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Regards croisés

2 - Travail, Emploi, Chômage

2 – 1 - Comment s'articulent marché du


travail et gestion de l'emploi ?

Thème 2112 - Les


rigidités exogènes ,
source de chômage
involontaire chez les
néo-classiques
Les indications du programme

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES :En


se limitant à une présentation graphique simple
et en insistant sur les déterminants de l'offre et
de la demande, on expliquera l'analyse néo-
classique du fonctionnement du marché du
travail.

Acquis de première : salaire, marché,


productivité, offre et demande, prix et quantité
d’équilibre,

NOTIONS : Taux de salaire réel, coût salarial


unitaire, salaire minimum,
Introduction
Depuis près d’un quart de siècle, la France connaît un chômage de masse qui la singularise en
Europe. Deux grandes catégories d’explications sont avancées pour expliquer la persistance de ce
phénomène :
- La première réside dans le manque de dynamisme de la croissance économique au cours de
ces vingt dernières années. Celui-ci expliquerait le faible nombre de créations nettes d’emplois en
France et un taux de chômage toujours proche de 10 % et qui n’est pas passé en dessous de 8 % depuis le
début des années 1980
- La seconde recense un certain nombre de déterminants du chômage liés davantage à un
dysfonctionnement du marché du travail, au cadre institutionnel et aux politiques sociales mises en
œuvre. Une littérature bien connue et trop abondante pour être citée ici liste ces déterminants . Parmi
eux, les plus souvent avancés sont : l’indemnisation du chômage, la législation sur la protection
de l’emploi, la réglementation des marchés de produits à caractère anticoncurrentiel, la fiscalité,
les salaires minimums ou encore le taux de syndicalisation.
Source : Éric Heyer, Mathieu Plane et Xavier Timbeau , Emploi : le marché du travail est-il trop rigide ?
,OFCE , 2012
Questions :
1. Quelles sont les deux grandes explications du fort taux de chômage français?
A - Les rigidités du coût du travail accroissent le
chômage
1– L’influence du salaire minimum sur le
chômage

Cliquer pour ouvrir l’animation


de T.Larribe
2- L’influence du coût du travail sur le
chômage
a- Salaire et coût du travail ne sont pas
synonymes

Coût total employeur (hors subventions)


Salaire Brut (salaire imposable)

Impôts sur
les salaires
Cotis. Cotisations
Salaire Net Sal. patronales

Salaire Direct (ce Salaire indirect (sommes payées


que « touche » le salarié) aux organismes de protection sociale et
versées aux salariés sous forme de
prestations)

Pour un exercice interactif, une présentation de


J.Dornbush: ici
Source : w3.univ-tlse1.fr/.../th%E9me%207%20politique%20de%20l'emploi%20et%20... -
a- Salaire et coût du travail ne sont pas
synonymes

oCoût du travail (employeur) = Salaire brut + cotisations sociales patronales –


aides à l’emploi versées par l’Etat

oSalaire brut (employé) = Salaire net + cotisations salariales

⇨Leniveau du salaire payé par l’employeur est donc différent du niveau de Salaire
perçu par le salarié (et ce à inflation constante) : Cette différence est le « coin
socio-fiscal ».

⇨ Le coût employeur > salaire net ( prélèvement fiscal)

⇨ Le coût employeur < salaire net (exonération, emploi aidé)


b – Les conséquences d’un coût du
travail élevé sur la demande de travail

Offre de travail
Coût du travail

Les cotisations sociales augmentent le coût


du travail
La demande de travail diminue donc. Elle
Salaire se déplace vers la gauche (les charges
d’équilibre renchérissent le coût du travail, la quantité
de travail demandée diminue) et vers le bas
Demande de travail 2

Demande de travail

Quantité
Nouvelle quantité Travail
d’équilibre
d’équilibre
c-Les conséquences d’un coût du travail élevé
sur l’offre de travail: une désincitation au travail

offre de travail 2 Offre de travail


Coût du travail

Les cotisations sociales réduisent


le salaire net car le salaire net est
inférieur au salaire brut .L'offre de
travail diminue. L'offre de travail
se déplace vers la gauche (les
Salaire prélèvements rendent moins
d’équilibre attractif le travail qui diminue en
quantité) et vers le haut (pour
continuer à offrir la même quantité
de travail, les salariés réclament un
salaire plus élevé pour compenser
les impôts).

Demande de travail

Quantité
Nouvelle quantité Travail
d’équilibre
d’équilibre
Les trappes à l’inactivité (ou à chômage)

Il y a trappe à l’inactivité lorsque la différence entre tous les revenus net associés à
l’activité et à l’inactivité est faible compte tenu de la désutilité marginale et /ou de la
valorisation du travail.
Revenus d’activité =
₊ salaire
₊ Revenus liés à l’activité (prestations Comité d’Entreprise…)
- coûts liés à l’activité (garde d’enfant, transport, habillement…)

Différence
Revenus d’inactivité =
+ Revenu de remplacement
+ revenus liés à l’inactivité (gains lié à la réalisation de travail domestique…)
₋ Impact du changement de situation sur les prestations sociales ( niveau des allocations sous
conditions de ressources ou de statut)
₋ coûts liés à l’inactivité (coûts de recherche d’emploi …)

Source : w3.univ-tlse1.fr/.../th%E9me%208%20politique%20de%20l'emploi%20et%20... -
Les trappes à l’inactivité (ou à chômage)

L’allocation chômage perturbe le calcul rationnel des individus (J.


Rueff). Elle constitue une rémunération du temps libre qui incite
les salariés à arbitrer en faveur du loisir plutôt que du travail :

 Elle incite donc les individus à «préférer» le chômage.

 Elle contribue aussi à accroître la désutilité marginale du


travail et à réduire l’utilité du salaire, ce qui rend plus difficile
les ajustement du marché (augmentation du salaire de
« réservation »).

 Chômage volontaire lié aux trappes


à l’inactivité
Conclusion

Offre de travail 2 Offre de travail


Coût du travail

La quantité d’équilibre
est alors plus faible et le
coût du travail plus élevé
Salaire
d’équilibre

Demande de travail 2

Demande de travail

Quantité
Nouvelle quantité Travail
d’équilibre
d’équilibre
B - La législation pour l’emploi (LPE)

Les économistes mettent souvent en avant les effets de facteurs réglementaires et juridiques pour expliquer
l’inertie du marché du travail. Ces mesures, désignées sous le vocable de législation de protection de
l’emploi, incluent pour l’essentiel des contraintes légales relatives aux procédures d’embauche et de
licenciement, les clauses spécifiques à certains contrats de travail, le montant et la durée des allocations-
chômage. Ces dispositions correspondent généralement à des coûts qui s’ajoutent à ceux engagés par
l’entreprise pour produire et peuvent ainsi peser sur sa demande de travail.
Dans la plupart des modèles théoriques du marché du travail, les mesures de protection de l’emploi
contraintes administratives et légales, indemnités et allocations versées à la suite de licenciements, etc.)
accroissent la durée moyenne du chômage et rendent le marché du travail moins réactif.
Source : Denis Fougère, réformes structurelles sur le marché du travail : quels enseignements peut-on tirer
des études existantes, in Notes d’études et de recherches , août 2006
Questions :
1. Distinguez les différentes formes de LPE