soutenir que l'autonomie de la volonté sert à justifier la contrainte issue du contrat. est normalement prévu que le contrat de bail est cédé en même temps que l'on cède le bien. Serait incohérent d'autoriser les parties à se soustraire de leur volonté initiale pour obtenir un aménagement du contrat. peut considérer que les parties se sont mises d'accord sur d'autres termes = contrat comporte la clause res sic stantibus. Le cédé se voit imposer un nouveau cocontractant.DROIT DES CONTRATS Ex : entreprise veut se débarrasser de certaines activités pour se concentrer sur d'autres. Point de vue morale : nuancé. résultat peut être injuste. sens obligatoire est cette force exécutoire. B) Les évolutions (en jurisprudence. est nécessaire de prévoir au fil du temps des adaptations du contenu du contrat aux circonstances. Force obligatoire doit donc se comprendre comme sa force exécutoire. parties se sont engagées implicitement. Mais contesté en doctrine. Si on veut que le contrat soit respectueux des attentes des parties. Mais respect scrupuleux de cette parole peut amener à un mauvais résultat. donc sera débiteur et créancier. Adage : « summum jus. Contenu ne varie pas dans le temps. Certains textes spéciaux imposent la cession de contrat. Si pousse l'argument juridique au bout. Point de vue économique : souhaitable que les attentes des parties ne soient pas modifier par l'effet de l'écoulement du temps. c'est le fait qu'elle sera un jour exécutée. avec le locataire (cédé) Pareille pour les contrats de travail lors de transferts d'entreprise = sont cédés obligatoirement Section 3 : la permanence des obligations Conception particulière de la force obligatoire en France : permanence du lien contractuel = aussi longtemps que le contrat demeure. summa injuria » = droit extrême. dans ce cas est imposée à toutes les parties = soucis de protection du cédé. doit également accepter => cession suppose l'autorisation du cessionnaire mais aussi du cédé Auteurs : peut éventuellement se passer de l'autorisation du cédé pour certains contrats. Mais dans un sens économique. les parties sont tenues de l'exécuter tel qu'il était lors de sa conclusion. => vendeur (cédant) cède son bien à l'acquéreur (cessionnaire) donc cède également le contrat de bail. injustice extrême. car valeur morale de l'autonomie de la volonté est le respect de la parole donnée. en législation) : Le principe est que le droit français persiste encore à rejeter la théorie de l’imprévision (une partie à un contrat ne peut pas se plaindre en justice de ce que les circonstances ayant présidé au contrat ont Page 50 . I) L’intangibilité du lien contractuel A) Le rejet de la théorie de l’imprévision (justification) : Point de vue théorique : nuancé. à la fois créancier et débiteur donc doit accepter la cession de contrat. tiers devient partie. Mais analyse repose sur une confusion : ce qui fait la valeur économique d'une créance contractuelle. mais pas la nécessité que le contenu du contrat ne varie jamais dans le temps. de tel sorte que si le contexte a changé. Mais peut également soutenir que les parties se sont engagées en considération d'un certain contexte. compte tenu de l'importance économique de la cession.

Les parties à un contrat ne peuvent indéfiniment s’engager sur un contenu invariable. qu’il est définitivement résilié. Ces techniques n’ont pas la même portée donc il faut faire attention. Le contenu du contrat nouveau est identique à celui de l’ancien mais c’est tout de même un nouveau contrat. Lorsqu’on prolonge. la date de survenance du terme est elle aussi certaine. les parties trouvent un intérêt à prolonger le contrat. il est nécessaire de prévoir des adaptations. Elle résulte de l’exécution matérielle du contrat audelà de son terme. Pour qu’un contrat conserve son utilité économique. Il y a essentiellement 2 remèdes : jouer sur la durée du contrat (plus la durée est courte moins il y a de risque sous l’angle de l’imprévision) ou jouer sur le contenu du contrat (insérer dans le contrat des clauses qui prévoiront les diverses évolutions). La date du terme est appelée l’échéance du terme. Il existe 3 techniques de prolongation. Le contrat prolongé reste en principe soumis aux règles qui lui étaient applicables au moment de sa conclusion. il constitue toujours un évènement certain. Quoi qu’il arrive. La différence tient au fait que lorsque le terme est certain. Une partie de la doctrine considère qu’un revirement a eut lieu par un arrêt du 16 mars 2004 qui aurait admis la possibilité d’une prise ne considération de l’imprévision. le terme est échu. Le terme est un évènement certain qui se produira nécessairement. Dans le projet de la Chancellerie. Le terme incertain est le terme dont la survenance est certaine mais à une date incertaine. Si le juge constate que l’on peu adapter le contrat. avec une nouvelle durée et un nouveau terme. Le principe connaît malgré tout quelques évolutions. La seconde technique est le renouvellement. Dans ce cas là. Il y a aumoins un aménagement et le principe pourrait être remis en cause prochainement. on considère que le contrat reconduit est un nouveau contrat (comme Page 51 . II) Les remèdes Le principe de l’intangibilité manque cruellement de réalisme.le contrat à durée déterminée (le terme) Le contrat comporte alors un terme appelé terme extinctif parce qu’au terme du contrat. En réalité. Quand elle est survenue. Cette technique consiste pour les parties à déplacer et donc à reculer la date du terme. Dans les contrats (généralement de dépendance) à propos desquels on reconnaît à une partie la possibilité de fixer unilatéralement le prix (contrats de distribution à exécution successive). On conclue à nouveau le même contrat. c’est exactement le même contrat qui demeure. A) La durée : 1. le nouveau contrat sera soumis à cette nouvelle législation. Ce principe résulte de l’arrêt de la Cour de Cass « canal de Craponne » (8 mars 1876). le pouvoir unilatéral de faire varier le prix s’exerce par une voie d’exécution de bonne foi qui a pour conséquence que le prix doit être normalement fixé de telle sorte que le distributeur soit encore en mesure d’exercer une activité rentable. La contrepartie de ce pouvoir est que la prise en considération de l’imprévision doit bénéficier également au distributeur qui subit ce pouvoir. soit on reconnait au juge la possibilité d’adapter lui-même le contrat soit on considère que la nécessité d’une adaptation constatée il revient aux parties de procéder elles-mêmes à cette adaptation (à défaut le juge constatera la résiliation du contrat). une analyse précise de l’arrêt démontre qu’il n’en est rien. Le contrat est alors résilié.DROIT DES CONTRATS totalement changé). Si une législation est intervenue avant l’échéance du terme. La première technique est la prorogation du terme. Il y a des termes certains et des termes incertains. A cette nuance pourrait être suivi dans un futur proche d’un revirement de la situation actuelle. il est suggéré d’introduire une possibilité pour chacune des parties de solliciter une adaptation du contrat en cas de changement significatif dans les circonstances qui entourent le contrat. La reconnaissance d’un pouvoir unilatéral de fixation du prix permet au bénéficiaire de ce pouvoir d’adapter le prix en considération des circonstances (essentiellement de marché) qui entourent le contrat. on considère que le contrat prend fin. Il arrive assez souvent qu’à l’échéance du terme. La dernière possibilité est la tacite reconduction.

DROIT DES CONTRATS dans le renouvellement). La décision que rendront le ou les arbitres s’imposera aux parties. Que ce passe-t-il si le seuil de renégociation est atteint et que les parties ne parviennent pas à s’entendre ? Généralement. Le droit positif comporte une règle qui permet d’éviter ce risque.l’indexation Les modalités de variation du contrat sont. de renégociation ou encore de hardship. du 9 novembre 1999.la révision La seconde possibilité est d’introduire une clause prévoyant une éventuelle évolution du contrat sans toutefois déterminer les modalités de variation du contenu du contrat. doit avoir un lien avec l’objet du contrat ou l’activité de l’une des parties. Dans les CDI. On peut aussi imposer un préavis mais aussi une motivation de la résiliation unilatérale. il s’agit de la résiliation d’un contrat de dépendance ou de distribution. aussi appelé clause d’arbitrage. d’ores et déjà prévues lors de la conclusion de ce contrat. Ce qui est jugé contraire à la liberté c’est l’éternité de la contrainte. Enfin. On peut imposer à celui qui entend exercer ce droit un préavis. Dans la plupart des CDI. mais dans une certaine mesure. Si les parties échouent dans la médiation. il s’agit de la résiliation d’un contrat de travail. 2. On peut encore ajouter un contrôle a posteriori de la légitimité du motif avancé. La volonté ne justifie pas tout. la clause de révision est assortie d’une clause de conciliation cad qu’elles s’engagent à choisir un tiers qui les mettra d’accord. 1. Il n’y a pas de règle générale mais il y a une multitude de règles spéciales qui viennent limiter l’exercice du droit de résiliation unilatéral.le droit de résiliation unilatérale dans les CDI Le CDI est a priori très dangereux. Cette clause. On parle de clause de révision. le licenciement. B) Le contenu : On peut insérer des clauses faisant évoluer le contenu du contrat. Les obligations monétaires que comporte ce contrat varieront en fonction d’un indice préalablement déterminé par les parties lors de la conclusion du contrat (L112-1 du Code monétaire et financier). il est de principe que chacune des parties peut rompre unilatéralement le contrat. il y a des limites à ce droit de résiliation unilatéral. La contrainte volontaire est acceptable à la condition qu’elle ne dure pas toute l’existence de l’une ou l’autre des parties au contrat. Ces limites résultent de différents textes et les contraintes qu’imposent ces textes au droit de RU s’étalonnent sur une échelle allant de la plus petite contrainte à la plus grande. Il y a deux types de clauses. Le contrat est créateur d’une contrainte et donc d’une atteinte à la liberté. 2. il s’agit de la résiliation du contrat de bail à usage d’habitation. Chapitre 2: les sanctions de l’inexécution Page 52 . Cette atteinte est tolérable dès lors que le contrat est un acte volontaire. Dans l’hypothèse où les 3 sont réunis. Ce principe a aujourd’hui une valeur constitutionnelle. Quand il y a préavis et motivation. Il n’y a pas de terme donc les parties semblent éternellement liées. On ne peut pas retenir un indice de portée générale. dans le cas de la clause d’indexation. lorsque seul un préavis est exigé. Il a été clairement posé dans une décision du Conseil Const. prévoie de soumettre le différent entre les parties à des juges qui seront désignés par les parties. Les parties ne sont pas à priori protégées du risque de l’imprévision. il est généralement prévu une clause compromissoire. On considère également que le contrat tacitement reconduit n’a désormais plus de terme.

En pratique. Une fois que l’on est d’accord sur l’interprétation du contrat. La condition est un évènement incertain par opposition au terme qui lui est un évènement certain. Si cela arrive. Une obligation peut être certaine dans son contenu ou dans sa force contraignante. C) L’exigibilité : C’est une obligation dont on peut demander le paiement. B) La liquidité : L’obligation de liquidité est une obligation dont on connait le montant. il faut vérifier que l’obligation était bien certaine. la liquidation suppose que cette partie détermine le montant exact de l’obligation. il est nécessaire de faire des comptes. de procéder à cette inexécution. Il se peut que l’obligation puisse être liquidée à la seule lecture du contrat. Elle est résolutoire lorsque si la condition s’accompli. il y a de nombreuses circonstances qui rendent un peu plus complexe la liquidation d’une obligation. Elle est suspensive lorsque l’accomplissement de la condition empêche le contrat de produire sa force obligatoire (ex : le contrat de vente subordonné à l’obtention d’un prêt). Il peut toutefois y avoir toujours une incertitude sur la force contraignante du contrat. Enfin et assez souvent. L’objectif est de suspendre le paiement tant qu’on n’est pas arrivé au terme. C’est parce que la condition est un évènement incertain (dont on n’est pas sur qu’il se produira) que justement elle affecte l’existence même de l’obligation. Il se peut que l’évènement ne se produise jamais. liquide et exigible. La première représente la fixation du contenu du contrat négocié entre les parties. Donc pour identifier le solde. Dans ce cas. La condition peut suivre 2 modalités différentes. l’obligation est certaine quant à son contenu. I) La consistance de l’inexécution : Il faut s’assurer qu’il était temps. Généralement. A) La certitude : Elle peut s’apprécier de 2 manières. Elle peut être suspensive ou résolutoire. Tout d’abord. au moment de l’inexécution. On peut introduire une technique contractuelle qui retardera le moment où l’on pourra exiger le paiement. Pour que l’inexécution soit caractérisée. il faut la constater (définir les circonstances même de l’inexécution) et définir l’imputabilité de l’inexécution. 1168 du CCiv). Il se peut aussi qu’une partie ait un pouvoir de fixation unilatéral du prix. de faire part de la liquidité au débiteur. Une obligation est incertaine quant à sa force contraignante si elle est subordonnée à ce qu’on appelle une condition (art. En pratique. Dans la condition de prêt. Les parties peuvent décider que le contrat déjà conclu a une force contraignante suspendue. Cette condition s’applique essentiellement à des obligations monétaires. les parties attendent prudemment l’accomplissement de la condition. Cette technique est le terme. il est nécessaire que le contrat ne soit jamais exécuté. Cet usage est constant soit pour des raisons matérielles soit pour des raisons économiques. la question de la liquidité se pose alors même que le contrat a été partiellement exécuté. Une condition est un évènement incertain qui affecte l’existence même d’une obligation (ex : l’obtention d’un prêt pour un contrat de vente). il est rarissime que les parties exécutent le contrat avant l’accomplissement de la condition. C’est au créancier de procéder à la liquidation de l’obligation. il se peut que l’obligation monétaire qu’il faut liquider soit simplement déterminable et non déterminée (ex : prix affecté d’un indice avec une clause d’indexation alors cela nécessite un calcul pour liquider l’obligation). lorsqu’il y a une résolution résolutoire.DROIT DES CONTRATS Section 1 : l’inexécution Pour faire sanctionner l’inexécution. on fera comme si le contrat n’avait jamais existé (ex : le prêt qui a été consenti pour financer une vente immobilière). Les raisons matérielles impliquent l’incapacité Page 53 . il serait idiot de demander au banquier la remise des fonds avant que la vente ne se fasse.

Dans un arrêt du 14 avril 2006. il est tenu de la rembourser selon un échéancier qui l’oblige à rembourser une petite partie à chaque terme fixé par l’échéancier. L’imprévisibilité est caractéristique de l’évènement qui concerne les deux parties. la condition d’extériorité ne joue que très peu). 1048 du CCiv. Cette condition renvoie donc à tous les évènements qu’on ne peut imputer au débiteur. la condition d’imprévisibilité n’a aucune incidence sur l’impossibilité d’exécuter. il n’est donc pas imputable au débiteur. L’emprunteur reçoit une somme d’argent. son erreur d’anticipation ne permet pas au débiteur de fuir ses responsabilités. Nécessaire pour qualifier l’évènement de force majeure car elle est visée par l’art. B) Le sort du contrat : Cette dispense d’exécution s’accompagne-t-elle du maintien du contrat ou faut-il au contraire considéré que le contrat a vocation à disparaître ? Si le contrat disparait. Cette condition est l’application d’un adage à portée juridique : « à l’impossible. irrésistible et imprévisible. 1. S’il est irrésistible quoique prévisible. il existe des évènements qui ne sont pas étrangers à la personne même du débiteur et qui pourtant ne lui sont manifestement pas imputables (ex : la maladie). L’évènement est extérieur. 1048 du CCiv. Ce qui rend l’exécution impossible c’est l’irrésistibilité. l’évènement était prévisible. 6 novembre 2002). Mais dans l’arrêt du 6 novembre 2002. A) L’impossibilité d’exécuter : Pour qu’un débiteur puisse dire qu’il y a eut impossibilité. Si le Page 54 . la Cour de Cass est revenue à la définition traditionnelle du cas de force majeure : l’évènement de force majeure est désormais un évènement extérieur. Le terme est donc une technique usuelle. les risques sont pour le débiteur. C’est une condition de bon sens mais aussi une condition assez vide de sens (en pratique. En revanche. c’est un évènement qu’on peut anticiper. Il faut identifier dans quelles conditions il y a réellement une impossibilité d’exécuter (dans quels cas la faute n’est pas imputable) et le sort du contrat. autrement appelé cas fortuit. 3. il serait injuste de lui imputer la faute. prévenir. La condition d’irrésistibilité ne concerne que le débiteur et elle seule le place dans une impossibilité d’exécuter. S’il survient quand même. En effet.l’imprévisibilité C’est un évènement dont on ne peut prévenir la survenance. irrésistible et imprévisible. il faut qu’il prouve qu’il y a eut un évènement de force majeur. C’est un contrat stipulé avec une succession de termes.l’irrésistibilité L’évènement irrésistible est un évènement dont les conditions sont telles qu’il est impossible de les surmonter pour exécuter le contrat (civile 1ère. ce n’est pas un cas de force majeure et l’inexécution est donc imputable au débiteur.l’extériorité L’évènement est étranger à la personne du débiteur. C’est l’évènement qui excuse le débiteur mais si l’évènement est prévisible. nul n’est tenu ». 2. Cette condition n’ajoute donc pas grand-chose à la définition de l’évènement de force majeure. Cet évènement est caractérisé par l’art. II) L’imputabilité de l’inexécution : Si la faute n’est pas de la faute du débiteur.DROIT DES CONTRATS d’exécuter le contrat immédiatement pour une des parties au moment où le contrat est conclu. Les raisons économico-financières se manifestent au premier chef dans le prêt d’argent.

technique de l’assurance qui prévoit un transfert de l’assurance de la chose au profit de l’acquéreur . on peut procéder à une sorte d’anéantissement temporaire appelé alors une suspension de l’exécution du contrat. Dans un contrat synallagmatique. Il est donc bon aussi de prendre des mesures qui préservent les droits du créancier (mesures de sauvegarde).res perit debitori (contrat non translatif) Dans la première hypothèse. Par application du principe du consensualisme. Cette technique de la suspension du contrat vient du droit du travail et a été apporté en droit civil par l’arrêt de la chambre civile du 24 février 1981. les risques sont pour le créancier. Si l’évènement de force majeure frappe une partie d’une impossibilité d’exécuter temporaire. le contrat n’est pas translatif de propriété. il existe la théorie des risques qui repose sur une distinction selon le type de contrat qui est affecté par un évènement de force majeure. cela est considéré comme une clause abusive. Cette idée peut réapparaitre au moment de l’exécution du contrat et de fait. il y a l’idée de contrepartie.la théorie des risques est une règle supplétive donc possibilité d’une clause dérogent à la théorie des risques en prévoyant le transfert des risques au transfert de la chose . le bien est passé. 2. Mais si on y déroge. C’est celui qui a payé la chose qui en supportera les conséquences.DROIT DES CONTRATS contrat est maintenu. I) La mise en demeure : A) Notion : Page 55 . si une partie ne peut pas exécuter ses obligations. l’inexécution peut être temporaire de telle sorte qu’au lieu de décider de l’anéantissement du contrat. Cela aboutit à mettre les risque à la charge de l’acheteur donc à contraindre ce dernier à payer le prix alors même qu’il n’obtiendra pas la contrepartie. s’apprécie au jour de la conclusion du contrat. lorsqu’elle est utilisée comme condition de validité du contrat. du patrimoine du vendeur au patrimoine de l’acquéreur. Il existe 3 façons de surmonter cette difficulté : . Les risques sont alors pour le débiteur (res perit debitori). Avant de prendre des mesures radicales (exécution forcée par exemple) il peut être opportun d’adresser au moins un avertissement au débiteur. Cet avertissement d’un point de vue juridique est appelé mise en demeure (art 1146 du CCiv). sans autres formes. Le débiteur ne commet pas de faute mais il ne peut pas demander au cocontractant l’exécution de ses propres obligations. Pour résoudre cette difficulté. le contrat sera simplement suspendu et non pas anéanti. On peut y voir une application de la théorie de la cause dans l’inexécution de la cause. En principe. on se donne un temps d’attente et l’on peut craindre que ce temps d’attente ne joue au détriment du créancier. le transfert de propriété s’opère de plein droit. tout ce passe comme si le contrat avait pour l’autre partie perdu sa cause. au moment où les parties se sont mises d’accord sur la chose et sur le prix.res perit domino (contrat translatif) Le contrat translatif de propriété le plus simple est le contrat de vente. 1. Cette théorie.le débiteur de la délivrance Section 2 : les solutions d’attente Ces solutions reposent sur des considérations de bon sens. Mais derrière cette théorie. C’est une règle supplétive donc on peut y déroger. Mais si l’on averti le débiteur. La règle est que les risques sont pour le propriétaire (res perit domino). si une partie exécute ses obligations c’est qu’elle attend au minimum que l’autre partie exécute les siennes. Autrement dit.

la mise en demeure entraine un transfert des risques du créancier vers le débiteur. Si l’inexécution est acquise. il s’agit de transférer les effets du retard dans l’exécution sur la personne du débiteur. La somme d’argent due au créancier produit désormais des intérêts. solliciter la force publique si l’inexécution persiste (les huissiers). L’assignation en justice est le premier acte du procès. Mais elle produit aussi et surtout des effets de droit qui répondent tous à la même idée. Le débiteur pourrait profiter du temps de la procédure pour se mettre dans une situation qui empêche l’exécution. Pour les créances de somme d’argent. Dans un arrêt du 6 juin 2007 (fiche). il est de tradition que la mise en demeure fait courir les intérêts moratoires à l’encontre du débiteur. les créanciers (tous ou en partie) subiront une perte. L’attente crée un risque pour le créancier. Il est depuis toujours admis que l’assignation en justice vaut mise en demeure. Il s’écoule une durée au cours de laquelle le débiteur peut régulariser la situation. un principe de procédure. II) Les mesures de sauvegarde : Le créancier bute sur un principe fondamental du droit. selon lequel nul ne peut se faire justice à soi même. Pour les obligations portant sur la délivrance d’une chose. la mise en demeure permet de préserver une certaine relation entre créancier et débiteur. l’ensemble de ses créanciers concourent à égalité. Ce principe est très largement tempéré par des nuances et des exceptions. Le droit Page 56 . C) Effets : La mise en demeure alerte le débiteur donc effet psychologique. A) Mesures conservatoires : Mesures adaptées aux obligations monétaires. sitôt le débiteur sera considéré comme l’auteur d’une inexécution (contrat de travail.DROIT DES CONTRATS C’est un acte unilatéral qui a pour objet de constater le retard du débiteur et de le sommer d’exécuter ses obligations. Cela veut dire que si les actifs sont insuffisants. S’il veut obtenir l’exécution ou faire sanctionner l’inexécution. L’interpellation suffisante signifie que dans la mise en demeure. La mise en demeure suppose essentiellement 2 choses : un écrit (une lettre recommandée en pratique) qui devra comporter une interpellation suffisante du débiteur. De plus. contrat de bail. Les intérêts moratoires sont tout simplement des intérêts calculés selon le taux légal et faits par voie de règlement. La principale garantie pour le créancier c’est le droit de gage général (la possibilité pour le créancier de se payer sur les actifs de son débiteur). après la décision. Il faudra. Elle doit comporter le constat d’une inexécution et la sommation que l’exécution intervienne à bref délai. il ne sert plus à rien d’avertir le débiteur. L’utilité de cet avertissement est conditionnée par la possibilité qui demeure d’exécuter l’obligation. Dans ce cas il n’y aura pas besoin d’une mise ne demeure pour constater l’inexécution : sitôt la date prévue passée. il doit passer par un juge. Les parties sont libres de prévoir dans le contrat une dispense conventionnelle de mise en demeure. il n’y a aucune formulation sacramentelle. Cette garantie est assez fragile car sur les actifs du débiteur. celui par lequel on introduit une demande en justice avant un juge. A travers la mise en demeure. Il ne peut donc pas par lui-même obtenir par quelques moyens que ce soit l’exécution du contrat. contrat de prêt). B) Conditions : Le principe est que la mise en demeure est nécessaire pour caractériser une inexécution (art 1146 du CCiv). Mais l’assignation a un coup plus élevé qu’une mise en demeure. peut spontanément donner suite aux demandes et donc exécuter ses obligations. la Cour de Cassa consolidé une jurisprudence autrefois discutée selon laquelle il n’y a pas lieu à mise en demeure lorsque l’inexécution est définitivement acquise.

Le juge fixe alors le montant de l’astreinte en veillant à ce que ce montant soit largement déconnecté du préjudice réel subi par le créancier. bon gré mal gré. La seconde mesure est la sureté judiciaire. avec l’autorisation du juge. L’huissier procèdera simplement à un acte de saisi dont le seul effet sera de rendre les biens qui auront été identifiés indisponibles. Le droit de suite est la possibilité d’exercer ce droit de préférence en quelques mains et en quelques patrimoines que se trouve le bien objet de la sureté judiciaire. dans un second temps. Elle est autrement appelé l’exception non adimpleti contractus.l’astreinte Elle suppose l’intervention du juge. 1. La jurisprudence autorise le mécanisme de l’exception d’inexécution dans les contrats synallagmatiques à 3 conditions. seconde fragilité. Cela permet d’éviter que le créancier prenne le risque d’exécuter ses propres obligations sans obtenir la contrepartie attendue. .l’exception d’inexécution C’est un mécanisme propre aux contrats synallagmatiques.il faut également que les obligations réciproques soient simultanées. Le droit de gage général reste donc très théorique car il ne pourra s’exercer qu’à l’égard d’actifs qui n’existeront plus. Tout d’abord. le débiteur reste une personne capable. Cet article Page 57 . Section 3 : les solutions définitives Quand le créancier se heurt d’une manière définitive à l’inexécution. Le premier temps consiste à demander au juge de prononcer une astreinte. Le juge ne se contente pas de multiplier le montant de l’astreinte par le nombre de jours. le droit de faire constater l’indisponibilité d’une partie de certains biens du débiteur. Cela signifie l’impossibilité de disposer du bien qui appartient au débiteur.DROIT DES CONTRATS de gage général est un droit global sur les actifs du débiteur. qu’il a à priori peut d’espoir d’obtenir spontanément. Il y a 2 types de mesures. Il y en a 2 types : l’exception d’inexécution et l’astreinte (suppose l’intervention du juge). Le droit de préférence sur un bien donne le droit d’être payé par priorité aux autres créanciers sur le produit de la vente de ce bien. Il conserve donc la possibilité de vider le patrimoine de son contenu. le juge procède alors. Elles doivent constituer des mesures (fortement) incitatives pour que le débiteur finisse par exécuter. C’est une mesure qui permet au créancier de suspendre l’exécution de ses obligations dans l’hypothèse où il se heurt à une inexécution (dans un contrat synallagmatique il y a des obligations réciproques). C) Exception d’inexécution : Mesures adaptées aux obligations de faire. Le bien ne pourra donc plus sortir désormais du patrimoine du débiteur. Il fixe le montant définitif de la somme due en considération du nombre de jours de retard constaté. .elle est soumise à une exigence de proportionnalité (il doit y avoir une proportionnalité entre les préjudices subi à cause des inexécutions). 2. Elle se définit comme une condamnation accessoire à une somme d’argent fixée à « tant » par jour de retard dans l’exécution d’une obligation principale. ses obligations. On dit que l’astreinte rempli une fonction comminatoire. Elle permet d’allouer au créancier un droit de préférence et un droit de suite sur l’un des biens du débiteur. il peut se tourner vers des solutions définitives (art. Après exécution. Mais. la saisie conservatoire qui permet d’obtenir. à la liquidation de l’astreinte. La crainte pour le débiteur d’avoir à payer cette somme d’argent l’incite à exécuter son obligation de faire. . Il a un pouvoir de modération dont il use pour rapprocher le montant de l’astreinte du montant du préjudice réellement subi.elle ne peut fonctionner qu’entre des obligations réciproques (il se peut que la vente comporte de part et d’autre des obligations annexes). 1184 du CCiv).

Elles font alors le choix d’insérer directement leur contrat dans un acte qui comporte la formule exécutoire et qui Page 58 . C’est un acte sur lequel est apposée la formule exécutoire. Soit le créancier est titulaire d’un contrat contracté sous sein privé. Il suffit pour cela de se saisir du bien qui doit être délivré (saisi appréhension ou revendication). il faudrait donc attenter à sa liberté. Cette autorisation donnée. Les dommages et intérêts peuvent être sollicités par le créancier victime de l’inexécution soit qu’il demande l’exécution forcée soit qu’il demande la résolution. En cas d’inexécution d’une obligation de faire. Cependant. Soit les parties au contrat entendent éviter le processus judiciaire qui permettre d’obtenir le titre exécutoire. 1144 du CCiv. Le débiteur qui se heurt à l’inexécution peut solliciter d’un juge l’autorisation de s’adresser à un tiers pour accomplir la prestation promise. La portée de l’article 1142 est considérablement réduite en pratique car il est possible de parvenir à l’exécution forcée d’une obligation de faire sans le détour d’une mesure privative de liberté. Il suffira de détruire ou d’effacer ce qui aura été accompli en violation de l’obligation de ne pas faire. Pour parvenir à l’exécution forcée d’une obligation de faire. La limite juridique a vocation à disparaître dans le projet de la Chancellerie mais l’idée va rester. On constate que pour ces obligations. Cette faculté de remplacement aboutit à une exécution forcée mais la liberté du débiteur est respectée dès lors que l’exécution forcée est effectuée par un tiers consentent. Ce droit connait des limites naturelles et juridiques. On peut enfin admettre dans une certaine mesure l’exécution forcée d’obligations de faire qui portent sur l’exécution d’une prestation. B) Les conditions de mise en œuvre : Pour exercer le droit à l’exécution forcée il faut un titre exécutoire. Dans ce cas.DROIT DES CONTRATS ouvre une alternative au créancier et lui dit qu’il peut soit demander l’exécution forcée (avec le concourt éventuel de la force publique) soit demander la résolution du contrat assortie de dommages et intérêts. le créancier de l’obligation de faire pourra demander au débiteur initial de régler le montant des prestations facturées par le remplaçant. il faudra que le créancier s’adresse à un juge pour obtenir une décision de condamnation. il faut aussi considérer les obligations de ne pas faire. Si l’on veut que la force obligatoire du contrat soit effective. qui introduit dans le droit positif la faculté de remplacement. on peut là encore obtenir l’exécution forcée sans pour autant attenter à la liberté de la personne du débiteur. Dans les obligations de faire. les dommages et intérêts ne sont pas calculés et ne s’apprécient pas de la même manière. il faut que l’on reconnaisse aux parties du contrat le droit d’obtenir l’exécution forcée. il faudrait nécessairement contraindre physiquement le débiteur pour obtenir cette exécution forcée. prendre une mesure privative de sa liberté. Elle peut simplement demander une inexécution en équivalent cad des dommages et intérêts et donc mettre en jeu la responsabilité contractuelle du débiteur de l’obligation inexécutée. selon que le créancier demande l’exécution ou selon qu’il demande la résolution. I) L’exécution forcée : A) Le droit à l’exécution forcée : L’article 1134 du CCiv : les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. L’obligation de délivrance peut faire l’objet d’une exécution forcée sans attenter à la liberté de son débiteur. L’obligation de faire peut être une obligation de délivrance (contrat translatif). lorsque l’inexécution est constatée. La limite naturelle tient tout simplement au fait que dans certains cas. il n’est pas nécessaire d’apporter la preuve d’un préjudice dû à l’inexécution. L’article 1142 du CCiv dispose que les obligations de faire se résolvent en dommages et intérêts. Une solution est prévue par l’art. Le droit se transforme alors en droit de dommages et intérêts. la victime ne peut pas demander l’exécution forcée de cette obligation. pour obtenir un titre exécutoire. Cette formule est apposée sur les jugements qui condamnent le débiteur et ne peut être délivrée que par un officier public (en l’occurrence les juges et les notaires). l’exécution forcée devient matériellement impossible (quand date fixe). Pour exercer ce droit. La résolution c’est tout simplement l’anéantissement rétroactif du contrat en conséquence de l’inexécution de celui-ci (à ne pas confondre avec la résiliation où il est aussi mis fin au contrat mais où l’effet n’est pas rétroactif).

la résolution continue de produire un effet rétroactif. Il faut ensuite que le créancier.les contrats à exécution successive On enseigne habituellement que la résolution ne produirait d’effets que pour l’avenir. de les faire vendre et de se payer sur le produit de la vente). on ne voit pas pourquoi ils ne les surmonteraient pas dans le cas d’une résolution. Les parties décident tout simplement de rédiger leur contrat devant notaire et dans la forme notariée. la résolution entraîne l’anéantissement rétroactif du contrat cad que la résolution produit des effets quasi identiques à une nullité.tempéraments conventionnels (clause résolutoire) B) Les effets : Il est habituel de distinguer selon le type de contrat concerné par la résolution. Il y a principalement 3 types de saisies : la saisie attribution (permet au créancier de s’approprier les propres créances de son débiteur). Une nuance a été énoncée dans un arrêt Page 59 . la résolution entraîne remise en cause du passé pouvant aller assez loin dans le passé et donc rendant aléatoire l’évaluation des restitutions. de les faire vendre et de se payer sur le produit de la vente) et la saisie immobilière (permet au créancier de se saisir des biens immeubles de son débiteur. Là encore. Or. Si les juges parviennent à surmonter les difficultés d’évaluation dans l’hypothèse d’une nullité. Cette opinion doctrinale pourrait être de droit positif si le projet de la Chancellerie devenait le droit positif. Lorsque le contrat est à exécution successive. L’exécution concrète se fera à l’aide de mesures appelées voies d’exécution qui prennent le plus souvent la forme de saisies. quelque soit les difficultés d’évaluation. Le rôle de l’huissier est de s’interposer entre le débiteur et le créancier. la jurisprudence a toujours admis qu’en cas de nullité il doit y avoir rétroactivité et donc restitution de prestation déjà exécutée. 2.les contrats à exécution instantanée Dans ce cas. le créancier ne peut pas se faire justice à soi même. prenne les mesures qui permettront d’aboutir concrètement à l’exécution forcée. les huissiers.tempéraments légaux et jurisprudentiels 3. Elles sont diligentées par des officiers publics. Dans un contrat a exécution successive. la saisie vente (permet au créancier de se saisir des biens mobiliers corporels de son débiteur. Cette difficulté se pose pour la résolution comme elle se pose pour la nullité. II) L’anéantissement du contrat : A) Les conditions : 1.DROIT DES CONTRATS est en lui-même constitutif d’un titre exécutoire. 1. La raison tient aux difficultés des restitutions dans les contrats à exécution successive. il est soutenu que la résolution produit les effets d’une résiliation. Dans ces contrats.le principe d’une action en justice 2. muni du titre exécutoire.

En revanche. La résolution sanctionne l’inexécution d’un contrat donc a quoi servirai-t-il d’anéantir rétroactivement un contrat pour une période au cours de laquelle il a été régulièrement exécuté ? Pour sanctionner l’inexécution. 1137 et 1147 du CCiv entre ce qu’on appelle les obligations de moyen et les obligations de résultat. il suffira pour établir l’inexécution de montrer que le résultat n’a pas été obtenu. Dans ce cas. la sécurité des passagers est l’obligation ou est-ce plutôt les efforts pour la garantir le plus possible qui compte ?  Solution théorique : La solution théorique résulte d’une distinction faite dans les années 20 à partir d’une analyse des art. Page 60 . le créancier de cette obligation ne pourra mettre en jeu la responsabilité de son débiteur que s’il établit une faute cad que s’il établit un manquement à la diligence attendue du débiteur. la Cour de cass confirme le caractère rétroactif de la résolution dans un contrat à exécution successif. On peut aussi prévoir des obligations de résultat renforcées. Si cette faute cause un préjudice alors il revient à l’auteur de cette faute de le réparer. Par exemple. au-moins sous l’angle de la responsabilité contractuelle. Cour de Cass). Si l’obligation est une obligation de moyen. le médecin doit soigner le malade mais la question est de savoir quelle est l’obligation à atteindre : résultat ou soins même sans garanties ? Egalement.DROIT DES CONTRATS du 30 avril 2003 (civile 3ème. Par exemple. puisqu’il n’y a pas de certitude d’obtention du résultat. Cette idée s’applique dans le droit des contrats et la responsabilité contractuelle est la technique qui met en œuvre cette idée dans le droit des contrats. un contrat de vente sur une chose ordinaire (la délivrance de la chose constitue un résultat certain). On dit que dans une vente. l’obligation ne peut être qu’une obligation de moyen (ex : le médecin). Ou bien le résultat espéré est aléatoire et dans ce cas. Dans cet arrêt. Cela s’oppose aux obligations de résultat dans lesquelles le débiteur garantit l’obtention du résultat. l’obligation du vendeur de délivrer la chose est une obligation de résultat renforcée. Le critère traditionnel est l’aléa. le débiteur couvre toutes les causes d’inexécutions y compris celles de la force majeure. Cette une obligation à propos de laquelle la responsabilité du débiteur est engagée si le résultat n’est pas obtenu mais le débiteur peut se dégager de sa responsabilité s’il parvient à prouver que l’absence d’obtention du résultat n’est pas liée à sa faute. L’obligation de moyen est l’obligation par laquelle le débiteur s’engage à apporter toutes les diligences attendues en vue d’obtenir un résultat espéré. il suffit d’anéantir le contrat pour la période durant laquelle le contrat n’a pas été correctement exécuté. Mais c’est une rétroactivité qui est de portée limitée. il faut établir 3 choses : une faute. information et conseil). Ce modèle devrait permettre de classifier toutes les obligations issues des contrats. s’il s’agit d’une obligation de résultat. Le débiteur conserve la possibilité de s’exonérer de sa responsabilité en prouvant un cas de force majeure. dans les obligations accessoires (sécurité. Il s’agissait d’un contrat de bail. Mais le résultat peut au contraire être certain (il y a très peu d’aléas dans l’obtention du résultat). 1. III) La responsabilité contractuelle : Mécanisme juridique d’une grande complexité. La Cour de cass ne fait pas remonter la rétroactivité au jour de la conclusion du contrat mais au jour de l’inexécution de l’obligation à l’origine de la résolution. On pourra ajouter 2 autres catégories : des obligations de moyens renforcées ou des obligations de résultats atténués.la faute contractuelle (obligations de moyens et obligations de résultat) C’est l’inexécution du contrat. On demande l’indemnisation de la victime. dans le contrat médical. un dommage ou préjudice et enfin un lien de causalité. cette inexécution peut être difficile à établir lorsqu’il y a une incertitude sur le contenu ou sur l’intensité des obligations contractuelles. Mais. Le résultat n’est qu’espéré (aucune garantie de l’obtention du résultat). A) Les principes : Pour mettre en jeu la responsabilité contractuelle comme pour mettre en jeu n’importe quel type de responsabilité. L’inexécution du contrat est une faute.

le notaire est tenu d’une obligation d’information et de conseil qui va très loin. elles décident de s’engager sur l’accomplissement de toutes diligences. La prise de risque constatée dans les sports dangereux rend l’obligation également de moyen. Tout dépend de ce que les parties ont voulu. il faut définir profession par profession et même parfois contrat par contrat. la victime de l’inexécution ne peut réclamer l’indemnisation que d’un seul chef de préjudice. En effet. la victime peut réclamer l’indemnisation de 2 chefs de préjudice. Pour les obligations accessoires. Le banquier doit mettre en garde l’emprunteur profane à l’égard des risques financiers que lui fait courir l’emprunt qu’il contracte. les parties s’engagent sur une obligation de résultat. . Dans cette hypothèse. la solution la plus simple consiste à distinguer entre les obligations principales et les obligations accessoires. Cette pratique est tempérée par l’assurance de responsabilité des professionnels qui prend en charge cela. 2. a tendance à devenir une obligation de résultat. elle peut réclamer une exécution en équivalent cad une somme d’argent correspondant au prix d’une prestation informatique qui fonctionne. Elle peut tout d’abord demander l’exécution en équivalent de la prestation inexécutée. Pour les obligations de sécurité. la distinction entre moyen et résultat présente plus de pertinence. Les principales sont celles négociées par les parties et qui constituent l’objet du contrat. S’il y a un droit à la sécurité. Ces obligations sont en effet greffées sur le contrat donc elles procèdent d’un forçage du contrat (elles n‘ont pas été voulues et on ne peut pas en définir l’intensité au regard des intentions des parties). une société a acquit un logiciel informatique destiné à reconfigurer sa comptabilité. Il serait excessif de poser que l’obligation d’information et de conseil constitue une obligation de résultat. Elle peut également demander l’indemnisation des conséquences dommageables de l’inexécution. Elle pourra aussi obtenir l’indemnisation des conséquences dommageables de l’inexécution cad le préjudice économique subi du fait du disfonctionnement de la comptabilité. Pour définir concrètement. l’obligation de sécurité.le préjudice Pour identifier le préjudice qui justifie une action en responsabilité contractuelle. de l’ensemble des obligations des contrats. Le système ne fonctionne pas. elles sont à peu près toutes de résultat. Dans cette hypothèse. Si l’aléa est faible. Par exemple. il existe les obligations de sécurité et les obligations d’information et de conseil. Pour les obligations d’information et de conseil.la victime de l’inexécution exerce une action en responsabilité contractuelle à titre principal Elle ne demande ni l’exécution ni la résolution forcée mais qui se contente de réclamer une indemnisation du préjudice subi en raison de l’inexécution du contrat.DROIT DES CONTRATS L’identification d’une faute source de responsabilité contractuelle dépendrait de la classification. Lorsque l’aléa est évident. la distinction entre moyen et résultat manque ici de pertinence. quelque soit l’aléa. il faut distinguer 2 situations : .l’action en responsabilité contractuelle est exercée à titre accessoire La victime de l’inexécution a exercé une action en exécution forcée ou encore une action en exécution. cette obligation est destinée à faire en sorte que le créancier de cette obligation soit pleinement satisfait par le contrat qu’il conclue. Les obligations principales sont de moyen ou de résultat selon ce que les parties ont voulu. C’est une vision théorique qui donne d’assez bons repères mais cette vision reste un peu simpliste. Dès lors qu’il y a une participation active de la victime dans la survenance du préjudice. Si la société agit en responsabilité contractuelle à titre principale. En plus de l’une ou l’autre de ces actions. Elle peut demander l’indemnisation des conséquences dommageables de l’inexécution mais ne peut pas demander l’équivalent monétaire de la prestation inexécutée. C’est ce qu’on constate en pratique pour les professionnels. Pour les obligations accessoires. l’obligation est de moyen.  Solution pratique : En pratique. Si la victime demande l’exécution forcée plus les Page 61 . L’obligation d’obligation et de conseil n’a de sens que si l’on définie précisément quelles informations et quels conseils sont dus au bénéficiaire. dans la catégorie obligation de moyen ou obligation de résultat. Par exemple. elle demande des dommages et intérêts au titre de la responsabilité contractuelle de l’auteur de l’inexécution.

La clause limitative ou exonératoire (ou encore élisible) de responsabilité est privée d’efficacité en cas de faute dolosive. Il n’y a pas de définition précise de la faute lourde. clauses qui ont pour objet de limiter voire d’exclure la responsabilité du débiteur auteur d’une inexécution. On peut considérer que le préjudice est directement causé par l’inexécution si celle-ci est exclusivement à l’origine de ce préjudice. il faut distinguer entre 2 types de clauses : les clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité au sens stricte et les clauses dites sur le montant de la réparation. Les nuances ne privent pas la clause de validité mais amènent à limiter son efficacité. raisonnait sur un troupeau de vaches. Le principe est que de telles clauses sont licites (arrêt de la Chambre commerciale du 23 novembre 1999). L’art 1151 du CCiv dit que le préjudice indemnisable doit avoir été directement causé par l’inexécution du contrat. L’art. Les unes et les autres ne sont pas soumises au même régime. Ce principe de licéité comporte cependant des exceptions et des nuances. 3. au titre des dommages et intérêts. qu’il présente un lien avec l’inexécution du contrat. Si la victime demande une résolution. En revanche. Potier. Elle peut obtenir également l’indemnisation des conséquences dommageables de l’inexécution.  les clauses exonératoires et limitatives de responsabilité : Ce sont des clauses qui limitent ou exonèrent le débiteur de sa responsabilité. Une telle clause est nulle dans les contrats avec les consommateurs car dans ce cas elle est considérée comme une clause abusive. la jurisprudence irait jusqu’à dire que la faillite représente un préjudice direct aussi. Le préjudice direct est la contamination du troupeau. Ceci revient à poser la question de la validité des clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité. 1184 s’oppose résolument à ce cumul : « la victime de l’inexécution peut demander ou bien l’exécution ou bien la résolution et des dommages et intérêts ». La seconde nuance est la faute lourde assimilée à une faute dolosive. elle peut obtenir à ce titre la restitution du prix versé. Enfin. ce sont toutes les clauses qui limitent la responsabilité du débiteur en raison d’une atteinte corporelle que causerait l’inexécution d’une obligation du contrat (ex : est nulle la clause qui dispense le professionnel de son obligation de sécurité dès lors qu’elle est appliquée à la personne des parties au contrat car introduire une clause limitative de responsabilité sur le dommage corporelle revient à conclure une convention qui a pour objet au moins indirectement le corps humain or on ne peut contracter sur le corps qui est un objet indisponible). Quand y a-t-il un lien ? Il n’y a en droit pas de notion plus incertaine que le lien de causalité.portée de la responsabilité La question de la portée de la responsabilité contractuelle est de savoir dans quelle mesure les parties peuvent par voie de convention déroger aux règles relatives à la responsabilité contractuelle. ces derniers égalent l’indemnisation des conséquences dommageables de l’inexécution et ne sont pas égaux à l’exécution en équivalent. est également illicite une telle clause dès lors qu’elle porte sur une obligation essentielle du contrat. B) Facteurs de complication : 1. la victime ne peut pas obtenir l’exécution en équivalent car ce serait demander à la fois la résolution et l’exécution forcée en équivalent du contrat. La faute est dolosive lorsqu’elle est intentionnelle cad lorsque le refus d’exécuter le contrat est délibéré.DROIT DES CONTRATS dommages et intérêts.le lien de causalité Pour que le préjudice soit indemnisable. il faut qu’il ait été causé. Par exception. Page 62 . au XVIIIème siècle. Aujourd’hui. Pour aborder cette question. Il n’y a plus de préjudice direct à partir du moment où d’autres causes concourent à la survenance du préjudice. c’est une faute d’une gravité telle qu’elle confine à la faute dolosive. Restent valable toutes les clauses limitatives de responsabilité dans les contrats conclus entre professionnels et qui ne portent pas sur une obligation essentielle du contrat. Un agriculteur achète une vache malade qui décime son troupeau et entraine sa faillite.

cela veut dire que les clauses qui aménagent la responsabilité et qui sont incluses dans le contrat inexécuté. Si on considère que l’action de la victime est une action en responsabilité contractuelle. Mais en contrepartie de ce principe de licéité. L’objet de ces clauses n’est aucunement de limiter la responsabilité. On dit que la clause pénale a une fonction comminatoire. Il existe aussi des clauses qui prévoient une indemnisation qui est déconnectée du préjudice réellement subi par la victime de l’inexécution.  les groupes de contrats (thèses en présence . Les clauses pénales sont parfaitement licites et leur licéité résulte de 2 textes : art. Cette interprétation peut donner lieu à 2 types de clauses. On peut dire que la clause pénale est une astreinte ayant un fondement contractuel. cette responsabilité s’appelle la responsabilité délictuelle. Cette distinction se complique au contact d’une hypothèse pratique récurrente. on fait appelle à un maître de travaux pour refaire la maison. La clause indique qu’en cas d’inexécution. Lorsqu’il y a lieu à responsabilité en dehors de l’inexécution d’un contrat.domaine de la responsabilité La responsabilité contractuelle vient sanctionner l’inexécution d’un contrat. La victime de l’inexécution du contrat ne sera pas le cocontractant direct de l’auteur de l’inexécution. Ces clauses ont pour objectif de pénaliser l’auteur de l’inexécution et non pas de réparer le préjudice subi par la victime de l’inexécution. On dit que « ces clauses n’ont pas pour objet la fixation du montant de la réparation. Ces clauses peuvent avoir pour objet de plafonner et donc de limiter le montant de l’indemnisation en cas de responsabilité. elle constitue une incitation pour le débiteur à respecter ses engagements. Par exemple. Autrement dit. on les désigne comme constituant des clauses pénales. l’électricien.DROIT DES CONTRATS Lafayrière disait que la faute lourde est la faute dont on dit « il l’a fait exprès » (sous-entendu que c’est tellement énorme qu’il n’a pas pu ne pas le faire exprès).  les clauses sur le montant de la réparation : Dans beaucoup de contrats. dans ce cas c’est une responsabilité contractuelle. L’électricien fait mal son boulot. cela veut dire que ces clauses sont opposables à la victime de l’inexécution. Le régime de la responsabilité contractuelle peut être aménagé conventionnellement. la clause est en fait un moyen de limiter la responsabilité du débiteur. la solution est plus favorable à la victime. on fait abstraction de toutes les clauses qui aménagent la responsabilité Page 63 . Ou bien la faute résulte de l’inexécution d’un contrat et elle est invoquée entre parties d’un contrat. La question du domaine de la responsabilité contractuelle est celle de savoir jusqu’où une responsabilité est soumise à la responsabilité contractuelle et à partir de quand elle sera soumise à la responsabilité délictuelle. Ces clauses. ce sont des clauses qui prévoient une indemnisation d’un montant supérieur au préjudice réellement subi du fait de l’inexécution. dans un contrat. solutions) Comment faire la différence entre responsabilité contractuelle et délictuelle? L’intérêt est de l’application ou non des clauses contractuelles relatives à la responsabilité. Ou bien la faute ne résulte pas de l’inexécution d’un contrat et dans ce cas. La clause ne limite pas formellement la responsabilité de l’une ou l’autre des parties. le juge peut diminuer le montant des pénalités prévues par le contrat. elle donne lieu à une responsabilité délictuelle. Cette clause pénale introduit une peine privée. 100 euros à payer par jour de retard dans l’exécution. Dans ce cas. elles ont au contraire pour objet la fixation du prix de l’inexécution ». la responsabilité de l’auteur de l’inexécution donnera lieu à une indemnisation dont le montant est d’ors et déjà fixé. le juge dispose d’un pouvoir modérateur. Cette hypothèse est celle dite des chaines ou des groupes de contrat. La faute qui est la marque d’une incompétence avéré sera en principe considérée comme une faute lourde (la faute d’un professionnel qui aura méconnu les normes les plus élémentaires de sa profession). il existe des clauses qui viennent fixer le montant des compensations dues en cas d’inexécution. 1152 et 1226 du CCiv. Cette clause limitative de responsabilité déguisée est soumise aux règles énoncées ci-dessus. 2. Par exemple. Si on applique la responsabilité délictuelle. En cas d’inexécution.

Nous avons une faute qui consiste en l’inexécution du contrat mais entre l’auteur et la victime il n’y a pas de contrat donc il y a responsabilité délictuelle. Il reste que jusqu’à ce jour. Entre la victime de l’inexécution et l’auteur de l’inexécution. elle est claire. Soit au contraire il n’y a pas de chaine translative de propriété et alors. il se soumette au régime de responsabilité prévu par ce contrat. Parce que dans cette situation. le régime est celui de la responsabilité contractuelle. il n’y a pas de lien contractuel. on facilite considérablement la preuve de la faute. lorsqu’on permet au tiers de se plaindre de l’inexécution. L’analyse traditionnelle consiste à faire référence au principe de l’effet relatif des conventions. Une chaine translative de propriété veut dire que le groupe de contrat est en réalité constituée d’une suite de contrats au cours de laquelle la propriété d’un même bien est transférée d’une partie à l’autre (ex : une succession de ventes).DROIT DES CONTRATS contractuelle. En revanche. Or. la preuve de la faute est très largement facilitée pour le tiers. il y a une certaine cohérence à ce que. si le tiers est autorisé à se plaindre de l’inexécution d’un contrat. le régime de la responsabilité est défini par les règles de la responsabilité délictuelle. dans cette hypothèse. ce principe n’interdit pas à un tiers de se plaindre de l’inexécution d’un contrat qu’il n’a pas conclu. Si on appliquait rigoureusement le régime de la responsabilité délictuelle. il faudrait que le tiers prouve une faute détachable du contrat (opération lourde. la décision n’a pas été remise en cause car elle a essentiellement un mérite. difficile). entre tous les membres de la chaine. En revanche. auquel il n’est pas partie. Le principe de l’effet relatif interdit à un tiers de réclamer l’exécution à son profit d’un contrat. La solution de la jurisprudence repose sur une distinction qui résulte de l’arrêt « Besse » du 12 juillet 1991. Page 64 . La solution consiste à distinguer entre 2 types de groupes de contrats. Cette distinction est régulièrement critiquée. Soit le groupe de contrats constitue une chaine translative de propriété et alors.