Vous êtes sur la page 1sur 100

L’entretien motivationnel

Dr. Mustafa Kanit CH Sainte-Anne 1, rue Cabanis 75014 Paris Mail: m.kanit@ch-sainte-anne.fr

Plan

Entretien motivationnel

Repères historiques Définition Principes Stratégies Domaines d’application – Efficacité

Troubles psychologiques Comparaison avec d’autres approches

Limites

Formation nécessaire

Repères historiques

Auteurs:

William R. Miller (USA); Stephen Rollnick (UK)

Naissance dans les champs des addiction

1983: Motivational interviewing with problem drinkers Behaviral psychotherapy (première article)

1991: Preparing people to change addictive behavior (livre, 1 ère édition)

Étendu à d’autres domaines (Addictions, éducation à la santé,

enseignement, gestion des ressources humaines, etc.)

2002: Preparing people to change (2 ème édition)

2006: entretien motivationnel « aider la personne à engager le changement ».

2009: Pratique de l’entretien motivationnel « communiquer avec le patient en consultation »

Définition
Définition
« L’entretien motivationnel est un style de communication, à la fois directif et centré sur la
« L’entretien motivationnel est un style de
communication, à la fois directif et centré sur la
personne, qui vise à susciter et à augmenter la
motivation intrinsèque au changement, par de
l’exploration et la résolution de l’ambivalence. »
Miller et Rollnick, 1991/2002

L’EM aide la personne à prendre la décision de changer ses habitudes

qui influencent négativement la santé.

Quelques idées qui sous-tendent l’approche motivationnelle

L’EM: Adapté et théorisée à partir de l’expérience du traitement des

buveurs excessifs par W. Miller en 1983.

1) Style confrontationnel

2) Réflexe correcteur:

3) Effet pygmalion:

4) La plupart des patients ne sont pas nécessairement prêts à changer.

Quelques idées qui sous- tendent l’approche motivationnelle L’EM: Adapté et théorisée à partir de l’expérience du

Stratégie alternative : EM (Miller & Rollnick)

1) Style confrontationnel

  • - Le malade réfractaire est vu comme mauvais malade au lieu d’être perçu comme un partenaire de soins avec de grandes difficultés. Il reflète aux intervenants l’image de mauvais soignants. /……/..

  • - Personne motivée si: accepte l’étiquette qu’on lui colle, est d’accord pour les soins proposés etc. Autrement elle est jugée non motivée, indigne et condamné à l’échec.

  • - « vous êtes alcoolique »

1) Style confrontationnel - Le malade réfractaire est vu comme mauvais malade au lieu d’être perçu

Conséquences de l’attitude de persuasion directe :

  • Résistance

1) Style confrontationnel - Le malade réfractaire est vu comme mauvais malade au lieu d’être perçu

échecs, déceptions

2) Réflexe correcteur

Action automatique qui vise à corriger une situation réflexe de prescription sans penser la préparation:

Les intervenants ont cette tendance à vouloir "réparer" les problèmes de leurs patients, donc, ils prescrivent:

2) Réflexe correcteur Action automatique qui vise à corriger une situation réflexe de prescription sans penser

« cures de désintoxication »

3) Effet pygmalion:

L’idée préconçue sur un patient teinte la qualité de la relation d’aide.

La manière de voir l’autre est « moteur » d’action.

4) Absence de motivation

La plupart des patients ne sont pas nécessairement prêts à changer.

Ils sont généralement ambivalents face à un changement

Stratégie alternative

Attitude du thérapeute primordiale

La personne doit être prête à modifier son comportement

Stratégie alternative Attitude du thérapeute primordiale La personne doit être prête à modifier son comportement Entretien

Entretien motivationnel (Miller & Rollnick)

Des sources théoriques

Rogers: Conditions essentielles de changement

Festinger: Dissonances cognitives

Janis et Man: Balance décisionnelle

Prochaska et Diclemente: Étapes du changement

Quelques sources théoriques

Rogers: Conditions essentielles de changement

Intervenant:

Attitudes facilitatrices des processus de changement chez le patient :

Empathie

Regard positif inconditionnel

Patient:

– L’initialisation d’un changement naît de la perception d’un inadéquation

entre le fonctionnement d’une personne et ses valeurs • Incongruence (divergence entre la représentation de l’expérience réellement vécue et l’auto-portrait de l’individu)

Quelques sources théoriques

Festinger: Dissonances cognitives

Mise du doigt sur les contradictions Amener la contradiction sans critiquer mais en questionnant les désirs

paradoxaux (ce qu’il est # ce qu’il aimerait être).

Quelques sources théoriques • Festinger: Dissonances cognitives Mise du doigt sur les contradictions – Amener la

L’individu en présence de cognitions incompatibles entre elles, ressent un

état de tension désagréable motivant sa réduction (mise à jour de la dissonance cognitive) .

Quelques sources théoriques • Festinger: Dissonances cognitives Mise du doigt sur les contradictions – Amener la

Anxiété bénéfique au changement.

Quelques sources théoriques • Festinger: Dissonances cognitives Mise du doigt sur les contradictions – Amener la

Balance décisionnelle

Janis et Man

La double contrainte est

fréquemment accompagnée d’un

Une expérience répétée de nombreuses fois, devient une habitude, une façon intégrée

d’être.

message négatif portant sur

l’identité de la personne. Il implique

.

que la personne dépendante est dans

l’erreur, que c’est elle qui est la cause

du problème. Ce message est compris comme « tu es nul », « tu ne vaux rien »

Le pour et le contre:

l’ambivalence

« ça ne va pas parce que je suis un incapable » etc.

Balance décisionnelle Janis et Man La double contrainte est fréquemment accompagnée d’un Une expérience répétée de

Changer= le Pour Avantages du changement

Ne pas changer= le Contre

Avantages du statu quo + inconvénients du changement

+ Inconvénients du statu quo

La double contrainte est en quelque sorte l’opposé du libre choix:

Lorsque l’on a qu’un seul choix dans une situation donné, on est un robot. Lorsque l’on a 2 choix , l’on est devant un conflit « changer » « ne pas changer » La véritable liberté commence lorsque l’on a trois choix minimum.

Dans le libre choix, chaque choix est gagnant.

Dans le conflit, on gagne sur un plan et on perd sur un autre plan.

La personne dépendante est incapable de communiquer sur son ambivalence:

Elle ne peut dire « je me sens confus par ces deux message contradictoires » ou « je

suis ambivalent ». La situation est tellement porteuse de confusion de confusion que

cette personne ne peut pas méta-communiquer, qu’elle ne sait pas quoi faire. Elle est perturbée , ne sait pas mettre la situation en mot.

L’une des difficultés de la double contrainte est que l’on est pas forcément conscient

de la situation.

1. Remarque comment sont vos sentiment en étant impliqué dans la situation?

2. Pendant que tu te regardes toi-même, regarde bien quel est le comportement en

cause? Quelle est l’action que tu dois faire ou ne dois pas faire? Qu’est ce que tu fais

dans cette situation? 3. Je voudrais que tu te pose à toi-même : « Qu’est ce que je veux? » ou «

Qu’est ce

que je ne veux pas? » ou « Qu’est ce que je devrais éviter » en se tournant vers le futur.

Puis « De quelle façon, ce que fais actuellement m’aide effectivement à atteindre ce que je veux? ».

L’autre question c’est « comment est-ce que ne faire, m’aide également à atteindre ce que je veux? ».

0 SUIVRE

Etapes de changement La préparation doit être décomposée à différents stades

Évolution dans le processus du changement

Modèle de Prochaska & Diclimente, 1982

Changement

définitif

Maintien Rechute Contemplation Action Détermination
Maintien
Rechute
Contemplation
Action
Détermination

Précontemplation

Le changement est un processus qui peut durer et pas comme un phénomène immédiat (évolution par étape)

Les styles de communication
Les styles de communication
Diriger Guider Suivre Informer Motiver Accompagner Recadrer Soutenir Comprendre Recommander Aiguiller Observer Prescrire Renforcer Écouter
Diriger
Guider
Suivre
Informer
Motiver
Accompagner
Recadrer
Soutenir
Comprendre
Recommander
Aiguiller
Observer
Prescrire
Renforcer
Écouter

Intervenant

Actif

Actif

Passif

Patient

Passive

Active

Active

Exercice (1)

Un parent et un enfant de 4 ans assis à la même table. L’enfant doit utiliser

des cubes de taille variée pour construire une tour, la plus haute possible. Que fait le parent?

Les trois styles de communication

1. Le parent qui dirige dit à l’enfant ce qu’il faut faire à chaque étape, corrige immédiatement les erreurs et même quelques fois place les cubes à la place de l’enfant: « je te montre! »

2. Le parent qui suit reste à côté de l’enfant et observe les tentatives de l’enfant et ses erreurs sans lui proposer d’aide.

3. Le parent qui guide fait un peu des deux : il regarde patiemment et avec intérêt, mais s’approche de temps en temps pour murmurer un conseil dans l’oreille de l’enfant: « et si tu essayais de mettre les plus gros en bas? », puis

il se retire et laisse l’enfant faire un nouvel essai.

Les styles de communication Informer Informer Informer avec des choix Écouter avec but et empathie Écouter
Les styles de communication
Informer
Informer
Informer avec
des choix
Écouter avec but
et empathie
Écouter
Écouter
Demander QO
Demander QF
Demander
Diriger Guider Suivre
Diriger
Guider
Suivre

Exercice (2)

Avec une amie à discuter une question qui l’angoisse. Elle se sent

déchirée: doit elle ou non rester cette personne avec qui elle est depuis

plusieurs années? Sa décision aura évidemment des conséquences importantes et à long terme. Quelle est votre réaction?

Principes

Collaboration Professionnel et la personne sont actifs

• Partage d’expertise (le thérapeute évite de prendre la position d’expert, et fait du patient un partenaire)

Évocation

Action de faire faire ressortir le discours changement: Mobiliser ce que la personne a déjà en elle. Les éléments critiques du processus de changement sont chez la personne. Le travail du thérapeute est de les mettre à jour.

Autonomie

• Les objectifs du changement et la manière d’y arriver relèvent essentiellement de la personne: Le thérapeute est facilitateur. Il

favorise le passage d’une étape à une autre (une relation de respect et

absence de contrainte).

EM n’est pas:

Principes

Un expert qui dit à la personne ce qu’elle doit faire ou ne pas faire

Une technique pour amener une personne à faire une chose qu’elle ne

désire pas

– Une manière d’imposer à la personne une réalité qu’elle ne veut pas

voir

Principes

Entretien motivationnel, c’est:

Désapprendre le « réflexe correcteur habituel »

• Éviter d’étiqueter un problème • Donner conseils et avis Prescrire

– Suspendre temporairement son identité d’intervenant spécialisé

Principes

La directivité est dans le déroulement de l’entretien

Guide = peut aider une personne à se rendre à un endroit mais le choix

de la destination est déterminée par le voyageur…

Guide = peut proposer des itinéraires pour se rendre à la destination choisie mais le parcours final revient au voyageur…

Principes

C’est dans la nature humaine de résister lorsqu’une chose est

imposée Paradoxalement, la pression externe à apporter un changement

peut amener une diminution du désir de changer Nous avons tendance à croire ce que nous exprimons

D’où l’importance de favoriser chez la personne l’expression d’un discours en faveur du changement

Principes
Principes
• Déjouer la résistance en évitant – Le réflexe correcteur • Notre désir de faire le
Déjouer la résistance en évitant
– Le réflexe correcteur
• Notre désir de faire le bien avec les meilleures intentions du
monde…
– Le plaidoyer en faveur du changement
La résistance (oui…mais) est un signal pour le
thérapeute de changer de stratégie de
communication

Ambivalence

Ambivalence Ex. je veux arrêter de boire mais …, tous mes amis boivent, être pas bien

Ex. je veux arrêter de boire mais …,

tous mes amis boivent, être pas bien etc.

L’Ambivalence fonctionne comme une pendule

Conflit approche-évitement qui

amène à des actions contradictoires.

Ambivalence Ex. je veux arrêter de boire mais …, tous mes amis boivent, être pas bien

Prairie boueuse.

Principes

Lambivalence est le dilemme devant chaque changement

Cest un phénomène normal et prévisible et non lexpression dune pathologie (le déni, par exemple)

Un intervenant qui tente de résoudre le dilemme en prônant une

option risque d’induire un report du sujet vers l’autre option (

Brehm, 1981).

Principes • L ’ ambivalence est le dilemme devant chaque changement • C ’ est un

Ne pas prendre partie

Par nos interventions, accélérer un processus naturel en aidant la personne à résoudre son ambivalence et augmenter sa motivation intrinsèque à changer

Conflit ambivalence-réflexe correcteur

Collision

Ambivalence

Conflit ambivalence-réflexe correcteur • Collision Ambivalence Résistance réflexe correcteur  la collision engendre la résistance

Résistance

réflexe correcteur

  • la collision engendre la résistance

Stratégies

Questions ouvertes

Écoute réflexive Demander-fournir-demander

Balance décisionnelle

Résumé

Utilisées sciemment pour favoriser l’émergence du

discours en faveur du changement

Questions ouvertes:

Stratégies

Invitent la personne à s’exprimer, sans contrainte de la question fermée

Permettent de connaître ce qui est important pour la personne, sa perspective

Rendent la personne active dans le processus (occupe un grand temps de parole

T: «qu’est-ce vous pourriez me dire de votre façon de boire? » P: « je bois à peu près tous les jours, mais pas autant que ça »

Stratégies

Écoute réflexive:

Redire ce que l’on vient d’entendre sous une forme affirmative
Redire ce que l’on vient d’entendre sous une forme affirmative
–
–
Stratégies • • Écoute réflexive: Redire ce que l’on vient d’entendre sous une forme affirmative –

Énoncer l’idée qui nous semble se dégager des propos de la personne – Nommer l’émotion exprimée par la personne

Elle permet de:

– Vérifier que l’on a bien compris – Manifester à la personne qu’elle est écoutée –
Vérifier que l’on a bien compris
– Manifester à la personne qu’elle est écoutée
– De recentrer l’intervention
– D’approfondir sans jugement et sans confrontation
p: « je bois presque tous les jours, mais pas autant que ça »
T: « vous consommer de façon minime. »
Stratégies • • Écoute réflexive: Redire ce que l’on vient d’entendre sous une forme affirmative –

Stratégies

Écoute réflexive est directive

Importance de ce que le thérapeute choisit de mettre ou pas en évidence pour renforcer certains aspects du discours de la personne

Stratégies

Demander-fournir-demander:

(Manière de donner de l’information)

– Demander à la personne ce qu’elle connaît du sujet, ce qui lui a déjà été
– Demander à la personne ce qu’elle connaît du sujet, ce qui lui a
déjà été dit (Que savez-vous déjà? )

Demander la permission de fournir des opinions, renseignements, conseils ou préoccupations (voudriez-vous que

je dise un peu plus sur…) – Fournir l’information si acceptation – Demander ce qu’elle pense
je dise un peu plus sur…)
– Fournir l’information si acceptation
– Demander ce qu’elle pense de l’information partagée (que
souhaiteriez-vous savoir de plus?, quel sens à t-il pour vous?
Que faites-vous de cela?)
Stratégies • Demander-fournir-demander: (Manière de donner de l’information) – Demander à la personne ce qu’elle connaît

Stratégies

Balance décisionnelle: Résumer votre compréhension des pour et des contre Aider la personne à identifier les
Balance décisionnelle:
Résumer votre compréhension des pour et des contre
Aider la personne à identifier les éléments qui pèsent dans la
balance décisionnelle:
– Demander ce que la personne aime du statu quo
– Demander ce que la personne aime moins du statu quo
Provocation d’une dissonance cognitive

« Qu’est-ce que vous aimez dans le fait de fumer?,

Qu’elles sont les inconvénients de votre point de vue? Quelles sont les

Stratégies Balance décisionnelle: Résumer votre compréhension des pour et des contre Aider la personne à identifier

moins bonnes choses dans le fait de fumer? »

Stratégies Balance décisionnelle: Résumer votre compréhension des pour et des contre Aider la personne à identifier

Le résumé

Stratégies

– Montrer qu’on écoute attentivement

Regrouper les arguments en faveur du changement exprimés de manière disparate par la personne (« bouquet ») et de les lui faire réentendre

Autorise le patient à corriger où à développer votre reflet

Dans l’EM, les résumés ont une fonction importante, parce qu’ils

contiennent les motivations au changement propres à la personne.

Exercices (3)

Cas: F. 52 ans, mariée, 3 enfants, urgences de l’hôpital pour douleurs abdominales et hématémèse, taux de

GGT élevé. Hypothèse: alcool en cause?

Objectif: promouvoir un comportement favorable à sa santé.

Exercice (3)

I: bien, vous avez été secouez, mais j’espère que vous allez pouvoir vous reposez ici (introduire avec une phrase empathique).

P: oui, merci, je me sens un peu mieux. Ce n’est pas à la maison que je me repose. Tout le temps, le travail, aller chercher les enfants, faire à manger …

I: vous faites beaucoup et vous avez à faire. (Écouter)

P: c’est vrai qu’ils m’appelle super-maman, au boulot, je suis celle qui règle tous les problèmes qui rendent dingues etc.

I: J’aimerai vous questionner un peu sur votre mode de vie. Je n’en suis pas certain, mais je me demande s’il n’ya pas un lien avec ce qui est arrivé à votre estomac. Voulez-vous bien qu’on en discute quelques minutes? (ordre du jour)

P: ça pourrait être plus cette fois-ci … Quel est votre avis?

I: je ne suis pas sûr, votre régime alimentaire, l’alcool, le fait de courir partout? C’est vous le meilleur juge mais on dirait que vous menez une vie trépidante (écouter, émettre une hypothèse)

P: j’aime l’action etc. I: est-ce que ça vous arrive parfois à réduire un peu la vitesse? (guider) P: c’est difficile. Il y’a tant de chose à faire, je ne me relaxe jamais. I: Que faites-vous pour prendre soins de vous?

P: le soir, les enfants couchés …film et j’ouvre une bouteille de vin, c’est le seul temps que je m’accorde à moi en fait.

I: boire est un moyen de vous détendre. Dites moi que savez-vous de l’alcool sur l’estomac. P: ouvre l’appétit, ça détend etc. Vous pensez que c’est à l’origine de ce qui m’arrive?

I: Cela pourrait être une partie de l’explication. J’ai noté dans vos examens de sang, que l’un des résultats était au dessus de la normale, un test du foie, qui est souvent élevé par l’alcool.

En résumé

• L'entretien motivationnel se divise en deux grandes phases :
• L'entretien motivationnel se divise en deux
grandes phases :
Phase 1 :
Phase 1 :

• Favoriser l’émergence de la motivation

intrinsèque au changement

Phase 2 : • Renforcer l’engagement au changement
Phase 2 :
• Renforcer l’engagement au changement

En résumé

Faire émerger la motivation intrinsèque:

Explorer la perspective et les préférences du patient vis-à-vis le changement

Direction entretien: Semer le doute, souligner les discordances entre le comportement et les valeurs de la personne

Questions ouvertes Écoute réflexive Scénarios hypothétiques (Ex. se regarder dans 5 ans) Demander-fournir-demander

– Explorer l’ambivalence

• Direction de l’entretien: Souligner les propos exprimés par le

patient en faveur du changement

Les pour et les contre (balance décisionnelle) Écoute réflexive Résumés

Phase I (explorer et résoudre l’ambivalence)

construction de la motivation au changement

Premier abord de la personne : (l’attitude empathique de l’intervenant est primordiale)

Eviter, piège de prendre partie, éviter le piège de focalisation

(être à l’écoute d’autres soucis), Explorer et résoudre de l’ambivalence

Illustration: Skieur en bas de montagne

Pré comp prépara sommet de la monta

Le moment de changement marquée par trois notion l’importance,

pour la personne de réaliser, confiance en elle même

3eme notion la priorité pour permettre le passage de la première à la deuxième phase

Phase I (explorer et résoudre l’ambivalence)

construction de la motivation au changement

Explorer et résoudre de l’ambivalence

– L’ambivalence est prairie boueuse, et les gens peuvent s’y trouver

enlisés un bon bout de temps. Quand on reflète ce que une personne vient de dire, on exprime de

l’intérêt et on invite la personne à en dire plus à ce sujet, à élaborer.

Favoriser le discours changement

Attitude empathique

Éviter le réflexe correcteur « c’est important pour vous de vous lever et d’aller marcher »

Débuter avec: question ouverte

Refléter l’ambivalence

– – Être à l’écoute du discours-changement

Phase I (explorer et résoudre l’ambivalence)

construction de la motivation au changement

Comment commencer l’entretien?: poser le cadre

Débuter avec: question ouverte

Établir un ordre du jour: commencer par les propres préoccupations du patient permet d’augmenter son désir d’écouter.

T: « eh bien ça a l’air de bien passer avec le traitement. Comment vous sentez vous avec le tabac? Ou peut être y’a t-il d’autres choses dont vous pensez qu’il serait plus important de parler? »

Phase II

Quand le changement devient une priorité

Renforcer l’engagement au changement

Reconnaître l’engagement au changement (plus d’éléments en

Ne pas sous-estimer l’ambivalence

faveur du changement que d’éléments contre) La personne pose plus de question sur l’avenir

Ne pas se précipiter dans la prescription (trop vite, mais trop lent)

Développer l’ambivalence, vers quel côté penche la balance

réevaluer la confiance

Questions clés sur la prochaine étape (quelle serait la prochaine étape)

Soutenir et valoriser

Informations avec permission

Résoudre l’ambivalence en un processus de changement

En résumé

Renforcer l’engagement au changement

Identifier le moment où la personne est prête à entreprendre des actions pour changer

Aider à planifier les prochaines étapes

Les solutions envisagées par la personne sont plus susceptibles d’être adaptées à sa situation

Proposer un éventail de solutions (ex. utilisées avec succès par d’autres personnes dans la même situation)

Répondre à l’engagement au changement

Négocier le plan:

Définir des objectifs

Menu d’option (moyens et possibilités à disposition)

Établir un plan (structuration du plan)

– Renforcer l’engagement au changement (s’assurer que ce plan est

adapté, répond au besoin du patient)

Entretien motivationnel adapté

L’approche motivationnelle doit être adaptée aux personnes atteintes

de psychose, en raison des troubles cognitifs et de la motivation

fluctuantes et faible chez ces patients.

L’EM Adapté vise à limiter la résistance et à favoriser la prise de

conscience des liens entre la consommation et le trouble psychotique.

Il adopte l’abord simultané des questions liées à la psychose et aux

substances psycho-actives

Il tient compte des déficits cognitifs liés à la maladie et au traitement ( Dracke et coll., 2001 ; Ziedonis & Trudeau , 1997 ; Martino et coll.,

2002 ; Carey et coll., 2001).

Répétition et supports visuels +++

Sans commentaire

Sans commentaire

La personne a besoin peu ou pas d’échange

pour continuer à parler.

Que faire?

Exercice (4)

Attitude chaleureuse

Attitude verbale: dans quelques instants j’aurais quelques questions précises à vous poser, mais auparavant, j’aimerais que nous

prenions le temps pour que vous me disiez ce qui vous a décidez à

venir consulter aujourd’hui.

Écoute, en reflétant (pour comprendre les perceptions et les préoccupations du patient).

Formulation de ce qu’on entend en utilisant les mots du patient.

Exercice (4)

Refléter la résistance

I: Qu’est-ce que vous pourriez me dire sur votre façon de manger?

P: je mange tous les jours mais si je mange bien le matin je ne déjeune pas mais je dîne

I: vous mangez bien, mais ça vous arrive de sauter des repas.

P: Eh bien, je ne mange pas autant bien, car, il y’a beaucoup d’aliments que je n’aime pas tel le gras et les sucreries

I: vous sautez des repas et vous excluez certains aliments sans que cela à votre avis affecte votre santé (poids).

P: Eh bien, sur le plan santé, je me sent très faible et d’ailleurs j’ai abandonné mon dernier poste de travail qui était formidable car j’en pouvais

plus fournir un effort soutenu. I: Qu’est-ce que vous avez remarqué par rapport à votre poids?

P: je me sens grosse, mais J’aime pas me peser

I: Vous vous sentez grosse sans jamais se peser et cette grosseur vous pose problème?

P: enfin je ne dirais pas que je grosse mais c’est dans ma tête (émergence d’une prise de conscience).

Exercice (4)

Refléter la résistance

I: Mr. Nous avons fini avec vos tests et il y’a clairement des perturbations biologiques, cela n’est pas rare chez les personnes qui perdent du poids. À

quel moment de votre vie avez-vous commencez à avoir des

préoccupations concernant votre poids.

P: Quand j’étais jeune je faisais attention à ce que je mange et je portais des vêtements serrés.

I: depuis le jeune âge vous restreignez votre alimentation et vous étiez préoccupés par votre apparence corporelle.

P: C’est vrai que mon alimentation est très restreinte (salade, pain,

fromage à0%) et je tente à obtenir de façon obsessionnelle à maintenir une

minceur qui n’est jamais satisfaisante. Mais

je manque d’énergie, j’ai

perdu mon travail et je suis devenu complètement isolé.

Exercice (4)

Travailler sur l’ambivalence

I: Voyons si je vous ai bien compris, mr vous avez perdu du poids, et par conséquent, vous avez remarqué la croissance de vos difficultés avec la persistance de cet état. Ceci a été une source de friction avec vos parents. Ils pensent peut-être que vous devriez

vous rentrez à l’hôpital, ce que vous ne souhaitez vraiment pas pour l’instant. Vous pensez que vous en aurait besoin peut être un jour

des soins mais le plus tard sera mieux.

Sans commentaire

Sans commentaire

Exercice (5)

Attitude chaleureuse

Ainsi vous êtes inquiètes de votre poids. Expliquez-moi ça. Ou parler moi de ça. (comprendre les perceptions et les préoccupations du patient)

Alors qu’est-ce qui vous préoccupe?

Sans commentaire

Sans commentaire

Surcharge pondérale

Un sujet obèse, vous voulez l’aider pour changer de mode de vie en utilisant un

style qui guide:

I: je me demande si je pouvais vous interroger sur votre alimentation et votre activité physique (demander)

P: oui, d’accord

I: Des petits changements aiderait à réduire votre poids qui est un sujet

d’inquiétude pour moi. (fournir) vous voyez ce que je dire?

P: oui, je vois.

I: C’est vraiment à vous de choisir, et j’espère que ça ne vous dérange pas que

je soulève le sujet? Je me demande comment vous vous sentez avec cela?

Applications

• EM est indiqué: – Lorsqu’il est question d’un changement de comportement – Lorsqu’une personne est
• EM est indiqué:
– Lorsqu’il est question d’un changement de
comportement
– Lorsqu’une personne est ambivalente à l’égard d’un
changement
– Lorsqu’on veut faire baisser la résistance
Le changement de comportement est favorable pour la
santé …

Applications

Utilisation dans l’intervention auprès des personnes présentant un

abus de substance

Utilisation auprès des personnes ayant des comportements pouvant être nuisibles à la santé (TCA).

Utilisation auprès de personnes ayant divers problèmes psychologiques, notamment les troubles anxieux et dépressifs

Utilisation pour favoriser une meilleure observance au traitement (se

présenter au rendez-vous, faire les exercices suggérées, etc.)

Applications • Démontrée efficace* lorsque utilisée dans le changement des habitudes de vie: • Abus d’alcool
Applications
• Démontrée efficace* lorsque utilisée dans le
changement des habitudes de vie:
• Abus d’alcool
• Activité physique /perte de poids
• Cessation tabagique
• Observance médicamenteuse
• Prise en charge du diabète
• Efficacité démontrée
– Si la session est brève ( durée moindre que 15 minutes)
– Si une seule rencontre (efficacité augmente si plus
d’une rencontre)
Applications • Démontrée efficace* lorsque utilisée dans le changement des habitudes de vie: • Abus d’alcool

*Motivational Interviewing: a systematic review and meta-analysis. Rubak et al. British Journal of General Practice 2005; 55: 305-312.

Applications • Démontrée efficace* lorsque utilisée dans le changement des habitudes de vie: • Abus d’alcool

*www.motivationalinterview.org

Comparaison

Approche

confrontationnelle

Emphase importante sur

l’acceptation du diagnostic à la

base du changement

Emphase sur le concept de maladie qui limite le choix personnel (responsabilité)

Résistance vue comme du « déni » et nécessitant la

confrontation

Résistance est contrée par

l’argumentation

Entretien motivationnel

Évite les étiquettes.

L’acceptation du diagnostic

non nécessaire au changement

Emphase sur la responsabilité personnelle

Résistance vue comme un pattern comportemental interpersonnel influencé par le

comportement du thérapeute

Résistance est contrée par

l’écoute réflexive

Comparaison

Approche cognitive-

comportementale

Assume que le patient est motivé; pas de stratégies directes pour augmenter la motivation

Cherche à identifier et corriger

les cognitions maladaptées

Prescrit des stratégies spécifiques d’adaptation (coping) et enseigne les comportements adaptés

Entretien motivationnel

Emploie des principes et stratégies spécifiques pour bâtir la motivation

Explore et reflète les perceptions de la personne sans les étiqueter ni les rectifier

Évitement du reflexe correcteur, le changement

émane de la personne

Limites

Ce n’est pas une panacée

Ne convient pas à certaines situations – il n’y a pas d’ambivalence à résoudre – Il y a une grande désorganisation chez la personne

Formation

Composantes clés à maitriser:

Apprendre à discriminer le discours en faveur du changement et de l’engagement

Réagir à la résistance en changeant rapidement de stratégie • Aider à résoudre l’ambivalence

Il faut une formation de base suivie de sessions pratiques évaluées

périodiquement pour avoir une approche efficace

Conclusion

L’entretien motivationnel est une approche, pas une technique

L’esprit motivationnel repose sur:

Collaboration Évocation – Respect de l’autonomie

L’efficacité démontrée dans plusieurs domaines

Techniques utilisées dans l’entretien motivationnel

L’écoute réflective: ( processus actif)

Le reflet est une confirmation qui renvoie, de façon dirigée, son propre discours au patient.

« l’écoute réflective nécessite de proposer une affirmation qui ne constitue pas une impasse relationnelle, mais plutôt une hypothèse sur ce qui a voulu être dit » Miller et Rollnick? Ces formulations ont pour but de susciter le discours changement.

  • 1. Qualitatives (Répétition, reformulation, paraphrase, reflet des sentiments);

  • 2. Quantitative (reflet simple, amplifié, sous évalué, double reflet)

Écoute réflective:

Une façon de réduire la résistance consiste simplement à répéter ou reformuler « les énoncés de la personne » càd. ce que la personne dit. Cela informe

d’une part que vous l’avez entendue, et d’autre part que vous n’avez pas l’intention d’argumenter contre elle. Le reflet permet au thérapeute d’être en adéquation avec le discours du patient, d’affirmer sa compréhension du

vécu existentiel du sujet, et donc d’amplifier l’exploration de l’ambivalence

 

par le patient. Pressentir les point de vue du patient, ne pas interroger

– – Reformuler Commencer ses propos par « vous » et utiliser les formes affirmatives

P: « je ne peux pas arrêter de consommer, tous mes amis boivent ! »

T: « arrêter de consommer vous semble presque impossible parce

que vous êtes la plupart du temps avec des amis qui boivent. » P: « oui, c’est ça, quoi que je pourrais peut être y arriver si … »

L’écoute en écho peut se regrouper dans les sous catégories

suivantes: écho simple, écho amplifié, double écho, écho nuancé

1.

Reflet simple :

Il s’agit pour le thérapeute d’une reformulation neutre , qui traduit une

résistance. En

d’autres terme, le soignant reprend, sur le ton de l’affirmation, la résistance

évoquée par le patient

pour qu’il puisse s’entendre dire ce qu’il vient d’énoncer:

P: « si on écoute mes parents, je ne devrais pas boire un verre d’alcool quand je sors avec mes

copains. De quoi j’aurais l’air !

..

».

T: « vous ne pouvez imaginez passer une bonne soirée entre amis en ne buvant

que du jus de fruit

...

».

P : je ne pourrais pas arrêter de boire. Qu’est-ce que mes amis vont en penser ?

T : vous ne pourriez pas faire face aux réactions de vos amis si vous arrêtiez de

boire.

P: le lendemain d’une cuite, je suis au radar, je ne fais rien de bon T: vous n’arrivez pas à penser ou vous concentrer

2. Reflet amplifié (sous forme exagérée) :

Une autre manière de faire face à la résistance consiste à amplifier ou exagérer les propos du patient au point qu’il pourra de lui-même relativiser sa propre argumentation. Amplifier les propos du patient , mais sans ironie; sinon cela pourrait faire naître de la résistance chez le patient.par conséquent, il doit être employé avec parcimonie. Les reformulations peuvent permettre au patient de

relativiser, sans le contredire, son discours initial.

P: « je n’ai jamais pu avaler un petit déjeuner, même avant de tomber malade. » T: « vous pensez que le petit déjeuner ne sert à rien ».

P: « je ne peux arrêter de consommer, tous mes amis boivent !»

T: ah oui, je vois, vous ne pourriez vraiment pas arrêter parce qu’à ce moment là vous seriez vraiment différents des autres. »

P: « oui, ça me rendrait différent d’eux, quoique ça ne leur ferait peut être pas grand-chose du moment que je leur fiche la paix avec leur consommation. »

P: ma femme exagère toujours! Je ne vais aussi mal qu’elle le dit. T: vous pensez qu’elle n’a aucune raison d’être inquiète?

3. Double reflet : Refléter l’ambivalence (des deux côtés) ou double écho Il consiste en le reformulation d’un énoncé du patient, avec ses contradictions.

On reflète simultanément les résistances et les éléments motivationnels dans une même perspective de changement. Le double reflet permet donc la prise de conscience de l’ambivalence reflétée par le sujet en lui restituant les aspects positifs et négatifs du changement.

P: le temps passe vite, et il faut se faire plaisir et déguster un Château-Laffite, ça fait partie des bonnes choses de la vie. »

T: vous voulez profitez de la vie qui passe vite mais vos derniers résultats d’analyse vous inquiètent; tout ça doit vous posez problème. »

P: « je ne peux pas arrêter de consommer, tous mes amis boivent! »

T: « vous ne voyez pas comment vous feriez pour ne pas boire en présence de vos amis,

et

en

même

temps

vous

êtes

inquiet

en

constatant

les

consommation. » P: « oui, je ne sais pas trop quoi faire. »

problèmes

liés

à

votre

P : « Mais, je ne peux pas arrêter maintenant. Tous mes amis consomment »

T : « Vous avez de la difficulté à imaginer comment vous pourriez arrêter de consommer avec vos amis et en même temps vous vous inquiétez de l’effet que l’alcool a sur votre santé »

T: « vous vous rendez compte que votre consommation de cocaïne finit par vous posez de gros problèmes, mais vous n’envisagez pas, pour l’instant, d’y changer quelque chose »

4. Changement de point de mire

Une autre façon consiste simplement à changer de sujet. Il est, en effet, souvent inutile de vouloir dépasser la résistance; paradoxalement on avance davantage en y répondant tout simplement pas. Une stratégie pour désamorcer la résistance en enlevant l’attention sur l’élément problématique. Vous pouvez y revenir plus tard. P : Mais je ne peux pas arrêter maintenant. Tous mes amis consomment

T : Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Je ne vous parle pas d’arrêter et je ne crois pas que l’on devrait en discuter maintenant. Nous verrons plus tard s’il y a lieu de faire quelque chose au niveau de la consommation.

P: « je ne peux pas consommer, tous mes amis boivent! »

T: « je ne suis pas entrain de vous parler d’arrêter de boire et je ne crois effectivement pas que ce soit votre objectif en ce moment. Restons-en pour l’instant à évoquer ensemble ce qui signifie pour vous votre consommation, les choses bonnes ou moins bonnes qu’elle vous apporte, et nous verrons plus tard ce que vous comptez faire »

5. Recadrage « resituer »:

Est une stratégie qui permet au patient d’examiner ses perceptions sous un autre angle. Autrement dit, elle consiste à inviter le patient à voir un problème sous un nouvel éclairage. De cette manière, un sens nouveau peut être apporté à ce qu’il dit.

Ex. une personne se plaint de son conjoint qui lui répète sans cesse « il faut que tu te soignes » vivant cela comme infantilisant et contraignant.

P: j’en ai plus qu’assez qu’elle me dise tout le temps ce que je dois faire »

T: votre femme doit beaucoup tenir à vous pour vous dire ça alors qu’elle sait que ça vous met en colère ».

ou P : Ma femme est toujours sur mon dos à cause de ma consommation T : C’est peut-être sa façon de s’inquiéter pour toi de ta santé. Ou encore pour amener la notion de tolérance à l’alcool et ses dangers . P: « de toute façon, je supporte très bien l’alcool. Je ne suis jamais soûl. » T: « cette tolérance à l’alcool signifie que vous avez perdu les mécanismes de défense naturels qui empêchent de boire trop »

6. Encaisser la résistance (rouler avec la résistance)

Se mettre du côté de la résistance, paradoxalement amène souvent la personne à adopter le point de vue opposé de celui qu’elle venait de défendre. Cette stratégie est utilisable quand le patient semble rejeter tout ce qui est dit ou tout ce qui peut venir de l’intervenant.

P: « je ne peux pas arrêter de consommer, tous mes amis boivent! » T: oui, je peux m’imaginer la situation. C’est difficile en effet. Vous déciderez peut-être qu’il vaut mieux continuer comme ça. C’est sûrement trop dur à

changer. De toute façon, la décision vous appartient liberté de choix).

».

.(Mettre l’emphase sur la

P : Ouais, je peux arrêter de même, je veux dire tous mes amis consomment

T : Il se peut que lorsque nous aurons fini, vous décidiez qu’il est mieux que vous continuiez de consommer comme avant, que ce soit trop difficile d’arrêter. Ce sera à vous de décider.(Mettre l’emphase sur la liberté de choix).

7. Paradoxe : (contre l’opinion communément admise)

C’est la prescription du comportement désiré :

1. Maîtriser son comportement : par l’exercice de sa volonté

2. Inviter la personne à cesser de lutter :

Pour amener quelqu’un à cesser de lutter contre le désir d’arrêter un acte, le plus efficacement est paradoxalement de lui prescrire l’acte.

Vous me dites que vous essayez, sans y parvenir, de vous arrêter de

boire depuis plusieurs années. Je pense que vous devez avoir de bonnes raisons pour cela. Je vous suggère de réfléchir aux inconvénients qu’il pourrait y avoir pour vous à vous arrêter de boire.

Valorisation:

Plus une technique et une attitude, l’intervenant ponctue l’entretien

par des phrases valorisant la démarche:

– Complimenter, féliciter, faire émerger le sentiment d’efficacité personnelle et l’estime de soi du patient.

– L’ambivalence elle-même peut être intégrée dans le renforcement, le thérapeute reconnaissant alors la responsabilité et la liberté de choix. Cela contribue à faire émerger le discours sur le changement.

Les résumés:

des courtes et fréquentes récapitulations qui permettent de:

– renforcer le discours de la personne (la personne s’entent dire) – montrer qu’on écoute attentivement,

travailler les deux versants de l’ambivalence

Sélectionner les éléments motivationnels et de les réentendre au patient

Autorisent aussi le patient à corriger ou à développer votre reflet – Ils se font la fin d’une séance et au début de la séance suivante

technique

ressortir le discours changement

Fil conducteur de l’EM

c’est là où l’EM est directif (ressortir les éléments du discours en

faveur du changement):

Poser la question dans un style qui guide, une invitation sous forme de question ouverte qui aide le patient à rester au centre de l’entretien. Le

discours changement émerge immédiatement.

Intervenant: Vous cherchez à modifier votre comportement alimentaire. Qu’est-ce qui vous paraît le plus utile que nous abordions aujourd’hui?

Patient: ça a été vraiment difficile. J’aimerais trouver des menus qui soient bon pour moi et pour la famille afin que je n’aie pas à me préparer des plats séparés

C’est résoudre l’ambivalence

technique

ressortir le discours changement

L’acronyme DCRB (Désir, Capacité, Raisons, Besoins) peut aider à poser des questions qui suscitent un discours changement.

La question est: qu’est-ce que la personne veut faire et est capable de faire?

Désir « qu’est-ce que vous souhaitez, voulez, désirez, espérer, etc. » Capacité « qu’est-ce qui est possible? Que pouvez-vous ou pourriez- vous faire? Qu’êtes vous capable de faire? Raisons « pourquoi feriez-vous ce changement? Quelles en seraient les bénéfices particuliers? Quels risques souhaiteriez-vous voir diminuer?

Besoin « à quel point ce changement est-il important? À quel point avez-vous le besoin de le faire?

C’est résoudre l’ambivalence

Apprendre à reconnaître le discours changement

Reconnaître le discours changement

C’est des éléments de discours qui reflètent des mouvement vers le

 

changement

 

Des intentions de changement (sans prendre partie vers le changement): en s’appuyant sur l’ambivalence

Développer son oreille pour entendre et écouter le discours

changement puis y répondre en s’appuyant sur l’ambivalence

Entendre les élément positifs, négatifs à les refléter par la suite

Quand vous entendez le discours changement vous êtes dans la bonne direction

Discours changement:

Distingue 4 types de discours: « écoute attentive »

1. Désir de changement «

j’ai envie » « Je réalise

que j’ai plus de problèmes que ce que je pense »

2.

Parle

de

capacité

de

changer

«

je

peux

y

arriver », « Je pense que je pourrais arrêter de fumer, si

je décidais » 3. Nécessité « Il faut que je fasse quelque chose »

4. Rationnel: raisons pour changer « Si je fais rien, je vais mourir jeune etc. ».

Apprendre à répondre au discours changement

Pour répondre au discours changement répondre(répondre au discours changement afin de le renforcer):

Principe des 4 E:

Eviter le réflexe correcteur: ne pas se précipiter sur les suggestions pratiques

Explorer et comprendre les motivations du patient (afin que les solutions

viennent de lui)

• Ecouter pourrait être l’étape suivante la plus productive •

Encourager le patient (en exprimant votre conviction que le changement est possible et ensemble vous pourrez établir des solutions réalisables)

Application des 4 techniques OuVER

Apprendre à répondre au discours changement

Application des 4 techniques OuVER

Refléter le discours-changement:

refléter les contenus en faveur du changement: des phrases

indiquant le désir de changer, des capacités en ce sens, des

raisons, des besoins, l’engagement dans le changement et des

premiers pas accomplis ou projetés

En absence du discours changement

Ressortir le discours changement

1.Questions évocatrices:

j’entend que votre consommation de tabac pose problème, comment vous

vous sentez avec ça? (mettre la personne sur la piste. Ne pas donner des

réponses toute faites.

2.Utilisation de l’image la balance décisionnelle

3.Échelle d’importance 0-10 (ressortir l’importance du changement)

4.Exploration des extrêmes

Qu’est ce qui peut vous arriver de pire si vous ne faites rien

Qu’est ce qui peut vous arriver de mieux si vous faites quelque chose

5.Exploration du passé succès passés

6. Exploration du futur: dans un futur idéale comment vous aimeriez être

Evocation des valeurs personnels (développer les contradictions)

Succès du passé

Une façon pour le thérapeute de tirer profit des forces du patient et

des éléments fortuits générateurs de changement est d’interroger ce

dernier sur la façon dont il est parvenu à solutionner un problème ou

à surmonter une difficulté dans le passé. Vous pourriez ainsi demander à Myriam:

« Comment avez-vous trouvé cette solution ? », « Comment avez-vous réussi à vous adapter à cette situation ? »

2. Balance décisionnelle Résumer votre compréhension des pour et des contre

2. Balance décisionnelle Résumer votre compréhension des pour et des contre Production d’ une dissonance cognitive

Production d’ une dissonance cognitive

En fin, la question clé: où en êtes vous maintenant?

Avantages :

Désavantages :

 

-Faire émerger de la part du patient ses perceptions sur les aspects positifs de son comportement. (en faveur du statuquo)

-Faire émerger de la part du patient ses perceptions sur les aspects négatifs de son comportement. (en faveur du changement)

Avantages à arrêter:

Désavantages à arrêter:

- Faire émerger de la part du patient ses perceptions sur les aspects positifs du changement de son comportement.

- Faire émerger de la part du patient ses perceptions sur les aspects négatifs du changement de son comportement.

2. Les pour et les contre

« qu’est-ce que vous aimez dans le fait de fumer? » Qu’elles sont les inconvénients de votre point de vue? Quelles sont les moins bonnes

Choses dans le fait de fumer? »

Avantages à fumer:

Désavantages à fumer:

 
  • - Le plaisir de consommation, ça fait partie des bonnes choses de ma vie.

- Ça me coûte cher, et j’ai beaucoup d’ennui

  • - Ça me calme, ça me détend.

- Ça ne plait pas à mon entourage

Total =

-C’est mauvais pour la santé, la relation et les finaces

Total =

Avantages à arrêter:

Désavantages à arrêter:

  • - Arrêter de dépenser de l’argent

  • - Je deviens irritable, agressif

  • - me refaire une santé, me stabiliser,

  • - j’aurais des douleurs , de l’insomnie

etc

trouver un logement et un travail

  • - ça serait meilleur pour ma santé

  • - Je n’aurais plus amis f

  • - Jem’ennuit

Total=

-Etre abstinent demande un apprentissage demande

-il sera plus difficile de remonter la

penteTotal =

3. Technique de la règle

Echelle importance

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10

Pas important

Extrêmement important

Echelle importance

3. Technique de la règle

0

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

Pas important

 

Extrêmement important

Echelle de changement

 

0

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

Pas motivé

très motivé

Apprendre à répondre à la résistance

Reconnaître la résistance

Répondre à la résistance

Apprendre à reconnaître la résistance

La personne refuse la perspective du changement (monnaie)

L’EM comprend la résistance (phénomène d’interaction en

désaccord) comme dissonance interpersonnelle (le thérapeute prescrit) et pas comme une perversion ou un trait de caractère

Répondre à la résistance: c’est de la reconnaître, de la percevoir

Et l’accepter

Faire face: c’est l’accepter(se mettre du côté de la résistance:

Technique de base de l’EM (OuVER)

P: je ne veux pas arrêter

T: pour vous il est hors de question d’arrêter

Rouler avec la résistance

Refléter la résistance Reflet simple

Reflet amplifié

Reflet double

Changer de sujet

Recadrer

Augmenter le sentiment d’autonomie personnelle

Paradoxe

Le réflexe correcteur consiste à réfuter la résistance, à

argumenter contre elle pour que la personne adopte une

position plus juste. Les personnes ambivalentes entendent en eux les deux voix

pour et contre le changement. Si vous refléter sans juger leur

résistance, elles tendront à s’en éloigner.

Augmenter la confiance

Confiance est élément clé dans la construction de motivation et

nécessaire pour l’engagement dans le changement L’importance et la confiance deux paramètre nécessaires

On aborde la confiance par le biais de l’ambivalence:

Toute personne a des arguments pour dire je suis capable, non

capable (favoriser les arguments en faveur)

3 Piège à éviter:

1.Expert: « prescription » « je vous montre comment faire »

2. Prendre partie « tout ira bien »

3. Pessimisme à deux: dans une situation qui semble sans issue le patient se sent pessimiste, le thérapeute ainsi (garder une lueur de optimisme

Reconnaître le discours confiance favoriser le discours changement répondre au discours confiance

« Je vais

y arriver »

Question évocatrice « rechercher le discours confiance »

Échelle de confiance « confiance pour y arriver »

Évocation des succès passés

Écoute réflective

Valorisation

Qualités personnelles (qui permettent de changer ex. tenacité

Donner son avis demande de permission (avis sur la confiance de la personne)

Travailler avec l’imagination ( si vous aviez une baguette magique et

vous voulez tout changer, comment vous y prendre?)

Importance

Pas important du tout

Très important

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10

« A quel point est-ce important pour vous de ….? Pourriez-vous me dire, sur une échelle de 1 à 10? Où 1 serait pas important du tout et 10 extrêmement

Important’ à quel point il serait important pour vous de … ?

Demander ce qu’il faudrait qu’il advienne pour choisir un chiffre supérieur

Ex: 4, que faudrait il pour passer de 4 à 8.

Et éviter le réflexe correcteur qui conduit à poser la question inverse

« pourquoi êtes vous à 4 et pas à 8?» La réponse à cette question revient

à défende le statuquo.

Echelle confiance (dans les capacités)

Je ne suis pas sûr de pouvoir

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10

Je suis sûr de pouvoir

« Sur une échelle de 1 à 10? Où 1 serait ‘je suis sûr de ne pas pouvoir’ et 10 ‘je suis sûr de pouvoir’, où situeriez-vous votre confiance dans vos

capacités à …

Si vous le décidiez ? Quel chiffre pourriez-vous vous

..

plutôt qu’à 1? »

.. attribuer aujourd’hui? ». Puis « pourquoi vous êtes vous situé à …

Echelle confiance

Incapacité

Capacité

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10

Demander ce qu’il faudrait qu’il advienne pour choisir un chiffre supérieur

Ex: 4, que faudrait il pour passer de 4 à 8.

Et éviter le réflexe correcteur qui conduit à poser la question inverse « pourquoi êtes vous à 4 et pas à 8?» La réponse à cette question revient

à défende le statuquo.

Phase II

Quand le changement devient une priorité

écouter à la recherche l’engagement au changement

Reconnaître l’engagement au changement:

un indicateur fiable est le discours d’engagement « je pense que je devrais essayer »

Évaluer l’engagement:

« bon, vous en êtes où sur ce point? Qu’est-ce que vous comptez faire? »

« Que ferez-vous?, Qu’avez-vous l’intention de faire? »

Répondre à l’engagement au changement

Négocier le plan:

Définir des objectifs

Menu d’option (moyens et possibilités à disposition)

Établir un plan (structuration du plan)

– Renforcer l’engagement au changement (s’assurer que ce plan est

adapté, répond au besoin du patient)