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SIDA et
développement
durable
Vérités, inconnues et idées fausses sur le SIDA

Le SIDA, cette terrible maladie, est mal


connue du grand public. Et même parfois des
médecins. Au début de sa découverte, vers
1983, des idées farfelues ont circulé à son
sujet. Un quart de siècle plus tard, on a réalisé
des progrès extraordinaires sans qu’on puisse
encore fabriquer de vaccin.

Laurent Minguet
Janvier 2009
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Q
uel rapport entre SIDA et développement durable? La sexualité fait
partie de la panoplie de nos besoins de base, de même que la
procréation. Est-il possible de les satisfaire sans compromettre la
satisfaction des besoins des générations futures si l’épidémie prolifère?

Il s’agit bien d’un débat qui doit être examiné sous la loupe du
développement durable à l’instar de l’énergie ou de la production de
nourriture, avec la rigueur scientifique d’usage et en laissant nos tabous
au vestiaire.

Le SIDA, c’est quoi?

Sans faire de cours de médecine, rappelons les principes de base de cette


maladie.

Le SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise) est une dépression du


système immunitaire qui rend le sujet nettement plus vulnérable aux
maladies opportunistes ainsi qu’aux cancers ou à l’insuffisance rénale, par
exemple. Il se manifeste d’abord par des pertes de poids, des infections
des voies respiratoires puis des diarrhées ou des fièvres inexpliquées
pendant plus d’un mois, voire une tuberculose. Enfin, au stade clinique le
plus sévère, le patient peut être atteint du sarcome de Kaposi ou de
toxoplasmose cérébrale.

Ces stades sont assez bien corrélés avec une diminution du taux de
lymphocytes T (CD4), normalement compris entre 700 et 1.100 unités par
mm³ dans un système immunitaire sain.

En dessous de 350, commencent les premiers symptômes. En dessous de


200, le patient est dans un état de SIDA avancé qui conduit à la mort.

Le SIDA, maladie virale

C’est le rétrovirus VIH (virus de l’immunodéficience humaine) qui est


responsable du développement de la maladie. Il provient du VIS (virus de
l’immunodéficience du singe). Il existe plusieurs formes de virus qui
mutent régulièrement.

Une à six semaines après la première infection, le VIH prolifère


rapidement jusqu’à un million de copies virales par millilitre de sang. Le
taux de CD4 diminue à 500. Quelques symptômes banals peuvent se
déclarer: fièvre, céphalée, asthénie, ulcérations des muqueuses, éruption
cutanée…
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L’organisme réagit alors pour diminuer le nombre de copies le plus


souvent en dessous de 30.000 copies par millilitre, cela en deux à trois
semaines, et les symptômes disparaissent.

Mais pas le virus. Il prolifère à nouveau lentement pendant plusieurs


années durant lesquelles le taux de CD4 diminue jusqu’aux
développements des symptômes généraux puis des maladies
opportunistes. L’état infectieux est appelé séropositivité.

Modes de transmissions

Le VIH est présent dans le sang mais aussi dans les sécrétions comme le
sperme.

Il se transmet donc quand du sang ou du sperme d’une personne infectée


sont en contact avec le système sanguin d’un sujet sain, par une blessure
ou une plaie ouverte. Il se transmet aussi plus facilement au travers de
muqueuses malsaines.

La transmission est favorisée quand le système immunitaire du patient est


affaibli, notamment par l’usage de drogues.

Contrairement à ce qu’on croyait dans les années 80, le VIH n’est pas
présent dans la salive et ne se transmet pas en embrassant ou en buvant
au même verre qu’une personne infectée, à l’inverse de la mononucléose,
par exemple. De même le virus ne se transmet pas au contact de la peau,
comme la lèpre ou le choléra, ni par voie aérienne comme la grippe.

Il est sensible aux températures supérieures à 60°C et meurt rapidement


en dehors du corps humain. Ainsi, le VIH ne se transmet pas par piqûres
de moustiques qui le digèrent, contrairement au parasite du paludisme ou
au virus de la fièvre jaune.

La transmission de sang contaminé par injection, lors d’une transfusion ou


l’utilisation d’une seringue, infecte le receveur mais le virus meurt aussi
rapidement à température ambiante et est rapidement détruit par des
désinfectants comme l’alcool ou le chlore. Des seringues à usage unique
permettent donc de limiter fortement ce risque de contamination.

D’après l’OMS, la probabilité de transmission par acte sexuel varie de 0,03


à 0,07% dans le cas de rapport vaginal réceptif, de 0,02 à 0,05% dans le
cas de rapport vaginal insertif, de 0,01 à 0,185% dans le cas de rapport
anal insertif, et de 0,5 à 3% dans le cas de rapport anal réceptif.
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En moyenne donc, la transmission par voie vaginale est de 1/3500 pour


l’homme si la femme est séropositive, et de 1/2500 pour la femme si
l’homme est séropositif. Encore faut-il que les muqueuses des organes
soient saines. Des infections comme l’herpès ou la syphilis augmentent
fortement le risque de contagion. On notera aussi qu’un homme circoncis
a moins de chance d’être infecté.

La transmission par rapport anal insertif est de 1/1000 et augmente à


1/50 pour un rapport réceptif avec une personne infectée. Cela explique la
progression rapide de la maladie dans la communauté homosexuelle
masculine surtout chez ceux qui fréquentent de nombreux partenaires.

Les statistiques sont très influencées par le degré d’infection du


partenaire. Ainsi, un sujet VIH positif juste au-dessus du seuil de
détection de 50 à 200 copies par millilitre est nettement moins
contaminant qu’un malade du SIDA dont le taux de copies peut dépasser
1.000.000 par millilitre.

La probabilité de contamination par voie buccale en contact avec les


sécrétions est quasi nulle.

Une mère séropositive risque environ une fois sur cinq de transmettre son
infection en enfantant. Des techniques médicales préventives et
notamment un accouchement par césarienne permet de diminuer ce
risque à moins d’un pour cent.

Prévention et traitement

Il n’existe actuellement pas de vaccin après plus de vingt années de


recherche.

Parmi les populations de type caucasien, il existe environ 1% d’individus


dont la génétique les immunise contre le VIH.

De même, on constaterait qu’environ 5% des prostituées brésiliennes en


contact quotidien avec le VIH semblent développer une immunité qui
retombe cependant rapidement si elles interrompent leurs pratiques. Ces
populations paradoxales suscitent des espoirs de vaccin, dont la mise au
point risque cependant d’être trop longue. De plus, ces hypothèses sont
très controversées.

Contrairement à une infection classique comme la rougeole, par exemple,


l’incubation du SIDA dure plusieurs années et les symptômes sont loin
d’être aussi visibles.
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Il est aussi difficile de réaliser des tests sur des populations cobayes
saines sans compromettre les règles d’éthique.

Le virus du SIDA mute rapidement à l’instar de celui de la grippe. Cela


complique également la mise au point d’un vaccin.

Un usage correct du préservatif lors des rapports sexuels diminue les


risques de transmission à plus de 99% mais une mauvaise utilisation fait
retomber cette statistique à 90% (à l’instar de la couverture
contraceptive).

La multithérapie permet de traiter une personne malade du SIDA en


faisant remonter son taux de CD4 au-delà de 500 par mm³. La personne
infectée ne présente plus les symptômes de sa maladie moyennant un
traitement financièrement coûteux et non neutre pour l’organisme, mais
elle reste séropositive. Le risque de transmettre la maladie à un sujet sain
diminue.

Epidémiologie mondiale

D’après le programme ONUSIDA, il y aurait environ 33 millions de


personnes infectées par le VIH dans le monde dont plus de 30 millions
dans les pays en développement. La maladie contamine 2,5 millions de
personnes par an dont 1,7 million rien qu’en Afrique subsaharienne.

Les habitants de nombreux pays en voie de développement n’ont pas


accès aux traitements, trop coûteux. Pour une personne qui gagne moins
de 2€ par jour, même le préservatif est trop cher. De plus, son usage est
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souvent interdit par conviction religieuse. Les gouvernements manquent


souvent de moyens ou de volonté politique pour informer les populations.

En Afrique subsaharienne, berceau du virus où il est apparu


vraisemblablement au début du 20e siècle, la pandémie s’est étendue à 22
millions de personnes.

L’Afrique du nord et le Moyen-Orient comptent moins de 400.000


personnes infectées.

Ainsi, l’Afrique dénombre environ 22,5 millions de personnes contaminées


sur 960 millions soit 2,3% en moyenne avec d’énormes différences d’un
pays à l’autre.

Le tourisme sexuel est responsable de 4,8 millions de personnes infectées


en Asie sur 4 milliards de personnes soit un peu plus d’une personne sur
mille.

L’Europe occidentale dénombre 760.000 personnes infectées sur 437


millions, soit un peu moins de deux personnes sur mille.

Enfin, en Amérique latine, il y a 1,6 millions de personnes infectées sur


580 millions, soit un peu moins de trois pour mille.

En Amérique du nord, on compte 1,3 millions de personnes infectées sur


342 millions, soit un peu moins de quatre pour mille.

Parmi les gens infectés, on compte 40% d’hommes et 60% de femmes.


Cette disproportion s’explique par le mode de transmission qui est plus
élevé pour les rapports réceptifs.

Les communautés à risque dans les pays développés

Les statistiques de transmission permettent d’expliquer les écarts


importants de personnes infectées dans les communautés à risque.

Alors que la maladie n’était pas connue, début des années 80, les
transfusions au sang contaminé entraînaient très souvent une infection.
Aujourd’hui, ce danger est éliminé car les donneurs sont
systématiquement analysés.

Les toxicomanes qui pratiquent l’échange de seringues mal désinfectées


augmentent le risque de transmission par intraveineuse.
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Comme nous l’avons vu, la communauté homosexuelle/bisexuelle est


particulièrement affectée.

Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne constituent aussi une


communauté à risque.

Statistiques en Belgique

D’après l’Institut scientifique belge de santé publique, voici la situation au


31 décembre 2007.

Depuis le début des statistiques en 1986, 20.007 personnes ont été


recensées séropositives. Depuis 2003, il y a en moyenne 1000 cas
nouveaux par an.

Il est vraisemblable qu’il en existe environ 500 de plus qui n’ont pas
encore été dépistés. En effet, environ 50 personnes par an découvrent
leur séropositivité lors du diagnostique du SIDA. Ils proviendraient de 500
personnes infectées qui l’ignorent, avec une incubation moyenne de 10
ans.

Parmi les 20.007 personnes recensées séropositives, 3769 ont été


diagnostiquées malades du SIDA.

Dans les deux cas, il faut décompter les personnes identifiées mais
décédées ou émigrées.

Il n’est donc pas évident d’estimer le nombre de personnes séropositives


en Belgique à moins de procéder à des tests statistiques sur un grand
nombre de résidents au hasard.

André Sasse de l’Institut scientifique de santé publique pense qu’il y aurait


environ 12.000 personnes infectées résidentes en Belgique.

En étudiant les statistiques de dépistage entre 2000 et 2006 (lire


« Combien de séropositifs en Belgique ? »), on peut alors estimer que
48% de cette population contaminée, soit 5763 personnes proviennent
d’Afrique subsaharienne où la maladie est largement plus répandue.
Sachant qu’il y a environ 60.000 résidents d’origine subsaharienne en
Belgique, environ 10% d’entre eux seraient séropositifs.

Environ 25% des 12.000 séropositifs belges, soit près de 3000 personnes,
feraient partie de la communauté homosexuelle/bisexuelle -leur nombre
est en augmentation. En supposant que 3% de la population masculine
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belge forment une communauté de 150.000 homo/bisexuels, 2% seraient


infectés.

Les contaminations par transmission intraveineuse (transfusion,


toxicomanie) et mère-enfant à l’accouchement seraient inférieures à 2%,
soit moins de 250 personnes.

Seuls 8% des personnes infectées, soit environ 1000 personnes, ne font


partie d’aucun de ces groupes à risque et forme ce qu’on peut appeler le
« groupe neutre ». En Belgique, il y a environ 10 millions de personnes
qui ne font pas partie de la communauté homo/bisexuelle ou
subsaharienne ou toxicomane. Parmi cette communauté, seulement
0,01% des personnes seraient infectées, soit environ 400 hommes et 600
femmes.

Une chance sur 30 millions

Le risque zéro n’existe pas mais supposons qu’un homme sain ait une
relation vaginale non protégée avec une femme de la communauté neutre
qui a donc une occurrence sur 8000 d’être séropositive. Le risque d’être
contaminé est d’environ 1 sur 30 millions soit moins que le risque
d’attraper le cancer si une personne fume une seule cigarette à côté de
vous ou bien celui de mourir en parcourant 1 km à vélo.

Une femme saine qui a un rapport vaginal avec un homme de la


communauté neutre a la même probabilité d’être infectée. En admettant
qu’il puisse faire partie de la communauté homo/bisexuelle (3000 sujets
infectés supplémentaires), la probabilité est d’environ 1 sur 4 millions.

Le danger d’un rapport anal réceptif avec ce même partenaire bondit à 1


sur 73.000 soit environ le risque de décéder d’une chute durant les 30
prochains jours.

Dans tous ces cas de figures, il y a un écart entre la crainte de la maladie


et le danger réel. Celui-ci a été véhiculé par des films dans les années 80
ainsi que des campagnes de sensibilisation nécessaires mais
volontairement non nuancées.

En effet, ces campagnes d’information et de prévention ne pouvaient se


permettre de préciser ces statistiques extrêmement discriminantes qui
auraient pointé du doigt les personnes d’origine subsaharienne, les
homosexuels et les toxicomanes.
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Bien entendu, la majorité de la population de ces communautés n’est pas


infectée par le VIH. Simplement le risque qu’elle ne le soit pas est plus
important que dans la communauté neutre.

Il n’est donc pas utile de se faire un sang d’encre au moindre déchirement


de préservatif voire si on oublie sporadiquement de se protéger. Un test
de VIH vous rassurera définitivement dans l’immense majorité des cas.

On objectera qu’il vaut mieux ne pas jouer avec la chance et systématiser


l’usage du préservatif puisqu’il diminue davantage le risque.

C’est vrai mais le risque est notre quotidien. Pourquoi la voiture, le cheval,
le vélo, le ski, la consommation d’alcool ou de nourriture moins
diététiques? Nous pratiquons chaque jour une balance d’intérêt entre le
danger et le plaisir procuré par ces pratiques. Encore faut-il être bien
informé des statistiques pour réaliser le juste équilibre de cette balance
d’intérêt.

Dans le cas du SIDA, certains peuvent éprouver un plaisir moindre à


l’utilisation du préservatif ou trouver que «mettre des gants» de crainte
d’être infecté par son partenaire casse l’image d’Epinal de la relation
amoureuse.

Il semble en tout cas indispensable que chacun se prête au dépistage du


VIH afin de savoir s’il peut contaminer ou non son partenaire en cas de
rapports non protégés. D’autant plus qu’il existe aujourd’hui des thérapies
pour traiter la maladie ou la prévenir ainsi que pour diminuer la virulence
de la personne infectée.

Une personne séropositive peut avoir une vie sexuelle normale à condition
de systématiser l’usage du préservatif.
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Statistiques dans le monde

Les taux de séropositivité varient fort d’un pays à l’autre. Il faut


cependant relativiser la probité des chiffres puisque les dépistages ne sont
jamais systématiques et que les techniques statistiques augmentent la
probabilité d’erreur.

Au Sénégal, par exemple, le taux n’est que de 1% alors qu’il grimpe à 7%


au Congo où le SIDA a été identifié la première fois en 1959.

En 1992, l’Ouganda subissait un taux de séropositivité de 30%. Grâce à


une campagne de sensibilisation en encourageant l’usage systématique du
préservatif le taux de prévalence est retombé à 6% en 2004.

Par contre, le gouvernement sud africain a nié la relation de cause à effet


entre le VIH et le SIDA ainsi que son mode de transmission par voie
sexuelle. Pour eux, c’était une invention des pays occidentaux pour
discriminer les populations africaines. En quelques années, le taux de
séropositivité a grimpé à 30%.

Le futur n’est pas maintenant

Le vaccin contre le SIDA risque de se faire attendre longtemps encore,


contrairement aux traitements. Quand bien même celui-ci existerait, il
faudrait encore l’administrer aux milliards d’humains les plus concernés
mais aussi les plus pauvres.

Faudra-t-il admettre que la maladie tue des millions de personnes chaque


année comme le paludisme faute de moyens financiers et humains pour le
soigner?

Peut-être aussi l’espèce humaine va-t-elle réagir par darwinisme et


évoluer vers une résistance accrue à ce rétrovirus. Ainsi, la population
simiesque a-t-elle évolué vers plus de résistance, et vit aujourd’hui sans
être particulièrement menacée avec le VIS sans avoir pratiqué ni
prévention ni traitement bien évidemment.

La discrimination est injustifiable

Dans l’état actuel des connaissances, il est cependant clair que la


discrimination à l’égard des personnes contaminées ne se justifie
absolument pas. La probabilité de contagion en dehors des pratiques
sexuelles étant quasi inexistante, infiniment moindre que celle d’attraper
une grippe – 220.000 morts en 2007 dans l’Union européenne – ou de
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développer un cancer en présence de fumeurs. Il serait excessif d’interdire


l’accès d’un séropositif dans un groupe sain (bureau, école, centre de
loisirs…).

Il faudra cependant encore des années pour que la population abandonne


ce réflexe d’exclusion à l’égard des séropositifs tant nous avons été mis en
garde depuis 25 ans contre cette maladie paradoxale, à la fois très peu
contagieuse mais très mortelle dans le monde, surtout dans le tiers-
monde.

Laurent Minguet 

Références:

- Belgique, ISSP, Epidémiologie du SIDA et de l’infection à VIH en


Belgique (31 décembre 2006).
- Belgique, ISSP, Le VIH/SIDA en Belgique (31 décembre 2007).
- France, INED, Populations en chiffres.
- Belgique, Office des étrangers, Statistiques, Population
étrangère/Royaume par nationalité (2 janvier 2009).
- Wikipedia, SIDA.
- Discussions avec Michel Moutschen (Université de Liège) et André
Sasse (ISSP/OMS).
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Combien de séropositifs en Belgique ?


Estimation du nombre de séropositifs en Belgique

Belges entre 2000 et 2006

corr. homo-bi

total H-F
HOMME

FEMME
total H

total F
00-
00-02 03-05 06 00-06 00-02 03-05 06 06 % absolus
488 634 272 1.394 105 112 48 265 1.659 35% 100% 4.159
Homo-bi 65% 315 70% 442 74% 202 959 1.177 0,0% 0 0,0% 0 0,0% 0 0 1.177 25% 71% 2.951
Hétéro 30% 144 26% 166 24% 64 374 156 87% 91 88% 98 94% 45 234 390 8,1% 24% 978
Drogue I.V. 4,1% 20 3,7% 23 1,8% 5 48 6,7% 7 8,0% 9 0,0% 0 16 64 1,3% 3,9% 161
Transfusion 1,2% 6 0,3% 2 0,0% 0 8 3,8% 4 3,6% 4 4,2% 2 10 18 0,4% 1,1% 45
Mère enfants 0,6% 3 0,2% 1 0,4% 1 5 2,9% 3 0,9% 1 2,1% 1 5 10 0,2% 0,6% 26

Belges+étrangers 1.091 1292 496 2.879 809 884 215 1.908 4.787 100% 12.000

Etrangers 603 658 224 1.485 704 772 167 1.643 3.128 65% 100% 7.841
Subsahara 48% 73,5% 5.763

En jaune figurent les statistiques données par l’Institut résidents confondus (belges + étrangers) pour trois
scientifique de santé publique (ISSP) pour les périodes entre 2000 et 2006.
résidents belges, hommes et femmes, ainsi que tous
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Le nombre d’hommes ayant contracté le virus par voie Comme l’ISSP nous livre le nombre total de Belges
hétérosexuelle (374) semble trop élevé par rapport à infectés entre 2000 et 2006 (1659) ainsi que le
celui des femmes (234). En effet, la transmission par nombre total de résidents belges et étrangers infectés
voie hétérosexuelle devrait plutôt faire apparaitre une sur la même période (4787). On en déduit qu’il y a
statistique 60%-40% à majorité féminine comme on 3128 résidents étrangers infectés dont 73,5%
observe dans les communautés où le taux d’origine subsaharienne.
d’homosexualité est négligeable. Si le nombre des
femmes est correct, on en déduit que celui des Si on estime à 12.000 le nombre total de résidents
hommes est de 156 au lieu de 374. La différence infectés et qu’on admet que la proportion des groupes
(218) serait alors le nombre d’hommes qui ont été reste constante, on en déduit leur effectif respectif :
infectés à la suite d’un rapport homosexuel mais qui 4159 pour les belges dont 2951 homosexuels, 978
n’ont pas osé l’avouer. Nous avons donc ajouté ce hétérosexuels, 161 drogués par intraveineuse, 45
nombre aux 959 qui ont reconnus avoir été contaminé transfusés et 26 transmissions par la mère lors de
par des rapports homosexuels. l’accouchement.

Il est intéressant de constater que le groupe des Il y aurait donc 7841 résidents étrangers infectés dont
transmissions par accouchement ou transfusion 5763 d’origine subsaharienne.
sanguine comporte un nombre similaire d’hommes et
de femmes (en vert), ce qui conforte les statistiques. Il est certain qu’il y a une marge d’erreur dans ces
statistiques extrapolées mais elles nous donnent un
Comme il y a 48 hommes infectés par prise de drogue ordre de grandeur réaliste des principaux groupes :
intraveineuse (75%) contre seulement 16 femmes subsaharien, homosexuel et neutre. L.M.
(25%), on peut en déduire qu’il y a trois fois plus de
drogués chez les hommes que chez les femmes.