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MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION DE MOLDOVA

UNIVERSITÉ D’ÉTAT « B. P. HASDEU » DE CAHUL

FACULTÉ DE PHILOLOGIE ET HISTOIRE

CHAIRE DE PHILOLOGIE FRANÇAISE

SUR L’ANALYSE DU TEXTE

POUR LES ETUDIANTS

DE LA I-IV ANNÉE

Auteur : Ghenciu Maria

Cahul, 2010

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■Les termes utilisés sont recherchés, sinon rares, tout comme les temps verbaux (ex : l'imparfait du subjonctif), la syntaxe se caractérise par de nombreuses subordonnées enchaînées dans des phrases très chevillées.

■Les expressions sont souvent des allusions culturelles (ex : les

«Diafoirus

jargonneur imaginé par Molière dans

de

l'économie»

est

une

allusion

au

célèbre

charlatan

Tous ces éléments sont en fait mis au service d'un effet.

Exemple : «Qu'est-ce que cent ans ? Qu'est-ce que mille ans puisqu'un seul moment les efface ? Multipliez vos jours ; durez autant que ces grands chênes sous lesquels nos ancêtres se sont reposés et qui donneront encore de l'ombre à notre prospérité ; entassez, dans cet espace qui parait immense, honneurs, richesse;, plaisirs ; que vous profitera cet amas, puisque le dernier souffle de la mort, tout faible, tout languissant, abattra tout à coup cette vaine pompe avec la même facilité qu'un château de cartes, vain amusement des enfants ? Que vous servira d'avoir tant écrit dans ce livre, d'en avoir rempli toutes les pages de beaux caractères, puisque enfin une seule nature doit tout effacer ?»

L'effet recherché, ici, est lyrique : il s'agit d'un lyrisme oratoire qui repose sur un jeu de questions anaphoriques et d'hyperboles. Par ailleurs, la mort est ici évoquée de manière métaphorique.

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La première métaphore compare la mort à un souffle faible, languissant. La phrase, hachée, hésitante, imite la respiration d'un mourant. La seconde introduit une comparaison entre la vie et un livre dont l'homme remplit «toutes les pages de beaux caractères»

Il s'appuie sur des terries propres à une science (médecine,

ethnologie, sociologie, philosophie

employés de façon continue : ils sont, le plus souvent, insérés dans un registre de langage courant. «Samedi, 14 heures, gare du Nord, voie 8. C'est le rendez-vous hebdomadaire d'une tribu tagueuse. Us ont des dégaines de potaches frimeurs, ou de gentils loubards, et la méfiance de vieux routards. Il y a là Doner, Stok, Aro et Skef. Et puis Seas. Et le groupe Dyr. (Da Young Renegade). Et surtout Skoizer et son look de parfait petit tagueur : casquette, basket dont la languette lèche le bas du pantalon, sac à dos pour entasser les «vanda-sieurs» (bombes et marqueurs), et ceinturon gravé à son nom de guerre. Ce surnom, Skoizer, il l'arbore, il l'exhibe. C'est un acte de naissance tribal : un

Ces termes ne sont pas

).

totem auto proclamé. Deux registres cohabitent dans ce texte :

un registre familier («frimeurs», «loubards»), un registre spécialisé («acte de naissance tribal», «totem» :

termes empruntés à l'anthropologie).

Il est le plus souvent celui de la conversation, encore qu'il se soit souvent mêlé au registre courant. Les mots du langage familier (3000 environ) sont signalés dans le dictionnaire. Le Petit Robert distingue trois catégories :

- les termes qualifiés de , ayant les mêmes caractéristiques que le langage populaire mais comprenant des expressions grossières (exemple : pouffiasse)

- les termes , le populaire qui se caractérisent par

- l'omission de la négation « ne »

- l'emploi de « on » à la place de « nous »

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- des formes interrogatives comme : « Il a dit quoi ? »

- des structures de phrases segmentées : « La maladie qu'il a eu, ça je ne saurais pas vous dire ce que c'était. »

- des mots familiers comme « sympa » pour « sympathique». «

vachement bien » pour « très bien », « boulot » pour «travail » ;

- et ceux qui recouvrent , en employant un vocabulaire

codé. Ainsi, en argot de lycéens, « lycée » se dit « bahut ».

Il faudrait ajouter le verlan (exemple : les meufs pour les femmes).

Les expressions du français

familier

sont

très

imagées (exemple

:

courir

sur

le

haricot

;

c'est-à-

dire : ennuyer) et font souvent référence au quotidien : travail, nourriture, sexualité. Au plan syntaxique, il s'agit d'un registre marqué par des successions de phrases simples (sujet, verbe, complément) souvent coordonnées par «alors» ou «et p u i s » lo rsqu' il s'agit d'indiquer

des relations logiques.

La tournure interrogative est généralement marquée parla construction «Est-ce que ?». Les simplifications sont nombreuses. Ex. : «je ne venais pas vite». On trouve aussi des constructions relâchées de type régressif : inversion de l'ordre habituel des mots.

Ex. : «un monstre que cet homme là».

Certains écrivains font un usage tenace de la construction par subordination inverse.

est

dans la caisse en fer, on traverse tout Rancy».

Ex.

:

«comprimés

comme

des

ordures

qu'on

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Elle établit un rapprochement entre deux termes (le comparé et le comparant), à partir d'un élément qui leur est commun.

Trois éléments sont nécessaires dans l'énoncé: le comparé, l'outil (ou terme) de comparaison et e comparant. Cependant, on peut y ajouter le point commun:

- qui est la réalité.

- l'élément qui fait image.

- (comme, pareil à, tel que, ressembler à, plus que, etc.) .

La comparaison a une double valeur

- Elle explique par une image.

- Elle met en relation deux univers.

Elle établit une assimilation entre deux termes. Une métaphore peut être annoncée, directe ou filée: le comparé et le comparant sont rassemblés dans un même en) sans terme de comparaison.

(Guy de Maupassant)

Dans seul le comparant est exprimé.

La filée est une suite de métaphores sur le même thème.

(Charles Baudelaire)

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Comme la comparaison, la métaphore a une valeur d'illustration. La correspondance qu'elle établit entre deux objets deux sensations, deux idées va jusqu'à l'identité. La métaphore du « serpent » précise la forme c e la fumée. Mais, bien plus, la fumée devient serpent, ce qui lui donne une connotation inquiétante. La métaphore est une métamorphose.

Sont des métaphores passées dans le langage courant.

Être à cheval sur les principes.

Elle représente de façon imagée (par des éléments descriptifs ou narratifs) les divers aspects dune idée, qu'elle rend moins abstraite.

(Alfred de Vigny)

Dans cet extrait de la domination de l Angleterre sur les mers est rendue sensible par l'allégorie du vaisseau. Elle représente une chose ou une idée sous les traits d'une personne.

(Alfred de Vigny).

La de la nature accentue sa dureté envers l'homme faible et éphémère.

Ce sont des figures qui comportent deux termes qui peuvent se substituer l'un à l'autre.

On ne nomme pas l'être ou l'objet mais on utilise un autre nom qui

lui est proche parce qu'il s'agit de son contenant, sa cause termes y entretiennent des relations de proximité:

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Les deux

contenant / contenu: = un émissaire du pape.

Figure proche de la métonymie: les mots y sont liés par une relation d'inclusion (la partie pour le tout, la matière pour l'objet):

pour désigner l'été.

(Victor Hugo) [Voiles = navires]

l'on désigne des objets non par leur

dénomination habituelle, mais par un tour plus compliqué, généralement plus noble, présentant l'objet sous une qualité particulière. C'est tout l'environnement culturel qui fait traduire.

Elle

consiste

en

ce

que

Elle explicite le contenu d'un terme, attire l'attention sur une qualité du terme remplacé.

(pour parler du Liban). Le (pour dire que c'est son amant).

Est une variété de métonymie-synecdoque. Le cas le plus simple apparaît dans des phrases comme ou ce qui veut dire « le type même ou le plus grand » des stratèges ou des poètes. Il y a à la fois sélection de l'attribut essentiel et choix de la valeur d'excellence d'un individu parmi tous ceux de la série.

Ce sont l'antithèse, le chiasme, l'antiphrase, l'oxymore. Se: Elle oppose très fortement deux termes ou deux ensembles de termes. Exemple:

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(Jean de La Bruyère)

Oppose vigoureusement la vie du noble en province et sa vie à la cour.

Exemple: (Corneille)

Il y a bien sûr contradiction entre les valeurs sémantiques essentielles et de

Elle exprime une idée par son contraire dans une intention ironique.

Exemple: (peut en fait dénoncer la lâcheté de quelqu'un

C'est la réunion surprenante dans une même expression de deux termes contradictoires. L'oxymore sert de support éventuel à l'antithèse.

Joue sur au minimum quatre termes. Ces termes d'une double formulation y sont inversés AB / B'A'.

(Victor Hugo)

Ce sont l'hyperbole, l'anaphore, la gradation, la répétition, accumulation et la paronomase.

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Elle amplifie les termes d'un énoncé afin de mettre en valeur un objet ou une idée. Elle procède donc de l'exagération et de l'emphase. On la trouve souvent dans des textes épiques. (Jean Racine) L'image hyperbolique donne une dimension épique aux horreurs de la guerre.

On répète plusieurs fois le même mot.

Exemple:

On fait succéder plusieurs termes soit pour approfondir la pensée, soit pour l'enrichir ou l'agrandir.

Guy de Maupassant).

Elle consiste à employer dans le même segment des termes (deux au moins) de sens différents e ; de parenté phonique, de manière à créer un effet assez saisissant.

(Paul Valéry)

Entre et on a plus le sentiment de l'identité que celui de la différence, ce qui aboutit à y ressortir une sorte de répétition

C'est une figure qui exprime le plus de sens en

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disant le moins de mot, souvent à la forme négative.

ainsi dit Chimène dans (Pierre Corneille) à Rodrigue pour donner à entendre qu'elle l'aime envers et contre tout. La litote permet implicitement d'exprimer beaucoup plus qu'il n'est dit.

Il rampait à plat ventre, galopait à quatre pattes, prenait son panier aux dents, se tordait, glissait, ondulait, serpentait d'un mort à l'autre, et vidait la giberne ou la cartouchière comme un singe ouvre une noix.

De la barricade, dont il était encore assez près, on n'osait lui crier de revenir, de peur d'appeler l'attention sur lui.

Sur un cadavre, qui était un caporal, il trouva une poire à poudre,

— Pour la soif, dit-il, en la mettant dans sa poche.

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A force d'aller en avant, il parvint au point où le brouillard de la fusillade devenait transparent.

Si bien que les tirailleurs de la ligne rangés et à l'affût derrière leur levée de pavés, et les tirailleurs de la banlieue 3 massés à l'angle de la rue, se montrèrent soudainement quelque chose qui remuait dans la fumée.

Au moment où Gavroche débarrassait de ses cartouches un sergent gisant près d'une-borne, "une batte frappa le

— Fichtre ! fit Gavroche. Voilà qu'on (ne tue mes-morts.

Une deuxième balle fit étinceler le pavé à côté 'de lui. Une .troisième renversa son panier. Gavroche regarda, et vit que cela venait de-la banlieue.

Il se dressa tout droit, debout, les cheveux au vent, les mains sur les hanches, l'œil fixé sur les gardes nationaux qui tiraient, et il chanta :

On est laid à Nanterre,

C'est la faute à Voltaire, Et bête à Palaiseau, C'est la faute à Rousseau.

, les cartouches qui en étaient tombées, et, avançant vers la fusillade, alla dépouiller une autre giberne. Là une quatrième balle le manqua encore. Gavroche chanta :

Une cinquième balle ne réussit qu'à tirer de lui un troisième couplet :

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Cela continua ainsi quelque temps.

Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l'air de s'amuser beaucoup. C'était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en l'ajustant. Il se couchait, puis se redressait, s'effaçait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurgés, haletants d'anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait; lui, il chantait. Ce n'était pas un enfant, ce n'était pas un homme; c'était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu'elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache- cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s'approchait, le gamin lui donnait une pichenette.

Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l'enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s'affaissa. Toute la barricade poussa un cri; mais il y avait de l'Antée dans ce pygmée ; pour le gamin toucher le pavé, c'est comme pour le géant toucher la terre ; Gavroche n'était tombé que pour se redresser; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l'air, regarda du côté d'où était venu le coup, et se mit à chanter :

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Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court. Cette fois il s'abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s'envoler.

Etudiez le champ sémantique des lexèmes :

2. Expliquez les syntagmes : , , , .

3. Comment comprenez-vous la phrase : « ».

4. Cherchez dans le dictionnaire et trouvez une explication pour la notion de

1. Quelles sont les possibilités combinatoires du mot

2. Trouvez plusieurs expressions idiomatiques, proverbes, dictons avec les mots : Faites-les entrer dans des contextes avec un contenu suivi.

3. Relevez le choix du lexique lié à la guerre dans le fragment lu. Expliquez son rôle dans le texte.

4. Dites le contraire :

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1. Préparez une information plus ample sur la vie et l’activité de V. Hugo, mettant en évidence sa personnalité intègre et la sagesse de son esprit.

2. Remarquez l’antithèse d’idées dans le fragment analysé entre la vision philosophique de Voltaire et de Rousseau sur la vie et celle de réelle de V. Hugo.

3. Quelles sont les figures de style qui prédominent dans le fragment lu ?

4. Une chanson, c’est un moment de philosophie. Quel est son rôle dans ce fragment ?

5. Dressez le portrait physique et moral de Gavroche à la base du fragment et du roman, mais aussi de votre imagination. Exprimez votre attitude personnelle envers ce personnage.

6. Citez d’autres exemples de personnages littéraires universels – enfants célèbres.

7. Citez d’autres textes du même auteur qui invoquent l’enfance en tant que période inédite de la vie humaine.

8. Quels sont les arts utilisés par l’auteur pour présenter son personnage.

9. Commentez la dernière phrase du texte : « ».

10. Faites l’exégèse du fragment, compte tenu des niveaux d’interprétation.

Victor Hugo, le représentant du XIX-ième siècle, appartient au romantisme. Les romans les plus connus sont : le recueil des Les thèmes majeurs abordés par Hugo sont les révolutions et les conflits sociaux engendrés par la misère et l’oppression dont sont accablés des milliers de gens du peuple. Le jeune garçon de la toile » d’Eugène Delacroix, qui

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brandissait un pistolet, a inspiré à V. Hugo son personnage qui a été écrit 30 ans plus tard.

Le fragment est tiré du roman C’est un titre thématique et à la fois allusif et symbolique. Ce titre est pénétré d’un ardent esprit révolutionnaire peignant la lutte courageuse du peuple parisien sur les barricades de 1832. A travers ce texte, l’auteur prouve la vie misérable et le destin des enfants de son époque. Nous pouvons citer d’autres textes qui défendent cette idée, par exemple : où le personnage principal est Cosette, une fille de 8 ans. C’est un thème actuel qui est traîté et par des autres auteurs, comme par exemple : Eugène Sue, Christian Rochefort,

Par le paratexte l’auteur présente son personnage et indique l’étape quand se passe l’action. Gavroche qui est un enfant de 12 ans, vaillant, éveillé, moqueur, généreux, pauvre et très débrouillant. C’est une des meilleurs créations de Hugo, qui este resté le type du gamin de Paris. L’auteur se sert de beaucoup d’expressions phraséologiques et de verbes en faisant le portrait. Dès le commencement, s’en sert dès comparaisons, des métaphores audacieuses. Il était très dynamique « ». Il remplit la fonction d’adjuvant par rapport aux autres personnages. Il aide les soldats en ramassant des cartouches. Le style du fragment contient tous les traits de l’art romantique. La situation est très compliquée, dangereuse, pleine d’événements inattendus et mystérieux. La tonalité du texte est sociale, politique et banale à la fois. Pour montrer le danger pour ce personnage, l’auteur se sert de gradation en énumérant les balles qui volaient vers lui :

pour montrer son courage, après la deuxième balle, l’auteur fait son portrait physique qui prouve qu’il était décidé d’aller en avant. L’auteur introduit la chanson qui est un moment philosophique et exprime la révolte. Il ne faut pas oublier que Gavroche n’est qu’un enfant et chaque enfant a peur de la guerre. Pour ne pas penser au danger, il interprète une chanson. Dans ce quatrain l’auteur fait référence à Voltaire et à Rousseau. Hugo critique la vision

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philosophique de ces deux savants sur la vie, parce qu’ils l’ont rendue parfaite, sans souffrances, sans malheurs. Mais ici nous voyons que l’auteur voulait aider Chaque ligne de ce fragment est pénétrée d’une émotion lyrique, d’un amour profond, de ce monde simple et pauvre.

Le ton du texte change en même temps avec le déroulement de l’action. Dès le commencement il présente la réalité caractéristique du XIX- ième siècle, ensuite il passe en lyrique, plus loin il prit la forme pathétique parce qu’elle inspire au lecteur une forte émotion devant une situation inhumaine. L’auteur montre la côté affective souvent violente, exagérée. Après elle change en comique parce que le personnage, comme un acteur, joue son rôle sur la scène. Vers la fin, elle a repris la forme du tragique, en mettant en évidence la victime de cette situation dangereuse, qui a conduit à la mort.

L’intrigue du texte est très tendue. L’auteur a une abondance des personnifications, oxymores, pour démontrer la hardiesse de ce petit gamin. Hugo introduit un autre art comme le théâtre, où il accentue le spectacle joué par le personnage principal. Si on se rappelle le texte d’après R. Rolland, on peut dire que le spectacle était charmant par le décor à l’intérieur de la salle, par la musique qui se répandait. Hugo attribue les épithètes métaphoriques et qui signifient l’âme douce du gamin et le danger qui se trouvait autour de lui. Au lieu que cet enfant soit à l’école, à un vrai spectacle, il se trouve sur les barricades. Gavroche était très comique et l’auteur utilise la métaphore qui prouve qu’un petit gamin menait au bout du nez les gardes nationaux-métaphore. L’énumération des verbes dont se sert l’auteur prouve encore une fois son dynamisme et sa sagesse. Il pouvait se tirer de n’importe quelle situation. L’auteur utilise la négation, l’élément fantastique pour accentuer une fois de plus son habileté et son esprit : « ». L’auteur exagère et idéalise trop son personnage en utilisant surtout les métaphores : « ». A cet âge

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pour les enfants est caractéristique le jeu. Gavroche comme un gamin participe à un tel jeu qui est trop effrayant et dangereux. Ce n’était pas un jeu caractéristique à cet âge, c’était un jeu de cache-cache avec la mort. D’ici l’auteur s’en sert de l’oxymore « », pour montrer la souffrance du peuple envers ce gamin de Paris. Le romantisme de Hugo, prouve la force la bonté du peuple pauvre qui est enraciné dans le système social, fondé sur l’oppression des pauvres.

Jusqu’à la fin du texte, l’auteur prouve que la force motrice de l’évolution du monde c’est la lutte « éternelle » entre les principes absolus du bien et du mal. Il compare notre personnage avec Géant vaincu par Hercule, qui reprenait des forces au contact de la terre sa mère. Ce dernier fragment devient l’épopée de la conscience humaine passant du mal au bien, de l’ombre à la lumière. C’est comme un appel de la part de Gavroche à continuer la lutte pour une vie meilleure et pour une enfance heureuse.

Par l’intermédiaire de ce texte, l’auteur a soulevé des problèmes sociaux en montrant le vrai visage de son époque. Il a dévoilé les vices de la société bourgeoise. Il admire son personnage par son courage, par son âme et esprit révolutionnaire. Le dernier oxymore utilisé dans le dénouement du texte prouve encore une fois que cette petite créature qui avait un grand cœur, passait dans un autre monde comme un papillon qui symbolise l’âme, il s’envolait. Il n’a pas réussi à réaliser son but parce c’est la société qui lui a mis des pièges. Il est digne d’être respecté comme personnalité qui englobe les meilleures valeurs d’un Homme.

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Barbara. ? Barbara

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1. Etudiez le champ sémantique des lexèmes :

2. Expliquez les syntagmes :

3. Comment comprenez-vous les vers :

4. Cherchez dans le poème les vers qui prouvent la stupidité de la barbarie guerrière.

1. Quelles sont les possibilités combinatoires du mot .

2. Trouvez plusieurs expressions idiomatiques, proverbes /dictons avec les mots : Faites- les entrer dans des contextes avec un contenu suivi.

3. Constatez les spécificités du choix du lexique dans le poème. Quels seraient les trois mots-clés qui le représentent ?

Dites le contraire :

Cherchez dans le dictionnaire et les sources de psychanalyse la définition de la notion : «

1. Parlez du style de Jacques Prévert, en prouvant l’absence des signes de ponctuation.

2. Que symbolise le titre de ce poème ?

3. Imaginez-vous le portrait physique et moral de Barbara. Exprimez votre attitude envers ce personnage.

4. Préparez une information sur la vie et l’activité de Jacques Prévert, mettant en évidence sa carrière, le caractère complexe de sa personnalité.

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5.

Comment l’auteur exploite-t-il la syntaxe affective ? Argumentez votre réponse avec des exemples.

6. Quelles sont les figures de style qui y prédominent et quelles sont leurs fonctions dans le poème ?

7. Comment Jacques Prévert réussit à peindre l’horreur de la guerre à travers l’image du bonheur détruit.

8. Quelle est la signification du mot dans cette poésie ?

9. Citez d’autres exemples de poètes qui ont plaint leur destin de génie dans leurs créations poétiques.

10. Faites l’exégèse du poème, compte tenu des niveaux d’interprétation – .

Quand nous reçûmes, dit Calvin, la lettre de faire part annonçant le mariage du docteur Nixter avec Angette de la Vallée, nous eûmes tous un serrement de cœur. Ce fut bien pis encore pour ceux d'entre nous, les intimes, qui ne purent se dispenser d'assister à la cérémonie.

Tous deux étaient jeunes et beaux. On voyait qu'ils s'adoraient mais oh voyait surtout qu'elle était infiniment fragile et qu'elle allait bientôt mourir.

Sous

son voile retombant, la jeune fille apparaissait toute droite,

mais toute mince et penchée comme un jet d'eau! Sa figure? Si exquise qu'elle fût, un peu trop de pâleur la masquait, un peu trop de maigreur la

durcissait, et le sourire qui flottait devant elle était effrayamment, divinement

Toute cette blancheur, dont elle était faite ‘et revêtue. Cette blancheur-parfaite à peiné tachée d'un rosissement des joues à chaque

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délicat accès de toux — était déjà surnaturelle, et en vérité, dès qu'elle restait immobile, on avait presque peur et l'on n'osait plus penser à elle.

Combien elle s'appuyait sur lui et combien il était grave et inébranlable! Jean Nixter présentait un des plus beaux types d'homme que puissent rêver, que puissent embellir des yeux d'amoureuse ou d'artiste Sa volonté, sa vitalité triomphante s'épanouissaient dans sa haute taille, sa spacieuse carrure, la régularité splendide de ses. Traits — et davantage encore dans l'émotion tremblante qui le penchait sur elle. Oui, oui: en voyant ce couple, j'ai enfin compris que la douceur et la tendresse ont quelque chose de mâle.

Ils s'étaient adorés toujours, depuis les commencements. Enfants, ils s'étaient rencontrés, lors de quelques vacances, sur la place de Saint- Just, où il y a une fontaine pointue, un banc, un arbre et quelquefois un passant. Là, ils se sourirent

Avant de savoir qui ils étaient, se cherchèrent et se retrouvèrent souvent, et un soir, s'embrassèrent avant de savoir ce que c'était.

Dans les temps qui suivirent, à la faveur de voisinages de ville et de campagne, ils ne se quittèrent plus. Jean fit à Angette, en même temps qu'à lui-même, confidence de son idéal de musique, de gloire, de chef- d'œuvre sublime, et Angette apprit de lui tout ce qu'elle était capable d'espérer de la vie.

Quand la jeune fille fut atteinte par le mal d'abord très doux et comme caressant, puis quand sa santé, définitivement, s'altéra, elle n'était point orpheline; cependant ce fut vers lui seul qu'elle s'étiola, pour lui seul qu'elle souffrit.

Puisqu'elle ne se rétablissait pas, il résolut de changer d'avenir. Il ne serait pas musicien, mais médecin, et à la place de faire un chef- d'œuvre, il la guérirait.

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Il travailla dans cette foi, s'acharna sur les livres précieux, les apprit comme d'interminables prières. Aussitôt qu'il eut obtenu son diplôme de docteur, il prétendit l'épouser. Angette avait d'abord essayé de ne pas vouloir, car elle savait qu'elle était condamnée; mais elle était trop aimante et trop faible pour qu'il lui fût possible de refuser longtemps.

Aux parents lugubrement irrésolus, aux amis agités de réticences, il avait dit: "Je la sauverai!"

Et voilà que dans l'étroite salle grise de la mairie ils passaient tous deux, tellement unis et occupés l'un de l'autre que leurs regards, lorsqu'ils se tournaient : vers les étrangers, semblaient aveugles.

Les étrangers, c'étaient les parents et nous, les amis. Je me souviens qu'il y avait en outre le petit Lambert.

Comment avait-il eu l'idée de venir, celui-là? Parent? Non! Ami? Hum! Nul de nous n'ignorait qu'il avait, deux ans en ça, demandé la main d'Angette". Il avait été, et pour cause, radicalement éconduit. Après quoi, un mariage avec une héritière en avait fait un triomphant docteur mondain, un maître adoré des salons.

Pourquoi était-il là? Chevaleresque courtoisie ou haineux cynisme? Qui sait? Toujours est-il que sur le mur morne de la salle des mariages resplendissait son faciès de ténor et sa mâchoire de dompteur et la ténébreuse chevelure luisante qui, lui avait conquis tant d'importantes

clientes

Angette ne le remarquèrent.

D'ailleurs—je vous en ai expliqué la cause — ni Jean ni

A partir de ce moment, Jean Nixter se consacra, opiniâtrement,

scrupuleusement, à guérir sa femme! Comment dire l'ardeur, la patience, l'héroïque ingéniosité qu'il mit en œuvre et les sublimes mensonges qu'il créa, et son effort désespéré pour deviner les mystères.et voir dans la

nuit!

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Et qu'arriva-t-il? Elle déclina d'abord. Puis elle s'arrêta de mourir. Puis, tout doucement, tout enfantinement elle se remit à

On dit qu'il lui transfusa de son sang. Je le crois, car je l'ai rencontré plusieurs fois, pâle et les gestes paralysés, avec un air extraordinaire.On dit aussi qu'il la suggestionna, mania sa volonté. Je le crois également, car il est certain qu'il essaya de tout.

Quoi qu’il en fût, il la sauva.

Et quel amour pendant cette convalescence si lente, si détaillée, où elle demeurait cloute attachée au magnifique ami comme à une mère qu'il était! Quel insondable échange de leur regards pendant ces heures où les mains de l'homme enveloppaient celles de l'épouse, longues, mais petites et blanches et telles que deux anges jumeaux!

Bientôt elle n'eut plus besoin de s'appuyer toute et toujours sur lui. Elle quitta un peu sa grande ombre. Il lui suffit qu'il la regardât. Ensuite il lui suffit qu'il y eût du soleil: elle se hasardait, elle s'essayait à la solitude comme un petit oiseau à l'espace. Une fois que Jean était absent et que le matin tombait, triste et pluvieux pourtant, elle leva la tête, extasiée, rien qu'à cause d'elle-même et de la vie.

Rénovation, métamorphose! Une créature fraîche et neuve s'était dégagée d'elle et la remplaçait. Ses formes s'harmonisèrent et s'accomplirent, les lignes de sa chair se courbèrent, son corps se gonfla comme un fruit.

Quand nous l'entrevîmes, cette saison-là, nous l'admirâmes ayant de la reconnaître, tellement elle s'était recommencée! Comme elle s'équilibrait de la sorte avec le bel puissant qui était parvenu à lui donner une part de sa santé, de sa vitalité, du paradis terrestre!

- 76 -

Et

la

transformation

continua

à

rayonner

d'elle.

Ses

regards

s'éclaircirent, se modifièrent, et ses gestes, et ses pensées!

Or

le

trouble

Lerribert

traversa

en

ce

moment leur

destinée

Alors

alors, elle en fut éblouie. Elle trembla, puis elle le

choisit éperdument, se jeta vers lui.

Instinct affreux, terrible, soit, mais logique. N'avait-elle pas changé dé la nuque. Aux talons et jusque dans les ombres de ses chairs? N'était-elle pas devenue une vraie femme par. Conséquent.une autre femme, pleine d'un autre cœur? En un éclair, en un coup d'œil, elle oublia non seulement son adoration perpétuelle pour l'autre, mais

Si elle pensa à ces vieux

encore son dégoût d'antan pour celui-là

rêves, ce fut pour les écarter, pour les haïr! Le passé ne comptait plus, il était mort; mieux que cela: il était tué. Rien n'existait devant l'élan de tout son être renouvelé et virginal, devant la force de son premier

amour.

1. Etudiez le champ sémantique des lexèmes : , .

2. Comment comprenez-vous la phrase :

3. Cherchez dans le dictionnaire et trouvez une explication pour la notion : .

4. Faites attention aux noms propres : Nixter, Angette, Lambert et précisez leur signification.

- 77 -

1. Quelles sont les possibilités combinatoires des verbes :

2. Trouvez plusieurs expressions idiomatiques, proverbes/ dictons avec les mots :

3. Classifiez le vocabulaire d’après les thèmes proposés dans le fragment et trouvez les trois mots-clés qui le représentent.

4. Dites le contraire :

1. Préparez une information sur la vie et l’activité littéraire d’Henri Barbusse.

2. Définissez quelques notions clés du fragment autour desquelles s’axe le sujet.

3. Remarquez le choix du lexique médical dans le fragment, expliquez son rôle dans le texte.

4. Quelles sont les figures de style qui prédominent dans le fragment lu et leurs fonctions textuelles ?

5. Citez d’autres personnages de la littérature universelle qui ressemblent au docteur Nixter.

6. Faites une distinction entre Nixter et Lambert. Pourquoi l’auteur s’en sert de l’épithète en caractérisant Lambert ?

7. Repérez dans le fragment l’attitude de l’auteur envers Angette.

8. Accusez-vous le personnage principal du texte, pour ce qu’il a fait ?

9. Est-ce que le premier amour sert comme base pour l’amour en général ?

10. Formulez la morale du fragment lu par trois, quatre unités phrastiques.

- 78 -

Les pas, un fort; un faible, descendirent l'escalier. La porte s'ouvrit et l'officier parut. Il était en civil. Le pantalon était d'épaisse flanelle grise, la veste était large et ample, et tombait avec un négligé plein d'élégance. Sous la veste, un chandail de grosse laine écrue moulait le torse mince et musclé.

- Pardonnez-moi dit-il. Je n'ai pas chaud. J'étais très mouillé et ma

chambre est très froide. Je me chaufferai quelques minutes à votre feu.

Il s'accroupit avec difficulté devant l'âtre, tendit les mains. U les

tournait et les retournait. Il disait : « Bien !

son dos à la flamme, toujours accroupi et tenant un genou dans ses bras.

- Ce n'est rien ici, dit-il. L'hiver en France est une douce saison. Chez

moi c'est bien dur. Très. Les arbres sont des sapins, des forêts serrées, la neige est lourde là-dessus. Ici les arbres sont fins. La neige dessus c'est une dentelle. Chez moi on pense à un taureau, trapu et puissant, qui a besoin de sa force pour vivre. Ici c'est l'esprit, la pensée subtile et poétique.

Sa voix était assez sourde, très peu timbrée. L'accent était léger, marqué seulement sur les consonnes dures. L'ensemble ressemblait à un bourdonnement plutôt chantant.

Il se leva. U appuya l'avant-bras sur le linteau de la haute cheminée, et son front sur le dos de sa main. Il était si grand qu'il devait se courber un peu, moi je ne me cognerais pas même le sommet de la tête.

Il demeura sans bouger assez longtemps, sans bouger et sans parler. Ma nièce tricotait avec une vivacité mécanique. Elle ne jeta pas les yeux sur lui, pas une fois. Moi je fumais, à demi allongé dans mon grand fauteuil douillet. Je pensais que la pesanteur de notre silence ne pourrait pas être secouée. Que l'homme allait nous saluer et partir.

Bien L. » Il pivota et présenta

- 79 -

Mais le bourdonneraient sourd et chantant s'éleva de nouveau, on ne peut dire qu'il rompit le silence, ce fut plutôt comme s'il en était né.

« - J'aimai toujours la France, dit l'officier sans bouger. Toujours. J'étais un enfant à l'autre guerre et ce que je pensais alors ne compte pas. Mais depuis je l'aimais' toujours. Seulement c'était loin. Comme la « Princesse Lointaine ». Il fit une pause avant de dire gravement « A cause de mon père ».

Il se retourna les mains dans les poches de sa veste. Un fauteuil était là offert, tout près. Il ne s'y assit pas. Jusqu'au dernier jour, il ne s'assit jamais. Nous ne le lui offrîmes pas et il ne fît rien, jamais, qui pût passer pour de familiarité.

Il répéta :

- A cause de mon père. Il était un grand patriote. La défaite a été une violente douleur. Pourtant il aima la France. Il aima Briand, il croyait dans Briand. Il était très enthousiaste. Il disait : « Il va nous unir, comme mari et femme ». Il pensait que le soleil allait enfin se lever sur l'Europe

En parlant il regardait ma nièce. Il ne la regardait pas comme un homme regarde une femme, mais comme il regarde une statue. Et en fait, c'était bien une statue. Une statue animée, mais une statue.

- Mais Briand fut vaincu. Mon père vit que la France était encore

menée par vos Grands Bourgeois cruels, - les gens comme vos de Wendel, vos Henry Bordeaux et votre vieux Maréchal. Il me dit : « Tu ne devras jamais aller en France avant d'y pouvoir entrer botté et casqué ». Je dus le promettre, car il était près de la mort. Au moment de la guerre, je connaissais toute l'Europe,

Sauf la France.

Il sourit et dit, comme si cela avait été une explication :

- Je suis musicien.

- 80 -

Une

bûche

s'effondra,

des

braises

roulèrent

hors

du

foyer.

L'Allemand se pencha, ramassa les braises avec des pincettes. TJ

poursuivit :

- Je ne suis pas exécutant : je compose de la musique. Cela est toute ma vie, et, ainsi, c'est un drôle de figure pour moi de me voir en homme de guerre. Pourtant je ne regrette pas cette guerre. Non. Je crois que de ceci il sortira de grandes choses

Il se redressa, sortit ses mains des poches et les tint à demi levées : - Pardonnez-moi : peut-être j'ai pu vous blesser. Mais ce que je disais, je le pense avec un très bon cœur: je le pense par amour pour la France. Je pense, après mon père, que le soleil va luire sur l'Europe.

Il fit deux pas et inclina le buste. Comme chaque soir il dit : « Je vous souhaite une bonne nuit ». Puis il sortit.

Je terminai silencieusement ma pipe. Je toussai un peu et je dis : « C'est peut-être inhumain de lui refuser l'obole d'un seul mot. Ma nièce leva son visage. Elle haussait très haut les sourcils, sur des yeux brillants et indignés. Je me sentis presque un peu rougir.

Vercors,

- 81 -

Etudiez le champ sémantique des lexèmes : ,

Repérez du texte les phrases qui se répètent, y compris le titre.

Comment comprenez vous la phrase :

3.

Argumentez les faits de ces répétitions. Déterminez la manière de l’officier d’expliquer son amour pour la France :

1.

Dites le contraire :

Trouvez

plusieurs

expressions

idiomatiques,

proverbes/dictons avec les mots :

3.

Quelles sont les possibilités combinatoires du mot Citez- en un nombre maximum.

4.

Constatez les spécificités du choix du lexique dans le fragment proposé. Quels seraient les trois mots-clés qui le représentent ?

1. Quelles sont les figures de style qui prédominent dans le fragment lu ?

2. Comment l’auteur emploi-t-il la syntaxe affective ?

- 82 -

3.

Identifiez le contraste qui domine la scène et provoque le sentiment de malaise. Relevez dans ce sens les phrases qui contiennent l’appréciation du narrateur sur la façon de parler du l’officier allemand.

4. Analysez la manière de Georges Duhamel de décrire le portrait de l’officier allemand. Prouvez l’attitude de l’auteur envers ce personnage.

5. Déterminez pourquoi l’officier fait à ses hôtes des confidences sur sa vie. Comment s’exprime sa sensibilité poétique.

6. Déterminez si le soldat parle à un soldat ou à un artiste.

7. Les illusions d’un officier allemand, adepte de la collaboration, se heurtent au silence des occupés (les hôtes). Pourquoi ? Argumentez leur comportement.

8. Comment auriez-vous réagi en face de l’officier ?Citez des arguments.

9. Repérez du texte les phrases qui relatent l’avenir imaginaire pour les deux pays. Proposez là-dessus une réflexion.

10. L’union de l’Europe, question politique à l’ordre du jour, vous paraît-elle souhaitable, profitable, réalisable ? Dans quelles conditions ? Pourquoi ?

leur

apprentissage terminé, faisaient le tour de France. Il y avait au

détour d'un chemin, entre Périgueux et Brive, une auberge où ils

de

avaient

passer la nuit avant de reprendre leur route sur le causse désert,

portant leur balluchon au bout de leur canne ornée de rubans.

C'était

au

temps

les

compagnons

charpentiers,

coutume

L'auberge était misérable et l'on n'y faisait pas grande chère. Un quignon de pain rassis avec un morceau de fromage de brebis était

- 83 -

tout le souper et pour dormir la soupente ne contenait que quelques paillasses dont il fallait bien s'accommoder.

L'aubergiste était un vieil homme morose, resté veuf depuis longtemps et il n'avait pour l'aider que sa petite fille Franquette. C'était elle qui allait chercher l'eau, fendait le bois, disposait les écuelles sur la table et balayait la salle commune quand tout le monde était allé se coucher. Levée la première, elle était toujours la dernière à s'endormir.

Les compagnons l'aimaient bien, car elle était avenante et gentille. Son père l'était moins. Toujours grognon et grippe-sous, il ne cessait de bougonner contre l'appétit de ses hôtes qui, disait-il, lui mangeaient son fonds. Cela ne l'enrichissait guère d'ailleurs et le garde-manger de l'auberge était souvent vide. Il arrivait que les voyageurs de passage dussent rester le ventre creux.

Un soir d'hiver, alors qu'il gelait à pierre fendre, on frappa à la porte Franquette alla ouvrir. C'était un compagnon au visage pâle cl émacié, tout transi de fatigue et de froid. Il posa son balluchon sur la table.

J'ai fait dix lieues aujourd'hui, dit-il. Pourrais-je manger et dormir ici ? Pour dormir, dit l'aubergiste, ce sera deux sous, mais pour manger, mon garçon, il le faudra attendre la prochaine étape. Je n'ai rien dans la maison qu'une poignée de châtaignes sous la cendre pour notre souper. Il y en a tout juste pour ma fille et pour moi. J'attendrai donc, dit le compagnon en s'approchant de l'âtre pour se chauffer à la maigre braise qui y couvait. L'aubergiste sortit pour préparer la paillasse. Franquette regardait le nouveau venu. Il avait l'air près de défaillir.

Monsieur, dit-elle, si vous voulez, prenez mes châtaignes. Je n'ai

- 84 -

pas faim. Tu as bon cœur, petite. Comment t'appelles-tu? Franquette, monsieur. Je ne veux pas te priver de ton souper, Franquette, mais j'ai très faim. Aussi, si tu le veux bien, nous allons partager. Combien y a-t-l de châtaignes? Il y en a douze pour moi et douze pour mon père, monsieur. Tire la part du feu. Ils se mirent à manger, mais à mesure qu'ils mangeaient, il semblait que tes châtaignes se multipliaient. Ils en mangèrent six chacun et voici qu'il y en avait encore douze, puis ils mangèrent de nouveau et il y en avait toujours douze.

Nous voici rassasiés, dit le compagnon. Jamais je n'ai fait un aussi bon repas. Mais comment se fait-il, monsieur, qu'il y ait eu tant de châtaignes? Tu avais dû mal compter. Maintenant je vais dormir. Bonsoir, Franquette. Au petit matin le compagnon s'en fut, son balluchon sur l'épaule. El une année passa. Le causse se couvrit d'une herbe drue, les chênes et les châtaigniers verdoyèrent puis se parèrent de l'or de l'automne.

La neige revint et un soir, de nouveau, on frappa à la porte.

Franquette n'avait pas oublié l'étrange visiteur de l'année précédente el elle savait qu'il allait revenir. L'hiver était rude et l'auberge était toujours aussi pauvre. Le compagnon avait l'air plus pâle encore et plus las que lors de sa première visite.

Pourrais-je manger et dormir? Pour dormir c'est toujours deux sous, répondit l'aubergiste. Quant à manger, il te faudra t'en passer. Je n'ai que deux cuillerées de soupe dans la marmite et elles sont pour ma fille et pour moi. Quand son père fut sorti. Franquette dit à l'étranger :

- 85 -

Monsieur, prenez ma soupe. Je n'ai pas faim. Moi, j'ai très faim, mais nous allons partager. Une demi-cuillerée pour toi, une demi-cuillerée pour moi. Tu veux bien ? Or du premier coup les deux écuelles se trouvèrent pleines à ras bord et il y avait encore de la soupe dans la marmite. Franquette put encore les remplir deux fois qu’il restait toujours autant de soupe.

Eh bien, dit le compagnon, nous voici le ventre plein. Il ne nous reste qu'à dormir. Mais comment se fait-il, monsieur, qu'il y ait eu tant de soupe dans la marmite? Je ne sais pas, moi. Elle doit être plus grande que tu ne croyais. Et au matin le compagnon s'en fut comme la première fois.

Une année encore s'écoula. Franquette grandissait. Au printemps c'était déjà une belle jeune fille et, malgré la pauvreté de la chère, les compagnons s'attardaient plus longuement dans l'auberge pour plaisanter avec elle et lui faire un brin de cour.

Hélas! Quand vint l'automne le vieil aubergiste tomba malade. II mourut aux premières gelées et Franquette resta seule. Il n'était plus question pour elle de tenir l'auberge. Elle décrocha l'enseigne et ferma les volets.

L'hiver cette année-là fut plus rude encore qu'à l'accoutumée et la neige vint tôt en décembre. Dans la maison solitaire Franquette n'avait plus de provisions. Il lui faudrait bientôt s'en aller et s'engager comme fille de ferme dans quelque hameau des environs. Mais qui voudrait d'elle? Tous les paysans étaient également pauvres à vingt lieues à la ronde.

Un soir elle attisait tristement quelques branches mortes dans l'âtre quand on frappa à la porte. Elle ne songeait plus au visiteur des années précédentes et fui toute surprise quand elle le vit entrer.

- 86 -

Hélas! monsieur, mon père est mort et il n'y a plus d'auberge. C'est que je suis bien fatigué e! j'ai grand faim. Vous pouvez dormir ici à la grâce de Dieu, mais pour manger je n'ai qu'un quignon de pain moisi dans la huche. Je vous le donnerai bien volontiers si vous voulez vous en contenter. —Ce sera un régal, Franquette. Va le chercher.

Mais quand Franquette ouvrit la huche, elle eut la surprise d'y trouver un pain tout rond, tout chaud, tout doré et tout croustillant.

—Monsieur, quelle est cette étrange chose? Je suis bien sûre que le pain n'était pas dans la huche ce matin.

L'étranger paraissait avoir rajeuni. Il s'était redressé, avait grandi et ses yeux brillaient d'une douce lumière.

—Va regarder dans le garde-manger, Franquette. Tu y trouveras du fromage et du lard. Et, écoute, j'entends des poules qui caquettent dans l'enclos. Elles ont certainement pondu des œufs.

Franquette alla voir et c'était bien vrai : le fromage, le lard et les œufs étaient là.

Est-ce vous, monsieur, qui faites ces miracles? Non, Franquette, c'est ta bonté. Tu as partagé le peu que tu avais avec un inconnu et il n'y à pas au monde de plus grande richesse. Autrefois j'ai refusé de partager mon pain avec un malheureux et il en est mort. J'ai été condamné à courir les routes jusqu'à ce que je rencontre quelqu'un qui par trois fois accepte de partager avec moi. C'est toi qui m'as délivré. Je vais repartir, mais je reviendrai l'année prochaine. N'oublie jamais qu'il faut savoir donner pour recevoir. Au revoir, bonne Franquette, tu me reverras bientôt. Et il s'en fut. Des le lendemain Franquette rouvrit les volets de l'auberge et les hôtes commencèrent d'affluer. La nouvelle se

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répandit vite qu'il y avait une auberge où la table était toujours mise et où l'on pouvait se rassasier sans bourse délier. On arrivait sans s'annoncer et même si l'on ne possédait pas un rouge liard, on était certain de trouver une nourriture simple et abondante en même temps que le sourire toujours avenant de la bonne Franquette.

L'année passa comme un éclair et dès les premiers froids le compagnon revint. Il était jeune, beau et vigoureux.

Franquette, dit-il, veux-tu m'épouser? C'est mon plus cher désir. Ils se marièrent donc et ce fut une grande fête. Des centaines de compagnons y assistèrent et il y eut à manger et à boire plus qu'il n'en fallait pour tout le monde.

Au-dessus de la porte on plaça une nouvelle enseigne qui disait « A la Bonne Franquette. »

Elle y est encore et, si d'aventure vous, passez par là, vous pouvez vous arrêter à l'auberge. Vous y serez toujours reçu à la bonne franquette.

R. Escarpit

1. Etudiez le champ sémantique des lexèmes :

2. Expliquez le sens des unités phrastiques suivantes :

- 88 -

3. Comment comprenez-vous la phrase :

4. Cherchez dans l’encyclopédie ou sur internet une information sur la et le .

1. Quelles sont les possibilités combinatoires du verbe ? Citez –en un nombre maximum.

2. Trouvez plusieurs expressions idiomatiques, aphorismes ou proverbes/dictons avec les mots

3. Dites le contraire

4. Trouvez dans le fragment le lexique qui vise le champ sémantique de la misère.

1. Déterminez le type de texte. Dites si le titre se reprend dans le contenu du texte.

2. Classifiez les personnages et prouvez leur rôle dans ce fragment.

3. Citez d’autres exemples de personnages littéraires universels qui étaient prêts à aider quelqu’un pour expier ses péchés.

4. Quelles sont les figures de style qui prédominent dans le fragment lu ? Et comment l’auteur s’en sert pour caractériser les personnages ?

5. Comment l’auteur exploite la syntaxe affective ? Argumentez votre réponse avec des exemples.

- 89 -

6.

A quoi sont dus la vivacité et le dynamisme du fragment ?

7.

Repérez dans le fragment le contraste entre l’atmosphère misérable de l’auberge et la bonté de Franquette.

8.

Formulez la morale du conte en vous servant de l’expression phrastique : .

Faites

l’exégèse

du conte, compte tenu des niveaux

d’interprétation : Commentez : . (Melle de Scudéry).

Quand on étudie les passages dans un récit, il faut se poser les deux questions suivantes :

1. Qui , qui l'histoire

2. Sous quel angle les faits sont-ils vus ? Qui les être et les choses présentés ?

On parle de narrateur quand celui-ci n'est pas un personnage de l'histoire. Sa seule fonction est celle de raconter, de présenter les faits. On parle de narrateur quand celui-ci joue lui- même un rôle principal ou secondaire dans l'histoire.

- 90 -

Ne confondez pas le narrateur avec l'auteur, même si le récit est à la première personne. Le choix du narrateur est une technique dont l’auteur sert pour présenter son récit.

On distingue trois catégories de point de vue :

- Le narrateur est omniscient. Il sait tout sur les personnages, même leurs pensées et leurs sentiments les plus intimes. Il peut les analyser, commenter et juger. Il a plus de connaissances des événements que les personnages du récit et, pour cette raison, peut même anticiper les événements futurs et connaître les événements où se passent dans deux endroits différents en même temps.

- Les événements et personnages du récit sont vus à travers un personnage. Le récit se trouve limité par un regard particulier. Il peut être à la première personne mais aussi à la troisième quand le narrateur « se glisse » dans un des personnages ou - tour à tour - dans des personnages différents du récit.

- Le narrateur est un témoin extérieur qui 'interprète pas les événements et ne connaît pas les pensées des personnages. Il est simple spectateur.

- 91 -

S'emploie surtout dans la narration. Il se trouve à mi-chemin entre le discours direct et le discours indirect. Il fait entendre les paroles du personnage sans les citer textuellement.

- Comme le discours direct, il rapporte les paroles ou les pensées dans

des énoncés indépendants : il n'est pas introduit par des verbes comme

« dire » ou « penser » et la conjonction « que ».

- Comme le discours direct, il reproduit les questions, les exclamations, les interjections et peut contenir aussi des phrases elliptiques.

- Comme le discours indirect il transforme les personnes (la 1ère en

3 ème personne), les temps des verbes (les règles de la concordance des

temps sont appliquées au passé).

Exemples :

Michel dit à sa mère qu'il voulait partir.

Michel dit à sa mère : « Je veux partir ! »

Michel est allé trouver sa mère ; il fallait absolument qu'il parte.

A cause de ces caractéristiques, le style indirect libre est plus concis et expressif que le style indirect malgré l'emploi de la troisième

- 92 -

personne et il permet au lecteur de participer plus directement et plus vivement aux sentiments et aux pensées d'un personnage. Comme les pensées présentées: au discours direct sans verbe d'introduction, le style indirect libre est également une technique du monologue

intérieur.

Pour présenter les événements d'un récit, le narrateur peut :

respecter ;

rompre

a. (allusions aux événements futurs)

b. (présentation d'événements

antérieurs à ceux au ouvrent le récit). L'ordre chronologique est utilisé

dans des

récits où l'intérêt est concentré sur l'action et l'intrigue.

L'ordre non - chronologique est utilisé par un rêve, les souvenirs du héros, les narrations d'un personnage ou du narrateur même, peut servir à explique une action, une situation, un état affectif actuel. Ainsi, il satisfait la curiosité psychologique du lecteur qui veut connaître la raison de la conduite d'un personnage. Il souligne que le présent prolonge le passé et en dépend.

Un récit peut être encadré par un autre texte, par ex. par un autre récit ou un discours. Dans ce cas-là, il s'agit L'autre texte constitue le cadre.

- 93 -

Ces procédés permettent : -- d'apporter des explications supplémentaires ; -- de fournir un commentaire interprétatif ; ~ de varier les modes d'expression.

Chaque texte doit être considéré comme une forme de entre qui est celui à qui on parle ou écrit.

L'information transmise entre les deux s'appelle Ce dont parle le message est appelé

L'émetteur a plusieurs possibilités d'entrer avec le récepteur, par ex. en parlant, en écrivant, en faisant des signes. La communication présuppose commun entre l'émetteur et le récepteur, par ex. une langue que les deux comprennent et parlent.

A chaque élément mentionné de la communication correspond une fonction du langage particulière :

: l'émetteur exprime ce qu'il pense ou ressent (fréquence de la 1ère personne) ;

Récepteur— : l'émetteur vise à

Influencer les sentiments, les pensées ou les actions du récepteur (fréquence de la 2éme personne) ;

- 94 -

: l'émetteur se réfère à une situation, à des objets, des personnages, des fonctions, des faits, (fréquence de la 3éme personne)

: l'émetteur renforce ou

enrichit le message en se servant de certains procédés stylistiques comme par ex. jeux de structures, choix de mots, rythme, sonorités ;

.l'émetteur cherche à établir le contact à le maintenir ou à le coup ( par ex. «Allô! »; « Comment ça va ? »);

: l'émetteur éclaire explique ou

précise le code pour éviter des malentendus, en donnant une précision sur le sens d'un mot, par exemple : dans un texte on peut trouver une combinaison de plusieurs fonctions, mais il y en a presque toujours une qui prédomine.

Pour exprimer les sentiments concernant l’affectivité, le domaine sensible, on se sert de la syntaxe affective qui doit correspondre aux émois, aux sentiments exprimés, en somme illustrer la fonction expressive du langage. Dans ce cas on emploiera :

Des phrases courtes pour marquer la vivacité d’un sentiment ;

Des phrases longues et complexes pour dépeindre un état d’âme,

des sentiments intimes ou contradictoires ; Des phrases coupées, elliptiques, pour retrouver la spontanéité de

l’oral ; Des phrases exclamatives pour marquer la force du sentiment exprimé ;

- 95 -

Des phrases interrogatives conviennent fort bien puisque les sentiments s’expriment dans la communication. On donne la possibilité au lecteur d’être témoin, de s’impliquer, de s’exprimer. L’expression des sentiments est souvent moquée dans un monde où la raison froide et la dérision semblent l’emporter. Or, sans les sentiments, l’homme serait amoindri, sourd au monde et à autrui, automatisé.

Cette expression appelle un vocabulaire expressif, des mots à fortes connotations. D’où l’importance des noms, des adjectifs et des verbes :

: amour, affection, tendresse, adoration, cœur, ardeur, amitié ;

: chérir, adorer, s’éprendre, s’embrasser, cajoler, caresser ;

: tendre, ardent, affectueux, bienveillant, épris, passionné.

: haine, horreur, hostilité, rancune, répulsion, dégoût, aversion ;

; détester, maudir, se venger, répugner, honnir, exécrer ;

; détestable, insupportable, maudit, haineux, odieux.

Les interjections sont souvent liées aux phrases exclamatives, en marquant l’affectivité et en servant le renforcement. Elles sont des formes figées et invariables qui possèdent une grande autonomie syntaxique. Elles ont une valeur expressive et non pas un sens permanent. On varie leur valeur selon l’intonation et la situation du contexte. Elles peuvent marquer de tels sentiments comme :

Ah !– la joie, la colère, la crainte, la surprise, l’étonnement

Aie ! – la douleur

- 96 -

Chute ! – la demande de silence

Fi !– le mépris, le dégoût

Ouf ! – le soulagement

Les expressions contentant le terme « !» outre ( ) ! sont considérées comme des jurons sacrilèges.

Les signés de ponctuation peuvent avoir trois Fonctions : prosodique, syntaxique et sémantique; la plupart dés signes de ponctuation sont polyvalents, car ils cumulent plusieurs fonctions. Aujourd'hui constitue une aide indispensable à la structuration et à la lecture d'un texte écrit.

Les signes de ponctuation marquent les pauses de la voix, le rythme, l'intonation, la mélodie de la phrase. Ils soulignent l’accent et l'intonation à l'oral. Ils suivent une progression décroissante : le point marque une pause importante (souvent une fin de phrase), le point- virgule une pause moyenne et la virgule une courte pause. (Baudelaire).

Le classement syntaxique des signes de ponctuation se fonde sur leur fonction de séparation et d'organisation ; ils marquent généralement une pause, plus ou moins importante et nécessaire. On distingue des signes séparateurs simples et des signes d'énonciation qui démarquent les différents plans d'énonciation.

- 97 -

La virgule et le point- virgule séparent des éléments de la phrase. Les guillemets, les parenthèses, les tirets doubles permettent l’insertion d’une phrase dans le texte de base, marquant un changement de niveau discursif. Les signes séparent les phrases entre elles.

Idéographiques par nature, les signes de ponctuation peuvent ajouter des éléments d'information qui se superposent au texte et complètent l’apport sémantique des mots et des phrases. Ils peuvent apporter :

► Une indication modale: la ponctuation finale de la phrase est parfois la seule marque du type de la phrase (déclaratif, interrogatif ou exclamatif

► Une analyse sémantique de la phrase : la ponctuation peut expliciter le découpage sémantique de la phrase en thème et propos.

Les signes dénonciation (guillemets, tirets doubles, etc.), la virgule double et les parenthèses indiquent un changement de registre ou de niveau énonciatif (incise, commentaire) :

, marquent des pauses d'importance décroissante. Le point marque la pause la plus forte, qui clôt une phrase, la virgule indique une courte pause et le point-virgule constitue une pause intermédiaire, représentant selon les" cas un point affaibli ou une virgule renforcée.

- 98 -

se place généralement devant reliant deux propositions. Quand relie deux termes non propositionnels, la virgule.est employée pour mettre en valeur leur opposition : // (Hugo).

marque une interruption de la phrase qui reste inachevée, en suspense, pour diverses raisons. Le locuteur peut abandonner son idée, s’interrompre pour se corriger ou marquer une hésitation due à la gêne, à un scrupule, ou à la recherche d’un terme exact. Très employés par les écrivains les points de suspension peuvent marquer le rythme de la parole du locuteur, un débit particulier déterminé par l’émotion, la timidité, la colère, la tristesse ou tout autre sentiment : «

Plusieurs signes de ponctuation ont principalement un rôle énonciatif, qui n'exclut pas pour autant une fonction démarcative. Ils annoncent une énumération ou des exemples, en particulier dans un discours didactique: (Hubert Reéves).

Les deux-points manifestent un rapport logique qui dépend du contexte, c'est-à-dire du rapport entre les termes qu'ils séparent ; ce peut être la cause, l'explication la conséquence, l'opposition, la restriction, etc.: (Paul Valéry)

- 99 -

Le tiret peut être employé seul ou répété. Quand -il-est seul, il introduit, dans un dialogue, au début d'une réplique, les paroles d'un personnage ou marque le changement d'interlocuteur, que celui-ci ait été également signalé ou non par l'alinéa. II dispense ainsi d'employer les guillemets, avec lesquels il peut malgré tout se rencontrer :

(Jean Tardieu).

Quand il est répété, le tiret joue le même rôle que les parenthèses ; il sert à isoler dans un texte un élément (mot, groupe de mots, phrase) introduisant une réflexion incidente, un commentaire.

Un roi assez vieux avait trois fils. Les deux aînés étaient méchants, emportés, brutaux même. Quant au cadet, il était doux, mais assez simple d'esprit Un certain jour, le roi les rassembla tous trois et leur dit:

— On m'a assuré qu'à cinquante lieues d'ici. II y a une bête merveilleuse qu'on nomme le merle blanc. Cette bête a le pouvoir de rajeunir celui qui peut la posséder. Me voilà avancé en âge : si donc quelqu'un pouvait m'apporte r cette bête merveilleuse, je suis disposé à l'en récompenser par ma couronne.

L'ainé, prenant alors la parole, demanda à son père de le laisser aller à la recherche du merle blanc et déclara qu'il ne reviendrait point sans l'avoir trouvé.

roi lui fit donner des armes, un bon cheval et de l'argent, et le laissa partir.

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Après avoir marché bien longtemps, il arriva dans une grande et belle ville où régnait alors un roi débonnaire et ami du plaisir. Le prince bien accueilli par les habitants qui le voyaient porteur d'un beau sac rempli d'or, ne tarda pas à être Introduit au milieu de la cour dissipée du roi régnant. Da sorte que, un an après son départ, il n'était pas encore de retour.

Voyant cela, le second fils du roi partit à la recherche du fameux merle blanc, emportant comme son frère un beau cheval, des armes et de l'or. Il lui arriva les mêmes aventures qu'à son frère, qu'il rencontra, dépouillé de tout, dans la ville des plaisirs. Malgré cet exemple, il y mena une vie dissipée, oubliant complètement et son père et la couronne promise à celui qui pourrait ramener le grand merle blanc. De sorte qu'un an après son départ, le roi n'en avait encore reçu aucune nouvelle.

Alors le cadet dit à son père :

— Sire, si vous la permettez, j'irai, moi aussi, à la recherche de la

bête merveilleuse, et, Dieu aidant, j'espère vous revenir avant trois

mois. Faites-moi donner un peu d'argent. Je n'ai pas besoin d'armes et de cheval pour faire ce voyage. C'est à ma bonne étoile que je remets le soin de son succès.

Après quelques difficultés, le roi laissa

partir son

dernier fils.

Cinq jours après avoir quitté le palais de son père, le prince traversait une forêt lorsqu'il entendit crier une bête. Courir dans cette direction et arriver auprès d'un renard pris au piège fut pour lui l'affaire d'un instant. Emu de pitié, le Jeune prince débarrassa le renard, qui le remercia en lui disant

:

— Ecoute, tu m'as sauvé la vie. Pour te récompenser de ton bon cœur, le me mets à ta disposition ; quand tu auras besoin de mon assistance, tu diras : « Renard, renard, passe monts et vallées. J'ai besoin de ton secours

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». Je viendrai, et II n'est point de chose qui puisse me résister, je sais qua tu vas pour t'emparer du merle blanc. Il se trouve à deux lieues d'Ici, a cent pas de la grosse tour de la ville. Il est dans une grotte gardée par deux dragons. Pour endormir ces bêtas, tu prendras seize pains de quatre livres et deux oie3. Tu mettras tremper les paln3 dans l'eau-de-vie et tu iras près de la grotte jeter ces provisions aux dragons. Une heure après, le merle blanc sera en ta possession. Cours, et surtout fais diligence. Un dernier conseil : ne rends service à personne avant que je ne t'aie revu. Adieu.

Ayant ainsi parlé, le renard disparut dans la profondeur du bois. Resté seul, le prince continua sa route et arriva bientôt aux portes da la ville où sa mise simple ne le fit pas remarquer. Ayant entendu le bruit de ta trompette dans une rue voisine, il s'y rendit et y vit une nombreuse populace entourant les officiers du roi, qui annonçaient l'exécution pour le lendemain matin de deux princes étrangers coupables de haute trahison.

Le jeune homme ne douta pas que ce ne fussent ses deux frères. Il alla chercher les pains, les oies et l'eau de vie qui lui étaient nécessaires, et partit pour rejoindre la grosse tour de la ville. Il y arriva, compta cent pas en allant droit devant lui et trouva effectivement la grotte du merle blanc. Une grande odeur de soufre le suffoqua, mais il s'approcha et jeta aux dragons les provisions qu'il avait apportées. Une heure après, le fameux merle blanc était en sa possession. C'était un oiseau gigantesque dont les ailes brillaient comme le soleil.

Que veux-tu de mol ? de manda l'oiseau ; ordres.

Je

sont prisonniers du roi. Soit ! monte sur mon cou et je t'y conduirai.

parle I

je

suis

à tes

voudrais

d'abord

que

tu me fasses délivrer mes deux frères qui

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Ce disant, le merle blanc se rapetissa tellement qu'il ne parut pas plus gros qu'un coq. Le prince enfourcha ce nouveau coursier et se trouva bientôt au milieu de ses frères, qu'il enleva au nez de leurs gardiens ébahis.

Malgré le bon service que venait de leur rendre leur cadet les deux princes ne songèrent aussitôt libres, qu'à s'emparer de la bête merveilleuse.

As-tu vu, dit l'un, la belle carrière d'or qui se trouve là-bas ? Non, je n'ai pas songé à la regarder en passant. Alors, venez la voir. Et les trois frères de s'approcher du gouffre. Pendant que le cadet se penchait pour mieux voir, il fut poussé par ses deux frères et tomba au fond de la mine. Lorsqu'il revint à lui, il songea au renard qu'il avait sauvé et se mit

à

crier :

Renard,

renard, passe monts et vallées, j'ai besoin de

ton

se-

cours !

Ces mots étaient à peine prononcés que déjà le renard était auprès de lui, et, en léchant les plaies que lui avait faites sa chute au fond du souterrain, le guérit complètement.

— Maintenant que te voilà guéri, lui dit le renard, il te reste à sortir

du trou. A cet effet, tu vas te tenir à ma queue et je te remonterai. Ne

t'avise pas de lâcher ma queue, car ce serait à recommencer. Tiens-toi bien, je monte !

Et le renard monta en l'air, traînant après lui le prince

sa queue. Le renard allait atteindre le bord du gouffre

lorsque le prince, fatigué, lâcha le renard et retomba tout meurtri au fond du gouffre.

cramponné à

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Le renard revint trouver le Jeune prince, le ranima et lui fit recom- mencer l'ascension du souterrain.

Cette fois, le prince arriva heureusement en terre ferme.

Après avoir remercié le renard des services qu'il lui avait rendus, le jeune prince s'en alla rejoindre le château de son père. Avant d'y arriver, il se vêtit d'un habit de garçon de ferme, se teignit le visage et vint demander au roi son père, qui ne le reconnut pas sous ses habits d'emprunt, de lui donner la garde du merle blanc que ses frères avaient rapporté comme leur conquête. Il fut accepté.

Il apprit alors que le merle blanc avait déclaré au roi qu'il ne le rajeunirait pas si on ne lui amenait celui qui l'avait conquis sur les deux dragons. Les deux princes avaient dit à leur père que c'était eux-mêmes qui avaient pris la bêle, et que c'était pour se venger que le merle blanc disait que ce n'était pas eux qui l'avaient pris.

Dès que le jeune prince fut entré dans la salle où se trouvait le merle blanc, il vit l'oiseau s'abaisser et lui commander de monter sur son cou, ce qu'il fit. Une seconde après, tous deux étaient dans la salle du roi à qui ils racontèrent les supercheries des deux princes.

Outré de colère, le roi fit dresser deux bûchers dans la cour du palais, y fit lier ses deux fils aines et les fit brûler vifs. Puis il prit sa couronne et la donna RI* Jeune prince.

Un instant après, le vieux roi était redevenu jeune, grâce au fa- meux merle blanc.

- 104 -

1. Etudiez le champ sémantique des lexèmes :

2. Expliquez les syntagmes

3. Cherchez dans le dictionnaire et trouvez une explication pour la notion de

4. Comment comprenez-vous la phrase : « ».

1. Quelles sont les possibilités combinatoires (sémantiques et stylistiques) du mot

2. Relevez les mots qui sont caractéristiques pour un conte.

3. Trouvez plusieurs expressions idiomatiques, proverbes, dictons avec les mots : Faites-les entrer dans des contextes avec un contenu suivi.

4. Dites le contraire : « ».

- 105 -

1.

Définissez quelques notions clés du conte autour desquelles s’axe le sujet.

2.

Déterminez le type de texte. Dites si le titre se reprend dans le contenu du texte.

3.

Classifiez les personnages et prouvez leur rôle dans ce fragment.

4.

Citez d’autres exemples de personnages littéraires universels qui étaient prêts à aider quelqu’un pour expier ses péchés.

5.

Quelles sont les figures de style qui prédominent dans le fragment lu ? Et comment l’auteur s’en sert pour caractériser les personnages ?

6.

Comment l’auteur exploite la syntaxe affective ? Argumentez votre réponse avec des exemples.

7.

A quoi sont dus la vivacité et le dynamisme du fragment ?

 

8.

Formulez la morale du conte en vous servant de la phrase: « ».

Faites

l’exégèse

du

conte,

compte

tenu

des

niveaux

d’interprétation :

10.

Commentez : «

Le titre de ce conte « est nominatif, symbolique et incitatif à la fois. En général la couleur blanc signifie la pureté. Ici elle symbolise le bonheur. Pour être heureux dans la vie il faut beaucoup lutter. La vie c’est un combat. Elle apporte des surprises agréables et désagréables. Celles agréables il faut les savourer, celles malheureuses il faut les dépasser.

Le trait caractéristique d’un conte est qu’il a toujours un final heureux. Dans l’exposition on présente les personnages et on fait

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directement la caractéristique. Le cadet qui était doux et simple d’esprit, les deux aînés étaient méchants, emportés, brutaux même. Le but du vieux roi était de mettre à l’épreuve ses fils pour se convaincre qui mérite sa couronne. Il a inventé l’histoire avec le merle blanc, qui a le pouvoir de rajeunir les personnes. Dès le commencement l’auteur donne au langage une fonction impressive/ persuasive. Dans ce cas on influence les sentiments, les pensées ou les actions du récepteur. C’est un registre standard, explicite, en utilisant le vocabulaire simple et compréhensif. A travers le contenu du texte, l’auteur se réfère à différentes situations, à des objets, à des personnages, à des situations ce qui donne une fonction référentielle au langage. En même temps, il cherche à établir le contact entre les personnages, ce qui prouve la fonction phatique.

Le cadet par rapport à ses deux frères peut être considéré d’après le schéma actanciel, comme le sujet de l’action. Il part à la recherche du merle blanc. Dans son chemin il a eu beaucoup de pièges, mais jusqu’à la fin des fins il remporte la victoire. Ses deux frères peuvent être classifiés comme opposants, parce qu’ils empêchent le personnage principal d’atteindre son but. En même temps, ils sont des destinataires parce qu’ils profitent de la mission accomplie par le sujet. Les deux frères aiment beaucoup les loisirs, préfèrent une vie facile et l’argent. De telles personnes qui mènent une vie dissipée oublient complètement de ceux qui sont chers et qui sont proches. Par rapport avec eux, le cadet est un enfant bien-élevé, qui connaît le code de belles manières, n’est pas cupide et qui est bien calculé, raisonnable, très optimiste. Tout ce qu’il projette, a toujours un grand succès. On se présente comme un personnage courageux qui a un bon cœur. Il a sauvé la vie d’un renard. En général le renard symbolise la ruse. Dans ce conte le renard symbolise la sagesse et un des plus fidèles amis de l’homme. A côté du renard sont introduits deux dragons qui gardent le merle blanc dans une grotte. Ces deux dragons symbolisent la force

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noire qui apporte toujours du mal. Pour lutter avec ces deux bêtes, le renard met en action sa ruse en proposant à notre personnage de faire un truc.

En écoutant le conseil du renard, le personnage central trouva effectivement la grotte du merle blanc. Une heure après, le fameux merle blanc était en sa possession. C'était un oiseau gigantesque dont les ailes brillaient comme le soleil. En se servant de la comparaison on souligne la beauté merveilleuse de cet oiseau. Il était si beau qu’on restait bouche-bée et très étonné. Son charme est du au fait qu’il parlait. Le premier désir adressé au merle était de délivrer ses deux frères qui étaient prisonniers de roi. D’ici commence l’intrigue du texte, dans les veines coule le même sang. Seulement le cadet a oublié du conseil donné par le renard de ne pas rendre service à personne avant qu’il l’ait revu. Au lieu de remercier leur frère, les deux aînés songeaient à s’emparer de la bête merveilleuse.

Pour marquer la vivacité des sentiments, pour dépeindre l’état d’âme de nos personnages et pour accentuer la force des sentiments, l’auteur se sert de la syntaxe affective, en utilisant des phrases courtes, longues, complexes, exclamatives. Mais en même temps utilise les phrases interrogatives qui donnent la possibilité au lecteur de s’impliquer. On sait que si on fait du bien on reçoit du bien. Mais dans ce conte le bien est récompensé par le mal. C’est le moment le plus tendu du conte qui représente le point culminant. Le cadet a été jeté au fond de la mine. Au secours vient son ami renard. A peine, après deux tentatives de l’aider, il a réussi à sortir de ce trou. Après avoir remercié le renard des services qu'il lui avait rendus, le jeune prince s'en alla rejoindre le château de son père. On connaît qu’il faut apprendre par les erreurs des autres, mais dans ce cas, le personnage apprend par ses propres fautes. Avant de se présenter au palais il s’est déguisé en garçon de ferme. Personne ne l’a pas reconnu. Il a demandé un travail au château et surtout

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la garde du merle blanc. A la fin on voit la révolte et de la part de bête. Elle a refusé de rajeunir le vieux roi, jusqu’au moment quand lui amènerait celui qui l’avait conquis sur les deux dragons.

A travers le contenu du texte, le ton change d’une forme à une autre. Dès le commencement le ton est fantastique. Ensuite il reprend la forme du tragique puis il change en parodique, vers la fin reprend la forme du tragique. C’est trop dur de la part du vieux prince qui a ordonné de bruler de vif les deux aînés. Mais à cette époque-là l’honneur et la paro