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Sémiologie des Troubles de la

Pensée
Pr Maria SABIR
OBJECTIFS
1. Apprendre et décrire les troubles de la
pensée: rythme, continuité et organisation;

2. Retenir et décrire les troubles du contenu


de la pensée : obsessions, phobies et idées
délirantes.
1. DÉFINITION
• La pensée est l'ensemble des processus par lesquels
les idées sont réunies, combinées et intégrées pour
élaborer et produire d'autres idées.

• La pensée suppose que l'on se représente les


informations reçues.

• Les mécanismes de la pensée sont influencés par:


– les souvenirs du sujet;
– son intelligence;
– ses affects et ses émotions.
1. DÉFINITION (Suite)
• La pensée s'évalue au cours de l'entretien avec le sujet grâce à
une écoute attentive et une analyse objective de son discours.

• Il existe également des tests et des échelles d'appréciation de la


pensée.

• On considère que la pensée est normale:


- quand elle est rationnelle, cohérente, adaptée;
- quand les liens entre les idées et les éléments qui la
composent sont logiques;
- et quand son expression est compréhensible.
2. LES TROUBLES DE LA PENSÉE:

• La pensée peut être partiellement ou


totalement perturbée.

• Le Trouble peut concerner les différentes


composantes de la pensée:
• son cours;
• son organisation;
• et son contenu.
2-1. TROUBLES DU COURS DE LA PENSÉE:

2-1-1. TROUBLES DU RYTHME DE LA PENSÉE:

 Rythme accéléré avec:


• une tachypsychie: accélération de la pensée;
• une fuite des idées: enchaînement rapide des idées;
• une facilité d'associations et d'évocations des idées;
• des jeux de mots;
• une logorrhée: augmentation du débit verbal.
 Ce trouble est particulièrement observé dans l'accès
maniaque.
2-1-1. TROUBLES DU RYTHME DE LA PENSÉE (Suite):

 Rythme ralenti avec:


 une bradypsychie: ralentissement idéique et de
l'élaboration de la pensée;
 un appauvrissement des idées et des associations;
 une diminution du débit verbal;
 un temps de latence allongé dans la réflexion, et
pour répondre.
 Ce trouble est observé surtout dans la dépression.
2-1-2. TROUBLES DE LA CONTINUITÉ DE LA PENSÉE:

 La pensée peut être perturbée dans sa continuité et


on peut ainsi observer :
o des barrages : une suspension de la pensée
pendant son expression verbale. Pendant qu'il
parle, le sujet s'arrête d'une façon imprévisible
puis, après un moment, il reprend sur le même
thème ou sur un thème différent.
o un fading mental: une stase de la pensée, le sujet
n'arrivant pas à avancer dans son discours.

 Ces troubles sont observés dans la schizophrénie.


2-1-3. TROUBLES DE L'ORGANISATION DE LA PENSÉE:

 Ils concernent l'organisation de la pensée, sa


structuration et sa cohérence.

 Cela peut être en rapport avec :


 L'Incohérence: un manque de cohésion, de
logique, de suite dans les idées, les propos et
les actes.
 Elle peut exister dans la confusion mentale, la
démence, la schizophrénie.
2-1-3. TROUBLES DE L'ORGANISATION DE LA PENSÉE (Suite):

La Dissociation :
- Un relâchement des associations entre les différents éléments
et composantes de la pensée et leur lien avec l'affectivité.

- Des associations qui sont floues, distendues et discontinues.

- Voire des associations complètement "éclatées" signant un stade


d'évolution plus grave du trouble, c'est la dissociation totale dans
laquelle:
. Pensée devient étrange, bizarre, incompréhensible, impénétrable,
. S'exprime avec des barrages, un fading mental,
. Et donne une diffluence des idées et des sauts "du coq à l'âne".

• La dissociation, surtout complète, est pathognomonique de la


schizophrénie.
2-2. TROUBLES DU CONTENU DE LA PENSÉE:
 Le contenu de la pensée est constitué d'idées,
de sensations, d'émotions et d'images qui
peuvent à tout moment être représentées et
verbalisées.

 Ce contenu de la pensée peut être perturbé


de façons diverses :
1. LES OBSESSIONS;
2. LES PHOBIES;
3. LE DÉLIRE ET L'IDÉE DÉLIRANTE.
2-2-1. LES OBSESSIONS:

 Ce sont des idées ou des sentiments qui surgissent dans la


pensée du sujet, l'envahissent.

 Elles sont en désaccord avec le "moi" du sujet et


provoquent chez lui une forte angoisse.

 Le sujet est bien conscient que :


Ces idées émanent de sa propre pensée;
Leur caractère insolite et anormal.

 Le sujet essaye constamment de s'en débarrasser, mais


cette lutte est accompagnée elle aussi d'anxiété.
2-2-1. LES OBSESSIONS (Suite):

 On distingue classiquement trois principales variétés:


• Les Obsessions idéatives;
• Les Obsessions phobique;
• Les Obsessions d'impulsion.

 Les Obsessions idéatives:


• Le sujet est assiégé par des idées, des formules, des mots ou
des chiffres qui s'imposent à lui de façon répétée et
lancinante.

• Il peut s'agir aussi de doutes et d'interrogations interminables


concernant des thèmes divers, parfois particuliers.
 Les Obsessions phobiques:

• C'est la crainte obsédante liée à une situation ou à un


objet et survenant en l'absence de cette situation ou
de cet objet en cause (différente de la phobie vraie où
l'objet est présent).

• Cette crainte est reconnue comme étant absurde par le


sujet mais il avoue ne pas pouvoir y échapper.

• Exemples: crainte obsédante des microbes, des


maladies, de la saleté, etc.

• Leur seule évocation provoque l'angoisse.


 Les Obsessions d'impulsion:

• C'est la crainte obsédante et irraisonnée de


commettre de manière irrésistible un acte
immoral absurde, agressif, obscène,
blasphématoire, criminel.

• La lutte anxieuse est très culpabilisée devant


de telles impulsions que le sujet réprouve de
toutes ses forces.
2-2-2. LES PHOBIES:

• Les phobies sont des états anxieux déclenchés par un


objet ou une situation n'ayant pas en eux-mêmes un
caractère objectivement dangereux.

• L'anxiété disparaît en l'absence de l'objet ou de la


situation.

• Le sujet va éviter de se trouver devant la situation ou


l'objet phobogène: conduite d'évitement.

• Exemples: Agoraphobie, Phobie sociale, Phobies


spécifiques.
2-2-3. LE DÉLIRE ET L'IDÉE DÉLIRANTE:

• Le délire est la conviction intime et inébranlable en


une ou plusieurs idées qui sont en opposition avec la
réalité.

• Cette idée n'est accessible ni au raisonnement, ni à la


critique, ni encore au bon sens, ni enfin à la
démonstration.

• L'idée délirante n'est pas une idée fausse, ou une idée


erronée ou une illusion qui sont quant à elles,
accessibles au raisonnement et à la critique.
2-2-3. LE DÉLIRE ET L'IDÉE DÉLIRANTE (Suite):

• Le délire a des caractéristiques qui sont :

a) Le thème délirant qui peut être de nature très


diverse: persécution, jalousie, préjudice, mystique,
grandeur, filiation, revendication, érotomaniaque,..
• Les thèmes peuvent être uniques ou multiples
(simultanément) chez le même malade.

b) Le mécanisme peut être à base d'hallucinations,


d'interprétation pathologique, d'intuition, ou
d'imagination.
2-2-3. LE DÉLIRE ET L'IDÉE DÉLIRANTE (Suite):

c) La systématisation est variable:


• Le délire peut être bien structuré, systématisé, logique:
cas de la Paranoïa,
• Ou au contraire non systématisé, flou, ambigu, sans
aucune vraisemblance: cas de la Schizophrénie (le délire
est dit paranoïde).

d) Le vécu peut être :


• Actif: le sujet vit son délire d'une façon intense avec une
forte participation affective et comportementale.
• Passif : participation affective et comportementale faible
ou absente.
2-2-3. LE DÉLIRE ET L'IDÉE DÉLIRANTE (Suite):

e) La durée du délire est variable et fonction du


type du trouble psychotique:
- Elle ne dépasse pas 6 mois dans les psychoses délirantes
aiguës;
- Elle dépasse 6 mois, dans les cas des psychoses délirantes
chroniques telles que la Schizophrénie, la "Psychose
hallucinatoire chronique ".
- Le délire est un syndrome fondamental dans les Troubles
psychotiques.