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Master: Audit et Gouvernance du Développement Humain

Le conseil de sécurité
Travail préparé et exposé par:

Mr Abdelali MIFDAL
et
Mr Mohammed Amine ELMANOUNI

Encadré par :Mme Rokia BELALAMI

Année universitaire:2008/2009
Le plan
• Introduction
• 1ère partie : organisation et fonctionnement du conseil de
sécurité
• A/composition
• B/fonctionnement
• C/structure
• D/droit de veto
• 2ème partie : la réforme du conseil de sécurité est une
nécessité pour la bonne gouvernance mondiale
• A/problèmes concernant les membres
• B/problèmes concernant les résolutions
• C/réforme de la composition
• D/reforme du droit de veto et du régime de sanctions
Conclusion
introduction
Le Conseil de sécurité des Nations unies est l'organe
exécutif de l’Organisation des nations Unies (ONU).
Il a « la responsabilité principale du maintien de la
paix et de la sécurité internationale » selon la charte
des Nations Unies , et dispose pour cela de pouvoirs
spécifiques tels que le maintien de la paix,
l'établissement de sanctions internationales et
l'intervention militaire. Certaines décisions appelées
résolutions du Conseil de sécurité ont force exécutoire
et « les Membres de l'Organisation conviennent
d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil de
sécurité ».Le conseil de sécurité se réunit au siège
des Nations unies à New York.
En référence à l'article V de la Charte, le Conseil
de sécurité est composé de quinze membres,
dont cinq permanents (États-Unis, Royaume-
Uni, France, Russie, Chine) pourvus du droit
du veto et dix élus pour une durée de deux ans
(renouvelés par moitié tous les ans).
La première session du Conseil de sécurité s'est
tenue le17 janvier 1946, dans le bâtiment
Church house, à Londres.
Il fut dès l'origine, composé de cinq membres
permanents, les États Unies d’Amérique,
l'Union soviétique, le Royaume-Uni, la France
et la République de Chine, à la fois,
parce que ce sont les principaux vainqueurs de la
Seconde Guerre mondiale, et parce que
représentant à ce moment-là la majorité de la
population mondiale (en comptant les empires
coloniaux), chacun à peu près à égalité.
Lors de l'adoption de la charte, étaient aussi
prévus six membres non permanents, nombre
porté à dix par un amendement adopté le 17
décembre 1963. La résolution de cet
amendement fixa aussi, dans son article 3, le
nombre de représentants par zone
géographique.
Avant, de parler de ce conseil, il nous convient de
poser les problématiques suivantes:
Quelle est sa composition? Comment il est
structuré?comment il fonctionne? Est-ce qu’il
connaît des problèmes?si oui, quelles
recommandations peut-on donner pour
remédier à ses dysfonctionnements?
PREMIÈRE PARTIE :
ORGANISATION ET
FONCTIONNEMENT DU
CONSEIL DE SECURITE
A/Composition :

En plus des 5 membres permanents, le conseil


est composé de 10 membres non permanents.
La résolution 1991 de l'Assemblée générale
des Nations unies (votée le 17 décembre 1963)
a fixé leur répartition de la manière suivante :
• Cinq États membres d'Afrique et d'Asie (en
général, trois d'Afrique et deux d'Asie) .
• Un État membre d'Europe orientale .
• Deux États membres d'Amérique latine .
• Deux États membres du groupe des États
d’Europe occidentale et autres États.
• Les membres non permanents ont un mandat
de deux ans ; chaque année ils sont renouvelés
par moitié par un vote à la majorité des deux
tiers de l'Assemblée générale.
Les membres non permanents actuels :
Les cinq membres non permanents élus pour la
période du 1er janvier 2008 au 31 décembre
2009 sont:
Burkina Faso+Costa Rica+Croatie+Libye+
Viêt Nam.
Les cinq membres non permanents élus pour la
période du 1er janvier 2009 au 31 décembre
2010 sont :
Turquie+Japon+Ouganda+Autriche+Mexique
B/Le fonctionnement :

 La présidence:
La présidence du Conseil de sécurité est assurée
pendant un mois par chaque membre selon le
principe de la présidence tournante, selon
l'ordre alphabétique anglais du nom de pays.
Le secrétaire général des Nations unies assiste à
toutes les séances du Conseil et peut y
intervenir, mais ne vote pas.
Selon le règlement intérieur du Conseil, la
présidence du Conseil de sécurité est tournante
et mensuelle. Elle est assurée à tour de rôle par
chacun des membres du Conseil, dans l'ordre
alphabétique anglais des noms des pays. Le
président du Conseil représente celui-ci en tant
qu'organe des Nations unies.
 La réunion
C'est le président du Conseil qui réunit le Conseil.
Il peut le faire à la demande de tout membre du
Conseil de sécurité ou lorsqu'un différend ou
une situation est soumis à son attention.
L'Assemblée générale des Nations unies peut
également renvoyer des questions devant le
Conseil de sécurité. Le Secrétaire général peut
lui aussi attirer l'attention du Conseil de sécurité
sur une affaire.
Le Secrétaire général assiste aux réunions. Il
établit l'ordre du jour provisoire de chaque
séance qui doit être approuvé par le président
du Conseil. L'ordre du jour est ensuite adopté
par le Conseil. Tout point de l'ordre du jour qui
ne sera pas abordé en séance sera reporté sur
l'ordre du jour de la séance suivante.
Généralement, le Conseil de sécurité se réunit à
New York, au siège de l'Organisation des
Nations unies. Un membre du Conseil ou le
Secrétaire général peut proposer que le Conseil
de sécurité se réunisse dans un autre lieu
(article 28.3 de la Charte des Nations unies).
• Il se trouve que la première réunion du Conseil
se tint à Londres, le 17 janvier 1946, dans le
bâtiment Church House. En 1972, le Conseil a
tenu une session à Addis-Abeba et en 1973 à
Panama.
• Les séances du Conseil de sécurité sont
publiques, sauf décision contraire du Conseil.
Le procès-verbal de chaque séance est signé
par le président du Conseil et publié ainsi que
les documents annexes. Pour une séance
privée, le Conseil de sécurité fait publier un
communiqué par les soins du Secrétaire
général.
Selon la Charte des Nations unies (article 31 et
32), tout membre de l'Organisation qui n'est pas
membre du Conseil de sécurité peut participer,
sans droit de vote, à la discussion de toute
question ou différend soumis au Conseil de
sécurité, chaque fois que celui-ci estime que les
intérêts de ce membre sont particulièrement
affectés ou quand ce membre (voire un État
non membre de l'ONU) est partie à un différend
examiné par le Conseil de sécurité.
C) La structure
1) Organes subsidiaires :
 Commission de consolidation de la paix des Nations
Unies.
 Comités des sanctions
 Comité contre le terrorisme
 Comité 1540
 Conseil des droits de l’homme de l’ONU
 Fonds d’indemnisation des Nations Unies
 Force de maintien de la paix des Nations Unies
 Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie
 Tribunal pénal international pour le Rwanda
 Commission de contrôle,de vérification et
d’inspection des Nations Unies
2) Comités permanents et comités
spéciaux:
 Comités permanents:
A présent, trois comités permanents existent, et
chacun des trois inclut des représentants de
tous les membres du Conseil de sécurité.
• Comité d'experts chargé du règlement intérieur
(étudie et conseille au sujet du règlement
intérieur et autres considérations techniques)
• Comité d'admission de nouveaux membres
• Comité du Conseil de Sécurité pour les
réunions hors Siège du Conseil
 Comités spéciaux :
Ces comités sont établis selon les besoins. Ils
sont composés de tous les membres du
Conseil de sécurité et se réunissent en séance
privée,on trouve par exemple:
 Le groupe de travail informel du conseil de
sécurité sur la documentation et les autres
questions de procédure:
Ce groupe a été créé en juin 1993 afin
d'améliorer et de rationaliser la manière dont le
Conseil aborde les questions relatives à sa
documentation et aux autres questions de
procédure. Il se réunit sur décision des
membres du Conseil.
D/DROIT DE VETO
Toute décision du Conseil de sécurité doit être
promulguée par un texte voté selon un quorum
précis ; on nomme ces textes votés des
résolutions. Chaque membre du Conseil de
sécurité dispose d'une voix.
Il y a deux types de résolutions, celles portant sur
des «questions de procédure», et autres
portant sur toutes autres questions.
• « Les décisions sur des questions de
procédure sont prises par un vote affirmatif de
neuf membres » (article 27, alinéa 2);
• « Les décisions du Conseil de sécurité sur
toutes autres questions sont prises par un vote
affirmatif de neuf de ses membres dans lequel
sont comprises les voix de tous les membres
permanents, étant entendu qu' une partie à un
différend s'abstient de voter » (article 2).
La condition du deuxième cas sur le « vote
affirmatif de tous les membres permanents »
c’est ce qu'on nomme abusivement le «droit de
veto».
Le droit de veto au Conseil de sécurité des
Nations unies est un droit accordé uniquement
aux cinq membres permanents du Conseil qui
leur permet de bloquer toute résolution ou
décision, quelle que soit l'opinion majoritaire au
Conseil. Les cinq membres permanents
exercent ce droit quand ils votent négativement.
Une abstention ou une absence n'est pas
considérée comme un veto.
Pour les votes concernant les questions de
procédure, le droit de veto ne peut pas être
exercé.
deuxième partie :

La réforme du conseil de
sécurité est une nécessité
pour la bonne gouvernance
mondiale
A/problèmes Concernant les
membres du conseil
Membres permanents
 Non représentativité:
La vague de décolonisations , de la fin des
années 1940 au milieu des années 1960,
la progression démographique de l'Asie,
de l'Afrique et de l'Amérique latine,
la stagnation parallèle de l’Union soviétique et
son éclatement, la stagnation de la France et
du Royaume-Uni, font qu'aujourd'hui, même
avec les 1,3 milliards de Chinois, ces membres
permanents ne représentent en 2006 que 30%
de la population mondiale, dont 20% pour la
seule Chine, contre plus de 50% en 1945, dont
moins de 15% pour la Chine.
Cette situation explique pourquoi une large partie
des États membres, depuis les années 1970
surtout, conteste, sinon l'existence même des
membres permanents, du moins le choix de
ceux actuels ou le nombre de membres
permanents, voire de non permanents.
C'est ainsi que des pays comme l'Afrique du Sud,
l'Allemagne, le Brésil, l'Égypte, l'Inde,
l'Indonésie, le Japon, le Nigeria ou l'Italie
souhaitent devenir membres permanents
 Veto

Une autre source de problème est la clause sur le


« vote affirmatif de tous les membres
permanents », qui empêche régulièrement
l'adoption de résolutions répondant pourtant
aux critères exposés dans les chapitres VI et
VII, parce qu'un ou plusieurs membres
permanents désirent, pour des raisons
diverses, que les questions posées ne soient
pas réglées au niveau du Conseil de sécurité,
notamment quand ces résolutions proposent
des mécanismes coercitifs ou des interventions
directes de forces sous mandat de l'ONU.
On a vu cela en 2006 avec l’attaque du Liban par
Israël, le non respect de ses engagements en
matière nucléaire de l’Iran , et l'essai d'une
bombe nucléaire par la Corée du Nord : dans
chacun de ces cas l'un des membres
permanents a bloqué l'adoption d'une résolution
coercitive, y compris (cas de l'Iran).
Membres non permanents

 Non représentativité
La question de la représentativité des membres
non permanents et de leur nombre est
récurrente depuis les années 1960.
L'amendement à la Charte de décembre 1963
visait précisément à corriger cela,en faisant
passer leur nombre de six à dix et en fixant des
quotas par zones. Mais depuis, la bascule
démographique et les changements
géopolitiques font que certaines régions sont
sous-représentées.
Le groupe «Asie-Afrique», par exemple,
représente 65% de la population, hors
membres permanents, pour 50% des sièges,
alors que l'Amérique latine représente 10% de
la population et 20% des membres.
Plusieurs propositions ont été faites ces trois
dernières décennies, dont certaines sont
exposées ci-après.
 Blocage des élections

Autre problème récurrent, la concurrence pour les


sièges non permanents qui entraîne
quelquefois de sévères blocages. On a le cas
notable, en1979, des 155 tours de scrutin qui
ne parvinrent pas à départager Cuba, soutenue
par le Bloc de l’Est et la Colombie soutenue par
l'Occident. C'est finalement le Mexique, plus
"neutre", qui fut élu.
B/Concernant les résolutions
 Adoption

 Résolutions inadaptées

Le principal problème est lié à la situation des membres


permanents. Le fait qu'un seul peut empêcher
l'adoption d'une résolution, même dans le cas ou les
14 autres membres y sont favorables, induit trois
phénomènes qui entravent le bon fonctionnement du
Conseil de sécurité :
1/Le blocage complet d'une résolution (veto), qui
a été très important durant les premières
décennies de l'ONU.
2/Les négociations infinies qui retardent
l'adoption d'une résolution, aboutissent
régulièrement à des textes beaucoup moins
contraignants que ne le requerrait la situation et
arrivent souvent après le plus grave de la crise
discutée (on en a eu l'exemple avec le Rwanda
en 1994, et on l'a de nouveau avec le Darfour).
3/Les résolutions comminatoires avec date butoir,
qui ne sont pas suivies d'une résolution
exécutoire après cette date, ou au moins pas
selon les modalités prévues par la précédente
résolution.
 Résolutions non appliquées ou dépassées

Toujours lié au statut des membres permanents,


mais aussi au manque de volonté, tant de
l'ensemble (ou d'une majorité) des membres du
Conseil de sécurité que de l'Assemblée
générale, il arrive très souvent que des
résolutions restent pendantes sur une durée
importante, parfois au-delà d'un point où elles
deviennent inexécutables.
Le cas le plus significatif est celui de la «crise du
Moyen-Orient», terme qui désigne
habituellement les divers conflits inter- ou intra-
étatiques (et les situations liées) concernant les
pays voisins d'Israël, que ce soit avec ce pays
ou entre eux:ISraël même, l’Égypte, le Liban,
la Syrie, la partie palestinienne de l'ancienne
Palestine mandataire et, moindrement, la
Jordanie et l’Irak. C'est le sujet qui a donné lieu,
depuis 1948, au plus grand nombre de
résolutions : 255 sur 1718 (au 18 octobre
2006), soit environ 1 sur 7, et une moyenne de
4 par an.
• La résolution 1685 du 13 juin 2006 « Demande
aux parties concernées d’appliquer
immédiatement sa résolution 338 (1973) du 22
octobre 1973 ». Entre Temps, plus de 100
résolutions sont passées, dont au moins trois
demandant la même chose.
Cas inverse : en 1975 et 1976, plusieurs
résolutions ont soulevé la question du Timor-
oriental; dans la dernière, en date du 22 avril
1976, « Le Conseil de sécurité demande au
gouvernement indonésien de retirer sans plus
tarder toutes ses forces du territoire » et se
conclut par ces mots : « Le Conseil de sécurité
décide de demeurer saisi de la question ».
• La résolution suivante sur la question est
votée… le 7 mai 1999. Entre Temps, l'Indonésie
avait annexé de fait le Timor-oriental et en avait
fait sa 27ème province.

Exécution

Outre le fait que certaines résolutions


comminatoires ne donnent pas suite à une
résolution exécutoire, de nombreuses
résolutions de cet ordre sont en fait
inexécutées, ou incomplètement exécutées,
parce que les États membres refusent de prêter
des moyens humains, matériels et financiers
suffisants pour leur exécution, ou parce que la
situation a été mal évaluée et que la mission
entreprise est interrompue avant que les
objectifs soient réalisés.
Le cas emblématique de ces deux situations est
celui de la crise somalienne de 1991 (qui est
encore en cours). En mai 1992 une mission
d'interposition est envoyée, mais avec des
moyens humains et matériels très en dessous
de ce que nécessaire dans un cas comme
celui-ci,
une guerre civile généralisée opposant au moins
cinq factions et touchant l'ensemble du
territoire: moins de 1 000 hommes et un appui
logistique presque inexistant.
En décembre, sous la pression des États-Unis, le
Conseil de sécurité décide de mettre en place
une mission plus adaptée, avec le déploiement
à terme de quelques 40 000 hommes et d'un
soutien logistique ad hoc.
Quelques mois plus tard, la nouvelle
administration des États-Unis en place depuis
janvier 1993 décide de réduire
considérablement son appui et retire une
grande partie de ses troupes, qui formaient
l'essentiel de la mission, et de ses moyens, et
en mai 1993, la réussite initiale de la mission
devient l'instrument de son échec: les factions
tournent à leur profit l'amélioration des
infrastructures réalisée par les troupes de
l'ONU, et commencent même à attaquer celles
encore sur place.
Les États-Unis changent alors de nouveau de
tactique et décident de redéployer des troupes,
mais cette fois en dehors de la responsabilité
de l'ONU, pour «faire la guerre aux factions»,
ce qui a pour résultat de:
 détruire les infrastructures reconstruites.
 toucher en priorité les civils somaliens.
 réinstaller la famine dans les zones les moins
accessibles.
La mission continuera jusqu'en mars 1995, sans
résultat autre que d'avoir permis, pendant ce
«répit», le réarmement des factions, et après
son départ la guerre civile reprendra au point
où elle en était trois ans auparavant.
Cela illustre une des grandes faiblesses de
l'ONU: elle ne dispose pas d'un corps
d'intervention et d'un état-major autonomes, ce
qui était pourtant prévu dans la Charte de 1945
(articles 45 à 47).
C/La réforme de la composition

Un groupe de travail créé en1993, a proposé en


1996 d’ajouter cinq membres permanents, dont
l’Allemagne et le Japon, et trois du Tiers-
monde, ainsi que quatre nouveaux sièges de
membres non-permanents, dans le but
d’accroître la représentativité du Conseil ; le
président français Jacques Chirac s’y était
déclaré favorable dans Le Monde du 22
septembre 1996.
En1997, les États-Unis proposèrent cinq
nouveaux sièges permanents avec un système
de rotation, mais refusent que le Conseil
dépasse vingt membres, pour rester efficace.
Les moyennes puissances (Italie, Pakistan, ...)
proposent d’augmenter le nombre de membres
non-permanents.Il semblerait que l'on se dirige
plutôt vers l'ajout de six nouveaux membres
permanents :
Japon, Inde, Allemagne, Brésil et deux pays
africains qui pourraient être l'Afrique du Sud
(pays le plus prospère) et l'Égypte (qui
représenterait également les pays musulmans
et le monde arabe) On se retrouverait ainsi
avec 21 membres dont 11 permanents
représentant l'ensemble des continents et des
religions.
Mais ce principe, soutenu en particulier par Kofi
Annan se heurte à des réticences pakistanaises
(contre l'Inde), italiennes (l'Italie ne veut pas
être le seul grand pays de l'Union européenne
à ne pas disposer d'un siège permanent),
chinoises et coréennes (contre le Japon),
mexicaines et argentines (contre le Brésil) ou
les pays africains francophones (contre le
Nigeria qui espère bien obtenir un siège
permanent).
D/La réforme du droit de veto
et du régime des sanctions

1/Le droit de veto

L’ancien ministre français de la défense Paul


Quilès proposait en 2000 de restreindre le veto
aux questions de recours à la force, et d’obliger
à motiver sa mise en œuvre pour remédier à
l’immobilisme.
2/Le régime des sanctions économiques

Celles-ci sont limitées dans le temps depuis


2000 ; on est passé ainsi d’une logique punitive
à une logique incitative. Des obstacles
importants demeurent pour une réforme en
profondeur du Conseil de sécurité. La
procédure de révision de la charte est en effet
très contraignante : elle est prévue par l'article
109 de la Charte.
Un vote à la majorité des deux tiers de
l’Assemblée générale des Nations Unies est
nécessaire afin de réunir une Conférence
générale des membres des Nations Unies. La
conférence recommande des modifications de
la Charte qui entreront en vigueur lorsque 2/3
des États membres les auront ratifiées,
conformément à leur droit interne, les cinq
membres permanents compris.
Conclusion

La fin de la guerre froide a indéniablement donné


au conseil de sécurité une place et un rôle que
l’affrontement Est-Ouest ne lui avait pas permis
de jouer que l’avaient voulu les fondateurs des
Nations Unies.
La multiplication des affaires dont il traite et des
opérations de paix qu’il a mandatées depuis
plus de dix ans en témoigne aisément, peut-
on dire pour autant qu’il s’acquitte
convenablement de « la responsabilité
principale du maintien de la paix et de la
sécurité internationales » que lui confie la
charte des nations Unies ?
Les esprits les plus critiques estiment que le
Conseil de sécurité de l’après-guerre froide
demeure un instrument aux mains de ses
membres permanents et surtout de l’un d’eux,
les États Unis, devenus seule superpuissance.
Certes,le conseil de sécurité n’est est pas cette
institution,seulement investie du sens du
l’intérêt général, qui déciderait,du haut de son
Olympe ,quel est le bien et le mal , et veillerait
partout avec une même et constante vigueur,à
repousser le spectre de la guerre et ramener la
paix sur terre.
Le conseil de sécurité est aussi le lieu où se
confrontent et tentent de s’harmoniser des
conceptions et des intérêts divergents, comme
l’a reconnu un jour le représentant d’un
membre non permanent, « les décisions du
conseil sont le résultat d’un mélange de
principes et de considérations de
géopolitique ».
Les pères fondateurs avaient d’ailleurs introduit
une dose de Realpolitik.
En conférant le droit de veto aux cinq membres
permanents,ils avaient reconnu que , pour avoir
quelque chance de peser sur le cours des
choses , le conseil de sécurité ne pouvait rien
faire qui suscite l’objection d’une des grandes
puissances reconnues à l’époque , le fait est
que les membres permanents ont une influence
décisive sur l’ordre du jour du conseil et sur la
façon dont celui-ci en traite.
Le conseil de sécurité n’est en outre pas un
organe omniprésent et omnipotent, avoir « la
responsabilité principale du maintien de la paix
et la sécurité internationales » ne signifie pas
qu’il en a la charge exclusive , son degré
d’intervention dans les crises et conflits dépend
les stratégies de grandes puissances -qui
peuvent souhaiter utiliser le conseil de sécurité
comme vecteur de leur influence ou au
contraire limiter son action de la détermination
et de la capacité des organisations régionales à
assumer elles-mêmes la gestion de crise,de
l’attitude des États concernés eux-mêmes.
A cette aune, le monde ressemble à une peau de
léopard ou sont juxtaposées des zones dans
lesquelles le conseil de sécurité est très présent
et actif et d’autres où il est en retrait.
Bibliographie
 « Le pouvoir normatif du conseil de sécurité des
nations unies:portée et limites »
Catherine Denis(2004)
 « Le conseil de sécurité à l’aube du XXI ème
siècle:Quelle volonté et quelle capacité a-t-il de
maintenir la paix et la sécurité internationales » Pascal
Teixeira (2002)
 « La réforme du conseil de sécurité:l’état de débat
depuis la fin de la guerre froide »
Olivier Fleurence (2000)
 « L’ONU » Maurice Bertrand(2006)
Webographie
www.un.org
www.unidir.org
www.lemonde.fr
www.wikipédia.org
www.franceonu.org
www.lefigaro.fr