Mardi 10 juillet 2012

Dans un blogue précédent, j’ai commencé à décrire ce que nous avons fait, à la Fondation Trillium de l’Ontario, pour réinventer notre façon de mesurer l’impact de nos subventions, ce que nous mesurons et pourquoi. J’ai parlé de la façon dont nous utilisons l’apprentissage par l’action pour amplifier le succès global d’un programme de subvention. Cette stratégie d’évaluation intègre l’apprentissage et l’évaluation dans le cycle d’octroi des subventions plutôt que de considérer l’évaluation comme une activité à part.

Directeur, Recherche, évaluation et gestion des connaissances Fondation Trillium de l’Ontario

Théorie du changement et questions-cadres En 2008, nous avons commencé à mesurer l’impact du Fonds pour l’avenir, le plus récent programme stratégique de subvention de la FTO, créé pour susciter le changement dans le secteur sans but lucratif. Notre théorie du changement pour ce programme particulier était la suivante : Si nous faisons des investissements significatifs et à long terme dans un portefeuille d’initiatives innovantes et si nous accordons un soutien aux bénéficiaires de subvention au moyen d’interactions serrées et d’activités de réseautage, la FTO deviendra un catalyseur du changement transformationnel. Dans un milieu qui évolue rapidement, la capacité d’apprendre et de s’adapter est plus valable que toute leçon particulière apprise. À l’aide de l’approche de l’apprentissage émergent, nous avons recueilli des connaissances essentielles à l’avancement de notre stratégie que nous avons bâti autour d’une question-cadre très claire. Pour nous, la question était la suivante : que faut-t-il faire pour renforcer les capacités du secteur de l’environnement afin qu’il ait un plus grand impact? Les questions-cadres sont très puissantes lorsqu’on les intègre dans un modèle logique qui nous permet de suivre les progrès des résultats à court terme, à moyen terme et à long terme. Pour beaucoup d’entre nous, attribuer des résultats à long terme à nos subventions à court terme dépasse nos capacités : c’est un fait qu’on doit accepter. Ce qu’il nous faut, c’est de développer notre capacité à utiliser les résultats intermédiaires que nous pouvons mesurer efficacement pour expliquer les progrès accomplis qui se rattachent à des théories du changement très claires et fondées sur des données probantes. Tout ce que nous faisons pour connaître l’impact de nos subventions s’articule autour de cinq questions extrêmement simples qui nous poussent à réfléchir et à communiquer sur ce qui compte réellement, c’est-à-dire les progrès réalisés pour avoir de l’impact. Ces questions sont tout aussi valables au niveau de l’organisme qu’au niveau d’une initiative particulière : 1. Que voulez-vous accomplir? 2. Quelles stratégies avez-vous pour y arriver? 3. Quelles sont les capacités dont votre organisme dispose pour y arriver? 4. Comment votre organisme saura-t-il qu’il réalise des progrès? 5. Qu’avez-vous accompli et que n’avez-vous pas accompli jusqu’à maintenant? Si vous pouvez apporter des réponses claires à ces questions, vous aurez une longueur d’avance et vous ferez grand plaisir à vos bailleurs de fonds. Nous avons tiré parti de ce que nous avons mesuré Après avoir bien articulé la théorie du changement applicable au Fonds pour l’avenir et déterminé les « vérités sur le terrain » qui allaient éclairer notre stratégie pour aller de l’avant, nous avons pu mieux prévoir ce à quoi nous nous attendions comme résultat découlant d’une subvention ou d’un groupe de subventions. Dans notre cas, nous croyions que si nous pouvions favoriser des collaborations innovantes entre petits et grands organismes et viser une gamme de priorités auxquelles faisait face le secteur, alors nous pourrions renforcer la capacité du secteur dans son ensemble. Après cette étape, il s’agit simplement de trouver les modèles qui conviennent et les méthodes qui éclairent ce que vous devez mesurer et ce sur quoi vous devez faire rapport. On ne peut pas tout mesurer. Trouvez une bonne concordance entre ce que vous pouvez mesurer efficacement et ce que vous tentez d’apprendre pour améliorer vos résultats. Tant que vous pouvez démontrer cette concordance, les bailleurs de fonds seront satisfaits. Je vous conseille de cibler un moins grand nombre de points de données fiables pour les indicateurs.

 Quelle théorie du changement mettez-vous à l’essai? Adoptez vos mesures en
conséquence.

 N’essayez pas d’englober, choisissez plutôt ce qui compte le plus et commencez à
mesurer, puis faites des rajustements au fur et à mesure que vous apprenez.

 Accordez votre attention à « la bonne information au bon moment et pour la bonne
raison », l’objectif étant d’obtenir des connaissances qui débouchent sur l’action. Je pose toujours la question suivante : la valeur des connaissances justifie-t-elle ce qu’il en coûte pour les obtenir? Il s’agit de trouver ce que ma collègue Gale Berkowitz de l’organisme Mastercard Foundation appelle la « zone idéale », où les avantages d’apprendre pour les bailleurs de fonds et les bénéficiaires sont plus grands que le temps qu’il a fallu investir pour apprendre. Lisez également sur l’excellent travail que font CEP et Grantcraft aux États-Unis sur cette question. Faites partie de réseaux d’apprentissage Idéalement, il faudrait mesurer les progrès en partenariat avec les personnes qui font le travail afin de maximiser l’apprentissage, de réduire le plus possible le fardeau imposé aux bénéficiaires et d’assurer la pertinence de l’apprentissage pour les deux partenaires. Je recommande fortement de collaborer avec vos pairs, vos bailleurs de fonds et vos bénéficiaires directs au sein d’un réseau qui stimule l’apprentissage continu. Grâce au Fonds pour l’avenir, nous nous sommes engagés dans une nouvelle voie non seulement pour devenir un organisme qui continue d’apprendre, mais aussi pour faire partie d’un réseau d’apprentissage plus vaste. Nous avons ainsi établi de nouveaux liens avec nos bénéficiaires et des organismes collègues avec qui nous avons en commun une stratégie d’apprentissage qui fera de nous un meilleur bailleur de fonds et nous permettra de mieux appuyer le succès de nos bénéficiaires de subventions. C’est une expérience incroyable dans laquelle nous sommes toujours guidés par la ferme conviction que la réalisation de notre mission, qui passe par la réussite dans notre domaine, se fonde sur l’apprentissage.

Ce blogue se fonde sur une présentation intitulée Mapping Progress, with a Purpose, qui faisait partie de la série Good Ideas de la Fondation Maytree le 18 avril 2012. Ressources : http://tamarackcommunity.ca/g3s4.html http://www.innonet.org/index.php?section_id=4&content_id=16 http://www.geofunders.org/publications