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Les Paiements

Internationaux
Balance des
paiements et taux de
change
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
1. Présentation de la balance des
paiements.
1.1. Les principes de la balance des paiements.
1.1.1. La notion de résidence.
Sont résidentes en France :
• Les personnes physiques qui ont leur domicile principal en France
(France métropolitaine, DOM, TOM et Principauté de Monaco) ;
• Les fonctionnaires civils et militaires en poste à l’étranger ou mis à
disposition d’une organisation internationale ;
• Les personnes morales telles que les entreprises qui sont prises en
compte pour leurs seuls établissements situés en France.
Sont non résidentes :
• Les personnes physiques françaises ou étrangères qui ont leur domicile
principal à l’étranger ;
• Les fonctionnaires civils ou militaires étrangers en poste en France ;
• Les personnes morales pour ce qui concerne leurs établissements situés
à l’étranger (Usine Renault au Brésil).
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
1. Présentation de la balance des
paiements.
1.1.2. Débits et crédits : l’équilibre comptable.
Toute opération est ainsi enregistrée au débit et au crédit : la
balance des paiements est donc équilibrée par
construction, même si cela passe par des corrections dans
la ligne « erreurs et omissions ».
1.2. La décomposition de la balance des
paiements.
1.2.1. Le compte des transactions courantes (balance
courante ou compte courant).
Les opérations portant sur les marchandises (balance
commerciale).
+ Les opérations portant sur les services.
+ Les opérations portant sur les revenus des facteurs.
+ Les opérations concernant les transferts courants.
-------------------------------------------------------------------------
= Balance des transactions courantes.
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1. Présentation de la balance des
paiements.
1.1.2. Le compte de capital.
Transferts en capital
+ Acquisitions et cessions d’actifs non financiers non produits
-----------------------------------------
= Solde du compte de capital
1.1.3.Le compte financier ou compte des opérations financières.
Les investissements directs 
+ Les investissements de portefeuille mouvements de capitaux
+ Les autres investissements
+ Les avoirs de réserve avoirs extérieurs
---------------------------------------------- 
= Solde des opérations financières
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
1. Présentation de la balance des
paiements.
• Les avoirs de réserve sont les avoirs extérieurs qui sont sous le contrôle des
autorités monétaires et à leur disposition pour leur permettre de financer le
déséquilibre des paiements (Leur variation assure donc l’équilibre comptable).
Un solde négatif des avoirs de réserve signifie que les avoirs de réserve ont
augmenté, ce qui par extension signifie un excédent de la balance des
paiements. Un solde positif signifie que les avoirs de réserve ont diminué, ce qui
par extension signifie un déficit de la balance des paiements.

• Il existe un lien entre la balance des paiements et le marché des


changes. A l’échelle de la balance des paiements de la zone euro, la
variation du poste « avoirs de réserve » se traduit par une demande
plus ou moins importante d’euros ou de devises, ce qui induit une
variation de la valeur de l’euro.
 
• Le poste « Erreurs et omissions » (nettes) enregistre la différence entre le
total des ressources et le total des emplois recensés. Le solde reflète le plus
souvent une sur ou sous-évaluation des flux de marchandises du fait notamment
des fuites de capitaux, du blanchiment ou de la défiscalisation de fonds.
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
1. Présentation de la balance des
paiements.
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
1. Présentation de la balance des
paiements.
1.2. Les soldes de la balance des paiements.
• Le solde des biens et services : il mesure aussi les échanges
commerciaux et tient compte des services. Le solde de la balance
commerciale, qui exprime la différence entre la valeur des exportations
et des importations n’intègre que les opérations portant sur les
marchandises.
• Le solde de la balance des transactions courantes : il concerne les
opérations sur marchandises (balance commerciale) ainsi que celles sur
les services et les transferts courants.
Si on ajoute au solde courant, le solde du compte de capital
(transferts en capital), on obtient la valeur approximative du besoin ou
de la capacité de financement de la nation.
• Le solde de la balance globale des paiements : il intègre le solde de
toutes les transactions ainsi que les erreurs et omissions, à l’exception de
celles du secteur bancaire et de la banque centrale.
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1. Présentation de la balance des
paiements.
1.4. La question de la collecte des données.
• Problèmes de collecte et de mise en cohérence des
données.
• Le « solde agrégé de la balance mondiale » est loin d’être
nul (somme des soldes courants de tous les pays du monde
et des organisations internationales) .
• Explication depuis le début des années 1990 : la « fuite des
capitaux », à savoir les capitaux qui quittent les pays en
développement pour se « mettre à l’abri » des poursuites ou
de la fiscalité (notamment des flux destinés au blanchiment
de l’argent sale).
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2. Analyse économique de la balance
des paiements.
2.1. Balance des paiements et contrainte budgétaire de la
nation.
2.1.1. Solde courant et capacité de financement de la nation.
• L’équilibre comptable macroéconomique entre offre globale et demande globale
sur les biens et services peut être donné par l’identité suivante :
PIB + Importations = Consommation + Investissement + Exportations
PIB – (Consommation + Investissement) = (Exportations – Importations)
Sachant que la différence entre production et consommation correspond à
l’épargne, on obtient :
(Epargne – Investissement) = (Exportations – Importations)
 
• Ainsi, le solde des échanges courants de biens et services correspond à la
capacité (ou au besoin) de financement de la nation. Il s’agit bien de la
contrainte budgétaire de la nation.
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2. Analyse économique de la balance
des paiements.
2.1.2. Solde courant et déséquilibres publics et privés.

• Si l’on introduit l’Etat dans ce modèle, on peut réécrire l’équilibre


macroéconomique de la manière suivante :
PIB + Importations = Consommation + Investissement +
Exportations + (dépenses publiques – impôts et taxes)
Alors on peut écrire :
Exportations – Importations = PIB – Consommation – Investissement
+ (dépenses publiques – impôts et taxes)
On obtient :
Exportations – Importations = (Epargne – Investissement) +
(dépenses publiques – impôts et taxes)
 
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2. Analyse économique de la balance
des paiements.
• La différence entre l’épargne et l’investissement
correspond au déséquilibre privé sur le marché des biens
et services. Si l’investissement est supérieur à l’épargne,
l’économie utilise plus de biens qu’elle n’en produit.
• La différence entre les dépenses publiques et les
impôts et taxes correspond au déséquilibre public. Si la
dépense publique est supérieure aux recettes fiscales, il y a
un déficit des finances publiques.

• Ces deux déséquilibres peuvent se compenser : Robert Barro


et le principe de l’équivalence ricardienne.

• Par contre lorsqu’il y a à la fois un déséquilibre privé et


public, il y a nécessairement un déficit commercial. On parle
alors de « déficits jumeaux ».
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2. Analyse économique de la balance
des paiements.
2.2. L’analyse des déséquilibres
de la balance courante.
• Le solde de la balance courante constitue un
indicateur de la bonne santé de l’économie
nationale et de sa compétitivité.
• Mais, l’interprétation de la signification d’un solde
négatif de la balance des paiements (cas de la
France depuis quelques années) est complexe.
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
3. Balance commerciale et balance des
paiements en France.
3.1. L’évolution de la balance commerciale en
France depuis le début des années 1980.
• Du début des années 1980 jusqu’au début des années 1990 :
déficits répétés.
• A partir du début des années 1990 : solde positif de la balance
commerciale tant avec les pays industrialisés qu’avec les pays en
développement.
• A partir de la fin des années 1990, le solde de la balance
commerciale oscille entre légers excédents et déficits.
• Un renversement s’amorce dès le milieu des années 2000, la
balance commerciale redevient déficitaire, les échanges avec la
Chine et l’Allemagne contribuant à plus de 70% du déficit en 2006.
I ) LA BALANCE DES PAIEMENTS.
3. Balance commerciale et balance des
paiements en France.
3.2. Données sur la balance des paiements.
3.2.1. La balance des paiements en France.
Article 1.
3.2.2. L’évolution de la balance des paiements dans
les principaux pays de l’OCDE.
4 grandes périodes.
• Durant les années 1960-1970 : les principaux pays industrialisés ont
un excédent de leur balance des paiements. 
• Durant les années 1980 : les Etats-Unis, la France, l’Italie et le
Royaume-Uni enregistrent des déficits de leur balance des paiements
courants. Seuls l’Allemagne (RFA) et le japon connaissent de forts
excédents de leurs échanges extérieurs.
• Du milieu des années 1990 à 2001, la Grande-Bretagne mais surtout
les Etats-Unis enregistrent des déficits records de la balance des
paiements.
• A partir de 2001, on observe une accentuation du déficit de la balance
des paiements courants des Etats-Unis, le maintien de soldes positifs
élevés au Japon et en Allemagne jusqu’en 2008, une nette dégradation de
la situation de la France.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
1. Une brève présentation de l’organisation du
marché des changes.
1.1. Les acteurs du marché des changes. 

• Les entreprises qui cherchent à se procurer des devises pour


assurer leurs activités d’importations et d’exportations, mais
aussi à se couvrir contre le risque de change.
• Les intermédiaires financiers, banques et courtiers qui
contribuent à la fluidité du marché en faisant se rencontrer
l’offre et la demande. Le marché des changes est de fait très
largement un marché interbancaire. Ce sont les banques qui
contribuent le plus fortement à la formation du taux de
change.
• Les banques centrales assurent une fonction de régulation
et de réglementation ; elles appliquent également les choix
de politique de change impulsés par les gouvernements.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
1. Une brève présentation de l’organisation du
marché des changes.
1.2. La couverture du risque de change.
1.2.1. Les stratégies face au risque de change.

Deux positions pour faire face au risque de change :


• Chercher à se couvrir face au risque de change par des
stratégies internes de gestion de la trésorerie (modifier
l’échéance du paiement de manière à bénéficier d’un cours plus
avantageux de la monnaie (technique du termaillage)) ou
s’appuyer sur des instruments externes de couvertures
disponibles sur le marché financier.
• S’exposer volontairement au risque de change dans l’espoir de
réaliser un gain. On parle alors de spéculation.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
1. Une brève présentation de l’organisation du
marché des changes.
1.2.2. Marchés financiers et couverture
du risque de change.
• Apparition d’un certain nombre de
techniques de couverture du risque de
change face à volatilité croissante des taux
de change :
- Les opérations à terme auprès des
banques.
- Les currency futures ou contrats à
termes sur devises.
- Les marchés d’option sur devises ou
marché des options de change. 
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
2.Les différents régimes de change.
2.1. Le régime de changes flottants.
• La banque centrale n’a pas d’objectifs de change mais
laisse fluctuer le cours de la monnaie au gré de l’offre
et de la demande sur le marché.
• Il n’existe pas de parité officielle.
• Une monnaie se déprécie ou s’apprécie par rapport à
une autre sur le marché des changes.
• Action discrétionnaire de la Banque Centrale.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
2.Les différents régimes de change.
2.2. Le régime de changes fixes.
• La banque centrale s’engage à maintenir la parité de
sa monnaie à un niveau fixé au préalable par des
règles.
• La définition de la parité suppose le choix d’un étalon
monétaire ou d’une monnaie de référence.
• Certaines monnaies peuvent organiser un
« currency board » (caisse d’émission) dans lequel
les différentes monnaies ont un rapport totalement
fixe par rapport à une monnaie de référence.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
2.Les différents régimes de change.
2.3. L’ancrage monétaire.
• Dans certaines situations, le régime de change fixe
peut se limiter à une zone cible : les autorités
monétaires doivent respecter une marge de
fluctuation autour d’une parité officielle.
• Si le taux de change se rapproche trop des limites
imposées par le système, les autorités monétaires
interviennent en achetant ou vendant des
devises pour s’assurer que la monnaie ne sort pas
des marges de fluctuations imposées.
• Possibilité de dévaluation ou de dépréciation
comme dans un système de change fixe.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
 Les premières théories sont apparues dans un contexte
de parités fixes et de croissance rapide du commerce
international. Elles considèrent que les échanges de
biens et services et leurs prix, sont les facteurs
déterminants des taux de change.
 Avec le développement des mouvements de capitaux et la
généralisation des changes flottants dès le début des
années 1970, un second groupe de théorie mettra
l’accent sur l’importance des facteurs financiers dans
l’évolution des taux de change.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
3.1. L’approche de long terme : la détermination du change
par le marché des biens et services.
3.1.1. La situation de la balance des transactions courantes.
• Jusqu’au début des années 1970 : l’explication des mouvements des changes repose sur la
situation des balances commerciales et des balances courantes.
• Modèles keynésiens (Mundell (1960) et Fleming (1962)) : la dynamique des taux de
change dépend principalement de l’état du solde des échanges extérieurs.
• Les variations du taux de change peuvent toutefois entrainer un retour à l’équilibre de la
balance commerciale (la dépréciation du taux de change rend les produits nationaux moins
chers pour les non résidents et les produits importés relativement plus chers pour les
résidents).
• Mais ce rééquilibrage n’est pas automatique car il dépend :
- De l’intensité avec laquelle les quantités importées et exportées réagissent aux variations
de prix : Théorème des élasticités critiques ou condition de Marshall-Lerner .
- Des délais de réaction de ces canaux de transmission : « courbe en J ».
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
3.1.2. La théorie de la parité de pouvoir d’achat.
• L’économiste suédois, Gustav Cassel (1866-1945) est à l’origine de la
théorie de la parité de pouvoir d’achat qu’il formule en 1916 : le taux de
change reflète le rapport de pouvoir d’achat entre deux pays.
• L’approche en termes de PPA peut être généralisée en comparant, pour deux
pays, des paniers de biens échangeables : la PPA est alors le taux de change
qui égalise la valeur unitaire de chacun des deux paniers.
• Courant monétariste et loi du prix unique.
• Analyse en termes de différentiel d’inflation : le pouvoir d’achat d’une
monnaie peut diminuer à la suite d’une accélération de l’inflation dans un
pays par rapport à ses partenaires. Cela se traduit à terme par une
dépréciation du taux de change de ce pays.
• L’effet Bela Balassa (Bela Balassa et Paul Samuelson (1964) montre que
le différentiel d’inflation n’induit pas une baisse du taux de change nominal, en
particulier dans les pays qui sont engagés dans un processus de
développement.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
3.2. Les approches financières du taux de change : les
déterminants à court terme des taux de change.
3.2.1. La théorie de la parité des taux d’intérêt.
• La théorie de la parité des taux d’intérêt a été formulée par
J.M.Keynes (1883-1946) en 1923.
• Il observe une relation inverse entre le taux d’intérêt
pratiqué dans un pays et le cours de change de la
monnaie nationale.
• Un différentiel de taux d’intérêt entre deux pays incite les
agents économiques à placer leurs capitaux dans le pays qui
propose la rémunération la plus élevée.
• Mécanisme d’égalisation permanente des taux de rendement
des placements financiers entre différents pays.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
3.2.2. Bulles spéculatives, comportements
mimétiques et taux de change.
3.2.2.1. La théorie des bulles spéculatives
rationnelles.
• Il peut exister des écarts durables entre le taux de change (ou le prix des
actifs financiers) qui se forme sur le marché et sa valeur d’équilibre
correspondant aux déterminants économiques « fondamentaux » (inflation, taux
d’intérêt, balance des paiements...). Cet écart est appelé « bulle spéculative »
car il tend à se gonfler, pour se résorber ensuite brutalement.
• O.Blanchard et M.Watson (« Bulles, anticipations rationnelles et marchés
financiers », Annales de l’INSEE, 1984) utilisent le concept de « bulle spéculative
rationnelle » pour indiquer que les bulles peuvent être compatibles avec
l’hypothèse d’efficience des marchés et notamment les anticipations rationnelles.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
3.2.2.2. Hétérogénéité des comportements et
anticipations mimétiques.
• Cette approche se réfère aux stratégies des acteurs du marché et à leurs
comportements d’anticipation.
• On trouve des opérateurs qui prennent leurs décisions en fonction des
« fondamentaux » (ce sont les « commerciaux ») et les « traders », ou
gestionnaires financiers, dont l’horizon est très court car ils doivent
réaliser des profits. Le poids des traders est devenu important et leurs
anticipations se forment selon un processus mimétique.
• Cette analyse avait déjà été formulée par Keynes qui avait défini la
spéculation comme « l’activité qui consiste à prévoir la psychologie du
marché. ».
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
3. Les déterminants du taux de change.
3.2.3. La théorie de la surréaction.
• Approche présentée par R.Dornbusch, en 1976 : associe dans un
même modèle, l’approche de long terme de la théorie des parités
de pouvoir d’achat, et l’approche de court terme de la parité des
taux d’intérêt.
• A long terme, le sentier d’équilibre du taux de change est défini par la
parité de pouvoir d’achat : l’évolution du taux de change dépend du
différentiel d’inflation entre les pays.
• A court terme, le marché des changes est dominé par les mouvements
des capitaux et son équilibre suppose la vérification de la parité des taux
d’intérêt : l’écart de taux d’intérêt entre deux monnaies est égal au taux
anticipé de dépréciation du taux de change.
• Les anticipations de change sont fondées sur la PPA et ramènent donc le
taux de change vers son niveau de long terme ; la PPA joue ainsi le rôle
« de point d’ancrage » du système, même si dans le court terme il peut y
avoir surréaction du taux de change.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
4.Peut-on déterminer le bon taux de change
d’une économie ?
4.1. A la recherche du taux de change d’équilibre.
4.1.1. Les limites des modèles de change à
court terme.
• 2 méthodes pour prévoir les taux de change.
- La méthode chartiste : prolonger les tendances passées pour déterminer le
taux de change futur.
- La méthode fondamentaliste : s’appuyer sur les fondamentaux pour prévoir
le taux de change à plus long terme.
• Mais difficultés de la théorie moderne à expliquer et à prévoir l’évolution du
taux de change à court terme : provient de ce qu’elle n’a pas su tirer toutes les
conséquences de la globalisation financière sur la dynamique du système
financier international. L’instabilité et l’incertitude sur les marchés financiers
s’est accrue.
• Deux omissions des taux de change:
- L’existence de profondes asymétries entre monnaies;
- La nécessité de prendre en compte le rôle des autorités monétaires
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
4.Peut-on déterminer le bon taux de change
d’une économie ?
4.1.2. Les déterminants à long terme des taux de
change.
• Approche qui passe par la recherche des déterminants
structurels du change.
• Constat que l’évolution du taux de change réel est
étroitement liée au niveau relatif de développement des
pays.
• Trois facteurs structurels explicatifs :
- Le mécanisme des productivités relatives (Bela
Balassa).
- La compétitivité structurelle.
- Les effets de domination des pays développés.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
4.Peut-on déterminer le bon taux de change
d’une économie ?
4.1.3. Zones-cibles et taux de change d’équilibre.
• Au milieu des années 1980, l’économiste américain J.Williamson a
cherché à définir pour chaque monnaie son taux de change
d’équilibre fondamental (TCEF) = taux de change réel susceptible
de maintenir à moyen terme l’activité économique au niveau le plus
élevé possible, compte tenu des contraintes d’équilibre interne et
d’équilibre externe.
• Objectif : proposer des normes de change susceptibles
d’éclairer les politiques économiques : chaque autorité monétaire
est ainsi chargée d’amener et de maintenir le taux de change réel
dans une marge de fluctuation (ou zone-cible) déterminée
autour du TCEF .
• Williamson définit donc des taux de change de long terme fondés sur
les interactions entre la croissance économique du pays, l’évolution
de sa balance courante et son endettement.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
4.Peut-on déterminer le bon taux de change
d’une économie ?
4.2. Monnaie forte ou monnaie faible.
4.2.1. Les instruments des politiques
de change.
4.2.1.1. La réglementation des changes.
• La convertibilité des monnaies : une monnaie est
convertible lorsque son détenteur peut l’échanger librement
et sans limite contre toute autre monnaie.
• Le contrôle des changes (supprimé depuis le milieu des
années 1980).
• Les règles prudentielles depuis la libéralisation des
mouvements de capitaux. Elles sont proposées en particulier
aux banques pour les inciter à se protéger contre les risques
portant sur l’évolution des taux d’intérêt et des taux de
change.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
4.Peut-on déterminer le bon taux de change
d’une économie ?
4.2.1.2. Les modifications de parité.
• Politique économique dont l’objectif premier est d’agir sur l’équilibre de
la balance des paiements.
• Les modifications de parités sont qualifiées de dévaluations (ou
réévaluations) en régimes de change fixes, et de dépréciation (ou
appréciation) en changes flottants.
4.2.1.3. Les interventions publiques sur les
marchés.
• Lorsqu’elles cherchent à influencer l’évolution du cours de change, les
autorités monétaires interviennent (souvent conjointement) sur le
marché des changes et sur le marché monétaire
• Les interventions des banques centrales sur le marché des changes
consistent:
- Essentiellement à acheter ou à vendre des devises afin d’agir sur
l’équilibre du marché.
- À pratiquer des interventions stérilisées, c’est-à-dire des interventions
n’affectant pas le niveau des taux d’intérêt et des agrégats monétaires.
(opérations d’open market).
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
4.Peut-on déterminer le bon taux de change
d’une économie ?
4.2.2. Les stratégies nationales de change.
4.2.2.1. Atouts et inconvénients d’une monnaie faible.
- Amélioration de la compétitivité-prix ; recherche de gains de productivité pour compenser le renchérissement du
prix des matières premières importées ; entrée de capitaux car IDE moins coûteux.
- Mais risque d’inflation importée ; compétitivité-prix artificiellement dopée ; accroissement de la dette extérieure.
4.2.2.2. Le cercle vertueux de la monnaie forte et ses inconvénients.
- Désinflation importée ; amélioration des termes de l’échange et du solde de la balance commerciale ;
amélioration compétitivité hors-prix…
- Mais freinage des importations et de la croissance ; sorties de capitaux
4.2.2.3. La politique de change au service de l’industrie et de la finance.
La politique de change comme instrument de politique industrielle et
financière (exemple de l’Allemagne et du Japon).
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
5. Les crises des changes.
5.1. Une recrudescence des crises financières.
• La recrudescence des crises financières internationales au cours
de la dernière décennie s’inscrit dans une tendance longue : selon
Barry Eichengreen (2001), la fréquence des crises financières serait
deux fois plus élevée depuis 1973 qu’elle ne l’était au cours de l’après-
guerre ou de la période de l’étalon-or classique, après 1880.
• Récurrence des crises, depuis dix ans : indissociable de la nouvelle
configuration financière internationale dans laquelle se sont insérés les
pays émergents : évolution explosive des entrées de capitaux vers l’Asie
ou l’Amérique latine, libéralisation financière, tentatives d’ancrage des
taux de change…
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
5. Les crises des changes.
5.2. Les modèles de première génération : les attaques
spéculatives sanctionnent des politiques inadaptées.
• Les modèles de première génération montrent
l’incohérence entre la politique économique et le régime de
change (Krugman (1979) ; Robert Flood et Peter Garber
(1984)).
• Les crises de change sont provoquées par l’insuffisance des
réserves de change causée par un déficit persistant des
balances des paiements et par de mauvais fondamentaux.
• La crise est le résultat d’une réaction rationnelle des
agents privés face à un taux de change inadéquat.
• Exemple de la crise mexicaine de 1994.
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
5. Les crises des changes.
5.3. Les modèles de deuxième génération : les
attaques spéculatives auto-réalisatrices.
• Cherchent à montrer que les crises peuvent être
auto-réalisatrices : le simple fait que les marchés
anticipent une crise peut déclencher la crise.
• Obstfeld (1994) : lien entre le niveau du taux
d’intérêt et les anticipations.
• Ces modèles expliquent les crises par la conjonction
d’une économie peu prospère et d’anticipations
défavorables.
• Exemple de la crise de la livre en 1992
II) MARCHE DES CHANGES ET TAUX DE
CHANGE.
5. Les crises des changes.
5.4. Les modèles de troisième
génération : crises jumelles et effets
de contagion.
• Les modèles de troisième génération (Krugman,
1999) mettent l’accent sur la conjonction de deux
sortes de crises : les crises de change et les
crises bancaires (crises jumelles).
• Ils ont cherché à expliquer les effets de
contagion constatés lors des crises des années
1990, particulièrement au niveau régional en
Europe et en Asie
• Exemple de la crise asiatique de Juillet 2007.