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Chapitre 9: Contrôle social et

déviance
I) Comment le contrôle social s’exerce-t-il aujourd’hui ?

Contrôle social (régulation sociale) = ensemble des moyens dont dispose une société
pour assurer la conformité de ses membres à ses normes sociales..

Normes sociales= ensemble des règles sociales dont le non-respect donne lieu à une
sanction

Moyens= mécanismes qui s’exercent soit grâce à l’action d’institutions spécialisées,


soit aux travers d’interactions entre les individus.

Déviance= non-respect de règles sociales, reconnues ou pas par le droit.

Délinquance= non-respect de la loi.


A) Qu’est-ce que le contrôle social ?
Doc A : Qu’est-ce que le contrôle social
Le contrôle social vise à assurer le respect des règles qui régissent la vie en société et à lutter contre les
comportements déviants. Au sens large du terme, il consiste à édicter des normes sociales et juridiques fondées sur
un ensemble de valeurs et à les faire respecter. En ce sens, la socialisation des individus au sein d’un groupe ou d’une
société en fait partie et de nombreuses institutions en sont les agents (la famille, l’école, la justice…) ; il prend alors
appui aussi bien sur l’éducation, que la religion, le droit, ou les usages. Considéré de façon plus restrictive, le contrôle
social regroupe les mesures destinées à faire respecter la règle et à sanctionner la déviance. Il se réduit alors à
l’ensemble des sanctions encourues par les auteurs de conduites déviantes.
S’il existe un contrôle social interne adossé à une obligation auto-consentie, les sanctions de la transgression des
normes, qu’elles soient positives ou négatives, relèvent d’un contrôle social externe qui peut prendre deux formes. Le
contrôle social formel est celui qui est assuré par des groupes sociaux et des institutions spécifiques (ordre des
médecins, inspection du travail, justice…). Les sanctions s’énoncent le plus souvent sous forme écrite et impersonnelle
(code de la route, règlement intérieur d’un lycée) et elles sont de nature variée : sanctions administratives (blâme,
avertissement), religieuses (pénitence), sanctions juridiques et pénales (amendes, dommages et intérêts, peines de
prison. Le contrôle social informel s’exerce au cours des interactions sociales de la vie quotidienne et a un caractère
non institutionnel. Il est souvent prédominant dans les groupes primaires comme la famille ou les groupes de pairs.
Les comportements sociaux sont régulés à travers et par les interactions sociales. Les sanctions peuvent prendre la
forme d’approbations (sourire d’acquiescement, félicitations, cadeaux) ou de désapprobations (froncement de
sourcils, rires moqueurs, mise en quarantaine…).
La frontière séparant ces deux formes de contrôle est parfois floue : ainsi, au sein de la famille, à l’école ou sur le lieu
de travail, contrôle formel et contrôle informel peuvent coexister.
Albert Ogien, Sociologie de la déviance, collection U, Armand Collin 1995

1) Comment peut-on distinguer le contrôle social interne du contrôle social externe ?


2) Comment peut-on distinguer le contrôle social externe formel du contrôle social
externe informel ?
3) A partir de l’exemple de la limitation de la vitesse sur autoroute à 130 km/h, montrez la
nécessité de la dissuasion pour faire respecter certaines normes sociales.
1) Comment peut-on distinguer le contrôle social interne du contrôle social externe ?
Contrôle social interne correspond à une intériorisation des normes et des valeurs : l’individu veut
respecter la norme, il trouve que cela est bien. Il fonctionne parce que la socialisation, éducation
morale ont produit les effets voulus. Il n’y a pas besoin de sanctions ou de récompenses pour pousser
l’individu à respecter la règle.
A l’inverse le contrôle social externe correspond aux situations dans lesquelles le respect de la norme
ne va pas de soi et l’individu ne s’y conforme qu’à cause de la pression sociale extérieure qui s’exerce
sur lui.
Considéré de façon plus restrictive, le contrôle social regroupe les mesures destinées à faire respecter
la règle et à sanctionner la déviance. Dans ce chapitre (et en général quand cela n’est pas précisé),
l’expression contrôle social désigne le contrôle social externe.

2) Comment peut-on distinguer le contrôle social externe formel du contrôle social externe informel ?
Le contrôle social externe formel est exercé par des institutions spécifiques, qui appliquent des
sanctions impersonnelles. Le mécanisme privilégié est la dissuasion, cad « la peur de la sanction. », et
de la stigmatisation, c’est-à-dire le fait d’être désigné publiquement, officiellement comme un individu
déviant, c’est-à-dire qui a enfreint une norme.
Le contrôle social externe informel correspond à des interactions (approbation, désapprobation) qui
ne donnent pas lieu à des sanctions officielles, écrites… et qui donc ne marquent pas pour l’ensemble
de la société l’individu comme déviant.
3) A partir de l’exemple de la limitation de la vitesse sur autoroute à 130 km/h, montrez
la nécessité de la dissuasion pour faire respecter certaines normes sociales.

Exemple : vitesse limitée à 130k/h.


Constat: cette norme est souvent non respectée. Pourquoi, comment expliquer qu’elle ne
soit pas respectée ?

Intérêt égoïste, sentiment de puissance, sous-estimation des risques d’accident… bcp de


facteurs poussent des individus rationnels à vouloir enfreindre les limites de vitesse.
Ils connaissent la norme, la règle, mais ne veulent pas la respecter.
S’ils intègrent dans leur calcul, le risque de se faire prendre et de payer une forte
amende, ils peuvent finalement choisir de respecter les limites de vitesse.
B) Le contrôle social comme … … soumission à l’autorité

Travail à faire pendant les vacances: répondre aux questions du doc B du doc 4 247

Doc4 page 247 : L’expérience de Milgram

Description de l’expérience:
Des scientifiques ont étudié la façon dont les individus réagissaient lorsque qu’une autorité légitime
leur demandait d’adopter un comportement inhumain (infliger des punition à une victime
innocente), contraire à leurs normes et valeurs intériorisées au cours de la socialisation primaire.

Résultat de l’expérience:
Le taux d’obéissance est très élevé (2/3) mais il dépend des condition de l’expérience (il baisse si
l’autorité n’est pas parfaitement cohérente, si le sujet de l’expérience et la victime peuvent
communiquer…)

Conclusion sur le contrôle social:


Cette expérience révèle que le contrôle social permet de contraindre les individus à adopter des comportements
qui ne correspondent pas à ceux qu’ils ont intériorisés au cours de la socialisation. Il faut pour cela que le contrôle
social s’exerce avec des moyens adéquats: Peur de la sanction négative, envie de la récompense (sanction
positive)… ou respect d’une autorité légitime!
Les sources de la légitimité peuvent être variées: tradition, charisme, compétence supposée, bienveillance
supposée…
Les institutions qui exercent le contrôle social peuvent cumuler les 3 mécanismes (capacité à exercer des sanctions
négatives et positives et légitimité)… Malgré cela, la déviance et la délinquance restent des phénomènes habituels
dans les sociétés modernes. Pourquoi?
Remarques après la correction des travaux des élèves sur l’expérience de Milgram:

 Citer les sources supplémentaires que vous utilisez, mettre en « guillemets » les
passages que vous recopiez.

 Insister sur le fait que l’obéissance à cette consigne donnée par les professeurs ne
s’explique pas par le caractère sadique ou non des individus et que leur
comportement ne s’explique donc pas par la psychologie. Au contraire, les mêmes
individus, ou des individus ayant le même profil psychologique ont des
comportements très différents en fonction des variantes de l’expérience.
Cela montre le poids du contrôle social par rapport à la socialisation. Le conflit interne
qui vivent les sujets révèlent leur désapprobation morale… mais aussi leur difficulté à
résister à l’autorité et à reconnaître qu’ils se sont trompés dès le début.

 Ici, le contrôle social fonctionne sans récompense ni sanction… ce qui permet


d’étudier de façon presque pure le rôle de la légitimité du pouvoir qui exerce le
contrôle social.

 Attention, la cohérence n’est pas la seule source de la légitimité… la cohérence


renforce l’impression de compétence que donne les scientifiques… mais leur
légitimité à des sources bien plus profondes (socialisation qui fait intérioriser la
compétence supposée des savants, des hommes politiques, des officiers…)
C) L’évolution du contrôle social dans les sociétés modernes
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1) Groupes primaire sont le lieu d’un contrôle social


informel. C’est-à-dire un contrôle social qui s’exerce
seulement de façon non officielle, par l’expression de
la désapprobation, par le rejet...
Ce contrôle social informel était très puissant car les
individus dans l’ancien régime avaient des relations sociales
presque exclusivement avec des individus de leur famille, de
leur village qui se connaissaient toutes et formaient un vaste
groupe primaire. L’Etat moderne était peu présent.

2) L’Etat et notamment l’Etat providence a mis en place un


système de protection sociale collectif qui se développe à côté
des solidarités traditionnelles et qui d’une certaine façon, les
concurrence. De même, la division du travail et le
développement du salariat permettent aux individus qui ont
un emploi de bénéficier de protections sociales de plus en
plus importantes. Ainsi, les individus s’affranchissent (se
libèrent) des liens sociaux qui les rattachaient aux groupes
primaires dont ils ne sont plus totalement dépendants. Cela
réduit alors l’efficacité du contrôle social dans les groupes
primaires! Il va donc être nécessaire que se développe un
contrôle social plus formel. L’Etat s’occupe de TOUT.
3) Montée l’individualisme= accroissement de l’autonomie de l’individu par rapport aux groupes sociaux
auxquels il appartient… et aussi augmentation de l’autonomie de l’individu dans le choix de ses relations…
Plus de liberté (avantage?) entraîne aussi plus de fragilité dans les relations (montées de divorces, du
célibat, recentrage sur la famille nucléaire (parents et les enfants) au détriment de la famille élargie… ce
qui réduit l’efficacité du contrôle social informel.
D) Le contrôle social et ses effets

D) 1) Le contrôle social doit renforcer la cohésion sociale

Page 249 1) Mots clefs:


• Maintenir la « cohésion
sociale »: créer des liens,
des obligations qui
permettent la vie en
société… faire que la
société forme un tout
• obtenir la « conformité »:
permet la prévisibilité des
comportement;
• renforcer la « conscience
collective »= produit du lien
social par partage de
valeurs commune
• produire du lien « social »:
les partage de règles
communes concernant le
fonctionnement des
interactions rend possibles
ces interactions.
• étiqueter certain individus comme déviants »: le contrôle social produit la
• «
déviance qui ne serait pas visible pas sans lui.
• « Légitimer » les pratiques sociales des autres membres du groupe: la sanction
des déviants conforte les choix des « conformes ».
2) Contrôle social mécanisme complémentaire à la socialisation car il vient après et permet d’obtenir de la
conformité aux normes mais d’une façon différente, malgré une absence d’intériorisation.
D) 2) Le contrôle social peut conduire à la stigmatisation.

Page 247

1) Parce qu’il est efféminé, que sa voix, sa démarche, ne sont pas conformes aux normes de la virilité hétérosexuelle.
2) Stigmate= marque durable sur la peau;
Stigmate en sociologie: caractéristique sociale dont un individu est porteur et qui révèle aux yeux d’autrui un écart à
une norme sociale .
Dans l’exemple, c’est la façon de parler, de courir qui sont des stigmates portés par Eddy, qui révèle « sa déviance »
pour le groupe auquel il appartient, celui de jeunes garçons des classes populaires du nord de la France autour des
années 2000 … Il dit que le stigmate est contaminant, comme une maladie, car celui qui est à son contact risque lui
aussi une stigmatisation, c’est-à-dire une mise à l’écart.
3)Un accent populaire, une mauvaise dentition, couleur de peau… qui peuvent révéler une origine sociale pauvre… la
pauvreté pouvant être considérée comme une forme de déviance dans des classes supérieures… et ne pas parvenir à
cacher ses stigmates peut conduire à révéler une forme de déviance.
II) Quels sont les processus qui conduisent à la déviance ?

Pour qu’il y ait déviance,


il faut qu’il y ait une
norme publique dont le
non respect donne lieu à
une sanction.
II) Quels sont les processus qui conduisent à la déviance ?

A) Déviance et anomie chez Durkheim et Merton


Doc 2 page 250 + https://prezi.com/u365c-sw8mdl/edit/#2_24309637

1) Anomie qui caractérise l'état d'une société dans laquelle les normes sociales ne s'imposent pas à tous les individus,
qui développent une certaine résistance aux normes sociales. Elle apparait quand il y a de grands changements dans les
perspectives sociales (crise économique, forte croissance… mais aussi arrivée dans un nouveau pays…)
2) Les désirs ne sont pas bornés, mal de l’infini… on ne trouve plus de raison de contenir ses désirs
3) … donc de nombreuses règles et lois sont transgressées. Chômage, pauvreté… après avoir envisagé une vie
matérielle confortable… peut conduire à des envies de vols, de fraudes… Remarque: la prospérité aurait les
mêmes effets… voir les autres s’enrichir vite peut exalter les désirs…
Remarque: le texte ne l’évoque pas mais l’anomie peut aussi s’expliquer par la défaillance de la socialisation et
du contrôle social (Familles, Ecole, Etat…moins efficaces pour contenir les pulsions asociales)
Il existe des normes sociales globalement partagées dans l'ensemble de la société mais une société sans crime
n'ayant jamais été observée, Durkheim suppose qu'il est normal qu'il existe une certaine proportion d'actes jugés
criminels. Le crime est normal.
 Il adopte une optique fonctionnaliste, qui suppose que ce qui existe doit avoir une fonction, notamment en
termes de cohésion sociale et d'adaptation à l'environnement. Il développe alors le concept d'anomie qui
caractérise l'état d'une société dans laquelle les normes sociales ne s'imposent pas à tous les individus, qui
développent une certaine résistance aux normes sociales. Plus une société est anomique, plus il y aura de
crimes.Toutefois, cette anomie a une fonction car elle permet l'adaptation de la société à un nouvel environnement
ou à un changement technique. Le fait que la société soit toujours un peu anomique a donc une conséquence
regrettable, l'impossibilité d'éradiquer complément le crime, mais elle a une conséquence positive, car elle permet
une certaine souplesse des normes sociales, les déviants pouvant parfois être eux-mêmes à l'origine des nouvelles
normes sociales. Ex: Copernic qui affirmait que la terre n'était pas le centre de l'univers et dont l'opinion était
déviante à son époque.
Remarques: Durkheim ne dit bien-sûr pas que l'ensemble des actes jugés criminels
aujourd'hui deviendront normaux demain.

Les effets positifs de l'anomie concerne potentiellement l'ensemble de la société,


des individus n'ayant jamais commis de crimes pouvant, du fait de cette souplesse
permise par l'anomie, intérioriser progressivement de nouvelles normes et valeurs,
notamment au cours de la socialisation secondaire et que cela se fasse au profit de
la cohésion sociale et d'une meilleure adaptation à l'environnement.

EX: Possibilité d'échanges commerciaux avec certains groupes qui impliquent une
plus grande tolérance vis à vis de certaines pratiques
+ exercice page 251 : Déviance et anomie chez Merton
Conformisme Innovation Ritualisme Evasion Rébellion

Militaire Mafia Bureaucrate SDF Résistant dans la


obéissant scrupuleux France occupée

Habitué des Ermite Militant écologiste


casions et des
jeux de course
2) En violet (Innovation, ritualisme, évasion, rébellion)! Ces conduites sont déviantes les
individus rejettent soit les buts dominants de la sociétés soit utilisent des moyens non
légitimes pour les atteindre (moyens illégaux, moyens qui ne pourraient pas être
généralisés à l’ensemble de la société comme le jeu…)
3) Déviance pour Merton= non adhésion aux buts dominants dans la société et/ou moyens de les atteindre. La
déviance s’expliquerait donc par l’anomie selon Merton ( situation dans il y a les buts valorisés ET/OU les moyens
légitimes d’atteindre ces buts ne sont pas bien partagés par tous…). L’anomie viendrait elle-même d’une mauvaise
coïncidence entre les buts et les moyens légitimes… donc de l’organisation sociale dans son ensemble; l’anomie
viendrait de la culture de la société qui serait mal adaptée à l’environnement et aux besoins des individus.
B) L’existence de sous-cultures déviantes :

1) L’accès à des vêtements de marque… et une forme de respectabilité sociale liée à l’apparence…
mais aussi une occasion de prouver sa valeur, son courage… de gagner quelque chose …

2) C’est un agent de socialisation, il lui apprend des manières de faire (faire le guetteur…) de penser (des
richards )… Il lui donne une occasion de jouer un nouveau rôle.

3) Paradoxe: gagner de l’argent en le volant… Le vol étant présenter comme un travail comme un
autre… Forme de conformisme paradoxal: il faut gagner son pain… à la sueur de son front… C’est plus
digne/moralement plus acceptable que de recevoir… Le vol est perçu comme une activité qui permet
de montrer que l’on est quelqu’un de bien!
1) La société ne
répond pas aux
besoins de
certains
individus, ne leur
donne pas assez
d’occasions d’être
honorés, d’être
aimés…de
s’amuser
2) Ces groupes
leur permettent de
jouer un rôle
valorisant, d’avoir
le sentiment
d’appartenir à une
communauté
solidaire, de
s’amuser…C’est
une sous-société
3) Socialisation délinquante: processus d’intériorisation de normes et de valeurs qui répond donc
(dans des bandes de jeunes, en prison…) contraires à la loi, qui conduisent des aux besoins non
individus à adopter des comportements délinquants par conformisme aux satisfaits des
normes d’un sous-groupe. individus…
Elle s’oppose à la « socialisation conforme »
Albert Cohen (américain, 1918-2014) propose en 1956 dans Delinquent boys: The culture of the
gang, une théorie basée sur le remplacement des normes communes et des valeurs de la société par
des cultures secondaires, la formation des bandes de jeunes étant analysée comme une réaction
collective spontanée qui aboutit à la formation d’une contre-culture:
 contestation des valeurs usuelles, une négation de leur importance (« les richards »=
expression assez péjorative qui remet en question la légitimité du statut de future victime du
vol) et une affirmation des contre-valeurs, engendrant par conséquent des «normes non-
utilitaires, malveillantes et basées sur un hédonisme à court-terme » qui s’oppose à
l’utilitarisme, l’accumulation, à la préparation du long terme qui sont propre de la société.

 la socialisation au crime se fait au contact de pairs ayant déjà réussi dans la


délinquance et proposant des modèles de réussite sociale (en termes d’honneur, de
respectabilité au sein même de ce groupe de pairs notamment…)
 L’enfermement dans des parcours délinquants va enfin se fixer du fait de l'organisation
sociale élaborée de la société criminelle (la mafia…) qui assure la conformité des
conduites de ses membres, en réprimant les manifestations déviantes en regard des
normes de cette organisation (assassinat des traitres…) et en encourageant ceux qui sont
fidèles aux normes du groupes et qui ne parlent pas (aides à la sortie de prison, le groupe
prend en charge le quotidien de la famille pendant le séjour en prison…).
 Le groupe mafieux exerce donc un contrôle social très puissant sur ses membres
 Déviance expliquée par l’approche de la socialisation délinquante=
conformité à des normes contraires aux normes dominantes
Rappel déviance expliquée par l’approche anomique = échec des instances de socialisation
à imposer des normes sociales dominantes (qui sont mal adaptées )
Présentation d’articles de presse:

1) Blockchain
2) Autocrates
3) Black lives matter
4) Publicité sur Instagram
5) Pénurie de cash en Inde
6) Les stéréotypes de genre dans la magie
7) L’avenir de la City après le Brexit
8) La socialisation des enfants en milieu naturel recule… quelle
personnalité pour nos enfants demain?
C) La déviance comme résultat d’interactions sociales:
Page 253
1) Pour Howard Becker, la
déviance est le produit d’une suite
d’interactions sociales qui aboutit
à un étiquetage de
comportements comme déviants :
« le déviant est celui auquel cette
étiquette a été appliquée avec
succès ». Un acte n’est par
conséquent pas déviant en soi : la
déviance est, dans cette optique,
produite par le regard posé sur lui.
Une personne déviante est une
personne qui est identifiée comme
telle (étiquetage) ; elle risque donc
d’être rejetée par son entourage
(stigmatisation). Elle peut de ce
2) ) Entrepreneurs de morale http://www.hmstop.com/ fait perdre sa famille, son emploi,
La Woman’s Christian Temperance Union, fondée en 1874, Sa cause est le progrès social : etc. Face à cette mise à l’écart, elle
protégeons l’homme contre lui-même. Elle recrute des réformistes aux sensibilités diverses, sera conduite à adopter de
abolitionnistes, tenants des droits de l’homme ou suffragettes. La WCTU multiplie les croisades, et nouveaux comportements
réclame des lois pour protéger les jeunes filles, diminuer le temps de travail des ouvriers, abolir déviants (par exemple, le vol) et
l’exploitation des enfants, ou réfréner la consommation d’alcool. éventuellement à se joindre à un
Les tenants de la prohibition, en effet, veulent remodeler le quotidien. Aux États-Unis, ils groupe de déviants, ce qui va
apparaissent fort tôt. Le Maine, dès 1845, interdit la vente de l’alcool sur son territoire. Un Parti de conforter, voire amplifier, ses
la Prohibition se crée en 1869. Il combat au nom de la liberté : « Nos esclaves involontaires se comportements déviants.
voient libérés mais nos millions d’esclaves restent agrippés à leurs chaînes, écrit Gerrit Smith, le
fondateur du Parti. Le lot des vrais esclaves, tel que lui ont imposé d’autres individus est, disons,
fort dur ; et pourtant, c’est un paradis comparé à celui de ceux qui se sont volontairement
enchaînés, avec l’alcool en particulier . »
3) Selon Becker, ce sont les groupes sociaux dominant qui créent la déviance en instituant des normes, dont la transgression va
générer l’étiquetage des individus concernés. Parce que la déviance est un sous-produit du regard des autres, les déviants ne
constituent pas un groupe homogène: il nous invite à étudier les stratégies des groupes sociaux dominants pour comprendre la
déviance… On s’intéresse donc davantage aux normaux qu’aux déviants inversion du regard sur la déviance.
Conclusion:

Avec les analyses de Becker, on comprend comment le contrôle social vient renforcer la
déviance.

En effet, l’individu déviant qui se sent rejeté finit par accepter son exclusion du groupe.
Son identité s’en trouve transformée puisqu’il s’identifie à un groupe déviant et en
adopte d’autant plus fortement les comportements.
III) Comment mesurer le niveau de la délinquance?
En 2013, il y a eu 2 222 790 atteintes aux biens constatées par la police
A) La construction des statistiques officielles ou la gendarmerie, d’après l’ONDRP. Entre 2008 et 2013, le nombre
d’atteintes volontaires à l’intégrité physique constaté par la police ou
la gendarmerie a augmenté de 11,4 %, d’après l’ONDRP.
Doc 1 page 254
23 281 -0,1%
3) La catégorie la plus répandue est celle des atteintes aux biens (2 243 498 faits
constatés). La catégorie qui augmente le plus est celle des atteintes volontaires à
l’intégrité physique (+ 11,4 %), et principalement les violences sur les enfants (+ 50,2 %).
La catégorie qui connaît la plus forte baisse est celle des « faits constatés d’infractions
révélées par l’action des services » (‒ 14,8 %), et plus particulièrement les « infractions à
la législation sur les étrangers » (‒ 74,9 %). Pour expliquer cette baisse, on peut
supposer que « l’action des services » concernés (police et gendarmerie) a été moins
intense dans ce domaine. Il ne s’agit donc pas forcément d’une baisse des
comportements délinquants dans ce domaine, mais éventuellement d’une baisse de
l’activité policière dans ce domaine

4) Il s’agit plutôt d’une baisse, puisque trois catégories sont en baisse, dont celle qui
compte le plus grand nombre d’infractions (atteintes aux biens).
Toutefois, il est cependant difficile de répondre à cette question, car on additionne et
on mélange des données chiffrées très hétérogènes correspondant à des faits d’inégale
gravité. D’autre part, à l’intérieur d’une même catégorie, les évolutions peuvent être
contradictoires : parmi les atteintes aux biens, par exemple, il y a à la fois de fortes
hausses (+ 25 % pour les cambriolages) et de fortes baisses (‒ 63,9 % pour les vols à
main armée contre des établissements financiers).
1) Une infraction aboutit à un procès-verbal dans deux cas :

– La victime dépose plainte. Or, certaines victimes ne déposent pas plainte car il peut y avoir une pression
psychologique en cas d’infraction au sein d’une famille (exemple de violence conjugale) ou encore parce qu’elles
ont peu d’espoir que l’affaire soit élucidée (vol de sac à main). De plus, certaines infractions ne font pas de
victime (fraude fiscale) ;
– Les faits ont été constatés par la police (flagrant délit). Or, la plupart des infractions échappent à la surveillance
de la police. De plus, cette délinquance constatée est évidemment fonction du nombre de policiers et de
gendarmes mobilisés et des moyens qui leur sont alloués mais la politique pénale peut également évoluer et
influer considérablement sur les statistiques. Par exemple, l’augmentation apparente de la délinquance des
mineurs dans les années 1995-2000 traduisait essentiellement les instructions données par le parquet aux
services de police de signaler systématiquement les affaires impliquant des mineurs, alors que ce n’était pas
véritablement le cas auparavant.

2. Suite au procès-verbal, la plainte peut ne pas être prise en compte (si les données sont insuffisantes pour
pouvoir lancer une enquête par exemple). Si elle est prise en compte, l’enquête de la police ne parvient pas
forcément à élucider l’affaire, à trouver une personne responsable qui serait mise en cause. Lorsqu’une affaire
est élucidée par la police, une (ou plusieurs) personne est « mise en cause ». Le dossier est alors transmis à la
justice qui peut décider de le classer sans suite. C’est-à-dire que la justice décide de ne pas déclencher de
poursuites pénales contre l’auteur. Cette décision peut être prise pour un motif juridique ou selon les éléments
de l’enquête (absence ou insuffisance de preuve, retrait de plainte, etc.) Si néanmoins le procès a lieu, il peut
aboutir à ce que la personne mise en cause bénéficie d’un « non-lieu ». C’est-à-dire que l’action judiciaire est
abandonnée en cours de procédure par le juge, lorsque les éléments rassemblés par l’enquête ne justifient pas
une action plus avant.
3. Tout d’abord, selon l’intensité de l’activité policière, le nombre d’infractions constatées sera plus ou moins
important. Si, par exemple, la police cesse de s’intéresser à la question de la drogue, cela fera diminuer la
délinquance constatée en ce domaine. Ensuite, une fois les procès-verbaux établis, le nombre de faits élucidés et de
personnes mises en cause dépendra de l’activité policière car l’insuffisance de preuves recueillies par la police et la
gendarmerie peut conduire à ce qu’un fait constaté ne devienne pas un fait élucidé. Enfin, selon la manière dont le
procès sera instruit, il aboutira ou non à la condamnation d’un coupable.
B) L’apport des enquêtes de victimation et le chiffre noir de la délinquance 1)Un échantillon
représentatif désigne le
1) Qu’est-ce une enquête de victimation? page 256 fait que les personnes
interrogées lors d’une
enquête auront des
caractéristiques
identiques à celles de la
population d’ensemble
considérée (âge, sexe,
habitat, CSP…). Cette
représentativité doit
surtout se faire sur les
caractéristiques
pouvant influencer les
réponses. Faute de
représentativité, les
résultats obtenus sur un
échantillon ne peuvent
être généralisés à la
population étudiée.

2) Les enquêtes de victimation permettent de connaître la délinquance avec plus de précision que les statistiques de police. En effet, les statistiques
de police et de gendarmerie ne peuvent pas comptabiliser les victimes qui ne déposent pas plainte alors que les enquêtes peuvent potentiellement
mesurer toutes les victimes, celles qui déposent plainte ainsi que celles qui ne le font pas.
3) Les résultats récoltés par ces enquêtes ne dépendront pas de l’action des administrations : en effet, si la police décide de diminuer son activité dans
un domaine (la délinquance juvénile, par exemple), ce n’est pas pour autant que le nombre de victimes dans ce domaine parmi les personnes
interrogées va diminuer. On peut donc mieux approcher le niveau réel de la délinquance et son évolution.

4.  Le taux de plainte varie globalement selon le degré de gravité de l’infraction subie par la victime : il atteint plus de 90 % pour les agressions
physiques graves et descend à 16 % pour les agressions verbales (source Insee, enquête 2004-2005). À l’exception des agressions sexuelles
intrafamiliales, pour lesquelles la victime peut subir une pression de son entourage ou ressentir un sentiment de culpabilité qui l’empêche de porter
plainte, la peur ne pas être cru… la peur de représailles… Les difficultés parfois liées à l’absence de preuves, de témoins…
 Le taux de plainte peut dépendre aussi de la probabilité de résolution de l’affaire : une victime peut plus facilement identifier un agresseur direct
(agression physique) plutôt qu’un voleur qui cherchera à être discret. Il peut aussi tenir compte de raisons pratiques telles que les nécessités de déclarer
des objets volés auprès des assurances.
Les limites des enquêtes de victimation

1. Les enquêtes de victimation ne mesurent par définition que la partie de la


délinquance qui fait des victimes parmi les particuliers. Il faut qu’il y ait une victime
directe (ce qui exclut par exemple les cas de fraude fiscale ou encore d’immigration
irrégulière et de consommation de drogue), et que cette victime soit en mesure de
répondre à une enquête (ce qui exclut donc les cas d’homicide).

2. Ces enquêtes gardent une certaine dimension subjective : un acte violent ne sera pas
ressenti de la même manière par tous les individus (notamment par des enfants). Par
exemple, une injure sera vécue parfois comme une agression réelle ; dans d’autres cas,
elle ne sera même pas relevée.
Page 257
1) En 2008, les enquêtes de
victimation ont dénombré 884 000
cambriolages dans une résidence
principale ; ces mêmes enquêtes ont
estimé que 488 000 cambriolages
avaient été déclarés à la police alors
que, de son côté, la police a recensé
302 000 cas.

2. L’écart est important, puisque,


en 2008, les enquêtes de
victimation ont dénombré près de
trois fois plus de cambriolages que
les statistiques policières. (884/302
= 2,9). Les enquêtes de victimation
corrigées en ont comptabilisé près
de 2/3 de plus que les statistiques
policières ((488 – 302) / 302 x 100
= 61,6 %).
3. L’écart entre les données d’enquêtes et les statistiques policières est important mais, depuis le milieu des années
1990, il semble se réduire. En revanche, depuis le milieu des années 2000, les deux mesures s’écartent plus que jamais.
Certes, les deux sources s’accordent pour indiquer une tendance globale à la baisse, mais la statistique policière atténue
beaucoup les évolutions par rapport aux indications fournies par les enquêtes de victimation.
2) Le chiffre noir de la délinquance

1. Le chiffre noir de la délinquance désigne la différence entre le nombre d’actes délinquants


enregistrés par les autorités de police et de gendarmerie (la délinquance apparente et connue) et la
délinquance « réelle », qui peut éventuellement être mieux mise en valeur par les enquêtes de
victimation. Par exemple, un vol de vélo pour lequel le propriétaire n’a pas porté plainte. Ou encore un
détournement de fonds dans une entreprise qui n’a pas fait de victime directe.
Violences sexuelles : pourquoi un tel
décalage entre nombre de victimes
et condamnations ?

LE MONDE | 12.05.2016 à 11h30 •


Mis à jour le 12.05.2016 à
12h04 | Par Adrien Sénécat
L'Observatoire national
de la délinquance et des
réponses pénales
(ONDRP) est un
département de
l’Institut national des
hautes études de la
sécurité et de la Justice.
« Il y a beaucoup
d’affaires classées et de
non-lieux faute de
preuve, avance la
psychiatre Muriel
Salmona, présidente de
l’association Mémoire
traumatique et
victimologie, qui
accompagne les victimes
de
violences. Certaines enqu
êtes préliminaires
peuvent être bâclées, et
la parole des victimes est
parfois décrédibilisée
parce qu’elles
commettent des
imprécisions. »
Autre barrière : plus de neuf
victimes sur dix ne portent pas
plainte, selon les chiffres de
l’Insee et de l’Observatoire
national de la délinquance et
des réponses pénales
(ONDRP).
En interrogeant directement les
hommes et femmes de 18 à 75 ans,
les enquêtes « Cadre de vie et
sécurité » font apparaître des
centaines de milliers de victimes
qui n’ont pas poursuivi leur
agresseur. Sans même être
exhaustive, elles montrent le
gouffre entre la réalité des
violences et leurs suites judiciaires.
Moins d’un viol commis sur
personne majeure sur cinquante
serait ainsi sanctionné d’une
condamnation.