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2.

Le « révolution romane »
du Sud de l’Europe
• Les sculptures sortent du sanctuaire.
• Passage de l’état ornemental à l’état figuré
- chapiteaux corinthiens et historiés
- façades triomphales
- tympans des portes
• Contexte : développement extraordinaire du mouvement monastique,
surtout bénédictins. L’ordre de Cluny et son réseau de monastères joue
un rôle capital.

Chapiteaux, tour-porche,
rez-de-chaussée
Saint Benoît-sur-Loire,
vers 1140.

Exemple exceptionnel d’introduction du récit biblique sur les chapiteaux.


Signature d’un sculpteur : « Umbertus me fecit »
Oeuvre : les sculptures en façade
L’apparition
de de «de
la basilique cycles narratifs du
Saint-Gilles » : une
Gardinnovation
majeure de l’art roman
Nouveau
Testament

Ancien
Testament

Monastère dédié à Pierre et Paul, affilié à Cluny en 1066, au XIIe siècle


prospérité (commerce sur le Rhône -> chantier de l’abbaye Façade en arc de
triomphe (amputée)
http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/saint_gilles__30_gard_/index.html 2e moitié du XIIe siècle

Deux cycles narratifs : Ancien et Nouveau testament. Approche typologique


(cf. Porte d'Hildesheim).
Le retour de la grande statuaire sur les façades dans le Sud s'accompagne donc d’un retour aux
modèles antiques.

Détails de la façade
A droite apôtres, à gauche Saint Paul.
C’est après la décision du pape Grégoire VII de faire
passer l’abbaye sous le contrôle de Cluny que l’église est
reconstruite et décorée dans un style antiquisant.
La figure est intégrée à l’architecture et n’est pas encore
libérée du fond.

Phylactère

Le baiser de Judas,
l’arrestation de Jésus

Rarement l’Antiquité avait été aussi sollicitée dans un édifice roman.


Oeuvre : la façade triomphale cette fois préservée en totalité :
Saint Trophime d’Arles (vers 1190)
étape sur la route de Saint Jacques de Compostelle

Architrave : frise du jugement


dernier

Tympan : Christ du
jugement dernier

Colonnes à chapiteaux
corinthiens et même pilastres !

http://architecture.relig.free.fr/arles.htm

Portail et façade sculptés vers 1190,

-> Redécouverte de l’Antiquité (arcs de Triomphe, portes monumentales de villes…) quête de


monumentalité, portail de l’église : entrée de la Jérusalem céleste.
3e exemple de sculpture monumentale : les tympans

Portail intérieur du Narthex

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Vézelay, (Bourgogne, département
l’Yonne). La basilique est consacrée à
Sainte Marie Madeleine dont les reliques y
ont été transférées au IXe siècle.
Le tympan extérieur de l’église : Jugement dernier

Reconstitution de Viollet-le Duc


1856, d’après les restes
du tympan original.

A Saint-Michel d’Estella en Navarre on peut lire sur la Mandorle du Christ


: « Cette image que tu vois n’est ni Dieu ni homme, mais il est Dieu et homme Celui que figure
cette image sacrée »
Le grand tympan du narthex

Tympan de la mission des apôtres (Pentecôte), 1120-1140.


- Iconographie
- interprétation
- Questions techniques
L’iconographie peut s’expliquer aussi par la liturgie qu’il ne faut pas oublier : ici
Eve rampant comme les pécheurs qui entrent par ce portail le mercredi saint

Maître d’Autun, fragment du linteau du portail septentrional du transept,


église Saint lazare, vers 1130, Musée Rolin Autun.
Synthèse : la réapparition de la sculpture monumentale et d’abord sur
les façades des églises

A. iconographie et finalité des sculptures.

A. Evocation des Ecritures (Ancien Nouveau Testament) : la « Bible des laïcs » (Albert le
Grand : scientifique et théologien du XIIIe) pour susciter la dévotion : Christ souffrant sur la
croix, Pietà. Appel à l’imitation du Christ. Mais aussi de la vie de saints dont des locaux.
Cependant il ne faut pas exagérer la portée de cette destination des images.
B. Jugement dernier : illustration du Bien et du Mal avec ce qu’il faut suivre en bon chrétien
(exemple du Christ et des saints) et ce qui attend les pécheurs. Le contraste est saisissant
entre Elus et Damnés. A l’ordre qui règne à la droite du seigneur doit correspondre un
ordre social fondé sur la crainte de Dieu. La sculpture monumentale devient un auxiliaire
de la foi et du pouvoir spirituel et temporel : image de dévotion, liturgie (recours à l’image lors
de fêtes religieuses) mémoire de l’histoire et de la destinée humaines depuis les origines.

B. Fonction architecurale et décorative.

• Les sculptures sont insérées dans des niches, elles prolongent l’architecture et
s’agrandissent par elle. Véritable dialogue sculpteur - architecte sur les façades. La
structure « ternaire » de la façade à partir de Caen (fin XIe) favorise l’expansion de la
sculpture (trois portails).
• Jusqu’aux débuts du gothique (2e moitié du XIIe siècle) l’Antiquité reste la référence majeure
sur le plan stylistique au Nord comme au Sud des Alpes. La sculpture gothique marquera -t-
elle une rupture avec les modèles antiques ?