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Le théâtre médiéval

Sommaire:

1. Introduction

  • 2. Théâtre religieux

  • 3. Théâtre comique

  • 4. Mystères

  • 5. Miracles

  • 6. Sotie

  • 7. Farce

  • 8. Théâtre profane

  • 9. Théâtre moraliste

    • 10. Théâtre professionnel

Toute prise de conscience au

Moyen Age se fait par et à

travers la religion. Elle a eu une grande influence non seulement sur la vie sociale, mais aussi sur

la vie culturelle. L’art, la

culture, la littérature se

trouvaient sous le signe de la

religion.

Une messe spectaculaire

Alors que l’Église chrétienne a vivement combattu le théâtre au début du moyen

âge, c'est elle,

paradoxalement, qui le

réanime en Europe sous la

forme du "drame liturgique".

Le drame liturgique

Les premières pièces connues sont la

"Visite au sépulcre" (Visitatio

Sepulcri) datant de 915 et attribuée au moine Tutilon et les œuvres

hagiographiques de Hrotsvitha von Gandersheim. Durant les deux siècles suivants, le drame liturgique se développe à travers des épisodes tirés de la Bible, joués en latin dans les monastères puis dans les églises.

Le théâtre médiéval

Illustration

Église Public debout Estrade
Église
Public
debout
Estrade

Parvis de l’église

Le théâtre médiéval

Le théâtre médiéval « coulisses » : arrivée des acteurs, accessoires, changement de costumes… Acteurs masqués

« coulisses » : arrivée des acteurs, accessoires, changement

de costumes…

Acteurs masqués

Le théâtre médiéval « coulisses » : arrivée des acteurs, accessoires, changement de costumes… Acteurs masqués

Initialement, les églises et les habits

sacerdotaux tiennent lieu de décors et de costumes. Mais on imagine bientôt des

aménagements plus complexes, la scène étant

constituée de la "mansion" et de la "platée".

La mansion est une petite structure scénique

(généralement une tente), symbolisant un lieu

particulier (le jardin d’Éden, Jérusalem, etc.),

et la platée une zone neutre, utilisée par les

interprètes pour jouer autour de la mansion.

Le théâtre religieux:

  • a. Les mystères

    • b. Les Miracles

Le théâtre comique :

a.

Sotie

b.

Farce

Le théâtre du Moyen

Age répond aux deux

expressions éternelles

de l’âme humaine –

pleurer et rire.

Le théâtre religieux. L’origine de ce théâtre est liturgique : il s’agit d’abord d’une simple illustration du culte,

donnée par des prêtres ou des moines

pendant les offices de Noël ou de Pâques.

Depuis le Xe siècle jusqu’au milieu du

XIIe ces drames liturgiques sont donnés

en latin, par des clercs, à l’intérieur des églises. Les sujets sont empruntés à

l’Ancien et au Nouveau Testament, puis

à la vie des Saints.

Le Mystère est une représentation dramatique de scènes de l’Histoire Sainte. Il peut s’agir de scènes empruntées à l’Histoire d’Israël ou à la

vie de Christ. A la fin du Moyen Age, le

mystère concerne surtout la Passion du Christ (légendes qui racontent les souffrances et le supplice de Jésus

Christ). A l’origine tout le peuple participait à la mise en scène.

Le plus ancien texte dramatique connu c’est « Le

Jeu d’Adam ». Ce jeu (le

mot signifie drame) date de la fin du XIIe siècle. L’œuvre comprend 3 parties :

-la chute d’Adam et d’Ève -le meurtre d’Abel par Caïn -l’annonce par les prophètes de la venue du Messie.

Le drame sort de l’Église

Le rôle didactique du drame

liturgique s’efface peu à peu derrière

l'attrait du divertissement et du

spectacle. Ces spectacles n'ont plus

leur place dans un lieu de culte et

après plusieurs scandales, l’église

choisit de déplacer la scène théâtrale

sur les places de marché.

Tout en conservant des thèmes religieux, le théâtre s’oriente vers une forme de représentation plus indépendante. Les deux œuvres représentatives de cette époque sont le jeu dramatique de Jean Bodel, "le Jeu de saint Nicolas"

Tout en conservant des thèmes religieux, le théâtre s’oriente vers une forme de représentation plus indépendante.Jean Bodel , "le Jeu de saint Nicolas" (v. 1200), et la pièce allégorique de Rutebeuf , "le Miracle de Théophile" (1263) . " id="pdf-obj-18-12" src="pdf-obj-18-12.jpg">
Tout en conservant des thèmes religieux, le théâtre s’oriente vers une forme de représentation plus indépendante.Jean Bodel , "le Jeu de saint Nicolas" (v. 1200), et la pièce allégorique de Rutebeuf , "le Miracle de Théophile" (1263) . " id="pdf-obj-18-14" src="pdf-obj-18-14.jpg">

(v. 1200), et la pièce allégorique de Rutebeuf, "le Miracle de Théophile" (1263).

Lorsque le sujet du drame est emprunté à la vie des saints, la pièce est alors un Miracle

Lorsque le sujet du drame est emprunté à la vie des saints, la pièce est alors

L’un des saints les plus populaires et le plus fêtés au Moyen Age était Saint Nicolas, protecteur des écoliers et des voleurs. Beaucoup d’auteurs ont fait de lui le héros de plusieurs drames en latin, mais c’est à Jean Bodel que l’on doit la plus remarquable illustration de l’un des nombreux miracles attribués aux saints le « Jeu de Saint Nicolas ».

Le jeu commence dans une atmosphère de chanson de geste : des chrétiens sont vaincus et massacrés

par les Sarrasins : l’unique survivant sera sauvé par un miracle de Saint Nicolas. L’œuvre se signale surtout par le mélange des genres, le gros comique alternant avec l’inspiration chrétienne, l’élément tragique et le

merveilleux.

Sans doute à coté de ces mystères, existe un théâtre comique, moins sévère,

.

mais ce théâtre fait preuve d’une égale amertume dans son fond. C’est vers le milieu du XIIIe siècle que le théâtre comique s’affirme comme genre indépendant. Il évolue sous l’influence

des souvenirs de la comédie antique et

surtout en rapport avec les monologues lyriques des jongleurs.

La sotie est l’aboutissement d’une

tradition ancienne, celle de la fête

des sots.

Au XV siècle, la sotie devient le fait de confréries de sots, souvent constituées d’étudiants qui n’hésitaient pas de dire leurs vérités au roi. La thèse de leur sotie c’est de

montrer la folie de la politique.

La farce est une petite pièce pour 3-5 personnages. Sans autre intention que de faire rire les spectateurs en décrivant les mœurs de la bourgeoisie et du peuple, elle atteint

encore son but en nous renseignant

en même temps de façon réaliste et

familière, sur la vie, les habitudes, les mœurs de cette époque-là.

De la farce proprement dite, le meilleur exemple est la célèbre « Farce de maître Pathelin ».

Écrite vers 1464, elle raconte comment l’avocat Pathelin dupe

un drapier auquel il achète sans payer une pièce de drap, puis comment il se laisse lui-même duper par un berger qui fait le

sot.

la « Farce du Cuvier »

la « Farce du Cuvier »
la « Farce du Cuvier »

C’est la protestation du

bon sens populaire et de la

tradition contre la

tendance de certaines

femmes à tout régenter

dans leur ménage

A la même époque, le théâtre profane

se développe aussi. Il est représenté

entre autre par les "jeux-partis", drames où se succèdent scènes

satiriques, burlesques et féeriques dAdam de la Halle. Cette forme théâtrale comporte divers jeux de

troubadours et de jongleurs, récitant

des monologues.

La disparition des jongleurs, au XIV e siècle, marque la fin du théâtre profane professionnel.

Les acteurs sont des amateurs

le plus souvent illettrés et les

pièces sont écrites en vers

simples et faciles à mémoriser.

Dans le même temps, on voit donc

apparaître des pièces folkloriques, des farces profanes et des drames pastoraux, tandis que se perpétuent les multiples formes de divertissement populaire. Tous ces genres influent sur le développement, au XV e siècle, d’un théâtre moraliste.

Les pièces ne sont plus basés sur les récits bibliques. Ce sont des pièces autonomes, jouées par des professionnels. À l’exemple d’une pièce comme "Tout le monde" (anonyme, XV e siècle), elles évoquent les étapes de la destinée de l’être

humain, à l’aide de figures

allégoriques (la Mort, la Gourmandise

et divers défauts ou qualités, etc.).

Les acteurs font alterner action et musique. Ils exploitent les ressorts comiques des démons et des

figures allégoriques du vice pour

créer une forme de drame

populaire qui rencontre un vif

succès.

Le théâtre médiéval