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FISCALITE INTERNATIONALE

SOUVERAINETE ET POLITIQUE
FISCALE
Encadré par :
par:
Mme Siham .SAHBANI
Fadwa

Présenté
AMLOUL
EL

KHANFORI Basma
TAHIRI

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PLAN
INTRODUCTION
PARTIE I: Politique fiscale 
1/ Définition , rôle et objectifs de la Politique fiscale
2/ Aperçu sur la Politique Fiscale Marocaine
3/ Contraintes de la Politique Fiscale
PARTIE II: Souveraineté fiscale
1/ Définition de la Souveraineté fiscale
2/ Conditions de la Souveraineté fiscale
3/ Souveraineté Absolue / Limitée
4/ Limites de la souveraineté fiscale
5/ Solutions d’exercice de la souveraineté
PARTIE III: ETUDE DE CAS
Impôt sur le revenu / IS / TVA (Cas MAROC – TUNISIE)
CONCLUSION

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INTRODUCTION
Parmi les éléments fondateurs d’une démocratie, l’instauration d’une
politique fiscale juste et équitable constitue un pilier majeur. La
fiscalité marocaine est à la fois l’expression et le résultat de son
intégration à l’économie de marché international.
Fruit de plusieurs réformes tout au long du XXème siècle et qui se sont
accélérées pendant les années 80 et 90, le système fiscal marocain
peut aujourd’hui, dans son architecture générale, être considéré
comme un système moderne, semblable à ce qui se pratique dans les
pays à économie ouverte, ce système a permis l’instauration des
premiers impôts modernes et fondée, depuis l’indépendance, sur le
consentement, la solidarité et l'incitation économique, pour aboutir
actuellement à un système moderne comparable à ceux en vigueur
dans les pays développés à économie libérale.
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PARTIE I
Politique Fiscale

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suppriment ou créent des mesures fiscales dans le but d'atteindre ses objectifs. ses activités et sa gestion. 5 .1/ DÉFINITION . Les recettes fiscales représentent la principale ressource de l'État. Les pouvoirs publics modifient. RÔLE ET OBJECTIFS DE LA POLITIQUE FISCALE :  Définition: Une politique fiscale désigne l'ensemble des mesures et décisions prises par un gouvernement et les pouvoirs publics en termes de fiscalité. Le principal but de l'État est d'encaisser suffisamment de recettes pour financer son fonctionnement.

des taxes et des cotisations diverses. 6 . par le jeu des incitations fiscales.1/ DÉFINITION . lesquels ont un impact sur le revenu disponible des individus et ultimement sur leur consommation. La politique fiscale devient un instrument de régulation lorsqu'elle cherche à stimuler ou à ralentir l'activité économique par la réduction ou l'augmentation des impôts. elle peut influer sur l'allocation des ressources. De même. Le prélèvement de recettes suffisantes et stables est l'objectif poursuivi. RÔLE ET OBJECTIFS DE LA POLITIQUE FISCALE :  Rôle de la Politique Fiscale: La fonction principale de la politique fiscale est de déterminer comment seront prélevées les recettes permettant de financer les dépenses d'un gouvernement.

RÔLE ET OBJECTIFS DE LA POLITIQUE FISCALE :  Objectifs de la Politique Fiscale:  Financer les dépenses publiques  La redistribution des revenus  La régulation de la politique économique  Décourager les activités nuisibles / Encourager socialement appréciées de manière positives les activités 7 .1/ DÉFINITION .

2/ APERÇU SUR LA POLITIQUE FISCALE MAROCAINE: La construction d’un état démocratique moderne a mené vers l’instauration d’une politique fiscale juste et équitable qui constitue un pilier majeur. La fiscalité marocaine est à la fois l’expression et le résultat de son intégration à l’économie de marché international. pour se caler sur des systèmes plus modernes et aboutir à l’architecture fiscale telle qu’elle est connue aujourd’hui. les impôts au Maroc ont connu différentes variantes. L'histoire de l'imposition au Maroc est dans une large mesure du développement de l'administration centrale. Adossés au départ sur des systèmes traditionnels. 8 .

Dans ces recettes. marquant ainsi le poids dominant des importations dans la consommation. les impôts indirects (TVA et autres) représentent la part prépondérante. 9 . avec une TVA à l’import qui en constitue la partie la plus importante (60% du total de la TVA collectée). .2/ APERÇU SUR LA POLITIQUE FISCALE MAROCAINE:  Diagnostic Général du Système Fiscal Marocain : Les recettes fiscales constituent aujourd’hui le poste de recettes le plus important pour couvrir les dépenses de l’Etat (72% du total).

à chaque loi de finance. 10 .2/ APERÇU SUR LA POLITIQUE FISCALE MAROCAINE: La fiscalité au Maroc est restée un domaine en perpétuelle réforme. dans une logique d’incitation économique nouvelle ou pour répondre au souci de tel ou tel secteur économique. des nouveautés sont introduites. ou telle catégorie sociale. ainsi.

11 .3/ CONTRAINTES DE LA POLITIQUE FISCALE: L'impôt peut également engendrer des effets non désirés qui altèrent en retour les mécanismes économiques.

. des marchandises et des personnes favorise la fraude fiscale internationale. la suppression des entraves à la circulation des capitaux. et plus généralement la mobilité géographique des bases d'imposition. concurrence fiscale et coordination internationale :. Acceptation ou contestation de l'impôt : C’est un témoignage du désarroi des populations devant les transformations économiques et de leur résistance à un ordre politique inégalitaire. la fraude fiscale.3/ CONTRAINTES DE LA POLITIQUE FISCALE:     Les comportements des agents économiques et l'évitement fiscal : le report de manière opportuniste la charge de l'impôt. l’évasion fiscale. Les coûts d'administration : l'ensemble des coûts spécifiques engendrés par le processus de taxation. 12 . l’optimisation fiscale. Mondialisation. les délocalisations.

PARTIE II Souveraineté Fiscale 13 .

la souveraineté est le droit absolu d’exercer une autorité sur une région . un pays ou sur un peuple. 14 .1/ DÉFINITION DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: Souveraineté? C’est le principe d’autorité suprême. En matière de politique .

communautaire et extérieure.1/ DÉFINITION DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: Droit International Public Droit Droit Constitutionnel Communauta Interne ire Le pouvoir de L'expression du La limitation de l'Etat de déterminer pouvoir compétences des et conduire librement d'autodétermination Etats dans l'espace sa politique intérieure d'un peuple. 15 .

Souveraineté sur le produit : Droit de disposer du produit de l’impôt).SOUVERAINETÉ FISCALE ? La liberté dont dispose une entité pour déterminer les règles applicables au prélèvement fiscal ainsi que le pouvoir de contrainte pour l’appliquer. 16 . On désigne par la Souveraineté Fiscale que chaque pays assure sa propre souveraineté fiscale de façon indépendante (Souveraineté législative : Droit de décréter les impôts par voie légale. Souveraineté administrative : Droit de percevoir l’impôt.

SOUVERAINETE POLITIQUE VS. SOUVERAINETE FISCALE 17 .

en effet. Si.La souveraineté caractérise le pouvoir étatique lui-même. alors que la seconde n’en est pas une exclusive . souveraineté politique et souveraineté fiscale sont la plupart du temps indissociables. en tant que pouvoir de droit originaire et suprême . 18 . elles peuvent néanmoins ne pas s’identifier l’une à l’autre : la première est toujours réservée à l’État.

La souveraineté fiscale ne se confond pas nécessairement avec la souveraineté politique. Ainsi un Etat membre d’une fédération et un Etat protégé peuvent exercer une souveraineté fiscale sans être politiquement souverains. 19 .

autonomie technique. Tixier : « une entité territoriale déterminée.  AUTONOMIE TECHNIQUE ?  EXCUSIVITE D’APPLICATION ? 20 . bénéficiant ou non de la souveraineté politique. est réputée jouir de la souveraineté fiscale dès lors qu’elle dispose d’un système fiscal présentant deux caractéristiques essentielles. d’autre part exclusivité d’application dans le territoire en d’une part une une question ».2/ CONDITIONS DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: • Selon G.

sur un territoire déterminé. selon qui « est revêtue de la souveraineté fiscale. détient le pouvoir exclusif de créer un système d’impôt et de l’appliquer » 21 .2/ CONDITIONS DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE:  La définition proposée par le Professeur Cartou. l’autorité qui.

concurrence fiscale entre nations l’amène à perdre son statut de souveraineté La volonté des Etats d’instaurer une souveraineté fiscale s’oppose à l’exigence à l’ouverture et aux rapports conventionnels visant la convergence dans un système fiscal plus ouvert et plus fluide. La souveraineté fiscale se voit donc limitée par le besoin à l’ouverture et par l’enjeu de la non double imposition. plusieurs facteurs contribuant à la souveraineté limitée sont à évoquer : •La concurrence fiscale •Les conventions fiscales •Le libre échange Ceci dit.3/ SOUVERAINETÉ ABSOLUE/LIMITÉE: La fiscalité est une souveraineté fondamentale d'un état nation. Normalement. 22 . Cependant. on ne peut guère évoquer ou affirmer qu’un Etat dispose d’une souveraineté absolue. chaque Etat doit avoir sa propre fiscalité mais en réalité la .

des détournements d’activités. un contribuable adroit peut se jouer des législations nationales pour éviter d’être imposé. sur les mouvements de capitaux. c) Les conséquences du jeu des souverainetés fiscales peuvent être plus générales.4/ LIMITES DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: a) Une première conséquence de la juxtaposition des législations réside dans la possibilité de doubles ou multiples impositions. Elles peuvent créer entre les États des discriminations économiques. 23 . les exportations. la complexité possible de la situation d’un contribuable peut aboutir à soumettre celui-ci à un même impôt dans deux ou plusieurs États. plus larges. Elles peuvent agir sur les importations. A la double imposition peut correspondre la double non-imposition. l’évasion fiscale. b) Une deuxième situation peut exister symétriquement à la précédente. sur l’orientation des investissements. L’autonomie des législations. Pour les mêmes raisons.

5/ SOLUTIONS D’EXERCICE DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: 24 .

celles-ci peuvent toutefois l’exercer en commun ou la partager avec des organisations internationales (par exemple. lorsque les États décident d’accorder des compétences fiscales ou un pouvoir fiscal à ces organisations : La « compétence fiscale » peut ainsi être définie comme le droit d’édicter des règles fiscales. dans les limites fixées par la constitution et les traités internationaux.5/ SOLUTIONS D’EXERCICE DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: Si la souveraineté fiscale appartient initialement aux entités étatiques.) 25 .

sans forcément décider des règles qui gouvernent celui-ci.5/ SOLUTIONS D’EXERCICE DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: Pour sa part. le « pouvoir fiscal » correspond à la possibilité de lever l’impôt à son profit. 26 . C’est ainsi que la Communauté européenne dispose d’une compétence fiscale (possibilité d’harmoniser les législations fiscales nationales). mais ne possède aucun pouvoir fiscal (elle ne peut collecter aucun impôt à son profit).

les collectivités locales françaises disposent dans une certaine mesure d’un pouvoir fiscal (elles peuvent prélever des impôts facultatifs prévus par le code général des impôts) sans posséder la compétence correspondante (le régime de ces impôts est déterminé par l’État). Selon Jellineck. le souverain est alors celui qui répartit ces compétences et ces pouvoirs entre les différentes collectivités. 27 .5/ SOLUTIONS D’EXERCICE DE LA SOUVERAINETÉ FISCALE: A contraire.

PARTIE III Etude de Cas 28 .

TVA) largement connus et pratiqués dans les pays à économie libérale. 29 . IR.IR / IS / TVA (CAS MAROC ) La configuration du système fiscal en vigueur au Maroc présente les caractéristiques d'une fiscalité moderne basée sur des piliers (IS.

1) Evolution des recettes fiscales La structure des recettes fiscales au Maroc se présente comme suit : 30 .

la performance en matière d’IS provient en partie de la réforme du taux d’imposition ramené à 30% (37% pour le secteur financier) qui s’est accompagnée de l’élargissement de la base imposable par la suppression des abattements sur les plus-values de cession d’actif immobilisé et des provisions réglementées (provision pour investissement. En plus de la bonne tenue de l’activité économique. alors que la performance de la TVA s’explique par la suppression de certaines exonérations notamment sur les opérations d’investissement.ANALYSE L’analyse des recettes fiscales permet de ressortir une nette évolution depuis 2006 en volume. 31 .651 MDH) s’expliquant par une très bonne performance des recettes fiscales générées par l’IS. provision pour reconstitution de gisement miniers et provision pour logement du personnel). la TVA et de l’IR. avec une croissance exceptionnelle enregistrée en 2008 (pour atteindre 185.

Quant à la part des droits de douane. tandis que la part des impôts directs dans l’ensemble des recettes fiscales connait une sensible régression (43% en 2011 au lieu de 45% en 2006). Cette tendance semble être confirmée en 2012 sur la base des prévisions de recettes budgétisées. elle enregistre une régression en passant de 11% en 2006 à 6% en 2011. 32 . Ainsi. la part des impôts indirects dans l’ensemble des recettes fiscales passe de 38% en 2006 à 44% en 2011.ANALYSE Cette évolution concerne également la structure des recettes fiscales.

3 milliards de dirhams.5 milliards de dirhams en 2010 au lieu de 167. sans pour autant atteindre le 33 . soit plus de 6 milliards de dirhams de recettes supplémentaires.3 milliards en 2009.Les recettes fiscales totales ont atteint 173. L’année 2011 a enregistré également des recettes additionnelles par rapport à 2010 de plus de 10 milliards de dirhams pour atteindre 184.

Cette évolution a consolidé la part des recettes fiscales dans les recettes ordinaires qui est passée de 87. prédominance qui s’est renforcée au fil du temps pour représenter plus de 60% des recettes totales de la TVA prévues en 2012. 34 . Il faut noter également la prédominance de la TVA à l’importation par rapport à la TVA à l’intérieur.4% en 2009 à 88.5 % en 2010 (hors les recettes de la privatisation). Cette situation reflète la croissance continue des importations et donc la demande de consommation tournée de plus en plus vers la production étrangère au détriment de la production locale.

A titre de comparaison. En Tunisie les impositions indirectes relevant du régime intérieur contribuent à hauteur de 56% contre 44% pour le régime d’importation. 35 .

contrairement à la tendance observée entre 2006 à 2008. les 30% restants étant couverts par les impôts directs. En effet. par une augmentation de la part des impôts indirects par rapport aux impôts directs à partir de 2009.4% en 2011.33% des recettes fiscales.8% en 2010 et à 56. la structure fiscale s'est caractérisée. en France.7% en 2009 à 56. Turquie et la Tunisie. la TVA à elle seule nette des remboursements représente près de 51. Cette répartition marquée par la dominance des impôts indirects est conforme à la tendance observée dans certains pays développés ou en développement comme la France.ANALYSE Comme il a été signalé précédemment. les impôts indirects représentent 70% des recettes fiscales. En effet. la part des impôts indirects est passée de 51. Les impôts indirects en Tunisie s’élèvent à environ 60% des recettes fiscales. 36 . En Turquie.

les recettes fiscales rapportées au PIB pour les pays analysés se présentent comme suit : 37 .  A titre de comparaison.

R sont perçues sur les salariés du secteur public et privé. professions libérales) est très remarquée.ANALYSE A ce titre. il convient de noter qu’au Maroc 82% des recettes de l’I. il est estimé que la part des ménages est d’environ 84% et celles des sociétés d’environ 16%.3 milliards au titre de la TVA (soit 30% du total national) et 16. En Finlande. entrepreneur exerçant à titre individuel. En effet. les grandes entreprises (chiffre d’affaires hors taxes > 400 millions euro) ont acquitté 55 Milliards d’euros dont 28. Cette caractéristique semble être corrélée au niveau du développement économique et social du pays. 38 .7 milliards d’euros au titre de l’IS (soit 40% du total national). sur le montant total des impôts payés. l’IR sur les salaires contribue à hauteur de 39% du total des impôts directs contre 11% pour les autres revenus soumis à l’IR et 50% pour l’IS. en Tunisie. La faible contribution des personnes physiques non salariées (commerçants. Par contre en France.S proviennent de la performance de 2% des sociétés et 73% des recettes de l’I.

Conclusion 39 .

Alexandre MAITROT DE LA MOTTE 40 .BIBLIOGRAPHIE   « Droit fiscal international et Européen » de Louis CARTOU « Souveraineté fiscale et organisations internationales à vocation économique ».