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Droit des obligations et des

contrats
• Importance du droit des contrats.
• On a coutume de dire que le droit privé , de même que le Code
civil qui en constitue
l’emblème, reposent sur trois piliers : la famille, le contrat, la
propriété. Il est clair que le droit des contrats revêt une
importance considérable. D’abord pour une raison pratique : la
vie est ponctuée de contrats. Celui qui voudrait vivre en dehors
du droit des contrats ne le pourrait pas tant celui-ci s’immisce
dans tous les aspects de la
vie, professionnelle, personnelle, et même intime (mariage, pacs
, courtage matrimonial…). Bref : le contrat est consubstantiel à
l’activité humaine.
• Chapitre 1 – Les notions de contrat et d’obligation
• Le droit des contrats fait partie du droit des obligations. La notion fondamentale
est donc d’abord celle d’obligation. Dans le langage
courant obligation est synonyme de devoir. Le droit retient une définition plus
technique. L’obligation est un lien de droit unissant deux personnes, le créancier
et le débiteur, obligeant ce dernier à accomplir une prestation au profit du
créancier (par ex. en présence d’un contrat de vente, le vendeur a l’obligation de
délivrer la chose vendue, l’acquéreur a l’obligation de payer le prix ; si une
personne cause un dommage à une autre, elle a l’obligation de réparer ce
dommage, par ex. en versant des dommages et intérêts…).L’obligation apparaît al
ors comme le versant négatif du droit personnel,
• le droit de créance. Par exemple, si, en vertu d’un
contrat, une personne doit une somme d’argent à une autre, le débiteur est tenu
d’une obligation (payer) tandis que le créancier bénéficie d’un droit personnel, le
droit de créance.
• Les obligations peuvent avoir différentes sources. On distingue
classiquement deux sources d’obligations : l’acte juridique et le
fait juridique.
• L’acte juridique est une manifestation de volonté destinée
à produire un effet de droit. Au sein des actes juridiques, le
contrat occupe une place centrale. Le contrat est un accord de
volonté entre deux ou
plusieurs personnes conclu en vue de produire un effet de droit
particulier, la création d’obligations. On peut définir l’acte
juridique comme tel :« convention par laquelle un ou plusieurs
personnes s’obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à
faire ou à ne pas faire quelque chose »
• la seconde source d’obligations est le fait juridique. Il s’agit
d’un événement volontaire ou non produisant des effets
juridiques
qui n’ont pas été voulus. Les effets de droit interviennent donc
indépendamment de la volonté des individus. On distingue
plusieurs types de faits juridiques. Les plus importants sont les
délits et quasi-délits. Le délit est un fait illicite volontaire
causant un dommage(ex. : accomplir sciemment des actes de
concurrence déloyale). Le quasi-
délit est un fait involontaire causant un dommage par
imprudence ou négligence, ex une personne cause un
accident en raison d’une inatention.
• Il faut bien comprendre la différence entre l’acte et le fait
juridique :la caractéristique de l’acte juridique, et en
particulier du contrat, est
l’existence d’une volonté tournée vers la production d’effets d
de droit ; le contrat est conclu pour créer des obligations (ex.
transférer
la propriété d’un bien en présence d’une vente, attribuer la jo
uissance d’une chose en présence d’un bail…). Les effets de
droit sont donc voulus. Le fait juridique quant à lui produit des
effets de droit qui n’ont pas été voulus. Cela vaut même en
présence d’un délit : certes, le délit est un comportement
volontaire, mais les effets de droit qu’il produit (l’obligation de
réparer le dommage) n’ont pas été voulus ; c’est la loi qui
impose à l’auteur d’un dommage de le réparer .
• Chapitre 3 – Classifications des contrats
• Il faut bien parler de classifications au pluriel car on peut
ordonner la multitude des contrats selon différents critères.
On peut distinguer
les classifications traditionnelles et les classifications moderne
s, étant précisé que l’apparition des secondes n’a pas fait
disparaître les premières.
• Section I: les classifications traditionnelles.
• § 1 – Contrats synallagmatiques et unilatéraux
• Critère de distinction.
• Le contrat est synallagmatique « lorsque
les contractants s’obligent réciproquement les uns envers les
autres ». Il est unilatéral « lorsqu’une ou plusieurs personnes sont obligées
envers une ou plusieurs autres, sans que de la part de ces dernières il y ait
d’engagement »
En d’autres termes, le contrat est synallagmatique lorsqu’il fait naître des
obligations à la charge de chaque partie. L’exemple type
est le contrat de vente : le vendeur s’oblige à délivrer le bien
,l’acquéreur s’oblige à payer le prix. Le contrat est à l’inverse unilatéral
lorsqu’une seule des parties s’oblige. Ex. : la donation :seul le donateur
s’engage ; le donataire quant à lui ne s’oblige à rien.
• §2 – le contrat commutatif et aléatoire.
• Critère de distinction.
• Le contrat « est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à
donner ou à faire une chose qui est regardée comme l’équivalent de ce
qu’on lui donne, ou de ce qu’on fait pour elle. Lorsque l’équivalent
consiste dans la chance de gain
ou de perte pour chacune des parties, d’après un événement incertain,
le contrat est aléatoire »
• Autrement dit, le contrat est commutatif lorsque les parties connaissent
et fixent lors de la conclusion du contrat l’étendue de leurs obligations.
Ce sont les contrats les plus fréquents, même si l’équivalent n’est pas ici
une valeur absolue (ex. dans la vente l’acquéreur accepte de verser un
prix qu’il estime correspondre à la valeur de la chose qu’il reçoit).
• Le contrat aléatoire, plus rare, intervient lorsque les parties ne
peuvent savoir
par avance si leurs prestations réciproques seront ou non
équivalentes, parce qu’elles dépendent d’un événement
incertain. Il existe
donc un aléa. La conclusion d’un contrat aléatoire est en
quelque sorte un pari : chaque partie a une chance de gain et
un risque de perte . Exemples : contrat d’assurance (l’assureur
accepte de garantir un risque en contrepartie du versement de
primes par l’assuré ; mais les parties ne peuvent pas savoir si le
risque garanti se réalisera ou
non et, dans l’affirmative, quelle sera son étendue.
• Section II : les classifications modernes.
• §1- contrats à exécution instantanée et
successive.
• Le contrat a exécution instantanée est celui qui
donne naissance à des obligations qui s’exécutent
en un trait de temps. Tel est le cas de la vente par
exemple. Les contrats à exécution succesive sont
ceux dont l’exécution se poursuit dans le temps. Il
s’agit par exemple du bail, du contrat de travail…
• § 2 – Contrats à titre onéreux et à titre gratuit.
• Critère de distinction.
• « Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune
des parties à donner ou à faire quelque chose
». Le contrat à titre gratuit, que le Code civil appelle« contrat
de bienfaisance » est « celui dans lequel l’une des parties
procure à l’autre un avantage purement gratuit ».Le contrat
à titre onéreux suppose donc une contrepartie, tandis que
le contrat à titre gratuit n’en offre aucune ; c’est un acte
désintéressé

• § 2 – Contrats de gré à gré et d’adhésion
• Le contrat de gré à gré correspond au schéma envisagé par les
rédacteurs du Code civil : il résulte d’une négociation entre
deux parties libres et égales. Le contrat d’adhésion au contraire
est rédigé par une seule partie, la partie forte, et l’autre partie
se contente d’y adhérer en apposant sa signature. Il n’y a
aucune négociation : c’est
à prendre ou à laisser. Les contrats d’adhésion sont aujourd’hui
particulièrement fréquents (contrats de consommation, contra
ts d’assurance, contrats bancaires, de téléphonie, d’accès à
internet…)
• C’est précisément en raison des dangers que font courir les
contrats d’adhésion, rédigés par la partie économiquement forte,
que le droit
de la consommation s’est développé. Néanmoins, les notions de
contrat d’adhésion et de consommation ne se recoupent pas
nécessairement. Certes, les contrats de consommation sont à peu
près tous des contrats d’adhésion. Mais le contrat d’adhésion peut
aussi exister entre professionnels (par ex. entre un puissantproduc
teur et un distributeur, le 1
• er
• imposant ses conditions au
second sans possibilité de négociation).
• Chapitre 4 : la formation du contrat.
• Si la liberté de contracter confère au contrat une grande
souplesse en limitant le contrôle de l’autorité publique, il
est cependant nécessaire que certaines conditions
minimales soient réunies pour que l’accord des volontés
prenne place dans l’ordre juridique étatique. Le contrat a
un caractère obligatoire qui lui donne « force de loi ».

Ainsi quatre conditions essentielles sont nécessaires à la


validité du contrat : le consentement, la capacité, un objet
certain et une cause licite.
• En effet, l’article 2 du DOC énonce que « les éléments
nécessaires pour la validité des obligations qui dérivent d’une
déclaration de volonté sont :

-1° La capacité de s’obliger,

-2° Une déclaration valable de volonté portant sur les


éléments essentiels de l’obligation

-3° Un objet certain pouvant former objet d’obligation

–4° Une cause licite de s’obliger.


• Section 1 Le consentement :

En principe le contrat se forme par un simple échange des volontés, c’est la


rencontre simultanée d’une offre et d’une acceptation.
• L’offre doit indiquer la volonté de son auteur d’être lié en cas d’acceptation. Si
aucun délai n’a été fixé, elle peut être retirée tant qu’elle n’a pas été acceptée,
sous réserve de respecter un délai raisonnable dont la durée est souverainement
appréciée par les juges du fonds.

- L’acceptation doit être pure et simple. Si tel n’est pas le cas, elle sera qualifiée de
contre-proposition. Pour être valable, l’acceptation doit être expresse
• Le législateur exige dans de nombreux cas qu’un acte soit passé par écrit , à peine
de nullité du contrat. Dans ces hypothèses, l’écrit est requis non plus pour la
preuve mais pour la validité du contrat. (Ex. : contrat de vente d’un bien
immobilier
• Section 2 : La capacité juridique
• La capacité peut être définie comme l’aptitude
d’une personne à acquérir des droits et à les
exercer.
Il y a deux sortes de capacités : la capacité de
jouissance et la capacité d’exercice.
• Section 3 : L’objet
• L’objet peut être défini comme ce à quoi le débiteur est tenu envers le créancier
exemple : transférer la propriété d’un bien, verser un prix, effectuer un travail, s’abstenir
d’accomplir un acte.
Pour être valable :

➢ L’objet doit être licite. L’article 57 du DOC énonce que seuls « les choses, les faits et
les droits incorporels qui sont dans le commerce peuvent...former objet d’obligation.....
»
➢ La prestation doit être possible, la chose doit exister au jour de la conclusion du
contrat. Il est possible que l’objet du contrat soit une chose future, comme par exemple
les contrats de vente d’immeuble à construire.

➢ La chose doit être déterminée ou déterminable.

.
• S’il s’agit d’un corps certain sa détermination ne pose pas de
problème. En revanche s’il s’agit d’une chose de genre, il faut
que l’espèce soit déterminée que sa quotité soit au moins
déterminable. Le contrat peut être annulé pour
indétermination du prix. Sauf si les parties conviennent d’une
méthode de détermination du prix.

➢ Le prix doit être juste sous peine de voir le contrat rescindé


pour lésion.

Dans la plupart des cas l’objet de l’obligation consiste dans le


paiement d’une somme d’argent.
• Section 4 : La cause
• L’article 6 du DOC dispose « que toute
obligation est présumée avoir une cause
certaine et licite » et l’article 64 ajoute que »
lorsque la cause est exprimée, elle est
présumée vraie jusqu’à preuve du contraire. »
• Chapitre V : SANCTION DE L’INEXECUTION DU CONTRAT

• Il va de soi que Celui qui n’exécute pas les obligations mises à sa


charge par le contrat engage sa responsabilité contractuelle.
La mise en jeu de la responsabilité contractuelle du débiteur
suppose la réunion de trois conditions
: Une faute contractuelle
Un dommage
Un lien de causalité entre la faute et le dommage.
• La faute consiste dans une inexécution du contrat qui peut être
totale ou partielle.
Il appartient au créancier de rapporter la preuve de l’inexécution.
• Le dommage peut être matériel, moral ou corporel et il
doit répondre à un certain nombre de conditions pour
être réparable. :

- Il doit être certain : un dommage éventuel ne suffit pas.


- Il doit être direct, c’est-à-dire qu’il doit exister un lien
suffisant entre l’inexécution et le dommage.
- Il doit être prévisible, c’est-à-dire que le débiteur ne
doit réparer que le dommage qu’il pouvait prévoir lors
de la conclusion du contrat.
• Une fois constatée l’inexécution, le créancier doit mettre le débiteur
en demeure d’exécuter ses obligations. La mise en demeure se fait
soit par lettre recommandée, soit par acte d’huissier La mise en
demeure permet de constater officiellement le retard mis par le
débiteur pour honorer ses engagements. Sans cette mise en
demeure, le débiteur pourra invoquer , devant le juge, que
l’inexécution du contrat provient du retard dont il a cru bénéficier.
Aux termes de l’art.265 du DOC, « le débiteur est considéré être mis
en demeure par la seule échéance du terme fixé par le contrat. »
• L’inexécution du contrat expose le débiteur défaillant à
l’exécution forcée des prestations. En effet, aux termes de
l’article 259 du DOC, le créancier a le droit de contraindre
le débiteur à honorer ses engagements. L’exécution forcée
porte sur la personne même du débiteur ou sur ses biens.
(La législation marocaine prévoit la contrainte par corps)

Une fois le dommage prouvé et la mise en demeure


effectués, la réparation du dommage prendra le plus
souvent la forme d’une indemnité pécuniaire, quand la
réparation en nature n’est pas toujours possible.