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Les ententes

anticoncurrentielles

Presenté par : Zineb Mouafik


Hind Mastari
Abdellah Benmerzouq

Endcadré par : Mr Allali

Année scolaire : 2017/2018


Plan :
Introduction

I- Généralité des ententes anticoncurrentielles

1. Notion de l’entente
2. Catégories de l’entente
II- Encadrement juridique de l’entente

3. Les effets de l’entente


4. Les sanctions de la pratique de l’entente anticoncurrentielles
III- L’exemption de l’entente

1- Justification par la loi

2- Justification par le progrès économique


Introduction
 "Le droit de propriété et la liberté d'entreprendre sont garantis",
c'est ainsi que la constitution consacre le principe de la libre
concurrence qui trouve son origine dans le principe de liberté de
commerce et de l'industrie. En effet, chacun a la liberté de se
livrer au commerce ou à l'industrie de son choix. Ainsi, ce principe
permet aux entreprises d'exercer leur activité dans un système de
compétition ouverte à chacun.
 Toutefois, ce principe se trouve restreint par un nombre de
pratiques utilisées par les entreprises afin de se réserver une
certaine part du marché. Généralement, ces pratiques s'expriment
par des procédés qui tendent à créer un monopole au profit de
certaines entreprises. En effet, la loi n° 104-12 sur la liberté des
prix et de la concurrence consacre son titre III et IV à ce genre de
pratiques. Le législateur marocain distingue, à cet égard :
                   - Les ententes illicites sont prohibées par l'article 6 de
la loi précitée; il s'agit d'un accord formel ou non entre entreprises
ayant pour objet ou pour effet d'entraver le libre jeu de la
concurrence. Et c'est cette pratique particulière qui fera l'objet de
notre étude.
Généralité des ententes
anticoncurrentielles
Notion

 L'entente anticoncurrentielle, pratique prohibée par l'article 6 de la


loi 104-12 , Pour qu'il y ait entente anticoncurrentielle, deux
conditions sont inéluctables. Il faut tout d'abord, une collusion, c'est
à dire une entente. Il faut ensuite, que cette collusion comporte une
incidence sur la concurrence, autrement dit entrave cette dernière,
ayant pour objet ou effet d'empêcher, de restreindre ou de fausser
le jeu de la concurrence. Toute entreprise exerçant une activité de
production, de distribution et de service est concernée par cette
interdiction. C'est ce qui ressort de l'article 6 de la loi 104-12. Le
pourquoi du comment de cette définition est de prédestiner les
éléments constitutifs de l'entente dénominant l'entente à savoir :

 Volonté de s'entendre

Atteinte à la concurrence

A. La volonté de s’entendre
La volonté de s’entendre peut se définir, selon les termes de la loi 104-12 de la manière la plus
large. Le législateur a ainsi parlé « d’actions concertées », « conventions », « ententes », «
coalitions », « expresses ou tacites », « sous quelque forme et pour quelque cause que
ce soit ».Il est cependant utile d’étudier séparément les cas où la preuve de l’entente est
directe (l’accord ou l’entente sont expresses) et les cas où la preuve de cette entente est
indirecte (l’entente est tacite)
La volonté d’entente expresse 
La loi 104-12 n’a pas détaillé ce point. Alors que la doctrine et la jurisprudence
(notamment communautaires) fournissent pléthore de précisions à ce sujet.Pour qu’il y ait entente
expresse, il faut que les entreprises aient exprimé leur volonté commune de se comporter sur le
marché d’une façon déterminée. Cette volonté doit être libre, donc exercée en dehors de
toute contrainte .Nous pouvons pousser l’analyse –tout en restant dans l’esprit de la loi (104-12) en
estimant que la notion de contrainte doit se limiter à celle qui a été déterminante dans la formation
du consentement.
L’entente tacite (pratiques concertées)
Il s’agit des formes de coordination entre entreprises qui sans avoir été poussées jusqu’à la réalisation
d’une convention proprement dite, substitue sciemment une coopération pratique entre elles au risque
de la concurrence. Si un parallélisme de comportement ne peut être à lui seul identifié à une pratique
concertée,  il est cependant susceptible d’en constituer un indice sérieux lorsqu’il aboutit à des
conditions de concurrence qui ne correspondent pas aux conditions normales du marché 

B.L’atteinte à la concurrence
Cette condition va sans dire. Comme pour les positions dominantes et les situations de
dépendance économique, ce qui est prohibé ici, ce ne sont pas les ententes mais l’usage abusif et
attentatoire à la concurrence qui résultent de ces ententes

 
Catégories d’ententes
 Le droit de concurrence sur les ententes distingue 2
types d’entente à savoir :
 L’entente verticale : les accords verticaux
concernent des entreprises opérant à un niveau
diffèrent par exemple entre producteurs , fournisseurs
ou distributeurs qui génèrent des effets
anticoncurrentiels
 L’entente horizontales : elles sont définies comme
étant des accords réalisés entre entreprises souvent
concurrentes situées à un même niveau de la chaîne
de production par exemple des producteurs de biens
similaires
Encadrement juridique de
l’entente
Les effets de l’entente
 Les ententes tendant à limiter l'accès au marché ou
le libre exercice de la concurrence par d'autres
entreprises :
Ces ententes sont essentiellement des ententes d'exclusion et
peuvent prendre de diverses formes. Elles peuvent d'abord prendre
la forme de pratiques concertées telles que le boycottage, l'exclusion
des entreprises d'organisation ou groupement professionnels,
l'application de conditions discriminatoires de vente ou de
subordination des ventes. Elles peuvent ensuite prendre la forme de
convention d'exclusivité de ventes ou d'achat. Elles peuvent enfin
prendre la forme d'engagement de non concurrence.
 Les ententes de prix/ Faire obstacle à la fixation des
prix par le libre jeu du marché en favorisant
artificiellement leur hausse ou leur baisse :
Les ententes visées sont en premier lieu les ententes horizontales
de prix, c'est-à-dire toutes les formes d'accords et de concertation
intervenues entre entreprises concurrentes et portant sur leurs prix
et leurs conditions de vente tel que le rabais, escomptes et remises
diverses, ou sur les éléments de leur fixation tel que les marges et
les coûts de revient. Les pratiques concertées qui, sans porter
directement sur les prix de vente, ont pour objet ou peuvent avoir
pour effet de favoriser artificiellement la hausse des prix, sont
susceptibles de constituer des ententes de prix prohibées.
 Les ententes tendant à limiter ou contrôler la production,
les débouchés, les investissements ou le progrès
techniques/ Limiter ou contrôler la production, les
débouchés, les investissements ou le progrès technique :

Les ententes de limitation ou de contrôle des débouchées sont des accords


par lesquels des entreprises concurrentes décident de renoncer à leur liberté
commerciale et de se concerter sur le montant de leurs ventes ou d'autres
recettes comme les recettes publicitaire. Ces ententes peuvent se traduire
par exemple par l'instauration de quotas de vente, d'un système de contrôle
des importations et par la constitution de structures communes de vente

 Les ententes tendant à répartir les marchés ou les sources


d'approvisionnement :

Ces ententes concernent tout particulièrement les accords de partage


géographique du marché, les accords de répartition des clientèles et les
ententes de soumission. Ces dernières réunissent des entreprises qui
désirent répondre aux appels d'offres, notamment dans le cadre des marchés
publics, avec la volonté de se soustraire au jeu normal de la concurrence. Ces
entreprises s'entendent sur la répartition des différents marchés en désignant
d'avance l'entreprise qui proposera la meilleure offre
Les sanctions de la
pratique des ententes
anticoncurrentielles
Les sanctions civiles

La loi sur la liberté des prix et de la concurrence donne


l'impression qu'elle privilégie les sanctions pénales et
administratives en les spécifiant par des dispositions
précises et en les appliquant dans un grand nombre de
situations. En réalité, malgré cette apparence, ladite loi ne
diminue en rien l'importance des sanctions civiles qui
demeurent applicable à chaque fois que leurs fondements
légaux ou contractuels le permettent. Les fondements
légaux de ces sanctions se trouvent dans les dispositions
générales du D.O.C.
Sanctions pénales :
La loi sur la liberté de la concurrence prévoit directement
et expressément un nombre important de sanctions
pénales : l'emprisonnement des personnes physiques,
l'amende, la confiscation, la fermeture temporaire
d'établissement, l'interdiction temporaire d'exercer une
profession ou une activité déterminée ou toute activité
commerciale avec l'interdiction d'être employé à quelque
titre que ce soit dans l'établissement exploité même
vendu ou donné en location gérance ou à bail, et la
publication des jugements, pour les personnes physiques
et les personnes morales même de droit public. La loi
n'hésite pas à augmenter les menaces en permettant
l'application d'autres sanctions prévues par le code pénal.
L’exemption de l’entente
L'exemption est un mécanisme immunitaire. Elle institue une
dérogation à la règle prohibitive. Le droits marocain prévoient
une double justification des ententes anticoncurrentielles:
justification par l'existence d'un texte législatif et
réglementaire, justification par le progrès économique.
 A - justification par la loi.
Elle est prévue au premier article alinéa 1 de l'article 9 de la
loi 104-12, aux termes duquel : «  ne sont pas soumises aux
dispositions des articles 6 les pratiques : qui résultent de
l'application d'un texte législatif ou d'un texte réglementaire.

La justification ne peut résulter que d'une loi ou d'un décret ou


d'un arrêté ministériel.
 B- justification par le progrès économique
 Aux termes de l'article 9, al2, les ententes ne sont pas prohibées : lorsque : « ... les auteurs
peuvent justifier quelles ont pour effet de contribuer au progrès économique et que ses
contributions sont suffisantes pour compenser les restrictions de la concurrence et qu'elles
réservent aux utilisateurs une partie équitable du profit qui en résulte, sans donner aux
entreprises intéressées la possibilité d'éliminer la concurrence pour une partie substantielle
des produits et services en cause. Ces pratiques ne doivent imposer des restrictions à la
concurrence que dans la mesure où elles sont indispensables pour atteindre cet objectif de
progrès ».Quatre conditions doivent être réunies pour que joue l'exemption par le progrès
économique :
 Condition 1est l'assurance d'un progrès économique
 Condition 2, une partie équitable du profit résultant du progrès économique doit être
réservé aux utilisateurs.
 Condition 3, l'entente ne doit pas donner aux entreprises intéressées la possibilité
d'éliminer la concurrence.
 Condition 4 consiste dans le respect du principe de proportionnalité. La restriction de
concurrence ne doit pas aller au-delà de ce que peut tolérer l'objectif du progrès
économique. Aussi la dérogation de l'article 9 al2 doit-elle puiser sa justification dans le
progrès économique qui est la conséquence directe et nécessaire de la restriction de la
concurrence. Le progrès ne doit pas pouvoir être atteint par d'autres moyens.
 La contribution au progrès économique peut être vérifiée et affirmée par les pouvoir publics
pour certaines catégories d'accords. Le premier ministre, après avis du conseil de la
concurrence, peut justifier certains accords qui, en rinciez tomberaient sous le coup de
l'interdiction des ententes, dés lors que ces accords « ... ont pour objet d'améliorer la
gestion des petites ou moyennes entreprises ou la commercialisation par agriculteurs de
leurs produits.. » (Article9. AL3).
Merci pour votre
attention ! ! ! ! !