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N’Djamena , le 16 janvier 2015

Présenté par le Directeur Général du CNREX-BTP du Mali,


Cheick Oumar DIALLO
La présente communication se situe dans le cadre de la
6e réunion du Groupe Régional Afrique Francophone
AGEPAR/AIPCR <<Réseaux des Routes Rurales et
Accessibilité des Zones Rurales>> à N’Djamena au
Tchad.
Elle est une tentative de réflexion sur la question que se
pose le monde des travaux publics et d’autres pays
membres de l’AGEPAR sur la problématique de la mise
en œuvre des matériaux de qualité médiocre en
construction dans les pays membres et permettre un
échange sur la question que nous prétendons pas épuisée
au cour de cette seule communication mais lancer le
débat sur la question.
 Dans les zones 1 et 4, il y’a souvent des problèmes de
disponibilité de certains matériaux de construction
notamment routière avec les caractéristiques
recherchées aux endroits souhaités. Il y’a les idées
reçues qui ont tendance a systématiquement rejeter les
matériaux soient disant impropres sur la base de
classification. Cette attitude des professionnels de la
route dans les zones où ne s’étaient que rarement poser
la question de disponibilité des matériaux dits nobles
en construction routière.
La nature des sollicitations et la cadence d’application
des charges ont poussé à imaginer d’autres types de
dimensionnement des chaussées sur la base de modèles
qui font appel à des méthodes de calculs plus élaborées
et plus proche de la réalité des comportements des
différentes couches .
Contexte
Aujourd’hui, le contexte socio politique fait que
l’accession aux ressources communes comme les gites de
matériaux est confrontée à des revendications de
propriété et modes de gestion et de partage des
ressources entre les états et les collectivités dans le cadre
de la décentralisation et de la régionalisation.
L’épuisement réel de certains matériaux commence à
poser la question fondamentale de l’utilisation des
matériaux sur place.
Quel que soit la nature ou la qualité des matériaux à
utiliser en travaux routiers il est indispensable de :
• Connaitre le matériau
- Identification
- Classification, etc .
• Comment dimensionner en fonction de la position du
matériau dans la couche de chaussée
- Classe de sol support (plate-forme)
- Charge à l’essieu
- Classe de Trafic
• Comment faire la mise en œuvre
- Granulométrie
- Limites d’Atterberg
• Comment faire la mise en œuvre
- Granulométrie
- Limites d’Atterberg
- CBR
- Los Angelès (LA)
- Micro deval en presence d’eau (MDE)
- VBE (Valeur de Bleu au Methylène)
- Gonflement
- Teneur en matière organique
- Etc ;
 La plate-forme
 En générale on entend par plate-forme la couche
des 30 cm supérieur des terrassements. Il est
indispensable de disposer d’une bonne assise pour
que le corps de chaussées soit mis en place dans les
conditions satisfaisantes et pour qu’il conserve,
dans le temps une indéformabilité suffisante
 La recommandation ‘’ Il faut investir au niveau de
la plate-forme’’ est fondamentale.
 La solution pourra dépendre des ressources locales
en matériaux et de la comparaison des couts
effectués entre une structure de chaussée épaisse,
la substitution du sol en place par une couche de
forme ou le traitement in situ de la plateforme. Les
sols à éliminer ou à traiter outre un CBR très faible,
les caractéristiques géotechniques suivantes :
- IP > 40
- LL > 70
- Gonflement linéaire dans le moule CBR > 2%
- Teneur en matière organique > 3%
 Le traitement à la chaux vive permettra d’obtenir
un abaissement de la teneur en eau naturelle et de
l’IP.
 La couche de forme
 Le matériau de substitution ou d’apport à mettre en
couche de forme pour pallier l’insuffisance du sol
support naturel et éventuellement permettre la
circulation de chantier devra être sélectionner et, en
tout état de cause, avoir un CBR > 5 . Un CBR >= 10
pourra être exigé pour les chantiers important sur
lesquels circulent de très gros engins. La couche de
forme est indispensable sur les sols pour lesquels il est
indispensable d’atteindre les 95% de la densité OPM.
La nouvelle classe de plate-forme améliorée à prendre
en compte pour le dimensionnement de la chaussée
sera déterminée d’après la qualité et l’épaisseur du
matériau de substitution placé en couche de forme.
.

Nouvelle classe de plate-forme Qualité du matériau Epaisseur minimale


S1 S2 45 cm
S2 S3 35 cm
S2 S4 30 cm
S3 S3 45 cm
S3 S4 35 cm
S4 S4 50 cm
 Couche de fondation
 Quel que soit la structure dans laquelle ils sont inclus
, les matériaux pour couche de fondation doivent
avoir un CBR au moins égal à 30 obtenu pour une
densité de sèche correspondant à 95% de l’OPM. Pour
les faibles trafics on sera moins exigeant en admettant
25 pour T1 et sévère pour T4 et T5 (on exigera 35). La
dimension maximale des éléments n’excèdera pas 60
mm.
 De nombreux sols peuvent être utilisés. On évitera
cependant :
- Ceux dont la granulométrie maximale est
supérieure à 150 mm
- Ceux dont le pourcentage de fines est supérieure à
35 ou 45 % et l’IP > à 20 ou 30
- Pourront être traité les sols fins dont l’IP est < à
25 et les sols grenus pourvu que ceux-ci ne
contiennent pas d’éléments supérieurs à 80 ou 100
mm.
- LL > 70
- Gonflement linéaire dans le moule CBR > 2%
- Teneur en matière organique > 3%
- Grave latéritique naturelle
 La qualité des matériaux (granulométrie et fuseau) , la
tolérance de pourcentage de fines et l’indice de
plasticité varient selon l’importance du trafic. La
densité sèche minimale requise sera de 1,8 à 2
tonnes/m3. Des valeurs indicatives de déflexion
admissibles sur la couche de fondation sous essieu de
13 tonnes(exprimées en Dm + 1,3 σ ) peuvent être
modulés entre 100/100 et 300/100 mm selon les trafics
(T3 et T1).
 Le traitement à la chaux vive permettra d’obtenir un
abaissement de la teneur en eau naturelle et de l’IP.
 -- Graveleux latéritique amélioré au ciment ou à la
chaux
 Dans le cas de trafics importants (> ou = à T3) pour
lesquels une couche de base en grave ciment ou grave
bitume est prévue, on peut avoir intérêt à rigidifier la
couche de fondation afin d’éviter un trop grand écart
de modules entre les deux couches. Ce résultat peut
être atteint en incorporant quelques pourcents de
ciment ou de chaux à un graveleux latéritique ne
présentant pas lui-même les caractéristiques. Les
graveleux latéritiques qui conviennent ont
généralement les caractéristiques suivantes :
 - Taille maxi des éléments : 10 à 50 mm
- Teneur en matière organique : < 1,5 %
- Teneur en passant à 80 µm : < 35 %
- Indice de plasticité : < 30
- Module de plasticité m x IP : < 2500
 m = mortier = passant à 0,425 mm
 Le dosage en liant sera de l’ordre de 2% , sera définit
par des essais au laboratoire et augmenté de
 0,5 % à la réalisation du chantier. Dans le cas d’une
amélioration à la chaux , on devra avoir en plus IP >=
10 et passant à 0,425 mm >= 15.
 quelques pourcents de ciment ou de chaux à un
graveleux latéritique ne présentant pas lui-même les
 - 0,5 % à la réalisation du chantier. Dans le cas
d’une amélioration à la chaux , on devra avoir en plus
IP >= 10 et passant à 0,425 mm >= 15.
 Les caractéristiques optimales du compactage (teneur
en eau, densité séche maxi du mélange) seront
étudiées dans les moules Proctor et (ou dans des
moules CBR si la taille des éléments excède 5 mm).
 Le materiau amélioré sera consideré comme
acceptable si le CBR correspond à 95 % de la desnsité
OPM, après 3 jours de cure à l’air, à la temperature
ambiante et à 4 jours d’immersion , est superieur à 100
( superieur à 60 dans le cas d’une amélioration à la
chaux).
 - Grave naturelle 0/D
 En plus du fuseau, de la granulométrie, et du Los
Angelès, il sera procéder à la vérification du
coefficient d’uniformité Cu = D60/D10 > 10 .
 - Grave naturelle 0/D
 En plus du fuseau, de la granulométrie, et du Los
Angelès, il sera procéder à la vérification du
coefficient d’uniformité Cu = D60/D10 > 10- Sable
argileux
 Ces matériaux sont, soit des dépôts sédimentaires du
type de sable continental, soit des arènes résultant
d’altération in situ de matériaux ayant subis
localement un remaniement. Les caractéristiques
géotechniques des matériaux généralement utilisables
sont les suivantes :
- Granulométrie : 0/2 à 0/10
- Passant à 80 µm : < 35 %
- Indice de plasticité : 5 à 20
 Module de plasticité f x IP : 100 à 500
 - Γd OPM : 1,9 à 2,10
 - W opm : 7 à 13 %
 - Gonflement maximal : 2,5 %
 - Grave naturelle 0/D
 En plus du fuseau, de la granulométrie, et du Los
Angelès, il sera procéder à la vérification du coefficient
d’uniformité Cu = D60/D10 > 10
 Sable argileux
 Ces matériaux sont, soit des dépôts sédimentaires du
type de sable continental, soit des arènes résultant
d’altération in situ de matériaux ayant subis localement
un remaniement. Les caractéristiques géotechniques des
matériaux généralement utilisables sont les suivantes :
 - Granulométrie : 0/2 à 0/10
 - Passant à 80 µm : < 35 %
 - Indice de plasticité : 5 à 20
 - Module de plasticité f x IP : 100 à 500
 - Γd OPM : 1,9 à 2,10
 - W opm : 7 à 13 %
 - Gonflement maximal : 2,5 %
Les matériaux seront répandus à la niveleuse et compacter à une
teneur en eau égal à W opm ± 1 . On retiendra une densité sèche
égale à au moins 95 % de la densité sèche OPM. Le compactage sera
réalisé au rouleau à pneu. L’épaisseur de la mise en œuvre de chaque
couche sera comprise entre 10 et 25 cm. Il est nécessaire qu’une
butée latérale suffisante assure le frettage de ces matériaux. La
déformabilité admissible avant réception sera de 125 à 350/100 mm
selon le trafic attendu.
 - Couche de base
 - Sable argileux amélioré au ciment ou à la chaux
 Les sables argileux traités au ciment ou à la chaux peuvent,
pour des trafics T1 et T2 et parfois T3 , constituer des couches
de base convenables. Leurs conditions de traitement et les
performances à obtenir sont voisines de celles relatives aux
graveleux dont ils diffèrent par la granulométrie. Les
caractéristiques sont définies en fonction de la granulométrie :
maxi 1 à 10 mm , du pourcentage de fine < 40% , du coefficient
d’uniformité > 5 .
 Etude de cas : Route Koro – Frontière Burkina Faso
 Longueur de la route : 33 km
 Dans le cadre des travaux de bitumage de la route Koro-
Frontière Burkina Faso, le Centre National de Recherche et
d’Expérimentation en Bâtiment et Travaux Publics (CNREX-
BTP) a été sollicité par le Groupement d’Entreprises EGK -
SITAC.SA pour procéder à l’étude de carrières à matériau
graveleux latéritiques pour couche de base le long de ladite
route. La campagne avait pour objet :
 de repérer les éventuelles carrières exploitables,
pour couches de base (graveleux latéritiques) ;
 de faire des sondages en vue d’une estimation quantitative et
qualitative de ces carrières.
 de prendre les coordonnées GPS de ces carrières.
- I . Méthodologie
 Les travaux se sont déroulés en deux (2) phases :
 1-3-1 : Travaux de terrain
 repérage des carrières avec le GPS ;
 sondage manuel par puits à ciel ouvert et mesures des
épaisseurs des couches (terre végétale, latérite…);
 prélèvement d’échantillons pour les essais de laboratoire.
 1-3-2 : Essais de laboratoire :
 Les échantillons prélevés au niveau de ces gîtes ont fait l’objet
d’essais ci-après :
 Analyse granulométrique par voie humide suivant la norme
NF P 94 056 ;
 Limites d’Atterberg suivant la norme NF P 94 051 ;
 Proctor Modifié suivant la norme NF P 94 093 ;
 CBR à 96 heures d’imbibition suivant la norme NF P 94 078.
 prise es coordonnées GPS de ces carrières.
 II- TRAVAUX DE TERRAIN
 Les travaux de terrain se sont déroulés du 26 juillet au 1er août
2012.
 Deux carrières ont été répertoriées aux points kilométriques
(pk) suivants :
 PK 13+000 à droite ;
 PK 27+000 à gauche.
 Neuf (9) sondages à ciel ouvert on été faits suivant un maillage
de 100 m au niveau de chaque carrière. Les coordonnées GPS
de chaque sondage ont été relevées. Les épaisseurs des
différentes couches de sols (terre végétale ; graveleux
latéritiques) ont été mesurées. Les schémas de localisation et
de sondage des carrières sont joints en annexe au présent
rapport. Des prélèvements d’échantillons ont été effectués pour
les essais de laboratoire.
 Le tableau suivant donne le récapitulatif des données
recueillies au niveau des carrières
Distance Surface Volume

N° carrière PK (RN15) Position Observations


morte (m) (m2) exploitable (m3)

côté Droit

1 13+000 GPS : 30p :0498444 100 40 000 30 222

UTM : 1543688

Côté gauche

GPS :
2 50+000 500 40 000 32 000
30p :0510595

UTM : 1539708

Volume (1+2) 62 222


III- RESULTATS DES ESSAIS DE LABORATOIRE :
Les essais ont consistés en :
• une identification (granulométrie et limites
d’Atterberg) sur les échantillons prélevés des gîtes et
classification en familles selon la méthode HRB
• deux essais de portance (Proctor modifié et CBR à 4
jours d’immersion dans l’eau) par carrière.

Les caractéristiques géotechniques principales des


matériaux de carrières sont récapitulées dans le
tableau suivant :
Tableau 2: Récapitulatif des caractéristiques géotechniques
des matériaux issus des carrières

N° carrière % < 80µ WL IP Yd/t/m3 W% 95% 98%


Granulo limites Atterberg OPM CBR

C/base
C1 : mélange 1 23 39 14 2,10 11,20 14 26

C1 : mélange 2 22 37 14 2,07 9,00 27 48

C2 : mélange 1 18 31 12 2,11 13,30 13 28

C2 : mélange 2 23 33 11 2,08 11,00 19 35


3-1 : Aptitude à l’emploi en couche de base

Les prescriptions généralement admises recommandent un


graveleux latéritique ayant les caractéristique géotechniques
minimales suivantes :
 Pourcentage de fines 5 < %80µ ≤15
 Limite de liquidité ≤ 30
 Indice de plasticité ≤ 15
 Densité sèche OPM ≥2.10t/m3
 I P CBR à 98% de la densité sèche OPM ≥ 80
Au vu des résultats des essais, les matériaux de ces deux (2)
carrières ne satisfont pas les prescriptions généralement
admises pour leur utilisation en couche de base.
Nous nous proposons par conséquent de les stabiliser au
ciment.

3-2: Stabilisation au ciment


Aucune des carrières de graves latéritiques évaluées ne
présente une portance suffisante pour un usage en couche de
base (CBR de 80 à 98% de l’OPM). Nous nous proposons par
conséquent de les stabiliser au ciment.
A titre indicatif, une étude de stabilisation a été réalisée avec
le matériau ayant le plus faible indice de portance, au niveau
de chaque carrière. Les résultats de cette étude se présentent
comme suit :
Tableau 3: Récapitulatif des résultats après stabilisation au ciment

Résultats / matériaux stabilisés avec 4% de ciment


Caractéristiques
géotechniques Carrière 1 : pk 13+000D : Carrière 2 : pk 27+000G :
mélange 1 mélange 1
% fines - -
γdmax (T/m3) 2,12 2,13
W%OPM (%) 11,60 13,90
95% OPM 83 80
IPI/CBR à
98% OPM 118 109

 IPI : indice portant immédiat


IV- CONCLUSION
La campagne a permis de repérer deux (2) carrières de
graveleux latéritiques ; l’une au pk 13+000 D et l’autre
pk 27+000 G.
L’estimation quantitative donne un volume de 62 222 m3
pour les deux carrières réunies.
La qualité des matériaux rencontrés ne satisfait pas les
critères de sélection de matériaux pour couche de base.
La stabilisation avec un dosage indicatif de 4% de
ciment, en apportant une amélioration significative de
la portance de ces matériaux à hauteur de satisfaction,
constitue la solution alternative au déficit de portance.