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QUALITE ENVIRONNEMENTALE DES BATIMENTS P.

MERIEUX

20 SEPTEMBRE
Objectifs et moyens
2007

1. Relation avec la parcelle

a. Aménagements paysagers

 Traitement des terres par voie thermique plutôt que chimique


 Choix d’une herbe rustique, robuste, peu consommatrice d’eau au lieu du gazon
 Arrosage limité, par goutte à goutte commandé en fonction de l’humidité du sol et de l’heure
(préféré un léger stress hydrique des plantes)
 Choix d’essences non allergènes, adaptée à la région, éventuellement en cohérence avec plan
Natura local ou voisin
 Multiplication des essences avec périodes de pollinisation différentes
 interdiction des arbustes représentant des dangers d’intoxication
 limitation de la végétation à croissance rapide qui induit des déchets verts et la gêne liée à la
tonte ou à la taille
 Arrosage avec eau de récupération et/ou de pompage
 Examen de la croissance des essences à 10 et 20 ans pour visualiser les impacts sur les
bâtiments, l’éclairage public
 Participation de la végétation pour un microclimat local
 Mobilier urbain en matière recyclée
 Réflexion sur la colorimétrie de l’enrobé pour favoriser le facteur de lumière du jour et réduire
les points chauds

b. Eaux pluviales

 Distinction entre les eaux de toiture et de ruissellement


 Traitement des eaux de toiture : réduction imperméabilisation, régulation du débit de rejet,
rétention, infiltration
 Dans le cas de rétention, réflexion sur l’option à ciel ouvert (crapaud, moustique, sécurité,
visuel) ou enterré (entretien)
 Dans le cas de noues, étude de la forme adaptée aux outils de mécanisation pour la tonte
 Imperméabilisation des voiries en raison des risques d’hydrocarbures et collecte
 Pré-traitement des eaux de ruissellement (ou non) en fonction de la politique locale des
opérateurs
 Possibilité de rétention des eaux de ruissellement en cas de déversements accidentels
polluants
 Maintien des zones humiques favorables à la biodiversité

c. Energie

 Réflexion sur l’orientation favorable au bénéfice solaire


o 40 % de vitrage au sud et 20/20/20 % pour les autres orientations dans le résidentiel
o 25/25/25/25 % pour les immeubles tertiaires
o si impossible, intégration de la contrainte de l’ouest
o dans tous les cas traitement du sud
 Position des capteurs solaires thermiques limitée entre sud-est à sud-ouest en passant par le
sud avec inclinaison sensiblement identique à la latitude du lieu concerné (intégration
architecturale)
 Position des capteurs photovoltaïques entre est et ouest en passant par le sud et inclinaison
préférable vers 30 ° mais possible de 0 à 90 ° (perte de 50 % de la production cependant)

Agi2d/PM 1/10
d. Autres

 Examen du niveau sonore et du classement voisin ; en cible performante, renforcement de


l’ordre de 3 dB et 6 dB en très performant qui s’ajoute à la contrainte réglementaire
 Examen des conditions olfactives locales
 Réflexion sur les transports et le stationnement sur la parcelle, notamment les solutions
douces : flux, parcours, stationnement (sécurisation)

2. Choix des systèmes et matériaux

a. Adaptabilité et recyclabilité

 Plus la durée de vie prévue pour la construction s’avère longue, plus la question de la facilité
d’évolution doit être appréhendée.
 A contrario, si la durée de vie estimée est réduite, la réflexion doit plus particulièrement porter
sur la déconstruction et les conditions d’élimination en fin de vie.
 Néanmoins, dans le secteur non résidentiel, l’expérience montre que la réorganisation des
espaces est régulier (entre 15 et 25 ans) pour répondre aux nouvelles exigences.

b. Système constructif

 La filière sèche est à privilégier dès que l’une des conditions suivantes existe : sol fragile
(notamment présence de nappes superficielles ou de cours d’eau à proximité), délai
d’intervention réduit ou encore réduction des nuisances du chantier.

c. Matériaux

 Le bois est attractif puisque renouvelable dès lors où il ne conduit pas à la déforestation et
que les transports sont limités. En revanche, il présente des dangers ; il représente la
première maladie professionnelle dans le bâtiment (hors amiante) et induit l’utilisation de
produits de préservation souvent toxiques et dangereux pour l’environnement. En
conséquence, la prescription du bois impose les exigences environnementales suivantes :
o Bois en provenance de forêts gérées durablement et labellisées (PEFC ; FSC…),
o Priorité au choix d’essences ne nécessitant pas de traitement de préservation,
o Si un traitement est nécessaire, les produits chimiques doivent être labellisés CTB-P+
et le traitement réalisé en atelier
o Une autre voie consiste à utiliser un traitement thermique sans produits nocifs
(rétification par exemple),
o Pour les produits agglomérés et contreplaqués, exiger des matériaux à faible émission
de COV (classe A ou E1)
 Limiter l’emploi des PVC . Pour les canalisations, préférer le cuivre pour les petites sections et
la fonte (intérêt acoustique et sécurité incendie en plus). Pour les revêtements de sol,
envisager des solutions alternatives avec le parquet bois, le linoléum.
 Les peintures et vernis doivent bénéficier d’un éco-label européen ou équivalent qui justifie
des faibles émissions de COV (valoriser les produits qui respectent déjà les obligations de
2010)
 Interdire les produits toxiques ou dangereux pour l’environnement étiquetés T, T+, Xn et N et
éviter les produits Xi et C

3. Chantier

 Fournir l’articulation de la charte chantier à faibles nuisances.

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4. Energie

a. Architecture et isolation

 Supprimer les ponts thermiques des murs de rend et des nez de dalles
 Prolonger la réflexion sur la position des ouvrants (nu extérieur pour l’isolation extérieure)
 Prévoir également la rupture thermique des loggias, balcons ; etc
 Isoler les parois en relation avec les espaces fermés et non chauffés

b. Ventilation

 Préférer la ventilation mécanique de type double flux avec récupérateur rotatif ou


thermodynamique
 Valoriser les ventilations traversantes
 Envisager une sur-ventilation pour l’été
 Traiter la question des hottes de cuisine (introduction air et extraction)
 Dito hotte pour le séchage du linge
 Dans les bâtiments non résidentiels, distinguer la ventilation des locaux des espaces toilettes

c. Couple « énergie-équipements » pour le chauffage

 Dans le cas de la combustion, imposer la condensation (attention sur le dimensionnement des


émetteurs)
 Pour le bois, réfléchir à l’approvisionnement au stockage (taille, sécurité)
 Opter pour un réseau de chaleur si ce dernier présente au moins 50 % d’énergies
renouvelables
 Dans le cas d’une PAC, examiner la source froide et les caractéristiques de la machine pour
offrir une solution autonome
 Penser à la possibilité des puits thermiques (canadiens/provençaux)
 Une autre voie consiste à opter pour de l’électricité « verte »

d. ECS

 Envisager systématiquement une production solaire


 Réfléchir au choix énergétique en complément
 Favoriser des solutions individuelles ponctuelles pour les points de puisage éloignés et à faible
sollicitation (exemple cuisine dans le logement, lave-mains d’un bureau)
 Optimiser les distances de distribution (6 m en logement)
 Calorifuger toute la distribution, y compris dans les passages en dalle
 Limiter les besoins d’eau chaude (Cf. chapitre eau)
 Réseau bouclé si collectif et refus de traçage
 Traiter la dureté de l’eau si le degré hydrotimétrique est supérieur à 25 °f

e. Electricité

 Généraliser l’éclairage fluorescent avec ballast électronique à cathodes chaudes en


s’assurant :
1. D’une puissance adaptée aux besoins (et plutôt de plusieurs)
2. D’un indice de rendu de couleur Ra  85
3. D’une température de couleur adaptée à la destination des locaux
4. D’un coefficient de réflexion  50
5. D’un zonage en fonction du FLJ
6. De commandes « intelligentes » (programmation, présence, luminosité)
 Installer des variateurs de vitesse électronique sur les motorisations (pompe, ventilateur,
élévateur)
 Envisager une production photovoltaïque

Agi2d/PM 3/10
5. Eau (gestion + qualité sanitaire)

a. Eau à destination de la consommation humaine (EDCH)

 Comptage individualisé par logement ou par occupant distinct


 Sous-comptage par utilisation dans le secteur non résidentiel (WC, cuisine, espaces
extérieurs, soins corporels, autres…)
 Régulation de la pression (3 [bars] maxi) en tous points du réseau
 Préférence aux mitigeurs thermostatiques (quasi obligation dans tous les locaux destinés aux
soins corporels pour garantir une température maximale de 50 [°C] alors que le réseau de
distribution doit être maintenue à une température supérieure à 50 [°C] en tous points et à
tous moments
 Réducteur de jet régulant et à effet Venturi en matière synthétique (interdiction de l’empilage
de tamis) pour tous les puisages « ouverts » (ceux qui ne consistent pas à remplir une
rétention : lavabo, par exemple)
 Réducteur de jet régulant sans effet Venturi pour les points de puisage « fermés » (ceux qui
consistent à réaliser une rétention : baignoire, par exemple)
 Réducteur de jet régulant avec effet Venturi ou non pour les points de puisage « mixte »
(« ouverts » ou « fermés » selon l’usage, comme l’évier)
 Douchette économe pour les douches (attention à bien prévoir un flexible adapté à cet usage
au niveau de la résistance à la pression)
 WC économe 3/6 litres avec double commande ou commande « stop and go »
 Alimentation de préférence en cuivre, éviter l’acier
 Exigence d’une ACS (Attestation de Conformité Sanitaire) pour tous les matériels en contact
avec l’eau ou, pour les matériaux de composition uniforme, assurance du respect de l’annexe
de l’arrêté du 29 mai 1997
 Traitement de l’eau si la dureté excède 25 °f (français)
 Vérification que chaque logement bénéficie au moins d’un point de puisage qui n’est pas
soumis au traitement complémentaire

b. Eaux pour usages n’impliquant pas une EDCH

 Les dispositions pour la réduction des besoins (régulateurs de jets à effet Venturi,
notamment) sont recommandés si les points de puisage sont ouverts
 Arrosage des espaces verts par dispositifs goutte à goutte, programmés temporellement et de
préférence en fonction de l’hygrométrie du sol
 Bassins d’agréments en circuit fermé
 Marquage obligatoire de tous les réseaux alimentés par une eau non EDCH
 Interdiction de connexion entre réseaux d’eau non EDCH et EDCH ; dans le cas d’un
complément, le prévoir par surverse
 Points de puisages verrouillables avec étiquetage indélébile

c. Eaux pluviales (EP)

 Dispositif de filtration par dégrillage, démontable pour nettoyage, de maille inférieure à 5


[mm], placé en amont du stockage
 Dispositif de stockage répondant aux prescriptions suivantes :
o Etanche
o Résistant à des variations de remplissage
o Non translucide
o Fermé, recouvert d’un couvercle solide et sécurisé
o Comportant un dispositif d’aération mini d’une grille anti-moustiques,
o Equipé d’une arrivée d’eau noyée et d’un système de trop-plein muni d’un claper anti-
retour
o Vidangeable, nettoyable intégralement et permettant d’avoir un accès manuel à tout
point de la paroi
o D’une plaque apparente et scellée à demeure portant d’une manière visible la mention
« eau non potable » et un pictogramme caractéristique

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d. Assainissement (EU)

 Assurance du raccordement des eaux usées à un réseau d’assainissement collectif


 Dans le cas contraire, respect des règles pour l’assainissement non collectif
 Il était souhaité l’installation d’un déshuileur pour les eaux de ruissellement avant rejet dans le
réseau d’assainissement collectif. Plusieurs régions s’opposent maintenant à cette procédure
car la faiblesse chronique d’entretien conduit à un excès de concentration lors d’un
débordement.

6. Déchets d’activités

a. Modalités de la collecte extérieure

 Identifier le tri souhaité (2, 3, 4 ou plus)


 Déterminer le type de collecte (ramassage ou apport volontaire) selon la nature des déchets
 Examiner la fréquence de la collecte
 Vérifier les conditions d’accès (limites de propriété ou non)

b. Organisation interne

 En fonction des données précédentes, élaborer le schéma de collecte dans le bâtiment


 Déterminer l’emplacement du stockage principal (attention au règles pour les PMR)
 Déterminer l’emplacement des stockages intermédiaires
 Evaluer l’organisation (qui fait quoi ?)

c. Stockage central

 Déterminer la surface nécessaire du stockage principal et la forme utile pour la manipulation


des containers
 Pour l’habitat, la règle Eco-emballage indique 5,5 + 0,14*N si le stockage vise au plus 50
personnes et 9 + 0,14*N pour plus de 50 personnes (la surface est en [m2] et N indique le
nombre de personnes)
 Pour le tertiaire, soit le programme l’indique, soit établir une correspondance en équivalent
personnes
 Pour le confort visuel et le confort olfactif, le local est fermé et couvert
 Pour maintenir des conditions d’hygiène, le local est ventilé (mécanique de préférence) avec
une extraction qui n’occasionne pas de gênes olfactives
 Selon la fréquence de ramassage et l’isolation thermique, il est recommandé d’envisager une
climatisation
 Le local est convenablement éclairé
 Le local bénéficie d’une alimentation en eau et une évacuation
 Le revêtement intérieur du local est lessivable et doit permettre des désinfections. Il convient
donc de prévoir des revêtements céramiques au sol et sur les murs à une hauteur minimale
de 2 [m]
 Le local dispose d’une signalétique claire

d. Stockage intermédiaire

 Evaluer le dimensionnement en fonction des besoins


 Prévoir les équipements de stockage en cohérence avec le stockage central
 Dans l’habitat, recommander l’équipement sous l’évier

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7. Entretien et maintenance

a. Bâti

 Le critère de facilité d’entretien de l’enveloppe est le plus souvent intégré au moment du choix
du système constructif
 Il intervient également avec la cible 11 pour les question d’hygiène
 On peut aussi recommander les matériaux autonettoyants (ciment, céramique, vitrage,
peinture) dont le procédé nécessite cependant deux facteurs extérieurs : la lumière pour
réaliser la réaction chimique avec l’oxyde de titane et l’eau pour assurer le lavage des
impuretés
 Enfin, prévoir l’accessibilité la plus simple et la plus économique aux éléments

b. Equipements

 Comme pour l’enveloppe, le critère d’entretien doit être intégré dans le choix des équipements
 Egalement accessibilité facilitée
 Faire attention au niveau de filtration de l’air ; plus ce dernier est contraignant, plus l’entretien
sera fréquent
 Proposer de l’éclairage par LED pour les éclairages extérieurs difficiles d’accès (de 100 000 à
150 000 heures de fonctionnement au lieu de 10 000 heures pour la fluorescence)
 Ne pas oublier les modalités pratiques pour le nettoyage des capteurs solaires

c. Outils de gestion

 Du point de vue actif de l’entretien et de la maintenance, prévoir une GTB (Gestion Technique
des Bâtiments) ou une télégestion (qui n’est autre qu’une GTB avec l’interface à distance)
 Dans le cas de l’habitat, la GTB se traduit par une domotique collective ou un RMH (Réseau
Multiservice à l’Habitat)
 Réalisation d’un guide des « gestes verts » pour une exploitation « environnementale »

8. Confort hygrothermique

a. Bâtiment

 L’inertie n’est pas à confondre avec l’isolation. Elle consiste à retarder une perturbation. Ainsi
lorsque le soleil frappe une paroi, on tente d’en retarder les effets d’une douzaine d’heures.
En général l’air est alors plus frais et le courant d’air va ainsi évacuer ce surplus. In-fine, on
obtient un lissage de la variation externe (ceci dit, le résultat n’est plus assuré lors des
périodes de canicule). Par ailleurs, l’inertie limite le jeu de l’intermittence du chauffage ; elle
n’est donc pas systématiquement à favoriser
 Il est préférable de prévoir un agencement intérieur qui permet d’obtenir des locaux
« traversants », notamment pour les logements. La présence d’ouvrants sur des parois
différentes répond à cette orientation. On peut aussi profiter de la surventilation nocturne
pour aider à l’amélioration du confort sans climatiser
 L’autre dimension concerne les protections solaires. Elles doivent se situer à l’extérieur pour
éviter les périodes d’inconfort

b. Choix des émetteurs

 Le confort hygrométrique est défini par 6 critères principaux (tenue vestimentaire, activité,
vitesse de l’air, humidité, température de l’air et température radiante moyenne des parois) et
4 critères secondaires (température de sol, gradient vertical, asymétries horizontale et
verticale). Dans le cas de la recherche d’un confort optimal, il est nécessaire d’évaluer ce
dernier sur les bases de la norme ISO 7730 et de définir les températures souhaitées en
fonction de ces critères

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 La vitesse de l’air doit être inférieure à [0,15 m*s-1], mais supérieure à 0,05 [m*s-1] en hiver ;
on accepte jusqu’à 0,25 [m*s-1] en été (0,22 [m*s-1] dans la certification Certivéa. Cette
exigence se traduit par le choix, le nombre et la disposition des bouches d’entrée d’air ainsi
que des réglages des bouches d’extraction
 La température radiante moyenne, et par voie de conséquence la température opérative, est
améliorée dès lors où les émetteurs de chauffage sont à faible température et massivement
rayonnant. La faible température induit inévitablement des surfaces d’échange plus
importante ; le plancher chauffant répond particulièrement bien à cette exigence
 Le gradient vertical ne doit pas excéder 3 [K] entre tête et cheville. Le plancher est encore ici
très judicieux. Pour les locaux dont la hauteur sous plafond est supérieure à 3 [m], les
systèmes convectifs ne sont pas pertinents
 La température de sol ne doit jamais excéder 28 [°C] en tout point et à tout moment (arrêté
technique du 23 juin 1978), mais la limite de 26 [°C] est plus correcte
 Le choix des émetteurs peut varier selon la destination des locaux ; il faut cependant vérifier
l’homogénéité thermique

9. Confort acoustique

a. Réglementation

 Bien souvent, le respect de la réglementation acoustique actuelle est déjà un élément de


succès car il intègre la conception, mais également la réalisation.
 Les exigences d’amélioration sont de l’ordre de 3 [dB] pour être performant et de 6 [dB] pour
très performant
 Dans le cas de zones bruyantes, ne pas oublier que la réglementation impose déjà un
renforcement de l’isolation aux bruits aériens extérieurs
 De nombreuses informations pratiques sont réunies dans le guide Qualitel
 Attention à l’isolation thermique par l’extérieur qui ne permet pas d’assurer conjointement
l’isolation acoustique entre locaux séparés par un mur de refend
 Enfin, s’interroger sur le rôle générateur de bruit de l’édifice envisagé vis-à-vis du voisinage

b. Dispositifs dynamiques

 Dans les chambres pour personnes âgées ou dans les hôpitaux, il est utile de proposer un
report du haut-parleur de la télévision dans l’allège en tête de lit. Cette disposition est peu
coûteuse (un fourreau, un câble, une prise et un haut-parleur par lit)
 Il existe également des dispositifs de contre-bruit qui consiste à émettre un son en opposition
de phase avec celui émis ; la résultante permet un affaiblissement du bruit émis (traitement
de salles de spectacles existantes)

10. Confort visuel

a. Relations avec l’extérieur

 Il s’agit d’examiner les vues de l’intérieur d’un bâtiment avec l’extérieur. Introduite dans cette
cible, cette exigence doit cependant être analysée avec la cible [1]
 De même, il convient d’examiner l’intimité, c’est-à-dire la vue depuis l’extérieur
 Le travail de conception consiste à évaluer les parois vitrées (surface, emplacement, qualité
des vitrages) de manière à favoriser la lumière du jour
 Le travail précédent conduit également à aider à la détermination de la profondeur des salles
pour respecter un minimum de lumière du jour
 Il en découle les règles d’installation des luminaires (emplacement, commande) de manière à
disposer d’un éclairement plus uniforme
 A noter que les gains énergétiques ne sont pas l’objectif de cette démarche. Elle vise
principalement la notion d’épanouissement et de confort de l’individu

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b. Eclairage artificiel

 L’objectif dans cette cible n’est pas l’énergie mais le confort visuel, les deux paramètres
essentiels ont déjà été cités dans la cible [4] :
o L’indice de rendu de couleur (IRC ou Ra) ; la source doit bénéficier d’un Ra  85 pour
toutes les applications domestiques et dans le non résidentiel
o La température de couleur (Tc) qui correspond à la couleur apparente ; on préfère
des températures plutôt basses ( 3 300 [K]) pour les teintes chaudes (jaune,
orangée) généralement utilisées avec des faibles puissances (domestique)
o Les températures de couleur élevées (> 5 500 [K]) sont riches en bleu et
correspondent au secteur industriel ou à des applications particulières (fleuriste)
o Enfin les teinte neutres (de 3 300 à 5 500 [K]) couvre la majeure partie du no
résidentiel (salles de classe)
 Le choix des luminaires et l’emplacement sont également déterminants dans l’appréciation du
confort visuel (uniformité, éblouissement)

11. Confort olfactif

a. Odeurs extérieurs

 En s’appuyant sur principe pollueur = payeur, il convient de favoriser le traitement de l’origine


de la source des mauvaises odeurs
 Dans le cas où le bâtiment doit se prémunir de cette contrainte, une des solutions consistent
à installer des épurateurs d’air à l’entrée de l’insufflation (cet équipement implique une
ventilation de double flux). Le principe s’appuie sur la même technique que les matériaux
autonettoyants
 Dans d’autres pays, on utilise la diffusion de parfums qui couvre les mauvaises odeurs, mais
les conséquences éventuelles d’une forte exposition ne sont pas très connues

b. Odeurs intérieurs

 La première disposition repose sur une ventilation efficace qui va permettre de diluer les
mauvaises odeurs au-dessous du seuil de perception
 La seconde disposition consiste à intégrer cette exigence dans les critères de choix des
matériaux, notamment du second œuvre
 La troisième disposition consiste à catalyser les sources olfactives ; cette solution est
appliquée essentiellement en milieu industriel
 Enfin, pour le domestique, l’utilisation de charbons actifs permet de réduire la concentration,
mais cette technique doit être soigneusement entretenue pour assurer l’efficacité et éviter le
rejet de polluants lorsqu’ils deviennent saturés

12. Qualité sanitaire des espaces

a. Accessibilité aux personnes dépendantes

 Les recommandations initiales ont été largement rattrapées par la nouvelle réglementation.
 Toutefois, une des dispositions qui visait à placer les prises à une distance au moins égale à
40 [cm] par rapport au sol n’a pas été intégrée dans les textes et il est souhaitable de
pratiquer cette règle

b. Hygiène et nettoyabilité des locaux

 Il est nécessaire de définir avec précision la nature des finitions pour faciliter simultanément la
nettoyabilité et l’hygiène des locaux (illustration avec la finition du local de stockage des
déchets)
 Ce choix induit également la qualité de mise en œuvre (exemple plinthes à gorge ou joints
PVC soudés)

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c. Champs électromagnétiques

 Il n’est toujours pas démontré de relation de causalité entre la santé et les champs électriques
de basse fréquence. Dans le cas où une exigence apparaît, deux voies sont exploitables :
o La réalisation d’une cage de faraday raccordée à la terre
o L’utilisation de câbles d’alimentations blindés (la difficulté étant de savoir comment et
où raccorder le blindage
 Pour les champs liés aux fréquences élevées (téléphone portable…), il convient de savoir que
le rayonnement induit des surchauffes corporelles qui semblent significatives pour plus de 2
heures de communication par jour. Malheureusement la construction ne peut pas interférer
dans ce mode de comportement

13. Qualité sanitaire de l’air

a. Pollutions liées à l’air extérieur

 Dans le cas d’une présence de radon ou d’un niveau élevé, il faut prévoir des dispositions
préventives :
o Renforcement de l’étanchéité de la dalle sur terre plein
o Amélioration de la ventilation du vide sanitaire
o Emploi d’une ventilation double flux en surpression
 On rappelle les conseils en matière de choix d’essences évitant des pollens allergisants. Si
ceux-ci sont dus au voisinage, prévoir une filtration adaptée (Cf. ci-dessous)

b. Pollutions liées à l’air intérieur

 La première disposition pour respecter la qualité d’air repose sur l’assurance des débits de
ventilation hygiénique qui sont la garantie d’être inférieur aux seuil de CO et de CO2 et de
limiter la quantité de vapeur d’eau. Rappelons cependant que ce débit doit être complété pour
apporter l’air nécessaire aux combustions atmosphériques (plaques de cuisson par exemple)
 Un second groupe de précautions repose sur les COV (Composés Organiques Volatiles). On
intègre ce critère dans le choix des produits et composants, notamment en exigeant des
panneaux composés de bois (contreplaqué, aggloméré) à faible émission de formaldéhyde. La
prochaine interdiction des HCFC comme fluide frigorigène implique des fluides « verts » ou
des solutions inorganiques (CO2, ammoniac, eau)
 En présence d’un générateur à combustible, vérifier qu’il soit bien à bas NOX. Les SOX ne
concernent que le fioul (de plus en plus rare) et ne devrait jamais intervenir à l’intérieur des
bâtiments
 L’interdiction généralisée de fumer ne nécessite plus une attention sur ce poste
 On évitera les tours aéroréfrigérantes pour limiter les risques de légionellose. Dans le cas où
cette technique est présente, examiner le positionnement de ces dernières, notamment vis-à-
vis du voisinage

c. Ventilation – Filtration – Epuration

 Vérifier que la règle de ventilation généralisée avec introduction de l’air neuf dans les pièces
sèches ou nobles et l’extraction dans les locaux humides ou à pollution spécifique, soit
respectée
 Assurer vous de la règle de permanence de la ventilation pour le secteur résidentiel ou de
modulation pour le tertiaire à usage intermittent soit respectée (détalonnage ou grille entre
locaux, occultations permettent le passage de l’air…)
 Attention au choix de la filtration ; plus la filtration est fine, plus l’investissement est élevé
(filtres, mais aussi motorisation) et l’exploitation également élevée (consommation d’énergie,
entretien et remplacement des filtres)
 A l’échelon de la molécule (SOX, par exemple), la filtration devient inopérante et il est alors
nécessaire de procéder à une épuration de l’air

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d. Points singuliers

 dans le résidentiel, la prédisposition pour la mise en œuvre d’une hotte nécessite deux
réflexions :
o La première concerne l’alimentation en air. S’il s’agit d’une hotte à recyclage, l’air
aspiré est refoulé dans le même local et il n’y a pas ce problème. Dans le cas où il
s’agit d’une hotte raccordée à un conduit, il faut prévoir une vanne additionnelle dans
la pièce pour assurer le volume d’air nécessaire
o La seconde concerne le refoulement. Pour les hottes à recyclage, la question porte
sur l’entretien ; les charbons actifs saturés peuvent induire des problèmes sanitaires.
Dans le cas des hottes raccordées, il convient de disposer d’une gaine dédiée
différente de celle de la ventilation
 On retrouve une problématique similaire pour le séchage du linge. Si ce dernier est réalisé par
une machine à condensation, il n’y a pas de problème. Dans le cas contraire, il est souhaitable
de prévoir des dispositions semblables à la hotte ou prévoir un local traité ou encore prévoir
des espaces collectifs pour le séchage

14. Qualité sanitaire de l’eau

Cette cible a été intégrée à la cible [5]

NOTA : Cette note, destinée à aider les acteurs à intégrer la démarche d’amélioration de
la qualité environnementale des bâtiments, ne se veut pas exhaustive.

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